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L’Allemagne remonte, l’allemand aussi ! Et nous ?Nous reproduisons ici un article publié dans le numéro de juin 2010 de "Sprachnachrichten", revue du VDS-Verein deutsche Sprache (Association pour la langue allemande), la plus importante association de défense et promotion d’une langue nationale en Europe, avec ses 40 000 membres en Allemagne et dans le monde. Il montre la perte de prestige de l'anglais dans la publicité en Allemagne lire la suite Les 20 dernières nouvelles
Un ancien Premier ministre dénonce l'anglomanie
Pour une fois qu'un membre de la classe politique française dénonce l'anglomanie vivement, publiquement, on aurait bien mauvaise grâce à ne pas le citer volontiers. Il s'agit d'Alain Juppé, ancien Premier ministre (de 1995 à 1997), maire de Bordeaux de 1995 à 2004 et, de nouveau, depuis 2006. Ce n'est pas un ministre en exercice qui ferait cela ! Mais il est vrai que M. Juppé est plus ou moins en retrait de la sphère politique désormais, qu'il est agrégé de lettres classiques et qu'il appartient à une génération où l'attachement à la langue française est encore généralement vivace. Toujours est-il qu'il vient de publier sur son "blog-notes" un vigoureux "coup de gueule" à ce propos, intitulé "Confusion intellectuelle" (www.al1jup.com/ ) [en réponse notamment à l'infâme article que Frédéric Martel a publié dans Le Point du 8/7/2010 : “Français, pour exister, parlez English.” dont nous parlons dans un article précédent]
En voici un extrait : "... La véritable explication de l’actuelle épidémie de “franglais”, c’est, selon moi, le snobisme : comme nous parlons mal l’anglais (cf. supra), il est plus facile, pour donner le change, d’émailler notre conversation de mots anglais qui font chic. Mainstream… Autre exemple : cette publicité d’une grande marque automobile qui vante les mérites de son véhicule… “energy saving”, comme si, pauvres couillons de consommateurs français, nous ne savions pas ce qu’économiser l’énergie veut dire. Grotesque ! ... La mondialisation, ce n’est pas l’américanisation universelle. C’est la diversité. Y compris la diversité linguistique ...". Le fait de "truffer notre français de mots empruntés à l'anglais" est bel et bien, comme le dit l'auteur, parfaitement "ridicule". Dans l'immense majorité des cas cela ne correspond, en effet, strictement à aucune utilité, à aucune nécessité, à aucune rationalité. Pour la bonne raison que les mots anglais mêlés en vrac aux mots français dans une sorte d'ébauche de bilinguisme de bazar, utilisés à profusion sur le territoire français par les milieux commerciaux essentiellement mais pas seulement par eux car le mimétisme anglomaniaque (notons que M. Juppé parle d'"épidémie") n'épargne plus grand monde désormais, ne sont nullement destinés à des anglophones qui ne comprendraient pas un mot de français, mais à des ... francophones (et peu importe que ces derniers ne les comprennent pas - ce qui est souvent le cas -, on ne se donnera surtout pas la peine de les traduire en français). Le but visé est tout simplement d'essayer de développer les chiffres d'affaires et de valoriser les images. Et pour cela, disent, unanimes, les "créatifs" de la publicité et de la communication, il importe, autant que faire se peut, de cacher les mots français, qui on fait leur temps, qui sont suspects, à l'heure de la globalisation, d'exprimer un penchant rétrograde pour le "repli identitaire", tandis que, à l'inverse, en faisant généreusement étalage d'un vocabulaire riche de quelques ... dizaines de mots anglais, on serait bien de son temps, invariablement à la mode, à l'avant-garde du mouvement de la société, "branché", ouvert aux autres et "moderne". Les trois clichés ci-dessous, choisis parmi une foule d'autres, en témoignent sans ambiguïté aucune. Les deux premiers ont été pris à La Baule cet été (comme dans tous les territoires à vocation touristique, l'anglomanie y atteint depuis longtemps déjà des sommets). J'ai beaucoup circulé dans cette région au mois de juillet. J'ai constaté que les touristes anglophones y étaient, cette année encore, fort peu nombreux. Le troisième cliché ("American car wash") représente une publicité récente pour une entreprise de lavage de voitures installée en périphérie de la ville de Rennes. La raison sociale n'est pourtant pas vraiment celle d'une multinationale ayant vocation à s'implanter dans le monde entier ! Mais peut-être espère-t-on séduire les automobilistes rennais sensibles au "rêve américain" en leur donnant à bon compte l'illusion qu'ils vont faire laver leur voiture non loin de Wall Street (qui continue, on se demande bien pourquoi, d'en fasciner plus d'un), dans une station de Brooklyn par exemple (l'une des cinq circonscriptions de la ville de New-York, comme chacun sait, dont la devise est d'ailleurs écrite en ... néerlandais, ce qui est sans doute beaucoup moins connu, y compris des anglomaniaques les plus déterminés). Jean-Pierre Busnel
Un ancien Premier ministre dénonce l'anglomanie
Pour une fois qu'un membre de la classe politique française dénonce l'anglomanie vivement, publiquement, on aurait bien mauvaise grâce à ne pas le citer volontiers. Il s'agit d'Alain Juppé, ancien Premier ministre (de 1995 à 1997), maire de Bordeaux de 1995 à 2004 et, de nouveau, depuis 2006. Ce n'est pas un ministre en exercice qui ferait cela ! Mais il est vrai que M. Juppé est plus ou moins en retrait de la sphère politique désormais, qu'il est agrégé de lettres classiques et qu'il appartient à une génération où l'attachement à la langue française est encore généralement vivace. Toujours est-il qu'il vient de publier sur son "blog-notes" un vigoureux "coup de gueule" à ce propos, intitulé "Confusion intellectuelle" (www.al1jup.com/ ) [en réponse notamment à l'infâme article que Frédéric Martel a publié dans Le Point du 8/7/2010 : “Français, pour exister, parlez English.” dont nous parlons dans un article précédent]
En voici un extrait : "... La véritable explication de l’actuelle épidémie de “franglais”, c’est, selon moi, le snobisme : comme nous parlons mal l’anglais (cf. supra), il est plus facile, pour donner le change, d’émailler notre conversation de mots anglais qui font chic. Mainstream… Autre exemple : cette publicité d’une grande marque automobile qui vante les mérites de son véhicule… “energy saving”, comme si, pauvres couillons de consommateurs français, nous ne savions pas ce qu’économiser l’énergie veut dire. Grotesque ! ... La mondialisation, ce n’est pas l’américanisation universelle. C’est la diversité. Y compris la diversité linguistique ...". Le fait de "truffer notre français de mots empruntés à l'anglais" est bel et bien, comme le dit l'auteur, parfaitement "ridicule". Dans l'immense majorité des cas cela ne correspond, en effet, strictement à aucune utilité, à aucune nécessité, à aucune rationalité. Pour la bonne raison que les mots anglais mêlés en vrac aux mots français dans une sorte d'ébauche de bilinguisme de bazar, utilisés à profusion sur le territoire français par les milieux commerciaux essentiellement mais pas seulement par eux car le mimétisme anglomaniaque (notons que M. Juppé parle d'"épidémie") n'épargne plus grand monde désormais, ne sont nullement destinés à des anglophones qui ne comprendraient pas un mot de français, mais à des ... francophones (et peu importe que ces derniers ne les comprennent pas - ce qui est souvent le cas -, on ne se donnera surtout pas la peine de les traduire en français). Le but visé est tout simplement d'essayer de développer les chiffres d'affaires et de valoriser les images. Et pour cela, disent, unanimes, les "créatifs" de la publicité et de la communication, il importe, autant que faire se peut, de cacher les mots français, qui on fait leur temps, qui sont suspects, à l'heure de la globalisation, d'exprimer un penchant rétrograde pour le "repli identitaire", tandis que, à l'inverse, en faisant généreusement étalage d'un vocabulaire riche de quelques ... dizaines de mots anglais, on serait bien de son temps, invariablement à la mode, à l'avant-garde du mouvement de la société, "branché", ouvert aux autres et "moderne". Les trois clichés ci-dessous, choisis parmi une foule d'autres, en témoignent sans ambiguïté aucune. Les deux premiers ont été pris à La Baule cet été (comme dans tous les territoires à vocation touristique, l'anglomanie y atteint depuis longtemps déjà des sommets). J'ai beaucoup circulé dans cette région au mois de juillet. J'ai constaté que les touristes anglophones y étaient, cette année encore, fort peu nombreux. Le troisième cliché ("American car wash") représente une publicité récente pour une entreprise de lavage de voitures installée en périphérie de la ville de Rennes. La raison sociale n'est pourtant pas vraiment celle d'une multinationale ayant vocation à s'implanter dans le monde entier ! Mais peut-être espère-t-on séduire les automobilistes rennais sensibles au "rêve américain" en leur donnant à bon compte l'illusion qu'ils vont faire laver leur voiture non loin de Wall Street (qui continue, on se demande bien pourquoi, d'en fasciner plus d'un), dans une station de Brooklyn par exemple (l'une des cinq circonscriptions de la ville de New-York, comme chacun sait, dont la devise est d'ailleurs écrite en ... néerlandais, ce qui est sans doute beaucoup moins connu, y compris des anglomaniaques les plus déterminés). Jean-Pierre Busnel
Voyage en anglomanie magazine
À la découverte d'Elle
Nous sommes tombés sur un numéro d'Elle cela nous a permis de voir le degré d'anglomanie dans lequel était tombé ce journal dit féminin. Passage en revue de ce numéro du 23 juillet 2010 : page 8 : une rubrique intitulée elleinfostory page 12 : dans la rubrique intitulée elleinfopeople avec l'été des VIP page 20 : toujours dans la rubrique elleinfopeople page 22 : toujours dans la rubrique elleinfopeople page 36 : dans la rubrique intitulée leslivresdeelle page 38 : une présentatrice météo est qualifiée de "la Miss météo de Canal +" page 43 : dans la rubrique intitulée styleelleété page 46 : toujours dans la rubrique styleelleété, la page DO IT YOURSELF qui nous expose comment mettre des pièces à un jean coupé en short cela s'appelle LE SHORT PATCH. Les opérations sont détaillées dans un encadré intitulé STEP BY STEP page 48 : toujours dans la rubrique styleelleété, la page consacrée aux produits de beauté est intitulée BEAUTY BAR pages 50 à 55 : dans un article consacré à "La vraie vie des stars en vacances", le chapô nous invite à partir "à la découverte des sept familles des Very Importants Touristes". Ce passionnant article est saupoudré d'expressions ou de petits mots intéressants comme guest star, the place to be, total-look… pages 68 à 89 : dans l'article de 22 pages où Sophie Marceau fait la promotion de divers vêtements, pages 90 à 95 : une sorte d'article publicitaire destiné à faire vendre des produits de beauté orné d'un gros titre LA PLUS BELLE POUR ALLER CLUBBER. On y apprend de belles révélations : La natte très très serrée est "plus night-club friendly" que la natte lâche… pages 108 : dans la rubrique vieprivéebien-être un encadré nous parle de "MES CANTINES HEALTHY À PARIS" Voilà pour ce rapide tour d'horizon, nous en avons surement oublié un certain nombre, cachés dans le texte de ces captivants articles. Notons, puisque la publicité non rédactionnelle occupe près 40% de la surface de ce journal (51 pages sur 134), que celle-ci n'est pas en reste comme par exemple, en page 45 : une publicité pour le téléphone Blackberry dont le slogan est what you do BBM Que dire après un tel constat ? Que les autres magazines dits féminins doivent faire de même pour "faire moderne". Que tout cela doit faire grand plaisir à Frédéric Martel grand apôtre de la colonization culturelle et linguistique (nommée également collaboracheune). Nous invitons nos lectrices (ou lecteurs) à ne plus acheter ces titres ou tout du moins à écrire à leurs rédactions pour protester contre ce massacre général de la langue française. Marc-Antoine Renard Voyage en anglomanie magazine
À la découverte d'Elle
Nous sommes tombés sur un numéro d'Elle cela nous a permis de voir le degré d'anglomanie dans lequel était tombé ce journal dit féminin. Passage en revue de ce numéro du 23 juillet 2010 : page 8 : une rubrique intitulée elleinfostory page 12 : dans la rubrique intitulée elleinfopeople avec l'été des VIP page 20 : toujours dans la rubrique elleinfopeople page 22 : toujours dans la rubrique elleinfopeople page 36 : dans la rubrique intitulée leslivresdeelle page 38 : une présentatrice météo est qualifiée de "la Miss météo de Canal +" page 43 : dans la rubrique intitulée styleelleété page 46 : toujours dans la rubrique styleelleété, la page DO IT YOURSELF qui nous expose comment mettre des pièces à un jean coupé en short cela s'appelle LE SHORT PATCH. Les opérations sont détaillées dans un encadré intitulé STEP BY STEP page 48 : toujours dans la rubrique styleelleété, la page consacrée aux produits de beauté est intitulée BEAUTY BAR pages 50 à 55 : dans un article consacré à "La vraie vie des stars en vacances", le chapô nous invite à partir "à la découverte des sept familles des Very Importants Touristes". Ce passionnant article est saupoudré d'expressions ou de petits mots intéressants comme guest star, the place to be, total-look… pages 68 à 89 : dans l'article de 22 pages où Sophie Marceau fait la promotion de divers vêtements, pages 90 à 95 : une sorte d'article publicitaire destiné à faire vendre des produits de beauté orné d'un gros titre LA PLUS BELLE POUR ALLER CLUBBER. On y apprend de belles révélations : La natte très très serrée est "plus night-club friendly" que la natte lâche… pages 108 : dans la rubrique vieprivéebien-être un encadré nous parle de "MES CANTINES HEALTHY À PARIS" Voilà pour ce rapide tour d'horizon, nous en avons surement oublié un certain nombre, cachés dans le texte de ces captivants articles. Notons, puisque la publicité non rédactionnelle occupe près 40% de la surface de ce journal (51 pages sur 134), que celle-ci n'est pas en reste comme par exemple, en page 45 : une publicité pour le téléphone Blackberry dont le slogan est what you do BBM Que dire après un tel constat ? Que les autres magazines dits féminins doivent faire de même pour "faire moderne". Que tout cela doit faire grand plaisir à Frédéric Martel grand apôtre de la colonization culturelle et linguistique (nommée également collaboracheune). Nous invitons nos lectrices (ou lecteurs) à ne plus acheter ces titres ou tout du moins à écrire à leurs rédactions pour protester contre ce massacre général de la langue française. Marc-Antoine Renard
le frédéricmartelisme* a encore frappé
Navrante bêtise anglomane bretonne Il paraît que la Bretagne et la Catalogne sont aujourd'hui, dans toute l'Union européenne, les régions les plus attachées à la promotion de leur langue régionale et les plus ouvertes à l'invasion anglomaniaque. Pour ce qui est de la Bretagne, on ne voit pas vraiment de raison d'en douter. Dopé tout à la fois par la décentralisation des pouvoirs publics et par la construction européenne, le régionalisme linguistique y est, en effet, en plein essor. Quant à l'anglomanie, elle y atteint les sommets que l'on sait, notamment dans le milieu du tourisme.
D'où la prolifération, en Bretagne, d'expressions nouvelles associant mots anglais et bretons, mêlant inspiration commerciale et culturelle (ou politique), comme si la langue française n'existait pas. Elle n'épargne évidemment pas les administrations publiques (communes, départements et conseil région), loin de là. C'est ainsi que le Président du Conseil régional de Bretagne a présenté tout récemment un nouveau film (en deux versions) de promotion du tourisme en Bretagne. Son nom : "Be Breizh !". Le recours au mot anglais "be" étant tout de même appelé à soulever certains interrogations, voire même certaines critiques, le CRT (Comité régional du tourisme) le justifie en présentant ce slogan commercial comme un "appel général et universel de ralliement qui ne nécessite pas de traduction et donc utilisé invariablement à l’international ... En adoptant "Be Breizh !", le CRT veut créer une expression unique qui ne peut appartenir qu'à la Bretagne, ancrée dans son identité, pour se démarquer encore plus fortement et durablement des autres territoires. "Be Breizh !" répond au double objectif de rajeunir l'image et de mobiliser les Bretons." C'est que le verdict des agences de "pub" et de communication est formel et sans appel : quand il s'agit de donner un nom à un produit, à un service, de définir une raison sociale ou une enseigne commerciale, une action de promotion quelconque, y compris donc celle d'une région de France, l'essentiel est d'utiliser le moins possible de mots français. Ceux-ci sont "vieux", ils ont fait leur temps, et, au contraire par exemple de "Be" et de "Breizh", seraient bien incapables de "rajeunir l'image" de la Bretagne. Sauf exception rarissime, les dirigeants économiques et politiques valident ce dénigrement systématique, ce bannissement de la langue française en se soumettant volontiers, sans doute même avec enthousiasme parfois, à ce diktat. Pour eux, ce sont lesdites agences qui, en la matière, font la loi, celle des marchés, bien entendu. Jean-Pierre Busnel
* frédéricmartelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré) le frédéricmartelisme* a encore frappé
Navrante bêtise anglomane bretonne Il paraît que la Bretagne et la Catalogne sont aujourd'hui, dans toute l'Union européenne, les régions les plus attachées à la promotion de leur langue régionale et les plus ouvertes à l'invasion anglomaniaque. Pour ce qui est de la Bretagne, on ne voit pas vraiment de raison d'en douter. Dopé tout à la fois par la décentralisation des pouvoirs publics et par la construction européenne, le régionalisme linguistique y est, en effet, en plein essor. Quant à l'anglomanie, elle y atteint les sommets que l'on sait, notamment dans le milieu du tourisme.
D'où la prolifération, en Bretagne, d'expressions nouvelles associant mots anglais et bretons, mêlant inspiration commerciale et culturelle (ou politique), comme si la langue française n'existait pas. Elle n'épargne évidemment pas les administrations publiques (communes, départements et conseil région), loin de là. C'est ainsi que le Président du Conseil régional de Bretagne a présenté tout récemment un nouveau film (en deux versions) de promotion du tourisme en Bretagne. Son nom : "Be Breizh !". Le recours au mot anglais "be" étant tout de même appelé à soulever certains interrogations, voire même certaines critiques, le CRT (Comité régional du tourisme) le justifie en présentant ce slogan commercial comme un "appel général et universel de ralliement qui ne nécessite pas de traduction et donc utilisé invariablement à l’international ... En adoptant "Be Breizh !", le CRT veut créer une expression unique qui ne peut appartenir qu'à la Bretagne, ancrée dans son identité, pour se démarquer encore plus fortement et durablement des autres territoires. "Be Breizh !" répond au double objectif de rajeunir l'image et de mobiliser les Bretons." C'est que le verdict des agences de "pub" et de communication est formel et sans appel : quand il s'agit de donner un nom à un produit, à un service, de définir une raison sociale ou une enseigne commerciale, une action de promotion quelconque, y compris donc celle d'une région de France, l'essentiel est d'utiliser le moins possible de mots français. Ceux-ci sont "vieux", ils ont fait leur temps, et, au contraire par exemple de "Be" et de "Breizh", seraient bien incapables de "rajeunir l'image" de la Bretagne. Sauf exception rarissime, les dirigeants économiques et politiques valident ce dénigrement systématique, ce bannissement de la langue française en se soumettant volontiers, sans doute même avec enthousiasme parfois, à ce diktat. Pour eux, ce sont lesdites agences qui, en la matière, font la loi, celle des marchés, bien entendu. Jean-Pierre Busnel
* frédéricmartelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)
Le français au Québec
"Nous sommes d’une race qui ne veut pas mourir*" par Jacques Bergeron
Écoutons Jacques Bergeron, l’indépendantiste québécois, animateur de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, opiniâtre et valeureux résistant à toutes les tentatives constantes d’étranglement-étouffement lent, sournois, comme au sérail, de la langue française au Québec. Cette fois, il cite des textes de divers pays étrangers qui protègent leurs langues de diverses manières, pour démonter les arguments hypocrites des collaborateurs québécois selon lesquels le Québec ferait en quelque sorte exception dans sa défense linguistique. A.S. «Or, je les entends déjà ces journalistes pleutres et ces Marie-Madeleine de la cause des pauvres anglophones opprimés: "On ne peut pas renforcer la Loi 101! Ce n’est pas normal d’avoir à faire ça; que penseront les autres de nous? Ce n’est pas ce qu’un pays démocratique ferait!" Balivernes. Qu’on cesse un peu d’écouter ces acrochordons de la pensée qui passent le plus clair de leur temps à nous qualifier d’incapables et qui se réjouissent du moindre de nos échecs. Légiférer pour protéger la langue commune, c’est précisément ce que font la plupart des pays sur la planète. En rafale:
Dans leur quasi-totalité, ces États ne sont pas des dictatures et ne violentent pas leurs minorités. Simplement, ils ont compris que c’est en légiférant qu’on peut assurer que la cohérence et la stabilité sociales issues du partage d’une seule langue commune bien établie peut prévaloir. Ils ont saisi que si des lois permettent de protéger les individus, en interdisant tout ce qui pourrait s’attaquer à leur intégrité, de telles lois sont tout autant nécessaires pour protéger la nation, cette collectivité d’individus partageant des valeurs communes, dont la langue est généralement la principale. Jacques Bergeron ________________________________________________________________________________
* Maria Chapdelaine, de Louis Hémon Le français au Québec
"Nous sommes d’une race qui ne veut pas mourir*" par Jacques Bergeron
Écoutons Jacques Bergeron, l’indépendantiste québécois, animateur de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, opiniâtre et valeureux résistant à toutes les tentatives constantes d’étranglement-étouffement lent, sournois, comme au sérail, de la langue française au Québec. Cette fois, il cite des textes de divers pays étrangers qui protègent leurs langues de diverses manières, pour démonter les arguments hypocrites des collaborateurs québécois selon lesquels le Québec ferait en quelque sorte exception dans sa défense linguistique. A.S. «Or, je les entends déjà ces journalistes pleutres et ces Marie-Madeleine de la cause des pauvres anglophones opprimés: "On ne peut pas renforcer la Loi 101! Ce n’est pas normal d’avoir à faire ça; que penseront les autres de nous? Ce n’est pas ce qu’un pays démocratique ferait!" Balivernes. Qu’on cesse un peu d’écouter ces acrochordons de la pensée qui passent le plus clair de leur temps à nous qualifier d’incapables et qui se réjouissent du moindre de nos échecs. Légiférer pour protéger la langue commune, c’est précisément ce que font la plupart des pays sur la planète. En rafale:
Dans leur quasi-totalité, ces États ne sont pas des dictatures et ne violentent pas leurs minorités. Simplement, ils ont compris que c’est en légiférant qu’on peut assurer que la cohérence et la stabilité sociales issues du partage d’une seule langue commune bien établie peut prévaloir. Ils ont saisi que si des lois permettent de protéger les individus, en interdisant tout ce qui pourrait s’attaquer à leur intégrité, de telles lois sont tout autant nécessaires pour protéger la nation, cette collectivité d’individus partageant des valeurs communes, dont la langue est généralement la principale. Jacques Bergeron ________________________________________________________________________________
* Maria Chapdelaine, de Louis Hémon
La collaboracheune a trouvé son chantre : Frédéric Martel
Dans un article de 3 pages (!) dont le magazine Le Point (8 juillet 2010) lui a généreusement accordé la place, Frédéric Martel développe en long et en large la théorie de ce que nous appelons la collaboracheune (collaboration linguistique et culturelle).[lien vers l'article ]
Ce triste sire milite, pour résumer, pour la disparition complète du français, l'alignement général dans tous les domaines sur le modèle états-unien et l'uniformisation général de la planète. Son article est un long cri de victoire à toutes les défaites et reculs français, un long rampement devant tout ce qui vient des pays anglo-saxons, forcément plus modernes. Pour lui l'ouverture au monde ne peut se traduire que par un seul comportement : devenons anglo-saxons. Dans ce pays, toutes les époques ont connu de tel chantres de la défaite nationale : Bourguignons s'alliant aux Anglais contre les Armagnacs, émigrés s'alliant à l'Europe absolutiste contre la Révolution et Vichy prônant la collaboration avec l'Allemagne nazie... Il n'en est hélas que le digne continuateur ! Voir les réponses de Claude Hagège (Une langue créative et universelle) et de François Taillandier (L'avenir s'écrit aussi en français) dans le Point du 5 août 2010 ainsi que celle d'Alain Juppé du 8 août dans son blog (Confusion intellectuelle). Marc-Antoine Renard __________________________________________________________________________________ Notons que ce manifeste est l'œuvre d'un grand redevable de la République (même s'il lui crache à la figure) : chef du bureau du livre dans une ambassade, chargé de mission au département des affaires internationales du ministère de la Culture, conseiller technique au cabinet de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité, chercheur à l'EHESS et conseiller du président de l’EHESS (!), attaché culturel à l'ambassade de France aux États-Unis, producteur/présentateur à France Culture, chercheur associé à l'Institut National de l'Audiovisuel (INA) !!! et j'en passe... M.-A. R. voir aussi l'article du 17 juillet de Métapo infos et l'article de Jack Dion dans Marianne qui y est cité La collaboracheune a trouvé son chantre : Frédéric Martel
Dans un article de 3 pages (!) dont le magazine Le Point (8 juillet 2010) lui a généreusement accordé la place, Frédéric Martel développe en long et en large la théorie de ce que nous appelons la collaboracheune (collaboration linguistique et culturelle).[lien vers l'article ]
Ce triste sire milite, pour résumer, pour la disparition complète du français, l'alignement général dans tous les domaines sur le modèle états-unien et l'uniformisation général de la planète. Son article est un long cri de victoire à toutes les défaites et reculs français, un long rampement devant tout ce qui vient des pays anglo-saxons, forcément plus modernes. Pour lui l'ouverture au monde ne peut se traduire que par un seul comportement : devenons anglo-saxons. Dans ce pays, toutes les époques ont connu de tel chantres de la défaite nationale : Bourguignons s'alliant aux Anglais contre les Armagnacs, émigrés s'alliant à l'Europe absolutiste contre la Révolution et Vichy prônant la collaboration avec l'Allemagne nazie... Il n'en est hélas que le digne continuateur ! Voir les réponses de Claude Hagège (Une langue créative et universelle) et de François Taillandier (L'avenir s'écrit aussi en français) dans le Point du 5 août 2010 ainsi que celle d'Alain Juppé du 8 août dans son blog (Confusion intellectuelle). Marc-Antoine Renard __________________________________________________________________________________ Notons que ce manifeste est l'œuvre d'un grand redevable de la République (même s'il lui crache à la figure) : chef du bureau du livre dans une ambassade, chargé de mission au département des affaires internationales du ministère de la Culture, conseiller technique au cabinet de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité, chercheur à l'EHESS et conseiller du président de l’EHESS (!), attaché culturel à l'ambassade de France aux États-Unis, producteur/présentateur à France Culture, chercheur associé à l'Institut National de l'Audiovisuel (INA) !!! et j'en passe... M.-A. R. voir aussi l'article du 17 juillet de Métapo infos et l'article de Jack Dion dans Marianne qui y est cité
Une belle défense du plurilinguisme, de la diversité et de la langue française en particulier
De quelques inférences, ellipses et paraboles sur la nécessité
impérieuse de défendre le plurilinguisme
Extrait du discours prononcé par Jacques Cortès le 7 juin 2010 à l’Université Pédagogique de Cracovie pour sa réception comme Docteur Honoris causa
Giourdina
Une belle défense du plurilinguisme, de la diversité et de la langue française en particulier
De quelques inférences, ellipses et paraboles sur la nécessité
impérieuse de défendre le plurilinguisme
Extrait du discours prononcé par Jacques Cortès le 7 juin 2010 à l’Université Pédagogique de Cracovie pour sa réception comme Docteur Honoris causa
Giourdina
Normal Sup croit à l'excellence à la française
Loin de l’Institut d’études politiques de Paris (Science Po.) qui impose de plus en plus de cours en anglais et qui permet à des étudiants étrangers de suivre des cursus complets sans apprendre un mot de français, encore plus loin des écoles de commerce (renommées le plus souvent "business school") qui imposent des cursus entièrement en anglais à leurs étudiants, Normale Sup organise des sessions d'un mois autour de langue et de la culture française pour une cinquantaine de brillants étudiants, chinois, japonais, africains, européens.
Comme le dit Cécilia Gabizon dans son article du Figaro du 22 juillet 2010 : "Beaucoup entendent «améliorer leur niveau de langue» . Mais en fait de séjour linguistique, l'ENS a concocté un véritable programme de travail, avec des ateliers d'art, d'architecture, de littérature, des conférences magistrales et des cours délivrés soit par d'illustres professeurs, soit par des normaliens frais émoulus. «Nous avons choisi un cursus tout en français, ce qui est rare. Il ne faut pas laisser le monopole de la recherche à l'anglais», explique Céline Barral, normalienne qui coordonne cette formation." A une époque de démission généralisée concernant la langue française, nous ne pouvons que nous réjouir de cette nouvelle et lui souhaiter longue vie. Persuadés que singer les anglo-saxons n'apporte rien à la France, n'importe qui d'un peu censé préférant toujours l'original à la copie. M.-A. R.
Normal Sup croit à l'excellence à la française
Loin de l’Institut d’études politiques de Paris (Science Po.) qui impose de plus en plus de cours en anglais et qui permet à des étudiants étrangers de suivre des cursus complets sans apprendre un mot de français, encore plus loin des écoles de commerce (renommées le plus souvent "business school") qui imposent des cursus entièrement en anglais à leurs étudiants, Normale Sup organise des sessions d'un mois autour de langue et de la culture française pour une cinquantaine de brillants étudiants, chinois, japonais, africains, européens.
Comme le dit Cécilia Gabizon dans son article du Figaro du 22 juillet 2010 : "Beaucoup entendent «améliorer leur niveau de langue» . Mais en fait de séjour linguistique, l'ENS a concocté un véritable programme de travail, avec des ateliers d'art, d'architecture, de littérature, des conférences magistrales et des cours délivrés soit par d'illustres professeurs, soit par des normaliens frais émoulus. «Nous avons choisi un cursus tout en français, ce qui est rare. Il ne faut pas laisser le monopole de la recherche à l'anglais», explique Céline Barral, normalienne qui coordonne cette formation." A une époque de démission généralisée concernant la langue française, nous ne pouvons que nous réjouir de cette nouvelle et lui souhaiter longue vie. Persuadés que singer les anglo-saxons n'apporte rien à la France, n'importe qui d'un peu censé préférant toujours l'original à la copie. M.-A. R.
Dinard, François Pinault et l'anglomanie ordinaire
Il y a un an, le 16 juin 2009, j'évoquais l'inauguration, au Palais des Arts de Dinard (charmante station balnéaire très réputée de la Côte d'Émeraude, à quelque 65 kilomètres au nord de Rennes), de l'exposition d'une petite partie de l'immense collection privée d'œuvres d'art contemporain de M. François Pinault, homme d'affaires breton, l'une des plus grandes fortunes de France. Intitulée "Qui a peur des artistes ?", cette exposition se tenait, curieusement, sous l'égide de la "François Pinault Foundation" ! Le mot anglais foundation ne différant du français fondation que par une lettre, le parti pris anglomaniaque était manifeste. Du coup, mélangeant les genres, les journalistes et les commentateurs usèrent à cette occasion d'un anglicisme syntaxique pour désigner cette fondation. Ils ne parlaient pas de la Fondation François Pinault, mais de la François Pinault Fondation. C'était même le cas du site internet officiel de la ville de Dinard qui, sur sa page d'accueil, évoquait cette "sélection d'oeuvres de la François Pinault Fondation".
Cette année, dans les mêmes lieux, une seconde exposition d'art contemporain "témoigne de la volonté de la ville de Dinard de s'inscrire dans la création d'aujourd'hui". A travers une cinquantaine d'œuvres, il s'agit, sur le thème de l'espoir, d'un voyage initiatique au sein de la culture biblique allant de la Genèse à l'Apocalypse en passant par l'Exode. Cette fois encore, les organisateurs et leurs conseils en communication ont estimé que la langue française était indigne d'exprimer la modernité. C'est bien entendu l'anglais qui a eu leur préférence. D'où le titre de l'exposition : "Hope" (espoir en français, voir ci-dessus).
Je suis entré dans ce Palais des Arts de Dinard. C'était un dimanche, à l'heure du déjeuner, et les quatre ou cinq jeunes gens de l'accueil étaient désœuvrés. J'ai eu tout le temps de leur dire ce que je pensais de cette nouvelle manifestation d'anglomanie. Ils m'ont sagement écouté et ont paru passablement médusés. Sans doute ne sont-ils pas habitués à entendre des observations de ce genre de la part des visiteurs en général, eux-mêmes considérant évidemment cet anglicisme comme allant de soi. En outre, en discutant avec de très jeunes gens, qui vivent désormais entre eux et qui n'ont que peu de contacts avec les adultes, on a parfois le sentiment qu'ils ne sont guère accoutumés à être contredits par ces derniers et, a fortiori, à ce qu'on leur tienne tête (l'enfermement de la jeunesse dans un monde à part est l'une des grandes caractéristiques de la société contemporaine). Toujours est-il que comme justification à cette utilisation insolite d'un mot anglais pour désigner une exposition d'art en France, l'un d'entre eux, mon interlocuteur principal, m'a répété à deux reprises : "C'est une question de choix !"
Voilà bien une excellente explication. Le sujet postmoderne aspire, en effet, à la plus parfaite autonomie. Il veut être, en tous domaines, libre de ses choix, libéré du fardeau, du carcan des héritages. Le très subtil Allan Bloom (1930-1992), qui a enseigné la philosophie politique à Chicago, a, l'un des premiers, au lendemain de la grande révolution culturelle des années 60, parfaitement discerné chez ses étudiants ce vent culturel nouveau aux États-Unis. Voici des extraits significatifs de ce qu'il écrivit à ce sujet dans son très remarquable ouvrage L'âme désarmée. Essai sur le déclin de la culture générale (chez Julliard, 1987) :
"Du fait de cet avenir indéterminé et ouvert et de l'absence de tout passé aliénant, les âmes des jeunes Américains se trouvent à un stade comparable à celui des premiers hommes à l'état de nature : ils sont nus spirituellement, sans relations, isolés, sans aucune connexion héritée ou inconditionnelle avec quoi que ce soit ni qui que ce soit. Toutes leurs relations doivent résulter d'un consentement, d'un contrat, d'un choix. Aucune n'est donnée d'avance ... Ils (les fils des classes moyennes) peuvent être tout ce qu'ils souhaitent être, mais ils n'ont aucune raison particulière de souhaiter être quelque chose en particulier. Ils ne doivent pas seulement choisir le lieu où ils vivront; ils doivent aussi choisir s'ils croiront en Dieu ou s'ils seront athées, à moins qu'ils ne laissent la question en suspens en étant agnostiques; s'ils seront hétérosexuels ou homosexuels, à moins qu'à nouveau ils ne se laissent libres d'être l'un et l'autre; s'ils se marieront et s'ils resteront mariés; s'ils auront des enfants, et ainsi de suite, à l'infini. Il n'existe aucune nécessité, aucune morale, aucune pression sociale, aucun sacrifice à faire qui milite en faveur ou à l'encontre d'aucune de ces directions, et il existe des désirs qui s'orientent vers chacune d'entre elles, avec, contradictoires entre eux, des arguments pour étayer chacun des choix."
"Laissez-moi faire de moi ce que je veux" écrivait, à la même époque, André Bercoff dans son Manuel d'instruction civique pour temps ingouvernables (Grasset, 1985). A l'heure de la globalisation, de l'individualisme et de l'hédonisme triomphants, du "bougisme", de l'aspiration au métissage généralisé, du relativisme culturel (tout se vaut), aucune autorité transcendante (idéologie), historique (la tradition), parentale, majoritaire ou politique (la loi démocratique) ne peut prétendre infléchir les préférences du sujet postmoderne, régenter ses comportements, contrarier sa prédilection pour une forme de société qui met à sa disposition toutes les formes de vie, le libère de la morale ancienne du menu unique au profit d'un choix à la carte. Et surtout pas celle issue d'un passé nécessairement périmé, "car le pire est désormais d'apparaître en héritier" (Francis Brochet, La Grande Rupture, éditions du Toucan, 2010). Dans ces conditions, aux yeux des jeunes générations une langue ne saurait évidemment prétendre à l'hégémonie, ni même à quelque supériorité que ce soit, au motif qu'elle est "maternelle" (c'est pourquoi l'attachement à la langue est une fonction croissante de l'âge des individus). Et si l'anglais séduit autant les jeunes gens des deux sexes c'est, essentiellement, parce que c'est dans cette langue que s'exprime ce qui est, et de très loin, leur immense passion commune : la musique rock et ses dérivés, élément constitutif central de la culture mondiale de la jeunesse. Jean-Pierre Busnel
Dinard, François Pinault et l'anglomanie ordinaire
Il y a un an, le 16 juin 2009, j'évoquais l'inauguration, au Palais des Arts de Dinard (charmante station balnéaire très réputée de la Côte d'Émeraude, à quelque 65 kilomètres au nord de Rennes), de l'exposition d'une petite partie de l'immense collection privée d'œuvres d'art contemporain de M. François Pinault, homme d'affaires breton, l'une des plus grandes fortunes de France. Intitulée "Qui a peur des artistes ?", cette exposition se tenait, curieusement, sous l'égide de la "François Pinault Foundation" ! Le mot anglais foundation ne différant du français fondation que par une lettre, le parti pris anglomaniaque était manifeste. Du coup, mélangeant les genres, les journalistes et les commentateurs usèrent à cette occasion d'un anglicisme syntaxique pour désigner cette fondation. Ils ne parlaient pas de la Fondation François Pinault, mais de la François Pinault Fondation. C'était même le cas du site internet officiel de la ville de Dinard qui, sur sa page d'accueil, évoquait cette "sélection d'oeuvres de la François Pinault Fondation".
Cette année, dans les mêmes lieux, une seconde exposition d'art contemporain "témoigne de la volonté de la ville de Dinard de s'inscrire dans la création d'aujourd'hui". A travers une cinquantaine d'œuvres, il s'agit, sur le thème de l'espoir, d'un voyage initiatique au sein de la culture biblique allant de la Genèse à l'Apocalypse en passant par l'Exode. Cette fois encore, les organisateurs et leurs conseils en communication ont estimé que la langue française était indigne d'exprimer la modernité. C'est bien entendu l'anglais qui a eu leur préférence. D'où le titre de l'exposition : "Hope" (espoir en français, voir ci-dessus).
Je suis entré dans ce Palais des Arts de Dinard. C'était un dimanche, à l'heure du déjeuner, et les quatre ou cinq jeunes gens de l'accueil étaient désœuvrés. J'ai eu tout le temps de leur dire ce que je pensais de cette nouvelle manifestation d'anglomanie. Ils m'ont sagement écouté et ont paru passablement médusés. Sans doute ne sont-ils pas habitués à entendre des observations de ce genre de la part des visiteurs en général, eux-mêmes considérant évidemment cet anglicisme comme allant de soi. En outre, en discutant avec de très jeunes gens, qui vivent désormais entre eux et qui n'ont que peu de contacts avec les adultes, on a parfois le sentiment qu'ils ne sont guère accoutumés à être contredits par ces derniers et, a fortiori, à ce qu'on leur tienne tête (l'enfermement de la jeunesse dans un monde à part est l'une des grandes caractéristiques de la société contemporaine). Toujours est-il que comme justification à cette utilisation insolite d'un mot anglais pour désigner une exposition d'art en France, l'un d'entre eux, mon interlocuteur principal, m'a répété à deux reprises : "C'est une question de choix !"
Voilà bien une excellente explication. Le sujet postmoderne aspire, en effet, à la plus parfaite autonomie. Il veut être, en tous domaines, libre de ses choix, libéré du fardeau, du carcan des héritages. Le très subtil Allan Bloom (1930-1992), qui a enseigné la philosophie politique à Chicago, a, l'un des premiers, au lendemain de la grande révolution culturelle des années 60, parfaitement discerné chez ses étudiants ce vent culturel nouveau aux États-Unis. Voici des extraits significatifs de ce qu'il écrivit à ce sujet dans son très remarquable ouvrage L'âme désarmée. Essai sur le déclin de la culture générale (chez Julliard, 1987) :
"Du fait de cet avenir indéterminé et ouvert et de l'absence de tout passé aliénant, les âmes des jeunes Américains se trouvent à un stade comparable à celui des premiers hommes à l'état de nature : ils sont nus spirituellement, sans relations, isolés, sans aucune connexion héritée ou inconditionnelle avec quoi que ce soit ni qui que ce soit. Toutes leurs relations doivent résulter d'un consentement, d'un contrat, d'un choix. Aucune n'est donnée d'avance ... Ils (les fils des classes moyennes) peuvent être tout ce qu'ils souhaitent être, mais ils n'ont aucune raison particulière de souhaiter être quelque chose en particulier. Ils ne doivent pas seulement choisir le lieu où ils vivront; ils doivent aussi choisir s'ils croiront en Dieu ou s'ils seront athées, à moins qu'ils ne laissent la question en suspens en étant agnostiques; s'ils seront hétérosexuels ou homosexuels, à moins qu'à nouveau ils ne se laissent libres d'être l'un et l'autre; s'ils se marieront et s'ils resteront mariés; s'ils auront des enfants, et ainsi de suite, à l'infini. Il n'existe aucune nécessité, aucune morale, aucune pression sociale, aucun sacrifice à faire qui milite en faveur ou à l'encontre d'aucune de ces directions, et il existe des désirs qui s'orientent vers chacune d'entre elles, avec, contradictoires entre eux, des arguments pour étayer chacun des choix."
"Laissez-moi faire de moi ce que je veux" écrivait, à la même époque, André Bercoff dans son Manuel d'instruction civique pour temps ingouvernables (Grasset, 1985). A l'heure de la globalisation, de l'individualisme et de l'hédonisme triomphants, du "bougisme", de l'aspiration au métissage généralisé, du relativisme culturel (tout se vaut), aucune autorité transcendante (idéologie), historique (la tradition), parentale, majoritaire ou politique (la loi démocratique) ne peut prétendre infléchir les préférences du sujet postmoderne, régenter ses comportements, contrarier sa prédilection pour une forme de société qui met à sa disposition toutes les formes de vie, le libère de la morale ancienne du menu unique au profit d'un choix à la carte. Et surtout pas celle issue d'un passé nécessairement périmé, "car le pire est désormais d'apparaître en héritier" (Francis Brochet, La Grande Rupture, éditions du Toucan, 2010). Dans ces conditions, aux yeux des jeunes générations une langue ne saurait évidemment prétendre à l'hégémonie, ni même à quelque supériorité que ce soit, au motif qu'elle est "maternelle" (c'est pourquoi l'attachement à la langue est une fonction croissante de l'âge des individus). Et si l'anglais séduit autant les jeunes gens des deux sexes c'est, essentiellement, parce que c'est dans cette langue que s'exprime ce qui est, et de très loin, leur immense passion commune : la musique rock et ses dérivés, élément constitutif central de la culture mondiale de la jeunesse. Jean-Pierre Busnel
Raffarin interpelle Strauss-Kahn, Lamy et Trichet
qui s'expriment le plus souvent en anglais
Représentant du président Nicolas Sarkozy pour la francophonie, et partisan de "l'intransigeance francophone", l'ancien premier ministre regrette que d'éminents Français occupant à l'international des postes de premier plan aient pris l'habitude de s'exprimer en anglais. « Ma tâche serait plus facile si, de temps à autre, au FMI, à l'OMC ou à la BCE, MM. Strauss-Kahn, Lamy et Trichet prononçaient un discours en français » , explique Jean-Pierre Raffarin.
L’ancien Premier Ministre, "sherpa" du Président de la République pour les Sommets francophones, s’est déclaré partisan de "l’intransigeance francophone". Il s’est déplacé récemment à Bruxelles et dans divers grands organismes internationaux où des Français tiennent des postes stratégiques mais n’y servent pas la France, surtout pas sa langue (rappelons-nous le "I am not a Frenchman" de M. Trichet à Strasbourg !).
Cette prise de position sympathique devrait être relayée, pour gagner en crédibilité et efficacité, par le Président de la République lui-même… [AS] Raffarin interpelle Strauss-Kahn, Lamy et Trichet
qui s'expriment le plus souvent en anglais
Représentant du président Nicolas Sarkozy pour la francophonie, et partisan de "l'intransigeance francophone", l'ancien premier ministre regrette que d'éminents Français occupant à l'international des postes de premier plan aient pris l'habitude de s'exprimer en anglais. « Ma tâche serait plus facile si, de temps à autre, au FMI, à l'OMC ou à la BCE, MM. Strauss-Kahn, Lamy et Trichet prononçaient un discours en français » , explique Jean-Pierre Raffarin.
L’ancien Premier Ministre, "sherpa" du Président de la République pour les Sommets francophones, s’est déclaré partisan de "l’intransigeance francophone". Il s’est déplacé récemment à Bruxelles et dans divers grands organismes internationaux où des Français tiennent des postes stratégiques mais n’y servent pas la France, surtout pas sa langue (rappelons-nous le "I am not a Frenchman" de M. Trichet à Strasbourg !).
Cette prise de position sympathique devrait être relayée, pour gagner en crédibilité et efficacité, par le Président de la République lui-même… [AS]
Dernières nouvelles de la collaboracheune (collaboration) Il s'agit de traiter ici, au moment où chacun dit célébrer les 70 ans de l'appel du 18 juin, du camp d'en face. De ceux qui sans exigence aucune, vont toujours au-delà de ce que l'on pourrait leur demander dans le sens de la démission nationale et, plus particulièrement ici, du piétinement de notre (leur) langue au profit de la langue de leurs "maîtres". C'est cela la collaboracheune* (collaboration). ! Quelques prouesses récentes dans ce domaine : Les magasins Ed ont décidé de se rebaptiser Dia : on pouvait y voir une avancée ,pour une fois un magasin du groupe Carrefour ne s'affublait pas d'un "market" ou d'un "city" et des initiales anglo-américaines (dont le sens il est vrai, avait été un peu oublié : épicier discount) se voyaient remplacées par un nom plus latin. Trop beau. L'intérieur est tapissé depuis de slogans énormes et de grande beauté : "Vous allez aimer le hard discount"... Marc-Antoine Renard * La graphie de ce terme est inspirée des annonces entendues sur les différentes chaînes de Radio France, où y compris sur France Musique et France Culture, où les auditeurs qui n'ont rien demandé, se voient infliger l'annonce récurrente d'une émission sur "Le Mouv" avec sa prononciation anglo-américaine, sans doute jugée obligatoire pour faire djeune : Mouv' généraicheune (Mouv' Génération). Dernières nouvelles de la collaboracheune (collaboration) Il s'agit de traiter ici, au moment où chacun dit célébrer les 70 ans de l'appel du 18 juin, du camp d'en face. De ceux qui sans exigence aucune, vont toujours au-delà de ce que l'on pourrait leur demander dans le sens de la démission nationale et, plus particulièrement ici, du piétinement de notre (leur) langue au profit de la langue de leurs "maîtres". C'est cela la collaboracheune* (collaboration). ! Quelques prouesses récentes dans ce domaine : Les magasins Ed ont décidé de se rebaptiser Dia : on pouvait y voir une avancée ,pour une fois un magasin du groupe Carrefour ne s'affublait pas d'un "market" ou d'un "city" et des initiales anglo-américaines (dont le sens il est vrai, avait été un peu oublié : épicier discount) se voyaient remplacées par un nom plus latin. Trop beau. L'intérieur est tapissé depuis de slogans énormes et de grande beauté : "Vous allez aimer le hard discount"... Marc-Antoine Renard * La graphie de ce terme est inspirée des annonces entendues sur les différentes chaînes de Radio France, où y compris sur France Musique et France Culture, où les auditeurs qui n'ont rien demandé, se voient infliger l'annonce récurrente d'une émission sur "Le Mouv" avec sa prononciation anglo-américaine, sans doute jugée obligatoire pour faire djeune : Mouv' généraicheune (Mouv' Génération).
Publicité ? dites plutôt advertising
Comment les agences publicitaires anglo-saxonnes
nous enfoncent leur "modèle" dans la tête
Ce ne sont plus seulement les enseignes commerciales (et les raisons sociales) qui sont aujourd'hui massivement anglicisées. La communication marchande emprunte de plus en plus aux mots anglais, en particulier sur les lieux de vente. Elle ne dit plus "ouverture prochaine" pour annoncer l'installation d'un nouvel établissement, mais "soon opening". Contrairement à ce que l'on pourrait penser au premier coup d'œil, la photographie ci-jointe n'a pas été prise dans une rue de Chicago, de Boston ou d'une quelconque ville des États-Unis d'Amérique, mais à Rennes, le 3 juin courant, à l'entrée du centre commercial Colombia. Elle montre la devanture d'une nouvelle boutique d'habillement (pour les "jeunes"). L'allusion explicite au football américain (quater back) comme argument de vente est d'autant plus inattendue, ici, que les Français ne connaissent rien de ce sport. Mais le fait qu'une douzaine des quinze plus grandes agences publicitaires de France (à l'exception de Havas Advertising [sic !] et de Publicis) soient des sociétés américaines est évidemment pour beaucoup dans cet ahurissant et envahissant raz-de-marée anglomaniaque. Autant dire, en effet, que ce sont des "stratèges" américains, ardents avocats de la globalisation postnationale et de la langue unique, qui, désormais, mènent le jeu et encadrent les concepteurs français pour la réalisation des publicités "nationales". Les milieux de la "pub" sont bel et bien, désormais, sous écrasante hégémonie anglo-saxonne. Ceci étant, l'élimination méthodique et progressive des mots français de l'espace public urbain ne semble toujours pas émouvoir le moins du monde les Français. Beaucoup, surtout parmi la population âgée et celle d'âge intermédiaire, ne savent pourtant pas ce que "soon opening" veut dire et pourraient s'offusquer que l'on s'adresse à eux, brusquement, comme s'ils étaient nés dans le Bronx. Mais cela les laisse apparemment de marbre. Peut-être même certains sont-ils flattés d'être transportés à aussi bon compte au pays des prestigieux et lointains quaterbacks dont ils entendent parfois parler par la presse sportive ? Et d'ailleurs les consommateurs ne sont-ils pas habitués à se soumettre volontiers aux injonctions des publicitaires, surtout les adolescents et les très jeunes gens qui sont, et de très loin, leur cible favorite (voir à ce sujet "Comment le capitalisme nous infantilise" de Benjamin Barber, professeur de sciences politiques à l'université du Maryland, Fayard, 2007) ? Il y a un peu plus de 50 ans (c'était en 1958) paraissait le livre fameux de Vance Packard, "La persuasion clandestine". Depuis, les techniques de manipulation ont évidemment fait beaucoup de progrès, au point que l'acheteur lambda n'a nullement le sentiment d'être assujetti par la consommation, mais, bien au contraire, celui d'être libéré par elle. Au total, le pouvoir économique alloue au secteur de la promotion des ventes et de la communication des ressources gigantesques. Mais, il faut bien le reconnaître, le résultat est là, spectaculaire. Le phénomène n'est évidemment pas propre à la France. Ainsi, l'Union européenne qui, nous avait-on promis, devait pérenniser sur le Vieux continent un modèle spécifique, distinct de celui des États-Unis, apparaît de plus en plus, en réalité, comme servant de couveuse à un ordre économique, social et culturel se rapprochant sans cesse davantage du type américain. De même, il n'a jamais été dit que la construction européenne pourrait mettre en péril la langue française, encore moins qu'aux abandons de souveraineté politique exigés par elle pourrait s'ajouter, à terme, celui de notre langue maternelle. Jean-Pierre Busnel Publicité ? dites plutôt advertising
Comment les agences publicitaires anglo-saxonnes
nous enfoncent leur "modèle" dans la tête
Ce ne sont plus seulement les enseignes commerciales (et les raisons sociales) qui sont aujourd'hui massivement anglicisées. La communication marchande emprunte de plus en plus aux mots anglais, en particulier sur les lieux de vente. Elle ne dit plus "ouverture prochaine" pour annoncer l'installation d'un nouvel établissement, mais "soon opening". Contrairement à ce que l'on pourrait penser au premier coup d'œil, la photographie ci-jointe n'a pas été prise dans une rue de Chicago, de Boston ou d'une quelconque ville des États-Unis d'Amérique, mais à Rennes, le 3 juin courant, à l'entrée du centre commercial Colombia. Elle montre la devanture d'une nouvelle boutique d'habillement (pour les "jeunes"). L'allusion explicite au football américain (quater back) comme argument de vente est d'autant plus inattendue, ici, que les Français ne connaissent rien de ce sport. Mais le fait qu'une douzaine des quinze plus grandes agences publicitaires de France (à l'exception de Havas Advertising [sic !] et de Publicis) soient des sociétés américaines est évidemment pour beaucoup dans cet ahurissant et envahissant raz-de-marée anglomaniaque. Autant dire, en effet, que ce sont des "stratèges" américains, ardents avocats de la globalisation postnationale et de la langue unique, qui, désormais, mènent le jeu et encadrent les concepteurs français pour la réalisation des publicités "nationales". Les milieux de la "pub" sont bel et bien, désormais, sous écrasante hégémonie anglo-saxonne. Ceci étant, l'élimination méthodique et progressive des mots français de l'espace public urbain ne semble toujours pas émouvoir le moins du monde les Français. Beaucoup, surtout parmi la population âgée et celle d'âge intermédiaire, ne savent pourtant pas ce que "soon opening" veut dire et pourraient s'offusquer que l'on s'adresse à eux, brusquement, comme s'ils étaient nés dans le Bronx. Mais cela les laisse apparemment de marbre. Peut-être même certains sont-ils flattés d'être transportés à aussi bon compte au pays des prestigieux et lointains quaterbacks dont ils entendent parfois parler par la presse sportive ? Et d'ailleurs les consommateurs ne sont-ils pas habitués à se soumettre volontiers aux injonctions des publicitaires, surtout les adolescents et les très jeunes gens qui sont, et de très loin, leur cible favorite (voir à ce sujet "Comment le capitalisme nous infantilise" de Benjamin Barber, professeur de sciences politiques à l'université du Maryland, Fayard, 2007) ? Il y a un peu plus de 50 ans (c'était en 1958) paraissait le livre fameux de Vance Packard, "La persuasion clandestine". Depuis, les techniques de manipulation ont évidemment fait beaucoup de progrès, au point que l'acheteur lambda n'a nullement le sentiment d'être assujetti par la consommation, mais, bien au contraire, celui d'être libéré par elle. Au total, le pouvoir économique alloue au secteur de la promotion des ventes et de la communication des ressources gigantesques. Mais, il faut bien le reconnaître, le résultat est là, spectaculaire. Le phénomène n'est évidemment pas propre à la France. Ainsi, l'Union européenne qui, nous avait-on promis, devait pérenniser sur le Vieux continent un modèle spécifique, distinct de celui des États-Unis, apparaît de plus en plus, en réalité, comme servant de couveuse à un ordre économique, social et culturel se rapprochant sans cesse davantage du type américain. De même, il n'a jamais été dit que la construction européenne pourrait mettre en péril la langue française, encore moins qu'aux abandons de souveraineté politique exigés par elle pourrait s'ajouter, à terme, celui de notre langue maternelle. Jean-Pierre Busnel
Appel de Lyon
et recommandations des 10èmes entretiens de la Francophonie
À l'issue des 10èmes entretiens de la Francophonie qui se sont tenus à Lyon les 27 et 28 mai dernier à l’Université de Lyon III-Jean Moulin, un appel solennel et vigoureux a été lancé en présence de quelque 300 personnalités françaises, québécoises, belges, maghrébines, africaines, vietnamiennes.... présentes (dont MM. Abdou Diouf, Jean-Pierre Raffarin, le sénateur Jacques Legendre, Philippe Péjo, Christian Philip, Claude Hagège, le Président de la Région Rhône-Alpes…), dans la conscience dramatique d’un tournant et de la nécessité d’un sursaut puissant, est adressé aux gouvernants, élites et médias de la France et des pays francophones, ainsi qu’aux responsables de l’OIF IFRAMOND (Université Jean Moulin Lyon 3) Hôtel de Ville, Lyon, le 28 mai 2010 Appel de Lyon
et recommandations des 10èmes entretiens de la Francophonie
À l'issue des 10èmes entretiens de la Francophonie qui se sont tenus à Lyon les 27 et 28 mai dernier à l’Université de Lyon III-Jean Moulin, un appel solennel et vigoureux a été lancé en présence de quelque 300 personnalités françaises, québécoises, belges, maghrébines, africaines, vietnamiennes.... présentes (dont MM. Abdou Diouf, Jean-Pierre Raffarin, le sénateur Jacques Legendre, Philippe Péjo, Christian Philip, Claude Hagège, le Président de la Région Rhône-Alpes…), dans la conscience dramatique d’un tournant et de la nécessité d’un sursaut puissant, est adressé aux gouvernants, élites et médias de la France et des pays francophones, ainsi qu’aux responsables de l’OIF IFRAMOND (Université Jean Moulin Lyon 3) Hôtel de Ville, Lyon, le 28 mai 2010
Maison de la Francophonie
ou Musée de la Francophonie ?
Il nous paru intéressant de reproduire ici la prise de position d'Autonomesup, 3ème organisation syndicale du supérieur. Joël Jallais Autonomesup : CSEN-FGAF - 4 rue de Trévise - 75009 Paris - Tél. : 01.46.59.01.01 Maison de la Francophonie
ou Musée de la Francophonie ?
Il nous paru intéressant de reproduire ici la prise de position d'Autonomesup, 3ème organisation syndicale du supérieur. Joël Jallais Autonomesup : CSEN-FGAF - 4 rue de Trévise - 75009 Paris - Tél. : 01.46.59.01.01
Au Québec, la lutte continue contre l’Empire et pour le français !
Impératif français : les prédateurs et le projet de loi 103
Il faut se souvenir de la loi québécoise 101, votée en 1977 sous le gouvernement de René Lévesque, dont une importante disposition imposait aux immigrants reçus au Québec de scolariser leurs enfants dans les écoles de langue française, tant privées que publiques. Depuis maintenant des décennies, le pouvoir fédéral et les «Anglos» n’ont eu de cesse de miser sur la démographie, sur l’immigration non francophone au Québec et sur les dérogations sans cesse plus larges qui permettent à ces immigrants non francophones de fréquenter les écoles de langue anglaise au Québec qui sont très développées et riches. La loi 103 est une nouvelle manifestation de ce grignotage continu et de cette submersion linguistique. [Albert Salon]
Manifestation de la Coalition "Québec français" Plus de 150 personnes de la Coalition "Québec français" s'étaient donné rendez-vous à Gatineau samedi 5 juin pour manifester contre les pratiques prédatrices d'entreprises étrangères qui viennent solliciter le marché québécois et y faire des profits sans respecter l'environnement linguistique du Québec. "Le Québec est français et les entreprises qui veulent y faire des affaires en français sont les bienvenues. Les autres n'ont pas leur place", ont martelé les manifestants. La manifestation ciblait cette fois-ci deux entreprises dont les noms n'ont rien à faire au Québec : Sleep Country et Bulk Barn. La Coalition "Québec français" en était à sa deuxième manifestation devant Sleep Country. Les manifestants ont résolument l'intention d'accroître leurs moyens de pression tant que ces entreprises n'auront pas compris que le Québec est français. Ils ont aussi profité de l'occasion pour dénoncer les mesures anglicisantes du gouvernement du Québec dans le domaine de l'éducation : "Nous dénonçons le gouvernement du Québec qui s'apprête à écraser et à soumettre toute la nation québécoise au dictat de la Cour suprême de l'autre nation, le Canada, en adoptant une loi odieuse, la loi 103, qui consacrera l'existence des écoles passerelles en rendant légal aux enfants de parents riches, à leurs frères et sœurs et tous leurs descendants l'accès à l'école anglaise au Québec", de déclarer le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, avant d'ajouter, "pire, à sa façon, le gouvernement du Québec, par cette odieuse loi de l'arbitraire, légalise hypocritement une pratique qui financera les écoles privées non subventionnées en obligeant les élèves à les fréquenter au moins trois ans pour pouvoir contourner la Charte de la langue française. Tout un cadeau que la manipulation politicienne du gouvernement s'apprête à offrir aux écoles passerelles! " Jean-Paul Perreault
Membre de la Coalition " Québec français" et président du Mouvement Impératif français Au Québec, la lutte continue contre l’Empire et pour le français !
Impératif français : les prédateurs et le projet de loi 103
Il faut se souvenir de la loi québécoise 101, votée en 1977 sous le gouvernement de René Lévesque, dont une importante disposition imposait aux immigrants reçus au Québec de scolariser leurs enfants dans les écoles de langue française, tant privées que publiques. Depuis maintenant des décennies, le pouvoir fédéral et les «Anglos» n’ont eu de cesse de miser sur la démographie, sur l’immigration non francophone au Québec et sur les dérogations sans cesse plus larges qui permettent à ces immigrants non francophones de fréquenter les écoles de langue anglaise au Québec qui sont très développées et riches. La loi 103 est une nouvelle manifestation de ce grignotage continu et de cette submersion linguistique. [Albert Salon]
Manifestation de la Coalition "Québec français" Plus de 150 personnes de la Coalition "Québec français" s'étaient donné rendez-vous à Gatineau samedi 5 juin pour manifester contre les pratiques prédatrices d'entreprises étrangères qui viennent solliciter le marché québécois et y faire des profits sans respecter l'environnement linguistique du Québec. "Le Québec est français et les entreprises qui veulent y faire des affaires en français sont les bienvenues. Les autres n'ont pas leur place", ont martelé les manifestants. La manifestation ciblait cette fois-ci deux entreprises dont les noms n'ont rien à faire au Québec : Sleep Country et Bulk Barn. La Coalition "Québec français" en était à sa deuxième manifestation devant Sleep Country. Les manifestants ont résolument l'intention d'accroître leurs moyens de pression tant que ces entreprises n'auront pas compris que le Québec est français. Ils ont aussi profité de l'occasion pour dénoncer les mesures anglicisantes du gouvernement du Québec dans le domaine de l'éducation : "Nous dénonçons le gouvernement du Québec qui s'apprête à écraser et à soumettre toute la nation québécoise au dictat de la Cour suprême de l'autre nation, le Canada, en adoptant une loi odieuse, la loi 103, qui consacrera l'existence des écoles passerelles en rendant légal aux enfants de parents riches, à leurs frères et sœurs et tous leurs descendants l'accès à l'école anglaise au Québec", de déclarer le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, avant d'ajouter, "pire, à sa façon, le gouvernement du Québec, par cette odieuse loi de l'arbitraire, légalise hypocritement une pratique qui financera les écoles privées non subventionnées en obligeant les élèves à les fréquenter au moins trois ans pour pouvoir contourner la Charte de la langue française. Tout un cadeau que la manipulation politicienne du gouvernement s'apprête à offrir aux écoles passerelles! " Jean-Paul Perreault
Membre de la Coalition " Québec français" et président du Mouvement Impératif français
L'Institut "Français" parle anglais à Bruxelles
L'IFRI (Institut "Français" des Relations Internationales) ne fait plus de conférences en français à Bruxelles ! Témoignage d'une italienne francophone, ayant occupé de hautes fonctions à la Commission. (voir en dessous l'invitation en anglais envoyée à Anna-Maria Campogrande)
J’ai fréquenté, depuis quelques années, les conférences-débat de l’IFRI à Bruxelles. Au début elles étaient toujours en français, ensuite il y eut de temps à autre des conférences en anglais, lorsque le conférencier ne dominait pas assez le français. Maintenant on en est arrivé à l’extravagance de faire donner les conférences en anglais aux Français et aux francophones dont l’anglais est souvent mauvais, parfois incompréhensible. En tout cas, même si les conférenciers francophones pouvaient s’exprimer dans un excellent anglais, cette forme de servitude d’un institut français à l’anglophonie est tout simplement suicidaire pour la culture européenne dans son ensemble. En fait, l’imposition de l’anglais nous transforme tous en des "demi-illetrés" qui ne peuvent pas s’exprimer convenablement en ayant à l’esprit leurs points de repère et tout le bagage que des siècles de civilisation nous ont laissé en héritage. La réponse de l’IFRI est absurde parce que le français est la langue véhiculaire, de très loin, la plus importante de Bruxelles. Cette forme de dégradation du français constitue un grave manque de respect de l’identité linguistique et culturelle et elle est vexante non seulement pour les Français et les francophones mais pour toute la civilisation néo-latine, j’en suis personnellement outrée. Anna-Maria Campogrande
P.S. les conférences de l’IFRI à Bruxelles ne disposent jamais d’une interprétation simultanée. _____________________________________________________________________________ To the attention of Mrs CAMPOGRANDE
L'Institut "Français" parle anglais à Bruxelles
L'IFRI (Institut "Français" des Relations Internationales) ne fait plus de conférences en français à Bruxelles ! Témoignage d'une italienne francophone, ayant occupé de hautes fonctions à la Commission. (voir en dessous l'invitation en anglais envoyée à Anna-Maria Campogrande)
J’ai fréquenté, depuis quelques années, les conférences-débat de l’IFRI à Bruxelles. Au début elles étaient toujours en français, ensuite il y eut de temps à autre des conférences en anglais, lorsque le conférencier ne dominait pas assez le français. Maintenant on en est arrivé à l’extravagance de faire donner les conférences en anglais aux Français et aux francophones dont l’anglais est souvent mauvais, parfois incompréhensible. En tout cas, même si les conférenciers francophones pouvaient s’exprimer dans un excellent anglais, cette forme de servitude d’un institut français à l’anglophonie est tout simplement suicidaire pour la culture européenne dans son ensemble. En fait, l’imposition de l’anglais nous transforme tous en des "demi-illetrés" qui ne peuvent pas s’exprimer convenablement en ayant à l’esprit leurs points de repère et tout le bagage que des siècles de civilisation nous ont laissé en héritage. La réponse de l’IFRI est absurde parce que le français est la langue véhiculaire, de très loin, la plus importante de Bruxelles. Cette forme de dégradation du français constitue un grave manque de respect de l’identité linguistique et culturelle et elle est vexante non seulement pour les Français et les francophones mais pour toute la civilisation néo-latine, j’en suis personnellement outrée. Anna-Maria Campogrande
P.S. les conférences de l’IFRI à Bruxelles ne disposent jamais d’une interprétation simultanée. _____________________________________________________________________________ To the attention of Mrs CAMPOGRANDE
Nouvelles du mois (mai) - par MAR le 15/05/2010 - 21:31 Nouvelles du mois (mai)
Le 11ème arrondissement de Paris bêle sa bêtise anglomane - Dunkerque Ville durable ! - Bertrand Tavernier retrouve "la beauté de la langue française" - "Le retour du Général" par Benoît Duteurtre _________________________________________________________________________________ Le 11ème arrondissement de Paris bêle sa bêtise anglomane. Le nouveau maire du 11ème, Patrick Bloche, se dit "nous sommes progressistes, Barack Obama est progressiste donc importons directement son slogan en américain, cela fera djeun, cela fera moderne !" Il oublie que c'est surtout la langue du capitalisme multinational qui se moque des États et de leurs citoyens. On est loin de la politique responsable de l'ancien maire, Georges Sarre, qui toute sa vie lutta pour pour la diversité culturelle. Ici on est hélas dans le bêlement grotesque et rampant !_________________________________________________________________________________ Dunkerque Ville durable ! : Pour Dunkerque une conférence internationale semble devoir s'afficher et sans doute se tenir dans la langue unique ne préservant la diversité des langues et des cultures . Une fois de plus la nature abstraite avant le respect des hommes !_________________________________________________________________________________ Bertrand Tavernier retrouve "la beauté de la langue française" (France Info - 17 mai 2010) Le cinéaste français Bertrand Tavernier est en compétition au festival de Cannes avec son nouveau film, "La princesse de Montpensier", présenté hier soir et plutôt bien accueilli. Il nous plonge dans la France du XVIème siècle et explique que ce qui l’a poussé à aller aussi loin dans le temps vient de "la beauté des personnages... et donc la possibilité de faire une histoire d’amour très française." Après avoir "pensé en anglais pendant deux ans", le cinéaste avait "envie de me frotter à la beauté de la langue française"… _________________________________________________________________________________ "Le retour du Général" par Benoît Duteurtre (Fayard, 219 pages, 17,90 €) ![]() Livre drôle et délicieux. Et que je crois utile y compris dans sa très grande sensibilité au problème de la langue française, alors que ce n’est qu’un aspect de cet ouvrage plein à la fois d’un pessimisme noir et d’un espoir flamboyant et fou. Puissance terriblement écrasante de l’Empire. Mais Wallonie et Afrique francophone, voire immigrés algériens, qui peuvent être (re)gagnés. Sursaut toujours possible entraîné par les "anciens" transmetteurs de flamme, qu’une étincelle peut provoquer, tel l’œuf mayonnaise, ou encore le vieil écrivain qui est en contact permanent avec le fantôme du Général et qui, sur le vieux banc, malgré une police soupçonneuse, conte aux enfants barbarisés, boborythmés et borborygmés, qui s’attroupent autour de lui, de vieilles histoires de France, de langue, et de civilisation…. Albert Salon. Quelques extraits concernant la langue. Nous survolons rapidement l'actualité internationale puis nous voici revenus dans le monde enchanté du basket, avant de passer au tournoi de tennis qui s'est clôturé sur une nouvelle victoire de Rodjeure Fédéraire. Je me demande pourquoi le présentateur accomplit de tels efforts pour prononcer «Rodjeure» à l'anglaise alors que ce brave garçon (Roger Fédérer) est suisse et que je l'ai vu se désigner lui-même, dans un documentaire, en disant «Roger», à la française. Il a grandi dans un pays où Roger se prononce Roger mais certainement pas Rodjeure ; et je ne puis m'empêcher de voir dans cette énergie militante du journaliste à répéter «Rodjeure» une discrète manifestation de cette haine de soi selon laquelle tout ce qui sonne français est ringard et tout ce qui sonne anglo-américain est moderne. Roger a quelque chose de beauf, de tonton flingueur. «Rodjeure», c'est autre chose qui colle au temps du commerce mondialisé. «Rodjeure» ne tire pas le Suisse vers la France (ce vieux pays colonial et dominateur) ; il rend le champion au monde des champions où chacun parle la langue des champions. Mieux vaut donc angliciser ce prénom - quand bien même on prononce le nom de famille avec un accent français, ce qui est incohérent ; mais la langue des esclaves qui imitent leurs maîtres est souvent un peu bancale. (pages 103-104) --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- La fillette rousse s'inquiéta d'un détail : — Pourkoi seulman lai zom ? Sa copine affirma avec assurance : — Lai famé avé droa 2 rien. Se ma mère kim la di ! Le monsieur sourit avant de répondre : — Mademoiselle, lorsqu'on disait «les hommes», en bon français (avant la loi de Révision du langage), cela incluait les hommes et les femmes. Je vous rappelle d'ailleurs que le masculin l'emporte sur le féminin ! À ces mots, un éclat de rire fusa du groupe d'écoliers qui, malgré leur inscription au first master de la Nike School, n'avaient jamais entendu cette règle étonnante - sauf peut-être en histoire, dans le chapitre consacré à l'abolition des discriminations sexistes. Le plus sérieux de la bande, qui suivait l'option School Text du programme officiel (quand la plupart de ses camarades préféraient l'option School Game), opposa une remarque au vieux philosophe [...] (page 190) --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Une sirène hurla au bout de la rue. Un char approchait à petite vitesse. Attirés par le bruit, les enfants tournèrent la tête. — Merci, lé flik ! s'exclama l'un des garçons. — Et alors, vous ne faites rien de mal ? dit le vieux fou. Quand le véhicule s'arrêta devant le groupe et qu'on vit en descendre quatre policiers en tenue de combat portant l'inscription : «Veolia Police Département (Page 190)», il apparut effectivement que le seul suspect était le monsieur lui-même. Tout en s'approchant, l'adjudant releva ses lunettes à infrarouges : — Vou fet kôa ici, à parlé au jeun's ? Savé pa k'sé interdi ? Le monsieur se tourna vers les adolescents pour expliquer : — De mon temps, la police ne dépendait pas d'entreprises comme Veolia. C'était un service public censé faire respecter la même loi pour tout le monde, et dans tout le pays. (page 200) Nouvelles du mois (mai)
Le 11ème arrondissement de Paris bêle sa bêtise anglomane - Dunkerque Ville durable ! - Bertrand Tavernier retrouve "la beauté de la langue française" - "Le retour du Général" par Benoît Duteurtre _________________________________________________________________________________ Le 11ème arrondissement de Paris bêle sa bêtise anglomane. Le nouveau maire du 11ème, Patrick Bloche, se dit "nous sommes progressistes, Barack Obama est progressiste donc importons directement son slogan en américain, cela fera djeun, cela fera moderne !" Il oublie que c'est surtout la langue du capitalisme multinational qui se moque des États et de leurs citoyens. On est loin de la politique responsable de l'ancien maire, Georges Sarre, qui toute sa vie lutta pour pour la diversité culturelle. Ici on est hélas dans le bêlement grotesque et rampant !_________________________________________________________________________________ Dunkerque Ville durable ! : Pour Dunkerque une conférence internationale semble devoir s'afficher et sans doute se tenir dans la langue unique ne préservant la diversité des langues et des cultures . Une fois de plus la nature abstraite avant le respect des hommes !_________________________________________________________________________________ Bertrand Tavernier retrouve "la beauté de la langue française" (France Info - 17 mai 2010) Le cinéaste français Bertrand Tavernier est en compétition au festival de Cannes avec son nouveau film, "La princesse de Montpensier", présenté hier soir et plutôt bien accueilli. Il nous plonge dans la France du XVIème siècle et explique que ce qui l’a poussé à aller aussi loin dans le temps vient de "la beauté des personnages... et donc la possibilité de faire une histoire d’amour très française." Après avoir "pensé en anglais pendant deux ans", le cinéaste avait "envie de me frotter à la beauté de la langue française"… _________________________________________________________________________________ "Le retour du Général" par Benoît Duteurtre (Fayard, 219 pages, 17,90 €) ![]() Livre drôle et délicieux. Et que je crois utile y compris dans sa très grande sensibilité au problème de la langue française, alors que ce n’est qu’un aspect de cet ouvrage plein à la fois d’un pessimisme noir et d’un espoir flamboyant et fou. Puissance terriblement écrasante de l’Empire. Mais Wallonie et Afrique francophone, voire immigrés algériens, qui peuvent être (re)gagnés. Sursaut toujours possible entraîné par les "anciens" transmetteurs de flamme, qu’une étincelle peut provoquer, tel l’œuf mayonnaise, ou encore le vieil écrivain qui est en contact permanent avec le fantôme du Général et qui, sur le vieux banc, malgré une police soupçonneuse, conte aux enfants barbarisés, boborythmés et borborygmés, qui s’attroupent autour de lui, de vieilles histoires de France, de langue, et de civilisation…. Albert Salon. Quelques extraits concernant la langue. Nous survolons rapidement l'actualité internationale puis nous voici revenus dans le monde enchanté du basket, avant de passer au tournoi de tennis qui s'est clôturé sur une nouvelle victoire de Rodjeure Fédéraire. Je me demande pourquoi le présentateur accomplit de tels efforts pour prononcer «Rodjeure» à l'anglaise alors que ce brave garçon (Roger Fédérer) est suisse et que je l'ai vu se désigner lui-même, dans un documentaire, en disant «Roger», à la française. Il a grandi dans un pays où Roger se prononce Roger mais certainement pas Rodjeure ; et je ne puis m'empêcher de voir dans cette énergie militante du journaliste à répéter «Rodjeure» une discrète manifestation de cette haine de soi selon laquelle tout ce qui sonne français est ringard et tout ce qui sonne anglo-américain est moderne. Roger a quelque chose de beauf, de tonton flingueur. «Rodjeure», c'est autre chose qui colle au temps du commerce mondialisé. «Rodjeure» ne tire pas le Suisse vers la France (ce vieux pays colonial et dominateur) ; il rend le champion au monde des champions où chacun parle la langue des champions. Mieux vaut donc angliciser ce prénom - quand bien même on prononce le nom de famille avec un accent français, ce qui est incohérent ; mais la langue des esclaves qui imitent leurs maîtres est souvent un peu bancale. (pages 103-104) --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- La fillette rousse s'inquiéta d'un détail : — Pourkoi seulman lai zom ? Sa copine affirma avec assurance : — Lai famé avé droa 2 rien. Se ma mère kim la di ! Le monsieur sourit avant de répondre : — Mademoiselle, lorsqu'on disait «les hommes», en bon français (avant la loi de Révision du langage), cela incluait les hommes et les femmes. Je vous rappelle d'ailleurs que le masculin l'emporte sur le féminin ! À ces mots, un éclat de rire fusa du groupe d'écoliers qui, malgré leur inscription au first master de la Nike School, n'avaient jamais entendu cette règle étonnante - sauf peut-être en histoire, dans le chapitre consacré à l'abolition des discriminations sexistes. Le plus sérieux de la bande, qui suivait l'option School Text du programme officiel (quand la plupart de ses camarades préféraient l'option School Game), opposa une remarque au vieux philosophe [...] (page 190) --------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Une sirène hurla au bout de la rue. Un char approchait à petite vitesse. Attirés par le bruit, les enfants tournèrent la tête. — Merci, lé flik ! s'exclama l'un des garçons. — Et alors, vous ne faites rien de mal ? dit le vieux fou. Quand le véhicule s'arrêta devant le groupe et qu'on vit en descendre quatre policiers en tenue de combat portant l'inscription : «Veolia Police Département (Page 190)», il apparut effectivement que le seul suspect était le monsieur lui-même. Tout en s'approchant, l'adjudant releva ses lunettes à infrarouges : — Vou fet kôa ici, à parlé au jeun's ? Savé pa k'sé interdi ? Le monsieur se tourna vers les adolescents pour expliquer : — De mon temps, la police ne dépendait pas d'entreprises comme Veolia. C'était un service public censé faire respecter la même loi pour tout le monde, et dans tout le pays. (page 200)
l’Église de France remplace-t-elle le latin par l’anglais ?
Les catholiques qui ont tapé www.etpourquoipasmoi.org/, plus généralement les lecteurs du "Parisien" du mardi 20 avril 2010, ont découvert une publicité "soutenue par la Conférence des évêques de France", incitant au recrutement de prêtres. Sur la page d’accueil donnant accès à divers textes épiscopaux, un charmant jeune homme porte au revers de sa veste verte, au lieu d’une croix, un macaron proclamant Jesus is my boss, commenté par les mots Why not ? qui s'étalent sur sa poitrine. L’auteur de cette surprenante image réalisée pour la Journée mondiale de prière pour les vocations du 25 avril est l’agence de communication Bayard Service. Le “chevalier sans peur et sans reproche” serait-il de l’avis d’un ministre qui déclara en 1997 : "l’anglais n’est plus une langue étrangère en France" ? Aurait-il pris sur lui de substituer à la “langue universelle de l’Église” la langue prétendument universelle des affaires ? Les associations soussignées osent espérer que les évêques de France, dont on connaît le souci de n’utiliser dans les offices de l’église qu’une langue “vernaculaire” intelligible par tous les fidèles, auront à cœur de prier leur "webmaster" (sitemestre) de réparer cette bévue. D’autant plus que l’Église de France est concordataire, donc officielle, en Alsace et Moselle, et doit y respecter la Constitution : "La langue de la République est le français". Le Dieu des chrétiens ou celui des musulmans – imaginez aussi "Allah is my boss"… - dégradé au statut de "boss", vous paraît-il vraiment, dans cette défroque, plus apte à attirer davantage de "vocations sacerdotales et religieuses" ? Avec des prophètes devenus DRH ? Les jeunes que vous visez là, voyant l’Église considérer que chez nous le français n’est plus à la page et doit céder la place à l’anglais, ne risquent-ils pas d’appliquer la "modernité" - pourtant soumise à question par le Pape ! - aussi au corps et à l’esprit de la tradition et des dogmes catholiques ? Et, dans cette veine, de vous demander de vrais emplois, avec des rémunérations fixes confortables, des primes et boni, des "stock options", des avantages en nature, des voitures avec chauffeurs, l’abandon des vœux de chasteté, des crèches (au sens actuel) pour leurs enfants auxquels ils ne sauraient alors renoncer… Nous sommes persuadés que ce qui nous paraît être une malheureuse erreur de "Qom" (communication) ne saurait être que condamnée et promptement réparée par la Conférence des Évêques de France, sans qu’icelle, et d’autres personnes concernées et consternées, aient besoin d’en appeler au Vatican. Albert Salon.
A l’initiative d’ALF, 6 autres associations ont signé la lettre qui a fourni la matière de cet éditorial : Alliance Champlain (Nouméa, NC) : président Daniel Miroux Avenir de la langue française (ALF) : président Albert Salon Ass. France-Univers pour la promotion de la culture française : présidente Jacqueline Mourlet Cercle littéraire des Écrivains cheminots (CLEC) : président Raymond Besson Éditions ANDAS (Bourg-la-Reine) : directeur Dominique Daguet Forum francophone international (FFI-France) : président Albert Salon Impératif français (Québec) : président Jean-Paul Perreault Institut André Busnel (IAB) : président Jean-Pierre Busnel On peut en outre regretter le côté très "Ponce Pilate" de la réponse du 3 mai 2010 de Mgr Antoine Hérouard à notre protestation. En gros il se "lave les mains" de toute responsabilité en la matière, se justifiant comme un vulgaire vendeur de lessive : "[...] On peut certes regretter que le slogan et la question soient formulés en anglais, comme vous le faites remarquer (et non en latin classique !), mais c'est simplement le fait de la culture dans laquelle baignent les jeunes de cet âge auxquels la campagne entend s'adosser. Et de cela l'Église n'est pas responsable... " En bref pour attirer les djeunes nous sommes prêts à toutes les bassesses, contribuant ainsi à leur faire croire que tout le monde doit s'adresser à eux en anglo-américain. [MAR] l’Église de France remplace-t-elle le latin par l’anglais ?
Les catholiques qui ont tapé www.etpourquoipasmoi.org/, plus généralement les lecteurs du "Parisien" du mardi 20 avril 2010, ont découvert une publicité "soutenue par la Conférence des évêques de France", incitant au recrutement de prêtres. Sur la page d’accueil donnant accès à divers textes épiscopaux, un charmant jeune homme porte au revers de sa veste verte, au lieu d’une croix, un macaron proclamant Jesus is my boss, commenté par les mots Why not ? qui s'étalent sur sa poitrine. L’auteur de cette surprenante image réalisée pour la Journée mondiale de prière pour les vocations du 25 avril est l’agence de communication Bayard Service. Le “chevalier sans peur et sans reproche” serait-il de l’avis d’un ministre qui déclara en 1997 : "l’anglais n’est plus une langue étrangère en France" ? Aurait-il pris sur lui de substituer à la “langue universelle de l’Église” la langue prétendument universelle des affaires ? Les associations soussignées osent espérer que les évêques de France, dont on connaît le souci de n’utiliser dans les offices de l’église qu’une langue “vernaculaire” intelligible par tous les fidèles, auront à cœur de prier leur "webmaster" (sitemestre) de réparer cette bévue. D’autant plus que l’Église de France est concordataire, donc officielle, en Alsace et Moselle, et doit y respecter la Constitution : "La langue de la République est le français". Le Dieu des chrétiens ou celui des musulmans – imaginez aussi "Allah is my boss"… - dégradé au statut de "boss", vous paraît-il vraiment, dans cette défroque, plus apte à attirer davantage de "vocations sacerdotales et religieuses" ? Avec des prophètes devenus DRH ? Les jeunes que vous visez là, voyant l’Église considérer que chez nous le français n’est plus à la page et doit céder la place à l’anglais, ne risquent-ils pas d’appliquer la "modernité" - pourtant soumise à question par le Pape ! - aussi au corps et à l’esprit de la tradition et des dogmes catholiques ? Et, dans cette veine, de vous demander de vrais emplois, avec des rémunérations fixes confortables, des primes et boni, des "stock options", des avantages en nature, des voitures avec chauffeurs, l’abandon des vœux de chasteté, des crèches (au sens actuel) pour leurs enfants auxquels ils ne sauraient alors renoncer… Nous sommes persuadés que ce qui nous paraît être une malheureuse erreur de "Qom" (communication) ne saurait être que condamnée et promptement réparée par la Conférence des Évêques de France, sans qu’icelle, et d’autres personnes concernées et consternées, aient besoin d’en appeler au Vatican. Albert Salon.
A l’initiative d’ALF, 6 autres associations ont signé la lettre qui a fourni la matière de cet éditorial : Alliance Champlain (Nouméa, NC) : président Daniel Miroux Avenir de la langue française (ALF) : président Albert Salon Ass. France-Univers pour la promotion de la culture française : présidente Jacqueline Mourlet Cercle littéraire des Écrivains cheminots (CLEC) : président Raymond Besson Éditions ANDAS (Bourg-la-Reine) : directeur Dominique Daguet Forum francophone international (FFI-France) : président Albert Salon Impératif français (Québec) : président Jean-Paul Perreault Institut André Busnel (IAB) : président Jean-Pierre Busnel On peut en outre regretter le côté très "Ponce Pilate" de la réponse du 3 mai 2010 de Mgr Antoine Hérouard à notre protestation. En gros il se "lave les mains" de toute responsabilité en la matière, se justifiant comme un vulgaire vendeur de lessive : "[...] On peut certes regretter que le slogan et la question soient formulés en anglais, comme vous le faites remarquer (et non en latin classique !), mais c'est simplement le fait de la culture dans laquelle baignent les jeunes de cet âge auxquels la campagne entend s'adosser. Et de cela l'Église n'est pas responsable... " En bref pour attirer les djeunes nous sommes prêts à toutes les bassesses, contribuant ainsi à leur faire croire que tout le monde doit s'adresser à eux en anglo-américain. [MAR]
Des Bourses et des langues : la valse des valeurs
La bourse de Casablanca a été lancée avec l'appui technique de celle de Paris. Elle s'est honorablement développée depuis.
Mais la bourse de Paris, devenue Euronext après s'être fédérée avec d'autres bourses européennes, s'est entre-temps vendue aux Américains du Nasdaq, malgré, ou peut-être à cause, d'un certain succès. Je ne connais pas les secrets de ces négociations et ai oublié la raison pour laquelle Euronext « devait » se vendre. Ses actionnaires (les banques françaises ?) n'auraient pas résisté à la tentation d'une bonne affaire. Ils ont refusé une offre de la bourse allemande qui laissait moins d'autonomie à la bourse de Paris que les Américains : cinq sièges sur 12 au conseil d'administration et la promesse de garder un centre de décision européen. Vu de Casablanca, l'esprit de tout cela n'a pas été respecté car le centre de décision "européen" est maintenant à Londres et non plus à Paris, les cadres francophones ont disparu, et la bourse de Casablanca doit embaucher des Marocains ayant un bon niveau d'anglais pour la suite des contacts techniques avec Euronext, devenu le bureau londonien de décideurs américains. Vu de Paris cette fois, on souvient du tollé qu'avait déclenché le déplacement du centre technique de Paris vers une implantation anglaise proche de Londres « pour gagner quelques millisecondes » dans l'envoi des ordres à cette place. On ajoutait que la souplesse du droit du travail anglais avait dû également jouer un rôle. Et il fallait être proche de Londres parce que c'est là qu'il y a les investisseurs, auxquels la Grande Bretagne a accordé un régime fiscal privilégié, notamment pour les étrangers. Un libéral pur et dur nous dira que ce qui compte est que les différentes bourses citées fonctionnent bien. Il dira que la France ne fait que payer la rigidité excessive de son marché du travail et le poids de sa fiscalité, et il se félicitera de « cette concurrence des systèmes » qui devrait faire réfléchir les Français. Le libéral ajoutera que l'anglicisation d'un groupe d'employés d'un pays francophone et de spécialistes français (ou leur remplacement par des Anglais ou des Américains) n'est en soi ni un bien ni un mal et ne fait qu'illustrer la supériorité du système économique anglo-saxon. Enfin il nous expliquera que la plus-value faite par les actionnaires français d'Euronext justifie le tout, et sera à son tour utilisée rationnellement. Peut-être. Mais ce n'est pas ainsi que le libéralisme gagnera les coeurs et l'opinion. D'autant que, même en restant sur un plan économique, cela érode le privilège linguistique dont bénéficient les entreprises françaises au Maghreb, et pas seulement les entreprises, puisque les universités, les écoles et les enseignants français en bénéficient également. Rappelons l'importance de l'industrie de la langue pour l'Angleterre qui voit arriver chez elle chaque année des centaines de milliers de jeunes Européens venus apprendre l'anglais. L’avantage se chiffre en milliards. De même que les économies pour les hommes d'affaires britanniques à Bruxelles. Bref, séparer langue et économie comme le font beaucoup de responsables français n'est pas toujours pertinent, et penser que "les autres" le font est parfois naïf. Par ailleurs, cette analyse purement économique n'épuise pas la question. Par exemple passer du français à l'anglais comme seconde langue est une revendication de beaucoup d'islamistes... Mais c'est un autre débat. Yves Montenay Des Bourses et des langues : la valse des valeurs
La bourse de Casablanca a été lancée avec l'appui technique de celle de Paris. Elle s'est honorablement développée depuis.
Mais la bourse de Paris, devenue Euronext après s'être fédérée avec d'autres bourses européennes, s'est entre-temps vendue aux Américains du Nasdaq, malgré, ou peut-être à cause, d'un certain succès. Je ne connais pas les secrets de ces négociations et ai oublié la raison pour laquelle Euronext « devait » se vendre. Ses actionnaires (les banques françaises ?) n'auraient pas résisté à la tentation d'une bonne affaire. Ils ont refusé une offre de la bourse allemande qui laissait moins d'autonomie à la bourse de Paris que les Américains : cinq sièges sur 12 au conseil d'administration et la promesse de garder un centre de décision européen. Vu de Casablanca, l'esprit de tout cela n'a pas été respecté car le centre de décision "européen" est maintenant à Londres et non plus à Paris, les cadres francophones ont disparu, et la bourse de Casablanca doit embaucher des Marocains ayant un bon niveau d'anglais pour la suite des contacts techniques avec Euronext, devenu le bureau londonien de décideurs américains. Vu de Paris cette fois, on souvient du tollé qu'avait déclenché le déplacement du centre technique de Paris vers une implantation anglaise proche de Londres « pour gagner quelques millisecondes » dans l'envoi des ordres à cette place. On ajoutait que la souplesse du droit du travail anglais avait dû également jouer un rôle. Et il fallait être proche de Londres parce que c'est là qu'il y a les investisseurs, auxquels la Grande Bretagne a accordé un régime fiscal privilégié, notamment pour les étrangers. Un libéral pur et dur nous dira que ce qui compte est que les différentes bourses citées fonctionnent bien. Il dira que la France ne fait que payer la rigidité excessive de son marché du travail et le poids de sa fiscalité, et il se félicitera de « cette concurrence des systèmes » qui devrait faire réfléchir les Français. Le libéral ajoutera que l'anglicisation d'un groupe d'employés d'un pays francophone et de spécialistes français (ou leur remplacement par des Anglais ou des Américains) n'est en soi ni un bien ni un mal et ne fait qu'illustrer la supériorité du système économique anglo-saxon. Enfin il nous expliquera que la plus-value faite par les actionnaires français d'Euronext justifie le tout, et sera à son tour utilisée rationnellement. Peut-être. Mais ce n'est pas ainsi que le libéralisme gagnera les coeurs et l'opinion. D'autant que, même en restant sur un plan économique, cela érode le privilège linguistique dont bénéficient les entreprises françaises au Maghreb, et pas seulement les entreprises, puisque les universités, les écoles et les enseignants français en bénéficient également. Rappelons l'importance de l'industrie de la langue pour l'Angleterre qui voit arriver chez elle chaque année des centaines de milliers de jeunes Européens venus apprendre l'anglais. L’avantage se chiffre en milliards. De même que les économies pour les hommes d'affaires britanniques à Bruxelles. Bref, séparer langue et économie comme le font beaucoup de responsables français n'est pas toujours pertinent, et penser que "les autres" le font est parfois naïf. Par ailleurs, cette analyse purement économique n'épuise pas la question. Par exemple passer du français à l'anglais comme seconde langue est une revendication de beaucoup d'islamistes... Mais c'est un autre débat. Yves Montenay
Marseille rampe devant les anglo-saxons
La municipalité de Marseille a décidé tout récemment de se doter d'une "marque" baptisée "Marseille on the move" (un slogan d'une affligeante banalité, car qu'est-ce qui n'est pas "on the move" par les temps qui courent ?). "Nous sommes des élus mais nous sommes avant tout des commerciaux, nous allons vendre un produit magnifique et aujourd'hui, pour nous identifier, pour identifier Marseille à l'étranger, nous avons le droit et le devoir de créer cette marque qui sera attribuée par un jury (...) à celles et ceux qui travaillent à l'étranger ou avec l'étranger dans le domaine du tourisme", a déclaré dans une conférence de presse Dominique Vlasto, adjointe au tourisme (voir sur le site laprovence.com).
Voilà qui est bien clair. Qu'on se le dise : les élus locaux se considèrent désormais comme étant "avant tout des commerciaux". Et on le sait bien, l'anglais (de bazar comme il se doit) est la langue des commerciaux. CQFD. Comme je l'écrivais en septembre dernier à propos de la déferlante anglomaniaque : "Quant au pouvoir politique, convaincu depuis longtemps par l'idéologie néolibérale de la nécessité de son effacement et de sa soumission aux sacro-saintes lois des marchés, apparemment partagé entre la résignation, l'indifférence et le sentiment de sa propre impuissance, il n'est, en réalité, pas le dernier à prêter la main aux fossoyeurs de la "langue de la République" (article 2 de la Constitution française). Cela est vrai au niveau de l'État, certes, mais peut-être plus encore à celui des administrations publiques territoriales, elles aussi parties, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire à maintes reprises - du fait notamment de l'affaiblissement constant, spectaculaire, de l'État - à la conquête du monde". Sur place, sur la Canebière, la nouvelle a tout de même suscité nombre de commentaires moqueurs. On en trouvera quelques exemples sur le site : laprovence.com Jean-Pierre Busnel
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Alors, j'entends ce matin aux aurores, sur France-Inter, que Marseille s'enorgueuillit d'avoir un nouveau "slogan" (attention à ce mot... devise, c'est mieux ) à la hauteur de son destin de Capitale Européenne de la Culture... devinez...: ... "Marseille is in the move !" Voilà qui nous émoustille ! ... qui nous ravigotte... qui nous fait sentir que nous avons enfin épousé le siècle... [...]
François Mainguy
Marseille rampe devant les anglo-saxons
La municipalité de Marseille a décidé tout récemment de se doter d'une "marque" baptisée "Marseille on the move" (un slogan d'une affligeante banalité, car qu'est-ce qui n'est pas "on the move" par les temps qui courent ?). "Nous sommes des élus mais nous sommes avant tout des commerciaux, nous allons vendre un produit magnifique et aujourd'hui, pour nous identifier, pour identifier Marseille à l'étranger, nous avons le droit et le devoir de créer cette marque qui sera attribuée par un jury (...) à celles et ceux qui travaillent à l'étranger ou avec l'étranger dans le domaine du tourisme", a déclaré dans une conférence de presse Dominique Vlasto, adjointe au tourisme (voir sur le site laprovence.com).
Voilà qui est bien clair. Qu'on se le dise : les élus locaux se considèrent désormais comme étant "avant tout des commerciaux". Et on le sait bien, l'anglais (de bazar comme il se doit) est la langue des commerciaux. CQFD. Comme je l'écrivais en septembre dernier à propos de la déferlante anglomaniaque : "Quant au pouvoir politique, convaincu depuis longtemps par l'idéologie néolibérale de la nécessité de son effacement et de sa soumission aux sacro-saintes lois des marchés, apparemment partagé entre la résignation, l'indifférence et le sentiment de sa propre impuissance, il n'est, en réalité, pas le dernier à prêter la main aux fossoyeurs de la "langue de la République" (article 2 de la Constitution française). Cela est vrai au niveau de l'État, certes, mais peut-être plus encore à celui des administrations publiques territoriales, elles aussi parties, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire à maintes reprises - du fait notamment de l'affaiblissement constant, spectaculaire, de l'État - à la conquête du monde". Sur place, sur la Canebière, la nouvelle a tout de même suscité nombre de commentaires moqueurs. On en trouvera quelques exemples sur le site : laprovence.com Jean-Pierre Busnel
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Alors, j'entends ce matin aux aurores, sur France-Inter, que Marseille s'enorgueuillit d'avoir un nouveau "slogan" (attention à ce mot... devise, c'est mieux ) à la hauteur de son destin de Capitale Européenne de la Culture... devinez...: ... "Marseille is in the move !" Voilà qui nous émoustille ! ... qui nous ravigotte... qui nous fait sentir que nous avons enfin épousé le siècle... [...]
François Mainguy
Nouvelles du mois
Impératif français lance la campagne "Moi, je parle français" - Jesus is my boss - Brice Hortefeux et sa "task force"
_________________________________________________________________________________ Impératif français lance la campagne "Moi, je parle français" au Québec pour valoriser le français comme langue d'usage commune campagne pour valoriser le français comme langue commune _________________________________________________________________________________ Jesus is my boss (sic !) c'est le slogan de la campagne de communication du Service National des Vocations de l'Eglise Catholique. On savait que l'église catholique avait perdu son latin mais on ne savait pas que Jésus avait perdu son accent et qu'il était "anglais". Bel exemple de ce que la crétinerie publicitaire peut faire accepter à des institutions respectables pour leur faire croire à la modernité du concept... _________________________________________________________________________________ Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur a mis en place une "task force" pour expliquer la réforme sur le terrain [réforme des collectivités locales]. Il avait déjà une task force depuis novembre 2009, il lui en fallait une autre toujours in inglche pour faire branché. Sans doute une nouvelle avancée de l'identité nationale... Signalons-lui les équivalents proposés par Délégation générale à la langue française (DGLF) qui dépend du ministère de la Culture : Force opérationnelle ou groupe d'intervention semblent les plus appropriés pour ce ministre qui semble préférer les anglo-saxons aux auvergnats. Nouvelles du mois
Impératif français lance la campagne "Moi, je parle français" - Jesus is my boss - Brice Hortefeux et sa "task force"
_________________________________________________________________________________ Impératif français lance la campagne "Moi, je parle français" au Québec pour valoriser le français comme langue d'usage commune campagne pour valoriser le français comme langue commune _________________________________________________________________________________ Jesus is my boss (sic !) c'est le slogan de la campagne de communication du Service National des Vocations de l'Eglise Catholique. On savait que l'église catholique avait perdu son latin mais on ne savait pas que Jésus avait perdu son accent et qu'il était "anglais". Bel exemple de ce que la crétinerie publicitaire peut faire accepter à des institutions respectables pour leur faire croire à la modernité du concept... _________________________________________________________________________________ Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur a mis en place une "task force" pour expliquer la réforme sur le terrain [réforme des collectivités locales]. Il avait déjà une task force depuis novembre 2009, il lui en fallait une autre toujours in inglche pour faire branché. Sans doute une nouvelle avancée de l'identité nationale... Signalons-lui les équivalents proposés par Délégation générale à la langue française (DGLF) qui dépend du ministère de la Culture : Force opérationnelle ou groupe d'intervention semblent les plus appropriés pour ce ministre qui semble préférer les anglo-saxons aux auvergnats.
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e maire UMP Louis Guédon) n'est pas en reste et fait passer cette inoubliable annonce : "Les Sables d'Olonne, conscients de l'incroyable ensoleillement qu'offre leur station l'été, recrutent deux creamers chargés de renseigner les vacanciers sur les bons comportements à adopter au soleil et de leur remettre des échantillons de crème solaire". Encore bravo pour l'imagination linguistique !
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est progressiste donc importons directement son slogan en américain, cela fera djeun, cela fera moderne !" Il oublie que c'est surtout la langue du capitalisme multinational qui se moque des États et de leurs citoyens. On est loin de la politique responsable de l'ancien maire, Georges Sarre, qui toute sa vie lutta pour pour la diversité culturelle. Ici on est hélas dans le bêlement grotesque et rampant !
. Une fois de plus la nature abstraite avant le respect des hommes !
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