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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles2/canard.jpgRéponse au Canard enchainé - le 14/12/2013 - 18:19 par MAR

Do you speak franglish ?
Réponse au Canard enchainé

"Le Canard enchainé" a commis un article (lire ci-dessous) dans son édition du 11 décembre 2013, suite au colloque du CSA sur le français dans les médias et à la double page consacrée à ce sujet dans Le Parisien Aujourd'hui en France du 9 décembre.  Il a suscité une réponse de notre part.

Cher Canard,

J'ai relevé dans ton édition du 11 décembre 2013, un articulet intitulé "Do you speak franglish ?" signé par un certain D.P. Cet article se voulant humoristique ne fait hélas qu'aller dans le sens du vent et dans le sens de la soumission à l'Empire ce qui jusqu'ici ne m'avait pas semblé être le fond de commerce du Canard…

Pour relativiser l'arrivée massive de termes anglais dans la langue française en général et notamment dans les médias, l'énigmatique D.P. nous ressort la vieille rengaine : "L'idiome américain est truffé d'emprunts au français".

Petite question à l'auteur, de quand date cette "truffade" ? Quels sont les nouveaux mots adoptés, depuis mettons 50 ans, dans la langue anglo-américaine ? En regard combien de mots anglo-américains adoptés par jour ? 

Bref le fameux D. P. compare une survivance à une déferlante… Ceci sans parler du reste : combien de slogans publicitaires entièrement en anglais ? Combien de magasins rebaptisés en anglais  (comme Carrefour Market ou Simply Market) ? Combien d'entreprises françaises qui obligent leurs cadres à travailler en anglais en France même ? Combien de cours de grandes écoles entièrement en anglais ? Dis-moi D. P. on voit cela aussi aux États-Unis avec le français ? Au fait, combien de films, ne serait-ce qu'étrangers, ont été projetés aux États-Unis depuis 50 ans, sans être refaits à la sauce yankee ?,

Enfin cher D. P. la veille du colloque organisé par le CSA ou de la sortie de la double page consacrée à ce sujet dans Le Parisien Aujourd'hui en France les 19 chaînes de la TNT gratuite (hormis les 2 chaines d'information et la chaine sportive) passaient : 13 séries ou films anglo-saxons, contre 5 programmes français et 1 film italien… soit plus des les 2/3 ! Même en remplaçant anglo-saxons par "étrangers" l'on n'arriverait pas à 1% des programmes aux si ouverts États-Unis.

Bien à toi

MAR


Do you speak franglish ? ["Le Canard enchainé" - 11 décembre 2013 - page 8]

STOP ! Too much, c'est vraiment too much ! "Le Parisien" (9/12) allume les warnings contre la new wave d'anglicismes qui déferle sur la France. Et il brandit l'étendard de Joan of Arc - pardon, de Jeanne d'Arc - pour bouter l'anglais hors de la "langue de Molière"."Mettre des anglicismes partout - qui souvent ne sont même pas les vrais termes anglais -(...) a un côté extraordinairement ringard", relève justement l'académicien Erik Orsenna. Ainsi la "street palette" de Carrefour City ou le ridicule "en direct live" (qui dit deux fois la même chose !).

Est-ce si grave ? L'idiome américain est truffé d'emprunts au français. Et les Yankees n'en font pas tout un cheeseburger

"deluxe" ! Ils adorent s'exclamer "Voilà !" ou "C'est la vie !". Et Deubeulyou Bush s'est distingué pour avoir pointé que "les Français n'[avaient] pas de mot pour "entrepreneur""... en français dans le texte !

A Broadway, les spectacles ont lieu en "matinée" (sans accent) et font l'objet d'"encore" (rappels). Surtout s'ils dégagent un "je ne sais quoi"... Attention, en vous promenant en "tête à tête" au milieu des buildings "Beaux-Arts", à ne pas faire de "faux pas" en raison de "trompe-l'œil" dissimulant un "cul-de-sac" qui pourraient vous donner un sentiment de "déjà-vu". Mieux, le dernier sport de trekking urbain s'appelle, en anglais, " parcours" !

Dans les boutiques pour "femmes fatales", la taille small se dit "petite" et le soutif se dit "brassière" (ou "bra") ! Vous recevez un carton pour une "soirée" où figure "RSVP".

A Wall Street, certaines options réindexées au prix du marché se nomment "cliquets", et les dettes titrisées responsables de la crise étaient vendues par "tranches". Si vous prenez votre "limousine", vous constaterez que, d'Eau Claire (Minnesota) à Bâton Rouge (Louisiane), les States sont sillonnés de "routes" et peuplés de parkings nommés "garages" !

Les Américains n'ont pas oublié Lafayette et émaillent sans complexe leurs propos de "French words" tout en mangeant des "French nies" (frites) ! D. F.

 


nouvelles2/colloque-csa.jpgColloque du CSA sur la langue française - le 11/12/2013 - 15:17 par MAR

Colloque du CSA "Quel avenir pour la langue française
dans les médias audiovisuels ?"

Organisé au Collège de France à Paris, lundi 9 décembre 2013. Quelques observations subjectives

Rendons au moins grâce à Patrice Gélinet, à l'origine du colloque, de l'avoir organisé ce qui a permis de mettre le sujet sur la place publique et d'avoir ainsi des relais dans la presse. Le colloque ouvert par Olivier Schrameck président du CSA, comportait 3 tables rondes.

Une première sur "La langue française dans les médias audiovisuels de la francophonie" où l'on a analysé la situation comme l'a fait par exemple, Marie-Christine Saragosse, directrice de France Médias Monde : "5ème langue de communication, 220 millions de locuteurs, 8,5% du PIB mondial, 5,4% de la population et 14 % des exportations de contenu audiovisuels", Sylvain Lafrance, professeur HEC Montréal, ancien vice-président exécutif de Radio Canada qui a relevé le manque de combativité des médias français face à la domination anglo-saxonne citant l'exemple des titres non traduits comme "The voice" qui est traduit par "La voix" au Québec mais pas en France. La dite "ministre chargée de la francophonie" Yamina Benguigui, a conclu la matinée avec un gros retard, en ânonnant un discours que visiblement elle découvrait, butant sur les mots, faisant de grosses fautes de français, parlant notamment de "la radio Canada"...

Une 2ème table ronde plus "intellectuelle" avec notamment Alain Rey, Marc Fumaroli, Bernard Cerquiglini et Érik Orsenna d'un bon niveau d'échanges. Alain Rey a notamment souligné "qu'avant on faisait des fautes mais on savait que c'était des fautes maintenant on ne le sait même plus, la paresse est partout". Soulignant aussi que "s'il y a toujours eu des mots nouveaux dans le français de toutes provenances, aujourd'hui 50% des mots nouveaux sont exclusivement issus de l'anglais sans adaptation (comme on le faisait par exemple avec paquebot pour packet boat) et que des tournures anglo-américaines sont adoptées telles quelles (une situation sous contrôle)." Jacques Toubon, auteur de la loi du 4 août 1994, de son côté a demandé qu'au moins l'on "instaure des contraintes de respect de la langue française pour le service public"

La 3ème table ronde a réuni les médias dont TF1, M6, France 2, France culture, NRJ et Skyrock
Les chaînes de télévision se sont contentées d'évoquer le travail de réponse aux courriers des téléspectateurs et de leurs actions pour améliorer le langage utilisé par les journalistes ou les présentateurs. Sans que personne ne parle de l'écrasante majorité de programmes anglo-saxons (par exemple à l'heure de grande écoute la veille, les 22 chaînes de la TNT gratuite passaient 13 séries ou films anglo-saxons, contre 5 programmes français et 1 film italien… soit quasiment les 2/3 [sans compter les 2 chaines d'information et la chaine sportive])

On a eu droit à Maryam Salehi, directeur (sic !) délégué à la direction générale de NRJ Group (sic !) qui a eu le culot de s'afficher comme groupe de radio francophone en s'abritant derrière d'autres stations du groupe (Chérie FM ou Rires et chansons qui ne font que rediffuser des tubes anciens) quand sa station principale NRJ est une grande pourvoyeuse de mots anglais et de chansons anglo-américaines (Ils doivent diffuser leurs chansons françaises vers 3 h du matin pour respecter leurs quotas). Le slogan de cette station, d'écoute souvent obligatoire dans de nombreux lieux publics, est d'ailleurs : "Hit music only", celui du groupe (group !) étant "On air, Online, On demand" (sic !)[1]. Pierre Bellanger président de Skyrock, pour sa part, dit que la chanson française n'est pas un problème pour sa station qui diffuse surtout du rap. Nicolas Jacobs, médiateur de l’information de France 2 lui, trouve que des expressions comme "low cost" sont intraduisibles (sous les moqueries de beaucoup des autres intervenants et du public). On est rassuré sur la volonté du service public de faire respecter la langue de son pays ! Jérôme Bouvier, médiateur de Radio France propose des actions fortes dans les médias lors de la journée de la langue française [le 20 mars]. Tout ce petit monde se met d'accord pour la mise en place d'une charte, les chaînes privées étant plus réticentes.

Après, intervention forte d'une adhérente d'une association de traducteurs qui a dénoncé une certaine démission générale face à l'anglais puis celle du président d'ALF, Albert Salon qui a asséné une vigoureuse critique contre "La soupe servie aux productions culturelles états-uniennes comme l'invitation systématique par les deux principales chaînes, la publique comme la privée, au moins une fois par semaine, au JT du soir  d'un acteur, producteur ou autre vedette des États-Unis"

Conclusion avec la lecture du discours de la Ministre de la culture qui parfois a quelques accents volontaires sur la résistance à la soumission (!)
Que de tous ces beaux débats sorte quelque chose de concret, cela reste à démontrer… MAR


[1] Elle s'est d'ailleurs plainte de la difficulté que son groupe aurait à faire respecter les quotas, la production française ayant chuté de 60 % en 10 ans. La rhétorique du pompier pyromane : les radios telles NRJ n'encourageant aucun artiste français ou francophone et ne prenant aucun risque sauf celui de passer des tubes déjà bien vendus aux États-Unis, comment s'étonner d'une telle baisse. Pourtant en nombre d'albums vendus la production française est toujours nettement en tête 13 sur les 20 albums les plus vendus en 2013 (des albums qui passent rarement sur NRJ…).

 


nouvelles2/bulldozeur.jpgUniformisation linguistique & superclasse mondiale - le 10/12/2013 - 09:35 par A_Salon

L'uniformisation linguistique au profit de l'anglais,
langue de la superclasse mondiale

par Albert Salon

Les peuples d'Europe continentale souffrent dans leurs personnalités nationales et dans leurs langues. La faute en incombe d'abord à leurs propres faiblesses.

Mais ils sont aussi les cibles d'attaques convergentes de l'extérieur, relayées à l'intérieur de leurs pays par les "collabos de la pub et du fric" (Michel Serres).

I) L'anglais instrument et but du cosmopolitisme-mondialisme

Constatons d'abord que "le cosmopolitisme" n'est pas seulement un concept abstrait, désincarné. Il a bel et bien un visage : celui de l'empire anglo-saxon-germain et de son relais européen (l'UE, et non pas l'Europe-ensemble-géographique-et-culturel), qui loin de ses idéaux et orientations d'origine, veut aller vers l'union transatlantique.

L'UE sert, avec de multiples maladresses et gabegies, mais avec la servilité et l'opiniâtreté de son idéologie d'uniformisation et de "concurrence libre et non faussée", les intérêts de la superclasse mondialisée et des multinationales surtout anglo-saxonnes, et aussi germaines.

Le cosmopolitisme est en fait le mondialisme des puissances qui ont su s'accaparer la mondialisation qui est, elle, l'effet des progrès des techniques et de la communication. La mondialisation est en elle-même un phénomène neutre. Elle a fait de tels progrès depuis un siècle que les puissances anglo-saxonnes, principaux vainqueurs des deux guerres ont eu seuls les moyens de l'accaparer et de développer sur cet accaparement une attitude de "mondialisme". Le cosmopolitisme-mondialiste est l'impérialisme anglo-saxon-germain.

Il broie, soumet, vassalise l' "Europe-puissance" et les États continentaux sauf l'Allemagne, notamment à l'aide de la domination toujours favorisée et étendue du "globish pour tous". Il vise surtout la France, parangon d'État-Nation, encore debout, principal gêneur en Europe, et rival linguistique, culturel, et géolinguistique avec la Francophonie.

J'y vois un nouveau "Saint-Empire américain de nations germaniques". Englobant de plus en plus évidemment l'Allemagne. Je rappelle que Bush père lui fit l'offre de "partnership in leadership" : l'Europe à l'Allemagne, le monde aux États-Unis, ceux-ci gardant une tutelle bienveillante mais vigilante sur l'Europe. Offre bien "intégrée" dans le discours du Bundespräsident Joachim Gauck le 22 février 2013 aux peuples d'Europe, conseillant à tous de passer à l'anglais pour toutes les "choses communes" sérieuses, et leur concédant de garder, dans leurs foyers, la pratique des langues maternelles "avec toute leur poésie" (sic !).

Cet empire anglo-saxon se compose d'abord d'une alliance GB-EU pour la domination du monde. Alliance d'une tradition britannique bien connue, fondée essentiellement sur l'économie, le commerce, la maîtrise des mers, et d'une volonté états-unienne fondée elle aussi sur un sens aigu des intérêts fondamentaux matériels et de puissance, mais assortie en outre d'un messianisme développé et théorisé au 19ème siècle ("nous sommes le peuple élu, l'Israël de notre temps, désigné par Dieu pour guider l'humanité"), confirmé par Brezinski.

Cet empire s'appuie aussi aujourd'hui sur :

- de fortes communautés de langue maternelle anglaise : en Australie et Nouvelle-Zélande, au Canada, en République sud-africaine ;

- beaucoup d'éléments germains, essentiellement en Europe du nord ;

- bien des institutions internationales largement anglophones, maintenant en Europe avec l'OTAN et l'UE, sises à Bruxelles : relais extrêmement efficace ;

- de grands pays qui ont chez eux adopté l'anglais comme langue seconde et internationale : Inde et Bangladesh, Afghanistan, Pakistan, Birmanie, Thaïlande, anciennes colonies ou protectorats britanniques, tant arabes que subsahariennes ;

- des pays qui ont adopté l'anglais comme langue quasi unique de communication avec l'extérieur : Chine, Japon, Corée du Sud, Indonésie et Papouasie, Arabie, Égypte ;

- la plupart des institutions internationales, mondiales comme régionales, qui ont été opiniâtrement et savamment, au cours des décennies, amenées à fonctionner très largement en anglais, avec la complicité de nos divers nationaux, l'exemple le plus tragiquement éclatant étant fourni par l'UNESCO, sise à Paris ;

- et sur de puissantes "cinquièmes colonnes", surtout en Europe, en France.

Cet empire de la langue anglaise est le plus vaste, le plus solidement ancré de tous les temps.

Il est installé encore pour un certain temps, car la viscosité des phénomènes linguistiques empêche les virages courts. L'anglais servira donc encore longtemps les pays de langue maternelle anglaise, leur économie et leur pouvoir d'influence ("soft power"), même après l'effondrement inéluctable, déjà en cours, du présent empire anglo-saxon.

Les Anglo-saxons de cet empire sont certes nos alliés et amis. Mais en même temps nos concurrents, rivaux, ennemis les plus constants et dangereux ; ce qui est loin d'être incompatible : il faut bien le comprendre et l'admettre ! Ils font et feront tout pour consolider partout toutes les positions de l'anglais, car cela leur facilitera la transition du déclin, un répit de puissance après leur déclassement. Cette conscience et cet effort opiniâtre, crispé, se manifestent partout. Il suffit de bien ouvrir les yeux.

II) Quelles sont les applications de cette stratégie tous azimuts ? Je ne donnerai ici que quelques exemples, parmi les plus significatifs :

II-1) La conquête par l'anglais des sciences et de la recherche mondiales

Le rassemblement dans les mains surtout des EU et un peu de la GB des supports, références et exploitations des publications, avec tout ce que cela comporte :

- l'anglais promu langue unique de la valorisation des carrières des chercheurs ;

- l'orientation même des travaux de recherches vers ce qui intéresse les maîtres EU ;

- le piratage fréquent des découvertes des chercheurs non anglophones (cf. le retentissant procès gagné par le Français Montagnier contre l'Étatsunien Gallo) ;

- les institutions nationales, en France l'ANR et le CNRS, qui en viennent à exiger de tout traiter en anglais, tant les appels d'offres que les réponses exigées des candidats ;

- la tendance des universités et grandes écoles des pays non anglophones à passer à l'enseignement partiel, puis majoritaire, voire complet, en anglais. Les pays européens germaniques s'y sont mis assez largement y compris l'Allemagne, quittes à commencer à comprendre leur erreur. La France aussi ; cf. plus loin : la loi Fioraso.

II-2) La conquête de l'Union européenne et de ses institutions

Par la Conquête des esprits (Yves Eudes) des pays européens terriblement affaiblis par la 1ère, et surtout par la 2ème grande guerre, désireux de paix, de protection, de reconstruction, de développement, saisis par un idéal de construction d'une Europe unie et puissante.

Avec la conjugaison constante d'instruments impériaux très efficaces : l'information-propagande-diplomatie-d'influence ("soft power") ; le Plan Marshall ; l'OTAN.

II-2-1) La captation des jeunes, puis des adultes d'Europe, par l'information et la culture, et surtout une sous-culture de masse :

- par des chansons et une musique qu'il n'est nul besoin de comprendre, le but étant de remuer, swinguer, au rythme, au "beat", d'être en résonance avec "ceux de l'Occident" ;

- par le cinéma : dès 1946 les accords du Plan Marshall ("Blum-Byrnes" en France) imposaient aux "bénéficiaires" en contrepartie de l'aide à la reconstruction, des quotas, sur leurs écrans nationaux, de 30% de films produits à Hollywood ;

- par la détection-écrémage et la formation aux États-Unis de jeunes prometteurs, dirigeants en puissance : programme des "Youg leaders", toujours en vigueur, étendu récemment à nos banlieues françaises par le très actif ambassadeur des EU en France, M. Charles Rivkin ;

- par des institutions internationales ou rencontres informelles et discrètes tels Davos, et surtout le Bilderberg, la Trilatérale, ainsi que des cercles nationaux d'élites tel Le Siècle en France, qui toutes promeuvent et entretiennent l'idéologie matérialiste et impériale de la superclasse mondiale. Les listes et la grande notoriété et capacité d'influence des gens, qui en font partie dans tous nos "partis de gouvernement", sont éloquentes. Les gouvernements de MM. Sarkozy, puis Hollande, ont compté et comptent plusieurs membres de ces institutions ;

- par la mainmise sur les grands médias :

Un exemple entre mille, mais très révélateur : le "Vingt-Heures" de TF1 privée, de France 2 publique, comporte très souvent 5 minutes consacrées à "servir la soupe" à un acteur, metteur en scène ; producteur, chanteur, ou autre étatsunien : extraordinaires publicité et propagande. Tout le monde doit avoir les yeux, les sens, tournés vers ce "modèle", vers Washington et New York, et un peu Londres, en étant laissé dans la quasi ignorance des autres cultures, y compris de celles, pourtant riches et productives qui nous sont plus proches ;

- par la captation et la réorientation des mémoires nationales, de la culture et des création-acquisition-diffusion de la connaissance ; les systèmes publics français d'enseignement et de recherche, pour ne prendre que cet exemple, ont été rendus vassaux de l'idéologie euratlantique matérialiste, consumériste et marchande (cf. la réduction constante du temps et des efforts consacrés à la langue nationale, à l'histoire, à la littérature, à la philosophie).

Les commémorations des évènements nationaux subissent chez nous la concurrence de celles d'évènements anglais et surtout américains. Nos collabos s'y prêtent volontiers. Un exemple : sous prétexte de généreuse réconciliation, le Président Chirac a, à l'automne 2005, occulté le bicentenaire d'Austerlitz et envoyé le porte-avions Charles de Gaulle à la Reine d'Angleterre qui, elle, célébrait sans complexe la victoire de Nelson sur Villeneuve à Trafalgar. Nos médias ne se contentent pas de rappeler avec beaucoup d'application la Shoah ; ils nous servent le Mayflower, le New Deal de Roosevelt, le 50ème anniversaire de la mort de Kennedy, et chaque année avec ferveur celui du 11 septembre 2001.

La négociation (bilatérale, et non plus par une OMC paralysée) du traité de libre-échange EU-UE, laisse très mal augurer du respect de la diversité culturelle, malgré les promesses données du bout des lèvres à une France actuellement bien molle.

II-2-2) L'offensive de grande envergure contre la diversité des langues de l'Europe et du monde, très gravement menacées par l'imposition du "globish-pour-tous" - :

par l'empire ; par de puissants relais : surtout cette UE qui promeut en forcenée le "tout-à-l'anglais" dans ses institutions et ses relations avec chacun des États.

En Europe du nord, en Allemagne, en Italie, un peu partout, on impose cette langue unique, on en colonise l'école, l'université, les institutions et la recherche (cf. plus haut).

Bruxelles a depuis longtemps édicté, par un Kommissaire allemand, sans digne réaction des membres, que les États candidats à l'UE y compris ceux qui appartiennent à la Francophonie officielle (Roumanie, Bulgarie, etc.), devaient présenter leurs dossiers uniquement en anglais.

II-2-3) La diversité des Nations européennes est sans cesse rabotée par l'empire et son relais UE ; par l'appui aux régionalismes linguistiques et politiques ; aux communautarismes religieux ; à l'immigration extra-européenne destinée à casser par son ampleur la force de résistance des nations, au premier chef celle de la France ; et à l'entrée de la Turquie en UE.

Vers l'homme remplaçable, interchangeable, consommateur homogénéisé de produits standardisés.

II-2-4) La diversité des ensembles géoculturels et géolinguistiques dans le monde (lusophonie, hispanophonie, arabophonie) est également attaquée pour imposer l'anglais. L'empire et l'UE s'y emploient ensemble, principalement contre le mieux structuré et le plus "dangereux" (et pourtant !...) de ces ensembles : la Francophonie. En débauchant des États membres avec opiniâtreté. Ou encore en forçant les pays francophones demandeurs d'aide du Fonds européen de Développement (FED) à présenter leurs dossiers uniquement en anglais, dans le silence assourdissant, complice, de nos gouvernements.

Le débauchage est accompli au Vietnam, au Laos, au Cambodge, au Ruanda (ancienne colonie belge, membre de la Francophonie depuis longtemps). Il est tenté en Haïti, en RDC (ex-Zaïre), à Madagascar, au Gabon, au Sénégal, en Côte d'Ivoire, en Tunisie, au Maroc.

II-2-5) L'OTAN a servi à l'empire de moyen et de cadre pour vassaliser l'Europe

Un des signes les plus évidents suffit pour illustrer mon propos : les pays de l'Europe de l'Est candidats à l'admission au sein de l'U.E. ont dû en fait commencer par adhérer à l'OTAN. Cela a servi au moins à écarter toute idée d'Europe de la Défense.

Le linguiste Claude Hagège, professeur au Collège de France, l'a répété, en France et au Québec : "Nous sommes en guerre". Il s'agit d'une guerre mondiale.

Si nous voulons survivre, il nous faut résister, avec beaucoup de courage, au rouleau compresseur, qui paraît au moins aussi redoutable, voire irrésistible, que pouvait l'être l'empire nazi en 1940.

III) Résister : comment ?

III-1) Agir sur le plan politique général

Si la France veut assurer sa survie en tant que Nation et puissance, et sauvegarder ses intérêts, la langue française dans le monde et chez elle, elle doit retrouver une volonté française*, intensifier considérablement sa résistance, décider d'un sursaut salutaire, et, pour cela :

- changer une bonne partie de sa classe politique ;

- sortir de l'empire anglo-saxon et écarter du pouvoir les Présidents gouverneurs de province qui la mettent en liquidation de manière tragiquement accélérée ;

- sortir, donc, de l'OTAN, de l'euro et de l'U.E, et retrouver un degré suffisant d'indépendance et de maîtrise de son destin ;

- accomplir ses réformes urgentes et son redressement financier, économique, scientifique et industriel, comme elle sut le faire en 1958-62 sous de Gaulle et Debré ;

- reprendre ses fondamentaux, en politique extérieure ; et à l'intérieur : refaire une école, ascenseur social, d'égalité des chances, et assimilatrice des jeunes immigrés ;

- retrouver une maîtrise de ses flux migratoires ;

- rétablir la langue française dans toutes ses fonctions, dans tous les domaines* ;

- jouer les énormes atouts que constituent ses DOM-COM et les immenses richesses de son espace maritime de 11, 2 M. de km² (le 2ème du monde !), la langue française et son réseau culturel mondial à redynamiser, ses relations à conforter avec l'Afrique continent d'avenir, et, enfin, la Francophonie organisée, notamment dans l'O.I.F.

III-2) En ce qui concerne la langue française, résister, c'est

- rétablir un enseignement de qualité et ses fonctions d'ascenseur social et d'assimilation ;

- transmettre en famille un français riche et correct, et surtout l'amour de cette langue ;

- multiplier les protestations individuelles et collectives, écrites et orales, contre les dérives des dirigeants, des médias, de la publicité, des universitaires ; suivre l'appel de Michel Serres à la "grève de l'anglais" ;

- adhérer à Avenir de la langue française (ALF : www.avenir-langue-francaise.fr ) ou aux associations en synergie avec elle, et militer en leur sein.

III-3) Se joindre à deux combats vitaux des associations ALF et autres :

III-3-1) Pour l'enseignement supérieur en français :

L'affaire du projet de loi Fioraso : bilan et perspectives ; le combat doit continue ! :

L'article 2 du projet de réforme des universités (Mme Fioraso), a été voté par le Parlement qui l'a amendé. ALF et 30 associations amies avaient lancé dès janvier 2013 une vigoureuse campagne, amplifiée par des académies, institutions et grandes voix opportunément saisies, exprimées dans tous les médias, y compris les plus fermés à notre lutte Contre la pensée unique (Hagège) et sa langue unique. Ces voix ont, avec nous, remporté une demi-victoire.

Une demi-victoire, en ce que les vannes de l'américanisation en globish-pour-tous, sont, dans le texte voté, beaucoup moins ouvertes qu'elles ne l'étaient dans l'avant-projet.

Les amendements des deux Chambres sont substantiels : pas d'enseignements uniquement en anglais ; obligation pour les étrangers qui reçoivent des enseignements en anglais de justifier de leur connaissance du français validée par des épreuves comptant dans leur diplomation ; évaluation obligatoire de cet aspect de la réforme au bout de trois ans.

Une demi-victoire au goût amer, cependant. Car, au sein de ce gouvernement peu intéressé par la francophonie, c'est la fonction et la voix de Mme G. Fioraso* qui l'ont emporté sur celles des ministres A. Filippetti, Y. Benguigui, et L. Fabius, pourtant chargés respectivement du français en France, de la Francophonie, et de notre beau réseau culturel mondial, ainsi que de la Coopération avec les pays francophones. Ce gouvernement légalise ce que Mme V. Pécresse, MM. P. Tapie et R. Descoings, avaient discrètement développé dès 2007 : les enseignements illégaux en anglais, et il admet dans les textes que des disciplines doivent être enseignées en anglais, proclamant ainsi – nouveauté insoutenable ! – que le français ne peut pas tout dire.

*L'Académie de la Carpette anglaise, composée d'écrivains et de nos principales associations, a décerné à l'unanimité un prix exceptionnel à Mme Fioraso. Mme Valérie Pécresse l'avait précédée e, 2008 sous M. Sarkozy.

En attendant de pouvoir obtenir l'abrogation de cet article, une grande vigilance s'impose à tous. Nous devons sans cesse fustiger les beaux esprits qui professent que la "modernité" nous condamne à rejeter le français, notre reste d'indépendance et la voix originale de la France, et à abandonner ces "quelques arpents de forêts et de sables" de la Francophonie mondiale, à l'instar des "quelques arpents de neige du Canada" d'un Voltaire préférant ses intérêts dans le "commerce triangulaire" avec les "îles à sucre". Alors que la Francophonie constitue un atout de premier ordre pour la France, comme l'ont souligné MM. Pouria Amirshahi, J. Attali, C. Hagège, A. Compagnon, B. Pivot, M. Serres...

Nous savons bien qu'un certain milieu universitaire dérouté, dévoyé, nous est hostile, et que des pressions diverses risquent de s'exercer sur des étudiants qui se voient imposer des cours en anglais qu'ils rejettent, alors qu'ils attendent et veulent des cours en français.

Il y aura- il y a déjà - des infractions assez nombreuses aux amendements adoptés.

Nos associations ont donc créé un comité de vigilance inter-associatif, avec le soutien de divers parlementaires, et en liaison avec des médias, afin de détecter, recueillir et bien noter, signaler à qui de droit, les dites infractions, obstructions et pressions, et informer de leurs droits, soutenir leur courage et guider dans leurs recours devant les tribunaux administratifs les personnes concernées directement qui veulent les faire cesser.

Tous ceux parmi vous qui ont dans leur famille des étudiants qui se plaignent de subir des cours entièrement en anglais - et les pressions de leurs professeurs pour les empêcher de protester – sont invités

- à signaler ces cas à ALF (cf. adresse ci-dessous) avec des références très précises et si possible des décisions écrites des établissements qui imposent l'anglais unique ;*

- à insuffler à ces étudiants (surtout aux "bons" risquant moins les représailles !...) le courage de dire non et d'adresser à leur établissement une requête écrite recommandée AR, pour justifier ensuite un éventuel recours en tribunal administratif qui serait nécessairement gagnant et que nos associations soutiendraient.

III-3-2) La grande campagne nationale "Communes de France pour la langue française"

Contre les élites de la superclasse, Avenir de la langue française (ALF) et le Forum pour la France (FPF), et 30 associations françaises, appellent les maires de France à se joindre à leur grande campagne nationale "Communes de France pour la langue française".

Le peuple, lui, ne veut pas du changement de langue nationale. Le referendum étant cadenassé, les associations font remonter la vox populi par les communes, et veulent présenter à Noël 2014 un ensemble de votes de municipalités représentatif de notre variété géographique, politique et culturelle, en équivalent d'un referendum d'initiative populaire.

La campagne a déjà recueilli les votes de plusieurs dizaines de communes, dont les emblématiques Brantôme, Chablis, Maisons-Laffitte, Montfermeil, Pompadour, Saumur, Verdun (Meuse), Vézelay, Dumbéa en Nouvelle-Calédonie, et Ans en Belgique.

Nos associations proposent aussi aux votantes d'entrer dans un réseau international de solidarité et de coopération entre communes francophones, en se présentant sur un site dédié : www.nousvotonspourlefrancais.com en cours de lancement.

Les maires sont appelés à proposer à leur Conseil de voter le manifeste (franco-québécois) dont texte et mode d'exploitation sont à demander à Avenir de la langue française, 34 bis, rue de Picpus, 75012, 01 43 40 16 51, avenirlf@laposte.net site : www.avenir-langue-francaise.fr

Et chacun de vous est appelé à approcher le maire de sa commune et d'autres élus pour obtenir les votes des conseils municipaux, à l'aide de ces textes à demander !

Albert Salon, docteur d'État ès lettres, ancien ambassadeur, président d'Avenir de la langue française (ALF) et co-animateur de réseaux francophones en France et au-dehors.

*Voir le livre qui porte ce titre, paru chez Glyphe en 2012 ; il s'agit d'un abécédaire en cent mots-clefs des mesures nécessaires au redressement de la France.

Paris le 6 décembre 2013.


nouvelles2/french_tech.jpgFleur Pellerin piétine la Circulaire du 1er ministre - le 04/12/2013 - 21:15 par MAR

Fleur Pellerin piétine
la Circulaire du Premier ministre du 25 avril 2013

La ministre déléguée en charge de l'Économie numérique, en rebaptisant l'initiative “Quartiers numériques” “French Tech”1 (sic !) une fois de plus montre que ce gouvernement (ou plutôt nombre de ses ministres) s'assoit sur la langue française entrant de plein pied dans une logique de colonisés, pensant que s'afficher en anglais c'est forcément moderne. Quand cela n'est que servile !
Cela montre également la valeur des beaux discours de nos dirigeants, tels ceux de François Hollande ("Je défendrai partout l’usage du français"), qui n'ont jamais pris la moindre esquisse de mesure pour faire respecter le français. MAR

Circulaire du Premier ministre (Jean-Marc Ayrault), 25 avril 2013 relative à l’emploi de la langue française

1 il est vrai que France Tech cela n'était possible, cela ne faisait pas assez anglo-saxon !

 


nouvelles/presse.gifNouvelles de décembre 2013 - le 04/12/2013 - 21:15 par MAR

Nouvelles de décembre 2013

Le Parisien-Aujourd'hui du 9/12 Do you speak encore français ? (ci-dessous)
La CGT de Carrefour défend la langue française (lien et site du syndicat )
Impératif Français : Des cadeaux de Noël, tout en français ! (lien)
Slate : Et le journalisme sportif vint à la rescousse du passé simple (lien)


Dossier intéressant dans Le Parisien-Aujourd'hui en France du 9 décembre 2013 

Autour du colloque organisé par le CSA le 9 décembre 2013 au Collège de France à Paris "Quel avenir pour la langue française dans les médias audiovisuels ?", le journal populaire Le Parisien-Aujourd'hui en France consacre un dossier intéressant sur la place du français en France : "Do you speak encore français ?"

Parisien-09-12-13.jpg


Do you speak encore français ?

Les anglicismes envahissent notre vie quotidienne. La télévision, la grande distribution, l'industrie multiplient les expressions anglaises au point d'émouvoir les amoureux de la langue française.

L'Édito
Aimons le français

Shakespeare contre Molière, l'anglais menacerait le français. Et, s'il est vrai que le rayonnement d'une langue est la conséquence d'une domination culturelle, économique et politique, il y a vraiment de quoi s'inquiéter. On peut aussi considérer que c'est l'usage au quotidien qui façonne une langue. Qui la renforce suffisamment pour qu'elle soit capable d'absorber des mots étrangers, des mots qui l'enrichiront au lieu de l'appauvrir. La défense de la langue française passe d'abord par la connaissance de son vocabulaire, la maîtrise de la grammaire, le respect de la syntaxe. Connaître le mot juste pour exprimer une idée, un sentiment, une impression, cela s'apprend dès le plus jeune âge, avec ses professeurs et ses parents Vaste chantier ! L'abus d'anglicismes ne trahit en réalité qu'une seule chose : la mauvaise connaissance que nous avons de notre langue. C'est ça, le vrai danger.

Jean-Marie Montali
jmmontatt@teparisien.fr


Ce que dit la loi
Le français est "la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics" selon la loi Toubon relative à l'emploi de la langue française, votée le 4 août 1994. Concrètement, les modes d'emploi, garanties, factures, panneaux publics, contrats de travail doivent être-rédigés en français. Au sein des entreprises, "tout document dont la connaissance est nécessaire au salarié pour l'exécution de son travail" doit être rédigé ou traduit en français. Le texte ne prévoit pas d'obligation pour ce qui est diffusé sur les télévisions ou les radios de droit privé.

Certaines entreprises ont été condamnées peur avoir enfreint cette loi. En 2006. General Electric Médical Systems a écopé d'une amende de 600 000 € pour ne pas avoir traduit les notices de ses appareils. En 2007, Europ Assistance a été contraint par la justice à livrer une version française de ses logiciels de comptabilité. En 2010. Air France a été condamnée devant la cour d'appel de Paris à traduire en langue de Molière quatre documents à destination des pilotes et des mécaniciens. Ces notices techniques n'avaient en effet été communiquées qu'en anglais, d'où quelques problèmes de compréhension.


Tous ces mots anglais qu'on pourrait éviter

Les anglicismes se multiplient dans notre langue. Experts des médias ou syndicalistes, beaucoup s'en émeuvent et proposent des solutions.

Faut-il suivre l'exemple des Québécois ? Réclamer des "chiens chauds" ("hot-dogs"), ou passer des coups de fils depuis nos "téléphones intelligents" ("smartphones") ? Alors que les anglicismes colonisent la langue des affaires et Internet, ou squattent la télévision et la radio, la "résistance" commence à s'organiser en France.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), constatant la recrudescence des termes anglais à l'antenne, organise aujourd'hui à Paris un colloque ouvert au public* sur "L'avenir de la langue française dans les médias audiovisuels". Des linguistes, mais aussi des responsables de chaînes ou de stations, vont se demander comment mieux manier la langue de Molière sur les ondes et limiter l'usage des termes venus d'outre-manche ou des États-Unis.

■ Promouvoir le français plutôt que de sanctionner "L'idée n'est pas de sanctionner ou de jouer les ronchons qui font la chasse aux anglicismes, mais de dresser un état des lieux et d'aider les chaînes à prendre conscience de leurs obligations en matière de défense et de promotion de la langue française", explique Patrice Gélinet, membre du CSA, président de la mission langue française et francophonie, à l'initiative de ce colloque. L'utilisation préférentielle du français est, en effet, inscrite dans la loi (notamment la "loi Toubon" du 4 août 1994) et même dans la Constitution (l'article 2 : "La langue de la République est le français").

Dans la grande distribution, la révolte gronde aussi. Chez Carrefour, la CGT s'insurge contre l'utilisation "à outrance" de l'anglais dans leurs allées. Une pétition intitulée "Non à l'anglicisation de Carrefour, de la France et de l'Europe" a recueilli plus de 1500 signatures."Nous voulons rappeler que la langue du commerce, c'est la langue du client et qu'en France le client parle français", argumente le syndicat. Celui-ci propose de remplacer "Carrefour Drive" par "Carrefour au volant" ou "Carrefour City" par "Carrefour Cœur de ville"...

Hélène Bry et Bérangère Lepetit
* Au Collège de France, de 9 h 30 à 18 heures.


La grande distribution envahie

"Carrefour Market" ou "Carrefour City", le géant de la distribution affiche des mots anglais dès les intitulés de ses enseignes.

Son slot au poignet, Lionel s'occupe du picking des produits avant de se diriger à l'entrée du drive. Comprenez : sa montre-scanner au poignet, Lionel s'occupe de la collecte des produits avant de se diriger à l'entrée du point retrait pour automobiles. Au Auchan Drive de Cesson (Seine-et-Marne), comme dans tous ces hangars commerciaux qui se multiplient ces dernières années en France, parfois accolés aux hypermarchés et spécialement dédiés aux automobilistes, l'anglais devient une véritable langue de travail. Même dans les grandes surfaces traditionnelles, les termes anglo-saxons sont utilisés de longue date."Parfois, on a l'impression de travailler à Mc Do, ça rentre dans le contexte général, on va tous se mettre à courir et à parler en anglais", tempête Régis Ravat, délégué syndical (CGT) au Carrefour de Nîmes-Sud (Gard), qui bataille avec certains collègues contre "l'anglicisation" et pour la création d'une commission "chargée de veiller à la qualité de l'emploi de la langue française dans l'entreprise".

Chez Carrefour, qu'il s'agisse de l'intitulé des enseignes (Carrefour City, Carrefour Market), du nom des produits (Home pour le petit électro-ménager, Blue Sky pour les premiers prix, Top Bike pour le cyclisme) ou des méthodes de travail (le "cross-merchandising", l'"e-learning"), les salariés baignent au quotidien dans un franglais qui n'est pas du goût de certains salariés.

Cross-mer et street-palette

Récemment, deux nouveaux termes, street-palette et cross-mer ont fait leur entrée au Carrefour de Nîmes."Le street-palette, c'est quand il s'agit de placer les télévisions sur des palettes en bois dans les allées, ça fait ambiance rue", détaille un salarié agacé. Quant au "cross-mer", c'est désormais le terme usité pour l'employé chargé du "cross-merchandising", celui qui place dans les rayons les produits associés (exemple : des piles ad hoc à côté d'un réveil).

Les syndicalistes souhaiteraient voir émerger un label "dit en français" sur le modèle du "Fabriqué en France". Ces arguments n'ont pas laissé insensible la direction de Carrefour. A tel point qu'une "commission chargée de veiller à la qualité de l'emploi de la langue française dans l'entreprise" pourrait être prochainement mise en place en collaboration avec des associations comme l'Apfa (Actions pour promouvoir le français des affaires). La direction confirme que l'idée fait son chemin et qu'elle a reçu une oreille attentive de Georges Plassat, le PDG de Carrefour France, qui met un point d'honneur à organiser ses réunions de travail en français. B.L


"En mettre partout, ça fait ringard"
Erik Orsenna, membre de l'Académie française

Erik Orsenna, éternel amoureux de la langue française, se moque gentiment delà recrudescence des anglicismes dans le français d'aujourd'hui.

Y a-t-il trop d'anglicismes dans le français actuel ?

Erik Orsenna. Oui, notamment à la télévision. Même si, d'une manière générale, j'adore la langue anglaise... Mais mettre des anglicismes partout - qui souvent ne sont même pas les vrais termes anglais - je trouve que cela a un côté extraordinairement ringard. Ça veut faire mode, International, mais en fait, ça fait ringard. Je me souviens qu'à un moment mes enfants disaient sans arrêt "c'est styly" : c'était bien ridicule... Et l'anglicisme le plus bête, c'est de dire "nominé" au lieu de "nommé"". Alors que pour une fois le mot français est plus court ! C'est comme de dire "The Voice" au lieu de "la Voix" : pour mol, ça n'apporte rien !

Comment faire pour remédier à cette manie de l'anglais, ou du franglais ?

La langue française, Il faut la rendre belle, drôle, insolente. Un exemple : j'écoute presque chaque matin la chronique sur la musique d'André Manoukian sur France Inter, à 7 h 24. Cet homme-là parle un français formidable, précis et en même temps imagé, drôle, poétique… Plutôt que de dire interdisons les anglicismes, moi je dis multiplions les Manoukian ! C'est comme lorsque vous écoutez une Chanson de Benjamin Biolay ou Emily Loizeau : vous êtes fier de voir la langue française si bien utilisée.

Mais, au fond, pourquoi utiliser l'anglais plutôt que le français ? En fait, il y a un soupçon qui me vient : quand on utilise sans arrêt des mots anglais, c'est que l'on est pas très fier de son français. C'est pour camoufler ou le vide ou la mauvaise manière. En revanche, Il faut bien avouer que certains mots anglais disent mieux les choses que le mot français Prenez le burn-out : c'est vraiment une expression formidable, qui exprime, en deux petits mots, le fait qu'on est à la fois brûlé et explosé. Prenez l'équivalent français, "syndrome d'épuisement professionnel" : ce n'est vraiment pas bon, comme expression... Propos recueillis par H.B.


La télé accro aux anglicismes

Tu as regardé quoi, hier soir, à l'heure de grande écoute ?" Bon, c'est vrai : il faut reconnaître qu'"en prime time", ça sonne mieux... Est-ce pour cela que la télé française semble complètement accro aux anglicismes ?

La téléréalité ne peut plus s'en passer. Peu de chaînes s'offrent le luxe de mettre en tête de gondole des émissions dans la langue de Molière, face au raz-de-marée des "Secret Story" (TF1), "MasterChef (TF1), "IceShow" (M6) ou "Hollywood Girls" (NRJ12).

L'offensive des "Morning". Sur les radios musicales, les morning font de la concurrence aux bonnes vieilles matinales des généralistes comme RTL, France Inter, Europe 1."Les anglicismes comme Morning ou Morning live pullulent à la télé et à la radio, s'agace Patrice Gélinet, président de la Mission langue française et francophonie au CSA. Le pompon étant de parler de Direct Live, qui est non seulement un anglicisme mais aussi un pléonasme."

"The Voice" : tellement plus chic "In english" Le carton des deux dernières années en France, en termes d'émissions de divertissement, multiplie les "coachs" et les "battles"... Bien sûr, il s'agit d'un format international donc "The Voice" est "The Voice" partout, mais pas au Québec, où l'émission s'appelle..."la Voix". A noter qu'en France le nom complet de l'émission est "The Voice, la plus belle voix".

Les "Before" et les "After". Il y a le "Before" du "Grand Journal" le soir sur Canal +, et l'"After Ice Show" le mercredi soir sur M 6."On observe une espèce de manie de l'anglais à la télé, pour faire chic, qui a un côté ridicule", remarque le linguiste Alain Rey.

Même le service public speaks franglais. L'émission "la Grande Battle", qui revisite la musique classique sur France 2 dans un esprit très service public, a choisi un titre franglais.

Gulli veut lever le pied."Totally Spies", "Monster High", "Power Rangers"... La chaîne Gulli est très anglophile. Mais ses responsables viennent de décider que les programmes auraient soit leur titre, soit un sous-titre, soit une partie du titre en français.

Des Messieurs Langue française veillent au grain. Chaque chaîne possède sa propre convention signée avec le CSA France Télévisions, par exemple, "proscrit les termes étrangers lorsqu'ils possèdent un équivalent en français". La convention de TF1 prévoit que "la société s'efforce d'utiliser le français dans les titres de ses émissions", et qu'"un conseiller à la langue française est désigné par la chaîne". Il s'agit de Jean-Claude Narcy, qui pourtant juge que "le débat sur les anglicismes est un faux débat, un peu dépassé. On ne peut pas échapper à l'anglais, surtout dans la téléréalité". En revanche, il se bat pour que les jeunes journalistes s'expriment dans un "bon français", leur faisant au besoin faire des stages. Côté M 6, Jérôme Bureau, directeur de l'information et conseiller langue française du groupe, estime qu'"il faut lutter contre les anglicismes quand c'est nécessaire, pas quand c'est absurde. Pour Ice Show, on n'allait pas dire Spectacle de glace. En revanche, American Idol, on l'a rebaptisé A la recherche de la nouvelle star".

Les téléspectateurs de plus en plus énervés contre cette tendance. Nicolas Jacobs, médiateur de l'information de France 2, reçoit de plus en plus de courriers de téléspectateurs qui s'insurgent de l'omniprésence de l'anglais à l'antenne."C'est tout juste s'il n'y en a pas qui nous accusent d'être des traîtres, des vendus... et ça, c'est un phénomène nouveau."  Hélène Bry


Ne dites plus best of, mais florilège

Face aux anglicismes, une armée d'érudits de la Commission générale de terminologie et de néologie se creuse les méninges pour trouver, dès qu'un terme anglais fait du "forcing", la parade française. Comme "florilège" pour "best of", "sonal" pour "jingle", ou "mot-dièse" pour "hashtag" (un terme utilisé par les utilisateurs de Twitter)."C'est très difficile de faire accepter un équivalent à un anglicisme", explique Alain Rey, lexicographe, linguiste, conseiller éditorial auprès des Éditions Les Dictionnaires Le Robert, mais aussi membre de la Commission.

■ Trouver une traduction le plus vite possible

"Avant, le français savait naturellement adapter les mots, comme ri-ding coat devenu redingote, explique Alain Rey. Mais, aujourd'hui, on a malheureusement tendance à être bêtement respectueux de la langue d'origine", donc à garder des anglicismes. Or, dès qu'un mot anglais fait irruption dans notre langue, si l'on ne trouve pas tout de suite le bon néologisme français correspondant, c'est fichu... Ainsi, "courriel" est entré in extremis dans le langage courant (et encore...). L'expert enfonce le clou : "Le problème aussi, c'est que les Français sont nuls en langues, alors ils préfèrent garder les mots anglais pour se donner un genre, avoir l'air anglophone et à la mode, comme des gamins qui vont hurler deux phrases d'une chanson en anglais. Il y a là quelque chose de comique et de ridicule."L'érudit signale toutefois que, sur la centaine de nouveaux mots ajoutés cette année au dictionnaire pour lequel il travaille, la moitié des termes viennent du monde anglo-saxon. H. B.


D'autres pays se défendent

La France n'est pas la seule à défendre vaille que vaille son Identité linguistique. En Europe, d'autres pays ont vu émerger ces dernières années des associations visant à défendre leur langue. Surtout quand elle est menacée. En Belgique, un "atelier du vocabulaire" est né à Bruxelles, réunissant des Wallons souhaitant défendre la langue de Molière.

Un réseau des langues latines a aussi vu le jour dans le sud de l'Europe, regroupant des représentants espagnols, portugais et roumains. Mais les champions toutes catégories sont sans doute les Québécois, qui sont devenus experts en l'art de la traduction française des expressions anglaises. Là-bas, un Office québécois de la langue française fait chaque jour de la résistance face aux voisins anglophones, et a même rédigé une charte de la langue française. Prière de ne pas dire "parking" mais "parc-auto" ou "parc d'automobiles". Et, dans le monde de la grande distribution, "au volant" est souvent utilisé en lieu et place de "drive". B.L


nouvelles2/nouvelle-caledonie.jpgDumbéa signe le manifeste des Communes de France - le 03/12/2013 - 11:47 par A_Salon

Nouvelle-Calédonie : Dumbéa exemple pour la campagne
"Communes de France pour la langue française
"
Alliance Champlain : Agir pour le français auprès des publicitaires (ci-dessous)

Cette commune de 30 539 habitants, représentative de la diversité des populations du "Caillou", qui fait partie du "Grand Nouméa" en Nouvelle-Calédonie, collectivité territoriale française à l'Est de l'Australie a voté à l'unanimité notre manifeste franco-québécois.
Elle a assorti son vote d'une délibération modèle que l'Alliance Champlain et ALF ont plaisir et fierté à présenter à nos lecteurs. AS.


Note explicative de synthèse portant adoption du "Manifeste pour la langue française"

Dans le cadre de la préservation de la langue française dans le monde, l'Organisation Internationale de la Francophonie, organisme culturel et politique international regroupant 77 pays, a pour objectif majeur de promouvoir la diffusion et l'emploi de la langue française sur les cinq continents tout en assurant la protection des langues locales composant l'espace francophone telles les langues kanak de Nouvelle-Calédonie qui font partie du patrimoine immatériel de notre Caillou.

Or, il apparaît depuis plusieurs décennies que la langue française soit menacée par le développement d'un tropisme qui gagne non seulement la France et l'Europe mais le monde entier, à savoir l'abandon insidieux mais progressif des langues locales et nationales dans les domaines économique, scientifique et culturel au profit de la langue anglaise.

C'est pourquoi un collectif d'associations s'est constitué avec pour objectif non plus d'alerter seulement, mais d'agir pour la défense de notre fondement culturel dont la richesse est pourtant reconnue dans le monde entier. Parmi leurs actions, figure l'initiative de proposer aux édiles des communes de France, un "Manifeste pour la langue française" qui ferait l'objet d'une motion adoptée par les Conseils municipaux. Plusieurs communes et non des moindres comme les villes de Maisons-Laffitte et Verdun, dont la taille est comparable à la ville de Dumbéa, ont d'ores et déjà voté cette motion.

La Nouvelle-Calédonie étant un espace de langue française dans le Pacifique, il est proposé que Dumbéa devienne la première commune de Nouvelle-Calédonie, voire la première dans tout l'ensemble ultramarin français, à adopter ce manifeste pour la langue française et ainsi marcher sur les traces de ces défenseurs résolus de cet héritage linguistique plus que millénaire.

Aussi, il est proposé au Conseil Municipal de voter cette motion qui consacrerait notre attachement à la langue française en Nouvelle-Calédonie et dans le Pacifique

Tel est l'objet du projet de délibération ci-joint que j'ai l'honneur de soumettre à votre approbation

M. Le maire

Je voudrais avant tout remercier Madame Ghislaine RIVATON pour son action et son implication dans la défense de la langue française. Nous savons qu'à longueur de temps elle défend cette langue au travers de l'Alliance Champlain. Pour cela je vous propose que le conseil adopte cette délibération, la Ville de Dumbéa sera ainsi la 1ère commune de Nouvelle-Calédonie, voir du Pacifique, à engager cette démarche.

Mme Malfar :

Le sujet est bien mais je voudrais savoir si financièrement le fait d'adopter au conseil municipal ce manifeste, engendre un coût pour la commune à l'avenir, ou est-ce que tout sera gratuit. Est-ce une opération gratuite ou onéreuse pour la Ville ?

M. Le maire

C'est l'adoption d'un manifeste, d'une intention, d'un vœu, il n'y a pas d'impact financier direct dans le fonctionnement de la Ville. Il nous appartient, par la suite, de décliner ce manifeste pour faire en sorte d'éviter les anglicismes, et de développer des actions pour la défense de la langue française notamment en milieu scolaire.

Mme Malfar :

Non je disais plus tard Monsieur le maire, ma question ce n'était pas pour aujourd'hui ; effectivement on vote le manifeste il n'y a pas de souci, mais à quel prix ?

M. Le maire

Ma volonté est de défendre la langue française et d'adopter le manifeste qui nous est proposé. Il y aura peut-être un jour des opérations qui auront un coût qu'il est aujourd'hui impossible de budgétiser, mais que le conseil décidera alors sur la base du principe qu'il nous est proposé d'adopter.

Mme Rivaton :

M. le Maire, Mesdames, Messieurs et chers collègues,

M. le Maire, en tant que votre adjointe déléguée à la Culture et membre de la Commission Administration générale, d'une part, et membre de l'Alliance Champlain à l'origine de cette démarche en Nouvelle-Calédonie, d'autre part, j'aimerais vous indiquer qui, en métropole, en sont les initiateurs.

Il s'agit d'un collectif de 31 associations parmi lesquelles l'Alliance Champlain, emmené par M. Albert Salon, docteur d'État es lettres, ancien ambassadeur, président d'Avenir de la langue française (ALF). Ce manifeste est soutenu également par des personnalités de renommée nationale, voire mondiale, dont M. Hervé Bourges, ancien Président du Conseil supérieur de l'Audiovisuel, Mme Régine Deforges, écrivaine ; M. Costa-Gavras, cinéaste ; M. Claude Hagège, linguiste, du Collège de France ; M. Jean Raspail, écrivain ; M. Yves Guéna, ancien président du Conseil Constitutionnel ; M. Laurent Lafforgue, Médaillé Fields, pour ne citer que quelques unes de ces sommités dont la liste extensive peut être obtenue auprès de l'Alliance Champlain.

M. le Maire, Mesdames, Messieurs, je vous remercie.

M. Le maire
Sans observations complémentaires des conseillers municipaux, je demande au conseil municipal de bien vouloir se prononcer sur la délibération suivante :

Délibération n°2013/

Portant adoption du "Manifeste pour la langue française"

Le conseil municipal de la Ville de Dumbéa, réuni en séance publique, le 14 novembre 2013,

VU la loi organique modifiée n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie,

VU le code des communes de la Nouvelle-Calédonie,

VU la loi modifiée n° 99-210 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie,

VU la note explicative de synthèse n° 2013/96 du 29 octobre 2013,

La commission municipale des finances et de l'administration générale entendue en séance du 05 novembre 2013,

Après en avoir délibéré,

Décide :

article 1er
D'adopter "le Manifeste pour la langue française" joint à la présente délibération.

article 2
Le délai de recours devant le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie contre la présente délibération est de 3 mois à compter de sa publication.

article 3
Le Maire de la Ville de Dumbéa est chargé de l'exécution de la présente délibération qui sera communiquée à Monsieur le Commissaire Délégué de la République pour la Province Sud et publiée par voie d'affichage.

M. Le maire :

Mesdames, Messieurs, je mets aux voix l'ensemble de la délibération.

Adoptée à l'unanimité


Alliance Champlain (Nouvelle-Calédonie) Agir pour la langue française auprès des publicitaires

C'est toujours possible en ce qui concerne par exemple les enseignes des magasins. D'une manière intelligente, engageante. En encourageant les bonnes initiatives. La Nouvelle Calédonie nous en donne un bon exemple. L'Alliance Champlain, présidée par notre ami Daniel Miroux, membre fidèle d'Avenir de la langue française (ALF), l'a réussi de belle manière. Voyez l'article ci-dessous de la presse locale. A. Salon

alliance-champlain.jpg


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2013 (2) - le 01/12/2013 - 22:48 par MAR

Nouvelles de novembre 2013 (2)

Précieux soutien à "Communes de France pour la langue française" ! (ci-dessous)
Christian Massé (Nouvelle République) Protéger la langue française (29/11) (lien)
Joël Broquet : Les Jurassiens suisses ont voté (ci-dessous)
Échanges entre cabinets juridiques tunisien anglomane et français (11/2013) (lien)


Un précieux soutien à notre campagne Communes de France pour la langue française !

M. Pascal Terrase, député de l'Ardèche, secrétaire parlementaire de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) invite les maires de sa circonscription à faire voter notre manifeste franco-québécois par leur conseil municipal ! Merci à lui ! Puissent d'autres parlementaires suivre son exemple ! "

Lire la lettre de Pascal Terrasse aux maires de sa circonscription

Campagne des Communes de France pour la langue française


Les Jurassiens suisses ont voté par Joël Broquet, secrétaire général du Mouvement Fédéraliste Français

En 1815, le Jura suisse fut annexé au canton de Berne. En 1974, sous l’impulsion de Roland Béguelin, qui collabora au journal "La Nation Française" dirigé par Pierre Boutang, un séisme secouait le canton de Berne. Rappelons que ce journal conciliait parfaitement unité nationale et décentralisation.

Par référendum, les districts nord du Jura décidaient de créer la République et Canton du Jura. Les districts sud demeuraient, eux, dans le canton de Berne. Les francophones du Jura étaient bien coupés en deux. Depuis lors les polémiques, parfois violentes, n’ont pas cessé sans que pour autant cela ne dégénérât.

Après 40 ans de négociations entre les représentants des francophones du Jura resté bernois, les cantons de Berne et de la République du Jura, on parvint au référendum du 24 novembre 2013 portant sur la mise en route d’un processus d’unification en repartant de zéro, à savoir la création d’un nouveau Canton francophone.

Les électeurs de la République et Canton du Jura ont voté oui à 76,6 %, ceux du Jura demeuré bernois non à 71,8 % à la notable exception de Moutier qui vote oui à 55%. Le processus défini permet aux communes qui le désirent pourront ultérieurement demander leur rattachement à la République et Canton (Jura Nord).

A tort sans doute, les habitants du Jura bernois (Jura Sud) ont eu le sentiment qu’ils allaient, non pas concourir à la création d’un nouveau canton, mais être absorbés par le Jura Nord dont ils seraient non pas le "fils prodigue" de retour au foyer, mais ceux qui resteraient montrés du doigt pour avoir voté non en 1974. Décidément la psychologie des peuples est compliquée !

Mais la Suisse si proche est difficile à comprendre par une France qui peine à se dépouiller de ses oripeaux jacobins. Au-delà des turbulences inter cantonales, il y a une réalité nationale qui pacifie des conflits culturels auxquels résisterait mal un État centralisé. La Suisse a su apprivoiser la diversité linguistique comme en témoigne le canton de Fribourg bilingue.

On peut également se demander si l’image de la France socialiste dans une Suisse plutôt conservatrice n’a pas joué contre le rapprochement avec un Jura Nord peut-être perçu comme "contaminé" par son grand voisin ?

Il n’en reste pas moins que même si le résultat de cette votation a déçu les militants de la Francophonie, la "Question Jurassienne" reste posée ! Moins sur le plan institutionnel que sur celui de la recherche d’une solidarité au sein de l’espace culturel francophone.

A l’heure de la naissance des solidarités informelles si bien décrites par le sociologue lausannois Bernard Wicht, on peut se demander si la "Question Jurassienne" ne va pas devenir un laboratoire pour imaginer des solidarités autres qu’étatiques.

La frilosité des "Jurassiens du Sud" (sauf à Moutiers et dans quelques petites communes) peut-elle être vaincue ? A l’heure de la mondialisation les Jurassiens du Sud ne seraient-ils pas plus sensibles à un sentiment d’appartenance à l’espace mondial francophone qu’à l’attraction de Delémont ? La République et Canton du Jura ne doit-elle pas les aider à surmonter leurs craintes d’être "absorbés" en leur offrant une ouverture sur le monde ? En les associant à la vie de la francophonie mondiale ?

NB : Pour comprendre la "question jurassienne", on consultera les articles de Pierre André Comte dans le Jura Libre : case postale 202 – 2800 Delemont 1 - Suisse


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2013 - le 13/11/2013 - 14:20 par MAR

Nouvelles de novembre 2013

Publication du 2e Rapport ARPP/DGLF "Publicité et langue française"  (28/11) (lien)
ARPP/DGLF : 43 publicités épinglées pour non-traduction en français (27/11) (lien)
Yves Montenay : Lettre au Monde au sujet d'un article sur HEC (16/11) (lire ci-dessous)
Greguti Inauguration du NUMA : du franglais et des marques à tous les étages (16/11) (lien)
Bernard Gensane Quelle langue parle-t-on à Lyon ? (Lyon capitale anglomane) (12/11) (lien)


Yves Montenay : Lettre au Monde au sujet d'un article sur HEC (16/11)

La concurrence entre grandes écoles est mondialisée : donc en anglais ?
Voici une saine réaction d'Yves Montenay, administrateur d'ALF (AS)

Madame, Monsieur,

Je me réfère à l'article de votre édition du 14 novembre (Le Monde) :

ENTRETIEN
"La concurrence entre écoles est mondialisée "
Leader incontesté dans l'Hexagone, HEC se mesure aux meilleures business schools de la planète. Selon Bernard Ramanantsoa, son directeur général, c'est une des raisons de sa notoriété et de son attractivité |

Je proteste une fois de plus contre l'absence de questions relatives aux langues dans des articles où c'est une question importante. Cette omission, soit de cette question dans le cas de cet article (voir ci-après), soit de la langue choisie par l'interviewé, est tellement systématique que je me demande s'il n'y a pas une consigne aux journalistes. Peut-être s'imaginent-t-ils vivre dans un monde homogène où les différences culturelles n'ont plus d'importance...

Habituellement mes remarques visent des déclarations de responsables de pays plurilingues de fait ou de droit, pour lesquels la langue de l'interview reflète un choix politique ou une situation culturelle significative, or ce n'est pratiquement jamais signalé par le journaliste. Dans son récit de voyage au Moyen-Orient, Gilles Kepel ne manque pas de relever la langue dans laquelle s'exprime l'interlocuteur, et souvent commente ce choix.

Cette fois-ci ma remarque vise notre grande école la plus connue mondialement au lendemain du débat sur la loi Fioraso relatif à la langue d'enseignement dans le supérieur. C'était donc important et d'actualité !

Cette protestation concerne votre journal. J'en profite pour faire une remarque qui concerne le fond de l'entretien, et rappelle tout d'abord que je suis un ancien directeur d'une grande école de management qui était à l'époque environ 10e du classement français, donc, bien sûr, derrière HEC, mais à un niveau honorable :

- il aurait été intéressant de savoir si tout ou partie des cours sont en anglais, et quel est le niveau de connaissance du français est exigé pour avoir le diplôme d'HEC. A titre d'exemple, la notoriété de l'École Centrale de Paris est telle que les étudiants étrangers qu'elle attire se donnent la peine d'apprendre le français et qu'un certain niveau de cette langue est nécessaire pour obtenir le diplôme. Les cours en anglais ne sont pas spécifiquement destinés à attirer des étrangers, mais reflètent une demande des étudiants et de leurs parents pour progresser dans cette langue. Et parfois bien sûr le fait que le professeur choisi pour sa notoriété n'est pas francophone. La notoriété d'HEC est équivalente et lui permet (ou lui permettrait) d'attirer des étudiants non francophones malgré la tenue d'une partie des cours en français, comme la version finale de la loi Fioraso le demande,

- il aurait été également intéressant de distinguer entre l'école proprement dite et les Masters, non seulement pour la proportion d'élèves étrangers, mais, en parallèle, sur la langue des cours qu'ils suivent,

- nous savons tous que la compétition est mondiale entre les grandes écoles ou leur équivalent universitaire à l'étranger, mais on peut se demander si la vocation des grandes écoles françaises est d'aller au-delà d'une nécessaire internationalisation et de capter des milliers, voire davantage, d'étudiants étrangers, ce "marché" étant infini,

- une certaine proportion des élèves travaillera en France, et si certains problèmes sont mondiaux d'autres, par exemple les problèmes sociaux ou les rapports entre les entreprises et l'État sont assez différents d'un pays à l'autre, ce qui nécessite des enseignants français.

Ces considérations sur la langue et l'avenir des élèves ne sont pas seulement liées à la mondialisation, mais aussi à la limitation des perspectives en France du fait de l'échec économique actuel, qui pousse des élèves à travailler à l'étranger. Une partie de ces départs seront définitifs, ce qui mène se poser de graves questions.

Meilleures salutations

Yves Montenay (abonné depuis longtemps, après avoir été jeune lecteur puisque je me souviens du numéro traitant du 1er novembre 1954 en Algérie)


MuseeHorreurs2/beautifull-grenelle.jpgBeautiful Grenelle ? - le 11/11/2013 - 21:46 par MAR

Beautiful Grenelle ?
1 lieu et 2 marques à éviter : Beaugrenelle,
Häagen-Dazs et Uniqlo
qui piétinent la langue française

Passant voir le centre commercial Beaugrenelle (Paris 15ème) rénové, nous nous sommes bien retrouvés en colonie états-unienne, interpellés dans la langue de Coca-Cola. De même nous avons pu constater combien la marque américaine Häagen-Dazs, se croyant en pays conquis, piétine la langue française : avec ses inscriptions énormes entièrement en anglo-américain.

haagen-dazs

haagen-dazs pietine la langue française

Nous invitons toutes les personnes pour lesquelles le respect a encore un sens à ne pas acheter les produits et à ne pas fréquenter les points de vente de la marque Haagen-Dasz tant que celle-ci ne respectera pas le pays dans lequel elle prétend vendre : la France et tant que les pouvoirs publics ne feront pas respecter les lois de la République, dont notamment la loi du 4 août 1994, qui oblige un affichage en taille au moins équivalente en français.

Accessit pour Uniqlo, qui bien que japonaise, se croit elle aussi en terre anglo-saxonne avec son "Uniqlo the innovative brand from Japan". N'achetez pas non plus chez Uniqlo tant que cette marque ne respectera pas la France.

uniqlo piétine le français

 


Francophonie.jpgL'enjeu géopolitique de la Francophonie - le 11/11/2013 - 17:59 par Charles_SaintProt

L'enjeu géopolitique de la Francophonie

par Charles Saint-Prot

L'auteur, notre ami Charles Saint-Prot, directeur de l'Observatoire d'Études géopolitiques (OEG) sait que la projection pleine d'espoir à laquelle il se livre, suppose que les États africains restent attachés à la langue française, et que leurs systèmes d'enseignement en français ne s'effondrent pas, donc soient soutenus par les pays développés membres de l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie). Albert Salon.

Contrairement aux allégations des habituels champions du renoncement, la langue française est bien vivante dans le monde. Il n’y a guère que certaines prétendues élites parisiennes, hauts fonctionnaires, diplomates et autres hommes d’affaires, qui ont fait de la démission et de la soumission une règle de conduite pour considérer qu’il serait du meilleur chic de s’exprimer en anglais et la francophonie serait une préoccupation désuète et un combat d’arrière-garde. Si le français recule comme langue de travail dans le cercle, à vrai dire étroit, des organisations régionales et internationales, c’est principalement à cause de la négligence des élites précitées qui ne défendent jamais leur langue tant elles adhèrent aveuglément à une doxa européiste fondamentalement hostile aux nations et à tous les signes de souveraineté. Il est inadmissible que les fonctionnaires, les universitaires, les scientifiques ou les parlementaires français ne fassent pas les rappels à l’ordre qui s’imposent lorsqu’on tente d’imposer des travaux uniquement en langue anglaise dans des instances où le français est officiellement reconnu comme langue de travail (ONU, OCDE, OTAN, Conseil de l’Europe, parlement européen, commission européenne, etc.). En revanche, s’il y a défaillance au sommet, l’expansion est indéniable dans les populations.

700 millions de francophones en 2050

L’universitaire québécois Richard Marcoux, rappelle que les francophones sont répartis sur les cinq continents, le français est non seulement une langue parlée et étudiée mondialement, elle est aussi une langue de plus en plus utilisée. L’Administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (une soixantaine d’États et gouvernements), Clément Duhaime, souligne que selon les prévisions de l’Observatoire démographique et statistique de l'espace francophone le nombre des francophones pourrait dépasser 700 millions d’ici à 2050 (2,5 fois plus qu’aujourd’hui). Ces chiffres doivent être abondés de tous ceux qui ne sont pas répertoriés, notamment les francophones des pays non-francophones. Au rythme actuel de croissance, on pourrait dénombrer un milliard de francophones à la fin du siècle. A contrario, le tout anglais est loin de consolider toutes ses positions, par exemple, sur Internet l’anglo-américain est passé de 80% du trafic à 45%, depuis quelques années. La progression irrésistible du français est principalement due à la montée en puissance des francophones d'Afrique (Afrique noire et Maghreb), sous la double influence de la démographie et de la scolarisation. C’est dire l’importance qu’il convient d’accorder à ce continent qui doit être une priorité pour la diplomatie française et pour les instances francophones.

Une priorité politique

Les francophones seront donc plus de 700 millions d’ici à moins d’une quarantaine d’années, c’est donc maintenant qu’il faut travailler pour faire de cette perspective un atout. La Francophonie est une chance linguistique, culturelle et politique, il faut aussi qu’elle soit une réalité économique en développant davantage les axes de coopération nord-sud et sud-sud et en explorant toutes les potentialités de l’ensemble économique francophone. La Francophonie ne peut se limite à des slogans, il ne suffit pas d'afficher des intentions, il faut davantage les traduire dans les faits, dessiner un dessein commun, créer une véritable synergie. Il est clair que le projet francophone doit être plus ambitieux, c'est-à-dire plus politique. Le rôle essentiel d'une Francophonie dynamique et volontaire ne doit pas consister seulement à défendre la diversité –ce qui est certes indispensable– mais encore il faut mettre en place les programmes nécessaires pour permettre aux membres les moins développés de l’ensemble francophone de rattraper leur retard en matière d'éducation, de formation, d'accès aux nouvelles technologies, de formation professionnelle, etc. Et, parce qu’il n’y a pas de développement sans stabilité et sécurité juridique, il est également indispensable d’aider les pays concernés à renforcer la construction de l’État de droit, ce qui ne doit pas conduire pour autant à donner des leçons ou à prétendre imposer un modèle unique, une sorte de prêt-à-gouverner qui ignorerait les identités et les diversités. Tout cela implique une véritable stratégie à long terme et une action particulièrement active de la part des pays industrialisés, surtout de la France qui doit faire du développement des pays francophones une priorité. A vrai dire, la France doit s'investir davantage, et sans complexe, dans le projet francophone et consentir les moyens nécessaires.

Loin d’être la lubie de quelques nostalgiques, la Francophonie constitue un enjeu de première importance. L’usage d’une langue marque l’adhésion à un état d’esprit, à des valeurs partagées, à une vision du monde. L'évolution géopolitique des langues n'est donc pas anecdotique. Elle traduit les rapports de force et les grandes dynamiques. C'est pourquoi une Francophonie structurée, dynamique, volontaire, est une ardente obligation. Encore faudrait-il que les politiques, notamment les dirigeants français de droite comme de gauche, en prennent la mesure et mettent en place une véritable stratégie en la matière, notamment en anticipant les besoins futurs et en développant les atouts de ce vaste ensemble qui peut –et doit- peser davantage dans la recomposition du paysage planétaire.

Charles Saint-Prot


Agenda novembre-décembre 2013 - le 03/11/2013 - 22:58 par MAR

Agenda novembre-décembre 2013

Un colloque du CSA : Quel avenir pour la langue française dans les médias audiovisuels ?
lundi 9 décembre 2013 au Collège de France à Paris Vème (lien)

Table-ronde: "La traduction, un droit fondamental ?" vendredi 15 novembre 2013, de 17 à 19 h, à la Représentation en France de la Commission européenne à Paris (lien et communiqué ci-dessous)

Chanson française et succès international, Conférence de Jean-Claude Amboise, mardi 26 novembre 2013, à 14h15 à l’Université de Bordeaux 3 (communiqué ci-dessous)


Table-ronde: "La traduction, un droit fondamental ?"

La directive 2010/64/UE sur le droit à la traduction et à l’interprétation dans les procédures pénales consacre pour la première fois le "droit à la traduction" pour les citoyens de l’Union européenne. Quelles conséquences pour les mondes de la justice et de la traduction ? Quelles problématiques en France et en Europe ? Quelles perspectives ?

Une table-ronde organisée par l'Antenne de Paris de la direction générale de la traduction de la Commission européenne, en partenariat avec le Centre de recherche interdisciplinaire en juritraductologie (Cerije), l'École supérieure d'interprètes et de traducteurs (ESIT) et l'Institut de management et de communication interculturels (ISIT) aura lieu le vendredi 15 novembre 2013, de 17 à 19 heures, à la Représentation en France de la Commission européenne, 288 bd Saint-Germain, 75007 Paris (2e étage).

Places limitées. Inscription obligatoire avant le 8 novembre à l'adresse suivante : mikael.meunier@ec.europa.eu

Pour en savoir plus, cliquez ici.


La Licence "Chanson d’expression française, Jazz et Musiques actuelles
de l’Université de Bordeaux 3
avec le concours du Pôle Francophonie du Carrefour des Acteurs Sociaux

présentent

Chanson française et succès international

Conférence de Jean-Claude Amboise
Docteur en droit, spécialité "droit de la langue française", avocat au Barreau de Paris, membre du comité de pilotage du Pôle Francophonie du Carrefour des Acteurs Sociaux

jean-claude_amboise.jpg

Mardi 26 novembre 2013, à 14h15 à l’Université de Bordeaux 3
Maison des Arts (2e étage - salle 208)
 Esplanade des Antilles - Pessac (tram B "Montaigne-Montesquieu")

Entrée libre

 

 

nouvelles2/consommateur.jpgUn adjuvant de poids à la francophonie - le 01/11/2013 - 15:35 par Francis_Gandon

Un adjuvant de poids à la francophonie :
la défense du consommateur

Il est intéressant de mieux cerner le rôle que la défense du consommateur peut jouer dans la promotion du français.

Devrait être déposé le projet de Loi suivant :»La nature et la composition de tout bien et service sont indiquées dans un français COMPRÉHENSIBLE et de manière EXHAUSTIVE à l’exclusion de tout recours à une quelconque «assistance en ligne» et de quelconques forums de discussion sur Internet. En cas de traduction, l’indication originale française sera toujours sur le recto de la notice[1] ou le devant la boîte, au dessus d’éventuelles traductions. De possibles slogans en langue étrangère devront être traduits[2], en tant que relevant de la description du produit».

Ce projet pourrait être déposé à l’Assemblée, peut-être comme amendement à la Loi Toubon de 1994. Apparemment modeste, ses conséquences seraient cardinales :

  • Le dénoté ferait retour au cœur de la description contre la dérive connotative du nom propre incompréhensible. On parlera de «routeur» et nom de «livebox» (boîte de vie» ?).
  • Une description exhaustive et lisible — y compris matériellement pour les presbytes — liquiderait la pratique grotesque de la traduction microscopique de l’insignifiant en 27 ou 30 langues ; réinstaller le significatif au cœur de la description contraindra à condenser, clarifier, hiérarchiser, présenter les rubriques de façon cartésienne…
  • Récuser l’association du technique au connotatif constituera, notamment en informatique[3], un frein puissant aux pseudos innovations, prétextes à dérouter, asservir, escroquer. Il sera plus difficile de justifier l’obsolescence d’un produit, comme une imprimante — cela vient de m’arriver — du fait d’un simple changement de logiciel. En d’autres termes, convaincre qu’il faut changer de voiture parce qu’on a repeint la ligne jaune (comparaison donnée par Ch.-X. DURAND) deviendra plus ardu.

Cette disposition devrait suffire. Elle devra être couplée avec un accroissement significatif des agents de la DGCRF (ce à quoi le précédent régime tournait strictement le dos) et s’appliquera évidemment aux entreprises françaises à l’étranger. Or il y a urgence : les entreprises transnationales sont en effet passées à la vitesse supérieure dans l’obscurantisme, le barbarisme et la barbarie. Tout indique que le pire est à venir.

Ouvrons ici une sous-rubrique :»On ne s’ennuie jamais avec Orange» —, Morceaux choisis du «guide d’emploi» d’une clé «Everywhere» (sic) d’Orange (France-Télécom) à Madagascar.

«S’il vous plaît il faut utiliser la accessoires originaux ou les accessoires qui sont autorisés».
[…]
«Interdit d’être démonté par des non professionnels…»
[…]
«l’intervalle de température du fonctionnement est de -10° C- + 60° C et d’humidité de 5% à 95% sont recommandés.»
[…]
«le mal traitement par l’utilisateur final»
[…]
«quelque soit que ZTE avait été avisé ou pas»
[…]
«N’ouvrez brutalement pas le couvercle avant».
[…]
«L’utilisation des appareils électroniques émetteurs est interdite dans des places comme avion….»
etc.

Gardons en tête qu’il s’agit d’une notice technique émanant d’une entreprise française à destination d’un pays francophone.

L’explication : il Semblerait que la version originale de ladite notice soit en anglais. S’apercevant ensuite qu’on avait affaire à une clientèle francophone, un bricolage linguistique a dû être effectué par une officine quelconque (chinoise ? sud-africaine ?) D’où ces invraisemblables barbarismes[4].

Les compagnies françaises font tout pour occulter leur origine….avant de s’apercevoir que ce recherche la clientèle malgache, mauricienne, indienne…ce sont des produits français. D’où ces malhabiles relaps sur fond d’une détestation de tout ce qui est francophone. En périphérie tananarivienne, les nouveaux centres commerciaux ouverts par des Français d’origine indienne ont la majeure partie de leurs enseignes en anglais. (invité à déjeuner dans un «Food center», j’ai poliment décliné).

Je livre pour ce qu’elles valent ces quelques réflexions, assorties toutefois de propositions concrètes réalisables.

Francis Gandon, professeur honoraire


[1] Certains produits pharmaceutiques français donnent en premier le texte anglais, en second le supposé « original ». BIC note l’identité de ses produits en anglais monolingue, le texte français n’étant utilisé qu’en petits caractères, avec sept ou huit autres langues. Tout cela reste symboliquement très néfaste.

[2] Faute de pouvoir les interdire. Mais ne devrait-on pas revenir là-dessus ? J’imagine la tête des crânes d’œuf d’Air-France (sans trait d’union : tiens, mon correcteur orthographique proteste) avec leur « Flying blue » (volant bleu ?)

[3] Sait-on, à ce sujet, que le premier micro-ordinateur, le Micral, a été créé en 1973 par l’ingénieur français François Germelle ? Que sont-ils devenus l’un et l’autre ? Qu’est devenue la technique Goupil qui devait équiper les écoles françaises et francophones (un certain nombre d’ordinateurs Goupil ont même été envoyés en Afrique).

[4] Autre gag : Orange a gardé en malgache le slogan commençant par « Be » : soyez ceci ou cela. Mais, en malgache, be signifie « beaucoup ». D’où la proposition suivante du « forfait dimanche » : « Be Alahady » (« Soyez dimanche » en sabir), Ce que la clientèle ne peut comprendre que comme « Beaucoup de dimanche(s) » !

 

 


nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2013 (2) - le 17/10/2013 - 21:46 par MAR

Nouvelles d'octobre 2013 (2)

La Commission Européenne poursuivie pour non respect des règles linguistiques (lien et communiqué ci-dessous)
Michel Serres : Je lance un appel pour faire la grève de l'anglais (20/10) (lien)
JuriTavail : Trusts : utilisation obligatoire de la langue française (25/10) (lien)
Dominique Gallet : La France, puissance du XXIe siècle, l'heure du choix (9/10) une tribune très stimulante d'un des fondateurs d'ALF, auteur de "Pour une ambition francophone".(lien)


Assemblée des Francophones Fonctionnaires des Organisations Internationales (AFFOI)

Communiqué de presse
Rijswijk, le 18 octobre 2013

L'AFFOI Monde porte plainte auprès du Médiateur européen contre la Commission Européenne. Dominique Hoppe, Président de l'AFFOI Monde, porte plainte auprès du Médiateur européen contre la Commission Européenne pour non respect, dans le cadre de la création d'une plateforme pour lutter contre la fraude fiscale,

- De l'article 20 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne(TFUE) sur la citoyenneté européenne,

- Des articles 10 et 11 du Traité sur l’Union européenne (TUE),

- Des articles 21 et 22 de la Charte des droits fondamentaux.

L’appel à candidatures visant à mettre en place cette plateforme précise que la langue de travail sera l’anglais : "Étant donné que ni traduction des documents, ni interprétation simultanée ne peuvent être garanties dans les trois langues de travail de la Commission (EN, FR, DE), une parfaite maitrise de l’anglais sera demandée aux représentants et à leurs suppléants pour pouvoir prendre part aux discussions, comprendre les documents de travail et si nécessaire produire une contribution écrite".

Cette plainte ouvre une nouvelle ère du fonctionnement de l'AFFOI Monde qui, forte de ses deux nouveaux opérateurs de la société civile (AJFOI et ACFOI) va désormais agir avec plus d'intransigeance par tous les moyens à sa disposition et de façon systématique face à l'hégémonie progressivement plus marquée du "tout en anglais" et à l'emploi de modèles professionnels exclusivement d'origine anglo-saxonne en milieu multilatéral.


Francophonie.jpgContinuons en français ! - le 16/10/2013 - 19:07 par Michel_Guillou

Continuons en français !

par Michel Guillou

Le professeur Michel Guillou (voir ses titres éminents à la fin de l'article), membre et ancien vice-président d'ALF, donne une présentation synthétique fort utile de la nécessaire politique du français et de la Francophonie, et apporte des éléments nouveaux d'un grand intérêt.

Nous nous en réjouissons d'autant plus, et recommandons d'autant plus fortement de lire ce véritable manifeste et de s'en imprégner et inspirer, qu'il rejoint aussi directement notre campagne de 32 associations : "Communes de France pour la langue française", ainsi que notre grand projet pour Villers-Cotterêts de centre international d'études, rencontres, recherches et formation, sur : à la fois la Francophonie et la diversité linguistique et culturelle de l'Europe et du monde. Albert Salon. télécharger l'article

 


nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2013 - le 09/10/2013 - 09:40 par MAR

Nouvelles d'octobre 2013

A. FR. AV :Non à la politique anglicisante de Carrefour et non à l'anglicisation de la France et de l'Europe ! (lien)

Robert Chaudenson : l'anglomaniaque Geneviève Fioraso a encore sévi avec son FUN (France Université Numérique) ! (8/10) (lien)


Bonnes pratiques linguistiques dans les entreprises - le 04/10/2013 - 12:31 par A_Salon

Guide des bonnes pratiques linguistiques dans les entreprises

La Délégation générale à la langue française (DGLF) publie avec l'Office québecois de la Langue Française (OLF) un Guide des bonnes pratiques linguistiques dans les entreprises.


Pour l'emploi du français dans les entreprises et le monde du travail, la DGLFLF publie un précieux Guide des bonnes pratiques linguistiques !

Ce document, comme son titre l'indique aux familiers du langage d'Outre-Atlantique, est d'abord le fruit des institutions québécoises chargées d'appliquer la loi 101 de 1977 au Québec sur le français, puis de la coopération franco-québécoise (OLF et DGLFLF) avec la participation du Professeur français Claude Truchot.

Maintenant publié par la DGLFLF (Délégation générale à la langue française et aux langues de France, du ministère de la Culture, de la Communication et de la Langue française) qui s'appuie largement sur les syndicats français pour sa diffusion optimale (ainsi notre ami Franck Grandmaison de l'UNSA, qui fut, et reste, avec Jean-Loup Cuisiniez, l'un des principaux interlocuteurs syndicaux français dans la coopération d'ALF avec les syndicats : cf. nos actions fortes de 2007 et 2009 à l'Assemblée nationale), ce document rassemble les "bonnes pratiques" françaises et franco-québécoises les plus pertinentes.

D'un format court, il a vocation à connaître une très large diffusion auprès des acteurs du monde du travail.

Le document peut-être téléchargé sur le site de Délégation générale à la langue française (DGLF) :

Je recommande vivement à tous nos membres, aux nombreux visiteurs de notre site, et aux lecteurs du bulletin d'ALF, de donner le maximum d'écho à cette initiative particulièrement bienvenue. Albert Salon.


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2013 (3) - le 04/10/2013 - 12:10 par MAR

Nouvelles de septembre 2013 (3)

Francophonie : Amal Sewtohul, lauréat 2013 du Prix des cinq continents (lien)
Les Francophonies de Limoges fêtent leur 30e édition du 26/9 au 2/10 (lien et site officiel)
Abdou Diouf : Protection du français : le Québec un modèle (19/9) (lien)
 


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2013 (2) - le 26/09/2013 - 14:55 par MAR

Nouvelles de septembre 2013 (2)

Nouveaux termes de la Commission générale de terminologie au Journal officiel
dans les domaine de la Biologie (15/9) et des Relations internationales (15/9)

Albert Salon, président d'ALF, publié dans le grand journal japonais Asahi Shimbun (4/9)
(lire plus bas)


Albert Salon, président d'ALF, publié dans le grand journal japonais Asahi Shimbun (4/9)

asahi-shimbun.jpgLa contribution d'Albert Salon est résumée par la correspondante du journal à Paris, Marie Guitton :

Vous trouverez joint à ce courrier un exemplaire de l'Asahi Shimbun daté du 4 septembre dernier. Nous y avons publié votre opinion sur la défense de la diversité linguistique en page 13. Je ne peux malheureusement vous traduire l’article mot à mot. Voici néanmoins quelques explications :

• Le titre général de la page Opinion est : « L’explosion des Katakana » (symboles utilisés pour les mots étrangers en japonais)

• En bas à gauche, un directeur publicitaire, M. Yasumichi OKA, défend l’utilisation de l’anglais dans la vie courante.

• En bas à droite, le professeur Yukio TSUDA s’érige en défenseur de la langue japonaise.

• Le titre associé à votre opinion est quant à lui : « Un excès stérile d’anglophonisation ». Vous encouragez d’abord ce Japonais qui a intenté un procès contre la télévision nippone. Puis vous parlez de vos propres luttes contre l’hégémonie américaine. Ce n’est pas de l’antiaméricanisme, mais de l’anti-hégémonie-américaine. L’objectif est la défense de la diversité culturelle.

Vous expliquez ensuite l’historique de l’article 2 de la Constitution et de la loi Toubon. Vous citez des anglicismes qui vous agacent particulièrement comme « e-mail » que nous pourrions remplacer facilement par courriel, à l’instar de logiciel qui a fini par s’imposer face à software. Vous revenez alors sur l’anglais à l’université et votre ferme opposition à la réforme Fioraso. Vous précisez que vous n’êtes pas contre le fait d’apprendre des langues étrangères —vous êtes polyglotte et ancien diplomate- mais contre l’excès d’anglophonisation. Car lorsqu’une langue s’impose au détriment de sa langue maternelle, la pensée devient stérile. Vous donnez l’exemple des sciences : un mot est associé à une idée ; ainsi naissent parfois les plus grandes découvertes.

Enfin, pour vous, la Constitution japonaise n’ayant jamais été amendée depuis la guerre, y inscrire le japonais comme langue officielle serait un choc —positif- pour la population. Défendre sa langue maternelle, c’est défendre l’indépendance de l’État.

 

 


Ministry of Productive Recovery - le 20/09/2013 - 11:44 par MAR

Ministry of Productive Recovery
Ministry of Craft, Commerce and Tourism
!

Ne leur dites pas, mais il parait qu'il s'agit des Ministères "français" du Redressement  productif et de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme !
happy boomers, silver économie, European Microélectronics Summit.
C'est sans doute cela le "made in France" d'Arnaud Montebourg et de la
Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS) dirigée par Pascal Faure !

à force d'ériger l'anglais en valeur suprême de la modernité et de s'adresser aux citoyens dans la langue de Bill Gates, les pouvoirs publics jouent clairement le jeu de la dévalorisation de la production française et habituent au contraire, ces mêmes citoyens à rechercher les produits étrangers (causant de préférence anglais) comme gage de cette "modernité"... MAR

dgcis.jpg


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2013 - le 12/09/2013 - 09:17 par MAR

Nouvelles de septembre 2013

Le Comité pour une Nouvelle Résistance (CNR) organise un Colloque sur la défense de la langue française du 13 au 16 septembre 2013 à Nice (CUM-65 promenade des Anglais) (lien) à écouter également l'entretien d'Albert Salon avec l'organisateur (diffusé le 10/9)
Jeux de la Francophonie à Nice du 7 au 15 septembre (lien)
Crétinerie Lochoise (lire plus bas)


Crétinerie Lochoise

Dans la rubrique les collectivités locales racolent en anglais pour faire moderne, pour attirer le touriste, la palme revient aujourd'hui à Loches et à son slogan grotesque "I LOCHES YOU"

loches.jpg

Ou quand les villes chargées d'histoire se comportent comme de vulgaires lessiviers


nouvelles/presse.gifNouvelles d'août 2013 - le 08/09/2013 - 18:13 par MAR

Nouvelles d'août 2013

Publications de nouveaux termes de la Commission générale de terminologie
au Journal officiel

- dans le domaine des Sports (10/8)
- dans le domaine des Télécommunications (9/8)


 


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2013 (2) - le 19/07/2013 - 15:05 par MAR

Nouvelles de juillet 2013 (2)

Réponses "molles" du Gouvernement à 2 questions de députés sur la perte d'influence du français au sein de l'Union européenne (23/7) (lire plus bas)

Le Devoir : France, Québec et 14 juillet - Contrer décrochage et résignation (13/7) (lien)
Observatoire européen du plurilinguisme: 5 victoires du plurilinguisme ! (17/7) (lien)


Réponses "molles" du Gouvernement à 2 questions de députés sur la perte d'influence du français au sein de l'Union européenne

Le Gouvernement fait ici mine de condamner la perte d'influence du français et le tout-anglais au sein de l'Union européenne mais comme à l'habitude (celui-ci comme le précédent), sans aucune démarche concrète. Tant que ce Gouvernement n'aura pas montré une réelle volonté politique et qu'il n'aura pas bloqué des décisions pour marquer sa désapprobation, la situation à Bruxelles et à Strasbourg continuera à empirer et l'UE continuera à se comporter en colonie anglo-saxonne. MAR


 Question écrite n°11909 posée par M. Dino Cinieri (Loire-UMP)  - publiée au JO le 27/11/2012

M. Dino Cinieri appelle l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, sur l'utilisation de la langue française dans les instances européennes. De plus en plus souvent, les documents sont publiés en anglais sans être traduits dans d'autres langues.

Ainsi, le 20 septembre 2012, la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a examiné le règlement financier du budget général de l'Union européenne, qui était présenté au vote dans un texte de 407 pages uniquement en anglais. Avec environ 100 millions de locuteurs, l'allemand est la langue maternelle la plus parlée dans l'Union européenne, suivi du français, puis de l'anglais. Il lui demande pour quelle raison le Gouvernement français n'a pas formulé une protestation solennelle contre une telle discrimination linguistique et exigé le respect des règles européennes.

Réponse du ministère : Affaires européennes - parue au JO le 23/07/2013

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, réaffirme plusieurs principes relatifs à la protection du multilinguisme au sein de l'Union européenne. La diversité linguistique revêt en effet pour l'Union européenne un caractère fondamental. L'Union doit en particulier permettre aux citoyens européens d'accéder à la législation et aux informations européennes dans leur propre langue. C'est ainsi que la législation et les documents d'importance politique doivent être présentés dans toutes langues officielles.

Au Parlement européen, le vice-président en charge du multilinguisme, M. Miguel Angel Martinez, a fait part, lors de la dernière journée européenne des langues, de son soutien inconditionnel à la diversité linguistique. En dépit de telles déclarations, une dégradation en termes d'accès aux documents législatifs et d'importance politiques dans les différentes langues de travail de l'Union (et notamment le français) a été observée au Parlement européen. Il est à ce titre tout à fait regrettable que le Parlement européen n'ait pas été en mesure de présenter en commission le texte soumis au vote sur le règlement financier dans d'autres langues que l'anglais.

Bien que l'augmentation de l'activité législative du Parlement européen consécutive à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne puisse partiellement expliquer certains retards en termes de traduction, la France déplore vivement les difficultés que peuvent rencontrer les parlementaires en termes d'accès aux documents de travail dans leur langue maternelle. Aussi, les autorités françaises ne manqueront-elles pas de rappeler, comme elles le font régulièrement, cette exigence du multilinguisme lors de leurs futurs échanges avec l'administration du Parlement européen. Il en va non seulement du bon fonctionnement de l'activité législative européenne, mais aussi du respect d'un principe fondateur de la construction européenne.


Question écrite n°10693 posée par M. Jacques Myard (Yvelines-UMP) - publiée au JO le 20/11/2012

M. Jacques Myard appelle l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, sur la situation de la langue française dans les institutions de l'Union européenne. À l'évidence, cette situation se dégrade rapidement : lors d'une simple visite des immeubles de la Commission, chacun peut constater que l'ensemble des affiches ou visuels vantant l'action de la Commission est exclusivement en langue anglaise.

Les documents de travail, les publications des directions de la Commission ainsi que de ses agences, ne sont disponibles qu'en langue anglaise. Cette situation est particulièrement préoccupante et est directement contraire aux règles linguistiques de l'Union européenne, fondée sur l'égalité linguistique et le respect du statut des langues de travail au rang desquels figure le français.

Elle est aussi directement contraire à nos intérêts dont l'emploi de notre langue est un élément essentiel. La Commission européenne est devenue une machine à angliciser. Il lui demande, en conséquence, quelles actions vigoureuses il entend mener pour mettre fin à cette situation scandaleuse, totalement préjudiciable à nos intérêts et dont la poursuite va inévitablement provoquer de violentes querelles linguistiques et mettre en péril l'existence même de la coopération européenne.

Réponse du ministère : Affaires européennes - parue au JO le 23/07/2013

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, réaffirme plusieurs principes relatifs à la protection du multilinguisme au sein de l'Union européenne. La diversité linguistique revêt en effet pour l'Union européenne un caractère fondamental. L'Union doit en particulier permettre aux citoyens européens d'accéder à la législation et aux informations européennes dans leur propre langue. C'est ainsi que la législation et les documents d'importance politique doivent être présentés dans toutes langues officielles.

Il est vrai qu'en dépit de ces règles nécessaires au bon fonctionnement de la coopération européenne, une dégradation de l'accès aux documents législatifs et d'importance dans les différentes langues de travail de l'Union (et notamment le français) a été observée dans certaines institutions de l'Union européenne, y compris au Parlement européen. Bien que l'augmentation de l'activité normative européenne consécutive à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne puisse partiellement expliquer certains retards en termes de traduction, la France déplore vivement les difficultés que peuvent notamment rencontrer les co-législateurs pour accéder aux documents de travail dans leur langue maternelle.

Aussi, les autorités françaises ont elles mis en place un vade-mecum de l'usage du Français dans les institutions et incitent elles les représentants français au sein des institutions à leur signaler tout manquement aux règles de respect du multilinguisme. Elles ne manqueront pas, comme elles le font régulièrement, de rappeler l'exigence de respect du multilinguisme lors de leurs futurs échanges avec les institutions européennes. Il en va non seulement du bon fonctionnement de l'activité législative mais aussi du respect d'un principe fondateur de la construction européenne.

 

 


nouvelles2/allemagne.jpgL'Allemagne réagirait-elle contre le globish-pour-tous ? - le 19/07/2013 - 14:57 par A_Salon

L'Allemagne réagirait-elle maintenant
contre le "globish-pour-tous" ?

Malgré le discours à la Nation allemande et aux peuples d'Europe prononcé le 22 février par  Joachim Gauck, Bundespräsident (président fédéral) prônant le nécessaire passage à l'anglais langue européenne commune pour toutes les affaires sérieuses, et concédant simplement le maintien des langues maternelles dans les foyers, "avec toute leur poésie", le peuple allemand semble bien vouloir cesser sa glissade sur cette pente fatale.

Ce peuple, qui recouvre puissance et orgueil dans tant de domaines, donne en effet de premiers signes de reconquête de sa langue, trop longtemps avilie et marginalisée par l'anglo-américain, langue du maître maintenant contesté, comme le dénonçaient des associations allemandes actives, tel le Verein deutsche Sprache (VDS), partenaire de longue date d'ALF.

La France, qui s'abandonne en ce moment, ne devrait pas être en décalage, et "en reste".

Citons d'abord cette observation de l'Observatoire européen du Plurilinguisme (OEB) présidé par notre ami Christian Tremblay (juin 2013) :

"L'Allemagne s'interroge sur les bienfaits de l'anglicisation de l'enseignement supérieur
Dans la course à l'anglicisation de l'enseignement supérieur, l'Allemagne avait pris quelques longueurs d'avance sur la France et l'Italie, sur la piste suivie depuis des décennies par les pays scandinaves et les Pays-Bas.

En fait, moins de 10% des formations de niveau master sont dispensés en anglais, soit à peine plus qu'en France aujourd'hui.

Pour autant, les universités allemandes prennent conscience des méfaits de cette politique. La conséquence la plus immédiate est la mauvaise insertion des étudiants étrangers dans l'économie allemande qui, en raison du vieillissement accéléré de sa population, a besoin d'une immigration de haut niveau de qualification. Il est donc nécessaire d'imposer l'apprentissage de l'allemand et de réintroduire l'allemand comme langue d'enseignement dans les formations qui ont été développées 100 % en anglais depuis 10 ans en pure perte.

L'autre raison de donner un coup d'arrêt à l'anglicisation de l'enseignement supérieur et de la recherche est tout simplement la nécessité de sauvegarder la qualité de la recherche en Allemagne. Dans de nombreux domaines de recherche la connaissance de l'allemand est nécessaire. Par ailleurs, si l'on peut à la rigueur publier en anglais afin d'augmenter son nombre de lecteurs, cela ne veut pas dire que la recherche doive nécessairement se faire en anglais. La recherche dans sa propre langue, dès lors que celle-ci demeure capable d'exprimer toute la réalité scientifique, est une condition de la créativité scientifique".

Les arguments contenus dans ce texte rappellent ceux qu'ALF et ses associations partenaires ont développés dans leur Mémoire "Le français et les Sciences" diffusé récemment sur la toile et à 2.000 exemplaires sur papier.

Je rappelle aussi à ce propos l'information que nous avons déjà diffusée au sujet de la Société des Chemins de fer fédéraux allemands : la Bundesbahn veut se débarrasser de quelques 2.700 anglicismes qui ont pollué sa communication interne et externe. Elle édite et diffuse un glossaire par lequel elle rend les équivalents allemands obligatoires dans tout son réseau. Exemple à suivre par la SNCF, Air-France et autres services publics en France ! Les termes existent : les commissions de terminologie compétentes ont fait leur travail.

Il ne manque plus qu'une volonté politique suffisante pour suivre le réveil allemand.

Et peut-être un début de réveil ailleurs en Europe, puisque le Tribunal administratif de Lombardie vient d'ordonner au Politecnico de Milan, de revenir au moins partiellement à l'enseignement en italien, alors que ce prestigieux Institut polytechnique avait cédé à la même mode de l'enseignement supérieur en anglais à laquelle les Valérie Pécresse, Pierre Tapie, Richard Descoings, Geneviève Fioraso, ont succombé chez nous.

Serons-nous les derniers ?

Albert Salon


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2013 - le 13/07/2013 - 17:36 par MAR

Nouvelles de juillet 2013

A Paris, la collaboracheune en marche : un 14 juillet à 70% anglo-saxon (lire plus bas)
La loi Fioraso (et sa soumission à l'anglais) adoptée (9/7) (lien)
[lire aussi Retour sur une capitulation en rase campagne  et nouveau Code de l'éducation]
Publication du 50ème numéro du Journal d'Avenir de la Langue Française (lien)


A Paris, la collaboracheune en marche : un 14 juillet à 70% anglo-saxon

Paris s'est offert comme chaque année un grand feu d'artifice, comment croyez-vous que fut sonorisé cet évènement ? Par 70% de chansons anglo-saxonnes !

Pour célébrer la fête nationale, (française, Bertrand Delanoë semble une fois de plus, l'avoir ignoré), Paris a choisi de parler la langue de Bill Gates. 18 chansons ou airs anglo-saxons sur 26 !

Pas une chanson allemande, italienne, espagnole, portugaise, polonaise... pays avec qui nous faisons parait-il, l'Europe, non de l'amerloque du pur, du vrai !

Cela montre le degré de soumission auquel la France, et particulièrement sa capitale, est arrivée

  • après l'équipe de France de foot qui célèbre sa victoire en 1998 dans la coupe du monde avec "I will survive" (in ingliche) dans les jardins de l'Élysée (!)
     
  • après le maillot officiel de l'équipe de football de la capitale de la France (Paris parait-il) avec aucun mot français mais "Fly emirates" dans la langue des colons.
     
  •  après le logo de l'Ile de France à 400 000 euros, pour que cette région devienne "Paris region" "Source of inspiration" issu des cogitations de Jean-Paul Huchon, lequel a toujours passé son temps à claironner son "amour" des groupes rock anglo-saxons au lieu de défendre la création locale...
     
  • aujourd'hui le 14 juillet en "amerloque". "I love America" pour célébrer la France, les grandes sociétés états-uniennes en rêvaient,  Bertrand Delanoë l'a fait !
     

ile-de-france-logo.jpg

 

 

 

 

 

 

Tout cela ne semble plus choquer personne, "Paris sous-préfecture états-unienne" semble l'horizon indépassable de nombre d'élus locaux et de médias... MAR


nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2013 (3) - le 20/06/2013 - 22:48 par MAR

Nouvelles de juin 2013 (3)

Causeur Fioraso speaks globish, Comment devenir un petit pays qui parle anglais ?(26/6) (lien)
TV5Monde Le Sénat vote l'élargissement encadré des cours en anglais (20/6) (lien)
A.FR.AV : La "Cultural Exception" et le "Speak White" ! (19/6) (lien)
Jérôme Saulière : Les entreprises françaises malades de l'anglais (lien)
La science au XXIe siècle : Loi Fioraso - la mobilisation se poursuit II (18/06) (lien)


 


nouvelles2/olivier-oger.jpgO. Oger, directeur de l'Edhec, massacreur ravi du français - le 20/06/2013 - 22:14 par MAR

Olivier Oger, directeur de l'Edhec, massacreur ravi du français !

La loi Fioraso libère ! Témoin cet entretien ci-dessous donné par Olivier Oger, directeur de l'Edhec au Monde. Celui qui a fait passer son école au tout-anglais dès 2005 est un bon exemple de ces "lou ravis", véritables LVF de l'anglicisation. MAR


A l'Edhec, le directeur refuse le retour des cours en français (Le Monde - propos recueillis par Benoît Floc'h)

Vous avez décidé, en 2005, de faire passer votre école, l'Edhec, au "tout-anglais". Avec quelles conséquences ?

Olivier Oger Ce fut probablement l'une des décisions les plus importantes que j'aie prises pour l'internationalisation de l'école. L'impact en interne a été énorme. Ce fut un grand choc, mais également un projet mobilisateur. Il n'y a eu que deux ou trois personnes qui sont allées voir ailleurs. Mais nous avons annoncé la mesure deux ans avant sa mise en œuvre et mis en place un accompagnement. Évidemment, cela représentait un effort énorme pour nos professeurs parmi les plus âgés, ou pour ceux qui parlaient mal l'anglais.

Olivier Oger a porté un coup mortel à sa langue et à son pays, en passant les cours de l'Edhec à 100% anglais (c'est à dire y compris pour étudier par exemple le droit commercial français !) mais il est fier de lui. Un "effort énorme" des professeurs : ce n'était pas le meilleur enseignement pour les étudiants qui comptait, ni la meilleure communication entre étudiants et professeurs, non ce qui comptait c'était de vendre l'école comme une savonnette.

La qualité de l'enseignement n'a-t-elle pas diminué ?

C'est difficile à mesurer. Lorsqu'on dispense un cours en anglais pour la première fois, on ne dispose probablement pas d'autant de moyens de transmettre les connaissances. Mais cela s'estompe avec le temps. D'autant plus, d'ailleurs, que nous n'avons pas lésiné sur l'accompagnement. Des professeurs de langues donnent des cours ; des séjours de six mois à l'étranger ont été organisés ; des binômes de professeurs français et anglais ont été constitués pour une coproduction des cours, ce qui permet notamment de trouver le bon exemple, la note d'humour, etc.

Olivier Oger n'est même pas sûr que la qualité n'ait pas diminué. Évidemment ânonner un cours en globish quand on le faisait normalement dans sa langue avec toutes les subtilités qui vont avec… On constate en passant que ce fut une bonne opération pour les professeurs anglais. En "coproduction" avec les français, ceux-ci ont sans doute eu la joie de devenir leurs inférieurs…

Cela a-t-il entraîné une coloration plus anglo-saxonne du contenu des cours ?

Non. Ce n'est pas parce que vous enseignez en anglais que vous véhiculez la culture anglo-saxonne ! A ceux qui pensent que nous devenons les suppôts du Royaume-Uni et des États-Unis, je réponds que nous sommes plus qu'avant les ambassadeurs de ce que nous sommes, car nous sommes audibles par un plus grand nombre. Un professeur français demeure français même s'il parle anglais. J'ajoute que les disciplines que nous enseignons, comme la gestion par exemple, comprennent une part importante de technique, laquelle est tout de même plus neutre culturellement que la littérature ou la philosophie. Il faut donc faire la part des choses. Mais je veille à ce que l'enseignement demeure européen et que les cas d'entreprise traités relèvent de problématiques européennes.

Olivier Oger a l'aplomb d'affirmer que "Ce n'est pas parce que vous enseignez en anglais que vous véhiculez la culture anglo-saxonne !" quand on sait bien que c'est évidemment le contraire et qu'une langue véhicule une image du monde et une conception de la société… Merci en passant à Olivier Oger de garder des "problématiques européennes" (le Royaume-Uni étant théoriquement un pays européen et connaissant le contexte de l'école, on s'en réjouit d'avance !).

Qu'est-ce que cela a changé en termes d'attractivité ?

A la fin des années 1990 et au début des années 2000, avec le développement des accréditations [par des agences internationales indépendantes, NDLR], l'Edhec a voulu s'internationaliser. A nos yeux, cela devait d'abord concerner la recherche : il fallait recruter des professeurs internationalement connus pour leurs recherches et qui, donc, publiaient en anglais. Mais l'idée était bien entendu également d'attirer des étudiants étrangers dans le "programme grande école". En 2000, l'école n'en accueillait que 20... Cette année, ils sont 330 par promo !

Est-ce uniquement dû au passage à l'anglais ?

Oui, très largement. Sur les 330 étudiants étrangers présents sur nos campus, très peu parlaient français en arrivant. Le pays le plus attractif demeure les États-Unis. Lorsque les étudiants chinois viennent chez nous, cela relève donc d'un choix précis. Mais, avant, ils ne venaient pas du fait de l'absence de cours en anglais.

Et combien le parlent en sortant ? Pour accueillir des Chinois que ne ferait-on pas, y compris abandonner sa langue, abandonner son âme…

Cela a-t-il également permis d'élargir le vivier de recrutement des étudiants étrangers ?

Oui, notamment en provenance de l'Asie. Nous avions très peu d'étudiants asiatiques auparavant. C'est cela qui nous a permis d'élargir notre vivier traditionnel de recrutement, l'Europe et l'Afrique du Nord. Ces deux zones géographiques ne sont plus représentées qu'à hauteur d'un tiers dans l'origine des 330 étudiants étrangers de l'Edhec.

En gros on a enfin des étudiants plus rentables que notre pauvres étudiants francophones ou pire encore, des européens qui venaient aussi pour la culture française.

L'Edhec est-elle toujours une école française ? Avez-vous le sentiment d'affaiblir le français ?

Cette mesure nous a permis d'exister sur la scène internationale. Et je précise que tout étudiant étranger est obligé de suivre des cours en français. Ils n'en deviennent certes pas des experts, mais ils peuvent tenir une conversation. Et cela s'accompagne d'une ouverture culturelle : visites de musée, tourisme, découverte de la gastronomie... Je ne suis donc pas sûr que cela affaiblisse le français car ces jeunes deviennent de sacrés bons ambassadeurs de la France, et ils travaillent souvent dans nos entreprises à l'étranger. En tant que citoyen, je regrette que le français ne soit plus la langue d'enseignement de mon école, mais en tant que directeur, je ne peux pas passer à côté.

Bonne question du journaliste."Ces jeunes deviennent de sacrés bons ambassadeurs de la France" quand ils n'auront pas appris un mot de français, on ne sait pas de quoi ils seront ambassadeurs. On a tous en tête l'exemple de ces étudiants français partis pour des cycles aux Pays-Bas ou au Danemark qui n'ont rien retenu de ces pays, rien appris sauf cet "excitant" mélange de gens communiquant entre eux en globish.

Enfin la perle de l'entretien : "En tant que citoyen, je regrette que le français ne soit plus la langue d'enseignement de mon école, mais en tant que directeur, je ne peux pas passer à côté." Tartuffe nous voilà ! Le directeur a porté un coup grave à sa langue et à son pays et le "citoyen" le regrette ! Très fort Olivier Oger !

Avez-vous été surpris par l'ampleur du débat suscité par le projet de loi Fioraso ?

C'est classique ! La France a les moyens d'avoir une ambition internationale en matière d'enseignement supérieur. Que la ministre Geneviève Fioraso veuille favoriser les cours en anglais va dans le bon sens.

Pour Olivier Oger avoir une ambition internationale, comme pour beaucoup de défenseur du projet Fioraso, c'est en gros essayer de devenir anglo-saxons ou du moins de s'en approcher le plus possible.

En l'état actuel, le projet de loi prévoit aussi des conditions très strictes : utilisation partielle de l'anglais, apprentissage du français et prise en compte du niveau dans le diplôme, existence de "nécessités pédagogiques" pour justifier l'emploi de l'anglais. Allez-vous appliquer la loi et revenir sur le tout-anglais ?

Je ne vois pas comment je pourrais appliquer cette loi. Et je ne peux d'ailleurs pas croire que cela se mette vraiment en place, alors qu'on nous incite depuis des années à nous internationaliser. Respecter ces restrictions, ce serait remettre en cause quinze ans d'efforts pour installer notre école sur la scène mondiale. Or, nous sommes aujourd'hui présents à Singapour. Nous avons signé des accords avec les universités américaines Princeton et Yale, avec laquelle nous délivrerons un programme en commun. Sans l'anglais, nous n'aurions pas pu le faire. Si les étudiants étrangers estiment qu'ils ne pourront pas suivre l'intégralité du cursus parce qu'une partie est enseignée en français, ils ne viendront plus. En Espagne, une loi oblige les étudiants étrangers à suivre des cours de catalan. Les établissements les organisent donc, mais aucun étudiant ne les suit...

Et en plus Olivier Oger n'est pas content : ce qu'il a fait de manière tout à fait illégale, avec la complaisance des différents ministres de l'enseignement supérieur en poste depuis 2005, il nous fait croire que cette loi avec ses prétendus garde-fous empiète sur sa liberté d'angliciseur forcené…


François Reynaert où la servilité anglomane ! - le 15/06/2013 - 20:13 par MAR

François Reynaert ou la servilité anglomane !
retour sur un éditorial publié dans "Le Nouvel Observateur" le 23 mai 2012

Cet éditorial illustre bien l'attitude servile d'un certain milieu médiatique parisien qui se croit "follement moderne" en acceptant le sabordage du français au profit de l'anglais dans les études universitaires. MAR

 

L'article nos commentaires

Pour qui sonne l'anglois
Le Nouvel Observateur – 23 mai 2013 – n°2533

Un titre plein d'humour !, François Reynaert commence très fort !

Une réforme propose d'autoriser l'anglais dans trois cours de fac, et, déjà, les clairons sont sortis. Grosse fatigue

"Trois cours" Qui a dit ça ? François a dû recopier le dépliant publicitaire écrit par Geneviève Fioraso elle-même… aucune limitation n'est à cette heure proposée. Rien n'interdit un cursus 100% en anglais.

Dans les cas désespérés, songer aux mesures radicales. L'hypothèse m'en venait en suivant d'un œil las le nouveau psychodrame culturello-linguistique qui emplit les colonnes des journaux : "l'affaire Fioraso". Vous voyez de quoi il s'agit ? Un excellent papier de ce journal (page 112) vous en donnera les tenants et les aboutissants. On peut les résumer ainsi : dans un coin de sa réforme des universités, Mme Fioraso, ministre des susdites, entend faire voter un articulet autorisant ici et là, par exception à nos lois sur la francophonie, que quelques cours de nos facs soient donnés en anglais. Est-ce grave ? Non. Cela se pratique depuis des lustres dans toutes les grandes écoles du pays.

"ministre des susdites" habile ça François ! Ça fait gars lettré, ce qui permet de laisser assassiner sa langue en ayant l'air de la soutenir…

"un articulet" bien sûr François, cet articulet permet sans grand contrôle d'enseigner sous tout prétexte vaguement international des cycles entiers en anglais. Une paille !

"nos lois sur la francophonie" on sent bien que ça le gêne le François que son propre pays défende sa propre langue quand il y a une qui s'impose…
"
que quelques cours de nos facs soient donnés en anglais" bel même aplomb François, pour se faire le VRP de Geneviève Fioraso
"
Est-ce grave ? Non. Cela se pratique depuis des lustres dans toutes les grandes écoles du pays." en un mot les grandes écoles piétinent la loi alignons-nous sur elles. Un peu comme si on disait les violences racistes font florès légalisons-les : c'est dur là François, non ?

Il s'agit de l'officialiser à l'université dans le but d'y attirer les étudiants de quelques grands pays qui ont jusqu'ici, la fâcheuse habitude de se tirer chez nos voisins, où tout cela se passe sans problème. C'est que nos voisins sont juste des pays quand le nôtre est surtout une névrose. Oser parler anglais dans la patrie de Molière et Maurice Druon réunis ! C'était parti pour la parade de tous les déclino-ronchonchons de service – l'Académie française, "le Figaro" les Finkielkraut et consorts - curieusement rejoints par une escouade d'échappés du PS, mus par un sentiment qui m'a un peu échappé. J'avoue qu'une terrible crise de bâillements m'a empêché de me plonger très loin dans l'exposé de leurs motifs. C'est un tort, je sais. Tout ce dossier pouvait réserver de vrais bonheurs. Jacques Attali, hier encore héraut de l'ouverture au monde, s'est dressé vent debout contre le texte pour des raisons d'intérêt général que "l'Obs" (16/5) nous a apprises : il soigne sa prochaine candidature sous la Coupole.

"Il s'agit de l'officialiser à l'université" non François, pas de l'officialiser mais qu'elle remplace la langue du pays. Tu sais François comment s'appelle-t-il déjà ? La France ! "dans le but d'y attirer les étudiants de quelques grands pays qui ont jusqu'ici, la fâcheuse habitude de se tirer chez nos voisins" outre la trivialité du propos (se tirer), une vision très mercantiliste du propos on croirait qu'il s'agit de vente de lessive ! De plus François hélas, c'est un pur mensonge la France est déjà 5ème pour l'attraction d'étudiants étrangers. Sans doute trop de métèques pour toi François ? [il commence vraiment à m'agacer, moi le défenseur de tous les justes combats] Et puis qui croit vraiment que des étudiants étrangers sont intéressés à venir en France étudier en anglais : ils préfèreront toujours l'original à la copie.

"C'est que nos voisins sont juste des pays quand le nôtre est surtout une névrose" François Reynaert apparemment écrit déjà en globish traduit automatiquement par Google… Bon François déteste son pays, ce n'est pas nouveau chez beaucoup de bobos, mais qu'il soit cohérent pourquoi n'irait-il pas diffuser sa haute pensée chez ses amis.

François présente forcément les détracteurs du projet de loi comme de vieux ringards, réactionnaires (déclino-ronchonchons). Mais là, un truc bloque dans le raisonnement de François une quarantaine de députés socialistes de même qu'Attali se sont opposés à ce texte, et là François ne comprend plus, oubliant que c'est lui qui rampe devant le capitalisme multinational. François montre également son expertise en coup bas : Attali n'a aucune opinion personnelle c'est uniquement par intérêt qu'il se serait opposé au texte c'est dire l'estime que François porte aux individus…

Le linguiste Claude Hagège a osé, dans "le Monde" (26/4), une tribune qui devrait lui valoir une médaille : réussir à atteindre un tel sommet de grotesque entrais colonnes tient de la prouesse olympique. Pour dénoncer la réformette, ce garçon, dont le métier consiste à peser le poids des mots, n'a pas hésité à brandir ceux de "cancer", de "sabordage", sans parler de l'inévitable référence aux "heures tragiques" de notre histoire sans qu'on ait bien compris auxquelles exactement il faisait référence, sans doute celles qui virent brûler Jeanne d'Arc - face à l'anglois perfide, on ne peut pas moins."C'est la guerre I" conclut, martial, notre Paul Déroulède de la francophonie. Laquelle ? C'est toute la question. Cette mesure ne devrait donc pas être débattue ? Bien sûr que si. Est-on obligé de le faire dans ce climat d'hystérie, en ressortant une fois de plus l'interminable vieux débat : la France contre les méchants impérialistes américains ? Où es-tu de Gaulle ? Où est notre grandeuuur ! Le truc qui sentait déjà le rance sous Pompidou. A quoi a-t-il servi, depuis cinquante ans qu'on le ressort ? A rien d'autre qu'à ne pas voir venir les problèmes qui se posent aujourd'hui. Les États-Unis dominaient hier. Sont-ils toujours si menaçants ?

Après c'est Claude Hagège (pourtant auteur d'une très pertinente tribune) qui reçoit son tombereau d'injures. Évidemment François a renoncé depuis longtemps à l'existence même de son pays, ce n'est qu'un gagne pain pour lui, donc il ne comprend pas ceux qui s'opposent à la disparition programmée de sa langue et à l'uniformisation générale des cultures. Lui il s'en fout, il aimerait tellement qu'entre gens serviles on accepte gentiment nos gentils maîtres anglo-saxons.

"Où est notre grandeuuur !" là François fait encore dans le comique (tu sais que t'es bon François !). assimiler le refus de vouloir une culture disparaître à un quelconque désir de grandeur. Il fallait que tu sois là François pour oser !

"Les États-Unis dominaient hier. Sont-ils toujours si menaçants ?" il est certain que pour toi, ils ne nous menacent en rien, ils sont tellement bons tellement gentils et surtout tellement désintéressés. [Oui notre monsieur, oui notre bon maître comme chantait Jacques Brel]

C'est curieux, à ce que je lis dans les journaux, il me semble que la Chine et l'Inde le sont autrement plus. Et la fameuse "place de la France dans le monde" qui sent sa gloire impériale d'avant 1914 ? N'est-il pas temps de se rendre compte qu'à force d'en gaver nos partenaires, on va surtout réussir à lui faire casser l'Europe ? Seulement voilà. Tous ces gens ne veulent pas débattre du XXIe siècle. Ils veulent continuer à refaire le précédent. Pourquoi donc ne pas utiliser l'énergie indéniable qu'ils mettent à le défendre en prenant une mesure radicale ? On ouvre pour eux "France éternelle Land", le parc d'attractions de leurs rêves, et on les fait s'y ébattre avec tout ce qu'ils aiment, les agents en képi, le grec en sixième et les polémiques à la mesure de leur vision du monde : quel avenir pour nos colonies ? Faut-il en finir avec le franc-or ? Avec un peu de chance, ça attirerait en masse des touristes amusés, ce qui constituerait enfin une bonne nouvelle pour l'avenir de notre pays.
François Reynaert

freynaert@nouvelobs.com

"il me semble que la Chine et l'Inde le sont autrement plus" toujours l'habile diversion François on ne voit pas en quoi en matière culturelle ces deux pays seraient menaçants, habile de faire croire ici qu'il y a un débat !

"N'est-il pas temps de se rendre compte qu'à force d'en gaver nos partenaires, on va surtout réussir à lui faire casser l'Europe ?"  encore un peu de globish traduit sans doute ! En gros pour nous dire qu'être européens dans la tête de François c'est avant tout être états-unien. Chacun son idée de l'Europe ! Au fait François, quel est le pays le plus anti-européen de l'Europe ? Ne serait-ce pays un pays dont la langue officielle (et originelle) est l'anglais ? [Zut ma démonstration est encore ratée !]

"On ouvre pour eux "rance éternelle Land", oui François tu es drôle, dommage que pour toi ton modèle indépassable ce soit la France et l'Europe insérées dans un vaste Disneyland dans lequel les anglo-saxons qui auront enfin imposé leur mode de vie et leur "culture" leur jetteraient des cacahuètes.

La conclusion est tellement affligeante que par charité je ne la redirai pas elle montre là encore s'il en était encore besoin, la haute estime dans laquelle François tient son pays.

Dernière question François Reynaert pourquoi cet éditorial dans le Nouvel-Observateur et non pas dans les pages saumon du Figaro qui conviennent beaucoup mieux à ton idéologie (ou plutôt.au FT et puis sois sérieux in ingliche per favor ! )

 


Le ministre Repentin s'assoit sur la circulaire du 1er ministre - le 13/06/2013 - 10:11 par MAR

Thierry Repentin, ministre délégué aux Affaires européennes
s'assoit sur la circulaire du Premier ministre

En témoigne cet échange de courriers entre une branche locale de DLF : Défense de la langue française Pays de Savoie et le cabinet de Thierry Repentin par ailleurs Président du Groupe des Élus de Gauche "Savoie Pour Tous", concernant l'abus de dénominations anglo-saxonnes des manifestations soit subventionnées par le Conseil général de Savoie, soit organisées dans les lieux dont il est propriétaire, avec un rappel aux articles 14 et 15 de la loi du 4 août 1994.

Ce ministre s'abrite derrière une prétendue jurisprudence européenne supposée "claire sur ce point […] il est tout à fait possible que soient employés à la place des mentions en langue française, des termes ou expressions dans une autre langue, si celles-ci permettent à tout citoyen, indépendamment de sa nationalité, de les comprendre plus facilement". Ce qui est la porte ouverte à toutes les démissions présentes et futures, cette "jurisprudence" n'a pourtant aucune prééminence sur la loi française.et concerne essentiellement les emballages. Peut-être serait-il temps que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, prenne les mesures à même de faire respecter sa circulaire sur l'emploi de la langue française. MAR


1) La lettre de DLF-Pays de Savoie du 1er mai 2013 aux élus du conseil général de la Savoie

2) La réponse de Thierry Repentin, Pt du Groupe des Élus de Gauche "Savoie Pour Tous" (et ministre délégué aux Affaires européennes) du 24 mai 2013 à DLF-Pays de Savoie

3) La réponse de Marcel Girardin, président de DLF-Pays de Savoie à Thierry Repentin du 2 juin 2013


Défense de la langue française Pays de Savoie
85, chemin du viaduc 73420 Voglans
Courriel : dlfsavoie73-74@Iaposte.net

Aux élus du conseil général de la Savoie

Voglans, le 1er mai 2013

copie à Monsieur le Premier ministre et à Monsieur le Préfet de la Savoie

à la presse

Objet : Octroi de subventions par le Conseil Général favorisant l’emploi de la langue française dans le cadre de l’article 15 de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 et de la récente circulaire du Premier ministre en date du 25 avril 2013.

Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux,

Nous avons déjà eu l’occasion, lors de notre lettre du 30 janvier 2012, d’établir un constat préoccupant de l’anglicisation rampante des espaces et activités publics de Savoie et de vous exposer notre position ainsi que la requête suivante que nous renouvelons aujourd’hui :

Nous demandons à tous les conseillers généraux de bien vouloir, à l’avenir, défendre et promouvoir la langue française par l’octroi de subventions favorisant uniquement des manifestations ou des organismes qui la mettent en avant et respectent les dispositions de la loi du 4 août 1994 relative à son emploi. Cette demande concerne autant les votes de la commission permanente que de l’assemblée, ainsi que les subventions attribuées par le biais de Savoie Mont Blanc, ou tout autre organisme (UDOSTI, contrats territoriaux…)

Nous souhaiterions, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’indiquer de vive voix à certains d’entre vous, que le formulaire de demande de subvention comporte une clause indiquant que l’attribution de toute subvention du Conseil Général de la Savoie est subordonnée au respect prioritaire de l’emploi de la langue française conformément à l’article 15 de la loi du 4 août 1994. Naturellement, cela signifie que par extension, les organismes cités ci-dessus devront s’engager à demander ce même engagement vis-à-vis des tiers qu’ils aident financièrement ou matériellement.

D’autre part, il parait logique que le CG73 soit lui-même exemplaire sur ce sujet, ce qui malheureusement n’a pas toujours été le cas. À cet égard, on pourrait s’attendre à ce que vous exerciez toute votre autorité, en particulier sur les lieux dont vous êtes propriétaire ou autorité organisatrice : par exemple au sujet de l’appellation illégale SOLAR INNOVATION CAMPUS sur Savoie-Technolac, les championnats du monde d’aviron, ou la station de Courchevel qui organise de multiples évènements dont les noms sont en anglais ("les Teenag’ games", "Dynafit mountain races", "Courchevel moovie challenge", "Dynafit ski touring", "Sunday sounds sessions"…etc ! ! !

Si nous saluons ici l’attachement à la défense et à la promotion de la langue française dont votre président, Monsieur Hervé Gaymard, a su donner plusieurs preuves, nous attendons bien entendu de l’ensemble des conseillers généraux une attitude d’autant plus volontaire en la matière que le Premier ministre, Monsieur Jean-Marc Ayrault, a signé, le 25 avril 2013, une circulaire ordonnant à tous les ministres de son gouvernement, et par voie de conséquence à tous les élus et fonctionnaires de France, la défense et la promotion de la langue française ; ce qui est bien le moins que l’on puisse attendre des détenteurs d’une parcelle du pouvoir, délégué par le peuple français souverain.

Dans l’attente d’une réponse (au moins des présidents des groupes qui composent l’assemblée départementale), nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux, en nos plus sincères salutations.

Marcel Girardin (Président), Michel Cliquennois (Vice-président), Philippe Reynaud (Secrétaire), Lucien Berthet (Secrétaire-adjoint), Jean-François Martignoles (Délégué Haute-Savoie)


SAVOIE CONSEIL GENERAL
Thierry Repentin
Président du Groupe des Élus de Gauche Savoie Pour Tous
47, place Caffe - 73000 Chambéry
Tél. 04.79.70.89.99 - Fax 04.79.70.89.98
Email : gspt@wanadoo.fr
TR/JR

Monsieur Marcel Girardin
Président de Défense de la langue française en Savoie"
85, chemin du Viaduc
73420 Voglans

Chambéry, le vendredi 24 mai 2013

Monsieur le Président,

Je tiens par la présente à faire suite à votre courrier en date du 1er mai 2013 adressé à l'ensemble des Conseillers généraux de Savoie, et vous écris ce jour afin de vous transmettre la réponse de notre groupe d'élus à vos différentes sollicitations.

Dans votre courrier, vous avez souhaité interpeller les Conseillers généraux de Savoie sur la nécessité de veiller à ce que la langue française soit le plus fréquemment employée, aussi bien dans nos propres services, que dans les différents organismes dont nous sommes responsables ou auxquels nous accordons des subventions.

Nous ne pouvons bien entendu qu'être en accord avec vous sur ce point et défendons dès que nous le pouvons la langue française au gré des différentes décisions que nous sommes amenés à prendre au cours de notre mandat. Si cette défense de notre langue est indispensable, elle ne doit pas non plus se muer en une prohibition de tout terme d'une autre langue dans les différents événements ou marques que nous promouvons.

Ainsi, vous faites appel dans votre lettre à la loi n°94-665 relative à l'emploi de la langue française et à son article 15 qui interdit aux personnes morales de droit public l'emploi d'une expression ou d'un terme étranger. Ce qui, selon vous, rend une appellation comme Solar Innovation Campus totalement illégale. Or, la jurisprudence européenne est claire sur ce point. Certes la législation nationale française doit être respectée dans les restrictions nationales qu'elle impose, en l'absence d'harmonisation juridique de l'Union européenne dans ce domaine, cependant, il est tout à fait possible que soient employés à la place des mentions en langue française, des termes ou expressions dans une autre langue, si celles-ci permettent à tout citoyen, indépendamment de sa nationalité, de les comprendre plus facilement. Vous n'êtes pas sans savoir que notre département dispose d'une économie touristique très développée. La Savoie accueille chaque année de très nombreux visiteurs étrangers venus de toute l'Europe. Il est donc recommandé que les événements et marques que nous mettons en avant et qui contribuent fortement à ce rayonnement, puissent être parfois issus d'autres langues. Ajoutons à cela que bien souvent, si la dénomination de l'événement en question peut comporter, entre autres, un anglicisme, la description de l'événement sur l'ensemble des supports promotionnels est la plupart du temps intégralement rédigée en français. Notre langue est donc loin d'être oubliée.

Défendre une malléabilité de l'emploi de notre langue ne signifie pas pour autant que nous souhaitions sa perte, bien au contraire. Nous sommes mêmes prêts à défendre d'autres appellations pour les événements que vous évoquez dans votre courrier. Nous pouvons comprendre que les "Teenag 'gantes", "Dynafit mountain races", "Courchevel movie challenge" et autres "Sunday sounds sessions" vous interpellent, mais à ce jour, leurs traductions respectives tels que les "Jeux d'Adolescents", les "Courses de Montagne de Dynafit", le "Défi cinématographique de Courchevel" ou encore les "Sessions sonores du Dimanche", ne sont pas des termes qui facilitent l'internationalisation de tels événements.

Dans une récente interview à un journal grand public, Erik ORSENNA, Académicien et membre du Haut Conseil de la Francophonie, déclarait ne pas s'inquiéter de l'augmentation des anglicismes dans notre usage quotidien de la parole ou de l'écrit. Cependant, il estime que pour être positif, cet emploi doit être couplé à "une capacité d'exporter des mots français". Il ajoute : "C'est un peu comme le commerce extérieur : si on achète plus à l'étranger qu'on vend, ça ne va pas...".

Ainsi, en tant que défenseur de la langue française, je vous invite à aider à promouvoir notre langue, pas simplement en combattant l'emploi des anglicismes dans les marques ou les partenariats promus par le Conseil général, mais aussi en apportant votre pierre à ce vaste travail de néologie qui permettra au français, non pas de se maintenir dans des positions conservatrices, ni de vivre avec son temps, mais bien de prendre de l'avance. Comme le souligne le même Erik ORSENNA, pendant longtemps les Arabes ont fourni de nombreux mots à travers le monde, puis les Français, désormais les Anglo-saxons. Et M. ORSENNA estime par ailleurs que demain nous utiliserons même au quotidien des termes de langue chinoise. L'analyse de cet écrivain nous invite à ce que nous orientions nos efforts, pas simplement en défendant pied-à-pied un usage obligatoire et figé du français, mais bien en permettant à notre langue d'évoluer comme elle le fait depuis de nombreux siècles. C'est par cette souplesse, cette perméabilité, cette adaptation, ce renouvellement, cette capacité d'invention, que notre langue a su se maintenir jusqu'à notre époque et constituer un patrimoine auquel nous tenons et que nous défendons.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'expression _de mes plus sincères salutations.

Thierry Repentin


Défense de la langue française Pays de Savoie
85, chemin du viaduc
73420 Voglans
Courriel : dlfsavoie73-74@Iaposte.net

Monsieur Thierry Repentin
Président du Groupe des Élus de Gauche "Savoie pour tous"
47 place Caffe
73000 Chambéry

                                                                        Voglans, le 2 juin 2013

Monsieur le Président,

Je vous remercie de votre lettre du 24 mai.

C’est avec un grand intérêt que nous prenons connaissance de la position officielle des élus de la Gauche au sein du conseil général de la Savoie. Nous la sollicitions depuis des années ; la voici donc.

Votre prise de position est d’autant plus intéressante qu’elle intervient après la publication, le 25 avril 2013, d’une circulaire relative à l’emploi de la langue française par Monsieur Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, dans laquelle il appelle tous les ministres de son gouvernement à défendre et à promouvoir, en tout lieu et en tout temps, la place de la langue française.

Cette circulaire du Premier ministre est également plaisante à nos yeux car, de par son contenu bienvenu elle efface, d’un trait, les qualificatifs de ringardise et d’arrière-garde, que certains de nos interlocuteurs, les années précédentes, s’empressaient d’utiliser pour dénigrer notre action, aujourd’hui revalorisée par sa décision.

Ainsi cette position moqueuse de certains élus, fonctionnaires et journalistes en devient forcément plus délicate au vu des axes principaux d’action énoncés dans cette circulaire, avec lesquels nous sommes, de notre côté, pleinement en accord.

Comment en effet, pour nos représentants, revenir à la défense et à la promotion de la place de la langue française, de par le monde et dans les organisations internationales si les textes qui encadrent l’usage de notre langue dans la société, dont la loi du 4 août 1994, ne sont pas respectés chez nous ?

Le Premier ministre indique de plus, justement sensible à cet enjeu essentiel, que le tissu social de notre société est menacé si ces textes ne sont pas strictement observés ; c’est ce que nous constatons et disons depuis des années.

Les élus du conseil général de la Savoie, toutes tendances partisanes confondues, ne sauraient dès lors permettre, en application notamment de l’article 15 régissant l’attribution de subventions, que se poursuive l’anglicisation rampante et généralisée de la moindre manifestation, du fin fond de nos vallées jusque dans nos plus hautes stations de ski, au prétexte qu’elle aurait un quelconque caractère international ou prétendrait à cela par je ne sais quel snobisme.

L’actuel président du Conseil Général de la Savoie l’avait bien compris, dès 2010, puisqu’il avait demandé au président du SYPARTEC que soit rebaptisée du nom de course solaire, la fête locale de Savoie Technolac, affublée de l’appellation ridicule de SOLAR EVENT FAMILY. Peu de personnes dans la population environnante en comprenaient d’ailleurs la signification et Madame le maire de Chambéry, lors de l’inauguration de 2010, avait eu le bon sens de s’élever publiquement contre la multiplication de ces appellations, exclusivement en langue anglaise, à l’occasion de cette fête de l’énergie solaire.

Après tout, les organisateurs du salon de l’automobile à Genève ont bien conservé l’appellation francophone de cette manifestation d’audience mondiale : salon international de l’auto et accessoires ; lequel ne s’en porte pas plus mal...

Ne croyez-vous pas, d’autre part, qu’un non-francophone ou un anglophone comprendrait tout aussi bien la signification de CAMPUS DE L’INNOVATION SOLAIRE que celle de SOLAR INNOVATION CAMPUS, par ailleurs illégale au regard de l’article 14 de la loi du 4 août 1994 et pourtant choisie par les élus ?

Après tout, Monsieur Michel Sleiman, Président du Liban a bien inauguré, le 13 mai 2011, à l’université Saint Joseph de Beyrouth LE CAMPUS DE l’INNOVATION ET DU SPORT ; et cela en présence de Monsieur Michel Barnier, Commissaire européen.

Ne croyez-vous pas que devant l‘importance de l’innovation et la force de l’exploit réalisés par SOLAR IMPULSE, tout habitant de notre planète se serait peut-être attaché à retenir le nom, même francophone, de cet avion porteur d’avenir si M. Piccard, suisse francophone l’avait baptisé ÉLAN SOLAIRE ou SIGNAL SOLAIRE, etc. ?

Tout est question, à un moment donné de volonté et non pas uniquement de prédictions, surtout lorsque celles-ci conduisent ou visent à faire accepter par nos concitoyens une certaine forme de déclin.

Il est ainsi regrettable de constater que ce sont les parlementaires, autres élus et parfois fonctionnaires qui se font, beaucoup trop à notre goût, les acteurs de la violation de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française ; et cela au nom de la mondialisation ou de la construction européenne.

Or, à part le domaine de l’information du consommateur où l’administration française se plie aux exigences du droit communautaire tel qu’interprété par la Cour de justice des communautés européennes (circulaire du 20 septembre 2001 et instruction du 21 février 2005), nous vous serions reconnaissants de nous indiquer les domaines où les autorités françaises ( élus, ministres et fonctionnaires ) pourraient trouver une telle justification à la relégation, en France, de la langue française, pourtant langue fondatrice, officielle et de travail des communautés européennes puis de l’Union.

Monsieur Jean Marc Ayrault, Premier ministre s’en garde bien dans sa récente circulaire.

Il ne s’agit pas, par ailleurs, pour nous, de refuser toute malléabilité et souplesse bienvenues mais de lutter pour qu’une certaine perméabilité ne nous conduise pas, par orientation idéologique, choix mercantile et renoncement fataliste et honteux, à une trop grande dilution voire à l’effacement de la langue française, âme même de notre identité !

J’ai, nous avons, la claire impression au sujet du débat ayant entouré le vote de l’article 2 de la loi Fioraso, qu’il s’agit d’un exemple de plus de la panique qui habite nos élites, moralement affaiblies par leur mercantilisme et, en la matière, la course corrélative au classement de Shanghai.

Si je comprends bien, l’article 2 de la loi Fioraso serait un texte de loi français qui vise à imposer la langue anglaise comme langue officielle d’enseignement, donc obligatoire pour les étudiants, dans de nombreux cours de l’université française…Quelle contradiction suspecte et malvenue pour les pourfendeurs de la loi du 4 août 1994, dite loi Toubon, nombreux parmi les élites françaises, et qui ne manquent pas une occasion pour clamer, haut et fort, que l’on ne peut imposer une langue par la loi ! ! !

Le triste constat de l’incapacité lexicale des universitaires norvégiens à rendre compte aujourd’hui du résultat de leurs recherches dans leur langue maternelle aurait dû faire réfléchir les responsables de cet article 2 et décider, finalement, de ne pas angliciser les filières supérieures de l'enseignement en France.

Après avoir tout misé sur la désindustrialisation, d'inspiration ultra-libérale, de notre pays au nom du développement du secteur tertiaire (la banque, le tourisme, etc.), présenté comme porteur d'avenir ; nos élites sont donc aujourd'hui prêtes à renier l'âme même de notre identité pour miser sur l'anglicisation de l'université, comme outil salvateur de cette compétitivité, qu'elles ont pourtant largement contribué à détruire. Bref, elles ne savent plus à quel saint se vouer !

Un exemple frappant : la France, puissance agricole européenne, ne fabrique plus aucune machine-outil agricole et achète tracteurs, moissonneuses, semoirs, etc. à l'Allemagne, aux États-Unis, à l'Italie, etc. L’entreprise Renault n’a-t-elle pas vendu sa dernière usine de fabrication de tracteurs à, me semble-t-il, une entreprise chinoise... ?

On se retrouve là, typiquement, dans un cas d'application de la fumeuse théorie des avantages comparatifs, émise par David Ricardo, et si chère aux libéraux français mondialisés mais si coûteuse pour la France, son économie et son moral.

Si on devait croire ceux-ci, le tourisme devrait nous sauver et pour cela il est indispensable de parler anglais et d'angliciser tous les aspects de la vie quotidienne, par exemple dans les stations de ski, comme chez nous en Savoie. Ne croyez-vous pas que les agents de voyage arbitrent plutôt en faveur de l’excellent rapport qualité-prix de nos magnifiques domaines skiables de Savoie plutôt qu’en faveur d’une station anglicisée ? Ce manque de tact et d’attention à l’égard de nos voisins et clients italiens ou allemands est par ailleurs illégal puisque l’article 4 de la loi du 4 août 1994 oblige à une traduction du français en deux autres langues.

Concernant l’appel que vous nous adressez visant à promouvoir l’innovation linguistique plutôt qu’à combattre l’anglicisation de notre pays, permettez-moi de marquer une certaine surprise. Si le dos au mur et bénévolement, nous sommes aujourd’hui contraints à adopter cette position défensive, c’est tout simplement parce que ceux dont c’est le mandat et la mission, rétribués largement par la République, ne le font tout simplement pas ou pas assez.

Pourquoi n’utilisent-ils pas toutes les traductions, les expressions françaises et francophones proposées par les lexicologues notamment au sein des commissions ministérielles et présentées par France Terme et préfèrent-ils, même en France, utiliser et donc favoriser, les anglicismes et par la même, l’anglicisation de notre pays ?

Permettez-moi à ce propos de vous citer un passage témoignant à la fois de notre esprit d’ouverture au monde et du ressenti des francophones devant l’attitude des élites françaises à l’égard de la langue française. Monsieur Khalil Karam, représentant du président de la République libanaise pour la francophonie a écrit, le 19 mai 2012, le passage suivant : "… Ce manque de civisme linguistique francophone est particulièrement fort dans plusieurs pays, particulièrement en France où la majorité des élites voit la francophonie et la langue française non comme des opportunités, mais comme des obstacles …"

A ce propos et à titre d’exemple malicieux, peut-être auriez-vous pu, avec vos collègues de la Gauche du conseil général de la Savoie, adopter au bas de vos lettres officielles, à titre d’innovation linguistique, le terme de courriel plutôt que celui de E-mail (toutes deux, l’une en français, l’autre en anglais, sont des contractions de courrier électronique). Il me semble que France Terme propose courriel…inventé par " nos cousins" québécois.

Pour conclure, je vous laisse réfléchir au sujet d'une intervention de Winston Churchill, le 6 septembre 1943, à l’université de Harvard, dont vous trouverez l’extrait d’un compte-rendu, ci-après :

"Ce jour-là, Winston Churchill reçoit un diplôme d'honneur et prononce un discours. L'anglais, cette langue commune qui a été donnée aux Britanniques et aux Américains, est "un héritage commun sans prix" et qu'il se pourrait bien que cette langue "devienne un jour la base d'une cité commune". Je ne vois pas, ajoute Churchill, pourquoi nous ne tenterions pas d'étendre notre langue plus loin encore à travers le monde, ni pourquoi, sans chercher des avantages égoïstes sur autrui, nous ne profiterions pas de cette précieuse amitié et de cet héritage". Américains et Britanniques devraient étendre l'usage de l'anglais afin qu'ils puissent, lors de leurs voyages dans le monde, "trouver partout un moyen, aussi primitif soit-il, d'expression et d'entente", ce qui, pour le Premier ministre britannique de l'époque, permettrait aussi de "profiter à bien d'autres races et favoriser le développement d'une structure nouvelle pour le maintien de la paix".

Et Churchill de conclure que "De tels projets assurent des conquêtes plus heureuses que celles que moissonnent les voleurs de territoires ou de pays étrangers, les oppresseurs et les exploiteurs", le tout étant ponctué par un vibrant : "Les empires de l'avenir sont des empires de l'esprit" !

Je suis sûr que vous serez d’accord avec moi, avec nous, pour que nous fassions tout pour défendre et promouvoir le nôtre et vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sincères et bien francophones salutations.

Marcel Girardin
Président

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nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2013 (2) - le 09/06/2013 - 21:09 par MAR

Nouvelles de juin 2013 (2)

La science au XXIe siècle : Loi Fioraso - la mobilisation se poursuit II (18/06) (lien)
François Grin (LeTemps-Genève) L’anglais dans l’enseignement académique: le débat s’égare dans les clichés [synthèse magistrale sur le sujet]  (13/06) (lien)
B. Floc'h-Le Monde : Do you speak English ? Yes, business school English(7/06) (lien)
Lettre d'un ingénieur québecois à Geneviève Fioraso (lire ci-dessous)


Lettre d'un ingénieur québecois travaillant aux États-Unis à Geneviève Fioraso (6/06)


Madame la Ministre,

Avec tout le respect que je vous dois, je me dois d’intervenir, d’aussi loin que je sois, au nom de la langue Française !

On dirait que la France a besoin d’une loi 101 comme au Québec pour protéger la langue Française. Incroyable ! Qui l’eut cru ? Moi qui considérais la France comme un pays souverain et maitre de sa culture et de son langage. Ma première expérience en France, à l’âge de 16 ans, en 1978, fut de constater que les Français n’avaient pas à s’excuser ou à se justifier pour parler Français. J’avais aussi saisi que parler Français était un droit acquis, indiscutable, un droit divin – malgré la séparation de l’État et de l’Église – un droit que les autres nations et cultures ne questionnent pas mais plutôt respecte. Et devoir se prémunir contre une langue étrangère ne pouvait se poser à l’inconscient collectif de la République. Alors que moi, tous les jours, c’est un combat à recommencer, et à recommencer, et à recommencer encore et toujours plusieurs fois par jours...

Réalisez-vous que lorsque vous vous levez le matin et que vous savez que vous allez être agressé à tout moment de la journée à propos du fait même de parler votre langue maternelle et langue officielle de votre nation que c’est toute votre énergie qui part à justifier l’existence même de votre culture et de vos racines les plus profondes ? Énergie que vous ne dépensez pas, collectivement, à son rayonnement, et personnellement, à votre épanouissement ? Vous vivez constamment en mode défensif, avec tout le négativisme qui s’y rattache. Tué votre langue maternelle, c’est tuer votre mère. C’est aussi profond. Ne serait-ce pas d’ailleurs pourquoi nous disons langue maternelle en premier lieu ?

Faites très attention, l’anglicisation d’une langue c’est beaucoup plus pernicieux, vicieux et rapidement plus profond que vous ne pouvez l’imaginer et très difficile à rattraper, surtout, si ça a l’air "cool" - passez-moi l’anglicisme à preuve de mon discours. Ou pire : si ça rapporte. Lorsque la France cèdera, il n’y aura plus de langue Française.

Mes regards, madame la ministre, et je regarde devant pour vous entendre.
(Regards and looking forward to hearing from you)

Stéphane Roy
Ingénieur


nouvelles2/fioraso2.gifGeneviève Fioraso : Carpette anglaise exceptionnelle 2013 - le 03/06/2013 - 15:50 par MAR

Geneviève Fioraso : prix exceptionnel 2013
de la Carpette anglaise

 

Communiqué de l'Académie de la carpette anglaise (3 juin 2013)

L'académie de la Carpette anglaise, présidée par Philippe de Saint Robert, a décidé d'attribuer un prix exceptionnel à Mme Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, pour avoir, dans la lignée de Mme Valérie Pécresse ("carpettée" en 2008) et malgré de nombreuses mises en garde*, légalisé en maintenant l'article 2 de son projet de loi l'enseignement en anglais dans les universités dans le silence de Mmes Aurélie Filippetti, Yamina Benguigui, et de M. Laurent Fabius, tous ministres tenus de défendre et de promouvoir, dans leurs fonctions, la langue française.

* De MM. Claude Hagège et Antoine Compagnon, professeurs au Collège de France, à M. Jacques Attali (conseiller d'État, professeur d'économie, conseiller spécial de François Mitterrand), de nombreux professeurs d'université et personnalités politiques, en passant par l'Académie française, l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, l'Académie des Sciences d'Outre-Mer...

NO-Fioraso2.jpg

dans le Nouvel-observateur du 30/05/2013 (n°2534)


1) La Carpette anglaise, prix d'indignité civique, est attribué à un membre des "élites françaises" qui s'est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l'anglo-américain en France au détriment de la langue française.

2) Association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC), Courriel (Collectif unitaire républicain pour la résistance, l'initiative et l'émancipation linguistique), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DdC)


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