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Langues Régionales : la position d'ALF

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Langues Régionales : la position d'ALF

Maintenons l’unité de la République et celle de la France : refusons la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires !

L’inscription dans la Constitution française, en 1992, de la "langue de la République" (art. 2), puis le 21 juillet 2008 de la Francophonie (titre XIV, article 87), est due d’abord à l’action des associations pour le français et la Francophonie.

L’inscription, le même 21 juillet 2008, des langues régionales de France reconnues patrimoine national (art. 75) est due aux associations de promotion de ces langues et de mouvements régionalistes. Nos associations ne s’y sont pas opposées dans la mesure où il s’agissait de patrimoine linguistique et culturel. Leur position collective publiée dès 2006 rejoint celle d'Avenir de la langue française (ALF).

Nos langues régionales enracinées en France, tant dans nos terroirs métropolitains que dans nos DOM-COM, sont un précieux patrimoine à préserver, au nom à la fois de l'adhésion profonde à une Nation qui ne brime pas ou plus, et du respect de la diversité linguistique et culturelle que la France prône et promeut dans l'ensemble francophone (OIF) et à l'extérieur notamment à l'Unesco (convention d’octobre 2005, entrée en vigueur en 2007.

Les locuteurs qui veulent utiliser et transmettre leurs langues régionales enracinées doivent pouvoir le faire et même recevoir une aide publique.

Les autres "langues de France" selon les critères de la DGLFLF (Délégation Générale à la langue française et aux langues de France), c'est-à-dire les langues importées par des groupes d'immigrés qui les parlent entre eux sur le territoire national (arabe, tamazight, portugais, italien, espagnol, etc.) doivent faire l'objet d'une réflexion plus approfondie. Nous considérons en effet que tous les étrangers qui font le choix de venir en France doivent s'y intégrer, puis s'y assimiler, au moins sur le plan de la pleine connaissance et de l'usage courant, sans être forcément unique, de la langue française...

Cela étant, nous sommes conscients de ce que les langues autochtones de France ne sont pas seulement une préoccupation légitime de gens attachés à leurs racines, mais que certaines sont aussi utilisées comme levier de revendications ethnicistes et régionalistes par tels politiciens et groupes féodalistes très minoritaires, mais actifs, qui rêvent de détruire l'unité de la Nation en faisant revivre des duchés et des comtés, et revendiquent des indépendances, voire, pour certains, le rattachement à des pays voisins.

Nous savons aussi que des européistes à Bruxelles - et ailleurs (écologistes de M. Cohn-Bendit au Parlement européen, et de Madame Eva Joly en France) - travaillent, par divers leviers - Comité des régions d'Europe et des coopérations transfrontalières géographiquement très orientées - à la destruction des grands États, avant tout du vieux parangon d'État-Nation-République à prétention universaliste.

Nous savons enfin, comme l'écrivent M. Pierre Hillard (Les régionalismes en Europe) et Mme Yvonne Bollmann (La bataille des langues en Europe), que ces actions de Bruxelles sont inspirées et nourries aussi par d'actives officines privées et publiques d'Allemagne et d'Autriche. La plus grande vigilance s'impose donc, plutôt qu'une bonne volonté béate, naïve.

A la lumière de ce qui précède, Avenir de la langue française a, avec l’appui de onze associations de promotion du français et du Forum pour la France, posé les axes politiques suivants sur les langues enracinées : oui à l’aide publique, au maintien et au développement de ces langues, mais avec deux butoirs très importants :

- pas de statut de langue officielle dans les départements français ;

- pas de statut de langue véhiculaire principale de l'enseignement à tous niveaux de l'école publique ou bénéficiant d'une reconnaissance publique ;

- refus très ferme de ratification de la Charte européenne des langues régionales et des langues minoritaires importées.

Cette position est diffusée depuis des années notamment par les associations Alliance Champlain, Avenir de la langue française (ALF), Association Francophonie Avenir (AFRAV), Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (ASSELAF), COURRIEL, Défense de la langue française (DLF), Droit de Comprendre (DDC), Le français en partage (LFP).

Attestée par Albert Salon, ancien Ambassadeur, président d’Avenir de la langue française.


Commentaire de mars 2013 qui circule sur la toile : voir les derniers paragraphes sur les conséquences économiques et financières : C’est un nouveau reniement présidentiel dont il a curieusement peu été question : le président vient de renoncer à l’un de ses "60 engagements pour la France" de la campagne présidentielle, le numéro 56 : "Je ferai ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires". Ce recul fait pourtant partie de ceux dont il faut se réjouir, sans qu’il soit possible de vraiment féliciter le gouvernement d’un sursaut assumé de lucidité puisqu’il prend prétexte d’un avis du Conseil d’État qui ne l’obligeait en rien à renoncer à cet engagement.

Le dernier Conseil des ministres avait prévu d’examiner cinq projets de lois modificatives de la Constitution, dont la ratification de la Charte européenne sur les langues régionales. Mais ce dernier texte a été retiré de l’ordre du jour au dernier moment. Tout avait pourtant été fait pour que l’étape "langues régionales" soit l’un des grands moments du feuilleton des "réformes sociétales", après le mariage pour tous et avant l’euthanasie pour les autres. Ces réformes sociétales si bienvenues pour divertir un peu des réalités économiques et des drames sociaux et attester que l’action gouvernementale est toujours de gauche…

Le député socialiste Jean-Jacques Urvoas, président de la commission des lois, avait ainsi organisé de nombreuses et fiévreuses auditions préparatoires à l’Assemblée nationale et la Ministre de la Culture Aurélie Filippetti avait installé en grande pompe un "Comité consultatif pour la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique interne" destiné à envisager toutes les conséquences de cette ratification.

Mais, la veille du Conseil des ministres, un courrier émanant de François Hollande lui-même apprenait à Jean-Jacques Urvoas le retrait du texte de l’ordre du jour du Conseil des ministres et surtout le renoncement du gouvernement à porter ce projet devant le législateur."Cela est insupportable", a réagi le député, se disant "désarçonné et interrogatif". Il semble d’ailleurs plus désarçonné par l’évidente hypocrisie du raisonnement qui lui est servi que par le renoncement lui-même. On le comprend : s’appuyer sur un avis du Conseil d’État estimant que la ratification de la Charte n’est pas conforme à la Constitution pour renoncer à modifier la Constitution pour qu’elle soit compatible avec la Charte relève du tour de bonneteau…

Le gouvernement n’a trouvé que ce prétexte pour éviter d’avouer que cette promesse de ratifier la Charte, faite depuis longtemps par le PS pour cajoler quelques clientèles micro-nationalistes, n’est pas cohérente avec le système républicain français et couterait en outre beaucoup d’argent, ce qui n’est pas le moment. Avant même la Charte, une proposition de loi socialiste de 1984 demandait déjà que l’État garantisse l’usage des langues régionales dans tous les actes de la vie publique : justice, police, PTT, en proposant de financer le coût énorme de ce multilinguisme par une taxe spéciale sur les contrats d’assurance... En 1999, le gouvernement de Lionel Jospin, après avoir signé la Charte européenne, s’était heurté à l’opposition du Conseil constitutionnel qui estimait qu’elle n’était pas conforme à la Constitution "en ce qu’elle confère des droits spécifiques à des groupes de locuteurs de langues régionales ou minoritaires, à l’intérieur de territoires dans lesquels ces langues sont pratiquées" et qu’elle méconnaissait l’article 2 de la Loi fondamentale, selon lequel "la langue de la République est le français".

Nicolas Sarkozy, qui flattait les mêmes revendications, les avait aussi déçues en se gardant bien de ratifier la Charte, se contentant, lors de la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, d’introduire dans la Constitution l’article 75-1 disposant que "les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France", ce qui fait joli, mais n’engage à rien de concret.

Car le principal objectif — très concret — de ces revendications minoritaires est de faire reconnaître constitutionnellement que les particuliers peuvent se prévaloir, dans leurs relations avec les institutions, les services et les administrations, d’un droit à l’usage d’une autre langue que le français. Ce que permettrait la ratification de la Charte européenne qui oblige l’État signataire "à reconnaître un droit à pratiquer une langue autre que le français non seulement dans la vie privée, mais également dans la vie publique". Procès, mariages, permis de conduire et de construire, déclaration d’impôts, dossier de chômage, etc. : tous les actes et démarches de la vie publique devraient alors pouvoir se faire dans la langue de son choix. Ce qui veut dire que l’administration soit en mesure d’y répondre en se "bilinguisant", des formulaires aux guichets.

L’enjeu véritable n’est en réalité pas tant de sauver ou de défendre la dignité de langues régionales — qui, pour beaucoup, sont des dialectes locaux unifiés ou recréés artificiellement et guère plus parlés — que de garantir nombre d’emplois publics à leurs rares locuteurs et ainsi de créer pour nombre d’enragés anti-français des rentes de fonctionnaires payés par l’État jacobin… Le gouvernement Ayrault, pourtant à la recherche de créations d’emplois, a visiblement estimé que ceux-là ne seraient guère productifs et que leur coût financier n’était pas opportun en ces temps de rigueur…

 


Date de création : 02/06/2013 - 23:18
Dernière modification : 02/06/2013 - 23:26
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