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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles2/france2-eu.jpgAmi, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? - le 28/02/2013 - 17:41 par Albert_Salon

Ami, entends-tu les cris sourds
du pays qu’on enchaîne ?

Le service public français de l'audio-visuel sert-il la France
ou d'autres puissants intérêts ?

par Albert Salon

On lui met des chaînes, pour servir l’empire anglo-saxon et sa langue.

Surtout des chaînes de télévision. Chaînes publiques chaînes privées.

Je vais prendre ici, parmi toutes les chaînes que la propagande impériale nous fait porter avec de lourds boulets, un seul exemple : France 2, censée être publique, avec une mission de service public, c’est-à-dire d’éducation de son public et d’élévation de son niveau général d’information et de culture.

 

Prenons le "vingt-heures" :

Sur cette demi-heure de grande écoute, entre deux et cinq minutes – qui doivent coûter fort cher (à qui ?) – sont très souvent consacrées à la présentation de produits du cinéma états-unien, à leur promotion par projection d’extraits et par dialogues avec les réalisateurs ou les acteurs très pipol qui y ont trempé.

Avez-vous remarqué, au demeurant, que ce ne sont pas toujours, loin de là, les meilleurs films américains qui bénéficient ainsi de ces coups de pouce sur notre marché, au détriment de notre propre cinéma, qui ne jouit pas tout-à-fait des mêmes faveurs ?

Les vedettes invitées, appelées "stars", s’offrent complaisamment à nos regards pour, généralement, nous débiter des platitudes atterrantes.

Il y a vingt ans – car le pli est pris depuis longtemps – les invités nord-américains s’efforçaient encore d’esquisser en français un "bonsoir" ou un "merci", voire parfois la très brève excuse : "désolé, je ne parle pas bien le français". De nos jours, ils ne s’embarrassent plus de ces politesses superfétatoires et, du reste, hypocrites.

Ils sont reçus chez les vassaux qui les ont sollicités, et ils reçoivent avec quelque condescendance les hommages et l’admiration qui leur sont dus en leur qualité de représentants du peuple élu.

L’aimable petit seigneur local du vingt-heures ou la charmante présentatrice qui a réussi à les faire venir, s’en glorifie et leur sert la soupe, essaie parfois de les amener à parler de leurs liens avec la France ou la culture française. Après tout, n’est-ce pas normal ? Surtout lorsque, tel Dustin Hoffman, ils font partie de la longue cohorte d’histrions et terminators hollywoodiens qui ont reçu une haute décoration française, censée récompenser des services rendus à notre culture, à notre langue, voire à notre cinéma : Arts et Lettres, Mérite, Légion d’Honneur, dans les ors de la République, des mains du ministre de la Culture, quand ce n’est pas du Président. Souvent au grade de Commandeur, pour hisser l'Ordre et la France au niveau de la notoriété internationale des personnages-idoles ainsi perchés, aussi en vue.

Après tout, pensent peut-être les récipiendaires parfois étonnés, à peine flattés, si la vieille cocotte France veut se faire encore aimer en distribuant ses médailles, pourquoi pas ? Si cela peut lui faire plaisir…

Mais qu’elle ne s’avise pas trop de leur demander devant ses caméras s’ils connaissent et aiment ses camélias : la réponse de Dustin Hoffmann en février 2009 a été une pièce d’anthologie. Je la résume : "Oh ! Moi, vous savez, je suis d’un milieu très pauvre, mes parents ne lisaient pas, je n’ai guère eu dans l’enfance ni plus tard l’occasion de m’intéresser à la France et à sa culture !"...

 

L’autisme de ces milieux états-uniens, dans sa splendeur, et l'à-plat-ventrisme intéressé des "nôtres"...

L’Allemagne, la Hollande, l’Espagne, la Pologne, la Hongrie, sont-elles aussi indignes, aussi prodigues que la République de ces bouquets dont elle fait ainsi des fleurs fanées, dévalorisées aux yeux de ses citoyens ?

D’ailleurs, que la télévision vous montre-t-elle de ces pays ? Surtout de leurs cultures ? Voyez-vous souvent, au "vingt-heures" des présentations de leurs films ? Ne sont-ce pas des pays européens ? Ne cherchons nous pas, selon la vulgate officielle, à faire l’Europe ?

La télévision nous révèle là la vérité, le cœur du système : "Qui vous parle d’Europe ? Il faut que tous les yeux et les oreilles, tous les esprits conquis du continent européen, soient et restent fixés sur les États-Unis, sur sa langue, servent l’empire américain, perinde ac cadaver, et regardent le moins possible ailleurs".

Libre à nous – direz-vous - de ne pas regarder, d’éteindre ou de "pitonner"* ? Certes. Mais combien de téléspectateurs usent de cette liberté ? Tous les autres subissent ce détournement, ce vol éhonté d’un temps d’antenne qui leur est dû, qu’ils ont payé en principe pour avoir une information plus élevée que la bouillie de propagande vassalisante qui leur est ainsi versée.

 

C’est la France et sa langue que l’on agenouille, bat et rebat et abâtardit !

Cela va dans le même sens que la réintégration dans la structure militaire de l’OTAN, la fédéralisation de l'UE sous l'égide de l'empire, et que le passage de l'enseignement supérieur à l'anglo-américain, au "globish" pour colonisés.

 

Il faut s'indigner, hurler la révolte du citoyen sain ; il faut résister, secouer ce joug, retrouver la souveraineté de la France !"

Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien Ambassadeur.


nouvelles2/RF.jpgRéponses du Gouvernement sur le français - le 27/02/2013 - 19:24 par MAR
Nouvelles réponses du Gouvernement
sur la langue française
(février 2013)
Réponses à des questions de parlementaires sur un "mastère" intégralement en anglais et sur la place allouée à la langue française dans les institutions de l'Union européenne
Toujours quelques éléments intéressants noyés dans l'eau-de-rose administrative (le surlignage de certains passages est de notre initiative). Nous attendons toujours au delà de ces belles paroles, comme celles de François Hollande, le début d'une amorce d'action concrétisant celles-ci. MAR
 

Question écrite n° 03375 de Jacques Legendre (Nord - UMP) [JO Sénat du 06/12/2012]

M. Jacques Legendre attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur une violation caractérisée de la loi sur la langue française. Il a en effet pris connaissance avec surprise, dans les pages économiques d'un grand quotidien du matin, de l'ouverture à Rouen d'un mastère en management des arts (MSc in Arts management) dispensé par la "Rouen Business School", avec un programme de 15 mois à plein temps, intégralement dispensé en anglais.

Un tel enseignement, s'il est dispensé sur notre territoire par un établissement d'enseignement supérieur français viole manifestement les dispositions de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, dite "loi Toubon".

La volonté de dispenser un enseignement destiné à former des gestionnaires culturels nécessite évidemment d'avoir une bonne connaissance de plusieurs langues et en particulier de l'anglais.

Mais vouloir systématiquement ne former qu'en anglais des acteurs de la vie culturelle est parfaitement contradictoire avec le combat pour la diversité culturelle, et donc linguistique, dont la France et le monde culturel français sont d'ardents protagonistes.

Il lui demande donc quelles actions elle compte mener pour faire respecter la loi sur la langue française, en liaison avec Mme la ministre de l'enseignement supérieur.

Réponse du Ministère de la culture et de la communication [JO Sénat du 21/02/2013]

La ministre de la culture et de la communication est consciente de la pression indiscutable exercée par l'anglais dans l'enseignement supérieur. Elle comprend parfaitement la nécessité de proposer aux étudiants, notamment étrangers, un enseignement en anglais et soutient l'ambition internationale d'un cursus tel que celui proposé par l'école de Rouen.

Mais elle juge inopportun le choix d'un enseignement exclusivement dispensé en anglais, sous couvert de modernité.

Il convient de rappeler que tout programme d'enseignement proposé en langue étrangère entre dans le champ d'application de l'article 11 de la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française. En effet, cet article précise que "la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français, sauf exceptions justifiées par les nécessités de l'enseignement des langues et cultures régionales ou étrangères ou lorsque les enseignants sont des professeurs associés ou invités étrangers".

La ministre considère qu'il n'y a pas lieu de laisser penser aux étudiants que l'anglais est la seule langue comprise à l'international. Un tel parti pris contribue à affaiblir la position du français sur le plan international et décourage tous ceux qui parient sur son avenir ou font l'effort de l'apprendre. Le recours à une langue qui n'est pas celle de nos concitoyens laisse entendre implicitement que le français aurait perdu toute fonctionnalité à l'international.

Un enseignement respectueux de notre langue, tout en étant compréhensible par les non francophones, reste préférable et ne compromettrait en rien l'image d'excellence et de dynamisme des écoles de commerce française. De concert avec sa collègue de l'enseignement supérieur, la ministre compte rappeler à l'établissement visé (Rouen Business School) les termes de la loi et lui demander de reconsidérer l'organisation linguistique de son mastère incriminé.


Question n° 12576 de Guillaume Chevrollier (UMP - Mayenne) [publiée au JO le : 04/12/2012]

M. Guillaume Chevrollier attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la place allouée à la langue française dans les institutions de l'Union européenne. En effet la place de celle-ci s'est sensiblement dégradée ces dernières années que ce soit au niveau de la communication que des documents de travail ou des publications où l'anglais prédomine. Or l'Union européenne s'était engagée à respecter l'égalité linguistique. Il lui demande ce que le Gouvernement entend faire pour que ces engagements soient respectés et pour que le français retrouve la place qui devrait être la sienne.

Réponse publiée au JO le 19/02/2013

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, réaffirme plusieurs principes relatifs à la protection du multilinguisme au sein de l'Union européenne. La diversité linguistique revêt en effet pour l'Union européenne un caractère fondamental. L'Union doit en particulier permettre aux citoyens européens d'accéder à la législation et aux informations européennes dans leur propre langue.

C'est ainsi que la législation et les documents d'importance politique doivent être présentés dans toutes langues officielles. Il est vrai qu'en dépit de ces règles nécessaires au bon fonctionnement de la coopération européenne, une dégradation en termes d'accès aux documents législatifs et d'importance politiques dans les différentes langues de travail de l'Union (et notamment le français) a été observée dans certaines institutions de l'Union européenne, y compris au Parlement européen.

Bien que l'augmentation de l'activité normative européenne consécutive à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne puisse partiellement expliquer certains retards en termes de traduction, la France déplore vivement les difficultés que peuvent notamment rencontrer les co-législateurs pour accéder aux documents de travail dans leur langue maternelle. Aussi, les autorités françaises ne manqueront pas, comme elles le font régulièrement, de rappeler l'exigence de respect du multilinguisme lors de leurs futurs échanges avec les institutions européennes. Il en va non seulement du bon fonctionnement de l'activité législative mais aussi de la crédibilité du processus de construction européenne.


nouvelles/presse.gifNouvelles de février 2013 (3) - le 26/02/2013 - 18:40 par MAR

Nouvelles de février 2013 (3)

Communauté de la Caraïbe (Caricom) : le français 2ème langue de travail (20/2) (lien)
Projet de loi Fioaraso : une capitulation pour la langue française ? (lien)



nouvelles/AN.jpgCommission d’enquête sur les dérives linguistiques ? - le 13/02/2013 - 22:03 par MAR

Le sursaut des associations pour le français relayé par des parlementaires

Six députés demandent la création d’une commission
d’enquête sur les dérives linguistiques en France

Jean-Jacques Candelier, Patrice Carvalho, Gaby Charroux, André Chassaigne, Marc Dolez et Jacqueline Fraysse, député(e)s, ont déposé le 4 février 2013 à l'Assemblée Nationale, une proposition de résolution tendant à la création d’une Commission d’enquête sur les dérives linguistiques actuelles en France, chargée de proposer des mesures de défense et de promotion de la langue française,

Lire la proposition de résolution sur le site de l'Assemblée Nationale

lire la motion de soutien de la CFE-CGC à cette demande de commission d'enquête (01/03/2013)

Emission de France Bleue Nord avec Georges Gastaud, professeur de philosophie et président de Courriel qui traite de cette commission d'enquête (21/02/2013)


nouvelles/presse.gifNouvelles de février 2013 (2) - le 07/02/2013 - 23:11 par MAR

Nouvelles de février 2013 (2)

- In memoriam Jacques Hoyaux  (11/02/2013) (lire ci-dessous)
- Semaine de la langue française : Faites vos jeux ! (lien)
- Renault racole "in english" (lire ci-dessous)
- 39e Assemblée parlementaire Francophone : avec G. Soro du 6 au 9 février 2013 (lien)


In memoriam Jacques Hoyaux  (11/02/2013)

Jacques Hoyaux, membre fidèle d'ALF depuis des années, universitaire, Sénateur honoraire et ancien ministre du Royaume de Belgique, militant wallon et français, nous a quittés ce lundi 11 février 2013.
Il se définissait comme "Libre-exaministe", et avait embrassé notre combat pour le français en France et chez lui. Un autre membre d'ALF, universitaire romaniste australien d'origine hongroise, membre de l'Académie australienne des Humanités, militant lui aussi pour le français et la diversité linguistique du monde, fait revivre en quelques lignes ce qu'était, au cœur, Jacques Hoyaux :
"Je le remercie de son amitié, une amitié qui aura duré toute notre vie d'adulte, mais plus spécialement je voudrais le remercier de l'amitié qu'il m'a témoignée quand j'ai débarqué tout seul, sans famille, à Bruxelles, à l'âge de moins de dix-sept ans, et que nous nous sommes rencontrés à l'Athénée Royal d'Uccle. Là, dans cette classe de rhétorique, à l'automne de 1947, il a pris sous sa protection le jeune étranger que j'étais, me faisant ainsi le plus beau don possible. Je lui dois non seulement ce lien humain si précieux mais aussi mon initiation à une langue et à une culture qui devaient jouer un rôle si important dans ma vie. Tout cela par un mouvement spontané de solidarité désintéressée." Pr Ivan Barko

Renault racole "in english"

Avec My Renault (sic !), Renault cherche sans doute, pour faire moderne, pour faire branché, pour faire djeune, à perdre ses derniers clients et à mourir en se faisant passer pour une société anglo-saxonne. Une société dont plus personne n'a plus rien à faire...

Les prospectus utilisés dans cette campagne sont envoyés par une division qui s'appelle Renault retail group (sic!) Tout est dit !

myrenault.jpg

 

myrenault.jpg

Il parait, mais surtout ne le dites à personne et surtout pas à Carlos Ghosn, que Renault est un groupe français, qui il y a longtemps fut un des fleurons de l'industrie française... MAR


nouvelles2/UE.jpgLa Cour de justice : le multilinguisme doit rester au cœur des procédures de recrutement des institutions ! - le 03/02/2013 - 23:05 par AnnaMaria_Campogrande

Union Européenne
La Cour de justice donne raison aux personnels et confirme
que le multi-linguisme doit rester au cœur des recrutements  !

Un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne a été publié le 27 novembre 2012 relatif à un pourvoi introduit par la république italienne a confirmé l'annulation des avis de concours EPSO/AD/94/07 et EPSO/AST/37/07 au motif que ces avis n'étaient pas publiés dans toutes les langues officielles de l'UNION, et que le choix de la deuxième langue se limitait aux langues allemande, anglaise et française.

Le tribunal a décidé l'annulation des concours susvisés, sans toutefois remettre en cause le résultat de ces concours.

Il s'ensuit selon l'appréciation de la Cour

- que conformément à l'annexe III du statut des fonctionnaires des communautés européennes, les avis de concours doivent être publiés intégralement dans toutes les langues officielles

- que l'article 1er du règlement n°1 désigne 23 langues non seulement comme langues officielles, mais également comme langues de travail des institutions de l'Union, que toute discrimination fondée sur la langue est interdite dans l'application du statut. Qu'il convient toutefois de noter que selon la Commission les trois langues les plus utilisées dans les institutions et ce depuis longtemps sont l'allemand, l'anglais et le français.

La Cour confirme donc à nouveau le bien fondé des positions défendues depuis toujours par la représentation du personnel !

Solidarité européenne soutenues par les autres OSP de l'Alliance a présenté le 5 mai 2006 au Médiateur européen une plainte dirigée contre EPSO pour non-respect selon elle des articles 27 et 28 point f) du statut, au motif que la possibilité de présenter les épreuves de recrutement des fonctionnaires et agents se limitait aux seules langues de travail que sont l'allemand, l'anglais et le français, privant ainsi les jurys de la possibilité de tester les compétences requises à l'exercice des profils recherchés, au profit de connaissances linguistiques, anticipant dès lors le jugement précité.

La Commission paritaire Commission (COPAR) a émis un avis unanime lors de sa séance du 8 novembre 2005 demandant que les QCM des concours et des sélections AC soient testées dans les langues maternelle ou principale du candidat.

Cette orientation a également reçu l'avis unanime des représentants du personnel lors des séances de la COPARCO (commission paritaire interinstitutionnelle) des 12 juin 2005 et 9 mars 2006.

Le comité central du personnel a à son tour pris position en faveur de cette nouvelle procédure.

Les institutions ont dès lors changé d'orientation et demandé à EPSO de tester les candidats pour les tests de présélection dans leur langue maternelle ou principale. C'est maintenant chose faite et la Cour confirme le bien fondé de la démarche !

Il est à signaler que la nouvelle Direction d'EPSO avait à l'époque à son tour démontré d'être sensible à ces exigences alors qu'auparavant nos prises de position avaient été qualifiées comme étant dignes des dinosaures et des études avaient été passées par EPSO afin de démontrer qu'il était désormais impossible de respecter le multilinguisme compte tenu du nombre de langues et des complexités techniques y afférentes !

Pour l'Alliance il ne s'est jamais agi de nier la complexité du contexte dans lequel les concours doivent être organisés avec des dizaines de milliers de candidats et 23 langues officielles.

Comme la Cour le confirme, conformément à l'article 27, premier alinéa du statut, le recrutement des fonctionnaires doit viser à assurer à l'institution le concours de fonctionnaires possédant les plus hautes qualités de compétence, de rendement et d'intégrité. Cet objectif pouvant être mieux préservé lorsque les candidats sont autorisés à présenter les épreuves de sélection dans leur langue maternelle ou dans la deuxième langue qu'ils considèrent maîtriser le mieux, il appartient à cet égard aux institutions de mettre en balance l'objectif légitime justifiant la limitation du nombre de langue des concours et l'objectif d'identifier les candidats ayant les plus hautes qualités de compétence.

Il convient dès lors de mettre en place des règles internes définissant le régime linguistique de manière à concilier l'exigence du statut en matière de connaissances linguistiques des candidats, vérifiées par des tests appropriés, les besoins des institutions et la mise en place de formations ultérieures à leur recrutement, favorisant une communication de qualité par ailleurs indispensable à leur bon fonctionnement.

Il est aussi essentiel d'éviter qu'à la suite de chaque arrêt mettant en cause un aspect des concours organisés, EPSO invoque la nécessité de modifier l'annexe III de notre statut ! Tout comme en ce qui concerne l'arrêt Patchitis concernant le rôle du jury, l'annexe III dans sa version actuelle n'empêche nullement aussi concernant le régime linguistique d'atteindre les objectifs qui ont été depuis toujours à la base des concours et que la Cour se limite simplement à confirmer

Les procédures de recrutement actuelles moyennant les corrections nécessaires peuvent parfaitement satisfaire à l'équilibre susmentionné dans une gouvernance claire du processus, confirmant la mission confiée à EPSO, qui est celle de simple mise en œuvre des politiques décidées par les institutions et non pas de décideur politique, encore moins en ce qui concerne l'initiative pour les modifications statutaires !

La Cour de justice donne raison à la représentation du personnel et confirme que le multilinguisme doit rester au cœur des procédures de recrutements des institutions !

Un arrêt de la Cour de justice a été publié le 27 novembre 2012 relatif à un pourvoi introduit par la république italienne a confirmé l'annulation des avis de concours EPSO/AD/94/07 et EPSO/AST/37/07 au motif que ces avis n'étaient pas publiés dans toutes les langues officielles de l'UNION, et que le choix de la deuxième langue se limitait aux langues allemande, anglaise et française.

Le tribunal a décidé l'annulation des concours susvisés, sans toutefois remettre en cause le résultat de ces concours.

Il s'ensuit selon l'appréciation de la Cour

- que conformément à l'annexe III du statut des fonctionnaires des communautés européennes, les avis de concours doivent être publiés intégralement dans toutes les langues officielles

- que l'article 1er du règlement n°1 désigne 23 langues non seulement comme langues officielles, mais également comme langues de travail des institutions de l'Union, que toute discrimination fondée sur la langue est interdite dans l'application du statut. Qu'il convient toutefois de noter que selon la Commission les trois langues les plus utilisées dans les institutions et ce depuis longtemps sont l'allemand, l'anglais et le français.

La Cour confirme donc à nouveau le bien fondé des positions défendues depuis toujours par la représentation du personnel !

Solidarité européenne soutenues par les autres OSP de l'Alliance a présenté le 5 mai 2006 au Médiateur européen une plainte dirigée contre EPSO pour non-respect selon elle des articles 27 et 28 point f) du statut, au motif que la possibilité de présenter les épreuves de recrutement des fonctionnaires et agents se limitait aux seules langues de travail que sont l'allemand, l'anglais et le français, privant ainsi les jurys de la possibilité de tester les compétences requises à l'exercice des profils recherchés, au profit de connaissances linguistiques, anticipant dès lors le jugement précité.

La Commission paritaire Commission (COPAR) a émis un avis unanime lors de sa séance du 8 novembre 2005 demandant que les QCM des concours et des sélections AC soient testées dans les langues maternelle ou principale du candidat.

Cette orientation a également reçu l'avis unanime des représentants du personnel lors des séances de la COPARCO (commission paritaire interinstitutionnelle) des 12 juin 2005 et 9 mars 2006.

Le comité central du personnel a à son tour pris position en faveur de cette nouvelle procédure.

Les institutions ont dès lors changé d'orientation et demandé à EPSO de tester les candidats pour les tests de présélection dans leur langue maternelle ou principale. C'est maintenant chose faite et la Cour confirme le bien fondé de la démarche !

Il est à signaler que la nouvelle Direction d'EPSO avait à l'époque à son tour démontré d'être sensible à ces exigences alors qu'auparavant nos prises de position avaient été qualifiées comme étant dignes des dinosaures et des études avaient été passées par EPSO afin de démontrer qu'il était désormais impossible de respecter le multilinguisme compte tenu du nombre de langues et des complexités techniques y afférentes !

Pour l'Alliance il ne s'est jamais agi de nier la complexité du contexte dans lequel les concours doivent être organisés avec des dizaines de milliers de candidats et 23 langues officielles.

Comme la Cour le confirme, conformément à l'article 27, premier alinéa du statut, le recrutement des fonctionnaires doit viser à assurer à l'institution le concours de fonctionnaires possédant les plus hautes qualités de compétence, de rendement et d'intégrité. Cet objectif pouvant être mieux préservé lorsque les candidats sont autorisés à présenter les épreuves de sélection dans leur langue maternelle ou dans la deuxième langue qu'ils considèrent maîtriser le mieux, il appartient à cet égard aux institutions de mettre en balance l'objectif légitime justifiant la limitation du nombre de langue des concours et l'objectif d'identifier les candidats ayant les plus hautes qualités de compétence.

Il convient dès lors de mettre en place des règles internes définissant le régime linguistique de manière à concilier l'exigence du statut en matière de connaissances linguistiques des candidats, vérifiées par des tests appropriés, les besoins des institutions et la mise en place de formations ultérieures à leur recrutement, favorisant une communication de qualité par ailleurs indispensable à leur bon fonctionnement.

Il est aussi essentiel d'éviter qu'à la suite de chaque arrêt mettant en cause un aspect des concours organisés, EPSO invoque la nécessité de modifier l'annexe III de notre statut ! Tout comme en ce qui concerne l'arrêt Patchitis concernant le rôle du jury, l'annexe III dans sa version actuelle n'empêche nullement aussi concernant le régime linguistique d'atteindre les objectifs qui ont été depuis toujours à la base des concours et que la Cour se limite simplement à confirmer

Les procédures de recrutement actuelles moyennant les corrections nécessaires peuvent parfaitement satisfaire à l'équilibre susmentionné dans une gouvernance claire du processus, confirmant la mission confiée à EPSO, qui est celle de simple mise en œuvre des politiques décidées par les institutions et non pas de décideur politique, encore moins en ce qui concerne l'initiative pour les modifications statutaires !

Anna-Maria Campogrande


nouvelles2/vietnam.jpgLa France se tire une balle dans le pied au Vietnam - le 03/02/2013 - 22:48 par Michel_Guillou

La France se tire une balle dans le pied au Vietnam

Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République socialiste du Vietnam, pour la création et le développement de l'Université des Sciences et des Technologies de Hanoï.

Une fois de plus, des élites françaises veulent que la France se tire une balle dans le pied. Les arguments sont connus : il n'y a pas suffisamment de francophones au Vietnam pour qu'une université puisse avoir le français comme langue d'enseignement et de plus, étant donné que, pour ces élites, l'avenir est au seul anglais, c'est d'évidence "le bon choix". Eh bien non, c'est un mauvais choix, pire, un choix dépassé. En voici quelques raisons simples et de bon sens.

Tout d'abord, il y a en Asie et en Asie du Sud-Est, non seulement dans la péninsule indochinoise mais aussi dans la plupart des pays et tout particulièrement en Chine, de nombreux francophones qui demandent à cor et à cri, sans être entendus, la création d'une université francophone enseignant en français. Rappelons, par ailleurs, que depuis les années 70, il y a eu, grâce en particulier à l'action volontariste de l'Agence universitaire de la Francophonie, la formation en Asie du Sud-Est d'une nouvelle génération de francophones par la création de classes bilingues dans l'enseignement primaire et secondaire, de filières francophones dans les universités et d'Instituts internationaux de troisième cycle (science de l'ingénieur à Phnom Penh, informatique à Hanoï, médecine tropicale à Ventiane). En Chine, la demande importante de français est un fait, comme l'atteste la mise en place de nombreux et nouveaux départements de langue française.

Il manque pour couronner le tout une université régionale d'excellence au niveau du troisième cycle, dont les diplômés seraient trilingues. Formés à l'excellence au niveau professionnel, disposant du français comme langue seconde et non comme langue étrangère, ces diplômés seront au sens plein du terme des francophones. Ils partageront des valeurs qui sont aussi celles de la République française et un sentiment d'appartenance à la Communauté francophone dont ils connaîtront l'histoire et les institutions.

La formation francophone proposée n'exclut pas l'anglais mais elle apportera l'anglais à des francophones et non le français à des anglophones, ce qui est un désastre en terme d'influence et aussi, faute de motivation des apprenants, le plus souvent un échec éducatif maintes fois constaté. Cette approche a été tentée avec succès dans plusieurs pays où le français n'est pas langue d'enseignement commune à tous. Il s'agit de former des francophones trilingues avec un signal clair aux familles : la formation d'excellence proposée est un plus pour l'emploi. Le succès de l'Université française d'Arménie à Erevan, par exemple, en apporte la preuve.

La France a tout à gagner dans cette approche qui est cohérente avec l'effort qu'elle fait en faveur du développement de la Francophonie multilatérale, conformément à l'article 87 de sa Constitution : "La République participe au développement de la solidarité et de la coopération entre les Etats et les peuples ayant le français en partage.". Dans le cas contraire, l'action bilatérale française de coopération sera en opposition avec l'action multilatérale francophone de coopération, avec pour conséquence un gâchis de l'argent public français.

Cette schizophrénie française entre les actions conduites au bilatéral et au multilatéral est particulièrement visible au Vietnam. Le multilatéral francophone, financé fortement par la France, soutient l'enseignement en français alors que la France, en bilatéral, donne priorité au tout anglais. Le projet de loi concernant le développement de l'Université des Sciences et des Technologies de Hanoï souligne cette contradiction désastreuse en terme tant d'influence de la France que de bonne gestion des fonds publics.

D'autre part, l'avenir linguistique du monde n'est pas l'anglais, langue unique, mais le multilinguisme. Certes il faut disposer d'un véhicule linguistique commun pour circuler facilement dans le "village global", mais les élites qui militent pour l'anglais langue unique font fausse route. Elles donnent une mauvaise réponse à un vrai besoin.

Tout d'abord, elles font abstraction de l'évolution vers un monde multipolaire, y compris linguistique, du fait de la montée en puissance des langues des hyper-puissances émergentes telles que la Chine, et de l'essor de langues internationales comme l'espagnol ou l'arabe.

Par ailleurs, la langue unique uniformise les modes de vie au profit de la langue choisie. Quand il s'agit de l'anglais, c'est d'autant plus grave que cette langue est non seulement la plus importante des langues véhiculaires qu'ait connu l'humanité, mais qu'elle porte la pensée unique d'essence nord-américaine. Enfin, le principe de précaution doit être rappelé. Qui peut dire quels seront les choix linguistiques du XXIe siècle alors que les États-Unis ne sont plus la seule hyper puissance ?

Il existe une alternative : le multilinguisme, qui donne accès aux mêmes possibilités. Il permet, en effet, d'acquérir la langue dominante qui, d'ailleurs, peut changer. Mais le multilinguisme n'enferme pas. Il offre une respiration vers d'autres cultures. C'est un facteur d'ouverture, un antidote au repli identitaire et au choc des civilisations et donc une composante fondamentale de la culture de la paix. Il est accessible au plus grand nombre comme le montrent les situations sociolinguistiques de nombreux pays.

Les partisans de la langue unique ont choisi le grignotage. Ils avancent leurs pions au nom du bon sens sans se préoccuper des conséquences et des autres défis posés par la mondialisation. C'est aujourd'hui ce Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République socialiste du Vietnam, pour la création et le développement de l'Université des Sciences et des Technologies de Hanoï.

On continue donc une politique qui est un échec depuis des années. Pour la France, c'est un contre-sens stratégique.

Lyon, le 24 janvier 2013
Michel Guillou
Membre de l'Académie des sciences d'Outre-mer, président du Réseau international des chaires Senghor de la Francophonie


nouvelles/presse.gifNouvelles de février 2013 - le 01/02/2013 - 09:42 par MAR

Nouvelles de février 2013

- Yves Montenay : La sclérose de l’idée européenne (01/02) (lien et ci-dessous)
- H. Carrère d'Encausse grand témoin de la Francophonie des JO d'hiver 2014 (lien)
- Expo-langues : Les langues au défi du numérique du 6 au 9 février 2013 (lien)
- Le Devoir : Pour ou contre l’impérialisme culturel anglo-américain ? (lien)


Yves Montenay : La sclérose de l’idée européenne publié sur le site des Échos (1er février 2013)

notamment pour ce passage concernant l'anglais :

(...)

Qu'est-ce qu'un nationaliste, qu'un chauvin ?

Pour le savoir ce n'est pas en France qu’il faut aller mais en Chine, en Algérie et, un cran en dessous, aux États-Unis. Mais restons en France. Ce serait quelqu’un qui tiendrait notamment à sa langue et sa culture, actuellement menacées par la bureaucratie bruxelloise, intelligemment "lobbyisée" par une Angleterre qui sait en tirer des avantages (voir les 18 milliards d'euros qu'elle en tire annuellement, du seul fait de l'usage de l'anglais d'après le rapport Grin) tout en en évitant les solidarités.

Je sais que certains estiment que l'anglicisation est inévitable, voire souhaitable, mais ils ne mesurent pas la déqualification massive, et donc les frustrations, les injustices et finalement le sous-développement que cela entraînerait, car on est plus efficace dans sa langue maternelle que dans une langue imposée. Mais la partie de notre élite qui a eu le loisir d'apprendre et de pratiquer l'anglais et qui constate qu'il est nécessaire dans son travail, ne se rend pas compte que la majorité des Français est dans une situation tout à fait opposée.

(...)

(pour lire cette tribune en entier)


nouvelles2/mesr.jpgCommunication & enseignement scientifiques en français - le 28/01/2013 - 23:04 par A_Salon

Communication et enseignement scientifiques
en langue française

Nécessité d'une politique linguistique de la recherche
Mémoire au Ministère de la Recherche
et de l’Enseignement Supérieur,
présenté par les associations

 

Télécharger le mémoire


Message accompagnant le mémoire à destination de la Présidence de la République

Monsieur le Secrétaire Général, Madame la Directrice du Cabinet du Président de la République, Messieurs

L'avant-projet de loi portant réforme de l'enseignement supérieur, élaboré sous la responsabilité de Mme Geneviève Fioraso, contient une disposition qui réduit gravement le rôle du français comme langue d'enseignement dans nos universités et grandes écoles.

Aux termes de la loi n°665 du 4 août 1994, dite "loi Toubon", votée en application de l'article 2 de la Constitution modifiée, le français est la langue de l'enseignement, des examens et des concours.

Quelques exceptions de faible portée prévues par cette loi permettent toutefois, dans des cas précis, d'offrir des cours et conférences dans des langues étrangères.

Les partisans d'un véritable passage du français à l'anglais comme langue d'enseignement dans nos universités et grandes écoles ne se satisfont pas de ces quelques exceptions.

Ils essaient depuis des années de contourner la loi Toubon, faute de pouvoir obtenir son abrogation.

L'avant-projet de loi portant la réforme souhaitée par le gouvernement leur donnerait satisfaction puisqu'il insère un article - un de ses tout premiers - qui étendrait considérablement les exceptions, au point d'équivaloir en pratique à une abrogation discrète de la loi Toubon en matière d'enseignement supérieur.

Nos associations de défense et de promotion du français et de la Francophonie considèrent que cette démarche du MESR est contraire aux discours du Président et de plusieurs ministres de son gouvernement, et surtout à nos intérêts fondamentaux rappelés dans l'important Mémoire joint de 7 de nos associations, adressé à tous les responsables et milieux concernés.

Laisser filer notre enseignement supérieur à l'anglais, après avoir laissé filer les brevets européens sous le gouvernement précédent, c'est opérer le principal basculement de la France dans la sphère impériale mondialiste, et abandonner ce qui fait sa personnalité, sa force républicaine, l'unité de sa Nation, son rayonnement extérieur et la construction mondiale de la Francophonie.

Laisser - a fortiori faire - voter ce texte, qui donnerait au monde pour notre langue, la France et la Francophonie, un signal très clair de basculement de l'être vers le non-être, serait sans conteste une redoutable forfaiture.

La démarche en cause ne peut donc pas, à nos yeux, être celle de l'ensemble du gouvernement, encore moins du Président.

Nous pensons qu'il s'agit là d'une tentative de certains milieux mondialistes d'amener - en ricanant sous cape - ce gouvernement et cette majorité à couronner par une loi les efforts du précédent gouvernement, les rêves américains et anti-loi-Toubon des Valérie Pécresse, Richard Descoings, Pierre Tapie (tous "lauréats" successifs du prix annuel de l'académie de la "Carpette anglaise"), pour mieux inféoder la France à la finance impériale mondialiste.

Toutes nos associations françaises et québécoises de défense et de promotion du français et de la Francophonie, et non pas seulement les sept porteuses du Mémoire joint, demandent - à travers vous - au Président de la République de trancher, à son niveau qui est le seul approprié, cette question éminemment politique, avant que le projet de loi ne soit présenté au Parlement et - a fortiori si la loi venait à être votée avec cet article incriminé - avant un éventuel recours au Conseil Constitutionnel, sur

le fondement de l'article 2 de la Constitution de 1958, tel qu'il fut modifié en 1992 par l'ajout : "La langue de la République est le français".

Nos associations savent bien que, dans ce domaine comme dans d'autres où le recours souhaité à un referendum paraît exclu tant la réponse du peuple est redoutée, il faut trouver d'autres voies pour faire remonter politiquement la vox populi.

C'est le sens de la campagne lancée il y a quelques mois en faveur du français par 40 associations - les quarante qui avaient au printemps 2012 demandé aux candidats à la Présidence de la République, puis aux candidats à la députation, de souscrire "10 engagements" pour notre langue.

Cette campagne "Communes de France pour la langue française" vise à rassembler assez de votes de notre manifeste franco-québécois par des conseils municipaux dans toute la France pour équivaloir, en fin de compte, à un referendum d'initiative populaire. Nous escomptons son succès avant les élections municipales de 2014.

Mme Geneviève Fioraso a été la première saisie de notre démarche. Notre lettre de saisine est reproduite ci-dessous.

Elle a été adressée en copie à Mmes Aurélie Filippetti et Yamina Benguigui.

Les parlementaires vont être saisis à leur tour.

Divers mouvements français et québécois, et des médias, suivront.

Au nom des sept associations signataires de l'important Mémoire joint, dans l'espoir que vous voudrez et pourrez empêcher le vote de cette très large ouverture de nos universités et grandes écoles à l'enseignement en anglais, en substitution progressive et rapide au français, nous tous vous prions d'agréer l'expression de notre considération inquiète.

Albert Salon, docteur d'État ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur dans l'Ordre national du Mérite, président d'Avenir de la langue française.


nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2013 (2) - le 21/01/2013 - 09:28 par MAR

Nouvelles de janvier 2013 (2)

- Semaine de la langue française et de la Francophonie du 16 au 24 mars 2013 (lien)
DGLF : publication de nouveaux termes officiellement recommandés  (lire ci-dessous)
- Une Communication d'Yves Montenay  : "La pyramide des langues" (lien)
- La Liberté (Fribourg) : Franglais, quand tu nous tiens ! (25/01) (lien)
- Le "Club Med" traite ses clients fidèles de "Great members ! " (lien)
- Nouvelle émission sur TV5 monde : Destination francophonie (11/1) (lien)


DGLF : publication de nouveaux termes officiellement recommandés 

La Commission générale de terminologie et de néologie a publié de nouvelles listes de termes au Journal officiel en janvier 2013.

Parmi ceux-ci, mot-dièse très remarqué par la presse, mais aussi d'autres termes généraux très liés à l'actualité. On retiendra par exemple, achat à effet de levier (LBO) et établissement à fort effet de levier (HLI) ou en informatique, logiciel à la demande (SaaS) et matériel à la demande (HaaS) ou encore usurpation d’adresse électronique ( e-mail spoofing). [Lire les exemples plus bas]

Vous pouvez découvrir ces termes et leur définition en vous connectant à la base de données http://franceterme.culture.fr/FranceTerme dans la rubrique "Les termes publiés", à droite sur la page d’accueil.

France Terme, a par ailleurs fait l'objet d'une refonte graphique et sera prochainement intégré au portail Culture.fr, revêtira en février 2013 une toute nouvelle forme.


Quelques exemples

mot-dièse, n.m.
Domaine : Télécommunications-Informatique/Internet.
Définition : Suite signifiante de caractères sans espace commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d’intérêt et est insérée dans un message par son rédacteur afin d’en faciliter le repérage.
Note :
1. En cliquant sur un mot-dièse, le lecteur a accès à l’ensemble des messages qui le contiennent.
2. L’usage du mot-dièse est particulièrement répandu dans les réseaux sociaux fonctionnant par mini-messages.
3. Pluriel : mots-dièse.
Équivalent étranger : hashtag.

achat à effet de levier
Abréviation : AEL.
Domaine : Finances.
Définition : Acquisition d’une entreprise au moyen d’un faible apport de capitaux propres et d’un recours important à l’emprunt.
Voir aussi : établissement à fort effet de levier.
Équivalent étranger : leveraged buy-out (LBO).

établissement à fort effet de levier
Abréviation : EFEL.
Domaine : Finances.
Définition : Établissement spécialisé dans l’achat et la vente d’actifs, dont le financement repose sur une proportion importante d’endettement par rapport aux fonds propres engagés.
Voir aussi : achat à effet de levier, fonds spéculatif.
Équivalent étranger : highly leveraged institution (HLI).

flux de dépêches
Domaine : Informatique/Internet.
Définition : Suite de données générées automatiquement par un site de la toile pour permettre l’accès aux nouveautés de ce site.
Note : Certains sites proposent, sur leur page d’accueil, un bouton qui donne la possibilité de s’abonner au flux de dépêches.
Voir aussi : syndication.
Équivalent étranger : really simple syndication (RSS), RSS feed.

impression en ligne
Domaine : Informatique/Internet.
Définition : Service en ligne qui permet de faire réaliser tout type d’impression et de façonnage.
Équivalent étranger : e-printing, web2print, web-to-print.
Attention : Cette publication annule et remplace celle du Journal officiel du 26 octobre 2006.

infrastructure à la demande
Domaine : Informatique.
Définition : Prestation de service qui propose à un client l’utilisation à distance d’une infrastructure comprenant du matériel et des logiciels, et dont le coût correspond à leur usage effectif.
Note : On trouve aussi, dans le langage professionnel, le terme "infrastructure sous forme de service".
Voir aussi : informatique en nuage, logiciel à la demande, matériel à la demande.
Équivalent étranger : infrastructure as a service (IaaS).

logiciel à la demande
Domaine : Informatique.
Définition : Prestation de service proposant à un client l’utilisation à distance d’un logiciel et dont le coût correspond à son usage effectif.
Note : On trouve aussi, dans le langage professionnel, le terme "logiciel sous forme de service".
Voir aussi : informatique en nuage, infrastructure à la demande, matériel à la demande.
Équivalent étranger : software as a service (SaaS).

usurpation d’adresse électronique
Domaine : Informatique/Internet.
Définition : Pratique consistant à utiliser frauduleusement une adresse de courrier électronique appartenant à une autre personne.
. .Note : L’usurpation d’adresse électronique est le plus souvent utilisée pour envoyer en grand nombre des courriels indésirables.
Équivalent étranger : e-mail spoofing.


nouvelles/presse.gifPremières nouvelles de 2013 - le 06/01/2013 - 17:51 par MAR
Premières nouvelles de 2013
- Laurent Fabius exige le français d'une journaliste d'AP (11/1) (lire ci-dessous)
- Alain Juppé : "J'ai horreur du franglais au travail" (7/1)   (lien)
- Le prochain sommet de la Francophonie au Sénégal en 2014 (5/1)   (lien)
- Asso. Radicale Espéranto contre Amazon qui ne respecte pas l'italien (ci-dessous)
- IPAG/ CEDOCA conférence sur la Francophonie avec Albert Salon le 15 janvier  (lien)

Laurent Fabius exige le français d'une journaliste d'AP (11/1)

Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, lors d'une conférence de presse  sur la situation au Mali le 11 janvier à un journaliste de l'Associated Press qui voulait lui poser une question, lui réplique  : "En français !"
Une autre question a été posée peu après par une autre journaliste, de l'AP également, ... en français.

Le message a été bien compris !  (lien vers le site du ministère)


Amazon et le respect italien, Giorgio Pagano (ERA) : Amazon fait payer un "pot-de-vin" de 49 Euros en plus pour un Kindle qui ne lit pas l'italien.

Déclaration de Giorgio Pagano, Secrétaire de l'Association Radicale Espéranto

Un des produits les plus vendus sur Amazon est le Kindle, un objet électronique appelé "E-book reader" qui a la fonction "du texte à la voix", c'est à dire qu'il lit le texte d'un livre numérique qu'on peut écouter avec des écouteurs ou des haut-parleurs. Pourtant, ceux qui sont vendus en Italie ne lisent pas l'italien.

“Les entreprises multinationales anglo-américaines utilisent la discrimination linguistique pour des buts coloniaux depuis toujours, et Amazon n'est pas une exception” a commenté Pagano.

“Pour sa Bibliothèque de la Non-Violence, l'ERA en a acheté deux de haute gamme notamment pour donner aux non-voyants et aux ipovoyants la possibilité de lire des livres en les écoutant et c'est une opportunité que tout le monde apprécie. Nous avons donc découvert amèrement que ces objet à la coquette somme de 199 euros lisent très bien les livres en anglais mais pas du tout ceux en italien. Et Amazon vend le même Kindle Fire aux États-Unis à 199$, c'est à dire 150 euros !”a continué le Secrétaire de l'Association Radicale Esperanto.

“L'aspect non secondaire de ces politiques est d'inciter au collaborationisme et de corrompre les esprits en fonction de la colonisation : seulement si tu lis des livres dans notre langue tu es récompensé ; si tu trahis, tu nies ta culture et choisis la notre, tu auras de plus avec nous, tu vas gagner avec nous. C'est ça le message caché qui passe.

Amazon nous fait payer un "pot-de-vin" de 49 euros pour un produit qui en vaut 150 et qui lit les livres américains mais pas ceux dans notre langue et probablement dans les autres langues européennes. Si on ajoute que chez nous Amazon fait beaucoup d'affaires et paye peu d'impôts, alors la mesure est pleine. Amazon doit courir à l'abri et résoudre le problème en s'excusant avec les italiens, dont la langue et la culture doivent être respectées. Et sans le 49 euros de "pot-de-vin" en plus, parce que nous sommes italiens !”, a conclu le Secrétaire de l'ERA.

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nouvelles2/defense.jpgLe Ministère de la Défense et la Langue française - le 04/01/2013 - 14:17 par Albert_Salon

Le Ministère de la Défense
et la Langue française

mémoire sur la sanctuarisation du français envoyé
au Ministre et à de hauts responsables, au nom
de 40 associations dont 32 françaises

 

Paris le 27 décembre 2012

A Monsieur Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense

Mémoire sur la "sanctuarisation du français" au Ministère de la Défense et au sein des Armées de Terre, de Mer et de l'Air

Présenté par l'association Avenir de la langue française (ALF), représentant les associations de promotion du français et de la Francophonie dont la liste est jointe, en exécution d'une décision prise le 31 octobre 2012 en audience au Cabinet du Ministre accordée à ALF par MM. Jean-Christophe Le Minh, Gaëtan Bruel et Fabien Menant.

 

I) Le lien étroit en France entre Armée et Nation et entre Défense et Langue française :

En France, ce lien est encore plus étroit qu'il ne l'est dans les autres États-Nations où une seule des langues nationales est officielle. En France, parangon d'État-Nation où la langue française a joué et joue un rôle crucial dans la conscience et l'unité nationales depuis la Renaissance et François 1er, en passant par la grande Révolution, les lois scolaires de la IIIème République, et les campagnes de ses armées, la défense de la Nation et l'illustration de la langue officielle sont venues à se confondre. D'ailleurs, la Constitution, depuis 1992, dispose que "La Langue de la République est le français" et une loi du 4 août 1994, dite "Loi Toubon", impose l'emploi du français à toutes les administrations et services publics de France, donc aussi à la Défense.

Le lien est d'autant plus fort en France qu'à côté du rayonnement mondial pluriséculaire de sa littérature et de l'ensemble de sa culture, les campagnes de ses armées et les œuvres de ses nationaux ont hissé la langue française au niveau d'une des grandes langues mondiales, présentes sur tous les continents et dans les grandes institutions internationales.

Quel que soit le jugement que l'on porte aujourd'hui sur la nature et les modalités de cette expansion, et quelque degré de repli qu'elle ait pu subir depuis trois quarts de siècle en certains endroits, il n'en reste pas moins que la dimension de langue mondiale du français fait partie intégrante de la conscience nationale des Français, plus particulièrement chez ceux et celles qui choisissent de servir leur pays sous les drapeaux.

 

II) L'opposition est frontale avec le lien entre Empire anglo-saxon et Langue anglaise :

A la différence de beaucoup de grands empires qui l'ont précédé dans l'histoire, l'empire anglo-saxon, encore puissant pour quelque temps, a lié très étroitement son expansion politique, économique et culturelle, à l'expansion de l'anglais et de l'anglo-américain. Il l'impose, par tous les moyens à sa disposition, à tous ses vassaux et alliés, et, dans son rôle de langue mondiale, à tous les organismes internationaux, contre toutes les autres langues de culture et de grande communication.

Depuis une vingtaine d'années, cet empire constate l'érosion inéluctable de son hégémonie mondiale sur les plans politique et économique et même culturel. Il s'emploie alors à freiner l érosion dans toute la mesure du possible en s'appuyant sur toutes les institutions internationales - dont l'OTAN - qu'il dirige ou influence fortement, et sur la langue anglo-américaine, relais d'empire.

 

Le lien linguistique impérial anglo-saxon s'oppose ainsi frontalement au lien linguistique national français.

Si le premier semble être l'emporter sur le second malgré le déclin de l'empire américain, c'est dû à ses relais dans le monde entier, particulièrement en Europe, et en France.

L'empire bénéficie en effet de l'aide délibérée et rémunérée des gouvernements qui se sont succédé à Paris depuis 1974, et d'élites françaises désireuses d'afficher leur appartenance à une oligarchie mondialisée dont elles profitent encore. Ce sont les mêmes personnages qui, tels Mme Pécresse et MM. Pierre Tapie et Richard Descoings, étendaient les enseignements en anglais pour les étudiants français dans nos universités et grandes écoles, et qui, tel M. Luc Chatel, pressaient pour l'introduction massive de l'enseignement de l'anglais dès la maternelle.

Ces gouvernements successifs ont pris des décisions relatives aux alliances transatlantiques et à une forme d'intégration européenne qui ont pour conséquences de diluer la souveraineté de la Nation, et de mettre sa défense au service d'intérêts qui sont de plus en plus étrangers, essentiellement de l'empire. Cela dans la langue impériale imposée comme nécessaire, notamment au nom d'une sacro-sainte "interopérabilité" des stratégies et tactiques ainsi que des unités amenées à travailler ensemble en vue d'objectifs présentés comme communs.

Les exemples abondent. Laissons-en citer (1), par un amiral ancien de l'aéronavale, puis (2), par un dirigeant de notre association partenaire : " COURRIEL" :

 

1) Dans l'anodine revue "le Mérite", organe officiel de l'ANMONM, n°125, octobre 2010, figure en p.27 l'échange suivant. L'interrogateur est un civil, président honoraire de la section de l'Hérault de l'ANMONM, l'interrogé est le général de corps d'armée Charpentier, commandant des Forces terrestres françaises :

Question : "j'évoquais l'Europe (…). On peut parler le même langage sans parler la même langue. Comment est organisée la communication entre les forces européennes ?" Réponse : "Il n'y a aucune ambiguïté : la seule langue de travail possible est l'anglais. Nous ne sommes pas une enceinte de discussion où chacun doit pouvoir exprimer sa sensibilité sur tel ou tel sujet ! Nous avons des missions à remplir qui se caractérisent par des prises de risque et la mise en danger de nos soldats. Nous devons donc parler la même langue, afin que les mots signifient la même chose quelle que soit la nationalité de celui qui les reçoit. Dorénavant, celui qui refuse ce fait est exclu du système ! Nous avons pris les mesures depuis déjà un certain temps pour répondre à cette contrainte, nos propres exercices se conduisent le plus souvent dans un cadre international et donc en anglais. C'est également la langue de travail du CRR-FR de Lille (corps de réaction rapide - France état-major de corps d'armée dédié à l'OTAN) qui compte pourtant ¾ de Français, et environ 80 militaires étrangers de 12 nations." Nous voilà donc fixés : pas de discussion, sous peine d'exclusion…vive l'armée ! Mais je voudrais bien savoir qui ORDONNE à nos militaires d'adopter cette attitude, avec quelle justification et sous peine de quelles sanctions. Je crains fort, malheureusement, qu'il s'agisse d'un excès de zèle d'une bande de lèche-bottes haut placés et de ministres dont la règle serait "je suis leur chef, donc je les suis".

Aux armes, citoyens, je compte sur vous tous pour que les traîtres sentent que le terrain se dérobe sous leurs pieds" ou, encore en 2010 ! : L'armée française, à l'approche du sommet de l'OTAN, se devait de "communiquer" sur l'Afghanistan. Elle l'a fait par le biais d'un dépliant, distribué à chaque militaire, expliquant les raisons de l'engagement sur cette terre lointaine. Édité conjointement par le ministère des affaires étrangères et européennes et le ministère de la défense, il a la particularité d'être entièrement… en anglais. Nous avons déjà eu droit en 2008, lors du départ à la retraite du général DAMAY (commandant le CRR-FR) à une prise d'armes dans la langue d'Eisenhower, à l'intérieur-même de la prestigieuse citadelle de Lille. Voilà une nouvelle atteinte à la Constitution qui précise, en son article 2, que "la langue de la République est le français".

 

2) "les prises d'armes en ANGLAIS déstabilisent les militaires et sont contraires au lien le plus évident entre l'armée et la Nation. Elles ne se font pas que dans le cadre de l'OTAN : un sergent de l'école des sous-officiers, du coté d'Albi, me le confirmait encore l'an passé, ainsi que son trouble... Le drapeau devrait être indissociable de la langue qui l'illustre, langue unique et constitutionnelle de la République. A quand des régiments avec une devise en anglais, comme un vulgaire club de basket de province ?" "Une règle récente dispose que l'on ne peut plus monter en grade dans l'armée FRANÇAISE sans réussir à un test de langue en anglais. Non en langue étrangère (là où l'armée aurait vocation, sur le nombre de ses personnels, à encourager la diversité pour se garantir d'avoir toujours quelques soldats parlant l'idiome du théâtre d'opération --d'autant que les théâtres les plus récurrents sont connus et parlent des langues proches...), mais bien "en anglais". Cela signifie que le courage, la compétence technique, le dévouement au drapeau ne sont plus suffisants en France, et que pour monter il faut être "formaté" à l'anglo-saxonne. A minima qu'une compétence "transverse", "secondaire", prend le pas sur les compétences métiers (stratégie, tactique, qualité de meneur/charisme, loyauté, bravoure au combat). C'est grave, et constitue un nouveau fossé entre l'armée et le peuple qu'elle sert, où l'anglais, quoique progressant et insidieux, n'est pas encore la norme de l'élévation sociale, fort heureusement ! D'ailleurs, le niveau d'anglais est testé... quid du niveau... de français ? Au reste, c'est un frein supplémentaire au recrutement, à un moment où celui-ci, de l'extérieur du moins, semble difficile... Nul en anglais, pas de grade..."

Dans la pratique, tant la plupart de nos élites que certains de nos hauts gradés eux-mêmes, fascinés par les "modèles militaires" - modèles pourtant fort discutables ! - des États-Unis et de leur OTAN, et séduits les quelques postes de prestige auxquels on leur permet de prétendre, tendent à aller au-delà des circonstances où l'emploi de l'anglo-américain peut être nécessaire. On assiste alors à ces manœuvres et exercices franco-français commandés en "globish" - souvent approximatif, du reste - sous le fallacieux prétexte de s'entraîner ainsi à mieux parler la langue du maître lorsqu'on travaillera en sa présence.

Les excès de zèle encouragés le plus souvent par les hiérarchies aboutissent à des situations grotesques en France, où nos soldats sont obligés de manœuvrer et parader en anglais même en l'absence d'étrangers anglophones !

 

III) Les conséquences actuelles de cette opposition des modèles :

Alors que dans l'OTAN, comme à l'ONU et dans les institutions européennes, le français est langue officielle et de travail, il est éliminé dans les faits par les efforts opiniâtres conjugués des Anglo-Saxons, des étrangers non francophones qui choisissent l'anglais, et des Français qui font de même en abandonnant d'eux-mêmes leurs prérogatives.

On passe alors de l'"interopérabilité" à l'irréversibilité, à un véritable totalitarisme de la langue et de la pensée uniques. La pensée dominante des Anglo-Saxons, qu'elle soit géostratégique, stratégique, tactique, ou dans tout autre domaine, devient la seule pensée possible, au service, tout naturellement, de leurs seuls intérêts politiques, militaires, économiques.

Les intérêts fondamentaux des principaux pays du continent européen, au premier chef ceux de la France - le principal rival - s'en trouvent occultés, oubliés, niés, puis combattus.

Il s'agit d'abord du maintien de son unité nationale, battue en brèche par les régionalismes, les communautarismes et l'islam radical encouragés et financés par l'empire et par son relais bruxellois.

L'intérêt de la France pour une Europe des Nations aux langues et cultures diverses (Umberto Eco : "La langue de l'Europe, c'est la traduction") est bafoué.

La nécessaire politique méditerranéenne est torpillée à la fois par l'UE et par l'Allemagne, et l'anglais a gagné le siège à Barcelone de l'Union pour la Méditerranée (UPM).

Les politiques françaises de grand large à l'égard de la Russie, de la Chine, de l'Amérique latine, et ses politiques les plus traditionnelles et ancrées à l'égard des pays arabes, du continent africain, de la Belgique et du Québec, du français dans le monde, des pays francophones et de la Francophonie organisée, sont entravées, voire sabotées.

Chaque fois, dans son histoire, que la France a choisi le continent européen au détriment du Grand Large, en oubliant ses territoires d'Outre-mer, et son gigantesque espace maritime, elle a subi les plus graves dommages.

Or, son espace maritime reste aujourd'hui le deuxième du monde (11, 2 M. de km²) juste derrière celui des États-Unis d'Amérique. Il offre un extraordinaire potentiel - notamment de ré industrialisation - dans les domaines de l'eau et du dessalement, de l'alimentation animale et humaine (pêche, algues…), de l'énergie (marées, courants, vagues, hydrothermie), des fonds marins (nodules, terres rares), du sous-sol océanique (pétrole, gaz). Il offre aussi, en français, un immense potentiel de développement des DOM-COM (laboratoires de modèles politiques, économiques et sociaux).

L'empire et l'OTAN contribuent à détourner le gouvernement français de ce potentiel et de l'impératif de sa protection par le développement d'une défense navale et aéronavale propre et appropriée, en français.

Idem, mutatis mutandis, pour l'ensemble de la Francophonie.

Les prétendues "élites" françaises semblent, depuis près de 40 ans, avoir choisi à nouveau le continent, en fait sans véritable débat, et même la fusion dans une partie de ce continent dominée et pilotée par l'empire avec l'aide de pays germaniques d'Europe du Nord.

Ce qui change, par rapport aux périodes antérieures où les horizons français furent réduits à l'Europe, mais où la défense de la France restait tout de même française et en français, c'est qu'aujourd'hui notre Défense sert beaucoup plus les intérêts de l'empire que les intérêts fondamentaux de la France, et qu'elle doit les servir de plus en plus en anglo-américain, en marginalisant l'usage du français.

C'est là saper en France l'idée de défense nationale, le patriotisme et l'esprit de défense du soldat et du peuple français, sans lesquels il ne saurait y avoir de défense qui vaille.

Rares sont d'ailleurs les Français qui seraient prêts à mourir pour l'empire, ou l'UE son relais.

Les qualités opérationnelles de l'Armée française, apparemment très appréciées de nos "alliés", pourraient bien disparaître si l'on transformait cette Armée en une armée de supplétifs impériaux, aux liens coupés avec la Patrie.

Il est grand temps de lui rendre au moins la langue française !

 

IV) Pour une "sanctuarisation dynamique" de la langue française dans la Défense de la Nation :

L'actuel gouvernement ne semble pas, hélas, vouloir faire sortir à nouveau la France du commandement intégré de l'OTAN dans lequel le gouvernement précédent avait commis la faute politique nationale majeure de l'y avoir réintégrée. Il reste de surcroît très soucieux de respecter les directives de l'UE, sans pouvoir changer sensiblement ses orientations fondamentales : libérales en économie et impériales en politique internationale, négligeant ainsi plusieurs des intérêts fondamentaux du pays. La place de la langue française dans la défense nationale ne peut donc être améliorée qu'à la marge.

Dans ces conditions, ce que nous pouvons attendre d'un gouvernement et d'un Ministre de la Défense qui seraient soucieux de ne pas insulter l'avenir, et de préserver la possibilité de revenir un jour à une défense des intérêts fondamentaux de la France et non d'un empire qui l'étouffe, c'est au moins d'en repousser l'irréversibilité et le totalitarisme.

Au niveau le plus élevé de la politique, il s'agit de la conscience de tout ce qui distingue le soldat du mercenaire ou du supplétif. Il s'agit des raisons de risquer la vie du soldat. Il s'agit, dans ce domaine, ou plutôt : par ce domaine militaire de si hautes traditions et valeurs chez nous, de restaurer la dignité et la fierté de la Nation. Ce n'est pas concevable dans une langue étrangère imposée. Celle-ci ne peut être qu'une commodité, une utilité lorsque les circonstances d' "interopérabilité" l'exigent impérativement.

Pour le reste, le français doit rester la langue de notre Armée comme de notre État.

Nous nous concentrons donc sur les applications et modalités de l'action de "sanctuarisation dynamique" de la langue française dans le domaine français et francophone de la Défense.

 

1) La sanctuarisation peut trouver une application au sein même des institutions à direction impériale : particulièrement de l'OTAN :

L'OTAN a deux langues officielles et de travail : l'anglais et le français. La sanctuarisation consiste ici à faire respecter dans la pratique le statut du français. En matière juridique, les deux langues officielles (français et anglais) font également foi en ce qui concerne le sens des décisions (organisation, responsabilités, commandement, délégations, coordination, administration…). Une langue de travail a un statut légal dans un organisme international, comme son moyen principal de communication. En premier lieu, c'est la langue employée pour la correspondance et la conversation quotidiennes, puisque l'organisation a en général des membres qui proviennent d'environnements linguistiques et culturels diversifiés. La langue de travail est tout aussi importante que la langue officielle, car elle conditionne le travail effectivement réalisé, et in fine le rayonnement culturel d'un pays.

Au sein de l'Alliance, la France n'est pas l'unique locuteur du français. Le choix du français n'était pas, à l'origine en 1949, destiné à satisfaire un éventuel "ego" des Français : il s'agissait de réduire, au moins en apparence, le présumé impérialisme linguistique de l'ensemble anglo-saxon (largement dominant en puissance militaire, bien sûr, avec les EU, le Royaume-Uni et le Canada anglophone) grâce à une langue française partagée par plusieurs - quatre - États : Canada, Belgique, France, Luxembourg…

En sus des Canadiens, des Belges francophones et des Luxembourgeois, les pays de langue latine ont, eux aussi, apprécié de ne pas se sentir soumis à (ou écrasés par…) un impérialisme linguistique déjà suffisamment dominateur dans tous les autres domaines.

A partir de ces données de base, langue de travail et langue officielle, le ministre de la Défense dispose du pouvoir et de l'autorité pour ordonner à l'ensemble des personnels militaires et civils relevant de son ministère de :

- s'exprimer en français lors des prises de parole officielles et dans l'écriture des courriers ou fiches de travail ;

- exiger la traduction systématique des documents ;

- exiger la présence d'un interprète dans les réunions de travail.

- exiger de tout candidat des diverses nationalités à un poste à l'OTAN une connaissance du français comme de l'anglais.

 

2) Sanctuarisation en France même et au sein des unités françaises en opérations extérieures, en dehors des institutions internationales :

Dans ses domaines de compétence, le Ministre devrait :

- exiger des chefs militaires de ne pas renouveler l'exploit en dhimmitude de ce général lors d'une prise d'armes au Kosovo : donner tous ses ordres en anglais sous prétexte que la prise d'armes était en l'honneur d'une "huile" étatsunienne ;

- enjoindre à tous les responsables civils et militaires d'éviter toutes les situations humiliantes et grotesques, dommageables au patriotisme et à l'esprit de défense du soldat français, décrites dans la partie II du présent mémoire ;

- exiger de tous ses services l'application scrupuleuse des décisions des Commissions de Terminologie qui ont fait l'objet d'une parution au JORF ;

- créer une cellule interne de veille active pour l'emploi de notre langue ;

- prêter attention à ce qui paraît être un "détail" anecdotique, mais est en fait très symbolique : la bataille engagée - en France comme au Québec - entre les mots "mail" et "courriel". L'importance d'une instruction personnelle, donnée par le Ministre à tous les responsables concernés, d'employer le mot "courriel", validé par l'Académie française, est relevée dans la lettre d'accompagnement du présent mémoire.

Albert Salon , docteur d'État-ès-lettres, ancien ambassadeur, commandeur dans l'Ordre national du Mérite, président d'Avenir de la langue française.


nouvelles/presse.gifNouvelles de décembre 2012 (3) - le 02/01/2013 - 19:24 par MAR
Nouvelles de décembre 2012 (3)
- Espace francophone : le Sommet de la Francophonie de Kinshasa sur le site (lien)
- Le Monde : Quelle stratégie pour la culture française ? (18/12) (lien)
- El Watan : Un rapport apaisé à la langue française (14/12) (lien)
- CRI : Clôture de l'Année de la langue française en Chine (14/12) (lien)

Quelle stratégie pour la culture française ? lettre de Jean Hourcade parue dans Le Monde du 18 décembre 2012

La tribune Laure Kaltenbach et Olivier Le Guay "La culture nous sortira de la crise !" (Le Monde du 4 décembre) nous apprend que le poids économique de la culture (industries culturelles et créatives) en France est de 2, 8 % du PIB contre 6, 36 aux États-Unis. Alors que le monde anglo-saxon s’efforce avec constance de cantonner la France dans sa belle et flatteuse image de pays de culture et d’art de vivre… pour mieux lui contester sa prétention à demeurer dans la compétition en matière d’industries de pointe et de recherche scientifique, on voit combien il est exact qu’il n’y a pas de "culture innocente". La culture, c’est la demeure de notre être, mais c’est aussi notre pain quotidien (au propre et au figuré !).

Ces chiffres devraient donner à penser à nos nouveaux gouvernants et les conduire à définir sérieusement une politique culturelle en interne et à l’international. L’ancienne majorité a fait largement litière des efforts séculaires de notre pays pour promouvoir notre culture et notre langue à travers le monde. Les moyens ont été réduits dans tout le réseau des centres et instituts et la diffusion culturelle n’a même plus de direction dédiée aux Affaires Étrangères.

Dans le même temps, les Instituts Confucius et Cervantès se multiplient et nos médias diffusent à longueur de journée des films ou des séries américaines bradés, qui conditionnent nos enfants à la pensée unique made in USA. Bien sûr sans la moindre contrepartie sur les écrans d’outre-Atlantique.

Lol ! (si j’ose dire).


Jean Hourcade, L’Étang-la-Ville (Yvelines)


nouvelles2/danone.jpgDanone doit traduire en français ! (suite) - le 02/01/2013 - 19:23 par MAR
Danone doit bien traduire en français
ses logiciels internes
(5 décembre 2012)
 
La Cour d'appel de Grenoble confirme le jugement du 5 juillet 2012 du Tribunal de Grande Instance de Vienne dans lequel Danone était condamné à mettre à disposition de ses salariés l'intégralité des logiciels et documents en langue française.

L'affaire remonte à 2010, Danone entreprend alors de modifier son système informatique et élabore le projet "Thémis II". La mise en œuvre de ce système contraint les salariés à utiliser des outils et des document de travail en anglais dès juin 2011.

Au printemps 2011, la CGT, le comité d'établissement et le CHSCT de l'usine de Saint-Just-Chaleyssin (304 salariés) avaient pourtant décidé de saisir le Tribunal de Vienne pour obtenir une traduction en français de tous les logiciels et documents.

Le 5 juillet 2012, le TGI rend son jugement et condamne Danone à la traduction. Danone fait appel en août.

Entretemps, Danone a mis à disposition des salariés un outil, 'Babylone", qui permet d'assurer la traduction simultanée de l'intégralité des mots anglais contenus dans les logiciels. Mais, dans ses "attendus", la Cour d'appel remarque que l'outil de traduction - qui fait du mot-à-mot - ne répond pas aux exigences de l'article L 1321-6 du code du travail, à savoir tous les documents nécessaires à l'exécution d'un travail doivent être traduits en français.

En plus de l'obligation de faire mieux en matière de traduction, Danone est condamné à verser 3 000 euros au syndicat CGT.
 
 

nouvelles2/cuvillier.jpgFrédéric Cuvillier Carpette anglaise 2012 - le 13/12/2012 - 22:40 par Albert_Salon
Frédéric Cuvillier,
ministre délégué aux Transports, à la Mer et à la Pêche
Carpette anglaise 2012
[ainsi que l'AFII et l'INPI, à titre étranger]

Communiqué de L’Académie de la Carpette anglaise

L'académie de la Carpette anglaise1 s'est réunie le 12 décembre 2012. Le jury, présidé par Philippe de Saint Robert, était composé de représentants du monde associatif2 et littéraire.

Au premier tour de scrutin, par cinq voix sur neuf, la Carpette anglaise 2012 a été décernée à M. Frédéric Cuvillier, ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche pour avoir déclaré, selon Le Parisien, que, dans le domaine du transport, "l'anglais devrait être la langue d'usage et de rédaction des documents officiels harmonisés".

Le prix spécial du jury à titre étranger 3 a été décerné au premier tour de scrutin, par cinq voix sur neuf, à l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII) et l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) pour la campagne publicitaire "Say oui to France, say oui to innovation", qui promeut la France à l'étranger en utilisant l'anglais comme seul vecteur de communication, au lieu de s'adresser dans la langue des pays visés par cette campagne.

Anne Cublier, Benoît Duteurtre, Yves Frémion et Dominique Noguez sont membres de cette académie.

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1 La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des "élites françaises" qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française.

2 Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Courriel (Collectif unitaire républicain pour la résistance, l'initiative et l'émancipation linguistique), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DDC).

3 Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise. 

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
Courriel : parlerfranc@aol.com
Académie de la Carpette anglaisechez Le Droit de Comprendre, 34 bis rue de Picpus, 75012 Paris.


en savoir plus sur la Carpette anglaise

voir la liste des précédents lauréats


nouvelles2/erasmus.jpgErasmus : 4 ministres contre changement en "YES Europe - le 13/12/2012 - 14:19 par MAR

"Erasmus " : 4 ministres français écrivent à Barroso
contre un changement de nom en "YES Europe"

La France souscrit "pleinement aux objectifs et aux modalités du nouveau programme 'Erasmus pour tous' en cours de discussion au Parlement européen. Cette convergence de vues nous autorise toutefois à vous témoigner notre surprise quant au risque de voir le nom de ce programme abandonné." C'est ce qu'écrivent Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Laurent Fabius, ministre de Affaires étrangères, Vincent Peillon, ministre de l'Éducation nationale et Aurélie Filipetti, ministre de la Culture et de la Communication dans un courrier adressé le 23 novembre 2012 à José Manuel Barroso, président de la Commission européenne et dont AEF a eu copie. Ils font référence au fait que la commission culture et éducation du Parlement européen a proposé le 27 novembre dernier dans son rapport sur le nouveau programme, que celui-ci porte le nom de "YES Europe", acronyme de "Youth Education Sport" ("Jeunesse éducation sport"). Ce nouveau nom permettrait, selon le rapport des eurodéputés de mettre l'accent sur le volet jeunesse du nouveau programme.

Ce nouveau nom proposé par les députés européens s'apparente, selon les ministres français, à "un slogan publicitaire en anglais" et "ne semble pas constituer un message pertinent". Les ministres estiment qu' "un tel choix, s'il était confirmé, conduirait (…) les publics concernés à penser que les échanges universitaires peuvent se contenter de s'établir en une seule langue, qui plus est singulièrement appauvrie". Or, "c'est au contraire en s'appuyant sur la richesse de son patrimoine culturel et linguistique que l'Europe répondra aux défis de la société de connaissance". Selon les signataires de ce courrier, l'appellation "YES Europe" "enverra un signal malheureusement inverse".

"Maintenir la référence à Érasme"

Les ministres estiment que "la référence à une figure emblématique de la Renaissance est (…) particulièrement adaptée à un dispositif qui favorise la circulation des idées et des savoirs en Europe"."Par ailleurs, cette dénomination, installée de longue date dans les esprits s'identifie au succès de ce programme et il y aurait dès lors un grave inconvénient à en changer", ajoutent-ils.

Ils appellent donc la Commission européenne à "avoir la sagesse de renoncer à ce choix et de maintenir la référence à Érasme qui, loin de constituer un obstacle à la réussite de ce programme, l'a au contraire merveilleusement incarné".

L'opposition à la nouvelle appellation de "YES Europe" est partagée par certains eurodéputés, à l'image de Malika Benarab-Attou, députée européenne (groupe des Verts/Alliance libre européenne) qui le juge "assez terrible, notamment quand on considère que la devise de l'UE est 'unie dans la diversité'". Interrogée par AEF, elle explique que "la question de la diversité des langues revêt une importance particulière en Europe" et se dit donc "favorable au maintien du nom 'Erasmus pour tous', déclinable dans toutes les langues". Le rapport adopté par la commission culture et éducation du Parlement européen doit maintenant être débattu en séance plénière au mois de janvier 2013 pour une mise en œuvre en 2014."Nous allons essayer de faire bouger les lignes", indique Malika Benarab-Attou.


nouvelles/AN.jpgQuestions parlementaires décembre 2012 - le 12/12/2012 - 09:41 par MAR

Questions parlementaires décembre 2012

Nous avons réuni ici des questions écrites posées par des parlementaires :Question très complète de Sylviane Bulteau, députée de Vendée, sur la dégradation de la place de la langue française en Europe, dans le monde et au sein de notre propre pays et sur le manque de volonté passé et présent de faire changer cet état de fait. Une question de Jacques Legendre, sénateur du Nord sur l'ouverture à Rouen d'un mastère en management des arts, intégralement dispensé en anglais.

Suivie d'autres questions de députés sur la place de la langue française dans les institutions européennes, titres anglo-américains des émissions de télévision et publicités télévisées en anglais ;
et de questions de sénateurs sur le Qatar.
[Lire les textes ci-dessous]

Nous attendons avec impatience les réponses du gouvernement !
(pour avoir un panorama plus complet : regarder dans le menu de gauche Cadre institutionnel : Politique puis Questions des Députés et Questions des Sénateurs)

sur la dégradation de la place du français

Question n°12575 de Mme Sylviane Bulteau ( Socialiste, républicain et citoyen - Vendée )

Ministère interrogé > Francophonie

Question publiée au JO le : 04/12/2012 page : 7114

Texte de la question

Mme Sylviane Bulteau appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la place de la langue française en Europe, dans le monde et au sein de notre propre pays.

Au sein de l'Union européenne, d'abord , la langue allemande est celle qui compte le plus de locuteurs, suivie en cela par le français puis l'anglais. Il est donc inconcevable que le français ne soit aujourd'hui la langue "source" que pour seulement 8 % des documents qui émanent de la Commission européenne alors que sur le site internet de l'exécutif européen, seules 12 % des pages sont traduites en français. Systématiquement, les documents de travail sont transmis en anglais au Gouvernement français. Depuis de nombreuses années, les parlementaires de l'Assemblée nationale comme du Sénat alertent les gouvernements successifs sur le dramatique affaiblissement de notre langue et concomitamment de notre influence.

À l'échelle de la planète, ensuite , la régression dans l'ensemble des organisations internationales s'accélère, que ce soit à l'ONU ou dans les instances associées principalement où 90 % des textes sont d'abord rédigés en anglais. Il apparaît que de nombreux pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne respectent pas les engagements qu'implique leur participation à ce groupement : leurs diplomates parlent exclusivement l'anglais et leurs moyens de communication ne présentent souvent aucune version française (sites internet).

Dans le domaine de la coopération de sécurité et de défense, la situation n'est pas meilleure. Depuis que la France a rejoint l'OTAN, l'armée française s'est complètement convertie à l'anglais dans ses relations avec nos partenaires. Un exemple parmi d'autres : la force de gendarmerie européenne, pourtant créée à l'initiative de la France, et qui ne compte aucun pays anglophone en son sein, n'a qu'une langue de travail officielle : l'anglais. Son site internet est là aussi unilingue, en anglais.

Demain, grâce à l'Afrique, le français, actuellement 9e langue mondiale avec 200 millions de locuteurs, sera une des principales langues mondiales. À l'horizon 2050, avec 715 millions de locuteurs, elle sera toujours parlée sur chaque continent, privilège qu'elle partage avec l'anglais seulement.

En France même , enfin, on ne peut que constater une évolution néfaste. Les titres de films ne sont plus traduits, les émissions télévisées s'affublent de titres anglais, les radios rechignent à appliquer les quotas obligatoires de diffusion de chansons françaises pourtant nécessaires à l'émergence de nouveaux talents et réclament même pour certaines la prise en compte, dans ces quotas, des artistes francophones qui s'expriment en langue anglaise !

Nos grands groupes industriels nationaux eux-mêmes choisissent des slogans en anglais et travaillent dans cette langue.

De nombreuses grandes écoles , de Sciences Po à HEC, dispensent leurs cours en anglais, souvent, d'ailleurs, au mépris de la législation en vigueur.

La recherche scientifique et les brevets sont eux aussi concernés par cette évolution qui pénalise nos chercheurs et la visibilité de nos travaux académiques. Le chantier est énorme. Les rapports parlementaires s'empilent, les associations de défense de la langue multiplient les alertes mais la situation s'aggrave.

Cet état de fait doit cesser . Aujourd'hui, il faut agir vite, efficacement, de façon résolument offensive et cela en lien étroit avec les ministères concernés : Affaires étrangères, Éducation nationale, Défense, Culture, Redressement productif... Elle lui demande ainsi les actions qu'entend mener concrètement le Gouvernement tant auprès de la Commission européenne qu'auprès des membres de l'Organisation internationale de la Francophonie ou encore de nos relais politiques, économiques et culturels à l'étranger pour que le français retrouve toute sa place au service de notre rayonnement.


sur l'ouverture à Rouen d'un mastère en management des arts intégralement en anglais

Question écrite n° 03375 de M. Jacques Legendre (Nord - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 06/12/2012 - page 2791

M. Jacques Legendre attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur une violation caractérisée de la loi sur la langue française. Il a en effet pris connaissance avec surprise, dans les pages économiques d'un grand quotidien du matin, de l'ouverture à Rouen d'un mastère en management des arts (MSc in Arts management) dispensé par la "Rouen Business School", avec un programme de 15 mois à plein temps, intégralement dispensé en anglais.

Un tel enseignement, s'il est dispensé sur notre territoire par un établissement d'enseignement supérieur français viole manifestement les dispositions de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, dite "loi Toubon".

La volonté de dispenser un enseignement destiné à former des gestionnaires culturels nécessite évidemment d'avoir une bonne connaissance de plusieurs langues et en particulier de l'anglais.

Mais vouloir systématiquement ne former qu'en anglais des acteurs de la vie culturelle est parfaitement contradictoire avec le combat pour la diversité culturelle, et donc linguistique, dont la France et le monde culturel français sont d'ardents protagonistes.

Il lui demande donc quelles actions elle compte mener pour faire respecter la loi sur la langue française, en liaison avec Mme la ministre de l'enseignement supérieur.


sur la place du français dans les institutions de l'Union européenne

Question n°12576 de M. Guillaume Chevrollier ( Rassemblement-UMP - Mayenne )

Question écrite

Ministère interrogé Francophonie

Question publiée au JO le : 04/12/2012 page : 7114

Texte de la question

M. Guillaume Chevrollier attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la place allouée à la langue française dans les institutions de l'Union européenne. En effet la place de celle-ci s'est sensiblement dégradée ces dernières années que ce soit au niveau de la communication que des documents de travail ou des publications où l'anglais prédomine. Or l'Union européenne s'était engagée à respecter l'égalité linguistique. Il lui demande ce que le Gouvernement entend faire pour que ces engagements soient respectés et pour que le français retrouve la place qui devrait être la sienne.


Question n°10693 de M. Jacques Myard (UMP - Yvelines )

Ministère interrogé Affaires européennes

Question publiée au JO le : 20/11/2012 page : 6539

Texte de la question

M. Jacques Myard appelle l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, sur la situation de la langue française dans les institutions de l'Union européenne. À l'évidence, cette situation se dégrade rapidement : lors d'une simple visite des immeubles de la Commission, chacun peut constater que l'ensemble des affiches ou visuels vantant l'action de la Commission est exclusivement en langue anglaise. Les documents de travail, les publications des directions de la Commission ainsi que de ses agences, ne sont disponibles qu'en langue anglaise. Cette situation est particulièrement préoccupante et est directement contraire aux règles linguistiques de l'Union européenne, fondée sur l'égalité linguistique et le respect du statut des langues de travail au rang desquels figure le français. Elle est aussi directement contraire à nos intérêts dont l'emploi de notre langue est un élément essentiel. La Commission européenne est devenue une machine à angliciser. Il lui demande, en conséquence, quelles actions vigoureuses il entend mener pour mettre fin à cette situation scandaleuse, totalement préjudiciable à nos intérêts et dont la poursuite va inévitablement provoquer de violentes querelles linguistiques et mettre en péril l'existence même de la coopération européenne.


Question n°11909 de M. Dino Cinieri ( Rassemblement - UMP - Loire )

Ministère interrogé Affaires européennes

Question publiée au JO le : 27/11/2012 page : 6857

Texte de la question

M. Dino Cinieri appelle l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre des affaires étrangères, chargé des affaires européennes, sur l'utilisation de la langue française dans les instances européennes. De plus en plus souvent, les documents sont publiés en anglais sans être traduits dans d'autres langues. Ainsi, le 20 septembre 2012, la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a examiné le règlement financier du budget général de l'Union européenne, qui était présenté au vote dans un texte de 407 pages uniquement en anglais. Avec environ 100 millions de locuteurs, l'allemand est la langue maternelle la plus parlée dans l'Union européenne, suivi du français, puis de l'anglais. Il lui demande pour quelle raison le Gouvernement français n'a pas formulé une protestation solennelle contre une telle discrimination linguistique et exigé le respect des règles européennes.


sur les titres anglo-américains des émissions de télévision et les publicités en anglais

Question n°11910 de M. Jean-Jacques Candelier ( Gauche démocrate et républicaine - Nord)

Ministère interrogé > Culture et communication

Question publiée au JO le : 27/11/2012 page : 6887

Texte de la question

M. Jean-Jacques Candelier alerte Mme la ministre de la culture et de la communication sur les titres anglo-américains des émissions de télévision ainsi que sur la diffusion de publicités télévisées en anglais, ce qui ne semble pas respecter la Constitution ainsi que la loi française.


sur le Qatar dans l'Organisation internationale de la francophonie (OIF)

Question écrite n° 03242 de M. Christophe-André Frassa (Français établis hors de France - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 29/11/2012 - page 2715

M. Christophe-André Frassa expose à Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, que l'entrée de l'État du Qatar, directement comme État associé, au sein de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) a soulevé de nombreuses interrogations dans la communauté francophone à travers le monde pour ne pas dire plus.

Il lui précise, si cela s'avérait vraiment nécessaire, que l'État du Qatar est notoirement reconnu comme un État non francophone dans lequel, mis à part les deux établissements scolaires dispensant l'enseignement français, peu d'actions sont menées par les autorités pour favoriser l'apprentissage de la langue française et le rayonnement de la francophonie.

Il souligne qu'en revanche l'État d'Israël qui compte aujourd'hui plus de 600 000 francophones, c'est-à-dire pratiquement 10 % de la population du pays, n'est pas membre de l'OIF et n'a obtenu que le statut de membre associé au sein de l'Agence universitaire de la francophonie.

Il lui rappelle que la règle du consensus a fait que l'État d'Israël n'a jamais pu intégrer l'OIF, ne serait-ce qu'à titre de membre observateur.

Il l'interroge sur le rôle qu'entend donc jouer la France pour favoriser l'entrée de l'État d'Israël au sein de l'Organisation internationale de la francophonie.


Question écrite n°03252 de Mme Claudine Lepage (Français établis hors de France - SOC)

publiée dans le JO Sénat du 29/11/2012 - page 2715

Mme Claudine Lepage appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la situation du lycée Voltaire de Doha, au Qatar.

Ce lycée est homologué par l'Agence de l'enseignement français à l'étranger (AEFE) et géré, jusqu'à présent, par la Mission laïque française (MLF). Suite à une mésentente tant sur la gestion administrative que sur le contenu des programmes, la MLF va se retirer d'ici la fin de l'année. En effet, un désaccord a vu le jour au sujet d'un manuel d'histoire dont le remplacement a été demandé et d'un manuel d'enseignement de l'arabe, remplacé par un manuel mêlant apprentissage de la langue et religion. C'est la première fois, depuis de nombreuses années, que la MLF quitte ainsi un pays où elle était implantée depuis plusieurs années.

Le Qatar vient d'entrer dans l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en qualité de membre associé et la décision a suscité un certain scepticisme de la part des partenaires de la France. Mais ce pays, qui compte, certes, un très faible nombre de francophones, a convaincu l'organisation de son engagement en faveur de la promotion et de la défense de la langue française. Il convient de s'en réjouir. Seulement l'adhésion à l'OIF suppose également le partage et la promotion d'un certain nombre de valeurs communes telles que la paix, la démocratie ou le respect des droits de l'homme...

Ce récent épisode révèle la responsabilité que la France doit avoir, à l'égard de tous ceux qui entendent, même en toute bonne foi, participer au développement de sa langue et sa culture. Sans préjuger des intentions des autorités qataries, il lui semble que la France doit demeurer vigilante. C'est pourquoi, elle souhaite l'interroger sur sa position, sachant, en outre, que le Qatar entend financer d'autres établissements, du type de celui du lycée Voltaire, dans le Golfe et en Afrique.


Question écrite n° 03309 de M. Louis Duvernois (Français établis hors de France - UMP)

publiée dans le JO Sénat du 29/11/2012 - page 2702

M. Louis Duvernois attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la situation du lycée Voltaire de Doha, au Qatar, géré par la Mission laïque française, MLF.

Pour la première fois depuis plusieurs années la MLF a annoncé son intention de se retirer de la gestion de l'établissement homologué en raison de divergences sur l'orientation de la gestion administrative et le choix des contenus de programmes. Un désaccord profond s'est, en effet, installé au sujet du remplacement d'un manuel d'histoire réclamé et d'un manuel d'enseignement de l'arabe qui intègrerait langue et religion. Lors du sommet de la francophonie qui s'est tenu à Kinshasa au Congo en octobre 2012, le Qatar est directement devenu "membre associé", vraisemblablement en contrepartie d'un engagement à promouvoir la langue française et les valeurs républicaines dont elle est porteuse. Cela nous conduit à nous interroger sur le sens réel de cette adhésion au sein de l'Organisation internationale de la francophonie. Le Qatar n'entend-t-il pas financer d'autres établissements scolaires du type du lycée Voltaire dans le golfe persique et sur le continent africain ? L'attachement du Qatar à la langue française s'était, rappelons-le, manifesté à Québec, en juillet 2012, lors du 1er forum mondial de la langue française, par une présence publicitaire soutenue. Aussi, il lui demande de bien vouloir lui confirmer les conditions du retrait de la MLF- décision rare de l'opérateur- du lycée Voltaire et de lui apporter une réponse claire sur l'engagement véritable du Qatar dans la francophonie en matière politique, éducative et culturelle.


nouvelles/presse.gifNouvelles de décembre 2012 (2) - le 11/12/2012 - 23:14 par MAR
Nouvelles de décembre 2012 (2)
- Iqraa TV commence la diffusion de ses programmes en français (10/12) (lien)
- Espace public-Radio France langue française : Radio France S'EN FOUT (4/12) (lien)
- Agaravox (J. La Mauragne) : Pubs interdites à la télé [pour illégalité] (5/12) (lien)
- Allianz : rappel à la loi de l'inspection du travail (92) pour la langue (lien)
- au Chef d’État-major (Marine) : "Cols bleus" et son anglomanie (3/12) (lien)


nouvelles2/superieur-recherche.jpgRéponse lamentable du Gouvernement - le 11/12/2012 - 19:16 par MAR

Réponse lamentable
de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche
à une question de
Jean-Jacques Candelier (député SRC-Nord)

Cette question portait sur le fait que le Conseil national des universités autorisait désormais la publication de thèses en anglais en France et sur le fait que Sciences-po. Reims et d'autres universités françaises imposent à leurs étudiants des cours en anglais.

Dans sa réponse la ministre, Geneviève Fioraso, tout en noyant le poisson et s'abritant derrière les commissions de terminologie (quel rapport avec le sujet ?), nous parle de monde globalisé (en français dans le texte !) et de contexte compétitif pour justifier toutes ces démissions, toutes ces lâchetés et prend acte du fait que la recherche se fait en langue anglaise ! [lire ci-dessous]

Tout ceci en violation flagrante de l'article 2 de la constitution :"La langue de la République est le français...", en violation de la loi du 4 août 1994 qui stipule en son article 11 que "La langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français...".

En violation enfin, de toutes les grandes déclarations de François Hollande depuis son investiture. (lire notamment François Hollande : "Je défendrai partout l’usage du français" et François Hollande et la Francophonie)

Il serait grand temps que le Gouvernement clarifie sa position sur la langue française et remette au pas les angliciseurs qui sévissent jusqu'en son sein.

MAR


Question écrite n° 198 - 14ème législature posée par M. Jean-Jacques Candelier  (Nord - Gauche démocrate et républicaine) - publiée au JO le 03/07/2012

M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la mauvaise application de la loi Toubon dans l'enseignement supérieur français.

L'article 1er de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, dite loi Toubon, stipule que la langue de l'enseignement est la langue française. En dépit de la législation, le Conseil national des universités autorise désormais la publication de thèses en anglais en France et Sciences po Reims et des universités françaises imposent à leurs étudiants des cours en anglais.

Selon lui, il faudrait aller vers de lourdes pénalités pour les établissements incriminés, voire jusqu'à l'interdiction pure et simple des enseignements en anglais.

Il demande quels moyens il compte mettre en œuvre pour faire appliquer correctement la loi Toubon dans l'enseignement supérieur.

Réponse du ministère : Enseignement supérieur et recherche
parue au JO le 11/12/2012

Selon la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française codifiée à l'article L.121-1 du code de l'éducation, la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français.

Il existe des exceptions justifiées à l'emploi de la langue française, liées aux nécessités induites par les enseignements de langues et cultures régionales ou étrangères, ou lorsque les enseignants sont des professeurs associés ou invités étrangers.

Il ne s'agit donc souvent pas d'enseignements "imposés" mais de choix faits par les étudiants pour renforcer leur niveau en langue étrangère à travers l'acquisition de nouvelles connaissances dans une discipline.

S'agissant des thèses de doctorat, un cas particulier concerne les diplômes en partenariat international.

La langue dans laquelle est rédigée la thèse est définie par convention conclue entre les établissements français et étranger contractants.

Lorsque la langue de rédaction employée n'est pas le français, la thèse est complétée par un résumé substantiel en langue française.

Dans un monde globalisé et dans le contexte compétitif de l'espace européen de l'enseignement supérieur et de la recherche, les établissements d'enseignement supérieur sont invités à favoriser l'excellence et la mobilité internationale et à prendre en compte les avancées de la recherche dont une partie non négligeable des résultats fait l'objet d'une publication en langue anglaise.

Enfin le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche participe à la défense et au rayonnement de la langue française à travers le monde notamment grâce aux travaux de la commission spécialisée de terminologie et de néologie de l'éducation et de l'enseignement supérieur.


nouvelles/presse.gifNouvelles de décembre 2012 - le 06/12/2012 - 21:13 par MAR
Nouvelles de décembre 2012
- OIF : Colloque : Phillippe Rossillon, un promoteur de la Francophonie (5/12) (lien)
- DGLF : publication du vocabulaire de l'Économie et des Finances (à télécharger)
- M. Favre d'Échallens lettre au Monde Être ou ne pas être... français !  (ci-dessous)
- L’Italie obtient gain de cause en matière de droits linguistiques (lien)
- Une lettre de Francis Gandon  (lire ci-dessous)
- Daniel Ancelet : Lorsque nous n'aurons plus... (lire ci-dessous)

M. Favre d'Échallens : Être ou ne pas être... français ! 
publié dans Le Monde des 25 et 26novembre 2012

Sport Être ou ne pas être... français !

Décidément les entraîneurs du XV de France sont amateurs de petites phrases : en février 2011 lors du Tournoi des six nations, Marc Liévremont s'était distingué par une phrase idiote, "c'est qu'on n'aime pas les Anglais".

Aujourd'hui c'est Philippe Saint-André, qui après les succès de l'équipe de France de rugby contre l'Australie et l'Argentine, s'illustre par une formule déplaisante "Je leur avais dit de ne pas être français !" en parlant des joueurs du XV de France.

"Français" devient ainsi un terme péjoratif. Les lexicologues dateront de novembre 2012 cette acception dévalorisante de "français" dans la bouche d'un Français ! Franchement, alors que le public français au Stade de France avait porté le XV dé France le 10 novembre contre l'Australie, il est navrant de le remercier par cette médiocre attitude qui montre, sans doute inconsciemment, un désamour avec le fait français en France.

Il serait paradoxal qu'à l'heure où le "fabriqué en France" semble mis à l'honneur, le "joué à la française" soit banni. Pour se remettre, il est bon de s'adosser à François Villon qui dans les deux derniers vers de sa "ballade contre les ennemis ' de la France" disait "Car digne n'est de posséder vertus / Qui mal voudrait au royaume de France !"  Allez la France I

Marc Favre d'Échallens, Le Vésinet (Yvelines)


Une lettre de Francis Gandon

Le 25 novembre, sur France 2, à 20h25 (Informations), j’apprends que les instructeurs français en Afghanistan doivent … instruire en anglais, avec traduction en patchoun. Ainsi, il est non seulement impossible de trouver des francophones parmi les soldats  (le lycée français a formé pourtant nombre de cadres afghans), mais la traduction directe français-patchoun n’est pas même prévue !

 On imagine l’efficacité de la transmission des ordres dans de telles conditions… Mais surtout, quelle humiliation pour les supplétifs que nous sommes.

 Vous avez dit « supplétifs » ? 

Francis Gandon


Lorsque nous n'aurons plus...

Lorsque nous n'aurons plus notre langue française,

De quels mots se servira-t-on

Quand nous voudrons en chœur chanter la Paimpolaise

Ou fredonner la Madelon ?

Quel sabir employer pour un poulet basquaise,

Et commander dans quel jargon

La quenelle au brochet, merveille lyonnaise

Ou le pot- au- feu bourguignon ?

Et je ne parle pas de nos trois cents fromages

Qui ne survivront pas sans nous,

Et qu'on ne verra plus embaumer nos villages

De leurs beaux noms, de leur bon goût!

Nous faudra-t-il traduire une tarte à la fraise,

Décortiquer un far breton,

Ou se résoudre à napper d'une crème anglaise

Le moindre zeste de citron ?

Et nos pots, nos flacons, nos fioles, nos fillettes,

Qu'on les chambre ou les boive frais,

Devra-t-on les soumettre aux mornes étiquettes

Des buveurs de bière et de lait ?

Langue du Notre-Père et de la Marseillaise,

Symbole de la liberté,

Quand nous ne l'aurons plus, faudra-t-il qu'on se taise

Puisque l'on veut nous en priver ?

Daniel Ancelet



nouvelles2/philippe-rossillon2.jpgHommage à Philippe Rossillon - le 28/11/2012 - 17:43 par Albert_Salon

Hommage à Philippe Rossillon
Les acteurs de la Francophonie, en célébrant
un des pères de ses institutions,
ravivent le combat pour le français.

Jusqu'à sa fin en 1997, Philippe Rossillon fut à la fois un Bonaparte et un Surcouf pour la langue française et la Francophonie. Pour la plupart, les institutions actuelles, françaises et internationales, de promotion du français et de la Francophonie organisée lui doivent en partie leur naissance. Créées aussi bien sous le Général de Gaulle et M. Georges Pompidou que sous MM. François Mitterrand et Michel Rocard, en complicité active entre Québécois, Acadiens, Wallons, Valdôtains, Romands et Jurassiens, Marocains, Tunisiens, Sénégalais de Senghor, Nigériens d'Hamani Diori, Ivoiriens d'Houphouët-Boigny, Cambodgiens de Norodom Sihanouk..., et Français de tous horizons.

Réunis le 5 décembre de 14h30 à 18h à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), 19, avenue Bosquet, 75007, salle Senghor, grâce aux bons offices du Secrétaire Général de l'OIF M. Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal, et de son administrateur, le Québécois Clément Duhaime, les compagnons, les héritiers, les émules, de Ph. Rossillon, et les plus jeunes animateurs d'associations nouvelles de France, du Québec et d'ailleurs, resserrent leurs liens pour repousser les attaques subies par le français, de l'extérieur comme de l'intérieur de leurs pays.

Toutes nos associations partenaires sont invitées ! Nombre d'entre elles sont nées de l'inspiration de Philippe Rossillon. Toutes promeuvent des idées et des actions qu'il eut lui aussi - parfois lui le premier - en partage.

Ce colloque n'est pas conçu comme une vague de nostalgie qui réchauffe, a fortiori un chant funèbre. Nous sommes appelés à en faire bien moins une rencontre d'anciens hussards qu'une occasion bienvenue de renforcer la synergie entre toutes les associations actuellement sur le front, et de préparer et mener ensemble de nouvelles actions.

Albert Salon

télécharger le programme du colloque

ou lire le programme ci-dessous


Une passion pour la Francophonie

Hommage à Philippe Rossillonphillippe rossillon3.jpg

(1931-1997)

Sous la présidence d’honneur de
Madame Véronique Rossillon

5 décembre 2012,
Siège de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie)
Salle Léopold Sédar Senghor,
19-21, avenue Bosquet
75007 Paris (France

Programme

15h   Allocution d’accueil de M. Clément Duhaime, Administrateur de l’OIF.

15h05 Ouverture du colloque par M. Bernard Dorin, Ambassadeur de France.

15h15   Les « coups » et actions d’éclat de Philippe Rossillon
Table ronde présidée par M. Bernard Dorin,
Avec MM. Jean Charbonnel, Pierre-André Comte, Bernard Emont, Paul-Henry Gendebien, Yves Montenay, et Denis Vaugeois

15h55  débat avec l ‘assistance et questions aux intervenants

 

16h35   Les grandes réalisations de Philippe Rossillon
Table ronde présidée par M. Albert Salon,

Avec MM. Alain Fantapié, Jacques Godfrain, Guy Lavaud, Jacques Legendre, Dominique Noguez, et Philippe de Saint-Robert.

17h10    débat avec l ‘assistance et questions aux intervenants

17h45   Conclusion du colloque par M. Albert Salon

Ils ont dit et ils ont écrit…

Hubert Joly :

« Je le vois encore avec sa vaste intelligence, sa connaissance approfondie de l’Histoire, son esprit fertile jamais à court d’une initiative, d’un échafaudage de combinaisons, son humour de merveilleux conteur, et cette chose devenue si rare, son patriotisme sans faille, il n’y a qu’un seul mot pour qualifier Philippe : il pétillait.

Ah ! Qu’il en a donné du fil à retordre à quelques-uns ! Que de fécondes initiatives n’a-t-il pas su prendre au Haut comité de la langue française ou, plus tard, à l’Union latine ! Que de coups tordus n’a-t-il pas fomentés dans sa cervelle à l’imagination sans limite !

Que reste-t-il de tout cela ? Bien sûr, un souvenir très brûlant de ces années de travail en commun, même si les figures d’autrefois, Martial de la Fournière, Xavier Deniau, Michel Têtu, Marc Blancpain, Jean-Marc Léger, nous ont, tour à tour, quittés. C’était une francophonie "indomptable et fière, sans frein, ni rênes d’or". Une impulsion toujours vivante à Haïti avec Véronique, à Québec, en Acadie, et même en Louisiane.

L’enthousiasme que Philippe nous a communiqué reste intact. Nous croyons toujours en les capacités de la France ainsi qu’aux nécessaires solidarités d’une francophonie qui s’affirme, ne serait-ce que numériquement, malgré toutes les vicissitudes de la politique internationale. »

(Bulletin d’Avenir de la langue française)

Yves Montenay :

« Philippe Rossillon a passé sa vie à tisser des liens entre les pays "francophones" et tous leurs acteurs, notamment leurs responsables et leurs médias. Il a lancé ou encouragé de nombreuses organisations multilatérales officielles, associatives ou privées, a poussé le gouvernement français à les appuyer et, en cas de refus, a rajouté l'argent de sa famille. Il rencontra moins d'enthousiasme en France que dans les autres pays.

Dans le monde musulman, Philippe Rossillon fut aux côtés du Maroc, de la Tunisie, de la Mauritanie, du Tchad, du Burkina Faso, du Sénégal et du Niger. Il avait également de nombreux amis en Égypte, au Liban et en Syrie. »

(Échos du monde musulman)

phillippe rossillon4.jpgAlbert Salon :

Philippe fut notre paladin modèle, créateur ou inspirateur de diverses institutions françaises et internationales de promotion du français et de la Francophonie, de l’ancêtre de la DGLF à l’ancêtre de l’OIF, en passant par tant d’autres, sans oublier Avenir de la Langue Française, dont il fut le cofondateur avec Dominique Noguez, Dominique Gallet et moi-même, actuel président..

Après lui, nous nous battons et espérons ! Feu son grand ami Jean-Marc Léger continue, associé à Philippe, à nous inspirer lui aussi. Ils sont avec nous, en corsaires unis par une époque à une épopée. Il faut recréer une époque comme celle-là !

(Bulletin d’Avenir de la langue française)

Philippe de Saint-Robert :

« Philippe Rossillon nous a quittés très brusquement, alors qu'il s'apprêtait, une fois de plus, à reprendre le combat qui nous est cher. Atteint de longue date d'une maladie cruelle qui eût incapacité tout autre que lui-même, il ne s'est jamais écouté et a poursuivi inlassablement, jusqu'à abuser de ses forces, le combat pour la langue française et la francophonie qu'il avait entamé dès le début des années soixante. Au Canada, notamment au Québec et en Acadie, il a mené le combat, en Wallonie et à Bruxelles, il a également apporté son soutien inlassable aux francophones victimes de l'épuration linguistique, élargissant son combat contre l'impérialisme américanophone, il ressuscita l'Union latine. Philippe Rossillon laisse un exemple et un témoignage dont on souhaiterait qu'ils se prolongent, dans l'avenir, au-delà de l'émotion et de l'admiration que sa disparition suscite. Plus que jamais, nous aurions eu, aujourd'hui, besoin de lui, car ni la langue française ni la francophonie ne semblent être à l'ordre du jour, des gouvernements qui se succèdent. »

(Lettres - Asselaf)

Jean-Marc Léger :

« Philippe Rossillon, était présent sur tous les fronts et n'hésitait pas à agir à visière relevée et à mettre en jeu sa propre carrière (il avait d’ailleurs horreur de l’expression «faire carrière»).

Certains traits me frappèrent chez lui dès notre premier entretien (à l’AUPELF, en 1963) : la qualité de son information, sa franchise et sa façon d’aborder, d’attaquer les problèmes de fond (et de front !), son humour, enfin, et son sens de la formule imagée, inattendue. Il y avait chez lui à la fois du condottiere et du croisé, de l’apôtre et du guérillero, l’abbé Pierre et Che Guevara mâtinés de Pierre Daninos ou de Desproges. Diplômé de l’École nationale d'administration, fonctionnaire brillant du ministère de la Coopération, créateur et premier rapporteur général du Haut Comité de la langue française, il n’hésita pas à mettre en cause son avancement, sa carrière même, pour quelques causes auxquelles il croyait.

Il a fait siennes toutes les causes des peuples ou communautés de langue française. Mais avec une prédilection pour trois d’entre eux : Québec, Acadie, Haïti. Il s’impliqua personnellement dans leurs combats et jusqu’à la fin, leur fut fidèle. »

(Le temps dissipé, souvenirs)


Le chevau-léger de la Francité

Décidément, plus personne ne fera jamais de la politique comme Philippe Rossillon... Philippe Rossillon nait à Boulogne en 1931 dans une famille de la bourgeoisie protestante. Rossillon est un révolutionnaire. Il baptisera ses deux fils Kléber et Marceau... Il sera un temps séduit par le maoïsme.

Sorti de l'ENA en 1955, Rossillon commence tout de même par tâter du commerce, ou faire semblant, et part pour l'Amérique du Nord, à Montréal. En 1958, à l'École des hautes études commerciales de Montréal, Philippe Rossillon partage le même bureau que Jacques Parizeau, futur premier ministre du Québec...

Rossillon, qui cherche une cause révolutionnaire et nationale à sa mesure vient d'en trouver une : ce sera le Québec, et même toute l'américanie française. A partir de cet instant Rossillon se fait missionnaire de la civilisation française à travers le monde nord américain.

Le serment Dorin-Rossillon

Quelques mois plus tard, début 1959, Rossillon rencontre Bernard Dorin, alors jeune attaché d'ambassade. Les deux jeunes hommes se trouvent une foule de points communs et décident de consacrer désormais leur vie à l'émancipation du Québec. Aucun des deux ne trahira son serment...

A son retour de Montréal, Rossillon, qui regarde aussi vers le monde méditerranéen et l'Algérie en guerre, fonde Patrie et Progrès, groupe national et social prônant une sorte d’élitisme technocratique au service des masses populaires où il sera rejoint par d'autres énarques comme Jean-Pierre Chevènement, Alain Gomez, Philippe Malaud, Didier Motchane...

Pendant ce temps, Rossillon est entré au Ministère de la Coopération. C'est un poste idéal pour avoir tous les prétextes de se rendre le plus souvent possible au Canada français... Durant les années 1964 à 1968, Rossillon visite le Québec, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba à plusieurs reprises, officiellement pour marquer l'appui de la France à plusieurs institutions culturelles, officieusement pour encourager le mouvement de prise de conscience politique des français d'Amérique du Nord. Pour cela, Rossillon distribue régulièrement des dons en argent et en nature à des institutions culturelles francophones.

Quand ce n'est pas l'argent de la France qu'il distribue, c'est le sien et quand ce n'est vraiment pas suffisant, c'est le sien ou celui de sa femme ! Notamment à Saint Boniface, dans la petite communauté des métis francophones de la rivière Rouge dont Rossillon finance entièrement la première radio..

Le 31 août 1967, Pompidou, décidément inquiet d'être manifestement tenu à l'écart de l'affaire québécoise par De Gaulle, se fait pressant lorsqu'il s'agit de la mission québécoise confiée par De Gaulle à Peyrefitte : « Je ne vous recommande pas d'emmener Rossillon. C'est un extrémiste !»

Le voyage de De Gaulle à Québec

Pourtant Rossillon viendra. Puisque c'est De Gaulle qui l'impose, comme il l'a imposé deux ans plus tôt au poste de rapporteur du Haut comité pour la défense et l'expansion de la langue française. Dans le même temps Bernard Dorin a été chargé par De Gaulle de dresser le programme de la coopération France-Québec. Rossillon et Dorin travailleront intensément, sous l'autorité lointaine de Peyrefitte, à une véritable bombe politique prévue pour exploser à l'occasion de l'exposition internationale de Montréal... Rossillon a décidé que cette visite gaullienne ne ressemblerait à aucune autre...

Le 15 juillet 1967, à Brest, Charles De Gaulle embarque à bord du Colbert, croiseur amiral de la flotte de l'Atlantique. C'est une idée de Rossillon. Ottawa a multiplié les petites difficultés en espérant que le général renoncerait au voyage. Peine perdue. Pour ne pas avoir à entrer au Canada par l'Ontario, ce que l'avion et le protocole auraient exigé, De Gaulle arrivera par la mer !

Huit jours sur le Colbert : c'est le prix à payer pour arriver directement au Québec, où De Gaulle considère qu'un « morceau du peuple français est installé, enraciné, rassemblé ».

Quand le Colbert entre dans les eaux canadiennes, deux frégates canadiennes l'escortent et un officier de liaison canadien, le commandant Plant, embarque à bord du Colbert. Il ne parle pas français. Le gouvernement canadien veut ainsi signifier à De Gaulle qu'il pénètre dans un pays anglais...

L'entrée de la flottille dans l'estuaire du Saint-Laurent, là où le fleuve se resserre enfin et se fait appeler « Chemin du Roy », est une surprise... Qui sont ces milliers de gens sur les berges ? On entend leurs cris lancés vers le croiseur.. « Vive De Gaulle ! », « On vous attendait ! », « Vive le Québec libre ! » « Indépendance ! », « Vive la France ! »... Les réseaux préparés par Rossillon depuis dix ans, s'époumonent, montrent des pancartes, trépignent de joie... et c'est communicatif car la «claque» finit par entrainer des dizaines de milliers de québécois sur les berges... La croisière prend un visage de triomphe avant même que la visite ait vraiment commencé et que De Gaulle ait posé un pied sur le sol du Québec.

Le 23 juillet, c'est l'arrivée au pied de la citadelle de Québec. Le soir même, lors d'une réception officielle au château Frontenac De Gaulle, galvanisé et sans plus aucun frein à son émotion, s'adresse aux invités et au premier ministre : « On assiste ici, comme en maintes régions du monde, à l'avènement d'un peuple qui, dans tous les domaines, veut disposer de lui-même et prendre en main ses destinées... Cet avènement, c'est de toute son âme que la France le salue ».

Le lendemain il poursuit son voyage vers Montréal en suivant le « Chemin du Roy ». La foule est nombreuse et présente tout au long de la route. La Marseillaise est entonnée à chaque arrêt et on agite des pancartes portant la mention « Québec libre ! ». L'affaire est faite. De Gaulle galvanisé par les foules amassées sur les berges puis sur les routes du Chemin du Roy avec des pancartes payées par Rossillon aux indépendantistes est gagné par son propre lyrisme... Rien ne l'arrêtera plus.

A son retour, De Gaulle saura remercier Rossillon en lui confiant la présidence du Haut comité de la langue française; poste où Rossillon multiplie les voyages en Wallonie, en Suisse, mais surtout au Canada français...

« Persona non grata » à Québec

Ces voyages agacent tellement les Canadiens qu'en 1968, Pierre-Eliot Trudeau, alors premier ministre libéral du Canada, ne peut contenir sa rage. Pierre Elliott Trudeau accuse publiquement Rossillon d'être un espion.

Le métier d'agent auto-missionné que Rossillon pratique fascine Parizeau, le chef des indépendantistes québécois, et vieil ami de Rossillon. Incontestablement, c'est à voir Rossillon vivre et agir que Parizeau s'est forgé l’idéal et la volonté sans faille qui le conduiront au pouvoir à Québec.

Engagement dans sa région de cœur

Rossillon n'oublie pas non plus La France. De 1965 à 1984, il fut maire de la commune de Beynac-et-Cazenac, en Périgord, commune où se trouve le château de Marqueyssac, propriété de sa femme.

Quand les années 60 s'achèvent l'infatigable coureur des bois commence à sentir les premiers symptômes de la sclérose en plaque qui allait le faire souffrir pendant trois décennies.

Après avoir quitté la  présidence du Haut Comité de la Langue française en 1973 Rossillon change sa manière de faire de la politique. N'ayant pas pu faire de révolution prolétarienne et nationale, n'ayant pas pu bâtir une république de plus sur la terre, Philippe Rossillon se met à faire de la politique comme un prince florentin. Juste pour ne pas s'ennuyer. Et avec son propre argent.

Jura suisse, vallée d’Aoste, Louisiane… et Acadie

Au début des années 1970, la patte de Philippe Rossillon est encore apparente dans, une série d'actions-chocs pour tenter de forcer le canton de Berne et la Confédération helvétique à trouver une solution au problème jurassien (occupation de la préfecture de Delémont, juin 1968 ; irruption dans la salle du Conseil national lors de l'élection du président de la Confédération, en décembre 1968 ; construction d'un mur fermant la porte d'entrée du Rathaus à Berne, en 1971 ; invasion de l'ambassade de Suisse à Paris, en 1972, et l'année suivante à Bruxelles).

En 1976, Philippe Rossillon crée l'association France Acadie/Amitiés acadiennes et puis France-Louisiane en 1977. Toujours sous la surveillance des services secrets de la gendarmerie Royale canadienne GRC qui n'hésite pas à voler le sac à main de Louise Beaudouin, future ministre québécoise, qui accompagnait Rossillon lors d'une tournée en Acadie où ce dernier apportait des fonds français pour sauver « L'Évangeline », le quotidien francophone d'Acadie. Rossillon s'impliquera aussi un moment en Wallonie, notamment en finançant, à Bruxelles, le Front Démocratique des Francophones (FDF).

On parla encore de sa patte dans les opérations du Groupe Francité en Val d'Aoste, où Rossillon cultivait l'amitié de Mario Andrione, le bouillant président francitaire de la Région autonome...

En 1983, Philippe Rossillon prend la direction de l'Union Latine, association internationale tombée en désuétude et qu'il remet sur pied, créant à Paris un cinéma (le Latina), une radio (Radio Latina), etc.

Aujourd'hui, l'Union Latine se porte bien : trente-trois états y adhèrent. France-Acadie existe encore sous la présidence de Bernard Dorin qui n'a rien changé à la force de son serment...

(extrait du blogue Les chevau-légers de la Francité – 2010)

Philippe Rossillon en quelques dates

- 1931              naissance à Boulogne-Billancourt ;

- 1953              entrée à l’école nationale d’administration (ENA) ;

- 1965 à 1983  maire de Beynac-et-Cazenac (Dordogne) ;

- 1966              rapporteur général du Haut Comité de la langue française ;

- 1967              influence fortement le voyage du général De Gaulle au Québec au cours duquel ce dernier lance son célèbre « Vive le Québec libre ! » ;

- 1968-1972     soutien d’actions en faveur de l’autonomie du Jura suisse ;

- 1973              directeur de la Coopération culturelle et technique ;

- 1975              créateur des premiers textes légaux ou réglementaires de politique linguistique ;

- 1976              création de France Acadie/Amitiés acadiennes ;

- 1977              création de France-Louisiane ;

- 1977              chef de la Mission d'études générales du ministère de la Coopération ;

- 1982              président de la Commission du français langue scientifique au ministère de la Recherche et de l'Industrie ;

- 1983              secrétaire général de l'Union latine  organisation intergouvernementale regroupant 33 pays de culture latine ;

- 1993              Président et cofondateur de l'association Avenir de la langue française créée en 1992 avec Dominique Gallet, Dominique Noguez et Albert Salon ;

- 1997              décès après une maladie malgré laquelle il avait poursuivi inlassablement, jusqu'à abuser de ses forces, le combat pour la langue française et la francophonie.

Philippe Rossillon était officier de l'Ordre national du Mérite, officier de la Légion d'honneur, officier de l’Ordre national des Arts et Lettres et titulaire des Palmes académiques, ordre des francophones d’Amérique...


nouvelles2/sciences-po.jpgLettre à H. Gardette suite à son émission sur Sciences Po. - le 27/11/2012 - 16:50 par MAR
Lettre à Hervé Gardette, producteur de l'émission
Le Grain à moudre sur France-Culture,
suite à son émission  sur Sciences Po.

Cher Hervé Gardette,

J'ai écouté, avec un peu de retard (les joies du téléchargement) l'émission du 13 novembre "Sciences Po est-il le modèle à suivre ?".

J'ai été un peu atterré par ce qui s'y est dit. Je m'étonne de choses qui ont été dites comme des évidences sans réplique de votre part : Philippe Martin (directeur du département d’économie de Sciences Po) qui se gargarise de "l'ouverture de Sciences Po. avec un grand nombre de nos cours au niveau master qui sont donnés en anglais et plus d'un tiers d'étudiants étrangers"et "c'est une université internationale" (c'est-à-dire en fait qui adopte les valeurs anglo-saxonnes, ces grandes valeurs qui mettent le monde dans la crise.)

En quoi serait-ce forcément un bien que l'élite française soit formée en sabir globish, en quoi la présence d'un tiers d'étudiants étrangers serait-elle un bien s'ils n'y rencontrent qu'une pâle copie du modèle anglo-saxon. Et que beaucoup peuvent avoir un diplôme sans savoir un mot de français ?

En quoi cela en fait-il une grande école "Française"? Comme si une langue était indépendante des valeurs qu'elle véhicule. Et pourquoi pas en poussant leur logique jusqu’au bout : une école entièrement en anglais destinées à 100% d'étrangers venant chercher à Paris un programme anglo-saxon moins cher.

Agnès Van Zanten (sociologue, directrice de recherche au CNRS) a eu quant à elle cette phrase définitive : "de toute façon les universités anglo-saxonnes" sont tellement meilleures" C'est ce qui s'appelle adopter le point de vue du colonisateur (et ses classements, basés notamment sur les publications dans les revues anglo-saxonnes.) Un jour on se demandera, mais il sera trop tard, comment ces civilisations, la France et beaucoup d'autres pays européens, auront accepté petit à petit de se laisser occuper par LE modèle unique.

Je m'étonne Hervé Gardette qu'aucun de ces problèmes ne vous "interroge" (comme on dit maintenant) et que vous acceptiez tout cela comme argent comptant.

Petite question subsidiaire : vous connaissez beaucoup d'anglo-saxons qui s'ouvrent à l'extérieur, comme le demandait Olivier Saby (magistrat, ancien élève de l'ENA), pour l'ENA, et qui suivent des cours en langue étrangère ? Il est vrai que là, il s'agit de la race supérieure !

Cordialement

Marc-Antoine Renard

lire également notre appel Arrêter la casse de la langue française à Sciences Po.


nouvelles2/semanticpedia.jpgDBpédia en français et Sémanticpédia - le 19/11/2012 - 22:27 par MAR
Lancement de DBpédia en français
et de la plate-forme Sémanticpédia
Le projet DBpédia en français et la plate-forme Sémanticpédia ont été lancés par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication en partenariat avec Michel Cosnard, président de l’Inria et Rémi Mathis, président de Wikimédia France.

Le projet DBpédia en français permet une avancée importante en faveur de l'accessibilité aux données culturelles en français. En rendant possible l'extraction des données figurant dans la version française de Wikipédia, il permet de réutiliser ces données à partir de requêtes faites dans toutes les langues ayant développé des systèmes comparables. Son absence aurait donné une sous-représentation des données issues du monde francophone en faveur des données d'origine anglo-saxonnes.

Ce dispositif d'extraction de données culturelles à partir des ressources offertes en libre accès par l'encyclopédie Wikipédia francophone (1,3 million d'entrées en français, dont 45 % à caractère culturel) offre donc aux musées, aux bibliothèques et plus généralement aux opérateurs culturels, des perspectives inédites de diffusion et de partage de leurs ressources en ligne. Les possibilités de recherches (chronologiques, thématiques, géographiques, etc.) sont démultipliées, permettant au spécialiste, à l'étudiant comme au simple curieux, de trouver aisément l'information qui lui est utile.

En permettant de procéder à des requêtes à partir de contenus en langue française, le projet place également notre langue au cœur du "Web de données", enjeu culturel et technologique majeur. A l’occasion de ce lancement, la ministre a signé une convention de partenariat avec Michel Cosnard, président de l’Inria et Rémi Mathis, président de Wikimédia France, créant la plate-forme collaborative "Sémanticpédia", destinée à créer des programmes de recherche et de développement en matière culturelle à partir des données extraites du Wikipédia francophone.
 

DBpédia est un projet sous licence libre d’extraction des données de Wikipédia anglophone, lancé en 2007, pour en proposer une version Web sémantique structurée. Il est mené par l’université de Leipzig, l’université libre de Berlin (Freie Universität) et l’entreprise OpenLink Software.

En 2011, une plate-forme de collaboration, dénommée Sémanticpédia, a été ouverte entre le ministère de la Culture et de la Communication (Secrétariat général, Département des programmes numériques et Délégation générale à la langue française et aux langues de France), l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) et Wikimédia France pour réaliser des programmes de recherche et développement appliqués à des corpus ou des projets collaboratifs culturels, utilisant des données extraites des projets de Wikimédia.

Dans ce cadre, l’Inria a proposé au ministère de la Culture et de la Communication un projet inédit de constitution d’une version entièrement sémantisée de l’encyclopédie Wikipédia francophone. Plus précisément, la version française du dbpedia.org a été le premier projet conçu par le biais de cette plate-forme collaborative. Son déploiement rapide permettra d’éviter que les applications, mises en place par les entreprises ou les établissements publics francophones, ne s’appuient sur la version anglaise de Wikipédia. Celle-ci comporte, en effet, un nombre beaucoup plus restreint de pages culturelles relatives aux œuvres françaises ou aux personnalités s’exprimant en langue française.

Le projet DBpédia en français donnera accès sur la toile, en français, à la diversité du patrimoine culturel. Il permet, en effet, de rendre accessible aux formats du Web sémantique l’ensemble des données structurées figurant sur le portail Wikipédia francophone. Ce projet ouvre la voie à de nombreuses applications concrètes : par exemple, la mise à disposition du public d’outils de recherche "nativement" multilingues, de géo-localisation automatique des monuments ou, encore, la possibilité d’effectuer des recherches transversales et thématiques sur des centaines de sites culturels. En outre, il positionne la langue française au centre du "Web de données" émergent.

Placé au cœur du Web sémantique du fait de son important volume de données, le projet permettra à tous les sites internet et applications mobiles à vocation culturelle de faire des requêtes sur DBpédia en français pour afficher des contenus de façon transparente et organisée sur leurs pages. Pourront figurer, par exemple, la liste des peintres impressionnistes français, les illustrations par ordre chronologique des 20 premiers monuments classés historiques en Aquitaine au XIXème siècle…

La plate-forme Sémanticpédia envisage de développer ensuite Le Wiktionnaire. Ce projet collaboratif de la Fondation Wikimédia compte plus de 2,2 millions d’entrées dans sa déclinaison linguistique en français, ce qui le place en deuxième position de ce type de dictionnaires, après la déclinaison en anglais. Cet outil offre en effet des possibilités immenses tant il est riche en termes nouveaux ou anciens, et peut donner lieu à de nombreuses applications très innovantes pour valoriser la langue, son utilisation, son enrichissement.


nouvelles2/jacques-myard.jpgJ. Myard : Commission eur. = machine à angliciser - le 18/11/2012 - 21:33 par Albert_Salon

Jacques Myard dénonce la Commission européenne
comme machine à angliciser


Communiqué de presse de Jacques Myard,
député de la Nation,
maire de Maisons-Laffitte,
président du Cercle Nation et République

Le 18 novembre 2012

A/S : La commission européenne contre la langue française !
Vous trouverez ci-après la question écrite de Jacques Myard sur la situation catastrophique de la langue française dans les institutions européennes, et qui se dégrade constamment !

Il est urgent de réagir et au besoin de couper les crédits à cette machine à angliciser !


Ministère interrogé : PMI - Premier ministre

Question n° 46-00270

M. Jacques Myard appelle l'attention de M. le Premier ministre sur la situation de la langue française dans les institutions de l'Union européenne. A l'évidence, cette situation se dégrade rapidement : lors d'une simple visite des immeubles de la Commission, chacun peut constater que l'ensemble des affiches ou visuels vantant l'action de la Commission est exclusivement en langue anglaise. Les documents de travail, les publications des directions de la Commission ainsi que de ses agences, ne sont disponibles qu'en langue anglaise.

Cette situation est particulièrement préoccupante et est directement contraire aux règles linguistiques de l'Union européenne, fondée sur l'égalité linguistique et le respect du statut des langues de travail au rang desquels figure le français. Elle est aussi directement contraire à nos intérêts dont l'emploi de notre langue est un élément essentiel. La Commission européenne est devenue une machine à angliciser. Il lui demande, en conséquence, quelles actions vigoureuses il entend mener pour mettre fin à cette situation scandaleuse, totalement préjudiciable à nos intérêts et dont la poursuite va inévitablement provoquer de violentes querelles linguistiques et mettre en péril l'existence même de la coopération européenne.


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2012 (3) - le 15/11/2012 - 19:35 par MAR
Nouvelles de novembre 2012 (3)
- Laurent Leylekian & Christian Boghos : Do you speak européen ? (26/11)(lien)
- Lettre de G. Gastaud au Conseil régional du Nord "Greeters !" (22/11) (ci-dessous)
- TV5 Monde Le tout-anglais dans le doute
entretien entre Pascal Priestley et Dominique Wolton (14/11) (lien)
- Le CSA s'attaque au mauvais français  (16/11) (lire ci-dessous)
- France 24 désormais accessible en français au Cambodge  (lien)

Lettre de Georges Gastaud au journal du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais au sujet de "Greeters"

Georges Gastaud, président du COURRIEL, association de gauche défendant la langue française contre le tout-anglais, 10 rue Victor Grignard, 62300 Lens (pour information, Georges Hage, ancien doyen de l’Assemblée nationale, ainsi que Jean-Jacques Candelier, député du Douaisis, participent à sa présidence collective).

A Mesdames Magali Cazier et Claire Beaufromé, rédactrices du journal "Nord-Pas-de-Calais"

Mesdames,

Dans le numéro de novembre-décembre 2012 du bulletin "Nord-Pas-de-Calais", organe du Conseil régional, un article renvoyant à vos deux noms est ainsi intitulé : "vous aimez votre région ? Devenez un "greeter".

On apprend dans l’article que "greeter" signifie "guide bénévole" : pourquoi dès lors ne pas employer cette expression qui a le double mérite d’être comprise de tous et de respecter le vocabulaire et la phonétique de notre, de votre langue maternelle ? On apprend aussi que les futurs "greeters" auront notamment pour mission de montrer la région dans toute son authenticité ("rencontrer les vrai(e)s gens" et "découvrir un territoire comme avec un ami").

Sans me prononcer sur la pertinence de cette entreprise de bénévolat touristique, le résistant linguistique au "tout-globish" que je suis s’indigne qu’un journal payé par les contribuables, dirigé par un collectivité publique relevant de la République française et censé, qui plus est, promouvoir l’authenticité régionale, collabore à l’invasion linguistique dont nous sommes l’objet en tous les domaines : publicité, chanson, cinéma, recherche, enseignement, enseignes commerciales, communication d’entreprise et j’en passe.

Je rappelle que l’article II de la Constitution française, auquel sont juridiquement soumises les collectivités territoriales, stipule que "la langue de la République est le français". Il existe également une loi Toubon-Tasca, votée à l’unanimité par le Parlement en 1994, qui fait obligation aux acteurs publics de refuser les néologismes anglo-américains et de privilégier l’utilisation d’un vocabulaire francophone. Une commission officielle de terminologie publie d’ailleurs régulièrement des listes d’équivalents français aux mots originaires d’outre-Atlantique et c’est une obligation légale pour les services publics et pour les institutions de la République – cela devrait même être un point d’honneur pour eux – que de connaître les recommandations de cette instance officielle et de les mettre en application (bien qu’en l’occurrence "guide bénévole" se suffise à soi-même, étant compris de tous du premier coup de Paris à Bruxelles, de Montréal à Dakar et de Genève à Cotonou).

Plus fondamentalement, la question est posée à chaque citoyen français – et c’est encore plus vrai pour ceux qui se réclament d’un engagement progressiste et républicain, comme c’est le cas de la majorité des élus nordistes – de savoir s’il préfère collaborer ou résister à cette sourde entreprise de substitution linguistique qui va, dans un premier temps, reléguer la langue de Victor Hugo dans le rôle humilié de "langue domestique" pour en faire rapidement, au fil des décennies, un patois voué à la disparition au profit d’une langue unique mondiale, facteur inévitable de pensée unique et d’uniformisation culturelle globale.

Qui ne comprend cette évidence : la suppression rapide de la diversité linguistique européenne et mondiale n’est pas en soi moins grave que celle de la biodiversité naturelle qui suscite tant de mobilisation légitime par ailleurs.

Quant à l’ "enrichissement du français" que susciterait – nous dit-on hypocritement – l’incessante invasion massive de termes américains, elle n’a rien à voir avec une ouverture (d’autant qu’elle s’opère à sens unique) et tout à voir avec l’indigestion pure et simple : celle que connaissent bien les linguistes et qui aboutit actuellement à l’élimination de huit langues par an. Certes on n’en est pas encore là avec la langue de la francophonie mondiale, mais un chemin de mille lieues commence par un premier pas et en l’espèce, l’entreprise de substitution linguistique ne date pas d’hier mais pour le moins, des lendemains de la seconde Guerre mondiale comme le prouve, textes en mains, le linguiste français mondialement connu Claude Hagège dans son livre "combat pour le français".

La question n’est évidemment pas de combattre l’anglais en tant que tel (il y a d’ailleurs peu de chances que "greeter" figure dans le texte de Macbeth…), mais de refuser le TOUT-anglais, lequel n’a rien à voir avec la diversité et avec le métissage, et tout à voir au contraire avec le totalitarisme culturel. Que la majeure partie de ceux qui cèdent à cette pression linguistique de chaque instant soient parfaitement inconscients de participer à la relégation de leur propre langue maternelle et qu’ils agissent en toute bonne conscience – qui plus est en s’imaginant participer de la "modernité" - n’empêche pas qu’ils ou elles fassent preuve d’une grande légèreté par rapport à leur propre pays et à leur propre culture.

Je suis persuadé que le Conseil régional du nord, dont j’entends assez dire qu’il est attaché au patrimoine national symbolisé par le Louvre et au patrimoine régional symbolisé par l’inscription du bassin minier au patrimoine de l’Unesco, comprendra ma demande d’une plus grande vigilance linguistique dans les pages de son organe officiel*. Surtout, j’espère que ce courrier – qui à travers un cas particulier tend à poser un problème beaucoup plus général, celui de la POLITIQUE LINGUISTIQUE DE LA NATION ET DE LA RÉGION – permettra de sensibiliser les décideurs régionaux dans leur diversité à la question du respect des identités culturelles et politiques des peuples dans le cadre d’une mondialisation à sens unique qui, aux dires du philosophe Michel Serres, ne profite qu’aux "profiteurs de la pub et du fric". En conséquence, je donne copie de ce courrier à un certain nombre d’élus locaux et régionaux ainsi qu’aux associations agréées chargées de défendre le premier service public de France : la langue française.

Escomptant une réponse rapide, et éventuellement une entrevue avec les responsables régionaux, je vous prie Mesdames – et sans que je suspecte en rien votre bonne volonté personnelle et votre compétence touristique et professionnelle – de recevoir mes meilleures salutations citoyennes.

*Feuilletant le même journal, je tombe en page 3 sur le sous-titre grotesque "today, tomorrow, textiles". Et tout cela au titre, bien entendu du "métissage". Encore une fois, quand le métissage va dans un seul sens, il porte un nom : colonisation. Est-ce en massacrant leur langue que les industries nationales et régionales porteront efficacement en France et à l’étranger le "produire en France" (et non le "made in France" ?) ?

Georges Gastaud, Lens.

Copie postale à M. Daniel Percheron, président du Conseil régional ainsi qu’à divers élus régionaux du Nord-Pas-de-Calais


Le CSA s'attaque au mauvais français

Gardien du bon usage de la langue française, le CSA relève un certain nombre d'erreurs de prononciation comme de grammaire et s'inquiète du nombre d'anglicismes
Organe de régulation, le Conseil supérieur de l'audiovisuel défend l'usage du bon français à la télévision et sur les radios. Inquiet de voir la grammaire bousculée, les mots utilisés à contre-sens et les anglicismes se multiplier, le CSA vient de relever un certain nombre d'incohérences dans les journaux télévisés. Les journalistes disent, par exemple, très souvent "mis à jour" pour "mis au jour", "près de" et "prêt à" sans en saisir le sens. Le CSA précise, à ce propos : "quand elle indique la proximité dans le temps et devient synonyme de "sur le point de", la locution "près de" est confondue avec "prêt à" qui signifie "disposé à, ayant l'intention de". Or, les téléspectateurs comme les auditeurs entendent souvent "la situation n'est pas prête de changer" au lieu de "à changer".

Le CSA s'étonne également que le substantif "personne" soit très souvent compris au masculin. On entend "plus de cent personnes étaient présents" au lieu de "étaient présentes". Les liaisons sont également catastrophiques : un "z" apparaît entre "quatorze" et "enfants" et le "t" disparaît entre "cent" et "euros"."Nous sommes parfaitement conscients du fait que la langue française n'est pas une langue morte, qu'elle peut et doit évoluer. Elle peut intégrer des mots qui viennent de la langue populaire et régionale, et même de l'étranger, a expliqué à l'AFP, Patrice Gélinet, conseiller en charge du respect de la langue française. Nous sommes indulgents parce que la nature même de la communication audiovisuelle impose des directs".

Cependant, le sage s'étonne d'un usage trop fréquent des mots anglais dont on se pourrait se passer quand il existe des équivalents en français.Pourquoi, est-ce qu'on dit "challenge" pour "défi ?" À la radio et à la télévision, on entend constamment "live" pour "direct". On dit "talk-shows" pour les débats, "coachs" pour entraîneurs et "mails" pour courriels.

nouvelles2/RF.jpgRéponses du Gouvernement sur le français - le 15/11/2012 - 19:31 par MAR
Nouvelles réponses du Gouvernement
sur la langue française
(10/2012)
Toujours quelques éléments intéressants noyés dans l'eau-de-rose administrative (le surlignage de certains passages est de notre initiative). Nous attendons toujours au delà de ces belles paroles, comme celles de François Hollande, le début d'une amorce d'action concrétisant celles-ci. MAR

Question écrite n°70 posée par Jean-Jacques Candelier (député du Nord - Gauche démocrate et républicaine) publiée au Journal Officiel le 03/07/2012

M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de M. le ministre délégué auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche, sur l'usage de l'anglais par la SNCF. Cette société vient de baptiser un projet "Speed". Nous avions déjà eu droit à "ID-Night", "S'miles" et "TGV-Family". Il lui demande s'il compte donner des instructions aux dirigeants de la SNCF pour qu'ils cessent d'utiliser l'anglais au détriment du français, langue officielle en France.

Réponse du ministère des Transports, de la mer et de la pêche

La loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française dispose que la langue française est "un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics". Cette reconnaissance illustre la détermination des pouvoirs publics à promouvoir la défense de la langue française. A l'article 14, cette loi interdit aux personnes morales de droit public ou de droit privé chargées d'une mission de service public "l'emploi d'une marque de fabrique, de commerce ou de service constituée d'une expression ou d'un terme étranger [...] dès lors qu'il existe une expression ou un terme français de même sens approuvés dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires relatives à l'enrichissement de la langue française".

L'offre "ID-Night" était conduite à titre expérimental, pour proposer sur des TGV de nuit le week-end des animations destinées plus particulièrement aux voyageurs âgés de 18 à 30 ans. Interrompue le 26 juin 2011 en raison d'une fréquentation insuffisante pour assurer sa viabilité économique, cette offre, proposée par une filiale de droit privé de la SNCF dans le cadre de sa politique commerciale, n'entrait pas dans le champ de la loi du 4 août 1994. Le programme de fidélisation "S'miles" ne relève pas de la seule SNCF mais d'un partenariat entre 46 entreprises. Par ailleurs, la SNCF a quitté ce partenariat pour lancer son propre programme de fidélisation nommé "Voyageur" depuis le 31 mai 2012. En ce qui concerne l'offre "TGV Family", la SNCF a choisi d'utiliser ce terme anglais, très proche du terme français, pour éviter l'amalgame entre cette offre commerciale et la carte "familles nombreuses", proposée dans le cadre d'une tarification sociale nationale, et la carte "Enfant Famille", mise en place par convention entre la SNCF et le ministère des solidarités et de la cohésion sociale.

Enfin, le projet "Speed", relatif au développement d'une offre de services routiers longues distances, ne constituait qu'un nom provisoire. Le 4 juillet dernier, la directrice de la branche SNCF Voyages a ainsi annoncé le lancement, à compter du 23 juillet 2012, d'une nouvelle offre de cars baptisée "ID BUS" à destination de Londres, Bruxelles et Amsterdam via Paris et Lille. Croyez bien que ces quelques exemples ne sont que des exceptions et que je veille au respect des dispositions réglementaires en la matière, partageant vos préoccupations. J'ai d'ailleurs rappelé ces dispositions à la SNCF.


Question écrite n°195 posée par Jean-Jacques Candelier (député du Nord - Gauche démocrate et républicaine) publiée au Journal Officiel le 03/07/2012
 

M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme la ministre de la culture et de la communication sur sa politique linguistique, et plus particulièrement sa politique en faveur de la langue française. De nombreuses associations de défense de la langue française, comme le Courriel (Collectif unitaire républicain de résistance, d'initiative et d'émancipation linguistique), par exemple, militent pour l'enseignement et la promotion du français, pour beaucoup symbole des valeurs universelles de la République et de notre souveraineté nationale. Ce combat est selon lui rendu d'autant plus ardent qu'il pense déceler une stratégie organisée de liquidation de la langue française, à travers l'imposition progressive de l'anglais par l'Union européenne ou encore, à travers cette imposition par les grandes entreprises (le slogan du MEDEF est "ready for the future").

Ce basculement organisé vers l'anglais, notamment dans sa forme américaine, est censé mieux correspondre à la modernité. En réalité, il est surtout le véhicule de la pensée unique supranationaliste et de l'idéologie libérale et capitaliste. Ce phénomène d'anglicisation à outrance est particulièrement préoccupant car il tend à la fragilisation de la cohésion nationale, à travers une perte d'intégrité psychologique des citoyens, une perte des repères culturels et des problèmes de communication. Alors que l'article 2 de notre Constitution indique que "la langue de la République est le français", il lui demande la politique qu'elle compte mener en faveur de la promotion du français et comment elle entend lutter contre un envahissement de l'anglais, notamment sur nos écrans de télévision.

Réponse du ministère de la Culture et de la communication

La ministre de la Culture et de la Communication est consciente de la pression indiscutable exercée par l'anglais dans un grand nombre de domaines de la vie économique, sociale et culturelle. Elle juge inopportuns les choix publicitaires de certains responsables de manifestations ou d'entreprises qui, sous couvert de modernité, affichent sur la voie publique des noms de marque ou des slogans exclusivement en anglais pour s'adresser à un public majoritairement francophone. Dans la mesure où une telle situation peut conduire à des "pertes de fonctionnalité" du français, la ministre y voit un risque pour le maintien de la cohésion sociale dans notre pays, dont l'identité s'est construite autour d'une langue commune, le français, langue de la République en vertu de la Constitution.

Ce principe constitutionnel est le garant de l'égalité de nos concitoyens dans l'accès à l'information, au savoir, aux droits et à la culture. Cependant, cette identité linguistique est une identité ouverte : elle n'est pas exclusive de l'appartenance à d'autres cultures et de l'ouverture à d'autres langues. C'est donc dans une perspective de promotion du français, mais aussi de valorisation du plurilinguisme, que le Gouvernement entend conduire une politique des langues renouvelée et dynamisée. Trois domaines appellent plus particulièrement son attention, et fournissent d'ores et déjà matière à des projets concrets. Dans le monde de l'entreprise, l'exercice d'un droit au français reste plus que jamais nécessaire. Les organisations syndicales représentatives en font à juste titre un combat exemplaire. C'est pour apporter des réponses aux entreprises qui souhaitent développer une politique linguistique qu'a été mis en œuvre le projet Bonnes pratiques linguistiques en entreprise, réalisé conjointement en France par la délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) et au Québec par l'Office québécois de la langue française. Il a pour objectif de mettre en évidence des initiatives qui, dans le monde du travail, permettent la pratique du français et du multilinguisme face à la pression exercée par la globalisation.

Les entreprises qui ont accepté de participer en France à ce projet se situent dans des domaines comme la banque, l'hôtellerie, l'énergie, la communication, les industries du luxe et de la cosmétique, l'électronique, l'assurance, dans lesquels le français est encore très présent, mais où son avenir dépend d'une gestion appropriée des pratiques linguistiques. Des exemples ont parallèlement été relevés au Québec. Le projet est dans sa phase finale de réalisation et sera présenté sous forme d'un Guide des bonnes pratiques linguistiques en entreprise lors d'un colloque des Organismes francophones de politique et aménagement linguistiques (OPALE) qui se tiendra à Montréal début octobre 2012. Dans l'univers numérique, la langue française se signale par un dynamisme dont témoigne le nombre de pages en français sur les réseaux.

Il revient au ministère de la Culture et de la Communication de favoriser cette tendance et notamment l'accès aux données culturelles. Ainsi, ce ministère travaille étroitement avec l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) et l'association Wikimédia France sur le projet DBpedia en français. Son objet est de s'appuyer sur l'encyclopédie Wikipédia francophone pour favoriser l'émergence de nouveaux services culturels innovants, en tirant parti des ressources offertes par le web sémantique. Ce projet va dans le sens de la politique de l'État pour valoriser le maillage culturel des territoires français et francophones. Le développement de la traduction doit par ailleurs être favorisé parce qu'il permet la circulation des œuvres et des idées et constitue un des meilleurs antidotes au monolinguisme, avec l'apprentissage des langues étrangères (qui ne saurait en aucune manière se résumer à l'apprentissage d'une seule langue). Traduire vers d'autres langues, c'est aussi préserver la fonctionnalité du français dans notre pays lui-même. Le ministère de la Culture et de la Communication soutient de nombreux programmes favorisant la traduction et la formation des traducteurs.

Il s'est ainsi récemment associé à la publication d'un État des lieux de la traduction en Méditerranée. Un colloque de restitution de cette ambitieuse étude sera organisé à l'occasion de la "Journée européenne des langues", le 26 septembre 2012. En ce qui concerne la situation dans les médias, si le Conseil Constitutionnel a rappelé le principe supérieur de la liberté de pensée et d'expression, dans sa décision du 29 juillet 1994, ce principe a été tempéré par l'article 20-1 de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, introduit par la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, qui prescrit l'emploi obligatoire du français dans les émissions et les messages publicitaires diffusés par les services de communication audiovisuelle. L'utilisation de langues étrangères n'est pas pour autant proscrite, sous réserve qu'il soit recouru à une traduction en français, "aussi lisible, audible ou intelligible que la présentation en langue étrangère", ainsi qu'en dispose le quatrième alinéa de l'article 20-1 de la loi du 30 septembre 1986. Le législateur a confié à une autorité administrative indépendante, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), la mission de veiller à la défense et à l'illustration de la langue et de la culture française dans la communication audiovisuelle. Il est donc responsable de l'application, dans ce secteur, de la loi du 4 août 1994. Les actions menées par le CSA pour assurer le respect de la langue française dans les programmes audiovisuels sont nombreuses.

Dans les conventions des principales chaînes de télévision, le CSA a introduit l'obligation de désigner un conseiller qualifié dans le domaine de la langue française. Ces responsables interviennent régulièrement auprès des rédactions pour rappeler les règles relatives au bon usage de la langue française. Sans qu'il soit possible d'imposer aux médias audiovisuels l'usage d'une terminologie officielle, ainsi que l'a rappelé le Conseil Constitutionnel, l'autorité de régulation mène des actions tendant à sensibiliser les diffuseurs à la qualité de la langue française employée. Les termes recommandés par la commission générale de terminologie et de néologie, publiés au Journal officiel, sont repris dans La Lettre du CSA. Le CSA transmet aux diffuseurs les fascicules de terminologie édités par la délégation générale à la langue française et aux langues de France. Il établit également des relevés linguistiques, complétés par les courriers des auditeurs et téléspectateurs. Les incorrections les plus fréquentes ou les plus significatives font chaque mois l'objet d'articles dans La Lettre du CSA.

Il a également créé sur son site Internet une rubrique consacrée à la langue française, qui indique la terminologie recommandée au Journal officiel. Si des progrès peuvent, à n'en pas douter, encore être réalisés, ces mesures constituent néanmoins un dispositif efficace propre à assurer le respect de la langue française dans les médias audiovisuels. Il sera préservé. Enfin, la langue française est un des socles sur lequel doit se bâtir un État exemplaire. La loi du 4 août 1994 impose aux administrations et agents publics l'emploi des termes et expressions nouveaux proposés par les commissions de terminologie pour désigner en français les concepts et réalités qui apparaissent sous des appellations étrangères, notamment dans les domaines économique, scientifique et technique.


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2012 (2) - le 11/11/2012 - 22:57 par MAR
Nouvelles de novembre 2012 (2)

- Lettre au CSA sur le matraquage anglomane dans les médias (lire ci-dessous)
- Espace Francophone "Norodom Sihanouk, servir le Cambodge" (France3 -14/11) (lien)
- G. Pagano : Hollande le seul à s'être adressé à Obama dans sa langue (ci-dessous)
- 32ème A.G des maires francophones du 26 au 28 novembre à Abidjan (lien)
- La Gazette (Sénégal) : Recrutement à l'ONU - Les francophones défavorisés (7/11) (lien)


Lettre des associations au CSA sur le matraquage anglomane dans les médias

AFRAV
, Association Francophonie Avenir – président Régis Ravat, syndicaliste

ALF, Avenir de la Langue Française et FFI-France – président Albert Salon, ancien ambassadeur, docteur d’État ès Lettres,

COURRIEL (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Émancipation Linguistique) – président Georges Gastaud, philosophe

Droit de Comprendre - président Marc Favre d’Échallens

Le 12 novembre 2012

Objet : demande formelle de droit de réponse à propos du bilinguisme en France

Monsieur le Président du C.S.A.,

A plusieurs reprises nos associations vous ont alerté, ensemble ou parallèlement, à propos des pratiques linguistiques désastreuses qui affectent l'audiovisuel public et privé au détriment du français, langue officielle de notre pays, et à l'avantage du "globish". Nous ne constatons pas, hélas, d'évolution positive à cet égard alors qu'il s'agit tout bonnement de faire respecter l'article II de la Constitution ainsi que les prescriptions de la loi Toubon.

Il y a pire désormais. De manière répétée, France 2 se fait le chantre de l'anglophonisation massive de notre pays sans jamais donner la parole aux défenseurs de notre langue. Tantôt il s'agit de vanter l'anglais dès l'école maternelle - voire dès la naissance - tantôt, comme ce fut le cas au journal télévisé de 20h du 7 novembre dernier, il s'agit de montrer que la France étant mal placée pour la connaissance de l'anglais, il faut adopter de nouvelles méthodes pour avancer dans la maîtrise de cette langue : et France 2 de donner la parole à la directrice de Sciences Po qui dispense ses enseignements en anglais aux futurs élus, hauts fonctionnaires et hommes politiques de la nation, en violation ouverte de la loi Toubon qui fait du français la langue de l'enseignement, mais aussi en contradiction avec le discours que M. François Hollande a prononcé le 27 août 2012 à Paris intitulé “La francophonie au cœur de la XX° conférence des Ambassadeurs” et au cours duquel il demande à ceux-ci de "ne jamais oublier que la promotion de la langue, de la création française, c’est l’affirmation d’une vision du monde qui fait place à toutes les cultures".

Et cette personne si peu soucieuse du respect dû à la loi et à l'identifiant majeur de notre nation, d'expliquer qu'en étudiant en anglais, nos futurs hommes politiques s'ouvrent à d'autres modes de pensée, en clair au mode de pensée anglo-saxon avec toutes ses déterminations fort loin d'être neutres idéologiquement, politiquement et économiquement. En clair, il s'agit là d'un formatage redoutable et le prétexte de l'ouverture et du pluralisme de pensée est totalement inconsistant : se demande-t-on si des cours de politique sont délivrés en allemand ou en espagnol en Angleterre, se demande-t-on si l'"ouverture", toujours dans la même direction, ne consisterait pas à délivrer des cours à Sciences Po en chinois, en russe, en arabe ou en castillan ?

Le plus grave c'est que dans cette émission, comme dans les précédentes sur le même sujet - qu'il s'agisse de l'invasion des mots anglais dans le dictionnaire Larousse ou de l'anglophonisation précoce des enfants - le journaliste de service ne s'interroge JAMAIS sur les dangers qui pèsent sur la langue nationale, sur la signification politique de cette politique de substitution linguistique qui touche de plus en plus de domaines : enseignes, publicités (les publicités de l'audiovisuel sont MASSIVEMENT envahies par le franglais et par les chansons en anglais comme bruit de fond), commerce, travail des entreprises françaises en France même, recherche, chanson, titre des films "français", etc., sans que les autorités esquissent le moindre geste pour faire respecter la loi, c'est-à-dire l'État de droit.

C'est pourquoi nous demandons que dans les mêmes conditions que celles qui ont prévalu le 7 novembre, un droit de réponse sur la langue française soit accordé rapidement à nos associations. Notre pays est à terme menacé de voir sa langue reléguée au second plan sans que jamais les citoyens n'aient pu débattre contradictoirement de la politique linguistique de leur pays. Or le rôle principal d'un service public d'information, financé par tous les Français dont une écrasante majorité tient à sa langue, est de susciter le débat citoyen et non de formater les auditeurs dans le sens de la langue unique et de la pensée unique, fussent-elles bien en cour dans les milieux journalistiques dominants.

Il y aurait beaucoup à dire également sur le comportement de France-Inter dont plusieurs émissions s'intitulent, en pleine illégalité, "come on !", "Summertime" ou "Down town". Si bien que de notre point de vue, une rencontre entre nos associations et M. le président du CSA s'impose au plus tôt.

Cette interpellation concernant les plus hautes autorités de notre pays, nous adressons copie de ce courrier non seulement au médiateur de l'audiovisuel mais au Président de la République et à Mme la ministre de la culture et de la communication.

Certains, M. le Président, que vous donnerez une suite rapide, active et efficace à nos demandes de simple équité, nous vous assurons de nos sentiments sincèrement républicains.

Régis Ravat président de l'AFRAV
Albert Salon président d'Avenir de la Langue Française
Georges Gastaud président du Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Émancipation Linguistique (COURRIEL)
Marc Favre d’Échallens président du Droit de Comprendre

Annexe : observations et réflexions d’un observateur averti.

Pour prendre un exemple frappant de l’existence de cette organisation du crime linguistique, il n’y a qu’à regarder les actualités de 20 heures, sur France 2. On constate alors aisément, qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’il soit diffusé un reportage sur les bienfaits de l’enseignement de l’anglais précoce, sans qu’il soit dit que les Français sont nuls en langues étrangères (sous-entendu, en anglais), sans qu’il soit ressassé que les touristes sont mal accueillis en France parce que les Français ne parlent pas anglais, sans qu’il soit fait une "pub" du dernier film états-unien sorti, de la dernière chanson en vogue aux États-Unis ou du prochain concert à Paris d’une vedette anglophone.

Il est facile de constater aussi que lorsqu'un journaliste de France 2 interroge un étranger pour les besoins d'un reportage, dans la plupart des cas, nous avons droit alors à un témoin qui parle en anglais. Le samedi 9 juin, nous eûmes même la désagréable surprise d'entendre un chef de la police de Montréal, au nom très français, parler en anglais.

Si entre le 2 et le 6 juillet 2012 a bien eu lieu le premier Forum mondial de la langue française à Québec, pourtant, force est de constater, que durant cette période, aucun reportage, aucun commentaire n'a été accordé à cet événement majeur pour notre langue, sur France 2, aux journaux de 20 heures.

Comment se fait-il que cette chaîne publique, dont une des missions - cela est inscrit dans le cahier des charges de la chaîne -, est de veiller à la promotion, à la diffusion et à la défense de la langue française, fasse ainsi la sourde oreille lorsqu'il s'agit de mettre en avant nos intérêts linguistiques ?

Alors que se déroulait ce Forum mondial, et pour prendre un exemple du haut degré de trahison linguistique qui règne sur France 2, au journal de 20 heures, le mardi 3 juillet 2012, on nous parla de l'Allemagne qui recrutait des immigrants en anglais, d'Airbus à Toulouse qui présentait ses avions en anglais à des visiteurs. De plus, le 8 juillet, nous eûmes droit à un énième reportage pour apprendre l'anglais en séjour linguistique en Angleterre. Bref, il y aurait un complot sur France 2 contre la langue française et contre la Francophonie au profit de l'anglais-roi que cela ne serait pas étonnant.

Tout concorde donc pour dire que France 2, joue à fond la carte de l'anglais et se moque comme d'une guigne de la promotion de notre langue.

Notre chaîne publique suivrait-elle des consignes : promouvoir l'anglais, faire voir aux téléspectateurs que le monde entier parle anglais (même au Québec) ? France 2 ferait-elle pour l’anglais, ce qu’elle fait pour les minorités dites "visibles" ? En effet, s’il est facile de constater qu’à travers de nombreux reportages, les journalistes du journal de 20 heures de France 2 donnent la parole très fréquemment à des personnes issues des minorités "visibles", comment ne pas se poser la question à savoir s’il n’y aurait pas la même stratégie pour mettre l’anglais en avant.

Si faire de la discrimination positive a été plus ou moins validé par la classe politique en général, est-ce que l'anglicisation, en catimini, l'aurait été également ? Qui aurait décidé alors que, au nom de notre bien-être, de notre intérêt supérieur, de la liberté et de l'équité, il faut bourrer le cerveau des téléspectateurs de la langue de Mickey.

Régis Ravat


"Friendly ou non, Hollande est le seul chef de l'État qui s'est adressé à Obama dans sa propre langue".
Déclaration de Giorgio Pagano, secrétaire de l'Association Radicale "Espéranto".

 

 

"Tous les médias, italiens et étrangers, ont eu hâte de montrer du doigt l'énormité linguistique d'Hollande qui, en signant sa lettre pour féliciter Obama de sa victoire électorale, l'a salué en anglais avec un improbable “friendly” au lieu du plus opportun “friendly greetings”.
Mais en regardant le doigt personne, même en France, ne s'est aperçu de la lune ... et notamment que François Hollande a été un des rares, si non le seul chef d'État qui s'est adressé au réélu président des États-Unis dans sa propre langue maternelle, le français, en laissant la traduction à la diplomatie”.


C'est le commentaire de Giorgio Pagano, secrétaire de l'Association Radicale Esperanto et membre du Sénat du Parti radical Transnational non-violent et trans-partis, à propos de la tempête médiatique suscitée par l'erreur du Président français dans sa lettre de congratulation à Barack Obama.

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nouvelles2/sciences-po.jpgArrêter la casse du français à Sciences Po. - le 07/11/2012 - 21:14 par MAR
Arrêter la casse de la langue française
à Sciences Po.

(appelé officiellement Institut d’études politiques de Paris)

Au moment où le gouvernement s’apprête à nommer le nouveau directeur de l’Institut d’études politiques de Paris, nous souhaitons exprimer notre vif souhait que celui-ci réhabilite l’usage de la langue française dans son enseignement.

Les dérives financières de l’ancienne équipe, justement dénoncées par le Cour des Comptes, sont inséparables d’une perte générale des repères qui a conduit à une politique culturelle aberrante. Au nom d’un mondialisme mal conçu et d’une modernité de pacotille, l‘enseignement en anglais a été systématiquement favorisé au cours des dernières années au détriment de l’enseignement en français.

Pour un pays, pour une institution comme pour un individu, la maturité est de valoriser ses atouts propres et de ne pas entrer dans une dépendance intellectuelle à l’égard de valeurs venues d’ailleurs, pour respectables qu’elles soient. Cela vaut particulièrement pour une institution emblématique de la 5e puissance du monde que nous sommes, chargée de former une partie de sa classe dirigeante. La francophonie est un atout à valoriser. En méprisant sa propre langue, un pays incite les autres au même mépris.

Les étudiants français peuvent aller à l’étranger pour s’initier à la langue de Shakespeare, bien différente du sabir d’aéroport qui généralement en tient lieu, et on peut supposer que les étudiants étrangers qui viennent en France ont le désir de s’initier à la civilisation française et donc à la langue française. Pour ces raisons, les cours en langue étrangère ne sauraient être que l’exception.

De même, la culture générale, dont le général de Gaulle disait qu’elle était la véritable école du commandement, non seulement militaire et politique mais aussi économique, doit rester au centre de l’institution.

L’association que nous représentons sera particulièrement vigilante pour observer en ce domaine les évolutions de l’Institut.

Avenir de la Langue Française (ALF)
Albert Salon
Stéphane Marcilhacy
Alfred Gilder
Roland Hureaux

à lire également notre nouvelle d'avril 2012 :
"
La mort de Richard Descoings, grand angliciseur"


nouvelles/AN.jpgQuestions parlementaires de l'automne 2012 - le 07/11/2012 - 21:13 par MAR

Questions parlementaires de l'automne 2012

Nous avons réuni ici des questions écrites posées par des parlementaires : sur l'admission du Qatar comme membre associé de l'Organisation internationale francophone, sur les suites du sommet francophone, sur la place du français en Afrique, la dérive de l'Union Européenne vers le tout-anglais et TV5 Monde... [Lire les textes plus bas]
Nous attendons avec impatience les réponses du gouvernement !

(pour avoir un panorama plus complet : regarder dans le menu de gauche Cadre institutionnel : Politique puis Questions des Députés et Questions des Sénateurs)

sur l'admission du Qatar comme membre associé de l'Organisation internationale francophone (OIF)

Claude Goasguen ( député UMP - Paris ) - 23/10/2012 - Question n° 8051

M. Claude Goasguen attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur le fonctionnement de l'OIF. Il est très surpris que le Qatar soit rentré directement comme membre associé dans l'Organisation internationale francophone (OIF).

L'organisation a pour mission de donner corps à une solidarité active entre les membres qui partagent l'usage de la langue française et le respect des valeurs universelles. Or seul 1 % de la population du Qatar est francophone. Malgré tout le pays est rentré directement dans l'organisation francophone en tant qu'État membre sans même passer par la case "membre observateur" comme c'est habituellement la règle. En contraste, Israël qui compte, selon la moyenne des estimations, 20 % de sa population francophone, reste le grand absent des 57 membres, dont 3 associés, et 20 observateurs de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), malgré une volonté assumée d'entrer dans l'OIF.

Ces circonstances rappellent malheureusement que les organisations internationales pratiquent souvent deux poids deux mesures quand il s'agit d'Israël. La non-admission d'Israël dans la francophonie s'explique très difficilement, et refuse de reconnaître de fait l'existence d'un million d'Israéliens pratiquant le français. C'est pourquoi il souhaiterait avoir ses explications sur cette anomalie et savoir dans quel délai il entend remédier à cette situation injustifiable.

Patrice Verchère (député UMP - Rhône) -30/10/2012 - Question n°8631

M. Patrice Verchère attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur l'entrée du Qatar au sein de l'organisation internationale de la francophonie. En effet, lors de son récent sommet organisé à Kinshasa les 13 et 14 octobre 2012, l'OIF s'est élargie en accordant notamment le statut de membre associé à l'émirat du Qatar.

Cette situation a suscité beaucoup d'interrogations dans la mesure où la procédure habituelle d'adhésion passe d'abord par le statut d'observateur. De nombreux observateurs se sont également émus de la légitimité de cette adhésion s'agissant d'un pays non francophone. Si l'organisation permet l'entrée de pays non-francophones, ceux-ci doivent présenter de nombreuses conditions garantissant l'usage de la langue française sur leur territoire ou encore l'approbation des valeurs francophones tels qu'affirmées par l'organisation. Selon certaines informations parues dans la presse, cette adhésion masquerait en réalité la volonté du Qatar d'accroître son influence sur les pays francophones d'Afrique.

En tant que membre de plein droit de l'OIF, la France a participé pleinement au processus d'adhésion du Qatar. Il lui demande de bien vouloir préciser la position tenue par les autorités françaises lors des négociations concernant l'entrée du Qatar au sein de l'organisation et les conditions de cette adhésion.


sur les suites du sommet francophone

Jean-David Ciot (député Socialiste - Bouches-du-Rhône) -06/11/2012 - Question n°9164

M. Jean-David Ciot interroge Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur les suites du sommet de l'Organisation internationale de la francophonie tenu à Kinshasa du 13 octobre 2012. Cet évènement a vu le Président de la République, M. François Hollande, adresser un fort plaidoyer en faveur de la démocratie, des libertés individuelles et de l'état de droit.

Cinq autres résolutions ont été votées concernant la situation au Mali, la situation en République démocratique du Congo, la bonne gouvernance dans les industries extractive et forestière, le renforcement de la lutte contre la piraterie maritime dans le golfe de Guinée et les situations de crise, de sortie de crise et de consolidation de la paix dans l'espace francophone. Il souhaiterait savoir en quoi consistent la nouvelle politique intégrée de promotion de la langue française et la nouvelle stratégie numérique de la francophonie, et comment elles permettront d'assurer la place du français dans un monde toujours plus mondialisé.


sur la place du français en Afrique

Michel Terrot (député UMP - Rhône ) -23/10/2012 - Question n°8048

M. Michel Terrot attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la politique de la France en Afrique. À l'heure où les Chinois, les Américains ou les Britanniques consolident leurs propres positions, il convient d'éviter toute dispersion de nos moyens d'aide bilatérale.

Celle-ci doit se limiter à l'éducation et à la formation, qui participent de la défense de la francophonie, à l'heure où notre langue est malmenée en Afrique. Il souhaite connaître les actions menées par le Gouvernement en faveur de la défense de la francophonie sur le continent africain.


sur la dérive de l'Union Européenne vers le tout-anglais

Philippe Vitel (député UMP - Var) -30/10/2012 - Question n°8841

M. Philippe Vitel attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur le fait que l'Union européenne doit traiter sur un pied d'égalité les langues officielles des différents pays. Or, de plus en plus souvent, les documents sont publiés en anglais sans être traduits dans d'autres langues.

Avec environ 100 millions de locuteurs, l'allemand est la langue maternelle la plus parlée dans l'Union européenne, suivi du français, puis de l'anglais. Il lui demande si le Gouvernement français va formuler une protestation solennelle contre une telle discrimination linguistique et exigé le respect des règles européennes.

sur la Discrimination linguistique par les institutions de l'Union européenne
Jean Louis Masson (
sénateur Moselle - NI) - 18/10/2012 – Question n°2564
M. Jean Louis Masson attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur le fait que l'Union européenne (UE) doit traiter sur un pied d'égalité les langues officielles des différents pays. Or de plus en plus souvent, les documents sont publiés en anglais sans être traduits dans d'autres langues.

Ainsi le 20 septembre 2012, la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a examiné le règlement financier du budget général de l'UE, qui était présenté au vote dans un texte de 407 pages uniquement en anglais. Avec environ 100 millions de locuteurs, l'allemand est la langue maternelle la plus parlée dans l'UE, suivi du français, puis de l'anglais. Il lui demande pour quelle raison le Gouvernement français n'a pas formulé une protestation solennelle contre une telle discrimination linguistique et exigé le respect des règles européennes.

En attente de réponse du Ministère chargé de la francophonie


sur TV5 Monde

Jean Louis Masson (sénateur Moselle - NI) - 18/10/2012 – Question n°2904
Rappelle la question 1660
M. Jean Louis Masson rappelle à Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, les termes de sa question n°01660 posée le 23/08/2012 sous le titre : " Accès gratuit à TV5 Monde ", qui n'a pas obtenu de réponse à ce jour. Il s'étonne tout particulièrement de ce retard important et il souhaiterait qu'elle lui indique les raisons d'une telle carence.

23/08/2012 - Question n°1660
M. Jean Louis Masson attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur le fait que le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a déploré le déficit d'information des Français de l'étranger lors des élections législatives. Cela résulte notamment de ce que, dans de nombreux pays, la chaîne de télévision France 24 est diffusée en anglais.

De plus, TV5 Monde est une chaîne payante à l'étranger, ce qui limite son audience. Ce constat illustre la dégradation de la défense de la langue française. En particulier, France 24 étant financé avec l'argent des contribuables, il est scandaleux qu'elle ne soit pas diffusée partout en français. L'argent public devrait contribuer au rayonnement de notre langue plutôt qu'au rayonnement de la langue anglaise. À défaut, il lui demande s'il ne conviendrait pas que les crédits affectés à France 24 soient transférés pour financer l'accès gratuit à TV5 Monde dans tous les pays.


nouvelles2/ressorts.gifHomographes homophones ou non - le 06/11/2012 - 22:00 par MAR

Homographes homophones et non homophones

En français : deux mots composés des mêmes lettres se prononcent toujours de la même façon !

En êtes-vous si sûrs ?

Voici quelques exemples d’homographes de prononciations différentes ! (Homographes non homophones)

Sortant de l’abbaye où les poules du couvent couvent, je vis ces vis. Nous portions nos portions, lorsque mes fils ont cassé les fils.

Je suis content qu’ils vous content cette histoire. Mon premier fils est de l’Est, il est fier et l’on peut s’y fier, ils n’ont pas un caractère violent et ne violent pas leurs promesses, leurs femmes se parent de fleurs pour leur parent. Elles ne se négligent pas, je suis plus négligent.

Elles excellent à composer un excellent repas avec des poissons qui affluent de l’affluent. Il convient qu’elles convient leurs amis, elles expédient une lettre pour les inviter, c’est un bon expédient. Il serait bien que nous éditions cette histoire pour en réaliser de belles éditions.

Voyons aussi quelques exemples d’homographes de même prononciation (Homographes homophones)

Cette dame qui dame le sol Je vais d'abord te dire qu'elle est d'abord agréable. A Calais, où je calais ma voiture, le mousse grattait la mousse de la coque. Le bruit dérangea une grue, elle alla se percher sur la grue.

On ne badine pas avec une badine. En mangeant des éclairs au chocolat à la lueur des éclairs. En découvrant le palais royal, il en eut le palais asséché, je ne pense pas qu'il faille relever la faille de mon raisonnement.

Voici le meilleur exemple d’homophone(mot de sens différent mais de prononciation identique)

Le ver allait vers le verre vert


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"Diseur, Yvan Gradis se propose pour réciter bénévolement, au pied levé, l'un ou l'autre des 48 poèmes (durée maximale : deux bonnes heures) d'Apollinaire, Baudelaire, Carême, Corneille, Du Bellay, Éluard, Guillevic, Heredia, Hugo, La Fontaine, Lamartine, Mallarmé́, Nerval, Prévert, Rilke (en allemand), Sully-Prudhomme, Verlaine, Vigny. (contact : 01 45 79 82 44, 06 17 78 74 83)"

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