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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  

Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles/presse.gifNouvelles de Février 2015 (2) - le 17/02/2015 - 17:12 par MAR

Langue française : Nouvelles de Février 2015 (2)

Jacques Martinez (Bd Voltaire) : Hollande victime du syndrome « Es-Ke » (13/2) (lien)
Sud-Ouest : A-t-on honte d'utiliser le français ? (13/2) (lien)
Yves Montenay : Le français : êtes-vous traître ou ringard ? (13/2) (lien)
France-Amérique acquiert France Magazine et devient bilingue (12/2) (lien)


La langue française, arme d'équilibre pour la mondialisation

  par Yves Montenay et Damien Soupart
(Éditions Les Belles Lettres)

On nous dit : "ce serait plus fun en anglais" ou "plus cool", et on rajoute : "comment, mon pauvre ami, vous ne parlez pas anglais ?".

Bref, on essaie de nous faire croire que le français, c’est dépassé, alors que les géographes nous disent qu’on n’a jamais autant parlé français dans le monde.

Ce livre dresse un bilan de la situation de notre langue en France et à l’international, après son triomphe du XVIIe au XIXe siècle, puis le choc de l’Amérique et de la mondialisation.

Trois points principaux le distinguent des autres ouvrages sur ce thème :

  • l'analyse du rôle des entreprises, qui en France sont des vecteurs de l’anglicisation alors qu’elles diffusent au contraire le français dans les pays étrangers où elles s’implantent,
  • les processus à l'œuvre en Afrique, où vivent des centaines de millions de francophones potentiels,
  • l'absence de stratégie linguistique de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), qui disperse ses forces en tentant d'incarner une deuxième ONU, au lieu de s’inspirer des stratégies déployées par d'autres langues à vocation internationale, l’anglais, mais aussi le portugais ou le mandarin.

Si la mondialisation est un mécanisme puissant, elle peut être utilisée par le français comme par les autres acteurs, linguistiques ou non. C'est une affaire de volonté politique au sens large du terme, intérieure comme extérieure, économique comme culturelle.


Les auteurs

Yves Montenay, démographe et chef d’entreprises, est un spécialiste de la francophonie et du monde musulman. Il dirige depuis 1994 l’Institut Culture Économie et Géopolitique et a également publié, aux Belles Lettres Nos voisins musulmans. Du Maroc à l’Iran, quatorze siècles de méfiance réciproque (2004) et Le mythe du fossé Nord-Sud. Comment on cultive le sous-développement (2003).     

Damien Soupart, diplômé de Sciences Po et de l’École de Guerre Économique (EGE), est actuellement consultant en Intelligence Économique Territoriale, il s’intéresse depuis plusieurs années à la place de la langue française.

le site d'Yves Montenay


Nouvelles de février 2015 - le 05/02/2015 - 21:28 par MAR

Langue française : Nouvelles de février 2015

Réforme de la loi Toubon : les propositions de Guy Dalens (2/02) (lire plus bas)
OEP : L'ENA vire-t-elle au tout anglais ? (lien)
Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) : Racket américain et démission d'État. Le dessous des cartes du rachat d'Alstom par General Electric (lien)


Réforme de la loi Toubon : les propositions de Guy Dalens (2/02)

Guy Dalens  a été chef de service départemental de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

.Le contrôle de l’application de la loi sur la langue française devrait relever d’une juridiction spécialisée comme cela se fait dans le domaine de la concurrence (appréciation des ententes et positions dominantes par l’Autorité de la concurrence puis recours éventuel devant la Cour d’appel de Paris et la Cour de cassation.

Motifs :

  • rendre plus efficace l’application de la loi ;
  • éviter la dispersion ; actuellement un magistrat est submergé d’affaires diverses et d’intérêt variables ; en règle générale un dossier relatif à une infraction à la langue française n’est pas considéré par lui comme prioritaire ; ledit dossier risque d’être enterré avant même d’être examiné au fond.
  • Une juridiction spécialisée ne pourrait plus se cacher derrière le peu d’intérêt d’une infraction à la langue française par rapport à une affaire de viol, de vol ou de divorce, par exemple. Elle sera tenue d’examiner l’affaire puisqu’elle est spécialement chargée de ce contentieux.
  • Homogénéiser la jurisprudence dans ce domaine.

Amendes :

Cette spécialisation devrait s’accompagner d’une modification du régime des sanctions.

Il faut trouver des sanctions appropriées, beaucoup plus dissuasives.

Pourquoi ne pas baser la sanction ou le montant de l’amende sur le chiffre d’affaires de l’entreprise (exemple du droit de la concurrence français et communautaire) !

Contrôle :

Ici aussi prévoir une spécialisation de fonctionnaires chargés de constater les infractions. C’est le rôle de la puissance publique d’intervenir avec ses pouvoirs régaliens.

Notre avocat a fait état de 5 affaires devant les tribunaux. C’est peu alors que nous savons qu’il y des milliers d’infractions beaucoup plus graves que celles citées et qui ne sont pas poursuivies, faute de bras et de volonté politique.

Quel que soit notre courage et notre volonté, ce n’est pas à nous membres d’un association de défense (ou d’avenir) de la langue française de se substituer à l’État ou de prendre en charge ce qu’il ne veut plus faire. On ne le peut pas.

Prévoir deux agents par département, ce qui au total ferait environ 200 agents sur le territoire national chargés de s’occuper de la langue française. Ces agents seraient prélevés sur les administrations existantes. Faire appel à des volontaires, très motivés et formés. J’estime que ce ne serait pas difficile à trouver.

Les infractions qu’ils relèvent seraient transmises à la juridiction spécialisée.

Voilà quelques propositions peu coûteuses et faciles à mettre en œuvre, à incorporer dans nos propositions.

J’ajoute aussi que tous les fonctionnaires qui vont représenter le pays à Bruxelles dans les différentes commissions ou autres (lesquelles pullulent) devraient être rassemblés annuellement. Il conviendrait de leur rappeler qu’ils doivent utiliser le français dans ces instances. Tout manquement à ce devoir serait sanctionné par leur exclusion desdites commission. Une sorte de "missi dominici" serait chargé de contrôler si cette directive est respectée.

Note

Objet : Deuxième proposition : modification de l’article 4 de la loi sur l’emploi de la langue française

Proposition :

Je propose de modifier 2e alinéa de l’article 4 de la loi n°94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française de la manière suivante :

article 4, 2e alinéa actuel

article 4, 2e alinéa modifié

Dans tous les cas où les mentions, annonces et inscriptions prévues aux articles 2 et 3 de la présente loi sont complétées d’une ou plusieurs traductions, la présentation en français doit être aussi lisible, audible ou intelligible que la présentation en langues étrangères".

Dans tous les cas où les mentions, annonces et inscriptions prévues aux articles 2 et 3 de la présente loi sont complétées d’une ou plusieurs traductions, la présentation en français doit toujours être prédominante dans la mise en page et par la taille des caractères d’imprimerie utilisée.

Motifs :

Cette disposition vise à supprimer les dérives constatées, à savoir l’anglais en premier et la langue française en tout petits caractères. Il faut la plupart du temps une loupe pour arriver à lire la traduction en français dissimulée en bas de page. Les publicités de ce genre sont fréquentes. Elles contournent la lettre et l’esprit de la loi du 4 août 1994. Les pouvoirs publics ont eux-mêmes favorisé ces comportements par une interprétation laxiste de la loi (cf. par exemple, l’article 2.1.2 de la circulaire du 19 mars 1996 concernant l’application de la loi n°94-665 du 4 août 1994). La tolérance excessive à l’égard d’une langue étrangère fusse-telle dominante est discriminatoire et n’est pas acceptable. La circulaire du 19 mars 1996 n’est pas la loi ; elle n’est qu’une interprétation de casuiste d’une disposition de la loi ; elle ne lie ni les juridictions chargées d’appliquer la loi, ni les associations agréées chargées de faire respecter la langue française.

Il convient donc d’être plus explicite et ferme dans la formulation du texte afin de réduire les interprétations défavorables à la langue française.

L’article 2 de la Constitution de 1958 pose le principe que la "La langue de la République est le français". Ce principe est rappelé avec force dans l’article 1er de la loi du 4 août 1994.

La langue française ne peut donc être seconde dans son emploi, sauf à nier le principe.

Il en résulte aussi que la langue française doit être nettement prédominante dans toutes publicités bilingues.

Cette nette prédominance ce manifeste, en particulier, dans la mise en page de la publicité, la taille des polices de caractères d’imprimerie utilisée. Le parallélisme de la langue française avec les autres langues d’une publicité bilingue ou leur similitude n’est donc pas recevable

Question de logique et de bon sens.

La jurisprudence canadienne relative à l’emploi de la langue française au Québec tient une argumentation similaire, même si le contexte et les motifs sont différents. (cf. Site : Office québécois de la langue française : La politique linguistique et la Charte de la langue française (ex loi 101) ; jugement du 24/10/2001 Entreprise LTÉE contre La Procureure générale du Québec).


nouvelles2015/michaelle-jean.jpgFrancophonie : Michaëlle Jean prend ses fonctions - le 09/01/2015 - 09:15 par A_Salon

Francophonie
Michaëlle Jean prend ses fonctions à Paris (5/1)

Nous avons annoncé (cf. notre nouvelle du 2 décembre) l'élection au Sommet de Dakar de Michaëlle Jean au poste de Secrétaire général de la Francophonie.

Avenir de la Langue Française, distinguée le 18 décembre dernier par la médaille Senghor de la Francophonie 2014, remise à notre président par Abdou Diouf, présentera dès que possible ses projets de réseaux en Francophonie à Mme Michaëlle Jean. A.S.

michaelle-jean2.jpg

Michaëlle Jean, lors de sa prise de fonction le 5 janvier avec son prédécesseur Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal.

Sur le site de l'OIF

TV5 Monde : Francophonie, et Michaëlle succéda à Abdou...

Dakar Actu : Michaëlle Jean prend officiellement fonction à Paris

Le faso.net : Michaëlle Jean, nouvelle Secrétaire générale de la Francophonie


nouvelles/presse.gifNouvelles de Janvier 2015 - le 06/01/2015 - 08:25 par MAR

Langue française : Nouvelles de Janvier 2015

Disparition de Georges Hage, ancien député communiste du Nord, grand défenseur de la langue française (22/1) (lien)
Marie-Françoise Bechtel (députée de l'Aisne apparentée socialiste) :
Les (élites) françaises ont honte de la France (19/1) (lien)
Droits de l’homme Les francophones de Flandre tirent la sonnette d’alarme (17/1) (lien)
Gabriel Matzneff (Le Point) L'amerloque, notre seconde langue ! (5/1) (lien)


Palmes 2014 de la collaboracheune - le 04/01/2015 - 22:17 par MAR

Palmes 2014 de la collaboracheune

Pour terminer l'année 2014 revenons sur quelques cas emblématiques de la collaboracheune (ou du frédéric-martelisme*) parmi les hélas nombreux adeptes de cette soumission coloniale.

La chaîne Relay qui vend la presse dans les gares, les stations de métro, les aéroports. Cette chaîne issue des bibliothèques de gare fondées par Hachette, devenues Relais H puis Relay pour faire plus anglo-saxon mais cela ne suffisait pas cela pouvait encore se prononcer à la française un crime pour y remédier un slogan affiché en énorme sur tous les points de vente en langue coloniale :

Be happy, be curious, be zen, be positive, be relax, be Relay (y'en a la dedans !)

relay.jpg

Relay :
à éviter en priorité !

tant que cette chaîne, appartenant au groupe Lagardère (groupe parait-il français qui traite avec l'État) ne respectera pas la langue du pays qui l'a nourri et qui le fait vivre.
Cela aura de plus, l'intérêt de favoriser les kiosquiers indépendants qui eux respectent en général notre langue
.

Air France : soi-disante compagnie nationale dont le slogan est devenu "France is in the air"
pourquoi voler avec une compagnie qui massacre notre langue ?

air-france.jpg

 

le groupe Accor qui en décembre 2014 fait toute une campagne dans les journaux français rédigée à 80 % en anglais : Évitez-le !

accor.jpg

La crétinerie à la Lochoise (ville de Loches) et son grotesque I Loches you (quelle imagination !)

i-loches-you.jpg

La région Limousin et son aussi grotesque publicité coloniale Are you Lim ? (lien)

are_you_Lim.jpg


* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)


Francophonie.jpgALF médaille Senghor de la Francophonie - le 21/12/2014 - 15:42 par A_Salon

ALF est distinguée par l'OIF !
ALF médaille Senghor de la Francophonie 2014

Le président d'Avenir de la langue française (ALF) a reçu des mains de M. Abdou Diouf la médaille Senghor de la Francophonie 2014, le 18 décembre au siège de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), en hommage à ALF et aux associations qui, en France et hors de France, mènent ensemble un combat inlassable et exemplaire pour la langue française en France et pour la solidarité et la coopération entre les pays, communautés et collectivités locales, qui ont le français en partage."

Avenue Bosquet, on connaît et approuve notre lutte encore actuelle contre le funeste article 2 de la loi Fioraso, ainsi que notre campagne "Communes pour la langue française". Celle-ci, française d’abord, s’est adossée informellement à l'AIMF (qui, elle, réunit des capitales et métropoles), et elle devient « Communes francophones pour la langue française » par son extension en cours à des pays, communautés et collectivités locales, de langue maternelle française, puis, plus largement, de la Francophonie. Le départ de M. Abdou Diouf est déploré par nos militants, comme je l'ai exprimé à l'ancien Secrétaire Général de l'OIF, ancien Président de la République du Sénégal, poulain et successeur de l'Immortel Senghor... et ancien élève de l'École nationale de la France d'Outre-Mer où il reçut l'enseignement du grand humaniste colonial Robert Delavignette. Il l'associe à Van Vollenhoven, et en parle avec admiration et émotion, comme du lycée Faidherbe à Saint-Louis et de ses professeurs français "sans une once de racisme"...

Je lui ai remis l'article joint sur le Sommet de Dakar. Je ne le trahirai pas en relatant son incompréhension des gouvernements de la France, qui négligent cet atout énorme de la Francophonie et de la demande de français dans le monde, notamment en Afrique.

Albert Salon


nouvelles2014/moscovici.jpgPierre Moscovici Carpette Anglaise 2014 - le 17/12/2014 - 23:19 par MAR

La Carpette nouvelle est arrivée !

Pierre Moscovici Carpette Anglaise 2014

Communiqué de l’Académie de la Carpette Anglaise

Réuni chez Lipp le 17 décembre 2014, sous la présidence éclairée de Philippe de Saint Robert, le jury composé de représentants du monde littéraire1, politique et associatif2, a décerné le prix de la Carpette anglaise 2014 à un membre des "élites françaises" qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.

A été distingué, au premier tour de scrutin, M. Pierre Moscovici, membre de la Commission européenne pour avoir adressé à M. Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics, une lettre entièrement en anglais.

Le prix à titre étranger3 a été attribué, au premier tour de scrutin, à Mme Paula Ovaska-Romano, directrice du Département pour les langues et directrice déléguée de la Direction générale de la traduction de la Commission européenne, pour avoir violemment tancé en anglais une responsable associative qui la sollicitait en italien et avoir qualifié, à cette occasion, l’italien de "langue exotique".

Que déshonneur leur soit rendu !

Contact : Marc Favre d’Échallens, Secrétaire de l’Académie de la Carpette anglaise.

Courriel : parlerfranc@aol.com Académie de la Carpette anglaise, chez Le Droit de Comprendre, et Avenir de la langue française, 34 bis, rue de Picpus, 75012 Paris.


1 Hervé Bourges, Benoît Duteurtre, Paul-Marie Coûteaux sont membres de l’académie de la Carpette anglaise.

2Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), le Collectif unitaire républicain pour la résistance, l’initiative et l’émancipation linguistique (COURRIEL), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DdC).

3Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.


nouvelles2014/dakar2014.jpgSommet de la Francophonie de Dakar : vigilance ! - le 17/12/2014 - 09:14 par A_Salon

Sommet de la Francophonie de Dakar : vigilance !

Le Sommet a tenu sa 15ème session, les 29 et 30 novembre 2014 à Dakar, en présence des représentants – dont trente-trois chefs d’État et de Gouvernement - de la quasi-totalité des quelque 80 membres de l’Organisation internationale de la Francophonie, et d’observateurs de pays non membres de l’OIF, dont l’Algérie.

Les thèmes officiels – femmes et jeunesse - ont été traités avec les recommandations consensuelles de rigueur.

Mais, selon des analystes objectifs, ce Sommet a marqué une évolution inquiétante.

Il laisse entrevoir, non la vraisemblance, mais la possibilité d’un effritement, voire d’une lente sape par les ennemis de la Francophonie organisée (OIF). En effet :

  • La vieille et utile idée d’ajouter un fort contenu économique et commercial à la Francophonie organisée, surtout culturelle, a été, certes, réaffirmée fortement lors de ce 15ème Sommet, dans la ligne des rapports de Pouria Amirshahi en 2013 et de Jacques Attali en 2014. Mais la volonté réelle des partenaires principaux et les mesures concrètes à prendre ne sont guère présentes. Guère plus qu’après le Sommet de 1997 à Hanoï : la conférence des ministres de l’économie et des finances alors décidée eut bien lieu en avril 1998 à Monaco, sous la présidence du Français Dominique Strauss-Kahn ; mais elle fut "neutralisée" par les pays du Nord.
  • La fâcheuse tendance à l’élargissement indéfini à de nouveaux membres, de moins en moins francophones, se poursuit. Après le Qatar en 2012 ont été, en novembre 2014, admis en qualité d’observateurs le Mexique, le Costa Rica, et le Kossovo, peu francophones, et auxquels il n’est même plus demandé sérieusement de renforcer la langue française dans l’enseignement, les media et même les relations diplomatiques internationales, et à l’ONU. Si l’affluence de candidats à l’entrée peut donner aux mal informés l’impression d’une bonne santé de l’Organisation, les crédits étant, eux, en baisse, cette simple apparence cache un réel danger de dilution, et d’affadissement.
  • La succession de M. Abdou Diouf, difficile compte tenu de la personnalité de cet ancien Président de la République du Sénégal qui a su, en douze ans (trois mandats de 4 ans) renforcer l’OIF sur la scène politique internationale, et contribuer, en haut sage africain très respecté, à la résolution de conflits en Afrique, n’a pu être assurée de manière satisfaisante. Selon une sorte de pacte conclu en 1997 au Sommet de Hanoï la succession de M. Boutros Boutros Ghali, ancien Secrétaire général de l’ONU, le poste de Secrétaire général de l’OIF, alors créé, devait aller à l’Afrique francophone, dont les pays constituent le groupe continental le plus nombreux au sein de l’Organisation. Or, c’est une candidate du Nord, une Canadienne, qui a été élue, dans des conditions qui restent contestées.

En effet, faute de candidatures crédibles d’anciens chefs d’État africains (ou autres, par exemple : libanais), susceptibles de recueillir une majorité, le Canada fédéral a pu, au terme d’une longue campagne très déterminée et active, voire acharnée jusqu’au dernier moment, obtenir l’élection de son ancien gouverneur général, Mme Michaëlle Jean, représentante à Ottawa de la reine du Royaume Uni et du Commonwealth.

Mme Jean est une très avenante mulâtresse haïtienne de moins de 57 ans, immigrée depuis longtemps au Québec. Journaliste connue à Radio Canada, elle épousa le cinéaste français Jean-Pierre Lafont. Elle eut, avec son mari, une présence active dans les milieux indépendantistes québécois. Elle accéda aussi à la nationalité française avant de l’abandonner afin de pouvoir être nommée gouverneur du Canada par les habiles gouvernements d’Ottawa et de Londres. Elle n’a exercé aucune haute responsabilité politique vraiment exécutive, celle de gouverneur étant là-bas essentiellement honorifique et protocolaire. Elle ne possède pas une réelle connaissance de l’Afrique, continent principal pour l’avenir de la Francophonie. Beaucoup d’Africains sont marris de son succès, pour n’avoir pu s’entendre sur l’un des leurs. Ni, du reste, sur le Mauricien Jean-Claude de l’Estrac, peut-être le meilleur de tous, plusieurs fois ministre dans son pays, Secrétaire général de la Commission de l’Océan indien qui est en majorité francophone. Il est vrai qu’il n’est pas d’Afrique continentale, ni ancien chef d’État. Mais il avait présenté partout un programme cohérent et attrayant, soutenu par divers gouvernements africains et asiatiques et par nos sociétés civiles du Nord. D’aucuns avaient espéré son élection jusqu’au dernier moment. Il eût aussi fallu pour cela qu’il eût été mieux soutenu par les membres européens de l’OIF, particulièrement par la France, ce qui ne fut pas le cas, malgré diverses assurances reçues par lui à Paris.

M. de l’Estrac a pu, dans une conférence de presse, inusitée en pareille circonstance, déplorer ce qu’il a pu ressentir comme une trahison de la part de pays africains qui s’étaient engagés à le soutenir, et du Président français, bizarrement acquis à la candidature de Mme Jean.

Les observateurs avertis savent que le Canada fédéral, contrairement au Québec, est en Francophonie un peu pour ses communautés francophones qu’il laisse fondre hors Québec, mais beaucoup pour encadrer et surveiller le Québec "Belle Province", depuis la création de la timide ACCT en 1970 à Niamey, et plus encore depuis le premier Sommet réuni en février 1986 à Paris et Versailles par le Président Mitterrand. Ainsi que pour faire pièce à un allié-ami et néanmoins concurrent-ennemi : la France. Aussi pour développer les affaires avec l’Afrique. Mais ce dernier objectif ne saurait être condamné ici, car largement partagé par la France, le Vietnam, la Belgique, la Suisse, le Qatar, et bien d’autres pays membres.

Dans divers milieux québécois, on regrette que l’élection d’une personne du Nord au Secrétariat général de l’OIF entraîne le départ de M. Clément Duhaime, leur compatriote compétent et respecté. En effet, en vertu d’une tradition bien ancrée, le poste clé d’Administrateur général va à une personne du Sud si le Secrétaire Général vient du Nord, et réciproquement.

Ne va-t-on pas aussi là-bas, et ailleurs, jusqu’à faire, à Mme Jean et à Ottawa, un procès d’intention : celui d’une sorte d’OPA sur l’OIF au profit du Canada fédéral et de l’empire anglo-saxon. Quitte, logiquement, à prouver la justesse de la prévision d’un Bernard Kouchner qui voyait dans " l’anglais, l’avenir de la Francophonie" ?…

Les associations concernées, inquiètes, refusent pourtant ce scénario catastrophe.

Elles sont, tout en restant particulièrement vigilantes, prêtes à donner toutes ses chances à Mme Jean, à sa sensibilité, son intelligence, à son souci de laisser une marque digne d’elle dans l’histoire de la construction de la Francophonie

Elles travaillent simplement à développer la solidarité et la coopération entre associations de France, du Québec, de Wallonie-Bruxelles, de Suisse, et d’autres communautés francophones, y compris en Afrique, en Amérique centrale et en Asie, pour faire face à toutes éventualités.

Elles peuvent retrouver ainsi l’esprit, le bouillonnement très fécond de la décennie que, dans les années 1960, avant la création en 1970 de l’ACCT, on a appelé la Francophonie des ONG.

Albert Salon, président d'ALF, docteur d’État ès-lettres, ancien conseiller culturel puis ambassadeur français.


nouvelles/presse.gifNouvelles de Décembre 2014 (2) - le 12/12/2014 - 13:51 par MAR

Langue française : Nouvelles de Décembre 2014 (2)

France Culture Alain Borer : la langue française face au désastre? (lien)
Le groupe "français" Accor nous matraque avec ses pubs à 80% en langue coloniale - "oui notre monsieur, oui notre bon maître" aurait chanté Brel (voir plus bas)
L’OIF instaure les "Rendez-vous de l’OIF" le 1er le 11/12 avec l’Université Paris-Dauphine "La langue française levier de développement économique" (lien)


Accor où la servilité coloniale

accor.jpg

publicité parue dans Le Monde du mardi 16 au jeudi 18 décembre 2014


nouvelles/presse.gifNouvelles de Décembre 2014 - le 08/12/2014 - 21:50 par MAR

Langue française : Nouvelles de Décembre 2014

Guillaume Perrault (Figaro) Nobel : est-il ringard de parler français ? (10/12) (lien)
Bruno Dewaele (La Voix du Nord) Quand la commission européenne admoneste le Gouvernement français "En anglais dans le texte" (8/12) (lien)
Sud-Ouest Bordeaux : un justicier pourfend les fautes de français sur les panneaux(11/12) (lien)



nouvelles2014/michaelle_jean.jpgMichaëlle Jean à la tête de la Francophonie - le 02/12/2014 - 18:17 par MAR

Michaëlle Jean à la tête de la Francophonie

La Canadienne d'origine haïtienne Michaëlle Jean a été désignée dimanche 30 novembre pour prendre la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. Elle occupera son poste de manière effective au 1er janvier 2015. Elle succède à Abdou Diouf, aux commandes de l'institution depuis 12 ans.
RFI La Canadienne Michaëlle Jean à la tête de l’OIF: un choix inédit
Le Monde
La Canadienne Michaëlle Jean secrétaire générale de la Francophonie
Courrier International : Michaëlle Jean, l'exception culturelle francophone

OIF La déclaration de Dakar et les résolutions du sommet

 

 


nouvelles2014/europe28.jpgL’Europe sera multilingue ou ne sera pas ! - le 28/11/2014 - 09:52 par MAR

L’Europe sera multilingue ou ne sera pas !

Le Comité de coordination pour la démocratie linguistique en Europe qui réunit 14 associations européennes a envoyé au président de la commission européenne Jean-Claude Juncker l'Appel du 26 septembre lancé lors de la Journée européenne des langues : "L’Europe sera multilingue ou ne sera pas" dont le texte suit.


L’Europe sera multilingue ou ne sera pas !

Les institutions de l’Union européenne, en donnant la préférence à l’anglais pour en faire pratiquement la langue unique de l’Europe, violent les traités européens.

Le choix de l’anglais comme langue dominatrice procure des avantages massifs, d’ordre économique et politique, aux citoyens de l’UE dont il est la langue maternelle.

Les citoyens de l’UE qui ont d’autres langues maternelles que l’anglais deviennent des étrangers dans l’Union et prennent de moins en moins part à la démocratie de l’Union.

Les langues européennes autres que la langue dominatrice perdent de plus en plus de leur importance culturelle ; l’identité culturelle des pays où elles sont pratiquées est dangereusement lésée. L’Union européenne perdra son droit à l’existence si elle n’arrête pas l’évolution actuelle vers 1’unilinguisme, et si elle ne revient pas à la pluralité linguistique.

C’est pourquoi, nous appelons les citoyens européens à mettre en œuvre toute leur influence politique afin de lutter contre la régression de l’Europe vers l’unilinguisme.

L’Union européenne est née en tant qu’association libre de pays européens dans une entité supranationale, assurant le pluralisme et l’égalité des droits de tous les peuples participants.

Pour la première fois dans l’Histoire, les pays européens ont décidé d’unir leurs destinées dans un projet d’intégration mettant fin à toute division, à tout conflit, à toute velléité de domination.

Un projet européen de cette taille ne saurait se concevoir sans le respect absolu de l’identité des pays qu’il rassemble, de leur culture et du multilinguisme qui en est l’expression tangible et l’essence même, la condition nécessaire à sa réussite.

L’article 217 du traité instituant la Communauté économique européenne, signé à Rome le 25 mars 1957, stipule : "Le régime linguistique des institutions de la Communauté est fixé, sans préjudice des dispositions prévues par le statut de la Cour de justice, par le Conseil statuant à l’unanimité." Cet article n’a jamais été changé, malgré toutes les modifications que le traité a subies par la suite. N’a pas changé non plus le règlement d’application (1) où on lit : "Les langues officielles et les langues de travail sont la langue française, la langue italienne, la langue néerlandaise et la langue allemande." À ces quatre premières se sont ajoutées, au fur et à mesure des adhésions, les langues des nouveaux pays membres. Ce fait souligne l’importance accordée à la langue de chaque pays dans le contexte de l’intégration des peuples européens.

Dans la réalité, cependant, ces dispositions ne sont pas appliquées, ce qui rend difficile la participation effective du citoyen européen, qui finit par regarder les institutions européennes comme des entités lointaines et artificielles. L’absence, dans la pratique, d’un véritable multilinguisme, accroît de façon exponentielle la distance entre les citoyens et les institutions et leur gestion de la "res publica europea".

En cachette et tout en continuant à affirmer le contraire(2), des institutions européennes, et notamment la Commission, ont mis en œuvre des mesures et des pratiques de plus en plus ramifiées affectant le multilinguisme et favorisant une seule langue. Les raisons invoquées pour cette mise à l’écart "pragmatique" des autres langues sont toutes d’ordre financier, et cela bien que la Commission européenne ait affirmé dans nombre de documents officiels que de tels motifs n’entrent pas en ligne de compte pour le règlement de difficultés d’ordre politique. Et les langues sont justement un obstacle politique, peut-être même l’un des plus notables.

Parallèlement, les programmes d’enseignement des différents États membres sont de plus en plus axés, et pas seulement dans le domaine linguistique, sur la langue anglaise, à tel point que pour un élève ou un étudiant il devient difficile, voire impossible, de choisir les langues qui se présentaient traditionnellement comme faisant partie de la culture européenne, comme le français, l’allemand, l’italien, l’espagnol. Et tout cela en contradiction ouverte avec les conclusions du Sommet de Barcelone où, pour favoriser une intégration harmonieuse entre les peuples, on a invité les États membres à faire apprendre aux jeunes au moins deux langues étrangères.

La langue est un instrument de pouvoir, peut-être le moins évident, mais sûrement le plus efficace. On est donc confronté à une tentative de colonisation de l’Europe à laquelle collaborent, de bonne ou de mauvaise foi, les responsables des politiques communautaires, et pas seulement dans le secteur linguistique. Conséquence immédiate de cette stratégie de domination et de son acceptation irresponsable de la part des autorités des autres pays, peu à peu les citoyens de langue maternelle anglaise vont occuper non seulement tous les postes clés mais tout simplement et prioritairement tous les postes en laissant aux autres ce qui reste. Cette évolution est déjà en cours dans les institutions de l’Union et dans beaucoup d’entreprises européennes.

La classe politique européenne ne saurait s’acquitter de ses responsabilités dans le domaine linguistique par de simples contributions en faveur de langues locales et/ou minoritaires. Aujourd’hui sont menacées et doivent être développées des langues telles que le français, l’espagnol, l’italien, l’allemand et toutes les autres langues officielles, qui constituent le fleuron de la culture et du patrimoine européens et servent de support à bien d’autres langues à travers le monde.

Dans cette lutte, personne ne se sauvera seul. Ceux qui se plient à la domination de l’anglais et espèrent la tempérer par la survie d’une ou de deux autres langues sont des perdants, dès le départ. D’abord, parce qu’il faut assurer la participation effective du citoyen à la "res publica europea" et, ensuite, parce que ce qui est aujourd’hui remis en question c’est une façon de vivre, une forme de pensée, une vision du monde qui ne peuvent se résumer ni en une ni en deux ni en trois langues seulement.

Il est nécessaire et urgent de mettre en œuvre un système européen souple et flexible, qui assure le lien entre l’Europe et ses citoyens et les conduise à participer activement à sa construction, dans une optique de culture et de démocratie.

La colonisation actuellement en cours sape les valeurs d’égalité et d’égale dignité qui sont garanties aux citoyens européens par les textes, mais systématiquement remises en question par la Commission et d’autres institutions.

Nous sommes convaincus que, sans une égalité effective entre les citoyens européens, toute obligation morale d'appuyer et de renforcer l'Union tombera, pour laisser la place à l'obligation opposée de la détruire afin de sauvegarder sa propre identité, ce qui serait une vraie tragédie.

Ou bien l'Europe respectera et gardera la diversité de ses cultures et de ses langues, cette diversité qui en constitue l'identité et la spécificité, ou bien elle périra dans une série de conflits, dont on perçoit déjà les premiers signes.

(1) Règlement n.1 établissant le régime linguistique de la Communauté économique européenne, article 1erJournal officiel n.B 017 du 06/10/1958, p 385.

(2) Déclaration inscrite au procès-verbal du Conseil, 25 juin 2002 : "Rappelant les conclusions du Conseil européen de Barcelone en ce qui concerne l’enseignement des langues étrangères, le Conseil et la Commission encouragent l’ensemble des institutions à promouvoir la diversité culturelle et les connaissances linguistiques à tous les stades de la carrière des fonctionnaires et autres agents des Communautés européennes."

Nous lançons donc un appel à tous les Européens épris de liberté et soucieux de préserver leur identité et les valeurs portées par leur langue pour qu’ils exigent du Parlement européen, du Conseil de l’Union, de la Commission européenne :

1. La primauté, pour la question linguistique en Europe, de sa dimension politique, sur tout autre aspect technique ou financier.

2. Le respect de la diversité linguistique et culturelle de l’Europe, sans laquelle celle-ci perdrait elle-même son identité.

3. Un régime linguistique des institutions européennes explicite, choisi selon des règles démocratiques et transparentes, soumis à un véritable débat public.

4. L’adoption d’une politique linguistique fondée sur le principe d’égalité des citoyens et, par conséquent, d’égalité de leurs langues et cultures respectives.

Comité de coordination pour la démocratie linguistique en Europe
Allarme lingua
Athena
Avenir de la Langue Française
Campagne Européenne pour les langues
Défense de la Langue Française
Droit de comprendre
Linguarum democratia
Observatoire International de la Langue Française
Verein Deutsche Sprache
Association des professionnels de la traduction des brevets d'invention
Association pour la promotion de la francophonie en Flandre
Cercle littéraire des écrivains cheminots
e-historia.net
La ligue de coopération culturelle et scientifique Roumanie-France


 


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2014 (5) - le 28/11/2014 - 08:16 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2014 (5)

Le Monde : Alain Borer, vigie de la langue (28/11) (lien)
Pouria Amirshahi : Francophonie, le sursaut ou le déclin (28/11) (lien)
J. Bodin (Natixis) Le français est une force commerciale et industrielle (26/11) (lien)
La Croix : Cartographie de la francophonie dans le monde (27/11) (lien)
20e édition de la Semaine de la langue française et de la Francophonie (lien)

 


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2014 (4) - le 27/11/2014 - 21:43 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2014 (4)

Le Magazine Littéraire - Pierre Assouline : Triomphe de l'anglobal (28/11) (lien)
Jeune Afrique : Au Rwanda, le français fait un discret retour (27/11) (lien)
Fama Diagne Sene : Hommage à la langue française (25/11) (lien)
Daouda Cissé : Langue française et cultures nationales en Afrique (24/11) (lien)
Netflix assigné en justice pour "clauses abusives et illicites" (24/11) (lien)


nouvelles2014/francophonie-dakar.jpgLe 15e Sommet de la Francophonie de Dakar - le 25/11/2014 - 19:01 par MAR

Le 15e Sommet de la Francophonie de Dakar

Le 15e Sommet de la Francophonie se déroule à Dakar du 29 au 30 novembre. Les chefs d’État et de gouvernement de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) se réunissent pour définir les prochaines orientations de la Francophonie, statuer sur l’admission de nouveaux pays membres et élire le prochain Secrétaire général de la Francophonie qui remplacera Abdou Diouf.

informations sur le site de l'OIF

Le sommet en direct sur tvfrancophonie.org
La cérémonie d’ouverture : samedi 29 novembre à partir de 9h30 (TU)
La conférence de presse finale : dimanche 30 novembre à partir de 13h (TU)

à lire sur le site de La Croix : Cartographie de la francophonie dans le monde (lien)

 


nouvelles/presse.gifNouvelles de Novembre 2014 (3) - le 16/11/2014 - 23:10 par MAR

Langue française : Nouvelles de Novembre 2014 (3)

Alliance Francophone : Ultime appel à l’OIF (18/11) (lien)
Le Figaro : Quand la CGT défend la langue française(14/11) (lien)
CGT : "Non à l'anglicisation de Carrefour, de la France et de l'Europe !" (lien)
Le Quotidien du Peuple  : Le français, une langue qui me fait découvrir de nouvelles opportunités sur le monde (lien)


 


Gvts et démolition du français et de la Francophonie - le 16/11/2014 - 23:03 par Albert_Salon

Attitude des gouvernements français
et œuvre de démolition de la langue française et de la Francophonie : 2007-2014

Graves atteintes tolérées, voire portées, depuis 2007 au texte
et surtout à l’esprit de la Constitution (art. 2) et de la loi Toubon

Cela malgré les discours des deux Présidents de la République successifs, à partir de celui, de campagne, de 2007 à Caen, dont il convient de souligner l’excellence :

1) 2007-2012

- En janvier 2008, les parlementaires français ratifient le Protocole de Londres et le renoncement à l’exigence de traduction intégrale des brevets européens. Il n’a pas été tenu compte de l’avis très défavorable de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie (APF).

- En janvier 2009, les représentants de la France ont renoncé au rang de langue de travail du français au sein de l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), et poussé les autres pays de la Francophonie à faire de l’anglais la seule langue, entérinant ainsi l’hégémonie linguistique anglo-saxonne, contre les intérêts de tous les francophones.

L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) tente un rattrapage consistant à faire évoluer le régime linguistique de l’IRENA vers le plurilinguisme : avec quel appui français ?

- En juin 2009, le Conseil Économique, Social et environnemental (CESE) écrit dans un rapport" que "le recours à l’anglais comme code commun se généralise, sans que cela soit nécessairement une menace pour la diversité des langues. C'est une facilité dont certains Français hésitent encore à se servir, alors que, pour d’autres, c’est la solution miracle".

- En juin 2010, l’arrêté ministériel instituant l’anglais comme seule langue obligatoire pour l’épreuve orale du concours d’entrée à l’École nationale de la magistrature (ENM) est validé par le Conseil d’État.

- En janvier 2012, l’Agence française pour le Développement (AFD), établissement public agissant pour le compte de l’État, émet un appel à projets pour une conférence le 14 juin à Paris. Elle exige de la part des soumissionnaires francophones des réponses exclusivement en anglais. Saisis par nos associations, les pouvoirs publics compétents n’ont pas réagi.

- Plus insensiblement, le français en France a perdu d’autres positions au cours de ce quinquennat. Ainsi, les autorités de l’aéronautique civile, du transport et du contrôle aérien français ont achevé d’imposer l’usage exclusif de l’anglais dans ces domaines. Il en est allé de même dans les sciences et la recherche, pour les appels à projets de l’Agence nationale de la Recherche (ANR). Un recours de nos associations fut rejeté par le Conseil d’État.

- Dans les institutions européennes, le gouvernement français n’a fait montre d’aucune fermeté ni opiniâtreté pour maintenir les positions de la langue française, attaquées quotidiennement par nos partenaires-adversaires ; il a même toléré que ses instructions et circulaires, notamment celle d’avril 2004 de M. Raffarin, fussent ignorées et bafouées par ses propres fonctionnaires, voire par ses ministres.

- En ce qui concerne la francophonie mondiale, insensiblement au cours de ces années, le gouvernement français a accentué la diminution des crédits pour notre action culturelle à l’étranger (écoles, lycées, établissements d’enseignement supérieur, instituts et centres culturels, Alliance française, Mission laïque…) ; il a mondialisé davantage l’aide française au développement au détriment d’une préférence pour les pays francophones ; il n’a pas sensiblement augmenté ses contributions aux institutions de la Francophonie-Communauté (OIF), tout en renforçant encore la préférence à son élargissement au détriment de son approfondissement ; il a, dans le "triangle Ottawa-Paris-Québec", rompu de fait l’équilibre délicat en privilégiant fortement les relations avec le Canada fédéral, au détriment de celles, naguère très étroites, qu’il entretient depuis le Général de Gaulle avec l’État fédéré québécois.

2) 2012-2014 : Le quinquennat suit et renforce la ligne du précédent

- Dès janvier 2013, les pressions exercées depuis le début du siècle par certains milieux universitaires (MM. Pierre Tapie, le Pr Auger, Richard Descoings, entre autres) partisans de l’enseignement en anglais dans nos grandes écoles et universités - pressions déjà partiellement victorieuses sous le ministère de Mme Valérie Pécresse - ont maintenant abouti. Mme Fioraso put présenter un projet de loi portant réforme de l’enseignement supérieur, dans lequel un article 2 ouvrait grandes les vannes de l’enseignement en anglais, par une extension pratiquement illimitée des dérogations déjà permises par la loi Toubon.

Les réactions très vives de 32 associations en synergie, la mobilisation par leurs soins des académies, de diverses institutions et personnalités éminentes, ainsi que de parlementaires de tous bords, dont MM. Pouria Amirshahi (et ses 40 députés PS) et Daniel Fasquelle (UMP), ont conduit à des amendements. Le plus important de ces amendements pose l’interdiction d’offrir des formations diplomantes exclusivement en anglais.

Mais la présence de ces amendements dans le texte voté, puis promulgué le 22 juillet 2013, n’a pas empêché une joyeuse prolifération, de formations illégales. Cela, plus grave encore, dans le silence et l’inaction complices des ministères auxquels la loi Fioraso votée fait pourtant obligation expresse d’accréditer les formations nouvelles, donc de refuser l’accréditation aux formations illégales.

Contre ces offres illégales, 14 associations, dont les principales agréées par les ministères de la Culture et de la Justice pour veiller à l’application de notre législation linguistique, ont déjà déposé des recours gracieux et s’apprêtent à en déposer d’autres, ainsi que des recours juridictionnels devant les tribunaux administratifs compétents.

Elles estiment urgent que l’État rétablisse en la matière une légalité ouvertement bafouée.

- Le Président de la République en exercice avait annoncé en 2012 dans ses thèmes de campagne la ratification de la Charte des Langues régionales et minoritaires. Or une disposition très importante de cette charte rendrait possible pour ces langues d’accéder au moins en partie à l’officialité. Elle avait été jugée inconstitutionnelle par la Cour de la rue Montpensier. Les associations rappellent que la République n’a qu’une langue officielle. Les co-officialités détruiraient l’unité de la Nation et nuiraient gravement à la langue française.

- Depuis 2013 : la circulaire d’avril 2013 du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault sur l’obligation faite aux agents publics français d’employer la langue de la République en France, à Bruxelles (UE), et dans les institutions internationales, n’a pas été respectée.

- Les pouvoirs publics ont fait preuve d’un mépris croissant à l’égard des associations qui, très actives, veillent à l’application de la législation linguistique, et dont trois sont, à cet effet, agréées par les ministères de la Culture et de la Justice. Leurs actions conjuguées ont été jugées gênantes à l’occasion de l’affaire Fioraso, notamment à ses débuts, car elles avaient appelé en vain à réagir les ministres dont les fonctions étaient directement affectées par le passage à l’enseignement en anglais : Mme Benguigui (Francophonie), Mme Filippetti (langue française en France), M. Fabius (réseau culturel à l’étranger, encore remarquable).

Gênante aussi leur action collective visant à obtenir, dans une grande campagne nationale "Communes de France pour la Langue française", l’équivalent d’un referendum d’initiative populaire en faveur du français, contre son remplacement imposé par un "globish pour tous"

- Dans ce contexte de désarroi et d’abandon, il ne faut pas s’étonner de ce que la Commission de Bruxelles se soit crue justifiée à envoyer à l’automne 2014 aux plus hautes autorités françaises une note en anglais – du reste humiliante dans son contenu et sa forme - sur la présentation de son budget national. L’usage de l’anglais seul ajoutant à l’humiliation l’expression d’un mépris ouvertement insultant que des gouvernements français antérieurs n’eussent –eux - jamais toléré. Il devient essentiel et urgent de mettre un terme à une telle arrogance, comme à notre inadmissible tolérance.

-En ce qui concerne la francophonie mondiale, le gouvernement français a certes réaffirmé dans ses discours à la fois l’engagement francophone de la France, et un intérêt un peu réanimé pour la relation franco-québécoise, mais il garde en fait, là aussi, la même attitude fondamentale que son prédécesseur immédiat. Sa contribution à la préparation du Sommet francophone des chefs d’État et de gouvernement en novembre 2014 à Dakar, et à la délicate succession du Secrétaire général de l’OIF, a manqué de vision et de sérieux.

Les Français les plus critiques à l’égard de la politique gouvernementale du français et de la Francophonie depuis 2007 utilisent les constats ci-dessus pour dresser un réquisitoire en forfaiture et en trahison, et y voir le résultat d’une propagande et d’une action impériales de plusieurs décennies soutenue par nos "collabos de la pub et du fric" selon Michel Serres.

Nous ne voulons pas croire à cette thèse du complot. Plutôt à un "air du temps" qui est propice à tous les désarrois et abandons, et qui ne touche pas seulement la France.

Mais avouons qu’il est de plus en plus difficile de s’en tenir à "l’air du temps" si commode.

Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur du Mérite national, coordinateur de réseaux francophones internationaux.


nouvelles/presse.gifNouvelles de Novembre 2014 (2) - le 12/11/2014 - 10:09 par MAR

Langue française : Nouvelles de Novembre 2014 (2)

L'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) publie son rapport : Le nombre de francophones est estimé à 274 millions en 2014 contre 220 en 2010 (lien)
Philippe Lawson : Forum de la Langue Française - Liège 2015 (lien)
La Croix : Le nombre de francophones augmente dans le monde (5/11) (lien)



nouvelles2014/pierre-demers.jpgLe centenaire de Pierre Demers - le 11/11/2014 - 22:34 par Albert_Salon

Le centenaire de Pierre Demers

fêté au Québec, au Canada et en France :
pour la renaissance d'une "fierté de la Francité"

On vient de fêter les cent ans de Pierre Demers, grand physicien nucléaire québécois, infatigable champion et bretteur de l'indépendance du Québec.

Avenir de la langue française (ALF) qui a travaillé constamment avec lui ces dernières années, s'était associée aux célébrations par l'envoi d'un long message d'hommage.

Nous reproduisons ici l'article de notre ami Jacques Bergeron, de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, qui exhorte à cette occasion le peuple francophone du Québec et du Canada à retrouver la fierté de ses grands hommes et de ce qu'il est, ainsi que la volonté de se libérer.

De quoi inspirer nous autres Français de France. Albert Salon.


Cette grande dame ; la Révolte

par Jacques Bergeron

Je viens de lire l'article sur la "révolte", cette grande dame de la libération qui semble nous faire défaut.

Comment un peuple peu fier de ce qu'il est et de ce qu'il fait, peut-il se révolter alors qu'il possède de grands scientifiques, de grands artistes, de grands écrivains, de grands chanteurs, de grands musiciens, de grands administrateurs et qu'il n'a pas encore appris à être fier de ce qu'il possède en son sein.

J'oubliais ; il est fier de son équipe de hockey dont les joueurs sont, pour la plus grande partie d'entre eux, des étrangers.

Et oui ; ce peuple dont nous faisons partie est fier des étrangers alors qu'il ne l'est pas de ses semblables.

Hier soir, j'assistais au "100ème anniversaire de naissance" de Pierre Demers, probablement, le plus grand scientifique que le Québec (et le Canada) ait connu, et pourtant un très petit nombre de nos frères et de nos sœurs connaissent ce grand homme ; bien sûr, qu'ils et elles connaissent Hubert Reeves, qui n'est tout de même pas à dédaigner, mais pour Pierre Demers qui fut le seul Canadien-français, et le seul Canadien-Canadian, tout court, à œuvrer dans le nucléaire, on repassera.

Ce qu'il faut pour que le mot révolution existe chez ce peuple fondateur du Canada, c'est la fierté de se reconnaître dans tous les "Samuel de Champlain", dans tous et toutes ses artistes et dans tous les autres grands Canadiens-français québécois et grandes Canadiennes -françaises des Amériques !

Nous n'aurons plus alors à implorer la fierté en nous demandant pourquoi elle nous a abandonné-e-s.

Jacques Bergeron


nouvelles2014/montebourg_insead.jpgMontebourg se forme dans la langue du capitalisme - le 06/11/2014 - 14:53 par MAR

Montebourg se forme
dans la langue du capitalisme financier

Nous apprenons qu'Arnaud Montebourg, ancien ministre de l'économie, va suivre un cursus "Advanced Management Programme" (sic !) à l'Insead (école "française" sise à Fontainebleau) dont la particularité est de dispenser ses enseignement entièrement en anglais !

On peut s'étonner que ce soit-disant défenseur du "produisons français" en révolte contre la financ,e trahisse sa langue, validant le fait qu'une telle formation ne pourrait avoir lieu en français et choisisse pour celle-ci la langue du capitalisme financier.

Même le directeur "Executive Education"de l'Edhec, Benoît Arnaud, dont l'école est passée depuis 2005 au tout anglais (lire notre article sur ce sujet) trouve que "Pour le chantre du "Made in France", on peut regretter qu'il se précipite dans l'école la moins française de l'Hexagone" ! MAR


nouvelles/presse.gifNouvelles de Novembre 2014 - le 03/11/2014 - 18:30 par MAR

Langue française : Nouvelles de Novembre 2014

Institut international pour la Francophonie : XVe Entretiens de la Francophonie "Les facteurs d’attractivité de la Francophonie" à Lyon le 14 novembre (programme)
Grammalecte : Correcteur grammatical du français pour les logiciels libres (lien)


 


nouvelles2014/orthodidacte.jpgOrthodidacte fête ses 5 ans - le 29/10/2014 - 22:12 par MAR

Orthodidacte fête ses 5 ans

La plateforme d’apprentissage de l’écrit de la langue française, créée par Michael Hiroux et Guillaume Terrien, champion de France d’orthographe constitue une nouvelle approche pour apprendre l’orthographe et la grammaire de la langue française.

La méthode souhaite allier les pratiques pédagogiques et didactiques les plus efficaces et les technologies les plus innovantes pour permettre de progresser rapidement tout en s'amusant.

Orthodidacte revendique le plaisir d’apprendre. Elle s'appuie sur des cours et des exercices vivants et multimédias devant permettre d’atteindre rapidement des résultats durables. Elle propose un ensemble de cours, du débutant à l’expert, du collégien à l’étudiant et du francophone au non-francophone. La plateforme est censée mesurer en permanence les progrès de l'utilisateur et propose une large sélection de cours adaptés à son niveau et à ses centres d’intérêt.

Pour ses créateurs Orthodidacte s'appuie sur une idée très simple : "apprendre l’orthographe doit être ludique, facile et efficace".

La méthode repose sur trois piliers :

  • une bonne compréhension de la structure de la langue ;
  • une pédagogie introduisant des ressorts de jeux dans les phases d’apprentissage ;
  • une personnalisation des parcours d’apprentissage.

Voir le site www orthodidacte.com

présentation de la société Zeugmo à l'origine de la plateforme (lien)


nouvelles2014/20ans_LoiToubon.jpgLes 20 ans de la loi Toubon (2) - le 20/10/2014 - 20:24 par MAR

Les 20 ans de la loi Toubon (2)

Contribution à l’histoire de l’action de la rue de Valois
en faveur de la Langue française :

Le rôle méconnu, voire occulté, des associations
pour le français et la Francophonie

Le rôle des associations pour le français et la Francophonie est resté longtemps méconnu, voire sciemment minimisé, y compris dans les rapports remis aux pouvoirs publics, et jusque dans un colloque important très officiel, présenté en journée d’études quasi universitaires, et bien organisé le 13 octobre 2014 au Sénat, sur le Bilan des 20 années d’application de la "loi Toubon" 94-665 du 4 août 1994.

Législateurs et fonctionnaires des organismes officiels tendent, en France plus naturellement peut-être que dans d’autres pays développés, à se parer des plumes du paon, et à ne présenter au public que leur action, en taisant les précieux apports de la société civile.

Or, pour l’historien(ne), il peut être intéressant, voire indispensable pour la manifestation de la vérité – de nombreuses archives en faisant foi – de s’intéresser aussi à l’action propre des syndicats et associations diverses, qu’elle soit ou non associée à celle des acteurs publics.

Tel est le sens, dans le domaine régalien du français et de la Francophonie, de la présente contribution qu’un collectif d’associations françaises a jugé nécessaire d’apporter aux historiens et sociologues, et qui pourrait en cas de besoin être complétée par ses auteurs.

Une constatation s’impose d’abord : en cette matière, véritable cas d’école, l’action associative a précédé l’action du législateur, et a le plus souvent inspiré*, complété, voire dépassé ensuite largement dans l’application des textes, celle des organismes officiels.

Je ne remonte ici que jusqu’à Philippe Rossillon** pour les textes de 1966 (Haut-Comité de la Langue française), de 1972 (terminologie et commissions), de 1975 : "loi Bas-Lauriol", qui n'eût pas existé s’il n'en eût pas rédigé le brouillon,  puis encouragé les deux députés.

En ce qui concerne la Francophonie institutionnelle* : à Philippe Rossillon et à l'éminent Québécois Jean-Marc Léger, épaulés par Bernard Dorin, Hyacinthe de Montera, Xavier. Deniau, Martial de la Fournière, Daniel Jurgensen, des amis africains et autres, est largement dû le traité ACCT, de 1970, ancêtre de l’actuelle OIF, présenté comme tombé du ciel...

Encore en avril-mai 1992, Philippe Rossillon et les autres promoteurs d’ALF née fin 92, ont été à l'origine des actions parlementaires (MM. Deniau, Bellon, Legendre, Schumann, Toubon, et quelques autres) pour faire introduire dans l'article 2 de notre Constitution la très précieuse phrase : "La langue de la République est le français".

Et ce fut ALF, avec l'appui vigoureux de Rossillon alors encore en vie*, qui, dès 1992, se mit au travail pour rédiger ce qui fut la première esquisse de la loi du 4/8/94, la présenta à Mme Tasca, travailla avec ses conseillers (A. Ladousse, et aussi J. Simon), puis, après le changement de gouvernement du printemps 1993, présenta l’esquisse à M. Toubon et travailla avec ses conseillers MM. Portiche, Gény, Marek).

Aucun des deux ministres n’a fait allusion à ce travail…

Notre rôle a été ignoré, au colloque, par les intervenants qui ont fait référence pour s’en féliciter à l'inscription en 2008 de la Francophonie dans la Constitution, enfin obtenue (titre XIV, art. 87), après nos tentatives opiniâtres conduites en maintenant pendant 16 ans la mobilisation de nos amis parlementaires lors de toutes les révisions constitutionnelles réalisées entre 1992 et notre succès final en 2008. Il s’est pourtant agi d’une action constante et acharnée d’ALF, dont des archives témoignent.

Ignoré allègrement aussi le lancement, par 32 associations, du fort débat médiatique du 1er semestre 2013 au sujet du funeste article 2, modifiant la loi Toubon, du projet Fioraso par lequel nos grandes écoles et universités passaient à l’enseignement en anglais. La mobilisation réussie du public ainsi orchestrée a débouché sur des amendements intéressants (dont l’interdiction de formations exclusivement en anglais) présentés par des parlementaires de divers bords politiques. Il n’est que trop humain qu’ils en aient la gloire. Mais l’historien et le sociologue honnêtes devront retenir le grand mérite de nos 32 associations, agréées et non agréées. Nos archives sont à leur disposition.

Ignorés enfin nos recours signés par 13 associations, déposés contre les établissements et les ministères qui ont violé sans vergogne la loi du 22/7/2013 et son précieux amendement interdisant des formations diplômantes exclusivement en anglais.

Cette évidente forfaiture fut, dans le colloque du 13 octobre, recouverte d'un voile pudique. Mentionnée brièvement çà et là, sans relief ni insistance.

Sa dénonciation par nos associations a été presque complètement étouffée.

Une partie du public put peut-être en déduire qu’il s’agissait d’une entorse sans gravité.

Pourtant, si elle prenait de l’ampleur, ses conséquences sur la cohésion nationale, la vitalité intellectuelle et l’influence internationale de la France, seraient certainement désastreuses.

Nous informerons historiens et sociologues des suites données à nos recours.

Albert Salon, docteur d’État ès-lettres, ancien ambassadeur, commandeur du Mérite national, président d’Avenir de la langue française et coordinateur de réseaux francophones nationaux et internationaux.


* Les rapports pertinents au Parlement, le programme et les intervenants politiques et universitaires du colloque important et bien organisé du 13 octobre 2014, la liste des associations agréées par les ministères de la Culture et de la Justice, et celle de la trentaine d’associations françaises non agréées qui agissent en synergie, peuvent être consultés respectivement :

- dans les services de l’Assemblée nationale et du Sénat ;

- à la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), 6 rue des Pyramides - 75001 Paris et sur son site www.dglf.culture.gouv.fr :

** Sous l’égide d’Avenir de la langue française (ALF), un essayiste historien termine un livre sur Philippe Rossillon. Il prépare aussi, avec l’OIF et une équipe, une histoire de la construction des institutions de la Francophonie jusqu’à l’actuelle Organisation internationale (OIF).


nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2014 (3) - le 17/10/2014 - 10:25 par MAR

Langue française : Nouvelles d'octobre 2014 (3)

Alain Borer : Nous collaborons à la disparition du français (21/10) (lien)
Académie française : La féminisation des noms - Mise au point (14/10) (lien)
Brive mag : Le Prix de la langue française décerné à Hélène Cixous (14/10) (lien)
Jacques Groleau : Haute-Corse et haute Corse (lire ci-dessous)


Haute-Corse et haute Corse

La Haute-Corse - chacun le sait - est le département qui occupe la partie septentrionale de l’île de Beauté, avec Bastia pour chef-lieu, l’autre département s’appelant, logiquement, Corse-du-Sud.

On peut comprendre, eu égard au précédent des Côtes-du-Nord, que, en 1976, le choix des deux dénominations n’ait pas été effectué du strict point de vue cardinal, mais pourquoi "Haute-Corse" ? Cette appellation (qui, en corse, se dit, curieusement, cismonte) est-elle vraiment contrôlée, justifiée, parce que la Corse comprendrait effectivement plus de reliefs au Nord qu’au Sud ?

Sait-on que son point culminant, le monte Cinto, atteint 2 706 mètres (ou 2 710 selon la source) ? En tout cas, ce que l’on sait très peu, c’est que l’on y dénombre pas moins d’une quarantaine de sommets de plus de 2 000 m, et que près de vingt-cinq d’entre eux, dont le culmen précité, se trouvent, précisément, en Haute-Corse : n’est-ce pas ce qu’il fallait démontrer ?

Mais il y aurait, aussi, une haute Corse ? Qu’est-ce à dire ?

C’est que cette "montagne dans la mer" nous offre un paradoxe lorsque l’on entreprend – par une route de montagne corse ! – de descendre de l’une vers l’autre. En effet, une région de la partie méridionale s’appelle "l’Alta Rocca". Comme son nom l’indique, elle est assez montagneuse ; pourtant, si vous quittez son chef-lieu, Zonza (prononcer "tsontsa") pour aller vers le bord de mer, quelle n’est pas votre surprise, alors que vos oreilles se sont bouchées, de trouver soudain une pancarte "Haute-Corse" : c’est que vous avez quitté une partie haute de la Corse, mais située en Corse-du-Sud, et que vous arrivez dans le département de la Haute-Corse, mais dans sa plaine. Et les Corses des villes ont l’habitude, notamment en fin de semaine, de "monter au village", en Corse-du-Sud comme en Haute-Corse, et peuvent donc bien passer de Haute-Corse en haute Corse et inversement !

Jacques Groleau


nouvelles2014/20ans_LoiToubon.jpgLes 20 ans de la loi Toubon - le 14/10/2014 - 22:23 par MAR

Les 20 ans de la loi Toubon

Lundi se tenait au Sénat une journée d'étude sur les 20 ans de la loi sur l'emploi de la langue française (ou loi du 4 août 1994 dite aussi loi Toubon). Cette journée était organisée par la DGLF et le comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication.

Quelques instantanés :

Olivier Dutheillet de Lamothe fait le point notamment sur le lien entre le caractère constitutionnel du français ("La langue de la République est le français") et la ratification ou non de la charte des langues régionales

Vincent Dubois de l'université de Strasbourg esquisse une sociologie politique du contexte de la loi. Il montre les trois axes du combat contre la loi : l'inanité (on est incapable de peser sur le choses), la liberté (la loi aurait été orwelienne!) et surtout ce qui a fait le plus de ravages l'ironie et le ridicule. Les tenants de la loi étant pris entre deux feux entre la volonté politique et l'envie d'éviter l'interventionnisme.

Frédéric Châtaigner de l'université de Tours qui a étudié systématiquement la presse de l'époque raconte "La réception de la loi Toubon dans les médias" et montre comment de journaux assez favorables à une législation linguistique en 1991-92 tourneront casaque. Comme Libération qui publie alors des tribunes de Dominique Noguez puis vire après à une opposition systématique, comme Le Monde qui passera d'un quasi soutien à une position plus atlantiste. Avec un summum atteint par Edwy Plenel voyant dans la loi Toubon une loi néo-coloniale ! Il met en exergue qu'en fait peu de journalistes avaient lu la loi et que souvent ils étaient tombés dans le dénigrement facile (Mister allgood)

Catherine Tasca rappelle le rôle de François Mitterrand dans l'affirmation de la Francophonie et son propre rôle dans l'élaboration en 1992-1993 de ce qui deviendra la loi Toubon. Nous rappelant un colloque organisé par elle en décembre 1992 réunissant une large palette d'intellectuels favorables à la loi (Debray, Noguez, Cerquiglini, Saint-Robert…)

Jacques Legendre, rapporteur de la loi au Sénat nous rappelle son étonnement, quand pensant avoir une unanimité pour la loi, comme cela avait le cas en 1975 pour la loi Bas-Lauriol, a vu les oppositions se dresser, notamment celle de l'Académie des sciences déjà obnubilée par la publication des articles en anglais et l'index Garfield.

Bernard Cassen, ancien directeur général du Monde diplomatique, soutien de la loi à l'époque, rappelle la naïveté d'une partie de l'élite française à l'inverse de Churchill qui appuyait le Royaume-Uni sur tout d'abord les pays de langue anglaise, le Commonwealth et enfin seulement l'Europe. Pour lui les épisodes récent d'espionnage américains montrent que les États-Unis n'ont vraiment confiance que dans les pays anglo-saxons (les 5 yeux des américains).

Bernard Cerquiglini, s'étonne encore 20 ans après que, à l'inverse des communistes, les socialistes à l'origine de la loi se soient par calcul politicien finalement opposé à une loi qui aurait mérité l'unanimité.

Jacques Toubon, ministre de la culture et de la francophonie nous rappelle le contexte de l'époque et les objectifs de la loi. Il incite par ailleurs à utiliser le Défenseur des droits qu'il est devenu, pour lutter contre les discrimination notamment linguistiques..

Pouria Amirshahi, député des français de l'étranger auteur du très bon rapport sur la Francophonie "Francophones de tous les pays, unissez-vous !" nous rappelle l'objectif vital pour la France de la prise en compte de cette Francophonie. Il voit une "désinvolture des élites et des représentants officiels de la France à l’égard de notre langue"

Patrice Gélinet, membre du conseil supérieur de l’audiovisuel ne semble pas voir de problème dans l'audiovisuel quand de plus en plus d'émission prennent des titres anglo-américains et que les chaînes peuvent aller jusqu'à diffuser 13 films ou séries anglo-saxonnes le même soir à la même heure pour 20 chaînes…

Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien et professeur à l’université de Nice montre le difficile combat d'un scientifique d'une science dite "dure" contre le tout-anglais. Citant même l'exemple d'une revue de la sécurité sociale française, écrite par des français pour des français sur fonds publics étant pourtant entièrement rédigée en anglais…

Bernard Salengro, secrétaire national de la CFE-CGC montre la prise en compte progressive par les syndicats du phénomène linguistique et le début des jurisprudences obtenues pour le repect du français au travail (Gems, Nextitoane…) et cite par opposition le cas d'Alcatel ayant racheté l'américain Lucent et qui peu à peu insidieusement pour des raisons linguistiques la suprématie de l'anglais a conduit à éliminer tous les français de la direction… MAR


à lire également

Rencontre avec trois acteurs clés du dispositif (Jacques Toubon, Xavier North, Bernard Cerquiglini)

La Croix : La langue française fait de la résistance (13/10/2014)

La Croix : Faut-il continuer le combat pour défendre la langue française ? (13/10/2014)


nouvelles2014/modiano.jpgPatrick Modiano prix Nobel de littérature - le 11/10/2014 - 18:55 par MAR

Patrick Modiano prix Nobel de littérature

Jeudi 9 octobre le prix Nobel de littérature a été attribué à Patrick Modiano.
Quelques articles parmi tant d'autres :
Le Monde : Patrick Modiano, prix par surprise (lien)
Le Figaro : Patrick Modiano : récit d'une journée particulière (lien)
Libération : Patrick Modiano, Paris Nobel (lien)
La Croix : Patrick Modiano, le Nobel d’un géant timide (lien)


nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2014 (2) - le 06/10/2014 - 12:42 par MAR

Langue française : Nouvelles d'octobre 2014 (2)

Villers-Cotterêts vote le "manifeste pour le français" présenté par ALF (lien)

Parution signalée : "Péril en la demeure. Regards d’un Américain sur la langue française" de Robert J. Berg (lire ci-dessous)


Parution signalée : "Péril en la demeure. Regards d’un Américain sur la langue française" de Robert J. Berg, France Univers, 168 pages, 25 €

C’est le regard d’un éminent étranger qui garde jalousement dans l’âge mûr sa passion d’adolescent pour une France idéale et pour la langue française, connues au théâtre dans l’éblouissement de Cyrano de Bergerac, mais qui, en même temps, décape, découpe au scalpel de neurochirurgien, le petit monde des intellectuels et linguistes français qui en vivent, et scalpe sans complaisance, à l’occasion, ceux qui se parent des plumes du paon, ceux qui ne sont pas dignes de pénétrer dans le temple des dieux, ceux qui n’ont rien compris à la vraie grandeur de la France et de sa langue.

Ce regard est un vent salubre. Il déblaie le terrain en vue de l'action.

Il pose à tous publics, particulièrement aux associations et défenseurs-promoteurs patentés du français et de la Francophonie, de très bonnes questions que l’on ne trouve guère posées ailleurs, ainsi rassemblées dans le faisceau d’un vrai défi.

Nous avons là, fondée sur une quantité impressionnante de lectures, l'acuité des recherches et fouilles, analyses et synthèses, une âpre quête socratique, presque désespérée et grinçante, de ce qui pourrait encore aujourd’hui exprimer une profondeur-authenticité-vérité-sincérité française, sous la médiocrité, l’arrogance, la bassesse, l’hypocrisie, la lâcheté ambiantes.

Dans l'excellence de sa langue française que Robert Berg a voulu posséder mieux que les Français, et comme on veut posséder une femme aimée, dans l’éclat qui devrait être éternel de sa jeunesse, il exprime l’exigence de Socrate, d’Alceste, de Cyrano. Nostalgique du panache des contes et des épopées, il pourfend.

Il défend la langue française contre ses mauvais défenseurs.

Il est impitoyable envers Henriette Walter.

Il démasque l’imposture chez beaucoup de linguistes en vue.

Il "s’occupe" même beaucoup de Claude Hagège. Ce Professeur au Collège de France est pour lui un "sujet" de prédilection, qu’il juge le plus à la mesure de sa haute exigence. Heureusement pour celui qui est aujourd’hui très proche de nos associations et de nos actions collectives de nature politique pour le français, Robert Berg reconnaît que Claude Hagège a eu le courage - rare dans sa corporation – de sortir de son observatoire douillet pour entrer dans notre arène, et de prendre part au bon combat, bien qu'il y mette trop en avant l'argument de la "diversité" linguistique à préserver dans le monde.

Il n’épargne pas notre petit monde associatif, où il connaît surtout DLF. Les actions politiques menées par la synergie associative ces dernières années ont, semble-t-il, échappé à sa vigilance.

Les défenses ineptes qu’il touche à la fin de l’envoi sont au nombre de trois :

1. "La langue française, ayant la clarté par excellence…" (Rivarol) ;

2. "Cette langue qui a dit de si charmantes choses…" (Renan) ;

3. "Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en s'écriant : "Diversité ! diversité ! diversité !""

Dans son dernier chapitre "Que faire ?", Robert Berg donne des pistes d’action, celles que nos associations connaissent et recommandent. Il insiste comme nous sur l’école. Il prône la désignation d’une sorte de "tsar" de la langue avec beaucoup de pouvoirs. Mais il insiste surtout lui aussi sur la nécessité pour les Français et leurs élites de prendre en main sérieusement le trésor dont ils disposent, de moins accuser les autres, notamment "l'hégémonie de l'actuel empire", de se débarrasser de leur complexe victimaire, et de lutter tous, d’entrer massivement en résistance. Le meilleur antidote, selon notre auteur c'est la lucidité d'un Maurice Druon, seul Immortel qui trouve grâce à ses yeux : "Qui pourrait reprocher aux Anglo-Saxons d'être envahissants, linguistique ment parlant, quand de nous-mêmes nous leur abandonnons le terrain ?" Albert Salon.



nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2014 - le 03/10/2014 - 10:20 par MAR

Langue française : Nouvelles d'octobre 2014

Jean Monneret : Petite missive à tous ceux qui ne se résignent pas à voir la langue française devenir un dialecte anglo-saxon (lien)

Christian Guilleminot : Anglais et mesures coloniales (lien)

ALF vous invite à visiter le 4e salon l'Inde des Livres 15 et 16 novembre (ci-dessous et lien)


ALF vous invite à visiter le salon l'Inde des Livres dont la 4e édition se tiendra samedi 15 et dimanche 16 novembre 2014 à Paris, à la mairie du 20 e arrondissement (6 place Gambetta).

Ce Salon est organisé depuis quelques années par l'association amie Les Comptoirs de l'Inde, présidée par Douglas Gressieux, qui participe souvent aux manifestations et démarches organisées par Avenir de la Langue française et d'autres associations pour le français et la Francophonie.

Vous y découvrirez l'Inde en français dans la riche littérature française et indienne, non seulement dans nos 5 anciens comptoirs, mais encore et surtout dans tout ce pays majeur, avec sa grande civilisation, et ses riches relations avec la France, la culture française, et toute la Francophonie. A.S.

télécharger le programme


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2014 (3) - le 28/09/2014 - 21:23 par MAR

Langue française : Nouvelles de septembre 2014 (3)

Figaro : Le français a le vent en poupe chez les collégiens européens (28/9) (lien)

Le Berry : Le cri d’alarme du grammairien Jean Maillet contre les crimes linguistiques (28/9) (lien)

Acteurs publics : L’administration ne veut plus entendre parler d’open data, de big data ni de MOOC (18/9) (lien)


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