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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2014 (3) - le 17/01/2014 - 08:22 par MAR

Nouvelles de janvier 2014 (3)

COURRIEL : "Charte des langues régionales : inutile, inapplicable et dangereuse" (lien)
L'assemblée générale d'ALF s'est tenue le 18 janvier au lycée Henri IV (Paris) (lien)
Hervé Ladsous (Secr. Gal adj. ONU) : "Des casques bleus francophones" (15/1) (lien)
Traductions et traducteurs : La chanson française à l’étranger (lien)
Yves Bigot : "TV5 Monde veut déringardiser l'image de la France" (12/1) (lien)


 


nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2014 (2) - le 07/01/2014 - 23:24 par MAR

Nouvelles de janvier 2014 (2)

Du 15 au 23 mars 2014, enlivrez-vous en librairie ! (lien)
Encore une émission de consensus mou sur France Inter
(pourtant de plus en plus anglomane : chansons, films...) sur la langue française (lire ci-dessous)

Yves Montenay : Comment sensibiliser les entreprises au plurilinguisme ? - La leçon d’une expérience de PME à l’étranger conférence à Turin (lien)


Encore une émission de consensus mou sur France Inter (pourtant de plus en plus anglomanes : chansons, films...) sur la langue française diffusée le 2 janvier  dans l'émission d'Arthur Dreyfus "Encore heureux" lien [ ou télécharger (bouton droit, enregistrer...)]

Avec toutefois une surprise : la remise en cause par François Garçon de la bêtise du programmateur musical qui a trouvé malin de démarrer l'émission par une chanson américaine en se prenant sans doute pour un contestataire alors qu'il n'est qu'un simple laquais de l'empire. Il a appuyé ensuite en disant que France Inter était de plus en plus anglomane "par colonisation mentale". L'animateur a d'ailleurs prétendu en réponse que la moitié des chansons était en langue française sur France Inter (à quelle heure passent-elles ? à 3 h du matin ?), et sans parler bien entendu, de toutes les autres langues (soi-disant 50 % de chansons française = 50% de chansons anglo-saxonnes et 0 % d'autres langues)


nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2014 - le 02/01/2014 - 09:29 par MAR

Nouvelles de janvier 2014

Petite citation pour commencer l'année 2014 : "Un homme qui parle trois langues est trilingue, un homme qui parle deux langues est bilingue, un homme qui ne parle qu'une langue est anglo-saxon." [Claude Gagnière (1928-2003)]

Wikimédia France / DGLF : concours Sémanticpédia, réutiliser et innover autour des données de Wikipédia (jusqu'au 1er mars 2014) (lien)


 


nouvelles2014/semanticpedia.gif2014 : agenda numérique - le 02/01/2014 - 09:22 par MAR

2014 : agenda numérique

Wikimédia France / DGLF : concours Sémanticpédia, réutiliser et innover autour des données de Wikipédia (jusqu'au 1er mars 2014) (lien)

Innooo : méta-moteur de recherche sans publicité, 100% français (lien) utilisable comme un proxy sans communiquer son adresse IP, retourne les 10 résultats les plus pertinents d’Aol, Bing, Exalead, Google et Yahoo, possède son propre index qui lui permet d’enrichir les résultats www.innovativity.org/meta-moteur-innooo.php
(Conférence tenue à la mairie du 8ème arrondissement de Paris présentant le méta-moteur)


nouvelles2/plurilinguisme.jpgContre la suprématie de l'anglo-américain - le 24/12/2013 - 09:28 par Christian_Mass

L'an 2014 : Manifeste 37 !
Contre la suprématie de l'anglo-américain et du globish
Pour le plurilinguisme européen !

par Christian Massé

Faites comme DLF-Touraine soutenez et portez avec enthousiasme notre campagne nationale "Communes de France pour la langue française" ! Elle est en train de "prendre ! A. S.

         "La résistance monte et s'organise contre l'offensive tous azimuts que la France subit avec l'appui de puissants "collabos" [du fric et de la pub - NdlR]. Elle rejette l'imposition programmée du "globish-pour-tous" illustrée en 2013 par l'article 2 de la loi 2013-660 dite loi Fioraso sur l'enseignement en anglais dans les grandes écoles et les universités". Albert Salon, président de l'association Avenir de la langue française, docteur d’État ès lettres, ancien ambassadeur. Auteur d'un livre très remarqué : Une volonté française, éd. Glyphe, 2012 (Préfacé par Claude Hagège)

         Dans le monde, les réactions contre l'hégémonisme anglo-saxon se multiplient : Japon, Allemagne, Italie, Russie, France !

         Au Japon, le peuple veut retrouver son âme et sa langue. Le journal Asahi Shimbun, qui tire à 11millions d'exemplaires s'en est fait l'écho. Sa première initiative a été de se tourner vers Avenir de la langue française... histoire de montrer à ses lecteurs l'exemple de la France résistante linguistique. L'objectif est clair : pas d'anti-américanisme, mais une anti-hégémonie américaine et une défense de la diversité culturelle.

         L'Allemagne ? Ces dernières années, ce pays prend conscience des méfaits de l'enseignement universitaire en anglais : les étudiants étrangers ont du mal à s'intégrer dans la société allemande ! Le gouvernement a donné un coup d'arrêt à cette anglicisation par le haut. Ce pays, qui a recouvré une certaine autorité, après sa sombre période nazie et ses conséquences pour lui, veut reconquérir sa langue longtemps marginalisée sous l'anglo-américain. Autre exemple : sa société des chemins de fer (La Bundesbahn) a décidé de se débarrasser de ses 2700 anglicismes qui ont pollué ses communications internes et externes.

         L'Italie ne s'est pas non plus trompée sur le sort de ses universités livrées à la loi hégémonique de l'enseignement supérieur en anglais : le tribunal administratif de Lombardie a annulé la délibération du conseil d'université de l'Institut polytechnique de Milan par laquelle il avait été décidé que toutes les formations postérieures à la licence seraient dispensées en anglais.

         On retrouve une réaction similaire en Russie, dont le journal La voix de la Russie a demandé entretien et conseil à Avenir de la langue française.

          Tout comme L'actualité de Montréal ! !

        Et la France ?

         1) «ALF» et 30 associations ont réussi à nourrir, en 2013, dans tous les médias, un vrai débat que divers parlementaires, toute famille politique confondue, ont pu transformer en amendements à la loi Fioraso, qui continue à viser les enseignements supérieurs. Un comité inter associatif de vigilance et d'appui aux recours va en suivre l'application par les universités hostiles. Parmi des 30 associations, citons celle de la Défense de la langue française. Fondée en 1958, elle s'appuie sur l'article 2 de la Constitution : La langue de la République est le français !

         2) La campagne nationale Communes de France pour la langue française, maintenant bien lancée, devrait produire, en décembre 2014, un beau bouquet de votes du manifeste national ALF par de nombreux conseils municipaux, un équivalent d'un référendum d'initiative populaire, d'un vox populi par les communes, sur le site www.nousvotonspourlefrancais.com !

         3) Le site internet d'ALF, www.avenir-langue-francaise.fr a vu son taux de fréquentation croître de façon spectaculaire : un succès de sa campagne contre la loi Fioraso !

         4) En 2012, La Défense de la langue française a remporté tous ses procès, six, contre des entreprises publicitaires qui avaient abusé de l'usage de l'anglais. La DLF compte parmi ses administrateurs un avocat, Me Amboise, dont la mission, entre autres, est de recevoir des plaintes par l'intermédiaire de Cinquante millions de consommateurs, de plus en plus sollicité !

         5) L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), insuffisamment et injustement connue, œuvre pour promouvoir l'usage du français sur la scène internationale, recueillir des données fiables sur la situation concrète de notre langue dans le monde et contribue à la formation de professeurs de français originaires des pays d'Asie du Sud-Est, du Pacifique et d'Afrique. Le tout dans un contexte au monolinguisme ! Rappelons que la langue française est parlée par 220 millions de personnes dans le monde, mais... que les 7èmes jeux de la Francophonie, qui se sont tenus à Nice en septembre 2013, ont souffert d'une médiatisation misérable, voire indigne !

         6) Pendant ces Jeux de la Francophonie, s'est déroulé à Nice un colloque sur la défense de la langue française. M. Lucien Pons, président de l'association Comité pour une nouvelle Résistance -CNR-, a lancé de véritables cris d'alerte : Au fil des différentes conférences, il est clairement apparu que ce merveilleux patrimoine commun était en danger. La langue est le premier des services publics. Elle représente un terrible enjeu de pouvoir [...] Dans beaucoup d'entreprises françaises du CAC 40 travaillant sur le sol national, la plupart des cadres supérieurs (les décideurs, NDL) sont anglo-saxons. Leur façon de penser est américaine. Leur priorité est de servir l'économie anglo-saxonne. Pour eux, le modèle social français ne compte pas. [...] De nombreux élèves ne maîtrisent plus notre langue. Beaucoup la considèrent comme une langue étrangère à l'entrée en sixième et le bilan s'alourdit d'année en année. On imagine les graves conséquences pour l'avenir.

         7) Il convient de souligner le rôle de l'Assemblée des fonctionnaires francophones des organisations internationales (AFFOI). Le constat est clair. Bien que dotée de règles garantissant l'usage du multilinguisme pour, justement, éviter la main mise d'une langue sur les autres, cette assemblée subit des pressions, par la standardisation des pratiques, et de fallacieux prétextes budgétaires. Son président, M. Dominique Hoppe, déclare : Peu à peu, le cercle vicieux du monolinguisme intègre les cultures professionnelles des organisations internationales et devient la norme, imposant ainsi une langue unique pour une pensée unique !

         Notre philosophe et humaniste Michel Serres ne mâche pas ses mots : La classe dominante n'a jamais parlé la même langue que le peuple [C'était vrai avec le Grec et le Latin ! - NdlR]. Maintenant, la classe dominante parle anglais et le Français est devenu la langue des pauvres ; et moi, je défends la langue des pauvres. Voilà, c'est pour ça que je demande qu'on fasse la grève. J’en ai marre que la SNCF nous fasse des "smiles" (Coup d'œil à la Bundesbahn !). Il y a plus de mots anglais sur les murs de Toulouse qu'il n’y avait de mots allemands pendant l'Occupation !

        Résister, c'est arrêter et inverser la courbe de l'hégémonie anglo-saxonne !

         Que l'on soit un simple usager inconditionnel de la langue française, un simple consommateur parmi les cinquante millions, et plus, abusés par le globish-pour-tous, écrivain, poète ou chanteur au service de notre langue première, enseignant chargé de transmettre une culture avec cette même langue, politique mandaté pour s'adresser au peuple, nous pouvons tous œuvrer dans le même sens : défendre notre patrimoine linguistique, ni figé ni corvéable, contre les attaques dont il est de plus en plus victime au nom d'une pseudo langue et d'une pensée unique venues du pays des traders et des spéculateurs en tout genre !

         Comment ? En refusant le globish-pour-tous qui pollue nos enseignes de magasins, nos publicités, nos médias et, parfois, par «snobisme», notre propre langage. Et en le dénonçant auprès de nos élus territoriaux, auprès des associations nationales (et internationales) reconnues et engagées juridiquement, citées dans ce Manifeste 37 ! L'an 2014 nous surprendra quant aux résultats obtenus pour la garantie de la fameuse loi Toubon en voie d'être trahie par la loi Fioraso.

         Vive l'article 2 de notre constitution de 1958 : La langue de la République est le Français !

Christian Massé
Écrivain, membre de la Société des gens de lettres (sgdl-auteurs.org/christian-masse/)
président de Défense de la langue française – Touraine
administrateur d’Avenir de la langue française
 

 


nouvelles2/pepy-enders.jpgGuillaume Pépy et Tom Enders Carpette anglaise 2013 - le 15/12/2013 - 21:14 par MAR

Des transports en Carpettes… anglaises
Guillaume Pépy (SNCF) Carpette anglaise 2013
Tom Ender (EADS) prix spécial à titre étranger 

les versions en allemand et en espagnol suivent la version française

Guillaume Pépy, président de la SNCF, distingué pour ses éminents mérites en dévotion anglophone par le jury de l’académie de la Carpette anglaise (1), présidé par Philippe de Saint Robert, réuni à la brasserie Lipp à Paris, a reçu le prix 2013 de la Carpette anglaise. Après les Smiles, les TGV Family, et autres médiocrités linguistiques, voici que la SNCF tente de nous faire ingurgiter de l’anglais, en proposant des cours de langue anglaise uniquement, dans ses trains champenois par l’intermédiaire de l’organisme SpeakWrite ; après le trop fameux sandwich SNCF voici la bouillie anglaise !

Seconde cerise amère sur le pudding indigeste de l’anglofolie, pour Tom Enders, président exécutif d’EADS et grand organisateur de la politique linguistique du tout en anglais dans son groupe, qui a trouvé (dis)grâce aux yeux du jury.

L’Académie a tenu à lui décerner son prix spécial à titre étranger (2) pour avoir annoncé, en anglais seulement, à tous les salariés allemands, espagnols et français de la branche "défense et espace", un vaste plan de licenciements par une vidéo... elle-même sous-titrée en anglais. Major Tom, a été retenu après un vote serré (8 voix contre 4) l’opposant à son concurrent en abandon linguistique Joachim Gauck, président de la République fédérale d'Allemagne qui a appelé les peuples d’Europe à adopter l’anglais comme langue de communication !

Que déshonneur leur soit rendu !

A lire également sur le site de TV5Monde

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1 La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des "élites françaises" qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.

Le jury est composé de représentants du monde littéraire, syndical et associatif [Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF), association (COURRIEL) et Le Droit de comprendre (DDC)]. En juin 2013, Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, a reçu une Carpette anglaise, à titre exceptionnel, pour son obstination à faire de l'anglais une langue de l'enseignement supérieur en... France.

2 Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Anne Cublier, Hervé Bourges, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Yves Frémion et Dominique Noguez, sont membres de cette académie.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.

Courriel : parlerfranc@aol.com

Académie de la Carpette anglaise, chez Le Droit de Comprendre, 34 bis rue de Picpus, 75012 Paris


PRESSEMITTEILUNG

Verleihung der Jahrespreise 2013 der "Académie de la Carpette anglaise" (1)

Verkehrsmittel auf fliegenden englischen Gebetsteppichen

Guillaume Pépy,

Generaldirektor der SNCF (fz. Bahn), wird als eminenter französischer. Anbeter des Englischen ausgezeichnet. Preisgekrönt von der’ Pariser "Académie de la Carpette anglaise" (1), in ihrer jährlichen Sitzung vom 12. Dezember unter dem Vorsitz des Schriftstellers Philippe de Saint Robert, in der berühmten Pariser Brasserie Lipp.

Nach den Smiles, TGV Family, und sonstigem Sprachmüll, versucht nun die SNCF ihren Fahrgästen durch die Champagnegegend English beizubringen. Sprachkurse bietet sie an, nur in Englisch, durch das Institut SpeakWrite.

Auf den berüchtigten "sandwich SNCF" folgt nun die englische Brühe !

Thomas "Tom" Enders

bekommt als Ausländer den Sonderpreis : prix spécial à titre étranger(2).

Als treibende Kraft des "mit Volldampf ins Englische" in seiner Organisation hat sich der Generaldirektor des EADS das Sonderlob der Jury zugezogen.

Unter anderem hat er nämlich in Frankreich dem Personal, das heisst den deutschen, französischen und spanischen Arbeitnehmern der Abteilung "Verteidigung und Raumfahrt", einen umfangreichen, drastischen Entlassungsplan nur in englischer Sprache angekündigt.

Gekürt wurde allerdings Major Tom nicht einstimmig : mit 8 Stimmen gegen 4 zugunsten eines beachtlichen Wetteiferers in Sachen Sprachverzicht.

Kein anderer als der Bundespräsident Joachim Gauck war nämlich am 22. Februar 2013 auf den Plan getreten. In seiner Rede (nicht “an die deutsche Nation”, sondern) an alle europäischen Völker hat er ihnen vorgeschlagen, ja nahegelegt, in allen wichtigen, seriösen, gemeinsamen Bereichen des Lebens, zum Englischen überzutreten, wobei sie selbstverstänlich ihre jeweiligen Muttersprachen "mit deren ganzer Poesie" weiterhin im heimatlichen Rahmen benutzen dürfen !

Unehre denen, denen Unehre gebührt !


1 La Carpette anglaise : (von : "Teppich", "(Tür)Matte" und, im bildlichen Sinne, abschätzig : "Kriecher") Preis der zivilen Unwürdigkeit. Er wird jedes Jahr einem Prominenten verliehen, der sich hartnäckig dafür eingesetzt hat, die Vorherrschaft des Englischen in Frankreich, und die Herabstufung des Französichen zu bewirken.

Die Mitglieder der Akademie - und der Jury der Preise - sind Vetreter literarischer, gewerkschaftlicher und Vereins=Kreise [Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF), association (COURRIEL) et Le Droit de comprendre (DDC)].

In einer Sondersitzung im Juni 2013 erhielt Geneviève Fioraso, Ministerin für Hochschulwesen und Forschung, einen SonderCarpettepreis, fûr den verbissenen Willen mit dem sie versuchte, das Englische zur offiziellen Sprache des Unterrichts an den französichen Hochschulen zu machen.

2 Le prix spécial à titre étranger wird Mitgliedern der europäischen und internationalen Nomenklatura und Schickeria für ihren wertvollen Beitrag zur Verbreitung der englischen Sprache verliehen.

Anne Cublier, Hervé Bourges, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Yves Frémion et Dominique Noguez, sind Mitglieder der Akademie.

Contact : Marc Favre d’Échallens, Secrétaire de l’Académie de la Carpette anglaise chez Le Droit de Comprendre, 34 bis rue de Picpus, 75012 Paris ; courriel : parlerfranc@aol.com

De transportes sobre Felpudos... ingleses

El jurado de la Academia del Felpudo inglés (1), presidido por Philippe de Saint Robert, reunido en la brasserie Lipp de Paris, ha otorgado el premio 2013 del Felpudo inglés al presidente de la SNCF (Sociedad Nacional de Ferrocarriles franceses), Guillaume Pépy, por sus eminentes méritos en materia de devoción anglófona. Después de los ! los Smiles, los TGV Family y otras mediocridades lingüísticas, he aquí que la SNCF intenta hacernos tragar inglés en la mayor parte de sus trenes proponiendo cursos de inglés -únicamente-, con la ayuda de la empresa SpeakWrite ; Así, tras el demasiado famoso sandwich SNCF ¡he aquí la papilla inglesa !

Segunda cereza amarga sobre el indigesto pudding de la 'anglolocura', para el presidente ejecutivo de EADS, Tom Enders, gran organizador en el consorcio aeronáutico europeo de la política lingüística del 'todo en inglés', que ha encontrado (des)gracia a los ojos del jurado.

La Academia ha querido otorgarle su premio especial a título extranjero (2) por haber anunciado, en inglés solamente, a todos los asalariados, alemanes, españoles y franceses, del departamento "defensa y espacio", un vasto plan de despidos utilizando un vídeo, él mismo subtitulado en inglés. Major Tom fue elegido en una ajustada votación de 8 votos contra 4 frente a su más inmediato adversario en abandono linguístico, el presidente de la república federal alemana, Joachim Gauck, por su llamamiento a los pueblos de Europa para que adopten el inglés como idioma de comunicación.

¡ Que se les rindan deshonores !

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1 El Felpudo inglés, premio de indignidad cívica, se atribuye a un miembro de las "élites francesas" que se distinguió particularmente por su encarnizamiento en la promoción de la dominación angloamericana en Francia, en detrimento de la lengua francesa.

El jurado está compuesto de representantes del mundo literario, sindical y asociativo [Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF), association (COURRIEL) et Le Droit de comprendre (DDC)].

En junio de 2013, la ministra de la Educación Superior, Geneviève Fioraso, recibió un Felpudo inglés a título excepcional, por su obstinación en convertir el inglés en un idioma de la enseñanza superior en... Francia.

2 El premio especial a título extranjero se atribuye a un miembro de la nomenklatura europea o internacional por su servil contribución a la propagación de la lengua inglesa.

Anne Cublier, Marie Treps, Hervé Bourges, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Yves Frémion et Dominique Noguez, sont membres de cette Académie.

Contacto : Marc Favre d’Échallens, secretario de la Academia del Felpudo inglés.

parlerfranc@aol.com

Académie de la Carpette anglaise, chez Le Droit de Comprendre, 34 bis rue de Picpus, 75012 Paris


nouvelles2/canard.jpgRéponse au Canard enchainé - le 14/12/2013 - 18:19 par MAR

Do you speak franglish ?
Réponse au Canard enchainé

"Le Canard enchainé" a commis un article (lire ci-dessous) dans son édition du 11 décembre 2013, suite au colloque du CSA sur le français dans les médias et à la double page consacrée à ce sujet dans Le Parisien Aujourd'hui en France du 9 décembre.  Il a suscité une réponse de notre part.

Cher Canard,

J'ai relevé dans ton édition du 11 décembre 2013, un articulet intitulé "Do you speak franglish ?" signé par un certain D.P. Cet article se voulant humoristique ne fait hélas qu'aller dans le sens du vent et dans le sens de la soumission à l'Empire ce qui jusqu'ici ne m'avait pas semblé être le fond de commerce du Canard…

Pour relativiser l'arrivée massive de termes anglais dans la langue française en général et notamment dans les médias, l'énigmatique D.P. nous ressort la vieille rengaine : "L'idiome américain est truffé d'emprunts au français".

Petite question à l'auteur, de quand date cette "truffade" ? Quels sont les nouveaux mots adoptés, depuis mettons 50 ans, dans la langue anglo-américaine ? En regard combien de mots anglo-américains adoptés par jour ? 

Bref le fameux D. P. compare une survivance à une déferlante… Ceci sans parler du reste : combien de slogans publicitaires entièrement en anglais ? Combien de magasins rebaptisés en anglais  (comme Carrefour Market ou Simply Market) ? Combien d'entreprises françaises qui obligent leurs cadres à travailler en anglais en France même ? Combien de cours de grandes écoles entièrement en anglais ? Dis-moi D. P. on voit cela aussi aux États-Unis avec le français ? Au fait, combien de films, ne serait-ce qu'étrangers, ont été projetés aux États-Unis depuis 50 ans, sans être refaits à la sauce yankee ?,

Enfin cher D. P. la veille du colloque organisé par le CSA ou de la sortie de la double page consacrée à ce sujet dans Le Parisien Aujourd'hui en France les 19 chaînes de la TNT gratuite (hormis les 2 chaines d'information et la chaine sportive) passaient : 13 séries ou films anglo-saxons, contre 5 programmes français et 1 film italien… soit plus des les 2/3 ! Même en remplaçant anglo-saxons par "étrangers" l'on n'arriverait pas à 1% des programmes aux si ouverts États-Unis.

Bien à toi

MAR


Do you speak franglish ? ["Le Canard enchainé" - 11 décembre 2013 - page 8]

STOP ! Too much, c'est vraiment too much ! "Le Parisien" (9/12) allume les warnings contre la new wave d'anglicismes qui déferle sur la France. Et il brandit l'étendard de Joan of Arc - pardon, de Jeanne d'Arc - pour bouter l'anglais hors de la "langue de Molière"."Mettre des anglicismes partout - qui souvent ne sont même pas les vrais termes anglais -(...) a un côté extraordinairement ringard", relève justement l'académicien Erik Orsenna. Ainsi la "street palette" de Carrefour City ou le ridicule "en direct live" (qui dit deux fois la même chose !).

Est-ce si grave ? L'idiome américain est truffé d'emprunts au français. Et les Yankees n'en font pas tout un cheeseburger

"deluxe" ! Ils adorent s'exclamer "Voilà !" ou "C'est la vie !". Et Deubeulyou Bush s'est distingué pour avoir pointé que "les Français n'[avaient] pas de mot pour "entrepreneur""... en français dans le texte !

A Broadway, les spectacles ont lieu en "matinée" (sans accent) et font l'objet d'"encore" (rappels). Surtout s'ils dégagent un "je ne sais quoi"... Attention, en vous promenant en "tête à tête" au milieu des buildings "Beaux-Arts", à ne pas faire de "faux pas" en raison de "trompe-l'œil" dissimulant un "cul-de-sac" qui pourraient vous donner un sentiment de "déjà-vu". Mieux, le dernier sport de trekking urbain s'appelle, en anglais, " parcours" !

Dans les boutiques pour "femmes fatales", la taille small se dit "petite" et le soutif se dit "brassière" (ou "bra") ! Vous recevez un carton pour une "soirée" où figure "RSVP".

A Wall Street, certaines options réindexées au prix du marché se nomment "cliquets", et les dettes titrisées responsables de la crise étaient vendues par "tranches". Si vous prenez votre "limousine", vous constaterez que, d'Eau Claire (Minnesota) à Bâton Rouge (Louisiane), les States sont sillonnés de "routes" et peuplés de parkings nommés "garages" !

Les Américains n'ont pas oublié Lafayette et émaillent sans complexe leurs propos de "French words" tout en mangeant des "French nies" (frites) ! D. F.

 


nouvelles2/colloque-csa.jpgColloque du CSA sur la langue française - le 11/12/2013 - 15:17 par MAR

Colloque du CSA "Quel avenir pour la langue française
dans les médias audiovisuels ?"

Organisé au Collège de France à Paris, lundi 9 décembre 2013. Quelques observations subjectives

Rendons au moins grâce à Patrice Gélinet, à l'origine du colloque, de l'avoir organisé ce qui a permis de mettre le sujet sur la place publique et d'avoir ainsi des relais dans la presse. Le colloque ouvert par Olivier Schrameck président du CSA, comportait 3 tables rondes.

Une première sur "La langue française dans les médias audiovisuels de la francophonie" où l'on a analysé la situation comme l'a fait par exemple, Marie-Christine Saragosse, directrice de France Médias Monde : "5ème langue de communication, 220 millions de locuteurs, 8,5% du PIB mondial, 5,4% de la population et 14 % des exportations de contenu audiovisuels", Sylvain Lafrance, professeur HEC Montréal, ancien vice-président exécutif de Radio Canada qui a relevé le manque de combativité des médias français face à la domination anglo-saxonne citant l'exemple des titres non traduits comme "The voice" qui est traduit par "La voix" au Québec mais pas en France. La dite "ministre chargée de la francophonie" Yamina Benguigui, a conclu la matinée avec un gros retard, en ânonnant un discours que visiblement elle découvrait, butant sur les mots, faisant de grosses fautes de français, parlant notamment de "la radio Canada"...

Une 2ème table ronde plus "intellectuelle" avec notamment Alain Rey, Marc Fumaroli, Bernard Cerquiglini et Érik Orsenna d'un bon niveau d'échanges. Alain Rey a notamment souligné "qu'avant on faisait des fautes mais on savait que c'était des fautes maintenant on ne le sait même plus, la paresse est partout". Soulignant aussi que "s'il y a toujours eu des mots nouveaux dans le français de toutes provenances, aujourd'hui 50% des mots nouveaux sont exclusivement issus de l'anglais sans adaptation (comme on le faisait par exemple avec paquebot pour packet boat) et que des tournures anglo-américaines sont adoptées telles quelles (une situation sous contrôle)." Jacques Toubon, auteur de la loi du 4 août 1994, de son côté a demandé qu'au moins l'on "instaure des contraintes de respect de la langue française pour le service public"

La 3ème table ronde a réuni les médias dont TF1, M6, France 2, France culture, NRJ et Skyrock
Les chaînes de télévision se sont contentées d'évoquer le travail de réponse aux courriers des téléspectateurs et de leurs actions pour améliorer le langage utilisé par les journalistes ou les présentateurs. Sans que personne ne parle de l'écrasante majorité de programmes anglo-saxons (par exemple à l'heure de grande écoute la veille, les 22 chaînes de la TNT gratuite passaient 13 séries ou films anglo-saxons, contre 5 programmes français et 1 film italien… soit quasiment les 2/3 [sans compter les 2 chaines d'information et la chaine sportive])

On a eu droit à Maryam Salehi, directeur (sic !) délégué à la direction générale de NRJ Group (sic !) qui a eu le culot de s'afficher comme groupe de radio francophone en s'abritant derrière d'autres stations du groupe (Chérie FM ou Rires et chansons qui ne font que rediffuser des tubes anciens) quand sa station principale NRJ est une grande pourvoyeuse de mots anglais et de chansons anglo-américaines (Ils doivent diffuser leurs chansons françaises vers 3 h du matin pour respecter leurs quotas). Le slogan de cette station, d'écoute souvent obligatoire dans de nombreux lieux publics, est d'ailleurs : "Hit music only", celui du groupe (group !) étant "On air, Online, On demand" (sic !)[1]. Pierre Bellanger président de Skyrock, pour sa part, dit que la chanson française n'est pas un problème pour sa station qui diffuse surtout du rap. Nicolas Jacobs, médiateur de l’information de France 2 lui, trouve que des expressions comme "low cost" sont intraduisibles (sous les moqueries de beaucoup des autres intervenants et du public). On est rassuré sur la volonté du service public de faire respecter la langue de son pays ! Jérôme Bouvier, médiateur de Radio France propose des actions fortes dans les médias lors de la journée de la langue française [le 20 mars]. Tout ce petit monde se met d'accord pour la mise en place d'une charte, les chaînes privées étant plus réticentes.

Après, intervention forte d'une adhérente d'une association de traducteurs qui a dénoncé une certaine démission générale face à l'anglais puis celle du président d'ALF, Albert Salon qui a asséné une vigoureuse critique contre "La soupe servie aux productions culturelles états-uniennes comme l'invitation systématique par les deux principales chaînes, la publique comme la privée, au moins une fois par semaine, au JT du soir  d'un acteur, producteur ou autre vedette des États-Unis"

Conclusion avec la lecture du discours de la Ministre de la culture qui parfois a quelques accents volontaires sur la résistance à la soumission (!)
Que de tous ces beaux débats sorte quelque chose de concret, cela reste à démontrer… MAR


[1] Elle s'est d'ailleurs plainte de la difficulté que son groupe aurait à faire respecter les quotas, la production française ayant chuté de 60 % en 10 ans. La rhétorique du pompier pyromane : les radios telles NRJ n'encourageant aucun artiste français ou francophone et ne prenant aucun risque sauf celui de passer des tubes déjà bien vendus aux États-Unis, comment s'étonner d'une telle baisse. Pourtant en nombre d'albums vendus la production française est toujours nettement en tête 13 sur les 20 albums les plus vendus en 2013 (des albums qui passent rarement sur NRJ…).

 


nouvelles2/bulldozeur.jpgUniformisation linguistique & superclasse mondiale - le 10/12/2013 - 09:35 par A_Salon

L'uniformisation linguistique au profit de l'anglais,
langue de la superclasse mondiale

par Albert Salon

Les peuples d'Europe continentale souffrent dans leurs personnalités nationales et dans leurs langues. La faute en incombe d'abord à leurs propres faiblesses.

Mais ils sont aussi les cibles d'attaques convergentes de l'extérieur, relayées à l'intérieur de leurs pays par les "collabos de la pub et du fric" (Michel Serres).

I) L'anglais instrument et but du cosmopolitisme-mondialisme

Constatons d'abord que "le cosmopolitisme" n'est pas seulement un concept abstrait, désincarné. Il a bel et bien un visage : celui de l'empire anglo-saxon-germain et de son relais européen (l'UE, et non pas l'Europe-ensemble-géographique-et-culturel), qui loin de ses idéaux et orientations d'origine, veut aller vers l'union transatlantique.

L'UE sert, avec de multiples maladresses et gabegies, mais avec la servilité et l'opiniâtreté de son idéologie d'uniformisation et de "concurrence libre et non faussée", les intérêts de la superclasse mondialisée et des multinationales surtout anglo-saxonnes, et aussi germaines.

Le cosmopolitisme est en fait le mondialisme des puissances qui ont su s'accaparer la mondialisation qui est, elle, l'effet des progrès des techniques et de la communication. La mondialisation est en elle-même un phénomène neutre. Elle a fait de tels progrès depuis un siècle que les puissances anglo-saxonnes, principaux vainqueurs des deux guerres ont eu seuls les moyens de l'accaparer et de développer sur cet accaparement une attitude de "mondialisme". Le cosmopolitisme-mondialiste est l'impérialisme anglo-saxon-germain.

Il broie, soumet, vassalise l' "Europe-puissance" et les États continentaux sauf l'Allemagne, notamment à l'aide de la domination toujours favorisée et étendue du "globish pour tous". Il vise surtout la France, parangon d'État-Nation, encore debout, principal gêneur en Europe, et rival linguistique, culturel, et géolinguistique avec la Francophonie.

J'y vois un nouveau "Saint-Empire américain de nations germaniques". Englobant de plus en plus évidemment l'Allemagne. Je rappelle que Bush père lui fit l'offre de "partnership in leadership" : l'Europe à l'Allemagne, le monde aux États-Unis, ceux-ci gardant une tutelle bienveillante mais vigilante sur l'Europe. Offre bien "intégrée" dans le discours du Bundespräsident Joachim Gauck le 22 février 2013 aux peuples d'Europe, conseillant à tous de passer à l'anglais pour toutes les "choses communes" sérieuses, et leur concédant de garder, dans leurs foyers, la pratique des langues maternelles "avec toute leur poésie" (sic !).

Cet empire anglo-saxon se compose d'abord d'une alliance GB-EU pour la domination du monde. Alliance d'une tradition britannique bien connue, fondée essentiellement sur l'économie, le commerce, la maîtrise des mers, et d'une volonté états-unienne fondée elle aussi sur un sens aigu des intérêts fondamentaux matériels et de puissance, mais assortie en outre d'un messianisme développé et théorisé au 19ème siècle ("nous sommes le peuple élu, l'Israël de notre temps, désigné par Dieu pour guider l'humanité"), confirmé par Brezinski.

Cet empire s'appuie aussi aujourd'hui sur :

- de fortes communautés de langue maternelle anglaise : en Australie et Nouvelle-Zélande, au Canada, en République sud-africaine ;

- beaucoup d'éléments germains, essentiellement en Europe du nord ;

- bien des institutions internationales largement anglophones, maintenant en Europe avec l'OTAN et l'UE, sises à Bruxelles : relais extrêmement efficace ;

- de grands pays qui ont chez eux adopté l'anglais comme langue seconde et internationale : Inde et Bangladesh, Afghanistan, Pakistan, Birmanie, Thaïlande, anciennes colonies ou protectorats britanniques, tant arabes que subsahariennes ;

- des pays qui ont adopté l'anglais comme langue quasi unique de communication avec l'extérieur : Chine, Japon, Corée du Sud, Indonésie et Papouasie, Arabie, Égypte ;

- la plupart des institutions internationales, mondiales comme régionales, qui ont été opiniâtrement et savamment, au cours des décennies, amenées à fonctionner très largement en anglais, avec la complicité de nos divers nationaux, l'exemple le plus tragiquement éclatant étant fourni par l'UNESCO, sise à Paris ;

- et sur de puissantes "cinquièmes colonnes", surtout en Europe, en France.

Cet empire de la langue anglaise est le plus vaste, le plus solidement ancré de tous les temps.

Il est installé encore pour un certain temps, car la viscosité des phénomènes linguistiques empêche les virages courts. L'anglais servira donc encore longtemps les pays de langue maternelle anglaise, leur économie et leur pouvoir d'influence ("soft power"), même après l'effondrement inéluctable, déjà en cours, du présent empire anglo-saxon.

Les Anglo-saxons de cet empire sont certes nos alliés et amis. Mais en même temps nos concurrents, rivaux, ennemis les plus constants et dangereux ; ce qui est loin d'être incompatible : il faut bien le comprendre et l'admettre ! Ils font et feront tout pour consolider partout toutes les positions de l'anglais, car cela leur facilitera la transition du déclin, un répit de puissance après leur déclassement. Cette conscience et cet effort opiniâtre, crispé, se manifestent partout. Il suffit de bien ouvrir les yeux.

II) Quelles sont les applications de cette stratégie tous azimuts ? Je ne donnerai ici que quelques exemples, parmi les plus significatifs :

II-1) La conquête par l'anglais des sciences et de la recherche mondiales

Le rassemblement dans les mains surtout des EU et un peu de la GB des supports, références et exploitations des publications, avec tout ce que cela comporte :

- l'anglais promu langue unique de la valorisation des carrières des chercheurs ;

- l'orientation même des travaux de recherches vers ce qui intéresse les maîtres EU ;

- le piratage fréquent des découvertes des chercheurs non anglophones (cf. le retentissant procès gagné par le Français Montagnier contre l'Étatsunien Gallo) ;

- les institutions nationales, en France l'ANR et le CNRS, qui en viennent à exiger de tout traiter en anglais, tant les appels d'offres que les réponses exigées des candidats ;

- la tendance des universités et grandes écoles des pays non anglophones à passer à l'enseignement partiel, puis majoritaire, voire complet, en anglais. Les pays européens germaniques s'y sont mis assez largement y compris l'Allemagne, quittes à commencer à comprendre leur erreur. La France aussi ; cf. plus loin : la loi Fioraso.

II-2) La conquête de l'Union européenne et de ses institutions

Par la Conquête des esprits (Yves Eudes) des pays européens terriblement affaiblis par la 1ère, et surtout par la 2ème grande guerre, désireux de paix, de protection, de reconstruction, de développement, saisis par un idéal de construction d'une Europe unie et puissante.

Avec la conjugaison constante d'instruments impériaux très efficaces : l'information-propagande-diplomatie-d'influence ("soft power") ; le Plan Marshall ; l'OTAN.

II-2-1) La captation des jeunes, puis des adultes d'Europe, par l'information et la culture, et surtout une sous-culture de masse :

- par des chansons et une musique qu'il n'est nul besoin de comprendre, le but étant de remuer, swinguer, au rythme, au "beat", d'être en résonance avec "ceux de l'Occident" ;

- par le cinéma : dès 1946 les accords du Plan Marshall ("Blum-Byrnes" en France) imposaient aux "bénéficiaires" en contrepartie de l'aide à la reconstruction, des quotas, sur leurs écrans nationaux, de 30% de films produits à Hollywood ;

- par la détection-écrémage et la formation aux États-Unis de jeunes prometteurs, dirigeants en puissance : programme des "Youg leaders", toujours en vigueur, étendu récemment à nos banlieues françaises par le très actif ambassadeur des EU en France, M. Charles Rivkin ;

- par des institutions internationales ou rencontres informelles et discrètes tels Davos, et surtout le Bilderberg, la Trilatérale, ainsi que des cercles nationaux d'élites tel Le Siècle en France, qui toutes promeuvent et entretiennent l'idéologie matérialiste et impériale de la superclasse mondiale. Les listes et la grande notoriété et capacité d'influence des gens, qui en font partie dans tous nos "partis de gouvernement", sont éloquentes. Les gouvernements de MM. Sarkozy, puis Hollande, ont compté et comptent plusieurs membres de ces institutions ;

- par la mainmise sur les grands médias :

Un exemple entre mille, mais très révélateur : le "Vingt-Heures" de TF1 privée, de France 2 publique, comporte très souvent 5 minutes consacrées à "servir la soupe" à un acteur, metteur en scène ; producteur, chanteur, ou autre étatsunien : extraordinaires publicité et propagande. Tout le monde doit avoir les yeux, les sens, tournés vers ce "modèle", vers Washington et New York, et un peu Londres, en étant laissé dans la quasi ignorance des autres cultures, y compris de celles, pourtant riches et productives qui nous sont plus proches ;

- par la captation et la réorientation des mémoires nationales, de la culture et des création-acquisition-diffusion de la connaissance ; les systèmes publics français d'enseignement et de recherche, pour ne prendre que cet exemple, ont été rendus vassaux de l'idéologie euratlantique matérialiste, consumériste et marchande (cf. la réduction constante du temps et des efforts consacrés à la langue nationale, à l'histoire, à la littérature, à la philosophie).

Les commémorations des évènements nationaux subissent chez nous la concurrence de celles d'évènements anglais et surtout américains. Nos collabos s'y prêtent volontiers. Un exemple : sous prétexte de généreuse réconciliation, le Président Chirac a, à l'automne 2005, occulté le bicentenaire d'Austerlitz et envoyé le porte-avions Charles de Gaulle à la Reine d'Angleterre qui, elle, célébrait sans complexe la victoire de Nelson sur Villeneuve à Trafalgar. Nos médias ne se contentent pas de rappeler avec beaucoup d'application la Shoah ; ils nous servent le Mayflower, le New Deal de Roosevelt, le 50ème anniversaire de la mort de Kennedy, et chaque année avec ferveur celui du 11 septembre 2001.

La négociation (bilatérale, et non plus par une OMC paralysée) du traité de libre-échange EU-UE, laisse très mal augurer du respect de la diversité culturelle, malgré les promesses données du bout des lèvres à une France actuellement bien molle.

II-2-2) L'offensive de grande envergure contre la diversité des langues de l'Europe et du monde, très gravement menacées par l'imposition du "globish-pour-tous" - :

par l'empire ; par de puissants relais : surtout cette UE qui promeut en forcenée le "tout-à-l'anglais" dans ses institutions et ses relations avec chacun des États.

En Europe du nord, en Allemagne, en Italie, un peu partout, on impose cette langue unique, on en colonise l'école, l'université, les institutions et la recherche (cf. plus haut).

Bruxelles a depuis longtemps édicté, par un Kommissaire allemand, sans digne réaction des membres, que les États candidats à l'UE y compris ceux qui appartiennent à la Francophonie officielle (Roumanie, Bulgarie, etc.), devaient présenter leurs dossiers uniquement en anglais.

II-2-3) La diversité des Nations européennes est sans cesse rabotée par l'empire et son relais UE ; par l'appui aux régionalismes linguistiques et politiques ; aux communautarismes religieux ; à l'immigration extra-européenne destinée à casser par son ampleur la force de résistance des nations, au premier chef celle de la France ; et à l'entrée de la Turquie en UE.

Vers l'homme remplaçable, interchangeable, consommateur homogénéisé de produits standardisés.

II-2-4) La diversité des ensembles géoculturels et géolinguistiques dans le monde (lusophonie, hispanophonie, arabophonie) est également attaquée pour imposer l'anglais. L'empire et l'UE s'y emploient ensemble, principalement contre le mieux structuré et le plus "dangereux" (et pourtant !...) de ces ensembles : la Francophonie. En débauchant des États membres avec opiniâtreté. Ou encore en forçant les pays francophones demandeurs d'aide du Fonds européen de Développement (FED) à présenter leurs dossiers uniquement en anglais, dans le silence assourdissant, complice, de nos gouvernements.

Le débauchage est accompli au Vietnam, au Laos, au Cambodge, au Ruanda (ancienne colonie belge, membre de la Francophonie depuis longtemps). Il est tenté en Haïti, en RDC (ex-Zaïre), à Madagascar, au Gabon, au Sénégal, en Côte d'Ivoire, en Tunisie, au Maroc.

II-2-5) L'OTAN a servi à l'empire de moyen et de cadre pour vassaliser l'Europe

Un des signes les plus évidents suffit pour illustrer mon propos : les pays de l'Europe de l'Est candidats à l'admission au sein de l'U.E. ont dû en fait commencer par adhérer à l'OTAN. Cela a servi au moins à écarter toute idée d'Europe de la Défense.

Le linguiste Claude Hagège, professeur au Collège de France, l'a répété, en France et au Québec : "Nous sommes en guerre". Il s'agit d'une guerre mondiale.

Si nous voulons survivre, il nous faut résister, avec beaucoup de courage, au rouleau compresseur, qui paraît au moins aussi redoutable, voire irrésistible, que pouvait l'être l'empire nazi en 1940.

III) Résister : comment ?

III-1) Agir sur le plan politique général

Si la France veut assurer sa survie en tant que Nation et puissance, et sauvegarder ses intérêts, la langue française dans le monde et chez elle, elle doit retrouver une volonté française*, intensifier considérablement sa résistance, décider d'un sursaut salutaire, et, pour cela :

- changer une bonne partie de sa classe politique ;

- sortir de l'empire anglo-saxon et écarter du pouvoir les Présidents gouverneurs de province qui la mettent en liquidation de manière tragiquement accélérée ;

- sortir, donc, de l'OTAN, de l'euro et de l'U.E, et retrouver un degré suffisant d'indépendance et de maîtrise de son destin ;

- accomplir ses réformes urgentes et son redressement financier, économique, scientifique et industriel, comme elle sut le faire en 1958-62 sous de Gaulle et Debré ;

- reprendre ses fondamentaux, en politique extérieure ; et à l'intérieur : refaire une école, ascenseur social, d'égalité des chances, et assimilatrice des jeunes immigrés ;

- retrouver une maîtrise de ses flux migratoires ;

- rétablir la langue française dans toutes ses fonctions, dans tous les domaines* ;

- jouer les énormes atouts que constituent ses DOM-COM et les immenses richesses de son espace maritime de 11, 2 M. de km² (le 2ème du monde !), la langue française et son réseau culturel mondial à redynamiser, ses relations à conforter avec l'Afrique continent d'avenir, et, enfin, la Francophonie organisée, notamment dans l'O.I.F.

III-2) En ce qui concerne la langue française, résister, c'est

- rétablir un enseignement de qualité et ses fonctions d'ascenseur social et d'assimilation ;

- transmettre en famille un français riche et correct, et surtout l'amour de cette langue ;

- multiplier les protestations individuelles et collectives, écrites et orales, contre les dérives des dirigeants, des médias, de la publicité, des universitaires ; suivre l'appel de Michel Serres à la "grève de l'anglais" ;

- adhérer à Avenir de la langue française (ALF : www.avenir-langue-francaise.fr ) ou aux associations en synergie avec elle, et militer en leur sein.

III-3) Se joindre à deux combats vitaux des associations ALF et autres :

III-3-1) Pour l'enseignement supérieur en français :

L'affaire du projet de loi Fioraso : bilan et perspectives ; le combat doit continue ! :

L'article 2 du projet de réforme des universités (Mme Fioraso), a été voté par le Parlement qui l'a amendé. ALF et 30 associations amies avaient lancé dès janvier 2013 une vigoureuse campagne, amplifiée par des académies, institutions et grandes voix opportunément saisies, exprimées dans tous les médias, y compris les plus fermés à notre lutte Contre la pensée unique (Hagège) et sa langue unique. Ces voix ont, avec nous, remporté une demi-victoire.

Une demi-victoire, en ce que les vannes de l'américanisation en globish-pour-tous, sont, dans le texte voté, beaucoup moins ouvertes qu'elles ne l'étaient dans l'avant-projet.

Les amendements des deux Chambres sont substantiels : pas d'enseignements uniquement en anglais ; obligation pour les étrangers qui reçoivent des enseignements en anglais de justifier de leur connaissance du français validée par des épreuves comptant dans leur diplomation ; évaluation obligatoire de cet aspect de la réforme au bout de trois ans.

Une demi-victoire au goût amer, cependant. Car, au sein de ce gouvernement peu intéressé par la francophonie, c'est la fonction et la voix de Mme G. Fioraso* qui l'ont emporté sur celles des ministres A. Filippetti, Y. Benguigui, et L. Fabius, pourtant chargés respectivement du français en France, de la Francophonie, et de notre beau réseau culturel mondial, ainsi que de la Coopération avec les pays francophones. Ce gouvernement légalise ce que Mme V. Pécresse, MM. P. Tapie et R. Descoings, avaient discrètement développé dès 2007 : les enseignements illégaux en anglais, et il admet dans les textes que des disciplines doivent être enseignées en anglais, proclamant ainsi – nouveauté insoutenable ! – que le français ne peut pas tout dire.

*L'Académie de la Carpette anglaise, composée d'écrivains et de nos principales associations, a décerné à l'unanimité un prix exceptionnel à Mme Fioraso. Mme Valérie Pécresse l'avait précédée e, 2008 sous M. Sarkozy.

En attendant de pouvoir obtenir l'abrogation de cet article, une grande vigilance s'impose à tous. Nous devons sans cesse fustiger les beaux esprits qui professent que la "modernité" nous condamne à rejeter le français, notre reste d'indépendance et la voix originale de la France, et à abandonner ces "quelques arpents de forêts et de sables" de la Francophonie mondiale, à l'instar des "quelques arpents de neige du Canada" d'un Voltaire préférant ses intérêts dans le "commerce triangulaire" avec les "îles à sucre". Alors que la Francophonie constitue un atout de premier ordre pour la France, comme l'ont souligné MM. Pouria Amirshahi, J. Attali, C. Hagège, A. Compagnon, B. Pivot, M. Serres...

Nous savons bien qu'un certain milieu universitaire dérouté, dévoyé, nous est hostile, et que des pressions diverses risquent de s'exercer sur des étudiants qui se voient imposer des cours en anglais qu'ils rejettent, alors qu'ils attendent et veulent des cours en français.

Il y aura- il y a déjà - des infractions assez nombreuses aux amendements adoptés.

Nos associations ont donc créé un comité de vigilance inter-associatif, avec le soutien de divers parlementaires, et en liaison avec des médias, afin de détecter, recueillir et bien noter, signaler à qui de droit, les dites infractions, obstructions et pressions, et informer de leurs droits, soutenir leur courage et guider dans leurs recours devant les tribunaux administratifs les personnes concernées directement qui veulent les faire cesser.

Tous ceux parmi vous qui ont dans leur famille des étudiants qui se plaignent de subir des cours entièrement en anglais - et les pressions de leurs professeurs pour les empêcher de protester – sont invités

- à signaler ces cas à ALF (cf. adresse ci-dessous) avec des références très précises et si possible des décisions écrites des établissements qui imposent l'anglais unique ;*

- à insuffler à ces étudiants (surtout aux "bons" risquant moins les représailles !...) le courage de dire non et d'adresser à leur établissement une requête écrite recommandée AR, pour justifier ensuite un éventuel recours en tribunal administratif qui serait nécessairement gagnant et que nos associations soutiendraient.

III-3-2) La grande campagne nationale "Communes de France pour la langue française"

Contre les élites de la superclasse, Avenir de la langue française (ALF) et le Forum pour la France (FPF), et 30 associations françaises, appellent les maires de France à se joindre à leur grande campagne nationale "Communes de France pour la langue française".

Le peuple, lui, ne veut pas du changement de langue nationale. Le referendum étant cadenassé, les associations font remonter la vox populi par les communes, et veulent présenter à Noël 2014 un ensemble de votes de municipalités représentatif de notre variété géographique, politique et culturelle, en équivalent d'un referendum d'initiative populaire.

La campagne a déjà recueilli les votes de plusieurs dizaines de communes, dont les emblématiques Brantôme, Chablis, Maisons-Laffitte, Montfermeil, Pompadour, Saumur, Verdun (Meuse), Vézelay, Dumbéa en Nouvelle-Calédonie, et Ans en Belgique.

Nos associations proposent aussi aux votantes d'entrer dans un réseau international de solidarité et de coopération entre communes francophones, en se présentant sur un site dédié : www.nousvotonspourlefrancais.com en cours de lancement.

Les maires sont appelés à proposer à leur Conseil de voter le manifeste (franco-québécois) dont texte et mode d'exploitation sont à demander à Avenir de la langue française, 34 bis, rue de Picpus, 75012, 01 43 40 16 51, avenirlf@laposte.net site : www.avenir-langue-francaise.fr

Et chacun de vous est appelé à approcher le maire de sa commune et d'autres élus pour obtenir les votes des conseils municipaux, à l'aide de ces textes à demander !

Albert Salon, docteur d'État ès lettres, ancien ambassadeur, président d'Avenir de la langue française (ALF) et co-animateur de réseaux francophones en France et au-dehors.

*Voir le livre qui porte ce titre, paru chez Glyphe en 2012 ; il s'agit d'un abécédaire en cent mots-clefs des mesures nécessaires au redressement de la France.

Paris le 6 décembre 2013.


nouvelles2/french_tech.jpgFleur Pellerin piétine la Circulaire du 1er ministre - le 04/12/2013 - 21:15 par MAR

Fleur Pellerin piétine
la Circulaire du Premier ministre du 25 avril 2013

La ministre déléguée en charge de l'Économie numérique, en rebaptisant l'initiative “Quartiers numériques” “French Tech”1 (sic !) une fois de plus montre que ce gouvernement (ou plutôt nombre de ses ministres) s'assoit sur la langue française entrant de plein pied dans une logique de colonisés, pensant que s'afficher en anglais c'est forcément moderne. Quand cela n'est que servile !
Cela montre également la valeur des beaux discours de nos dirigeants, tels ceux de François Hollande ("Je défendrai partout l’usage du français"), qui n'ont jamais pris la moindre esquisse de mesure pour faire respecter le français. MAR

Circulaire du Premier ministre (Jean-Marc Ayrault), 25 avril 2013 relative à l’emploi de la langue française

1 il est vrai que France Tech cela n'était possible, cela ne faisait pas assez anglo-saxon !

 


nouvelles/presse.gifNouvelles de décembre 2013 - le 04/12/2013 - 21:15 par MAR

Nouvelles de décembre 2013

Le Parisien-Aujourd'hui du 9/12 Do you speak encore français ? (ci-dessous)
La CGT de Carrefour défend la langue française (lien et site du syndicat )
Impératif Français : Des cadeaux de Noël, tout en français ! (lien)
Slate : Et le journalisme sportif vint à la rescousse du passé simple (lien)


Dossier intéressant dans Le Parisien-Aujourd'hui en France du 9 décembre 2013 

Autour du colloque organisé par le CSA le 9 décembre 2013 au Collège de France à Paris "Quel avenir pour la langue française dans les médias audiovisuels ?", le journal populaire Le Parisien-Aujourd'hui en France consacre un dossier intéressant sur la place du français en France : "Do you speak encore français ?"

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Do you speak encore français ?

Les anglicismes envahissent notre vie quotidienne. La télévision, la grande distribution, l'industrie multiplient les expressions anglaises au point d'émouvoir les amoureux de la langue française.

L'Édito
Aimons le français

Shakespeare contre Molière, l'anglais menacerait le français. Et, s'il est vrai que le rayonnement d'une langue est la conséquence d'une domination culturelle, économique et politique, il y a vraiment de quoi s'inquiéter. On peut aussi considérer que c'est l'usage au quotidien qui façonne une langue. Qui la renforce suffisamment pour qu'elle soit capable d'absorber des mots étrangers, des mots qui l'enrichiront au lieu de l'appauvrir. La défense de la langue française passe d'abord par la connaissance de son vocabulaire, la maîtrise de la grammaire, le respect de la syntaxe. Connaître le mot juste pour exprimer une idée, un sentiment, une impression, cela s'apprend dès le plus jeune âge, avec ses professeurs et ses parents Vaste chantier ! L'abus d'anglicismes ne trahit en réalité qu'une seule chose : la mauvaise connaissance que nous avons de notre langue. C'est ça, le vrai danger.

Jean-Marie Montali
jmmontatt@teparisien.fr


Ce que dit la loi
Le français est "la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics" selon la loi Toubon relative à l'emploi de la langue française, votée le 4 août 1994. Concrètement, les modes d'emploi, garanties, factures, panneaux publics, contrats de travail doivent être-rédigés en français. Au sein des entreprises, "tout document dont la connaissance est nécessaire au salarié pour l'exécution de son travail" doit être rédigé ou traduit en français. Le texte ne prévoit pas d'obligation pour ce qui est diffusé sur les télévisions ou les radios de droit privé.

Certaines entreprises ont été condamnées peur avoir enfreint cette loi. En 2006. General Electric Médical Systems a écopé d'une amende de 600 000 € pour ne pas avoir traduit les notices de ses appareils. En 2007, Europ Assistance a été contraint par la justice à livrer une version française de ses logiciels de comptabilité. En 2010. Air France a été condamnée devant la cour d'appel de Paris à traduire en langue de Molière quatre documents à destination des pilotes et des mécaniciens. Ces notices techniques n'avaient en effet été communiquées qu'en anglais, d'où quelques problèmes de compréhension.


Tous ces mots anglais qu'on pourrait éviter

Les anglicismes se multiplient dans notre langue. Experts des médias ou syndicalistes, beaucoup s'en émeuvent et proposent des solutions.

Faut-il suivre l'exemple des Québécois ? Réclamer des "chiens chauds" ("hot-dogs"), ou passer des coups de fils depuis nos "téléphones intelligents" ("smartphones") ? Alors que les anglicismes colonisent la langue des affaires et Internet, ou squattent la télévision et la radio, la "résistance" commence à s'organiser en France.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), constatant la recrudescence des termes anglais à l'antenne, organise aujourd'hui à Paris un colloque ouvert au public* sur "L'avenir de la langue française dans les médias audiovisuels". Des linguistes, mais aussi des responsables de chaînes ou de stations, vont se demander comment mieux manier la langue de Molière sur les ondes et limiter l'usage des termes venus d'outre-manche ou des États-Unis.

■ Promouvoir le français plutôt que de sanctionner "L'idée n'est pas de sanctionner ou de jouer les ronchons qui font la chasse aux anglicismes, mais de dresser un état des lieux et d'aider les chaînes à prendre conscience de leurs obligations en matière de défense et de promotion de la langue française", explique Patrice Gélinet, membre du CSA, président de la mission langue française et francophonie, à l'initiative de ce colloque. L'utilisation préférentielle du français est, en effet, inscrite dans la loi (notamment la "loi Toubon" du 4 août 1994) et même dans la Constitution (l'article 2 : "La langue de la République est le français").

Dans la grande distribution, la révolte gronde aussi. Chez Carrefour, la CGT s'insurge contre l'utilisation "à outrance" de l'anglais dans leurs allées. Une pétition intitulée "Non à l'anglicisation de Carrefour, de la France et de l'Europe" a recueilli plus de 1500 signatures."Nous voulons rappeler que la langue du commerce, c'est la langue du client et qu'en France le client parle français", argumente le syndicat. Celui-ci propose de remplacer "Carrefour Drive" par "Carrefour au volant" ou "Carrefour City" par "Carrefour Cœur de ville"...

Hélène Bry et Bérangère Lepetit
* Au Collège de France, de 9 h 30 à 18 heures.


La grande distribution envahie

"Carrefour Market" ou "Carrefour City", le géant de la distribution affiche des mots anglais dès les intitulés de ses enseignes.

Son slot au poignet, Lionel s'occupe du picking des produits avant de se diriger à l'entrée du drive. Comprenez : sa montre-scanner au poignet, Lionel s'occupe de la collecte des produits avant de se diriger à l'entrée du point retrait pour automobiles. Au Auchan Drive de Cesson (Seine-et-Marne), comme dans tous ces hangars commerciaux qui se multiplient ces dernières années en France, parfois accolés aux hypermarchés et spécialement dédiés aux automobilistes, l'anglais devient une véritable langue de travail. Même dans les grandes surfaces traditionnelles, les termes anglo-saxons sont utilisés de longue date."Parfois, on a l'impression de travailler à Mc Do, ça rentre dans le contexte général, on va tous se mettre à courir et à parler en anglais", tempête Régis Ravat, délégué syndical (CGT) au Carrefour de Nîmes-Sud (Gard), qui bataille avec certains collègues contre "l'anglicisation" et pour la création d'une commission "chargée de veiller à la qualité de l'emploi de la langue française dans l'entreprise".

Chez Carrefour, qu'il s'agisse de l'intitulé des enseignes (Carrefour City, Carrefour Market), du nom des produits (Home pour le petit électro-ménager, Blue Sky pour les premiers prix, Top Bike pour le cyclisme) ou des méthodes de travail (le "cross-merchandising", l'"e-learning"), les salariés baignent au quotidien dans un franglais qui n'est pas du goût de certains salariés.

Cross-mer et street-palette

Récemment, deux nouveaux termes, street-palette et cross-mer ont fait leur entrée au Carrefour de Nîmes."Le street-palette, c'est quand il s'agit de placer les télévisions sur des palettes en bois dans les allées, ça fait ambiance rue", détaille un salarié agacé. Quant au "cross-mer", c'est désormais le terme usité pour l'employé chargé du "cross-merchandising", celui qui place dans les rayons les produits associés (exemple : des piles ad hoc à côté d'un réveil).

Les syndicalistes souhaiteraient voir émerger un label "dit en français" sur le modèle du "Fabriqué en France". Ces arguments n'ont pas laissé insensible la direction de Carrefour. A tel point qu'une "commission chargée de veiller à la qualité de l'emploi de la langue française dans l'entreprise" pourrait être prochainement mise en place en collaboration avec des associations comme l'Apfa (Actions pour promouvoir le français des affaires). La direction confirme que l'idée fait son chemin et qu'elle a reçu une oreille attentive de Georges Plassat, le PDG de Carrefour France, qui met un point d'honneur à organiser ses réunions de travail en français. B.L


"En mettre partout, ça fait ringard"
Erik Orsenna, membre de l'Académie française

Erik Orsenna, éternel amoureux de la langue française, se moque gentiment delà recrudescence des anglicismes dans le français d'aujourd'hui.

Y a-t-il trop d'anglicismes dans le français actuel ?

Erik Orsenna. Oui, notamment à la télévision. Même si, d'une manière générale, j'adore la langue anglaise... Mais mettre des anglicismes partout - qui souvent ne sont même pas les vrais termes anglais - je trouve que cela a un côté extraordinairement ringard. Ça veut faire mode, International, mais en fait, ça fait ringard. Je me souviens qu'à un moment mes enfants disaient sans arrêt "c'est styly" : c'était bien ridicule... Et l'anglicisme le plus bête, c'est de dire "nominé" au lieu de "nommé"". Alors que pour une fois le mot français est plus court ! C'est comme de dire "The Voice" au lieu de "la Voix" : pour mol, ça n'apporte rien !

Comment faire pour remédier à cette manie de l'anglais, ou du franglais ?

La langue française, Il faut la rendre belle, drôle, insolente. Un exemple : j'écoute presque chaque matin la chronique sur la musique d'André Manoukian sur France Inter, à 7 h 24. Cet homme-là parle un français formidable, précis et en même temps imagé, drôle, poétique… Plutôt que de dire interdisons les anglicismes, moi je dis multiplions les Manoukian ! C'est comme lorsque vous écoutez une Chanson de Benjamin Biolay ou Emily Loizeau : vous êtes fier de voir la langue française si bien utilisée.

Mais, au fond, pourquoi utiliser l'anglais plutôt que le français ? En fait, il y a un soupçon qui me vient : quand on utilise sans arrêt des mots anglais, c'est que l'on est pas très fier de son français. C'est pour camoufler ou le vide ou la mauvaise manière. En revanche, Il faut bien avouer que certains mots anglais disent mieux les choses que le mot français Prenez le burn-out : c'est vraiment une expression formidable, qui exprime, en deux petits mots, le fait qu'on est à la fois brûlé et explosé. Prenez l'équivalent français, "syndrome d'épuisement professionnel" : ce n'est vraiment pas bon, comme expression... Propos recueillis par H.B.


La télé accro aux anglicismes

Tu as regardé quoi, hier soir, à l'heure de grande écoute ?" Bon, c'est vrai : il faut reconnaître qu'"en prime time", ça sonne mieux... Est-ce pour cela que la télé française semble complètement accro aux anglicismes ?

La téléréalité ne peut plus s'en passer. Peu de chaînes s'offrent le luxe de mettre en tête de gondole des émissions dans la langue de Molière, face au raz-de-marée des "Secret Story" (TF1), "MasterChef (TF1), "IceShow" (M6) ou "Hollywood Girls" (NRJ12).

L'offensive des "Morning". Sur les radios musicales, les morning font de la concurrence aux bonnes vieilles matinales des généralistes comme RTL, France Inter, Europe 1."Les anglicismes comme Morning ou Morning live pullulent à la télé et à la radio, s'agace Patrice Gélinet, président de la Mission langue française et francophonie au CSA. Le pompon étant de parler de Direct Live, qui est non seulement un anglicisme mais aussi un pléonasme."

"The Voice" : tellement plus chic "In english" Le carton des deux dernières années en France, en termes d'émissions de divertissement, multiplie les "coachs" et les "battles"... Bien sûr, il s'agit d'un format international donc "The Voice" est "The Voice" partout, mais pas au Québec, où l'émission s'appelle..."la Voix". A noter qu'en France le nom complet de l'émission est "The Voice, la plus belle voix".

Les "Before" et les "After". Il y a le "Before" du "Grand Journal" le soir sur Canal +, et l'"After Ice Show" le mercredi soir sur M 6."On observe une espèce de manie de l'anglais à la télé, pour faire chic, qui a un côté ridicule", remarque le linguiste Alain Rey.

Même le service public speaks franglais. L'émission "la Grande Battle", qui revisite la musique classique sur France 2 dans un esprit très service public, a choisi un titre franglais.

Gulli veut lever le pied."Totally Spies", "Monster High", "Power Rangers"... La chaîne Gulli est très anglophile. Mais ses responsables viennent de décider que les programmes auraient soit leur titre, soit un sous-titre, soit une partie du titre en français.

Des Messieurs Langue française veillent au grain. Chaque chaîne possède sa propre convention signée avec le CSA France Télévisions, par exemple, "proscrit les termes étrangers lorsqu'ils possèdent un équivalent en français". La convention de TF1 prévoit que "la société s'efforce d'utiliser le français dans les titres de ses émissions", et qu'"un conseiller à la langue française est désigné par la chaîne". Il s'agit de Jean-Claude Narcy, qui pourtant juge que "le débat sur les anglicismes est un faux débat, un peu dépassé. On ne peut pas échapper à l'anglais, surtout dans la téléréalité". En revanche, il se bat pour que les jeunes journalistes s'expriment dans un "bon français", leur faisant au besoin faire des stages. Côté M 6, Jérôme Bureau, directeur de l'information et conseiller langue française du groupe, estime qu'"il faut lutter contre les anglicismes quand c'est nécessaire, pas quand c'est absurde. Pour Ice Show, on n'allait pas dire Spectacle de glace. En revanche, American Idol, on l'a rebaptisé A la recherche de la nouvelle star".

Les téléspectateurs de plus en plus énervés contre cette tendance. Nicolas Jacobs, médiateur de l'information de France 2, reçoit de plus en plus de courriers de téléspectateurs qui s'insurgent de l'omniprésence de l'anglais à l'antenne."C'est tout juste s'il n'y en a pas qui nous accusent d'être des traîtres, des vendus... et ça, c'est un phénomène nouveau."  Hélène Bry


Ne dites plus best of, mais florilège

Face aux anglicismes, une armée d'érudits de la Commission générale de terminologie et de néologie se creuse les méninges pour trouver, dès qu'un terme anglais fait du "forcing", la parade française. Comme "florilège" pour "best of", "sonal" pour "jingle", ou "mot-dièse" pour "hashtag" (un terme utilisé par les utilisateurs de Twitter)."C'est très difficile de faire accepter un équivalent à un anglicisme", explique Alain Rey, lexicographe, linguiste, conseiller éditorial auprès des Éditions Les Dictionnaires Le Robert, mais aussi membre de la Commission.

■ Trouver une traduction le plus vite possible

"Avant, le français savait naturellement adapter les mots, comme ri-ding coat devenu redingote, explique Alain Rey. Mais, aujourd'hui, on a malheureusement tendance à être bêtement respectueux de la langue d'origine", donc à garder des anglicismes. Or, dès qu'un mot anglais fait irruption dans notre langue, si l'on ne trouve pas tout de suite le bon néologisme français correspondant, c'est fichu... Ainsi, "courriel" est entré in extremis dans le langage courant (et encore...). L'expert enfonce le clou : "Le problème aussi, c'est que les Français sont nuls en langues, alors ils préfèrent garder les mots anglais pour se donner un genre, avoir l'air anglophone et à la mode, comme des gamins qui vont hurler deux phrases d'une chanson en anglais. Il y a là quelque chose de comique et de ridicule."L'érudit signale toutefois que, sur la centaine de nouveaux mots ajoutés cette année au dictionnaire pour lequel il travaille, la moitié des termes viennent du monde anglo-saxon. H. B.


D'autres pays se défendent

La France n'est pas la seule à défendre vaille que vaille son Identité linguistique. En Europe, d'autres pays ont vu émerger ces dernières années des associations visant à défendre leur langue. Surtout quand elle est menacée. En Belgique, un "atelier du vocabulaire" est né à Bruxelles, réunissant des Wallons souhaitant défendre la langue de Molière.

Un réseau des langues latines a aussi vu le jour dans le sud de l'Europe, regroupant des représentants espagnols, portugais et roumains. Mais les champions toutes catégories sont sans doute les Québécois, qui sont devenus experts en l'art de la traduction française des expressions anglaises. Là-bas, un Office québécois de la langue française fait chaque jour de la résistance face aux voisins anglophones, et a même rédigé une charte de la langue française. Prière de ne pas dire "parking" mais "parc-auto" ou "parc d'automobiles". Et, dans le monde de la grande distribution, "au volant" est souvent utilisé en lieu et place de "drive". B.L


nouvelles2/nouvelle-caledonie.jpgDumbéa signe le manifeste des Communes de France - le 03/12/2013 - 11:47 par A_Salon

Nouvelle-Calédonie : Dumbéa exemple pour la campagne
"Communes de France pour la langue française
"
Alliance Champlain : Agir pour le français auprès des publicitaires (ci-dessous)

Cette commune de 30 539 habitants, représentative de la diversité des populations du "Caillou", qui fait partie du "Grand Nouméa" en Nouvelle-Calédonie, collectivité territoriale française à l'Est de l'Australie a voté à l'unanimité notre manifeste franco-québécois.
Elle a assorti son vote d'une délibération modèle que l'Alliance Champlain et ALF ont plaisir et fierté à présenter à nos lecteurs. AS.


Note explicative de synthèse portant adoption du "Manifeste pour la langue française"

Dans le cadre de la préservation de la langue française dans le monde, l'Organisation Internationale de la Francophonie, organisme culturel et politique international regroupant 77 pays, a pour objectif majeur de promouvoir la diffusion et l'emploi de la langue française sur les cinq continents tout en assurant la protection des langues locales composant l'espace francophone telles les langues kanak de Nouvelle-Calédonie qui font partie du patrimoine immatériel de notre Caillou.

Or, il apparaît depuis plusieurs décennies que la langue française soit menacée par le développement d'un tropisme qui gagne non seulement la France et l'Europe mais le monde entier, à savoir l'abandon insidieux mais progressif des langues locales et nationales dans les domaines économique, scientifique et culturel au profit de la langue anglaise.

C'est pourquoi un collectif d'associations s'est constitué avec pour objectif non plus d'alerter seulement, mais d'agir pour la défense de notre fondement culturel dont la richesse est pourtant reconnue dans le monde entier. Parmi leurs actions, figure l'initiative de proposer aux édiles des communes de France, un "Manifeste pour la langue française" qui ferait l'objet d'une motion adoptée par les Conseils municipaux. Plusieurs communes et non des moindres comme les villes de Maisons-Laffitte et Verdun, dont la taille est comparable à la ville de Dumbéa, ont d'ores et déjà voté cette motion.

La Nouvelle-Calédonie étant un espace de langue française dans le Pacifique, il est proposé que Dumbéa devienne la première commune de Nouvelle-Calédonie, voire la première dans tout l'ensemble ultramarin français, à adopter ce manifeste pour la langue française et ainsi marcher sur les traces de ces défenseurs résolus de cet héritage linguistique plus que millénaire.

Aussi, il est proposé au Conseil Municipal de voter cette motion qui consacrerait notre attachement à la langue française en Nouvelle-Calédonie et dans le Pacifique

Tel est l'objet du projet de délibération ci-joint que j'ai l'honneur de soumettre à votre approbation

M. Le maire

Je voudrais avant tout remercier Madame Ghislaine RIVATON pour son action et son implication dans la défense de la langue française. Nous savons qu'à longueur de temps elle défend cette langue au travers de l'Alliance Champlain. Pour cela je vous propose que le conseil adopte cette délibération, la Ville de Dumbéa sera ainsi la 1ère commune de Nouvelle-Calédonie, voir du Pacifique, à engager cette démarche.

Mme Malfar :

Le sujet est bien mais je voudrais savoir si financièrement le fait d'adopter au conseil municipal ce manifeste, engendre un coût pour la commune à l'avenir, ou est-ce que tout sera gratuit. Est-ce une opération gratuite ou onéreuse pour la Ville ?

M. Le maire

C'est l'adoption d'un manifeste, d'une intention, d'un vœu, il n'y a pas d'impact financier direct dans le fonctionnement de la Ville. Il nous appartient, par la suite, de décliner ce manifeste pour faire en sorte d'éviter les anglicismes, et de développer des actions pour la défense de la langue française notamment en milieu scolaire.

Mme Malfar :

Non je disais plus tard Monsieur le maire, ma question ce n'était pas pour aujourd'hui ; effectivement on vote le manifeste il n'y a pas de souci, mais à quel prix ?

M. Le maire

Ma volonté est de défendre la langue française et d'adopter le manifeste qui nous est proposé. Il y aura peut-être un jour des opérations qui auront un coût qu'il est aujourd'hui impossible de budgétiser, mais que le conseil décidera alors sur la base du principe qu'il nous est proposé d'adopter.

Mme Rivaton :

M. le Maire, Mesdames, Messieurs et chers collègues,

M. le Maire, en tant que votre adjointe déléguée à la Culture et membre de la Commission Administration générale, d'une part, et membre de l'Alliance Champlain à l'origine de cette démarche en Nouvelle-Calédonie, d'autre part, j'aimerais vous indiquer qui, en métropole, en sont les initiateurs.

Il s'agit d'un collectif de 31 associations parmi lesquelles l'Alliance Champlain, emmené par M. Albert Salon, docteur d'État es lettres, ancien ambassadeur, président d'Avenir de la langue française (ALF). Ce manifeste est soutenu également par des personnalités de renommée nationale, voire mondiale, dont M. Hervé Bourges, ancien Président du Conseil supérieur de l'Audiovisuel, Mme Régine Deforges, écrivaine ; M. Costa-Gavras, cinéaste ; M. Claude Hagège, linguiste, du Collège de France ; M. Jean Raspail, écrivain ; M. Yves Guéna, ancien président du Conseil Constitutionnel ; M. Laurent Lafforgue, Médaillé Fields, pour ne citer que quelques unes de ces sommités dont la liste extensive peut être obtenue auprès de l'Alliance Champlain.

M. le Maire, Mesdames, Messieurs, je vous remercie.

M. Le maire
Sans observations complémentaires des conseillers municipaux, je demande au conseil municipal de bien vouloir se prononcer sur la délibération suivante :

Délibération n°2013/

Portant adoption du "Manifeste pour la langue française"

Le conseil municipal de la Ville de Dumbéa, réuni en séance publique, le 14 novembre 2013,

VU la loi organique modifiée n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie,

VU le code des communes de la Nouvelle-Calédonie,

VU la loi modifiée n° 99-210 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie,

VU la note explicative de synthèse n° 2013/96 du 29 octobre 2013,

La commission municipale des finances et de l'administration générale entendue en séance du 05 novembre 2013,

Après en avoir délibéré,

Décide :

article 1er
D'adopter "le Manifeste pour la langue française" joint à la présente délibération.

article 2
Le délai de recours devant le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie contre la présente délibération est de 3 mois à compter de sa publication.

article 3
Le Maire de la Ville de Dumbéa est chargé de l'exécution de la présente délibération qui sera communiquée à Monsieur le Commissaire Délégué de la République pour la Province Sud et publiée par voie d'affichage.

M. Le maire :

Mesdames, Messieurs, je mets aux voix l'ensemble de la délibération.

Adoptée à l'unanimité


Alliance Champlain (Nouvelle-Calédonie) Agir pour la langue française auprès des publicitaires

C'est toujours possible en ce qui concerne par exemple les enseignes des magasins. D'une manière intelligente, engageante. En encourageant les bonnes initiatives. La Nouvelle Calédonie nous en donne un bon exemple. L'Alliance Champlain, présidée par notre ami Daniel Miroux, membre fidèle d'Avenir de la langue française (ALF), l'a réussi de belle manière. Voyez l'article ci-dessous de la presse locale. A. Salon

alliance-champlain.jpg


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2013 (2) - le 01/12/2013 - 22:48 par MAR

Nouvelles de novembre 2013 (2)

Précieux soutien à "Communes de France pour la langue française" ! (ci-dessous)
Christian Massé (Nouvelle République) Protéger la langue française (29/11) (lien)
Joël Broquet : Les Jurassiens suisses ont voté (ci-dessous)
Échanges entre cabinets juridiques tunisien anglomane et français (11/2013) (lien)


Un précieux soutien à notre campagne Communes de France pour la langue française !

M. Pascal Terrase, député de l'Ardèche, secrétaire parlementaire de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) invite les maires de sa circonscription à faire voter notre manifeste franco-québécois par leur conseil municipal ! Merci à lui ! Puissent d'autres parlementaires suivre son exemple ! "

Lire la lettre de Pascal Terrasse aux maires de sa circonscription

Campagne des Communes de France pour la langue française


Les Jurassiens suisses ont voté par Joël Broquet, secrétaire général du Mouvement Fédéraliste Français

En 1815, le Jura suisse fut annexé au canton de Berne. En 1974, sous l’impulsion de Roland Béguelin, qui collabora au journal "La Nation Française" dirigé par Pierre Boutang, un séisme secouait le canton de Berne. Rappelons que ce journal conciliait parfaitement unité nationale et décentralisation.

Par référendum, les districts nord du Jura décidaient de créer la République et Canton du Jura. Les districts sud demeuraient, eux, dans le canton de Berne. Les francophones du Jura étaient bien coupés en deux. Depuis lors les polémiques, parfois violentes, n’ont pas cessé sans que pour autant cela ne dégénérât.

Après 40 ans de négociations entre les représentants des francophones du Jura resté bernois, les cantons de Berne et de la République du Jura, on parvint au référendum du 24 novembre 2013 portant sur la mise en route d’un processus d’unification en repartant de zéro, à savoir la création d’un nouveau Canton francophone.

Les électeurs de la République et Canton du Jura ont voté oui à 76,6 %, ceux du Jura demeuré bernois non à 71,8 % à la notable exception de Moutier qui vote oui à 55%. Le processus défini permet aux communes qui le désirent pourront ultérieurement demander leur rattachement à la République et Canton (Jura Nord).

A tort sans doute, les habitants du Jura bernois (Jura Sud) ont eu le sentiment qu’ils allaient, non pas concourir à la création d’un nouveau canton, mais être absorbés par le Jura Nord dont ils seraient non pas le "fils prodigue" de retour au foyer, mais ceux qui resteraient montrés du doigt pour avoir voté non en 1974. Décidément la psychologie des peuples est compliquée !

Mais la Suisse si proche est difficile à comprendre par une France qui peine à se dépouiller de ses oripeaux jacobins. Au-delà des turbulences inter cantonales, il y a une réalité nationale qui pacifie des conflits culturels auxquels résisterait mal un État centralisé. La Suisse a su apprivoiser la diversité linguistique comme en témoigne le canton de Fribourg bilingue.

On peut également se demander si l’image de la France socialiste dans une Suisse plutôt conservatrice n’a pas joué contre le rapprochement avec un Jura Nord peut-être perçu comme "contaminé" par son grand voisin ?

Il n’en reste pas moins que même si le résultat de cette votation a déçu les militants de la Francophonie, la "Question Jurassienne" reste posée ! Moins sur le plan institutionnel que sur celui de la recherche d’une solidarité au sein de l’espace culturel francophone.

A l’heure de la naissance des solidarités informelles si bien décrites par le sociologue lausannois Bernard Wicht, on peut se demander si la "Question Jurassienne" ne va pas devenir un laboratoire pour imaginer des solidarités autres qu’étatiques.

La frilosité des "Jurassiens du Sud" (sauf à Moutiers et dans quelques petites communes) peut-elle être vaincue ? A l’heure de la mondialisation les Jurassiens du Sud ne seraient-ils pas plus sensibles à un sentiment d’appartenance à l’espace mondial francophone qu’à l’attraction de Delémont ? La République et Canton du Jura ne doit-elle pas les aider à surmonter leurs craintes d’être "absorbés" en leur offrant une ouverture sur le monde ? En les associant à la vie de la francophonie mondiale ?

NB : Pour comprendre la "question jurassienne", on consultera les articles de Pierre André Comte dans le Jura Libre : case postale 202 – 2800 Delemont 1 - Suisse


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2013 - le 13/11/2013 - 14:20 par MAR

Nouvelles de novembre 2013

Publication du 2e Rapport ARPP/DGLF "Publicité et langue française"  (28/11) (lien)
ARPP/DGLF : 43 publicités épinglées pour non-traduction en français (27/11) (lien)
Yves Montenay : Lettre au Monde au sujet d'un article sur HEC (16/11) (lire ci-dessous)
Greguti Inauguration du NUMA : du franglais et des marques à tous les étages (16/11) (lien)
Bernard Gensane Quelle langue parle-t-on à Lyon ? (Lyon capitale anglomane) (12/11) (lien)


Yves Montenay : Lettre au Monde au sujet d'un article sur HEC (16/11)

La concurrence entre grandes écoles est mondialisée : donc en anglais ?
Voici une saine réaction d'Yves Montenay, administrateur d'ALF (AS)

Madame, Monsieur,

Je me réfère à l'article de votre édition du 14 novembre (Le Monde) :

ENTRETIEN
"La concurrence entre écoles est mondialisée "
Leader incontesté dans l'Hexagone, HEC se mesure aux meilleures business schools de la planète. Selon Bernard Ramanantsoa, son directeur général, c'est une des raisons de sa notoriété et de son attractivité |

Je proteste une fois de plus contre l'absence de questions relatives aux langues dans des articles où c'est une question importante. Cette omission, soit de cette question dans le cas de cet article (voir ci-après), soit de la langue choisie par l'interviewé, est tellement systématique que je me demande s'il n'y a pas une consigne aux journalistes. Peut-être s'imaginent-t-ils vivre dans un monde homogène où les différences culturelles n'ont plus d'importance...

Habituellement mes remarques visent des déclarations de responsables de pays plurilingues de fait ou de droit, pour lesquels la langue de l'interview reflète un choix politique ou une situation culturelle significative, or ce n'est pratiquement jamais signalé par le journaliste. Dans son récit de voyage au Moyen-Orient, Gilles Kepel ne manque pas de relever la langue dans laquelle s'exprime l'interlocuteur, et souvent commente ce choix.

Cette fois-ci ma remarque vise notre grande école la plus connue mondialement au lendemain du débat sur la loi Fioraso relatif à la langue d'enseignement dans le supérieur. C'était donc important et d'actualité !

Cette protestation concerne votre journal. J'en profite pour faire une remarque qui concerne le fond de l'entretien, et rappelle tout d'abord que je suis un ancien directeur d'une grande école de management qui était à l'époque environ 10e du classement français, donc, bien sûr, derrière HEC, mais à un niveau honorable :

- il aurait été intéressant de savoir si tout ou partie des cours sont en anglais, et quel est le niveau de connaissance du français est exigé pour avoir le diplôme d'HEC. A titre d'exemple, la notoriété de l'École Centrale de Paris est telle que les étudiants étrangers qu'elle attire se donnent la peine d'apprendre le français et qu'un certain niveau de cette langue est nécessaire pour obtenir le diplôme. Les cours en anglais ne sont pas spécifiquement destinés à attirer des étrangers, mais reflètent une demande des étudiants et de leurs parents pour progresser dans cette langue. Et parfois bien sûr le fait que le professeur choisi pour sa notoriété n'est pas francophone. La notoriété d'HEC est équivalente et lui permet (ou lui permettrait) d'attirer des étudiants non francophones malgré la tenue d'une partie des cours en français, comme la version finale de la loi Fioraso le demande,

- il aurait été également intéressant de distinguer entre l'école proprement dite et les Masters, non seulement pour la proportion d'élèves étrangers, mais, en parallèle, sur la langue des cours qu'ils suivent,

- nous savons tous que la compétition est mondiale entre les grandes écoles ou leur équivalent universitaire à l'étranger, mais on peut se demander si la vocation des grandes écoles françaises est d'aller au-delà d'une nécessaire internationalisation et de capter des milliers, voire davantage, d'étudiants étrangers, ce "marché" étant infini,

- une certaine proportion des élèves travaillera en France, et si certains problèmes sont mondiaux d'autres, par exemple les problèmes sociaux ou les rapports entre les entreprises et l'État sont assez différents d'un pays à l'autre, ce qui nécessite des enseignants français.

Ces considérations sur la langue et l'avenir des élèves ne sont pas seulement liées à la mondialisation, mais aussi à la limitation des perspectives en France du fait de l'échec économique actuel, qui pousse des élèves à travailler à l'étranger. Une partie de ces départs seront définitifs, ce qui mène se poser de graves questions.

Meilleures salutations

Yves Montenay (abonné depuis longtemps, après avoir été jeune lecteur puisque je me souviens du numéro traitant du 1er novembre 1954 en Algérie)


MuseeHorreurs2/beautifull-grenelle.jpgBeautiful Grenelle ? - le 11/11/2013 - 21:46 par MAR

Beautiful Grenelle ?
1 lieu et 2 marques à éviter : Beaugrenelle,
Häagen-Dazs et Uniqlo
qui piétinent la langue française

Passant voir le centre commercial Beaugrenelle (Paris 15ème) rénové, nous nous sommes bien retrouvés en colonie états-unienne, interpellés dans la langue de Coca-Cola. De même nous avons pu constater combien la marque américaine Häagen-Dazs, se croyant en pays conquis, piétine la langue française : avec ses inscriptions énormes entièrement en anglo-américain.

haagen-dazs

haagen-dazs pietine la langue française

Nous invitons toutes les personnes pour lesquelles le respect a encore un sens à ne pas acheter les produits et à ne pas fréquenter les points de vente de la marque Haagen-Dasz tant que celle-ci ne respectera pas le pays dans lequel elle prétend vendre : la France et tant que les pouvoirs publics ne feront pas respecter les lois de la République, dont notamment la loi du 4 août 1994, qui oblige un affichage en taille au moins équivalente en français.

Accessit pour Uniqlo, qui bien que japonaise, se croit elle aussi en terre anglo-saxonne avec son "Uniqlo the innovative brand from Japan". N'achetez pas non plus chez Uniqlo tant que cette marque ne respectera pas la France.

uniqlo piétine le français

 


Francophonie.jpgL'enjeu géopolitique de la Francophonie - le 11/11/2013 - 17:59 par Charles_SaintProt

L'enjeu géopolitique de la Francophonie

par Charles Saint-Prot

L'auteur, notre ami Charles Saint-Prot, directeur de l'Observatoire d'Études géopolitiques (OEG) sait que la projection pleine d'espoir à laquelle il se livre, suppose que les États africains restent attachés à la langue française, et que leurs systèmes d'enseignement en français ne s'effondrent pas, donc soient soutenus par les pays développés membres de l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie). Albert Salon.

Contrairement aux allégations des habituels champions du renoncement, la langue française est bien vivante dans le monde. Il n’y a guère que certaines prétendues élites parisiennes, hauts fonctionnaires, diplomates et autres hommes d’affaires, qui ont fait de la démission et de la soumission une règle de conduite pour considérer qu’il serait du meilleur chic de s’exprimer en anglais et la francophonie serait une préoccupation désuète et un combat d’arrière-garde. Si le français recule comme langue de travail dans le cercle, à vrai dire étroit, des organisations régionales et internationales, c’est principalement à cause de la négligence des élites précitées qui ne défendent jamais leur langue tant elles adhèrent aveuglément à une doxa européiste fondamentalement hostile aux nations et à tous les signes de souveraineté. Il est inadmissible que les fonctionnaires, les universitaires, les scientifiques ou les parlementaires français ne fassent pas les rappels à l’ordre qui s’imposent lorsqu’on tente d’imposer des travaux uniquement en langue anglaise dans des instances où le français est officiellement reconnu comme langue de travail (ONU, OCDE, OTAN, Conseil de l’Europe, parlement européen, commission européenne, etc.). En revanche, s’il y a défaillance au sommet, l’expansion est indéniable dans les populations.

700 millions de francophones en 2050

L’universitaire québécois Richard Marcoux, rappelle que les francophones sont répartis sur les cinq continents, le français est non seulement une langue parlée et étudiée mondialement, elle est aussi une langue de plus en plus utilisée. L’Administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie (une soixantaine d’États et gouvernements), Clément Duhaime, souligne que selon les prévisions de l’Observatoire démographique et statistique de l'espace francophone le nombre des francophones pourrait dépasser 700 millions d’ici à 2050 (2,5 fois plus qu’aujourd’hui). Ces chiffres doivent être abondés de tous ceux qui ne sont pas répertoriés, notamment les francophones des pays non-francophones. Au rythme actuel de croissance, on pourrait dénombrer un milliard de francophones à la fin du siècle. A contrario, le tout anglais est loin de consolider toutes ses positions, par exemple, sur Internet l’anglo-américain est passé de 80% du trafic à 45%, depuis quelques années. La progression irrésistible du français est principalement due à la montée en puissance des francophones d'Afrique (Afrique noire et Maghreb), sous la double influence de la démographie et de la scolarisation. C’est dire l’importance qu’il convient d’accorder à ce continent qui doit être une priorité pour la diplomatie française et pour les instances francophones.

Une priorité politique

Les francophones seront donc plus de 700 millions d’ici à moins d’une quarantaine d’années, c’est donc maintenant qu’il faut travailler pour faire de cette perspective un atout. La Francophonie est une chance linguistique, culturelle et politique, il faut aussi qu’elle soit une réalité économique en développant davantage les axes de coopération nord-sud et sud-sud et en explorant toutes les potentialités de l’ensemble économique francophone. La Francophonie ne peut se limite à des slogans, il ne suffit pas d'afficher des intentions, il faut davantage les traduire dans les faits, dessiner un dessein commun, créer une véritable synergie. Il est clair que le projet francophone doit être plus ambitieux, c'est-à-dire plus politique. Le rôle essentiel d'une Francophonie dynamique et volontaire ne doit pas consister seulement à défendre la diversité –ce qui est certes indispensable– mais encore il faut mettre en place les programmes nécessaires pour permettre aux membres les moins développés de l’ensemble francophone de rattraper leur retard en matière d'éducation, de formation, d'accès aux nouvelles technologies, de formation professionnelle, etc. Et, parce qu’il n’y a pas de développement sans stabilité et sécurité juridique, il est également indispensable d’aider les pays concernés à renforcer la construction de l’État de droit, ce qui ne doit pas conduire pour autant à donner des leçons ou à prétendre imposer un modèle unique, une sorte de prêt-à-gouverner qui ignorerait les identités et les diversités. Tout cela implique une véritable stratégie à long terme et une action particulièrement active de la part des pays industrialisés, surtout de la France qui doit faire du développement des pays francophones une priorité. A vrai dire, la France doit s'investir davantage, et sans complexe, dans le projet francophone et consentir les moyens nécessaires.

Loin d’être la lubie de quelques nostalgiques, la Francophonie constitue un enjeu de première importance. L’usage d’une langue marque l’adhésion à un état d’esprit, à des valeurs partagées, à une vision du monde. L'évolution géopolitique des langues n'est donc pas anecdotique. Elle traduit les rapports de force et les grandes dynamiques. C'est pourquoi une Francophonie structurée, dynamique, volontaire, est une ardente obligation. Encore faudrait-il que les politiques, notamment les dirigeants français de droite comme de gauche, en prennent la mesure et mettent en place une véritable stratégie en la matière, notamment en anticipant les besoins futurs et en développant les atouts de ce vaste ensemble qui peut –et doit- peser davantage dans la recomposition du paysage planétaire.

Charles Saint-Prot


Agenda novembre-décembre 2013 - le 03/11/2013 - 22:58 par MAR

Agenda novembre-décembre 2013

Un colloque du CSA : Quel avenir pour la langue française dans les médias audiovisuels ?
lundi 9 décembre 2013 au Collège de France à Paris Vème (lien)

Table-ronde: "La traduction, un droit fondamental ?" vendredi 15 novembre 2013, de 17 à 19 h, à la Représentation en France de la Commission européenne à Paris (lien et communiqué ci-dessous)

Chanson française et succès international, Conférence de Jean-Claude Amboise, mardi 26 novembre 2013, à 14h15 à l’Université de Bordeaux 3 (communiqué ci-dessous)


Table-ronde: "La traduction, un droit fondamental ?"

La directive 2010/64/UE sur le droit à la traduction et à l’interprétation dans les procédures pénales consacre pour la première fois le "droit à la traduction" pour les citoyens de l’Union européenne. Quelles conséquences pour les mondes de la justice et de la traduction ? Quelles problématiques en France et en Europe ? Quelles perspectives ?

Une table-ronde organisée par l'Antenne de Paris de la direction générale de la traduction de la Commission européenne, en partenariat avec le Centre de recherche interdisciplinaire en juritraductologie (Cerije), l'École supérieure d'interprètes et de traducteurs (ESIT) et l'Institut de management et de communication interculturels (ISIT) aura lieu le vendredi 15 novembre 2013, de 17 à 19 heures, à la Représentation en France de la Commission européenne, 288 bd Saint-Germain, 75007 Paris (2e étage).

Places limitées. Inscription obligatoire avant le 8 novembre à l'adresse suivante : mikael.meunier@ec.europa.eu

Pour en savoir plus, cliquez ici.


La Licence "Chanson d’expression française, Jazz et Musiques actuelles
de l’Université de Bordeaux 3
avec le concours du Pôle Francophonie du Carrefour des Acteurs Sociaux

présentent

Chanson française et succès international

Conférence de Jean-Claude Amboise
Docteur en droit, spécialité "droit de la langue française", avocat au Barreau de Paris, membre du comité de pilotage du Pôle Francophonie du Carrefour des Acteurs Sociaux

jean-claude_amboise.jpg

Mardi 26 novembre 2013, à 14h15 à l’Université de Bordeaux 3
Maison des Arts (2e étage - salle 208)
 Esplanade des Antilles - Pessac (tram B "Montaigne-Montesquieu")

Entrée libre

 

 

nouvelles2/consommateur.jpgUn adjuvant de poids à la francophonie - le 01/11/2013 - 15:35 par Francis_Gandon

Un adjuvant de poids à la francophonie :
la défense du consommateur

Il est intéressant de mieux cerner le rôle que la défense du consommateur peut jouer dans la promotion du français.

Devrait être déposé le projet de Loi suivant :»La nature et la composition de tout bien et service sont indiquées dans un français COMPRÉHENSIBLE et de manière EXHAUSTIVE à l’exclusion de tout recours à une quelconque «assistance en ligne» et de quelconques forums de discussion sur Internet. En cas de traduction, l’indication originale française sera toujours sur le recto de la notice[1] ou le devant la boîte, au dessus d’éventuelles traductions. De possibles slogans en langue étrangère devront être traduits[2], en tant que relevant de la description du produit».

Ce projet pourrait être déposé à l’Assemblée, peut-être comme amendement à la Loi Toubon de 1994. Apparemment modeste, ses conséquences seraient cardinales :

  • Le dénoté ferait retour au cœur de la description contre la dérive connotative du nom propre incompréhensible. On parlera de «routeur» et nom de «livebox» (boîte de vie» ?).
  • Une description exhaustive et lisible — y compris matériellement pour les presbytes — liquiderait la pratique grotesque de la traduction microscopique de l’insignifiant en 27 ou 30 langues ; réinstaller le significatif au cœur de la description contraindra à condenser, clarifier, hiérarchiser, présenter les rubriques de façon cartésienne…
  • Récuser l’association du technique au connotatif constituera, notamment en informatique[3], un frein puissant aux pseudos innovations, prétextes à dérouter, asservir, escroquer. Il sera plus difficile de justifier l’obsolescence d’un produit, comme une imprimante — cela vient de m’arriver — du fait d’un simple changement de logiciel. En d’autres termes, convaincre qu’il faut changer de voiture parce qu’on a repeint la ligne jaune (comparaison donnée par Ch.-X. DURAND) deviendra plus ardu.

Cette disposition devrait suffire. Elle devra être couplée avec un accroissement significatif des agents de la DGCRF (ce à quoi le précédent régime tournait strictement le dos) et s’appliquera évidemment aux entreprises françaises à l’étranger. Or il y a urgence : les entreprises transnationales sont en effet passées à la vitesse supérieure dans l’obscurantisme, le barbarisme et la barbarie. Tout indique que le pire est à venir.

Ouvrons ici une sous-rubrique :»On ne s’ennuie jamais avec Orange» —, Morceaux choisis du «guide d’emploi» d’une clé «Everywhere» (sic) d’Orange (France-Télécom) à Madagascar.

«S’il vous plaît il faut utiliser la accessoires originaux ou les accessoires qui sont autorisés».
[…]
«Interdit d’être démonté par des non professionnels…»
[…]
«l’intervalle de température du fonctionnement est de -10° C- + 60° C et d’humidité de 5% à 95% sont recommandés.»
[…]
«le mal traitement par l’utilisateur final»
[…]
«quelque soit que ZTE avait été avisé ou pas»
[…]
«N’ouvrez brutalement pas le couvercle avant».
[…]
«L’utilisation des appareils électroniques émetteurs est interdite dans des places comme avion….»
etc.

Gardons en tête qu’il s’agit d’une notice technique émanant d’une entreprise française à destination d’un pays francophone.

L’explication : il Semblerait que la version originale de ladite notice soit en anglais. S’apercevant ensuite qu’on avait affaire à une clientèle francophone, un bricolage linguistique a dû être effectué par une officine quelconque (chinoise ? sud-africaine ?) D’où ces invraisemblables barbarismes[4].

Les compagnies françaises font tout pour occulter leur origine….avant de s’apercevoir que ce recherche la clientèle malgache, mauricienne, indienne…ce sont des produits français. D’où ces malhabiles relaps sur fond d’une détestation de tout ce qui est francophone. En périphérie tananarivienne, les nouveaux centres commerciaux ouverts par des Français d’origine indienne ont la majeure partie de leurs enseignes en anglais. (invité à déjeuner dans un «Food center», j’ai poliment décliné).

Je livre pour ce qu’elles valent ces quelques réflexions, assorties toutefois de propositions concrètes réalisables.

Francis Gandon, professeur honoraire


[1] Certains produits pharmaceutiques français donnent en premier le texte anglais, en second le supposé « original ». BIC note l’identité de ses produits en anglais monolingue, le texte français n’étant utilisé qu’en petits caractères, avec sept ou huit autres langues. Tout cela reste symboliquement très néfaste.

[2] Faute de pouvoir les interdire. Mais ne devrait-on pas revenir là-dessus ? J’imagine la tête des crânes d’œuf d’Air-France (sans trait d’union : tiens, mon correcteur orthographique proteste) avec leur « Flying blue » (volant bleu ?)

[3] Sait-on, à ce sujet, que le premier micro-ordinateur, le Micral, a été créé en 1973 par l’ingénieur français François Germelle ? Que sont-ils devenus l’un et l’autre ? Qu’est devenue la technique Goupil qui devait équiper les écoles françaises et francophones (un certain nombre d’ordinateurs Goupil ont même été envoyés en Afrique).

[4] Autre gag : Orange a gardé en malgache le slogan commençant par « Be » : soyez ceci ou cela. Mais, en malgache, be signifie « beaucoup ». D’où la proposition suivante du « forfait dimanche » : « Be Alahady » (« Soyez dimanche » en sabir), Ce que la clientèle ne peut comprendre que comme « Beaucoup de dimanche(s) » !

 

 


nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2013 (2) - le 17/10/2013 - 21:46 par MAR

Nouvelles d'octobre 2013 (2)

La Commission Européenne poursuivie pour non respect des règles linguistiques (lien et communiqué ci-dessous)
Michel Serres : Je lance un appel pour faire la grève de l'anglais (20/10) (lien)
JuriTavail : Trusts : utilisation obligatoire de la langue française (25/10) (lien)
Dominique Gallet : La France, puissance du XXIe siècle, l'heure du choix (9/10) une tribune très stimulante d'un des fondateurs d'ALF, auteur de "Pour une ambition francophone".(lien)


Assemblée des Francophones Fonctionnaires des Organisations Internationales (AFFOI)

Communiqué de presse
Rijswijk, le 18 octobre 2013

L'AFFOI Monde porte plainte auprès du Médiateur européen contre la Commission Européenne. Dominique Hoppe, Président de l'AFFOI Monde, porte plainte auprès du Médiateur européen contre la Commission Européenne pour non respect, dans le cadre de la création d'une plateforme pour lutter contre la fraude fiscale,

- De l'article 20 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne(TFUE) sur la citoyenneté européenne,

- Des articles 10 et 11 du Traité sur l’Union européenne (TUE),

- Des articles 21 et 22 de la Charte des droits fondamentaux.

L’appel à candidatures visant à mettre en place cette plateforme précise que la langue de travail sera l’anglais : "Étant donné que ni traduction des documents, ni interprétation simultanée ne peuvent être garanties dans les trois langues de travail de la Commission (EN, FR, DE), une parfaite maitrise de l’anglais sera demandée aux représentants et à leurs suppléants pour pouvoir prendre part aux discussions, comprendre les documents de travail et si nécessaire produire une contribution écrite".

Cette plainte ouvre une nouvelle ère du fonctionnement de l'AFFOI Monde qui, forte de ses deux nouveaux opérateurs de la société civile (AJFOI et ACFOI) va désormais agir avec plus d'intransigeance par tous les moyens à sa disposition et de façon systématique face à l'hégémonie progressivement plus marquée du "tout en anglais" et à l'emploi de modèles professionnels exclusivement d'origine anglo-saxonne en milieu multilatéral.


Francophonie.jpgContinuons en français ! - le 16/10/2013 - 19:07 par Michel_Guillou

Continuons en français !

par Michel Guillou

Le professeur Michel Guillou (voir ses titres éminents à la fin de l'article), membre et ancien vice-président d'ALF, donne une présentation synthétique fort utile de la nécessaire politique du français et de la Francophonie, et apporte des éléments nouveaux d'un grand intérêt.

Nous nous en réjouissons d'autant plus, et recommandons d'autant plus fortement de lire ce véritable manifeste et de s'en imprégner et inspirer, qu'il rejoint aussi directement notre campagne de 32 associations : "Communes de France pour la langue française", ainsi que notre grand projet pour Villers-Cotterêts de centre international d'études, rencontres, recherches et formation, sur : à la fois la Francophonie et la diversité linguistique et culturelle de l'Europe et du monde. Albert Salon. télécharger l'article

 


nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2013 - le 09/10/2013 - 09:40 par MAR

Nouvelles d'octobre 2013

A. FR. AV :Non à la politique anglicisante de Carrefour et non à l'anglicisation de la France et de l'Europe ! (lien)

Robert Chaudenson : l'anglomaniaque Geneviève Fioraso a encore sévi avec son FUN (France Université Numérique) ! (8/10) (lien)


Bonnes pratiques linguistiques dans les entreprises - le 04/10/2013 - 12:31 par A_Salon

Guide des bonnes pratiques linguistiques dans les entreprises

La Délégation générale à la langue française (DGLF) publie avec l'Office québecois de la Langue Française (OLF) un Guide des bonnes pratiques linguistiques dans les entreprises.


Pour l'emploi du français dans les entreprises et le monde du travail, la DGLFLF publie un précieux Guide des bonnes pratiques linguistiques !

Ce document, comme son titre l'indique aux familiers du langage d'Outre-Atlantique, est d'abord le fruit des institutions québécoises chargées d'appliquer la loi 101 de 1977 au Québec sur le français, puis de la coopération franco-québécoise (OLF et DGLFLF) avec la participation du Professeur français Claude Truchot.

Maintenant publié par la DGLFLF (Délégation générale à la langue française et aux langues de France, du ministère de la Culture, de la Communication et de la Langue française) qui s'appuie largement sur les syndicats français pour sa diffusion optimale (ainsi notre ami Franck Grandmaison de l'UNSA, qui fut, et reste, avec Jean-Loup Cuisiniez, l'un des principaux interlocuteurs syndicaux français dans la coopération d'ALF avec les syndicats : cf. nos actions fortes de 2007 et 2009 à l'Assemblée nationale), ce document rassemble les "bonnes pratiques" françaises et franco-québécoises les plus pertinentes.

D'un format court, il a vocation à connaître une très large diffusion auprès des acteurs du monde du travail.

Le document peut-être téléchargé sur le site de Délégation générale à la langue française (DGLF) :

Je recommande vivement à tous nos membres, aux nombreux visiteurs de notre site, et aux lecteurs du bulletin d'ALF, de donner le maximum d'écho à cette initiative particulièrement bienvenue. Albert Salon.


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2013 (3) - le 04/10/2013 - 12:10 par MAR

Nouvelles de septembre 2013 (3)

Francophonie : Amal Sewtohul, lauréat 2013 du Prix des cinq continents (lien)
Les Francophonies de Limoges fêtent leur 30e édition du 26/9 au 2/10 (lien et site officiel)
Abdou Diouf : Protection du français : le Québec un modèle (19/9) (lien)
 


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2013 (2) - le 26/09/2013 - 14:55 par MAR

Nouvelles de septembre 2013 (2)

Nouveaux termes de la Commission générale de terminologie au Journal officiel
dans les domaine de la Biologie (15/9) et des Relations internationales (15/9)

Albert Salon, président d'ALF, publié dans le grand journal japonais Asahi Shimbun (4/9)
(lire plus bas)


Albert Salon, président d'ALF, publié dans le grand journal japonais Asahi Shimbun (4/9)

asahi-shimbun.jpgLa contribution d'Albert Salon est résumée par la correspondante du journal à Paris, Marie Guitton :

Vous trouverez joint à ce courrier un exemplaire de l'Asahi Shimbun daté du 4 septembre dernier. Nous y avons publié votre opinion sur la défense de la diversité linguistique en page 13. Je ne peux malheureusement vous traduire l’article mot à mot. Voici néanmoins quelques explications :

• Le titre général de la page Opinion est : « L’explosion des Katakana » (symboles utilisés pour les mots étrangers en japonais)

• En bas à gauche, un directeur publicitaire, M. Yasumichi OKA, défend l’utilisation de l’anglais dans la vie courante.

• En bas à droite, le professeur Yukio TSUDA s’érige en défenseur de la langue japonaise.

• Le titre associé à votre opinion est quant à lui : « Un excès stérile d’anglophonisation ». Vous encouragez d’abord ce Japonais qui a intenté un procès contre la télévision nippone. Puis vous parlez de vos propres luttes contre l’hégémonie américaine. Ce n’est pas de l’antiaméricanisme, mais de l’anti-hégémonie-américaine. L’objectif est la défense de la diversité culturelle.

Vous expliquez ensuite l’historique de l’article 2 de la Constitution et de la loi Toubon. Vous citez des anglicismes qui vous agacent particulièrement comme « e-mail » que nous pourrions remplacer facilement par courriel, à l’instar de logiciel qui a fini par s’imposer face à software. Vous revenez alors sur l’anglais à l’université et votre ferme opposition à la réforme Fioraso. Vous précisez que vous n’êtes pas contre le fait d’apprendre des langues étrangères —vous êtes polyglotte et ancien diplomate- mais contre l’excès d’anglophonisation. Car lorsqu’une langue s’impose au détriment de sa langue maternelle, la pensée devient stérile. Vous donnez l’exemple des sciences : un mot est associé à une idée ; ainsi naissent parfois les plus grandes découvertes.

Enfin, pour vous, la Constitution japonaise n’ayant jamais été amendée depuis la guerre, y inscrire le japonais comme langue officielle serait un choc —positif- pour la population. Défendre sa langue maternelle, c’est défendre l’indépendance de l’État.

 

 


Ministry of Productive Recovery - le 20/09/2013 - 11:44 par MAR

Ministry of Productive Recovery
Ministry of Craft, Commerce and Tourism
!

Ne leur dites pas, mais il parait qu'il s'agit des Ministères "français" du Redressement  productif et de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme !
happy boomers, silver économie, European Microélectronics Summit.
C'est sans doute cela le "made in France" d'Arnaud Montebourg et de la
Direction Générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services (DGCIS) dirigée par Pascal Faure !

à force d'ériger l'anglais en valeur suprême de la modernité et de s'adresser aux citoyens dans la langue de Bill Gates, les pouvoirs publics jouent clairement le jeu de la dévalorisation de la production française et habituent au contraire, ces mêmes citoyens à rechercher les produits étrangers (causant de préférence anglais) comme gage de cette "modernité"... MAR

dgcis.jpg


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2013 - le 12/09/2013 - 09:17 par MAR

Nouvelles de septembre 2013

Le Comité pour une Nouvelle Résistance (CNR) organise un Colloque sur la défense de la langue française du 13 au 16 septembre 2013 à Nice (CUM-65 promenade des Anglais) (lien) à écouter également l'entretien d'Albert Salon avec l'organisateur (diffusé le 10/9)
Jeux de la Francophonie à Nice du 7 au 15 septembre (lien)
Crétinerie Lochoise (lire plus bas)


Crétinerie Lochoise

Dans la rubrique les collectivités locales racolent en anglais pour faire moderne, pour attirer le touriste, la palme revient aujourd'hui à Loches et à son slogan grotesque "I LOCHES YOU"

loches.jpg

Ou quand les villes chargées d'histoire se comportent comme de vulgaires lessiviers


nouvelles/presse.gifNouvelles d'août 2013 - le 08/09/2013 - 18:13 par MAR

Nouvelles d'août 2013

Publications de nouveaux termes de la Commission générale de terminologie
au Journal officiel

- dans le domaine des Sports (10/8)
- dans le domaine des Télécommunications (9/8)


 


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2013 (2) - le 19/07/2013 - 15:05 par MAR

Nouvelles de juillet 2013 (2)

Réponses "molles" du Gouvernement à 2 questions de députés sur la perte d'influence du français au sein de l'Union européenne (23/7) (lire plus bas)

Le Devoir : France, Québec et 14 juillet - Contrer décrochage et résignation (13/7) (lien)
Observatoire européen du plurilinguisme: 5 victoires du plurilinguisme ! (17/7) (lien)


Réponses "molles" du Gouvernement à 2 questions de députés sur la perte d'influence du français au sein de l'Union européenne

Le Gouvernement fait ici mine de condamner la perte d'influence du français et le tout-anglais au sein de l'Union européenne mais comme à l'habitude (celui-ci comme le précédent), sans aucune démarche concrète. Tant que ce Gouvernement n'aura pas montré une réelle volonté politique et qu'il n'aura pas bloqué des décisions pour marquer sa désapprobation, la situation à Bruxelles et à Strasbourg continuera à empirer et l'UE continuera à se comporter en colonie anglo-saxonne. MAR


 Question écrite n°11909 posée par M. Dino Cinieri (Loire-UMP)  - publiée au JO le 27/11/2012

M. Dino Cinieri appelle l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, sur l'utilisation de la langue française dans les instances européennes. De plus en plus souvent, les documents sont publiés en anglais sans être traduits dans d'autres langues.

Ainsi, le 20 septembre 2012, la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a examiné le règlement financier du budget général de l'Union européenne, qui était présenté au vote dans un texte de 407 pages uniquement en anglais. Avec environ 100 millions de locuteurs, l'allemand est la langue maternelle la plus parlée dans l'Union européenne, suivi du français, puis de l'anglais. Il lui demande pour quelle raison le Gouvernement français n'a pas formulé une protestation solennelle contre une telle discrimination linguistique et exigé le respect des règles européennes.

Réponse du ministère : Affaires européennes - parue au JO le 23/07/2013

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, réaffirme plusieurs principes relatifs à la protection du multilinguisme au sein de l'Union européenne. La diversité linguistique revêt en effet pour l'Union européenne un caractère fondamental. L'Union doit en particulier permettre aux citoyens européens d'accéder à la législation et aux informations européennes dans leur propre langue. C'est ainsi que la législation et les documents d'importance politique doivent être présentés dans toutes langues officielles.

Au Parlement européen, le vice-président en charge du multilinguisme, M. Miguel Angel Martinez, a fait part, lors de la dernière journée européenne des langues, de son soutien inconditionnel à la diversité linguistique. En dépit de telles déclarations, une dégradation en termes d'accès aux documents législatifs et d'importance politiques dans les différentes langues de travail de l'Union (et notamment le français) a été observée au Parlement européen. Il est à ce titre tout à fait regrettable que le Parlement européen n'ait pas été en mesure de présenter en commission le texte soumis au vote sur le règlement financier dans d'autres langues que l'anglais.

Bien que l'augmentation de l'activité législative du Parlement européen consécutive à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne puisse partiellement expliquer certains retards en termes de traduction, la France déplore vivement les difficultés que peuvent rencontrer les parlementaires en termes d'accès aux documents de travail dans leur langue maternelle. Aussi, les autorités françaises ne manqueront-elles pas de rappeler, comme elles le font régulièrement, cette exigence du multilinguisme lors de leurs futurs échanges avec l'administration du Parlement européen. Il en va non seulement du bon fonctionnement de l'activité législative européenne, mais aussi du respect d'un principe fondateur de la construction européenne.


Question écrite n°10693 posée par M. Jacques Myard (Yvelines-UMP) - publiée au JO le 20/11/2012

M. Jacques Myard appelle l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, sur la situation de la langue française dans les institutions de l'Union européenne. À l'évidence, cette situation se dégrade rapidement : lors d'une simple visite des immeubles de la Commission, chacun peut constater que l'ensemble des affiches ou visuels vantant l'action de la Commission est exclusivement en langue anglaise.

Les documents de travail, les publications des directions de la Commission ainsi que de ses agences, ne sont disponibles qu'en langue anglaise. Cette situation est particulièrement préoccupante et est directement contraire aux règles linguistiques de l'Union européenne, fondée sur l'égalité linguistique et le respect du statut des langues de travail au rang desquels figure le français.

Elle est aussi directement contraire à nos intérêts dont l'emploi de notre langue est un élément essentiel. La Commission européenne est devenue une machine à angliciser. Il lui demande, en conséquence, quelles actions vigoureuses il entend mener pour mettre fin à cette situation scandaleuse, totalement préjudiciable à nos intérêts et dont la poursuite va inévitablement provoquer de violentes querelles linguistiques et mettre en péril l'existence même de la coopération européenne.

Réponse du ministère : Affaires européennes - parue au JO le 23/07/2013

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, réaffirme plusieurs principes relatifs à la protection du multilinguisme au sein de l'Union européenne. La diversité linguistique revêt en effet pour l'Union européenne un caractère fondamental. L'Union doit en particulier permettre aux citoyens européens d'accéder à la législation et aux informations européennes dans leur propre langue. C'est ainsi que la législation et les documents d'importance politique doivent être présentés dans toutes langues officielles.

Il est vrai qu'en dépit de ces règles nécessaires au bon fonctionnement de la coopération européenne, une dégradation de l'accès aux documents législatifs et d'importance dans les différentes langues de travail de l'Union (et notamment le français) a été observée dans certaines institutions de l'Union européenne, y compris au Parlement européen. Bien que l'augmentation de l'activité normative européenne consécutive à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne puisse partiellement expliquer certains retards en termes de traduction, la France déplore vivement les difficultés que peuvent notamment rencontrer les co-législateurs pour accéder aux documents de travail dans leur langue maternelle.

Aussi, les autorités françaises ont elles mis en place un vade-mecum de l'usage du Français dans les institutions et incitent elles les représentants français au sein des institutions à leur signaler tout manquement aux règles de respect du multilinguisme. Elles ne manqueront pas, comme elles le font régulièrement, de rappeler l'exigence de respect du multilinguisme lors de leurs futurs échanges avec les institutions européennes. Il en va non seulement du bon fonctionnement de l'activité législative mais aussi du respect d'un principe fondateur de la construction européenne.

 

 


nouvelles2/allemagne.jpgL'Allemagne réagirait-elle contre le globish-pour-tous ? - le 19/07/2013 - 14:57 par A_Salon

L'Allemagne réagirait-elle maintenant
contre le "globish-pour-tous" ?

Malgré le discours à la Nation allemande et aux peuples d'Europe prononcé le 22 février par  Joachim Gauck, Bundespräsident (président fédéral) prônant le nécessaire passage à l'anglais langue européenne commune pour toutes les affaires sérieuses, et concédant simplement le maintien des langues maternelles dans les foyers, "avec toute leur poésie", le peuple allemand semble bien vouloir cesser sa glissade sur cette pente fatale.

Ce peuple, qui recouvre puissance et orgueil dans tant de domaines, donne en effet de premiers signes de reconquête de sa langue, trop longtemps avilie et marginalisée par l'anglo-américain, langue du maître maintenant contesté, comme le dénonçaient des associations allemandes actives, tel le Verein deutsche Sprache (VDS), partenaire de longue date d'ALF.

La France, qui s'abandonne en ce moment, ne devrait pas être en décalage, et "en reste".

Citons d'abord cette observation de l'Observatoire européen du Plurilinguisme (OEB) présidé par notre ami Christian Tremblay (juin 2013) :

"L'Allemagne s'interroge sur les bienfaits de l'anglicisation de l'enseignement supérieur
Dans la course à l'anglicisation de l'enseignement supérieur, l'Allemagne avait pris quelques longueurs d'avance sur la France et l'Italie, sur la piste suivie depuis des décennies par les pays scandinaves et les Pays-Bas.

En fait, moins de 10% des formations de niveau master sont dispensés en anglais, soit à peine plus qu'en France aujourd'hui.

Pour autant, les universités allemandes prennent conscience des méfaits de cette politique. La conséquence la plus immédiate est la mauvaise insertion des étudiants étrangers dans l'économie allemande qui, en raison du vieillissement accéléré de sa population, a besoin d'une immigration de haut niveau de qualification. Il est donc nécessaire d'imposer l'apprentissage de l'allemand et de réintroduire l'allemand comme langue d'enseignement dans les formations qui ont été développées 100 % en anglais depuis 10 ans en pure perte.

L'autre raison de donner un coup d'arrêt à l'anglicisation de l'enseignement supérieur et de la recherche est tout simplement la nécessité de sauvegarder la qualité de la recherche en Allemagne. Dans de nombreux domaines de recherche la connaissance de l'allemand est nécessaire. Par ailleurs, si l'on peut à la rigueur publier en anglais afin d'augmenter son nombre de lecteurs, cela ne veut pas dire que la recherche doive nécessairement se faire en anglais. La recherche dans sa propre langue, dès lors que celle-ci demeure capable d'exprimer toute la réalité scientifique, est une condition de la créativité scientifique".

Les arguments contenus dans ce texte rappellent ceux qu'ALF et ses associations partenaires ont développés dans leur Mémoire "Le français et les Sciences" diffusé récemment sur la toile et à 2.000 exemplaires sur papier.

Je rappelle aussi à ce propos l'information que nous avons déjà diffusée au sujet de la Société des Chemins de fer fédéraux allemands : la Bundesbahn veut se débarrasser de quelques 2.700 anglicismes qui ont pollué sa communication interne et externe. Elle édite et diffuse un glossaire par lequel elle rend les équivalents allemands obligatoires dans tout son réseau. Exemple à suivre par la SNCF, Air-France et autres services publics en France ! Les termes existent : les commissions de terminologie compétentes ont fait leur travail.

Il ne manque plus qu'une volonté politique suffisante pour suivre le réveil allemand.

Et peut-être un début de réveil ailleurs en Europe, puisque le Tribunal administratif de Lombardie vient d'ordonner au Politecnico de Milan, de revenir au moins partiellement à l'enseignement en italien, alors que ce prestigieux Institut polytechnique avait cédé à la même mode de l'enseignement supérieur en anglais à laquelle les Valérie Pécresse, Pierre Tapie, Richard Descoings, Geneviève Fioraso, ont succombé chez nous.

Serons-nous les derniers ?

Albert Salon


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2013 - le 13/07/2013 - 17:36 par MAR

Nouvelles de juillet 2013

A Paris, la collaboracheune en marche : un 14 juillet à 70% anglo-saxon (lire plus bas)
La loi Fioraso (et sa soumission à l'anglais) adoptée (9/7) (lien)
[lire aussi Retour sur une capitulation en rase campagne  et nouveau Code de l'éducation]
Publication du 50ème numéro du Journal d'Avenir de la Langue Française (lien)


A Paris, la collaboracheune en marche : un 14 juillet à 70% anglo-saxon

Paris s'est offert comme chaque année un grand feu d'artifice, comment croyez-vous que fut sonorisé cet évènement ? Par 70% de chansons anglo-saxonnes !

Pour célébrer la fête nationale, (française, Bertrand Delanoë semble une fois de plus, l'avoir ignoré), Paris a choisi de parler la langue de Bill Gates. 18 chansons ou airs anglo-saxons sur 26 !

Pas une chanson allemande, italienne, espagnole, portugaise, polonaise... pays avec qui nous faisons parait-il, l'Europe, non de l'amerloque du pur, du vrai !

Cela montre le degré de soumission auquel la France, et particulièrement sa capitale, est arrivée

  • après l'équipe de France de foot qui célèbre sa victoire en 1998 dans la coupe du monde avec "I will survive" (in ingliche) dans les jardins de l'Élysée (!)
     
  • après le maillot officiel de l'équipe de football de la capitale de la France (Paris parait-il) avec aucun mot français mais "Fly emirates" dans la langue des colons.
     
  •  après le logo de l'Ile de France à 400 000 euros, pour que cette région devienne "Paris region" "Source of inspiration" issu des cogitations de Jean-Paul Huchon, lequel a toujours passé son temps à claironner son "amour" des groupes rock anglo-saxons au lieu de défendre la création locale...
     
  • aujourd'hui le 14 juillet en "amerloque". "I love America" pour célébrer la France, les grandes sociétés états-uniennes en rêvaient,  Bertrand Delanoë l'a fait !
     

ile-de-france-logo.jpg

 

 

 

 

 

 

Tout cela ne semble plus choquer personne, "Paris sous-préfecture états-unienne" semble l'horizon indépassable de nombre d'élus locaux et de médias... MAR


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