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Courriel à France Inter concernant l'anglomanie à l'antenne

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Courriel à France Inter
concernant l'anglomanie à l'antenne (5/06/2012)

Dear Mister France Inter.

Le 5 juin 2012 Mme Clark utilise l’expression "short list" pour désigner les dix livres encore en lice pour le prix Inter. D’ailleurs, parfaitement consciente que l’expression anglaise ne suffit pas à la compréhension, elle se fend d’une explication de ce qu’est une "short list" dans ce contexte ; la sélection finale.

Alors pourquoi Mme Clark utilise t’elle l’expression anglaise puisqu’elle est obligée de faire une digression explicative ?

Je vous signale qu’en anglais "short list" s’utilise dans différents contextes donc dans des sens différents, c’est pour ça que Mme Clark est conduite à digresser. Mais vous pouvez aussi lui signaler l’expression "dix livres encore en lice". Voilà une expression élégante soucieuse du bien parler, et qui renvoie à la joute du moyen âge
…
Le même jour vers 14h05 vous faites la promotion d’un film sur la guerre dans le désert et votre bande annonce parle du "making of de la guerre". Encore une expression générale multi-contexte. Son sens général est fabrication, élaboration. S’agit-il donc de l’élaboration de la guerre, de sa fabrication ?


Dans le domaine cinématographique on tente de lui faire remplacer le mot "tournage" ou "filmage" (de l’ancien français j’en conviens). Car l’anglais n’a pas de mot spécialisé pour tournage… Donc sur France Inter on se propose de dire "making of" à la place de tournage dorénavant, ai-je bien compris ?


Dans le 7-9 du 7/6/12, est-il bien nécessaire de nous parler à l’envi de trains "low cost" puisque le français dit "bas coût" ? Parce qu’en anglais c’est ce que l’on dit ? Mais… sachez qu’en anglais on dit tout, et très souvent n’importe quoi, alors vaste programme… En français également on dit tout d’ailleurs, ce que feignent d’ignorer vos journalistes.
En somme vous procédez au remplacement de termes français précis et contextualisés par des termes anglais généralistes : très intéressant ! Vous pensez que c’est de cette façon que l’on mettra les Français à l’anglais ? via une novlangue ?


Au début, je croyais que vos journalistes avaient de solides connaissances en anglais, puisque certains se ventent de pouvoir détecter "un accent parfait, un parler excellent" comme entendu assez récemment… Or je m’aperçois que non. Curieusement, lorsque ces mêmes reçoivent un anglophone ils nécessitent la présence d’un traducteur, par souci ‑ les belles âmes ‑ de lutter contre le chômage de gens rendus inutiles par leurs compétences. Comme je vous l’ai suggéré, puisque vous voulez nous mettre à l’anglais, vous devriez employer des anglophones langue maternelle, comme Bruxelles le fait dorénavant pour remplacer ses traducteurs qui, même dûment diplômés ne suffisent pas, ce qui éviterait la disparition des termes français précis au profit de fourre-tout qui nécessitent explications ou génèrent incompréhension. Combien d’auditeurs n’ont-ils pas compris "making of de la guerre" ? (et que fait encore là le mot guerre dont tous les Français savent qu’il peut être remplacé par "war" ?). Dans un autre courriel, je vous indiquais combien certains chez vous utilisent des mots anglais dans un sens qu’ils n’ont même pas dans cette langue et qui généreraient de l’incompréhension non pas chez les Français cette fois mais chez les Anglais !. Serait-ce de la rage doublée d’une incompétence crasse ? A vous de voir.


Ce n’est pas que je ne supporte pas les langues étrangères (je parle anglais et espagnol), mais je ne supporte pas les approximations de journalistes tout occupés à se faire valoir. Je supporte très mal aussi, et je demande votre indulgence, la disparition des mots français et leur remplacement par des mots étrangers même généralistes. Je supporte également assez mal que mes modestes impôts soient utilisés par certains pour ruiner la langue française, et accessoirement qu’ils servent à leur verser salaire (c’est à dire récompense) pour la dite prestation. Se taire sur ce phénomène encourage les journalistes à procéder à de plus amples remplacements vous le savez sans doute… Quand il n’y a pas de limite, ce qui est apparemment le cas, c’est quelles sont ailleurs… Dans mon métier ne dit-on pas maintenant "shooting" à la place de prise de vues, "printing" à la place d’épreuvage, "designer" à la place de styliste ?… "Short list" non exhaustive…


Il semblerait qu’en France on ne soit pas heureux de la langue que l’on parle, car moi qui voyage beaucoup je peux vous dire que ce phénomène ne s’étale qu’ici. Même dans les pays de la façade nord ouest de l’Europe où l’on est quasiment bilingue, les gens arrivent à faire la différence entre leur langue maternelle et celle d’autrui. En Espagne on ne voit passer en tout et pour tout que le mot "lider", hispanisation du mot "leader". Mais dans ces pays on semble content de sa langue… tout au moins l’on s’en arrange.
Regards.


Bruno Pernet
Toulouse


Date de création : 05/06/2012 - 22:29
Dernière modification : 05/06/2012 - 22:30
Catégorie : -

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