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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2013 (2) - le 01/12/2013 - 22:48 par MAR

Nouvelles de novembre 2013 (2)

Précieux soutien à "Communes de France pour la langue française" ! (ci-dessous)
Christian Massé (Nouvelle République) Protéger la langue française (29/11) (lien)
Joël Broquet : Les Jurassiens suisses ont voté (ci-dessous)
Échanges entre cabinets juridiques tunisien anglomane et français (11/2013) (lien)


Un précieux soutien à notre campagne Communes de France pour la langue française !

M. Pascal Terrase, député de l'Ardèche, secrétaire parlementaire de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) invite les maires de sa circonscription à faire voter notre manifeste franco-québécois par leur conseil municipal ! Merci à lui ! Puissent d'autres parlementaires suivre son exemple ! "

Lire la lettre de Pascal Terrasse aux maires de sa circonscription

Campagne des Communes de France pour la langue française


Les Jurassiens suisses ont voté par Joël Broquet, secrétaire général du Mouvement Fédéraliste Français

En 1815, le Jura suisse fut annexé au canton de Berne. En 1974, sous l’impulsion de Roland Béguelin, qui collabora au journal "La Nation Française" dirigé par Pierre Boutang, un séisme secouait le canton de Berne. Rappelons que ce journal conciliait parfaitement unité nationale et décentralisation.

Par référendum, les districts nord du Jura décidaient de créer la République et Canton du Jura. Les districts sud demeuraient, eux, dans le canton de Berne. Les francophones du Jura étaient bien coupés en deux. Depuis lors les polémiques, parfois violentes, n’ont pas cessé sans que pour autant cela ne dégénérât.

Après 40 ans de négociations entre les représentants des francophones du Jura resté bernois, les cantons de Berne et de la République du Jura, on parvint au référendum du 24 novembre 2013 portant sur la mise en route d’un processus d’unification en repartant de zéro, à savoir la création d’un nouveau Canton francophone.

Les électeurs de la République et Canton du Jura ont voté oui à 76,6 %, ceux du Jura demeuré bernois non à 71,8 % à la notable exception de Moutier qui vote oui à 55%. Le processus défini permet aux communes qui le désirent pourront ultérieurement demander leur rattachement à la République et Canton (Jura Nord).

A tort sans doute, les habitants du Jura bernois (Jura Sud) ont eu le sentiment qu’ils allaient, non pas concourir à la création d’un nouveau canton, mais être absorbés par le Jura Nord dont ils seraient non pas le "fils prodigue" de retour au foyer, mais ceux qui resteraient montrés du doigt pour avoir voté non en 1974. Décidément la psychologie des peuples est compliquée !

Mais la Suisse si proche est difficile à comprendre par une France qui peine à se dépouiller de ses oripeaux jacobins. Au-delà des turbulences inter cantonales, il y a une réalité nationale qui pacifie des conflits culturels auxquels résisterait mal un État centralisé. La Suisse a su apprivoiser la diversité linguistique comme en témoigne le canton de Fribourg bilingue.

On peut également se demander si l’image de la France socialiste dans une Suisse plutôt conservatrice n’a pas joué contre le rapprochement avec un Jura Nord peut-être perçu comme "contaminé" par son grand voisin ?

Il n’en reste pas moins que même si le résultat de cette votation a déçu les militants de la Francophonie, la "Question Jurassienne" reste posée ! Moins sur le plan institutionnel que sur celui de la recherche d’une solidarité au sein de l’espace culturel francophone.

A l’heure de la naissance des solidarités informelles si bien décrites par le sociologue lausannois Bernard Wicht, on peut se demander si la "Question Jurassienne" ne va pas devenir un laboratoire pour imaginer des solidarités autres qu’étatiques.

La frilosité des "Jurassiens du Sud" (sauf à Moutiers et dans quelques petites communes) peut-elle être vaincue ? A l’heure de la mondialisation les Jurassiens du Sud ne seraient-ils pas plus sensibles à un sentiment d’appartenance à l’espace mondial francophone qu’à l’attraction de Delémont ? La République et Canton du Jura ne doit-elle pas les aider à surmonter leurs craintes d’être "absorbés" en leur offrant une ouverture sur le monde ? En les associant à la vie de la francophonie mondiale ?

NB : Pour comprendre la "question jurassienne", on consultera les articles de Pierre André Comte dans le Jura Libre : case postale 202 – 2800 Delemont 1 - Suisse


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2013 - le 13/11/2013 - 14:20 par MAR

Nouvelles de novembre 2013

Publication du 2e Rapport ARPP/DGLF "Publicité et langue française"  (28/11) (lien)
ARPP/DGLF : 43 publicités épinglées pour non-traduction en français (27/11) (lien)
Yves Montenay : Lettre au Monde au sujet d'un article sur HEC (16/11) (lire ci-dessous)
Greguti Inauguration du NUMA : du franglais et des marques à tous les étages (16/11) (lien)
Bernard Gensane Quelle langue parle-t-on à Lyon ? (Lyon capitale anglomane) (12/11) (lien)


Yves Montenay : Lettre au Monde au sujet d'un article sur HEC (16/11)

La concurrence entre grandes écoles est mondialisée : donc en anglais ?
Voici une saine réaction d'Yves Montenay, administrateur d'ALF (AS)

Madame, Monsieur,

Je me réfère à l'article de votre édition du 14 novembre (Le Monde) :

ENTRETIEN
"La concurrence entre écoles est mondialisée "
Leader incontesté dans l'Hexagone, HEC se mesure aux meilleures business schools de la planète. Selon Bernard Ramanantsoa, son directeur général, c'est une des raisons de sa notoriété et de son attractivité |

Je proteste une fois de plus contre l'absence de questions relatives aux langues dans des articles où c'est une question importante. Cette omission, soit de cette question dans le cas de cet article (voir ci-après), soit de la langue choisie par l'interviewé, est tellement systématique que je me demande s'il n'y a pas une consigne aux journalistes. Peut-être s'imaginent-t-ils vivre dans un monde homogène où les différences culturelles n'ont plus d'importance...

Habituellement mes remarques visent des déclarations de responsables de pays plurilingues de fait ou de droit, pour lesquels la langue de l'interview reflète un choix politique ou une situation culturelle significative, or ce n'est pratiquement jamais signalé par le journaliste. Dans son récit de voyage au Moyen-Orient, Gilles Kepel ne manque pas de relever la langue dans laquelle s'exprime l'interlocuteur, et souvent commente ce choix.

Cette fois-ci ma remarque vise notre grande école la plus connue mondialement au lendemain du débat sur la loi Fioraso relatif à la langue d'enseignement dans le supérieur. C'était donc important et d'actualité !

Cette protestation concerne votre journal. J'en profite pour faire une remarque qui concerne le fond de l'entretien, et rappelle tout d'abord que je suis un ancien directeur d'une grande école de management qui était à l'époque environ 10e du classement français, donc, bien sûr, derrière HEC, mais à un niveau honorable :

- il aurait été intéressant de savoir si tout ou partie des cours sont en anglais, et quel est le niveau de connaissance du français est exigé pour avoir le diplôme d'HEC. A titre d'exemple, la notoriété de l'École Centrale de Paris est telle que les étudiants étrangers qu'elle attire se donnent la peine d'apprendre le français et qu'un certain niveau de cette langue est nécessaire pour obtenir le diplôme. Les cours en anglais ne sont pas spécifiquement destinés à attirer des étrangers, mais reflètent une demande des étudiants et de leurs parents pour progresser dans cette langue. Et parfois bien sûr le fait que le professeur choisi pour sa notoriété n'est pas francophone. La notoriété d'HEC est équivalente et lui permet (ou lui permettrait) d'attirer des étudiants non francophones malgré la tenue d'une partie des cours en français, comme la version finale de la loi Fioraso le demande,

- il aurait été également intéressant de distinguer entre l'école proprement dite et les Masters, non seulement pour la proportion d'élèves étrangers, mais, en parallèle, sur la langue des cours qu'ils suivent,

- nous savons tous que la compétition est mondiale entre les grandes écoles ou leur équivalent universitaire à l'étranger, mais on peut se demander si la vocation des grandes écoles françaises est d'aller au-delà d'une nécessaire internationalisation et de capter des milliers, voire davantage, d'étudiants étrangers, ce "marché" étant infini,

- une certaine proportion des élèves travaillera en France, et si certains problèmes sont mondiaux d'autres, par exemple les problèmes sociaux ou les rapports entre les entreprises et l'État sont assez différents d'un pays à l'autre, ce qui nécessite des enseignants français.

Ces considérations sur la langue et l'avenir des élèves ne sont pas seulement liées à la mondialisation, mais aussi à la limitation des perspectives en France du fait de l'échec économique actuel, qui pousse des élèves à travailler à l'étranger. Une partie de ces départs seront définitifs, ce qui mène se poser de graves questions.

Meilleures salutations

Yves Montenay (abonné depuis longtemps, après avoir été jeune lecteur puisque je me souviens du numéro traitant du 1er novembre 1954 en Algérie)


MuseeHorreurs2/beautifull-grenelle.jpgBeautiful Grenelle ? - le 11/11/2013 - 21:46 par MAR

Beautiful Grenelle ?
1 lieu et 2 marques à éviter : Beaugrenelle,
Häagen-Dazs et Uniqlo
qui piétinent la langue française

Passant voir le centre commercial Beaugrenelle (Paris 15ème) rénové, nous nous sommes bien retrouvés en colonie états-unienne, interpellés dans la langue de Coca-Cola. De même nous avons pu constater combien la marque américaine Häagen-Dazs, se croyant en pays conquis, piétine la langue française : avec ses inscriptions énormes entièrement en anglo-américain.

haagen-dazs

haagen-dazs pietine la langue française

Nous invitons toutes les personnes pour lesquelles le respect a encore un sens à ne pas acheter les produits et à ne pas fréquenter les points de vente de la marque Haagen-Dasz tant que celle-ci ne respectera pas le pays dans lequel elle prétend vendre : la France et tant que les pouvoirs publics ne feront pas respecter les lois de la République, dont notamment la loi du 4 août 1994, qui oblige un affichage en taille au moins équivalente en français.

Accessit pour Uniqlo, qui bien que japonaise, se croit elle aussi en terre anglo-saxonne avec son "Uniqlo the innovative brand from Japan". N'achetez pas non plus chez Uniqlo tant que cette marque ne respectera pas la France.

uniqlo piétine le français

 


Francophonie.jpgL'enjeu géopolitique de la Francophonie - le 11/11/2013 - 17:59 par Charles_SaintProt

L'enjeu géopolitique de la Francophonie

par Charles Saint-Prot

L'auteur, notre ami Charles Saint-Prot, directeur de l'Observatoire d'Études géopolitiques (OEG) sait que la projection pleine d'espoir à laquelle il se livre, suppose que les États africains restent attachés à la langue française, et que leurs systèmes d'enseignement en français ne s'effondrent pas, donc soient soutenus par les pays développés membres de l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie). Albert Salon.

Contrairement aux allégations des habituels champions du renoncement, la langue française est bien vivante dans le monde. Il n’y a guère que certaines prétendues élites parisiennes, hauts fonctionnaires, diplomates et autres hommes d’affaires, qui ont fait de la démission et de la soumission une règle de conduite pour considérer qu’il serait du meilleur chic de s’exprimer en anglais et la francophonie serait une préoccupation désuète et un combat d’arrière-garde. Si le français recule comme langue de travail dans le cercle, à vrai dire étroit, des organisations régionales et internationales, c’est principalement à cause de la négligence des élites précitées qui ne défendent jamais leur langue tant elles adhèrent aveuglément à une doxa européiste fondamentalement hostile aux nations et à tous les signes de souveraineté. Il est inadmissible que les fonctionnaires, les universitaires, les scientifiques ou les parlementaires français ne fassent pas les rappels à l’ordre qui s’imposent lorsqu’on tente d’imposer des travaux uniquement en langue anglaise dans des instances où le français est officiellement reconnu comme langue de travail (ONU, OCDE, OTAN, Conseil de l’Europe, parlement européen, commission européenne, etc.). En revanche, s’il y a défaillance au sommet, l’expansion est indéniable dans les populations.

700 millions de francophones en 2050

L’universitaire québécois Richard Marcoux, rappelle que les francophones sont répartis sur les cinq continents, le français est non seulement une langue parlée et étudiée mondialement, elle est aussi une langue de plus en plus utilisée. L’Administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (une soixantaine d’États et gouvernements), Clément Duhaime, souligne que selon les prévisions de l’Observatoire démographique et statistique de l'espace francophone le nombre des francophones pourrait dépasser 700 millions d’ici à 2050 (2,5 fois plus qu’aujourd’hui). Ces chiffres doivent être abondés de tous ceux qui ne sont pas répertoriés, notamment les francophones des pays non-francophones. Au rythme actuel de croissance, on pourrait dénombrer un milliard de francophones à la fin du siècle. A contrario, le tout anglais est loin de consolider toutes ses positions, par exemple, sur Internet l’anglo-américain est passé de 80% du trafic à 45%, depuis quelques années. La progression irrésistible du français est principalement due à la montée en puissance des francophones d'Afrique (Afrique noire et Maghreb), sous la double influence de la démographie et de la scolarisation. C’est dire l’importance qu’il convient d’accorder à ce continent qui doit être une priorité pour la diplomatie française et pour les instances francophones.

Une priorité politique

Les francophones seront donc plus de 700 millions d’ici à moins d’une quarantaine d’années, c’est donc maintenant qu’il faut travailler pour faire de cette perspective un atout. La Francophonie est une chance linguistique, culturelle et politique, il faut aussi qu’elle soit une réalité économique en développant davantage les axes de coopération nord-sud et sud-sud et en explorant toutes les potentialités de l’ensemble économique francophone. La Francophonie ne peut se limite à des slogans, il ne suffit pas d'afficher des intentions, il faut davantage les traduire dans les faits, dessiner un dessein commun, créer une véritable synergie. Il est clair que le projet francophone doit être plus ambitieux, c'est-à-dire plus politique. Le rôle essentiel d'une Francophonie dynamique et volontaire ne doit pas consister seulement à défendre la diversité –ce qui est certes indispensable– mais encore il faut mettre en place les programmes nécessaires pour permettre aux membres les moins développés de l’ensemble francophone de rattraper leur retard en matière d'éducation, de formation, d'accès aux nouvelles technologies, de formation professionnelle, etc. Et, parce qu’il n’y a pas de développement sans stabilité et sécurité juridique, il est également indispensable d’aider les pays concernés à renforcer la construction de l’État de droit, ce qui ne doit pas conduire pour autant à donner des leçons ou à prétendre imposer un modèle unique, une sorte de prêt-à-gouverner qui ignorerait les identités et les diversités. Tout cela implique une véritable stratégie à long terme et une action particulièrement active de la part des pays industrialisés, surtout de la France qui doit faire du développement des pays francophones une priorité. A vrai dire, la France doit s'investir davantage, et sans complexe, dans le projet francophone et consentir les moyens nécessaires.

Loin d’être la lubie de quelques nostalgiques, la Francophonie constitue un enjeu de première importance. L’usage d’une langue marque l’adhésion à un état d’esprit, à des valeurs partagées, à une vision du monde. L'évolution géopolitique des langues n'est donc pas anecdotique. Elle traduit les rapports de force et les grandes dynamiques. C'est pourquoi une Francophonie structurée, dynamique, volontaire, est une ardente obligation. Encore faudrait-il que les politiques, notamment les dirigeants français de droite comme de gauche, en prennent la mesure et mettent en place une véritable stratégie en la matière, notamment en anticipant les besoins futurs et en développant les atouts de ce vaste ensemble qui peut –et doit- peser davantage dans la recomposition du paysage planétaire.

Charles Saint-Prot


Agenda novembre-décembre 2013 - le 03/11/2013 - 22:58 par MAR

Agenda novembre-décembre 2013

Un colloque du CSA : Quel avenir pour la langue française dans les médias audiovisuels ?
lundi 9 décembre 2013 au Collège de France à Paris Vème (lien)

Table-ronde: "La traduction, un droit fondamental ?" vendredi 15 novembre 2013, de 17 à 19 h, à la Représentation en France de la Commission européenne à Paris (lien et communiqué ci-dessous)

Chanson française et succès international, Conférence de Jean-Claude Amboise, mardi 26 novembre 2013, à 14h15 à l’Université de Bordeaux 3 (communiqué ci-dessous)


Table-ronde: "La traduction, un droit fondamental ?"

La directive 2010/64/UE sur le droit à la traduction et à l’interprétation dans les procédures pénales consacre pour la première fois le "droit à la traduction" pour les citoyens de l’Union européenne. Quelles conséquences pour les mondes de la justice et de la traduction ? Quelles problématiques en France et en Europe ? Quelles perspectives ?

Une table-ronde organisée par l'Antenne de Paris de la direction générale de la traduction de la Commission européenne, en partenariat avec le Centre de recherche interdisciplinaire en juritraductologie (Cerije), l'École supérieure d'interprètes et de traducteurs (ESIT) et l'Institut de management et de communication interculturels (ISIT) aura lieu le vendredi 15 novembre 2013, de 17 à 19 heures, à la Représentation en France de la Commission européenne, 288 bd Saint-Germain, 75007 Paris (2e étage).

Places limitées. Inscription obligatoire avant le 8 novembre à l'adresse suivante : mikael.meunier@ec.europa.eu

Pour en savoir plus, cliquez ici.


La Licence "Chanson d’expression française, Jazz et Musiques actuelles
de l’Université de Bordeaux 3
avec le concours du Pôle Francophonie du Carrefour des Acteurs Sociaux

présentent

Chanson française et succès international

Conférence de Jean-Claude Amboise
Docteur en droit, spécialité "droit de la langue française", avocat au Barreau de Paris, membre du comité de pilotage du Pôle Francophonie du Carrefour des Acteurs Sociaux

jean-claude_amboise.jpg

Mardi 26 novembre 2013, à 14h15 à l’Université de Bordeaux 3
Maison des Arts (2e étage - salle 208)
 Esplanade des Antilles - Pessac (tram B "Montaigne-Montesquieu")

Entrée libre

 

 

nouvelles2/consommateur.jpgUn adjuvant de poids à la francophonie - le 01/11/2013 - 15:35 par Francis_Gandon

Un adjuvant de poids à la francophonie :
la défense du consommateur

Il est intéressant de mieux cerner le rôle que la défense du consommateur peut jouer dans la promotion du français.

Devrait être déposé le projet de Loi suivant :»La nature et la composition de tout bien et service sont indiquées dans un français COMPRÉHENSIBLE et de manière EXHAUSTIVE à l’exclusion de tout recours à une quelconque «assistance en ligne» et de quelconques forums de discussion sur Internet. En cas de traduction, l’indication originale française sera toujours sur le recto de la notice[1] ou le devant la boîte, au dessus d’éventuelles traductions. De possibles slogans en langue étrangère devront être traduits[2], en tant que relevant de la description du produit».

Ce projet pourrait être déposé à l’Assemblée, peut-être comme amendement à la Loi Toubon de 1994. Apparemment modeste, ses conséquences seraient cardinales :

  • Le dénoté ferait retour au cœur de la description contre la dérive connotative du nom propre incompréhensible. On parlera de «routeur» et nom de «livebox» (boîte de vie» ?).
  • Une description exhaustive et lisible — y compris matériellement pour les presbytes — liquiderait la pratique grotesque de la traduction microscopique de l’insignifiant en 27 ou 30 langues ; réinstaller le significatif au cœur de la description contraindra à condenser, clarifier, hiérarchiser, présenter les rubriques de façon cartésienne…
  • Récuser l’association du technique au connotatif constituera, notamment en informatique[3], un frein puissant aux pseudos innovations, prétextes à dérouter, asservir, escroquer. Il sera plus difficile de justifier l’obsolescence d’un produit, comme une imprimante — cela vient de m’arriver — du fait d’un simple changement de logiciel. En d’autres termes, convaincre qu’il faut changer de voiture parce qu’on a repeint la ligne jaune (comparaison donnée par Ch.-X. DURAND) deviendra plus ardu.

Cette disposition devrait suffire. Elle devra être couplée avec un accroissement significatif des agents de la DGCRF (ce à quoi le précédent régime tournait strictement le dos) et s’appliquera évidemment aux entreprises françaises à l’étranger. Or il y a urgence : les entreprises transnationales sont en effet passées à la vitesse supérieure dans l’obscurantisme, le barbarisme et la barbarie. Tout indique que le pire est à venir.

Ouvrons ici une sous-rubrique :»On ne s’ennuie jamais avec Orange» —, Morceaux choisis du «guide d’emploi» d’une clé «Everywhere» (sic) d’Orange (France-Télécom) à Madagascar.

«S’il vous plaît il faut utiliser la accessoires originaux ou les accessoires qui sont autorisés».
[…]
«Interdit d’être démonté par des non professionnels…»
[…]
«l’intervalle de température du fonctionnement est de -10° C- + 60° C et d’humidité de 5% à 95% sont recommandés.»
[…]
«le mal traitement par l’utilisateur final»
[…]
«quelque soit que ZTE avait été avisé ou pas»
[…]
«N’ouvrez brutalement pas le couvercle avant».
[…]
«L’utilisation des appareils électroniques émetteurs est interdite dans des places comme avion….»
etc.

Gardons en tête qu’il s’agit d’une notice technique émanant d’une entreprise française à destination d’un pays francophone.

L’explication : il Semblerait que la version originale de ladite notice soit en anglais. S’apercevant ensuite qu’on avait affaire à une clientèle francophone, un bricolage linguistique a dû être effectué par une officine quelconque (chinoise ? sud-africaine ?) D’où ces invraisemblables barbarismes[4].

Les compagnies françaises font tout pour occulter leur origine….avant de s’apercevoir que ce recherche la clientèle malgache, mauricienne, indienne…ce sont des produits français. D’où ces malhabiles relaps sur fond d’une détestation de tout ce qui est francophone. En périphérie tananarivienne, les nouveaux centres commerciaux ouverts par des Français d’origine indienne ont la majeure partie de leurs enseignes en anglais. (invité à déjeuner dans un «Food center», j’ai poliment décliné).

Je livre pour ce qu’elles valent ces quelques réflexions, assorties toutefois de propositions concrètes réalisables.

Francis Gandon, professeur honoraire


[1] Certains produits pharmaceutiques français donnent en premier le texte anglais, en second le supposé « original ». BIC note l’identité de ses produits en anglais monolingue, le texte français n’étant utilisé qu’en petits caractères, avec sept ou huit autres langues. Tout cela reste symboliquement très néfaste.

[2] Faute de pouvoir les interdire. Mais ne devrait-on pas revenir là-dessus ? J’imagine la tête des crânes d’œuf d’Air-France (sans trait d’union : tiens, mon correcteur orthographique proteste) avec leur « Flying blue » (volant bleu ?)

[3] Sait-on, à ce sujet, que le premier micro-ordinateur, le Micral, a été créé en 1973 par l’ingénieur français François Germelle ? Que sont-ils devenus l’un et l’autre ? Qu’est devenue la technique Goupil qui devait équiper les écoles françaises et francophones (un certain nombre d’ordinateurs Goupil ont même été envoyés en Afrique).

[4] Autre gag : Orange a gardé en malgache le slogan commençant par « Be » : soyez ceci ou cela. Mais, en malgache, be signifie « beaucoup ». D’où la proposition suivante du « forfait dimanche » : « Be Alahady » (« Soyez dimanche » en sabir), Ce que la clientèle ne peut comprendre que comme « Beaucoup de dimanche(s) » !

 

 


nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2013 (2) - le 17/10/2013 - 21:46 par MAR

Nouvelles d'octobre 2013 (2)

La Commission Européenne poursuivie pour non respect des règles linguistiques (lien et communiqué ci-dessous)
Michel Serres : Je lance un appel pour faire la grève de l'anglais (20/10) (lien)
JuriTavail : Trusts : utilisation obligatoire de la langue française (25/10) (lien)
Dominique Gallet : La France, puissance du XXIe siècle, l'heure du choix (9/10) une tribune très stimulante d'un des fondateurs d'ALF, auteur de "Pour une ambition francophone".(lien)


Assemblée des Francophones Fonctionnaires des Organisations Internationales (AFFOI)

Communiqué de presse
Rijswijk, le 18 octobre 2013

L'AFFOI Monde porte plainte auprès du Médiateur européen contre la Commission Européenne. Dominique Hoppe, Président de l'AFFOI Monde, porte plainte auprès du Médiateur européen contre la Commission Européenne pour non respect, dans le cadre de la création d'une plateforme pour lutter contre la fraude fiscale,

- De l'article 20 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne(TFUE) sur la citoyenneté européenne,

- Des articles 10 et 11 du Traité sur l’Union européenne (TUE),

- Des articles 21 et 22 de la Charte des droits fondamentaux.

L’appel à candidatures visant à mettre en place cette plateforme précise que la langue de travail sera l’anglais : "Étant donné que ni traduction des documents, ni interprétation simultanée ne peuvent être garanties dans les trois langues de travail de la Commission (EN, FR, DE), une parfaite maitrise de l’anglais sera demandée aux représentants et à leurs suppléants pour pouvoir prendre part aux discussions, comprendre les documents de travail et si nécessaire produire une contribution écrite".

Cette plainte ouvre une nouvelle ère du fonctionnement de l'AFFOI Monde qui, forte de ses deux nouveaux opérateurs de la société civile (AJFOI et ACFOI) va désormais agir avec plus d'intransigeance par tous les moyens à sa disposition et de façon systématique face à l'hégémonie progressivement plus marquée du "tout en anglais" et à l'emploi de modèles professionnels exclusivement d'origine anglo-saxonne en milieu multilatéral.


Francophonie.jpgContinuons en français ! - le 16/10/2013 - 19:07 par Michel_Guillou

Continuons en français !

par Michel Guillou

Le professeur Michel Guillou (voir ses titres éminents à la fin de l'article), membre et ancien vice-président d'ALF, donne une présentation synthétique fort utile de la nécessaire politique du français et de la Francophonie, et apporte des éléments nouveaux d'un grand intérêt.

Nous nous en réjouissons d'autant plus, et recommandons d'autant plus fortement de lire ce véritable manifeste et de s'en imprégner et inspirer, qu'il rejoint aussi directement notre campagne de 32 associations : "Communes de France pour la langue française", ainsi que notre grand projet pour Villers-Cotterêts de centre international d'études, rencontres, recherches et formation, sur : à la fois la Francophonie et la diversité linguistique et culturelle de l'Europe et du monde. Albert Salon. télécharger l'article

 


nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2013 - le 09/10/2013 - 09:40 par MAR

Nouvelles d'octobre 2013

A. FR. AV :Non à la politique anglicisante de Carrefour et non à l'anglicisation de la France et de l'Europe ! (lien)

Robert Chaudenson : l'anglomaniaque Geneviève Fioraso a encore sévi avec son FUN (France Université Numérique) ! (8/10) (lien)


Bonnes pratiques linguistiques dans les entreprises - le 04/10/2013 - 12:31 par A_Salon

Guide des bonnes pratiques linguistiques dans les entreprises

La Délégation générale à la langue française (DGLF) publie avec l'Office québecois de la Langue Française (OLF) un Guide des bonnes pratiques linguistiques dans les entreprises.


Pour l'emploi du français dans les entreprises et le monde du travail, la DGLFLF publie un précieux Guide des bonnes pratiques linguistiques !

Ce document, comme son titre l'indique aux familiers du langage d'Outre-Atlantique, est d'abord le fruit des institutions québécoises chargées d'appliquer la loi 101 de 1977 au Québec sur le français, puis de la coopération franco-québécoise (OLF et DGLFLF) avec la participation du Professeur français Claude Truchot.

Maintenant publié par la DGLFLF (Délégation générale à la langue française et aux langues de France, du ministère de la Culture, de la Communication et de la Langue française) qui s'appuie largement sur les syndicats français pour sa diffusion optimale (ainsi notre ami Franck Grandmaison de l'UNSA, qui fut, et reste, avec Jean-Loup Cuisiniez, l'un des principaux interlocuteurs syndicaux français dans la coopération d'ALF avec les syndicats : cf. nos actions fortes de 2007 et 2009 à l'Assemblée nationale), ce document rassemble les "bonnes pratiques" françaises et franco-québécoises les plus pertinentes.

D'un format court, il a vocation à connaître une très large diffusion auprès des acteurs du monde du travail.

Le document peut-être téléchargé sur le site de Délégation générale à la langue française (DGLF) :

Je recommande vivement à tous nos membres, aux nombreux visiteurs de notre site, et aux lecteurs du bulletin d'ALF, de donner le maximum d'écho à cette initiative particulièrement bienvenue. Albert Salon.


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2013 (3) - le 04/10/2013 - 12:10 par MAR

Nouvelles de septembre 2013 (3)

Francophonie : Amal Sewtohul, lauréat 2013 du Prix des cinq continents (lien)
Les Francophonies de Limoges fêtent leur 30e édition du 26/9 au 2/10 (lien et site officiel)
Abdou Diouf : Protection du français : le Québec un modèle (19/9) (lien)
 


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2013 (2) - le 26/09/2013 - 14:55 par MAR

Nouvelles de septembre 2013 (2)

Nouveaux termes de la Commission générale de terminologie au Journal officiel
dans les domaine de la Biologie (15/9) et des Relations internationales (15/9)

Albert Salon, président d'ALF, publié dans le grand journal japonais Asahi Shimbun (4/9)
(lire plus bas)


Albert Salon, président d'ALF, publié dans le grand journal japonais Asahi Shimbun (4/9)

asahi-shimbun.jpgLa contribution d'Albert Salon est résumée par la correspondante du journal à Paris, Marie Guitton :

Vous trouverez joint à ce courrier un exemplaire de l'Asahi Shimbun daté du 4 septembre dernier. Nous y avons publié votre opinion sur la défense de la diversité linguistique en page 13. Je ne peux malheureusement vous traduire l’article mot à mot. Voici néanmoins quelques explications :

• Le titre général de la page Opinion est : « L’explosion des Katakana » (symboles utilisés pour les mots étrangers en japonais)

• En bas à gauche, un directeur publicitaire, M. Yasumichi OKA, défend l’utilisation de l’anglais dans la vie courante.

• En bas à droite, le professeur Yukio TSUDA s’érige en défenseur de la langue japonaise.

• Le titre associé à votre opinion est quant à lui : « Un excès stérile d’anglophonisation ». Vous encouragez d’abord ce Japonais qui a intenté un procès contre la télévision nippone. Puis vous parlez de vos propres luttes contre l’hégémonie américaine. Ce n’est pas de l’antiaméricanisme, mais de l’anti-hégémonie-américaine. L’objectif est la défense de la diversité culturelle.

Vous expliquez ensuite l’historique de l’article 2 de la Constitution et de la loi Toubon. Vous citez des anglicismes qui vous agacent particulièrement comme « e-mail » que nous pourrions remplacer facilement par courriel, à l’instar de logiciel qui a fini par s’imposer face à software. Vous revenez alors sur l’anglais à l’université et votre ferme opposition à la réforme Fioraso. Vous précisez que vous n’êtes pas contre le fait d’apprendre des langues étrangères —vous êtes polyglotte et ancien diplomate- mais contre l’excès d’anglophonisation. Car lorsqu’une langue s’impose au détriment de sa langue maternelle, la pensée devient stérile. Vous donnez l’exemple des sciences : un mot est associé à une idée ; ainsi naissent parfois les plus grandes découvertes.

Enfin, pour vous, la Constitution japonaise n’ayant jamais été amendée depuis la guerre, y inscrire le japonais comme langue officielle serait un choc —positif- pour la population. Défendre sa langue maternelle, c’est défendre l’indépendance de l’État.

 

 


Ministry of Productive Recovery - le 20/09/2013 - 11:44 par MAR

Ministry of Productive Recovery
Ministry of Craft, Commerce and Tourism
!

Ne leur dites pas, mais il parait qu'il s'agit des Ministères "français" du Redressement  productif et de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme !
happy boomers, silver économie, European Microélectronics Summit.
C'est sans doute cela le "made in France" d'Arnaud Montebourg et de la
Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS) dirigée par Pascal Faure !

à force d'ériger l'anglais en valeur suprême de la modernité et de s'adresser aux citoyens dans la langue de Bill Gates, les pouvoirs publics jouent clairement le jeu de la dévalorisation de la production française et habituent au contraire, ces mêmes citoyens à rechercher les produits étrangers (causant de préférence anglais) comme gage de cette "modernité"... MAR

dgcis.jpg


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2013 - le 12/09/2013 - 09:17 par MAR

Nouvelles de septembre 2013

Le Comité pour une Nouvelle Résistance (CNR) organise un Colloque sur la défense de la langue française du 13 au 16 septembre 2013 à Nice (CUM-65 promenade des Anglais) (lien) à écouter également l'entretien d'Albert Salon avec l'organisateur (diffusé le 10/9)
Jeux de la Francophonie à Nice du 7 au 15 septembre (lien)
Crétinerie Lochoise (lire plus bas)


Crétinerie Lochoise

Dans la rubrique les collectivités locales racolent en anglais pour faire moderne, pour attirer le touriste, la palme revient aujourd'hui à Loches et à son slogan grotesque "I LOCHES YOU"

loches.jpg

Ou quand les villes chargées d'histoire se comportent comme de vulgaires lessiviers


nouvelles/presse.gifNouvelles d'août 2013 - le 08/09/2013 - 18:13 par MAR

Nouvelles d'août 2013

Publications de nouveaux termes de la Commission générale de terminologie
au Journal officiel

- dans le domaine des Sports (10/8)
- dans le domaine des Télécommunications (9/8)


 


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2013 (2) - le 19/07/2013 - 15:05 par MAR

Nouvelles de juillet 2013 (2)

Réponses "molles" du Gouvernement à 2 questions de députés sur la perte d'influence du français au sein de l'Union européenne (23/7) (lire plus bas)

Le Devoir : France, Québec et 14 juillet - Contrer décrochage et résignation (13/7) (lien)
Observatoire européen du plurilinguisme: 5 victoires du plurilinguisme ! (17/7) (lien)


Réponses "molles" du Gouvernement à 2 questions de députés sur la perte d'influence du français au sein de l'Union européenne

Le Gouvernement fait ici mine de condamner la perte d'influence du français et le tout-anglais au sein de l'Union européenne mais comme à l'habitude (celui-ci comme le précédent), sans aucune démarche concrète. Tant que ce Gouvernement n'aura pas montré une réelle volonté politique et qu'il n'aura pas bloqué des décisions pour marquer sa désapprobation, la situation à Bruxelles et à Strasbourg continuera à empirer et l'UE continuera à se comporter en colonie anglo-saxonne. MAR


 Question écrite n°11909 posée par M. Dino Cinieri (Loire-UMP)  - publiée au JO le 27/11/2012

M. Dino Cinieri appelle l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, sur l'utilisation de la langue française dans les instances européennes. De plus en plus souvent, les documents sont publiés en anglais sans être traduits dans d'autres langues.

Ainsi, le 20 septembre 2012, la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a examiné le règlement financier du budget général de l'Union européenne, qui était présenté au vote dans un texte de 407 pages uniquement en anglais. Avec environ 100 millions de locuteurs, l'allemand est la langue maternelle la plus parlée dans l'Union européenne, suivi du français, puis de l'anglais. Il lui demande pour quelle raison le Gouvernement français n'a pas formulé une protestation solennelle contre une telle discrimination linguistique et exigé le respect des règles européennes.

Réponse du ministère : Affaires européennes - parue au JO le 23/07/2013

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, réaffirme plusieurs principes relatifs à la protection du multilinguisme au sein de l'Union européenne. La diversité linguistique revêt en effet pour l'Union européenne un caractère fondamental. L'Union doit en particulier permettre aux citoyens européens d'accéder à la législation et aux informations européennes dans leur propre langue. C'est ainsi que la législation et les documents d'importance politique doivent être présentés dans toutes langues officielles.

Au Parlement européen, le vice-président en charge du multilinguisme, M. Miguel Angel Martinez, a fait part, lors de la dernière journée européenne des langues, de son soutien inconditionnel à la diversité linguistique. En dépit de telles déclarations, une dégradation en termes d'accès aux documents législatifs et d'importance politiques dans les différentes langues de travail de l'Union (et notamment le français) a été observée au Parlement européen. Il est à ce titre tout à fait regrettable que le Parlement européen n'ait pas été en mesure de présenter en commission le texte soumis au vote sur le règlement financier dans d'autres langues que l'anglais.

Bien que l'augmentation de l'activité législative du Parlement européen consécutive à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne puisse partiellement expliquer certains retards en termes de traduction, la France déplore vivement les difficultés que peuvent rencontrer les parlementaires en termes d'accès aux documents de travail dans leur langue maternelle. Aussi, les autorités françaises ne manqueront-elles pas de rappeler, comme elles le font régulièrement, cette exigence du multilinguisme lors de leurs futurs échanges avec l'administration du Parlement européen. Il en va non seulement du bon fonctionnement de l'activité législative européenne, mais aussi du respect d'un principe fondateur de la construction européenne.


Question écrite n°10693 posée par M. Jacques Myard (Yvelines-UMP) - publiée au JO le 20/11/2012

M. Jacques Myard appelle l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, sur la situation de la langue française dans les institutions de l'Union européenne. À l'évidence, cette situation se dégrade rapidement : lors d'une simple visite des immeubles de la Commission, chacun peut constater que l'ensemble des affiches ou visuels vantant l'action de la Commission est exclusivement en langue anglaise.

Les documents de travail, les publications des directions de la Commission ainsi que de ses agences, ne sont disponibles qu'en langue anglaise. Cette situation est particulièrement préoccupante et est directement contraire aux règles linguistiques de l'Union européenne, fondée sur l'égalité linguistique et le respect du statut des langues de travail au rang desquels figure le français.

Elle est aussi directement contraire à nos intérêts dont l'emploi de notre langue est un élément essentiel. La Commission européenne est devenue une machine à angliciser. Il lui demande, en conséquence, quelles actions vigoureuses il entend mener pour mettre fin à cette situation scandaleuse, totalement préjudiciable à nos intérêts et dont la poursuite va inévitablement provoquer de violentes querelles linguistiques et mettre en péril l'existence même de la coopération européenne.

Réponse du ministère : Affaires européennes - parue au JO le 23/07/2013

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, réaffirme plusieurs principes relatifs à la protection du multilinguisme au sein de l'Union européenne. La diversité linguistique revêt en effet pour l'Union européenne un caractère fondamental. L'Union doit en particulier permettre aux citoyens européens d'accéder à la législation et aux informations européennes dans leur propre langue. C'est ainsi que la législation et les documents d'importance politique doivent être présentés dans toutes langues officielles.

Il est vrai qu'en dépit de ces règles nécessaires au bon fonctionnement de la coopération européenne, une dégradation de l'accès aux documents législatifs et d'importance dans les différentes langues de travail de l'Union (et notamment le français) a été observée dans certaines institutions de l'Union européenne, y compris au Parlement européen. Bien que l'augmentation de l'activité normative européenne consécutive à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne puisse partiellement expliquer certains retards en termes de traduction, la France déplore vivement les difficultés que peuvent notamment rencontrer les co-législateurs pour accéder aux documents de travail dans leur langue maternelle.

Aussi, les autorités françaises ont elles mis en place un vade-mecum de l'usage du Français dans les institutions et incitent elles les représentants français au sein des institutions à leur signaler tout manquement aux règles de respect du multilinguisme. Elles ne manqueront pas, comme elles le font régulièrement, de rappeler l'exigence de respect du multilinguisme lors de leurs futurs échanges avec les institutions européennes. Il en va non seulement du bon fonctionnement de l'activité législative mais aussi du respect d'un principe fondateur de la construction européenne.

 

 


nouvelles2/allemagne.jpgL'Allemagne réagirait-elle contre le globish-pour-tous ? - le 19/07/2013 - 14:57 par A_Salon

L'Allemagne réagirait-elle maintenant
contre le "globish-pour-tous" ?

Malgré le discours à la Nation allemande et aux peuples d'Europe prononcé le 22 février par  Joachim Gauck, Bundespräsident (président fédéral) prônant le nécessaire passage à l'anglais langue européenne commune pour toutes les affaires sérieuses, et concédant simplement le maintien des langues maternelles dans les foyers, "avec toute leur poésie", le peuple allemand semble bien vouloir cesser sa glissade sur cette pente fatale.

Ce peuple, qui recouvre puissance et orgueil dans tant de domaines, donne en effet de premiers signes de reconquête de sa langue, trop longtemps avilie et marginalisée par l'anglo-américain, langue du maître maintenant contesté, comme le dénonçaient des associations allemandes actives, tel le Verein deutsche Sprache (VDS), partenaire de longue date d'ALF.

La France, qui s'abandonne en ce moment, ne devrait pas être en décalage, et "en reste".

Citons d'abord cette observation de l'Observatoire européen du Plurilinguisme (OEB) présidé par notre ami Christian Tremblay (juin 2013) :

"L'Allemagne s'interroge sur les bienfaits de l'anglicisation de l'enseignement supérieur
Dans la course à l'anglicisation de l'enseignement supérieur, l'Allemagne avait pris quelques longueurs d'avance sur la France et l'Italie, sur la piste suivie depuis des décennies par les pays scandinaves et les Pays-Bas.

En fait, moins de 10% des formations de niveau master sont dispensés en anglais, soit à peine plus qu'en France aujourd'hui.

Pour autant, les universités allemandes prennent conscience des méfaits de cette politique. La conséquence la plus immédiate est la mauvaise insertion des étudiants étrangers dans l'économie allemande qui, en raison du vieillissement accéléré de sa population, a besoin d'une immigration de haut niveau de qualification. Il est donc nécessaire d'imposer l'apprentissage de l'allemand et de réintroduire l'allemand comme langue d'enseignement dans les formations qui ont été développées 100 % en anglais depuis 10 ans en pure perte.

L'autre raison de donner un coup d'arrêt à l'anglicisation de l'enseignement supérieur et de la recherche est tout simplement la nécessité de sauvegarder la qualité de la recherche en Allemagne. Dans de nombreux domaines de recherche la connaissance de l'allemand est nécessaire. Par ailleurs, si l'on peut à la rigueur publier en anglais afin d'augmenter son nombre de lecteurs, cela ne veut pas dire que la recherche doive nécessairement se faire en anglais. La recherche dans sa propre langue, dès lors que celle-ci demeure capable d'exprimer toute la réalité scientifique, est une condition de la créativité scientifique".

Les arguments contenus dans ce texte rappellent ceux qu'ALF et ses associations partenaires ont développés dans leur Mémoire "Le français et les Sciences" diffusé récemment sur la toile et à 2.000 exemplaires sur papier.

Je rappelle aussi à ce propos l'information que nous avons déjà diffusée au sujet de la Société des Chemins de fer fédéraux allemands : la Bundesbahn veut se débarrasser de quelques 2.700 anglicismes qui ont pollué sa communication interne et externe. Elle édite et diffuse un glossaire par lequel elle rend les équivalents allemands obligatoires dans tout son réseau. Exemple à suivre par la SNCF, Air-France et autres services publics en France ! Les termes existent : les commissions de terminologie compétentes ont fait leur travail.

Il ne manque plus qu'une volonté politique suffisante pour suivre le réveil allemand.

Et peut-être un début de réveil ailleurs en Europe, puisque le Tribunal administratif de Lombardie vient d'ordonner au Politecnico de Milan, de revenir au moins partiellement à l'enseignement en italien, alors que ce prestigieux Institut polytechnique avait cédé à la même mode de l'enseignement supérieur en anglais à laquelle les Valérie Pécresse, Pierre Tapie, Richard Descoings, Geneviève Fioraso, ont succombé chez nous.

Serons-nous les derniers ?

Albert Salon


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2013 - le 13/07/2013 - 17:36 par MAR

Nouvelles de juillet 2013

A Paris, la collaboracheune en marche : un 14 juillet à 70% anglo-saxon (lire plus bas)
La loi Fioraso (et sa soumission à l'anglais) adoptée (9/7) (lien)
[lire aussi Retour sur une capitulation en rase campagne  et nouveau Code de l'éducation]
Publication du 50ème numéro du Journal d'Avenir de la Langue Française (lien)


A Paris, la collaboracheune en marche : un 14 juillet à 70% anglo-saxon

Paris s'est offert comme chaque année un grand feu d'artifice, comment croyez-vous que fut sonorisé cet évènement ? Par 70% de chansons anglo-saxonnes !

Pour célébrer la fête nationale, (française, Bertrand Delanoë semble une fois de plus, l'avoir ignoré), Paris a choisi de parler la langue de Bill Gates. 18 chansons ou airs anglo-saxons sur 26 !

Pas une chanson allemande, italienne, espagnole, portugaise, polonaise... pays avec qui nous faisons parait-il, l'Europe, non de l'amerloque du pur, du vrai !

Cela montre le degré de soumission auquel la France, et particulièrement sa capitale, est arrivée

  • après l'équipe de France de foot qui célèbre sa victoire en 1998 dans la coupe du monde avec "I will survive" (in ingliche) dans les jardins de l'Élysée (!)
     
  • après le maillot officiel de l'équipe de football de la capitale de la France (Paris parait-il) avec aucun mot français mais "Fly emirates" dans la langue des colons.
     
  •  après le logo de l'Ile de France à 400 000 euros, pour que cette région devienne "Paris region" "Source of inspiration" issu des cogitations de Jean-Paul Huchon, lequel a toujours passé son temps à claironner son "amour" des groupes rock anglo-saxons au lieu de défendre la création locale...
     
  • aujourd'hui le 14 juillet en "amerloque". "I love America" pour célébrer la France, les grandes sociétés états-uniennes en rêvaient,  Bertrand Delanoë l'a fait !
     

ile-de-france-logo.jpg

 

 

 

 

 

 

Tout cela ne semble plus choquer personne, "Paris sous-préfecture états-unienne" semble l'horizon indépassable de nombre d'élus locaux et de médias... MAR


nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2013 (3) - le 20/06/2013 - 22:48 par MAR

Nouvelles de juin 2013 (3)

Causeur Fioraso speaks globish, Comment devenir un petit pays qui parle anglais ?(26/6) (lien)
TV5Monde Le Sénat vote l'élargissement encadré des cours en anglais (20/6) (lien)
A.FR.AV : La "Cultural Exception" et le "Speak White" ! (19/6) (lien)
Jérôme Saulière : Les entreprises françaises malades de l'anglais (lien)
La science au XXIe siècle : Loi Fioraso - la mobilisation se poursuit II (18/06) (lien)


 


nouvelles2/olivier-oger.jpgO. Oger, directeur de l'Edhec, massacreur ravi du français - le 20/06/2013 - 22:14 par MAR

Olivier Oger, directeur de l'Edhec, massacreur ravi du français !

La loi Fioraso libère ! Témoin cet entretien ci-dessous donné par Olivier Oger, directeur de l'Edhec au Monde. Celui qui a fait passer son école au tout-anglais dès 2005 est un bon exemple de ces "lou ravis", véritables LVF de l'anglicisation. MAR


A l'Edhec, le directeur refuse le retour des cours en français (Le Monde - propos recueillis par Benoît Floc'h)

Vous avez décidé, en 2005, de faire passer votre école, l'Edhec, au "tout-anglais". Avec quelles conséquences ?

Olivier Oger Ce fut probablement l'une des décisions les plus importantes que j'aie prises pour l'internationalisation de l'école. L'impact en interne a été énorme. Ce fut un grand choc, mais également un projet mobilisateur. Il n'y a eu que deux ou trois personnes qui sont allées voir ailleurs. Mais nous avons annoncé la mesure deux ans avant sa mise en œuvre et mis en place un accompagnement. Évidemment, cela représentait un effort énorme pour nos professeurs parmi les plus âgés, ou pour ceux qui parlaient mal l'anglais.

Olivier Oger a porté un coup mortel à sa langue et à son pays, en passant les cours de l'Edhec à 100% anglais (c'est à dire y compris pour étudier par exemple le droit commercial français !) mais il est fier de lui. Un "effort énorme" des professeurs : ce n'était pas le meilleur enseignement pour les étudiants qui comptait, ni la meilleure communication entre étudiants et professeurs, non ce qui comptait c'était de vendre l'école comme une savonnette.

La qualité de l'enseignement n'a-t-elle pas diminué ?

C'est difficile à mesurer. Lorsqu'on dispense un cours en anglais pour la première fois, on ne dispose probablement pas d'autant de moyens de transmettre les connaissances. Mais cela s'estompe avec le temps. D'autant plus, d'ailleurs, que nous n'avons pas lésiné sur l'accompagnement. Des professeurs de langues donnent des cours ; des séjours de six mois à l'étranger ont été organisés ; des binômes de professeurs français et anglais ont été constitués pour une coproduction des cours, ce qui permet notamment de trouver le bon exemple, la note d'humour, etc.

Olivier Oger n'est même pas sûr que la qualité n'ait pas diminué. Évidemment ânonner un cours en globish quand on le faisait normalement dans sa langue avec toutes les subtilités qui vont avec… On constate en passant que ce fut une bonne opération pour les professeurs anglais. En "coproduction" avec les français, ceux-ci ont sans doute eu la joie de devenir leurs inférieurs…

Cela a-t-il entraîné une coloration plus anglo-saxonne du contenu des cours ?

Non. Ce n'est pas parce que vous enseignez en anglais que vous véhiculez la culture anglo-saxonne ! A ceux qui pensent que nous devenons les suppôts du Royaume-Uni et des États-Unis, je réponds que nous sommes plus qu'avant les ambassadeurs de ce que nous sommes, car nous sommes audibles par un plus grand nombre. Un professeur français demeure français même s'il parle anglais. J'ajoute que les disciplines que nous enseignons, comme la gestion par exemple, comprennent une part importante de technique, laquelle est tout de même plus neutre culturellement que la littérature ou la philosophie. Il faut donc faire la part des choses. Mais je veille à ce que l'enseignement demeure européen et que les cas d'entreprise traités relèvent de problématiques européennes.

Olivier Oger a l'aplomb d'affirmer que "Ce n'est pas parce que vous enseignez en anglais que vous véhiculez la culture anglo-saxonne !" quand on sait bien que c'est évidemment le contraire et qu'une langue véhicule une image du monde et une conception de la société… Merci en passant à Olivier Oger de garder des "problématiques européennes" (le Royaume-Uni étant théoriquement un pays européen et connaissant le contexte de l'école, on s'en réjouit d'avance !).

Qu'est-ce que cela a changé en termes d'attractivité ?

A la fin des années 1990 et au début des années 2000, avec le développement des accréditations [par des agences internationales indépendantes, NDLR], l'Edhec a voulu s'internationaliser. A nos yeux, cela devait d'abord concerner la recherche : il fallait recruter des professeurs internationalement connus pour leurs recherches et qui, donc, publiaient en anglais. Mais l'idée était bien entendu également d'attirer des étudiants étrangers dans le "programme grande école". En 2000, l'école n'en accueillait que 20... Cette année, ils sont 330 par promo !

Est-ce uniquement dû au passage à l'anglais ?

Oui, très largement. Sur les 330 étudiants étrangers présents sur nos campus, très peu parlaient français en arrivant. Le pays le plus attractif demeure les États-Unis. Lorsque les étudiants chinois viennent chez nous, cela relève donc d'un choix précis. Mais, avant, ils ne venaient pas du fait de l'absence de cours en anglais.

Et combien le parlent en sortant ? Pour accueillir des Chinois que ne ferait-on pas, y compris abandonner sa langue, abandonner son âme…

Cela a-t-il également permis d'élargir le vivier de recrutement des étudiants étrangers ?

Oui, notamment en provenance de l'Asie. Nous avions très peu d'étudiants asiatiques auparavant. C'est cela qui nous a permis d'élargir notre vivier traditionnel de recrutement, l'Europe et l'Afrique du Nord. Ces deux zones géographiques ne sont plus représentées qu'à hauteur d'un tiers dans l'origine des 330 étudiants étrangers de l'Edhec.

En gros on a enfin des étudiants plus rentables que notre pauvres étudiants francophones ou pire encore, des européens qui venaient aussi pour la culture française.

L'Edhec est-elle toujours une école française ? Avez-vous le sentiment d'affaiblir le français ?

Cette mesure nous a permis d'exister sur la scène internationale. Et je précise que tout étudiant étranger est obligé de suivre des cours en français. Ils n'en deviennent certes pas des experts, mais ils peuvent tenir une conversation. Et cela s'accompagne d'une ouverture culturelle : visites de musée, tourisme, découverte de la gastronomie... Je ne suis donc pas sûr que cela affaiblisse le français car ces jeunes deviennent de sacrés bons ambassadeurs de la France, et ils travaillent souvent dans nos entreprises à l'étranger. En tant que citoyen, je regrette que le français ne soit plus la langue d'enseignement de mon école, mais en tant que directeur, je ne peux pas passer à côté.

Bonne question du journaliste."Ces jeunes deviennent de sacrés bons ambassadeurs de la France" quand ils n'auront pas appris un mot de français, on ne sait pas de quoi ils seront ambassadeurs. On a tous en tête l'exemple de ces étudiants français partis pour des cycles aux Pays-Bas ou au Danemark qui n'ont rien retenu de ces pays, rien appris sauf cet "excitant" mélange de gens communiquant entre eux en globish.

Enfin la perle de l'entretien : "En tant que citoyen, je regrette que le français ne soit plus la langue d'enseignement de mon école, mais en tant que directeur, je ne peux pas passer à côté." Tartuffe nous voilà ! Le directeur a porté un coup grave à sa langue et à son pays et le "citoyen" le regrette ! Très fort Olivier Oger !

Avez-vous été surpris par l'ampleur du débat suscité par le projet de loi Fioraso ?

C'est classique ! La France a les moyens d'avoir une ambition internationale en matière d'enseignement supérieur. Que la ministre Geneviève Fioraso veuille favoriser les cours en anglais va dans le bon sens.

Pour Olivier Oger avoir une ambition internationale, comme pour beaucoup de défenseur du projet Fioraso, c'est en gros essayer de devenir anglo-saxons ou du moins de s'en approcher le plus possible.

En l'état actuel, le projet de loi prévoit aussi des conditions très strictes : utilisation partielle de l'anglais, apprentissage du français et prise en compte du niveau dans le diplôme, existence de "nécessités pédagogiques" pour justifier l'emploi de l'anglais. Allez-vous appliquer la loi et revenir sur le tout-anglais ?

Je ne vois pas comment je pourrais appliquer cette loi. Et je ne peux d'ailleurs pas croire que cela se mette vraiment en place, alors qu'on nous incite depuis des années à nous internationaliser. Respecter ces restrictions, ce serait remettre en cause quinze ans d'efforts pour installer notre école sur la scène mondiale. Or, nous sommes aujourd'hui présents à Singapour. Nous avons signé des accords avec les universités américaines Princeton et Yale, avec laquelle nous délivrerons un programme en commun. Sans l'anglais, nous n'aurions pas pu le faire. Si les étudiants étrangers estiment qu'ils ne pourront pas suivre l'intégralité du cursus parce qu'une partie est enseignée en français, ils ne viendront plus. En Espagne, une loi oblige les étudiants étrangers à suivre des cours de catalan. Les établissements les organisent donc, mais aucun étudiant ne les suit...

Et en plus Olivier Oger n'est pas content : ce qu'il a fait de manière tout à fait illégale, avec la complaisance des différents ministres de l'enseignement supérieur en poste depuis 2005, il nous fait croire que cette loi avec ses prétendus garde-fous empiète sur sa liberté d'angliciseur forcené…


François Reynaert où la servilité anglomane ! - le 15/06/2013 - 20:13 par MAR

François Reynaert ou la servilité anglomane !
retour sur un éditorial publié dans "Le Nouvel Observateur" le 23 mai 2012

Cet éditorial illustre bien l'attitude servile d'un certain milieu médiatique parisien qui se croit "follement moderne" en acceptant le sabordage du français au profit de l'anglais dans les études universitaires. MAR

 

L'article nos commentaires

Pour qui sonne l'anglois
Le Nouvel Observateur – 23 mai 2013 – n°2533

Un titre plein d'humour !, François Reynaert commence très fort !

Une réforme propose d'autoriser l'anglais dans trois cours de fac, et, déjà, les clairons sont sortis. Grosse fatigue

"Trois cours" Qui a dit ça ? François a dû recopier le dépliant publicitaire écrit par Geneviève Fioraso elle-même… aucune limitation n'est à cette heure proposée. Rien n'interdit un cursus 100% en anglais.

Dans les cas désespérés, songer aux mesures radicales. L'hypothèse m'en venait en suivant d'un œil las le nouveau psychodrame culturello-linguistique qui emplit les colonnes des journaux : "l'affaire Fioraso". Vous voyez de quoi il s'agit ? Un excellent papier de ce journal (page 112) vous en donnera les tenants et les aboutissants. On peut les résumer ainsi : dans un coin de sa réforme des universités, Mme Fioraso, ministre des susdites, entend faire voter un articulet autorisant ici et là, par exception à nos lois sur la francophonie, que quelques cours de nos facs soient donnés en anglais. Est-ce grave ? Non. Cela se pratique depuis des lustres dans toutes les grandes écoles du pays.

"ministre des susdites" habile ça François ! Ça fait gars lettré, ce qui permet de laisser assassiner sa langue en ayant l'air de la soutenir…

"un articulet" bien sûr François, cet articulet permet sans grand contrôle d'enseigner sous tout prétexte vaguement international des cycles entiers en anglais. Une paille !

"nos lois sur la francophonie" on sent bien que ça le gêne le François que son propre pays défende sa propre langue quand il y a une qui s'impose…
"
que quelques cours de nos facs soient donnés en anglais" bel même aplomb François, pour se faire le VRP de Geneviève Fioraso
"
Est-ce grave ? Non. Cela se pratique depuis des lustres dans toutes les grandes écoles du pays." en un mot les grandes écoles piétinent la loi alignons-nous sur elles. Un peu comme si on disait les violences racistes font florès légalisons-les : c'est dur là François, non ?

Il s'agit de l'officialiser à l'université dans le but d'y attirer les étudiants de quelques grands pays qui ont jusqu'ici, la fâcheuse habitude de se tirer chez nos voisins, où tout cela se passe sans problème. C'est que nos voisins sont juste des pays quand le nôtre est surtout une névrose. Oser parler anglais dans la patrie de Molière et Maurice Druon réunis ! C'était parti pour la parade de tous les déclino-ronchonchons de service – l'Académie française, "le Figaro" les Finkielkraut et consorts - curieusement rejoints par une escouade d'échappés du PS, mus par un sentiment qui m'a un peu échappé. J'avoue qu'une terrible crise de bâillements m'a empêché de me plonger très loin dans l'exposé de leurs motifs. C'est un tort, je sais. Tout ce dossier pouvait réserver de vrais bonheurs. Jacques Attali, hier encore héraut de l'ouverture au monde, s'est dressé vent debout contre le texte pour des raisons d'intérêt général que "l'Obs" (16/5) nous a apprises : il soigne sa prochaine candidature sous la Coupole.

"Il s'agit de l'officialiser à l'université" non François, pas de l'officialiser mais qu'elle remplace la langue du pays. Tu sais François comment s'appelle-t-il déjà ? La France ! "dans le but d'y attirer les étudiants de quelques grands pays qui ont jusqu'ici, la fâcheuse habitude de se tirer chez nos voisins" outre la trivialité du propos (se tirer), une vision très mercantiliste du propos on croirait qu'il s'agit de vente de lessive ! De plus François hélas, c'est un pur mensonge la France est déjà 5ème pour l'attraction d'étudiants étrangers. Sans doute trop de métèques pour toi François ? [il commence vraiment à m'agacer, moi le défenseur de tous les justes combats] Et puis qui croit vraiment que des étudiants étrangers sont intéressés à venir en France étudier en anglais : ils préfèreront toujours l'original à la copie.

"C'est que nos voisins sont juste des pays quand le nôtre est surtout une névrose" François Reynaert apparemment écrit déjà en globish traduit automatiquement par Google… Bon François déteste son pays, ce n'est pas nouveau chez beaucoup de bobos, mais qu'il soit cohérent pourquoi n'irait-il pas diffuser sa haute pensée chez ses amis.

François présente forcément les détracteurs du projet de loi comme de vieux ringards, réactionnaires (déclino-ronchonchons). Mais là, un truc bloque dans le raisonnement de François une quarantaine de députés socialistes de même qu'Attali se sont opposés à ce texte, et là François ne comprend plus, oubliant que c'est lui qui rampe devant le capitalisme multinational. François montre également son expertise en coup bas : Attali n'a aucune opinion personnelle c'est uniquement par intérêt qu'il se serait opposé au texte c'est dire l'estime que François porte aux individus…

Le linguiste Claude Hagège a osé, dans "le Monde" (26/4), une tribune qui devrait lui valoir une médaille : réussir à atteindre un tel sommet de grotesque entrais colonnes tient de la prouesse olympique. Pour dénoncer la réformette, ce garçon, dont le métier consiste à peser le poids des mots, n'a pas hésité à brandir ceux de "cancer", de "sabordage", sans parler de l'inévitable référence aux "heures tragiques" de notre histoire sans qu'on ait bien compris auxquelles exactement il faisait référence, sans doute celles qui virent brûler Jeanne d'Arc - face à l'anglois perfide, on ne peut pas moins."C'est la guerre I" conclut, martial, notre Paul Déroulède de la francophonie. Laquelle ? C'est toute la question. Cette mesure ne devrait donc pas être débattue ? Bien sûr que si. Est-on obligé de le faire dans ce climat d'hystérie, en ressortant une fois de plus l'interminable vieux débat : la France contre les méchants impérialistes américains ? Où es-tu de Gaulle ? Où est notre grandeuuur ! Le truc qui sentait déjà le rance sous Pompidou. A quoi a-t-il servi, depuis cinquante ans qu'on le ressort ? A rien d'autre qu'à ne pas voir venir les problèmes qui se posent aujourd'hui. Les États-Unis dominaient hier. Sont-ils toujours si menaçants ?

Après c'est Claude Hagège (pourtant auteur d'une très pertinente tribune) qui reçoit son tombereau d'injures. Évidemment François a renoncé depuis longtemps à l'existence même de son pays, ce n'est qu'un gagne pain pour lui, donc il ne comprend pas ceux qui s'opposent à la disparition programmée de sa langue et à l'uniformisation générale des cultures. Lui il s'en fout, il aimerait tellement qu'entre gens serviles on accepte gentiment nos gentils maîtres anglo-saxons.

"Où est notre grandeuuur !" là François fait encore dans le comique (tu sais que t'es bon François !). assimiler le refus de vouloir une culture disparaître à un quelconque désir de grandeur. Il fallait que tu sois là François pour oser !

"Les États-Unis dominaient hier. Sont-ils toujours si menaçants ?" il est certain que pour toi, ils ne nous menacent en rien, ils sont tellement bons tellement gentils et surtout tellement désintéressés. [Oui notre monsieur, oui notre bon maître comme chantait Jacques Brel]

C'est curieux, à ce que je lis dans les journaux, il me semble que la Chine et l'Inde le sont autrement plus. Et la fameuse "place de la France dans le monde" qui sent sa gloire impériale d'avant 1914 ? N'est-il pas temps de se rendre compte qu'à force d'en gaver nos partenaires, on va surtout réussir à lui faire casser l'Europe ? Seulement voilà. Tous ces gens ne veulent pas débattre du XXIe siècle. Ils veulent continuer à refaire le précédent. Pourquoi donc ne pas utiliser l'énergie indéniable qu'ils mettent à le défendre en prenant une mesure radicale ? On ouvre pour eux "France éternelle Land", le parc d'attractions de leurs rêves, et on les fait s'y ébattre avec tout ce qu'ils aiment, les agents en képi, le grec en sixième et les polémiques à la mesure de leur vision du monde : quel avenir pour nos colonies ? Faut-il en finir avec le franc-or ? Avec un peu de chance, ça attirerait en masse des touristes amusés, ce qui constituerait enfin une bonne nouvelle pour l'avenir de notre pays.
François Reynaert

freynaert@nouvelobs.com

"il me semble que la Chine et l'Inde le sont autrement plus" toujours l'habile diversion François on ne voit pas en quoi en matière culturelle ces deux pays seraient menaçants, habile de faire croire ici qu'il y a un débat !

"N'est-il pas temps de se rendre compte qu'à force d'en gaver nos partenaires, on va surtout réussir à lui faire casser l'Europe ?"  encore un peu de globish traduit sans doute ! En gros pour nous dire qu'être européens dans la tête de François c'est avant tout être états-unien. Chacun son idée de l'Europe ! Au fait François, quel est le pays le plus anti-européen de l'Europe ? Ne serait-ce pays un pays dont la langue officielle (et originelle) est l'anglais ? [Zut ma démonstration est encore ratée !]

"On ouvre pour eux "rance éternelle Land", oui François tu es drôle, dommage que pour toi ton modèle indépassable ce soit la France et l'Europe insérées dans un vaste Disneyland dans lequel les anglo-saxons qui auront enfin imposé leur mode de vie et leur "culture" leur jetteraient des cacahuètes.

La conclusion est tellement affligeante que par charité je ne la redirai pas elle montre là encore s'il en était encore besoin, la haute estime dans laquelle François tient son pays.

Dernière question François Reynaert pourquoi cet éditorial dans le Nouvel-Observateur et non pas dans les pages saumon du Figaro qui conviennent beaucoup mieux à ton idéologie (ou plutôt.au FT et puis sois sérieux in ingliche per favor ! )

 


Le ministre Repentin s'assoit sur la circulaire du 1er ministre - le 13/06/2013 - 10:11 par MAR

Thierry Repentin, ministre délégué aux Affaires européennes
s'assoit sur la circulaire du Premier ministre

En témoigne cet échange de courriers entre une branche locale de DLF : Défense de la langue française Pays de Savoie et le cabinet de Thierry Repentin par ailleurs Président du Groupe des Élus de Gauche "Savoie Pour Tous", concernant l'abus de dénominations anglo-saxonnes des manifestations soit subventionnées par le Conseil général de Savoie, soit organisées dans les lieux dont il est propriétaire, avec un rappel aux articles 14 et 15 de la loi du 4 août 1994.

Ce ministre s'abrite derrière une prétendue jurisprudence européenne supposée "claire sur ce point […] il est tout à fait possible que soient employés à la place des mentions en langue française, des termes ou expressions dans une autre langue, si celles-ci permettent à tout citoyen, indépendamment de sa nationalité, de les comprendre plus facilement". Ce qui est la porte ouverte à toutes les démissions présentes et futures, cette "jurisprudence" n'a pourtant aucune prééminence sur la loi française.et concerne essentiellement les emballages. Peut-être serait-il temps que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, prenne les mesures à même de faire respecter sa circulaire sur l'emploi de la langue française. MAR


1) La lettre de DLF-Pays de Savoie du 1er mai 2013 aux élus du conseil général de la Savoie

2) La réponse de Thierry Repentin, Pt du Groupe des Élus de Gauche "Savoie Pour Tous" (et ministre délégué aux Affaires européennes) du 24 mai 2013 à DLF-Pays de Savoie

3) La réponse de Marcel Girardin, président de DLF-Pays de Savoie à Thierry Repentin du 2 juin 2013


Défense de la langue française Pays de Savoie
85, chemin du viaduc 73420 Voglans
Courriel : dlfsavoie73-74@Iaposte.net

Aux élus du conseil général de la Savoie

Voglans, le 1er mai 2013

copie à Monsieur le Premier ministre et à Monsieur le Préfet de la Savoie

à la presse

Objet : Octroi de subventions par le Conseil Général favorisant l’emploi de la langue française dans le cadre de l’article 15 de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 et de la récente circulaire du Premier ministre en date du 25 avril 2013.

Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux,

Nous avons déjà eu l’occasion, lors de notre lettre du 30 janvier 2012, d’établir un constat préoccupant de l’anglicisation rampante des espaces et activités publics de Savoie et de vous exposer notre position ainsi que la requête suivante que nous renouvelons aujourd’hui :

Nous demandons à tous les conseillers généraux de bien vouloir, à l’avenir, défendre et promouvoir la langue française par l’octroi de subventions favorisant uniquement des manifestations ou des organismes qui la mettent en avant et respectent les dispositions de la loi du 4 août 1994 relative à son emploi. Cette demande concerne autant les votes de la commission permanente que de l’assemblée, ainsi que les subventions attribuées par le biais de Savoie Mont Blanc, ou tout autre organisme (UDOSTI, contrats territoriaux…)

Nous souhaiterions, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’indiquer de vive voix à certains d’entre vous, que le formulaire de demande de subvention comporte une clause indiquant que l’attribution de toute subvention du Conseil Général de la Savoie est subordonnée au respect prioritaire de l’emploi de la langue française conformément à l’article 15 de la loi du 4 août 1994. Naturellement, cela signifie que par extension, les organismes cités ci-dessus devront s’engager à demander ce même engagement vis-à-vis des tiers qu’ils aident financièrement ou matériellement.

D’autre part, il parait logique que le CG73 soit lui-même exemplaire sur ce sujet, ce qui malheureusement n’a pas toujours été le cas. À cet égard, on pourrait s’attendre à ce que vous exerciez toute votre autorité, en particulier sur les lieux dont vous êtes propriétaire ou autorité organisatrice : par exemple au sujet de l’appellation illégale SOLAR INNOVATION CAMPUS sur Savoie-Technolac, les championnats du monde d’aviron, ou la station de Courchevel qui organise de multiples évènements dont les noms sont en anglais ("les Teenag’ games", "Dynafit mountain races", "Courchevel moovie challenge", "Dynafit ski touring", "Sunday sounds sessions"…etc ! ! !

Si nous saluons ici l’attachement à la défense et à la promotion de la langue française dont votre président, Monsieur Hervé Gaymard, a su donner plusieurs preuves, nous attendons bien entendu de l’ensemble des conseillers généraux une attitude d’autant plus volontaire en la matière que le Premier ministre, Monsieur Jean-Marc Ayrault, a signé, le 25 avril 2013, une circulaire ordonnant à tous les ministres de son gouvernement, et par voie de conséquence à tous les élus et fonctionnaires de France, la défense et la promotion de la langue française ; ce qui est bien le moins que l’on puisse attendre des détenteurs d’une parcelle du pouvoir, délégué par le peuple français souverain.

Dans l’attente d’une réponse (au moins des présidents des groupes qui composent l’assemblée départementale), nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux, en nos plus sincères salutations.

Marcel Girardin (Président), Michel Cliquennois (Vice-président), Philippe Reynaud (Secrétaire), Lucien Berthet (Secrétaire-adjoint), Jean-François Martignoles (Délégué Haute-Savoie)


SAVOIE CONSEIL GENERAL
Thierry Repentin
Président du Groupe des Élus de Gauche Savoie Pour Tous
47, place Caffe - 73000 Chambéry
Tél. 04.79.70.89.99 - Fax 04.79.70.89.98
Email : gspt@wanadoo.fr
TR/JR

Monsieur Marcel Girardin
Président de Défense de la langue française en Savoie"
85, chemin du Viaduc
73420 Voglans

Chambéry, le vendredi 24 mai 2013

Monsieur le Président,

Je tiens par la présente à faire suite à votre courrier en date du 1er mai 2013 adressé à l'ensemble des Conseillers généraux de Savoie, et vous écris ce jour afin de vous transmettre la réponse de notre groupe d'élus à vos différentes sollicitations.

Dans votre courrier, vous avez souhaité interpeller les Conseillers généraux de Savoie sur la nécessité de veiller à ce que la langue française soit le plus fréquemment employée, aussi bien dans nos propres services, que dans les différents organismes dont nous sommes responsables ou auxquels nous accordons des subventions.

Nous ne pouvons bien entendu qu'être en accord avec vous sur ce point et défendons dès que nous le pouvons la langue française au gré des différentes décisions que nous sommes amenés à prendre au cours de notre mandat. Si cette défense de notre langue est indispensable, elle ne doit pas non plus se muer en une prohibition de tout terme d'une autre langue dans les différents événements ou marques que nous promouvons.

Ainsi, vous faites appel dans votre lettre à la loi n°94-665 relative à l'emploi de la langue française et à son article 15 qui interdit aux personnes morales de droit public l'emploi d'une expression ou d'un terme étranger. Ce qui, selon vous, rend une appellation comme Solar Innovation Campus totalement illégale. Or, la jurisprudence européenne est claire sur ce point. Certes la législation nationale française doit être respectée dans les restrictions nationales qu'elle impose, en l'absence d'harmonisation juridique de l'Union européenne dans ce domaine, cependant, il est tout à fait possible que soient employés à la place des mentions en langue française, des termes ou expressions dans une autre langue, si celles-ci permettent à tout citoyen, indépendamment de sa nationalité, de les comprendre plus facilement. Vous n'êtes pas sans savoir que notre département dispose d'une économie touristique très développée. La Savoie accueille chaque année de très nombreux visiteurs étrangers venus de toute l'Europe. Il est donc recommandé que les événements et marques que nous mettons en avant et qui contribuent fortement à ce rayonnement, puissent être parfois issus d'autres langues. Ajoutons à cela que bien souvent, si la dénomination de l'événement en question peut comporter, entre autres, un anglicisme, la description de l'événement sur l'ensemble des supports promotionnels est la plupart du temps intégralement rédigée en français. Notre langue est donc loin d'être oubliée.

Défendre une malléabilité de l'emploi de notre langue ne signifie pas pour autant que nous souhaitions sa perte, bien au contraire. Nous sommes mêmes prêts à défendre d'autres appellations pour les événements que vous évoquez dans votre courrier. Nous pouvons comprendre que les "Teenag 'gantes", "Dynafit mountain races", "Courchevel movie challenge" et autres "Sunday sounds sessions" vous interpellent, mais à ce jour, leurs traductions respectives tels que les "Jeux d'Adolescents", les "Courses de Montagne de Dynafit", le "Défi cinématographique de Courchevel" ou encore les "Sessions sonores du Dimanche", ne sont pas des termes qui facilitent l'internationalisation de tels événements.

Dans une récente interview à un journal grand public, Erik ORSENNA, Académicien et membre du Haut Conseil de la Francophonie, déclarait ne pas s'inquiéter de l'augmentation des anglicismes dans notre usage quotidien de la parole ou de l'écrit. Cependant, il estime que pour être positif, cet emploi doit être couplé à "une capacité d'exporter des mots français". Il ajoute : "C'est un peu comme le commerce extérieur : si on achète plus à l'étranger qu'on vend, ça ne va pas...".

Ainsi, en tant que défenseur de la langue française, je vous invite à aider à promouvoir notre langue, pas simplement en combattant l'emploi des anglicismes dans les marques ou les partenariats promus par le Conseil général, mais aussi en apportant votre pierre à ce vaste travail de néologie qui permettra au français, non pas de se maintenir dans des positions conservatrices, ni de vivre avec son temps, mais bien de prendre de l'avance. Comme le souligne le même Erik ORSENNA, pendant longtemps les Arabes ont fourni de nombreux mots à travers le monde, puis les Français, désormais les Anglo-saxons. Et M. ORSENNA estime par ailleurs que demain nous utiliserons même au quotidien des termes de langue chinoise. L'analyse de cet écrivain nous invite à ce que nous orientions nos efforts, pas simplement en défendant pied-à-pied un usage obligatoire et figé du français, mais bien en permettant à notre langue d'évoluer comme elle le fait depuis de nombreux siècles. C'est par cette souplesse, cette perméabilité, cette adaptation, ce renouvellement, cette capacité d'invention, que notre langue a su se maintenir jusqu'à notre époque et constituer un patrimoine auquel nous tenons et que nous défendons.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'expression _de mes plus sincères salutations.

Thierry Repentin


Défense de la langue française Pays de Savoie
85, chemin du viaduc
73420 Voglans
Courriel : dlfsavoie73-74@Iaposte.net

Monsieur Thierry Repentin
Président du Groupe des Élus de Gauche "Savoie pour tous"
47 place Caffe
73000 Chambéry

                                                                        Voglans, le 2 juin 2013

Monsieur le Président,

Je vous remercie de votre lettre du 24 mai.

C’est avec un grand intérêt que nous prenons connaissance de la position officielle des élus de la Gauche au sein du conseil général de la Savoie. Nous la sollicitions depuis des années ; la voici donc.

Votre prise de position est d’autant plus intéressante qu’elle intervient après la publication, le 25 avril 2013, d’une circulaire relative à l’emploi de la langue française par Monsieur Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, dans laquelle il appelle tous les ministres de son gouvernement à défendre et à promouvoir, en tout lieu et en tout temps, la place de la langue française.

Cette circulaire du Premier ministre est également plaisante à nos yeux car, de par son contenu bienvenu elle efface, d’un trait, les qualificatifs de ringardise et d’arrière-garde, que certains de nos interlocuteurs, les années précédentes, s’empressaient d’utiliser pour dénigrer notre action, aujourd’hui revalorisée par sa décision.

Ainsi cette position moqueuse de certains élus, fonctionnaires et journalistes en devient forcément plus délicate au vu des axes principaux d’action énoncés dans cette circulaire, avec lesquels nous sommes, de notre côté, pleinement en accord.

Comment en effet, pour nos représentants, revenir à la défense et à la promotion de la place de la langue française, de par le monde et dans les organisations internationales si les textes qui encadrent l’usage de notre langue dans la société, dont la loi du 4 août 1994, ne sont pas respectés chez nous ?

Le Premier ministre indique de plus, justement sensible à cet enjeu essentiel, que le tissu social de notre société est menacé si ces textes ne sont pas strictement observés ; c’est ce que nous constatons et disons depuis des années.

Les élus du conseil général de la Savoie, toutes tendances partisanes confondues, ne sauraient dès lors permettre, en application notamment de l’article 15 régissant l’attribution de subventions, que se poursuive l’anglicisation rampante et généralisée de la moindre manifestation, du fin fond de nos vallées jusque dans nos plus hautes stations de ski, au prétexte qu’elle aurait un quelconque caractère international ou prétendrait à cela par je ne sais quel snobisme.

L’actuel président du Conseil Général de la Savoie l’avait bien compris, dès 2010, puisqu’il avait demandé au président du SYPARTEC que soit rebaptisée du nom de course solaire, la fête locale de Savoie Technolac, affublée de l’appellation ridicule de SOLAR EVENT FAMILY. Peu de personnes dans la population environnante en comprenaient d’ailleurs la signification et Madame le maire de Chambéry, lors de l’inauguration de 2010, avait eu le bon sens de s’élever publiquement contre la multiplication de ces appellations, exclusivement en langue anglaise, à l’occasion de cette fête de l’énergie solaire.

Après tout, les organisateurs du salon de l’automobile à Genève ont bien conservé l’appellation francophone de cette manifestation d’audience mondiale : salon international de l’auto et accessoires ; lequel ne s’en porte pas plus mal...

Ne croyez-vous pas, d’autre part, qu’un non-francophone ou un anglophone comprendrait tout aussi bien la signification de CAMPUS DE L’INNOVATION SOLAIRE que celle de SOLAR INNOVATION CAMPUS, par ailleurs illégale au regard de l’article 14 de la loi du 4 août 1994 et pourtant choisie par les élus ?

Après tout, Monsieur Michel Sleiman, Président du Liban a bien inauguré, le 13 mai 2011, à l’université Saint Joseph de Beyrouth LE CAMPUS DE l’INNOVATION ET DU SPORT ; et cela en présence de Monsieur Michel Barnier, Commissaire européen.

Ne croyez-vous pas que devant l‘importance de l’innovation et la force de l’exploit réalisés par SOLAR IMPULSE, tout habitant de notre planète se serait peut-être attaché à retenir le nom, même francophone, de cet avion porteur d’avenir si M. Piccard, suisse francophone l’avait baptisé ÉLAN SOLAIRE ou SIGNAL SOLAIRE, etc. ?

Tout est question, à un moment donné de volonté et non pas uniquement de prédictions, surtout lorsque celles-ci conduisent ou visent à faire accepter par nos concitoyens une certaine forme de déclin.

Il est ainsi regrettable de constater que ce sont les parlementaires, autres élus et parfois fonctionnaires qui se font, beaucoup trop à notre goût, les acteurs de la violation de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française ; et cela au nom de la mondialisation ou de la construction européenne.

Or, à part le domaine de l’information du consommateur où l’administration française se plie aux exigences du droit communautaire tel qu’interprété par la Cour de justice des communautés européennes (circulaire du 20 septembre 2001 et instruction du 21 février 2005), nous vous serions reconnaissants de nous indiquer les domaines où les autorités françaises ( élus, ministres et fonctionnaires ) pourraient trouver une telle justification à la relégation, en France, de la langue française, pourtant langue fondatrice, officielle et de travail des communautés européennes puis de l’Union.

Monsieur Jean Marc Ayrault, Premier ministre s’en garde bien dans sa récente circulaire.

Il ne s’agit pas, par ailleurs, pour nous, de refuser toute malléabilité et souplesse bienvenues mais de lutter pour qu’une certaine perméabilité ne nous conduise pas, par orientation idéologique, choix mercantile et renoncement fataliste et honteux, à une trop grande dilution voire à l’effacement de la langue française, âme même de notre identité !

J’ai, nous avons, la claire impression au sujet du débat ayant entouré le vote de l’article 2 de la loi Fioraso, qu’il s’agit d’un exemple de plus de la panique qui habite nos élites, moralement affaiblies par leur mercantilisme et, en la matière, la course corrélative au classement de Shanghai.

Si je comprends bien, l’article 2 de la loi Fioraso serait un texte de loi français qui vise à imposer la langue anglaise comme langue officielle d’enseignement, donc obligatoire pour les étudiants, dans de nombreux cours de l’université française…Quelle contradiction suspecte et malvenue pour les pourfendeurs de la loi du 4 août 1994, dite loi Toubon, nombreux parmi les élites françaises, et qui ne manquent pas une occasion pour clamer, haut et fort, que l’on ne peut imposer une langue par la loi ! ! !

Le triste constat de l’incapacité lexicale des universitaires norvégiens à rendre compte aujourd’hui du résultat de leurs recherches dans leur langue maternelle aurait dû faire réfléchir les responsables de cet article 2 et décider, finalement, de ne pas angliciser les filières supérieures de l'enseignement en France.

Après avoir tout misé sur la désindustrialisation, d'inspiration ultra-libérale, de notre pays au nom du développement du secteur tertiaire (la banque, le tourisme, etc.), présenté comme porteur d'avenir ; nos élites sont donc aujourd'hui prêtes à renier l'âme même de notre identité pour miser sur l'anglicisation de l'université, comme outil salvateur de cette compétitivité, qu'elles ont pourtant largement contribué à détruire. Bref, elles ne savent plus à quel saint se vouer !

Un exemple frappant : la France, puissance agricole européenne, ne fabrique plus aucune machine-outil agricole et achète tracteurs, moissonneuses, semoirs, etc. à l'Allemagne, aux États-Unis, à l'Italie, etc. L’entreprise Renault n’a-t-elle pas vendu sa dernière usine de fabrication de tracteurs à, me semble-t-il, une entreprise chinoise... ?

On se retrouve là, typiquement, dans un cas d'application de la fumeuse théorie des avantages comparatifs, émise par David Ricardo, et si chère aux libéraux français mondialisés mais si coûteuse pour la France, son économie et son moral.

Si on devait croire ceux-ci, le tourisme devrait nous sauver et pour cela il est indispensable de parler anglais et d'angliciser tous les aspects de la vie quotidienne, par exemple dans les stations de ski, comme chez nous en Savoie. Ne croyez-vous pas que les agents de voyage arbitrent plutôt en faveur de l’excellent rapport qualité-prix de nos magnifiques domaines skiables de Savoie plutôt qu’en faveur d’une station anglicisée ? Ce manque de tact et d’attention à l’égard de nos voisins et clients italiens ou allemands est par ailleurs illégal puisque l’article 4 de la loi du 4 août 1994 oblige à une traduction du français en deux autres langues.

Concernant l’appel que vous nous adressez visant à promouvoir l’innovation linguistique plutôt qu’à combattre l’anglicisation de notre pays, permettez-moi de marquer une certaine surprise. Si le dos au mur et bénévolement, nous sommes aujourd’hui contraints à adopter cette position défensive, c’est tout simplement parce que ceux dont c’est le mandat et la mission, rétribués largement par la République, ne le font tout simplement pas ou pas assez.

Pourquoi n’utilisent-ils pas toutes les traductions, les expressions françaises et francophones proposées par les lexicologues notamment au sein des commissions ministérielles et présentées par France Terme et préfèrent-ils, même en France, utiliser et donc favoriser, les anglicismes et par la même, l’anglicisation de notre pays ?

Permettez-moi à ce propos de vous citer un passage témoignant à la fois de notre esprit d’ouverture au monde et du ressenti des francophones devant l’attitude des élites françaises à l’égard de la langue française. Monsieur Khalil Karam, représentant du président de la République libanaise pour la francophonie a écrit, le 19 mai 2012, le passage suivant : "… Ce manque de civisme linguistique francophone est particulièrement fort dans plusieurs pays, particulièrement en France où la majorité des élites voit la francophonie et la langue française non comme des opportunités, mais comme des obstacles …"

A ce propos et à titre d’exemple malicieux, peut-être auriez-vous pu, avec vos collègues de la Gauche du conseil général de la Savoie, adopter au bas de vos lettres officielles, à titre d’innovation linguistique, le terme de courriel plutôt que celui de E-mail (toutes deux, l’une en français, l’autre en anglais, sont des contractions de courrier électronique). Il me semble que France Terme propose courriel…inventé par " nos cousins" québécois.

Pour conclure, je vous laisse réfléchir au sujet d'une intervention de Winston Churchill, le 6 septembre 1943, à l’université de Harvard, dont vous trouverez l’extrait d’un compte-rendu, ci-après :

"Ce jour-là, Winston Churchill reçoit un diplôme d'honneur et prononce un discours. L'anglais, cette langue commune qui a été donnée aux Britanniques et aux Américains, est "un héritage commun sans prix" et qu'il se pourrait bien que cette langue "devienne un jour la base d'une cité commune". Je ne vois pas, ajoute Churchill, pourquoi nous ne tenterions pas d'étendre notre langue plus loin encore à travers le monde, ni pourquoi, sans chercher des avantages égoïstes sur autrui, nous ne profiterions pas de cette précieuse amitié et de cet héritage". Américains et Britanniques devraient étendre l'usage de l'anglais afin qu'ils puissent, lors de leurs voyages dans le monde, "trouver partout un moyen, aussi primitif soit-il, d'expression et d'entente", ce qui, pour le Premier ministre britannique de l'époque, permettrait aussi de "profiter à bien d'autres races et favoriser le développement d'une structure nouvelle pour le maintien de la paix".

Et Churchill de conclure que "De tels projets assurent des conquêtes plus heureuses que celles que moissonnent les voleurs de territoires ou de pays étrangers, les oppresseurs et les exploiteurs", le tout étant ponctué par un vibrant : "Les empires de l'avenir sont des empires de l'esprit" !

Je suis sûr que vous serez d’accord avec moi, avec nous, pour que nous fassions tout pour défendre et promouvoir le nôtre et vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sincères et bien francophones salutations.

Marcel Girardin
Président

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nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2013 (2) - le 09/06/2013 - 21:09 par MAR

Nouvelles de juin 2013 (2)

La science au XXIe siècle : Loi Fioraso - la mobilisation se poursuit II (18/06) (lien)
François Grin (LeTemps-Genève) L’anglais dans l’enseignement académique: le débat s’égare dans les clichés [synthèse magistrale sur le sujet]  (13/06) (lien)
B. Floc'h-Le Monde : Do you speak English ? Yes, business school English(7/06) (lien)
Lettre d'un ingénieur québecois à Geneviève Fioraso (lire ci-dessous)


Lettre d'un ingénieur québecois travaillant aux États-Unis à Geneviève Fioraso (6/06)


Madame la Ministre,

Avec tout le respect que je vous dois, je me dois d’intervenir, d’aussi loin que je sois, au nom de la langue Française !

On dirait que la France a besoin d’une loi 101 comme au Québec pour protéger la langue Française. Incroyable ! Qui l’eut cru ? Moi qui considérais la France comme un pays souverain et maitre de sa culture et de son langage. Ma première expérience en France, à l’âge de 16 ans, en 1978, fut de constater que les Français n’avaient pas à s’excuser ou à se justifier pour parler Français. J’avais aussi saisi que parler Français était un droit acquis, indiscutable, un droit divin – malgré la séparation de l’État et de l’Église – un droit que les autres nations et cultures ne questionnent pas mais plutôt respecte. Et devoir se prémunir contre une langue étrangère ne pouvait se poser à l’inconscient collectif de la République. Alors que moi, tous les jours, c’est un combat à recommencer, et à recommencer, et à recommencer encore et toujours plusieurs fois par jours...

Réalisez-vous que lorsque vous vous levez le matin et que vous savez que vous allez être agressé à tout moment de la journée à propos du fait même de parler votre langue maternelle et langue officielle de votre nation que c’est toute votre énergie qui part à justifier l’existence même de votre culture et de vos racines les plus profondes ? Énergie que vous ne dépensez pas, collectivement, à son rayonnement, et personnellement, à votre épanouissement ? Vous vivez constamment en mode défensif, avec tout le négativisme qui s’y rattache. Tué votre langue maternelle, c’est tuer votre mère. C’est aussi profond. Ne serait-ce pas d’ailleurs pourquoi nous disons langue maternelle en premier lieu ?

Faites très attention, l’anglicisation d’une langue c’est beaucoup plus pernicieux, vicieux et rapidement plus profond que vous ne pouvez l’imaginer et très difficile à rattraper, surtout, si ça a l’air "cool" - passez-moi l’anglicisme à preuve de mon discours. Ou pire : si ça rapporte. Lorsque la France cèdera, il n’y aura plus de langue Française.

Mes regards, madame la ministre, et je regarde devant pour vous entendre.
(Regards and looking forward to hearing from you)

Stéphane Roy
Ingénieur


nouvelles2/fioraso2.gifGeneviève Fioraso : Carpette anglaise exceptionnelle 2013 - le 03/06/2013 - 15:50 par MAR

Geneviève Fioraso : prix exceptionnel 2013
de la Carpette anglaise

 

Communiqué de l'Académie de la carpette anglaise (3 juin 2013)

L'académie de la Carpette anglaise, présidée par Philippe de Saint Robert, a décidé d'attribuer un prix exceptionnel à Mme Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, pour avoir, dans la lignée de Mme Valérie Pécresse ("carpettée" en 2008) et malgré de nombreuses mises en garde*, légalisé en maintenant l'article 2 de son projet de loi l'enseignement en anglais dans les universités dans le silence de Mmes Aurélie Filippetti, Yamina Benguigui, et de M. Laurent Fabius, tous ministres tenus de défendre et de promouvoir, dans leurs fonctions, la langue française.

* De MM. Claude Hagège et Antoine Compagnon, professeurs au Collège de France, à M. Jacques Attali (conseiller d'État, professeur d'économie, conseiller spécial de François Mitterrand), de nombreux professeurs d'université et personnalités politiques, en passant par l'Académie française, l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, l'Académie des Sciences d'Outre-Mer...

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dans le Nouvel-observateur du 30/05/2013 (n°2534)


1) La Carpette anglaise, prix d'indignité civique, est attribué à un membre des "élites françaises" qui s'est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l'anglo-américain en France au détriment de la langue française.

2) Association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC), Courriel (Collectif unitaire républicain pour la résistance, l'initiative et l'émancipation linguistique), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DdC)


Retour sur une capitulation en rase campagne (2) - le 03/06/2013 - 15:50 par MAR

Retour sur une capitulation en rase campagne (2)
(analyse)

Retour sur le débat portant sur l'article 2 du projet de loi Fioraso qui permet d'enseigner en langues étrangères (comprenez en anglais) dans les universités françaises.

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dans le Nouvel-observateur du 30/05/2013 (n°2534)

Au delà du débat à l'Assemblée proprement-dit, on peut s'étonner de l'absence de réactions devant cette capitulation de François Hollande, parait-il Président de la République, qui a de nombreuses reprises a clamé qu'il était "attaché au français et à la Francophonie" (sans aucune décision concrète bien entendu) et qui accepte sans broncher cette capitulation linguistique.

Aucune réaction non plus de Jean-Marc Ayrault, Premier ministre de la République dit-on, qui rappelé récemment à l'ordre ses ministres pour qu'ils fassent respecter le français et produit une circulaire en ce sens. Toujours cette même schizophrénie !

Sans parler bien sûr de l'ectoplasmique ministre déléguée chargée de la Francophonie : Yamina Benguigui qui a osé déclaré que cette loi "ne met pas la francophonie en danger" en s'appuyant sur des arguments qui tiennent plus du vœu pieux que d'une quelconque réalité : "les étudiants étrangers auront l'obligation d'apprendre le français, ils seront évalués sur leur connaissance de la langue à la fin de leur cursus [bien sûr Yamina !], pour moi, ils sortiront donc francophones de l'université [encore bien sûr Yamina !], la francophonie est inscrite comme mission de service public pour les universités [toujours bien sûr Yamina !]. Avec elle, la langue française et la Francophonie sont bien défendues !

On peut enfin s'interroger sur le rôle de la presse et des médias en général qui semblent avoir fait leur deuil de la langue française voire de la France en général au profit d'une illusoire "modernité" où parler anglais semble normal. En un mot le colonisé qui adopte les valeurs du colonisateur.

Quelques exemples : Le Monde, censé être le quotidien de référence français, dans son éditorial du samedi 11 mai 2013 voit dans le projet de loi Fioraso "une modeste disposition" (il s'agit simplement de supprimer petit à petit toute recherche en français, excusez du peu !). Après une formule passe-partout qui n'engage à rien : "Le Monde, c'est l'évidence, ne saurait négliger son rôle dans la défense de la francophonie et de notre singularité linguistique." Le Monde assène le coup fatal à la langue qui le fait vivre "Mais il ne saurait le faire à reculons." (sic !) et ose pour appuyer sa démonstration annexer Maurice Druon qui n'aurait jamais accepté un tel projet de loi : "Comme le disait Maurice Druon, avocat s'il en fût du français : "Chaque langue est unique, toutes les langues sont complémentaires. On ne saurait mieux dire.". On attient là le comble de l'hypocrisie d'une élite qui a déjà fait une croix sur son pays !
[lire à ce sujet la lettre de S. Evenos que nous avons reçue en copie et l'éditorial du Monde]

(On peut constater toutefois que les articles du journal ont présenté de manière plus équilibrée les différentes positions, échappant à la malhonnêteté flagrante de la direction éditoriale)

Alain Duhamel dans son éditorial du 26 mai sur RTL en a fait lui aussi, "un débat entre classiques et modernes" mettant en avant l'argument de Fioraso des "1% maximum de cours en anglais" sans aucune preuve ni barrière. L'ami des puissants, le sieur "je-ne-fait-pas-de-vagues" aura tranché : soyons modernes sacrifions notre langue ! [pour écouter cet éditorial]

Le Nouvel Observateur s'est particulièrement illustré avec l'éditorial de François Reynaert qui joue les petits VRP de Geniève Fioraso et pour qui un pays qui renonce à sa langue au sein des ses universités c'est une réformette et ça le fait bailler ! On ne peut que constater que cet hebdomadaire "de Gauche" ne fait en fait que se rallier à la bonne parole de Margaret Thatcher : "Au XXIe siècle, le pouvoir dominant est l’Amérique, le langage dominant est l’anglais, le modèle économique dominant est le capitalisme anglo-saxon." (lire plus bas la relation que fait Jacques Cortès des positions de ce magazine)

Sans parler des plateaux télévisés comme par exemple "Le grand journal" de Canal +, haut rendez-vous de la nouvelle beauferie bien-pensante, qui bien entendu en conformité avec sa soumission habituelle, a tout fait pour ringardiser la résistance au tout-anglais, y compris les invités présentant un quelconque doute sur ce suicide programmé de langue française.

Quant à Geneviève Fioraso, nous pouvons espérer (pour elle) qu'elle aura au moins obtenu d'ici peu,  l'Order of Merit ou l'Order of the Companions of Honour britanniques ; ainsi que la "Presidential Medal of Freedom" ou la Congressional Gold Medal états-uniennes pour récompense des grands services qu'elle aura rendus à langue anglaise et par voie de conséquence, à l'économie et aux intérêts stratégiques de ces deux pays. Elle aura ainsi renforcé le besoin de cette langue, renforcé les revues qui feront de plus en plus la pluie et le beau temps en matière de recherche (pillant au passage les articles qui leur seront proposés), elle aura aussi permis l'embauche de centaines d'enseignants anglophones en France qui feront toujours mieux leurs cours en anglais que les français, au détriment des enseignants francophones. Délice suprême pour ces deux pays : elle aura enfin, notablement affaibli le grand concurrent culturel des anglo-saxons dans le monde : la France !

En conclusion on peut citer la réponse faite par Jean-François Dehecq (PDG de Sanofi-Aventis) à une question de l'Expansion sur la langue officielle de son groupe : "Ce n’est sûrement pas l’anglais. Une multinationale est une entreprise dans laquelle chacun peut parler sa langue. Dans une réunion, c’est du cerveau des gens dont on a besoin. Si vous les obligez à parler anglais, les Anglo-saxons arrivent avec 100% de leurs capacités, les gens qui parlent très bien, avec 50%, et la majorité, avec 10%. A vouloir tous être Anglo-saxons, il ne faut pas s’étonner que ce soient les Anglo-saxons qui gagnent." qui est plus que jamais d'actualité !

MAR


Analyse par Jacques Cortès d'un numéro du Nouvel Observateur

Je viens de recevoir le dernier numéro du Nouvel Observateur (23-29/05/2013), et je vois que quelques articles méritent des commentaires :

  1. François Reynaert contre les "déclinoronchonchons"

Le premier est de la plume spirituellement dirimante de François Reynaert (p.36). Papier amusant où tous ceux qui sont supposés être contre la loi Fioraso (Académie, "Figaro", "Finkielkraut et consorts", "une escouade d’échappés du PS", Jacques Attali, Claude Hagège costumé en "Paul Déroulède de la francophonie"), tous ces gens et bien d’autres ringards de même acabit sont classés dans l’ensemble des nostalgiques ne parvenant pas "à voir venir les problèmes qui se posent aujourd’hui". Pour F.R, en conséquence, La meilleure mesure à prendre est de regrouper les déclinoronchonchons de service dans une sorte de parc intitulé "France éternelle Land" où ils pourront s’ébattre en toute liberté avec tout ce qu’ils aiment : "les agents en képi, le grec en sixième et des polémiques à la mesure de leur vision du monde" sur des questions du type : "quel avenir pour nos colonies ? Faut-il en finir avec le franc-or ? etc." Intérêt de ce regroupement : les étrangers pourront venir visiter ce parc et cela "boostera" (pardon, "propulsera") notre tourisme. Le sourire est donc de mise. Le texte de François Reynaert est vraiment désopilant. Voire…

  1. Cédric Villani : une position très nuancée

J’ai noté aussi 2 passages faisant état de la pensée de Cédric Villani, ce mathématicien français ayant obtenu la médaille Fields en 2010. Mais là, je crois que le Nouvel Obs est à côté de la plaque. La position de Villani, en effet, tient en deux textes figurant respectivement aux pages 40 et 114.

A la page 114, c’est plutôt en partisan, sinon de la Loi Fioraso, du moins d’une stratégie attractive pour le rayonnement du pays en matière d’accueil des étudiants étranger que se présente Villani. Il parle donc de soutenir la langue française mais de façon "moins crispée" : quelques heures par semaine de cours spécialisés en anglais ne doivent pas être considérées comme une menace sérieuse. Il va même plus loin en terminant sa brève intervention par un acte de foi dans la vitalité du français qui ne sera ni abâtardi, ni corrompu mais s’enrichira au contraire dans ce contact avec d’autres langues. Rien là de très neuf, on le sait. La langue française a toujours emprunté et francisé ses captures, comme, du reste, le font absolument toutes les langues du monde, à commencer par l’anglais qui, à 70% au moins, est du français datant des 3 siècles ayant suivi la bataille d’Hastings (14 octobre 1066), pendant lesquels l’Angleterre, on le sait, a parlé français ("honni soit qui mal y pense" ou qui l’aurait déjà oublié).

Mais dans son texte de la page 40, Cédric Villani tient un discours sur lequel Claude Hagège et François Reynaert pourraient jouer ensemble "embrassons-nous Folleville". Qu’on en juge : "Trop diverse pour être unie l’Europe ? Au contraire ! La variété de ses cultures, institutions et systèmes politiques est sa plus précieuse richesse. La clé de l’unité européenne n’est pas dans la régulation mais la coordination ; pas dans l’uniformisation mais dans la diversité". Et il conclut : en rêvant de retrouver le sens de l’Europe "dans une belle vision politique qui a fait rêver Montesquieu et Hugo et qui demain, si nous le voulons, fera rêver le monde". Cédric Villani est donc clairement dans le camp de la diversité excluant toute vision unique du monde.

  1. Caroline Brizard, Arnaud Gonzague et Véronique Radier : Sagesse contre "Bronca" ?

Il y a enfin dans ce numéro – décidément très riche du Nouvel Obs’ – une dizaine de colonnes, de la page 112 à la page 115, où trois enquêteurs (Caroline Brizard, Arnaud Gonzague et Véronique Radier) établissent un bilan globalement favorable à la Loi Fioraso. Le principe en est rappelé sur un ton modéré car il s’agit de présenter le projet en soulignant la discrétion et la sagesse de la ministre qui a bien expliqué qu’elle veut simplement "accueillir les étudiants des pays émergents dans les matières scientifiques, technologiques qui, aujourd’hui, ne viennent pas en France à cause de l’obstacle de la langue". Il s’agit là d’une belle pétition de principe émise par la ministre. Disons même que les faits statistiques disent tout le contraire puisqu’avec 260 000 étudiants étrangers inscrits dans nos universités, la France est encore et toujours la cinquième destination estudiantine du monde.

Mais la modération du ton a évidemment du sens car elle permet de mettre immédiatement en discordance, avec le ton doucereux précédent, la violence insupportable des opposants au projet. L’atmosphère est donnée d’emblée : "Quelle bronca n’a-t-elle pas (la loi) déclenchée !" A la sagesse de la ministre et de sa garde rapprochée, répond alors le sarcasme et l’ironie : l’Académie " se fend d’un communiqué s’alarmant d’une menace pour la situation de la langue française", Jacques Attali "tacle une décision stupide", Michel Serres "brandit le spectre d’une nation colonisée". On le voit bien, l’objectivité n’est plus au rendez-vous. L’écriture devient âpre, insultante, presque diffamatoire.

Je n’irai pas plus loin dans l’analyse de cet article où, comme dans l’huître de Francis Ponge (le Parti pris des choses), "on trouve tout un monde, à boire et à manger". Ce qu’il faut simplement retenir, c’est que les questions posées par cette loi qui déclenche chez François Reynaert une "terrible crise de bâillements", appellent d’évidence des réponses sérieuses. On a le droit de se moquer de tout. C’est dans l’esprit français. Mais après les bouffonneries, cocasseries, clowneries et couillonnades, notre sagesse nationale n’oublie jamais que le rire à-la-française est une forme de respect. Les traditions gagnent certainement à être repensées dans la durée, mais si le temps qui passe amène un pays comme la France à se perdre dans une sorte d’uniformisation planétaire, je comprends parfaitement l’inquiétude d’Alain Finkielkraut : "Quant à la présence des étudiants étrangers en France, je ne vois pas quel sens elle peut avoir si plus rien ne demeure de l’identité française" (p.114). Dont acte !

Sylvains-les-Moulins, le 25 mai 2013
Jacques Cortès
Professeur émérite de sciences du langage
Président fondateur du Gerflint (Groupe d’Études et de Recherches pour le Français langue internationale)


voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde.

Ainsi que l'appel d'un groupe d’universitaires étrangers publié dans  Libération (21/5) :
Français, gardez votre langue à l’université

Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire".

état de l'article L121-3 du Code de l'éducation à l'heure actuelle


nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2013 - le 30/05/2013 - 15:38 par MAR

Nouvelles de juin 2013

Jacques Cortès : Pourquoi l’asthénique et bébête anglais de Paris quand le pur et le vigoureux british de Londres est si proche ? article très intéressant sur la loi Fioraso (lien)
Serge Halimi (Le Monde diplomatique) : Contre la langue unique (lire ci-dessous)
UPR : Grand colloque sur la langue française samedi 8 juin 2013 (lien)


Contre la langue unique par Serge Halimi
Éditorial du Monde diplomatique de juin 2013

Marché unique, monnaie unique, langue unique ? Les portes et les ponts illustrant les billets européens incarnent déjà la fluidité des échanges entre des commerçants sans ancrage et sans histoire. Faut-il également que les étudiants puissent quitter leur pays sans dictionnaire ? Avec pour seul passeport linguistique un anglais d'aéroport. Utilisable partout, en particulier dans les universités françaises.

Car il paraît que celles-ci restent encore trop "décalées" - comme le reste du pays. Imaginez, on y parle toujours... français ! Mme Geneviève Fioraso, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, veut supprimer cet "obstacle du langage". Il découragerait "les étudiants des pays émergents, la Corée, l'Inde, le Brésil", de venir se former en France.

Vingt-neuf États ont pourtant comme langue officielle celle de Molière (cinquante-six celle de Shakespeare). Et le nombre de locuteurs du français ne cesse de croître, en particulier en Afrique. Mais, à en juger par le parcours du combattant qu'elle leur inflige, les étudiants de ce continent ne sont pas ceux que la France veut attirer. Pas assez riches, pas assez susceptibles de payer les (gros) droits d'inscription d'une école de commerce ou d'ingénieurs.

Dans les universités américaines, où la proportion d'étudiants étrangers (3, 7 %) demeure très inférieure à celle des établissements français (13 %), nul n'a imaginé combler ce "retard" en enseignant en mandarin ou en portugais."Si nous n'autorisons pas les cours en anglais, nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d'une table", a néanmoins ironisé Mme Fioraso. M. Nicolas Sarkozy préférait afficher son dédain envers les humanités en plaignant les étudiants condamnés à lire La Princesse de Clèves au lieu de faire du droit ou du business.

Votée en 1994, la loi Toubon dispose que "la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français". Hostiles à cette règle "qui date du siècle dernier", une poignée d'universitaires prestigieux prétendent que la défense du multilinguisme (encore vivace, ce siècle-ci, dans la plupart des organisations internationales...) dissuaderait les anglophones de venir étudier à Paris (1).

Mais I'"attractivité" d'une langue ne se résume pas à la vente de formations aux pays émergents. Elle s'affirme en échangeant avec d'autres, en pensant le monde, y compris celui qui vient. La France, qui s'est battue pour défendre son cinéma et son exception culturelle, peut-elle accepter qu'un jour la recherche et la science s'expriment uniquement dans l'idiome, d'ailleurs souvent maltraité, de la superpuissance ?

"Aujourd'hui, relève le linguiste Claude Hagège, le paradoxe est que l'américanisation, la promotion de l'anglais est prise en charge par d'autres que les Américains." Mais d'autres que les Français - en particulier en Afrique et au Québec - ont permis au pluralisme linguistique de tenir bon. Leur opiniâtreté mériterait d'inspirer les responsables politiques davantage que le fatalisme totalitaire d'un quarteron d'universitaires.

(1) "Faculté : les cours en anglais sont une chance et une réalité", Le Monde, 8 mai 2013.


nouvelles/presse.gifNouvelles de mai 2013 (3) - le 29/05/2013 - 21:57 par MAR

Nouvelles de mai 2013 (3)

Philippe Barthelet (Valeurs actuelles) - Ridicule (30/5) (lire ci-dessous)
Le Devoir (Montréal) Français, langue internationale Le principe Moustaki (27/5)(lien)
A.FR.AV Lettre ouverte à Claude Hagège (lien)
Commission générale de terminologie et de néologie : le remplacement de Street


L’esprit des mots.
Ridicule (Valeurs actuelles - 30 mai 2013)

On dénombrait naguère dans ces colonnes pas moins de quinze sujets sur lesquels les Français étaient bâillonnés : on nous permettra d’en ajouter un seizième, qui en toute logique est le premier : le droit de parler français en France. Le projet de la ministre de l’Enseignement supérieur d’autoriser l’enseignement en anglais dans les universités a provoqué l’indignation tant de l’Académie française que du Collège de France. Un honorable parlementaire de l’opposition a même interpellé la ministre en anglais, mais il est à craindre que l’intéressée n’entende pas mieux l’anglais que sa langue maternelle.

Le rayonnement intellectuel de la France passerait donc par le sacrifice du français ? On se sent court d’adjectifs : c’est insensé, c’est absurde, c’est inepte, c’est imbécile, c’est scandaleux, c’est déshonorant — en un mot et pour tout résumer tout de même, c’est ridicule si, comme nous le rappelle le duc de La Rochefoucauld, "le ridicule déshonore plus que le déshonneur". Un ridicule où nous nous enlisons ; et l’enlisement ne fait que commencer.

Philippe Barthelet


Italie.jpgVictoire contre le tout anglais au Politecnico de Milan - le 29/05/2013 - 17:02 par MAR

Victoire contre le tout anglais au Politecnico de Milan

Cours en anglais à Polytechnique-Milan : le NON des juges (24/5) (lire ci-dessous)
Déclaration de Giorgio Pagano (ERA) sur cette décision (24/5) (lire ci-dessous)


Cours en anglais à l'École polytechnique de Milan : les juges administratifs disent non  (24/5)

Les juges administratifs de Milan disent non au projet : «C'est une solution qui marginalise italien.
Forcer les étudiants et les enseignants à changer la langue est préjudiciable à leur liberté "

http://milano.repubblica.it/cronaca/2013/05/24/news/corsi_in_inglese_al_politecnico_ma_i_giudici_del_tar_li_bocciano-59495566/

"L'anglais langue exclusive à l'université : ce choix affecte de façon exorbitante la liberté de l'éducation et le droit à étudier. " L'élan de l'école polytechnique de Milan, qui l'an dernier a annoncé "des cours uniquement en anglais en 2014," a été arrêté par les juges du Tribunal Administratif Régional qui ont accepté le hier l'appel déposé par une centaine de professeurs de l'université. Défendu la primauté de la langue italienne inscrite dans la Constitution, y-compris pour l'enseignement dans notre universités."

http://milano.corriere.it/milano/notizie/cronaca/13_maggio_24/no-all-inglese-come-lingua-esclusiva-il-tar-ferma-il-politecnico-di-milano-federica-cavadini-2221294413971.shtml

Peut-être y aura-t-il 60 justes au Parlement pour saisir le Conseil constitutionnel sur l'article 2 de la méprisable loi Fioraso devant laquelle les rebelles PS ont baissé culotte pour une misérable clause de style qui n'empêchera pas les fous de s'engouffrer dans la brèche ouverte en laissant un cours optionnel en français de tricot rue Saint-Guillaume et de pâte à modeler rue d'Assas . MB.


Chers amis, c'est avec très grand plaisir que je vous envoie la déclaration de Giorgio Pagano au sujet de l'importante victoire judiciaire obtenue à Milan contre le tout anglais au Polytechnique, qui porte le nom du grand italien et italophone Léonard de Vinci.

C'est très important, car en l'absence d'une loi Toubon italienne (que comme radicaux nous avons fait déposer à la fin de la dernière législature), il s'agit d'un jugement qui crée un précédant et interprète la Constitution italienne en sens "touboniste". Avec la prière de bien vouloir la diffuser auprès de vos contacts politiques et dans les medias français et francophones, en particulier en liaison avec votre bataille contre la Loi Fioraso.

Bonne journée. Lapo Orlandi

Colonisation anglaise. Pagano (ERA) : Le Tribunal Administratif Régional a accueilli le recours contre le tout anglais à l'École Polytechnique, Milan reste italienne.
Déclaration de Giorgio Pagano, Secrétaire de l'Esperanto Radikala Asocio (ERA) Rome, 24 mai 2013.

"J'exprime toute ma satisfaction et celle de toute l'ERA pour la nouvelle que le Tribunal Administratif Régional (T.A.R.) a accueilli le recours contre la politique linguistique de l'École Polytechnique de Milan (le "Politecnico") qui aurait eu pour effet d'exclure l'italien comme langue d'enseignement des cours de Diplômes de Master et de Doctorat.

J'ai particulièrement plaisir à citer des points du jugement du T.A.R. qui confirment les principes soutenus depuis toujours par l'ERA :  "Comme il a été déjà souligné, l'usage exclusif de la langue anglaise ouvre l'Université aux pays dont la culture est caractérisée par l'usage de la langue anglaise mais on ne tient pas compte de la longue haleine sous-jacente à la nécessité d'internationaliser, qui comporte une ouverture au pluralisme culturel, tout en gardant la centralité de la langue italienne, et non pas une ouverture sélective, puisque limitée à une seule langue.

On ne veut pas nier que l'usage de la langue anglaise soit particulièrement répandu mais cela ne signifie pas que l'usage obligatoire et exclusif de cette langue favorise l'internationalisation de l'Université parce-que il n'y a aucune corrélation entre l'usage de l'anglais et la possibilité de diffuser les connaissances, la didactique, les méthodes d'enseignement pratiquées par le “Politecnico” par rapport aux contenus des différents cours qui composent les diplômes de Master ou de Doctorat.

Du reste, on a déjà discuté du fait que la marginalisation de l'italien, qui se vérifie de telle sorte, contraste soit avec le principe de la primauté de la langue italienne, soit avec l'objectif de l'internationalisation parce-que l'exclusion de l'italien des enseignements spécialisés implique que l'ouverture à l'étranger soit unidirectionnelle, c’est à dire orientée à promouvoir, par l’usage d’une spécifique langue étrangère, la diffusion des connaissances et des valeurs qui s’expriment typiquement en cette langue, en oubliant que l'internationalisation implique aussi la diffusion des connaissances et des valeurs qui, dans les différents sujets, sont apportés par la culture italienne et qui se manifestent en langue italienne.".

Une vraie internationalisation consisterait dans "l'activation d’instruments qui permettent aux étudiants étrangers d’expérimenter et de connaître la didactique italienne".

Par conséquent, "les choix effectués par le Sénat Académique [l'équivalent italien du Conseil scientifique, Ndt] avec les délibérations contestées se révèlent disproportionnés soit parce qu'ils ne favorisent pas l'internationalisation de l'Université, mais en adressent la didactique vers une langue spécifique et vers les valeurs culturelles dont cette langue est porteuse, soit parce qu'ils compriment, de façon non nécessaire, les libertés, reconnues par la Constitution, dont les étudiants tout comme les enseignants en sont les porteurs".

Si le projet collaborationniste et sécessionniste de Azzone [le Recteur du Polytechnique, Ndt] avait pris les devants sans obstacles, il ne restait plus qu’a enlever à Milan la Médaille de Ville émérite du “Risorgimento” national.

L'espoir est que cette nouvelle condition puisse représenter le début de la revanche pour notre pays, en visant directement à l'internalisation de et dans la langue italienne en sorte de déployer tout le potentiel inhérent à la culture et à la langue italienne pour une relance sur grande échelle du “fait en Italie”.

Il s’agit d’une leçon, celle du Tribunal Administratif de la Lombardie, qui devrait valoir pour toute l'Europe. Dans une époque où les vrais débats de l’UE sont sur l'exclusion des produits culturels du futur accord de libre-échange avec les États-Unis et sur la proposition du Président Hollande de construire en deux ans un gouvernement fédéral pour la zone Euro, on doit confirmer avec force et conviction que la politique linguistique revêt une importance fondamentale, en tant que conditio sine qua non du développement

démocratique et indépendant de notre continent. L'Europe doit être capable de catalyser tous les possibles avantages qui pourraient lui venir de l’impulsion de deux phénomènes confluents et qui se renforcent l’un avec l’autre : la relance des langues et cultures des peuples européens et celle de l’espéranto langue fédérale européenne qui consentira aux citoyens de langue maternelle anglaise et non de pouvoir jouer à égalité et de lancer les Nations Unies d'Europe comme pôle d’attraction culturel et créatif mondial, en nous montrant au monde comme partenaires plus équitables, ouverts, démocratiques et fiables que les États-Unis d’Amérique ou du bloc des pays anglophones dans leur ensemble."

Giorgio Pagano


nouvelles/presse.gifNouvelles de mai 2013 (2) - le 29/05/2013 - 09:39 par MAR

Nouvelles de mai 2013 (2)

La Science au XXIe siècle : L'indispensable retrait de la loi Fioraso (26/5)(lien)
meltyCampus : Cours en anglais à l'université : Un échec à l'étranger ? (24/5)(lien)
CSA.fr : Langue française "Habemus papam" le latin, une langue vivante (24/5)(lien)
Richelieu-Senghor : Colloque sur le français dans l'Afrique de demain  mardi 4 juin à l'OIF (lien)



Lettre à Pouria Amirshahi - le 27/05/2013 - 22:25 par Claude_Weisz

Lettre à Pouria Amirshahi après l'adoption de l'article 2
de la loi sur l'enseignement supérieur et les universités.

Claude Weisz
Bobigny, le 23 mai 2013

Monsieur Pouria Amirshahi

Vous me voyez navré et courroucé par le compromis que vous avez accepté dans la rédaction de l'article 2 de la loi sur l'enseignement supérieur.

Vous savez certainement que ce garde-fou n'empêchera nullement la dérive vers le tout anglais, et la relégation du français dans la catégorie : langue inutile.

Lorsque mes amis québécois débarquent en France, ils sont horrifiés de l'anglo américanisation foudroyante de la société française.

Je suis scandalisé par la désertification de l'hémicycle du palais Bourbon lors de l'intervention du député UMP Daniel Fasquelle.

Par l'arrogance de la ministre Madame Fioraso.

Par l'intervention du porte-parole du PS Thierry Mandon – honteuse -"la phobie des étudiants étrangers" Oui, depuis il a présenté ses excuses. (Peut-être sa profession : consultant en stratégie d'entreprise et gestion des ressources humaines le prédisposait à de tels "dérapages verbaux")

C’est comme homme de gauche que je m’interroge, franchement,

Pourquoi faut-il passer de Pécresse en Fioraso ?

Céder - après Jeanne d'Arc, la Marseillaise, la classe ouvrière - la défense de la langue française à l'extrême droite ?

Pourquoi investir dans le mirage du néolibéralisme anglo-saxon et abandonner ce qui a fait que la France est le terreau de l'esprit révolutionnaire.

Quelle richesse que des écrivains tels que Samuel Becket ou Milan Kundera jusqu’à l'Américain Jonathan Littell, pour ne citer qu’eux, aient choisi le français pour développer leur œuvre. Et vous-même n'en êtes-vous pas un bel exemple ?

Pour moi cette reddition résonne comme un triste rappel, celui d'une assemblée qui accorda les pleins pouvoirs à Pétain.

L'argumentaire de Yamina Benguigui est un modèle du genre duplicité-"tout va bien et de mieux en mieux, croyez-moi je m'en occupe, j'ai visité 35 pays etc."

Paradoxalement dans le même entretien elle remarque que le français est en recul en Europe et un peu ailleurs aussi !

En Europe, dans les pays où s'enseigne encore une deuxième langue au lycée, c'est l'allemand qui est choisi aux dépens du français.

Au Royaume-Uni, comme aux États-Unis, dans l'enseignement secondaire l’apprentissage d'une langue étrangère est au mieux optionnel.

Je suis en colère, excusez-moi…

Je vous prie de trouver ici l'expression de ma sympathie attristée.

Claude Weisz


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