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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

Der. nouv.

Francophonie.gifArrêtons l'arrachage de la langue française - le 10/01/2022 - 10:46 par MAR

Arrêtons l'arrachage de la langue française !

Appel du Haut conseil international de la langue française et de la francophonie et des associations membres à l'organisation d’états généraux de la Langue française et de la Francophonie.

Cette tribune est une synthèse des propositions élaborées, des écrits publiés, des actions menées, depuis des décennies, par les 34 associations de France et du dehors et les 185 personnalités militantes aujourd’hui membres du Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie (HCILFF) créé le 18 juin 2020 par Avenir de la Langue française (ALF) aidée de : l’Association Francophonie Avenir (AFRAV), COURRIEL et Défense de la Langue Française (DLF).

La démarche originelle de cet appel à des états généraux de la langue française et de la Francophonie fut celle d’ALF. Son administrateur Jean-Louis Chédin, universitaire ancien professeur de philosophie, en a assuré la mise en forme, avec la participation d’autres associations, dont COURRIEL, présidée par Georges Gastaud, professeur de philosophie. Albert Salon, secrétaire général du Haut Conseil international, président d’honneur d’ALF


Arrêtons l'arrachage de la langue française !

Appel des associations de défense de la langue française et de la francophonie

Menacée de perdition, la langue française ? Il faudrait être aveugle pour ne pas au moins se poser la question, avant qu'il ne soit trop tard. Les associations œuvrant pour l'avenir du français, Cassandres malgré elles, ne cessent d'alerter : se vérifie chaque jour, avec une rapidité effrayante, le constat que Michel Serres en 1993, résumait en ces termes : "Dans le milieu des décideurs, ceux-ci sont en train d'éradiquer la langue française. Que ce soit dans la finance, la science, le commerce, la publicité (…), ce consentement commence vraiment à ressembler à une collaboration, et la défense de la langue française à une résistance." À cela, il faut ajouter l'invasion de l'anglais (ou du "globish", son ersatz), dans l'enseignement à tous les étages, dans les médias… Excusez du peu ! On nous répond qu'un tel "consentement" n'est pas propre à la France, qu'il faut une langue d'échange commune, si médiocre que soit le "globish" anglo-saxon jouant sur quelques centaines de mots ou expressions utiles, et des schémas de communication uniformes. Or, ceci n'efface pas la responsabilité particulière qui incombe à la langue universaliste par excellence qu'est le français.

Un abandon progressif, s'il se poursuit, a ou aura un coût qui est immense à long terme. C'est une chose de s'ouvrir et de se mettre à l'épreuve, vivifiante, féconde, de l'autre langue et d'une autre culture avec elle ; c'en est une autre que de se mettre à leur remorque sans en maîtriser la source ni l'autonomie créatrice… On ne pense bien (de façon originale, créative) que dans sa propre langue ; non en se pliant à un moule uniforme, à un plus petit dénominateur commun qui condamne au suivisme, et pas seulement au plan des mots, mais de toute une façon de juger et de penser. Il n'y a pas de compartiments étanches.

Au pays de Pasteur et de bien des prix Nobel, il n'y a plus de grande revue scientifique de référence en français (comme si une revue publiant des recherches novatrices n'allait pas trouver son public sous prétexte qu'elle est en français). L'on n'a pas vu non plus sortir le vaccin qu'on attendait aujourd'hui, contrairement à l'époque qui a connu le BCG ou telle découverte majeure concernant le Sida. Aucun rapport, dites-vous ? Il faudrait y voir de plus près.

Tout un processus de soumission volontaire (ou involontaire ?) est bien avancé à tous le étages de l'édifice social dont la langue, qu'on le veuille ou non, est le premier ciment. De l'école primaire (ou même maternelle) à l'enseignement supérieur dans les sciences d'abord (grâce à la loi Fioraso) et dans l'économie grâce aux écoles de commerce, l'invasion du globish devient la norme. À l'école primaire, de jeunes élèves, qui parfois entendent peu parler français à la maison et qui auraient tant besoin de "français renforcé", doivent ingurgiter un petit vade-mecum d'anglais, qui les perturbe plus qu'il ne les instruit. Dans les médias, entre mille exemples, on aurait honte d'écrire : accord, non accord, au lieu de deal ou no deal, au sujet du Brexit. La banque postale a créé "Ma french bank" ! "On se demande parfois, nous dit un adhérent suisse, comment un tel géant culturel a pu tomber aussi bas !"

Faute de toute réactivité, d'initiatives, de courage élémentaire, le français qui était prévalant il y a peu dans les institutions européennes est en voie d'extinction au profit de l'anglais (alors que le Royaume-Uni a quitté l'Union au début de 2021) avec le consentement tacite de nos représentants comme de nos gouvernants (car qui ne dit mot consent). C'est en violation ouverte et tranquille, aussi bien des traités que du pluralisme consubstantiel à l'Union européenne. Un député peut être rappelé à l'ordre par le président de séance, s'il ne s'exprime pas en anglais : d'autant plus scandaleux que les moyens de traduction automatique ont fait de considérables progrès. Plusieurs associations ont d'ailleurs introduit un recours auprès de la Cour de Justice européenne, avec la conviction que l'Europe ne peut continuer à se développer sur les décombres de nos langues.

Paradoxalement, une telle évolution contraste avec le fait que la pratique du français, la francophonie, font preuve de vitalité au plan international. Sans parler de l'Afrique (Kinshasa a dépassé Paris comme la plus grande ville francophone) ; on apprend le français en Chine, en Amérique du Sud, on le défend au Québec. L'Afrique de l'Ouest francophone est actuellement la plus dynamique au plan économique : l'usage commun du français n'y est pas pour rien. Mais pour combien de temps, si dans une ou deux générations la chute du français se poursuit ici ? Des pays africains (qui ont plus fait pour la francophonie que la France coloniale) commencent à s'interroger sur l'intérêt de maintenir le français dans son statut actuel, surtout dans l'enseignement. Notre réseau remarquable d'Alliances françaises est en voie de déconstruction, malgré la demande !

Devant la résignation ou le consentement des autorités publiques comme d'une certaine "élite", au déclin programmé du français, devant l'apathie relative d'une société civile conditionnée en permanence au tout-anglais, il s'agit malgré tout de réagir pour empêcher l'enlisement. Et au point où en sont les choses, nous pensons que des "États généraux de la langue française" doivent être organisés le plus vite qu'il se peut. Ce qui mettrait au centre d'intérêt une problématique concernant tout le monde, d'une façon ou d'une autre. Cela n'implique pas seulement la France, mais l'ensemble francophone : ce seraient nécessairement des États généraux de dimension internationale, touchant à la communication, à l'enseignement, à la diplomatie comme au commerce. L'on pourrait en attendre une puissante contribution au bénéfice non seulement de la langue française, mais d'un pluralisme de l'esprit et de la culture dont a besoin notre monde mondialisé. Quant à la langue française, elle ne peut plus attendre.

À tous ceux que cette cause, qui est aussi celle de l'esprit, préoccupe sérieusement, nous demandons de réagir et de s'engager.

Jean-Louis Chédin, pour les associations participantes


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de janvier 2022 - le 07/01/2022 - 18:37 par MAR

Langue française : Nouvelles de janvier 2022

Le Parisien Carte d’identité bilingue : l’Académie française prête à aller en justice (5/1) (lien)
Le Figaro Nouvelle carte d'identité bilingue : l'Académie française contre-attaque (5/1) (lien)
L'Express La Loupe L’ombril et le français de 2122 [émission audio à la demande avec Michel Feltin-Palas] (3/1) (lien)

Message d'un auditeur de Radio France publié dans la Lettre de la médiatrice du 8/1/2022 (sans commentaire !)

Message d'auditeur
« Mon souhait d’auditeur pour 2022 ? Que vous cessiez d’utiliser à tort et à travers des mots ou expressions anglo-américaines. Le vocable « care » en particulier est détestable, laid et vulgaire. Le mot « soin » est-il désormais trop ringard ? Ce phénomène de mode, de mimétisme est presque risible quand on pense à l’état des systèmes de santé étasunien et britannique… Sans rancune ! »​​​​​

Langue française : Nouvelles de décembre 2021 (3)

Michel Feltin-Palas et Yves Montenay L’anglais sera-t-il un jour la seule langue parlée en France ? (lien) [visio-conférence organisée par Europe Démocratie Espéranto le 15 décembre 2021]
Le Figaro Laurent Catach Le dictionnaire de l’Académie française offre un regard sur l’histoire de notre langue (lien)
Le Figaro 5 expressions que nous aimons (mais qui ne veulent rien dire) (lien)


Langue française : Nouvelles de décembre 2021 (2)

Le journal n°75 d'Avenir de la Langue Française (décembre 2021) est paru (lien)
Le Figaro 5 expressions que nous aimons (mais qui ne veulent rien dire) (13/12) (lien)


Langue française : Nouvelles de décembre 2021

Le Figaro Gérald Darmanin, meilleur promoteur des anglicismes (7/12) (lien)
Comité Laïcité République Gérald Darmanin Carpette anglaise 2021 (9/12) (lien)
Valeurs actuelles Gérald Darmanin lauréat de la "Carpette anglaise" avec sa carte d’identité bilingue (8/12) (lien)
Le Figaro 5 anglicismes que nous disons (sans nous en rendre compte) (9/12) (lien)
Le Figaro 5 anglicismes qu’on ne veut plus (jamais) entendre au bureau (2/12) (lien)
Le Figaro Connaissez-vous ces mots québécois ? (27/11) (lien)


nouvelles2021/darmanin.jpgGérald Darmanin carpette anglaise 2021 - le 08/12/2021 - 22:10 par MAR

Gérald Darmanin carpette anglaise 2021

Ursula von der Leyen carpette anglaise à titre étranger pour la 2e fois

L’académie de la Carpette anglaise a décerné le prix de la Carpette anglaise 2021 à Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, pour avoir mis en service une nouvelle carte nationale d’identité sous-titrée en anglais uniquement quand l'Allemagne fait figurer 3 langues sur la sienne. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a été désignée pour la 2e fois carpette anglaise à titre étranger pour avoir décidé seule de promouvoir l’anglais au rang de langue unique de travail de la Commission, au détriment des autres langues européennes et, notamment, de la langue française, en dépit du Brexit.

Liste des "lauréats" depuis 1999


Prix de la Carpette anglaise 2021 - Communiqué

Sous la présidence de Philippe de Saint Robert, l’académie de la Carpette anglaise*, réunie le 7 décembre à Paris chez Lipp, a attribué la Carpette anglaise 2021 à Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, pour avoir promu la nouvelle carte nationale d’identité bilingue en faveur de l’internationalisation de l’anglais aux dépens de la langue française.

* * *

À titre étranger, le prix de la Carpette anglaise 2021 a été décerné, à l’unanimité, pour la 2e fois, à Ursula von der Leyen, qui, depuis son arrivée à la Commission européenne qu’elle préside, a décidé toute seule de promouvoir l’anglais au rang de langue unique de travail de la Commission, au détriment des autres langues européennes et, notamment, de la langue française, en dépit du Brexit.

L'académie soutient nos amis de la Verein Deutsche Sprache qui lui ont attribué pour la langue allemande le prix Sprachpanscher des Jahres ("naufrageur de la langue de l’année").

* Eugénie Bastié, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Marc Favre d’Échallens, Yves Frémion, Guillemette Mouren-Verret, Marie-Josée de Saint Robert, Philippe de Saint Robert, Albert Salon et Ilyes Zouari sont membres de l’académie de la Carpette anglaise.

Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), le Collectif unitaire républicain pour la résistance, l’initiative et l’émancipation linguistique (COURRIEL), Défense de la langue française (DLF) et Le Droit de comprendre (DdC).


Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise. Courriel : parlerfranc@aol.com Académie de la Carpette anglaise


Langue française : Nouvelles de novembre 2021 (5)

Le Figaro "Black friday", "happy hour"... Ces anglicismes qui envahissent le commerce (26/11) (lien)
Le Temps Le pronom "iel" dans le dico ? Enseignements d’une polémique (23/11) (lien)
Le Vif Alda Greoli Qu'a réellement fait la Francophonie depuis 15 ans ? (23/11) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas Les langues permettent (aussi) de penser différemment (23/11) (lien)
Pays Briard J. Krabal s'insurge contre l'anglais dans les institutions européennes (20/11) (lien)


Alain Borer : "Valider le pronom “iel” est un acte d'autocolonisation"

entretien paru dans Le Point le 22 novembre 2021
propos recueillis par Gabriel Bouchaud

Que pensez-vous de la décision du Robert d'ajouter les prénoms iel et ielle au dictionnaire ?

Consternant ! Il importe de distinguer trois degrés de gravité dans cette affaire. Prenons garde à ceci tout d’abord : le mot, comme l’eau, et bientôt l’air, ces grandes entités vitales de la planète sont désormais payantes. Le mot est devenu un marché. Ainsi la question du "dictionnaire" se pose parce que le Robert, comme souvent son concurrent Larousse, avance comme des colins : la gueule ouverte ; il ramasse le tout-venant. Dites une insanité, il l'imprime et vous la revend. À le commenter on tombe dans le panneau du coup de pub’ qu’il recherche ! Voit-on à quel point l’économique dévore le culturel ? Dans l’affaire du pronom "iel", le Robert se comporte comme le poissonnier d’Astérix qui fait de la surenchère avec des poissons faisandés. Et susceptible, avec ça : "Il est pas frais mon poisson ?" (Le Devin, p.11) ! Le directeur du Robert, le poissonnier Ordralfabétix, se prend pour Jeanne d'Arc, il prétend avoir une "mission" (dans Le Monde du 17 novembre) ; c'est ridicule ! Seul le cardinal de Richelieu a donné mission à l'Académie qu’il fonda en 1635, celle de produire un dictionnaire de référence. L’Académie est souvent décriée, pourtant elle est la solution : ce grand dictionnaire en travail permanent est désormais en ligne, adapté à l’usage et c’est à cet instrument commun que nous devrions nous référer constamment.

En quoi le pronom "iel" constitue-t-il à vos yeux un degré de gravité supplémentaire ?

Parce que son usage, sporadique, n’est pas attesté sérieusement. La pire arnaque du Robert est de faire croire au caractère "scientifique" de son travail. Mais le fait de choisir n’a rien de scientifique ! Ce dictionnaire se décerne le label scientifique sans s’imposer aucun des critères rigoureux que sont la fréquence d'utilisation d'un mot nouveau, sa fluctuation, sa géographie, sa sociologie, et surtout sa temporalité ! Jean Dutourd rappelait en 1998 qu’une longue période d’observation est nécessaire pour qu’un mot s’intègre définitivement à une langue et pour l’admettre dans le dictionnaire ; mais en l’adoptant précipitamment, Le Robert le passe au micro-onde, et plus grave encore il le valide — selon la formule magique qui pose tout dictionnaire en instance de légitimation : "c’est dans le dictionnaire, donc on peut l’employer" ! Le Robert est très utile pour jouer au scrabble dans les Ehpad ; mais il est politiquement irresponsable et du point de vue de la langue française c’est une grosse Bertha.

En quoi est-ce politique ? La langue n'évolue-t-elle pas par des transgressions ? Est ce que ce n'est pas la pratique et l'usage qui doivent primer ?

"La langue évolue" est le pire poncif de l'histoire de la bêtise. La langue évolue, le cancer aussi. Ce qui est vrai, c’est que la langue est une réalité vivante, donc elle meurt aussi. On peut décrire deux nouveaux tropes inquiétants dans la langue française actuelle : la substitution et la désinvention. On substitue d’innombrables mots angloricains à la place de mots français existants — run à la place de courir, barber à la place de coiffeur, booster à la place de dynamiser... : cela ne s’est jamais produit dans l’histoire de cette grande langue millénaire. L'autre trope, la désinvention, consiste à ne plus s’approprier en français les objets nouveaux (informatiques ou financiers, pour commencer) ; cette préférence ne relève pas de la linguistique, elle est d’ordre Imaginaire, au sens de la psychanalytique : la langue française est soumise à la langue du maître.

Le pronom iel qui imite he/she s’inscrit dans cette forme d’infériorisation. Ce pronom n’est pas fondé philosophiquement et il n’est pas dans l’usage, mais sous prétexte de promouvoir le neutre, il a une modalité politique : il s’articule aux mouvements sectaires et tyranniques en vogue, politiquement correct, wokisme, cancel culture, ou plutôt "culture de l'effacement" selon l'expression équivalente très justement proposée par la Délégation générale à la langue française et l'Académie française (voir France Terme)… Question de grammaire : comment s’accorderait iel aux participes passés ? Selon l’écriture dite inclusive, évidemment : "iel est allé.e". L’écriture dite inclusive n’est pas une écriture mais un code, et pas inclusive mais exclusive, relevant du séparatisme anglaméricain, appropriée à des relations en chiens de faïence.

Le code exclusif est ignorant de la langue française, laid, sourd, simpliste, moraliste et d’ailleurs illisible et imprononçable ; il constitue un signe manifeste de l’auto-colonisation américaine, séparatiste et communautariste, opposée à la coprésence esthétisée de cette idéalisation en langue française. Telle est la question fondamentale, le troisième degré de gravité : ce qui distingue les langues ce ne sont pas les mots, qui voyagent et s’échangent, ce sont les idéalisations, cachées dans la morphologie, et qui s’articulent aux pratiques sociales. Valider ce "pronom" inconsistant qui en est le supplément logique n’est pas une démarche linguistique mais un acte militant, il collabore à l’auto-colonisation en cours.

Alain Borer


Langue française : Nouvelles de novembre 2021 (4)

Le Figaro Jean-Marie Rouart Le pronom factice "iel" dans le Robert, ou le virus de la déconstruction de notre langue (19/11) (lien) [Le/la Petit.e Robert.e]
ActuaLitté Du pronom "iel" au fiel des opposants, les choix des dictionnaires en question (lien)
Le Devoir Le Larousse n’est pas prêt à emboîter le pas (20/11) (lien)
RTL Muriel Gilbert Pourquoi "On" est un pronom injustement critiqué (20/11) (lien)
Le Figaro L'idéologie woke à l'assaut du dictionnaire Le Robert (15/11) (lien)


Langue française : Nouvelles de novembre 2021 (3)

OEP Le Black Friday expliqué par un Suisse génial (lien)
L'Express Abnousse Shalmani Non, Laure Adler, il n'y a pas que les "blancs" qui parlent français ! (12/11) (lien)
Le Figaro 5 mots disparus de l’usage qui vous donneront l’air érudit en société (17/11) (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Abracadabra ! Maintenant, vous parlez hébreu ! (16/11) (lien)
Les Echos P-E Kentouri-Bonod Pour une relation ambitieuse entre l’Afrique et la France ! (18/11) (lien)


Langue française : Nouvelles de novembre 2021 (2)

L'Express M. Feltin-Palas Pourquoi dit-on un "petit t-ami" et pas un "chat t-affamé" ? (9/11) (lien)
N. Dupont-Aignan Comment défendre la langue française si Bercy répond en anglais à la Commission (6/11) (lien)
L'Actualité Participe passé : les profs québécois veulent une réforme (8/11) (lien)
Causeur Marie-Hélène Verdier Air Canada ne manque pas d’air [Le patron d’Air Canada doit-il parler le français ?] (8/11) (lien)
À l’heure où l’anglais domine encore l’économie mondialisée, et mène la vie dure à la langue française, MH Verdier, poète et écrivain, membre du Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie revient dans Causeur sur une déclaration scandaleuse qui a beaucoup ému nos cousins québécois. Nos associations pour le français se joignent aux associations québécoises, canadiennes, belges et autres, qui demandent la démission ou l’éviction de Michel Rousseau, PDG d’Air Canada. Albert Salon


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de novembre 2021 - le 08/11/2021 - 12:26 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2021

Le Figaro Goncourt et Renaudot: des prix sous le signe de la francophonie (3/11) (lien)
Le Figaro 5 fautes que vous ne voulez plus (jamais) entendre (4/11) (lien)
Nice Matin Le PDG d'Air Canada s'excuse pour ses propos sur le français au Québec (4/11) (lien)
Le Figaro 5 expressions très françaises que les Anglais adorent nous emprunter (3/11) (lien)
L'Incorrect Franco-anglais et franglais : la colonisation de notre langue (2/11) (lien)
Le Figaro Français de nos régions : une application pour écouter les accents (27/10) (lien)


nouvelles2021/comment-sauver-la-france.jpgComment sauver la France - Marc Rousset - le 04/11/2021 - 11:13 par MAR

Comment sauver la France

Pour une Europe des nations, avec la Russie

de Marc Rousset (Les Éditions du Panthéon)

Paul Valéry nous a rappelé que les civilisations sont mortelles. L’économiste et essayiste Marc Rousset, ancien dirigeant de grandes entreprises, membre du Haut Conseil de la Langue française et de la Francophonie, nous montre que sauver la France, c’est d’abord sauver la civilisation, les cultures et la langue de la France et des pays et communautés d’expression française, tant de langue maternelle que de langue seconde maîtrisée, d’abord en Europe et en Amérique du Nord, mais aussi ailleurs, là où des personnes se la sont pleinement appropriée. C’est aussi sauver la civilisation de l’Europe au sens large, carolingienne et slave.

Avec une conscience aigüe de l’urgence d’un puissant sursaut, Marc Rousset, à l’instar du poète autrichien Rainer Maria Rilke, appelle l’homme qui toujours revient lorsqu’une époque, menacée de finir, se reprend encore une fois, l’homme qui en soulève toute la charge, "und wirft sie in den Abgrund seiner Brust" (et la déverse dans l’abîme de sa poitrine). Marc Rousset rassemble lui-même courageusement en un dossier-plaidoyer à la fois richement nourri de faits et de chiffres, mais aussi fervent, vibrant, les plaies et les graves menaces dont nous souffrons. Il met à nu les violentes attaques que notre civilisation gréco-romaine et judéo-chrétienne subit tant de l’empire matérialiste anglo-saxon que de l’islamisme vengeur et conquérant. Il met surtout en valeur nos puissants atouts à mobiliser avec courage dans une victorieuse et brillante renaissance de l’Europe, puissante de ses nations, alliée et liée à la Russie.

Marc Rousset va dans le sens du combat du Haut Conseil et de ses associations pour le français et la Francophonie en estimant indispensable la construction d’un bloc de puissance grand-européen, confédération reposant non sur un marché ouvert à tous les vents et flux, mais "sur un socle culturel et militaire". Il suit ainsi le Général de Gaulle refusant l’entrée de la Grande Bretagne en CEE pour cause de Commonwealth et - surtout - de l’anglais cheval de Troyes des États-Unis et de l’hégémonie linguistique anglo-saxonne à Bruxelles. L’histoire l’a confirmé. Notre auteur estime comme Umberto Eco que "La langue de l’Europe, c’est la traduction". Et que la langue commune de communication pratique, utile à l’occasion, à côté des langues officielles et de travail des institutions de l’UE appuyées sur un service de traduction efficace, ne saurait d’aucune manière être la langue de l’impérialisme anglo-américain qu’il dénonce, car contraire à la nature et à l’indépendance de l'Europe.

Contre ce qu’il qualifie de lâche défaitisme et de trahison de trop de clercs et dirigeants français (dont M. Macron qu’il épingle notamment pour son discours de candidat de janvier 2017 en anglais à l’université Humboldt de Berlin), "collabos de la pub et du fric" selon Michel Serres, notre auteur invoque les Claude Hagège éminent linguiste et Laurent Lafforgue médaillé Fields, l’Immortel Jean-Marie Rouart, ainsi que l’initiateur du projet associatif Villers-Cotterêts de 2001 (heureusement adopté en 2017 par l’Élysée), tous quatre aussi membres du Haut Conseil. Il invoque Bock-Côté et Stéphane Bern. Il rappelle l’importance de la francophonie mondiale forte de plusieurs centaines de millions de locuteurs et d’une organisation internationale (OIF). Sur ces bases, Marc Rousset affirme que "En prenant la tête, à sa manière, d’une internationale de la diversité des peuples, seule la France a vraiment les moyens de tenir tête à ce qu’on appelle communément le rouleau compresseur de la mondialisation." Pour lui, le français est la seule langue continentale - et mondiale – pouvant prétendre à être au moins la référence juridique, culturelle, politique et diplomatique, de la nouvelle Europe-Puissance des Nations qu’il appelle de ses vœux, y associant la Russie. Selon lui, si les Européens n’acceptent pas que le français serve en outre la communication pratique en diverses circonstances, la seule autre langue à choisir ne peut être que l’espéranto.

L’anglo-américain ne doit en aucun cas usurper cette fonction.

Albert Salon, secrétaire général du Haut conseil international de la langue française et de la francophonie


Langue française : Nouvelles d'octobre 2021 (3)

Journal de Montréal Guy Fournier La France abandonne sa propre langue (7/10) (lien)
Le Monde La maîtrise du français, nouvel enjeu de management (25/10) (lien)
France Inter fautes d'orthographe : la maîtrise du français, critère de recrutement (25/10) (lien)
Le Figaro 10 nouveaux mots français pour parler du droit (25/10) (lien)
L'Actualité Orthographe : le rendez-vous manqué de 1990 (25/10) (lien)
Marketing & innovation Vocabulaire de l’informatique et des TIC : parlons français ! (25/10 (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2021 (2)

Yves Montenay Le tout anglais est loin d’avoir gagné ! (20/10) (lien)
La Croix La Grande Grammaire du français : la langue contemporaine dans tous ses états (20/10) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas L'orthographe française est-elle vraiment étymologique ? (19/10) (lien)
Le Figaro 5 mots pour vous exprimer comme un académicien (21/10) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'octobre 2021 - le 15/10/2021 - 11:22 par MAR

Langue française : Nouvelles d'octobre 2021

L'Express Michel Feltin-Palas "En danger", "langue de la liberté"... 9 idées reçues sur le français (12/10) (lien)
Le Monde Michel Guérin Que l’anglais soit la langue de l’entente européenne relève de l’aberration (9/10) (lien)
Journal du Net Notices d'utilisation et modes d'emploi en langue française (4/10) (lien)
Le Figaro "Bonne continuation", "profite !"... 5 expressions dont nous raffolons (4/10) (lien)
France bleue "Pétaouchnok" a des équivalents très amusants dans toute la francophonie (2/10) (lien)


Francophonie.jpgLa francophonie économique - le 04/10/2021 - 19:38 par MAR

La francophonie économique

Au moment où les États membres de la Francophonie, leurs grandes et même petites entreprises, et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) semblent vouloir renforcer enfin sérieusement le contenu économique et commercial de leurs échanges en langue française, nous donnons sur ce thème la parole à 3 membres concernés du Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie (HCILFF) et d’Avenir de la Langue française (ALF) :

MM. Yves Montenay, ancien chef d’entreprise, professeur à "Sup de Co Paris", fondateur et président de l’Institut Culture, Économie et Géopolitique (ICEG), Albert Salon, ancien ambassadeur, et Ilyès Zouari, consultant en géopolitique, fondateur et président du Cercle d’étude et de réflexion sur le monde francophone (CERMF) AS

YM : Comment définir la Francophonie économique ?

Remarquons d’abord que le terme même de Francophonie est construit à partir de "la langue" donc, pour certains, de la culture. Alors que son homologue anglophone, le Commonwealth, fait directement allusion à une richesse (wealth) commune, richesse qui pour les Anglo-saxons est automatiquement la conséquence de l’action des entreprises.

AS : Oui, "Commonwealth économique" serait pléonastique. Il n’empêche que la langue anglaise règne sur le Commonwealth, et que la culture britannique a profondément marqué la grande majorité de ses pays membres.

YM : En face, les intellectuels français ignorent plus volontiers les entreprises, et le concept de francophonie économique n’est apparu que récemment. De plus, contrairement aux Anglo-saxons, les Français aiment bien définir logiquement et même administrativement toute entité, y compris économique. J’ai même participé à des colloques où des hauts fonctionnaires essayaient de définir la francophonie économique pour mieux la structurer. Travail inutile, voire contre-productif, comme le savent très bien les Anglo-saxons, car les entreprises tiennent à leur indépendance et fuient à la moindre contrainte.

Disons que la francophonie économique rassemble tout ce qui se passe en français en matière économique et notamment dans le monde des affaires. Réalité inorganisée et inorganisable.

AS : Vous avez en bonne partie raison. N’oublions pas, cependant, que les grands États coloniaux ont organisé - tant par des infrastructures que par diverses bases physiques et humaines de formation et d’échange - des bases et conditions de développement économique et commercial des territoires et populations. Et que plusieurs d’entre eux ont poursuivi après les indépendances par la Coopération et l’aide publique au développement. La France en fournit l’exemple le plus important.

YM : Un peu d’histoire de la Francophonie économique :

Elle remonte, avec Canada et comptoirs, à bien avant la colonisation du 19ème siècle, lorsque par exemple la française Saint-Louis, aujourd’hui sénégalaise, faisait commerce avec les tribus de l’intérieur, comprenant surtout l’achat d’esclaves amenés par des chefs de tribus locaux.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle commença la colonisation de vastes espaces. Donc à une époque où les Européens n’étaient plus esclavagistes. Ils supprimèrent donc l’esclavage en Afrique et arrêtèrent aussi la traite arabe pluriséculaire qui était devenue génocidaire du fait de l’armement moderne des esclavagistes.

Des entreprises françaises s’installèrent, notamment dans le domaine agricole et minier, mais aussi celui des infrastructures. Époque des "fous d’Afrique", fonctionnaires ou entrepreneurs français tombant amoureux du continent. Émules des Lyautey, Delavignette...

À l’indépendance, ou quelques années plus tard, de nombreuses révolutions "socialistes" dont la plus extrême fut celle de Madagascar, nationalisèrent certaines entreprises françaises et chassèrent les autres : première raison de l’affaiblissement de la francophonie économique.

Une deuxième raison est la disparition de la génération des "fous d’Afrique" qui explique la relative désaffection des entrepreneurs de France et de Belgique pour le continent.

Une troisième raison fut le tournant "mondialiste", illustré au MEDEF d’alors par François Périgot, qui encouragea les entreprises à conquérir le monde en anglais, constatant que les pays africains francophones avaient une population faible et pauvre, aux marchés peu intéressants.

Ce n’est que récemment que plusieurs responsables et notamment M. Roux de Bézieux, président du MEDEF, se sont de nouveau penchés sur la francophonie économique (université d’été en 2021).

AS : l’OIF a commencé récemment à s’y impliquer, avec son programme pour les entrepreneuses africaines qui développe l’exemple spontané réussi des "Mama Benz" de tout le Golfe dit "du Bénin" : "Les pionnières de l’entrepreneuriat francophone".

AS : Que représente la francophonie économique à l’échelle du monde ?

YM : On cite souvent le chiffre de 16 % du PNB mondial. Ce chiffre n’a pas grand sens, d’une part parce que la notion de PNB n’en a guère plus, mais aussi parce qu’une grande partie du commerce mondial concerne des flux massifs de produits lourds, de charbon, de pétrole, de minerai de fer, de bauxite...qui emploient peu de gens, et que l’on peut trouver en France suffisamment d’anglophones pour y participer.

Les entreprises plus petites, mais employant davantage de personnel, n’ont pas le personnel anglophone nécessaire et sont plus sensibles à la langue de travail. Elle touche proportionnellement plus de monde tant en France qu’en Afrique et pourrait donc représenter davantage que les 16 % précités.

Retenons que n’est pas une question de chiffres mais de nombre de personnes en contact.

AS : Dans le cas particulier des biens et des services culturels dont les échanges connaissent une très forte croissance, et qui sont vitaux pour les grands ensembles géolinguistiques et géoculturels : Commonwealth, Ligue arabe, Hispanidad, Lusophonie (CPLP)..., et pour la Francophonie au premier chef, il y eut une action gouvernementale forte entre 1993 et 1995, partie du Québec et de la France : la bataille victorieuse pour la signature mondiale de la Convention UNESCO sur le respect de "l’exception" (puis de la "diversité") culturelle. Il s’agissait de soustraire ces biens et services aux accords de libre échange souvent inégaux conclus dans le cadre de ce qui ne s’appelait pas encore l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Ces accords favorisaient l’hégémonie impériale et massivement les biens et services en anglais. La lutte fut donc rude. De notre côté, elle fut menée d’abord en obtenant en 1993 l’appui total du Sommet francophone de Maurice (à Port-Louis et Grand Baie), Ce qui facilita l’obtention par la France (par J. Toubon) de l’accord des Européens en 1994. Puis le vote final de 1995, où la Convention fut adoptée avec seulement deux voix contre, celles des États-Unis et d’Israël...Belle victoire des États pour les ensembles géolinguistiques, dont la Francophonie.

AS : Quel est son intérêt pour la France ?

YM : À mon avis, il est énorme. En grande partie, les Africains apprennent le français non seulement parce qu’il est langue officielle ou consensuelle du pays, ce qui est certes important notamment en matière d’enseignement, mais parce qu’il est utile professionnellement.

Je vais illustrer cela par un exemple marocain, que j’appelle le "complexe formation, entreprises et médias". Le Maroc a eu la sagesse d’être moins brutal envers les entreprises françaises que l’Algérie et la Tunisie. Cela, combiné à l’enseignement en français, dans le cadre de la Coopération, a fait que le travail salarié dans les entreprises aussi bien françaises que marocaines se faisait en français.

Même l’arabisation partielle de l’enseignement entraîna la création d’une foule d’écoles professionnelles (secrétariat, informatique…) où l’enseignement était en français afin de pouvoir trouver du travail. La pratique du français se faisait dans l’entreprise et les cadres lisaient la presse professionnelle, puis la presse généraliste encore en français. Le système se nourrissait de lui-même et le nombre de francophones augmentait.

Cela montre l’importance de la francophonie économique, mais ne doit pas cacher que si la langue de travail devenait l’anglais, nombre de ces écoles privées professionnelles basculeraient vers l’anglais. Ce mouvement est en train de s’amorcer et est soutenu par des intellectuels marocains actifs sur les réseaux sociaux, que je m’efforce de contredire.

Cet exemple est probablement valable dans toute l’Afrique francophone. C’est donc la langue de travail qui va enraciner le français.

Et ce français africain est nécessaire pour que notre langue garde un rôle international, sinon elle deviendra une simple langue locale comme l’allemand ou l’italien qui sont pourtant des langues de vieille civilisation qui ont longtemps été parlées bien au-delà de ces pays.

AS : Le regain d’intérêt pour la francophonie économique par le MEDEF, et dans une moindre mesure par le gouvernement français et l’OIF, sera-t-il efficace ?

YM : Il n’y a pas de réponse mécanique à cette question puisque la francophonie économique n’est pas une organisation. En particulier, le MEDEF n’a aucune autorité sur les autres entreprises. Il se borne à attirer l’attention, ouvrir des perspectives, ce qui est déjà beaucoup.

IZ : Une petite "révolution" s’est produite lors de ce dernier évènement organisé par le MEDEF : il a enfin pris ses distances avec des chiffres de l'OIF qui pourraient induire en erreur. En effet, il a utilisé le chiffre de 512 millions de francophones. Et non plus celui de 300 millions. Car, compter – par exemple - seulement le tiers des Ivoiriens et le quart des Sénégalais pour faire comprendre aux Français le poids de leur langue dans le monde est plutôt modeste... voire peut-être contreproductif. Cette donnée de 512 millions, qui vient directement de l'article du CERMF sur la démographie du monde francophone publié début 2020, a été répété maintes fois par les responsables du MEDEF au cours de ces derniers mois. C'est une bonne chose, de nature à éviter cette reprise récemment parue sur le site du Point : "Les chiffres sont connus : l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), c’est 88 États et gouvernements regroupant globalement 300 M. d’habitants" !...I. Zouari

AS : Quels sont les principaux concurrents économiques en Afrique francophone ?

YM : Ce sont, dans l’ordre : la Chine, la Turquie et la Russie. Ces pays sont bien plus colonialistes que la France, par exemple la société russe Wagner participe au maintien de l’ordre en République Centrafricaine moyennant un prélèvement de 25 % sur les revenus miniers. J’imagine la brutalité nécessaire pour que ce prélèvement se concrétise…

Un autre élément qui explique la progression de ces trois néo-coloniaux est la corruption. En France, aux États-Unis, et probablement dans bien d’autres pays occidentaux, on peut être condamné pour avoir participé à la corruption dans un État étranger, ce qui prive les entreprises de ces pays des moyens d’action traditionnels et d’usage courant en Afrique.

Un autre élément est l’invasion des réseaux sociaux par des sympathisants ou des stipendiés de ces pays qui se livrent à une propagande anti-française et anti-francophone. Il paraît que les services de renseignements français viennent tout juste d’affecter un peu de personnel aux discussions sur ces réseaux.

AS : Et quelle est votre vue de l’avenir de cette Francophonie économique face à des colonisateurs – génocidaires pour certains - non repentis ?

YM : L’avenir du français en Afrique, et donc, à mon avis, son avenir tout court, dépend largement de la stabilité politique de chaque pays, ce qui peut expliquer une certaine ingérence française, mais qui a le défaut de nous faire accuser de néocolonialisme par nos "amis".

La quasi-disparition du français en Russie et au Vietnam et son important déclin à Madagascar s’explique par les révolutions dans ces pays.

Mais le combat se joue d’abord en France, car j’entends souvent des francophones africains faire campagne pour l’anglais "comme vous le faites en France"... Yves Montenay.

AS : Merci à vous, Yves Montenay, et Ilyès Zouari. J’ajoute que l’avenir du français se joue, certes, d’abord en France : il y faut, d’urgence, une nouvelle et forte politique du français et de la Francophonie. Il se joue en Afrique avec l’aide de France, Belgique, Suisse et Québec. Il se joue aussi en Europe (UE), où nous attendons tous que notre Président de la République, lors de sa présidence du Conseil européen au premier semestre de 2022, ajoute à son inauguration solennelle du projet Villers-Cotterêts (qu’il a, à notre bonheur, repris de nos associations qui l’avaient lancé en 2001), l’obtention de ce Conseil européen de la fin du véritable coup d’État de la Commission européenne. Car celle-ci a, post-Brexit, avec l’arrivée à sa tête de Mme Ursula von der Leyen, décidé seule de passer à "l’anglais langue commune", c’est-à-dire en pratique unique langue de travail de la Commission. Revenons au droit et à la légitimité ! Albert Salon


nouvelles2021/samaritaire-2021-09.jpgLettre à Bernard Arnault - le 04/10/2021 - 19:05 par MAR

Lettre d'un de nos adhérents à Bernard Arnault,
PDG du Groupe LVMH

Monsieur le Président,

Venu de la Savoie et visitant, vendredi dernier 24 septembre, votre splendide rénovation de la Samaritaine, je tiens à vous remercier pour le soin avec lequel vous avez rendu son lustre et sa splendeur d’origine à ce vaisseau de l’architecture française du XIXe siècle, pour mieux le propulser dans le XXIe siècle, standardisé et mondialisé.

Je crois devoir cependant vous faire part de mon regret d’avoir dû constater dans les quatre grandes vitrines bordant la très fréquentée rue de Rivoli, juste entre le Louvre, le Palais Royal qui accueille le Conseil d’État et le ministère de la Culture, l’élégante coupole de l’Académie française et Notre-Dame de Paris, que vous n’aviez pas la même foi en la capacité de notre langue maternelle et officielle, à se perpétuer et à se projeter seule dans le futur puisque vous l’avez affublée, telle une handicapée, de la béquille de l’anglais pour parler au monde qui passe…SAMARITAINE BORN TO BE ETERNELLE, BORN TO BE PARISIENNE, BORN TO BE GLAMOUR, BORN TO BE CREATIVE…

Samaritaine, colonie anglo-saxonne ? Samaritaine, colonie anglo-saxonne ?
Samaritaine, colonie anglo-saxonne ? Samaritaine, colonie anglo-saxonne ?

Il va sans dire que je suis en total désaccord avec ce choix puisque je suis persuadé que le français, qui conserve toutes les qualités d’une langue de rayonnement, restera une langue admirée, recherchée et surtout utilisée de par le monde si tous les Français osent la défendre et la promouvoir, d’abord chez eux et en premier lieu dans leur capitale.

Comment d’ailleurs ne pas être également irrité lorsqu’en sortant de la Samaritaine, on se trouve face à la phrase : "LOVE YOUR HOME" affichée uniquement en anglais et en gros caractères, à gauche de l’entrée du siège Louis VUITTON, par une société voisine ?

Là-aussi, ce n’est pas en français que les passants sont interpellés et "informés" comme la loi du 4 août 1994 l’exige pourtant mais en anglais, la langue de la domination actuelle des esprits voulue par les Anglo-Américains !

Vous êtes sûrement averti de la stratégie linguistique publiquement annoncée dans le discours prononcé le 6 septembre 1943, à l’université d’Harvard, par le premier ministre Winston CHURCHILL où celui-ci appela les États-Unis à rejoindre la Grande-Bretagne dans son projet d’imposer la langue anglaise et sa vision du monde puisque selon elle, à l’avenir, les empires ne seraient plus garantis par la force militaire.

Je vous serais donc extrêmement reconnaissant si vous pouviez redonner à la langue française la première et unique place qui devrait lui revenir dans "votre empire" en supprimant, par exemple sur votre site, l’appellation anglaise FASHION WEEK et en la remplaçant par Semaine de la mode, ce qui serait bien la moindre des choses pour cette spécialité ô combien française. Cette prééminence chez nous et dans nos entreprises lui est indispensable pour continuer à exister et à rayonner encore à travers le monde.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sincères salutations.

Marcel GIRARDIN membre du Haut conseil international de la langue française et de la Francophonie

Photographies ci-jointes et copie à plusieurs membres du HCILFF


nouvelles2021/evolution-des-langues-ocde2.jpgQuand Francophonie rime avec économie - le 01/10/2021 - 11:10 par MAR

Quand Francophonie rime avec économie

Analyse de l’article de l'OCDE par Nadia Antonin

En août 2021, L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié un article intitulé "Quand Francophonie rime avec économie".
En préambule, l’article donne une définition de "Francophonie économique" : Ce concept "désigne à la fois la capacité à développer des affaires en français mais aussi à promouvoir une économie plus équitable, durable et inclusive afin de servir les populations et de contribuer au mieux-être commun".
 

Puis, les experts du rapport rappellent la place du français dans le monde : le français, une "langue-monde". Le français est la cinquième langue du monde. Environ 315 millions de Terriens sont capables de travailler, négocier, entreprendre, commercer et innover en français.
 

evolution-des-langues-ocde.jpgEn 2013, avait été suggérée la mise en place d’une Organisation de coopération économique francophone (OCEF) ou à tout le moins d’un opérateur économique de la Francophonie, aux côtés des opérateurs historiques (Agence universitaire de la Francophonie, l’Université Senghor, l’Association internationale des maires francophones et TV5 Monde).
 

Du côté des acteurs privés, de nombreuses entreprises s’engagent dans cette voie francophone des affaires. Concernant les défis auxquels doit répondre la Francophonie économique, les auteurs évoquent la formation professionnelle, l’emploi des jeunes et le développement durable. A cet égard, la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, a impulsé le programme "Les pionnières de l’entrepreneuriat francophone".
 

Quant au renouveau de la Francophonie économique, les experts de l’OCDE soulignent "qu’en cinquante ans, les acteurs de la Charte de la Francophonie ont été à l’initiative de nombreuses actions". En outre, depuis quelques années, les initiatives directes se multiplient comme la création de forums économiques, de chambres consulaires, d’incubateurs, etc.
 

Enfin, les 24 et 25 août 2021, le MEDEF organisait la "Rencontre des entrepreneurs francophones" (REF). Ce rendez-vous visait d’après les organisateurs à dynamiser l’espace économique de langue française et "à sceller une communauté francophone d’affaires unique au monde".
 

Il a rassemblé pas moins de 27 organisations patronales francophones et plus de 550 hommes et femmes d’affaires de 31 nationalités, dont le président malgache, Andry Rajoelina et le premier ministre ivoirien, Patrick Achi.
 

Après le rapport de Jacques Attali (2014) et le Sommet de Dakar où les chefs d’État et de gouvernement des pays francophones avaient adopté un cadre stratégique pour 2015 - 2022, c’est le secteur privé qui s’attelle à renforcer la Francophonie économique. Ce sursaut de la Francophonie économique est d’autant plus nécessaire que celle-ci représente un atout économique inexploité, qui pèse pourtant 16% du PIB mondial pour 4% de la population.
 

La déclaration finale de cette première rencontre des entrepreneurs francophones confirme la volonté commune des participants de créer un électrochoc en matière de francophonie économique et d’affermir la puissance globale de l’espace francophone et de ses entreprises.
 

L’édition 2022 pourrait avoir lieu à Abidjan.


Langue française : Nouvelles de septembre 2021 (3)

La Loupe au-delà de la langue, rappel des coups bas des "USA" à notre égard (30/9) (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Et si le latin (re-)devenait la langue de l'Europe ? (28/9) (lien)
France Culture E. Green De même que la terre, il faut protéger toutes les langues (20/9) (lien)
Le Figaro La Commission d’enrichissement de la langue française : une arme de pointe contre les anglicismes (20/9) (lien)
DGLFLF "Télécommuniquons" en français ! (lien)
Yves Montenay Ce n’est pas l’anglais qui donne de la compétitivité aux entreprises (lien)


Un coup d’État impérial de la Commission européenne

1) La lente préparation

Le Royaume-Uni avait enfin obtenu en 1973 son admission dans le Marché Commun d’alors, bien après le départ du Général de Gaulle qui y était opposé, et à la suite d’un accord conclu avec le Président Pompidou. Cet accord comportait notamment un engagement britannique de respecter la position alors dominante du français dans les institutions européennes et d’envoyer à Bruxelles des fonctionnaires parlant le français. L’accord tint quelque temps. L’élargissement à tout va le rendit caduc. Les vagues successives de nouvelles admissions servirent les positions de l’anglais, et les gouvernements britanniques se mirent assez vite à exploiter au maximum cette chance pour leur langue et leur influence. Le besoin ressenti comme vital de la protection des États-Unis par les derniers entrants anciens membres ou vassaux de l’Union soviétique, fut déterminant dans le basculement vers l’anglais, et les gouvernements belges, luxembourgeois, et hélas français, ne cherchèrent pas à faire obstacle à ce qui devint ces dernières années une véritable hégémonie linguistique impériale.

2) Le coup d’État post-Brexit

Le Brexit voté en juin 2016 rendait cette hégémonie encore moins légitime dans une Union européenne qui est diversité linguistique, culturelle, économique et politique, protégée par la charte européenne des langues officielles et de travail de ses institutions (règlement n°1 de 1958 modifié). Cela d’autant plus que l’anglais langue maternelle passait de 16% avant le départ effectif à 1% seulement de la population totale au début de 2020, date de confirmation du Brexit, du début des négociations entre Bruxelles et Londres, et de l’arrivée de Mme Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission.

Or, il est apparu aux yeux des nombreux partisans du maintien du statu quo ante qu’il ne pouvait être question de perdre l’hégémonie acquise au cours de décennies d’efforts opiniâtres. La Commission, suivie plus tard par le Parquet européen, prit tout simplement, illégalement et illégitimement, la décision - relevant pourtant du seul Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement de l’Union – de faire en pratique de l’anglo-américain sa "langue commune", c’est-à-dire sa langue de travail quasi unique. Cela sans soulever de véritable levée de boucliers, notamment des gouvernements, français inclus.

3) Les associations françaises se sont d’abord armées contre ce coup d’État

Avenir de la Langue française (ALF), COURRIEL, l’AFRAV et Défense de la Langue Française (DLF en Pays de Savoie), décidèrent en 2019 de créer un Haut Conseil de la Langue française et de la Francophonie, d’abord national, puis international, composé de hautes personnalités influentes, patriotes linguistiques de toutes professions et orientations politiques, afin de disposer d’une force de Résistance plus puissante et crédible que les associations, fussent-elles groupées en synergie, et de peser sur les décideurs, ainsi que, par les media, sur l’opinion publique. Après avoir réuni 20 autres associations porteuses de leur projet, elles purent annoncer le 18 juin 2020 par un communiqué de presse, la création du Haut Conseil français, comprenant 24 associations, dont toutes les plus importantes de France pour le français et la Francophonie, et une centaine de hautes personnalités. Depuis lors, à la faveur de premières actions menées, ce Haut Conseil français (HCLFF) en est venu à comprendre 29 associations françaises et plus de 140 personnalités membres, et à établir des sections en Belgique, au Québec, en Suisse romande et jurassienne, et une section "internationale" de hautes personnalités individuelles hors de ces pays, portant à 180 personnalités le total du Haut Conseil international (HCILFF). L’extension se poursuit à la faveur des actions conduites.

4) Actions du Haut Conseil et de ses associations et personnalités membres

La première action forte du Haut Conseil fut la lettre ouverte collective adressée le 14/9/2020 - et rappelée le 1er février 2021 - à l’Élysée, à diverses autorités, à de nombreux media et parlementaires. Ont répondu par diverses voies les Secrétaires d’État MM. Jean-Baptiste Lemoyne (chargé de la Francophonie) et Clément Beaune (chargé des Affaires européennes, par deux lettres au Haut Conseil du 7 décembre 2020 et 9 mars 2021). Nous avons ainsi reçu l’annonce de "mesures importantes pour le français" que le Président de la République entendait prendre lors de la présidence française du Conseil européen au 1er semestre 2022. Y sera associée l’inauguration par le Président de la Cité internationale de la Francophonie à Villers-Cotterêts, dont ALF avait lancé publiquement le projet sur place le 9 octobre 2001, et qui fut repris à notre demande par l’Élysée dès 2017.

En attendant, les retombées médiatiques ont enfin été intéressantes : articles dans Le Monde (Mme Mushikiwabo de l’OIF), L'Express (Feltin-Pallas), Libération (Quatremer), Marianne (P-Y. Bournazel, député), jusqu’à des entretiens télévisés d’Albert Salon (TV5 décembre, TVLibertés janvier, Russia Today mars), et surtout d’Éric Zemmour (CNews. février et juin 2021). Plusieurs grands articles de fond dans Causeur le 23 mars 2021, ont été rassemblés sous le titre "Langue française : la France n’est pas une région de l’Union européenne !". Ajoutons diverses citations et évocations dans plusieurs quotidiens et périodiques à l’occasion du 20 mars 2021, journée mondiale de la Francophonie. A été rapportée aussi notre dénonciation publique de l’imposition d’une une nouvelle carte d’identité à tous les Français. Prétendue "nationale", elle est en fait franco-européenne avec le drapeau européen (illégal depuis le referendum de rejet de la "Constitution Giscard" en 2005), et bilingue français-anglais. Nous cherchons à la faire déclarer illégale et inconstitutionnelle, alors même que les Allemands ont traduit la leur en anglais et en français.

Deuxième action politique, nous invitons moult parlementaires français à créer enfin un intergroupe Sénat-Assemblée sur français-Francophonie, les premiers saisis ayant été le sénateur André Vallini, ancien ministre de la Francophonie, et le député J. Krabal (Aisne : Villers-Cotterêts...) membre du Haut Conseil.

M. Jacques Krabal nous avait déjà, en 2017, apporté une aide puissante à l’adoption par l’Élysée de notre projet (de 2001), d’"Institut de la Francophonie"au château de François 1er. Ce Secrétaire général parlementaire de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), relevant de l’OIF, a écrit - dans notre sens post-Brexit - à Mme Ursula von der Leyen, à l’Élysée et à la Secrétaire Générale de l’OIF, Mme Louise Mushikiwabo.

C’est en liaison avec M. J. Krabal et l’APF, ainsi qu’avec Philippe Carron et l’association Langue française de Suisse romande et jurassienne, que nous menons notre troisième grande action politique : nous avons saisi en février-mars 2021, dans les langues respectives des pays les plus grands, des députés de tous bords politiques et de tous pays membres du Parlement européen afin d’y obtenir un débat et le vote d’une résolution contre l’imposition illégale et forcenée de l’anglo-américain "langue commune" à la Commission et au Parquet de l’Union et pour le retour au règlement n°1 de 1958 modifié, charte des langues officielles et de travail d’icelle. Dans le même but, M. Sassoli, Président du Parlement européen, et le Médiateur européen, ont été saisis par nos soins.

Action politique complémentaire : la recherche d’alliés hors de France

  1. a) En Allemagne, notre partenaire habituel, la puissante association Verein deutsche Sprache (VDS 30 000 membres), sollicitée pour, d’une part, nous apporter des preuves en allemand de discriminations linguistiques subies par des Allemands lors de réunions de travail dans tel ou tel organe de la Commission, pour soutenir notre recours ci-dessous décrit en Tribunal européen, et d’autre part, soumettre à la Chancelière, puis à son successeur après les élections du 26 septembre 2021, la suggestion de soutenir le Président français en Conseil européen contre la "langue commune".
  2. b) Auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF, directement concernée par la place du français en Europe, et dont 14 États sur 88 sont aussi membres de l’Union européenne), afin que le Sommet francophone de novembre 2021 à Djerba se saisisse de la question du multilinguisme et du français en UE et adopte une recommandation au Conseil européen du début de 2022, sous la présidence française.

Parallèlement et en soutien à la voie politique, nos associations porteuses du Haut Conseil ont emprunté une voie juridictionnelle : un recours devant la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE). Dûment averti du très grand risque d’échec, le Haut Conseil et ses associations porteuses, dont ALF, ont jugé que l’honneur, le respect de leur raison sociale, leur interdisait de rester sans réagir en Justice à l’imposition de l’anglo-américain. Le HCILFF - simple réseau sans personnalité juridique - a soutenu l’association habilitée ALF. Celle-cia saisi le 18 mai en recours gracieux la Commission et le Parquet européen. Elle a ensuite, par son avocat, déposé le 3 août en Tribunal européen (pour la CJUE) un recours en annulation des deux décisions (du 9 juin) de rejet des recours gracieux par Mmes Ursula von der Leyen et Laura Kövesi.

L’intérêt du recours – quelle que soit son issue, c’est une question de dignité – tient aussi à la politisation et à la médiatisation que le Haut Conseil et ses associations continueront d’assurer tout au long de cette voie juridictionnelle.

Le Haut Conseil et ALF étudient aussi avec leurs avocats une action devant la justice européenne contre le "Certificat Covid de l’UE", où l’anglais occupe une place disproportionnée.

Enfin, nos associations envisagent d’organiser en mars 2022 une manifestation en France, apoliticienne, unitaire, pour demander une vraie politique pour le français et la Francophonie et le respect de la diversité linguistique et culturelle de l’Europe et du monde. Si le rétablissement réel et efficace de l’équilibre post- Brexit des langues de travail des institutions européennes en cause, est annoncé alors par le Président de la République, nous ne manquerons pas de saluer comme il se doit, ainsi que l’inauguration de notre projet à Villers-Cotterêts, ce beau geste régalien, à la fois culturel, de grande politique, civilisationnel.

Nous avons maintenant : un actif réseau d’associations et de hautes personnalités, une volonté commune, ALF au secrétariat général du Haut Conseil, des experts, un avocat spécialisé, des crédits votés, et une ouverture plus grande des médias.

Nous avançons...Haut les cœurs !

Albert Salon, docteur d’État ès lettres, secrétaire général du Haut Conseil, fondateur en 1992 et maintenant président d’honneur d’Avenir de la Langue française (ALF). Fait à Paris le 2 septembre 2021


Langue française : Nouvelles de septembre 2021 (2)

L'Express Écriture inclusive : lettre ouverte à Julien Bayou (13/9) (lien)
Le Figaro 5 mots que l’on adore dire (mais qui n’existent pas en français) (13/9) (lien)
Vie publique Langue française : 217 nouveaux termes en 2020 (10/9) (lien)
OEP En Louisiane, la langue française est en pleine renaissance (6/9) (lien)
Mission laïque française La langue française dans le monde (lien)


Langue française : Nouvelles de septembre 2021

Jean Quatremer Les Français, idiots serviles dans les institutions de l’UE (lien) [et lire le texte ci-dessous] RFJ Le Parlement jurassien dit « non » à la réforme de l’orthographe à l’école (1/9) (lien) Tribune de Genève Près de 5000 signatures pour suspendre l’orthographe rectifiée (29/8) (lien) Le Vif G. Van Goidsenhoven Le français à Bruxelles : pourquoi tant de haine ? (25/8) (lien)


Les Français, idiots serviles dans les institutions de l’UE ! avec sa référence sur YouTube, le verbatim d’un entretien sur ce sujet avec le journaliste Jean Quatremer, familier des institutions de l’UE.

lien Youtube 17’15’’-21’35’’ (anecdote très éclairante à 19’08’’).

"Le Français à Bruxelles, l’élite, Science Po, tous ces gens-là, leur truc, c’est de parler anglais. Leur truc c’est d’être "international". C’est pas d’être français. T’es français, t’arrives à Bruxelles, t’as honte d’être français, et tu te fais oublier comme français. Les Anglais, par exemple, ils avaient pas honte d’être anglais, quand ils allaient à la Commission, quand le Royaume Uni était membre, ils allaient toujours à la représentation britannique pour rencontrer l’ambassadeur britannique, discuter etc. Les Français à Bruxelles, mais non ! Surtout pas ! Ne dites surtout pas à un Français qu’il est français ! Il a honte ! Il préfère parler un mauvais anglais qu’un bon français !"

L’animateur intervient : "D’où cette phrase d’un Anglais, justement, qui disait : "Mettez toujours un Français à la tête d’une institution internationale, il sera le seul à ne jamais défendre son propre pays."

Jean Quatremer reprend : "Mais exactement ! Christine Lagarde, par exemple, elle n’a jamais prononcé un mot de français à la Banque Centrale Européenne, pas plus qu’elle ne l’a fait au FMI. Et quand elle était ministre des finances et qu’elle allait à Bruxelles, elle ne parlait qu’anglais. Le problème, ce n’est pas Emmanuel Macron. Le problème, c’est nos élites. Nos élites qui sont totalement déconnectées de la réalité. Moi c’est un truc qui me… Je suis un libéral, je suis un nationaliste, vous l’aurez depuis le début de cet entretien, mais je considère qu’en tant que Français, nous avons une culture, une façon de voir le monde, une langue à défendre. Et là, je suis très brutal là-dessus, parce que les autres n’hésitent pas à le faire. Bon, les Allemands, ils ont un problème historique, ils ont du mal à défendre la langue allemande, même s’ils le font, ils défendent leurs intérêts sans ce gêner, c’est vraiment "Germany first", c’est quelque chose de très fort. Les Anglais, quand ils étaient encore membres de l’Union Européenne, ils affirmaient aussi leur culture, leur langue etc. Nous, les Français, on n’y arrive pas. Mais c’est pas Emmanuel Macron : encore une fois, c’est nos élites qui ont un problème fondamental. Il y a une haine de soi… Vous savez, c’est un truc de droite ou d’extrême-droite de dire ça, mais je le pense vraiment.

Un jour, il y a un assistant du directeur général adjoint à la concurrence qui m’écrit un mail en anglais pour me demander de participer à une conférence avec l’ensemble des fonctionnaires de la direction générale de la concurrence, pour leur faire une conférence sur la construction communautaire. Et il me dit : "La conférence sera en anglais." Je lui réponds : "Non, je serai pas là. Je ne viendrai pas parce que c’est en anglais. Le français est une des langues de travail de l’Union Européenne, donc ou je parle français, ou pas." Le gars me dit : "Tant pis – en anglais toujours – on va contacter quelqu’un d’autre." Je dis : "Ben oui, contactez un journaliste anglais qui vous donnera une vision anglaise des choses, mais un français qui parle anglais, ça, niet !" Et puis je me dis : "C’est bizarre, il a un nom français, genre Charles Dupont, vous voyez, ça sonnait pas italien, ça sonnait pas allemand. Et j’appelle le directeur général adjoint, qui était un espagnol, et je lui dis : "Dis-moi, c’est quoi cette connerie ? - parce que j’étais déjà venu plusieurs fois - pourquoi on me dit qu’il faut que je parle anglais ?" Il me dit : "Mais il a pas été question de ça ! Qui t’a dit ça ?" Donc, je lui envoie le mail. Il est tombé de sa chaise ! Parce qu’évidemment, c’est français et anglais : les deux langues sont à égalité au sein de la Commission européenne. Mais le gars qui m’avait envoyé ça, c’était un français ! Donc, un fonctionnaire français écrit à un journaliste français connu pour sa défense de la langue française et de la culture française à Bruxelles, pour me demander de parler anglais alors que ce n’étaient pas ses instructions !

Après, je l’ai rencontré lors de cette conférence, et je lui dis : "Mais pourquoi vous m’avez écrit en anglais ? Ca n’a aucun sens, etc." Et il me dit : "Oui, mais vous comprenez, moi je considère que le français c’est une langue de merde qui doit disparaître." Et là, vous avez compris. Avec ce genre de personnage, franchement, même moi, je deviens anti-européen !"


Petit abécédaire des idées reçues de A à Z

Au roman Bouvard et Pécuchet publié après sa mort, "véritable encyclopédie de la bêtise humaine" selon l’auteur, Flaubert aurait adjoint un Dictionnaire des idées reçues. A sa manière, il est tentant d’esquisser un abécédaire de quelques idées reçues de notre époque. Ludiques ou idéologiques, simples clichés ou carrément fascistes, les mots reflètent l’air du temps mieux que tout discours.


AFFINITÉS : et plus, si affinités.
ARABE : Sans les traductions arabes, comment connaîtrions-nous Aristote ?
BIKINI : Atoll du Pacifique. Ne pas confondre avec burkini. Une femme "en itsy bitsy tout petit bikini" pour désignerune bombe sexuelle (sens vieilli).
BOULGI-BOULGA : chez les cathos, désigne l’avis du CCNE sur la loi bioéthique.
CANCEL : Cancel Culture, quand tu nous tiens ! .
CARABISTOUILLE : Fake news belge. En vogue chez certains philosophes et politiques (syn : galéjades).
CHIFFRE (arabe sifr) : romain, disparaît des musées Charles 10.
CHRISTIANISME : en voie d’extinction depuis deux mille ans.
CLITORIS : gagne à être connu. Le clitoris du parvis des Droits de l’homme.
CONTI (Quai de) : connu pour sa vieille dame.
CORPS : Le vôtre vous appartient. Habeas corpus.
COVID (nom fém.) : l’Arlésienne aux mille et un variants.
DAMAS : Paul, le foudroyé de Damas.
ÉPICÈNE : on l’est sans le savoir.
ERRATIQUE (parler chic) : une politique erratique.
FAIRE (vulg.) : faire famille, faire nation, faire église.
FOI : perdue à la puberté, se retrouve, après une crise mystique, quand on a été enfant de chœur.
FRAGILE (pl.) : les enfants, les sans-abri, les migrants, les assassins présumés, les pauvres d’esprit."Je pense aux plus fragiles" : phrase obligée de tout discours politique, religieux, sanitaire.
GAZELLE : toujours pudique. Synonyme : violette.
GENRÉ : ignoré du turc. Être genré : avoir du chien.
HÉRITAGE : Fait pour être dilapidé : héritage gréco-romain.
HOMME : Qui vous dit que je suis un homme ?
HUMAINS : les droits humains, par analogie avec les droits des animaux.
HUMANISME : athée, toujours un drame.
HUSSARDE (à la hussarde) : manière cavalière de faire l’amour. Seul emploi féminin admis par l’Académie.
IDENTITÉ : tabou. Voir Z.
IMPROBABLE : flou artistique, inattendu. Un mari, un parapluie improbables.
INCONTOURNABLE : toujours avec sujet. Un sujet incontournable.
INNOCENT : toujours présumé.
INTERSECTIONNALITÉ : a tué le féminisme en l’enfermant dans ses contradictions.
LESBIENNE : une écriture lesbienne.
OEDIPE : le complexe a fait long feu. Oedipe Reine.
PATRIARCAL(E) : société. Subsiste dans les départements amazoniens de l’EHESS.
PAPA/MAMAN : Le papa de l’acteur P. est décédé. La chanteuse Mylène, âgée de 80 ans, pleure la mort de sa maman.
PERLIMPINPIN (onomatopée) : La fermeture des frontières est de la poudre de perlimpinpin.
PROBLÉMATIQUE : la problématique de votre fuite d'eau a été résolue par La Brigade des Fluides.
PROGRÈS : ne s’arrête jamais aux passages à niveau.
QUEER : (religion) Entrer en queer.
RÈGLES : discriminantes. La Ministre à l’Égalité a levé le tabou des règles.
RELIGION : toujours en sortie : La sortie de la religion.
RESSENTI : supérieur à la température réelle. Fig. Le ressenti après un meurtre.
SEXE : refuser toute assignation.
SYSTÉMIQUE : caractérise les maux français.
START-UP (vieilli) : L’Académie recommande "jeune pousse".
VAGIN : voué au monologue.
VALEURS : Les valeurs de la République."Vous et moi, nous n’avons pas les mêmes valeurs" : slogan publicitaire des rillettes Bordeau Chesnel.
VIOL (agric) : La culture du viol.
WOKISME : "Vous chantiez ? J’en suis fort aise / Eh bien, Wokez maintenant !" La Fontaine.
Z : désir qui monte en puissance. Les Z célèbres : Zadig et Voltaire, Z. Marcas. Z/S., Zazie dans le métro, Zoo (ou la troisième Héloïse).
 

Marie-Hélène Verdier


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'août 2021 (2) - le 28/08/2021 - 10:56 par MAR

Langue française : Nouvelles d'août 2021 (2)

Yves Montenay Le MEDEF entre en francophonie (27/8) (lien)
Radio Lac Genève : une pétition s'oppose à la réforme romande de l'orthographe (23/8) (lien)
Le Figaro 5 mots auxquels nous donnons un sens... qui n’est pas le bon (17/8) (lien)
L'Est éclair L’écriture inclusive échauffe les esprits suisses (16/8) (lien)
Sénat Usage du français dans les instances et les juridictions européennes : réponse du Ministère des armées à la question orale de Mme Elsa Schalck (21/7) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'août 2021 - le 06/08/2021 - 11:17 par MAR

Langue française : Nouvelles d'août 2021

Le Devoir La réforme linguistique de Québec bientôt mise à l’épreuve (14/8) (lien)
L'Actualité Nouvelle orthographe : vaincre les résistances (10/8) (lien)
Sud Radio Jean-Marie Rouart La langue française est contaminée, dénaturée par le franglais (4/8) (lien)
Le Figaro Gaël Nofri Il faut défendre la langue pour défendre la nation (1/8) (lien)
Le Devoir Victoire éclatante pour le français (6/8) (lien)


Langue française : Nouvelles de juillet 2021 (5)

Le Monde Le "ne", marque de négation en voie de disparition (27/7) (lien)
Boulevard Voltaire Valérie Pécresse et la carpette anglaise (27/7) (lien)
Le Monde Boire du champagne en bermuda, et autres métonymies du français (26/7) (lien)
Le Figaro Du coup, genre, j’avoue... Ces tics de langage qui polluent nos phrases (26/7) (lien)


Lettre d'un de nos adhérents à Valérie Pécresse

Objet : Restaurer la fierté française en anglais ?

Madame,

Je me permets de vous écrire car j'ai appris que vous vous lanciez dans la course à la présidentielle : https://www.lefigaro.fr/politique/valerie-pecresse-je-suis-candidate-a-la-presidence-de-la-republique-pour-restaurer-la-fierte-francaise-20210722

J'ai cependant été choqué par votre affirmation selon laquelle vous souhaitez "restaurer la fierté française". En effet, cette affirmation n'a aucun sens lorsque l'on sait que vous ne défendez, ni ne valorisez aucunement la langue française, comme on peut le voir à la page suivante : https://www.francophonie-avenir.com/fr/Point-d-infos/509-Helas-Pecresse-l-anglomane-a-ete-reelue-presidente-de-la-region-%C3%8Ele-de-France

Vous conviendrez avec moi qu'il serait aberrant qu'une personne ne valorisant jamais la langue française et étant complètement vassalisée à la langue anglaise puisse accéder à la magistrature suprême. Votre attitude de soumission est scandaleuse, déplorable et à des années-lumière de la grandeur du général de Gaulle, qui défendait sans complexe la langue française partout où il le pouvait, comme le montre la lettre suivante, qu'il a rédigée : https://twitter.com/quatremer/status/1306867577512230912/photo/1

"La lettre du général de Gaulle du 19 juillet 1962, exhumée de ses archives, fait depuis quelques jours les délices des réseaux sociaux. Sans doute adressée au ministre des Armées, Pierre Mesmer, elle est ainsi rédigée : "Mon cher Ministre, j’ai constaté, notamment dans le domaine militaire, un emploi excessif de la terminologie anglo-saxonne. Je vous serais obligé de donner des instructions pour que les termes étrangers soient proscrits chaque fois qu’un vocable français peut être employé, c’est-à-dire dans tous les cas", ces derniers mots étant manuscrits…"

Pour conclure, je doute fort que vous soyez candidate, mais si cela devait être malheureusement le cas, vous pouvez compter sur moi pour vous faire de la publicité et montrer à tout le monde que vous n'êtes aucunement digne d'être présidente de notre pays.

Et les courriels, je suis capable d'en envoyer par milliers, comme le montre l'article suivant du Figaro, qui m'est consacré : https://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/03/17/01016-20160317ARTFIG00332-pour-defendre-la-langue-francaise-il-envoie-11000courriels-de-protestation.php

Bien à vous,

Daniel D. P.


Post-scriptum : Les preuves de l'anglomanie irrépressible de Mme Pécresse


Langue française : Nouvelles de juillet 2021 (4)

YouTube Jean-Luc Mélenchon Francophones : ne nous tournons pas le dos ! - Conférence à Ouagadougou (21/7) (lien)
Femme actuelle 12 anglicismes cachés dans notre quotidien (20/7) (lien)
L'Express La Loupe Bye-Bye la langue française ? [émission audio à la demande avec Michel Feltin-Palas] (16/7) (lien)


nouvelles2021/petit-lexique-francophonie.jpgPetit lexique de la francophonie - le 25/07/2021 - 20:30 par MAR

Petit lexique de la francophonie
d'Yvon Pantalacci

152 thèmes pour ce Petit lexique, entre définitions et articles, d'Acadie, Afrique, Cavelier de la Salle, Emprunt, Graddol ou Francophonie économique à Lycée français de Koweït, OIF, Union latine ou Université Sainte-Anne.
Aucune prétention à l’exhaustivité pour un corpus en soi inépuisable mais un regard libre, un parcours intuitif, une ébauche, une approche de l’univers francophone à travers ses lectures, ses recherches, ses rencontres et ses voyages.
L’occasion également pour chacun d’entre nous de s’affirmer, oser, redécouvrir et s'approprier (enfin ?) sa propre langue.
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Yvon Pantalacci est un fidèle adhérent d'Avenir de la Langue Française.


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