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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  

Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles/presse.gifNouvelles de décembre 2012 - le 06/12/2012 - 21:13 par MAR
Nouvelles de décembre 2012
- OIF : Colloque : Phillippe Rossillon, un promoteur de la Francophonie (5/12) (lien)
- DGLF : publication du vocabulaire de l'Économie et des Finances (à télécharger)
- M. Favre d'Échallens lettre au Monde Être ou ne pas être... français !  (ci-dessous)
- L’Italie obtient gain de cause en matière de droits linguistiques (lien)
- Une lettre de Francis Gandon  (lire ci-dessous)
- Daniel Ancelet : Lorsque nous n'aurons plus... (lire ci-dessous)

M. Favre d'Échallens : Être ou ne pas être... français ! 
publié dans Le Monde des 25 et 26novembre 2012

Sport Être ou ne pas être... français !

Décidément les entraîneurs du XV de France sont amateurs de petites phrases : en février 2011 lors du Tournoi des six nations, Marc Liévremont s'était distingué par une phrase idiote, "c'est qu'on n'aime pas les Anglais".

Aujourd'hui c'est Philippe Saint-André, qui après les succès de l'équipe de France de rugby contre l'Australie et l'Argentine, s'illustre par une formule déplaisante "Je leur avais dit de ne pas être français !" en parlant des joueurs du XV de France.

"Français" devient ainsi un terme péjoratif. Les lexicologues dateront de novembre 2012 cette acception dévalorisante de "français" dans la bouche d'un Français ! Franchement, alors que le public français au Stade de France avait porté le XV dé France le 10 novembre contre l'Australie, il est navrant de le remercier par cette médiocre attitude qui montre, sans doute inconsciemment, un désamour avec le fait français en France.

Il serait paradoxal qu'à l'heure où le "fabriqué en France" semble mis à l'honneur, le "joué à la française" soit banni. Pour se remettre, il est bon de s'adosser à François Villon qui dans les deux derniers vers de sa "ballade contre les ennemis ' de la France" disait "Car digne n'est de posséder vertus / Qui mal voudrait au royaume de France !"  Allez la France I

Marc Favre d'Échallens, Le Vésinet (Yvelines)


Une lettre de Francis Gandon

Le 25 novembre, sur France 2, à 20h25 (Informations), j’apprends que les instructeurs français en Afghanistan doivent … instruire en anglais, avec traduction en patchoun. Ainsi, il est non seulement impossible de trouver des francophones parmi les soldats  (le lycée français a formé pourtant nombre de cadres afghans), mais la traduction directe français-patchoun n’est pas même prévue !

 On imagine l’efficacité de la transmission des ordres dans de telles conditions… Mais surtout, quelle humiliation pour les supplétifs que nous sommes.

 Vous avez dit « supplétifs » ? 

Francis Gandon


Lorsque nous n'aurons plus...

Lorsque nous n'aurons plus notre langue française,

De quels mots se servira-t-on

Quand nous voudrons en chœur chanter la Paimpolaise

Ou fredonner la Madelon ?

Quel sabir employer pour un poulet basquaise,

Et commander dans quel jargon

La quenelle au brochet, merveille lyonnaise

Ou le pot- au- feu bourguignon ?

Et je ne parle pas de nos trois cents fromages

Qui ne survivront pas sans nous,

Et qu'on ne verra plus embaumer nos villages

De leurs beaux noms, de leur bon goût!

Nous faudra-t-il traduire une tarte à la fraise,

Décortiquer un far breton,

Ou se résoudre à napper d'une crème anglaise

Le moindre zeste de citron ?

Et nos pots, nos flacons, nos fioles, nos fillettes,

Qu'on les chambre ou les boive frais,

Devra-t-on les soumettre aux mornes étiquettes

Des buveurs de bière et de lait ?

Langue du Notre-Père et de la Marseillaise,

Symbole de la liberté,

Quand nous ne l'aurons plus, faudra-t-il qu'on se taise

Puisque l'on veut nous en priver ?

Daniel Ancelet



nouvelles2/philippe-rossillon2.jpgHommage à Philippe Rossillon - le 28/11/2012 - 17:43 par Albert_Salon

Hommage à Philippe Rossillon
Les acteurs de la Francophonie, en célébrant
un des pères de ses institutions,
ravivent le combat pour le français.

Jusqu'à sa fin en 1997, Philippe Rossillon fut à la fois un Bonaparte et un Surcouf pour la langue française et la Francophonie. Pour la plupart, les institutions actuelles, françaises et internationales, de promotion du français et de la Francophonie organisée lui doivent en partie leur naissance. Créées aussi bien sous le Général de Gaulle et M. Georges Pompidou que sous MM. François Mitterrand et Michel Rocard, en complicité active entre Québécois, Acadiens, Wallons, Valdôtains, Romands et Jurassiens, Marocains, Tunisiens, Sénégalais de Senghor, Nigériens d'Hamani Diori, Ivoiriens d'Houphouët-Boigny, Cambodgiens de Norodom Sihanouk..., et Français de tous horizons.

Réunis le 5 décembre de 14h30 à 18h à l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), 19, avenue Bosquet, 75007, salle Senghor, grâce aux bons offices du Secrétaire Général de l'OIF M. Abdou Diouf, ancien Président de la République du Sénégal, et de son administrateur, le Québécois Clément Duhaime, les compagnons, les héritiers, les émules, de Ph. Rossillon, et les plus jeunes animateurs d'associations nouvelles de France, du Québec et d'ailleurs, resserrent leurs liens pour repousser les attaques subies par le français, de l'extérieur comme de l'intérieur de leurs pays.

Toutes nos associations partenaires sont invitées ! Nombre d'entre elles sont nées de l'inspiration de Philippe Rossillon. Toutes promeuvent des idées et des actions qu'il eut lui aussi - parfois lui le premier - en partage.

Ce colloque n'est pas conçu comme une vague de nostalgie qui réchauffe, a fortiori un chant funèbre. Nous sommes appelés à en faire bien moins une rencontre d'anciens hussards qu'une occasion bienvenue de renforcer la synergie entre toutes les associations actuellement sur le front, et de préparer et mener ensemble de nouvelles actions.

Albert Salon

télécharger le programme du colloque

ou lire le programme ci-dessous


Une passion pour la Francophonie

Hommage à Philippe Rossillonphillippe rossillon3.jpg

(1931-1997)

Sous la présidence d’honneur de
Madame Véronique Rossillon

5 décembre 2012,
Siège de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie)
Salle Léopold Sédar Senghor,
19-21, avenue Bosquet
75007 Paris (France

Programme

15h   Allocution d’accueil de M. Clément Duhaime, Administrateur de l’OIF.

15h05 Ouverture du colloque par M. Bernard Dorin, Ambassadeur de France.

15h15   Les « coups » et actions d’éclat de Philippe Rossillon
Table ronde présidée par M. Bernard Dorin,
Avec MM. Jean Charbonnel, Pierre-André Comte, Bernard Emont, Paul-Henry Gendebien, Yves Montenay, et Denis Vaugeois

15h55  débat avec l ‘assistance et questions aux intervenants

 

16h35   Les grandes réalisations de Philippe Rossillon
Table ronde présidée par M. Albert Salon,

Avec MM. Alain Fantapié, Jacques Godfrain, Guy Lavaud, Jacques Legendre, Dominique Noguez, et Philippe de Saint-Robert.

17h10    débat avec l ‘assistance et questions aux intervenants

17h45   Conclusion du colloque par M. Albert Salon

Ils ont dit et ils ont écrit…

Hubert Joly :

« Je le vois encore avec sa vaste intelligence, sa connaissance approfondie de l’Histoire, son esprit fertile jamais à court d’une initiative, d’un échafaudage de combinaisons, son humour de merveilleux conteur, et cette chose devenue si rare, son patriotisme sans faille, il n’y a qu’un seul mot pour qualifier Philippe : il pétillait.

Ah ! Qu’il en a donné du fil à retordre à quelques-uns ! Que de fécondes initiatives n’a-t-il pas su prendre au Haut comité de la langue française ou, plus tard, à l’Union latine ! Que de coups tordus n’a-t-il pas fomentés dans sa cervelle à l’imagination sans limite !

Que reste-t-il de tout cela ? Bien sûr, un souvenir très brûlant de ces années de travail en commun, même si les figures d’autrefois, Martial de la Fournière, Xavier Deniau, Michel Têtu, Marc Blancpain, Jean-Marc Léger, nous ont, tour à tour, quittés. C’était une francophonie "indomptable et fière, sans frein, ni rênes d’or". Une impulsion toujours vivante à Haïti avec Véronique, à Québec, en Acadie, et même en Louisiane.

L’enthousiasme que Philippe nous a communiqué reste intact. Nous croyons toujours en les capacités de la France ainsi qu’aux nécessaires solidarités d’une francophonie qui s’affirme, ne serait-ce que numériquement, malgré toutes les vicissitudes de la politique internationale. »

(Bulletin d’Avenir de la langue française)

Yves Montenay :

« Philippe Rossillon a passé sa vie à tisser des liens entre les pays "francophones" et tous leurs acteurs, notamment leurs responsables et leurs médias. Il a lancé ou encouragé de nombreuses organisations multilatérales officielles, associatives ou privées, a poussé le gouvernement français à les appuyer et, en cas de refus, a rajouté l'argent de sa famille. Il rencontra moins d'enthousiasme en France que dans les autres pays.

Dans le monde musulman, Philippe Rossillon fut aux côtés du Maroc, de la Tunisie, de la Mauritanie, du Tchad, du Burkina Faso, du Sénégal et du Niger. Il avait également de nombreux amis en Égypte, au Liban et en Syrie. »

(Échos du monde musulman)

phillippe rossillon4.jpgAlbert Salon :

Philippe fut notre paladin modèle, créateur ou inspirateur de diverses institutions françaises et internationales de promotion du français et de la Francophonie, de l’ancêtre de la DGLF à l’ancêtre de l’OIF, en passant par tant d’autres, sans oublier Avenir de la Langue Française, dont il fut le cofondateur avec Dominique Noguez, Dominique Gallet et moi-même, actuel président..

Après lui, nous nous battons et espérons ! Feu son grand ami Jean-Marc Léger continue, associé à Philippe, à nous inspirer lui aussi. Ils sont avec nous, en corsaires unis par une époque à une épopée. Il faut recréer une époque comme celle-là !

(Bulletin d’Avenir de la langue française)

Philippe de Saint-Robert :

« Philippe Rossillon nous a quittés très brusquement, alors qu'il s'apprêtait, une fois de plus, à reprendre le combat qui nous est cher. Atteint de longue date d'une maladie cruelle qui eût incapacité tout autre que lui-même, il ne s'est jamais écouté et a poursuivi inlassablement, jusqu'à abuser de ses forces, le combat pour la langue française et la francophonie qu'il avait entamé dès le début des années soixante. Au Canada, notamment au Québec et en Acadie, il a mené le combat, en Wallonie et à Bruxelles, il a également apporté son soutien inlassable aux francophones victimes de l'épuration linguistique, élargissant son combat contre l'impérialisme américanophone, il ressuscita l'Union latine. Philippe Rossillon laisse un exemple et un témoignage dont on souhaiterait qu'ils se prolongent, dans l'avenir, au-delà de l'émotion et de l'admiration que sa disparition suscite. Plus que jamais, nous aurions eu, aujourd'hui, besoin de lui, car ni la langue française ni la francophonie ne semblent être à l'ordre du jour, des gouvernements qui se succèdent. »

(Lettres - Asselaf)

Jean-Marc Léger :

« Philippe Rossillon, était présent sur tous les fronts et n'hésitait pas à agir à visière relevée et à mettre en jeu sa propre carrière (il avait d’ailleurs horreur de l’expression «faire carrière»).

Certains traits me frappèrent chez lui dès notre premier entretien (à l’AUPELF, en 1963) : la qualité de son information, sa franchise et sa façon d’aborder, d’attaquer les problèmes de fond (et de front !), son humour, enfin, et son sens de la formule imagée, inattendue. Il y avait chez lui à la fois du condottiere et du croisé, de l’apôtre et du guérillero, l’abbé Pierre et Che Guevara mâtinés de Pierre Daninos ou de Desproges. Diplômé de l’École nationale d'administration, fonctionnaire brillant du ministère de la Coopération, créateur et premier rapporteur général du Haut Comité de la langue française, il n’hésita pas à mettre en cause son avancement, sa carrière même, pour quelques causes auxquelles il croyait.

Il a fait siennes toutes les causes des peuples ou communautés de langue française. Mais avec une prédilection pour trois d’entre eux : Québec, Acadie, Haïti. Il s’impliqua personnellement dans leurs combats et jusqu’à la fin, leur fut fidèle. »

(Le temps dissipé, souvenirs)


Le chevau-léger de la Francité

Décidément, plus personne ne fera jamais de la politique comme Philippe Rossillon... Philippe Rossillon nait à Boulogne en 1931 dans une famille de la bourgeoisie protestante. Rossillon est un révolutionnaire. Il baptisera ses deux fils Kléber et Marceau... Il sera un temps séduit par le maoïsme.

Sorti de l'ENA en 1955, Rossillon commence tout de même par tâter du commerce, ou faire semblant, et part pour l'Amérique du Nord, à Montréal. En 1958, à l'École des hautes études commerciales de Montréal, Philippe Rossillon partage le même bureau que Jacques Parizeau, futur premier ministre du Québec...

Rossillon, qui cherche une cause révolutionnaire et nationale à sa mesure vient d'en trouver une : ce sera le Québec, et même toute l'américanie française. A partir de cet instant Rossillon se fait missionnaire de la civilisation française à travers le monde nord américain.

Le serment Dorin-Rossillon

Quelques mois plus tard, début 1959, Rossillon rencontre Bernard Dorin, alors jeune attaché d'ambassade. Les deux jeunes hommes se trouvent une foule de points communs et décident de consacrer désormais leur vie à l'émancipation du Québec. Aucun des deux ne trahira son serment...

A son retour de Montréal, Rossillon, qui regarde aussi vers le monde méditerranéen et l'Algérie en guerre, fonde Patrie et Progrès, groupe national et social prônant une sorte d’élitisme technocratique au service des masses populaires où il sera rejoint par d'autres énarques comme Jean-Pierre Chevènement, Alain Gomez, Philippe Malaud, Didier Motchane...

Pendant ce temps, Rossillon est entré au Ministère de la Coopération. C'est un poste idéal pour avoir tous les prétextes de se rendre le plus souvent possible au Canada français... Durant les années 1964 à 1968, Rossillon visite le Québec, le Nouveau-Brunswick et le Manitoba à plusieurs reprises, officiellement pour marquer l'appui de la France à plusieurs institutions culturelles, officieusement pour encourager le mouvement de prise de conscience politique des français d'Amérique du Nord. Pour cela, Rossillon distribue régulièrement des dons en argent et en nature à des institutions culturelles francophones.

Quand ce n'est pas l'argent de la France qu'il distribue, c'est le sien et quand ce n'est vraiment pas suffisant, c'est le sien ou celui de sa femme ! Notamment à Saint Boniface, dans la petite communauté des métis francophones de la rivière Rouge dont Rossillon finance entièrement la première radio..

Le 31 août 1967, Pompidou, décidément inquiet d'être manifestement tenu à l'écart de l'affaire québécoise par De Gaulle, se fait pressant lorsqu'il s'agit de la mission québécoise confiée par De Gaulle à Peyrefitte : « Je ne vous recommande pas d'emmener Rossillon. C'est un extrémiste !»

Le voyage de De Gaulle à Québec

Pourtant Rossillon viendra. Puisque c'est De Gaulle qui l'impose, comme il l'a imposé deux ans plus tôt au poste de rapporteur du Haut comité pour la défense et l'expansion de la langue française. Dans le même temps Bernard Dorin a été chargé par De Gaulle de dresser le programme de la coopération France-Québec. Rossillon et Dorin travailleront intensément, sous l'autorité lointaine de Peyrefitte, à une véritable bombe politique prévue pour exploser à l'occasion de l'exposition internationale de Montréal... Rossillon a décidé que cette visite gaullienne ne ressemblerait à aucune autre...

Le 15 juillet 1967, à Brest, Charles De Gaulle embarque à bord du Colbert, croiseur amiral de la flotte de l'Atlantique. C'est une idée de Rossillon. Ottawa a multiplié les petites difficultés en espérant que le général renoncerait au voyage. Peine perdue. Pour ne pas avoir à entrer au Canada par l'Ontario, ce que l'avion et le protocole auraient exigé, De Gaulle arrivera par la mer !

Huit jours sur le Colbert : c'est le prix à payer pour arriver directement au Québec, où De Gaulle considère qu'un « morceau du peuple français est installé, enraciné, rassemblé ».

Quand le Colbert entre dans les eaux canadiennes, deux frégates canadiennes l'escortent et un officier de liaison canadien, le commandant Plant, embarque à bord du Colbert. Il ne parle pas français. Le gouvernement canadien veut ainsi signifier à De Gaulle qu'il pénètre dans un pays anglais...

L'entrée de la flottille dans l'estuaire du Saint-Laurent, là où le fleuve se resserre enfin et se fait appeler « Chemin du Roy », est une surprise... Qui sont ces milliers de gens sur les berges ? On entend leurs cris lancés vers le croiseur.. « Vive De Gaulle ! », « On vous attendait ! », « Vive le Québec libre ! » « Indépendance ! », « Vive la France ! »... Les réseaux préparés par Rossillon depuis dix ans, s'époumonent, montrent des pancartes, trépignent de joie... et c'est communicatif car la «claque» finit par entrainer des dizaines de milliers de québécois sur les berges... La croisière prend un visage de triomphe avant même que la visite ait vraiment commencé et que De Gaulle ait posé un pied sur le sol du Québec.

Le 23 juillet, c'est l'arrivée au pied de la citadelle de Québec. Le soir même, lors d'une réception officielle au château Frontenac De Gaulle, galvanisé et sans plus aucun frein à son émotion, s'adresse aux invités et au premier ministre : « On assiste ici, comme en maintes régions du monde, à l'avènement d'un peuple qui, dans tous les domaines, veut disposer de lui-même et prendre en main ses destinées... Cet avènement, c'est de toute son âme que la France le salue ».

Le lendemain il poursuit son voyage vers Montréal en suivant le « Chemin du Roy ». La foule est nombreuse et présente tout au long de la route. La Marseillaise est entonnée à chaque arrêt et on agite des pancartes portant la mention « Québec libre ! ». L'affaire est faite. De Gaulle galvanisé par les foules amassées sur les berges puis sur les routes du Chemin du Roy avec des pancartes payées par Rossillon aux indépendantistes est gagné par son propre lyrisme... Rien ne l'arrêtera plus.

A son retour, De Gaulle saura remercier Rossillon en lui confiant la présidence du Haut comité de la langue française; poste où Rossillon multiplie les voyages en Wallonie, en Suisse, mais surtout au Canada français...

« Persona non grata » à Québec

Ces voyages agacent tellement les Canadiens qu'en 1968, Pierre-Eliot Trudeau, alors premier ministre libéral du Canada, ne peut contenir sa rage. Pierre Elliott Trudeau accuse publiquement Rossillon d'être un espion.

Le métier d'agent auto-missionné que Rossillon pratique fascine Parizeau, le chef des indépendantistes québécois, et vieil ami de Rossillon. Incontestablement, c'est à voir Rossillon vivre et agir que Parizeau s'est forgé l’idéal et la volonté sans faille qui le conduiront au pouvoir à Québec.

Engagement dans sa région de cœur

Rossillon n'oublie pas non plus La France. De 1965 à 1984, il fut maire de la commune de Beynac-et-Cazenac, en Périgord, commune où se trouve le château de Marqueyssac, propriété de sa femme.

Quand les années 60 s'achèvent l'infatigable coureur des bois commence à sentir les premiers symptômes de la sclérose en plaque qui allait le faire souffrir pendant trois décennies.

Après avoir quitté la  présidence du Haut Comité de la Langue française en 1973 Rossillon change sa manière de faire de la politique. N'ayant pas pu faire de révolution prolétarienne et nationale, n'ayant pas pu bâtir une république de plus sur la terre, Philippe Rossillon se met à faire de la politique comme un prince florentin. Juste pour ne pas s'ennuyer. Et avec son propre argent.

Jura suisse, vallée d’Aoste, Louisiane… et Acadie

Au début des années 1970, la patte de Philippe Rossillon est encore apparente dans, une série d'actions-chocs pour tenter de forcer le canton de Berne et la Confédération helvétique à trouver une solution au problème jurassien (occupation de la préfecture de Delémont, juin 1968 ; irruption dans la salle du Conseil national lors de l'élection du président de la Confédération, en décembre 1968 ; construction d'un mur fermant la porte d'entrée du Rathaus à Berne, en 1971 ; invasion de l'ambassade de Suisse à Paris, en 1972, et l'année suivante à Bruxelles).

En 1976, Philippe Rossillon crée l'association France Acadie/Amitiés acadiennes et puis France-Louisiane en 1977. Toujours sous la surveillance des services secrets de la gendarmerie Royale canadienne GRC qui n'hésite pas à voler le sac à main de Louise Beaudouin, future ministre québécoise, qui accompagnait Rossillon lors d'une tournée en Acadie où ce dernier apportait des fonds français pour sauver « L'Évangeline », le quotidien francophone d'Acadie. Rossillon s'impliquera aussi un moment en Wallonie, notamment en finançant, à Bruxelles, le Front Démocratique des Francophones (FDF).

On parla encore de sa patte dans les opérations du Groupe Francité en Val d'Aoste, où Rossillon cultivait l'amitié de Mario Andrione, le bouillant président francitaire de la Région autonome...

En 1983, Philippe Rossillon prend la direction de l'Union Latine, association internationale tombée en désuétude et qu'il remet sur pied, créant à Paris un cinéma (le Latina), une radio (Radio Latina), etc.

Aujourd'hui, l'Union Latine se porte bien : trente-trois états y adhèrent. France-Acadie existe encore sous la présidence de Bernard Dorin qui n'a rien changé à la force de son serment...

(extrait du blogue Les chevau-légers de la Francité – 2010)

Philippe Rossillon en quelques dates

- 1931              naissance à Boulogne-Billancourt ;

- 1953              entrée à l’école nationale d’administration (ENA) ;

- 1965 à 1983  maire de Beynac-et-Cazenac (Dordogne) ;

- 1966              rapporteur général du Haut Comité de la langue française ;

- 1967              influence fortement le voyage du général De Gaulle au Québec au cours duquel ce dernier lance son célèbre « Vive le Québec libre ! » ;

- 1968-1972     soutien d’actions en faveur de l’autonomie du Jura suisse ;

- 1973              directeur de la Coopération culturelle et technique ;

- 1975              créateur des premiers textes légaux ou réglementaires de politique linguistique ;

- 1976              création de France Acadie/Amitiés acadiennes ;

- 1977              création de France-Louisiane ;

- 1977              chef de la Mission d'études générales du ministère de la Coopération ;

- 1982              président de la Commission du français langue scientifique au ministère de la Recherche et de l'Industrie ;

- 1983              secrétaire général de l'Union latine  organisation intergouvernementale regroupant 33 pays de culture latine ;

- 1993              Président et cofondateur de l'association Avenir de la langue française créée en 1992 avec Dominique Gallet, Dominique Noguez et Albert Salon ;

- 1997              décès après une maladie malgré laquelle il avait poursuivi inlassablement, jusqu'à abuser de ses forces, le combat pour la langue française et la francophonie.

Philippe Rossillon était officier de l'Ordre national du Mérite, officier de la Légion d'honneur, officier de l’Ordre national des Arts et Lettres et titulaire des Palmes académiques, ordre des francophones d’Amérique...


nouvelles2/sciences-po.jpgLettre à H. Gardette suite à son émission sur Sciences Po. - le 27/11/2012 - 16:50 par MAR
Lettre à Hervé Gardette, producteur de l'émission
Le Grain à moudre sur France-Culture,
suite à son émission  sur Sciences Po.

Cher Hervé Gardette,

J'ai écouté, avec un peu de retard (les joies du téléchargement) l'émission du 13 novembre "Sciences Po est-il le modèle à suivre ?".

J'ai été un peu atterré par ce qui s'y est dit. Je m'étonne de choses qui ont été dites comme des évidences sans réplique de votre part : Philippe Martin (directeur du département d’économie de Sciences Po) qui se gargarise de "l'ouverture de Sciences Po. avec un grand nombre de nos cours au niveau master qui sont donnés en anglais et plus d'un tiers d'étudiants étrangers"et "c'est une université internationale" (c'est-à-dire en fait qui adopte les valeurs anglo-saxonnes, ces grandes valeurs qui mettent le monde dans la crise.)

En quoi serait-ce forcément un bien que l'élite française soit formée en sabir globish, en quoi la présence d'un tiers d'étudiants étrangers serait-elle un bien s'ils n'y rencontrent qu'une pâle copie du modèle anglo-saxon. Et que beaucoup peuvent avoir un diplôme sans savoir un mot de français ?

En quoi cela en fait-il une grande école "Française"? Comme si une langue était indépendante des valeurs qu'elle véhicule. Et pourquoi pas en poussant leur logique jusqu’au bout : une école entièrement en anglais destinées à 100% d'étrangers venant chercher à Paris un programme anglo-saxon moins cher.

Agnès Van Zanten (sociologue, directrice de recherche au CNRS) a eu quant à elle cette phrase définitive : "de toute façon les universités anglo-saxonnes" sont tellement meilleures" C'est ce qui s'appelle adopter le point de vue du colonisateur (et ses classements, basés notamment sur les publications dans les revues anglo-saxonnes.) Un jour on se demandera, mais il sera trop tard, comment ces civilisations, la France et beaucoup d'autres pays européens, auront accepté petit à petit de se laisser occuper par LE modèle unique.

Je m'étonne Hervé Gardette qu'aucun de ces problèmes ne vous "interroge" (comme on dit maintenant) et que vous acceptiez tout cela comme argent comptant.

Petite question subsidiaire : vous connaissez beaucoup d'anglo-saxons qui s'ouvrent à l'extérieur, comme le demandait Olivier Saby (magistrat, ancien élève de l'ENA), pour l'ENA, et qui suivent des cours en langue étrangère ? Il est vrai que là, il s'agit de la race supérieure !

Cordialement

Marc-Antoine Renard

lire également notre appel Arrêter la casse de la langue française à Sciences Po.


nouvelles2/semanticpedia.jpgDBpédia en français et Sémanticpédia - le 19/11/2012 - 22:27 par MAR
Lancement de DBpédia en français
et de la plate-forme Sémanticpédia
Le projet DBpédia en français et la plate-forme Sémanticpédia ont été lancés par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication en partenariat avec Michel Cosnard, président de l’Inria et Rémi Mathis, président de Wikimédia France.

Le projet DBpédia en français permet une avancée importante en faveur de l'accessibilité aux données culturelles en français. En rendant possible l'extraction des données figurant dans la version française de Wikipédia, il permet de réutiliser ces données à partir de requêtes faites dans toutes les langues ayant développé des systèmes comparables. Son absence aurait donné une sous-représentation des données issues du monde francophone en faveur des données d'origine anglo-saxonnes.

Ce dispositif d'extraction de données culturelles à partir des ressources offertes en libre accès par l'encyclopédie Wikipédia francophone (1,3 million d'entrées en français, dont 45 % à caractère culturel) offre donc aux musées, aux bibliothèques et plus généralement aux opérateurs culturels, des perspectives inédites de diffusion et de partage de leurs ressources en ligne. Les possibilités de recherches (chronologiques, thématiques, géographiques, etc.) sont démultipliées, permettant au spécialiste, à l'étudiant comme au simple curieux, de trouver aisément l'information qui lui est utile.

En permettant de procéder à des requêtes à partir de contenus en langue française, le projet place également notre langue au cœur du "Web de données", enjeu culturel et technologique majeur. A l’occasion de ce lancement, la ministre a signé une convention de partenariat avec Michel Cosnard, président de l’Inria et Rémi Mathis, président de Wikimédia France, créant la plate-forme collaborative "Sémanticpédia", destinée à créer des programmes de recherche et de développement en matière culturelle à partir des données extraites du Wikipédia francophone.
 

DBpédia est un projet sous licence libre d’extraction des données de Wikipédia anglophone, lancé en 2007, pour en proposer une version Web sémantique structurée. Il est mené par l’université de Leipzig, l’université libre de Berlin (Freie Universität) et l’entreprise OpenLink Software.

En 2011, une plate-forme de collaboration, dénommée Sémanticpédia, a été ouverte entre le ministère de la Culture et de la Communication (Secrétariat général, Département des programmes numériques et Délégation générale à la langue française et aux langues de France), l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) et Wikimédia France pour réaliser des programmes de recherche et développement appliqués à des corpus ou des projets collaboratifs culturels, utilisant des données extraites des projets de Wikimédia.

Dans ce cadre, l’Inria a proposé au ministère de la Culture et de la Communication un projet inédit de constitution d’une version entièrement sémantisée de l’encyclopédie Wikipédia francophone. Plus précisément, la version française du dbpedia.org a été le premier projet conçu par le biais de cette plate-forme collaborative. Son déploiement rapide permettra d’éviter que les applications, mises en place par les entreprises ou les établissements publics francophones, ne s’appuient sur la version anglaise de Wikipédia. Celle-ci comporte, en effet, un nombre beaucoup plus restreint de pages culturelles relatives aux œuvres françaises ou aux personnalités s’exprimant en langue française.

Le projet DBpédia en français donnera accès sur la toile, en français, à la diversité du patrimoine culturel. Il permet, en effet, de rendre accessible aux formats du Web sémantique l’ensemble des données structurées figurant sur le portail Wikipédia francophone. Ce projet ouvre la voie à de nombreuses applications concrètes : par exemple, la mise à disposition du public d’outils de recherche "nativement" multilingues, de géo-localisation automatique des monuments ou, encore, la possibilité d’effectuer des recherches transversales et thématiques sur des centaines de sites culturels. En outre, il positionne la langue française au centre du "Web de données" émergent.

Placé au cœur du Web sémantique du fait de son important volume de données, le projet permettra à tous les sites internet et applications mobiles à vocation culturelle de faire des requêtes sur DBpédia en français pour afficher des contenus de façon transparente et organisée sur leurs pages. Pourront figurer, par exemple, la liste des peintres impressionnistes français, les illustrations par ordre chronologique des 20 premiers monuments classés historiques en Aquitaine au XIXème siècle…

La plate-forme Sémanticpédia envisage de développer ensuite Le Wiktionnaire. Ce projet collaboratif de la Fondation Wikimédia compte plus de 2,2 millions d’entrées dans sa déclinaison linguistique en français, ce qui le place en deuxième position de ce type de dictionnaires, après la déclinaison en anglais. Cet outil offre en effet des possibilités immenses tant il est riche en termes nouveaux ou anciens, et peut donner lieu à de nombreuses applications très innovantes pour valoriser la langue, son utilisation, son enrichissement.


nouvelles2/jacques-myard.jpgJ. Myard : Commission eur. = machine à angliciser - le 18/11/2012 - 21:33 par Albert_Salon

Jacques Myard dénonce la Commission européenne
comme machine à angliciser


Communiqué de presse de Jacques Myard,
député de la Nation,
maire de Maisons-Laffitte,
président du Cercle Nation et République

Le 18 novembre 2012

A/S : La commission européenne contre la langue française !
Vous trouverez ci-après la question écrite de Jacques Myard sur la situation catastrophique de la langue française dans les institutions européennes, et qui se dégrade constamment !

Il est urgent de réagir et au besoin de couper les crédits à cette machine à angliciser !


Ministère interrogé : PMI - Premier ministre

Question n° 46-00270

M. Jacques Myard appelle l'attention de M. le Premier ministre sur la situation de la langue française dans les institutions de l'Union européenne. A l'évidence, cette situation se dégrade rapidement : lors d'une simple visite des immeubles de la Commission, chacun peut constater que l'ensemble des affiches ou visuels vantant l'action de la Commission est exclusivement en langue anglaise. Les documents de travail, les publications des directions de la Commission ainsi que de ses agences, ne sont disponibles qu'en langue anglaise.

Cette situation est particulièrement préoccupante et est directement contraire aux règles linguistiques de l'Union européenne, fondée sur l'égalité linguistique et le respect du statut des langues de travail au rang desquels figure le français. Elle est aussi directement contraire à nos intérêts dont l'emploi de notre langue est un élément essentiel. La Commission européenne est devenue une machine à angliciser. Il lui demande, en conséquence, quelles actions vigoureuses il entend mener pour mettre fin à cette situation scandaleuse, totalement préjudiciable à nos intérêts et dont la poursuite va inévitablement provoquer de violentes querelles linguistiques et mettre en péril l'existence même de la coopération européenne.


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2012 (3) - le 15/11/2012 - 19:35 par MAR
Nouvelles de novembre 2012 (3)
- Laurent Leylekian & Christian Boghos : Do you speak européen ? (26/11)(lien)
- Lettre de G. Gastaud au Conseil régional du Nord "Greeters !" (22/11) (ci-dessous)
- TV5 Monde Le tout-anglais dans le doute
entretien entre Pascal Priestley et Dominique Wolton (14/11) (lien)
- Le CSA s'attaque au mauvais français  (16/11) (lire ci-dessous)
- France 24 désormais accessible en français au Cambodge  (lien)

Lettre de Georges Gastaud au journal du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais au sujet de "Greeters"

Georges Gastaud, président du COURRIEL, association de gauche défendant la langue française contre le tout-anglais, 10 rue Victor Grignard, 62300 Lens (pour information, Georges Hage, ancien doyen de l’Assemblée nationale, ainsi que Jean-Jacques Candelier, député du Douaisis, participent à sa présidence collective).

A Mesdames Magali Cazier et Claire Beaufromé, rédactrices du journal "Nord-Pas-de-Calais"

Mesdames,

Dans le numéro de novembre-décembre 2012 du bulletin "Nord-Pas-de-Calais", organe du Conseil régional, un article renvoyant à vos deux noms est ainsi intitulé : "vous aimez votre région ? Devenez un "greeter".

On apprend dans l’article que "greeter" signifie "guide bénévole" : pourquoi dès lors ne pas employer cette expression qui a le double mérite d’être comprise de tous et de respecter le vocabulaire et la phonétique de notre, de votre langue maternelle ? On apprend aussi que les futurs "greeters" auront notamment pour mission de montrer la région dans toute son authenticité ("rencontrer les vrai(e)s gens" et "découvrir un territoire comme avec un ami").

Sans me prononcer sur la pertinence de cette entreprise de bénévolat touristique, le résistant linguistique au "tout-globish" que je suis s’indigne qu’un journal payé par les contribuables, dirigé par un collectivité publique relevant de la République française et censé, qui plus est, promouvoir l’authenticité régionale, collabore à l’invasion linguistique dont nous sommes l’objet en tous les domaines : publicité, chanson, cinéma, recherche, enseignement, enseignes commerciales, communication d’entreprise et j’en passe.

Je rappelle que l’article II de la Constitution française, auquel sont juridiquement soumises les collectivités territoriales, stipule que "la langue de la République est le français". Il existe également une loi Toubon-Tasca, votée à l’unanimité par le Parlement en 1994, qui fait obligation aux acteurs publics de refuser les néologismes anglo-américains et de privilégier l’utilisation d’un vocabulaire francophone. Une commission officielle de terminologie publie d’ailleurs régulièrement des listes d’équivalents français aux mots originaires d’outre-Atlantique et c’est une obligation légale pour les services publics et pour les institutions de la République – cela devrait même être un point d’honneur pour eux – que de connaître les recommandations de cette instance officielle et de les mettre en application (bien qu’en l’occurrence "guide bénévole" se suffise à soi-même, étant compris de tous du premier coup de Paris à Bruxelles, de Montréal à Dakar et de Genève à Cotonou).

Plus fondamentalement, la question est posée à chaque citoyen français – et c’est encore plus vrai pour ceux qui se réclament d’un engagement progressiste et républicain, comme c’est le cas de la majorité des élus nordistes – de savoir s’il préfère collaborer ou résister à cette sourde entreprise de substitution linguistique qui va, dans un premier temps, reléguer la langue de Victor Hugo dans le rôle humilié de "langue domestique" pour en faire rapidement, au fil des décennies, un patois voué à la disparition au profit d’une langue unique mondiale, facteur inévitable de pensée unique et d’uniformisation culturelle globale.

Qui ne comprend cette évidence : la suppression rapide de la diversité linguistique européenne et mondiale n’est pas en soi moins grave que celle de la biodiversité naturelle qui suscite tant de mobilisation légitime par ailleurs.

Quant à l’ "enrichissement du français" que susciterait – nous dit-on hypocritement – l’incessante invasion massive de termes américains, elle n’a rien à voir avec une ouverture (d’autant qu’elle s’opère à sens unique) et tout à voir avec l’indigestion pure et simple : celle que connaissent bien les linguistes et qui aboutit actuellement à l’élimination de huit langues par an. Certes on n’en est pas encore là avec la langue de la francophonie mondiale, mais un chemin de mille lieues commence par un premier pas et en l’espèce, l’entreprise de substitution linguistique ne date pas d’hier mais pour le moins, des lendemains de la seconde Guerre mondiale comme le prouve, textes en mains, le linguiste français mondialement connu Claude Hagège dans son livre "combat pour le français".

La question n’est évidemment pas de combattre l’anglais en tant que tel (il y a d’ailleurs peu de chances que "greeter" figure dans le texte de Macbeth…), mais de refuser le TOUT-anglais, lequel n’a rien à voir avec la diversité et avec le métissage, et tout à voir au contraire avec le totalitarisme culturel. Que la majeure partie de ceux qui cèdent à cette pression linguistique de chaque instant soient parfaitement inconscients de participer à la relégation de leur propre langue maternelle et qu’ils agissent en toute bonne conscience – qui plus est en s’imaginant participer de la "modernité" - n’empêche pas qu’ils ou elles fassent preuve d’une grande légèreté par rapport à leur propre pays et à leur propre culture.

Je suis persuadé que le Conseil régional du nord, dont j’entends assez dire qu’il est attaché au patrimoine national symbolisé par le Louvre et au patrimoine régional symbolisé par l’inscription du bassin minier au patrimoine de l’Unesco, comprendra ma demande d’une plus grande vigilance linguistique dans les pages de son organe officiel*. Surtout, j’espère que ce courrier – qui à travers un cas particulier tend à poser un problème beaucoup plus général, celui de la POLITIQUE LINGUISTIQUE DE LA NATION ET DE LA RÉGION – permettra de sensibiliser les décideurs régionaux dans leur diversité à la question du respect des identités culturelles et politiques des peuples dans le cadre d’une mondialisation à sens unique qui, aux dires du philosophe Michel Serres, ne profite qu’aux "profiteurs de la pub et du fric". En conséquence, je donne copie de ce courrier à un certain nombre d’élus locaux et régionaux ainsi qu’aux associations agréées chargées de défendre le premier service public de France : la langue française.

Escomptant une réponse rapide, et éventuellement une entrevue avec les responsables régionaux, je vous prie Mesdames – et sans que je suspecte en rien votre bonne volonté personnelle et votre compétence touristique et professionnelle – de recevoir mes meilleures salutations citoyennes.

*Feuilletant le même journal, je tombe en page 3 sur le sous-titre grotesque "today, tomorrow, textiles". Et tout cela au titre, bien entendu du "métissage". Encore une fois, quand le métissage va dans un seul sens, il porte un nom : colonisation. Est-ce en massacrant leur langue que les industries nationales et régionales porteront efficacement en France et à l’étranger le "produire en France" (et non le "made in France" ?) ?

Georges Gastaud, Lens.

Copie postale à M. Daniel Percheron, président du Conseil régional ainsi qu’à divers élus régionaux du Nord-Pas-de-Calais


Le CSA s'attaque au mauvais français

Gardien du bon usage de la langue française, le CSA relève un certain nombre d'erreurs de prononciation comme de grammaire et s'inquiète du nombre d'anglicismes
Organe de régulation, le Conseil supérieur de l'audiovisuel défend l'usage du bon français à la télévision et sur les radios. Inquiet de voir la grammaire bousculée, les mots utilisés à contre-sens et les anglicismes se multiplier, le CSA vient de relever un certain nombre d'incohérences dans les journaux télévisés. Les journalistes disent, par exemple, très souvent "mis à jour" pour "mis au jour", "près de" et "prêt à" sans en saisir le sens. Le CSA précise, à ce propos : "quand elle indique la proximité dans le temps et devient synonyme de "sur le point de", la locution "près de" est confondue avec "prêt à" qui signifie "disposé à, ayant l'intention de". Or, les téléspectateurs comme les auditeurs entendent souvent "la situation n'est pas prête de changer" au lieu de "à changer".

Le CSA s'étonne également que le substantif "personne" soit très souvent compris au masculin. On entend "plus de cent personnes étaient présents" au lieu de "étaient présentes". Les liaisons sont également catastrophiques : un "z" apparaît entre "quatorze" et "enfants" et le "t" disparaît entre "cent" et "euros"."Nous sommes parfaitement conscients du fait que la langue française n'est pas une langue morte, qu'elle peut et doit évoluer. Elle peut intégrer des mots qui viennent de la langue populaire et régionale, et même de l'étranger, a expliqué à l'AFP, Patrice Gélinet, conseiller en charge du respect de la langue française. Nous sommes indulgents parce que la nature même de la communication audiovisuelle impose des directs".

Cependant, le sage s'étonne d'un usage trop fréquent des mots anglais dont on se pourrait se passer quand il existe des équivalents en français.Pourquoi, est-ce qu'on dit "challenge" pour "défi ?" À la radio et à la télévision, on entend constamment "live" pour "direct". On dit "talk-shows" pour les débats, "coachs" pour entraîneurs et "mails" pour courriels.

nouvelles2/RF.jpgRéponses du Gouvernement sur le français - le 15/11/2012 - 19:31 par MAR
Nouvelles réponses du Gouvernement
sur la langue française
(10/2012)
Toujours quelques éléments intéressants noyés dans l'eau-de-rose administrative (le surlignage de certains passages est de notre initiative). Nous attendons toujours au delà de ces belles paroles, comme celles de François Hollande, le début d'une amorce d'action concrétisant celles-ci. MAR

Question écrite n°70 posée par Jean-Jacques Candelier (député du Nord - Gauche démocrate et républicaine) publiée au Journal Officiel le 03/07/2012

M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de M. le ministre délégué auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche, sur l'usage de l'anglais par la SNCF. Cette société vient de baptiser un projet "Speed". Nous avions déjà eu droit à "ID-Night", "S'miles" et "TGV-Family". Il lui demande s'il compte donner des instructions aux dirigeants de la SNCF pour qu'ils cessent d'utiliser l'anglais au détriment du français, langue officielle en France.

Réponse du ministère des Transports, de la mer et de la pêche

La loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française dispose que la langue française est "un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics". Cette reconnaissance illustre la détermination des pouvoirs publics à promouvoir la défense de la langue française. A l'article 14, cette loi interdit aux personnes morales de droit public ou de droit privé chargées d'une mission de service public "l'emploi d'une marque de fabrique, de commerce ou de service constituée d'une expression ou d'un terme étranger [...] dès lors qu'il existe une expression ou un terme français de même sens approuvés dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires relatives à l'enrichissement de la langue française".

L'offre "ID-Night" était conduite à titre expérimental, pour proposer sur des TGV de nuit le week-end des animations destinées plus particulièrement aux voyageurs âgés de 18 à 30 ans. Interrompue le 26 juin 2011 en raison d'une fréquentation insuffisante pour assurer sa viabilité économique, cette offre, proposée par une filiale de droit privé de la SNCF dans le cadre de sa politique commerciale, n'entrait pas dans le champ de la loi du 4 août 1994. Le programme de fidélisation "S'miles" ne relève pas de la seule SNCF mais d'un partenariat entre 46 entreprises. Par ailleurs, la SNCF a quitté ce partenariat pour lancer son propre programme de fidélisation nommé "Voyageur" depuis le 31 mai 2012. En ce qui concerne l'offre "TGV Family", la SNCF a choisi d'utiliser ce terme anglais, très proche du terme français, pour éviter l'amalgame entre cette offre commerciale et la carte "familles nombreuses", proposée dans le cadre d'une tarification sociale nationale, et la carte "Enfant Famille", mise en place par convention entre la SNCF et le ministère des solidarités et de la cohésion sociale.

Enfin, le projet "Speed", relatif au développement d'une offre de services routiers longues distances, ne constituait qu'un nom provisoire. Le 4 juillet dernier, la directrice de la branche SNCF Voyages a ainsi annoncé le lancement, à compter du 23 juillet 2012, d'une nouvelle offre de cars baptisée "ID BUS" à destination de Londres, Bruxelles et Amsterdam via Paris et Lille. Croyez bien que ces quelques exemples ne sont que des exceptions et que je veille au respect des dispositions réglementaires en la matière, partageant vos préoccupations. J'ai d'ailleurs rappelé ces dispositions à la SNCF.


Question écrite n°195 posée par Jean-Jacques Candelier (député du Nord - Gauche démocrate et républicaine) publiée au Journal Officiel le 03/07/2012
 

M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme la ministre de la culture et de la communication sur sa politique linguistique, et plus particulièrement sa politique en faveur de la langue française. De nombreuses associations de défense de la langue française, comme le Courriel (Collectif unitaire républicain de résistance, d'initiative et d'émancipation linguistique), par exemple, militent pour l'enseignement et la promotion du français, pour beaucoup symbole des valeurs universelles de la République et de notre souveraineté nationale. Ce combat est selon lui rendu d'autant plus ardent qu'il pense déceler une stratégie organisée de liquidation de la langue française, à travers l'imposition progressive de l'anglais par l'Union européenne ou encore, à travers cette imposition par les grandes entreprises (le slogan du MEDEF est "ready for the future").

Ce basculement organisé vers l'anglais, notamment dans sa forme américaine, est censé mieux correspondre à la modernité. En réalité, il est surtout le véhicule de la pensée unique supranationaliste et de l'idéologie libérale et capitaliste. Ce phénomène d'anglicisation à outrance est particulièrement préoccupant car il tend à la fragilisation de la cohésion nationale, à travers une perte d'intégrité psychologique des citoyens, une perte des repères culturels et des problèmes de communication. Alors que l'article 2 de notre Constitution indique que "la langue de la République est le français", il lui demande la politique qu'elle compte mener en faveur de la promotion du français et comment elle entend lutter contre un envahissement de l'anglais, notamment sur nos écrans de télévision.

Réponse du ministère de la Culture et de la communication

La ministre de la Culture et de la Communication est consciente de la pression indiscutable exercée par l'anglais dans un grand nombre de domaines de la vie économique, sociale et culturelle. Elle juge inopportuns les choix publicitaires de certains responsables de manifestations ou d'entreprises qui, sous couvert de modernité, affichent sur la voie publique des noms de marque ou des slogans exclusivement en anglais pour s'adresser à un public majoritairement francophone. Dans la mesure où une telle situation peut conduire à des "pertes de fonctionnalité" du français, la ministre y voit un risque pour le maintien de la cohésion sociale dans notre pays, dont l'identité s'est construite autour d'une langue commune, le français, langue de la République en vertu de la Constitution.

Ce principe constitutionnel est le garant de l'égalité de nos concitoyens dans l'accès à l'information, au savoir, aux droits et à la culture. Cependant, cette identité linguistique est une identité ouverte : elle n'est pas exclusive de l'appartenance à d'autres cultures et de l'ouverture à d'autres langues. C'est donc dans une perspective de promotion du français, mais aussi de valorisation du plurilinguisme, que le Gouvernement entend conduire une politique des langues renouvelée et dynamisée. Trois domaines appellent plus particulièrement son attention, et fournissent d'ores et déjà matière à des projets concrets. Dans le monde de l'entreprise, l'exercice d'un droit au français reste plus que jamais nécessaire. Les organisations syndicales représentatives en font à juste titre un combat exemplaire. C'est pour apporter des réponses aux entreprises qui souhaitent développer une politique linguistique qu'a été mis en œuvre le projet Bonnes pratiques linguistiques en entreprise, réalisé conjointement en France par la délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) et au Québec par l'Office québécois de la langue française. Il a pour objectif de mettre en évidence des initiatives qui, dans le monde du travail, permettent la pratique du français et du multilinguisme face à la pression exercée par la globalisation.

Les entreprises qui ont accepté de participer en France à ce projet se situent dans des domaines comme la banque, l'hôtellerie, l'énergie, la communication, les industries du luxe et de la cosmétique, l'électronique, l'assurance, dans lesquels le français est encore très présent, mais où son avenir dépend d'une gestion appropriée des pratiques linguistiques. Des exemples ont parallèlement été relevés au Québec. Le projet est dans sa phase finale de réalisation et sera présenté sous forme d'un Guide des bonnes pratiques linguistiques en entreprise lors d'un colloque des Organismes francophones de politique et aménagement linguistiques (OPALE) qui se tiendra à Montréal début octobre 2012. Dans l'univers numérique, la langue française se signale par un dynamisme dont témoigne le nombre de pages en français sur les réseaux.

Il revient au ministère de la Culture et de la Communication de favoriser cette tendance et notamment l'accès aux données culturelles. Ainsi, ce ministère travaille étroitement avec l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) et l'association Wikimédia France sur le projet DBpedia en français. Son objet est de s'appuyer sur l'encyclopédie Wikipédia francophone pour favoriser l'émergence de nouveaux services culturels innovants, en tirant parti des ressources offertes par le web sémantique. Ce projet va dans le sens de la politique de l'État pour valoriser le maillage culturel des territoires français et francophones. Le développement de la traduction doit par ailleurs être favorisé parce qu'il permet la circulation des œuvres et des idées et constitue un des meilleurs antidotes au monolinguisme, avec l'apprentissage des langues étrangères (qui ne saurait en aucune manière se résumer à l'apprentissage d'une seule langue). Traduire vers d'autres langues, c'est aussi préserver la fonctionnalité du français dans notre pays lui-même. Le ministère de la Culture et de la Communication soutient de nombreux programmes favorisant la traduction et la formation des traducteurs.

Il s'est ainsi récemment associé à la publication d'un État des lieux de la traduction en Méditerranée. Un colloque de restitution de cette ambitieuse étude sera organisé à l'occasion de la "Journée européenne des langues", le 26 septembre 2012. En ce qui concerne la situation dans les médias, si le Conseil Constitutionnel a rappelé le principe supérieur de la liberté de pensée et d'expression, dans sa décision du 29 juillet 1994, ce principe a été tempéré par l'article 20-1 de la loi du 30 septembre 1986 relative à la liberté de communication, introduit par la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, qui prescrit l'emploi obligatoire du français dans les émissions et les messages publicitaires diffusés par les services de communication audiovisuelle. L'utilisation de langues étrangères n'est pas pour autant proscrite, sous réserve qu'il soit recouru à une traduction en français, "aussi lisible, audible ou intelligible que la présentation en langue étrangère", ainsi qu'en dispose le quatrième alinéa de l'article 20-1 de la loi du 30 septembre 1986. Le législateur a confié à une autorité administrative indépendante, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), la mission de veiller à la défense et à l'illustration de la langue et de la culture française dans la communication audiovisuelle. Il est donc responsable de l'application, dans ce secteur, de la loi du 4 août 1994. Les actions menées par le CSA pour assurer le respect de la langue française dans les programmes audiovisuels sont nombreuses.

Dans les conventions des principales chaînes de télévision, le CSA a introduit l'obligation de désigner un conseiller qualifié dans le domaine de la langue française. Ces responsables interviennent régulièrement auprès des rédactions pour rappeler les règles relatives au bon usage de la langue française. Sans qu'il soit possible d'imposer aux médias audiovisuels l'usage d'une terminologie officielle, ainsi que l'a rappelé le Conseil Constitutionnel, l'autorité de régulation mène des actions tendant à sensibiliser les diffuseurs à la qualité de la langue française employée. Les termes recommandés par la commission générale de terminologie et de néologie, publiés au Journal officiel, sont repris dans La Lettre du CSA. Le CSA transmet aux diffuseurs les fascicules de terminologie édités par la délégation générale à la langue française et aux langues de France. Il établit également des relevés linguistiques, complétés par les courriers des auditeurs et téléspectateurs. Les incorrections les plus fréquentes ou les plus significatives font chaque mois l'objet d'articles dans La Lettre du CSA.

Il a également créé sur son site Internet une rubrique consacrée à la langue française, qui indique la terminologie recommandée au Journal officiel. Si des progrès peuvent, à n'en pas douter, encore être réalisés, ces mesures constituent néanmoins un dispositif efficace propre à assurer le respect de la langue française dans les médias audiovisuels. Il sera préservé. Enfin, la langue française est un des socles sur lequel doit se bâtir un État exemplaire. La loi du 4 août 1994 impose aux administrations et agents publics l'emploi des termes et expressions nouveaux proposés par les commissions de terminologie pour désigner en français les concepts et réalités qui apparaissent sous des appellations étrangères, notamment dans les domaines économique, scientifique et technique.


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2012 (2) - le 11/11/2012 - 22:57 par MAR
Nouvelles de novembre 2012 (2)

- Lettre au CSA sur le matraquage anglomane dans les médias (lire ci-dessous)
- Espace Francophone "Norodom Sihanouk, servir le Cambodge" (France3 -14/11) (lien)
- G. Pagano : Hollande le seul à s'être adressé à Obama dans sa langue (ci-dessous)
- 32ème A.G des maires francophones du 26 au 28 novembre à Abidjan (lien)
- La Gazette (Sénégal) : Recrutement à l'ONU - Les francophones défavorisés (7/11) (lien)


Lettre des associations au CSA sur le matraquage anglomane dans les médias

AFRAV
, Association Francophonie Avenir – président Régis Ravat, syndicaliste

ALF, Avenir de la Langue Française et FFI-France – président Albert Salon, ancien ambassadeur, docteur d’État ès Lettres,

COURRIEL (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Émancipation Linguistique) – président Georges Gastaud, philosophe

Droit de Comprendre - président Marc Favre d’Échallens

Le 12 novembre 2012

Objet : demande formelle de droit de réponse à propos du bilinguisme en France

Monsieur le Président du C.S.A.,

A plusieurs reprises nos associations vous ont alerté, ensemble ou parallèlement, à propos des pratiques linguistiques désastreuses qui affectent l'audiovisuel public et privé au détriment du français, langue officielle de notre pays, et à l'avantage du "globish". Nous ne constatons pas, hélas, d'évolution positive à cet égard alors qu'il s'agit tout bonnement de faire respecter l'article II de la Constitution ainsi que les prescriptions de la loi Toubon.

Il y a pire désormais. De manière répétée, France 2 se fait le chantre de l'anglophonisation massive de notre pays sans jamais donner la parole aux défenseurs de notre langue. Tantôt il s'agit de vanter l'anglais dès l'école maternelle - voire dès la naissance - tantôt, comme ce fut le cas au journal télévisé de 20h du 7 novembre dernier, il s'agit de montrer que la France étant mal placée pour la connaissance de l'anglais, il faut adopter de nouvelles méthodes pour avancer dans la maîtrise de cette langue : et France 2 de donner la parole à la directrice de Sciences Po qui dispense ses enseignements en anglais aux futurs élus, hauts fonctionnaires et hommes politiques de la nation, en violation ouverte de la loi Toubon qui fait du français la langue de l'enseignement, mais aussi en contradiction avec le discours que M. François Hollande a prononcé le 27 août 2012 à Paris intitulé “La francophonie au cœur de la XX° conférence des Ambassadeurs” et au cours duquel il demande à ceux-ci de "ne jamais oublier que la promotion de la langue, de la création française, c’est l’affirmation d’une vision du monde qui fait place à toutes les cultures".

Et cette personne si peu soucieuse du respect dû à la loi et à l'identifiant majeur de notre nation, d'expliquer qu'en étudiant en anglais, nos futurs hommes politiques s'ouvrent à d'autres modes de pensée, en clair au mode de pensée anglo-saxon avec toutes ses déterminations fort loin d'être neutres idéologiquement, politiquement et économiquement. En clair, il s'agit là d'un formatage redoutable et le prétexte de l'ouverture et du pluralisme de pensée est totalement inconsistant : se demande-t-on si des cours de politique sont délivrés en allemand ou en espagnol en Angleterre, se demande-t-on si l'"ouverture", toujours dans la même direction, ne consisterait pas à délivrer des cours à Sciences Po en chinois, en russe, en arabe ou en castillan ?

Le plus grave c'est que dans cette émission, comme dans les précédentes sur le même sujet - qu'il s'agisse de l'invasion des mots anglais dans le dictionnaire Larousse ou de l'anglophonisation précoce des enfants - le journaliste de service ne s'interroge JAMAIS sur les dangers qui pèsent sur la langue nationale, sur la signification politique de cette politique de substitution linguistique qui touche de plus en plus de domaines : enseignes, publicités (les publicités de l'audiovisuel sont MASSIVEMENT envahies par le franglais et par les chansons en anglais comme bruit de fond), commerce, travail des entreprises françaises en France même, recherche, chanson, titre des films "français", etc., sans que les autorités esquissent le moindre geste pour faire respecter la loi, c'est-à-dire l'État de droit.

C'est pourquoi nous demandons que dans les mêmes conditions que celles qui ont prévalu le 7 novembre, un droit de réponse sur la langue française soit accordé rapidement à nos associations. Notre pays est à terme menacé de voir sa langue reléguée au second plan sans que jamais les citoyens n'aient pu débattre contradictoirement de la politique linguistique de leur pays. Or le rôle principal d'un service public d'information, financé par tous les Français dont une écrasante majorité tient à sa langue, est de susciter le débat citoyen et non de formater les auditeurs dans le sens de la langue unique et de la pensée unique, fussent-elles bien en cour dans les milieux journalistiques dominants.

Il y aurait beaucoup à dire également sur le comportement de France-Inter dont plusieurs émissions s'intitulent, en pleine illégalité, "come on !", "Summertime" ou "Down town". Si bien que de notre point de vue, une rencontre entre nos associations et M. le président du CSA s'impose au plus tôt.

Cette interpellation concernant les plus hautes autorités de notre pays, nous adressons copie de ce courrier non seulement au médiateur de l'audiovisuel mais au Président de la République et à Mme la ministre de la culture et de la communication.

Certains, M. le Président, que vous donnerez une suite rapide, active et efficace à nos demandes de simple équité, nous vous assurons de nos sentiments sincèrement républicains.

Régis Ravat président de l'AFRAV
Albert Salon président d'Avenir de la Langue Française
Georges Gastaud président du Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Émancipation Linguistique (COURRIEL)
Marc Favre d’Échallens président du Droit de Comprendre

Annexe : observations et réflexions d’un observateur averti.

Pour prendre un exemple frappant de l’existence de cette organisation du crime linguistique, il n’y a qu’à regarder les actualités de 20 heures, sur France 2. On constate alors aisément, qu’il ne se passe pas une semaine sans qu’il soit diffusé un reportage sur les bienfaits de l’enseignement de l’anglais précoce, sans qu’il soit dit que les Français sont nuls en langues étrangères (sous-entendu, en anglais), sans qu’il soit ressassé que les touristes sont mal accueillis en France parce que les Français ne parlent pas anglais, sans qu’il soit fait une "pub" du dernier film états-unien sorti, de la dernière chanson en vogue aux États-Unis ou du prochain concert à Paris d’une vedette anglophone.

Il est facile de constater aussi que lorsqu'un journaliste de France 2 interroge un étranger pour les besoins d'un reportage, dans la plupart des cas, nous avons droit alors à un témoin qui parle en anglais. Le samedi 9 juin, nous eûmes même la désagréable surprise d'entendre un chef de la police de Montréal, au nom très français, parler en anglais.

Si entre le 2 et le 6 juillet 2012 a bien eu lieu le premier Forum mondial de la langue française à Québec, pourtant, force est de constater, que durant cette période, aucun reportage, aucun commentaire n'a été accordé à cet événement majeur pour notre langue, sur France 2, aux journaux de 20 heures.

Comment se fait-il que cette chaîne publique, dont une des missions - cela est inscrit dans le cahier des charges de la chaîne -, est de veiller à la promotion, à la diffusion et à la défense de la langue française, fasse ainsi la sourde oreille lorsqu'il s'agit de mettre en avant nos intérêts linguistiques ?

Alors que se déroulait ce Forum mondial, et pour prendre un exemple du haut degré de trahison linguistique qui règne sur France 2, au journal de 20 heures, le mardi 3 juillet 2012, on nous parla de l'Allemagne qui recrutait des immigrants en anglais, d'Airbus à Toulouse qui présentait ses avions en anglais à des visiteurs. De plus, le 8 juillet, nous eûmes droit à un énième reportage pour apprendre l'anglais en séjour linguistique en Angleterre. Bref, il y aurait un complot sur France 2 contre la langue française et contre la Francophonie au profit de l'anglais-roi que cela ne serait pas étonnant.

Tout concorde donc pour dire que France 2, joue à fond la carte de l'anglais et se moque comme d'une guigne de la promotion de notre langue.

Notre chaîne publique suivrait-elle des consignes : promouvoir l'anglais, faire voir aux téléspectateurs que le monde entier parle anglais (même au Québec) ? France 2 ferait-elle pour l’anglais, ce qu’elle fait pour les minorités dites "visibles" ? En effet, s’il est facile de constater qu’à travers de nombreux reportages, les journalistes du journal de 20 heures de France 2 donnent la parole très fréquemment à des personnes issues des minorités "visibles", comment ne pas se poser la question à savoir s’il n’y aurait pas la même stratégie pour mettre l’anglais en avant.

Si faire de la discrimination positive a été plus ou moins validé par la classe politique en général, est-ce que l'anglicisation, en catimini, l'aurait été également ? Qui aurait décidé alors que, au nom de notre bien-être, de notre intérêt supérieur, de la liberté et de l'équité, il faut bourrer le cerveau des téléspectateurs de la langue de Mickey.

Régis Ravat


"Friendly ou non, Hollande est le seul chef de l'État qui s'est adressé à Obama dans sa propre langue".
Déclaration de Giorgio Pagano, secrétaire de l'Association Radicale "Espéranto".

 

 

"Tous les médias, italiens et étrangers, ont eu hâte de montrer du doigt l'énormité linguistique d'Hollande qui, en signant sa lettre pour féliciter Obama de sa victoire électorale, l'a salué en anglais avec un improbable “friendly” au lieu du plus opportun “friendly greetings”.
Mais en regardant le doigt personne, même en France, ne s'est aperçu de la lune ... et notamment que François Hollande a été un des rares, si non le seul chef d'État qui s'est adressé au réélu président des États-Unis dans sa propre langue maternelle, le français, en laissant la traduction à la diplomatie”.


C'est le commentaire de Giorgio Pagano, secrétaire de l'Association Radicale Esperanto et membre du Sénat du Parti radical Transnational non-violent et trans-partis, à propos de la tempête médiatique suscitée par l'erreur du Président français dans sa lettre de congratulation à Barack Obama.

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nouvelles2/sciences-po.jpgArrêter la casse du français à Sciences Po. - le 07/11/2012 - 21:14 par MAR
Arrêter la casse de la langue française
à Sciences Po.

(appelé officiellement Institut d’études politiques de Paris)

Au moment où le gouvernement s’apprête à nommer le nouveau directeur de l’Institut d’études politiques de Paris, nous souhaitons exprimer notre vif souhait que celui-ci réhabilite l’usage de la langue française dans son enseignement.

Les dérives financières de l’ancienne équipe, justement dénoncées par le Cour des Comptes, sont inséparables d’une perte générale des repères qui a conduit à une politique culturelle aberrante. Au nom d’un mondialisme mal conçu et d’une modernité de pacotille, l‘enseignement en anglais a été systématiquement favorisé au cours des dernières années au détriment de l’enseignement en français.

Pour un pays, pour une institution comme pour un individu, la maturité est de valoriser ses atouts propres et de ne pas entrer dans une dépendance intellectuelle à l’égard de valeurs venues d’ailleurs, pour respectables qu’elles soient. Cela vaut particulièrement pour une institution emblématique de la 5e puissance du monde que nous sommes, chargée de former une partie de sa classe dirigeante. La francophonie est un atout à valoriser. En méprisant sa propre langue, un pays incite les autres au même mépris.

Les étudiants français peuvent aller à l’étranger pour s’initier à la langue de Shakespeare, bien différente du sabir d’aéroport qui généralement en tient lieu, et on peut supposer que les étudiants étrangers qui viennent en France ont le désir de s’initier à la civilisation française et donc à la langue française. Pour ces raisons, les cours en langue étrangère ne sauraient être que l’exception.

De même, la culture générale, dont le général de Gaulle disait qu’elle était la véritable école du commandement, non seulement militaire et politique mais aussi économique, doit rester au centre de l’institution.

L’association que nous représentons sera particulièrement vigilante pour observer en ce domaine les évolutions de l’Institut.

Avenir de la Langue Française (ALF)
Albert Salon
Stéphane Marcilhacy
Alfred Gilder
Roland Hureaux

à lire également notre nouvelle d'avril 2012 :
"
La mort de Richard Descoings, grand angliciseur"


nouvelles/AN.jpgQuestions parlementaires de l'automne 2012 - le 07/11/2012 - 21:13 par MAR

Questions parlementaires de l'automne 2012

Nous avons réuni ici des questions écrites posées par des parlementaires : sur l'admission du Qatar comme membre associé de l'Organisation internationale francophone, sur les suites du sommet francophone, sur la place du français en Afrique, la dérive de l'Union Européenne vers le tout-anglais et TV5 Monde... [Lire les textes plus bas]
Nous attendons avec impatience les réponses du gouvernement !

(pour avoir un panorama plus complet : regarder dans le menu de gauche Cadre institutionnel : Politique puis Questions des Députés et Questions des Sénateurs)

sur l'admission du Qatar comme membre associé de l'Organisation internationale francophone (OIF)

Claude Goasguen ( député UMP - Paris ) - 23/10/2012 - Question n° 8051

M. Claude Goasguen attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur le fonctionnement de l'OIF. Il est très surpris que le Qatar soit rentré directement comme membre associé dans l'Organisation internationale francophone (OIF).

L'organisation a pour mission de donner corps à une solidarité active entre les membres qui partagent l'usage de la langue française et le respect des valeurs universelles. Or seul 1 % de la population du Qatar est francophone. Malgré tout le pays est rentré directement dans l'organisation francophone en tant qu'État membre sans même passer par la case "membre observateur" comme c'est habituellement la règle. En contraste, Israël qui compte, selon la moyenne des estimations, 20 % de sa population francophone, reste le grand absent des 57 membres, dont 3 associés, et 20 observateurs de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF), malgré une volonté assumée d'entrer dans l'OIF.

Ces circonstances rappellent malheureusement que les organisations internationales pratiquent souvent deux poids deux mesures quand il s'agit d'Israël. La non-admission d'Israël dans la francophonie s'explique très difficilement, et refuse de reconnaître de fait l'existence d'un million d'Israéliens pratiquant le français. C'est pourquoi il souhaiterait avoir ses explications sur cette anomalie et savoir dans quel délai il entend remédier à cette situation injustifiable.

Patrice Verchère (député UMP - Rhône) -30/10/2012 - Question n°8631

M. Patrice Verchère attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur l'entrée du Qatar au sein de l'organisation internationale de la francophonie. En effet, lors de son récent sommet organisé à Kinshasa les 13 et 14 octobre 2012, l'OIF s'est élargie en accordant notamment le statut de membre associé à l'émirat du Qatar.

Cette situation a suscité beaucoup d'interrogations dans la mesure où la procédure habituelle d'adhésion passe d'abord par le statut d'observateur. De nombreux observateurs se sont également émus de la légitimité de cette adhésion s'agissant d'un pays non francophone. Si l'organisation permet l'entrée de pays non-francophones, ceux-ci doivent présenter de nombreuses conditions garantissant l'usage de la langue française sur leur territoire ou encore l'approbation des valeurs francophones tels qu'affirmées par l'organisation. Selon certaines informations parues dans la presse, cette adhésion masquerait en réalité la volonté du Qatar d'accroître son influence sur les pays francophones d'Afrique.

En tant que membre de plein droit de l'OIF, la France a participé pleinement au processus d'adhésion du Qatar. Il lui demande de bien vouloir préciser la position tenue par les autorités françaises lors des négociations concernant l'entrée du Qatar au sein de l'organisation et les conditions de cette adhésion.


sur les suites du sommet francophone

Jean-David Ciot (député Socialiste - Bouches-du-Rhône) -06/11/2012 - Question n°9164

M. Jean-David Ciot interroge Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur les suites du sommet de l'Organisation internationale de la francophonie tenu à Kinshasa du 13 octobre 2012. Cet évènement a vu le Président de la République, M. François Hollande, adresser un fort plaidoyer en faveur de la démocratie, des libertés individuelles et de l'état de droit.

Cinq autres résolutions ont été votées concernant la situation au Mali, la situation en République démocratique du Congo, la bonne gouvernance dans les industries extractive et forestière, le renforcement de la lutte contre la piraterie maritime dans le golfe de Guinée et les situations de crise, de sortie de crise et de consolidation de la paix dans l'espace francophone. Il souhaiterait savoir en quoi consistent la nouvelle politique intégrée de promotion de la langue française et la nouvelle stratégie numérique de la francophonie, et comment elles permettront d'assurer la place du français dans un monde toujours plus mondialisé.


sur la place du français en Afrique

Michel Terrot (député UMP - Rhône ) -23/10/2012 - Question n°8048

M. Michel Terrot attire l'attention de M. le ministre des affaires étrangères sur la politique de la France en Afrique. À l'heure où les Chinois, les Américains ou les Britanniques consolident leurs propres positions, il convient d'éviter toute dispersion de nos moyens d'aide bilatérale.

Celle-ci doit se limiter à l'éducation et à la formation, qui participent de la défense de la francophonie, à l'heure où notre langue est malmenée en Afrique. Il souhaite connaître les actions menées par le Gouvernement en faveur de la défense de la francophonie sur le continent africain.


sur la dérive de l'Union Européenne vers le tout-anglais

Philippe Vitel (député UMP - Var) -30/10/2012 - Question n°8841

M. Philippe Vitel attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur le fait que l'Union européenne doit traiter sur un pied d'égalité les langues officielles des différents pays. Or, de plus en plus souvent, les documents sont publiés en anglais sans être traduits dans d'autres langues.

Avec environ 100 millions de locuteurs, l'allemand est la langue maternelle la plus parlée dans l'Union européenne, suivi du français, puis de l'anglais. Il lui demande si le Gouvernement français va formuler une protestation solennelle contre une telle discrimination linguistique et exigé le respect des règles européennes.

sur la Discrimination linguistique par les institutions de l'Union européenne
Jean Louis Masson (
sénateur Moselle - NI) - 18/10/2012 – Question n°2564
M. Jean Louis Masson attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur le fait que l'Union européenne (UE) doit traiter sur un pied d'égalité les langues officielles des différents pays. Or de plus en plus souvent, les documents sont publiés en anglais sans être traduits dans d'autres langues.

Ainsi le 20 septembre 2012, la Commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a examiné le règlement financier du budget général de l'UE, qui était présenté au vote dans un texte de 407 pages uniquement en anglais. Avec environ 100 millions de locuteurs, l'allemand est la langue maternelle la plus parlée dans l'UE, suivi du français, puis de l'anglais. Il lui demande pour quelle raison le Gouvernement français n'a pas formulé une protestation solennelle contre une telle discrimination linguistique et exigé le respect des règles européennes.

En attente de réponse du Ministère chargé de la francophonie


sur TV5 Monde

Jean Louis Masson (sénateur Moselle - NI) - 18/10/2012 – Question n°2904
Rappelle la question 1660
M. Jean Louis Masson rappelle à Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, les termes de sa question n°01660 posée le 23/08/2012 sous le titre : " Accès gratuit à TV5 Monde ", qui n'a pas obtenu de réponse à ce jour. Il s'étonne tout particulièrement de ce retard important et il souhaiterait qu'elle lui indique les raisons d'une telle carence.

23/08/2012 - Question n°1660
M. Jean Louis Masson attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur le fait que le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) a déploré le déficit d'information des Français de l'étranger lors des élections législatives. Cela résulte notamment de ce que, dans de nombreux pays, la chaîne de télévision France 24 est diffusée en anglais.

De plus, TV5 Monde est une chaîne payante à l'étranger, ce qui limite son audience. Ce constat illustre la dégradation de la défense de la langue française. En particulier, France 24 étant financé avec l'argent des contribuables, il est scandaleux qu'elle ne soit pas diffusée partout en français. L'argent public devrait contribuer au rayonnement de notre langue plutôt qu'au rayonnement de la langue anglaise. À défaut, il lui demande s'il ne conviendrait pas que les crédits affectés à France 24 soient transférés pour financer l'accès gratuit à TV5 Monde dans tous les pays.


nouvelles2/ressorts.gifHomographes homophones ou non - le 06/11/2012 - 22:00 par MAR

Homographes homophones et non homophones

En français : deux mots composés des mêmes lettres se prononcent toujours de la même façon !

En êtes-vous si sûrs ?

Voici quelques exemples d’homographes de prononciations différentes ! (Homographes non homophones)

Sortant de l’abbaye où les poules du couvent couvent, je vis ces vis. Nous portions nos portions, lorsque mes fils ont cassé les fils.

Je suis content qu’ils vous content cette histoire. Mon premier fils est de l’Est, il est fier et l’on peut s’y fier, ils n’ont pas un caractère violent et ne violent pas leurs promesses, leurs femmes se parent de fleurs pour leur parent. Elles ne se négligent pas, je suis plus négligent.

Elles excellent à composer un excellent repas avec des poissons qui affluent de l’affluent. Il convient qu’elles convient leurs amis, elles expédient une lettre pour les inviter, c’est un bon expédient. Il serait bien que nous éditions cette histoire pour en réaliser de belles éditions.

Voyons aussi quelques exemples d’homographes de même prononciation (Homographes homophones)

Cette dame qui dame le sol Je vais d'abord te dire qu'elle est d'abord agréable. A Calais, où je calais ma voiture, le mousse grattait la mousse de la coque. Le bruit dérangea une grue, elle alla se percher sur la grue.

On ne badine pas avec une badine. En mangeant des éclairs au chocolat à la lueur des éclairs. En découvrant le palais royal, il en eut le palais asséché, je ne pense pas qu'il faille relever la faille de mon raisonnement.

Voici le meilleur exemple d’homophone(mot de sens différent mais de prononciation identique)

Le ver allait vers le verre vert


nouvelles/presse.gifNouvelles de novembre 2012 - le 05/11/2012 - 20:58 par MAR
Nouvelles de novembre 2012
- L’Arménie et l’a Francophonie signent un Pacte linguistique (lien)
- Le Figaro La Mission laïque française priée de quitter le Qatar (lien)
- Le français consacré dans la constitution de Genève (lien)
- Daniel Ancelet : Anglomanie (lire ci-dessous)

Anglomanie

Qui sait que le mot glamour vient de la déformation de "grammaire" ?
Mickaël Fonton, Valeurs Actuelles (31 mai 2012)

A force d'imbiber sa langue avec de l'orge
l'Anglais souffre à jamais d'un défaut de la gorge.
Pourquoi dire best of et non "morceaux choisis",
Vous seriez au moins sûrs d'être en tous points compris.

En termes de théâtre, avec vos camarades,
Ne dîtes pas voix off, mais "à la cantonade",
Et si vous nous parlez dans les règles de l'art,
N'allez pas au drugstore, mais entrez au" bazar".

Ce n'est pas au snack bar, mais à la "brasserie",
Que vous assouvirez votre heureuse pépie !
Le choix que vous voulez, ce n'est pas un casting,
Ces emplettes d'été, ce n'est pas du shopping.

Passez-vous de pin-up, montrez des filles douces,
Ignorez les start-up, parlez de "jeunes pousses".
Le show-biz est un "art du spectacle" oublié !
Refusez cross-over : c'est un chassé-croisé.

Mais je pardonne tout à la vieille Angleterre,
Puisqu'elle écrit glamour pour nous dire "grammaire" !


Daniel Ancelet


nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2012 (2) - le 23/10/2012 - 16:30 par MAR
Nouvelles d'octobre 2012 (2)

- L’AUF inaugure son 6ème institut de la Francophonie : l’IFIC à Tunis : (30/10) (lien)
- Bucarest  : un centre régional francophone d'études avancées : (18/10) (lien)
- Raphaël chanteur qui ne veut chanter qu’en français (21/10) (Lire ci-dessous et lien)
- Lettre à Fr. Hollande pour qu'il fasse respecter la Francophonie... en France (lien)
- Radio-France propose chaque semaine un mot anglais et fait appel aux suggestions (lien)
- Parution du rapport 2012 de la DGLF au Parlement sur la langue française (lien)


Raphaël un chanteur qui ne veut chanter qu’en français (21/10)

Invité du Live-Le Figaro [sic !] , l’artiste a déclaré notamment :

J'adore chanter en français. Je n'ai pas envie de tourner aux États-Unis. Je m'en fous. Je suis très bien en France. Je rêve en français. Je parle en français. C'est ma langue, et c'est une belle langue pour chanter. La chanson, c'est encore l'endroit où on peut faire de la poésie. Enfin, il y a quelque chose à inventer dans le rock français. Peu de gens l'ont fait: Bashung, Christophe et quelques autres. Ils ne sont pas si nombreux. [...]

Enfin qui ne rampe pas devant tout ce qui est anglo-saxon ! [MAR]


Francophonie.jpgAprès Kinshasa, Dakar en 2014 - le 20/10/2012 - 19:11 par OIF
Après Kinshasa, Dakar en 2014
Communiqué de l'Organisation internationale de la Francophonie
(voir également l'émission d'Espace Francophone consacrée au Sommet)

Le XIVème Sommet de la Francophonie s’est déroulé à Kinshasa (République démocratique du Congo) les 13 et 14 octobre. Pour cette première Conférence des chefs d’État et de gouvernement francophones en Afrique centrale, le thème retenu était : " Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale".

A l’issue de leurs travaux, la Déclaration de Kinshasa et cinq résolutions ont été adoptées :
- Résolution sur les situations de crise, de sortie de crise et de paix dans l’Espace francophone
- Résolution sur la situation au Mali
- Résolution sur la situation en République démocratique du Congo
- Résolution sur la bonne gouvernance dans les industries extractive et forestière
- Résolution sur le renforcement de la lutte contre la piraterie maritime dans le golfe de Guinée

L’Organisation internationale de la Francophonie compte désormais 77 États et gouvernements : le Qatar adhère à l’OIF en tant que membre associé et l’Uruguay en tant qu’observateur, devenant ainsi le premier pays d’Amérique du Sud à entrer dans la famille francophone ; tandis que l’Arménie, membre associé depuis 2008, devient membre de plein droit.

Enfin, l’organisation du prochain Sommet a été confiée au Sénégal. Dakar accueillera donc le XVème Sommet de la Francophonie en 2014.


nouvelles2/pauline-marois.jpgLa visite de Pauline Marois à Paris - le 18/10/2012 - 22:48 par Albert_Salon

La visite de Pauline Marois à Paris
et nos luttes associatives en France et au Québec

Mme Pauline Marois, Chef du Parti québécois (PQ) sorti vainqueur de peu, mais minoritaire, des élections législatives du 4 septembre 2012, est le nouveau Premier Ministre du Québec. Venant de Kinshasa où elle a participé à part entière au XIVème Sommet de la Francophonie, elle a fait du 15 au 17 octobre en France sa première visite bilatérale de Chef de Gouvernement.

Les médias français se sont sentis obligés de rendre compte de cette importante visite. Plusieurs l’ont relatée à peu près correctement. Je ne vais donc pas répéter leur relation. Je me borne ici à mettre davantage en lumière ce qui intéresse le plus nos associations et tous les gens qui considèrent que l’avenir du français, de la Francophonie, de la France même, dépend aussi, en partie, de l’évolution et du statut du Québec. Je développe le contact qu’Avenir de la langue française a pu avoir avec elle, au nom de l’ensemble de nos associations.

1) Dans la nouvelle politique annoncée du gouvernement du Québec,

les points suivants méritent d’être soulignés plus fortement :

- Plus que jamais, il s’agit bien de "se donner un pays", de faire l’indépendance du Québec, en gardant évidemment de très bons liens de voisinage avec le Canada.

- Ce ne sera pas pour très bientôt, car le gouvernement est minoritaire et le choix de l’indépendance ne recueille pas encore une majorité sûre dans la population.

- En attendant, il est politiquement possible de l’y préparer par l’adoption de lois et de pratiques qui renforcent concrètement, progressivement, les pouvoirs du Québec, et affirment les intérêts vitaux politiques, économiques, culturels et linguistiques des Québécois, de telle sorte qu’ils considèreront l’indépendance comme une conséquence naturelle, une évidence, et non plus, pour certains d’entre eux, comme un "saut dans l’inconnu".

- Ainsi seraient adoptées une Constitution du Québec, des lois sur la citoyenneté québécoise, la laïcité, le français, sur la création d’une Banque de Développement du Québec, etc.

Le Président de la République et le Premier Ministre, moins fédéralistes que M. Sarkozy lors de sa visite à Québec lors du Sommet francophone de 2008, sont revenus à la formule antérieure : "non ingérence, non indifférence" à l’égard des choix de destin qui incombent aux Québécois. Des accords ont été conclus, notamment sur la reconnaissance mutuelle des diplômes et les facilités de circulation et de migration entre les deux pays.

2) ALF a pu présenter les actions et les suggestions communes à la plupart de nos associations

Lors de la réception offerte le soir du 15 octobre par le Délégué général du Québec, Mme Pauline Marois, accompagnée de son ministre de la Francophonie et du Commerce extérieur M. Jean-François Lisée, et de M. Michel Robitaille, a fait à M. Bernard Dorin et à moi le grand honneur d’un entretien particulier dans un petit salon, en présence de caméras. Cela à la suite du rôle plus "politique souverainiste" du Pr Claude Hagège et de nos associations dans la préparation et le déroulement des opérations à l’occasion du Forum international de la langue française des 2 au 6 juillet 2012 à Québec.

Nous avons pu brièvement présenter nos idées et remettre des documents sur la poursuite de cette synergie entre associations françaises et québécoises œuvrant politiquement pour la langue commune et pour les souverainetés.

Les documents remis comprennent les textes de la campagne menée depuis peu en France :"Communes de France pour la Langue française". Le manifeste promu est franco-québécois par ses rédacteurs : MM. Dominique Gallet et Jean-Louis Roy, et par ses signataires. Des associations québécoises semblent vouloir transposer cette campagne au Québec, en attendant les consultations nationales officielles. En France, l’objectif de la campagne est de faire remonter, par les communes, la vox populi étouffée, et d’obtenir ainsi un substitut de referendum d’initiative populaire sur notre langue commune.

Deux livres ont été remis à Mme Marois, dédicacés : Une volonté française – Je me souviens et je projette, d’A Salon, (Odile Jacob, 2012), concernant la France et le Québec, et Le lobby du Québec à Paris – Les précurseurs du Général de Gaulle, par MM. Comeau et Fournier, dédié à notre Président d’honneur l’Ambassadeur de France Bernard Dorin.

Nous avons salué les coopérations officielles des deux gouvernements et des associations qu’ils subventionnent, et souhaité vivement leur renforcement. Cependant, nous avons prié Mme Pauline Marois et son Gouvernement d’encourager aussi la synergie entre les associations françaises et québécoises qui militent ensemble pour rendre aux deux pays la pleine capacité de renforcer le français, la Francité, la Francophonie mondiale.

En Amérique du Nord comme en Europe, le fédéralisme, c’est l’anglo-américain, les intérêts anglo-saxons dominants, et c’est la disparition du Québec et de la France en tant que tels.

Cette visite est l’expression d’une fervente espérance partagée.

Albert Salon


nouvelles2/culture.jpgLe ministère de la Culture répond sur le français - le 18/10/2012 - 10:47 par MAR
Le ministère de la Culture et de la communication répond
sur la langue française (10/2012)
Quelques éléments intéressants noyés dans l'eau-de-rose administrative (le surlignage de certains passages est de notre initiative). Nous attendons toujours au delà de ces belles paroles, comme celles de François Hollande, le début d'une amorce d'action concrétisant celles-ci. MAR
Il nous semble par ailleurs, que le ministère de la Culture pourrait répondre à la représentation nationale en évitant les fautes d'orthographe. Pour défendre le français cela fait désordre : résollument, sufisamment  (sic !)

Question écrite n°983 - 14ème législature posée par M. Alain Bocquet (député du Nord - Gauche démocrate et républicaine) publiée au Journal Officiel le 17/07/2012

M. Alain Bocquet attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur la question de la défense de la langue française. Diverses associations ont rappelé l'urgence des préoccupations déjà exprimées à plusieurs reprises, devant l'accumulation de faits qui témoignent d'un engagement insuffisant de l'État à ce sujet.

On assiste aujourd'hui à un basculement au "tout anglais" dans tous les domaines tels enseignes commerciales, communication d'entreprise, recherche, université, lycée, collège, entreprises publiques et dans les médias privés et publics. Le constat est particulièrement grave dans l'enseignement notamment dans les filières littéraires où le nombre d'heures de littérature a diminué de moitié. Cette situation annonce une diminution radicale de la place du français dans notre pays mais porte également atteinte au rayonnement de notre langue à l'étranger. Il lui demande les suites que le Gouvernement entend apporter à ces justes préoccupations de défense du français.

Réponse du ministère : Culture et communication parue au JO le 16/10/2012

La ministre de la culture et de la communication est attentive à tout ce qui peut fragiliser le lien de nos concitoyens avec la langue française, sous la pression exercée notamment par l'anglais dans un grand nombre de domaines de la vie économique, sociale et culturelle.

Elle voit dans cette perspective un risque pour le maintien de la cohésion sociale en France, dont l'identité s'est construite autour d'une langue commune, le français, langue de la République en vertu de la Constitution. Ce principe constitutionnel est le garant de l'égalité de nos concitoyens dans l'accès à l'information, au savoir, au droit et à la culture. La ministre compte mener une stratégie offensive et adaptée à la mondialisation pour donner à la langue française la place qui doit légitimement lui revenir dans notre société. Cette stratégie tient naturellement compte des apports indispensables que constitue la maîtrise d'autres langues pour le développement personnel comme pour l'essor de notre pays : elle se place ainsi résollument [sic !] dans une perspective de valorisation de la pluralité linguistique.

Cette stratégie passe d'abord par une stricte application des dispositions de la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française. Ce texte dispose, dans son article premier, que le français est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics. La ministre veillera à ce que ces principes soient respectés par les différentes administrations de l'État chargées de leur mise en œuvre. La loi de 1994, dont plusieurs pays en Europe se sont inspirés lorsqu'ils ils ont entrepris de protéger leur langue, constitue par ailleurs un cadre sufisamment [sic !] souple pour rendre possible, dans de nombreuses situations (enseignement, travail, médias...), l'emploi d'autres langues que le français. La ministre tiendra les parlementaires informés de façon régulière et détaillée dans le rapport sur l'emploi du français qui leur est remis chaque année par le Gouvernement. Elle souhaite conduire sur ces enjeux un dialogue plus direct avec la représentation nationale.

Le rapport sur l'emploi du français pourrait fournir l'occasion de ce dialogue et faire l'objet d'un échange de vues entre le Gouvernement et le Parlement sur les orientations et les résultats de notre politique linguistique. Les services publics ont, aux yeux de la ministre, une responsabilité particulière au regard de la promotion du français. En montrant une forme d'exemplarité dans l'emploi de la langue de la République, notamment lorsqu'ils s'adressent aux usagers, ils renforceront la confiance que ceux-ci éprouvent envers l'action publique. Ils créeront aussi un utile contrepoids aux pratiques de certains acteurs économiques consistant à proposer dans les lieux publics des noms de marque ou des slogans exclusivement en anglais pour s'adresser à une population majoritairement francophone. Nos solidarités linguistiques nous incitent d'ailleurs à conforter ce que le maintien de notre cohésion sociale impose.

En donnant les preuves d'une détermination nouvelle à défendre notre langue, nous renforcerons la confiance de nos partenaires francophones et la capacité d'influence de la France au sein de la communauté des États et Gouvernements ayant le français en partage. Nous enverrons également un signal positif aux millions de jeunes qui, dans le monde, font le choix d'apprendre la langue française, et qui peuvent difficilement admettre que celle-ci soit marginalisée en France même, dans notre système éducatif, nos entreprises et nos espaces publics. Pour indispensable qu'il soit, notre cadre légal ne peut à lui seul fonder une politique dynamique de promotion du français.

Dans des secteurs de la société particulièrement marqués par l'internationalisation des échanges et des savoirs et la mise en compétition des système éducatifs, le respect de nos textes doit s'accompagner d'une démarche visant à accompagner les acteurs économiques, sociaux et institutionnels dans la mise en place de stratégies linguistiques qui soient de nature à concilier le respect de notre droit avec l'ouverture aux autres langues. L'expérience montre ainsi qu'une généralisation injustifiée de l'usage de l'anglais dans l'entreprise peut générer des situations de mal être au travail, voire des formes de discriminations, susceptibles de déboucher sur des conflits ou des actions en justice qui, dans certains cas, pourraient être évités. Il est important que les partenaires sociaux, du côté des employeurs comme des salariés, prennent en considération ces situations et fassent de la place des langues un sujet du dialogue social. La ministre précise que les services de la délégation générale à la langue française et aux langues de France entreprennent d'apporter à ces partenaires des outils les aidant à mettre en place des dispositifs de gestion des langues dans l'entreprise. Cette approche visant à favoriser la mise en place de stratégies linguistiques pourrait également prévaloir dans les domaines de l'enseignement supérieur et de la recherche.

En second lieu, il importe de mettre l'accent sur les ressources en langue française, notamment sous forme numérique, et de les rendre accessibles au plus grand nombre. Ainsi, les 6 000 termes français de la base de données FranceTerme constituent pour l'État comme pour les citoyens un très utile moyen de préserver la fonctionnalité de notre langue et sa capacité à désigner les concepts et réalités contemporains. Le ministère de la culture et de la communication est également aux avant-postes pour relever le défi du web sémantique, par exemple en soutenant un dispositif d'extraction de données culturelles sur la Toile à partir des ressources offertes par l'encyclopédie Wikipédia : les possibilités d'accès du public aux données culturelles en langue française s'en trouveront démultipliées. Il a appuyé les initiatives qui ont permis aux caractères de la langue française (par exemple les lettres accentuées) de pouvoir être respectés dans les noms de domaine en .fr et, plus généralement, il apporte son soutien aux projets tels que le dictionnaire collaboratif wiktionnaire qui apportent au français une réelle dynamique sur la Toile. La langue française est l'affaire de tous. Son avenir dépend d'abord de ses locuteurs, de celles et ceux qui l'enseignent et la pratiquent au quotidien.

Aussi, le ministère de la culture et de la communication développe une étroite coopération avec le ministère de l'Éducation nationale pour proposer au grand public des ressources pédagogiques et ludiques sur notre langue, son histoire, la richesse de son vocabulaire, les échanges qu'elle entretient avec les langues du monde. Cette collaboration prend place notamment dans le cadre des opérations de sensibilisation coordonnées par la délégation générale à la langue française et aux langues de France, par exemple l'opération "Dis-moi dix mots", qui constitue un très utile moyen de donner à nos concitoyens, notamment aux plus jeunes, le goût des mots, indissociable de la maîtrise de notre langue. La ministre est consciente qu'il ne peut y avoir d'action uniforme pour conforter la place de notre langue. Elle entend conduire une politique de fermeté sur le respect de nos textes légaux, en mettant l'accent, là où cette action régalienne trouve ses limites, sur des démarches d'incitation et de sensibilisation. Dans tous les cas, elle mobilisera l'ensemble du Gouvernement et des organismes impliqués dans cette politique par nature interministérielle, et s'attachera à mieux y associer les élus, au premier rang desquels les parlementaires.


La question et la réponse sur le site de l'Assemblée Nationale


nouvelles2/sommet-francophonie.jpgLe sommet francophone de Kinsasha - le 15/10/2012 - 23:18 par MAR
Le sommet francophone de Kinshasa
Le discours de François Hollande à Kinshasa (13/10/2012) [lire ci-dessous)
Michèle Delaunay, ministre personnes âgées  Le français langue africaine (lien)
Le Point : A Kinshasa, François Hollande lie francophonie et démocratie (lien)
Afrik.com : La place de la langue française au centre des débats (lien)
La Croix : F. Hollande à Dakar n’a pas passionné le village francophone (lien)
Atlantico : Entretien avec Claude Hagège (lien)
"De Montreux à Kinshasa 2010-2012" : rapport du Secrétaire général de la Francophonie (lien)
(voir également l'émission d'Espace Francophone consacrée au Sommet)

Le discours de François Hollande à Kinshasa (13/10/2012)

 

Monsieur le Secrétaire général, cher Abdou Diouf
Mesdames et Messieurs les Présidents, réunis ici à Kinshasa,
Mesdames et Messieurs, les chefs de délégation, conscients de l'enjeu de la francophonie,
Mesdames et Messieurs, venus nombreux, dans cette grande salle de congrès,

J'ai voulu me rendre personnellement, ici, à Kinshasa au sommet de la Francophonie. D'abord pour une raison simple. Je voulais témoigner du soutien de la France au peuple congolais qui aspire comme chaque peuple à la paix, à la sécurité, à la démocratie.

Je voulais venir ici à Kinshasa, pour exprimer une nouvelle fois ma confiance dans l'avenir de l'Afrique qui est la jeunesse du monde.

Je voulais venir ici, à Kinshasa, pour honorer cette belle et grande cause, qui s'appelle la Francophonie et qui nous réunit tous aujourd'hui, au-delà de nos sensibilités, de nos histoires, de nos différences.

Notre patrie commune - disait un grand auteur français, Albert Camus - "c'est la langue française".

La Francophonie est bien plus qu'un patrimoine légué par l'Histoire, bien davantage qu'un lien linguistique entre des populations qui parfois s'ignorent.

La Francophonie, elle porte des valeurs, des principes, des exigences.

Parler le français, c'est une façon de penser, de concevoir le monde. C'est un message de liberté. C'est en français, que les révolutionnaires de 1789 ont proclamé, et donc écrit, la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen. C'est en français, en 1948, au lendemain de la seconde guerre mondiale, qu'a été rédigée la Déclaration universelle des droits de l'Homme. C'est en français que s'exprimaient les combattants africains pour l'indépendance, ceux qui refusaient la souffrance des peuples asservis. "La langue française, disait Léopold Sedar Senghor, ce merveilleux outil trouvé dans les décombres du régime colonial".

Voilà le sens de l'identité francophone.

J'exprime ma gratitude à l'égard de notre Secrétaire général, Abdou Diouf, qui a su, à la fois, préserver l'unité de la communauté francophone et en même temps consacrer la place éminente de l'Afrique dans la Francophonie.

L'Afrique occupe une place éminente.

L'Afrique, c'est le continent où notre langue est le plus parlée. Le français est une langue africaine et elle le sera de plus en plus. En 2050, c'est tout proche, 700 millions d'hommes et de femmes parleront le français, 80% seront africains.

L'avenir de la Francophonie, il est ici en Afrique. C'est vous qui allez porter le français, ses valeurs et en même temps ses exigences.

La Francophonie, c'est une belle et grande idée. Elle ne se vit pas comme un conservatoire, comme un musée où nous aurions à protéger notre bien, notre richesse, notre langue. Non, la Francophonie n'a peur de rien, c'est un espace de rayonnement, c'est la promotion de valeurs, c'est aussi l'ouverture, l'échange économique, social, culturel, c'est enfin un lien entre les générations parce qu'il n'y a pas plus beau projet pour la francophonie que de servir la jeunesse, cette jeunesse qui va parler elle aussi en français.

Je suis venu ici, à Kinshasa, pour ce sommet afin de vous proposer, amis francophones, une ambition commune, autour de quatre priorités.

La première, c'est de multiplier les échanges, dans l'espace francophone entre les jeunes, entre les étudiants, les enseignants, les chercheurs, les artistes, les créateurs. La France doit montrer l'exemple. Il y a trop d'obstacles qui sont mis sur la route de celles et ceux qui veulent montrer leurs talents dans l'espace francophone, apporter leur contribution, venir étudier ou chercher. La France a donc réalisé des efforts pour améliorer cette situation à travers des visas de circulation désormais valables sur plusieurs années. Mais il y a encore trop de freins, et c'est pourquoi je veux que les étudiants francophones puissent circuler plus facilement, et que les artistes puissent également être accueillis partout dans l'espace francophone.

La seconde priorité, c'est faire de la francophonie un outil au service du développement.

Le développement, c'est d'abord la préservation de notre planète, la biodiversité à laquelle vous êtes si attachés en Afrique. Le développement, c'est également la lutte contre le réchauffement climatique dont vous n'êtes pas responsables mais qui vous touche particulièrement à travers un certain nombre de catastrophes qui se produisent sur votre continent. Et puisque nous voulons faire du développement une grande cause, portons là ! La France contribuera autant qu'elle le pourra à ce que la Conférence sur le climat en 2015 puisse être un succès. La France également, et je l'ai dit à Rio, continuera de plaider pour la création d'une Organisation Mondiale de l'Environnement dont le siège devrait se trouver en Afrique. C'est un témoignage là aussi de notre engagement.

Le développement, c'est la solidarité. Nous avons déjà mis en place des financements innovants : la taxe sur les billets d'avion qui permet de trouver des ressources pour lutter contre les pandémies et notamment le SIDA. La France a pris l'initiative d'introduire une taxe sur les transactions financières. Elle est maintenant suivie par d'autres pays européens. Onze ont déjà dit qu'ils y étaient prêts pour que cette taxe, non seulement puisse dissuader la spéculation, mais surtout puisse permettre de trouver de nouveaux financements pour assurer le développement. 10% de cette taxe, concernant la France, seront affectés à des projets de développement ou à des luttes contre des pandémies et notamment le SIDA.

Je veux que la Francophonie puisse porter, là encore, cette belle idée de la solidarité, du développement et que nous puissions nous aussi montrer l'exemple, y compris dans la transparence dans les échanges ou dans les investissements des entreprises. La France défendra, au niveau européen, la publication des comptes des entreprises minières, extractives, forestières pour que, pays par pays, projet par projet, sans exception, nous puissions être sûrs qu'il n'y a pas de prédation dans les pays d'accueil, de façon à ce que nous puissions lutter, plus efficacement encore, contre la corruption et le pillage des ressources naturelles.

La troisième priorité que nous devons porter ensemble, les francophones, c'est de contribuer au règlement des crises, chaque fois que nous sommes concernés et notamment ici en Afrique. Ici à Kinshasa, je pense aux populations des KIVUS, victimes de conflits à répétition. Je pense à ces populations civiles massacrées, à ces femmes violentées, à ces enfants enrôlés. Oui nous devons, et je le fais à cette tribune, réaffirmer que les frontières de la RDC sont intangibles et qu'elles doivent être respectées.

Je souhaite que les francophones appuient tous les efforts de l'ONU pour qu'elle soit davantage présente ici en RDC, pour la sécurité de l'Est. Je suis favorable à ce que le mandat de la MONUSCO puisse être précisé, élargi si c'est nécessaire. Mais je ne pense pas qu'à ce seul conflit, à cette seule épreuve. Je veux également saisir les francophones de ce qui se passe, au Mali, pays francophone où le terrorisme s'est installé au Nord, où il occupe un territoire, où il met des populations en danger, où il saccage des monuments pourtant inscrits au patrimoine de l'Humanité.

Nous devons affirmer notre détermination à lutter, là encore, contre le terrorisme et à assurer au Mali l'intégrité de son territoire.

Je me réjouis, qu'à l'initiative de l'Union africaine, et je salue son président, de la CEDEAO, et je rends hommage également à son président, il y ait eu hier -- et la France a été active en ce sens -- un vote du Conseil de sécurité permettant maintenant de pouvoir, si les Africains eux-mêmes en décident, d'envoyer une force pour permettre de combattre et de défaire les terroristes et que le Mali puisse retrouver l'espoir et l'intégrité de son territoire.

Mais chacun comprend ici que les menaces vont bien au-delà de ce qui peut se passer dans tel ou tel pays. Nous sommes tous concernés par les trafics de drogue, les trafics d'armes, les trafics d'êtres humains. Et c'est la raison pour laquelle je veux que les francophones s'engagent aussi dans la lutte contre ces fléaux et notamment celui de la drogue. Nous avons besoin d'une stratégie mondiale pour en terminer avec ce qui déstabilise des Etats, menace des sociétés et atteint jusqu'à la jeunesse qui, parfois, elle-même dérive vers ces produits. Oui, c'est une grande cause la lutte contre la drogue parce que c'est cette lutte-là qui permettra aussi de mettre un terme à certains conflits au sein de nos sociétés ou à l'extérieur.

Et puis, la dernière priorité, c'est la démocratie. La francophonie doit porter la démocratie, les droits de l'Homme, le pluralisme, le respect de la liberté d'expression, l'affirmation que tout être humain doit pouvoir choisir ses dirigeants. Voilà les principes que les francophones doivent porter ! Mais nos valeurs, nos droits sont aussi de grandes causes que nous devons là aussi, comme francophones, avoir comme exigence. Je pense notamment à la promotion des femmes qui sont les premières victimes des violences et des guerres et je fais une proposition au Secrétaire général : la France est prête à accueillir un premier forum des femmes francophones pour que nous puissions, là encore, porter ce message au monde, du rôle irremplaçable des femmes, notamment pour le développement. Et enfin, la France sera au premier rang du combat que nous avons engagé pour l'abolition, à l'échelle du monde, de la peine de mort.

Mesdames et messieurs,

Nous n'aurons de cesse de défendre la francophonie. En le faisant, nous n'honorons pas simplement une langue, la langue française, nous faisons en sorte que le français puisse apporter, non seulement un message, mais une part de beauté au monde. Que notre langue puisse enrichir ce qu'elle nomme, ce qu'elle exprime et qu'elle puisse aussi donner de la force à nos idées !

Ce qui nous rassemble, bien plus qu'une langue ou que la diffusion d'une culture, c'est d'abord des principes qui doivent être autre chose que des mots mais des actes. En parlant le français, nous faisons entendre une voix précieuse, utile, différente à l'humanité. Parce que nous, francophones, nous refusons l'uniformité, nous voulons la diversité et nous exprimons la liberté.

Comme francophones, nous n'avons peur de rien, nous ne redoutons rien et nous acceptons parfaitement que nos enfants acquièrent l'usage d'autres langues. C'est bien qu'il en soit ainsi parce que la jeunesse doit parler plusieurs langues, mais aussi le français. N'oublions jamais le français !

Avec la Francophonie, nous affirmons une conception du monde, une volonté de développement, une exigence culturelle. Le français n'appartient pas à la France, il vous appartient, il est à vous. Nous ne vous le donnons pas, nous le partageons. Car le plus beau cadeau que vous pouvez nous faire, à nous français, c'est de parler le français.

La Francophonie, c'est une solidarité entre nous mais qui va au-delà de nous. La francophonie, c'est une responsabilité, celle d'éduquer, de former, de transmettre, de cultiver. La francophonie, c'est une communauté, certes qui a été fondée par l'Histoire mais qui s'élargit chaque jour davantage, à mesure qu'il y a des pays qui nous rejoignent dans l'espace francophone : ces observateurs qui viennent regarder pour ensuite parler et puis tous ces nouveaux locuteurs, nombreux, qui en parlant le français veulent aussi adresser un message de confiance dans ce que nous représentons.

Telle est la belle ambition de la Francophonie : mettre une langue, le français, au service du monde et de la liberté.

Merci.

retrouver le discours sur le site de l'Elysée

 


Editoriaux/maire.gifCommunes de France pour la langue française (2) - le 15/10/2012 - 23:02 par Albert_Salon
Appel à participer au mouvement des
Communes de France
pour la langue française !
Vous trouverez les raisons et les modalités de participation au mouvement lancé par 40 associations* dans la lettre aux élus et dans le manifeste ci-joints.

Il vous est suggéré de les soumettre aux maires et conseillers municipaux que vous connaissez, afin d’obtenir de leurs conseils municipaux des délibérations portant adoption officielle du manifeste proposé, adaptable selon leurs volontés.

Il vous est loisible adapter cette lettre-type aux élus au cas de chacune des communes que vous contacterez.

Au nom des 40 associations, je vous remercie de votre aide.

Albert Salon, docteur d'Etat ès lettres, ancien Ambassadeur, commandeur dans l’Ordre national du Mérite, président d'Avenir de la langue française, vice-président, administrateur, d'autres associations nationales, membre du Bureau national du Forum pour la France.

Nous avons déjà, en ces débuts de campagne, des réseaux de relations avec de nombreuses municipalités, dont certaines sont emblématiques et dont le vote retentirait dans les médias : Alise-Sainte-Reine (Alésia), Belfort, Bergerac, Carmaux ; Donrémy, Vaucouleurs, Chinon, Orléans, Patay Reims ; Phalsbourg (Tour de France par deux enfants) ; Pau, St Malo, l'île de Sein, Versailles, Vézelay, Villers-Cotterêts, bien d'autres...

(*) La liste de ces 40 associations, françaises en grande majorité, mais aussi québécoises et autres, figure sur le site www.avenir-langue-francaise.fr Ces associations, depuis plusieurs années en synergie, accomplissent un travail énorme pour tenter d'arrêter le rouleau compresseur : aidez-les !


Suggestion de lettre aux élus municipaux :

"Monsieur (Madame) le Maire (ou : M……., Conseiller municipal),

Pour la défense et la promotion de la langue française et de la Francophonie, 40 associations de raisons sociales voisines (cf. le site : www.avenir-langue-francaise.fr ) tentent depuis 20 ans d’amener nos dirigeants et médias à cesser de consentir à l’anglo-américanisation voulue par des forces financières internationales très puissantes, contre lesquelles le nouveau Président de la République s’est élevé.

Les 40 associations constatent la vanité de leurs efforts pour franchir le barrage de médias acquis pour la plupart à l’idéologie dominante, et pour faire entendre et respecter la volonté populaire, attestée par toutes les enquêtes d’opinion, de maintenir, sans préjudice de nos langues régionales, le rôle du français en France et dans le monde.

Dans l’impossibilité d’obtenir l’organisation d’un referendum sur cette question vitale pour la France comme pour toutes les communautés francophones, nos associations ont lancé une campagne de sensibilisation des collectivités publiques de base en France et ailleurs.

Elles proposent à de nombreux conseils municipaux d’adopter le manifeste joint, participant ainsi à un mouvement informel "Communes de France pour la langue française". Mouvement qui pourra s'étendre à d’autres pays francophones en une large protestation Contre la pensée unique (Pr. Claude Hagège), et contre la "langue unique" qui la porte, pour conforter partout la diversité linguistique et la place légitime du français.

La première délibération forte en ce sens, par adoption d’un manifeste complet, a été prise le 3 juillet 2012 par le Conseil de Grigny (Rhône). Le mouvement, étendu à la France et au-delà, constituera alors un substitut au referendum d’initiative populaire hélas hors de portée.

Le manifeste qu’il vous est proposé de soumettre à l’adoption formelle de votre Conseil municipal est soutenu par 40 associations pour le français. Rédigé par M. Dominique Gallet, réalisateur de programmes francophones pour la télévision, et par M. Jean-Louis Roy, Québécois qui fut Délégué général du Québec en France et Secrétaire Général de l’ACCT (devenue Organisation internationale d la Francophonie – OIF), il a déjà recueilli plus de 1500 signatures de personnalités de divers pays francophones.

La présentation originale de ses propositions concrètes se trouve sur le site : www.francophonesdumonde.org/ ?cdpetitions_limitstart=1100#cdpetitions-signatures

Il vous est loisible de le proposer à l’adoption soit tel quel, soit en en tirant des propositions constructives plus adaptées aux préoccupations de votre Conseil.

Lorsque vous aurez obtenu un vote favorable du Conseil de votre Commune, les 40 associations vous seront reconnaissantes de bien vouloir faire parvenir le texte de la délibération par courrier à Avenir de la langue française, 34 bis rue de Picpus, 75012 - Paris, tél 01 43 40 16 51, et par courriel : avenirlf@laposte.net, après en avoir informé Préfecture et presse locale. Les associations pourront s’occuper de la médiatisation nationale.

Elles attendent votre réponse avec le plus vif intérêt.

Veuillez agréer, Monsieur (Madame) le Maire, l’expression de notre gratitude et de toute notre considération..


Langue française et monde multipolaire :

l'urgence d'une stratégie

Un appel, dont nous avons pris l’initiative, vient d’être lancé par quarante personnalités francophones très diverses et a été publié le 27 juin par un collectif de quotidiens de plusieurs métropoles francophones : le Devoir de Montréal, l’Orient-Le Jour de Beyrouth, le soleil de Dakar, le Potentiel de Kinshasa, Mutations de Yaoundé et le Soir de Bruxelles. 250 signataires ont déjà rejoint l’appel sur le site francophonesdumonde.org qui vient d’être créé.

Jean-Louis Roy et Dominique Gallet

Nous envisageons l’avenir de la langue française avec confiance. En dépit des fausses évidences.

Un monde multipolaire émerge sous nos yeux. Il contribue manifestement à rééquilibrer les activités de la famille humaine non seulement dans les domaines économique, financier et politique, mais également dans les domaines culturel et linguistique. Sous toutes les latitudes, de la Chine à la Russie, du Brésil à l’Inde, des politiques linguistiques se décident, de nouveaux espaces linguistiques s’organisent et s’affirment.

Cette nouvelle donne remet en cause l’idée même du monopole d’une langue unique dans la communication mondiale. Les grandes langues internationales qui se maintiendront ou qui surgiront ne le devront pas au simple fait du hasard. Elles le devront en grande partie à la manière dont seront exploités les atouts dont chacune dispose.

Émergente, cette configuration culturelle et linguistique globale est une chance pour l’avenir mondial du français, langue qui dispose de larges atouts.

  1. Par l’Histoire : au fil des siècles, la langue française s’est illustrée en portant très loin les outils critiques d’une pensée libre et singulière et les progrès des sciences. Elle a exprimé les grands principes des Lumières et les a offerts au monde. Successivement, elle a été l’instrument de l’émancipation sociale, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.
  2. Par son universalité : la langue française est utilisée sur toute la planète par de très nombreuses nations à l’intérieur d‘elles-mêmes comme dans leurs rapports avec le monde, ainsi que dans les activités scientifiques et technologiques les plus avancées, de la génétique moléculaire à la conquête spatiale.
  3. Par son statut de langue de travail et de langue officielle du système des Nations unies et de nombreuses organisations internationales, continentales et régionales, et par le statut de la France de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.
  4. Par la démographie : avec la perspective de plus d’un demi-milliard de locuteurs francophones pour le milieu du siècle, principalement grâce à l’Afrique, mais également à la France qui devrait devenir le pays le plus peuplé du continent européen après la Russie.

Ces atouts sont considérables. Ils constituent des leviers puissants pour que la langue française, dans le respect de la diversité des langues et des cultures des peuples qui composent l’espace francophone, continue à jouer le rôle qui est le sien depuis des siècles. Ces leviers, que d’autres nous envient, doivent être saisis avec détermination et constance.

En priorité, les décideurs des secteurs public et privé du monde francophone doivent quitter le modèle dominant qui a façonné leur existence au siècle dernier et ajuster leurs choix au monde multipolaire tel qu’il advient. La soumission, la démission et la résignation linguistiques constituent les véritables menaces pour l’avenir de notre langue.

Le "tout anglais" constitue une obsession d’un autre temps et d’un autre monde. Il est une impasse d’où il faut au plus vite sortir dans l’intérêt des peuples ayant le français en partage. Notre confiance en l’avenir de la langue française n’est pas naïve. Elle appelle une vigoureuse politique d’affirmation linguistique. Cette politique doit comprendre notamment :

  1. L’application stricte des législations linguistiques nationales quotidiennement bafouées par les intérêts particuliers et le conformisme ambiant, aussi bien dans les secteurs public que privé, notamment pour le français langue du travail.
  2. La diversification de l’enseignement des langues étrangères et des filières bilingues vers plusieurs grandes langues dont celles des pays émergents (arabe, chinois, espagnol, portugais).
  3. L’exigence de la publication en français, et dans d’autres langues si nécessaire, de tous les travaux issus de la recherche médicale et scientifique publique dans l’ensemble des pays francophones.
  4. La circulation facilitée pour les étudiants, les écrivains et les artistes, ainsi que les chercheurs de l’espace francophone tant il est évident qu’il n’y a pas de francophonie si les francophones sont interdits de circulation dans cet espace.
  5. Un appui massif à la numérisation des patrimoines anciens et vivants de l’ensemble des pays francophones afin d’assurer la présence du français et des langues partenaires dans l’espace virtuel devenu un lieu essentiel de communication, de mobilisation et de rassemblement.
  6. Le renforcement de la recherche sur les systèmes de traduction automatique et leurs implications industrielles, afin d’assurer la présence du français parmi les grandes langues pivots qui s’imposeront dans l’intercommunication planétaire.
  7. La priorité d’une politique bilatérale et multilatérale, forte et pérenne, en direction de l’Afrique francophone pour le développement optimal de son système éducatif.
  8. L’utilisation de la langue française par les représentants des pays francophones dans les organisations continentales et internationales.

Il ne s’agit pas pour le monde francophone de se dresser contre la langue anglaise ou contre toute autre langue. Il s’agit d’ouvrir nos yeux sur la réalité nouvelle, et de mettre en œuvre, dans le contexte de la mondialisation multipolaire, une stratégie offensive pour la langue française, qui assurera son avenir en valorisant ses nombreux atouts. Nous appelons les citoyens des pays francophones à exercer leur vigilance individuelle et à développer leur mobilisation collective pour que soit respecté l’usage de notre langue mondiale en partage. Nous appelons fermement nos gouvernements à réviser leur politique et leur pratique linguistiques, à abandonner les discours de circonstance sur la francophonie et à relever le défi de l’affirmation déterminée de la langue française dans la polyphonie du nouveau monde.

Parmi les signataires (plus de 1500 signatures recueillies en septembre 2012) :

Edem Awumey, écrivain
Mimi Barthélémy, conteuse
Louise Beaudoin, députée de Rosemont Québec
Karim Beyekhlef, directeur, centre de recherche en droit public, université de Montréal
Marie-Roger Biloa, directrice du mensuel Africa international
Daniel Boyer, secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec
Jean Charbonnel, ancien minsitre, France
Malek Chebel, philosophe
Fernand Daoust, ancien président de la Fédération des travailleurs du Québec
Pierre Demers, président de la LISULF, Québec
Pape Diouf, ancien président de l’Olympique de Marseille, Sénégal et France
Bernard Dorin, Ambassadeur de France, président de France-Haïti
Denys Ferrando-Durfort, président Le français en partage, France
Jean-Sébastien Dupuit, ancien président du Centre national du livre
Gabrielle Durana, chroniqueuse économique
Charles Durand, professeur, ancien directeur de l’institut francophone d’informatique à Hanoï, France
Dominique Gallet, producteur du magazine télévisé Espace francophone, France
Yasmine Ghata, écrivain
Monique Giroux, animatrice, Radio-Canada
Paula Jacques, écrivain et journaliste
Marie-France Kenny, présidente, Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada
Vénus Khoury-Ghata, écrivain, Liban et France
Rachid Koraïchi, plasticien
Antonine Maillet, écrivain, Acadie
Mona Makki, rédactrice en chef du magazine télévisé Espace francophone
Charles-Étienne Lagasse, inspecteur général à Wallonie-Bruxelles International, vice-président d'Eunic-Bruxelles, professeur de droit public belge et européen
Philippe Lorin, illustrateur
Jean-Tabi Manga, recteur, Université de Yaoundé, Cameroun

Luc Martin-Chauffier, syndicaliste, France
Yves Michaud, ancien député, et Délégué général du Québec en France, Québec
Mariette Mulaire, présidente, Agence nationale et internationale du Manitoba ;
Jean-Benoît Nadeau, écrivain, Québec
Dominique Noguez, écrivain, France
Gilles Rhéaume, Professeur de philosophie, journaliste, Québec
Zachary Richard, auteur, compositeur, interprète
Jean-Louis Roy, historien, écrivain, diplomate, responsable de l’Observatoire mondial des droits de l’Homme, Canada
Philippe de Saint Robert, écrivain, ancien Haut Commissaire à la langue française
Alimata Salembere, ancienne directrice de la culture, Agence internationale de la Francophonie, Burkina Faso
Amadou Lamine Sall, poète, Sénégal
Albert Salon, ancien Ambassadeur, France
Claire Simard, ancienne directrice du Musée de la civilisation, Québec
Monique Simard, directrice générale du programme français, Office national du film, du Canada
Gilbert Sinoué, écrivain
Gérard Sournia, géographe, France.


Francophonie.jpgAlerte rouge sur la francophonie ! - le 14/10/2012 - 16:48 par Albert_Salon

Dans le monde, mais aussi en France
Alerte rouge sur la francophonie !

On peut certes, comme Mme la ministre déléguée chargée de la francophonie, se satisfaire du fait que le français est "la seconde langue la plus enseignée" au monde et que le français, ce "beau cadeau" est aujourd’hui parlé par 220 millions de personnes1 Il n’en reste pas moins que la situation de notre langue et de la francophonie internationale, partout bousculée et harcelée par l’avancée totalitaire du tout-anglais, se dégrade rapidement.

Hors de France d’abord. En Belgique, où – dans la quasi-indifférence de l’U.E. et de l’Etat fédéral belge – des élus flamands extrémistes prétendent proscrire l’usage public du français. En Suisse, où une partie des élites alémaniques agit sans relâche pour substituer l’anglais première langue au français dans les écoles publiques. Au Québec, les élites anglo-formatées se font agressivement l’écho d’une campagne permanente des milieux dirigeants du Canada qui cherchent à liquider les lois assurant au français son statut de langue officielle de la Belle Province. Même si nous devons être reconnaissants à l’Afrique de rester aux avant-postes de la francophonie internationale, il faut bien observer que l’édifice se lézarde rapidement au sud de la Méditerranée. Après le Rwanda qui, en 2009, a rompu avec la francophonie pour rallier le camp anglophone, le Burundi s’oriente vers le Commonwealth2 Lors de sa visite officielle au Rwanda, le président gabonais, M. Ali Bongo Olimba a annoncé "étudier l'expérience rwandaise dans l'introduction du bilinguisme"3: et le dirigeant africain d’arguer malicieusement qu’après tout, nombre d’institutions françaises privilégient déjà l’anglais…

La situation n’est pas moins grave sur notre sol. Non seulement la loi Toubon, votée unanimement par le parlement en 1994, est bafouée par nombre de firmes qui se dénomment en globish et qui font leur publicité dans cet idiome approximatif, non seulement certains ténors de la chanson et du cinéma "français" trahissent de plus en plus la langue de Brassens et de Rohmer pour, prétendument, s’exporter en anglais, non seulement de grands évènements culturels subventionnés par l’argent public comme les Francofolies si mal nommées font une place grandissante à l’anglais, non seulement nombre d’émissions diffusées en prime time (sic) s’intitulent-elles en anglais (Flop TEN de L. Ruquier, Come on, Summertime, Down Town sur Inter, The Voice sur TF1, The Summer of Rebels sur Arte, etc.) sans que cela mobilise outre mesure le C.S.A., mais on observe un début de glissement, voire de basculement linguistique, au cœur même de l’enseignement public. A l’initiative de Luc Chatel, l’école maternelle se prépare à plonger les bambins – qui ne maîtrisent pas encore les structures de leur langue… maternelle – dans un bain linguistique anglophone. Portée par le même ministre UMP et conservée telle quelle par M. Peillon, la réforme des lycées minore l’enseignement de notre langue et développe l’enseignement "en langues étrangères" (l’anglais se taille évidemment la part du lion…) des "disciplines non-linguistiques" : or, on ne sache pas que la réciproque vaille en Angleterre, où les bacheliers n’ont plus l’obligation d’apprendre une langue étrangère…
Quant aux universités, leurs présidents ne se contentent pas de réclamer une exemption de la loi Toubon : la recherche, y compris parfois en sciences humaines, et plusieurs Grandes Ecoles emmenées par feu le président si controversé de Sciences Po, basculent illégalement à l’anglais. Ces manageurs dépourvus de dignité nationale et de sens civique annulent ainsi le geste démocratique qui fut celui de Descartes en 1637 : c’est pour être compris du grand public de son temps que ce grand novateur écrivit en français (et non en latin) son Discours de la méthode. Déjà, nombre de grandes entreprises franciliennes imposent à leurs salariés de travailler en anglais : les choses en sont au point que des syndicats de toutes obédiences, confrontés à l’angoisse des cadres et des autres salariés4 sont amenés à revendiquer ce droit élémentaire : travailler en français en France ! Le record de discrimination linguistique est atteint quand de grandes entreprises recrutent ouvertement des anglophones de naissance5 pour occuper leurs postes de direction : ce qui revient à instituer une préférence nationale à l’envers, non moins insupportable que la préférence nationale à l’emploi chère aux partis xénophobes !

A l’arrière-plan de cet arrachage géant de la langue de Molière, il n’y a pas seulement la "mode" (qui en décide, d’ailleurs ?) ou la mondialisation néolibérale – laquelle découle d’ailleurs de choix politiques. Nous affirmons que le basculement au tout-anglais découle d’une politique linguistique et culturelle totalitaire dont l’origine est à chercher du côté de l’oligarchie financière mondialisée et des milieux dirigeants de l’Union européenne. Du côté du syndicat patronal européen dont l’ancien président, M. E.-A. Seillière, a donné le signal du basculement quand en 2006, s’exprimant devant le Conseil européen au nom de Business-Europe, il annonça devant Jacques Chirac – qui eut alors la dignité de quitter la salle – qu’il s’exprimerait "en anglais, la langue des affaires et de l’entreprise". Comment une telle déclaration déplairait-elle au MEDEF dont un récent manifeste intitulé Besoin d’aire appelle à en finir avec l’Etat national français pour "reconfigurer les territoires" et souhaite "une gouvernance européenne beaucoup plus intégrée pour aller vers des États-Unis d'Europe"6?
Quant à l’UE, elle piétine ses traités fondateurs, qui lui font obligation de respecter "l’identité" des Etats-membres, en établissant officieusement – et bientôt, officiellement si le "saut fédéraliste" en cours va au bout de sa logique – la langue anglaise comme langue officielle de l’Union. Quand donc les peuples ont-ils été appelés à débattre de ces questions et à les trancher de manière démocratique ? Qui a consenti en notre nom ces incroyables transferts de souveraineté linguistique ? Au contraire, une effarante chape de plomb médiatique pèse sur le basculement linguistique en cours : pour une large partie de la droite, il faut certes ne rien dire qui puisse ralentir le sacro-saint "saut fédéraliste" souhaité par le haut patronat. De même l’"internationalisme" mal compris d’une certaine gauche favorise-t-il naïvement l’entreprise "globalitaire" sans précédent qui tente d’imposer au monde une langue unique (et avec elle, une politique et une économie uniques !). Mais en quoi la destruction de la diversité linguistique, chair et sang de la diversité culturelle mondiale, importerait-elle moins à l’humanité future que la nécessaire préservation de la biodiversité ?

A cette situation linguistique dramatique, c’est peu dire que le gouvernement n’apporte pas la riposte nécessaire. Certes nous n’en sommes plus au flamboyant mépris des francophones que cultivèrent "Sarko l’Américain", "Christine The Guard" ou le "French Doctor" Kouchner qui, ministre des Affaires étrangères, a osé déclarer que l’avenir de la francophonie passe… par l’anglais7 Certes, il y a eu cet acte d’élémentaire dignité du chef de l’Etat demandant à M. Fabius de s’exprimer systématiquement en français à l’étranger. Certes, le candidat Hollande a pris position contre les cours universitaires dispensés en anglais. Il a même rappelé à nos ambassadeurs que "la promotion de la langue, de la création françaises, c’est l’affirmation d’une vision du monde qui fait place à toutes les cultures". Mais depuis le 6 mai, les actes forts sont rares. Sollicitée par plusieurs associations de défense de la langue française, la ministre déléguée à la francophonie botte en touche sur la question du tout-anglais8 et n’a toujours pas répondu à la demande d’entrevue que lui avaient adressée ces associations.
Rien n’est fait non plus pour annuler ou pour corriger la LRU, dite loi Pécresse, dont certains dispositifs incitent indirectement les universités à privilégier l’anglais. Pis, le candidat socialiste s’est engagé à faire ratifier la Charte européenne des langues minoritaires et régionales dont l’objet réel est de désétablir la "langue de la République" (article II de la constitution), alors qu’il y aurait mille autres manières de promouvoir nos langues régionales, ce patrimoine commun de la Nation (et pourquoi pas en outre, les langues de l’immigration là où c’est utile à l’intégration citoyenne ?) dans le cadre de la République indivisible héritée de la Révolution. Que restera-t-il de notre langue lorsqu’elle sera prise en étau entre le séparatisme régional à prétexte linguistique et le tout-globish maastrichtien à l’échelle du sous-continent ? La langue de l’Edit de Nantes, de la Déclaration de 1789 et des Jours heureux promis par le CNR à la Libération, est-elle vouée à devenir en France, en quelques décennies, l’équivalent de ce qu’est devenue la noble langue gaélique en Irlande ?

Car si les langues mettent des siècles à émerger pour porter l’histoire d’un peuple, elles mettent fort peu de temps pour s’effacer, comme l’a montré Claude Hagège : comme en d’autres domaines de la vie sociale chamboulés par le néolibéralisme mondial, il faut donc se résoudre à résister franchement ou à collaborer honteusement. Parce que nous choisissons la première voie, celle de l’égale dignité entre les peuples, nous appelons nos concitoyens – et notamment les plus modestes, qui sont les plus menacés par le basculement en cours – à exiger des autorités qu’elles fassent respecter la loi à l’école, à l’entreprise, dans la "com", dans la vie économique et à l’université. Nous soutenons la proposition – enterrée par la précédente majorité politique – portée par le député J.-J. Candelier – d’installer une commission d’enquête parlementaire sur la situation linguistique de la France. Car ceux qui veulent substituer le Wall Street English9 à la langue de Victor Hugo voudraient bien que l’assassinat linguistique pût s’imposer de manière "consensuelle", sans débat public. Ceux qui veulent au contraire que vive le message séculaire de liberté, d’égalité, de fraternité et de Lumières communes porté par notre langue, exigent qu’un large débat s’engage en France sur la politique linguistique de notre pays.

"Que les bouches s’ouvrent", citoyens ! Ne nous laissons pas couper la langue en silence !
Texte présenté par :
Georges Gastaud, philosophe, président du COURRIEL, Régis Ravat, syndicaliste, président de l’AFRAV, Albert Salon, ancien ambassadeur, président d’Avenir de la Langue Française, Simone Bosveuil, agrégée d’espagnol, Gaston Pellet, résistant linguistique, Matthieu Varnier, ingénieur satellite.


1 C’est ce que répond un conseiller de Mme Benguigui aux défenseurs de la langue françaises qui demandaient audience à la ministre chargée de la francophonie.

2 Cf le site  www.afrik.com/le-burundi-souhaite-rejoindre-le-commonwealth

 

3 "Le Gabon souhaite regarder de près l'expérience rwandaise dans l'introduction du bilinguisme", a affirmé le porte-parole de la présidence A.-C. Bilie-By-Nze lors d'une conférence de presse au retour d’A. Bongo des Nations Unies. www.leparisien.fr/informations/francophonie-le-gabon-terre-francophone-veut-se-mettre-a-l-anglais-01-10-2012-2194985.php ); cf aussi www.rfi.fr/afrique/20121002-gabon-veut-mettre-anglais-ali-bongo-ondimba-commonwealth-francophonie-rwanda-rdc 

4 Un colloque de la CFE-CGC s’est tenu le 7 mars 2012 :
www.franceinfo.fr/player/reecouter :Parler anglais au travail, une source de stress et de fatigue. Également : www.francophonie-avenir.com/video_CGT-Danone_contre_le_tout-anglais.htm
et youtu.be/FNKJ02Ssu0A

5 Le nom de code est "English mother tongue". il faut que les lecteurs puissent reconnaître cette formulation désormais courante dans les journaux pour cadres. Ce n’est pas céder à l’anglomanie que d’user de l’expression anglaise, c’est au contraire en marquer la brutale insolence. Mais tenant compte de votre remarque, je mets le français dans le corps du texte et l’anglais en note infrapaginale.

6 Cf. Le Monde Michel Noblecourt 15 février 2012.

7 Deux ou trois choses que je sais de nous – Laffont, 2006. « Il faut une francophonie ouverte à l'anglais. La francophonie ne doit pas être opposée à l'anglophonie ».

8 Réponse datée du 14 septembre 2012, sous la signature de M. Patrick Lachaussée.

9 Bien entendu, aucune hostilité de notre part contre la belle langue de Shakespeare. C’est le tout-anglais que nous visons clairement.


MuseeHorreurs/horreurs.jpgHorreurs d'octobre 2012 - le 09/10/2012 - 17:20 par MAR
Horreurs d'octobre
(ou le frédéric-martelisme1 au quotidien)
Quelques exemples de la Collaboracheune ordinaire telle qu'elle s'affiche sur nos murs, sur nos transports et dans nos médias : 
Bacardi = marque à éviter en priorité !
(pour agression linguistique caractérisée)

Bacardi, la société bermudo-"américaine" se comporte comme en pays conquis avec son slogan tout-en-anglais matraqué sur les murs du métro parisien. Pratique : une seule affiche pour toutes les colonies, un seul budget et ces braves colonisés qui en redemandent....
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Une boutique classique représentative de la colonisation rampante. Aller chez le coiffeur ? Vous n'y pensez pas... mais aller au Barber shop c'est tellement plus chic !
barber-shop.jpg


Gant
qui pense qu'un jour de chance in ingliche c'est tellement mieux !
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* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)


nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2012 - le 03/10/2012 - 16:27 par MAR
Nouvelles d'octobre 2012
- Entretien de Dominique Hoppe avec Pascal Priestley (TV5 Monde) : Organisations internationales : de la langue à la pensée unique (lien)
- TV5 Monde couvre en long et en large le XIVème sommet de la Francophonie qui se tient à Kinshasa du 12 au 14 octobre (lien)
- Le Monde Diplomatique : Qui défend encore le français à l’ONU ? (octobre) (lien)


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2012 (2) - le 30/09/2012 - 18:50 par MAR
Nouvelles de septembre 2012 (2)
- M-A Lussier : À Johann Sfar et à son tout à l'anglais dans le cinéma (28/9) (lien)
- Portail francophonie de la bibliothèque nationale de France (26/9) (lien)
- Lancement du Centre de la presse francophone de New-York (26/9) (lien)
- Discours de François Hollande devant la communauté française à New-York (25/9) (lire ci-dessous)

Discours de François Hollande devant la communauté française à New-York (25 septembre 2012)
ci-dessous un extrait concernant la langue française. Le contenu en est toujours encourageant mais nous attendons toujours le début d'une mesure, le début d'un acte qui traduise cette pensée en actes. MAR

[...]
Je veux saluer tous les personnels qui s'y dévouent. Je disais que ce réseau permet d'accueillir vos enfants mais d'accueillir aussi beaucoup d'enfants de toutes les nationalités (43 nationalités à l'École franco-Américaine, 48 nationalités pour le Lycée français de New York !).
C'est une chance là aussi, parce que cela permet justement de diffuser, de promouvoir la langue française et nous souhaitons que cette langue, cette belle langue qui ne nous appartient pas, qui est à la disposition de tous les pays qui veulent s'en emparer, de tous les hommes, de toutes les femmes qui considèrent que cette langue est une langue de diversité, de pluralité -- nous voulons que cette langue puisse être partout parlée.

A cet égard, nous sommes très attentifs à ce qu'il y ait toujours, dans les institutions internationales, la présence du français. Je me plains parfois que certains français, dans ces institutions internationales, oublient de parler en français. Parfois il y en a qui parlent en français parce qu'ils ne parlent pas d'autres langues, cela peut arriver. Mais quand on parle plusieurs langues, que l'on est français et que nous sommes dans une institution où il y a des traductions, je recommande de parler français, parce que, comment défendre notre langue si nous-mêmes nous ne la parlons pas.

[...]

cliquez pour lire l'intégralité du discours

Réponse à Gr. Bernard, producteur de Rubber" et Wrong - le 25/09/2012 - 21:49 par MAR
de Courriel à un cinéaste anglomane
Réponse à Grégory Bernard, producteur de "Rubber" et "Wrong"

Dans votre curieux appel "Aidons le cinéma français tourné en anglais" [Le Monde-3/9/2012], vous réclamez, en fait, d’obtenir les moyens permettant au cinéma français de se couler dans le moule étasunien de la production cinématographique globale. Le premier élément placé sur votre ligne de tir étant bien sûr l’élément principal de la personnalité d’un film, à savoir sa langue d’origine. Ainsi, le cinéma français pourrait donc se développer, s’épanouir.

Les réalisateurs du monde entier, n’étant pas moins sagaces que vous, feront de même et tout le monde se ressemblera, on aura des produits similaires marqués au sceau de l’anglais, dépersonnalisés, uniformisés, rendus insipides et sans couleurs, peu importe pourvu qu’ils soient de nature à ne pas heurter la susceptibilité des producteurs aux États-Unis. En somme, s’adapter au "marché" de la mondialisation, être sûr de se vendre, quitte à y laisser son âme. Quitte aussi à ce que les populations n’étant pas encore complètement acquises à la pratique de cette langue, nous irons tous voir notre cinéma national en anglais sous-titré dans notre langue vernaculaire. Belle perspective !
Vous écrivez péremptoirement que "les œuvres françaises en anglais participent au rayonnement de la France". Peut-être, mais les œuvres françaises en langue française devraient le faire tout aussi bien et de façon nettement moins discutable, me semble-t-il ! Comment imaginer que des oeuvres (et non pas des "produits") amputées d’une partie de leur substance puissent convaincre un public étranger davantage que dans leur version nationale ?

En réalité, tout est affaire d’objectif : si le but est de fabriquer des "produits" suffisamment affadis pour s’adapter au marché global afin de convaincre les investisseurs internationaux, il faut effectivement les dépouiller de ce qui fait leur originalité.

Quant à la Nouvelle Vague, de grâce, laissez-la où elle est ! Selon vous, grâce à "l’importation de la culture américaine dans le cinéma français, (ces cinéastes auraient) fait plus pour la culture française que les centaines de films français de l’époque que l’on ne regarde plus" ! Affirmation gratuite et inexacte, il suffit de faire un tour dans les grandes surfaces de l’audio-visuel pour voir le nombre de clients recherchant justement des films français de ces années-là. Croyez-vous vraiment que l’importation de la culture américaine dans le cinéma français, soit le titre de gloire le plus remarquable de la Nouvelle Vague ? En vérité, si ces cinéastes ont marqué à ce point la culture française et rayonné à l’international avec leurs films en français, c’est indiscutablement et uniquement par leur talent.

De quoi seront faits les lendemains du cinéma français de création ? Je les vois bien compromis si l’ambition des réalisateurs français se limite à fabriquer des produits bâtards susceptibles d’être salués lors d’éventuelles cérémonies de Césars du meilleur film français en langue étrangère, donc en anglais.

Il est à noter cependant, que les dernières nouvelles concernant le film français tourné en langue non anglaise semblent vous contredire. Après avoir réuni 19 millions de Français dans les salles, Intouchables de Olivier Nakache et Éric Toledano est devenu le 6 septembre dernier le film français tourné en langue non anglaise le plus vu dans le monde, détrônant ainsi Le fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet. D’après la presse, ce n’est pas fini car le film n’est pas encore sorti en Angleterre, en Australie, en Nouvelle-Zélande et vient tout juste d’être mis à l’affiche en Argentine, au Brésil et au Japon. D’après Unifrance, qui s’occupe de la promotion du film à l’étranger, il pourrait aisément atteindre les 25 millions au terme de son exploitation. Avec 43 millions d’entrées à l’international (France et étranger), Intouchables devient aussi le deuxième plus grand succès mondial d’un film français.

Convenez donc que le cinéma français tourné en français a encore de beaux jours devant lui et que votre appel risque, dans ces conditions, de ne pas recueillir toute l’attention que vous souhaitez.
Au demeurant et au-delà du monde du cinéma, la question n’est-elle pas, en définitive, de ne pas se plier à l’effacement progressif de notre langue qui reste, que vous le vouliez ou non, la base du rayonnement de notre culture au plan international. J’en suis personnellement persuadée et j’agis dans toute la mesure de mes moyens pour qu’il n’en soit pas ainsi en militant au sein de "COURRIEL", association de défense du français contre le tout-anglais hégémonique. N’est-ce pas la manière la plus efficace et la moins mercantile d’œuvrer au rayonnement de notre culture ?
Simone Bosveuil
Courriel

nouvelles2/oep.jpgDépasser le sens commun ! - le 21/09/2012 - 15:29 par OEP
Dépasser le sens commun !
par l'Observatoire européen du plurilinguisme
Il nous a paru intéressant de reproduire cet article de l'Observatoire européen du plurilinguisme qui remet en cause les lieux communs en matière linguistique. MAR

Le propre de l'esprit scientifique selon la célèbre formule de Gaston Bachelard, c'est de mettre au jour des connaissances qui vont à l'encontre du sens commun, ce qui signifie que l'esprit scientifique n'est pas un privilège des sciences exactes, ni même des sciences en général et devrait habiter tout un chacun. Voyons ce qu'il en est des lieux communs dans notre domaine.

a) La langue est un outil de communication

C'est vrai dans la mesure où pour échanger des informations, on a besoin d'une langue. Mais réduire la langue à un outil de communication, comme nous y invite le sens commun, largement pratiqué dans les médias et par les hommes politiques, est évidemment faux. La langue est l'outil de communication par excellence, mais elle n'est pas que cela, elle est beaucoup plus que cela. La langue est le moyen d'expression de la pensée et des sentiments, elle est organisatrice de la pensée dans le temps et dans l'espace. Elle n'est pas la pensée, mais elle est dans une relation d'interaction permanente de construction parallèle du langage et de la pensée.

Quand Wittgenstein dit "Ma langue est la limite de mon monde", il souligne le caractère indépassable de la langue.

Mais la langue n'est pas une quantité fixe de mots et de règles de grammaire. Une seule langue est à elle seule un monde quasi infini. Les limites sont celles de chacun, car Wittgenstein dit "ma langue" et non "la langue", et donc si je veux élargir "mon monde", je dois agrandir "ma langue".

C'est la raison pour laquelle la langue est la base de tous les enseignements. Et c'est la raison pour laquelle la lecture et l'écriture sont si importantes à l'école.

Mais "ma langue" peut être plusieurs.

Et c'est là où les choses deviennent très intéressantes, car avoir plus d'une langue donne accès à plus d'un monde. En fait, maîtriser plusieurs langues, c'est comme voir le monde en relief ou en 3D.

Le livre que Heinz Wismann publie cette semaine porte le titre énigmatique mais profond Penser entre les langues. Si les langues étaient de nature à exprimer toutes la même chose, le même monde, une seule suffirait. Il n'en est rien heureusement. Et ce qui importe ce n'est pas seulement ce qui unit et qui fait que les langues peuvent plus ou moins se ressembler, mais c'est justement la distance entre les langues. C'est un formidable levier pour la pensée. Pour François Rastier "penser la diversité" devrait être l'enjeu principal des sciences de la culture. C'est aussi la clé de toute éducation plurilingue et interculturelle.

b) On apprend mieux les langues à un âge précoce

C'est en effet une certitude scientifiquement démontrée et qui justifie l'évolution de l'ensemble des systèmes d'enseignement européens depuis vingt ans vers un enseignement des langues semi-précoce dès l'école élémentaire, voire dès l'école maternelle.

Mais il s'agit non pas d'enseignement précoce mais semi-précoce, après cinq ans.

Il faut de plus, pour que le résultat soit au rendez-vous, que des moyens appropriés soient mis en œuvre. Nous verrons dans quelques années si le passage du stade expérimental à l'enseignement de masse donne les résultats attendus. Pour l'instant, nous n'avons encore aucun moyen d'études comparatif systématique au niveau européen pour permettre de contrôler l'effet de ces politiques (voir article plus bas) et si l'on s'en tient à l'étude ESOL présentée en mars 2011 (cf. Lettre n°43) et à la seule étude disponible en France sur le sujet (cf. notre lettre n°45), on devrait en conclure que l'effet est nul ou négatif. Le seul résultat avéré a été d'imposer partout l'anglais comme première langue étrangère de manière quasi exclusive.

Du coup, on tend à oublier qu'on apprend très bien les langues vivantes à l'âge adulte. A une condition toutefois, qui est celle d'avoir bien assimilé les structures de la langue. Heinz Wismann explique qu'il a pu apprendre rapidement le français à 20 ans grâce au latin.

Conclusion : il n'y a pas d'âge pour apprendre les langues, et le minimum que doive apporter un système d'enseignement, outre un apprentissage suffisant en au moins deux langues étrangères, c'est de donner les moyens d'en apprendre toute sa vie en fonction des circonstances.

Cela aussi est un enjeu de l'éducation plurilingue et interculturelle.

c) Il faut d'abord connaître sa propre langue avant d'en apprendre une autre

C'est vrai en gros, mais il faut s'entendre sur ce que peut vouloir dire "connaître sa langue". Si l'on place la barre trop haut, on risque de retarder à l'excès l'apprentissage des langues étrangères, alors que cet apprentissage peut et doit également avoir des effets bénéfiques pour l'apprentissage de la langue maternelle. Il n'en reste pas moins que l'apprentissage de la langue maternelle ou langue "première" ou langue "d'enseignement" est tout à fait essentiel et il est illusoire de prétendre apprendre les langues étrangères sans maîtrise suffisante de cette langue. Lorsque langue maternelle et langue d'enseignement diffère, la question est plus complexe, mais la problématique fondamentale demeure. C'est la raison pour laquelle maîtriser la lecture avant d'entrer au collège est essentiel et devrait être l'obsession de tous les ministres de l'éducation.

d) L'anglais suffit

Évidemment non. Une étude menée en 2011 dans le cadre du programme CELAN (dont l'OEP est partenaire) auprès de 500 entreprises dans une dizaine de pays européens fait apparaître que 80 % des entreprises interrogées considèrent très important d'être compétent dans une autre langue européenne et notamment la langue du voisin, c'est-à-dire les langues des pays avec lesquelles elles entretiennent la majorité de leurs relations commerciales.

Néanmoins, les mythes ont la vie dure et quand certaines personnes, parfois des ministres de l'éducation, parlent d'apprentissage des langues étrangères, ils pensent en fait très souvent apprentissage de l'anglais.

"L'anglais ne suffit pas", c'était le slogan préféré de Léonard Orban, ancien commissaire européen chargé du multilinguisme.


articles/brevet.jpgUn point sur les brevets - le 20/09/2012 - 21:40 par MAR
Un point sur les brevets en Europe
par D. G.
 
Nous avons la chance d'avoir au sein d'ALF un "homme de l'art" connaissant à fond l'affaire des brevets en Europe. L'affaire est d'une grande importance, soigneusement occultée ou minimisée par les dirigeants et médias français, car il s'agit d'une atteinte aux intérêts à la fois de notre économie, de notre recherche, et de la langue française. D. G., traducteur de profession, est aussi un observateur vigilant aux multiples antennes, et un valeureux militant de toutes nos causes françaises. Il avait été, entre la signature du "Protocole de Londres" en juin 2001 et sa ratification-éclair en août 2007 peu après l'élection de M. Nicolas Sarkozy, à la pointe du combat mené à la fois par les professionnels concernés et par nos associations ("Avenir de la langue française" au tout premier rang) pour empêcher l'autorisation parlementaire de ratification. La note de D. G. ne nous rassure guère... Merci à lui de l'avoir faite ! Courage ! Albert Salon.

Lire l'article de D.G. Un point sur les brevets

Editoriaux/maire.gifLigue des Communes de France pour le français - le 19/09/2012 - 12:23 par Albert_Salon
Avenir de la langue française et ses 40 partenaires
vous appellent à participer à la création de la
Ligue des Communes de France
pour la langue française !

Vous avez les raisons et les modalités de cette création dans la lettre aux élus ci-dessous et dans les documents indispensables qui la suivent.

Il vous suffit de les adresser par courriel, ou par lettre - ou mieux : par démarches de vive voix - aux maires et conseillers municipaux que vous connaissez, pour obtenir de leurs conseils municipaux des délibérations portant adoption officielle de l'un des manifestes (trois sont joints, dont deux en lien bleu sur lequel il faut cliquer ; un d'entre eux à choisir selon les orientations politiques et les préférences de chaque Conseil).

Vous pouvez adapter cette lettre passe-partout au cas de chacune de vos communes en :

- rédigeant autrement la "version Grigny" (cliquer sur le lien bleu "comité Valmy") pour en faire un projet de délibération plus proche des réalités du terrain, sans pour autant perdre de vue la dimension nationale de la démarche ;

- choisissant celui des trois manifestes (appelés aussi "pétitions-appels") qui, selon vous, correspond le mieux aux orientations politiques de l'actuelle majorité locale censée l'adopter ;

- mettant clairement en valeur le fait qu'être parmi les premières municipalités à entrer dans la Ligue des communes de France pour la langue française : ne manquera pas de frapper les esprits et d'être médiatisé, non seulement dans la presse régionale, mais encore, avec notre aide, dans les médias nationaux.

Les Manifestes (ou Pétitions-appels) diffèrent sensiblement dans leurs inspirations idéologiques, mais sont bien convergents sur le fond, ce qui s'explique par le fait que nos associations travaillent ensemble depuis des années et ont élaboré des analyses et un corpus solide de propositions et stratégies communes :

- a) le manifeste qui a servi de base à la délibération du Conseil à majorité "progressiste" de Grigny : cliquer sur ce lien pour le lire : www.comite-valmy.org/spip.php?article2623 ;

- b) la pétition-appel -  sous le titre :"pétition 2012" - plus neutre idéologiquement avec l'accent plus sur "France" que sur "République", que nous avons déjà diffusée sur nos sites et dans quelques médias écrits et radios à notre portée ; elle est accompagnée de la liste des 40 associations* qui l'ont portée, et de la liste de sa cinquantaine de hautes personnalités françaises et étrangères signataires, ces deux listes lui donnant un poids non négligeable, pour la lire : www.avenir-langue-francaise.fr/articles.php?pg=797 ;

- c) l’appel - www.marianne2.fr/Langue-francaise-et-monde-multipolaire-l-urgence-d-une-strategie_a220174.html - que Dominique Gallet, l'ASSELAF et l'éminent Québécois Jean-Louis Roy ont porté et font circuler actuellement (Avenir de la langue française l'a signé comme les deux autres). ; Il a l'avantage de contenir des propositions concrètes tout comme le manifeste Valmy-COURRIEL.

*Songez-y : ce n'est pas rien ! La liste de ces 40 associations, françaises en grande majorité, mais aussi québécoises et autres, figure dans la dernière pièce jointe. Nos associations, mises depuis plusieurs années en synergie, ont accompli et accomplissent un travail énorme pour tenter d'arrêter le rouleau compresseur : aidez-les !

Bien cordialement.

Albert Salon, docteur d'État ès lettres, ancien Ambassadeur, président d’Avenir de la langue française, vice-président ou administrateur d'autres associations nationales, membre du Bureau du Forum pour la France, administrateur du Cercle Nation et République.

PS : Nous avons déjà des réseaux de relations avec moult municipalités, dont certaines (sans parler des très grandes villes, plus difficiles !) sont emblématiques et dont le vote, si nous réussissions à l'obtenir, retentirait déjà dans les médias : Domrémy, Vaucouleurs, Reims, Ajaccio, Senlis, Versailles, Vézelay, Villers-Cotterêts, Saumur, Chinon, Orléans, Meung, Auxerre, Patay, St Malo, Belfort, Lourdes, Troyes, Sion, Mont Ste Odile, Carmaux (luttes ouvrières), Phalsbourg (Tour de France par deux enfants), l'île de Sein, Alise-Sainte-Reine (Alésia), Pau, Auch, Rueil-Malmaison, bien d'autres...
Avec une trentaine d'emblématiques, servis goutte à goutte aux médias, nous aurions déjà atteint une partie de nos objectifs. Nous avons déjà saisi directement plusieurs députés-maires et sénateurs-maires.

Campagne Communes pour le français Lettre aux Élus :

Monsieur (Madame) le Maire (ou : M……., Conseiller municipal)

Pour la défense et la promotion de la langue française et de la Francophonie, les associations C.O.U.R.R.I.E.L et Comité Valmy, Avenir de la langue française, Forum francophone international-France, Forum pour la France, Francophonie-Avenir, parmi 40 associations de raisons sociales voisines dont la liste vous est accessible en PJ, tentent depuis des années d’amener les dirigeants du pays à cesser de céder ou de consentir – voire de contribuer – à son anglo-américanisation voulue par des forces internationales très puissantes.

Nos 40 associations* constatent la vanité de leurs efforts pour franchir le barrage de médias acquis pour la plupart à l’idéologie dominante, et pour exprimer, faire entendre et faire respecter la volonté populaire, nationale, attestée par toutes les enquêtes d’opinion, qui est de maintenir le rôle du français en France et dans le monde, et de promouvoir la Francophonie.

Dans l’impossibilité d’obtenir de nos dirigeants l’organisation d’un referendum sur cette question vitale pour la France comme pour toutes les communautés francophones dans le monde, nos associations ont décidé de lancer une campagne de mobilisation des collectivités publiques de base en France et ailleurs.

Elles veulent obtenir que des conseils municipaux nombreux décident d’adopter l’un des manifestes joints, et d’adhérer à une Ligue des Communes de France pour la langue française, pouvant s'étendre à d'autres pays francophones et autres en une sorte de Ligue mondiale Contre la pensée unique (Claude Hagège), contre la politique de la langue unique qui la porte, et pour l’affirmation partout de la diversité linguistique et de la place légitime du français .

A l’appel de l’association COURRIEL, une première commune, celle de Grigny (Rhône, 10.000 habitants) a pris le 3 juillet une délibération forte en ce sens (cliquer pour la lire sur le premier lien ci-dessous en bleu : Comité Valmy), en adoptant un manifeste "progressiste" conçu et signé par COURRIEL.
La réussite de cette première expérience peut s’étendre à toute la France et au-delà. Une sorte d’embrasement à susciter de toutes nos énergies… Le peuple se lèverait dans ses institutions les plus proches de lui pour enfin s'exprimer et se faire entendre partout !

La formulation "progressiste" du manifeste - comme de la délibération fondée sur lui - peut être reprise par tous les conseils municipaux à majorité « progressiste ».

Les municipalités qui éprouveraient des difficultés d’ordre politique à adopter le manifeste progressiste peuvent choisir d’adopter l’un de nos deux autres manifestes joints qui contiennent, pour l’essentiel, les mêmes analyses et les mêmes orientations principales que le premier. Cet accord sur le fond reflète la longue pratique de travail en commun de nos diverses associations, entre 12 et 32 engagées selon les actions conjointes menées.

- Le deuxième manifeste – en PJ avec ses annexes - n'est autre que la pétition-appel portée en 2012, à l’occasion des grandes élections nationales, par 40 associations, proposée seulement à de hautes personnalités françaises et étrangères non politiques, et signée par 50 d’entre elles.

- Le troisième (à lire en cliquant sur le deuxième lien en bleu : Marianne2) émane de plusieurs de nos associations non progressistes, mais non moins militantes pour cette même cause.

A vous de décider du ou des manifestes (ou "Appels-pétitions") à offrir au choix et à l’adoption du Conseil,
et d’adapter le projet de la délibération elle-même qu'ils seront appelés à voter.

Lorsque vous aurez obtenu le vote favorable du Conseil de votre Commune, et peut-être de deux ou trois autres communes, nos associations vous seront reconnaissantes de bien vouloir faire parvenir le texte de chaque délibération pertinente au siège d’Avenir de la langue française, 34 bis, rue de Picpus, 75012, Paris, 01 43 40 16 51 et courriel avenirlf@laposte.net, après en avoir saisi tant la Préfecture que la presse locale.

Les associations de promotion du français, à l'origine de cette campagne, feront le reste - notamment pour la médiatisation - à l’échelle nationale.

Les associations attendent votre réponse avec l'intérêt que vous devinez.

Veuillez, Monsieur (ou Madame) l……………….., croire à (ou recevoir l….)……gratitude……sentiments les meilleurs……

nouvelles2/sous-les-etoiles.jpgChanson française Quand l’Audimat sème le trouble - le 18/09/2012 - 21:47 par C_Distinguin

Retour sur une lâcheté médiatique
Chanson française : Quand l’Audimat sème le trouble...

Été 2012, lundi 6 août, l’émission de variétés Sous les étoiles Québec 2012, diffusée sur France 3 en première partie de soirée, a été suivie par près de 1 400 000 téléspectateurs (6,4% de part d’audience). Ce n’est pas si mal, à nos yeux. Mais pas à ceux des éternels défaitistes. Comme l’émission n’est arrivée qu’en quatrième position des programmes les plus regardés, leur conclusion fut sans appel : l’émission avait fait un "flop"… Sa présentatrice, Daniela Lumbroso, alla même jusqu’à prédire la mort à court terme de la chanson française.

Voilà un raccourci factuel bien pessimiste alors même que les Français en vacances regardent moins la télévision, et que simultanément ce même soir, la retransmission des Jeux olympiques de Londres battait son plein sur France 2 avec 24,2% de part d’audience, devancée par l’émission de télé réalité de M6 L’amour est dans le pré qui en recueillait 24,5%.

Si les chiffres sont parlants, encore faut-il les manier avec précaution. En matière de médiamétrie, la mesure d’audience d’une émission ne constitue rien d’autre qu’un critère d’investissement publicitaire, à partir de l’analyse des comportements du public et les tendances du marché des médias et de la communication. Le 18 juin dernier, France 3 faisait aussi un "flop" à la même heure avec 4,1% d’audience lors de la diffusion du documentaire La France qui danse, cela au bénéfice de TF1 qui diffusait l’Euro 2012 (23% de part d’audience), et de M6 avec L’amour est dans le pré (22,6%). A priori, la passion des Français pour la danse ne s’en est pas pour autant trouvée condamnée.

Faut-il rappeler à nos lecteurs que ce même été 2012, du 11 au 15 juillet, les Francofolies de La Rochelle destinées, depuis 25 ans, à faire connaître et à diffuser la chanson et les musiciens d’expression française et francophone auprès d’un large public, ont accueilli pas moins de 85 000 spectateurs payants, et cela en dépit des intempéries qui ont grandement pénalisé l’événement. Le record de fréquentation avait été atteint en 2011 avec 90 000 spectateurs.

De même est-il intéressant de se souvenir que près de 100 000 spectateurs ont assisté, au début de l’été, au tournage de l’émission Sous les étoiles Québec 2012, en plein air sur les plaines d’Abraham (l’équivalent de notre Champ de Mars) à Québec ? Des chiffres discrets mais révélateurs qui montrent que, loin d’être enterrée, la chanson française ne se porte pas si mal !

Il ne faut jamais déposer les armes avant d’être vaincu ; peut-être Daniela Lumbroso devrait-elle y songer en s’abstenant d’employer les mots live, prime time ou encore battle lors de la présentation de ses émissions ; elle deviendrait alors une bretteuse talentueuse pour défendre la chanson française. Nos lecteurs qui sont aussi ses auditeurs ne pourraient-ils pas le lui suggérer ?

Catherine Distinguin.


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2012 - le 16/09/2012 - 22:24 par MAR
Nouvelles de septembre 2012
- Journée européenne des langues le 26 septembre (lien)
- Secret Story 6- Kevin et Yoann massacrent la langue française (19/9) (lien)
Ne dites plus Exit tax mais taxe d'expatriation (lire ci-dessous)
Le 27ème Festival International du Film Francophone (FIFF) se tiendra du 28 septembre au 5 octobre à Namur (lien)


Ne dites plus Exit tax mais taxe d'expatriation (8 septembre)

La Commission générale de terminologie a publié le terme "taxe d’expatriation" au Journal officiel
du 8 septembre 2012

taxe d’expatriation

Domaine : Finances.
Définition : Impôt compensatoire auquel peuvent être soumises les plus-values latentes constatées sur le patrimoine mobilier d’un contribuable qui transfère son domicile fiscal d’un État à un autre.
Équivalent étranger : exit tax.


Ce terme, comme des centaines,d'autres, peut être consulté sur la base FranceTerme.

MuseeHorreurs/horreurs.jpgHorreurs de septembre 2012 - le 16/09/2012 - 22:03 par MAR
Horreurs de septembre
(ou le frédéric-martelisme1 au quotidien)
Quelques exemples de la Collaboracheune ordinaire telle qu'elle s'affiche sur nos murs, sur nos transports et dans nos médias : 
Heinz - Kookaï - Delaveine - Jennifer  = Marques à éviter en priorité !

Heinz, la société "américaine" se comporte comme en pays conquis avec son "adults only"
heinz.jpg

Kookaï qui massacre nos murs avec son affichage ouvertement colonisé et un contenu tellement élaboré : hungry but chic (c'est pas subtil ça madame ?)
kookai.jpg


Delaveine
vieille marque ringarde qui aimerait tellement avoir l'air, qui aimerait tellement s'appeler "of the vein" et qui fête son anniversaire in ingliche tellement chic !
delaveine.jpg
 

Jennifer chaîne boutiques de vêtements qui pense que la jouer amerloque ça fait beaucoup mieux : slogans en anglais, site en sabir anglomane... 
  
 jennifer.jpg


* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)


nouvelles2/courrier-lemonde.jpgCourriers intéressants lus dans Le Monde - le 09/09/2012 - 21:41 par MAR
Courriers intéressants lus dans Le Monde
Dangers du tout-anglais par André Ponchel [Le Monde - 8 septembre] (lire ci-dessous)
Rappel de la loi  par Gérard Sournia [Le Monde - 8 septembre ] (lire ci-dessous)


Dangers du tout-anglais [ publiée dans Le Monde daté du 8 septembre 2012]
 
On peut lire des choses extraordinaires dans Le Monde. Dans son édition du 16 août, dans l'article "trois universités françaises dans le top 100 du classement de Shanghai", François Garçon, enseignant-chercheur à Paris-I, proclamait que le français était "une langue morte" et d'ajouter : "C'est blessant, mais c'est la réalité."

Dans la même veine, le producteur Gregory Bernard publie une tribune "Aidons le cinéma français tourné en anglais" (Le Monde du 4 septembre) dans laquelle il réclame que notre système d'avances sur recettes participe à ce principe. Et ce monsieur d'invoquer la French touch de Daft Punk (...), dont les tubes ont aussi la particularité d'être faits en anglais par des Français. En outre, il n'oublie pas de demander à François Hollande d'ouvrir "l'acteIIde l'exception culturelle" par "l'utilisation décomplexée de l'anglais", donnant ainsi "les moyens aux artistes, aux producteurs et aux entrepreneurs de conquérir le monde" !

Rien que cela ! Pour ma part, je vois dans le tout-anglais le moyen le plus sûr et le plus rapide de perdre à la fois notre économie, notre culture et notre âme, dans l'indifférence du monde.

André Ponchel, Sens (Yonne) [la mise en gras est de notre fait]


Rappel de la loi [ publiée dans Le Monde daté du 8 septembre 2012]


Après les sportifs, les médias, le milieu des entreprises et celui de la banque, le monde de la mode, de le la technologie... Yamina Benguigui, ministre déléguée à la francophonie, vient de nous gratifier d''une belle perle, en forme de trahison de la langue qu'elle a mandat de défendre. Dans une brève déclaration (lemonde.fr du 28 août), elle nous informe, en lien avec le prochain Sommet de la Francophonie qui se tiendra en octobre à Kinshasa, qu'elle a reçu "des menaces de mort par e-mail".

Son cabinet, visiblement sans plus d'état d'âme, confirme la réception de cet "e-mail". Madame la Ministre, appelez les Québécois à la rescousse, ils vous expliqueront pourquoi ils ont inventé, parmi tant d'autres, le très joli "courriel" (courriel électronique) et pourquoi ils sont obligés de se battre au quotidien, tout comme les Wallons, nombre d'Africains... pour le respect de notre langue.

Madame la Ministre, monsieur le Président de ta République, il existe une loi, la loi dite Tasca-Toubon, qui nous fait obligation (entre autres) "d'utiliser la langue française et de défendre le français en tant que langue de la République et la primauté des termes francophones face aux anglicismes". Merci de faire traduire ces actes de loi en pratique.

Gérard Sournia, Amboise (Indre-et-Loire)


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