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Langue française : Nouvelles de février 2019 (3)

L'Express L'Académie française se résout à la féminisation (19/2) (lien)
Oui le langues Bravo à André Vallini, défenseur de la francophonie (19/2) (lien)
Le Figaro L'écriture inclusive devant le Conseil d'État (19/2) (lien)
La Croix Le long parcours de Patrick Grainville pour devenir Immortel (19/2) (lien)
Le Figaro Ces expressions françaises qui viennent de l'arabe (lien)
Le Figaro "Peuchère", "dégun"... Parlez-vous le français du Sud ? (lien)

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nouvelles2019/grand-debat.jpgContribution au Grand débat - le 17/02/2019 - 19:32 par Guy_Dalens

Contribution au Grand débat

Nous publions ici les contributions de Guy Dalens au Grand débat : ses doléances sur le cahier de sa commune, suivi de son très bon texte sur le français à Bruxelles qui détaille son point de vue. MAR

1) La reconquête de la langue française à Bruxelles qu’il y ait Brexit ou pas Brexit

Ce qui se passe actuellement est illégal et illégitime
Nous ne voulons pas être un protectorat anglo-américain
Nous avons les armes pour faire cesser cette situation (cf. ci-après)

2) Un référendum sur la construction européenne

Actuellement nous avons une Europe fédérale qui broie les peuples à petit feu

Nous voulons une Europe qui respecte les peuples et leur langue

La reconquête de la langue française à Bruxelles

Cette reconquête n’est pas tributaire du Brexit ou du non Brexit.

Cette reconquête passe par un affrontement entre le peuple français et ses dirigeants et Bruxelles. Nous détenons l’arme de dissuasion.

Maurice Druon, ancien secrétaire de l’académie française, rappelait le comportement de Mme Thatcher qui disait obstinément « I want my money back » à propos du rabais britannique. Que ne déclarons-nous pas, avec la même obstination « Je veux ma langue ».

La France est un des plus gros contributeurs au budget communautaire : 20 milliards en 2018 contre 18,7 milliards en 2017. Potentiellement, il y a là un moyen de pression considérable et décisif. Un levier pour changer la donne, le rapport de force.

Nous pourrions soutenir que nous ne paierons plus notre contribution si la langue française n’est pas remise au niveau qu’elle avait jusqu’ici. Et nous ne paierons plus si la langue anglaise continue d’être utilisée à Bruxelles, alors que les Anglais ont quitté le navire.

Nous ne risquons rien, sauf des remontrances et des sanctions juridiques formelles.

En face de peuple français il y a un tigre de papier ; Bruxelles n’a ni police ni armée pour nous contraindre.

Nous le savons. Le socle communautaire repose sur la servitude volontaire pour reprendre l’expression d’Étienne de La Boétie. Il ne tient qu’à nous de nous affranchir.

Nous croyons à une autre Europe, celle qui respectera les nations et leur langue.

Guy Dalens, adhérent d’Avenir de la Langue Française

________________________________________________


À la reconquête de la langue française à Bruxelles,
Brexit ou pas Brexit

"Si nous reculons sur la langue, nous serons emportés purement et simplement.
C’est à travers notre langue que nous existons dans le monde autrement que comme un pays parmi d’autres.
[1]"

Georges Pompidou

Ce cher Georges, il avait tout compris

Ses successeurs ne le suivront pas, ils préféreront regarder passer les trains, comme les vaches, sans broncher[2]. Et pourtant, cette élite au cœur desséché prétend toujours diriger notre pays. Comment diriger un pays, là, où il n’y a plus de sang, de lien charnel avec notre peuple, avec notre passé, notre langue et notre terre ! Avec elle, "La République une et indivisible, notre royaume de France.[3]" était partie en fumée, dans nos souvenirs. Heureusement, nos souvenirs sont tenaces et indestructibles.

En quinze ans (1975-1990), les Anglais ont fait disparaître, éradiqué le français, l’italien, l’allemand, les langues de travail des pays fondateurs de la communauté.

Et notre élite trouve ça bien. Elle s’est tue. Se tait.

Et il faudrait qu’on dise "Amen".

Qu’on tende la nuque pour qu’elle frappe encore et encore.

Nous devons prendre la relève sans elle, sans cette élite à l’intelligence déficiente, qui n’est plus une élite pour nous, puisque chaque jour elle nous trahit.

Breton nous l’avait dit il y a déjà longtemps : "… nous vivons en conflit ouvert avec le monde immédiat qui nous entoure, monde ultra-sophistiqué, monde qui, sous quelque aspect qu’on l’interroge, s’avère, devant la pensée libre, sans alibi. De quelque côté que je me tourne, c’est dans le fonctionnement de ce monde la même apparence de déraison froide et hostile, le même cérémonial extérieur sous lequel se distingue tout de suite la survivance du signe à la chose signifiée. Ce sont toutes les valeurs intellectuelles brimées, toutes les idées morales en déroute, tous les bienfaits de la vie frappés de corruption, indiscernables. La souillure de l’argent a tout recouvert...[4]"

Faisons un rêve

Sur son chemin de Damas, notre président de la République a rencontré Paul de Tarse, vêtu d’un gilet jaune, qui l’a amené à une conversion radicale, après une sorte d’illumination. Il lui a dit : "Va à la reconquête de ta langue devant ton peuple, devant les marchands du Temple de Bruxelles et soit ferme et sans faiblesse ; tu retrouveras alors le goût particulier de la France". Il lui a dit encore : "Frappe à la tête, n’écoute pas les défaitistes, ceux qui veulent t’entraîner vers l’abîme. Je te donne l’ordre de partir à la reconquête de ta langue. Suis, les deux pistes que je te donne. Les salauds à tête d’hypocrites crieront, tu les laisseras glapir avec les castes qui les soutiennent ; ils fermeront leur gueule si tu restes ferme. Car, ils n’ont pas de caractère et ramperont devant celui qui est le plus fort. C’est toi qui peux être le plus fort parce que c’est toi qui détiens le pouvoir d’actionner les manettes.

Souviens-toi, la première piste est utile à poser dans le contexte, mais la seconde est décisive et, elle t’appartient, à toi seul. Ta main ne doit pas trembler quand tu décideras de l’actionner. Je te le répète, soit implacable. Tu joues ta vie, l’image que tu laisseras dans l’histoire de ton pays, ta langue devant notre avenir, notre république, notre royaume de France".

  1. Première piste : La langue anglaise n’a aucune légitimité ni historique ni financière à être la langue de la communauté

Échappant à tout bon sens c’est-à-dire à la raison, une certaine élite dévoyée et mondialisée, vassalisée par l’empire américain, voudrait que nous continuions à discourir en anglais dans la communauté européenne, alors que les Anglais s’en vont, comme s’il n’y avait pas suffisamment d’autres langues en Europe pour échanger et pour vivre.

Cette langue n’était pas utilisée lors de la fondation de la communauté et celle-ci ne s’en portait pas plus mal.

Les Anglais veulent quitter l’Europe. C’est leur choix. Et ce choix qui leur est propre leur incombe totalement. Nous n’avons pas à nous plier à leurs exigences, ni à les comprendre ni à faire preuve de compassion ou de tolérance. C’est pourtant ce que nos élites cherchent à instiller au quotidien avec la saga du Brexit qui n’en finit pas depuis bientôt trois ans, comme si nous étions responsables de leurs tergiversations.

Ayez pitié de nous, pauvres pécheurs, avec leurs mains tendues et leur voix qui nous chuchotent dans leur brouillard "nous voulons le beurre et l’argent du beurre". Il faudrait que nous assumions le problème de la frontière avec les deux Irlande qu’ils ont ébranlées, divisées pendant 700 ans ; de leur problème avec la City, car là il y a beaucoup de fric en jeu ; de leur problème avec l’Écosse qu’ils ont crucifiée à Culloden ; du problème du ravitaillement comme si nous étions en guerre...

Tout ceci ne vient pas du peuple anglais qui a voté le Brexit.

Il y a une connivence entre l’élite anglaise mondialisée et l’élite mondialisée de la communauté. Singulière collusion qui s’est instituée dans le but de faire capoter le vote du peuple anglais. L’une montre les difficultés insurmontables qu’il y aurait à quitter la communauté, l’autre, en ne faisant preuve d’aucune souplesse pour trouver une solution au départ du Royaume-Uni. Et puis, ne faut-il pas montrer aux autres États membres qu’on ne quitte pas le bercail de la communauté comme on veut, même après le vote d’un peuple qui veut retrouver sa liberté, sa souveraineté. Il y a trop d’intérêts mercantiles à protéger.

Alors, ils font tout pour faire traîner, pour empêcher la rupture, pour que rien ne change, avec à la clé un nouveau référendum dont les dés seront pipés pour leur donner raison, et montrer que le peuple s’était trompé. C’est la démocratie à la sauce bruxelloise.

Ce que nous pouvons dire :

Les Anglais doivent partir avec l’ensemble de leur bagage. Nous ne devons pas accepter qu’ils laissent derrière eux le cadeau empoisonné de leur langue qui, si elle reste, s’avérera délétère et mortelle, pour nous et pour les autres. Elle restera délétère et mortelle si nous continuons de fonctionner comme le veulent les fonctionnaires communautaires.

Ce n’est pas à des fonctionnaires de la communauté de se faire les chantres, les défenseurs de cette langue.

Nous disons assez à cette mascarade, à cette colonisation douce mais insupportable qui voudrait perdurer, derrière eux et sans eux. Nous ne voulons pas être un protectorat anglo-américain.

Aucune légitimité ni historique ni économique ne justifie le maintien de cette langue dans la communauté.

Je reprends ici ce que j’avais déjà exprimé dans un article de septembre 2018 (cf. notre site ALF).

Historique

La construction européenne a toujours été combattue par les Anglais, de l’extérieur ou de l’intérieur. De l’extérieur, par la création de la "zone de libre-échange" avec laquelle ils tenteront de faire pièce au Marché commun constitué par les six États membres fondateurs : Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, pays dits du Benelux, Italie et la France.

Devant l’échec de cette action extérieure, ils chercheront à y pénétrer, pour la saper de l’intérieur.

Pendant quelques années, ils se heurteront à l’intransigeance de De Gaulle qui mit son veto à leur demande d’adhésion : ce fut par deux fois avec M. Macmillan, puis une fois avec M. Wilson.

De Gaulle parti, la danse des cabris pouvait commencer, sous la présence patiente et obstinée des Britanniques.

L’engagement des Britanniques dans le Marché commun puis l’Union européenne sera toujours partiel. Ils disposent de conditions particulières sur plusieurs actions communautaires :

  • Ils ne sont pas adhérents à la monnaie unique européenne (euros) ;
  • Ils ne font pas partie de l’espace Schengen ;
  • Leur participation au budget communautaire n’est pas équitable pour les autres États membres avec l’introduction du rabais britannique, après les interventions acharnées d’épicière de Margaret Thatcher pendant cinq années (Je veux qu’on me rende mon argent ou dans sa langue à elle "I want my money back"). Ce qui a permis à l’Angleterre de réduire sa contribution au budget européen au détriment de pays comme la France.
  • Le Royaume-Uni est le seul membre à ne pas contribuer au budget à hauteur de ses revenus : sa part était de 9, 77 % en 2014 contre 14, 56 % pour la France qui possède une population équivalente.

Elle a réussi à amoindrir, par ses coups de boutoir continuels, la Politique agricole commune (PAC) au point que cette dernière dans le budget européen a fondu de 66 % à son lancement en 1962 à 40 % en 2014 (**).

Économique

Je donne ici des extraits de l’article d'Yves Montenay, vice-président d’ALF, paru dans le n°59 de la revue Avenir de la langue française qui pose le problème avec le plus d’acuité.

"L’hégémonie de l’anglais à Bruxelles a des conséquences économiques que connaît peu le grand public.

Le rapport Grin a chiffré à des dizaines de milliards de dollars par an l’avantage pour le Royaume-Uni et ses entreprises. Sa conclusion mérite d’être intégralement citée :

  • Le Royaume-Uni gagne, à titre net, au minimum 10 milliards d’euros par année du fait de la domination actuelle de l’anglais.
  • Si l’on tient compte de l’effet multiplicateur de certaines composantes de cette somme ainsi que du rendement des fonds que les pays anglophones peuvent, du fait de la position privilégiée de leur langue, investir ailleurs, ce total est de 17 à 18 milliards d’euros par année.
  • Ce chiffre serait certainement plus élevé si l’hégémonie de cette langue venait à être renforcée par une priorité que lui concéderaient d’autres États, notamment dans le cadre de leurs politiques éducatives respectives ;
  • Ce chiffre ne tient pas compte de différents effets symboliques (comme l’avantage dont jouissent les locuteurs natifs de la langue hégémonique dans toute situation de négociation ou de conflit se déroulant dans leur langue) ; cependant, ces effets symboliques ont sans doute aussi des répercussions matérielles et financières". (***)

Nous ne devons plus accepter que l’anglais soit la langue dominante de la communauté, au besoin par des actions légitimes au regard de notre seule conscience. Le corset illégal et illégitime dans lequel les puissants du jour veulent nous enfermer doit être combattu et brisé.

  1. Deuxième piste : La reconquête de la langue française à Bruxelles

Cette reconquête n’est pas tributaire du Brexit ou du Non-Brexit comme voudraient nous le faire croire certains commentateurs toujours à la remorque des Britanniques. Peu nous importe le choix définitif que ces derniers feront.

La reconquête de la langue française passe par un affrontement entre le peuple français et Bruxelles.

Passe par un affrontement entre "La République française une et indivisible, notre royaume de France" et Bruxelles et ses serviteurs.

Et nous détenons l’arme dissuasive.

Maurice Druon rappelle le comportement de Mme Thatcher qui disait obstinément "I want my money back". Que ne déclarons-nous, avec la même obstination : "Je veux ma langue !"

La France est un des plus gros contributeurs au budget communautaire : 20 milliards en 2018 contre 18, 7 milliards en 2017.

Potentiellement, il y a là un moyen de pression considérable et décisif. Un levier pour changer la donne, le rapport de force.

Encore faut-il l’utiliser. Ce sera le rôle de notre président s’il exécute les conseils de Paul de Tarse.

Mais le peuple de France y veillera.

Nous pourrions soutenir que nous ne paierons plus notre contribution si la langue française n’est pas remise au niveau qu’elle avait jusqu’ici.

Et nous ne paierons plus si la langue anglaise continue d’être utilisée à Bruxelles alors que les Anglais ont quitté le navire.

Nous ne risquons rien, sauf des remontrances et des sanctions juridiques formelles.

En face du peuple français il y a un tigre de papier ; Bruxelles n’a ni police ni armée pour nous contraindre.

Nous le savons. Le socle de ce système repose sur la servitude volontaire pour reprendre l’expression d’Étienne de La Boétie. Il ne tient qu’à nous de nous affranchir.

Notre langue vaut bien ce combat. Peut-être, le dernier avant qu’il ne soit trop tard.

Nous croyons à une autre Europe, celle qui respectera les nations et leur langue.

Guy Dalens, membre d’Avenir de la Langue Française

 

[1] Cité par M. Druon dans « Ordonnances pour un État malade » et audition devant la commission des affaires étrangères ; Compte-rendu n° 26, mardi 08/02/2005.

[2] À l’exception de la loi n° 94-665 du 04/08/1994, malheureusement mutilée par le Conseil constitutionnel et peu respectée.

[3] Charles Péguy ; Cité par Mme D. Mayer dans son livre du même nom, titre et p. 8.

L’argent suite, « Les Cahiers de la quinzaine », 1913, p.145.

[4] André Breton, « Position politique du surréalisme » (conférence du 01/04/1935, Prague).

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Contribution au Grand débat

Nous publions ici les contributions de Guy Dalens au Grand débat : ses doléances sur le cahier de sa commune, suivi de son très bon texte sur le français à Bruxelles qui détaille son point de vue. MAR

1) La reconquête de la langue française à Bruxelles qu’il y ait Brexit ou pas Brexit

Ce qui se passe actuellement est illégal et illégitime
Nous ne voulons pas être un protectorat anglo-américain
Nous avons les armes pour faire cesser cette situation (cf. ci-après)

2) Un référendum sur la construction européenne

Actuellement nous avons une Europe fédérale qui broie les peuples à petit feu

Nous voulons une Europe qui respecte les peuples et leur langue

La reconquête de la langue française à Bruxelles

Cette reconquête n’est pas tributaire du Brexit ou du non Brexit.

Cette reconquête passe par un affrontement entre le peuple français et ses dirigeants et Bruxelles. Nous détenons l’arme de dissuasion.

Maurice Druon, ancien secrétaire de l’académie française, rappelait le comportement de Mme Thatcher qui disait obstinément « I want my money back » à propos du rabais britannique. Que ne déclarons-nous pas, avec la même obstination « Je veux ma langue ».

La France est un des plus gros contributeurs au budget communautaire : 20 milliards en 2018 contre 18,7 milliards en 2017. Potentiellement, il y a là un moyen de pression considérable et décisif. Un levier pour changer la donne, le rapport de force.

Nous pourrions soutenir que nous ne paierons plus notre contribution si la langue française n’est pas remise au niveau qu’elle avait jusqu’ici. Et nous ne paierons plus si la langue anglaise continue d’être utilisée à Bruxelles, alors que les Anglais ont quitté le navire.

Nous ne risquons rien, sauf des remontrances et des sanctions juridiques formelles.

En face de peuple français il y a un tigre de papier ; Bruxelles n’a ni police ni armée pour nous contraindre.

Nous le savons. Le socle communautaire repose sur la servitude volontaire pour reprendre l’expression d’Étienne de La Boétie. Il ne tient qu’à nous de nous affranchir.

Nous croyons à une autre Europe, celle qui respectera les nations et leur langue.

Guy Dalens, adhérent d’Avenir de la Langue Française

________________________________________________


À la reconquête de la langue française à Bruxelles,
Brexit ou pas Brexit

"Si nous reculons sur la langue, nous serons emportés purement et simplement.
C’est à travers notre langue que nous existons dans le monde autrement que comme un pays parmi d’autres.
[1]"

Georges Pompidou

Ce cher Georges, il avait tout compris

Ses successeurs ne le suivront pas, ils préféreront regarder passer les trains, comme les vaches, sans broncher[2]. Et pourtant, cette élite au cœur desséché prétend toujours diriger notre pays. Comment diriger un pays, là, où il n’y a plus de sang, de lien charnel avec notre peuple, avec notre passé, notre langue et notre terre ! Avec elle, "La République une et indivisible, notre royaume de France.[3]" était partie en fumée, dans nos souvenirs. Heureusement, nos souvenirs sont tenaces et indestructibles.

En quinze ans (1975-1990), les Anglais ont fait disparaître, éradiqué le français, l’italien, l’allemand, les langues de travail des pays fondateurs de la communauté.

Et notre élite trouve ça bien. Elle s’est tue. Se tait.

Et il faudrait qu’on dise "Amen".

Qu’on tende la nuque pour qu’elle frappe encore et encore.

Nous devons prendre la relève sans elle, sans cette élite à l’intelligence déficiente, qui n’est plus une élite pour nous, puisque chaque jour elle nous trahit.

Breton nous l’avait dit il y a déjà longtemps : "… nous vivons en conflit ouvert avec le monde immédiat qui nous entoure, monde ultra-sophistiqué, monde qui, sous quelque aspect qu’on l’interroge, s’avère, devant la pensée libre, sans alibi. De quelque côté que je me tourne, c’est dans le fonctionnement de ce monde la même apparence de déraison froide et hostile, le même cérémonial extérieur sous lequel se distingue tout de suite la survivance du signe à la chose signifiée. Ce sont toutes les valeurs intellectuelles brimées, toutes les idées morales en déroute, tous les bienfaits de la vie frappés de corruption, indiscernables. La souillure de l’argent a tout recouvert...[4]"

Faisons un rêve

Sur son chemin de Damas, notre président de la République a rencontré Paul de Tarse, vêtu d’un gilet jaune, qui l’a amené à une conversion radicale, après une sorte d’illumination. Il lui a dit : "Va à la reconquête de ta langue devant ton peuple, devant les marchands du Temple de Bruxelles et soit ferme et sans faiblesse ; tu retrouveras alors le goût particulier de la France". Il lui a dit encore : "Frappe à la tête, n’écoute pas les défaitistes, ceux qui veulent t’entraîner vers l’abîme. Je te donne l’ordre de partir à la reconquête de ta langue. Suis, les deux pistes que je te donne. Les salauds à tête d’hypocrites crieront, tu les laisseras glapir avec les castes qui les soutiennent ; ils fermeront leur gueule si tu restes ferme. Car, ils n’ont pas de caractère et ramperont devant celui qui est le plus fort. C’est toi qui peux être le plus fort parce que c’est toi qui détiens le pouvoir d’actionner les manettes.

Souviens-toi, la première piste est utile à poser dans le contexte, mais la seconde est décisive et, elle t’appartient, à toi seul. Ta main ne doit pas trembler quand tu décideras de l’actionner. Je te le répète, soit implacable. Tu joues ta vie, l’image que tu laisseras dans l’histoire de ton pays, ta langue devant notre avenir, notre république, notre royaume de France".

  1. Première piste : La langue anglaise n’a aucune légitimité ni historique ni financière à être la langue de la communauté

Échappant à tout bon sens c’est-à-dire à la raison, une certaine élite dévoyée et mondialisée, vassalisée par l’empire américain, voudrait que nous continuions à discourir en anglais dans la communauté européenne, alors que les Anglais s’en vont, comme s’il n’y avait pas suffisamment d’autres langues en Europe pour échanger et pour vivre.

Cette langue n’était pas utilisée lors de la fondation de la communauté et celle-ci ne s’en portait pas plus mal.

Les Anglais veulent quitter l’Europe. C’est leur choix. Et ce choix qui leur est propre leur incombe totalement. Nous n’avons pas à nous plier à leurs exigences, ni à les comprendre ni à faire preuve de compassion ou de tolérance. C’est pourtant ce que nos élites cherchent à instiller au quotidien avec la saga du Brexit qui n’en finit pas depuis bientôt trois ans, comme si nous étions responsables de leurs tergiversations.

Ayez pitié de nous, pauvres pécheurs, avec leurs mains tendues et leur voix qui nous chuchotent dans leur brouillard "nous voulons le beurre et l’argent du beurre". Il faudrait que nous assumions le problème de la frontière avec les deux Irlande qu’ils ont ébranlées, divisées pendant 700 ans ; de leur problème avec la City, car là il y a beaucoup de fric en jeu ; de leur problème avec l’Écosse qu’ils ont crucifiée à Culloden ; du problème du ravitaillement comme si nous étions en guerre...

Tout ceci ne vient pas du peuple anglais qui a voté le Brexit.

Il y a une connivence entre l’élite anglaise mondialisée et l’élite mondialisée de la communauté. Singulière collusion qui s’est instituée dans le but de faire capoter le vote du peuple anglais. L’une montre les difficultés insurmontables qu’il y aurait à quitter la communauté, l’autre, en ne faisant preuve d’aucune souplesse pour trouver une solution au départ du Royaume-Uni. Et puis, ne faut-il pas montrer aux autres États membres qu’on ne quitte pas le bercail de la communauté comme on veut, même après le vote d’un peuple qui veut retrouver sa liberté, sa souveraineté. Il y a trop d’intérêts mercantiles à protéger.

Alors, ils font tout pour faire traîner, pour empêcher la rupture, pour que rien ne change, avec à la clé un nouveau référendum dont les dés seront pipés pour leur donner raison, et montrer que le peuple s’était trompé. C’est la démocratie à la sauce bruxelloise.

Ce que nous pouvons dire :

Les Anglais doivent partir avec l’ensemble de leur bagage. Nous ne devons pas accepter qu’ils laissent derrière eux le cadeau empoisonné de leur langue qui, si elle reste, s’avérera délétère et mortelle, pour nous et pour les autres. Elle restera délétère et mortelle si nous continuons de fonctionner comme le veulent les fonctionnaires communautaires.

Ce n’est pas à des fonctionnaires de la communauté de se faire les chantres, les défenseurs de cette langue.

Nous disons assez à cette mascarade, à cette colonisation douce mais insupportable qui voudrait perdurer, derrière eux et sans eux. Nous ne voulons pas être un protectorat anglo-américain.

Aucune légitimité ni historique ni économique ne justifie le maintien de cette langue dans la communauté.

Je reprends ici ce que j’avais déjà exprimé dans un article de septembre 2018 (cf. notre site ALF).

Historique

La construction européenne a toujours été combattue par les Anglais, de l’extérieur ou de l’intérieur. De l’extérieur, par la création de la "zone de libre-échange" avec laquelle ils tenteront de faire pièce au Marché commun constitué par les six États membres fondateurs : Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, pays dits du Benelux, Italie et la France.

Devant l’échec de cette action extérieure, ils chercheront à y pénétrer, pour la saper de l’intérieur.

Pendant quelques années, ils se heurteront à l’intransigeance de De Gaulle qui mit son veto à leur demande d’adhésion : ce fut par deux fois avec M. Macmillan, puis une fois avec M. Wilson.

De Gaulle parti, la danse des cabris pouvait commencer, sous la présence patiente et obstinée des Britanniques.

L’engagement des Britanniques dans le Marché commun puis l’Union européenne sera toujours partiel. Ils disposent de conditions particulières sur plusieurs actions communautaires :

  • Ils ne sont pas adhérents à la monnaie unique européenne (euros) ;
  • Ils ne font pas partie de l’espace Schengen ;
  • Leur participation au budget communautaire n’est pas équitable pour les autres États membres avec l’introduction du rabais britannique, après les interventions acharnées d’épicière de Margaret Thatcher pendant cinq années (Je veux qu’on me rende mon argent ou dans sa langue à elle "I want my money back"). Ce qui a permis à l’Angleterre de réduire sa contribution au budget européen au détriment de pays comme la France.
  • Le Royaume-Uni est le seul membre à ne pas contribuer au budget à hauteur de ses revenus : sa part était de 9, 77 % en 2014 contre 14, 56 % pour la France qui possède une population équivalente.

Elle a réussi à amoindrir, par ses coups de boutoir continuels, la Politique agricole commune (PAC) au point que cette dernière dans le budget européen a fondu de 66 % à son lancement en 1962 à 40 % en 2014 (**).

Économique

Je donne ici des extraits de l’article d'Yves Montenay, vice-président d’ALF, paru dans le n°59 de la revue Avenir de la langue française qui pose le problème avec le plus d’acuité.

"L’hégémonie de l’anglais à Bruxelles a des conséquences économiques que connaît peu le grand public.

Le rapport Grin a chiffré à des dizaines de milliards de dollars par an l’avantage pour le Royaume-Uni et ses entreprises. Sa conclusion mérite d’être intégralement citée :

  • Le Royaume-Uni gagne, à titre net, au minimum 10 milliards d’euros par année du fait de la domination actuelle de l’anglais.
  • Si l’on tient compte de l’effet multiplicateur de certaines composantes de cette somme ainsi que du rendement des fonds que les pays anglophones peuvent, du fait de la position privilégiée de leur langue, investir ailleurs, ce total est de 17 à 18 milliards d’euros par année.
  • Ce chiffre serait certainement plus élevé si l’hégémonie de cette langue venait à être renforcée par une priorité que lui concéderaient d’autres États, notamment dans le cadre de leurs politiques éducatives respectives ;
  • Ce chiffre ne tient pas compte de différents effets symboliques (comme l’avantage dont jouissent les locuteurs natifs de la langue hégémonique dans toute situation de négociation ou de conflit se déroulant dans leur langue) ; cependant, ces effets symboliques ont sans doute aussi des répercussions matérielles et financières". (***)

Nous ne devons plus accepter que l’anglais soit la langue dominante de la communauté, au besoin par des actions légitimes au regard de notre seule conscience. Le corset illégal et illégitime dans lequel les puissants du jour veulent nous enfermer doit être combattu et brisé.

  1. Deuxième piste : La reconquête de la langue française à Bruxelles

Cette reconquête n’est pas tributaire du Brexit ou du Non-Brexit comme voudraient nous le faire croire certains commentateurs toujours à la remorque des Britanniques. Peu nous importe le choix définitif que ces derniers feront.

La reconquête de la langue française passe par un affrontement entre le peuple français et Bruxelles.

Passe par un affrontement entre "La République française une et indivisible, notre royaume de France" et Bruxelles et ses serviteurs.

Et nous détenons l’arme dissuasive.

Maurice Druon rappelle le comportement de Mme Thatcher qui disait obstinément "I want my money back". Que ne déclarons-nous, avec la même obstination : "Je veux ma langue !"

La France est un des plus gros contributeurs au budget communautaire : 20 milliards en 2018 contre 18, 7 milliards en 2017.

Potentiellement, il y a là un moyen de pression considérable et décisif. Un levier pour changer la donne, le rapport de force.

Encore faut-il l’utiliser. Ce sera le rôle de notre président s’il exécute les conseils de Paul de Tarse.

Mais le peuple de France y veillera.

Nous pourrions soutenir que nous ne paierons plus notre contribution si la langue française n’est pas remise au niveau qu’elle avait jusqu’ici.

Et nous ne paierons plus si la langue anglaise continue d’être utilisée à Bruxelles alors que les Anglais ont quitté le navire.

Nous ne risquons rien, sauf des remontrances et des sanctions juridiques formelles.

En face du peuple français il y a un tigre de papier ; Bruxelles n’a ni police ni armée pour nous contraindre.

Nous le savons. Le socle de ce système repose sur la servitude volontaire pour reprendre l’expression d’Étienne de La Boétie. Il ne tient qu’à nous de nous affranchir.

Notre langue vaut bien ce combat. Peut-être, le dernier avant qu’il ne soit trop tard.

Nous croyons à une autre Europe, celle qui respectera les nations et leur langue.

Guy Dalens, membre d’Avenir de la Langue Française

 

[1] Cité par M. Druon dans « Ordonnances pour un État malade » et audition devant la commission des affaires étrangères ; Compte-rendu n° 26, mardi 08/02/2005.

[2] À l’exception de la loi n° 94-665 du 04/08/1994, malheureusement mutilée par le Conseil constitutionnel et peu respectée.

[3] Charles Péguy ; Cité par Mme D. Mayer dans son livre du même nom, titre et p. 8.

L’argent suite, « Les Cahiers de la quinzaine », 1913, p.145.

[4] André Breton, « Position politique du surréalisme » (conférence du 01/04/1935, Prague).

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Langue française : Nouvelles de février 2019 (2)

RFI Franck Riester La langue française c’est des valeurs, une histoire, une culture  (15/2) (lien)
Ouest France La langue française est malmenée déplore Franck Riester (15/2) (lien)
LeMonde F Riester Notre langue essentielle au pacte républicain et à la cohésion sociale (lien)
Africa Presse Lexbase lance la 1e base de droit africain francophone avec Droit Afrique (lien)
L'Alsace ENA : la promotion 2018-2019 s'appellera Molière (15/2) (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Cette semaine, je vous en mets plein la vue (lien)

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Langue française : Nouvelles de février 2019 (2)

RFI Franck Riester La langue française c’est des valeurs, une histoire, une culture  (15/2) (lien)
Ouest France La langue française est malmenée déplore Franck Riester (15/2) (lien)
LeMonde F Riester Notre langue essentielle au pacte républicain et à la cohésion sociale (lien)
Africa Presse Lexbase lance la 1e base de droit africain francophone avec Droit Afrique (lien)
L'Alsace ENA : la promotion 2018-2019 s'appellera Molière (15/2) (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Cette semaine, je vous en mets plein la vue (lien)

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André Vallini s'indigne une nouvelle fois contre la démission linguistique

Il faut défendre la langue française contre l'anglais qui la menace... en France même !

Tribune publiée dans Le Figaro du lundi 11 février 2019

Aucun domaine de notre vie ne semble pouvoir résister aux anglicismes. Les centres commerciaux deviennent des outlets, les supermarchés Champion des Carrefour market ou des Carrefour city, les Relais H des Relay, et Monoprix ouvre des Daily Monop. Les slogans en anglais ne se comptent plus comme "Born to be un super papa" de Marionnaud. Dans les rayons des magasins, les termes Man, Woman et Kids deviennent monnaie courante, et les travelors succèdent aux escalators. S'agissant des médias, France Télévisions a lancé une émission intitulée "Actuality" pendant qu'i-Télé, qui avait déjà sa newsroom, est devenue CNews. Dans le domaine culturel, le Musée des arts décoratifs expose "Fashion forward, trois siècles de mode" et les titres des films en anglais ne sont plus traduits. À Paris, après la Design Week et la Fashion Week, l'établissement public de la Défense organise une Urban Week et la faculté Pierre- et-Marie-Curie une Welcome Week. Le Salon du livre cède lui aussi aux anglicismes.

Dans l'entreprise, c'est une invasion. L'anglais s'impose dans la communication externe de Renault avec sa French touch, et même interne chez PSA- Peugeot-Citroën où le plan "Push to Pass" a succédé à "Back to the Race". Dans le monde sportif, le site de la course parisienne Run at Work propose une to do list pour s'inscrire. Elle indique avoir rassemblé 3 500 runners. La course a été suivie d'un run afterwork, où il y avait des food-trucks. Dans l'enseignement supérieur, les écoles de commerce deviennent des business schools, les écoles d'ingénieurs des engineering schools et de plus en plus de cours y sont dispensés en anglais, comme à Sciences Po Paris ou dans certaines universités.

Quant au domaine de l'innovation, l'anglais y est systématiquement utilisé, et pas seulement dans les start-up mais dans l'ensemble de la French Tech à Saclay où le gouvernement a inauguré un LabFactory. Même les entreprises publiques cèdent à la mode : la vénérable SNCF dénomme Work and Station ses nouveaux espaces de bureaux dans les gares, EDF baptise son nouveau compteur Linky, Aéroports de Paris a un service Shop & Collect, Pôle Emploi un Emploi Store et Areva une page We Tell by Areva. Quant à Air France, les messages envoyés à ses clients sont en anglais.

Il devrait être possible de prévoir une clause de francophonie imposant le français dans la moitié au moins des enseignements des écoles de commerce recevant des financements publics

Certes, il n'est pas question de remettre en cause l'enrichissement séculaire de la langue de Molière par celle de Shakespeare, ni d'oublier que l'anglais courant compte aujourd'hui plus de mots français que le français courant ne comporte de mots anglais. Pourtant, il s'agit d'un enjeu bien plus important qu'on ne le croit. Pour unifier la société française d'abord. Un sondage Ifop réalisé en 2017 indique qu'à la question sur les éléments constitutifs du sentiment d'appartenance à la nation, la langue française arrive en tête avec 79 %, devant les valeurs de la République à 64 %, l'histoire de la France et sa culture à 63 %, les droits à 57 % et les symboles que sont le drapeau tricolore et La Marseillaise à 53 %. Et de fait, comment mieux intégrer que par une langue commune tous les enfants de la République quelle que soit leur origine ? Au-delà de la diversité des situations sociales, des opinions ou des croyances religieuses, la langue française devrait rassembler tous ceux qui veulent vivre dans notre pays, et donc en partager · la culture et l'histoire. L'enjeu est également vital pour faire rayonner la France dans le monde. Jamais notre langue n'a connu un tel potentiel de développement grâce à la vitalité démographique de l'Afrique et grâce à l'intérêt que le français suscite en Amérique latine comme Asie. Instituts français et Alliances françaises voient affluer des apprenants toujours plus nombreux. Pour de nombreux peuples, le français reste l'autre langue, celle du refus de la standardisation culturelle et de l'affadissement des identités. Hier comme aujourd'hui, aucun autre pays n'a eu, dans n'a eu, dans l'histoire, la chance et la fierté de voir sa langue choisie par autant d'écrivains venus des cinq continents.

Enfin, la défense du français concourt au développement économique. La francophonie représente 20 % des échanges commerciaux mondiaux. Certains pays francophones connaissent des taux de croissance exceptionnels, d'autres sont de futurs pays émergents. Or deux pays partageant des liens linguistiques tendent à échanger environ 65 % de plus que s'ils en étaient dépourvus, selon le rapport "La francophonie et la francophilie, vecteurs de croissance durable" (Documentation française, 2014). Parler une même langue permet de tisser des liens économiques particuliers en facilitant la communication, la rédaction des contrats, les formalités douanières ou l'installation de succursales. La langue française est la troisième langue des affaires. La francophonie économique pourrait être, beaucoup plus qu'aujourd'hui, un moteur de croissance durable. ·

Alors comment agir et réagir ? D'abord en faisant respecter la loi ! La loi du 4 août 1994 rappelle dans son article 1 que "la langue française [... ] est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France". Cette loi régit l'enseignement, les relations de travail, la consommation, la publicité, les médias, les services publics, l'enseignement et la recherche. Dans le domaine de l'éducation, il faut renforcer l'apprentissage du français : l'orthographe et la grammaire à l'école, la littérature et la poésie au collège ; et au lycée la dimension humaniste et universelle de la francophonie.

Quant aux écoles de commerce recevant des financements publics, il devrait être possible de prévoir une clause de francophonie imposant le français dans la moitié au moins de leurs enseignements. Il ne serait pas inutile d'envisager le même dispositif pour les Instituts d'études politiques, financés par l'argent public. Dans le domaine économique, nous devons sensibiliser entreprises et réseaux consulaires au potentiel de développement que peut représenter l'espace francophone. Enfin, comment oublier que le français fut pendant des siècles la langue des diplomates ? Cette histoire nous fait obligation de faire respecter l'usage du français comme langue officielle aussi bien à Bruxelles qu'aux Nations unies. Sous le précédent quinquennat, je m'y suis employé aussi souvent et fermement que nécessaire, en menaçant par exemple de boycotter un Conseil des ministres européens du développement qui devait ne se tenir qu'en anglais.

La francophonie est une force et cette force, les Français, pourtant amoureux de leur langue comme de leur histoire, ne sont pas toujours les plus vaillants à la défendre. L'exemple vient d'en haut. À l'heure des débats sur la question identitaire, le respect de la langue française devrait s'imposer d'abord aux fameuses élites qui ne se rendent pas compte à quel point leur renoncement à défendre le français contribue à la perte de repères pour les classes populaires et donc à l'affaissement de l'esprit public.

ANDRÉ VALLINI
Membre du gouvernement de 2014 à 2017, André Vallini est sénateur PS de l'Isère.

Nos décideurs ne mesurent pas combien leur désir de ne pas parler français en France choque les classes populaires, argumente l'ancien secrétaire d'État chargé du développement et de la francophonie.

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André Vallini s'indigne une nouvelle fois contre la démission linguistique

Il faut défendre la langue française contre l'anglais qui la menace... en France même !

Tribune publiée dans Le Figaro du lundi 11 février 2019

Aucun domaine de notre vie ne semble pouvoir résister aux anglicismes. Les centres commerciaux deviennent des outlets, les supermarchés Champion des Carrefour market ou des Carrefour city, les Relais H des Relay, et Monoprix ouvre des Daily Monop. Les slogans en anglais ne se comptent plus comme "Born to be un super papa" de Marionnaud. Dans les rayons des magasins, les termes Man, Woman et Kids deviennent monnaie courante, et les travelors succèdent aux escalators. S'agissant des médias, France Télévisions a lancé une émission intitulée "Actuality" pendant qu'i-Télé, qui avait déjà sa newsroom, est devenue CNews. Dans le domaine culturel, le Musée des arts décoratifs expose "Fashion forward, trois siècles de mode" et les titres des films en anglais ne sont plus traduits. À Paris, après la Design Week et la Fashion Week, l'établissement public de la Défense organise une Urban Week et la faculté Pierre- et-Marie-Curie une Welcome Week. Le Salon du livre cède lui aussi aux anglicismes.

Dans l'entreprise, c'est une invasion. L'anglais s'impose dans la communication externe de Renault avec sa French touch, et même interne chez PSA- Peugeot-Citroën où le plan "Push to Pass" a succédé à "Back to the Race". Dans le monde sportif, le site de la course parisienne Run at Work propose une to do list pour s'inscrire. Elle indique avoir rassemblé 3 500 runners. La course a été suivie d'un run afterwork, où il y avait des food-trucks. Dans l'enseignement supérieur, les écoles de commerce deviennent des business schools, les écoles d'ingénieurs des engineering schools et de plus en plus de cours y sont dispensés en anglais, comme à Sciences Po Paris ou dans certaines universités.

Quant au domaine de l'innovation, l'anglais y est systématiquement utilisé, et pas seulement dans les start-up mais dans l'ensemble de la French Tech à Saclay où le gouvernement a inauguré un LabFactory. Même les entreprises publiques cèdent à la mode : la vénérable SNCF dénomme Work and Station ses nouveaux espaces de bureaux dans les gares, EDF baptise son nouveau compteur Linky, Aéroports de Paris a un service Shop & Collect, Pôle Emploi un Emploi Store et Areva une page We Tell by Areva. Quant à Air France, les messages envoyés à ses clients sont en anglais.

Il devrait être possible de prévoir une clause de francophonie imposant le français dans la moitié au moins des enseignements des écoles de commerce recevant des financements publics

Certes, il n'est pas question de remettre en cause l'enrichissement séculaire de la langue de Molière par celle de Shakespeare, ni d'oublier que l'anglais courant compte aujourd'hui plus de mots français que le français courant ne comporte de mots anglais. Pourtant, il s'agit d'un enjeu bien plus important qu'on ne le croit. Pour unifier la société française d'abord. Un sondage Ifop réalisé en 2017 indique qu'à la question sur les éléments constitutifs du sentiment d'appartenance à la nation, la langue française arrive en tête avec 79 %, devant les valeurs de la République à 64 %, l'histoire de la France et sa culture à 63 %, les droits à 57 % et les symboles que sont le drapeau tricolore et La Marseillaise à 53 %. Et de fait, comment mieux intégrer que par une langue commune tous les enfants de la République quelle que soit leur origine ? Au-delà de la diversité des situations sociales, des opinions ou des croyances religieuses, la langue française devrait rassembler tous ceux qui veulent vivre dans notre pays, et donc en partager · la culture et l'histoire. L'enjeu est également vital pour faire rayonner la France dans le monde. Jamais notre langue n'a connu un tel potentiel de développement grâce à la vitalité démographique de l'Afrique et grâce à l'intérêt que le français suscite en Amérique latine comme Asie. Instituts français et Alliances françaises voient affluer des apprenants toujours plus nombreux. Pour de nombreux peuples, le français reste l'autre langue, celle du refus de la standardisation culturelle et de l'affadissement des identités. Hier comme aujourd'hui, aucun autre pays n'a eu, dans n'a eu, dans l'histoire, la chance et la fierté de voir sa langue choisie par autant d'écrivains venus des cinq continents.

Enfin, la défense du français concourt au développement économique. La francophonie représente 20 % des échanges commerciaux mondiaux. Certains pays francophones connaissent des taux de croissance exceptionnels, d'autres sont de futurs pays émergents. Or deux pays partageant des liens linguistiques tendent à échanger environ 65 % de plus que s'ils en étaient dépourvus, selon le rapport "La francophonie et la francophilie, vecteurs de croissance durable" (Documentation française, 2014). Parler une même langue permet de tisser des liens économiques particuliers en facilitant la communication, la rédaction des contrats, les formalités douanières ou l'installation de succursales. La langue française est la troisième langue des affaires. La francophonie économique pourrait être, beaucoup plus qu'aujourd'hui, un moteur de croissance durable. ·

Alors comment agir et réagir ? D'abord en faisant respecter la loi ! La loi du 4 août 1994 rappelle dans son article 1 que "la langue française [... ] est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France". Cette loi régit l'enseignement, les relations de travail, la consommation, la publicité, les médias, les services publics, l'enseignement et la recherche. Dans le domaine de l'éducation, il faut renforcer l'apprentissage du français : l'orthographe et la grammaire à l'école, la littérature et la poésie au collège ; et au lycée la dimension humaniste et universelle de la francophonie.

Quant aux écoles de commerce recevant des financements publics, il devrait être possible de prévoir une clause de francophonie imposant le français dans la moitié au moins de leurs enseignements. Il ne serait pas inutile d'envisager le même dispositif pour les Instituts d'études politiques, financés par l'argent public. Dans le domaine économique, nous devons sensibiliser entreprises et réseaux consulaires au potentiel de développement que peut représenter l'espace francophone. Enfin, comment oublier que le français fut pendant des siècles la langue des diplomates ? Cette histoire nous fait obligation de faire respecter l'usage du français comme langue officielle aussi bien à Bruxelles qu'aux Nations unies. Sous le précédent quinquennat, je m'y suis employé aussi souvent et fermement que nécessaire, en menaçant par exemple de boycotter un Conseil des ministres européens du développement qui devait ne se tenir qu'en anglais.

La francophonie est une force et cette force, les Français, pourtant amoureux de leur langue comme de leur histoire, ne sont pas toujours les plus vaillants à la défendre. L'exemple vient d'en haut. À l'heure des débats sur la question identitaire, le respect de la langue française devrait s'imposer d'abord aux fameuses élites qui ne se rendent pas compte à quel point leur renoncement à défendre le français contribue à la perte de repères pour les classes populaires et donc à l'affaissement de l'esprit public.

ANDRÉ VALLINI
Membre du gouvernement de 2014 à 2017, André Vallini est sénateur PS de l'Isère.

Nos décideurs ne mesurent pas combien leur désir de ne pas parler français en France choque les classes populaires, argumente l'ancien secrétaire d'État chargé du développement et de la francophonie.

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Langue française : Nouvelles de février 2019 (2)

Archimag L'Académie propose une nouvelle version numérique de son dictionnaire (8/2) (lien)
Le Monde des lecteurs Langue : question pour le grand débat (6/2) (lien)
AgoraVox Pasagenoux Eurovision 2019 : demandons l’élimination de Bilal Hassani (lien)
Le Monde des lecteurs Langue : colonialisme culturel (5/2) (lien)
RTL Muriel Gilbert  Quand le salon du livre devient "ze living-room of ze book" (3/2) (lien)

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Langue française : Nouvelles de février 2019 (2)

Archimag L'Académie propose une nouvelle version numérique de son dictionnaire (8/2) (lien)
Le Monde des lecteurs Langue : question pour le grand débat (6/2) (lien)
AgoraVox Pasagenoux Eurovision 2019 : demandons l’élimination de Bilal Hassani (lien)
Le Monde des lecteurs Langue : colonialisme culturel (5/2) (lien)
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nouvelles/Arret2.gifRéactions à l'appel des intellectuels - le 31/01/2019 - 11:47 par MAR

Réactions à l'appel des intellectuels
contre le remplacement du français par l’anglais

Réactions de la presse suite à la tribune parue dans Le Monde du 27 janvier 2019 d'une centaine d'intellectuels s’indignant de voir le "globish" supplanter notre langue, y compris au salon du Livre.

Le Monde des lecteurs Langue : colonialisme culturel (5/2) (lien)
RTL Muriel Gilbert  Quand le salon du livre devient "ze living-room of ze book" (3/2) (lien)
France Info Vous en parlerez aujourd'hui. Parle-t-on encore français au Salon du livre ? (30/1) (lien)
B. Squad À deux mois de Livre Paris, les artistes-auteurs interpellent le ministère de la culture (30/1) (lien)
ActuLitté Le salon Livre Paris, “délinquant culturel” selon un collectif d'écrivains (28/1) (lien)
Le Devoir Trop d’anglais au salon du livre de Paris (28/1) (lien)
Le Monde Dans un salon consacré au livre, et à la littérature française, n’est-il plus possible de parler français ? (26/1) (lien)

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Réactions à l'appel des intellectuels
contre le remplacement du français par l’anglais

Réactions de la presse suite à la tribune parue dans Le Monde du 27 janvier 2019 d'une centaine d'intellectuels s’indignant de voir le "globish" supplanter notre langue, y compris au salon du Livre.

Le Monde des lecteurs Langue : colonialisme culturel (5/2) (lien)
RTL Muriel Gilbert  Quand le salon du livre devient "ze living-room of ze book" (3/2) (lien)
France Info Vous en parlerez aujourd'hui. Parle-t-on encore français au Salon du livre ? (30/1) (lien)
B. Squad À deux mois de Livre Paris, les artistes-auteurs interpellent le ministère de la culture (30/1) (lien)
ActuLitté Le salon Livre Paris, “délinquant culturel” selon un collectif d'écrivains (28/1) (lien)
Le Devoir Trop d’anglais au salon du livre de Paris (28/1) (lien)
Le Monde Dans un salon consacré au livre, et à la littérature française, n’est-il plus possible de parler français ? (26/1) (lien)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de février 2019 - le 31/01/2019 - 11:46 par MAR

Langue française : Nouvelles de février 2019

Numérama Bâtiment intelligent, éclairage autonome… : les concepts de la smart city ont leur traduction française (1/2) (lien)
Michelin massacre la langue française avec sa Better Driving Community !  (lien)
Boulevard Voltaire L’Académie française ne veut pas de Luc Ferry… ni des autres ! (1/2) (lien)

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Langue française : Nouvelles de février 2019

Numérama Bâtiment intelligent, éclairage autonome… : les concepts de la smart city ont leur traduction française (1/2) (lien)
Michelin massacre la langue française avec sa Better Driving Community !  (lien)
Boulevard Voltaire L’Académie française ne veut pas de Luc Ferry… ni des autres ! (1/2) (lien)

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Non, l’anglais ne doit pas remplacer le français !

Une centaine d’écrivains, d’essayistes, de journalistes et d’artistes s’indignent de voir le "globish", un sous-anglais, supplanter notre langue. Y compris au sein du prochain salon Livre Paris.

Tribune parue dans Le Monde des 27 et 28 janvier 2019

Collectif

Pour la deuxième année consécutive, la littérature Young Adult est mise à l’honneur au salon Livre Paris", lit-on sur le site Internet de cette manifestation qu’on appela longtemps le Salon du livre, et qui se tiendra du 15 au 18 mars. A côté de la littérature jeunesse, qui dispose de sa propre "scène" au salon, il y en aurait donc une autre, cette fois "jeune adulte". Passons sur le bien-fondé de cette catégorie qui remonte au succès commercial de Harry Potter – et se distinguerait peut-être d’une littérature "adulte mûr" et d’une troisième "vieil adulte". Mais pourquoi doit-elle être dite en anglais ? Poursuivons notre lecture du site Internet : la "scène YA" accueillera "Le Live" (performances et lectures musicales), une "Bookroom" (un espace de rencontres), un "Brainsto" (discussion entre créateurs), un "Photobooth" (pour laisser une trace sur ses réseaux sociaux). Il était aussi prévu un "Bookquizz", très malheureusement annulé.

Dans les rues, sur la Toile, dans les médias, dans les écoles privées après le bac et dans les universités, partout, en fait, l’anglais tend à remplacer peu à peu le français – à la vitesse d’un mot par jour. Chacun le sait, et beaucoup d’entre nous l’acceptent comme si c’était le cours naturel de l’évolution, confondant la mondialisation avec l’hégémonisme linguistique. Mais même dans un salon du livre en France ? A Paris, dans un salon consacré au livre et accessoirement à la littérature, n’est-il plus possible de parler français ?

Pour nous, intellectuels, écrivains, enseignants, journalistes et amoureux de cette langue venus de tous les horizons, "Young Adult" représente la goutte d’eau qui fait déborder le vase de notre indulgence, de notre fatalisme parfois. Ce "Young Adult", parce qu’il parle ici de littérature francophone et parce qu’il s’adresse délibérément à la jeunesse francophone en quête de lectures, est de trop. Il devient soudain une agression, une insulte, un acte insupportable de délinquance culturelle.

Nous ne reviendrons pas ici longuement sur les raisons de ce seul véritable et indéniable "grand remplacement" : celui du français par l’anglais, voire par ce sous-anglais qu’on appelle le globish. Nous savons qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de mode, de modernité chic. Nous savons fort bien qu’il s’agit au fond de commerce et de mercatique, d’impérialisme linguistique pour mieux vendre partout les mêmes produits, de colonialisme culturel accompagnant la mondialisation économique. Pervertissant jusqu’à l’inconscient de la responsable de la programmation de la "scène YA", qui écrivait à l’un d’entre nous trouver spontanément le mot "bookroom" plus "dynamique" que n’importe quel équivalent français.

Nous disons à ceux qui collaborent activement à ce remplacement qu’ils commettent, à leur insu ou délibérément, une atteinte grave à une culture et à une pensée plus que millénaires, et que partagent près de 300 millions de francophones. Nous demandons aux responsables du Syndicat national de l’édition et de Livre Paris d’exclure toute terminologie anglaise lorsqu’elle n’est pas indispensable, et donc de remplacer l’anglais par le français sur la scène d’une littérature dont nous leur laissons le soin d’inventer le nom dans notre langue.

PROTÉGER LES JEUNES DE L’UNIFORMITÉ

Nous demandons au ministre de la culture de veiller, avec bien plus d’énergie qu’il ne le fait, à la défense et au respect de la langue française dans sa sphère de compétences. Aucune subvention ne peut être accordée à une manifestation culturelle où un seul mot français serait remplacé inutilement par un mot anglais.

Nous demandons au ministre de l’éducation de renforcer la protection des Français les plus jeunes face aux agressions de l’uniformité linguistique mondiale. Aucun mot anglais inutile ne doit paraître dans les programmes scolaires. Les cours de français doivent comprendre la redécouverte et la réinvention de notre langue par les élèves, aujourd’hui victimes d’un globish abrutissant.

Cette atteinte croissante à notre langue est d’autant plus pernicieuse qu’elle s’opère à petit feu. Ainsi, beaucoup d’entre nous la tolèrent-ils. A ceux qui la prennent à la légère, nous demandons de méditer ce que pensait Victor Hugo de toute innovation contraire au génie de notre langue : un "attentat aux premiers principes du goût". Mais comme près de deux siècles ont passé, nous leur demandons aussi de prendre conscience de la violence illégitime et même souvent illégale de cette destruction de notre patrimoine culturel, et des dommages irréversibles qu’elle y commet, et les appelons à prendre part à ce grand projet : inventer en langue française.

Giorgio Agamben, philosophe ; Albert Algoud, humoriste et écrivain ;
François Angelier, journaliste et auteur ; Salim Bachi, écrivain ;
Muriel Barbery, écrivaine ; Olivier Barrot, journaliste et écrivain ;
Yahia Belaskri, écrivain ; Tahar Ben Jelloun, écrivain ;
Zéno Bianu, poète et dramaturge ; Yves Bichet, écrivain ;
Jean-Marie Blas de Roblès, écrivain ; Evelyne Bloch-Dano, écrivaine ;
Alain Blottière, écrivain ; Philippe Bordas, photographe et écrivain ;
Alain Borer, écrivain et poète ; Michel Braudeau, écrivain et éditeur ;
Belinda Cannone, écrivaine et professeur d’université ; Gérard Cartier, écrivain et poète ;
Julien Cendres, écrivain ; Jean-Yves Cendrey, écrivain ;
Marie-Claude Char, éditrice ; François Chaslin, architecte et critique ;
Jean-Loup Chiflet, écrivain et éditeur ; Jean-Luc Coatalem, écrivain et journaliste ;
Collectif dé-coïncidence ; François Jullien, philosophe et sinologue ;
Esther Lin, traductrice ; Pascal David, philosophe ;
Marc Guillaume, économiste et éditeur ; François L’Yvonnet, philosophe et éditeur ;
Philippe Ratte, historien ; Béatrice Commengé, écrivaine et traductrice ;
Pascal Commère, écrivain et poète ; Antoine Compagnon, écrivain, professeur au Collège de France ;
Gérard de Cortanze, écrivain et éditeur ; Gilles Costaz, journaliste et dramaturge ;
Teresa Cremisi, écrivaine et éditrice ; Catherine Cusset, écrivaine ;
Seyhmus Dagtekin, écrivain et poète ; Charles Dantzig, écrivain et éditeur ;
François Debluë, écrivain et poète ; Didier Decoin, écrivain et scénariste ;
Michel Deguy, poète et essayiste ; Jean-Michel Delacomptée, écrivain ;
Vincent Delecroix, philosophe et écrivain ; François-Henri Désérable, écrivain ;
Patrick Deville, écrivain ; Arthur Dreyfus, écrivain ;
David Dumortier, écrivain ; Benoît Duteurtre, écrivain ;
Jean-Louis Ezine, écrivain et critique littéraire ; Vladimir Fédorovski, écrivain ;
Colette Fellous, écrivaine et éditrice ; Dominique Fernandez, écrivain ;
Pascal Fioretto, journaliste et écrivain ; Patrick Fort, écrivain ;
Paul Fournel, écrivain ; Jean-Louis Fournier, écrivain ;
Luc Fraisse, critique littéraire ; Olivier Frébourg, écrivain et éditeur ;
Philippe Fréling, écrivain et cinéaste ; Gilles Gauthier, écrivain et traducteur ;
Michèle Gazier, écrivaine et éditrice ; Pierre Gazio, écrivain ;
Guy Goffette, écrivain et poète ; Jean-Michel Guenassia, écrivain ;
André Guyaux, professeur d’université ; Nathalie Heinich, sociologue ;
Armelle Héliot, journaliste et critique de théâtre ; Noël Herpe, écrivain et cinéaste ;
Laure Hillerin, écrivaine et biographe ; Fabienne Jacob, écrivaine ;
Salim Jay, écrivain et essayiste ; Pierre Jourde, écrivain ;
Jean-Marie Laclavetine, écrivain et éditeur ; Didier Lamaison, écrivain et traducteur ;
Michel Le Bris, écrivain ; Pierre Lepape, journaliste et écrivain ;
Pierre-Yves Leprince, scénographe et écrivain ; Michèle Lesbre, écrivaine ;
Gérard Macé, écrivain et poète ; Mona Makki, productrice et réalisatrice ;
Jean-Baptiste Malartre, comédien ; Mohamed Métalsi, universitaire et urbaniste ;
Catherine Millet, écrivaine et critique d’art ; Claudia Moatti, historienne ;
Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste ; Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue ;
Sophie Nauleau, écrivaine ; Marie NDiaye, écrivaine ;
Dominique Noguez, écrivain ; Pascal Ory, historien ;
Jean-Noël Pancrazi, écrivain ; Chantal Pelletier, écrivaine ;
Serge Pey, poète ; Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien ;
Denis Podalydès, acteur et metteur en scène ; Jérôme Prieur, écrivain et cinéaste ;
Philippe Renonçay, écrivain ; Olivier Rolin, écrivain et éditeur ;
François Rollin, auteur et humoriste ; Danièle Sallenave, écrivaine ;
Lydie Salvayre, écrivaine ; Dominique Sampiero, écrivain et scénariste ;
Boualem Sansal, écrivain ; Eric Sarner, écrivain et poète ;
Anne Serre, écrivaine ; Michel Serres, philosophe ;
Jean-Pierre Siméon, poète, dramaturge et éditeur ; Gilbert Sinoué, écrivain ;
Leïla Slimani, écrivaine ; Olivier Steiner, écrivain ;
Laurence Tacou, éditrice ; Abdellah Taïa, écrivain et cinéaste ;
Tito Topin, scénariste et écrivain ; Émilie de Turckheim, écrivaine ;
André Velter, poète ; Monique Vincent, enseignante ;
Catherine Virlouvet, historienne ; Olivier Weber, écrivain et grand reporter

non_lemonde_27-01-2019.jpg

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Non, l’anglais ne doit pas remplacer le français !

Une centaine d’écrivains, d’essayistes, de journalistes et d’artistes s’indignent de voir le "globish", un sous-anglais, supplanter notre langue. Y compris au sein du prochain salon Livre Paris.

Tribune parue dans Le Monde des 27 et 28 janvier 2019

Collectif

Pour la deuxième année consécutive, la littérature Young Adult est mise à l’honneur au salon Livre Paris", lit-on sur le site Internet de cette manifestation qu’on appela longtemps le Salon du livre, et qui se tiendra du 15 au 18 mars. A côté de la littérature jeunesse, qui dispose de sa propre "scène" au salon, il y en aurait donc une autre, cette fois "jeune adulte". Passons sur le bien-fondé de cette catégorie qui remonte au succès commercial de Harry Potter – et se distinguerait peut-être d’une littérature "adulte mûr" et d’une troisième "vieil adulte". Mais pourquoi doit-elle être dite en anglais ? Poursuivons notre lecture du site Internet : la "scène YA" accueillera "Le Live" (performances et lectures musicales), une "Bookroom" (un espace de rencontres), un "Brainsto" (discussion entre créateurs), un "Photobooth" (pour laisser une trace sur ses réseaux sociaux). Il était aussi prévu un "Bookquizz", très malheureusement annulé.

Dans les rues, sur la Toile, dans les médias, dans les écoles privées après le bac et dans les universités, partout, en fait, l’anglais tend à remplacer peu à peu le français – à la vitesse d’un mot par jour. Chacun le sait, et beaucoup d’entre nous l’acceptent comme si c’était le cours naturel de l’évolution, confondant la mondialisation avec l’hégémonisme linguistique. Mais même dans un salon du livre en France ? A Paris, dans un salon consacré au livre et accessoirement à la littérature, n’est-il plus possible de parler français ?

Pour nous, intellectuels, écrivains, enseignants, journalistes et amoureux de cette langue venus de tous les horizons, "Young Adult" représente la goutte d’eau qui fait déborder le vase de notre indulgence, de notre fatalisme parfois. Ce "Young Adult", parce qu’il parle ici de littérature francophone et parce qu’il s’adresse délibérément à la jeunesse francophone en quête de lectures, est de trop. Il devient soudain une agression, une insulte, un acte insupportable de délinquance culturelle.

Nous ne reviendrons pas ici longuement sur les raisons de ce seul véritable et indéniable "grand remplacement" : celui du français par l’anglais, voire par ce sous-anglais qu’on appelle le globish. Nous savons qu’il ne s’agit pas seulement d’une question de mode, de modernité chic. Nous savons fort bien qu’il s’agit au fond de commerce et de mercatique, d’impérialisme linguistique pour mieux vendre partout les mêmes produits, de colonialisme culturel accompagnant la mondialisation économique. Pervertissant jusqu’à l’inconscient de la responsable de la programmation de la "scène YA", qui écrivait à l’un d’entre nous trouver spontanément le mot "bookroom" plus "dynamique" que n’importe quel équivalent français.

Nous disons à ceux qui collaborent activement à ce remplacement qu’ils commettent, à leur insu ou délibérément, une atteinte grave à une culture et à une pensée plus que millénaires, et que partagent près de 300 millions de francophones. Nous demandons aux responsables du Syndicat national de l’édition et de Livre Paris d’exclure toute terminologie anglaise lorsqu’elle n’est pas indispensable, et donc de remplacer l’anglais par le français sur la scène d’une littérature dont nous leur laissons le soin d’inventer le nom dans notre langue.

PROTÉGER LES JEUNES DE L’UNIFORMITÉ

Nous demandons au ministre de la culture de veiller, avec bien plus d’énergie qu’il ne le fait, à la défense et au respect de la langue française dans sa sphère de compétences. Aucune subvention ne peut être accordée à une manifestation culturelle où un seul mot français serait remplacé inutilement par un mot anglais.

Nous demandons au ministre de l’éducation de renforcer la protection des Français les plus jeunes face aux agressions de l’uniformité linguistique mondiale. Aucun mot anglais inutile ne doit paraître dans les programmes scolaires. Les cours de français doivent comprendre la redécouverte et la réinvention de notre langue par les élèves, aujourd’hui victimes d’un globish abrutissant.

Cette atteinte croissante à notre langue est d’autant plus pernicieuse qu’elle s’opère à petit feu. Ainsi, beaucoup d’entre nous la tolèrent-ils. A ceux qui la prennent à la légère, nous demandons de méditer ce que pensait Victor Hugo de toute innovation contraire au génie de notre langue : un "attentat aux premiers principes du goût". Mais comme près de deux siècles ont passé, nous leur demandons aussi de prendre conscience de la violence illégitime et même souvent illégale de cette destruction de notre patrimoine culturel, et des dommages irréversibles qu’elle y commet, et les appelons à prendre part à ce grand projet : inventer en langue française.

Giorgio Agamben, philosophe ; Albert Algoud, humoriste et écrivain ;
François Angelier, journaliste et auteur ; Salim Bachi, écrivain ;
Muriel Barbery, écrivaine ; Olivier Barrot, journaliste et écrivain ;
Yahia Belaskri, écrivain ; Tahar Ben Jelloun, écrivain ;
Zéno Bianu, poète et dramaturge ; Yves Bichet, écrivain ;
Jean-Marie Blas de Roblès, écrivain ; Evelyne Bloch-Dano, écrivaine ;
Alain Blottière, écrivain ; Philippe Bordas, photographe et écrivain ;
Alain Borer, écrivain et poète ; Michel Braudeau, écrivain et éditeur ;
Belinda Cannone, écrivaine et professeur d’université ; Gérard Cartier, écrivain et poète ;
Julien Cendres, écrivain ; Jean-Yves Cendrey, écrivain ;
Marie-Claude Char, éditrice ; François Chaslin, architecte et critique ;
Jean-Loup Chiflet, écrivain et éditeur ; Jean-Luc Coatalem, écrivain et journaliste ;
Collectif dé-coïncidence ; François Jullien, philosophe et sinologue ;
Esther Lin, traductrice ; Pascal David, philosophe ;
Marc Guillaume, économiste et éditeur ; François L’Yvonnet, philosophe et éditeur ;
Philippe Ratte, historien ; Béatrice Commengé, écrivaine et traductrice ;
Pascal Commère, écrivain et poète ; Antoine Compagnon, écrivain, professeur au Collège de France ;
Gérard de Cortanze, écrivain et éditeur ; Gilles Costaz, journaliste et dramaturge ;
Teresa Cremisi, écrivaine et éditrice ; Catherine Cusset, écrivaine ;
Seyhmus Dagtekin, écrivain et poète ; Charles Dantzig, écrivain et éditeur ;
François Debluë, écrivain et poète ; Didier Decoin, écrivain et scénariste ;
Michel Deguy, poète et essayiste ; Jean-Michel Delacomptée, écrivain ;
Vincent Delecroix, philosophe et écrivain ; François-Henri Désérable, écrivain ;
Patrick Deville, écrivain ; Arthur Dreyfus, écrivain ;
David Dumortier, écrivain ; Benoît Duteurtre, écrivain ;
Jean-Louis Ezine, écrivain et critique littéraire ; Vladimir Fédorovski, écrivain ;
Colette Fellous, écrivaine et éditrice ; Dominique Fernandez, écrivain ;
Pascal Fioretto, journaliste et écrivain ; Patrick Fort, écrivain ;
Paul Fournel, écrivain ; Jean-Louis Fournier, écrivain ;
Luc Fraisse, critique littéraire ; Olivier Frébourg, écrivain et éditeur ;
Philippe Fréling, écrivain et cinéaste ; Gilles Gauthier, écrivain et traducteur ;
Michèle Gazier, écrivaine et éditrice ; Pierre Gazio, écrivain ;
Guy Goffette, écrivain et poète ; Jean-Michel Guenassia, écrivain ;
André Guyaux, professeur d’université ; Nathalie Heinich, sociologue ;
Armelle Héliot, journaliste et critique de théâtre ; Noël Herpe, écrivain et cinéaste ;
Laure Hillerin, écrivaine et biographe ; Fabienne Jacob, écrivaine ;
Salim Jay, écrivain et essayiste ; Pierre Jourde, écrivain ;
Jean-Marie Laclavetine, écrivain et éditeur ; Didier Lamaison, écrivain et traducteur ;
Michel Le Bris, écrivain ; Pierre Lepape, journaliste et écrivain ;
Pierre-Yves Leprince, scénographe et écrivain ; Michèle Lesbre, écrivaine ;
Gérard Macé, écrivain et poète ; Mona Makki, productrice et réalisatrice ;
Jean-Baptiste Malartre, comédien ; Mohamed Métalsi, universitaire et urbaniste ;
Catherine Millet, écrivaine et critique d’art ; Claudia Moatti, historienne ;
Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste ; Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue ;
Sophie Nauleau, écrivaine ; Marie NDiaye, écrivaine ;
Dominique Noguez, écrivain ; Pascal Ory, historien ;
Jean-Noël Pancrazi, écrivain ; Chantal Pelletier, écrivaine ;
Serge Pey, poète ; Ernest Pignon-Ernest, artiste plasticien ;
Denis Podalydès, acteur et metteur en scène ; Jérôme Prieur, écrivain et cinéaste ;
Philippe Renonçay, écrivain ; Olivier Rolin, écrivain et éditeur ;
François Rollin, auteur et humoriste ; Danièle Sallenave, écrivaine ;
Lydie Salvayre, écrivaine ; Dominique Sampiero, écrivain et scénariste ;
Boualem Sansal, écrivain ; Eric Sarner, écrivain et poète ;
Anne Serre, écrivaine ; Michel Serres, philosophe ;
Jean-Pierre Siméon, poète, dramaturge et éditeur ; Gilbert Sinoué, écrivain ;
Leïla Slimani, écrivaine ; Olivier Steiner, écrivain ;
Laurence Tacou, éditrice ; Abdellah Taïa, écrivain et cinéaste ;
Tito Topin, scénariste et écrivain ; Émilie de Turckheim, écrivaine ;
André Velter, poète ; Monique Vincent, enseignante ;
Catherine Virlouvet, historienne ; Olivier Weber, écrivain et grand reporter

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (5)

ActuaLitté Riad Sattouf parrain de la Semaine de la langue française et de la Francophonie (29/1) (lien)
Le Devoir L’Europe francophone (28/1) (lien)
Le Figaro 10 mots belges, canadiens et suisses pour briller quand la neige se met à tomber (25/1) (lien)
L'Express 6 mois et toujours pas de version française : qui se préoccupe du statut du français à l’ONU ?  (lien)
Oui les langues Le budget de l'Institut Français en hausse : une chance pour la langue française (lien)
IfProfs Rapport 2018 de l’OIF sur la langue française dans le monde : synthèse et vidéo en ligne  (lien)

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L'Express 6 mois et toujours pas de version française : qui se préoccupe du statut du français à l’ONU ?  (lien)
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IfProfs Rapport 2018 de l’OIF sur la langue française dans le monde : synthèse et vidéo en ligne  (lien)

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (4)

Le Monde A Tunis, l’obligation de l’arabe sur les enseignes fait débat (16/1) (lien)
Le Point Comment la France réinvestit dans sa diplomatie culturelle (16/1) (lien)
Le Devoir Le fédéral accorde 1,9 million à l’Université de l’Ontario français (14/1) (lien)
Prof. spectacle Ph. Kaminski  échec du français au détriment du globish franglais ? (lien)
Journal des femmes Écriture inclusive : un vrai outil pour l'égalité hommes-femmes ? (lien)
BFM TV "Fracture, "infox"... Voici les mots qui ont marqué les médias en 2018 (14/1) (lien)

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Le Point Comment la France réinvestit dans sa diplomatie culturelle (16/1) (lien)
Le Devoir Le fédéral accorde 1,9 million à l’Université de l’Ontario français (14/1) (lien)
Prof. spectacle Ph. Kaminski  échec du français au détriment du globish franglais ? (lien)
Journal des femmes Écriture inclusive : un vrai outil pour l'égalité hommes-femmes ? (lien)
BFM TV "Fracture, "infox"... Voici les mots qui ont marqué les médias en 2018 (14/1) (lien)

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (3)

Le Figaro L'orthographe, cette arme de séduction (15/1) (lien)
L'Union 2019, l’année des grands travaux à Villers-Cotterêts (11/1) (lien)
Lyon capitale Alain Rey "Il faut un ministère de la langue française" (9/1) (lien)
Sud info Les Francophones de Flandre rencontrent le Président du groupe d’experts "minorités nationales" (lien)
_______________________________________________________________________

Peut-être enfin du nouveau pour les francophones brimés dans la Flandre belge ?

Nos amis de l'APFF, qui soutiennent de leur côté nos combats en France, nous envoient ce communiqué, qui peut nourrir l'espoir de voir plus de 300 000 francophones de Flandre défendus par la Belgique, avec un consentement forcé des partis très nationalistes au pouvoir en Flandre. A.S.

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (3)

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L'Union 2019, l’année des grands travaux à Villers-Cotterêts (11/1) (lien)
Lyon capitale Alain Rey "Il faut un ministère de la langue française" (9/1) (lien)
Sud info Les Francophones de Flandre rencontrent le Président du groupe d’experts "minorités nationales" (lien)
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Peut-être enfin du nouveau pour les francophones brimés dans la Flandre belge ?

Nos amis de l'APFF, qui soutiennent de leur côté nos combats en France, nous envoient ce communiqué, qui peut nourrir l'espoir de voir plus de 300 000 francophones de Flandre défendus par la Belgique, avec un consentement forcé des partis très nationalistes au pouvoir en Flandre. A.S.

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (2)

Le Figaro 5 mots français intraduisibles en anglais (9/1) (lien)
La libre Afrique Faire du français "la langue de l’internet", le défi de Louise Mushikiwabo (7/1) (lien)
Officiel de la médiation Quel féminin pour la profession de "médiateur" ? (7/1) (lien)
Aurore boréale 2019 : les nouveaux mots de la langue française (lien)
L'Express Michel Feltin Pourquoi il faut défendre le français contre le franglais (lien)

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (2)

Le Figaro 5 mots français intraduisibles en anglais (9/1) (lien)
La libre Afrique Faire du français "la langue de l’internet", le défi de Louise Mushikiwabo (7/1) (lien)
Officiel de la médiation Quel féminin pour la profession de "médiateur" ? (7/1) (lien)
Aurore boréale 2019 : les nouveaux mots de la langue française (lien)
L'Express Michel Feltin Pourquoi il faut défendre le français contre le franglais (lien)

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La citoyenneté francophone une arme
contre la trahison de notre élite dévoyée

par Guy Dalens

I – Pourquoi une citoyenneté francophone

La langue française est en danger de mort.

L’élite française ne veut plus parler sa propre langue. Tout se passe comme si elle avait honte de la parler en public. Il suffit d’observer cette caste d’administrateurs, de gestionnaires, de dirigeants, de hauts fonctionnaires (1), dans les instances internationales ; d’une manière générale elle préférera utiliser la langue anglaise pour exprimer sa position, alors que rien ne l’y oblige, par esprit de soumission. Elle n’a tout simplement plus le courage et probablement la fermeté pour faire face à elle-même et à l’environnement anglo-américain.

Colonisée dans l’esprit, cette caste n’est plus en mesure de porter le flambeau de la langue française. Avec elle, nous regrettons de le dire, nous ne sommes plus dans le même cercle,

nous ne sommes plus représentés, nous ne partageons plus les mêmes valeurs.

Ce que ces esprits forts ignorent ou ne veulent pas voir, c’est que la langue n’est pas seulement un enjeu culturel, il est aussi un enjeu financier, économique et concurrentiel. La concurrence entre les langues est une réalité masquée, impitoyable, l’une disparaît, l’autre s’accroche, ne veut pas crever, ne veut pas se soumettre à l’envahisseur au visage avenant. L’abandon de sa propre langue au profit de l’anglais a aussi un coût. Et ce coût est élevé pour nous. Il est par contre tout bénéfique pour l’anglais. Le rapport Grin (2) nous le démontre puisqu’il le chiffre a plusieurs milliards à notre détriment. Puisse cet aspect financier faire infléchir les chantres de la langue anglo-américaine et les amener à changer leur comportement.

Michel Serres, de l’Académie française, avait déjà tout dit en 1993 :

Ce qui se passe est grave, "l’un des pires moments que notre culture ait traversés. Je veux parler de la perte de la langue française dans le milieu des décideurs". Ceux-ci "sont en train d’éradiquer la langue française. Que ce soit dans la finance, la science, le commerce, la publicité, plus personne parmi les riches ne parle le français. La langue française est devenue la langue des pauvres. Ce consentement des décideurs à l’anglais commence vraiment à ressembler à une collaboration, et la défense de la langue française à la résistance". (3)

II - Que faire ?

Pour garder sa vitalité, la langue française doit contourner son élite défaillante, la dépasser, la concurrencer. Il faut faire apparaître une force nouvelle, une élite francophone, seule à même de reprendre le flambeau de la langue française, de faire prendre conscience à l’autre qu’elle n’est plus unique. Il lui faut donc rassembler ses alliés, ses locuteurs de par le monde, quelle que soit leur origine, par la reconnaissance d’une citoyenneté francophone. La citoyenneté francophone permettra d’unifier des éléments isolés tout en donnant consistance à la francophonie. Lou qui-s mude, Diu l’ajude. (4)

La citoyenneté francophone est un moyen juridique destiné à réaliser l’unité de la diaspora francophone, avec pour objectif le maintien du statut de la langue française en France et dans le monde, aussi bien dans les organisations internationales que dans les relations culturelles, scientifiques, militaires et économiques.

III - Un précédent

Cette proposition de citoyenneté francophone a un précédent juridique et historique. Il s’agit de notre Constitution du 4 octobre 1958, voulue par le Général De Gaulle et Michel Debré. Le titre XII de la Constitution était intitulé "De la Communauté" (articles 77, alinéa 2 et 3). Cette Communauté était une association entre la République française et douze États africains et malgache. Elle prévoyait :

  • Une citoyenneté unique ;
  • Un Sénat de la Communauté, composé de délégués ;
  • Il était également prévu un Conseil exécutif présidé par le président de la Communauté, en fait le président de la République et composé des Premiers ministres des États membres de la Communauté et d’une cour arbitrale chargée de statuer sur les litiges entre les membres de la communauté.

Cette disposition a disparu de la Constitution en 1992.

IV – Rôle de l’État

L’État français, par un acte unilatéral et souverain instaure, organise et attribue la citoyenneté francophone. Il s’agit d’un acte de "realpolitik" (5). Il manifeste ainsi sa volonté d’accorder une citoyenneté francophone à certaines personnes installées à l’étranger ou sur le territoire national mais n’ayant pas nationalité française. Ces personnes peuvent être des citoyens de pays francophones ou de pays non francophones ou encore des apatrides. Le postulant doit réunir cinq conditions : demande officielle motivée ; maîtrise avérée de la langue française ; approbation de la candidature par une instance habilitée par l’État français ; casier judiciaire vierge ; participation à la cérémonie sur la citoyenneté francophone.

Dans le même temps, l’État français instaure une "Assemblée de la francophonie" composée de membres élus par les citoyens francophones, à côté de "l’Assemblée nationale" et du "Sénat".

Droits et devoirs attachés à la citoyenneté francophone :

Droits :

  • L’impétrant a droit à un passeport francophone ;
  • Il peut s’installer en France pour y séjourner, travailler, enseigner ou y faire des études ;
  • Il dispose du droit de vote pour désigner les membres de l’Assemblée de la francophonie ;
  • Il peut être candidat à cette assemblée ;
  • S’il est installé à l’étranger il peut demander l’assistance ses services consulaires et diplomatiques de la France.

Devoirs :

  • Si l’impétrant est installé hors de France, il s’engage à promouvoir la langue française et reste en contact avec l’instance habilitée avec laquelle il rend compte des actions qu’il a menées ;
  • Si l’intéressé est installé en France, il est soumis aux mêmes devoirs que le citoyen français.

La décision de l’État français a pour effet de créer une double nationalité pour le locuteur francophone qui l’a demandée et obtenue, quel que soit le pays du demandeur : nationalité de son pays et citoyenneté du demandeur. Bien évidemment, la décision octroyant la citoyenneté francophone n’a d’effet que sur la zone territoriale où l’État français est souverain. Cette situation amène à dissocier la langue française d’un territoire particulier. Ainsi se trouve concrétisé la réflexion de Camus "Oui, j’ai une patrie, la langue française" réflexion reprise, sous une autre forme, par MM. Maurice Druon et Erik Orsenna.

V - Sélection des candidats

L’accès à la citoyenneté francophone repose sur un critère unique : la maîtrise de la langue française. La proposition de l’État français s’adresse à des personnes physiques, individuelles et secondairement à des États. C’est la raison pour laquelle la proposition ne s’appuie pas sur l’article 87 du titre XIV de la Constitution de 1958 modifiée lequel ne vise que les États et les peuples qui ont le français en partage. Mais rien n’exclut d’y faire référence dans le cadre des pouvoirs régaliens de l’État français d’accorder la nationalité française ou francophone.

Par maîtrise de la langue française, il faut entendre la capacité du candidat à comprendre et parler la langue française. L’instance habilitée à examiner les candidatures devra faire preuve de discernement, en particulier, en appréciant le postulant dans un esprit dynamique.

VI – Conséquences

  1. La Convention de Schengen est remise en cause sur le fondement du texte sur la citoyenneté francophone et de la clause de droit international "Rebus sic stantibus" selon laquelle dans un traité les choses restent en l’état tant que les circonstances dans lesquelles ledit traité a été conclu n’ont pas changé. Si les circonstances viennent à changer ou à être profondément altérées, le traité perd sa force et sa raison d’être. Le rétablissement des frontières en découle.
  2. Le regroupement familial est supprimé.
  3. Le texte sur la citoyenneté, dans son application, permettra de filtrer l’immigration sauvage et incontrôlée.

Guy Dalens
membre d’Avenir de la Langue Française


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(1) La liste des lauréats de la "Carpette anglaise" est une bonne représentation de cette élite.
"Carpette anglaise" : prix d’indignité civique décerné annuellement, depuis 1999, à un membre de l’élite française qui s’est distingué par son zèle à promouvoir la domination de l’anglais en France et dans les instances européennes, au détriment de la langue française. Ce prix distingue plus spécialement les déserteurs de la langue française.

(2) Rapport Grin : https://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/054000678.pdf

(3) Michel Serres : entretien dans le "Nouvel Observateur", 4-10 novembre 1993.

(4) Proverbe gascon : "Celui qui bouge, qui se donne du mouvement, Dieu lui vient en aide."

(5) Realpolitik : dans notre cas, politique étrangère fondée sur l’analyse des rapports de force linguistiques et l’intérêt national et francophone.

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La citoyenneté francophone une arme
contre la trahison de notre élite dévoyée

par Guy Dalens

I – Pourquoi une citoyenneté francophone

La langue française est en danger de mort.

L’élite française ne veut plus parler sa propre langue. Tout se passe comme si elle avait honte de la parler en public. Il suffit d’observer cette caste d’administrateurs, de gestionnaires, de dirigeants, de hauts fonctionnaires (1), dans les instances internationales ; d’une manière générale elle préférera utiliser la langue anglaise pour exprimer sa position, alors que rien ne l’y oblige, par esprit de soumission. Elle n’a tout simplement plus le courage et probablement la fermeté pour faire face à elle-même et à l’environnement anglo-américain.

Colonisée dans l’esprit, cette caste n’est plus en mesure de porter le flambeau de la langue française. Avec elle, nous regrettons de le dire, nous ne sommes plus dans le même cercle,

nous ne sommes plus représentés, nous ne partageons plus les mêmes valeurs.

Ce que ces esprits forts ignorent ou ne veulent pas voir, c’est que la langue n’est pas seulement un enjeu culturel, il est aussi un enjeu financier, économique et concurrentiel. La concurrence entre les langues est une réalité masquée, impitoyable, l’une disparaît, l’autre s’accroche, ne veut pas crever, ne veut pas se soumettre à l’envahisseur au visage avenant. L’abandon de sa propre langue au profit de l’anglais a aussi un coût. Et ce coût est élevé pour nous. Il est par contre tout bénéfique pour l’anglais. Le rapport Grin (2) nous le démontre puisqu’il le chiffre a plusieurs milliards à notre détriment. Puisse cet aspect financier faire infléchir les chantres de la langue anglo-américaine et les amener à changer leur comportement.

Michel Serres, de l’Académie française, avait déjà tout dit en 1993 :

Ce qui se passe est grave, "l’un des pires moments que notre culture ait traversés. Je veux parler de la perte de la langue française dans le milieu des décideurs". Ceux-ci "sont en train d’éradiquer la langue française. Que ce soit dans la finance, la science, le commerce, la publicité, plus personne parmi les riches ne parle le français. La langue française est devenue la langue des pauvres. Ce consentement des décideurs à l’anglais commence vraiment à ressembler à une collaboration, et la défense de la langue française à la résistance". (3)

II - Que faire ?

Pour garder sa vitalité, la langue française doit contourner son élite défaillante, la dépasser, la concurrencer. Il faut faire apparaître une force nouvelle, une élite francophone, seule à même de reprendre le flambeau de la langue française, de faire prendre conscience à l’autre qu’elle n’est plus unique. Il lui faut donc rassembler ses alliés, ses locuteurs de par le monde, quelle que soit leur origine, par la reconnaissance d’une citoyenneté francophone. La citoyenneté francophone permettra d’unifier des éléments isolés tout en donnant consistance à la francophonie. Lou qui-s mude, Diu l’ajude. (4)

La citoyenneté francophone est un moyen juridique destiné à réaliser l’unité de la diaspora francophone, avec pour objectif le maintien du statut de la langue française en France et dans le monde, aussi bien dans les organisations internationales que dans les relations culturelles, scientifiques, militaires et économiques.

III - Un précédent

Cette proposition de citoyenneté francophone a un précédent juridique et historique. Il s’agit de notre Constitution du 4 octobre 1958, voulue par le Général De Gaulle et Michel Debré. Le titre XII de la Constitution était intitulé "De la Communauté" (articles 77, alinéa 2 et 3). Cette Communauté était une association entre la République française et douze États africains et malgache. Elle prévoyait :

  • Une citoyenneté unique ;
  • Un Sénat de la Communauté, composé de délégués ;
  • Il était également prévu un Conseil exécutif présidé par le président de la Communauté, en fait le président de la République et composé des Premiers ministres des États membres de la Communauté et d’une cour arbitrale chargée de statuer sur les litiges entre les membres de la communauté.

Cette disposition a disparu de la Constitution en 1992.

IV – Rôle de l’État

L’État français, par un acte unilatéral et souverain instaure, organise et attribue la citoyenneté francophone. Il s’agit d’un acte de "realpolitik" (5). Il manifeste ainsi sa volonté d’accorder une citoyenneté francophone à certaines personnes installées à l’étranger ou sur le territoire national mais n’ayant pas nationalité française. Ces personnes peuvent être des citoyens de pays francophones ou de pays non francophones ou encore des apatrides. Le postulant doit réunir cinq conditions : demande officielle motivée ; maîtrise avérée de la langue française ; approbation de la candidature par une instance habilitée par l’État français ; casier judiciaire vierge ; participation à la cérémonie sur la citoyenneté francophone.

Dans le même temps, l’État français instaure une "Assemblée de la francophonie" composée de membres élus par les citoyens francophones, à côté de "l’Assemblée nationale" et du "Sénat".

Droits et devoirs attachés à la citoyenneté francophone :

Droits :

  • L’impétrant a droit à un passeport francophone ;
  • Il peut s’installer en France pour y séjourner, travailler, enseigner ou y faire des études ;
  • Il dispose du droit de vote pour désigner les membres de l’Assemblée de la francophonie ;
  • Il peut être candidat à cette assemblée ;
  • S’il est installé à l’étranger il peut demander l’assistance ses services consulaires et diplomatiques de la France.

Devoirs :

  • Si l’impétrant est installé hors de France, il s’engage à promouvoir la langue française et reste en contact avec l’instance habilitée avec laquelle il rend compte des actions qu’il a menées ;
  • Si l’intéressé est installé en France, il est soumis aux mêmes devoirs que le citoyen français.

La décision de l’État français a pour effet de créer une double nationalité pour le locuteur francophone qui l’a demandée et obtenue, quel que soit le pays du demandeur : nationalité de son pays et citoyenneté du demandeur. Bien évidemment, la décision octroyant la citoyenneté francophone n’a d’effet que sur la zone territoriale où l’État français est souverain. Cette situation amène à dissocier la langue française d’un territoire particulier. Ainsi se trouve concrétisé la réflexion de Camus "Oui, j’ai une patrie, la langue française" réflexion reprise, sous une autre forme, par MM. Maurice Druon et Erik Orsenna.

V - Sélection des candidats

L’accès à la citoyenneté francophone repose sur un critère unique : la maîtrise de la langue française. La proposition de l’État français s’adresse à des personnes physiques, individuelles et secondairement à des États. C’est la raison pour laquelle la proposition ne s’appuie pas sur l’article 87 du titre XIV de la Constitution de 1958 modifiée lequel ne vise que les États et les peuples qui ont le français en partage. Mais rien n’exclut d’y faire référence dans le cadre des pouvoirs régaliens de l’État français d’accorder la nationalité française ou francophone.

Par maîtrise de la langue française, il faut entendre la capacité du candidat à comprendre et parler la langue française. L’instance habilitée à examiner les candidatures devra faire preuve de discernement, en particulier, en appréciant le postulant dans un esprit dynamique.

VI – Conséquences

  1. La Convention de Schengen est remise en cause sur le fondement du texte sur la citoyenneté francophone et de la clause de droit international "Rebus sic stantibus" selon laquelle dans un traité les choses restent en l’état tant que les circonstances dans lesquelles ledit traité a été conclu n’ont pas changé. Si les circonstances viennent à changer ou à être profondément altérées, le traité perd sa force et sa raison d’être. Le rétablissement des frontières en découle.
  2. Le regroupement familial est supprimé.
  3. Le texte sur la citoyenneté, dans son application, permettra de filtrer l’immigration sauvage et incontrôlée.

Guy Dalens
membre d’Avenir de la Langue Française


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(1) La liste des lauréats de la "Carpette anglaise" est une bonne représentation de cette élite.
"Carpette anglaise" : prix d’indignité civique décerné annuellement, depuis 1999, à un membre de l’élite française qui s’est distingué par son zèle à promouvoir la domination de l’anglais en France et dans les instances européennes, au détriment de la langue française. Ce prix distingue plus spécialement les déserteurs de la langue française.

(2) Rapport Grin : https://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/054000678.pdf

(3) Michel Serres : entretien dans le "Nouvel Observateur", 4-10 novembre 1993.

(4) Proverbe gascon : "Celui qui bouge, qui se donne du mouvement, Dieu lui vient en aide."

(5) Realpolitik : dans notre cas, politique étrangère fondée sur l’analyse des rapports de force linguistiques et l’intérêt national et francophone.

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nouvelles2018/facsa.jpgYves Bouchereau Speak globish - Les FACSA - le 07/01/2019 - 15:37 par MAR

Speak globish – Les FACSA

Recension du livre d'Yves Bouchereau : Les FACSA  

Yves Bouchereau, essayiste franco-québécois, spécialiste de l’enseignement du français langue étrangère, nous donne, aux éditions Sydney Laurent, avec son livre : "Speak globish – Les FACSA", un pamphlet salutaire. Les FACSA sont les "Français Auto-Colonisés Sous-américains Anglomaniaques". En fait, il "tacle" aussi les autres communautés organisées de langue maternelle française dominante : les Québécois, Wallons, Suisses romands et jurassiens. Il accuse, avec d’excellentes citations et des arguments qui font joyeusement - et hélas tristement – mouche, les gouvernements, les médias, les entreprises, la publicité, les sports, une bonne partie des élites qui donnent le ton dans nos pays de langue maternelle française dominante et tendent, en fait, à remplacer le français par un "globish anglo-américain" destructeur des langues nationales, et, finalement, de la culture, de notre civilisation humaniste.

Il commence par mesurer très bien la profondeur du mal dans trop de domaines. Après Peyrefitte dans son "C’était De Gaulle", il cite le Général, si pertinent : "Le snobisme anglo-saxon de la bourgeoisie française est quelque chose de terrifiant. (…) Il y a chez nous toute une bande de lascars qui ont la vocation de la servilité".

Son livre contient des références utiles à l’action de nos associations en synergie, et, surtout, propose des pistes pour sortir du défaitisme, de l’abandon, du sabotage, et de la soumission au grand remplacement linguistique. Surtout pour la France, qui fait honte à la Francophonie, alors qu’elle devrait en redevenir un phare.

Je cite son éloquente conclusion : "Comme notre longue histoire le prouve, avec de la volonté tout est possible. La France a connu des heures de gloire, mais aussi des grands malheurs. Elle s’est toujours redressée. L’heure de la vérité a sonné, une fois de plus. La France ne doit pas perdre son identité. La résistance doit s’organiser pour la sauvegarde de nos biens les plus précieux, notre langue et notre culture." Albert Salon.

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Speak globish – Les FACSA

Recension du livre d'Yves Bouchereau : Les FACSA  

Yves Bouchereau, essayiste franco-québécois, spécialiste de l’enseignement du français langue étrangère, nous donne, aux éditions Sydney Laurent, avec son livre : "Speak globish – Les FACSA", un pamphlet salutaire. Les FACSA sont les "Français Auto-Colonisés Sous-américains Anglomaniaques". En fait, il "tacle" aussi les autres communautés organisées de langue maternelle française dominante : les Québécois, Wallons, Suisses romands et jurassiens. Il accuse, avec d’excellentes citations et des arguments qui font joyeusement - et hélas tristement – mouche, les gouvernements, les médias, les entreprises, la publicité, les sports, une bonne partie des élites qui donnent le ton dans nos pays de langue maternelle française dominante et tendent, en fait, à remplacer le français par un "globish anglo-américain" destructeur des langues nationales, et, finalement, de la culture, de notre civilisation humaniste.

Il commence par mesurer très bien la profondeur du mal dans trop de domaines. Après Peyrefitte dans son "C’était De Gaulle", il cite le Général, si pertinent : "Le snobisme anglo-saxon de la bourgeoisie française est quelque chose de terrifiant. (…) Il y a chez nous toute une bande de lascars qui ont la vocation de la servilité".

Son livre contient des références utiles à l’action de nos associations en synergie, et, surtout, propose des pistes pour sortir du défaitisme, de l’abandon, du sabotage, et de la soumission au grand remplacement linguistique. Surtout pour la France, qui fait honte à la Francophonie, alors qu’elle devrait en redevenir un phare.

Je cite son éloquente conclusion : "Comme notre longue histoire le prouve, avec de la volonté tout est possible. La France a connu des heures de gloire, mais aussi des grands malheurs. Elle s’est toujours redressée. L’heure de la vérité a sonné, une fois de plus. La France ne doit pas perdre son identité. La résistance doit s’organiser pour la sauvegarde de nos biens les plus précieux, notre langue et notre culture." Albert Salon.

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de janvier 2019 - le 07/01/2019 - 15:23 par MAR

Langue française : Nouvelles de janvier 2019

France Inter La marche de l'histoire très intéressante émission La ré-invention du français avec Bernard Cerquiglini (3/1) (lien)
Le Figaro Irrépétible, ultra petita : jargonneuse, la justice simplifie son langage (lien)
ActuaLitte "Une vigilance constante" contre l'anglophonisation de la France (3/1) (lien)
Le Figaro 10 mots français qu'aiment les Allemands (3/1) (lien)
Le Figaro 10 résolutions linguistiques pour 2019 (2/1) (lien)

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Langue française : Nouvelles de janvier 2019

France Inter La marche de l'histoire très intéressante émission La ré-invention du français avec Bernard Cerquiglini (3/1) (lien)
Le Figaro Irrépétible, ultra petita : jargonneuse, la justice simplifie son langage (lien)
ActuaLitte "Une vigilance constante" contre l'anglophonisation de la France (3/1) (lien)
Le Figaro 10 mots français qu'aiment les Allemands (3/1) (lien)
Le Figaro 10 résolutions linguistiques pour 2019 (2/1) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (6)

Monde Informatique Le vocabulaire de l'Intelligence artificielle adapté en français (lien)
Atlantico Grevisse, le Petit Bon Usage de la Langue française de C. Fairon et A.-C. Simon : cadeau, pas seulement pour les amoureux de la langue française (24/12) (lien)
Lire-Écrire L'écriture cursive bientôt abandonnée ? (27/12) (lien)
Le Figaro 10 mots français que les Anglais adorent (27/12) (lien)
L'Express Pourquoi il faut défendre le français contre le franglais (24/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (6)

Monde Informatique Le vocabulaire de l'Intelligence artificielle adapté en français (lien)
Atlantico Grevisse, le Petit Bon Usage de la Langue française de C. Fairon et A.-C. Simon : cadeau, pas seulement pour les amoureux de la langue française (24/12) (lien)
Lire-Écrire L'écriture cursive bientôt abandonnée ? (27/12) (lien)
Le Figaro 10 mots français que les Anglais adorent (27/12) (lien)
L'Express Pourquoi il faut défendre le français contre le franglais (24/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (5)

Le Devoir Loi 101: la fermeté affichée de la ministre Roy (22/12) (lien)
Le Figaro 2 Québécois analysent la langue et les expressions des Français (20/12) (lien)
L'Express Comment parle-t-on français au Canada ? (17/12) (lien)
Fondation pour la langue française Et si des sportifs avaient envie de s’exprimer plus aisément en français ? (lien)
Le Figaro 10 mots de l'arabe que l'on dit tous les jours (17/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (5)

Le Devoir Loi 101: la fermeté affichée de la ministre Roy (22/12) (lien)
Le Figaro 2 Québécois analysent la langue et les expressions des Français (20/12) (lien)
L'Express Comment parle-t-on français au Canada ? (17/12) (lien)
Fondation pour la langue française Et si des sportifs avaient envie de s’exprimer plus aisément en français ? (lien)
Le Figaro 10 mots de l'arabe que l'on dit tous les jours (17/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (4)

Libération Barbara Cassin La langue française n’est pas statique, elle est faite pour changer (14/12) (lien)
Néon Artisan, commandant, auteur… Comment écrire ces mots au féminin ? (17/12) (lien)
Le Figaro Et le mot de l'année 2018 est... (14/12) (lien)
Au féminin Vivre notre belle langue française. (13/12) (lien)
Le site info L’ambassade de France veut renforcer la langue française au Maroc (12/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (4)

Libération Barbara Cassin La langue française n’est pas statique, elle est faite pour changer (14/12) (lien)
Néon Artisan, commandant, auteur… Comment écrire ces mots au féminin ? (17/12) (lien)
Le Figaro Et le mot de l'année 2018 est... (14/12) (lien)
Au féminin Vivre notre belle langue française. (13/12) (lien)
Le site info L’ambassade de France veut renforcer la langue française au Maroc (12/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (3)

Nice-Matin Cette enseignante utilise une méthode tellement ludique que ses élèves lui réclament plus de dictées" (11/12) (lien)
actu.fr "Infox", "populisme", "inclusion"… élisez le mot de l’année 2018 (11/12) (lien)
Numerama Exit la "toile d’araignée mondiale" : le "web" se traduit maintenant par "toile" (10/12) (lien)
Le Figaro "Forwarder" : ne faites plus la faute ! (11/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (3)

Nice-Matin Cette enseignante utilise une méthode tellement ludique que ses élèves lui réclament plus de dictées" (11/12) (lien)
actu.fr "Infox", "populisme", "inclusion"… élisez le mot de l’année 2018 (11/12) (lien)
Numerama Exit la "toile d’araignée mondiale" : le "web" se traduit maintenant par "toile" (10/12) (lien)
Le Figaro "Forwarder" : ne faites plus la faute ! (11/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (2)

Numerama Ne dites plus "revenge porn" et "mouse jacking", mais "pornodivulgation" et "vol à la souris"  (8/12) (lien)
Tv5Monde lance sa nouvelle offre numérique dédiée a la langue française (lien)
La Minute L’AUF et Radio France Internationale (RFI) lancent le "Prix des jeunes écritures" ? (8/12) (lien)
Impératif français Prix de la Carpette anglaise (lien)
Académie Française Dire ne pas dire (8/12) (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (2)

Numerama Ne dites plus "revenge porn" et "mouse jacking", mais "pornodivulgation" et "vol à la souris"  (8/12) (lien)
Tv5Monde lance sa nouvelle offre numérique dédiée a la langue française (lien)
La Minute L’AUF et Radio France Internationale (RFI) lancent le "Prix des jeunes écritures" ? (8/12) (lien)
Impératif français Prix de la Carpette anglaise (lien)
Académie Française Dire ne pas dire (8/12) (lien)

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nouvelles2018/olivier_schrameck.jpgOlivier Schrameck Carpette anglaise 2018 - le 07/12/2018 - 11:02 par MAR

La Carpette nouvelle est arrivée !
Olivier Schrameck, président du CSA
Carpette anglaise 2018

L’académie de la Carpette anglaise n’a pas souhaité désigner le président de la République, par souci de ne pas attenter à la fonction. Toutefois, elle s’inquiète de ses interventions réitérées en anglais, en France comme à l’étranger.

* * *

Au second tour de scrutin, l’académie de la Carpette anglaise a désigné Olivier Schrameck, président du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), pour avoir refusé d’exercer les pouvoirs qui lui incombent en matière de respect de la langue française dans les chaînes de radio et de télévision. Ce prix lui a été attribué par 7 voix contre 6 à la Fédération du commerce et de la distribution pour la propagation agressive du Black Friday américain.

À titre étranger 2, l’académie de la Carpette anglaise a décerné son prix à Doug Ford, Premier ministre de la province canadienne de l’Ontario, pour avoir annoncé l’abandon du projet de l’université francophone de l’Ontario français à Toronto, province bilingue. Ce prix lui a été attribué par sept voix contre cinq à Louise Mushikiwabo, nommée secrétaire générale de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), alors qu’elle n’a cessé de promouvoir l’anglais au détriment du français au Rouanda.

Que déshonneur leur soit rendu !


1 Dominique Noguez, Philippe de Saint Robert, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Eugénie Bastié, Natacha Polony, Ilyès Zouari sont membres de l’académie de la Carpette anglaise.

2 Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
Courriel : parlerfranc@aol.com
Académie de la Carpette anglaise, Le Droit de comprendre, 222 avenue de Versailles - 75016 Paris

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La Carpette nouvelle est arrivée !
Olivier Schrameck, président du CSA
Carpette anglaise 2018

L’académie de la Carpette anglaise n’a pas souhaité désigner le président de la République, par souci de ne pas attenter à la fonction. Toutefois, elle s’inquiète de ses interventions réitérées en anglais, en France comme à l’étranger.

* * *

Au second tour de scrutin, l’académie de la Carpette anglaise a désigné Olivier Schrameck, président du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), pour avoir refusé d’exercer les pouvoirs qui lui incombent en matière de respect de la langue française dans les chaînes de radio et de télévision. Ce prix lui a été attribué par 7 voix contre 6 à la Fédération du commerce et de la distribution pour la propagation agressive du Black Friday américain.

À titre étranger 2, l’académie de la Carpette anglaise a décerné son prix à Doug Ford, Premier ministre de la province canadienne de l’Ontario, pour avoir annoncé l’abandon du projet de l’université francophone de l’Ontario français à Toronto, province bilingue. Ce prix lui a été attribué par sept voix contre cinq à Louise Mushikiwabo, nommée secrétaire générale de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), alors qu’elle n’a cessé de promouvoir l’anglais au détriment du français au Rouanda.

Que déshonneur leur soit rendu !


1 Dominique Noguez, Philippe de Saint Robert, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Eugénie Bastié, Natacha Polony, Ilyès Zouari sont membres de l’académie de la Carpette anglaise.

2 Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
Courriel : parlerfranc@aol.com
Académie de la Carpette anglaise, Le Droit de comprendre, 222 avenue de Versailles - 75016 Paris

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018

Bravo l'AFRAV gagne on procès contre la Maison de Céramique de Sèvres ! (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Pourquoi l'anglais a-t-il l'air si moderne ? (lien)
Le Soleil Francophones : Trudeau "déçu" de Doug Ford (lien)
Infopresse Francopub - savoir bien utiliser la langue française en publicité (lien)
Mode(s) d'emploi "C’est dans le pipe", "shooter des mails", les 100 expressions à bannir (à tout jamais) au bureau (lien)

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Langue française : Nouvelles de décembre 2018

Bravo l'AFRAV gagne on procès contre la Maison de Céramique de Sèvres ! (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Pourquoi l'anglais a-t-il l'air si moderne ? (lien)
Le Soleil Francophones : Trudeau "déçu" de Doug Ford (lien)
Infopresse Francopub - savoir bien utiliser la langue française en publicité (lien)
Mode(s) d'emploi "C’est dans le pipe", "shooter des mails", les 100 expressions à bannir (à tout jamais) au bureau (lien)

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nouvelles2018/villers-cotterets.jpgLe grand projet du château de Villers-Cotterêts avance - le 28/11/2018 - 16:43 par Albert_Salon

Le grand projet d'Institut de la Francophonie
au château de Villers-Cotterêts avance :

 Il vient d’entrer en réalisation, par l’affectation de crédits 2019 !

Les associations Avenir de la Langue française (ALF) et Forum francophone international (FFI-France), présidées par Albert Salon, portent depuis 2001 le grand projet d’Institut de documentation, de recherches, de concertation et débats, sur les pays francophones, leurs cultures et leurs liens, la formation de leurs cadres dans l’intérêt communautaire, depuis leur appel du 9 novembre 2001, au balcon du "Plaisir" où François 1er, en août 1539, promulgua son ordonnance sur l’état-civil et - surtout – sur la langue française.

Nos associations savaient, ce faisant, devoir se heurter à la vacuité des caisses de l’État et de l’OIF, et à beaucoup d’indifférence et d’aboulie.

Les 17 années entre 2001 et 2018 ont été employées par les organisateurs à créer et étendre un Comité de soutien composé de hautes et très diverses personnalités françaises et étrangères, à sensibiliser les gouvernements français successifs et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à l’intérêt du projet pour la France et l’ensemble de la Francophonie, et à chercher des mécènes et des parraineurs, en France et ailleurs.

Elles sont même allées, par des canaux privilégiés, à solliciter le Qatar à la faveur de son entrée, presque par effraction dans l’OIF, directement en qualité de "membre associé", en sautant la case de "membre observateur".

Quête opiniâtre mais en apparence vaine, jusqu‘à l’élection présidentielle française de 2017.

Il se trouve – Stéphane Bern, Jacques Krabal et d’autres intervenants aidant – que le couple présidentiel, saisi en février puis juin 2017 par nos soins, y a porté d’emblée un vif intérêt.

Le Président a annoncé officiellement son adoption le 16 septembre 2017, journée du Patrimoine, à Port-Marly, au château Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, natif de Villers-Cotterêts. Déclarant, entouré de Mme Nyssen et de Stéphane Bern : "Nous restaurerons Villers-Cotterêts et en ferons le château de la Francophonie".

Il a ensuite repris les éléments de notre dossier pertinent le 20 mars 2018, journée mondiale de la Francophonie, dans la présentation de sa politique du français et de la Francophonie, sous la Coupole de l’Institut de France, devant les Académiciens, et les médias.

Peu après, la réalisation a été confiée, au sein du ministère de la Culture, au Directeur du Centre des Monuments nationaux, M. Philippe Belaval ; et deux architectes, dont M. Wilmotte, ont été désignés. Instruction a été donné au ministère de l’Équipement de prévoir l’élargissement à 4 voies de la route qui relie Villers-Cotterêts à l’autoroute du Nord.

Le 19 octobre 2018, dans la présentation par M. Édouard Philippe de la réforme de l'État, plus précisément dans les feuilles de route données aux ministres, celui de la Culture est invité à "assurer la rénovation phasée du château de Villers-Cotterêts en vue de l'implantation d'un centre de la Francophonie", (et à) "développer les partenariats à l'international" (ndlr : notamment, peut-être, avec Abu Dhabi et l'Arabie saoudienne, selon nos propositions ?...). En novembre, le nouveau Délégué Général à la langue française (DGLF), M. Paul de Sinety, et le Conseiller au Cabinet du ministre de la Culture sont aussi missionnés pour s’en occuper, chacun selon ses domaines propres de compétences.

Avec l’inscription en novembre 2018 des crédits (112 M d’euros) de restauration au budget 2019 du ministère de la Culture, un pas très important vient d’être franchi vers la réalisation du grand projet d’Institut de la Francophonie et de la diversité culturelle au château de Villers-Cotterêts."

Toutes les Institutions, tous les mécènes et parraineurs, peuvent s’intéresser à ce magnifique projet oint par l’Élysée, et proposer leurs services et aides aux responsables de sa mise en œuvre…

Albert Salon

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Le grand projet d'Institut de la Francophonie
au château de Villers-Cotterêts avance :

 Il vient d’entrer en réalisation, par l’affectation de crédits 2019 !

Les associations Avenir de la Langue française (ALF) et Forum francophone international (FFI-France), présidées par Albert Salon, portent depuis 2001 le grand projet d’Institut de documentation, de recherches, de concertation et débats, sur les pays francophones, leurs cultures et leurs liens, la formation de leurs cadres dans l’intérêt communautaire, depuis leur appel du 9 novembre 2001, au balcon du "Plaisir" où François 1er, en août 1539, promulgua son ordonnance sur l’état-civil et - surtout – sur la langue française.

Nos associations savaient, ce faisant, devoir se heurter à la vacuité des caisses de l’État et de l’OIF, et à beaucoup d’indifférence et d’aboulie.

Les 17 années entre 2001 et 2018 ont été employées par les organisateurs à créer et étendre un Comité de soutien composé de hautes et très diverses personnalités françaises et étrangères, à sensibiliser les gouvernements français successifs et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à l’intérêt du projet pour la France et l’ensemble de la Francophonie, et à chercher des mécènes et des parraineurs, en France et ailleurs.

Elles sont même allées, par des canaux privilégiés, à solliciter le Qatar à la faveur de son entrée, presque par effraction dans l’OIF, directement en qualité de "membre associé", en sautant la case de "membre observateur".

Quête opiniâtre mais en apparence vaine, jusqu‘à l’élection présidentielle française de 2017.

Il se trouve – Stéphane Bern, Jacques Krabal et d’autres intervenants aidant – que le couple présidentiel, saisi en février puis juin 2017 par nos soins, y a porté d’emblée un vif intérêt.

Le Président a annoncé officiellement son adoption le 16 septembre 2017, journée du Patrimoine, à Port-Marly, au château Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, natif de Villers-Cotterêts. Déclarant, entouré de Mme Nyssen et de Stéphane Bern : "Nous restaurerons Villers-Cotterêts et en ferons le château de la Francophonie".

Il a ensuite repris les éléments de notre dossier pertinent le 20 mars 2018, journée mondiale de la Francophonie, dans la présentation de sa politique du français et de la Francophonie, sous la Coupole de l’Institut de France, devant les Académiciens, et les médias.

Peu après, la réalisation a été confiée, au sein du ministère de la Culture, au Directeur du Centre des Monuments nationaux, M. Philippe Belaval ; et deux architectes, dont M. Wilmotte, ont été désignés. Instruction a été donné au ministère de l’Équipement de prévoir l’élargissement à 4 voies de la route qui relie Villers-Cotterêts à l’autoroute du Nord.

Le 19 octobre 2018, dans la présentation par M. Édouard Philippe de la réforme de l'État, plus précisément dans les feuilles de route données aux ministres, celui de la Culture est invité à "assurer la rénovation phasée du château de Villers-Cotterêts en vue de l'implantation d'un centre de la Francophonie", (et à) "développer les partenariats à l'international" (ndlr : notamment, peut-être, avec Abu Dhabi et l'Arabie saoudienne, selon nos propositions ?...). En novembre, le nouveau Délégué Général à la langue française (DGLF), M. Paul de Sinety, et le Conseiller au Cabinet du ministre de la Culture sont aussi missionnés pour s’en occuper, chacun selon ses domaines propres de compétences.

Avec l’inscription en novembre 2018 des crédits (112 M d’euros) de restauration au budget 2019 du ministère de la Culture, un pas très important vient d’être franchi vers la réalisation du grand projet d’Institut de la Francophonie et de la diversité culturelle au château de Villers-Cotterêts."

Toutes les Institutions, tous les mécènes et parraineurs, peuvent s’intéresser à ce magnifique projet oint par l’Élysée, et proposer leurs services et aides aux responsables de sa mise en œuvre…

Albert Salon

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (6)


Afrik.com Comment l’OIF a été instrumentalisée par la France ? (26/11) (lien)
Monde lecteurs Ph Bures (Vancouver) vous serez complètement assimilés par les Anglais (lien)
HuffPost Ontario : vers une autre bataille du français contre l'anglais ? (21/11) (lien)
Le Figaro 5 mots que vous confondez sans le vouloir (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Bilinguisme, immigrés et préjugés (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (6)


Afrik.com Comment l’OIF a été instrumentalisée par la France ? (26/11) (lien)
Monde lecteurs Ph Bures (Vancouver) vous serez complètement assimilés par les Anglais (lien)
HuffPost Ontario : vers une autre bataille du français contre l'anglais ? (21/11) (lien)
Le Figaro 5 mots que vous confondez sans le vouloir (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Bilinguisme, immigrés et préjugés (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (5)

Le Figaro  Le Grevisse prend des couleurs pour plaire aux collégiens (20/11) (lien)
LCI  Dites "aveugle", ne dites pas "malvoyant" ! (20/11) (lien)
Radio-Canada Les combats historiques des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro 5 mots que l'on prononce mal (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (5)

Le Figaro  Le Grevisse prend des couleurs pour plaire aux collégiens (20/11) (lien)
LCI  Dites "aveugle", ne dites pas "malvoyant" ! (20/11) (lien)
Radio-Canada Les combats historiques des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro 5 mots que l'on prononce mal (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (4)

Le Devoir La classe politique québécoise à la défense des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro Éliane Viennot La langue française n'est pas misogyne (16/11) (lien)
Le Point Comment le Petit Larousse choisit de supprimer des mots (15/11) (lien)
La Tribune La francophonie des affaires dynamisée au cœur de la capitale française (16/11) (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (4)

Le Devoir La classe politique québécoise à la défense des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro Éliane Viennot La langue française n'est pas misogyne (16/11) (lien)
Le Point Comment le Petit Larousse choisit de supprimer des mots (15/11) (lien)
La Tribune La francophonie des affaires dynamisée au cœur de la capitale française (16/11) (lien)

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nouvelles2018/france-inter-se-reve-ricaine.jpgFrance Inter se rêve ricaine - le 19/11/2018 - 14:47 par MAR

France Inter se rêve ricaine

Pour fêter quelque frémissement de son audience, France Inter, se croyant originale, s'offre des pages de publicité avec un slogan sous-Trump, sous-Macron : "MAKE RADIO GREAT AGAIN".

Il ne suffisait pas à cette radio d'avoir des chansons états-uniennes omniprésentes et d'avoir son journal de plus grande écoute (celui de 8h) très ricano-centré : ouverture sur des discours de Trump (même si c'est pour le critiquer), petites bisbilles de la société états-unienne et de ses vedettes étalées de long en large, promotions poussées de films et de disques de même provenance (appelés "films Inter" ou "disques Inter" !).

Maintenant France Inter communique en ricain dans le texte ! Ne lui rappelez pas qu'il s'agit une chaîne de service public française.
Sans doute espère-t-elle se faire bientôt rebaptiser US Inter

MAR

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France Inter se rêve ricaine

Pour fêter quelque frémissement de son audience, France Inter, se croyant originale, s'offre des pages de publicité avec un slogan sous-Trump, sous-Macron : "MAKE RADIO GREAT AGAIN".

Il ne suffisait pas à cette radio d'avoir des chansons états-uniennes omniprésentes et d'avoir son journal de plus grande écoute (celui de 8h) très ricano-centré : ouverture sur des discours de Trump (même si c'est pour le critiquer), petites bisbilles de la société états-unienne et de ses vedettes étalées de long en large, promotions poussées de films et de disques de même provenance (appelés "films Inter" ou "disques Inter" !).

Maintenant France Inter communique en ricain dans le texte ! Ne lui rappelez pas qu'il s'agit une chaîne de service public française.
Sans doute espère-t-elle se faire bientôt rebaptiser US Inter

MAR

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (3)

ActuaLitté Paul de Sinety nommé délégué général à la langue française (14/11) (lien)
France Culture La langue a-t-elle un sexe ? (14/11) (lien)
Sorb'on Le phénomène du "franglais" à la fac (10/11) (lien)
Collaboracheune : Après les timbres Mickey, la Poste lance sa French Bank (lien)
France Culture P. Guyotat prix littéraires : une forme de palmarès incontestable (7/11) (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (3)

ActuaLitté Paul de Sinety nommé délégué général à la langue française (14/11) (lien)
France Culture La langue a-t-elle un sexe ? (14/11) (lien)
Sorb'on Le phénomène du "franglais" à la fac (10/11) (lien)
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France Culture P. Guyotat prix littéraires : une forme de palmarès incontestable (7/11) (lien)

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Saint-Laurent profane le Palais-Royal
en anglais !

Le Palais-Royal, au cœur de Paris, siège du Ministère de la Culture (!), du Conseil constitutionnel et du Conseil d'État est utilisé par une manifestation privée pour un couturier "français" qui communique entièrement en anglais.
Merci Saint-Laurent ! Merci à tous les bons petits soldats de la colonisation anglo-saxonne à l'origine de cet affichage ! 
Merci aux services publics qui ont permis cet affichage en toute illégalité :

MAR

saint_laurent_self_1.jpg saint_laurent_self_2.jpg
saint_laurent_self_3.jpg saint_laurent_self_4.jpg

Bravo !

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Saint-Laurent profane le Palais-Royal
en anglais !

Le Palais-Royal, au cœur de Paris, siège du Ministère de la Culture (!), du Conseil constitutionnel et du Conseil d'État est utilisé par une manifestation privée pour un couturier "français" qui communique entièrement en anglais.
Merci Saint-Laurent ! Merci à tous les bons petits soldats de la colonisation anglo-saxonne à l'origine de cet affichage ! 
Merci aux services publics qui ont permis cet affichage en toute illégalité :

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Bravo !

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (2)


Le Figaro 5 erreurs à éviter lors de votre entretien d'embauche ? (lien)
La Voix du Nord Une bonne nouvelle pour le français que cette "infox" ? (lien)
Le Figaro Prononcez-vous correctement ces mots de la langue française ? (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (2)


Le Figaro 5 erreurs à éviter lors de votre entretien d'embauche ? (lien)
La Voix du Nord Une bonne nouvelle pour le français que cette "infox" ? (lien)
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Francophonie.gifEt si on lançait un visa biométrique francophone - le 05/11/2018 - 17:40 par Yves_Montenay

Et si on lançait un "visa biométrique francophone" ?

Dans la foulée du sommet de la Francophonie à Erevan et en visant celui de Tunis en 2020, Fahrat Othman, Tunisien, a publié une tribune dans Contrepoints d’octobre 2018 préconisant la création d’un "visa francophone". Il reprend ainsi une vieille idée de notre association, que nous sommes heureux de voir resurgir. Commençons par exposer brièvement son projet.

La thèse de Fahrat Othman

Le "visa biométrique francophone de circulation" serait valable entre pays francophones. Il devrait être parfaitement fiable en termes sécuritaires, et pourrait être réservé dans un premier temps, à un espace restreint rassemblant les pays francophones démocratiques 1. On peut supposer que l’auteur pense aux pays du Nord et, au Sud, au moins à la Tunisie.

Il relie ce projet à "L’Appel pour le vivre ensemble" qu’il qualifie d’acte majeur du sommet d’Erevan, et en justifie l’urgence par la détérioration de la situation du français. Au Québec, il ne pourrait plus compter sur la fibre nationaliste des générations précédentes, tandis qu’en Afrique il est menacé par le rouleau compresseur des identitaires nationalistes, dont, à mon avis, les islamistes. Et il espère que les jeunes seront séduits, puisque ce qui leur importe c’est de pouvoir circuler librement.

Et il ajoute un mot d’économie, souvent préoccupation prioritaire, car la construction d’une Francophonie économique avec une sorte de "préférence communautaire" est, de notre point de vue, un très important facteur de cohésion de la Francophonie organisée 2 : la libre circulation des élites économiques est une condition nécessaire du développement. Il pense même au problème démographique, que l’ouverture culturelle permettrait d’atténuer. Ce que j’ai démontré dans mes propres travaux universitaires, probablement inconnus de l’auteur. La libre circulation devait devrait également générer une pression démocratique..

La position de notre association

S’agissant d’une de nos vieilles idées, nous ne pouvons que nous réjouir de la voir relancée. Elle rejoint d’ailleurs une suggestion plus modeste, mais symbolique, émise par Xavier Deniau, Jean-Marc-Léger, Philippe Rossillon et nos associations, reprise notamment dans 2 le rapport Attali de 2014, d’un guichet réservé aux possesseurs d’un passeport de pays membres de l’OIF 2 dans les aéroports internationaux.

Il faudrait néanmoins rajouter quelques précisions, notamment du fait de l’allergie aiguë à l’immigration chez une grande partie de la population de France et de quelques autres pays membres de l’OIF 2, dont le Maroc et l’Algérie, qui sont également la destination de nombreux subsahariens. Les commentaires à l’article de Ferhat Othman ont d’ailleurs été virulents, le plus poli d’entre eux le qualifiant de "moyen détourné pour rendre légale l’immigration africaine en France".

Il faut donc être prudent, ne serait-ce que pour ne pas voir ce projet violemment rejeté.

D’abord l’auteur précise "visa biométrique", pour éviter l’inconvénient des "vrais faux" documents d’identité qui permettent à beaucoup d’Africains de bénéficier indûment du regroupement familial au Nord

Mais il faut probablement être encore plus restrictif, surtout pendant une période de rodage. Une idée à préciser serait de réserver le visa à certaines catégories de la population (et non à certains États, ce qui poserait des problèmes diplomatiques aigus), les enseignants de français ayant une priorité, ainsi que les dirigeants d’entreprise, les responsables d’institutions politiques, culturelles, caritatives, ayant pignon sur rue (2). Ce serait une formidable motivation pour eux. On pourrait notamment imaginer de prendre en compte le niveau d’études ou celui de connaissance du français

Le point délicat serait de déterminer l’autorité habilitée à délivrer ce visa. L’OIF pourrait certes être promotrice de l’idée, mais ne pourrait pas en être l’opératrice, ne serait-ce que pour ne pas déplaire à tel ou tel de ses États membres 2. Cette autorité à définir devrait panacher au moins des membres "culturels" et des spécialistes de l’antiterrorisme. Pour ne pas mettre en place une structure trop lourde, elle sous-traiterait à des administrations qualifiées

Bref, le principe de la citoyenneté francophone serait une fantastique motivation pour tous. Les moyens techniques existent pour qu’elle ne soit pas attribuée n’importe comment.

Yves Montenay, président de l’Institut Culture, économie et géostratégie (ICEG) et vice-président d’Avenir de la Langue française (ALF).

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Le terme devrait recevoir au moins une définition juridique admise par l’ONU
Les mots en italique ont été ajoutés par la rédaction.

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Et si on lançait un "visa biométrique francophone" ?

Dans la foulée du sommet de la Francophonie à Erevan et en visant celui de Tunis en 2020, Fahrat Othman, Tunisien, a publié une tribune dans Contrepoints d’octobre 2018 préconisant la création d’un "visa francophone". Il reprend ainsi une vieille idée de notre association, que nous sommes heureux de voir resurgir. Commençons par exposer brièvement son projet.

La thèse de Fahrat Othman

Le "visa biométrique francophone de circulation" serait valable entre pays francophones. Il devrait être parfaitement fiable en termes sécuritaires, et pourrait être réservé dans un premier temps, à un espace restreint rassemblant les pays francophones démocratiques 1. On peut supposer que l’auteur pense aux pays du Nord et, au Sud, au moins à la Tunisie.

Il relie ce projet à "L’Appel pour le vivre ensemble" qu’il qualifie d’acte majeur du sommet d’Erevan, et en justifie l’urgence par la détérioration de la situation du français. Au Québec, il ne pourrait plus compter sur la fibre nationaliste des générations précédentes, tandis qu’en Afrique il est menacé par le rouleau compresseur des identitaires nationalistes, dont, à mon avis, les islamistes. Et il espère que les jeunes seront séduits, puisque ce qui leur importe c’est de pouvoir circuler librement.

Et il ajoute un mot d’économie, souvent préoccupation prioritaire, car la construction d’une Francophonie économique avec une sorte de "préférence communautaire" est, de notre point de vue, un très important facteur de cohésion de la Francophonie organisée 2 : la libre circulation des élites économiques est une condition nécessaire du développement. Il pense même au problème démographique, que l’ouverture culturelle permettrait d’atténuer. Ce que j’ai démontré dans mes propres travaux universitaires, probablement inconnus de l’auteur. La libre circulation devait devrait également générer une pression démocratique..

La position de notre association

S’agissant d’une de nos vieilles idées, nous ne pouvons que nous réjouir de la voir relancée. Elle rejoint d’ailleurs une suggestion plus modeste, mais symbolique, émise par Xavier Deniau, Jean-Marc-Léger, Philippe Rossillon et nos associations, reprise notamment dans 2 le rapport Attali de 2014, d’un guichet réservé aux possesseurs d’un passeport de pays membres de l’OIF 2 dans les aéroports internationaux.

Il faudrait néanmoins rajouter quelques précisions, notamment du fait de l’allergie aiguë à l’immigration chez une grande partie de la population de France et de quelques autres pays membres de l’OIF 2, dont le Maroc et l’Algérie, qui sont également la destination de nombreux subsahariens. Les commentaires à l’article de Ferhat Othman ont d’ailleurs été virulents, le plus poli d’entre eux le qualifiant de "moyen détourné pour rendre légale l’immigration africaine en France".

Il faut donc être prudent, ne serait-ce que pour ne pas voir ce projet violemment rejeté.

D’abord l’auteur précise "visa biométrique", pour éviter l’inconvénient des "vrais faux" documents d’identité qui permettent à beaucoup d’Africains de bénéficier indûment du regroupement familial au Nord

Mais il faut probablement être encore plus restrictif, surtout pendant une période de rodage. Une idée à préciser serait de réserver le visa à certaines catégories de la population (et non à certains États, ce qui poserait des problèmes diplomatiques aigus), les enseignants de français ayant une priorité, ainsi que les dirigeants d’entreprise, les responsables d’institutions politiques, culturelles, caritatives, ayant pignon sur rue (2). Ce serait une formidable motivation pour eux. On pourrait notamment imaginer de prendre en compte le niveau d’études ou celui de connaissance du français

Le point délicat serait de déterminer l’autorité habilitée à délivrer ce visa. L’OIF pourrait certes être promotrice de l’idée, mais ne pourrait pas en être l’opératrice, ne serait-ce que pour ne pas déplaire à tel ou tel de ses États membres 2. Cette autorité à définir devrait panacher au moins des membres "culturels" et des spécialistes de l’antiterrorisme. Pour ne pas mettre en place une structure trop lourde, elle sous-traiterait à des administrations qualifiées

Bref, le principe de la citoyenneté francophone serait une fantastique motivation pour tous. Les moyens techniques existent pour qu’elle ne soit pas attribuée n’importe comment.

Yves Montenay, président de l’Institut Culture, économie et géostratégie (ICEG) et vice-président d’Avenir de la Langue française (ALF).

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Le terme devrait recevoir au moins une définition juridique admise par l’ONU
Les mots en italique ont été ajoutés par la rédaction.

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de novembre 2018 - le 02/11/2018 - 17:15 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2018

Contrepoints Farhat Othman Pour un visa francophone de circulation (1/11) (lien)
Le Figaro Prononcez-vous correctement ces mots de la langue française ? (lien)
Louis Maisonneuve Pétition Restaurer le rayonnement de la langue française (lien)
Je Retiens L’évolution du français et ses réformes orthographiques depuis le Moyen-âge (lien)
Le Figaro 5 tics de langage qu'on entend trop (lien)

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Langue française : Nouvelles de novembre 2018

Contrepoints Farhat Othman Pour un visa francophone de circulation (1/11) (lien)
Le Figaro Prononcez-vous correctement ces mots de la langue française ? (lien)
Louis Maisonneuve Pétition Restaurer le rayonnement de la langue française (lien)
Je Retiens L’évolution du français et ses réformes orthographiques depuis le Moyen-âge (lien)
Le Figaro 5 tics de langage qu'on entend trop (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (9)

L'Express Michel Feltin-Palas La pub, le français et le "coït des neurones" (30/10) (lien)
Le Devoir Les nouveaux chiffres du français (29/10) (lien)
Faso Francophones d’Afrique "Speak english as well… and honi soit qui mal y pense !" (lien)
Le Figaro Dis-moi dix mots : un projet artistique met à l'honneur la langue française (lien)
Le Figaro 5 mots qu'on ne sait jamais vraiment orthographier (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (9)

L'Express Michel Feltin-Palas La pub, le français et le "coït des neurones" (30/10) (lien)
Le Devoir Les nouveaux chiffres du français (29/10) (lien)
Faso Francophones d’Afrique "Speak english as well… and honi soit qui mal y pense !" (lien)
Le Figaro Dis-moi dix mots : un projet artistique met à l'honneur la langue française (lien)
Le Figaro 5 mots qu'on ne sait jamais vraiment orthographier (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (8)

OIF La langue française dans le monde 2018 : synthèse (28/10) (lien)
L'Obs Le Rwanda, motif de discorde entre Juppé et Macron (25/10) (lien)
France-China Le Rwanda s'engage à promouvoir l'utilisation du français (25/10) (lien)
Figaro Cl.Pillot-Loiseau Nous ne sommes pas égaux dans l'apprentissage d'une langue(lien)
Blog de Jean Lévy Macron "dénationalise" la langue française (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (8)

OIF La langue française dans le monde 2018 : synthèse (28/10) (lien)
L'Obs Le Rwanda, motif de discorde entre Juppé et Macron (25/10) (lien)
France-China Le Rwanda s'engage à promouvoir l'utilisation du français (25/10) (lien)
Figaro Cl.Pillot-Loiseau Nous ne sommes pas égaux dans l'apprentissage d'une langue(lien)
Blog de Jean Lévy Macron "dénationalise" la langue française (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (7)

Riposte Laïque Albert Salon Défendre notre langue contre la violente offensive anglo-saxonne (25/10) (lien)
Le Figaro Ces mots qui n'existent pas et qu'on ne veut plus entendre (23/10) (lien)
L'ADN La Francophonie (OIF) présente sa campagne de notoriété (22/10) (lien)
ONFR Réactions aux propos de Denise Bombardier sur les francophones hors Québec (lien)
Le Figaro La novlangue de bureau est un patchwork indigeste et creux ! (19/10) (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (7)

Riposte Laïque Albert Salon Défendre notre langue contre la violente offensive anglo-saxonne (25/10) (lien)
Le Figaro Ces mots qui n'existent pas et qu'on ne veut plus entendre (23/10) (lien)
L'ADN La Francophonie (OIF) présente sa campagne de notoriété (22/10) (lien)
ONFR Réactions aux propos de Denise Bombardier sur les francophones hors Québec (lien)
Le Figaro La novlangue de bureau est un patchwork indigeste et creux ! (19/10) (lien)

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nouvelles2018/benoit_duteurtre.jpgNon, l’Europe ne doit pas parler anglais - le 25/10/2018 - 10:31 par Benoit_Duteurtre

Non, l’Europe ne doit pas parler anglais

par Benoît Duteurtre

article paru dans Marianne le 12 octobre 2018

Le 12 janvier 2017, le sémillant candidat Macron, de passage à Berlin, s'adressait à une assemblée d'étudiants allemands. Il choisit alors de s'exprimer en· anglais, ce qui témoignait d'une certaine idée de la modernité... mais aussi d'un certain dédain pour les deux grandes cultures française et allemande, officiellement si proches, au cœur de l'Europe. Il est vrai que notre voisin semble avoir accepté depuis longtemps le recours à l'anglais comme véhicule des échanges entre peuples du Vieux Continent.

Et il n'est pas certain que le futur président français ait vraiment réfléchi à la question, tant ce réflexe semble faire partie de son programme : celui d'un ovni politique, se voulant jeune, pragmatique, réformateur et pressé de faire entrer la France dans le train de la globalisation heureuse - ce qui suppose aussi bien de remplacer les trains régionaux par des autocars, de réduire la fonction publique ou de maîtriser le globish comme une seconde nature. Il allait en donner une nouvelle illustration quelques mois plus tard, en cultivant avec Donald Trump les apartés censés contribuer au rapprochement' des deux pays - à moins qu'ils ne créent une forme de vassalité pour celui qui emploie la langue de l'autre. Mais c'est plus fort que lui : dès qu'il sort de l'Hexagone, et comme pour marquer sa différence avec ces patauds de Sarkozy et de Hollande, le nouveau président recourt systématiquement à. l'anglais... au risque de commettre quelques impairs, comme d'avoir trouvé "trop bonne" l'épouse du Premier ministre australien.

Complaisance des élites

Charles de Gaulle ou François Mitterrand avaient une conscience aiguë du rôle politique de la langue, · de ce qu'elle symbolise, mais aussi des rapports de force qu'elle sous-tend. Emmanuel Macron habite une autre planète... Ce qui ne l'aura pas empêché, une fois président, d'endosser comme ses prédécesseurs les pompeux habits de la francophonie, doublés d'un vibrant discours sur la place du français dans le monde, notamment en Afrique. Mais cette francophonie-là obéit à des évolutions démographiques qui ne se décident pas à l'Élysée, et ses enjeux n'ont pas toujours de rapport immédiat avec la langue, comme en a témoigné l'invraisemblable projet de porter à la tête de l''Organisation internationale de la francophonie une ministre rwandaise qui a œuvré pour le remplacement du français par l'anglais dans son pays.

Et, quelle que soit la vitalité de notre langue sur le continent africain, on est surtout frappé par l'absence d'idées, de discours et d'ambitions, là où les pouvoirs publics auraient le devoir d'intervenir : en Europe et en France même, où le français ne cesse de reculer avec la complaisance d'élites qui jugent plus moderne de s'exprimer in english, tel un Pierre Moscovici adressant en anglais les directives économiques an gouvernement français. Au sein de l'organisation européenne, la domination de l'anglais s'est imposée sans aucune résistance dans les pratiques, sinon dans les règles. Après le Brexit, il semblerait pourtant naturel de se demander si cette langue doit continuer à régner sans partage dans l'administration bruxelloise. A un an des élections au Parlement de Strasbourg, nul candidat ne semble pressé de poser cette question, apparemment trop secondaire... ou trop périlleuse.

macron_erevan.jpg

Car, si la réponse est oui, nous nous trouverions dans ce cas unique et singulier d'une vaste union économique et politique, comparable aux États-Unis ou à la Chine, mais régie par une langue étrangère à sa population. On l'avait déjà vu lors des précédentes élections européennes, lors du grand débat télévisé entre candidats à la présidence du Parlement, tous francophones et germanophones... mais priés de discuter en anglais sous la houlette d'animateurs britanniques et américains.

À cette conception s'oppose celle d'Umberto Eco selon laquelle la langue de l'Europe est "la traduction" - comme le prévoyait l'organisation initiale du Marché commun, avec ses différentes langues de travail (le français et l'allemand avant même l'anglais). N'en déplaise à ceux qu'indigne le coût des interprètes - forcément pléthorique dans une union à 27 -, il en va de la conception même de l'Europe : mosaïque de cultures à la fois très imbriquées et très différenciées (ce qu'elle est historiquement), ou simple entité marchande important des codes et des pratiques culturelles d'outre-Atlantique - comme en témoigne, dans un autre genre, le pitoyable concours Eurovision, véritable festival de l'américanisation par le bas.

A la volonté de défendre une Europe à plusieurs langues, on oppose toujours l'argument du pragmatisme. Mais la première zone économique mondiale n'est-elle pas une entité assez puissante pour imposer ses propres usages ? Si, déjà, les représentants de l'Union appliquaient la règle de s'exprimer publiquement dans leur propre langue. cela changerait l'image et· la conception même de l'Europe. Il n'en va pas ainsi, malheureusement, dans le nord du continent où l'anglais est déjà une seconde nature, ni dans l'Europe ex-communiste qui a toujours vu dans l'UE une façon de devenir otanien et américain.

Si les représentants de l'Union appliquaient la règle de s'exprimer publiquement dans leur propre langue, cela changerait l'image et· la conception même de l'Europe.

En témoigne l'anglais systématique de Donald Tusk - au contraire des efforts qu'on doit accorder à Jean-Claude Juncker, quand il a tiré les conséquences du Brexit et décidé de ne plus s'exprimer qu'en français ou en allemand. Il semble en tout cas intéressant que cette élection qui tournera autour de l'économie, de la globalisation, des migrations, ne laisse pas de côté, une fois encore, la question de la langue et que notre pays ose ouvrir le débat.

Quant à la seconde échelle, c'est celle de la France elle-même où il suffit d'allumer un poste de radio ou de télévision pour prendre la mesure stupéfiante des évolutions en cours : quand toute phrase inclut désormais plusieurs mots anglais ou anglicismes ; quand certains termes sont carrément remplacés (coach pour "entraîneur", challenge pour "défi", life pour "vie"... ), parfois même à contresens ("supporter" signifiant désormais curieusement "soutenir") ; quand les titres des films et des livres ne sont plus traduits ; quand la publicité et les enseignes préfèrent l'anglais ; ou quand les reportages, y compris ceux du service public, n'emploient qu'une seule langue - si bien que les journalistes de guerre au Proche-Orient mènent leurs interviews en anglais plutôt qu'en arabe, ce qui oriente forcément le choix des interlocuteurs.

Car une langue ne véhicule pas simplement des mots, mais aussi une façon de penser. Là encore, on mesure l'inconséquence d'une République étrangère à ces questions. Elle ne semble guère pressée de faire respecter la loi Toubon qui oblige les entreprises installées en France à travailler en français, ni d'apporter quelques recommandations sur ce thème aux grands services de l'État. C'est ainsi pourtant, point par point, symbole par symbole - comme le firent en leur temps les Québécois - qu'on pourra maintenir l'existence du français, autrement que comme patois local d'une province-américaine excentrée.

Benoît Duteurtre

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Non, l’Europe ne doit pas parler anglais

par Benoît Duteurtre

article paru dans Marianne le 12 octobre 2018

Le 12 janvier 2017, le sémillant candidat Macron, de passage à Berlin, s'adressait à une assemblée d'étudiants allemands. Il choisit alors de s'exprimer en· anglais, ce qui témoignait d'une certaine idée de la modernité... mais aussi d'un certain dédain pour les deux grandes cultures française et allemande, officiellement si proches, au cœur de l'Europe. Il est vrai que notre voisin semble avoir accepté depuis longtemps le recours à l'anglais comme véhicule des échanges entre peuples du Vieux Continent.

Et il n'est pas certain que le futur président français ait vraiment réfléchi à la question, tant ce réflexe semble faire partie de son programme : celui d'un ovni politique, se voulant jeune, pragmatique, réformateur et pressé de faire entrer la France dans le train de la globalisation heureuse - ce qui suppose aussi bien de remplacer les trains régionaux par des autocars, de réduire la fonction publique ou de maîtriser le globish comme une seconde nature. Il allait en donner une nouvelle illustration quelques mois plus tard, en cultivant avec Donald Trump les apartés censés contribuer au rapprochement' des deux pays - à moins qu'ils ne créent une forme de vassalité pour celui qui emploie la langue de l'autre. Mais c'est plus fort que lui : dès qu'il sort de l'Hexagone, et comme pour marquer sa différence avec ces patauds de Sarkozy et de Hollande, le nouveau président recourt systématiquement à. l'anglais... au risque de commettre quelques impairs, comme d'avoir trouvé "trop bonne" l'épouse du Premier ministre australien.

Complaisance des élites

Charles de Gaulle ou François Mitterrand avaient une conscience aiguë du rôle politique de la langue, · de ce qu'elle symbolise, mais aussi des rapports de force qu'elle sous-tend. Emmanuel Macron habite une autre planète... Ce qui ne l'aura pas empêché, une fois président, d'endosser comme ses prédécesseurs les pompeux habits de la francophonie, doublés d'un vibrant discours sur la place du français dans le monde, notamment en Afrique. Mais cette francophonie-là obéit à des évolutions démographiques qui ne se décident pas à l'Élysée, et ses enjeux n'ont pas toujours de rapport immédiat avec la langue, comme en a témoigné l'invraisemblable projet de porter à la tête de l''Organisation internationale de la francophonie une ministre rwandaise qui a œuvré pour le remplacement du français par l'anglais dans son pays.

Et, quelle que soit la vitalité de notre langue sur le continent africain, on est surtout frappé par l'absence d'idées, de discours et d'ambitions, là où les pouvoirs publics auraient le devoir d'intervenir : en Europe et en France même, où le français ne cesse de reculer avec la complaisance d'élites qui jugent plus moderne de s'exprimer in english, tel un Pierre Moscovici adressant en anglais les directives économiques an gouvernement français. Au sein de l'organisation européenne, la domination de l'anglais s'est imposée sans aucune résistance dans les pratiques, sinon dans les règles. Après le Brexit, il semblerait pourtant naturel de se demander si cette langue doit continuer à régner sans partage dans l'administration bruxelloise. A un an des élections au Parlement de Strasbourg, nul candidat ne semble pressé de poser cette question, apparemment trop secondaire... ou trop périlleuse.

macron_erevan.jpg

Car, si la réponse est oui, nous nous trouverions dans ce cas unique et singulier d'une vaste union économique et politique, comparable aux États-Unis ou à la Chine, mais régie par une langue étrangère à sa population. On l'avait déjà vu lors des précédentes élections européennes, lors du grand débat télévisé entre candidats à la présidence du Parlement, tous francophones et germanophones... mais priés de discuter en anglais sous la houlette d'animateurs britanniques et américains.

À cette conception s'oppose celle d'Umberto Eco selon laquelle la langue de l'Europe est "la traduction" - comme le prévoyait l'organisation initiale du Marché commun, avec ses différentes langues de travail (le français et l'allemand avant même l'anglais). N'en déplaise à ceux qu'indigne le coût des interprètes - forcément pléthorique dans une union à 27 -, il en va de la conception même de l'Europe : mosaïque de cultures à la fois très imbriquées et très différenciées (ce qu'elle est historiquement), ou simple entité marchande important des codes et des pratiques culturelles d'outre-Atlantique - comme en témoigne, dans un autre genre, le pitoyable concours Eurovision, véritable festival de l'américanisation par le bas.

A la volonté de défendre une Europe à plusieurs langues, on oppose toujours l'argument du pragmatisme. Mais la première zone économique mondiale n'est-elle pas une entité assez puissante pour imposer ses propres usages ? Si, déjà, les représentants de l'Union appliquaient la règle de s'exprimer publiquement dans leur propre langue. cela changerait l'image et· la conception même de l'Europe. Il n'en va pas ainsi, malheureusement, dans le nord du continent où l'anglais est déjà une seconde nature, ni dans l'Europe ex-communiste qui a toujours vu dans l'UE une façon de devenir otanien et américain.

Si les représentants de l'Union appliquaient la règle de s'exprimer publiquement dans leur propre langue, cela changerait l'image et· la conception même de l'Europe.

En témoigne l'anglais systématique de Donald Tusk - au contraire des efforts qu'on doit accorder à Jean-Claude Juncker, quand il a tiré les conséquences du Brexit et décidé de ne plus s'exprimer qu'en français ou en allemand. Il semble en tout cas intéressant que cette élection qui tournera autour de l'économie, de la globalisation, des migrations, ne laisse pas de côté, une fois encore, la question de la langue et que notre pays ose ouvrir le débat.

Quant à la seconde échelle, c'est celle de la France elle-même où il suffit d'allumer un poste de radio ou de télévision pour prendre la mesure stupéfiante des évolutions en cours : quand toute phrase inclut désormais plusieurs mots anglais ou anglicismes ; quand certains termes sont carrément remplacés (coach pour "entraîneur", challenge pour "défi", life pour "vie"... ), parfois même à contresens ("supporter" signifiant désormais curieusement "soutenir") ; quand les titres des films et des livres ne sont plus traduits ; quand la publicité et les enseignes préfèrent l'anglais ; ou quand les reportages, y compris ceux du service public, n'emploient qu'une seule langue - si bien que les journalistes de guerre au Proche-Orient mènent leurs interviews en anglais plutôt qu'en arabe, ce qui oriente forcément le choix des interlocuteurs.

Car une langue ne véhicule pas simplement des mots, mais aussi une façon de penser. Là encore, on mesure l'inconséquence d'une République étrangère à ces questions. Elle ne semble guère pressée de faire respecter la loi Toubon qui oblige les entreprises installées en France à travailler en français, ni d'apporter quelques recommandations sur ce thème aux grands services de l'État. C'est ainsi pourtant, point par point, symbole par symbole - comme le firent en leur temps les Québécois - qu'on pourra maintenir l'existence du français, autrement que comme patois local d'une province-américaine excentrée.

Benoît Duteurtre

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (6)

Le Figaro Jean-Michel Delacomptée Francophonie partout, français nulle part (19/10) (lien)
Le Monde des lecteurs Francophonie : une nomination étrange (18/10) (lien)
Le Figaro Emmanuel Macron, une grande ambition pour la langue française (19/10) (lien)
Libération Rendons le féminin à la langue française (17/10) (lien)
Boulevard Voltaire Macron ou la francophobie (20/10) (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (6)

Le Figaro Jean-Michel Delacomptée Francophonie partout, français nulle part (19/10) (lien)
Le Monde des lecteurs Francophonie : une nomination étrange (18/10) (lien)
Le Figaro Emmanuel Macron, une grande ambition pour la langue française (19/10) (lien)
Libération Rendons le féminin à la langue française (17/10) (lien)
Boulevard Voltaire Macron ou la francophobie (20/10) (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (5)

Sud Radio Natacha Polony Langue française, reprends de ta superbe ! (lien)
Le Point Internet au secours du français (14/10) (lien)
B. Cerquiglini Non, le français n'est pas en déclin, il se féminise et devient universel (lien)
Valeurs Actuelles Pour Macron, la langue française n’a plus de “lien” avec la France (lien)
Le Figaro 5 mots que vous utilisez... mais qui n'existent pas (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (5)

Sud Radio Natacha Polony Langue française, reprends de ta superbe ! (lien)
Le Point Internet au secours du français (14/10) (lien)
B. Cerquiglini Non, le français n'est pas en déclin, il se féminise et devient universel (lien)
Valeurs Actuelles Pour Macron, la langue française n’a plus de “lien” avec la France (lien)
Le Figaro 5 mots que vous utilisez... mais qui n'existent pas (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (4)

Nouvelle République La Francophonie couronne la Rwandaise Louise Mushikiwabo, en dépit des critiques (12/10) (lien)
Seneweb Paul Kagame, s’exprime en anglais lors du sommet de la Francophonie (12/10) (lien)
France Culture L'université en anglais : soft power ou menace pour le français ? (12/10) (lien)
Le Figaro 5 anglicismes qu'on ne veut plus jamais entendre (lien)
In Memoriam Dr Helmut Loofs, membre d’honneur et à vie d’ALF (lire ci-dessous)
________________________________________________________________________

In Memoriam Dr Helmut Loofs, membre d’honneur et à vie d’ALF

ALF vient de perdre un éminent membre d’honneur et à vie, décédé à Canberra, en Australie.

Allemand de la Frise, Hitlerjunge embrigadé par les nazis, enrôlé en 1945 à 16 ans dans la "Flak" pour défendre Berlin contre l’hallali des bombardiers des Alliés ; puis engagé volontaire dans notre Légion étrangère, il a "fait l’Indo". Après des études spécialisées en France, il a émigré en Australie avec sa femme allemande, francophile comme lui et leurs deux enfants aux prénoms français. Naturalisé australien, il s’est lancé dans l’enseignement et la recherche en ethnologie et anthropologie du sud-est asiatique, jusqu’à être élu membre de l’Australian Academy of Humanities. De 1969 à 1975, président de l’Alliance Française de Canberra, il a puissamment aidé le Conseiller culturel et scientifique de l’ambassade de France dans la création de la Maison de France, véritable institut culturel franco-australien sous l’égide de l’Alliance française avec l’aide du gouvernement français et de la BNP-Australie. Dès la création de notre ALF en 1992, il en est devenu un membre fidèle. J’associe son épouse Sigrid dans l’hommage que notre association et la France lui doivent. Albert Salon

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (4)

Nouvelle République La Francophonie couronne la Rwandaise Louise Mushikiwabo, en dépit des critiques (12/10) (lien)
Seneweb Paul Kagame, s’exprime en anglais lors du sommet de la Francophonie (12/10) (lien)
France Culture L'université en anglais : soft power ou menace pour le français ? (12/10) (lien)
Le Figaro 5 anglicismes qu'on ne veut plus jamais entendre (lien)
In Memoriam Dr Helmut Loofs, membre d’honneur et à vie d’ALF (lire ci-dessous)
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In Memoriam Dr Helmut Loofs, membre d’honneur et à vie d’ALF

ALF vient de perdre un éminent membre d’honneur et à vie, décédé à Canberra, en Australie.

Allemand de la Frise, Hitlerjunge embrigadé par les nazis, enrôlé en 1945 à 16 ans dans la "Flak" pour défendre Berlin contre l’hallali des bombardiers des Alliés ; puis engagé volontaire dans notre Légion étrangère, il a "fait l’Indo". Après des études spécialisées en France, il a émigré en Australie avec sa femme allemande, francophile comme lui et leurs deux enfants aux prénoms français. Naturalisé australien, il s’est lancé dans l’enseignement et la recherche en ethnologie et anthropologie du sud-est asiatique, jusqu’à être élu membre de l’Australian Academy of Humanities. De 1969 à 1975, président de l’Alliance Française de Canberra, il a puissamment aidé le Conseiller culturel et scientifique de l’ambassade de France dans la création de la Maison de France, véritable institut culturel franco-australien sous l’égide de l’Alliance française avec l’aide du gouvernement français et de la BNP-Australie. Dès la création de notre ALF en 1992, il en est devenu un membre fidèle. J’associe son épouse Sigrid dans l’hommage que notre association et la France lui doivent. Albert Salon

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À quand une véritable
organisation internationale de la Francophonie ?

Ainsi, selon la volonté d'Emmanuel Macron, parait-il président de la République Française, l'Organisation internationale de la Francophonie va-t-elle désigner comme secrétaire générale Louise Mushikiwabo, ministre des affaire étrangères du Rwanda, pays qui a abandonné la langue française au profit de l'anglais et qui est un des plus répressifs du continent. Candidature d'ailleurs annoncée en anglais par le président du pays…

Une fois de plus les petites combinaisons diplomatiques vont l'emporter sur la mission principale de l'OIF qui devrait être le rayonnement de la langue française dans le monde. Non, on se sert de cette institution pour essayer de se rabibocher avec un petit pays qui nous méprise depuis des années en cherchant à nous rendre responsables du génocide qui a eu lieu il y a près de 25 ans sans rechercher les vrais responsables rwandais.

Il même question de faire entrer l'Arabie Saoudite, pays qui compte moins de 1% de francophones, comme membre observateur de l'OIF…

À quand une véritable organisation internationale de la Francophonie qui s'occuperait vraiment de la langue française, qui défendrait la place du français notamment dans les institutions internationales et qui ferait rayonner cette langue ? MAR

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À quand une véritable
organisation internationale de la Francophonie ?

Ainsi, selon la volonté d'Emmanuel Macron, parait-il président de la République Française, l'Organisation internationale de la Francophonie va-t-elle désigner comme secrétaire générale Louise Mushikiwabo, ministre des affaire étrangères du Rwanda, pays qui a abandonné la langue française au profit de l'anglais et qui est un des plus répressifs du continent. Candidature d'ailleurs annoncée en anglais par le président du pays…

Une fois de plus les petites combinaisons diplomatiques vont l'emporter sur la mission principale de l'OIF qui devrait être le rayonnement de la langue française dans le monde. Non, on se sert de cette institution pour essayer de se rabibocher avec un petit pays qui nous méprise depuis des années en cherchant à nous rendre responsables du génocide qui a eu lieu il y a près de 25 ans sans rechercher les vrais responsables rwandais.

Il même question de faire entrer l'Arabie Saoudite, pays qui compte moins de 1% de francophones, comme membre observateur de l'OIF…

À quand une véritable organisation internationale de la Francophonie qui s'occuperait vraiment de la langue française, qui défendrait la place du français notamment dans les institutions internationales et qui ferait rayonner cette langue ? MAR

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (3)

RFI L'Arménie, un pays très francophile mais peu francophone (10/10) (lien)
Le Devoir Ottawa et Québec larguent Michaëlle Jean (10/10) (lien)
ADIAC Élection à la Francophonie : Louise Mushikiwabo défie Michaëlle Jean (9/10) (lien)
Le Devoir En Arménie, un vieil amour de la langue française (9/10) (lien)
Canada Liste d’appellations au féminin (lien)
Le Figaro 5 fautes de français à éradiquer de vos lettres de motivation (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (3)

RFI L'Arménie, un pays très francophile mais peu francophone (10/10) (lien)
Le Devoir Ottawa et Québec larguent Michaëlle Jean (10/10) (lien)
ADIAC Élection à la Francophonie : Louise Mushikiwabo défie Michaëlle Jean (9/10) (lien)
Le Devoir En Arménie, un vieil amour de la langue française (9/10) (lien)
Canada Liste d’appellations au féminin (lien)
Le Figaro 5 fautes de français à éradiquer de vos lettres de motivation (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (2)

Liberation Le maire est enceinte ? (8/10) (lien)
France 24 L’embarrassante candidature de l’Arabie saoudite à la Francophonie (6/10) (lien)
RFI lancement d'un magazine consacré à la langue française (5/10) (lien)
Agoravox Destruction de la langue française : Blanquer continue le travail (5/10) (lien)
DGLF Bilan de la Semaine de la langue française et de la Francophonie 2018 (4/10) (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (2)

Liberation Le maire est enceinte ? (8/10) (lien)
France 24 L’embarrassante candidature de l’Arabie saoudite à la Francophonie (6/10) (lien)
RFI lancement d'un magazine consacré à la langue française (5/10) (lien)
Agoravox Destruction de la langue française : Blanquer continue le travail (5/10) (lien)
DGLF Bilan de la Semaine de la langue française et de la Francophonie 2018 (4/10) (lien)

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/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'octobre 2018 - le 03/10/2018 - 16:33 par MAR

Langue française : Nouvelles d'octobre 2018

Radio Canada Francophonie : l’insistance de Michaëlle Jean crée un malaise (4/10) (lien)
Le Monde "fake news" se dira "infox" en français (4/10) (lien)
Le Monde "Infox", "intox", "canular" ou "mensonge", pourquoi pas "fake news" (4/10) (lien)
Médiapart Besançon : ridicule franglais de façade (3/10) (lien)
Le Figaro Le pays de Charles Aznavour était la langue française (2/10) (lien)
Le Figaro R. Delord Apprendre le latin à tous les élèves, véritable enjeu culturel (2/10) (lien)

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Langue française : Nouvelles d'octobre 2018

Radio Canada Francophonie : l’insistance de Michaëlle Jean crée un malaise (4/10) (lien)
Le Monde "fake news" se dira "infox" en français (4/10) (lien)
Le Monde "Infox", "intox", "canular" ou "mensonge", pourquoi pas "fake news" (4/10) (lien)
Médiapart Besançon : ridicule franglais de façade (3/10) (lien)
Le Figaro Le pays de Charles Aznavour était la langue française (2/10) (lien)
Le Figaro R. Delord Apprendre le latin à tous les élèves, véritable enjeu culturel (2/10) (lien)

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Langue française : Nouvelles de septembre 2018 (2)

Le Parisien La Ryder Cup se déroule en France, mais en anglais ! (28/9) (lien)
A.FR.AV Blanquer, pas si blanc que ça face à l’anglicisation En Marche ! (lien)
Le Figaro Cinq mots vieillots qui n'ont rien perdu de leur fraîcheur (27/9) (lien)
L'Express Le maire, l'anglais et la "modernité" (27/9) (lien)
ALF au forum associatif du 14e arrondissement de Paris (lire ci-dessous)

_______________________________________________________________

ALF au forum associatif du 14e arrondissement de Paris

Un exemple d’action de nos bénévoles, que nous invitons tous nos adhérents et sympathisants
à suivre en prenant contact avec l'association ( avenirlf@laposte.net ) A. S.

Le forum associatif du 14e arrondissement a eu lieu le samedi 8 septembre 2018

J'ai pu greffer la présence d'ALF au pied levé, bien que l'association soit domiciliée
dans le 12e arrondissement.
De nombreux exemplaires du dernier bulletin ont été distribués ainsi que des constats d'infraction.
La marée anglo-saxonne semble rebuter beaucoup de Parisiens.
Nombreuses discussions avec des citoyens de France ou d'ailleurs.
Espérons de bonnes retombées !

Lionel Cudennec

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Langue française : Nouvelles de septembre 2018 (2)

Le Parisien La Ryder Cup se déroule en France, mais en anglais ! (28/9) (lien)
A.FR.AV Blanquer, pas si blanc que ça face à l’anglicisation En Marche ! (lien)
Le Figaro Cinq mots vieillots qui n'ont rien perdu de leur fraîcheur (27/9) (lien)
L'Express Le maire, l'anglais et la "modernité" (27/9) (lien)
ALF au forum associatif du 14e arrondissement de Paris (lire ci-dessous)

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ALF au forum associatif du 14e arrondissement de Paris

Un exemple d’action de nos bénévoles, que nous invitons tous nos adhérents et sympathisants
à suivre en prenant contact avec l'association ( avenirlf@laposte.net ) A. S.

Le forum associatif du 14e arrondissement a eu lieu le samedi 8 septembre 2018

J'ai pu greffer la présence d'ALF au pied levé, bien que l'association soit domiciliée
dans le 12e arrondissement.
De nombreux exemplaires du dernier bulletin ont été distribués ainsi que des constats d'infraction.
La marée anglo-saxonne semble rebuter beaucoup de Parisiens.
Nombreuses discussions avec des citoyens de France ou d'ailleurs.
Espérons de bonnes retombées !

Lionel Cudennec

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Langue française : Nouvelles de septembre 2018

Daniel Miroux Le XIème forum francophone du Pacifique à Port-Vila (Vanuatu) du mercredi 5 au samedi 8 septembre 2018 (lien)
Le Figaro 10 mots de nos ancêtres les Gaulois que l'on utilise en français (24/9) (lien)
Guy Chausson Lettre à Citroën qui présente ses nouveaux véhicules avec un recours massif à des termes anglo-américains et un slogan servile "Inspired by you(lien)
LCI Rentrée scolaire pourquoi Jean-Michel Blanquer veut renforcer la dictée en primaire (lien)

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Langue française : Nouvelles de septembre 2018

Daniel Miroux Le XIème forum francophone du Pacifique à Port-Vila (Vanuatu) du mercredi 5 au samedi 8 septembre 2018 (lien)
Le Figaro 10 mots de nos ancêtres les Gaulois que l'on utilise en français (24/9) (lien)
Guy Chausson Lettre à Citroën qui présente ses nouveaux véhicules avec un recours massif à des termes anglo-américains et un slogan servile "Inspired by you(lien)
LCI Rentrée scolaire pourquoi Jean-Michel Blanquer veut renforcer la dictée en primaire (lien)

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nouvelles2018/brexit.jpgLégitimité et Légalité - le 19/09/2018 - 15:39 par Guy_Dalens

La langue anglaise et l’Europe

Légitimité et Légalité

par Guy Dalens

"Car pensent-ils avoir mieux vu les difficultés à cause qu’ils y succombent et que les autres,
qui les ont vues, les ont méprisées ?".
Bossuet
*

Trois articles ou communications concernant le maintien ou pas de la langue anglaise dans les institutions communautaires après le Brexit ont été publiés dans le n°65 de septembre 2018 de la revue Avenir de la langue française.

Le premier "Aspects juridiques du Brexit" par l’Observatoire européen du plurilinguisme, le second "Pour une gouvernance européenne multilingue" de Christian Tremblay, président de l’Observatoire européen du multilinguisme, le troisième de M. Roques, fonctionnaire à la Commission européenne.

Les deux premiers articles paraissent hésiter sur les conséquences du Brexit sur le maintien ou non de l’anglais dans les instances communautaires. Sur quel pied danser paraissent-ils nous demander !

Le troisième texte est affirmatif, le fonctionnaire communautaire qui se prend pour Créon affirme, en réponse à une question d’un Italien, M. De Poli, que l’anglais restera une langue de la communauté même si l’Angleterre n’y est plus. Pour parler plus clairement, il veut dire qu’il ne faut rien changer à la situation linguistique présente et qu’il nous faut donc continuer à être une colonie américaine via le cheval de Troie anglais. Évidemment, tout ceci est maquillé derrière une façade juridique — celle des articles 55, 342 et autres — où il est si facile de se perdre et qui peuvent être interprétés différemment selon les circonstances. Les instances communautaires utilisent, à ce jour, trois types d’interprétation : l’interprétation littérale, l’interprétation dans l’esprit du texte et l’interprétation téléologique, la plus redoutable car infinie ou sans limite. J’invite M. De Poli à ne pas gober la sentence illégitime de ce fonctionnaire hors-sol. Ce n’est pas à un fonctionnaire communautaire de nous dire quelle langue nous devons parler.

Tout le monde le sait. Derrière les querelles juridiques les plus subtiles se cachent toujours des intérêts politiques, économiques ou linguistiques comme ici.

Il faut bien reconnaître que la machine administrative anglaise avec sa tête bicéphale de taupe et de coucou a réussi, en une quinzaine d’années (1975-1990) à supplanter toutes les autres langues de la communauté, en particulier le français, l’allemand et l’italien, langues des pays fondateurs de la CEE et langues de travail utilisées. Le même phénomène s’observe à l’OCDE où pourtant, il n’y a que deux langues officielles en présence.

Malgré toutes les précautions qu’avaient pu prendre à l’époque le président Pompidou avec son homologue Edward Heath à travers un engagement d’honneur appelé par le droit international un "gentleman agreement", le rouleau compresseur anglais n’allait pas tarder à broyer tout ce qui s’opposait à sa manie colonisatrice avec en toile de fond la présence du grand frère américain dans le rôle du chaperon. Sans lui tout changerait bien évidemment.

Et pourtant, la langue anglaise n’a aucune légitimité ni historique ni économique, à bénéficier d’un tel traitement de faveur.

Historique

La construction européenne a toujours été combattue par les Anglais, de l’extérieur ou de l’intérieur. De l’extérieur, par la création de la "zone de libre-échange" avec laquelle ils tenteront de faire pièce au Marché commun constitué par les six États membres fondateurs : Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, pays dits du Benelux, Italie et la France.

Devant l’échec de cette action extérieure, ils chercheront à y pénétrer, pour la saper de l’intérieur.

Pendant quelques années, ils se heurteront à l’intransigeance de De Gaulle qui opposa son veto à leur demande d’adhésion : ce fut par deux fois avec M. Macmillan, puis une fois avec M. Wilson.

De Gaulle parti, la danse des cabris pouvait commencer, sous la présence patiente et obstinée des Britanniques.

L’engagement des Britanniques dans le Marché commun puis l’Union Européenne sera toujours partiel. Ils disposent de conditions particulières sur plusieurs actions communautaires :

  • Ils ne sont pas adhérents à la monnaie unique européenne (euros) ;
  • Ils ne font pas partie de l’espace Schengen ;
  • Leur participation au budget communautaire n’est pas équitable pour les autres États membres avec l’introduction du rabais britannique, après les interventions acharnées d’épicière de Margaret Thatcher pendant cinq années (Je veux qu’on me rende mon argent ou dans sa langue à elle "I want my money back"). Ce qui a permis à l’Angleterre de réduire sa contribution au budget européen au détriment de pays comme la France.
  • Le Royaume-Uni est le seul membre à ne pas contribuer au budget à hauteur de ses revenus : sa part était de 9,77% en 2014 contre 14,56% pour la France qui possède une population équivalente.

Elle a réussi à amoindrir, par ses coups de boutoir continuels, la Politique agricole commune (PAC) au point que cette dernière dans le budget européen a fondu de 66 % à son lancement en 1962 à 40% en 2014**.

Économique

Je donne ici des extraits de l’article de M. Montenay, vice-président d’ALF, paru dans le n°59 de la revue Avenir de la langue française qui pose le problème avec le plus d’acuité.

"L’hégémonie de l’anglais à Bruxelles a des conséquences économiques que connaît peu le grand public.

Le rapport Grin a chiffré à des dizaines de milliards de dollars par an l’avantage pour le Royaume-Uni et ses entreprises. Sa conclusion mérite d’être intégralement citée :

  • Le Royaume-Uni gagne, à titre net, au minimum 10 milliards d’euros par année du fait de la domination actuelle de l’anglais.
  • Si l’on tient compte de l’effet multiplicateur de certaines composantes de cette somme ainsi que du rendement des fonds que les pays anglophones peuvent, du fait de la position privilégiée de leur langue, investir ailleurs, ce total est de 17 à 18 milliards d’euros par année.
  • Ce chiffre serait certainement plus élevé si l’hégémonie de cette langue venait à être renforcée par une priorité que lui concéderaient d’autres États, notamment dans le cadre de leurs politiques éducatives respectives ;
  • Ce chiffre ne tient pas compte de différents effets symboliques (comme l’avantage dont jouissent les locuteurs natifs de la langue hégémonique dans toute situation de négociation ou de conflit se déroulant dans leur langue) ; cependant, ces effets symboliques ont sans doute aussi des répercussions matérielles et financières"***

Nous ne devons plus accepter que l’anglais soit la langue dominante de la communauté, au besoin par des actions légitimes au regard de notre seule conscience. Le corset illégal et illégitime dans lequel les puissants du jour veulent nous enfermer doit être combattu et brisé.

De Gaulle était-il dans la légalité de Vichy lorsqu’il décida de quitter son pays pour poursuivre le combat contre l’occupant allemand et nazi ? Non, il était dans la légitimité de la France.

Jeanne d’Arc, la relapse aux yeux d’une église dévoyée, était-elle dans la légalité monarchique lorsqu’elle décida de sauver la France de l’occupation anglaise ? Non, elle était dans la légitimité du royaume de France.

Antigone était-elle dans la légalité des lois de la cité lorsqu’elle décidait de donner une sépulture à son frère ? Non, elle était dans la légitimité de la loi divine.

Les résistants, de gauche, de droite, communistes ou monarchistes étaient-ils dans la légalité lorsqu’ils se battaient jusqu’à la mort contre l’occupant allemand ou nazi ? Non, ils étaient dans la légitimité de la République.

Notre président M. Salon nous le dit : "L’Europe des nations ne saurait prendre comme seule langue officielle celle des États-Unis (...). Question vitale et civilisationnelle. Il faut faire cesser l’actuelle humiliation culturelle et politique suprême : les administrations des pays membres obligées de travailler sur des textes de Bruxelles uniquement en anglais et – en pleine illégalité et illégitimité – de répondre dans la même langue. Cela va à l’encontre des traités, et surtout de l’adhésion profonde des peuples à cette union-là".

Notre action légale a atteint ses limites sur le plan communautaire et national. Nous sommes obligés d’admettre que nous sommes devenus une colonie américaine et Bruxelles une annexe de l’empire. Progressivement nous avons été colonisés par la langue anglo-américaine.

En partant, l’Angleterre n’aura rien cédé de sa force d’influence : sa langue. Elle continuera à nous contaminer et à finalement nous détruire.

Seul moyen de trouver une parade : mener des actions fondées sur la légitimité de la France en nous inspirant des exemples cités plus haut, ou encore, quitter cette Europe devenue mortifère pour notre langue, en adoptant une stratégie de rupture.

Guy Dalens

membre d’Avenir de la Langue française

_______________________________________________________________________

Oraison funèbre d’Anne de Gonzague, première partie.

** touteleurope.eu : "Budget européen : qu’est-ce que le rabais britannique ?"

*** documentation française : "Rapport Grin : L'enseignement des langues étrangères comme politique publique".

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La langue anglaise et l’Europe

Légitimité et Légalité

par Guy Dalens

"Car pensent-ils avoir mieux vu les difficultés à cause qu’ils y succombent et que les autres,
qui les ont vues, les ont méprisées ?".
Bossuet
*

Trois articles ou communications concernant le maintien ou pas de la langue anglaise dans les institutions communautaires après le Brexit ont été publiés dans le n°65 de septembre 2018 de la revue Avenir de la langue française.

Le premier "Aspects juridiques du Brexit" par l’Observatoire européen du plurilinguisme, le second "Pour une gouvernance européenne multilingue" de Christian Tremblay, président de l’Observatoire européen du multilinguisme, le troisième de M. Roques, fonctionnaire à la Commission européenne.

Les deux premiers articles paraissent hésiter sur les conséquences du Brexit sur le maintien ou non de l’anglais dans les instances communautaires. Sur quel pied danser paraissent-ils nous demander !

Le troisième texte est affirmatif, le fonctionnaire communautaire qui se prend pour Créon affirme, en réponse à une question d’un Italien, M. De Poli, que l’anglais restera une langue de la communauté même si l’Angleterre n’y est plus. Pour parler plus clairement, il veut dire qu’il ne faut rien changer à la situation linguistique présente et qu’il nous faut donc continuer à être une colonie américaine via le cheval de Troie anglais. Évidemment, tout ceci est maquillé derrière une façade juridique — celle des articles 55, 342 et autres — où il est si facile de se perdre et qui peuvent être interprétés différemment selon les circonstances. Les instances communautaires utilisent, à ce jour, trois types d’interprétation : l’interprétation littérale, l’interprétation dans l’esprit du texte et l’interprétation téléologique, la plus redoutable car infinie ou sans limite. J’invite M. De Poli à ne pas gober la sentence illégitime de ce fonctionnaire hors-sol. Ce n’est pas à un fonctionnaire communautaire de nous dire quelle langue nous devons parler.

Tout le monde le sait. Derrière les querelles juridiques les plus subtiles se cachent toujours des intérêts politiques, économiques ou linguistiques comme ici.

Il faut bien reconnaître que la machine administrative anglaise avec sa tête bicéphale de taupe et de coucou a réussi, en une quinzaine d’années (1975-1990) à supplanter toutes les autres langues de la communauté, en particulier le français, l’allemand et l’italien, langues des pays fondateurs de la CEE et langues de travail utilisées. Le même phénomène s’observe à l’OCDE où pourtant, il n’y a que deux langues officielles en présence.

Malgré toutes les précautions qu’avaient pu prendre à l’époque le président Pompidou avec son homologue Edward Heath à travers un engagement d’honneur appelé par le droit international un "gentleman agreement", le rouleau compresseur anglais n’allait pas tarder à broyer tout ce qui s’opposait à sa manie colonisatrice avec en toile de fond la présence du grand frère américain dans le rôle du chaperon. Sans lui tout changerait bien évidemment.

Et pourtant, la langue anglaise n’a aucune légitimité ni historique ni économique, à bénéficier d’un tel traitement de faveur.

Historique

La construction européenne a toujours été combattue par les Anglais, de l’extérieur ou de l’intérieur. De l’extérieur, par la création de la "zone de libre-échange" avec laquelle ils tenteront de faire pièce au Marché commun constitué par les six États membres fondateurs : Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, pays dits du Benelux, Italie et la France.

Devant l’échec de cette action extérieure, ils chercheront à y pénétrer, pour la saper de l’intérieur.

Pendant quelques années, ils se heurteront à l’intransigeance de De Gaulle qui opposa son veto à leur demande d’adhésion : ce fut par deux fois avec M. Macmillan, puis une fois avec M. Wilson.

De Gaulle parti, la danse des cabris pouvait commencer, sous la présence patiente et obstinée des Britanniques.

L’engagement des Britanniques dans le Marché commun puis l’Union Européenne sera toujours partiel. Ils disposent de conditions particulières sur plusieurs actions communautaires :

  • Ils ne sont pas adhérents à la monnaie unique européenne (euros) ;
  • Ils ne font pas partie de l’espace Schengen ;
  • Leur participation au budget communautaire n’est pas équitable pour les autres États membres avec l’introduction du rabais britannique, après les interventions acharnées d’épicière de Margaret Thatcher pendant cinq années (Je veux qu’on me rende mon argent ou dans sa langue à elle "I want my money back"). Ce qui a permis à l’Angleterre de réduire sa contribution au budget européen au détriment de pays comme la France.
  • Le Royaume-Uni est le seul membre à ne pas contribuer au budget à hauteur de ses revenus : sa part était de 9,77% en 2014 contre 14,56% pour la France qui possède une population équivalente.

Elle a réussi à amoindrir, par ses coups de boutoir continuels, la Politique agricole commune (PAC) au point que cette dernière dans le budget européen a fondu de 66 % à son lancement en 1962 à 40% en 2014**.

Économique

Je donne ici des extraits de l’article de M. Montenay, vice-président d’ALF, paru dans le n°59 de la revue Avenir de la langue française qui pose le problème avec le plus d’acuité.

"L’hégémonie de l’anglais à Bruxelles a des conséquences économiques que connaît peu le grand public.

Le rapport Grin a chiffré à des dizaines de milliards de dollars par an l’avantage pour le Royaume-Uni et ses entreprises. Sa conclusion mérite d’être intégralement citée :

  • Le Royaume-Uni gagne, à titre net, au minimum 10 milliards d’euros par année du fait de la domination actuelle de l’anglais.
  • Si l’on tient compte de l’effet multiplicateur de certaines composantes de cette somme ainsi que du rendement des fonds que les pays anglophones peuvent, du fait de la position privilégiée de leur langue, investir ailleurs, ce total est de 17 à 18 milliards d’euros par année.
  • Ce chiffre serait certainement plus élevé si l’hégémonie de cette langue venait à être renforcée par une priorité que lui concéderaient d’autres États, notamment dans le cadre de leurs politiques éducatives respectives ;
  • Ce chiffre ne tient pas compte de différents effets symboliques (comme l’avantage dont jouissent les locuteurs natifs de la langue hégémonique dans toute situation de négociation ou de conflit se déroulant dans leur langue) ; cependant, ces effets symboliques ont sans doute aussi des répercussions matérielles et financières"***

Nous ne devons plus accepter que l’anglais soit la langue dominante de la communauté, au besoin par des actions légitimes au regard de notre seule conscience. Le corset illégal et illégitime dans lequel les puissants du jour veulent nous enfermer doit être combattu et brisé.

De Gaulle était-il dans la légalité de Vichy lorsqu’il décida de quitter son pays pour poursuivre le combat contre l’occupant allemand et nazi ? Non, il était dans la légitimité de la France.

Jeanne d’Arc, la relapse aux yeux d’une église dévoyée, était-elle dans la légalité monarchique lorsqu’elle décida de sauver la France de l’occupation anglaise ? Non, elle était dans la légitimité du royaume de France.

Antigone était-elle dans la légalité des lois de la cité lorsqu’elle décidait de donner une sépulture à son frère ? Non, elle était dans la légitimité de la loi divine.

Les résistants, de gauche, de droite, communistes ou monarchistes étaient-ils dans la légalité lorsqu’ils se battaient jusqu’à la mort contre l’occupant allemand ou nazi ? Non, ils étaient dans la légitimité de la République.

Notre président M. Salon nous le dit : "L’Europe des nations ne saurait prendre comme seule langue officielle celle des États-Unis (...). Question vitale et civilisationnelle. Il faut faire cesser l’actuelle humiliation culturelle et politique suprême : les administrations des pays membres obligées de travailler sur des textes de Bruxelles uniquement en anglais et – en pleine illégalité et illégitimité – de répondre dans la même langue. Cela va à l’encontre des traités, et surtout de l’adhésion profonde des peuples à cette union-là".

Notre action légale a atteint ses limites sur le plan communautaire et national. Nous sommes obligés d’admettre que nous sommes devenus une colonie américaine et Bruxelles une annexe de l’empire. Progressivement nous avons été colonisés par la langue anglo-américaine.

En partant, l’Angleterre n’aura rien cédé de sa force d’influence : sa langue. Elle continuera à nous contaminer et à finalement nous détruire.

Seul moyen de trouver une parade : mener des actions fondées sur la légitimité de la France en nous inspirant des exemples cités plus haut, ou encore, quitter cette Europe devenue mortifère pour notre langue, en adoptant une stratégie de rupture.

Guy Dalens

membre d’Avenir de la Langue française

_______________________________________________________________________

Oraison funèbre d’Anne de Gonzague, première partie.

** touteleurope.eu : "Budget européen : qu’est-ce que le rabais britannique ?"

*** documentation française : "Rapport Grin : L'enseignement des langues étrangères comme politique publique".

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nouvelles2018/brexit2.jpgAspects juridiques du Brexit - le 19/09/2018 - 15:19 par OEP

Aspects juridiques du Brexit

par l'Observatoire européen du plurilinguisme

D'abord, les langues officielles pour l'Union européenne sont fixées par l'article premier du règlement 1/1958, dans sa version originale et dans sa version à jour de 2007. Elles sont donc différentes des langues officielles des États. Elles en sont plutôt un sous-ensemble, ce qui veut dire que des langues officielles d'un État membre peuvent ne pas être langues officielles pour l'Union européenne. C'est la raison pour laquelle l'irlandais, pourtant langue des traités, n'était pas langue officielle jusqu'au règlement 920/2005 modifiant le règlement 1/1958 et y ajoutant notamment l'irlandais. En clair, l'Irlande avait comme langue officielle l'anglais jusqu'à ce règlement. Mais le règlement 920/2005 ne dit pas si l'Irlande perdait du même coup l'anglais comme langue officielle. On devine tout de suite la difficulté qui se présente. Pour faire simple, il y a deux hypothèses :

1) Les pays qui ont plusieurs langues officielles (nationales), n'ont droit qu'à une seule officielle en propre. C'est ce qui semble découler de l'article 8 du règlement 1/1958 qui dit : "En ce qui concerne les États membres où existent plusieurs langues officielles, l'usage de la langue sera, à la demande de l'État intéressé, déterminé suivant les règles générales découlant de la législation de cet État."

L'article 3 semble pousser dans le même sens : "Les textes adressés par les institutions à un État membre ou à une personne relevant de la juridiction d'un État membre sont rédigés dans la langue de cet État."

Pour l'Irlande et Malte, l'anglais est une langue officielle partagée avec le Royaume-Uni. Dans ce cas, le départ du Royaume-Uni impliquerait que l'Irlande et Malte ne conservent comme langues officielles que l'irlandais et le maltais.

2) Les États membres qui ont plusieurs langues officielles nationales peuvent avoir plusieurs langues officielles pour l'Union européenne. Cette interprétation relativise beaucoup l'interprétation à donner aux articles 3 et 8 du règlement 1/1958. Dans ce cas, l'anglais est pour l'Irlande (ou Malte) une langue officielle en propre au même titre que pour le Royaume-Uni. Dans cette hypothèse, Brexit ou pas Brexit, l'anglais reste une langue officielle pour l'Union européenne.

Le moins que l'on puisse dire est que l'issue d'un recours devant la CJE serait très incertaine.

Notre hantise est que le maintien de l'anglais comme langue officielle pour l'Union européenne puisse apparaître comme le résultat d'un traitement spécial accordé à l'anglais. Car, dans ce cas, on pourrait en déduire une prééminence de jure de l'anglais sur les autres langues. C'est la raison pour laquelle l'OEP préconise qu'il y ait un vote en tout état de cause du Conseil européen qui valide l'une ou l'autre interprétation. Pas moins de 80 % de la population irlandaise ne connaissant pas l'irlandais, on n'imagine pas que l'on supprime l'anglais des langues de publication, entre autres, du journal officiel.

Le plus probable est qu'il n'y ait aucun vote du Conseil de l'Union européenne, et que la seconde interprétation s'impose d'elle-même.

Cela n'empêche pas de continuer à réclamer un rééquilibrage des langues dans le fonctionnement des institutions. Malgré les réactions récentes de Michel Barnier et de l'ambassadeur français Philippe Léglise-Costa (écho à la déclaration d'Emmanuel Macron disant que l'"on parle trop anglais à Bruxelles"), sans actions coordonnées avec l'Allemagne et l'Italie, rien ne bougera.

__________________________________________

Pour une gouvernance européenne multilingue

par Christian Tremblay, président de l’Observatoire européen du multilinguisme (OEP), mars 2018. Synthèse sur les conséquences du Brexit sur le régime linguistique de l’Union européenne.

La question des conséquences linguistiques du Brexit a été dans une première phase de savoir si l’anglais pourrait rester ou non langue officielle de l’Union européenne. Bien que le seul pays ayant déclaré l’anglais comme langue officielle soit le Royaume-Uni, l’Irlande ayant déclaré l’irlandais, et Malte le maltais, on peut à bon droit considérer qu’il reste souhaitable que l’anglais reste langue officielle. Toutefois, la manière dont la question du positionnement de l’anglais en tant que langue officielle de l’Union européenne peut être traitée est au moins aussi importante que la question de sa qualification comme langue officielle. De la manière dont cette question sera traitée peut sortir le meilleur comme le pire. De la part de certains, il serait possible que la langue d’un pays qui a cessé d’être membre reste néanmoins langue officielle de l’Union européenne tant que les États membres n’en ont pas décidé autrement, c’est-à-dire sans discussion et sans vote du Conseil.

Il faut être conscient que l’interprétation du règlement 1/1958 qui conduit à ce résultat équivaut à reconnaître à l’anglais un statut spécial en Europe par rapport aux autres langues nationales. Il s’agirait d’un renversement complet du régime linguistique institué depuis les traités de Rome, et cela sans débat et sans vote. Cette perspective nous semble absolument inconcevable et inacceptable. Nous savons, depuis que la question du retrait britannique est posée, que le règlement 1/1958 qui règle depuis le traité de Rome le régime linguistique de l’Union européenne est susceptible de deux interprétations. On peut d’abord faire une lecture fidèle à la lettre et à l’esprit du règlement 1/58 qui repose sur l'idée que les langues officielles de l’Union européenne sont des langues des traités et, pour les pays ayant plusieurs langues officielles nationales, la langue d’usage sera la langue officielle déclarée par l’État membre, sur la base d’un principe d’égalité, soit à raison d'une langue par État en vertu de l’article 8. Il n'y a pas place dans cette lecture pour une langue qui ne serait pas déclarée par un État membre.

Donc, le retrait britannique entraînerait automatiquement la suppression de l'anglais comme langue officielle, sauf si l'Irlande ou Malte décide de déclarer l'anglais à la place respectivement de l’irlandais ou du maltais. L'autre interprétation, celle que proposent conjointement les services juridiques du Parlement européen, de la Commission et du Conseil, est un pur artifice destiné à maintenir l'anglais coûte que coûte. Selon l’avis commun produit par ces trois instances, les langues notifiées en tant que langues officielles par les États membres cessent d’être rattachées à leur État membre d’origine dès lors qu’elles ont été notifiées. En conséquence, l’anglais continuerait d’être langue officielle de l’UE car incorporé dans le Règlement 1/1958 au niveau de son article premier. Seul un accord pris à l’unanimité des États membres pourrait modifier cette situation. Il est évident que l’on n’aurait pas imaginé un tel montage juridique s’il s’était agi d’un autre pays que le Royaume-Uni et d’une autre langue que l’anglais.

Cette interprétation conférerait à l'anglais une suprématie de jure et préfigurerait une reconnaissance de l'anglais comme seule langue officielle de l'Europe. Les autres langues se trouveraient reléguées comme langues officielles nationales, soit un statut qui pourrait se comparer au basque ou au catalan en Espagne ou aux langues nationales dans de nombreux États africains. C'est cela que comporte en puissance cette interprétation, si le Conseil devait être amené à l’approuver. Il s’agirait d’un bouleversement radical de l’équilibre linguistique établi depuis 60 ans par le règlement 1958/1. Il est légitime de s'inquiéter pour les Irlandais qui dans leur majorité ne parlent pas le gaélique et seraient privés d'une langue officielle qui est due à tout citoyen, si l’anglais cessait d’être langue officielle de l’Union européenne. Mais c'est d'abord un problème pour l'Irlande. Il en est de même pour Malte qui devrait sacrifier le maltais comme langue officielle pour l’Europe. Si c’était le cas, cette solution, qui confirmerait l'anglais comme langue officielle à égalité avec les autres langues, serait de loin préférable et maintiendrait l'édifice juridique du règlement 1/1958 qui, même respecté de manière inégale par les institutions, doit être absolument préservé.

La difficulté très réelle peut toutefois être surmontée par une interprétation "compréhensive" du règlement 1/1958 sans bouleversement de l’économie générale du régime linguistique de l’Union depuis 1958. Si le principe d’une langue officielle par État paraît s’imposer en première analyse, il apparaît que les États membres ayant plusieurs langues officielles nationales soit n’ont aucune langue officielle en propre (Belgique et Luxembourg), soit en ont une seule en propre et d’autres langues en partage. Ainsi, la Finlande a le finnois en propre et le suédois en partage, Malte a une langue en propre, le maltais, une langue en partage, l’anglais, et l’Irlande une langue en propre, l’irlandais, et une langue en partage. Actuellement l’anglais est langue officielle en partage pour le Royaume-Uni, l’Irlande et Malte.

Après le retrait britannique, si le processus allait à son terme, l’anglais resterait langue officielle en partage pour Malte et pour l’Irlande. Comme il ne peut y avoir de hiérarchie entre langue officielle en propre et langue en partage, la suppression de l’anglais de la liste nécessiterait un vote unanime et est en fait politiquement impossible. Le maintien de l’anglais comme langue officielle ne serait ainsi en aucune manière la reconnaissance d’un statut spécial, mais le seul résultat du fait que l’anglais est également langue officielle pour l’Irlande et Malte.

À noter que cette interprétation n’est pas parfaite. Faisant un exercice de politique-fiction, on peut imaginer que si l’Irlande ou Malte devaient adhérer à l’Union européenne après un Brexit effectif, ces pays se trouveraient devant le dilemme de candidater avec une ou deux langues officielles. On peut également imaginer que si la Suède décidait de se retirer de l’Union européenne, les chances que le suédois demeure langue officielle parce qu’il est également langue officielle nationale de la Finlande seraient faibles. Mais ces simulations ne s’imposent pas. Ce qui s’impose en fait est la recherche d’une solution pragmatique qui conserve dans son intégralité le principe fondamental de l’égalité des États membres et de leurs langues officielles pour l’Union européenne. Nos gouvernements respectifs devraient dans leur grande sagesse se rallier à cette position raisonnable et écarter toute interprétation tendancieuse qui conférerait à l’anglais un statut spécial. Encore faudrait-il qu’ils en décident à l’unanimité et non par un non-choix qui serait un choix par défaut et par abstention.

RÈGLEMENT (CE) No920/2005 DU CONSEIL du 13 juin 2005 modifiant le règlement no 1 du 15 avril 1958 portant fixation du régime linguistique de la Communauté économique européenne et le règlement no 1 du 15 avril 1958 portant fixation du régime linguistique de la Communauté européenne de l’énergie atomique et introduisant des mesures dérogatoires temporaires à ces règlements…

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Aspects juridiques du Brexit

par l'Observatoire européen du plurilinguisme

D'abord, les langues officielles pour l'Union européenne sont fixées par l'article premier du règlement 1/1958, dans sa version originale et dans sa version à jour de 2007. Elles sont donc différentes des langues officielles des États. Elles en sont plutôt un sous-ensemble, ce qui veut dire que des langues officielles d'un État membre peuvent ne pas être langues officielles pour l'Union européenne. C'est la raison pour laquelle l'irlandais, pourtant langue des traités, n'était pas langue officielle jusqu'au règlement 920/2005 modifiant le règlement 1/1958 et y ajoutant notamment l'irlandais. En clair, l'Irlande avait comme langue officielle l'anglais jusqu'à ce règlement. Mais le règlement 920/2005 ne dit pas si l'Irlande perdait du même coup l'anglais comme langue officielle. On devine tout de suite la difficulté qui se présente. Pour faire simple, il y a deux hypothèses :

1) Les pays qui ont plusieurs langues officielles (nationales), n'ont droit qu'à une seule officielle en propre. C'est ce qui semble découler de l'article 8 du règlement 1/1958 qui dit : "En ce qui concerne les États membres où existent plusieurs langues officielles, l'usage de la langue sera, à la demande de l'État intéressé, déterminé suivant les règles générales découlant de la législation de cet État."

L'article 3 semble pousser dans le même sens : "Les textes adressés par les institutions à un État membre ou à une personne relevant de la juridiction d'un État membre sont rédigés dans la langue de cet État."

Pour l'Irlande et Malte, l'anglais est une langue officielle partagée avec le Royaume-Uni. Dans ce cas, le départ du Royaume-Uni impliquerait que l'Irlande et Malte ne conservent comme langues officielles que l'irlandais et le maltais.

2) Les États membres qui ont plusieurs langues officielles nationales peuvent avoir plusieurs langues officielles pour l'Union européenne. Cette interprétation relativise beaucoup l'interprétation à donner aux articles 3 et 8 du règlement 1/1958. Dans ce cas, l'anglais est pour l'Irlande (ou Malte) une langue officielle en propre au même titre que pour le Royaume-Uni. Dans cette hypothèse, Brexit ou pas Brexit, l'anglais reste une langue officielle pour l'Union européenne.

Le moins que l'on puisse dire est que l'issue d'un recours devant la CJE serait très incertaine.

Notre hantise est que le maintien de l'anglais comme langue officielle pour l'Union européenne puisse apparaître comme le résultat d'un traitement spécial accordé à l'anglais. Car, dans ce cas, on pourrait en déduire une prééminence de jure de l'anglais sur les autres langues. C'est la raison pour laquelle l'OEP préconise qu'il y ait un vote en tout état de cause du Conseil européen qui valide l'une ou l'autre interprétation. Pas moins de 80 % de la population irlandaise ne connaissant pas l'irlandais, on n'imagine pas que l'on supprime l'anglais des langues de publication, entre autres, du journal officiel.

Le plus probable est qu'il n'y ait aucun vote du Conseil de l'Union européenne, et que la seconde interprétation s'impose d'elle-même.

Cela n'empêche pas de continuer à réclamer un rééquilibrage des langues dans le fonctionnement des institutions. Malgré les réactions récentes de Michel Barnier et de l'ambassadeur français Philippe Léglise-Costa (écho à la déclaration d'Emmanuel Macron disant que l'"on parle trop anglais à Bruxelles"), sans actions coordonnées avec l'Allemagne et l'Italie, rien ne bougera.

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Pour une gouvernance européenne multilingue

par Christian Tremblay, président de l’Observatoire européen du multilinguisme (OEP), mars 2018. Synthèse sur les conséquences du Brexit sur le régime linguistique de l’Union européenne.

La question des conséquences linguistiques du Brexit a été dans une première phase de savoir si l’anglais pourrait rester ou non langue officielle de l’Union européenne. Bien que le seul pays ayant déclaré l’anglais comme langue officielle soit le Royaume-Uni, l’Irlande ayant déclaré l’irlandais, et Malte le maltais, on peut à bon droit considérer qu’il reste souhaitable que l’anglais reste langue officielle. Toutefois, la manière dont la question du positionnement de l’anglais en tant que langue officielle de l’Union européenne peut être traitée est au moins aussi importante que la question de sa qualification comme langue officielle. De la manière dont cette question sera traitée peut sortir le meilleur comme le pire. De la part de certains, il serait possible que la langue d’un pays qui a cessé d’être membre reste néanmoins langue officielle de l’Union européenne tant que les États membres n’en ont pas décidé autrement, c’est-à-dire sans discussion et sans vote du Conseil.

Il faut être conscient que l’interprétation du règlement 1/1958 qui conduit à ce résultat équivaut à reconnaître à l’anglais un statut spécial en Europe par rapport aux autres langues nationales. Il s’agirait d’un renversement complet du régime linguistique institué depuis les traités de Rome, et cela sans débat et sans vote. Cette perspective nous semble absolument inconcevable et inacceptable. Nous savons, depuis que la question du retrait britannique est posée, que le règlement 1/1958 qui règle depuis le traité de Rome le régime linguistique de l’Union européenne est susceptible de deux interprétations. On peut d’abord faire une lecture fidèle à la lettre et à l’esprit du règlement 1/58 qui repose sur l'idée que les langues officielles de l’Union européenne sont des langues des traités et, pour les pays ayant plusieurs langues officielles nationales, la langue d’usage sera la langue officielle déclarée par l’État membre, sur la base d’un principe d’égalité, soit à raison d'une langue par État en vertu de l’article 8. Il n'y a pas place dans cette lecture pour une langue qui ne serait pas déclarée par un État membre.

Donc, le retrait britannique entraînerait automatiquement la suppression de l'anglais comme langue officielle, sauf si l'Irlande ou Malte décide de déclarer l'anglais à la place respectivement de l’irlandais ou du maltais. L'autre interprétation, celle que proposent conjointement les services juridiques du Parlement européen, de la Commission et du Conseil, est un pur artifice destiné à maintenir l'anglais coûte que coûte. Selon l’avis commun produit par ces trois instances, les langues notifiées en tant que langues officielles par les États membres cessent d’être rattachées à leur État membre d’origine dès lors qu’elles ont été notifiées. En conséquence, l’anglais continuerait d’être langue officielle de l’UE car incorporé dans le Règlement 1/1958 au niveau de son article premier. Seul un accord pris à l’unanimité des États membres pourrait modifier cette situation. Il est évident que l’on n’aurait pas imaginé un tel montage juridique s’il s’était agi d’un autre pays que le Royaume-Uni et d’une autre langue que l’anglais.

Cette interprétation conférerait à l'anglais une suprématie de jure et préfigurerait une reconnaissance de l'anglais comme seule langue officielle de l'Europe. Les autres langues se trouveraient reléguées comme langues officielles nationales, soit un statut qui pourrait se comparer au basque ou au catalan en Espagne ou aux langues nationales dans de nombreux États africains. C'est cela que comporte en puissance cette interprétation, si le Conseil devait être amené à l’approuver. Il s’agirait d’un bouleversement radical de l’équilibre linguistique établi depuis 60 ans par le règlement 1958/1. Il est légitime de s'inquiéter pour les Irlandais qui dans leur majorité ne parlent pas le gaélique et seraient privés d'une langue officielle qui est due à tout citoyen, si l’anglais cessait d’être langue officielle de l’Union européenne. Mais c'est d'abord un problème pour l'Irlande. Il en est de même pour Malte qui devrait sacrifier le maltais comme langue officielle pour l’Europe. Si c’était le cas, cette solution, qui confirmerait l'anglais comme langue officielle à égalité avec les autres langues, serait de loin préférable et maintiendrait l'édifice juridique du règlement 1/1958 qui, même respecté de manière inégale par les institutions, doit être absolument préservé.

La difficulté très réelle peut toutefois être surmontée par une interprétation "compréhensive" du règlement 1/1958 sans bouleversement de l’économie générale du régime linguistique de l’Union depuis 1958. Si le principe d’une langue officielle par État paraît s’imposer en première analyse, il apparaît que les États membres ayant plusieurs langues officielles nationales soit n’ont aucune langue officielle en propre (Belgique et Luxembourg), soit en ont une seule en propre et d’autres langues en partage. Ainsi, la Finlande a le finnois en propre et le suédois en partage, Malte a une langue en propre, le maltais, une langue en partage, l’anglais, et l’Irlande une langue en propre, l’irlandais, et une langue en partage. Actuellement l’anglais est langue officielle en partage pour le Royaume-Uni, l’Irlande et Malte.

Après le retrait britannique, si le processus allait à son terme, l’anglais resterait langue officielle en partage pour Malte et pour l’Irlande. Comme il ne peut y avoir de hiérarchie entre langue officielle en propre et langue en partage, la suppression de l’anglais de la liste nécessiterait un vote unanime et est en fait politiquement impossible. Le maintien de l’anglais comme langue officielle ne serait ainsi en aucune manière la reconnaissance d’un statut spécial, mais le seul résultat du fait que l’anglais est également langue officielle pour l’Irlande et Malte.

À noter que cette interprétation n’est pas parfaite. Faisant un exercice de politique-fiction, on peut imaginer que si l’Irlande ou Malte devaient adhérer à l’Union européenne après un Brexit effectif, ces pays se trouveraient devant le dilemme de candidater avec une ou deux langues officielles. On peut également imaginer que si la Suède décidait de se retirer de l’Union européenne, les chances que le suédois demeure langue officielle parce qu’il est également langue officielle nationale de la Finlande seraient faibles. Mais ces simulations ne s’imposent pas. Ce qui s’impose en fait est la recherche d’une solution pragmatique qui conserve dans son intégralité le principe fondamental de l’égalité des États membres et de leurs langues officielles pour l’Union européenne. Nos gouvernements respectifs devraient dans leur grande sagesse se rallier à cette position raisonnable et écarter toute interprétation tendancieuse qui conférerait à l’anglais un statut spécial. Encore faudrait-il qu’ils en décident à l’unanimité et non par un non-choix qui serait un choix par défaut et par abstention.

RÈGLEMENT (CE) No920/2005 DU CONSEIL du 13 juin 2005 modifiant le règlement no 1 du 15 avril 1958 portant fixation du régime linguistique de la Communauté économique européenne et le règlement no 1 du 15 avril 1958 portant fixation du régime linguistique de la Communauté européenne de l’énergie atomique et introduisant des mesures dérogatoires temporaires à ces règlements…

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Francophonie.jpgRéforme du participe passé ? (2) - le 07/09/2018 - 10:29 par MAR

Réforme du participe passé ? (2)

Le Monde E. Viennot Une règle incompréhensible et dévastatrice (lien)
Libération Pour Bernard Pivot Tout le monde pourrait comprendre cette règle (lien)
Le Point Jean-Louis Chiss Le participe passé n'est pas un tabou (lien)
Libération L'orthographe, un siècle de crispations (lien)
Libération Orthographe : quatre termes du débat (lien)
Libération Contre Jean-Marie Rouart "Notre langue est en décadence" (lien)

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Réforme du participe passé ? (2)

Le Monde E. Viennot Une règle incompréhensible et dévastatrice (lien)
Libération Pour Bernard Pivot Tout le monde pourrait comprendre cette règle (lien)
Le Point Jean-Louis Chiss Le participe passé n'est pas un tabou (lien)
Libération L'orthographe, un siècle de crispations (lien)
Libération Orthographe : quatre termes du débat (lien)
Libération Contre Jean-Marie Rouart "Notre langue est en décadence" (lien)

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Francophonie.jpgRéforme du participe passé ? - le 06/09/2018 - 16:47 par MAR

Réforme du participe passé ?

Libération Réformer le français : petit historique récent des batailles (lien)
Le Figaro Les Belges veulent s'affranchir de l'accord du participe passé (lien)
Courrier International Le Soir L’offensive des linguistes belges sur la grammaire française (lien)
Libération Les Belges sont décidés à simplifier l'orthographe du français (lien)
Orange Les Belges veulent bouleverser la langue française (lien)

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Réforme du participe passé ?

Libération Réformer le français : petit historique récent des batailles (lien)
Le Figaro Les Belges veulent s'affranchir de l'accord du participe passé (lien)
Courrier International Le Soir L’offensive des linguistes belges sur la grammaire française (lien)
Libération Les Belges sont décidés à simplifier l'orthographe du français (lien)
Orange Les Belges veulent bouleverser la langue française (lien)

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La Voix acadienne Montrez votre fierté pour le français

L’Acadie, au Nord-Est du Québec, rassemble des descendants des Français de Nouvelle France qui avaient subi en 1755 le "Grand Dérangement", déportation massive - épuration ethnique - conduite par Londres, avec beaucoup de morts. Les rescapés cachés dans les forêts et ceux qui sont revenus de leur exil en France (notamment à Belle-Île-en-Mer), en Floride, en Louisiane…se sont rétablis dans les "provinces maritimes" du Nouveau-Brunswick, de Nouvelle-Écosse, de l’Île du Prince-Édouard.

Ils y sont aujourd’hui très minoritaires, sauf au Nouveau-Brunswick (un tiers de francophones maternels, avec l’université francophone de Moncton), et ont beaucoup de mal à garder leur langue maternelle. En témoigne cet article de la "Voix acadienne" de l’Île du Prince Édouard qui, à l’occasion du 15 août, Assomption et fête nationale de toute l’Acadie au drapeau bleu-blanc-rouge à étoile d’or, exhortait les quelques centaines de francophones maternels à être fiers de parler leur langue. Albert Salon

______________________________________________________________________________

voix_acadienne.jpg
Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

15 août 2018 - Montrez votre fierté pour le français

Vous êtes plusieurs à nous dire qu’être Acadien, ça veut dire être fier de sa langue et de son histoire. Vous nous dites que le français fait partie de vos racines et que vous le portez dans votre cœur partout où vous allez. Vous vous dites fiers de pouvoir parler français encore aujourd’hui dans votre région. Puis, parfois, vous nous dites que votre français est "moins bon", que vous manquez de vocabulaire, que vous n’êtes pas certains que vous pouvez faire une entrevue en français avec une journaliste.

Cette crainte s’appelle l’insécurité linguistique. C’est un phénomène qui se manifeste chez plusieurs personnes qui vivent surtout en contexte minoritaire, où l’anglais a depuis longtemps pris le dessus sur le français, comme à l’Île-du-Prince-Édouard.

Ces personnes ne se sentent pas entièrement à l’aise de parler français, en compagnie d’autres locuteurs comme les Québécois ou les Français, même s’il s’agit de leur langue maternelle. Cette insécurité est historique : les Acadiens ont été contraints d’apprendre l’anglais et on leur a répété jour après jour que le français était honteux. Des écoles francophones ont fermé leur porte, et la population francophone a perdu son accès à sa langue.

Depuis lors, bien des choses ont changé. On célèbre de plus en plus le parler acadien, on encourage l’accent, on aime se souvenir des mots qui honorent la mémoire acadienne. Et c’est merveilleux !

Plusieurs écrits scientifiques sur la linguistique montrent bien qu’il n’existe pas de langue française parfaite. Les Français, comme les Québécois, ont leur langage bien à eux, tout comme les Acadiens. Même les Acadiens des différentes régions de l’Île et de l’Atlantique parlent différemment, et c’est tout à fait normal.

Il est temps de cesser de se comparer à une langue imaginaire, imposée par des organismes comme l’Office de la langue française. Bien entendu, il est utile d’apprendre les règles et les conventions pour communiquer à l’écrit, mais il est inutile d’espérer avoir un français "parfait" puisque cela n’existe pas.

Ce qui existe, ce sont différentes variétés de français, avec toutes les couleurs, accents, expressions que les peuples souhaitent leur donner. Ce sont ces langues multiples qui vivent avec leurs locuteurs, dans les villes et les villages partout au Canada. Vous devriez être fiers d’utiliser le français que vous avez appris.

Si vous sentez que vous employez trop de mots anglais, plusieurs outils s’offrent à vous : les émissions de télé en français, les films sur Netflix que vous pouvez regarder et écouter en français avec des sous-titres, les livres dans les bibliothèques...

C’est en utilisant la langue dans différents contextes que vous serez capables d’apprendre ou de réapprendre certains mots. Vous devriez être fiers de parler votre langue, et en prendre soin en l’enrichissant comme vous le pouvez.

En ces journées de fêtes acadiennes, La Voix acadienne vous invite à prendre les devants dans votre quotidien : n’ayez pas peur de parler le français que vous parlez ! Au travail, chez le médecin, chez le garagiste, parlez français aussitôt que vous en avez l’occasion !

Affichez votre fierté du français ! Catherine Paquette.

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La Voix acadienne Montrez votre fierté pour le français

L’Acadie, au Nord-Est du Québec, rassemble des descendants des Français de Nouvelle France qui avaient subi en 1755 le "Grand Dérangement", déportation massive - épuration ethnique - conduite par Londres, avec beaucoup de morts. Les rescapés cachés dans les forêts et ceux qui sont revenus de leur exil en France (notamment à Belle-Île-en-Mer), en Floride, en Louisiane…se sont rétablis dans les "provinces maritimes" du Nouveau-Brunswick, de Nouvelle-Écosse, de l’Île du Prince-Édouard.

Ils y sont aujourd’hui très minoritaires, sauf au Nouveau-Brunswick (un tiers de francophones maternels, avec l’université francophone de Moncton), et ont beaucoup de mal à garder leur langue maternelle. En témoigne cet article de la "Voix acadienne" de l’Île du Prince Édouard qui, à l’occasion du 15 août, Assomption et fête nationale de toute l’Acadie au drapeau bleu-blanc-rouge à étoile d’or, exhortait les quelques centaines de francophones maternels à être fiers de parler leur langue. Albert Salon

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voix_acadienne.jpg
Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

15 août 2018 - Montrez votre fierté pour le français

Vous êtes plusieurs à nous dire qu’être Acadien, ça veut dire être fier de sa langue et de son histoire. Vous nous dites que le français fait partie de vos racines et que vous le portez dans votre cœur partout où vous allez. Vous vous dites fiers de pouvoir parler français encore aujourd’hui dans votre région. Puis, parfois, vous nous dites que votre français est "moins bon", que vous manquez de vocabulaire, que vous n’êtes pas certains que vous pouvez faire une entrevue en français avec une journaliste.

Cette crainte s’appelle l’insécurité linguistique. C’est un phénomène qui se manifeste chez plusieurs personnes qui vivent surtout en contexte minoritaire, où l’anglais a depuis longtemps pris le dessus sur le français, comme à l’Île-du-Prince-Édouard.

Ces personnes ne se sentent pas entièrement à l’aise de parler français, en compagnie d’autres locuteurs comme les Québécois ou les Français, même s’il s’agit de leur langue maternelle. Cette insécurité est historique : les Acadiens ont été contraints d’apprendre l’anglais et on leur a répété jour après jour que le français était honteux. Des écoles francophones ont fermé leur porte, et la population francophone a perdu son accès à sa langue.

Depuis lors, bien des choses ont changé. On célèbre de plus en plus le parler acadien, on encourage l’accent, on aime se souvenir des mots qui honorent la mémoire acadienne. Et c’est merveilleux !

Plusieurs écrits scientifiques sur la linguistique montrent bien qu’il n’existe pas de langue française parfaite. Les Français, comme les Québécois, ont leur langage bien à eux, tout comme les Acadiens. Même les Acadiens des différentes régions de l’Île et de l’Atlantique parlent différemment, et c’est tout à fait normal.

Il est temps de cesser de se comparer à une langue imaginaire, imposée par des organismes comme l’Office de la langue française. Bien entendu, il est utile d’apprendre les règles et les conventions pour communiquer à l’écrit, mais il est inutile d’espérer avoir un français "parfait" puisque cela n’existe pas.

Ce qui existe, ce sont différentes variétés de français, avec toutes les couleurs, accents, expressions que les peuples souhaitent leur donner. Ce sont ces langues multiples qui vivent avec leurs locuteurs, dans les villes et les villages partout au Canada. Vous devriez être fiers d’utiliser le français que vous avez appris.

Si vous sentez que vous employez trop de mots anglais, plusieurs outils s’offrent à vous : les émissions de télé en français, les films sur Netflix que vous pouvez regarder et écouter en français avec des sous-titres, les livres dans les bibliothèques...

C’est en utilisant la langue dans différents contextes que vous serez capables d’apprendre ou de réapprendre certains mots. Vous devriez être fiers de parler votre langue, et en prendre soin en l’enrichissant comme vous le pouvez.

En ces journées de fêtes acadiennes, La Voix acadienne vous invite à prendre les devants dans votre quotidien : n’ayez pas peur de parler le français que vous parlez ! Au travail, chez le médecin, chez le garagiste, parlez français aussitôt que vous en avez l’occasion !

Affichez votre fierté du français ! Catherine Paquette.

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