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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

Der. nouv.

Retour sur une capitulation en rase campagne - le 27/05/2013 - 22:03 par MAR

Retour sur une capitulation en rase campagne
(le débat à l'Assemblée Nationale)

Pour revenir sur le débat à l'Assemblée Nationale portant sur l'article 2 du projet de loi Fioraso qui permet d'enseigner en langues étrangères (comprenez en anglais) dans les universités françaises.

Rappelons que ce débat s'est tenu devant un hémicycle plutôt désert ce qui montre la considération de la plupart de nos élus pour le ciment majeur de notre nation : sa langue.

NO-Fioraso2.jpg

dans le Nouvel-observateur du 30/05/2013 (n°2534)

Pour lire le texte de la discussion en séance publique à l'Assemblée Nationale :
1ère séance du mercredi 22 mai 2013 (discussion générale)
2e séance du mercredi 22 mai 2013 (discussion générale-suite)
1ère séance du jeudi 23 mai 2013 (débat sur l'article 2)

état de l'article L121-3 du Code de l'éducation à l'heure actuelle

Les intervenants se sont répartis en 3 groupes :

1) les anglo-béats (le côté "y'a bon l'anglais") pour qui il faut absolument que les étudiants rejoignent la "modernité" et soient enseignés dans la langue dominante. Parmi ces "lou ravis" de l'anglais outre la ministre Fioraso, on trouve également Patrick Bloche (Paris, PS) , président de la commission des affaires culturelle et de l'éducation, en roi de l'hypocrisie dit que cet article ne concernera pas que l'anglais et que lui pense beaucoup à la francophonie "[…] la faculté qu’il offre de dispenser, sous certaines conditions, dans nos établissements d’enseignement supérieur des cours en langue étrangère – et, j’insiste sur ce point, pas seulement en anglais." (!). Thierry Braillard (Rhône, PRG) grand apôtre de la désobéissance républicaine explique que puisque cela se fait ailleurs (dans les grandes écoles) il faut le faire à l'université. Cette volonté ne fait que rétablir et inscrire dans la loi des pratiques courantes et déjà bien installées. "J’entendais ce matin un membre du Collège de France reconnaître l’existence de telles pratiques, mais se demander comment les députés pourraient les régulariser. Mes chers collègues, n’est-ce pas notre rôle, face à une désobéissance civile, de régulariser la situation et de faire d’une réalité une évidence ?" Il pourrait aussi nous dire par exemple, que le vol étant très répandu il faut le légaliser.

Philip Cordery (Français de l'étranger, PS) qui confond allègrement stage linguistique et formation universitaire faite en anglais et dans la bouche duquel on trouve l'inoubliable : "Il constitue également une véritable avancée pour les étudiants français qui ne seront plus obligés de s’offrir, pour ceux qui le pouvaient, des séjours à l’étranger pour apprendre une autre langue." (!)

Jean-Yves Le Déaut (Meurthe-et-Moselle, PS) qui voit dans l'imitation de l'élite qui a déjà trahi son pays, le but ultime de la démocratie : "Quelle hypocrisie ! L’élite a droit à l’anglais, et l’université n’y aurait pas droit ? C’est une inégalité !" et fait mine de s'intéresser à la langue française pour aussitôt parler de sa vision étroite. Pour lui, la bonne langue française c'est l'anglais ! Il prend d'ailleurs comme exemple les brevets pour lesquels, depuis la récente validation du brevet européen, Il suffit de déposer un brevet en anglais pour qu'il soit valide directement en France c'est effectivement un solide argument !

Thierry Mandon (Essonne, PS) pour sa part essaie lamentablement de coller une étiquette d'anti-étudiants étrangers" à l'un des opposants au texte pour faire diversion et éviter ainsi de répondre au fond, sur sa propre démission linguistique.

Olivier Vérant (Isère, PS) joue les naïfs pour montrer qu'il ne met pas en danger la francophonie en enseignant en anglais

Isabelle Attard (Calvados, écologiste) comme beaucoup de ses collègues pense que puisque les grandes écoles le font déjà il faut le faire ce qui du point de vue d'un législateur est effectivement un argument solide ! "Comme nous le savons tous, les cours en anglais existent déjà, et les doctorants étrangers en France ont déjà la possibilité de rédiger leur thèse en anglais."

2) Face à eux, quelques valeureux bretteurs tentent de défendre la langue française et la francophonie comme :

Dino Cinieri (Loire, UMP) qui s'inquiète de la très mauvaise image donnée par la France aux autres pays francophones : "Alors mes chers collègues, ne cédons pas à la facilité. Si nous adoptons cet article, nous désespérerons tous ceux qui défendent la langue française et la francophonie dans les pays amis et dans les instances internationales. [...] L’enseignement en anglais dans les universités françaises serait perçu comme une forme d’abandon de l’exception culturelle et linguistique que notre pays revendique pourtant à raison avec force, notamment auprès des instances européennes."

Daniel Fasquelle (Pas-de-Calais, UMP) qui montre la vanité d'un tel enseignement en anglais : "D’ailleurs, de grands pays comme l’Allemagne et la Chine sont en train de revenir sur l’enseignement en anglais dans leurs universités. Je vous invite à lire une recommandation, qui date du mois de novembre 2011, de l’équivalent allemand de notre conférence des présidents d’université. Cette instance dit : "Stop ! Revenons à l’enseignement en allemand, et faisons en sorte de promouvoir non pas le tout-anglais mais le multilinguisme." et les fausses barrières mises par les amendements "[…]votre exception n’en est pas une ! En réalité, les conventions internationales et les conventions européennes sont telles que ce sont tous les cours que vous pouvez faire basculer dans l’anglais, et non pas des programmes très particuliers, très précis, …" [voir son intervention]

Jacques Myard (Yvelines, UMP) montre où nous conduit cette politique déjà en place : "L’on nous dit que les grandes écoles pratiquent ainsi, mais c’est proprement lamentable. Rendez-vous compte qu’aujourd’hui les chercheurs, pour obtenir des subventions de l’Agence nationale de la recherche, doivent s’y prendre en anglais ! Mais où allons-nous ? Quel est ce peuple qui a honte de sa propre langue, qui n’est pas capable de continuer à forger des concepts comme il l’a fait pendant des siècles, en particulier dans les matières scientifiques, et qui s’en remet totalement à une langue étrangère ? Un peuple qui parle petit à petit une autre langue étrangère est un peuple qui perd son identité et qui appauvrit le système. Il faudrait tout de même le savoir. Vous mettez en place un processus d’appauvrissement, rien d’autre."

Rudy Salles (Alpes-Maritimes, UDI) qui lui aussi montre l'effet désastreux produite par l'abandon progressif par la France de sa langue "Il faut donner un signal fort pour montrer à quel point nous sommes attachés à la langue française. Quand nous allons au Québec, nous sommes surpris de voir la mobilisation des Québécois pour défendre la langue française, eux qui se sentent cernés par l’anglais. Or lorsqu’ils viennent en France, ils ont, eux, l’impression que nous avons déjà tout bradé ! C’est la raison pour laquelle je demande que nous réfléchissions bien à l’occasion de ce débat sur l’article 2 du projet de loi dont nous pouvons comprendre un certain nombre de fondements."

Pouria Amirshahi (Français de l'étranger, PS) grand défenseur du plurilinguisme aussi bien au sein de la commission et que dans des tribunes brillantes, demandant même avec 39 de ses collègues socialistes le retrait pur et simple de l'article 2 thème qu'il a répété ici "D’abord, il faut déployer nos efforts en amont de l’université. Ensuite, il faut préférer le plurilinguisme au "tout anglais" car c’est cela la modernité : l’espagnol, l’arabe et le chinois sont des espaces linguistiques très importants. Enfin, il faut renforcer Erasmus. Au lieu d’investir dans la rémunération de certains professeurs anglo-saxons, ne pourrions-nous pas mettre cet argent dans des bourses Erasmus afin d’aider nos jeunes à voyager et à faire leurs études en immersion, pour être capables de bien maîtriser les langues ?" semble hélas, dans un 2ème temps, peut-être pour ne pas faire de peine à son groupe, se contenter d'amendements qui laissent un champ très libre au tout-anglais.
(lire également la lettre de Claude Weisz à Pouria Amirshahi)

3) Entre ces 2 groupes : les bonnes âmes, ceux qui veulent défendre la langue française et (selon eux) entrer dans la modernité, bref ménager la chèvre et le chou :

Parmi eux Marie-Georges Buffet (Seine-Saint-Denis, PC) qui mélange allègrement enseignement en anglais et apprentissage des langues étrangères…

Bernard Debré (Paris, UMP) qui bien que scientifique tout en regrettant certains abandons : "J’ai fait venir en France des Chinois qui ne parlaient pas notre langue et nous avons pu leur faire un enseignement en anglais dans le service. Que s’est-il passé au bout de quatre ans ? On parle français dans le service de Shanghai, et c’est cela qui est extraordinaire" pense néanmoins qu'il faut obligatoirement parler anglais pour entrer à l'université "

Frédéric Reiss (Bas-Rhin, UMP) pense au moins que le français doit rester la règle et que cette mesure devrait être limitée au master et minoritaire "[…] je pense que les cours en français doivent être la règle, et qu’à partir du master, notamment dans certaines disciplines scientifiques, technologiques ou économiques, certains cours peuvent être dispensés en anglais."

Sophie Dessus (Corrèze, PS) s'interroge aussi sur les conséquences "Je propose de compléter l’alinéa 2 par une phrase relative aux étudiants français, beaucoup plus précise et restrictive que l’amendement présenté par M. Hetzel. En effet, les exceptions prévues par le texte ne précisent pas leur situation. Or il peut être intéressant d’ouvrir dans certaines limites un enseignement en langue étrangère aux étudiants français afin d’ajouter à la qualité de leur formation et de faciliter leur insertion professionnelle." mais retire hélas son amendement visant à préciser le texte…

Nathalie Chabane (Pyrénées-Atlantiques, PS) souhaite renforcer le contrôle : "Il ne s’agit donc de généraliser l’enseignement en langue étrangère dans l’enseignement supérieur. Et je tiens à insister sur ce point précis car je m’associerai à tout amendement discuté ici, qui renforcera cet aspect."

Enfin Vincent Feltesse (Gironde, PS), rapporteur du projet de loi, malgré des qualités d'ouverture reconnue par tous et malgré des interrogations : "D’un autre côté, je suis parfois surpris que certaines grandes écoles – y compris celle dont je suis issu, HEC – dispensent l’intégralité de leurs cours en langues étrangères" - "J’ai en tête des exemples d’amis qui enseignent dans des grandes écoles et qui, d’une année à l’autre, ont dû dispenser leurs cours de droit dans un anglais qu’ils ne maîtrisaient pas !" refusera beaucoup d'amendements tenant à limier et encadrer au moins cet article.

MAR

lire l'analyse


nouvelles2/mort2.gifLes députés se couchent devant l'anglais - le 24/05/2013 - 08:50 par MAR

Les députés se couchent devant l'anglais

Les députés ont voté, jeudi 23 mai, l'article 2 du projet de loi Fioraso qui permet  de dispenser des cours en anglais dans les universités, malgré le tir de barrage des opposants, qui redoutent un suicide de la langue frnçaise.
Le Monde : "Quel est donc ce peuple qui a honte de sa propre langue ?" (23/5)
Le Monde : Cours en anglais à l'université : feu vert des députés (23/5)


 


Editoriaux/fioraso.jpgProjet de loi Fioraso (suite 6) - le 22/05/2013 - 17:28 par MAR

Projet de loi Fioraso (suite 6)

Français, gardez votre langue à l’université appel d'un groupe d’universitaires étrangers  Libération (21/5)
Message d'Australie d'Ivan Barko prof. émérite à l'univ. de Sydney (lire ci-dessous)
Le Monde : Pour l'université et la recherche, le changement promis tourne au désastre appel d'universitaires contre le projet de loi Fioraso (21/5)


voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde.

Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire" et le message d'Alain Finkielkraut : "Quant à la présence des étudiants étrangers en France, je ne vois pas quel sens elle peut avoir si plus rien ne demeure de l’identité française"


Message d'Australie d'Ivan Barko professeur émérite à l'Université de Sydney

Bien que, en ma qualité d'universitaire australien, je rejette totalement la thèse d'une conspiration anglo-saxonne contre la langue française, le monde anglo-saxon ne saurait être plus indifférent à l'avenir du français : en effet l'ennemi n'est pas à l'extérieur au seuil du jour fatidique où le sort de l'article 2 de la proposition de loi de Mme Fioraso sera décidé, permettez-moi d'exprimer ma consternation à la possibilité que l'emploi de l'anglais soit généralisé et encouragé dans l'enseignement supérieur en France.

Plus qu'un crime, c'est une erreur. Cette prétendue "réforme" est inspirée par des considérations purement commerciales mais elle ne manquera pas de se retourner contre ses auteurs. Les étudiants désireux de poursuivre des études en anglais finiront inévitablement par se tourner vers des pays de langue anglaise plutôt que vers une France dont l'anglophonie sera toujours forcément de seconde classe.

Nos établissements d'enseignement supérieur d'Australie connaissent de similaires tentations de commercialisation, mais rien d'aussi absurde que l'article 2 de projet de loi de Mme Fioraso n'a été jusqu'ici proposé par eux.

Personne en Australie, même la majorité monolingue, ne comprend cette "réforme" : elle est contreproductive et humiliante non seulement pour la France mais aussi pour les Francophones et les Francophiles du monde entier. Je vous conjure d'y renoncer.

Ivan Barko - professeur émérite à l'Université de Sydney-Australie

à  : laurent.fabius@diplomatie.gouv.fr; genevieve.fioraso@recherche.gouv.fr;
pierre-rene.Lemas@elysee.fr; aquilino.morelle@elysee.fr; emmanuel.macron@elysee.fr;
nicolas.revel@elysee.fr; sylvie.hubac@elysee.fr; paul.jean-ortiz@elysee.fr; aurelie.filippetti@culture.gouv.fr; yamina.benguigui@diplomatie.gouv.fr


nouvelles2/parti-de-gauche.jpgParti de Gauche Non à l’atlantisme linguistique de Fioraso - le 22/05/2013 - 07:39 par MAR

Communiqué du Parti de Gauche
Non à l’atlantisme linguistique
de Geneviève Fioraso !

Le Parti de Gauche (PG), co-présidé par Jean-Luc Mélenchon et Martine Billard, a publié le 20 mai 2013 un communiqué ferme contre le projet de loi Fioraso :

Il y a de multiples raisons de s’opposer au projet de loi sur l’enseignement supérieur qui sera défendu le 22 mai à l’Assemblée nationale par Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

L’une des dispositions de ce texte suffit déjà pour que le PG s'y oppose : l’article 2 qui prévoit la possibilité de dispenser les enseignements en "langue étrangère", c’est à dire en anglais. Elle est révélatrice de la vision purement – et faussement - utilitariste qu’a le gouvernement de l’Université et du travail scientifique.

L’argument avancé est que, dans la mesure où le français constituerait un obstacle à la venue de brillants étudiants étrangers dans nos universités, il faut leur faire cours dans la seule "langue internationale" que serait l’anglais.

Cette posture est une accumulation de contresens et de gravissimes fautes politiques :

- les étudiants étrangers qui aspirent à venir en France ont des raisons particulières de le faire. Ils sont parfaitement capables d’apprendre en peu de temps la langue française, surtout dans leur domaine de spécialité ;

- s’ils veulent des enseignements en anglais, il ne manque pas d’universités des pays anglophones pour les accueillir. Pour eux, l’original sera toujours préférable à une copie plus ou moins approximative ;

- les étudiants étrangers (Chinois, Brésiliens, etc.) ne maîtrisent pas nécessairement l’anglais ;

- les étudiants venant de pays francophones, en premier lieu d’Afrique, auront tout lieu de se sentir trahis puisque c’est la France elle-même qui renoncerait au français comme langue de la connaissance scientifique ;

- quant aux étudiants français eux-mêmes, ils seront censés parler l’anglais comme si la France était un pays officiellement bilingue. Faut-il rappeler que l’article 2 de la Constitution dispose que "la langue de la République est le français" ?

Si l’on ajoute à cela que les enseignants devraient désormais être sélectionnés non plus simplement sur leur compétence, mais aussi sur leur capacité à s’exprimer en anglais, on mesure l’étendue des bouleversements que propose Mme Fioraso.

On reste pantois devant un aveuglement aussi suicidaire qui revient à dévaloriser l’excellence de l'enseignement et de la recherche français et en français, et à faire une croix sur la francophonie pour un bénéfice nul. On ne peut expliquer un tel reniement que par des raisons idéologiques, par un atlantisme linguistique qui accompagne une aspiration à la servitude volontaire vis-à-vis du monde anglo-saxon, caractéristique notoire des "élites" françaises.

Le Parti de gauche condamne catégoriquement le projet de loi de Mme Fioraso et appelle les députés et les sénateurs à le rejeter.

Contacts :
Éric Coquerel, secrétaire national du Parti de Gauche
Patrice Perdereau, membre du Bureau national, animateur de la commission enseignement supérieur et recherche

le communiqué sur le site du Parti de Gauche


Editoriaux/fioraso.jpgProjet de loi Fioraso (suite 5) - le 21/05/2013 - 15:31 par MAR

Projet de loi Fioraso (suite 5)

TV5Monde Claude Truchot "Universités en anglais : les déboires européens" (21/5)
intéressant article qui à partir de réalités européennes, pointe l'impasse des cours en anglais
COURRIEL et la Libre Pensée Déclaration commune sur le projet de loi Fioraso (20/5)
Un témoignage de Francis Gandon (lire ci-dessous)


voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde.

Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire".


Un témoignage de Francis Gandon

Concernant la beaufitude achevée de la "remarque" sur Proust (du même tonneau que celle assénée sur la Princesse de Clèves), une anecdote. Je participe, jeudi dernier à une journée Supervielle en Sorbonne. Un bon, tiers du public et des intervenants est constitué de Japonais, dont le traducteur de Supervielle. (Notre littérature est extrêmement prisée et traduite au Pays du soleil levant, ce qu’une âme charitable devrait songer à signaler à notre ministre). Je pose la question : viendriez-vous étudier en France si l’on y enseignait Supervielle en anglais ? Éclat de rire général.

Le même qui devrait accueillir madame Fioraso ("Take your pipette"). Est-il si difficile de comprendre que l’attrait exercé par la France est avant tout culturel et linguistique ? "L’amour de la langue", pour reprendre la formule barthésienne, est-il si difficile à comprendre ?

Autre exemple, utile à connaître : celui du linguiste Coseriu. Roumain, il a vécu en Italie, en Allemagne et en Uruguay. Il a publié en roumain, français, allemand et (surtout) espagnol. Un seul et maigre article en anglais dans son immense bibliographie. C’est le contre-exemple parfait des scientifiques à la Fioraso : un savant de stature internationale, qui s’est parfaitement passé de la langue des maîtres.

Il me semblait enfin que le Premier ministre avait mis les choses au point. Depuis quand un ministre délégué peut-il contrevenir à la politique décidée au plus haut niveau ?

Francis Gandon


nouvelles2/antoine-compagnon.jpgA. Compagnon Loi Fioraso : chèque en blanc à l'anglais - le 19/05/2013 - 17:11 par MAR

 Antoine Compagnon
Loi Fioraso : un chèque en blanc à l'anglais

Tribune publiée également dans Le Figaro du 18 mai 2013
L'auteur, professeur au Collège de France et à l'université Columbia de New York, pointe les écueils d'un enseignement en anglais dans les universités.

Passons sur Proust et les cinq pelés qui se retrouveraient pour parler de lui si les universités françaises ne basculaient pas â l'anglais, Mme Fioraso dit que c'était une plaisanterie, Drôle d'humour de galérien, tout de même, chez une ministre qui voulait promouvoir son projet de loi ! Et la blague a si bien pris qu'on ne parle plus que de ce fameux article 2 au détriment de tous les autres, lesquels ne sont pourtant pas sans diviser les universitaires. Ce débat public n'en est pas moins bienvenu, touchant à un point justement sensible de la dignité nationale : la place de la langue française en France.

Je ne suis pas contre tout enseignement en langue étrangère, à condition que le cadre en soit clair. Aujourd'hui, la loi Toubon n'est pas respectée. Des universités et de nombreuses grandes (et moins grandes) écoles, l'ignorant superbement, donnent de plus en plus de cours en anglais. On nous dit qu'il s'agit de régulariser cet état de fait et l'on tente de nous rassurer en annonçant des décrets d'application qui limiteront l'usage des langues étrangères. Mais nous ne savons rien de ces décrets. Et seront-ils plus respectés que la loi Toubon ? L'article 2, a ce stade, est un chèque en blanc à l'anglais.

Mme Fioraso voudrait encore nous apaiser en affirmant qu'il n'y aura pas plus de 1% de cours en anglais dans les universités, D'où sort-elle ce chiffre ? Mystère ! Aucune étude le justifiant n'a été rendue publique, de même que nous n'avons pas vu la moindre évaluation des coûts et avantages de l'article 2 pour l'attractivité de notre enseignement supérieur.

Or, le premier désagrément du passage incontrôlé a l'anglais est la baisse de la qualité des cours : quand un professeur enseigne dans une langue qu'il maîtrise moyennement, il fait l'économie de la complexité de la matière traitée, réduit les nuances à des formules de manuel ou de présentation PowerPoint, et la leçon devient appliquée et utilitaire. Les étudiants attendent la pause, durant laquelle on revient au français, pour aborder les questions compliquées,

A peu près bilingue, j'ai beaucoup enseigné en anglais - aux États-Unis, non en France - mais je n'ai jamais oublié la remarque, il y a bien vingt ans, d'un de mes meilleurs doctorants, au français quasi parfait ; « On préfère quand vous dites votre séminaire en anglais, parce que vous êtes plus faible et que nous sommes plus forts.» Dans une autre langue, à moins d'être Conrad ou Beckett, l'argumentation sera forcément moins subtile. Pour nous tranquilliser aussi sur ce point, on avance que les cours en anglais seront donnés par des anglophones. Ah bon ? Comme ce n'est pas le cas aujourd'hui, cette contrainte imposerait des destitutions et des recrutements également improbables,

De fait, le projet confond deux défis actuels qui n'appellent pas les mêmes solutions, et il risque de ne relever ni l'un ni l'autre.

Le premier est l'anglais insuffisant des universitaires français. Dans presque toutes les spécialités, cette langue est indispensable pour la communication scientifique. L'anglais médiocre de nos enseignants et chercheurs pénalise la science française et explique sa sous-représentation dans de nombreux forums internationaux notamment pour les sciences humaines et sociales qui, leurs méthodes étant moins quantitatives, exigent une sophistication linguistique accrue. Pour remédier ace handicap, ce sont des programmes à l'étranger pour les doctorants et les jeunes chercheurs qui devraient être facilités, afin qu'ils communiquent et publient en anglais avec plus d'aisance.

Le second défi est celui de l'attractivité de nos universités auprès des étudiants étrangers, ceux des pays émergents, dont l'Afrique, continent en croissance. De ce point de vue, la qualité de l'offre d'enseignement et de recherche est le facteur essentiel, ainsi que l'amélioration de l'accueil, de l'accès au visa, au logement, etc. Que certains cours soient offerts en anglais à l'arrivée, cela va de soi. Mais il serait aberrant qu'un étudiant venu pour un doctorat, au moins trois ans, et cinq ans s'il commence par un master, puisse repartir sans maîtriser la langue du pays d'accueil. Des cours de langue et de culture françaises doivent être non seulement proposés aux étudiants étrangers, mais requis, comme cela se fait dans les universités américaines, d'où il n'est pas concevable que l'on sorte diplômé sans connaître la langue,

A plus long terme, dans quel engrenage met-on le doigt ? Les conséquences du renoncement à la langue nationale dans l'enseignement supérieur n'ont pas été mesurées. Si, comme l'envisagent sans état d'âme certains scientifiques qui nous renvoient au « siècle dernier », on peut se diplômer d'une université française sans savoir le français, sous prétexte que, dans le monde global, on n'en aura plus besoin ensuite, comment continuer de justifier son exigence ailleurs, dans l'administration, à l'école ? «À quoi bon leur faire apprendre le français, ai-je entendu, si c'est juste pour le parler durant leurs années d'études ? » Avec un tel argument, après le supérieur, pourquoi pas le secondaire, voire le primaire ? Et comment répondre, en France même, à des demandes de vie communautaire hors de la langue nationale ?

Mais j'écris ceci à l'île Maurice, où le français se porte bien après deux siècles d'empire de l'anglais. Tout espoir est donc permis.

Antoine Compagnon

 


Le scandale du projet de loi Fioraso - le 19/05/2013 - 17:11 par Claude_Weisz

 Claude Weisz : Le scandale du projet de loi Fioraso

Le point de vue de Claude Weisz, cinéaste, concernant le projet de loi Fioraso que l'auteur considère comme un véritable scandale démocratique se décompose en 3 parties suivies d'une lettre au Président de la République. MAR
I) L'édifiante sincérité de Madame Fioraso
II) Quelques réflexions fragmentaires provenant d'une expérience vécue
III) De la fâcheuse habitude qu'ont nos gouvernements de vouloir nous faire prendre les vessies pour des lanternes.
Lettre ouverte à M. François Hollande, Président de la République française.

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I) L'édifiante sincérité de Madame Fioraso

"Si nous n'autorisons pas les cours en anglais nous n'attirerons pas les étudiants de pays émergeant comme la Corée du Sud (sic), l'Inde, le Brésil …*"

"Nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d'une table, même si j'aime Proust"

Madame Fioraso dans un entretien au Nouvel Observateur cite l'exemple des enfants scandinaves qui "regardent dés le plus jeune âge, à la télévision, les programmes en anglais. À l'âge adulte, ils manient un anglais excellent et un très bon allemand **. Est-ce que la culture danoise ou finlandaise est en péril ? Sont-ils moins critiques vis-à-vis de "l’impérialisme américain" que nous ? Soyons sérieux. Je vois beaucoup d'hypocrisie derrière tout ça".

Oui soyons sérieux.

Chacun sait que le danois, le suédois, le norvégien, etc. ne sont que de simples langues locales, et ne peuvent se comparer au français, langue partagée par de nombreux pays et parlée par plus de 200 millions de personnes sur les cinq continents, seconde langue la plus enseignée au monde après l'anglais ; toutefois de moins en moins en Europe puisqu'il n'est plus nécessaire de connaître le français, contrairement à la règle, pour travailler dans les institutions européennes.

De fait Madame Fioraso classe le français dans la catégorie des langues régionales.

Elle oublie simplement que le français est dans les institutions internationales langue officielle, à parité avec l'anglais.

Mais, comme ministre elle reçoit les documents internationaux et européens uniquement en anglais, c'est pourquoi elle l'ignore.

Comme il est probable que Madame Fioraso n'est pas complètement stupide, elle nous dit clairement que la finalité de cette loi est bien de faire du français une langue inutile.

Comment peut-on promouvoir une telle politique linguistique-contraire au discours de François Hollande lors de sa visite à New York devant les électeurs français d'Amérique du Nord- une politique qui accélère encore le déclin de la France ***.

Cette politique est criminelle.

Il faut la refuser tant qu'il est encore temps.

* au Brésil et dans les pays lusophones, l'élite culturelle et politique continue encore de pratiquer et d'étudier le français.

** connaissant ces pays j'ai rarement entendu un jeune parler, même médiocrement l'allemand… Par contre les jeunes Espagnols au chômage apprennent l'allemand pour travailler en Allemagne.

*** quant à l'usage de l'anglais comme remède au déclin industriel de la France, saluons l'exemple de la multinationale et premier fabricant mondiale du pneu, Michelin, qui dispense des cours de français à ses cadres et techniciens étrangers, avec le souci de continuer de faire du français sa langue de travail.

15 mai-Assemblée nationale ; c'est avec aplomb et péremptoirement que Mme Fioraso répond à une question posée par le député M. Myard. Sans être malpoli je dirais qu'elle continue à nous vendre son plat de lentilles. En supposant qu’elle aie raison nous accueillerons quelques milliers d'étudiants étrangers en plus, mais en 2050 tous les pays francophones d'Afrique seront passés à l'anglais ainsi que la soixantaine de chefs d'État, ministres, chefs de délégation qui s'expriment en français à l'ONU. C'est ainsi que le rêve de nos gouvernements modernes sera réalisé : la France sera reléguée au niveau international du Danemark. (J’aime le Danemark). Mais après tout, les Danois sont parfaitement anglophones, les touristes rendent visite à la petite sirène et leur niveau de vie est supérieur à celui des Français.

Un plat de lentilles, ma foi, (surtout du Puy en Velay), c'est très bon. Merci Madame.

Claude Weisz retour haut de page


II) Quelques réflexions fragmentaires provenant d'une expérience vécue.

Des Volkes Seele lebt in seiner Sprache. (Goethe)

C’est dans sa langue que vit l'âme du peuple.

Comment peut-on accepter - alors que nous vivons depuis des mois une bataille autour d'une loi, le mariage homosexuel, qui concerne peut-être 0,2 ou 0,3 % de la population et ne remet pas en cause la société - que le projet de loi Fioraso qui est un choix --oui, j'ose ce grand mot - de civilisation, ne fasse pas l'objet d'une réflexion approfondie et d'un débat national.

Ce changement radical qui fait qu’au bout du compte l'adage de Claude Allègre : "l'anglais ne doit pas être une langue étrangère en France" va être adopté presque à la sauvette ; un petit paragraphe dans une loi majeure concernant l'ensemble des citoyens français et francophones.

Mme Fioraso qualifie ceux qui n'acceptent pas l'intégralité de son texte de défenseurs de "la francophonie par la peur" et traite ceux qui critiquent ce projet de loi d'hypocrites " car ils sont passés par des grandes écoles (et) ont un cursus en anglais (…) tout en refusant de donner ces mêmes droits aux universités." Signalons toutefois que cette nouvelle législation légalisera l'infraction à la loi Toubon que pratiquent non seulement les grandes écoles mais un tas d'autres écoles privées plus ou moins de qualité, mais financièrement rentables.

Nous annoncer que ça ne concerne que 1 % des cours est en réalité un énorme mensonge.

Cela, de la part de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, s'appelle de la démagogie.

Plutôt que de rester dans des généralités je voudrais ici essayer de faire comprendre à ceux qui considèrent que passer sous le rouleau compresseur de l'anglo-américain est un progrès et participe de l'élévation du niveau d'éducation des Français est un leurre.

Mon expérience professionnelle de cinéaste "engagé", mon quotidien de citoyens de la Seine-Saint-Denis (le 9-3), balbynien (habitants de Bobigny)-ville aux 40 nationalités, avec 60 % de logements sociaux - mes interventions dans des ateliers de formation à l'audiovisuel m’autorisent à dire au gouvernement socialiste dont fait partie la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche : "réfléchissez avant de promouvoir et de voter une loi qui est antirépublicaine, antisociale, anti culturelle et donc antidémocratique.

Les adolescents que je fréquente chaque jour vivent déjà dans un univers "culturel" anglo-saxon.

Musique, chansons (à l'exception du rap et un peu de slam) publicité, informatique (vocabulaire et, de surcroît abandon du système métrique-mesures en pouces !) marketing, finance, audiovisuel, justice (il serait préférable de donner aux collégiens des notions de droit (français) plutôt que de promouvoir l'entreprise car, ça ils savent très bien le faire)

Il m'arrive de leur demander : "il est question de passer à l'anglais dans l'enseignement général… Êtes-vous pour ou contre ?"

Une forte minorité me répond spontanément : "on est pour, parce que l'anglais c'est plus facile que le français et on le parle partout, le français ça sert à rien". Et quelques-uns constatant que dans certaines entreprises françaises la langue de travail est l'anglais pensent qu'il est nécessaire d'apprendre cette langue dès la maternelle. (cf. procès intentés par les syndicats pour obtenir des traductions)

Donc à première vue Mme Fioraso, a raison l'enseignement en anglais est plus démocratique ; de plus cela permet aussi de continuer à faire des économies en fermant les centres culturels français à l'étranger et en réduisant leurs services.

Funeste politique de l'ère Sarkozy qui semble devoir, hélas, se perpétuer.

Par contre les lycées français à l'étranger risquent de perdre les élèves autochtones payants au profit des lycées américains ou anglais, comme c'est déjà le cas en Égypte, au Vietnam, au Maroc, au Liban, en Turquie…

Cela réduira également le nombre de chômeurs, les jeunes français trouveront plus facilement du travail, plus ou moins qualifié à l'étranger, sans charges sociales mais pouvant bénéficier encore de la sécurité sociale française comme c'est le cas avec nos émigrés en Grande-Bretagne.

Cette politique renforce également le communautarisme - repli sur soi et sur les "traditions" ethniques, - faisant apparaître le modèle français républicain et social comme "non compétitif". Transformant l'école en un lieu de contraintes et d'ennui.

Communautarisme avez-vous dit ? Hélas, un autre renoncement de François Hollande, celui d'accorder le droit de vote aux étrangers aux municipales est une grave erreur. Ce droit de vote est indispensable pour permettre une prise de conscience des droits et des devoirs et une participation de chaque émigré à la vie publique et politique dans la cité. Je considère que ce droit est indispensable à une intégration progressive républicaine, antinomique au communautarisme à l'instar de l'école publique et laïque.

C'est aussi faire fi de l'avis des chefs d'entreprises, ceux qui ne sont pas encore passés à l'anglais, qui se plaignent de ne pas trouver de jeunes sachant s'exprimer et écrire correctement en… français.

Certes l'enseignement en anglais permettra à l'éducation nationale de recruter plus facilement des professeurs vacataires "english natives" non statuaires !

Les études supérieures en anglais favoriseront la formation d'une élite internationale, (qui existe déjà), en France, mais à condition que les salaires soient aux minimums égaux à ceux des chercheurs américains ainsi que la qualité de nos laboratoires et instituts de recherche.

Bien au contraire, "la démocratisation" annoncée par la ministre permettra aux mandarins français anglophones de s'expatrier sans difficulté vers les universités prestigieuses des États-Unis, de Grande-Bretagne, d'Australie, d'Afrique du Sud etc. A contrario comment Mme la ministre peut expliquer l'engouement à apprendre le français en Roumanie, Bulgarie, Slovaquie, Chine … chez les étudiants qui se destinent aux professions médicales ?

D'une part, parce que il y a du travail en France pour ces médecins, kinés, infirmières, dentistes ; professions mieux rémunérées que chez eux avec une qualité de vie supérieure et dont l'exercice ne peut se faire que dans la langue du pays.

D'autre part pour suivre des cours et faire des stages dans des secteurs de médecine spécialisée où la France est reconnue pour son excellence, cardiologie, greffes, cancer… Et, miracle, dont l'enseignement et la pratique continuent à se faire en français !

Autre exemple, si des cinéastes de pays non francophones apprennent le français c'est pour tourner en France et en français, des films français.

Ainsi Michael Haneke, palme d'or à Cannes, prix du meilleur film européen, BAFA (Royaume-Uni) du meilleur film étranger et, entre autres, pour couronner le tout, Oscar du film en langue étrangère à Hollywood.

N'en déplaise aux ministres et autres thuriféraires de l'anglo-américain, c'est cela l'attractivité de la France.

La caste bureaucratique néolibérale qui dirige l'Europe et la France, qui pense en anglo-américain est la même qui, sous prétexte de modernité avait choisi de supprimer les tramways et les trolleybus, prétendant que c’était un moyen de transport périmé, qu’il fallait adapter Paris à la voiture. Ce sont les mêmes penseurs qui, aujourd'hui, avec un demi-siècle de retard, découvrent que le tram est un moyen de transport idéal.

Si l'on peut à nouveau faire rouler des trams il sera impossible, lorsque le français aura perdu son statut de langue internationale de communication, de diplomatie, de culture, de le faire revivre.

Pourquoi par ailleurs, trouve-t-on tragique qu'un président français ne s'exprime pas parfaitement en anglais et normal qu'un président américain ne connaisse aucune autre langue que l'anglais. Que John Kerry doive s'excuser auprès de ses concitoyens de s'exprimer en français et faisant preuve d'humour, explique qu'il continuera en anglais car "si je ne le fais pas j'aurais des problèmes à mon retour aux États-Unis."

Oui, pourquoi cela ne choque pas que l'apprentissage d’une langue étrangère au Royaume-Uni et aux États-Unis soit facultatif au lycée, ce qui signifie qu'aujourd'hui les élèves de ces pays ne connaissent que l'anglais ou l'américain.

Il fut un temps, pas si lointain, où la chanson française de Piaf à Montand, de Brel à Gainsbourg, s'exportait à l'étranger en version originale. Ce qui n'empêchait pas ces chanteurs et compositeurs, de temps à autre, d'en faire une adaptation en anglais, en allemand, en japonais etc. Ces mêmes chansons étaient reprises en français par des interprètes de pays non francophones. Aujourd’hui la chanson française qui s'exporte est uniquement en anglais et l'anglais est devenu la langue de la chanson internationale. On me dit qu'économiquement c'est très bon pour la France car ça se vend très bien. Ce qui reste encore à prouver.

Mais franchement, culturellement c’est zéro.

Faire parti du magma de la variété anglo-saxonne pourquoi pas, mais qu'on ne parle pas de diversité culturelle.

Paradoxe : au XVIe siècle l'opéra se chantait exclusivement en italien puis à la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle il s'écrivit des opéras en français, en anglais, en allemand. Au XIXe siècle et davantage encore au XXe on assiste à la floraison d'opéra en russe, tchèque, hongrois, norvégien etc. C'est cette diversité que nous sommes en train de perdre avec ce retour à la langue unique.

Langue unique, pensée unique, acculturation ce n'est pas le XXIe siècle de Mme Thatcher* que mes parents et moi-même avons souhaité.

Hélas notre élite, notre pseudo élite politique, économique, financière n'en a cure.

Sa vision du futur a la dimension d'un quinquennat. C’est très court, petit et médiocre.

* au XXIe siècle, la puissance dominante c'est l'Amérique, la langue dominante c'est l'anglais, le modèle économique c'est le capitalisme anglo-saxon

Je peux me tromper, mais je n'ai pas entendu parmi les abondants éloges funèbres rendus par les radios généralistes et télévisions à Mme Thatcher, la chanson éponyme de Renaud.

Claude Weisz retour haut de page


III) De la fâcheuse habitude qu'ont nos gouvernements de vouloir nous faire prendre les vessies pour des lanternes.

À droite comme à gauche et plus particulièrement en ce qui concerne la langue française et la francophonie c'est la même parole lénifiante et concrètement la même politique suicidaire.

On nous assure que les conférences de l'Organisation Internationale de la Francophonie sont des réussites et la situation de la langue française dans le monde est globalement bonne.

Présidence Sarkozy : "en 2050 il y aura 700 millions de francophones, dont 80 % en Afrique".

Présidence Hollande : "en 2050 il y aura 800 millions de francophones dont 80 % en Afrique."

La réalité est la suivante, seuls 10 à 30 % de la population des pays dits francophones parlent et écrivent le français.

L'apprentissage de notre langue se fait dans des classes surchargées, jusqu’à 90 élèves, avec des profs qui n'ont aucune réelle formation (et souvent ne parlent qu'un français approximatif).

De plus les écoles manquent de matériel pédagogique, livre, ordinateur etc.

Les salaires pour la plupart misérables, sont payés très souvent de façon aléatoire

L’élite universitaire s'expatrie aux USA, Grande Bretagne, Australie, où elle occupe des postes de professeurs, maîtres de conférences dans des universités prestigieuses.

Les étudiants, quant à eux, n'obtenant pas de visa pour la France* se dirigent aussi vers les pays anglophones et constatent amèrement qu'avoir pour langue d'étude le français est un handicap par rapport aux étudiants issus de pays anglophones.

Et, comme si cela ne suffisait pas, voici qu'après Valérie Pécresse c’est au tour de Geneviève Fioraso d'exclure les étudiants francophones des études supérieures en France car s'ils veulent étudier dans les grandes écoles et bientôt dans les universités, il est indispensable qu'ils connaissent l'anglais puisque l'enseignement y est et sera donné uniquement en anglais !

Il est conseillé de prendre des cours d'anglais pour une mise à niveau leur permettant de s'inscrire dans de grandes écoles et d’y passer les examens (Sciences-Po, HEC, ESSEC entre autres.)

Étonnez-vous que de plus en plus de gouvernements africains francophones veuillent passer à l'anglais.

Au train où vont les choses, ("l'anglais ne doit pas être une langue étrangère en France", Claude Allègre) l'affirmation qu'en 2050 il y aura 800 millions (ou même revu à la baisse dans certaines annonces récentes) de francophones dont 80 % en Afrique est un déni de réalité hypocrite et un mensonge d'État.

En 2050, à l'instar du Rwanda l'anglais aura remplacé le français dans la plupart des pays de l'espace francophone.

Et, dommage collatéral, les Chinois - le seul pays ou l'apprentissage du français se développe - auront constaté qu'il n'est pas nécessaire de connaître le français pour commercer avec l'Afrique francophone pas davantage pour étudier en France.

Remarque subsidiaire ; il serait bon pour nos relations économiques avec la Chine de développer et d'encourager l'étude du chinois (ainsi que de l'arabe, l'espagnol, le russe, le portugais et l'allemand ) comme choix de première langue au lycée et de profiter de la jeune génération sino-française à cette fin.

Sait-on qu’aujourd'hui l'éducation nationale salarie des enseignants français pour donner des cours d’anglais dans certains pays comme le Cambodge ( !), les pays du Golfe…

Sait-on que la politique linguistique des États-Unis et de la Grande-Bretagne est caractérisée par une volonté d'éradiquer la langue française.

Un laboratoire de cette politique se trouve en Haïti. Les États-Unis y promeuvent le créole comme unique langue nationale tout en développant, grâce à leur O.N.G. éducatives, des cours d’anglais gratuits dans toutes les écoles et également aidés en cela par une politique d'ouverture à l'accueil des étudiants haïtiens aux États-Unis.

Avez-vous oublié que sous la présidence Bush junior la France, sa langue, ses produits ont été punis pour s'être opposés à l'invasion de l'Irak

Il est amusant de voir que plusieurs films américains de cette époque faisaient jouer le rôle de méchants aux Français. Les Français avaient remplacé les soviétiques dans le cinéma hollywoodien.

La réalité de l'action des gouvernements français est de tout faire pour que le français soit considéré comme une langue inutile.

Une grande partie de notre élite politique et économique a fait sienne le dogme de Madame Thatcher : "au XXIe siècle, la puissance dominante c'est l'Amérique, la langue dominante c'est l'anglais, le modèle économique c'est le capitalisme anglo-saxon"

Seule une volonté mercantile mobilise leurs pensées : faire payer les étudiants étrangers pour faire leurs études et passer leur diplôme en anglais afin de renflouer les caisses des grandes écoles et de l'éducation nationale comme cela est le cas dans les pays anglophones.

Mais ceci est également un leurre.

Économiquement cela est suicidaire.

Culturellement c’est criminel.

Politiquement c'est une forfaiture.

Et vis-à-vis de "ceux qui ont le français en partage" c'est une trahison.

Alors cessez de nous mentir.

Défendons la diversité linguistique, culturelle.

Restaurons la place du français dans le monde pour conserver une autre façon de penser.

Le français en partage est l’une des dernières richesse universelle et une valeur morale qui reste encore à la grande nation française.

N'oublions pas ce qu'écrivait Kateb Yacine lorsqu'on lui reprochait d'écrire en français : "la langue française est notre butin de guerre".

N'oublions pas que nous avons colonisé des peuples en leur imposant le français. Aujourd'hui qu'ils ont fait leur cette langue tout en l’enrichissant, une langue qui, pour beaucoup, est encore la langue des droits de l'homme et de la liberté, les condamner à l'anglais c'est un coup de poignard dans le dos.

Peut-être est-ce aussi la revanche de l'histoire ; les anciens colons à leur tour colonisés (et de plus volontairement) Non, nous méritons mieux.

Nous avons aussi un devoir de reconnaissance envers les artistes, scientifiques, écrivains, cinéastes étrangers qui ont choisi le français et la République française pour leurs créations.

Demain, de par notre renoncement nous nous priverons de cet apport original et vital.

Quant à nos cousins du Québec, de Belgique, de Suisse et nos amis africains ils sont désespérés à l'idée que le Parlement français puisse avaliser le projet de loi défendu par la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Après la signature à venir de l'accord de libre-échange entre les États-Unis et l'Europe, par lequel l'exception culturelle sera "rabotée" et le monopole de la langue impériale (déjà accepté dans l'administration européenne) sera légalement établi, que deviendra la France lorsque sa langue ne sera plus qu’une langue régionale ?

Il est évident que ce projet de loi ne serait pas aussi dangereux si l'ensemble de la politique de la France vis-à-vis de sa langue était affirmatif, vigoureux, ambitieux, généreux, riche.

Hélas aujourd'hui c'est la débandade, une variante plus douce (soft !) de "l'étrange défaite" de 1940. Et les voix qui nous parviennent de Londres, c'est plutôt "bizness as usal."

Ne nous trompons pas ; les fossoyeurs de notre langue ce ne sont pas les Anglais mais bien certains français.

Désindustrialisation et acculturation…

"Plus dure sera la chute" ("The harder they tall )**, à moins que…

* sur ce point donnons crédit au gouvernement actuel de vouloir changer les choses.

** film américain de Mark Robson (1956)

N.B. Affirmer que la réussite commerciale ou industrielle soit conditionnée par la maîtrise de l'anglais c'est aussi une contrevérité. Un produit de qualité peut se vendre même, c'est un exemple, en albanais-(assisté d'un bon interprète- traducteur)-et on trouve encore des albanais pratiquants fort bien le français.

P.S. 21 avril 2013, inauguration de l'exposition "naissance d'un musée" au Louvre d’Abu-Dhabi, en présence de Mme Fillipetti, des anciens et nouveaux directeurs du Louvre ; les panneaux, les inscriptions, les titres sont en deux langues : l'arabe et l'anglais !

Un pays qui n'aime pas sa langue ne saurait donner l'envie de l’apprendre à des étrangers.

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Lettre ouverte à M. François Hollande, Président de la République française.

de Claude Weisz, cinéaste, fils d'émigrés non francophones, pupille de la Nation, dont le père, résistant, est "mort pour la France" en 1942, dans les locaux de la Préfecture de police de Paris, sous les tortures infligées par des fonctionnaires français des renseignements généraux. Citoyen français, je me permets de me présenter ainsi car l’héritage que j'ai reçu de mon père est l'esprit de résistance.

Monsieur le Président.

Les pages qui suivent rédigées en état d'indignation, expriment les raisons qui m'amènent à vous demander de mettre fin à la politique de renoncement à la souveraineté linguistique de la langue française.

Je demande aux législateurs, les représentants du peuple, de prendre le temps de réfléchir aux conséquences désastreuses qu'entraînerait l'adoption du paragraphe 2 du projet de loi sur l'enseignement supérieur.

Il est nécessaire d'apprendre des langues étrangères, dont l'anglais.

Donner quelques cours en anglais (Wall Street English !) est admissible mais le projet de loi présenté par Madame Fioraso, qu’elle assure être limité à 1 % des cours, est un leurre. Ce 1 % c'est le cheval de Troie du groupe de pression (le "lobby") des directions de Sciences-Po, HEC, l'ESSEC et d’autres, qui pratiquent déjà le tout anglais - en contrevenant à la loi Toubon - qui voit dans l'adoption de cette loi la régularisation de leur pratique illégale.

C'est un choix politique majeur. Un choix de culture. Un choix de géopolitique. Un choix idéologique. Un choix historique.

Le français en partage est l’une des dernières richesse universelle et une valeur morale qui reste encore à la grande nation française.

N'oublions pas ce qu'écrivait Kateb Yacine lorsqu'on lui reprochait d'écrire en français : "la langue française est notre butin de guerre".

N'oublions pas que nous avons colonisé des peuples en leur imposant le français. Aujourd'hui ils ont fait leur cette langue tout en l’enrichissant, une langue qui, pour beaucoup est encore la langue des droits de l'homme et de la liberté, les condamner à l'anglais c'est un coup de poignard dans le dos.

Peut-être est-ce aussi la revanche de l'histoire ; les anciens colons à leur tour colonisés (et de plus volontairement) Non, nous méritons mieux.

Il est évident que ce projet de loi ne serait pas aussi dangereux si l'ensemble de la politique de la France vis-à-vis de sa langue était affirmatif, vigoureux, ambitieux, généreux, riche. Mais force est de constater que ce n'est pas le cas, à quelques petites exceptions près. Nous sommes dans une politique de repli et d'acceptation de la défaite.

Je souhaite, monsieur le président, que vous soyez fidèle à la réponse que vous me donniez lors des élections présidentielles.

Je vous remercie, Monsieur le président, très profondément de la peine que vous vous donnerez à lire ces quelques pages, en espérant que vous aurez à cœur, comme vous l'avez souvent proclamé, d’agir pour que ce bien public qui appartient à tous les locuteurs francophones demeure et se développe comme langue solidaire et nécessaire. C'est la France qui a naturellement pour mission de sauvegarder la langue française et d'en promouvoir l'usage.

Veuillez trouver ici, Monsieur le président de la république, cher François Hollande, l'expression de ma haute considération

13 mai 2013

Copie à Mmes et MM. Jean-Marc Ayrault, Laurent Fabius, Aurélie Fillipetti, Yasmina Benguigui, Vincent Peillon,

Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Najat Vallaud-Belkacem, Nicole Bricq.

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Editoriaux/fioraso.jpgProjet de loi Fioraso (suite 4) - le 17/05/2013 - 11:55 par MAR

Projet de loi Fioraso (suite 4)

TV5Monde : "French university" par Pascal Priestley (17/5)
Intervention de Jacques Myard lors de la séance des questions au Gouvernement et la réponse de Mme Fioraso (15/5) (voir la vidéo ou lire le texte de l'intervention ci-dessous)


voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde.

Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire".


Intervention de Jacques Myard lors de la séance des questions au Gouvernement et la réponse de Mme Fioraso (15/5)

Assemblée Nationale - Première séance du mercredi 15 mai 2013
Présidence de M. Claude Bartolone
Questions au Gouvernement

Défense de la langue française

M. le président. La parole est à M. Jacques Myard, pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire.

M. Jacques Myard. Bernard Cazeneuve, je ne sais pas si l’opposition sort de l’œuf mais le Gouvernement a fait une sacrée omelette ! (Applaudissements et rires sur les bancs des groupes UMP et UDI.)
Herr Ministerpräsident Ayrault, ich bitte Sie um eine Frage zu antworten ; Mister Prime minister, I wish to ask you a question :…

M. Jean Glavany. On parle français dans l’hémicycle !

M. Jacques Myard. …au moment où la Commission bafoue le plurilinguisme de l’Europe et privilégie de manière outrancière l’anglais, la science française a-t-elle encore le droit de s’exprimer dans la langue de Molière, de Victor Hugo…

Un député du groupe SRC. De Myard !

M. Jacques Myard. …de Frédéric Joliot-Curie, de Louis Leprince-Ringuet, de Charles de Gaulle ou de François Mitterrand, ou doit-elle s’excuser d’exister ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UMP et UDI.)

À l’évidence, on se doit de se poser la question puisque vous allez proposer de reléguer notre langue en seconde division, en lui ôtant son statut de langue universitaire exclusive au profit du globish. Il faut apprendre des langues étrangères, mais le globish n’est pas une explication du monde.

Vous oubliez que les ingénieurs que nous formons aujourd’hui travailleront encore dans vingt à quarante ans et que le "tout anglais" d’aujourd’hui est une faute stratégique, une vision erronée et obsolète à terme du monde qui va à marche forcée vers un plurilinguisme qui va relativiser très largement l’anglais (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes UMP et UDI.)

Rappelez-vous Hamlet : "Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel, Horatio, qu’il n’en est rêvé dans votre philosophie." Croyez-vous vraiment attirer des étudiants non francophones ? Vous vous trompez : ils préféreront toujours l’original aux singeries. En définitive, nous n’aurons gagné que le mépris des autres, que le statut du vassal et de l’esclave.

Une langue, ce n’est pas seulement un moyen pour vendre des cacahuètes, c’est une pensée, une structure mentale, et le français demeure plus que jamais une langue de sciences ! (Applaudissements sur les bancs des groupes UMP et UDI.)

M. le président. La parole est à Mme la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Mme Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche. Monsieur le député Jacques Myard, c’est en français que je m’adresserai à vous pour vous parler du projet de loi. Que dit le texte auquel vous faites allusion – si vous l’avez lu ? (Protestations sur les bancs des groupes UMP et UDI.) Il dit que la langue de référence de l’enseignement supérieur et de la recherche est le français. (Exclamations sur les bancs des groupes UMP et UDI.)

L’article 2 dispose simplement que les dérogations qui sont déjà prévues par la loi Toubon peuvent être élargies en étant très encadrées pour accueillir les étudiants de pays émergents, tels que la Corée, l’Inde, le Brésil, dans les matières scientifiques, économiques et techniques, qui ne viennent pas en France à cause de l’obstacle du langage.

M. Maurice Leroy. Qu’en pense la ministre de la francophonie ?

Mme Geneviève Fioraso, ministre. Cette loi sera d’autant plus encadrée…

M. Christian Jacob. Ce n’est pas encore la loi !

Mme Geneviève Fioraso, ministre. …qu’un accord est intervenu hier, en commission, entre partisans et opposants préalables à cette dérogation. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.) Nous avons décidé de l’encadrer encore plus en prévoyant une formation obligatoire au français pour ces étudiants, et elle sera prise en compte pour l’obtention de leur diplôme.

M. Dino Cinieri. Cela ne servira à rien !

Mme Geneviève Fioraso, ministre. Aujourd’hui, il y a 790 formations en langues étrangères, plutôt en anglais. Elles existaient jusqu’à présent dans les écoles pour les enfants privilégiés. Cela ne faisait hurler personne. Aujourd’hui, nous voulons élargir cette possibilité et les introduire à l’université pour tous les jeunes, notamment ceux qui sont issus des milieux modestes, qui n’ont pas voyagé, qui ne parle ni l’anglais ni l’allemand.

M. Daniel Fasquelle. N’importe quoi !

Mme Geneviève Fioraso, ministre. Monsieur Myard, la France francophone, c’est la France qui s’ouvre au monde, au Maghreb avec Yamina Benguigui, à l’Afrique francophone que nous accueillons volontiers. (Exclamations sur les bancs des groupes UMP et UDI.)

En conclusion et en français : beaucoup de bruit pour rien, pour reprendre ce titre de Shakespeare.


Le commentaire de Claude Weisz

15 mai-Assemblée nationale ; c'est avec aplomb et péremptoirement que Mme Fioraso répond à une question posée par le député Jacques Myard. Sans être malpoli je dirais qu'elle continue à nous vendre son plat de lentilles. En supposant qu’elle aie raison, nous accueillerons quelques milliers d'étudiants étrangers en plus, mais en 2050 tous les pays francophones d'Afrique seront passés à l'anglais ainsi que la soixantaine de chefs d'État, ministres, chefs de délégation qui s'expriment en français à l'ONU.

C'est ainsi que le rêve de nos gouvernements modernes sera réalisé : la France sera reléguée au niveau international du Danemark. Mais après tout, les Danois sont parfaitement anglophones, les touristes rendent visite à la petite sirène et leur niveau de vie est supérieur à celui des Français.

Un plat de lentilles, ma foi, (surtout du Puy en Velay), c'est très bon. Merci Madame.

(on pourrait aussi signaler que le tout en américano-anglais permettra aux présidents et directeurs des grandes écoles de rattraper le niveau de salaire de leurs collègues américains. D'autant plus que suite au scandale des émoluments généreux de feu Richard Descoings, l'État a décidé de réduire un peu leur train de vie.)

Claude Weisz


 


Editoriaux/fioraso.jpgProjet de loi Fioraso (suite 3) - le 16/05/2013 - 22:55 par MAR

Projet de loi Fioraso (suite 3)

France 2 : Entretien avec Claude Hagège au sujet du projet Fioraso (15/5)
France24 Cours en anglais à l'université : pire des humiliations pour les francophones(15/5)
Bernard Pivot : Cette loi est lourde d’orages et de défaites (12/5) (lire ci-dessous)

voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde.

Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire".

Suite du débat concernant le projet de loi Fioraso tendant à autoriser l'enseignement en anglais dans les universités et grandes écoles.


Bernard Pivot, journaliste et écrivain : "Cette loi est lourde d’orages et de défaites"
La Croix du 12 mai 2013

Fortement opposé à l’introduction de cours en anglais à l’université, Bernard Pivot explique la nécessité de continuer à promouvoir le français dans le monde.

La Croix : L’anglais comme langue d’enseignement dans les facs françaises, cela vous scandalise-t-il ?

Bernard Pivot : Oui, tout à fait, car je crois, comme Michel Serres, que si nous laissons l’anglais s’introduire dans nos universités, si nous le laissons, seul, dire la science et le monde moderne, alors le français se mutilera et s’appauvrira. Il deviendra une langue banale, ou pire, une langue morte. En donnant la possibilité d’enseigner en anglais, la ministre prétend attirer des étudiants étrangers et faire remonter la France dans les classements anglo-saxons.

Mais c’est un leurre. Les meilleurs choisiront toujours d’aller dans les plus grandes facs américaines et anglaises, tandis que le français, lui, sera bel et bien mis en péril.

N’y a-t-il pas, derrière ce débat, une querelle entre "anciens" et "modernes" ?

B. P. : Peut-être que certains, parmi les plus jeunes, sont moins attachés que nous au français… Mais je crois que le problème est plus grave. Il est que nos dirigeants ne sont plus des lettrés, ni des amoureux du français, comme ils l’ont été autrefois. Je pense au général de Gaulle, bien sûr, à Georges Pompidou, mais aussi à François Mitterrand. Ces hommes étaient de grands lecteurs, des amoureux de la langue, et même des écrivains capables d’écrire de beaux livres… Ils n’auraient jamais laissé passer une telle loi.

Mais le français peut-il réellement résister à l’anglais ?

B. P. : La question ne se pose pas en ces termes. Que l’anglais soit la langue dominante dans le monde actuel, c’est logique. Dans l’histoire, à chaque fois qu’une nation a dominé par son armée, son économie, ses savants, elle a imposé sa langue. Ce fut le cas de la France sous Louis XIV. Il ne s’agit donc pas de jalouser la position de l’anglais. Mais il ne faut pas non plus se résigner ni se coucher devant lui. À côté, le français doit continuer de jouer sa partition.

Pourquoi est-il si important, selon vous, de défendre le français ?

B. P. : D’abord, je n’aime pas ce terme "défendre". Il me semble d’emblée pessimiste. Le français, il faut l’illustrer, le promouvoir, le faire vivre. Car c’est la langue qui nous a constitués, qui nous a formés, qui coule de notre bouche et dans nos veines. Même si l’on parle plusieurs langues, je suis convaincu que notre dernier mot, au moment de notre mort, sera français. Car celui-ci est inscrit dans notre âme, au plus profond de nous. La langue est ce qui constitue, aussi, une nation. C’est parce que nous avons en commun ce trésor des mots que nous nous comprenons, que nous écrivons. Les mots sont notre richesse et marquent aussi notre diversité. C’est formidable d’avoir parmi nos grands écrivains des Antillais ou des Africains. Cette loi envoie d’ailleurs un très mauvais signal à tous ceux qui luttent, dans le monde, au sein des instituts français, pour faire vivre notre langue. Peut-être certains ne voient-ils pas le péril qui s’annonce. Moi, je sens au contraire que cette loi est lourde d’orages et de défaites.

Recueilli par Flore Thomasset


nouvelles/presse.gifNouvelles de mai 2013 - le 16/05/2013 - 22:54 par MAR

Nouvelles de mai 2013

TV5 Monde : Le français "une langue de travail" au Brésil (8/5) (lien)
The Festival of Cannes is open (ci-dessous)
La servilité parisienne continue : lancement du concours Moov’In The City (!) (7/5) (lien)


The Festival of Cannes is open

Tous les ans avec servilité, les médias français se prosternent devant de pauvres "stars" états-uniennes lors d'un festival présidé une fois sur deux par un acteur ou réalisateur états-unien... (et vive la diversité culturelle...)

La ville de Cannes pendant ce temps matraque sur les murs parisiens (et autres ?) une campagne "in ingliche" pour bien montrer sa soumission à ses maîtres.
Ci-dessous l'affiche figurant à l'entrée du "palais des festivals"

 

cannes-la-servile.jpg

Cannes-la-servile avec ses inoubliables slogans : "The world come to Cannes. What about you ?"
et "The place for families" (!)

 


nouvelles2/pouria-amirshahi.jpgPouria Amirshahi : Une gifle à la langue française - le 13/05/2013 - 21:43 par MAR

 Pouria Amirshahi : Une gifle à la langue française 

Nous reproduisons ici la tribune de Pouria Amirshahi, député PS publiée dans Marianne du 11 mai 2013. Lire également plus bas son amendement, signé par 39 députés socialistes, qui demande la suppression de l'article 2 du projet de loi Fioraso

Autoriser l'enseignement universitaire tout en anglais, comme le propose le projet de loi de Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur, c'est porter un nouveau coup à la francophonie par Pouria Amirshahi (Député PS de la 9e circonscription des Français de l'étranger)

Qu'il est loin, ce 16 octobre 1993, quand François Mitterrand - au Sommet de la francophonie - s'opposait explicitement au président Clinton en lui reprochant de vouloir "imposer une façon de penser, de s'exprimer au reste du monde". Dire que, vingt-cinq ans plus tard, les élites françaises sont de plus en plus nombreuses à construire elles-mêmes cette horrifiante uniformisation du monde, sans que personne ne l'exige. C'est sans doute pour moi, en tant que francophone, la pire des humiliations. J'ai encore en tête les mots de Valérie Pécresse, en 2008, qui déclarait à la suite de Jean-François Copé, vouloir "briser le tabou de l'anglais" et prétendait en faire une seconde langue maternelle.

Après plus de deux décennies de renoncements, de remises en cause insidieuses - décennies marquées par l'extension de la pensée hégémonique néolibérale anglo-saxonne -, le projet de loi de la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, en son article 2, porte un signal terrible, comme une gifle à la langue française qui unit tant de peuples sur les cinq continents.

De quoi s'agit-il ? D'étendre le champ des exceptions faites à la loi Toubon en autorisant l'enseignement universitaire tout en anglais. Tout. J'insiste sur ce point, car la confusion est trop souvent entretenue dans un élan de mauvaise foi : il ne s'agit pas d'enseigner "la" langue anglaise, mais de tout enseigner "en" langue anglaise.

Pour un Erasmus francophone

Cette entorse existe de fait déjà dans certaines grandes écoles. Doit-on vraiment la généraliser ? Faut-il vraiment l'encourager ? A HEC, par exemple, l'enseignement de l'économie se fait en anglais. Les élites françaises de demain sont donc formées-je n'ose dire formatées - par la pensée économique anglo-saxonne ultralibérale. Pour dire les choses brutalement, elles passent définitivement ainsi sous "tutelle intellectuelle". Pour cette seule raison, l'indigestion se fait déjà sentir en moi avant même qu'on n'ait tenté de me faire avaler la couleuvre. Mais s'en tenu : à la thèse de la "langue-idéologie" serait de courte vue, et même sans doute dangereux. En effet, le français ne véhicule pas en soi le colonialisme, l'allemand ne véhicule pas intrinsèquement le totalitarisme, l'arabe ne stipule pas l'inégalité de genre, le persan est très compatible avec l'amour du vin, etc. L'anglais véhicule donc aussi une part de la belle œuvre humaine. Et reconnaissons que c'est une langue utile à l'humanité du moment parce que ses rudiments sont mieux partagés. Il y en a eu d'autres, espérons qu'il y en aura d'autres. Tant qu'il n'y en a n'a pas qu'une...

Il faut donc répondre à tous les arguments.

"Faisons venir des étudiants des pays émergents, comme le Brésil, la Turquie ou la Chine." Soit. Nous en formons déjà des centaines de milliers en français dans le monde. A quoi : bon dépenser tout cet argent si c'est pour les faire venir étudier en anglais ? Surtout, comment penser que nous serons la destination de premier choix des étudiants avec une telle loi ? Les universités états-uniennes ou britanniques continueront d'être préférées à nos universités devenues anglophones Qui d'ailleurs ne le deviendront jamais tout à fait. Car en réalité et contrairement à un autre argument entendu, le passage à l'anglais fera baisser le niveau de notre enseignement supérieur car nous n'aurons pas les enseignants parfaitement à l'aise avec l'anglais. A moins de décider de recruter des enseignants anglophones...

On ne sait pas s'il faut rire ou pleurer de l'argument selon lequel "des cours en anglais amènent au français"... Surtout quand on observe, à l'expérience, ces nombreux étudiants étrangers qui traversent un "tunnel anglophone" et qui repartent sans avoir appris la langue française !

Pensons aussi qu'un des seuls critères de "vente s de cours de français destinés à des universitaires à l'étranger est de pouvoir leur fournir un instrument pour leur cursus en France. Si les cours sont dispensés en anglais en France, alors nous verrons l'influence de la langue française chuter, jusqu'à s'éteindre peu à peu.

L'enseignement supérieur en France dispose déjà d'atouts considérables. Valorisons-les plutôt que de battre notre coulpe : le coût de l'enseignement, l'intérêt culturel, la valeur des diplômes français sur le marché local, mais aussi les immenses débouchés que représentent les marchés du travail de l'espace francophone, en Amérique du Nord, en Afrique et en Europe, sont autant de ressources pour le rayonnement universitaire de la France. Car il existe aussi une francophonie économique, tournée vers le développement et le partage de la valeur ajoutée entre le Nord et le Sud, entre le Sud et le Sud aussi d'ailleurs. Pourquoi négliger autant cette potentialité au moment même où chacun observe une Afrique renaissante avec un taux de croissance à deux chiffres ? Car il est aussi des conséquences politiques, géopolitiques majeures à de petits renoncements : veut-on passer à côté des bouleversements en cours en Afrique maghrébine et subsaharienne ? Regretter que cette "Afrique de 600 millions de francophones" n'ait été qu'un train raté ? Un de plus !

Quel terrible signal donné à nos cousins québécois, africains et belges qui revendiquent, chérissent, cultivent notre langue commune au moment même où se joue sa place, parfois face à des sectaires éradicateurs.

Et si nous donnions plutôt à la francophonie les outils dont elle manque cruellement ? Par exemple, un Erasmus francophone. Par exemple, un passeport économique et culturel de la francophonie, traduction matérielle d'une appartenance commune, qui offrirait notamment aux artistes, étudiants, chercheurs et chefs d'entreprise francophones de nombreuses possibilités de mobilité. Par exemple, un portail numérique de la recherche francophone internationale digne de ce nom, qui donne vraiment les moyens à l'Agence universitaire de la francophonie d'exister plutôt que de se débrouiller. Par exemple. Et si nous avions un peu d'ambition ? Pouria Amirshahi

voir également le site de Pouria Amirshahi


Pouria Amirshahi est l'auteur d'un amendement, signé par  39 députés du groupe Socialiste, républicain et citoyen, demandant la suppression de l'article 2 du projet de loi Fioraso qui autorise l'enseignement en anglais dans l'enseignement dans l'enseignement supérieur.

Amendement présenté par M. Pouria Amirshahi

signé par Christian Assaf, Jean-Paul Bacquet, Christian Bataille, Philippe Baumel, Nicolas Bays, Jean-Pierre Blazy, Seybah Dagoma, Yves Daniel, Michèle Delaunay, Sébastien Denaja, Jean-Pierre Dufau, Hervé Féron, Michèle Fournier-Armand, Yann Galut, Jean-Patrick Gille, Daniel Goldberg, Pascale Got, Jérôme Guedj, Edith Gueugneau, Chantal Guittet, David Habib, Joëlle Huillier, Françoise Imbert, Michel Issindou, Régis Juanico, Laurent Kalinowski, Pierre-Yves Le Borgn’, Annie Le Houérou, Arnaud Leroy, Bernard Lesterlin, François Loncle, Jean-Philippe Mallé, Michel Ménard, Patrick Mennucci, Kléber Mesquida, Suzanne Tallard, Pascal Terrasse, Jean-Michel Villaumé et Paola Zanetti

Article 2

Supprimer cet article.

Exposé sommaire

Cet article est un recul par rapport à la loi Toubon de 1994 relative à ['emploi de la langue française qui spécifie : "la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français" et réaffirmant que ia langue de la République est le français, en vertu de l'article 2 de ia Constitution. Cette loi prévoit déjà des exceptions pour "les écoles étrangères ou spécialement ouvertes pour accueillir des élèves de nationalité étrangère, ainsi que les établissements dispensant un enseignement à caractère international" (art. 11). Dès lors, cet article n'a pas d'utilité, il convient en revanche de faire respecter la loi plutôt que de légaliser les pratiques délictueuses de certains établissements.

En posant l'anglais comme condition de l'attractivité de nos universités, nous courons le risque de marginaliser les étudiants francophones et ceux souhaitant apprendre notre langue. Pourtant, notre pays se classe au quatrième rang mondial des pays accueillant des étudiants étrangers et la connaissance de la langue française est la première raison mise en avant. Surtout, l'enseignement "tout en anglais" n'est pas nécessaire pour attirer des étudiants des pays émergents qui comptent, en leur sein, suffisamment de jeunes diplômés francophones ou désireux de le devenir.

Enfin, à l'heure où la recherche francophone, toutes disciplines confondues, est de plus en plus marginalisée sous la pression des revues anglophones, notre engagement pour la diversité culturelle et linguistique ne saurait avantager plus encore la langue anglaise - qui n'en a guère besoin - dans notre système d'enseignement supérieur et de recherche. C'est pourquoi ia suppression de l'article 2 est proposée.


Editoriaux/fioraso.jpgProjet de loi Fioraso (suite 2) - le 12/05/2013 - 22:01 par MAR

Projet de loi Fioraso (suite 2)

Charente Libre : Pouria Amirshahi en défenseur de la langue française (10/5)
France Culture : Réforme de l'enseignement supérieur : le français va-t-il filer à l'anglaise ? (9/5) avec G. Fiaraso et Antoine Compagnon ci-dessous : notre commentaire

Le Monde éducationLe développement des cours en anglais à l'université déchire le monde académique (9/5)

Le point de vue de Guy Dalens : Fioraso de Bavière (lire ci-dessous)

voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde.

Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire".

Suite du débat concernant le projet de loi Fioraso tendant à autoriser l'enseignement en anglais dans les universités et grandes écoles.


France Culture : Réforme de l'enseignement supérieur : le français va-t-il filer à l'anglaise ? (9/5) avec Geneviève Fiaraso et Antoine Compagnon (écoutable en cliquant sur le lien précédent)

Geneviève Fioraso continue ici dans son obsession de vouloir faire de la venue de coréens en France le but ultime de la politique culturelle et universitaire de la France. Pourquoi ?

Elle noie aussi le poisson en parlant de développement de la Francophonie ! (soyez sérieuse Geneviève !)

Point intéressant soulevé pas Hervé Gardette, le fait qu'être "enseigné" dans une langue (en l'occurrence l'anglais) dépasse la langue même et fait adopter les idées dominantes liées à cette langue.

Pour autant, à aucun moment, l'on a pas parlé de l'avantage exorbitant dont bénéficieraient les enseignants anglo-saxons si l'on adopte le projet de Mme Fioraso qui fait de leur recrutement massif un de ses objectifs ! Merci pour les Francophones !

On n'a pas su non plus à l'écoute de cette émission, qui serait concerné par ce projet de loi, les étudiants sortants du bac ? les thésards ? tout le monde ? que les étrangers ? Le grand brouillard !

Encore une fois Geneviève Fioraso a bien noyé le poisson et a souvent fait référence à l'italien et l'allemand ce qui hélas fait beaucoup rire (jaune !) quand il ne s'agit bien évidemment que de l'anglais.

Quant à Antoine Compagnon censé être l'opposant au texte, il s'est vite "écrasé" en admettant que l'économie devait être enseignée en anglais ! Quant on connait la fabuleuse réussite des économistes anglo-saxons face à la crise des sub-primes qu'ils n'ont pas vu venir et qui a plongé le monde entier dans la crise... MAR


Fioraso de Bavière
par Guy Dalens

Vous souvenez vous des Hussards noirs de la République qui, en ces jours déjà lointains, nous contaient l’histoire d’Isabeau de Bavière, cette reine de France venue de Germanie devenue régente, qui, par le traité de Troyes en 1420, vendait le territoire de la France aux Anglais avec la complicité de son entourage, l’élite de l’époque. La France devenait ainsi une dépendance de l’Angleterre.

Voilà que sept siècles plus tard le cauchemar de ce temps funeste ressurgit.

Madame Geneviève Fioraso, notre ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche fait mieux, en plus profond, en plus destructeur, en plus mortifère. Elle propose de bannir la langue française de l’université au profit du monde anglo-saxon. Ce n’est plus un territoire, ce n’est plus une terre qui est concernée, ce n’est plus une matière, c’est notre âme, notre substance, notre identité, ce que nous sommes depuis mille ans ; "Oui, j’ai une patrie : la langue française" nous disait déjà Albert Camus dans ses Carnets. Devant cette complète abdication des droits et des devoirs de la République, de ce comportement antifrançais, il y a là, à coup sûr, de quoi soulever les plus légitimes instincts de survie.

Mais essayons de comprendre.

Quelle mouche a pu piquer cette Fioraso de Bavière pour qu’elle en vienne à nous proposer de nous autodétruire. Est-ce le bien public ou la soif de puissance aveugle qui l’anime !

La langue anglo-américaine serait-elle la référence absolue au point qu’il faudrait s’effacer devant elle !

Faudrait-il s’adapter au modèle anglo-saxon encore dominant ! Et pour quelles raisons ! Que je sache la langue française est aussi riche et certainement plus précise que l’idiome qu’elle veut nous imposer !

Il faut s’adapter au dominant pense-t-elle, comme l’ont fait les nombreux valets qui gravitent dans ce monde dirigé par l’argent ; par commodité paresseuse ; par effet de mode ou du paraître des gommeux ; par mimétisme social moutonnier (par conformisme social) !

Mais peut-être veut-elle faire notre bonheur, malgré nous ! Malgré l’opposition des associations de promotion de la langue française, d’organisations politiques, de l’Académie française, de personnalités prestigieuses, de l’ironie mordante de membres de la presse.

Ce goût marqué pour la capitulation, du défaitisme conscient ou inconscient, est une vieille rengaine de notre pays, digne d’un bastringue, comme un relent de mauvais tango, Fioraso de Bavière vient de nous en donner une nouvelle preuve.

De quelque côté qu’on se tourne Mme la Ministre votre projet est déraisonnable, inadapté, mortifère pour notre pays. Et vous ne pourrez jamais nous convaincre de participer à cette farce. Vous passerez peut-être en force, mais pour aller où !

La langue française est en colère et n’accepte pas d’être abaissée par des décideurs sans discernement.

Guy Dalens


 

 


nouvelles2/ayrault.jpgCirculaire Ayrault aux ministres sur l'usage du français - le 06/05/2013 - 11:03 par MAR

Circulaire de Jean-Marc Ayrault aux ministres
sur l'usage du français

Le premier ministre publie une circulaire datée du 25 avril 2013, demandant aux ministres d'utiliser des termes français plutôt qu'anglais. Point de départ de son courroux la nouvelle filière industrielle lancée par Arnaud Montebourg baptisée "Silver economy".

par France 24 (texte)

Le 25 avril, les ministres ont reçu une circulaire du chef du gouvernement Jean-Marc Ayrault ayant pour objet l'usage de l'anglais dans la langue française. Le texte du Premier ministre arrive au lendemain du lancement, le 24 avril, de la "Silver Economy" par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et la ministre chargée des Personnes âgées Michèle Delaunay.

Derrière les mots anglais se cache une nouvelle filière qui "regroupe toutes les entreprises agissant pour et/ou avec les personnes âgées", selon les deux ministres."Silver Economy" est donc une référence aux cheveux grisonnants des personnes âgées. L’objectif du gouvernement est de tirer profit du vieillissement de la population : en France, les personnes âgées de 60 ans et plus, au nombre de 15 millions aujourd'hui, seront 20 millions en 2030. Une expression anglaise pour un projet bien français donc."Le terme anglais nous semble le mieux approprié pour un secteur qui entend se développer à l'exportation", a justifié un collaborateur ministériel cité par "Le Figaro".

Une explication qui ne satisfait pas Jean-Marc Ayrault. Dans la circulaire adressée dès le lendemain, le Premier ministre rappelle que selon la Constitution, "la langue de la République est le français". Il y estime par ailleurs que le français "est à même d'exprimer toutes les réalités contemporaines et de désigner les innovations qui ne cessent de voir le jour dans les sciences et les techniques". Une critique à peine voilée de l’initiative d’Arnaud Montebourg, avec lequel Jean-Marc Ayrault n'en est pas à son premier désaccord.

Lire le texte de la circulaire


Editoriaux/fioraso.jpgProjet de loi Fioraso (suite) - le 05/05/2013 - 22:10 par MAR

Projet de loi Fioraso (suite)

Suite du débat concernant le projet de loi Fioraso tendant à autoriser l'enseignement en anglais dans les universités et grandes écoles.

Le Point (30/4) "Réforme des universités : pour ou contre les cours en anglais ?"

Le Nouvel Observateur (30/4)  Entretien avec Geneviève Fioraso
où Mme Fioraso semble vouloir que la culture française et sa langue rayonnent autant que celle du Danemark ! lire ci-dessous le commentaire de cet entretien  par le Vice-Président d'ALF

France Catholique (27/4) : "Langue française à la poubelle" (27/4) par Dominique Daguet, écrivain

Libération (22/4) "Les étudiants étrangers : une chance pour la France" signé par Pierre Tapie (Directeur général de l’Essec, président de la Conférence des grandes écoles) et grand angliciseur devant l'éternel...

Michel Guillou "Non au suicide linguistique de la France, oui au multilinguisme"

voir aussi notamment les différents éléments concernant le Projet de loi Fioraso, les prises de positions de Claude Hagège, de Jacques Attali, d'Antoine Compagnon, de Pouria Amirshahi, de l'Académie Française et les très bons articles d'Astrid de Larminat dans le Figaro et de Pascal Priestley de TV5Monde.

Et également la passionnante 'intervention de Michel Serres sur France Info (31/3) souhaite que l'on entre en résistance. Pour lui : "Enseigner en anglais nous ramènerait à une nation colonisée dont le langue ne peut plus tout dire".


Commentaire de l'entretien  de Geneviève Fioraso au Nouvel Observateur par le Vice-Président d'ALF : Beaucoup de contradictions et d’hypocrisie !

Parlant des cours qui seraient donnés en anglais, si "sa" loi était votée telle que rédigée actuellement, elle dit : "cela va concerner moins de 1% des cours ! Simplement parce que tous les professeurs ne sont pas capables ou n’ont pas le souhait de dispenser des cours dans une langue étrangère" (sic ! ! ! !)

Mais plus loin, voulant dissiper les "rumeurs" selon lesquelles les cours en anglais seraient réservés aux seuls étudiants étrangers, elle précise que "cette réforme concernera autant les étudiants français que les étrangers. Tous auront le droit de choisir, en conscience, les cours qui leur paraîtront les plus opportuns. Et contrairement à ce qu’on dit, ils sont assez adultes pour choisir avec discernement".

Comment dans ces conditions croire un instant que les cours en anglais représenteront 1 % du total lorsque l’on sait quelle pression formidable joue en faveur de la langue la plus usitée, l’anglais ?

Mme Fioraso observe d’ailleurs plus loin, dénonçant "l’hypocrisie" des opposants à la loi, que beaucoup de ceux qui critiquent cette loi sont passés par des grandes écoles, qui mettent en place depuis longtemps un grand nombre de cursus en langue anglaise. Ils parlent un anglais irréprochable et leurs enfants sont souvent dans le même cas. Je les trouve plutôt mal inspirés de dénier aux étudiants des universités le droit de bénéficier, s’ils le souhaitent, de cursus en anglais. Je compte parmi ceux qui pensent qu’il ne faut pas donner plus de droits aux grandes écoles qu’aux universités et qui essaient justement de jeter des passerelles entre ces deux mondes".

Le projet est donc bien de permettre à tous d’être enseignés désormais en anglais. Que signifie alors le 1 % évoqué plus haut ?

Autrement dit, on a laissé les grandes écoles développer des cours en anglais, le plus souvent dans l’illégalité et avec la complicité du ministère de l’enseignement supérieur, normalement chargé de faire respecter la loi. Eh bien ! Puisqu’il faut que tout le monde soit "égal" et que les fraudeurs soient désormais en règle, changeons donc la loi !

Mme Fioraso cite l’exemple des enfants scandinaves qui "regardent dès le plus jeune âge, à la télévision, des programmes en anglais. A l'âge adulte, ils manient un anglais excellent et un très bon allemand. Est-ce que la culture danoise ou finlandaise sont en péril ? Sont-ils moins critiques vis-à-vis de l'"impérialisme" américain que nous ? Soyons sérieux. Je vois surtout beaucoup d’hypocrisie derrière tout ça".

Mais chacun sait que le danois, le suédois, le norvégien, etc. ne sont que de simples langues locales, et ne peuvent se comparer au français, langue partagée par de nombreux pays et parlée par plus de 200 millions de personnes, seconde langue la plus enseignée au monde après l’anglais : fausse symétrie ! Et que dire de l’étiolement de ces langues scandinaves qui ne savent plus "nommer" toutes les réalités du monde moderne ?

Rappelons enfin que le projet de loi ne comporte dans sa rédaction actuelle aucune disposition prévoyant un quelconque engagement quant à l’obligation pour les étudiants étrangers d’apprendre le français – et pour les universités d’évaluer cet apprentissage et d’en tenir compte dans la délivrance finale du diplôme, garde-fou complaisamment mis en avant par Mme Fioraso.

Il faut démonter tous ces arguments fallacieux ! !

St.M.


nouvelles2/montebourg.gifAyrault : attention Montebourg à l'anglais intempestif - le 05/05/2013 - 21:55 par MAR

Jean-Marc Ayrault met en garde Montebourg
contre un usage intempestif de l'anglais

Par Jean-Pierre Robin, publié dans Le Figaro du 29 avril 2013

Alors que le ministre du Redressement industriel veut lancer la filière de la "Silver Economy", le premier ministre demande au gouvernement d'utiliser des termes français, y compris pour les innovations techniques.

Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement industriel, et sa collègue Michèle Delaunay, chargée des Personnes âgées, viennent de lancer officiellement et en grande pompe la "Silver Economy". Cette nouvelle filière industrielle "regroupe toutes les entreprises agissant pour et/ou avec les personnes âgées", ont précisé les deux ministres. Ils ont réuni la semaine dernière à Bercy tous les acteurs concernés "entreprises (petites, grandes, moyennes), associations, acteurs du monde médico-social".

Tout en s'enthousiasmant pour ce secteur plein de promesses, "en 2035, un tiers des Français auront plus de 60 ans, ils seront plus de 20 millions", nos deux ministres n'ont pas pris la peine de traduire en français ce qu'ils entendent par "Silver Economy". Mot à mot ce serait "Argent Économie", le métal blanc désignant les cheveux argentés des seniors.

Il s'agit de "l'économie liée à l'âge", explique de façon très imprécise un membre de leurs cabinets."Le terme anglais nous semble le mieux approprié pour un secteur qui entend se développer à l'exportation", se justifie ce collaborateur ministériel.

L'explication n'a manifestement pas convaincu Jean-Marc Ayrault. Le premier ministre a envoyé le même jour (25 avril) à ses ministres "une circulaire relative à l'emploi de la langue française". Il y rappelle à juste titre une évidence hélas trop souvent oubliée : "Depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts qui, en 1539, a fait du français la langue de l'administration et de la justice, jusqu'à l'inscription en 1992 dans notre Constitution de la disposition selon laquelle “La langue de la République est le français”, notre pays s'est construit dans un rapport étroit à la langue française".

Dans cette même circulaire Jean-Marc Ayrault estime que "notre langue est à même d'exprimer toutes les réalités contemporaines et de désigner les innovations qui ne cessent de voir le jour dans les sciences et les techniques".

Manque d'imagination

On ne saurait mieux critiquer la démarche d'Arnaud Montebourg, qui a cru bon d'importer le terme anglo-saxon brut de décoffrage. Faut-il y voir de la paresse intellectuelle, un comportement d'épigone ou la soumission au capitalisme mondialisé ? À chacun d'en juger. Plus grave peut-être, le manque d'imagination que dénote le recours à l'anglais est par ailleurs typique des politiques industrielles qui s'acharnent à préserver les secteurs anciens au lieu d'en prospecter de nouveaux.

Le conflit Ayrault-Montebourg, qui portait jusqu'alors sur la stratégie économique et les déficits publics, ressurgit en tout cas dans un domaine nouveau.

Pour sa part le premier ministre ne saurait être accusé de mépriser les langues étrangères, lui qui n'a pas hésité à envoyer samedi dernier des "tweets" rédigés en allemand à l'adresse de son homologue Angela Merkel. Suprême délicatesse que de parler la langue de son interlocutrice.

Des "tweets" ou des "gazouillis", si l'on voulait traduire absolument en français ? Mais en l'occurrence le mot anglais est légitime, du fait de sa brièveté parfaitement adaptée à la réalité qu'il désigne. Sans compter que le français, comme toute langue vivante, reste ouvert aux influences étrangères. Mais pour la "Silver Economy" il n'y a aucune excuse autre que l'incurie et la négligence que stigmatise dans sa circulaire le premier ministre. À bon traducteur, salut.


nouvelles2/diversite.gifAttaque de l'Empire contre la diversité culturelle - le 05/05/2013 - 21:27 par A_Salon

Nouvelle attaque de l'Empire contre la diversité culturelle

Il s'agit de la négociation demandée à l'Union européenne (UE) par les États-Unis d'Amérique d'un accord bilatéral de libre échange.

Derrière cet intitulé apparemment anodin, se cache la volonté de l'empire, d'assurer la domination sans partage de ses industries culturelles, notamment cinématographiques de ses Majors, par la soumission de l'UE aux règles de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui n'admettent pas l'exception culturelle.

Si les États-Unis obtenaient entière satisfaction, ils auraient enfin leur revanche triomphale sur la France, le Québec, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), principaux promoteurs de la convention UNESCO du 20 octobre 2005.

Convention bête noire des États-Unis, contre laquelle ils avaient été les seuls, avec leur indéfectible allié Israël, à voter.

Convention contre laquelle ils ont continué à lutter avec acharnement - par accords bilatéraux de libre échange imposés à des États faibles signataires de ladite convention UNESCO (Maroc, Cambodge, et plusieurs autres...) pour effacer leur grave défaite diplomatique et promouvoir leurs énormes intérêts financiers en ce domaine.

Si l'UE acceptait les conditions états-uniennes, c'est la France qui souffrirait le plus gravement de cette soumission, car elle a toujours su jusqu'à ce jour exempter de ces règles impériales ses propres industries culturelles, notamment la belle vitalité de sa création et de sa distribution cinématographiques, d'autant plus gênante pour les Majors que les protections et subventions françaises contribuent, par les coproductions, à tenir la tête hors de l'eau des cinémas européens, africains, et autres, qui n'ont pas su protéger leur cinéma de la domination des États-Unis.

Malheureusement, les États européens membres de l'UE ont délégué à celle-ci, à la Commission de Bruxelles, leurs pouvoirs de négociation avec l'OMC et avec les États-Unis en matière d'accords touchant au dogme intangible de la concurrence libre et non faussée.

La négociation au nom des États européens est donc menée par le "Commissaire européen" compétent, actuellement M. Karel de Gucht. Or, dans leur grande majorité, les États européens ont déjà renoncé à vraiment protéger leurs industries culturelles, ou sont prêts à le faire pour obtenir un accès plus large de leurs produits au marché états-unien dans les autres domaines.

La France en est donc hélas réduite à faire le siège de partenaires européens a priori mal disposés, et de ce Commissaire qui adhère pleinement à l'idéologie dominante, et dont le pouvoir de négociation et de conviction sera faible en ce qui concerne la défense de l'ex-"exception culturelle française".

La France elle-même est divisée sur ce sujet, et nos gouvernements, depuis quelques années, ne sont pas a priori hostiles à l'empire anglo-saxon ni à son relais bruxellois.

Heureusement, le monde culturel français semble se mobiliser et exercer les pressions nécessaires. La résolution jointe du Sénat en est la première manifestation officielle.

Cette démarche ne peut que recueillir le soutien très actif de nos associations de promotion du français et de la Francophonie.

Albert Salon.


nouvelles2/hagege.jpgClaude Hagège : Refusons le sabordage du français - le 25/04/2013 - 22:02 par MAR

Claude Hagège : Refusons le sabordage du français

publié dans Le Monde daté du 26 avril 2013

La France n'est certes que la source historique, et non la propriétaire exclusive de la langue française, que partagent avec elle, à travers le monde, les soixante-dix-sept États et gouvernements constituant ensemble l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Du moins jusqu'ici. Car le projet de loi Fioraso, qui veut imposer, en faveur de l'anglais, une très large extension des exceptions au principe du français langue de l'enseignement, des examens et des concours, pourrait avoir pour conséquence, du fait de la valeur symbolique d'un acte de sabordage du français par la France officielle elle-même, un doute croissant quant à la légitimité de la promotion de cette langue par les autres pays francophones. Heureusement, quelques espoirs subsistent : le directeur du Salon du livre du Beyrouth me disait, à la fin d'octobre 2009, en un français aussi classique que sa voix était sereine et teintée d'ironique mépris : "Laissez là vos alarmes : si la France torpille le français, d'autres pays seront toujours là pour le revigorer et galvaniser sa diffusion !"

On se demande, pourtant, d'où peut bien venir, en France, cet acharnement contre la langue française. De la monarchie à la République, surtout aux heures les plus tragiques de cette dernière, tout illustre ce dicton : "C'est par sa langue que vit une nation." Les dirigeants de la nation française sont-ils donc saisis d'une pulsion d'autodestruction ? A supposer que tel ne soit pas le cas, tout francophone lucide ne peut qu'adresser aux gens de pouvoir à Paris et aux intellectuels malvoyants qui les inspirent, le message suivant : "N'entendez-vous pas s'esclaffer les étudiants étrangers que votre exorbitante et naïve assurance prétend attirer dans vos universités et vos écoles par un enseignement en anglais, alors qu'il n'y est pas langue maternelle ? Ne voyez-vous pas que les mieux informés d'entre eux commencent à avoir pitié de votre dérisoire servilité face aux mécanismes du profit, et à se demander quelle déplorable aliénation vous torture, alors qu'ils respectaient jusqu'ici la culture et la langue françaises ? Allez-vous protéger enfin vos tympans contre les sirènes des universitaires liés par des conventions avec des établissements anglophones, et qui n'ont pas encore compris que c'est en utilisant le français qu'ils accroîtront le prestige de leurs travaux, et non en mordant le sol devant l'anglais ?"

Le français est depuis le XIIIe siècle une langue à vocation internationale, d'abord européenne, puis levantine, puis mondiale. Il est aujourd'hui la seule langue, avec l'anglais, qui soit présente sur les cinq continents. Chaque réunion de l'OIF montre que la promotion du français encourage celles de toutes les autres langues des pays membres. Madrid, Lisbonne-Brasilia, et maintenant Pékin dressent, face à la résistible domination de l'anglais, l'arme irrésistible de la diversité. Et c'est à ce moment même que la France, qui possède une longue antériorité historique dans l'illustration de sa langue, devrait sacrifier cette dernière aux pauvres pièges de l'argent ? !

Il est encore temps de réagir devant le burlesque en passe de devenir le consternant. Il est encore temps de se mobiliser avant qu'un projet de loi porteur du cancer ne soit proposé à la représentation nationale. Une partie grandissante du public bien informé est en train de se déprendre du vertige de l'américanisation déguisée en mondialisation. L'Académie française, elle aussi, dénonce un projet suicidaire.

Quant aux masses françaises, abreuvées de sous-culture américaine, elles ne manifestent aucun désir de substituer l'anglais au français dans l'enseignement en France. Ce sont donc les forces vivantes et majoritaires du pays que l'on insulte en plaçant l'anglais sur un piédestal dont il n'a que faire, surtout venant du gouvernement français. Battons-nous pour notre langue ! Car même si l'enjeu est aussi d'éviter, par solidarité civique, aux autorités de sombrer dans le grotesque en même temps que dans l'indignité, c'est de notre identité qu'il s'agit. Il n'est plus temps de clore nos paupières : nous sommes en guerre !

Claude Hagège


nouvelles2/attali.jpgJacques Attali contre le projet de loi Fioraso ! - le 24/04/2013 - 21:15 par A_Salon

Jacques Attali contre le projet de loi Fioraso !

L'article 2 du projet Fioraso : une idée stupide et dangereuse, selon Jacques Attali

Dans son blog du 22 avril reproduit par l'Express, ("Enseigner en français !") Jacques Attali (à lire également ci-dessous) attaque vigoureusement l'article 2 du projet de loi de Mme Geneviève Fioraso. Il assène notamment : "on ne peut pas imaginer une idée plus stupide, plus contreproductive,  plus dangereuse et plus contraire à l’intérêt de la France." Ce projet de loi qui édente la loi Toubon et ouvre toutes les vannes à l'enseignement EN "anglo-américain-pour-tous", y compris pour les francophones étrangers et français, dans nos universités et grandes écoles.  Depuis trois mois, les réactions se multiplient contre ce que d'aucuns qualifient de criminelle forfaiture. Le mouvement lancé dès la fin de janvier par nos associations a donc pris de l'ampleur.

Diverses pétitions circulent sur la toile, et aux positions subséquentes prises par de nombreuses personnalités et institutions ont pris des positions claires en faveur du retrait de cet article. Ainsi de l'Académie française le 21 mars, suivie par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en attendant les autres. Ainsi le courageux communiqué de presse du député socialiste Pouria Amirshahi ; les articles de Pierre Frath, professeur angliciste des universités à Reims ; d'Akira Mizubayashi, professeur à l'université Sophia à Tokyo ; des académiciens renommés Jean-Luc Marion et Michel Serres qui enseignent la philosophie à Paris et dans des universités américaines, respectivement à Chicago et Stanford ; la forte réaction de bon sens d'Antoine Compagnon, professeur au Collège de France et à l'université Columbia ; la page entière d'Astrid de Larminat dans le Figaro du 18 avril, qui rend compte de toutes ces oppositions, ainsi les articles pertinents parus dans l'Action française 2000 d'avril ; dans un n° de Libération de mars... Des universitaires préparent un recours en Conseil constitutionnel pour le cas où cet article figurerait dans la loi votée.

Après le vigoureux article ci-dessous de Jacques Attali, il est prévisible que bien d'autres institutions et personnalités de tous bords feront chorus jusqu'à l'éventuel retrait, ou jusque dans le débat qui doit s'ouvrir le 22 mai au Parlement, ou jusqu'à une possible saisine du Conseil constitutionnel par au moins 60 parlementaires, sur la base d'un autre article 2, celui de la Constitution : "La langue de la République est le français". Albert Salon


Enseigner en français ! par Jacques Attali (22 avril 2013)

Alors que tant  de réformes majeures attendent de sortir des tiroirs, certains projets de loi récemment passés en Conseil des Ministres ont de quoi surprendre, ou choquer. Ainsi de celui qui prévoit d’autoriser les professeurs à enseigner dans une langue étrangère dans nos universités et grandes écoles.   L’argument avancé est que, pour attirer les étudiants de Chine, de l’Inde et de Corée, il faut enseigner en anglais, qui serait la seule langue que ces étudiants connaissent et ont envie de connaitre ; et que,  si nous ne le  faisons pas cela, nous serons marginalisés dans l’immense marché du savoir à venir.

Non seulement une telle réforme serait contraire  à la Constitution (qui prévoit en son article 2 que  « la langue de la République est le français »), mais on ne peut pas imaginer une idée plus stupide, plus contreproductive,  plus dangereuse et plus contraire à l’intérêt de la France.

Plus stupide parce que  la France n’a aucun mal  aujourd’hui  à recruter des étudiants étrangers, même venant d’Asie, et de très haut niveau ; ils  constituent 13 % des effectifs totaux, soit bien plus que dans les pays, comme la Suède ou le Danemark  ou l’Allemagne, qui enseignent en anglais.  Et    si danger il y a, il  est plutôt de perdre des étudiants francophones, en raison de la mauvaise qualité de l’accueil que nous leur réservons et non de la langue de nos universités.

Plus contreproductive, parce que les  pays qui enseignent en anglais, quand ce n’est pas la langue  maternelle des enseignants, voient inévitablement  le niveau de leur enseignement baisser, comme le montra par exemple l’échec  cuisant   de l’université française de Saigon, qui enseigna  un moment en anglais, provoquant le départ en masse de ses étudiants vers  l’université américaine de la ville. Alors que, quand notre enseignement est excellent, comme  c’est le cas par exemple  en mathématiques  et en médecine, les étudiants se précipitent pour venir étudier en français  et en France ;  et les chercheurs de ces disciplines peuvent même publier des articles en français dans des revues anglophones.

Plus dangereuse parce que  cela entrainera un recul du nombre d’étrangers apprenant le Français, ce qui  n’est pas dans notre intérêt et parce que  d’autres demanderont ensuite qu’on fasse cours en allemand,   en turc, en arabe, jusque dans le secondaire et le primaire, et même qu’on soit autorisé à le parler  dans les administrations.

Plus  contraire à l’intérêt de la France  enfin,  parce que la francophonie est un formidable atout pour l’avenir. Le  français, parlé par 220 millions de personnes, est la cinquième langue au monde, derrière le chinois, l’anglais, l’espagnol, le hindi. Elle sera dans 40 ans la quatrième,  parlée par près d’un milliard de personnes, si nous  réussissons à maintenir notre enseignement du français en Afrique et  en Asie, ce qui dépend évidemment de la langue de notre propre enseignement supérieur, en France et sur internet. Alors que passer à l’anglais  serait renoncé à faire connaitre notre culture, notre civilisation, notre art de vivre qui constitue aussi un des atouts principaux de la marque France.

S’il est des réformes urgentes à entreprendre en ce domaine, elles sont donc radicalement inverses.  Il faut améliorer :

1. la réception des étudiants étrangers en France, en leur simplifiant les procédures de visas, les formalités d’inscription, la recherche d’un logement, la délivrance d’une carte de bibliothèque et de restaurant.

2. l’apprentissage de l’anglais pour les doctorants français.

3. la qualité de nos enseignements en français, pour qu’ils restent,  ou redeviennent, d’un niveau mondial.

Si le Parlement était assez aveugle pour voter cette réforme, ce serait un signe de plus donné par la France de l’abandon d’elle-même.

 


nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2013 (5) - le 23/04/2013 - 12:01 par MAR

Nouvelles d'avril 2013 (5)

Le Canard enchaîné tacle Fioraso (24/4) (ci-dessous)
D. Gallet et JL Roy : Nouvelle lettre aux Parlementaires contre le projet Fioraso (ci-dessous)
Mouvement des étudiants : Cours en anglais : Geneviève Fioraso sacrifie la langue française sur un mauvais diagnostic ! (18/4) (lien)
Claude Weisz : En métro à Villers-Cotterêts (Lettre à la RATP et à Paris) (22/4) (ci-dessous)
NObs : Dominique Bona, une sixième dame à l’Académie française (lien)


Le Canard enchaîné tacle Fioraso (24/4)

Take your pipette

AH ! le bel argument brandi par Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pour justifier le projet de loi qu’elle vient de pondre, lequel prévoit d’autoriser l’usage des langues étrangères (comprenez : l’anglais) dans l’enseignement supérieur en France : "Si nous n’autorisons pas les cours en anglais, nous n’attirerons pas les pays émergents comme la Corée du Sud et l’inde (...). Nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table." Presque aussi fort que Sarkozy piétinant "La princesse de Clèves"...

Ce projet de loi a fait bondir, du professeur au Collège de France et à Columbia University Antoine Compagnon à Jacques Attali, en passant par l’Académie française, laquelle a dénoncé publiquement cette marginalisation du français. Tous font remarquer que l’idée de Fioraso est stupide, puisque les étudiants étrangers sont suffisamment nombreux à vouloir suivre des études en France : ils constituent 13 % des effectifs totaux, soit bien plus

 


que l’Allemagne ou la Suède, qui, elles, enseignent déjà en anglais.

Stupide mais aussi contre-productive : ainsi, l’université française à Saigon (Hô Chi Minh Ville), qui s’était mise à l’anglais pour attirer les étudiants non francophones, a dû faire machine arrière, les étudiants ayant préféré l’original à la copie et fui en masse vers les facultés américaines de la ville...

Contre-productive mais aussi ridicule : le professeur Pierre Fath raconte, dans "Le Figaro" (18/4), avoir assisté, dans une faculté française, à un cours de médecine en anglais qui se résumait à "put it on the microscope" et "take your pipette" !

Et Antoine Compagnon de rappeler que, contrairement à ce que croit Fioraso, qui ne jure que par le numérique, les nanotechnologies et la biologie de synthèse, Proust est un excellent produit d’exportation ! Enseigner en anglais dans une université française, ça, c’est vraiment du temps perdu...

J.-L P.
( Jean-Luc Porquet)


Dominique Gallet et Jean-Louis Roy  Nouvelle lettre aux Parlementaires contre le projet de loi Fioraso

Nous vous avons récemment adressé un courrier pour vous présenter l’appel "Langue française et monde multipolaire, l’urgence d’une stratégie". Cet appel rassemble déjà plus de 1 300 signataires de toutes les régions du monde, de l’espace francophone international mais aussi d’autres espaces linguistiques et culturels.

Nous nous adressons aujourd’hui à vous à propos du projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche, projet examiné en Conseil des ministres du gouvernement français le 20 mars dernier.

L’article 2 de ce projet de loi met à mal l’obligation légale faite à l’Université et aux grandes Écoles françaises d’assurer leur enseignement en français. En effet, il introduit un nombre si considérable d’exceptions que les établissements d’enseignement supérieur pourraient, en France, dispenser désormais leurs cours en n’importe quelle langue – c’est-à-dire, tout le monde a compris la manœuvre, en anglais.

Si telle devient la politique officielle de la France, il faudra comprendre que Paris choisit d’investir dans le tout-anglais ; comprendre aussi qu’au plus haut niveau de la République française, on a conclu à la non attractivité de la langue française, notamment pour la jeunesse étudiante du monde.

Nous vous demandons de ne pas concourir à un tel renoncement, mais au contraire d’y résister.

Le monde qui émerge est multipolaire, y compris linguistiquement. La France a mené la bataille mondiale pour la diversité culturelle. Elle y a rallié la communauté internationale, à de rares exceptions près. La France ne peut, ne doit pas prendre ses distances avec la multipolarité du monde, cette évolution si longuement attendue, et qui devient réalité. Au contraire, elle doit y concourir par une forte affirmation de sa langue et être à l'avant-garde de l'enseignement de l'allemand et du russe et des grandes langues émergentes, l’arabe, le chinois, l’espagnol et le portugais, qui représentent trois milliard de locuteurs à travers le monde.

Nous croyons totalement fallacieux le raisonnement voulant que l’offre de l’Université française soit plus attractive pour la jeunesse étudiante du monde, si elle est proposée dans la langue anglaise. Qui peut sérieusement prétendre qu’un jeune Asiatique, Latino-américain, Africain non francophone ou Européen également non francophone viendrait étudier en France parce que l’enseignement universitaire y serait dispensé dans une langue autre que le français ?

Nous attendons de la France qu’elle soit fidèle à elle-même et à sa langue, notamment dans ce lieu essentiel pour son identité et son rayonnement dans le monde, l’Université. Nous attendons d’elle qu’elle contribue à l’affirmation et à la construction de la diversité du monde, où l’espace francophone joue un rôle pionnier. Nous croyons aussi qu’elle a une obligation d’exemplarité comme membre éminent de la communauté francophone internationale et un devoir de fidélité pour tous ceux qui, sous toutes les latitudes, ont choisi la langue française et les cultures qu’elle porte.

Nous vous demandons de ne pas nuire à l’avenir de la langue française que de nombreux peuples ont en partage. Nous attendons de la représentation nationale de la France qu’elle mette en œuvre une vigoureuse politique d’affirmation linguistique dans le nouveau monde qui émerge, en suivi des orientations adoptées lors du Sommet de la francophonie à Kinshasa.

                           Dominique Gallet et Jean-Louis Roy


Claude Weisz (Cinéaste) : En métro à Villers-Cotterêts
Lettre à la RATP et à la ville de Paris (22 avril 2013)

Bobigny, le 22 avril 2013

À l'attention de MM. Pierre Mongin, président la RATP,
Frédéric Lambert, directeur de la ligne 5,
Bertrand Delanoë maire de Paris et les conseillers de Paris,
Jean-Marie Le Guen maire du XIIIe arrondissement de Paris et les conseillers d'arrondissement

Messieurs,
Mesdames et  Messieurs les conseillers,

Je suis heureux de pouvoir féliciter la RATP (une fois n'est pas coutume ?) pour la modernisation de la ligne 5. Nouvelles rames, parfaites. J'apprécie également la fréquence rapide de passage des rames.

[…]

Les informations diffusées en français, anglais et allemand sont appréciables. À ce propos je me permets de vous suggérer d'y ajouter une version chinoise. (Plus spécifiquement sur cette ligne) Cela serait innovant et une preuve d'ouverture au monde.

Enfin je souhaite aborder un sujet d'ordre mémoriel, celui de la dénomination des stations de métro.

Cette remarque concerne bien sûr prioritairement la mairie de Paris et celle du XIIIe arrondissement.

Je pose la question suivante : "quels sont les citoyens qui connaissent la signification de Campo Formio ?"

"Campoformio (traité de), conclu le 17 octobre 1797 entre Bonaparte et l'Autriche, daté du bourg de Campoformio (auj. Campoformido) en Vénétie.

Ce traité donnait à la France la Belgique et les îles ioniennes, assurait sa mainmise sur l'Italie et sur la rive gauche du Rhin." (Petit Larousse)

En toute objectivité, il apparaît que ce traité depuis bien longtemps caduc ne mérite pas l'honneur d'une station de métro.

Il existe de nombreux savants, littérateurs, peintres, artistes et même hommes politiques français ou étrangers qui mériteraient de nous faire oublier ce Campo Formio. (orthographe inexacte).

Cependant si nous devons honorer un traité il y en a un qui s'impose naturellement et devrait faire l'unanimité des conseillers municipaux de Paris ; c’est l'ordonnance édictée en 1539 par François Ier, dite de Villers-Cotterêts, imposant le français dans les actes officiels et de justice en France. Ceci est l'acte de naissance du français comme langue nationale.

Je fais donc cette proposition : remplacer "Campo Formio" par "Villers-Cotterêts", bien sûr en mon nom propre mais je sais qu'elle sera soutenue par de nombreuses associations de promotion de la langue française et par tous les citoyens sensibles à notre histoire, l'histoire de notre pays. Et comme il faut toujours une date anniversaire pour ce genre de commémoration l'année 2014 célébrera le 575e anniversaire ( !) de l'ordonnance de Villers-Cotterêts et ce changement de nom pourrait se faire, par exemple lors de la journée de la Francophonie !

Cette nouvelle appellation devrait s'accompagner de la mise en place d'une décoration, information historique de la station, comme c'est le cas à la Bastille et dans d’autres stations dotées d'une partie muséographique.

Je vous prie d'accepter ces quelques remarques de la part d'un voyageur qui ne jouant ni avec son Smartphone ou autre iPhone, garde les yeux ouverts lors de son transport !

Un parisien qui dès l'âge de neuf ans prenait le métro non accompagné (contrairement à Zazie) à la station "Corentin Cariou", anciennement "Pont de Flandre" !

Je vous prie d'agréer Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Claude Weisz
93000 Bobigny
claudeweisz[@]hotmail.fr

Une proposition originale de notre adhérent Claude Weisz. ALF la soutient d'autant plus vigoureusement qu'elle est porteuse depuis 2001 du grand projet d'Institut de la Francophonie et de la diversité linguistique et culturelle de l'Europe et du monde, à installer au château à restaurer, dans l'immense domaine d'État de Villers-Cotterêts, où François 1er promulgua sa célèbre ordonnance d'août 1539 sur l'état civil et surtout sur la langue française, toujours en vigueur.
Albert Salon


nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2013 (4) - le 22/04/2013 - 13:47 par MAR

Nouvelles d'avril 2013 (4)

Le Figaro (A. Larminat) L'université menacée par le "tout à l'anglais" (17/4) (lire ci-dessous)
Libération (Marie Piquemal) L'université française va-t-elle parler anglais ? (12/4) (lien)
Espace Francophone : FESPACO 2013 Les femmes du festival (Mer 17/4) (voir l'émission)
Claude Bourrinet : Langue française diagnostic vital engagé(12/4) (lien)
La Roumanie inaugure une Place de la Francophonie pour ses 20 ans dans l'OIF (lien)


L'université française menacée par le "tout à l'anglais"
publié dans Le Figaro du 18 avril 2013

par Astrid de Larminat

Un projet de loi du gouvernement prévoit d'autoriser l'usage de l'anglais dans l'enseignement supérieur. Des personnalités éminentes, françaises et étrangères, dénoncent cette mesure qui met en péril l'indépendance intellectuelle de notre pays.

Jusqu'à présent, en France, les cours et travaux universitaires devaient être dispensés ou rédigés en français. Le Code de l'éducation dispose que la langue de l'enseignement supérieur est le français, sauf exceptions précises. Cela pourrait changer."Un projet de loi de la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, présenté le 20 mars en Conseil des ministres, prévoit d'autoriser largement l'emploi des langues étrangères - entendez l'anglais -dans les facultés et grandes écoles. Deux raisons à cela : la volonté d'attirer des étudiants étrangers et le souci de se mettre aux normes internationales. Il est vrai que dans les filières scientifiques, l'anglais est devenu la lingua franca à laquelle les scientifiques, bon gré mal gré, ont dû se convertir pour diffuser leurs travaux dans les revues internationales.

Antoine Compagnon, docteur es lettres, professeur au Collège de France et à Columbia University aux États-Unis, connaissant la situation de ses amis scientifiques, ne comptait pas intervenir dans ce débat. Jusqu'à ce qu'il lise le 18 mars les propos de Geneviève Fioraso : "Si nous n'autorisons pas les cours en anglais, nous n'attirerons pas les pays émergents comme la Corée du Sud et l'Inde (...). Nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d'une table." Là, Antoine Compagnon a vu rouge et publié une tribune dans Libération. Il s'insurge contre ce défaitisme contredit par les faits. Spécialiste de Proust, il sait que l'auteur de La Recherche est un excellent produit d'exportation. Il accuse la ministre de "nous tirer dans le dos". Convaincu que "l'usage de la langue nationale doit être maintenu dans les cours, examens et thèses", il suggère qu'on propose plutôt aux étudiants étrangers des cours de français, le temps qu'ils s'adaptent. Même si, remarque-t-il, les élèves chinois des classes prépas du lycée Louis-Le-Grand se débrouillent parfaitement en français quand ils entrent à Polytechnique."Les étudiants étrangers qui viennent en France doivent apprendre le français, dit-il. On ne vient pas en France pour étudier en anglais."

 

Le français, langue de travail de l'ONU

Dans les filières scientifiques, il est favorable à la mise en place d'aides à la traduction et de cours d'anglais pour les doctorants. À son étonnement, sa tribune lui a valu de nombreux courriers de soutien parmi ses collègues, littéraires, philosophes, mais aussi chimistes et mathématiciens. Il rappelle au passage que l'excellence de l'école mathématique française lui a permis de conserver des publications en français et même d'écrire en français dans des revues anglaises.

Les partisans de ce projet de loi veulent faciliter la venue d'étudiants étrangers ? Rappelons que la France n'est pas à la traîne dans ce domaine. Les étudiants étrangers constituent 13% des effectifs totaux, un taux bien supérieur à celui des pays Scandinaves qui ont déjà converti leurs universités à l'anglais. Comme le remarque Claire Goyer(1), présidente de la Défense de la langue française Bruxelles-Europe, c'est une manie des autorités françaises que de prendre en tout exemple sur la Suède et le Danemark. Or, la France n'est pas un pays Scandinave. Ancien professeur d'anglais, grand-mère de petits Américains, peu suspecte donc d'anglophobie, Claire Goyer rappelle que le français, parlé par 220 millions de personnes, est la cinquième langue au monde, derrière le chinois, l'anglais, l'espagnol, le hindi et qu'elle est la seule de ces langues avec l'anglais qui soit présente sur les cinq continents. Deuxième langue la plus étudiée au monde, le français est encore considérée comme la langue la plus influente après l'anglais : rappelons qu'elle est la langue de travail de l'ONU et de l'Otan avec l'anglais et là langue de la Cour européenne de justice. ' Si l'on veut attirer de brillants étudiants étrangers, la moindre des choses serait de leur offrir des filières d'excellence ; sinon, ils s'en iront dans les universités anglo-saxonnes. Une étude suédoise, citée par Pierre Frath, professeur des universités à Reims, spécialisé en linguistique anglaise et bilingue en allemand, montre que le passage à l'anglais fait baisser le niveau des universités, parce que ni les professeurs ni les étudiants ne sont vraiment à l'aise dans cette langue. Dans un article(2), qui fustige au passage " !e conformisme moderniste des décideurs", il explique que la Suède ainsi que l'Allemagne, dont l'université s'est aussi largement convertie à l'anglais, s'inquiètent de ce que certains étudiants ne savent plus correctement écrire dans leur langue maternelle ; du moins ne savent plus tout exprimer dans leur langue : "Si l'enseignement était fait en anglais, il est à craindre que les terminologies françaises ne soient plus transmises aux jeunes générations, qui se retrouveraient rapidement dans l'incapacité de parler de leurs connaissances dans leur langue maternelle."

 

"Marginalisation de la langue"

Autre cas, cité par Claire Goyer, celui de l'université française de Saigon qui s'était mise à l'anglais pour attirer les étudiants non francophones. L'expérience fut un fiasco. La direction fit machine arrière. Beaucoup d'étudiants s'étaient tournés vers la faculté américaine de Saigon : on préfère toujours l'original à sa copie. Claire Goyer rapporte une autre anecdote, savoureuse. L'une de ses amies belges, professeur de grammaire, conviée à la Foire du livre de Taïwan, fut invitée par des directeurs d'université à donner des cours de grammaire à leurs étudiants. Alors qu'elle suggérait que ses cours risquaient d'être trop pointus, il lui fut répondu : "On ne veut pas parler français comme les Français moyens. On veut de l'excellence." Les Asiatiques, semble-t-il, ne sont pas mûrs pour des cours en anglais "globish"... Or c'est bien le risque, si l'on en croit Pierre Frath qui se souvient avoir un jour assisté dans une faculté française à un cours de médecine en anglais qui se résumait à "put it on the microscope" et "take your pipette", avec l'accent français s'il vous plaît !

Il n'est donc pas du tout certain que ce projet de loi favorise l'attractivité de l'université française. En revanche, il aura à coup sûr des conséquences néfastes. Le 21 mars, l'Académie française a publié une déclaration, adoptée à l'unanimité sauf une voix, dans laquelle elle attire l'attention sur "les dangers d'une mesure qui se présente comme d'application technique alors qu'en réalité elle favorise une marginalisation de notre langue". Cette prise de position n'a pas semblé émouvoir les partisans de cette loi. On a vite fait de considérer les défenseurs de la langue française comme de gentils utopistes, des chauvins ou des anglophobes. Ce n'est certainement pas le cas de Jean-Luc Marions de l'Académie française, qui enseigne la philosophie (en anglais) depuis vingt ans, Un trimestre par an, à l'Université de Chicago, en sus de son enseignement à la Sorbonne. Le philosophe, l'un des plus grands de sa génération, est catégorique : "Loin d'ouvrir notre enseignement sur le monde international, cette décision favoriserait la disparition d'une des rares voix et cultures qui résistent encore au monolinguisme." Il remarque que les meilleurs de ses étudiants américains comprennent, après un ou deux trimestres, que leurs progrès en philosophie exigent absolument d'apprendre le français et l'allemand, donc de venir passer un an en France. Selon lui, enseigner en anglais dans les universités françaises aboutirait à mettre la pensée française sous tutelle : "Passer à l'anglais signifie, en clair, renoncer à l'indépendance intellectuelle. Cela revient à se mettre sur le pied d'une petite université, de second rang, située dans un pays fraîchement décolonisé ou récemment libéré du totalitarisme, qui, ayant perdu toute crédibilité et créativité propre, ne peut espérer que le rôle de supplétif facultatif d'un discours maîtrisé par d'autres, en l'occurrence les États-Unis." Les universités qui ont fait ce choix, même les meilleures, dit-il, ont perdu de leur prestige.

Il explique aussi, et c'est là le fond du problème, qu' "il y a une naïveté' extraordinaire à imaginer que la langue laisse indifférent le contenu de l'enseignement. Nous ne disons pas la même chose dans les différentes langues, parce que nous ne pensons pas la même chose, ni avec les mêmes concepts." Selon lui, si les économistes veulent absolument enseigner en anglais, c'est parce qu'ils pensent en américain, et ils pensent en américain parce que Wall Street reste leur premier, sinon unique horizon."Ainsi se propage la pensée unique", affirme Jean-Luc Marion. Il s'étonne "qu'un gouvernement supposé de gauche favorise si ouvertement les exigences de la "globalisation", c'est-à-dire de la financiarisation de l'économie, ce rêve des gouvernements libéraux, et donc de la destruction de la vie démocratique".

Une autre voix, venue du Japon, dénonce de façon aussi vigoureuse ce projet de loi. Akira Mizubayashi, professeur à l'Université Sophia à Tokyo, qui a raconté dans un livre magnifique, Une langue venue d'ailleurs (Gallimard), comment il avait appris et épousé notre langue jusqu'à devenir un écrivain de langue française, est consterné : "Lamentable ! On en est arrivé là ! La France fait un pas de plus pour s'enfoncer toujours davantage dans la révolution néolibérale." Il déplore qu'on jette aux oubliettes le vrai but de l'enseignement qui faisait la gloire de la France : "Il me semble que c'est précisément cet enseignement-là, porteur de toute une vision de la culture - au sens non pas de repli sur soi mais de dépassement de soi - que la France se prépare à abandonner par le haut, en se conformant à l'usage de l'enseignement uniforme et uniformisant en langue anglaise." Akira Mizubayashi rappelle que "parler le français, c'est s'approprier une vision du monde portée par cette langue, acquérir une manière de réfléchir selon les possibilités offertes par elle, forcément très différentes de celles de l'anglais". Il. affirme que si ce projet se réalisait, "l'image de la France s'étiolerait aux yeux même des étrangers qui aiment notre pays. Le rayonnement culturel de la France en souffrirait de façon irrévocable."

Mais les jeux ne sont pas faits. Selon l'écrivain Frédéric Werst - qui fut l'un des premiers à se mobiliser en publiant une tribune sur lefigaro.fr -, ce projet de loi porte atteinte à la Constitution selon laquelle "la langue de la République est le français" (article 2). À l'Assemblée, Pouria Arnirshahi, secrétaire national du PS, député des Français de l'étranger, a déjà fait savoir qu'il ne votera pas cette mesure.

(1) Le blog de Claire Boyer clairegoyer.blogactiv.eu

(2) L'article de Pierre Frath : Liste de ses publications, l'article y est classé sous le titre ("L'enseignement et la recherche doivent continuer de se faire en français dans les universités francophones") ou le télécharger directement


 

 

nouvelles2/classe-europeenne.jpgChronique de la collaboracheune ordinaire - le 17/04/2013 - 12:16 par MAR

Chronique de la collaboracheune ordinaire
(ou les ravages du frédéric-martelisme*)

Je suis tombé sur un article local de l'édition nantaise d'Ouest-France datée du 19 avril 2013 qui figure ci-dessous.

On y apprend des choses monstrueuses qui semblent avoir été mises en place sans aucun débat parlementaire, sans aucun débat devant les citoyens. A savoir que des disciplines sans rapport avec la langue sont enseignées en partie en anglais. Que le Rectorat, le proviseur et les parents d'élèves se mobilisent pour ! Que la colonisation n'est pas subie mais assumée, voire même exigée. Ainsi nos enfants dans les classes dites "euro" (pour européennes, sans doute) [quand elles devraient s'appeler dollar (ou américaines)] auront la chance qu'on leur parle de Joan of Arc ou de Napoleon the first  ce qui est effectivement un grand progrès dans l'appropriation de l'histoire nationale et de l'adhésion à la Nation. Le stade suivant étant sans doute, de faire enseigner ces matières directement par des anglais ou des états-uniens. Et hop, le tour est joué ! MAR

* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)


Anglais renforcé au lycée : une volonté du Rectorat
(publié dans Ouest-France du vendredi 19 avril 2013 (édition de Nantes)

Le Rectorat souhaite qu'une heure d'histoire-géographie soit enseignée en anglais, au lycée de Clisson. Encore faut-il qu'un enseignant, titulaire de cette certification, se porte candidat.

Le principal du collège public Cacault de Clisson en a été informé jeudi. Le proviseur du lycée de Clisson le confirme : le Rectorat a bien la volonté qu'une heure d'histoire-géographie soit enseignée en anglais au lycée de Clisson. Le Rectorat le fait savoir largement, afin d'inciter les enseignants ayant les certifications nécessaires à se porter candidats (lire ci-dessous).

En seconde, les élèves doivent bénéficier, en additionnant les langues vivantes 1 et 2, de 5 h 30 de langues. L'Éducation nationale propose dans certains établissements d'y ajouter une heure d'une discipline non linguistique (DNL), enseignée en langue étrangère. Exemple : sur trois heures d'histoire-géo, une heure serait professée en anglais ou dans une autre langue.

Depuis plusieurs mois, plusieurs organisations se battent pour obtenir une DNL en anglais au lycée de Clisson : FCPE, association Pour un lycée public dans le sud-est de la Loire-Atlantique, Comité pour la continuité de l'apprentissage des langues (CCAL).

"Vigilants"

Ces parents d'élèves sont dans l'expectative : "Notre aîné est en classe euro au collège public Cacault à Clisson, explique Philippe Letourneau. Il a cinq heures d'anglais en troisième. Faute de section euro au futur lycée public de Clisson, nous avons envisagé de l'inscrire au lycée privé Charles-Péguy de Gorges qui a une section euro anglais (1)." Finalement, la famille choisira quand même le lycée de Clisson : "Pour deux raisons : nous voulons donner sa chance à ce nouvel établissement public. Et notre fils veut continuer sa scolarité auprès de ses camarades." Philippe Letourneau espère cependant, "fortement", qu'une DNL anglais sera enseignée au lycée de Clisson.

Un autre parent d'élève, membre du CCAL, s'agace : "On nous dit en gros qu'on aura une DNL anglais si on a de la chance ! Cela dépendra des nominations de professeurs. Si le Rectorat avait vraiment voulu nous l'accorder, il aurait déjà trouvé une solution." Une troisième, qui a elle aussi participé à la visite du lycée de Clisson, se réjouit "des conditions de travail qui seront offertes aux élèves : petits effectifs, moyens techniques de pointe, locaux neufs... Nous sommes attachés au service public. Nous y inscrirons notre fils, en dépit de l'incertitude persistante sur la DNL." • Loïc Planet, le président de l'association Pour un lycée public, juge "positif le fait que rien ne soit exclu : y compris la possibilité d'avoir plusieurs DNL. Néanmoins, une DNL anglais est incontournable. Nous sommes vigilants."

Jacques SAYAGH

(1) Le lycée Charles-Péguy a ouvert cette section européenne à la rentrée 2012. Y a-t-il, pour la rentrée 2013, croissance des candidatures en provenance du public ? "Non, répond son directeur, Sylvain Olivier. Le nombre de dossiers est inchangé, de même que la proportion de demandes émanant d'enfants scolarisés dans le public."


"Nous le saurons lors des nominations en juin"

Entretien avec Bruno Stéphan, proviseur du lycée de Clisson jusqu’à fin août 2013 (1).

Quelles seront les langues vivantes enseignées au lycée de Clisson ?

En langue vivante 1 : anglais et allemand. En langue vivante 2 : anglais, allemand, espagnol, italien.

Dans laquelle de ces langues, la discipline non linguistique (DNL) sera-t-elle enseignée ?

Le Rectorat a bien la volonté que ce soit prioritairement un cours d'histoire-géographie en anglais. Nous saurons ce qu’il en est en juin, lors des nominations des professeurs.

Car pour enseigner dans une langue étrangère, un professeur d’histoire-géographie doit être titulaire d’une certification spécifique accordée par l’Éducation nationale. Nous verrons si, parmi les enseignants nommés au lycée, certains ont ces certifications en langues.

Connaît-on au moins aujourd’hui les candidatures ?

Non, Les nominations ont lieu dans le cadre du mouvement national. Il faut attendre qu’elles soient effectives en juin.

Pourra-t-il y avoir des DNL dans plusieurs langues ?

Absolument. Et les choses peuvent aussi évoluer dans e temps. S’il n’y s pas de professeur nommé cette année avec la certification adéquate, cela pourra être le cas les années suivantes,

Recueilli par J. S.

(1) Gérard Boccanfuso, actuellement. proviseur au lycée Couzinet à Challans, lui succédera alors
 

 

nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2013 (3) - le 14/04/2013 - 22:08 par MAR

Nouvelles d'avril 2013 (3)

Pouria Amirshahi, député PS : NON, la langue française n’est pas un frein à l’attractivité des universités (12/4) (lien)
Le Devoir : Un Anglais chez les Immortels ! (13/4) (lire ci-dessous)
La nouvelle constitution de Genève défend le français (lien)


Le Devoir : Un Anglais chez les Immortels !

Pour Michael Edwards, le français est aujourd’hui "bombardé" par l’anglais. Une bataille dans laquelle il pourrait perdre son âme. (13 avril 2013)

Michael Edwards sera le premier anglophone dont le français n’est pas la langue maternelle à entrer à l’Académie française.

michael-edwards.jpg

Michael Edwards se souvient comme si c’était hier de son premier cours de français. C’était à Kingston sur les bords de la Tamise. Il avait 11 ans. En rentrant à la maison, il s’était mis à sa table de travail et avait rempli une page entière de "oui" et de "non".

"C’étaient les seuls mots que je connaissais, dit-il. Tout d’un coup, dans mon esprit de gamin, sans que je puisse m’expliquer pourquoi, j’ai senti que cette langue avait une étrange beauté et qu’elle m’ouvrait un autre monde. J’étais charmé par ces mots. Pour un Anglais, du moins pour cet Anglais que je suis, le français représente vraiment l’Autre."

Soixante-quatre ans plus tard, le poète qui écrit aussi bien en anglais qu’en français est sur le point d’entrer à l’Académie française. Après deux tentatives infructueuses, il y occupera le fauteuil de Jean Dutourd. Edwards est loin d’être le premier étranger à devenir immortel. Mais, contrairement à l’Américain Julien Green, il y sera le premier anglophone dont le français n’est pas la langue maternelle, même si elle est, dit-il, sa langue "familiale", puisqu’il a épousé une Française.

"On dit qu’on ne peut pas écrire de poèmes dans une langue étrangère, car il faut utiliser la langue que l’on babillait au moment où l’on a commencé à nommer le monde. Le français n’est pas pour moi cette langue. Mais il est devenu celle qui, sur le plan de l’affection et de l’amour, me permet de découvrir ce que je sens et de le nommer."

Deux univers

Aujourd’hui, dans son appartement de la rue de Rivoli, à Paris, Michael Edwards écrit surtout des poèmes en français. Pour caractériser les deux univers linguistiques qu’il habite, il cite cet exemple éloquent. À Londres, en descendant du métro, on entend "Mind the gap [attention à la marche] !" La formule est un modèle de concision qui frise même la rudesse, dit-il."À Paris, on dit plutôt : “Attention à la marche en descendant du train.” C’est trois fois plus long, très élégant, et vous aurez remarqué que c’est… un alexandrin ! Le français aime que ce soit beau."

Cette différence est pour ce spécialiste de Racine et de Shakespeare une richesse inestimable qu’il ne faut surtout pas abîmer."Sur le plan de la langue, la syntaxe française gère la phrase comme, en politique, l’État français gère le pays, dit-il. Devant une pièce de Racine, l’Anglais moyen a l’impression que les personnages analysent d’abord ce qu’ils sentent et le disent ensuite. Alors que, dans Shakespeare, on a l’impression qu’ils expriment spontanément leurs sentiments. La syntaxe française est une sorte de montgolfière qui plane au-dessus du réel. L’anglais est une sorte de chemin creux (lane), comme il y en a en Angleterre, qui vous invite à suivre les configurations du terrain. Cette différence explique beaucoup de choses, je crois."

Ces deux univers, aujourd’hui, le poète ne pourrait plus s’en passer."J’aime énormément qu’en anglais, la langue soit disponible et accueillante. Mais j’aime énormément le fait qu’en français, la musique est une. […] Une langue est une façon de nommer le monde. Il est essentiel de conserver ces différentes façons de le nommer."

D’ailleurs, il ne viendrait jamais à l’idée de l’écrivain d’écrire des poèmes anglais en français ou vice versa."J’essaie bien sûr de voir dans quelle mesure les ressources de la poésie, de la sensibilité, de l’humour anglais peuvent modifier un tant soit peu la poésie française. Mais sans évidemment la gauchir. On ne peut pas écrire des poèmes anglais en français. Il faut qu’un poème en français marche en français."

Le blitz de l’anglais

On aurait pu s’attendre à ce que la "défense" du français suscite chez ce Britannique le même petit sourire de mépris qu’elle provoque souvent dans le monde anglophone. Pas le moins du monde ! Michael Edwards est d’ailleurs le premier à s’inquiéter.

"Comme tous les Français, je suis scandalisé de voir des publicités à la télévision où la moitié des mots est en anglais parce que ça fait chic. Il ne s’agit pas d’un championnat du monde. Mais, parler cette espèce de “lingua anglica” signifie que les gens acceptent une langue d’échange qui n’est pas une vraie langue."

Edwards compare cet envahissement à l’arrivée du français (ou franco-normand) en Angleterre après la conquête normande de 1066. Sauf que les Anglais ont eu quelques siècles pour s’habituer."On ne peut pas supposer que l’anglais envahissant le français maintenant produira le même effet que le français qui a envahi l’Angleterre au XIe siècle. Les deux langues ne vont pas s’amalgamer. Le vieil anglais parlé par les Normands pouvait assimiler le français. Chaucer parlait l’anglais le plus évolué, encore un peu francisé avec des prononciations à la québécoise. Mais, c’est parce que la langue a pu évoluer à sa propre vitesse. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, où l’anglais arrive en intrus. Il faut qu’une langue soit libre de choisir."

Devant ce "blitz" de l’anglais, les francophones courent non seulement le risque de parler le "traduitdu", dont parlait Gaston Miron, mais ce serait surtout une véritable défaite de la pensée."Cet envahissement cache quelque chose de beaucoup plus dangereux, dit Edwards. Que la publicité utilise des mots anglais cache le fait que les Français courent le danger - et je suppose que c’est encore plus vrai au Québec - de ne plus réfléchir en français. Je le constate avec les philosophes qui écrivent souvent en anglais pour être publiés. Même en sciences, celui qui réfléchit en français voit les choses différemment d’un Anglais ou d’un Américain. Si les Français sont obligés de réfléchir en anglais, les différences entre les mondes français et anglais pourraient s’estomper. C’est un danger dont il faut être conscient."

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut être frileux. S’il supporte mal l’envahissement des "clairement" (clearly) et "définitivement" (definitly) dans la langue courante, Michael Edwards pense que certains mots manquent en français et que nous pourrions les emprunter à l’anglais. Comme "unimportant" qui pourrait donner "inimportant" au lieu de "peu important". Ou "shallow" (peu profond) qui pourrait donner "improfond". Il faudrait faire comme Rabelais, dit-il, et ne pas hésiter à inventer des mots.

Bientôt, Michael Edwards revêtira l’habit vert et prendra place sous la coupole pour participer aux séances du célèbre Dictionnaire. Pourtant, dit-il, "en Angleterre, jamais je ne réclamerai une académie anglaise pour régenter la langue anglaise. Mais les deux peuples ont une attitude différente envers leur langue et je respecte les deux. C’est très bien qu’on ne réglemente pas la langue en Angleterre. Les Français et les intellectuels français veulent, eux, qu’il y ait une certaine cohérence. Or, j’arrive à un moment où, à cause de l’invasion de l’anglais, il faut adopter l’attitude française."

On s’étonne que Michael Edwards ne soit jamais venu au Québec tant ses propos semblent décrire une partie de notre réalité."En passant, dit-il, merci beaucoup pour le “courriel” !"


nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2013 (2) - le 09/04/2013 - 21:50 par MAR

Nouvelles d'avril 2013 (2)

APEL : apprentissage des langues étrangères = ENGLISH  ! (lire ci-dessous)
Globe and Mail : Le français, la langue des ambitieux (au Canada) (8/4) (lien)
Antoine Compagnon dans Libération : Un amour de Mme Fioraso (5/4) (lien)
L'Observatoire européen du plurilinguisme propose un amendement au projet Fioraso (lien)


APEL  "famille & éducation" : apprentissage des langues étrangères = ENGLISH  !

La très démocratique "Association des parents d'élèves de l'enseignement libre" (APEL), qui vit de l'adhésion obligatoire des parents élèves du dit "enseignement libre" et qui ne connait dans ses instances que la démocratie à la soviétique, vient de sortir son numéro de mars-avril 2013 de son journal "famille & éducation" avec comme thème principal l"Apprentissage des langues étrangères".

Par quoi croyez-vous que soit illustrée la couverture du journal ? Une photo où 3 pauvres enfants portent une pancarte où est est écrit en gros "ENGLISH". Une certaine conception des "langues étrangères" en accord avec l'esprit colonisé dominant. Agrémenté en page 21 d'une photo de la reine d'Angleterre (!) avec sur tableau noir "Thursday" et "English" en gros. Et vive la diversité culturelle !

apel.jpg

L'APEL a clairement choisi son camp, le camp de la société inégalitaire et uniformisée. Celui de l'anglo-saxonisation généralisée MAR


nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2013 - le 03/04/2013 - 15:35 par MAR

Nouvelles d'avril 2013

Frédéric Werst L’université française doit faire cours en français (lien)
Cours en anglais, les écrivains disent non ! (lien)
Terminologie : il ne faut plus dire "BYOD" mais "AVEC" (lire ci-dessous)
Renault ou RIno ? : MY RENAULT ou MY ASS ? (Mon C...) (lire ci-dessous)


Terminologie : il ne faut plus dire "BYOD" mais "AVEC"

BYOD (Bring Your Own Device) a désormais officiellement un équivalent dans la langue française, à savoir AVEC (Apportez Votre Equipement personnel de Communication).

La Commission générale de terminologie et de néologie a émis un avis relayé au Journal Officiel et ciblant le vocabulaire de l'informatique et des télécommunications. Un avis qui apporte un équivalent dans la langue française à l'expression Bring Your Own Device (BYOD) désignant l'accès aux systèmes informatiques de l'entreprise via un terminal personnel.

Cet équivalent officiel, en français, de BYOD est donc désormais AVEC, acronyme d'Apportez Votre Equipement personnel de Communication. La Commission générale de terminologie et de néologie avait récemment fait parler d'elle en proposant de remplacer le célèbre Hashtag de Twitter par Mot-dièse. (au Journal officiel)


Renault ou RIno ? MY RENAULT ou MY ASS ? (Mon C...)

J'ai reçu ces jours-ci une enveloppe frappée du slogan "MY RENAULT FAISONS LA ROUTE ENSEMBLE" avec des tas de propositions renvoyant au site www.myrenault.fr (sic !)

Je croyais jusqu'ici que Renault était un grand groupe automobile français, mais apparemment Non ! - D'ailleurs le service expéditeur s'appelle Renault retail group

Question à Carlos Gohsn : pourquoi acheter des voitures fabriquées à l'étranger à une marque qui outre les emplois massacre la langue française et son pays d'origine ? MAR

 


nouvelles2/chou-fleur.jpgChou-fleur breton et Langue Française - le 01/04/2013 - 06:00 par Guy_Dalens

Chou-fleur breton
et Langue Française

Cher ami (e),

Je viens d’apprendre une bonne nouvelle pour le chou-fleur breton.

Des sénateurs ont déposé une proposition de loi relative à "l’attractivité du chou-fleur breton en France" afin de mettre un terme à la crise profonde qui frappe le marché du chou-fleur breton en France.

Ils proposent d’importer des choux-fleurs anglais et américains pour améliorer la situation des choux-fleurs bretons en France. Selon eux, - c’est dans l’exposé des motifs, en page 5 et 6 -, cette mesure permettra de régulariser les comportements de certains producteurs autochtones (ils importent des choux-fleurs anglo-saxons en douce) ce qui les place dans une situation de "forte insécurité juridique" pour reprendre l’expression des parlementaires.

Ainsi donc les sénateurs reconnaissent que des autochtones violent la loi française, mais au lieu de les condamner, ils proposent de couvrir leur turpitude en leur offrant une solution légale adaptée à leur convenance.

Il fallait y penser !

Mais que devient le chou-fleur breton ? Monsieur le Plouc, vous n’avez rien compris répondirent les parlementaires. Le chou-fleur breton doit disparaître, car il est d’une espèce inférieure au chou-fleur anglo-saxon. Mais on ne peut pas le dire aux autres Ploucs.

Amen clamèrent en cœur les sénateurs, satisfaits de leur tour de passe-passe. Par leur action à courte vue, ces dignes représentants de la Nation venaient d’inverser la règle "Nemo auditur propriam turpitudem allegans*".

Au revoir et vive le chou-fleur breton.

Guy Dalens

Le lecteur n’ignore pas que 36 sénateurs socialistes viennent de déposer une proposition de loi relative à "l’attractivité universitaire de la France". Ce texte, derrière son masque de Tartuffe, est un coup de poignard dans le dos de la Langue Française. La proposition des sénateurs est ici abordée sous une forme allégorique. Pour en apprécier le fumet, s’il en a, il vaut mieux avoir à l’esprit le texte d’origine. G.D.

* Nul ne peut être entendu lorsqu’il invoque sa propre turpitude...


Liste des 36 sénateurs "socialistes" qui veulent promouvoir la langue du capitalisme international : Dominique Gillot, Bariza Khiari, Jean-Pierre Sueur, Daniel Raoul, Yves Daudigny, Claudine Lepage, Françoise Laurent-Perrigot, René Teulade, Richard Yung, Michelle Meunier, Jean-Yves Leconte, Robert Navarro, Bernadette Bourzai, Yves Chastan, Jean-Jacques Lozach, Ronan Kerdraon, Alain Néri, Josette Durrieu, Roger Madec, Marcel Rainaud, Jean Besson, Edmond Hervé, René Vandierendonck, Odette Duriez, Jacques-Bernard Magner, Jacqueline Alquier, Pierre Camani, Delphine Bataille, Danielle Michel, Françoise Cartron, Georges Labazée, Philippe Madrelle, Maryvonne Blondin, Roland Ries, Michel Boutant et Yannick Vaugrenard.

Ils proposent notamment ce texte de pure collaboracheune : "Par dérogation à l'article L. 121-3, la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires, dans les établissements d'enseignement supérieur, peut être une autre langue que le français." (en quelle langue cela pourrait-il bien être ???)

On relève d'ailleurs parmi eux l'ineffable Yves Daudigny, angliciseur en série, qui vend son département avec le grotesque slogan "L'Aisne, it's Open !"


nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2013 (3) - le 30/03/2013 - 19:28 par MAR

Nouvelles de mars 2013 (3)

Pierre Frath Anglicisation de la recherche et de l'enseignement supérieur : un très grave déficit démocratique (17/03) (lien)
victorayoli  : Ne soyons pas complice de l’assassinat de la langue française ! (18/03) (lien)
Marion Sigaut : Résistance du peuple : en français ! (18/03) (lien)


Francophonie.jpgLettre aux parlementaires - le 28/03/2013 - 19:32 par MAR

contre le tout-anglais
Lettre aux Parlementaires
de Dominique Gallet et Jean-Louis Roy

Dans le cadre du débat parlementaire autour de la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République et du projet de loi Fioraso, Dominique Gallet et Jean-Louis Roy viennent de faire parvenir un courrier personnel à chacun des parlementaires français pour leur présenter l’Appel "Langue française et monde multipolaire, l’urgence d’une stratégie" accompagné de la liste des 1 300 premiers signataires, originaires de plus de 40 pays. Cette lettre souligne la nécessité pour la France de sortir du dogme du tout-anglais et de développer une véritable diversification de l’enseignement des langues étrangères, afin de "former de nouvelles élites, au diapason du monde réel".

La conviction de la nécessité d’actions décisives en vue d’assurer l’avenir de la langue française dans le monde multipolaire qui émerge a incité une trentaine de personnalités francophones à lancer l’appel "Langue française et monde multipolaire, l’urgence d’une stratégie". L’appel a été publié dans un collectif de quotidiens de quelques métropoles francophones : Le Devoir de Montréal, Le Soleil de Dakar, Le Messager de Yaoundé, Le Potentiel de Kinshasa, L'Orient-Le Jour de Beyrouth, et Le Soir de Bruxelles.

1 300 signataires originaires de plus de quarante pays de la francophonie et bien au-delà, aux activités très diverses (écrivains, artistes, cinéastes, comédiens, journalistes, étudiants, universitaires, chercheurs, enseignants de français langue étrangère, traducteurs, médecins, magistrats, diplomates, syndicalistes, chefs d’entreprise, économistes, etc.) ont déjà rejoint l’appel, que vous trouverez ci-dessous. La liste des signataires peut être consultée sur le site www.francophonesdumonde.org.

L’appel souligne l’urgence d’une vigoureuse politique d’affirmation linguistique, en rupture avec le dogme du tout-anglais. Il précise qu’il ne s’agit pas pour les francophones et leurs représentants de se dresser contre la langue anglaise ou toute autre langue. Il enjoint nos gouvernements de reconnaitre la nouvelle dimension multipolaire du monde, de mettre en œuvre une stratégie offensive pour la langue française et ainsi d’assurer son avenir en tirant profit de ses nombreux atouts et en les valorisant.

Le récent Sommet de Kinshasa a constitué une incontestable avancée dans la prise de conscience par les dirigeants francophones de ces nouveaux enjeux linguistiques. Cette prise de conscience doit déboucher sur des actions collectives de la Francophonie et s’inscrire dans les politiques nationales de chacun des pays membres de l’OIF.

Il nous semble donc urgent que la France définisse et mette en œuvre une véritable stratégie linguistique dans le monde multipolaire qui émerge.

Dans cette perspective, nous avons constaté avec beaucoup d’intérêt l’effort budgétaire important que la France a décidé de consentir afin de recruter sur le quinquennat 60.000 nouveaux enseignants. Nous pensons que cette décision devrait permettre de concrétiser l’un des objectifs définis par notre appel : l’indispensable diversification de l’enseignement des langues étrangères. Vers deux grandes langues spécifiquement européennes, l’allemand et le russe, mais également, comme nous le soulignons dans l’appel, vers les grandes langues des pays émergents : arabe, chinois, espagnol et portugais.

La France pourrait ainsi former de nouvelles élites, au diapason du monde réel, capables de dialoguer directement avec ces grands espaces linguistiques de la planète qui aujourd’hui rassemblent environ trois milliards d’habitants. Cette stratégie permettrait également de développer des accords de réciprocité avec les États de ces espaces linguistiques, qui, soucieux de dialogue et d'efficacité dans la mondialisation multipolaire, souhaiteront renforcer l’enseignement de la langue française et son usage pour échanger avec la France et l'ensemble des pays de l’espace francophone.

À l’image de la diversité internationale des signataires de l’appel que nous vous adressons, nombreux sont les peuples qui espèrent que la France saura relever le défi de l’affirmation déterminée de la langue française dans la polyphonie du nouveau monde.

Dominique Gallet et Jean-Louis Roy

Dominique Gallet est responsable du  magazine télévisé Espace francophone. diffusé par France 3, CFI, TV5, RFO et la plupart des télévisions francophones dans le monde.
Jean-Louis Roy est historien, écrivain, diplomate québecois et responsable de l'Observatoire mondial des droits de l'Homme.


Appel
langue française et monde multipolaire

l’urgence d’une stratégie

Nous envisageons l’avenir de la langue française avec confiance. En dépit des fausses évidences.

Un monde multipolaire émerge sous nos yeux. Il contribue manifestement à rééquilibrer les activités de la famille humaine non seulement dans les domaines économique, financier et politique, mais également dans les domaines culturel et linguistique. Sous toutes les latitudes, de la Chine à la Russie, du Brésil à l’Inde, des politiques linguistiques se décident, de nouveaux espaces linguistiques s’organisent et s’affirment.

Cette nouvelle donne remet en cause l’idée même du monopole d’une langue unique dans la communication mondiale. Les grandes langues internationales qui se maintiendront ou qui surgiront ne le devront pas au simple fait du hasard. Elles le devront en grande partie à la manière dont seront exploités les atouts dont chacune dispose.

Émergente, cette configuration culturelle et linguistique globale est une chance pour l’avenir mondial du français, langue qui dispose de larges atouts.

- Par l’Histoire : au fil des siècles, la langue française s’est illustrée en portant très loin les outils critiques d’une pensée libre et singulière et les progrès des sciences. Elle a exprimé les grands principes des Lumières et les a offerts au monde. Successivement, elle a été l’instrument de l’émancipation sociale, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.

- Par son universalité : la langue française est utilisée sur toute la planète par de très nombreuses nations à l’intérieur d‘elles-mêmes comme dans leurs rapports avec le monde, ainsi que dans les activités scientifiques et technologiques les plus avancées, de la génétique moléculaire à la conquête spatiale.

- Par son statut de langue de travail et de langue officielle du système des Nations Unies et de nombreuses organisations internationales, continentales et régionales, et par le statut de la France de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

- Par la démographie : avec la perspective de plus d’un demi-milliard de locuteurs francophones pour le milieu du siècle, principalement grâce à l’Afrique, mais également à la France qui devrait devenir le pays le plus peuplé du continent européen après la Russie.

Ces atouts sont considérables. Ils constituent des leviers puissants pour que la langue française, dans le respect de la diversité des langues et des cultures des peuples qui composent l’espace francophone, continue à jouer le rôle qui est le sien depuis des siècles. Ces leviers, que d’autres nous envient, doivent être saisis avec détermination et constance.

En priorité, les décideurs des secteurs public et privé du monde francophone doivent quitter le modèle dominant qui a façonné leur existence au siècle dernier et ajuster leurs choix au monde multipolaire tel qu’il advient. La soumission, la démission et la résignation linguistiques constituent les véritables menaces pour l’avenir de notre langue.

Le “tout anglais“ constitue une obsession d’un autre temps et d’un autre monde. Il est une impasse d’où il faut au plus vite sortir dans l’intérêt des peuples ayant le français en partage.

Notre confiance en l’avenir de la langue française n’est pas naïve. Elle appelle une vigoureuse politique d’affirmation linguistique. Cette politique doit comprendre notamment :

1) l’application stricte des législations linguistiques nationales quotidiennement bafouées par les intérêts particuliers et le conformisme ambiant, aussi bien dans les secteurs public que privé, notamment pour le français langue du travail ;

2) la diversification de l’enseignement des langues étrangères et des filières bilingues vers plusieurs grandes langues dont celles des pays émergents (arabe, chinois, espagnol, portugais) ;

3) l’exigence de la publication en français, et dans d’autres langues si nécessaire, de tous les travaux issus de la recherche médicale et scientifique publique dans l’ensemble des pays francophones ;

4) la circulation facilitée pour les étudiants, les écrivains et les artistes, ainsi que les chercheurs de l’espace francophone tant il est évident qu’il n’y a pas de francophonie si les francophones sont interdits de circulation dans cet espace ;

5) un appui massif à la numérisation des patrimoines anciens et vivants de l’ensemble des pays francophones afin d’assurer la présence du français et des langues partenaires dans l’espace virtuel devenu un lieu essentiel de communication, de mobilisation et de rassemblement ;

6) le renforcement de la recherche sur les systèmes de traduction automatique et leurs implications industrielles, afin d’assurer la présence du français parmi les grandes langues pivots qui s’imposeront dans l’intercommunication planétaire ;

7) la priorité d’une politique bilatérale et multilatérale, forte et pérenne, en direction de l’Afrique francophone pour le développement optimal de son système éducatif ;

8) l’utilisation de la langue française par les représentants des pays francophones dans les organisations continentales et internationales.

Il ne s’agit pas pour le monde francophone de se dresser contre la langue anglaise ou contre toute autre langue. Il s’agit d’ouvrir nos yeux sur la réalité nouvelle, et de mettre en œuvre, dans le contexte de la mondialisation multipolaire, une stratégie offensive pour la langue française, qui assurera son avenir en valorisant ses nombreux atouts.

Nous appelons les citoyens des pays francophones à exercer leur vigilance individuelle et à développer leur mobilisation collective pour que soit respecté l’usage de notre langue mondiale en partage. Nous appelons fermement nos gouvernements à réviser leur politique et leur pratique linguistiques, à abandonner les discours de circonstance sur la francophonie et à relever le défi de l’affirmation déterminée de la langue française dans la polyphonie du nouveau monde.

Pour signer l'appel


Renforcer la loi Toubon au lieu de l'étrangler ! - le 23/03/2013 - 18:29 par A_Salon

Renforcer la loi Toubon au lieu de l'étrangler !

Le 24 mars se termine la "Semaine de la langue française " qui a inclus la Journée de la Francophonie.

C'est dans ce cadre que l'Observatoire des Libertés (OdL) et trois associations qui l'appuient : ASSELAF, Avenir de la langue française, C.O.U.R.R.I.E.L, ont écrit le 21 mars à l'ensemble des députés membres de la Commission des Affaires culturelles de l'Assemblée Nationale. Ces associations leur demandent d'inscrire à l'ordre du jour une proposition de loi votée à l'unanimité par le Sénat en... 2005, et restée en attente d'inscription à l'Assemblée depuis lors. Cette proposition, portée par le sénateur Philippe Marini, contient d'intéressants compléments à la loi Toubon de 1994 sur l'emploi de la langue française (cf le site du Sénat). A.S.

Cette lettre figure ci-dessous :


Paris, 21 mars 2013

Monsieur le Président,

Madame,

Monsieur,

aux Députés membres de la Commission culturelle de l’Assemblée Nationale,

 

Mars 2013. Sur l'immense vitrine du “Pub Renault”, avenue des Champs Élysées, elle-même vitrine de la France, deux courtes lignes d’annonce :

- La seconde “NO LIMIT” EXHIBITION

- La première - censée en français - EXPOSITION NO LIMIT.

Voici brillamment ramassé le méprisant rejet où se voit portée la marque première de l'identité d'une nation : sa langue.

Autochtone ou visiteur, chacun peut à loisir mesurer la violence extrême du raz-de-marée angloricain noyant, non plus seulement la qualité, mais l’usage même de notre langue française. Il est donc inutile de multiplier les exemples. Vous les relevez dans tous les domaines de notre quotidien : titres des émissions de télévision, de radio, de films, à présent de livres écrits par des Français, communication sous toutes déclinaisons, mode évidemment, sports, culture, tous appliqués à poser leur pas dans ceux du chef de file, le monde de l’économie et du commerce. Il appartenait aux responsables de la “chose publique” au sens le plus large d’adopter une attitude résistante exemplaire. Pendant plusieurs décennies, ils glissèrent lentement vers la capitulation. Depuis quelques années, les voilà entrés dans la voie de la collaboration. On attendait qu’ils confortent les fondements de la Nation. Ils montent en première ligne pour les saper.

C’est donc à l’ombre du domaine public que, fort de son impunité, l’angloricain se substitue au français dans la pratique d’entreprises à capitaux d’État. Air France, la SNCF, Renault, France-Telecom, à présent l’EDF ou la Poste, elles et tant d’autres, ne connaissent plus pour leurs déclinaisons commerciales et leurs slogans, voire leur langue de travail (par exemple EADS ou Eurocopter) que le parler de nos "modèles", quand bien même les publics visés sont francophones et œuvrent en France *.

Suivant l’édifiant exemple du reniement donné par de grandes écoles, telles HEC ou l’IEP, c’est à présent l’enseignement supérieur qui prétend se ranger sous la tutelle angloricain. Mieux encore : déjà “en délicatesse” avec leur langue maternelle, nos enfants se voient menacés d’apprendre l’angloricain dès le CP ! Deux avant-projets de loi vont dans ce sens. Des idéaux d’apparence généreuse et réaliste prétendent dénoncer toute forme de colonialisme. Conviendrait-il alors... de ne pas appeler servilement à la colonisation de la France, ni bien sûr des pays qui gardent le français en partage. De ne pas, ainsi, appeler à une nouvelle colonisation de l’Afrique !

Plaidant pour une humanité dense et digne, ces mêmes idéaux soulignent les vertus du droit à la différence. Conviendrait-il alors... de ne pas contribuer à l’éradication des langues vernaculaires, immolées sur l’autel de la langue mondiale, au nom d'intérêts pour le moins discutables à défaut même d’être discutés !

Le 4 août 1994 était votée le “Loi Toubon”, sous les lazzis d’une intelligentsia suivie par des médias fort peu lucides. Pourtant modérées, les prétentions de cette loi à tempérer les ardeurs du colon se voient à présent partiellement invalidées par le refus d’agir de certains organes de contrôle.

A cet égard, vous trouverez en pièce jointe l’édifiante question posée à Madame le Ministre de la culture par le député Jean-Jacques Candelier, et concernant le refus de la Direction Générale de la Répression des Fraudes de... suivre les indications d’une ministre se contentant pourtant de demander l’application de la loi. Quant aux dispositions de son article 4 précisé par le JO du 20 mars 1998 (article 2.6.2 / 1), ont les lit perpétuellement et impunément violées par les collectivités territoriales.

En 2005, le sénateur Philippe Marini fit voter à l’unanimité une proposition de loi tendant à actualiser la loi de 1994. Ce texte fut aussitôt transmis à l’Assemblée Nationale. Il est depuis “en attente” à votre commission.

Au moment où, dans l’indifférence des principaux médias, se déroulent une aimable "semaine de la langue française ” et la “ journée de la Francophonie ”, nos associations attachées à la défense - la survie - du français - vous auraient une profonde gratitude à vous voir demander la mise à l'ordre du jour de votre commission de la proposition de loi sénatoriale. Cela, Madame, Monsieur, participerait significativement à défendre ces valeurs de la République, objet de tant de débats, et auxquelles nous imaginons la représentation nationale particulièrement sensible..

Cette mesure dirait notre attachement au respect de l’“être”, et notre salutaire distance - jusqu’à un passé récent - d’avec cet “avoir” puissance nouvelle chez nous ayant la langue angloricain pour cheval de Troie.

Nous ne mésestimons pas les nécessités commerciales. Mais, tout en les voyant prioritairement  orientées vers un nombre restreint d'intérêts particuliers et fortunés, nous les tenons pour relatives. Elles ne sauraient faire litière de nécessités ancrées sur des valeurs d’esprit. Cette mesure participerait au respect dû à des citoyens n’entendant pas, ou ne pouvant pas se soumettre à un diktat étranger au nom d’arguments purement matérialistes. Cette mesure saluerait ceux des peuples, francophones ou non, faisant à notre culture, notre civilisation, l’honneur de les apprécier. Et gardant l’espoir que le peuple de France comme ses gouvernants aient la volonté de sauvegarder un legs à valeur universelle.

Peut-être participerait elle à un sursaut de nature à préserver ce qui subsiste du statut privilégié de notre langue au sein d’organismes tels l’ONU, l’Union Européenne, le Comité Olympique.

Il n'est pas envisageable que la représentation nationale puisse accepter le reniement, voire la capitulation, dans cette guerre culturelle qui nous est faite sous couvert de “ mondialisation”. Il n'est pas acceptable que soit légitimée par l’inactivité du Parlement une situation de fait divisant la population entre les post-citoyens consentants ou acquis au remplacement de leurs repères sémantiques et idéologiques, et les citoyens ringardisés conservant un attachement, militant ou contrit, au vecteur principal et nécessaire de leur culture.

Il vous revient de mettre un terme à une discrimination sociale sans précédent dans l‘histoire de la République. Une discrimination tendant à l’institution d'une citoyenneté de second ordre en France, et imposant la maîtrise de l'angloricain, comme condition d’une pleine réussite scolaire, de la jouissance d'un emploi qualifié, et finalement de l’accès à l’ensemble des messages de l'espace public.

Souhaitant vous trouver sensibles à une démarche qui rendrait justice au cri d’Albert Camus Ma patrie, c’est la langue française, nous vous exprimons, Monsieur le Président, Madame, Monsieur, l’assurance de notre parfaite considération.

Georges Gastaud président de CO.U.R.R.I.E.L.

Matthieu Varnier, secrétaire général

Louis Maisonneuve président d’Observatoire des Libertés

Albert Salon président d'Avenir de la Langue Français. Docteur d’État-ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur dans l’Ordre du Mérite

Philippe de Saint Robert président de l’ASSELAF (Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française)


nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2013 (2) - le 23/03/2013 - 18:22 par MAR

Nouvelles de mars 2013 (2)

L'Académie française contre le projet de loi Fiaraso (22/03) (lien)
AFRAV  On n'est pas couché... devant l'anglais ! (22/03)(lire ci-dessous)
COURRIEL : Non au projet de loi Fioraso sur l’enseignement supérieur (21/03) (lien)
Égalité et Réconciliation : Marginalisation de la langue française dans l’enseignement supérieur et la recherche (13/03) (lien)


Anglo-américanisation de la France : nos "élites" forcent la vapeur sans plus mettre de voiles
La protestation de l'une de nos associations amies...
[AS]
AFRAV  On n'est pas couché... devant l'anglais ! (22/03)
La dictature de la langue et de la pensée uniques se met en place partout chez nous.

Nos députés viennent de voter presque unanimement, l'anglais obligatoire dès le CP.
Rendre obligatoire une langue étrangère vivante, et cela à grande échelle et presque dès le berceau, c'est du jamais vu dans l'histoire de France, et ce viol est passé comme une lettre à la Poste.
Ci-joint, le communiqué que nous venons d'envoyer aux députés.

Communiqué de l'A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)

Objet : « On n'est pas couché »... devant l'anglais !

Madame, Monsieur le député,

À l'heure où la langue anglaise est en train de coloniser notre pays, au point, comme le dit le philosophe, professeur d'université et académicien Michel Serres, qu'il y a aujourd'hui plus de mots anglais sur les murs de Paris, qu'il n'y avait de mots allemands sous l'Occupation nazie...

À l'heure où le ministre Peillon vient de mettre l’enseignement de l’anglais obligatoire dès le CP...

À l'heure où la ministre Fioraso projette d'occire la loi Toubon-Tasca pour que l’on puisse enseigner EN anglais dans nos universités...

À l'heure où le ministre Montebourg nous parle de « Made in France » pour nous dire en anglais (!) d’acheter français...

... il serait temps que nous réagissions avant que nous perdions notre souveraineté linguistique, seule garantie dans le monde actuel, de sauver notre âme et notre identité francophones.

Notre association traite actuellement plusieurs dizaines de dossiers dénonçant l'anglomanie qui sévit partout dans notre pays.

Pour vous donner un exemple très concret de l'anglicisation qui nous mine, permettez-nous de vous parler d'un dossier qui nous a particulièrement heurtés, c'est celui concernant Laurent Ruquier, présentateur et animateur sur France 2, une chaîne de la télévision du service public. En effet, Laurent Ruquier, dans son émission du samedi soir, "On n'est pas couché", à la rubrique "le flop ten", emploie, sans se gêner le moins du monde, le mot anglais "TEN" en lieu et place du mot français "DIX".

Pourtant, en France et en Francophonie, après "NEUF", il y a "DIX" et non "TEN", cela paraît une évidence, alors pourquoi Laurent Ruquier emploie-t-il le mot anglais "TEN" ? De plus, comment se fait-il qu'il puisse utiliser ce terme en toute impunité, alors que selon l'article 39 de la Charte de France télévisions, les termes étrangers sont proscrits sur le service public de l'audiovisuel, lorsqu'ils possèdent un équivalent français ?

Pourquoi MM. Boyon, Schrameck, Pflimlin, Réveillon, Gélinet, tous chargés à leur niveau de faire appliquer la Charte de France télévisions et à qui nous avons écrit pour leur demander d'intervenir dans cette affaire, ne semblent pas capables d'aller voir M. Ruquier pour lui dire de changer son "TEN" en "DIX" ?

Dans quel pays vivons-nous où l'action médiatique l'emporte sur le droit, où, pour être écoutés, il faut faire voir ses seins (les Femen), s'immoler ou aller manifester en haut d'une grue ? Pourquoi M. Ruquier serait-il exempté de respecter la réglementation qui régit l'emploi de la langue française sur le service public de la télévision ? Qui le protège ? Y aurait-il des consignes sur France 2 pour promouvoir l'anglais ?

On a tout pris à la France, mais il lui reste encore sa langue, alors, Madame, Monsieur le député, pour éviter que celle-ci nous soit arrachée et qu'il ne nous reste plus rien, nous vous demandons instamment de bien vouloir intervenir dans cette affaire pour faire gagner la langue française, pour lui donner une victoire sur l'anglicisation en cours, pour donner un espoir à tous ceux qui, comme nous, combattent la dictature de la langue unique que les penseurs du nouvel ordre veulent établir partout.

Cette affaire est caractéristique de la maltraitance que subit notre langue au quotidien, et, il est bien évident, qu’au-delà du "TEN" de Laurent Ruquier, c’est le problème tout entier de l’anglicisation que nous soulevons, une anglicisation qui se fait de façon à passer la plus inaperçue possible, par une multitude d’actions anecdotiques, homéopathiques, voire subliminales. Ne soyons pas dupes, il y a bien une guerre de velours en cours contre la langue française que consiste à vouloir la faire disparaître de nos grandes écoles comme de la scène internationale.

Résistons, n'acceptons pas la défaite et soyons des indignés linguistiques, comme l'a dit le président Abdou Diouf, lors du premier Forum mondial de la langue française qui s'est tenu à Québec en juillet 2012.

OUI, battons-nous pour la langue française, car, comme le proclamait l'universitaire et patriote québécois, Pierre Bourgault : "Quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule".

Dans l'espoir que vous voudrez bien agir contre l'anglomanie de M. Ruquier, et, par-delà, contre l'anglomanie qui est en train de tuer notre langue, notre culture et notre âme, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur le député, l'expression de ma haute considération.

Régis Ravat
président de l'A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)

Pour plus d'information, vous pouvez consulter le dossier sur M. Ruquier au :www.francophonie-avenir.com/Infolettre_RR_A_Laurent_Ruquier_pour_le_respect_de_la_langue_francaise_a_la_television.htm

 


nouvelles2/sylviane-bulteau.jpgRéponse dilatoire du Gouvernement à Sylviane Bulteau - le 14/03/2013 - 17:27 par MAR

Réponse dilatoire du Gouvernement
à la question de Sylviane Bulteau, députée de la Vendée

Le gouvernement livre ici une réponse très lénifiante, très "langue de bois", composée peut-être par une machine, à la question très forte de la députée de la Vendée Sylviane Bulteau (PS), qui portait sur la dégradation de la place de la langue française en Europe, dans le monde et au sein de notre propre pays et sur le manque de volonté passé et présent de faire changer cet état de fait. (lire ci-dessous)

A la lecture de cette réponse qui aligne des petites mesurettes sans aucune cohérence, laisse  le sujet international au bon vouloir du corps diplomatique, ne traite pas de la langue française en France même (!) et surtout ne répond aucunement au fond de la question.

Cette réponse est une sorte de gifle à la représentation parlementaire et l'on peut se demander s'il y a un Gouvernement en France, avec une volonté politique, qui souhaite faire appliquer la Loi, se faire respecter par ses fonctionnaires et faire respecter les beaux principes annoncés par François Hollande.
(lire par exemple) MAR


Question écrite n° 12575 - 14ème législature posée par Mme Bulteau Sylviane (Vendée - Socialiste, républicain et citoyen) -publiée au JO le 04/12/2012

Mme Sylviane Bulteau appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la place de la langue française en Europe, dans le monde et au sein de notre propre pays.

Au sein de l'Union européenne, d'abord, la langue allemande est celle qui compte le plus de locuteurs, suivie en cela par le français puis l'anglais. Il est donc inconcevable que le français ne soit aujourd'hui la langue "source" que pour seulement 8 % des documents qui émanent de la Commission européenne alors que sur le site internet de l'exécutif européen, seules 12 % des pages sont traduites en français. Systématiquement, les documents de travail sont transmis en anglais au Gouvernement français. Depuis de nombreuses années, les parlementaires de l'Assemblée nationale comme du Sénat alertent les gouvernements successifs sur le dramatique affaiblissement de notre langue et concomitamment de notre influence.

À l'échelle de la planète, ensuite, la régression dans l'ensemble des organisations internationales s'accélère, que ce soit à l'ONU ou dans les instances associées principalement où 90 % des textes sont d'abord rédigés en anglais.

Il apparaît que de nombreux pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne respectent pas les engagements qu’implique leur participation à ce groupement : leurs diplomates parlent exclusivement l'anglais et leurs moyens de communication ne présentent souvent aucune version française (sites internet).

Dans le domaine de la coopération de sécurité et de défense, la situation n'est pas meilleure. Depuis que la France a rejoint l'OTAN, l'armée française s'est complètement convertie à l'anglais dans ses relations avec nos partenaires. Un exemple parmi d'autres : la force de gendarmerie européenne, pourtant créée à l'initiative de la France, et qui ne compte aucun pays anglophone en son sein, n'a qu'une langue de travail officielle : l'anglais. Son site internet est là aussi unilingue, en anglais.

Demain, grâce à l'Afrique, le français, actuellement 9e langue mondiale avec 200 millions de locuteurs, sera une des principales langues mondiales. À l'horizon 2050, avec 715 millions de locuteurs, elle sera toujours parlée sur chaque continent, privilège qu'elle partage avec l'anglais seulement.

En France même, enfin, on ne peut que constater une évolution néfaste. Les titres de films ne sont plus traduits, les émissions télévisées s'affublent de titres anglais, les radios rechignent à appliquer les quotas obligatoires de diffusion de chansons françaises pourtant nécessaires à l'émergence de nouveaux talents et réclament même pour certaines la prise en compte, dans ces quotas, des artistes francophones qui s'expriment en langue anglaise ! Nos grands groupes industriels nationaux eux-mêmes choisissent des slogans en anglais et travaillent dans cette langue.

De nombreuses grandes écoles, de Sciences Po à HEC, dispensent leurs cours en anglais, souvent, d'ailleurs, au mépris de la législation en vigueur.

La recherche scientifique et les brevets sont eux aussi concernés par cette évolution qui pénalise nos chercheurs et la visibilité de nos travaux académiques.

Le chantier est énorme. Les rapports parlementaires s'empilent, les associations de défense de la langue multiplient les alertes mais la situation s'aggrave. Cet état de fait doit cesser. Aujourd'hui, il faut agir vite, efficacement, de façon résolument offensive et cela en lien étroit avec les ministères concernés : Affaires étrangères, Éducation nationale, Défense, Culture, Redressement productif.

Elle lui demande ainsi les actions qu'entend mener concrètement le Gouvernement tant auprès de la Commission européenne qu'auprès des membres de l'Organisation internationale de la Francophonie ou encore de nos relais politiques, économiques et culturels à l'étranger pour que le français retrouve toute sa place au service de notre rayonnement.


Réponse du ministère : Francophonie parue au JO le 12/03/2013

La France met en œuvre une politique active de soutien au français en Europe et dans le monde. Cet effort, relayé par nos postes diplomatiques, les Alliances françaises, les établissements scolaires etc. est renforcé par l'action de la Francophonie institutionnelle qui dispose d'outils propres de soutien à notre langue.

La France est le premier contributeur de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et soutient toutes les actions de la Francophonie en faveur du français : les chefs d'États et de gouvernement de la Francophonie se sont engagés concrètement en adoptant, en 2006 à Bucarest, un "Vade-mecum relatif à l'usage de la langue française dans les organisations internationales".

Depuis 2002, et en partenariat avec la France, le Luxembourg et la Fédération Wallonie-Bruxelles, l'OIF met tout d'abord en œuvre un plan annuel d'action pour le "français dans la diplomatie et la fonction publique". Il touche entre 8000 et 11000 diplomates et fonctionnaires non francophones chaque année, choisis rigoureusement en fonction de leur niveau d'influence, en privilégiant les forts potentiels.

Ensuite, le programme "le français dans les organisations internationales" a pour objet la promotion du français au sein des organisations internationales africaines (l'Union africaine, la Communauté des États d'Afrique de l'Ouest.) avec une extension récente aux grands centres européens de formation de l'élite communautaire (Collège d'Europe de Bruges).

Des "plans capitales de l'UE" permettent enfin la formation linguistique de diplomates européens de haut rang. Conjuguant stages d'immersion linguistique et cours sur place avec des contenus adaptés à ces publics à haut potentiel, ces programmes comportent aussi des volets de renforcement des compétences des traducteurs et interprètes. Au-delà, c'est une mobilisation de l'ensemble de notre corps diplomatique qui permettra, tant au sein des institutions européennes que dans les autres organisations internationales, de rappeler que le multilinguisme est un gage d'efficacité du système multilatéral.

Une feuille de route pour la promotion du multilinguisme dans les organisations internationales sera prochainement adressée aux postes diplomatiques.


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