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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles2018/nathalie_loiseau.jpgNathalie TheBird : Renew Europe - le 13/06/2019 - 15:02 par MAR

Nathalie TheBird : Renew Europe


Grand succès pour la liste française "Renaissance" proche du président Macron, contingent le plus important du groupe centriste du Parlement européen (21 sur 106) et pour sa cheffe de file. Elle a réussi à faire imposer un nouveau nom au groupe ADLE (Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe)  : "Renew Europe" !

À l'heure du Brexit cela s'imposait ! Effectivement selon la presse le "nom qui ne contient plus, à la demande des Français (sic !), le mot "libéral", jugé trop connoté dans l'Hexagone". En revanche qu'il soit in ingliche ne semble poser aucun problème…

À force de démissions linguistiques le nouveau pouvoir Macroniste qui pense jouer dans la cour de la modernité semble ne pas se rendre compte qu'il ne joue que dans la cour de la soumission.

Comme disait le Canard enchainé (4/4/2018) : "La "start-up nation" est en marche. Macron nous avait pourtant prévenus dès le 5 mars : il n'est pas "un défenseur grincheux de la francophonie". C'est, en effet, un défenseur décomplexé de l'anglais des business school spécialisées dans le team building de task forces au service des business models."

Il semble d'ailleurs que sa représentante, la brillante Nathalie TheBird, qui a passé son temps à insulter ses collègues européens a remarquablement réussi son entrée au Parlement européen.  MAR


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de juin 2019 - le 12/06/2019 - 16:43 par MAR

Langue française : Nouvelles de juin 2019

Tv5 Monde L'Académie française doit-elle représenter la Francophonie ? (8/6) (lien)
Actua Litté L'écrivain Daniel Rondeau élu au 8e fauteuil de l'Académie Française (7/6) (lien)
Le Figaro 5 expressions à ressusciter de toute urgence (9/6) (lien)
Courrier Expat Un nouveau secrétaire général pour les Alliances françaises (7/6) (lien)
République des Pyrénées Une pluie d’hommages salue la mémoire de l’humaniste Michel Serres (3/6) (lien)
Le Figaro Décès du philosophe Michel Serres à 88 ans (2/6) (lien)


Michel Serres : disparition d'un grand défenseur du français

Festival de regrets autour de la disparition de Michel Serres, justifiés bien sûr, mais qui ne font jamais référence* au combat permanent du philosophe contre le tout anglais, lui  qui n'hésitait pas à déclarer :
"Il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu'il n'y avait de mots allemands sous l'Occupation"
ou encore "Ce qui se passe est grave, l’un des pires moments que notre culture ait traversés. Je veux parler de la perte de la langue française dans le milieu des décideurs. Ceux-ci sont en train d’éradiquer la langue française. Que ce soit dans la finance, la science, le commerce, la publicité, plus personne parmi les riches ne parle le français. La langue française est devenue la langue des pauvres. Ce consentement des décideurs à l’anglais commence vraiment à ressembler à une collaboration, et la défense de la langue française à la résistance."

Notre site à maintes reprises a signalé les interventions virulentes de Michel Serres pour la langue française, contre le tout-anglais, quelques exemples :

Récemment encore Michel Serres a signé la tribune "Non, l’anglais ne doit pas remplacer le français !" où une centaine d’écrivains, d’essayistes, de journalistes et d’artistes s’indignaient de voir le "globish", un sous-anglais, supplanter notre langue. Y compris au sein du salon Livre Paris. (Le Monde des 27 et 28 janvier 2019)

L’académie de la Carpette anglaise a d'ailleurs été distingué Michel Serres du 1er Tapis rouge qui illustre et défend la langue française

Entretien de Michel Serres avec le journal Sud-Ouest (29 mai 2019) où le français est toujours présent !

* seul un article du Figaro évoque cet aspect


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mai 2019 (3) - le 24/05/2019 - 17:34 par MAR

Langue française : Nouvelles de mai 2019 (3)

Yves Montenay Le français, simple vestige ou future deuxième langue mondiale ? (22/5) (lien)
Europe 1 Grand débat : plus de 2 millions de fautes d'orthographe, soit une tous les 54 mots (22/5) (lien)
Le Point À qui la faute ? : le bon usage des locutions (22/5) (lien)


nouvelles2019/le-monde-rampe.jpgLe Monde rampe devant l'anglais - le 24/05/2019 - 14:27 par MAR

Le Monde rampe devant l'anglais

Le Monde, journal de référence "français", une fois de plus rampe devant l'anglais : "WE LOVE GREEN", "MUSIC", "FOOD", "TALKS",   "THINK TANK" tout y est dans la grande racole anglo-maniaque...

le-monde-rampe2.jpg

Petite question pourquoi The World indique-t-il "1er & 2 JUIN - BOIS DE VINCENNES" et non pas : JUNE 1st & 2nd -  WOOD OF VINCENNES" ?
On rampe ou on rampe pas...


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mai 2019 (2) - le 20/05/2019 - 15:50 par MAR

Langue française : Nouvelles de mai 2019 (2)

Le Figaro 5 expressions très françaises dont raffolent les Anglais (19/5) (lien)
Académie française Dire, ne pas dire : La Française Républiques (lien)
Tv5 Monde Musique : comment le rap et le hip-hop font évoluer la langue française ? (lien)


nouvelles2019/dictionnaire.jpgLes dictionnaires nouveaux sont arrivés - le 16/05/2019 - 14:20 par MAR

Les dictionnaires nouveaux sont arrivés

Le Parisien Au mois de mai, la bataille entre Larousse et Le Petit Robert reprend (lien)
Le Devoir L’édition 2020 du Petit Robert s’enfirouape (14/5) (lien)
Le Figaro Connaissez-vous ces nouveaux mots du dictionnaire ? (lien)
Le Monde Venus d’Afrique, taxieur, alphabète, boucantier ambiancent Le Petit Larousse (lien)
Le Figaro "Malaisant", "démocrature", "vacher"... Les nouveaux mots du Petit Robert (lien)
actu.fr Jober, scroller, ochlocratie… Voici les nouveaux mots du Petit Robert 2020 (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mai 2019 - le 03/05/2019 - 14:21 par MAR

Langue française : Nouvelles de mai 2019

Le Figaro Smicardisation, Ubériser, Inclusif, Divulgâcher… Les nouveaux mots du Petit Larousse (7/5) (lien)
CSLF Le Conseil supérieur de la langue française récompense 2 professionnels des médias (5/5) (lien)
Le Monde-sauce piquante La vie en -ing  (4/5) (lien)
L'Obs Parlez-vous franponais ? (4/5) (lien)
Sand-traduction Les anglicismes et la langue française : un focus sur le monde professionnel (10/5) (lien)
Le Figaro Bon courage, ASAP... Les mots du bureau qui vous rendent fous (1/5) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2019 (5) - le 26/04/2019 - 14:38 par MAR

Langue française : Nouvelles d'avril 2019 (5)

Le Figaro Un dictionnaire francophone pour répertorier les variétés du français (30/4) (lien)
Population & Avenir La langue française dans le monde Géographie et perspectives (lien)
L'Obs Jacques Krabal Il est néfaste d’appeler les chercheurs à publier en anglais (25/4) (lien)
Le Droit Le français est-il vraiment plus difficile que l’anglais? (25/4) (lien)
Le Figaro Un concours littéraire pour faire rayonner le français (25/4) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2019 (4) - le 25/04/2019 - 17:10 par MAR

Langue française : Nouvelles d'avril 2019 (4)

Le Droit Jean-Paul Perreault, un francophone "contre la colonisation des cerveaux" (23/4) (lien)
France Inter Parlement européen : les indispensables interprètes permettant aux eurodéputés de se comprendre (22/4) (lien)
Service public Clavier informatique : azerty ou bépo ? (22/4) (lien)
Le Devoir La langue de chez nous (17/4) (lien)
Le Devoir Pour l’amour du français (16/4) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2019 (3) - le 16/04/2019 - 10:30 par MAR

Langue française : Nouvelles d'avril 2019 (3)

Journal d'Avenir de la langue française Le n°67 d'avril 2019 est paru ! (lien)
La Presse Le français progresse dans le monde, mais... (12/4) (lien)
Le Figaro Fautes d’orthographe, santé au travail... Ce qui change avec les nouveaux claviers (10/4) (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Les À et les Ê arrivent sur les claviers ! (9/4) (lien)
La Lettre Pro La journaliste Wendy Bouchard récompensée du prix Richelieu (8/4) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2019 (2) - le 08/04/2019 - 17:09 par MAR

Langue française : Nouvelles d'avril 2019 (2)

Huffpost Claude Lelouch et 20 cinéastes interpellent Macron sur la future loi audiovisuelle (7/4) (lien)
OEP Manifeste pour la diversité linguistique et culturelle dans les recherches concernant les langues (3/4) (lien)
Le Télégramme Nouveaux claviers. Pour un meilleur français… et breton (3/4) (lien)
Le Temps Les anglicismes, piment ou plaie du "Temps" (2/4) (lien)
Le Monde Erasmus tente de plus en plus de professeurs (1/4) (lien)
Agoravox "ONLYLYON", l’insulte lyonnaise à la langue française ! (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2019 - le 03/04/2019 - 11:31 par MAR

Langue française : Nouvelles d'avril 2019

Le Figaro Ces anglicismes qu’on ne veut plus entendre (2/4) (lien)
Valeurs actuelles Monsieur Noguez s'en est allé (lien)
Yves Montenay Saluons le retour de la francophonie ! (lien)
Le Figaro Bienvenue in Paris : A-t-on encore le droit de parler français en France ? (lien)
Xinhuanet Le français est la 2e langue étrangère la plus apprise au monde en 2018, selon l'OIF (lien)
Yves Montenay Halte à la généralisation de l’anglais en Europe ! (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 (6) - le 28/03/2019 - 14:23 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019 (6)

France info Agathe Denoirjean chanter en français, meilleur moyen de communiquer avec mon public (lien)
Agoravox  "ONLYLYON", l’insulte lyonnaise à la langue française ! (26/3) (lien)
Le Figaro Ces anglicismes qu’on ne veut plus entendre (26/3) (lien)
La presse Francophonie : Catherine Cano nommée à l'OIF (26/3) (lien)
AIAC Louise Mushikiwabo pour l’équivalence des diplômes de l’espace francophone (25/3) (lien)
Néon 11 mots français utilisés à travers le monde, mais pas en France (26/3) (lien)
Le Figaro Trang Phan-Labays Défendons la prospérité de l'espace francophone au service de la langue française ! (20/3) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 (5) - le 25/03/2019 - 15:37 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019 (5)

Le Figaro La langue française n’appartient plus aux seuls Français (20/3) (lien)
RTL Les perles de la traduction automatique (19/3) (lien)
Riad Sattouf La langue française est mon pays préféré (19/3) (lien)
Vatican Au Vatican, la langue française suscite toujours l’intérêt (19/3) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas L'avenir réjouissant de la langue française (19/3) (lien)
OEP La francophonie a un bel avenir devant elle ! (15/3) (lien)
Le Devoir Pourquoi moderniser la Loi sur les langues officielles? (12/3) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 (4) - le 19/03/2019 - 17:11 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019 (4)

Franck Riester Le français est nécessaire à notre pacte républicain et à la cohésion sociale (19/3) (lien)
Le Vif Langue française : comment la Flandre se tire une balle dans le pied (19/3) (lien)
Le Temps Louise Mushikiwabo interpelle les jeunes francophones (18/3) (lien)
France 24 Coup d'envoi de la semaine de la langue française et de la Francophonie (18/3) (lien)
La Nouvelle République Quelle est la place de la langue française dans le monde ? (18/3) (lien)


nouvelles2019/dominique_noguez.jpgIn memoriam Dominique Noguez - le 18/03/2019 - 17:15 par Jean-Hourcade

In memoriam Dominique Noguez
(1942-2019)

Dies irae, dies illa pour Avenir de la langue française (ALF).

Après son président d’honneur Bernard Dorin, ambassadeur de France, voilà qu’elle est orpheline de Dominique Noguez, l’un de ses trois membres fondateurs, son premier président, de 1992 à 1993.

De nombreux hommages ont été rendus par les médias, dont Le Monde, au distingué écrivain, critique de cinéma, spécialiste du film expérimental américain, conseiller de Marguerite Duras dans certains de ses films ; à l’humoriste (pratiquant l’humour noir et le canular), l’auteur de recherches sur la littérature française, le sociologue de la vie de tous les jours, le moraliste et professeur d’esthétique à l’université. ALF tient à ajouter ce qu’elle – et la France – doivent à cet inlassable et inclassable militant de la cause du français qu’on a pu voir se promener dans Paris, un marqueur dans la poche, ajoutant les accents manquants aux plaques des rues.

Récompensé en 2017 par l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre, il avait aussi enseigné au Québec où il gardait de nombreux amis, dont le poète et militant Gaston Miron. Allant bien plus loin que le Parlez-vous franglais ? d'Étiemble, le livre La Colonisation douce de Dominique Noguez sonna le début de la rébellion politique contre l’effacement en catimini du français en France et à l’international sous les coups de l’Empire, et des Français "collabos de la pub et du fric" (Michel Serres). À la fin de son ouvrage, l’auteur prédisait qu’à force de descendre nous toucherions le fond et que, alors, nous pourrions rebondir.

En vue de la création consécutive d’ALF, il avait tenu à lancer, dans le Monde et ailleurs, un manifeste-appel publié avec l’aide financière de Philippe Rossillon, Michel Guillou et la nôtre. Il avait alors réussi à obtenir la signature d’une bonne partie de l’intelligentsia de France et d’autres pays francophones. Ancien de "la rue d’Ulm", il incarnait si bien l’esprit universitaire français, faisant mine de traiter des sujets les plus graves sous le masque de l’humour.

Il va manquer à notre cause. Ressuscitons-le - le terme est de lui, s’adressant aux futurs visiteurs de sa tombe - en amplifiant sa résistance souriante et têtue à la "colonisation douce", afin de pouvoir bientôt lui dire qu’enfin, le fond touché, notre combativité aura amené le rebond.

Guy Dalens, Jean Hourcade, Albert Salon

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Dominique Noguez fut le premier président d'Avenir de la langue française à sa fondation en 1993. Son combat pour la langue française fut constant.

Dominique Noguez est né le 12 septembre 1942 à Bolbec (Seine-Maritime). Il a étudié à l'École normale supérieure et était agrégé de philosophie. Il laisse derrière lui une oeuvre protéiforme, des essais sur le cinéma, de nombreux essais littéraires comme La colonisation douce, feu la langue française ?* (Éditions du Rocher), plusieurs livres sur Marguerite Duras, des nouvelles et neuf romans dont Amour noir (Gallimard) couronné en 1997 par le prix Fémina.

Il était connu pour son humour sarcastique indescriptible. Comment rater complètement sa vie en onze leçons (Payot & Rivages, 2002) en est l'exemple parfait. Il avait même reçu le prix de l'humour noir en 1999 avec Cadeaux de Noël (Zulma). « L'humour est chose grave, c'est la chose la plus grave, c'est la seule chose grave. Car, s'il est véritablement déclenché et véritablement compris, il embrasse le tout de l'humaine grandeur et de l'humaine détresse. Il est solaire et, en même temps, de la nuit la plus noire », écrivait-il dans L'homme de l'humour (Gallimard, 2004)

En 2013, il a publié un récit autobiographique, Une année qui commence bien (Flammarion), dans lequel il revenait sur le début tumultueux de sa relation amoureuse avec Cyril Durieux. « L'amour dans toute sa plénitude, je ne l'aurai connu que par les livres », écrivait-il alors. En 2017, il avait reçu le prix de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.

* La colonisation douce (Feu de la langue française ?) (1991, réédité en 1998) [Arléa] Sociologie de la colonisation culturelle ou manuel de reconquête linguistique, 
œuvre littéraire ou œuvre politique, cet ouvrage peut rendre des services à plus d’hommes et plus longtemps qu’on ne le croit.

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Lire aussi Ouest-France Le romancier Dominique Noguez, prix Femina pour Amour noir, est décédé

Le Figaro Dominique Noguez, auteur d'Amour Noir, est décédé à 76 ans

Le Monde Dominique Noguez, Écrivain (lire ci-dessous)

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Article paru dans Le Monde daté mardi 19 mars 2019

Dominique Noguez

Écrivain

Dominique Noguez a été emporpar un cancer, à 76 ans, dans la nuit du 14 au 15 mars 2019, à Paris. On peut le dire ainsi. Mais la nouvelle, qui a laissé ses amis abasourdis, tant l'écrivain avait été discret sur la gravité de sa maladie, peut s'énoncer de bien d'autres manières.

Par exemple : disparition soudaine d'un des plus grands spécialistes du cinéma expérimental nord-américain ; d'un membre éminent du Collège de pataphysique ; du découvreur de Michel Houellebecq (dont il fit éditer le premier roman) ; d'un ami et confident de Marguerite Duras. Ou encore : mort brutale de l'auteur du désespéré et hilarant Comment rater complètement sa vie en onze leçons (Payot, 2002), ou du glaçant (et non moins hilarant) L'Embaumeur (Fayard, 2004) ; d'un défenseur inlassable de la langue française ; d'un plaisantin, à qui il arrivait de se promener un marqueur blanc en poche, avec lequel il ajoutait les accents manquants aux plaques des rues parisiennes...

Du cinéma à la littérature

La mort d'un homme est parfois une hécatombe : des dizaines d'univers sont tout à coup engloutis. Dominique Noguez, comme écrivain, a touché à autant de formes qu'il lui était possible. Aussi sa vie a-t-elle été un long zigzag, une course fébrile et joyeuse entre toutes les voies, même détournées, que son talent et son érudition ouvraient devant lui.

le 12 septembre 1942 à Bolbec (Seine-Maritime), il passa son enfance et son adolescence à Rouen ; puis à Biarritz, où il commença des études classiques (latin-grec), avant d'être reçu à l'École normale supérieure en 1963, dont il sortira, en 1967, pouvait dès lors s'enchaîner assez aisément. Mais entre-temps la donne s'était déjà compliquée.

Joint par Le Monde, le philosophe Bernard Pautrat, qui avait fait sa connaissance en 1960, et qui le précéda à l'École normale supérieure, raconte : "A Normale, il était sollicité par des passions qui ne font pas forcément bon ménage avec la philosophie. Il avait besoin de s'intéresser à plusieurs choses à la fois. Je ne l'ai jamais vu, par exemple, se recommander d'une école de philosophie, comme font beaucoup de jeunes normaliens."

L'élève Noguez préférait les chemins de traverse. Il part d'ailleurs bientôt enseigner au Québec, il restera de 1968 à 1971."C'est là, poursuit Bernard Pautrat, qu'il a découvert le cinéma expérimental et qu'il a décidé d'en faire sa spécialité universitaire. C'était salvateur pour lui de trouver un domaine aussi ouvert, hétéroclite, au carrefour de mondes très différents.

Les jeux (universitaires) sont faits. De retour à Paris, Dominique Noguez rejoint l'université Paris I, département arts plastiques. Son enseignement et les premiers livres qu'il fait alors paraître (tel Le Cinéma, autrement, 10/18, 1977) font connaître en France des œuvres d'avant-garde comme celles de Gregory Markopoulos, Marcel Hanoun, Werner Nekes ou Jonas Mekas, dont il restera très proche jusqu'à la mort du cinéaste, en janvier.

Mais d'autres jeux restent à jouer, qui finiront par l'emporter, le professeur s'éloignant progressivement au profit de l'écrivain. En 1981, Dominique Noguez publie son premier roman, M & R (Robert Laffont), et très vite les livres se multiplient. Peu de romans, au total : six, jusqu'à L'Interruption (Flammarion, 2018), sur 52 livres échappant, le plus souvent, aux catégories. Ainsi de ses "études plus ou moins avantes", se mêlent érudition, fiction, parodie et, intriqué dans l'ensemble, un art subtil de renouveler le regard sur l'histoire de la pensée ou de l'art - on peut citer, entre autres, Les Trois Rimbaud (Éditions de Minuit, 1986) ou Lénine dada (Robert Laffont, 1989).

Mais cela aussi n'est qu'une partie de cette œuvre vaste, effervescente, toujours en mouvement. Le recueil d'aphorismes (Pensées bleues, Équateurs, 2015) y côtoie l'essai littéraire (Duras, Marguerite, Flammarion, 2001), l'humour noir (Ouverture des veines et autres distractions, Robert Laffont, 1982) se prolonge en une philosophie du rire (L'Homme de l'humour, Gallimard, 2004), laquelle rebondit dans une enquête érudite sur des maximes célèbres - La Véritable origine des plus beaux aphorismes (Payot, 2014), entreprise qu'il a poursuivie dans le dernier livre paru de son vivant, au début du mois : Encore une citation, monsieur le bourreau (Albin Michel, 224 p., 18 euros).

Baroque et visionnaire

Pour être peu nombreux, les romans occupent, dans cet ensemble, une place décisive. Certains, comme le baroque et visionnaire Les Derniers Jours du monde (Robert Laffont, 1991, adapté au cinéma en 2009 par les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu), récapitulent les passions, les curiosités, les paradoxes, les nostalgies, le secret désespoir dont chacun des autres livres explore une facette. D'autres, tel Amour noir (Gallimard, prix Femina 1997), s'approchent d'une dimension plus intime, qui ailleurs ne faisait qu'affleurer.

C'est, cependant, dans son grand texte autobiographique, Une année qui commence bien (Flammarion, 2013), que Dominique Noguez, cessant de jouer, dira au plus près ce qu'était sa vie. Mais, au-delà du récit des six mois d'une passion impossible pour un jeune homme, ce livre, par sa délicatesse, sa mélancolie, son humour aussi, plus noir que jamais, et surtout par la puissance impérieuse de son style, d'une richesse, d'une mobilité et d'une précision qui rendent tout incandescent, dit enfin, et d'abord, quel écrivain fut Dominique Noguez.

À la dernière page d'un petit livre paru en 2016, Projet d'épitaphe, précédé de cinq poèmes plus longs (Sandre), il imaginait, pour sa tombe, ces mots : "Toutes les fois que tu liras, même vite, même tout bas, passant, le nom que voilà, tu me ressusciteras."

Alors qu'en 2020 un volume de la collection "Bouquins" des éditions Robert Laffont doit réunir, entre autres, différentes "études plus ou moins sçavantes'' - sous le titre Canulars -, et que d'autres textes restent à paraître, dont des lettres de jeunesse et un monumental journal intime, dont on espère qu'il sortira un jour, tout paraît désormais possible pour cette œuvre demeurée jusqu'au bout tellement imprévisible. Y compris la résurrection.

Florent Georgesco


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 (3) - le 18/03/2019 - 16:14 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019 (3)

Le grand soir  Basculement de la France au tout-anglais, linguicide organisé (17/3) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas Avec le Brexit, l'UE va-t-elle redécouvrir le français ?(12/3) (lien)
La Presse Le français en forte progression grâce à l'Afrique (11/3) (lien)
Le journal de Montréal Sommes-nous "coolonisés" ? (10/3) (lien)
La minuteL’espagnol, une langue de plus en plus politisée aux Etats-Unis (10/3) (lien)


Semaine de la langue française et de la Francophonie

du 16 au 20 mars 2019


nouvelles2019/arret_au-tout-anglais.jpgManif pour le français le 20 mars à Lyon - le 13/03/2019 - 17:38 par MAR

Manif pour le français le 20 mars à Lyon

Une gauche très "progressiste" se mobilise à fond pour le français. Nous relayons cette heureuse initiative. A. S.

Le 20 mars Lyon sera la capitale de la Résistance au tout-anglais

COURRIEL et Afrav organisent une manifestation de rue, le 20 mars à Lyon. Ils tourneront en rond avec leurs panneaux tout en distribuant des tracts pour dénoncer l'anglicisation.en marche. Cela se passera sur la place Carnot (près de la gare de Lyon-Perrache), pour aller via la rue Victor Hugo sur la place Bellecour où se situe le pavillon de ONLYLYON (sic !).

Les participants défileront avec une pancarte, en distribuant  les tracts des associations Co.u.r.r.i.e.l et Afrav (voir ci-dessous)

Le 20 mars, c’est la journée mondiale de la langue française et de la Francophonie. La langue française comme la diversité linguistique et culturelle du monde est menacée par la politique du tout-anglais des marchés financiers. Une manifestation pour la langue française et contre le tout-anglais est organisée à Lyon le 20 mars 2019.
    Le rendez-vous est fixé place Carnot à 10 h et se conclura place Bellecour. L’action est programmée pour durer de 10 h à 18 h permettant à chacun de rejoindre la mobilisation selon ses disponibilités.
    Tous les amis de la langue française et des langues en général sont invités à venir défiler avec nous.
    Merci de votre attention et cordiales salutations.
    Régis Ravat, président de l'Afrav

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tract-Courriel-Afrav-Lyon.jpg

INSOUMISSION SOCIALE et RÉSISTANCE

LINGUISTIQUE, MÊME COMBAT !

Les militants des associations CO.U.R.R.I.EL et A.FR.AV* soutiennent les travailleurs, les étudiants et tout citoyen en lutte contre la casse des acquis sociaux et démocratiques issus de 1789 et du Conseil National de la Résistance.

En détruisant les statuts, le Code du travail, les conventions collectives, les diplômes nationaux, la Sécu et les retraites, le secteur nationalisé, le produire en France et les services publics, les gouvernements successifs inféodés à l’UE et à l’OTAN veulent nous aligner sur le très inégalitaire « modèle » anglo-saxon où les « gagneurs » à la Trump écrasent le monde du travail.

Cette politique d’arrachage social, l’oligarchie capitaliste « française » l’applique aussi sur le terrain linguistique : elle choisit - Macron et le MEDEF en tête - d’évincer la langue française, « langue de la République » selon l’article II de la Constitution, au profit du « tout-anglais » cher aux promoteurs du Traité de libre-échange transatlantique, le TLET et de l’accord économique et commercial global, l’AECG, des traités désastreux non seulement pour l’agriculture paysanne et le produire en France industriel, mais aussi pour notre langue et notre culture (À noter qu’en France, les acronymes anglais TAFTA et CETA sont plus connus que leurs équivalents en français ?!).

Déjà, Renault et PSA ont basculé toute leur documentation interne à l’anglais. La direction d’Air France fait sa pub et nomme ses produits en anglais (France is in the air, Flying Blue, Joon, etc.), La Poste crée Ma French Bank, de grandes firmes « françaises », Darty ou la Redoute en tête, lancent le Black Friday et même, suprême insulte au peuple français, les French Days … Et que penser de Carrefour qui veut jouer la carte 100% BIO en nous polluant 100% à l’anglais avec sa campagne Act For Food ? Ne parlons pas de The Voice, que My TF1 matraque chaque samedi soir après le My Million de la Française des Jeux. Mais pourquoi se gêner quand le chef de l’État promeut lui-même systématiquement l’anglais en France même (France is back, Make the planet great again, One Planet Summit, Choose France, The Internet of Trust, La French Tech, etc.) ?

Ce globiche des affaires ("Business Globish", comme ils disent) qui, dès l’enfance, formate nos pensées et nos goûts dans un sens néolibéral, est un terrible facteur de pensée, de politique, d’économie uniques, une arme létale contre la biodiversité culturelle mondiale, un assassinat du premier service public de France : la langue française.

Et ce projet turbo-capitaliste va plus loin encore : en faisant de l’anglais la seule « langue de l’entreprise et des affaires », comme y appelle le Baron Seillères, ex-patron du MEDEF et du patronat européen, l’oligarchie au pouvoir entend « dé-segmenter » le marché du travail continental pour écraser tous les salaires : non seulement les travailleurs non anglophones seraient marginalisés, mais pour chaque emploi, le chômage de masse aidant, la concurrence entre salariés sera exacerbée si le globiche continue d'être imposé partout en violation de la loi et de la dignité des travailleurs francophones, qu’ils soient Français ou immigrés venus d’Afrique.

Nous appelons donc les militants des partis progressistes et ceux des syndicats ouvriers, enseignants, étudiants, paysans, à compléter leur résistance sociale par une insoumission linguistique. Contre la langue unique du néolibéralisme mondialisé et « globalitaire », individuellement et collectivement, DÉFENDONS notre dignité en défendant notre LANGUE FRANÇAISE et toutes les langues de France et du monde à travers elle !

Non à l’anglais partout ! ¿ Porque ingles unicamente ?

English language, stay home. Perché solo l'inglese ?

Und die deutsche Sprache ? Porque não, o portugues ?

Spreek nederlands ? لا للغة الإنجليزية في كل مكان !

Her yerde İngilizce yok ! Rifuzu la anglan !

* Tract porté par les associations CO.U.R.R.I.E.L et A.FR.AV, associations de résistance culturelle et linguistique

Courriels : gastaudcrovisier2@wanadoo.fr et afrav@aliceadsl.fr - Site : http://www.francophonie-avenir.com

Merci de ne pas jeter ce tract sur la voie publique

Refusons les œillères de l’anglo-américanisation !


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 (2) - le 11/03/2019 - 15:45 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019 (2)

Le Figaro D. Sallenave Les femmes doivent être visibles dans la langue française (8/3) (lien)
Kapitalis Tunis se mobilise pour le succès du 18e sommet de la Francophonie (6/3) (lien)
France Inter "Projet Voltaire", appli pour combler ses lacunes en orthographe (4/3) (lien)
DLF Ma grand-mère a cent ans et cent euros [les liaisons...]  (lien)
Georges Gastaud  Une substitution en cours de l’anglais au français en France ? (lire ci-dessous)
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Une substitution en cours de l’anglais au français en France ? par Georges Gastaud

Nous, associations pour le français et la Francophonie, ne songeons pas à faire nôtres les analyses politiques de Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF (communistes rénovateurs), dans un long entretien sur Agoravox – pas plus que celles d’autres partis politiques de tous horizons. Mais, en lui laissant l’entière responsabilité de ses écrits et actions, nous ne pouvons que constater que - peut-être à l’exception ambiguë de "France insoumise" et de quelques modestes mouvements de droite, que nous avons tous cités à d’autres occasions - son analyse particulière de la substitution linguistique en cours dans notre pays, rejoint les vives préoccupations maintes fois exprimées sur divers tons et dans divers canaux par nos associations dont les membres sont d’orientations politiques fort diverses. Prélude à une prise de conscience bien plus large de toute la Nation ? AS

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Un fait gravissime que toute la fausse gauche, ignorante des analyses de Gramsci sur les liens entre politique linguistique et hégémonie de classe, minimise honteusement, mais qui traduit l’extrême arrogance de l’oligarchie et de ses suiveurs, c’est la substitution systématique de l’anglais au français dans tous les domaines de prestige de la société française : grandes entreprises, recherche, commerce, communication, enseignes, et de plus en plus, université, école, chanson, cinéma, etc.

Quel plus odieux signe de mépris pour "ceux d’en bas", quel plus lamentable indice du fait que les prétendues élites maastrichtiennes veulent mettre un point final à l’histoire de notre pays frondeur, matrice des révolutions européennes, qui vient encore d’étonner le monde avec le soulèvement des Gilets jaunes ? Plus d’industrie française (Alstom, Airbus… à qui le tour ?) ! Plus de classe ouvrière contestataire, pense l’oligarchie financière en place !

Plus de langue française, donc plus de France populaire chantant "Aux armes citoyens !" et non "God save the Queen !" ! En marche (…..) vers la Sainte-Alliance euro-germanique où l’armée et la gendarmerie "européennes" accourront au sifflet pour écraser les futures jacqueries populaires de tout le continent ? !

Georges Gastaud
 


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2019 - le 04/03/2019 - 17:19 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2019

Les Échos Les Pays-Bas aux prises avec la déperdition de leur langue (lien)
Le Figaro L'écriture inclusive reste bannie dans les textes du gouvernement (1/3) (lien)
Contrepoints Écriture inclusive : sa place n’est pas au CNRS (1/3) (lien)
Eco média "Annecy mountains" au tribunal (lien)
Medium Article états-unien : nouvelle dynamique du français dans le monde [ingliche!] (lien)

Pour rire (jaune) : Emmanuel Macron : La french langue doit être la préoccupation number one de notre start up nation (lien)


nouvelles2019/academie_francaise.jpgL'Académie française et la féminisation (3) - le 02/03/2019 - 17:48 par MAR

L'Académie française et la féminisation (3)

Académie française La féminisation des noms de métiers et de fonctions (1/3) (lien)
(Le rapport sur la féminisation des noms de métiers et de fonction)
Le Monde L’Académie française se résout à la féminisation des métiers (28/2) (lien)
Le Figaro L'Académie française prend acte de la féminisation de la langue (28/2) (lien)


nouvelles2019/academie_francaise.jpgL'Académie française et la féminisation (2) - le 01/03/2019 - 17:14 par MAR

L'Académie française et la féminisation (2)

Paris Match Noms de métiers : Aucun obstacle de principe à la féminisation (28/2) (lien)
Le Figaro G. de Broglie Pas besoin d'être féministe pour féminiser la langue (27/2) (lien)
Libération Dominique Bona "Auteure" ou "autrice" ? On ne trouve plus ces termes choquants comme dans les années 80 (20/2) (lien)
Journal des femmes  Au feu, sapeuse-pompière : l'Académie va féminiser la langue française (26/2) (lien)
La Croix Eliane Viennot Dire "préfète", c’est reconnaître qu’une femme est légitime d’exercer cette fonction (26/2) (lien)


La recherche francophone en sciences de gestion n’a aucune
raison d’accepter une soumission à un ordre anglo-saxon

Dans une tribune au "Monde", 100 enseignants et chercheurs en gestion appellent les autorités académiques françaises à contester la domination des revues anglophones dans l’évaluation de leurs travaux. Publié le 20 février 2019

Pour évaluer la recherche en sciences de gestion, un principe s’est imposé : celui de se baser sur les seuls articles publiés dans des revues académiques, au détriment des autres formes de production scientifique (ouvrages, rapports de recherche, etc.). Dans ce cadre, le Centre national de recherche scientifique (CNRS) et la Fondation nationale pour l’enseignement et la gestion des entreprises (Fnege) ont tous deux élaboré des listes de revues qui font aujourd’hui référence dans notre discipline.

Ces listes jouent un rôle d’assurance qualité, en distinguant les revues répondant aux exigences académiques (principe d’évaluation par les pairs, en double aveugle) des autres. Elles établissent par ailleurs une hiérarchisation entre les revues d’excellence, qui sont classées au « rang 1 », et les revues moins prestigieuses, classées aux rangs 2, 3 et 4.

C’est là que le bât blesse. Car ces listes légitiment une domination des revues anglo-saxonnes sur les revues francophones. Parmi les 110 revues classées par le CNRS à un rang 1, comme parmi les 61 revues classées par la Fnege à ce même rang, aucune n’est de langue française. Comment deux institutions françaises en arrivent-elles à l’aberration consistant à dire qu’une revue publiée dans notre langue serait par nature moins bonne qu’une revue rédigée en anglais ?

L’élément qui légitime cet état de fait aux yeux de ses concepteurs est le moindre « facteur d’impact ». Le facteur d’impact est une mesure de visibilité des revues. Son calcul s’opère en comptant le nombre de fois où les articles publiés dans la revue sont cités par d’autres articles au cours des trois dernières années.

Discrimination

Pour le dire avec une métaphore, le principal critère utilisé pour hiérarchiser les revues s’apparente aujourd’hui à un calcul de box-office de cinéma. Selon une logique similaire à celle consistant à calculer les entrées à la sortie d’un film d’une semaine sur l’autre, c’est en fonction du nombre de citations de ses articles juste après leur parution que la qualité d’une revue est évaluée. Au-delà d’inciter le monde de la recherche à un court-termisme désastreux, un tel calcul de box-office repose par nature sur un biais majeur : il avantage ceux qui disposent d’un plus grand marché.

Ainsi, mécaniquement, un article en anglais sera plus cité qu’un article en français, parce qu’il y a plus de chercheurs anglophones dans le monde pour lire les articles publiés dans cette langue, qu’il y a plus de revues anglophones, plus d’institutions, etc. Mais évidemment, ce plus fort facteur d’impact ne veut rien dire de la qualité des travaux publiés dans les revues francophones. Ainsi, Jacques Audiard ou Jean-Luc Godard, parce que leurs films ont généré bien moins d’entrées que ceux de Steven Spielberg ou Martin Scorsese, seraient-ils de moins bons réalisateurs ? Leur impact sur les pratiques cinématographiques serait-il moindre ?

Le principal critère utilisé pour hiérarchiser les revues s’apparente aujourd’hui à un calcul de box-office de cinéma

Nous, chercheurs en sciences de gestion, en poste dans des universités, des IUT, des écoles de commerce, des écoles d’ingénieurs, des grandes écoles, en France ou à l’étranger, demandons que le CNRS et la Fnege cessent cette discrimination et accordent à quelques revues françaises un classement au rang 1. La recherche francophone en sciences de gestion possède une histoire riche et n’a aucune raison d’accepter une soumission à un ordre anglo-saxon qui serait par nature supérieur.

Aucune difficulté technique

Parmi les pères fondateurs de la gestion et du management, on trouve ainsi de nombreux francophones. Sur le plan institutionnel, c’est la France qui a créé la première école de commerce avec l’ESCP, et les écoles de commerce françaises sont aujourd’hui les mieux classées d’Europe. Dans les revues anglo-saxonnes prestigieuses, ce sont souvent de grands intellectuels français tels Aron, Boudon, Bourdieu, Deleuze, Derrida, Foucault, Morin, etc., qui sont mobilisés. Récemment, ce sont les travaux francophones menés en sciences de gestion qui ont influencé l’élaboration de la loi Pacte, visant à repenser l’entreprise et à promouvoir une vision alternative à la vision actionnariale anglo-saxonne qui a produit avec la crise des subprimes les effets nocifs que l’on sait.

Il n’est pas ici de notre rôle de dire quelles revues francophones en sciences de gestion méritent d’être classées au rang 1. C’est au CNRS et à la Fnege de réfléchir à des principes de classement, et de les rendre publics et transparents. Ajoutons toutefois qu’il y a urgence à ce que ces institutions agissent et mettent en œuvre cette réforme, qui ne révolutionne en rien le principe des classements et ne pose aucune difficulté technique. Le système actuel a incité au fil des années de plus en plus de chercheurs francophones à délaisser le français pour publier en anglais, et ainsi conduit à un appauvrissement de la production en langue française qu’il convient d’arrêter. Surtout, le système actuel a amené de plus en plus de chercheurs à intérioriser une domination anglo-saxonne qui est sans fondement, et à laquelle il convient symboliquement de mettre un terme.

Yves-Marie Abraham (HEC Montréal) ; Aurélien Acquier (ESCP Europe) ; Michel Albouy (Université Grenoble Alpes et Grenoble École de management) ; Franck Aggeri (Mines ParisTech, PSL) ; Pascal Auregan (IAE de Caen) ; Jérôme Barthélémy (ESSEC Business School) ; Philippe Baumard (CNAM) ; Yoann Bazin (EM Normandie) ; Laurent Béduneau-Wang (École polytechnique) ; Faouzi Bensebaa (Université Paris-VIII - Vincennes-St-Denis) ; Véronique Bessière (IAE,  Université de Montpellier) ; Dominique Besson (IAE,  Université de Lille) ; Madeleine Besson (Institut Mines Telecom BS) ; Hamid Bouchikhi (ESSEC Business School) ; Jean-Philippe Bouilloud (ESCP Europe) ; Julienne Brabet (Université Paris-Est-Créteil) ; Martine Brasseur (Université Paris-Descartes) ; Thierry Burger-Helmchen (Université de Strasbourg) ; Valentina Carbone (ESCP Europe) ; Valérie Chanal (Université Grenoble-Alpes) ; Cécile Chanut-Guieu (Université Aix-Marseille) ; Tarik Chakor (Université Savoie Mont Blanc) ; Gérard Charreaux (Université de Bourgogne) ; Sandra Charreire-Petit (Université Paris-Sud,  Paris-Saclay) ; Pénélope Codello (HEC Montréal) ; Bernard Colasse (Université Paris-Dauphine,  PSL) ; Albert David (Paris- Dauphine,  PSL) ; Frédérique Dejean (Paris-Dauphine,  PSL) ; Jean-Philippe Denis (Université Paris- Sud,  Paris-Saclay) ; Isabelle Derumez (IAE Gustave-Eiffel,  Université Paris-Est) ; Alain Desreumaux (IAE de Lille) ; Marie-Laure Djelic (Sciences Po Paris) ; Mehran Ebrahimi (ESG,  Université du Québec à Montréal) ; Nathalie Fabbe-Costes (Aix-Marseille Université) ; Patrick Gibert (Université Paris-Nanterre) ; André Grelon (EHESS) ; Pascal Griset (Sorbonne université) ; Éric Godelier (École polytechnique) ; Johanna Habib (Université polytechnique Hauts-de-France) ; Armand Hatchuel (Mines ParisTech) ; Xavier Hollandts (Kedge Business School) ; Lionel Honoré (Université de la Polynésie française) ; Rémi Jardat (IAE Gustave Eiffel) ; Ludovic Jeanne (EM Normandie) ; Michel Kalika (Université de Lyon) ; Catherine Karyotis (Neoma Business School) ; Pierre Mounier-Kuhn (MSH,  CNRS) ; Norbert Lebrument (IAE Auvergne School of Management) ; Yannick Lemarchand (Université de Nantes) ; Laurent Livolsi (Aix-Marseille Université) ; Sylvain Luc (Université Laval) ; Luc Marco (Université Paris-XIII,  Sorbonne Paris Cité) ; Alain-Charles Martinet (Université Jean-Moulin Lyon-III) ; Bachir Mazouz (ENAP) ; Jérôme Méric (IAE Poitiers) ; Nicolas Mottis (École polytechnique) ; Gilles Paché (Aix-Marseille Université) ; Bernard Paranque (Kedge Business School) ; Roland Pérez (Université de Montpellier) ; Yvon Pesqueux (CNAM) ; Claude Rochet (Université Versailles - St-Quentin) ; Anne Rollet (Aix-Marseille Université) ; Aurélien Rouquet (Neoma Business School) ; Christine Roussat (Université Clermont-Auvergne) ; Anne-Laure Saives (ESG-UQAM) ; Jean-Michel Saussois (ESCP Europe) ; Blanche Segrestin (Mines ParisTech) ; Sabine Sépari (ENS Paris Saclay) ; Bérangère Lauren Szostak (Université de Lorraine) ; Laurent Taskin (Louvain School of Management,  UC Louvain) ; Christophe Torset (IAE Lyon) ; Dimitri Uzunidis (Université du Littoral) ; Albéric Tellier (IAE,  Université de Caen) ; André Torre (INRA) ; François Vatin (Université Paris-Nanterre) ; Corinne Vercher-Chaptal (Université Paris-XIII,  Sorbonne Paris Cité.)

_____________________________________________

Notre ami le démographe Gérard-François Dumont, ancien recteur, professeur à la Sorbonne, Président de l’association Population et Avenir, et directeur de l‘excellente revue du même nom, à laquelle notre vice-président Yves Montenay participe, nous envoie cette pétition de 80 universitaires spécialistes des sciences de gestion. Un signe de changement d’attitude, au moment où une institution américaine observe que le français est une langue d’avenir ? En tout cas : un nouvel encouragement dans notre combat opiniâtre… Albert Salon.


nouvelles2019/michel_feltin-palas.jpgPourquoi fashion week et pas semaine de la mode ? - le 26/02/2019 - 18:46 par Michel_Feltin-Palas

Pourquoi fashion week et pas semaine de la mode ?

par Michel Feltin-Palas (publié dans l'Express le 26/02/2019)

On me le serine sur tous les tons : si, à grand renfort de smartphone et de homepage, les anglicismes envahissent les nouvelles technologies, c'est parce que les États-Unis dominent cette industrie. Je ne suis pas complètement convaincu par l'argument (j'y reviendrai), mais, à ce stade, admettons-le et poursuivons le raisonnement : dans ce cas, pourquoi la haute couture parle-t-elle aussi globish ? Pourquoi, par exemple, les défilés qui se déroulent à Paris cette semaine se nomment-ils fashion week ? Faut-il rappeler que Dior, Courrèges et les autres sont des petits gars bien de chez nous? Et qu'avec LVMH et Hermès, notre pays dispose dans ce secteur de quelques PME dynamiques ?

Pour éclaircir ce mystère, j'ai interrogé François-Marie Grau. L'homme connaît parfaitement la question pour être à la fois le directeur général de la Fédération du prêt-à-porter féminin et le représentant de la profession au sein de la commission de terminologie du ministère de la culture. Et voici ce qu'il m'a expliqué. 

Premier constat : le phénomène s'aggrave. "Voilà bientôt 30 ans que je travaille dans la mode et l'évolution est très nette, dit-il. Quand j'ai débuté, les réunions internationales se déroulaient en français. C'est terminé : aujourd'hui, l'anglais est systématique."

Deuxième constat : le mal est si profond que des Français utilisent des mots anglais... entre eux. "C'est le cas tous les jours, y compris à Paris", assure-t-il. Sac est remplacé par bag, lieu par spot, et je vous épargne les girly, flagship et autre concept store dont raffole la presse féminine tricolore. 

Troisième et dernier constat : malgré tous les efforts de nos concurrents, Paris reste bel et bien la capitale incontestée de la haute couture.

Alors ? Alors, il existe un seul argument que l'on ne peut pas balayer d'un revers de la main: "Les grandes marques comptent beaucoup de clients étrangers, rappelle François-Marie Grau. Elles sont donc tentées de recourir à la langue du commerce international." Soit. Mais comment expliquer l'utilisation de l'anglais... entre Français ? Quel est l'intérêt de placarder sur ses vitrines outlet au lieu de liquidation, de remplacer ongle par nail et coupe-vent par windbreaker. Pourquoi un commerçant prend-il le risque de ne pas être compris de clients qui, de Nice à Lille et de Metz à Brest, ont pour caractéristique saugrenue d'être le plus souvent francophones?

La réponse tient en un mot : snobisme, un terme dont il n'est pas inutile de rappeler la définition : "Comportement de snob, personne qui cherche à être assimilée à la haute société, en faisant étalage des manières, des goûts, des modes qu'elle lui emprunte sans besoin profond". Comportement d'autant plus étrange que, dans le domaine de la mode, c'est la France qui donne le la. "Dans notre milieu professionnel, les étrangers adorent entendre des mots français, qu'ils associent au chic, au luxe et au romantisme, indique François-Marie Grau, mais les Français n'en ont pas assez conscience. Pire : ils complexent et ont l'impression qu'ils seront mieux vus en parlant anglais."

C'est pourquoi l'argument selon lequel nous utiliserions des termes anglo-saxons en raison de l'avancée technologique des États-Unis ne me convainc qu'à moitié - j'y reviens. Cela joue, bien sûr, mais s'il s'agissait d'une règle universelle, le monde entier parlerait allemand dans la chimie, arabe dans le pétrole, coréen dans l'électronique, néerlandais dans la tulipe et, donc, français dans la mode. Comme ce n'est pas le cas, il faut bien chercher d'autres explications.

Le phénomène majeur, me semble-t-il, relève de la domination culturelle. Avec Hollywood, les séries télé et la musique pop, les Américains ont depuis des décennies pris le pouvoir sur bien des esprits européens, et singulièrement français. Cela se traduit par une hégémonie linguistique qui conduit certains de nos compatriotes à verser dans l'autodénigrement et, par principe, à juger ringard le lexique francophone. Une "honte de soi" typique des groupes culturellement dominés, que dénonce notamment le linguiste Claude Hagège : "En adoptant la langue de l'ennemi, les "élites" françaises espèrent en tirer parti sur le plan matériel, ou s'assimiler à lui pour bénéficier symboliquement de son prestige. Ceux qui s'adonnent à ces petits jeux se donnent l'illusion d'être modernes, alors qu'ils ne sont qu'américanisés."

Aussi n'est-il peut-être pas inutile de terminer par un peu de culture générale à l'intention de nos amis anglomaniaques de la haute couture. Et de rappeler que, selon le très sérieux dictionnaire historique de la langue française (Éditions Le Robert), "fashion" dérive du terme français façon, lequel aurait franchi la Manche à la fin du Moyen-Âge. À une époque où nos aïeux n'avaient pas encore cédé à la honte de soi...

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Une réaction d'un auditeur de Radio-France sur ce sujet


nouvelles/Arret2.gifL'anglais ne doit pas remplacer le français (suite) - le 26/02/2019 - 10:52 par Jean_Hourcade

L'anglais ne doit pas remplacer le français (suite)

par Jean Hourcade

La pétition de plusieurs dizaines d'écrivains et journalistes francophones intitulée "Non, l'anglais ne doit pas remplacer le français", dans Le Monde des 26-27 janvier, est réconfortante et vient à propos au moment du grand débat national.
Ce sentiment d'insécurité culturelle (déjà perçu en matière de signes religieux ostentatoires) doit être relayé en haut lieu, où on ne le soupçonne peut-être pas.

Depuis déjà longtemps en effet on s'aperçoit que l'anglais se substitue indûment au français à l'international,  souvent au mépris des règles convenues (notamment à l'UE) mais aussi en France même, dans la publicité  à l'intention du public français, dans les raisons sociales d'entreprises (pour qui peut-être le son de notre langue serait devenu obscène), dans les titres de films américains, désormais jamais traduits à la demande des producteurs, et même sur les notices d'utilisation de certains produits, ce qui peut se révéler dangereux.

On se demande parfois devant les affiches des couloirs du métro si on est bien en France. Telle société française accole systématiquement à son logo le slogan "We love technology". Ce n'est pas dicible en français? La plupart des grandes sociétés françaises présentes à l'international ont même abandonné leur nom parfois séculaire pour un nom anglais ou, au mieux d'origine indéterminable.

Réciproquement, si on suppose que le public français est jugé assez passif pour se laisser faire et subir ce genre d'humiliation, on pourrait se dire que le public du monde anglophone devrait pouvoir accepter sans problème la présence du français dans son environnement.

Ce serait cela, la vraie mondialisation, et non ce bombardement d'une langue étrangère à temps et à contre-temps, phénomène visible d'une colonisation culturelle en profondeur et d'un impérialisme hostile qui, dans notre vieux pays de culture, ne peut que mal se terminer.

Comme l'écrit Dominique Noguez, défendre notre langue sur ses terres, cela relève du "simple plaisir d'être soi". C'est même vrai des langues régionales, petites sœurs du français dans leurs villages. Le paysage d'une patrie, ce sont les horizons familiers, une certaine lumière, l'odeur et la chanson des rues, la musique d'une langue,  toutes choses qu'on ne peut ignorer longtemps ni espérer abolir sous peine de réaction violente.

Disons-le dans nos réunions du Grand débat.

Jean Hourcade, ancien conseiller culturel


nouvelles2019/academie_francaise.jpgL'Académie française et la féminisation - le 24/02/2019 - 19:46 par MAR

L'Académie française et la féminisation

Le Devoir L’Académie française féminise enfin (25/2) (lien)
Le Figaro La féminisation du nom des métiers va être officiellement acceptée (21/2) (lien)
Libération Féminisation des noms de métiers : l’Académie "observe"  (20/2) (lien)
RTL L'Académie française va féminiser les noms de métier (20/2) (lien)
L'Express L'Académie française se résout à la féminisation (19/2) (lien)
Le Figaro L'Académie française à la pointe de la modernité avec son dictionnaire 2.0  (lien)


Langue française : Nouvelles de février 2019 (4)

Les Echos Molière, enfin reçu à l'ENA ! (22/2) (lien)
Oui le langues Bravo à André Vallini, défenseur de la francophonie (19/2) (lien)
Le Figaro L'écriture inclusive devant le Conseil d'État (19/2) (lien)
La Croix Le long parcours de Patrick Grainville pour devenir Immortel (19/2) (lien)
Le Figaro Ces expressions françaises qui viennent de l'arabe (lien)
Le Figaro "Peuchère", "dégun"... Parlez-vous le français du Sud ? (lien)


nouvelles2019/grand-debat.jpgContribution au Grand débat - le 17/02/2019 - 19:32 par Guy_Dalens

Contribution au Grand débat

Nous publions ici les contributions de Guy Dalens au Grand débat : ses doléances sur le cahier de sa commune, suivi de son très bon texte sur le français à Bruxelles qui détaille son point de vue. MAR

1) La reconquête de la langue française à Bruxelles qu’il y ait Brexit ou pas Brexit

Ce qui se passe actuellement est illégal et illégitime
Nous ne voulons pas être un protectorat anglo-américain
Nous avons les armes pour faire cesser cette situation (cf. ci-après)

2) Un référendum sur la construction européenne

Actuellement nous avons une Europe fédérale qui broie les peuples à petit feu

Nous voulons une Europe qui respecte les peuples et leur langue

La reconquête de la langue française à Bruxelles

Cette reconquête n’est pas tributaire du Brexit ou du non Brexit.

Cette reconquête passe par un affrontement entre le peuple français et ses dirigeants et Bruxelles. Nous détenons l’arme de dissuasion.

Maurice Druon, ancien secrétaire de l’académie française, rappelait le comportement de Mme Thatcher qui disait obstinément « I want my money back » à propos du rabais britannique. Que ne déclarons-nous pas, avec la même obstination « Je veux ma langue ».

La France est un des plus gros contributeurs au budget communautaire : 20 milliards en 2018 contre 18,7 milliards en 2017. Potentiellement, il y a là un moyen de pression considérable et décisif. Un levier pour changer la donne, le rapport de force.

Nous pourrions soutenir que nous ne paierons plus notre contribution si la langue française n’est pas remise au niveau qu’elle avait jusqu’ici. Et nous ne paierons plus si la langue anglaise continue d’être utilisée à Bruxelles, alors que les Anglais ont quitté le navire.

Nous ne risquons rien, sauf des remontrances et des sanctions juridiques formelles.

En face de peuple français il y a un tigre de papier ; Bruxelles n’a ni police ni armée pour nous contraindre.

Nous le savons. Le socle communautaire repose sur la servitude volontaire pour reprendre l’expression d’Étienne de La Boétie. Il ne tient qu’à nous de nous affranchir.

Nous croyons à une autre Europe, celle qui respectera les nations et leur langue.

Guy Dalens, adhérent d’Avenir de la Langue Française

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À la reconquête de la langue française à Bruxelles,
Brexit ou pas Brexit

"Si nous reculons sur la langue, nous serons emportés purement et simplement.
C’est à travers notre langue que nous existons dans le monde autrement que comme un pays parmi d’autres.
[1]"

Georges Pompidou

Ce cher Georges, il avait tout compris

Ses successeurs ne le suivront pas, ils préféreront regarder passer les trains, comme les vaches, sans broncher[2]. Et pourtant, cette élite au cœur desséché prétend toujours diriger notre pays. Comment diriger un pays, là, où il n’y a plus de sang, de lien charnel avec notre peuple, avec notre passé, notre langue et notre terre ! Avec elle, "La République une et indivisible, notre royaume de France.[3]" était partie en fumée, dans nos souvenirs. Heureusement, nos souvenirs sont tenaces et indestructibles.

En quinze ans (1975-1990), les Anglais ont fait disparaître, éradiqué le français, l’italien, l’allemand, les langues de travail des pays fondateurs de la communauté.

Et notre élite trouve ça bien. Elle s’est tue. Se tait.

Et il faudrait qu’on dise "Amen".

Qu’on tende la nuque pour qu’elle frappe encore et encore.

Nous devons prendre la relève sans elle, sans cette élite à l’intelligence déficiente, qui n’est plus une élite pour nous, puisque chaque jour elle nous trahit.

Breton nous l’avait dit il y a déjà longtemps : "… nous vivons en conflit ouvert avec le monde immédiat qui nous entoure, monde ultra-sophistiqué, monde qui, sous quelque aspect qu’on l’interroge, s’avère, devant la pensée libre, sans alibi. De quelque côté que je me tourne, c’est dans le fonctionnement de ce monde la même apparence de déraison froide et hostile, le même cérémonial extérieur sous lequel se distingue tout de suite la survivance du signe à la chose signifiée. Ce sont toutes les valeurs intellectuelles brimées, toutes les idées morales en déroute, tous les bienfaits de la vie frappés de corruption, indiscernables. La souillure de l’argent a tout recouvert...[4]"

Faisons un rêve

Sur son chemin de Damas, notre président de la République a rencontré Paul de Tarse, vêtu d’un gilet jaune, qui l’a amené à une conversion radicale, après une sorte d’illumination. Il lui a dit : "Va à la reconquête de ta langue devant ton peuple, devant les marchands du Temple de Bruxelles et soit ferme et sans faiblesse ; tu retrouveras alors le goût particulier de la France". Il lui a dit encore : "Frappe à la tête, n’écoute pas les défaitistes, ceux qui veulent t’entraîner vers l’abîme. Je te donne l’ordre de partir à la reconquête de ta langue. Suis, les deux pistes que je te donne. Les salauds à tête d’hypocrites crieront, tu les laisseras glapir avec les castes qui les soutiennent ; ils fermeront leur gueule si tu restes ferme. Car, ils n’ont pas de caractère et ramperont devant celui qui est le plus fort. C’est toi qui peux être le plus fort parce que c’est toi qui détiens le pouvoir d’actionner les manettes.

Souviens-toi, la première piste est utile à poser dans le contexte, mais la seconde est décisive et, elle t’appartient, à toi seul. Ta main ne doit pas trembler quand tu décideras de l’actionner. Je te le répète, soit implacable. Tu joues ta vie, l’image que tu laisseras dans l’histoire de ton pays, ta langue devant notre avenir, notre république, notre royaume de France".

  1. Première piste : La langue anglaise n’a aucune légitimité ni historique ni financière à être la langue de la communauté

Échappant à tout bon sens c’est-à-dire à la raison, une certaine élite dévoyée et mondialisée, vassalisée par l’empire américain, voudrait que nous continuions à discourir en anglais dans la communauté européenne, alors que les Anglais s’en vont, comme s’il n’y avait pas suffisamment d’autres langues en Europe pour échanger et pour vivre.

Cette langue n’était pas utilisée lors de la fondation de la communauté et celle-ci ne s’en portait pas plus mal.

Les Anglais veulent quitter l’Europe. C’est leur choix. Et ce choix qui leur est propre leur incombe totalement. Nous n’avons pas à nous plier à leurs exigences, ni à les comprendre ni à faire preuve de compassion ou de tolérance. C’est pourtant ce que nos élites cherchent à instiller au quotidien avec la saga du Brexit qui n’en finit pas depuis bientôt trois ans, comme si nous étions responsables de leurs tergiversations.

Ayez pitié de nous, pauvres pécheurs, avec leurs mains tendues et leur voix qui nous chuchotent dans leur brouillard "nous voulons le beurre et l’argent du beurre". Il faudrait que nous assumions le problème de la frontière avec les deux Irlande qu’ils ont ébranlées, divisées pendant 700 ans ; de leur problème avec la City, car là il y a beaucoup de fric en jeu ; de leur problème avec l’Écosse qu’ils ont crucifiée à Culloden ; du problème du ravitaillement comme si nous étions en guerre...

Tout ceci ne vient pas du peuple anglais qui a voté le Brexit.

Il y a une connivence entre l’élite anglaise mondialisée et l’élite mondialisée de la communauté. Singulière collusion qui s’est instituée dans le but de faire capoter le vote du peuple anglais. L’une montre les difficultés insurmontables qu’il y aurait à quitter la communauté, l’autre, en ne faisant preuve d’aucune souplesse pour trouver une solution au départ du Royaume-Uni. Et puis, ne faut-il pas montrer aux autres États membres qu’on ne quitte pas le bercail de la communauté comme on veut, même après le vote d’un peuple qui veut retrouver sa liberté, sa souveraineté. Il y a trop d’intérêts mercantiles à protéger.

Alors, ils font tout pour faire traîner, pour empêcher la rupture, pour que rien ne change, avec à la clé un nouveau référendum dont les dés seront pipés pour leur donner raison, et montrer que le peuple s’était trompé. C’est la démocratie à la sauce bruxelloise.

Ce que nous pouvons dire :

Les Anglais doivent partir avec l’ensemble de leur bagage. Nous ne devons pas accepter qu’ils laissent derrière eux le cadeau empoisonné de leur langue qui, si elle reste, s’avérera délétère et mortelle, pour nous et pour les autres. Elle restera délétère et mortelle si nous continuons de fonctionner comme le veulent les fonctionnaires communautaires.

Ce n’est pas à des fonctionnaires de la communauté de se faire les chantres, les défenseurs de cette langue.

Nous disons assez à cette mascarade, à cette colonisation douce mais insupportable qui voudrait perdurer, derrière eux et sans eux. Nous ne voulons pas être un protectorat anglo-américain.

Aucune légitimité ni historique ni économique ne justifie le maintien de cette langue dans la communauté.

Je reprends ici ce que j’avais déjà exprimé dans un article de septembre 2018 (cf. notre site ALF).

Historique

La construction européenne a toujours été combattue par les Anglais, de l’extérieur ou de l’intérieur. De l’extérieur, par la création de la "zone de libre-échange" avec laquelle ils tenteront de faire pièce au Marché commun constitué par les six États membres fondateurs : Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, pays dits du Benelux, Italie et la France.

Devant l’échec de cette action extérieure, ils chercheront à y pénétrer, pour la saper de l’intérieur.

Pendant quelques années, ils se heurteront à l’intransigeance de De Gaulle qui mit son veto à leur demande d’adhésion : ce fut par deux fois avec M. Macmillan, puis une fois avec M. Wilson.

De Gaulle parti, la danse des cabris pouvait commencer, sous la présence patiente et obstinée des Britanniques.

L’engagement des Britanniques dans le Marché commun puis l’Union européenne sera toujours partiel. Ils disposent de conditions particulières sur plusieurs actions communautaires :

  • Ils ne sont pas adhérents à la monnaie unique européenne (euros) ;
  • Ils ne font pas partie de l’espace Schengen ;
  • Leur participation au budget communautaire n’est pas équitable pour les autres États membres avec l’introduction du rabais britannique, après les interventions acharnées d’épicière de Margaret Thatcher pendant cinq années (Je veux qu’on me rende mon argent ou dans sa langue à elle "I want my money back"). Ce qui a permis à l’Angleterre de réduire sa contribution au budget européen au détriment de pays comme la France.
  • Le Royaume-Uni est le seul membre à ne pas contribuer au budget à hauteur de ses revenus : sa part était de 9, 77 % en 2014 contre 14, 56 % pour la France qui possède une population équivalente.

Elle a réussi à amoindrir, par ses coups de boutoir continuels, la Politique agricole commune (PAC) au point que cette dernière dans le budget européen a fondu de 66 % à son lancement en 1962 à 40 % en 2014 (**).

Économique

Je donne ici des extraits de l’article d'Yves Montenay, vice-président d’ALF, paru dans le n°59 de la revue Avenir de la langue française qui pose le problème avec le plus d’acuité.

"L’hégémonie de l’anglais à Bruxelles a des conséquences économiques que connaît peu le grand public.

Le rapport Grin a chiffré à des dizaines de milliards de dollars par an l’avantage pour le Royaume-Uni et ses entreprises. Sa conclusion mérite d’être intégralement citée :

  • Le Royaume-Uni gagne, à titre net, au minimum 10 milliards d’euros par année du fait de la domination actuelle de l’anglais.
  • Si l’on tient compte de l’effet multiplicateur de certaines composantes de cette somme ainsi que du rendement des fonds que les pays anglophones peuvent, du fait de la position privilégiée de leur langue, investir ailleurs, ce total est de 17 à 18 milliards d’euros par année.
  • Ce chiffre serait certainement plus élevé si l’hégémonie de cette langue venait à être renforcée par une priorité que lui concéderaient d’autres États, notamment dans le cadre de leurs politiques éducatives respectives ;
  • Ce chiffre ne tient pas compte de différents effets symboliques (comme l’avantage dont jouissent les locuteurs natifs de la langue hégémonique dans toute situation de négociation ou de conflit se déroulant dans leur langue) ; cependant, ces effets symboliques ont sans doute aussi des répercussions matérielles et financières". (***)

Nous ne devons plus accepter que l’anglais soit la langue dominante de la communauté, au besoin par des actions légitimes au regard de notre seule conscience. Le corset illégal et illégitime dans lequel les puissants du jour veulent nous enfermer doit être combattu et brisé.

  1. Deuxième piste : La reconquête de la langue française à Bruxelles

Cette reconquête n’est pas tributaire du Brexit ou du Non-Brexit comme voudraient nous le faire croire certains commentateurs toujours à la remorque des Britanniques. Peu nous importe le choix définitif que ces derniers feront.

La reconquête de la langue française passe par un affrontement entre le peuple français et Bruxelles.

Passe par un affrontement entre "La République française une et indivisible, notre royaume de France" et Bruxelles et ses serviteurs.

Et nous détenons l’arme dissuasive.

Maurice Druon rappelle le comportement de Mme Thatcher qui disait obstinément "I want my money back". Que ne déclarons-nous, avec la même obstination : "Je veux ma langue !"

La France est un des plus gros contributeurs au budget communautaire : 20 milliards en 2018 contre 18, 7 milliards en 2017.

Potentiellement, il y a là un moyen de pression considérable et décisif. Un levier pour changer la donne, le rapport de force.

Encore faut-il l’utiliser. Ce sera le rôle de notre président s’il exécute les conseils de Paul de Tarse.

Mais le peuple de France y veillera.

Nous pourrions soutenir que nous ne paierons plus notre contribution si la langue française n’est pas remise au niveau qu’elle avait jusqu’ici.

Et nous ne paierons plus si la langue anglaise continue d’être utilisée à Bruxelles alors que les Anglais ont quitté le navire.

Nous ne risquons rien, sauf des remontrances et des sanctions juridiques formelles.

En face du peuple français il y a un tigre de papier ; Bruxelles n’a ni police ni armée pour nous contraindre.

Nous le savons. Le socle de ce système repose sur la servitude volontaire pour reprendre l’expression d’Étienne de La Boétie. Il ne tient qu’à nous de nous affranchir.

Notre langue vaut bien ce combat. Peut-être, le dernier avant qu’il ne soit trop tard.

Nous croyons à une autre Europe, celle qui respectera les nations et leur langue.

Guy Dalens, membre d’Avenir de la Langue Française

 

[1] Cité par M. Druon dans « Ordonnances pour un État malade » et audition devant la commission des affaires étrangères ; Compte-rendu n° 26, mardi 08/02/2005.

[2] À l’exception de la loi n° 94-665 du 04/08/1994, malheureusement mutilée par le Conseil constitutionnel et peu respectée.

[3] Charles Péguy ; Cité par Mme D. Mayer dans son livre du même nom, titre et p. 8.

L’argent suite, « Les Cahiers de la quinzaine », 1913, p.145.

[4] André Breton, « Position politique du surréalisme » (conférence du 01/04/1935, Prague).


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