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Dieu est multilingue
par Yves Montenay
Cette "opinion"  publiée sur le site du LeMonde.fr le 11 février 2010 est une réponse à un point de vue (Dieu parle-t-il toujours français ?) publiée dans Le Monde des 24 et 25 janvier 2010 dont le texte figure après le texte d'Yves Montenay
(voir le texte sur le site du Monde)

Le point de vue "Dieu parle-t-il toujours français ?" mélange habilement une évidence (il est bon de maîtriser l'anglais) et une vision du monde qui est plus discutable.

Je passe rapidement sur l'évidence : l'enseignement de l'anglais en France est imparfait et de nombreuses pistes sont à suivre, dont éventuellement celles signalées dans l'article.

Mais cette évidence ne doit pas en masquer une plus générale : dans le monde moderne, il faut avoir la meilleure qualification possible, par exemple en informatique. Et cela d'abord professionnellement, mais assez souvent aussi pour les loisirs.

Pourquoi citer l'informatique et non l'anglais ? Pour montrer que la connaissance de cette langue n'est qu'un élément parmi d'autres. Certes il est bon d'être qualifié tous azimuts, mais en pratique il faut faire des choix. En entreprise par exemple, il est difficile d'exiger à la fois de se perfectionner dans sa propre spécialité et d'y ajouter tout ce qui est "transversal" : des compétences en relations humaines, l'informatique, une bonne culture générale (française, mais aussi des pays avec lesquels on est en contact), des notions de management, l'anglais, et d'autres langues. Bref il faudrait travailler 30 heures par jour.

C'est là qu'apparaît la vision du monde qui sous-tend ce point de vue sur l'anglais. Il donne l'impression que cette langue charpente le monde et qu'il faut s'organiser autour d'elle. Une très bonne maîtrise de l'anglais est indispensable certes, mais pour un nombre assez restreint de Français. L'impression inverse vient de ce que ceux qui s'expriment font partie de ce nombre assez restreint, qui est largement concentrée en haut de la pyramide sociale. Le problème est qu'ils imposent leur vision du monde à beaucoup d'autres, déclassant par exemple le bon ingénieur par rapport à un meilleur anglophone. Tout le monde y perd, l'intéressé comme l'entreprise.

Cet ingénieur n'a qu'à acquérir un bon niveau d'anglais dira-t-on. Mais nous sommes ramenés au problème précédent : il n'y a que 24 heures par jour, et le cœur de la compétence de l'entreprise, ce n'est pas l'anglais.

Mais l'international dira-t-on ? Et la compréhension avec des étrangers de passage dans l'entreprise ? C'est certes important, mais à résoudre concrètement entre les personnes concernées et non en bouleversant l'entreprise. Il y a mille solutions économiques, que j'ai pratiquées en tant que dirigeant d'une entreprise internationale. Il faut commencer par se souvenir que l'on est toujours meilleur dans sa langue maternelle ou de formation, et qu'il ne faut pas se mettre en état d'infériorité dans un débat.

Côté étrangers accueillis, il faudrait commencer par se renseigner sur les langues qu'ils maîtrisent. Souvent on ne leur demande même pas s'ils sont francophones ou s'ils comprennent mieux une autre langue que l'anglais ! Prenons les Chinois avec lesquels les contacts se multiplient : un certain nombre sont francophones (la Chine y veille), tandis qu'un nombre croissant de Français apprend le mandarin. En tout cas le bon commerçant, ou toute autre interface, doit parler la langue la plus efficace dans des circonstances données, quitte à prendre un interprète !

Et par ailleurs il est catastrophique de se lancer, comme certains, dans des politiques linguistiques internes qui torturent la hiérarchie du haut en bas, ouvriers compris, pour des résultats médiocres et surtout une perte d'énergie et un mauvais emploi des compétences. Les syndicats s'en émeuvent à juste titre, tant dans l'intérêt de leurs mandants que dans celui de l'entreprise.

Quant aux cadres qui se prêtent à l'anglicisation de leur entreprise là où elle n'est pas indispensable, ils commencent à réaliser que si cette anglicisation réussit, ils se feront remplacer par un anglophone de langue maternelle, discrimination qui commence à se répandre. Croyant être modernes ils préparent leur propre déclassement !

Bref, la situation d'aujourd'hui dans la plupart des pays du monde est que l'anglais n'est pas assez répandu ni suffisamment bien maîtrisé pour répondre de manière efficace aux situations complexes. Pour des questions plus courantes, le niveau médiocre assez répandu en France suffit souvent. L'amélioration dans ce domaine peut être prioritaire dans certains cas, mais certainement pas de façon systématique.

La variété des langues et des cultures est un fait, et pour au moins un temps certain. C'est à cette situation qu'il faut s'adapter : Dieu est multilingue, et Google parle plus de 100 langues.
Yves Montenay
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Point de vue : Dieu parle-t-il (toujours) français ? publié dans Le Monde des 24 et 25 janvier 2010
 
Jusqu'à une époque récente, mal parler ou ne pas parler anglais du tout était un sport national en France. La chronique regorge d'exemples de prouesses hexagonales en la matière, l'orgueil tricolore se drapant en général d'une sourcilleuse dignité linguistique. Le faible niveau de la majorité des Français dans la pratique des langues étrangères et de l'anglais en particulier n'est pourtant pas une fatalité. D'autant que les jeunes refusent cette autarcie intellectuelle.

Cette génération le sait bien, la maîtrise de l'anglais en tant que langue universelle de communication jouera un rôle-clé dans ces échanges qui leur sont chers, et leurs lacunes en la matière sont susceptibles de constituer un handicap dans ce nouveau monde où leurs congénères du monde entier sont reliés par l'anglais. Même leurs aînés sont conscients qu'il est souhaitable, voire impératif, que les jeunes maîtrisent au moins une langue étrangère, sinon deux. D'innombrables rapports sont là pour le dire.

Il n'en reste pas moins que les initiatives visant à améliorer le niveau d'anglais des Français en général, et des jeunes en particulier, sont presque perçues comme des atteintes à la pureté de la langue française, au génie national, voire à la francophonie dans son ensemble.

Si les jeunes se soucient sans doute trop peu de notre patrimoine linguistique, l'apprentissage du français se fait par la lecture et surtout par l'écriture, alors que l'anglais devrait être d'abord centré sur l'oral. Chacun peut témoigner que ce n'est toujours pas le cas : au lycée, en France, on étudie tel ou tel aspect de la grammaire d'une langue étrangère "parce que au bac" (et donc à l'écrit, la plupart du temps), cela pèse lourd dans la balance. Or, dans le monde réel, qui écrit une langue dont il, ou elle, n'a pas la maîtrise orale ? Comment peut-on, en 2009, justifier un apprentissage aussi théorique et désuet ?

Des mesures pragmatiques permettraient de familiariser efficacement et à peu de frais les jeunes Français aux idiomes étrangers, et notamment à l'anglais. Comme, par exemple, la généralisation de la diffusion à la télévision d'oeuvres de fiction en version originale (VO) sous-titrée. Nos voisins d'Europe du Nord programment les dessins animés en VO pour initier les tout-petits à l'anglais. Convaincus des apports de l'apprentissage précoce et du bilinguisme pour les enfants, ces pays ont instauré l'enseignement des langues dès l'école primaire, et ce depuis les années... 1950 ! Si la plupart des États européens leur ont emboîté le pas, la France fait figure d'exception.

A qui la faute ? A un système éducatif trop académique et focalisé sur l'écrit, au détriment de l'oral, en vue de la réussite au baccalauréat ? A un corps enseignant pas assez ouvert aux réalités du monde et aux langues dont il bruit ? A une carence de projets pédagogiques ? Au patriotisme linguistique de nos décideurs politiques ?

D'ici à 2020, 20 % des étudiants devront avoir effectué une année d'étude à l'étranger. C'est l'objectif de Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, qui entend faire de la mobilité européenne, et donc de l'échange linguistique, "la règle et non l'exception". Bonne idée. Mais le contraste est saisissant entre les discours officiels et leur application concrète. A ce jour, 4 % seulement des étudiants, qui plus est les mieux lotis socialement, ont pu bénéficier des programmes communautaires de mobilité comme Erasmus.

Qu'en est-il du fameux "élitisme républicain", davantage malmené encore pour la formation des apprentis ? Une seule langue est souvent dispensée alors que la formation initiale au lycée impose l'enseignement de deux langues ! Sur 15 000 apprentis, seuls... 100 ont pu bénéficier du programme de mobilité européenne lancé par la région Ile-de-France. Accablant. On note pourtant que 70 % de nos apprentis boulangers, cuisiniers ou fleuristes trouvent un emploi à l'issue de leur formation. C'est qu'ils possèdent un vrai savoir-faire, et un "savoir-faire français" envié au-delà de nos frontières. Ils s'exporteraient encore mieux s'ils étaient plus nombreux à pouvoir se débrouiller, en anglais notamment.

Dans leur grande majorité, les jeunes, apprentis ou non, ne souhaitent pas autre chose. Ils veulent tous parler anglais ; d'ailleurs, ils n'ont pas le choix. Et ils ne partagent pas les appréhensions de l'administration, prompte à dénoncer la prédominance de l'anglais mais lente à prendre acte du poids de cette langue dans le monde des affaires et donc dans la réussite professionnelle des jeunes Français. "Heureux comme Dieu en France", disait le vieux proverbe yiddish. A condition de pouvoir le dire en anglais et dans d'autres langues encore , est-on tenté d'ajouter aujourd'hui.

Félix Marquardt, président du Cercle de l'Atlantique et de Marquardt & Marquardt ;

Leila Leghmara, conseillère régionale d'Ile-de-France (Nouveau Centre), professeur d'anglais et vice-présidente du Cercle de l'Atlantique ;

Hadrien Cordier, élève de classe de terminale au lycée Louis-le-Grand (Paris).
publié dans Le Monde des 24 et 25 janvier 2010  retour en haut

Date de création : 12/02/2010 - 18:56
Dernière modification : 03/03/2010 - 09:17
Catégorie : Cadre institutionnel - Langue Française - Tribunes

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