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Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles2016/paris-saclay.jpgL’écroulement de la ziggourat ? - le 10/02/2016 - 22:03 par Christian-Darlot

Saclay, ou le délire des méga-universités mondialisées

L’écroulement de la ziggourat ?

par Christian Darlot

Sur le plateau de Saclay, à 30 km au Sud de Paris, une énorme ziggourat est en projet. Elle devrait s’élever jusqu’au ciel. Plusieurs bâtiments sont déjà construits, d'autres sortent de terre, d'autres encore sortent un moment des cartons pour y replonger bientôt. Les maçons ceignent leur tablier, prennent leur compas et saisissent leur truelle : leur chef d’œuvre sera la Grande Université Française, une géante, destinée dans l'imaginaire de ses promoteurs "à rivaliser à l'international". Porte-parole des visionnaires, le journal Le Monde s’emballe : "L’enjeu est simple : pour peser dans la compétition mondiale, chaque pays rassemble ses forces. À Singapour, Doha ou Lausanne, des universités mettent le turbo pour tailler des croupières aux éminences établies : Harvard, Cambridge ou Zurich… C’est le choc des titans, froidement départagé par les classements internationaux. Le titan français, ce sera l’université Paris-Saclay (UPS)."

Selon les spécialistes de la forte taille - comme on dit dans la confection - l’Université Paris-Saclay deviendra l’une des vingt plus grosses au monde. Cette ambition, solennellement et périodiquement réaffirmée, mérite bien une définition en anglais, que le journaliste du Monde nous donne avec gourmandise : elle sera bien une "integrated research intensive university". À l'usage des ignorants : une université intégrée intensive en recherche. Bien entendu, l'excellence a été dûment convoquée. L’Excellence est tenue de fréquenter l’université depuis que les ambassadeurs ont été ravalés au rang de taxis d'aéroport pour ministres en voyage.

Penchées sur le berceau, baguette magique à la main, pas moins de 18 institutions d'enseignement supérieur : Polytechnique, Centrale, Supélec, l'Agro, l'ENSTA, l’ENS de Cachan, l’université Paris-Sud, HEC…, rien que du gratin. Cette université encore dans les limbes devrait devenir - oyez, oyez - le "Cambridge français", ce que ses partisans réussissent à dire en restant impavides. Ingénu et lyrique, le journaliste du Monde traduit la vision des fidèles : "Du fait du prestige de ses membres et de son poids dans la recherche nationale (15 %), le cas Paris-Saclay fait figure de symbole. Figé depuis deux cents ans, archaïque et inégalitaire par bien des aspects, le système français d’enseignement supérieur est en train de muter en profondeur, bousculé par la violence de la compétition internationale."

            Ce torrent de mots ne serait que ridicule si ce projet n'était dangereux. Sept bonnes raisons, au moins, incitent à refuser cette folie :

1) La très petite taille assure mal l'efficacité, mais la très grande taille ne peut que susciter la pagaille

Afin d’être "visible à l’international", chacune des "grandes écoles" s’efforce déjà d’atteindre "la taille critique", au-delà de laquelle, bien sûr, les réactions en chaîne déclenchent l’explosion. Les directeurs s’entrechoquent. Guerres picrocholines au service d’ambitions lilliputiennes, suspendues par des armistices gagés sur des promotions. L’inflation résultante de directeurs les rendra bientôt presque aussi nombreux que les élèves : directeur des études, directeur de la formation, directeur de la recherche, directeur de la formation par la recherche, directeur des relations internationales (dit, en une grandiloquente abréviation, "directeur de l’international")... Ces titres ne sortent pas de l’imagination de Vian, Borgès ou Garcia-Marquez ; ne vous esclaffez pas, rien n’est inventé. Et, bien entendu, tout directeur ne se sent vivre, ne peut commencer à déployer ses talents, que s’il est entouré de collaborateurs, chacun dûment secondé par des secrétaires.

Le surhaussement régulier des pyramides écrase déjà les écoles d’ingénieurs. Or un conglomérat d'établissements moyens ne fait pas un grand établissement puissant, mais un impuissant paralysé. Plus haute la ziggourat, plus grand le mirage du pouvoir, et plus féroces les rivalités. Dans ces étagères à fromages, les décisions sont prises par l'intrigue et le coup fourré. Garantie absolue de mise en œuvre du principe de Peter.

Pour s’imposer dans l’organigramme de l’université en projet, les nombreux directeurs des écoles d'ingénieurs de Paris se réunissent, s’allient et s'opposent, se groupent et se regroupent, par factions mouvantes. Pour atteindre le sommet et s’y maintenir, les parasites rivalisent farouchement. Luttes qui seraient homériques si les champions s’affrontaient au grand jour, aux yeux de tous et pour les yeux de la plus belle Hélène que les humains aient jamais courtisée : la connaissance. Hélas, ils ne veulent que régner dans Ilion.

N’étant encore qu’un sigle, l'UPS est déjà déchirée par une polémique sur les émoluments du déjà président de la future université, qui a quitté le CEA à la suite d'une lutte au sommet. L'attribution des crédits des LABEX ("laboratoires d’excellence", on ne rit pas) est dès à présent tout à fait opaque, et les résultats ne sont même pas publiés officiellement. La paralysie ne fera que progresser avec la taille de l’organisme.

Seule réaliste, l’École Polytechnique ne participe au projet que dans la candide intention de s'annexer les écoles spécialisées dont ses élèves suivent les cours pendant leur année d’application. Pour des polytechniciens, une grande université ne saurait être qu’une extension de leur maison mère, prima inter impares.

Bologne, Montpellier, La Sorbonne, Cambridge, Oxford, Salamanque, Heidelberg, Tübingen, Karolinska, tous ces noms doivent leur prestige à l'ancienneté, l’enracinement, la tradition, la persévérance nécessaire à la fécondité intellectuelle. L’excellence se constate, elle ne se décrète pas, et rien n’est plus grotesque que de se faire fort de l’organiser. Insulte au bon sens, la comparaison d’une université inexistante à la séculaire université de Cambridge fait rougir ; mais, comme les journalistes et les politiciens, les universitaires sont sans vergogne.

Pourtant les institutions anciennes sont nombreuses en France, et une foule d’institutions novatrices ont été crées dans le dernier demi-siècle. Les autorités politiques doivent leur donner les moyens de se développer et les aider à coopérer, mais sans les révolutionner d’en haut.

Intégrer les écoles d’ingénieurs dans des universités permettrait d’atténuer les hiérarchies traditionnelles entre ces établissements, de redonner le goût de la recherche aux écoles d’ingénieurs qui pour la plupart s’en détournent, et d’améliorer ainsi l’aptitude des ingénieurs à la démarche scientifique. Mais atteindre ces buts ne nécessite pas de constituer une université énorme et hétéroclite, à trente kilomètres de la capitale. Le premier effet de sa construction serait d’entraîner un important transfert du budget de la recherche vers les caisses des entreprises de BTP, de même que le désamiantage des bâtiments de Jussieu (université Paris 6) permit à des promoteurs de faire payer au ministère de la recherche la location à haut prix, et pendant des années, de bureaux jusqu’alors restés vides.

2) L'université de Changhaï est inconnue en tout domaine, hormis pour ce classement sans queue ni tête

Le "classement de Changhaï" range à la queue-leu-leu les établissements universitaires du monde entier, selon un critère composite combinant les nombres de prix Nobel, de doctorats, d’articles publiés et d’étudiants payants, le tout divisé par la longueur des moustaches du recteur (pardon pour ce sexisme). Selon les goûts, le résultat s’exprime en tonnes ou en hectares.

Quels que soient leur spécialité et leurs effectifs, tous les établissements sont classés dans la même liste. Ainsi, en France, l’École Polytechnique, qui est en principe une faculté d’ingénierie, ou les Écoles Normales Supérieures, ensembles de collèges universitaires, sont mises sur le même pied que les grandes universités aux très nombreux départements et aux effectifs pléthoriques, comme les universités des capitales provinciales, Strasbourg, Lyon, Toulouse, Marseille, ou les universités Paris 6 ou Paris 7. Le mélange d'établissements très différents ôte toute pertinence au "classement de Changhaï", gargarisme pour bureaucrates.

C’est comme si l’on demandait à un géologue de ranger tous les cailloux qu’il connaît par ordre de taille.

Cette imposture ne serait que comique si elle ne révélait l’orientation imposée aux universités par les détenteurs du pouvoir économique. Il s'agit d'organiser le "marché des étudiants" en fournissant aux clients un catalogue de prestataires de services évalués par un indice boursier. Le Monde s’en fait encore l’écho : "Les meilleurs étudiants en master et doctorat scrutent les classements pour choisir l’établissement étranger qui leur donnera la meilleure "marque"." L’avenir que les banquiers dessinent existe déjà dans les pays anglo-saxons - toujours précurseurs -, où des diplômés des universités remboursent chaque mois leur prêt universitaire pendant des années, parfois des décennies après avoir fini leurs études, voire même après la retraite. Ne faut-il pas "responsabiliser les consommateurs" ? Inciter les familles à calculer les coûts et les avantages des études, afin de les sortir de "l’assistanat" auquel les voue l’enseignement public ?

D’autres classements, plus raisonnables quoique fondés sur la même idée absurde d’aligner des perles, répartissent les établissements universitaires par spécialités et effectifs (et par couleur, pour qui a l’oreille absolue), mais celui de Changhaï, est celui qui plaît le plus, peut-être parce qu’il est le plus loufoque. Parmi les universitaires, les classements remportent de vifs succès. C’est que, faute du courage de se colleter à la création de connaissances nouvelles, on peut borner son ambition à diriger. Au désir de puissance, à la paresse d’examiner des travaux scientifiques, tout classement offre un prétexte paré de l’apparence d’une mesure objective. Aubaine ! Pour occuper le plus de place possible au soleil de l’évaluation, les universités veulent devenir aussi grosses que le bœuf. En vrais chefs d’entreprises, leurs dirigeants mènent donc des fusions-acquisitions, dans l’intérêt de tous, bien entendu. Ainsi, l’université de Bourgogne s’efforce-t-elle d’absorber l’université de Franche-Comté. Un autre exemple attendrissant de cette course à l’embonpoint est celui des universités littéraires parisiennes qui se séparèrent dans le mélodrame en 1968, chacune cherchant à l’époque à se distinguer, et toutes avides de multiplier les "présidents". À présent, elles reviennent se blottir ensemble sous le nom prestigieux de La Sorbonne. Plaisante illustration de l’éternel retour. Le titre historique de Recteur de la Sorbonne, bientôt restauré, deviendra un hochet convoité. Belles bagarres en perspectives.

3) L'esprit de compétition mène au conformisme ; contraire à la vitalité intellectuelle, il ne peut que lui nuire

Comme toute l'évolution sociale contemporaine, et dans le même mouvement (dessein ?), l'organisation de la recherche est de plus en plus infantilisante et bureaucratique. Des rapports sont demandés aux chercheurs deux fois par an.

L'Agence Nationale de la Recherche (ANR), ou l’Agence Européenne de la Recherche, sont des usines à gaz dont les tuyaux ne sont même pas connus de leurs propres plombiers. Les projets y sont sélectionnés au doigt mouillé, et faute de moyens, nul ne contrôle si les évaluateurs développent ensuite eux-mêmes les thèmes exposés dans les projets qu’ils ont expertisés. Même l’accès aux revues internationales est difficile aux agents de l’ANR Les décisions sont motivées très vaguement et les recours relèvent de la parodie. En effet le comité d’experts chargé de la réévaluation n’a qu’un avis consultatif, la décision finale étant prise par la direction des investissements. Comme les délais d’examen en recours sont longs, un projet accepté après réévaluation ne pourrait être financé qu’en réduisant les crédits déjà attribués à d’autre projets. Il faudrait déshabiller Pierre pour habiller Paul. La commission de recours n’est donc qu’un service de pompes funèbres organisant des enterrements de première classe pour grincheux. Aussi faut-il, en rédigeant un projet, chercher à déjouer les interprétations de mauvaise foi autant, sinon plus, qu’exposer une thématique scientifique. Les demandes de crédits occupent donc plusieurs mois d’activité. Le détail des formulaires va jusqu’à faire calculer par les auteurs d’un projet scientifique le montant mensuel des cotisations sociales des collaborateurs temporaires qu’ils espèrent engager, si par bonheur le projet est retenu. Or à peine 8% des projets sont financés, et toujours pendant une durée trop courte pour mener une recherche de longue haleine. Faut-il penser que 92 % des projets sont sans intérêt ? Les chercheurs pourraient sans remords partir pour longtemps en vacances.

À cela s’ajoute le braquage que font subir les institutions à leurs collaborateurs. En effet les départements universitaires et les laboratoires, paupérisés par la réduction des crédits, prélèvent des crédits recherche pour payer les frais de fonctionnement. Vrai détournement de fonds devenu institutionnel, dissimulé par une appellation anglaise : overhead "par-dessus la tête". Merveille sémantique révélatrice. Le procédé est simple : comme les laboratoires ou les universités avancent les ressources aux chercheurs puis se font rembourser par l’ANR, retenir une part des fonds est facile, d’autant plus facile que l’utilisation des crédits n’est pas contrôlée à la fin du projet. La répartition des crédits de recherche est ainsi devenue nettement moins claire et moins efficace que lorsqu’elle était décidée par les instituts de recherche nationaux (CNRS, INSERM, INRA...), qui en outre examinaient volontiers les recours. Ce saupoudrage confus fait les beaux jours du mandarinat, que la discussion publique limitait auparavant et qui désormais s’en donne à cœur joie.

À chaque appel à projets, les chercheurs doivent exposer toutes leurs hypothèses scientifiques en détail, presque toujours dans une langue étrangère, sous prétexte d’évaluation objective par des experts anonymes dispersés aux quatre coins de la boule ronde. Cependant, en réalité, les projets sont toujours examinés par les mêmes experts "internationaux" (mais soumis à de pressants intérêts nationaux), dont la veille documentaire est ainsi grandement facilitée. L'Agence Nationale de la Recherche est une officine d'espionnage officielle, aux frais des Français et au profit des Anglo-saxons.

            Une très grande université permettrait-elle d’éviter ce gâchis de temps, d’énergie et de ressources ? Si vraiment l’"expérience UPS" ne concerne que 15% des universitaires français, il pourrait être intéressant de la tenter, en espérant qu’une grande masse financière puisse aussi aider à appliquer l'innovation au développement économique. Mais il est à craindre que ces 15% n'accaparent 85% des crédits nationaux et que, par le simple poids de la hiérarchie, une forte proportion aille aux gras émoluments, au copinage et aux éléphants blancs. La productivité intellectuelle ne bénéficie pas d’économie d’échelle. L’examen des recherches en cours et des projets scientifiques montre que maintes universités de province tracent des voies plus originales que les universités parisiennes, où la compétition internationale a sélectionné un conformisme mou. Soutenir les projets innovants est plus facile dans les universités de petite taille.

S'il y a une réforme à faire dans l'enseignement et la recherche, ce n'est pas d'empiler des maréchaux sur des généraux, c'est de libérer les capitaines et les lieutenants, en leur accordant directement des crédits dont ils seront vraiment responsables. La liberté intellectuelle et l'initiative, et, en contrepartie, la responsabilité. Pour laisser le temps de penser et d’agir, il faut décharger les chercheurs des contraintes paperassières (depuis qu’elle est dématérialisée, la paperasserie est sans limite) et, tous les cinq ans, les faire répondre sérieusement de leur activité, de leurs résultats et de l'emploi des ressources qui leur ont été accordées, devant un vrai jury scientifique. Sinon ils continueront à perdre non seulement leur temps mais aussi leur motivation, jusqu'à ce que le découragement les fonde dans la médiocrité des gradés.

4) Cette compétition s'inscrit dans une guerre générale des espaces politiques de "l'Occident". Elle participe à l'assujettissement des États aux pouvoirs commerciaux, financiers et communautaristes

Des principes très différents ont inspiré les organisations des universités anglo-saxonnes et françaises :

- Les grandes universités anglo-saxonnes ont des ressources importantes parce qu’elles font payer très cher les études, et parce qu’elles bénéficient de contrats, voire de largesses, d’entreprises d’envergure mondiale. Or la puissance de ces entreprises repose sur la possibilité de création monétaire sans limite des réseaux bancaires anglo-saxons, permise par le privilège du dollar comme monnaie de règlement des achats d’énergie, et ce privilège est à son tour soutenu par des guerres incessantes. Ces universités peuvent donc offrir des salaires élevés à quelques-uns de leurs enseignants. Cette organisation sociale et politique exceptionnelle ne peut évidemment être généralisée. Son imitation irréfléchie conduirait à l’échec.

- Les universités françaises offrent au contraire l’accès à la connaissance pour un coût modique, et sans guère de sélection à l’entrée. Même les écoles les plus sélectives ouvrent leurs portes aux meilleurs étudiants des universités. Les professeurs sont fonctionnaires publics, et leurs salaires sont fixés par des règles nationales. Les budgets sont donc évidemment moindres que ceux des universités anglo-saxonnes.

Ces deux systèmes ont chacun leur logique, et donc leur organisation. Bouleverser les universités françaises en singeant le système anglo-saxon ne pourrait que les désorganiser. Une très grande université, copiée sur les campus étasuniens, serait une charge coûteuse empêchant le développement des autres universités, et ne résisterait pas au tropisme anglo-saxon : faute de trouver par elle-même, en France, les moyens de son ambition, elle deviendrait bientôt une enclave étrangère.

La recherche ne peut se développer sans une volonté politique. Or, fidèles relais d’un projet marchand, les ministres de la recherche qui se succèdent incitent les établissements universitaires "autonomes" - entendez délaissés par l’État appauvri – à devenir rentables. Les projets tiennent donc en deux lignes :

- Développer le plus possible d’enseignements payants.

- Obtenir le plus grand nombre de contrats, au risque de s’engager au-delà du possible et de bâcler l’étude.

Tel est le credo des dirigeants, dont le but affiché est de transformer leur établissement en entreprise profitable.

Augmenter les frais de scolarité des étudiants français n’est jusqu’à présent guère possible sans déclencher de vives réactions de refus. Aussi convient-il de recruter le plus possible d’étudiants étrangers, qui peuvent, eux, être soumis à des frais élevés. L’étranger paiera. Et il paiera d’autant plus qu’est grande l’ambition de l’établissement, car – c’est bien connu – faire payer peu dévaloriserait la compétence aux yeux des clients.

La baisse des dotations contraint déjà les établissements d’enseignement supérieur à s'auto-financer en devenant concurrents des bureaux d'études. Certes, pour un enseignant-chercheur, garder le contact avec la réalité des professions que ses élèves exerceront est nécessaire, et appliquer son talent à un problème pratique peut être stimulant sans être contraire à la morale professionnelle. Mais la résolution de ces problèmes accapare le temps et réduit la recherche fondamentale à une activité de loisir. La chasse au contrat, désormais principale ressource et premier critère de promotion, est devenue obsessionnelle.

Selon l’espoir des gestionnaires universitaires, une université gigantesque permettrait d’importer en masse des étudiants étrangers, pour leur faire payer aussi cher que dans les universités anglo-saxonnes. Une très grande université, hiérarchisée et dotée d’un service financier important, constituerait aussi un "consortium intellectuel" capable de répondre à des appels d’offres lancés par des entreprises supra-nationales. De tels projets sont, par exemple, l’écriture de logiciels de "fouilles de données" permettant de croiser des fichiers de reconnaissance de voix, d’empreintes digitales, de démarche, etc., afin d’identifier toute personne à la simple approche. Ces projets sont financés par de très grandes entreprises ou par des entités à leur service comme l’Union Européenne. La mise en concurrence des universités pour ces gros contrats participe de "la violence de la compétition internationale.". Ce projet de très grande université s’inscrit ainsi dans une perspective résolument mondialiste, à l’époque de la remise en cause de l’idéologie mondialiste.

5) Le but politique est d'intégrer les instituts de recherche français, en position subordonnée, dans des conglomérats dont les chefs de file sont anglo-saxons ou allemands

La pression vers l’uniformité, préconisée par l’Union Européenne, suit le principe de mise en concurrence dans tous les segments de la société. Étendre la concurrence aux universités susciterait des inégalités irréversibles, comme dans tous les domaines déjà soumis au libre-échange. Dans un système de libre circulation absolue de la monnaie, le drainage des enseignants-chercheurs vers les universités les plus riches, et donc les plus généreuses, permettrait de concentrer la production de connaissances nouvelles dans les pays du centre de l'empire anglo-saxon, et laisserait la sous-traitance aux universités des pays dominés. Accepter que s’instaure un "marché universitaire", sans régulation au niveau national, c’est donc condamner les universités françaises à la subordination et au déclin. Pour éviter ce déclassement, il faut pouvoir doter les universités de financements suffisants. Recouvrer la souveraineté monétaire est donc impératif. Il faut aussi que les entreprises et les universités aient intérêt à collaborer, ce qui nécessite de mettre un terme aux délocalisations et, au contraire, de relocaliser la production et la recherche, donc de restaurer des frontières économiques.

Le risque de déclin de l’activité intellectuelle est réel, et la mode des études de gestion y pousse déjà. Bien des "directeurs des études" des écoles d’ingénieurs s’efforcent de diminuer les horaires d’enseignement scientifique et technique, et de remplacer la compétence ingénieuriale par l’aptitude managériale. Les deux arguments avancés sont que la désindustrialisation de la France rend désormais la compétence inutile, et que les entreprises ne s’intéressent pas aux connaissances des ingénieurs fraîchement diplômés, mais "achètent un potentiel", consistant en la flexibilité et l’adaptabilité. Les directeurs préconisent donc l’abandon de la formation scientifique et technique de base. Voie royale vers la vassalisation et le sous-développement.

6) Un autre but politique est d'angliciser la France

Sous la plume d’universitaires inspirés par l’air du temps, paraissent de plus en plus souvent des articles péremptoires prônant l’emploi de la langue anglaise dans l’enseignement supérieur en France. L’avenir des universités dépendrait de leur insertion sur le "marché" de l’enseignement, dont elles devraient s’efforcer de rafler le plus possible de "clients", étudiants étrangers assez riches pour payer des frais d’étude élevés. Les "concurrents" étant les pays anglo-saxons, la réussite de cette opération nécessiterait d’enseigner en anglais.

Cette vision mercantile est tout à fait contraire au vrai métier d’enseignant et aux intérêts de la France. La langue est en effet un élément fondamental de la cohérence d'un peuple et de l'existence d'une nation. En France, l’enseignement est d’abord au service des Français et des ressortissants des pays francophones. La vocation des universités n’est pas de s’insérer dans un prétendu "marché international de l'éducation" mais d’instruire des étudiants, dont les parents et tous les Français payent les études par leurs impôts. Les étudiants étrangers qui viennent en France le font pour parler français, pas anglais. Ceux qui veulent parler anglais vont dans les pays anglophones, puisque chacun préfère toujours l'original à la copie.

Dans les métiers de l'enseignement et de la recherche, l’échange oral et la publication des résultats sont des actions différentes dont chacune a ses nécessités propres. Si l'anglais est - depuis peu à l’échelle de l’Histoire - utilisé pour la plupart des communications et des publications princeps (mais pas pour toutes), le français est, peut et doit rester la langue de l’enseignement et la langue de travail pour les chercheurs français. C'est toujours un grand moment comique d’entendre dans une salle cinq Français ou Italiens baragouinant entre eux en anglais ; le ridicule ne tue pas, mais peut faire périr l'effort intellectuel. Passer au "tout anglais" n’entraînerait que destruction de la vitalité intellectuelle et corruption de l’enseignement et de la recherche.

Est-ce là un but souhaitable pour la Nation ?

            L’abaissement de la langue nationale profite à des pays qui ont toujours cherché à abaisser le nôtre, et suscite la jouissance perverse des classes dominantes qui veulent parler une langue différente de celle des autres Français. Ceux qui prônent cet abandon dédaignent leurs compatriotes, car c'est bafouer l’égalité que de réserver l'accès à la connaissance à une minorité élevée dans une langue étrangère. Ils méprisent les citoyens des pays francophones, dont les études seraient dévalorisées sans recours, et qu’ils inciteraient donc à se tourner à leur tour vers l'anglais. Prétendre qu'imposer l'anglais dans l’enseignement développerait indirectement la francophonie ( !) est une absurdité malhonnête. Ils taisent enfin que de grands pays (Russie, Chine...) maintiennent tout leur enseignement dans leur langue nationale. La Chine a décidé récemment de supprimer l'épreuve d'anglais obligatoire pour les études scientifiques, ayant remarqué que cette obligation "baissait le niveau" (agence Xinhua). En effet, exprimer les faits clairement et précisément est nécessaire au raisonnement.

L’injonction d’enseigner en anglais n’est qu’une exhortation à trahir, et qu’un prétexte pour justifier la séparation des classes sociales. Mais en science l’argument d'autorité n'existe pas. Seules la démonstration et la preuve font autorité. Dans un débat qui engage tout l’avenir de notre Nation, l’abus d’autorité n’a pas sa place.

7) Enfin, pour les classes dominantes françaises, il s'agit de se séparer du peuple

En instituant des universités coûteuses, dont une part de l’enseignement serait donnée en langue étrangère, et en opposant une grande université centralisée aux universités de province, les classes dominantes figeraient des écarts sociaux que l’accès de tous à l’enseignement dans la langue nationale avait atténués et que la mondialisation a recréés. Les heureux élus, sélectionnés dès l'âge de quinze ans - et de plus en plus selon les revenus de leurs parents - passeraient toute leur vie dans les tuyaux, sans jamais fréquenter leurs compatriotes : du lycée à l'université, de l'université à un trust apatride ou à des labos de "l'Occident", et de là au cimetière où ils auraient bien gagné leur place. En jouant au golf le dimanche pour déboucher leurs artères.

Georges Pompidou, qui avait certes travaillé pour une banque, mais avait commencé par enseigner et était issu du peuple, refusait les campus isolés et voulait maintenir les universités dans les villes, afin que les étudiants soient au contact de leurs compatriotes. À cette époque, il y a quarante ans, les villes rassemblaient encore toutes les classes de la société urbaine. Les classes populaires n’en avaient pas été chassées par la spéculation immobilière effrénée, causée par la libre circulation des capitaux. Depuis, le Quartier latin à Paris est devenu un désert culturel, où les boutiques de fringues ont remplacé les librairies, mais l’opinion de Georges Pompidou n’a rien perdu de sa justesse. Alors que la ségrégation géographique prend une tournure dangereuse, il serait insensé de l’aggraver encore en regroupant les étudiants à l’écart de la vie sociale. Sur de riches terres agricoles, la monoculture d’étudiants en serres bétonnées remplacerait la culture des betteraves et des céréales en plein air. Les études dans les écoles d’ingénieurs suscitent chaque année, chez quelques étudiants, des troubles de comportement qui toutefois entraînent rarement des conséquences dramatiques. Mais il n’en va pas de même sur les grands campus où se constituent des sociétés fermées d’adolescents tardifs, et telle université célèbre de Nouvelle Angleterre s’est acquis depuis longtemps le surnom de "cité du suicide".

Il est grand temps de restaurer la vitalité d’une organisation universitaire nationale, où les chercheurs continueront, bien sûr, à se tenir informés de ce qui se fait ailleurs, mais ne se soumettront plus passivement aux modes ni aux manœuvres. Le moment convient d’autant mieux que le regroupement arbitraire des régions, impulsé par les européistes qui s’efforcent de briser les nations, est encore assez récent pour être réversible. Ces grandes régions artificielles, sans réalités humaines, n’ont pas encore fait sentir leurs effets nocifs. Tant dans l’ordre académique que dans le domaine économique et social, la concurrence entre régions ne peut que nuire. Pour la vitalité du pays, mieux vaudrait réduire les administrations régionales à des structures légères de coopération entre départements. Un réseau universitaire cohérent serait constitué d’établissements spécialisés, "professionnalisants" dans les villes moyennes, d’une université dans chaque capitale régionale, et de grandes universités généralistes dans les principales villes du pays (Bordeaux, Lyon, Marseille, Paris, Strasbourg, Toulouse…).

            Mais pour redonner de la vitalité, il faut des moyens financiers. Or, si la monnaie permet de conserver la valeur au cours du temps, ce n’est pas parce qu’elle serait par nature un objet doué de valeur propre, mais parce qu’elle symbolise la confiance publique garantie par l’État. Comme tout autre investissement, l’investissement dans la connaissance résulte de l’activité collective, que seule la confiance publique permet. Un pays ne peut être productif que s’il est maître de sa monnaie, qui circule en entretenant la confiance réciproque entre les habitants. Au contraire, la gestion de la monnaie dans le seul but patrimonial de maintenir la valeur des rentes, comme c’est le cas de l’euro, raréfie et réifie la monnaie. La volonté de développer l’activité intellectuelle bute donc sur l’obstacle fondamental auquel tout projet politique achoppe à présent. Pour retrouver la liberté de penser et d’agir, restaurer la prospérité, rouvrir des perspectives d'avenir, la France doit reprendre sa pleine souveraineté, qui est la condition de la liberté collective, seule accessible aux hommes.


nouvelles2016/orthographe.gifLa réforme de l'orthographe agite les esprits - le 08/02/2016 - 19:36 par MAR

La réforme de l'orthographe agite les esprits

La réforme de l'orthographe adoptée en 1990 par l'Académie française va faire son apparition dans les manuels scolaires à la rentrée 2016-2017. Imaginée par le Conseil supérieur de la langue française à la fin des années 1980, validée par les 40 immortels de l'Académie française et publiée au Journal officiel il y a 26 ans, cette simplification de la graphie n'avait pas de valeur contraignante jusqu'alors. Les professeurs devaient seulement tolérer l'orthographe rectifiée dans les copies d'examen mais n'étaient pas tenus de l'enseigner. Son rappel dans le Bulletin officiel de l'Éducation nationale du 26 novembre 2015 1 était passé inaperçu jusqu'à ce que TF1 n'y consacre un reportage, mercredi 3 février. Depuis notre pays se divise en 2 camps.

Nous présenterons ici des articles présentant la réforme, des articles contre la réforme et des articles pour la réforme. A lire également la réaction de l'Académie Française

Parmi les articles présentant la réforme

Paris Normandie : Le vrai du faux

Le Figaro : Bernard Pivot : « Les professeurs risquent d'être perturbés par la réforme de l'orthographe »

Euronews : La langue française fait sa révolution… en France

Tribune de Genève : «Ognon» et «nénufar»: des profs genevois réagissent

Parmi les articles contre la réforme

La dissidence : Notre orthographe sacrifiée : lettre aux académiciens
Ce qu'en pense notre président Albert Salon "Face à la réforme de l'orthographe de 1990 (MM. Rocard et Encrevé) qui refait brusquement surface, nos associations attendent la réponse de l'Académie et se concertent pour adopter une position commune.
Sans préjuger ce que sera cette position, nous signalons cette "Lettre aux Académiciens" de Gabriel Robin. Nous ne la faisons pas nôtre, nous considérons simplement qu'elle a le mérite de poser la plupart des questions qui ne manqueront pas d'être débattues dans les mois qui viennent. Sur ce qui n'est pas seulement une nouvelle "réforme-amuse-galerie" pour faire oublier le chômage et la démolition du pays.

Le Figaro : Réforme de l'orthographe : le coup de gueule d'un prof

Transparence Vérité : Non à la réforme-massacre de notre belle langue française !

Ouest-France : Simplification de la langue. C’est la France qu’on assassine

Aleteia : Réforme de l’orthographe : le tour de magie truqué

Parmi les articles pour la réforme

l'Obs : Réforme de l'orthographe : 10 raisons de ne pas y être opposé

Slate : Rassurez-vous, l’accent circonflexe ne va pas disparaître

Le café pédagogique : Viviane Youx (AFEF) prend parti pour la souplesse de la langue française

Challenges : La ridicule et dérisoire nouvelle guerre de l'orthographe

Médiapart : Bayrou sur les cimes des accents circonflexes. Mais Darcos ?

Libération : Réforme de l’orthographe : les contrevérités continuent

Rue 89 : Instit, elle enseigne en nouvelle orthographe : tout va bien

Signalons aussi l'article que nous avions signé, sur ce site, en 2008 (déjà !) qui me semble toujours d'actualité. Il s'intitulait : Le Petit Robert module l'orthographe Marc-Antoine Renard


à télécharger : Le rapport du Conseil supérieur de la langue française de juin 1990  (publié au Journal officiel en décembre 1990)
Le mini-guide d'information qui résume les principaux points de la réforme (publié par le site www.orthographe-recommandee.info/)


1 Dans le Bulletin officiel de l'Éducation nationale du 26 novembre 2015 on lit notamment :

page 5 : Les textes qui suivent appliquent les rectifications orthographiques proposées par le Conseil supérieur de la langue française, approuvées par l’Académie française et publiées par le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990.

pages 28 et  241

L’enseignement de l’orthographe a pour référence les rectifications orthographiques publiées par le Journal officiel de la République française le 6 décembre 1990.


/nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2016 (3) - le 02/02/2016 - 14:32 par MAR

Langue française : Nouvelles de janvier 2016 (3)

Le Conseil d’État valide l’anglais obligatoire au concours de l’ENA (27/1) (lien)
"Le recours avait été déposé par l'Office européen du Pluringuisme (OEP), ALF s'y était aussitôt 
associée, et avait encouragé plusieurs autres associations à se porter "tiers intervenants".
AS

Europe 1 : Emmanuel Macron s'exprime en anglais à Sciences Po (18/1) (lien)


/nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2016 (2) - le 17/01/2016 - 18:47 par MAR

Langue française : Nouvelles de janvier 2016 (2)

Le Devoir : Dire, ne pas dire (vol. 2) de l'Académie française (16/1) (lien)
Min. de la Culture : Vers une norme française pour les claviers informatiques (15/1) (lien)
Arts : Bruno Foucher prend les rênes de l’Institut français (13/1) (lien)
France 3 Gard : Let's Grau n'est pas du goût de tous les habitants (13/1) (lien)


/nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2016 - le 13/01/2016 - 20:24 par MAR

Langue française : Nouvelles de janvier 2016

Colloque niçois sur la défense de la langue française Intervention de Ph. Loubière (11/1) (lien)
Le Robert profite des 10 000 caractères de Twitter (8/1) (lien)
Un nouveau secrétaire général pour l'Agence universitaire de la Francophonie (7/1) (lien)
Midi Libre : Gard : la marque "Let’s Grau" dans le viseur (7/1) (lien)


/nouvelles/presse.gifNouvelles de décembre 2015 (2) - le 19/12/2015 - 18:58 par MAR

Langue française : Nouvelles de décembre 2015 (2)

Libération-Cédric Sapin-Defour : Alpinisme, la langue des cimes (22/12) (lien)
France Info : L'Italie dit basta aux anglicismes (20/12) (lien)
Est Républicain Lorraine Airport… pas très français (16/12) (lien)
Est Républicain : Résistance francophone à Lorraine airport (15/12) (lien)


nouvelles2015/alexandre-de-juniac.jpgAlexandre de Juniac Carpette Anglaise 2015 - le 16/12/2015 - 10:01 par MAR

La Carpette nouvelle est arrivée !

Alexandre de Juniac Carpette Anglaise 2015

Sous la présidence de Philippe de Saint Robert, le jury 1 de l’académie de la Carpette anglaise s’est réuni le 15 décembre 2015 chez Lipp.

Au premier tour de scrutin, par sept voix contre trois à Jean Tirole 2, le prix 2015 de la Carpette anglaise 3 a été décerné à Alexandre de Juniac, PDG d'Air France-KLM, pour la campagne de publicité "Air France, France is in the air" remplaçant l’élégante publicité "Faire du ciel le plus bel endroit de la terre".

Le prix à titre étranger 4 a été décerné, au premier tour de scrutin, à Luc Besson, réalisateur de films principalement en anglais, pour avoir patronné une modification des dispositions fiscales du crédit impôt cinéma en faveur des films tournés en langue anglaise ; ainsi les films tournés en anglais en France vont pouvoir être déclarés fiscalement "français" et bénéficier d'aides.

Que déshonneur leur soit rendu !


1 Anne Cublier, Hervé Bourges et Dominique Noguez sont membres de l’académie de la Carpette anglaise ainsi que les associations suivantes : Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), le Collectif unitaire républicain pour la résistance, l’initiative et l’émancipation linguistique (COURRIEL), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DDC).

2 Prix Nobel d'économie en 2014 et président de la Fondation Jean-Jacques Laffont - Toulouse School of Economics (TSE), pour promouvoir la mise en place d’une filière d’enseignement supérieur en langue anglaise.

3 Le prix de la Carpette anglaise est attribué à un membre des "élites françaises" qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.

4 Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise

Courriel : parlerfranc@aol.com

Académie de la Carpette anglaise, chez Le Droit de Comprendre, 34 bis rue de Picpus - 75012 Paris


/nouvelles/presse.gifNouvelles de décembre 2015 - le 02/12/2015 - 09:57 par MAR

Langue française : Nouvelles de décembre 2015

DGLF : Vocabulaire du développement durable (2015) (lien)
OIF : Appel des Jeunes francophones pour le Climat (lien)
AUF et Francophonie : Lancement de 2 projets de recherche sur la langue française (lien)
Alfred Grosser : L'enseignement de l'allemand mutilé (lien)


/nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2015 (4) - le 29/11/2015 - 11:15 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2015 (4)

FranceTv : Alain Rey "la langue française ne se laisse pas enfermer dans le formol !" (lien)
OIF : Programme des manifestations francophones pendant la COP21 (lien)
Rapport au Parlement sur l'emploi de la langue française (2015) (26/11) (lien)
Le Point : Les drôles d'expressions d'Alain Rey (24/11) (lien)
TV5Monde : Brésil - accord sur l'usage du français pendant les JO de Rio 2016 (23/11) (lien)


/nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2015 (3) - le 25/11/2015 - 08:46 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2015 (3)

Conférence de l'ambassadeur Albert Salon : "Le français, la cohésion nationale et la guerre mondiale des langues"  mercredi 25 novembre 2015 à 19h15  à Sciences Po (salle A15), 27 rue Saint-Guillaume - 75007 Paris (lien)

OIF Jeux de Rio 2016 : Manu Dibango effectue une 1ère mission au Brésil (lien)

Fratmat.info (Abidjan) Rio 2016 - Manu Dibango pour "veiller à l'usage et la visibilité de la langue française" (20/11) (lien)


/nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2015 (2) - le 16/11/2015 - 09:27 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2015 (2)

Hommage à Henri Rethoré (décédé le 11 novembre 2015) (lire ci-dessous)
Maroc : Des matières scientifiques en français dès la rentrée 2016/2017 (10/11) (lien)
Conférence Population & Avenir "Le monde francophone : un atout stratégique" par Ilyes Zouari, auteur du "Petit dictionnaire du Monde francophone", jeudi 19 novembre 2015 à 18h30 - Mairie du 7e arr. – 116 rue de Grenelle - Paris


Hommage à Henri Rethoré

Nous avons appris la triste nouvelle du décès de Monsieur Henri Rethoré, survenu le vendredi 11 novembre 2015 à son domicile parisien à l'âge de 87 ans.

Henri Rethoré, diplômé de l'École nationale de la France d'Outre-mer, occupe différents postes en Afrique dans les années 1950 et 1960, puis devient Sous-directeur au Quai d'Orsay dans les années 1970.

En 1979, il est nommé Consul général de France à Québec, poste qu'il occupe jusqu'en 1983.

En particulier, il suit de près le premier referendum sur la souveraineté du Québec, organisé par René Lévesque, Premier Ministre de la province francophone à cette époque. Il est ensuite nommé Ambassadeur de France à Conakry (Guinée), de 1984 à 1988 et à Kinshasa au Zaïre, de 1989 à 1992. En 1993, il est nommé conseiller diplomatique du gouvernement pour la préparation du Sommet de la Francophonie de l'Ile Maurice.

Henri Rethoré, a toujours été un grand ami de l'Afrique, du Québec et de la francophonie.

Rappelons que le Consulat de France à Québec avait été créé sous le Second Empire pour défendre les intérêts des Français du Québec. Depuis le voyage du général de Gaulle au Québec de 1967, le Consulat de Québec devient Consulat général de France et assure le rôle d'une véritable Ambassade au Québec, ce qui provoquera certaines tensions avec le gouvernement fédéral canadien et l'Ambassade de France à Ottawa.

Dans les années 1995, Henri Rethoré devient président de l'association Paris-Québec, première association de France-Québec regroupant plus de 300 membres et assurant de nombreuses activités culturelles et politiques franco-québécoises. A cette époque, j'étais Secrétaire général de cette association militante francophone.

En 1998, il devient co-président fondateur avec Marcel Masse de la Commission franco-québécoise sur les lieux de mémoire communs. Il était aussi membre d'honneur de l'association Frontenac-Amériques.

En 2014, il préface mon dernier livre "La France en Amérique du Nord et en Outremer" en mettant un accent particulier sur la France d'Outremer qu'il connaissait bien.

Nous présentons à son épouse Marie-Ange et à l'ensemble de sa famille toutes nos plus sincères condoléances.

Ses obsèques seront célébrées le mercredi 18 novembre à 10h30.

Alain Ripaux

Au nom d’Avenir de la Langue française (ALF), je me joins à cet hommage d’Alain Ripaux à un grand francophone de France, et à un ami dont j’avais été l’un des successeurs au Québec, et qui a toujours soutenu nos combats, avec les Xavier Deniau, Philippe Rossillon, Daniel Jurgensen, Martial de la Fournière, Bernard Émont, Jean-Marc Léger, Gilles Rhéaume, Jacques-Yvan Morin, Jacques Parizeau et bien d’autres résistants français et québécois à l’empire. Albert Salon


nouvelles2015/canalplus.jpgCanal+ nous vend Versailles in ingliche - le 15/11/2015 - 22:59 par MAR

Canal+ nous vend Versailles in ingliche

Canal+ va diffuser une série de prestige "Versailles" à partir du 16 novembre

Interrogé par Le Monde (15/11) Fabrice de la Patellière, directeur des fictions de Canal+, aura le cynisme (ou la naïveté) de dire : "Avant même de lancer "Versailles" s'est posé le problème de la langue. Nous avons décidé de tourner cette série en anglais pour augmenter son potentiel de ventes et qu'un distributeur mette davantage d'argent : c'est toujours le cas sur un projet produit en anglais. D'où, ensuite, le choix d'auteurs britanniques... qui avaient donc une sensibilité européenne" (sic !).

Il aurait d'ailleurs pu ajouter : "D'où, ensuite, le choix d'acteurs et de techniciens britanniques, ils parlent tellement mieux anglais…" En un mot il nous résume : un coproduction franco-britannique c'est un film britannique financée par des français...

En revanche, et c'est à noter, Olivier Wotling, directeur des fictions d'Arte, qui diffuse Occupied à partir du 19/11, dira pour sa part dans le même échange : "Concernant les coproductions françaises, nous sommes sur des projets disposant de moins de budget que ceux de Canal, et nous sommes attachés à la langue et la culture naturelle du projet."Occupied", série norvégienne, parle norvégien, et une série française parle français."

Pour notre part nous préfèrerons toujours une série norvégienne tournée en norvégien qu'une série "française" tournée en anglais. (La critique du Monde qualifie d'ailleurs Versailles d'Intrigue sans audace)

Louis XIV parlant anglais à Versailles, les anglo-saxons en rêvaient, Canal l'a fait. Merci Canal + !


/nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2015 - le 09/11/2015 - 22:14 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2015

Concours de définitions du ministère de la Culture jusqu'au 10 novembre  (lien)
Figaro : À bas les stéréotypes de sexe, vive la préfète ou la pompière ! (7/11)  (lien)
Top 10 des mots anglais d'internet que vous devez dire en français  (lien)
Écrire les majuscules accentuées (une extension Chrome)  (lien)
La langue française possède 88 mots pour dire "abandonner"  (lien)


Le Royaume-Uni et les États-Unis dans une Francophonie-Unie ???

Un fidèle adhérent nous a demandé pourquoi nous ne favoriserions pas l’entrée du "RU" et des "EU" dans l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)…Voici une réponse :

Cher adhérent,

Vos arguments en faveur de l’admission d’Israël dans l’OIF ne sont pas sans valeur. Ce qui s’y oppose c’est la menace de provoquer ainsi la sortie de plusieurs pays arabes, dont le Liban et la Tunisie où le français est encore plus présent, et le fait que cela fournirait un argument supplémentaire aux Algériens hostiles à l’entrée formelle de l’Algérie, un des pays les plus francisants du monde…

Mais j’ai déjà écrit qu’il ne me semblait pas de bonne politique francophone d’admettre à l’OIF trop de pays surtout si leurs populations sont peu, voire très peu francophones. Cette dilution serait néfaste. L’OIF ne compte-t-elle pas déjà 80 inscrits ?

Cela me donne l’occasion de répondre à un adhérent qui suggère d’admettre le Royaume-Uni.

Les arguments en faveur sont sérieux. Songeons au "Honni soit qui mal y pense" de l'Ordre de la Jarretière, à la devise royale "Dieu et mon Droit", aux Normands de Guillaume venus de Falaise et Caen, à la place éminente du français pendant des siècles à la Cour de Londres et dans l'aristocratie, à son rôle de première langue étrangère dans les écoles britanniques, à l'Auld Alliance avec l'Écosse, à l'aide de Bonaparte à l'Irlande, à l'Entente cordiale, à l'alliée dans la guerre de Crimée (1855/56) puis dans l'expédition de Suez en 1956, à la "fraternité d'armes" dans deux guerres mondiales, à de Gaulle à la BBC, à l'aide fort précieuse à la France Libre, aux parachutages à la Résistance, au flot des touristes britanniques en France, aux retraités anglais en Normandie, en Dordogne, en Bourgogne, qui, du reste, y répandent plus leur langue qu’ils ne parlent celle des indigènes, aux centaines de milliers de Français à Londres, dont des évadés fiscaux...

De quoi faire oublier les profondes rivalités et hostilité pluriséculaires qui durent toujours dans le "French bashing" aux violentes récurrences, encore récemment à propos des "migrants" de Calais.

De quoi achever de ridiculiser l'ouverture de la Francophonie-OIF à tous les vents, y compris anaux.

La Couronne britannique rejoignant son ancienne représentante à Ottawa, pour lui donner un sérieux coup de main dans la "gestion" de la Francophonie, à l’instar de la brillante opération menée à partir de 1973 sur le Marché commun d'alors, devenu le monstre UE...

Quel éclat de rire homérique dans la presse britannique et partout dans le monde ! Quels alléluias chez nos médias et collabobos !

Il ne manquerait plus que l'adhésion des Etats-Unis, pour laquelle il serait possible de fournir également de très bons arguments. On en a bien trouvé pour le Qatar !...

Nous aurions alors, enfin, la réalisation du rêve de notre Bernard Kouchner "national" exprimé dans une tête de chapitre de son livre (Deux ou trois choses que je sais de nous) : "l'anglais, avenir de la Francophonie" !...

Ce serait grande pitié dans le Royaume de France !

Haut les cœurs quand même ! L’indignation à la Stéphane Hessel ne suffit pas.

Résistons, c'est notre cri ! Les Québécois avec nous. Et toutes les sociétés civiles francophones dans le monde, pour éviter la convergence des torpillages du fait français partout, et le naufrage collectif des francophones ! Albert Salon.


/nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2015 (2) - le 23/10/2015 - 18:29 par MAR

Langue française : Nouvelles d'octobre 2015 (2)

Fin. Afrik : 2e Forum Economique Francophone - de la parole aux actes ! (30/10) (lien)
Manu Dibango défendra la langue française aux Jeux Olympiques Rio 2016 (17/10) (lien)
Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF) à Dakar (16/10) (lien)

francetvinfo.fr : Alain Borer reçoit le Prix François Mauriac (16/10) (lien)
Colloque sur les statuts de la langue française les 13 et 14 novembre 2015
(Bibliothèque Mériadeck de Bordeaux)  (lien)


nouvelles2015/andre-bellon.jpgUne manœuvre insidieuse contre la République - le 16/10/2015 - 20:17 par andre-bellon

Charte européenne des langues
Une manœuvre insidieuse contre la République !

(article publié dans la Revue parlementaire)

par André Bellon
ancien président de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale,
président de l’Association pour une Constituante

L’article 2 de la Constitution française proclamant que la langue de la République est le français a été introduit en 1992 par un amendement lors de la ratification du traité de Maastricht. Cet amendement émanait de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale dont j’étais alors le Président. Lors du débat dans l’hémicycle, la question des langues régionales fut posée et je répondis que cet amendement n’empêchait aucunement leur existence et leur valorisation par la loi, mais que la véritable question du moment était la préservation de notre langue commune face aux attaques de la langue de la mondialisation, à savoir l’anglais.

La question n’a rien perdu de son importance. Bien au contraire, n’a-t-on pas vu, depuis, une ministre de l’économie, Christine Lagarde, écrire, parait-il, à ses collaborateurs en anglais ? Et lorsque, attaquée en anglais par un député qui se moquait ainsi d’elle, ne l’a-t-on pas vu refuser l’insertion de l’intervention au Journal Officiel au prétexte de la langue employée ? La loi Fioraso autorise désormais des cours exclusivement en anglais dans les universités. Les exemples abondent et se multiplient.

Mais si le Parlement s’exprime officiellement encore en français, il vote des textes qui font à notre langue, jour après jour, le sort de la peau de chagrin. Ainsi, sous la pression des intérêts économiques mondialisés, le protocole de Londres a-t-il scellé le sort du français dans la fabrication des brevets. Bien pire, la question de la langue devient une source de conflits sociaux. Quand des salariés français sont forcés de parler anglais pour accéder à un emploi purement local, quand les modes d’emploi en anglais conduisent à des erreurs dramatiques comme on l’a vu, dans le début des années 2000, à l’hôpital d’Épinal où les doses de rayons mal interprétées ont gravement nui à la santé des patients, quand tous les produits affichés dans les rayons affichent leurs formules en langue étrangère, ce n’est plus une question de repli linguistique qui est en cause, mais une capacité à vivre en société. Ainsi, l’UNICE (le syndicat patronal européen) a fait depuis des années officiellement fait part à Bruxelles de sa décision de promouvoir l’anglais comme l’unique "langue des affaires et de l’entreprise" ; ainsi certains états-majors d’entreprises communiquent-ils en anglais à l’interne… et s’efforcent même d’imposer le "tout anglais" à l’ensemble de leur personnel1 !

Lorsque François Hollande remet sur le tapis la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, il appuie, de façon insidieuse, cette destruction de notre langue commune au prétexte de sauver les langues régionales. N’est-elle pas cohérente avec la vision d’une Europe des régions ? Au moment où la société se décompose, notamment sous le feu des inégalités sociales, ce texte fragilise un vecteur majeur de cohésion : la langue française. En France, il a été rejeté par le Conseil Constitutionnel le 24 juin 1999, s’ajoutant à l’avis négatif du Conseil d’État en 1996 ainsi qu’à celui du 30 juillet 2015. La question n’a pas été réglée pour autant et les pressions se sont poursuivies. Ainsi, M. Alvaro Gil-Robles, commissaire du Conseil de l’Europe aux droits de l’homme, avait appelé, dans un rapport rendu public le 15 février 2006, au "respect effectif des droits de l’homme en France" (rien que ça !) et, pour ce faire, lui avait demandé de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Cette position est peut-être plus adaptée à certains pays de l’Europe de l’Est ou des Balkans historiquement marqués par les conflits communautaires violents qu’à la République française dont l’Histoire est tout autre.

Il n’est pas question de reprendre à notre compte l’équation "langue minoritaire égale langue de division". Jean Jaurès parlait patois, comme il disait alors, et en était fier. Le midi de la France fourmille de républicains farouches, néanmoins attachés à leur "petite patrie" et à sa langue. Le même phénomène se retrouve partout, en Provence comme en Bretagne. Certes, la question de la place de ces langues, en particulier dans l’enseignement, est longtemps restée ignorée par les pouvoirs publics. La loi Deixonne (Loi n°51 - 48 du 11 janvier 1951 relative à l’enseignement des langues et dialectes locaux) brisa cet oubli. Elle fut la première spécifique à l’enseignement des langues régionales. Elle constitua une reconnaissance officielle de l’existence de certaines langues régionales. Le décret n° 70-650 du 10 juillet 1970 prit en compte les langues régionales dans l'obtention du baccalauréat. Ces divers textes ont été ensuite intégrés dans différentes parties du code de l'éducation.

Depuis la loi Deixonne, d’après les chiffres livrés par la DGLFLF2 en 2007, durant l’année scolaire 2005 - 2006 : 404 351 élèves ont bénéficié d’un enseignement en / de langue régionale (toutes formes d’enseignement confondues, public et privé sous contrat) : 282 894 à l’école, 96 295 au collège et 25 162 en lycée. La liste des langues concernées s’est aussi élargie : aujourd’hui basque, breton, catalan, corse, créole, gallo, occitan / langue d’oc, langues régionales d’Alsace, langues régionales des pays mosellans, tahitien et langues mélanésiennes.

Cette évolution montre que la question peut être prise en charge par la République et que celle-ci ne se présente pas comme l’horrible prédatrice que certains prétendent voir. La loi est apte à prendre en charge ces problèmes. Pourquoi alors cette volonté maladive de faire voter la Charte européenne des langues régionales et minoritaires ? Manière, pour un gouvernement plutôt pusillanime, de s’abriter derrière un décideur lointain ? Obsessionnelle soumission à dire "C’est européen, donc c’est bien" ?

La charte est en fait un instrument politique contre la langue nationale et contre la République. Car la charte veut, comme le dit son préambule, modifier la vie publique en y introduisant le rôle officiel de ces langues. On feint d’oublier que la langue française est d’abord celle de l’administration qui nous gouverne. Toucher à la langue, c’est toucher au droit et à l’égalité des citoyens. Bien sûr, le Président de la République et le premier ministre diront qu’il ne s’agit que d’appliquer que "35 paragraphes ou alinéas choisis parmi les dispositions de la partie III de la Charte (article 2)". Mais la partie II de la Charte qui, avec le préambule, en formule la philosophie, est applicable intégralement. Or, cette dernière est meurtrière pour la république. En effet, le préambule affirme comme un "droit imprescriptible" le "droit de pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée ou publique". Quels que soient les articles signés, la Cour de justice européenne aura à juger en fonction du préambule qui, lui-même, aura été signé. Il n’en serait évidemment pas de même avec une loi nationale. On n’ose imaginer que des décisions aussi graves puissent relever d’un positionnement tactique d’un Président affaibli.

En fait, aujourd’hui, la langue française est attaquée autant que les langues régionales et minoritaires par ces nouveaux totalitarismes qui ne cherchent pas plus à préserver les citoyennetés parcellaires et leurs langues régionales que les citoyennetés nationales : ils cherchent à en faire des éléments de folklore sans portée politique. Si la charte européenne se donne pour objet la sauvegarde des langues régionales (basque, corse, breton, occitan,.....) ou minoritaires (ouolof, berbère, arabe,........), sa philosophie est, en germe, communautaire. On comprend mieux alors l’obsession de François Hollande à régionaliser tellement la vie publique (réforme des collectivités locales elle aussi imposée au pas cadencé), en contradiction avec toute la tradition républicaine. Et, face aux communautés, le seul élément de cohésion deviendrait la langue et la pensée de la mondialisation. Mais si une telle réforme peut évidemment être proposée, peut-elle être imposée par un gouvernement dont la légitimité est pour le moins chancelante ? Dans ces circonstances, un référendum est en tous cas absolument indispensable.


1 Voir supplément économie, Le Monde, Mardi 6 mars 2007.

2 Direction Générale de la langue française et des langues de France


/nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2015 - le 16/10/2015 - 19:48 par MAR

Langue française : Nouvelles d'octobre 2015

125 communes ont signé le "manifeste pour le français" parmi les nouvelles depuis l'été : Château-Thierry, Cognac, Menton, Provins, Saint-Amand-les-Eaux et Sens (lien)
Éric Adja (OIF) "Francophonie numérique : Créer un espace de confiance" (14/10)  (lien)

Ministére de la culture : 146 projets, un million d'euros et une charte pour les langues françaises (12/10) (lien)
Question de Jacques Legendre, sénateur du Nord, au Gouvernement sur l'utilisation de "French Tech" (1/10) (lien)


nouvelles2015/loire-valley.jpgLoire Valley déborde ! - le 16/10/2015 - 19:40 par ChristianMasse

Loire Valley déborde !

par Christian Massé

La veule, servile, avidité n'est plus canalisée : un ancien administrateur de DLF et d'ALF nous envoie cet article.
N'hésitez pas à exprimer votre indignation aux organisateurs ! La rédaction

 

Porté au patrimoine mondial de l'Unesco, la vallée de la Loire s'est vu affublée d'une appellation non régionale et bien contrôlée : Loire Valley. Les auteurs de cette imbécillité n'ont pas caché leurs intentions : Loire Valley, c'est plus commercial...

L'argent appelle l'argent, répéta à maintes reprises Georges Bernanos. Ô combien avait-il raison ! Loire Valley vient de se gonfler d'un rajout à faire rougir écrivains et poètes ayant trempé leur plume au pays de Ronsard, Rabelais, Descartes, Balzac, François Cheng... : French Tech Loire Valley. Ce titre aux sonorités ni régionales ni patriotiques est hautement visible à Tours, sur la nouvelle façade de l'ancienne et prestigieuse imprimerie Mame, avenue de Preuilly.

Comme il convient de faire dans la com', la revue trimestrielle Tours Plus Le mag présente avec brio cet établissement. Et là, on est confronté à un langage qui ne peut qu'écorcher les oreilles de tout bon défenseur de la langue française, langue dont le berceau se trouve, à ce qu'il paraît, en Touraine : startups, Consumer electronic show de Las Vegas, big data, skybowl, strike...

Gare à la chute : ce magazine d'information de la Communauté d' Agglomération de Tours a son siège à Tours, 60 avenue Marcel Dassault...Or, la nouvelle majorité municipale de cette belle ville s'est dotée d'un service à la...francophonie avec, bien sûr, à sa tête, un élu, chargé de la francophonie. La tromperie tourne à l'indécence : jamais, dans la ville de Tours, on n'aura lu autant de mots anglais, authentiques ou mués en franglish, sur des hauts, milieux ou bas de vitrines, sur des panneaux ou des véhicules publicitaires.

Si Loire Valley persévère dans ses débordements, il pourra peut-être être dit que c'est en Touraine, et même dans sa capitale, que la langue française est la plus agressée. Non par snobisme, mais par appât du gain.

Christian Massé est membre de Défense de la langue française Touraine


/nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2015 (2) - le 27/09/2015 - 21:48 par MAR

Langue française : Nouvelles de septembre 2015 (2)

L'Obs : Quotas de chanson française : 3 solutions pour apaiser le conflit (26/9) (lien)
Nouvelle République Chansons françaises en carcan (25/9) (lien)

Jean-Paul de Gaudemar élu Recteur de l’Agence Universitaire de la Francophonie
(AUF)
(25/9) [lire ci-dessous]


Jean-Paul de Gaudemar, conseiller "Enseignement supérieur et recherche" auprès de Najat Vallaud-Belkacem, a été élu Recteur de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF). Il succédera le 7 décembre 2015 à Bernard Cerquiglini (25/9)

Ancien recteur de l'Académie d'Aix-Marseille, il éJean-Paul de Gaudemartait entré comme conseiller spécial le 01/05/2014 au cabinet de Geneviève Fioraso (alors secrétaire d'État chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche), après avoir été conseiller éducation au cabinet de Jean-Marc Ayrault (alors Premier ministre). Jean-Paul de Gaudemar est ancien élève de l’École polytechnique, docteur d’État en sciences économiques et agrégé en sciences économiques et gestion.

Au début des années 1980, il avait été conseiller de Pierre Tabatoni, autre économiste aixois, alors Délégué aux relations universitaires internationales, et membre du cabinet d'Alice Saunier-Seïté (ministre des Universités). Albert Salon

à lire également sur le site de l'AUF


/nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2015 - le 27/09/2015 - 21:26 par MAR

Langue française : Nouvelles de septembre 2015

Initiative communiste (Floréal) : Raminaglobish au pouvoir (24/9)  (lien)

Le Point Afrique : Francophonie : économie à tous les étages ! (22/9) (lien)

lalanguefrancaise.com :
Guide complet de l’usage des majuscules en français 
 (16/9)  (lien)


nouvelles2015/luc-besson.jpgLe gouvernement se couche devant Luc Besson - le 10/09/2015 - 22:04 par MAR

Le gouvernement se couche devant Luc Besson

Luc Besson qui veut à la fois des crédits d'impôts et participer au massacre de la langue française en tournant en anglais va obtenir satisfaction : un amendement sur mesure à la loi de finances va être proposé pour lui permettre à la fois de cracher sur la culture de son pays et de bénéficier de ses subsides. Pour couronner le tout et pour remercier la servilité gouvernementale : Luc Besson devient résident fiscal américain (lien)
L'esprit de Montoire (allié à celui de Tartuffe) est bien vivant dans ce pays !

Le projet de film est tiré d'une bande dessinée française "Valérian et Laureline" !

Europe 1 : Un amendement à la loi de Finances doit permettre à Luc Besson de tourner son prochain film en France

Europe 1 : Crédit d'impôt : Luc Besson obtient gain de cause


nouvelles2015/charlotte-fouchet.jpgGood Bye le français... - le 10/09/2015 - 21:32 par MAR

Good Bye le français...

par Claude Weisz

Réponse de Claude Weisz à un message annonçant le départ de la responsable de l'Institut français de Prague en anglais !


De : "Charlotte.Fouchet " <Charlotte.Fouchet@ifp.cz>
A : "Charlotte.Fouchet" <Charlotte.Fouchet@ifp.cz>
Copie à : fouchetc@icloud.com

Sujet : Au revoir

Dear all,

After intensive's 4 years at the head of the French Institute in Prague, it’s time for me to say thank you and goodbye. I really appreciated our collaboration and I wish all the best for the future projects.

My successor Alexandre Pajon will arrive at the end of this week, do not hesitate to contact him on this address : alexandre.pajon@ifp.cz

Best regards,

Charlotte
fouchetc@icloud.com


Madame the Head of the French Institute in Prague,

La lecture de votre courriel "d'au-revoir" me réjouit !

Je constate que vous avez trouvé une solution à la baisse des crédits dont sont victimes les Instituts français.

De toute évidence, les états et autres fondations anglophones ont visiblement apporté leur écot aux frais de fonctionnement et aux charges salariales de ces établissements publics relevant du ministère des Affaires étrangères. Ce qui explique que vous les en remerciez dans leur langue !

En tant que citoyen français contribuable, je souhaiterai que l'argent public serve uniquement au développement des activités de promotion et de diffusion de notre langue - inaliénable bien commun avec tous les francophones - et non à nourrir le développement et l'extension de l'empire unilingue anglo-saxon dans le monde. Les Anglo-Saxons, eux-mêmes, n'en demandent pas tant !

Lors de mes nombreux voyages et, particulièrement dans les pays non francophones, j'ai constaté que nos diplomates et fonctionnaires de haut rang - à quelques notables exceptions près - se comportaient de plus en plus souvent comme des fossoyeurs de leur/notre langue.

En parallèle, j’ai souvent rencontré des hommes et des femmes de grande culture, des ingénieurs, des responsables politiques et même des chefs d'entreprise étrangers, qui avaient choisi de suivre des études supérieures dans nos grandes écoles et dans nos universités pour apprendre et étudier en français (avant, bien entendu, que toutes nos grandes écoles ainsi que les universités, sous l'impulsion de Mme Fiorenso, ne choisissent l'anglais comme langue d'étude).

Ces hommes et ces femmes me confiaient avec tristesse leur incompréhension devant le renoncement des Français fréquentant leur pays à s'exprimer en français.

Eux, si souvent amoureux de la langue française et fiers de la maîtriser, ne comprenaient pas que les Français puissent avoir honte de leur langue maternelle ; langue qui doit demeurer la deuxième langue internationale, une langue utile.

Il serait bon que les responsables des Instituts français ainsi que les Ambassades de France à l’étranger prennent connaissance du rapport de Jacques Attali "La Francophonie et la Francophilie, moteurs de croissance durable" (Août 2014).

Si votre courriel "in English" s'avérait un malheureux fruit du hasard, il me donne toutefois l'occasion de manifester, une fois de plus, mon indignation face à la catastrophique politique linguistique menée par les gouvernements français depuis au moins huit ans.

Politique qui n'est plus offensive, pas même défensive, c'est la retraite… Et pour bientôt, la débandade ?

Sachez, néanmoins, que je conserve un excellent souvenir de l'institut français de Prague pour la qualité et la gentillesse de son accueil, son dynamisme, sa combativité, lors de mon séjour praguois en 2011. Pour cela, merci encore et bravo pour tous les Instituts français qui vivent encore malgré la pénurie !

Avec mes salutations les plus attristées.

Claude Weisz
Cinéaste, fils d'immigrés qui se sont connus et mariés à Paris, naturalisés français au début des années 30…qui m'ont donné la chance de naître français.

Mon père, attaché aux valeurs de la république, ayant choisi la Résistance, est "mort pour la France" en 1942, suite aux tortures infligées par des fonctionnaires français.


Editoriaux/nation-eclatee.gifCharte des langues régionales (suite) - le 16/08/2015 - 18:16 par MAR

Charte des langues régionales (suite)

André Bellon (Médiapart) Charte européenne des langues : une manœuvre insidieuse contre la République ! (13/8) (lien)
Laure Fouré Ratification de la Charte des langues régionales ou minoritaires : non au passage en force ! (4/8) (lien) [Laure Fouré est membre d'ALF]
Les Échos le Conseil d'État réitère son opposition (3/8) (lien)
Le point de vue d'Albert Salon  (lien) [A. Salon est le  président d'ALF]
Marie-Françoise Bechtel La République contre les divisions (1/2014) [M-F Bechtel est députée de l'Aisne]


nouvelles2015/forum-LF-Liege.jpgForum Mondial de la Langue Française (2) - le 29/07/2015 - 11:29 par MAR

Forum Mondial de la Langue Française (suite)

Lire ci-dessous Liège a accueilli le second Forum mondial de la langue française par Arnaud Danloux-Dumesnils
Le Devoir : Liège bouchonne la Francophonie (27/7) (lien)
RTBF : Le Forum mondial "rebondit" pour sa cérémonie de clôture (23/7) (lien)
L'avenir.net : L'économie, vecteur important de la Francophonie (23/7) (lien)
Le SoleilTrois Sénégalais distingués à Liège (lien)
RFI Pour l’Atelier des médias, ce fut l’occasion de rencontrer des acteurs et actrices du web francophone (lien)


Liège a accueilli le second Forum mondial de la langue française (FMLF)

Pendant quatre jours, la ville de Liège est devenue la capitale de la francophonie : du 20 au 23 juillet, le Forum mondial de la langue française y a accueilli près de 1 500 congressistes venus de 90 pays, dont plus de 1 200 jeunes, de 18 à 35 ans, invités par les co-organisateurs, l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) et la région Wallonie-Bruxelles. Deux membres d’ALF ont pu, individuellement, y participer…

Le titre de "Forum mondial de la langue française", déjà utilisé en 2012 à Québec, est assez trompeur et il s’agissait plutôt d’un forum de la jeunesse francophone mondiale que d’un forum linguistique… Le thème principal du Forum était la créativité des jeunes francophones, notamment au moyen des modernes outils de communication numérique, plus que la langue française elle-même, mais celle-ci cependant s’avérait bien le moyen commun des échanges entre participants de pays très divers. Cinq thèmes avaient été retenus pour les ateliers et réunions : "éducation", "économie", "participation citoyenne", "culture et industries culturelles"… et "langue française et créativité". Ce forum de Liège était une vaste foire d’idées, de projets et de produits. On pourra regretter qu’un certain "jeunisme" de bon ton ait poussé, trop souvent, à s’extasier devant certains projets "créactifs" parfois simplistes ou primaires !

Point de "grand-messe" hormis deux grandes réunions plénières, pour l’ouverture et la spectaculaire séance "de rebond" clôturant le Forum. Le commissaire général, Philippe Suinen, avait explicitement réservé ce forum aux jeunes de 18 à 35 ans, et il ne voulait absolument pas y voir les habituels grands intellectuels et autres dirigeants d’ONG. Mme Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’OIF, et le ministre-président de la région Wallonie-Bruxelles sont intervenus lors de la séance d’ouverture mais ne sont plus apparus par la suite, ayant vraisemblablement filé "à l’anglaise"… C’est le nouvel administrateur de l’OIF, Adama Ouane, qui a "assuré" le message de clôture…

"Je n'ai pas ressenti, parmi les participants, une grande ferveur envers la défense de la langue française", a conclu un des membres d’ALF présents, qui ajoute : "à titre personnel, ce fut une formidable expérience, ce n'est pas tous les jours que j'ai l'occasion de boire un verre en parlant français avec un Djiboutien et un Vanuatuan par exemple !" Le "réseautage" était en effet un des objectifs des initiateurs du projet, objectif qui semble avoir été atteint.

Cependant le français, langue commune à tous les participants, n’était pas totalement absent des 120 ateliers et conférences proposés. On a pu notamment apprécier deux tables rondes animées par Philippe Dessaint et Denise Époté de TV5 Monde, sur la presse francophone et l’Afrique émergente, ainsi qu’un débat sur "Le français, une langue créative !" organisé par RFI et animé par l’Andorrane Imma Tor Faus, directrice de la langue française et de la diversité linguistique à l’OIF.

L’AUF (Agence universitaire de la Francophonie), qui réunit 870 universités dans le monde, a tenu plusieurs colloques, ateliers et débats en présence de son recteur, Bernard Cerquiglini 1, et organisé un concours sur la création de mots dont les lauréats ont fait preuve d’une grande inventivité linguistique (voir ci-après). La Fédération internationale des professeurs de français (FIPF, 140 pays, 80 000 professeurs) était particulièrement présente et active, avec la participation de nombreux professeurs de FLE (français langue étrangère).

L’APFA, qui organise chaque année les "Mots d’or du français des affaires", a animé un atelier sur la création de mots dans les domaines professionnels, qui a connu un succès justifié et montré aux participants l’importance de la traduction en français des nouveaux concepts pour que notre langue reste une langue efficace et appréciée dans le monde des échanges internationaux. Le nouveau délégué à la langue française et des langues de France (DGLFLF), Loïc Depecker, a honoré cet atelier de sa présence et de ses observations.

Ces quatre jours de réunions et de débats ont permis de constater la grande vitalité et l’amour du français dans la jeunesse francophone, et l’importance de telles manifestations pour soutenir ce désir de français. On ne peut qu’espérer que la nouvelle secrétaire générale de l’OIF perpétue dans trois ans ce beau legs d’Abdou Diouf à la Francophonie en organisant un troisième FMLF, peut-être un peu plus axé, cette fois, sur la langue elle-même et le trésor commun qu’elle représente… Plusieurs villes se seraient déjà portées candidates…

Arnaud Danloux-Dumesnils

 

1Jean-Paul de Gaudemar a succédé, en septembre, à Bernard Cerquiglini à la tête de l’AUF


/nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2015 (2) - le 29/07/2015 - 11:18 par MAR

Langue française : Nouvelles de juillet 2015 (2)

Jeune AfriqueÉgypte : le français en première classe (28/7) (lien)

Marine Couturier (Rue 89) Sur Internet, le français attend le renfort des Africains (27/7)  (lien)

L'université de Nantes ouvre un Mooc [Cours en ligne gratuit] Français langue étrangère (FLE)  (24/7)  (lien)


nouvelles2015/arret.gifL'AFRAV multiplie les recours gracieux - le 19/07/2015 - 20:31 par ASalon

L'Association Francophonie-Avenir (AFRAV)
multiplie les recours gracieux

Les recours - gracieux puis juridictionnels - déposés par ALF et nos associations en synergie, contre tant les universités qui violent la loi Fioraso et offrent des formations exclusivement en anglais, que France-Télévision et autres contrevenants publics à notre législation linguistique, inspirent d'autres associations de cette même synergie. Ainsi l'AFRAV, qui nous félicite du recours contre France-Télévision, fait état de ses propres recours, dans la région de Nîmes. Que cela fasse tache d'huile ! AS.

L’AFRAV a envoyé 3 recours gracieux :

1) à Yvan Lachaud, ex-député, président de Nîmes Métropole, pour demander le changement du nom à caractère anglophone de l'agence de développement de Nîmes-agglo qui vient de se créer sous son égide (OPENimes).

2) à Gérard Pédro, maire de Remoulins (Pont-du-Gard), pour demander la mise en conformité des panneaux de bienvenue, placés aux entrées de la ville (Bienvenue-Welcome).

3) à François Commeinhes, maire de Sète et président de Thau-Agglo, pour demander la suppression de l'inscription en anglais "Flash me, I'm fameux", de l'espace public (autobus, inclus) et pour demander, par la même occasion, de mettre en conformité avec l'article 4 de la loi 94-665, tous les panneaux d'affichage publics de la ville.

et Régis Ravat son président, prévoit d'en envoyer un 4e, à Anticor-Lorraine, pour demander que la dénomination "Airport Lorraine" soit enlevée pour être remplacée par une dénomination respectueuse de notre langue (art.14 de la loi Toubon 1994-665).


nouvelles2015/forum-LF-Liege.jpgForum mondial de la langue française 2015 - le 16/07/2015 - 19:42 par MAR

Forum mondial de la langue française 2015

Du 20 au 23 juillet 2015 se tient à Liège (Belgique) le 2e Forum mondial de la langue française.

Son objectif ? Présenter, dans un même lieu, la créativité comme moteur de l’innovation francophone. Une occasion unique d’échanger, de partager, de réseauter, de collaborer et de trouver des soutiens pour développer vos idées et vos projets entre jeunes francophones du monde entier !

Cinq axes majeurs seront abordés autour du thème de la francophonie créative : l’éducation, l’économie, la culture et les industries culturelles, la relation entre langue et créativité et la participation citoyenne. Des techniques participatives et délibératives innovantes tout au long des activités, un espace convivial de réseautage, le Forum a pour ambition de favoriser la qualité de vos échanges et de stimuler votre mise en réseau. Le Forum sera aussi l’occasion de célébrer la langue française lors d‘évènements culturels et festifs !

Le site du Forum est www.forumfrancophonie2012.org

RTBF : Le Forum de la langue française, c'est quoi ?

Par ailleurs, le magazine télévisé Espace francophone réalisera un reportage quotidien tourné "dans les allées du Forum". Ses équipes iront à la rencontre des jeunes francophones qui viennent des 5 continents, mais également des décideurs et des responsables de la Francophonie qui ont œuvré pour que ce rendez-vous devienne incontournable.
Découvrez ce programme spécial sur www.tvfrancophonie.org


nouvelles2014/michel_guillou.jpgConstruire l’Union francophone - le 16/07/2015 - 19:34 par Michel-Guillou

Construire l’Union francophone
pour consolider la plaque linguistique de langue française

par Michel Guillou

Cette idée a été relancée récemment, notamment par Jacques Attali et Pouria Amirshahi. La France devrait s’y engager ; c’est un grand projet dont elle a besoin pour rester une Nation, affirmer son universalisme spécifique et bâtir sa grandeur de demain.

La mondialisation contemporaine met en contact, en frottement, pacifiquement ou non, des «plaques» de puissance et d’influence économiques, culturelles ou linguistiques. Les unions géoculturelles qui rassemblent des peuples partageant une même langue sont de telles plaques d’influence, les plaques linguistiques. La Francophonie est la plaque linguistique de langue française.

Son liant, c’est la langue française, son ciment l’agir, le vivre ensemble qu’elle permet.

La plaque linguistique francophone sera d’autant plus importante et visible dans la mondialisation, qu’elle rassemblera un plus grand nombre de pays et comportera un plus grand nombre de locuteurs parlant français. Elle sera d’autant plus soudée qu’elle sera utile, bien réticulée, source de développement et de progrès et traversée par de grands réseaux fédérateurs de coopération et d’agir ensemble.

C’est dire l’importance de défendre et promouvoir la langue française et de développer la coopération et le vivre ensemble francophones. Les vents contraires sont nombreux. Les plus forts, ce sont ceux venant de la France du fait du renoncement actuel de ses élites, à son identité, à sa langue et à la Francophonie comme facteur de puissance.

Construire l’Union francophone c’est certainement le meilleur moyen voire le seul pour relancer la Francophonie et assurer sa pérennité dans un monde dominé par la puissance uniformisante anglo-saxonne, mais qui veut la diversité. Il s’agit de donner un contenu d’avenir à la plaque francophone, la troisième francophonie, la francophonie mondialisée, caractérisée par le dialogue des cultures et la solidarité qui prend la suite logique de la Francophonie d’Onésime Reclus et de la Francophonie de Léopold Sedar Senghor.

Voilà le défi posé, le chantier offert à la nouvelle Secrétaire générale Madame Michaëlle Jean qui vient d’être nommée, fin 2014, au dernier Sommet de la Francophonie de Dakar, à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

Que faire ?

D’abord un énorme et moderne travail de communication surtout en France où la Francophonie n’est connue de personne ni comme entité, ni comme concept. À titre d’anecdote significative, un haut fonctionnaire de l’Organisation internationale de la Francophonie se voyait demander récemment les statuts loi 1901 de son «association» alors qu’il cherchait à louer à Paris un appartement au nom de l’OIF. ONU, Union européenne et même Commonwealth connais, mais OIF connais pas. Voilà la triste réalité. Il faut s’attacher à mettre la Francophonie dans les têtes. Autre exemple, toutes les Écoles de Commerce françaises abandonnent leur nom en français pour un nom en anglais. C’est inacceptable. Une démarche de l’OIF au plus haut niveau auprès de leur Association pour y mettre fin est urgente et indispensable. C’est une question de bon sens.

En termes de communication, à l’interne, TV5-Monde doit être plus que maintenant, la télévision qui parle de la Francophonie et rend compte de ses activités. À l’externe, il faut que la Francophonie participe sur les plateaux de télévision nationaux aux grands débats politiques, économiques et culturels et noue des partenariats avec les associations, les fédérations et autres organisations … qui structurent les sociétés civiles. Faire connaitre l’Organisation internationale de la Francophonie est une nécessité.

Tout en assurant la continuité des actions déjà menées en matière de francophonie politique et de francophonie de solidarité, il faut de nouveaux programmes visibles et utiles. Mais pour qu’ils atteignent la masse critique et pour tenir compte des restrictions budgétaires, le partenariat doit être la règle ainsi que la mutualisation.

En matière de liant on pourrait se laisser aller à l’optimisme béat vu les projections démographiques africaines de 700 millions ou plus de francophones en 2050. Faut-il encore que pour y parvenir, certains pays africains n’abandonnent pas, comme le Rwanda, le français pour l’anglais et ceci est d’autant plus possible que les Français vont largement dans ce sens.

Une bataille, une guerre est à mener d’urgence contre l’anglobal appelé aussi anglobish. Citant le livre de réflexion sur la langue française d’Alain Borer, De quel amour blessée, Bernard Pivot a décrit dans le JDD du 14 juin cette maladie envahissante qui consiste à truffer les phrases de mots, d’expressions anglaises même lorsque l’équivalent français existe. Celui-ci est vite délaissé, oublié, jugé ringard.»La vitesse de propagation de l’anglais constitue un phénomène jamais vu dans l’histoire de la langue».

Le partage du français étant le liant de la plaque francophone, la Francophonie et en particulier la Francophonie en Afrique, a besoin d’un grand nombre de professeurs de français pour enseigner le français aux jeunes francophones issus du «boom» démographique en cours. Un gros effort de formation a déjà été fait en particulier par l’OIF avec le programme IFADEM et le bilatéral français, mais on est très loin du compte. Il faut mettre en œuvre dans ce domaine en mutualisant les efforts, en multipliant les partenariats, en particulier avec les Collectivités locales, un grand réseau fédérateur de formation des enseignants de français.

Pour cimenter la plaque francophone, d’autres grands réseaux de coopération utiles et visibles sont à portée de main en s’appuyant sur l’existant dans les sociétés civiles.

Un réseau sportif en partenariat avec les fédérations sportives nationales et internationales. Quel francophone ne rêve-t-il pas, par exemple, d’une coupe francophone de football ?

Un réseau universitaire de formation à l’excellence et aux métiers en partenariat avec l’AUF, l’Université Senghor d’Alexandrie, les établissements et leurs regroupements. Soyons le creuset de la formation des élites francophones en particulier dans le cadre du LMD. Les briques de ce réseau existent, il faut les rassembler et donner ampleur et cohérence à l’ensemble.

Un réseau économique impliquant les entreprises, s’appuyant sur les Chambres de Commerce et d’Industrie avec l’obsession de faire prendre conscience aux entreprises francophones de leurs forces et de leur faire connaitre la réalité économique de la Francophonie et ses potentialités.

Cette première énumération n’est pas exclusive, le champ des possibilités est large mais il faut pour que les réseaux réussissent s’assurer, outre leur utilité, de l’existence de grands partenaires forts et visibles dans les sociétés civiles.

En conclusion, la plaque linguistique francophone est une réalité pleine de potentialités.

Il faut espérer que la nouvelle Secrétaire générale Madame Michaëlle JEAN pourra convaincre les pays francophones et la France en particulier, de se saisir de l’opportunité géopolitique et de développement qu’elle représente pour eux.

Recteur Michel Guillou

Saint-Maur

le 12 juillet 2015


nouvelles2015/versailles.jpgVersailles adhère au manifeste en faveur de la langue française - le 15/07/2015 - 09:23 par MAR

Versailles adhère au manifeste en faveur de la langue française

Le Parisien du 10 juillet 2015 

Le peuple attaché au français refuse le globish-pour-tous que des élites veulent imposer. Faute de référendum officiel pour exprimer attachement et rejet, 32 associations font remonter la vox populi par les Communes de France.

appel de la Ligue des Communes de France pour la langue française !

Elles ont appelé de nombreux maires de France à se joindre à leur campagne nationale.
Elles veulent présenter l’équivalent d’un referendum populaire par un manifeste voté par des centaines de conseils municipaux représentatifs de la diversité géographique, politique, culturelle et linguistique de la France.

A ce jour, 108 communes ont déjà adopté le manifeste. Parmi elles, les emblématiques Baccarat, Brantôme, Brienne, Cabourg, Chablis, Creil, Douai, Evian, Fréjus, Grigny (Rhône), l'Ile de Sein, Jouy-en-Josas, Le Touquet, Lunéville, Maisons-Laffitte, Montfermeil, Mortagne-au-Perche, Orange, Pézenas, Poissy, Sainte-Maure-de-Touraine, Saumur, Suresnes, Thonon, Tulle, Verdun, Versailles, Vézelay, Villers-Cotterëts, Dumbéa en Nouvelle-Calédonie, et Ans en Belgique… (détail ci-dessous)

liste des Communes ayant voté en faveur d’un "manifeste pour le français"


/nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2015 - le 10/07/2015 - 14:58 par MAR

Langue française : Nouvelles de juillet 2015

DLF-Savoie (appuyée par ALF) : envoie un recours gracieux à France Télévisions concernant :

1) les noms de marques du groupe en anglais ou partiellement en anglais
2) l’utilisation permanente de termes ou expressions en anglais par les journalistes et présentateurs de France Télévisions
3) l’utilisation permanente de termes ou expressions en anglais sur tous les sites Internet liés à France Télévisions
4) le non-respect par France Télévisions de son obligation d’assurer le rayonnement de la Francophonie et de la diffusion de la culture et de la langue française dans le monde (lire le texte du recours )


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