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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  

Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles2015/canalplus.jpgCanal+ nous vend Versailles in ingliche - le 15/11/2015 - 22:59 par MAR

Canal+ nous vend Versailles in ingliche

Canal+ va diffuser une série de prestige "Versailles" à partir du 16 novembre

Interrogé par Le Monde (15/11) Fabrice de la Patellière, directeur des fictions de Canal+, aura le cynisme (ou la naïveté) de dire : "Avant même de lancer "Versailles" s'est posé le problème de la langue. Nous avons décidé de tourner cette série en anglais pour augmenter son potentiel de ventes et qu'un distributeur mette davantage d'argent : c'est toujours le cas sur un projet produit en anglais. D'où, ensuite, le choix d'auteurs britanniques... qui avaient donc une sensibilité européenne" (sic !).

Il aurait d'ailleurs pu ajouter : "D'où, ensuite, le choix d'acteurs et de techniciens britanniques, ils parlent tellement mieux anglais…" En un mot il nous résume : un coproduction franco-britannique c'est un film britannique financée par des français...

En revanche, et c'est à noter, Olivier Wotling, directeur des fictions d'Arte, qui diffuse Occupied à partir du 19/11, dira pour sa part dans le même échange : "Concernant les coproductions françaises, nous sommes sur des projets disposant de moins de budget que ceux de Canal, et nous sommes attachés à la langue et la culture naturelle du projet."Occupied", série norvégienne, parle norvégien, et une série française parle français."

Pour notre part nous préfèrerons toujours une série norvégienne tournée en norvégien qu'une série "française" tournée en anglais. (La critique du Monde qualifie d'ailleurs Versailles d'Intrigue sans audace)

Louis XIV parlant anglais à Versailles, les anglo-saxons en rêvaient, Canal l'a fait. Merci Canal + !


/nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2015 - le 09/11/2015 - 22:14 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2015

Concours de définitions du ministère de la Culture jusqu'au 10 novembre  (lien)
Figaro : À bas les stéréotypes de sexe, vive la préfète ou la pompière ! (7/11)  (lien)
Top 10 des mots anglais d'internet que vous devez dire en français  (lien)
Écrire les majuscules accentuées (une extension Chrome)  (lien)
La langue française possède 88 mots pour dire "abandonner"  (lien)


Le Royaume-Uni et les États-Unis dans une Francophonie-Unie ???

Un fidèle adhérent nous a demandé pourquoi nous ne favoriserions pas l’entrée du "RU" et des "EU" dans l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)…Voici une réponse :

Cher adhérent,

Vos arguments en faveur de l’admission d’Israël dans l’OIF ne sont pas sans valeur. Ce qui s’y oppose c’est la menace de provoquer ainsi la sortie de plusieurs pays arabes, dont le Liban et la Tunisie où le français est encore plus présent, et le fait que cela fournirait un argument supplémentaire aux Algériens hostiles à l’entrée formelle de l’Algérie, un des pays les plus francisants du monde…

Mais j’ai déjà écrit qu’il ne me semblait pas de bonne politique francophone d’admettre à l’OIF trop de pays surtout si leurs populations sont peu, voire très peu francophones. Cette dilution serait néfaste. L’OIF ne compte-t-elle pas déjà 80 inscrits ?

Cela me donne l’occasion de répondre à un adhérent qui suggère d’admettre le Royaume-Uni.

Les arguments en faveur sont sérieux. Songeons au "Honni soit qui mal y pense" de l'Ordre de la Jarretière, à la devise royale "Dieu et mon Droit", aux Normands de Guillaume venus de Falaise et Caen, à la place éminente du français pendant des siècles à la Cour de Londres et dans l'aristocratie, à son rôle de première langue étrangère dans les écoles britanniques, à l'Auld Alliance avec l'Écosse, à l'aide de Bonaparte à l'Irlande, à l'Entente cordiale, à l'alliée dans la guerre de Crimée (1855/56) puis dans l'expédition de Suez en 1956, à la "fraternité d'armes" dans deux guerres mondiales, à de Gaulle à la BBC, à l'aide fort précieuse à la France Libre, aux parachutages à la Résistance, au flot des touristes britanniques en France, aux retraités anglais en Normandie, en Dordogne, en Bourgogne, qui, du reste, y répandent plus leur langue qu’ils ne parlent celle des indigènes, aux centaines de milliers de Français à Londres, dont des évadés fiscaux...

De quoi faire oublier les profondes rivalités et hostilité pluriséculaires qui durent toujours dans le "French bashing" aux violentes récurrences, encore récemment à propos des "migrants" de Calais.

De quoi achever de ridiculiser l'ouverture de la Francophonie-OIF à tous les vents, y compris anaux.

La Couronne britannique rejoignant son ancienne représentante à Ottawa, pour lui donner un sérieux coup de main dans la "gestion" de la Francophonie, à l’instar de la brillante opération menée à partir de 1973 sur le Marché commun d'alors, devenu le monstre UE...

Quel éclat de rire homérique dans la presse britannique et partout dans le monde ! Quels alléluias chez nos médias et collabobos !

Il ne manquerait plus que l'adhésion des Etats-Unis, pour laquelle il serait possible de fournir également de très bons arguments. On en a bien trouvé pour le Qatar !...

Nous aurions alors, enfin, la réalisation du rêve de notre Bernard Kouchner "national" exprimé dans une tête de chapitre de son livre (Deux ou trois choses que je sais de nous) : "l'anglais, avenir de la Francophonie" !...

Ce serait grande pitié dans le Royaume de France !

Haut les cœurs quand même ! L’indignation à la Stéphane Hessel ne suffit pas.

Résistons, c'est notre cri ! Les Québécois avec nous. Et toutes les sociétés civiles francophones dans le monde, pour éviter la convergence des torpillages du fait français partout, et le naufrage collectif des francophones ! Albert Salon.


/nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2015 (2) - le 23/10/2015 - 18:29 par MAR

Langue française : Nouvelles d'octobre 2015 (2)

Fin. Afrik : 2e Forum Economique Francophone - de la parole aux actes ! (30/10) (lien)
Manu Dibango défendra la langue française aux Jeux Olympiques Rio 2016 (17/10) (lien)
Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF) à Dakar (16/10) (lien)

francetvinfo.fr : Alain Borer reçoit le Prix François Mauriac (16/10) (lien)
Colloque sur les statuts de la langue française les 13 et 14 novembre 2015
(Bibliothèque Mériadeck de Bordeaux)  (lien)


nouvelles2015/andre-bellon.jpgUne manœuvre insidieuse contre la République - le 16/10/2015 - 20:17 par andre-bellon

Charte européenne des langues
Une manœuvre insidieuse contre la République !

(article publié dans la Revue parlementaire)

par André Bellon
ancien président de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale,
président de l’Association pour une Constituante

L’article 2 de la Constitution française proclamant que la langue de la République est le français a été introduit en 1992 par un amendement lors de la ratification du traité de Maastricht. Cet amendement émanait de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale dont j’étais alors le Président. Lors du débat dans l’hémicycle, la question des langues régionales fut posée et je répondis que cet amendement n’empêchait aucunement leur existence et leur valorisation par la loi, mais que la véritable question du moment était la préservation de notre langue commune face aux attaques de la langue de la mondialisation, à savoir l’anglais.

La question n’a rien perdu de son importance. Bien au contraire, n’a-t-on pas vu, depuis, une ministre de l’économie, Christine Lagarde, écrire, parait-il, à ses collaborateurs en anglais ? Et lorsque, attaquée en anglais par un député qui se moquait ainsi d’elle, ne l’a-t-on pas vu refuser l’insertion de l’intervention au Journal Officiel au prétexte de la langue employée ? La loi Fioraso autorise désormais des cours exclusivement en anglais dans les universités. Les exemples abondent et se multiplient.

Mais si le Parlement s’exprime officiellement encore en français, il vote des textes qui font à notre langue, jour après jour, le sort de la peau de chagrin. Ainsi, sous la pression des intérêts économiques mondialisés, le protocole de Londres a-t-il scellé le sort du français dans la fabrication des brevets. Bien pire, la question de la langue devient une source de conflits sociaux. Quand des salariés français sont forcés de parler anglais pour accéder à un emploi purement local, quand les modes d’emploi en anglais conduisent à des erreurs dramatiques comme on l’a vu, dans le début des années 2000, à l’hôpital d’Épinal où les doses de rayons mal interprétées ont gravement nui à la santé des patients, quand tous les produits affichés dans les rayons affichent leurs formules en langue étrangère, ce n’est plus une question de repli linguistique qui est en cause, mais une capacité à vivre en société. Ainsi, l’UNICE (le syndicat patronal européen) a fait depuis des années officiellement fait part à Bruxelles de sa décision de promouvoir l’anglais comme l’unique "langue des affaires et de l’entreprise" ; ainsi certains états-majors d’entreprises communiquent-ils en anglais à l’interne… et s’efforcent même d’imposer le "tout anglais" à l’ensemble de leur personnel1 !

Lorsque François Hollande remet sur le tapis la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, il appuie, de façon insidieuse, cette destruction de notre langue commune au prétexte de sauver les langues régionales. N’est-elle pas cohérente avec la vision d’une Europe des régions ? Au moment où la société se décompose, notamment sous le feu des inégalités sociales, ce texte fragilise un vecteur majeur de cohésion : la langue française. En France, il a été rejeté par le Conseil Constitutionnel le 24 juin 1999, s’ajoutant à l’avis négatif du Conseil d’État en 1996 ainsi qu’à celui du 30 juillet 2015. La question n’a pas été réglée pour autant et les pressions se sont poursuivies. Ainsi, M. Alvaro Gil-Robles, commissaire du Conseil de l’Europe aux droits de l’homme, avait appelé, dans un rapport rendu public le 15 février 2006, au "respect effectif des droits de l’homme en France" (rien que ça !) et, pour ce faire, lui avait demandé de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Cette position est peut-être plus adaptée à certains pays de l’Europe de l’Est ou des Balkans historiquement marqués par les conflits communautaires violents qu’à la République française dont l’Histoire est tout autre.

Il n’est pas question de reprendre à notre compte l’équation "langue minoritaire égale langue de division". Jean Jaurès parlait patois, comme il disait alors, et en était fier. Le midi de la France fourmille de républicains farouches, néanmoins attachés à leur "petite patrie" et à sa langue. Le même phénomène se retrouve partout, en Provence comme en Bretagne. Certes, la question de la place de ces langues, en particulier dans l’enseignement, est longtemps restée ignorée par les pouvoirs publics. La loi Deixonne (Loi n°51 - 48 du 11 janvier 1951 relative à l’enseignement des langues et dialectes locaux) brisa cet oubli. Elle fut la première spécifique à l’enseignement des langues régionales. Elle constitua une reconnaissance officielle de l’existence de certaines langues régionales. Le décret n° 70-650 du 10 juillet 1970 prit en compte les langues régionales dans l'obtention du baccalauréat. Ces divers textes ont été ensuite intégrés dans différentes parties du code de l'éducation.

Depuis la loi Deixonne, d’après les chiffres livrés par la DGLFLF2 en 2007, durant l’année scolaire 2005 - 2006 : 404 351 élèves ont bénéficié d’un enseignement en / de langue régionale (toutes formes d’enseignement confondues, public et privé sous contrat) : 282 894 à l’école, 96 295 au collège et 25 162 en lycée. La liste des langues concernées s’est aussi élargie : aujourd’hui basque, breton, catalan, corse, créole, gallo, occitan / langue d’oc, langues régionales d’Alsace, langues régionales des pays mosellans, tahitien et langues mélanésiennes.

Cette évolution montre que la question peut être prise en charge par la République et que celle-ci ne se présente pas comme l’horrible prédatrice que certains prétendent voir. La loi est apte à prendre en charge ces problèmes. Pourquoi alors cette volonté maladive de faire voter la Charte européenne des langues régionales et minoritaires ? Manière, pour un gouvernement plutôt pusillanime, de s’abriter derrière un décideur lointain ? Obsessionnelle soumission à dire "C’est européen, donc c’est bien" ?

La charte est en fait un instrument politique contre la langue nationale et contre la République. Car la charte veut, comme le dit son préambule, modifier la vie publique en y introduisant le rôle officiel de ces langues. On feint d’oublier que la langue française est d’abord celle de l’administration qui nous gouverne. Toucher à la langue, c’est toucher au droit et à l’égalité des citoyens. Bien sûr, le Président de la République et le premier ministre diront qu’il ne s’agit que d’appliquer que "35 paragraphes ou alinéas choisis parmi les dispositions de la partie III de la Charte (article 2)". Mais la partie II de la Charte qui, avec le préambule, en formule la philosophie, est applicable intégralement. Or, cette dernière est meurtrière pour la république. En effet, le préambule affirme comme un "droit imprescriptible" le "droit de pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée ou publique". Quels que soient les articles signés, la Cour de justice européenne aura à juger en fonction du préambule qui, lui-même, aura été signé. Il n’en serait évidemment pas de même avec une loi nationale. On n’ose imaginer que des décisions aussi graves puissent relever d’un positionnement tactique d’un Président affaibli.

En fait, aujourd’hui, la langue française est attaquée autant que les langues régionales et minoritaires par ces nouveaux totalitarismes qui ne cherchent pas plus à préserver les citoyennetés parcellaires et leurs langues régionales que les citoyennetés nationales : ils cherchent à en faire des éléments de folklore sans portée politique. Si la charte européenne se donne pour objet la sauvegarde des langues régionales (basque, corse, breton, occitan,.....) ou minoritaires (ouolof, berbère, arabe,........), sa philosophie est, en germe, communautaire. On comprend mieux alors l’obsession de François Hollande à régionaliser tellement la vie publique (réforme des collectivités locales elle aussi imposée au pas cadencé), en contradiction avec toute la tradition républicaine. Et, face aux communautés, le seul élément de cohésion deviendrait la langue et la pensée de la mondialisation. Mais si une telle réforme peut évidemment être proposée, peut-elle être imposée par un gouvernement dont la légitimité est pour le moins chancelante ? Dans ces circonstances, un référendum est en tous cas absolument indispensable.


1 Voir supplément économie, Le Monde, Mardi 6 mars 2007.

2 Direction Générale de la langue française et des langues de France


/nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2015 - le 16/10/2015 - 19:48 par MAR

Langue française : Nouvelles d'octobre 2015

125 communes ont signé le "manifeste pour le français" parmi les nouvelles depuis l'été : Château-Thierry, Cognac, Menton, Provins, Saint-Amand-les-Eaux et Sens (lien)
Éric Adja (OIF) "Francophonie numérique : Créer un espace de confiance" (14/10)  (lien)

Ministére de la culture : 146 projets, un million d'euros et une charte pour les langues françaises (12/10) (lien)
Question de Jacques Legendre, sénateur du Nord, au Gouvernement sur l'utilisation de "French Tech" (1/10) (lien)


nouvelles2015/loire-valley.jpgLoire Valley déborde ! - le 16/10/2015 - 19:40 par ChristianMasse

Loire Valley déborde !

par Christian Massé

La veule, servile, avidité n'est plus canalisée : un ancien administrateur de DLF et d'ALF nous envoie cet article.
N'hésitez pas à exprimer votre indignation aux organisateurs ! La rédaction

 

Porté au patrimoine mondial de l'Unesco, la vallée de la Loire s'est vu affublée d'une appellation non régionale et bien contrôlée : Loire Valley. Les auteurs de cette imbécillité n'ont pas caché leurs intentions : Loire Valley, c'est plus commercial...

L'argent appelle l'argent, répéta à maintes reprises Georges Bernanos. Ô combien avait-il raison ! Loire Valley vient de se gonfler d'un rajout à faire rougir écrivains et poètes ayant trempé leur plume au pays de Ronsard, Rabelais, Descartes, Balzac, François Cheng... : French Tech Loire Valley. Ce titre aux sonorités ni régionales ni patriotiques est hautement visible à Tours, sur la nouvelle façade de l'ancienne et prestigieuse imprimerie Mame, avenue de Preuilly.

Comme il convient de faire dans la com', la revue trimestrielle Tours Plus Le mag présente avec brio cet établissement. Et là, on est confronté à un langage qui ne peut qu'écorcher les oreilles de tout bon défenseur de la langue française, langue dont le berceau se trouve, à ce qu'il paraît, en Touraine : startups, Consumer electronic show de Las Vegas, big data, skybowl, strike...

Gare à la chute : ce magazine d'information de la Communauté d' Agglomération de Tours a son siège à Tours, 60 avenue Marcel Dassault...Or, la nouvelle majorité municipale de cette belle ville s'est dotée d'un service à la...francophonie avec, bien sûr, à sa tête, un élu, chargé de la francophonie. La tromperie tourne à l'indécence : jamais, dans la ville de Tours, on n'aura lu autant de mots anglais, authentiques ou mués en franglish, sur des hauts, milieux ou bas de vitrines, sur des panneaux ou des véhicules publicitaires.

Si Loire Valley persévère dans ses débordements, il pourra peut-être être dit que c'est en Touraine, et même dans sa capitale, que la langue française est la plus agressée. Non par snobisme, mais par appât du gain.

Christian Massé est membre de Défense de la langue française Touraine


/nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2015 (2) - le 27/09/2015 - 21:48 par MAR

Langue française : Nouvelles de septembre 2015 (2)

L'Obs : Quotas de chanson française : 3 solutions pour apaiser le conflit (26/9) (lien)
Nouvelle République Chansons françaises en carcan (25/9) (lien)

Jean-Paul de Gaudemar élu Recteur de l’Agence Universitaire de la Francophonie
(AUF)
(25/9) [lire ci-dessous]


Jean-Paul de Gaudemar, conseiller "Enseignement supérieur et recherche" auprès de Najat Vallaud-Belkacem, a été élu Recteur de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF). Il succédera le 7 décembre 2015 à Bernard Cerquiglini (25/9)

Ancien recteur de l'Académie d'Aix-Marseille, il éJean-Paul de Gaudemartait entré comme conseiller spécial le 01/05/2014 au cabinet de Geneviève Fioraso (alors secrétaire d'État chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche), après avoir été conseiller éducation au cabinet de Jean-Marc Ayrault (alors Premier ministre). Jean-Paul de Gaudemar est ancien élève de l’École polytechnique, docteur d’État en sciences économiques et agrégé en sciences économiques et gestion.

Au début des années 1980, il avait été conseiller de Pierre Tabatoni, autre économiste aixois, alors Délégué aux relations universitaires internationales, et membre du cabinet d'Alice Saunier-Seïté (ministre des Universités). Albert Salon

à lire également sur le site de l'AUF


/nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2015 - le 27/09/2015 - 21:26 par MAR

Langue française : Nouvelles de septembre 2015

Initiative communiste (Floréal) : Raminaglobish au pouvoir (24/9)  (lien)

Le Point Afrique : Francophonie : économie à tous les étages ! (22/9) (lien)

lalanguefrancaise.com :
Guide complet de l’usage des majuscules en français 
 (16/9)  (lien)


nouvelles2015/luc-besson.jpgLe gouvernement se couche devant Luc Besson - le 10/09/2015 - 22:04 par MAR

Le gouvernement se couche devant Luc Besson

Luc Besson qui veut à la fois des crédits d'impôts et participer au massacre de la langue française en tournant en anglais va obtenir satisfaction : un amendement sur mesure à la loi de finances va être proposé pour lui permettre à la fois de cracher sur la culture de son pays et de bénéficier de ses subsides. Pour couronner le tout et pour remercier la servilité gouvernementale : Luc Besson devient résident fiscal américain (lien)
L'esprit de Montoire (allié à celui de Tartuffe) est bien vivant dans ce pays !

Le projet de film est tiré d'une bande dessinée française "Valérian et Laureline" !

Europe 1 : Un amendement à la loi de Finances doit permettre à Luc Besson de tourner son prochain film en France

Europe 1 : Crédit d'impôt : Luc Besson obtient gain de cause


nouvelles2015/charlotte-fouchet.jpgGood Bye le français... - le 10/09/2015 - 21:32 par MAR

Good Bye le français...

par Claude Weisz

Réponse de Claude Weisz à un message annonçant le départ de la responsable de l'Institut français de Prague en anglais !


De : "Charlotte.Fouchet " <Charlotte.Fouchet@ifp.cz>
A : "Charlotte.Fouchet" <Charlotte.Fouchet@ifp.cz>
Copie à : fouchetc@icloud.com

Sujet : Au revoir

Dear all,

After intensive's 4 years at the head of the French Institute in Prague, it’s time for me to say thank you and goodbye. I really appreciated our collaboration and I wish all the best for the future projects.

My successor Alexandre Pajon will arrive at the end of this week, do not hesitate to contact him on this address : alexandre.pajon@ifp.cz

Best regards,

Charlotte
fouchetc@icloud.com


Madame the Head of the French Institute in Prague,

La lecture de votre courriel "d'au-revoir" me réjouit !

Je constate que vous avez trouvé une solution à la baisse des crédits dont sont victimes les Instituts français.

De toute évidence, les états et autres fondations anglophones ont visiblement apporté leur écot aux frais de fonctionnement et aux charges salariales de ces établissements publics relevant du ministère des Affaires étrangères. Ce qui explique que vous les en remerciez dans leur langue !

En tant que citoyen français contribuable, je souhaiterai que l'argent public serve uniquement au développement des activités de promotion et de diffusion de notre langue - inaliénable bien commun avec tous les francophones - et non à nourrir le développement et l'extension de l'empire unilingue anglo-saxon dans le monde. Les Anglo-Saxons, eux-mêmes, n'en demandent pas tant !

Lors de mes nombreux voyages et, particulièrement dans les pays non francophones, j'ai constaté que nos diplomates et fonctionnaires de haut rang - à quelques notables exceptions près - se comportaient de plus en plus souvent comme des fossoyeurs de leur/notre langue.

En parallèle, j’ai souvent rencontré des hommes et des femmes de grande culture, des ingénieurs, des responsables politiques et même des chefs d'entreprise étrangers, qui avaient choisi de suivre des études supérieures dans nos grandes écoles et dans nos universités pour apprendre et étudier en français (avant, bien entendu, que toutes nos grandes écoles ainsi que les universités, sous l'impulsion de Mme Fiorenso, ne choisissent l'anglais comme langue d'étude).

Ces hommes et ces femmes me confiaient avec tristesse leur incompréhension devant le renoncement des Français fréquentant leur pays à s'exprimer en français.

Eux, si souvent amoureux de la langue française et fiers de la maîtriser, ne comprenaient pas que les Français puissent avoir honte de leur langue maternelle ; langue qui doit demeurer la deuxième langue internationale, une langue utile.

Il serait bon que les responsables des Instituts français ainsi que les Ambassades de France à l’étranger prennent connaissance du rapport de Jacques Attali "La Francophonie et la Francophilie, moteurs de croissance durable" (Août 2014).

Si votre courriel "in English" s'avérait un malheureux fruit du hasard, il me donne toutefois l'occasion de manifester, une fois de plus, mon indignation face à la catastrophique politique linguistique menée par les gouvernements français depuis au moins huit ans.

Politique qui n'est plus offensive, pas même défensive, c'est la retraite… Et pour bientôt, la débandade ?

Sachez, néanmoins, que je conserve un excellent souvenir de l'institut français de Prague pour la qualité et la gentillesse de son accueil, son dynamisme, sa combativité, lors de mon séjour praguois en 2011. Pour cela, merci encore et bravo pour tous les Instituts français qui vivent encore malgré la pénurie !

Avec mes salutations les plus attristées.

Claude Weisz
Cinéaste, fils d'immigrés qui se sont connus et mariés à Paris, naturalisés français au début des années 30…qui m'ont donné la chance de naître français.

Mon père, attaché aux valeurs de la république, ayant choisi la Résistance, est "mort pour la France" en 1942, suite aux tortures infligées par des fonctionnaires français.


Editoriaux/nation-eclatee.gifCharte des langues régionales (suite) - le 16/08/2015 - 18:16 par MAR

Charte des langues régionales (suite)

André Bellon (Médiapart) Charte européenne des langues : une manœuvre insidieuse contre la République ! (13/8) (lien)
Laure Fouré Ratification de la Charte des langues régionales ou minoritaires : non au passage en force ! (4/8) (lien) [Laure Fouré est membre d'ALF]
Les Échos le Conseil d'État réitère son opposition (3/8) (lien)
Le point de vue d'Albert Salon  (lien) [A. Salon est le  président d'ALF]
Marie-Françoise Bechtel La République contre les divisions (1/2014) [M-F Bechtel est députée de l'Aisne]


nouvelles2015/forum-LF-Liege.jpgForum Mondial de la Langue Française (2) - le 29/07/2015 - 11:29 par MAR

Forum Mondial de la Langue Française (suite)

Lire ci-dessous Liège a accueilli le second Forum mondial de la langue française par Arnaud Danloux-Dumesnils
Le Devoir : Liège bouchonne la Francophonie (27/7) (lien)
RTBF : Le Forum mondial "rebondit" pour sa cérémonie de clôture (23/7) (lien)
L'avenir.net : L'économie, vecteur important de la Francophonie (23/7) (lien)
Le SoleilTrois Sénégalais distingués à Liège (lien)
RFI Pour l’Atelier des médias, ce fut l’occasion de rencontrer des acteurs et actrices du web francophone (lien)


Liège a accueilli le second Forum mondial de la langue française (FMLF)

Pendant quatre jours, la ville de Liège est devenue la capitale de la francophonie : du 20 au 23 juillet, le Forum mondial de la langue française y a accueilli près de 1 500 congressistes venus de 90 pays, dont plus de 1 200 jeunes, de 18 à 35 ans, invités par les co-organisateurs, l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) et la région Wallonie-Bruxelles. Deux membres d’ALF ont pu, individuellement, y participer…

Le titre de "Forum mondial de la langue française", déjà utilisé en 2012 à Québec, est assez trompeur et il s’agissait plutôt d’un forum de la jeunesse francophone mondiale que d’un forum linguistique… Le thème principal du Forum était la créativité des jeunes francophones, notamment au moyen des modernes outils de communication numérique, plus que la langue française elle-même, mais celle-ci cependant s’avérait bien le moyen commun des échanges entre participants de pays très divers. Cinq thèmes avaient été retenus pour les ateliers et réunions : "éducation", "économie", "participation citoyenne", "culture et industries culturelles"… et "langue française et créativité". Ce forum de Liège était une vaste foire d’idées, de projets et de produits. On pourra regretter qu’un certain "jeunisme" de bon ton ait poussé, trop souvent, à s’extasier devant certains projets "créactifs" parfois simplistes ou primaires !

Point de "grand-messe" hormis deux grandes réunions plénières, pour l’ouverture et la spectaculaire séance "de rebond" clôturant le Forum. Le commissaire général, Philippe Suinen, avait explicitement réservé ce forum aux jeunes de 18 à 35 ans, et il ne voulait absolument pas y voir les habituels grands intellectuels et autres dirigeants d’ONG. Mme Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’OIF, et le ministre-président de la région Wallonie-Bruxelles sont intervenus lors de la séance d’ouverture mais ne sont plus apparus par la suite, ayant vraisemblablement filé "à l’anglaise"… C’est le nouvel administrateur de l’OIF, Adama Ouane, qui a "assuré" le message de clôture…

"Je n'ai pas ressenti, parmi les participants, une grande ferveur envers la défense de la langue française", a conclu un des membres d’ALF présents, qui ajoute : "à titre personnel, ce fut une formidable expérience, ce n'est pas tous les jours que j'ai l'occasion de boire un verre en parlant français avec un Djiboutien et un Vanuatuan par exemple !" Le "réseautage" était en effet un des objectifs des initiateurs du projet, objectif qui semble avoir été atteint.

Cependant le français, langue commune à tous les participants, n’était pas totalement absent des 120 ateliers et conférences proposés. On a pu notamment apprécier deux tables rondes animées par Philippe Dessaint et Denise Époté de TV5 Monde, sur la presse francophone et l’Afrique émergente, ainsi qu’un débat sur "Le français, une langue créative !" organisé par RFI et animé par l’Andorrane Imma Tor Faus, directrice de la langue française et de la diversité linguistique à l’OIF.

L’AUF (Agence universitaire de la Francophonie), qui réunit 870 universités dans le monde, a tenu plusieurs colloques, ateliers et débats en présence de son recteur, Bernard Cerquiglini 1, et organisé un concours sur la création de mots dont les lauréats ont fait preuve d’une grande inventivité linguistique (voir ci-après). La Fédération internationale des professeurs de français (FIPF, 140 pays, 80 000 professeurs) était particulièrement présente et active, avec la participation de nombreux professeurs de FLE (français langue étrangère).

L’APFA, qui organise chaque année les "Mots d’or du français des affaires", a animé un atelier sur la création de mots dans les domaines professionnels, qui a connu un succès justifié et montré aux participants l’importance de la traduction en français des nouveaux concepts pour que notre langue reste une langue efficace et appréciée dans le monde des échanges internationaux. Le nouveau délégué à la langue française et des langues de France (DGLFLF), Loïc Depecker, a honoré cet atelier de sa présence et de ses observations.

Ces quatre jours de réunions et de débats ont permis de constater la grande vitalité et l’amour du français dans la jeunesse francophone, et l’importance de telles manifestations pour soutenir ce désir de français. On ne peut qu’espérer que la nouvelle secrétaire générale de l’OIF perpétue dans trois ans ce beau legs d’Abdou Diouf à la Francophonie en organisant un troisième FMLF, peut-être un peu plus axé, cette fois, sur la langue elle-même et le trésor commun qu’elle représente… Plusieurs villes se seraient déjà portées candidates…

Arnaud Danloux-Dumesnils

 

1Jean-Paul de Gaudemar a succédé, en septembre, à Bernard Cerquiglini à la tête de l’AUF


/nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2015 (2) - le 29/07/2015 - 11:18 par MAR

Langue française : Nouvelles de juillet 2015 (2)

Jeune AfriqueÉgypte : le français en première classe (28/7) (lien)

Marine Couturier (Rue 89) Sur Internet, le français attend le renfort des Africains (27/7)  (lien)

L'université de Nantes ouvre un Mooc [Cours en ligne gratuit] Français langue étrangère (FLE)  (24/7)  (lien)


nouvelles2015/arret.gifL'AFRAV multiplie les recours gracieux - le 19/07/2015 - 20:31 par ASalon

L'Association Francophonie-Avenir (AFRAV)
multiplie les recours gracieux

Les recours - gracieux puis juridictionnels - déposés par ALF et nos associations en synergie, contre tant les universités qui violent la loi Fioraso et offrent des formations exclusivement en anglais, que France-Télévision et autres contrevenants publics à notre législation linguistique, inspirent d'autres associations de cette même synergie. Ainsi l'AFRAV, qui nous félicite du recours contre France-Télévision, fait état de ses propres recours, dans la région de Nîmes. Que cela fasse tache d'huile ! AS.

L’AFRAV a envoyé 3 recours gracieux :

1) à Yvan Lachaud, ex-député, président de Nîmes Métropole, pour demander le changement du nom à caractère anglophone de l'agence de développement de Nîmes-agglo qui vient de se créer sous son égide (OPENimes).

2) à Gérard Pédro, maire de Remoulins (Pont-du-Gard), pour demander la mise en conformité des panneaux de bienvenue, placés aux entrées de la ville (Bienvenue-Welcome).

3) à François Commeinhes, maire de Sète et président de Thau-Agglo, pour demander la suppression de l'inscription en anglais "Flash me, I'm fameux", de l'espace public (autobus, inclus) et pour demander, par la même occasion, de mettre en conformité avec l'article 4 de la loi 94-665, tous les panneaux d'affichage publics de la ville.

et Régis Ravat son président, prévoit d'en envoyer un 4e, à Anticor-Lorraine, pour demander que la dénomination "Airport Lorraine" soit enlevée pour être remplacée par une dénomination respectueuse de notre langue (art.14 de la loi Toubon 1994-665).


nouvelles2015/forum-LF-Liege.jpgForum mondial de la langue française 2015 - le 16/07/2015 - 19:42 par MAR

Forum mondial de la langue française 2015

Du 20 au 23 juillet 2015 se tient à Liège (Belgique) le 2e Forum mondial de la langue française.

Son objectif ? Présenter, dans un même lieu, la créativité comme moteur de l’innovation francophone. Une occasion unique d’échanger, de partager, de réseauter, de collaborer et de trouver des soutiens pour développer vos idées et vos projets entre jeunes francophones du monde entier !

Cinq axes majeurs seront abordés autour du thème de la francophonie créative : l’éducation, l’économie, la culture et les industries culturelles, la relation entre langue et créativité et la participation citoyenne. Des techniques participatives et délibératives innovantes tout au long des activités, un espace convivial de réseautage, le Forum a pour ambition de favoriser la qualité de vos échanges et de stimuler votre mise en réseau. Le Forum sera aussi l’occasion de célébrer la langue française lors d‘évènements culturels et festifs !

Le site du Forum est www.forumfrancophonie2012.org

RTBF : Le Forum de la langue française, c'est quoi ?

Par ailleurs, le magazine télévisé Espace francophone réalisera un reportage quotidien tourné "dans les allées du Forum". Ses équipes iront à la rencontre des jeunes francophones qui viennent des 5 continents, mais également des décideurs et des responsables de la Francophonie qui ont œuvré pour que ce rendez-vous devienne incontournable.
Découvrez ce programme spécial sur www.tvfrancophonie.org


nouvelles2014/michel_guillou.jpgConstruire l’Union francophone - le 16/07/2015 - 19:34 par Michel-Guillou

Construire l’Union francophone
pour consolider la plaque linguistique de langue française

par Michel Guillou

Cette idée a été relancée récemment, notamment par Jacques Attali et Pouria Amirshahi. La France devrait s’y engager ; c’est un grand projet dont elle a besoin pour rester une Nation, affirmer son universalisme spécifique et bâtir sa grandeur de demain.

La mondialisation contemporaine met en contact, en frottement, pacifiquement ou non, des «plaques» de puissance et d’influence économiques, culturelles ou linguistiques. Les unions géoculturelles qui rassemblent des peuples partageant une même langue sont de telles plaques d’influence, les plaques linguistiques. La Francophonie est la plaque linguistique de langue française.

Son liant, c’est la langue française, son ciment l’agir, le vivre ensemble qu’elle permet.

La plaque linguistique francophone sera d’autant plus importante et visible dans la mondialisation, qu’elle rassemblera un plus grand nombre de pays et comportera un plus grand nombre de locuteurs parlant français. Elle sera d’autant plus soudée qu’elle sera utile, bien réticulée, source de développement et de progrès et traversée par de grands réseaux fédérateurs de coopération et d’agir ensemble.

C’est dire l’importance de défendre et promouvoir la langue française et de développer la coopération et le vivre ensemble francophones. Les vents contraires sont nombreux. Les plus forts, ce sont ceux venant de la France du fait du renoncement actuel de ses élites, à son identité, à sa langue et à la Francophonie comme facteur de puissance.

Construire l’Union francophone c’est certainement le meilleur moyen voire le seul pour relancer la Francophonie et assurer sa pérennité dans un monde dominé par la puissance uniformisante anglo-saxonne, mais qui veut la diversité. Il s’agit de donner un contenu d’avenir à la plaque francophone, la troisième francophonie, la francophonie mondialisée, caractérisée par le dialogue des cultures et la solidarité qui prend la suite logique de la Francophonie d’Onésime Reclus et de la Francophonie de Léopold Sedar Senghor.

Voilà le défi posé, le chantier offert à la nouvelle Secrétaire générale Madame Michaëlle Jean qui vient d’être nommée, fin 2014, au dernier Sommet de la Francophonie de Dakar, à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Que faire ?

D’abord un énorme et moderne travail de communication surtout en France où la Francophonie n’est connue de personne ni comme entité, ni comme concept. À titre d’anecdote significative, un haut fonctionnaire de l’Organisation internationale de la Francophonie se voyait demander récemment les statuts loi 1901 de son «association» alors qu’il cherchait à louer à Paris un appartement au nom de l’OIF. ONU, Union européenne et même Commonwealth connais, mais OIF connais pas. Voilà la triste réalité. Il faut s’attacher à mettre la Francophonie dans les têtes. Autre exemple, toutes les Écoles de Commerce françaises abandonnent leur nom en français pour un nom en anglais. C’est inacceptable. Une démarche de l’OIF au plus haut niveau auprès de leur Association pour y mettre fin est urgente et indispensable. C’est une question de bon sens.

En termes de communication, à l’interne, TV5-Monde doit être plus que maintenant, la télévision qui parle de la Francophonie et rend compte de ses activités. À l’externe, il faut que la Francophonie participe sur les plateaux de télévision nationaux aux grands débats politiques, économiques et culturels et noue des partenariats avec les associations, les fédérations et autres organisations … qui structurent les sociétés civiles. Faire connaitre l’Organisation internationale de la Francophonie est une nécessité.

Tout en assurant la continuité des actions déjà menées en matière de francophonie politique et de francophonie de solidarité, il faut de nouveaux programmes visibles et utiles. Mais pour qu’ils atteignent la masse critique et pour tenir compte des restrictions budgétaires, le partenariat doit être la règle ainsi que la mutualisation.

En matière de liant on pourrait se laisser aller à l’optimisme béat vu les projections démographiques africaines de 700 millions ou plus de francophones en 2050. Faut-il encore que pour y parvenir, certains pays africains n’abandonnent pas, comme le Rwanda, le français pour l’anglais et ceci est d’autant plus possible que les Français vont largement dans ce sens.

Une bataille, une guerre est à mener d’urgence contre l’anglobal appelé aussi anglobish. Citant le livre de réflexion sur la langue française d’Alain Borer, De quel amour blessée, Bernard Pivot a décrit dans le JDD du 14 juin cette maladie envahissante qui consiste à truffer les phrases de mots, d’expressions anglaises même lorsque l’équivalent français existe. Celui-ci est vite délaissé, oublié, jugé ringard.»La vitesse de propagation de l’anglais constitue un phénomène jamais vu dans l’histoire de la langue».

Le partage du français étant le liant de la plaque francophone, la Francophonie et en particulier la Francophonie en Afrique, a besoin d’un grand nombre de professeurs de français pour enseigner le français aux jeunes francophones issus du «boom» démographique en cours. Un gros effort de formation a déjà été fait en particulier par l’OIF avec le programme IFADEM et le bilatéral français, mais on est très loin du compte. Il faut mettre en œuvre dans ce domaine en mutualisant les efforts, en multipliant les partenariats, en particulier avec les Collectivités locales, un grand réseau fédérateur de formation des enseignants de français.

Pour cimenter la plaque francophone, d’autres grands réseaux de coopération utiles et visibles sont à portée de main en s’appuyant sur l’existant dans les sociétés civiles.

Un réseau sportif en partenariat avec les fédérations sportives nationales et internationales. Quel francophone ne rêve-t-il pas, par exemple, d’une coupe francophone de football ?

Un réseau universitaire de formation à l’excellence et aux métiers en partenariat avec l’AUF, l’Université Senghor d’Alexandrie, les établissements et leurs regroupements. Soyons le creuset de la formation des élites francophones en particulier dans le cadre du LMD. Les briques de ce réseau existent, il faut les rassembler et donner ampleur et cohérence à l’ensemble.

Un réseau économique impliquant les entreprises, s’appuyant sur les Chambres de Commerce et d’Industrie avec l’obsession de faire prendre conscience aux entreprises francophones de leurs forces et de leur faire connaitre la réalité économique de la Francophonie et ses potentialités.

Cette première énumération n’est pas exclusive, le champ des possibilités est large mais il faut pour que les réseaux réussissent s’assurer, outre leur utilité, de l’existence de grands partenaires forts et visibles dans les sociétés civiles.

En conclusion, la plaque linguistique francophone est une réalité pleine de potentialités.

Il faut espérer que la nouvelle Secrétaire générale Madame Michaëlle JEAN pourra convaincre les pays francophones et la France en particulier, de se saisir de l’opportunité géopolitique et de développement qu’elle représente pour eux.

Recteur Michel Guillou

Saint-Maur

le 12 juillet 2015


nouvelles2015/versailles.jpgVersailles adhère au manifeste en faveur de la langue française - le 15/07/2015 - 09:23 par MAR

Versailles adhère au manifeste en faveur de la langue française

Le Parisien du 10 juillet 2015 

Le peuple attaché au français refuse le globish-pour-tous que des élites veulent imposer. Faute de référendum officiel pour exprimer attachement et rejet, 32 associations font remonter la vox populi par les Communes de France.

appel de la Ligue des Communes de France pour la langue française !

Elles ont appelé de nombreux maires de France à se joindre à leur campagne nationale.
Elles veulent présenter l’équivalent d’un referendum populaire par un manifeste voté par des centaines de conseils municipaux représentatifs de la diversité géographique, politique, culturelle et linguistique de la France.

A ce jour, 108 communes ont déjà adopté le manifeste. Parmi elles, les emblématiques Baccarat, Brantôme, Brienne, Cabourg, Chablis, Creil, Douai, Evian, Fréjus, Grigny (Rhône), l'Ile de Sein, Jouy-en-Josas, Le Touquet, Lunéville, Maisons-Laffitte, Montfermeil, Mortagne-au-Perche, Orange, Pézenas, Poissy, Sainte-Maure-de-Touraine, Saumur, Suresnes, Thonon, Tulle, Verdun, Versailles, Vézelay, Villers-Cotterëts, Dumbéa en Nouvelle-Calédonie, et Ans en Belgique… (détail ci-dessous)

liste des Communes ayant voté en faveur d’un "manifeste pour le français"


/nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2015 - le 10/07/2015 - 14:58 par MAR

Langue française : Nouvelles de juillet 2015

DLF-Savoie (appuyée par ALF) : envoie un recours gracieux à France Télévisions concernant :

1) les noms de marques du groupe en anglais ou partiellement en anglais
2) l’utilisation permanente de termes ou expressions en anglais par les journalistes et présentateurs de France Télévisions
3) l’utilisation permanente de termes ou expressions en anglais sur tous les sites Internet liés à France Télévisions
4) le non-respect par France Télévisions de son obligation d’assurer le rayonnement de la Francophonie et de la diffusion de la culture et de la langue française dans le monde (lire le texte du recours )


/nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2015 (4) - le 01/07/2015 - 23:15 par MAR

Langue française : Nouvelles de juin 2015 (4)

Yvonne Bollmann : Ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires : le choix d’une défaite politique de la France (30/6) (lien)

Intervention d'Érik Orsenna au colloque "L'Afrique" (lien)


/nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2015 (3) - le 23/06/2015 - 16:12 par MAR

Langue française : Nouvelles de juin 2015 (3)

Académie française : Pour une vraie égalité des chances (lien)

Le Figaro : L'Académie française contre la réforme de l'enseignement (22/6) (lien)

Le Français est désormais intégré à Skype Translator (21/6) (lien)

Yves Montenay : Une "usine à gaz" pour faire revivre les langues régionales ? (15/6) (lien)

Lettre ouverte de jeunes issus de la méritocratie républicaine à Najat Vallaud-Belkacem (11/6) (lien)


Alliance Champlain : 3e édition du Florilège des enseignes calédoniennes

Une superbe initiative calédonienne, à imiter en métropole !

Du 15 juillet au 15 septembre prochain sera lancée la nouvelle édition du Florilège des enseignes calédoniennes. Elle sera organisée, comme les années précédentes, en partenariat avec la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nouméa et la Chambre des Métiers de Nouvelle-Calédonie que l’Alliance Champlain remercie chaleureusement. Cinq commerçants ou artisans seront primés dont un nautile d’Or pour la première distinction.

Nous rappelons qu’il s’agit de valoriser les plus belles dénominations commerciales ou artisanales que ce soit dans le Grand Nouméa, en Brousse ou aux Iles. Lorsqu’on écrit "plus belles", ce n’est pas le caractère esthétique de l’enseigne qui est à sélectionner mais l’inscription elle-même. Elle doit être en français ou dans une langue océanienne du pays. Elle doit avoir du sens et ne pas comporter de mots étrangers. Les photos sont à courrieller à l’Alliance Champlain avec la localisation de l’enseigne et le type d’activité se rapportant à celle-ci. Il est à noter que l’enseigne peut être fixe ce qui est généralement le cas pour les commerçants mais aussi ambulante (sur un véhicule par exemple) ce qui est fréquent pour certaines activités artisanales.

Tout le monde est habilité à prendre une photo : le commerçant, l’artisan, le client, le passant etc.

courriellez vos photos à alliance.champlain@offratel.nc

En 2013, l’Alliance Champlain avait reçu 172 photos, en 2014 ce nombre fut porté à 286 photos. Arriverons-nous à 400 cette année ?

Pour information, les distinctions remises ont été par ordre décroissant :

En 2013 : Belle et re-belle (prêt à porter), Le Boudoir (lingerie féminine), La Popotte (restaurant), Fou rire (farces et attrapes), La Case à coiffer (salon de coiffure).

En 2014 : Histoire d’eau (laverie), Au pays du chat perché (gardiennage d’animaux domestiques), Cesibon (pâtisserie), Bouts d’brousse (tour opérateur local), Pot d’colle (papèterie).

Nous espérons cette année recevoir de nombreux clichés des Provinces Nord et Iles. Il y a, notamment, de très jolis noms de gites qui ne demandent qu’à se retrouver sur une photo.

Les résultats seront officialisés au cours d’une soirée dans une salle du restaurant "Le Bout du Monde" à la baie de la Moselle à Nouméa dans la première quinzaine du mois d’octobre.


Enquête BVA sur les publics des centres de langue en France

Nous publions avec plaisir ce communiqué de la DGLFLF, sur les centres qui offrent en France aux étrangers l’apprentissage et le perfectionnement du français. Car il nous montre que cette action trop méconnue concerne un nombre important d’étrangers aux motivations diverses, et qu’elle est intéressante aussi sur le plan économique, bien qu’elle soit très loin derrière les recettes apportées dans les pays anglo-saxons par les cours d’anglais de toutes catégories. Elle reste cependant intéressante surtout sur le plan de l’influence culturelle, d’autant plus qu’elle complète le réseau impressionnant de nos établissements à l’étranger : écoles, lycées à programmes français et franco-étrangers ; filières universitaires ; instituts de recherche et de soins ; services culturels et de coopération et instituts et centres culturels officiels relevant des Affaires étrangères ; établissements de soins et d’enseignement catholiques, protestants, israélites (Alliance israélite universelle, dont le siège mondial est à Paris depuis sa création en 1960) ; centres enseignants et culturels de l’Alliance française, de la Mission laïque française (MLF) ; la plupart de ces institutions étant soutenues par le bénévolat et le mécénat des pays d’accueil.

Rappelons aussi que la Fédération internationale des professeurs de français FIPF) regroupe dans le monde entier 900 000 professeurs.

De quoi rejeter le déclinisme ambiant dans ce secteur important de l’action culturelle, et appeler au contraire le pays et ses dirigeants à une pleine prise de conscience et au sursaut. Albert Salon.

communiqué du Centre international d’études pédagogiques (CIEP)

téléchargement de l'enquête


/nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2015 (2) - le 09/06/2015 - 22:42 par MAR

Langue française : Nouvelles de juin 2015 (2)

Roland Garros en français ! Samedi 6, la championne américaine Serena Williams qui remporte la finale dames, tient à faire son discours en français sur le court. Dimanche 7, il en est de même, à l'issue du match opposant les hommes, avec le Serbe Novak Djokovic et le Suisse Stanislas Wawrinka vainqueur de la finale. Au journaliste (français) de service qui demande à Wawrinka s'il veut dire quelques mots en anglais (!) "à ses fans nombreux autour du monde" Wawrinka interloqué, réplique : "Non ! pour une fois que je peux parler en français, ça me fait du bien"


La mort de Jacques Parizeau : une grande perte pour le Québec et toute la Francité

Jacques Parizeau méritait ses funérailles nationales dans son pays. L'ancien Premier ministre du Québec était un homme intègre et un grand Monsieur. Un éminent patriote qui est allé plus loin que le grand René Lévesque (auteur de la "loi 101" votée en 1977, sur le français seule langue officielle et de travail au Québec, et qui avait lancé le premier référendum sur la souveraineté-association).

Jacques Parizeau a fait voter son peuple pour l'indépendance, le 30 octobre 1995. Il a hélas échoué, à moins de 1% des voix près. Bien des observateurs ont déclaré que le référendum a été en partie volé par une énorme tricherie fédérale.

Et il était très proche de la France. Une grande occasion a été ainsi manquée pour l'ensemble de la Francité. Nous nous devions de compléter par ces quelques lignes l'hommage - service minimum - de l'actuel Premier ministre libéral du Québec, rapporté dans l'article du Devoir. Albert Salon.

À lire l' article du Devoir Mort du "grand bâtisseur du Québec moderne"


Le gouvernement ose relancer la ratification
de la Charte des langues régionales et minoritaires

L'association COURRIEL progressiste et patriote, patriote parce que progressiste, s'élève à juste titre contre la nouvelle tentative du gouvernement d'obtenir par modification de la Constitution, non du référendum mais du Parlement réuni en congrès, l'autorisation de ratifier la charte, signée sous le gouvernement Jospin, des langues régionales et minoritaires. Cela sous les pressions conjuguées de régionalistes français et de fédéralistes à Bruxelles, en Allemagne et en Autriche.

Pour s'attaquer à l'unité de la Nation, puisque la ratification conduirait à donner de fait à ces langues un statut de langues officielles dans leurs territoires d'exercice, mettant ainsi fin à l'exclusivité du caractère de seule langue officielle du français depuis l'ordonnance prise par François 1er en 1539 à Villers-Cotterêts et, à terme à son rôle de langue commune à tous les Français. Le français est en effet pris en tenaille comme M. Gastaud le souligne, au profit de l'empire et de la langue impériale.

Il faut bien constater que "la Grande démolition" évoquée par Roland Hureaux est à l'œuvre.

Il convient d'y résister !

Albert Salon, ancien ambassadeur, président d'Avenir de la Langue française (ALF)

lire également la tribune de Laurent Pinsolle dans Le Figaro "Hollande nourrit la guerre contre le français"


Charte européenne des langues régionales et minoritaires :
Refuser la contre-révolution linguistique et territoriale en marche

Discours prononcé par Georges Gastaud, au titre de COURRIEL (l’association progressiste qui résiste au tout-anglais impérial), le 10 mai 2014, salle Ambroise Croizat à Paris

Citoyens, citoyennes, camarades,

Il y avait déjà au quotidien, avec la complicité des pouvoirs publics chargés de garantir l’état de droit, le viol permanent de la loi Toubon stipulant que "la langue française est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics".

Il y avait déjà aussi la substitution galopante de l’anglais au français dans la pub, la chanson, le cinéma, la recherche et les enseignes commerciales – y compris dans les entreprises où l’État est majoritaire.

Tout cela ne suffisait pas : voilà que le gouvernement "socialiste", mettant ses pas dans ceux du gouvernement précédent, s’acharne sur la langue française, "langue de la République" (Art. II de la Constitution) et socle de la Francophonie internationale. Le gouvernement a en effet institué l’anglais comme langue universitaire en faisant adopter la Loi Fioraso. Ce nouveau dispositif parachève sur le plan linguistique la loi L.R.U. qui aligne nos Universités sur les pratiques néolibérales anglo-saxonnes.

Par ailleurs le C.S.A. – qui est officiellement chargé de défendre le français dans les médias ! – "réfléchit" à un assouplissement des quotas réservés à la chanson française sur les radios pour élargir la place des Français qui ont renié leur langue nationale pour chanter en américain…

L’Europe des régions que l’on nous impose, c’est la fin du code du travail et des lois en France en fonction des régions !

Cerise noire sur ce mets faisandé, le Parlement est en passe d’adopter la Charte européenne des langues minoritaires et régionales. Non seulement ce texte ouvre la voie à la "co-officialité" du français et des langues régionales sur certains territoires, mais il détruit les fondements universalistes de la citoyenneté républicaine, qu’il tend à ethniciser. Cette politique linguistique délétère a pour arrière-plan la casse des acquis du Front populaire et du C.N.R., la substitution des Euro-Länder transfrontaliers à la "République une, laïque et indivisible", le "saut fédéral européen" parrainé par le l’UMPS et l’intégration de l’U.E. elle-même dans la future Union transatlantique placée sous le protectorat de l’O.T.A.N.

Dans ces conditions, comment ne pas voir que, partie intégrante de la désintégration euro-libérale et féodal-maastrichtienne de la République française, une tenaille politique mortelle se resserre sur notre langue ? L’ "air du temps" est moins coupable en l’espèce qu’une stratégie linguistique émanant de l’oligarchie capitaliste "française" et internationale. Car la destruction de la langue de Molière, d’Hugo et de Jaurès n’est pas un "point de détail" de l’euro- démontage républicain en cours : elle en est un axe stratégique car lorsque le français, "langue de la République" au titre de l’article II de la Constitution, ne sera plus qu’une "langue prépondérante" dans l’Hexagone, avant de devenir un patois subsidiaire stigmatisant la classe ouvrière marginalisée, l’œuvre de destruction de la Nation et des avancées conquises sous son égide, sera frappé du sceau mortel de l’irréversibilité. Que serait en effet une France où la République serait réduite à l’état d’icône impuissante, où l’héritage des Lumières, de la Révolution française, du Printemps des peuples, de la Commune, de 1905, de 36, de la Résistance et de mai 68 serait méconnu des jeunes générations pendant que la langue française – qui constitue la mémoire vive de ce grand héritage humaniste –serait reléguée au second plan ? Oui, que serait alors la France, sinon ce "couteau sans manche dont on a jeté la lame" que raillait jadis Lichtenberg ?

Déjà le Baron Seillière, devenu président du syndicat patronal européen UNICE, avait donné le ton en proclamant "l’anglais langue des affaires et de l’entreprise"* à l’échelle du continent.

Déjà l’U.E., bafouant les traités qui lui font obligation de respecter l’identité culturelle des États-membres, privilégie outrancièrement l’anglais, dont elle a déjà fait la langue officieuse de l’Union en attendant de pouvoir l’officialiser comme la langue officielle unique du futur Pacte transatlantique.

Pourquoi donc cet acharnement contre le français et contre les autres langues nationales d’Europe, y compris l’anglais !– de plus en plus réduit au business-globish des transnationales ?

En réalité, ces tirs croisés sur le français accompagnent le démontage de l’État-nation et avec lui, des avancées que le mouvement ouvrier avait conquises dans le cadre national. Les plus acharnés à promouvoir la Charte européenne sont d’ailleurs les mêmes qui, en Midi-Pyrénées, rêvent par la bouche du "socialiste" Malvy d’une euro-région transfrontalière Pyrénées-Méditerranée détachable de la République, les mêmes qui, en Alsace, rêvent à mots couverts d’un rattachement au Bade-Wurtemberg voisin, les mêmes qui, en Bretagne, usurpent le bonnet rouge pour annexer Nantes et la Mayenne aux acquêts du M.E.D.E.F. breton. Partout, le prétexte linguistique sert d’alibi "culturel" à l’émergence de nouvelles féodalités politico-patronales sur les ruines de la République indivisible, des conventions collectives et du Code du travail.

Or, ce démembrement linguistico-institutionnel du territoire national est encouragé par le chef de l’État. La ratification de la Charte européenne survient en effet au moment où M. Hollande incite la France à se länderiser par la création de dix Grandes Régions et par l’élimination de fait des départements et des communes.

Dans nombre de ces euro-régions (qui ne sont pas sans rappeler les Duchés d’Ancien Régime…), le français reculerait, nominalement au profit de la langue locale, mais dans les faits, ne nous leurrons pas, à l’avantage du tout-anglais patronal, qui est déjà de fait l’unique langue de travail de 17 % des entreprises franciliennes ; dans ce cadre territorial chamboulé, la loi du capital s’imposerait encore plus aisément qu’elle ne le fait aujourd’hui sur un territoire national uni, où le français, premier service public de France, permet de fédérer les résistances dans le cadre d’un État-nation qui demeure le support de la Sécu, des retraites, des statuts nationaux, des conventions collectives, du S.M.I.G. et des diplômes nationaux ; bref, l’euro-balkanisation en cours de notre pays – mais aussi des États voisins de la France :Belgique, Espagne, Italie, sans parler de l’ex-Yougoslavie – et de leur substrat linguistique, permettrait d’araser à la fois les conquêtes sociales de 1945 et les avancées civilisatrices de la Révolution que sont la laïcité, la souveraineté nationale et la souveraineté populaire.

Cette entreprise qui vise à substituer à la République linguistiquement unie un grouillement de fiefs rivaux constitués sur des bases ethno-linguistiques et coiffés par l’Empire transatlantique piloté par Wall Street, n’a rien de commun avec l’internationalisme progressiste. Les porteurs de ce projet totalitaire veulent au contraire, conformément au précepte impérialiste "diviser pour régner", permettre aux puissances d’argent d’écraser comme jamais les peuples européens disloqués et émiettés. Il y a là, une menace mortelle pour la diversité culturelle mondiale ! Qui peut croire en effet, si le français est destitué et "désétabli" en France, que, malgré toutes leurs vertus, les langues régionales feront le poids face au rouleau compresseur de l’anglo-américain et aux énormes moyens économiques, politiques et militaires dont l’a doté l’Oncle Sam ? Qui ne voit que, pendant que le coquelet francophone et que les belettes régionalistes se disputeront Nantes ou la Picardie, le Raminaglobish transatlantique aura tôt fait de les avaler tous ?

Risque majeur aussi d’aggravation des inégalités sociales et des discriminations linguistiques : ne faudra-t-il pas à terme parler une autre langue régionale pour changer de région si l’on est fonctionnaire ? Et la hiérarchisation des individus ne s’effectuera-t-elle pas de plus en plus en fonction du fait que les uns parleront l’English Mother Tongue* des "élites mondialisées", que d’autres – les cadres intermédiaires ! – baragouineront le business-Globish et que la grande masse du "populo" ne parlera plus qu’un français appauvri et truffé d’anglicismes bas de gamme, pendant que la partie aisée des couches moyennes intellectuelles inscrira sa progéniture dans des écoles privées enseignant pour 20% en langue locale et pour 80% en Wall Street English ?

Derrière le masque de la diversité linguistique, la Nation, l’égalité entre les peuples, l’égalité entre les individus et la diversité culturelle mondiale sont mortellement menacées. Il est donc scandaleux que, les médias étant contrôlés par les élites "anglobalisatrices" et par les féodalités régionales, le débat sur la politique linguistique de la France soit aujourd’hui sciemment censuré : l’actuelle ministre de la culture, Aurélie Filipetti, a même eu le culot de déclarer, à propos de la langue française, que "partagée par 220 millions de locuteurs, soutenue par une organisation multilatérale respectée, forte de 77 États et gouvernements, son avenir n’est pas menacé"***, alors même que le gouvernement, comme les gouvernements de Sarkozy, fait tout pour la déclasser sur notre propre sol !

C’est pourquoi les citoyens qui ne renient pas leur langue maternelle, celle – excusez du peu, de l’Édit de Nantes et du Discours de la méthode, de la Déclaration des droits de l’Homme et du Serment du Front populaire, des Jours heureux et de La Question d’Henri Alleg – doivent entrer AUSSI en résistance linguistique.

Ne laissons pas le désétablissement multidimensionnel du français s’effectuer en silence. Ne nous laissons pas arracher la langue si nous voulons rester, ou plutôt… redevenir, un grand peuple libre !

Et pour commencer, exigeons que le parlement adopte la proposition d’enquête parlementaire sur la situation linguistique de la France qu’a jusqu’ici proposée sans succès le député communiste Jean-Jacques Candelier à la demande du Courriel.

Je vous remercie.

Georges Gastaud, Paris le 10 mai 2014

*l’anglais langue maternelle.


/nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2015 - le 06/06/2015 - 18:35 par MAR

Langue française : Nouvelles de juin 2015


Jean-Claude Botton : courrier publié par La Nouvelle République au sujet du slogan "Sologne so intense" (6/6) (lien)

Dominique Jamet  (Boulevard Voltaire) En même temps que notre langue, c’est notre civilisation que l’on assassine (5/6) (lien)

Appel à projets d'1 million d'euros pour soutenir des projets culturels qui favorisent la maîtrise de la langue française, lancé par Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication (2/6) (lien)


nouvelles2015/christian-philip.jpgLa Francophonie en péril ? - le 06/06/2015 - 18:17 par MAR

La Francophonie en péril ?

par Christian Philip

Il nous a paru intéressant de mettre en ligne cet article de Christian Philip qui rejoint, avec brio, ce que nous pensons et disons depuis des années. Il a été publié dans la revue Géopolitique dans son premier numéro de 2015. A.S.

Le récent Sommet des chefs d'État et de gouvernements de la Francophonie à Dakar était un moment important pour la Francophonie avec le départ de son Secrétaire général depuis douze ans, le président Abdou Diouf. Ce dernier a su incontestablement donner à l'Organisation internationale de la 'Francophonie (OIF), après Boutos Boutros Ghali, qui fut son prédécesseur et le premier Secrétaire général, une autorité politique qui lui a permis déjouer un rôle dans les crises africaines pour faire progresser la démocratie et les droits de l'homme. L'OIF regroupe aujourd'hui 80 États dont 57 de plein exercice, soit près de la moitié des États dans le monde qui ont souhaité la rejoindre. Un tel rassemblement est significatif !

Le risque de dilution

Pourtant je crois la Francophonie en péril. Regrouper des pays francophiles, mais dont seulement 32 ont le français comme langue maternelle ou officielle, est en fait un risque de dilution. La francophilie ne recouvre pas la même réalité que la Francophonie. La vraie question est la suivante : que peut-on vraiment faire ensemble à partir du ciment que représente l'unité linguistique ? Adhérer à l'OIF n'emporte pas d'engagement particulier, même pas sur l'enseignement du français dans le pays considéré. Ensuite croire que la progression de la démographie en Afrique entraînera automatiquement la croissance du nombre de francophones est une illusion. Encore faut-il que ces pays aient envie et les moyens d'enseigner le français et que leurs élites s'inscrivent dans un dessein et un destin francophones. Tel est de moins en moins le cas. En réalité, la Francophonie ne porte aucun véritable projet pour le développement du français dans le monde. Elle mène des actions utiles mais qui ne s'inscrivent pas dans une vision suffisamment mobilisatrice pour être partagée par ses membres. Qui connaît l'OIF parmi les citoyens des États qui la composent ? Avec un modeste budget de 80 millions d'euros que peut-elle vraiment faire ?

Enfin, la France ne croit plus à la Francophonie. Nos élites la présentent comme un passé perdu et considèrent que la modernité s'incarne dans la langue anglaise et la culture anglo-saxonne. Qui a entendu notre Secrétaire d'État à la Francophonie s'exprimer et qui connaît son nom ? À Dakar, lors du dernier Sommet de la Francophonie, le président Hollande n'a pas voulu et su amener les pays africains à se retrouver derrière un candidat africain pour succéder au président Diouf. Il a laissé les canadiens à la manœuvre faire élire, par défaut, Mme Jean. Ce n'est pas cette dernière qui est en cause, mais cette mauvaise manière faite à l'Afrique va laisser des traces. De plus, qui croit sérieusement que le Canada a une ambition pour la Francophonie ? Mais quand la France divise par quatre ses contributions volontaires à l'OIF, elle perd toute crédibilité.

Répondre à un besoin et à une demande

Il existe pourtant un besoin et une demande de Francophonie. La diversité culturelle nécessaire à la mondialisation, qui caractérise le XXIe siècle, passe par la diversité linguistique. L'espagnol, l'arabe ou le chinois se développent. Le français est en développement en Chine ou au Brésil. La Chine, par exemple, encourage la création de classes francophones dans certains de ces lycées. La Francophonie peut être une donnée forte dans le monde de demain. La France, qui ne sera jamais toute la Francophonie mais sans qui la Francophonie ne peut exister, doit retrouver une ambition francophone. C'est essentiel et urgent. Là encore notre désengagement est grave et aura des retombées négatives sur notre influence dans le monde comme sur le plan économique. On le voit de plus en plus avec les étudiants francophones qui vont d'abord dans des universités anglophones, américaines en premier lieu, et seulement par défaut en France. Les enfants des Africains qui ont étudié en France s'inscrivent désormais dans les universités américaines, canadiennes, mais aussi chinoises. La Chine cherche à corriger son image en Afrique en multipliant les bourses destinées aux étudiants africains.

Les projets de relance de la Francophonie ne manquent pas. Michel Guillou a, dans de nombreux ouvrages et articles, présenté à de multiples reprises des propositions concrètes. Moi-même, alors Représentant personnel du président de la République pour la Francophonie, j'ai rédigé à l'intention du président Nicolas Sarkozy un rapport suggérant une politique volontariste pour donner corps à la Francophonie. Plus récemment, et toujours dans le même esprit, Pouria Amirshahi, député socialiste représentant les Français de l'étranger, a remis un rapport contenant une vraie stratégie déclinée en propositions concrètes et d'une réelle faisabilité. Citons également le rapport de Jacques Attali sur la Francophonie économique qui ouvre des perspectives intéressantes. Tous ces rapports, toutes ces propositions sont restées lettre morte quel que soit le gouvernement en place, parce que nos dirigeants ne croient pas en la Francophonie Quand nos élites, quelles qu'elles soient, s'expriment en anglais hors de France mais aussi en France, quand on encourage nos universités et écoles à développer des formations tout en anglais en France et à l'étranger, quand un récent rapport demandé officiellement par la France et l'Allemagne leur est remis en anglais par deux économètres réputés, l'un français et l'autre allemand, peut-on expliquer à d'autres pays que le français peut rester orne langue qui comptera dans les années à venir ?

La Francophonie, vecteur d'une pluralité souhaitée

Nous nous suicidons collectivement. Comment ne pas comprendre que derrière une langue, il y a des valeurs, une culture, du droit, une conception de la société ? Il ne s'agit pas de nous replier sur nous-mêmes, de refuser l'anglais que notre jeunesse doit parler, mais de s'inscrire résolument dans une stratégie de plurilinguisme, condition de la diversité culturelle, elle-même condition d'une mondialisation qui ne soit pas synonyme de constitution d'un melting pot entraînant la domination d'une langue et d'une culture. Rappelons que, dans l'histoire, ces situations n'ont jamais duré et ont toujours été source de conflits. Comprenons que si l'OIF, en dépit de son impuissance, rassemble autant d'États c'est parce que ceux-ci ne veulent pas d'une telle mondialisation et voient dans la Francophonie un vecteur essentiel de la pluralité souhaitée.

Il faut que la France se réveille. Je souhaite que Mme Jean le comprenne et ose interpeller les Français, leur dire que la Francophonie ne peut exister sans la France et nous demande de nous engager dans l'action multilatérale que représente l'OIF pour bien montrer que la Francophonie doit être un projet partagé. Quand on regarde TV5, quand on connaît l'action remarquable de l'université Senghor, à Alexandrie et dans ses campus externalisés dans des universités africaines, pour former des cadres des pays d'Afrique francophone, on mesure combien, avec des moyens limités, la Francophonie peut être traduite en actions concrètes dont les effets multiplicateurs sont importants.

Promouvoir la Francophonie à travers un projet global

La Francophonie politique, pour exister, a besoin de s'appuyer sur un projet global comprenant des volets divers (formation de professeurs de français avant tout à l'évidence, mais aussi, pour justifier et inciter à la demande de français, des volets culturels, économiques, sociaux, etc.) et quelques mesures symboliques parmi lesquelles l'idée d'un "visa francophone" - un espace Senghor comme il existe un espace Schengen-ne serait pas la moindre illustration.

La nouvelle Secrétaire générale de l'OIF, Mme Jean, a un chantier immense devant elle. Elle peut selon moi acquérir l'autorité et la légitimité que le contexte de sa nomination ne facilite pas en présentant aux États membres un projet pour la Francophonie dans le contexte de mondialisation de ce début du XXIe siècle. Qu'elle n'hésite pas à bousculer, à se faire entendre. Mme Jean aura-t elle la volonté de consacrer le temps nécessaire à la réalisation d'un tel projet ? Je sais que beaucoup sont prêts à répondre à un tel appel. Sachons que c'est la dernière chance de la Francophonie. Si rien ne se passe, l'OIF deviendra un cadre creux et beaucoup en tireront les conséquences en recherchant ailleurs les lieux au sein desquels ils pourront inscrire la diversité nécessaire au maintien de leurs identités nationales et culturelles.

Quelques propositions concrètes autour desquelles ce projet global pourrait être construit sans prétendre que ceci soit exhaustif ni soumis à critiques ! Sans hiérarchiser telle ou telle action, inscrire, comme indiqué, la Francophonie comme acteur d'une mondialisation plurielle. À cette fin, proposer à l'UNESCO d'ajouter à la convention sur la diversité culturelle un protocole relatif à la diversité linguistique, créer une Agence francophone pour promouvoir nos "produits" culturels, mettre en place une Fondation de la Francophonie, jouer la carte des coopérations décentralisées en multipliant les actions entre collectivités locales, etc. Passer d'une stratégie de rayonnement à ce qu'il ne faut pas hésiter à appeler une stratégie d'influence avec le développement de la politique audiovisuelle francophone, créer un portail de la Francophonie numérique", avoir une ambition d'une E-Francophonie propre, fonder une Agence francophone de l'éducation (paradoxe aujourd'hui : on a, avec l'Agence universitaire de la Francophonie, un opérateur spécifique pour l'enseignement supérieur, alors qu'il n'existe rien afin de développer en primaire et au secondaire l'enseignement du français, établir le vivier de francophones pour l'enseignement post bac !), créer un Erasmus francophone (encore une mesure concrète qui serait fortement symbolique pour les jeunes de la réalité de la Francophonie), multiplier les événements francophones dans le monde, etc. Ces quelques exemples visent à montrer qu'il serait facile de construire un véritable projet pour la Francophonie, s'il existait une volonté politique.

Le temps est venu d'une troisième Francophonie

La priorité, pour la Secrétaire générale de l'OIF, Mme Jean, est de "réveiller" la France, d'interpeller nos gouvernants, nos élus, nos élites, afin de leur faire comprendre que, si la Francophonie ne se réduit pas à une politique uniquement française, elle n'a pas de sens, de légitimité, de crédibilité sans un engagement fort, multilatéral, de la France, pour lui donner corps. Mais, interpeller la France n'est pas suffisant, Mme Jean doit aussi savoir nous mobiliser autour d'un projet qu'elle porterait au nom de l'OIF. La France aura alors sûrement à cœur de s'engager dans une stratégie nationale au service de ce projet multilatéral, ce qui permettrait de le conforter. Ici encore, quelques suggestions, afin d'ouvrir un débat : inscrire dans notre Constitution que la République participe à la construction de la Francophonie dans sa double dimension d'espace géopolitique et d'espace de coopération et que le français est la langue du dialogue de l'aire géoculturelle francophone ; revisiter la loi Toubon de 1994 pour la renforcer ; créer auprès du Premier ministre un Haut-commissariat à la Francophonie ayant une autorité interministérielle ; introduire la notion de Francophonie dans les programmes scolaires ; créer, sur le modèle du service civique, des Volontaires de la Francophonie qui seraient déployés dans les pays membres de l'OIF qui souhaiteraient les accueillir ; multiplier les Maisons de la Francophonie du type de celle que j'ai modestement initiée à Lyon en 2008 ; créer un Institut des hautes études de la Francophonie, dont la préfiguration est l'Institut de la mondialisation et de la Francophonie qu'a su développer, au sein de l'université Lyon III Jean Moulin, le recteur Michel Guillou. On le voit, le chantier est vaste tant au plan de la Francophonie multilatérale que pour la France.

Je souhaite la bienvenue à Mme Jean et surtout bon courage ! Si elle a la volonté de conduire l'Organisation qui lui est confiée sur la voie d'une Francophonie ouverte, renouvelée, ambitieuse, je suis certain qu'elle parviendra à rassembler autour d'elle tous ceux qui voient dans la Francophonie un espace de solidarité et de partage.

Après une première Francophonie liée à la période coloniale, une seconde Francophonie humaniste inspirée par Léopold Sedar Senghor, le temps est venu d'une troisième Francophonie politique, économique et culturelle, dont l'ambition sera de construire un pôle d'équilibre et de régulation de la mondialisation. Mme Jean voudra-t-elle endosser et mettre en œuvre cette troisième Francophonie ? Si oui, la Francophonie a un vrai avenir ; si non, elle est réellement en péril.

Christian Philip


Christian Philip est professeur à l'université Lyon III, ancien recteur ancien recteur des académies de Montpellier, Reims et Clermont-Ferrand, ancien député du Rhône, ancien premier adjoint de la ville de Lyon, spécialiste des questions d'éducation et des institutions européennes. Il a également occupé les fonctions de directeur de cabinet de François Fillon, alors ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, ainsi que de représentant personnel du président de la République, Nicolas Sarkozy, pour la Francophonie.


/nouvelles/presse.gifNouvelles de mai 2015 (2) - le 30/05/2015 - 19:14 par MAR

Langue française : Nouvelles de mai 2015 (2)

Le Monde : Dany Laferrière à l’Académie française (28/5) (lien)
Terminologie : nouveaux mots homologués par la Commission de terminologie (24/5) (lien)
(dont le très heureux "enfant du numérique" proposé pour "digital native")

Nouvelle version pour le site Langue-fr.net  (lien)
N. Foltz (L'Express) Réforme du collège-mais à quoi sert d'apprendre l'allemand ?(18/5) (lien)


La colonisation mentale ordinaire des "élites" françaises

3 exemples récents

1) La Caisse des Dépôts organise à Paris au  siège de l'Unesco une conférence internationale sur la finance et le climat. Comment s'appelle-t-elle ? Climate Finance Day. Pierre-René Lemas, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, ancien secrétaire général de l'Élysée de François Hollande de 2012 à 2014, interrogé par Patrick Cohen sur France Inter le 22 mai qui lui demande si "Il n'y a pas moyen de trouver un titre français pour ça" (merci à Patrick Cohen d'avoir au moins posé la question, sans relance hélas !) répond une phrase typique de la colonisation mentale : "On fait venir beaucoup  de gens de beaucoup de pays, donc on a trouvé un titre anglais : c'est comme ça dans le monde de la finance" (Sic !) Il ne lui a même pas effleuré qu'un double titre aurait pu être envisagé.  Cela va d'ailleurs beaucoup plus loin car apparemment le site pour s'inscrire était totalement en anglais, les interventions ont dû se faire dans la même langue coloniale (de la finance pour Pierre-René Lemas). Donc pour lui c'est simple international = anglais. Qu'on ne lui parle pas des pays de langues espagnole (parlée par 485 millions de personnes), portugaise (250 millions) ou encore moins française (275 millions, quelle vulgarité !) Pierre-René Lemas chargé d'aider au développement de la France par notamment les investissements de sa banque publique a choisi son camp : la langue de nos concurrents doit être la seule ! Merci Gribouille !

Curieux comme notre époque qui n'a jamais connu autant de procédés de traduction automatiques ou non s'oriente de plus en plus vers le monolinguisme servile.

2) Anne Hidalgo maire de Paris, présidente de l'Association internationale des maires francophones (sic !), organise le 20 mai en l'Hôtel de Ville de Paris une rencontre internationale destinée aux "startups" dont ainsi qu'un dispositif dénommé "French Tech Ticket". La rencontre, le site présentant ces différents éléments sont exclusivement en anglais. Donc pour elle c'est simple modernité et international = anglais. Pauvre ringards français passez votre chemin… Cette "socialiste" a adopté la langue du capitalisme et que l'on ne lui parle pas d'autre chose. (lire aussi notre lettre à la Maire de Paris)

3) Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation Nationale, pour sa part, a bien mérité la médaille de l’Empire britannique et la "Presidential Citizen Medal" états-unienne. Ce que les anglo-saxons dans leurs rêves les plus fous n'osaient même pas imaginer elle la fait (comme sa sous-ministre Geneviève Fioraso l'avait fait à l'université). En supprimant les classes bi-langues elle a définitivement assis l'anglais comme seule 1ère langue possible dans le secondaire. Avant subsistait des classes de 6e anglais-allemand ou anglais-espagnol (donc sans véritable 1ère langue en titre), maintenant ne reste que l'anglais ! Bravo ! Il parait qu'il y a une construction européenne et que l'Allemagne est notre partenaire privilégié… (lire aussi notre position sur le massacre du latin et du grec)

P.S. Bruno Lemaire, étoile montante de l'UMP, quant à lui, a proposé une solution encore plus radicale : plus de 2ème langue enseignée. Pour un germanophone reconnu, quel signe d'indépendance ! MAR


nouvelles2015/loic-depecker.jpgLoïc Depecker nommé à la tête de la DGLFLF - le 20/05/2015 - 19:58 par MAR

Loïc Depecker nommé à la tête de la DGLFLF

Loïc Depecker a été nommé délégué général à la langue française et aux langues de France, le 20 mai 2015. Il remplace à la tête de la DGLFLF Xavier North qui la dirigeait depuis 2004.

Le premier ministre, Manuel Valls, a nommé aujourd'hui l'universitaire afin de mettre en place la future Agence de la langue française et de combattre l'illettrisme, a annoncé Matignon. Loïc Depecker, professeur en sciences du langage à l'Université de Paris-Sorbonne, a été nommé en Conseil des ministres et "se voit confier la préfiguration de l'Agence de la langue française", précise Matignon dans un communiqué.

Cette nouvelle agence, dont la création avait été annoncée par le premier ministre en mars, visera à "renforcer l'ensemble des dispositifs de lutte contre l'analphabétisme et l'illettrisme et de proposer une politique linguistique qui redonnera à tous nos concitoyens le goût et l'envie de pratiquer le français". Sa création était une des 60 mesures présentées début mars par Manuel Valls pour son plan visant à favoriser la mixité sociale en France, dans la foulée de ses déclarations sur "l'apartheid social, territorial et ethnique" dans l'Hexagone.

Loïc Depecker est chargé de remettre des "conclusions et propositions de préfiguration" de l'agence de la langue française fin septembre 2015. En France, près de six millions de personnes rencontrent des difficultés dans la maîtrise ou le maniement de la langue, selon les estimations rappelées ce matin par Matignon.

Loïc Depecker est actuellement Directeur de recherches (sciences du langage) à l'Université de Paris Sorbonne (Paris III), il a dans le domaine de la langue française un parcours fort intéressant :

  • Conseiller du Haut Comité de la langue française (1980-1984)
  • Conseiller technique au Commissariat général à la langue française (Premier ministre) (1984-1989)
  • Responsable du service de terminologie à la Délégation générale à la langue française (1989-1996)
  • Conseiller scientifique de la Délégation générale à la langue française (1996-1998)
  • Professeur de linguistique et de terminologie à l'Université de la Sorbonne nouvelle (Paris III) (2001-2008)
  • Secrétaire général du Réseau panlatin de terminologie (Realiter) fonctionnant au sein de l'Union latine (1997-2002)
  • Président fondateur de la Société française de terminologie (1999-2008)
  • Président d'honneur du Cercle des écrivains cheminots (1994-2008)

à lire également un entretien avec Loïc Depecker sur le site de la Sorbonne Nouvelle


La ville de Nîmes condamnée pour violation de la loi Toubon
(traductions uniquement en anglais)

Le Tribunal administratif de Nîmes a condamné la ville de Nîmes pour non respect de la loi du 4 août 1994 (dite loi Toubon) qui impose en cas de traduction d'inscriptions faites par des personnes morales de droit public que ces traductions soient au moins au nombre de deux*.

L'action a été engagée par l’association Afrav contestant l'affichage bilingue à Nîmes (aux Arènes de Nîmes, à l’Aréna, à l’entrée du musée archéologique, sur le Petit train, à l’entrée de l’Office de tourisme ainsi que sur de nombreux autres panneaux) et dans l'agglomération (à Caveirac...). La commune de Nîmes avait refusé de mettre en conformité l'ensemble des panneaux signalétiques de la commune avec l'article 4 de la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française.

L'affaire qui opposait l'Afrav à la mairie de Nîmes sur les panneaux bilingues de signalisation, depuis bientôt 7 ans, a été jugée au Tribunal administratif de Nîmes, le jeudi 9 avril 2015. Le rendu du jugement a été donné à l'audience du 28 avril 2015. Il en ressort que le maire de Nîmes, Jean-Paul Fournier, sénateur du Gard, est enjoint par le Tribunal administratif, de mettre en conformité avec la loi Toubon (l'article 4 de la loi 94-665) tous les panneaux d'information de la ville et cela dans les 6 mois qui viennent.

Cette décision importante est une première : c'est la première condamnation d'une commune pour ce type d’infraction, très courante dans nos villes.  Elle reconnait le droit d’ester en justice au titre de la loi du 4 août 1994 (dite loi Toubon) sans qu’il soit besoin de produire un P.V d’une autorité de police ou de contrôle. Elle reconnait par ailleurs, le droit à une association ne disposant pas d’un agrément au titre de la loi du 4 août 1994, d’ester en justice.

Bravo à l’Afrav dont nous ne pouvons que saluer la pugnacité ! MAR

Le rendu du jugement du Tribunal administratif Afrav_Mairie-de-Nimes

La réponse au mémoire de défense du maire de Nîmes (A.Fr.Av.)

Le dossier sur le site de l'A.Fr.Av.

L'Afrav (Association FRancophonie AVenir)


* loi du 4 août 1994- article 4 "Lorsque des inscriptions ou annonces visées à l'article précéden t, apposées ou faites par des personnes morales de droit public ou des personnes privées exerçant une mission de service public font l'objet de traductions, celles-ci sont au moins au nombre de deux. […]"


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"Diseur, Yvan Gradis se propose pour réciter bénévolement, au pied levé, l'un ou l'autre des 48 poèmes (durée maximale : deux bonnes heures) d'Apollinaire, Baudelaire, Carême, Corneille, Du Bellay, Éluard, Guillevic, Heredia, Hugo, La Fontaine, Lamartine, Mallarmé́, Nerval, Prévert, Rilke (en allemand), Sully-Prudhomme, Verlaine, Vigny. (contact : 01 45 79 82 44, 06 17 78 74 83)"

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