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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  

Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles/presse.gifNouvelles d'août 2012 (2) - le 30/08/2012 - 18:49 par MAR
Nouvelles d'août 2012 (2)
- Discours de François Hollande à la 20ème Conférence des ambassadeurs (27/08)
et Discours devant la communauté française à Rome (22/06) (lire ci-dessous)
- Yves Montenay (Population & Avenir) : L’océan Indien : un "lac francophone" au Sud-Ouest ?(lien)
- CSA : Langue française - Voyage au pays des sigles (31/08) (lien)


Discours de François Hollande à la 20ème Conférence des ambassadeurs (27/08)
quelques extraits concernant la langue française et sa participation annoncée au Sommet de la Francophonie à Kinshasa du 12 au 14 octobre.

[...]
Enfin, lorsque j'évoque notre identité, lorsque je parle de nos valeurs, de notre place dans le monde, de notre attachement au droit, je n'oublie pas aussi l'atout de notre langue et de notre culture. La langue, c'est une manière de penser et aussi d'agir. C'est une bataille pour la pluralité et la diversité. C'est la raison qui explique la présence d'une ministre, madame Yamina Benguigui, pour défendre la place du français à travers le monde. Je vous demande, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, dans votre action quotidienne, de ne jamais oublier que la promotion de la langue, de la création française, c'est l'affirmation d'une vision du monde qui fait place à toutes les cultures.
[...]
Je me rendrai dans quelques semaines au Sommet de la Francophonie à Kinshasa. J'y réaffirmerai que la Francophonie, ce n'est pas simplement une langue en partage, c'est aussi une communauté de principes et d'idéaux, dont le rappel à chaque occasion est nécessaire, notamment en République démocratique du Congo. Mais pas seulement là. J'y rencontrerai nos positions politiques, les militants associatifs, la société civile, c'est le sens de la nouvelle politique africaine de la France. Tout dire partout et faire en sorte que ce qui soit dit soit fait. Cette politique sera clairement exposée.
[...]
Le réseau diplomatique est au service des communautés françaises à l'étranger ; c'est la mission de la ministre Hélène Conway d'accompagner les Français de l'étranger, de les promouvoir, de les protéger, en liaison avec les parlementaires, sénateurs, députés qui les représentent. Je m'efforcerai pour ma part à chacun de mes déplacements, et je l'ai déjà fait, d'aller à la rencontre de nos compatriotes, pour les écouter, les encourager ; ils participent eux aussi à la diplomatie économique, à la défense de nos entreprises, à la promotion de nos produits et aussi à notre langue.
[...]

cliquez pour lire l'intégralité du discours
Discours de François Hollande devant la communauté française à Rome (22/06)
 (...)
Je veux vous dire un mot de la langue française. Il y a, dans le gouvernement, une ministre de la francophonie. Je considère que c'est une bataille, la langue française, non pas une bataille pour la France, une bataille pour la diversité culturelle, une bataille pour le pluralisme. Si je peux vous faire quelques confidences -- même si j'ai l'impression que je suis écouté, et même surveillé -- cela ne me fait pas plaisir quand je participe, depuis peu il est vrai, à des conférences internationales et que la langue française est aussi peu utilisée et parfois même par des Français. Chaque Français doit parler la langue française, où qu'il se situe.
Cela ne veut pas dire, qu'on ne doit pas connaître d'autres langues, d'Europe et du monde, mais nous devons défendre notre langue
(...)

cliquez pour lire l'intégralité du discours


nouvelles2/adidas-allbleus.jpgCollaboracheune olympique - le 17/08/2012 - 23:20 par MAR
Collaboracheune olympique

Contrairement à toutes les traditions, les chaines d'information et de nombreuses sociétés commerciales nous ont matraqué non pas le drapeau olympique avec ses 5 anneaux illustrant la diversité du monde, non pas le drapeau français pour encourager nos athlètes, non : le drapeau britannique.

Sans doute pour nous transformer insidieusement en "supporters" de la très chauvine Albion. Rien qu'à voir tous ces Français arborant fièrement l'Union jack sur leurs maillots ou sur leurs sacs, nous pouvons dire que cette entreprise de décérébrage et de colonisation mentale a assez bien réussi. Médaille d'argent à Coca-Cola qui a clairement choisi son camp en faisant figurer le drapeau britannique sur ses canettes vendues en France ! (et que de nombreux Français ont continué à acheter !)

Médaille d'or à la firme allemande Adidas qui a matraqué son slogan "All bleus" (sic !) jusqu'au défilé des athlètes sur les Champs-Élysées le 13 août où les athlètes se tiennent sur des plateformes d'autobus arborant en lettres énormes ce lâche slogan. Tout ceci, soit-disant pour encourager les athlètes français (en fait, pour encourager encore un peu plus les Français à adopter la langue de leurs maîtres) et médaille de bronze au journal l'Équipe qui a servilement relayé cette campagne, par exemple le 14 août, avec sa Une surexposant ce slogan débile et une pleine page le matraquant une dernière fois : All bleus - adidas is all in (page 22).

Un seul réflexe face à ces entreprises qui piétinent votre langue : N'achetez pas !
faites vous respecter, cessez d'être fascinés par le déclin de votre pays et la soi-disante modernité anglo-saxonne.

Marc-Antoine Renard

nouvelles/presse.gifNouvelles d'août 2012 - le 17/08/2012 - 23:19 par MAR
Nouvelles d'août 2012
- Nouvel Obs : A Londres, le français essaie de tirer son épingle des Jeux (06/08) (lien)
- RTL : JO 2012 : le français, langue officielle pas forcément appréciée (05/08)  (lien)
- Radio France : Langue française : un forum pour débattre du vocabulaire (02/08) (lien)

nouvelles2/athena.jpgA l’attention de la Commission européenne - le 16/08/2012 - 22:22 par Athena
Athena tacle la Commission européenne
Pro Memoria à l’attention de la Commission européenne
par Athena, association de fonctionnaires européens, établie au sein même de cette institution, pour la défense des langues officielles de l’Union

1. Le Prix de la Paix.
Prioritairement à toute autre considération, il est important d’être conscient du fait que le prix du plurilinguisme c’est celui d’une entente harmonieuse et profonde entre les Pays de l’Europe. Les États Membres fondateurs avaient bien compris l’enjeu que représente l’union de plusieurs pays de l’Europe sur base volontaire et non pas par annexion militaire afin de constituer un espace de citoyenneté commune, pour la première fois dans l’histoire de notre continent, et le rôle essentiel que joue à cet égard le plurilinguisme. C’est  pour cela que la Commission dès son installation, en 1958, s’était dotée des Services linguistiques les plus performants au Monde et que le plurilinguisme intégral constituait un souci et un engagement quotidien et permanent de la Commission et de ses Services.
Dans cette optique et dans la démarche qu’elle inspire, le coût du multilinguisme est un prix politique très bon marché pour la création de cet espace de paix durable. L’esprit communautaire, dont le respect du plurilinguisme constitue une facette fondamentale, est devenu le grand absent dans le fonctionnement de la Commission de nos jours, tout particulièrement dans le domaine linguistique. Il est remplacé par une volonté, à peine cachée, de transformer le processus d’intégration en un processus d’aplatissement sur un modèle extra européen, matérialiste et arrogant, au détriment de la civilisation humaniste qui constitue le socle commun des Pays de l’Europe. Tôt ou tard, il faudra rendre compte de cette dérive au citoyen européen lequel, pour le moment, sommeille totalement désintéressé et éloigné de ce qui se passe au sein des institutions européennes. Il va se réveiller lorsque les dérives du projet original seront allées aussi loin que commenceront à le toucher de près, à ce moment là des remises en question, même violentes, sont à craindre. Il faut éviter de préparer, à plus ou moins court terme, toute forme de balkanisation de notre espace commun de justice et de paix. Face à la globalisation que tout uniformise et tout aplati l’Europe a besoin, de toute urgence, d’un projet de société qui l’ancre à la civilisation humaniste, créative et cultivée dont elle est issue.

2. Le trilinguisme ou le, soi-disant, plurilinguisme des Services de la Commission.
Le trilinguisme (allemand, français, anglais), que la Commission affiche comme langues de procédure, devenues d’office langues de travail, présente une faiblesse majeure qui est constituée du fait que ce choix n’est pas fondé sur des critères objectifs et univoques, énoncés et cohérents, en consonance avec le fonctionnement institutionnel et le dispositif des Traités. Il s’agit, en réalité, d’un plurilinguisme de façade  qui n’est nullement respecté même pas dans sa plus simple expression, à trois langues, énoncée par la Commission.
Il s’agit, en fait, d’un plurilinguisme qui n’est pas fondé au point de vu légal, qui ne jouit pas d’une légitimité morale et cache, au contraire, une volonté ferme et constante d’imposer une langue unique au détriment de toutes les autres. Un nombre incroyable d’entorses qui vont de la langue de rédaction des textes originaux à celle des sites de la Commission, de la communication avec les citoyens à celle avec les États Membres, de la dénomination des bâtiments de la Commission aux affichages sur les mêmes, du  Bulletin du personnel, Commission en Direct, aux conférences de presse de la Commission, pour n’en citer que quelques-unes, témoignent de cette volonté. Sans préjudice du bien fondé du régime à trois langues, la Commission, pour être crédible dans ce domaine, devrait, comme tout minimum, respecter le plus correctement et scrupuleusement le trilinguisme énoncé, ce qui est loin d’être le cas.

3. Régime linguistique des réunions du Collège.
Le régime linguistique des réunions du Collège et des documents qu’il est appelé à examiner, fixé par le Président « selon des besoins minimaux », établit, indirectement, une hiérarchie des langues officielles qui ne correspond pas au modèle de fonctionnement institutionnel instauré par les Traités. Il constitue une atteinte à l’identité des États Membres et à leur latitude dans la désignation de leurs Commissaires.
En fait, alors que les Commissaires ne devraient pas être, nécessairement, des linguistes, les matières traitées par la Commission, de par leur congénitale complexité, requièrent une compréhension parfaite de toutes les nuances des textes et des différentes prises de position des participants à la réunion, à un tel point qu’un seul mot peut, parfois, changer le sens de tout un texte. Demander aux Membres du Collège d’examiner des documents stratégiques et normatifs, émanant du rôle institutionnel de la Commission, dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas parfaitement, équivaut à banaliser et minimiser leur mission, à la rendre inefficace. Plus grave encore : l’établissement des documents de travail toujours dans « la » même langue, rarement dans une autre, ne permet pas la participation harmonieuse de toutes les différentes cultures et identités dont les États Membres sont porteurs et, encore moins, l’assimilation dans toutes les langues des nouveaux concepts qui relèvent des problématiques du moment actuel et de l’évolution de la terminologie

4. Langue de rédaction.

La diversification et la multiplication des langues de rédaction des textes originaux, produits par les Services de la Commission, est d’une importance fondamentale afin d’obtenir un travail de qualité enraciné dans la pluralité et la richesse culturelle de l’Europe. Un dispositif dans ce sens peut garantir la participation effective de tout le potentiel intellectuel et culturel de l’Europe, la préserver de l’aplatissement vers la pensée unique véhiculée par la langue unique  et éviter que le processus d’intégration ne se transforme en un processus de colonisation. Il n’est pas acceptable que le plus grand nombre de textes originaux soit rédigé en anglais, notamment par des non-anglophones, avec tous les aléas que cela comporte.
La cellule de « correcteurs », instaurée au sein du Service de Traduction Anglaise, pour « améliorer » les textes boiteux, constitue, en ce domaine, un remède pire que le mal.  Il est important de souligner que, dans un contexte multilingue, tel que celui des institutions européennes, où la plupart des textes est destiné à faire fois dans plusieurs langues, tout document, tant soit peu important, devrait être rédigé simultanément en, au moins, deux langues afin que l’une éclaire les inévitables ambiguïtés de l’autre. Le non respect de ce principe nous a déjà exposé, dans le passé, à de très ennuyeux « qui pro quo » et à une lente mais inexorable mise à l’écart, pragmatique, de certains principes fondateurs de l’Union.

5. Services Linguistiques.
Les Services Linguistiques de la Commission ont été, depuis leur instauration et des années durant, les plus performants au Monde. Ils ont été démantelés et, en partie, privatisés sous le régime du Commissaire Kinnock, par conséquence ils requièrent une attention particulière de la part de la Commission, laquelle doit les restaurer et leur rendre l’ancienne splendeur, en termes de professionnalité, d’efficacité, de nombre, de statut.  Il s’agit, en faits, de services d’une importance capitale, parce qu’ils constituent une structure cardinale du Service Public européen dans sa fonction de bras opérationnel de la démocratie, il faut qu’ils soient adéquats à la tâche qui leur incombe, qu’ils soient performants et sous le contrôle direct de la Commission.
La revalorisation de tous les Services Linguistiques visant l’excellence, au service des citoyens européens, s’impose, elle est nécessaire et urgente, sous peine d’entretenir, face aux institutions des États Membres et à leur populations, le flou sur les institutions européennes, leur mission et leur action et d’accentuer la désaffection, de plus en plus marqué, du citoyen envers l’Europe. A noter que certains supports d’importance cruciale pour le bon fonctionnement des Services Linguistiques, afin d’assurer la qualité des textes produits par la Commission, tel que l’office de terminologie, certaines bibliothèques et archives ainsi que des cours de langues très pointus pour les fonctionnaires, dispensés par des services internes ad hoc très spécialisés, ont été liquidés et doivent être rétablis. L’argument financier que l’on invoque sans arrêt pour justifier le démantèlement des Services Linguistiques n’est pas acceptable ni fondé, il apparaît très clairement comme un simple prétexte. Le coût du plurilinguisme des institutions de l’Union Européenne dans son ensemble est estimé à deux Euros « pro capite » par an. 
Si l’on considère que certains distributeurs de programmes de télévision font leur publicité en invitant les usagers à devenir leurs clients parce que cela ne leur coûtera « que » quinze Euros par mois, on se rend facilement compte du ridicule de ces deux Euros, par an et par citoyen, qui coûte le plurilinguisme de l’Europe. Par ailleurs, dans une situation de rigueur budgétaire la Commission est censée établir ses priorités, agencer correctement les domaines porteurs et laisser tomber tout ce qui est accessoire, tout ce qui ne constitue pas matière communautaire, tel que, par exemple, le financement de projets pour la diffusion et/ou l’enseignement de langues, même importantes, qui ne sont pas celles des Traités fondateurs de l’Union européenne.

6. SYSPER2, MIPS, autres sites de la Commission et formulaires.
Il s’agit d’instruments de travail du personnel, de papiers qui touchent aux dossiers personnels, de formulaires pour le fonctionnement interne et la gestion du personnel de la Commission. Ces documents, y inclus selon la jurisprudence, devraient exister dans toutes les langues parce qu’ils sont susceptibles d’avoir une influence directe sur la situation personnelle et les droits des fonctionnaires.

7. Bulletin du Personnel.
Le Bulletin du Personnel devrait revenir à son origine lorsqu’il était appelé « Courrier du Personnel » et constituait un instrument de communication du personnel et pour le personnel de la Commission, avec des articles dans toutes les langues officielles sans aucune exclusion, selon les contributions des fonctionnaires et les besoins du moment. Actuellement il est quasi exclusivement en anglais avec, de temps à autre, des titres en français, même l’allemand y est exclu. Les manipulations pour préserver une position privilégiée à une seule langue sont simplement inacceptables au sein d’une institution qui se veut et se doit plurilingue.
À titre d’exemple, et pour dénoncer une situation de véritables abus, on peut rappeler le cas d’un fonctionnaire qui s’est vu refuser  un article en allemand sous prétexte que « traditionnellement » le Bulletin du Personnel était en français et anglais, ce qui est totalement et impudemment faux.

8. Affichage des noms des institutions communautaires et de leurs différents services sur les bâtiments.
Encore une fois, l’anglais est partout et les critères font défaut. L’Union Européenne  n’est pas une quelconque ONG, elle se doit d’agir sur la base de critères fondés qui se dégagent du dispositif des Traités et doivent être soutenus par une légitimité morale. Il pourrait s’agir de la langue ou des langues du Pays d’accueil, des langues des États Membres fondateurs, des langues des États Membres dont le poids démographique est le plus important ou, beaucoup mieux, de toutes les langues officielles, celles des Traités.
L’usage du seul anglais, de l’anglais et français, ou encore de l’anglais avec les langues des Pays d’accueil des institutions et de leurs émanations, ne se justifie d’aucune manière. L’omniprésence de l’anglais ne suffit pas  à maquiller le non respect du plurilinguisme communautaire, bien au contraire.

9. Affichages publicitaires.
Il est grand de temps mettre fin aux affichages publicitaires sur les bâtiments de la Commission européenne toujours et uniquement en anglais. Cette entorse fausse l’image de l’Union et porte atteinte à sa véritable identité elle est, en outre, vexante pour les Pays d’accueil et pour leurs citoyens qui viennent à se retrouver non pas dans une Communauté, dont ils sont partie intégrante, mais dans un territoire conquis par une autorité étrangère.

10. Management et langues.
La dérive linguistique vers le tout-anglais et le stéréotype que cette langue véhicule est l’une, parmi d’autres, des néfastes conséquences dues à la tendance de gérer la fonction publique européenne  selon les critères de la gestion des entreprises du secteur privé.  Il est nécessaire et urgent d’enrayer cette transformation d’une fonction publique européenne démantelée et déformée en gestion privée, en « management », sous peine, pour la Commission, de ne plus disposer, à très court terme, de personnel formé pour exécuter les tâches qui lui permettent de remplir son rôle institutionnel.
L'Administration Publique n’est pas une entreprise privée, elle est le bras opérationnel de la démocratie, elle est au service des citoyens et de la justice sociale, sa mission dépasse totalement tout calcul simplement économique, tout intérêt personnel, parce qu’elle est vouée à assurer la prise en compte, la mise en place et la gestion de l’intérêt général. La rationalisation des services  de la Commission doit aller dans le sens d’une meilleure compétence à assumer leur spécificité.

11. Langues des Concours et actes de candidature.

L’obligation, pour les institutions européennes, d’éviter des discriminations entre citoyens de différents États Membres, impose que les concours de recrutement se tiennent dans toutes les langues officielles et permettent aux candidats de s’exprimer dans leur propre langue maternelle pour ce qui est du domaine de leur compétence spécifique. Or, à l’heure actuelle, les concours de recrutement et, même, la compilation des actes de candidature, pour tous les domaines opérationnels se font en seules trois langues (allemand, français, anglais) et s’apparentent d’avantage à des examens de connaissance des langues qu’à des concours de recrutement de personnel très qualifié.

En effet, la grande majorité des candidats, pour ce qui est du domaine de formation spécifique, n’est pas censé s’exprimer dans sa langue maternelle, ce qui constitue, pour des non linguistes, un grave handicap à faire la démonstration de ses propres qualités professionnelles. Or, les connaissances linguistiques, quoi que très importantes pour travailler efficacement au niveau européen, n’ont rien à voir avec la formation spécifique des candidats et devraient faire l’objet de preuves séparées.  Il est surprenant que la Commission ne respecte, toujours pas, cette logique qui, au delà de l’intérêt particulier des citoyens, seule, peut lui permettre de s’assurer des qualités intellectuelles et de la formation des candidats.

12. Le Multilinguisme de l’Union Européenne.
La Commission ne semble pas tenir suffisamment compte du fait que les langues officielles des États Membres, en tant que langues des Traités ainsi que par l’ensemble du dispositif institutionnel, constituent matière communautaire. Les différents Membres de la Commission qui se sont succédés dans la charge de ce dossier n’ont pas montré d’avoir clair à l’esprit cette dimension de la question linguistique en pratiquant une confusion intolérable entre les langues officielles des États Membres, qui constituent de plein droit matière communautaire, et les langues régionales, minoritaires, dialectes et langues des immigrés qui, sous le chapitre « Culture » relèvent de la coordination intergouvernementale. 
Au comble de la dérive, les Membres de la Commission en charge du « Multilinguisme » confèrent avec le Conseil de l’Europe et avec les Pays tiers au sujet de l’enseignement des langues officielles de l’Union Européenne dans les programmes d’instruction nationale, en accordant une priorité absolue à l’anglais et à son enseignement dès l’école primaire, portant atteinte, de ce fait, à toutes les autres langues officielles et au projet européen d’intégration lui même. L’ensemble de ces faits met en évidence une approche subversive de la question linguistique européenne, fortement inspirée des théories, bien connues, du British Council, lequel place au centre de la réflexion, de la stratégie et de l’action l’anglais, préconisé comme langue véhiculaire mondiale, mais, elle dénonce, avant tout, une carence de la Commission à jouer, dans le domaine des langues officielles, le rôle qui lui a été confié par les Traités.

13. Accord avec l’Inde.

L’accord que le Commissaire Leonard Orban a fait avec l’Inde sur la question linguistique, soi-disant, parce que l’Europe comme l’Inde est appelée à résoudre le problème de la cœxistence d’une vingtaine de langues dans son fonctionnement institutionnel, ridiculise l’Europe et ses États Membres et témoigne d’une grande faiblesse et inattention de la part de la Commission vis-à-vis du patrimoine culturel de l’Europe. Le Commissaire et la Commission, elle-même, ne tiennent pas compte du fait que, loin d’être des langues régionales locales, un bon nombre de langues des États Membres de l’Union  sont des grandes langues de culture de niveau mondial.

14. Code de bonne conduite.
Athena est d’avis qu’un « Code de bonne conduite » de la Commission pour l’usage des langues, au sein de ses Services, dans ses relations avec Les États Membre ainsi que dans la communication avec les citoyens, sur une base de légalité et de légitimité morale, serait un instrument plus qu’utile indispensable, pour son bon fonctionnement et pour son image vis-à-vis des citoyens. Dans cette optique, Athena est disponible à préparer, à titre gracieux, bien évidemment, un projet et à le présenter à l’occasion d’un colloque, d’un séminaire ou au sein d’un groupe de travail qui serait constitué par la Commission pour rationaliser et rendre effectif le plurilinguisme de l’Union.  En effet, cet exercice d’harmonisation des langues officielles constitue un travail de fonctionnaire expérimenté, disposant d’une connaissance approfondie des Traités et du fonctionnement institutionnel de la Commission et des autres institutions. Il doit, nécessairement être mis en relation étroite avec la réalité à l’intérieur des institutions et avec leur mission, il ne peut être confié à des consultants externes, écrivains, journalistes, professeurs ou groupes disparates qui s’improviseraient experts de la question linguistique européenne. Le Rapport Maalouf et ses apparentés ont déjà fait assez de dégâts dans ce domaine d’une très grande technicité et sensibilité.

Conclusions.
Considérer la langue comme un simple et banal instrument de communication c’est comme dire que l’or est précieux parce qu’il brille. La langue préside, avant tout, à la structuration de la pensée, elle confère une échelle d’évaluation des valeurs, une aptitude à l’application du droit, une vision du Monde. Écrire un texte original, devant être traduit dans d’autres langues, dans une langue ou une autre, ne constitue pas du tout un fait anodin, il constitue un choix fondamental parce que la langue originale va façonner le sujet, suivant un dessin caché sous le métier. Les anglophones ont bien compris cela et ils jouent à fond sur cet atout, ce n’est pas pour rien que certains principes fondamentaux de la Communauté ont disparus, peu à peu, de la conception de l’Europe d’aujourd’hui, tel que, par exemple, la préférence communautaire pour ne faire qu’un seul exemple parmi beaucoup d’autres. Lorsqu’on accepte d’examiner un Règlement, une Directive, une stratégie de politique communautaire et, parfois, même de se prononcer sur un texte écrit dans une seule langue originale on a déjà démissionné à contribuer efficacement à la construction européenne. Il est vrai que, dans le contexte actuel, ce n’est pas simple de réfléchir de manière autonome, de se faire une idée précise des enjeux.

On est bombardé de tous les cotés par la propagande de la pensé unique. Les fonctionnaires européens reçoivent  sans interruption, par l’Internet, des documents tous prêts dans tous les domaines sensibles de l’œuvre qui occupe les institutions européennes. Ils n’ont qu’à faire « cut and paste » plus personne n’a la nécessité de réfléchir et de s’informer de sa propre initiative. Il faut comprendre, une fois pour toutes, sous peine de faire échouer définitivement le projet d’unification de l’ Europe, que le problème auquel nous sommes confrontés n’est pas celui de faire traduire, plus au moins correctement, tous les documents officiels et non-officiels au bénéfice des citoyens européens et autres usagers. Le véritable problème est, d’une part, celui des textes originaux, celui de la langue qu’on utilise pour penser et concevoir les textes normatifs et les stratégies, de l’autre, celui de la langue dans laquelle on soumet les documents aux décideurs pour apprécier le texte et se prononcer. Lorsqu’on arrive à une traduction, pour tout le monde, «a posteriori» les jeux sont faits, on est en plein dans un système bloqué.

Le Comité Exécutif d’Athena


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2012 (5) - le 24/07/2012 - 23:03 par MAR
Nouvelles de juillet 2012 (5)
- Les Échos (Philippe Bertrand) : Le français, l'anglais et notre crise d'identité (19/07) (lien)
- Jean-Benoît Nadeau : Je t’aime moi non plus, la langue de Patricia Kass (lien)

nouvelles2/sea-france.jpgde Sea France à My Ferry Link ! - le 24/07/2012 - 23:00 par JeanPierre_Busnel_
de démissions en démissions
De Sea France à My Ferry Link !

SeaFrance était une compagnie maritime qui assurait les liaisons transmanches, par ferries, entre Calais et Douvres (c'était une société anonyme détenue à 100 % par la SNCF). Confrontée à de grosses difficultés financières (concurrence du tunnel sous la Manche), elle a été placée en redressement judiciaire en 2011, le Tribunal de commerce de Paris prononçant sa liquidation en fin d'année dernière. Ses navires et les autres actifs dépendant de la liquidation ont été repris par la société Eurotunnel, tandis que l'exploitation sera confiée à une SCOOP (société coopérative et participative) créée par d'anciens salariés de SeaFrance.

Mais sous quel nom se fera cette exploitation, par cette nouvelle société de droit français qui annonce, en outre, recruter l'essentiel de son équipage à Calais ? On vient d'apprendre que ce sera ... My Ferry Link. Le mot France a disparu de la raison sociale. Il était devenu gênant. Il était de trop. A la question de savoir pourquoi un nom "so british" avait été adopté, le président du directoire de ladite coopérative a répondu ceci à un journaliste du quotidien Le Parisien : "La réponse est simple : 85 % de nos passagers sont britanniques.

On n'est pas obligé de croire cela. Il y a gros à parier que si le taux d'utilisation des navires par des anglophones avait été de 40 % ou même de 30 %, il en eût été de même. Pour la Constitution, le français est la langue de la République, mais pour les milieux d'affaires, pour ceux qui pilotent cette opération comme pour les autres, l'anglais est celle du commerce. Il doit donc s'imposer.

Le pouvoir politique a commis une grosse erreur en n'imposant pas une dénomination en langue française pour les entreprises commerciales de droit français, quelle que soit leur forme juridique. Il aurait dû le faire il y a longtemps. Mais encore aurait-il fallu qu'en bon élève de l'école néolibérale il ne soit pas à la remorque du pouvoir économique.

Jean-Pierre Busnel


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2012 (4) - le 21/07/2012 - 11:01 par MAR
Nouvelles de juillet 2012 (4)
- 60 millions de consommateurs : Pouce, c'est pas du jeu ou comment la soumission aux anglo-saxons va jusqu'à nous faire adopter leurs mesures rétrogrades [n°472- juin 2012] (lire ci-dessous)
- Jean-Jacques Candelier député Front de Gauche du Nord interpelle les ministres (lire ci-dessous)
- Claude Hagège : Pourquoi les Français sont-ils meilleurs en espagnol qu’en anglais ? 19/07) (lien)
- La Cour de cassation se couche devant l'anglais tout-puissant (lien)

Pouce, c'est pas du jeu - courrier au journal 60 millions de consommateurs [n°472- juin 2012]
Ou comment la soumission aux anglo-saxons va jusqu'à faire adopter leurs mesures rétrogrades
J'aimerais savoir si l'affichage uniquement en pouces, que l'on observe notamment pour les produits informatiques et appareils photo, est légal. Le consommateur est mal informé par cet affichage. Pourquoi n'exigeons-nous pas l'affichage en système métrique qui est d'ailleurs le système international d'unités (SI). sauf erreur de ma part ? Agnès O. par courriel

Réponse du journal :Cette pratique n'est effectivement pas légale. Le système des mesures obligatoire en France est le système métrique décimal, appelé système international d'unités (SI), selon le décret du 3 mai 1961. L'unité de longueur est donc le mètre, et ses divisions. Le décret en question ne prévoit pue de rares exceptions : il autorise, par exemple, à parler en mille et non pas er mètre, lorsqu'il s'agit d'exprimer des distances en navigation maritime ou aérienne.

Jean-Jacques Candelier député Front de Gauche du Nord interpelle les ministres

Question n°195 de Jean-Jacques Candelier (Gauche démocrate et républicaine-Nord) Question écrite - Ministère interrogé > Transports, mer et pêche - Rubrique > langue française Tête d'analyse > défense et usage Analyse > entreprises de transport - Question publiée au JO le 3/07/2012 page : 4272
Texte de la question
M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de M. le ministre délégué auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche, sur l'usage de l'anglais par la SNCF. Cette société vient de baptiser un projet "Speed". Nous avions déjà eu droit à "ID-Night", "S'miles" et "TGV-Family". Il lui demande s'il compte donner des instructions aux dirigeants de la SNCF pour qu'ils cessent d'utiliser l'anglais au détriment du français, langue officielle en France.

Question n°196 de Jean-Jacques Candelier ( Gauche démocrate et républicaine - Nord ) Question écrite
Ministère interrogé > Culture et communication - Rubrique > langue française Tête d'analyse > défense et usage Analyse > médias. actions de l'État - Question publiée au JO le : 3/7/2012 page : 4245
Texte de la question
M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme la ministre de la culture et de la communication sur sa politique linguistique, et plus particulièrement sa politique en faveur de la langue française. De nombreuses associations de défense de la langue française, comme le Courriel (Collectif unitaire républicain de résistance, d'initiative et d'émancipation linguistique), par exemple, militent pour l'enseignement et la promotion du français, pour beaucoup symbole des valeurs universelles de la République et de notre souveraineté nationale.

Ce combat est selon lui rendu d'autant plus ardent qu'il pense déceler une stratégie organisée de liquidation de la langue française, à travers l'imposition progressive de l'anglais par l'Union européenne ou encore, à travers cette imposition par les grandes entreprises (le slogan du MEDEF est "ready for the future"). Ce basculement organisé vers l'anglais, notamment dans sa forme américaine, est censé mieux correspondre à la modernité.

En réalité, il est surtout le véhicule de la pensée unique supranationaliste et de l'idéologie libérale et capitaliste. Ce phénomène d'anglicisation à outrance est particulièrement préoccupant car il tend à la fragilisation de la cohésion nationale, à travers une perte d'intégrité psychologique des citoyens, une perte des repères culturels et des problèmes de communication.

Alors que l'article 2 de notre Constitution indique que "la langue de la République est le français", il lui demande la politique qu'elle compte mener en faveur de la promotion du français et comment elle entend lutter contre un envahissement de l'anglais, notamment sur nos écrans de télévision.

Question n°97 de Jean-Jacques Candelier ( auche démocrate et républicaine-Nord ) Question écrite - Ministère interrogé > Éducation nationale - Rubrique > langue française Tête d'analyse > défense et usage Analyse > système éducatif. perspectives
Question publiée au JO le : 03/07/2012 page : 4259

Texte de la question
M. Jean-Jacques Candelier interroge M. le ministre de l'éducation nationale sur la place de l'anglais dans l'enseignement. Les ministres successifs ont marginalisé la langue française au profit de l'anglais à tous les niveaux de l'enseignement, mettant notre langue ainsi que notre culture en grand danger.

L'orientation donnée s'inscrit dans une volonté d'enseigner précocement l'anglais y compris dans les écoles maternelles et les crèches dès l'âge de deux ans. Or, comme l'ont souligné des linguistes, l'apprentissage des langues étrangères, nécessaire, représente un risque s'il débute avant que la langue maternelle ne soit stabilisée, c'est-à-dire avant un âge qui se situe entre six ans et huit ans.

Il lui demande s'il compte abandonner l'enseignement précoce des langues étrangères qui relève d'une volonté d'imposer l'anglais comme seconde langue maternelle. Il lui demande, en outre, s'il compte abroger les dispositions du code de l'éducation qui permettent d'enseigner des disciplines non linguistiques en langue étrangère et si des sanctions seront prévues pour les manquements à la loi relative à l'emploi de la langue française, en particulier dans l'enseignement supérieur.

Il lui demande, enfin, de bien vouloir se prononcer sur la possibilité d'instaurer des quotas par langue étrangère afin de parvenir à une véritable diversification des langues enseignées et sur la possibilité d'instaurer un grand débat public pour que soit définie la politique linguistique de la France.

Question n°198 de Jean-Jacques Candelier (Gauche démocrate et républicaine-Nord) Question écrite - Ministère interrogé > Enseignement supérieur et recherche
Rubrique > langue française Tête d'analyse > défense et usage Analyse>système éducatif. perspectives - Question publiée au JO le : 03/07/2012 page : 4262

Texte de la question

M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la mauvaise application de la loi Toubon dans l'enseignement supérieur français. L'article 1er de la loi n°94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, dite loi Toubon, stipule que la langue de l'enseignement est la langue française.

En dépit de la législation, le Conseil national des universités autorise désormais la publication de thèses en anglais en France et sciences po Reims et des universités françaises imposent à leurs étudiants des cours en anglais.

Selon lui, il faudrait aller vers de lourdes pénalités pour les établissements incriminés, voire jusqu'à l'interdiction pure et simple des enseignements en anglais. Il demande quels moyens il compte mettre en œuvre pour faire appliquer correctement la loi Toubon dans l'enseignement supérieur.

nouvelles2/lemonde.gifDébat linguistique au journal Le Monde - le 19/07/2012 - 23:55 par MAR
Débat linguistique au journal Le Monde
- La sortie du Royaume-Uni, une solution aux problèmes de l'UE (lettre au Monde 17/07)
- Langue l'anglais : une suprématie Incontestée (lettre au Monde 12/07)
-"Le Monde" en français !"(lettre au Monde - 14 juillet  2012) (lire ci-dessous)
- Les Français, piètres défenseurs du français(lettre au Monde - 07/07/) (lire ci-dessous)

Europe La sortie du Royaume-Uni, une solution aux problèmes de l'UE (Lettre au Monde mardi 17 juillet 2012)

Le spectre d'une Europe sans le Royaume-Uni est évoqué à la "une" du Monde daté 13 juillet. Cette perspective n'est pas un problème, mais une partie de la solution aux problèmes de l'UE. Présente depuis 1973 dans un seul but : affaiblir un continent devenant trop puissant, à la faveur d'une opération politicienne française (le référendum pompidolien destiné à affaiblir la gauche de l'époque).

Depuis cette date, les gouvernements britanniques n'ont eu de cesse de préserver leurs intérêts fiscaux, en particulier, au détriment de l'intégration politique européenne déjà très difficile, encore plus depuis les adhésions de la Bulgarie, de Chypre et celles à venir...

Ce pays déteste - il en a le droit - l'Europe et la France depuis Édouard III et William Pitt. Il préférera toujours, selon le mot célèbre de Churchill à De Gaulle, "le grand large" au continent. Qu'il le prenne, conserve sa livre sterling, sa City, son dumping fiscal et son île de Man, destination de bien des capitaux douteux...

André Fromon
, Strasbourg


Langue l'anglais : une suprématie Incontestée (Lettre au Monde jeudi 12 juillet 2012)

Dans son courrier "Du désavantage linguistique... de parler l'anglais" (Le Monde  du 2 juillet), Graeme Hunter, citoyen britannique, regrette que de nombreuses personnes lui répondent en anglais alors qu'il aimerait parler la langue du pays.

Cependant, les anglophones de naissance ne sont pas les seules victimes de cette agaçante manie. Français sillonnant l'Europe depuis de nombreuses années et m efforçant en général d'apprendre la langue du pays, je ne compte plus le nombre de fois où l'on m'a répondu dans la langue de Shakespeare, en Grèce tout particulièrement.

Récemment, deux jeunes Allemands, que j'avais pris en stop dans le sud de la France, se sont crus obligés d'utiliser les rares mots d'anglais dont ils disposaient pour répondre à mon allemand qui, sans être parfait, était infiniment supérieur à leur anglais exemple caricatural mais malheureusement réel de la servilité de nombreuses personnes envers la langue dominante.

Jean-Jacques Affholdet, Toulouse


"Le Monde" en français !"
(Lettre au Monde)
Samedi 14 - Dimanche 15- Lundi 16 juillet  2012 - page 22)

Courrier (Le Monde-14-16 juillet 2012)
Presse"Le Monde" en français !"

Le courriel "Les Français, de piètres défenseurs du français", de Claude Gisselbrecht (Le Monde du 7 juillet), m'a incité à vous écrire. Les journalistes de la presse écrite française, et notamment ceux du Monde, sont en effet un des groupes d'individus influents les mieux placés pour assurer cette défense et pourquoi pas sa promotion.

Or, force est de constater, malheureusement, que le snobisme anglo-saxon (suivisme ou manque d'imagination ?) caractérise depuis quelques années un certain nombre de journalistes du Monde.

Les expressions anglaises parfaitement traduisibles en français surgissent à tout bout de champ dans les articles et même récemment dans un éditorial. Quelques exemples particulièrement fréquents et irritants : l'horrible "think tank" ne pourrait-il pas être remplacé par cercle de réflexion, laboratoire d'idées ; le sempiternel "low cost" par à bas coût, bas de gamme ; "hedge fund" qui évite d'évoquer la connotation négative de spéculation.

Parmi les plus récents : coach, coming out, sniper, religions center, class actions, private equity, roaming, freemium... faudra-t-il se résigner à avoir un Robert & Collins à portée de main pour lire Le Monde, dont, comme vous l'écriviez récemment, "la mission est d'offrir à ses lecteurs le meilleur contenu disponible en français" ?

Jean Lescureux - Rainneville (Somme)

Bravo au Monde qui a eu le courage de publier cette lettre et ainsi de se remettre en question !
Malheureusement dès la page 25 (3 pages plus loin), on trouve un titre, qui, parlant du défilé militaire du 14 juillet, retombe aussi sec dans les travers dénoncés par Jean Lescureux : "
Les happy fews prennent de la hauteur pour voir le défilé". MAR


Francophonie : Les Français, piètres défenseurs du français (Lettre au Monde)
(Samedi 7 juillet 2012)

Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie, a accordé un entretien au quotidien québécois Le Devoir, à l'occasion du Forum mondial de la langue française» qui s'est tenu à Québec du 2 au 6 juillet (Géo et Politique du 2 juillet). Il dénonçait le désintérêt de la France pour la francophonie, en déclarant, notamment : "Les universitaires et les intellectuels s'en moquent; C'est la nouvelle trahison des clercs..."

On y apprend aussi que Québécois et Africains - 85% de francophones d'ici à 2050 - sont les plus grands défenseurs du français! Et nous ? De toute évidence, nous sommes passés à côté, et c'est ce qui rend la situation quelque peu préoccupante... Dans son pays, Abdou Diouf avait succédé à Léopold Sédar Senghor, qui disait : "Le français, ce sont les grandes orgues, qui se prêtent à tous les timbres, à tous les effets, des douceurs les plus suaves aux fulgurances de l'orage." A savourer et méditer !

Claude Gisselbrecht,- Augny (Moselle)


 


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2012 (3) - le 16/07/2012 - 22:41 par MAR
Nouvelles de juillet 2012 (3)
- Les jeunes péquistes exigent une nouvelle loi 101 16/07/2012) (lien)
- La cour de cassation se couche devant l'anglais tout-puissant (lien)
- Intervention d’Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée des Français de l’Étranger, devant la communauté française à Bruxelles (14 juillet 2012) (lire ci-dessous et lien)

Intervention d’Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée des Français de l’Étranger, devant la communauté française à Bruxelles (14 juillet 2012) 
Intervention intéressante de la ministre déléguée des Français de l’Étranger dont on peut relever ce passage :
"La langue française doit demeurer largement utilisée dans les institutions européennes. Vous qui parlez et travaillez souvent en anglais, vous ne devez pas oublier pour autant votre langue maternelle, y compris dans le quotidien de vos activités professionnelles. C’est une responsabilité forte. Elle vous incombe en partie.
Si les Français ne donnent pas l’exemple en utilisant le plus souvent possible notre langue, nous risquons de voir disparaitre le multilinguisme qui fait l’identité du projet européen, en constitue la richesse et l’une des forces." Si d'aussi belles déclarations pouvaient être suivies de faits... MAR (lire le texte entier)


Drapeau-Quebecois.jpg2012 : au Québec il s’est passé quelque chose - le 09/07/2012 - 23:12 par Albert_Salon
En 2012, c’est au Québec qu’il s’est passé quelque chose

En effet, en France, nos associations groupées avaient, le 18 juin 2011, dans une belle diversité de nations, de couleurs de peau et d’orientations politiques, réussi leur manifestation au Panthéon et leur marche internationale dans le Quartier latin pour le français et la diversité culturelle de l’Europe et du monde. Mais elles n’avaient pas réussi à briser le mur des plus grands des médias français. Seuls l’AFP, l’internet, des revues associatives et des journaux locaux, en ont rendu compte de manière objective.

En cette année électorale 2012, nos associations n’ont réussi à faire signer leur fiche de dix engagements pour le français que par quelques-uns des candidats à la Présidence de la République et des candidats à la députation, les plus proches a priori de nos idées. Les principaux partis n’ont pas daigné répondre. Et, si elles sont parvenues à réunir les signatures de 50 hautes personnalités de France et d’ailleurs sous une pétition pour le français et la Francophonie, les grands médias ont soigneusement occulté cette pétition.

En revanche, dans une étroite concertation avec les associations et divers mouvements québécois promoteurs de la langue française et de la personnalité nationale du Québec, Avenir de la langue française, appuyée par deux autres associations françaises, a pu modestement contribuer à faire, des deux dernières des manifestations importantes organisées par les Québécois en 2012, un succès pour l’affirmation du français et des communautés francophones organisées ou non en États :

I) Les manifestations du printemps au Québec :
- 1) celle, massive, de centaines de milliers d’étudiants depuis le 22 mars et pendant près de quatre mois, sur les frais de scolarité dans l’enseignement supérieur, a bien porté sur un modèle de société opposé à celui des Anglo-saxons et des libéraux du Québec, mais n’a pris, en somme, que vers la fin - et marginalement – un peu de la tournure que souhaitaient lui voir prendre les partisans du français et de l’indépendance ;

- 2) celle, massive elle aussi, du Jour de la Terre, le 22 avril, contre des projets peu écologiques du gouvernement de M. John James Charest, a opéré une jonction – encore modeste – avec la manifestation permanente des étudiants, et a assez bien accueilli en son sein la participation de mouvements indépendantistes ;

- 3) une troisième manifestation – proprement nationale et indépendantiste, celle-là - lors de la Journée annuelle des Patriotes (commémorant le soulèvement des Patriotes québécois en 1837-38 contre le régime impérial britannique) a rassemblé une foule importante, plus nombreuse et ardente que l’année précédente ;

- 4) le 12 mai, à Montréal, le Mouvement Québec français (MQF) et le Mouvement Montréal français (MMF) ont organisé pour plusieurs centaines de personnes une visite guidée - de protestation - des hauts lieux d’anglicisation de la métropole montréalaise.

II) Les manifestations de juillet dans la capitale du Québec :

- 1) du 2 au 6 juillet, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Gouvernement fédéral canadien et le gouvernement de l’État du Québec, ont organisé ensemble le Forum mondial de la langue française. Prévu par le Sommet francophone de 2010 à Montreux, pour préparer les décisions de politique du français et de la Francophonie à prendre par les Chefs d’État et de gouvernement lors de leur Sommet des 12 au 14 octobre 2012 à Kinshasa, ce Forum international a réuni 1.300 personnes venues des principaux pays membres de l’OIF et d’ailleurs, de 104 pays au total. En grande majorité des jeunes, dans un amalgame de cultures et dans des festivités colorées et de qualité. Il eût pu y avoir plusieurs dizaines de jeunes supplémentaires, si le gouvernement canadien n’eût pas refusé de leur accorder des visas.
Notons que, en partie grâce au travail de préparation de nos associations, des liens utiles ont pu être établis ou confirmés entre plusieurs des principaux Français présents et nos partenaires des Mouvements nationaux québécois, ainsi qu’avec les chefs des manifestations étudiantes du printemps.
Outre la bonne organisation, la joyeuse diversité, la convivialité, la fête, et la grande qualité de la plupart des intervenants, des contacts et échanges, des conférences et des ateliers et tables rondes,

il ressort de ce Forum mondial
:

- la prise de conscience enfin officielle de l’urgence pour l’OIF de se préoccuper sérieusement de l’avenir de l’écosystème francophone, d’agir ensemble avec vigueur pour affirmer le français et la Francophonie dans le monde, contre l’offensive de très grande envergure qui est menée par l’Empire ; M. Abdou Diouf ("Nous devons être des indignés linguistiques !") appelle à "une multipolarité linguistique" ; M. Jean Tardif, sociologue, nomme "hyperculture globalisante" ce qu’en France nous condamnons sous les noms d’Empire et de sa Superclasse mondiale. ;

- l’intervention fort remarquée et médiatisée, en plénière et en table ronde, du grand linguiste Claude Hagège, Professeur au Collège de France, membre d’ALF ; recommandant d’éviter les consensus mous, de "faire du ronron", de se contenter d’"assises mondaines" de la Francophonie, alors que "nous sommes en guerre !" ; selon lui, le problème n’est pas la mondialisation – phénomène neutre en soi - mais le mondialisme, l’accaparement de la mondialisation par le plus puissant du moment, c’est-à-dire l’américanisation, l’imposition d’une langue unique pour porter une "pensée unique" servant les intérêts de l’Empire ; il affirme qu’au Québec il est très dangereux pour le maintien de la langue française d’introduire un enseignement renforcé de l’anglais et une sorte de bilinguisme précoce dans les petites classes ; il conclut son propos par un "Vive la francophonie québécoise libre !" ;

- il s’agit, dans les sciences, le monde du travail, les réseaux sociaux francophones, l’internet et le monde numérique, l’accès au matériel et aux logiciels libres, en fait dans tous les domaines, de faire exister pleinement, à côté de l’anglais, les autres grandes langues de communication et de culture, dont le français ;
- le multilinguisme est donc revendiqué comme un enjeu majeur à traiter au prochain Sommet francophone ;

- le multilinguisme est à double voie : d’une part affirmer le français dans toutes ses fonctions parmi les quelques grandes langues internationales, mais aussi reconnaître les langues africaines et autres au sein même de la Francophonie (peut-être même, dans l’esprit des gouvernements organisateurs du Forum, de l’anglais dans la Maison francophone ?...) ;
- la circulation des biens et surtout des personnes doit être facilitée dans l’espace francophone, par l’assouplissement des politiques d’attribution de visas, et l’élaboration de documents présentant quelques caractéristiques d’un "passeport francophone" ;

- un rapport sur l’application réelle par les États membres de la Francophonie des décisions et orientations de la Communauté, notamment sur l’utilisation et l’illustration de la langue française sera présenté aux chefs d’État, en vue de leur plus grande mobilisation ;

- quinze résolutions rassemblant ce qui précède vont être adressées aux chefs d’État et de gouvernement pour leur Sommet d’octobre 2012 à Kinshasa ;

- il sera proposé aussi aux chefs d’État de décider de l’organisation en 2015 d’un deuxième Forum mondial du français.

En marge du Forum, le choix fait ces dernières années par les chefs d’État et de gouvernement de tenir le Sommet en octobre à Kinshasa ayant été confirmé récemment par l’OIF, reste contesté dans les couloirs, où le bruit a couru que les pressions fortes exercées sur le Président français – qui n’a pas envoyé son ministre de la Francophonie à Québec – et sur les Premiers Ministres du Canada et du Québec, pourraient amener ces trois Chefs, et d’autres dans leur sillage, à renoncer à être en personnes au Sommet, voire à amener l’OIF à le reporter à l’an prochain en un autre lieu.

- 2) le 2 juillet a pu avoir lieu à Québec, avec des participants venus par cars affrétés de Montréal et de quatre autres villes du Québec, un ensemble de manifestations pour le français et l’indépendance, en contre-point de l’ouverture du Forum mondial. Organisées par la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal avec le concours de sept autres mouvements pour le français et la souveraineté (le FFI-France et le FFI-Québec ayant été mentionnés dans l’invitation). Une marche et un grand rassemblement de plusieurs centaines de personnes devant le Palais des Congrès, Parc de la Francophonie, de la Ville. Divers ateliers, conférences, tables rondes et kiosques d’information à l’Impérial et à l’École normale d’Administration publique (ENAP). (Dont une conférence et un débat sur le droit historique à la nationalité française revendiqué par les descendants des Français et des métis qui vivaient en Nouvelle France avant le traité de Paris de 1763). Pour exiger le renforcement de la Charte de la langue française (loi 101) au Québec, et un sursaut linguistique et national contre la politique d’étouffement de la langue française et de la culture québécoise par les gouvernements conservateurs et libéraux au Canada, partisans - non déclarés mais très actifs - de la langue unique impériale.

- 3) Enfin, M. Yves-François Blanchet, député de Drummond, délégué du Parti québécois (PQ, opposition), a réuni à l’Assemblée nationale du Québec des représentants de la Fédération des Étudiants, meneurs des manifestations contre la hausse des frais de scolarité, et des délégués représentant au Forum mondial la société civile de chacun des cinq continents, pour des échanges animés.

C’est la conjonction de l’ensemble de ces manifestations, le nombre total de leurs participants, la porosité entre plusieurs d’entre elles, et la montée progressive de la conscience de poser aussi la question de la langue nationale et de l’indépendance jusque dans les deux premières citées, qui peuvent nourrir l’espoir de "revoir une jeunesse québécoise" au sens où, en France, avant 1958, le Général de Gaulle rêvait de "revoir une jeunesse française".

Le Québec a été plongé depuis des décennies dans l’hébétude par le matérialisme, une propagande anglo-fédéraliste et libérale incessante et d’une redoutable efficacité, ainsi que par l’échec des deux referenda de 1980 et de 1995, et le navrant exemple d’aboulie nationale et francophone donné par la France depuis 1974.

Si le Québec sortait de cette hébétude, il montrerait la voie à une France encore endormie, Gulliver attaché par ses cheveux aux innombrables petits piquets plantés pendant son sommeil par les Lilliputiens impériaux et bruxellois, et par ses "collabos de la pub et du fric" (Michel Serres).
Les associations françaises et québécoises sont déterminées à poursuivre leur collaboration et à nourrir ensemble leurs espoirs partagés, leurs avenirs respectifs étant de plus en plus étroitement liés.

Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien ambassadeur, président d’Avenir de la langue française et du Forum francophone international (FFI-France)


nouvelles2/danone.jpgDanone doit traduire en français ! - le 09/07/2012 - 22:50 par MAR
Danone: des salariés obtiennent
la traduction en français du logiciel interne
AFP - 6 juillet 2012
Grenoble — Des salariés d'une usine Danone en Isère, qui avaient attaqué en justice leur employeur pour lui demander la traduction en français d'un logiciel informatique écrit en anglais, ont obtenu gain de cause, a-t-on appris vendredi auprès du Tribunal de grande instance de Vienne.

Le tribunal a ainsi jugé jeudi "recevable" l'argument selon lequel la loi Toubon du 4 août 1994, qui impose "l'usage obligatoire de la langue française", notamment dans les entreprises, devait être respectée.

"Nous sommes très contents, nous avons mené une bataille qui n'était pas simple, mais finalement nous avons eu raison de le faire", s'est réjoui Mario Pisanu, délégué CGT.
La CGT, le comité d'établissement, ainsi que le comité d'hygiène et de séc
urité des conditions de travail (CHSCT) de l'usine Danone de Saint-Just-Chaleyssin avaient assigné en justice Danone, lui reprochant la mise en place, courant 2011, d'un logiciel de gestion entièrement en anglais.

Environ 200 des 300 salariés de l'entreprise étaient amenés à utiliser ce logiciel professionnel qui équipe par ailleurs les autres sites du groupe dans le monde, selon le syndicaliste.
"C'est une véritable barrière pour les salariés qui ne parlent pas cette langue et une forme de discrimination", fait valoir M. Pisanu.

Un logiciel et des lexiques de traduction avaient été proposés par la direction, mais jugés "difficile d'utilisation" et "pouvant engendrer des erreurs" par les représentants du personnel.
"Ces initiatives ne peuvent constituer que des palliatifs", a souligné le tribunal, qui relève que les logiciels sont "toujours en langue anglaise et donc non-compréhensibles, de façon évidente, pour des citoyens français".

La société, qui a six mois pour procéder à la traduction du logiciel sous peine d'une amende de 1.000 euros par jour, a indiqué qu'elle "envisageait de faire appel de la décision".
"C'est une décision regrettable, mais j'en prends acte. Les services fonctionnaient parfaitement bien jusqu'ici", a déclaré le directeur de l'usine, Denis Hermant.

voir la vidéo Danone, la CGT et la langue française

nouvelles2/forum_langue_francaise.jpgFin du Forum mondial de la langue française de Québec - le 08/07/2012 - 23:47 par MAR
La fin du Forum mondial de la langue française de Québec
- Le compte-rendu d'Albert Salon sur le Forum mondial et les évènements du Québec (lien)
- Francophonie - Le réveil (Le Devoir 07/07) (lien)
- OIF : Mission réussie pour le 1er Forum mondial de la langue française ! (06/07) (lien)
Des visas et du web, demandent les jeunes au forum (Nouvel Observateur 06/07) (lien)
- Forum mondial - Vers une charte du multilinguisme ? (Le Devoir 04/07) (lien)

nouvelles2/forum_langue_francaise.jpgLe Forum mondial de la langue française de Québec (2) - le 05/07/2012 - 20:48 par MAR
Autour du Forum mondial de la langue française de Québec (2)

- Le Forum mondial de la langue française (site officiel) (lien)
Claude Hagège s’oppose à l’enseignement intensif de l’anglais (Le Devoir, 5/07) (lien)
- Métro : Et si on parlait français ? (6/07) (lien)
- Jean-Claude Amboise : Le français est une mélodie en soi ! (6/07)


nouvelles2/forum_langue_francaise.jpgLe Forum mondial de la langue française de Québec. - le 04/07/2012 - 22:41 par MAR
Autour du Forum mondial de la langue française de Québec
- Abou Diouf : "Nous devons être des indignés linguistiques" (Libération, 3/07) (lien)
- Le Monde : L'Afrique, phare de l'avenir du français (lien)
- Claude Hagège : "Imposer sa langue, c'est imposer sa pensée" (Le Vif, 2/07) (lien)
- Benjamin Damade : Francophonie : la France peu encline à défendre sa langue (lien)
- Le Maire de Paris, Bertrand Delanoë à Québec (lien)

nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2012 (2) - le 03/07/2012 - 22:30 par MAR
Nouvelles de juillet 2012 (2)
- DGLF : Jeux Olympiques, pour parler sport : dites-le en français (4/07) (lien)
- Humeurs : le franglais de tous les jours, "by passer" la Love Intelligence… (3/07) (lien)
- Le Conseil municipal de Grigny (69) adopte le Manifeste progressiste pour la défense de la langue française (3/7) (lien)
- Les 7èmes Jeux de la Francophonie présentés au Forum de la langue française  (lire ci-dessous)
- Le Décès d'Élisabeth Boullé (Ïle Maurice) (lien)

Les VIIèmes Jeux de la Francophonie présentés
lors du Forum mondial de la langue française à Québec

La Francophonie a saisi l’opportunité du Forum mondial de la langue Française à Québec, grand rassemblement organisé autour de la jeunesse francophone, pour présenter la prochaine édition des Jeux de la Francophonie qui auront lieu en France, à Nice, du 6 au 15 septembre 2013.

Les Jeux de la Francophonie représentent le plus grand événement sportif et culturel de la Francophonie dédié à la jeunesse. Ils sont organisés tous les 4 ans durant l’année post-olympique, sous l’égide de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) par le Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF) et le Comité national des Jeux de la Francophonie (CNJF).

Les 75 États et gouvernements de la Francophonie sont invités à participer à la manifestation. Les organisateurs ont d’ores et déjà enregistré 51 États engagés pour cette prochaine édition. Plus de 3 000 jeunes talents, sportifs ou artistes, des milliers de spectateurs et de jeunes bénévoles ainsi que des millions d’auditeurs et téléspectateurs sont attendus pour ce rendez-vous qui témoigne d’un engagement renforcé de l’OIF en faveur de la jeunesse.

L’édition 2013 sera moderne, éco-responsable et placée sous le signe des valeurs de solidarité, de diversité et d’excellence. Au programme : 7 compétitions sportives, 7 concours culturels et 2 nouveaux concours de création écologique et numérique. De nouvelles disciplines insuffleront à l’événement une dynamique renforcée : la lutte libre et la lutte africaine pour la partie sportive, les arts de la rue pour la partie culturelle avec trois épreuves : jonglage en style libre, marionnettes géantes et hip-hop.
Les présélections culturelles ont démarré et se déroulent actuellement dans les pays membres de la Francophonie. Une tournée des jurys culturels régionaux, mandatés par le CIJF, est prévue en octobre 2012, afin de procéder au classement des artistes puis à leur sélection définitive prévue d’ici le 30 novembre 2012.

Les qualifications sportives auront lieu avant le 15 décembre 2012, et seront organisées par le CIJF en liaison étroite avec les fédérations sportives internationales partenaires.

Pour plus d’information : www.jeux.francophonie.org

Pour rappel, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) compte 56 États et gouvernements et 19 observateurs. www.francophonie.org


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2012 - le 02/07/2012 - 23:13 par MAR
Nouvelles de juillet 2012
- Québec accueille le premier Forum mondial sur la langue française (2/7)  (lien)
- Causeur : Globish spoken ou Moscovici petit cadre commercial de l'anglomanie  (2/7) (lien)
- Marianne2 : Langue française et monde multipolaire : l'urgence d'une stratégie (1/7)  (lien)
- Référence.be :
15 insupportables expressions professionnelles
(lien)
- Référence.be : 5 insupportables expressions en "franglais" (lien)



nouvelles2/francophonie2.jpgAux dirigeants francophones : sortir du "tout anglais" - le 29/06/2012 - 20:02 par MAR
autour du Forum mondial de la langue française de Québec
Appel aux dirigeants francophones à sortir du "tout anglais"

Comme le rapporte le quotidien Libération (Casablanca) : "
Une quarantaine de personnalités invitent depuis mardi la population des pays francophones à signer un appel pour sortir de "l'obsession" du "tout anglais" et presser leurs dirigeants de mettre en œuvre une "vigoureuse politique d'affirmation linguistique".  Une initiative qui prend toute sa place avant le
Forum mondial de la langue française du 2 au 6 juillet 2012 à Québec

APPEL

Langue française et monde multipolaire
l’urgence d’une stratégie

  
Nous envisageons l’avenir de la langue française avec confiance. En dépit des fausses évidences.

    Un monde multipolaire émerge sous nos yeux. Il contribue manifestement à rééquilibrer les activités de la famille humaine non seulement dans les domaines économique, financier et politique, mais également dans les domaines culturel et linguistique. Sous toutes les latitudes, de la Chine à la Russie, du Brésil à l'Inde, des politiques linguistiques se décident, de nouveaux espaces linguistiques s’organisent et s’affirment.

    Cette nouvelle donne remet en cause l'idée même du monopole d’une langue unique dans la communication mondiale. Les grandes langues internationales qui se maintiendront ou qui surgiront ne le devront pas au simple fait du hasard. Elles le devront en grande partie à la manière dont seront exploités les atouts dont chacune dispose.

    Émergente, cette configuration culturelle et linguistique globale est une chance pour l’avenir mondial du français, langue qui dispose de larges atouts.

- Par l’Histoire : au fil des siècles, la langue française s’est illustrée en portant très loin les outils critiques d’une pensée libre et singulière et les progrès des sciences. Elle a exprimé les grands principes des Lumières et les a offerts au monde. Successivement, elle a été l’instrument de l’émancipation sociale, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.

- Par son universalité : la langue française est utilisée sur toute la planète par de très nombreuses nations à l’intérieur d‘elles-mêmes comme dans leurs rapports avec le monde, ainsi que dans les activités scientifiques et technologiques les plus avancées, de la génétique moléculaire à la conquête spatiale.

- Par son statut de langue de travail et de langue officielle du système des Nations Unies et de nombreuses organisations internationales, continentales et régionales, et par le statut de la France de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

- Par la démographie : avec la perspective de plus d’un demi-milliard de locuteurs francophones pour le milieu du siècle, principalement grâce à l'Afrique, mais également à la France qui devrait devenir le pays le plus peuplé du continent européen après la Russie.

    Ces atouts sont considérables. Ils constituent des leviers puissants pour que la langue française, dans le respect de la diversité des langues et des cultures des peuples qui composent l’espace francophone, continue à jouer le rôle qui est le sien depuis des siècles.     Ces leviers, que d’autres nous envient, doivent être saisis avec détermination et constance.

    En priorité, les décideurs des secteurs public et privé du monde francophone doivent quitter le modèle dominant qui a façonné leur existence au siècle dernier et ajuster leurs choix au monde multipolaire tel qu'il advient. La soumission, la démission et la résignation linguistiques constituent les véritables menaces pour l’avenir de notre langue.

    Le “tout anglais“ constitue une obsession d’un autre temps et d’un autre monde. Il est une impasse d'où il faut au plus vite sortir dans l’intérêt des peuples ayant le français en partage.

    Notre confiance en l’avenir de la langue française n’est pas naïve. Elle appelle une vigoureuse politique d’affirmation linguistique. Cette politique doit comprendre notamment :

- l’application stricte des législations linguistiques nationales quotidiennement bafouées par les intérêts particuliers et le conformisme ambiant, aussi bien dans les secteurs public que privé, notamment pour le français langue du travail ;

- la diversification de l’enseignement des langues étrangères et des filières bilingues vers plusieurs grandes langues dont celles des pays émergents (arabe, chinois, espagnol, portugais) ;

- l’exigence de la publication en français, et dans d’autres langues si nécessaire, de tous les travaux issus de la recherche médicale et scientifique publique dans l’ensemble des pays francophones ;

- la circulation facilitée pour les étudiants, les écrivains et les artistes, ainsi que les chercheurs de l’espace francophone tant il est évident qu'il n’y a pas de francophonie si les francophones sont interdits de circulation dans cet espace ;

- un appui massif à la numérisation des patrimoines anciens et vivants de l’ensemble des pays francophones afin d’assurer la présence du français et des langues partenaires dans l’espace virtuel devenu un lieu essentiel de communication, de mobilisation et de rassemblement ;

- le renforcement de la recherche sur les systèmes de traduction automatique et leurs implications industrielles, afin d’assurer la présence du français parmi les grandes langues pivots qui s’imposeront dans l’intercommunication planétaire ;

- la priorité d’une politique bilatérale et multilatérale, forte et pérenne, en direction de l'Afrique francophone pour le développement optimal de son système éducatif ;

- l’utilisation de la langue française par les représentants des pays francophones dans les organisations continentales et internationales.

    Il ne s’agit pas pour le monde francophone de se dresser contre la langue anglaise ou contre toute autre langue. Il s’agit d’ouvrir nos yeux sur la réalité nouvelle, et de mettre en œuvre, dans le contexte de la mondialisation multipolaire, une stratégie offensive pour la langue française, qui assurera son avenir en valorisant ses nombreux atouts.

    Nous appelons les citoyens des pays francophones à exercer leur vigilance individuelle et à développer leur mobilisation collective pour que soit respecté l’usage de notre langue mondiale en partage. Nous appelons fermement nos gouvernements à réviser radicalement leur politique et leur pratique linguistiques, à abandonner les discours de circonstance sur la francophonie et à relever le défi de l’affirmation déterminée de la langue française dans la polyphonie du nouveau monde.

parmi les premiers signataires :
Louise Beaudoin députée de Rosemont, Québec
Karim Beyekhlef directeur, Centre de recherche en droit public, Université de Montréal
Marie-Roger Biloa directrice du mensuel Africa international
Daniel Boyer secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ)
Pape Diouf ancien président de l'Olympique de Marseille
Dominique Gallet producteur du magazine télévisé Espace francophone
Paula Jacques écrivain
Antonine Maillet écrivain
Jean-Tabi Manga recteur, Université de Yaoundé
Luc Martin-Chauffier syndicaliste
Dominique Noguez écrivain
Zachary Richard auteur, compositeur, interprète
Jean-Louis Roy historien, écrivain, diplomate, responsable de l'Observatoire mondial des droits de l'Homme
Awa N'Diaye présidente d'Espace Afrique International & Francophonie
Sumihiko Seto professeur de l'université à Tokyo
Marc Fiévet Directeur École Supérieure des Affaires, Namur, Belgique

lire l'appel
et la liste complète des signataires sur le site francophonesdumonde.org


nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2012 (3) - le 19/06/2012 - 15:37 par MAR
Nouvelles de juin 2012 (3)
- Forum de la langue française de Québec du 2 au 6 juillet 2012 (lien)
- Manifestation citoyenne lors du Forum de la langue française de Québec (lire ci-dessous)
- Hector Bianciotti, le français pas à pas sur France 3 [Espace francophone] (20/06) (lire ci-dessous)
- "Le Québec et le français en 2012 : une résurgence ?" entretien d'Albert Salon avec François Gauthier et Gilles Rhéaume (
cliquez pour écouter l'émission)

- Manifestation citoyenne lors du Forum de la langue française de Québec 

Forum de la langue française 2012 qui aura lieu à Québec, du 2 au 6 juillet prochain
Le gouvernement de l'anglophone Stephen Harper premier ministre du Canada et le gouvernement de l'anglophile John James Charest (dit Jean Charest), premier ministre du Québec vont tenir une opération d'occultation de la réalité au Canada, en particulier de la réalité des menaces à la langue française au Québec.
Comme les publicités pour certaines marques de savon il y aura blanchissage de la situation avec un savon qui lave plus blanc que blanc.
Dans pareille opération de blanchissage, il vaut mieux ne pas avoir dans les salles des intervenants compétents pour critiquer le discours officiel...
De nombreux représentants des organisations civiles militantes pour la défense du français au Québec ont donc été exclus du Forum de la langue française 2012.

Les organisations suivantes tiennent à manifester une opinion différente des choses :
> Mouvement Québec français (MQF)
> Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB de Montréal)
> Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
> Fondation Lionel Groulx
> Ligue internationale des scientifiques pour l'usage de la langue française (LISULF)
> Syndicat de la fonction publique (SFPQ)
> Impératif français (IF)
> Forum francophone international - Québec (FFI- Québec)
Il y aura manif, conférences et kiosques d'information à l'École nationale d'administration publique (ÉNAP) le 2 juillet à partir de midi. Voir l'appel à manifester


Hector Bianciotti, le français pas à pas sur France 3
[Espace francophone] (20/06)

Mercredi 20 juin 2012 sur France 3 : Hector Bianciotti, le français pas à pas

L’écrivain et académicien Hector Bianciotti s’est éteint à Paris, la ville qu’il chérissait.

En 1955, il quitta l’Argentine, son pays natal, passa par l’Italie et l’Espagne avant de s’installer en France en 1961. Il “quittera“ aussi sa langue espagnole pour écrire en français, une langue qui, comme il aimait le dire, lui ressemble davantage.

À l’occasion de la sortie de son livre “Le pas si lent de l’amour“ (Gallimard), Mona Makki avait eu le privilège de l’accompagner dans un périple qui les avait menés, de Rome à Paris, sur des lieux qui ont fortement marqué la jeunesse difficile et l’œuvre de cette grande figure “élégante“ et talentueuse de la littérature d’expression française.

L’émission Hector Bianciotti, le français pas à pas sera diffusée par France 3 le mercredi 20 juin (vers 1h du matin) puis par les chaînes de l’outre-mer français, Canal France international, Télé-Bruxelles ainsi qu’une trentaine de télévisions nationales francophones.
Par ailleurs, cette émission sera bientôt en ligne sur le site du magazine Espace francophone :
www.tv-francophonie.com

nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2012 (2) - le 13/06/2012 - 23:40 par MAR
Nouvelles de juin 2012 (2)
Organisation Internationale de la Francophonie : Guide pratique de la langue française dans les organisations internationales (13/06) (lien)
- Jean-Marie Klinkenberg, pt du Conseil de la langue française : Lutter contre le tout-à-l'anglais en Europe : Passéisme ou exigence de justice ? (13/06) (lien)
- Le nouveau Grand dictionnaire terminologique est en ligne (lien)

Hector Bianciotti, le français pas à pas sur France 3 [Espace francophone] (20/06)

Mercredi 20 juin 2012 sur France 3 : Hector Bianciotti, le français pas à pas

L’écrivain et académicien Hector Bianciotti s’est éteint à Paris, la ville qu’il chérissait.

En 1955, il quitta l’Argentine, son pays natal, passa par l’Italie et l’Espagne avant de s’installer en France en 1961. Il “quittera“ aussi sa langue espagnole pour écrire en français, une langue qui, comme il aimait le dire, lui ressemble davantage.

À l’occasion de la sortie de son livre “Le pas si lent de l’amour“ (Gallimard), Mona Makki avait eu le privilège de l’accompagner dans un périple qui les avait menés, de Rome à Paris, sur des lieux qui ont fortement marqué la jeunesse difficile et l’œuvre de cette grande figure “élégante“ et talentueuse de la littérature d’expression française.

L’émission Hector Bianciotti, le français pas à pas sera diffusée par France 3 le mercredi 20 juin (vers 1h du matin) puis par les chaînes de l’outre-mer français, Canal France international, Télé-Bruxelles ainsi qu’une trentaine de télévisions nationales francophones.
Par ailleurs, cette émission sera bientôt en ligne sur le site du magazine Espace francophone :
www.tv-francophonie.com

Drapeau-Quebecois.jpgQuébec et le français 2012 : une résurgence ? - le 10/06/2012 - 21:58 par Albert_Salon

Le Québec et le français en 2012 : une résurgence ?

Nous observons tous, ici en France, qu’au Québec, en quatre mois de plus en plus agités, les protestations des étudiants puis des adultes contre l'augmentation forte des droits d'accès à l'enseignement supérieur, et contre la loi 78 par laquelle le gouvernement de M. J. Charest a voulu restreindre le droit à manifester, sont en train de prendre une tournure plus politique.
Nos associations pour le français avaient, depuis quelque temps, déjà fait état de l’ampleur croissante de la mobilisation. Non sans prudence, car les manifestations ne nous paraissaient pas encore présenter un caractère de résurgence sensible du souverainisme.

Nos grands médias français ont commencé, eux, à s'y intéresser.
Ils ne sont, hélas, nullement saisis par un engouement pour la souveraineté du Québec, pour la Francité ou pour la Francophonie.

Ils sont plutôt mus par le désir de voler au secours du cher modèle social qui leur rappelle tellement celui de la France, notamment par le faible coût - pour les bénéficiaires - des services publics dans leur ensemble et, en l’occurrence, des études supérieures.

Peut-être (un peu) aussi parce que le "printemps érable" leur a paru, comme feu le "printemps arabe" auquel l’Empire et ses vassaux d’ "Occident" ne furent pas tout-à-fait étrangers, annoncer une remise en cause tant du système d’exploitation économique, dans le sens de ce que veut une partie de la gauche qui vient d’arriver au pouvoir en France avec le soutien massif de ces mêmes médias, que du modèle social libéral anglo-saxon, opposé à celui qu’ils continuent à vanter....

Les pouvoirs libéraux et fédéralistes en place à Ottawa comme dans la "vieille capitale" de l’ancienne Nouvelle France semblent d’ailleurs s’inquiéter sourdement. Le peuple québécois réputé "anesthésié" pourrait en effet comprendre que la soumission au fédéral lui est nuisible non seulement dans les domaines du modèle social étatiste, mais encore dans tous les domaines qui relèvent normalement de l'autorité propre d'un État.

Les indépendantistes minoritaires, quant à eux, se reprennent à rêver de "Québec un pays"..
Quoi qu’il en soit, pour les relations franco-québécoises, ces attitudes présentent un double avantage:
- celui de créer un pont médiatique entre les deux Nations ;
- celui de créer la "possibilité d'une solidarité" plus affirmée que ces dernières années, sinon entre les deux États, tous deux liés à l’Empire, du moins entre les "sociétés civiles" - et d’abord nous autres - au cas où les manifestations québécoises tourneraient à une affirmation plus "francophone et nationale".

En France comme ailleurs, des débats et émissions dans les médias commencent à être consacrés à la question du Québec.
En ce début d’été, des évènements s’y prêtent :

- le 18 juin, anniversaire de l’Appel du Général de Gaulle en 1940, et premier anniversaire de la grande manifestation - très internationale - pour le français, la Francophonie et la diversité linguistique et culturelle de l'Europe et du monde, qu' Avenir de la langue française avait organisée le 18 juin 2011 au Panthéon et dans le Quartier latin, en y entraînant 43 autres associations et mouvements, avec une participation remarquée de souverainistes québécois avec leurs drapeaux et leurs pancartes ; des émissions de radio marqueront ces deux anniversaires
- le 24 juin, Saint-Jean et fête nationale du Québec ;
- le 22 juillet, le 45ème anniversaire du "Vive le Québec libre !" lancé par le Général de Gaulle du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal ;

- du 2 au 6 juillet, le Forum international sur la langue française organisé à Québec par l'OIF et les deux gouvernements libéraux d’Ottawa et de Québec pour préparer le Sommet francophone d'octobre 2012 à Kinshasa ;

Dans ce Forum, les militants de nos associations françaises, parmi beaucoup de colloques et débats intéressants (voir le site www.programmation.forumfrancophonie2012.org ) noteront :
- le "Marché aux idées" ;
- le débat sur le français au travail, avec la participation de notre compatriote et ami Jean-Loup Cuisiniez (du syndicat CFDT) ;
- la présence active du Pr François Grin, de l’Université de Genève, qui a réalisé, entre autres, de remarquables études sur les dizaines de milliards de dollars que vaut au monde anglo-saxon la prépondérance de plus en plus écrasante - sans cesse renforcée par les intéressés - de la langue anglaise dans le monde ;
- la présence de deux présidents d’associations françaises amies, M. Jean Guion, de l’Alliance francophone, et M. Daniel Miroux, membre d’ALF et de DLF, président de l’Alliance Champlain, sise à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) ;
- la présence de cet autre ami très proche : M. Joël Broquet, Directeur du Carrefour des Acteurs sociaux (Paris) ;
- le 3 juillet, la table ronde "La diversité linguistique dans les organisations internationales multilatérales", animée par Dominique Hoppe et l’ancienne ministre, l’universitaire Louise Beaudoin ;
- le 4 juillet, la conférence-débat de Maître Jean-Claude Amboise, avocat de nos trois associations agréées AFAL, ALF, et DLF, sur la chanson en français dans le monde ;

En coïncidence heureuse et liaison avec le Forum :
- le 5 juillet, la Fête de la Langue de Molière, animée par M. Stéphane Rousseau, en ouverture du Festival d’été de Québec, évènement annuel récurrent, avec des comiques, slameurs, chanteurs venus de divers endroits de la Francophonie.

Hors de ce Forum, les participants au Forum eux-mêmes (qui ne le savent pas encore pour la plupart) et nous tous pouvons noter avec le plus vif intérêt que des associations et mouvements militants québécois organisent des manifestations médiatisées en "contre-point" destinées à poser plus largement le lien entre la langue française menacée là-bas comme ailleurs et le statut du Québec. Ainsi :
- le 2 juillet, Le Mouvement Québec français (MQF) de la Capitale-Nationale invite les organismes de la société civile québécoise qui ont pour mission la promotion et la défense du français à se rassembler pour souhaiter la bienvenue aux délégués du Forum mondial de la langue française et lancer un appel à la solidarité de la francophonie internationale.
12h00 : Rassemblement à la Place du Québec, suivi d’une marche jusqu’en face du Centre des Congrès où aura lieu le Forum mondial ; retour à la place Québec.
14h30 à 17h30 : Activités festives et interactives au Jardin Saint-Roch. Une grande tablée et un spectacle ; discours au retour de la marche ; kiosques avec les partenaires du MQF ; Conférences et lectures dans les salles de l’ÉNAP (École nationale d’Administration publique) ; Ateliers ludiques et culturels pour enfants et adultes.
- le 2 juillet, parmi les tables rondes et débats à l’ENAP, deux grands militants : M. Gilles Rhéaume et Mme Marie-Mance Vallée, du Collectif Nationalité française, joints en l’occurrence à la SSJB (Société Saint-Jean-Baptiste, indépendantiste) et à l'Association des Patriotes de l'Amérique française, organisent une conférence sur la nationalité française, pour promouvoir la revendication de ceux des Québécois qui veulent se voir reconnaître la nationalité française. Pour plus d’information, s’adresser à : info@quebecfrancais.org et se reporter aux textes de Maître Néron, avocat de cette cause, publiés sur le site (section Histoire et Droit) : http ://notrehistoire.net/histoire_droit.htm
L’ensemble des manifestations et festivités devrait constituer un moment fort de prise de conscience et de solidarité en Francophonie.

Nos associations françaises invitent tous les Français présents en juillet au Québec, particulièrement du 2 au 6 juillet dans la Capitale nationale, à saisir ensemble toutes les occasions de contacts, de solidarité et d’actions communes avec leurs homologues du Québec et des autres pays francophones qui auront fait le déplacement, et à prévoir le prolongement de leurs contacts et actions communes lors du Sommet francophone d’octobre 2012 à Kinshasa.

Albert Salon, président d'Avenir de la langue française (ALF) et du FFI-France, administrateur de Droit de Comprendre, du Cercle Nation et République et du Forum pour la France.


nouvelles2/iwantyou.jpgLe monolinguisme anglophone m’a mis en rage - le 05/06/2012 - 09:34 par Jean_Quatremer
Jean Quatremer (Libération) : "le monolinguisme anglophone [de la commission européenne] m’a mis en rage"

à lire également sur le site de TF1 (si TF1 s'intéresse enfin à la langue française !) UE : le français, langue de seconde zone face à la dictature de l'anglais ?

à lire également le Courriel à l'IFRI (Institut "français" des relations internationales) qui organise ses colloques entièrement en anglais"

nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2012 - le 03/06/2012 - 21:29 par MAR
Nouvelles de juin 2012
- Lettre des associations au Président de la République (5/06) (lien)
- Appel aux candidats aux Élections législatives
(lien)
- Comment un auditeur tacle Patricia Clark (France Inter) pour anglomanie (lien)
- Proposez des équivalents français à "fact checking" et "fact checker" (lien)
- L'association québécoise Impératif français dénonce l'anglicisation forcée par l'OTAN  (lien)
 - Prince Henrik de Danemark : Je fais tous mes discours en français
(lien)


nouvelles2/ue-anglos.jpgL'Europe donne ses ordres à la France en anglais - le 31/05/2012 - 22:10 par MAR
La commission européenne édicte ses commandements à la France .... en anglais !
à lire sur le site de TV5 Monde
En espérant que les bonnes paroles de François Hollande sur le français et la Francophonie ne restent pas comme toutes celles de ses prédécesseurs : des incantations... Et que cet exemple précis d'insultes européennes à une nation (encore) indépendante soit condamné de la manière la plus ferme
Faut-il rappeler d'ailleurs, que l’anglais n’est à aucun titre LA langue officielle de l’Union, mais une parmi d’autres.
MAR
[lien]

à lire également le bloc de Jean Quatremer (Libération) : I want you to speak english or get out


nouvelles2/francois-hollande-francophonie.jpgHollande : je suis attaché au français et à la Francophonie - le 28/05/2012 - 22:57 par MAR
François Hollande : "Je défendrai partout l’usage du français"
François Hollande semble s'intéresser à la langue française et à sa place dans le monde. En témoignent un entretien avec le site Slate.fr et une allocution prononcée le 18 mai à Washington, devant la communauté française. Nous ne pouvons que nous en réjouir, espérant que ces belles paroles seront suivies d'effets... MAR


Entretien avec le site Slate.fr
[...]
Justement, vous allez rencontrer Barack Obama pour la première fois au G8 de Camp David les 18 mai et 19 mai. Une première question, qui pourra vous sembler anecdotique : Mister Hollande, do you speak English ?
F. H. Yes I speak English, more fluently than the former President. But a French president has to speak French !

Au-delà de la plaisanterie, est-ce que vous pensez que c’est important que le chef d’État français parle la langue commune de la diplomatie internationale ?
F. H. Il a besoin de la comprendre et de pouvoir avoir des échanges directs avec ses interlocuteurs. Mais je suis attaché à la langue française et à la francophonie.
Lorsque je participais à des sommets de chefs de partis en Europe, il a pu m’être désagréable d’entendre des amis roumains, polonais, portugais, italiens parfois, parler anglais, mais j’admets que sur le plan informel, les contacts puissent s’établir dans cette langue.
Je défendrai néanmoins partout l’usage du français."
[...]  (l'entretien complet)

Allocution de François Hollande devant la communauté française
Ambassade de France à Washington - Vendredi 18 mai 2012

[...]
Je veux vous dire aussi que dans la composition du gouvernent -- ce n'est pas d'ailleurs une innovation -- il y a une ministre déléguée, Madame Yamina Benguigui, auprès du ministre des Affaires étrangères, qui suivra la question des Français de l'étranger et de la Francophonie.

Parce que la francophonie, c'est aussi un grand enjeu. S'exprimer en français, cela ne veut pas dire qu'on ne connaisse pas l'anglais, s'exprimer en français, défendre la langue.

La langue, ce n'est pas la langue de la France, c'est la langue française. C'est très différent. Cette langue, nous l'offrons à tout le monde. C'est souvent pour beaucoup, de ceux qui ne sont pas français, en accédant à notre langue aussi une part de liberté qu'ils retrouvent.

Parler français, c'est accéder à notre culture, à nos valeurs ais aussi prendre leur part pour ses locuteurs à la pluralité du monde. Nous aurons à cœur de promouvoir la langue française.
[...] (le texte du discours)

nouvelles/presse.gifNouvelles de mai 2012 (3) - le 22/05/2012 - 11:44 par MAR
Nouvelles de mai 2012 (3)
- Lettre AFRAV à François Hollande : Code de déontologie : un volet linguistique, svp ! (23/05) (lien)
- De hautes personnalités françaises et étrangères lancent un appel au Président et au gouvernement pour le français et la Francophonie (lien)
- Union de la Presse francophone : Le nouveau visage de la francophonie en France
(lien)
- L'Institut Français passe à l'ère numérique (28/5) (lien)
- Serge Borg, vice-pt du GERFLINT : Pour de meilleures synergies
(lien)


nouvelles2/francois-hollande-francophonie.jpgFrançois Hollande et la Francophonie - le 15/05/2012 - 11:26 par MAR
François Hollande et la Francophonie

Alors que le nouveau président, François Hollande, entre en fonction, il nous a semblé intéressant de reproduire les réponses faites par le candidat au réseau des Maisons de la Francophonie. Réponses faites via Jean-Paul Bachy, président de la région Champagne-Ardenne, en charge du projet francophone dans l’équipe de campagne. Puissent ces engagements être suivis de faits. Nous nous attacherons à les lui rappeler. MAR. (lire également ci-dessous, la lettre de François Hollande au groupe Phénix)

1 – Des actes forts qui rassemblent sur des fondamentaux

1.1) L’action politique a besoin de symboles forts. L’inscription de la Francophonie dans la Constitution française, à l’article 87, suite à la réforme adoptée lundi 21 juillet 2008 par le Congrès en fait partie.


Accepteriez-vous de marquer votre mandat par un autre geste symbolique : l’inscription au Panthéon des noms des trois pères fondateurs de la Francophonie décédés, Léopold Sedar Senghor, Amani Diori et Habib Bourguiba ?

F. H. : Votre suggestion est intéressante. Mais je ne suis pas sûr que l’on puisse limiter aux trois noms cités la paternité ou l’héritage de la francophonie. Que faites-vous d’Aimé Césaire, et de quelques autres ? Je me propose donc pour répondre à votre idée d’engager une large consultation, en vue d’aboutir à des propositions consensuelles.

1.2) La création d’une Fondation de la Francophonie pour l’économie, chargée de collecter et de redistribuer des fonds (partenariats public/privé), via les mécanismes vertueux de la micro-finance (micro-crédit, micro-épargne et micro-assurance) nous semble nécessaire. Aujourd’hui, près de 80% de la population mondiale est exclue du système financier et 90% n’a pas accès au crédit (Source : PlaNet Finance).
L’une des missions fixée à la Fondation serait de favoriser les partenariats et les investissements directs dans les pays francophones, et notamment ceux d’Afrique, par des entreprises œuvrant dans la valorisation des ressources naturelles et du secteur agricole et agroalimentaire, afin d’instaurer un développement durable.
L’objectif serait non seulement de créer, à partir des entreprises dans lesquelles la Fondation investira, de véritables pôles de développement structurants, mais aussi de favoriser, dans le cadre de programmes internationaux de développement de ces ressources, la mise en place de filières entre les entreprises francophones.


Partagez-vous cette ambition ? Seriez-vous prêt, à l’occasion du sommet de Kinshasa organisé sur le thème “Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale”, à lancer une initiative allant dans ce sens ?

F. H. : Les pays attachés à notre culture attendent aussi de la France qu’elle soit acteur de leur développement. Le marché que représentent les populations francophones s’élève à plusieurs centaines de millions d’habitants. Les besoins sont énormes. Pour répondre aux besoins élémentaires de l’Afrique, en termes d’infrastructures, les besoins d’investissement sont évalués à 95 milliards d’euros par an, pendant 10 ans.

A supposer même qu’on la double, l’aide publique que la France finance restera une goutte d’eau face à de tels défis. L’intervention publique en faveur des pays francophones est donc moins une question de budget que de capacité à fédérer les acteurs. La meilleure manière de défendre la culture francophone est d’organiser un "espace économique francophone", s’appuyant sur des partenariats public/privé structurés. Les anglophones ont bien bâti un "Commonwealth". Parce que l’obstacle de la langue n’y existe pas, les espaces francophones ouvrent aux entrepreneurs français d’immenses opportunités de marchés. Encore faut-il les soutenir et les organiser.


Le responsable du groupe du travail francophonie - développement, Jean-Paul Bachy, est allé me représenter, ainsi que l’Association Internationale des Régions Francophones, au sommet économique panafricain de Ouagadougou en Février. A l’occasion du forum mondial de la langue française, à Québec du 2 au 6 juillet prochain, se tiendra aussi une rencontre des entreprises francophones. Je partage votre idée de créer une Fondation de la Francophonie pour l’économie. Ses modes d’organisation restent à définir. Le sommet de Kinshasa peut être une opportunité pour en débattre.


1.3) Le réseau des Chaires Senghor de la Francophonie, plateformes de formation et de recherche sur la Francophonie, a été créé en 2002. Les Chaires sont implantées dans 16 universités (dont deux avec statut d’observateur). L’objectif est de mettre en place progressivement au moins une Chaire Senghor par pays membre de la Francophonie.

Pouvez-vous vous engager sur un soutien effectif du gouvernement français au déploiement des Chaires Senghor de la Francophonie, notamment en France ?


F. H. : Je proposerai à la conférence des présidents d’université (CPU) de travailler sur ces programmes avec les chaires Senghor et nous déciderons, ensemble, de la position à adopter.


1.4) Il n’y aura pas de Francophonie "populaire" et légitime sans appropriation par l’opinion publique. L’implication des élus, locaux et nationaux, est ainsi indispensable.

Seriez-vous favorable à ce que le Gouvernement présente à l’automne 2012, avant le sommet de Kinshasa, une déclaration au Parlement suivie d’un débat sur la francophonie qui permettra de placer l’ambition francophone au cœur de la France ?

Seriez-vous favorable à la création, au moment du vote du budget par le Parlement, d’un examen spécifique par les élus de la Nation des crédits dévolus à la francophonie et à l’influence de la France, aujourd’hui répartis entre plusieurs ministères ?


F. H. : Actuellement, l’équipe du pôle francophonie réfléchit aux formes les plus efficientes permettant de défendre nos valeurs. Si la francophonie reste, de toute évidence, un projet transversal, il ne suffira pas de décréter ou de revenir à la loi Toubon pour que, immédiatement, nos concitoyens, nos ministères, nos élus aient un réflexe de défense de ces valeurs. Nous réfléchissons actuellement à la mise en place, au sein de l’Élysée, d’une cellule francophonie aux moyens élargis. Un grand débat, suivi d’actions ciblées et continues en direction des élus pourraient contribuer à ancrer ce sentiment d’appartenance à la communauté francophone.

2 – Dynamiser la politique d’influence de la France et de l’espace francophone

2.1) Culturelle dès sa fondation, la Francophonie doit désormais, si elle veut conserver durablement son aire d’influence, s’ouvrir plus au monde économique. La constitution d’un corps de Volontaires de la Francophonie pourrait en être, avec la Fondation de la Francophonie pour l’économie, l’un des outils.
Nous proposons de créer, dans un premier temps à l’échelle de la France en nous appuyant sur les mécanismes développés par l’Agence du Service Civique, ces Volontaires de la Francophonie. Sur le modèle des volontaires internationaux, chaque jeune Français pourrait choisir, à la fin de ses études, de partir en francophonie donner un à deux ans de sa vie sur un projet économique. Cet investissement ne pourrait se faire que dans des entreprises purement locales (il ne s’agit pas de fournir une main d’œuvre bon marché aux groupes internationaux) ou dans des projets à vocation économique soutenus par des ONG. Ce système pourrait également être ouvert aux adultes actifs, chômeurs ou retraités.


Êtes-vous favorable à la création des Volontaires de la Francophonie ?
Pouvez-vous prendre l’engagement de lancer les études de faisabilité d’une telle initiative ?

F. H. : Il me semble pertinent de former TOUS les volontaires, quel que soit leur âge, qui, actuellement, partent à travers le monde, à nos valeurs francophones et ne pas isoler spécifiquement un corps de volontaires. Une telle initiative pourrait être rapidement mise en place et les résultats mesurés dans les trois ans à venir.

2.2) La création d’un Erasmus francophone constitue une priorité pour éviter la fuite des cerveaux francophones du Sud vers les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni. En effet, c’est aujourd’hui la situation à laquelle on assiste, et il est vital de redonner aux étudiants francophones du monde entier le sentiment d’un lien privilégié. Il faut ouvrir les filières d’excellence, les Écoles normales supérieures, les grandes écoles de commerce, Polytechnique, aux étudiants francophones non français.
Il faut également investir dans des structures d’accueil rénovées pour pouvoir faciliter les échanges entre les Universités francophones. Tel serait l’objet des accords qui constitueraient l’armature du Programmes Erasmus francophone. L’agence universitaire de la Francophonie paraît le cadre naturel pour gérer efficacement un tel programme.


Êtes-vous favorable à la création d’un Erasmus Francophone ?
Pouvez-vous prendre l’engagement de lancer les études de faisabilité d’une telle initiative, en lien avec l’OIF ?


F. H. : Comme je l’ai déjà annoncé, j’abrogerai, dès mon élection, la circulaire Guéant qui a accéléré un processus de désintérêt des élites francophones du Sud à l’égard de la France. Une de mes premières mesures sera d’accorder à tout lycéen qui obtiendra le baccalauréat français partout dans le monde, et sous condition de ressources, un visa automatique afin qu’il puisse venir étudier dans l’enseignement supérieur français. J’étudierai, avec l’AUF et l’OIF, les modalités de la création d’un Erasmus francophone.

2.3) A l’instar de l’IHEDN en France, la création d’un Institut des Hautes Études francophones permettrait de familiariser l’élite aux défis de la mondialisation et à l’intérêt de la Francophonie tout en renforçant le sentiment d’appartenance à la Communauté francophone. L’Institut pour l’Étude de la Francophonie et de la Mondialisation, créé au sein de l’Université Lyon III en 2001, est l’embryon d’une Science Po Francophone.
Nous proposons de lui confier la création de l’Institut des Hautes Études Francophones dont le rôle sera d’accueillir les élites des pays francophones.


Êtes-vous favorable à la création d’un Institut des Hautes Études Francophones, basé à Lyon ?

F. H. : En lien avec la Conférence des présidents d’université (CPU) et l’AUF, j’étudierai la faisabilité d’un IHEF sur lequel IFRAMOND pourrait apporter son expertise. Il nous faudra néanmoins réfléchir aux modalités de fonctionnement d’une telle structure afin de ne pas l’isoler mais au contraire montrer à ses participants la richesse du multilinguisme et donc de la francophonie. Sa localisation pourrait aussi être pensée hors de nos frontières. Enfin, en période de restrictions budgétaires, la mutualisation des moyens déjà existant devra aussi être étudiée.

2.4) La Francophonie est un espace politique, culturel, c’est donc avant tout un espace humain. La création d’un "visa francophone", étudié en son temps par le ministère des Affaires Étrangères, permettrait de mieux concilier politique migratoire et francophonie, dans le respect, naturellement, des traités signés et des accords internationaux qui lient la France au sein de l’Europe. La création d’un "visa francophone", sur le modèle du visa Commonwealth, donnerait aux francophones la possibilité de se déplacer plus facilement dans la francophonie. Il constituerait une réponse adéquate à nos partenaires anglophones, montrant que la France a aussi su aménager un espace géoculturel souple et ouvert. Les procédures administratives pourraient ainsi être moins arbitraires, plus claires et simplifiées, de manière à optimiser le service rendu au public et à faciliter la vie de l’usager.

Ce "visa francophone" serait un signe tangible et concret de l’adhésion de la France à une Francophonie crédible et ambitieuse.
Ce pourrait être l’occasion de réaffirmer les liens entre la Francophonie et l’immigration et reconnaître ainsi l’apport pour la France de cette diversité culturelle et sa légitimité en terre de France.


Êtes-vous favorable à la création d’un "visa francophone" ?
Pouvez-vous prendre l’engagement de reprendre les études de faisabilité d’une telle initiative ?


F. H. : Nous reprendrons les études menées sur cette question. Je m’engage à ce que les services des visas, au sein de nos ambassades, soient à nouveau rattachés au Ministère des Affaires Étrangères et non plus au Ministère de l’Intérieur ce qui évitera l’arbitraire que vous dénoncez avec raison.

2.5) Le lancement d’une plateforme "e.francophonie" pourrait être au cœur du renouveau de la francophonie classique par la mise en œuvre d’un plan majeur de développement de la "francophonie numérique".
Les sphères d’influence passent aujourd’hui par des solutions mobiles. Le numérique francophone doit devenir un processus essentiel et puissant au service du développement de l’influence francophone (une francophonie revivifiée car utile).
Cette "force de frappe" numérique, dont les prémices ont été lancés sous ce quinquennat, serait mise au service de nos productions culturelles, intellectuelles, industrielles, commerciales d’origine française et/ou francophone.
La "e.francophonie" serait, par exemple, utilisée pour la mise en place d’actions de co-développement, via notamment des systèmes numériques d’enseignement sur le modèle de l’université médicale virtuelle francophone (co-développement avec 20 pays dans le domaine mère-enfant pour lutter contre la mortalité maternelle et infantile). Ces actions concernent les pays de l’OIF, mais aussi, dans une optique d’extension de notre zone d’influence, les pays méditerranéens et les pays fortement émergents (Brésil, Inde, Russie et Chine).
Par ailleurs, le portail "e-francophonie" pourrait permettre de participer à la lutte contre l’illettrisme et d’aider les migrants futurs peu scolarisés à l’apprentissage de notre langue et de nos modes de fonctionnement nationaux.


Êtes-vous favorable à la création d’un portail "e-francophonie" ?
Pouvez-vous prendre l’engagement de lancer les études de faisabilité d’une telle initiative, en lien avec l’OIF ?


F. H. : Cette proposition de création d’une plateforme est pertinente et devra s’appuyer sur les expériences déjà menées, notamment avec les campus numériques. Ce dossier est à travailler avec l’OIF et l’AUF, sans oublier de consulter nos partenaires québécois, très en avance sur ce type d’enseignement. Je demanderai que cette question soit portée à l’ordre du jour du sommet des chefs d’État à Kinshasa.

2.6) Pour répondre à la forte demande de français dans le monde, la formation des enseignants de français et en français ne peut être différée.
La mondialisation du XXIe siècle récompensera les pays qui auront été les plus habiles dans l’épanouissement et l’expansion de leur propre aire d’influence régionale, condition sine qua non de débouchés économiques pour les entreprises et d’enrichissement culturel pour tous. L’ouverture à marche forcée d’Institut Confucius, le développement des Instituts Cervantes dans le monde témoigne de cette compétition très ouverte. C’est à la France de jouer un rôle moteur.


Pouvez-vous prendre l’engagement, via notamment l’Institut Français, le réseau des Alliances Françaises et les médias (TV5 Monde notamment), de densifier notre réseau linguistique et culturel ?


F. H. : La formation des enseignants en français est une problématique bien réelle et influe sur la perte d’influence de la France, en nette accélération depuis 5 ans. La formation et l’éducation sont, comme vous le savez, une de mes premières priorités. Les créations de postes doivent aussi concerner les enseignants de français à l’étranger. Nous devons aussi repenser nos modes de fonctionnement tout en renforçant l’aide apportée à l’action des Alliances Françaises.

La demande d’apprentissage du français reste considérable dans le monde et a même tendance à s’accroître. La pérennité de la langue n’est en effet pas seulement un enjeu dans les pays où elle est parlée par la majorité de la population (Afrique et Maghreb par exemple). Elle l’est aussi dans les pays où l’influence française reste vive pour des raisons historiques (Vietnam, Cambodge, Louisiane). Il ne faut surtout pas les oublier. Elle l’est enfin sur tous les continents, notamment dans les pays émergents (Chine, Russie, Europe centrale, Amérique du Sud) où son prestige reste intact aux yeux des élites et des jeunes générations.

L’enseignement du français est trop souvent de type académique alors que le besoin des populations locales réside d’abord dans l’accès à l’enseignement technique et professionnel.


3 – Défendre la Francophonie… en France !

3.1) Nous avons tous en tête le festival "Francofffonies" lancé en 2006 par le gouvernement de l’époque.
Durant 7 mois, plus d’un millier de manifestations francophones ont ainsi vu le jour sur le territoire national, mêlant initiatives publiques et privées.
Dans cet esprit, et dans la droite ligne du Mois de la Francophonie lancé en mars en Rhône-Alpes (62 communes participantes, plus de 300 manifestations en 2012) et de la semaine de la langue française et de la francophonie, il nous semble pertinent de sanctuariser une grande fête de la Francophonie tout au long du mois de mars (le 20 mars est la journée mondiale de la Francophonie).
Cette manifestation nationale, relayée par les collectivités territoriales, permettrait de mobiliser les structures culturelles et associatives autour de la thématique francophone.


Êtes-vous favorable à la création d’un Mois de la Francophonie à l’échelle nationale ?
Pouvez-vous prendre l’engagement de lancer cette initiative ?


F. H. : Ma réponse sera brève : OUI au mois de la francophonie et à une grande fête les 20 mars. Les évènements dramatiques qui se sont déroulés à Toulouse ne m’ont pas permis de m’exprimer ce 20 mars, mais il serait pertinent de faire un temps fort de la francophonie dans tous les pays.

3.2) Le réseau des Maisons de la Francophonie, fonctionnant sur le modèle réussi des Maisons de l’Europe, est en cours de création. Lieux d’échanges de partage et de culture, de rencontre, de travail, de réflexion et d’action, ces Maisons abritent le siège de nombreuses associations et ONG locales ayant un lien avec la Francophonie. Ces Maisons, implantées en Rhône-Alpes, PACA, Bourgogne pour l’instant, sont aussi à l’initiative de conférences, expositions, événements autour de la Francophonie.

Pouvez-vous prendre l’engagement d’apporter votre concours et votre soutien à la poursuite de la constitution de ce réseau des Maisons de la Francophonie ?

F. H. : Oui, j’apporterai mon soutien à l’extension de ce réseau, avec l’aide de l’OIF, des réseaux d’élus (AIMF et AIRF) en accord avec les collectivités territoriales sur le terrain.

3.3) Nous proposons que les programmes scolaires, du primaire au supérieur, fassent une place à la Francophonie au travers de son histoire, de sa géographie, mais aussi de son ambition et de ses auteurs.
On sait à quel point certains enfants ou adolescents, issus de l’immigration, peinent à s’identifier à la culture française tout en étant dans l’impossibilité de retrouver leurs origines, ce qui crée chez eux un fort malaise identitaire. Sachant que la France et sa langue ont été, en grande partie, célébrées par des écrivains originaires du Maghreb, d’Afrique subsaharienne, d’Asie ou encore de Québec, la Francophonie pourrait servir de passerelle entre leurs racines parentales et leur citoyenneté présente.
Par exemple, la connaissance d’un Kateb Yacine ou d’un Sembène Ousmane, qui ont su si bien chanter les cultures africaines et françaises, permettrait aux jeunes Français issus de l’immigration de mieux appréhender leur double culture.


Pouvez-vous prendre l’engagement d’étudier l’introduction, dans les programmes scolaires, d’un volet francophone ?

F. H. : Je demanderai au nouveau ministre de l’Éducation Nationale d’intégrer cette question au sein de la problématique beaucoup plus large des programmes scolaires afin d’aider nos jeunes français, quelle que soient leurs racines, à percevoir le lien qui, à travers cette langue, nous unit à d’autres pays. Le support du livre comme vecteur de la connaissance de la langue est essentiel. Un effort est à faire pour contribuer à la diffusion des éditions françaises et des ouvrages scolaires en français dans le monde. L’action de la CONFEMEN est à renforcer sur ce point.

3.4) Un certain nombre de disciplines universitaires ont aujourd’hui tendance à adopter l’anglais (y compris des sciences "molles" comme la gestion, le management dont les concepts sont facilement adaptables en Français…).

Faisant fi de l’article 2 de la Constitution française qui fait du français la langue de la République, nous notons régulièrement une volonté de modifier la loi Toubon pour permettre aux établissements d’enseignement supérieur (grandes écoles et universités) d’enseigner totalement en langue anglaise. La charge est actuellement menée par la Conférence des Grandes Écoles.
Il est illusoire de croire que pour conquérir une part importante dans le marché mondial de l’enseignement, il suffirait de copier le modèle anglo-américain. Les bons étudiants préféreront toujours l’original à la copie.

Nous assistons déjà à l’émergence d’un nouveau critère de jugement dans les commissions de recrutement universitaire : "la capacité à faire cours en anglais", qui a peu à voir avec les capacités intrinsèques disciplinaires d’un futur universitaire. Nous assistons également à l’obligation faite par des responsables de cycles universitaires d’imposer dans les services statutaires des enseignants des cours en anglais.
Par ailleurs, des revues scientifiques en français ont été exclues de la nomenclature des revues cotées dans les procédures d’évaluation menée par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ou le Conseil national des universités (CNU) !


Pouvez-vous prendre l’engagement de renforcer la loi Toubon afin d’affirmer définitivement la primauté du français sur l’anglais sur le territoire national notamment dans le monde du travail, de l’enseignement et de la recherche ?

Pouvez-vous prendre l’engagement de favoriser le multilinguisme dans l’enseignement et de rendre obligatoire le recours au trilinguisme et non au bilinguisme anglais/français quand la seule langue française n’est pas jugée suffisante, pour imposer l’enseignement à égalité de deux langues étrangères à tous les niveaux de l’enseignement du primaire au supérieur ?


F. H. : La question est multidirectionnelle et la défense du français passe aussi par l’acception d’autres langues étrangères dans l’enseignement. Une de mes premières mesures sera de rappeler à Bruxelles que le Français est la deuxième langue officielle des institutions européennes et demander à ce que ce règlement soit respecté.

En imposant un retour aux fondamentaux au sein de l’Europe, nous entamerons cette démarche qui n’a pas été défendue depuis plus de 15 ans. Je demanderai aussi l’institution d’un classement européen de nos établissements d’enseignement supérieur, projet en cours auprès de la CPU ; le classement de Shanghai laisse une part significative aux établissements anglo-saxons puisqu’il ne répertorie que les publications en anglais des chercheurs. Le même type d’actions est à mener au niveau des Nations Unies (où le français est aussi, au même titre que l’anglais, la langue officielle) et dans l’ensemble des organisations internationales.


ALF a toujours, dans les vingt ans de son existence, donné le plus large écho aux principales déclarations et aux actes - souvent divergents - des présidents de la République et chefs de gouvernement qui se sont succédé à la tête de l'État, en matière de langue française et de Francophonie. C'est donc avec le même empressement, et le même espoir inlassablement renouvelé, que nous diffusons cet entretien fort prometteur. Nos principales associations porteuses de la marche du 18 juin 2011 vont d'ailleurs demander à être reçues ensemble aussi tôt que possible par le Président de la République, puis par les principaux responsables de la nouvelle politique.
Albert Salon

Une superbe lettre de M. François Hollande sur sa politique du français et de la Francophonie

Plusieurs de nos associations avaient fait passer depuis des mois à des amis de M. Hollande proches de nous (d'ALF, de DLF, mais aussi d'autres associations, notamment de ce groupe Phénix, plusieurs fois signataire de nos appels et documents) nos propositions communes de politique du français et de la Francophonie.
M. Hollande, alors candidat, a répondu le 10 avril à Phénix cette lettre substantielle, fort intéressante, qui reprend une partie de nos analyses et propositions.
Certes, loin de rejoindre la position collective - reconnue largement comme très équilibrée et raisonnable - de toutes nos associations sur les langues régionales et minoritaires, le nouveau Président a, lors de sa campagne, annoncé aux mouvements régionalistes (soutenus par Bruxelles et l'Allemagne) qu'il demanderait au Parlement de ratifier la Charte européenne de ces langues. Sur ce point très important à la fois pour le français et pour l'unité de la République, nous ne pourrons pas l'approuver.

Mais, comme nous l'avons fait pour ses prédécesseurs, nous pouvons diffuser, citer, invoquer, en toutes circonstances qui s'y prêteront, le contenu très encourageant de cette réponse à Phénix.
Des occasions d'invocations pertinentes - et de rappels fermes - de la position présidentielle nous seront peut-être fournies par de nouvelles dérives de l'administration, des services publics, ainsi que par l'éventuelle forfaiture de tels ministres ou représentants de la France qui s'exprimeraient en anglais là où des traductions du français vers d'autres langues s'imposeraient, traductions qu'il suffirait d'exiger en invoquant les textes nationaux et internationaux en vigueur.
Albert Salon


FRANÇOIS HOLLANDE
  

  Madame Joëlle LE MORZELLEC
  Monsieur Michel GUILLOU,
  Monsieur Guy LAVOREL,
  Monsieur Joël JALLAIS,
  Monsieur Jacques DUFLAUD,
  Monsieur Serge ARNAUD,
  Monsieur Jean BENETEAU,
  Monsieur Philippe EVANNO,
  GROUPE PHENIX
  Francophonie Nouvelle
  6 rue Camille Roy
  69007 Lyon
   
  Paris, le 1 0 AVR. 2012

 

 

Madame, Messieurs,

Vous avez bien voulu m'interroger sur l'action que je mènerai, si je suis élu, en faveur de la langue française et de la francophonie.

Je considère que l'atout formidable que représentent plus de 220 millions de locuteurs francophones dans le monde a été négligé, voire méprisé, par l'actuel gouvernement. Dans mon discours public du 18 mars au Cirque d'Hiver, j'ai déclaré ma ferme intention de défendre notre langue, la langue française. Je veux qu'elle soit davantage promue. La Francophonie est une grande cause, non pas seulement pour la France mais pour ces 220 millions d'humains qui nous font le bonheur, qui nous donnent la fierté de parler notre langue et qui nous reprochent souvent de la défendre si mal, alors que, eux, dans des pays très lointains, parlent le français parce qu'ils veulent parler une langue de liberté et de culture.

Le prochain Sommet de la Francophonie à Kinshasa sera, si je suis élu, l'occasion d'annoncer une politique globale et ambitieuse en faveur de la langue française, conçue non comme un frileux repli identitaire, mais comme un formidable atout en matière d'influence et de rayonnement économique et culturel de notre pays.

Un des axes de cette politique sera le combat pour le multilinguisme, car parler plusieurs langues est une condition de réussite indispensable dans le contexte de la mondialisation. Je m'attacherai à ce que le service public de l'éducation favorise enfin réellement l'apprentissage de deux langues étrangères. La promotion du français et de son enseignement à l'extérieur de nos frontières sera d'autant plus crédible que nous développerons chez nous une offre diversifiée.

La France s'honorera aussi de défendre le droit pour tous de parler sa propre langue sur son territoire. Il y a dans certaines entreprises des dérives regrettables ; je veillerai, si nécessaire par des mesures législatives, à y mettre fin.

Il me sera également nécessaire de renforcer la place de notre langue dans la recherche et l'enseignement supérieur, de façon à constituer un véritable espace scientifique francophone de la connaissance, à travers des mesures très concrètes telles que l'aide à l'indexation des publications. A fortiori, en France, je veillerai à ce que les règles soient respectées dans les colloques, les publications et les cours eux-mêmes.

Très soucieux de la diversité culturelle sous tous ses aspects, je soutiendrai à ['UNESCO une initiative en faveur d'une convention internationale pour la protection et la promotion de la diversité linguistique.

Enfin, je donnerai des instructions fermes à nos représentants dans les différentes instances, à tous les niveaux, pour que l'expression dans notre langue soit respectée dans les instances européennes et internationales.
Je vous prie de croire, Madame, Messieurs, à l'assurance de toute ma considération.

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francoishollande.fr

59, avenue de Ségur - 75007 Paris
T
él. : +33 (0)1 56 58 90 40 - cab@francoishollande.fr


nouvelles/presse.gifNouvelles de mai 2012 (2) - le 15/05/2012 - 11:26 par MAR
Nouvelles de mai 2012 (2)
- Lettre au Monde sur les abus de titres anglomanes (28/05) (lire ci-dessous)
- François Hollande met la langue française dans les atouts de la France (15/05) (lire ci-dessous)
- Unifrance ou la défense molle du cinéma français (19/05) (lire ci-dessous)
- Euro-obligation ou Eurobonds ? La DGLF communique (21/5) (lire ci-dessous)
- Trésor multinational en péril - Lettre publiée dans Le Monde du 16/05 (lire ci-dessous)

Lettre au Monde sur les abus de titres anglomanes (28/05)
Le Monde du 27-28 mai 2012 (p. 22)
Journalisme "Le Monde" trop anglais !

J'ai été pour le moins surpris par l'encadré titré "Le "media bashing", gimmick de meeting" dans la page Décryptages - Enquêtes (Le Monde du 18 mai). Si mes calculs sont bons, cela nous donne en un seul titre quatre mots sur six en anglais.

N'a-t-on pas, dans la langue de Molière, d'équivalents pour exprimer la même idée ? Est-on forcé de passer par l'anglais ? Quelle est la volonté ? Sonner "jeun's" ? Sonner tendance ? Je trouve cet usage critiquable à plusieurs niveaux. D'abord, cela rend de fait, en particulier pour un lectorat âgé, l'article incompréhensible au premier abord. J'ai pour ma part 21 ans et je reviens d'un semestre académique à l'université de Cardiff. Étant de surcroît étudiant à l'Institut d'études politiques de Lyon, je pense avoir un niveau d'anglais légèrement supérieur à la moyenne nationale.

Pourtant, il m'a fallu relire plusieurs fois le titre pour le comprendre. Ensuite, je ne vois aucunement l'utilité de l'utilisation de l'anglais dans le cas présent. Si le sujet avait un rapport avec des élections anglophones, pourquoi pas. Là, je cherche toujours la pertinence d'une telle utilisation. Enfin, je ne crois pas que Le Monde grandisse à utiliser ce vocabulaire.

On prendrait à l'inverse plaisir à lire ou relire des mots de moins en moins utilisés de notre langue pour profiter de toutes ses subtilités. Ne voyez pas en mon message un quelconque nationalisme ou nostalgie pour l'époque où le français était l'une sinon la plus importante langue au monde. Mon expérience à Cardiff constitue la preuve de mon intérêt pour la langue de Shakespeare, et je n'ai nulle volonté de "lutter" de quelque façon que ce soit contre l'hégémonie de l'anglais. Alors vive l'anglais, mais quand c'est justifié !

Vincent Grimault, Allex (Brome)


François Hollande met la langue française dans les atouts de la France (15/05)

François Hollande lors de son discours d'investiture prononcé à l'Élysée le 15 mai 2012 parlant des "atouts de la France" : "Ils sont considérables, la productivité de nos travailleurs, l'excellence de nos chercheurs, le dynamisme de nos entrepreneurs, le travail de nos agriculteurs, la qualité de nos services publics, le rayonnement de notre culture et notre langue, sans oublier la vitalité de notre démographie et l'impatience de notre jeunesse..."

le texte intégral du discours


Unifrance ou la défense molle du cinéma français (19/05)

Ayant écouté Régine Hatchondo, directrice générale d'Unifrance, sur France Culture samedi 19 mai, j'ai ressenti un certain malaise en pensant que cette personne est chargée de défendre et de promouvoir le cinéma français :
Une introduction laborieuse où elle passe son temps à rabaisser le cinéma français par rapport au cinéma "américain", elle finit enfin, par dire que la France est le 2ème pays exportateur de films.

A une juste question du journaliste s'interrogeant sur l'intérêt des "remakes" "américains" de films français, elle semble trouver cela tout à fait normal (ceci est dû à la place de la langue anglais et  c'est quand même mieux de vrais acteurs "américains" ! ). Oubliant de dire que 'était d'abord dû au fait que le spectateur états-unien moyen ne voit jamais de films étrangers et que ce refus du doublage ou du sous-titrage est bien évidemment une barrière commerciale d'ordre colonial.

Bref avec Régine Hatchondo qui adopte le point de vue du concurrent dominant, le cinéma français semble vraiment bien défendu... MAR


- Euro-obligation ou Eurobonds ? La DGLF communique (21/5) (lire ci-dessous)

Dans les négociations liées à la mise en place du pacte budgétaire européen, revient de façon insistante le projet d'émettre des obligations communes aux États membres de la zone euro, appelées en anglais eurobonds. Pour désigner en français ces obligations dont la création a pour objectif d'éviter la spéculation sur les dettes des États les plus en difficulté par une mutualisation des dettes des pays de la zone euro, le terme euro-obligation vient d'être officiellement recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie.

Euro-obligation : "Obligation publique émise dans la zone euro et garantie par l’ensemble des États membres de cette zone ou par certains d'entre eux. Note : L'émission commune d'euro-obligations, si elle était décidée, serait un moyen de mutualiser les dettes souveraines d'États membres de la zone euro." Journal officiel du 13 mai 2012

La Délégation générale à la langue française et aux langues de France (ministère de la Culture et de la Communication) compte parmi ses missions l'enrichissement et la modernisation de la langue française. A ce titre, elle concourt, en lien avec la Commission générale de terminologie et l'Académie française, à l'élaboration de nouveaux termes permettant à chacun de disposer d'équivalents français aux termes étrangers. A l'heure actuelle, plus de 6 000 termes ont été publiés au Journal officiel et sont accessibles sur la base de données www.franceterme.culture.fr.


Lettre de Jean Hourcade publiée dans Le Monde du 16/05)
Culture : Trésor multinational en péril

La lettre de Pierre Le Peltier "La défense des humanités" (Le Monde du 12 mai) me peine. Il semble se résoudre sereinement à la mort de la langue française : "Si le français n’est pas éternel, où est le malheur?"

Le professeur Debré parlait de "l’honneur de vivre", et Camus, dans la même veine, considérait qu’il fallait vivre pour vivre, malgré "l’absurdité" de la condition humaine. La langue française est le support d’une civilisation mondiale et séculaire.

Pierre Le Peltier évoque les langues régionales, qui ont aussi droit à la vie (j’en parle une), mais elles n’ont pas le rayonnement ni le champ lexical du français et des autres langues universelles. Ce sont des langues de proximité.

Pour citer un autre grand locuteur de la langue française, Brassens disait: "Mourir, d’accord… mais de mort lente, et à la grande rigueur, ne pas mourir du tout." Le français est un trésor multinational que nous, héritiers, avons le devoir de défendre car il est réellement en danger. Se résigner, c’est déjà mourir.

Jean Hourcade, Peypin-d’Aigues (Vaucluse)

nouvelles2/xuan-thuan_bertrand.jpgPublications scientifiques de haute valeur en français - le 14/05/2012 - 21:41 par MAR
Publications scientifiques de haute valeur en français
- Le Prix mondial de la Fondation Cino del Duca a été attribué au Pr. Trinh Xuan Thuan astrophysicien et écrivain, pour ses efforts dans la vulgarisation scientifique en langue française. Celui-ci a publié en français une œuvre importante traduite dans d'autres langues. [lien]
- Olivier Bertrand, docteur en sciences du langage, primé par le CNRS pour ses travaux sur la naissance du vocabulaire politique [lien]

2 parutions intéressantes - le 12/05/2012 - 18:25 par Albert_Salon
2 parutions intéressantes
Géopolitique de la France de Pascal Gauchon
France, ce serait aussi un beau nom… de Marie-Pierre Pruvot

Géopolitique de la France du professeur Pascal Gauchon, apôtre de la géopolitique, fondateur du festival de géopolitique de Grenoble

Aux extraits qui suivent de la recension écrite par Philippe Cohen dans Marianne, il convient d’ajouter que l’auteur, dans son ouvrage, a, comme le relève notre ami Denis Griesmar, engagé une réflexion sur le rôle de la langue dans la position géopolitique de la France.

"L'auteur se moque gentiment des armées de déclinistes qui peuplent le paysage intellectuel français depuis quelques années. Ceux qui sont réfractaires à cette dialectique trouveront dans l'ouvrage quelques munitions bien affutées pour leur livrer bataille. Ainsi Pascal Gauchon nous apprend-t-il que le patrimoine de la France - addition des possessions des administrations, des entreprises et des particuliers - représente quelque 12 513 milliards d'euros, soit cinq fois le PIB. Ce patrimoine a doublé depuis 1978. Et la France occupe le même rang mondial - cinquième pour le PIB - qu'en... 1900. Le déclin est en route, mais il ne se presse pas...

Pascal Gauchon égrène tous les chiffres et les données - avec quelques cartes et tableaux – qui montrent que le déclin de la France n'est ni patent ni inéluctable.

L'agriculture, qui occupe encore 53% du territoire, a donné à la France un socle de puissance que la conjoncture historique qui valorise le pouvoir vert et maritime (11 millions de km² dont seulement 300 000 en Europe, soit la deuxième zone économique exclusive du monde). Son industrie, affirme l'auteur, est moins malade qu'on ne le croit. D'abord parce qu'elle a de beaux restes, dans le nucléaire, le BTP, la pharmacie, l'automobile, et bien sûr le luxe. En témoigne le rang enviable des multinationales françaises. En fait, notre faiblesse, selon l'auteur, réside davantage dans nos emplois industriels que dans notre industrie en tant que tel. Et l'anxiété des Français face à la mondialisation ne témoigne pas d'une France fermée mais d'un pays, au contraire très ouvert sur le monde, tant sur le plan de l'économie que celui de l'immigration, mais dont les habitants souhaitent malgré tout rester eux-mêmes. Quoi de plus légitime pour un vieux pays qui ne compte pas moins de 15 milliards de cadavres dans ses cimetières ?"
Géopolitique de la France, plaidoyer pour la puissance/ Pascal Gauchon, PUF, Paris 2011, 25 €


France, ce serait aussi un beau nom… essai, de Mme Marie-Pierre Pruvot, Préface de Nicolas Dupont-Aignan,

Ce livre d’une adhérente d’Avenir de la langue française est une déclaration d’amour à la France, à sa liberté, à son rôle dans le monde. Il nous touche encore plus parce qu’il est une déclaration d’amour à la langue française. Mais il n’est ni une aimable romance, ni un roman. Il est un essai politique d’une observatrice assidue et très réactive de la vie politique française depuis la fin de la guerre. Son intérêt principal tient à ce que l’auteur a compilé, sélectionné et analysé avec un esprit critique sain et vif, les titres et articles du Monde depuis sa création en décembre 1944 jusqu’à 2011. Avec un fil d’Ariane non unique, mais tout à fait privilégié, la langue française, Mme Marie-Pierre Pruvot nous décrit par petites touches, année après année, avec des exemples et citations dûment datés, l’inexorable basculement de trop de nos élites – à contre-peuple - vers le consentement, puis l’aspiration à la disparition de la langue française et de la France dans la vassalisation à l’Empire et à la Super-classe mondiale. A l’exception du Général de Gaulle et des vrais gaullistes.

A l’exception aussi des souverainistes, et naturellement des valeureux militants de la langue française et de la Francophonie.

Parmi ces derniers, elle cite les Rossillon, Saint Robert, Noguez, Lecherbonnier, bien d’autres, et notre Avenir de la langue française, ses actes et ses livres, en donnant les références de notre site qu’elle connaît bien.

Mais parmi les élites qui enterrent notre langue et notre souveraineté, elle montre de manière précise quand, dans quelles circonstances, pourquoi et comment, ce qu’ont dit, fait, laissé faire, encouragé, les Giscard, Rocard, Fabius, Chirac, Bérégovoy, Delors, voire François Mitterrand pourtant si français et si cultivé, voire Catherine Tasca (elle très à contre-cœur, nous le savons), et les Jospin, Colombani, Fillon, Pécresse, Kouchner, Allègre, Juppé, Barnier, Seillière, Sarkozy, Descoings, Raffarin, et tant d’autres de moindre renom.

Nous savons mieux qui a fait beaucoup de mal au français, à la Francophonie, à la France.
Nous partageons, et souhaitons faire partager, son cri du cœur :
"Parle français. Si tu le tais, tu le tues. Une langue tue est une langue morte." Albert Salon.

France, ce serait aussi un beau nom…, Éditions Ex-Æquo, Plombières, 2011, 20 €


nouvelles/presse.gifNouvelles de mai 2012 - le 08/05/2012 - 21:39 par MAR
Nouvelles de mai 2012
- La loi sur l'affichage enfin respectée dans le RER C (10/05) (lien)
- Réponse dilatoire du gouvernement sortant à la question d'une sénatrice sur les abus de l'anglais notamment dans l'enseignement (10/05) (lire ci-dessous)
- Vienne (Isère) : Travail en anglais, Danone au tribunal
(France 3 Alpes (03/05)
[lien]
- L'AFNIC ouvre les adresses Internet aux accents (developpez.com) (03/05) [lien]


Le Gouvernement sortant répond de manière très alambiquée et diluée à la question d'une sénatrice communiste portant notamment sur l'exigence croissante de l'anglais pour valider les diplômes en France même. Aucune réponse sérieuse sur ce point précis et en revanche de larges digressions sur la maitrise du français en primaire, ce qui ici est complètement hors-sujet...

Question écrite n° 23201 de Mme Cécile Cukierman (Loire - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 29/03/2012 - page 768
Mme Cécile Cukierman attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur la marginalisation croissante de la langue française au profit de l'anglais et ce, à tous les niveaux : médias, y compris médias publics, entreprises privées et services publics, slogans publicitaires...
En effet, le vocabulaire entrepreneurial anglo-saxon prend aujourd'hui le pas sur la langue officielle de notre République, phénomène que l'on peut observer dans notre environnement professionnel comme dans la sphère privée. La profession enseignante dans son ensemble et de nombreuses associations de défense de la langue française dénoncent aujourd'hui une régression de la maîtrise écrite de la langue française ainsi qu'un manque d'autonomie à l'oral.

On exige aujourd'hui par exemple des étudiants qu'ils obtiennent une certification de leur niveau en anglais ("TOEIC") sous peine de ne pas obtenir leurs diplômes. En revanche, on remarque une absence de mesures visant à favoriser l'usage et à promouvoir la maîtrise de la langue française et ceci, au sein même de nos institutions. Cette évolution porte en elle de véritables discriminations, les classes populaires étant plus lourdement pénalisées par l'omniprésence de l'anglais dans notre quotidien.
Dans ces conditions, elle lui demande quelles mesures il envisage de prendre pour faire enfin respecter l'article 2 de notre constitution.


Réponse du Ministère de la culture et de la communication
publiée dans le JO Sénat du 10/05/2012 - page 1162
Le ministère de la culture et de la communication (délégation générale à la langue française et aux langues de France), en tant que gardien du cadre légal, tout particulièrement de la loi Toubon, intervient souvent auprès des dirigeants d'entreprises pour peu qu'un manquement caractérisé à la loi lui soit signalé. Plus spécifiquement, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), tout comme l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) veillent à la défense et à l'illustration de la langue et de la culture françaises dans la sphère audiovisuelle, sans pour autant bannir l'utilisation de langues étrangères, sous réserve qu'il soit recouru à une traduction en français.


De leur côté, les agents publics ont, plus encore que les autres, des responsabilités dans le domaine de l'usage et de la promotion de la langue française : ce devoir d'exemplarité de la fonction publique française, en France comme à l'étranger, a été rappelé par les circulaires du Premier ministre du 12 avril 1994 et du 14 février 2003. Le premier texte précise que "tout agent public doit se conformer au principe général que la langue de la République est la langue française". La seconde circulaire rappelle énergiquement la nécessité "d'assurer, au service de nos concitoyens, la primauté de notre langue sur le territoire national".

La maîtrise du français est un enjeu d'éducation. Ainsi, le socle commun, défini par décret n° 2006-830 du 11 juillet 2006, précise les connaissances et les compétences attendues de tout élève à l'issue de la scolarité obligatoire ; la maîtrise du français en constitue la composante majeure. Pour l'école, les nouveaux protocoles d'évaluation nationale en français et en mathématiques mis en œuvre à compter de l'année scolaire 2008-2009 permettent de suivre les acquisitions des élèves. Appliqués aux paliers 1 (CE1) et 2 (CM2) du socle commun, ils fournissent des indicateurs pour le pilotage, à tous les niveaux du système éducatif. Les résultats 2009, 2010, 2011 des évaluations de français, public/privé en CE1 et CM2 font apparaître une augmentation de la proportion d'élèves ayant des acquis très solides (43 % en 2009 pour 51 % en 2011), un tassement pour les élèves ayant de bons acquis (29 % pour 27 %), une diminution des élèves ayant des acquis fragiles (18 % pour 14 %), de même que pour les acquis insuffisants (9 % pour 7 %). Au CM2 les résultats par année sont plus stables. En 2011, près de 75 % des élèves ont des acquis très solides ou de bons acquis, et près de 25 % ont des acquis insuffisants ou encore fragiles. Pour le collège, une évaluation nationale portant sur deux compétences du socle commun, dont la maîtrise de la langue française, sera expérimentée en classe de cinquième dans les établissements volontaires au cours de l'année 2011-2012.


Le Test of english for international communication (TOEIC) est utilisé par bon nombre d'écoles d'ingénieurs ou écoles de commerce, cette utilisation se justifiant dans le cadre de la politique d'établissement. La maîtrise des langues étrangères est prise en compte dans l'habilitation par l'État des titres d'ingénieur délivrés par les écoles ; ceci vaut également pour certaines écoles de commerce pour les titres qu'elles délivrent. Il est vrai que la mode est aux mots venus du monde anglophone, parfois difficiles à comprendre, à prononcer ou à écrire, pour la plupart des gens.


Pourtant, le plus souvent, les mots équivalents existent en français. En effet, pour désigner les réalités nouvelles qui se créent constamment, des termes français sont recommandés par la Commission générale de terminologie et de néologie et publiés avec leur définition au Journal officiel de la République française. Ces nouveaux termes français sont encore insuffisamment répandus. Plus nombreux seront les Français à les employer, plus facilement ils entreront dans l'usage, plus vite ils deviendront familiers et sembleront avoir toujours existé. Parallèlement à ce dispositif institutionnel d'enrichissement de la langue, il est apparu intéressant de prendre en compte les avis et propositions des internautes à travers un outil collaboratif créé par le ministère de la culture et de la communication : le wikiLF. Cette présence dans les nouvelles technologies a également conduit à décrire à l'attention des administrateurs de site et des rédacteurs web les bonnes pratiques de la communication écrite dans les démarches en ligne.

Le ministre de la culture et de la communication tient à préciser que cette dernière initiative a été menée conjointement avec ses partenaires québécois. Sur un plan général, le numérique, enjeu majeur de politique et de société, modifie en profondeur la vie quotidienne des citoyens. Même si la loi Toubon, antérieure à l'Internet, ne s'y applique que très restrictivement, le ministère de la culture et de la communication veille à ce que ces technologies prennent en compte les priorités politiques que constituent la présence du français et la promotion de la diversité linguistique dans la société. Enfin, une attention particulière est portée aux institutions de l'Union européenne. Un vade mecum, mis au point conjointement par le ministère de la culture et de la communication, le ministère des affaires étrangères et européennes et le secrétariat général des affaires européennes, dont la dernière édition date de 2006, fera très prochainement l'objet d'une actualisation. Il permettra de rappeler les droits linguistiques des fonctionnaires français et francophones de ces institutions et des agents publics travaillant avec elles.


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