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La pyramide des langues

Leçons européennes, situations africaines

Communication d'Yves Montenay au Congrès des enseignants de français en Inde (janvier 2013)

 

pyramide.jpgBeaucoup de pays au monde ont une "pyramide des langues", par exemple la superposition d'une langue maternelle locale, d'une langue "nationale", d'une langue officielle, et parfois d'une langue étrangère qui la coiffe plus ou moins au sommet de la pyramide économique, sociale, ou culturelle.

C'est notamment le cas de l'Inde dont je ne parlerai pas, puisqu'il est bien connu ici, c'est le cas de nombreux pays africains que j'évoquerai plus longuement puisque le français y est impliqué, mais ce n'est pas le cas de la France. Un Français bénéficie donc d’un œil extérieur sur cette question.

Cette communication aura 2 temps :

- un historique rapide du cas de quelques langues européennes,

- une description de la pyramide des langues en Afrique s'appuyant sur cette première partie et la problématique corrélative touchant le français dans ce contexte : dans quelle mesure et dans quels endroits peut-il devenir langue à la fois maternelle et officielle, faisant alors à terme disparaître cette pyramide ?

Avant de parler de l'Afrique, écoutons les leçons de l'histoire sur l’évolution du statut de quelques langues.

Des évolutions bien documentées

En Europe et en Amérique du Nord, les traités et les archives nous permettent de suivre le "pourquoi" et le "comment" des évolutions linguistiques. Je serai extrêmement bref et me bornerai à donner quelques points de repère utiles pour la suite.

La France ou la destruction de la pyramide

A la suite de la conquête romaine, une première pyramide a été constituée par les parlers celtes non écrits à la base, les argots romains, notamment celui des militaires, non écrits au-dessus et le latin classique au sommet. Les premiers ont disparu et les seconds ont évolué vers le vieux français, avec une influence continue du latin simplifié parlé, lu et parfois écrit par l'église et l'administration.

Le succès des textes en vieux français, et notamment celui du cycle arthurien de Chrétien de Troyes et de nombreux poètes a légitimé cette langue. Ce sont les efforts conjugués de l'administration royale, des poètes de la Pléiade et des grammairiens qui l'ont peu à peu à la fois ré-imprégné de latin classique, standardisé et officialisé au détriment du latin autour du XVIe siècle. Au XIXe siècle, la généralisation de la scolarité et l'élaboration centralisée les programmes a généralisé la connaissance du français écrit et parlé dans toutes les couches sociales de tout le pays, les "patois" (parfois de véritables langues ayant leur littérature) disparaissant autour des années 1960, ne laissant que quelques poches très locales et des groupes de militants.

La Hongrie ou l'échec de l’implantation impériale

L'empire d'Autriche avait comme langue officielle l'allemand. Au milieu du XIXe siècle, il avait de plus en plus de mal à fédérer les peuples non germaniques, et a donc promu la Hongrie (d'où son nouveau nom d'empire austro-hongrois) comme associée à l'Autriche en contrepartie du contrôle de l'Est et du Sud de l'empire : Slovaquie, Transylvanie, Banat et Croatie, dans lesquels il y avait des minorités hongroises. Dans ces pays on constate que les comptes-rendus municipaux passent de l'allemand au hongrois, puis à la langue locale devenue nationale à l'éclatement de l'empire en 1918 : le statut impérial n'a pas résisté à l'émancipation des peuples.

La Roumanie ou le succès du parent pauvre

Ce pays n'a pas eu d'existence pendant les 18 siècles qui ont suivi le départ des Romains. Des pasteurs puis des paysans de langues romanes se sont implantés dans un espace allant du Dniestr à la Serbie sous administration ottomane, souvent sous-traitée à des Grecs. Plus tard la Transylvanie passa sous l'administration autrichienne puis hongroise, avec de fortes minorités dirigeantes issues de ces 2 pays ou installées par eux (dont la communauté française des Banatais). Enfin la langue religieuse n'était pas le roumain ni le latin, mais le slavon. Les parlers locaux dérivés du latin sont donc restés 18 siècles sans usage officiel, et peu ou pas d'usage écrit, tout en étant soumis à la pression de langues variées issues de familles totalement différentes. A l'indépendance (1859) il fallut donc bâtir une langue et une nation. Ce fut fait par des commissions spécialisées, s'inspirant principalement de l'italien (pour respecter le mythe de la descendance des Romains) mais aussi du français, souvent pratiqué comme 2e langue. Cette langue reconstruite et standardisée fut ensuite répandue par l'école et nourrie par de grands écrivains.

Le flamand ou la contrainte démocratique

Les parlers flamands de Belgique, comme les parlers romans de ce pays, dont le plus connu est le wallon, formaient la base de la pyramide linguistique belge, et étaient considérés comme des patois par la bourgeoisie francophone. Si ces parlers romans se sont peu à peu fondus dans le français standard, les Flamands estimèrent avoir une revanche sociale à prendre, se rallièrent à la langue néerlandaise de leur grand voisin du nord pour bénéficier de sa standardisation, de sa littérature et de tout son corpus scolaire. Étant majoritaires, ils éliminèrent juridiquement peu à peu le français de l'enseignement, puis des entreprises et fixèrent une frontière linguistique "intouchable" (interdiction des recensements linguistiques pouvant la faire évoluer) et donc finirent par marginaliser le français de Flandre, pourtant très anciennement implanté. Je passe sur le cas particulier de Bruxelles et de sa banlieue, qui est toujours une pomme de discorde, étant francophone sur "une terre flamande". Les réprimandes de l'Union Européenne sur le non-respect par les Flamands des droits des francophones minoritaires ont toujours été rejetées.

Remarquons qu'à la force de la loi il fallut ajouter l'absorption du parler que l'on voulait défendre par une "vraie" langue, certes parente, et par une langue étrangère dans l'enseignement supérieur où c'est l'anglais, et non le néerlandais, qui a souvent remplacé le français, les institutions anciennes migrant dans le sud francophone.

Le destin contrasté du français en Amérique du Nord

On retrouve l'importance du juridique dans le destin du français en Amérique du Nord, combinée cette fois à d'importants mouvements de population. On sait que les traités cédant le Canada à l'Angleterre (1763) et la Louisiane aux Américains (1803) prévoyaient le respect de la langue de la population française. Mais l'importante immigration d'abord de loyalistes anglophones des États-Unis, puis de populations européennes variées, amena les autorités à restreindre les espaces concernés par les traités au simple Québec et à l'État américain de Louisiane, qui n'étaient respectivement qu’une très faible partie du Canada et de la Louisiane historique. En dehors de ces territoires, et à l'intérieur pour les non francophones, l'enseignement était en anglais.

En 1924, les États-Unis abrogèrent le traité concernant la Louisiane, et les francophones durent suivre l'école anglaise. À partir des années 1960 à 80, un retour au bilinguisme local fut autorisé tant au Canada hors Québec qu'en Louisiane, mais trop tardivement, sauf pour des minorités très locales comme certains groupes acadiens.

L’Afrique

L'Afrique a 1 milliard d’habitants en 2010, puis dépassera l’Inde pour atteindre les 2, 3 milliards en 2050, soit alors environ un quart de la population mondiale, tandis que les pays (plus ou moins) francophones de ce continent passeraient de 340 à plus de 700 millions d'habitants.

Commençons par en décrire les pyramides linguistiques, avant de faire l'analyse des interactions politico-économiques.

Les pyramides

Au sommet, tant sur le plan juridique que social, on trouve trois grandes langues internationales, le français, l'anglais et l'arabe, qui ne sont pas langues maternelles, sauf exceptions dont nous allons parler. En effet l'arabe officiel, d’ailleurs non défini (coranique, littéraire, simplifié moderne ?) diffère des divers arabes parlés, qui, avec les parlers berbères, sont à la base de la pyramide au nord du continent. En fait le sommet de la pyramide sociale y est souvent francophone (au Maghreb) ou anglophone avec minorité francophone (en Égypte).

Un cran en dessous, les "grandes" langues africaines, c'est-à-dire ayant des dizaines de millions de locuteurs sont en position de langue officielle nationale ou régional*, et cohabitent donc dans les couches moyennes et supérieures de la population avec une langue internationale, qui se trouve être l'anglais dans leur région (l'Afrique francophone étant plutôt le domaine des "petites" et "moyennes" langues). Ces "grandes langues" sont principalement le swahili, fortement influencé par l'arabe, et qui est national ou officiel en Tanzanie, en Ouganda et au Kenya ; c'est le cas également les principales langues du Nigéria (yorouba, haoussa…) et d'Afrique du Sud (afrikaans, zoulou, xhosa…), qui sont officielles "en dessous" de l'anglais.

A la base de la pyramide se trouvent les "petites" langues, petites par le nombre de locuteurs, soit non écrites, soit n'ayant qu'une "bibliothèque" très réduite (des contes, une traduction de la Bible…), un vocabulaire parfois principalement centré sur les activités de la communauté (des pêcheurs par exemple). Elles ne peuvent donc être utilisées en matière administrative ou scolaire. Il est par ailleurs fréquent que plusieurs de ces "petites" langues cohabitent géographiquement, l'une d'entre elles, ou une "plus grande" langue voisine, servant de langue commune, par exemple au marché. A défaut, un français ou anglais sommaires jouent souvent ce rôle.

Au milieu de la pyramide, on trouve parfois une ou plusieurs langues "moyennes". On peut citer le wolof, langue maternelle d’une bonne moitié des Sénégalais, langue vernaculaire pour une partie des autres, soit une douzaine de millions de locuteurs, ayant une certaine bibliothèque écrite, mais n'ayant aucun statut officiel à côté du français.

Ainsi presque tous les États africains ont plusieurs langues parlées sur leur territoire, plus de 200 par exemple pour le seul Cameroun, où un citoyen peut pratiquer sa "petite" langue maternelle, une langue régionale et une des langues officielles, le français ou l'anglais, voire les deux. Cette diversité est également une des raisons pour laquelle le français est devenu langue maternelle dans les deux principales villes du pays.

La situation africaine est compliquée par le fait que politique et économie ne tirent pas toujours dans le même sens.

Être "officielle" ne suffit pas

Le politique choisit la langue officielle et tolère plus ou moins celles qui ne le sont pas. La langue officielle a évidemment un avantage considérable, puisqu'elle est utilisée dans tout ou partie de la scolarité et dans tout ou partie de l'administration. Les exemples européens nous ont montré que cette davantage était décisif à long terme, A CONDITION d'avoir un ancrage populaire, ce qui n'était pas le cas du latin à la fin du Moyen Âge en France, ni du hongrois en Croatie, ni du français en Flandre. A condition également que l'économie et les médias ne fassent pas pression en sens inverse.

Ainsi le rôle officiel de l'arabe moderne, a fortiori littéraire ou coranique, ne suffit pas pour en faire une langue effectivement parlée. Elle est plus ou moins bien apprise à l'école et pratiquée dans les médias, mais le français, également assez mal appris à l'école, est lui également écrit mais aussi, de plus, parlé, bien que sans rôle officiel. Cela du fait de sa présence dans d'autres médias et surtout de son rôle de langue de travail dans la plupart des entreprises et une partie de l'administration. Nous rajouterons que les progrès de la compréhension (et non de l’usage) de l'arabe au Maghreb sont peut-être moins dus à son statut de langue officielle qu'à l'influence de chaînes de télévision privées ou étrangères, dont Al Jezirah. De même l'officialisation du berbère au Maroc et en Algérie n'interrompra pas son recul, qui vient d’abord de la quasi impossibilité de travailler dans cette langue et de la nécessité d’émigrer vers les villes "arabo-francophones" ou à l’étranger, souvent francophone.

La solution à cette dualité peut être d'avoir deux langues officielles à l'image de la Mauritanie (l’arabe et le français, ce dernier attaqué par les islamistes et défendu par les noirs), de Madagascar (le malgache et le français sont langues officielles, le malgache est langue nationale), voire trois, comme aux Comores où arabe, français et comorien(s) sont officiels, ont chacun leur domaine, respectivement la religion, l'écrit et l'oral, et semblent faire l'objet d'un consensus. Rappelons que l’officialisation du français avait été jadis rêvée par les francophones d'Égypte, dominant la pyramide sociale jusqu'en 1956, et naguère par ceux de Tunisie et du Maroc, ce qui est devenu impensable avec l'arrivée des nationalistes puis des islamistes (je simplifie).

Les forces économiques sont d'autant plus puissantes que le pays est ouvert vers l'extérieur (commerce et investissement international) et libre à l'intérieur : la liberté économique, et dans une certaine mesure celle de parole, est plus grande au Maroc, en Tunisie, en Côte d'Ivoire, au Cameroun, au Kenya, en Afrique du Sud que, par exemple, en Algérie. Dans les premiers pays on assiste pour cette raison au renforcement respectivement du français et de l'anglais ; dans les autres la diffusion de ces langues est au contraire entravée.

D’autant que les raisons d'être officialisée sont … variées

La langue officielle n’est souvent pas la plus parlée, nous l’avons vu au Maghreb et c’est également le cas du français et de l’anglais au sud du Sahara. Il y a en général une explication politique à cela.

En Afrique du Sud l'anglais est peu parlé, mais a été choisi par Nelson Mandela pour symboliser l'unité de "la nation arc-en-ciel", au-dessus des 11 langues officielles, dont l'afrikaans, ex langue fédérale contestée par les noirs. L'anglais n'est en effet langue maternelle que pour une minorité des blancs, soit 3 ou 4 % de la population totale, alors que l’afrikaans, dérivé du néerlandais, est la langue maternelle de la majorité des blancs et celle des "couloureds" (métis), soit au total 15 % de la population.

En Côte d'Ivoire, c'est le français qui symbolise l'identité nationale par opposition aux nombreuses "petites" langues locales, et qui est devenu la langue maternelle des régions les plus anciennement scolarisées, comme l'agglomération d’Abidjan.

À l'île Maurice où l'anglais est langue officielle, c'est le créole français qui domine à l'oral et le français à l’écrit et dans les conversations formelles.

Au Rwanda, les nouveaux maîtres Tutsis anglophones venus de l'Est ont chassé le pouvoir hutu qui avait massacré leurs "frères" ; bien que très minoritaires, ils ont imposé l’anglais comme langue officielle et ont ordonné aux enseignants, en général francophones, de bafouiller leurs cours dans la nouvelle langue, bref ont déclassé les cadres du pays au bénéfice du clan au pouvoir, ce qui, outre l'injustice, se révélera une catastrophe pour le développement.

Autre aberration politique, à Madagascar, le gouvernement socialiste (1975-93) a entrepris de socialiser l'économie (et donc de pousser à l'exil l'élite francophone) et de malgachiser l'enseignement jusqu'alors bilingue ; il s'en est suivi une catastrophe économique et intellectuelle qui n’est toujours pas réparée aujourd'hui. Ensuite un président anglophone (minuscule minorité à Madagascar) a décrété le malgache, le français et l'anglais langues officielles, ce qui n'a rien changé en pratique. Le gouvernement actuel est revenu à un bilinguisme franco-malgache, a fait disparaître l'anglais des textes, mais n'arrive pas à retrouver le niveau antérieur de formation, tandis que la fuite de l'élite pèse sur le développement.

La situation se complique encore lorsque que les considérations religieuses entrent en jeu. C'est bien sûr le cas pour l’arabe dans les pays musulmans, au Maghreb mais aussi au Sahel où cette langue n'a pourtant aucun rôle officiel et où l’on voit des missionnaires très argentés ouvrir des écoles wahhabites et arabophones, enlevant toute qualification professionnelle aux élèves de ces pays francophones. Dans un contexte moins tendu, les missionnaires protestants ont souvent transcrit et diffusé des langues locales à l'occasion de leur prosélytisme. Ils sont notamment largement à l'origine de la diffusion du swahili, à l'origine simple langue côtière (cf. "sahel" en arabe) de contact entre le monde arabe et les langues bantoues, notamment dans le cadre de la "traite orientale" (celle des esclaves par les Arabes).

Dans ce contexte, aggravé par le dénuement de l'enseignement public, l'enseignement privé prend une place croissante, notamment parce qu'il permet le choix de la langue la plus utile pour l'avenir économique des enfants, tant sur place que dans la perspective d’une éventuelle émigration.

 Que conclure ?

Concernant l'avenir africain du français, son passage de langue officielle à langue maternelle semble bien amorcé dans les régions de "petites langues", c'est-à-dire au moins de la Côte d'Ivoire au Gabon. Il est moins évident dans celles de "langue moyennes", voire "grandes", c'est-à-dire au Sénégal et au Sahel, ainsi qu’en RD Congo. Étant officiel, il verra probablement se consolider néanmoins son rôle, surtout à l'écrit et dans les conversations formelles, ainsi que dans les familles des couches supérieures.

Cette situation devrait l'amener à très long terme à gagner l'ensemble de la population de ces pays, mais à la double condition d'un progrès quantitatif et qualitatif de la scolarisation, et surtout de la stabilité politique, économique et sociale. L'histoire nous apprend en effet que les élites francophones, même très bien implantées, peuvent être balayées par des bouleversements politiques, comme ce fut le cas en Russie, en Europe orientale, en Iran, en Syrie et en Égypte. Or nous savons tous que la stabilité des États africains est sans cesse menacée. Et le début de développement de certains attire les convoitises du reste du monde, ce qui mène certains acteurs à vouloir faire sauter "l'obstacle linguistique" qu'est pour eux le français, quitte à agiter l'image "néo-coloniale" de cette langue, en biaisant quelque peu l'histoire.

Si j'oublie maintenant l'avenir du français pour m'intéresser au fonctionnement des pyramides de langues en général, j'ajouterais qu'il faut se méfier des déclarations générales, théoriques ou idéologiques, la situation en Afrique étant extrêmement variable non seulement d'un pays à l'autre, mais d'une ville ou parfois d'un village à l'autre. En particulier tout discours politique dressant une langue contre une autre est dramatique dans l'immédiat pour la paix civile, et à terme pour le développement individuel comme pour celui du pays.

De même, il faut noter que les proclamations, même très officielles, envers des langues jusqu'à présent "à l'écart" sont soit purement cosmétiques, soit ont très difficilement des traductions concrètes et efficaces sur le terrain. Je pense aux divers parlers berbères et à de nombreuses langues subsahariennes, qui donnent lieu à des considérations plus politiques ou idéalistes qu'opérationnelles : l'implantation à la fois concrète et officielle d'une langue ne s'improvise pas et nécessite un corpus important, comme nous l’ont enseigné les exemples européens ci-dessus, ce qui demande des ressources financières et surtout humaines hors de portée de nombreuses communautés.

Par ailleurs nous constatons que la subordination des questions linguistiques au politique a été catastrophique, par exemple en Algérie et à Madagascar, tandis que le plurilinguisme et le multilinguisme de l'île Maurice ont favorisé le développement remarquable de ce territoire isolé et très peu aidé ; de même, plus discrètement, le développement de la Tunisie et du Maroc s'explique par une attitude "détendue" et tolérante en matière linguistique, toutefois peut-être menacée par les derniers développements politiques.

Enfin la diversité linguistique n’est pas un coût qui devrait être éliminé par le passage à une langue unique, mais l'occasion d'une interaction féconde avec l'ouverture intellectuelle, politique et économique qui est à la fois la cause et la conséquence du développement.

* Dans ce cas, comme dans celui d'autres pays africains, les notions de langue nationale ou officielle ne sont pas précises et encore moins solennellement écrites. Il faut regarder les situations concrètes pour se rendre compte du rôle de telle ou telle langue, par exemple dans les différentes filières d'enseignement. Et ces situations sont variables dans l'espace comme dans le temps.

 

 

Date de création : 21/01/2013 - 14:31
Dernière modification : 21/01/2013 - 17:29
Catégorie : - sur les Langues

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