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Le Château de Villers-Cotterêts abritera-t-il un grand Institut de la Francophonie et de la diversité culturelle ?villers-cotterets.jpg

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Les 50 dernières nouvelles

/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2019 (3) - le 16/04/2019 - 10:30 par MAR

Langue française : Nouvelles d'avril 2019 (3)

Journal d'Avenir de la langue française Le n°67 d'avril 2019 est paru ! (lien)
La Presse Le français progresse dans le monde, mais... (12/4) (lien)
Le Figaro Fautes d’orthographe, santé au travail... Ce qui change avec les nouveaux claviers (10/4) (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Les À et les Ê arrivent sur les claviers ! (9/4) (lien)
La Lettre Pro La journaliste Wendy Bouchard récompensée du prix Richelieu (8/4) (lien)

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Langue française : Nouvelles d'avril 2019 (3)

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La Presse Le français progresse dans le monde, mais... (12/4) (lien)
Le Figaro Fautes d’orthographe, santé au travail... Ce qui change avec les nouveaux claviers (10/4) (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Les À et les Ê arrivent sur les claviers ! (9/4) (lien)
La Lettre Pro La journaliste Wendy Bouchard récompensée du prix Richelieu (8/4) (lien)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2019 (2) - le 08/04/2019 - 17:09 par MAR

Langue française : Nouvelles d'avril 2019 (2)

Huffpost Claude Lelouch et 20 cinéastes interpellent Macron sur la future loi audiovisuelle (7/4) (lien)
OEP Manifeste pour la diversité linguistique et culturelle dans les recherches concernant les langues (3/4) (lien)
Le Télégramme Nouveaux claviers. Pour un meilleur français… et breton (3/4) (lien)
Le Temps Les anglicismes, piment ou plaie du "Temps" (2/4) (lien)
Le Monde Erasmus tente de plus en plus de professeurs (1/4) (lien)
Agoravox "ONLYLYON", l’insulte lyonnaise à la langue française ! (lien)

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Langue française : Nouvelles d'avril 2019 (2)

Huffpost Claude Lelouch et 20 cinéastes interpellent Macron sur la future loi audiovisuelle (7/4) (lien)
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Le Télégramme Nouveaux claviers. Pour un meilleur français… et breton (3/4) (lien)
Le Temps Les anglicismes, piment ou plaie du "Temps" (2/4) (lien)
Le Monde Erasmus tente de plus en plus de professeurs (1/4) (lien)
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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2019 - le 03/04/2019 - 11:31 par MAR

Langue française : Nouvelles d'avril 2019

Le Figaro Ces anglicismes qu’on ne veut plus entendre (2/4) (lien)
Valeurs actuelles Monsieur Noguez s'en est allé (lien)
Yves Montenay Saluons le retour de la francophonie ! (lien)
Le Figaro Bienvenue in Paris : A-t-on encore le droit de parler français en France ? (lien)
Xinhuanet Le français est la 2e langue étrangère la plus apprise au monde en 2018, selon l'OIF (lien)
Yves Montenay Halte à la généralisation de l’anglais en Europe ! (lien)

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Langue française : Nouvelles d'avril 2019

Le Figaro Ces anglicismes qu’on ne veut plus entendre (2/4) (lien)
Valeurs actuelles Monsieur Noguez s'en est allé (lien)
Yves Montenay Saluons le retour de la francophonie ! (lien)
Le Figaro Bienvenue in Paris : A-t-on encore le droit de parler français en France ? (lien)
Xinhuanet Le français est la 2e langue étrangère la plus apprise au monde en 2018, selon l'OIF (lien)
Yves Montenay Halte à la généralisation de l’anglais en Europe ! (lien)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 (6) - le 28/03/2019 - 14:23 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019 (6)

France info Agathe Denoirjean chanter en français, meilleur moyen de communiquer avec mon public (lien)
Agoravox  "ONLYLYON", l’insulte lyonnaise à la langue française ! (26/3) (lien)
Le Figaro Ces anglicismes qu’on ne veut plus entendre (26/3) (lien)
La presse Francophonie : Catherine Cano nommée à l'OIF (26/3) (lien)
AIAC Louise Mushikiwabo pour l’équivalence des diplômes de l’espace francophone (25/3) (lien)
Néon 11 mots français utilisés à travers le monde, mais pas en France (26/3) (lien)
Le Figaro Trang Phan-Labays Défendons la prospérité de l'espace francophone au service de la langue française ! (20/3) (lien)

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Langue française : Nouvelles de mars 2019 (6)

France info Agathe Denoirjean chanter en français, meilleur moyen de communiquer avec mon public (lien)
Agoravox  "ONLYLYON", l’insulte lyonnaise à la langue française ! (26/3) (lien)
Le Figaro Ces anglicismes qu’on ne veut plus entendre (26/3) (lien)
La presse Francophonie : Catherine Cano nommée à l'OIF (26/3) (lien)
AIAC Louise Mushikiwabo pour l’équivalence des diplômes de l’espace francophone (25/3) (lien)
Néon 11 mots français utilisés à travers le monde, mais pas en France (26/3) (lien)
Le Figaro Trang Phan-Labays Défendons la prospérité de l'espace francophone au service de la langue française ! (20/3) (lien)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 (5) - le 25/03/2019 - 15:37 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019 (5)

Le Figaro La langue française n’appartient plus aux seuls Français (20/3) (lien)
RTL Les perles de la traduction automatique (19/3) (lien)
Riad Sattouf La langue française est mon pays préféré (19/3) (lien)
Vatican Au Vatican, la langue française suscite toujours l’intérêt (19/3) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas L'avenir réjouissant de la langue française (19/3) (lien)
OEP La francophonie a un bel avenir devant elle ! (15/3) (lien)
Le Devoir Pourquoi moderniser la Loi sur les langues officielles? (12/3) (lien)

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Langue française : Nouvelles de mars 2019 (5)

Le Figaro La langue française n’appartient plus aux seuls Français (20/3) (lien)
RTL Les perles de la traduction automatique (19/3) (lien)
Riad Sattouf La langue française est mon pays préféré (19/3) (lien)
Vatican Au Vatican, la langue française suscite toujours l’intérêt (19/3) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas L'avenir réjouissant de la langue française (19/3) (lien)
OEP La francophonie a un bel avenir devant elle ! (15/3) (lien)
Le Devoir Pourquoi moderniser la Loi sur les langues officielles? (12/3) (lien)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 (4) - le 19/03/2019 - 17:11 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019 (4)

Franck Riester Le français est nécessaire à notre pacte républicain et à la cohésion sociale (19/3) (lien)
Le Vif Langue française : comment la Flandre se tire une balle dans le pied (19/3) (lien)
Le Temps Louise Mushikiwabo interpelle les jeunes francophones (18/3) (lien)
France 24 Coup d'envoi de la semaine de la langue française et de la Francophonie (18/3) (lien)
La Nouvelle République Quelle est la place de la langue française dans le monde ? (18/3) (lien)

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Langue française : Nouvelles de mars 2019 (4)

Franck Riester Le français est nécessaire à notre pacte républicain et à la cohésion sociale (19/3) (lien)
Le Vif Langue française : comment la Flandre se tire une balle dans le pied (19/3) (lien)
Le Temps Louise Mushikiwabo interpelle les jeunes francophones (18/3) (lien)
France 24 Coup d'envoi de la semaine de la langue française et de la Francophonie (18/3) (lien)
La Nouvelle République Quelle est la place de la langue française dans le monde ? (18/3) (lien)

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nouvelles2019/dominique_noguez.jpgIn memoriam Dominique Noguez - le 18/03/2019 - 17:15 par Jean-Hourcade

In memoriam Dominique Noguez
(1942-2019)

Dies irae, dies illa pour Avenir de la langue française (ALF).

Après son président d’honneur Bernard Dorin, ambassadeur de France, voilà qu’elle est orpheline de Dominique Noguez, l’un de ses trois membres fondateurs, son premier président, de 1992 à 1993.

De nombreux hommages ont été rendus par les médias, dont Le Monde, au distingué écrivain, critique de cinéma, spécialiste du film expérimental américain, conseiller de Marguerite Duras dans certains de ses films ; à l’humoriste (pratiquant l’humour noir et le canular), l’auteur de recherches sur la littérature française, le sociologue de la vie de tous les jours, le moraliste et professeur d’esthétique à l’université. ALF tient à ajouter ce qu’elle – et la France – doivent à cet inlassable et inclassable militant de la cause du français qu’on a pu voir se promener dans Paris, un marqueur dans la poche, ajoutant les accents manquants aux plaques des rues.

Récompensé en 2017 par l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre, il avait aussi enseigné au Québec où il gardait de nombreux amis, dont le poète et militant Gaston Miron. Allant bien plus loin que le Parlez-vous franglais ? d'Étiemble, le livre La Colonisation douce de Dominique Noguez sonna le début de la rébellion politique contre l’effacement en catimini du français en France et à l’international sous les coups de l’Empire, et des Français "collabos de la pub et du fric" (Michel Serres). À la fin de son ouvrage, l’auteur prédisait qu’à force de descendre nous toucherions le fond et que, alors, nous pourrions rebondir.

En vue de la création consécutive d’ALF, il avait tenu à lancer, dans le Monde et ailleurs, un manifeste-appel publié avec l’aide financière de Philippe Rossillon, Michel Guillou et la nôtre. Il avait alors réussi à obtenir la signature d’une bonne partie de l’intelligentsia de France et d’autres pays francophones. Ancien de "la rue d’Ulm", il incarnait si bien l’esprit universitaire français, faisant mine de traiter des sujets les plus graves sous le masque de l’humour.

Il va manquer à notre cause. Ressuscitons-le - le terme est de lui, s’adressant aux futurs visiteurs de sa tombe - en amplifiant sa résistance souriante et têtue à la "colonisation douce", afin de pouvoir bientôt lui dire qu’enfin, le fond touché, notre combativité aura amené le rebond.

Guy Dalens, Jean Hourcade, Albert Salon

___________________________________________

Dominique Noguez fut le premier président d'Avenir de la langue française à sa fondation en 1993. Son combat pour la langue française fut constant.

Dominique Noguez est né le 12 septembre 1942 à Bolbec (Seine-Maritime). Il a étudié à l'École normale supérieure et était agrégé de philosophie. Il laisse derrière lui une oeuvre protéiforme, des essais sur le cinéma, de nombreux essais littéraires comme La colonisation douce, feu la langue française ?* (Éditions du Rocher), plusieurs livres sur Marguerite Duras, des nouvelles et neuf romans dont Amour noir (Gallimard) couronné en 1997 par le prix Fémina.

Il était connu pour son humour sarcastique indescriptible. Comment rater complètement sa vie en onze leçons (Payot & Rivages, 2002) en est l'exemple parfait. Il avait même reçu le prix de l'humour noir en 1999 avec Cadeaux de Noël (Zulma). « L'humour est chose grave, c'est la chose la plus grave, c'est la seule chose grave. Car, s'il est véritablement déclenché et véritablement compris, il embrasse le tout de l'humaine grandeur et de l'humaine détresse. Il est solaire et, en même temps, de la nuit la plus noire », écrivait-il dans L'homme de l'humour (Gallimard, 2004)

En 2013, il a publié un récit autobiographique, Une année qui commence bien (Flammarion), dans lequel il revenait sur le début tumultueux de sa relation amoureuse avec Cyril Durieux. « L'amour dans toute sa plénitude, je ne l'aurai connu que par les livres », écrivait-il alors. En 2017, il avait reçu le prix de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.

* La colonisation douce (Feu de la langue française ?) (1991, réédité en 1998) [Arléa] Sociologie de la colonisation culturelle ou manuel de reconquête linguistique, 
œuvre littéraire ou œuvre politique, cet ouvrage peut rendre des services à plus d’hommes et plus longtemps qu’on ne le croit.

_____________

Lire aussi Ouest-France Le romancier Dominique Noguez, prix Femina pour Amour noir, est décédé

Le Figaro Dominique Noguez, auteur d'Amour Noir, est décédé à 76 ans

Le Monde Dominique Noguez, Écrivain (lire ci-dessous)

___________________________________________________________________________________________________________

Article paru dans Le Monde daté mardi 19 mars 2019

Dominique Noguez

Écrivain

Dominique Noguez a été emporpar un cancer, à 76 ans, dans la nuit du 14 au 15 mars 2019, à Paris. On peut le dire ainsi. Mais la nouvelle, qui a laissé ses amis abasourdis, tant l'écrivain avait été discret sur la gravité de sa maladie, peut s'énoncer de bien d'autres manières.

Par exemple : disparition soudaine d'un des plus grands spécialistes du cinéma expérimental nord-américain ; d'un membre éminent du Collège de pataphysique ; du découvreur de Michel Houellebecq (dont il fit éditer le premier roman) ; d'un ami et confident de Marguerite Duras. Ou encore : mort brutale de l'auteur du désespéré et hilarant Comment rater complètement sa vie en onze leçons (Payot, 2002), ou du glaçant (et non moins hilarant) L'Embaumeur (Fayard, 2004) ; d'un défenseur inlassable de la langue française ; d'un plaisantin, à qui il arrivait de se promener un marqueur blanc en poche, avec lequel il ajoutait les accents manquants aux plaques des rues parisiennes...

Du cinéma à la littérature

La mort d'un homme est parfois une hécatombe : des dizaines d'univers sont tout à coup engloutis. Dominique Noguez, comme écrivain, a touché à autant de formes qu'il lui était possible. Aussi sa vie a-t-elle été un long zigzag, une course fébrile et joyeuse entre toutes les voies, même détournées, que son talent et son érudition ouvraient devant lui.

le 12 septembre 1942 à Bolbec (Seine-Maritime), il passa son enfance et son adolescence à Rouen ; puis à Biarritz, où il commença des études classiques (latin-grec), avant d'être reçu à l'École normale supérieure en 1963, dont il sortira, en 1967, pouvait dès lors s'enchaîner assez aisément. Mais entre-temps la donne s'était déjà compliquée.

Joint par Le Monde, le philosophe Bernard Pautrat, qui avait fait sa connaissance en 1960, et qui le précéda à l'École normale supérieure, raconte : "A Normale, il était sollicité par des passions qui ne font pas forcément bon ménage avec la philosophie. Il avait besoin de s'intéresser à plusieurs choses à la fois. Je ne l'ai jamais vu, par exemple, se recommander d'une école de philosophie, comme font beaucoup de jeunes normaliens."

L'élève Noguez préférait les chemins de traverse. Il part d'ailleurs bientôt enseigner au Québec, il restera de 1968 à 1971."C'est là, poursuit Bernard Pautrat, qu'il a découvert le cinéma expérimental et qu'il a décidé d'en faire sa spécialité universitaire. C'était salvateur pour lui de trouver un domaine aussi ouvert, hétéroclite, au carrefour de mondes très différents.

Les jeux (universitaires) sont faits. De retour à Paris, Dominique Noguez rejoint l'université Paris I, département arts plastiques. Son enseignement et les premiers livres qu'il fait alors paraître (tel Le Cinéma, autrement, 10/18, 1977) font connaître en France des œuvres d'avant-garde comme celles de Gregory Markopoulos, Marcel Hanoun, Werner Nekes ou Jonas Mekas, dont il restera très proche jusqu'à la mort du cinéaste, en janvier.

Mais d'autres jeux restent à jouer, qui finiront par l'emporter, le professeur s'éloignant progressivement au profit de l'écrivain. En 1981, Dominique Noguez publie son premier roman, M & R (Robert Laffont), et très vite les livres se multiplient. Peu de romans, au total : six, jusqu'à L'Interruption (Flammarion, 2018), sur 52 livres échappant, le plus souvent, aux catégories. Ainsi de ses "études plus ou moins avantes", se mêlent érudition, fiction, parodie et, intriqué dans l'ensemble, un art subtil de renouveler le regard sur l'histoire de la pensée ou de l'art - on peut citer, entre autres, Les Trois Rimbaud (Éditions de Minuit, 1986) ou Lénine dada (Robert Laffont, 1989).

Mais cela aussi n'est qu'une partie de cette œuvre vaste, effervescente, toujours en mouvement. Le recueil d'aphorismes (Pensées bleues, Équateurs, 2015) y côtoie l'essai littéraire (Duras, Marguerite, Flammarion, 2001), l'humour noir (Ouverture des veines et autres distractions, Robert Laffont, 1982) se prolonge en une philosophie du rire (L'Homme de l'humour, Gallimard, 2004), laquelle rebondit dans une enquête érudite sur des maximes célèbres - La Véritable origine des plus beaux aphorismes (Payot, 2014), entreprise qu'il a poursuivie dans le dernier livre paru de son vivant, au début du mois : Encore une citation, monsieur le bourreau (Albin Michel, 224 p., 18 euros).

Baroque et visionnaire

Pour être peu nombreux, les romans occupent, dans cet ensemble, une place décisive. Certains, comme le baroque et visionnaire Les Derniers Jours du monde (Robert Laffont, 1991, adapté au cinéma en 2009 par les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu), récapitulent les passions, les curiosités, les paradoxes, les nostalgies, le secret désespoir dont chacun des autres livres explore une facette. D'autres, tel Amour noir (Gallimard, prix Femina 1997), s'approchent d'une dimension plus intime, qui ailleurs ne faisait qu'affleurer.

C'est, cependant, dans son grand texte autobiographique, Une année qui commence bien (Flammarion, 2013), que Dominique Noguez, cessant de jouer, dira au plus près ce qu'était sa vie. Mais, au-delà du récit des six mois d'une passion impossible pour un jeune homme, ce livre, par sa délicatesse, sa mélancolie, son humour aussi, plus noir que jamais, et surtout par la puissance impérieuse de son style, d'une richesse, d'une mobilité et d'une précision qui rendent tout incandescent, dit enfin, et d'abord, quel écrivain fut Dominique Noguez.

À la dernière page d'un petit livre paru en 2016, Projet d'épitaphe, précédé de cinq poèmes plus longs (Sandre), il imaginait, pour sa tombe, ces mots : "Toutes les fois que tu liras, même vite, même tout bas, passant, le nom que voilà, tu me ressusciteras."

Alors qu'en 2020 un volume de la collection "Bouquins" des éditions Robert Laffont doit réunir, entre autres, différentes "études plus ou moins sçavantes'' - sous le titre Canulars -, et que d'autres textes restent à paraître, dont des lettres de jeunesse et un monumental journal intime, dont on espère qu'il sortira un jour, tout paraît désormais possible pour cette œuvre demeurée jusqu'au bout tellement imprévisible. Y compris la résurrection.

Florent Georgesco

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In memoriam Dominique Noguez
(1942-2019)

Dies irae, dies illa pour Avenir de la langue française (ALF).

Après son président d’honneur Bernard Dorin, ambassadeur de France, voilà qu’elle est orpheline de Dominique Noguez, l’un de ses trois membres fondateurs, son premier président, de 1992 à 1993.

De nombreux hommages ont été rendus par les médias, dont Le Monde, au distingué écrivain, critique de cinéma, spécialiste du film expérimental américain, conseiller de Marguerite Duras dans certains de ses films ; à l’humoriste (pratiquant l’humour noir et le canular), l’auteur de recherches sur la littérature française, le sociologue de la vie de tous les jours, le moraliste et professeur d’esthétique à l’université. ALF tient à ajouter ce qu’elle – et la France – doivent à cet inlassable et inclassable militant de la cause du français qu’on a pu voir se promener dans Paris, un marqueur dans la poche, ajoutant les accents manquants aux plaques des rues.

Récompensé en 2017 par l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre, il avait aussi enseigné au Québec où il gardait de nombreux amis, dont le poète et militant Gaston Miron. Allant bien plus loin que le Parlez-vous franglais ? d'Étiemble, le livre La Colonisation douce de Dominique Noguez sonna le début de la rébellion politique contre l’effacement en catimini du français en France et à l’international sous les coups de l’Empire, et des Français "collabos de la pub et du fric" (Michel Serres). À la fin de son ouvrage, l’auteur prédisait qu’à force de descendre nous toucherions le fond et que, alors, nous pourrions rebondir.

En vue de la création consécutive d’ALF, il avait tenu à lancer, dans le Monde et ailleurs, un manifeste-appel publié avec l’aide financière de Philippe Rossillon, Michel Guillou et la nôtre. Il avait alors réussi à obtenir la signature d’une bonne partie de l’intelligentsia de France et d’autres pays francophones. Ancien de "la rue d’Ulm", il incarnait si bien l’esprit universitaire français, faisant mine de traiter des sujets les plus graves sous le masque de l’humour.

Il va manquer à notre cause. Ressuscitons-le - le terme est de lui, s’adressant aux futurs visiteurs de sa tombe - en amplifiant sa résistance souriante et têtue à la "colonisation douce", afin de pouvoir bientôt lui dire qu’enfin, le fond touché, notre combativité aura amené le rebond.

Guy Dalens, Jean Hourcade, Albert Salon

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Dominique Noguez fut le premier président d'Avenir de la langue française à sa fondation en 1993. Son combat pour la langue française fut constant.

Dominique Noguez est né le 12 septembre 1942 à Bolbec (Seine-Maritime). Il a étudié à l'École normale supérieure et était agrégé de philosophie. Il laisse derrière lui une oeuvre protéiforme, des essais sur le cinéma, de nombreux essais littéraires comme La colonisation douce, feu la langue française ?* (Éditions du Rocher), plusieurs livres sur Marguerite Duras, des nouvelles et neuf romans dont Amour noir (Gallimard) couronné en 1997 par le prix Fémina.

Il était connu pour son humour sarcastique indescriptible. Comment rater complètement sa vie en onze leçons (Payot & Rivages, 2002) en est l'exemple parfait. Il avait même reçu le prix de l'humour noir en 1999 avec Cadeaux de Noël (Zulma). « L'humour est chose grave, c'est la chose la plus grave, c'est la seule chose grave. Car, s'il est véritablement déclenché et véritablement compris, il embrasse le tout de l'humaine grandeur et de l'humaine détresse. Il est solaire et, en même temps, de la nuit la plus noire », écrivait-il dans L'homme de l'humour (Gallimard, 2004)

En 2013, il a publié un récit autobiographique, Une année qui commence bien (Flammarion), dans lequel il revenait sur le début tumultueux de sa relation amoureuse avec Cyril Durieux. « L'amour dans toute sa plénitude, je ne l'aurai connu que par les livres », écrivait-il alors. En 2017, il avait reçu le prix de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.

* La colonisation douce (Feu de la langue française ?) (1991, réédité en 1998) [Arléa] Sociologie de la colonisation culturelle ou manuel de reconquête linguistique, 
œuvre littéraire ou œuvre politique, cet ouvrage peut rendre des services à plus d’hommes et plus longtemps qu’on ne le croit.

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Lire aussi Ouest-France Le romancier Dominique Noguez, prix Femina pour Amour noir, est décédé

Le Figaro Dominique Noguez, auteur d'Amour Noir, est décédé à 76 ans

Le Monde Dominique Noguez, Écrivain (lire ci-dessous)

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Article paru dans Le Monde daté mardi 19 mars 2019

Dominique Noguez

Écrivain

Dominique Noguez a été emporpar un cancer, à 76 ans, dans la nuit du 14 au 15 mars 2019, à Paris. On peut le dire ainsi. Mais la nouvelle, qui a laissé ses amis abasourdis, tant l'écrivain avait été discret sur la gravité de sa maladie, peut s'énoncer de bien d'autres manières.

Par exemple : disparition soudaine d'un des plus grands spécialistes du cinéma expérimental nord-américain ; d'un membre éminent du Collège de pataphysique ; du découvreur de Michel Houellebecq (dont il fit éditer le premier roman) ; d'un ami et confident de Marguerite Duras. Ou encore : mort brutale de l'auteur du désespéré et hilarant Comment rater complètement sa vie en onze leçons (Payot, 2002), ou du glaçant (et non moins hilarant) L'Embaumeur (Fayard, 2004) ; d'un défenseur inlassable de la langue française ; d'un plaisantin, à qui il arrivait de se promener un marqueur blanc en poche, avec lequel il ajoutait les accents manquants aux plaques des rues parisiennes...

Du cinéma à la littérature

La mort d'un homme est parfois une hécatombe : des dizaines d'univers sont tout à coup engloutis. Dominique Noguez, comme écrivain, a touché à autant de formes qu'il lui était possible. Aussi sa vie a-t-elle été un long zigzag, une course fébrile et joyeuse entre toutes les voies, même détournées, que son talent et son érudition ouvraient devant lui.

le 12 septembre 1942 à Bolbec (Seine-Maritime), il passa son enfance et son adolescence à Rouen ; puis à Biarritz, où il commença des études classiques (latin-grec), avant d'être reçu à l'École normale supérieure en 1963, dont il sortira, en 1967, pouvait dès lors s'enchaîner assez aisément. Mais entre-temps la donne s'était déjà compliquée.

Joint par Le Monde, le philosophe Bernard Pautrat, qui avait fait sa connaissance en 1960, et qui le précéda à l'École normale supérieure, raconte : "A Normale, il était sollicité par des passions qui ne font pas forcément bon ménage avec la philosophie. Il avait besoin de s'intéresser à plusieurs choses à la fois. Je ne l'ai jamais vu, par exemple, se recommander d'une école de philosophie, comme font beaucoup de jeunes normaliens."

L'élève Noguez préférait les chemins de traverse. Il part d'ailleurs bientôt enseigner au Québec, il restera de 1968 à 1971."C'est là, poursuit Bernard Pautrat, qu'il a découvert le cinéma expérimental et qu'il a décidé d'en faire sa spécialité universitaire. C'était salvateur pour lui de trouver un domaine aussi ouvert, hétéroclite, au carrefour de mondes très différents.

Les jeux (universitaires) sont faits. De retour à Paris, Dominique Noguez rejoint l'université Paris I, département arts plastiques. Son enseignement et les premiers livres qu'il fait alors paraître (tel Le Cinéma, autrement, 10/18, 1977) font connaître en France des œuvres d'avant-garde comme celles de Gregory Markopoulos, Marcel Hanoun, Werner Nekes ou Jonas Mekas, dont il restera très proche jusqu'à la mort du cinéaste, en janvier.

Mais d'autres jeux restent à jouer, qui finiront par l'emporter, le professeur s'éloignant progressivement au profit de l'écrivain. En 1981, Dominique Noguez publie son premier roman, M & R (Robert Laffont), et très vite les livres se multiplient. Peu de romans, au total : six, jusqu'à L'Interruption (Flammarion, 2018), sur 52 livres échappant, le plus souvent, aux catégories. Ainsi de ses "études plus ou moins avantes", se mêlent érudition, fiction, parodie et, intriqué dans l'ensemble, un art subtil de renouveler le regard sur l'histoire de la pensée ou de l'art - on peut citer, entre autres, Les Trois Rimbaud (Éditions de Minuit, 1986) ou Lénine dada (Robert Laffont, 1989).

Mais cela aussi n'est qu'une partie de cette œuvre vaste, effervescente, toujours en mouvement. Le recueil d'aphorismes (Pensées bleues, Équateurs, 2015) y côtoie l'essai littéraire (Duras, Marguerite, Flammarion, 2001), l'humour noir (Ouverture des veines et autres distractions, Robert Laffont, 1982) se prolonge en une philosophie du rire (L'Homme de l'humour, Gallimard, 2004), laquelle rebondit dans une enquête érudite sur des maximes célèbres - La Véritable origine des plus beaux aphorismes (Payot, 2014), entreprise qu'il a poursuivie dans le dernier livre paru de son vivant, au début du mois : Encore une citation, monsieur le bourreau (Albin Michel, 224 p., 18 euros).

Baroque et visionnaire

Pour être peu nombreux, les romans occupent, dans cet ensemble, une place décisive. Certains, comme le baroque et visionnaire Les Derniers Jours du monde (Robert Laffont, 1991, adapté au cinéma en 2009 par les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu), récapitulent les passions, les curiosités, les paradoxes, les nostalgies, le secret désespoir dont chacun des autres livres explore une facette. D'autres, tel Amour noir (Gallimard, prix Femina 1997), s'approchent d'une dimension plus intime, qui ailleurs ne faisait qu'affleurer.

C'est, cependant, dans son grand texte autobiographique, Une année qui commence bien (Flammarion, 2013), que Dominique Noguez, cessant de jouer, dira au plus près ce qu'était sa vie. Mais, au-delà du récit des six mois d'une passion impossible pour un jeune homme, ce livre, par sa délicatesse, sa mélancolie, son humour aussi, plus noir que jamais, et surtout par la puissance impérieuse de son style, d'une richesse, d'une mobilité et d'une précision qui rendent tout incandescent, dit enfin, et d'abord, quel écrivain fut Dominique Noguez.

À la dernière page d'un petit livre paru en 2016, Projet d'épitaphe, précédé de cinq poèmes plus longs (Sandre), il imaginait, pour sa tombe, ces mots : "Toutes les fois que tu liras, même vite, même tout bas, passant, le nom que voilà, tu me ressusciteras."

Alors qu'en 2020 un volume de la collection "Bouquins" des éditions Robert Laffont doit réunir, entre autres, différentes "études plus ou moins sçavantes'' - sous le titre Canulars -, et que d'autres textes restent à paraître, dont des lettres de jeunesse et un monumental journal intime, dont on espère qu'il sortira un jour, tout paraît désormais possible pour cette œuvre demeurée jusqu'au bout tellement imprévisible. Y compris la résurrection.

Florent Georgesco

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 (3) - le 18/03/2019 - 16:14 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019 (3)

Le grand soir  Basculement de la France au tout-anglais, linguicide organisé (17/3) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas Avec le Brexit, l'UE va-t-elle redécouvrir le français ?(12/3) (lien)
La Presse Le français en forte progression grâce à l'Afrique (11/3) (lien)
Le journal de Montréal Sommes-nous "coolonisés" ? (10/3) (lien)
La minuteL’espagnol, une langue de plus en plus politisée aux Etats-Unis (10/3) (lien)

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Langue française : Nouvelles de mars 2019 (3)

Le grand soir  Basculement de la France au tout-anglais, linguicide organisé (17/3) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas Avec le Brexit, l'UE va-t-elle redécouvrir le français ?(12/3) (lien)
La Presse Le français en forte progression grâce à l'Afrique (11/3) (lien)
Le journal de Montréal Sommes-nous "coolonisés" ? (10/3) (lien)
La minuteL’espagnol, une langue de plus en plus politisée aux Etats-Unis (10/3) (lien)

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Semaine de la langue française et de la Francophonie

du 16 au 20 mars 2019

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Semaine de la langue française et de la Francophonie

du 16 au 20 mars 2019

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nouvelles2019/arret_au-tout-anglais.jpgManif pour le français le 20 mars à Lyon - le 13/03/2019 - 17:38 par MAR

Manif pour le français le 20 mars à Lyon

Une gauche très "progressiste" se mobilise à fond pour le français. Nous relayons cette heureuse initiative. A. S.

Le 20 mars Lyon sera la capitale de la Résistance au tout-anglais

COURRIEL et Afrav organisent une manifestation de rue, le 20 mars à Lyon. Ils tourneront en rond avec leurs panneaux tout en distribuant des tracts pour dénoncer l'anglicisation.en marche. Cela se passera sur la place Carnot (près de la gare de Lyon-Perrache), pour aller via la rue Victor Hugo sur la place Bellecour où se situe le pavillon de ONLYLYON (sic !).

Les participants défileront avec une pancarte, en distribuant  les tracts des associations Co.u.r.r.i.e.l et Afrav (voir ci-dessous)

Le 20 mars, c’est la journée mondiale de la langue française et de la Francophonie. La langue française comme la diversité linguistique et culturelle du monde est menacée par la politique du tout-anglais des marchés financiers. Une manifestation pour la langue française et contre le tout-anglais est organisée à Lyon le 20 mars 2019.
    Le rendez-vous est fixé place Carnot à 10 h et se conclura place Bellecour. L’action est programmée pour durer de 10 h à 18 h permettant à chacun de rejoindre la mobilisation selon ses disponibilités.
    Tous les amis de la langue française et des langues en général sont invités à venir défiler avec nous.
    Merci de votre attention et cordiales salutations.
    Régis Ravat, président de l'Afrav

pourquoi-only-lyon.jpg

tract-Courriel-Afrav-Lyon.jpg

INSOUMISSION SOCIALE et RÉSISTANCE

LINGUISTIQUE, MÊME COMBAT !

Les militants des associations CO.U.R.R.I.EL et A.FR.AV* soutiennent les travailleurs, les étudiants et tout citoyen en lutte contre la casse des acquis sociaux et démocratiques issus de 1789 et du Conseil National de la Résistance.

En détruisant les statuts, le Code du travail, les conventions collectives, les diplômes nationaux, la Sécu et les retraites, le secteur nationalisé, le produire en France et les services publics, les gouvernements successifs inféodés à l’UE et à l’OTAN veulent nous aligner sur le très inégalitaire « modèle » anglo-saxon où les « gagneurs » à la Trump écrasent le monde du travail.

Cette politique d’arrachage social, l’oligarchie capitaliste « française » l’applique aussi sur le terrain linguistique : elle choisit - Macron et le MEDEF en tête - d’évincer la langue française, « langue de la République » selon l’article II de la Constitution, au profit du « tout-anglais » cher aux promoteurs du Traité de libre-échange transatlantique, le TLET et de l’accord économique et commercial global, l’AECG, des traités désastreux non seulement pour l’agriculture paysanne et le produire en France industriel, mais aussi pour notre langue et notre culture (À noter qu’en France, les acronymes anglais TAFTA et CETA sont plus connus que leurs équivalents en français ?!).

Déjà, Renault et PSA ont basculé toute leur documentation interne à l’anglais. La direction d’Air France fait sa pub et nomme ses produits en anglais (France is in the air, Flying Blue, Joon, etc.), La Poste crée Ma French Bank, de grandes firmes « françaises », Darty ou la Redoute en tête, lancent le Black Friday et même, suprême insulte au peuple français, les French Days … Et que penser de Carrefour qui veut jouer la carte 100% BIO en nous polluant 100% à l’anglais avec sa campagne Act For Food ? Ne parlons pas de The Voice, que My TF1 matraque chaque samedi soir après le My Million de la Française des Jeux. Mais pourquoi se gêner quand le chef de l’État promeut lui-même systématiquement l’anglais en France même (France is back, Make the planet great again, One Planet Summit, Choose France, The Internet of Trust, La French Tech, etc.) ?

Ce globiche des affaires ("Business Globish", comme ils disent) qui, dès l’enfance, formate nos pensées et nos goûts dans un sens néolibéral, est un terrible facteur de pensée, de politique, d’économie uniques, une arme létale contre la biodiversité culturelle mondiale, un assassinat du premier service public de France : la langue française.

Et ce projet turbo-capitaliste va plus loin encore : en faisant de l’anglais la seule « langue de l’entreprise et des affaires », comme y appelle le Baron Seillères, ex-patron du MEDEF et du patronat européen, l’oligarchie au pouvoir entend « dé-segmenter » le marché du travail continental pour écraser tous les salaires : non seulement les travailleurs non anglophones seraient marginalisés, mais pour chaque emploi, le chômage de masse aidant, la concurrence entre salariés sera exacerbée si le globiche continue d'être imposé partout en violation de la loi et de la dignité des travailleurs francophones, qu’ils soient Français ou immigrés venus d’Afrique.

Nous appelons donc les militants des partis progressistes et ceux des syndicats ouvriers, enseignants, étudiants, paysans, à compléter leur résistance sociale par une insoumission linguistique. Contre la langue unique du néolibéralisme mondialisé et « globalitaire », individuellement et collectivement, DÉFENDONS notre dignité en défendant notre LANGUE FRANÇAISE et toutes les langues de France et du monde à travers elle !

Non à l’anglais partout ! ¿ Porque ingles unicamente ?

English language, stay home. Perché solo l'inglese ?

Und die deutsche Sprache ? Porque não, o portugues ?

Spreek nederlands ? لا للغة الإنجليزية في كل مكان !

Her yerde İngilizce yok ! Rifuzu la anglan !

* Tract porté par les associations CO.U.R.R.I.E.L et A.FR.AV, associations de résistance culturelle et linguistique

Courriels : gastaudcrovisier2@wanadoo.fr et afrav@aliceadsl.fr - Site : http://www.francophonie-avenir.com

Merci de ne pas jeter ce tract sur la voie publique

Refusons les œillères de l’anglo-américanisation !

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Manif pour le français le 20 mars à Lyon

Une gauche très "progressiste" se mobilise à fond pour le français. Nous relayons cette heureuse initiative. A. S.

Le 20 mars Lyon sera la capitale de la Résistance au tout-anglais

COURRIEL et Afrav organisent une manifestation de rue, le 20 mars à Lyon. Ils tourneront en rond avec leurs panneaux tout en distribuant des tracts pour dénoncer l'anglicisation.en marche. Cela se passera sur la place Carnot (près de la gare de Lyon-Perrache), pour aller via la rue Victor Hugo sur la place Bellecour où se situe le pavillon de ONLYLYON (sic !).

Les participants défileront avec une pancarte, en distribuant  les tracts des associations Co.u.r.r.i.e.l et Afrav (voir ci-dessous)

Le 20 mars, c’est la journée mondiale de la langue française et de la Francophonie. La langue française comme la diversité linguistique et culturelle du monde est menacée par la politique du tout-anglais des marchés financiers. Une manifestation pour la langue française et contre le tout-anglais est organisée à Lyon le 20 mars 2019.
    Le rendez-vous est fixé place Carnot à 10 h et se conclura place Bellecour. L’action est programmée pour durer de 10 h à 18 h permettant à chacun de rejoindre la mobilisation selon ses disponibilités.
    Tous les amis de la langue française et des langues en général sont invités à venir défiler avec nous.
    Merci de votre attention et cordiales salutations.
    Régis Ravat, président de l'Afrav

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INSOUMISSION SOCIALE et RÉSISTANCE

LINGUISTIQUE, MÊME COMBAT !

Les militants des associations CO.U.R.R.I.EL et A.FR.AV* soutiennent les travailleurs, les étudiants et tout citoyen en lutte contre la casse des acquis sociaux et démocratiques issus de 1789 et du Conseil National de la Résistance.

En détruisant les statuts, le Code du travail, les conventions collectives, les diplômes nationaux, la Sécu et les retraites, le secteur nationalisé, le produire en France et les services publics, les gouvernements successifs inféodés à l’UE et à l’OTAN veulent nous aligner sur le très inégalitaire « modèle » anglo-saxon où les « gagneurs » à la Trump écrasent le monde du travail.

Cette politique d’arrachage social, l’oligarchie capitaliste « française » l’applique aussi sur le terrain linguistique : elle choisit - Macron et le MEDEF en tête - d’évincer la langue française, « langue de la République » selon l’article II de la Constitution, au profit du « tout-anglais » cher aux promoteurs du Traité de libre-échange transatlantique, le TLET et de l’accord économique et commercial global, l’AECG, des traités désastreux non seulement pour l’agriculture paysanne et le produire en France industriel, mais aussi pour notre langue et notre culture (À noter qu’en France, les acronymes anglais TAFTA et CETA sont plus connus que leurs équivalents en français ?!).

Déjà, Renault et PSA ont basculé toute leur documentation interne à l’anglais. La direction d’Air France fait sa pub et nomme ses produits en anglais (France is in the air, Flying Blue, Joon, etc.), La Poste crée Ma French Bank, de grandes firmes « françaises », Darty ou la Redoute en tête, lancent le Black Friday et même, suprême insulte au peuple français, les French Days … Et que penser de Carrefour qui veut jouer la carte 100% BIO en nous polluant 100% à l’anglais avec sa campagne Act For Food ? Ne parlons pas de The Voice, que My TF1 matraque chaque samedi soir après le My Million de la Française des Jeux. Mais pourquoi se gêner quand le chef de l’État promeut lui-même systématiquement l’anglais en France même (France is back, Make the planet great again, One Planet Summit, Choose France, The Internet of Trust, La French Tech, etc.) ?

Ce globiche des affaires ("Business Globish", comme ils disent) qui, dès l’enfance, formate nos pensées et nos goûts dans un sens néolibéral, est un terrible facteur de pensée, de politique, d’économie uniques, une arme létale contre la biodiversité culturelle mondiale, un assassinat du premier service public de France : la langue française.

Et ce projet turbo-capitaliste va plus loin encore : en faisant de l’anglais la seule « langue de l’entreprise et des affaires », comme y appelle le Baron Seillères, ex-patron du MEDEF et du patronat européen, l’oligarchie au pouvoir entend « dé-segmenter » le marché du travail continental pour écraser tous les salaires : non seulement les travailleurs non anglophones seraient marginalisés, mais pour chaque emploi, le chômage de masse aidant, la concurrence entre salariés sera exacerbée si le globiche continue d'être imposé partout en violation de la loi et de la dignité des travailleurs francophones, qu’ils soient Français ou immigrés venus d’Afrique.

Nous appelons donc les militants des partis progressistes et ceux des syndicats ouvriers, enseignants, étudiants, paysans, à compléter leur résistance sociale par une insoumission linguistique. Contre la langue unique du néolibéralisme mondialisé et « globalitaire », individuellement et collectivement, DÉFENDONS notre dignité en défendant notre LANGUE FRANÇAISE et toutes les langues de France et du monde à travers elle !

Non à l’anglais partout ! ¿ Porque ingles unicamente ?

English language, stay home. Perché solo l'inglese ?

Und die deutsche Sprache ? Porque não, o portugues ?

Spreek nederlands ? لا للغة الإنجليزية في كل مكان !

Her yerde İngilizce yok ! Rifuzu la anglan !

* Tract porté par les associations CO.U.R.R.I.E.L et A.FR.AV, associations de résistance culturelle et linguistique

Courriels : gastaudcrovisier2@wanadoo.fr et afrav@aliceadsl.fr - Site : http://www.francophonie-avenir.com

Merci de ne pas jeter ce tract sur la voie publique

Refusons les œillères de l’anglo-américanisation !

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 (2) - le 11/03/2019 - 15:45 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019 (2)

Le Figaro D. Sallenave Les femmes doivent être visibles dans la langue française (8/3) (lien)
Kapitalis Tunis se mobilise pour le succès du 18e sommet de la Francophonie (6/3) (lien)
France Inter "Projet Voltaire", appli pour combler ses lacunes en orthographe (4/3) (lien)
DLF Ma grand-mère a cent ans et cent euros [les liaisons...]  (lien)
Georges Gastaud  Une substitution en cours de l’anglais au français en France ? (lire ci-dessous)
________________________________________________________

Une substitution en cours de l’anglais au français en France ? par Georges Gastaud

Nous, associations pour le français et la Francophonie, ne songeons pas à faire nôtres les analyses politiques de Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF (communistes rénovateurs), dans un long entretien sur Agoravox – pas plus que celles d’autres partis politiques de tous horizons. Mais, en lui laissant l’entière responsabilité de ses écrits et actions, nous ne pouvons que constater que - peut-être à l’exception ambiguë de "France insoumise" et de quelques modestes mouvements de droite, que nous avons tous cités à d’autres occasions - son analyse particulière de la substitution linguistique en cours dans notre pays, rejoint les vives préoccupations maintes fois exprimées sur divers tons et dans divers canaux par nos associations dont les membres sont d’orientations politiques fort diverses. Prélude à une prise de conscience bien plus large de toute la Nation ? AS

________________________

Un fait gravissime que toute la fausse gauche, ignorante des analyses de Gramsci sur les liens entre politique linguistique et hégémonie de classe, minimise honteusement, mais qui traduit l’extrême arrogance de l’oligarchie et de ses suiveurs, c’est la substitution systématique de l’anglais au français dans tous les domaines de prestige de la société française : grandes entreprises, recherche, commerce, communication, enseignes, et de plus en plus, université, école, chanson, cinéma, etc.

Quel plus odieux signe de mépris pour "ceux d’en bas", quel plus lamentable indice du fait que les prétendues élites maastrichtiennes veulent mettre un point final à l’histoire de notre pays frondeur, matrice des révolutions européennes, qui vient encore d’étonner le monde avec le soulèvement des Gilets jaunes ? Plus d’industrie française (Alstom, Airbus… à qui le tour ?) ! Plus de classe ouvrière contestataire, pense l’oligarchie financière en place !

Plus de langue française, donc plus de France populaire chantant "Aux armes citoyens !" et non "God save the Queen !" ! En marche (…..) vers la Sainte-Alliance euro-germanique où l’armée et la gendarmerie "européennes" accourront au sifflet pour écraser les futures jacqueries populaires de tout le continent ? !

Georges Gastaud
 

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Langue française : Nouvelles de mars 2019 (2)

Le Figaro D. Sallenave Les femmes doivent être visibles dans la langue française (8/3) (lien)
Kapitalis Tunis se mobilise pour le succès du 18e sommet de la Francophonie (6/3) (lien)
France Inter "Projet Voltaire", appli pour combler ses lacunes en orthographe (4/3) (lien)
DLF Ma grand-mère a cent ans et cent euros [les liaisons...]  (lien)
Georges Gastaud  Une substitution en cours de l’anglais au français en France ? (lire ci-dessous)
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Une substitution en cours de l’anglais au français en France ? par Georges Gastaud

Nous, associations pour le français et la Francophonie, ne songeons pas à faire nôtres les analyses politiques de Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF (communistes rénovateurs), dans un long entretien sur Agoravox – pas plus que celles d’autres partis politiques de tous horizons. Mais, en lui laissant l’entière responsabilité de ses écrits et actions, nous ne pouvons que constater que - peut-être à l’exception ambiguë de "France insoumise" et de quelques modestes mouvements de droite, que nous avons tous cités à d’autres occasions - son analyse particulière de la substitution linguistique en cours dans notre pays, rejoint les vives préoccupations maintes fois exprimées sur divers tons et dans divers canaux par nos associations dont les membres sont d’orientations politiques fort diverses. Prélude à une prise de conscience bien plus large de toute la Nation ? AS

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Un fait gravissime que toute la fausse gauche, ignorante des analyses de Gramsci sur les liens entre politique linguistique et hégémonie de classe, minimise honteusement, mais qui traduit l’extrême arrogance de l’oligarchie et de ses suiveurs, c’est la substitution systématique de l’anglais au français dans tous les domaines de prestige de la société française : grandes entreprises, recherche, commerce, communication, enseignes, et de plus en plus, université, école, chanson, cinéma, etc.

Quel plus odieux signe de mépris pour "ceux d’en bas", quel plus lamentable indice du fait que les prétendues élites maastrichtiennes veulent mettre un point final à l’histoire de notre pays frondeur, matrice des révolutions européennes, qui vient encore d’étonner le monde avec le soulèvement des Gilets jaunes ? Plus d’industrie française (Alstom, Airbus… à qui le tour ?) ! Plus de classe ouvrière contestataire, pense l’oligarchie financière en place !

Plus de langue française, donc plus de France populaire chantant "Aux armes citoyens !" et non "God save the Queen !" ! En marche (…..) vers la Sainte-Alliance euro-germanique où l’armée et la gendarmerie "européennes" accourront au sifflet pour écraser les futures jacqueries populaires de tout le continent ? !

Georges Gastaud
 

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 - le 04/03/2019 - 17:19 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019

Les Échos Les Pays-Bas aux prises avec la déperdition de leur langue (lien)
Le Figaro L'écriture inclusive reste bannie dans les textes du gouvernement (1/3) (lien)
Contrepoints Écriture inclusive : sa place n’est pas au CNRS (1/3) (lien)
Eco média "Annecy mountains" au tribunal (lien)
Medium Article états-unien : nouvelle dynamique du français dans le monde [ingliche!] (lien)

Pour rire (jaune) : Emmanuel Macron : La french langue doit être la préoccupation number one de notre start up nation (lien)

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Langue française : Nouvelles de mars 2019

Les Échos Les Pays-Bas aux prises avec la déperdition de leur langue (lien)
Le Figaro L'écriture inclusive reste bannie dans les textes du gouvernement (1/3) (lien)
Contrepoints Écriture inclusive : sa place n’est pas au CNRS (1/3) (lien)
Eco média "Annecy mountains" au tribunal (lien)
Medium Article états-unien : nouvelle dynamique du français dans le monde [ingliche!] (lien)

Pour rire (jaune) : Emmanuel Macron : La french langue doit être la préoccupation number one de notre start up nation (lien)

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nouvelles2019/academie_francaise.jpgL'Académie française et la féminisation (3) - le 02/03/2019 - 17:48 par MAR

L'Académie française et la féminisation (3)

Académie française La féminisation des noms de métiers et de fonctions (1/3) (lien)
(Le rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonction)
Le Monde L’Académie française se résout à la féminisation des métiers (28/2) (lien)
Le Figaro L'Académie française prend acte de la féminisation de la langue (28/2) (lien)

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L'Académie française et la féminisation (3)

Académie française La féminisation des noms de métiers et de fonctions (1/3) (lien)
(Le rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonction)
Le Monde L’Académie française se résout à la féminisation des métiers (28/2) (lien)
Le Figaro L'Académie française prend acte de la féminisation de la langue (28/2) (lien)

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nouvelles2019/academie_francaise.jpgL'Académie française et la féminisation (2) - le 01/03/2019 - 17:14 par MAR

L'Académie française et la féminisation (2)

Paris Match Noms de métiers : Aucun obstacle de principe à la féminisation (28/2) (lien)
Le Figaro G. de Broglie Pas besoin d'être féministe pour féminiser la langue (27/2) (lien)
Libération Dominique Bona "Auteure" ou "autrice" ? On ne trouve plus ces termes choquants comme dans les années 80 (20/2) (lien)
Journal des femmes  Au feu, sapeuse-pompière : l'Académie va féminiser la langue française (26/2) (lien)
La Croix Eliane Viennot Dire "préfète", c’est reconnaître qu’une femme est légitime d’exercer cette fonction (26/2) (lien)

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L'Académie française et la féminisation (2)

Paris Match Noms de métiers : Aucun obstacle de principe à la féminisation (28/2) (lien)
Le Figaro G. de Broglie Pas besoin d'être féministe pour féminiser la langue (27/2) (lien)
Libération Dominique Bona "Auteure" ou "autrice" ? On ne trouve plus ces termes choquants comme dans les années 80 (20/2) (lien)
Journal des femmes  Au feu, sapeuse-pompière : l'Académie va féminiser la langue française (26/2) (lien)
La Croix Eliane Viennot Dire "préfète", c’est reconnaître qu’une femme est légitime d’exercer cette fonction (26/2) (lien)

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La recherche francophone en sciences de gestion n’a aucune
raison d’accepter une soumission à un ordre anglo-saxon

Dans une tribune au "Monde", 100 enseignants et chercheurs en gestion appellent les autorités académiques françaises à contester la domination des revues anglophones dans l’évaluation de leurs travaux. Publié le 20 février 2019

Pour évaluer la recherche en sciences de gestion, un principe s’est imposé : celui de se baser sur les seuls articles publiés dans des revues académiques, au détriment des autres formes de production scientifique (ouvrages, rapports de recherche, etc.). Dans ce cadre, le Centre national de recherche scientifique (CNRS) et la Fondation nationale pour l’enseignement et la gestion des entreprises (Fnege) ont tous deux élaboré des listes de revues qui font aujourd’hui référence dans notre discipline.

Ces listes jouent un rôle d’assurance qualité, en distinguant les revues répondant aux exigences académiques (principe d’évaluation par les pairs, en double aveugle) des autres. Elles établissent par ailleurs une hiérarchisation entre les revues d’excellence, qui sont classées au « rang 1 », et les revues moins prestigieuses, classées aux rangs 2, 3 et 4.

C’est là que le bât blesse. Car ces listes légitiment une domination des revues anglo-saxonnes sur les revues francophones. Parmi les 110 revues classées par le CNRS à un rang 1, comme parmi les 61 revues classées par la Fnege à ce même rang, aucune n’est de langue française. Comment deux institutions françaises en arrivent-elles à l’aberration consistant à dire qu’une revue publiée dans notre langue serait par nature moins bonne qu’une revue rédigée en anglais ?

L’élément qui légitime cet état de fait aux yeux de ses concepteurs est le moindre « facteur d’impact ». Le facteur d’impact est une mesure de visibilité des revues. Son calcul s’opère en comptant le nombre de fois où les articles publiés dans la revue sont cités par d’autres articles au cours des trois dernières années.

Discrimination

Pour le dire avec une métaphore, le principal critère utilisé pour hiérarchiser les revues s’apparente aujourd’hui à un calcul de box-office de cinéma. Selon une logique similaire à celle consistant à calculer les entrées à la sortie d’un film d’une semaine sur l’autre, c’est en fonction du nombre de citations de ses articles juste après leur parution que la qualité d’une revue est évaluée. Au-delà d’inciter le monde de la recherche à un court-termisme désastreux, un tel calcul de box-office repose par nature sur un biais majeur : il avantage ceux qui disposent d’un plus grand marché.

Ainsi, mécaniquement, un article en anglais sera plus cité qu’un article en français, parce qu’il y a plus de chercheurs anglophones dans le monde pour lire les articles publiés dans cette langue, qu’il y a plus de revues anglophones, plus d’institutions, etc. Mais évidemment, ce plus fort facteur d’impact ne veut rien dire de la qualité des travaux publiés dans les revues francophones. Ainsi, Jacques Audiard ou Jean-Luc Godard, parce que leurs films ont généré bien moins d’entrées que ceux de Steven Spielberg ou Martin Scorsese, seraient-ils de moins bons réalisateurs ? Leur impact sur les pratiques cinématographiques serait-il moindre ?

Le principal critère utilisé pour hiérarchiser les revues s’apparente aujourd’hui à un calcul de box-office de cinéma

Nous, chercheurs en sciences de gestion, en poste dans des universités, des IUT, des écoles de commerce, des écoles d’ingénieurs, des grandes écoles, en France ou à l’étranger, demandons que le CNRS et la Fnege cessent cette discrimination et accordent à quelques revues françaises un classement au rang 1. La recherche francophone en sciences de gestion possède une histoire riche et n’a aucune raison d’accepter une soumission à un ordre anglo-saxon qui serait par nature supérieur.

Aucune difficulté technique

Parmi les pères fondateurs de la gestion et du management, on trouve ainsi de nombreux francophones. Sur le plan institutionnel, c’est la France qui a créé la première école de commerce avec l’ESCP, et les écoles de commerce françaises sont aujourd’hui les mieux classées d’Europe. Dans les revues anglo-saxonnes prestigieuses, ce sont souvent de grands intellectuels français tels Aron, Boudon, Bourdieu, Deleuze, Derrida, Foucault, Morin, etc., qui sont mobilisés. Récemment, ce sont les travaux francophones menés en sciences de gestion qui ont influencé l’élaboration de la loi Pacte, visant à repenser l’entreprise et à promouvoir une vision alternative à la vision actionnariale anglo-saxonne qui a produit avec la crise des subprimes les effets nocifs que l’on sait.

Il n’est pas ici de notre rôle de dire quelles revues francophones en sciences de gestion méritent d’être classées au rang 1. C’est au CNRS et à la Fnege de réfléchir à des principes de classement, et de les rendre publics et transparents. Ajoutons toutefois qu’il y a urgence à ce que ces institutions agissent et mettent en œuvre cette réforme, qui ne révolutionne en rien le principe des classements et ne pose aucune difficulté technique. Le système actuel a incité au fil des années de plus en plus de chercheurs francophones à délaisser le français pour publier en anglais, et ainsi conduit à un appauvrissement de la production en langue française qu’il convient d’arrêter. Surtout, le système actuel a amené de plus en plus de chercheurs à intérioriser une domination anglo-saxonne qui est sans fondement, et à laquelle il convient symboliquement de mettre un terme.

Yves-Marie Abraham (HEC Montréal) ; Aurélien Acquier (ESCP Europe) ; Michel Albouy (Université Grenoble Alpes et Grenoble École de management) ; Franck Aggeri (Mines ParisTech, PSL) ; Pascal Auregan (IAE de Caen) ; Jérôme Barthélémy (ESSEC Business School) ; Philippe Baumard (CNAM) ; Yoann Bazin (EM Normandie) ; Laurent Béduneau-Wang (École polytechnique) ; Faouzi Bensebaa (Université Paris-VIII - Vincennes-St-Denis) ; Véronique Bessière (IAE,  Université de Montpellier) ; Dominique Besson (IAE,  Université de Lille) ; Madeleine Besson (Institut Mines Telecom BS) ; Hamid Bouchikhi (ESSEC Business School) ; Jean-Philippe Bouilloud (ESCP Europe) ; Julienne Brabet (Université Paris-Est-Créteil) ; Martine Brasseur (Université Paris-Descartes) ; Thierry Burger-Helmchen (Université de Strasbourg) ; Valentina Carbone (ESCP Europe) ; Valérie Chanal (Université Grenoble-Alpes) ; Cécile Chanut-Guieu (Université Aix-Marseille) ; Tarik Chakor (Université Savoie Mont Blanc) ; Gérard Charreaux (Université de Bourgogne) ; Sandra Charreire-Petit (Université Paris-Sud,  Paris-Saclay) ; Pénélope Codello (HEC Montréal) ; Bernard Colasse (Université Paris-Dauphine,  PSL) ; Albert David (Paris- Dauphine,  PSL) ; Frédérique Dejean (Paris-Dauphine,  PSL) ; Jean-Philippe Denis (Université Paris- Sud,  Paris-Saclay) ; Isabelle Derumez (IAE Gustave-Eiffel,  Université Paris-Est) ; Alain Desreumaux (IAE de Lille) ; Marie-Laure Djelic (Sciences Po Paris) ; Mehran Ebrahimi (ESG,  Université du Québec à Montréal) ; Nathalie Fabbe-Costes (Aix-Marseille Université) ; Patrick Gibert (Université Paris-Nanterre) ; André Grelon (EHESS) ; Pascal Griset (Sorbonne université) ; Éric Godelier (École polytechnique) ; Johanna Habib (Université polytechnique Hauts-de-France) ; Armand Hatchuel (Mines ParisTech) ; Xavier Hollandts (Kedge Business School) ; Lionel Honoré (Université de la Polynésie française) ; Rémi Jardat (IAE Gustave Eiffel) ; Ludovic Jeanne (EM Normandie) ; Michel Kalika (Université de Lyon) ; Catherine Karyotis (Neoma Business School) ; Pierre Mounier-Kuhn (MSH,  CNRS) ; Norbert Lebrument (IAE Auvergne School of Management) ; Yannick Lemarchand (Université de Nantes) ; Laurent Livolsi (Aix-Marseille Université) ; Sylvain Luc (Université Laval) ; Luc Marco (Université Paris-XIII,  Sorbonne Paris Cité) ; Alain-Charles Martinet (Université Jean-Moulin Lyon-III) ; Bachir Mazouz (ENAP) ; Jérôme Méric (IAE Poitiers) ; Nicolas Mottis (École polytechnique) ; Gilles Paché (Aix-Marseille Université) ; Bernard Paranque (Kedge Business School) ; Roland Pérez (Université de Montpellier) ; Yvon Pesqueux (CNAM) ; Claude Rochet (Université Versailles - St-Quentin) ; Anne Rollet (Aix-Marseille Université) ; Aurélien Rouquet (Neoma Business School) ; Christine Roussat (Université Clermont-Auvergne) ; Anne-Laure Saives (ESG-UQAM) ; Jean-Michel Saussois (ESCP Europe) ; Blanche Segrestin (Mines ParisTech) ; Sabine Sépari (ENS Paris Saclay) ; Bérangère Lauren Szostak (Université de Lorraine) ; Laurent Taskin (Louvain School of Management,  UC Louvain) ; Christophe Torset (IAE Lyon) ; Dimitri Uzunidis (Université du Littoral) ; Albéric Tellier (IAE,  Université de Caen) ; André Torre (INRA) ; François Vatin (Université Paris-Nanterre) ; Corinne Vercher-Chaptal (Université Paris-XIII,  Sorbonne Paris Cité.)

_____________________________________________

Notre ami le démographe Gérard-François Dumont, ancien recteur, professeur à la Sorbonne, Président de l’association Population et Avenir, et directeur de l‘excellente revue du même nom, à laquelle notre vice-président Yves Montenay participe, nous envoie cette pétition de 80 universitaires spécialistes des sciences de gestion. Un signe de changement d’attitude, au moment où une institution américaine observe que le français est une langue d’avenir ? En tout cas : un nouvel encouragement dans notre combat opiniâtre… Albert Salon.

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La recherche francophone en sciences de gestion n’a aucune
raison d’accepter une soumission à un ordre anglo-saxon

Dans une tribune au "Monde", 100 enseignants et chercheurs en gestion appellent les autorités académiques françaises à contester la domination des revues anglophones dans l’évaluation de leurs travaux. Publié le 20 février 2019

Pour évaluer la recherche en sciences de gestion, un principe s’est imposé : celui de se baser sur les seuls articles publiés dans des revues académiques, au détriment des autres formes de production scientifique (ouvrages, rapports de recherche, etc.). Dans ce cadre, le Centre national de recherche scientifique (CNRS) et la Fondation nationale pour l’enseignement et la gestion des entreprises (Fnege) ont tous deux élaboré des listes de revues qui font aujourd’hui référence dans notre discipline.

Ces listes jouent un rôle d’assurance qualité, en distinguant les revues répondant aux exigences académiques (principe d’évaluation par les pairs, en double aveugle) des autres. Elles établissent par ailleurs une hiérarchisation entre les revues d’excellence, qui sont classées au « rang 1 », et les revues moins prestigieuses, classées aux rangs 2, 3 et 4.

C’est là que le bât blesse. Car ces listes légitiment une domination des revues anglo-saxonnes sur les revues francophones. Parmi les 110 revues classées par le CNRS à un rang 1, comme parmi les 61 revues classées par la Fnege à ce même rang, aucune n’est de langue française. Comment deux institutions françaises en arrivent-elles à l’aberration consistant à dire qu’une revue publiée dans notre langue serait par nature moins bonne qu’une revue rédigée en anglais ?

L’élément qui légitime cet état de fait aux yeux de ses concepteurs est le moindre « facteur d’impact ». Le facteur d’impact est une mesure de visibilité des revues. Son calcul s’opère en comptant le nombre de fois où les articles publiés dans la revue sont cités par d’autres articles au cours des trois dernières années.

Discrimination

Pour le dire avec une métaphore, le principal critère utilisé pour hiérarchiser les revues s’apparente aujourd’hui à un calcul de box-office de cinéma. Selon une logique similaire à celle consistant à calculer les entrées à la sortie d’un film d’une semaine sur l’autre, c’est en fonction du nombre de citations de ses articles juste après leur parution que la qualité d’une revue est évaluée. Au-delà d’inciter le monde de la recherche à un court-termisme désastreux, un tel calcul de box-office repose par nature sur un biais majeur : il avantage ceux qui disposent d’un plus grand marché.

Ainsi, mécaniquement, un article en anglais sera plus cité qu’un article en français, parce qu’il y a plus de chercheurs anglophones dans le monde pour lire les articles publiés dans cette langue, qu’il y a plus de revues anglophones, plus d’institutions, etc. Mais évidemment, ce plus fort facteur d’impact ne veut rien dire de la qualité des travaux publiés dans les revues francophones. Ainsi, Jacques Audiard ou Jean-Luc Godard, parce que leurs films ont généré bien moins d’entrées que ceux de Steven Spielberg ou Martin Scorsese, seraient-ils de moins bons réalisateurs ? Leur impact sur les pratiques cinématographiques serait-il moindre ?

Le principal critère utilisé pour hiérarchiser les revues s’apparente aujourd’hui à un calcul de box-office de cinéma

Nous, chercheurs en sciences de gestion, en poste dans des universités, des IUT, des écoles de commerce, des écoles d’ingénieurs, des grandes écoles, en France ou à l’étranger, demandons que le CNRS et la Fnege cessent cette discrimination et accordent à quelques revues françaises un classement au rang 1. La recherche francophone en sciences de gestion possède une histoire riche et n’a aucune raison d’accepter une soumission à un ordre anglo-saxon qui serait par nature supérieur.

Aucune difficulté technique

Parmi les pères fondateurs de la gestion et du management, on trouve ainsi de nombreux francophones. Sur le plan institutionnel, c’est la France qui a créé la première école de commerce avec l’ESCP, et les écoles de commerce françaises sont aujourd’hui les mieux classées d’Europe. Dans les revues anglo-saxonnes prestigieuses, ce sont souvent de grands intellectuels français tels Aron, Boudon, Bourdieu, Deleuze, Derrida, Foucault, Morin, etc., qui sont mobilisés. Récemment, ce sont les travaux francophones menés en sciences de gestion qui ont influencé l’élaboration de la loi Pacte, visant à repenser l’entreprise et à promouvoir une vision alternative à la vision actionnariale anglo-saxonne qui a produit avec la crise des subprimes les effets nocifs que l’on sait.

Il n’est pas ici de notre rôle de dire quelles revues francophones en sciences de gestion méritent d’être classées au rang 1. C’est au CNRS et à la Fnege de réfléchir à des principes de classement, et de les rendre publics et transparents. Ajoutons toutefois qu’il y a urgence à ce que ces institutions agissent et mettent en œuvre cette réforme, qui ne révolutionne en rien le principe des classements et ne pose aucune difficulté technique. Le système actuel a incité au fil des années de plus en plus de chercheurs francophones à délaisser le français pour publier en anglais, et ainsi conduit à un appauvrissement de la production en langue française qu’il convient d’arrêter. Surtout, le système actuel a amené de plus en plus de chercheurs à intérioriser une domination anglo-saxonne qui est sans fondement, et à laquelle il convient symboliquement de mettre un terme.

Yves-Marie Abraham (HEC Montréal) ; Aurélien Acquier (ESCP Europe) ; Michel Albouy (Université Grenoble Alpes et Grenoble École de management) ; Franck Aggeri (Mines ParisTech, PSL) ; Pascal Auregan (IAE de Caen) ; Jérôme Barthélémy (ESSEC Business School) ; Philippe Baumard (CNAM) ; Yoann Bazin (EM Normandie) ; Laurent Béduneau-Wang (École polytechnique) ; Faouzi Bensebaa (Université Paris-VIII - Vincennes-St-Denis) ; Véronique Bessière (IAE,  Université de Montpellier) ; Dominique Besson (IAE,  Université de Lille) ; Madeleine Besson (Institut Mines Telecom BS) ; Hamid Bouchikhi (ESSEC Business School) ; Jean-Philippe Bouilloud (ESCP Europe) ; Julienne Brabet (Université Paris-Est-Créteil) ; Martine Brasseur (Université Paris-Descartes) ; Thierry Burger-Helmchen (Université de Strasbourg) ; Valentina Carbone (ESCP Europe) ; Valérie Chanal (Université Grenoble-Alpes) ; Cécile Chanut-Guieu (Université Aix-Marseille) ; Tarik Chakor (Université Savoie Mont Blanc) ; Gérard Charreaux (Université de Bourgogne) ; Sandra Charreire-Petit (Université Paris-Sud,  Paris-Saclay) ; Pénélope Codello (HEC Montréal) ; Bernard Colasse (Université Paris-Dauphine,  PSL) ; Albert David (Paris- Dauphine,  PSL) ; Frédérique Dejean (Paris-Dauphine,  PSL) ; Jean-Philippe Denis (Université Paris- Sud,  Paris-Saclay) ; Isabelle Derumez (IAE Gustave-Eiffel,  Université Paris-Est) ; Alain Desreumaux (IAE de Lille) ; Marie-Laure Djelic (Sciences Po Paris) ; Mehran Ebrahimi (ESG,  Université du Québec à Montréal) ; Nathalie Fabbe-Costes (Aix-Marseille Université) ; Patrick Gibert (Université Paris-Nanterre) ; André Grelon (EHESS) ; Pascal Griset (Sorbonne université) ; Éric Godelier (École polytechnique) ; Johanna Habib (Université polytechnique Hauts-de-France) ; Armand Hatchuel (Mines ParisTech) ; Xavier Hollandts (Kedge Business School) ; Lionel Honoré (Université de la Polynésie française) ; Rémi Jardat (IAE Gustave Eiffel) ; Ludovic Jeanne (EM Normandie) ; Michel Kalika (Université de Lyon) ; Catherine Karyotis (Neoma Business School) ; Pierre Mounier-Kuhn (MSH,  CNRS) ; Norbert Lebrument (IAE Auvergne School of Management) ; Yannick Lemarchand (Université de Nantes) ; Laurent Livolsi (Aix-Marseille Université) ; Sylvain Luc (Université Laval) ; Luc Marco (Université Paris-XIII,  Sorbonne Paris Cité) ; Alain-Charles Martinet (Université Jean-Moulin Lyon-III) ; Bachir Mazouz (ENAP) ; Jérôme Méric (IAE Poitiers) ; Nicolas Mottis (École polytechnique) ; Gilles Paché (Aix-Marseille Université) ; Bernard Paranque (Kedge Business School) ; Roland Pérez (Université de Montpellier) ; Yvon Pesqueux (CNAM) ; Claude Rochet (Université Versailles - St-Quentin) ; Anne Rollet (Aix-Marseille Université) ; Aurélien Rouquet (Neoma Business School) ; Christine Roussat (Université Clermont-Auvergne) ; Anne-Laure Saives (ESG-UQAM) ; Jean-Michel Saussois (ESCP Europe) ; Blanche Segrestin (Mines ParisTech) ; Sabine Sépari (ENS Paris Saclay) ; Bérangère Lauren Szostak (Université de Lorraine) ; Laurent Taskin (Louvain School of Management,  UC Louvain) ; Christophe Torset (IAE Lyon) ; Dimitri Uzunidis (Université du Littoral) ; Albéric Tellier (IAE,  Université de Caen) ; André Torre (INRA) ; François Vatin (Université Paris-Nanterre) ; Corinne Vercher-Chaptal (Université Paris-XIII,  Sorbonne Paris Cité.)

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Notre ami le démographe Gérard-François Dumont, ancien recteur, professeur à la Sorbonne, Président de l’association Population et Avenir, et directeur de l‘excellente revue du même nom, à laquelle notre vice-président Yves Montenay participe, nous envoie cette pétition de 80 universitaires spécialistes des sciences de gestion. Un signe de changement d’attitude, au moment où une institution américaine observe que le français est une langue d’avenir ? En tout cas : un nouvel encouragement dans notre combat opiniâtre… Albert Salon.

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nouvelles2019/michel_feltin-palas.jpgPourquoi fashion week et pas semaine de la mode ? - le 26/02/2019 - 18:46 par Michel_Feltin-Palas

Pourquoi fashion week et pas semaine de la mode ?

par Michel Feltin-Palas (publié dans l'Express le 26/02/2019)

On me le serine sur tous les tons : si, à grand renfort de smartphone et de homepage, les anglicismes envahissent les nouvelles technologies, c'est parce que les États-Unis dominent cette industrie. Je ne suis pas complètement convaincu par l'argument (j'y reviendrai), mais, à ce stade, admettons-le et poursuivons le raisonnement : dans ce cas, pourquoi la haute couture parle-t-elle aussi globish ? Pourquoi, par exemple, les défilés qui se déroulent à Paris cette semaine se nomment-ils fashion week ? Faut-il rappeler que Dior, Courrèges et les autres sont des petits gars bien de chez nous? Et qu'avec LVMH et Hermès, notre pays dispose dans ce secteur de quelques PME dynamiques ?

Pour éclaircir ce mystère, j'ai interrogé François-Marie Grau. L'homme connaît parfaitement la question pour être à la fois le directeur général de la Fédération du prêt-à-porter féminin et le représentant de la profession au sein de la commission de terminologie du ministère de la culture. Et voici ce qu'il m'a expliqué. 

Premier constat : le phénomène s'aggrave. "Voilà bientôt 30 ans que je travaille dans la mode et l'évolution est très nette, dit-il. Quand j'ai débuté, les réunions internationales se déroulaient en français. C'est terminé : aujourd'hui, l'anglais est systématique."

Deuxième constat : le mal est si profond que des Français utilisent des mots anglais... entre eux. "C'est le cas tous les jours, y compris à Paris", assure-t-il. Sac est remplacé par bag, lieu par spot, et je vous épargne les girly, flagship et autre concept store dont raffole la presse féminine tricolore. 

Troisième et dernier constat : malgré tous les efforts de nos concurrents, Paris reste bel et bien la capitale incontestée de la haute couture.

Alors ? Alors, il existe un seul argument que l'on ne peut pas balayer d'un revers de la main: "Les grandes marques comptent beaucoup de clients étrangers, rappelle François-Marie Grau. Elles sont donc tentées de recourir à la langue du commerce international." Soit. Mais comment expliquer l'utilisation de l'anglais... entre Français ? Quel est l'intérêt de placarder sur ses vitrines outlet au lieu de liquidation, de remplacer ongle par nail et coupe-vent par windbreaker. Pourquoi un commerçant prend-il le risque de ne pas être compris de clients qui, de Nice à Lille et de Metz à Brest, ont pour caractéristique saugrenue d'être le plus souvent francophones?

La réponse tient en un mot : snobisme, un terme dont il n'est pas inutile de rappeler la définition : "Comportement de snob, personne qui cherche à être assimilée à la haute société, en faisant étalage des manières, des goûts, des modes qu'elle lui emprunte sans besoin profond". Comportement d'autant plus étrange que, dans le domaine de la mode, c'est la France qui donne le la. "Dans notre milieu professionnel, les étrangers adorent entendre des mots français, qu'ils associent au chic, au luxe et au romantisme, indique François-Marie Grau, mais les Français n'en ont pas assez conscience. Pire : ils complexent et ont l'impression qu'ils seront mieux vus en parlant anglais."

C'est pourquoi l'argument selon lequel nous utiliserions des termes anglo-saxons en raison de l'avancée technologique des États-Unis ne me convainc qu'à moitié - j'y reviens. Cela joue, bien sûr, mais s'il s'agissait d'une règle universelle, le monde entier parlerait allemand dans la chimie, arabe dans le pétrole, coréen dans l'électronique, néerlandais dans la tulipe et, donc, français dans la mode. Comme ce n'est pas le cas, il faut bien chercher d'autres explications.

Le phénomène majeur, me semble-t-il, relève de la domination culturelle. Avec Hollywood, les séries télé et la musique pop, les Américains ont depuis des décennies pris le pouvoir sur bien des esprits européens, et singulièrement français. Cela se traduit par une hégémonie linguistique qui conduit certains de nos compatriotes à verser dans l'autodénigrement et, par principe, à juger ringard le lexique francophone. Une "honte de soi" typique des groupes culturellement dominés, que dénonce notamment le linguiste Claude Hagège : "En adoptant la langue de l'ennemi, les "élites" françaises espèrent en tirer parti sur le plan matériel, ou s'assimiler à lui pour bénéficier symboliquement de son prestige. Ceux qui s'adonnent à ces petits jeux se donnent l'illusion d'être modernes, alors qu'ils ne sont qu'américanisés."

Aussi n'est-il peut-être pas inutile de terminer par un peu de culture générale à l'intention de nos amis anglomaniaques de la haute couture. Et de rappeler que, selon le très sérieux dictionnaire historique de la langue française (Éditions Le Robert), "fashion" dérive du terme français façon, lequel aurait franchi la Manche à la fin du Moyen-Âge. À une époque où nos aïeux n'avaient pas encore cédé à la honte de soi...

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Une réaction d'un auditeur de Radio-France sur ce sujet

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Pourquoi fashion week et pas semaine de la mode ?

par Michel Feltin-Palas (publié dans l'Express le 26/02/2019)

On me le serine sur tous les tons : si, à grand renfort de smartphone et de homepage, les anglicismes envahissent les nouvelles technologies, c'est parce que les États-Unis dominent cette industrie. Je ne suis pas complètement convaincu par l'argument (j'y reviendrai), mais, à ce stade, admettons-le et poursuivons le raisonnement : dans ce cas, pourquoi la haute couture parle-t-elle aussi globish ? Pourquoi, par exemple, les défilés qui se déroulent à Paris cette semaine se nomment-ils fashion week ? Faut-il rappeler que Dior, Courrèges et les autres sont des petits gars bien de chez nous? Et qu'avec LVMH et Hermès, notre pays dispose dans ce secteur de quelques PME dynamiques ?

Pour éclaircir ce mystère, j'ai interrogé François-Marie Grau. L'homme connaît parfaitement la question pour être à la fois le directeur général de la Fédération du prêt-à-porter féminin et le représentant de la profession au sein de la commission de terminologie du ministère de la culture. Et voici ce qu'il m'a expliqué. 

Premier constat : le phénomène s'aggrave. "Voilà bientôt 30 ans que je travaille dans la mode et l'évolution est très nette, dit-il. Quand j'ai débuté, les réunions internationales se déroulaient en français. C'est terminé : aujourd'hui, l'anglais est systématique."

Deuxième constat : le mal est si profond que des Français utilisent des mots anglais... entre eux. "C'est le cas tous les jours, y compris à Paris", assure-t-il. Sac est remplacé par bag, lieu par spot, et je vous épargne les girly, flagship et autre concept store dont raffole la presse féminine tricolore. 

Troisième et dernier constat : malgré tous les efforts de nos concurrents, Paris reste bel et bien la capitale incontestée de la haute couture.

Alors ? Alors, il existe un seul argument que l'on ne peut pas balayer d'un revers de la main: "Les grandes marques comptent beaucoup de clients étrangers, rappelle François-Marie Grau. Elles sont donc tentées de recourir à la langue du commerce international." Soit. Mais comment expliquer l'utilisation de l'anglais... entre Français ? Quel est l'intérêt de placarder sur ses vitrines outlet au lieu de liquidation, de remplacer ongle par nail et coupe-vent par windbreaker. Pourquoi un commerçant prend-il le risque de ne pas être compris de clients qui, de Nice à Lille et de Metz à Brest, ont pour caractéristique saugrenue d'être le plus souvent francophones?

La réponse tient en un mot : snobisme, un terme dont il n'est pas inutile de rappeler la définition : "Comportement de snob, personne qui cherche à être assimilée à la haute société, en faisant étalage des manières, des goûts, des modes qu'elle lui emprunte sans besoin profond". Comportement d'autant plus étrange que, dans le domaine de la mode, c'est la France qui donne le la. "Dans notre milieu professionnel, les étrangers adorent entendre des mots français, qu'ils associent au chic, au luxe et au romantisme, indique François-Marie Grau, mais les Français n'en ont pas assez conscience. Pire : ils complexent et ont l'impression qu'ils seront mieux vus en parlant anglais."

C'est pourquoi l'argument selon lequel nous utiliserions des termes anglo-saxons en raison de l'avancée technologique des États-Unis ne me convainc qu'à moitié - j'y reviens. Cela joue, bien sûr, mais s'il s'agissait d'une règle universelle, le monde entier parlerait allemand dans la chimie, arabe dans le pétrole, coréen dans l'électronique, néerlandais dans la tulipe et, donc, français dans la mode. Comme ce n'est pas le cas, il faut bien chercher d'autres explications.

Le phénomène majeur, me semble-t-il, relève de la domination culturelle. Avec Hollywood, les séries télé et la musique pop, les Américains ont depuis des décennies pris le pouvoir sur bien des esprits européens, et singulièrement français. Cela se traduit par une hégémonie linguistique qui conduit certains de nos compatriotes à verser dans l'autodénigrement et, par principe, à juger ringard le lexique francophone. Une "honte de soi" typique des groupes culturellement dominés, que dénonce notamment le linguiste Claude Hagège : "En adoptant la langue de l'ennemi, les "élites" françaises espèrent en tirer parti sur le plan matériel, ou s'assimiler à lui pour bénéficier symboliquement de son prestige. Ceux qui s'adonnent à ces petits jeux se donnent l'illusion d'être modernes, alors qu'ils ne sont qu'américanisés."

Aussi n'est-il peut-être pas inutile de terminer par un peu de culture générale à l'intention de nos amis anglomaniaques de la haute couture. Et de rappeler que, selon le très sérieux dictionnaire historique de la langue française (Éditions Le Robert), "fashion" dérive du terme français façon, lequel aurait franchi la Manche à la fin du Moyen-Âge. À une époque où nos aïeux n'avaient pas encore cédé à la honte de soi...

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Une réaction d'un auditeur de Radio-France sur ce sujet

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nouvelles/Arret2.gifL'anglais ne doit pas remplacer le français (suite) - le 26/02/2019 - 10:52 par Jean_Hourcade

L'anglais ne doit pas remplacer le français (suite)

par Jean Hourcade

La pétition de plusieurs dizaines d'écrivains et journalistes francophones intitulée "Non, l'anglais ne doit pas remplacer le français", dans Le Monde des 26-27 janvier, est réconfortante et vient à propos au moment du grand débat national.
Ce sentiment d'insécurité culturelle (déjà perçu en matière de signes religieux ostentatoires) doit être relayé en haut lieu, où on ne le soupçonne peut-être pas.

Depuis déjà longtemps en effet on s'aperçoit que l'anglais se substitue indûment au français à l'international,  souvent au mépris des règles convenues (notamment à l'UE) mais aussi en France même, dans la publicité  à l'intention du public français, dans les raisons sociales d'entreprises (pour qui peut-être le son de notre langue serait devenu obscène), dans les titres de films américains, désormais jamais traduits à la demande des producteurs, et même sur les notices d'utilisation de certains produits, ce qui peut se révéler dangereux.

On se demande parfois devant les affiches des couloirs du métro si on est bien en France. Telle société française accole systématiquement à son logo le slogan "We love technology". Ce n'est pas dicible en français? La plupart des grandes sociétés françaises présentes à l'international ont même abandonné leur nom parfois séculaire pour un nom anglais ou, au mieux d'origine indéterminable.

Réciproquement, si on suppose que le public français est jugé assez passif pour se laisser faire et subir ce genre d'humiliation, on pourrait se dire que le public du monde anglophone devrait pouvoir accepter sans problème la présence du français dans son environnement.

Ce serait cela, la vraie mondialisation, et non ce bombardement d'une langue étrangère à temps et à contre-temps, phénomène visible d'une colonisation culturelle en profondeur et d'un impérialisme hostile qui, dans notre vieux pays de culture, ne peut que mal se terminer.

Comme l'écrit Dominique Noguez, défendre notre langue sur ses terres, cela relève du "simple plaisir d'être soi". C'est même vrai des langues régionales, petites sœurs du français dans leurs villages. Le paysage d'une patrie, ce sont les horizons familiers, une certaine lumière, l'odeur et la chanson des rues, la musique d'une langue,  toutes choses qu'on ne peut ignorer longtemps ni espérer abolir sous peine de réaction violente.

Disons-le dans nos réunions du Grand débat.

Jean Hourcade, ancien conseiller culturel

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L'anglais ne doit pas remplacer le français (suite)

par Jean Hourcade

La pétition de plusieurs dizaines d'écrivains et journalistes francophones intitulée "Non, l'anglais ne doit pas remplacer le français", dans Le Monde des 26-27 janvier, est réconfortante et vient à propos au moment du grand débat national.
Ce sentiment d'insécurité culturelle (déjà perçu en matière de signes religieux ostentatoires) doit être relayé en haut lieu, où on ne le soupçonne peut-être pas.

Depuis déjà longtemps en effet on s'aperçoit que l'anglais se substitue indûment au français à l'international,  souvent au mépris des règles convenues (notamment à l'UE) mais aussi en France même, dans la publicité  à l'intention du public français, dans les raisons sociales d'entreprises (pour qui peut-être le son de notre langue serait devenu obscène), dans les titres de films américains, désormais jamais traduits à la demande des producteurs, et même sur les notices d'utilisation de certains produits, ce qui peut se révéler dangereux.

On se demande parfois devant les affiches des couloirs du métro si on est bien en France. Telle société française accole systématiquement à son logo le slogan "We love technology". Ce n'est pas dicible en français? La plupart des grandes sociétés françaises présentes à l'international ont même abandonné leur nom parfois séculaire pour un nom anglais ou, au mieux d'origine indéterminable.

Réciproquement, si on suppose que le public français est jugé assez passif pour se laisser faire et subir ce genre d'humiliation, on pourrait se dire que le public du monde anglophone devrait pouvoir accepter sans problème la présence du français dans son environnement.

Ce serait cela, la vraie mondialisation, et non ce bombardement d'une langue étrangère à temps et à contre-temps, phénomène visible d'une colonisation culturelle en profondeur et d'un impérialisme hostile qui, dans notre vieux pays de culture, ne peut que mal se terminer.

Comme l'écrit Dominique Noguez, défendre notre langue sur ses terres, cela relève du "simple plaisir d'être soi". C'est même vrai des langues régionales, petites sœurs du français dans leurs villages. Le paysage d'une patrie, ce sont les horizons familiers, une certaine lumière, l'odeur et la chanson des rues, la musique d'une langue,  toutes choses qu'on ne peut ignorer longtemps ni espérer abolir sous peine de réaction violente.

Disons-le dans nos réunions du Grand débat.

Jean Hourcade, ancien conseiller culturel

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nouvelles2019/academie_francaise.jpgL'Académie française et la féminisation - le 24/02/2019 - 19:46 par MAR

L'Académie française et la féminisation

Le Devoir L’Académie française féminise enfin (25/2) (lien)
Le Figaro La féminisation du nom des métiers va être officiellement acceptée (21/2) (lien)
Libération Féminisation des noms de métiers : l’Académie "observe"  (20/2) (lien)
RTL L'Académie française va féminiser les noms de métier (20/2) (lien)
L'Express L'Académie française se résout à la féminisation (19/2) (lien)
Le Figaro L'Académie française à la pointe de la modernité avec son dictionnaire 2.0  (lien)

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L'Académie française et la féminisation

Le Devoir L’Académie française féminise enfin (25/2) (lien)
Le Figaro La féminisation du nom des métiers va être officiellement acceptée (21/2) (lien)
Libération Féminisation des noms de métiers : l’Académie "observe"  (20/2) (lien)
RTL L'Académie française va féminiser les noms de métier (20/2) (lien)
L'Express L'Académie française se résout à la féminisation (19/2) (lien)
Le Figaro L'Académie française à la pointe de la modernité avec son dictionnaire 2.0  (lien)

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Langue française : Nouvelles de février 2019 (4)

Les Echos Molière, enfin reçu à l'ENA ! (22/2) (lien)
Oui le langues Bravo à André Vallini, défenseur de la francophonie (19/2) (lien)
Le Figaro L'écriture inclusive devant le Conseil d'État (19/2) (lien)
La Croix Le long parcours de Patrick Grainville pour devenir Immortel (19/2) (lien)
Le Figaro Ces expressions françaises qui viennent de l'arabe (lien)
Le Figaro "Peuchère", "dégun"... Parlez-vous le français du Sud ? (lien)

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nouvelles2019/grand-debat.jpgContribution au Grand débat - le 17/02/2019 - 19:32 par Guy_Dalens

Contribution au Grand débat

Nous publions ici les contributions de Guy Dalens au Grand débat : ses doléances sur le cahier de sa commune, suivi de son très bon texte sur le français à Bruxelles qui détaille son point de vue. MAR

1) La reconquête de la langue française à Bruxelles qu’il y ait Brexit ou pas Brexit

Ce qui se passe actuellement est illégal et illégitime
Nous ne voulons pas être un protectorat anglo-américain
Nous avons les armes pour faire cesser cette situation (cf. ci-après)

2) Un référendum sur la construction européenne

Actuellement nous avons une Europe fédérale qui broie les peuples à petit feu

Nous voulons une Europe qui respecte les peuples et leur langue

La reconquête de la langue française à Bruxelles

Cette reconquête n’est pas tributaire du Brexit ou du non Brexit.

Cette reconquête passe par un affrontement entre le peuple français et ses dirigeants et Bruxelles. Nous détenons l’arme de dissuasion.

Maurice Druon, ancien secrétaire de l’académie française, rappelait le comportement de Mme Thatcher qui disait obstinément « I want my money back » à propos du rabais britannique. Que ne déclarons-nous pas, avec la même obstination « Je veux ma langue ».

La France est un des plus gros contributeurs au budget communautaire : 20 milliards en 2018 contre 18,7 milliards en 2017. Potentiellement, il y a là un moyen de pression considérable et décisif. Un levier pour changer la donne, le rapport de force.

Nous pourrions soutenir que nous ne paierons plus notre contribution si la langue française n’est pas remise au niveau qu’elle avait jusqu’ici. Et nous ne paierons plus si la langue anglaise continue d’être utilisée à Bruxelles, alors que les Anglais ont quitté le navire.

Nous ne risquons rien, sauf des remontrances et des sanctions juridiques formelles.

En face de peuple français il y a un tigre de papier ; Bruxelles n’a ni police ni armée pour nous contraindre.

Nous le savons. Le socle communautaire repose sur la servitude volontaire pour reprendre l’expression d’Étienne de La Boétie. Il ne tient qu’à nous de nous affranchir.

Nous croyons à une autre Europe, celle qui respectera les nations et leur langue.

Guy Dalens, adhérent d’Avenir de la Langue Française

________________________________________________


À la reconquête de la langue française à Bruxelles,
Brexit ou pas Brexit

"Si nous reculons sur la langue, nous serons emportés purement et simplement.
C’est à travers notre langue que nous existons dans le monde autrement que comme un pays parmi d’autres.
[1]"

Georges Pompidou

Ce cher Georges, il avait tout compris

Ses successeurs ne le suivront pas, ils préféreront regarder passer les trains, comme les vaches, sans broncher[2]. Et pourtant, cette élite au cœur desséché prétend toujours diriger notre pays. Comment diriger un pays, là, où il n’y a plus de sang, de lien charnel avec notre peuple, avec notre passé, notre langue et notre terre ! Avec elle, "La République une et indivisible, notre royaume de France.[3]" était partie en fumée, dans nos souvenirs. Heureusement, nos souvenirs sont tenaces et indestructibles.

En quinze ans (1975-1990), les Anglais ont fait disparaître, éradiqué le français, l’italien, l’allemand, les langues de travail des pays fondateurs de la communauté.

Et notre élite trouve ça bien. Elle s’est tue. Se tait.

Et il faudrait qu’on dise "Amen".

Qu’on tende la nuque pour qu’elle frappe encore et encore.

Nous devons prendre la relève sans elle, sans cette élite à l’intelligence déficiente, qui n’est plus une élite pour nous, puisque chaque jour elle nous trahit.

Breton nous l’avait dit il y a déjà longtemps : "… nous vivons en conflit ouvert avec le monde immédiat qui nous entoure, monde ultra-sophistiqué, monde qui, sous quelque aspect qu’on l’interroge, s’avère, devant la pensée libre, sans alibi. De quelque côté que je me tourne, c’est dans le fonctionnement de ce monde la même apparence de déraison froide et hostile, le même cérémonial extérieur sous lequel se distingue tout de suite la survivance du signe à la chose signifiée. Ce sont toutes les valeurs intellectuelles brimées, toutes les idées morales en déroute, tous les bienfaits de la vie frappés de corruption, indiscernables. La souillure de l’argent a tout recouvert...[4]"

Faisons un rêve

Sur son chemin de Damas, notre président de la République a rencontré Paul de Tarse, vêtu d’un gilet jaune, qui l’a amené à une conversion radicale, après une sorte d’illumination. Il lui a dit : "Va à la reconquête de ta langue devant ton peuple, devant les marchands du Temple de Bruxelles et soit ferme et sans faiblesse ; tu retrouveras alors le goût particulier de la France". Il lui a dit encore : "Frappe à la tête, n’écoute pas les défaitistes, ceux qui veulent t’entraîner vers l’abîme. Je te donne l’ordre de partir à la reconquête de ta langue. Suis, les deux pistes que je te donne. Les salauds à tête d’hypocrites crieront, tu les laisseras glapir avec les castes qui les soutiennent ; ils fermeront leur gueule si tu restes ferme. Car, ils n’ont pas de caractère et ramperont devant celui qui est le plus fort. C’est toi qui peux être le plus fort parce que c’est toi qui détiens le pouvoir d’actionner les manettes.

Souviens-toi, la première piste est utile à poser dans le contexte, mais la seconde est décisive et, elle t’appartient, à toi seul. Ta main ne doit pas trembler quand tu décideras de l’actionner. Je te le répète, soit implacable. Tu joues ta vie, l’image que tu laisseras dans l’histoire de ton pays, ta langue devant notre avenir, notre république, notre royaume de France".

  1. Première piste : La langue anglaise n’a aucune légitimité ni historique ni financière à être la langue de la communauté

Échappant à tout bon sens c’est-à-dire à la raison, une certaine élite dévoyée et mondialisée, vassalisée par l’empire américain, voudrait que nous continuions à discourir en anglais dans la communauté européenne, alors que les Anglais s’en vont, comme s’il n’y avait pas suffisamment d’autres langues en Europe pour échanger et pour vivre.

Cette langue n’était pas utilisée lors de la fondation de la communauté et celle-ci ne s’en portait pas plus mal.

Les Anglais veulent quitter l’Europe. C’est leur choix. Et ce choix qui leur est propre leur incombe totalement. Nous n’avons pas à nous plier à leurs exigences, ni à les comprendre ni à faire preuve de compassion ou de tolérance. C’est pourtant ce que nos élites cherchent à instiller au quotidien avec la saga du Brexit qui n’en finit pas depuis bientôt trois ans, comme si nous étions responsables de leurs tergiversations.

Ayez pitié de nous, pauvres pécheurs, avec leurs mains tendues et leur voix qui nous chuchotent dans leur brouillard "nous voulons le beurre et l’argent du beurre". Il faudrait que nous assumions le problème de la frontière avec les deux Irlande qu’ils ont ébranlées, divisées pendant 700 ans ; de leur problème avec la City, car là il y a beaucoup de fric en jeu ; de leur problème avec l’Écosse qu’ils ont crucifiée à Culloden ; du problème du ravitaillement comme si nous étions en guerre...

Tout ceci ne vient pas du peuple anglais qui a voté le Brexit.

Il y a une connivence entre l’élite anglaise mondialisée et l’élite mondialisée de la communauté. Singulière collusion qui s’est instituée dans le but de faire capoter le vote du peuple anglais. L’une montre les difficultés insurmontables qu’il y aurait à quitter la communauté, l’autre, en ne faisant preuve d’aucune souplesse pour trouver une solution au départ du Royaume-Uni. Et puis, ne faut-il pas montrer aux autres États membres qu’on ne quitte pas le bercail de la communauté comme on veut, même après le vote d’un peuple qui veut retrouver sa liberté, sa souveraineté. Il y a trop d’intérêts mercantiles à protéger.

Alors, ils font tout pour faire traîner, pour empêcher la rupture, pour que rien ne change, avec à la clé un nouveau référendum dont les dés seront pipés pour leur donner raison, et montrer que le peuple s’était trompé. C’est la démocratie à la sauce bruxelloise.

Ce que nous pouvons dire :

Les Anglais doivent partir avec l’ensemble de leur bagage. Nous ne devons pas accepter qu’ils laissent derrière eux le cadeau empoisonné de leur langue qui, si elle reste, s’avérera délétère et mortelle, pour nous et pour les autres. Elle restera délétère et mortelle si nous continuons de fonctionner comme le veulent les fonctionnaires communautaires.

Ce n’est pas à des fonctionnaires de la communauté de se faire les chantres, les défenseurs de cette langue.

Nous disons assez à cette mascarade, à cette colonisation douce mais insupportable qui voudrait perdurer, derrière eux et sans eux. Nous ne voulons pas être un protectorat anglo-américain.

Aucune légitimité ni historique ni économique ne justifie le maintien de cette langue dans la communauté.

Je reprends ici ce que j’avais déjà exprimé dans un article de septembre 2018 (cf. notre site ALF).

Historique

La construction européenne a toujours été combattue par les Anglais, de l’extérieur ou de l’intérieur. De l’extérieur, par la création de la "zone de libre-échange" avec laquelle ils tenteront de faire pièce au Marché commun constitué par les six États membres fondateurs : Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, pays dits du Benelux, Italie et la France.

Devant l’échec de cette action extérieure, ils chercheront à y pénétrer, pour la saper de l’intérieur.

Pendant quelques années, ils se heurteront à l’intransigeance de De Gaulle qui mit son veto à leur demande d’adhésion : ce fut par deux fois avec M. Macmillan, puis une fois avec M. Wilson.

De Gaulle parti, la danse des cabris pouvait commencer, sous la présence patiente et obstinée des Britanniques.

L’engagement des Britanniques dans le Marché commun puis l’Union européenne sera toujours partiel. Ils disposent de conditions particulières sur plusieurs actions communautaires :

  • Ils ne sont pas adhérents à la monnaie unique européenne (euros) ;
  • Ils ne font pas partie de l’espace Schengen ;
  • Leur participation au budget communautaire n’est pas équitable pour les autres États membres avec l’introduction du rabais britannique, après les interventions acharnées d’épicière de Margaret Thatcher pendant cinq années (Je veux qu’on me rende mon argent ou dans sa langue à elle "I want my money back"). Ce qui a permis à l’Angleterre de réduire sa contribution au budget européen au détriment de pays comme la France.
  • Le Royaume-Uni est le seul membre à ne pas contribuer au budget à hauteur de ses revenus : sa part était de 9, 77 % en 2014 contre 14, 56 % pour la France qui possède une population équivalente.

Elle a réussi à amoindrir, par ses coups de boutoir continuels, la Politique agricole commune (PAC) au point que cette dernière dans le budget européen a fondu de 66 % à son lancement en 1962 à 40 % en 2014 (**).

Économique

Je donne ici des extraits de l’article d'Yves Montenay, vice-président d’ALF, paru dans le n°59 de la revue Avenir de la langue française qui pose le problème avec le plus d’acuité.

"L’hégémonie de l’anglais à Bruxelles a des conséquences économiques que connaît peu le grand public.

Le rapport Grin a chiffré à des dizaines de milliards de dollars par an l’avantage pour le Royaume-Uni et ses entreprises. Sa conclusion mérite d’être intégralement citée :

  • Le Royaume-Uni gagne, à titre net, au minimum 10 milliards d’euros par année du fait de la domination actuelle de l’anglais.
  • Si l’on tient compte de l’effet multiplicateur de certaines composantes de cette somme ainsi que du rendement des fonds que les pays anglophones peuvent, du fait de la position privilégiée de leur langue, investir ailleurs, ce total est de 17 à 18 milliards d’euros par année.
  • Ce chiffre serait certainement plus élevé si l’hégémonie de cette langue venait à être renforcée par une priorité que lui concéderaient d’autres États, notamment dans le cadre de leurs politiques éducatives respectives ;
  • Ce chiffre ne tient pas compte de différents effets symboliques (comme l’avantage dont jouissent les locuteurs natifs de la langue hégémonique dans toute situation de négociation ou de conflit se déroulant dans leur langue) ; cependant, ces effets symboliques ont sans doute aussi des répercussions matérielles et financières". (***)

Nous ne devons plus accepter que l’anglais soit la langue dominante de la communauté, au besoin par des actions légitimes au regard de notre seule conscience. Le corset illégal et illégitime dans lequel les puissants du jour veulent nous enfermer doit être combattu et brisé.

  1. Deuxième piste : La reconquête de la langue française à Bruxelles

Cette reconquête n’est pas tributaire du Brexit ou du Non-Brexit comme voudraient nous le faire croire certains commentateurs toujours à la remorque des Britanniques. Peu nous importe le choix définitif que ces derniers feront.

La reconquête de la langue française passe par un affrontement entre le peuple français et Bruxelles.

Passe par un affrontement entre "La République française une et indivisible, notre royaume de France" et Bruxelles et ses serviteurs.

Et nous détenons l’arme dissuasive.

Maurice Druon rappelle le comportement de Mme Thatcher qui disait obstinément "I want my money back". Que ne déclarons-nous, avec la même obstination : "Je veux ma langue !"

La France est un des plus gros contributeurs au budget communautaire : 20 milliards en 2018 contre 18, 7 milliards en 2017.

Potentiellement, il y a là un moyen de pression considérable et décisif. Un levier pour changer la donne, le rapport de force.

Encore faut-il l’utiliser. Ce sera le rôle de notre président s’il exécute les conseils de Paul de Tarse.

Mais le peuple de France y veillera.

Nous pourrions soutenir que nous ne paierons plus notre contribution si la langue française n’est pas remise au niveau qu’elle avait jusqu’ici.

Et nous ne paierons plus si la langue anglaise continue d’être utilisée à Bruxelles alors que les Anglais ont quitté le navire.

Nous ne risquons rien, sauf des remontrances et des sanctions juridiques formelles.

En face du peuple français il y a un tigre de papier ; Bruxelles n’a ni police ni armée pour nous contraindre.

Nous le savons. Le socle de ce système repose sur la servitude volontaire pour reprendre l’expression d’Étienne de La Boétie. Il ne tient qu’à nous de nous affranchir.

Notre langue vaut bien ce combat. Peut-être, le dernier avant qu’il ne soit trop tard.

Nous croyons à une autre Europe, celle qui respectera les nations et leur langue.

Guy Dalens, membre d’Avenir de la Langue Française

 

[1] Cité par M. Druon dans « Ordonnances pour un État malade » et audition devant la commission des affaires étrangères ; Compte-rendu n° 26, mardi 08/02/2005.

[2] À l’exception de la loi n° 94-665 du 04/08/1994, malheureusement mutilée par le Conseil constitutionnel et peu respectée.

[3] Charles Péguy ; Cité par Mme D. Mayer dans son livre du même nom, titre et p. 8.

L’argent suite, « Les Cahiers de la quinzaine », 1913, p.145.

[4] André Breton, « Position politique du surréalisme » (conférence du 01/04/1935, Prague).

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Contribution au Grand débat

Nous publions ici les contributions de Guy Dalens au Grand débat : ses doléances sur le cahier de sa commune, suivi de son très bon texte sur le français à Bruxelles qui détaille son point de vue. MAR

1) La reconquête de la langue française à Bruxelles qu’il y ait Brexit ou pas Brexit

Ce qui se passe actuellement est illégal et illégitime
Nous ne voulons pas être un protectorat anglo-américain
Nous avons les armes pour faire cesser cette situation (cf. ci-après)

2) Un référendum sur la construction européenne

Actuellement nous avons une Europe fédérale qui broie les peuples à petit feu

Nous voulons une Europe qui respecte les peuples et leur langue

La reconquête de la langue française à Bruxelles

Cette reconquête n’est pas tributaire du Brexit ou du non Brexit.

Cette reconquête passe par un affrontement entre le peuple français et ses dirigeants et Bruxelles. Nous détenons l’arme de dissuasion.

Maurice Druon, ancien secrétaire de l’académie française, rappelait le comportement de Mme Thatcher qui disait obstinément « I want my money back » à propos du rabais britannique. Que ne déclarons-nous pas, avec la même obstination « Je veux ma langue ».

La France est un des plus gros contributeurs au budget communautaire : 20 milliards en 2018 contre 18,7 milliards en 2017. Potentiellement, il y a là un moyen de pression considérable et décisif. Un levier pour changer la donne, le rapport de force.

Nous pourrions soutenir que nous ne paierons plus notre contribution si la langue française n’est pas remise au niveau qu’elle avait jusqu’ici. Et nous ne paierons plus si la langue anglaise continue d’être utilisée à Bruxelles, alors que les Anglais ont quitté le navire.

Nous ne risquons rien, sauf des remontrances et des sanctions juridiques formelles.

En face de peuple français il y a un tigre de papier ; Bruxelles n’a ni police ni armée pour nous contraindre.

Nous le savons. Le socle communautaire repose sur la servitude volontaire pour reprendre l’expression d’Étienne de La Boétie. Il ne tient qu’à nous de nous affranchir.

Nous croyons à une autre Europe, celle qui respectera les nations et leur langue.

Guy Dalens, adhérent d’Avenir de la Langue Française

________________________________________________


À la reconquête de la langue française à Bruxelles,
Brexit ou pas Brexit

"Si nous reculons sur la langue, nous serons emportés purement et simplement.
C’est à travers notre langue que nous existons dans le monde autrement que comme un pays parmi d’autres.
[1]"

Georges Pompidou

Ce cher Georges, il avait tout compris

Ses successeurs ne le suivront pas, ils préféreront regarder passer les trains, comme les vaches, sans broncher[2]. Et pourtant, cette élite au cœur desséché prétend toujours diriger notre pays. Comment diriger un pays, là, où il n’y a plus de sang, de lien charnel avec notre peuple, avec notre passé, notre langue et notre terre ! Avec elle, "La République une et indivisible, notre royaume de France.[3]" était partie en fumée, dans nos souvenirs. Heureusement, nos souvenirs sont tenaces et indestructibles.

En quinze ans (1975-1990), les Anglais ont fait disparaître, éradiqué le français, l’italien, l’allemand, les langues de travail des pays fondateurs de la communauté.

Et notre élite trouve ça bien. Elle s’est tue. Se tait.

Et il faudrait qu’on dise "Amen".

Qu’on tende la nuque pour qu’elle frappe encore et encore.

Nous devons prendre la relève sans elle, sans cette élite à l’intelligence déficiente, qui n’est plus une élite pour nous, puisque chaque jour elle nous trahit.

Breton nous l’avait dit il y a déjà longtemps : "… nous vivons en conflit ouvert avec le monde immédiat qui nous entoure, monde ultra-sophistiqué, monde qui, sous quelque aspect qu’on l’interroge, s’avère, devant la pensée libre, sans alibi. De quelque côté que je me tourne, c’est dans le fonctionnement de ce monde la même apparence de déraison froide et hostile, le même cérémonial extérieur sous lequel se distingue tout de suite la survivance du signe à la chose signifiée. Ce sont toutes les valeurs intellectuelles brimées, toutes les idées morales en déroute, tous les bienfaits de la vie frappés de corruption, indiscernables. La souillure de l’argent a tout recouvert...[4]"

Faisons un rêve

Sur son chemin de Damas, notre président de la République a rencontré Paul de Tarse, vêtu d’un gilet jaune, qui l’a amené à une conversion radicale, après une sorte d’illumination. Il lui a dit : "Va à la reconquête de ta langue devant ton peuple, devant les marchands du Temple de Bruxelles et soit ferme et sans faiblesse ; tu retrouveras alors le goût particulier de la France". Il lui a dit encore : "Frappe à la tête, n’écoute pas les défaitistes, ceux qui veulent t’entraîner vers l’abîme. Je te donne l’ordre de partir à la reconquête de ta langue. Suis, les deux pistes que je te donne. Les salauds à tête d’hypocrites crieront, tu les laisseras glapir avec les castes qui les soutiennent ; ils fermeront leur gueule si tu restes ferme. Car, ils n’ont pas de caractère et ramperont devant celui qui est le plus fort. C’est toi qui peux être le plus fort parce que c’est toi qui détiens le pouvoir d’actionner les manettes.

Souviens-toi, la première piste est utile à poser dans le contexte, mais la seconde est décisive et, elle t’appartient, à toi seul. Ta main ne doit pas trembler quand tu décideras de l’actionner. Je te le répète, soit implacable. Tu joues ta vie, l’image que tu laisseras dans l’histoire de ton pays, ta langue devant notre avenir, notre république, notre royaume de France".

  1. Première piste : La langue anglaise n’a aucune légitimité ni historique ni financière à être la langue de la communauté

Échappant à tout bon sens c’est-à-dire à la raison, une certaine élite dévoyée et mondialisée, vassalisée par l’empire américain, voudrait que nous continuions à discourir en anglais dans la communauté européenne, alors que les Anglais s’en vont, comme s’il n’y avait pas suffisamment d’autres langues en Europe pour échanger et pour vivre.

Cette langue n’était pas utilisée lors de la fondation de la communauté et celle-ci ne s’en portait pas plus mal.

Les Anglais veulent quitter l’Europe. C’est leur choix. Et ce choix qui leur est propre leur incombe totalement. Nous n’avons pas à nous plier à leurs exigences, ni à les comprendre ni à faire preuve de compassion ou de tolérance. C’est pourtant ce que nos élites cherchent à instiller au quotidien avec la saga du Brexit qui n’en finit pas depuis bientôt trois ans, comme si nous étions responsables de leurs tergiversations.

Ayez pitié de nous, pauvres pécheurs, avec leurs mains tendues et leur voix qui nous chuchotent dans leur brouillard "nous voulons le beurre et l’argent du beurre". Il faudrait que nous assumions le problème de la frontière avec les deux Irlande qu’ils ont ébranlées, divisées pendant 700 ans ; de leur problème avec la City, car là il y a beaucoup de fric en jeu ; de leur problème avec l’Écosse qu’ils ont crucifiée à Culloden ; du problème du ravitaillement comme si nous étions en guerre...

Tout ceci ne vient pas du peuple anglais qui a voté le Brexit.

Il y a une connivence entre l’élite anglaise mondialisée et l’élite mondialisée de la communauté. Singulière collusion qui s’est instituée dans le but de faire capoter le vote du peuple anglais. L’une montre les difficultés insurmontables qu’il y aurait à quitter la communauté, l’autre, en ne faisant preuve d’aucune souplesse pour trouver une solution au départ du Royaume-Uni. Et puis, ne faut-il pas montrer aux autres États membres qu’on ne quitte pas le bercail de la communauté comme on veut, même après le vote d’un peuple qui veut retrouver sa liberté, sa souveraineté. Il y a trop d’intérêts mercantiles à protéger.

Alors, ils font tout pour faire traîner, pour empêcher la rupture, pour que rien ne change, avec à la clé un nouveau référendum dont les dés seront pipés pour leur donner raison, et montrer que le peuple s’était trompé. C’est la démocratie à la sauce bruxelloise.

Ce que nous pouvons dire :

Les Anglais doivent partir avec l’ensemble de leur bagage. Nous ne devons pas accepter qu’ils laissent derrière eux le cadeau empoisonné de leur langue qui, si elle reste, s’avérera délétère et mortelle, pour nous et pour les autres. Elle restera délétère et mortelle si nous continuons de fonctionner comme le veulent les fonctionnaires communautaires.

Ce n’est pas à des fonctionnaires de la communauté de se faire les chantres, les défenseurs de cette langue.

Nous disons assez à cette mascarade, à cette colonisation douce mais insupportable qui voudrait perdurer, derrière eux et sans eux. Nous ne voulons pas être un protectorat anglo-américain.

Aucune légitimité ni historique ni économique ne justifie le maintien de cette langue dans la communauté.

Je reprends ici ce que j’avais déjà exprimé dans un article de septembre 2018 (cf. notre site ALF).

Historique

La construction européenne a toujours été combattue par les Anglais, de l’extérieur ou de l’intérieur. De l’extérieur, par la création de la "zone de libre-échange" avec laquelle ils tenteront de faire pièce au Marché commun constitué par les six États membres fondateurs : Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, pays dits du Benelux, Italie et la France.

Devant l’échec de cette action extérieure, ils chercheront à y pénétrer, pour la saper de l’intérieur.

Pendant quelques années, ils se heurteront à l’intransigeance de De Gaulle qui mit son veto à leur demande d’adhésion : ce fut par deux fois avec M. Macmillan, puis une fois avec M. Wilson.

De Gaulle parti, la danse des cabris pouvait commencer, sous la présence patiente et obstinée des Britanniques.

L’engagement des Britanniques dans le Marché commun puis l’Union européenne sera toujours partiel. Ils disposent de conditions particulières sur plusieurs actions communautaires :

  • Ils ne sont pas adhérents à la monnaie unique européenne (euros) ;
  • Ils ne font pas partie de l’espace Schengen ;
  • Leur participation au budget communautaire n’est pas équitable pour les autres États membres avec l’introduction du rabais britannique, après les interventions acharnées d’épicière de Margaret Thatcher pendant cinq années (Je veux qu’on me rende mon argent ou dans sa langue à elle "I want my money back"). Ce qui a permis à l’Angleterre de réduire sa contribution au budget européen au détriment de pays comme la France.
  • Le Royaume-Uni est le seul membre à ne pas contribuer au budget à hauteur de ses revenus : sa part était de 9, 77 % en 2014 contre 14, 56 % pour la France qui possède une population équivalente.

Elle a réussi à amoindrir, par ses coups de boutoir continuels, la Politique agricole commune (PAC) au point que cette dernière dans le budget européen a fondu de 66 % à son lancement en 1962 à 40 % en 2014 (**).

Économique

Je donne ici des extraits de l’article d'Yves Montenay, vice-président d’ALF, paru dans le n°59 de la revue Avenir de la langue française qui pose le problème avec le plus d’acuité.

"L’hégémonie de l’anglais à Bruxelles a des conséquences économiques que connaît peu le grand public.

Le rapport Grin a chiffré à des dizaines de milliards de dollars par an l’avantage pour le Royaume-Uni et ses entreprises. Sa conclusion mérite d’être intégralement citée :

  • Le Royaume-Uni gagne, à titre net, au minimum 10 milliards d’euros par année du fait de la domination actuelle de l’anglais.
  • Si l’on tient compte de l’effet multiplicateur de certaines composantes de cette somme ainsi que du rendement des fonds que les pays anglophones peuvent, du fait de la position privilégiée de leur langue, investir ailleurs, ce total est de 17 à 18 milliards d’euros par année.
  • Ce chiffre serait certainement plus élevé si l’hégémonie de cette langue venait à être renforcée par une priorité que lui concéderaient d’autres États, notamment dans le cadre de leurs politiques éducatives respectives ;
  • Ce chiffre ne tient pas compte de différents effets symboliques (comme l’avantage dont jouissent les locuteurs natifs de la langue hégémonique dans toute situation de négociation ou de conflit se déroulant dans leur langue) ; cependant, ces effets symboliques ont sans doute aussi des répercussions matérielles et financières". (***)

Nous ne devons plus accepter que l’anglais soit la langue dominante de la communauté, au besoin par des actions légitimes au regard de notre seule conscience. Le corset illégal et illégitime dans lequel les puissants du jour veulent nous enfermer doit être combattu et brisé.

  1. Deuxième piste : La reconquête de la langue française à Bruxelles

Cette reconquête n’est pas tributaire du Brexit ou du Non-Brexit comme voudraient nous le faire croire certains commentateurs toujours à la remorque des Britanniques. Peu nous importe le choix définitif que ces derniers feront.

La reconquête de la langue française passe par un affrontement entre le peuple français et Bruxelles.

Passe par un affrontement entre "La République française une et indivisible, notre royaume de France" et Bruxelles et ses serviteurs.

Et nous détenons l’arme dissuasive.

Maurice Druon rappelle le comportement de Mme Thatcher qui disait obstinément "I want my money back". Que ne déclarons-nous, avec la même obstination : "Je veux ma langue !"

La France est un des plus gros contributeurs au budget communautaire : 20 milliards en 2018 contre 18, 7 milliards en 2017.

Potentiellement, il y a là un moyen de pression considérable et décisif. Un levier pour changer la donne, le rapport de force.

Encore faut-il l’utiliser. Ce sera le rôle de notre président s’il exécute les conseils de Paul de Tarse.

Mais le peuple de France y veillera.

Nous pourrions soutenir que nous ne paierons plus notre contribution si la langue française n’est pas remise au niveau qu’elle avait jusqu’ici.

Et nous ne paierons plus si la langue anglaise continue d’être utilisée à Bruxelles alors que les Anglais ont quitté le navire.

Nous ne risquons rien, sauf des remontrances et des sanctions juridiques formelles.

En face du peuple français il y a un tigre de papier ; Bruxelles n’a ni police ni armée pour nous contraindre.

Nous le savons. Le socle de ce système repose sur la servitude volontaire pour reprendre l’expression d’Étienne de La Boétie. Il ne tient qu’à nous de nous affranchir.

Notre langue vaut bien ce combat. Peut-être, le dernier avant qu’il ne soit trop tard.

Nous croyons à une autre Europe, celle qui respectera les nations et leur langue.

Guy Dalens, membre d’Avenir de la Langue Française

 

[1] Cité par M. Druon dans « Ordonnances pour un État malade » et audition devant la commission des affaires étrangères ; Compte-rendu n° 26, mardi 08/02/2005.

[2] À l’exception de la loi n° 94-665 du 04/08/1994, malheureusement mutilée par le Conseil constitutionnel et peu respectée.

[3] Charles Péguy ; Cité par Mme D. Mayer dans son livre du même nom, titre et p. 8.

L’argent suite, « Les Cahiers de la quinzaine », 1913, p.145.

[4] André Breton, « Position politique du surréalisme » (conférence du 01/04/1935, Prague).

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Langue française : Nouvelles de février 2019 (3)

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Ouest France La langue française est malmenée déplore Franck Riester (15/2) (lien)
LeMonde F Riester Notre langue essentielle au pacte républicain et à la cohésion sociale (lien)
Africa Presse Lexbase lance la 1e base de droit africain francophone avec Droit Afrique (lien)
L'Alsace ENA : la promotion 2018-2019 s'appellera Molière (15/2) (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Cette semaine, je vous en mets plein la vue (lien)

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Langue française : Nouvelles de février 2019 (3)

RFI Franck Riester La langue française c’est des valeurs, une histoire, une culture  (15/2) (lien)
Ouest France La langue française est malmenée déplore Franck Riester (15/2) (lien)
LeMonde F Riester Notre langue essentielle au pacte républicain et à la cohésion sociale (lien)
Africa Presse Lexbase lance la 1e base de droit africain francophone avec Droit Afrique (lien)
L'Alsace ENA : la promotion 2018-2019 s'appellera Molière (15/2) (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Cette semaine, je vous en mets plein la vue (lien)

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André Vallini s'indigne une nouvelle fois contre la démission linguistique

Il faut défendre la langue française contre l'anglais qui la menace... en France même !

Tribune publiée dans Le Figaro du lundi 11 février 2019

Aucun domaine de notre vie ne semble pouvoir résister aux anglicismes. Les centres commerciaux deviennent des outlets, les supermarchés Champion des Carrefour market ou des Carrefour city, les Relais H des Relay, et Monoprix ouvre des Daily Monop. Les slogans en anglais ne se comptent plus comme "Born to be un super papa" de Marionnaud. Dans les rayons des magasins, les termes Man, Woman et Kids deviennent monnaie courante, et les travelors succèdent aux escalators. S'agissant des médias, France Télévisions a lancé une émission intitulée "Actuality" pendant qu'i-Télé, qui avait déjà sa newsroom, est devenue CNews. Dans le domaine culturel, le Musée des arts décoratifs expose "Fashion forward, trois siècles de mode" et les titres des films en anglais ne sont plus traduits. À Paris, après la Design Week et la Fashion Week, l'établissement public de la Défense organise une Urban Week et la faculté Pierre- et-Marie-Curie une Welcome Week. Le Salon du livre cède lui aussi aux anglicismes.

Dans l'entreprise, c'est une invasion. L'anglais s'impose dans la communication externe de Renault avec sa French touch, et même interne chez PSA- Peugeot-Citroën où le plan "Push to Pass" a succédé à "Back to the Race". Dans le monde sportif, le site de la course parisienne Run at Work propose une to do list pour s'inscrire. Elle indique avoir rassemblé 3 500 runners. La course a été suivie d'un run afterwork, où il y avait des food-trucks. Dans l'enseignement supérieur, les écoles de commerce deviennent des business schools, les écoles d'ingénieurs des engineering schools et de plus en plus de cours y sont dispensés en anglais, comme à Sciences Po Paris ou dans certaines universités.

Quant au domaine de l'innovation, l'anglais y est systématiquement utilisé, et pas seulement dans les start-up mais dans l'ensemble de la French Tech à Saclay où le gouvernement a inauguré un LabFactory. Même les entreprises publiques cèdent à la mode : la vénérable SNCF dénomme Work and Station ses nouveaux espaces de bureaux dans les gares, EDF baptise son nouveau compteur Linky, Aéroports de Paris a un service Shop & Collect, Pôle Emploi un Emploi Store et Areva une page We Tell by Areva. Quant à Air France, les messages envoyés à ses clients sont en anglais.

Il devrait être possible de prévoir une clause de francophonie imposant le français dans la moitié au moins des enseignements des écoles de commerce recevant des financements publics

Certes, il n'est pas question de remettre en cause l'enrichissement séculaire de la langue de Molière par celle de Shakespeare, ni d'oublier que l'anglais courant compte aujourd'hui plus de mots français que le français courant ne comporte de mots anglais. Pourtant, il s'agit d'un enjeu bien plus important qu'on ne le croit. Pour unifier la société française d'abord. Un sondage Ifop réalisé en 2017 indique qu'à la question sur les éléments constitutifs du sentiment d'appartenance à la nation, la langue française arrive en tête avec 79 %, devant les valeurs de la République à 64 %, l'histoire de la France et sa culture à 63 %, les droits à 57 % et les symboles que sont le drapeau tricolore et La Marseillaise à 53 %. Et de fait, comment mieux intégrer que par une langue commune tous les enfants de la République quelle que soit leur origine ? Au-delà de la diversité des situations sociales, des opinions ou des croyances religieuses, la langue française devrait rassembler tous ceux qui veulent vivre dans notre pays, et donc en partager · la culture et l'histoire. L'enjeu est également vital pour faire rayonner la France dans le monde. Jamais notre langue n'a connu un tel potentiel de développement grâce à la vitalité démographique de l'Afrique et grâce à l'intérêt que le français suscite en Amérique latine comme Asie. Instituts français et Alliances françaises voient affluer des apprenants toujours plus nombreux. Pour de nombreux peuples, le français reste l'autre langue, celle du refus de la standardisation culturelle et de l'affadissement des identités. Hier comme aujourd'hui, aucun autre pays n'a eu, dans n'a eu, dans l'histoire, la chance et la fierté de voir sa langue choisie par autant d'écrivains venus des cinq continents.

Enfin, la défense du français concourt au développement économique. La francophonie représente 20 % des échanges commerciaux mondiaux. Certains pays francophones connaissent des taux de croissance exceptionnels, d'autres sont de futurs pays émergents. Or deux pays partageant des liens linguistiques tendent à échanger environ 65 % de plus que s'ils en étaient dépourvus, selon le rapport "La francophonie et la francophilie, vecteurs de croissance durable" (Documentation française, 2014). Parler une même langue permet de tisser des liens économiques particuliers en facilitant la communication, la rédaction des contrats, les formalités douanières ou l'installation de succursales. La langue française est la troisième langue des affaires. La francophonie économique pourrait être, beaucoup plus qu'aujourd'hui, un moteur de croissance durable. ·

Alors comment agir et réagir ? D'abord en faisant respecter la loi ! La loi du 4 août 1994 rappelle dans son article 1 que "la langue française [... ] est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France". Cette loi régit l'enseignement, les relations de travail, la consommation, la publicité, les médias, les services publics, l'enseignement et la recherche. Dans le domaine de l'éducation, il faut renforcer l'apprentissage du français : l'orthographe et la grammaire à l'école, la littérature et la poésie au collège ; et au lycée la dimension humaniste et universelle de la francophonie.

Quant aux écoles de commerce recevant des financements publics, il devrait être possible de prévoir une clause de francophonie imposant le français dans la moitié au moins de leurs enseignements. Il ne serait pas inutile d'envisager le même dispositif pour les Instituts d'études politiques, financés par l'argent public. Dans le domaine économique, nous devons sensibiliser entreprises et réseaux consulaires au potentiel de développement que peut représenter l'espace francophone. Enfin, comment oublier que le français fut pendant des siècles la langue des diplomates ? Cette histoire nous fait obligation de faire respecter l'usage du français comme langue officielle aussi bien à Bruxelles qu'aux Nations unies. Sous le précédent quinquennat, je m'y suis employé aussi souvent et fermement que nécessaire, en menaçant par exemple de boycotter un Conseil des ministres européens du développement qui devait ne se tenir qu'en anglais.

La francophonie est une force et cette force, les Français, pourtant amoureux de leur langue comme de leur histoire, ne sont pas toujours les plus vaillants à la défendre. L'exemple vient d'en haut. À l'heure des débats sur la question identitaire, le respect de la langue française devrait s'imposer d'abord aux fameuses élites qui ne se rendent pas compte à quel point leur renoncement à défendre le français contribue à la perte de repères pour les classes populaires et donc à l'affaissement de l'esprit public.

ANDRÉ VALLINI
Membre du gouvernement de 2014 à 2017, André Vallini est sénateur PS de l'Isère.

Nos décideurs ne mesurent pas combien leur désir de ne pas parler français en France choque les classes populaires, argumente l'ancien secrétaire d'État chargé du développement et de la francophonie.

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André Vallini s'indigne une nouvelle fois contre la démission linguistique

Il faut défendre la langue française contre l'anglais qui la menace... en France même !

Tribune publiée dans Le Figaro du lundi 11 février 2019

Aucun domaine de notre vie ne semble pouvoir résister aux anglicismes. Les centres commerciaux deviennent des outlets, les supermarchés Champion des Carrefour market ou des Carrefour city, les Relais H des Relay, et Monoprix ouvre des Daily Monop. Les slogans en anglais ne se comptent plus comme "Born to be un super papa" de Marionnaud. Dans les rayons des magasins, les termes Man, Woman et Kids deviennent monnaie courante, et les travelors succèdent aux escalators. S'agissant des médias, France Télévisions a lancé une émission intitulée "Actuality" pendant qu'i-Télé, qui avait déjà sa newsroom, est devenue CNews. Dans le domaine culturel, le Musée des arts décoratifs expose "Fashion forward, trois siècles de mode" et les titres des films en anglais ne sont plus traduits. À Paris, après la Design Week et la Fashion Week, l'établissement public de la Défense organise une Urban Week et la faculté Pierre- et-Marie-Curie une Welcome Week. Le Salon du livre cède lui aussi aux anglicismes.

Dans l'entreprise, c'est une invasion. L'anglais s'impose dans la communication externe de Renault avec sa French touch, et même interne chez PSA- Peugeot-Citroën où le plan "Push to Pass" a succédé à "Back to the Race". Dans le monde sportif, le site de la course parisienne Run at Work propose une to do list pour s'inscrire. Elle indique avoir rassemblé 3 500 runners. La course a été suivie d'un run afterwork, où il y avait des food-trucks. Dans l'enseignement supérieur, les écoles de commerce deviennent des business schools, les écoles d'ingénieurs des engineering schools et de plus en plus de cours y sont dispensés en anglais, comme à Sciences Po Paris ou dans certaines universités.

Quant au domaine de l'innovation, l'anglais y est systématiquement utilisé, et pas seulement dans les start-up mais dans l'ensemble de la French Tech à Saclay où le gouvernement a inauguré un LabFactory. Même les entreprises publiques cèdent à la mode : la vénérable SNCF dénomme Work and Station ses nouveaux espaces de bureaux dans les gares, EDF baptise son nouveau compteur Linky, Aéroports de Paris a un service Shop & Collect, Pôle Emploi un Emploi Store et Areva une page We Tell by Areva. Quant à Air France, les messages envoyés à ses clients sont en anglais.

Il devrait être possible de prévoir une clause de francophonie imposant le français dans la moitié au moins des enseignements des écoles de commerce recevant des financements publics

Certes, il n'est pas question de remettre en cause l'enrichissement séculaire de la langue de Molière par celle de Shakespeare, ni d'oublier que l'anglais courant compte aujourd'hui plus de mots français que le français courant ne comporte de mots anglais. Pourtant, il s'agit d'un enjeu bien plus important qu'on ne le croit. Pour unifier la société française d'abord. Un sondage Ifop réalisé en 2017 indique qu'à la question sur les éléments constitutifs du sentiment d'appartenance à la nation, la langue française arrive en tête avec 79 %, devant les valeurs de la République à 64 %, l'histoire de la France et sa culture à 63 %, les droits à 57 % et les symboles que sont le drapeau tricolore et La Marseillaise à 53 %. Et de fait, comment mieux intégrer que par une langue commune tous les enfants de la République quelle que soit leur origine ? Au-delà de la diversité des situations sociales, des opinions ou des croyances religieuses, la langue française devrait rassembler tous ceux qui veulent vivre dans notre pays, et donc en partager · la culture et l'histoire. L'enjeu est également vital pour faire rayonner la France dans le monde. Jamais notre langue n'a connu un tel potentiel de développement grâce à la vitalité démographique de l'Afrique et grâce à l'intérêt que le français suscite en Amérique latine comme Asie. Instituts français et Alliances françaises voient affluer des apprenants toujours plus nombreux. Pour de nombreux peuples, le français reste l'autre langue, celle du refus de la standardisation culturelle et de l'affadissement des identités. Hier comme aujourd'hui, aucun autre pays n'a eu, dans n'a eu, dans l'histoire, la chance et la fierté de voir sa langue choisie par autant d'écrivains venus des cinq continents.

Enfin, la défense du français concourt au développement économique. La francophonie représente 20 % des échanges commerciaux mondiaux. Certains pays francophones connaissent des taux de croissance exceptionnels, d'autres sont de futurs pays émergents. Or deux pays partageant des liens linguistiques tendent à échanger environ 65 % de plus que s'ils en étaient dépourvus, selon le rapport "La francophonie et la francophilie, vecteurs de croissance durable" (Documentation française, 2014). Parler une même langue permet de tisser des liens économiques particuliers en facilitant la communication, la rédaction des contrats, les formalités douanières ou l'installation de succursales. La langue française est la troisième langue des affaires. La francophonie économique pourrait être, beaucoup plus qu'aujourd'hui, un moteur de croissance durable. ·

Alors comment agir et réagir ? D'abord en faisant respecter la loi ! La loi du 4 août 1994 rappelle dans son article 1 que "la langue française [... ] est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France". Cette loi régit l'enseignement, les relations de travail, la consommation, la publicité, les médias, les services publics, l'enseignement et la recherche. Dans le domaine de l'éducation, il faut renforcer l'apprentissage du français : l'orthographe et la grammaire à l'école, la littérature et la poésie au collège ; et au lycée la dimension humaniste et universelle de la francophonie.

Quant aux écoles de commerce recevant des financements publics, il devrait être possible de prévoir une clause de francophonie imposant le français dans la moitié au moins de leurs enseignements. Il ne serait pas inutile d'envisager le même dispositif pour les Instituts d'études politiques, financés par l'argent public. Dans le domaine économique, nous devons sensibiliser entreprises et réseaux consulaires au potentiel de développement que peut représenter l'espace francophone. Enfin, comment oublier que le français fut pendant des siècles la langue des diplomates ? Cette histoire nous fait obligation de faire respecter l'usage du français comme langue officielle aussi bien à Bruxelles qu'aux Nations unies. Sous le précédent quinquennat, je m'y suis employé aussi souvent et fermement que nécessaire, en menaçant par exemple de boycotter un Conseil des ministres européens du développement qui devait ne se tenir qu'en anglais.

La francophonie est une force et cette force, les Français, pourtant amoureux de leur langue comme de leur histoire, ne sont pas toujours les plus vaillants à la défendre. L'exemple vient d'en haut. À l'heure des débats sur la question identitaire, le respect de la langue française devrait s'imposer d'abord aux fameuses élites qui ne se rendent pas compte à quel point leur renoncement à défendre le français contribue à la perte de repères pour les classes populaires et donc à l'affaissement de l'esprit public.

ANDRÉ VALLINI
Membre du gouvernement de 2014 à 2017, André Vallini est sénateur PS de l'Isère.

Nos décideurs ne mesurent pas combien leur désir de ne pas parler français en France choque les classes populaires, argumente l'ancien secrétaire d'État chargé du développement et de la francophonie.

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Langue française : Nouvelles de février 2019 (2)

Archimag L'Académie propose une nouvelle version numérique de son dictionnaire (8/2) (lien)
Le Figaro 5 anglicismes à bannir au bureau (8/2) (lien)
Le Monde des lecteurs Langue : question pour le grand débat (6/2) (lien)
AgoraVox Pasagenoux Eurovision 2019 : demandons l’élimination de Bilal Hassani (lien)
Le Monde des lecteurs Langue : colonialisme culturel (5/2) (lien)
RTL Muriel Gilbert  Quand le salon du livre devient "ze living-room of ze book" (3/2) (lien)

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Langue française : Nouvelles de février 2019 (2)

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nouvelles/Arret2.gifRéactions à l'appel des intellectuels - le 31/01/2019 - 11:47 par MAR

Réactions à l'appel des intellectuels
contre le remplacement du français par l’anglais

Réactions de la presse suite à la tribune parue dans Le Monde du 27 janvier 2019 d'une centaine d'intellectuels s’indignant de voir le "globish" supplanter notre langue, y compris au salon du Livre.

Le Monde des lecteurs Langue : colonialisme culturel (5/2) (lien)
RTL Muriel Gilbert  Quand le salon du livre devient "ze living-room of ze book" (3/2) (lien)
France Info Vous en parlerez aujourd'hui. Parle-t-on encore français au Salon du livre ? (30/1) (lien)
B. Squad À deux mois de Livre Paris, les artistes-auteurs interpellent le ministère de la culture (30/1) (lien)
ActuLitté Le salon Livre Paris, “délinquant culturel” selon un collectif d'écrivains (28/1) (lien)
Le Devoir Trop d’anglais au salon du livre de Paris (28/1) (lien)
Le Monde Dans un salon consacré au livre, et à la littérature française, n’est-il plus possible de parler français ? (26/1) (lien)

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Réactions à l'appel des intellectuels
contre le remplacement du français par l’anglais

Réactions de la presse suite à la tribune parue dans Le Monde du 27 janvier 2019 d'une centaine d'intellectuels s’indignant de voir le "globish" supplanter notre langue, y compris au salon du Livre.

Le Monde des lecteurs Langue : colonialisme culturel (5/2) (lien)
RTL Muriel Gilbert  Quand le salon du livre devient "ze living-room of ze book" (3/2) (lien)
France Info Vous en parlerez aujourd'hui. Parle-t-on encore français au Salon du livre ? (30/1) (lien)
B. Squad À deux mois de Livre Paris, les artistes-auteurs interpellent le ministère de la culture (30/1) (lien)
ActuLitté Le salon Livre Paris, “délinquant culturel” selon un collectif d'écrivains (28/1) (lien)
Le Devoir Trop d’anglais au salon du livre de Paris (28/1) (lien)
Le Monde Dans un salon consacré au livre, et à la littérature française, n’est-il plus possible de parler français ? (26/1) (lien)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de février 2019 - le 31/01/2019 - 11:46 par MAR

Langue française : Nouvelles de février 2019

Numérama Bâtiment intelligent, éclairage autonome… : les concepts de la smart city ont leur traduction française (1/2) (lien)
Michelin massacre la langue française avec sa Better Driving Community !  (lien)
Boulevard Voltaire L’Académie française ne veut pas de Luc Ferry… ni des autres ! (1/2) (lien)

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Langue française : Nouvelles de février 2019

Numérama Bâtiment intelligent, éclairage autonome… : les concepts de la smart city ont leur traduction française (1/2) (lien)
Michelin massacre la langue française avec sa Better Driving Community !  (lien)
Boulevard Voltaire L’Académie française ne veut pas de Luc Ferry… ni des autres ! (1/2) (lien)

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Non, l’anglais ne doit pas remplacer le français !

Une centaine d’écrivains, d’essayistes, de journalistes et d’artistes s’indignent de voir le "globish", un sous-anglais, supplanter notre langue. Y compris au sein du prochain salon Livre Paris.

Tribune parue dans Le Monde des 27 et 28 janvier 2019

Collectif

Pour la deuxième année consécutive, la littérature Young Adult est mise à l’honneur au salon Livre Paris", lit-on sur le site Internet de cette manifestation qu’on appela longtemps le Salon du livre, et qui se tiendra du 15 au 18 mars. A côté de la littérature jeunesse, qui dispose de sa propre "scène" au salon, il y en aurait donc une autre, cette fois "jeune adulte". Passons sur le bien-fondé de cette catégorie qui remonte au succès commercial de Harry Potter – et se distinguerait peut-être d’une littérature "adulte mûr" et d’une troisième "vieil adulte". Mais pourquoi doit-elle être dite en anglais ? Poursuivons notre lecture du site Internet : la "scène YA" accueillera "Le Live" (performances et lectures musicales), une "Bookroom" (un espace de rencontres), un "Brainsto" (discussion entre créateurs), un "Photobooth" (pour laisser une trace sur ses réseaux sociaux). Il était aussi prévu un "Bookquizz", très malheureusement annulé.

Dans les rues, sur la Toile, dans les médias, dans les écoles privées après le bac et dans les universités, partout, en fait, l’anglais tend à remplacer peu à peu le français – à la vitesse d’un mot par jour. Chacun le sait, et beaucoup d’entre nous l’acceptent comme si c’était le cours naturel de l’évolution, confondant la mondialisation avec l’hégémonisme linguistique. Mais même dans un salon du livre en France ? A Paris, dans un salon consacré au livre et accessoirement à la littérature, n’est-il plus possible de parler français ?

Pour nous, intellectuels, écrivains, enseignants, journalistes et amoureux de cette langue venus de tous les horizons, "Young Adult" représente la goutte d’eau qui fait déborder le vase de notre indulgence, de notre fatalisme parfois. Ce "Young Adult", parce qu’il parle ici de littérature francophone et parce qu’il s’adresse délibérément à la jeunesse francophone en quête de lectures, est de trop. Il devient soudain une agression, une insulte, un acte insupportable de délinquance culturelle.

Nous ne reviendrons pas ici longuement sur les raisons de ce seul véritable et indéniable "grand remplacement" : celui du français par l’anglais, voire par ce sous-anglais qu’on appelle le globish. Nous savons qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de mode, de modernité chic. Nous savons fort bien qu’il s’agit au fond de commerce et de mercatique, d’impérialisme linguistique pour mieux vendre partout les mêmes produits, de colonialisme culturel accompagnant la mondialisation économique. Pervertissant jusqu’à l’inconscient de la responsable de la programmation de la "scène YA", qui écrivait à l’un d’entre nous trouver spontanément le mot "bookroom" plus "dynamique" que n’importe quel équivalent français.

Nous disons à ceux qui collaborent activement à ce remplacement qu’ils commettent, à leur insu ou délibérément, une atteinte grave à une culture et à une pensée plus que millénaires, et que partagent près de 300 millions de francophones. Nous demandons aux responsables du Syndicat national de l’édition et de Livre Paris d’exclure toute terminologie anglaise lorsqu’elle n’est pas indispensable, et donc de remplacer l’anglais par le français sur la scène d’une littérature dont nous leur laissons le soin d’inventer le nom dans notre langue.

PROTÉGER LES JEUNES DE L’UNIFORMITÉ

Nous demandons au ministre de la culture de veiller, avec bien plus d’énergie qu’il ne le fait, à la défense et au respect de la langue française dans sa sphère de compétences. Aucune subvention ne peut être accordée à une manifestation culturelle où un seul mot français serait remplacé inutilement par un mot anglais.

Nous demandons au ministre de l’éducation de renforcer la protection des Français les plus jeunes face aux agressions de l’uniformité linguistique mondiale. Aucun mot anglais inutile ne doit paraître dans les programmes scolaires. Les cours de français doivent comprendre la redécouverte et la réinvention de notre langue par les élèves, aujourd’hui victimes d’un globish abrutissant.

Cette atteinte croissante à notre langue est d’autant plus pernicieuse qu’elle s’opère à petit feu. Ainsi, beaucoup d’entre nous la tolèrent-ils. A ceux qui la prennent à la légère, nous demandons de méditer ce que pensait Victor Hugo de toute innovation contraire au génie de notre langue : un "attentat aux premiers principes du goût". Mais comme près de deux siècles ont passé, nous leur demandons aussi de prendre conscience de la violence illégitime et même souvent illégale de cette destruction de notre patrimoine culturel, et des dommages irréversibles qu’elle y commet, et les appelons à prendre part à ce grand projet : inventer en langue française.

Giorgio Agamben, philosophe ; Albert Algoud, humoriste et écrivain ;
François Angelier, journaliste et auteur ; Salim Bachi, écrivain ;
Muriel Barbery, écrivaine ; Olivier Barrot, journaliste et écrivain ;
Yahia Belaskri, écrivain ; Tahar Ben Jelloun, écrivain ;
Zéno Bianu, poète et dramaturge ; Yves Bichet, écrivain ;
Jean-Marie Blas de Roblès, écrivain ; Evelyne Bloch-Dano, écrivaine ;
Alain Blottière, écrivain ; Philippe Bordas, photographe et écrivain ;
Alain Borer, écrivain et poète ; Michel Braudeau, écrivain et éditeur ;
Belinda Cannone, écrivaine et professeur d’université ; Gérard Cartier, écrivain et poète ;
Julien Cendres, écrivain ; Jean-Yves Cendrey, écrivain ;
Marie-Claude Char, éditrice ; François Chaslin, architecte et critique ;
Jean-Loup Chiflet, écrivain et éditeur ; Jean-Luc Coatalem, écrivain et journaliste ;
Collectif dé-coïncidence ; François Jullien, philosophe et sinologue ;
Esther Lin, traductrice ; Pascal David, philosophe ;
Marc Guillaume, économiste et éditeur ; François L’Yvonnet, philosophe et éditeur ;
Philippe Ratte, historien ; Béatrice Commengé, écrivaine et traductrice ;
Pascal Commère, écrivain et poète ; Antoine Compagnon, écrivain, professeur au Collège de France ;
Gérard de Cortanze, écrivain et éditeur ; Gilles Costaz, journaliste et dramaturge ;
Teresa Cremisi, écrivaine et éditrice ; Catherine Cusset, écrivaine ;
Seyhmus Dagtekin, écrivain et poète ; Charles Dantzig, écrivain et éditeur ;
François Debluë, écrivain et poète ; Didier Decoin, écrivain et scénariste ;
Michel Deguy, poète et essayiste ; Jean-Michel Delacomptée, écrivain ;
Vincent Delecroix, philosophe et écrivain ; François-Henri Désérable, écrivain ;
Patrick Deville, écrivain ; Arthur Dreyfus, écrivain ;
David Dumortier, écrivain ; Benoît Duteurtre, écrivain ;
Jean-Louis Ezine, écrivain et critique littéraire ; Vladimir Fédorovski, écrivain ;
Colette Fellous, écrivaine et éditrice ; Dominique Fernandez, écrivain ;
Pascal Fioretto, journaliste et écrivain ; Patrick Fort, écrivain ;
Paul Fournel, écrivain ; Jean-Louis Fournier, écrivain ;
Luc Fraisse, critique littéraire ; Olivier Frébourg, écrivain et éditeur ;
Philippe Fréling, écrivain et cinéaste ; Gilles Gauthier, écrivain et traducteur ;
Michèle Gazier, écrivaine et éditrice ; Pierre Gazio, écrivain ;
Guy Goffette, écrivain et poète ; Jean-Michel Guenassia, écrivain ;
André Guyaux, professeur d’université ; Nathalie Heinich, sociologue ;
Armelle Héliot, journaliste et critique de théâtre ; Noël Herpe, écrivain et cinéaste ;
Laure Hillerin, écrivaine et biographe ; Fabienne Jacob, écrivaine ;
Salim Jay, écrivain et essayiste ; Pierre Jourde, écrivain ;
Jean-Marie Laclavetine, écrivain et éditeur ; Didier Lamaison, écrivain et traducteur ;
Michel Le Bris, écrivain ; Pierre Lepape, journaliste et écrivain ;
Pierre-Yves Leprince, scénographe et écrivain ; Michèle Lesbre, écrivaine ;
Gérard Macé, écrivain et poète ; Mona Makki, productrice et réalisatrice ;
Jean-Baptiste Malartre, comédien ; Mohamed Métalsi, universitaire et urbaniste ;
Catherine Millet, écrivaine et critique d’art ; Claudia Moatti, historienne ;
Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste ; Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue ;
Sophie Nauleau, écrivaine ; Marie NDiaye, écrivaine ;
Dominique Noguez, écrivain ; Pascal Ory, historien ;
Jean-Noël Pancrazi, écrivain ; Chantal Pelletier, écrivaine ;
Serge Pey, poète ; Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien ;
Denis Podalydès, acteur et metteur en scène ; Jérôme Prieur, écrivain et cinéaste ;
Philippe Renonçay, écrivain ; Olivier Rolin, écrivain et éditeur ;
François Rollin, auteur et humoriste ; Danièle Sallenave, écrivaine ;
Lydie Salvayre, écrivaine ; Dominique Sampiero, écrivain et scénariste ;
Boualem Sansal, écrivain ; Eric Sarner, écrivain et poète ;
Anne Serre, écrivaine ; Michel Serres, philosophe ;
Jean-Pierre Siméon, poète, dramaturge et éditeur ; Gilbert Sinoué, écrivain ;
Leïla Slimani, écrivaine ; Olivier Steiner, écrivain ;
Laurence Tacou, éditrice ; Abdellah Taïa, écrivain et cinéaste ;
Tito Topin, scénariste et écrivain ; Émilie de Turckheim, écrivaine ;
André Velter, poète ; Monique Vincent, enseignante ;
Catherine Virlouvet, historienne ; Olivier Weber, écrivain et grand reporter

non_lemonde_27-01-2019.jpg

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Non, l’anglais ne doit pas remplacer le français !

Une centaine d’écrivains, d’essayistes, de journalistes et d’artistes s’indignent de voir le "globish", un sous-anglais, supplanter notre langue. Y compris au sein du prochain salon Livre Paris.

Tribune parue dans Le Monde des 27 et 28 janvier 2019

Collectif

Pour la deuxième année consécutive, la littérature Young Adult est mise à l’honneur au salon Livre Paris", lit-on sur le site Internet de cette manifestation qu’on appela longtemps le Salon du livre, et qui se tiendra du 15 au 18 mars. A côté de la littérature jeunesse, qui dispose de sa propre "scène" au salon, il y en aurait donc une autre, cette fois "jeune adulte". Passons sur le bien-fondé de cette catégorie qui remonte au succès commercial de Harry Potter – et se distinguerait peut-être d’une littérature "adulte mûr" et d’une troisième "vieil adulte". Mais pourquoi doit-elle être dite en anglais ? Poursuivons notre lecture du site Internet : la "scène YA" accueillera "Le Live" (performances et lectures musicales), une "Bookroom" (un espace de rencontres), un "Brainsto" (discussion entre créateurs), un "Photobooth" (pour laisser une trace sur ses réseaux sociaux). Il était aussi prévu un "Bookquizz", très malheureusement annulé.

Dans les rues, sur la Toile, dans les médias, dans les écoles privées après le bac et dans les universités, partout, en fait, l’anglais tend à remplacer peu à peu le français – à la vitesse d’un mot par jour. Chacun le sait, et beaucoup d’entre nous l’acceptent comme si c’était le cours naturel de l’évolution, confondant la mondialisation avec l’hégémonisme linguistique. Mais même dans un salon du livre en France ? A Paris, dans un salon consacré au livre et accessoirement à la littérature, n’est-il plus possible de parler français ?

Pour nous, intellectuels, écrivains, enseignants, journalistes et amoureux de cette langue venus de tous les horizons, "Young Adult" représente la goutte d’eau qui fait déborder le vase de notre indulgence, de notre fatalisme parfois. Ce "Young Adult", parce qu’il parle ici de littérature francophone et parce qu’il s’adresse délibérément à la jeunesse francophone en quête de lectures, est de trop. Il devient soudain une agression, une insulte, un acte insupportable de délinquance culturelle.

Nous ne reviendrons pas ici longuement sur les raisons de ce seul véritable et indéniable "grand remplacement" : celui du français par l’anglais, voire par ce sous-anglais qu’on appelle le globish. Nous savons qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de mode, de modernité chic. Nous savons fort bien qu’il s’agit au fond de commerce et de mercatique, d’impérialisme linguistique pour mieux vendre partout les mêmes produits, de colonialisme culturel accompagnant la mondialisation économique. Pervertissant jusqu’à l’inconscient de la responsable de la programmation de la "scène YA", qui écrivait à l’un d’entre nous trouver spontanément le mot "bookroom" plus "dynamique" que n’importe quel équivalent français.

Nous disons à ceux qui collaborent activement à ce remplacement qu’ils commettent, à leur insu ou délibérément, une atteinte grave à une culture et à une pensée plus que millénaires, et que partagent près de 300 millions de francophones. Nous demandons aux responsables du Syndicat national de l’édition et de Livre Paris d’exclure toute terminologie anglaise lorsqu’elle n’est pas indispensable, et donc de remplacer l’anglais par le français sur la scène d’une littérature dont nous leur laissons le soin d’inventer le nom dans notre langue.

PROTÉGER LES JEUNES DE L’UNIFORMITÉ

Nous demandons au ministre de la culture de veiller, avec bien plus d’énergie qu’il ne le fait, à la défense et au respect de la langue française dans sa sphère de compétences. Aucune subvention ne peut être accordée à une manifestation culturelle où un seul mot français serait remplacé inutilement par un mot anglais.

Nous demandons au ministre de l’éducation de renforcer la protection des Français les plus jeunes face aux agressions de l’uniformité linguistique mondiale. Aucun mot anglais inutile ne doit paraître dans les programmes scolaires. Les cours de français doivent comprendre la redécouverte et la réinvention de notre langue par les élèves, aujourd’hui victimes d’un globish abrutissant.

Cette atteinte croissante à notre langue est d’autant plus pernicieuse qu’elle s’opère à petit feu. Ainsi, beaucoup d’entre nous la tolèrent-ils. A ceux qui la prennent à la légère, nous demandons de méditer ce que pensait Victor Hugo de toute innovation contraire au génie de notre langue : un "attentat aux premiers principes du goût". Mais comme près de deux siècles ont passé, nous leur demandons aussi de prendre conscience de la violence illégitime et même souvent illégale de cette destruction de notre patrimoine culturel, et des dommages irréversibles qu’elle y commet, et les appelons à prendre part à ce grand projet : inventer en langue française.

Giorgio Agamben, philosophe ; Albert Algoud, humoriste et écrivain ;
François Angelier, journaliste et auteur ; Salim Bachi, écrivain ;
Muriel Barbery, écrivaine ; Olivier Barrot, journaliste et écrivain ;
Yahia Belaskri, écrivain ; Tahar Ben Jelloun, écrivain ;
Zéno Bianu, poète et dramaturge ; Yves Bichet, écrivain ;
Jean-Marie Blas de Roblès, écrivain ; Evelyne Bloch-Dano, écrivaine ;
Alain Blottière, écrivain ; Philippe Bordas, photographe et écrivain ;
Alain Borer, écrivain et poète ; Michel Braudeau, écrivain et éditeur ;
Belinda Cannone, écrivaine et professeur d’université ; Gérard Cartier, écrivain et poète ;
Julien Cendres, écrivain ; Jean-Yves Cendrey, écrivain ;
Marie-Claude Char, éditrice ; François Chaslin, architecte et critique ;
Jean-Loup Chiflet, écrivain et éditeur ; Jean-Luc Coatalem, écrivain et journaliste ;
Collectif dé-coïncidence ; François Jullien, philosophe et sinologue ;
Esther Lin, traductrice ; Pascal David, philosophe ;
Marc Guillaume, économiste et éditeur ; François L’Yvonnet, philosophe et éditeur ;
Philippe Ratte, historien ; Béatrice Commengé, écrivaine et traductrice ;
Pascal Commère, écrivain et poète ; Antoine Compagnon, écrivain, professeur au Collège de France ;
Gérard de Cortanze, écrivain et éditeur ; Gilles Costaz, journaliste et dramaturge ;
Teresa Cremisi, écrivaine et éditrice ; Catherine Cusset, écrivaine ;
Seyhmus Dagtekin, écrivain et poète ; Charles Dantzig, écrivain et éditeur ;
François Debluë, écrivain et poète ; Didier Decoin, écrivain et scénariste ;
Michel Deguy, poète et essayiste ; Jean-Michel Delacomptée, écrivain ;
Vincent Delecroix, philosophe et écrivain ; François-Henri Désérable, écrivain ;
Patrick Deville, écrivain ; Arthur Dreyfus, écrivain ;
David Dumortier, écrivain ; Benoît Duteurtre, écrivain ;
Jean-Louis Ezine, écrivain et critique littéraire ; Vladimir Fédorovski, écrivain ;
Colette Fellous, écrivaine et éditrice ; Dominique Fernandez, écrivain ;
Pascal Fioretto, journaliste et écrivain ; Patrick Fort, écrivain ;
Paul Fournel, écrivain ; Jean-Louis Fournier, écrivain ;
Luc Fraisse, critique littéraire ; Olivier Frébourg, écrivain et éditeur ;
Philippe Fréling, écrivain et cinéaste ; Gilles Gauthier, écrivain et traducteur ;
Michèle Gazier, écrivaine et éditrice ; Pierre Gazio, écrivain ;
Guy Goffette, écrivain et poète ; Jean-Michel Guenassia, écrivain ;
André Guyaux, professeur d’université ; Nathalie Heinich, sociologue ;
Armelle Héliot, journaliste et critique de théâtre ; Noël Herpe, écrivain et cinéaste ;
Laure Hillerin, écrivaine et biographe ; Fabienne Jacob, écrivaine ;
Salim Jay, écrivain et essayiste ; Pierre Jourde, écrivain ;
Jean-Marie Laclavetine, écrivain et éditeur ; Didier Lamaison, écrivain et traducteur ;
Michel Le Bris, écrivain ; Pierre Lepape, journaliste et écrivain ;
Pierre-Yves Leprince, scénographe et écrivain ; Michèle Lesbre, écrivaine ;
Gérard Macé, écrivain et poète ; Mona Makki, productrice et réalisatrice ;
Jean-Baptiste Malartre, comédien ; Mohamed Métalsi, universitaire et urbaniste ;
Catherine Millet, écrivaine et critique d’art ; Claudia Moatti, historienne ;
Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste ; Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue ;
Sophie Nauleau, écrivaine ; Marie NDiaye, écrivaine ;
Dominique Noguez, écrivain ; Pascal Ory, historien ;
Jean-Noël Pancrazi, écrivain ; Chantal Pelletier, écrivaine ;
Serge Pey, poète ; Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien ;
Denis Podalydès, acteur et metteur en scène ; Jérôme Prieur, écrivain et cinéaste ;
Philippe Renonçay, écrivain ; Olivier Rolin, écrivain et éditeur ;
François Rollin, auteur et humoriste ; Danièle Sallenave, écrivaine ;
Lydie Salvayre, écrivaine ; Dominique Sampiero, écrivain et scénariste ;
Boualem Sansal, écrivain ; Eric Sarner, écrivain et poète ;
Anne Serre, écrivaine ; Michel Serres, philosophe ;
Jean-Pierre Siméon, poète, dramaturge et éditeur ; Gilbert Sinoué, écrivain ;
Leïla Slimani, écrivaine ; Olivier Steiner, écrivain ;
Laurence Tacou, éditrice ; Abdellah Taïa, écrivain et cinéaste ;
Tito Topin, scénariste et écrivain ; Émilie de Turckheim, écrivaine ;
André Velter, poète ; Monique Vincent, enseignante ;
Catherine Virlouvet, historienne ; Olivier Weber, écrivain et grand reporter

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (5)

ActuaLitté Riad Sattouf parrain de la Semaine de la langue française et Francophonie (29/1) (lien)
Le Devoir L’Europe francophone (28/1) (lien)
Le Figaro 10 mots belges, canadiens et suisses pour briller quand la neige tombe (25/1) (lien)
L'Express 6 mois, pas de version française. Qui se préoccupe du statut du français à l’ONU ? (lien)
Oui les langues Le budget de l'Institut Français en hausse, chance pour la langue française (lien)
IfProfs Rapport OIF 2018 sur la langue française dans le monde : synthèse et vidéo en ligne (lien)

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IfProfs Rapport OIF 2018 sur la langue française dans le monde : synthèse et vidéo en ligne (lien)

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (4)

Le Monde A Tunis, l’obligation de l’arabe sur les enseignes fait débat (16/1) (lien)
Le Point Comment la France réinvestit dans sa diplomatie culturelle (16/1) (lien)
Le Devoir Le fédéral accorde 1,9 million à l’Université de l’Ontario français (14/1) (lien)
Prof. spectacle Ph. Kaminski  échec du français au détriment du globish franglais ? (lien)
Journal des femmes Écriture inclusive : un vrai outil pour l'égalité hommes-femmes ? (lien)
BFM TV "Fracture, "infox"... Voici les mots qui ont marqué les médias en 2018 (14/1) (lien)

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Le Devoir Le fédéral accorde 1,9 million à l’Université de l’Ontario français (14/1) (lien)
Prof. spectacle Ph. Kaminski  échec du français au détriment du globish franglais ? (lien)
Journal des femmes Écriture inclusive : un vrai outil pour l'égalité hommes-femmes ? (lien)
BFM TV "Fracture, "infox"... Voici les mots qui ont marqué les médias en 2018 (14/1) (lien)

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (3)

Le Figaro L'orthographe, cette arme de séduction (15/1) (lien)
L'Union 2019, l’année des grands travaux à Villers-Cotterêts (11/1) (lien)
Lyon capitale Alain Rey "Il faut un ministère de la langue française" (9/1) (lien)
Sud info Les Francophones de Flandre rencontrent le Président du groupe d’experts "minorités nationales" (lien)
_______________________________________________________________________

Peut-être enfin du nouveau pour les francophones brimés dans la Flandre belge ?

Nos amis de l'APFF, qui soutiennent de leur côté nos combats en France, nous envoient ce communiqué, qui peut nourrir l'espoir de voir plus de 300 000 francophones de Flandre défendus par la Belgique, avec un consentement forcé des partis très nationalistes au pouvoir en Flandre. A.S.

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L'Union 2019, l’année des grands travaux à Villers-Cotterêts (11/1) (lien)
Lyon capitale Alain Rey "Il faut un ministère de la langue française" (9/1) (lien)
Sud info Les Francophones de Flandre rencontrent le Président du groupe d’experts "minorités nationales" (lien)
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Peut-être enfin du nouveau pour les francophones brimés dans la Flandre belge ?

Nos amis de l'APFF, qui soutiennent de leur côté nos combats en France, nous envoient ce communiqué, qui peut nourrir l'espoir de voir plus de 300 000 francophones de Flandre défendus par la Belgique, avec un consentement forcé des partis très nationalistes au pouvoir en Flandre. A.S.

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (2)

Le Figaro 5 mots français intraduisibles en anglais (9/1) (lien)
La libre Afrique Faire du français "la langue de l’internet", le défi de Louise Mushikiwabo (7/1) (lien)
Officiel de la médiation Quel féminin pour la profession de "médiateur" ? (7/1) (lien)
Aurore boréale 2019 : les nouveaux mots de la langue française (lien)
L'Express Michel Feltin Pourquoi il faut défendre le français contre le franglais (lien)

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (2)

Le Figaro 5 mots français intraduisibles en anglais (9/1) (lien)
La libre Afrique Faire du français "la langue de l’internet", le défi de Louise Mushikiwabo (7/1) (lien)
Officiel de la médiation Quel féminin pour la profession de "médiateur" ? (7/1) (lien)
Aurore boréale 2019 : les nouveaux mots de la langue française (lien)
L'Express Michel Feltin Pourquoi il faut défendre le français contre le franglais (lien)

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La citoyenneté francophone une arme
contre la trahison de notre élite dévoyée

par Guy Dalens

I – Pourquoi une citoyenneté francophone

La langue française est en danger de mort.

L’élite française ne veut plus parler sa propre langue. Tout se passe comme si elle avait honte de la parler en public. Il suffit d’observer cette caste d’administrateurs, de gestionnaires, de dirigeants, de hauts fonctionnaires (1), dans les instances internationales ; d’une manière générale elle préférera utiliser la langue anglaise pour exprimer sa position, alors que rien ne l’y oblige, par esprit de soumission. Elle n’a tout simplement plus le courage et probablement la fermeté pour faire face à elle-même et à l’environnement anglo-américain.

Colonisée dans l’esprit, cette caste n’est plus en mesure de porter le flambeau de la langue française. Avec elle, nous regrettons de le dire, nous ne sommes plus dans le même cercle,

nous ne sommes plus représentés, nous ne partageons plus les mêmes valeurs.

Ce que ces esprits forts ignorent ou ne veulent pas voir, c’est que la langue n’est pas seulement un enjeu culturel, il est aussi un enjeu financier, économique et concurrentiel. La concurrence entre les langues est une réalité masquée, impitoyable, l’une disparaît, l’autre s’accroche, ne veut pas crever, ne veut pas se soumettre à l’envahisseur au visage avenant. L’abandon de sa propre langue au profit de l’anglais a aussi un coût. Et ce coût est élevé pour nous. Il est par contre tout bénéfique pour l’anglais. Le rapport Grin (2) nous le démontre puisqu’il le chiffre a plusieurs milliards à notre détriment. Puisse cet aspect financier faire infléchir les chantres de la langue anglo-américaine et les amener à changer leur comportement.

Michel Serres, de l’Académie française, avait déjà tout dit en 1993 :

Ce qui se passe est grave, "l’un des pires moments que notre culture ait traversés. Je veux parler de la perte de la langue française dans le milieu des décideurs". Ceux-ci "sont en train d’éradiquer la langue française. Que ce soit dans la finance, la science, le commerce, la publicité, plus personne parmi les riches ne parle le français. La langue française est devenue la langue des pauvres. Ce consentement des décideurs à l’anglais commence vraiment à ressembler à une collaboration, et la défense de la langue française à la résistance". (3)

II - Que faire ?

Pour garder sa vitalité, la langue française doit contourner son élite défaillante, la dépasser, la concurrencer. Il faut faire apparaître une force nouvelle, une élite francophone, seule à même de reprendre le flambeau de la langue française, de faire prendre conscience à l’autre qu’elle n’est plus unique. Il lui faut donc rassembler ses alliés, ses locuteurs de par le monde, quelle que soit leur origine, par la reconnaissance d’une citoyenneté francophone. La citoyenneté francophone permettra d’unifier des éléments isolés tout en donnant consistance à la francophonie. Lou qui-s mude, Diu l’ajude. (4)

La citoyenneté francophone est un moyen juridique destiné à réaliser l’unité de la diaspora francophone, avec pour objectif le maintien du statut de la langue française en France et dans le monde, aussi bien dans les organisations internationales que dans les relations culturelles, scientifiques, militaires et économiques.

III - Un précédent

Cette proposition de citoyenneté francophone a un précédent juridique et historique. Il s’agit de notre Constitution du 4 octobre 1958, voulue par le Général De Gaulle et Michel Debré. Le titre XII de la Constitution était intitulé "De la Communauté" (articles 77, alinéa 2 et 3). Cette Communauté était une association entre la République française et douze États africains et malgache. Elle prévoyait :

  • Une citoyenneté unique ;
  • Un Sénat de la Communauté, composé de délégués ;
  • Il était également prévu un Conseil exécutif présidé par le président de la Communauté, en fait le président de la République et composé des Premiers ministres des États membres de la Communauté et d’une cour arbitrale chargée de statuer sur les litiges entre les membres de la communauté.

Cette disposition a disparu de la Constitution en 1992.

IV – Rôle de l’État

L’État français, par un acte unilatéral et souverain instaure, organise et attribue la citoyenneté francophone. Il s’agit d’un acte de "realpolitik" (5). Il manifeste ainsi sa volonté d’accorder une citoyenneté francophone à certaines personnes installées à l’étranger ou sur le territoire national mais n’ayant pas nationalité française. Ces personnes peuvent être des citoyens de pays francophones ou de pays non francophones ou encore des apatrides. Le postulant doit réunir cinq conditions : demande officielle motivée ; maîtrise avérée de la langue française ; approbation de la candidature par une instance habilitée par l’État français ; casier judiciaire vierge ; participation à la cérémonie sur la citoyenneté francophone.

Dans le même temps, l’État français instaure une "Assemblée de la francophonie" composée de membres élus par les citoyens francophones, à côté de "l’Assemblée nationale" et du "Sénat".

Droits et devoirs attachés à la citoyenneté francophone :

Droits :

  • L’impétrant a droit à un passeport francophone ;
  • Il peut s’installer en France pour y séjourner, travailler, enseigner ou y faire des études ;
  • Il dispose du droit de vote pour désigner les membres de l’Assemblée de la francophonie ;
  • Il peut être candidat à cette assemblée ;
  • S’il est installé à l’étranger il peut demander l’assistance ses services consulaires et diplomatiques de la France.

Devoirs :

  • Si l’impétrant est installé hors de France, il s’engage à promouvoir la langue française et reste en contact avec l’instance habilitée avec laquelle il rend compte des actions qu’il a menées ;
  • Si l’intéressé est installé en France, il est soumis aux mêmes devoirs que le citoyen français.

La décision de l’État français a pour effet de créer une double nationalité pour le locuteur francophone qui l’a demandée et obtenue, quel que soit le pays du demandeur : nationalité de son pays et citoyenneté du demandeur. Bien évidemment, la décision octroyant la citoyenneté francophone n’a d’effet que sur la zone territoriale où l’État français est souverain. Cette situation amène à dissocier la langue française d’un territoire particulier. Ainsi se trouve concrétisé la réflexion de Camus "Oui, j’ai une patrie, la langue française" réflexion reprise, sous une autre forme, par MM. Maurice Druon et Erik Orsenna.

V - Sélection des candidats

L’accès à la citoyenneté francophone repose sur un critère unique : la maîtrise de la langue française. La proposition de l’État français s’adresse à des personnes physiques, individuelles et secondairement à des États. C’est la raison pour laquelle la proposition ne s’appuie pas sur l’article 87 du titre XIV de la Constitution de 1958 modifiée lequel ne vise que les États et les peuples qui ont le français en partage. Mais rien n’exclut d’y faire référence dans le cadre des pouvoirs régaliens de l’État français d’accorder la nationalité française ou francophone.

Par maîtrise de la langue française, il faut entendre la capacité du candidat à comprendre et parler la langue française. L’instance habilitée à examiner les candidatures devra faire preuve de discernement, en particulier, en appréciant le postulant dans un esprit dynamique.

VI – Conséquences

  1. La Convention de Schengen est remise en cause sur le fondement du texte sur la citoyenneté francophone et de la clause de droit international "Rebus sic stantibus" selon laquelle dans un traité les choses restent en l’état tant que les circonstances dans lesquelles ledit traité a été conclu n’ont pas changé. Si les circonstances viennent à changer ou à être profondément altérées, le traité perd sa force et sa raison d’être. Le rétablissement des frontières en découle.
  2. Le regroupement familial est supprimé.
  3. Le texte sur la citoyenneté, dans son application, permettra de filtrer l’immigration sauvage et incontrôlée.

Guy Dalens
membre d’Avenir de la Langue Française


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(1) La liste des lauréats de la "Carpette anglaise" est une bonne représentation de cette élite.
"Carpette anglaise" : prix d’indignité civique décerné annuellement, depuis 1999, à un membre de l’élite française qui s’est distingué par son zèle à promouvoir la domination de l’anglais en France et dans les instances européennes, au détriment de la langue française. Ce prix distingue plus spécialement les déserteurs de la langue française.

(2) Rapport Grin : https://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/054000678.pdf

(3) Michel Serres : entretien dans le "Nouvel Observateur", 4-10 novembre 1993.

(4) Proverbe gascon : "Celui qui bouge, qui se donne du mouvement, Dieu lui vient en aide."

(5) Realpolitik : dans notre cas, politique étrangère fondée sur l’analyse des rapports de force linguistiques et l’intérêt national et francophone.

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La citoyenneté francophone une arme
contre la trahison de notre élite dévoyée

par Guy Dalens

I – Pourquoi une citoyenneté francophone

La langue française est en danger de mort.

L’élite française ne veut plus parler sa propre langue. Tout se passe comme si elle avait honte de la parler en public. Il suffit d’observer cette caste d’administrateurs, de gestionnaires, de dirigeants, de hauts fonctionnaires (1), dans les instances internationales ; d’une manière générale elle préférera utiliser la langue anglaise pour exprimer sa position, alors que rien ne l’y oblige, par esprit de soumission. Elle n’a tout simplement plus le courage et probablement la fermeté pour faire face à elle-même et à l’environnement anglo-américain.

Colonisée dans l’esprit, cette caste n’est plus en mesure de porter le flambeau de la langue française. Avec elle, nous regrettons de le dire, nous ne sommes plus dans le même cercle,

nous ne sommes plus représentés, nous ne partageons plus les mêmes valeurs.

Ce que ces esprits forts ignorent ou ne veulent pas voir, c’est que la langue n’est pas seulement un enjeu culturel, il est aussi un enjeu financier, économique et concurrentiel. La concurrence entre les langues est une réalité masquée, impitoyable, l’une disparaît, l’autre s’accroche, ne veut pas crever, ne veut pas se soumettre à l’envahisseur au visage avenant. L’abandon de sa propre langue au profit de l’anglais a aussi un coût. Et ce coût est élevé pour nous. Il est par contre tout bénéfique pour l’anglais. Le rapport Grin (2) nous le démontre puisqu’il le chiffre a plusieurs milliards à notre détriment. Puisse cet aspect financier faire infléchir les chantres de la langue anglo-américaine et les amener à changer leur comportement.

Michel Serres, de l’Académie française, avait déjà tout dit en 1993 :

Ce qui se passe est grave, "l’un des pires moments que notre culture ait traversés. Je veux parler de la perte de la langue française dans le milieu des décideurs". Ceux-ci "sont en train d’éradiquer la langue française. Que ce soit dans la finance, la science, le commerce, la publicité, plus personne parmi les riches ne parle le français. La langue française est devenue la langue des pauvres. Ce consentement des décideurs à l’anglais commence vraiment à ressembler à une collaboration, et la défense de la langue française à la résistance". (3)

II - Que faire ?

Pour garder sa vitalité, la langue française doit contourner son élite défaillante, la dépasser, la concurrencer. Il faut faire apparaître une force nouvelle, une élite francophone, seule à même de reprendre le flambeau de la langue française, de faire prendre conscience à l’autre qu’elle n’est plus unique. Il lui faut donc rassembler ses alliés, ses locuteurs de par le monde, quelle que soit leur origine, par la reconnaissance d’une citoyenneté francophone. La citoyenneté francophone permettra d’unifier des éléments isolés tout en donnant consistance à la francophonie. Lou qui-s mude, Diu l’ajude. (4)

La citoyenneté francophone est un moyen juridique destiné à réaliser l’unité de la diaspora francophone, avec pour objectif le maintien du statut de la langue française en France et dans le monde, aussi bien dans les organisations internationales que dans les relations culturelles, scientifiques, militaires et économiques.

III - Un précédent

Cette proposition de citoyenneté francophone a un précédent juridique et historique. Il s’agit de notre Constitution du 4 octobre 1958, voulue par le Général De Gaulle et Michel Debré. Le titre XII de la Constitution était intitulé "De la Communauté" (articles 77, alinéa 2 et 3). Cette Communauté était une association entre la République française et douze États africains et malgache. Elle prévoyait :

  • Une citoyenneté unique ;
  • Un Sénat de la Communauté, composé de délégués ;
  • Il était également prévu un Conseil exécutif présidé par le président de la Communauté, en fait le président de la République et composé des Premiers ministres des États membres de la Communauté et d’une cour arbitrale chargée de statuer sur les litiges entre les membres de la communauté.

Cette disposition a disparu de la Constitution en 1992.

IV – Rôle de l’État

L’État français, par un acte unilatéral et souverain instaure, organise et attribue la citoyenneté francophone. Il s’agit d’un acte de "realpolitik" (5). Il manifeste ainsi sa volonté d’accorder une citoyenneté francophone à certaines personnes installées à l’étranger ou sur le territoire national mais n’ayant pas nationalité française. Ces personnes peuvent être des citoyens de pays francophones ou de pays non francophones ou encore des apatrides. Le postulant doit réunir cinq conditions : demande officielle motivée ; maîtrise avérée de la langue française ; approbation de la candidature par une instance habilitée par l’État français ; casier judiciaire vierge ; participation à la cérémonie sur la citoyenneté francophone.

Dans le même temps, l’État français instaure une "Assemblée de la francophonie" composée de membres élus par les citoyens francophones, à côté de "l’Assemblée nationale" et du "Sénat".

Droits et devoirs attachés à la citoyenneté francophone :

Droits :

  • L’impétrant a droit à un passeport francophone ;
  • Il peut s’installer en France pour y séjourner, travailler, enseigner ou y faire des études ;
  • Il dispose du droit de vote pour désigner les membres de l’Assemblée de la francophonie ;
  • Il peut être candidat à cette assemblée ;
  • S’il est installé à l’étranger il peut demander l’assistance ses services consulaires et diplomatiques de la France.

Devoirs :

  • Si l’impétrant est installé hors de France, il s’engage à promouvoir la langue française et reste en contact avec l’instance habilitée avec laquelle il rend compte des actions qu’il a menées ;
  • Si l’intéressé est installé en France, il est soumis aux mêmes devoirs que le citoyen français.

La décision de l’État français a pour effet de créer une double nationalité pour le locuteur francophone qui l’a demandée et obtenue, quel que soit le pays du demandeur : nationalité de son pays et citoyenneté du demandeur. Bien évidemment, la décision octroyant la citoyenneté francophone n’a d’effet que sur la zone territoriale où l’État français est souverain. Cette situation amène à dissocier la langue française d’un territoire particulier. Ainsi se trouve concrétisé la réflexion de Camus "Oui, j’ai une patrie, la langue française" réflexion reprise, sous une autre forme, par MM. Maurice Druon et Erik Orsenna.

V - Sélection des candidats

L’accès à la citoyenneté francophone repose sur un critère unique : la maîtrise de la langue française. La proposition de l’État français s’adresse à des personnes physiques, individuelles et secondairement à des États. C’est la raison pour laquelle la proposition ne s’appuie pas sur l’article 87 du titre XIV de la Constitution de 1958 modifiée lequel ne vise que les États et les peuples qui ont le français en partage. Mais rien n’exclut d’y faire référence dans le cadre des pouvoirs régaliens de l’État français d’accorder la nationalité française ou francophone.

Par maîtrise de la langue française, il faut entendre la capacité du candidat à comprendre et parler la langue française. L’instance habilitée à examiner les candidatures devra faire preuve de discernement, en particulier, en appréciant le postulant dans un esprit dynamique.

VI – Conséquences

  1. La Convention de Schengen est remise en cause sur le fondement du texte sur la citoyenneté francophone et de la clause de droit international "Rebus sic stantibus" selon laquelle dans un traité les choses restent en l’état tant que les circonstances dans lesquelles ledit traité a été conclu n’ont pas changé. Si les circonstances viennent à changer ou à être profondément altérées, le traité perd sa force et sa raison d’être. Le rétablissement des frontières en découle.
  2. Le regroupement familial est supprimé.
  3. Le texte sur la citoyenneté, dans son application, permettra de filtrer l’immigration sauvage et incontrôlée.

Guy Dalens
membre d’Avenir de la Langue Française


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(1) La liste des lauréats de la "Carpette anglaise" est une bonne représentation de cette élite.
"Carpette anglaise" : prix d’indignité civique décerné annuellement, depuis 1999, à un membre de l’élite française qui s’est distingué par son zèle à promouvoir la domination de l’anglais en France et dans les instances européennes, au détriment de la langue française. Ce prix distingue plus spécialement les déserteurs de la langue française.

(2) Rapport Grin : https://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/054000678.pdf

(3) Michel Serres : entretien dans le "Nouvel Observateur", 4-10 novembre 1993.

(4) Proverbe gascon : "Celui qui bouge, qui se donne du mouvement, Dieu lui vient en aide."

(5) Realpolitik : dans notre cas, politique étrangère fondée sur l’analyse des rapports de force linguistiques et l’intérêt national et francophone.

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nouvelles2018/facsa.jpgYves Bouchereau Speak globish - Les FACSA - le 07/01/2019 - 15:37 par MAR

Speak globish – Les FACSA

Recension du livre d'Yves Bouchereau : Les FACSA  

Yves Bouchereau, essayiste franco-québécois, spécialiste de l’enseignement du français langue étrangère, nous donne, aux éditions Sydney Laurent, avec son livre : "Speak globish – Les FACSA", un pamphlet salutaire. Les FACSA sont les "Français Auto-Colonisés Sous-américains Anglomaniaques". En fait, il "tacle" aussi les autres communautés organisées de langue maternelle française dominante : les Québécois, Wallons, Suisses romands et jurassiens. Il accuse, avec d’excellentes citations et des arguments qui font joyeusement - et hélas tristement – mouche, les gouvernements, les médias, les entreprises, la publicité, les sports, une bonne partie des élites qui donnent le ton dans nos pays de langue maternelle française dominante et tendent, en fait, à remplacer le français par un "globish anglo-américain" destructeur des langues nationales, et, finalement, de la culture, de notre civilisation humaniste.

Il commence par mesurer très bien la profondeur du mal dans trop de domaines. Après Peyrefitte dans son "C’était De Gaulle", il cite le Général, si pertinent : "Le snobisme anglo-saxon de la bourgeoisie française est quelque chose de terrifiant. (…) Il y a chez nous toute une bande de lascars qui ont la vocation de la servilité".

Son livre contient des références utiles à l’action de nos associations en synergie, et, surtout, propose des pistes pour sortir du défaitisme, de l’abandon, du sabotage, et de la soumission au grand remplacement linguistique. Surtout pour la France, qui fait honte à la Francophonie, alors qu’elle devrait en redevenir un phare.

Je cite son éloquente conclusion : "Comme notre longue histoire le prouve, avec de la volonté tout est possible. La France a connu des heures de gloire, mais aussi des grands malheurs. Elle s’est toujours redressée. L’heure de la vérité a sonné, une fois de plus. La France ne doit pas perdre son identité. La résistance doit s’organiser pour la sauvegarde de nos biens les plus précieux, notre langue et notre culture." Albert Salon.

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Speak globish – Les FACSA

Recension du livre d'Yves Bouchereau : Les FACSA  

Yves Bouchereau, essayiste franco-québécois, spécialiste de l’enseignement du français langue étrangère, nous donne, aux éditions Sydney Laurent, avec son livre : "Speak globish – Les FACSA", un pamphlet salutaire. Les FACSA sont les "Français Auto-Colonisés Sous-américains Anglomaniaques". En fait, il "tacle" aussi les autres communautés organisées de langue maternelle française dominante : les Québécois, Wallons, Suisses romands et jurassiens. Il accuse, avec d’excellentes citations et des arguments qui font joyeusement - et hélas tristement – mouche, les gouvernements, les médias, les entreprises, la publicité, les sports, une bonne partie des élites qui donnent le ton dans nos pays de langue maternelle française dominante et tendent, en fait, à remplacer le français par un "globish anglo-américain" destructeur des langues nationales, et, finalement, de la culture, de notre civilisation humaniste.

Il commence par mesurer très bien la profondeur du mal dans trop de domaines. Après Peyrefitte dans son "C’était De Gaulle", il cite le Général, si pertinent : "Le snobisme anglo-saxon de la bourgeoisie française est quelque chose de terrifiant. (…) Il y a chez nous toute une bande de lascars qui ont la vocation de la servilité".

Son livre contient des références utiles à l’action de nos associations en synergie, et, surtout, propose des pistes pour sortir du défaitisme, de l’abandon, du sabotage, et de la soumission au grand remplacement linguistique. Surtout pour la France, qui fait honte à la Francophonie, alors qu’elle devrait en redevenir un phare.

Je cite son éloquente conclusion : "Comme notre longue histoire le prouve, avec de la volonté tout est possible. La France a connu des heures de gloire, mais aussi des grands malheurs. Elle s’est toujours redressée. L’heure de la vérité a sonné, une fois de plus. La France ne doit pas perdre son identité. La résistance doit s’organiser pour la sauvegarde de nos biens les plus précieux, notre langue et notre culture." Albert Salon.

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de janvier 2019 - le 07/01/2019 - 15:23 par MAR

Langue française : Nouvelles de janvier 2019

France Inter La marche de l'histoire très intéressante émission La ré-invention du français avec Bernard Cerquiglini (3/1) (lien)
Le Figaro Irrépétible, ultra petita : jargonneuse, la justice simplifie son langage (lien)
ActuaLitte "Une vigilance constante" contre l'anglophonisation de la France (3/1) (lien)
Le Figaro 10 mots français qu'aiment les Allemands (3/1) (lien)
Le Figaro 10 résolutions linguistiques pour 2019 (2/1) (lien)

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019

France Inter La marche de l'histoire très intéressante émission La ré-invention du français avec Bernard Cerquiglini (3/1) (lien)
Le Figaro Irrépétible, ultra petita : jargonneuse, la justice simplifie son langage (lien)
ActuaLitte "Une vigilance constante" contre l'anglophonisation de la France (3/1) (lien)
Le Figaro 10 mots français qu'aiment les Allemands (3/1) (lien)
Le Figaro 10 résolutions linguistiques pour 2019 (2/1) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (6)

Monde Informatique Le vocabulaire de l'Intelligence artificielle adapté en français (lien)
Atlantico Grevisse, le Petit Bon Usage de la Langue française de C. Fairon et A.-C. Simon : cadeau, pas seulement pour les amoureux de la langue française (24/12) (lien)
Lire-Écrire L'écriture cursive bientôt abandonnée ? (27/12) (lien)
Le Figaro 10 mots français que les Anglais adorent (27/12) (lien)
L'Express Pourquoi il faut défendre le français contre le franglais (24/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (6)

Monde Informatique Le vocabulaire de l'Intelligence artificielle adapté en français (lien)
Atlantico Grevisse, le Petit Bon Usage de la Langue française de C. Fairon et A.-C. Simon : cadeau, pas seulement pour les amoureux de la langue française (24/12) (lien)
Lire-Écrire L'écriture cursive bientôt abandonnée ? (27/12) (lien)
Le Figaro 10 mots français que les Anglais adorent (27/12) (lien)
L'Express Pourquoi il faut défendre le français contre le franglais (24/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (5)

Le Devoir Loi 101: la fermeté affichée de la ministre Roy (22/12) (lien)
Le Figaro 2 Québécois analysent la langue et les expressions des Français (20/12) (lien)
L'Express Comment parle-t-on français au Canada ? (17/12) (lien)
Fondation pour la langue française Et si des sportifs avaient envie de s’exprimer plus aisément en français ? (lien)
Le Figaro 10 mots de l'arabe que l'on dit tous les jours (17/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (5)

Le Devoir Loi 101: la fermeté affichée de la ministre Roy (22/12) (lien)
Le Figaro 2 Québécois analysent la langue et les expressions des Français (20/12) (lien)
L'Express Comment parle-t-on français au Canada ? (17/12) (lien)
Fondation pour la langue française Et si des sportifs avaient envie de s’exprimer plus aisément en français ? (lien)
Le Figaro 10 mots de l'arabe que l'on dit tous les jours (17/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (4)

Libération Barbara Cassin La langue française n’est pas statique, elle est faite pour changer (14/12) (lien)
Néon Artisan, commandant, auteur… Comment écrire ces mots au féminin ? (17/12) (lien)
Le Figaro Et le mot de l'année 2018 est... (14/12) (lien)
Au féminin Vivre notre belle langue française. (13/12) (lien)
Le site info L’ambassade de France veut renforcer la langue française au Maroc (12/12) (lien)

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Libération Barbara Cassin La langue française n’est pas statique, elle est faite pour changer (14/12) (lien)
Néon Artisan, commandant, auteur… Comment écrire ces mots au féminin ? (17/12) (lien)
Le Figaro Et le mot de l'année 2018 est... (14/12) (lien)
Au féminin Vivre notre belle langue française. (13/12) (lien)
Le site info L’ambassade de France veut renforcer la langue française au Maroc (12/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (3)

Nice-Matin Cette enseignante utilise une méthode tellement ludique que ses élèves lui réclament plus de dictées" (11/12) (lien)
actu.fr "Infox", "populisme", "inclusion"… élisez le mot de l’année 2018 (11/12) (lien)
Numerama Exit la "toile d’araignée mondiale" : le "web" se traduit maintenant par "toile" (10/12) (lien)
Le Figaro "Forwarder" : ne faites plus la faute ! (11/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (3)

Nice-Matin Cette enseignante utilise une méthode tellement ludique que ses élèves lui réclament plus de dictées" (11/12) (lien)
actu.fr "Infox", "populisme", "inclusion"… élisez le mot de l’année 2018 (11/12) (lien)
Numerama Exit la "toile d’araignée mondiale" : le "web" se traduit maintenant par "toile" (10/12) (lien)
Le Figaro "Forwarder" : ne faites plus la faute ! (11/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (2)

Numerama Ne dites plus "revenge porn" et "mouse jacking", mais "pornodivulgation" et "vol à la souris"  (8/12) (lien)
Tv5Monde lance sa nouvelle offre numérique dédiée a la langue française (lien)
La Minute L’AUF et Radio France Internationale (RFI) lancent le "Prix des jeunes écritures" ? (8/12) (lien)
Impératif français Prix de la Carpette anglaise (lien)
Académie Française Dire ne pas dire (8/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (2)

Numerama Ne dites plus "revenge porn" et "mouse jacking", mais "pornodivulgation" et "vol à la souris"  (8/12) (lien)
Tv5Monde lance sa nouvelle offre numérique dédiée a la langue française (lien)
La Minute L’AUF et Radio France Internationale (RFI) lancent le "Prix des jeunes écritures" ? (8/12) (lien)
Impératif français Prix de la Carpette anglaise (lien)
Académie Française Dire ne pas dire (8/12) (lien)

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nouvelles2018/olivier_schrameck.jpgOlivier Schrameck Carpette anglaise 2018 - le 07/12/2018 - 11:02 par MAR

La Carpette nouvelle est arrivée !
Olivier Schrameck, président du CSA
Carpette anglaise 2018

L’académie de la Carpette anglaise n’a pas souhaité désigner le président de la République, par souci de ne pas attenter à la fonction. Toutefois, elle s’inquiète de ses interventions réitérées en anglais, en France comme à l’étranger.

* * *

Au second tour de scrutin, l’académie de la Carpette anglaise a désigné Olivier Schrameck, président du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), pour avoir refusé d’exercer les pouvoirs qui lui incombent en matière de respect de la langue française dans les chaînes de radio et de télévision. Ce prix lui a été attribué par 7 voix contre 6 à la Fédération du commerce et de la distribution pour la propagation agressive du Black Friday américain.

À titre étranger 2, l’académie de la Carpette anglaise a décerné son prix à Doug Ford, Premier ministre de la province canadienne de l’Ontario, pour avoir annoncé l’abandon du projet de l’université francophone de l’Ontario français à Toronto, province bilingue. Ce prix lui a été attribué par sept voix contre cinq à Louise Mushikiwabo, nommée secrétaire générale de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), alors qu’elle n’a cessé de promouvoir l’anglais au détriment du français au Rouanda.

Que déshonneur leur soit rendu !


1 Dominique Noguez, Philippe de Saint Robert, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Eugénie Bastié, Natacha Polony, Ilyès Zouari sont membres de l’académie de la Carpette anglaise.

2 Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
Courriel : parlerfranc@aol.com
Académie de la Carpette anglaise, Le Droit de comprendre, 222 avenue de Versailles - 75016 Paris

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La Carpette nouvelle est arrivée !
Olivier Schrameck, président du CSA
Carpette anglaise 2018

L’académie de la Carpette anglaise n’a pas souhaité désigner le président de la République, par souci de ne pas attenter à la fonction. Toutefois, elle s’inquiète de ses interventions réitérées en anglais, en France comme à l’étranger.

* * *

Au second tour de scrutin, l’académie de la Carpette anglaise a désigné Olivier Schrameck, président du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), pour avoir refusé d’exercer les pouvoirs qui lui incombent en matière de respect de la langue française dans les chaînes de radio et de télévision. Ce prix lui a été attribué par 7 voix contre 6 à la Fédération du commerce et de la distribution pour la propagation agressive du Black Friday américain.

À titre étranger 2, l’académie de la Carpette anglaise a décerné son prix à Doug Ford, Premier ministre de la province canadienne de l’Ontario, pour avoir annoncé l’abandon du projet de l’université francophone de l’Ontario français à Toronto, province bilingue. Ce prix lui a été attribué par sept voix contre cinq à Louise Mushikiwabo, nommée secrétaire générale de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), alors qu’elle n’a cessé de promouvoir l’anglais au détriment du français au Rouanda.

Que déshonneur leur soit rendu !


1 Dominique Noguez, Philippe de Saint Robert, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Eugénie Bastié, Natacha Polony, Ilyès Zouari sont membres de l’académie de la Carpette anglaise.

2 Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
Courriel : parlerfranc@aol.com
Académie de la Carpette anglaise, Le Droit de comprendre, 222 avenue de Versailles - 75016 Paris

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018

Bravo l'AFRAV gagne on procès contre la Maison de Céramique de Sèvres ! (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Pourquoi l'anglais a-t-il l'air si moderne ? (lien)
Le Soleil Francophones : Trudeau "déçu" de Doug Ford (lien)
Infopresse Francopub - savoir bien utiliser la langue française en publicité (lien)
Mode(s) d'emploi "C’est dans le pipe", "shooter des mails", les 100 expressions à bannir (à tout jamais) au bureau (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018

Bravo l'AFRAV gagne on procès contre la Maison de Céramique de Sèvres ! (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Pourquoi l'anglais a-t-il l'air si moderne ? (lien)
Le Soleil Francophones : Trudeau "déçu" de Doug Ford (lien)
Infopresse Francopub - savoir bien utiliser la langue française en publicité (lien)
Mode(s) d'emploi "C’est dans le pipe", "shooter des mails", les 100 expressions à bannir (à tout jamais) au bureau (lien)

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nouvelles2018/villers-cotterets.jpgLe grand projet du château de Villers-Cotterêts avance - le 28/11/2018 - 16:43 par Albert_Salon

Le grand projet d'Institut de la Francophonie
au château de Villers-Cotterêts avance :

 Il vient d’entrer en réalisation, par l’affectation de crédits 2019 !

Les associations Avenir de la Langue française (ALF) et Forum francophone international (FFI-France), présidées par Albert Salon, portent depuis 2001 le grand projet d’Institut de documentation, de recherches, de concertation et débats, sur les pays francophones, leurs cultures et leurs liens, la formation de leurs cadres dans l’intérêt communautaire, depuis leur appel du 9 novembre 2001, au balcon du "Plaisir" où François 1er, en août 1539, promulgua son ordonnance sur l’état-civil et - surtout – sur la langue française.

Nos associations savaient, ce faisant, devoir se heurter à la vacuité des caisses de l’État et de l’OIF, et à beaucoup d’indifférence et d’aboulie.

Les 17 années entre 2001 et 2018 ont été employées par les organisateurs à créer et étendre un Comité de soutien composé de hautes et très diverses personnalités françaises et étrangères, à sensibiliser les gouvernements français successifs et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à l’intérêt du projet pour la France et l’ensemble de la Francophonie, et à chercher des mécènes et des parraineurs, en France et ailleurs.

Elles sont même allées, par des canaux privilégiés, à solliciter le Qatar à la faveur de son entrée, presque par effraction dans l’OIF, directement en qualité de "membre associé", en sautant la case de "membre observateur".

Quête opiniâtre mais en apparence vaine, jusqu‘à l’élection présidentielle française de 2017.

Il se trouve – Stéphane Bern, Jacques Krabal et d’autres intervenants aidant – que le couple présidentiel, saisi en février puis juin 2017 par nos soins, y a porté d’emblée un vif intérêt.

Le Président a annoncé officiellement son adoption le 16 septembre 2017, journée du Patrimoine, à Port-Marly, au château Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, natif de Villers-Cotterêts. Déclarant, entouré de Mme Nyssen et de Stéphane Bern : "Nous restaurerons Villers-Cotterêts et en ferons le château de la Francophonie".

Il a ensuite repris les éléments de notre dossier pertinent le 20 mars 2018, journée mondiale de la Francophonie, dans la présentation de sa politique du français et de la Francophonie, sous la Coupole de l’Institut de France, devant les Académiciens, et les médias.

Peu après, la réalisation a été confiée, au sein du ministère de la Culture, au Directeur du Centre des Monuments nationaux, M. Philippe Belaval ; et deux architectes, dont M. Wilmotte, ont été désignés. Instruction a été donné au ministère de l’Équipement de prévoir l’élargissement à 4 voies de la route qui relie Villers-Cotterêts à l’autoroute du Nord.

Le 19 octobre 2018, dans la présentation par M. Édouard Philippe de la réforme de l'État, plus précisément dans les feuilles de route données aux ministres, celui de la Culture est invité à "assurer la rénovation phasée du château de Villers-Cotterêts en vue de l'implantation d'un centre de la Francophonie", (et à) "développer les partenariats à l'international" (ndlr : notamment, peut-être, avec Abu Dhabi et l'Arabie saoudienne, selon nos propositions ?...). En novembre, le nouveau Délégué Général à la langue française (DGLF), M. Paul de Sinety, et le Conseiller au Cabinet du ministre de la Culture sont aussi missionnés pour s’en occuper, chacun selon ses domaines propres de compétences.

Avec l’inscription en novembre 2018 des crédits (112 M d’euros) de restauration au budget 2019 du ministère de la Culture, un pas très important vient d’être franchi vers la réalisation du grand projet d’Institut de la Francophonie et de la diversité culturelle au château de Villers-Cotterêts."

Toutes les Institutions, tous les mécènes et parraineurs, peuvent s’intéresser à ce magnifique projet oint par l’Élysée, et proposer leurs services et aides aux responsables de sa mise en œuvre…

Albert Salon

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Le grand projet d'Institut de la Francophonie
au château de Villers-Cotterêts avance :

 Il vient d’entrer en réalisation, par l’affectation de crédits 2019 !

Les associations Avenir de la Langue française (ALF) et Forum francophone international (FFI-France), présidées par Albert Salon, portent depuis 2001 le grand projet d’Institut de documentation, de recherches, de concertation et débats, sur les pays francophones, leurs cultures et leurs liens, la formation de leurs cadres dans l’intérêt communautaire, depuis leur appel du 9 novembre 2001, au balcon du "Plaisir" où François 1er, en août 1539, promulgua son ordonnance sur l’état-civil et - surtout – sur la langue française.

Nos associations savaient, ce faisant, devoir se heurter à la vacuité des caisses de l’État et de l’OIF, et à beaucoup d’indifférence et d’aboulie.

Les 17 années entre 2001 et 2018 ont été employées par les organisateurs à créer et étendre un Comité de soutien composé de hautes et très diverses personnalités françaises et étrangères, à sensibiliser les gouvernements français successifs et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à l’intérêt du projet pour la France et l’ensemble de la Francophonie, et à chercher des mécènes et des parraineurs, en France et ailleurs.

Elles sont même allées, par des canaux privilégiés, à solliciter le Qatar à la faveur de son entrée, presque par effraction dans l’OIF, directement en qualité de "membre associé", en sautant la case de "membre observateur".

Quête opiniâtre mais en apparence vaine, jusqu‘à l’élection présidentielle française de 2017.

Il se trouve – Stéphane Bern, Jacques Krabal et d’autres intervenants aidant – que le couple présidentiel, saisi en février puis juin 2017 par nos soins, y a porté d’emblée un vif intérêt.

Le Président a annoncé officiellement son adoption le 16 septembre 2017, journée du Patrimoine, à Port-Marly, au château Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, natif de Villers-Cotterêts. Déclarant, entouré de Mme Nyssen et de Stéphane Bern : "Nous restaurerons Villers-Cotterêts et en ferons le château de la Francophonie".

Il a ensuite repris les éléments de notre dossier pertinent le 20 mars 2018, journée mondiale de la Francophonie, dans la présentation de sa politique du français et de la Francophonie, sous la Coupole de l’Institut de France, devant les Académiciens, et les médias.

Peu après, la réalisation a été confiée, au sein du ministère de la Culture, au Directeur du Centre des Monuments nationaux, M. Philippe Belaval ; et deux architectes, dont M. Wilmotte, ont été désignés. Instruction a été donné au ministère de l’Équipement de prévoir l’élargissement à 4 voies de la route qui relie Villers-Cotterêts à l’autoroute du Nord.

Le 19 octobre 2018, dans la présentation par M. Édouard Philippe de la réforme de l'État, plus précisément dans les feuilles de route données aux ministres, celui de la Culture est invité à "assurer la rénovation phasée du château de Villers-Cotterêts en vue de l'implantation d'un centre de la Francophonie", (et à) "développer les partenariats à l'international" (ndlr : notamment, peut-être, avec Abu Dhabi et l'Arabie saoudienne, selon nos propositions ?...). En novembre, le nouveau Délégué Général à la langue française (DGLF), M. Paul de Sinety, et le Conseiller au Cabinet du ministre de la Culture sont aussi missionnés pour s’en occuper, chacun selon ses domaines propres de compétences.

Avec l’inscription en novembre 2018 des crédits (112 M d’euros) de restauration au budget 2019 du ministère de la Culture, un pas très important vient d’être franchi vers la réalisation du grand projet d’Institut de la Francophonie et de la diversité culturelle au château de Villers-Cotterêts."

Toutes les Institutions, tous les mécènes et parraineurs, peuvent s’intéresser à ce magnifique projet oint par l’Élysée, et proposer leurs services et aides aux responsables de sa mise en œuvre…

Albert Salon

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (6)


Afrik.com Comment l’OIF a été instrumentalisée par la France ? (26/11) (lien)
Monde lecteurs Ph Bures (Vancouver) vous serez complètement assimilés par les Anglais (lien)
HuffPost Ontario : vers une autre bataille du français contre l'anglais ? (21/11) (lien)
Le Figaro 5 mots que vous confondez sans le vouloir (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Bilinguisme, immigrés et préjugés (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (6)


Afrik.com Comment l’OIF a été instrumentalisée par la France ? (26/11) (lien)
Monde lecteurs Ph Bures (Vancouver) vous serez complètement assimilés par les Anglais (lien)
HuffPost Ontario : vers une autre bataille du français contre l'anglais ? (21/11) (lien)
Le Figaro 5 mots que vous confondez sans le vouloir (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Bilinguisme, immigrés et préjugés (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (5)

Le Figaro  Le Grevisse prend des couleurs pour plaire aux collégiens (20/11) (lien)
LCI  Dites "aveugle", ne dites pas "malvoyant" ! (20/11) (lien)
Radio-Canada Les combats historiques des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro 5 mots que l'on prononce mal (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (5)

Le Figaro  Le Grevisse prend des couleurs pour plaire aux collégiens (20/11) (lien)
LCI  Dites "aveugle", ne dites pas "malvoyant" ! (20/11) (lien)
Radio-Canada Les combats historiques des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro 5 mots que l'on prononce mal (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (4)

Le Devoir La classe politique québécoise à la défense des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro Éliane Viennot La langue française n'est pas misogyne (16/11) (lien)
Le Point Comment le Petit Larousse choisit de supprimer des mots (15/11) (lien)
La Tribune La francophonie des affaires dynamisée au cœur de la capitale française (16/11) (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (4)

Le Devoir La classe politique québécoise à la défense des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro Éliane Viennot La langue française n'est pas misogyne (16/11) (lien)
Le Point Comment le Petit Larousse choisit de supprimer des mots (15/11) (lien)
La Tribune La francophonie des affaires dynamisée au cœur de la capitale française (16/11) (lien)

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nouvelles2018/france-inter-se-reve-ricaine.jpgFrance Inter se rêve ricaine - le 19/11/2018 - 14:47 par MAR

France Inter se rêve ricaine

Pour fêter quelque frémissement de son audience, France Inter, se croyant originale, s'offre des pages de publicité avec un slogan sous-Trump, sous-Macron : "MAKE RADIO GREAT AGAIN".

Il ne suffisait pas à cette radio d'avoir des chansons états-uniennes omniprésentes et d'avoir son journal de plus grande écoute (celui de 8h) très ricano-centré : ouverture sur des discours de Trump (même si c'est pour le critiquer), petites bisbilles de la société états-unienne et de ses vedettes étalées de long en large, promotions poussées de films et de disques de même provenance (appelés "films Inter" ou "disques Inter" !).

Maintenant France Inter communique en ricain dans le texte ! Ne lui rappelez pas qu'il s'agit une chaîne de service public française.
Sans doute espère-t-elle se faire bientôt rebaptiser US Inter

MAR

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France Inter se rêve ricaine

Pour fêter quelque frémissement de son audience, France Inter, se croyant originale, s'offre des pages de publicité avec un slogan sous-Trump, sous-Macron : "MAKE RADIO GREAT AGAIN".

Il ne suffisait pas à cette radio d'avoir des chansons états-uniennes omniprésentes et d'avoir son journal de plus grande écoute (celui de 8h) très ricano-centré : ouverture sur des discours de Trump (même si c'est pour le critiquer), petites bisbilles de la société états-unienne et de ses vedettes étalées de long en large, promotions poussées de films et de disques de même provenance (appelés "films Inter" ou "disques Inter" !).

Maintenant France Inter communique en ricain dans le texte ! Ne lui rappelez pas qu'il s'agit une chaîne de service public française.
Sans doute espère-t-elle se faire bientôt rebaptiser US Inter

MAR

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (3)

ActuaLitté Paul de Sinety nommé délégué général à la langue française (14/11) (lien)
France Culture La langue a-t-elle un sexe ? (14/11) (lien)
Sorb'on Le phénomène du "franglais" à la fac (10/11) (lien)
Collaboracheune : Après les timbres Mickey, la Poste lance sa French Bank (lien)
France Culture P. Guyotat prix littéraires : une forme de palmarès incontestable (7/11) (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (3)

ActuaLitté Paul de Sinety nommé délégué général à la langue française (14/11) (lien)
France Culture La langue a-t-elle un sexe ? (14/11) (lien)
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Saint-Laurent profane le Palais-Royal
en anglais !

Le Palais-Royal, au cœur de Paris, siège du Ministère de la Culture (!), du Conseil constitutionnel et du Conseil d'État est utilisé par une manifestation privée pour un couturier "français" qui communique entièrement en anglais.
Merci Saint-Laurent ! Merci à tous les bons petits soldats de la colonisation anglo-saxonne à l'origine de cet affichage ! 
Merci aux services publics qui ont permis cet affichage en toute illégalité :

MAR

saint_laurent_self_1.jpg saint_laurent_self_2.jpg
saint_laurent_self_3.jpg saint_laurent_self_4.jpg

Bravo !

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (2)


Le Figaro 5 erreurs à éviter lors de votre entretien d'embauche ? (lien)
La Voix du Nord Une bonne nouvelle pour le français que cette "infox" ? (lien)
Le Figaro Prononcez-vous correctement ces mots de la langue française ? (lien)

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Francophonie.gifEt si on lançait un visa biométrique francophone - le 05/11/2018 - 17:40 par Yves_Montenay

Et si on lançait un "visa biométrique francophone" ?

Dans la foulée du sommet de la Francophonie à Erevan et en visant celui de Tunis en 2020, Fahrat Othman, Tunisien, a publié une tribune dans Contrepoints d’octobre 2018 préconisant la création d’un "visa francophone". Il reprend ainsi une vieille idée de notre association, que nous sommes heureux de voir resurgir. Commençons par exposer brièvement son projet.

La thèse de Fahrat Othman

Le "visa biométrique francophone de circulation" serait valable entre pays francophones. Il devrait être parfaitement fiable en termes sécuritaires, et pourrait être réservé dans un premier temps, à un espace restreint rassemblant les pays francophones démocratiques 1. On peut supposer que l’auteur pense aux pays du Nord et, au Sud, au moins à la Tunisie.

Il relie ce projet à "L’Appel pour le vivre ensemble" qu’il qualifie d’acte majeur du sommet d’Erevan, et en justifie l’urgence par la détérioration de la situation du français. Au Québec, il ne pourrait plus compter sur la fibre nationaliste des générations précédentes, tandis qu’en Afrique il est menacé par le rouleau compresseur des identitaires nationalistes, dont, à mon avis, les islamistes. Et il espère que les jeunes seront séduits, puisque ce qui leur importe c’est de pouvoir circuler librement.

Et il ajoute un mot d’économie, souvent préoccupation prioritaire, car la construction d’une Francophonie économique avec une sorte de "préférence communautaire" est, de notre point de vue, un très important facteur de cohésion de la Francophonie organisée 2 : la libre circulation des élites économiques est une condition nécessaire du développement. Il pense même au problème démographique, que l’ouverture culturelle permettrait d’atténuer. Ce que j’ai démontré dans mes propres travaux universitaires, probablement inconnus de l’auteur. La libre circulation devait devrait également générer une pression démocratique..

La position de notre association

S’agissant d’une de nos vieilles idées, nous ne pouvons que nous réjouir de la voir relancée. Elle rejoint d’ailleurs une suggestion plus modeste, mais symbolique, émise par Xavier Deniau, Jean-Marc-Léger, Philippe Rossillon et nos associations, reprise notamment dans 2 le rapport Attali de 2014, d’un guichet réservé aux possesseurs d’un passeport de pays membres de l’OIF 2 dans les aéroports internationaux.

Il faudrait néanmoins rajouter quelques précisions, notamment du fait de l’allergie aiguë à l’immigration chez une grande partie de la population de France et de quelques autres pays membres de l’OIF 2, dont le Maroc et l’Algérie, qui sont également la destination de nombreux subsahariens. Les commentaires à l’article de Ferhat Othman ont d’ailleurs été virulents, le plus poli d’entre eux le qualifiant de "moyen détourné pour rendre légale l’immigration africaine en France".

Il faut donc être prudent, ne serait-ce que pour ne pas voir ce projet violemment rejeté.

D’abord l’auteur précise "visa biométrique", pour éviter l’inconvénient des "vrais faux" documents d’identité qui permettent à beaucoup d’Africains de bénéficier indûment du regroupement familial au Nord

Mais il faut probablement être encore plus restrictif, surtout pendant une période de rodage. Une idée à préciser serait de réserver le visa à certaines catégories de la population (et non à certains États, ce qui poserait des problèmes diplomatiques aigus), les enseignants de français ayant une priorité, ainsi que les dirigeants d’entreprise, les responsables d’institutions politiques, culturelles, caritatives, ayant pignon sur rue (2). Ce serait une formidable motivation pour eux. On pourrait notamment imaginer de prendre en compte le niveau d’études ou celui de connaissance du français

Le point délicat serait de déterminer l’autorité habilitée à délivrer ce visa. L’OIF pourrait certes être promotrice de l’idée, mais ne pourrait pas en être l’opératrice, ne serait-ce que pour ne pas déplaire à tel ou tel de ses États membres 2. Cette autorité à définir devrait panacher au moins des membres "culturels" et des spécialistes de l’antiterrorisme. Pour ne pas mettre en place une structure trop lourde, elle sous-traiterait à des administrations qualifiées

Bref, le principe de la citoyenneté francophone serait une fantastique motivation pour tous. Les moyens techniques existent pour qu’elle ne soit pas attribuée n’importe comment.

Yves Montenay, président de l’Institut Culture, économie et géostratégie (ICEG) et vice-président d’Avenir de la Langue française (ALF).

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Le terme devrait recevoir au moins une définition juridique admise par l’ONU
Les mots en italique ont été ajoutés par la rédaction.

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Et si on lançait un "visa biométrique francophone" ?

Dans la foulée du sommet de la Francophonie à Erevan et en visant celui de Tunis en 2020, Fahrat Othman, Tunisien, a publié une tribune dans Contrepoints d’octobre 2018 préconisant la création d’un "visa francophone". Il reprend ainsi une vieille idée de notre association, que nous sommes heureux de voir resurgir. Commençons par exposer brièvement son projet.

La thèse de Fahrat Othman

Le "visa biométrique francophone de circulation" serait valable entre pays francophones. Il devrait être parfaitement fiable en termes sécuritaires, et pourrait être réservé dans un premier temps, à un espace restreint rassemblant les pays francophones démocratiques 1. On peut supposer que l’auteur pense aux pays du Nord et, au Sud, au moins à la Tunisie.

Il relie ce projet à "L’Appel pour le vivre ensemble" qu’il qualifie d’acte majeur du sommet d’Erevan, et en justifie l’urgence par la détérioration de la situation du français. Au Québec, il ne pourrait plus compter sur la fibre nationaliste des générations précédentes, tandis qu’en Afrique il est menacé par le rouleau compresseur des identitaires nationalistes, dont, à mon avis, les islamistes. Et il espère que les jeunes seront séduits, puisque ce qui leur importe c’est de pouvoir circuler librement.

Et il ajoute un mot d’économie, souvent préoccupation prioritaire, car la construction d’une Francophonie économique avec une sorte de "préférence communautaire" est, de notre point de vue, un très important facteur de cohésion de la Francophonie organisée 2 : la libre circulation des élites économiques est une condition nécessaire du développement. Il pense même au problème démographique, que l’ouverture culturelle permettrait d’atténuer. Ce que j’ai démontré dans mes propres travaux universitaires, probablement inconnus de l’auteur. La libre circulation devait devrait également générer une pression démocratique..

La position de notre association

S’agissant d’une de nos vieilles idées, nous ne pouvons que nous réjouir de la voir relancée. Elle rejoint d’ailleurs une suggestion plus modeste, mais symbolique, émise par Xavier Deniau, Jean-Marc-Léger, Philippe Rossillon et nos associations, reprise notamment dans 2 le rapport Attali de 2014, d’un guichet réservé aux possesseurs d’un passeport de pays membres de l’OIF 2 dans les aéroports internationaux.

Il faudrait néanmoins rajouter quelques précisions, notamment du fait de l’allergie aiguë à l’immigration chez une grande partie de la population de France et de quelques autres pays membres de l’OIF 2, dont le Maroc et l’Algérie, qui sont également la destination de nombreux subsahariens. Les commentaires à l’article de Ferhat Othman ont d’ailleurs été virulents, le plus poli d’entre eux le qualifiant de "moyen détourné pour rendre légale l’immigration africaine en France".

Il faut donc être prudent, ne serait-ce que pour ne pas voir ce projet violemment rejeté.

D’abord l’auteur précise "visa biométrique", pour éviter l’inconvénient des "vrais faux" documents d’identité qui permettent à beaucoup d’Africains de bénéficier indûment du regroupement familial au Nord

Mais il faut probablement être encore plus restrictif, surtout pendant une période de rodage. Une idée à préciser serait de réserver le visa à certaines catégories de la population (et non à certains États, ce qui poserait des problèmes diplomatiques aigus), les enseignants de français ayant une priorité, ainsi que les dirigeants d’entreprise, les responsables d’institutions politiques, culturelles, caritatives, ayant pignon sur rue (2). Ce serait une formidable motivation pour eux. On pourrait notamment imaginer de prendre en compte le niveau d’études ou celui de connaissance du français

Le point délicat serait de déterminer l’autorité habilitée à délivrer ce visa. L’OIF pourrait certes être promotrice de l’idée, mais ne pourrait pas en être l’opératrice, ne serait-ce que pour ne pas déplaire à tel ou tel de ses États membres 2. Cette autorité à définir devrait panacher au moins des membres "culturels" et des spécialistes de l’antiterrorisme. Pour ne pas mettre en place une structure trop lourde, elle sous-traiterait à des administrations qualifiées

Bref, le principe de la citoyenneté francophone serait une fantastique motivation pour tous. Les moyens techniques existent pour qu’elle ne soit pas attribuée n’importe comment.

Yves Montenay, président de l’Institut Culture, économie et géostratégie (ICEG) et vice-président d’Avenir de la Langue française (ALF).

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Le terme devrait recevoir au moins une définition juridique admise par l’ONU
Les mots en italique ont été ajoutés par la rédaction.

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de novembre 2018 - le 02/11/2018 - 17:15 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2018

Contrepoints Farhat Othman Pour un visa francophone de circulation (1/11) (lien)
Le Figaro Prononcez-vous correctement ces mots de la langue française ? (lien)
Louis Maisonneuve Pétition Restaurer le rayonnement de la langue française (lien)
Je Retiens L’évolution du français et ses réformes orthographiques depuis le Moyen-âge (lien)
Le Figaro 5 tics de langage qu'on entend trop (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018

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