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Une belle défense du plurilinguisme, de la diversité et de la langue française en particulier

De quelques inférences, ellipses et paraboles sur la nécessité impérieuse de défendre le plurilinguisme

Extrait du discours prononcé par Jacques Cortès le 7 juin 2010 à l’Université Pédagogique de Cracovie pour sa réception comme Docteur Honoris causa


NDLR : Jacques Cortès, ancien directeur du CREDIF à l’ENS de Saint-Cloud (1977-1986) est depuis 1998, le Président-fondateur du GERFLINT (Groupe d’Etudes et de Recherches pour le Français Langue Internationale) placé sous l’égide de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme de Paris. Programme mondial de diffusion scientifique francophone en réseau, le GERFLINT et ses équipes de recherche internationales publient une trentaine de revues scientifiques francophones sur tous les continents
«Toute la langue s’avère être éparpillée, transpercée d’intentions, accentuée …chaque mot sent la profession, le genre, le courant, le parti, l’œuvre particulière, l’homme particulier, la génération, l’âge, le jour et l’heure. Chaque mot sent le contexte et les contextes dans lesquels il a vécu sa vie sociale intense ».1
La défense du français comme langue de communication internationale est-elle légitime ? Faut-il œuvrer pour instaurer un monolinguisme universel ou pour conforter le multilinguisme dont la défense du français serait un aspect symbolique décisif ?

Giourdina
Si ti sabir
Ti respondir
Si non sabir
Tazir, tazir
Molière ; Le bourgeois gentilhomme


L’anglais est l’avenir de la francophonie
Bernard Kouchner2


C’est sur l’idée d’un dialogue possible entre toutes les cultures plutôt que sur leur volonté réciproque d’extermination que nous avons construit le Gerflint. Huntington et le choc des civilisations3 n’ont dans notre politique qu’une place dialectique de négation. Nous pouvons nous y référer mais avec pour visée globale d’en réfuter ou d’en atténuer considérablement la portée. Un peu à la façon de Gutenberg, nous avons pensé qu’une parole, non pas sacrée, mais fraternelle devait unir la multitude des hommes, que ce qui comptait donc, ce n’était pas de transmettre telles quelles nos vérités et nos savoir-faire, mais de donner les moyens à tous de forger les outils dont ils ont besoin pour développer leurs propres idées, les adapter à leur environnement, les confronter à celles des autres, bref, comme disait Montaigne, « frotter et limer leurs cervelles contre celles d’autrui ». Ce faisant, nous aussi avons brisé le sceau qui nous liait à nos usages communautaires antérieurs, ce qui a donné des ailes à une synergie réticulaire non plus inspirée par la voix lasse de Paris ou de Sylvains-les-Moulins, mais volant de ses propres ailes à tous les horizons de la Terre-Patrie.

Une table-ronde se réunira cet après-midi pour parler de l’état actuel et des tendances de la recherche en sciences humaines. J’ai abondamment abordé cette question en évoquant le GERFLINT qui, par son engagement dans la théorie de la complexité, par la richesse, la régularité et la grande diversité de ses productions, par son fonctionnement réticulaire, par l’importance qu’il donne aux cultures autant qu’à la diversité des langues, et corollairement par son ouverture systémique au dialogue des langues et des cultures, par son souci de renforcer la solidarité entre les humains, par le respect qu’il a de l’identité de chacun, représente un prototype en gestation de ce que doit être une recherche moderne dans le domaine des sciences de l’homme, une recherche qui ne saurait admettre comme un fait irréversible le rétrécissement de l’esprit humain à la pratique d’un seul idiome mondial fortement sabirisé.

Le monolinguisme universel, en matière de communication internationale, auquel nous invitent les esprits les plus distingués est, en effet, le plus diabolique des traquenards politico-économiques ayant germé dans la tête de ceux qui, pour des motifs de pur profit, cherchent à réduire la communication à de simples rapports véhiculaires de reproduction et d’imitation, donc de consommation béate.

Qu’une latinité au sommet de sa richesse et de sa puissance militaire, philosophique et scientifique ait pu romaniser la Gaule est une chose qu’on peut trouver d’autant plus normale que lesdits « Gaulois à tête ronde » étaient un peu d’accord avec cette idée-là. Les francophones de 2010 sont d’un tout autre avis. Il ne s’agit pas pour eux d’ouvrir un nouveau chapitre de la guerre des langues. L’étude de la langue anglaise est une recommandation chaleureuse que le Gerflint fera toujours. Mais étudier une langue ne signifie pas abandonner la sienne sur les autels d’une prétendue efficacité ou nécessité pratique. En ma qualité de Président du Gerflint, j’ai le plus grand respect pour la langue anglaise que je pratique aussi mal que tout Français moyen, mais mon travail principal, avec le maintien du français comme langue de communication internationale, est de donner l’exemple d’une défense pacifique mais ferme de la diversité linguistique planétaire qui n’est pas une maladie ou un fardeau écrasant, mais un patrimoine d’une richesse infinie qu’on ne saurait gommer pour faire plaisir à ceux qui pratiquent à en mourir le culte du veau d’or et du mépris d’autrui.

Et je pense qu’en agissant ainsi, je rends service à tout le monde, y compris à l’anglais qui, à 70% au moins, est d’origine normande, donc française. On ne va tout de même pas faire toute une histoire de famille à son propre enfant d’outre-Manche et à son petit-fils d’outre Atlantique sous le mauvais prétexte qu’ils ont plus de succès que leurs papa et papy. Evidemment, si Freud n’était pas mort, une première fois en 1939, et une seconde fois, il y a quelques semaines à peine, dans le livre de Michel Onfray (Le crépuscule d’une idole, Grasset, 2010) d’aucuns pourraient être enclins à dire que l’hypothèse œdipienne du meurtre du père, serait à l’origine de certaines agressions que connaît la langue de Molière et de Voltaire.

Restons sereins : en bon géniteur, le français doit se réjouir de leur succès et l’encourager, mais sans jamais cesser de rester soi-même car il n’est pire ridicule que de vouloir défendre ses idées dans une langue dont on maîtrise mal les usages, les subtilités, la prononciation et les implicites les plus divers, dissimulés qu’ils sont dans ces milliers d’ellipses qui font le sel et l’esprit d’une langue d’une richesse infinie. Je parle ici de la langue anglaise, bien sûr. C’est bien mal connaître cette dernière, en effet, que de dire qu’elle serait plus facile que la française. Le mythe d’une langue facile est un argument commercial qui ne peut convaincre que les illusionnistes et les amateurs d’illusions.
Ce qui ne fait pas l’ombre d’un doute, c’est qu’on assiste à une forte tendance à sabiriser la langue anglaise en la limitant à une fonction strictement véhiculaire que les vrais amoureux de la langue et de la culture anglaises récusent autant que les Anglais eux-mêmes qui s’expriment dans un tout autre registre et à un niveau infiniment plus élevé. Le sabir atlantique pratiqué aux quatre coins du monde, est un moyen de communication au rabais à visée impérialiste évidente. Ceux qui le pratiquent et le revendiquent avec ferveur n’en meurent pas pour une seule raison qui est que le ridicule ne tue plus. A partir du moment où vous entrez dans ce jeu d’une communication minimaliste, ne vous étonnez pas de voir vos facultés intellectuelles et votre pouvoir de négociation atteindre le tracé asymptotique de la débilité mentale. Vous n’êtes plus vous-même mais une sorte de semi-handicapé intellectuel placé d’autorité en situation dominée et qui n’ose plus ouvrir la bouche – de peur de ne pas être à la hauteur - pour exprimer une pensée d’autant moins profonde qu’elle peine à trouver les mots, l’esprit ou l’élégance qui convient pour persuader.

Même chose, du reste, a contrario, pour nos amis anglo-saxons qui, Michael Kelly4 et quelques autres mis à part, sont dans un état de souffrance extrême quand ils consentent à articuler trois syllabes dans la langue de Molière. Il est d’usage de dire que les Francophones en général, les Français de souche en particulier, parlent mal l’anglais. Je confirme volontiers cette assertion d’évidence, mais il faut savoir que la connaissance médiocre de l’anglais est un problème généralisable à une bonne partie de la planète. Sans parler de la boutade de Georges Bernard Shaw : « l’Angleterre et l’Amérique sont deux pays séparés par une même langue », voici deux exemples pris en Allemagne puis en Scandinavie qui me paraissent de nature à calmer un peu le jeu en matière de facilité de la langue anglaise, même envisagée sous sa dominante véhiculaire plus ou moins sabirisée :

  1. Selon le service de la recherche pédagogique de Hanovre, il existe un décalage important dans l'apprentissage de l'anglais comme seconde langue entre le niveau qu'estiment posséder les utilisateurs et leur véritable maîtrise. Ainsi, il a été demandé à des élèves qui pratiquaient l’anglais depuis 8 à 10 ans d'estimer leur niveau de compétence : 34 % ont répondu très bien, 38 % ont répondu bien; par contre, à la suite d'un test d'évaluation on s'est rendu compte que seulement 1 % des étudiants maîtrisaient très bien l'anglais, et seulement 4 % le maîtrisaient bien5 Si donc je compte correctement, 95% le maîtrisaient mal. Facile la langue anglaise, allons donc !!
  2. Dans le cadre d’une étude réalisée en 2000 et publiée dans le numéro 26-27, 2002, de Läkartidningen, revue spécialisée destinée aux médecins suédois, 111 médecins généralistes danois, suédois et norvégiens ont lu le même article synoptique pendant 10 minutes. La moitié l’a lu dans sa langue maternelle, l’autre moitié en anglais. Des questions étaient posées tout de suite après la lecture. En général, tous les médecins danois, norvégiens et suédois sont relativement à l’aise avec la langue anglaise grâce à l’enseignement reçu à l’école et grâce également à la télévision, au cinéma et aux chansons. De plus, leur langue est apparentée à l’anglais. Ils lisent également des ouvrages d’études en anglais, sont abonnés à des revues médicales en anglais. Dans le cadre de cette étude, les médecins avaient indiqué qu’ils comprenaient tous l’anglais. 42 % d’entre eux avaient même signalé qu’ils lisaient chaque semaine des communiqués en anglais. Cette étude a révélé que les médecins qui avaient lu le texte en anglais avaient perdu 25 % des informations par rapport au même texte lu dans leur langue maternelle 6

Perdre 25% de l’information lue, pour des intellectuels scandinaves persuadés de leur compétence en anglais, telle est la situation terriblement inquiétante sur laquelle on s’abstient de porter tout jugement, se contentant de répéter à l’envi que les Français sont d’éternels empêcheurs de tourner en rond, qu’il faut sans cesse qu’ils ennuient le monde avec leur « exception culturelle », qu’ils croient toujours vivre au XVIIIème siècle, qu’ils ont continuellement la nostalgie de leur passé glorieux et qu’ils ne parviennent pas à admettre qu’ils sont devenus une petite puissance etc. Tout cela contient certainement une petite part de vérité, mais procède aussi d’une analyse d’une rare légèreté.

Dans un rapport de négociation avec autrui où chacun doit défendre un point de vue qui, parfois, peut avoir une importance capitale, si, a priori, on vous désarme à 25 %, c’est comme si, dans un combat de boxe entre deux champions de force égale, on attachait une main dans le dos à l’un des combattants. Il y a là quelque chose de profondément inégalitaire qu’il convient, si courtoisement que ce soit, de refuser purement et simplement, et ce, d’autant plus qu’on inverse les rôles.

La francophonie, en général, le GERFLINT en particulier, travaillent fermement au respect de la diversité linguistique et culturelle, estimant que les langues et les cultures sont le patrimoine sacré de toute l’humanité. Le discours politique anglo-saxon est carrément aux antipodes de cette position : trois preuves, entre des milliers, que je me permets de citer, mais avec le plus grand regret car elles mettent en cause deux grands pays amis pour lesquels j’ai, personnellement, la plus grande admiration et affection :

  1. Dans un discours prononcé aux États-Unis en 2000 7, Madame Margaret Thatcher liait la domination de l'anglais à la domination politique et économique des pays anglo-saxons [: « Au XXIème siècle, le pouvoir dominant est l'Amérique, le langage dominant est l'anglais, le modèle économique dominant est le capitalisme anglo-saxon ». Tout est donc très clair, circulez, il n’y a rien à voir. Est-ce faire preuve de mauvais esprit européen que de trouver ce discours inacceptable ?
  2. David Rothkopf 8, directeur général du cabinet de conseil Kissinger Associates, écrivait, en 1997, dans Praise of Cultural Imperialism (« Éloge de l'impérialisme culturel ») : « Il y va de l'intérêt économique et politique des États-Unis de veiller à ce que, si le monde adopte une langue commune, ce soit l'anglais ; que, s'il s'oriente vers des normes communes en matière de télécommunications, de sécurité et de qualité, ces normes soient américaines; que, si ses différentes parties sont reliées par la télévision, la radio et la musique, les programmes soient américains; et que, si s'élaborent des valeurs communes, ce soient des valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent ». Là encore, on peut légitimement trouver à redire.
  3. Mais le sommet de la violence est atteint, en octobre 2009 par un texte du Professeur Christie Davies, étonnant brûlot contre la France et la langue française9, auquel je vous renvoie sur Google en me bornant à ne citer ici que les deux phrases de son introduction : « La prééminence du français est une anomalie disgracieuse honteuse Nous devons travailler à supprimer cette langue aristocratique et obsolète, sinon nous ne parviendrons pas au rêve de créer les États Unis d’Europe ». Pour lui, donc, la France et sa langue doivent être rayées de la carte de l’Europe.Comme il s’agit d’un collègue diplômé de Cambridge et professeur émérite de l’Université de Reading, je me montrerai très confraternel à son égard, en faisant l’inférence qu’il s’agit peut-être d’une forme d’humour britannique. Dans ce cas, soyons les premiers à rire avec lui. Mais n’est-ce pas plutôt le déchirant cri d’amour blessé d’un ancien soupirant éconduit de la langue française qu’il injurie à hauteur de sa déconvenue amoureuse et intellectuelle en la traitant de vieille Dame compassée, tout en lui rendant hommage à son corps défendant en lui reconnaissant tout de même une distinction aristocratique qui ne semble pas faire partie de son propre bagage culturel de base. Mais je ne sais pas si je dois le dire ici, j’ai une autre inférence en réserve à propos de Christie Davies. La photo de lui que l’on trouve sur Internet indique à l’évidence qu’il ressemble plus à Sébastien Chabal10qu’à Voltaire. Je pense donc que Monsieur Davies est un âpre amateur de ce sport viril né en Angleterre. La France vient de remporter le grand Chelem du Tournoi des 6 Nations en infligeant, notamment, une défaite très technique en finale, à l’équipe d’Angleterre. Après Waterloo la victoire revenue dans le camp français provoque la détresse patriotique du Professeur Davies.

Libre à quiconque de trouver les exemples que je viens de citer comme tout à fait en harmonie avec la situation actuelle, mais je pense que dans le monde où nous vivons aujourd’hui, il y a place pour plus de respect, plus d’intelligence, plus de finesse, plus d’humanisme, plus de raison aussi.

Le monolinguisme universel, n’en déplaise à ceux qui le prônent, quel que soit leur rang, est une complète aberration. Depuis la première moitié du XXème siècle, on n’a rien dit de plus dangereux. Ce qui est navrant, c’est que cet impérialisme culturel et linguistique insolemment affiché, soit glorifié par des homo sapiens qu’on a tout lieu de considérer comme intelligents. En fait, le monolinguisme n’est rien d’autre qu’un avatar du capitalisme mondial dit libéral dans sa forme la plus tragiquement dérégulée. Ne nous perdons pas dans une dénonciation incantatoire de la mondialisation, mais tirons simplement les conséquences du fait qu’elle vient de produire une crise sans précédent dans ce que Michel Rocard appelle « un déferlement de cupidité », terminologie inspirée sans doute du livre publié en 2010 par Joseph Stiglitz, Prix Nobel 2001 d’économie, et qui caractérise lui aussi la crise de 2008 sous le titre : « Le triomphe de la cupidité »11. Si l’on ne prend pas sérieusement en compte les dangers que la cupidité fait courir à la diversité culturelle et linguistique mondiale, si l’on joue le jeu du profit immédiat et à court terme, alors on donne tête baissée dans le monolinguisme universel.

Le monde moderne, hélas, appartient corps et âme à des fournisseurs de capitaux jouant en Bourse et ne connaissant du travail que celui de leur argent. Le monde appartient aux actionnaires et aux traders. On exclut tout ce qui ne fait pas profit immédiat, tout ce qui peut retarder la consommation, tout ce qui apparaît inutile comme les langues et les cultures, entre autres, puisqu’elles freinent le clonage mondial de l’humanité sur un modèle unique. Les langues et les cultures sont donc condamnées au code restreint : l’anglo-américain pour les « affaires sérieuses », et toutes les autres langues, y compris le français, pour « la veillée des chaumières ». On en arrive ainsi à la gentille formule d’un de nos Ministres : l’anglais est l’avenir de la francophonie, et aux exercices pratiques d’une de ses collègues12 qui imposerait parfois (Canard Enchaîné dixit) à ses collaborateurs français, au cœur de Paris, de délibérer en anglais, même s’il ne se trouve pas l’ombre d’un anglo-américanophone natif dans la salle. Cet esprit collaborationniste est évidemment contraire à toutes les valeurs de résistance dont on se réclame volontiers, et montre clairement que, lorsque Rome montre les dents, on devient volontiers gallo-romain. Attitude pas toujours glorieuse. Heureusement Goscinny, Uderzo et le druide Panoramix veillent au grain.

Mais revenons du côté de la communication et rappelons que le discours (au sens sociolinguistique du terme englobant à la fois le véhiculaire – simplifié ou non - et le vernaculaire affectif, subjectif, poétique, artistique, esthétique) n’est pas seulement le reflet d’une pensée antérieure dominante, mais surtout une force de production, c’est-à-dire une force « révolutionnaire » essentielle dans la prise de pouvoir. La parole, en effet, ce n’est pas une aumône que l’on reçoit mais un pouvoir dont on s’empare et c’est bien pour cela que la puissance dominante du moment s’est très intelligemment emparée du Skeptron c’est-à-dire de l’instrument d’autorité que, dans la Grèce antique, on tendait à l’orateur, symbolisant par là le pouvoir de parler – et de parler seul - que lui conférait l’Institution.

Si l’on vous prive du droit de vous exprimer dans votre langue maternelle, c’est un peu comme si l’on vous refusait définitivement le Skeptron car c’est dans votre langue maternelle que prend vie toute votre identité comme l’exprime ce beau passage de Bakhtine13 : « dans la langue, il ne reste aucun mot, aucune forme neutre, n’appartenant à personne : toute la langue s’avère être éparpillée, transpercée d’intentions, accentuée…chaque mot sent la profession, le genre, le courant, le parti, l’œuvre particulière, l’homme particulier, la génération, l’âge, le jour et l’heure. Chaque mot sent le contexte et les contextes dans lesquels il a vécu sa vie sociale intense ».

Comme vous le voyez, le mot dit ou écrit est habité par une multiplicité de voix, pluri-accentué, explicable non pas seulement par le milieu de son origine, mais par « tous les lieux qu’il a fréquentés ». Vous priver de votre langue maternelle pour vous exprimer scientifiquement, techniquement, politiquement, diplomatiquement, économiquement, philosophiquement et vouloir vous enfermer dans le lit de Procuste d’un idiome médiocrement appris sur le tard, c’est mettre un bœuf sur votre langue pour parler, ou vous attacher une main dans le dos pour affronter Cassius Clay au sommet de son art. Voilà pourquoi, Mesdames et Messieurs, le Gerflint est un ardent défenseur du français comme langue internationale et, de façon plus générale, du plurilinguisme et du pluriculturalisme, c’est-à-dire des plus respectables et inaliénables richesses de la Terre-Patrie.

Pour aller plus loin
Le colloque auquel cette cérémonie sert d’ouverture portera sur trois concepts : inférence, ellipse et parabole. Plutôt que de m’arrêter à une définition de chacun d’eux, je vous ai parlé du Gerflint qui depuis 12 ans occupe une bonne part de ma vie intellectuelle, sociale et même familiale. Il me serait facile de vous faire observer, simplement en reprenant des passages de mon discours, qu’il est impossible de parler ou d’écrire sans commettre abondamment des inférences, des ellipses et des paraboles. Ces vocables, comme les catégories du discours d’Aristote, sont du métalangage, c’est-à-dire du langage technique destiné à décrire les formes et usages du langage courant. Monsieur Jourdain aurait donc eu grand plaisir à savoir qu’en plus de parler en prose, il produisait des inférences, des ellipses et des paraboles à longueur de discours. Il est toujours extrêmement productif de travailler sur des corpus écrits ou oraux en liaison avec les activités – notamment professionnelles – de leurs producteurs.

Je suis dans l’inférence lorsque j’évoque à ma manière les sous-entendus politiques du monde anglo-saxon ; dans l’inférence encore lorsque je pose comme nécessaire l’utilité incontournable du plurilinguisme ; dans l’inférence enfin lorsque je défends l’idée qu’il est possible de concilier le progrès et la tradition.

Je suis dans l’ellipse lorsque, sans désigner explicitement les responsables, je dénonce la malveillance d’un certain monde universitaire, les pesanteurs de la routine, les dangers d’un suivisme fondé sur la volonté de camper ad vitam aeternam sur un pouvoir inquisitorial condamnant toute avancée scientifique ou sociale au nom d’une orthodoxie spirituelle de plus en plus en délicatesse avec la réalité.

Je suis enfin dans la parabole lorsque, pour faire passer une idée, je fabrique une anecdote explicative volontairement burlesque. La parabole du rugby et du tournoi des 6 nations est là pour ça. Comment mieux dénoncer la vindicte d’un collègue perdu dans un fantasme guerrier contre la langue française, cette « anomalie disgracieuse » - dit-il - qu’il veut anéantir et à laquelle pourtant, en la mettant au pinacle de sa haine, il rend à son insu le plus vibrant hommage ? La francophonie devrait le remercier en lui décernant le grand prix de la carpette gauloise. Considérer la langue française comme, je le cite, « une langue aristocratique et ringarde », c’est saluer, à rebours de ses intentions, sa dimension historique, sa distinction, son classicisme et sa perfection illocutionnaire… Mais du même coup, hélas, c’est faire passer le message inverse pour l’anglais de la Reine que Monsieur Christie Davies traîne avec vulgarité dans le ruisseau du simplisme et de la pacotille verbale.
A une vision aussi limitée de la langue de Shakespeare et de Shelley, le Président du Gerflint a le cri de Zola : « J’ACCUSE » car on n’a pas le droit de trahir ainsi la langue et les valeurs de la grande nation anglophone que tous les Français admirent.

Exhortation amicale au Professeur Davies
« Monsieur Davies, votre pamphlet sur la langue française est en fait un pavé de l’ours sur le nez endormi et confiant de la langue anglaise. La main sur le cœur, je vous dis poliment mon désaveu : arrêtez, Monsieur Davies, reprenez-vous, venez passer un petit week-end en Normandie. On vous fera goûter à notre atmosphère joyeuse et sans prétention dans cette douce France que vous aimez sans l’avouer et qui n’a d’autre envie que de vous expliquer, non pas comment gagner le prochain tournoi européen des 6 Nations (pas de rêve impossible, mon cher Collègue !), mais par quel chemin vous pourrez redevenir un membre à part entière de l’Union ». Lisez bien ce qui suit :
« La linguistique à laquelle vous voulez rallier le monde traite des langues vivantes en langues mortes, dans une conception figeante des synchronies. Elle réduit à un code rigide, à un système de signaux l’instrument de production de sens le plus souple, le plus fluide qui soit, capable d’enregistrer les plus délicates variations et de produire des significations d’une rare finesse. La seule linguistique possible aujourd’hui, Cher Monsieur Davies, ne doit pas se fonder sur des préjugés adolescents. Ce qui compte, ce n’est pas d’exclure, d’injurier, d’offenser ses Amis et voisins européens, mais de prendre pleinement en compte l’enjeu majeur de la communication moderne qui est la production de sens et de richesses mais aussi la fraternisation, c’est-à-dire le besoin d’amour, de poésie et de simple bon sens des Hommes ». Je crois sincèrement que vous devriez lire Edgar Morin, et notamment le tome 6 de sa Méthode consacré à l’Ethique.

Faut-il poursuivre la guerre de cent ans ?
Dans son dernier livre, Déjouer l’inhumain, (L’Harmattan, 2010), Jacques Demorgon évoque l’opposition « fission/fusion ». L’Occident – mais il n’est sans doute pas le seul - « a beaucoup usé de l’arme de la fission pour déstabiliser les sociétés plus traditionnelles tout en tentant de recréer constamment une fusion intérieure ». Le résultat en est sa déviation fréquente dans des idéologies xénophobes laissant les antagonismes devenir destructeurs et la fission appliquée à l’autre devenir meurtrière de son identité profonde. Il faut peut-être arrêter de jouer au plus malin et poser clairement que le sabotage culturel consistant à dire à autrui d’abandonner son identité et tout ce qui la fonde, donc de se fissurer de toutes parts pour devenir le clone de quelqu’un qu’on n’est pas, est une menace pour l’humanisme planétaire comme le gaz à effet de serre en est une autre pour notre environnement. Cette politique déstabilisatrice fissionnelle qu’on souhaite nous imposer, trop souvent avec la complicité de nos dirigeants, est simplement une erreur susceptible d’engendrer à terme les pires conséquences.
Mars 2001, Afghanistan : quelques fanatiques bornés détruisent à l’explosif les statues millénaires de Bamiyan. Planétaire indignation ! Que dire alors de la destruction de nos cultures et de nos langues millénaires à l’explosif de la cupidité ?
Je remercie encore l’Université pédagogique de Cracovie de m’avoir élevé à un titre aussi prestigieux. Je la remercie aussi, de même que tout l’auditoire ici présent, de m’avoir donné cette grande occasion de m’exprimer, avec mon cœur autant qu’avec mon esprit, sur tous ces sujets d’une importance capitale pour nous tous.

Notes
1) Mikhaïl Bakhtine, Le principe dialogique, Tzvetan Todorov, Seuil poétique, Paris, 1981

2) Les deux citations mises en exergue de cette partie de mon discours visent : la première à souligner le danger réel de sabirisation qui menace toute langue réduite à une fonction strictement véhiculaire de communication ; la seconde à rappeler un mot malheureux de Bernard Kouchner à propos de la langue anglaise qu’il verrait bien remplacer le français dans toutes les grandes négociations internationales. Dans l’ouvrage qu’il a publié récemment : Deux ou trois choses que je sais de nous (Robert Laffont, 2006), il déclare, par exemple, avoir été fort étonné, en 1988, en entrant pour la première fois au Gouvernement, « que l’on insistât sur l’usage obligatoire du français pour les ministres » et il écrit même, p.151 : « Après tout, même riche d’incomparables potentiels, la langue française n’est pas indispensable : la monde a bien vécu avant elle. Si elle devait céder la place, ce serait précisément à des langues mieux adaptées aux besoins réels et immédiats de ceux qui la délaisseraient ». Le plus frais émoulu des linguistes, sociolinguistes ou didacticiens des langues pourrait facilement réfuter des déclarations aussi maladroitement inspirées par un pragmatisme naïf. Nous ne le ferons pas ici, nous contentant de déplorer qu’un Ministre en charge de la francophonie campe sur des positions intellectuellement, moralement et même économiquement inacceptables. Au niveau de responsabilité de Bernard Kouchner, il faut savoir jouer hardiment la carte du pays dont on a la charge. Simple question : si la langue française devait « céder la place », serait-ce un indice de modernité ou de décadence ?

3)The Clash of Civilizations and the remaking of World Order, 1996, est un essai devenu un succès mondial traduit en 39 langues, en français en 1997, dans la collection Poches de Odile Jacob, sous le titre: Le Choc des civilisations. Pour l’auteur, Samuel P. Huntington, les conflits présents et futurs ne sont et ne seront plus de nature idéologique mais culturelle (et principalement religieuse)

4) Le Professeur Michael Kelly, Head of Humanities, School of Humanities, University of Southampton, United Kingdom, est Rédacteur en chef de la revues Synergies Royaume Uni et Irlande du Gerflint.Parfait francophone et grand défenseur de la langue française. A noter que le prochain Congrès annuel du GERFLINT se fera à Londres en mai 2011.

5) Toutes les informations rassemblées sur l’anglais dans cet article sont tirées de Wikipedia à l’entrée anglais

6) mêmes références que la note 5

7) mêmes références que la note 5

8) mêmes références que la note 5

9) Christie Davies : Towards a common Language, Varsity, n°701, p.9. Octobre 9, 2009 (Varsity.co.uk). Voici, à propos de cet article, le commentaire de ffi-quebec@videotron.ca : « L’intention du professeur Davies n’est pas innocente. Elle est consciente et éminemment politique. Davies conditionne la future génération sur les objectifs à poursuivre. Elle est la partie visible de la guerre cachée (au niveau du persiflage) que fait l’anglosphère contre tout ce qui est français. Parfois les salopards racistes s’enhardissent et disent devant un grand public ce qu’ils disent entre eux. Cela ne fait que rendre public et confirmer ce que disent discrètement nombre de gens de l’anglosphère ». Comme on le voit, il est regrettable qu’un tel racisme trouve un écho inattendu au sein des instances dirigeantes françaises ».

10) Sébastien Chabal, célèbre joueur de rugby français, porte une longe barbe noire analogue à celle du Professeur Christie Davies. Simple plaisanterie, il va sans dire, pour relever un débat qui manque cruellement de sérénité.

11) La formule de Michel Rocard : « déferlement de cupidité » se trouve dans les débats du « Nouvel Obs » organisés en avril 2010 par Jean Daniel. Elle se trouve aussi dans le titre de l’ouvrage de Joseph Stiglitz publié également en 2010 par le prix Nobel d’économie (2002)

12) Mme Christine Lagarde, Ministre des Finances actuelle.

13) voir note n°1

 


Date de création : 23/08/2010 - 16:51
Catégorie : Cadre institutionnel - sur les Langues

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Impératif français Anglais intensif au primaire: appel à la mobilisation citoyenne

Dominique Gallet (Marianne2) Langues : le tout anglais recule partout sauf à Paris

Figaro Écoles d'ingénieurs : la France séduit l'étranger

Marc Favre d'Échallens (Échos) : La souveraineté ne se partage pas : monnaie, langue, État

F. Taillandier(L'Humanité) La langue française doit faire des progrès

Benoît Duteurtre (Marianne) 5 ans de sarkozysme ont massacré le réseau culturel français

Le maire de Québec contre le tout-anglais à Paris

Marianne2 : Quand un général français préconise l'anglais

Chr. Lings : La résistance de la langue française face à l’hégémonie anglo-saxonne

Les Échos : Le FMI victime de son prisme anglo-saxon

Le Devoir : Québec doit s'activer pour protéger la langue

Nouvel Observateur : Les artistes français aiment-ils leur langue maternelle ?

AFRAV : Pour un patriotisme linguistique, plutôt qu'industriel

L'Humanité : La langue de la République est celle de notre liberté de pensée

Le Post : Alerte ! nos élites veulent faire disparaître la langue française !

Hélène Decommer Discri-mination ordinaire dans l'évaluation de la recherche

Krokodilo Un Comité stratégique des langues ?

Marianne Prosélytisme

François Cérésa Les couillons du franglais

Manuel de Dieguez Le naufrage linguistique de l’Europe

Claude Truchot L’enseignement supérieur en anglais véhiculaire

Rue 89 Le haut-le-cœur d'un Québécois face à l'anglicisation de la France

Benoît Duteurte (Marianne) Queer en VO à l'université

Jacques Julliard (Nouv. Obs) La princesse assassinée

Pascal Priestley (TV5 Monde) L'Europe en anglais

Bernard Cerquiglini (Cercle Les Échos) Le français, l’anglais et les autres

Le Temps (Genève) Non à l’aliénation linguistique du "business English"

Observatoire européen du plurilinguisme Mainstream, modèle économique ou hégémonie culturelle

Alain Juppé Confusion intellectuelle

Claude Hagège Une langue créative et universelle

François Taillandier L'avenir s'écrit aussi en français

Marianne La réponse de Jack Dion à Frédéric Martel

Marianne Michel Barnier et son "single market act"

Jean Quatremer
Responsabilité de nos élites dans la déroute de la langue française à Bruxelles

Bernard Gensane L’aliénation linguistique

Agoravox Comment les journalistes propagent clichés et endoctrinement en faveur de l’anglais

Voltaire République Voies de la déculturation à la française

JL Cuisiniez Hégémonie linguistique : pourquoi il faut résister

Enc. Francophonie Fatigue linguistique de la France

Aujourd'hui la Chine Télés chinoises interdites d'abréviations anglophones

Robert Charlebois (Figaro) Coup de gueule !

J. Quatremer (Libération) L'Union dont "l'espéranto" est l'anglais

Nicolas Dupont-Aignan Vive la Francophonie !

Claude Hagège : Identité nationale et langue française

Marianne : En Allemagne, le tribunal passe à l'english

La Provence : Le français file-t-il à l'anglaise pour satisfaire les touristes

Barroso, escroc linguistique !

Le Post : Le ridicule pour tuer les anglicismes

Yves Montenay (Le Monde) : Dieu est multilingue

Le Conseil Constitutionnel : pour le multilinguisme

Pr Chesney : Conséquences de l’anglais en économie et en gestion à l’Université

République ! : France Info carpette anglaise ?

Dolores Blanco Rodas : 10 bonnes raisons d'apprendre le français

JP Raffarin : Coup de gueule à Bruxelles

OEP : Faut-il parler anglais pour être européen ?

Le Monde A Bruxelles, le français file à l'anglaise

Agoravox (patrickk) Identité nationale : le vrai problème= l’américanisation

Michel Mourlet Perdre sa langue, c’est perdre son âme

P. Kaplanian Voici relancé le débat sur l’identité nationale !

CFE-CGC Il faut respecter l'identité nationale

Jacques Attali Le génie du français

Marianne Ces enfants et ces jeunes gavés de "globish"

Agoravox : Pour une autre politique des langues : celle de la liberté

Les Échos : Citroën "switche" sa com' sur le mode franglais

OEP : Le tout anglais ne désarme pas à Bruxelles

Michel Serres : Le français doit pourvoir tout dire

Correcteurs du Monde : Soirée colonisée à l'Aquaboulevard


lafauteadiderot.net : La place de la langue française au travail et dans la cité

Courriel : Association pour défendre la langue française

Bruno Dewaele (La Voix du Nord) "De carpette en tapis"

Alex Türk Quelle langue parler au sein des instances européennes ? (Le Figaro)

Le Monde Correction (V. Maurus)

Bernard Cassen Chantons en anglais !

Robert Solé (Le Monde)
By train

Noway Faut-il parler anglais pour être citoyen européen ?

Claude Hagège répond aux internautes de L'Express.fr

Philippe Herlin  : La langue française n’est pas ringarde, même en finance !

L'Alliance Francophone : pour le visa francophone

Satmag :
Neotion = all in english !

du Québec : Le calvaire d'un francophone en France

Robert Solé (Le Monde) French Republic

Abdou Diouf : Revendiquer la langue française

Francis Marmande (Le Monde) : Lourdés en anglais

Bloc-notes de Raoul d'Andrésy

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Aux lecteurs qui aimeraient organiser des récitations publiques ou privées d'œuvres de grands poètes français, nous proposons le talent et la voix chaude de notre administrateur Yvan Gradis.

"Diseur, Yvan Gradis se propose pour réciter bénévolement, au pied levé, l'un ou l'autre des 48 poèmes (durée maximale : deux bonnes heures) d'Apollinaire, Baudelaire, Carême, Corneille, Du Bellay, Éluard, Guillevic, Heredia, Hugo, La Fontaine, Lamartine, Mallarmé́, Nerval, Prévert, Rilke (en allemand), Sully-Prudhomme, Verlaine, Vigny. (contact : 01 45 79 82 44, 06 17 78 74 83)"

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