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Lettres de protestation

au Pt République (enseignement supérieur) (9/2008)

Lettre à Nicolas Sarkozy, Président de la République,
au sujet de graves atteintes portées à la langue française dans l'enseignement supérieur (5 mai 2010)
 
_______________________________________________________________________________
Avenir de la langue française
34 bis rue de Picpus
75012 Paris

Le Président

Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République
Palais de l’Élysée
55, rue du Faubourg St Honoré
75008 Paris

 
Paris, le 5 mai 2010


Monsieur le Président de la République,

Nos associations soussignées ont l’honneur d’attirer solennellement votre attention sur les graves atteintes portées à la langue française par divers ministères et corps d’Etat qui devraient pourtant être garants de son respect sous votre autorité, dans le droit fil des orientations claires données dans vos discours du 9 mars 2007 à Caen, du 20 mars 2008 Boulevard Jourdan, et du 20 mars 2010 au Palais de l’Élysée.

Seize associations, dont treize françaises, ont organisé le 30 mars 2010 au Salon du Livre une conférence de presse réussie. Nous joignons à cette lettre l’invitation justificative de la conférence dans laquelle vous pouvez trouver une liste des graves atteintes subies dans les principaux domaines de l’activité nationale. Nous y joignons aussi le communiqué de presse largement diffusé qui en a rendu compte, et la citation de son principal animateur : le grand linguiste Claude Hagège, Professeur au Collège de France : "Il faut nous battre, car il s’agit bien d’une guerre".

Forts de cette annexe révélatrice de l’ensemble des dérives, nous nous contentons d’évoquer ici plus en détail, exemples concrets à l’appui, ce qui se passe dans des établissements prestigieux de recherche et d’enseignement supérieur, tant privés que publics, de notre pays.

Notre attention a été appelée par la multiplication récente de masters dispensés intégralement en anglais dans certaines de nos universités et grandes écoles. A titre d’exemple, nous avons relevé les cas suivants pour la région Ile-de-France, qui n’est pas la seule touchée :
 

1. Université Paris XI, Institut d’optique, Ecole normale supérieure de Cachan :
Nous citons ici le texte officiel : "Physics for Optics and Nanosciences (Master entirely taught in English), Academic year 2010 – 2011. Program director : Dr François Hache, e-mail : francois.hache@polytechnique.edu, tel : (+33) 1 69 33 50 39".

2. Universités Paris VI, Paris VII et Paris XI, CNRS et INSTN :
Noyaux, particules, astro-particules, cosmologie : formation entièrement dispensée en anglais à partir de la rentrée 2010.

3. Ecole polytechnique et HEC : "Quantitative Economics and Finance".

4. Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, Universités Paris VI, Paris VII et Paris XI :
"Hydrodynamics" (M. Steven Balbus).

Ces masters ne portent pas sur des matières linguistiques. Ils concernent des disciplines telles l’économie ou la physique. Leur enseignement est assuré par des professeurs francophones (y compris M. Steven Balbus, pour le quatrième), de nationalité française (pour les trois premiers masters précités), et professeurs titulaires en activité dans ces établissements. Ils sont proposés sur le territoire national à une population d’élèves majoritairement francophones par des établissements poursuivant un objectif public national d’enseignement et qui, à l’exception d’HEC, sont des établissements publics, dotés d’un patrimoine d’origine publique et fonctionnant principalement grâce à des subventions publiques en provenance de notre État.

La loi n° 94-665 du 4 août 1994, dite "loi Toubon", nous paraît donc devoir s’imposer entièrement à eux (y compris à HEC). Nous vous rappelons en effet qu’en vertu de son article 1er, la langue française est "la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics". De surcroît, son article 11-I dispose que "la langue de l’enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d’enseignement est le français, sauf exceptions justifiées par les nécessités de l’enseignement des langues et cultures régionales ou étrangères ou lorsque les enseignants sont des professeurs associés ou invités étrangers".
Nous ajoutons que ces établissements, constituant le nec plus ultra de notre enseignement scientifique national, représentent aussi, à leur manière, la France dans la communauté scientifique mondiale. De tels débordements linguistiques vont donc à l’encontre de l’esprit et de la lettre de l’article 13 de la même loi, qui s’attache à promouvoir le "respect de la langue française et le rayonnement de la francophonie".

Nous rappelons enfin que ces masters conduisent à l’emploi dans des établissements publics nationaux de recherche tels l’Université, l’école polytechnique, le CNRS ou le CEA.
Il semble bien, au-delà des quelques exemples emblématiques que nous avons choisis, mais qui, en fait, prolifèrent, qu’il y ait une volonté qui s’étend, dans nos milieux universitaires et jusqu’au sein du Gouvernement, de multiplier à l’avenir les enseignements de master en anglais, et de viser leur généralisation à l’ensemble de l’enseignement supérieur français. Les propos de M. Pierre Tapie, président de la Conférence des grandes Ecoles, recommandant d’amender à cet effet la loi Toubon, qui permet pourtant déjà assez d’ "exceptions justifiées", nous paraissent devoir être condamnés avec la plus grande fermeté.

En se laissant glisser sur cette pente très dangereuse, la France se retrouverait bientôt dans une situation de dépendance de type colonial et d’effacement de son rang et de sa personnalité, la langue française étant fortement constitutive de notre identité nationale, comme cela a été réaffirmé avec force lors du récent débat organisé par le Gouvernement sur ce thème.

Il s’agit là d’un problème politique de toute première importance.

Nous l’évoquons donc à votre niveau, puisque, en vertu de l’article 5 de notre Loi fondamentale, vous êtes le garant de l’indépendance nationale et du bon fonctionnement des pouvoirs publics, et que la Constitution, clef de voûte de nos institutions, fait du français, en son article 2, la langue de la République. Cette disposition peut, du reste, être invoquée beaucoup plus largement en Conseil constitutionnel depuis la révision votée en Congrès le 21 juillet 2008.

Nous vous demandons en conséquence de bien vouloir mettre un terme à cette évolution néfaste et illégale avant qu’il ne soit trop tard.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.

Associations signataires :
Forum pour la France (FPF) : secrétaire général Henri Fouquereau ;
Agora francophone internationale (AFI) : président Loïc Hervouët ;
Alliance Champlain (NC) : président Daniel Miroux ;
Association France-Univers pour la promotion de la Culture française : présidente Jacqueline Mourlet ;
Association francophone d’Amitié et de Liaison (AFAL) : président Jacques Godfrain, ancien Ministre ;
Association Francophonie Avenir (AFRAV) : président Régis Ravat ;
Avenir de la langue française (ALF) : président Albert Salon, ancien Ambassadeur ;
Cercle littéraire des Ecrivains cheminots (CLEC) : président Raymond Besson ;
Défense de la langue française (DLF) : vice-président Marceau Déchamps ;
Forum francophone international (FFI-France) : président Albert Salon ;
(ICEG) : président Yves Montenay ;
Impératif français (Québec) : président Jean-Paul Perreault ;
La main tendue vers l’Ukraine (LMTU) : président Jack Petroussenko,
Le Français en Partage (LFP) : président Denys Ferrando-Durfort ;
Union des Poètes francophones (UPF) : président Yves-Fred Boisset.
PJ :

  1. Invitation justificative des associations à leur conférence de presse du 30 mars 2010 au Salon du Livre, comprenant un récapitulatif des graves dérives constatées en divers domaines ;
  2. Compte rendu et communiqué de presse de ladite conférence ;
  3. Programme de la conférence et liste des 16 associations porteuses ;
  4. liste des destinataires de copies de la présente lettre.


Le Président
Albert Salon,
ancien Ambassadeur,
docteur d’État ès-lettres


Date de création : 12/11/2010 - 18:46
Dernière modification : 25/03/2011 - 19:42
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