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François Reynaert où la servilité anglomane ! - par MAR le 15/06/2013 - 20:13
François Reynaert ou la servilité anglomane ! Cet éditorial illustre bien l'attitude servile d'un certain milieu médiatique parisien qui se croit "follement moderne" en acceptant le sabordage du français au profit de l'anglais dans les études universitaires. MAR
François Reynaert ou la servilité anglomane ! Cet éditorial illustre bien l'attitude servile d'un certain milieu médiatique parisien qui se croit "follement moderne" en acceptant le sabordage du français au profit de l'anglais dans les études universitaires. MAR
Le ministre Repentin s'assoit sur la circulaire du 1er ministre - par MAR le 13/06/2013 - 10:11
Thierry Repentin, ministre délégué aux Affaires européennes En témoigne cet échange de courriers entre une branche locale de DLF : Défense de la langue française Pays de Savoie et le cabinet de Thierry Repentin par ailleurs Président du Groupe des Élus de Gauche "Savoie Pour Tous", concernant l'abus de dénominations anglo-saxonnes des manifestations soit subventionnées par le Conseil général de Savoie, soit organisées dans les lieux dont il est propriétaire, avec un rappel aux articles 14 et 15 de la loi du 4 août 1994. Ce ministre s'abrite derrière une prétendue jurisprudence européenne supposée "claire sur ce point […] il est tout à fait possible que soient employés à la place des mentions en langue française, des termes ou expressions dans une autre langue, si celles-ci permettent à tout citoyen, indépendamment de sa nationalité, de les comprendre plus facilement". Ce qui est la porte ouverte à toutes les démissions présentes et futures, cette "jurisprudence" n'a pourtant aucune prééminence sur la loi française.et concerne essentiellement les emballages. Peut-être serait-il temps que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, prenne les mesures à même de faire respecter sa circulaire sur l'emploi de la langue française. MAR 1) La lettre de DLF-Pays de Savoie du 1er mai 2013 aux élus du conseil général de la Savoie 2) La réponse de Thierry Repentin, Pt du Groupe des Élus de Gauche "Savoie Pour Tous" (et ministre délégué aux Affaires européennes) du 24 mai 2013 à DLF-Pays de Savoie 3) La réponse de Marcel Girardin, président de DLF-Pays de Savoie à Thierry Repentin du 2 juin 2013
Défense de la langue française Pays de Savoie Aux élus du conseil général de la Savoie Voglans, le 1er mai 2013 copie à Monsieur le Premier ministre et à Monsieur le Préfet de la Savoie à la presse Objet : Octroi de subventions par le Conseil Général favorisant l’emploi de la langue française dans le cadre de l’article 15 de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 et de la récente circulaire du Premier ministre en date du 25 avril 2013. Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux, Nous avons déjà eu l’occasion, lors de notre lettre du 30 janvier 2012, d’établir un constat préoccupant de l’anglicisation rampante des espaces et activités publics de Savoie et de vous exposer notre position ainsi que la requête suivante que nous renouvelons aujourd’hui : Nous demandons à tous les conseillers généraux de bien vouloir, à l’avenir, défendre et promouvoir la langue française par l’octroi de subventions favorisant uniquement des manifestations ou des organismes qui la mettent en avant et respectent les dispositions de la loi du 4 août 1994 relative à son emploi. Cette demande concerne autant les votes de la commission permanente que de l’assemblée, ainsi que les subventions attribuées par le biais de Savoie Mont Blanc, ou tout autre organisme (UDOSTI, contrats territoriaux…) Nous souhaiterions, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’indiquer de vive voix à certains d’entre vous, que le formulaire de demande de subvention comporte une clause indiquant que l’attribution de toute subvention du Conseil Général de la Savoie est subordonnée au respect prioritaire de l’emploi de la langue française conformément à l’article 15 de la loi du 4 août 1994. Naturellement, cela signifie que par extension, les organismes cités ci-dessus devront s’engager à demander ce même engagement vis-à-vis des tiers qu’ils aident financièrement ou matériellement. D’autre part, il parait logique que le CG73 soit lui-même exemplaire sur ce sujet, ce qui malheureusement n’a pas toujours été le cas. À cet égard, on pourrait s’attendre à ce que vous exerciez toute votre autorité, en particulier sur les lieux dont vous êtes propriétaire ou autorité organisatrice : par exemple au sujet de l’appellation illégale SOLAR INNOVATION CAMPUS sur Savoie-Technolac, les championnats du monde d’aviron, ou la station de Courchevel qui organise de multiples évènements dont les noms sont en anglais ("les Teenag’ games", "Dynafit mountain races", "Courchevel moovie challenge", "Dynafit ski touring", "Sunday sounds sessions"…etc ! ! ! Si nous saluons ici l’attachement à la défense et à la promotion de la langue française dont votre président, Monsieur Hervé Gaymard, a su donner plusieurs preuves, nous attendons bien entendu de l’ensemble des conseillers généraux une attitude d’autant plus volontaire en la matière que le Premier ministre, Monsieur Jean-Marc Ayrault, a signé, le 25 avril 2013, une circulaire ordonnant à tous les ministres de son gouvernement, et par voie de conséquence à tous les élus et fonctionnaires de France, la défense et la promotion de la langue française ; ce qui est bien le moins que l’on puisse attendre des détenteurs d’une parcelle du pouvoir, délégué par le peuple français souverain. Dans l’attente d’une réponse (au moins des présidents des groupes qui composent l’assemblée départementale), nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux, en nos plus sincères salutations. Marcel Girardin (Président), Michel Cliquennois (Vice-président), Philippe Reynaud (Secrétaire), Lucien Berthet (Secrétaire-adjoint), Jean-François Martignoles (Délégué Haute-Savoie)
SAVOIE CONSEIL GENERAL
Monsieur Marcel Girardin Chambéry, le vendredi 24 mai 2013 Monsieur le Président, Je tiens par la présente à faire suite à votre courrier en date du 1er mai 2013 adressé à l'ensemble des Conseillers généraux de Savoie, et vous écris ce jour afin de vous transmettre la réponse de notre groupe d'élus à vos différentes sollicitations. Dans votre courrier, vous avez souhaité interpeller les Conseillers généraux de Savoie sur la nécessité de veiller à ce que la langue française soit le plus fréquemment employée, aussi bien dans nos propres services, que dans les différents organismes dont nous sommes responsables ou auxquels nous accordons des subventions. Nous ne pouvons bien entendu qu'être en accord avec vous sur ce point et défendons dès que nous le pouvons la langue française au gré des différentes décisions que nous sommes amenés à prendre au cours de notre mandat. Si cette défense de notre langue est indispensable, elle ne doit pas non plus se muer en une prohibition de tout terme d'une autre langue dans les différents événements ou marques que nous promouvons. Ainsi, vous faites appel dans votre lettre à la loi n°94-665 relative à l'emploi de la langue française et à son article 15 qui interdit aux personnes morales de droit public l'emploi d'une expression ou d'un terme étranger. Ce qui, selon vous, rend une appellation comme Solar Innovation Campus totalement illégale. Or, la jurisprudence européenne est claire sur ce point. Certes la législation nationale française doit être respectée dans les restrictions nationales qu'elle impose, en l'absence d'harmonisation juridique de l'Union européenne dans ce domaine, cependant, il est tout à fait possible que soient employés à la place des mentions en langue française, des termes ou expressions dans une autre langue, si celles-ci permettent à tout citoyen, indépendamment de sa nationalité, de les comprendre plus facilement. Vous n'êtes pas sans savoir que notre département dispose d'une économie touristique très développée. La Savoie accueille chaque année de très nombreux visiteurs étrangers venus de toute l'Europe. Il est donc recommandé que les événements et marques que nous mettons en avant et qui contribuent fortement à ce rayonnement, puissent être parfois issus d'autres langues. Ajoutons à cela que bien souvent, si la dénomination de l'événement en question peut comporter, entre autres, un anglicisme, la description de l'événement sur l'ensemble des supports promotionnels est la plupart du temps intégralement rédigée en français. Notre langue est donc loin d'être oubliée. Défendre une malléabilité de l'emploi de notre langue ne signifie pas pour autant que nous souhaitions sa perte, bien au contraire. Nous sommes mêmes prêts à défendre d'autres appellations pour les événements que vous évoquez dans votre courrier. Nous pouvons comprendre que les "Teenag 'gantes", "Dynafit mountain races", "Courchevel movie challenge" et autres "Sunday sounds sessions" vous interpellent, mais à ce jour, leurs traductions respectives tels que les "Jeux d'Adolescents", les "Courses de Montagne de Dynafit", le "Défi cinématographique de Courchevel" ou encore les "Sessions sonores du Dimanche", ne sont pas des termes qui facilitent l'internationalisation de tels événements. Dans une récente interview à un journal grand public, Erik ORSENNA, Académicien et membre du Haut Conseil de la Francophonie, déclarait ne pas s'inquiéter de l'augmentation des anglicismes dans notre usage quotidien de la parole ou de l'écrit. Cependant, il estime que pour être positif, cet emploi doit être couplé à "une capacité d'exporter des mots français". Il ajoute : "C'est un peu comme le commerce extérieur : si on achète plus à l'étranger qu'on vend, ça ne va pas...". Ainsi, en tant que défenseur de la langue française, je vous invite à aider à promouvoir notre langue, pas simplement en combattant l'emploi des anglicismes dans les marques ou les partenariats promus par le Conseil général, mais aussi en apportant votre pierre à ce vaste travail de néologie qui permettra au français, non pas de se maintenir dans des positions conservatrices, ni de vivre avec son temps, mais bien de prendre de l'avance. Comme le souligne le même Erik ORSENNA, pendant longtemps les Arabes ont fourni de nombreux mots à travers le monde, puis les Français, désormais les Anglo-saxons. Et M. ORSENNA estime par ailleurs que demain nous utiliserons même au quotidien des termes de langue chinoise. L'analyse de cet écrivain nous invite à ce que nous orientions nos efforts, pas simplement en défendant pied-à-pied un usage obligatoire et figé du français, mais bien en permettant à notre langue d'évoluer comme elle le fait depuis de nombreux siècles. C'est par cette souplesse, cette perméabilité, cette adaptation, ce renouvellement, cette capacité d'invention, que notre langue a su se maintenir jusqu'à notre époque et constituer un patrimoine auquel nous tenons et que nous défendons. Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'expression _de mes plus sincères salutations. Thierry Repentin
Défense de la langue française Pays de Savoie
Monsieur Thierry Repentin Voglans, le 2 juin 2013 Monsieur le Président, Je vous remercie de votre lettre du 24 mai. C’est avec un grand intérêt que nous prenons connaissance de la position officielle des élus de la Gauche au sein du conseil général de la Savoie. Nous la sollicitions depuis des années ; la voici donc. Votre prise de position est d’autant plus intéressante qu’elle intervient après la publication, le 25 avril 2013, d’une circulaire relative à l’emploi de la langue française par Monsieur Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, dans laquelle il appelle tous les ministres de son gouvernement à défendre et à promouvoir, en tout lieu et en tout temps, la place de la langue française. Cette circulaire du Premier ministre est également plaisante à nos yeux car, de par son contenu bienvenu elle efface, d’un trait, les qualificatifs de ringardise et d’arrière-garde, que certains de nos interlocuteurs, les années précédentes, s’empressaient d’utiliser pour dénigrer notre action, aujourd’hui revalorisée par sa décision. Ainsi cette position moqueuse de certains élus, fonctionnaires et journalistes en devient forcément plus délicate au vu des axes principaux d’action énoncés dans cette circulaire, avec lesquels nous sommes, de notre côté, pleinement en accord. Comment en effet, pour nos représentants, revenir à la défense et à la promotion de la place de la langue française, de par le monde et dans les organisations internationales si les textes qui encadrent l’usage de notre langue dans la société, dont la loi du 4 août 1994, ne sont pas respectés chez nous ? Le Premier ministre indique de plus, justement sensible à cet enjeu essentiel, que le tissu social de notre société est menacé si ces textes ne sont pas strictement observés ; c’est ce que nous constatons et disons depuis des années. Les élus du conseil général de la Savoie, toutes tendances partisanes confondues, ne sauraient dès lors permettre, en application notamment de l’article 15 régissant l’attribution de subventions, que se poursuive l’anglicisation rampante et généralisée de la moindre manifestation, du fin fond de nos vallées jusque dans nos plus hautes stations de ski, au prétexte qu’elle aurait un quelconque caractère international ou prétendrait à cela par je ne sais quel snobisme. L’actuel président du Conseil Général de la Savoie l’avait bien compris, dès 2010, puisqu’il avait demandé au président du SYPARTEC que soit rebaptisée du nom de course solaire, la fête locale de Savoie Technolac, affublée de l’appellation ridicule de SOLAR EVENT FAMILY. Peu de personnes dans la population environnante en comprenaient d’ailleurs la signification et Madame le maire de Chambéry, lors de l’inauguration de 2010, avait eu le bon sens de s’élever publiquement contre la multiplication de ces appellations, exclusivement en langue anglaise, à l’occasion de cette fête de l’énergie solaire. Après tout, les organisateurs du salon de l’automobile à Genève ont bien conservé l’appellation francophone de cette manifestation d’audience mondiale : salon international de l’auto et accessoires ; lequel ne s’en porte pas plus mal... Ne croyez-vous pas, d’autre part, qu’un non-francophone ou un anglophone comprendrait tout aussi bien la signification de CAMPUS DE L’INNOVATION SOLAIRE que celle de SOLAR INNOVATION CAMPUS, par ailleurs illégale au regard de l’article 14 de la loi du 4 août 1994 et pourtant choisie par les élus ? Après tout, Monsieur Michel Sleiman, Président du Liban a bien inauguré, le 13 mai 2011, à l’université Saint Joseph de Beyrouth LE CAMPUS DE l’INNOVATION ET DU SPORT ; et cela en présence de Monsieur Michel Barnier, Commissaire européen. Ne croyez-vous pas que devant l‘importance de l’innovation et la force de l’exploit réalisés par SOLAR IMPULSE, tout habitant de notre planète se serait peut-être attaché à retenir le nom, même francophone, de cet avion porteur d’avenir si M. Piccard, suisse francophone l’avait baptisé ÉLAN SOLAIRE ou SIGNAL SOLAIRE, etc. ? Tout est question, à un moment donné de volonté et non pas uniquement de prédictions, surtout lorsque celles-ci conduisent ou visent à faire accepter par nos concitoyens une certaine forme de déclin. Il est ainsi regrettable de constater que ce sont les parlementaires, autres élus et parfois fonctionnaires qui se font, beaucoup trop à notre goût, les acteurs de la violation de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française ; et cela au nom de la mondialisation ou de la construction européenne. Or, à part le domaine de l’information du consommateur où l’administration française se plie aux exigences du droit communautaire tel qu’interprété par la Cour de justice des communautés européennes (circulaire du 20 septembre 2001 et instruction du 21 février 2005), nous vous serions reconnaissants de nous indiquer les domaines où les autorités françaises ( élus, ministres et fonctionnaires ) pourraient trouver une telle justification à la relégation, en France, de la langue française, pourtant langue fondatrice, officielle et de travail des communautés européennes puis de l’Union. Monsieur Jean Marc Ayrault, Premier ministre s’en garde bien dans sa récente circulaire. Il ne s’agit pas, par ailleurs, pour nous, de refuser toute malléabilité et souplesse bienvenues mais de lutter pour qu’une certaine perméabilité ne nous conduise pas, par orientation idéologique, choix mercantile et renoncement fataliste et honteux, à une trop grande dilution voire à l’effacement de la langue française, âme même de notre identité ! J’ai, nous avons, la claire impression au sujet du débat ayant entouré le vote de l’article 2 de la loi Fioraso, qu’il s’agit d’un exemple de plus de la panique qui habite nos élites, moralement affaiblies par leur mercantilisme et, en la matière, la course corrélative au classement de Shanghai. Si je comprends bien, l’article 2 de la loi Fioraso serait un texte de loi français qui vise à imposer la langue anglaise comme langue officielle d’enseignement, donc obligatoire pour les étudiants, dans de nombreux cours de l’université française…Quelle contradiction suspecte et malvenue pour les pourfendeurs de la loi du 4 août 1994, dite loi Toubon, nombreux parmi les élites françaises, et qui ne manquent pas une occasion pour clamer, haut et fort, que l’on ne peut imposer une langue par la loi ! ! ! Le triste constat de l’incapacité lexicale des universitaires norvégiens à rendre compte aujourd’hui du résultat de leurs recherches dans leur langue maternelle aurait dû faire réfléchir les responsables de cet article 2 et décider, finalement, de ne pas angliciser les filières supérieures de l'enseignement en France. Après avoir tout misé sur la désindustrialisation, d'inspiration ultra-libérale, de notre pays au nom du développement du secteur tertiaire (la banque, le tourisme, etc.), présenté comme porteur d'avenir ; nos élites sont donc aujourd'hui prêtes à renier l'âme même de notre identité pour miser sur l'anglicisation de l'université, comme outil salvateur de cette compétitivité, qu'elles ont pourtant largement contribué à détruire. Bref, elles ne savent plus à quel saint se vouer ! Un exemple frappant : la France, puissance agricole européenne, ne fabrique plus aucune machine-outil agricole et achète tracteurs, moissonneuses, semoirs, etc. à l'Allemagne, aux États-Unis, à l'Italie, etc. L’entreprise Renault n’a-t-elle pas vendu sa dernière usine de fabrication de tracteurs à, me semble-t-il, une entreprise chinoise... ? On se retrouve là, typiquement, dans un cas d'application de la fumeuse théorie des avantages comparatifs, émise par David Ricardo, et si chère aux libéraux français mondialisés mais si coûteuse pour la France, son économie et son moral. Si on devait croire ceux-ci, le tourisme devrait nous sauver et pour cela il est indispensable de parler anglais et d'angliciser tous les aspects de la vie quotidienne, par exemple dans les stations de ski, comme chez nous en Savoie. Ne croyez-vous pas que les agents de voyage arbitrent plutôt en faveur de l’excellent rapport qualité-prix de nos magnifiques domaines skiables de Savoie plutôt qu’en faveur d’une station anglicisée ? Ce manque de tact et d’attention à l’égard de nos voisins et clients italiens ou allemands est par ailleurs illégal puisque l’article 4 de la loi du 4 août 1994 oblige à une traduction du français en deux autres langues. Concernant l’appel que vous nous adressez visant à promouvoir l’innovation linguistique plutôt qu’à combattre l’anglicisation de notre pays, permettez-moi de marquer une certaine surprise. Si le dos au mur et bénévolement, nous sommes aujourd’hui contraints à adopter cette position défensive, c’est tout simplement parce que ceux dont c’est le mandat et la mission, rétribués largement par la République, ne le font tout simplement pas ou pas assez. Pourquoi n’utilisent-ils pas toutes les traductions, les expressions françaises et francophones proposées par les lexicologues notamment au sein des commissions ministérielles et présentées par France Terme et préfèrent-ils, même en France, utiliser et donc favoriser, les anglicismes et par la même, l’anglicisation de notre pays ? Permettez-moi à ce propos de vous citer un passage témoignant à la fois de notre esprit d’ouverture au monde et du ressenti des francophones devant l’attitude des élites françaises à l’égard de la langue française. Monsieur Khalil Karam, représentant du président de la République libanaise pour la francophonie a écrit, le 19 mai 2012, le passage suivant : "… Ce manque de civisme linguistique francophone est particulièrement fort dans plusieurs pays, particulièrement en France où la majorité des élites voit la francophonie et la langue française non comme des opportunités, mais comme des obstacles …" A ce propos et à titre d’exemple malicieux, peut-être auriez-vous pu, avec vos collègues de la Gauche du conseil général de la Savoie, adopter au bas de vos lettres officielles, à titre d’innovation linguistique, le terme de courriel plutôt que celui de E-mail (toutes deux, l’une en français, l’autre en anglais, sont des contractions de courrier électronique). Il me semble que France Terme propose courriel…inventé par " nos cousins" québécois. Pour conclure, je vous laisse réfléchir au sujet d'une intervention de Winston Churchill, le 6 septembre 1943, à l’université de Harvard, dont vous trouverez l’extrait d’un compte-rendu, ci-après : "Ce jour-là, Winston Churchill reçoit un diplôme d'honneur et prononce un discours. L'anglais, cette langue commune qui a été donnée aux Britanniques et aux Américains, est "un héritage commun sans prix" et qu'il se pourrait bien que cette langue "devienne un jour la base d'une cité commune". Je ne vois pas, ajoute Churchill, pourquoi nous ne tenterions pas d'étendre notre langue plus loin encore à travers le monde, ni pourquoi, sans chercher des avantages égoïstes sur autrui, nous ne profiterions pas de cette précieuse amitié et de cet héritage". Américains et Britanniques devraient étendre l'usage de l'anglais afin qu'ils puissent, lors de leurs voyages dans le monde, "trouver partout un moyen, aussi primitif soit-il, d'expression et d'entente", ce qui, pour le Premier ministre britannique de l'époque, permettrait aussi de "profiter à bien d'autres races et favoriser le développement d'une structure nouvelle pour le maintien de la paix". Et Churchill de conclure que "De tels projets assurent des conquêtes plus heureuses que celles que moissonnent les voleurs de territoires ou de pays étrangers, les oppresseurs et les exploiteurs", le tout étant ponctué par un vibrant : "Les empires de l'avenir sont des empires de l'esprit" ! Je suis sûr que vous serez d’accord avec moi, avec nous, pour que nous fassions tout pour défendre et promouvoir le nôtre et vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sincères et bien francophones salutations.
Marcel Girardin
Thierry Repentin, ministre délégué aux Affaires européennes En témoigne cet échange de courriers entre une branche locale de DLF : Défense de la langue française Pays de Savoie et le cabinet de Thierry Repentin par ailleurs Président du Groupe des Élus de Gauche "Savoie Pour Tous", concernant l'abus de dénominations anglo-saxonnes des manifestations soit subventionnées par le Conseil général de Savoie, soit organisées dans les lieux dont il est propriétaire, avec un rappel aux articles 14 et 15 de la loi du 4 août 1994. Ce ministre s'abrite derrière une prétendue jurisprudence européenne supposée "claire sur ce point […] il est tout à fait possible que soient employés à la place des mentions en langue française, des termes ou expressions dans une autre langue, si celles-ci permettent à tout citoyen, indépendamment de sa nationalité, de les comprendre plus facilement". Ce qui est la porte ouverte à toutes les démissions présentes et futures, cette "jurisprudence" n'a pourtant aucune prééminence sur la loi française.et concerne essentiellement les emballages. Peut-être serait-il temps que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, prenne les mesures à même de faire respecter sa circulaire sur l'emploi de la langue française. MAR 1) La lettre de DLF-Pays de Savoie du 1er mai 2013 aux élus du conseil général de la Savoie 2) La réponse de Thierry Repentin, Pt du Groupe des Élus de Gauche "Savoie Pour Tous" (et ministre délégué aux Affaires européennes) du 24 mai 2013 à DLF-Pays de Savoie 3) La réponse de Marcel Girardin, président de DLF-Pays de Savoie à Thierry Repentin du 2 juin 2013
Défense de la langue française Pays de Savoie Aux élus du conseil général de la Savoie Voglans, le 1er mai 2013 copie à Monsieur le Premier ministre et à Monsieur le Préfet de la Savoie à la presse Objet : Octroi de subventions par le Conseil Général favorisant l’emploi de la langue française dans le cadre de l’article 15 de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 et de la récente circulaire du Premier ministre en date du 25 avril 2013. Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux, Nous avons déjà eu l’occasion, lors de notre lettre du 30 janvier 2012, d’établir un constat préoccupant de l’anglicisation rampante des espaces et activités publics de Savoie et de vous exposer notre position ainsi que la requête suivante que nous renouvelons aujourd’hui : Nous demandons à tous les conseillers généraux de bien vouloir, à l’avenir, défendre et promouvoir la langue française par l’octroi de subventions favorisant uniquement des manifestations ou des organismes qui la mettent en avant et respectent les dispositions de la loi du 4 août 1994 relative à son emploi. Cette demande concerne autant les votes de la commission permanente que de l’assemblée, ainsi que les subventions attribuées par le biais de Savoie Mont Blanc, ou tout autre organisme (UDOSTI, contrats territoriaux…) Nous souhaiterions, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’indiquer de vive voix à certains d’entre vous, que le formulaire de demande de subvention comporte une clause indiquant que l’attribution de toute subvention du Conseil Général de la Savoie est subordonnée au respect prioritaire de l’emploi de la langue française conformément à l’article 15 de la loi du 4 août 1994. Naturellement, cela signifie que par extension, les organismes cités ci-dessus devront s’engager à demander ce même engagement vis-à-vis des tiers qu’ils aident financièrement ou matériellement. D’autre part, il parait logique que le CG73 soit lui-même exemplaire sur ce sujet, ce qui malheureusement n’a pas toujours été le cas. À cet égard, on pourrait s’attendre à ce que vous exerciez toute votre autorité, en particulier sur les lieux dont vous êtes propriétaire ou autorité organisatrice : par exemple au sujet de l’appellation illégale SOLAR INNOVATION CAMPUS sur Savoie-Technolac, les championnats du monde d’aviron, ou la station de Courchevel qui organise de multiples évènements dont les noms sont en anglais ("les Teenag’ games", "Dynafit mountain races", "Courchevel moovie challenge", "Dynafit ski touring", "Sunday sounds sessions"…etc ! ! ! Si nous saluons ici l’attachement à la défense et à la promotion de la langue française dont votre président, Monsieur Hervé Gaymard, a su donner plusieurs preuves, nous attendons bien entendu de l’ensemble des conseillers généraux une attitude d’autant plus volontaire en la matière que le Premier ministre, Monsieur Jean-Marc Ayrault, a signé, le 25 avril 2013, une circulaire ordonnant à tous les ministres de son gouvernement, et par voie de conséquence à tous les élus et fonctionnaires de France, la défense et la promotion de la langue française ; ce qui est bien le moins que l’on puisse attendre des détenteurs d’une parcelle du pouvoir, délégué par le peuple français souverain. Dans l’attente d’une réponse (au moins des présidents des groupes qui composent l’assemblée départementale), nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux, en nos plus sincères salutations. Marcel Girardin (Président), Michel Cliquennois (Vice-président), Philippe Reynaud (Secrétaire), Lucien Berthet (Secrétaire-adjoint), Jean-François Martignoles (Délégué Haute-Savoie)
SAVOIE CONSEIL GENERAL
Monsieur Marcel Girardin Chambéry, le vendredi 24 mai 2013 Monsieur le Président, Je tiens par la présente à faire suite à votre courrier en date du 1er mai 2013 adressé à l'ensemble des Conseillers généraux de Savoie, et vous écris ce jour afin de vous transmettre la réponse de notre groupe d'élus à vos différentes sollicitations. Dans votre courrier, vous avez souhaité interpeller les Conseillers généraux de Savoie sur la nécessité de veiller à ce que la langue française soit le plus fréquemment employée, aussi bien dans nos propres services, que dans les différents organismes dont nous sommes responsables ou auxquels nous accordons des subventions. Nous ne pouvons bien entendu qu'être en accord avec vous sur ce point et défendons dès que nous le pouvons la langue française au gré des différentes décisions que nous sommes amenés à prendre au cours de notre mandat. Si cette défense de notre langue est indispensable, elle ne doit pas non plus se muer en une prohibition de tout terme d'une autre langue dans les différents événements ou marques que nous promouvons. Ainsi, vous faites appel dans votre lettre à la loi n°94-665 relative à l'emploi de la langue française et à son article 15 qui interdit aux personnes morales de droit public l'emploi d'une expression ou d'un terme étranger. Ce qui, selon vous, rend une appellation comme Solar Innovation Campus totalement illégale. Or, la jurisprudence européenne est claire sur ce point. Certes la législation nationale française doit être respectée dans les restrictions nationales qu'elle impose, en l'absence d'harmonisation juridique de l'Union européenne dans ce domaine, cependant, il est tout à fait possible que soient employés à la place des mentions en langue française, des termes ou expressions dans une autre langue, si celles-ci permettent à tout citoyen, indépendamment de sa nationalité, de les comprendre plus facilement. Vous n'êtes pas sans savoir que notre département dispose d'une économie touristique très développée. La Savoie accueille chaque année de très nombreux visiteurs étrangers venus de toute l'Europe. Il est donc recommandé que les événements et marques que nous mettons en avant et qui contribuent fortement à ce rayonnement, puissent être parfois issus d'autres langues. Ajoutons à cela que bien souvent, si la dénomination de l'événement en question peut comporter, entre autres, un anglicisme, la description de l'événement sur l'ensemble des supports promotionnels est la plupart du temps intégralement rédigée en français. Notre langue est donc loin d'être oubliée. Défendre une malléabilité de l'emploi de notre langue ne signifie pas pour autant que nous souhaitions sa perte, bien au contraire. Nous sommes mêmes prêts à défendre d'autres appellations pour les événements que vous évoquez dans votre courrier. Nous pouvons comprendre que les "Teenag 'gantes", "Dynafit mountain races", "Courchevel movie challenge" et autres "Sunday sounds sessions" vous interpellent, mais à ce jour, leurs traductions respectives tels que les "Jeux d'Adolescents", les "Courses de Montagne de Dynafit", le "Défi cinématographique de Courchevel" ou encore les "Sessions sonores du Dimanche", ne sont pas des termes qui facilitent l'internationalisation de tels événements. Dans une récente interview à un journal grand public, Erik ORSENNA, Académicien et membre du Haut Conseil de la Francophonie, déclarait ne pas s'inquiéter de l'augmentation des anglicismes dans notre usage quotidien de la parole ou de l'écrit. Cependant, il estime que pour être positif, cet emploi doit être couplé à "une capacité d'exporter des mots français". Il ajoute : "C'est un peu comme le commerce extérieur : si on achète plus à l'étranger qu'on vend, ça ne va pas...". Ainsi, en tant que défenseur de la langue française, je vous invite à aider à promouvoir notre langue, pas simplement en combattant l'emploi des anglicismes dans les marques ou les partenariats promus par le Conseil général, mais aussi en apportant votre pierre à ce vaste travail de néologie qui permettra au français, non pas de se maintenir dans des positions conservatrices, ni de vivre avec son temps, mais bien de prendre de l'avance. Comme le souligne le même Erik ORSENNA, pendant longtemps les Arabes ont fourni de nombreux mots à travers le monde, puis les Français, désormais les Anglo-saxons. Et M. ORSENNA estime par ailleurs que demain nous utiliserons même au quotidien des termes de langue chinoise. L'analyse de cet écrivain nous invite à ce que nous orientions nos efforts, pas simplement en défendant pied-à-pied un usage obligatoire et figé du français, mais bien en permettant à notre langue d'évoluer comme elle le fait depuis de nombreux siècles. C'est par cette souplesse, cette perméabilité, cette adaptation, ce renouvellement, cette capacité d'invention, que notre langue a su se maintenir jusqu'à notre époque et constituer un patrimoine auquel nous tenons et que nous défendons. Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'expression _de mes plus sincères salutations. Thierry Repentin
Défense de la langue française Pays de Savoie
Monsieur Thierry Repentin Voglans, le 2 juin 2013 Monsieur le Président, Je vous remercie de votre lettre du 24 mai. C’est avec un grand intérêt que nous prenons connaissance de la position officielle des élus de la Gauche au sein du conseil général de la Savoie. Nous la sollicitions depuis des années ; la voici donc. Votre prise de position est d’autant plus intéressante qu’elle intervient après la publication, le 25 avril 2013, d’une circulaire relative à l’emploi de la langue française par Monsieur Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, dans laquelle il appelle tous les ministres de son gouvernement à défendre et à promouvoir, en tout lieu et en tout temps, la place de la langue française. Cette circulaire du Premier ministre est également plaisante à nos yeux car, de par son contenu bienvenu elle efface, d’un trait, les qualificatifs de ringardise et d’arrière-garde, que certains de nos interlocuteurs, les années précédentes, s’empressaient d’utiliser pour dénigrer notre action, aujourd’hui revalorisée par sa décision. Ainsi cette position moqueuse de certains élus, fonctionnaires et journalistes en devient forcément plus délicate au vu des axes principaux d’action énoncés dans cette circulaire, avec lesquels nous sommes, de notre côté, pleinement en accord. Comment en effet, pour nos représentants, revenir à la défense et à la promotion de la place de la langue française, de par le monde et dans les organisations internationales si les textes qui encadrent l’usage de notre langue dans la société, dont la loi du 4 août 1994, ne sont pas respectés chez nous ? Le Premier ministre indique de plus, justement sensible à cet enjeu essentiel, que le tissu social de notre société est menacé si ces textes ne sont pas strictement observés ; c’est ce que nous constatons et disons depuis des années. Les élus du conseil général de la Savoie, toutes tendances partisanes confondues, ne sauraient dès lors permettre, en application notamment de l’article 15 régissant l’attribution de subventions, que se poursuive l’anglicisation rampante et généralisée de la moindre manifestation, du fin fond de nos vallées jusque dans nos plus hautes stations de ski, au prétexte qu’elle aurait un quelconque caractère international ou prétendrait à cela par je ne sais quel snobisme. L’actuel président du Conseil Général de la Savoie l’avait bien compris, dès 2010, puisqu’il avait demandé au président du SYPARTEC que soit rebaptisée du nom de course solaire, la fête locale de Savoie Technolac, affublée de l’appellation ridicule de SOLAR EVENT FAMILY. Peu de personnes dans la population environnante en comprenaient d’ailleurs la signification et Madame le maire de Chambéry, lors de l’inauguration de 2010, avait eu le bon sens de s’élever publiquement contre la multiplication de ces appellations, exclusivement en langue anglaise, à l’occasion de cette fête de l’énergie solaire. Après tout, les organisateurs du salon de l’automobile à Genève ont bien conservé l’appellation francophone de cette manifestation d’audience mondiale : salon international de l’auto et accessoires ; lequel ne s’en porte pas plus mal... Ne croyez-vous pas, d’autre part, qu’un non-francophone ou un anglophone comprendrait tout aussi bien la signification de CAMPUS DE L’INNOVATION SOLAIRE que celle de SOLAR INNOVATION CAMPUS, par ailleurs illégale au regard de l’article 14 de la loi du 4 août 1994 et pourtant choisie par les élus ? Après tout, Monsieur Michel Sleiman, Président du Liban a bien inauguré, le 13 mai 2011, à l’université Saint Joseph de Beyrouth LE CAMPUS DE l’INNOVATION ET DU SPORT ; et cela en présence de Monsieur Michel Barnier, Commissaire européen. Ne croyez-vous pas que devant l‘importance de l’innovation et la force de l’exploit réalisés par SOLAR IMPULSE, tout habitant de notre planète se serait peut-être attaché à retenir le nom, même francophone, de cet avion porteur d’avenir si M. Piccard, suisse francophone l’avait baptisé ÉLAN SOLAIRE ou SIGNAL SOLAIRE, etc. ? Tout est question, à un moment donné de volonté et non pas uniquement de prédictions, surtout lorsque celles-ci conduisent ou visent à faire accepter par nos concitoyens une certaine forme de déclin. Il est ainsi regrettable de constater que ce sont les parlementaires, autres élus et parfois fonctionnaires qui se font, beaucoup trop à notre goût, les acteurs de la violation de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française ; et cela au nom de la mondialisation ou de la construction européenne. Or, à part le domaine de l’information du consommateur où l’administration française se plie aux exigences du droit communautaire tel qu’interprété par la Cour de justice des communautés européennes (circulaire du 20 septembre 2001 et instruction du 21 février 2005), nous vous serions reconnaissants de nous indiquer les domaines où les autorités françaises ( élus, ministres et fonctionnaires ) pourraient trouver une telle justification à la relégation, en France, de la langue française, pourtant langue fondatrice, officielle et de travail des communautés européennes puis de l’Union. Monsieur Jean Marc Ayrault, Premier ministre s’en garde bien dans sa récente circulaire. Il ne s’agit pas, par ailleurs, pour nous, de refuser toute malléabilité et souplesse bienvenues mais de lutter pour qu’une certaine perméabilité ne nous conduise pas, par orientation idéologique, choix mercantile et renoncement fataliste et honteux, à une trop grande dilution voire à l’effacement de la langue française, âme même de notre identité ! J’ai, nous avons, la claire impression au sujet du débat ayant entouré le vote de l’article 2 de la loi Fioraso, qu’il s’agit d’un exemple de plus de la panique qui habite nos élites, moralement affaiblies par leur mercantilisme et, en la matière, la course corrélative au classement de Shanghai. Si je comprends bien, l’article 2 de la loi Fioraso serait un texte de loi français qui vise à imposer la langue anglaise comme langue officielle d’enseignement, donc obligatoire pour les étudiants, dans de nombreux cours de l’université française…Quelle contradiction suspecte et malvenue pour les pourfendeurs de la loi du 4 août 1994, dite loi Toubon, nombreux parmi les élites françaises, et qui ne manquent pas une occasion pour clamer, haut et fort, que l’on ne peut imposer une langue par la loi ! ! ! Le triste constat de l’incapacité lexicale des universitaires norvégiens à rendre compte aujourd’hui du résultat de leurs recherches dans leur langue maternelle aurait dû faire réfléchir les responsables de cet article 2 et décider, finalement, de ne pas angliciser les filières supérieures de l'enseignement en France. Après avoir tout misé sur la désindustrialisation, d'inspiration ultra-libérale, de notre pays au nom du développement du secteur tertiaire (la banque, le tourisme, etc.), présenté comme porteur d'avenir ; nos élites sont donc aujourd'hui prêtes à renier l'âme même de notre identité pour miser sur l'anglicisation de l'université, comme outil salvateur de cette compétitivité, qu'elles ont pourtant largement contribué à détruire. Bref, elles ne savent plus à quel saint se vouer ! Un exemple frappant : la France, puissance agricole européenne, ne fabrique plus aucune machine-outil agricole et achète tracteurs, moissonneuses, semoirs, etc. à l'Allemagne, aux États-Unis, à l'Italie, etc. L’entreprise Renault n’a-t-elle pas vendu sa dernière usine de fabrication de tracteurs à, me semble-t-il, une entreprise chinoise... ? On se retrouve là, typiquement, dans un cas d'application de la fumeuse théorie des avantages comparatifs, émise par David Ricardo, et si chère aux libéraux français mondialisés mais si coûteuse pour la France, son économie et son moral. Si on devait croire ceux-ci, le tourisme devrait nous sauver et pour cela il est indispensable de parler anglais et d'angliciser tous les aspects de la vie quotidienne, par exemple dans les stations de ski, comme chez nous en Savoie. Ne croyez-vous pas que les agents de voyage arbitrent plutôt en faveur de l’excellent rapport qualité-prix de nos magnifiques domaines skiables de Savoie plutôt qu’en faveur d’une station anglicisée ? Ce manque de tact et d’attention à l’égard de nos voisins et clients italiens ou allemands est par ailleurs illégal puisque l’article 4 de la loi du 4 août 1994 oblige à une traduction du français en deux autres langues. Concernant l’appel que vous nous adressez visant à promouvoir l’innovation linguistique plutôt qu’à combattre l’anglicisation de notre pays, permettez-moi de marquer une certaine surprise. Si le dos au mur et bénévolement, nous sommes aujourd’hui contraints à adopter cette position défensive, c’est tout simplement parce que ceux dont c’est le mandat et la mission, rétribués largement par la République, ne le font tout simplement pas ou pas assez. Pourquoi n’utilisent-ils pas toutes les traductions, les expressions françaises et francophones proposées par les lexicologues notamment au sein des commissions ministérielles et présentées par France Terme et préfèrent-ils, même en France, utiliser et donc favoriser, les anglicismes et par la même, l’anglicisation de notre pays ? Permettez-moi à ce propos de vous citer un passage témoignant à la fois de notre esprit d’ouverture au monde et du ressenti des francophones devant l’attitude des élites françaises à l’égard de la langue française. Monsieur Khalil Karam, représentant du président de la République libanaise pour la francophonie a écrit, le 19 mai 2012, le passage suivant : "… Ce manque de civisme linguistique francophone est particulièrement fort dans plusieurs pays, particulièrement en France où la majorité des élites voit la francophonie et la langue française non comme des opportunités, mais comme des obstacles …" A ce propos et à titre d’exemple malicieux, peut-être auriez-vous pu, avec vos collègues de la Gauche du conseil général de la Savoie, adopter au bas de vos lettres officielles, à titre d’innovation linguistique, le terme de courriel plutôt que celui de E-mail (toutes deux, l’une en français, l’autre en anglais, sont des contractions de courrier électronique). Il me semble que France Terme propose courriel…inventé par " nos cousins" québécois. Pour conclure, je vous laisse réfléchir au sujet d'une intervention de Winston Churchill, le 6 septembre 1943, à l’université de Harvard, dont vous trouverez l’extrait d’un compte-rendu, ci-après : "Ce jour-là, Winston Churchill reçoit un diplôme d'honneur et prononce un discours. L'anglais, cette langue commune qui a été donnée aux Britanniques et aux Américains, est "un héritage commun sans prix" et qu'il se pourrait bien que cette langue "devienne un jour la base d'une cité commune". Je ne vois pas, ajoute Churchill, pourquoi nous ne tenterions pas d'étendre notre langue plus loin encore à travers le monde, ni pourquoi, sans chercher des avantages égoïstes sur autrui, nous ne profiterions pas de cette précieuse amitié et de cet héritage". Américains et Britanniques devraient étendre l'usage de l'anglais afin qu'ils puissent, lors de leurs voyages dans le monde, "trouver partout un moyen, aussi primitif soit-il, d'expression et d'entente", ce qui, pour le Premier ministre britannique de l'époque, permettrait aussi de "profiter à bien d'autres races et favoriser le développement d'une structure nouvelle pour le maintien de la paix". Et Churchill de conclure que "De tels projets assurent des conquêtes plus heureuses que celles que moissonnent les voleurs de territoires ou de pays étrangers, les oppresseurs et les exploiteurs", le tout étant ponctué par un vibrant : "Les empires de l'avenir sont des empires de l'esprit" ! Je suis sûr que vous serez d’accord avec moi, avec nous, pour que nous fassions tout pour défendre et promouvoir le nôtre et vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sincères et bien francophones salutations.
Marcel Girardin
Nouvelles de juin 2013 (2)
La science au XXIe siècle : Loi Fioraso - la mobilisation se poursuit II (18/06) (lien) Lette d'un ingénieur québecois travaillant aux États-Unis à Geneviève Fioraso (6/06)
Avec tout le respect que je vous dois, je me dois d’intervenir, d’aussi loin que je sois, au nom de la langue Française ! On dirait que la France a besoin d’une loi 101 comme au Québec pour protéger la langue Française. Incroyable ! Qui l’eut cru ? Moi qui considérais la France comme un pays souverain et maitre de sa culture et de son langage. Ma première expérience en France, à l’âge de 16 ans, en 1978, fut de constater que les Français n’avaient pas à s’excuser ou à se justifier pour parler Français. J’avais aussi saisi que parler Français était un droit acquis, indiscutable, un droit divin – malgré la séparation de l’État et de l’Église – un droit que les autres nations et cultures ne questionnent pas mais plutôt respecte. Et devoir se prémunir contre une langue étrangère ne pouvait se poser à l’inconscient collectif de la République. Alors que moi, tous les jours, c’est un combat à recommencer, et à recommencer, et à recommencer encore et toujours plusieurs fois par jours... Réalisez-vous que lorsque vous vous levez le matin et que vous savez que vous allez être agressé à tout moment de la journée à propos du fait même de parler votre langue maternelle et langue officielle de votre nation que c’est toute votre énergie qui part à justifier l’existence même de votre culture et de vos racines les plus profondes ? Énergie que vous ne dépensez pas, collectivement, à son rayonnement, et personnellement, à votre épanouissement ? Vous vivez constamment en mode défensif, avec tout le négativisme qui s’y rattache. Tué votre langue maternelle, c’est tuer votre mère. C’est aussi profond. Ne serait-ce pas d’ailleurs pourquoi nous disons langue maternelle en premier lieu ? Faites très attention, l’anglicisation d’une langue c’est beaucoup plus pernicieux, vicieux et rapidement plus profond que vous ne pouvez l’imaginer et très difficile à rattraper, surtout, si ça a l’air "cool" - passez-moi l’anglicisme à preuve de mon discours. Ou pire : si ça rapporte. Lorsque la France cèdera, il n’y aura plus de langue Française.
Mes regards, madame la ministre, et je regarde devant pour vous entendre.
Stéphane Roy Nouvelles de juin 2013 (2)
La science au XXIe siècle : Loi Fioraso - la mobilisation se poursuit II (18/06) (lien) Lette d'un ingénieur québecois travaillant aux États-Unis à Geneviève Fioraso (6/06)
Avec tout le respect que je vous dois, je me dois d’intervenir, d’aussi loin que je sois, au nom de la langue Française ! On dirait que la France a besoin d’une loi 101 comme au Québec pour protéger la langue Française. Incroyable ! Qui l’eut cru ? Moi qui considérais la France comme un pays souverain et maitre de sa culture et de son langage. Ma première expérience en France, à l’âge de 16 ans, en 1978, fut de constater que les Français n’avaient pas à s’excuser ou à se justifier pour parler Français. J’avais aussi saisi que parler Français était un droit acquis, indiscutable, un droit divin – malgré la séparation de l’État et de l’Église – un droit que les autres nations et cultures ne questionnent pas mais plutôt respecte. Et devoir se prémunir contre une langue étrangère ne pouvait se poser à l’inconscient collectif de la République. Alors que moi, tous les jours, c’est un combat à recommencer, et à recommencer, et à recommencer encore et toujours plusieurs fois par jours... Réalisez-vous que lorsque vous vous levez le matin et que vous savez que vous allez être agressé à tout moment de la journée à propos du fait même de parler votre langue maternelle et langue officielle de votre nation que c’est toute votre énergie qui part à justifier l’existence même de votre culture et de vos racines les plus profondes ? Énergie que vous ne dépensez pas, collectivement, à son rayonnement, et personnellement, à votre épanouissement ? Vous vivez constamment en mode défensif, avec tout le négativisme qui s’y rattache. Tué votre langue maternelle, c’est tuer votre mère. C’est aussi profond. Ne serait-ce pas d’ailleurs pourquoi nous disons langue maternelle en premier lieu ? Faites très attention, l’anglicisation d’une langue c’est beaucoup plus pernicieux, vicieux et rapidement plus profond que vous ne pouvez l’imaginer et très difficile à rattraper, surtout, si ça a l’air "cool" - passez-moi l’anglicisme à preuve de mon discours. Ou pire : si ça rapporte. Lorsque la France cèdera, il n’y aura plus de langue Française.
Mes regards, madame la ministre, et je regarde devant pour vous entendre.
Stéphane Roy
Geneviève Fioraso : prix exceptionnel 2013 Communiqué de l'Académie de la carpette anglaise (3 juin 2013) L'académie de la Carpette anglaise, présidée par Philippe de Saint Robert, a décidé d'attribuer un prix exceptionnel à Mme Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, pour avoir, dans la lignée de Mme Valérie Pécresse ("carpettée" en 2008) et malgré de nombreuses mises en garde*, légalisé en maintenant l'article 2 de son projet de loi l'enseignement en anglais dans les universités dans le silence de Mmes Aurélie Filippetti, Yamina Benguigui, et de M. Laurent Fabius, tous ministres tenus de défendre et de promouvoir, dans leurs fonctions, la langue française. * De MM. Claude Hagège et Antoine Compagnon, professeurs au Collège de France, à M. Jacques Attali (conseiller d'État, professeur d'économie, conseiller spécial de François Mitterrand), de nombreux professeurs d'université et personnalités politiques, en passant par l'Académie française, l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, l'Académie des Sciences d'Outre-Mer... 1) La Carpette anglaise, prix d'indignité civique, est attribué à un membre des "élites françaises" qui s'est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l'anglo-américain en France au détriment de la langue française. 2) Association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC), Courriel (Collectif unitaire républicain pour la résistance, l'initiative et l'émancipation linguistique), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DdC)
Geneviève Fioraso : prix exceptionnel 2013 Communiqué de l'Académie de la carpette anglaise (3 juin 2013) L'académie de la Carpette anglaise, présidée par Philippe de Saint Robert, a décidé d'attribuer un prix exceptionnel à Mme Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, pour avoir, dans la lignée de Mme Valérie Pécresse ("carpettée" en 2008) et malgré de nombreuses mises en garde*, légalisé en maintenant l'article 2 de son projet de loi l'enseignement en anglais dans les universités dans le silence de Mmes Aurélie Filippetti, Yamina Benguigui, et de M. Laurent Fabius, tous ministres tenus de défendre et de promouvoir, dans leurs fonctions, la langue française. * De MM. Claude Hagège et Antoine Compagnon, professeurs au Collège de France, à M. Jacques Attali (conseiller d'État, professeur d'économie, conseiller spécial de François Mitterrand), de nombreux professeurs d'université et personnalités politiques, en passant par l'Académie française, l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, l'Académie des Sciences d'Outre-Mer... 1) La Carpette anglaise, prix d'indignité civique, est attribué à un membre des "élites françaises" qui s'est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l'anglo-américain en France au détriment de la langue française. 2) Association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC), Courriel (Collectif unitaire républicain pour la résistance, l'initiative et l'émancipation linguistique), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DdC)
Retour sur une capitulation en rase campagne (2) - par MAR le 03/06/2013 - 15:50
Retour sur une capitulation en rase campagne (2) Retour sur le débat portant sur l'article 2 du projet de loi Fioraso qui permet d'enseigner en langues étrangères (comprenez en anglais) dans les universités françaises. Au delà du débat à l'Assemblée proprement-dit, on peut s'étonner de l'absence de réactions devant cette capitulation de François Hollande, parait-il Président de la République, qui a de nombreuses reprises a clamé qu'il était "attaché au français et à la Francophonie" (sans aucune décision concrète bien entendu) et qui accepte sans broncher cette capitulation linguistique. Aucune réaction non plus de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre de la République dit-on, qui rappelé récemment à l'ordre ses ministres pour qu'ils fassent respecter le français et produit une circulaire en ce sens. Toujours cette même schizophrénie ! Sans parler bien sûr de l'ectoplasmique ministre déléguée chargée de la Francophonie : Yamina Benguigui qui a osé déclaré que cette loi "ne met pas la francophonie en danger" en s'appuyant sur des arguments qui tiennent plus du vœu pieux que d'une quelconque réalité : "les étudiants étrangers auront l'obligation d'apprendre le français, ils seront évalués sur leur connaissance de la langue à la fin de leur cursus [bien sûr Yamina !], pour moi, ils sortiront donc francophones de l'université [encore bien sûr Yamina !], la francophonie est inscrite comme mission de service public pour les universités [toujours bien sûr Yamina !]. Avec elle, la langue française et la Francophonie sont bien défendues ! On peut enfin s'interroger sur le rôle de la presse et des médias en général qui semblent avoir fait leur deuil de la langue française voire de la France en général au profit d'une illusoire "modernité" où parler anglais semble normal. En un mot le colonisé qui adopte les valeurs du colonisateur.
Quelques exemples : Le Monde, censé être le quotidien de référence français, dans son éditorial du samedi 11 mai 2013 voit dans le projet de loi Fioraso "une modeste disposition" (il s'agit simplement de supprimer petit à petit toute recherche en français, excusez du peu !). Après une formule passe-partout qui n'engage à rien : "Le Monde, c'est l'évidence, ne saurait négliger son rôle dans la défense de la francophonie et de notre singularité linguistique." Le Monde assène le coup fatal à la langue qui le fait vivre "Mais il ne saurait le faire à reculons." (sic !) et ose pour appuyer sa démonstration annexer Maurice Druon qui n'aurait jamais accepté un tel projet de loi : "Comme le disait Maurice Druon, avocat s'il en fût du français : "Chaque langue est unique, toutes les langues sont complémentaires. On ne saurait mieux dire.". On attient là le comble de l'hypocrisie d'une élite qui a déjà fait une croix sur son pays ! (On peut constater toutefois que les articles du journal ont présenté de manière plus équilibrée les différentes positions, échappant à la malhonnêteté flagrante de la direction éditoriale) Alain Duhamel dans son éditorial du 26 mai sur RTL en a fait lui aussi, "un débat entre classiques et modernes" mettant en avant l'argument de Fioraso des "1% maximum de cours en anglais" sans aucune preuve ni barrière. L'ami des puissants, le sieur "je-ne-fait-pas-de-vagues" aura tranché : soyons modernes sacrifions notre langue ! [pour écouter cet éditorial] Le Nouvel Observateur s'est particulièrement illustré avec l'éditorial de François Reynaert qui joue les petits VRP de Geniève Fioraso et pour qui un pays qui renonce à sa langue au sein des ses universités c'est une réformette et ça le fait bailler ! On ne peut que constater que cet hebdomadaire "de Gauche" ne fait en fait que se rallier à la bonne parole de Margaret Thatcher : "Au XXIe siècle, le pouvoir dominant est l’Amérique, le langage dominant est l’anglais, le modèle économique dominant est le capitalisme anglo-saxon." (lire plus bas la relation que fait Jacques Cortès des positions de ce magazine) Sans parler des plateaux télévisés comme par exemple "Le grand journal" de Canal +, haut rendez-vous de la nouvelle beauferie bien-pensante, qui bien entendu en conformité avec sa soumission habituelle, a tout fait pour ringardiser la résistance au tout-anglais, y compris les invités présentant un quelconque doute sur ce suicide programmé de langue française. Quant à Geneviève Fioraso, nous pouvons espérer (pour elle) qu'elle aura au moins obtenu d'ici peu, l'Order of Merit ou l'Order of the Companions of Honour britanniques ; ainsi que la "Presidential Medal of Freedom" ou la Congressional Gold Medal états-uniennes pour récompense des grands services qu'elle aura rendus à langue anglaise et par voie de conséquence, à l'économie et aux intérêts stratégiques de ces deux pays. Elle aura ainsi renforcé le besoin de cette langue, renforcé les revues qui feront de plus en plus la pluie et le beau temps en matière de recherche (pillant au passage les articles qui leur seront proposés), elle aura aussi permis l'embauche de centaines d'enseignants anglophones en France qui feront toujours mieux leurs cours en anglais que les français, au détriment des enseignants francophones. Délice suprême pour ces deux pays : elle aura enfin, notablement affaibli le grand concurrent culturel des anglo-saxons dans le monde : la France ! MAR Analyse par Jacques Cortès d'un numéro du Nouvel Observateur Je viens de recevoir le dernier numéro du Nouvel Observateur (23-29/05/2013), et je vois que quelques articles méritent des commentaires :
Le premier est de la plume spirituellement dirimante de François Reynaert (p.36). Papier amusant où tous ceux qui sont supposés être contre la loi Fioraso (Académie, "Figaro", "Finkielkraut et consorts", "une escouade d’échappés du PS", Jacques Attali, Claude Hagège costumé en "Paul Déroulède de la francophonie"), tous ces gens et bien d’autres ringards de même acabit sont classés dans l’ensemble des nostalgiques ne parvenant pas "à voir venir les problèmes qui se posent aujourd’hui". Pour F.R, en conséquence, La meilleure mesure à prendre est de regrouper les déclinoronchonchons de service dans une sorte de parc intitulé "France éternelle Land" où ils pourront s’ébattre en toute liberté avec tout ce qu’ils aiment : "les agents en képi, le grec en sixième et des polémiques à la mesure de leur vision du monde" sur des questions du type : "quel avenir pour nos colonies ? Faut-il en finir avec le franc-or ? etc." Intérêt de ce regroupement : les étrangers pourront venir visiter ce parc et cela "boostera" (pardon, "propulsera") notre tourisme. Le sourire est donc de mise. Le texte de François Reynaert est vraiment désopilant. Voire…
J’ai noté aussi 2 passages faisant état de la pensée de Cédric Villani, ce mathématicien français ayant obtenu la médaille Fields en 2010. Mais là, je crois que le Nouvel Obs est à côté de la plaque. La position de Villani, en effet, tient en deux textes figurant respectivement aux pages 40 et 114. A la page 114, c’est plutôt en partisan, sinon de la Loi Fioraso, du moins d’une stratégie attractive pour le rayonnement du pays en matière d’accueil des étudiants étranger que se présente Villani. Il parle donc de soutenir la langue française mais de façon "moins crispée" : quelques heures par semaine de cours spécialisés en anglais ne doivent pas être considérées comme une menace sérieuse. Il va même plus loin en terminant sa brève intervention par un acte de foi dans la vitalité du français qui ne sera ni abâtardi, ni corrompu mais s’enrichira au contraire dans ce contact avec d’autres langues. Rien là de très neuf, on le sait. La langue française a toujours emprunté et francisé ses captures, comme, du reste, le font absolument toutes les langues du monde, à commencer par l’anglais qui, à 70% au moins, est du français datant des 3 siècles ayant suivi la bataille d’Hastings (14 octobre 1066), pendant lesquels l’Angleterre, on le sait, a parlé français ("honni soit qui mal y pense" ou qui l’aurait déjà oublié). Mais dans son texte de la page 40, Cédric Villani tient un discours sur lequel Claude Hagège et François Reynaert pourraient jouer ensemble "embrassons-nous Folleville". Qu’on en juge : "Trop diverse pour être unie l’Europe ? Au contraire ! La variété de ses cultures, institutions et systèmes politiques est sa plus précieuse richesse. La clé de l’unité européenne n’est pas dans la régulation mais la coordination ; pas dans l’uniformisation mais dans la diversité". Et il conclut : en rêvant de retrouver le sens de l’Europe "dans une belle vision politique qui a fait rêver Montesquieu et Hugo et qui demain, si nous le voulons, fera rêver le monde". Cédric Villani est donc clairement dans le camp de la diversité excluant toute vision unique du monde.
Il y a enfin dans ce numéro – décidément très riche du Nouvel Obs’ – une dizaine de colonnes, de la page 112 à la page 115, où trois enquêteurs (Caroline Brizard, Arnaud Gonzague et Véronique Radier) établissent un bilan globalement favorable à la Loi Fioraso. Le principe en est rappelé sur un ton modéré car il s’agit de présenter le projet en soulignant la discrétion et la sagesse de la ministre qui a bien expliqué qu’elle veut simplement "accueillir les étudiants des pays émergents dans les matières scientifiques, technologiques qui, aujourd’hui, ne viennent pas en France à cause de l’obstacle de la langue". Il s’agit là d’une belle pétition de principe émise par la ministre. Disons même que les faits statistiques disent tout le contraire puisqu’avec 260 000 étudiants étrangers inscrits dans nos universités, la France est encore et toujours la cinquième destination estudiantine du monde. Mais la modération du ton a évidemment du sens car elle permet de mettre immédiatement en discordance, avec le ton doucereux précédent, la violence insupportable des opposants au projet. L’atmosphère est donnée d’emblée : "Quelle bronca n’a-t-elle pas (la loi) déclenchée !" A la sagesse de la ministre et de sa garde rapprochée, répond alors le sarcasme et l’ironie : l’Académie " se fend d’un communiqué s’alarmant d’une menace pour la situation de la langue française", Jacques Attali "tacle une décision stupide", Michel Serres "brandit le spectre d’une nation colonisée". On le voit bien, l’objectivité n’est plus au rendez-vous. L’écriture devient âpre, insultante, presque diffamatoire. Je n’irai pas plus loin dans l’analyse de cet article où, comme dans l’huître de Francis Ponge (le Parti pris des choses), "on trouve tout un monde, à boire et à manger". Ce qu’il faut simplement retenir, c’est que les questions posées par cette loi qui déclenche chez François Reynaert une "terrible crise de bâillements", appellent d’évidence des réponses sérieuses. On a le droit de se moquer de tout. C’est dans l’esprit français. Mais après les bouffonneries, cocasseries, clowneries et couillonnades, notre sagesse nationale n’oublie jamais que le rire à-la-française est une forme de respect. Les traditions gagnent certainement à être repensées dans la durée, mais si le temps qui passe amène un pays comme la France à se perdre dans une sorte d’uniformisation planétaire, je comprends parfaitement l’inquiétude d’Alain Finkielkraut : "Quant à la présence des étudiants étrangers en France, je ne vois pas quel sens elle peut avoir si plus rien ne demeure de l’identité française" (p.114). Dont acte !
Sylvains-les-Moulins, le 25 mai 2013 voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". état de l'article L121-3 du Code de l'éducation à l'heure actuelle
Retour sur une capitulation en rase campagne (2) Retour sur le débat portant sur l'article 2 du projet de loi Fioraso qui permet d'enseigner en langues étrangères (comprenez en anglais) dans les universités françaises. Au delà du débat à l'Assemblée proprement-dit, on peut s'étonner de l'absence de réactions devant cette capitulation de François Hollande, parait-il Président de la République, qui a de nombreuses reprises a clamé qu'il était "attaché au français et à la Francophonie" (sans aucune décision concrète bien entendu) et qui accepte sans broncher cette capitulation linguistique. Aucune réaction non plus de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre de la République dit-on, qui rappelé récemment à l'ordre ses ministres pour qu'ils fassent respecter le français et produit une circulaire en ce sens. Toujours cette même schizophrénie ! Sans parler bien sûr de l'ectoplasmique ministre déléguée chargée de la Francophonie : Yamina Benguigui qui a osé déclaré que cette loi "ne met pas la francophonie en danger" en s'appuyant sur des arguments qui tiennent plus du vœu pieux que d'une quelconque réalité : "les étudiants étrangers auront l'obligation d'apprendre le français, ils seront évalués sur leur connaissance de la langue à la fin de leur cursus [bien sûr Yamina !], pour moi, ils sortiront donc francophones de l'université [encore bien sûr Yamina !], la francophonie est inscrite comme mission de service public pour les universités [toujours bien sûr Yamina !]. Avec elle, la langue française et la Francophonie sont bien défendues ! On peut enfin s'interroger sur le rôle de la presse et des médias en général qui semblent avoir fait leur deuil de la langue française voire de la France en général au profit d'une illusoire "modernité" où parler anglais semble normal. En un mot le colonisé qui adopte les valeurs du colonisateur.
Quelques exemples : Le Monde, censé être le quotidien de référence français, dans son éditorial du samedi 11 mai 2013 voit dans le projet de loi Fioraso "une modeste disposition" (il s'agit simplement de supprimer petit à petit toute recherche en français, excusez du peu !). Après une formule passe-partout qui n'engage à rien : "Le Monde, c'est l'évidence, ne saurait négliger son rôle dans la défense de la francophonie et de notre singularité linguistique." Le Monde assène le coup fatal à la langue qui le fait vivre "Mais il ne saurait le faire à reculons." (sic !) et ose pour appuyer sa démonstration annexer Maurice Druon qui n'aurait jamais accepté un tel projet de loi : "Comme le disait Maurice Druon, avocat s'il en fût du français : "Chaque langue est unique, toutes les langues sont complémentaires. On ne saurait mieux dire.". On attient là le comble de l'hypocrisie d'une élite qui a déjà fait une croix sur son pays ! (On peut constater toutefois que les articles du journal ont présenté de manière plus équilibrée les différentes positions, échappant à la malhonnêteté flagrante de la direction éditoriale) Alain Duhamel dans son éditorial du 26 mai sur RTL en a fait lui aussi, "un débat entre classiques et modernes" mettant en avant l'argument de Fioraso des "1% maximum de cours en anglais" sans aucune preuve ni barrière. L'ami des puissants, le sieur "je-ne-fait-pas-de-vagues" aura tranché : soyons modernes sacrifions notre langue ! [pour écouter cet éditorial] Le Nouvel Observateur s'est particulièrement illustré avec l'éditorial de François Reynaert qui joue les petits VRP de Geniève Fioraso et pour qui un pays qui renonce à sa langue au sein des ses universités c'est une réformette et ça le fait bailler ! On ne peut que constater que cet hebdomadaire "de Gauche" ne fait en fait que se rallier à la bonne parole de Margaret Thatcher : "Au XXIe siècle, le pouvoir dominant est l’Amérique, le langage dominant est l’anglais, le modèle économique dominant est le capitalisme anglo-saxon." (lire plus bas la relation que fait Jacques Cortès des positions de ce magazine) Sans parler des plateaux télévisés comme par exemple "Le grand journal" de Canal +, haut rendez-vous de la nouvelle beauferie bien-pensante, qui bien entendu en conformité avec sa soumission habituelle, a tout fait pour ringardiser la résistance au tout-anglais, y compris les invités présentant un quelconque doute sur ce suicide programmé de langue française. Quant à Geneviève Fioraso, nous pouvons espérer (pour elle) qu'elle aura au moins obtenu d'ici peu, l'Order of Merit ou l'Order of the Companions of Honour britanniques ; ainsi que la "Presidential Medal of Freedom" ou la Congressional Gold Medal états-uniennes pour récompense des grands services qu'elle aura rendus à langue anglaise et par voie de conséquence, à l'économie et aux intérêts stratégiques de ces deux pays. Elle aura ainsi renforcé le besoin de cette langue, renforcé les revues qui feront de plus en plus la pluie et le beau temps en matière de recherche (pillant au passage les articles qui leur seront proposés), elle aura aussi permis l'embauche de centaines d'enseignants anglophones en France qui feront toujours mieux leurs cours en anglais que les français, au détriment des enseignants francophones. Délice suprême pour ces deux pays : elle aura enfin, notablement affaibli le grand concurrent culturel des anglo-saxons dans le monde : la France ! MAR Analyse par Jacques Cortès d'un numéro du Nouvel Observateur Je viens de recevoir le dernier numéro du Nouvel Observateur (23-29/05/2013), et je vois que quelques articles méritent des commentaires :
Le premier est de la plume spirituellement dirimante de François Reynaert (p.36). Papier amusant où tous ceux qui sont supposés être contre la loi Fioraso (Académie, "Figaro", "Finkielkraut et consorts", "une escouade d’échappés du PS", Jacques Attali, Claude Hagège costumé en "Paul Déroulède de la francophonie"), tous ces gens et bien d’autres ringards de même acabit sont classés dans l’ensemble des nostalgiques ne parvenant pas "à voir venir les problèmes qui se posent aujourd’hui". Pour F.R, en conséquence, La meilleure mesure à prendre est de regrouper les déclinoronchonchons de service dans une sorte de parc intitulé "France éternelle Land" où ils pourront s’ébattre en toute liberté avec tout ce qu’ils aiment : "les agents en képi, le grec en sixième et des polémiques à la mesure de leur vision du monde" sur des questions du type : "quel avenir pour nos colonies ? Faut-il en finir avec le franc-or ? etc." Intérêt de ce regroupement : les étrangers pourront venir visiter ce parc et cela "boostera" (pardon, "propulsera") notre tourisme. Le sourire est donc de mise. Le texte de François Reynaert est vraiment désopilant. Voire…
J’ai noté aussi 2 passages faisant état de la pensée de Cédric Villani, ce mathématicien français ayant obtenu la médaille Fields en 2010. Mais là, je crois que le Nouvel Obs est à côté de la plaque. La position de Villani, en effet, tient en deux textes figurant respectivement aux pages 40 et 114. A la page 114, c’est plutôt en partisan, sinon de la Loi Fioraso, du moins d’une stratégie attractive pour le rayonnement du pays en matière d’accueil des étudiants étranger que se présente Villani. Il parle donc de soutenir la langue française mais de façon "moins crispée" : quelques heures par semaine de cours spécialisés en anglais ne doivent pas être considérées comme une menace sérieuse. Il va même plus loin en terminant sa brève intervention par un acte de foi dans la vitalité du français qui ne sera ni abâtardi, ni corrompu mais s’enrichira au contraire dans ce contact avec d’autres langues. Rien là de très neuf, on le sait. La langue française a toujours emprunté et francisé ses captures, comme, du reste, le font absolument toutes les langues du monde, à commencer par l’anglais qui, à 70% au moins, est du français datant des 3 siècles ayant suivi la bataille d’Hastings (14 octobre 1066), pendant lesquels l’Angleterre, on le sait, a parlé français ("honni soit qui mal y pense" ou qui l’aurait déjà oublié). Mais dans son texte de la page 40, Cédric Villani tient un discours sur lequel Claude Hagège et François Reynaert pourraient jouer ensemble "embrassons-nous Folleville". Qu’on en juge : "Trop diverse pour être unie l’Europe ? Au contraire ! La variété de ses cultures, institutions et systèmes politiques est sa plus précieuse richesse. La clé de l’unité européenne n’est pas dans la régulation mais la coordination ; pas dans l’uniformisation mais dans la diversité". Et il conclut : en rêvant de retrouver le sens de l’Europe "dans une belle vision politique qui a fait rêver Montesquieu et Hugo et qui demain, si nous le voulons, fera rêver le monde". Cédric Villani est donc clairement dans le camp de la diversité excluant toute vision unique du monde.
Il y a enfin dans ce numéro – décidément très riche du Nouvel Obs’ – une dizaine de colonnes, de la page 112 à la page 115, où trois enquêteurs (Caroline Brizard, Arnaud Gonzague et Véronique Radier) établissent un bilan globalement favorable à la Loi Fioraso. Le principe en est rappelé sur un ton modéré car il s’agit de présenter le projet en soulignant la discrétion et la sagesse de la ministre qui a bien expliqué qu’elle veut simplement "accueillir les étudiants des pays émergents dans les matières scientifiques, technologiques qui, aujourd’hui, ne viennent pas en France à cause de l’obstacle de la langue". Il s’agit là d’une belle pétition de principe émise par la ministre. Disons même que les faits statistiques disent tout le contraire puisqu’avec 260 000 étudiants étrangers inscrits dans nos universités, la France est encore et toujours la cinquième destination estudiantine du monde. Mais la modération du ton a évidemment du sens car elle permet de mettre immédiatement en discordance, avec le ton doucereux précédent, la violence insupportable des opposants au projet. L’atmosphère est donnée d’emblée : "Quelle bronca n’a-t-elle pas (la loi) déclenchée !" A la sagesse de la ministre et de sa garde rapprochée, répond alors le sarcasme et l’ironie : l’Académie " se fend d’un communiqué s’alarmant d’une menace pour la situation de la langue française", Jacques Attali "tacle une décision stupide", Michel Serres "brandit le spectre d’une nation colonisée". On le voit bien, l’objectivité n’est plus au rendez-vous. L’écriture devient âpre, insultante, presque diffamatoire. Je n’irai pas plus loin dans l’analyse de cet article où, comme dans l’huître de Francis Ponge (le Parti pris des choses), "on trouve tout un monde, à boire et à manger". Ce qu’il faut simplement retenir, c’est que les questions posées par cette loi qui déclenche chez François Reynaert une "terrible crise de bâillements", appellent d’évidence des réponses sérieuses. On a le droit de se moquer de tout. C’est dans l’esprit français. Mais après les bouffonneries, cocasseries, clowneries et couillonnades, notre sagesse nationale n’oublie jamais que le rire à-la-française est une forme de respect. Les traditions gagnent certainement à être repensées dans la durée, mais si le temps qui passe amène un pays comme la France à se perdre dans une sorte d’uniformisation planétaire, je comprends parfaitement l’inquiétude d’Alain Finkielkraut : "Quant à la présence des étudiants étrangers en France, je ne vois pas quel sens elle peut avoir si plus rien ne demeure de l’identité française" (p.114). Dont acte !
Sylvains-les-Moulins, le 25 mai 2013 voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". état de l'article L121-3 du Code de l'éducation à l'heure actuelle
Nouvelles de juin 2013
Jacques Cortès : Pourquoi l’asthénique et bébête anglais de Paris quand le pur et le vigoureux british de Londres est si proche ? article très intéressant sur la loi Fioraso (lien)
Contre la langue unique par Serge Halimi Marché unique, monnaie unique, langue unique ? Les portes et les ponts illustrant les billets européens incarnent déjà la fluidité des échanges entre des commerçants sans ancrage et sans histoire. Faut-il également que les étudiants puissent quitter leur pays sans dictionnaire ? Avec pour seul passeport linguistique un anglais d'aéroport. Utilisable partout, en particulier dans les universités françaises. Car il paraît que celles-ci restent encore trop "décalées" - comme le reste du pays. Imaginez, on y parle toujours... français ! Mme Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, veut supprimer cet "obstacle du langage". Il découragerait "les étudiants des pays émergents, la Corée, l'Inde, le Brésil", de venir se former en France. Vingt-neuf États ont pourtant comme langue officielle celle de Molière (cinquante-six celle de Shakespeare). Et le nombre de locuteurs du français ne cesse de croître, en particulier en Afrique. Mais, à en juger par le parcours du combattant qu'elle leur inflige, les étudiants de ce continent ne sont pas ceux que la France veut attirer. Pas assez riches, pas assez susceptibles de payer les (gros) droits d'inscription d'une école de commerce ou d'ingénieurs. Dans les universités américaines, où la proportion d'étudiants étrangers (3, 7 %) demeure très inférieure à celle des établissements français (13 %), nul n'a imaginé combler ce "retard" en enseignant en mandarin ou en portugais."Si nous n'autorisons pas les cours en anglais, nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d'une table", a néanmoins ironisé Mme Fioraso. M. Nicolas Sarkozy préférait afficher son dédain envers les humanités en plaignant les étudiants condamnés à lire La Princesse de Clèves au lieu de faire du droit ou du business. Votée en 1994, la loi Toubon dispose que "la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français". Hostiles à cette règle "qui date du siècle dernier", une poignée d'universitaires prestigieux prétendent que la défense du multilinguisme (encore vivace, ce siècle-ci, dans la plupart des organisations internationales...) dissuaderait les anglophones de venir étudier à Paris (1). Mais I'"attractivité" d'une langue ne se résume pas à la vente de formations aux pays émergents. Elle s'affirme en échangeant avec d'autres, en pensant le monde, y compris celui qui vient. La France, qui s'est battue pour défendre son cinéma et son exception culturelle, peut-elle accepter qu'un jour la recherche et la science s'expriment uniquement dans l'idiome, d'ailleurs souvent maltraité, de la superpuissance ? "Aujourd'hui, relève le linguiste Claude Hagège, le paradoxe est que l'américanisation, la promotion de l'anglais est prise en charge par d'autres que les Américains." Mais d'autres que les Français - en particulier en Afrique et au Québec - ont permis au pluralisme linguistique de tenir bon. Leur opiniâtreté mériterait d'inspirer les responsables politiques davantage que le fatalisme totalitaire d'un quarteron d'universitaires. (1) "Faculté : les cours en anglais sont une chance et une réalité", Le Monde, 8 mai 2013. Nouvelles de juin 2013
Jacques Cortès : Pourquoi l’asthénique et bébête anglais de Paris quand le pur et le vigoureux british de Londres est si proche ? article très intéressant sur la loi Fioraso (lien)
Contre la langue unique par Serge Halimi Marché unique, monnaie unique, langue unique ? Les portes et les ponts illustrant les billets européens incarnent déjà la fluidité des échanges entre des commerçants sans ancrage et sans histoire. Faut-il également que les étudiants puissent quitter leur pays sans dictionnaire ? Avec pour seul passeport linguistique un anglais d'aéroport. Utilisable partout, en particulier dans les universités françaises. Car il paraît que celles-ci restent encore trop "décalées" - comme le reste du pays. Imaginez, on y parle toujours... français ! Mme Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, veut supprimer cet "obstacle du langage". Il découragerait "les étudiants des pays émergents, la Corée, l'Inde, le Brésil", de venir se former en France. Vingt-neuf États ont pourtant comme langue officielle celle de Molière (cinquante-six celle de Shakespeare). Et le nombre de locuteurs du français ne cesse de croître, en particulier en Afrique. Mais, à en juger par le parcours du combattant qu'elle leur inflige, les étudiants de ce continent ne sont pas ceux que la France veut attirer. Pas assez riches, pas assez susceptibles de payer les (gros) droits d'inscription d'une école de commerce ou d'ingénieurs. Dans les universités américaines, où la proportion d'étudiants étrangers (3, 7 %) demeure très inférieure à celle des établissements français (13 %), nul n'a imaginé combler ce "retard" en enseignant en mandarin ou en portugais."Si nous n'autorisons pas les cours en anglais, nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d'une table", a néanmoins ironisé Mme Fioraso. M. Nicolas Sarkozy préférait afficher son dédain envers les humanités en plaignant les étudiants condamnés à lire La Princesse de Clèves au lieu de faire du droit ou du business. Votée en 1994, la loi Toubon dispose que "la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français". Hostiles à cette règle "qui date du siècle dernier", une poignée d'universitaires prestigieux prétendent que la défense du multilinguisme (encore vivace, ce siècle-ci, dans la plupart des organisations internationales...) dissuaderait les anglophones de venir étudier à Paris (1). Mais I'"attractivité" d'une langue ne se résume pas à la vente de formations aux pays émergents. Elle s'affirme en échangeant avec d'autres, en pensant le monde, y compris celui qui vient. La France, qui s'est battue pour défendre son cinéma et son exception culturelle, peut-elle accepter qu'un jour la recherche et la science s'expriment uniquement dans l'idiome, d'ailleurs souvent maltraité, de la superpuissance ? "Aujourd'hui, relève le linguiste Claude Hagège, le paradoxe est que l'américanisation, la promotion de l'anglais est prise en charge par d'autres que les Américains." Mais d'autres que les Français - en particulier en Afrique et au Québec - ont permis au pluralisme linguistique de tenir bon. Leur opiniâtreté mériterait d'inspirer les responsables politiques davantage que le fatalisme totalitaire d'un quarteron d'universitaires. (1) "Faculté : les cours en anglais sont une chance et une réalité", Le Monde, 8 mai 2013.
Nouvelles de mai 2013 (3)
Philippe Barthelet (Valeurs actuelles) - Ridicule (30/5) (lire ci-dessous)
L’esprit des mots. On dénombrait naguère dans ces colonnes pas moins de quinze sujets sur lesquels les Français étaient bâillonnés : on nous permettra d’en ajouter un seizième, qui en toute logique est le premier : le droit de parler français en France. Le projet de la ministre de l’Enseignement supérieur d’autoriser l’enseignement en anglais dans les universités a provoqué l’indignation tant de l’Académie française que du Collège de France. Un honorable parlementaire de l’opposition a même interpellé la ministre en anglais, mais il est à craindre que l’intéressée n’entende pas mieux l’anglais que sa langue maternelle. Le rayonnement intellectuel de la France passerait donc par le sacrifice du français ? On se sent court d’adjectifs : c’est insensé, c’est absurde, c’est inepte, c’est imbécile, c’est scandaleux, c’est déshonorant — en un mot et pour tout résumer tout de même, c’est ridicule si, comme nous le rappelle le duc de La Rochefoucauld, "le ridicule déshonore plus que le déshonneur". Un ridicule où nous nous enlisons ; et l’enlisement ne fait que commencer. Philippe Barthelet Nouvelles de mai 2013 (3)
Philippe Barthelet (Valeurs actuelles) - Ridicule (30/5) (lire ci-dessous)
L’esprit des mots. On dénombrait naguère dans ces colonnes pas moins de quinze sujets sur lesquels les Français étaient bâillonnés : on nous permettra d’en ajouter un seizième, qui en toute logique est le premier : le droit de parler français en France. Le projet de la ministre de l’Enseignement supérieur d’autoriser l’enseignement en anglais dans les universités a provoqué l’indignation tant de l’Académie française que du Collège de France. Un honorable parlementaire de l’opposition a même interpellé la ministre en anglais, mais il est à craindre que l’intéressée n’entende pas mieux l’anglais que sa langue maternelle. Le rayonnement intellectuel de la France passerait donc par le sacrifice du français ? On se sent court d’adjectifs : c’est insensé, c’est absurde, c’est inepte, c’est imbécile, c’est scandaleux, c’est déshonorant — en un mot et pour tout résumer tout de même, c’est ridicule si, comme nous le rappelle le duc de La Rochefoucauld, "le ridicule déshonore plus que le déshonneur". Un ridicule où nous nous enlisons ; et l’enlisement ne fait que commencer. Philippe Barthelet
Victoire contre le tout anglais au Politecnico de Milan
Cours en anglais à Polytechnique-Milan : le NON des juges (24/5) (lire ci-dessous) Cours en anglais à l'École polytechnique de Milan : les juges administratifs disent non (24/5)
Les juges administratifs de Milan disent non au projet : «C'est une solution qui marginalise italien. "L'anglais langue exclusive à l'université : ce choix affecte de façon exorbitante la liberté de l'éducation et le droit à étudier. " L'élan de l'école polytechnique de Milan, qui l'an dernier a annoncé "des cours uniquement en anglais en 2014," a été arrêté par les juges du Tribunal Administratif Régional qui ont accepté le hier l'appel déposé par une centaine de professeurs de l'université. Défendu la primauté de la langue italienne inscrite dans la Constitution, y-compris pour l'enseignement dans notre universités." Peut-être y aura-t-il 60 justes au Parlement pour saisir le Conseil constitutionnel sur l'article 2 de la méprisable loi Fioraso devant laquelle les rebelles PS ont baissé culotte pour une misérable clause de style qui n'empêchera pas les fous de s'engouffrer dans la brèche ouverte en laissant un cours optionnel en français de tricot rue Saint-Guillaume et de pâte à modeler rue d'Assas . MB. Chers amis, c'est avec très grand plaisir que je vous envoie la déclaration de Giorgio Pagano au sujet de l'importante victoire judiciaire obtenue à Milan contre le tout anglais au Polytechnique, qui porte le nom du grand italien et italophone Léonard de Vinci. C'est très important, car en l'absence d'une loi Toubon italienne (que comme radicaux nous avons fait déposer à la fin de la dernière législature), il s'agit d'un jugement qui crée un précédant et interprète la Constitution italienne en sens "touboniste". Avec la prière de bien vouloir la diffuser auprès de vos contacts politiques et dans les medias français et francophones, en particulier en liaison avec votre bataille contre la Loi Fioraso. Bonne journée. Lapo Orlandi
Colonisation anglaise. Pagano (ERA) : Le Tribunal Administratif Régional a accueilli le recours contre le tout anglais à l'École Polytechnique, Milan reste italienne. "J'exprime toute ma satisfaction et celle de toute l'ERA pour la nouvelle que le Tribunal Administratif Régional (T.A.R.) a accueilli le recours contre la politique linguistique de l'École Polytechnique de Milan (le "Politecnico") qui aurait eu pour effet d'exclure l'italien comme langue d'enseignement des cours de Diplômes de Master et de Doctorat. J'ai particulièrement plaisir à citer des points du jugement du T.A.R. qui confirment les principes soutenus depuis toujours par l'ERA : "Comme il a été déjà souligné, l'usage exclusif de la langue anglaise ouvre l'Université aux pays dont la culture est caractérisée par l'usage de la langue anglaise mais on ne tient pas compte de la longue haleine sous-jacente à la nécessité d'internationaliser, qui comporte une ouverture au pluralisme culturel, tout en gardant la centralité de la langue italienne, et non pas une ouverture sélective, puisque limitée à une seule langue. On ne veut pas nier que l'usage de la langue anglaise soit particulièrement répandu mais cela ne signifie pas que l'usage obligatoire et exclusif de cette langue favorise l'internationalisation de l'Université parce-que il n'y a aucune corrélation entre l'usage de l'anglais et la possibilité de diffuser les connaissances, la didactique, les méthodes d'enseignement pratiquées par le “Politecnico” par rapport aux contenus des différents cours qui composent les diplômes de Master ou de Doctorat. Du reste, on a déjà discuté du fait que la marginalisation de l'italien, qui se vérifie de telle sorte, contraste soit avec le principe de la primauté de la langue italienne, soit avec l'objectif de l'internationalisation parce-que l'exclusion de l'italien des enseignements spécialisés implique que l'ouverture à l'étranger soit unidirectionnelle, c’est à dire orientée à promouvoir, par l’usage d’une spécifique langue étrangère, la diffusion des connaissances et des valeurs qui s’expriment typiquement en cette langue, en oubliant que l'internationalisation implique aussi la diffusion des connaissances et des valeurs qui, dans les différents sujets, sont apportés par la culture italienne et qui se manifestent en langue italienne.". Une vraie internationalisation consisterait dans "l'activation d’instruments qui permettent aux étudiants étrangers d’expérimenter et de connaître la didactique italienne". Par conséquent, "les choix effectués par le Sénat Académique [l'équivalent italien du Conseil scientifique, Ndt] avec les délibérations contestées se révèlent disproportionnés soit parce qu'ils ne favorisent pas l'internationalisation de l'Université, mais en adressent la didactique vers une langue spécifique et vers les valeurs culturelles dont cette langue est porteuse, soit parce qu'ils compriment, de façon non nécessaire, les libertés, reconnues par la Constitution, dont les étudiants tout comme les enseignants en sont les porteurs". Si le projet collaborationniste et sécessionniste de Azzone [le Recteur du Polytechnique, Ndt] avait pris les devants sans obstacles, il ne restait plus qu’a enlever à Milan la Médaille de Ville émérite du “Risorgimento” national. L'espoir est que cette nouvelle condition puisse représenter le début de la revanche pour notre pays, en visant directement à l'internalisation de et dans la langue italienne en sorte de déployer tout le potentiel inhérent à la culture et à la langue italienne pour une relance sur grande échelle du “fait en Italie”. Il s’agit d’une leçon, celle du Tribunal Administratif de la Lombardie, qui devrait valoir pour toute l'Europe. Dans une époque où les vrais débats de l’UE sont sur l'exclusion des produits culturels du futur accord de libre-échange avec les États-Unis et sur la proposition du Président Hollande de construire en deux ans un gouvernement fédéral pour la zone Euro, on doit confirmer avec force et conviction que la politique linguistique revêt une importance fondamentale, en tant que conditio sine qua non du développement démocratique et indépendant de notre continent. L'Europe doit être capable de catalyser tous les possibles avantages qui pourraient lui venir de l’impulsion de deux phénomènes confluents et qui se renforcent l’un avec l’autre : la relance des langues et cultures des peuples européens et celle de l’espéranto langue fédérale européenne qui consentira aux citoyens de langue maternelle anglaise et non de pouvoir jouer à égalité et de lancer les Nations Unies d'Europe comme pôle d’attraction culturel et créatif mondial, en nous montrant au monde comme partenaires plus équitables, ouverts, démocratiques et fiables que les États-Unis d’Amérique ou du bloc des pays anglophones dans leur ensemble." Giorgio Pagano Victoire contre le tout anglais au Politecnico de Milan
Cours en anglais à Polytechnique-Milan : le NON des juges (24/5) (lire ci-dessous) Cours en anglais à l'École polytechnique de Milan : les juges administratifs disent non (24/5)
Les juges administratifs de Milan disent non au projet : «C'est une solution qui marginalise italien. "L'anglais langue exclusive à l'université : ce choix affecte de façon exorbitante la liberté de l'éducation et le droit à étudier. " L'élan de l'école polytechnique de Milan, qui l'an dernier a annoncé "des cours uniquement en anglais en 2014," a été arrêté par les juges du Tribunal Administratif Régional qui ont accepté le hier l'appel déposé par une centaine de professeurs de l'université. Défendu la primauté de la langue italienne inscrite dans la Constitution, y-compris pour l'enseignement dans notre universités." Peut-être y aura-t-il 60 justes au Parlement pour saisir le Conseil constitutionnel sur l'article 2 de la méprisable loi Fioraso devant laquelle les rebelles PS ont baissé culotte pour une misérable clause de style qui n'empêchera pas les fous de s'engouffrer dans la brèche ouverte en laissant un cours optionnel en français de tricot rue Saint-Guillaume et de pâte à modeler rue d'Assas . MB. Chers amis, c'est avec très grand plaisir que je vous envoie la déclaration de Giorgio Pagano au sujet de l'importante victoire judiciaire obtenue à Milan contre le tout anglais au Polytechnique, qui porte le nom du grand italien et italophone Léonard de Vinci. C'est très important, car en l'absence d'une loi Toubon italienne (que comme radicaux nous avons fait déposer à la fin de la dernière législature), il s'agit d'un jugement qui crée un précédant et interprète la Constitution italienne en sens "touboniste". Avec la prière de bien vouloir la diffuser auprès de vos contacts politiques et dans les medias français et francophones, en particulier en liaison avec votre bataille contre la Loi Fioraso. Bonne journée. Lapo Orlandi
Colonisation anglaise. Pagano (ERA) : Le Tribunal Administratif Régional a accueilli le recours contre le tout anglais à l'École Polytechnique, Milan reste italienne. "J'exprime toute ma satisfaction et celle de toute l'ERA pour la nouvelle que le Tribunal Administratif Régional (T.A.R.) a accueilli le recours contre la politique linguistique de l'École Polytechnique de Milan (le "Politecnico") qui aurait eu pour effet d'exclure l'italien comme langue d'enseignement des cours de Diplômes de Master et de Doctorat. J'ai particulièrement plaisir à citer des points du jugement du T.A.R. qui confirment les principes soutenus depuis toujours par l'ERA : "Comme il a été déjà souligné, l'usage exclusif de la langue anglaise ouvre l'Université aux pays dont la culture est caractérisée par l'usage de la langue anglaise mais on ne tient pas compte de la longue haleine sous-jacente à la nécessité d'internationaliser, qui comporte une ouverture au pluralisme culturel, tout en gardant la centralité de la langue italienne, et non pas une ouverture sélective, puisque limitée à une seule langue. On ne veut pas nier que l'usage de la langue anglaise soit particulièrement répandu mais cela ne signifie pas que l'usage obligatoire et exclusif de cette langue favorise l'internationalisation de l'Université parce-que il n'y a aucune corrélation entre l'usage de l'anglais et la possibilité de diffuser les connaissances, la didactique, les méthodes d'enseignement pratiquées par le “Politecnico” par rapport aux contenus des différents cours qui composent les diplômes de Master ou de Doctorat. Du reste, on a déjà discuté du fait que la marginalisation de l'italien, qui se vérifie de telle sorte, contraste soit avec le principe de la primauté de la langue italienne, soit avec l'objectif de l'internationalisation parce-que l'exclusion de l'italien des enseignements spécialisés implique que l'ouverture à l'étranger soit unidirectionnelle, c’est à dire orientée à promouvoir, par l’usage d’une spécifique langue étrangère, la diffusion des connaissances et des valeurs qui s’expriment typiquement en cette langue, en oubliant que l'internationalisation implique aussi la diffusion des connaissances et des valeurs qui, dans les différents sujets, sont apportés par la culture italienne et qui se manifestent en langue italienne.". Une vraie internationalisation consisterait dans "l'activation d’instruments qui permettent aux étudiants étrangers d’expérimenter et de connaître la didactique italienne". Par conséquent, "les choix effectués par le Sénat Académique [l'équivalent italien du Conseil scientifique, Ndt] avec les délibérations contestées se révèlent disproportionnés soit parce qu'ils ne favorisent pas l'internationalisation de l'Université, mais en adressent la didactique vers une langue spécifique et vers les valeurs culturelles dont cette langue est porteuse, soit parce qu'ils compriment, de façon non nécessaire, les libertés, reconnues par la Constitution, dont les étudiants tout comme les enseignants en sont les porteurs". Si le projet collaborationniste et sécessionniste de Azzone [le Recteur du Polytechnique, Ndt] avait pris les devants sans obstacles, il ne restait plus qu’a enlever à Milan la Médaille de Ville émérite du “Risorgimento” national. L'espoir est que cette nouvelle condition puisse représenter le début de la revanche pour notre pays, en visant directement à l'internalisation de et dans la langue italienne en sorte de déployer tout le potentiel inhérent à la culture et à la langue italienne pour une relance sur grande échelle du “fait en Italie”. Il s’agit d’une leçon, celle du Tribunal Administratif de la Lombardie, qui devrait valoir pour toute l'Europe. Dans une époque où les vrais débats de l’UE sont sur l'exclusion des produits culturels du futur accord de libre-échange avec les États-Unis et sur la proposition du Président Hollande de construire en deux ans un gouvernement fédéral pour la zone Euro, on doit confirmer avec force et conviction que la politique linguistique revêt une importance fondamentale, en tant que conditio sine qua non du développement démocratique et indépendant de notre continent. L'Europe doit être capable de catalyser tous les possibles avantages qui pourraient lui venir de l’impulsion de deux phénomènes confluents et qui se renforcent l’un avec l’autre : la relance des langues et cultures des peuples européens et celle de l’espéranto langue fédérale européenne qui consentira aux citoyens de langue maternelle anglaise et non de pouvoir jouer à égalité et de lancer les Nations Unies d'Europe comme pôle d’attraction culturel et créatif mondial, en nous montrant au monde comme partenaires plus équitables, ouverts, démocratiques et fiables que les États-Unis d’Amérique ou du bloc des pays anglophones dans leur ensemble." Giorgio Pagano
Nouvelles de mai 2013 (2)
La Science au XXIe siècle : L'indispensable retrait de la loi Fioraso (26/5)(lien) Nouvelles de mai 2013 (2)
La Science au XXIe siècle : L'indispensable retrait de la loi Fioraso (26/5)(lien)
Lettre à Pouria Amirshahi - par Claude Weisz le 27/05/2013 - 22:25
Lettre à Pouria Amirshahi après l'adoption de l'article 2
Claude Weisz Monsieur Pouria Amirshahi Vous me voyez navré et courroucé par le compromis que vous avez accepté dans la rédaction de l'article 2 de la loi sur l'enseignement supérieur. Vous savez certainement que ce garde-fou n'empêchera nullement la dérive vers le tout anglais, et la relégation du français dans la catégorie : langue inutile. Lorsque mes amis québécois débarquent en France, ils sont horrifiés de l'anglo américanisation foudroyante de la société française. Je suis scandalisé par la désertification de l'hémicycle du palais Bourbon lors de l'intervention du député UMP Daniel Fasquelle. Par l'arrogance de la ministre Madame Fioraso. Par l'intervention du porte-parole du PS Thierry Mandon – honteuse -"la phobie des étudiants étrangers" Oui, depuis il a présenté ses excuses. (Peut-être sa profession : consultant en stratégie d'entreprise et gestion des ressources humaines le prédisposait à de tels "dérapages verbaux") C’est comme homme de gauche que je m’interroge, franchement, Pourquoi faut-il passer de Pécresse en Fioraso ? Céder - après Jeanne d'Arc, la Marseillaise, la classe ouvrière - la défense de la langue française à l'extrême droite ? Pourquoi investir dans le mirage du néolibéralisme anglo-saxon et abandonner ce qui a fait que la France est le terreau de l'esprit révolutionnaire. Quelle richesse que des écrivains tels que Samuel Becket ou Milan Kundera jusqu’à l'Américain Jonathan Littell, pour ne citer qu’eux, aient choisi le français pour développer leur œuvre. Et vous-même n'en êtes-vous pas un bel exemple ? Pour moi cette reddition résonne comme un triste rappel, celui d'une assemblée qui accorda les pleins pouvoirs à Pétain. L'argumentaire de Yamina Benguigui est un modèle du genre duplicité-"tout va bien et de mieux en mieux, croyez-moi je m'en occupe, j'ai visité 35 pays etc." Paradoxalement dans le même entretien elle remarque que le français est en recul en Europe et un peu ailleurs aussi ! En Europe, dans les pays où s'enseigne encore une deuxième langue au lycée, c'est l'allemand qui est choisi aux dépens du français. Au Royaume-Uni, comme aux États-Unis, dans l'enseignement secondaire l’apprentissage d'une langue étrangère est au mieux optionnel. Je suis en colère, excusez-moi… Je vous prie de trouver ici l'expression de ma sympathie attristée. Claude Weisz
Lettre à Pouria Amirshahi après l'adoption de l'article 2
Claude Weisz Monsieur Pouria Amirshahi Vous me voyez navré et courroucé par le compromis que vous avez accepté dans la rédaction de l'article 2 de la loi sur l'enseignement supérieur. Vous savez certainement que ce garde-fou n'empêchera nullement la dérive vers le tout anglais, et la relégation du français dans la catégorie : langue inutile. Lorsque mes amis québécois débarquent en France, ils sont horrifiés de l'anglo américanisation foudroyante de la société française. Je suis scandalisé par la désertification de l'hémicycle du palais Bourbon lors de l'intervention du député UMP Daniel Fasquelle. Par l'arrogance de la ministre Madame Fioraso. Par l'intervention du porte-parole du PS Thierry Mandon – honteuse -"la phobie des étudiants étrangers" Oui, depuis il a présenté ses excuses. (Peut-être sa profession : consultant en stratégie d'entreprise et gestion des ressources humaines le prédisposait à de tels "dérapages verbaux") C’est comme homme de gauche que je m’interroge, franchement, Pourquoi faut-il passer de Pécresse en Fioraso ? Céder - après Jeanne d'Arc, la Marseillaise, la classe ouvrière - la défense de la langue française à l'extrême droite ? Pourquoi investir dans le mirage du néolibéralisme anglo-saxon et abandonner ce qui a fait que la France est le terreau de l'esprit révolutionnaire. Quelle richesse que des écrivains tels que Samuel Becket ou Milan Kundera jusqu’à l'Américain Jonathan Littell, pour ne citer qu’eux, aient choisi le français pour développer leur œuvre. Et vous-même n'en êtes-vous pas un bel exemple ? Pour moi cette reddition résonne comme un triste rappel, celui d'une assemblée qui accorda les pleins pouvoirs à Pétain. L'argumentaire de Yamina Benguigui est un modèle du genre duplicité-"tout va bien et de mieux en mieux, croyez-moi je m'en occupe, j'ai visité 35 pays etc." Paradoxalement dans le même entretien elle remarque que le français est en recul en Europe et un peu ailleurs aussi ! En Europe, dans les pays où s'enseigne encore une deuxième langue au lycée, c'est l'allemand qui est choisi aux dépens du français. Au Royaume-Uni, comme aux États-Unis, dans l'enseignement secondaire l’apprentissage d'une langue étrangère est au mieux optionnel. Je suis en colère, excusez-moi… Je vous prie de trouver ici l'expression de ma sympathie attristée. Claude Weisz
Retour sur une capitulation en rase campagne - par MAR le 27/05/2013 - 22:03
Retour sur une capitulation en rase campagne Pour revenir sur le débat à l'Assemblée Nationale portant sur l'article 2 du projet de loi Fioraso qui permet d'enseigner en langues étrangères (comprenez en anglais) dans les universités françaises. Rappelons que ce débat s'est tenu devant un hémicycle plutôt désert ce qui montre la considération de la plupart de nos élus pour le ciment majeur de notre nation : sa langue.
Pour lire le texte de la discussion en séance publique à l'Assemblée Nationale : état de l'article L121-3 du Code de l'éducation à l'heure actuelle Les intervenants se sont répartis en 3 groupes : 1) les anglo-béats (le côté "y'a bon l'anglais") pour qui il faut absolument que les étudiants rejoignent la "modernité" et soient enseignés dans la langue dominante. Parmi ces "lou ravis" de l'anglais outre la ministre Fioraso, on trouve également Patrick Bloche (Paris, PS) , président de la commission des affaires culturelle et de l'éducation, en roi de l'hypocrisie dit que cet article ne concernera pas que l'anglais et que lui pense beaucoup à la francophonie "[…] la faculté qu’il offre de dispenser, sous certaines conditions, dans nos établissements d’enseignement supérieur des cours en langue étrangère – et, j’insiste sur ce point, pas seulement en anglais." (!). Thierry Braillard (Rhône, PRG) grand apôtre de la désobéissance républicaine explique que puisque cela se fait ailleurs (dans les grandes écoles) il faut le faire à l'université. Cette volonté ne fait que rétablir et inscrire dans la loi des pratiques courantes et déjà bien installées. "J’entendais ce matin un membre du Collège de France reconnaître l’existence de telles pratiques, mais se demander comment les députés pourraient les régulariser. Mes chers collègues, n’est-ce pas notre rôle, face à une désobéissance civile, de régulariser la situation et de faire d’une réalité une évidence ?" Il pourrait aussi nous dire par exemple, que le vol étant très répandu il faut le légaliser. Philip Cordery (Français de l'étranger, PS) qui confond allègrement stage linguistique et formation universitaire faite en anglais et dans la bouche duquel on trouve l'inoubliable : "Il constitue également une véritable avancée pour les étudiants français qui ne seront plus obligés de s’offrir, pour ceux qui le pouvaient, des séjours à l’étranger pour apprendre une autre langue." (!) Jean-Yves Le Déaut (Meurthe-et-Moselle, PS) qui voit dans l'imitation de l'élite qui a déjà trahi son pays, le but ultime de la démocratie : "Quelle hypocrisie ! L’élite a droit à l’anglais, et l’université n’y aurait pas droit ? C’est une inégalité !" et fait mine de s'intéresser à la langue française pour aussitôt parler de sa vision étroite. Pour lui, la bonne langue française c'est l'anglais ! Il prend d'ailleurs comme exemple les brevets pour lesquels, depuis la récente validation du brevet européen, Il suffit de déposer un brevet en anglais pour qu'il soit valide directement en France c'est effectivement un solide argument ! Thierry Mandon (Essonne, PS) pour sa part essaie lamentablement de coller une étiquette d'anti-étudiants étrangers" à l'un des opposants au texte pour faire diversion et éviter ainsi de répondre au fond, sur sa propre démission linguistique. Olivier Vérant (Isère, PS) joue les naïfs pour montrer qu'il ne met pas en danger la francophonie en enseignant en anglais Isabelle Attard (Calvados, écologiste) comme beaucoup de ses collègues pense que puisque les grandes écoles le font déjà il faut le faire ce qui du point de vue d'un législateur est effectivement un argument solide ! "Comme nous le savons tous, les cours en anglais existent déjà, et les doctorants étrangers en France ont déjà la possibilité de rédiger leur thèse en anglais." 2) Face à eux, quelques valeureux bretteurs tentent de défendre la langue française et la francophonie comme : Dino Cinieri (Loire, UMP) qui s'inquiète de la très mauvaise image donnée par la France aux autres pays francophones : "Alors mes chers collègues, ne cédons pas à la facilité. Si nous adoptons cet article, nous désespérerons tous ceux qui défendent la langue française et la francophonie dans les pays amis et dans les instances internationales. [...] L’enseignement en anglais dans les universités françaises serait perçu comme une forme d’abandon de l’exception culturelle et linguistique que notre pays revendique pourtant à raison avec force, notamment auprès des instances européennes." Daniel Fasquelle (Pas-de-Calais, UMP) qui montre la vanité d'un tel enseignement en anglais : "D’ailleurs, de grands pays comme l’Allemagne et la Chine sont en train de revenir sur l’enseignement en anglais dans leurs universités. Je vous invite à lire une recommandation, qui date du mois de novembre 2011, de l’équivalent allemand de notre conférence des présidents d’université. Cette instance dit : "Stop ! Revenons à l’enseignement en allemand, et faisons en sorte de promouvoir non pas le tout-anglais mais le multilinguisme." et les fausses barrières mises par les amendements "[…]votre exception n’en est pas une ! En réalité, les conventions internationales et les conventions européennes sont telles que ce sont tous les cours que vous pouvez faire basculer dans l’anglais, et non pas des programmes très particuliers, très précis, …" [voir son intervention] Jacques Myard (Yvelines, UMP) montre où nous conduit cette politique déjà en place : "L’on nous dit que les grandes écoles pratiquent ainsi, mais c’est proprement lamentable. Rendez-vous compte qu’aujourd’hui les chercheurs, pour obtenir des subventions de l’Agence nationale de la recherche, doivent s’y prendre en anglais ! Mais où allons-nous ? Quel est ce peuple qui a honte de sa propre langue, qui n’est pas capable de continuer à forger des concepts comme il l’a fait pendant des siècles, en particulier dans les matières scientifiques, et qui s’en remet totalement à une langue étrangère ? Un peuple qui parle petit à petit une autre langue étrangère est un peuple qui perd son identité et qui appauvrit le système. Il faudrait tout de même le savoir. Vous mettez en place un processus d’appauvrissement, rien d’autre." Rudy Salles (Alpes-Maritimes, UDI) qui lui aussi montre l'effet désastreux produite par l'abandon progressif par la France de sa langue "Il faut donner un signal fort pour montrer à quel point nous sommes attachés à la langue française. Quand nous allons au Québec, nous sommes surpris de voir la mobilisation des Québécois pour défendre la langue française, eux qui se sentent cernés par l’anglais. Or lorsqu’ils viennent en France, ils ont, eux, l’impression que nous avons déjà tout bradé ! C’est la raison pour laquelle je demande que nous réfléchissions bien à l’occasion de ce débat sur l’article 2 du projet de loi dont nous pouvons comprendre un certain nombre de fondements."
Pouria Amirshahi (Français de l'étranger, PS) grand défenseur du plurilinguisme aussi bien au sein de la commission et que dans des tribunes brillantes, demandant même avec 39 de ses collègues socialistes le retrait pur et simple de l'article 2 thème qu'il a répété ici "D’abord, il faut déployer nos efforts en amont de l’université. Ensuite, il faut préférer le plurilinguisme au "tout anglais" car c’est cela la modernité : l’espagnol, l’arabe et le chinois sont des espaces linguistiques très importants. Enfin, il faut renforcer Erasmus. Au lieu d’investir dans la rémunération de certains professeurs anglo-saxons, ne pourrions-nous pas mettre cet argent dans des bourses Erasmus afin d’aider nos jeunes à voyager et à faire leurs études en immersion, pour être capables de bien maîtriser les langues ?" semble hélas, dans un 2ème temps, peut-être pour ne pas faire de peine à son groupe, se contenter d'amendements qui laissent un champ très libre au tout-anglais. 3) Entre ces 2 groupes : les bonnes âmes, ceux qui veulent défendre la langue française et (selon eux) entrer dans la modernité, bref ménager la chèvre et le chou : Parmi eux Marie-Georges Buffet (Seine-Saint-Denis, PC) qui mélange allègrement enseignement en anglais et apprentissage des langues étrangères… Bernard Debré (Paris, UMP) qui bien que scientifique tout en regrettant certains abandons : "J’ai fait venir en France des Chinois qui ne parlaient pas notre langue et nous avons pu leur faire un enseignement en anglais dans le service. Que s’est-il passé au bout de quatre ans ? On parle français dans le service de Shanghai, et c’est cela qui est extraordinaire" pense néanmoins qu'il faut obligatoirement parler anglais pour entrer à l'université " Frédéric Reiss (Bas-Rhin, UMP) pense au moins que le français doit rester la règle et que cette mesure devrait être limitée au master et minoritaire "[…] je pense que les cours en français doivent être la règle, et qu’à partir du master, notamment dans certaines disciplines scientifiques, technologiques ou économiques, certains cours peuvent être dispensés en anglais." Sophie Dessus (Corrèze, PS) s'interroge aussi sur les conséquences "Je propose de compléter l’alinéa 2 par une phrase relative aux étudiants français, beaucoup plus précise et restrictive que l’amendement présenté par M. Hetzel. En effet, les exceptions prévues par le texte ne précisent pas leur situation. Or il peut être intéressant d’ouvrir dans certaines limites un enseignement en langue étrangère aux étudiants français afin d’ajouter à la qualité de leur formation et de faciliter leur insertion professionnelle." mais retire hélas son amendement visant à préciser le texte… Nathalie Chabane (Pyrénées-Atlantiques, PS) souhaite renforcer le contrôle : "Il ne s’agit donc de généraliser l’enseignement en langue étrangère dans l’enseignement supérieur. Et je tiens à insister sur ce point précis car je m’associerai à tout amendement discuté ici, qui renforcera cet aspect." Enfin Vincent Feltesse (Gironde, PS), rapporteur du projet de loi, malgré des qualités d'ouverture reconnue par tous et malgré des interrogations : "D’un autre côté, je suis parfois surpris que certaines grandes écoles – y compris celle dont je suis issu, HEC – dispensent l’intégralité de leurs cours en langues étrangères" - "J’ai en tête des exemples d’amis qui enseignent dans des grandes écoles et qui, d’une année à l’autre, ont dû dispenser leurs cours de droit dans un anglais qu’ils ne maîtrisaient pas !" refusera beaucoup d'amendements tenant à limier et encadrer au moins cet article. MAR
Retour sur une capitulation en rase campagne Pour revenir sur le débat à l'Assemblée Nationale portant sur l'article 2 du projet de loi Fioraso qui permet d'enseigner en langues étrangères (comprenez en anglais) dans les universités françaises. Rappelons que ce débat s'est tenu devant un hémicycle plutôt désert ce qui montre la considération de la plupart de nos élus pour le ciment majeur de notre nation : sa langue.
Pour lire le texte de la discussion en séance publique à l'Assemblée Nationale : état de l'article L121-3 du Code de l'éducation à l'heure actuelle Les intervenants se sont répartis en 3 groupes : 1) les anglo-béats (le côté "y'a bon l'anglais") pour qui il faut absolument que les étudiants rejoignent la "modernité" et soient enseignés dans la langue dominante. Parmi ces "lou ravis" de l'anglais outre la ministre Fioraso, on trouve également Patrick Bloche (Paris, PS) , président de la commission des affaires culturelle et de l'éducation, en roi de l'hypocrisie dit que cet article ne concernera pas que l'anglais et que lui pense beaucoup à la francophonie "[…] la faculté qu’il offre de dispenser, sous certaines conditions, dans nos établissements d’enseignement supérieur des cours en langue étrangère – et, j’insiste sur ce point, pas seulement en anglais." (!). Thierry Braillard (Rhône, PRG) grand apôtre de la désobéissance républicaine explique que puisque cela se fait ailleurs (dans les grandes écoles) il faut le faire à l'université. Cette volonté ne fait que rétablir et inscrire dans la loi des pratiques courantes et déjà bien installées. "J’entendais ce matin un membre du Collège de France reconnaître l’existence de telles pratiques, mais se demander comment les députés pourraient les régulariser. Mes chers collègues, n’est-ce pas notre rôle, face à une désobéissance civile, de régulariser la situation et de faire d’une réalité une évidence ?" Il pourrait aussi nous dire par exemple, que le vol étant très répandu il faut le légaliser. Philip Cordery (Français de l'étranger, PS) qui confond allègrement stage linguistique et formation universitaire faite en anglais et dans la bouche duquel on trouve l'inoubliable : "Il constitue également une véritable avancée pour les étudiants français qui ne seront plus obligés de s’offrir, pour ceux qui le pouvaient, des séjours à l’étranger pour apprendre une autre langue." (!) Jean-Yves Le Déaut (Meurthe-et-Moselle, PS) qui voit dans l'imitation de l'élite qui a déjà trahi son pays, le but ultime de la démocratie : "Quelle hypocrisie ! L’élite a droit à l’anglais, et l’université n’y aurait pas droit ? C’est une inégalité !" et fait mine de s'intéresser à la langue française pour aussitôt parler de sa vision étroite. Pour lui, la bonne langue française c'est l'anglais ! Il prend d'ailleurs comme exemple les brevets pour lesquels, depuis la récente validation du brevet européen, Il suffit de déposer un brevet en anglais pour qu'il soit valide directement en France c'est effectivement un solide argument ! Thierry Mandon (Essonne, PS) pour sa part essaie lamentablement de coller une étiquette d'anti-étudiants étrangers" à l'un des opposants au texte pour faire diversion et éviter ainsi de répondre au fond, sur sa propre démission linguistique. Olivier Vérant (Isère, PS) joue les naïfs pour montrer qu'il ne met pas en danger la francophonie en enseignant en anglais Isabelle Attard (Calvados, écologiste) comme beaucoup de ses collègues pense que puisque les grandes écoles le font déjà il faut le faire ce qui du point de vue d'un législateur est effectivement un argument solide ! "Comme nous le savons tous, les cours en anglais existent déjà, et les doctorants étrangers en France ont déjà la possibilité de rédiger leur thèse en anglais." 2) Face à eux, quelques valeureux bretteurs tentent de défendre la langue française et la francophonie comme : Dino Cinieri (Loire, UMP) qui s'inquiète de la très mauvaise image donnée par la France aux autres pays francophones : "Alors mes chers collègues, ne cédons pas à la facilité. Si nous adoptons cet article, nous désespérerons tous ceux qui défendent la langue française et la francophonie dans les pays amis et dans les instances internationales. [...] L’enseignement en anglais dans les universités françaises serait perçu comme une forme d’abandon de l’exception culturelle et linguistique que notre pays revendique pourtant à raison avec force, notamment auprès des instances européennes." Daniel Fasquelle (Pas-de-Calais, UMP) qui montre la vanité d'un tel enseignement en anglais : "D’ailleurs, de grands pays comme l’Allemagne et la Chine sont en train de revenir sur l’enseignement en anglais dans leurs universités. Je vous invite à lire une recommandation, qui date du mois de novembre 2011, de l’équivalent allemand de notre conférence des présidents d’université. Cette instance dit : "Stop ! Revenons à l’enseignement en allemand, et faisons en sorte de promouvoir non pas le tout-anglais mais le multilinguisme." et les fausses barrières mises par les amendements "[…]votre exception n’en est pas une ! En réalité, les conventions internationales et les conventions européennes sont telles que ce sont tous les cours que vous pouvez faire basculer dans l’anglais, et non pas des programmes très particuliers, très précis, …" [voir son intervention] Jacques Myard (Yvelines, UMP) montre où nous conduit cette politique déjà en place : "L’on nous dit que les grandes écoles pratiquent ainsi, mais c’est proprement lamentable. Rendez-vous compte qu’aujourd’hui les chercheurs, pour obtenir des subventions de l’Agence nationale de la recherche, doivent s’y prendre en anglais ! Mais où allons-nous ? Quel est ce peuple qui a honte de sa propre langue, qui n’est pas capable de continuer à forger des concepts comme il l’a fait pendant des siècles, en particulier dans les matières scientifiques, et qui s’en remet totalement à une langue étrangère ? Un peuple qui parle petit à petit une autre langue étrangère est un peuple qui perd son identité et qui appauvrit le système. Il faudrait tout de même le savoir. Vous mettez en place un processus d’appauvrissement, rien d’autre." Rudy Salles (Alpes-Maritimes, UDI) qui lui aussi montre l'effet désastreux produite par l'abandon progressif par la France de sa langue "Il faut donner un signal fort pour montrer à quel point nous sommes attachés à la langue française. Quand nous allons au Québec, nous sommes surpris de voir la mobilisation des Québécois pour défendre la langue française, eux qui se sentent cernés par l’anglais. Or lorsqu’ils viennent en France, ils ont, eux, l’impression que nous avons déjà tout bradé ! C’est la raison pour laquelle je demande que nous réfléchissions bien à l’occasion de ce débat sur l’article 2 du projet de loi dont nous pouvons comprendre un certain nombre de fondements."
Pouria Amirshahi (Français de l'étranger, PS) grand défenseur du plurilinguisme aussi bien au sein de la commission et que dans des tribunes brillantes, demandant même avec 39 de ses collègues socialistes le retrait pur et simple de l'article 2 thème qu'il a répété ici "D’abord, il faut déployer nos efforts en amont de l’université. Ensuite, il faut préférer le plurilinguisme au "tout anglais" car c’est cela la modernité : l’espagnol, l’arabe et le chinois sont des espaces linguistiques très importants. Enfin, il faut renforcer Erasmus. Au lieu d’investir dans la rémunération de certains professeurs anglo-saxons, ne pourrions-nous pas mettre cet argent dans des bourses Erasmus afin d’aider nos jeunes à voyager et à faire leurs études en immersion, pour être capables de bien maîtriser les langues ?" semble hélas, dans un 2ème temps, peut-être pour ne pas faire de peine à son groupe, se contenter d'amendements qui laissent un champ très libre au tout-anglais. 3) Entre ces 2 groupes : les bonnes âmes, ceux qui veulent défendre la langue française et (selon eux) entrer dans la modernité, bref ménager la chèvre et le chou : Parmi eux Marie-Georges Buffet (Seine-Saint-Denis, PC) qui mélange allègrement enseignement en anglais et apprentissage des langues étrangères… Bernard Debré (Paris, UMP) qui bien que scientifique tout en regrettant certains abandons : "J’ai fait venir en France des Chinois qui ne parlaient pas notre langue et nous avons pu leur faire un enseignement en anglais dans le service. Que s’est-il passé au bout de quatre ans ? On parle français dans le service de Shanghai, et c’est cela qui est extraordinaire" pense néanmoins qu'il faut obligatoirement parler anglais pour entrer à l'université " Frédéric Reiss (Bas-Rhin, UMP) pense au moins que le français doit rester la règle et que cette mesure devrait être limitée au master et minoritaire "[…] je pense que les cours en français doivent être la règle, et qu’à partir du master, notamment dans certaines disciplines scientifiques, technologiques ou économiques, certains cours peuvent être dispensés en anglais." Sophie Dessus (Corrèze, PS) s'interroge aussi sur les conséquences "Je propose de compléter l’alinéa 2 par une phrase relative aux étudiants français, beaucoup plus précise et restrictive que l’amendement présenté par M. Hetzel. En effet, les exceptions prévues par le texte ne précisent pas leur situation. Or il peut être intéressant d’ouvrir dans certaines limites un enseignement en langue étrangère aux étudiants français afin d’ajouter à la qualité de leur formation et de faciliter leur insertion professionnelle." mais retire hélas son amendement visant à préciser le texte… Nathalie Chabane (Pyrénées-Atlantiques, PS) souhaite renforcer le contrôle : "Il ne s’agit donc de généraliser l’enseignement en langue étrangère dans l’enseignement supérieur. Et je tiens à insister sur ce point précis car je m’associerai à tout amendement discuté ici, qui renforcera cet aspect." Enfin Vincent Feltesse (Gironde, PS), rapporteur du projet de loi, malgré des qualités d'ouverture reconnue par tous et malgré des interrogations : "D’un autre côté, je suis parfois surpris que certaines grandes écoles – y compris celle dont je suis issu, HEC – dispensent l’intégralité de leurs cours en langues étrangères" - "J’ai en tête des exemples d’amis qui enseignent dans des grandes écoles et qui, d’une année à l’autre, ont dû dispenser leurs cours de droit dans un anglais qu’ils ne maîtrisaient pas !" refusera beaucoup d'amendements tenant à limier et encadrer au moins cet article. MAR
Les députés se couchent devant l'anglais
Les députés ont voté, jeudi 23 mai, l'article 2 du projet de loi Fioraso qui permet de dispenser des cours en anglais dans les universités, malgré le tir de barrage des opposants, qui redoutent un suicide de la langue frnçaise.
Les députés se couchent devant l'anglais
Les députés ont voté, jeudi 23 mai, l'article 2 du projet de loi Fioraso qui permet de dispenser des cours en anglais dans les universités, malgré le tir de barrage des opposants, qui redoutent un suicide de la langue frnçaise.
Projet de loi Fioraso (suite 6)
Le Monde : Pour l'université et la recherche, le changement promis tourne au désastre appel d'universitaires contre le projet de loi Fioraso (21/5) voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire" et le message d'Alain Finkielkraut : "Quant à la présence des étudiants étrangers en France, je ne vois pas quel sens elle peut avoir si plus rien ne demeure de l’identité française" Message d'Australie d'Ivan Barko professeur émérite à l'Université de Sydney Bien que, en ma qualité d'universitaire australien, je rejette totalement la thèse d'une conspiration anglo-saxonne contre la langue française, le monde anglo-saxon ne saurait être plus indifférent à l'avenir du français : en effet l'ennemi n'est pas à l'extérieur au seuil du jour fatidique où le sort de l'article 2 de la proposition de loi de Mme Fioraso sera décidé, permettez-moi d'exprimer ma consternation à la possibilité que l'emploi de l'anglais soit généralisé et encouragé dans l'enseignement supérieur en France. Plus qu'un crime, c'est une erreur. Cette prétendue "réforme" est inspirée par des considérations purement commerciales mais elle ne manquera pas de se retourner contre ses auteurs. Les étudiants désireux de poursuivre des études en anglais finiront inévitablement par se tourner vers des pays de langue anglaise plutôt que vers une France dont l'anglophonie sera toujours forcément de seconde classe. Nos établissements d'enseignement supérieur d'Australie connaissent de similaires tentations de commercialisation, mais rien d'aussi absurde que l'article 2 de projet de loi de Mme Fioraso n'a été jusqu'ici proposé par eux. Personne en Australie, même la majorité monolingue, ne comprend cette "réforme" : elle est contreproductive et humiliante non seulement pour la France mais aussi pour les Francophones et les Francophiles du monde entier. Je vous conjure d'y renoncer. Ivan Barko - professeur émérite à l'Université de Sydney-Australie
à : laurent.fabius@diplomatie.gouv.fr; genevieve.fioraso@recherche.gouv.fr; Projet de loi Fioraso (suite 6)
Le Monde : Pour l'université et la recherche, le changement promis tourne au désastre appel d'universitaires contre le projet de loi Fioraso (21/5) voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire" et le message d'Alain Finkielkraut : "Quant à la présence des étudiants étrangers en France, je ne vois pas quel sens elle peut avoir si plus rien ne demeure de l’identité française" Message d'Australie d'Ivan Barko professeur émérite à l'Université de Sydney Bien que, en ma qualité d'universitaire australien, je rejette totalement la thèse d'une conspiration anglo-saxonne contre la langue française, le monde anglo-saxon ne saurait être plus indifférent à l'avenir du français : en effet l'ennemi n'est pas à l'extérieur au seuil du jour fatidique où le sort de l'article 2 de la proposition de loi de Mme Fioraso sera décidé, permettez-moi d'exprimer ma consternation à la possibilité que l'emploi de l'anglais soit généralisé et encouragé dans l'enseignement supérieur en France. Plus qu'un crime, c'est une erreur. Cette prétendue "réforme" est inspirée par des considérations purement commerciales mais elle ne manquera pas de se retourner contre ses auteurs. Les étudiants désireux de poursuivre des études en anglais finiront inévitablement par se tourner vers des pays de langue anglaise plutôt que vers une France dont l'anglophonie sera toujours forcément de seconde classe. Nos établissements d'enseignement supérieur d'Australie connaissent de similaires tentations de commercialisation, mais rien d'aussi absurde que l'article 2 de projet de loi de Mme Fioraso n'a été jusqu'ici proposé par eux. Personne en Australie, même la majorité monolingue, ne comprend cette "réforme" : elle est contreproductive et humiliante non seulement pour la France mais aussi pour les Francophones et les Francophiles du monde entier. Je vous conjure d'y renoncer. Ivan Barko - professeur émérite à l'Université de Sydney-Australie
à : laurent.fabius@diplomatie.gouv.fr; genevieve.fioraso@recherche.gouv.fr;
Communiqué du Parti de Gauche Le Parti de Gauche (PG), co-présidé par Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, a publié le 20 mai 2013 un communiqué ferme contre le projet de loi Fioraso : Il y a de multiples raisons de s’opposer au projet de loi sur l’enseignement supérieur qui sera défendu le 22 mai à l’Assemblée nationale par Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’une des dispositions de ce texte suffit déjà pour que le PG s'y oppose : l’article 2 qui prévoit la possibilité de dispenser les enseignements en "langue étrangère", c’est à dire en anglais. Elle est révélatrice de la vision purement – et faussement - utilitariste qu’a le gouvernement de l’Université et du travail scientifique. L’argument avancé est que, dans la mesure où le français constituerait un obstacle à la venue de brillants étudiants étrangers dans nos universités, il faut leur faire cours dans la seule "langue internationale" que serait l’anglais. Cette posture est une accumulation de contresens et de gravissimes fautes politiques : - les étudiants étrangers qui aspirent à venir en France ont des raisons particulières de le faire. Ils sont parfaitement capables d’apprendre en peu de temps la langue française, surtout dans leur domaine de spécialité ; - s’ils veulent des enseignements en anglais, il ne manque pas d’universités des pays anglophones pour les accueillir. Pour eux, l’original sera toujours préférable à une copie plus ou moins approximative ; - les étudiants étrangers (Chinois, Brésiliens, etc.) ne maîtrisent pas nécessairement l’anglais ; - les étudiants venant de pays francophones, en premier lieu d’Afrique, auront tout lieu de se sentir trahis puisque c’est la France elle-même qui renoncerait au français comme langue de la connaissance scientifique ; - quant aux étudiants français eux-mêmes, ils seront censés parler l’anglais comme si la France était un pays officiellement bilingue. Faut-il rappeler que l’article 2 de la Constitution dispose que "la langue de la République est le français" ? Si l’on ajoute à cela que les enseignants devraient désormais être sélectionnés non plus simplement sur leur compétence, mais aussi sur leur capacité à s’exprimer en anglais, on mesure l’étendue des bouleversements que propose Mme Fioraso. On reste pantois devant un aveuglement aussi suicidaire qui revient à dévaloriser l’excellence de l'enseignement et de la recherche français et en français, et à faire une croix sur la francophonie pour un bénéfice nul. On ne peut expliquer un tel reniement que par des raisons idéologiques, par un atlantisme linguistique qui accompagne une aspiration à la servitude volontaire vis-à-vis du monde anglo-saxon, caractéristique notoire des "élites" françaises. Le Parti de gauche condamne catégoriquement le projet de loi de Mme Fioraso et appelle les députés et les sénateurs à le rejeter.
Contacts :
Communiqué du Parti de Gauche Le Parti de Gauche (PG), co-présidé par Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, a publié le 20 mai 2013 un communiqué ferme contre le projet de loi Fioraso : Il y a de multiples raisons de s’opposer au projet de loi sur l’enseignement supérieur qui sera défendu le 22 mai à l’Assemblée nationale par Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. L’une des dispositions de ce texte suffit déjà pour que le PG s'y oppose : l’article 2 qui prévoit la possibilité de dispenser les enseignements en "langue étrangère", c’est à dire en anglais. Elle est révélatrice de la vision purement – et faussement - utilitariste qu’a le gouvernement de l’Université et du travail scientifique. L’argument avancé est que, dans la mesure où le français constituerait un obstacle à la venue de brillants étudiants étrangers dans nos universités, il faut leur faire cours dans la seule "langue internationale" que serait l’anglais. Cette posture est une accumulation de contresens et de gravissimes fautes politiques : - les étudiants étrangers qui aspirent à venir en France ont des raisons particulières de le faire. Ils sont parfaitement capables d’apprendre en peu de temps la langue française, surtout dans leur domaine de spécialité ; - s’ils veulent des enseignements en anglais, il ne manque pas d’universités des pays anglophones pour les accueillir. Pour eux, l’original sera toujours préférable à une copie plus ou moins approximative ; - les étudiants étrangers (Chinois, Brésiliens, etc.) ne maîtrisent pas nécessairement l’anglais ; - les étudiants venant de pays francophones, en premier lieu d’Afrique, auront tout lieu de se sentir trahis puisque c’est la France elle-même qui renoncerait au français comme langue de la connaissance scientifique ; - quant aux étudiants français eux-mêmes, ils seront censés parler l’anglais comme si la France était un pays officiellement bilingue. Faut-il rappeler que l’article 2 de la Constitution dispose que "la langue de la République est le français" ? Si l’on ajoute à cela que les enseignants devraient désormais être sélectionnés non plus simplement sur leur compétence, mais aussi sur leur capacité à s’exprimer en anglais, on mesure l’étendue des bouleversements que propose Mme Fioraso. On reste pantois devant un aveuglement aussi suicidaire qui revient à dévaloriser l’excellence de l'enseignement et de la recherche français et en français, et à faire une croix sur la francophonie pour un bénéfice nul. On ne peut expliquer un tel reniement que par des raisons idéologiques, par un atlantisme linguistique qui accompagne une aspiration à la servitude volontaire vis-à-vis du monde anglo-saxon, caractéristique notoire des "élites" françaises. Le Parti de gauche condamne catégoriquement le projet de loi de Mme Fioraso et appelle les députés et les sénateurs à le rejeter.
Contacts : le communiqué sur le site du Parti de Gauche
Projet de loi Fioraso (suite 5)
TV5Monde Claude Truchot "Universités en anglais : les déboires européens" (21/5) voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". Un témoignage de Francis Gandon Concernant la beaufitude achevée de la "remarque" sur Proust (du même tonneau que celle assénée sur la Princesse de Clèves), une anecdote. Je participe, jeudi dernier à une journée Supervielle en Sorbonne. Un bon, tiers du public et des intervenants est constitué de Japonais, dont le traducteur de Supervielle. (Notre littérature est extrêmement prisée et traduite au Pays du soleil levant, ce qu’une âme charitable devrait songer à signaler à notre ministre). Je pose la question : viendriez-vous étudier en France si l’on y enseignait Supervielle en anglais ? Éclat de rire général. Le même qui devrait accueillir madame Fioraso ("Take your pipette"). Est-il si difficile de comprendre que l’attrait exercé par la France est avant tout culturel et linguistique ? "L’amour de la langue", pour reprendre la formule barthésienne, est-il si difficile à comprendre ? Autre exemple, utile à connaître : celui du linguiste Coseriu. Roumain, il a vécu en Italie, en Allemagne et en Uruguay. Il a publié en roumain, français, allemand et (surtout) espagnol. Un seul et maigre article en anglais dans son immense bibliographie. C’est le contre-exemple parfait des scientifiques à la Fioraso : un savant de stature internationale, qui s’est parfaitement passé de la langue des maîtres. Il me semblait enfin que le Premier ministre avait mis les choses au point. Depuis quand un ministre délégué peut-il contrevenir à la politique décidée au plus haut niveau ? Francis Gandon Projet de loi Fioraso (suite 5)
TV5Monde Claude Truchot "Universités en anglais : les déboires européens" (21/5) voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". Un témoignage de Francis Gandon Concernant la beaufitude achevée de la "remarque" sur Proust (du même tonneau que celle assénée sur la Princesse de Clèves), une anecdote. Je participe, jeudi dernier à une journée Supervielle en Sorbonne. Un bon, tiers du public et des intervenants est constitué de Japonais, dont le traducteur de Supervielle. (Notre littérature est extrêmement prisée et traduite au Pays du soleil levant, ce qu’une âme charitable devrait songer à signaler à notre ministre). Je pose la question : viendriez-vous étudier en France si l’on y enseignait Supervielle en anglais ? Éclat de rire général. Le même qui devrait accueillir madame Fioraso ("Take your pipette"). Est-il si difficile de comprendre que l’attrait exercé par la France est avant tout culturel et linguistique ? "L’amour de la langue", pour reprendre la formule barthésienne, est-il si difficile à comprendre ? Autre exemple, utile à connaître : celui du linguiste Coseriu. Roumain, il a vécu en Italie, en Allemagne et en Uruguay. Il a publié en roumain, français, allemand et (surtout) espagnol. Un seul et maigre article en anglais dans son immense bibliographie. C’est le contre-exemple parfait des scientifiques à la Fioraso : un savant de stature internationale, qui s’est parfaitement passé de la langue des maîtres. Il me semblait enfin que le Premier ministre avait mis les choses au point. Depuis quand un ministre délégué peut-il contrevenir à la politique décidée au plus haut niveau ? Francis Gandon
Antoine Compagnon
Tribune publiée également dans Le Figaro du 18 mai 2013 Passons sur Proust et les cinq pelés qui se retrouveraient pour parler de lui si les universités françaises ne basculaient pas â l'anglais, Mme Fioraso dit que c'était une plaisanterie, Drôle d'humour de galérien, tout de même, chez une ministre qui voulait promouvoir son projet de loi ! Et la blague a si bien pris qu'on ne parle plus que de ce fameux article 2 au détriment de tous les autres, lesquels ne sont pourtant pas sans diviser les universitaires. Ce débat public n'en est pas moins bienvenu, touchant à un point justement sensible de la dignité nationale : la place de la langue française en France. Je ne suis pas contre tout enseignement en langue étrangère, à condition que le cadre en soit clair. Aujourd'hui, la loi Toubon n'est pas respectée. Des universités et de nombreuses grandes (et moins grandes) écoles, l'ignorant superbement, donnent de plus en plus de cours en anglais. On nous dit qu'il s'agit de régulariser cet état de fait et l'on tente de nous rassurer en annonçant des décrets d'application qui limiteront l'usage des langues étrangères. Mais nous ne savons rien de ces décrets. Et seront-ils plus respectés que la loi Toubon ? L'article 2, a ce stade, est un chèque en blanc à l'anglais. Mme Fioraso voudrait encore nous apaiser en affirmant qu'il n'y aura pas plus de 1% de cours en anglais dans les universités, D'où sort-elle ce chiffre ? Mystère ! Aucune étude le justifiant n'a été rendue publique, de même que nous n'avons pas vu la moindre évaluation des coûts et avantages de l'article 2 pour l'attractivité de notre enseignement supérieur. Or, le premier désagrément du passage incontrôlé a l'anglais est la baisse de la qualité des cours : quand un professeur enseigne dans une langue qu'il maîtrise moyennement, il fait l'économie de la complexité de la matière traitée, réduit les nuances à des formules de manuel ou de présentation PowerPoint, et la leçon devient appliquée et utilitaire. Les étudiants attendent la pause, durant laquelle on revient au français, pour aborder les questions compliquées, A peu près bilingue, j'ai beaucoup enseigné en anglais - aux États-Unis, non en France - mais je n'ai jamais oublié la remarque, il y a bien vingt ans, d'un de mes meilleurs doctorants, au français quasi parfait ; « On préfère quand vous dites votre séminaire en anglais, parce que vous êtes plus faible et que nous sommes plus forts.» Dans une autre langue, à moins d'être Conrad ou Beckett, l'argumentation sera forcément moins subtile. Pour nous tranquilliser aussi sur ce point, on avance que les cours en anglais seront donnés par des anglophones. Ah bon ? Comme ce n'est pas le cas aujourd'hui, cette contrainte imposerait des destitutions et des recrutements également improbables, De fait, le projet confond deux défis actuels qui n'appellent pas les mêmes solutions, et il risque de ne relever ni l'un ni l'autre. Le premier est l'anglais insuffisant des universitaires français. Dans presque toutes les spécialités, cette langue est indispensable pour la communication scientifique. L'anglais médiocre de nos enseignants et chercheurs pénalise la science française et explique sa sous-représentation dans de nombreux forums internationaux notamment pour les sciences humaines et sociales qui, leurs méthodes étant moins quantitatives, exigent une sophistication linguistique accrue. Pour remédier ace handicap, ce sont des programmes à l'étranger pour les doctorants et les jeunes chercheurs qui devraient être facilités, afin qu'ils communiquent et publient en anglais avec plus d'aisance. Le second défi est celui de l'attractivité de nos universités auprès des étudiants étrangers, ceux des pays émergents, dont l'Afrique, continent en croissance. De ce point de vue, la qualité de l'offre d'enseignement et de recherche est le facteur essentiel, ainsi que l'amélioration de l'accueil, de l'accès au visa, au logement, etc. Que certains cours soient offerts en anglais à l'arrivée, cela va de soi. Mais il serait aberrant qu'un étudiant venu pour un doctorat, au moins trois ans, et cinq ans s'il commence par un master, puisse repartir sans maîtriser la langue du pays d'accueil. Des cours de langue et de culture françaises doivent être non seulement proposés aux étudiants étrangers, mais requis, comme cela se fait dans les universités américaines, d'où il n'est pas concevable que l'on sorte diplômé sans connaître la langue, A plus long terme, dans quel engrenage met-on le doigt ? Les conséquences du renoncement à la langue nationale dans l'enseignement supérieur n'ont pas été mesurées. Si, comme l'envisagent sans état d'âme certains scientifiques qui nous renvoient au « siècle dernier », on peut se diplômer d'une université française sans savoir le français, sous prétexte que, dans le monde global, on n'en aura plus besoin ensuite, comment continuer de justifier son exigence ailleurs, dans l'administration, à l'école ? «À quoi bon leur faire apprendre le français, ai-je entendu, si c'est juste pour le parler durant leurs années d'études ? » Avec un tel argument, après le supérieur, pourquoi pas le secondaire, voire le primaire ? Et comment répondre, en France même, à des demandes de vie communautaire hors de la langue nationale ? Mais j'écris ceci à l'île Maurice, où le français se porte bien après deux siècles d'empire de l'anglais. Tout espoir est donc permis. Antoine Compagnon
Antoine Compagnon
Tribune publiée également dans Le Figaro du 18 mai 2013 Passons sur Proust et les cinq pelés qui se retrouveraient pour parler de lui si les universités françaises ne basculaient pas â l'anglais, Mme Fioraso dit que c'était une plaisanterie, Drôle d'humour de galérien, tout de même, chez une ministre qui voulait promouvoir son projet de loi ! Et la blague a si bien pris qu'on ne parle plus que de ce fameux article 2 au détriment de tous les autres, lesquels ne sont pourtant pas sans diviser les universitaires. Ce débat public n'en est pas moins bienvenu, touchant à un point justement sensible de la dignité nationale : la place de la langue française en France. Je ne suis pas contre tout enseignement en langue étrangère, à condition que le cadre en soit clair. Aujourd'hui, la loi Toubon n'est pas respectée. Des universités et de nombreuses grandes (et moins grandes) écoles, l'ignorant superbement, donnent de plus en plus de cours en anglais. On nous dit qu'il s'agit de régulariser cet état de fait et l'on tente de nous rassurer en annonçant des décrets d'application qui limiteront l'usage des langues étrangères. Mais nous ne savons rien de ces décrets. Et seront-ils plus respectés que la loi Toubon ? L'article 2, a ce stade, est un chèque en blanc à l'anglais. Mme Fioraso voudrait encore nous apaiser en affirmant qu'il n'y aura pas plus de 1% de cours en anglais dans les universités, D'où sort-elle ce chiffre ? Mystère ! Aucune étude le justifiant n'a été rendue publique, de même que nous n'avons pas vu la moindre évaluation des coûts et avantages de l'article 2 pour l'attractivité de notre enseignement supérieur. Or, le premier désagrément du passage incontrôlé a l'anglais est la baisse de la qualité des cours : quand un professeur enseigne dans une langue qu'il maîtrise moyennement, il fait l'économie de la complexité de la matière traitée, réduit les nuances à des formules de manuel ou de présentation PowerPoint, et la leçon devient appliquée et utilitaire. Les étudiants attendent la pause, durant laquelle on revient au français, pour aborder les questions compliquées, A peu près bilingue, j'ai beaucoup enseigné en anglais - aux États-Unis, non en France - mais je n'ai jamais oublié la remarque, il y a bien vingt ans, d'un de mes meilleurs doctorants, au français quasi parfait ; « On préfère quand vous dites votre séminaire en anglais, parce que vous êtes plus faible et que nous sommes plus forts.» Dans une autre langue, à moins d'être Conrad ou Beckett, l'argumentation sera forcément moins subtile. Pour nous tranquilliser aussi sur ce point, on avance que les cours en anglais seront donnés par des anglophones. Ah bon ? Comme ce n'est pas le cas aujourd'hui, cette contrainte imposerait des destitutions et des recrutements également improbables, De fait, le projet confond deux défis actuels qui n'appellent pas les mêmes solutions, et il risque de ne relever ni l'un ni l'autre. Le premier est l'anglais insuffisant des universitaires français. Dans presque toutes les spécialités, cette langue est indispensable pour la communication scientifique. L'anglais médiocre de nos enseignants et chercheurs pénalise la science française et explique sa sous-représentation dans de nombreux forums internationaux notamment pour les sciences humaines et sociales qui, leurs méthodes étant moins quantitatives, exigent une sophistication linguistique accrue. Pour remédier ace handicap, ce sont des programmes à l'étranger pour les doctorants et les jeunes chercheurs qui devraient être facilités, afin qu'ils communiquent et publient en anglais avec plus d'aisance. Le second défi est celui de l'attractivité de nos universités auprès des étudiants étrangers, ceux des pays émergents, dont l'Afrique, continent en croissance. De ce point de vue, la qualité de l'offre d'enseignement et de recherche est le facteur essentiel, ainsi que l'amélioration de l'accueil, de l'accès au visa, au logement, etc. Que certains cours soient offerts en anglais à l'arrivée, cela va de soi. Mais il serait aberrant qu'un étudiant venu pour un doctorat, au moins trois ans, et cinq ans s'il commence par un master, puisse repartir sans maîtriser la langue du pays d'accueil. Des cours de langue et de culture françaises doivent être non seulement proposés aux étudiants étrangers, mais requis, comme cela se fait dans les universités américaines, d'où il n'est pas concevable que l'on sorte diplômé sans connaître la langue, A plus long terme, dans quel engrenage met-on le doigt ? Les conséquences du renoncement à la langue nationale dans l'enseignement supérieur n'ont pas été mesurées. Si, comme l'envisagent sans état d'âme certains scientifiques qui nous renvoient au « siècle dernier », on peut se diplômer d'une université française sans savoir le français, sous prétexte que, dans le monde global, on n'en aura plus besoin ensuite, comment continuer de justifier son exigence ailleurs, dans l'administration, à l'école ? «À quoi bon leur faire apprendre le français, ai-je entendu, si c'est juste pour le parler durant leurs années d'études ? » Avec un tel argument, après le supérieur, pourquoi pas le secondaire, voire le primaire ? Et comment répondre, en France même, à des demandes de vie communautaire hors de la langue nationale ? Mais j'écris ceci à l'île Maurice, où le français se porte bien après deux siècles d'empire de l'anglais. Tout espoir est donc permis. Antoine Compagnon
Le scandale du projet de loi Fioraso - par Claude Weisz le 19/05/2013 - 17:11 Claude Weisz : Le scandale du projet de loi Fioraso
Le point de vue de Claude Weisz, cinéaste, concernant le projet de loi Fioraso que l'auteur considère comme un véritable scandale démocratique se décompose en 3 parties suivies d'une lettre au Président de la République. MAR I) L'édifiante sincérité de Madame Fioraso "Si nous n'autorisons pas les cours en anglais nous n'attirerons pas les étudiants de pays émergeant comme la Corée du Sud (sic), l'Inde, le Brésil …*" "Nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d'une table, même si j'aime Proust" Madame Fioraso dans un entretien au Nouvel Observateur cite l'exemple des enfants scandinaves qui "regardent dés le plus jeune âge, à la télévision, les programmes en anglais. À l'âge adulte, ils manient un anglais excellent et un très bon allemand **. Est-ce que la culture danoise ou finlandaise est en péril ? Sont-ils moins critiques vis-à-vis de "l’impérialisme américain" que nous ? Soyons sérieux. Je vois beaucoup d'hypocrisie derrière tout ça". Oui soyons sérieux. Chacun sait que le danois, le suédois, le norvégien, etc. ne sont que de simples langues locales, et ne peuvent se comparer au français, langue partagée par de nombreux pays et parlée par plus de 200 millions de personnes sur les cinq continents, seconde langue la plus enseignée au monde après l'anglais ; toutefois de moins en moins en Europe puisqu'il n'est plus nécessaire de connaître le français, contrairement à la règle, pour travailler dans les institutions européennes. De fait Madame Fioraso classe le français dans la catégorie des langues régionales. Elle oublie simplement que le français est dans les institutions internationales langue officielle, à parité avec l'anglais. Mais, comme ministre elle reçoit les documents internationaux et européens uniquement en anglais, c'est pourquoi elle l'ignore. Comme il est probable que Madame Fioraso n'est pas complètement stupide, elle nous dit clairement que la finalité de cette loi est bien de faire du français une langue inutile. Comment peut-on promouvoir une telle politique linguistique-contraire au discours de François Hollande lors de sa visite à New York devant les électeurs français d'Amérique du Nord- une politique qui accélère encore le déclin de la France ***. Cette politique est criminelle. Il faut la refuser tant qu'il est encore temps. * au Brésil et dans les pays lusophones, l'élite culturelle et politique continue encore de pratiquer et d'étudier le français. ** connaissant ces pays j'ai rarement entendu un jeune parler, même médiocrement l'allemand… Par contre les jeunes Espagnols au chômage apprennent l'allemand pour travailler en Allemagne. *** quant à l'usage de l'anglais comme remède au déclin industriel de la France, saluons l'exemple de la multinationale et premier fabricant mondiale du pneu, Michelin, qui dispense des cours de français à ses cadres et techniciens étrangers, avec le souci de continuer de faire du français sa langue de travail. 15 mai-Assemblée nationale ; c'est avec aplomb et péremptoirement que Mme Fioraso répond à une question posée par le député M. Myard. Sans être malpoli je dirais qu'elle continue à nous vendre son plat de lentilles. En supposant qu’elle aie raison nous accueillerons quelques milliers d'étudiants étrangers en plus, mais en 2050 tous les pays francophones d'Afrique seront passés à l'anglais ainsi que la soixantaine de chefs d'État, ministres, chefs de délégation qui s'expriment en français à l'ONU. C'est ainsi que le rêve de nos gouvernements modernes sera réalisé : la France sera reléguée au niveau international du Danemark. (J’aime le Danemark). Mais après tout, les Danois sont parfaitement anglophones, les touristes rendent visite à la petite sirène et leur niveau de vie est supérieur à celui des Français. Un plat de lentilles, ma foi, (surtout du Puy en Velay), c'est très bon. Merci Madame. Claude Weisz retour haut de page II) Quelques réflexions fragmentaires provenant d'une expérience vécue. Des Volkes Seele lebt in seiner Sprache. (Goethe) C’est dans sa langue que vit l'âme du peuple. Comment peut-on accepter - alors que nous vivons depuis des mois une bataille autour d'une loi, le mariage homosexuel, qui concerne peut-être 0,2 ou 0,3 % de la population et ne remet pas en cause la société - que le projet de loi Fioraso qui est un choix --oui, j'ose ce grand mot - de civilisation, ne fasse pas l'objet d'une réflexion approfondie et d'un débat national. Ce changement radical qui fait qu’au bout du compte l'adage de Claude Allègre : "l'anglais ne doit pas être une langue étrangère en France" va être adopté presque à la sauvette ; un petit paragraphe dans une loi majeure concernant l'ensemble des citoyens français et francophones. Mme Fioraso qualifie ceux qui n'acceptent pas l'intégralité de son texte de défenseurs de "la francophonie par la peur" et traite ceux qui critiquent ce projet de loi d'hypocrites " car ils sont passés par des grandes écoles (et) ont un cursus en anglais (…) tout en refusant de donner ces mêmes droits aux universités." Signalons toutefois que cette nouvelle législation légalisera l'infraction à la loi Toubon que pratiquent non seulement les grandes écoles mais un tas d'autres écoles privées plus ou moins de qualité, mais financièrement rentables. Nous annoncer que ça ne concerne que 1 % des cours est en réalité un énorme mensonge. Cela, de la part de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, s'appelle de la démagogie. Plutôt que de rester dans des généralités je voudrais ici essayer de faire comprendre à ceux qui considèrent que passer sous le rouleau compresseur de l'anglo-américain est un progrès et participe de l'élévation du niveau d'éducation des Français est un leurre. Mon expérience professionnelle de cinéaste "engagé", mon quotidien de citoyens de la Seine-Saint-Denis (le 9-3), balbynien (habitants de Bobigny)-ville aux 40 nationalités, avec 60 % de logements sociaux - mes interventions dans des ateliers de formation à l'audiovisuel m’autorisent à dire au gouvernement socialiste dont fait partie la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche : "réfléchissez avant de promouvoir et de voter une loi qui est antirépublicaine, antisociale, anti culturelle et donc antidémocratique. Les adolescents que je fréquente chaque jour vivent déjà dans un univers "culturel" anglo-saxon. Musique, chansons (à l'exception du rap et un peu de slam) publicité, informatique (vocabulaire et, de surcroît abandon du système métrique-mesures en pouces !) marketing, finance, audiovisuel, justice (il serait préférable de donner aux collégiens des notions de droit (français) plutôt que de promouvoir l'entreprise car, ça ils savent très bien le faire) Il m'arrive de leur demander : "il est question de passer à l'anglais dans l'enseignement général… Êtes-vous pour ou contre ?" Une forte minorité me répond spontanément : "on est pour, parce que l'anglais c'est plus facile que le français et on le parle partout, le français ça sert à rien". Et quelques-uns constatant que dans certaines entreprises françaises la langue de travail est l'anglais pensent qu'il est nécessaire d'apprendre cette langue dès la maternelle. (cf. procès intentés par les syndicats pour obtenir des traductions) Donc à première vue Mme Fioraso, a raison l'enseignement en anglais est plus démocratique ; de plus cela permet aussi de continuer à faire des économies en fermant les centres culturels français à l'étranger et en réduisant leurs services. Funeste politique de l'ère Sarkozy qui semble devoir, hélas, se perpétuer. Par contre les lycées français à l'étranger risquent de perdre les élèves autochtones payants au profit des lycées américains ou anglais, comme c'est déjà le cas en Égypte, au Vietnam, au Maroc, au Liban, en Turquie… Cela réduira également le nombre de chômeurs, les jeunes français trouveront plus facilement du travail, plus ou moins qualifié à l'étranger, sans charges sociales mais pouvant bénéficier encore de la sécurité sociale française comme c'est le cas avec nos émigrés en Grande-Bretagne. Cette politique renforce également le communautarisme - repli sur soi et sur les "traditions" ethniques, - faisant apparaître le modèle français républicain et social comme "non compétitif". Transformant l'école en un lieu de contraintes et d'ennui. Communautarisme avez-vous dit ? Hélas, un autre renoncement de François Hollande, celui d'accorder le droit de vote aux étrangers aux municipales est une grave erreur. Ce droit de vote est indispensable pour permettre une prise de conscience des droits et des devoirs et une participation de chaque émigré à la vie publique et politique dans la cité. Je considère que ce droit est indispensable à une intégration progressive républicaine, antinomique au communautarisme à l'instar de l'école publique et laïque. C'est aussi faire fi de l'avis des chefs d'entreprises, ceux qui ne sont pas encore passés à l'anglais, qui se plaignent de ne pas trouver de jeunes sachant s'exprimer et écrire correctement en… français. Certes l'enseignement en anglais permettra à l'éducation nationale de recruter plus facilement des professeurs vacataires "english natives" non statuaires ! Les études supérieures en anglais favoriseront la formation d'une élite internationale, (qui existe déjà), en France, mais à condition que les salaires soient aux minimums égaux à ceux des chercheurs américains ainsi que la qualité de nos laboratoires et instituts de recherche. Bien au contraire, "la démocratisation" annoncée par la ministre permettra aux mandarins français anglophones de s'expatrier sans difficulté vers les universités prestigieuses des États-Unis, de Grande-Bretagne, d'Australie, d'Afrique du Sud etc. A contrario comment Mme la ministre peut expliquer l'engouement à apprendre le français en Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, Chine … chez les étudiants qui se destinent aux professions médicales ? D'une part, parce que il y a du travail en France pour ces médecins, kinés, infirmières, dentistes ; professions mieux rémunérées que chez eux avec une qualité de vie supérieure et dont l'exercice ne peut se faire que dans la langue du pays. D'autre part pour suivre des cours et faire des stages dans des secteurs de médecine spécialisée où la France est reconnue pour son excellence, cardiologie, greffes, cancer… Et, miracle, dont l'enseignement et la pratique continuent à se faire en français ! Autre exemple, si des cinéastes de pays non francophones apprennent le français c'est pour tourner en France et en français, des films français. Ainsi Michael Haneke, palme d'or à Cannes, prix du meilleur film européen, BAFA (Royaume-Uni) du meilleur film étranger et, entre autres, pour couronner le tout, Oscar du film en langue étrangère à Hollywood. N'en déplaise aux ministres et autres thuriféraires de l'anglo-américain, c'est cela l'attractivité de la France. La caste bureaucratique néolibérale qui dirige l'Europe et la France, qui pense en anglo-américain est la même qui, sous prétexte de modernité avait choisi de supprimer les tramways et les trolleybus, prétendant que c’était un moyen de transport périmé, qu’il fallait adapter Paris à la voiture. Ce sont les mêmes penseurs qui, aujourd'hui, avec un demi-siècle de retard, découvrent que le tram est un moyen de transport idéal. Si l'on peut à nouveau faire rouler des trams il sera impossible, lorsque le français aura perdu son statut de langue internationale de communication, de diplomatie, de culture, de le faire revivre. Pourquoi par ailleurs, trouve-t-on tragique qu'un président français ne s'exprime pas parfaitement en anglais et normal qu'un président américain ne connaisse aucune autre langue que l'anglais. Que John Kerry doive s'excuser auprès de ses concitoyens de s'exprimer en français et faisant preuve d'humour, explique qu'il continuera en anglais car "si je ne le fais pas j'aurais des problèmes à mon retour aux États-Unis." Oui, pourquoi cela ne choque pas que l'apprentissage d’une langue étrangère au Royaume-Uni et aux États-Unis soit facultatif au lycée, ce qui signifie qu'aujourd'hui les élèves de ces pays ne connaissent que l'anglais ou l'américain. Il fut un temps, pas si lointain, où la chanson française de Piaf à Montand, de Brel à Gainsbourg, s'exportait à l'étranger en version originale. Ce qui n'empêchait pas ces chanteurs et compositeurs, de temps à autre, d'en faire une adaptation en anglais, en allemand, en japonais etc. Ces mêmes chansons étaient reprises en français par des interprètes de pays non francophones. Aujourd’hui la chanson française qui s'exporte est uniquement en anglais et l'anglais est devenu la langue de la chanson internationale. On me dit qu'économiquement c'est très bon pour la France car ça se vend très bien. Ce qui reste encore à prouver. Mais franchement, culturellement c’est zéro. Faire parti du magma de la variété anglo-saxonne pourquoi pas, mais qu'on ne parle pas de diversité culturelle. Paradoxe : au XVIe siècle l'opéra se chantait exclusivement en italien puis à la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle il s'écrivit des opéras en français, en anglais, en allemand. Au XIXe siècle et davantage encore au XXe on assiste à la floraison d'opéra en russe, tchèque, hongrois, norvégien etc. C'est cette diversité que nous sommes en train de perdre avec ce retour à la langue unique. Langue unique, pensée unique, acculturation ce n'est pas le XXIe siècle de Mme Thatcher* que mes parents et moi-même avons souhaité. Hélas notre élite, notre pseudo élite politique, économique, financière n'en a cure. Sa vision du futur a la dimension d'un quinquennat. C’est très court, petit et médiocre. * au XXIe siècle, la puissance dominante c'est l'Amérique, la langue dominante c'est l'anglais, le modèle économique c'est le capitalisme anglo-saxon Je peux me tromper, mais je n'ai pas entendu parmi les abondants éloges funèbres rendus par les radios généralistes et télévisions à Mme Thatcher, la chanson éponyme de Renaud. Claude Weisz retour haut de page III) De la fâcheuse habitude qu'ont nos gouvernements de vouloir nous faire prendre les vessies pour des lanternes. À droite comme à gauche et plus particulièrement en ce qui concerne la langue française et la francophonie c'est la même parole lénifiante et concrètement la même politique suicidaire. On nous assure que les conférences de l'Organisation Internationale de la Francophonie sont des réussites et la situation de la langue française dans le monde est globalement bonne. Présidence Sarkozy : "en 2050 il y aura 700 millions de francophones, dont 80 % en Afrique". Présidence Hollande : "en 2050 il y aura 800 millions de francophones dont 80 % en Afrique." La réalité est la suivante, seuls 10 à 30 % de la population des pays dits francophones parlent et écrivent le français. L'apprentissage de notre langue se fait dans des classes surchargées, jusqu’à 90 élèves, avec des profs qui n'ont aucune réelle formation (et souvent ne parlent qu'un français approximatif). De plus les écoles manquent de matériel pédagogique, livre, ordinateur etc. Les salaires pour la plupart misérables, sont payés très souvent de façon aléatoire L’élite universitaire s'expatrie aux USA, Grande Bretagne, Australie, où elle occupe des postes de professeurs, maîtres de conférences dans des universités prestigieuses. Les étudiants, quant à eux, n'obtenant pas de visa pour la France* se dirigent aussi vers les pays anglophones et constatent amèrement qu'avoir pour langue d'étude le français est un handicap par rapport aux étudiants issus de pays anglophones. Et, comme si cela ne suffisait pas, voici qu'après Valérie Pécresse c’est au tour de Geneviève Fioraso d'exclure les étudiants francophones des études supérieures en France car s'ils veulent étudier dans les grandes écoles et bientôt dans les universités, il est indispensable qu'ils connaissent l'anglais puisque l'enseignement y est et sera donné uniquement en anglais ! Il est conseillé de prendre des cours d'anglais pour une mise à niveau leur permettant de s'inscrire dans de grandes écoles et d’y passer les examens (Sciences-Po, HEC, ESSEC entre autres.) Étonnez-vous que de plus en plus de gouvernements africains francophones veuillent passer à l'anglais. Au train où vont les choses, ("l'anglais ne doit pas être une langue étrangère en France", Claude Allègre) l'affirmation qu'en 2050 il y aura 800 millions (ou même revu à la baisse dans certaines annonces récentes) de francophones dont 80 % en Afrique est un déni de réalité hypocrite et un mensonge d'État. En 2050, à l'instar du Rwanda l'anglais aura remplacé le français dans la plupart des pays de l'espace francophone. Et, dommage collatéral, les Chinois - le seul pays ou l'apprentissage du français se développe - auront constaté qu'il n'est pas nécessaire de connaître le français pour commercer avec l'Afrique francophone pas davantage pour étudier en France. Remarque subsidiaire ; il serait bon pour nos relations économiques avec la Chine de développer et d'encourager l'étude du chinois (ainsi que de l'arabe, l'espagnol, le russe, le portugais et l'allemand ) comme choix de première langue au lycée et de profiter de la jeune génération sino-française à cette fin. Sait-on qu’aujourd'hui l'éducation nationale salarie des enseignants français pour donner des cours d’anglais dans certains pays comme le Cambodge ( !), les pays du Golfe… Sait-on que la politique linguistique des États-Unis et de la Grande-Bretagne est caractérisée par une volonté d'éradiquer la langue française. Un laboratoire de cette politique se trouve en Haïti. Les États-Unis y promeuvent le créole comme unique langue nationale tout en développant, grâce à leur O.N.G. éducatives, des cours d’anglais gratuits dans toutes les écoles et également aidés en cela par une politique d'ouverture à l'accueil des étudiants haïtiens aux États-Unis. Avez-vous oublié que sous la présidence Bush junior la France, sa langue, ses produits ont été punis pour s'être opposés à l'invasion de l'Irak Il est amusant de voir que plusieurs films américains de cette époque faisaient jouer le rôle de méchants aux Français. Les Français avaient remplacé les soviétiques dans le cinéma hollywoodien. La réalité de l'action des gouvernements français est de tout faire pour que le français soit considéré comme une langue inutile. Une grande partie de notre élite politique et économique a fait sienne le dogme de Madame Thatcher : "au XXIe siècle, la puissance dominante c'est l'Amérique, la langue dominante c'est l'anglais, le modèle économique c'est le capitalisme anglo-saxon" Seule une volonté mercantile mobilise leurs pensées : faire payer les étudiants étrangers pour faire leurs études et passer leur diplôme en anglais afin de renflouer les caisses des grandes écoles et de l'éducation nationale comme cela est le cas dans les pays anglophones. Mais ceci est également un leurre. Économiquement cela est suicidaire. Culturellement c’est criminel. Politiquement c'est une forfaiture. Et vis-à-vis de "ceux qui ont le français en partage" c'est une trahison. Alors cessez de nous mentir. Défendons la diversité linguistique, culturelle. Restaurons la place du français dans le monde pour conserver une autre façon de penser. Le français en partage est l’une des dernières richesse universelle et une valeur morale qui reste encore à la grande nation française. N'oublions pas ce qu'écrivait Kateb Yacine lorsqu'on lui reprochait d'écrire en français : "la langue française est notre butin de guerre". N'oublions pas que nous avons colonisé des peuples en leur imposant le français. Aujourd'hui qu'ils ont fait leur cette langue tout en l’enrichissant, une langue qui, pour beaucoup, est encore la langue des droits de l'homme et de la liberté, les condamner à l'anglais c'est un coup de poignard dans le dos. Peut-être est-ce aussi la revanche de l'histoire ; les anciens colons à leur tour colonisés (et de plus volontairement) Non, nous méritons mieux. Nous avons aussi un devoir de reconnaissance envers les artistes, scientifiques, écrivains, cinéastes étrangers qui ont choisi le français et la République française pour leurs créations. Demain, de par notre renoncement nous nous priverons de cet apport original et vital. Quant à nos cousins du Québec, de Belgique, de Suisse et nos amis africains ils sont désespérés à l'idée que le Parlement français puisse avaliser le projet de loi défendu par la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Après la signature à venir de l'accord de libre-échange entre les États-Unis et l'Europe, par lequel l'exception culturelle sera "rabotée" et le monopole de la langue impériale (déjà accepté dans l'administration européenne) sera légalement établi, que deviendra la France lorsque sa langue ne sera plus qu’une langue régionale ? Il est évident que ce projet de loi ne serait pas aussi dangereux si l'ensemble de la politique de la France vis-à-vis de sa langue était affirmatif, vigoureux, ambitieux, généreux, riche. Hélas aujourd'hui c'est la débandade, une variante plus douce (soft !) de "l'étrange défaite" de 1940. Et les voix qui nous parviennent de Londres, c'est plutôt "bizness as usal." Ne nous trompons pas ; les fossoyeurs de notre langue ce ne sont pas les Anglais mais bien certains français. Désindustrialisation et acculturation… "Plus dure sera la chute" ("The harder they tall )**, à moins que… * sur ce point donnons crédit au gouvernement actuel de vouloir changer les choses. ** film américain de Mark Robson (1956) N.B. Affirmer que la réussite commerciale ou industrielle soit conditionnée par la maîtrise de l'anglais c'est aussi une contrevérité. Un produit de qualité peut se vendre même, c'est un exemple, en albanais-(assisté d'un bon interprète- traducteur)-et on trouve encore des albanais pratiquants fort bien le français. P.S. 21 avril 2013, inauguration de l'exposition "naissance d'un musée" au Louvre d’Abu-Dhabi, en présence de Mme Fillipetti, des anciens et nouveaux directeurs du Louvre ; les panneaux, les inscriptions, les titres sont en deux langues : l'arabe et l'anglais ! Un pays qui n'aime pas sa langue ne saurait donner l'envie de l’apprendre à des étrangers. Claude Weisz retour haut de page Lettre ouverte à M. François Hollande, Président de la République française. de Claude Weisz, cinéaste, fils d'émigrés non francophones, pupille de la Nation, dont le père, résistant, est "mort pour la France" en 1942, dans les locaux de la Préfecture de police de Paris, sous les tortures infligées par des fonctionnaires français des renseignements généraux. Citoyen français, je me permets de me présenter ainsi car l’héritage que j'ai reçu de mon père est l'esprit de résistance. Monsieur le Président. Les pages qui suivent rédigées en état d'indignation, expriment les raisons qui m'amènent à vous demander de mettre fin à la politique de renoncement à la souveraineté linguistique de la langue française. Je demande aux législateurs, les représentants du peuple, de prendre le temps de réfléchir aux conséquences désastreuses qu'entraînerait l'adoption du paragraphe 2 du projet de loi sur l'enseignement supérieur. Il est nécessaire d'apprendre des langues étrangères, dont l'anglais. Donner quelques cours en anglais (Wall Street English !) est admissible mais le projet de loi présenté par Madame Fioraso, qu’elle assure être limité à 1 % des cours, est un leurre. Ce 1 % c'est le cheval de Troie du groupe de pression (le "lobby") des directions de Sciences-Po, HEC, l'ESSEC et d’autres, qui pratiquent déjà le tout anglais - en contrevenant à la loi Toubon - qui voit dans l'adoption de cette loi la régularisation de leur pratique illégale. C'est un choix politique majeur. Un choix de culture. Un choix de géopolitique. Un choix idéologique. Un choix historique. Le français en partage est l’une des dernières richesse universelle et une valeur morale qui reste encore à la grande nation française. N'oublions pas ce qu'écrivait Kateb Yacine lorsqu'on lui reprochait d'écrire en français : "la langue française est notre butin de guerre". N'oublions pas que nous avons colonisé des peuples en leur imposant le français. Aujourd'hui ils ont fait leur cette langue tout en l’enrichissant, une langue qui, pour beaucoup est encore la langue des droits de l'homme et de la liberté, les condamner à l'anglais c'est un coup de poignard dans le dos. Peut-être est-ce aussi la revanche de l'histoire ; les anciens colons à leur tour colonisés (et de plus volontairement) Non, nous méritons mieux. Il est évident que ce projet de loi ne serait pas aussi dangereux si l'ensemble de la politique de la France vis-à-vis de sa langue était affirmatif, vigoureux, ambitieux, généreux, riche. Mais force est de constater que ce n'est pas le cas, à quelques petites exceptions près. Nous sommes dans une politique de repli et d'acceptation de la défaite. Je souhaite, monsieur le président, que vous soyez fidèle à la réponse que vous me donniez lors des élections présidentielles. Je vous remercie, Monsieur le président, très profondément de la peine que vous vous donnerez à lire ces quelques pages, en espérant que vous aurez à cœur, comme vous l'avez souvent proclamé, d’agir pour que ce bien public qui appartient à tous les locuteurs francophones demeure et se développe comme langue solidaire et nécessaire. C'est la France qui a naturellement pour mission de sauvegarder la langue française et d'en promouvoir l'usage. Veuillez trouver ici, Monsieur le président de la république, cher François Hollande, l'expression de ma haute considération 13 mai 2013 Copie à Mmes et MM. Jean-Marc Ayrault, Laurent Fabius, Aurélie Fillipetti, Yasmina Benguigui, Vincent Peillon, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Najat Vallaud-Belkacem, Nicole Bricq. Claude Weisz retour haut de page Claude Weisz : Le scandale du projet de loi Fioraso
Le point de vue de Claude Weisz, cinéaste, concernant le projet de loi Fioraso que l'auteur considère comme un véritable scandale démocratique se décompose en 3 parties suivies d'une lettre au Président de la République. MAR I) L'édifiante sincérité de Madame Fioraso "Si nous n'autorisons pas les cours en anglais nous n'attirerons pas les étudiants de pays émergeant comme la Corée du Sud (sic), l'Inde, le Brésil …*" "Nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d'une table, même si j'aime Proust" Madame Fioraso dans un entretien au Nouvel Observateur cite l'exemple des enfants scandinaves qui "regardent dés le plus jeune âge, à la télévision, les programmes en anglais. À l'âge adulte, ils manient un anglais excellent et un très bon allemand **. Est-ce que la culture danoise ou finlandaise est en péril ? Sont-ils moins critiques vis-à-vis de "l’impérialisme américain" que nous ? Soyons sérieux. Je vois beaucoup d'hypocrisie derrière tout ça". Oui soyons sérieux. Chacun sait que le danois, le suédois, le norvégien, etc. ne sont que de simples langues locales, et ne peuvent se comparer au français, langue partagée par de nombreux pays et parlée par plus de 200 millions de personnes sur les cinq continents, seconde langue la plus enseignée au monde après l'anglais ; toutefois de moins en moins en Europe puisqu'il n'est plus nécessaire de connaître le français, contrairement à la règle, pour travailler dans les institutions européennes. De fait Madame Fioraso classe le français dans la catégorie des langues régionales. Elle oublie simplement que le français est dans les institutions internationales langue officielle, à parité avec l'anglais. Mais, comme ministre elle reçoit les documents internationaux et européens uniquement en anglais, c'est pourquoi elle l'ignore. Comme il est probable que Madame Fioraso n'est pas complètement stupide, elle nous dit clairement que la finalité de cette loi est bien de faire du français une langue inutile. Comment peut-on promouvoir une telle politique linguistique-contraire au discours de François Hollande lors de sa visite à New York devant les électeurs français d'Amérique du Nord- une politique qui accélère encore le déclin de la France ***. Cette politique est criminelle. Il faut la refuser tant qu'il est encore temps. * au Brésil et dans les pays lusophones, l'élite culturelle et politique continue encore de pratiquer et d'étudier le français. ** connaissant ces pays j'ai rarement entendu un jeune parler, même médiocrement l'allemand… Par contre les jeunes Espagnols au chômage apprennent l'allemand pour travailler en Allemagne. *** quant à l'usage de l'anglais comme remède au déclin industriel de la France, saluons l'exemple de la multinationale et premier fabricant mondiale du pneu, Michelin, qui dispense des cours de français à ses cadres et techniciens étrangers, avec le souci de continuer de faire du français sa langue de travail. 15 mai-Assemblée nationale ; c'est avec aplomb et péremptoirement que Mme Fioraso répond à une question posée par le député M. Myard. Sans être malpoli je dirais qu'elle continue à nous vendre son plat de lentilles. En supposant qu’elle aie raison nous accueillerons quelques milliers d'étudiants étrangers en plus, mais en 2050 tous les pays francophones d'Afrique seront passés à l'anglais ainsi que la soixantaine de chefs d'État, ministres, chefs de délégation qui s'expriment en français à l'ONU. C'est ainsi que le rêve de nos gouvernements modernes sera réalisé : la France sera reléguée au niveau international du Danemark. (J’aime le Danemark). Mais après tout, les Danois sont parfaitement anglophones, les touristes rendent visite à la petite sirène et leur niveau de vie est supérieur à celui des Français. Un plat de lentilles, ma foi, (surtout du Puy en Velay), c'est très bon. Merci Madame. Claude Weisz retour haut de page II) Quelques réflexions fragmentaires provenant d'une expérience vécue. Des Volkes Seele lebt in seiner Sprache. (Goethe) C’est dans sa langue que vit l'âme du peuple. Comment peut-on accepter - alors que nous vivons depuis des mois une bataille autour d'une loi, le mariage homosexuel, qui concerne peut-être 0,2 ou 0,3 % de la population et ne remet pas en cause la société - que le projet de loi Fioraso qui est un choix --oui, j'ose ce grand mot - de civilisation, ne fasse pas l'objet d'une réflexion approfondie et d'un débat national. Ce changement radical qui fait qu’au bout du compte l'adage de Claude Allègre : "l'anglais ne doit pas être une langue étrangère en France" va être adopté presque à la sauvette ; un petit paragraphe dans une loi majeure concernant l'ensemble des citoyens français et francophones. Mme Fioraso qualifie ceux qui n'acceptent pas l'intégralité de son texte de défenseurs de "la francophonie par la peur" et traite ceux qui critiquent ce projet de loi d'hypocrites " car ils sont passés par des grandes écoles (et) ont un cursus en anglais (…) tout en refusant de donner ces mêmes droits aux universités." Signalons toutefois que cette nouvelle législation légalisera l'infraction à la loi Toubon que pratiquent non seulement les grandes écoles mais un tas d'autres écoles privées plus ou moins de qualité, mais financièrement rentables. Nous annoncer que ça ne concerne que 1 % des cours est en réalité un énorme mensonge. Cela, de la part de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, s'appelle de la démagogie. Plutôt que de rester dans des généralités je voudrais ici essayer de faire comprendre à ceux qui considèrent que passer sous le rouleau compresseur de l'anglo-américain est un progrès et participe de l'élévation du niveau d'éducation des Français est un leurre. Mon expérience professionnelle de cinéaste "engagé", mon quotidien de citoyens de la Seine-Saint-Denis (le 9-3), balbynien (habitants de Bobigny)-ville aux 40 nationalités, avec 60 % de logements sociaux - mes interventions dans des ateliers de formation à l'audiovisuel m’autorisent à dire au gouvernement socialiste dont fait partie la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche : "réfléchissez avant de promouvoir et de voter une loi qui est antirépublicaine, antisociale, anti culturelle et donc antidémocratique. Les adolescents que je fréquente chaque jour vivent déjà dans un univers "culturel" anglo-saxon. Musique, chansons (à l'exception du rap et un peu de slam) publicité, informatique (vocabulaire et, de surcroît abandon du système métrique-mesures en pouces !) marketing, finance, audiovisuel, justice (il serait préférable de donner aux collégiens des notions de droit (français) plutôt que de promouvoir l'entreprise car, ça ils savent très bien le faire) Il m'arrive de leur demander : "il est question de passer à l'anglais dans l'enseignement général… Êtes-vous pour ou contre ?" Une forte minorité me répond spontanément : "on est pour, parce que l'anglais c'est plus facile que le français et on le parle partout, le français ça sert à rien". Et quelques-uns constatant que dans certaines entreprises françaises la langue de travail est l'anglais pensent qu'il est nécessaire d'apprendre cette langue dès la maternelle. (cf. procès intentés par les syndicats pour obtenir des traductions) Donc à première vue Mme Fioraso, a raison l'enseignement en anglais est plus démocratique ; de plus cela permet aussi de continuer à faire des économies en fermant les centres culturels français à l'étranger et en réduisant leurs services. Funeste politique de l'ère Sarkozy qui semble devoir, hélas, se perpétuer. Par contre les lycées français à l'étranger risquent de perdre les élèves autochtones payants au profit des lycées américains ou anglais, comme c'est déjà le cas en Égypte, au Vietnam, au Maroc, au Liban, en Turquie… Cela réduira également le nombre de chômeurs, les jeunes français trouveront plus facilement du travail, plus ou moins qualifié à l'étranger, sans charges sociales mais pouvant bénéficier encore de la sécurité sociale française comme c'est le cas avec nos émigrés en Grande-Bretagne. Cette politique renforce également le communautarisme - repli sur soi et sur les "traditions" ethniques, - faisant apparaître le modèle français républicain et social comme "non compétitif". Transformant l'école en un lieu de contraintes et d'ennui. Communautarisme avez-vous dit ? Hélas, un autre renoncement de François Hollande, celui d'accorder le droit de vote aux étrangers aux municipales est une grave erreur. Ce droit de vote est indispensable pour permettre une prise de conscience des droits et des devoirs et une participation de chaque émigré à la vie publique et politique dans la cité. Je considère que ce droit est indispensable à une intégration progressive républicaine, antinomique au communautarisme à l'instar de l'école publique et laïque. C'est aussi faire fi de l'avis des chefs d'entreprises, ceux qui ne sont pas encore passés à l'anglais, qui se plaignent de ne pas trouver de jeunes sachant s'exprimer et écrire correctement en… français. Certes l'enseignement en anglais permettra à l'éducation nationale de recruter plus facilement des professeurs vacataires "english natives" non statuaires ! Les études supérieures en anglais favoriseront la formation d'une élite internationale, (qui existe déjà), en France, mais à condition que les salaires soient aux minimums égaux à ceux des chercheurs américains ainsi que la qualité de nos laboratoires et instituts de recherche. Bien au contraire, "la démocratisation" annoncée par la ministre permettra aux mandarins français anglophones de s'expatrier sans difficulté vers les universités prestigieuses des États-Unis, de Grande-Bretagne, d'Australie, d'Afrique du Sud etc. A contrario comment Mme la ministre peut expliquer l'engouement à apprendre le français en Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, Chine … chez les étudiants qui se destinent aux professions médicales ? D'une part, parce que il y a du travail en France pour ces médecins, kinés, infirmières, dentistes ; professions mieux rémunérées que chez eux avec une qualité de vie supérieure et dont l'exercice ne peut se faire que dans la langue du pays. D'autre part pour suivre des cours et faire des stages dans des secteurs de médecine spécialisée où la France est reconnue pour son excellence, cardiologie, greffes, cancer… Et, miracle, dont l'enseignement et la pratique continuent à se faire en français ! Autre exemple, si des cinéastes de pays non francophones apprennent le français c'est pour tourner en France et en français, des films français. Ainsi Michael Haneke, palme d'or à Cannes, prix du meilleur film européen, BAFA (Royaume-Uni) du meilleur film étranger et, entre autres, pour couronner le tout, Oscar du film en langue étrangère à Hollywood. N'en déplaise aux ministres et autres thuriféraires de l'anglo-américain, c'est cela l'attractivité de la France. La caste bureaucratique néolibérale qui dirige l'Europe et la France, qui pense en anglo-américain est la même qui, sous prétexte de modernité avait choisi de supprimer les tramways et les trolleybus, prétendant que c’était un moyen de transport périmé, qu’il fallait adapter Paris à la voiture. Ce sont les mêmes penseurs qui, aujourd'hui, avec un demi-siècle de retard, découvrent que le tram est un moyen de transport idéal. Si l'on peut à nouveau faire rouler des trams il sera impossible, lorsque le français aura perdu son statut de langue internationale de communication, de diplomatie, de culture, de le faire revivre. Pourquoi par ailleurs, trouve-t-on tragique qu'un président français ne s'exprime pas parfaitement en anglais et normal qu'un président américain ne connaisse aucune autre langue que l'anglais. Que John Kerry doive s'excuser auprès de ses concitoyens de s'exprimer en français et faisant preuve d'humour, explique qu'il continuera en anglais car "si je ne le fais pas j'aurais des problèmes à mon retour aux États-Unis." Oui, pourquoi cela ne choque pas que l'apprentissage d’une langue étrangère au Royaume-Uni et aux États-Unis soit facultatif au lycée, ce qui signifie qu'aujourd'hui les élèves de ces pays ne connaissent que l'anglais ou l'américain. Il fut un temps, pas si lointain, où la chanson française de Piaf à Montand, de Brel à Gainsbourg, s'exportait à l'étranger en version originale. Ce qui n'empêchait pas ces chanteurs et compositeurs, de temps à autre, d'en faire une adaptation en anglais, en allemand, en japonais etc. Ces mêmes chansons étaient reprises en français par des interprètes de pays non francophones. Aujourd’hui la chanson française qui s'exporte est uniquement en anglais et l'anglais est devenu la langue de la chanson internationale. On me dit qu'économiquement c'est très bon pour la France car ça se vend très bien. Ce qui reste encore à prouver. Mais franchement, culturellement c’est zéro. Faire parti du magma de la variété anglo-saxonne pourquoi pas, mais qu'on ne parle pas de diversité culturelle. Paradoxe : au XVIe siècle l'opéra se chantait exclusivement en italien puis à la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle il s'écrivit des opéras en français, en anglais, en allemand. Au XIXe siècle et davantage encore au XXe on assiste à la floraison d'opéra en russe, tchèque, hongrois, norvégien etc. C'est cette diversité que nous sommes en train de perdre avec ce retour à la langue unique. Langue unique, pensée unique, acculturation ce n'est pas le XXIe siècle de Mme Thatcher* que mes parents et moi-même avons souhaité. Hélas notre élite, notre pseudo élite politique, économique, financière n'en a cure. Sa vision du futur a la dimension d'un quinquennat. C’est très court, petit et médiocre. * au XXIe siècle, la puissance dominante c'est l'Amérique, la langue dominante c'est l'anglais, le modèle économique c'est le capitalisme anglo-saxon Je peux me tromper, mais je n'ai pas entendu parmi les abondants éloges funèbres rendus par les radios généralistes et télévisions à Mme Thatcher, la chanson éponyme de Renaud. Claude Weisz retour haut de page III) De la fâcheuse habitude qu'ont nos gouvernements de vouloir nous faire prendre les vessies pour des lanternes. À droite comme à gauche et plus particulièrement en ce qui concerne la langue française et la francophonie c'est la même parole lénifiante et concrètement la même politique suicidaire. On nous assure que les conférences de l'Organisation Internationale de la Francophonie sont des réussites et la situation de la langue française dans le monde est globalement bonne. Présidence Sarkozy : "en 2050 il y aura 700 millions de francophones, dont 80 % en Afrique". Présidence Hollande : "en 2050 il y aura 800 millions de francophones dont 80 % en Afrique." La réalité est la suivante, seuls 10 à 30 % de la population des pays dits francophones parlent et écrivent le français. L'apprentissage de notre langue se fait dans des classes surchargées, jusqu’à 90 élèves, avec des profs qui n'ont aucune réelle formation (et souvent ne parlent qu'un français approximatif). De plus les écoles manquent de matériel pédagogique, livre, ordinateur etc. Les salaires pour la plupart misérables, sont payés très souvent de façon aléatoire L’élite universitaire s'expatrie aux USA, Grande Bretagne, Australie, où elle occupe des postes de professeurs, maîtres de conférences dans des universités prestigieuses. Les étudiants, quant à eux, n'obtenant pas de visa pour la France* se dirigent aussi vers les pays anglophones et constatent amèrement qu'avoir pour langue d'étude le français est un handicap par rapport aux étudiants issus de pays anglophones. Et, comme si cela ne suffisait pas, voici qu'après Valérie Pécresse c’est au tour de Geneviève Fioraso d'exclure les étudiants francophones des études supérieures en France car s'ils veulent étudier dans les grandes écoles et bientôt dans les universités, il est indispensable qu'ils connaissent l'anglais puisque l'enseignement y est et sera donné uniquement en anglais ! Il est conseillé de prendre des cours d'anglais pour une mise à niveau leur permettant de s'inscrire dans de grandes écoles et d’y passer les examens (Sciences-Po, HEC, ESSEC entre autres.) Étonnez-vous que de plus en plus de gouvernements africains francophones veuillent passer à l'anglais. Au train où vont les choses, ("l'anglais ne doit pas être une langue étrangère en France", Claude Allègre) l'affirmation qu'en 2050 il y aura 800 millions (ou même revu à la baisse dans certaines annonces récentes) de francophones dont 80 % en Afrique est un déni de réalité hypocrite et un mensonge d'État. En 2050, à l'instar du Rwanda l'anglais aura remplacé le français dans la plupart des pays de l'espace francophone. Et, dommage collatéral, les Chinois - le seul pays ou l'apprentissage du français se développe - auront constaté qu'il n'est pas nécessaire de connaître le français pour commercer avec l'Afrique francophone pas davantage pour étudier en France. Remarque subsidiaire ; il serait bon pour nos relations économiques avec la Chine de développer et d'encourager l'étude du chinois (ainsi que de l'arabe, l'espagnol, le russe, le portugais et l'allemand ) comme choix de première langue au lycée et de profiter de la jeune génération sino-française à cette fin. Sait-on qu’aujourd'hui l'éducation nationale salarie des enseignants français pour donner des cours d’anglais dans certains pays comme le Cambodge ( !), les pays du Golfe… Sait-on que la politique linguistique des États-Unis et de la Grande-Bretagne est caractérisée par une volonté d'éradiquer la langue française. Un laboratoire de cette politique se trouve en Haïti. Les États-Unis y promeuvent le créole comme unique langue nationale tout en développant, grâce à leur O.N.G. éducatives, des cours d’anglais gratuits dans toutes les écoles et également aidés en cela par une politique d'ouverture à l'accueil des étudiants haïtiens aux États-Unis. Avez-vous oublié que sous la présidence Bush junior la France, sa langue, ses produits ont été punis pour s'être opposés à l'invasion de l'Irak Il est amusant de voir que plusieurs films américains de cette époque faisaient jouer le rôle de méchants aux Français. Les Français avaient remplacé les soviétiques dans le cinéma hollywoodien. La réalité de l'action des gouvernements français est de tout faire pour que le français soit considéré comme une langue inutile. Une grande partie de notre élite politique et économique a fait sienne le dogme de Madame Thatcher : "au XXIe siècle, la puissance dominante c'est l'Amérique, la langue dominante c'est l'anglais, le modèle économique c'est le capitalisme anglo-saxon" Seule une volonté mercantile mobilise leurs pensées : faire payer les étudiants étrangers pour faire leurs études et passer leur diplôme en anglais afin de renflouer les caisses des grandes écoles et de l'éducation nationale comme cela est le cas dans les pays anglophones. Mais ceci est également un leurre. Économiquement cela est suicidaire. Culturellement c’est criminel. Politiquement c'est une forfaiture. Et vis-à-vis de "ceux qui ont le français en partage" c'est une trahison. Alors cessez de nous mentir. Défendons la diversité linguistique, culturelle. Restaurons la place du français dans le monde pour conserver une autre façon de penser. Le français en partage est l’une des dernières richesse universelle et une valeur morale qui reste encore à la grande nation française. N'oublions pas ce qu'écrivait Kateb Yacine lorsqu'on lui reprochait d'écrire en français : "la langue française est notre butin de guerre". N'oublions pas que nous avons colonisé des peuples en leur imposant le français. Aujourd'hui qu'ils ont fait leur cette langue tout en l’enrichissant, une langue qui, pour beaucoup, est encore la langue des droits de l'homme et de la liberté, les condamner à l'anglais c'est un coup de poignard dans le dos. Peut-être est-ce aussi la revanche de l'histoire ; les anciens colons à leur tour colonisés (et de plus volontairement) Non, nous méritons mieux. Nous avons aussi un devoir de reconnaissance envers les artistes, scientifiques, écrivains, cinéastes étrangers qui ont choisi le français et la République française pour leurs créations. Demain, de par notre renoncement nous nous priverons de cet apport original et vital. Quant à nos cousins du Québec, de Belgique, de Suisse et nos amis africains ils sont désespérés à l'idée que le Parlement français puisse avaliser le projet de loi défendu par la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Après la signature à venir de l'accord de libre-échange entre les États-Unis et l'Europe, par lequel l'exception culturelle sera "rabotée" et le monopole de la langue impériale (déjà accepté dans l'administration européenne) sera légalement établi, que deviendra la France lorsque sa langue ne sera plus qu’une langue régionale ? Il est évident que ce projet de loi ne serait pas aussi dangereux si l'ensemble de la politique de la France vis-à-vis de sa langue était affirmatif, vigoureux, ambitieux, généreux, riche. Hélas aujourd'hui c'est la débandade, une variante plus douce (soft !) de "l'étrange défaite" de 1940. Et les voix qui nous parviennent de Londres, c'est plutôt "bizness as usal." Ne nous trompons pas ; les fossoyeurs de notre langue ce ne sont pas les Anglais mais bien certains français. Désindustrialisation et acculturation… "Plus dure sera la chute" ("The harder they tall )**, à moins que… * sur ce point donnons crédit au gouvernement actuel de vouloir changer les choses. ** film américain de Mark Robson (1956) N.B. Affirmer que la réussite commerciale ou industrielle soit conditionnée par la maîtrise de l'anglais c'est aussi une contrevérité. Un produit de qualité peut se vendre même, c'est un exemple, en albanais-(assisté d'un bon interprète- traducteur)-et on trouve encore des albanais pratiquants fort bien le français. P.S. 21 avril 2013, inauguration de l'exposition "naissance d'un musée" au Louvre d’Abu-Dhabi, en présence de Mme Fillipetti, des anciens et nouveaux directeurs du Louvre ; les panneaux, les inscriptions, les titres sont en deux langues : l'arabe et l'anglais ! Un pays qui n'aime pas sa langue ne saurait donner l'envie de l’apprendre à des étrangers. Claude Weisz retour haut de page Lettre ouverte à M. François Hollande, Président de la République française. de Claude Weisz, cinéaste, fils d'émigrés non francophones, pupille de la Nation, dont le père, résistant, est "mort pour la France" en 1942, dans les locaux de la Préfecture de police de Paris, sous les tortures infligées par des fonctionnaires français des renseignements généraux. Citoyen français, je me permets de me présenter ainsi car l’héritage que j'ai reçu de mon père est l'esprit de résistance. Monsieur le Président. Les pages qui suivent rédigées en état d'indignation, expriment les raisons qui m'amènent à vous demander de mettre fin à la politique de renoncement à la souveraineté linguistique de la langue française. Je demande aux législateurs, les représentants du peuple, de prendre le temps de réfléchir aux conséquences désastreuses qu'entraînerait l'adoption du paragraphe 2 du projet de loi sur l'enseignement supérieur. Il est nécessaire d'apprendre des langues étrangères, dont l'anglais. Donner quelques cours en anglais (Wall Street English !) est admissible mais le projet de loi présenté par Madame Fioraso, qu’elle assure être limité à 1 % des cours, est un leurre. Ce 1 % c'est le cheval de Troie du groupe de pression (le "lobby") des directions de Sciences-Po, HEC, l'ESSEC et d’autres, qui pratiquent déjà le tout anglais - en contrevenant à la loi Toubon - qui voit dans l'adoption de cette loi la régularisation de leur pratique illégale. C'est un choix politique majeur. Un choix de culture. Un choix de géopolitique. Un choix idéologique. Un choix historique. Le français en partage est l’une des dernières richesse universelle et une valeur morale qui reste encore à la grande nation française. N'oublions pas ce qu'écrivait Kateb Yacine lorsqu'on lui reprochait d'écrire en français : "la langue française est notre butin de guerre". N'oublions pas que nous avons colonisé des peuples en leur imposant le français. Aujourd'hui ils ont fait leur cette langue tout en l’enrichissant, une langue qui, pour beaucoup est encore la langue des droits de l'homme et de la liberté, les condamner à l'anglais c'est un coup de poignard dans le dos. Peut-être est-ce aussi la revanche de l'histoire ; les anciens colons à leur tour colonisés (et de plus volontairement) Non, nous méritons mieux. Il est évident que ce projet de loi ne serait pas aussi dangereux si l'ensemble de la politique de la France vis-à-vis de sa langue était affirmatif, vigoureux, ambitieux, généreux, riche. Mais force est de constater que ce n'est pas le cas, à quelques petites exceptions près. Nous sommes dans une politique de repli et d'acceptation de la défaite. Je souhaite, monsieur le président, que vous soyez fidèle à la réponse que vous me donniez lors des élections présidentielles. Je vous remercie, Monsieur le président, très profondément de la peine que vous vous donnerez à lire ces quelques pages, en espérant que vous aurez à cœur, comme vous l'avez souvent proclamé, d’agir pour que ce bien public qui appartient à tous les locuteurs francophones demeure et se développe comme langue solidaire et nécessaire. C'est la France qui a naturellement pour mission de sauvegarder la langue française et d'en promouvoir l'usage. Veuillez trouver ici, Monsieur le président de la république, cher François Hollande, l'expression de ma haute considération 13 mai 2013 Copie à Mmes et MM. Jean-Marc Ayrault, Laurent Fabius, Aurélie Fillipetti, Yasmina Benguigui, Vincent Peillon, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Najat Vallaud-Belkacem, Nicole Bricq. Claude Weisz retour haut de page
Projet de loi Fioraso (suite 4)
TV5Monde : "French university" par Pascal Priestley (17/5) voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". Intervention de Jacques Myard lors de la séance des questions au Gouvernement et la réponse de Mme Fioraso (15/5)
Assemblée Nationale - Première séance du mercredi 15 mai 2013 Défense de la langue française M. le président. La parole est à M. Jacques Myard, pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire.
M. Jacques Myard. Bernard Cazeneuve, je ne sais pas si l’opposition sort de l’œuf mais le Gouvernement a fait une sacrée omelette ! (Applaudissements et rires sur les bancs des groupes UMP et UDI.) M. Jean Glavany. On parle français dans l’hémicycle ! M. Jacques Myard. …au moment où la Commission bafoue le plurilinguisme de l’Europe et privilégie de manière outrancière l’anglais, la science française a-t-elle encore le droit de s’exprimer dans la langue de Molière, de Victor Hugo… Un député du groupe SRC. De Myard ! M. Jacques Myard. …de Frédéric Joliot-Curie, de Louis Leprince-Ringuet, de Charles de Gaulle ou de François Mitterrand, ou doit-elle s’excuser d’exister ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UMP et UDI.) À l’évidence, on se doit de se poser la question puisque vous allez proposer de reléguer notre langue en seconde division, en lui ôtant son statut de langue universitaire exclusive au profit du globish. Il faut apprendre des langues étrangères, mais le globish n’est pas une explication du monde. Vous oubliez que les ingénieurs que nous formons aujourd’hui travailleront encore dans vingt à quarante ans et que le "tout anglais" d’aujourd’hui est une faute stratégique, une vision erronée et obsolète à terme du monde qui va à marche forcée vers un plurilinguisme qui va relativiser très largement l’anglais (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UMP et UDI.) Rappelez-vous Hamlet : "Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, Horatio, qu’il n’en est rêvé dans votre philosophie." Croyez-vous vraiment attirer des étudiants non francophones ? Vous vous trompez : ils préféreront toujours l’original aux singeries. En définitive, nous n’aurons gagné que le mépris des autres, que le statut du vassal et de l’esclave. Une langue, ce n’est pas seulement un moyen pour vendre des cacahuètes, c’est une pensée, une structure mentale, et le français demeure plus que jamais une langue de sciences ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et UDI.) M. le président. La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mme Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur le député Jacques Myard, c’est en français que je m’adresserai à vous pour vous parler du projet de loi. Que dit le texte auquel vous faites allusion – si vous l’avez lu ? (Protestations sur les bancs des groupes UMP et UDI.) Il dit que la langue de référence de l’enseignement supérieur et de la recherche est le français. (Exclamations sur les bancs des groupes UMP et UDI.) L’article 2 dispose simplement que les dérogations qui sont déjà prévues par la loi Toubon peuvent être élargies en étant très encadrées pour accueillir les étudiants de pays émergents, tels que la Corée, l’Inde, le Brésil, dans les matières scientifiques, économiques et techniques, qui ne viennent pas en France à cause de l’obstacle du langage. M. Maurice Leroy. Qu’en pense la ministre de la francophonie ? Mme Geneviève Fioraso, ministre. Cette loi sera d’autant plus encadrée… M. Christian Jacob. Ce n’est pas encore la loi ! Mme Geneviève Fioraso, ministre. …qu’un accord est intervenu hier, en commission, entre partisans et opposants préalables à cette dérogation. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.) Nous avons décidé de l’encadrer encore plus en prévoyant une formation obligatoire au français pour ces étudiants, et elle sera prise en compte pour l’obtention de leur diplôme. M. Dino Cinieri. Cela ne servira à rien ! Mme Geneviève Fioraso, ministre. Aujourd’hui, il y a 790 formations en langues étrangères, plutôt en anglais. Elles existaient jusqu’à présent dans les écoles pour les enfants privilégiés. Cela ne faisait hurler personne. Aujourd’hui, nous voulons élargir cette possibilité et les introduire à l’université pour tous les jeunes, notamment ceux qui sont issus des milieux modestes, qui n’ont pas voyagé, qui ne parle ni l’anglais ni l’allemand. M. Daniel Fasquelle. N’importe quoi ! Mme Geneviève Fioraso, ministre. Monsieur Myard, la France francophone, c’est la France qui s’ouvre au monde, au Maghreb avec Yamina Benguigui, à l’Afrique francophone que nous accueillons volontiers. (Exclamations sur les bancs des groupes UMP et UDI.) En conclusion et en français : beaucoup de bruit pour rien, pour reprendre ce titre de Shakespeare. Le commentaire de Claude Weisz 15 mai-Assemblée nationale ; c'est avec aplomb et péremptoirement que Mme Fioraso répond à une question posée par le député Jacques Myard. Sans être malpoli je dirais qu'elle continue à nous vendre son plat de lentilles. En supposant qu’elle aie raison, nous accueillerons quelques milliers d'étudiants étrangers en plus, mais en 2050 tous les pays francophones d'Afrique seront passés à l'anglais ainsi que la soixantaine de chefs d'État, ministres, chefs de délégation qui s'expriment en français à l'ONU. C'est ainsi que le rêve de nos gouvernements modernes sera réalisé : la France sera reléguée au niveau international du Danemark. Mais après tout, les Danois sont parfaitement anglophones, les touristes rendent visite à la petite sirène et leur niveau de vie est supérieur à celui des Français. Un plat de lentilles, ma foi, (surtout du Puy en Velay), c'est très bon. Merci Madame. (on pourrait aussi signaler que le tout en américano-anglais permettra aux présidents et directeurs des grandes écoles de rattraper le niveau de salaire de leurs collègues américains. D'autant plus que suite au scandale des émoluments généreux de feu Richard Descoings, l'État a décidé de réduire un peu leur train de vie.) Claude Weisz
Projet de loi Fioraso (suite 4)
TV5Monde : "French university" par Pascal Priestley (17/5) voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". Intervention de Jacques Myard lors de la séance des questions au Gouvernement et la réponse de Mme Fioraso (15/5)
Assemblée Nationale - Première séance du mercredi 15 mai 2013 Défense de la langue française M. le président. La parole est à M. Jacques Myard, pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire.
M. Jacques Myard. Bernard Cazeneuve, je ne sais pas si l’opposition sort de l’œuf mais le Gouvernement a fait une sacrée omelette ! (Applaudissements et rires sur les bancs des groupes UMP et UDI.) M. Jean Glavany. On parle français dans l’hémicycle ! M. Jacques Myard. …au moment où la Commission bafoue le plurilinguisme de l’Europe et privilégie de manière outrancière l’anglais, la science française a-t-elle encore le droit de s’exprimer dans la langue de Molière, de Victor Hugo… Un député du groupe SRC. De Myard ! M. Jacques Myard. …de Frédéric Joliot-Curie, de Louis Leprince-Ringuet, de Charles de Gaulle ou de François Mitterrand, ou doit-elle s’excuser d’exister ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UMP et UDI.) À l’évidence, on se doit de se poser la question puisque vous allez proposer de reléguer notre langue en seconde division, en lui ôtant son statut de langue universitaire exclusive au profit du globish. Il faut apprendre des langues étrangères, mais le globish n’est pas une explication du monde. Vous oubliez que les ingénieurs que nous formons aujourd’hui travailleront encore dans vingt à quarante ans et que le "tout anglais" d’aujourd’hui est une faute stratégique, une vision erronée et obsolète à terme du monde qui va à marche forcée vers un plurilinguisme qui va relativiser très largement l’anglais (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UMP et UDI.) Rappelez-vous Hamlet : "Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, Horatio, qu’il n’en est rêvé dans votre philosophie." Croyez-vous vraiment attirer des étudiants non francophones ? Vous vous trompez : ils préféreront toujours l’original aux singeries. En définitive, nous n’aurons gagné que le mépris des autres, que le statut du vassal et de l’esclave. Une langue, ce n’est pas seulement un moyen pour vendre des cacahuètes, c’est une pensée, une structure mentale, et le français demeure plus que jamais une langue de sciences ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et UDI.) M. le président. La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Mme Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur le député Jacques Myard, c’est en français que je m’adresserai à vous pour vous parler du projet de loi. Que dit le texte auquel vous faites allusion – si vous l’avez lu ? (Protestations sur les bancs des groupes UMP et UDI.) Il dit que la langue de référence de l’enseignement supérieur et de la recherche est le français. (Exclamations sur les bancs des groupes UMP et UDI.) L’article 2 dispose simplement que les dérogations qui sont déjà prévues par la loi Toubon peuvent être élargies en étant très encadrées pour accueillir les étudiants de pays émergents, tels que la Corée, l’Inde, le Brésil, dans les matières scientifiques, économiques et techniques, qui ne viennent pas en France à cause de l’obstacle du langage. M. Maurice Leroy. Qu’en pense la ministre de la francophonie ? Mme Geneviève Fioraso, ministre. Cette loi sera d’autant plus encadrée… M. Christian Jacob. Ce n’est pas encore la loi ! Mme Geneviève Fioraso, ministre. …qu’un accord est intervenu hier, en commission, entre partisans et opposants préalables à cette dérogation. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.) Nous avons décidé de l’encadrer encore plus en prévoyant une formation obligatoire au français pour ces étudiants, et elle sera prise en compte pour l’obtention de leur diplôme. M. Dino Cinieri. Cela ne servira à rien ! Mme Geneviève Fioraso, ministre. Aujourd’hui, il y a 790 formations en langues étrangères, plutôt en anglais. Elles existaient jusqu’à présent dans les écoles pour les enfants privilégiés. Cela ne faisait hurler personne. Aujourd’hui, nous voulons élargir cette possibilité et les introduire à l’université pour tous les jeunes, notamment ceux qui sont issus des milieux modestes, qui n’ont pas voyagé, qui ne parle ni l’anglais ni l’allemand. M. Daniel Fasquelle. N’importe quoi ! Mme Geneviève Fioraso, ministre. Monsieur Myard, la France francophone, c’est la France qui s’ouvre au monde, au Maghreb avec Yamina Benguigui, à l’Afrique francophone que nous accueillons volontiers. (Exclamations sur les bancs des groupes UMP et UDI.) En conclusion et en français : beaucoup de bruit pour rien, pour reprendre ce titre de Shakespeare. Le commentaire de Claude Weisz 15 mai-Assemblée nationale ; c'est avec aplomb et péremptoirement que Mme Fioraso répond à une question posée par le député Jacques Myard. Sans être malpoli je dirais qu'elle continue à nous vendre son plat de lentilles. En supposant qu’elle aie raison, nous accueillerons quelques milliers d'étudiants étrangers en plus, mais en 2050 tous les pays francophones d'Afrique seront passés à l'anglais ainsi que la soixantaine de chefs d'État, ministres, chefs de délégation qui s'expriment en français à l'ONU. C'est ainsi que le rêve de nos gouvernements modernes sera réalisé : la France sera reléguée au niveau international du Danemark. Mais après tout, les Danois sont parfaitement anglophones, les touristes rendent visite à la petite sirène et leur niveau de vie est supérieur à celui des Français. Un plat de lentilles, ma foi, (surtout du Puy en Velay), c'est très bon. Merci Madame. (on pourrait aussi signaler que le tout en américano-anglais permettra aux présidents et directeurs des grandes écoles de rattraper le niveau de salaire de leurs collègues américains. D'autant plus que suite au scandale des émoluments généreux de feu Richard Descoings, l'État a décidé de réduire un peu leur train de vie.) Claude Weisz
Projet de loi Fioraso (suite 3)
France 2 : Entretien avec Claude Hagège au sujet du projet Fioraso (15/5) voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". Suite du débat concernant le projet de loi Fioraso tendant à autoriser l'enseignement en anglais dans les universités et grandes écoles.
Bernard Pivot, journaliste et écrivain : "Cette loi est lourde d’orages et de défaites" Fortement opposé à l’introduction de cours en anglais à l’université, Bernard Pivot explique la nécessité de continuer à promouvoir le français dans le monde. La Croix : L’anglais comme langue d’enseignement dans les facs françaises, cela vous scandalise-t-il ? Bernard Pivot : Oui, tout à fait, car je crois, comme Michel Serres, que si nous laissons l’anglais s’introduire dans nos universités, si nous le laissons, seul, dire la science et le monde moderne, alors le français se mutilera et s’appauvrira. Il deviendra une langue banale, ou pire, une langue morte. En donnant la possibilité d’enseigner en anglais, la ministre prétend attirer des étudiants étrangers et faire remonter la France dans les classements anglo-saxons. Mais c’est un leurre. Les meilleurs choisiront toujours d’aller dans les plus grandes facs américaines et anglaises, tandis que le français, lui, sera bel et bien mis en péril. N’y a-t-il pas, derrière ce débat, une querelle entre "anciens" et "modernes" ? B. P. : Peut-être que certains, parmi les plus jeunes, sont moins attachés que nous au français… Mais je crois que le problème est plus grave. Il est que nos dirigeants ne sont plus des lettrés, ni des amoureux du français, comme ils l’ont été autrefois. Je pense au général de Gaulle, bien sûr, à Georges Pompidou, mais aussi à François Mitterrand. Ces hommes étaient de grands lecteurs, des amoureux de la langue, et même des écrivains capables d’écrire de beaux livres… Ils n’auraient jamais laissé passer une telle loi. Mais le français peut-il réellement résister à l’anglais ? B. P. : La question ne se pose pas en ces termes. Que l’anglais soit la langue dominante dans le monde actuel, c’est logique. Dans l’histoire, à chaque fois qu’une nation a dominé par son armée, son économie, ses savants, elle a imposé sa langue. Ce fut le cas de la France sous Louis XIV. Il ne s’agit donc pas de jalouser la position de l’anglais. Mais il ne faut pas non plus se résigner ni se coucher devant lui. À côté, le français doit continuer de jouer sa partition. Pourquoi est-il si important, selon vous, de défendre le français ? B. P. : D’abord, je n’aime pas ce terme "défendre". Il me semble d’emblée pessimiste. Le français, il faut l’illustrer, le promouvoir, le faire vivre. Car c’est la langue qui nous a constitués, qui nous a formés, qui coule de notre bouche et dans nos veines. Même si l’on parle plusieurs langues, je suis convaincu que notre dernier mot, au moment de notre mort, sera français. Car celui-ci est inscrit dans notre âme, au plus profond de nous. La langue est ce qui constitue, aussi, une nation. C’est parce que nous avons en commun ce trésor des mots que nous nous comprenons, que nous écrivons. Les mots sont notre richesse et marquent aussi notre diversité. C’est formidable d’avoir parmi nos grands écrivains des Antillais ou des Africains. Cette loi envoie d’ailleurs un très mauvais signal à tous ceux qui luttent, dans le monde, au sein des instituts français, pour faire vivre notre langue. Peut-être certains ne voient-ils pas le péril qui s’annonce. Moi, je sens au contraire que cette loi est lourde d’orages et de défaites. Recueilli par Flore Thomasset Projet de loi Fioraso (suite 3)
France 2 : Entretien avec Claude Hagège au sujet du projet Fioraso (15/5) voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". Suite du débat concernant le projet de loi Fioraso tendant à autoriser l'enseignement en anglais dans les universités et grandes écoles.
Bernard Pivot, journaliste et écrivain : "Cette loi est lourde d’orages et de défaites" Fortement opposé à l’introduction de cours en anglais à l’université, Bernard Pivot explique la nécessité de continuer à promouvoir le français dans le monde. La Croix : L’anglais comme langue d’enseignement dans les facs françaises, cela vous scandalise-t-il ? Bernard Pivot : Oui, tout à fait, car je crois, comme Michel Serres, que si nous laissons l’anglais s’introduire dans nos universités, si nous le laissons, seul, dire la science et le monde moderne, alors le français se mutilera et s’appauvrira. Il deviendra une langue banale, ou pire, une langue morte. En donnant la possibilité d’enseigner en anglais, la ministre prétend attirer des étudiants étrangers et faire remonter la France dans les classements anglo-saxons. Mais c’est un leurre. Les meilleurs choisiront toujours d’aller dans les plus grandes facs américaines et anglaises, tandis que le français, lui, sera bel et bien mis en péril. N’y a-t-il pas, derrière ce débat, une querelle entre "anciens" et "modernes" ? B. P. : Peut-être que certains, parmi les plus jeunes, sont moins attachés que nous au français… Mais je crois que le problème est plus grave. Il est que nos dirigeants ne sont plus des lettrés, ni des amoureux du français, comme ils l’ont été autrefois. Je pense au général de Gaulle, bien sûr, à Georges Pompidou, mais aussi à François Mitterrand. Ces hommes étaient de grands lecteurs, des amoureux de la langue, et même des écrivains capables d’écrire de beaux livres… Ils n’auraient jamais laissé passer une telle loi. Mais le français peut-il réellement résister à l’anglais ? B. P. : La question ne se pose pas en ces termes. Que l’anglais soit la langue dominante dans le monde actuel, c’est logique. Dans l’histoire, à chaque fois qu’une nation a dominé par son armée, son économie, ses savants, elle a imposé sa langue. Ce fut le cas de la France sous Louis XIV. Il ne s’agit donc pas de jalouser la position de l’anglais. Mais il ne faut pas non plus se résigner ni se coucher devant lui. À côté, le français doit continuer de jouer sa partition. Pourquoi est-il si important, selon vous, de défendre le français ? B. P. : D’abord, je n’aime pas ce terme "défendre". Il me semble d’emblée pessimiste. Le français, il faut l’illustrer, le promouvoir, le faire vivre. Car c’est la langue qui nous a constitués, qui nous a formés, qui coule de notre bouche et dans nos veines. Même si l’on parle plusieurs langues, je suis convaincu que notre dernier mot, au moment de notre mort, sera français. Car celui-ci est inscrit dans notre âme, au plus profond de nous. La langue est ce qui constitue, aussi, une nation. C’est parce que nous avons en commun ce trésor des mots que nous nous comprenons, que nous écrivons. Les mots sont notre richesse et marquent aussi notre diversité. C’est formidable d’avoir parmi nos grands écrivains des Antillais ou des Africains. Cette loi envoie d’ailleurs un très mauvais signal à tous ceux qui luttent, dans le monde, au sein des instituts français, pour faire vivre notre langue. Peut-être certains ne voient-ils pas le péril qui s’annonce. Moi, je sens au contraire que cette loi est lourde d’orages et de défaites. Recueilli par Flore Thomasset
Nouvelles de mai 2013
TV5 Monde : Le français "une langue de travail" au Brésil (8/5) (lien) The Festival of Cannes is open Tous les ans avec servilité, les médias français se prosternent devant de pauvres "stars" états-uniennes lors d'un festival présidé une fois sur deux par un acteur ou réalisateur états-unien... (et vive la diversité culturelle...)
La ville de Cannes pendant ce temps matraque sur les murs parisiens (et autres ?) une campagne "in ingliche" pour bien montrer sa soumission à ses maîtres.
Cannes-la-servile avec ses inoubliables slogans : "The world come to Cannes. What about you ?"
Nouvelles de mai 2013
TV5 Monde : Le français "une langue de travail" au Brésil (8/5) (lien) The Festival of Cannes is open Tous les ans avec servilité, les médias français se prosternent devant de pauvres "stars" états-uniennes lors d'un festival présidé une fois sur deux par un acteur ou réalisateur états-unien... (et vive la diversité culturelle...)
La ville de Cannes pendant ce temps matraque sur les murs parisiens (et autres ?) une campagne "in ingliche" pour bien montrer sa soumission à ses maîtres.
Cannes-la-servile avec ses inoubliables slogans : "The world come to Cannes. What about you ?"
Pouria Amirshahi : Une gifle à la langue française Nous reproduisons ici la tribune de Pouria Amirshahi, député PS publiée dans Marianne du 11 mai 2013. Lire également plus bas son amendement, signé par 39 députés socialistes, qui demande la suppression de l'article 2 du projet de loi Fioraso Autoriser l'enseignement universitaire tout en anglais, comme le propose le projet de loi de Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur, c'est porter un nouveau coup à la francophonie par Pouria Amirshahi (Député PS de la 9e circonscription des Français de l'étranger) Qu'il est loin, ce 16 octobre 1993, quand François Mitterrand - au Sommet de la francophonie - s'opposait explicitement au président Clinton en lui reprochant de vouloir "imposer une façon de penser, de s'exprimer au reste du monde". Dire que, vingt-cinq ans plus tard, les élites françaises sont de plus en plus nombreuses à construire elles-mêmes cette horrifiante uniformisation du monde, sans que personne ne l'exige. C'est sans doute pour moi, en tant que francophone, la pire des humiliations. J'ai encore en tête les mots de Valérie Pécresse, en 2008, qui déclarait à la suite de Jean-François Copé, vouloir "briser le tabou de l'anglais" et prétendait en faire une seconde langue maternelle. Après plus de deux décennies de renoncements, de remises en cause insidieuses - décennies marquées par l'extension de la pensée hégémonique néolibérale anglo-saxonne -, le projet de loi de la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, en son article 2, porte un signal terrible, comme une gifle à la langue française qui unit tant de peuples sur les cinq continents. De quoi s'agit-il ? D'étendre le champ des exceptions faites à la loi Toubon en autorisant l'enseignement universitaire tout en anglais. Tout. J'insiste sur ce point, car la confusion est trop souvent entretenue dans un élan de mauvaise foi : il ne s'agit pas d'enseigner "la" langue anglaise, mais de tout enseigner "en" langue anglaise. Pour un Erasmus francophone Cette entorse existe de fait déjà dans certaines grandes écoles. Doit-on vraiment la généraliser ? Faut-il vraiment l'encourager ? A HEC, par exemple, l'enseignement de l'économie se fait en anglais. Les élites françaises de demain sont donc formées-je n'ose dire formatées - par la pensée économique anglo-saxonne ultralibérale. Pour dire les choses brutalement, elles passent définitivement ainsi sous "tutelle intellectuelle". Pour cette seule raison, l'indigestion se fait déjà sentir en moi avant même qu'on n'ait tenté de me faire avaler la couleuvre. Mais s'en tenu : à la thèse de la "langue-idéologie" serait de courte vue, et même sans doute dangereux. En effet, le français ne véhicule pas en soi le colonialisme, l'allemand ne véhicule pas intrinsèquement le totalitarisme, l'arabe ne stipule pas l'inégalité de genre, le persan est très compatible avec l'amour du vin, etc. L'anglais véhicule donc aussi une part de la belle œuvre humaine. Et reconnaissons que c'est une langue utile à l'humanité du moment parce que ses rudiments sont mieux partagés. Il y en a eu d'autres, espérons qu'il y en aura d'autres. Tant qu'il n'y en a n'a pas qu'une... Il faut donc répondre à tous les arguments. "Faisons venir des étudiants des pays émergents, comme le Brésil, la Turquie ou la Chine." Soit. Nous en formons déjà des centaines de milliers en français dans le monde. A quoi : bon dépenser tout cet argent si c'est pour les faire venir étudier en anglais ? Surtout, comment penser que nous serons la destination de premier choix des étudiants avec une telle loi ? Les universités états-uniennes ou britanniques continueront d'être préférées à nos universités devenues anglophones Qui d'ailleurs ne le deviendront jamais tout à fait. Car en réalité et contrairement à un autre argument entendu, le passage à l'anglais fera baisser le niveau de notre enseignement supérieur car nous n'aurons pas les enseignants parfaitement à l'aise avec l'anglais. A moins de décider de recruter des enseignants anglophones... On ne sait pas s'il faut rire ou pleurer de l'argument selon lequel "des cours en anglais amènent au français"... Surtout quand on observe, à l'expérience, ces nombreux étudiants étrangers qui traversent un "tunnel anglophone" et qui repartent sans avoir appris la langue française ! Pensons aussi qu'un des seuls critères de "vente s de cours de français destinés à des universitaires à l'étranger est de pouvoir leur fournir un instrument pour leur cursus en France. Si les cours sont dispensés en anglais en France, alors nous verrons l'influence de la langue française chuter, jusqu'à s'éteindre peu à peu. L'enseignement supérieur en France dispose déjà d'atouts considérables. Valorisons-les plutôt que de battre notre coulpe : le coût de l'enseignement, l'intérêt culturel, la valeur des diplômes français sur le marché local, mais aussi les immenses débouchés que représentent les marchés du travail de l'espace francophone, en Amérique du Nord, en Afrique et en Europe, sont autant de ressources pour le rayonnement universitaire de la France. Car il existe aussi une francophonie économique, tournée vers le développement et le partage de la valeur ajoutée entre le Nord et le Sud, entre le Sud et le Sud aussi d'ailleurs. Pourquoi négliger autant cette potentialité au moment même où chacun observe une Afrique renaissante avec un taux de croissance à deux chiffres ? Car il est aussi des conséquences politiques, géopolitiques majeures à de petits renoncements : veut-on passer à côté des bouleversements en cours en Afrique maghrébine et subsaharienne ? Regretter que cette "Afrique de 600 millions de francophones" n'ait été qu'un train raté ? Un de plus ! Quel terrible signal donné à nos cousins québécois, africains et belges qui revendiquent, chérissent, cultivent notre langue commune au moment même où se joue sa place, parfois face à des sectaires éradicateurs. Et si nous donnions plutôt à la francophonie les outils dont elle manque cruellement ? Par exemple, un Erasmus francophone. Par exemple, un passeport économique et culturel de la francophonie, traduction matérielle d'une appartenance commune, qui offrirait notamment aux artistes, étudiants, chercheurs et chefs d'entreprise francophones de nombreuses possibilités de mobilité. Par exemple, un portail numérique de la recherche francophone internationale digne de ce nom, qui donne vraiment les moyens à l'Agence universitaire de la francophonie d'exister plutôt que de se débrouiller. Par exemple. Et si nous avions un peu d'ambition ? Pouria Amirshahi voir également le site de Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi est l'auteur d'un amendement, signé par 39 députés du groupe Socialiste, républicain et citoyen, demandant la suppression de l'article 2 du projet de loi Fioraso qui autorise l'enseignement en anglais dans l'enseignement dans l'enseignement supérieur. Amendement présenté par M. Pouria Amirshahi signé par Christian Assaf, Jean-Paul Bacquet, Christian Bataille, Philippe Baumel, Nicolas Bays, Jean-Pierre Blazy, Seybah Dagoma, Yves Daniel, Michèle Delaunay, Sébastien Denaja, Jean-Pierre Dufau, Hervé Féron, Michèle Fournier-Armand, Yann Galut, Jean-Patrick Gille, Daniel Goldberg, Pascale Got, Jérôme Guedj, Edith Gueugneau, Chantal Guittet, David Habib, Joëlle Huillier, Françoise Imbert, Michel Issindou, Régis Juanico, Laurent Kalinowski, Pierre-Yves Le Borgn’, Annie Le Houérou, Arnaud Leroy, Bernard Lesterlin, François Loncle, Jean-Philippe Mallé, Michel Ménard, Patrick Mennucci, Kléber Mesquida, Suzanne Tallard, Pascal Terrasse, Jean-Michel Villaumé et Paola Zanetti Article 2 Supprimer cet article. Exposé sommaire Cet article est un recul par rapport à la loi Toubon de 1994 relative à ['emploi de la langue française qui spécifie : "la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français" et réaffirmant que ia langue de la République est le français, en vertu de l'article 2 de ia Constitution. Cette loi prévoit déjà des exceptions pour "les écoles étrangères ou spécialement ouvertes pour accueillir des élèves de nationalité étrangère, ainsi que les établissements dispensant un enseignement à caractère international" (art. 11). Dès lors, cet article n'a pas d'utilité, il convient en revanche de faire respecter la loi plutôt que de légaliser les pratiques délictueuses de certains établissements. En posant l'anglais comme condition de l'attractivité de nos universités, nous courons le risque de marginaliser les étudiants francophones et ceux souhaitant apprendre notre langue. Pourtant, notre pays se classe au quatrième rang mondial des pays accueillant des étudiants étrangers et la connaissance de la langue française est la première raison mise en avant. Surtout, l'enseignement "tout en anglais" n'est pas nécessaire pour attirer des étudiants des pays émergents qui comptent, en leur sein, suffisamment de jeunes diplômés francophones ou désireux de le devenir. Enfin, à l'heure où la recherche francophone, toutes disciplines confondues, est de plus en plus marginalisée sous la pression des revues anglophones, notre engagement pour la diversité culturelle et linguistique ne saurait avantager plus encore la langue anglaise - qui n'en a guère besoin - dans notre système d'enseignement supérieur et de recherche. C'est pourquoi ia suppression de l'article 2 est proposée. Pouria Amirshahi : Une gifle à la langue française Nous reproduisons ici la tribune de Pouria Amirshahi, député PS publiée dans Marianne du 11 mai 2013. Lire également plus bas son amendement, signé par 39 députés socialistes, qui demande la suppression de l'article 2 du projet de loi Fioraso Autoriser l'enseignement universitaire tout en anglais, comme le propose le projet de loi de Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur, c'est porter un nouveau coup à la francophonie par Pouria Amirshahi (Député PS de la 9e circonscription des Français de l'étranger) Qu'il est loin, ce 16 octobre 1993, quand François Mitterrand - au Sommet de la francophonie - s'opposait explicitement au président Clinton en lui reprochant de vouloir "imposer une façon de penser, de s'exprimer au reste du monde". Dire que, vingt-cinq ans plus tard, les élites françaises sont de plus en plus nombreuses à construire elles-mêmes cette horrifiante uniformisation du monde, sans que personne ne l'exige. C'est sans doute pour moi, en tant que francophone, la pire des humiliations. J'ai encore en tête les mots de Valérie Pécresse, en 2008, qui déclarait à la suite de Jean-François Copé, vouloir "briser le tabou de l'anglais" et prétendait en faire une seconde langue maternelle. Après plus de deux décennies de renoncements, de remises en cause insidieuses - décennies marquées par l'extension de la pensée hégémonique néolibérale anglo-saxonne -, le projet de loi de la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, en son article 2, porte un signal terrible, comme une gifle à la langue française qui unit tant de peuples sur les cinq continents. De quoi s'agit-il ? D'étendre le champ des exceptions faites à la loi Toubon en autorisant l'enseignement universitaire tout en anglais. Tout. J'insiste sur ce point, car la confusion est trop souvent entretenue dans un élan de mauvaise foi : il ne s'agit pas d'enseigner "la" langue anglaise, mais de tout enseigner "en" langue anglaise. Pour un Erasmus francophone Cette entorse existe de fait déjà dans certaines grandes écoles. Doit-on vraiment la généraliser ? Faut-il vraiment l'encourager ? A HEC, par exemple, l'enseignement de l'économie se fait en anglais. Les élites françaises de demain sont donc formées-je n'ose dire formatées - par la pensée économique anglo-saxonne ultralibérale. Pour dire les choses brutalement, elles passent définitivement ainsi sous "tutelle intellectuelle". Pour cette seule raison, l'indigestion se fait déjà sentir en moi avant même qu'on n'ait tenté de me faire avaler la couleuvre. Mais s'en tenu : à la thèse de la "langue-idéologie" serait de courte vue, et même sans doute dangereux. En effet, le français ne véhicule pas en soi le colonialisme, l'allemand ne véhicule pas intrinsèquement le totalitarisme, l'arabe ne stipule pas l'inégalité de genre, le persan est très compatible avec l'amour du vin, etc. L'anglais véhicule donc aussi une part de la belle œuvre humaine. Et reconnaissons que c'est une langue utile à l'humanité du moment parce que ses rudiments sont mieux partagés. Il y en a eu d'autres, espérons qu'il y en aura d'autres. Tant qu'il n'y en a n'a pas qu'une... Il faut donc répondre à tous les arguments. "Faisons venir des étudiants des pays émergents, comme le Brésil, la Turquie ou la Chine." Soit. Nous en formons déjà des centaines de milliers en français dans le monde. A quoi : bon dépenser tout cet argent si c'est pour les faire venir étudier en anglais ? Surtout, comment penser que nous serons la destination de premier choix des étudiants avec une telle loi ? Les universités états-uniennes ou britanniques continueront d'être préférées à nos universités devenues anglophones Qui d'ailleurs ne le deviendront jamais tout à fait. Car en réalité et contrairement à un autre argument entendu, le passage à l'anglais fera baisser le niveau de notre enseignement supérieur car nous n'aurons pas les enseignants parfaitement à l'aise avec l'anglais. A moins de décider de recruter des enseignants anglophones... On ne sait pas s'il faut rire ou pleurer de l'argument selon lequel "des cours en anglais amènent au français"... Surtout quand on observe, à l'expérience, ces nombreux étudiants étrangers qui traversent un "tunnel anglophone" et qui repartent sans avoir appris la langue française ! Pensons aussi qu'un des seuls critères de "vente s de cours de français destinés à des universitaires à l'étranger est de pouvoir leur fournir un instrument pour leur cursus en France. Si les cours sont dispensés en anglais en France, alors nous verrons l'influence de la langue française chuter, jusqu'à s'éteindre peu à peu. L'enseignement supérieur en France dispose déjà d'atouts considérables. Valorisons-les plutôt que de battre notre coulpe : le coût de l'enseignement, l'intérêt culturel, la valeur des diplômes français sur le marché local, mais aussi les immenses débouchés que représentent les marchés du travail de l'espace francophone, en Amérique du Nord, en Afrique et en Europe, sont autant de ressources pour le rayonnement universitaire de la France. Car il existe aussi une francophonie économique, tournée vers le développement et le partage de la valeur ajoutée entre le Nord et le Sud, entre le Sud et le Sud aussi d'ailleurs. Pourquoi négliger autant cette potentialité au moment même où chacun observe une Afrique renaissante avec un taux de croissance à deux chiffres ? Car il est aussi des conséquences politiques, géopolitiques majeures à de petits renoncements : veut-on passer à côté des bouleversements en cours en Afrique maghrébine et subsaharienne ? Regretter que cette "Afrique de 600 millions de francophones" n'ait été qu'un train raté ? Un de plus ! Quel terrible signal donné à nos cousins québécois, africains et belges qui revendiquent, chérissent, cultivent notre langue commune au moment même où se joue sa place, parfois face à des sectaires éradicateurs. Et si nous donnions plutôt à la francophonie les outils dont elle manque cruellement ? Par exemple, un Erasmus francophone. Par exemple, un passeport économique et culturel de la francophonie, traduction matérielle d'une appartenance commune, qui offrirait notamment aux artistes, étudiants, chercheurs et chefs d'entreprise francophones de nombreuses possibilités de mobilité. Par exemple, un portail numérique de la recherche francophone internationale digne de ce nom, qui donne vraiment les moyens à l'Agence universitaire de la francophonie d'exister plutôt que de se débrouiller. Par exemple. Et si nous avions un peu d'ambition ? Pouria Amirshahi voir également le site de Pouria Amirshahi Pouria Amirshahi est l'auteur d'un amendement, signé par 39 députés du groupe Socialiste, républicain et citoyen, demandant la suppression de l'article 2 du projet de loi Fioraso qui autorise l'enseignement en anglais dans l'enseignement dans l'enseignement supérieur. Amendement présenté par M. Pouria Amirshahi signé par Christian Assaf, Jean-Paul Bacquet, Christian Bataille, Philippe Baumel, Nicolas Bays, Jean-Pierre Blazy, Seybah Dagoma, Yves Daniel, Michèle Delaunay, Sébastien Denaja, Jean-Pierre Dufau, Hervé Féron, Michèle Fournier-Armand, Yann Galut, Jean-Patrick Gille, Daniel Goldberg, Pascale Got, Jérôme Guedj, Edith Gueugneau, Chantal Guittet, David Habib, Joëlle Huillier, Françoise Imbert, Michel Issindou, Régis Juanico, Laurent Kalinowski, Pierre-Yves Le Borgn’, Annie Le Houérou, Arnaud Leroy, Bernard Lesterlin, François Loncle, Jean-Philippe Mallé, Michel Ménard, Patrick Mennucci, Kléber Mesquida, Suzanne Tallard, Pascal Terrasse, Jean-Michel Villaumé et Paola Zanetti Article 2 Supprimer cet article. Exposé sommaire Cet article est un recul par rapport à la loi Toubon de 1994 relative à ['emploi de la langue française qui spécifie : "la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français" et réaffirmant que ia langue de la République est le français, en vertu de l'article 2 de ia Constitution. Cette loi prévoit déjà des exceptions pour "les écoles étrangères ou spécialement ouvertes pour accueillir des élèves de nationalité étrangère, ainsi que les établissements dispensant un enseignement à caractère international" (art. 11). Dès lors, cet article n'a pas d'utilité, il convient en revanche de faire respecter la loi plutôt que de légaliser les pratiques délictueuses de certains établissements. En posant l'anglais comme condition de l'attractivité de nos universités, nous courons le risque de marginaliser les étudiants francophones et ceux souhaitant apprendre notre langue. Pourtant, notre pays se classe au quatrième rang mondial des pays accueillant des étudiants étrangers et la connaissance de la langue française est la première raison mise en avant. Surtout, l'enseignement "tout en anglais" n'est pas nécessaire pour attirer des étudiants des pays émergents qui comptent, en leur sein, suffisamment de jeunes diplômés francophones ou désireux de le devenir. Enfin, à l'heure où la recherche francophone, toutes disciplines confondues, est de plus en plus marginalisée sous la pression des revues anglophones, notre engagement pour la diversité culturelle et linguistique ne saurait avantager plus encore la langue anglaise - qui n'en a guère besoin - dans notre système d'enseignement supérieur et de recherche. C'est pourquoi ia suppression de l'article 2 est proposée.
Projet de loi Fioraso (suite 2)
Charente Libre : Pouria Amirshahi en défenseur de la langue française (10/5) Le Monde éducation : Le développement des cours en anglais à l'université déchire le monde académique (9/5) Le point de vue de Guy Dalens : Fioraso de Bavière (lire ci-dessous) voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". Suite du débat concernant le projet de loi Fioraso tendant à autoriser l'enseignement en anglais dans les universités et grandes écoles. France Culture : Réforme de l'enseignement supérieur : le français va-t-il filer à l'anglaise ? (9/5) avec Geneviève Fiaraso et Antoine Compagnon (écoutable en cliquant sur le lien précédent) Geneviève Fioraso continue ici dans son obsession de vouloir faire de la venue de coréens en France le but ultime de la politique culturelle et universitaire de la France. Pourquoi ? Elle noie aussi le poisson en parlant de développement de la Francophonie ! (soyez sérieuse Geneviève !) Point intéressant soulevé pas Hervé Gardette, le fait qu'être "enseigné" dans une langue (en l'occurrence l'anglais) dépasse la langue même et fait adopter les idées dominantes liées à cette langue.
Pour autant, à aucun moment, l'on a pas parlé de l'avantage exorbitant dont bénéficieraient les enseignants anglo-saxons si l'on adopte le projet de Mme Fioraso qui fait de leur recrutement massif un de ses objectifs ! Merci pour les Francophones !
Fioraso de Bavière Vous souvenez vous des Hussards noirs de la République qui, en ces jours déjà lointains, nous contaient l’histoire d’Isabeau de Bavière, cette reine de France venue de Germanie devenue régente, qui, par le traité de Troyes en 1420, vendait le territoire de la France aux Anglais avec la complicité de son entourage, l’élite de l’époque. La France devenait ainsi une dépendance de l’Angleterre. Voilà que sept siècles plus tard le cauchemar de ce temps funeste ressurgit. Madame Geneviève Fioraso, notre ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche fait mieux, en plus profond, en plus destructeur, en plus mortifère. Elle propose de bannir la langue française de l’université au profit du monde anglo-saxon. Ce n’est plus un territoire, ce n’est plus une terre qui est concernée, ce n’est plus une matière, c’est notre âme, notre substance, notre identité, ce que nous sommes depuis mille ans ; "Oui, j’ai une patrie : la langue française" nous disait déjà Albert Camus dans ses Carnets. Devant cette complète abdication des droits et des devoirs de la République, de ce comportement antifrançais, il y a là, à coup sûr, de quoi soulever les plus légitimes instincts de survie. Mais essayons de comprendre. Quelle mouche a pu piquer cette Fioraso de Bavière pour qu’elle en vienne à nous proposer de nous autodétruire. Est-ce le bien public ou la soif de puissance aveugle qui l’anime ! La langue anglo-américaine serait-elle la référence absolue au point qu’il faudrait s’effacer devant elle ! Faudrait-il s’adapter au modèle anglo-saxon encore dominant ! Et pour quelles raisons ! Que je sache la langue française est aussi riche et certainement plus précise que l’idiome qu’elle veut nous imposer ! Il faut s’adapter au dominant pense-t-elle, comme l’ont fait les nombreux valets qui gravitent dans ce monde dirigé par l’argent ; par commodité paresseuse ; par effet de mode ou du paraître des gommeux ; par mimétisme social moutonnier (par conformisme social) ! Mais peut-être veut-elle faire notre bonheur, malgré nous ! Malgré l’opposition des associations de promotion de la langue française, d’organisations politiques, de l’Académie française, de personnalités prestigieuses, de l’ironie mordante de membres de la presse. Ce goût marqué pour la capitulation, du défaitisme conscient ou inconscient, est une vieille rengaine de notre pays, digne d’un bastringue, comme un relent de mauvais tango, Fioraso de Bavière vient de nous en donner une nouvelle preuve. De quelque côté qu’on se tourne Mme la Ministre votre projet est déraisonnable, inadapté, mortifère pour notre pays. Et vous ne pourrez jamais nous convaincre de participer à cette farce. Vous passerez peut-être en force, mais pour aller où ! La langue française est en colère et n’accepte pas d’être abaissée par des décideurs sans discernement. Guy Dalens
Projet de loi Fioraso (suite 2)
Charente Libre : Pouria Amirshahi en défenseur de la langue française (10/5) Le Monde éducation : Le développement des cours en anglais à l'université déchire le monde académique (9/5) Le point de vue de Guy Dalens : Fioraso de Bavière (lire ci-dessous) voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". Suite du débat concernant le projet de loi Fioraso tendant à autoriser l'enseignement en anglais dans les universités et grandes écoles. France Culture : Réforme de l'enseignement supérieur : le français va-t-il filer à l'anglaise ? (9/5) avec Geneviève Fiaraso et Antoine Compagnon (écoutable en cliquant sur le lien précédent) Geneviève Fioraso continue ici dans son obsession de vouloir faire de la venue de coréens en France le but ultime de la politique culturelle et universitaire de la France. Pourquoi ? Elle noie aussi le poisson en parlant de développement de la Francophonie ! (soyez sérieuse Geneviève !) Point intéressant soulevé pas Hervé Gardette, le fait qu'être "enseigné" dans une langue (en l'occurrence l'anglais) dépasse la langue même et fait adopter les idées dominantes liées à cette langue.
Pour autant, à aucun moment, l'on a pas parlé de l'avantage exorbitant dont bénéficieraient les enseignants anglo-saxons si l'on adopte le projet de Mme Fioraso qui fait de leur recrutement massif un de ses objectifs ! Merci pour les Francophones !
Fioraso de Bavière Vous souvenez vous des Hussards noirs de la République qui, en ces jours déjà lointains, nous contaient l’histoire d’Isabeau de Bavière, cette reine de France venue de Germanie devenue régente, qui, par le traité de Troyes en 1420, vendait le territoire de la France aux Anglais avec la complicité de son entourage, l’élite de l’époque. La France devenait ainsi une dépendance de l’Angleterre. Voilà que sept siècles plus tard le cauchemar de ce temps funeste ressurgit. Madame Geneviève Fioraso, notre ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche fait mieux, en plus profond, en plus destructeur, en plus mortifère. Elle propose de bannir la langue française de l’université au profit du monde anglo-saxon. Ce n’est plus un territoire, ce n’est plus une terre qui est concernée, ce n’est plus une matière, c’est notre âme, notre substance, notre identité, ce que nous sommes depuis mille ans ; "Oui, j’ai une patrie : la langue française" nous disait déjà Albert Camus dans ses Carnets. Devant cette complète abdication des droits et des devoirs de la République, de ce comportement antifrançais, il y a là, à coup sûr, de quoi soulever les plus légitimes instincts de survie. Mais essayons de comprendre. Quelle mouche a pu piquer cette Fioraso de Bavière pour qu’elle en vienne à nous proposer de nous autodétruire. Est-ce le bien public ou la soif de puissance aveugle qui l’anime ! La langue anglo-américaine serait-elle la référence absolue au point qu’il faudrait s’effacer devant elle ! Faudrait-il s’adapter au modèle anglo-saxon encore dominant ! Et pour quelles raisons ! Que je sache la langue française est aussi riche et certainement plus précise que l’idiome qu’elle veut nous imposer ! Il faut s’adapter au dominant pense-t-elle, comme l’ont fait les nombreux valets qui gravitent dans ce monde dirigé par l’argent ; par commodité paresseuse ; par effet de mode ou du paraître des gommeux ; par mimétisme social moutonnier (par conformisme social) ! Mais peut-être veut-elle faire notre bonheur, malgré nous ! Malgré l’opposition des associations de promotion de la langue française, d’organisations politiques, de l’Académie française, de personnalités prestigieuses, de l’ironie mordante de membres de la presse. Ce goût marqué pour la capitulation, du défaitisme conscient ou inconscient, est une vieille rengaine de notre pays, digne d’un bastringue, comme un relent de mauvais tango, Fioraso de Bavière vient de nous en donner une nouvelle preuve. De quelque côté qu’on se tourne Mme la Ministre votre projet est déraisonnable, inadapté, mortifère pour notre pays. Et vous ne pourrez jamais nous convaincre de participer à cette farce. Vous passerez peut-être en force, mais pour aller où ! La langue française est en colère et n’accepte pas d’être abaissée par des décideurs sans discernement. Guy Dalens
Circulaire de Jean-Marc Ayrault aux ministres Le premier ministre publie une circulaire datée du 25 avril 2013, demandant aux ministres d'utiliser des termes français plutôt qu'anglais. Point de départ de son courroux la nouvelle filière industrielle lancée par Arnaud Montebourg baptisée "Silver economy". par France 24 (texte) Le 25 avril, les ministres ont reçu une circulaire du chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault ayant pour objet l'usage de l'anglais dans la langue française. Le texte du Premier ministre arrive au lendemain du lancement, le 24 avril, de la "Silver Economy" par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et la ministre chargée des Personnes âgées Michèle Delaunay. Derrière les mots anglais se cache une nouvelle filière qui "regroupe toutes les entreprises agissant pour et/ou avec les personnes âgées", selon les deux ministres."Silver Economy" est donc une référence aux cheveux grisonnants des personnes âgées. L’objectif du gouvernement est de tirer profit du vieillissement de la population : en France, les personnes âgées de 60 ans et plus, au nombre de 15 millions aujourd'hui, seront 20 millions en 2030. Une expression anglaise pour un projet bien français donc."Le terme anglais nous semble le mieux approprié pour un secteur qui entend se développer à l'exportation", a justifié un collaborateur ministériel cité par "Le Figaro". Une explication qui ne satisfait pas Jean-Marc Ayrault. Dans la circulaire adressée dès le lendemain, le Premier ministre rappelle que selon la Constitution, "la langue de la République est le français". Il y estime par ailleurs que le français "est à même d'exprimer toutes les réalités contemporaines et de désigner les innovations qui ne cessent de voir le jour dans les sciences et les techniques". Une critique à peine voilée de l’initiative d’Arnaud Montebourg, avec lequel Jean-Marc Ayrault n'en est pas à son premier désaccord.
Circulaire de Jean-Marc Ayrault aux ministres Le premier ministre publie une circulaire datée du 25 avril 2013, demandant aux ministres d'utiliser des termes français plutôt qu'anglais. Point de départ de son courroux la nouvelle filière industrielle lancée par Arnaud Montebourg baptisée "Silver economy". par France 24 (texte) Le 25 avril, les ministres ont reçu une circulaire du chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault ayant pour objet l'usage de l'anglais dans la langue française. Le texte du Premier ministre arrive au lendemain du lancement, le 24 avril, de la "Silver Economy" par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et la ministre chargée des Personnes âgées Michèle Delaunay. Derrière les mots anglais se cache une nouvelle filière qui "regroupe toutes les entreprises agissant pour et/ou avec les personnes âgées", selon les deux ministres."Silver Economy" est donc une référence aux cheveux grisonnants des personnes âgées. L’objectif du gouvernement est de tirer profit du vieillissement de la population : en France, les personnes âgées de 60 ans et plus, au nombre de 15 millions aujourd'hui, seront 20 millions en 2030. Une expression anglaise pour un projet bien français donc."Le terme anglais nous semble le mieux approprié pour un secteur qui entend se développer à l'exportation", a justifié un collaborateur ministériel cité par "Le Figaro". Une explication qui ne satisfait pas Jean-Marc Ayrault. Dans la circulaire adressée dès le lendemain, le Premier ministre rappelle que selon la Constitution, "la langue de la République est le français". Il y estime par ailleurs que le français "est à même d'exprimer toutes les réalités contemporaines et de désigner les innovations qui ne cessent de voir le jour dans les sciences et les techniques". Une critique à peine voilée de l’initiative d’Arnaud Montebourg, avec lequel Jean-Marc Ayrault n'en est pas à son premier désaccord. Lire le texte de la circulaire
Projet de loi Fioraso (suite) Suite du débat concernant le projet de loi Fioraso tendant à autoriser l'enseignement en anglais dans les universités et grandes écoles. Le Point (30/4) "Réforme des universités : pour ou contre les cours en anglais ?"
Le Nouvel Observateur (30/4) Entretien avec Geneviève Fioraso France Catholique (27/4) : "Langue française à la poubelle" (27/4) par Dominique Daguet, écrivain Libération (22/4) "Les étudiants étrangers : une chance pour la France" signé par Pierre Tapie (Directeur général de l’Essec, président de la Conférence des grandes écoles) et grand angliciseur devant l'éternel... Michel Guillou "Non au suicide linguistique de la France, oui au multilinguisme" voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". Commentaire de l'entretien de Geneviève Fioraso au Nouvel Observateur par le Vice-Président d'ALF : Beaucoup de contradictions et d’hypocrisie ! Parlant des cours qui seraient donnés en anglais, si "sa" loi était votée telle que rédigée actuellement, elle dit : "cela va concerner moins de 1% des cours ! Simplement parce que tous les professeurs ne sont pas capables ou n’ont pas le souhait de dispenser des cours dans une langue étrangère" (sic ! ! ! !) Mais plus loin, voulant dissiper les "rumeurs" selon lesquelles les cours en anglais seraient réservés aux seuls étudiants étrangers, elle précise que "cette réforme concernera autant les étudiants français que les étrangers. Tous auront le droit de choisir, en conscience, les cours qui leur paraîtront les plus opportuns. Et contrairement à ce qu’on dit, ils sont assez adultes pour choisir avec discernement". Comment dans ces conditions croire un instant que les cours en anglais représenteront 1 % du total lorsque l’on sait quelle pression formidable joue en faveur de la langue la plus usitée, l’anglais ? Mme Fioraso observe d’ailleurs plus loin, dénonçant "l’hypocrisie" des opposants à la loi, que beaucoup de ceux qui critiquent cette loi sont passés par des grandes écoles, qui mettent en place depuis longtemps un grand nombre de cursus en langue anglaise. Ils parlent un anglais irréprochable et leurs enfants sont souvent dans le même cas. Je les trouve plutôt mal inspirés de dénier aux étudiants des universités le droit de bénéficier, s’ils le souhaitent, de cursus en anglais. Je compte parmi ceux qui pensent qu’il ne faut pas donner plus de droits aux grandes écoles qu’aux universités et qui essaient justement de jeter des passerelles entre ces deux mondes". Le projet est donc bien de permettre à tous d’être enseignés désormais en anglais. Que signifie alors le 1 % évoqué plus haut ? Autrement dit, on a laissé les grandes écoles développer des cours en anglais, le plus souvent dans l’illégalité et avec la complicité du ministère de l’enseignement supérieur, normalement chargé de faire respecter la loi. Eh bien ! Puisqu’il faut que tout le monde soit "égal" et que les fraudeurs soient désormais en règle, changeons donc la loi ! Mme Fioraso cite l’exemple des enfants scandinaves qui "regardent dès le plus jeune âge, à la télévision, des programmes en anglais. A l'âge adulte, ils manient un anglais excellent et un très bon allemand. Est-ce que la culture danoise ou finlandaise sont en péril ? Sont-ils moins critiques vis-à-vis de l'"impérialisme" américain que nous ? Soyons sérieux. Je vois surtout beaucoup d’hypocrisie derrière tout ça". Mais chacun sait que le danois, le suédois, le norvégien, etc. ne sont que de simples langues locales, et ne peuvent se comparer au français, langue partagée par de nombreux pays et parlée par plus de 200 millions de personnes, seconde langue la plus enseignée au monde après l’anglais : fausse symétrie ! Et que dire de l’étiolement de ces langues scandinaves qui ne savent plus "nommer" toutes les réalités du monde moderne ? Rappelons enfin que le projet de loi ne comporte dans sa rédaction actuelle aucune disposition prévoyant un quelconque engagement quant à l’obligation pour les étudiants étrangers d’apprendre le français – et pour les universités d’évaluer cet apprentissage et d’en tenir compte dans la délivrance finale du diplôme, garde-fou complaisamment mis en avant par Mme Fioraso. Il faut démonter tous ces arguments fallacieux ! ! St.M. Projet de loi Fioraso (suite) Suite du débat concernant le projet de loi Fioraso tendant à autoriser l'enseignement en anglais dans les universités et grandes écoles. Le Point (30/4) "Réforme des universités : pour ou contre les cours en anglais ?"
Le Nouvel Observateur (30/4) Entretien avec Geneviève Fioraso France Catholique (27/4) : "Langue française à la poubelle" (27/4) par Dominique Daguet, écrivain Libération (22/4) "Les étudiants étrangers : une chance pour la France" signé par Pierre Tapie (Directeur général de l’Essec, président de la Conférence des grandes écoles) et grand angliciseur devant l'éternel... Michel Guillou "Non au suicide linguistique de la France, oui au multilinguisme" voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde. Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire". Commentaire de l'entretien de Geneviève Fioraso au Nouvel Observateur par le Vice-Président d'ALF : Beaucoup de contradictions et d’hypocrisie ! Parlant des cours qui seraient donnés en anglais, si "sa" loi était votée telle que rédigée actuellement, elle dit : "cela va concerner moins de 1% des cours ! Simplement parce que tous les professeurs ne sont pas capables ou n’ont pas le souhait de dispenser des cours dans une langue étrangère" (sic ! ! ! !) Mais plus loin, voulant dissiper les "rumeurs" selon lesquelles les cours en anglais seraient réservés aux seuls étudiants étrangers, elle précise que "cette réforme concernera autant les étudiants français que les étrangers. Tous auront le droit de choisir, en conscience, les cours qui leur paraîtront les plus opportuns. Et contrairement à ce qu’on dit, ils sont assez adultes pour choisir avec discernement". Comment dans ces conditions croire un instant que les cours en anglais représenteront 1 % du total lorsque l’on sait quelle pression formidable joue en faveur de la langue la plus usitée, l’anglais ? Mme Fioraso observe d’ailleurs plus loin, dénonçant "l’hypocrisie" des opposants à la loi, que beaucoup de ceux qui critiquent cette loi sont passés par des grandes écoles, qui mettent en place depuis longtemps un grand nombre de cursus en langue anglaise. Ils parlent un anglais irréprochable et leurs enfants sont souvent dans le même cas. Je les trouve plutôt mal inspirés de dénier aux étudiants des universités le droit de bénéficier, s’ils le souhaitent, de cursus en anglais. Je compte parmi ceux qui pensent qu’il ne faut pas donner plus de droits aux grandes écoles qu’aux universités et qui essaient justement de jeter des passerelles entre ces deux mondes". Le projet est donc bien de permettre à tous d’être enseignés désormais en anglais. Que signifie alors le 1 % évoqué plus haut ? Autrement dit, on a laissé les grandes écoles développer des cours en anglais, le plus souvent dans l’illégalité et avec la complicité du ministère de l’enseignement supérieur, normalement chargé de faire respecter la loi. Eh bien ! Puisqu’il faut que tout le monde soit "égal" et que les fraudeurs soient désormais en règle, changeons donc la loi ! Mme Fioraso cite l’exemple des enfants scandinaves qui "regardent dès le plus jeune âge, à la télévision, des programmes en anglais. A l'âge adulte, ils manient un anglais excellent et un très bon allemand. Est-ce que la culture danoise ou finlandaise sont en péril ? Sont-ils moins critiques vis-à-vis de l'"impérialisme" américain que nous ? Soyons sérieux. Je vois surtout beaucoup d’hypocrisie derrière tout ça". Mais chacun sait que le danois, le suédois, le norvégien, etc. ne sont que de simples langues locales, et ne peuvent se comparer au français, langue partagée par de nombreux pays et parlée par plus de 200 millions de personnes, seconde langue la plus enseignée au monde après l’anglais : fausse symétrie ! Et que dire de l’étiolement de ces langues scandinaves qui ne savent plus "nommer" toutes les réalités du monde moderne ? Rappelons enfin que le projet de loi ne comporte dans sa rédaction actuelle aucune disposition prévoyant un quelconque engagement quant à l’obligation pour les étudiants étrangers d’apprendre le français – et pour les universités d’évaluer cet apprentissage et d’en tenir compte dans la délivrance finale du diplôme, garde-fou complaisamment mis en avant par Mme Fioraso. Il faut démonter tous ces arguments fallacieux ! ! St.M.
Jean-Marc Ayrault met en garde Montebourg Par Jean-Pierre Robin, publié dans Le Figaro du 29 avril 2013 Alors que le ministre du Redressement industriel veut lancer la filière de la "Silver Economy", le premier ministre demande au gouvernement d'utiliser des termes français, y compris pour les innovations techniques. Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement industriel, et sa collègue Michèle Delaunay, chargée des Personnes âgées, viennent de lancer officiellement et en grande pompe la "Silver Economy". Cette nouvelle filière industrielle "regroupe toutes les entreprises agissant pour et/ou avec les personnes âgées", ont précisé les deux ministres. Ils ont réuni la semaine dernière à Bercy tous les acteurs concernés "entreprises (petites, grandes, moyennes), associations, acteurs du monde médico-social". Tout en s'enthousiasmant pour ce secteur plein de promesses, "en 2035, un tiers des Français auront plus de 60 ans, ils seront plus de 20 millions", nos deux ministres n'ont pas pris la peine de traduire en français ce qu'ils entendent par "Silver Economy". Mot à mot ce serait "Argent Économie", le métal blanc désignant les cheveux argentés des seniors. Il s'agit de "l'économie liée à l'âge", explique de façon très imprécise un membre de leurs cabinets."Le terme anglais nous semble le mieux approprié pour un secteur qui entend se développer à l'exportation", se justifie ce collaborateur ministériel. L'explication n'a manifestement pas convaincu Jean-Marc Ayrault. Le premier ministre a envoyé le même jour (25 avril) à ses ministres "une circulaire relative à l'emploi de la langue française". Il y rappelle à juste titre une évidence hélas trop souvent oubliée : "Depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts qui, en 1539, a fait du français la langue de l'administration et de la justice, jusqu'à l'inscription en 1992 dans notre Constitution de la disposition selon laquelle “La langue de la République est le français”, notre pays s'est construit dans un rapport étroit à la langue française". Dans cette même circulaire Jean-Marc Ayrault estime que "notre langue est à même d'exprimer toutes les réalités contemporaines et de désigner les innovations qui ne cessent de voir le jour dans les sciences et les techniques". Manque d'imagination On ne saurait mieux critiquer la démarche d'Arnaud Montebourg, qui a cru bon d'importer le terme anglo-saxon brut de décoffrage. Faut-il y voir de la paresse intellectuelle, un comportement d'épigone ou la soumission au capitalisme mondialisé ? À chacun d'en juger. Plus grave peut-être, le manque d'imagination que dénote le recours à l'anglais est par ailleurs typique des politiques industrielles qui s'acharnent à préserver les secteurs anciens au lieu d'en prospecter de nouveaux. Le conflit Ayrault-Montebourg, qui portait jusqu'alors sur la stratégie économique et les déficits publics, ressurgit en tout cas dans un domaine nouveau. Pour sa part le premier ministre ne saurait être accusé de mépriser les langues étrangères, lui qui n'a pas hésité à envoyer samedi dernier des "tweets" rédigés en allemand à l'adresse de son homologue Angela Merkel. Suprême délicatesse que de parler la langue de son interlocutrice. Des "tweets" ou des "gazouillis", si l'on voulait traduire absolument en français ? Mais en l'occurrence le mot anglais est légitime, du fait de sa brièveté parfaitement adaptée à la réalité qu'il désigne. Sans compter que le français, comme toute langue vivante, reste ouvert aux influences étrangères. Mais pour la "Silver Economy" il n'y a aucune excuse autre que l'incurie et la négligence que stigmatise dans sa circulaire le premier ministre. À bon traducteur, salut.
Jean-Marc Ayrault met en garde Montebourg Par Jean-Pierre Robin, publié dans Le Figaro du 29 avril 2013 Alors que le ministre du Redressement industriel veut lancer la filière de la "Silver Economy", le premier ministre demande au gouvernement d'utiliser des termes français, y compris pour les innovations techniques. Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement industriel, et sa collègue Michèle Delaunay, chargée des Personnes âgées, viennent de lancer officiellement et en grande pompe la "Silver Economy". Cette nouvelle filière industrielle "regroupe toutes les entreprises agissant pour et/ou avec les personnes âgées", ont précisé les deux ministres. Ils ont réuni la semaine dernière à Bercy tous les acteurs concernés "entreprises (petites, grandes, moyennes), associations, acteurs du monde médico-social". Tout en s'enthousiasmant pour ce secteur plein de promesses, "en 2035, un tiers des Français auront plus de 60 ans, ils seront plus de 20 millions", nos deux ministres n'ont pas pris la peine de traduire en français ce qu'ils entendent par "Silver Economy". Mot à mot ce serait "Argent Économie", le métal blanc désignant les cheveux argentés des seniors. Il s'agit de "l'économie liée à l'âge", explique de façon très imprécise un membre de leurs cabinets."Le terme anglais nous semble le mieux approprié pour un secteur qui entend se développer à l'exportation", se justifie ce collaborateur ministériel. L'explication n'a manifestement pas convaincu Jean-Marc Ayrault. Le premier ministre a envoyé le même jour (25 avril) à ses ministres "une circulaire relative à l'emploi de la langue française". Il y rappelle à juste titre une évidence hélas trop souvent oubliée : "Depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts qui, en 1539, a fait du français la langue de l'administration et de la justice, jusqu'à l'inscription en 1992 dans notre Constitution de la disposition selon laquelle “La langue de la République est le français”, notre pays s'est construit dans un rapport étroit à la langue française". Dans cette même circulaire Jean-Marc Ayrault estime que "notre langue est à même d'exprimer toutes les réalités contemporaines et de désigner les innovations qui ne cessent de voir le jour dans les sciences et les techniques". Manque d'imagination On ne saurait mieux critiquer la démarche d'Arnaud Montebourg, qui a cru bon d'importer le terme anglo-saxon brut de décoffrage. Faut-il y voir de la paresse intellectuelle, un comportement d'épigone ou la soumission au capitalisme mondialisé ? À chacun d'en juger. Plus grave peut-être, le manque d'imagination que dénote le recours à l'anglais est par ailleurs typique des politiques industrielles qui s'acharnent à préserver les secteurs anciens au lieu d'en prospecter de nouveaux. Le conflit Ayrault-Montebourg, qui portait jusqu'alors sur la stratégie économique et les déficits publics, ressurgit en tout cas dans un domaine nouveau. Pour sa part le premier ministre ne saurait être accusé de mépriser les langues étrangères, lui qui n'a pas hésité à envoyer samedi dernier des "tweets" rédigés en allemand à l'adresse de son homologue Angela Merkel. Suprême délicatesse que de parler la langue de son interlocutrice. Des "tweets" ou des "gazouillis", si l'on voulait traduire absolument en français ? Mais en l'occurrence le mot anglais est légitime, du fait de sa brièveté parfaitement adaptée à la réalité qu'il désigne. Sans compter que le français, comme toute langue vivante, reste ouvert aux influences étrangères. Mais pour la "Silver Economy" il n'y a aucune excuse autre que l'incurie et la négligence que stigmatise dans sa circulaire le premier ministre. À bon traducteur, salut.
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