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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles2/chou-fleur.jpgChou-fleur breton et Langue Française - le 01/04/2013 - 06:00 par Guy_Dalens

Chou-fleur breton
et Langue Française

Cher ami (e),

Je viens d’apprendre une bonne nouvelle pour le chou-fleur breton.

Des sénateurs ont déposé une proposition de loi relative à "l’attractivité du chou-fleur breton en France" afin de mettre un terme à la crise profonde qui frappe le marché du chou-fleur breton en France.

Ils proposent d’importer des choux-fleurs anglais et américains pour améliorer la situation des choux-fleurs bretons en France. Selon eux, - c’est dans l’exposé des motifs, en page 5 et 6 -, cette mesure permettra de régulariser les comportements de certains producteurs autochtones (ils importent des choux-fleurs anglo-saxons en douce) ce qui les place dans une situation de "forte insécurité juridique" pour reprendre l’expression des parlementaires.

Ainsi donc les sénateurs reconnaissent que des autochtones violent la loi française, mais au lieu de les condamner, ils proposent de couvrir leur turpitude en leur offrant une solution légale adaptée à leur convenance.

Il fallait y penser !

Mais que devient le chou-fleur breton ? Monsieur le Plouc, vous n’avez rien compris répondirent les parlementaires. Le chou-fleur breton doit disparaître, car il est d’une espèce inférieure au chou-fleur anglo-saxon. Mais on ne peut pas le dire aux autres Ploucs.

Amen clamèrent en cœur les sénateurs, satisfaits de leur tour de passe-passe. Par leur action à courte vue, ces dignes représentants de la Nation venaient d’inverser la règle "Nemo auditur propriam turpitudem allegans*".

Au revoir et vive le chou-fleur breton.

Guy Dalens

Le lecteur n’ignore pas que 36 sénateurs socialistes viennent de déposer une proposition de loi relative à "l’attractivité universitaire de la France". Ce texte, derrière son masque de Tartuffe, est un coup de poignard dans le dos de la Langue Française. La proposition des sénateurs est ici abordée sous une forme allégorique. Pour en apprécier le fumet, s’il en a, il vaut mieux avoir à l’esprit le texte d’origine. G.D.

* Nul ne peut être entendu lorsqu’il invoque sa propre turpitude...


Liste des 36 sénateurs "socialistes" qui veulent promouvoir la langue du capitalisme international : Dominique Gillot, Bariza Khiari, Jean-Pierre Sueur, Daniel Raoul, Yves Daudigny, Claudine Lepage, Françoise Laurent-Perrigot, René Teulade, Richard Yung, Michelle Meunier, Jean-Yves Leconte, Robert Navarro, Bernadette Bourzai, Yves Chastan, Jean-Jacques Lozach, Ronan Kerdraon, Alain Néri, Josette Durrieu, Roger Madec, Marcel Rainaud, Jean Besson, Edmond Hervé, René Vandierendonck, Odette Duriez, Jacques-Bernard Magner, Jacqueline Alquier, Pierre Camani, Delphine Bataille, Danielle Michel, Françoise Cartron, Georges Labazée, Philippe Madrelle, Maryvonne Blondin, Roland Ries, Michel Boutant et Yannick Vaugrenard.

Ils proposent notamment ce texte de pure collaboracheune : "Par dérogation à l'article L. 121-3, la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires, dans les établissements d'enseignement supérieur, peut être une autre langue que le français." (en quelle langue cela pourrait-il bien être ???)

On relève d'ailleurs parmi eux l'ineffable Yves Daudigny, angliciseur en série, qui vend son département avec le grotesque slogan "L'Aisne, it's Open !"


nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2013 (3) - le 30/03/2013 - 19:28 par MAR

Nouvelles de mars 2013 (3)

Pierre Frath Anglicisation de la recherche et de l'enseignement supérieur : un très grave déficit démocratique (17/03) (lien)
victorayoli  : Ne soyons pas complice de l’assassinat de la langue française ! (18/03) (lien)
Marion Sigaut : Résistance du peuple : en français ! (18/03) (lien)


Francophonie.jpgLettre aux parlementaires - le 28/03/2013 - 19:32 par MAR

contre le tout-anglais
Lettre aux Parlementaires
de Dominique Gallet et Jean-Louis Roy

Dans le cadre du débat parlementaire autour de la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République et du projet de loi Fioraso, Dominique Gallet et Jean-Louis Roy viennent de faire parvenir un courrier personnel à chacun des parlementaires français pour leur présenter l’Appel "Langue française et monde multipolaire, l’urgence d’une stratégie" accompagné de la liste des 1 300 premiers signataires, originaires de plus de 40 pays. Cette lettre souligne la nécessité pour la France de sortir du dogme du tout-anglais et de développer une véritable diversification de l’enseignement des langues étrangères, afin de "former de nouvelles élites, au diapason du monde réel".

La conviction de la nécessité d’actions décisives en vue d’assurer l’avenir de la langue française dans le monde multipolaire qui émerge a incité une trentaine de personnalités francophones à lancer l’appel "Langue française et monde multipolaire, l’urgence d’une stratégie". L’appel a été publié dans un collectif de quotidiens de quelques métropoles francophones : Le Devoir de Montréal, Le Soleil de Dakar, Le Messager de Yaoundé, Le Potentiel de Kinshasa, L'Orient-Le Jour de Beyrouth, et Le Soir de Bruxelles.

1 300 signataires originaires de plus de quarante pays de la francophonie et bien au-delà, aux activités très diverses (écrivains, artistes, cinéastes, comédiens, journalistes, étudiants, universitaires, chercheurs, enseignants de français langue étrangère, traducteurs, médecins, magistrats, diplomates, syndicalistes, chefs d’entreprise, économistes, etc.) ont déjà rejoint l’appel, que vous trouverez ci-dessous. La liste des signataires peut être consultée sur le site www.francophonesdumonde.org.

L’appel souligne l’urgence d’une vigoureuse politique d’affirmation linguistique, en rupture avec le dogme du tout-anglais. Il précise qu’il ne s’agit pas pour les francophones et leurs représentants de se dresser contre la langue anglaise ou toute autre langue. Il enjoint nos gouvernements de reconnaitre la nouvelle dimension multipolaire du monde, de mettre en œuvre une stratégie offensive pour la langue française et ainsi d’assurer son avenir en tirant profit de ses nombreux atouts et en les valorisant.

Le récent Sommet de Kinshasa a constitué une incontestable avancée dans la prise de conscience par les dirigeants francophones de ces nouveaux enjeux linguistiques. Cette prise de conscience doit déboucher sur des actions collectives de la Francophonie et s’inscrire dans les politiques nationales de chacun des pays membres de l’OIF.

Il nous semble donc urgent que la France définisse et mette en œuvre une véritable stratégie linguistique dans le monde multipolaire qui émerge.

Dans cette perspective, nous avons constaté avec beaucoup d’intérêt l’effort budgétaire important que la France a décidé de consentir afin de recruter sur le quinquennat 60.000 nouveaux enseignants. Nous pensons que cette décision devrait permettre de concrétiser l’un des objectifs définis par notre appel : l’indispensable diversification de l’enseignement des langues étrangères. Vers deux grandes langues spécifiquement européennes, l’allemand et le russe, mais également, comme nous le soulignons dans l’appel, vers les grandes langues des pays émergents : arabe, chinois, espagnol et portugais.

La France pourrait ainsi former de nouvelles élites, au diapason du monde réel, capables de dialoguer directement avec ces grands espaces linguistiques de la planète qui aujourd’hui rassemblent environ trois milliards d’habitants. Cette stratégie permettrait également de développer des accords de réciprocité avec les États de ces espaces linguistiques, qui, soucieux de dialogue et d'efficacité dans la mondialisation multipolaire, souhaiteront renforcer l’enseignement de la langue française et son usage pour échanger avec la France et l'ensemble des pays de l’espace francophone.

À l’image de la diversité internationale des signataires de l’appel que nous vous adressons, nombreux sont les peuples qui espèrent que la France saura relever le défi de l’affirmation déterminée de la langue française dans la polyphonie du nouveau monde.

Dominique Gallet et Jean-Louis Roy

Dominique Gallet est responsable du  magazine télévisé Espace francophone. diffusé par France 3, CFI, TV5, RFO et la plupart des télévisions francophones dans le monde.
Jean-Louis Roy est historien, écrivain, diplomate québecois et responsable de l'Observatoire mondial des droits de l'Homme.


Appel
langue française et monde multipolaire

l’urgence d’une stratégie

Nous envisageons l’avenir de la langue française avec confiance. En dépit des fausses évidences.

Un monde multipolaire émerge sous nos yeux. Il contribue manifestement à rééquilibrer les activités de la famille humaine non seulement dans les domaines économique, financier et politique, mais également dans les domaines culturel et linguistique. Sous toutes les latitudes, de la Chine à la Russie, du Brésil à l’Inde, des politiques linguistiques se décident, de nouveaux espaces linguistiques s’organisent et s’affirment.

Cette nouvelle donne remet en cause l’idée même du monopole d’une langue unique dans la communication mondiale. Les grandes langues internationales qui se maintiendront ou qui surgiront ne le devront pas au simple fait du hasard. Elles le devront en grande partie à la manière dont seront exploités les atouts dont chacune dispose.

Émergente, cette configuration culturelle et linguistique globale est une chance pour l’avenir mondial du français, langue qui dispose de larges atouts.

- Par l’Histoire : au fil des siècles, la langue française s’est illustrée en portant très loin les outils critiques d’une pensée libre et singulière et les progrès des sciences. Elle a exprimé les grands principes des Lumières et les a offerts au monde. Successivement, elle a été l’instrument de l’émancipation sociale, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.

- Par son universalité : la langue française est utilisée sur toute la planète par de très nombreuses nations à l’intérieur d‘elles-mêmes comme dans leurs rapports avec le monde, ainsi que dans les activités scientifiques et technologiques les plus avancées, de la génétique moléculaire à la conquête spatiale.

- Par son statut de langue de travail et de langue officielle du système des Nations Unies et de nombreuses organisations internationales, continentales et régionales, et par le statut de la France de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

- Par la démographie : avec la perspective de plus d’un demi-milliard de locuteurs francophones pour le milieu du siècle, principalement grâce à l’Afrique, mais également à la France qui devrait devenir le pays le plus peuplé du continent européen après la Russie.

Ces atouts sont considérables. Ils constituent des leviers puissants pour que la langue française, dans le respect de la diversité des langues et des cultures des peuples qui composent l’espace francophone, continue à jouer le rôle qui est le sien depuis des siècles. Ces leviers, que d’autres nous envient, doivent être saisis avec détermination et constance.

En priorité, les décideurs des secteurs public et privé du monde francophone doivent quitter le modèle dominant qui a façonné leur existence au siècle dernier et ajuster leurs choix au monde multipolaire tel qu’il advient. La soumission, la démission et la résignation linguistiques constituent les véritables menaces pour l’avenir de notre langue.

Le “tout anglais“ constitue une obsession d’un autre temps et d’un autre monde. Il est une impasse d’où il faut au plus vite sortir dans l’intérêt des peuples ayant le français en partage.

Notre confiance en l’avenir de la langue française n’est pas naïve. Elle appelle une vigoureuse politique d’affirmation linguistique. Cette politique doit comprendre notamment :

1) l’application stricte des législations linguistiques nationales quotidiennement bafouées par les intérêts particuliers et le conformisme ambiant, aussi bien dans les secteurs public que privé, notamment pour le français langue du travail ;

2) la diversification de l’enseignement des langues étrangères et des filières bilingues vers plusieurs grandes langues dont celles des pays émergents (arabe, chinois, espagnol, portugais) ;

3) l’exigence de la publication en français, et dans d’autres langues si nécessaire, de tous les travaux issus de la recherche médicale et scientifique publique dans l’ensemble des pays francophones ;

4) la circulation facilitée pour les étudiants, les écrivains et les artistes, ainsi que les chercheurs de l’espace francophone tant il est évident qu’il n’y a pas de francophonie si les francophones sont interdits de circulation dans cet espace ;

5) un appui massif à la numérisation des patrimoines anciens et vivants de l’ensemble des pays francophones afin d’assurer la présence du français et des langues partenaires dans l’espace virtuel devenu un lieu essentiel de communication, de mobilisation et de rassemblement ;

6) le renforcement de la recherche sur les systèmes de traduction automatique et leurs implications industrielles, afin d’assurer la présence du français parmi les grandes langues pivots qui s’imposeront dans l’intercommunication planétaire ;

7) la priorité d’une politique bilatérale et multilatérale, forte et pérenne, en direction de l’Afrique francophone pour le développement optimal de son système éducatif ;

8) l’utilisation de la langue française par les représentants des pays francophones dans les organisations continentales et internationales.

Il ne s’agit pas pour le monde francophone de se dresser contre la langue anglaise ou contre toute autre langue. Il s’agit d’ouvrir nos yeux sur la réalité nouvelle, et de mettre en œuvre, dans le contexte de la mondialisation multipolaire, une stratégie offensive pour la langue française, qui assurera son avenir en valorisant ses nombreux atouts.

Nous appelons les citoyens des pays francophones à exercer leur vigilance individuelle et à développer leur mobilisation collective pour que soit respecté l’usage de notre langue mondiale en partage. Nous appelons fermement nos gouvernements à réviser leur politique et leur pratique linguistiques, à abandonner les discours de circonstance sur la francophonie et à relever le défi de l’affirmation déterminée de la langue française dans la polyphonie du nouveau monde.

Pour signer l'appel


Renforcer la loi Toubon au lieu de l'étrangler ! - le 23/03/2013 - 18:29 par A_Salon

Renforcer la loi Toubon au lieu de l'étrangler !

Le 24 mars se termine la "Semaine de la langue française " qui a inclus la Journée de la Francophonie.

C'est dans ce cadre que l'Observatoire des Libertés (OdL) et trois associations qui l'appuient : ASSELAF, Avenir de la langue française, C.O.U.R.R.I.E.L, ont écrit le 21 mars à l'ensemble des députés membres de la Commission des Affaires culturelles de l'Assemblée Nationale. Ces associations leur demandent d'inscrire à l'ordre du jour une proposition de loi votée à l'unanimité par le Sénat en... 2005, et restée en attente d'inscription à l'Assemblée depuis lors. Cette proposition, portée par le sénateur Philippe Marini, contient d'intéressants compléments à la loi Toubon de 1994 sur l'emploi de la langue française (cf le site du Sénat). A.S.

Cette lettre figure ci-dessous :


Paris, 21 mars 2013

Monsieur le Président,

Madame,

Monsieur,

aux Députés membres de la Commission culturelle de l’Assemblée Nationale,

 

Mars 2013. Sur l'immense vitrine du “Pub Renault”, avenue des Champs Élysées, elle-même vitrine de la France, deux courtes lignes d’annonce :

- La seconde “NO LIMIT” EXHIBITION

- La première - censée en français - EXPOSITION NO LIMIT.

Voici brillamment ramassé le méprisant rejet où se voit portée la marque première de l'identité d'une nation : sa langue.

Autochtone ou visiteur, chacun peut à loisir mesurer la violence extrême du raz-de-marée angloricain noyant, non plus seulement la qualité, mais l’usage même de notre langue française. Il est donc inutile de multiplier les exemples. Vous les relevez dans tous les domaines de notre quotidien : titres des émissions de télévision, de radio, de films, à présent de livres écrits par des Français, communication sous toutes déclinaisons, mode évidemment, sports, culture, tous appliqués à poser leur pas dans ceux du chef de file, le monde de l’économie et du commerce. Il appartenait aux responsables de la “chose publique” au sens le plus large d’adopter une attitude résistante exemplaire. Pendant plusieurs décennies, ils glissèrent lentement vers la capitulation. Depuis quelques années, les voilà entrés dans la voie de la collaboration. On attendait qu’ils confortent les fondements de la Nation. Ils montent en première ligne pour les saper.

C’est donc à l’ombre du domaine public que, fort de son impunité, l’angloricain se substitue au français dans la pratique d’entreprises à capitaux d’État. Air France, la SNCF, Renault, France-Telecom, à présent l’EDF ou la Poste, elles et tant d’autres, ne connaissent plus pour leurs déclinaisons commerciales et leurs slogans, voire leur langue de travail (par exemple EADS ou Eurocopter) que le parler de nos "modèles", quand bien même les publics visés sont francophones et œuvrent en France *.

Suivant l’édifiant exemple du reniement donné par de grandes écoles, telles HEC ou l’IEP, c’est à présent l’enseignement supérieur qui prétend se ranger sous la tutelle angloricain. Mieux encore : déjà “en délicatesse” avec leur langue maternelle, nos enfants se voient menacés d’apprendre l’angloricain dès le CP ! Deux avant-projets de loi vont dans ce sens. Des idéaux d’apparence généreuse et réaliste prétendent dénoncer toute forme de colonialisme. Conviendrait-il alors... de ne pas appeler servilement à la colonisation de la France, ni bien sûr des pays qui gardent le français en partage. De ne pas, ainsi, appeler à une nouvelle colonisation de l’Afrique !

Plaidant pour une humanité dense et digne, ces mêmes idéaux soulignent les vertus du droit à la différence. Conviendrait-il alors... de ne pas contribuer à l’éradication des langues vernaculaires, immolées sur l’autel de la langue mondiale, au nom d'intérêts pour le moins discutables à défaut même d’être discutés !

Le 4 août 1994 était votée le “Loi Toubon”, sous les lazzis d’une intelligentsia suivie par des médias fort peu lucides. Pourtant modérées, les prétentions de cette loi à tempérer les ardeurs du colon se voient à présent partiellement invalidées par le refus d’agir de certains organes de contrôle.

A cet égard, vous trouverez en pièce jointe l’édifiante question posée à Madame le Ministre de la culture par le député Jean-Jacques Candelier, et concernant le refus de la Direction Générale de la Répression des Fraudes de... suivre les indications d’une ministre se contentant pourtant de demander l’application de la loi. Quant aux dispositions de son article 4 précisé par le JO du 20 mars 1998 (article 2.6.2 / 1), ont les lit perpétuellement et impunément violées par les collectivités territoriales.

En 2005, le sénateur Philippe Marini fit voter à l’unanimité une proposition de loi tendant à actualiser la loi de 1994. Ce texte fut aussitôt transmis à l’Assemblée Nationale. Il est depuis “en attente” à votre commission.

Au moment où, dans l’indifférence des principaux médias, se déroulent une aimable "semaine de la langue française ” et la “ journée de la Francophonie ”, nos associations attachées à la défense - la survie - du français - vous auraient une profonde gratitude à vous voir demander la mise à l'ordre du jour de votre commission de la proposition de loi sénatoriale. Cela, Madame, Monsieur, participerait significativement à défendre ces valeurs de la République, objet de tant de débats, et auxquelles nous imaginons la représentation nationale particulièrement sensible..

Cette mesure dirait notre attachement au respect de l’“être”, et notre salutaire distance - jusqu’à un passé récent - d’avec cet “avoir” puissance nouvelle chez nous ayant la langue angloricain pour cheval de Troie.

Nous ne mésestimons pas les nécessités commerciales. Mais, tout en les voyant prioritairement  orientées vers un nombre restreint d'intérêts particuliers et fortunés, nous les tenons pour relatives. Elles ne sauraient faire litière de nécessités ancrées sur des valeurs d’esprit. Cette mesure participerait au respect dû à des citoyens n’entendant pas, ou ne pouvant pas se soumettre à un diktat étranger au nom d’arguments purement matérialistes. Cette mesure saluerait ceux des peuples, francophones ou non, faisant à notre culture, notre civilisation, l’honneur de les apprécier. Et gardant l’espoir que le peuple de France comme ses gouvernants aient la volonté de sauvegarder un legs à valeur universelle.

Peut-être participerait elle à un sursaut de nature à préserver ce qui subsiste du statut privilégié de notre langue au sein d’organismes tels l’ONU, l’Union Européenne, le Comité Olympique.

Il n'est pas envisageable que la représentation nationale puisse accepter le reniement, voire la capitulation, dans cette guerre culturelle qui nous est faite sous couvert de “ mondialisation”. Il n'est pas acceptable que soit légitimée par l’inactivité du Parlement une situation de fait divisant la population entre les post-citoyens consentants ou acquis au remplacement de leurs repères sémantiques et idéologiques, et les citoyens ringardisés conservant un attachement, militant ou contrit, au vecteur principal et nécessaire de leur culture.

Il vous revient de mettre un terme à une discrimination sociale sans précédent dans l‘histoire de la République. Une discrimination tendant à l’institution d'une citoyenneté de second ordre en France, et imposant la maîtrise de l'angloricain, comme condition d’une pleine réussite scolaire, de la jouissance d'un emploi qualifié, et finalement de l’accès à l’ensemble des messages de l'espace public.

Souhaitant vous trouver sensibles à une démarche qui rendrait justice au cri d’Albert Camus Ma patrie, c’est la langue française, nous vous exprimons, Monsieur le Président, Madame, Monsieur, l’assurance de notre parfaite considération.

Georges Gastaud président de CO.U.R.R.I.E.L.

Matthieu Varnier, secrétaire général

Louis Maisonneuve président d’Observatoire des Libertés

Albert Salon président d'Avenir de la Langue Français. Docteur d’État-ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur dans l’Ordre du Mérite

Philippe de Saint Robert président de l’ASSELAF (Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française)


nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2013 (2) - le 23/03/2013 - 18:22 par MAR

Nouvelles de mars 2013 (2)

L'Académie française contre le projet de loi Fiaraso (22/03) (lien)
AFRAV  On n'est pas couché... devant l'anglais ! (22/03)(lire ci-dessous)
COURRIEL : Non au projet de loi Fioraso sur l’enseignement supérieur (21/03) (lien)
Égalité et Réconciliation : Marginalisation de la langue française dans l’enseignement supérieur et la recherche (13/03) (lien)


Anglo-américanisation de la France : nos "élites" forcent la vapeur sans plus mettre de voiles
La protestation de l'une de nos associations amies...
[AS]
AFRAV  On n'est pas couché... devant l'anglais ! (22/03)
La dictature de la langue et de la pensée uniques se met en place partout chez nous.

Nos députés viennent de voter presque unanimement, l'anglais obligatoire dès le CP.
Rendre obligatoire une langue étrangère vivante, et cela à grande échelle et presque dès le berceau, c'est du jamais vu dans l'histoire de France, et ce viol est passé comme une lettre à la Poste.
Ci-joint, le communiqué que nous venons d'envoyer aux députés.

Communiqué de l'A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)

Objet : « On n'est pas couché »... devant l'anglais !

Madame, Monsieur le député,

À l'heure où la langue anglaise est en train de coloniser notre pays, au point, comme le dit le philosophe, professeur d'université et académicien Michel Serres, qu'il y a aujourd'hui plus de mots anglais sur les murs de Paris, qu'il n'y avait de mots allemands sous l'Occupation nazie...

À l'heure où le ministre Peillon vient de mettre l’enseignement de l’anglais obligatoire dès le CP...

À l'heure où la ministre Fioraso projette d'occire la loi Toubon-Tasca pour que l’on puisse enseigner EN anglais dans nos universités...

À l'heure où le ministre Montebourg nous parle de « Made in France » pour nous dire en anglais (!) d’acheter français...

... il serait temps que nous réagissions avant que nous perdions notre souveraineté linguistique, seule garantie dans le monde actuel, de sauver notre âme et notre identité francophones.

Notre association traite actuellement plusieurs dizaines de dossiers dénonçant l'anglomanie qui sévit partout dans notre pays.

Pour vous donner un exemple très concret de l'anglicisation qui nous mine, permettez-nous de vous parler d'un dossier qui nous a particulièrement heurtés, c'est celui concernant Laurent Ruquier, présentateur et animateur sur France 2, une chaîne de la télévision du service public. En effet, Laurent Ruquier, dans son émission du samedi soir, "On n'est pas couché", à la rubrique "le flop ten", emploie, sans se gêner le moins du monde, le mot anglais "TEN" en lieu et place du mot français "DIX".

Pourtant, en France et en Francophonie, après "NEUF", il y a "DIX" et non "TEN", cela paraît une évidence, alors pourquoi Laurent Ruquier emploie-t-il le mot anglais "TEN" ? De plus, comment se fait-il qu'il puisse utiliser ce terme en toute impunité, alors que selon l'article 39 de la Charte de France télévisions, les termes étrangers sont proscrits sur le service public de l'audiovisuel, lorsqu'ils possèdent un équivalent français ?

Pourquoi MM. Boyon, Schrameck, Pflimlin, Réveillon, Gélinet, tous chargés à leur niveau de faire appliquer la Charte de France télévisions et à qui nous avons écrit pour leur demander d'intervenir dans cette affaire, ne semblent pas capables d'aller voir M. Ruquier pour lui dire de changer son "TEN" en "DIX" ?

Dans quel pays vivons-nous où l'action médiatique l'emporte sur le droit, où, pour être écoutés, il faut faire voir ses seins (les Femen), s'immoler ou aller manifester en haut d'une grue ? Pourquoi M. Ruquier serait-il exempté de respecter la réglementation qui régit l'emploi de la langue française sur le service public de la télévision ? Qui le protège ? Y aurait-il des consignes sur France 2 pour promouvoir l'anglais ?

On a tout pris à la France, mais il lui reste encore sa langue, alors, Madame, Monsieur le député, pour éviter que celle-ci nous soit arrachée et qu'il ne nous reste plus rien, nous vous demandons instamment de bien vouloir intervenir dans cette affaire pour faire gagner la langue française, pour lui donner une victoire sur l'anglicisation en cours, pour donner un espoir à tous ceux qui, comme nous, combattent la dictature de la langue unique que les penseurs du nouvel ordre veulent établir partout.

Cette affaire est caractéristique de la maltraitance que subit notre langue au quotidien, et, il est bien évident, qu’au-delà du "TEN" de Laurent Ruquier, c’est le problème tout entier de l’anglicisation que nous soulevons, une anglicisation qui se fait de façon à passer la plus inaperçue possible, par une multitude d’actions anecdotiques, homéopathiques, voire subliminales. Ne soyons pas dupes, il y a bien une guerre de velours en cours contre la langue française que consiste à vouloir la faire disparaître de nos grandes écoles comme de la scène internationale.

Résistons, n'acceptons pas la défaite et soyons des indignés linguistiques, comme l'a dit le président Abdou Diouf, lors du premier Forum mondial de la langue française qui s'est tenu à Québec en juillet 2012.

OUI, battons-nous pour la langue française, car, comme le proclamait l'universitaire et patriote québécois, Pierre Bourgault : "Quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule".

Dans l'espoir que vous voudrez bien agir contre l'anglomanie de M. Ruquier, et, par-delà, contre l'anglomanie qui est en train de tuer notre langue, notre culture et notre âme, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur le député, l'expression de ma haute considération.

Régis Ravat
président de l'A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)

Pour plus d'information, vous pouvez consulter le dossier sur M. Ruquier au :www.francophonie-avenir.com/Infolettre_RR_A_Laurent_Ruquier_pour_le_respect_de_la_langue_francaise_a_la_television.htm

 


nouvelles2/sylviane-bulteau.jpgRéponse dilatoire du Gouvernement à Sylviane Bulteau - le 14/03/2013 - 17:27 par MAR

Réponse dilatoire du Gouvernement
à la question de Sylviane Bulteau, députée de la Vendée

Le gouvernement livre ici une réponse très lénifiante, très "langue de bois", composée peut-être par une machine, à la question très forte de la députée de la Vendée Sylviane Bulteau (PS), qui portait sur la dégradation de la place de la langue française en Europe, dans le monde et au sein de notre propre pays et sur le manque de volonté passé et présent de faire changer cet état de fait. (lire ci-dessous)

A la lecture de cette réponse qui aligne des petites mesurettes sans aucune cohérence, laisse  le sujet international au bon vouloir du corps diplomatique, ne traite pas de la langue française en France même (!) et surtout ne répond aucunement au fond de la question.

Cette réponse est une sorte de gifle à la représentation parlementaire et l'on peut se demander s'il y a un Gouvernement en France, avec une volonté politique, qui souhaite faire appliquer la Loi, se faire respecter par ses fonctionnaires et faire respecter les beaux principes annoncés par François Hollande.
(lire par exemple) MAR


Question écrite n° 12575 - 14ème législature posée par Mme Bulteau Sylviane (Vendée - Socialiste, républicain et citoyen) -publiée au JO le 04/12/2012

Mme Sylviane Bulteau appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la place de la langue française en Europe, dans le monde et au sein de notre propre pays.

Au sein de l'Union européenne, d'abord, la langue allemande est celle qui compte le plus de locuteurs, suivie en cela par le français puis l'anglais. Il est donc inconcevable que le français ne soit aujourd'hui la langue "source" que pour seulement 8 % des documents qui émanent de la Commission européenne alors que sur le site internet de l'exécutif européen, seules 12 % des pages sont traduites en français. Systématiquement, les documents de travail sont transmis en anglais au Gouvernement français. Depuis de nombreuses années, les parlementaires de l'Assemblée nationale comme du Sénat alertent les gouvernements successifs sur le dramatique affaiblissement de notre langue et concomitamment de notre influence.

À l'échelle de la planète, ensuite, la régression dans l'ensemble des organisations internationales s'accélère, que ce soit à l'ONU ou dans les instances associées principalement où 90 % des textes sont d'abord rédigés en anglais.

Il apparaît que de nombreux pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne respectent pas les engagements qu’implique leur participation à ce groupement : leurs diplomates parlent exclusivement l'anglais et leurs moyens de communication ne présentent souvent aucune version française (sites internet).

Dans le domaine de la coopération de sécurité et de défense, la situation n'est pas meilleure. Depuis que la France a rejoint l'OTAN, l'armée française s'est complètement convertie à l'anglais dans ses relations avec nos partenaires. Un exemple parmi d'autres : la force de gendarmerie européenne, pourtant créée à l'initiative de la France, et qui ne compte aucun pays anglophone en son sein, n'a qu'une langue de travail officielle : l'anglais. Son site internet est là aussi unilingue, en anglais.

Demain, grâce à l'Afrique, le français, actuellement 9e langue mondiale avec 200 millions de locuteurs, sera une des principales langues mondiales. À l'horizon 2050, avec 715 millions de locuteurs, elle sera toujours parlée sur chaque continent, privilège qu'elle partage avec l'anglais seulement.

En France même, enfin, on ne peut que constater une évolution néfaste. Les titres de films ne sont plus traduits, les émissions télévisées s'affublent de titres anglais, les radios rechignent à appliquer les quotas obligatoires de diffusion de chansons françaises pourtant nécessaires à l'émergence de nouveaux talents et réclament même pour certaines la prise en compte, dans ces quotas, des artistes francophones qui s'expriment en langue anglaise ! Nos grands groupes industriels nationaux eux-mêmes choisissent des slogans en anglais et travaillent dans cette langue.

De nombreuses grandes écoles, de Sciences Po à HEC, dispensent leurs cours en anglais, souvent, d'ailleurs, au mépris de la législation en vigueur.

La recherche scientifique et les brevets sont eux aussi concernés par cette évolution qui pénalise nos chercheurs et la visibilité de nos travaux académiques.

Le chantier est énorme. Les rapports parlementaires s'empilent, les associations de défense de la langue multiplient les alertes mais la situation s'aggrave. Cet état de fait doit cesser. Aujourd'hui, il faut agir vite, efficacement, de façon résolument offensive et cela en lien étroit avec les ministères concernés : Affaires étrangères, Éducation nationale, Défense, Culture, Redressement productif.

Elle lui demande ainsi les actions qu'entend mener concrètement le Gouvernement tant auprès de la Commission européenne qu'auprès des membres de l'Organisation internationale de la Francophonie ou encore de nos relais politiques, économiques et culturels à l'étranger pour que le français retrouve toute sa place au service de notre rayonnement.


Réponse du ministère : Francophonie parue au JO le 12/03/2013

La France met en œuvre une politique active de soutien au français en Europe et dans le monde. Cet effort, relayé par nos postes diplomatiques, les Alliances françaises, les établissements scolaires etc. est renforcé par l'action de la Francophonie institutionnelle qui dispose d'outils propres de soutien à notre langue.

La France est le premier contributeur de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et soutient toutes les actions de la Francophonie en faveur du français : les chefs d'États et de gouvernement de la Francophonie se sont engagés concrètement en adoptant, en 2006 à Bucarest, un "Vade-mecum relatif à l'usage de la langue française dans les organisations internationales".

Depuis 2002, et en partenariat avec la France, le Luxembourg et la Fédération Wallonie-Bruxelles, l'OIF met tout d'abord en œuvre un plan annuel d'action pour le "français dans la diplomatie et la fonction publique". Il touche entre 8000 et 11000 diplomates et fonctionnaires non francophones chaque année, choisis rigoureusement en fonction de leur niveau d'influence, en privilégiant les forts potentiels.

Ensuite, le programme "le français dans les organisations internationales" a pour objet la promotion du français au sein des organisations internationales africaines (l'Union africaine, la Communauté des États d'Afrique de l'Ouest.) avec une extension récente aux grands centres européens de formation de l'élite communautaire (Collège d'Europe de Bruges).

Des "plans capitales de l'UE" permettent enfin la formation linguistique de diplomates européens de haut rang. Conjuguant stages d'immersion linguistique et cours sur place avec des contenus adaptés à ces publics à haut potentiel, ces programmes comportent aussi des volets de renforcement des compétences des traducteurs et interprètes. Au-delà, c'est une mobilisation de l'ensemble de notre corps diplomatique qui permettra, tant au sein des institutions européennes que dans les autres organisations internationales, de rappeler que le multilinguisme est un gage d'efficacité du système multilatéral.

Une feuille de route pour la promotion du multilinguisme dans les organisations internationales sera prochainement adressée aux postes diplomatiques.


nouvelles2/semaine-langue.jpgSemaine de langue française et de la Francophonie - le 12/03/2013 - 22:25 par A_Salon
Nos "Ides de mars" : les fêtes de la Langue française
et de la Francophonie.
Nuit de la Francophonie sur France 3 le 20 mars de Minuit à 4 h du matin
Le 20 mars, anniversaire du traité créant, en 1970 à Niamey (Niger), l'ACCT ancêtre de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), est devenu la Journée internationale de la Francophonie.
Elle est fêtée non seulement chez les 77 membres de l'OIF, mais encore dans bien d'autres pays où des communautés et groupes de francophones, de francisants, de francophiles, sont actifs.
Dans certains pays, notamment d'Afrique francisante, les festivités, sous forme de manifestations culturelles très diverses, peuvent durer une semaine, voire plusieurs. Voyez le site : www.francophonie.org
 
En France, ces festivités propres à la Francophonie, se doublent depuis une vingtaine d'années d'une Semaine de la Langue française, organisée par le ministère de la Culture et par sa Délégation générale à la Langue française et aux langues de France (DGLFLF). Concours internationaux ("Dis-moi dix mots"...) dictées post-Pivot, expositions, publications, fêtes diverses, marquent la Semaine dans toute la France. Voyez le programme sur le site de la DGLFLF : www.dglf.culture.gouv.fr
 
Avenir de la langue française (ALF) vous invite  à fêter, et à amener vos amis à fêter, notre langue et tous ceux qui l'ont en partage, l'aiment et sont heureux de la servir, en une période sombre où des "élites françaises" voudraient plus que l'abandonner : la détruire. Albert Salon
 
Lire ci-dessous le communiqué de presse du Ministère de la Culture et de la Communication

Lancement de l’édition 2013 de la Semaine
de langue française et de la Francophonie

mettant à l’honneur les auteurs ayant choisi le français
pour langue d’écriture

L’édition 2013 de la Semaine de la langue française et de la Francophonie a été lancée ce matin au ministère de la Culture et de la Communication, en présence de Yamina Benguigui, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, ainsi que de nombreux auteurs ayant choisi le français pour langue d’écriture.

Du 16 au 24 mars 2013, la Semaine de la langue française et de la Francophonie sera le rendez-vous des amoureux des mots avec plus de 2 000 manifestations organisées en France comme à l’étranger. Elle offrira au grand public l’occasion de fêter la langue française en lui manifestant son attachement et en célébrant sa richesse et sa diversité. Ce temps fort est également l’occasion de valoriser la myriade de projets réalisés autour de l’opération, menée en partenariat avec le Ministère de l’Éducation Nationale, "Dis-moi dix mots semés au loin" tout au long de l’année scolaire.

Cette nouvelle édition mettra en lumière l'attrait exercé par la langue française, car si les langues du monde n’ont cessé de "se céder des mots", c’est au français qu’elles ont historiquement le plus emprunté. Cet attrait s’illustre par le nombre de mots, de tournures ou d’expressions qu’elle a "semés" dans d’autres langues. De l’espagnol au polonais, du russe au portugais, en passant par l’anglais, nombreuses sont les langues qui ont reçu cette part de français en héritage.

Après avoir évoqué à cette occasion les raisons pour lesquelles nos concitoyens pouvaient garder confiance dans la capacité de la langue française à exprimer des valeurs de modernité et de progrès, un hommage particulier a été rendu aux nombreux créateurs qui, n’ayant pas le français pour langue d’origine, ont choisi le français pour s’exprimer.

Afin de témoigner symboliquement de ce "désir de français", la ministre a pris l'initiative de créer un prix littéraire qui sera décerné, à partir de l’an prochain, à "l’auteur d’un ouvrage écrit en français par un écrivain dont ce n’est pas la langue maternelle". Retrouvez le programme de la Semaine de la langue française et de la Francophonie sur le site www.dismoidixmots.culture.fr


Editoriaux/fioraso.jpgContre le projet de loi Fioraso ! - le 09/03/2013 - 18:42 par ASalon

Contre le projet de loi Fioraso !

Contre la tentative gouvernementale de généraliser de fait l'enseignement en anglo-américain dans nos universités et grandes écoles, y compris pour les étudiants français, sous le fallacieux prétexte de "renforcer l'attrait du territoire" et d'attirer davantage d'étudiants étrangers pour "mieux armer nos universités dans la concurrence internationale". [AS]
Loi Fioraso et usage du français : de pire en pire (lien)
Debout la République : Lettre ouverte à Madame le Ministre Geneviève Fioraso (lien)
UPR : Pétition CONTRE la loi ESR "Fioraso", car POUR la langue française ! (lien)
FPR : autre pétition  contre le Projet de Loi ESR-Fioraso (lien)
Liste de documents sur la loi "Fiaraso" (lire ci-dessous)
Billet de Bruno Dewaele dans La Voix du Nord "Méfions-nous du cheval de Troie"
UPR : Lettre adressée à Mme Pauline Marois, 1ère Ministre du Québec, au sujet de la loi Fioraso
(13/03) (lien)


Le projet de loi Fioraso

Pétition
www.petitions24.net/contre_la_loi_esr_fioraso_parce_que_pour_la_langue_francaise

Documents
Le projet de loi : websyndicats.vjf.cnrs.fr/sntrscgt/IMG/pdf/20130208_-_projet_de_loi.pdf

Amendements retenus : www.letudiant.fr/static/uploads/mediatheque/EDU_EDU/1/6/76016-cneser-les-amendements-au-projet-de-loi-retenus-par-le-ministere-original.pdf

Amendements des sénateurs socialistes aggravant les atteintes ua Français et qui proposent notamment ce texte de pure collaboracheune : "Par dérogation à l'article L. 121-3, la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires, dans les établissements d'enseignement supérieur, peut être une autre langue que le français." (en quelle cela pourrait-il bien être ???) www.senat.fr/leg/ppl12-348.pdf


nouvelles2/esperanto.jpgPour un statut européen et mondial de l'espéranto - le 09/03/2013 - 10:53 par A_Salon

Pour un statut européen et mondial de l'espéranto 

Communiqué bilingue des associations espérantistes qui pourrait être une base de discussion pour la remise en question du tout-anglais à l'échelle mondiale. Lire le communiqué
L'un au moins, des objectifs des espérantistes est partagé par ALF : empêcher l'anglo-américain d'être la seule langue internationale.

 


nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2013 - le 04/03/2013 - 09:46 par MAR

Nouvelles de mars 2013

Le Monde (Jean Hourcade) La langue française, un trésor en péril (02/03) (lien)
La CFE-CGC approuve l'initiative des parlementaires qui demandent une commission d'enquête sur les dérives linguistiques en France (01/03) (lien)
350ème anniversaire  du Conseil souverain de la Nouvelle-France (lire ci-dessous)


Avril 2013 : 350ème anniversaire de la création du
Conseil souverain de la Nouvelle-France
L'acte fondateur de notre existence collective

Un article paru récemment dans le premier numéro de la revue internationale Veritas Acadie(1), de la plume de Maître Christian Néron(2) connu pour sa recherche sur nos institutions civiles, nous apprend que le roi Louis XIV a fait adopter en avril 1663 une ordonnance appelée « Édit de création du Conseil souverain de la Nouvelle- France(3)». Selon l'auteur, cet édit marque le moment de notre venue au monde en tant que société organisée, en tant que peuple et en tant que nation.

Le Conseil souverain avait été créé pour toute la Nouvelle-France qui comprenait l'ensemble des territoires français en Amérique du Nord. Ces territoires regroupaient, juste avant le traité d'Utrecht de 1713, trois régions distinctes soit l'Acadie, le Canada de l'époque longeant la vallée du Saint-Laurent et la Louisiane qui incluait le Pays des Illinois descendant le long du Mississippi et de l'Ohio jusqu'au golfe du Mexique(4). Cette « venue au monde » historique dont parle Me Néron est significative à la fois pour les Acadiens, les Québécois et les Cajuns, entre autres.

Comme suite à l'article publié dans sa revue, la Société internationale Veritas Acadie a pris l'initiative de souligner le 350ème anniversaire de la création du Conseil souverain. Une cérémonie commémorative aura lieu à la Maison Fornel (9, place Royale, Québec) le mardi 9 avril à 14 h et se poursuivra à l'extérieur au pied du buste de Louis XIV. La Place-Royale dans le Vieux-Québec est considérée comme le plus ancien établissement français en Amérique.

La Société internationale Veritas Acadie profitera aussi de cette occasion pour effectuer le premier lancement au Québec de la revue Veritas Acadie no 1, revue de 136 pages comprenant, outre l'article sur la création du Conseil souverain de la Nouvelle-France, des contributions sur l'histoire acadienne et la francophonie provenant de la France (Scavennec), des États-Unis (Faragher, Anderson, Paradis), du Québec et de l'Acadie. Une allocution de Maître Néron donnera le ton et expliquera la pertinence de cet anniversaire important pour nous, peuples francophones d'Amérique.

L'événement est organisé par la Société internationale Veritas Acadie dont l'un des objectifs est de valoriser l'histoire acadienne par des commémorations particulières, avec la collaboration de l'Association Québec-France, les Fêtes de la Nouvelle-France SAQ, l'Association acadienne de la région de Québec et la Coalition des organisations acadiennes du Québec.

D'autres détails suivront dans les médias. Entre-temps, pour toute demande d'information, prière de s'adresser à monsieur David Le Gallant, président de la SIVA, au veritasacadie@gmail.com.

_________________________
1) Revue d'histoire internationale Veritas Acadie, Acadie Presse. automne 2012, p.104-106
2) Me Christian Néron est diplômé en droit, en histoire et en sciences de l'éducation. Membre du Barreau du Québec depuis 1993, il a publié des monographies sur l'histoire des institutions et sa connaissance du droit colonial anglais l'a amené à s'intéresser aux aspects légaux de la déportation des Acadiens.
3) Voir sur Internet le texte de l'édit royal qui fait partie du domaine public.
4) Portail internet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle-France


MuseeHorreurs/horreurs.jpgHorreurs de mars 2013 - le 03/03/2013 - 23:31 par MAR
Horreurs de mars 2013
(ou le frédéric-martelisme* au quotidien)

Quelques exemples de la Collaboracheune ordinaire telle qu'elle s'affiche sur nos murs, sur nos transports et dans nos médias :
La SNCF et son OuiGO
Monoprix et son "We loves babies"


La SNCF et son Ouigo

La SNCF qui avec l'hypocrisie qui la caractérise la société publique (!) lance son nouveau service de trains à bas prix (qu'elle appelle TGV low cost !) avec un faux nom français en fait un vrai nom anglais "Ouigo". Lire également à ce sujet le billet paru dans la Nouvelle République : Franglais

ouigo.jpg

Monoprix et son "We loves babies"

Monoprix couvre les vitrines de ses magasins d'une grotesque campagne :"We loves babies" se croyant ainsi résolument moderne et pensant complaire à sa nouvelle clientèle "bobo".

babies.jpg


* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)


nouvelles2/france2-eu.jpgAmi, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? - le 28/02/2013 - 17:41 par Albert_Salon

Ami, entends-tu les cris sourds
du pays qu’on enchaîne ?

Le service public français de l'audio-visuel sert-il la France
ou d'autres puissants intérêts ?

par Albert Salon

On lui met des chaînes, pour servir l’empire anglo-saxon et sa langue.

Surtout des chaînes de télévision. Chaînes publiques chaînes privées.

Je vais prendre ici, parmi toutes les chaînes que la propagande impériale nous fait porter avec de lourds boulets, un seul exemple : France 2, censée être publique, avec une mission de service public, c’est-à-dire d’éducation de son public et d’élévation de son niveau général d’information et de culture.

 

Prenons le "vingt-heures" :

Sur cette demi-heure de grande écoute, entre deux et cinq minutes – qui doivent coûter fort cher (à qui ?) – sont très souvent consacrées à la présentation de produits du cinéma états-unien, à leur promotion par projection d’extraits et par dialogues avec les réalisateurs ou les acteurs très pipol qui y ont trempé.

Avez-vous remarqué, au demeurant, que ce ne sont pas toujours, loin de là, les meilleurs films américains qui bénéficient ainsi de ces coups de pouce sur notre marché, au détriment de notre propre cinéma, qui ne jouit pas tout-à-fait des mêmes faveurs ?

Les vedettes invitées, appelées "stars", s’offrent complaisamment à nos regards pour, généralement, nous débiter des platitudes atterrantes.

Il y a vingt ans – car le pli est pris depuis longtemps – les invités nord-américains s’efforçaient encore d’esquisser en français un "bonsoir" ou un "merci", voire parfois la très brève excuse : "désolé, je ne parle pas bien le français". De nos jours, ils ne s’embarrassent plus de ces politesses superfétatoires et, du reste, hypocrites.

Ils sont reçus chez les vassaux qui les ont sollicités, et ils reçoivent avec quelque condescendance les hommages et l’admiration qui leur sont dus en leur qualité de représentants du peuple élu.

L’aimable petit seigneur local du vingt-heures ou la charmante présentatrice qui a réussi à les faire venir, s’en glorifie et leur sert la soupe, essaie parfois de les amener à parler de leurs liens avec la France ou la culture française. Après tout, n’est-ce pas normal ? Surtout lorsque, tel Dustin Hoffman, ils font partie de la longue cohorte d’histrions et terminators hollywoodiens qui ont reçu une haute décoration française, censée récompenser des services rendus à notre culture, à notre langue, voire à notre cinéma : Arts et Lettres, Mérite, Légion d’Honneur, dans les ors de la République, des mains du ministre de la Culture, quand ce n’est pas du Président. Souvent au grade de Commandeur, pour hisser l'Ordre et la France au niveau de la notoriété internationale des personnages-idoles ainsi perchés, aussi en vue.

Après tout, pensent peut-être les récipiendaires parfois étonnés, à peine flattés, si la vieille cocotte France veut se faire encore aimer en distribuant ses médailles, pourquoi pas ? Si cela peut lui faire plaisir…

Mais qu’elle ne s’avise pas trop de leur demander devant ses caméras s’ils connaissent et aiment ses camélias : la réponse de Dustin Hoffmann en février 2009 a été une pièce d’anthologie. Je la résume : "Oh ! Moi, vous savez, je suis d’un milieu très pauvre, mes parents ne lisaient pas, je n’ai guère eu dans l’enfance ni plus tard l’occasion de m’intéresser à la France et à sa culture !"...

 

L’autisme de ces milieux états-uniens, dans sa splendeur, et l'à-plat-ventrisme intéressé des "nôtres"...

L’Allemagne, la Hollande, l’Espagne, la Pologne, la Hongrie, sont-elles aussi indignes, aussi prodigues que la République de ces bouquets dont elle fait ainsi des fleurs fanées, dévalorisées aux yeux de ses citoyens ?

D’ailleurs, que la télévision vous montre-t-elle de ces pays ? Surtout de leurs cultures ? Voyez-vous souvent, au "vingt-heures" des présentations de leurs films ? Ne sont-ce pas des pays européens ? Ne cherchons nous pas, selon la vulgate officielle, à faire l’Europe ?

La télévision nous révèle là la vérité, le cœur du système : "Qui vous parle d’Europe ? Il faut que tous les yeux et les oreilles, tous les esprits conquis du continent européen, soient et restent fixés sur les États-Unis, sur sa langue, servent l’empire américain, perinde ac cadaver, et regardent le moins possible ailleurs".

Libre à nous – direz-vous - de ne pas regarder, d’éteindre ou de "pitonner"* ? Certes. Mais combien de téléspectateurs usent de cette liberté ? Tous les autres subissent ce détournement, ce vol éhonté d’un temps d’antenne qui leur est dû, qu’ils ont payé en principe pour avoir une information plus élevée que la bouillie de propagande vassalisante qui leur est ainsi versée.

 

C’est la France et sa langue que l’on agenouille, bat et rebat et abâtardit !

Cela va dans le même sens que la réintégration dans la structure militaire de l’OTAN, la fédéralisation de l'UE sous l'égide de l'empire, et que le passage de l'enseignement supérieur à l'anglo-américain, au "globish" pour colonisés.

 

Il faut s'indigner, hurler la révolte du citoyen sain ; il faut résister, secouer ce joug, retrouver la souveraineté de la France !"

Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien Ambassadeur.


nouvelles2/RF.jpgRéponses du Gouvernement sur le français - le 27/02/2013 - 19:24 par MAR
Nouvelles réponses du Gouvernement
sur la langue française
(février 2013)
Réponses à des questions de parlementaires sur un "mastère" intégralement en anglais et sur la place allouée à la langue française dans les institutions de l'Union européenne
Toujours quelques éléments intéressants noyés dans l'eau-de-rose administrative (le surlignage de certains passages est de notre initiative). Nous attendons toujours au delà de ces belles paroles, comme celles de François Hollande, le début d'une amorce d'action concrétisant celles-ci. MAR
 

Question écrite n° 03375 de Jacques Legendre (Nord - UMP) [JO Sénat du 06/12/2012]

M. Jacques Legendre attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur une violation caractérisée de la loi sur la langue française. Il a en effet pris connaissance avec surprise, dans les pages économiques d'un grand quotidien du matin, de l'ouverture à Rouen d'un mastère en management des arts (MSc in Arts management) dispensé par la "Rouen Business School", avec un programme de 15 mois à plein temps, intégralement dispensé en anglais.

Un tel enseignement, s'il est dispensé sur notre territoire par un établissement d'enseignement supérieur français viole manifestement les dispositions de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, dite "loi Toubon".

La volonté de dispenser un enseignement destiné à former des gestionnaires culturels nécessite évidemment d'avoir une bonne connaissance de plusieurs langues et en particulier de l'anglais.

Mais vouloir systématiquement ne former qu'en anglais des acteurs de la vie culturelle est parfaitement contradictoire avec le combat pour la diversité culturelle, et donc linguistique, dont la France et le monde culturel français sont d'ardents protagonistes.

Il lui demande donc quelles actions elle compte mener pour faire respecter la loi sur la langue française, en liaison avec Mme la ministre de l'enseignement supérieur.

Réponse du Ministère de la culture et de la communication [JO Sénat du 21/02/2013]

La ministre de la culture et de la communication est consciente de la pression indiscutable exercée par l'anglais dans l'enseignement supérieur. Elle comprend parfaitement la nécessité de proposer aux étudiants, notamment étrangers, un enseignement en anglais et soutient l'ambition internationale d'un cursus tel que celui proposé par l'école de Rouen.

Mais elle juge inopportun le choix d'un enseignement exclusivement dispensé en anglais, sous couvert de modernité.

Il convient de rappeler que tout programme d'enseignement proposé en langue étrangère entre dans le champ d'application de l'article 11 de la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française. En effet, cet article précise que "la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français, sauf exceptions justifiées par les nécessités de l'enseignement des langues et cultures régionales ou étrangères ou lorsque les enseignants sont des professeurs associés ou invités étrangers".

La ministre considère qu'il n'y a pas lieu de laisser penser aux étudiants que l'anglais est la seule langue comprise à l'international. Un tel parti pris contribue à affaiblir la position du français sur le plan international et décourage tous ceux qui parient sur son avenir ou font l'effort de l'apprendre. Le recours à une langue qui n'est pas celle de nos concitoyens laisse entendre implicitement que le français aurait perdu toute fonctionnalité à l'international.

Un enseignement respectueux de notre langue, tout en étant compréhensible par les non francophones, reste préférable et ne compromettrait en rien l'image d'excellence et de dynamisme des écoles de commerce française. De concert avec sa collègue de l'enseignement supérieur, la ministre compte rappeler à l'établissement visé (Rouen Business School) les termes de la loi et lui demander de reconsidérer l'organisation linguistique de son mastère incriminé.


Question n° 12576 de Guillaume Chevrollier (UMP - Mayenne) [publiée au JO le : 04/12/2012]

M. Guillaume Chevrollier attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la place allouée à la langue française dans les institutions de l'Union européenne. En effet la place de celle-ci s'est sensiblement dégradée ces dernières années que ce soit au niveau de la communication que des documents de travail ou des publications où l'anglais prédomine. Or l'Union européenne s'était engagée à respecter l'égalité linguistique. Il lui demande ce que le Gouvernement entend faire pour que ces engagements soient respectés et pour que le français retrouve la place qui devrait être la sienne.

Réponse publiée au JO le 19/02/2013

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, réaffirme plusieurs principes relatifs à la protection du multilinguisme au sein de l'Union européenne. La diversité linguistique revêt en effet pour l'Union européenne un caractère fondamental. L'Union doit en particulier permettre aux citoyens européens d'accéder à la législation et aux informations européennes dans leur propre langue.

C'est ainsi que la législation et les documents d'importance politique doivent être présentés dans toutes langues officielles. Il est vrai qu'en dépit de ces règles nécessaires au bon fonctionnement de la coopération européenne, une dégradation en termes d'accès aux documents législatifs et d'importance politiques dans les différentes langues de travail de l'Union (et notamment le français) a été observée dans certaines institutions de l'Union européenne, y compris au Parlement européen.

Bien que l'augmentation de l'activité normative européenne consécutive à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne puisse partiellement expliquer certains retards en termes de traduction, la France déplore vivement les difficultés que peuvent notamment rencontrer les co-législateurs pour accéder aux documents de travail dans leur langue maternelle. Aussi, les autorités françaises ne manqueront pas, comme elles le font régulièrement, de rappeler l'exigence de respect du multilinguisme lors de leurs futurs échanges avec les institutions européennes. Il en va non seulement du bon fonctionnement de l'activité législative mais aussi de la crédibilité du processus de construction européenne.


nouvelles/presse.gifNouvelles de février 2013 (3) - le 26/02/2013 - 18:40 par MAR

Nouvelles de février 2013 (3)

Communauté de la Caraïbe (Caricom) : le français 2ème langue de travail (20/2) (lien)
Projet de loi Fioaraso : une capitulation pour la langue française ? (lien)



nouvelles/AN.jpgCommission d’enquête sur les dérives linguistiques ? - le 13/02/2013 - 22:03 par MAR

Le sursaut des associations pour le français relayé par des parlementaires

Six députés demandent la création d’une commission
d’enquête sur les dérives linguistiques en France

Jean-Jacques Candelier, Patrice Carvalho, Gaby Charroux, André Chassaigne, Marc Dolez et Jacqueline Fraysse, député(e)s, ont déposé le 4 février 2013 à l'Assemblée Nationale, une proposition de résolution tendant à la création d’une Commission d’enquête sur les dérives linguistiques actuelles en France, chargée de proposer des mesures de défense et de promotion de la langue française,

Lire la proposition de résolution sur le site de l'Assemblée Nationale

lire la motion de soutien de la CFE-CGC à cette demande de commission d'enquête (01/03/2013)

Emission de France Bleue Nord avec Georges Gastaud, professeur de philosophie et président de Courriel qui traite de cette commission d'enquête (21/02/2013)


nouvelles/presse.gifNouvelles de février 2013 (2) - le 07/02/2013 - 23:11 par MAR

Nouvelles de février 2013 (2)

- In memoriam Jacques Hoyaux  (11/02/2013) (lire ci-dessous)
- Semaine de la langue française : Faites vos jeux ! (lien)
- Renault racole "in english" (lire ci-dessous)
- 39e Assemblée parlementaire Francophone : avec G. Soro du 6 au 9 février 2013 (lien)


In memoriam Jacques Hoyaux  (11/02/2013)

Jacques Hoyaux, membre fidèle d'ALF depuis des années, universitaire, Sénateur honoraire et ancien ministre du Royaume de Belgique, militant wallon et français, nous a quittés ce lundi 11 février 2013.
Il se définissait comme "Libre-exaministe", et avait embrassé notre combat pour le français en France et chez lui. Un autre membre d'ALF, universitaire romaniste australien d'origine hongroise, membre de l'Académie australienne des Humanités, militant lui aussi pour le français et la diversité linguistique du monde, fait revivre en quelques lignes ce qu'était, au cœur, Jacques Hoyaux :
"Je le remercie de son amitié, une amitié qui aura duré toute notre vie d'adulte, mais plus spécialement je voudrais le remercier de l'amitié qu'il m'a témoignée quand j'ai débarqué tout seul, sans famille, à Bruxelles, à l'âge de moins de dix-sept ans, et que nous nous sommes rencontrés à l'Athénée Royal d'Uccle. Là, dans cette classe de rhétorique, à l'automne de 1947, il a pris sous sa protection le jeune étranger que j'étais, me faisant ainsi le plus beau don possible. Je lui dois non seulement ce lien humain si précieux mais aussi mon initiation à une langue et à une culture qui devaient jouer un rôle si important dans ma vie. Tout cela par un mouvement spontané de solidarité désintéressée." Pr Ivan Barko

Renault racole "in english"

Avec My Renault (sic !), Renault cherche sans doute, pour faire moderne, pour faire branché, pour faire djeune, à perdre ses derniers clients et à mourir en se faisant passer pour une société anglo-saxonne. Une société dont plus personne n'a plus rien à faire...

Les prospectus utilisés dans cette campagne sont envoyés par une division qui s'appelle Renault retail group (sic!) Tout est dit !

myrenault.jpg

 

myrenault.jpg

Il parait, mais surtout ne le dites à personne et surtout pas à Carlos Ghosn, que Renault est un groupe français, qui il y a longtemps fut un des fleurons de l'industrie française... MAR


nouvelles2/UE.jpgLa Cour de justice : le multilinguisme doit rester au cœur des procédures de recrutement des institutions ! - le 03/02/2013 - 23:05 par AnnaMaria_Campogrande

Union Européenne
La Cour de justice donne raison aux personnels et confirme
que le multi-linguisme doit rester au cœur des recrutements  !

Un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne a été publié le 27 novembre 2012 relatif à un pourvoi introduit par la république italienne a confirmé l'annulation des avis de concours EPSO/AD/94/07 et EPSO/AST/37/07 au motif que ces avis n'étaient pas publiés dans toutes les langues officielles de l'UNION, et que le choix de la deuxième langue se limitait aux langues allemande, anglaise et française.

Le tribunal a décidé l'annulation des concours susvisés, sans toutefois remettre en cause le résultat de ces concours.

Il s'ensuit selon l'appréciation de la Cour

- que conformément à l'annexe III du statut des fonctionnaires des communautés européennes, les avis de concours doivent être publiés intégralement dans toutes les langues officielles

- que l'article 1er du règlement n°1 désigne 23 langues non seulement comme langues officielles, mais également comme langues de travail des institutions de l'Union, que toute discrimination fondée sur la langue est interdite dans l'application du statut. Qu'il convient toutefois de noter que selon la Commission les trois langues les plus utilisées dans les institutions et ce depuis longtemps sont l'allemand, l'anglais et le français.

La Cour confirme donc à nouveau le bien fondé des positions défendues depuis toujours par la représentation du personnel !

Solidarité européenne soutenues par les autres OSP de l'Alliance a présenté le 5 mai 2006 au Médiateur européen une plainte dirigée contre EPSO pour non-respect selon elle des articles 27 et 28 point f) du statut, au motif que la possibilité de présenter les épreuves de recrutement des fonctionnaires et agents se limitait aux seules langues de travail que sont l'allemand, l'anglais et le français, privant ainsi les jurys de la possibilité de tester les compétences requises à l'exercice des profils recherchés, au profit de connaissances linguistiques, anticipant dès lors le jugement précité.

La Commission paritaire Commission (COPAR) a émis un avis unanime lors de sa séance du 8 novembre 2005 demandant que les QCM des concours et des sélections AC soient testées dans les langues maternelle ou principale du candidat.

Cette orientation a également reçu l'avis unanime des représentants du personnel lors des séances de la COPARCO (commission paritaire interinstitutionnelle) des 12 juin 2005 et 9 mars 2006.

Le comité central du personnel a à son tour pris position en faveur de cette nouvelle procédure.

Les institutions ont dès lors changé d'orientation et demandé à EPSO de tester les candidats pour les tests de présélection dans leur langue maternelle ou principale. C'est maintenant chose faite et la Cour confirme le bien fondé de la démarche !

Il est à signaler que la nouvelle Direction d'EPSO avait à l'époque à son tour démontré d'être sensible à ces exigences alors qu'auparavant nos prises de position avaient été qualifiées comme étant dignes des dinosaures et des études avaient été passées par EPSO afin de démontrer qu'il était désormais impossible de respecter le multilinguisme compte tenu du nombre de langues et des complexités techniques y afférentes !

Pour l'Alliance il ne s'est jamais agi de nier la complexité du contexte dans lequel les concours doivent être organisés avec des dizaines de milliers de candidats et 23 langues officielles.

Comme la Cour le confirme, conformément à l'article 27, premier alinéa du statut, le recrutement des fonctionnaires doit viser à assurer à l'institution le concours de fonctionnaires possédant les plus hautes qualités de compétence, de rendement et d'intégrité. Cet objectif pouvant être mieux préservé lorsque les candidats sont autorisés à présenter les épreuves de sélection dans leur langue maternelle ou dans la deuxième langue qu'ils considèrent maîtriser le mieux, il appartient à cet égard aux institutions de mettre en balance l'objectif légitime justifiant la limitation du nombre de langue des concours et l'objectif d'identifier les candidats ayant les plus hautes qualités de compétence.

Il convient dès lors de mettre en place des règles internes définissant le régime linguistique de manière à concilier l'exigence du statut en matière de connaissances linguistiques des candidats, vérifiées par des tests appropriés, les besoins des institutions et la mise en place de formations ultérieures à leur recrutement, favorisant une communication de qualité par ailleurs indispensable à leur bon fonctionnement.

Il est aussi essentiel d'éviter qu'à la suite de chaque arrêt mettant en cause un aspect des concours organisés, EPSO invoque la nécessité de modifier l'annexe III de notre statut ! Tout comme en ce qui concerne l'arrêt Patchitis concernant le rôle du jury, l'annexe III dans sa version actuelle n'empêche nullement aussi concernant le régime linguistique d'atteindre les objectifs qui ont été depuis toujours à la base des concours et que la Cour se limite simplement à confirmer

Les procédures de recrutement actuelles moyennant les corrections nécessaires peuvent parfaitement satisfaire à l'équilibre susmentionné dans une gouvernance claire du processus, confirmant la mission confiée à EPSO, qui est celle de simple mise en œuvre des politiques décidées par les institutions et non pas de décideur politique, encore moins en ce qui concerne l'initiative pour les modifications statutaires !

La Cour de justice donne raison à la représentation du personnel et confirme que le multilinguisme doit rester au cœur des procédures de recrutements des institutions !

Un arrêt de la Cour de justice a été publié le 27 novembre 2012 relatif à un pourvoi introduit par la république italienne a confirmé l'annulation des avis de concours EPSO/AD/94/07 et EPSO/AST/37/07 au motif que ces avis n'étaient pas publiés dans toutes les langues officielles de l'UNION, et que le choix de la deuxième langue se limitait aux langues allemande, anglaise et française.

Le tribunal a décidé l'annulation des concours susvisés, sans toutefois remettre en cause le résultat de ces concours.

Il s'ensuit selon l'appréciation de la Cour

- que conformément à l'annexe III du statut des fonctionnaires des communautés européennes, les avis de concours doivent être publiés intégralement dans toutes les langues officielles

- que l'article 1er du règlement n°1 désigne 23 langues non seulement comme langues officielles, mais également comme langues de travail des institutions de l'Union, que toute discrimination fondée sur la langue est interdite dans l'application du statut. Qu'il convient toutefois de noter que selon la Commission les trois langues les plus utilisées dans les institutions et ce depuis longtemps sont l'allemand, l'anglais et le français.

La Cour confirme donc à nouveau le bien fondé des positions défendues depuis toujours par la représentation du personnel !

Solidarité européenne soutenues par les autres OSP de l'Alliance a présenté le 5 mai 2006 au Médiateur européen une plainte dirigée contre EPSO pour non-respect selon elle des articles 27 et 28 point f) du statut, au motif que la possibilité de présenter les épreuves de recrutement des fonctionnaires et agents se limitait aux seules langues de travail que sont l'allemand, l'anglais et le français, privant ainsi les jurys de la possibilité de tester les compétences requises à l'exercice des profils recherchés, au profit de connaissances linguistiques, anticipant dès lors le jugement précité.

La Commission paritaire Commission (COPAR) a émis un avis unanime lors de sa séance du 8 novembre 2005 demandant que les QCM des concours et des sélections AC soient testées dans les langues maternelle ou principale du candidat.

Cette orientation a également reçu l'avis unanime des représentants du personnel lors des séances de la COPARCO (commission paritaire interinstitutionnelle) des 12 juin 2005 et 9 mars 2006.

Le comité central du personnel a à son tour pris position en faveur de cette nouvelle procédure.

Les institutions ont dès lors changé d'orientation et demandé à EPSO de tester les candidats pour les tests de présélection dans leur langue maternelle ou principale. C'est maintenant chose faite et la Cour confirme le bien fondé de la démarche !

Il est à signaler que la nouvelle Direction d'EPSO avait à l'époque à son tour démontré d'être sensible à ces exigences alors qu'auparavant nos prises de position avaient été qualifiées comme étant dignes des dinosaures et des études avaient été passées par EPSO afin de démontrer qu'il était désormais impossible de respecter le multilinguisme compte tenu du nombre de langues et des complexités techniques y afférentes !

Pour l'Alliance il ne s'est jamais agi de nier la complexité du contexte dans lequel les concours doivent être organisés avec des dizaines de milliers de candidats et 23 langues officielles.

Comme la Cour le confirme, conformément à l'article 27, premier alinéa du statut, le recrutement des fonctionnaires doit viser à assurer à l'institution le concours de fonctionnaires possédant les plus hautes qualités de compétence, de rendement et d'intégrité. Cet objectif pouvant être mieux préservé lorsque les candidats sont autorisés à présenter les épreuves de sélection dans leur langue maternelle ou dans la deuxième langue qu'ils considèrent maîtriser le mieux, il appartient à cet égard aux institutions de mettre en balance l'objectif légitime justifiant la limitation du nombre de langue des concours et l'objectif d'identifier les candidats ayant les plus hautes qualités de compétence.

Il convient dès lors de mettre en place des règles internes définissant le régime linguistique de manière à concilier l'exigence du statut en matière de connaissances linguistiques des candidats, vérifiées par des tests appropriés, les besoins des institutions et la mise en place de formations ultérieures à leur recrutement, favorisant une communication de qualité par ailleurs indispensable à leur bon fonctionnement.

Il est aussi essentiel d'éviter qu'à la suite de chaque arrêt mettant en cause un aspect des concours organisés, EPSO invoque la nécessité de modifier l'annexe III de notre statut ! Tout comme en ce qui concerne l'arrêt Patchitis concernant le rôle du jury, l'annexe III dans sa version actuelle n'empêche nullement aussi concernant le régime linguistique d'atteindre les objectifs qui ont été depuis toujours à la base des concours et que la Cour se limite simplement à confirmer

Les procédures de recrutement actuelles moyennant les corrections nécessaires peuvent parfaitement satisfaire à l'équilibre susmentionné dans une gouvernance claire du processus, confirmant la mission confiée à EPSO, qui est celle de simple mise en œuvre des politiques décidées par les institutions et non pas de décideur politique, encore moins en ce qui concerne l'initiative pour les modifications statutaires !

Anna-Maria Campogrande


nouvelles2/vietnam.jpgLa France se tire une balle dans le pied au Vietnam - le 03/02/2013 - 22:48 par Michel_Guillou

La France se tire une balle dans le pied au Vietnam

Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République socialiste du Vietnam, pour la création et le développement de l'Université des Sciences et des Technologies de Hanoï.

Une fois de plus, des élites françaises veulent que la France se tire une balle dans le pied. Les arguments sont connus : il n'y a pas suffisamment de francophones au Vietnam pour qu'une université puisse avoir le français comme langue d'enseignement et de plus, étant donné que, pour ces élites, l'avenir est au seul anglais, c'est d'évidence "le bon choix". Eh bien non, c'est un mauvais choix, pire, un choix dépassé. En voici quelques raisons simples et de bon sens.

Tout d'abord, il y a en Asie et en Asie du Sud-Est, non seulement dans la péninsule indochinoise mais aussi dans la plupart des pays et tout particulièrement en Chine, de nombreux francophones qui demandent à cor et à cri, sans être entendus, la création d'une université francophone enseignant en français. Rappelons, par ailleurs, que depuis les années 70, il y a eu, grâce en particulier à l'action volontariste de l'Agence universitaire de la Francophonie, la formation en Asie du Sud-Est d'une nouvelle génération de francophones par la création de classes bilingues dans l'enseignement primaire et secondaire, de filières francophones dans les universités et d'Instituts internationaux de troisième cycle (science de l'ingénieur à Phnom Penh, informatique à Hanoï, médecine tropicale à Ventiane). En Chine, la demande importante de français est un fait, comme l'atteste la mise en place de nombreux et nouveaux départements de langue française.

Il manque pour couronner le tout une université régionale d'excellence au niveau du troisième cycle, dont les diplômés seraient trilingues. Formés à l'excellence au niveau professionnel, disposant du français comme langue seconde et non comme langue étrangère, ces diplômés seront au sens plein du terme des francophones. Ils partageront des valeurs qui sont aussi celles de la République française et un sentiment d'appartenance à la Communauté francophone dont ils connaîtront l'histoire et les institutions.

La formation francophone proposée n'exclut pas l'anglais mais elle apportera l'anglais à des francophones et non le français à des anglophones, ce qui est un désastre en terme d'influence et aussi, faute de motivation des apprenants, le plus souvent un échec éducatif maintes fois constaté. Cette approche a été tentée avec succès dans plusieurs pays où le français n'est pas langue d'enseignement commune à tous. Il s'agit de former des francophones trilingues avec un signal clair aux familles : la formation d'excellence proposée est un plus pour l'emploi. Le succès de l'Université française d'Arménie à Erevan, par exemple, en apporte la preuve.

La France a tout à gagner dans cette approche qui est cohérente avec l'effort qu'elle fait en faveur du développement de la Francophonie multilatérale, conformément à l'article 87 de sa Constitution : "La République participe au développement de la solidarité et de la coopération entre les Etats et les peuples ayant le français en partage.". Dans le cas contraire, l'action bilatérale française de coopération sera en opposition avec l'action multilatérale francophone de coopération, avec pour conséquence un gâchis de l'argent public français.

Cette schizophrénie française entre les actions conduites au bilatéral et au multilatéral est particulièrement visible au Vietnam. Le multilatéral francophone, financé fortement par la France, soutient l'enseignement en français alors que la France, en bilatéral, donne priorité au tout anglais. Le projet de loi concernant le développement de l'Université des Sciences et des Technologies de Hanoï souligne cette contradiction désastreuse en terme tant d'influence de la France que de bonne gestion des fonds publics.

D'autre part, l'avenir linguistique du monde n'est pas l'anglais, langue unique, mais le multilinguisme. Certes il faut disposer d'un véhicule linguistique commun pour circuler facilement dans le "village global", mais les élites qui militent pour l'anglais langue unique font fausse route. Elles donnent une mauvaise réponse à un vrai besoin.

Tout d'abord, elles font abstraction de l'évolution vers un monde multipolaire, y compris linguistique, du fait de la montée en puissance des langues des hyper-puissances émergentes telles que la Chine, et de l'essor de langues internationales comme l'espagnol ou l'arabe.

Par ailleurs, la langue unique uniformise les modes de vie au profit de la langue choisie. Quand il s'agit de l'anglais, c'est d'autant plus grave que cette langue est non seulement la plus importante des langues véhiculaires qu'ait connu l'humanité, mais qu'elle porte la pensée unique d'essence nord-américaine. Enfin, le principe de précaution doit être rappelé. Qui peut dire quels seront les choix linguistiques du XXIe siècle alors que les États-Unis ne sont plus la seule hyper puissance ?

Il existe une alternative : le multilinguisme, qui donne accès aux mêmes possibilités. Il permet, en effet, d'acquérir la langue dominante qui, d'ailleurs, peut changer. Mais le multilinguisme n'enferme pas. Il offre une respiration vers d'autres cultures. C'est un facteur d'ouverture, un antidote au repli identitaire et au choc des civilisations et donc une composante fondamentale de la culture de la paix. Il est accessible au plus grand nombre comme le montrent les situations sociolinguistiques de nombreux pays.

Les partisans de la langue unique ont choisi le grignotage. Ils avancent leurs pions au nom du bon sens sans se préoccuper des conséquences et des autres défis posés par la mondialisation. C'est aujourd'hui ce Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République socialiste du Vietnam, pour la création et le développement de l'Université des Sciences et des Technologies de Hanoï.

On continue donc une politique qui est un échec depuis des années. Pour la France, c'est un contre-sens stratégique.

Lyon, le 24 janvier 2013
Michel Guillou
Membre de l'Académie des sciences d'Outre-mer, président du Réseau international des chaires Senghor de la Francophonie


nouvelles/presse.gifNouvelles de février 2013 - le 01/02/2013 - 09:42 par MAR

Nouvelles de février 2013

- Yves Montenay : La sclérose de l’idée européenne (01/02) (lien et ci-dessous)
- H. Carrère d'Encausse grand témoin de la Francophonie des JO d'hiver 2014 (lien)
- Expo-langues : Les langues au défi du numérique du 6 au 9 février 2013 (lien)
- Le Devoir : Pour ou contre l’impérialisme culturel anglo-américain ? (lien)


Yves Montenay : La sclérose de l’idée européenne publié sur le site des Échos (1er février 2013)

notamment pour ce passage concernant l'anglais :

(...)

Qu'est-ce qu'un nationaliste, qu'un chauvin ?

Pour le savoir ce n'est pas en France qu’il faut aller mais en Chine, en Algérie et, un cran en dessous, aux États-Unis. Mais restons en France. Ce serait quelqu’un qui tiendrait notamment à sa langue et sa culture, actuellement menacées par la bureaucratie bruxelloise, intelligemment "lobbyisée" par une Angleterre qui sait en tirer des avantages (voir les 18 milliards d'euros qu'elle en tire annuellement, du seul fait de l'usage de l'anglais d'après le rapport Grin) tout en en évitant les solidarités.

Je sais que certains estiment que l'anglicisation est inévitable, voire souhaitable, mais ils ne mesurent pas la déqualification massive, et donc les frustrations, les injustices et finalement le sous-développement que cela entraînerait, car on est plus efficace dans sa langue maternelle que dans une langue imposée. Mais la partie de notre élite qui a eu le loisir d'apprendre et de pratiquer l'anglais et qui constate qu'il est nécessaire dans son travail, ne se rend pas compte que la majorité des Français est dans une situation tout à fait opposée.

(...)

(pour lire cette tribune en entier)


nouvelles2/mesr.jpgCommunication & enseignement scientifiques en français - le 28/01/2013 - 23:04 par A_Salon

Communication et enseignement scientifiques
en langue française

Nécessité d'une politique linguistique de la recherche
Mémoire au Ministère de la Recherche
et de l’Enseignement Supérieur,
présenté par les associations

 

Télécharger le mémoire


Message accompagnant le mémoire à destination de la Présidence de la République

Monsieur le Secrétaire Général, Madame la Directrice du Cabinet du Président de la République, Messieurs

L'avant-projet de loi portant réforme de l'enseignement supérieur, élaboré sous la responsabilité de Mme Geneviève Fioraso, contient une disposition qui réduit gravement le rôle du français comme langue d'enseignement dans nos universités et grandes écoles.

Aux termes de la loi n°665 du 4 août 1994, dite "loi Toubon", votée en application de l'article 2 de la Constitution modifiée, le français est la langue de l'enseignement, des examens et des concours.

Quelques exceptions de faible portée prévues par cette loi permettent toutefois, dans des cas précis, d'offrir des cours et conférences dans des langues étrangères.

Les partisans d'un véritable passage du français à l'anglais comme langue d'enseignement dans nos universités et grandes écoles ne se satisfont pas de ces quelques exceptions.

Ils essaient depuis des années de contourner la loi Toubon, faute de pouvoir obtenir son abrogation.

L'avant-projet de loi portant la réforme souhaitée par le gouvernement leur donnerait satisfaction puisqu'il insère un article - un de ses tout premiers - qui étendrait considérablement les exceptions, au point d'équivaloir en pratique à une abrogation discrète de la loi Toubon en matière d'enseignement supérieur.

Nos associations de défense et de promotion du français et de la Francophonie considèrent que cette démarche du MESR est contraire aux discours du Président et de plusieurs ministres de son gouvernement, et surtout à nos intérêts fondamentaux rappelés dans l'important Mémoire joint de 7 de nos associations, adressé à tous les responsables et milieux concernés.

Laisser filer notre enseignement supérieur à l'anglais, après avoir laissé filer les brevets européens sous le gouvernement précédent, c'est opérer le principal basculement de la France dans la sphère impériale mondialiste, et abandonner ce qui fait sa personnalité, sa force républicaine, l'unité de sa Nation, son rayonnement extérieur et la construction mondiale de la Francophonie.

Laisser - a fortiori faire - voter ce texte, qui donnerait au monde pour notre langue, la France et la Francophonie, un signal très clair de basculement de l'être vers le non-être, serait sans conteste une redoutable forfaiture.

La démarche en cause ne peut donc pas, à nos yeux, être celle de l'ensemble du gouvernement, encore moins du Président.

Nous pensons qu'il s'agit là d'une tentative de certains milieux mondialistes d'amener - en ricanant sous cape - ce gouvernement et cette majorité à couronner par une loi les efforts du précédent gouvernement, les rêves américains et anti-loi-Toubon des Valérie Pécresse, Richard Descoings, Pierre Tapie (tous "lauréats" successifs du prix annuel de l'académie de la "Carpette anglaise"), pour mieux inféoder la France à la finance impériale mondialiste.

Toutes nos associations françaises et québécoises de défense et de promotion du français et de la Francophonie, et non pas seulement les sept porteuses du Mémoire joint, demandent - à travers vous - au Président de la République de trancher, à son niveau qui est le seul approprié, cette question éminemment politique, avant que le projet de loi ne soit présenté au Parlement et - a fortiori si la loi venait à être votée avec cet article incriminé - avant un éventuel recours au Conseil Constitutionnel, sur

le fondement de l'article 2 de la Constitution de 1958, tel qu'il fut modifié en 1992 par l'ajout : "La langue de la République est le français".

Nos associations savent bien que, dans ce domaine comme dans d'autres où le recours souhaité à un referendum paraît exclu tant la réponse du peuple est redoutée, il faut trouver d'autres voies pour faire remonter politiquement la vox populi.

C'est le sens de la campagne lancée il y a quelques mois en faveur du français par 40 associations - les quarante qui avaient au printemps 2012 demandé aux candidats à la Présidence de la République, puis aux candidats à la députation, de souscrire "10 engagements" pour notre langue.

Cette campagne "Communes de France pour la langue française" vise à rassembler assez de votes de notre manifeste franco-québécois par des conseils municipaux dans toute la France pour équivaloir, en fin de compte, à un referendum d'initiative populaire. Nous escomptons son succès avant les élections municipales de 2014.

Mme Geneviève Fioraso a été la première saisie de notre démarche. Notre lettre de saisine est reproduite ci-dessous.

Elle a été adressée en copie à Mmes Aurélie Filippetti et Yamina Benguigui.

Les parlementaires vont être saisis à leur tour.

Divers mouvements français et québécois, et des médias, suivront.

Au nom des sept associations signataires de l'important Mémoire joint, dans l'espoir que vous voudrez et pourrez empêcher le vote de cette très large ouverture de nos universités et grandes écoles à l'enseignement en anglais, en substitution progressive et rapide au français, nous tous vous prions d'agréer l'expression de notre considération inquiète.

Albert Salon, docteur d'État ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur dans l'Ordre national du Mérite, président d'Avenir de la langue française.


nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2013 (2) - le 21/01/2013 - 09:28 par MAR

Nouvelles de janvier 2013 (2)

- Semaine de la langue française et de la Francophonie du 16 au 24 mars 2013 (lien)
DGLF : publication de nouveaux termes officiellement recommandés  (lire ci-dessous)
- Une Communication d'Yves Montenay  : "La pyramide des langues" (lien)
- La Liberté (Fribourg) : Franglais, quand tu nous tiens ! (25/01) (lien)
- Le "Club Med" traite ses clients fidèles de "Great members ! " (lien)
- Nouvelle émission sur TV5 monde : Destination francophonie (11/1) (lien)


DGLF : publication de nouveaux termes officiellement recommandés 

La Commission générale de terminologie et de néologie a publié de nouvelles listes de termes au Journal officiel en janvier 2013.

Parmi ceux-ci, mot-dièse très remarqué par la presse, mais aussi d'autres termes généraux très liés à l'actualité. On retiendra par exemple, achat à effet de levier (LBO) et établissement à fort effet de levier (HLI) ou en informatique, logiciel à la demande (SaaS) et matériel à la demande (HaaS) ou encore usurpation d’adresse électronique ( e-mail spoofing). [Lire les exemples plus bas]

Vous pouvez découvrir ces termes et leur définition en vous connectant à la base de données http://franceterme.culture.fr/FranceTerme dans la rubrique "Les termes publiés", à droite sur la page d’accueil.

France Terme, a par ailleurs fait l'objet d'une refonte graphique et sera prochainement intégré au portail Culture.fr, revêtira en février 2013 une toute nouvelle forme.


Quelques exemples

mot-dièse, n.m.
Domaine : Télécommunications-Informatique/Internet.
Définition : Suite signifiante de caractères sans espace commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d’intérêt et est insérée dans un message par son rédacteur afin d’en faciliter le repérage.
Note :
1. En cliquant sur un mot-dièse, le lecteur a accès à l’ensemble des messages qui le contiennent.
2. L’usage du mot-dièse est particulièrement répandu dans les réseaux sociaux fonctionnant par mini-messages.
3. Pluriel : mots-dièse.
Équivalent étranger : hashtag.

achat à effet de levier
Abréviation : AEL.
Domaine : Finances.
Définition : Acquisition d’une entreprise au moyen d’un faible apport de capitaux propres et d’un recours important à l’emprunt.
Voir aussi : établissement à fort effet de levier.
Équivalent étranger : leveraged buy-out (LBO).

établissement à fort effet de levier
Abréviation : EFEL.
Domaine : Finances.
Définition : Établissement spécialisé dans l’achat et la vente d’actifs, dont le financement repose sur une proportion importante d’endettement par rapport aux fonds propres engagés.
Voir aussi : achat à effet de levier, fonds spéculatif.
Équivalent étranger : highly leveraged institution (HLI).

flux de dépêches
Domaine : Informatique/Internet.
Définition : Suite de données générées automatiquement par un site de la toile pour permettre l’accès aux nouveautés de ce site.
Note : Certains sites proposent, sur leur page d’accueil, un bouton qui donne la possibilité de s’abonner au flux de dépêches.
Voir aussi : syndication.
Équivalent étranger : really simple syndication (RSS), RSS feed.

impression en ligne
Domaine : Informatique/Internet.
Définition : Service en ligne qui permet de faire réaliser tout type d’impression et de façonnage.
Équivalent étranger : e-printing, web2print, web-to-print.
Attention : Cette publication annule et remplace celle du Journal officiel du 26 octobre 2006.

infrastructure à la demande
Domaine : Informatique.
Définition : Prestation de service qui propose à un client l’utilisation à distance d’une infrastructure comprenant du matériel et des logiciels, et dont le coût correspond à leur usage effectif.
Note : On trouve aussi, dans le langage professionnel, le terme "infrastructure sous forme de service".
Voir aussi : informatique en nuage, logiciel à la demande, matériel à la demande.
Équivalent étranger : infrastructure as a service (IaaS).

logiciel à la demande
Domaine : Informatique.
Définition : Prestation de service proposant à un client l’utilisation à distance d’un logiciel et dont le coût correspond à son usage effectif.
Note : On trouve aussi, dans le langage professionnel, le terme "logiciel sous forme de service".
Voir aussi : informatique en nuage, infrastructure à la demande, matériel à la demande.
Équivalent étranger : software as a service (SaaS).

usurpation d’adresse électronique
Domaine : Informatique/Internet.
Définition : Pratique consistant à utiliser frauduleusement une adresse de courrier électronique appartenant à une autre personne.
. .Note : L’usurpation d’adresse électronique est le plus souvent utilisée pour envoyer en grand nombre des courriels indésirables.
Équivalent étranger : e-mail spoofing.


nouvelles/presse.gifPremières nouvelles de 2013 - le 06/01/2013 - 17:51 par MAR
Premières nouvelles de 2013
- Laurent Fabius exige le français d'une journaliste d'AP (11/1) (lire ci-dessous)
- Alain Juppé : "J'ai horreur du franglais au travail" (7/1)   (lien)
- Le prochain sommet de la Francophonie au Sénégal en 2014 (5/1)   (lien)
- Asso. Radicale Espéranto contre Amazon qui ne respecte pas l'italien (ci-dessous)
- IPAG/ CEDOCA conférence sur la Francophonie avec Albert Salon le 15 janvier  (lien)

Laurent Fabius exige le français d'une journaliste d'AP (11/1)

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse  sur la situation au Mali le 11 janvier à un journaliste de l'Associated Press qui voulait lui poser une question, lui réplique  : "En français !"
Une autre question a été posée peu après par une autre journaliste, de l'AP également, ... en français.

Le message a été bien compris !  (lien vers le site du ministère)


Amazon et le respect italien, Giorgio Pagano (ERA) : Amazon fait payer un "pot-de-vin" de 49 Euros en plus pour un Kindle qui ne lit pas l'italien.

Déclaration de Giorgio Pagano, Secrétaire de l'Association Radicale Espéranto

Un des produits les plus vendus sur Amazon est le Kindle, un objet électronique appelé "E-book reader" qui a la fonction "du texte à la voix", c'est à dire qu'il lit le texte d'un livre numérique qu'on peut écouter avec des écouteurs ou des haut-parleurs. Pourtant, ceux qui sont vendus en Italie ne lisent pas l'italien.

“Les entreprises multinationales anglo-américaines utilisent la discrimination linguistique pour des buts coloniaux depuis toujours, et Amazon n'est pas une exception” a commenté Pagano.

“Pour sa Bibliothèque de la Non-Violence, l'ERA en a acheté deux de haute gamme notamment pour donner aux non-voyants et aux ipovoyants la possibilité de lire des livres en les écoutant et c'est une opportunité que tout le monde apprécie. Nous avons donc découvert amèrement que ces objet à la coquette somme de 199 euros lisent très bien les livres en anglais mais pas du tout ceux en italien. Et Amazon vend le même Kindle Fire aux États-Unis à 199$, c'est à dire 150 euros !”a continué le Secrétaire de l'Association Radicale Esperanto.

“L'aspect non secondaire de ces politiques est d'inciter au collaborationisme et de corrompre les esprits en fonction de la colonisation : seulement si tu lis des livres dans notre langue tu es récompensé ; si tu trahis, tu nies ta culture et choisis la notre, tu auras de plus avec nous, tu vas gagner avec nous. C'est ça le message caché qui passe.

Amazon nous fait payer un "pot-de-vin" de 49 euros pour un produit qui en vaut 150 et qui lit les livres américains mais pas ceux dans notre langue et probablement dans les autres langues européennes. Si on ajoute que chez nous Amazon fait beaucoup d'affaires et paye peu d'impôts, alors la mesure est pleine. Amazon doit courir à l'abri et résoudre le problème en s'excusant avec les italiens, dont la langue et la culture doivent être respectées. Et sans le 49 euros de "pot-de-vin" en plus, parce que nous sommes italiens !”, a conclu le Secrétaire de l'ERA.

Bureau de presse ERA ONLUS
ufficiostampa.era@gmail.com
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"Esperanto" Radikala Asocio

Italia : Via di Torre Argentina 76 - Roma 00186
Tél. : 06 68 97 93 11 - Fax : 06 23 31 20 33 - Mob. 34 90 85 79 76

Belgio : 54 rue du Pépin - B-1000 Bruxelles

USA : United Plaza, Suite 408 - 10017 New-York

www.democrazialinguistica.it
www.linguisticdemocracy.org
www.lingvademokratio.org


nouvelles2/defense.jpgLe Ministère de la Défense et la Langue française - le 04/01/2013 - 14:17 par Albert_Salon

Le Ministère de la Défense
et la Langue française

mémoire sur la sanctuarisation du français envoyé
au Ministre et à de hauts responsables, au nom
de 40 associations dont 32 françaises

 

Paris le 27 décembre 2012

A Monsieur Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense

Mémoire sur la "sanctuarisation du français" au Ministère de la Défense et au sein des Armées de Terre, de Mer et de l'Air

Présenté par l'association Avenir de la langue française (ALF), représentant les associations de promotion du français et de la Francophonie dont la liste est jointe, en exécution d'une décision prise le 31 octobre 2012 en audience au Cabinet du Ministre accordée à ALF par MM. Jean-Christophe Le Minh, Gaëtan Bruel et Fabien Menant.

 

I) Le lien étroit en France entre Armée et Nation et entre Défense et Langue française :

En France, ce lien est encore plus étroit qu'il ne l'est dans les autres États-Nations où une seule des langues nationales est officielle. En France, parangon d'État-Nation où la langue française a joué et joue un rôle crucial dans la conscience et l'unité nationales depuis la Renaissance et François 1er, en passant par la grande Révolution, les lois scolaires de la IIIème République, et les campagnes de ses armées, la défense de la Nation et l'illustration de la langue officielle sont venues à se confondre. D'ailleurs, la Constitution, depuis 1992, dispose que "La Langue de la République est le français" et une loi du 4 août 1994, dite "Loi Toubon", impose l'emploi du français à toutes les administrations et services publics de France, donc aussi à la Défense.

Le lien est d'autant plus fort en France qu'à côté du rayonnement mondial pluriséculaire de sa littérature et de l'ensemble de sa culture, les campagnes de ses armées et les œuvres de ses nationaux ont hissé la langue française au niveau d'une des grandes langues mondiales, présentes sur tous les continents et dans les grandes institutions internationales.

Quel que soit le jugement que l'on porte aujourd'hui sur la nature et les modalités de cette expansion, et quelque degré de repli qu'elle ait pu subir depuis trois quarts de siècle en certains endroits, il n'en reste pas moins que la dimension de langue mondiale du français fait partie intégrante de la conscience nationale des Français, plus particulièrement chez ceux et celles qui choisissent de servir leur pays sous les drapeaux.

 

II) L'opposition est frontale avec le lien entre Empire anglo-saxon et Langue anglaise :

A la différence de beaucoup de grands empires qui l'ont précédé dans l'histoire, l'empire anglo-saxon, encore puissant pour quelque temps, a lié très étroitement son expansion politique, économique et culturelle, à l'expansion de l'anglais et de l'anglo-américain. Il l'impose, par tous les moyens à sa disposition, à tous ses vassaux et alliés, et, dans son rôle de langue mondiale, à tous les organismes internationaux, contre toutes les autres langues de culture et de grande communication.

Depuis une vingtaine d'années, cet empire constate l'érosion inéluctable de son hégémonie mondiale sur les plans politique et économique et même culturel. Il s'emploie alors à freiner l érosion dans toute la mesure du possible en s'appuyant sur toutes les institutions internationales - dont l'OTAN - qu'il dirige ou influence fortement, et sur la langue anglo-américaine, relais d'empire.

 

Le lien linguistique impérial anglo-saxon s'oppose ainsi frontalement au lien linguistique national français.

Si le premier semble être l'emporter sur le second malgré le déclin de l'empire américain, c'est dû à ses relais dans le monde entier, particulièrement en Europe, et en France.

L'empire bénéficie en effet de l'aide délibérée et rémunérée des gouvernements qui se sont succédé à Paris depuis 1974, et d'élites françaises désireuses d'afficher leur appartenance à une oligarchie mondialisée dont elles profitent encore. Ce sont les mêmes personnages qui, tels Mme Pécresse et MM. Pierre Tapie et Richard Descoings, étendaient les enseignements en anglais pour les étudiants français dans nos universités et grandes écoles, et qui, tel M. Luc Chatel, pressaient pour l'introduction massive de l'enseignement de l'anglais dès la maternelle.

Ces gouvernements successifs ont pris des décisions relatives aux alliances transatlantiques et à une forme d'intégration européenne qui ont pour conséquences de diluer la souveraineté de la Nation, et de mettre sa défense au service d'intérêts qui sont de plus en plus étrangers, essentiellement de l'empire. Cela dans la langue impériale imposée comme nécessaire, notamment au nom d'une sacro-sainte "interopérabilité" des stratégies et tactiques ainsi que des unités amenées à travailler ensemble en vue d'objectifs présentés comme communs.

Les exemples abondent. Laissons-en citer (1), par un amiral ancien de l'aéronavale, puis (2), par un dirigeant de notre association partenaire : " COURRIEL" :

 

1) Dans l'anodine revue "le Mérite", organe officiel de l'ANMONM, n°125, octobre 2010, figure en p.27 l'échange suivant. L'interrogateur est un civil, président honoraire de la section de l'Hérault de l'ANMONM, l'interrogé est le général de corps d'armée Charpentier, commandant des Forces terrestres françaises :

Question : "j'évoquais l'Europe (…). On peut parler le même langage sans parler la même langue. Comment est organisée la communication entre les forces européennes ?" Réponse : "Il n'y a aucune ambiguïté : la seule langue de travail possible est l'anglais. Nous ne sommes pas une enceinte de discussion où chacun doit pouvoir exprimer sa sensibilité sur tel ou tel sujet ! Nous avons des missions à remplir qui se caractérisent par des prises de risque et la mise en danger de nos soldats. Nous devons donc parler la même langue, afin que les mots signifient la même chose quelle que soit la nationalité de celui qui les reçoit. Dorénavant, celui qui refuse ce fait est exclu du système ! Nous avons pris les mesures depuis déjà un certain temps pour répondre à cette contrainte, nos propres exercices se conduisent le plus souvent dans un cadre international et donc en anglais. C'est également la langue de travail du CRR-FR de Lille (corps de réaction rapide - France état-major de corps d'armée dédié à l'OTAN) qui compte pourtant ¾ de Français, et environ 80 militaires étrangers de 12 nations." Nous voilà donc fixés : pas de discussion, sous peine d'exclusion…vive l'armée ! Mais je voudrais bien savoir qui ORDONNE à nos militaires d'adopter cette attitude, avec quelle justification et sous peine de quelles sanctions. Je crains fort, malheureusement, qu'il s'agisse d'un excès de zèle d'une bande de lèche-bottes haut placés et de ministres dont la règle serait "je suis leur chef, donc je les suis".

Aux armes, citoyens, je compte sur vous tous pour que les traîtres sentent que le terrain se dérobe sous leurs pieds" ou, encore en 2010 ! : L'armée française, à l'approche du sommet de l'OTAN, se devait de "communiquer" sur l'Afghanistan. Elle l'a fait par le biais d'un dépliant, distribué à chaque militaire, expliquant les raisons de l'engagement sur cette terre lointaine. Édité conjointement par le ministère des affaires étrangères et européennes et le ministère de la défense, il a la particularité d'être entièrement… en anglais. Nous avons déjà eu droit en 2008, lors du départ à la retraite du général DAMAY (commandant le CRR-FR) à une prise d'armes dans la langue d'Eisenhower, à l'intérieur-même de la prestigieuse citadelle de Lille. Voilà une nouvelle atteinte à la Constitution qui précise, en son article 2, que "la langue de la République est le français".

 

2) "les prises d'armes en ANGLAIS déstabilisent les militaires et sont contraires au lien le plus évident entre l'armée et la Nation. Elles ne se font pas que dans le cadre de l'OTAN : un sergent de l'école des sous-officiers, du coté d'Albi, me le confirmait encore l'an passé, ainsi que son trouble... Le drapeau devrait être indissociable de la langue qui l'illustre, langue unique et constitutionnelle de la République. A quand des régiments avec une devise en anglais, comme un vulgaire club de basket de province ?" "Une règle récente dispose que l'on ne peut plus monter en grade dans l'armée FRANÇAISE sans réussir à un test de langue en anglais. Non en langue étrangère (là où l'armée aurait vocation, sur le nombre de ses personnels, à encourager la diversité pour se garantir d'avoir toujours quelques soldats parlant l'idiome du théâtre d'opération --d'autant que les théâtres les plus récurrents sont connus et parlent des langues proches...), mais bien "en anglais". Cela signifie que le courage, la compétence technique, le dévouement au drapeau ne sont plus suffisants en France, et que pour monter il faut être "formaté" à l'anglo-saxonne. A minima qu'une compétence "transverse", "secondaire", prend le pas sur les compétences métiers (stratégie, tactique, qualité de meneur/charisme, loyauté, bravoure au combat). C'est grave, et constitue un nouveau fossé entre l'armée et le peuple qu'elle sert, où l'anglais, quoique progressant et insidieux, n'est pas encore la norme de l'élévation sociale, fort heureusement ! D'ailleurs, le niveau d'anglais est testé... quid du niveau... de français ? Au reste, c'est un frein supplémentaire au recrutement, à un moment où celui-ci, de l'extérieur du moins, semble difficile... Nul en anglais, pas de grade..."

Dans la pratique, tant la plupart de nos élites que certains de nos hauts gradés eux-mêmes, fascinés par les "modèles militaires" - modèles pourtant fort discutables ! - des États-Unis et de leur OTAN, et séduits les quelques postes de prestige auxquels on leur permet de prétendre, tendent à aller au-delà des circonstances où l'emploi de l'anglo-américain peut être nécessaire. On assiste alors à ces manœuvres et exercices franco-français commandés en "globish" - souvent approximatif, du reste - sous le fallacieux prétexte de s'entraîner ainsi à mieux parler la langue du maître lorsqu'on travaillera en sa présence.

Les excès de zèle encouragés le plus souvent par les hiérarchies aboutissent à des situations grotesques en France, où nos soldats sont obligés de manœuvrer et parader en anglais même en l'absence d'étrangers anglophones !

 

III) Les conséquences actuelles de cette opposition des modèles :

Alors que dans l'OTAN, comme à l'ONU et dans les institutions européennes, le français est langue officielle et de travail, il est éliminé dans les faits par les efforts opiniâtres conjugués des Anglo-Saxons, des étrangers non francophones qui choisissent l'anglais, et des Français qui font de même en abandonnant d'eux-mêmes leurs prérogatives.

On passe alors de l'"interopérabilité" à l'irréversibilité, à un véritable totalitarisme de la langue et de la pensée uniques. La pensée dominante des Anglo-Saxons, qu'elle soit géostratégique, stratégique, tactique, ou dans tout autre domaine, devient la seule pensée possible, au service, tout naturellement, de leurs seuls intérêts politiques, militaires, économiques.

Les intérêts fondamentaux des principaux pays du continent européen, au premier chef ceux de la France - le principal rival - s'en trouvent occultés, oubliés, niés, puis combattus.

Il s'agit d'abord du maintien de son unité nationale, battue en brèche par les régionalismes, les communautarismes et l'islam radical encouragés et financés par l'empire et par son relais bruxellois.

L'intérêt de la France pour une Europe des Nations aux langues et cultures diverses (Umberto Eco : "La langue de l'Europe, c'est la traduction") est bafoué.

La nécessaire politique méditerranéenne est torpillée à la fois par l'UE et par l'Allemagne, et l'anglais a gagné le siège à Barcelone de l'Union pour la Méditerranée (UPM).

Les politiques françaises de grand large à l'égard de la Russie, de la Chine, de l'Amérique latine, et ses politiques les plus traditionnelles et ancrées à l'égard des pays arabes, du continent africain, de la Belgique et du Québec, du français dans le monde, des pays francophones et de la Francophonie organisée, sont entravées, voire sabotées.

Chaque fois, dans son histoire, que la France a choisi le continent européen au détriment du Grand Large, en oubliant ses territoires d'Outre-mer, et son gigantesque espace maritime, elle a subi les plus graves dommages.

Or, son espace maritime reste aujourd'hui le deuxième du monde (11, 2 M. de km²) juste derrière celui des États-Unis d'Amérique. Il offre un extraordinaire potentiel - notamment de ré industrialisation - dans les domaines de l'eau et du dessalement, de l'alimentation animale et humaine (pêche, algues…), de l'énergie (marées, courants, vagues, hydrothermie), des fonds marins (nodules, terres rares), du sous-sol océanique (pétrole, gaz). Il offre aussi, en français, un immense potentiel de développement des DOM-COM (laboratoires de modèles politiques, économiques et sociaux).

L'empire et l'OTAN contribuent à détourner le gouvernement français de ce potentiel et de l'impératif de sa protection par le développement d'une défense navale et aéronavale propre et appropriée, en français.

Idem, mutatis mutandis, pour l'ensemble de la Francophonie.

Les prétendues "élites" françaises semblent, depuis près de 40 ans, avoir choisi à nouveau le continent, en fait sans véritable débat, et même la fusion dans une partie de ce continent dominée et pilotée par l'empire avec l'aide de pays germaniques d'Europe du Nord.

Ce qui change, par rapport aux périodes antérieures où les horizons français furent réduits à l'Europe, mais où la défense de la France restait tout de même française et en français, c'est qu'aujourd'hui notre Défense sert beaucoup plus les intérêts de l'empire que les intérêts fondamentaux de la France, et qu'elle doit les servir de plus en plus en anglo-américain, en marginalisant l'usage du français.

C'est là saper en France l'idée de défense nationale, le patriotisme et l'esprit de défense du soldat et du peuple français, sans lesquels il ne saurait y avoir de défense qui vaille.

Rares sont d'ailleurs les Français qui seraient prêts à mourir pour l'empire, ou l'UE son relais.

Les qualités opérationnelles de l'Armée française, apparemment très appréciées de nos "alliés", pourraient bien disparaître si l'on transformait cette Armée en une armée de supplétifs impériaux, aux liens coupés avec la Patrie.

Il est grand temps de lui rendre au moins la langue française !

 

IV) Pour une "sanctuarisation dynamique" de la langue française dans la Défense de la Nation :

L'actuel gouvernement ne semble pas, hélas, vouloir faire sortir à nouveau la France du commandement intégré de l'OTAN dans lequel le gouvernement précédent avait commis la faute politique nationale majeure de l'y avoir réintégrée. Il reste de surcroît très soucieux de respecter les directives de l'UE, sans pouvoir changer sensiblement ses orientations fondamentales : libérales en économie et impériales en politique internationale, négligeant ainsi plusieurs des intérêts fondamentaux du pays. La place de la langue française dans la défense nationale ne peut donc être améliorée qu'à la marge.

Dans ces conditions, ce que nous pouvons attendre d'un gouvernement et d'un Ministre de la Défense qui seraient soucieux de ne pas insulter l'avenir, et de préserver la possibilité de revenir un jour à une défense des intérêts fondamentaux de la France et non d'un empire qui l'étouffe, c'est au moins d'en repousser l'irréversibilité et le totalitarisme.

Au niveau le plus élevé de la politique, il s'agit de la conscience de tout ce qui distingue le soldat du mercenaire ou du supplétif. Il s'agit des raisons de risquer la vie du soldat. Il s'agit, dans ce domaine, ou plutôt : par ce domaine militaire de si hautes traditions et valeurs chez nous, de restaurer la dignité et la fierté de la Nation. Ce n'est pas concevable dans une langue étrangère imposée. Celle-ci ne peut être qu'une commodité, une utilité lorsque les circonstances d' "interopérabilité" l'exigent impérativement.

Pour le reste, le français doit rester la langue de notre Armée comme de notre État.

Nous nous concentrons donc sur les applications et modalités de l'action de "sanctuarisation dynamique" de la langue française dans le domaine français et francophone de la Défense.

 

1) La sanctuarisation peut trouver une application au sein même des institutions à direction impériale : particulièrement de l'OTAN :

L'OTAN a deux langues officielles et de travail : l'anglais et le français. La sanctuarisation consiste ici à faire respecter dans la pratique le statut du français. En matière juridique, les deux langues officielles (français et anglais) font également foi en ce qui concerne le sens des décisions (organisation, responsabilités, commandement, délégations, coordination, administration…). Une langue de travail a un statut légal dans un organisme international, comme son moyen principal de communication. En premier lieu, c'est la langue employée pour la correspondance et la conversation quotidiennes, puisque l'organisation a en général des membres qui proviennent d'environnements linguistiques et culturels diversifiés. La langue de travail est tout aussi importante que la langue officielle, car elle conditionne le travail effectivement réalisé, et in fine le rayonnement culturel d'un pays.

Au sein de l'Alliance, la France n'est pas l'unique locuteur du français. Le choix du français n'était pas, à l'origine en 1949, destiné à satisfaire un éventuel "ego" des Français : il s'agissait de réduire, au moins en apparence, le présumé impérialisme linguistique de l'ensemble anglo-saxon (largement dominant en puissance militaire, bien sûr, avec les EU, le Royaume-Uni et le Canada anglophone) grâce à une langue française partagée par plusieurs - quatre - États : Canada, Belgique, France, Luxembourg…

En sus des Canadiens, des Belges francophones et des Luxembourgeois, les pays de langue latine ont, eux aussi, apprécié de ne pas se sentir soumis à (ou écrasés par…) un impérialisme linguistique déjà suffisamment dominateur dans tous les autres domaines.

A partir de ces données de base, langue de travail et langue officielle, le ministre de la Défense dispose du pouvoir et de l'autorité pour ordonner à l'ensemble des personnels militaires et civils relevant de son ministère de :

- s'exprimer en français lors des prises de parole officielles et dans l'écriture des courriers ou fiches de travail ;

- exiger la traduction systématique des documents ;

- exiger la présence d'un interprète dans les réunions de travail.

- exiger de tout candidat des diverses nationalités à un poste à l'OTAN une connaissance du français comme de l'anglais.

 

2) Sanctuarisation en France même et au sein des unités françaises en opérations extérieures, en dehors des institutions internationales :

Dans ses domaines de compétence, le Ministre devrait :

- exiger des chefs militaires de ne pas renouveler l'exploit en dhimmitude de ce général lors d'une prise d'armes au Kosovo : donner tous ses ordres en anglais sous prétexte que la prise d'armes était en l'honneur d'une "huile" étatsunienne ;

- enjoindre à tous les responsables civils et militaires d'éviter toutes les situations humiliantes et grotesques, dommageables au patriotisme et à l'esprit de défense du soldat français, décrites dans la partie II du présent mémoire ;

- exiger de tous ses services l'application scrupuleuse des décisions des Commissions de Terminologie qui ont fait l'objet d'une parution au JORF ;

- créer une cellule interne de veille active pour l'emploi de notre langue ;

- prêter attention à ce qui paraît être un "détail" anecdotique, mais est en fait très symbolique : la bataille engagée - en France comme au Québec - entre les mots "mail" et "courriel". L'importance d'une instruction personnelle, donnée par le Ministre à tous les responsables concernés, d'employer le mot "courriel", validé par l'Académie française, est relevée dans la lettre d'accompagnement du présent mémoire.

Albert Salon , docteur d'État-ès-lettres, ancien ambassadeur, commandeur dans l'Ordre national du Mérite, président d'Avenir de la langue française.


nouvelles/presse.gifNouvelles de décembre 2012 (3) - le 02/01/2013 - 19:24 par MAR
Nouvelles de décembre 2012 (3)
- Espace francophone : le Sommet de la Francophonie de Kinshasa sur le site (lien)
- Le Monde : Quelle stratégie pour la culture française ? (18/12) (lien)
- El Watan : Un rapport apaisé à la langue française (14/12) (lien)
- CRI : Clôture de l'Année de la langue française en Chine (14/12) (lien)

Quelle stratégie pour la culture française ? lettre de Jean Hourcade parue dans Le Monde du 18 décembre 2012

La tribune Laure Kaltenbach et Olivier Le Guay "La culture nous sortira de la crise !" (Le Monde du 4 décembre) nous apprend que le poids économique de la culture (industries culturelles et créatives) en France est de 2, 8 % du PIB contre 6, 36 aux États-Unis. Alors que le monde anglo-saxon s’efforce avec constance de cantonner la France dans sa belle et flatteuse image de pays de culture et d’art de vivre… pour mieux lui contester sa prétention à demeurer dans la compétition en matière d’industries de pointe et de recherche scientifique, on voit combien il est exact qu’il n’y a pas de "culture innocente". La culture, c’est la demeure de notre être, mais c’est aussi notre pain quotidien (au propre et au figuré !).

Ces chiffres devraient donner à penser à nos nouveaux gouvernants et les conduire à définir sérieusement une politique culturelle en interne et à l’international. L’ancienne majorité a fait largement litière des efforts séculaires de notre pays pour promouvoir notre culture et notre langue à travers le monde. Les moyens ont été réduits dans tout le réseau des centres et instituts et la diffusion culturelle n’a même plus de direction dédiée aux Affaires Étrangères.

Dans le même temps, les Instituts Confucius et Cervantès se multiplient et nos médias diffusent à longueur de journée des films ou des séries américaines bradés, qui conditionnent nos enfants à la pensée unique made in USA. Bien sûr sans la moindre contrepartie sur les écrans d’outre-Atlantique.

Lol ! (si j’ose dire).


Jean Hourcade, L’Étang-la-Ville (Yvelines)


nouvelles2/danone.jpgDanone doit traduire en français ! (suite) - le 02/01/2013 - 19:23 par MAR
Danone doit bien traduire en français
ses logiciels internes
(5 décembre 2012)
 
La Cour d'appel de Grenoble confirme le jugement du 5 juillet 2012 du Tribunal de Grande Instance de Vienne dans lequel Danone était condamné à mettre à disposition de ses salariés l'intégralité des logiciels et documents en langue française.

L'affaire remonte à 2010, Danone entreprend alors de modifier son système informatique et élabore le projet "Thémis II". La mise en œuvre de ce système contraint les salariés à utiliser des outils et des document de travail en anglais dès juin 2011.

Au printemps 2011, la CGT, le comité d'établissement et le CHSCT de l'usine de Saint-Just-Chaleyssin (304 salariés) avaient pourtant décidé de saisir le Tribunal de Vienne pour obtenir une traduction en français de tous les logiciels et documents.

Le 5 juillet 2012, le TGI rend son jugement et condamne Danone à la traduction. Danone fait appel en août.

Entretemps, Danone a mis à disposition des salariés un outil, 'Babylone", qui permet d'assurer la traduction simultanée de l'intégralité des mots anglais contenus dans les logiciels. Mais, dans ses "attendus", la Cour d'appel remarque que l'outil de traduction - qui fait du mot-à-mot - ne répond pas aux exigences de l'article L 1321-6 du code du travail, à savoir tous les documents nécessaires à l'exécution d'un travail doivent être traduits en français.

En plus de l'obligation de faire mieux en matière de traduction, Danone est condamné à verser 3 000 euros au syndicat CGT.
 
 

nouvelles2/cuvillier.jpgFrédéric Cuvillier Carpette anglaise 2012 - le 13/12/2012 - 22:40 par Albert_Salon
Frédéric Cuvillier,
ministre délégué aux Transports, à la Mer et à la Pêche
Carpette anglaise 2012
[ainsi que l'AFII et l'INPI, à titre étranger]

Communiqué de L’Académie de la Carpette anglaise

L'académie de la Carpette anglaise1 s'est réunie le 12 décembre 2012. Le jury, présidé par Philippe de Saint Robert, était composé de représentants du monde associatif2 et littéraire.

Au premier tour de scrutin, par cinq voix sur neuf, la Carpette anglaise 2012 a été décernée à M. Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche pour avoir déclaré, selon Le Parisien, que, dans le domaine du transport, "l'anglais devrait être la langue d'usage et de rédaction des documents officiels harmonisés".

Le prix spécial du jury à titre étranger 3 a été décerné au premier tour de scrutin, par cinq voix sur neuf, à l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII) et l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) pour la campagne publicitaire "Say oui to France, say oui to innovation", qui promeut la France à l'étranger en utilisant l'anglais comme seul vecteur de communication, au lieu de s'adresser dans la langue des pays visés par cette campagne.

Anne Cublier, Benoît Duteurtre, Yves Frémion et Dominique Noguez sont membres de cette académie.

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1 La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des "élites françaises" qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.

2 Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Courriel (Collectif unitaire républicain pour la résistance, l'initiative et l'émancipation linguistique), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DDC).

3 Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise. 

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
Courriel : parlerfranc@aol.com
Académie de la Carpette anglaisechez Le Droit de Comprendre, 34 bis rue de Picpus, 75012 Paris.


en savoir plus sur la Carpette anglaise

voir la liste des précédents lauréats


nouvelles2/erasmus.jpgErasmus : 4 ministres contre changement en "YES Europe - le 13/12/2012 - 14:19 par MAR

"Erasmus " : 4 ministres français écrivent à Barroso
contre un changement de nom en "YES Europe"

La France souscrit "pleinement aux objectifs et aux modalités du nouveau programme 'Erasmus pour tous' en cours de discussion au Parlement européen. Cette convergence de vues nous autorise toutefois à vous témoigner notre surprise quant au risque de voir le nom de ce programme abandonné." C'est ce qu'écrivent Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Laurent Fabius, ministre de Affaires étrangères, Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale et Aurélie Filipetti, ministre de la Culture et de la Communication dans un courrier adressé le 23 novembre 2012 à José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et dont AEF a eu copie. Ils font référence au fait que la commission culture et éducation du Parlement européen a proposé le 27 novembre dernier dans son rapport sur le nouveau programme, que celui-ci porte le nom de "YES Europe", acronyme de "Youth Education Sport" ("Jeunesse éducation sport"). Ce nouveau nom permettrait, selon le rapport des eurodéputés de mettre l'accent sur le volet jeunesse du nouveau programme.

Ce nouveau nom proposé par les députés européens s'apparente, selon les ministres français, à "un slogan publicitaire en anglais" et "ne semble pas constituer un message pertinent". Les ministres estiment qu' "un tel choix, s'il était confirmé, conduirait (…) les publics concernés à penser que les échanges universitaires peuvent se contenter de s'établir en une seule langue, qui plus est singulièrement appauvrie". Or, "c'est au contraire en s'appuyant sur la richesse de son patrimoine culturel et linguistique que l'Europe répondra aux défis de la société de connaissance". Selon les signataires de ce courrier, l'appellation "YES Europe" "enverra un signal malheureusement inverse".

"Maintenir la référence à Érasme"

Les ministres estiment que "la référence à une figure emblématique de la Renaissance est (…) particulièrement adaptée à un dispositif qui favorise la circulation des idées et des savoirs en Europe"."Par ailleurs, cette dénomination, installée de longue date dans les esprits s'identifie au succès de ce programme et il y aurait dès lors un grave inconvénient à en changer", ajoutent-ils.

Ils appellent donc la Commission européenne à "avoir la sagesse de renoncer à ce choix et de maintenir la référence à Érasme qui, loin de constituer un obstacle à la réussite de ce programme, l'a au contraire merveilleusement incarné".

L'opposition à la nouvelle appellation de "YES Europe" est partagée par certains eurodéputés, à l'image de Malika Benarab-Attou, députée européenne (groupe des Verts/Alliance libre européenne) qui le juge "assez terrible, notamment quand on considère que la devise de l'UE est 'unie dans la diversité'". Interrogée par AEF, elle explique que "la question de la diversité des langues revêt une importance particulière en Europe" et se dit donc "favorable au maintien du nom 'Erasmus pour tous', déclinable dans toutes les langues". Le rapport adopté par la commission culture et éducation du Parlement européen doit maintenant être débattu en séance plénière au mois de janvier 2013 pour une mise en œuvre en 2014."Nous allons essayer de faire bouger les lignes", indique Malika Benarab-Attou.


nouvelles/AN.jpgQuestions parlementaires décembre 2012 - le 12/12/2012 - 09:41 par MAR

Questions parlementaires décembre 2012

Nous avons réuni ici des questions écrites posées par des parlementaires :Question très complète de Sylviane Bulteau, députée de Vendée, sur la dégradation de la place de la langue française en Europe, dans le monde et au sein de notre propre pays et sur le manque de volonté passé et présent de faire changer cet état de fait. Une question de Jacques Legendre, sénateur du Nord sur l'ouverture à Rouen d'un mastère en management des arts, intégralement dispensé en anglais.

Suivie d'autres questions de députés sur la place de la langue française dans les institutions européennes, titres anglo-américains des émissions de télévision et publicités télévisées en anglais ;
et de questions de sénateurs sur le Qatar.
[Lire les textes ci-dessous]

Nous attendons avec impatience les réponses du gouvernement !
(pour avoir un panorama plus complet : regarder dans le menu de gauche Cadre institutionnel : Politique puis Questions des Députés et Questions des Sénateurs)

sur la dégradation de la place du français

Question n°12575 de Mme Sylviane Bulteau ( Socialiste, républicain et citoyen - Vendée )

Ministère interrogé > Francophonie

Question publiée au JO le : 04/12/2012 page : 7114

Texte de la question

Mme Sylviane Bulteau appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la place de la langue française en Europe, dans le monde et au sein de notre propre pays.

Au sein de l'Union européenne, d'abord , la langue allemande est celle qui compte le plus de locuteurs, suivie en cela par le français puis l'anglais. Il est donc inconcevable que le français ne soit aujourd'hui la langue "source" que pour seulement 8 % des documents qui émanent de la Commission européenne alors que sur le site internet de l'exécutif européen, seules 12 % des pages sont traduites en français. Systématiquement, les documents de travail sont transmis en anglais au Gouvernement français. Depuis de nombreuses années, les parlementaires de l'Assemblée nationale comme du Sénat alertent les gouvernements successifs sur le dramatique affaiblissement de notre langue et concomitamment de notre influence.

À l'échelle de la planète, ensuite , la régression dans l'ensemble des organisations internationales s'accélère, que ce soit à l'ONU ou dans les instances associées principalement où 90 % des textes sont d'abord rédigés en anglais. Il apparaît que de nombreux pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne respectent pas les engagements qu'implique leur participation à ce groupement : leurs diplomates parlent exclusivement l'anglais et leurs moyens de communication ne présentent souvent aucune version française (sites internet).

Dans le domaine de la coopération de sécurité et de défense, la situation n'est pas meilleure. Depuis que la France a rejoint l'OTAN, l'armée française s'est complètement convertie à l'anglais dans ses relations avec nos partenaires. Un exemple parmi d'autres : la force de gendarmerie européenne, pourtant créée à l'initiative de la France, et qui ne compte aucun pays anglophone en son sein, n'a qu'une langue de travail officielle : l'anglais. Son site internet est là aussi unilingue, en anglais.

Demain, grâce à l'Afrique, le français, actuellement 9e langue mondiale avec 200 millions de locuteurs, sera une des principales langues mondiales. À l'horizon 2050, avec 715 millions de locuteurs, elle sera toujours parlée sur chaque continent, privilège qu'elle partage avec l'anglais seulement.

En France même , enfin, on ne peut que constater une évolution néfaste. Les titres de films ne sont plus traduits, les émissions télévisées s'affublent de titres anglais, les radios rechignent à appliquer les quotas obligatoires de diffusion de chansons françaises pourtant nécessaires à l'émergence de nouveaux talents et réclament même pour certaines la prise en compte, dans ces quotas, des artistes francophones qui s'expriment en langue anglaise !

Nos grands groupes industriels nationaux eux-mêmes choisissent des slogans en anglais et travaillent dans cette langue.

De nombreuses grandes écoles , de Sciences Po à HEC, dispensent leurs cours en anglais, souvent, d'ailleurs, au mépris de la législation en vigueur.

La recherche scientifique et les brevets sont eux aussi concernés par cette évolution qui pénalise nos chercheurs et la visibilité de nos travaux académiques. Le chantier est énorme. Les rapports parlementaires s'empilent, les associations de défense de la langue multiplient les alertes mais la situation s'aggrave.

Cet état de fait doit cesser . Aujourd'hui, il faut agir vite, efficacement, de façon résolument offensive et cela en lien étroit avec les ministères concernés : Affaires étrangères, Éducation nationale, Défense, Culture, Redressement productif... Elle lui demande ainsi les actions qu'entend mener concrètement le Gouvernement tant auprès de la Commission européenne qu'auprès des membres de l'Organisation internationale de la Francophonie ou encore de nos relais politiques, économiques et culturels à l'étranger pour que le français retrouve toute sa place au service de notre rayonnement.


sur l'ouverture à Rouen d'un mastère en management des arts intégralement en anglais

Question écrite n° 03375 de M. Jacques Legendre (Nord - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 06/12/2012 - page 2791

M. Jacques Legendre attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur une violation caractérisée de la loi sur la langue française. Il a en effet pris connaissance avec surprise, dans les pages économiques d'un grand quotidien du matin, de l'ouverture à Rouen d'un mastère en management des arts (MSc in Arts management) dispensé par la "Rouen Business School", avec un programme de 15 mois à plein temps, intégralement dispensé en anglais.

Un tel enseignement, s'il est dispensé sur notre territoire par un établissement d'enseignement supérieur français viole manifestement les dispositions de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, dite "loi Toubon".

La volonté de dispenser un enseignement destiné à former des gestionnaires culturels nécessite évidemment d'avoir une bonne connaissance de plusieurs langues et en particulier de l'anglais.

Mais vouloir systématiquement ne former qu'en anglais des acteurs de la vie culturelle est parfaitement contradictoire avec le combat pour la diversité culturelle, et donc linguistique, dont la France et le monde culturel français sont d'ardents protagonistes.

Il lui demande donc quelles actions elle compte mener pour faire respecter la loi sur la langue française, en liaison avec Mme la ministre de l'enseignement supérieur.


sur la place du français dans les institutions de l'Union européenne

Question n°12576 de M. Guillaume Chevrollier ( Rassemblement-UMP - Mayenne )

Question écrite

Ministère interrogé Francophonie

Question publiée au JO le : 04/12/2012 page : 7114

Texte de la question

M. Guillaume Chevrollier attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la place allouée à la langue française dans les institutions de l'Union européenne. En effet la place de celle-ci s'est sensiblement dégradée ces dernières années que ce soit au niveau de la communication que des documents de travail ou des publications où l'anglais prédomine. Or l'Union européenne s'était engagée à respecter l'égalité linguistique. Il lui demande ce que le Gouvernement entend faire pour que ces engagements soient respectés et pour que le français retrouve la place qui devrait être la sienne.


Question n°10693 de M. Jacques Myard (UMP - Yvelines )

Ministère interrogé Affaires européennes

Question publiée au JO le : 20/11/2012 page : 6539

Texte de la question

M. Jacques Myard appelle l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, sur la situation de la langue française dans les institutions de l'Union européenne. À l'évidence, cette situation se dégrade rapidement : lors d'une simple visite des immeubles de la Commission, chacun peut constater que l'ensemble des affiches ou visuels vantant l'action de la Commission est exclusivement en langue anglaise. Les documents de travail, les publications des directions de la Commission ainsi que de ses agences, ne sont disponibles qu'en langue anglaise. Cette situation est particulièrement préoccupante et est directement contraire aux règles linguistiques de l'Union européenne, fondée sur l'égalité linguistique et le respect du statut des langues de travail au rang desquels figure le français. Elle est aussi directement contraire à nos intérêts dont l'emploi de notre langue est un élément essentiel. La Commission européenne est devenue une machine à angliciser. Il lui demande, en conséquence, quelles actions vigoureuses il entend mener pour mettre fin à cette situation scandaleuse, totalement préjudiciable à nos intérêts et dont la poursuite va inévitablement provoquer de violentes querelles linguistiques et mettre en péril l'existence même de la coopération européenne.


Question n°11909 de M. Dino Cinieri ( Rassemblement - UMP - Loire )

Ministère interrogé Affaires européennes

Question publiée au JO le : 27/11/2012 page : 6857

Texte de la question

M. Dino Cinieri appelle l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, sur l'utilisation de la langue française dans les instances européennes. De plus en plus souvent, les documents sont publiés en anglais sans être traduits dans d'autres langues. Ainsi, le 20 septembre 2012, la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a examiné le règlement financier du budget général de l'Union européenne, qui était présenté au vote dans un texte de 407 pages uniquement en anglais. Avec environ 100 millions de locuteurs, l'allemand est la langue maternelle la plus parlée dans l'Union européenne, suivi du français, puis de l'anglais. Il lui demande pour quelle raison le Gouvernement français n'a pas formulé une protestation solennelle contre une telle discrimination linguistique et exigé le respect des règles européennes.


sur les titres anglo-américains des émissions de télévision et les publicités en anglais

Question n°11910 de M. Jean-Jacques Candelier ( Gauche démocrate et républicaine - Nord)

Ministère interrogé > Culture et communication

Question publiée au JO le : 27/11/2012 page : 6887

Texte de la question

M. Jean-Jacques Candelier alerte Mme la ministre de la culture et de la communication sur les titres anglo-américains des émissions de télévision ainsi que sur la diffusion de publicités télévisées en anglais, ce qui ne semble pas respecter la Constitution ainsi que la loi française.


sur le Qatar dans l'Organisation internationale de la francophonie (OIF)

Question écrite n° 03242 de M. Christophe-André Frassa (Français établis hors de France - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 29/11/2012 - page 2715

M. Christophe-André Frassa expose à Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, que l'entrée de l'État du Qatar, directement comme État associé, au sein de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) a soulevé de nombreuses interrogations dans la communauté francophone à travers le monde pour ne pas dire plus.

Il lui précise, si cela s'avérait vraiment nécessaire, que l'État du Qatar est notoirement reconnu comme un État non francophone dans lequel, mis à part les deux établissements scolaires dispensant l'enseignement français, peu d'actions sont menées par les autorités pour favoriser l'apprentissage de la langue française et le rayonnement de la francophonie.

Il souligne qu'en revanche l'État d'Israël qui compte aujourd'hui plus de 600 000 francophones, c'est-à-dire pratiquement 10 % de la population du pays, n'est pas membre de l'OIF et n'a obtenu que le statut de membre associé au sein de l'Agence universitaire de la francophonie.

Il lui rappelle que la règle du consensus a fait que l'État d'Israël n'a jamais pu intégrer l'OIF, ne serait-ce qu'à titre de membre observateur.

Il l'interroge sur le rôle qu'entend donc jouer la France pour favoriser l'entrée de l'État d'Israël au sein de l'Organisation internationale de la francophonie.


Question écrite n°03252 de Mme Claudine Lepage (Français établis hors de France - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 29/11/2012 - page 2715

Mme Claudine Lepage appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la situation du lycée Voltaire de Doha, au Qatar.

Ce lycée est homologué par l'Agence de l'enseignement français à l'étranger (AEFE) et géré, jusqu'à présent, par la Mission laïque française (MLF). Suite à une mésentente tant sur la gestion administrative que sur le contenu des programmes, la MLF va se retirer d'ici la fin de l'année. En effet, un désaccord a vu le jour au sujet d'un manuel d'histoire dont le remplacement a été demandé et d'un manuel d'enseignement de l'arabe, remplacé par un manuel mêlant apprentissage de la langue et religion. C'est la première fois, depuis de nombreuses années, que la MLF quitte ainsi un pays où elle était implantée depuis plusieurs années.

Le Qatar vient d'entrer dans l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en qualité de membre associé et la décision a suscité un certain scepticisme de la part des partenaires de la France. Mais ce pays, qui compte, certes, un très faible nombre de francophones, a convaincu l'organisation de son engagement en faveur de la promotion et de la défense de la langue française. Il convient de s'en réjouir. Seulement l'adhésion à l'OIF suppose également le partage et la promotion d'un certain nombre de valeurs communes telles que la paix, la démocratie ou le respect des droits de l'homme...

Ce récent épisode révèle la responsabilité que la France doit avoir, à l'égard de tous ceux qui entendent, même en toute bonne foi, participer au développement de sa langue et sa culture. Sans préjuger des intentions des autorités qataries, il lui semble que la France doit demeurer vigilante. C'est pourquoi, elle souhaite l'interroger sur sa position, sachant, en outre, que le Qatar entend financer d'autres établissements, du type de celui du lycée Voltaire, dans le Golfe et en Afrique.


Question écrite n° 03309 de M. Louis Duvernois (Français établis hors de France - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 29/11/2012 - page 2702

M. Louis Duvernois attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la situation du lycée Voltaire de Doha, au Qatar, géré par la Mission laïque française, MLF.

Pour la première fois depuis plusieurs années la MLF a annoncé son intention de se retirer de la gestion de l'établissement homologué en raison de divergences sur l'orientation de la gestion administrative et le choix des contenus de programmes. Un désaccord profond s'est, en effet, installé au sujet du remplacement d'un manuel d'histoire réclamé et d'un manuel d'enseignement de l'arabe qui intègrerait langue et religion. Lors du sommet de la francophonie qui s'est tenu à Kinshasa au Congo en octobre 2012, le Qatar est directement devenu "membre associé", vraisemblablement en contrepartie d'un engagement à promouvoir la langue française et les valeurs républicaines dont elle est porteuse. Cela nous conduit à nous interroger sur le sens réel de cette adhésion au sein de l'Organisation internationale de la francophonie. Le Qatar n'entend-t-il pas financer d'autres établissements scolaires du type du lycée Voltaire dans le golfe persique et sur le continent africain ? L'attachement du Qatar à la langue française s'était, rappelons-le, manifesté à Québec, en juillet 2012, lors du 1er forum mondial de la langue française, par une présence publicitaire soutenue. Aussi, il lui demande de bien vouloir lui confirmer les conditions du retrait de la MLF- décision rare de l'opérateur- du lycée Voltaire et de lui apporter une réponse claire sur l'engagement véritable du Qatar dans la francophonie en matière politique, éducative et culturelle.


nouvelles/presse.gifNouvelles de décembre 2012 (2) - le 11/12/2012 - 23:14 par MAR
Nouvelles de décembre 2012 (2)
- Iqraa TV commence la diffusion de ses programmes en français (10/12) (lien)
- Espace public-Radio France langue française : Radio France S'EN FOUT (4/12) (lien)
- Agaravox (J. La Mauragne) : Pubs interdites à la télé [pour illégalité] (5/12) (lien)
- Allianz : rappel à la loi de l'inspection du travail (92) pour la langue (lien)
- au Chef d’État-major (Marine) : "Cols bleus" et son anglomanie (3/12) (lien)


nouvelles2/superieur-recherche.jpgRéponse lamentable du Gouvernement - le 11/12/2012 - 19:16 par MAR

Réponse lamentable
de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche
à une question de
Jean-Jacques Candelier (député SRC-Nord)

Cette question portait sur le fait que le Conseil national des universités autorisait désormais la publication de thèses en anglais en France et sur le fait que Sciences-po. Reims et d'autres universités françaises imposent à leurs étudiants des cours en anglais.

Dans sa réponse la ministre, Geneviève Fioraso, tout en noyant le poisson et s'abritant derrière les commissions de terminologie (quel rapport avec le sujet ?), nous parle de monde globalisé (en français dans le texte !) et de contexte compétitif pour justifier toutes ces démissions, toutes ces lâchetés et prend acte du fait que la recherche se fait en langue anglaise ! [lire ci-dessous]

Tout ceci en violation flagrante de l'article 2 de la constitution :"La langue de la République est le français...", en violation de la loi du 4 août 1994 qui stipule en son article 11 que "La langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français...".

En violation enfin, de toutes les grandes déclarations de François Hollande depuis son investiture. (lire notamment François Hollande : "Je défendrai partout l’usage du français" et François Hollande et la Francophonie)

Il serait grand temps que le Gouvernement clarifie sa position sur la langue française et remette au pas les angliciseurs qui sévissent jusqu'en son sein.

MAR


Question écrite n° 198 - 14ème législature posée par M. Jean-Jacques Candelier  (Nord - Gauche démocrate et républicaine) - publiée au JO le 03/07/2012

M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la mauvaise application de la loi Toubon dans l'enseignement supérieur français.

L'article 1er de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, dite loi Toubon, stipule que la langue de l'enseignement est la langue française. En dépit de la législation, le Conseil national des universités autorise désormais la publication de thèses en anglais en France et Sciences po Reims et des universités françaises imposent à leurs étudiants des cours en anglais.

Selon lui, il faudrait aller vers de lourdes pénalités pour les établissements incriminés, voire jusqu'à l'interdiction pure et simple des enseignements en anglais.

Il demande quels moyens il compte mettre en œuvre pour faire appliquer correctement la loi Toubon dans l'enseignement supérieur.

Réponse du ministère : Enseignement supérieur et recherche
parue au JO le 11/12/2012

Selon la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française codifiée à l'article L.121-1 du code de l'éducation, la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français.

Il existe des exceptions justifiées à l'emploi de la langue française, liées aux nécessités induites par les enseignements de langues et cultures régionales ou étrangères, ou lorsque les enseignants sont des professeurs associés ou invités étrangers.

Il ne s'agit donc souvent pas d'enseignements "imposés" mais de choix faits par les étudiants pour renforcer leur niveau en langue étrangère à travers l'acquisition de nouvelles connaissances dans une discipline.

S'agissant des thèses de doctorat, un cas particulier concerne les diplômes en partenariat international.

La langue dans laquelle est rédigée la thèse est définie par convention conclue entre les établissements français et étranger contractants.

Lorsque la langue de rédaction employée n'est pas le français, la thèse est complétée par un résumé substantiel en langue française.

Dans un monde globalisé et dans le contexte compétitif de l'espace européen de l'enseignement supérieur et de la recherche, les établissements d'enseignement supérieur sont invités à favoriser l'excellence et la mobilité internationale et à prendre en compte les avancées de la recherche dont une partie non négligeable des résultats fait l'objet d'une publication en langue anglaise.

Enfin le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche participe à la défense et au rayonnement de la langue française à travers le monde notamment grâce aux travaux de la commission spécialisée de terminologie et de néologie de l'éducation et de l'enseignement supérieur.


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