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vous-en-boufferez.jpg"Vous en boufferez !"

On veut nous faire avaler l’anglais – le globish - jusqu’à le substituer à nos langues européennes de culture, a fortiori aux autres. L’empire et ses "collabos européens de la pub et du fric" (Michel Serres) veulent l’imposer, par tous les moyens dont l’empire dispose encore. Le Figaro a pu intituler le 24 février 2016 un article : La France fait tout son possible pour la suprématie de l’anglais". [lire la suite]

Les 30 dernières nouvelles


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mai 2016 (5) - par MAR le 15/05/2016 - 19:17

Langue française : Nouvelles de mai 2016 (5)

Yves Montenay L’Afrique francophone, opportunité pour les entreprises françaises (lien)
La Dépêche Francis Cabrel lance un appel au patriotisme (16/5) (lien)
Floréal Le choix de la défaite en chantant [billet rouge à propos de l'Eurovision et de quelques autres reniements linguistiques] (14/5) (lien)
Festival de la langue française à Liré (Maine et Loire) du 23 au 29 mai 2016 (lien)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mai 2016 (4) - par MAR le 15/05/2016 - 19:05

Langue française : Nouvelles de mai 2016 (4)

Charente Libre Le conseil départemental adopte la motion "clause Molière" (14/5) (lien)
France 3 Gilles Platret impose la langue française sur les chantiers du BTP (14/5) (lien)
Huffington Une chanson 100% en français à l'Eurovision 2016 (mais pas la nôtre) (13/5) (lien)
Yves Montenay Qu’est-ce qu’une langue officielle ?
Le français et l’arabe aux Maghreb, Sahel et Comores
(lien)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mai 2016 (3) - par MAR le 15/05/2016 - 18:59

Langue française : Nouvelles de mai 2016 (3)

Direct Matin 150 nouveaux mots entrent au Petit Larousse (11/5) (lien)
Atlantico Comment la réduction de l'usage du français dans les institutions européennes traduit la perte d'influence de la France en Europe depuis 20 ans (9/5) (lien)
TV5 Monde Québec : les enseignes commerciales ne seront pas "francisées"(7/5) (lien)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mai 2016 (2) - par MAR le 08/05/2016 - 18:52

Langue française : Nouvelles de mai 2016 (2)

Sud-Ouest Entraîneur mieux que coach (5/5) (lien)
Courrier Picard La langue de Molière exigée sur les chantiers ? (2/5) (lien) [aussi plus bas]
OEP L'universel et le singulier à Cabourg (lien)
Quand la presse régionale se gargarise d'anglicismes pour faire moderne
[exemple ci-dessous de "La Montagne"]


Une initiative à nationaliser : la "Clause Molière" :

Il s’agit d’exiger des travailleurs étrangers qu’ils soient capables de travailler en français en France, et de contraindre leurs employeurs à n’employer que le français avec eux, quittes à rémunérer un interprète.

Il y aura sans aucun doute diverses difficultés d’application. Mais il faut poser cette obligation.

Elle rejoint du reste la proposition d’amendement sur le français bientôt déposée par des parlementaires de divers bords dans le cadre de la discussion commencée à l’Assemblée sur le projet de loi "Égalité et citoyenneté".

Incidemment, elle a peut-être quelques chances d’être officialisées sur le plan national, parce qu’elle permet aux autorités publiques qui le voudraient de contourner l’accusation d’être protectionnistes et de léser le principe sacré de "concurrence libre et non faussée " de Saint-Bruxelles, et de limiter ainsi l’emploi de clandestins et aussi des fameux "travailleurs détachés"…

Peut-être un signal parmi d’autres de ce qu’en haut lieu on commencerait à reconnaître : l’utilité pratique de la législation de protection de la langue nationale, en l’occurrence, chez nous, du français ?… Albert Salon


Quand la presse régionale se gargarise d'anglicismes pour faire moderne
[exemple de "La Montagne"] : "Urban street tricot","serial tricoteurs", "relooking", "speed meeting", "Crowfunding"...

la-montagne-st-flour.jpeg

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nouvelles2016/andre_vallini.jpgVallini s'agace de l'hymne en anglais des des supporteurs français - par MAR le 05/05/2016 - 19:49

André Vallini s'agace de l'hymne en anglais
des supporteurs français de l'Euro

Pour une fois qu'un ministre chargé de la Francophonie donne un avis public ferme au sujet de la langue française, nous ne pouvons que nous en féliciter ! 
L’hymne qui doit accompagner les Bleus lors de l'Euro 2016 sera interprété par le groupe "Skip The Use" et intitulé "I was made for lovin’ you my team" (reprise de la chanson "I was made for lovin’ you" du groupe états-unien "Kiss") !

Le secrétaire d'État à la Francophonie, André Vallini, a jugé "incompréhensible" et "consternant" le choix d'une chanson en anglais pour tenir lieu d'hymne officieux des supporteurs de l'équipe de France pour l'Euro-2016 de football. "L'Euro-2016 sera une grande fête sportive et populaire qui va se dérouler en France et devrait donc faire rayonner notre pays. Et notre langue ?", a interrogé M. Vallini. "Il est donc incompréhensible que l'hymne de l'Équipe de France de football soit en langue anglaise", a-t-il déploré.

Honneur soit rendu à André Vallini, après cette longue litanie de démissions concernant le français, de ce gouvernement et des précédents avec par exemple la  "French Tech" lancée par Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin, l'ouverture aux cours en anglais à l'université par Geneviève Fioraso, l'acceptation de la baisse de quotas de chanson française à la radio... la liste serait longue. Sans parler du désintérêt manifeste pour la langue française, des ministres de la Francophonie précédents.

Ceci à l'opposé du soit-disant engagement de François Hollande en mai 2012 ("Je défendrai partout l’usage du français") et de la Circulaire de Jean-Marc Ayrault aux ministres sur l'usage du français de mai 2013.

Honneur soit donc rendu à André Vallini ! Au delà de cette prise de position admirable, il semble qu'un gouvernement digne de ce nom, aurait les moyens, s'il en avait vraiment envie, de faire respecter la langue française en France... MAR


Boulevard VoltairePourquoi l’hymne de l’Euro 2016 en anglais nous dérange-t-il autant ? (4/5)

TV5 Monde : "Hymne" en anglais pour les supporters français de l'Euro: Vallini "consterné" (2/5)
RTL : VIDÉO - Hymnes de l'Euro et de l'Eurovision 2016 : "Autant que la chanson qui représente la France soit en français", lance André Vallini (2/5)

Le Figaro : Un ministre s'agace de l'hymne en anglais des supporters français de l'euro (2/5)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mai 2016 (1) - par MAR le 03/05/2016 - 21:51

Langue française : Nouvelles de mai 2016

France Musique pour célébrer l'entrée dans le domaine public du morceau français le plus diffusé au monde de Maurice Ravel, a appelé sa journée  "Free boléro" (sic !) - Elle s'est comporté en bon petit soldat de la colonisation culturelle...
Défendons la belle langue française !  jeudi 19 mai (à 18h30 au Grand T à Nantes) avec Alain Borer, auteur de "De quelle amour blessée - Réflexions sur la langue française" (2015) (lien)

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Drapeau-Quebecois.jpg2 articles autour du Québec - par MAR le 03/05/2016 - 21:28

2 bons articles autour du Québec

Le Québec et la langue française par Alain Ripaux : une présentation claire fort intéressante de l’histoire de notre langue en Amérique du Nord, principalement au Québec : lecture fortement recommandée ! AS

"Le Revenant" (Di Caprio) par Christian Néron = Démolition du Québec, et déformation éhontée de l’histoire et de l’image des "Anciens Canadiens" français, par le film hollywoodien : les "méchants" du film sont nos ancêtres…

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2016 (2) - par MAR le 25/04/2016 - 22:41

Langue française : Nouvelles d'avril 2016 (2)

France Culture L'orthographe : modernisée ? violentée ? (avec Bernard Cerquiglini) (23/4) (lien)
Publication du Journal n°58 d’Avenir de la langue française (avril 2016) (lien)
La Charente libre François Appert : Halte au franglais ! (15/4) (lien)
DGLF : Publication du vocabulaire de l’économie et des finances (lien)

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Lâche assouplissement des quotas de chansons francophones - par MAR le 24/04/2016 - 23:28

Lâche assouplissement des quotas de chansons francophones
voté à l'Assemblée

pour complaire aux grands angliciseurs comme NRJ et autres radios coloniales

Cette loi (Il s'agit de l'article 11 ter introduit par le gouvernement dans le Projet de loi Liberté de la création, architecture et patrimoine) atteint directement les radios généralistes, les radios publiques ainsi que les radios privées "jeunes" telles NRJ.  Ce sont ces dernières qui se sont battues pour imposer cet abaissement du seuil de diffusion de chansons francophones.

En échange d'une plus grande variété de titres diffusés ces radios diffuseront encore moins de présence de la chanson francophone sur les ondes.
Qu'attendent les sociétés d'auteurs, notamment la SACEM, pour réagir à cette capitulation ?

http://www.assemblee-nationale.fr/14/dossiers/liberte_creation_architecture_patrimoine.asp

Article 11 ter

Le 2° bis de l'article 28 de la loi n° 86-1067 du 30 septembre 1986 précitée est complété par trois alinéas ainsi rédigés :

« - soit, pour les radios spécialisées dans la découverte musicale qui diffusent au moins 1 000 titres différents sur un mois donné dont la moitié au moins sont des nouvelles productions, chacun de ces titres n'étant pas diffusé plus de 100 fois sur cette même période : 15 % de nouvelles productions francophones ou de nouveaux talents francophones.

« Pour l'application des premier, troisième et quatrième alinéas du présent 2° bis, le Conseil supérieur de l'audiovisuel peut également ramener la proportion minimale de titres francophones, respectivement, à 35 %, 55 % et 30 % pour les radios qui prennent des engagements en matière de diversité musicale tenant notamment au nombre de titres et d'artistes diffusés, à la diversité des producteurs de phonogrammes et au nombre de rediffusions d'un même titre. Les modalités de ces engagements sont fixées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel après consultation publique et avis du comité d'orientation de l'observatoire prévu à l'article 30 de la loi n° 2002-5 du 4 janvier 2002 relative aux musées de France.

« Dans l'hypothèse où plus de la moitié du total des diffusions d'oeuvres musicales d'expression française ou interprétées dans une langue régionale en usage en France se concentre sur les dix oeuvres musicales d'expression française ou interprétées dans une langue régionale en usage en France les plus programmées par un service, les diffusions intervenant au delà de ce seuil ou n'intervenant pas à des heures d'écoute significative ne sont pas prises en compte pour le respect des proportions fixées par la convention pour l'application du présent 2° bis ; ».

Le texte n'est pas définitif, il doit encore repasser devant le Sénat (fin mai ?).

à lire également cet intéressant article publié sur le site du Monde :
Comprendre les quotas de chansons francophones à la radio (22/4)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2016 (1) - par MAR le 07/04/2016 - 22:07

Langue française : Nouvelles d'avril 2016

La Montagne : Renaud, "une langue unique" faite d'argot et de verlan (linguiste) (6/4) (lien)
Le Soir : La langue française en pleine évolution (4/4) (lien)
Dany Laferrière : Pourquoi se livrer à une course au tout-anglais si on refuse la vision du monde supportée par cette langue ? (lire ci-dessous)


Dany Laferrière : Pourquoi se livrer à une course au tout-anglais si on refuse la vision du monde supportée par cette langue ?
Extrait de l'entretien de Dany Laferrière, de l'Académie française, accordé au Figaro (Éléonore de Vulpillières) (28/3/2016)

[...]
Vous êtes américain [au sens continental du terme], et donc cerné par un univers anglophone. Quel est votre rapport à la langue anglaise ?

Le français a eu son heure de gloire. Maintenant, c'est au tour de l'anglais. Une langue doit se garder de franchir la ligne jaune qui marquerait la perte de son identité. Mais il ne faut pas se formaliser qu'une autre langue ait pu nous pénétrer. Nous autres, francophones, serions favorables à ce que le français revienne à son prestige d'antan... Pour autant, il est aujourd'hui consternant d'observer que de nombreux francophones abusent des anglicismes, alors qu'il existe des mots très simples qui veulent dire la même chose. Une chose qui se déroule au moment où nous parlons est "en direct", pas "en live". Ce qui est le plus grave est le présupposé qui se loge derrière ces pratiques : la langue française ne pourrait pas dire le monde d'aujourd'hui, qui serait rapide, accéléré, concret, direct. Déjà, cette hypothèse de départ est fausse : le monde n'est pas toujours rapide. Ensuite, rien n'oblige à dire rapidement, violemment ce qui va vite.

Si on déplore l'aspect marchand, pressé et violent de New York, il est absurde de calquer l'imaginaire transmis par la langue parlée là-bas à une petite ville de France, de Suisse ou du Sénégal. Une langue véhicule un mode de vie, un art de vivre. Celui que l'on pratique en France, on ne voudrait pas le sacrifier pour épouser celui qui a cours à New York ! Alors pourquoi se livrer à une course au tout-anglais si on refuse la vision du monde supportée par cette langue ? Il y a certes plusieurs anglais, mais celui qui domine, c'est celui du pays dont l'hégémonie économique et culturelle est mondiale, les États-Unis. CNN, par son omniprésence sur le champ médiatique, a gagné la bataille de la langue ; nos hommes politiques, de plus en plus, veulent parler l'anglais de CNN.
[...]

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nouvelles2016/histoire_france.gifHistoire : pour un nouveau roman national ? - par Yves-Montenay le 07/04/2016 - 21:45

Histoire : pour un nouveau roman national ?

par Yves Montenay

Après la deuxième guerre mondiale, les pays européens ont cessé de se représenter à travers un grand récit historique national. Mais cet abandon leur fait cruellement défaut, notamment pour se confronter à l’Amérique ou aux pays du Sud.

Pour certains historiens, le terme de "roman national" évoque une présentation de l’histoire de France idéalisant le passé et trop nationaliste : à nous Clovis, Jeanne d’Arc, François Ier et l’aventure coloniale ! Cette présentation a en gros disparu, mais à mon avis laisse un vide, tant sur le plan intérieur que pour nos relations avec l’extérieur.


Une exception euro-japonaise

Une vue cynique serait que ce "roman" a fait son temps après avoir permis aux conscrits de 14-18 de garder un minimum de motivation alors qu’ils piétinaient dans l’horreur. L’environnement en effet profondément changé : nous avons récupéré l’Alsace-Lorraine, n’avons plus de désir de conquête, avons changé de regard sur nos voisins, sur la colonisation et sur les deux guerres mondiales, de plus en plus vues comme une boucherie incompréhensible et le suicide de l’Europe. Ces raisons se sont combinées à des progrès de la connaissance de l’histoire du reste du monde, ce qui est excellent, et à des visions idéologiques, ce qui est une catastrophe, pour mener à l’enseignement actuel de l’histoire. Je ne parlerai pas ici de la recherche historique ni des échanges entre professionnels, mais de ce qui est enseigné aux élèves.

À mon avis, la disparition sans remplacement de l’ancien roman complique l’intégration des jeunes. La "deuxième génération" regarde la télévision du pays de départ imprégnée de son propre roman national avec les parents. Et sans eux, les jeunes de toutes origines trouvent le pire sur Internet, dont la propagande de l’État Islamique. Il y a là une première raison de réfléchir à un "nouveau roman" qui les aiderait à ne pas gober aveuglément tout cela.

D’autant plus, deuxième raison, que cette disparition du roman national est une exception européenne et japonaise. C’est une réaction d’anciens colonisateurs et de victimes des guerres mondiales. La forme extrême de cette réaction est "la repentance" pour la colonisation, à laquelle s’ajoute le sentiment de culpabilité de l’Allemagne et du Japon. À cette histoire vécue s’ajoutent des rémanences d’une propagande, disons soviétique pour ne pas ouvrir un autre débat. Les Soviétiques avaient entrepris de culpabiliser "les colonialistes et les impérialistes" pour rallier des démocrates idéalistes, mettre en place des dictatures communistes au Sud et déclencher l’effondrement d’un Occident privé de ses colonies. Cette propagande a faussé et fausse encore aujourd’hui la vision de l’histoire et donc l’analyse des problèmes mondiaux.


La répercussion sur les problèmes mondiaux

Or cette exception euro-japonaise complique les relations avec les autres pays, en laissant le champ libre à leurs propres romans nationaux infiniment plus biaisés que ne l’était le nôtre. C’est le cas aux États-Unis, et surtout au Sud. Et cela contrairement à l’intention des initiateurs de l’abandon de notre roman qui pensaient au contraire faire "un pas vers les autres pour une meilleure compréhension".
Car, loin de se rapprocher de nous, beaucoup de responsables de notre planète instrumentalisent l’enseignement de l’histoire, presque toujours très nationaliste voire prêchant la supériorité du pays, de l’ethnie, de la religion, voire des trois la fois. Et leurs historiens s’appuient pour cela sur notre autocritique pour justifier leurs politiques, souvent catastrophiques économiquement, voire particulièrement sanglantes. Bizarrement, les contempteurs du roman national français et européen sont souvent indifférents voire indulgents envers ces romans virulents et ne préparent pas les élèves et le grand public à les analyser, tandis que les actions diplomatiques sont souvent paralysées par des blocages hostiles.


Quel "nouveau roman" ?

Il y a donc à mon avis à trouver, non pas un "juste milieu" entre nationalisme et repentance, mais une façon de répondre simultanément à trois objectifs : la vérité historique, des repères positifs pour les élèves et le démontage des erreurs sur lesquelles buttent les exportateurs et les diplomates. Faute de consensus, on pourrait au moins citer les avis opposés, après bien sûr l’énoncé des principaux faits.
Je pense notamment au point délicat de la colonisation. L’époque coloniale est maintenant suffisamment éloignée pour pouvoir la comparer sereinement aux situations pré et postcoloniales, avec les très grandes différences dans le temps et dans l’espace que l’on oublie en général. Mais c’est justement ce qui est refusé au Sud, où l’on attribue les problèmes actuels à un héritage colonial négativement mythifié au moins sur le plan économique. Notre désarmement intellectuel se révèle ainsi contre-productif, y compris pour les populations de ces pays.

 

L’exemple de l’esclavage

Voici un exemple concernant nos relations avec les pays africains. Ils nous reprochent toujours la traite atlantique, certains expliquent même leur sous-développement par cette "saignée humaine", et les programmes scolaires africains et français insistent sur ce sujet. S’il s’agit en effet d’une très grave atteinte aux populations d’alors, il faut également expliquer que les fournisseurs d’esclaves aux Européens étaient les Africains des petits royaumes des côtes occidentales du continent, et que depuis 180 ans environ que cette traite est terminée, les conséquences démographiques ou autres en ont été effacées. Il faut également rappeler que ce sont ces mêmes Européens qui ont mis fin au trafic millénaire d’esclaves par les Arabes au nord et surtout à l’est du continent, trafic qui a viré au massacre et même localement au génocide en Afrique centrale dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

L’histoire est donc complexe : dans le premier cas certains Européens et certains Africains se sont entendus au détriment d’autres Africains, dans le deuxième cas une génération postérieure des mêmes Européens a sauvé des millions d’Africains d’un autre esclavage et des massacres corrélatifs. Et il faut bien sûr rappeler que la responsabilité des personnes aujourd’hui vivantes et des États tels qu’ils sont maintenant n’est pas en cause.
Exposer les différentes facettes de cette histoire éviterait bien des blocages actuels, et permettrait de s’attaquer concrètement aux questions d’intégration en France et de développement au Sud. J’ai tenté d’y contribuer en publiant « Nos voisins musulmans, du Maroc à l’Iran 14 siècles de méfiance réciproque » , ouvrage à dominante historique largement consacré aux différences de perception.


Pour un "nouveau roman" national, européen ou mondial ?

À l’idéal, ces trois approches ne devraient pas être contradictoires et au contraire se compléter. Mais l’Europe n’existe pas vraiment, et une vision commune du monde encore moins. Les États n’enseigneront que ce qui leur convient, et si on confiait à l’ONU l’élaboration d’une histoire mondiale, la vision autocentrée, musclée et pas vraiment démocrate de la plupart pays pourrait mener au pire. Certes, les historiens sérieux de tous les pays dégageront peut-être un consensus dans des colloques savants, mais ça ne se traduira pas de sitôt dans les programmes scolaires de la plupart des pays.
En attendant, en France, les événements récents ont montré l’importance de la cohésion nationale et d’une bonne intégration. Les rédacteurs des programmes d’histoire et, en aval, les enseignants, auront une grande responsabilité dans ces domaines. Il leur faudra apprendre à se battre sur deux fronts, d’une part sur leur extrême droite, ce dont ils ont en majorité l’habitude, mais aussi sur une partie de leur gauche, ce qui leur sera souvent moins naturel.

Or c’est urgent : chaque année sans « roman » coûte cher en enfances gâchées, voire pire, et en complications internationales souvent sanglantes. Certes c’est une action dont les résultats ne se feront sentir qu’à long terme. Raison de plus pour y réfléchir dès maintenant, en consultant certes des experts de divers pays, mais surtout sans essayer d’en tirer « une motion de synthèse » intergouvernementale !

Yves Montenay, président de l’ICEG

Également publié par Le Cercle Les Échos et sur le site d'Yves Montenay

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2016 (4) - par MAR le 31/03/2016 - 15:17

Langue française : Nouvelles de mars 2016 (4)

Le Figaro Alain Decaux les hommages de Stéphane Bern à Christiane Taubira (29/3) (lien)
A. Vallini Les Français aiment leur Histoire, Alain Decaux y est pour quelque chose (27/3) (lien)
Le Figaro Pour défendre le français, il envoie 11 000 courriels de protestation (26/3) (lien)
ActuLitté "Le ministère de la Culture affiche désormais un soutien à Amazon ? (25/3) (lien)
L’OIF et les jeunes francophones invitent la jeunesse à s’exprimer sur le vivre ensemble (lien)

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nouvelles2016/hubert-joly.jpgLes Rectifications orthographiques de 1990 - par Hubert-Joly le 22/03/2016 - 22:24

réforme de l'orthographe : le point de vue d'Hubert Joly

Les Rectifications orthographiques de 1990

par Hubert Joly

Article 1er : On ne doit jamais parler de réforme de l’orthographe car c’est un abus de langage.

Les dispositions adoptées en 1990 par l’Académie française n’ont jamais revêtu le caractère d’une réforme mais simplement celui de "Rectifications orthographiques" de caractère ponctuel pour corriger des erreurs ou des inconséquences accumulées au fil des huit éditions précédentes du Dictionnaire de l’Académie. Ce n’est que sur quatre points, très modestes, que l’Académie a adopté des usages normalisés :

  1. Suppression de l’accent circonflexe sur i et u sauf dans les formes verbales (passé simple, imparfait et plus-que-parfait du subjonctif ou conditionnel passé deuxième forme) et quelques homonymes comme dû, sûr, mûr, mûre, jeûne. En particulier, sur le i l’accent circonflexe qui remplaçait un s ancien n’a plus de valeur étymologique et n’a pas de valeur phonétique contrairement au a et au o de âne, pâte et de dôme ou binôme.
     
  2. Déplacement du tréma désormais placé sur la première des deux voyelles et non sur la seconde comme dans cigüe au lieu de ciguë, aigüe au lieu de aiguë, ambigüité au lieu de ambiguïté, (besaigüe et bisaigüe au lieu de besaiguë et bisaiguë !) ou établissement du tréma pour éviter une faute de lecture comme dans gageüre au lieu de gageure.
     
  3. Remplacement de la séquence ell ou ett par èl et èt dans les verbes en eler et eter sur les modèles il coquète au lieu de il coquette, elle annèle au lieu de elle annelle, sauf appeler, il appelle, jeter, elle jette et leurs dérivés rappeler, rejeter, etc.
     
  4. Rationalisation du pluriel des mots composés d’un substantif suivi d’un trait d’union et d’un verbe à la troisième personne du singulier de l’indicatif. Le complément portera toujours la marque du singulier au singulier et celle du pluriel au pluriel sans qu’il soit besoin de faire une analyse sémantique sur le nombre des éléments en cause. Un couvre-pied, des couvre-pieds, un porte-avion, des porte-avions.
     
  5. Ainsi qu’on peut le constater, par le contre-exemple d’appeler et de jeter, la plupart des modifications portent sur des mots dont certains peu fréquents, parfois vraiment rares ou vieillis et, si l’on excepte l’accent circonflexe, n’apparaissent au mieux, selon les calculs du linguiste-statisticien Charles Muller, que dans une page de texte sur cinq.

Article 2 : L’orthographe du français n’est pas immuable.

Il suffit de regarder les textes des grands auteurs dans leur graphie d’origine pour se rendre compte des immenses variations de la forme écrite du français aussi bien dans le temps que d’un auteur à l’autre. Les textes de Montaigne, Molière ou de Chateaubriand sont les témoins irrécusables de ces dissemblances. L’orthographe du français est demeurée fluctuante pendant très longtemps depuis le Moyen-âge. Tout le monde sait combien l’orthographe du français peut paraitre compliquée aux usagers français, francophones ou étrangers à notre langue. C’est qu’elle est une superposition de graphies héritées du latin, des langues germaniques apportées par les invasions barbares des Ve et VIe siècles, du grec, de l’italien, de l’allemand, de l’espagnol puis de l’anglais et même, pour un millier de mots, de l’arabe, pour ne pas parler de termes propres à d’autres civilisations. Cet empilement s’est fait sans ordre ni méthode au fil des siècles.

Toutefois, la première tentative de rationaliser notre orthographe date quand même de 1529. A la Renaissance, les frères Estienne encouragent les graphies étymologiques adoptées dans leur édition de la Bible de Jean Calvin, ce qui leur donne une très grande diffusion, et l’Académie française adoptera la même attitude lors de la première édition de son Dictionnaire (1694), en s’efforçant de rappeler dans la graphie des mots leur origine grecque ou latine au détriment de la pure phonétique. Au XVIIIe siècle, l’Académie, sous l’impulsion de l’abbé d’Olivet, a tenté une première et modeste rationalisation avec notamment la généralisation de la graphie é et è, ainsi que la suppression de quelques consonnes doubles (Changement de la graphie de pas moins de 6 177 mots !). Mais, en dépit de nouveaux efforts de rationalisation en 1762 et 1798, de nombreuses incohérences ont persisté, de sorte qu’aucun linguiste, littérateur ou académicien n’est absolument certain d’écrire notre langue sans fautes puisqu’il n’existe pas de correspondance rigoureuse (biunivoque) entre les signes graphiques et les sons entendus ou prononcés. Déjà, Voltaire s’en étonnait : "L’écriture est la peinture de la voix, plus elle est ressemblante, meilleure elle est".

Le grand public ignore que l’Académie n’a jamais cessé de modifier ses graphies sans se préoccuper ni des apports de la linguistique, ni des nécessités de la pédagogie. Avant nos Rectifications orthographiques, l’Académie n’a-t-elle pas, sans tambours ni trompettes, modifié la graphie de 505 mots entre la septième et la huitième édition de son dictionnaire. En outre, ne comptant que 35 000 mots, le Dictionnaire de l’Académie laissait sans graphie autorisée tous les mots qui ne figuraient pas en vedette dans son corpus. Elle a fait de même dans chacune des huit éditions précédentes de son dictionnaire. Il a fallu la première généralisation de la scolarisation dans les années 1835-38 pour que l’on se préoccupe vraiment de la question. Aux enseignants qui demandaient quelle norme appliquer, on a répondu qu’il n’avait qu’à se référer au Dictionnaire de l’Académie. Comme ce dernier était quasiment introuvable pour les nombreuses cohortes d’instituteurs, le relais a été pris par les dictionnaires des maisons d’édition qui, effectivement, se sont conformés aux graphies de l’Académie.

Les présentes Rectifications orthographiques ne sont donc nullement le fruit d’une subite révolution mais simplement le résultat du processus constant par lequel l’Académie fait évoluer la langue. On ne sait par quelle crispation inattendue une telle évolution a soudain révulsé certains milieux qui se piquent de conserver à la langue une pureté qu’elle n’a jamais eue à aucun moment de l’Histoire et qui ne relève que du plus pur fantasme (j’aurais pu écrire phantasme).

Article 3 : L’orthographe n’a jamais été un monument historique qui devrait demeurer immuable dans le temps.

Elle est, dans son essence même, un simple code qui s’efforce, avec plus ou moins de succès, de faire correspondre des signes et des sons. Le moins possible de signes pour rendre chaque son. Il est tout à fait souhaitable que ces correspondances soient biunivoques, c’est-à-dire qu’à chaque son correspondrait un signe graphique et un seul, et que chaque signe ne puisse correspondre qu’à un son et un seul. On est bien loin d’une langue qui serait phonétique, contrairement à certaines qui, comme l’arabe ou l’allemand, sont beaucoup plus proches de cet idéal que la nôtre.

Comme celui de la route, le code orthographique se doit d’être simple et sûr, sinon il cesse d’être compréhensible même si les accidents orthographiques sont moins graves que les accidents d’auto…

Deux faits nous interdisent, à échéance humaine, d’arriver à l’idéal souhaité par les pédagogues : d’une part, parce que les usages créés dès la Renaissance ont privilégié les graphies étymologiques rappelant l’origine des mots d’où un foisonnement de ph et de th censés être hérités de l’origine grecque des vocables, d’autre part, parce que l’introduction incessante de mots étrangers appartenant à des systèmes linguistiques différents du nôtre détruit le peu de biunivocité de notre système graphique. La plus grande attaque vient de l’anglais dont les voyelles et même les syllabes n’ont pas du tout les mêmes correspondances que les nôtres.

Imaginons un instant que, mue par une volonté réformatrice unanime, l’Académie renonce au ph et au th. Quelle levée de boucliers ! Pourtant, les Italiens et les Espagnols l’ont fait et l’on n’a déploré aucun suicide dans leurs rangs. On l’a bien vu avec le nénufar d’avant 1935, devenu nénuphar parce qu’on le croyait grec et redevenu nénufar depuis 1990 ! ! ! Qu’en penseraient les grenouilles de Claude Monet ?

On l’a dit et vu, la volonté normalisatrice, le besoin de rationaliser notre orthographe ne sont pas nouveaux. Depuis l’imprimeur Geoffroy Tory, en 1529, on n’a jamais cessé de proposer des améliorations, sans succès véritable. Pourtant la liste est longue de ceux qui s’y sont essayé : Jacques Dubois (1531), Etienne Dolet (1540), Louis Meigret (1550), Jacques Pelletier (1550), Pierre de la Ramée (1562), Robert et Henri Estienne (1540 et 1557), Nicot (1606), Antoine Oudin (1633), Philibert Monet (1625), grammaire de Port Royal (1660), Louis de l’Esclache 1668), Lartigaut (1669), Louis de Courcillon de Dangeau (1693), Gilles Ménage (1673), Mézeray (1693), puis Claude Buffier (1709), l’abbé Girard (1716) et plusieurs autres abbés dont surtout l’abbé d’Olivet (1740). Et ce n’est pas fini. Au milieu du XIXe siècle, Édouard Raoux, Suisse (1866), Ambroise Firmin-Didot (1867), un peu Littré (1863). En 1886, se crée une Société de réforme orthographique avec de nouveaux noms comme Paul Passy, Arsène Darmesteter, la pétition à l’Académie de Louis Havet en 1889, et en 1872 une Société de philologie française, et déjà des critiques : Michel Bréal (1889), Charles Lebaigue (1889), Léon Clédat (1889).

Au tournant du siècle, l’Arrêté de tolérance du ministre Léon Bourgeois restera lettre morte, comme la Note à la commission du dictionnaire d’Octave Gréard (1893), les travaux de Gaston Paris, ou même l’Association pour la simplification de l’orthographe créée en Algérie en 1895, la pétition de la Société de réforme orthographique de 1896, la revue Le Réformiste en 1897 ne mèneront à rien.

Un peu d’espoir revient avec les deux arrêtés de tolérance (le mot fait sourire) du ministre Georges Leygues en 1900 et 1901. Une nouvelle commission de réforme est nommée en 1903 avec Paul Meyer mais l’Académie s’y oppose. Nouvelle pétition en 1905. Commission de réforme de Ferdinand Brunot (1905). Nouvel échec alimenté par un courant anti-réformiste…

En 1939-40, nouvelle initiative de Dauzat et Damourette. Propositions de Charles Beaulieux (1952) et enfin les deux commissions ministérielles d’Aristide Beslais (1950) Nouvel échec.

Ce n’est pas par plaisir que j’énonce ces tentatives mais pour montrer l’impossibilité de parvenir à une réforme quelconque, l’Académie campant sur ses positions et se contentant de picorer sans ordre, ni méthode, ni cohérence dans les diverses propositions et persistant à ignorer superbement aussi bien les apports de la linguistique que les travaux des pédagogues.

Enfin Malherbe vint… Pas lui, mais Pierre Laurent

En effet, il a fallu les premiers travaux du Conseil international de la langue française mandaté par le Secrétaire général du Ministère de l’Éducation, Pierre Laurent, aux fins d’étudier les propositions contenues dans un ouvrage de René Thimonnier, Le système graphique du français, publié en 1967, pour que notre institution soit chargée de donner un avis et de faire des propositions de réforme. Sur sa table de cuisine, aidé par sa femme, Thimonnier, descendant de l’inventeur de la machine à coudre, commença à isoler dans le Dictionnaire de l’Académie un certain nombre de séries graphiques homogènes mais assorties de nombreuses exceptions. Il entreprit de les classer et de réformer les incohérences nombreuses dont il fit un projet de réforme, pas très ambitieux mais méritoire. De 1968 à 1972, le Conseil international de la langue française étudia et modifia sur certains points le projet Thimonnier au sein d’une commission internationale associant Wallons, Québécois et Suisses. Ces propositions présentées à l’Académie française en 1972 sont miraculeusement adoptées par elle par une lettre de son Secrétaire perpétuel, Jean Mistler, datée du 14 février 1975, et publiées dans un article de notre revue La Banque des mots en 1976.

Le total est nettement inférieur aux 297 mots (hors les mots composés) que le CILF avait proposé de rectifier. Cette rationalisation est donc infiniment modeste. Pour la suite, l’Académie "communique ses conclusions à Monsieur le ministre de l’Éducation nationale. C’est à lui qu’il appartiendra de leur donner la sanction de son autorité dans le domaine de l’enseignement". Hélas, quelques années plus tard, l’Académie se déjugera. Pour faire bonne mesure, on ajoutera encore un arrêté Haby du 28 décembre 1976, resté sans suite. Il faudra le gouvernement de M. Michel Rocard pour que le projet de rationalisation de l’orthographe ressorte des limbes sous l’autorité du nouveau Conseil supérieur de la langue française. Cette fois, l’Académie l’adoptera et il sera publié au Journal officiel de la République française, les pays francophones consultés étant invités à se joindre au mouvement.

Las, le ministère de l’Éducation qui, au XIXe et au début du XXe siècle, s’était fait le promoteur des divers projets de réforme de l’orthographe, ne prêtera presque aucune attention aux décisions de l’Académie sauf en 2008. Dès lors les maisons de dictionnaires, courageuses mais pas téméraires, se contenteront de picorer quelques termes dans les listes de l’Académie et, après les hurlements des conservateurs de tout bord, le silence de l’oubli pèsera à nouveau sur les destinées de l’orthographe française.

Pourquoi la Ministre de l’Éducation a-t-elle ressorti des tiroirs poussiéreux de son administration les Rectifications orthographiques de 1990 après 26 longues années d’ignorance ? C’est un mystère aussi épais que celui du suaire de Turin … Mais il n’importe. Ce qui compte est qu’un certain nombre d’incohérences accumulées au fil des siècles sont enfin corrigées. Une seule réforme est visible : celle qui consiste à supprimer l’accent circonflexe sur i et u sauf dans les formes verbales (passé simple et imparfait du subjonctif) et quelques homonymes comme dû, sûr, mûre, etc.

On est loin d’une révolution. Cela n’empêche pas quelques attardés qui, comme les émigrés de la Révolution française n’ont, selon le mot de Talleyrand prononcé en 1813, "rien appris et rien oublié", de jeter à nouveau feu et flamme contre un texte vieux de plus d’un quart de siècle. Pourtant, aussi bien l’Académie que le ministère de l’Éducation leur laissent tout loisir de continuer à appliquer leurs vieux usages, jusqu’à leur mort et même dans leurs écrits posthumes…

Cela n’a pas empêché l’Académie dans un communiqué daté du 11 février 2016 de rappeler :

"Dans sa séance du 16 novembre 1989, confrontée à un projet de simplification de l’orthographe, elle a adopté à l’unanimité une déclaration qui rappelait fermement son opposition à toute modification autoritaire de l’orthographe. L’Académie a réaffirmé qu’il n’appartient ni au pouvoir politique ni à l’administration de légiférer ou de réglementer en matière de langage, l’usage, législateur suprême, rendant seul compte des évolutions naturelles de la langue, qui attestent sa vitalité propre."

Sans se montrer fermée à certains ajustements ou tolérances, l’Académie s’est donc prononcée en faveur du maintien de l’orthographe d’usage, conseillant "de laisser au temps le soin de la modifier selon un processus naturel d’évolution" qui ne porte pas atteinte au génie de la langue et ne rende pas plus difficile d’accès l’héritage culturel."

En instaurant l’usage comme législateur suprême, alors que personne n’ose y toucher, l’Académie fait preuve d’une hypocrisie évidente et même de lâcheté puisqu’elle n’ose pas prendre de décision sur un texte anodin vieux de 26 ans. Car qui est l’usage, ce personnage fantomatique que personne n’a jamais vu et que l’on invoque pour les besoins de n’importe quelle cause ? Le seul intérêt de ce communiqué est de montrer que la compagnie se défausse de ses responsabilités en la matière et que l’orthographe peut être modifiée par d’autres instances.

Mais on voit aussi poindre le bout de l’oreille.

"L’Académie s’interroge sur les raisons de l’exhumation par le ministère de l’Éducation nationale d’un projet vieux d’un quart de siècle et qui, à quelques exceptions près, n’a pas reçu la sanction de l’usage. Plus que la maîtrise de l’orthographe, défaillante, c’est la connaissance même des structures de la langue et des règles élémentaires de la grammaire qui fait complètement défaut à un nombre croissant d’élèves, comme le montrent les enquêtes internationales menées ces dernières années, qui, toutes, attestent le net recul de la France par rapport à d’autres pays européens dans le domaine de la langue."

Tout le monde sait que le recul du français dans le monde est avant tout dû à l’écrasante prédominance des Anglo-saxons dans les domaines de la science, de la technique et de l’industrie. La défaillance de l’orthographe ou des structures de la langue n’est donc pas en cause.

Quant à lui, le Conseil international de la langue française qui a, depuis belle lurette, approuvé les Rectifications orthographiques et suivi l’Académie en les introduisant dès l’origine dans toutes ses publications sans que personne n’y ait trouvé à redire. Il persiste donc, signe et continuera sans faiblir à appliquer les Rectifications orthographiques.

Répétons-nous donc et redisons :

Non, l’orthographe du français n’est pas un monument historique, elle est un code. Il ne faut pas s’embarrasser de vieilleries fautives et de complications inutiles. Il nous reste encore beaucoup à faire pour rendre plus rationnelle notre orthographe. On n’a même pas touché aux transcriptions ph et rrh du fi et du ro (rho, rhô !) grec. Ne boudons donc pas notre plaisir. Adoptons sans barguigner les nouvelles consignes. Et pour le reste, imitons Jésus Christ : "Laissez les morts enterrer les morts", même s’ils agitent encore un peu les orteils…

Hubert JOLY
Secrétaire général du Conseil international de la langue française


Bibliographie de travaux du CILF consacrés à l’aménagement de l’orthographe.

  • Pour l’harmonisation orthographique des dictionnaires par Joseph Hanse CILF 1988
  • Monsieur Duquesne et l’orthographe par Charles Muller CILF 1998
  • La réforme de l’orthographe par Monika Keller, CILF 1999
  • Penser l’orthographe de demain par Georges Legros et al. CILF 2009

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nouvelles2016/lucien-febvre.jpgL'expansion de la langue française au sud de la Loire : violence de l'État, ou capillarité et adhésion - par Albert-Salon le 22/03/2016 - 21:56

L'expansion de la langue française au sud de la Loire :
violence de l'État, ou capillarité et adhésion ?

Jean Lafitte, bien informé en matière de langues régionales, notamment de langues d'oc et spécialement de langue gasconne, membre à vie d'Avenir de la Langue Française, nous envoie cet intéressant texte écrit par Lucien Febvre en 1924 et publié dans la Revue de synthèse historique (t. XVIII, n°112-114, 1924, pp. 37-53), d'une belle actualité. Il contredit la thèse de ceux qui refont l'histoire en écrivant que le français n'a pu s'imposer en France dans les régions à langues régionales ou locales que par la force et une politique délibérée et très violente. AS

Lire l'article Lucien Febvre - "Politique royale ou civilisation francaise ?" (1924)

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nouvelles2016/semaine-langue-francaise.jpgSemaine de la langue française et de la Francophonie 2016 (2) - par MAR le 15/03/2016 - 22:56

Semaine de la langue française et de la Francophonie 2016 (2)

DGLF sélection des meilleurs moments de la semaine (lien)
Figaro langue française : Macron et Royal célèbrent le franglais ! (lien)
TV5Monde Comment les médias influencent-ils la langue française ? (lien)
Figaro Ces 10 anglicismes qu'il faudrait éradiquer du français (lien)
Métro 13 autres fautes de français que vous commettez sans vous en apercevoir (lien)

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nouvelles2016/erik-orsenna.jpgAvons-nous encore des Académiciens pour défendre le français à la la télévision - par MAR le 13/03/2016 - 23:08

Avons-nous encore des Académiciens pour défendre le français à la la télévision ?

Triste Érik Orsenna !
Et pauvre langue française, illustrée par de tels avocats !

A propos de la prestation de l’académicien Érik Orsenna au 20 h de L. Delahousse (11 mars 2016)

par Georges Gastaud, militant de la résistance sociale, politique et linguistique, fils de Résistant.

Bien qu’académicien de son état, M. Orsenna ne fait rien pour défendre la langue française, objet en tous domaines d’un véritable arrachage linguistique de la part de nos élites. Cela à l’avantage du tout-anglais cher au cartel patronal européen "Business Europe", à la Commission Européenne*, à l’ex-ministre des Universités Geneviève Fioraso**, aux admirateurs américano-formatés de l’OTAN*** et aux très discrets négociateurs du destructif Traité Transatlantique qui achèvera de briser ce qui reste du "produire en France" (pardon : du "made in France" et de la "french touch").

Nous comprenons parfaitement l’attitude d’Orsenna : tout le monde n’a pas une mentalité de résistant et certains vendeurs de littérature préfèreront toujours se mettre "in the wind" sans pour autant abandonner leurs grands airs "de gôôôche".

Mais pourquoi a-t-il fallu que dans ses réponses à M. Delahousse qui l’avait interpellé sur les anglicismes, M. Orsenna n’ait même pas prononcé le mot "anglais" ? Qu’au titre des menaces pesant sur le français, l’académicien n’ait trouvé à critiquer que "le langage des SMS" (un proverbe russe dit que la souris ne connaît pas d’animal plus dangereux que le chat) ? Pourquoi faut-il que l’homme à l’habit vert ait en outre exigé implicitement, non pas l’application de l’article II de la Constitution ("la langue de la République est le français") et de la Loi Toubon (qualifiée allusivement de "ligne Maginot" linguistique), comme on pouvait pourtant l’attendre d’un institutionnel mandaté pour défendre une langue qui est sa raison sociale et son outil de travail ? Non, M. Orsenna aura préféré minimiser les dangers pesant sur la langue commune, culpabiliser en finesse les prétendus "conservateurs" - en clair, les militants de la langue française que personne n’invitera jamais au 20 heures ! – et il n’aura pipé mot sur la politique linguistique de substitution systématique, méthodique, acharnée, du business-Globish au français dans les domaines commercial, publicitaire, scientifique, universitaire, dans la chanson, dans le cinéma "français", sans parler des "services publics" et des sociétés où l’État est majoritaire et où les "produits" nouveaux sont systématiquement nommés en anglais : EDF, Poste, SNCF, etc.

La langue française est certes de taille à se défendre avec l’aide de tous ceux qui l’aiment et la servent, véritables écrivains, mais aussi gens du peuple, ouvriers, étudiants, paysans, enseignants, qui militent pour sauver les acquis sociaux de notre pays dont certains défenseurs commencent enfin à comprendre que la langue française est le premier service public de France.

Mais comme les acquis syndicaux, notre langue de lumière doit désormais se méfier de ses pires ennemis, qui ne sont pas seulement ceux qui l’attaquent au nom du fric et de l’ordre néolibéral euro-atlantique : qu’elle se méfie aussi ET SURTOUT de ses faux amis qui ne lui déclarent leur amour (si platonique…) devant les caméras que pour mieux la désarmer, dénigrer les maigres digues légales existant encore, et laisser libre cours en tous domaines, politique, culturel, économique, linguistique, au totalitarisme planétaire de "l’économie ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée" chère aux instigateurs du destructif Traité de Maastricht.

Georges Gastaud


* Ancien ministre socialiste de l’économie devenu commissaire européen, Pierre Moscovici s’est notamment illustré en adressant au gouvernement français une lettre écrite en anglais pour le sommer de déréguler le marché du travail en France. Le gouvernement n’a protesté ni contre l’ingérence ni contre l’humiliation infligée à notre langue.

** Sans souci pour la loi Toubon et l’article 2 de la Constitution, Geneviève Fioraso s’est illustrée en autorisant l’anglais comme langue universitaire et en fermant les yeux sur les innombrables débordements auxquels les "garde-fous" de sa loi ont donné lieu de la part des angliciser à tout-va.

*** désormais des prises d’armes de l’armée française se font en anglais sans que cela semble outre mesure irriter certains officiers. Quand va-t-on remplacer le refrain révolutionnaire de la Marseillaise par le "God save the Queen" ?

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nouvelles2016/csa.jpgLe CSA encourage la langue française dans les médias - par MAR le 09/03/2016 - 18:53

Le CSA encourage l’utilisation
de la langue française dans les médias

3 vidéos "Dites-le en français : notre langue est belle, utilisez-la" portent l'une des missions du CSA, consistant à veiller "à la défense et à l’illustration de la langue française". Ces vidéos ont été produites par France Télévisions et Yaka Productions, en association avec TV5 Monde et France Médias Monde.


sur le site du CSA

sur le site Dis-moi dix mots


dans la presse

TF1 : "Je suis overbooké, j'ai plus le time", "12c4 tt l'mond 10kutera com as" : anglicismes et langage SMS dans le viseur du CSA (lien)


Libération : Une campagne pour défendre la langue française contre les anglicismes et l'orthographe SMS (lien)


La Réclame : Le CSA encourage l’utilisation de la langue française dans les médias (lien)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2016 (3) - par MAR le 09/03/2016 - 18:32

Langue française : Nouvelles de mars 2016 (3)

20 minutes "Bruits de chiottes", "craché ma race", "greffage de couilles" : Défense de la langue française corrige les politiques (9/3) (lien)
Planet.fr Journée de la Femme : peut-on écrire auteure, écrivaine voire députée ? (8/3) (lien)
Le Figaro Anglicismes au bureau : soyez snob, parlez français ! (7/3) (lien)

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nouvelles2016/semaine-langue-francaise.jpgSemaine de la langue française et de la Francophonie 2016 - par MAR le 09/03/2016 - 18:20

Semaine de la langue française et de la Francophonie 2016

Métro 13 fautes de français que vous commettez sans vous en apercevoir (lien)
Culture.fr Semaine de la langue française et de la Francophonie 2016 (lien)
Dis-moi dix mots Journée de la langue française dans les médias audiovisuels (lien)
TV5Monde célèbre la langue française et la Francophonie (lien)
France Inter installe sa matinale du 14 mars au sein du "Quadrilatère" Richelieu (lien)

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/nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2016 (2) - par MAR le 06/03/2016 - 19:29

Langue française : Nouvelles de mars 2016 (2)

Andreï Makine à l'Académie française (Le Figaro) - (Le Monde)
Le Connétable (Agoravox) De l’anglophilie rampante dans la société Française
(5/3) (lien)
France Culture-La Fabrique de l’Histoire : Lexicologie et terminologie : comment crée-t-on de nouveaux mots ? (lien)
avec Christine Jacquet-Pfau, maître de conférences au Collège de France et membre des Lyriades, Loïc Depecker, délégué général à la langue française et aux langues de France et John Humbley, professeur des universités à l’université Paris 7 Diderot.

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nouvelles2016/rtm.jpgLa RTM s'en conformité avec la loi Toubon - par MAR le 06/03/2016 - 19:10

La Régie des Transport de Marseille (RTM) s'est mise en conformité avec la loi du 4 août 1994 (dite loi "Toubon)

La Régie des Transport de Marseille (RTM s'est mise en conformité avec la loi du 4 août 1994 en respectant la double traduction après 3 ans d'interventions amiables du Droit de Comprendre (DdC) auprès de la régie et des autorités concernées (ministères, maire, préfet…)

[Les panneaux de signalisation précédemment traduits uniquement en anglais, le sont désormais également en espagnol]

avant
marseille_saint-charles_avant.jpg
après
marseille_saint-charles_apres.jpg

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/nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2016 - par MAR le 04/03/2016 - 10:47

Langue française : Nouvelles de mars 2016

CSA : journée de la langue française dans les médias audiovisuels le 14 mars 2016 (lien)
Dominique Wolton : La publicité doit protéger la langue française (lien)
OIF : Journée internationale de la Francophonie le 20 mars 2016 (lien)
 "Le choix du français dans la chanson" le 12/3 au Tetris (Le Havre) [lire ci-dessous] (lien)


Table ronde autour du choix du français dans la chanson, samedi 12 mars 2016 à 15h au Tetris (Le Havre)
À l'occasion de la Semaine de la langue française, Me Jean-Claude Amboise, spécialiste du droit de la langue française et de la chanson française dans le monde, participera à une table ronde organisée par le Tetris, scène de musiques actuelles, et l'association Maison de la Culture du Havre.

Cette table ronde aura lieu samedi 12 mars 2016 de 15 à 19 heures au Tetris (Le Havre), et aura pour thème : "Le choix du français dans la chanson". Pour plus d'informations, notamment sur les nombreux autres participants, rendez-vous sur le site "Si tu n'as rien à dire, chante en anglais !" :

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/nouvelles/presse.gifNouvelles de février 2016 (2) - par MAR le 25/02/2016 - 11:14

Langue française : Nouvelles de février 2016 (2)

DGLF : 21e Semaine de la langue française et de la Francophonie du 12 au 20 mars 2016 (lien)
Xinhuanet : 21e fête de la Francophonie en Chine du 10 au 30 mars (lien)
TV5 Monde : Boutros Boutros-Ghali est mort (16/2) (lien)
Il avait été Secrétaire général de la Francophonie de novembre 1997 à décembre 2002
OEP : La décision du Conseil d’État concernant l'ENA : semi-défaite, semi-victoire ? (14/2) (lien)

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nouvelles2016/orthographe.gifLa réforme de l'orthographe agite les esprits (suite) - par MAR le 19/02/2016 - 10:26

La réforme de l'orthographe agite les esprits (suite)

Nous continuons à présenter ici des articles parlant de la "réforme de l'orthographe" adoptée en 1990 par l'Académie française et réaffirmée en 2008 par le Conseil supérieur des programmes, que les éditeurs de manuels scolaires ont décidé d'appliquer dans leurs manuels à la rentrée prochaine... (pour vous évaluer Le Figaro : Traditionnelle ou rectifiée : quelle orthographe utilisez-vous ?)

France Culture : La réforme de l’orthographe : un enjeu national ? (à écouter ! ) (18/2)
                            et le témoignage de Michel Rocard en 2000

Louis-Jean Calvet (Télérama) : "Les langues appartiennent à ceux qui les parlent !" (17/2)

Le Monde : L’Académie comptait bien faire appliquer ses "rectifications" en 1990 (16/2)

Le Monde : Guerre de l’orthographe, angoisse existentielle typiquement française (16/2)

L'express : Une réforme adoptée à l'unanimité par les Immortels, rappelle Vallaud-Belkacem (16/2)

Libération : Vallaud-Belkacem s'étonne d'une sortie de l'académicienne Carrère d'Encausse (16/2)

Le Figaro : Académie : "La réforme de l'orthographe porte atteinte au génie de la langue" (15/2)

Médiapart : Les contre-vérités sans fin d'une secrétaire perpétuelle ! (15/2)

Le Monde : L’Académie française contre toute réforme de l’orthographe (13/2)


à télécharger 
Le rapport du Conseil supérieur de la langue française de juin 1990 
 (publié au Journal officiel en 12/1990)

Le mini-guide d'information qui résume les principaux points de la réforme
(publié par le site www.orthographe-recommandee.info/)

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/nouvelles/presse.gifNouvelles de février 2016 - par MAR le 10/02/2016 - 22:20

Langue française : Nouvelles de février 2016

La Repubblica : La croisade contre l'anglais dans la langue de Dante (11/2) (lien)
Yves Montenay : La politique d'anglicisation des entreprises est contre-productive (8/2) (lien)
Pétition à signer : NON à l'anglo-américanisation de notre télévision (lien)
Jean-Marc Parizy : Contre le "Taste of Paris"(lien)

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nouvelles2016/paris-saclay.jpgL’écroulement de la ziggourat ? - par Christian-Darlot le 10/02/2016 - 22:03

Saclay, ou le délire des méga-universités mondialisées

L’écroulement de la ziggourat ?

par Christian Darlot

Sur le plateau de Saclay, à 30 km au Sud de Paris, une énorme ziggourat est en projet. Elle devrait s’élever jusqu’au ciel. Plusieurs bâtiments sont déjà construits, d'autres sortent de terre, d'autres encore sortent un moment des cartons pour y replonger bientôt. Les maçons ceignent leur tablier, prennent leur compas et saisissent leur truelle : leur chef d’œuvre sera la Grande Université Française, une géante, destinée dans l'imaginaire de ses promoteurs "à rivaliser à l'international". Porte-parole des visionnaires, le journal Le Monde s’emballe : "L’enjeu est simple : pour peser dans la compétition mondiale, chaque pays rassemble ses forces. À Singapour, Doha ou Lausanne, des universités mettent le turbo pour tailler des croupières aux éminences établies : Harvard, Cambridge ou Zurich… C’est le choc des titans, froidement départagé par les classements internationaux. Le titan français, ce sera l’université Paris-Saclay (UPS)."

Selon les spécialistes de la forte taille - comme on dit dans la confection - l’Université Paris-Saclay deviendra l’une des vingt plus grosses au monde. Cette ambition, solennellement et périodiquement réaffirmée, mérite bien une définition en anglais, que le journaliste du Monde nous donne avec gourmandise : elle sera bien une "integrated research intensive university". À l'usage des ignorants : une université intégrée intensive en recherche. Bien entendu, l'excellence a été dûment convoquée. L’Excellence est tenue de fréquenter l’université depuis que les ambassadeurs ont été ravalés au rang de taxis d'aéroport pour ministres en voyage.

Penchées sur le berceau, baguette magique à la main, pas moins de 18 institutions d'enseignement supérieur : Polytechnique, Centrale, Supélec, l'Agro, l'ENSTA, l’ENS de Cachan, l’université Paris-Sud, HEC…, rien que du gratin. Cette université encore dans les limbes devrait devenir - oyez, oyez - le "Cambridge français", ce que ses partisans réussissent à dire en restant impavides. Ingénu et lyrique, le journaliste du Monde traduit la vision des fidèles : "Du fait du prestige de ses membres et de son poids dans la recherche nationale (15 %), le cas Paris-Saclay fait figure de symbole. Figé depuis deux cents ans, archaïque et inégalitaire par bien des aspects, le système français d’enseignement supérieur est en train de muter en profondeur, bousculé par la violence de la compétition internationale."

            Ce torrent de mots ne serait que ridicule si ce projet n'était dangereux. Sept bonnes raisons, au moins, incitent à refuser cette folie :

1) La très petite taille assure mal l'efficacité, mais la très grande taille ne peut que susciter la pagaille

Afin d’être "visible à l’international", chacune des "grandes écoles" s’efforce déjà d’atteindre "la taille critique", au-delà de laquelle, bien sûr, les réactions en chaîne déclenchent l’explosion. Les directeurs s’entrechoquent. Guerres picrocholines au service d’ambitions lilliputiennes, suspendues par des armistices gagés sur des promotions. L’inflation résultante de directeurs les rendra bientôt presque aussi nombreux que les élèves : directeur des études, directeur de la formation, directeur de la recherche, directeur de la formation par la recherche, directeur des relations internationales (dit, en une grandiloquente abréviation, "directeur de l’international")... Ces titres ne sortent pas de l’imagination de Vian, Borgès ou Garcia-Marquez ; ne vous esclaffez pas, rien n’est inventé. Et, bien entendu, tout directeur ne se sent vivre, ne peut commencer à déployer ses talents, que s’il est entouré de collaborateurs, chacun dûment secondé par des secrétaires.

Le surhaussement régulier des pyramides écrase déjà les écoles d’ingénieurs. Or un conglomérat d'établissements moyens ne fait pas un grand établissement puissant, mais un impuissant paralysé. Plus haute la ziggourat, plus grand le mirage du pouvoir, et plus féroces les rivalités. Dans ces étagères à fromages, les décisions sont prises par l'intrigue et le coup fourré. Garantie absolue de mise en œuvre du principe de Peter.

Pour s’imposer dans l’organigramme de l’université en projet, les nombreux directeurs des écoles d'ingénieurs de Paris se réunissent, s’allient et s'opposent, se groupent et se regroupent, par factions mouvantes. Pour atteindre le sommet et s’y maintenir, les parasites rivalisent farouchement. Luttes qui seraient homériques si les champions s’affrontaient au grand jour, aux yeux de tous et pour les yeux de la plus belle Hélène que les humains aient jamais courtisée : la connaissance. Hélas, ils ne veulent que régner dans Ilion.

N’étant encore qu’un sigle, l'UPS est déjà déchirée par une polémique sur les émoluments du déjà président de la future université, qui a quitté le CEA à la suite d'une lutte au sommet. L'attribution des crédits des LABEX ("laboratoires d’excellence", on ne rit pas) est dès à présent tout à fait opaque, et les résultats ne sont même pas publiés officiellement. La paralysie ne fera que progresser avec la taille de l’organisme.

Seule réaliste, l’École Polytechnique ne participe au projet que dans la candide intention de s'annexer les écoles spécialisées dont ses élèves suivent les cours pendant leur année d’application. Pour des polytechniciens, une grande université ne saurait être qu’une extension de leur maison mère, prima inter impares.

Bologne, Montpellier, La Sorbonne, Cambridge, Oxford, Salamanque, Heidelberg, Tübingen, Karolinska, tous ces noms doivent leur prestige à l'ancienneté, l’enracinement, la tradition, la persévérance nécessaire à la fécondité intellectuelle. L’excellence se constate, elle ne se décrète pas, et rien n’est plus grotesque que de se faire fort de l’organiser. Insulte au bon sens, la comparaison d’une université inexistante à la séculaire université de Cambridge fait rougir ; mais, comme les journalistes et les politiciens, les universitaires sont sans vergogne.

Pourtant les institutions anciennes sont nombreuses en France, et une foule d’institutions novatrices ont été crées dans le dernier demi-siècle. Les autorités politiques doivent leur donner les moyens de se développer et les aider à coopérer, mais sans les révolutionner d’en haut.

Intégrer les écoles d’ingénieurs dans des universités permettrait d’atténuer les hiérarchies traditionnelles entre ces établissements, de redonner le goût de la recherche aux écoles d’ingénieurs qui pour la plupart s’en détournent, et d’améliorer ainsi l’aptitude des ingénieurs à la démarche scientifique. Mais atteindre ces buts ne nécessite pas de constituer une université énorme et hétéroclite, à trente kilomètres de la capitale. Le premier effet de sa construction serait d’entraîner un important transfert du budget de la recherche vers les caisses des entreprises de BTP, de même que le désamiantage des bâtiments de Jussieu (université Paris 6) permit à des promoteurs de faire payer au ministère de la recherche la location à haut prix, et pendant des années, de bureaux jusqu’alors restés vides.

2) L'université de Changhaï est inconnue en tout domaine, hormis pour ce classement sans queue ni tête

Le "classement de Changhaï" range à la queue-leu-leu les établissements universitaires du monde entier, selon un critère composite combinant les nombres de prix Nobel, de doctorats, d’articles publiés et d’étudiants payants, le tout divisé par la longueur des moustaches du recteur (pardon pour ce sexisme). Selon les goûts, le résultat s’exprime en tonnes ou en hectares.

Quels que soient leur spécialité et leurs effectifs, tous les établissements sont classés dans la même liste. Ainsi, en France, l’École Polytechnique, qui est en principe une faculté d’ingénierie, ou les Écoles Normales Supérieures, ensembles de collèges universitaires, sont mises sur le même pied que les grandes universités aux très nombreux départements et aux effectifs pléthoriques, comme les universités des capitales provinciales, Strasbourg, Lyon, Toulouse, Marseille, ou les universités Paris 6 ou Paris 7. Le mélange d'établissements très différents ôte toute pertinence au "classement de Changhaï", gargarisme pour bureaucrates.

C’est comme si l’on demandait à un géologue de ranger tous les cailloux qu’il connaît par ordre de taille.

Cette imposture ne serait que comique si elle ne révélait l’orientation imposée aux universités par les détenteurs du pouvoir économique. Il s'agit d'organiser le "marché des étudiants" en fournissant aux clients un catalogue de prestataires de services évalués par un indice boursier. Le Monde s’en fait encore l’écho : "Les meilleurs étudiants en master et doctorat scrutent les classements pour choisir l’établissement étranger qui leur donnera la meilleure "marque"." L’avenir que les banquiers dessinent existe déjà dans les pays anglo-saxons - toujours précurseurs -, où des diplômés des universités remboursent chaque mois leur prêt universitaire pendant des années, parfois des décennies après avoir fini leurs études, voire même après la retraite. Ne faut-il pas "responsabiliser les consommateurs" ? Inciter les familles à calculer les coûts et les avantages des études, afin de les sortir de "l’assistanat" auquel les voue l’enseignement public ?

D’autres classements, plus raisonnables quoique fondés sur la même idée absurde d’aligner des perles, répartissent les établissements universitaires par spécialités et effectifs (et par couleur, pour qui a l’oreille absolue), mais celui de Changhaï, est celui qui plaît le plus, peut-être parce qu’il est le plus loufoque. Parmi les universitaires, les classements remportent de vifs succès. C’est que, faute du courage de se colleter à la création de connaissances nouvelles, on peut borner son ambition à diriger. Au désir de puissance, à la paresse d’examiner des travaux scientifiques, tout classement offre un prétexte paré de l’apparence d’une mesure objective. Aubaine ! Pour occuper le plus de place possible au soleil de l’évaluation, les universités veulent devenir aussi grosses que le bœuf. En vrais chefs d’entreprises, leurs dirigeants mènent donc des fusions-acquisitions, dans l’intérêt de tous, bien entendu. Ainsi, l’université de Bourgogne s’efforce-t-elle d’absorber l’université de Franche-Comté. Un autre exemple attendrissant de cette course à l’embonpoint est celui des universités littéraires parisiennes qui se séparèrent dans le mélodrame en 1968, chacune cherchant à l’époque à se distinguer, et toutes avides de multiplier les "présidents". À présent, elles reviennent se blottir ensemble sous le nom prestigieux de La Sorbonne. Plaisante illustration de l’éternel retour. Le titre historique de Recteur de la Sorbonne, bientôt restauré, deviendra un hochet convoité. Belles bagarres en perspectives.

3) L'esprit de compétition mène au conformisme ; contraire à la vitalité intellectuelle, il ne peut que lui nuire

Comme toute l'évolution sociale contemporaine, et dans le même mouvement (dessein ?), l'organisation de la recherche est de plus en plus infantilisante et bureaucratique. Des rapports sont demandés aux chercheurs deux fois par an.

L'Agence Nationale de la Recherche (ANR), ou l’Agence Européenne de la Recherche, sont des usines à gaz dont les tuyaux ne sont même pas connus de leurs propres plombiers. Les projets y sont sélectionnés au doigt mouillé, et faute de moyens, nul ne contrôle si les évaluateurs développent ensuite eux-mêmes les thèmes exposés dans les projets qu’ils ont expertisés. Même l’accès aux revues internationales est difficile aux agents de l’ANR Les décisions sont motivées très vaguement et les recours relèvent de la parodie. En effet le comité d’experts chargé de la réévaluation n’a qu’un avis consultatif, la décision finale étant prise par la direction des investissements. Comme les délais d’examen en recours sont longs, un projet accepté après réévaluation ne pourrait être financé qu’en réduisant les crédits déjà attribués à d’autre projets. Il faudrait déshabiller Pierre pour habiller Paul. La commission de recours n’est donc qu’un service de pompes funèbres organisant des enterrements de première classe pour grincheux. Aussi faut-il, en rédigeant un projet, chercher à déjouer les interprétations de mauvaise foi autant, sinon plus, qu’exposer une thématique scientifique. Les demandes de crédits occupent donc plusieurs mois d’activité. Le détail des formulaires va jusqu’à faire calculer par les auteurs d’un projet scientifique le montant mensuel des cotisations sociales des collaborateurs temporaires qu’ils espèrent engager, si par bonheur le projet est retenu. Or à peine 8% des projets sont financés, et toujours pendant une durée trop courte pour mener une recherche de longue haleine. Faut-il penser que 92 % des projets sont sans intérêt ? Les chercheurs pourraient sans remords partir pour longtemps en vacances.

À cela s’ajoute le braquage que font subir les institutions à leurs collaborateurs. En effet les départements universitaires et les laboratoires, paupérisés par la réduction des crédits, prélèvent des crédits recherche pour payer les frais de fonctionnement. Vrai détournement de fonds devenu institutionnel, dissimulé par une appellation anglaise : overhead "par-dessus la tête". Merveille sémantique révélatrice. Le procédé est simple : comme les laboratoires ou les universités avancent les ressources aux chercheurs puis se font rembourser par l’ANR, retenir une part des fonds est facile, d’autant plus facile que l’utilisation des crédits n’est pas contrôlée à la fin du projet. La répartition des crédits de recherche est ainsi devenue nettement moins claire et moins efficace que lorsqu’elle était décidée par les instituts de recherche nationaux (CNRS, INSERM, INRA...), qui en outre examinaient volontiers les recours. Ce saupoudrage confus fait les beaux jours du mandarinat, que la discussion publique limitait auparavant et qui désormais s’en donne à cœur joie.

À chaque appel à projets, les chercheurs doivent exposer toutes leurs hypothèses scientifiques en détail, presque toujours dans une langue étrangère, sous prétexte d’évaluation objective par des experts anonymes dispersés aux quatre coins de la boule ronde. Cependant, en réalité, les projets sont toujours examinés par les mêmes experts "internationaux" (mais soumis à de pressants intérêts nationaux), dont la veille documentaire est ainsi grandement facilitée. L'Agence Nationale de la Recherche est une officine d'espionnage officielle, aux frais des Français et au profit des Anglo-saxons.

            Une très grande université permettrait-elle d’éviter ce gâchis de temps, d’énergie et de ressources ? Si vraiment l’"expérience UPS" ne concerne que 15% des universitaires français, il pourrait être intéressant de la tenter, en espérant qu’une grande masse financière puisse aussi aider à appliquer l'innovation au développement économique. Mais il est à craindre que ces 15% n'accaparent 85% des crédits nationaux et que, par le simple poids de la hiérarchie, une forte proportion aille aux gras émoluments, au copinage et aux éléphants blancs. La productivité intellectuelle ne bénéficie pas d’économie d’échelle. L’examen des recherches en cours et des projets scientifiques montre que maintes universités de province tracent des voies plus originales que les universités parisiennes, où la compétition internationale a sélectionné un conformisme mou. Soutenir les projets innovants est plus facile dans les universités de petite taille.

S'il y a une réforme à faire dans l'enseignement et la recherche, ce n'est pas d'empiler des maréchaux sur des généraux, c'est de libérer les capitaines et les lieutenants, en leur accordant directement des crédits dont ils seront vraiment responsables. La liberté intellectuelle et l'initiative, et, en contrepartie, la responsabilité. Pour laisser le temps de penser et d’agir, il faut décharger les chercheurs des contraintes paperassières (depuis qu’elle est dématérialisée, la paperasserie est sans limite) et, tous les cinq ans, les faire répondre sérieusement de leur activité, de leurs résultats et de l'emploi des ressources qui leur ont été accordées, devant un vrai jury scientifique. Sinon ils continueront à perdre non seulement leur temps mais aussi leur motivation, jusqu'à ce que le découragement les fonde dans la médiocrité des gradés.

4) Cette compétition s'inscrit dans une guerre générale des espaces politiques de "l'Occident". Elle participe à l'assujettissement des États aux pouvoirs commerciaux, financiers et communautaristes

Des principes très différents ont inspiré les organisations des universités anglo-saxonnes et françaises :

- Les grandes universités anglo-saxonnes ont des ressources importantes parce qu’elles font payer très cher les études, et parce qu’elles bénéficient de contrats, voire de largesses, d’entreprises d’envergure mondiale. Or la puissance de ces entreprises repose sur la possibilité de création monétaire sans limite des réseaux bancaires anglo-saxons, permise par le privilège du dollar comme monnaie de règlement des achats d’énergie, et ce privilège est à son tour soutenu par des guerres incessantes. Ces universités peuvent donc offrir des salaires élevés à quelques-uns de leurs enseignants. Cette organisation sociale et politique exceptionnelle ne peut évidemment être généralisée. Son imitation irréfléchie conduirait à l’échec.

- Les universités françaises offrent au contraire l’accès à la connaissance pour un coût modique, et sans guère de sélection à l’entrée. Même les écoles les plus sélectives ouvrent leurs portes aux meilleurs étudiants des universités. Les professeurs sont fonctionnaires publics, et leurs salaires sont fixés par des règles nationales. Les budgets sont donc évidemment moindres que ceux des universités anglo-saxonnes.

Ces deux systèmes ont chacun leur logique, et donc leur organisation. Bouleverser les universités françaises en singeant le système anglo-saxon ne pourrait que les désorganiser. Une très grande université, copiée sur les campus étasuniens, serait une charge coûteuse empêchant le développement des autres universités, et ne résisterait pas au tropisme anglo-saxon : faute de trouver par elle-même, en France, les moyens de son ambition, elle deviendrait bientôt une enclave étrangère.

La recherche ne peut se développer sans une volonté politique. Or, fidèles relais d’un projet marchand, les ministres de la recherche qui se succèdent incitent les établissements universitaires "autonomes" - entendez délaissés par l’État appauvri – à devenir rentables. Les projets tiennent donc en deux lignes :

- Développer le plus possible d’enseignements payants.

- Obtenir le plus grand nombre de contrats, au risque de s’engager au-delà du possible et de bâcler l’étude.

Tel est le credo des dirigeants, dont le but affiché est de transformer leur établissement en entreprise profitable.

Augmenter les frais de scolarité des étudiants français n’est jusqu’à présent guère possible sans déclencher de vives réactions de refus. Aussi convient-il de recruter le plus possible d’étudiants étrangers, qui peuvent, eux, être soumis à des frais élevés. L’étranger paiera. Et il paiera d’autant plus qu’est grande l’ambition de l’établissement, car – c’est bien connu – faire payer peu dévaloriserait la compétence aux yeux des clients.

La baisse des dotations contraint déjà les établissements d’enseignement supérieur à s'auto-financer en devenant concurrents des bureaux d'études. Certes, pour un enseignant-chercheur, garder le contact avec la réalité des professions que ses élèves exerceront est nécessaire, et appliquer son talent à un problème pratique peut être stimulant sans être contraire à la morale professionnelle. Mais la résolution de ces problèmes accapare le temps et réduit la recherche fondamentale à une activité de loisir. La chasse au contrat, désormais principale ressource et premier critère de promotion, est devenue obsessionnelle.

Selon l’espoir des gestionnaires universitaires, une université gigantesque permettrait d’importer en masse des étudiants étrangers, pour leur faire payer aussi cher que dans les universités anglo-saxonnes. Une très grande université, hiérarchisée et dotée d’un service financier important, constituerait aussi un "consortium intellectuel" capable de répondre à des appels d’offres lancés par des entreprises supra-nationales. De tels projets sont, par exemple, l’écriture de logiciels de "fouilles de données" permettant de croiser des fichiers de reconnaissance de voix, d’empreintes digitales, de démarche, etc., afin d’identifier toute personne à la simple approche. Ces projets sont financés par de très grandes entreprises ou par des entités à leur service comme l’Union Européenne. La mise en concurrence des universités pour ces gros contrats participe de "la violence de la compétition internationale.". Ce projet de très grande université s’inscrit ainsi dans une perspective résolument mondialiste, à l’époque de la remise en cause de l’idéologie mondialiste.

5) Le but politique est d'intégrer les instituts de recherche français, en position subordonnée, dans des conglomérats dont les chefs de file sont anglo-saxons ou allemands

La pression vers l’uniformité, préconisée par l’Union Européenne, suit le principe de mise en concurrence dans tous les segments de la société. Étendre la concurrence aux universités susciterait des inégalités irréversibles, comme dans tous les domaines déjà soumis au libre-échange. Dans un système de libre circulation absolue de la monnaie, le drainage des enseignants-chercheurs vers les universités les plus riches, et donc les plus généreuses, permettrait de concentrer la production de connaissances nouvelles dans les pays du centre de l'empire anglo-saxon, et laisserait la sous-traitance aux universités des pays dominés. Accepter que s’instaure un "marché universitaire", sans régulation au niveau national, c’est donc condamner les universités françaises à la subordination et au déclin. Pour éviter ce déclassement, il faut pouvoir doter les universités de financements suffisants. Recouvrer la souveraineté monétaire est donc impératif. Il faut aussi que les entreprises et les universités aient intérêt à collaborer, ce qui nécessite de mettre un terme aux délocalisations et, au contraire, de relocaliser la production et la recherche, donc de restaurer des frontières économiques.

Le risque de déclin de l’activité intellectuelle est réel, et la mode des études de gestion y pousse déjà. Bien des "directeurs des études" des écoles d’ingénieurs s’efforcent de diminuer les horaires d’enseignement scientifique et technique, et de remplacer la compétence ingénieuriale par l’aptitude managériale. Les deux arguments avancés sont que la désindustrialisation de la France rend désormais la compétence inutile, et que les entreprises ne s’intéressent pas aux connaissances des ingénieurs fraîchement diplômés, mais "achètent un potentiel", consistant en la flexibilité et l’adaptabilité. Les directeurs préconisent donc l’abandon de la formation scientifique et technique de base. Voie royale vers la vassalisation et le sous-développement.

6) Un autre but politique est d'angliciser la France

Sous la plume d’universitaires inspirés par l’air du temps, paraissent de plus en plus souvent des articles péremptoires prônant l’emploi de la langue anglaise dans l’enseignement supérieur en France. L’avenir des universités dépendrait de leur insertion sur le "marché" de l’enseignement, dont elles devraient s’efforcer de rafler le plus possible de "clients", étudiants étrangers assez riches pour payer des frais d’étude élevés. Les "concurrents" étant les pays anglo-saxons, la réussite de cette opération nécessiterait d’enseigner en anglais.

Cette vision mercantile est tout à fait contraire au vrai métier d’enseignant et aux intérêts de la France. La langue est en effet un élément fondamental de la cohérence d'un peuple et de l'existence d'une nation. En France, l’enseignement est d’abord au service des Français et des ressortissants des pays francophones. La vocation des universités n’est pas de s’insérer dans un prétendu "marché international de l'éducation" mais d’instruire des étudiants, dont les parents et tous les Français payent les études par leurs impôts. Les étudiants étrangers qui viennent en France le font pour parler français, pas anglais. Ceux qui veulent parler anglais vont dans les pays anglophones, puisque chacun préfère toujours l'original à la copie.

Dans les métiers de l'enseignement et de la recherche, l’échange oral et la publication des résultats sont des actions différentes dont chacune a ses nécessités propres. Si l'anglais est - depuis peu à l’échelle de l’Histoire - utilisé pour la plupart des communications et des publications princeps (mais pas pour toutes), le français est, peut et doit rester la langue de l’enseignement et la langue de travail pour les chercheurs français. C'est toujours un grand moment comique d’entendre dans une salle cinq Français ou Italiens baragouinant entre eux en anglais ; le ridicule ne tue pas, mais peut faire périr l'effort intellectuel. Passer au "tout anglais" n’entraînerait que destruction de la vitalité intellectuelle et corruption de l’enseignement et de la recherche.

Est-ce là un but souhaitable pour la Nation ?

            L’abaissement de la langue nationale profite à des pays qui ont toujours cherché à abaisser le nôtre, et suscite la jouissance perverse des classes dominantes qui veulent parler une langue différente de celle des autres Français. Ceux qui prônent cet abandon dédaignent leurs compatriotes, car c'est bafouer l’égalité que de réserver l'accès à la connaissance à une minorité élevée dans une langue étrangère. Ils méprisent les citoyens des pays francophones, dont les études seraient dévalorisées sans recours, et qu’ils inciteraient donc à se tourner à leur tour vers l'anglais. Prétendre qu'imposer l'anglais dans l’enseignement développerait indirectement la francophonie ( !) est une absurdité malhonnête. Ils taisent enfin que de grands pays (Russie, Chine...) maintiennent tout leur enseignement dans leur langue nationale. La Chine a décidé récemment de supprimer l'épreuve d'anglais obligatoire pour les études scientifiques, ayant remarqué que cette obligation "baissait le niveau" (agence Xinhua). En effet, exprimer les faits clairement et précisément est nécessaire au raisonnement.

L’injonction d’enseigner en anglais n’est qu’une exhortation à trahir, et qu’un prétexte pour justifier la séparation des classes sociales. Mais en science l’argument d'autorité n'existe pas. Seules la démonstration et la preuve font autorité. Dans un débat qui engage tout l’avenir de notre Nation, l’abus d’autorité n’a pas sa place.

7) Enfin, pour les classes dominantes françaises, il s'agit de se séparer du peuple

En instituant des universités coûteuses, dont une part de l’enseignement serait donnée en langue étrangère, et en opposant une grande université centralisée aux universités de province, les classes dominantes figeraient des écarts sociaux que l’accès de tous à l’enseignement dans la langue nationale avait atténués et que la mondialisation a recréés. Les heureux élus, sélectionnés dès l'âge de quinze ans - et de plus en plus selon les revenus de leurs parents - passeraient toute leur vie dans les tuyaux, sans jamais fréquenter leurs compatriotes : du lycée à l'université, de l'université à un trust apatride ou à des labos de "l'Occident", et de là au cimetière où ils auraient bien gagné leur place. En jouant au golf le dimanche pour déboucher leurs artères.

Georges Pompidou, qui avait certes travaillé pour une banque, mais avait commencé par enseigner et était issu du peuple, refusait les campus isolés et voulait maintenir les universités dans les villes, afin que les étudiants soient au contact de leurs compatriotes. À cette époque, il y a quarante ans, les villes rassemblaient encore toutes les classes de la société urbaine. Les classes populaires n’en avaient pas été chassées par la spéculation immobilière effrénée, causée par la libre circulation des capitaux. Depuis, le Quartier latin à Paris est devenu un désert culturel, où les boutiques de fringues ont remplacé les librairies, mais l’opinion de Georges Pompidou n’a rien perdu de sa justesse. Alors que la ségrégation géographique prend une tournure dangereuse, il serait insensé de l’aggraver encore en regroupant les étudiants à l’écart de la vie sociale. Sur de riches terres agricoles, la monoculture d’étudiants en serres bétonnées remplacerait la culture des betteraves et des céréales en plein air. Les études dans les écoles d’ingénieurs suscitent chaque année, chez quelques étudiants, des troubles de comportement qui toutefois entraînent rarement des conséquences dramatiques. Mais il n’en va pas de même sur les grands campus où se constituent des sociétés fermées d’adolescents tardifs, et telle université célèbre de Nouvelle Angleterre s’est acquis depuis longtemps le surnom de "cité du suicide".

Il est grand temps de restaurer la vitalité d’une organisation universitaire nationale, où les chercheurs continueront, bien sûr, à se tenir informés de ce qui se fait ailleurs, mais ne se soumettront plus passivement aux modes ni aux manœuvres. Le moment convient d’autant mieux que le regroupement arbitraire des régions, impulsé par les européistes qui s’efforcent de briser les nations, est encore assez récent pour être réversible. Ces grandes régions artificielles, sans réalités humaines, n’ont pas encore fait sentir leurs effets nocifs. Tant dans l’ordre académique que dans le domaine économique et social, la concurrence entre régions ne peut que nuire. Pour la vitalité du pays, mieux vaudrait réduire les administrations régionales à des structures légères de coopération entre départements. Un réseau universitaire cohérent serait constitué d’établissements spécialisés, "professionnalisants" dans les villes moyennes, d’une université dans chaque capitale régionale, et de grandes universités généralistes dans les principales villes du pays (Bordeaux, Lyon, Marseille, Paris, Strasbourg, Toulouse…).

            Mais pour redonner de la vitalité, il faut des moyens financiers. Or, si la monnaie permet de conserver la valeur au cours du temps, ce n’est pas parce qu’elle serait par nature un objet doué de valeur propre, mais parce qu’elle symbolise la confiance publique garantie par l’État. Comme tout autre investissement, l’investissement dans la connaissance résulte de l’activité collective, que seule la confiance publique permet. Un pays ne peut être productif que s’il est maître de sa monnaie, qui circule en entretenant la confiance réciproque entre les habitants. Au contraire, la gestion de la monnaie dans le seul but patrimonial de maintenir la valeur des rentes, comme c’est le cas de l’euro, raréfie et réifie la monnaie. La volonté de développer l’activité intellectuelle bute donc sur l’obstacle fondamental auquel tout projet politique achoppe à présent. Pour retrouver la liberté de penser et d’agir, restaurer la prospérité, rouvrir des perspectives d'avenir, la France doit reprendre sa pleine souveraineté, qui est la condition de la liberté collective, seule accessible aux hommes.

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nouvelles2016/orthographe.gifLa réforme de l'orthographe agite les esprits - par MAR le 08/02/2016 - 19:36

La réforme de l'orthographe agite les esprits

La réforme de l'orthographe adoptée en 1990 par l'Académie française va faire son apparition dans les manuels scolaires à la rentrée 2016-2017. Imaginée par le Conseil supérieur de la langue française à la fin des années 1980, validée par les 40 immortels de l'Académie française et publiée au Journal officiel il y a 26 ans, cette simplification de la graphie n'avait pas de valeur contraignante jusqu'alors. Les professeurs devaient seulement tolérer l'orthographe rectifiée dans les copies d'examen mais n'étaient pas tenus de l'enseigner. Son rappel dans le Bulletin officiel de l'Éducation nationale du 26 novembre 2015 1 était passé inaperçu jusqu'à ce que TF1 n'y consacre un reportage, mercredi 3 février. Depuis notre pays se divise en 2 camps.

Nous présenterons ici des articles présentant la réforme, des articles contre la réforme et des articles pour la réforme. A lire également la réaction de l'Académie Française

Parmi les articles présentant la réforme

Paris Normandie : Le vrai du faux

Le Figaro : Bernard Pivot : « Les professeurs risquent d'être perturbés par la réforme de l'orthographe »

Euronews : La langue française fait sa révolution… en France

Tribune de Genève : «Ognon» et «nénufar»: des profs genevois réagissent

Parmi les articles contre la réforme

La dissidence : Notre orthographe sacrifiée : lettre aux académiciens
Ce qu'en pense notre président Albert Salon "Face à la réforme de l'orthographe de 1990 (MM. Rocard et Encrevé) qui refait brusquement surface, nos associations attendent la réponse de l'Académie et se concertent pour adopter une position commune.
Sans préjuger ce que sera cette position, nous signalons cette "Lettre aux Académiciens" de Gabriel Robin. Nous ne la faisons pas nôtre, nous considérons simplement qu'elle a le mérite de poser la plupart des questions qui ne manqueront pas d'être débattues dans les mois qui viennent. Sur ce qui n'est pas seulement une nouvelle "réforme-amuse-galerie" pour faire oublier le chômage et la démolition du pays.

Le Figaro : Réforme de l'orthographe : le coup de gueule d'un prof

Transparence Vérité : Non à la réforme-massacre de notre belle langue française !

Ouest-France : Simplification de la langue. C’est la France qu’on assassine

Aleteia : Réforme de l’orthographe : le tour de magie truqué

Parmi les articles pour la réforme

l'Obs : Réforme de l'orthographe : 10 raisons de ne pas y être opposé

Slate : Rassurez-vous, l’accent circonflexe ne va pas disparaître

Le café pédagogique : Viviane Youx (AFEF) prend parti pour la souplesse de la langue française

Challenges : La ridicule et dérisoire nouvelle guerre de l'orthographe

Médiapart : Bayrou sur les cimes des accents circonflexes. Mais Darcos ?

Libération : Réforme de l’orthographe : les contrevérités continuent

Rue 89 : Instit, elle enseigne en nouvelle orthographe : tout va bien

Signalons aussi l'article que nous avions signé, sur ce site, en 2008 (déjà !) qui me semble toujours d'actualité. Il s'intitulait : Le Petit Robert module l'orthographe Marc-Antoine Renard


à télécharger : Le rapport du Conseil supérieur de la langue française de juin 1990  (publié au Journal officiel en décembre 1990)
Le mini-guide d'information qui résume les principaux points de la réforme (publié par le site www.orthographe-recommandee.info/)


1 Dans le Bulletin officiel de l'Éducation nationale du 26 novembre 2015 on lit notamment :

page 5 : Les textes qui suivent appliquent les rectifications orthographiques proposées par le Conseil supérieur de la langue française, approuvées par l’Académie française et publiées par le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990.

pages 28 et  241

L’enseignement de l’orthographe a pour référence les rectifications orthographiques publiées par le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990.

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/nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2016 (3) - par MAR le 02/02/2016 - 14:32

Langue française : Nouvelles de janvier 2016 (3)

Le Conseil d’État valide l’anglais obligatoire au concours de l’ENA (27/1) (lien)
"Le recours avait été déposé par l'Office européen du Pluringuisme (OEP), ALF s'y était aussitôt 
associée, et avait encouragé plusieurs autres associations à se porter "tiers intervenants".
AS

Europe 1 : Emmanuel Macron s'exprime en anglais à Sciences Po (18/1) (lien)

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/nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2016 (2) - par MAR le 17/01/2016 - 18:47

Langue française : Nouvelles de janvier 2016 (2)

Le Devoir : Dire, ne pas dire (vol. 2) de l'Académie française (16/1) (lien)
Min. de la Culture : Vers une norme française pour les claviers informatiques (15/1) (lien)
Arts : Bruno Foucher prend les rênes de l’Institut français (13/1) (lien)
France 3 Gard : Let's Grau n'est pas du goût de tous les habitants (13/1) (lien)

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/nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2016 - par MAR le 13/01/2016 - 20:24

Langue française : Nouvelles de janvier 2016

Colloque niçois sur la défense de la langue française Intervention de Ph. Loubière (11/1) (lien)
Le Robert profite des 10 000 caractères de Twitter (8/1) (lien)
Un nouveau secrétaire général pour l'Agence universitaire de la Francophonie (7/1) (lien)
Midi Libre : Gard : la marque "Let’s Grau" dans le viseur (7/1) (lien)

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2009-2012

LesObservateurs Franglais, ce fléau contemporain

L. Leylekian – Chr. Boghos Do you speak européen?

Michèle Delaunay Le français est une langue africaine

France catholique Langue française malmenée

TV5 Monde Anglais au travail : abus dangereux

Agoravox Épinal : enfin le procès du tout-anglais ?

Sud Ouest : Le shopping, c'est en anglais

Rue 89 : Targeter, value, input : la novlangue d’HEC

Journal de Montréal "Ils sont crazy ces Français !"

Bruno Dewaele (La Voix du Nord) "Langue de la République ?"

A.Fr.Av : Langue française et anglicisation, sujets tabous !

Claude Hagège (L'Express) : Imposer sa langue, c'est imposer sa pensée

A.Fr.Av : Nicolas Sarkozy veut faire de la France un pays bilingue

Xavier Combe (France Culture) Comment résister à l'invasion du globish ?

Impératif français Anglais intensif au primaire: appel à la mobilisation citoyenne

Dominique Gallet (Marianne2) Langues : le tout anglais recule partout sauf à Paris

Figaro Écoles d'ingénieurs : la France séduit l'étranger

Marc Favre d'Échallens (Échos) : La souveraineté ne se partage pas : monnaie, langue, État

F. Taillandier(L'Humanité) La langue française doit faire des progrès

Benoît Duteurtre (Marianne) 5 ans de sarkozysme ont massacré le réseau culturel français

Le maire de Québec contre le tout-anglais à Paris

Marianne2 : Quand un général français préconise l'anglais

Chr. Lings : La résistance de la langue française face à l’hégémonie anglo-saxonne

Les Échos : Le FMI victime de son prisme anglo-saxon

Le Devoir : Québec doit s'activer pour protéger la langue

Nouvel Observateur : Les artistes français aiment-ils leur langue maternelle ?

AFRAV : Pour un patriotisme linguistique, plutôt qu'industriel

L'Humanité : La langue de la République est celle de notre liberté de pensée

Le Post : Alerte ! nos élites veulent faire disparaître la langue française !

Hélène Decommer Discri-mination ordinaire dans l'évaluation de la recherche

Krokodilo Un Comité stratégique des langues ?

Marianne Prosélytisme

François Cérésa Les couillons du franglais

Manuel de Dieguez Le naufrage linguistique de l’Europe

Claude Truchot L’enseignement supérieur en anglais véhiculaire

Rue 89 Le haut-le-cœur d'un Québécois face à l'anglicisation de la France

Benoît Duteurte (Marianne) Queer en VO à l'université

Jacques Julliard (Nouv. Obs) La princesse assassinée

Pascal Priestley (TV5 Monde) L'Europe en anglais

Bernard Cerquiglini (Cercle Les Échos) Le français, l’anglais et les autres

Le Temps (Genève) Non à l’aliénation linguistique du "business English"

Observatoire européen du plurilinguisme Mainstream, modèle économique ou hégémonie culturelle

Alain Juppé Confusion intellectuelle

Claude Hagège Une langue créative et universelle

François Taillandier L'avenir s'écrit aussi en français

Marianne La réponse de Jack Dion à Frédéric Martel

Marianne Michel Barnier et son "single market act"

Jean Quatremer
Responsabilité de nos élites dans la déroute de la langue française à Bruxelles

Bernard Gensane L’aliénation linguistique

Agoravox Comment les journalistes propagent clichés et endoctrinement en faveur de l’anglais

Voltaire République Voies de la déculturation à la française

JL Cuisiniez Hégémonie linguistique : pourquoi il faut résister

Enc. Francophonie Fatigue linguistique de la France

Aujourd'hui la Chine Télés chinoises interdites d'abréviations anglophones

Robert Charlebois (Figaro) Coup de gueule !

J. Quatremer (Libération) L'Union dont "l'espéranto" est l'anglais

Nicolas Dupont-Aignan Vive la Francophonie !

Claude Hagège : Identité nationale et langue française

Marianne : En Allemagne, le tribunal passe à l'english

La Provence : Le français file-t-il à l'anglaise pour satisfaire les touristes

Barroso, escroc linguistique !

Le Post : Le ridicule pour tuer les anglicismes

Yves Montenay (Le Monde) : Dieu est multilingue

Le Conseil Constitutionnel : pour le multilinguisme

Pr Chesney : Conséquences de l’anglais en économie et en gestion à l’Université

République ! : France Info carpette anglaise ?

Dolores Blanco Rodas : 10 bonnes raisons d'apprendre le français

JP Raffarin : Coup de gueule à Bruxelles

OEP : Faut-il parler anglais pour être européen ?

Le Monde A Bruxelles, le français file à l'anglaise

Agoravox (patrickk) Identité nationale : le vrai problème= l’américanisation

Michel Mourlet Perdre sa langue, c’est perdre son âme

P. Kaplanian Voici relancé le débat sur l’identité nationale !

CFE-CGC Il faut respecter l'identité nationale

Jacques Attali Le génie du français

Marianne Ces enfants et ces jeunes gavés de "globish"

Agoravox : Pour une autre politique des langues : celle de la liberté

Les Échos : Citroën "switche" sa com' sur le mode franglais

OEP : Le tout anglais ne désarme pas à Bruxelles

Michel Serres : Le français doit pourvoir tout dire

Correcteurs du Monde : Soirée colonisée à l'Aquaboulevard


lafauteadiderot.net : La place de la langue française au travail et dans la cité

Courriel : Association pour défendre la langue française

Bruno Dewaele (La Voix du Nord) "De carpette en tapis"

Alex Türk Quelle langue parler au sein des instances européennes ? (Le Figaro)

Le Monde Correction (V. Maurus)

Bernard Cassen Chantons en anglais !

Robert Solé (Le Monde)
By train

Noway Faut-il parler anglais pour être citoyen européen ?

Claude Hagège répond aux internautes de L'Express.fr

Philippe Herlin  : La langue française n’est pas ringarde, même en finance !

L'Alliance Francophone : pour le visa francophone

Satmag :
Neotion = all in english !

du Québec : Le calvaire d'un francophone en France

Robert Solé (Le Monde) French Republic

Abdou Diouf : Revendiquer la langue française

Francis Marmande (Le Monde) : Lourdés en anglais

Bloc-notes de Raoul d'Andrésy

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Aux lecteurs qui aimeraient organiser des récitations publiques ou privées d'œuvres de grands poètes français, nous proposons le talent et la voix chaude de notre administrateur Yvan Gradis.

"Diseur, Yvan Gradis se propose pour réciter bénévolement, au pied levé, l'un ou l'autre des 48 poèmes (durée maximale : deux bonnes heures) d'Apollinaire, Baudelaire, Carême, Corneille, Du Bellay, Éluard, Guillevic, Heredia, Hugo, La Fontaine, Lamartine, Mallarmé́, Nerval, Prévert, Rilke (en allemand), Sully-Prudhomme, Verlaine, Vigny. (contact : 01 45 79 82 44, 06 17 78 74 83)"

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