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   Ma patrie, c'est la langue française   (Albert Camus)

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La Voix francophone

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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles2/culture.jpgLe ministère de la Culture répond sur le français - le 18/10/2012 - 10:47 par MAR
Le ministère de la Culture et de la communication répond
sur la langue française (10/2012)
Quelques éléments intéressants noyés dans l'eau-de-rose administrative (le surlignage de certains passages est de notre initiative). Nous attendons toujours au delà de ces belles paroles, comme celles de François Hollande, le début d'une amorce d'action concrétisant celles-ci. MAR
Il nous semble par ailleurs, que le ministère de la Culture pourrait répondre à la représentation nationale en évitant les fautes d'orthographe. Pour défendre le français cela fait désordre : résollument, sufisamment  (sic !)

Question écrite n°983 - 14ème législature posée par M. Alain Bocquet (député du Nord - Gauche démocrate et républicaine) publiée au Journal Officiel le 17/07/2012

M. Alain Bocquet attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur la question de la défense de la langue française. Diverses associations ont rappelé l'urgence des préoccupations déjà exprimées à plusieurs reprises, devant l'accumulation de faits qui témoignent d'un engagement insuffisant de l'État à ce sujet.

On assiste aujourd'hui à un basculement au "tout anglais" dans tous les domaines tels enseignes commerciales, communication d'entreprise, recherche, université, lycée, collège, entreprises publiques et dans les médias privés et publics. Le constat est particulièrement grave dans l'enseignement notamment dans les filières littéraires où le nombre d'heures de littérature a diminué de moitié. Cette situation annonce une diminution radicale de la place du français dans notre pays mais porte également atteinte au rayonnement de notre langue à l'étranger. Il lui demande les suites que le Gouvernement entend apporter à ces justes préoccupations de défense du français.

Réponse du ministère : Culture et communication parue au JO le 16/10/2012

La ministre de la culture et de la communication est attentive à tout ce qui peut fragiliser le lien de nos concitoyens avec la langue française, sous la pression exercée notamment par l'anglais dans un grand nombre de domaines de la vie économique, sociale et culturelle.

Elle voit dans cette perspective un risque pour le maintien de la cohésion sociale en France, dont l'identité s'est construite autour d'une langue commune, le français, langue de la République en vertu de la Constitution. Ce principe constitutionnel est le garant de l'égalité de nos concitoyens dans l'accès à l'information, au savoir, au droit et à la culture. La ministre compte mener une stratégie offensive et adaptée à la mondialisation pour donner à la langue française la place qui doit légitimement lui revenir dans notre société. Cette stratégie tient naturellement compte des apports indispensables que constitue la maîtrise d'autres langues pour le développement personnel comme pour l'essor de notre pays : elle se place ainsi résollument [sic !] dans une perspective de valorisation de la pluralité linguistique.

Cette stratégie passe d'abord par une stricte application des dispositions de la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française. Ce texte dispose, dans son article premier, que le français est la langue de l'enseignement, du travail, des échanges et des services publics. La ministre veillera à ce que ces principes soient respectés par les différentes administrations de l'État chargées de leur mise en œuvre. La loi de 1994, dont plusieurs pays en Europe se sont inspirés lorsqu'ils ils ont entrepris de protéger leur langue, constitue par ailleurs un cadre sufisamment [sic !] souple pour rendre possible, dans de nombreuses situations (enseignement, travail, médias...), l'emploi d'autres langues que le français. La ministre tiendra les parlementaires informés de façon régulière et détaillée dans le rapport sur l'emploi du français qui leur est remis chaque année par le Gouvernement. Elle souhaite conduire sur ces enjeux un dialogue plus direct avec la représentation nationale.

Le rapport sur l'emploi du français pourrait fournir l'occasion de ce dialogue et faire l'objet d'un échange de vues entre le Gouvernement et le Parlement sur les orientations et les résultats de notre politique linguistique. Les services publics ont, aux yeux de la ministre, une responsabilité particulière au regard de la promotion du français. En montrant une forme d'exemplarité dans l'emploi de la langue de la République, notamment lorsqu'ils s'adressent aux usagers, ils renforceront la confiance que ceux-ci éprouvent envers l'action publique. Ils créeront aussi un utile contrepoids aux pratiques de certains acteurs économiques consistant à proposer dans les lieux publics des noms de marque ou des slogans exclusivement en anglais pour s'adresser à une population majoritairement francophone. Nos solidarités linguistiques nous incitent d'ailleurs à conforter ce que le maintien de notre cohésion sociale impose.

En donnant les preuves d'une détermination nouvelle à défendre notre langue, nous renforcerons la confiance de nos partenaires francophones et la capacité d'influence de la France au sein de la communauté des États et Gouvernements ayant le français en partage. Nous enverrons également un signal positif aux millions de jeunes qui, dans le monde, font le choix d'apprendre la langue française, et qui peuvent difficilement admettre que celle-ci soit marginalisée en France même, dans notre système éducatif, nos entreprises et nos espaces publics. Pour indispensable qu'il soit, notre cadre légal ne peut à lui seul fonder une politique dynamique de promotion du français.

Dans des secteurs de la société particulièrement marqués par l'internationalisation des échanges et des savoirs et la mise en compétition des système éducatifs, le respect de nos textes doit s'accompagner d'une démarche visant à accompagner les acteurs économiques, sociaux et institutionnels dans la mise en place de stratégies linguistiques qui soient de nature à concilier le respect de notre droit avec l'ouverture aux autres langues. L'expérience montre ainsi qu'une généralisation injustifiée de l'usage de l'anglais dans l'entreprise peut générer des situations de mal être au travail, voire des formes de discriminations, susceptibles de déboucher sur des conflits ou des actions en justice qui, dans certains cas, pourraient être évités. Il est important que les partenaires sociaux, du côté des employeurs comme des salariés, prennent en considération ces situations et fassent de la place des langues un sujet du dialogue social. La ministre précise que les services de la délégation générale à la langue française et aux langues de France entreprennent d'apporter à ces partenaires des outils les aidant à mettre en place des dispositifs de gestion des langues dans l'entreprise. Cette approche visant à favoriser la mise en place de stratégies linguistiques pourrait également prévaloir dans les domaines de l'enseignement supérieur et de la recherche.

En second lieu, il importe de mettre l'accent sur les ressources en langue française, notamment sous forme numérique, et de les rendre accessibles au plus grand nombre. Ainsi, les 6 000 termes français de la base de données FranceTerme constituent pour l'État comme pour les citoyens un très utile moyen de préserver la fonctionnalité de notre langue et sa capacité à désigner les concepts et réalités contemporains. Le ministère de la culture et de la communication est également aux avant-postes pour relever le défi du web sémantique, par exemple en soutenant un dispositif d'extraction de données culturelles sur la Toile à partir des ressources offertes par l'encyclopédie Wikipédia : les possibilités d'accès du public aux données culturelles en langue française s'en trouveront démultipliées. Il a appuyé les initiatives qui ont permis aux caractères de la langue française (par exemple les lettres accentuées) de pouvoir être respectés dans les noms de domaine en .fr et, plus généralement, il apporte son soutien aux projets tels que le dictionnaire collaboratif wiktionnaire qui apportent au français une réelle dynamique sur la Toile. La langue française est l'affaire de tous. Son avenir dépend d'abord de ses locuteurs, de celles et ceux qui l'enseignent et la pratiquent au quotidien.

Aussi, le ministère de la culture et de la communication développe une étroite coopération avec le ministère de l'Éducation nationale pour proposer au grand public des ressources pédagogiques et ludiques sur notre langue, son histoire, la richesse de son vocabulaire, les échanges qu'elle entretient avec les langues du monde. Cette collaboration prend place notamment dans le cadre des opérations de sensibilisation coordonnées par la délégation générale à la langue française et aux langues de France, par exemple l'opération "Dis-moi dix mots", qui constitue un très utile moyen de donner à nos concitoyens, notamment aux plus jeunes, le goût des mots, indissociable de la maîtrise de notre langue. La ministre est consciente qu'il ne peut y avoir d'action uniforme pour conforter la place de notre langue. Elle entend conduire une politique de fermeté sur le respect de nos textes légaux, en mettant l'accent, là où cette action régalienne trouve ses limites, sur des démarches d'incitation et de sensibilisation. Dans tous les cas, elle mobilisera l'ensemble du Gouvernement et des organismes impliqués dans cette politique par nature interministérielle, et s'attachera à mieux y associer les élus, au premier rang desquels les parlementaires.


La question et la réponse sur le site de l'Assemblée Nationale


nouvelles2/sommet-francophonie.jpgLe sommet francophone de Kinsasha - le 15/10/2012 - 23:18 par MAR
Le sommet francophone de Kinshasa
Le discours de François Hollande à Kinshasa (13/10/2012) [lire ci-dessous)
Michèle Delaunay, ministre personnes âgées  Le français langue africaine (lien)
Le Point : A Kinshasa, François Hollande lie francophonie et démocratie (lien)
Afrik.com : La place de la langue française au centre des débats (lien)
La Croix : F. Hollande à Dakar n’a pas passionné le village francophone (lien)
Atlantico : Entretien avec Claude Hagège (lien)
"De Montreux à Kinshasa 2010-2012" : rapport du Secrétaire général de la Francophonie (lien)
(voir également l'émission d'Espace Francophone consacrée au Sommet)

Le discours de François Hollande à Kinshasa (13/10/2012)

 

Monsieur le Secrétaire général, cher Abdou Diouf
Mesdames et Messieurs les Présidents, réunis ici à Kinshasa,
Mesdames et Messieurs, les chefs de délégation, conscients de l'enjeu de la francophonie,
Mesdames et Messieurs, venus nombreux, dans cette grande salle de congrès,

J'ai voulu me rendre personnellement, ici, à Kinshasa au sommet de la Francophonie. D'abord pour une raison simple. Je voulais témoigner du soutien de la France au peuple congolais qui aspire comme chaque peuple à la paix, à la sécurité, à la démocratie.

Je voulais venir ici à Kinshasa, pour exprimer une nouvelle fois ma confiance dans l'avenir de l'Afrique qui est la jeunesse du monde.

Je voulais venir ici, à Kinshasa, pour honorer cette belle et grande cause, qui s'appelle la Francophonie et qui nous réunit tous aujourd'hui, au-delà de nos sensibilités, de nos histoires, de nos différences.

Notre patrie commune - disait un grand auteur français, Albert Camus - "c'est la langue française".

La Francophonie est bien plus qu'un patrimoine légué par l'Histoire, bien davantage qu'un lien linguistique entre des populations qui parfois s'ignorent.

La Francophonie, elle porte des valeurs, des principes, des exigences.

Parler le français, c'est une façon de penser, de concevoir le monde. C'est un message de liberté. C'est en français, que les révolutionnaires de 1789 ont proclamé, et donc écrit, la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen. C'est en français, en 1948, au lendemain de la seconde guerre mondiale, qu'a été rédigée la Déclaration universelle des droits de l'Homme. C'est en français que s'exprimaient les combattants africains pour l'indépendance, ceux qui refusaient la souffrance des peuples asservis. "La langue française, disait Léopold Sedar Senghor, ce merveilleux outil trouvé dans les décombres du régime colonial".

Voilà le sens de l'identité francophone.

J'exprime ma gratitude à l'égard de notre Secrétaire général, Abdou Diouf, qui a su, à la fois, préserver l'unité de la communauté francophone et en même temps consacrer la place éminente de l'Afrique dans la Francophonie.

L'Afrique occupe une place éminente.

L'Afrique, c'est le continent où notre langue est le plus parlée. Le français est une langue africaine et elle le sera de plus en plus. En 2050, c'est tout proche, 700 millions d'hommes et de femmes parleront le français, 80% seront africains.

L'avenir de la Francophonie, il est ici en Afrique. C'est vous qui allez porter le français, ses valeurs et en même temps ses exigences.

La Francophonie, c'est une belle et grande idée. Elle ne se vit pas comme un conservatoire, comme un musée où nous aurions à protéger notre bien, notre richesse, notre langue. Non, la Francophonie n'a peur de rien, c'est un espace de rayonnement, c'est la promotion de valeurs, c'est aussi l'ouverture, l'échange économique, social, culturel, c'est enfin un lien entre les générations parce qu'il n'y a pas plus beau projet pour la francophonie que de servir la jeunesse, cette jeunesse qui va parler elle aussi en français.

Je suis venu ici, à Kinshasa, pour ce sommet afin de vous proposer, amis francophones, une ambition commune, autour de quatre priorités.

La première, c'est de multiplier les échanges, dans l'espace francophone entre les jeunes, entre les étudiants, les enseignants, les chercheurs, les artistes, les créateurs. La France doit montrer l'exemple. Il y a trop d'obstacles qui sont mis sur la route de celles et ceux qui veulent montrer leurs talents dans l'espace francophone, apporter leur contribution, venir étudier ou chercher. La France a donc réalisé des efforts pour améliorer cette situation à travers des visas de circulation désormais valables sur plusieurs années. Mais il y a encore trop de freins, et c'est pourquoi je veux que les étudiants francophones puissent circuler plus facilement, et que les artistes puissent également être accueillis partout dans l'espace francophone.

La seconde priorité, c'est faire de la francophonie un outil au service du développement.

Le développement, c'est d'abord la préservation de notre planète, la biodiversité à laquelle vous êtes si attachés en Afrique. Le développement, c'est également la lutte contre le réchauffement climatique dont vous n'êtes pas responsables mais qui vous touche particulièrement à travers un certain nombre de catastrophes qui se produisent sur votre continent. Et puisque nous voulons faire du développement une grande cause, portons là ! La France contribuera autant qu'elle le pourra à ce que la Conférence sur le climat en 2015 puisse être un succès. La France également, et je l'ai dit à Rio, continuera de plaider pour la création d'une Organisation Mondiale de l'Environnement dont le siège devrait se trouver en Afrique. C'est un témoignage là aussi de notre engagement.

Le développement, c'est la solidarité. Nous avons déjà mis en place des financements innovants : la taxe sur les billets d'avion qui permet de trouver des ressources pour lutter contre les pandémies et notamment le SIDA. La France a pris l'initiative d'introduire une taxe sur les transactions financières. Elle est maintenant suivie par d'autres pays européens. Onze ont déjà dit qu'ils y étaient prêts pour que cette taxe, non seulement puisse dissuader la spéculation, mais surtout puisse permettre de trouver de nouveaux financements pour assurer le développement. 10% de cette taxe, concernant la France, seront affectés à des projets de développement ou à des luttes contre des pandémies et notamment le SIDA.

Je veux que la Francophonie puisse porter, là encore, cette belle idée de la solidarité, du développement et que nous puissions nous aussi montrer l'exemple, y compris dans la transparence dans les échanges ou dans les investissements des entreprises. La France défendra, au niveau européen, la publication des comptes des entreprises minières, extractives, forestières pour que, pays par pays, projet par projet, sans exception, nous puissions être sûrs qu'il n'y a pas de prédation dans les pays d'accueil, de façon à ce que nous puissions lutter, plus efficacement encore, contre la corruption et le pillage des ressources naturelles.

La troisième priorité que nous devons porter ensemble, les francophones, c'est de contribuer au règlement des crises, chaque fois que nous sommes concernés et notamment ici en Afrique. Ici à Kinshasa, je pense aux populations des KIVUS, victimes de conflits à répétition. Je pense à ces populations civiles massacrées, à ces femmes violentées, à ces enfants enrôlés. Oui nous devons, et je le fais à cette tribune, réaffirmer que les frontières de la RDC sont intangibles et qu'elles doivent être respectées.

Je souhaite que les francophones appuient tous les efforts de l'ONU pour qu'elle soit davantage présente ici en RDC, pour la sécurité de l'Est. Je suis favorable à ce que le mandat de la MONUSCO puisse être précisé, élargi si c'est nécessaire. Mais je ne pense pas qu'à ce seul conflit, à cette seule épreuve. Je veux également saisir les francophones de ce qui se passe, au Mali, pays francophone où le terrorisme s'est installé au Nord, où il occupe un territoire, où il met des populations en danger, où il saccage des monuments pourtant inscrits au patrimoine de l'Humanité.

Nous devons affirmer notre détermination à lutter, là encore, contre le terrorisme et à assurer au Mali l'intégrité de son territoire.

Je me réjouis, qu'à l'initiative de l'Union africaine, et je salue son président, de la CEDEAO, et je rends hommage également à son président, il y ait eu hier -- et la France a été active en ce sens -- un vote du Conseil de sécurité permettant maintenant de pouvoir, si les Africains eux-mêmes en décident, d'envoyer une force pour permettre de combattre et de défaire les terroristes et que le Mali puisse retrouver l'espoir et l'intégrité de son territoire.

Mais chacun comprend ici que les menaces vont bien au-delà de ce qui peut se passer dans tel ou tel pays. Nous sommes tous concernés par les trafics de drogue, les trafics d'armes, les trafics d'êtres humains. Et c'est la raison pour laquelle je veux que les francophones s'engagent aussi dans la lutte contre ces fléaux et notamment celui de la drogue. Nous avons besoin d'une stratégie mondiale pour en terminer avec ce qui déstabilise des Etats, menace des sociétés et atteint jusqu'à la jeunesse qui, parfois, elle-même dérive vers ces produits. Oui, c'est une grande cause la lutte contre la drogue parce que c'est cette lutte-là qui permettra aussi de mettre un terme à certains conflits au sein de nos sociétés ou à l'extérieur.

Et puis, la dernière priorité, c'est la démocratie. La francophonie doit porter la démocratie, les droits de l'Homme, le pluralisme, le respect de la liberté d'expression, l'affirmation que tout être humain doit pouvoir choisir ses dirigeants. Voilà les principes que les francophones doivent porter ! Mais nos valeurs, nos droits sont aussi de grandes causes que nous devons là aussi, comme francophones, avoir comme exigence. Je pense notamment à la promotion des femmes qui sont les premières victimes des violences et des guerres et je fais une proposition au Secrétaire général : la France est prête à accueillir un premier forum des femmes francophones pour que nous puissions, là encore, porter ce message au monde, du rôle irremplaçable des femmes, notamment pour le développement. Et enfin, la France sera au premier rang du combat que nous avons engagé pour l'abolition, à l'échelle du monde, de la peine de mort.

Mesdames et messieurs,

Nous n'aurons de cesse de défendre la francophonie. En le faisant, nous n'honorons pas simplement une langue, la langue française, nous faisons en sorte que le français puisse apporter, non seulement un message, mais une part de beauté au monde. Que notre langue puisse enrichir ce qu'elle nomme, ce qu'elle exprime et qu'elle puisse aussi donner de la force à nos idées !

Ce qui nous rassemble, bien plus qu'une langue ou que la diffusion d'une culture, c'est d'abord des principes qui doivent être autre chose que des mots mais des actes. En parlant le français, nous faisons entendre une voix précieuse, utile, différente à l'humanité. Parce que nous, francophones, nous refusons l'uniformité, nous voulons la diversité et nous exprimons la liberté.

Comme francophones, nous n'avons peur de rien, nous ne redoutons rien et nous acceptons parfaitement que nos enfants acquièrent l'usage d'autres langues. C'est bien qu'il en soit ainsi parce que la jeunesse doit parler plusieurs langues, mais aussi le français. N'oublions jamais le français !

Avec la Francophonie, nous affirmons une conception du monde, une volonté de développement, une exigence culturelle. Le français n'appartient pas à la France, il vous appartient, il est à vous. Nous ne vous le donnons pas, nous le partageons. Car le plus beau cadeau que vous pouvez nous faire, à nous français, c'est de parler le français.

La Francophonie, c'est une solidarité entre nous mais qui va au-delà de nous. La francophonie, c'est une responsabilité, celle d'éduquer, de former, de transmettre, de cultiver. La francophonie, c'est une communauté, certes qui a été fondée par l'Histoire mais qui s'élargit chaque jour davantage, à mesure qu'il y a des pays qui nous rejoignent dans l'espace francophone : ces observateurs qui viennent regarder pour ensuite parler et puis tous ces nouveaux locuteurs, nombreux, qui en parlant le français veulent aussi adresser un message de confiance dans ce que nous représentons.

Telle est la belle ambition de la Francophonie : mettre une langue, le français, au service du monde et de la liberté.

Merci.

retrouver le discours sur le site de l'Elysée

 


Editoriaux/maire.gifCommunes de France pour la langue française (2) - le 15/10/2012 - 23:02 par Albert_Salon
Appel à participer au mouvement des
Communes de France
pour la langue française !
Vous trouverez les raisons et les modalités de participation au mouvement lancé par 40 associations* dans la lettre aux élus et dans le manifeste ci-joints.

Il vous est suggéré de les soumettre aux maires et conseillers municipaux que vous connaissez, afin d’obtenir de leurs conseils municipaux des délibérations portant adoption officielle du manifeste proposé, adaptable selon leurs volontés.

Il vous est loisible adapter cette lettre-type aux élus au cas de chacune des communes que vous contacterez.

Au nom des 40 associations, je vous remercie de votre aide.

Albert Salon, docteur d'Etat ès lettres, ancien Ambassadeur, commandeur dans l’Ordre national du Mérite, président d'Avenir de la langue française, vice-président, administrateur, d'autres associations nationales, membre du Bureau national du Forum pour la France.

Nous avons déjà, en ces débuts de campagne, des réseaux de relations avec de nombreuses municipalités, dont certaines sont emblématiques et dont le vote retentirait dans les médias : Alise-Sainte-Reine (Alésia), Belfort, Bergerac, Carmaux ; Donrémy, Vaucouleurs, Chinon, Orléans, Patay Reims ; Phalsbourg (Tour de France par deux enfants) ; Pau, St Malo, l'île de Sein, Versailles, Vézelay, Villers-Cotterêts, bien d'autres...

(*) La liste de ces 40 associations, françaises en grande majorité, mais aussi québécoises et autres, figure sur le site www.avenir-langue-francaise.fr Ces associations, depuis plusieurs années en synergie, accomplissent un travail énorme pour tenter d'arrêter le rouleau compresseur : aidez-les !


Suggestion de lettre aux élus municipaux :

"Monsieur (Madame) le Maire (ou : M……., Conseiller municipal),

Pour la défense et la promotion de la langue française et de la Francophonie, 40 associations de raisons sociales voisines (cf. le site : www.avenir-langue-francaise.fr ) tentent depuis 20 ans d’amener nos dirigeants et médias à cesser de consentir à l’anglo-américanisation voulue par des forces financières internationales très puissantes, contre lesquelles le nouveau Président de la République s’est élevé.

Les 40 associations constatent la vanité de leurs efforts pour franchir le barrage de médias acquis pour la plupart à l’idéologie dominante, et pour faire entendre et respecter la volonté populaire, attestée par toutes les enquêtes d’opinion, de maintenir, sans préjudice de nos langues régionales, le rôle du français en France et dans le monde.

Dans l’impossibilité d’obtenir l’organisation d’un referendum sur cette question vitale pour la France comme pour toutes les communautés francophones, nos associations ont lancé une campagne de sensibilisation des collectivités publiques de base en France et ailleurs.

Elles proposent à de nombreux conseils municipaux d’adopter le manifeste joint, participant ainsi à un mouvement informel "Communes de France pour la langue française". Mouvement qui pourra s'étendre à d’autres pays francophones en une large protestation Contre la pensée unique (Pr. Claude Hagège), et contre la "langue unique" qui la porte, pour conforter partout la diversité linguistique et la place légitime du français.

La première délibération forte en ce sens, par adoption d’un manifeste complet, a été prise le 3 juillet 2012 par le Conseil de Grigny (Rhône). Le mouvement, étendu à la France et au-delà, constituera alors un substitut au referendum d’initiative populaire hélas hors de portée.

Le manifeste qu’il vous est proposé de soumettre à l’adoption formelle de votre Conseil municipal est soutenu par 40 associations pour le français. Rédigé par M. Dominique Gallet, réalisateur de programmes francophones pour la télévision, et par M. Jean-Louis Roy, Québécois qui fut Délégué général du Québec en France et Secrétaire Général de l’ACCT (devenue Organisation internationale d la Francophonie – OIF), il a déjà recueilli plus de 1500 signatures de personnalités de divers pays francophones.

La présentation originale de ses propositions concrètes se trouve sur le site : www.francophonesdumonde.org/ ?cdpetitions_limitstart=1100#cdpetitions-signatures

Il vous est loisible de le proposer à l’adoption soit tel quel, soit en en tirant des propositions constructives plus adaptées aux préoccupations de votre Conseil.

Lorsque vous aurez obtenu un vote favorable du Conseil de votre Commune, les 40 associations vous seront reconnaissantes de bien vouloir faire parvenir le texte de la délibération par courrier à Avenir de la langue française, 34 bis rue de Picpus, 75012 - Paris, tél 01 43 40 16 51, et par courriel : avenirlf@laposte.net, après en avoir informé Préfecture et presse locale. Les associations pourront s’occuper de la médiatisation nationale.

Elles attendent votre réponse avec le plus vif intérêt.

Veuillez agréer, Monsieur (Madame) le Maire, l’expression de notre gratitude et de toute notre considération..


Langue française et monde multipolaire :

l'urgence d'une stratégie

Un appel, dont nous avons pris l’initiative, vient d’être lancé par quarante personnalités francophones très diverses et a été publié le 27 juin par un collectif de quotidiens de plusieurs métropoles francophones : le Devoir de Montréal, l’Orient-Le Jour de Beyrouth, le soleil de Dakar, le Potentiel de Kinshasa, Mutations de Yaoundé et le Soir de Bruxelles. 250 signataires ont déjà rejoint l’appel sur le site francophonesdumonde.org qui vient d’être créé.

Jean-Louis Roy et Dominique Gallet

Nous envisageons l’avenir de la langue française avec confiance. En dépit des fausses évidences.

Un monde multipolaire émerge sous nos yeux. Il contribue manifestement à rééquilibrer les activités de la famille humaine non seulement dans les domaines économique, financier et politique, mais également dans les domaines culturel et linguistique. Sous toutes les latitudes, de la Chine à la Russie, du Brésil à l’Inde, des politiques linguistiques se décident, de nouveaux espaces linguistiques s’organisent et s’affirment.

Cette nouvelle donne remet en cause l’idée même du monopole d’une langue unique dans la communication mondiale. Les grandes langues internationales qui se maintiendront ou qui surgiront ne le devront pas au simple fait du hasard. Elles le devront en grande partie à la manière dont seront exploités les atouts dont chacune dispose.

Émergente, cette configuration culturelle et linguistique globale est une chance pour l’avenir mondial du français, langue qui dispose de larges atouts.

  1. Par l’Histoire : au fil des siècles, la langue française s’est illustrée en portant très loin les outils critiques d’une pensée libre et singulière et les progrès des sciences. Elle a exprimé les grands principes des Lumières et les a offerts au monde. Successivement, elle a été l’instrument de l’émancipation sociale, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.
  2. Par son universalité : la langue française est utilisée sur toute la planète par de très nombreuses nations à l’intérieur d‘elles-mêmes comme dans leurs rapports avec le monde, ainsi que dans les activités scientifiques et technologiques les plus avancées, de la génétique moléculaire à la conquête spatiale.
  3. Par son statut de langue de travail et de langue officielle du système des Nations unies et de nombreuses organisations internationales, continentales et régionales, et par le statut de la France de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.
  4. Par la démographie : avec la perspective de plus d’un demi-milliard de locuteurs francophones pour le milieu du siècle, principalement grâce à l’Afrique, mais également à la France qui devrait devenir le pays le plus peuplé du continent européen après la Russie.

Ces atouts sont considérables. Ils constituent des leviers puissants pour que la langue française, dans le respect de la diversité des langues et des cultures des peuples qui composent l’espace francophone, continue à jouer le rôle qui est le sien depuis des siècles. Ces leviers, que d’autres nous envient, doivent être saisis avec détermination et constance.

En priorité, les décideurs des secteurs public et privé du monde francophone doivent quitter le modèle dominant qui a façonné leur existence au siècle dernier et ajuster leurs choix au monde multipolaire tel qu’il advient. La soumission, la démission et la résignation linguistiques constituent les véritables menaces pour l’avenir de notre langue.

Le "tout anglais" constitue une obsession d’un autre temps et d’un autre monde. Il est une impasse d’où il faut au plus vite sortir dans l’intérêt des peuples ayant le français en partage. Notre confiance en l’avenir de la langue française n’est pas naïve. Elle appelle une vigoureuse politique d’affirmation linguistique. Cette politique doit comprendre notamment :

  1. L’application stricte des législations linguistiques nationales quotidiennement bafouées par les intérêts particuliers et le conformisme ambiant, aussi bien dans les secteurs public que privé, notamment pour le français langue du travail.
  2. La diversification de l’enseignement des langues étrangères et des filières bilingues vers plusieurs grandes langues dont celles des pays émergents (arabe, chinois, espagnol, portugais).
  3. L’exigence de la publication en français, et dans d’autres langues si nécessaire, de tous les travaux issus de la recherche médicale et scientifique publique dans l’ensemble des pays francophones.
  4. La circulation facilitée pour les étudiants, les écrivains et les artistes, ainsi que les chercheurs de l’espace francophone tant il est évident qu’il n’y a pas de francophonie si les francophones sont interdits de circulation dans cet espace.
  5. Un appui massif à la numérisation des patrimoines anciens et vivants de l’ensemble des pays francophones afin d’assurer la présence du français et des langues partenaires dans l’espace virtuel devenu un lieu essentiel de communication, de mobilisation et de rassemblement.
  6. Le renforcement de la recherche sur les systèmes de traduction automatique et leurs implications industrielles, afin d’assurer la présence du français parmi les grandes langues pivots qui s’imposeront dans l’intercommunication planétaire.
  7. La priorité d’une politique bilatérale et multilatérale, forte et pérenne, en direction de l’Afrique francophone pour le développement optimal de son système éducatif.
  8. L’utilisation de la langue française par les représentants des pays francophones dans les organisations continentales et internationales.

Il ne s’agit pas pour le monde francophone de se dresser contre la langue anglaise ou contre toute autre langue. Il s’agit d’ouvrir nos yeux sur la réalité nouvelle, et de mettre en œuvre, dans le contexte de la mondialisation multipolaire, une stratégie offensive pour la langue française, qui assurera son avenir en valorisant ses nombreux atouts. Nous appelons les citoyens des pays francophones à exercer leur vigilance individuelle et à développer leur mobilisation collective pour que soit respecté l’usage de notre langue mondiale en partage. Nous appelons fermement nos gouvernements à réviser leur politique et leur pratique linguistiques, à abandonner les discours de circonstance sur la francophonie et à relever le défi de l’affirmation déterminée de la langue française dans la polyphonie du nouveau monde.

Parmi les signataires (plus de 1500 signatures recueillies en septembre 2012) :

Edem Awumey, écrivain
Mimi Barthélémy, conteuse
Louise Beaudoin, députée de Rosemont Québec
Karim Beyekhlef, directeur, centre de recherche en droit public, université de Montréal
Marie-Roger Biloa, directrice du mensuel Africa international
Daniel Boyer, secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec
Jean Charbonnel, ancien minsitre, France
Malek Chebel, philosophe
Fernand Daoust, ancien président de la Fédération des travailleurs du Québec
Pierre Demers, président de la LISULF, Québec
Pape Diouf, ancien président de l’Olympique de Marseille, Sénégal et France
Bernard Dorin, Ambassadeur de France, président de France-Haïti
Denys Ferrando-Durfort, président Le français en partage, France
Jean-Sébastien Dupuit, ancien président du Centre national du livre
Gabrielle Durana, chroniqueuse économique
Charles Durand, professeur, ancien directeur de l’institut francophone d’informatique à Hanoï, France
Dominique Gallet, producteur du magazine télévisé Espace francophone, France
Yasmine Ghata, écrivain
Monique Giroux, animatrice, Radio-Canada
Paula Jacques, écrivain et journaliste
Marie-France Kenny, présidente, Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada
Vénus Khoury-Ghata, écrivain, Liban et France
Rachid Koraïchi, plasticien
Antonine Maillet, écrivain, Acadie
Mona Makki, rédactrice en chef du magazine télévisé Espace francophone
Charles-Étienne Lagasse, inspecteur général à Wallonie-Bruxelles International, vice-président d'Eunic-Bruxelles, professeur de droit public belge et européen
Philippe Lorin, illustrateur
Jean-Tabi Manga, recteur, Université de Yaoundé, Cameroun

Luc Martin-Chauffier, syndicaliste, France
Yves Michaud, ancien député, et Délégué général du Québec en France, Québec
Mariette Mulaire, présidente, Agence nationale et internationale du Manitoba ;
Jean-Benoît Nadeau, écrivain, Québec
Dominique Noguez, écrivain, France
Gilles Rhéaume, Professeur de philosophie, journaliste, Québec
Zachary Richard, auteur, compositeur, interprète
Jean-Louis Roy, historien, écrivain, diplomate, responsable de l’Observatoire mondial des droits de l’Homme, Canada
Philippe de Saint Robert, écrivain, ancien Haut Commissaire à la langue française
Alimata Salembere, ancienne directrice de la culture, Agence internationale de la Francophonie, Burkina Faso
Amadou Lamine Sall, poète, Sénégal
Albert Salon, ancien Ambassadeur, France
Claire Simard, ancienne directrice du Musée de la civilisation, Québec
Monique Simard, directrice générale du programme français, Office national du film, du Canada
Gilbert Sinoué, écrivain
Gérard Sournia, géographe, France.


Francophonie.jpgAlerte rouge sur la francophonie ! - le 14/10/2012 - 16:48 par Albert_Salon

Dans le monde, mais aussi en France
Alerte rouge sur la francophonie !

On peut certes, comme Mme la ministre déléguée chargée de la francophonie, se satisfaire du fait que le français est "la seconde langue la plus enseignée" au monde et que le français, ce "beau cadeau" est aujourd’hui parlé par 220 millions de personnes1 Il n’en reste pas moins que la situation de notre langue et de la francophonie internationale, partout bousculée et harcelée par l’avancée totalitaire du tout-anglais, se dégrade rapidement.

Hors de France d’abord. En Belgique, où – dans la quasi-indifférence de l’U.E. et de l’Etat fédéral belge – des élus flamands extrémistes prétendent proscrire l’usage public du français. En Suisse, où une partie des élites alémaniques agit sans relâche pour substituer l’anglais première langue au français dans les écoles publiques. Au Québec, les élites anglo-formatées se font agressivement l’écho d’une campagne permanente des milieux dirigeants du Canada qui cherchent à liquider les lois assurant au français son statut de langue officielle de la Belle Province. Même si nous devons être reconnaissants à l’Afrique de rester aux avant-postes de la francophonie internationale, il faut bien observer que l’édifice se lézarde rapidement au sud de la Méditerranée. Après le Rwanda qui, en 2009, a rompu avec la francophonie pour rallier le camp anglophone, le Burundi s’oriente vers le Commonwealth2 Lors de sa visite officielle au Rwanda, le président gabonais, M. Ali Bongo Olimba a annoncé "étudier l'expérience rwandaise dans l'introduction du bilinguisme"3: et le dirigeant africain d’arguer malicieusement qu’après tout, nombre d’institutions françaises privilégient déjà l’anglais…

La situation n’est pas moins grave sur notre sol. Non seulement la loi Toubon, votée unanimement par le parlement en 1994, est bafouée par nombre de firmes qui se dénomment en globish et qui font leur publicité dans cet idiome approximatif, non seulement certains ténors de la chanson et du cinéma "français" trahissent de plus en plus la langue de Brassens et de Rohmer pour, prétendument, s’exporter en anglais, non seulement de grands évènements culturels subventionnés par l’argent public comme les Francofolies si mal nommées font une place grandissante à l’anglais, non seulement nombre d’émissions diffusées en prime time (sic) s’intitulent-elles en anglais (Flop TEN de L. Ruquier, Come on, Summertime, Down Town sur Inter, The Voice sur TF1, The Summer of Rebels sur Arte, etc.) sans que cela mobilise outre mesure le C.S.A., mais on observe un début de glissement, voire de basculement linguistique, au cœur même de l’enseignement public. A l’initiative de Luc Chatel, l’école maternelle se prépare à plonger les bambins – qui ne maîtrisent pas encore les structures de leur langue… maternelle – dans un bain linguistique anglophone. Portée par le même ministre UMP et conservée telle quelle par M. Peillon, la réforme des lycées minore l’enseignement de notre langue et développe l’enseignement "en langues étrangères" (l’anglais se taille évidemment la part du lion…) des "disciplines non-linguistiques" : or, on ne sache pas que la réciproque vaille en Angleterre, où les bacheliers n’ont plus l’obligation d’apprendre une langue étrangère…
Quant aux universités, leurs présidents ne se contentent pas de réclamer une exemption de la loi Toubon : la recherche, y compris parfois en sciences humaines, et plusieurs Grandes Ecoles emmenées par feu le président si controversé de Sciences Po, basculent illégalement à l’anglais. Ces manageurs dépourvus de dignité nationale et de sens civique annulent ainsi le geste démocratique qui fut celui de Descartes en 1637 : c’est pour être compris du grand public de son temps que ce grand novateur écrivit en français (et non en latin) son Discours de la méthode. Déjà, nombre de grandes entreprises franciliennes imposent à leurs salariés de travailler en anglais : les choses en sont au point que des syndicats de toutes obédiences, confrontés à l’angoisse des cadres et des autres salariés4 sont amenés à revendiquer ce droit élémentaire : travailler en français en France ! Le record de discrimination linguistique est atteint quand de grandes entreprises recrutent ouvertement des anglophones de naissance5 pour occuper leurs postes de direction : ce qui revient à instituer une préférence nationale à l’envers, non moins insupportable que la préférence nationale à l’emploi chère aux partis xénophobes !

A l’arrière-plan de cet arrachage géant de la langue de Molière, il n’y a pas seulement la "mode" (qui en décide, d’ailleurs ?) ou la mondialisation néolibérale – laquelle découle d’ailleurs de choix politiques. Nous affirmons que le basculement au tout-anglais découle d’une politique linguistique et culturelle totalitaire dont l’origine est à chercher du côté de l’oligarchie financière mondialisée et des milieux dirigeants de l’Union européenne. Du côté du syndicat patronal européen dont l’ancien président, M. E.-A. Seillière, a donné le signal du basculement quand en 2006, s’exprimant devant le Conseil européen au nom de Business-Europe, il annonça devant Jacques Chirac – qui eut alors la dignité de quitter la salle – qu’il s’exprimerait "en anglais, la langue des affaires et de l’entreprise". Comment une telle déclaration déplairait-elle au MEDEF dont un récent manifeste intitulé Besoin d’aire appelle à en finir avec l’Etat national français pour "reconfigurer les territoires" et souhaite "une gouvernance européenne beaucoup plus intégrée pour aller vers des États-Unis d'Europe"6?
Quant à l’UE, elle piétine ses traités fondateurs, qui lui font obligation de respecter "l’identité" des Etats-membres, en établissant officieusement – et bientôt, officiellement si le "saut fédéraliste" en cours va au bout de sa logique – la langue anglaise comme langue officielle de l’Union. Quand donc les peuples ont-ils été appelés à débattre de ces questions et à les trancher de manière démocratique ? Qui a consenti en notre nom ces incroyables transferts de souveraineté linguistique ? Au contraire, une effarante chape de plomb médiatique pèse sur le basculement linguistique en cours : pour une large partie de la droite, il faut certes ne rien dire qui puisse ralentir le sacro-saint "saut fédéraliste" souhaité par le haut patronat. De même l’"internationalisme" mal compris d’une certaine gauche favorise-t-il naïvement l’entreprise "globalitaire" sans précédent qui tente d’imposer au monde une langue unique (et avec elle, une politique et une économie uniques !). Mais en quoi la destruction de la diversité linguistique, chair et sang de la diversité culturelle mondiale, importerait-elle moins à l’humanité future que la nécessaire préservation de la biodiversité ?

A cette situation linguistique dramatique, c’est peu dire que le gouvernement n’apporte pas la riposte nécessaire. Certes nous n’en sommes plus au flamboyant mépris des francophones que cultivèrent "Sarko l’Américain", "Christine The Guard" ou le "French Doctor" Kouchner qui, ministre des Affaires étrangères, a osé déclarer que l’avenir de la francophonie passe… par l’anglais7 Certes, il y a eu cet acte d’élémentaire dignité du chef de l’Etat demandant à M. Fabius de s’exprimer systématiquement en français à l’étranger. Certes, le candidat Hollande a pris position contre les cours universitaires dispensés en anglais. Il a même rappelé à nos ambassadeurs que "la promotion de la langue, de la création françaises, c’est l’affirmation d’une vision du monde qui fait place à toutes les cultures". Mais depuis le 6 mai, les actes forts sont rares. Sollicitée par plusieurs associations de défense de la langue française, la ministre déléguée à la francophonie botte en touche sur la question du tout-anglais8 et n’a toujours pas répondu à la demande d’entrevue que lui avaient adressée ces associations.
Rien n’est fait non plus pour annuler ou pour corriger la LRU, dite loi Pécresse, dont certains dispositifs incitent indirectement les universités à privilégier l’anglais. Pis, le candidat socialiste s’est engagé à faire ratifier la Charte européenne des langues minoritaires et régionales dont l’objet réel est de désétablir la "langue de la République" (article II de la constitution), alors qu’il y aurait mille autres manières de promouvoir nos langues régionales, ce patrimoine commun de la Nation (et pourquoi pas en outre, les langues de l’immigration là où c’est utile à l’intégration citoyenne ?) dans le cadre de la République indivisible héritée de la Révolution. Que restera-t-il de notre langue lorsqu’elle sera prise en étau entre le séparatisme régional à prétexte linguistique et le tout-globish maastrichtien à l’échelle du sous-continent ? La langue de l’Edit de Nantes, de la Déclaration de 1789 et des Jours heureux promis par le CNR à la Libération, est-elle vouée à devenir en France, en quelques décennies, l’équivalent de ce qu’est devenue la noble langue gaélique en Irlande ?

Car si les langues mettent des siècles à émerger pour porter l’histoire d’un peuple, elles mettent fort peu de temps pour s’effacer, comme l’a montré Claude Hagège : comme en d’autres domaines de la vie sociale chamboulés par le néolibéralisme mondial, il faut donc se résoudre à résister franchement ou à collaborer honteusement. Parce que nous choisissons la première voie, celle de l’égale dignité entre les peuples, nous appelons nos concitoyens – et notamment les plus modestes, qui sont les plus menacés par le basculement en cours – à exiger des autorités qu’elles fassent respecter la loi à l’école, à l’entreprise, dans la "com", dans la vie économique et à l’université. Nous soutenons la proposition – enterrée par la précédente majorité politique – portée par le député J.-J. Candelier – d’installer une commission d’enquête parlementaire sur la situation linguistique de la France. Car ceux qui veulent substituer le Wall Street English9 à la langue de Victor Hugo voudraient bien que l’assassinat linguistique pût s’imposer de manière "consensuelle", sans débat public. Ceux qui veulent au contraire que vive le message séculaire de liberté, d’égalité, de fraternité et de Lumières communes porté par notre langue, exigent qu’un large débat s’engage en France sur la politique linguistique de notre pays.

"Que les bouches s’ouvrent", citoyens ! Ne nous laissons pas couper la langue en silence !
Texte présenté par :
Georges Gastaud, philosophe, président du COURRIEL, Régis Ravat, syndicaliste, président de l’AFRAV, Albert Salon, ancien ambassadeur, président d’Avenir de la Langue Française, Simone Bosveuil, agrégée d’espagnol, Gaston Pellet, résistant linguistique, Matthieu Varnier, ingénieur satellite.


1 C’est ce que répond un conseiller de Mme Benguigui aux défenseurs de la langue françaises qui demandaient audience à la ministre chargée de la francophonie.

2 Cf le site  www.afrik.com/le-burundi-souhaite-rejoindre-le-commonwealth

 

3 "Le Gabon souhaite regarder de près l'expérience rwandaise dans l'introduction du bilinguisme", a affirmé le porte-parole de la présidence A.-C. Bilie-By-Nze lors d'une conférence de presse au retour d’A. Bongo des Nations Unies. www.leparisien.fr/informations/francophonie-le-gabon-terre-francophone-veut-se-mettre-a-l-anglais-01-10-2012-2194985.php ); cf aussi www.rfi.fr/afrique/20121002-gabon-veut-mettre-anglais-ali-bongo-ondimba-commonwealth-francophonie-rwanda-rdc 

4 Un colloque de la CFE-CGC s’est tenu le 7 mars 2012 :
www.franceinfo.fr/player/reecouter :Parler anglais au travail, une source de stress et de fatigue. Également : www.francophonie-avenir.com/video_CGT-Danone_contre_le_tout-anglais.htm
et youtu.be/FNKJ02Ssu0A

5 Le nom de code est "English mother tongue". il faut que les lecteurs puissent reconnaître cette formulation désormais courante dans les journaux pour cadres. Ce n’est pas céder à l’anglomanie que d’user de l’expression anglaise, c’est au contraire en marquer la brutale insolence. Mais tenant compte de votre remarque, je mets le français dans le corps du texte et l’anglais en note infrapaginale.

6 Cf. Le Monde Michel Noblecourt 15 février 2012.

7 Deux ou trois choses que je sais de nous – Laffont, 2006. « Il faut une francophonie ouverte à l'anglais. La francophonie ne doit pas être opposée à l'anglophonie ».

8 Réponse datée du 14 septembre 2012, sous la signature de M. Patrick Lachaussée.

9 Bien entendu, aucune hostilité de notre part contre la belle langue de Shakespeare. C’est le tout-anglais que nous visons clairement.


MuseeHorreurs/horreurs.jpgHorreurs d'octobre 2012 - le 09/10/2012 - 17:20 par MAR
Horreurs d'octobre
(ou le frédéric-martelisme1 au quotidien)
Quelques exemples de la Collaboracheune ordinaire telle qu'elle s'affiche sur nos murs, sur nos transports et dans nos médias : 
Bacardi = marque à éviter en priorité !
(pour agression linguistique caractérisée)

Bacardi, la société bermudo-"américaine" se comporte comme en pays conquis avec son slogan tout-en-anglais matraqué sur les murs du métro parisien. Pratique : une seule affiche pour toutes les colonies, un seul budget et ces braves colonisés qui en redemandent....
bacardi.jpg

Une boutique classique représentative de la colonisation rampante. Aller chez le coiffeur ? Vous n'y pensez pas... mais aller au Barber shop c'est tellement plus chic !
barber-shop.jpg


Gant
qui pense qu'un jour de chance in ingliche c'est tellement mieux !
gant.jpg
 



* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)


nouvelles/presse.gifNouvelles d'octobre 2012 - le 03/10/2012 - 16:27 par MAR
Nouvelles d'octobre 2012
- Entretien de Dominique Hoppe avec Pascal Priestley (TV5 Monde) : Organisations internationales : de la langue à la pensée unique (lien)
- TV5 Monde couvre en long et en large le XIVème sommet de la Francophonie qui se tient à Kinshasa du 12 au 14 octobre (lien)
- Le Monde Diplomatique : Qui défend encore le français à l’ONU ? (octobre) (lien)


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2012 (2) - le 30/09/2012 - 18:50 par MAR
Nouvelles de septembre 2012 (2)
- M-A Lussier : À Johann Sfar et à son tout à l'anglais dans le cinéma (28/9) (lien)
- Portail francophonie de la bibliothèque nationale de France (26/9) (lien)
- Lancement du Centre de la presse francophone de New-York (26/9) (lien)
- Discours de François Hollande devant la communauté française à New-York (25/9) (lire ci-dessous)

Discours de François Hollande devant la communauté française à New-York (25 septembre 2012)
ci-dessous un extrait concernant la langue française. Le contenu en est toujours encourageant mais nous attendons toujours le début d'une mesure, le début d'un acte qui traduise cette pensée en actes. MAR

[...]
Je veux saluer tous les personnels qui s'y dévouent. Je disais que ce réseau permet d'accueillir vos enfants mais d'accueillir aussi beaucoup d'enfants de toutes les nationalités (43 nationalités à l'École franco-Américaine, 48 nationalités pour le Lycée français de New York !).
C'est une chance là aussi, parce que cela permet justement de diffuser, de promouvoir la langue française et nous souhaitons que cette langue, cette belle langue qui ne nous appartient pas, qui est à la disposition de tous les pays qui veulent s'en emparer, de tous les hommes, de toutes les femmes qui considèrent que cette langue est une langue de diversité, de pluralité -- nous voulons que cette langue puisse être partout parlée.

A cet égard, nous sommes très attentifs à ce qu'il y ait toujours, dans les institutions internationales, la présence du français. Je me plains parfois que certains français, dans ces institutions internationales, oublient de parler en français. Parfois il y en a qui parlent en français parce qu'ils ne parlent pas d'autres langues, cela peut arriver. Mais quand on parle plusieurs langues, que l'on est français et que nous sommes dans une institution où il y a des traductions, je recommande de parler français, parce que, comment défendre notre langue si nous-mêmes nous ne la parlons pas.

[...]

cliquez pour lire l'intégralité du discours

Réponse à Gr. Bernard, producteur de Rubber" et Wrong - le 25/09/2012 - 21:49 par MAR
de Courriel à un cinéaste anglomane
Réponse à Grégory Bernard, producteur de "Rubber" et "Wrong"

Dans votre curieux appel "Aidons le cinéma français tourné en anglais" [Le Monde-3/9/2012], vous réclamez, en fait, d’obtenir les moyens permettant au cinéma français de se couler dans le moule étasunien de la production cinématographique globale. Le premier élément placé sur votre ligne de tir étant bien sûr l’élément principal de la personnalité d’un film, à savoir sa langue d’origine. Ainsi, le cinéma français pourrait donc se développer, s’épanouir.

Les réalisateurs du monde entier, n’étant pas moins sagaces que vous, feront de même et tout le monde se ressemblera, on aura des produits similaires marqués au sceau de l’anglais, dépersonnalisés, uniformisés, rendus insipides et sans couleurs, peu importe pourvu qu’ils soient de nature à ne pas heurter la susceptibilité des producteurs aux États-Unis. En somme, s’adapter au "marché" de la mondialisation, être sûr de se vendre, quitte à y laisser son âme. Quitte aussi à ce que les populations n’étant pas encore complètement acquises à la pratique de cette langue, nous irons tous voir notre cinéma national en anglais sous-titré dans notre langue vernaculaire. Belle perspective !
Vous écrivez péremptoirement que "les œuvres françaises en anglais participent au rayonnement de la France". Peut-être, mais les œuvres françaises en langue française devraient le faire tout aussi bien et de façon nettement moins discutable, me semble-t-il ! Comment imaginer que des oeuvres (et non pas des "produits") amputées d’une partie de leur substance puissent convaincre un public étranger davantage que dans leur version nationale ?

En réalité, tout est affaire d’objectif : si le but est de fabriquer des "produits" suffisamment affadis pour s’adapter au marché global afin de convaincre les investisseurs internationaux, il faut effectivement les dépouiller de ce qui fait leur originalité.

Quant à la Nouvelle Vague, de grâce, laissez-la où elle est ! Selon vous, grâce à "l’importation de la culture américaine dans le cinéma français, (ces cinéastes auraient) fait plus pour la culture française que les centaines de films français de l’époque que l’on ne regarde plus" ! Affirmation gratuite et inexacte, il suffit de faire un tour dans les grandes surfaces de l’audio-visuel pour voir le nombre de clients recherchant justement des films français de ces années-là. Croyez-vous vraiment que l’importation de la culture américaine dans le cinéma français, soit le titre de gloire le plus remarquable de la Nouvelle Vague ? En vérité, si ces cinéastes ont marqué à ce point la culture française et rayonné à l’international avec leurs films en français, c’est indiscutablement et uniquement par leur talent.

De quoi seront faits les lendemains du cinéma français de création ? Je les vois bien compromis si l’ambition des réalisateurs français se limite à fabriquer des produits bâtards susceptibles d’être salués lors d’éventuelles cérémonies de Césars du meilleur film français en langue étrangère, donc en anglais.

Il est à noter cependant, que les dernières nouvelles concernant le film français tourné en langue non anglaise semblent vous contredire. Après avoir réuni 19 millions de Français dans les salles, Intouchables de Olivier Nakache et Éric Toledano est devenu le 6 septembre dernier le film français tourné en langue non anglaise le plus vu dans le monde, détrônant ainsi Le fabuleux destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet. D’après la presse, ce n’est pas fini car le film n’est pas encore sorti en Angleterre, en Australie, en Nouvelle-Zélande et vient tout juste d’être mis à l’affiche en Argentine, au Brésil et au Japon. D’après Unifrance, qui s’occupe de la promotion du film à l’étranger, il pourrait aisément atteindre les 25 millions au terme de son exploitation. Avec 43 millions d’entrées à l’international (France et étranger), Intouchables devient aussi le deuxième plus grand succès mondial d’un film français.

Convenez donc que le cinéma français tourné en français a encore de beaux jours devant lui et que votre appel risque, dans ces conditions, de ne pas recueillir toute l’attention que vous souhaitez.
Au demeurant et au-delà du monde du cinéma, la question n’est-elle pas, en définitive, de ne pas se plier à l’effacement progressif de notre langue qui reste, que vous le vouliez ou non, la base du rayonnement de notre culture au plan international. J’en suis personnellement persuadée et j’agis dans toute la mesure de mes moyens pour qu’il n’en soit pas ainsi en militant au sein de "COURRIEL", association de défense du français contre le tout-anglais hégémonique. N’est-ce pas la manière la plus efficace et la moins mercantile d’œuvrer au rayonnement de notre culture ?
Simone Bosveuil
Courriel

nouvelles2/oep.jpgDépasser le sens commun ! - le 21/09/2012 - 15:29 par OEP
Dépasser le sens commun !
par l'Observatoire européen du plurilinguisme
Il nous a paru intéressant de reproduire cet article de l'Observatoire européen du plurilinguisme qui remet en cause les lieux communs en matière linguistique. MAR

Le propre de l'esprit scientifique selon la célèbre formule de Gaston Bachelard, c'est de mettre au jour des connaissances qui vont à l'encontre du sens commun, ce qui signifie que l'esprit scientifique n'est pas un privilège des sciences exactes, ni même des sciences en général et devrait habiter tout un chacun. Voyons ce qu'il en est des lieux communs dans notre domaine.

a) La langue est un outil de communication

C'est vrai dans la mesure où pour échanger des informations, on a besoin d'une langue. Mais réduire la langue à un outil de communication, comme nous y invite le sens commun, largement pratiqué dans les médias et par les hommes politiques, est évidemment faux. La langue est l'outil de communication par excellence, mais elle n'est pas que cela, elle est beaucoup plus que cela. La langue est le moyen d'expression de la pensée et des sentiments, elle est organisatrice de la pensée dans le temps et dans l'espace. Elle n'est pas la pensée, mais elle est dans une relation d'interaction permanente de construction parallèle du langage et de la pensée.

Quand Wittgenstein dit "Ma langue est la limite de mon monde", il souligne le caractère indépassable de la langue.

Mais la langue n'est pas une quantité fixe de mots et de règles de grammaire. Une seule langue est à elle seule un monde quasi infini. Les limites sont celles de chacun, car Wittgenstein dit "ma langue" et non "la langue", et donc si je veux élargir "mon monde", je dois agrandir "ma langue".

C'est la raison pour laquelle la langue est la base de tous les enseignements. Et c'est la raison pour laquelle la lecture et l'écriture sont si importantes à l'école.

Mais "ma langue" peut être plusieurs.

Et c'est là où les choses deviennent très intéressantes, car avoir plus d'une langue donne accès à plus d'un monde. En fait, maîtriser plusieurs langues, c'est comme voir le monde en relief ou en 3D.

Le livre que Heinz Wismann publie cette semaine porte le titre énigmatique mais profond Penser entre les langues. Si les langues étaient de nature à exprimer toutes la même chose, le même monde, une seule suffirait. Il n'en est rien heureusement. Et ce qui importe ce n'est pas seulement ce qui unit et qui fait que les langues peuvent plus ou moins se ressembler, mais c'est justement la distance entre les langues. C'est un formidable levier pour la pensée. Pour François Rastier "penser la diversité" devrait être l'enjeu principal des sciences de la culture. C'est aussi la clé de toute éducation plurilingue et interculturelle.

b) On apprend mieux les langues à un âge précoce

C'est en effet une certitude scientifiquement démontrée et qui justifie l'évolution de l'ensemble des systèmes d'enseignement européens depuis vingt ans vers un enseignement des langues semi-précoce dès l'école élémentaire, voire dès l'école maternelle.

Mais il s'agit non pas d'enseignement précoce mais semi-précoce, après cinq ans.

Il faut de plus, pour que le résultat soit au rendez-vous, que des moyens appropriés soient mis en œuvre. Nous verrons dans quelques années si le passage du stade expérimental à l'enseignement de masse donne les résultats attendus. Pour l'instant, nous n'avons encore aucun moyen d'études comparatif systématique au niveau européen pour permettre de contrôler l'effet de ces politiques (voir article plus bas) et si l'on s'en tient à l'étude ESOL présentée en mars 2011 (cf. Lettre n°43) et à la seule étude disponible en France sur le sujet (cf. notre lettre n°45), on devrait en conclure que l'effet est nul ou négatif. Le seul résultat avéré a été d'imposer partout l'anglais comme première langue étrangère de manière quasi exclusive.

Du coup, on tend à oublier qu'on apprend très bien les langues vivantes à l'âge adulte. A une condition toutefois, qui est celle d'avoir bien assimilé les structures de la langue. Heinz Wismann explique qu'il a pu apprendre rapidement le français à 20 ans grâce au latin.

Conclusion : il n'y a pas d'âge pour apprendre les langues, et le minimum que doive apporter un système d'enseignement, outre un apprentissage suffisant en au moins deux langues étrangères, c'est de donner les moyens d'en apprendre toute sa vie en fonction des circonstances.

Cela aussi est un enjeu de l'éducation plurilingue et interculturelle.

c) Il faut d'abord connaître sa propre langue avant d'en apprendre une autre

C'est vrai en gros, mais il faut s'entendre sur ce que peut vouloir dire "connaître sa langue". Si l'on place la barre trop haut, on risque de retarder à l'excès l'apprentissage des langues étrangères, alors que cet apprentissage peut et doit également avoir des effets bénéfiques pour l'apprentissage de la langue maternelle. Il n'en reste pas moins que l'apprentissage de la langue maternelle ou langue "première" ou langue "d'enseignement" est tout à fait essentiel et il est illusoire de prétendre apprendre les langues étrangères sans maîtrise suffisante de cette langue. Lorsque langue maternelle et langue d'enseignement diffère, la question est plus complexe, mais la problématique fondamentale demeure. C'est la raison pour laquelle maîtriser la lecture avant d'entrer au collège est essentiel et devrait être l'obsession de tous les ministres de l'éducation.

d) L'anglais suffit

Évidemment non. Une étude menée en 2011 dans le cadre du programme CELAN (dont l'OEP est partenaire) auprès de 500 entreprises dans une dizaine de pays européens fait apparaître que 80 % des entreprises interrogées considèrent très important d'être compétent dans une autre langue européenne et notamment la langue du voisin, c'est-à-dire les langues des pays avec lesquelles elles entretiennent la majorité de leurs relations commerciales.

Néanmoins, les mythes ont la vie dure et quand certaines personnes, parfois des ministres de l'éducation, parlent d'apprentissage des langues étrangères, ils pensent en fait très souvent apprentissage de l'anglais.

"L'anglais ne suffit pas", c'était le slogan préféré de Léonard Orban, ancien commissaire européen chargé du multilinguisme.


articles/brevet.jpgUn point sur les brevets - le 20/09/2012 - 21:40 par MAR
Un point sur les brevets en Europe
par D. G.
 
Nous avons la chance d'avoir au sein d'ALF un "homme de l'art" connaissant à fond l'affaire des brevets en Europe. L'affaire est d'une grande importance, soigneusement occultée ou minimisée par les dirigeants et médias français, car il s'agit d'une atteinte aux intérêts à la fois de notre économie, de notre recherche, et de la langue française. D. G., traducteur de profession, est aussi un observateur vigilant aux multiples antennes, et un valeureux militant de toutes nos causes françaises. Il avait été, entre la signature du "Protocole de Londres" en juin 2001 et sa ratification-éclair en août 2007 peu après l'élection de M. Nicolas Sarkozy, à la pointe du combat mené à la fois par les professionnels concernés et par nos associations ("Avenir de la langue française" au tout premier rang) pour empêcher l'autorisation parlementaire de ratification. La note de D. G. ne nous rassure guère... Merci à lui de l'avoir faite ! Courage ! Albert Salon.

Lire l'article de D.G. Un point sur les brevets

Editoriaux/maire.gifLigue des Communes de France pour le français - le 19/09/2012 - 12:23 par Albert_Salon
Avenir de la langue française et ses 40 partenaires
vous appellent à participer à la création de la
Ligue des Communes de France
pour la langue française !

Vous avez les raisons et les modalités de cette création dans la lettre aux élus ci-dessous et dans les documents indispensables qui la suivent.

Il vous suffit de les adresser par courriel, ou par lettre - ou mieux : par démarches de vive voix - aux maires et conseillers municipaux que vous connaissez, pour obtenir de leurs conseils municipaux des délibérations portant adoption officielle de l'un des manifestes (trois sont joints, dont deux en lien bleu sur lequel il faut cliquer ; un d'entre eux à choisir selon les orientations politiques et les préférences de chaque Conseil).

Vous pouvez adapter cette lettre passe-partout au cas de chacune de vos communes en :

- rédigeant autrement la "version Grigny" (cliquer sur le lien bleu "comité Valmy") pour en faire un projet de délibération plus proche des réalités du terrain, sans pour autant perdre de vue la dimension nationale de la démarche ;

- choisissant celui des trois manifestes (appelés aussi "pétitions-appels") qui, selon vous, correspond le mieux aux orientations politiques de l'actuelle majorité locale censée l'adopter ;

- mettant clairement en valeur le fait qu'être parmi les premières municipalités à entrer dans la Ligue des communes de France pour la langue française : ne manquera pas de frapper les esprits et d'être médiatisé, non seulement dans la presse régionale, mais encore, avec notre aide, dans les médias nationaux.

Les Manifestes (ou Pétitions-appels) diffèrent sensiblement dans leurs inspirations idéologiques, mais sont bien convergents sur le fond, ce qui s'explique par le fait que nos associations travaillent ensemble depuis des années et ont élaboré des analyses et un corpus solide de propositions et stratégies communes :

- a) le manifeste qui a servi de base à la délibération du Conseil à majorité "progressiste" de Grigny : cliquer sur ce lien pour le lire : www.comite-valmy.org/spip.php?article2623 ;

- b) la pétition-appel -  sous le titre :"pétition 2012" - plus neutre idéologiquement avec l'accent plus sur "France" que sur "République", que nous avons déjà diffusée sur nos sites et dans quelques médias écrits et radios à notre portée ; elle est accompagnée de la liste des 40 associations* qui l'ont portée, et de la liste de sa cinquantaine de hautes personnalités françaises et étrangères signataires, ces deux listes lui donnant un poids non négligeable, pour la lire : www.avenir-langue-francaise.fr/articles.php?pg=797 ;

- c) l’appel - www.marianne2.fr/Langue-francaise-et-monde-multipolaire-l-urgence-d-une-strategie_a220174.html - que Dominique Gallet, l'ASSELAF et l'éminent Québécois Jean-Louis Roy ont porté et font circuler actuellement (Avenir de la langue française l'a signé comme les deux autres). ; Il a l'avantage de contenir des propositions concrètes tout comme le manifeste Valmy-COURRIEL.

*Songez-y : ce n'est pas rien ! La liste de ces 40 associations, françaises en grande majorité, mais aussi québécoises et autres, figure dans la dernière pièce jointe. Nos associations, mises depuis plusieurs années en synergie, ont accompli et accomplissent un travail énorme pour tenter d'arrêter le rouleau compresseur : aidez-les !

Bien cordialement.

Albert Salon, docteur d'État ès lettres, ancien Ambassadeur, président d’Avenir de la langue française, vice-président ou administrateur d'autres associations nationales, membre du Bureau du Forum pour la France, administrateur du Cercle Nation et République.

PS : Nous avons déjà des réseaux de relations avec moult municipalités, dont certaines (sans parler des très grandes villes, plus difficiles !) sont emblématiques et dont le vote, si nous réussissions à l'obtenir, retentirait déjà dans les médias : Domrémy, Vaucouleurs, Reims, Ajaccio, Senlis, Versailles, Vézelay, Villers-Cotterêts, Saumur, Chinon, Orléans, Meung, Auxerre, Patay, St Malo, Belfort, Lourdes, Troyes, Sion, Mont Ste Odile, Carmaux (luttes ouvrières), Phalsbourg (Tour de France par deux enfants), l'île de Sein, Alise-Sainte-Reine (Alésia), Pau, Auch, Rueil-Malmaison, bien d'autres...
Avec une trentaine d'emblématiques, servis goutte à goutte aux médias, nous aurions déjà atteint une partie de nos objectifs. Nous avons déjà saisi directement plusieurs députés-maires et sénateurs-maires.

Campagne Communes pour le français Lettre aux Élus :

Monsieur (Madame) le Maire (ou : M……., Conseiller municipal)

Pour la défense et la promotion de la langue française et de la Francophonie, les associations C.O.U.R.R.I.E.L et Comité Valmy, Avenir de la langue française, Forum francophone international-France, Forum pour la France, Francophonie-Avenir, parmi 40 associations de raisons sociales voisines dont la liste vous est accessible en PJ, tentent depuis des années d’amener les dirigeants du pays à cesser de céder ou de consentir – voire de contribuer – à son anglo-américanisation voulue par des forces internationales très puissantes.

Nos 40 associations* constatent la vanité de leurs efforts pour franchir le barrage de médias acquis pour la plupart à l’idéologie dominante, et pour exprimer, faire entendre et faire respecter la volonté populaire, nationale, attestée par toutes les enquêtes d’opinion, qui est de maintenir le rôle du français en France et dans le monde, et de promouvoir la Francophonie.

Dans l’impossibilité d’obtenir de nos dirigeants l’organisation d’un referendum sur cette question vitale pour la France comme pour toutes les communautés francophones dans le monde, nos associations ont décidé de lancer une campagne de mobilisation des collectivités publiques de base en France et ailleurs.

Elles veulent obtenir que des conseils municipaux nombreux décident d’adopter l’un des manifestes joints, et d’adhérer à une Ligue des Communes de France pour la langue française, pouvant s'étendre à d'autres pays francophones et autres en une sorte de Ligue mondiale Contre la pensée unique (Claude Hagège), contre la politique de la langue unique qui la porte, et pour l’affirmation partout de la diversité linguistique et de la place légitime du français .

A l’appel de l’association COURRIEL, une première commune, celle de Grigny (Rhône, 10.000 habitants) a pris le 3 juillet une délibération forte en ce sens (cliquer pour la lire sur le premier lien ci-dessous en bleu : Comité Valmy), en adoptant un manifeste "progressiste" conçu et signé par COURRIEL.
La réussite de cette première expérience peut s’étendre à toute la France et au-delà. Une sorte d’embrasement à susciter de toutes nos énergies… Le peuple se lèverait dans ses institutions les plus proches de lui pour enfin s'exprimer et se faire entendre partout !

La formulation "progressiste" du manifeste - comme de la délibération fondée sur lui - peut être reprise par tous les conseils municipaux à majorité « progressiste ».

Les municipalités qui éprouveraient des difficultés d’ordre politique à adopter le manifeste progressiste peuvent choisir d’adopter l’un de nos deux autres manifestes joints qui contiennent, pour l’essentiel, les mêmes analyses et les mêmes orientations principales que le premier. Cet accord sur le fond reflète la longue pratique de travail en commun de nos diverses associations, entre 12 et 32 engagées selon les actions conjointes menées.

- Le deuxième manifeste – en PJ avec ses annexes - n'est autre que la pétition-appel portée en 2012, à l’occasion des grandes élections nationales, par 40 associations, proposée seulement à de hautes personnalités françaises et étrangères non politiques, et signée par 50 d’entre elles.

- Le troisième (à lire en cliquant sur le deuxième lien en bleu : Marianne2) émane de plusieurs de nos associations non progressistes, mais non moins militantes pour cette même cause.

A vous de décider du ou des manifestes (ou "Appels-pétitions") à offrir au choix et à l’adoption du Conseil,
et d’adapter le projet de la délibération elle-même qu'ils seront appelés à voter.

Lorsque vous aurez obtenu le vote favorable du Conseil de votre Commune, et peut-être de deux ou trois autres communes, nos associations vous seront reconnaissantes de bien vouloir faire parvenir le texte de chaque délibération pertinente au siège d’Avenir de la langue française, 34 bis, rue de Picpus, 75012, Paris, 01 43 40 16 51 et courriel avenirlf@laposte.net, après en avoir saisi tant la Préfecture que la presse locale.

Les associations de promotion du français, à l'origine de cette campagne, feront le reste - notamment pour la médiatisation - à l’échelle nationale.

Les associations attendent votre réponse avec l'intérêt que vous devinez.

Veuillez, Monsieur (ou Madame) l……………….., croire à (ou recevoir l….)……gratitude……sentiments les meilleurs……

nouvelles2/sous-les-etoiles.jpgChanson française Quand l’Audimat sème le trouble - le 18/09/2012 - 21:47 par C_Distinguin

Retour sur une lâcheté médiatique
Chanson française : Quand l’Audimat sème le trouble...

Été 2012, lundi 6 août, l’émission de variétés Sous les étoiles Québec 2012, diffusée sur France 3 en première partie de soirée, a été suivie par près de 1 400 000 téléspectateurs (6,4% de part d’audience). Ce n’est pas si mal, à nos yeux. Mais pas à ceux des éternels défaitistes. Comme l’émission n’est arrivée qu’en quatrième position des programmes les plus regardés, leur conclusion fut sans appel : l’émission avait fait un "flop"… Sa présentatrice, Daniela Lumbroso, alla même jusqu’à prédire la mort à court terme de la chanson française.

Voilà un raccourci factuel bien pessimiste alors même que les Français en vacances regardent moins la télévision, et que simultanément ce même soir, la retransmission des Jeux olympiques de Londres battait son plein sur France 2 avec 24,2% de part d’audience, devancée par l’émission de télé réalité de M6 L’amour est dans le pré qui en recueillait 24,5%.

Si les chiffres sont parlants, encore faut-il les manier avec précaution. En matière de médiamétrie, la mesure d’audience d’une émission ne constitue rien d’autre qu’un critère d’investissement publicitaire, à partir de l’analyse des comportements du public et les tendances du marché des médias et de la communication. Le 18 juin dernier, France 3 faisait aussi un "flop" à la même heure avec 4,1% d’audience lors de la diffusion du documentaire La France qui danse, cela au bénéfice de TF1 qui diffusait l’Euro 2012 (23% de part d’audience), et de M6 avec L’amour est dans le pré (22,6%). A priori, la passion des Français pour la danse ne s’en est pas pour autant trouvée condamnée.

Faut-il rappeler à nos lecteurs que ce même été 2012, du 11 au 15 juillet, les Francofolies de La Rochelle destinées, depuis 25 ans, à faire connaître et à diffuser la chanson et les musiciens d’expression française et francophone auprès d’un large public, ont accueilli pas moins de 85 000 spectateurs payants, et cela en dépit des intempéries qui ont grandement pénalisé l’événement. Le record de fréquentation avait été atteint en 2011 avec 90 000 spectateurs.

De même est-il intéressant de se souvenir que près de 100 000 spectateurs ont assisté, au début de l’été, au tournage de l’émission Sous les étoiles Québec 2012, en plein air sur les plaines d’Abraham (l’équivalent de notre Champ de Mars) à Québec ? Des chiffres discrets mais révélateurs qui montrent que, loin d’être enterrée, la chanson française ne se porte pas si mal !

Il ne faut jamais déposer les armes avant d’être vaincu ; peut-être Daniela Lumbroso devrait-elle y songer en s’abstenant d’employer les mots live, prime time ou encore battle lors de la présentation de ses émissions ; elle deviendrait alors une bretteuse talentueuse pour défendre la chanson française. Nos lecteurs qui sont aussi ses auditeurs ne pourraient-ils pas le lui suggérer ?

Catherine Distinguin.


nouvelles/presse.gifNouvelles de septembre 2012 - le 16/09/2012 - 22:24 par MAR
Nouvelles de septembre 2012
- Journée européenne des langues le 26 septembre (lien)
- Secret Story 6- Kevin et Yoann massacrent la langue française (19/9) (lien)
Ne dites plus Exit tax mais taxe d'expatriation (lire ci-dessous)
Le 27ème Festival International du Film Francophone (FIFF) se tiendra du 28 septembre au 5 octobre à Namur (lien)


Ne dites plus Exit tax mais taxe d'expatriation (8 septembre)

La Commission générale de terminologie a publié le terme "taxe d’expatriation" au Journal officiel
du 8 septembre 2012

taxe d’expatriation

Domaine : Finances.
Définition : Impôt compensatoire auquel peuvent être soumises les plus-values latentes constatées sur le patrimoine mobilier d’un contribuable qui transfère son domicile fiscal d’un État à un autre.
Équivalent étranger : exit tax.


Ce terme, comme des centaines,d'autres, peut être consulté sur la base FranceTerme.

MuseeHorreurs/horreurs.jpgHorreurs de septembre 2012 - le 16/09/2012 - 22:03 par MAR
Horreurs de septembre
(ou le frédéric-martelisme1 au quotidien)
Quelques exemples de la Collaboracheune ordinaire telle qu'elle s'affiche sur nos murs, sur nos transports et dans nos médias : 
Heinz - Kookaï - Delaveine - Jennifer  = Marques à éviter en priorité !

Heinz, la société "américaine" se comporte comme en pays conquis avec son "adults only"
heinz.jpg

Kookaï qui massacre nos murs avec son affichage ouvertement colonisé et un contenu tellement élaboré : hungry but chic (c'est pas subtil ça madame ?)
kookai.jpg


Delaveine
vieille marque ringarde qui aimerait tellement avoir l'air, qui aimerait tellement s'appeler "of the vein" et qui fête son anniversaire in ingliche tellement chic !
delaveine.jpg
 

Jennifer chaîne boutiques de vêtements qui pense que la jouer amerloque ça fait beaucoup mieux : slogans en anglais, site en sabir anglomane... 
  
 jennifer.jpg


* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)


nouvelles2/courrier-lemonde.jpgCourriers intéressants lus dans Le Monde - le 09/09/2012 - 21:41 par MAR
Courriers intéressants lus dans Le Monde
Dangers du tout-anglais par André Ponchel [Le Monde - 8 septembre] (lire ci-dessous)
Rappel de la loi  par Gérard Sournia [Le Monde - 8 septembre ] (lire ci-dessous)


Dangers du tout-anglais [ publiée dans Le Monde daté du 8 septembre 2012]
 
On peut lire des choses extraordinaires dans Le Monde. Dans son édition du 16 août, dans l'article "trois universités françaises dans le top 100 du classement de Shanghai", François Garçon, enseignant-chercheur à Paris-I, proclamait que le français était "une langue morte" et d'ajouter : "C'est blessant, mais c'est la réalité."

Dans la même veine, le producteur Gregory Bernard publie une tribune "Aidons le cinéma français tourné en anglais" (Le Monde du 4 septembre) dans laquelle il réclame que notre système d'avances sur recettes participe à ce principe. Et ce monsieur d'invoquer la French touch de Daft Punk (...), dont les tubes ont aussi la particularité d'être faits en anglais par des Français. En outre, il n'oublie pas de demander à François Hollande d'ouvrir "l'acteIIde l'exception culturelle" par "l'utilisation décomplexée de l'anglais", donnant ainsi "les moyens aux artistes, aux producteurs et aux entrepreneurs de conquérir le monde" !

Rien que cela ! Pour ma part, je vois dans le tout-anglais le moyen le plus sûr et le plus rapide de perdre à la fois notre économie, notre culture et notre âme, dans l'indifférence du monde.

André Ponchel, Sens (Yonne) [la mise en gras est de notre fait]


Rappel de la loi [ publiée dans Le Monde daté du 8 septembre 2012]


Après les sportifs, les médias, le milieu des entreprises et celui de la banque, le monde de la mode, de le la technologie... Yamina Benguigui, ministre déléguée à la francophonie, vient de nous gratifier d''une belle perle, en forme de trahison de la langue qu'elle a mandat de défendre. Dans une brève déclaration (lemonde.fr du 28 août), elle nous informe, en lien avec le prochain Sommet de la Francophonie qui se tiendra en octobre à Kinshasa, qu'elle a reçu "des menaces de mort par e-mail".

Son cabinet, visiblement sans plus d'état d'âme, confirme la réception de cet "e-mail". Madame la Ministre, appelez les Québécois à la rescousse, ils vous expliqueront pourquoi ils ont inventé, parmi tant d'autres, le très joli "courriel" (courriel électronique) et pourquoi ils sont obligés de se battre au quotidien, tout comme les Wallons, nombre d'Africains... pour le respect de notre langue.

Madame la Ministre, monsieur le Président de ta République, il existe une loi, la loi dite Tasca-Toubon, qui nous fait obligation (entre autres) "d'utiliser la langue française et de défendre le français en tant que langue de la République et la primauté des termes francophones face aux anglicismes". Merci de faire traduire ces actes de loi en pratique.

Gérard Sournia, Amboise (Indre-et-Loire)


nouvelles/presse.gifNouvelles d'août 2012 (2) - le 30/08/2012 - 18:49 par MAR
Nouvelles d'août 2012 (2)
- Discours de François Hollande à la 20ème Conférence des ambassadeurs (27/08)
et Discours devant la communauté française à Rome (22/06) (lire ci-dessous)
- Yves Montenay (Population & Avenir) : L’océan Indien : un "lac francophone" au Sud-Ouest ?(lien)
- CSA : Langue française - Voyage au pays des sigles (31/08) (lien)


Discours de François Hollande à la 20ème Conférence des ambassadeurs (27/08)
quelques extraits concernant la langue française et sa participation annoncée au Sommet de la Francophonie à Kinshasa du 12 au 14 octobre.

[...]
Enfin, lorsque j'évoque notre identité, lorsque je parle de nos valeurs, de notre place dans le monde, de notre attachement au droit, je n'oublie pas aussi l'atout de notre langue et de notre culture. La langue, c'est une manière de penser et aussi d'agir. C'est une bataille pour la pluralité et la diversité. C'est la raison qui explique la présence d'une ministre, madame Yamina Benguigui, pour défendre la place du français à travers le monde. Je vous demande, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, dans votre action quotidienne, de ne jamais oublier que la promotion de la langue, de la création française, c'est l'affirmation d'une vision du monde qui fait place à toutes les cultures.
[...]
Je me rendrai dans quelques semaines au Sommet de la Francophonie à Kinshasa. J'y réaffirmerai que la Francophonie, ce n'est pas simplement une langue en partage, c'est aussi une communauté de principes et d'idéaux, dont le rappel à chaque occasion est nécessaire, notamment en République démocratique du Congo. Mais pas seulement là. J'y rencontrerai nos positions politiques, les militants associatifs, la société civile, c'est le sens de la nouvelle politique africaine de la France. Tout dire partout et faire en sorte que ce qui soit dit soit fait. Cette politique sera clairement exposée.
[...]
Le réseau diplomatique est au service des communautés françaises à l'étranger ; c'est la mission de la ministre Hélène Conway d'accompagner les Français de l'étranger, de les promouvoir, de les protéger, en liaison avec les parlementaires, sénateurs, députés qui les représentent. Je m'efforcerai pour ma part à chacun de mes déplacements, et je l'ai déjà fait, d'aller à la rencontre de nos compatriotes, pour les écouter, les encourager ; ils participent eux aussi à la diplomatie économique, à la défense de nos entreprises, à la promotion de nos produits et aussi à notre langue.
[...]

cliquez pour lire l'intégralité du discours
Discours de François Hollande devant la communauté française à Rome (22/06)
 (...)
Je veux vous dire un mot de la langue française. Il y a, dans le gouvernement, une ministre de la francophonie. Je considère que c'est une bataille, la langue française, non pas une bataille pour la France, une bataille pour la diversité culturelle, une bataille pour le pluralisme. Si je peux vous faire quelques confidences -- même si j'ai l'impression que je suis écouté, et même surveillé -- cela ne me fait pas plaisir quand je participe, depuis peu il est vrai, à des conférences internationales et que la langue française est aussi peu utilisée et parfois même par des Français. Chaque Français doit parler la langue française, où qu'il se situe.
Cela ne veut pas dire, qu'on ne doit pas connaître d'autres langues, d'Europe et du monde, mais nous devons défendre notre langue
(...)

cliquez pour lire l'intégralité du discours


nouvelles2/adidas-allbleus.jpgCollaboracheune olympique - le 17/08/2012 - 23:20 par MAR
Collaboracheune olympique

Contrairement à toutes les traditions, les chaines d'information et de nombreuses sociétés commerciales nous ont matraqué non pas le drapeau olympique avec ses 5 anneaux illustrant la diversité du monde, non pas le drapeau français pour encourager nos athlètes, non : le drapeau britannique.

Sans doute pour nous transformer insidieusement en "supporters" de la très chauvine Albion. Rien qu'à voir tous ces Français arborant fièrement l'Union jack sur leurs maillots ou sur leurs sacs, nous pouvons dire que cette entreprise de décérébrage et de colonisation mentale a assez bien réussi. Médaille d'argent à Coca-Cola qui a clairement choisi son camp en faisant figurer le drapeau britannique sur ses canettes vendues en France ! (et que de nombreux Français ont continué à acheter !)

Médaille d'or à la firme allemande Adidas qui a matraqué son slogan "All bleus" (sic !) jusqu'au défilé des athlètes sur les Champs-Élysées le 13 août où les athlètes se tiennent sur des plateformes d'autobus arborant en lettres énormes ce lâche slogan. Tout ceci, soit-disant pour encourager les athlètes français (en fait, pour encourager encore un peu plus les Français à adopter la langue de leurs maîtres) et médaille de bronze au journal l'Équipe qui a servilement relayé cette campagne, par exemple le 14 août, avec sa Une surexposant ce slogan débile et une pleine page le matraquant une dernière fois : All bleus - adidas is all in (page 22).

Un seul réflexe face à ces entreprises qui piétinent votre langue : N'achetez pas !
faites vous respecter, cessez d'être fascinés par le déclin de votre pays et la soi-disante modernité anglo-saxonne.

Marc-Antoine Renard

nouvelles/presse.gifNouvelles d'août 2012 - le 17/08/2012 - 23:19 par MAR
Nouvelles d'août 2012
- Nouvel Obs : A Londres, le français essaie de tirer son épingle des Jeux (06/08) (lien)
- RTL : JO 2012 : le français, langue officielle pas forcément appréciée (05/08)  (lien)
- Radio France : Langue française : un forum pour débattre du vocabulaire (02/08) (lien)

nouvelles2/athena.jpgA l’attention de la Commission européenne - le 16/08/2012 - 22:22 par Athena
Athena tacle la Commission européenne
Pro Memoria à l’attention de la Commission européenne
par Athena, association de fonctionnaires européens, établie au sein même de cette institution, pour la défense des langues officielles de l’Union

1. Le Prix de la Paix.
Prioritairement à toute autre considération, il est important d’être conscient du fait que le prix du plurilinguisme c’est celui d’une entente harmonieuse et profonde entre les Pays de l’Europe. Les États Membres fondateurs avaient bien compris l’enjeu que représente l’union de plusieurs pays de l’Europe sur base volontaire et non pas par annexion militaire afin de constituer un espace de citoyenneté commune, pour la première fois dans l’histoire de notre continent, et le rôle essentiel que joue à cet égard le plurilinguisme. C’est  pour cela que la Commission dès son installation, en 1958, s’était dotée des Services linguistiques les plus performants au Monde et que le plurilinguisme intégral constituait un souci et un engagement quotidien et permanent de la Commission et de ses Services.
Dans cette optique et dans la démarche qu’elle inspire, le coût du multilinguisme est un prix politique très bon marché pour la création de cet espace de paix durable. L’esprit communautaire, dont le respect du plurilinguisme constitue une facette fondamentale, est devenu le grand absent dans le fonctionnement de la Commission de nos jours, tout particulièrement dans le domaine linguistique. Il est remplacé par une volonté, à peine cachée, de transformer le processus d’intégration en un processus d’aplatissement sur un modèle extra européen, matérialiste et arrogant, au détriment de la civilisation humaniste qui constitue le socle commun des Pays de l’Europe. Tôt ou tard, il faudra rendre compte de cette dérive au citoyen européen lequel, pour le moment, sommeille totalement désintéressé et éloigné de ce qui se passe au sein des institutions européennes. Il va se réveiller lorsque les dérives du projet original seront allées aussi loin que commenceront à le toucher de près, à ce moment là des remises en question, même violentes, sont à craindre. Il faut éviter de préparer, à plus ou moins court terme, toute forme de balkanisation de notre espace commun de justice et de paix. Face à la globalisation que tout uniformise et tout aplati l’Europe a besoin, de toute urgence, d’un projet de société qui l’ancre à la civilisation humaniste, créative et cultivée dont elle est issue.

2. Le trilinguisme ou le, soi-disant, plurilinguisme des Services de la Commission.
Le trilinguisme (allemand, français, anglais), que la Commission affiche comme langues de procédure, devenues d’office langues de travail, présente une faiblesse majeure qui est constituée du fait que ce choix n’est pas fondé sur des critères objectifs et univoques, énoncés et cohérents, en consonance avec le fonctionnement institutionnel et le dispositif des Traités. Il s’agit, en réalité, d’un plurilinguisme de façade  qui n’est nullement respecté même pas dans sa plus simple expression, à trois langues, énoncée par la Commission.
Il s’agit, en fait, d’un plurilinguisme qui n’est pas fondé au point de vu légal, qui ne jouit pas d’une légitimité morale et cache, au contraire, une volonté ferme et constante d’imposer une langue unique au détriment de toutes les autres. Un nombre incroyable d’entorses qui vont de la langue de rédaction des textes originaux à celle des sites de la Commission, de la communication avec les citoyens à celle avec les États Membres, de la dénomination des bâtiments de la Commission aux affichages sur les mêmes, du  Bulletin du personnel, Commission en Direct, aux conférences de presse de la Commission, pour n’en citer que quelques-unes, témoignent de cette volonté. Sans préjudice du bien fondé du régime à trois langues, la Commission, pour être crédible dans ce domaine, devrait, comme tout minimum, respecter le plus correctement et scrupuleusement le trilinguisme énoncé, ce qui est loin d’être le cas.

3. Régime linguistique des réunions du Collège.
Le régime linguistique des réunions du Collège et des documents qu’il est appelé à examiner, fixé par le Président « selon des besoins minimaux », établit, indirectement, une hiérarchie des langues officielles qui ne correspond pas au modèle de fonctionnement institutionnel instauré par les Traités. Il constitue une atteinte à l’identité des États Membres et à leur latitude dans la désignation de leurs Commissaires.
En fait, alors que les Commissaires ne devraient pas être, nécessairement, des linguistes, les matières traitées par la Commission, de par leur congénitale complexité, requièrent une compréhension parfaite de toutes les nuances des textes et des différentes prises de position des participants à la réunion, à un tel point qu’un seul mot peut, parfois, changer le sens de tout un texte. Demander aux Membres du Collège d’examiner des documents stratégiques et normatifs, émanant du rôle institutionnel de la Commission, dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas parfaitement, équivaut à banaliser et minimiser leur mission, à la rendre inefficace. Plus grave encore : l’établissement des documents de travail toujours dans « la » même langue, rarement dans une autre, ne permet pas la participation harmonieuse de toutes les différentes cultures et identités dont les États Membres sont porteurs et, encore moins, l’assimilation dans toutes les langues des nouveaux concepts qui relèvent des problématiques du moment actuel et de l’évolution de la terminologie

4. Langue de rédaction.

La diversification et la multiplication des langues de rédaction des textes originaux, produits par les Services de la Commission, est d’une importance fondamentale afin d’obtenir un travail de qualité enraciné dans la pluralité et la richesse culturelle de l’Europe. Un dispositif dans ce sens peut garantir la participation effective de tout le potentiel intellectuel et culturel de l’Europe, la préserver de l’aplatissement vers la pensée unique véhiculée par la langue unique  et éviter que le processus d’intégration ne se transforme en un processus de colonisation. Il n’est pas acceptable que le plus grand nombre de textes originaux soit rédigé en anglais, notamment par des non-anglophones, avec tous les aléas que cela comporte.
La cellule de « correcteurs », instaurée au sein du Service de Traduction Anglaise, pour « améliorer » les textes boiteux, constitue, en ce domaine, un remède pire que le mal.  Il est important de souligner que, dans un contexte multilingue, tel que celui des institutions européennes, où la plupart des textes est destiné à faire fois dans plusieurs langues, tout document, tant soit peu important, devrait être rédigé simultanément en, au moins, deux langues afin que l’une éclaire les inévitables ambiguïtés de l’autre. Le non respect de ce principe nous a déjà exposé, dans le passé, à de très ennuyeux « qui pro quo » et à une lente mais inexorable mise à l’écart, pragmatique, de certains principes fondateurs de l’Union.

5. Services Linguistiques.
Les Services Linguistiques de la Commission ont été, depuis leur instauration et des années durant, les plus performants au Monde. Ils ont été démantelés et, en partie, privatisés sous le régime du Commissaire Kinnock, par conséquence ils requièrent une attention particulière de la part de la Commission, laquelle doit les restaurer et leur rendre l’ancienne splendeur, en termes de professionnalité, d’efficacité, de nombre, de statut.  Il s’agit, en faits, de services d’une importance capitale, parce qu’ils constituent une structure cardinale du Service Public européen dans sa fonction de bras opérationnel de la démocratie, il faut qu’ils soient adéquats à la tâche qui leur incombe, qu’ils soient performants et sous le contrôle direct de la Commission.
La revalorisation de tous les Services Linguistiques visant l’excellence, au service des citoyens européens, s’impose, elle est nécessaire et urgente, sous peine d’entretenir, face aux institutions des États Membres et à leur populations, le flou sur les institutions européennes, leur mission et leur action et d’accentuer la désaffection, de plus en plus marqué, du citoyen envers l’Europe. A noter que certains supports d’importance cruciale pour le bon fonctionnement des Services Linguistiques, afin d’assurer la qualité des textes produits par la Commission, tel que l’office de terminologie, certaines bibliothèques et archives ainsi que des cours de langues très pointus pour les fonctionnaires, dispensés par des services internes ad hoc très spécialisés, ont été liquidés et doivent être rétablis. L’argument financier que l’on invoque sans arrêt pour justifier le démantèlement des Services Linguistiques n’est pas acceptable ni fondé, il apparaît très clairement comme un simple prétexte. Le coût du plurilinguisme des institutions de l’Union Européenne dans son ensemble est estimé à deux Euros « pro capite » par an. 
Si l’on considère que certains distributeurs de programmes de télévision font leur publicité en invitant les usagers à devenir leurs clients parce que cela ne leur coûtera « que » quinze Euros par mois, on se rend facilement compte du ridicule de ces deux Euros, par an et par citoyen, qui coûte le plurilinguisme de l’Europe. Par ailleurs, dans une situation de rigueur budgétaire la Commission est censée établir ses priorités, agencer correctement les domaines porteurs et laisser tomber tout ce qui est accessoire, tout ce qui ne constitue pas matière communautaire, tel que, par exemple, le financement de projets pour la diffusion et/ou l’enseignement de langues, même importantes, qui ne sont pas celles des Traités fondateurs de l’Union européenne.

6. SYSPER2, MIPS, autres sites de la Commission et formulaires.
Il s’agit d’instruments de travail du personnel, de papiers qui touchent aux dossiers personnels, de formulaires pour le fonctionnement interne et la gestion du personnel de la Commission. Ces documents, y inclus selon la jurisprudence, devraient exister dans toutes les langues parce qu’ils sont susceptibles d’avoir une influence directe sur la situation personnelle et les droits des fonctionnaires.

7. Bulletin du Personnel.
Le Bulletin du Personnel devrait revenir à son origine lorsqu’il était appelé « Courrier du Personnel » et constituait un instrument de communication du personnel et pour le personnel de la Commission, avec des articles dans toutes les langues officielles sans aucune exclusion, selon les contributions des fonctionnaires et les besoins du moment. Actuellement il est quasi exclusivement en anglais avec, de temps à autre, des titres en français, même l’allemand y est exclu. Les manipulations pour préserver une position privilégiée à une seule langue sont simplement inacceptables au sein d’une institution qui se veut et se doit plurilingue.
À titre d’exemple, et pour dénoncer une situation de véritables abus, on peut rappeler le cas d’un fonctionnaire qui s’est vu refuser  un article en allemand sous prétexte que « traditionnellement » le Bulletin du Personnel était en français et anglais, ce qui est totalement et impudemment faux.

8. Affichage des noms des institutions communautaires et de leurs différents services sur les bâtiments.
Encore une fois, l’anglais est partout et les critères font défaut. L’Union Européenne  n’est pas une quelconque ONG, elle se doit d’agir sur la base de critères fondés qui se dégagent du dispositif des Traités et doivent être soutenus par une légitimité morale. Il pourrait s’agir de la langue ou des langues du Pays d’accueil, des langues des États Membres fondateurs, des langues des États Membres dont le poids démographique est le plus important ou, beaucoup mieux, de toutes les langues officielles, celles des Traités.
L’usage du seul anglais, de l’anglais et français, ou encore de l’anglais avec les langues des Pays d’accueil des institutions et de leurs émanations, ne se justifie d’aucune manière. L’omniprésence de l’anglais ne suffit pas  à maquiller le non respect du plurilinguisme communautaire, bien au contraire.

9. Affichages publicitaires.
Il est grand de temps mettre fin aux affichages publicitaires sur les bâtiments de la Commission européenne toujours et uniquement en anglais. Cette entorse fausse l’image de l’Union et porte atteinte à sa véritable identité elle est, en outre, vexante pour les Pays d’accueil et pour leurs citoyens qui viennent à se retrouver non pas dans une Communauté, dont ils sont partie intégrante, mais dans un territoire conquis par une autorité étrangère.

10. Management et langues.
La dérive linguistique vers le tout-anglais et le stéréotype que cette langue véhicule est l’une, parmi d’autres, des néfastes conséquences dues à la tendance de gérer la fonction publique européenne  selon les critères de la gestion des entreprises du secteur privé.  Il est nécessaire et urgent d’enrayer cette transformation d’une fonction publique européenne démantelée et déformée en gestion privée, en « management », sous peine, pour la Commission, de ne plus disposer, à très court terme, de personnel formé pour exécuter les tâches qui lui permettent de remplir son rôle institutionnel.
L'Administration Publique n’est pas une entreprise privée, elle est le bras opérationnel de la démocratie, elle est au service des citoyens et de la justice sociale, sa mission dépasse totalement tout calcul simplement économique, tout intérêt personnel, parce qu’elle est vouée à assurer la prise en compte, la mise en place et la gestion de l’intérêt général. La rationalisation des services  de la Commission doit aller dans le sens d’une meilleure compétence à assumer leur spécificité.

11. Langues des Concours et actes de candidature.

L’obligation, pour les institutions européennes, d’éviter des discriminations entre citoyens de différents États Membres, impose que les concours de recrutement se tiennent dans toutes les langues officielles et permettent aux candidats de s’exprimer dans leur propre langue maternelle pour ce qui est du domaine de leur compétence spécifique. Or, à l’heure actuelle, les concours de recrutement et, même, la compilation des actes de candidature, pour tous les domaines opérationnels se font en seules trois langues (allemand, français, anglais) et s’apparentent d’avantage à des examens de connaissance des langues qu’à des concours de recrutement de personnel très qualifié.

En effet, la grande majorité des candidats, pour ce qui est du domaine de formation spécifique, n’est pas censé s’exprimer dans sa langue maternelle, ce qui constitue, pour des non linguistes, un grave handicap à faire la démonstration de ses propres qualités professionnelles. Or, les connaissances linguistiques, quoi que très importantes pour travailler efficacement au niveau européen, n’ont rien à voir avec la formation spécifique des candidats et devraient faire l’objet de preuves séparées.  Il est surprenant que la Commission ne respecte, toujours pas, cette logique qui, au delà de l’intérêt particulier des citoyens, seule, peut lui permettre de s’assurer des qualités intellectuelles et de la formation des candidats.

12. Le Multilinguisme de l’Union Européenne.
La Commission ne semble pas tenir suffisamment compte du fait que les langues officielles des États Membres, en tant que langues des Traités ainsi que par l’ensemble du dispositif institutionnel, constituent matière communautaire. Les différents Membres de la Commission qui se sont succédés dans la charge de ce dossier n’ont pas montré d’avoir clair à l’esprit cette dimension de la question linguistique en pratiquant une confusion intolérable entre les langues officielles des États Membres, qui constituent de plein droit matière communautaire, et les langues régionales, minoritaires, dialectes et langues des immigrés qui, sous le chapitre « Culture » relèvent de la coordination intergouvernementale. 
Au comble de la dérive, les Membres de la Commission en charge du « Multilinguisme » confèrent avec le Conseil de l’Europe et avec les Pays tiers au sujet de l’enseignement des langues officielles de l’Union Européenne dans les programmes d’instruction nationale, en accordant une priorité absolue à l’anglais et à son enseignement dès l’école primaire, portant atteinte, de ce fait, à toutes les autres langues officielles et au projet européen d’intégration lui même. L’ensemble de ces faits met en évidence une approche subversive de la question linguistique européenne, fortement inspirée des théories, bien connues, du British Council, lequel place au centre de la réflexion, de la stratégie et de l’action l’anglais, préconisé comme langue véhiculaire mondiale, mais, elle dénonce, avant tout, une carence de la Commission à jouer, dans le domaine des langues officielles, le rôle qui lui a été confié par les Traités.

13. Accord avec l’Inde.

L’accord que le Commissaire Leonard Orban a fait avec l’Inde sur la question linguistique, soi-disant, parce que l’Europe comme l’Inde est appelée à résoudre le problème de la cœxistence d’une vingtaine de langues dans son fonctionnement institutionnel, ridiculise l’Europe et ses États Membres et témoigne d’une grande faiblesse et inattention de la part de la Commission vis-à-vis du patrimoine culturel de l’Europe. Le Commissaire et la Commission, elle-même, ne tiennent pas compte du fait que, loin d’être des langues régionales locales, un bon nombre de langues des États Membres de l’Union  sont des grandes langues de culture de niveau mondial.

14. Code de bonne conduite.
Athena est d’avis qu’un « Code de bonne conduite » de la Commission pour l’usage des langues, au sein de ses Services, dans ses relations avec Les États Membre ainsi que dans la communication avec les citoyens, sur une base de légalité et de légitimité morale, serait un instrument plus qu’utile indispensable, pour son bon fonctionnement et pour son image vis-à-vis des citoyens. Dans cette optique, Athena est disponible à préparer, à titre gracieux, bien évidemment, un projet et à le présenter à l’occasion d’un colloque, d’un séminaire ou au sein d’un groupe de travail qui serait constitué par la Commission pour rationaliser et rendre effectif le plurilinguisme de l’Union.  En effet, cet exercice d’harmonisation des langues officielles constitue un travail de fonctionnaire expérimenté, disposant d’une connaissance approfondie des Traités et du fonctionnement institutionnel de la Commission et des autres institutions. Il doit, nécessairement être mis en relation étroite avec la réalité à l’intérieur des institutions et avec leur mission, il ne peut être confié à des consultants externes, écrivains, journalistes, professeurs ou groupes disparates qui s’improviseraient experts de la question linguistique européenne. Le Rapport Maalouf et ses apparentés ont déjà fait assez de dégâts dans ce domaine d’une très grande technicité et sensibilité.

Conclusions.
Considérer la langue comme un simple et banal instrument de communication c’est comme dire que l’or est précieux parce qu’il brille. La langue préside, avant tout, à la structuration de la pensée, elle confère une échelle d’évaluation des valeurs, une aptitude à l’application du droit, une vision du Monde. Écrire un texte original, devant être traduit dans d’autres langues, dans une langue ou une autre, ne constitue pas du tout un fait anodin, il constitue un choix fondamental parce que la langue originale va façonner le sujet, suivant un dessin caché sous le métier. Les anglophones ont bien compris cela et ils jouent à fond sur cet atout, ce n’est pas pour rien que certains principes fondamentaux de la Communauté ont disparus, peu à peu, de la conception de l’Europe d’aujourd’hui, tel que, par exemple, la préférence communautaire pour ne faire qu’un seul exemple parmi beaucoup d’autres. Lorsqu’on accepte d’examiner un Règlement, une Directive, une stratégie de politique communautaire et, parfois, même de se prononcer sur un texte écrit dans une seule langue originale on a déjà démissionné à contribuer efficacement à la construction européenne. Il est vrai que, dans le contexte actuel, ce n’est pas simple de réfléchir de manière autonome, de se faire une idée précise des enjeux.

On est bombardé de tous les cotés par la propagande de la pensé unique. Les fonctionnaires européens reçoivent  sans interruption, par l’Internet, des documents tous prêts dans tous les domaines sensibles de l’œuvre qui occupe les institutions européennes. Ils n’ont qu’à faire « cut and paste » plus personne n’a la nécessité de réfléchir et de s’informer de sa propre initiative. Il faut comprendre, une fois pour toutes, sous peine de faire échouer définitivement le projet d’unification de l’ Europe, que le problème auquel nous sommes confrontés n’est pas celui de faire traduire, plus au moins correctement, tous les documents officiels et non-officiels au bénéfice des citoyens européens et autres usagers. Le véritable problème est, d’une part, celui des textes originaux, celui de la langue qu’on utilise pour penser et concevoir les textes normatifs et les stratégies, de l’autre, celui de la langue dans laquelle on soumet les documents aux décideurs pour apprécier le texte et se prononcer. Lorsqu’on arrive à une traduction, pour tout le monde, «a posteriori» les jeux sont faits, on est en plein dans un système bloqué.

Le Comité Exécutif d’Athena


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2012 (5) - le 24/07/2012 - 23:03 par MAR
Nouvelles de juillet 2012 (5)
- Les Échos (Philippe Bertrand) : Le français, l'anglais et notre crise d'identité (19/07) (lien)
- Jean-Benoît Nadeau : Je t’aime moi non plus, la langue de Patricia Kass (lien)

nouvelles2/sea-france.jpgde Sea France à My Ferry Link ! - le 24/07/2012 - 23:00 par JeanPierre_Busnel_
de démissions en démissions
De Sea France à My Ferry Link !

SeaFrance était une compagnie maritime qui assurait les liaisons transmanches, par ferries, entre Calais et Douvres (c'était une société anonyme détenue à 100 % par la SNCF). Confrontée à de grosses difficultés financières (concurrence du tunnel sous la Manche), elle a été placée en redressement judiciaire en 2011, le Tribunal de commerce de Paris prononçant sa liquidation en fin d'année dernière. Ses navires et les autres actifs dépendant de la liquidation ont été repris par la société Eurotunnel, tandis que l'exploitation sera confiée à une SCOOP (société coopérative et participative) créée par d'anciens salariés de SeaFrance.

Mais sous quel nom se fera cette exploitation, par cette nouvelle société de droit français qui annonce, en outre, recruter l'essentiel de son équipage à Calais ? On vient d'apprendre que ce sera ... My Ferry Link. Le mot France a disparu de la raison sociale. Il était devenu gênant. Il était de trop. A la question de savoir pourquoi un nom "so british" avait été adopté, le président du directoire de ladite coopérative a répondu ceci à un journaliste du quotidien Le Parisien : "La réponse est simple : 85 % de nos passagers sont britanniques.

On n'est pas obligé de croire cela. Il y a gros à parier que si le taux d'utilisation des navires par des anglophones avait été de 40 % ou même de 30 %, il en eût été de même. Pour la Constitution, le français est la langue de la République, mais pour les milieux d'affaires, pour ceux qui pilotent cette opération comme pour les autres, l'anglais est celle du commerce. Il doit donc s'imposer.

Le pouvoir politique a commis une grosse erreur en n'imposant pas une dénomination en langue française pour les entreprises commerciales de droit français, quelle que soit leur forme juridique. Il aurait dû le faire il y a longtemps. Mais encore aurait-il fallu qu'en bon élève de l'école néolibérale il ne soit pas à la remorque du pouvoir économique.

Jean-Pierre Busnel


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2012 (4) - le 21/07/2012 - 11:01 par MAR
Nouvelles de juillet 2012 (4)
- 60 millions de consommateurs : Pouce, c'est pas du jeu ou comment la soumission aux anglo-saxons va jusqu'à nous faire adopter leurs mesures rétrogrades [n°472- juin 2012] (lire ci-dessous)
- Jean-Jacques Candelier député Front de Gauche du Nord interpelle les ministres (lire ci-dessous)
- Claude Hagège : Pourquoi les Français sont-ils meilleurs en espagnol qu’en anglais ? 19/07) (lien)
- La Cour de cassation se couche devant l'anglais tout-puissant (lien)

Pouce, c'est pas du jeu - courrier au journal 60 millions de consommateurs [n°472- juin 2012]
Ou comment la soumission aux anglo-saxons va jusqu'à faire adopter leurs mesures rétrogrades
J'aimerais savoir si l'affichage uniquement en pouces, que l'on observe notamment pour les produits informatiques et appareils photo, est légal. Le consommateur est mal informé par cet affichage. Pourquoi n'exigeons-nous pas l'affichage en système métrique qui est d'ailleurs le système international d'unités (SI). sauf erreur de ma part ? Agnès O. par courriel

Réponse du journal :Cette pratique n'est effectivement pas légale. Le système des mesures obligatoire en France est le système métrique décimal, appelé système international d'unités (SI), selon le décret du 3 mai 1961. L'unité de longueur est donc le mètre, et ses divisions. Le décret en question ne prévoit pue de rares exceptions : il autorise, par exemple, à parler en mille et non pas er mètre, lorsqu'il s'agit d'exprimer des distances en navigation maritime ou aérienne.

Jean-Jacques Candelier député Front de Gauche du Nord interpelle les ministres

Question n°195 de Jean-Jacques Candelier (Gauche démocrate et républicaine-Nord) Question écrite - Ministère interrogé > Transports, mer et pêche - Rubrique > langue française Tête d'analyse > défense et usage Analyse > entreprises de transport - Question publiée au JO le 3/07/2012 page : 4272
Texte de la question
M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de M. le ministre délégué auprès de la ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, chargé des transports, de la mer et de la pêche, sur l'usage de l'anglais par la SNCF. Cette société vient de baptiser un projet "Speed". Nous avions déjà eu droit à "ID-Night", "S'miles" et "TGV-Family". Il lui demande s'il compte donner des instructions aux dirigeants de la SNCF pour qu'ils cessent d'utiliser l'anglais au détriment du français, langue officielle en France.

Question n°196 de Jean-Jacques Candelier ( Gauche démocrate et républicaine - Nord ) Question écrite
Ministère interrogé > Culture et communication - Rubrique > langue française Tête d'analyse > défense et usage Analyse > médias. actions de l'État - Question publiée au JO le : 3/7/2012 page : 4245
Texte de la question
M. Jean-Jacques Candelier interroge Mme la ministre de la culture et de la communication sur sa politique linguistique, et plus particulièrement sa politique en faveur de la langue française. De nombreuses associations de défense de la langue française, comme le Courriel (Collectif unitaire républicain de résistance, d'initiative et d'émancipation linguistique), par exemple, militent pour l'enseignement et la promotion du français, pour beaucoup symbole des valeurs universelles de la République et de notre souveraineté nationale.

Ce combat est selon lui rendu d'autant plus ardent qu'il pense déceler une stratégie organisée de liquidation de la langue française, à travers l'imposition progressive de l'anglais par l'Union européenne ou encore, à travers cette imposition par les grandes entreprises (le slogan du MEDEF est "ready for the future"). Ce basculement organisé vers l'anglais, notamment dans sa forme américaine, est censé mieux correspondre à la modernité.

En réalité, il est surtout le véhicule de la pensée unique supranationaliste et de l'idéologie libérale et capitaliste. Ce phénomène d'anglicisation à outrance est particulièrement préoccupant car il tend à la fragilisation de la cohésion nationale, à travers une perte d'intégrité psychologique des citoyens, une perte des repères culturels et des problèmes de communication.

Alors que l'article 2 de notre Constitution indique que "la langue de la République est le français", il lui demande la politique qu'elle compte mener en faveur de la promotion du français et comment elle entend lutter contre un envahissement de l'anglais, notamment sur nos écrans de télévision.

Question n°97 de Jean-Jacques Candelier ( auche démocrate et républicaine-Nord ) Question écrite - Ministère interrogé > Éducation nationale - Rubrique > langue française Tête d'analyse > défense et usage Analyse > système éducatif. perspectives
Question publiée au JO le : 03/07/2012 page : 4259

Texte de la question
M. Jean-Jacques Candelier interroge M. le ministre de l'éducation nationale sur la place de l'anglais dans l'enseignement. Les ministres successifs ont marginalisé la langue française au profit de l'anglais à tous les niveaux de l'enseignement, mettant notre langue ainsi que notre culture en grand danger.

L'orientation donnée s'inscrit dans une volonté d'enseigner précocement l'anglais y compris dans les écoles maternelles et les crèches dès l'âge de deux ans. Or, comme l'ont souligné des linguistes, l'apprentissage des langues étrangères, nécessaire, représente un risque s'il débute avant que la langue maternelle ne soit stabilisée, c'est-à-dire avant un âge qui se situe entre six ans et huit ans.

Il lui demande s'il compte abandonner l'enseignement précoce des langues étrangères qui relève d'une volonté d'imposer l'anglais comme seconde langue maternelle. Il lui demande, en outre, s'il compte abroger les dispositions du code de l'éducation qui permettent d'enseigner des disciplines non linguistiques en langue étrangère et si des sanctions seront prévues pour les manquements à la loi relative à l'emploi de la langue française, en particulier dans l'enseignement supérieur.

Il lui demande, enfin, de bien vouloir se prononcer sur la possibilité d'instaurer des quotas par langue étrangère afin de parvenir à une véritable diversification des langues enseignées et sur la possibilité d'instaurer un grand débat public pour que soit définie la politique linguistique de la France.

Question n°198 de Jean-Jacques Candelier (Gauche démocrate et républicaine-Nord) Question écrite - Ministère interrogé > Enseignement supérieur et recherche
Rubrique > langue française Tête d'analyse > défense et usage Analyse>système éducatif. perspectives - Question publiée au JO le : 03/07/2012 page : 4262

Texte de la question

M. Jean-Jacques Candelier attire l'attention de Mme la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche sur la mauvaise application de la loi Toubon dans l'enseignement supérieur français. L'article 1er de la loi n°94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, dite loi Toubon, stipule que la langue de l'enseignement est la langue française.

En dépit de la législation, le Conseil national des universités autorise désormais la publication de thèses en anglais en France et sciences po Reims et des universités françaises imposent à leurs étudiants des cours en anglais.

Selon lui, il faudrait aller vers de lourdes pénalités pour les établissements incriminés, voire jusqu'à l'interdiction pure et simple des enseignements en anglais. Il demande quels moyens il compte mettre en œuvre pour faire appliquer correctement la loi Toubon dans l'enseignement supérieur.

nouvelles2/lemonde.gifDébat linguistique au journal Le Monde - le 19/07/2012 - 23:55 par MAR
Débat linguistique au journal Le Monde
- La sortie du Royaume-Uni, une solution aux problèmes de l'UE (lettre au Monde 17/07)
- Langue l'anglais : une suprématie Incontestée (lettre au Monde 12/07)
-"Le Monde" en français !"(lettre au Monde - 14 juillet  2012) (lire ci-dessous)
- Les Français, piètres défenseurs du français(lettre au Monde - 07/07/) (lire ci-dessous)

Europe La sortie du Royaume-Uni, une solution aux problèmes de l'UE (Lettre au Monde mardi 17 juillet 2012)

Le spectre d'une Europe sans le Royaume-Uni est évoqué à la "une" du Monde daté 13 juillet. Cette perspective n'est pas un problème, mais une partie de la solution aux problèmes de l'UE. Présente depuis 1973 dans un seul but : affaiblir un continent devenant trop puissant, à la faveur d'une opération politicienne française (le référendum pompidolien destiné à affaiblir la gauche de l'époque).

Depuis cette date, les gouvernements britanniques n'ont eu de cesse de préserver leurs intérêts fiscaux, en particulier, au détriment de l'intégration politique européenne déjà très difficile, encore plus depuis les adhésions de la Bulgarie, de Chypre et celles à venir...

Ce pays déteste - il en a le droit - l'Europe et la France depuis Édouard III et William Pitt. Il préférera toujours, selon le mot célèbre de Churchill à De Gaulle, "le grand large" au continent. Qu'il le prenne, conserve sa livre sterling, sa City, son dumping fiscal et son île de Man, destination de bien des capitaux douteux...

André Fromon
, Strasbourg


Langue l'anglais : une suprématie Incontestée (Lettre au Monde jeudi 12 juillet 2012)

Dans son courrier "Du désavantage linguistique... de parler l'anglais" (Le Monde  du 2 juillet), Graeme Hunter, citoyen britannique, regrette que de nombreuses personnes lui répondent en anglais alors qu'il aimerait parler la langue du pays.

Cependant, les anglophones de naissance ne sont pas les seules victimes de cette agaçante manie. Français sillonnant l'Europe depuis de nombreuses années et m efforçant en général d'apprendre la langue du pays, je ne compte plus le nombre de fois où l'on m'a répondu dans la langue de Shakespeare, en Grèce tout particulièrement.

Récemment, deux jeunes Allemands, que j'avais pris en stop dans le sud de la France, se sont crus obligés d'utiliser les rares mots d'anglais dont ils disposaient pour répondre à mon allemand qui, sans être parfait, était infiniment supérieur à leur anglais exemple caricatural mais malheureusement réel de la servilité de nombreuses personnes envers la langue dominante.

Jean-Jacques Affholdet, Toulouse


"Le Monde" en français !"
(Lettre au Monde)
Samedi 14 - Dimanche 15- Lundi 16 juillet  2012 - page 22)

Courrier (Le Monde-14-16 juillet 2012)
Presse"Le Monde" en français !"

Le courriel "Les Français, de piètres défenseurs du français", de Claude Gisselbrecht (Le Monde du 7 juillet), m'a incité à vous écrire. Les journalistes de la presse écrite française, et notamment ceux du Monde, sont en effet un des groupes d'individus influents les mieux placés pour assurer cette défense et pourquoi pas sa promotion.

Or, force est de constater, malheureusement, que le snobisme anglo-saxon (suivisme ou manque d'imagination ?) caractérise depuis quelques années un certain nombre de journalistes du Monde.

Les expressions anglaises parfaitement traduisibles en français surgissent à tout bout de champ dans les articles et même récemment dans un éditorial. Quelques exemples particulièrement fréquents et irritants : l'horrible "think tank" ne pourrait-il pas être remplacé par cercle de réflexion, laboratoire d'idées ; le sempiternel "low cost" par à bas coût, bas de gamme ; "hedge fund" qui évite d'évoquer la connotation négative de spéculation.

Parmi les plus récents : coach, coming out, sniper, religions center, class actions, private equity, roaming, freemium... faudra-t-il se résigner à avoir un Robert & Collins à portée de main pour lire Le Monde, dont, comme vous l'écriviez récemment, "la mission est d'offrir à ses lecteurs le meilleur contenu disponible en français" ?

Jean Lescureux - Rainneville (Somme)

Bravo au Monde qui a eu le courage de publier cette lettre et ainsi de se remettre en question !
Malheureusement dès la page 25 (3 pages plus loin), on trouve un titre, qui, parlant du défilé militaire du 14 juillet, retombe aussi sec dans les travers dénoncés par Jean Lescureux : "
Les happy fews prennent de la hauteur pour voir le défilé". MAR


Francophonie : Les Français, piètres défenseurs du français (Lettre au Monde)
(Samedi 7 juillet 2012)

Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la francophonie, a accordé un entretien au quotidien québécois Le Devoir, à l'occasion du Forum mondial de la langue française» qui s'est tenu à Québec du 2 au 6 juillet (Géo et Politique du 2 juillet). Il dénonçait le désintérêt de la France pour la francophonie, en déclarant, notamment : "Les universitaires et les intellectuels s'en moquent; C'est la nouvelle trahison des clercs..."

On y apprend aussi que Québécois et Africains - 85% de francophones d'ici à 2050 - sont les plus grands défenseurs du français! Et nous ? De toute évidence, nous sommes passés à côté, et c'est ce qui rend la situation quelque peu préoccupante... Dans son pays, Abdou Diouf avait succédé à Léopold Sédar Senghor, qui disait : "Le français, ce sont les grandes orgues, qui se prêtent à tous les timbres, à tous les effets, des douceurs les plus suaves aux fulgurances de l'orage." A savourer et méditer !

Claude Gisselbrecht,- Augny (Moselle)


 


nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2012 (3) - le 16/07/2012 - 22:41 par MAR
Nouvelles de juillet 2012 (3)
- Les jeunes péquistes exigent une nouvelle loi 101 16/07/2012) (lien)
- La cour de cassation se couche devant l'anglais tout-puissant (lien)
- Intervention d’Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée des Français de l’Étranger, devant la communauté française à Bruxelles (14 juillet 2012) (lire ci-dessous et lien)

Intervention d’Hélène Conway-Mouret, ministre déléguée des Français de l’Étranger, devant la communauté française à Bruxelles (14 juillet 2012) 
Intervention intéressante de la ministre déléguée des Français de l’Étranger dont on peut relever ce passage :
"La langue française doit demeurer largement utilisée dans les institutions européennes. Vous qui parlez et travaillez souvent en anglais, vous ne devez pas oublier pour autant votre langue maternelle, y compris dans le quotidien de vos activités professionnelles. C’est une responsabilité forte. Elle vous incombe en partie.
Si les Français ne donnent pas l’exemple en utilisant le plus souvent possible notre langue, nous risquons de voir disparaitre le multilinguisme qui fait l’identité du projet européen, en constitue la richesse et l’une des forces." Si d'aussi belles déclarations pouvaient être suivies de faits... MAR (lire le texte entier)


Drapeau-Quebecois.jpg2012 : au Québec il s’est passé quelque chose - le 09/07/2012 - 23:12 par Albert_Salon
En 2012, c’est au Québec qu’il s’est passé quelque chose

En effet, en France, nos associations groupées avaient, le 18 juin 2011, dans une belle diversité de nations, de couleurs de peau et d’orientations politiques, réussi leur manifestation au Panthéon et leur marche internationale dans le Quartier latin pour le français et la diversité culturelle de l’Europe et du monde. Mais elles n’avaient pas réussi à briser le mur des plus grands des médias français. Seuls l’AFP, l’internet, des revues associatives et des journaux locaux, en ont rendu compte de manière objective.

En cette année électorale 2012, nos associations n’ont réussi à faire signer leur fiche de dix engagements pour le français que par quelques-uns des candidats à la Présidence de la République et des candidats à la députation, les plus proches a priori de nos idées. Les principaux partis n’ont pas daigné répondre. Et, si elles sont parvenues à réunir les signatures de 50 hautes personnalités de France et d’ailleurs sous une pétition pour le français et la Francophonie, les grands médias ont soigneusement occulté cette pétition.

En revanche, dans une étroite concertation avec les associations et divers mouvements québécois promoteurs de la langue française et de la personnalité nationale du Québec, Avenir de la langue française, appuyée par deux autres associations françaises, a pu modestement contribuer à faire, des deux dernières des manifestations importantes organisées par les Québécois en 2012, un succès pour l’affirmation du français et des communautés francophones organisées ou non en États :

I) Les manifestations du printemps au Québec :
- 1) celle, massive, de centaines de milliers d’étudiants depuis le 22 mars et pendant près de quatre mois, sur les frais de scolarité dans l’enseignement supérieur, a bien porté sur un modèle de société opposé à celui des Anglo-saxons et des libéraux du Québec, mais n’a pris, en somme, que vers la fin - et marginalement – un peu de la tournure que souhaitaient lui voir prendre les partisans du français et de l’indépendance ;

- 2) celle, massive elle aussi, du Jour de la Terre, le 22 avril, contre des projets peu écologiques du gouvernement de M. John James Charest, a opéré une jonction – encore modeste – avec la manifestation permanente des étudiants, et a assez bien accueilli en son sein la participation de mouvements indépendantistes ;

- 3) une troisième manifestation – proprement nationale et indépendantiste, celle-là - lors de la Journée annuelle des Patriotes (commémorant le soulèvement des Patriotes québécois en 1837-38 contre le régime impérial britannique) a rassemblé une foule importante, plus nombreuse et ardente que l’année précédente ;

- 4) le 12 mai, à Montréal, le Mouvement Québec français (MQF) et le Mouvement Montréal français (MMF) ont organisé pour plusieurs centaines de personnes une visite guidée - de protestation - des hauts lieux d’anglicisation de la métropole montréalaise.

II) Les manifestations de juillet dans la capitale du Québec :

- 1) du 2 au 6 juillet, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Gouvernement fédéral canadien et le gouvernement de l’État du Québec, ont organisé ensemble le Forum mondial de la langue française. Prévu par le Sommet francophone de 2010 à Montreux, pour préparer les décisions de politique du français et de la Francophonie à prendre par les Chefs d’État et de gouvernement lors de leur Sommet des 12 au 14 octobre 2012 à Kinshasa, ce Forum international a réuni 1.300 personnes venues des principaux pays membres de l’OIF et d’ailleurs, de 104 pays au total. En grande majorité des jeunes, dans un amalgame de cultures et dans des festivités colorées et de qualité. Il eût pu y avoir plusieurs dizaines de jeunes supplémentaires, si le gouvernement canadien n’eût pas refusé de leur accorder des visas.
Notons que, en partie grâce au travail de préparation de nos associations, des liens utiles ont pu être établis ou confirmés entre plusieurs des principaux Français présents et nos partenaires des Mouvements nationaux québécois, ainsi qu’avec les chefs des manifestations étudiantes du printemps.
Outre la bonne organisation, la joyeuse diversité, la convivialité, la fête, et la grande qualité de la plupart des intervenants, des contacts et échanges, des conférences et des ateliers et tables rondes,

il ressort de ce Forum mondial
:

- la prise de conscience enfin officielle de l’urgence pour l’OIF de se préoccuper sérieusement de l’avenir de l’écosystème francophone, d’agir ensemble avec vigueur pour affirmer le français et la Francophonie dans le monde, contre l’offensive de très grande envergure qui est menée par l’Empire ; M. Abdou Diouf ("Nous devons être des indignés linguistiques !") appelle à "une multipolarité linguistique" ; M. Jean Tardif, sociologue, nomme "hyperculture globalisante" ce qu’en France nous condamnons sous les noms d’Empire et de sa Superclasse mondiale. ;

- l’intervention fort remarquée et médiatisée, en plénière et en table ronde, du grand linguiste Claude Hagège, Professeur au Collège de France, membre d’ALF ; recommandant d’éviter les consensus mous, de "faire du ronron", de se contenter d’"assises mondaines" de la Francophonie, alors que "nous sommes en guerre !" ; selon lui, le problème n’est pas la mondialisation – phénomène neutre en soi - mais le mondialisme, l’accaparement de la mondialisation par le plus puissant du moment, c’est-à-dire l’américanisation, l’imposition d’une langue unique pour porter une "pensée unique" servant les intérêts de l’Empire ; il affirme qu’au Québec il est très dangereux pour le maintien de la langue française d’introduire un enseignement renforcé de l’anglais et une sorte de bilinguisme précoce dans les petites classes ; il conclut son propos par un "Vive la francophonie québécoise libre !" ;

- il s’agit, dans les sciences, le monde du travail, les réseaux sociaux francophones, l’internet et le monde numérique, l’accès au matériel et aux logiciels libres, en fait dans tous les domaines, de faire exister pleinement, à côté de l’anglais, les autres grandes langues de communication et de culture, dont le français ;
- le multilinguisme est donc revendiqué comme un enjeu majeur à traiter au prochain Sommet francophone ;

- le multilinguisme est à double voie : d’une part affirmer le français dans toutes ses fonctions parmi les quelques grandes langues internationales, mais aussi reconnaître les langues africaines et autres au sein même de la Francophonie (peut-être même, dans l’esprit des gouvernements organisateurs du Forum, de l’anglais dans la Maison francophone ?...) ;
- la circulation des biens et surtout des personnes doit être facilitée dans l’espace francophone, par l’assouplissement des politiques d’attribution de visas, et l’élaboration de documents présentant quelques caractéristiques d’un "passeport francophone" ;

- un rapport sur l’application réelle par les États membres de la Francophonie des décisions et orientations de la Communauté, notamment sur l’utilisation et l’illustration de la langue française sera présenté aux chefs d’État, en vue de leur plus grande mobilisation ;

- quinze résolutions rassemblant ce qui précède vont être adressées aux chefs d’État et de gouvernement pour leur Sommet d’octobre 2012 à Kinshasa ;

- il sera proposé aussi aux chefs d’État de décider de l’organisation en 2015 d’un deuxième Forum mondial du français.

En marge du Forum, le choix fait ces dernières années par les chefs d’État et de gouvernement de tenir le Sommet en octobre à Kinshasa ayant été confirmé récemment par l’OIF, reste contesté dans les couloirs, où le bruit a couru que les pressions fortes exercées sur le Président français – qui n’a pas envoyé son ministre de la Francophonie à Québec – et sur les Premiers Ministres du Canada et du Québec, pourraient amener ces trois Chefs, et d’autres dans leur sillage, à renoncer à être en personnes au Sommet, voire à amener l’OIF à le reporter à l’an prochain en un autre lieu.

- 2) le 2 juillet a pu avoir lieu à Québec, avec des participants venus par cars affrétés de Montréal et de quatre autres villes du Québec, un ensemble de manifestations pour le français et l’indépendance, en contre-point de l’ouverture du Forum mondial. Organisées par la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal avec le concours de sept autres mouvements pour le français et la souveraineté (le FFI-France et le FFI-Québec ayant été mentionnés dans l’invitation). Une marche et un grand rassemblement de plusieurs centaines de personnes devant le Palais des Congrès, Parc de la Francophonie, de la Ville. Divers ateliers, conférences, tables rondes et kiosques d’information à l’Impérial et à l’École normale d’Administration publique (ENAP). (Dont une conférence et un débat sur le droit historique à la nationalité française revendiqué par les descendants des Français et des métis qui vivaient en Nouvelle France avant le traité de Paris de 1763). Pour exiger le renforcement de la Charte de la langue française (loi 101) au Québec, et un sursaut linguistique et national contre la politique d’étouffement de la langue française et de la culture québécoise par les gouvernements conservateurs et libéraux au Canada, partisans - non déclarés mais très actifs - de la langue unique impériale.

- 3) Enfin, M. Yves-François Blanchet, député de Drummond, délégué du Parti québécois (PQ, opposition), a réuni à l’Assemblée nationale du Québec des représentants de la Fédération des Étudiants, meneurs des manifestations contre la hausse des frais de scolarité, et des délégués représentant au Forum mondial la société civile de chacun des cinq continents, pour des échanges animés.

C’est la conjonction de l’ensemble de ces manifestations, le nombre total de leurs participants, la porosité entre plusieurs d’entre elles, et la montée progressive de la conscience de poser aussi la question de la langue nationale et de l’indépendance jusque dans les deux premières citées, qui peuvent nourrir l’espoir de "revoir une jeunesse québécoise" au sens où, en France, avant 1958, le Général de Gaulle rêvait de "revoir une jeunesse française".

Le Québec a été plongé depuis des décennies dans l’hébétude par le matérialisme, une propagande anglo-fédéraliste et libérale incessante et d’une redoutable efficacité, ainsi que par l’échec des deux referenda de 1980 et de 1995, et le navrant exemple d’aboulie nationale et francophone donné par la France depuis 1974.

Si le Québec sortait de cette hébétude, il montrerait la voie à une France encore endormie, Gulliver attaché par ses cheveux aux innombrables petits piquets plantés pendant son sommeil par les Lilliputiens impériaux et bruxellois, et par ses "collabos de la pub et du fric" (Michel Serres).
Les associations françaises et québécoises sont déterminées à poursuivre leur collaboration et à nourrir ensemble leurs espoirs partagés, leurs avenirs respectifs étant de plus en plus étroitement liés.

Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien ambassadeur, président d’Avenir de la langue française et du Forum francophone international (FFI-France)


nouvelles2/danone.jpgDanone doit traduire en français ! - le 09/07/2012 - 22:50 par MAR
Danone: des salariés obtiennent
la traduction en français du logiciel interne
AFP - 6 juillet 2012
Grenoble — Des salariés d'une usine Danone en Isère, qui avaient attaqué en justice leur employeur pour lui demander la traduction en français d'un logiciel informatique écrit en anglais, ont obtenu gain de cause, a-t-on appris vendredi auprès du Tribunal de grande instance de Vienne.

Le tribunal a ainsi jugé jeudi "recevable" l'argument selon lequel la loi Toubon du 4 août 1994, qui impose "l'usage obligatoire de la langue française", notamment dans les entreprises, devait être respectée.

"Nous sommes très contents, nous avons mené une bataille qui n'était pas simple, mais finalement nous avons eu raison de le faire", s'est réjoui Mario Pisanu, délégué CGT.
La CGT, le comité d'établissement, ainsi que le comité d'hygiène et de séc
urité des conditions de travail (CHSCT) de l'usine Danone de Saint-Just-Chaleyssin avaient assigné en justice Danone, lui reprochant la mise en place, courant 2011, d'un logiciel de gestion entièrement en anglais.

Environ 200 des 300 salariés de l'entreprise étaient amenés à utiliser ce logiciel professionnel qui équipe par ailleurs les autres sites du groupe dans le monde, selon le syndicaliste.
"C'est une véritable barrière pour les salariés qui ne parlent pas cette langue et une forme de discrimination", fait valoir M. Pisanu.

Un logiciel et des lexiques de traduction avaient été proposés par la direction, mais jugés "difficile d'utilisation" et "pouvant engendrer des erreurs" par les représentants du personnel.
"Ces initiatives ne peuvent constituer que des palliatifs", a souligné le tribunal, qui relève que les logiciels sont "toujours en langue anglaise et donc non-compréhensibles, de façon évidente, pour des citoyens français".

La société, qui a six mois pour procéder à la traduction du logiciel sous peine d'une amende de 1.000 euros par jour, a indiqué qu'elle "envisageait de faire appel de la décision".
"C'est une décision regrettable, mais j'en prends acte. Les services fonctionnaient parfaitement bien jusqu'ici", a déclaré le directeur de l'usine, Denis Hermant.

voir la vidéo Danone, la CGT et la langue française

nouvelles2/forum_langue_francaise.jpgFin du Forum mondial de la langue française de Québec - le 08/07/2012 - 23:47 par MAR
La fin du Forum mondial de la langue française de Québec
- Le compte-rendu d'Albert Salon sur le Forum mondial et les évènements du Québec (lien)
- Francophonie - Le réveil (Le Devoir 07/07) (lien)
- OIF : Mission réussie pour le 1er Forum mondial de la langue française ! (06/07) (lien)
Des visas et du web, demandent les jeunes au forum (Nouvel Observateur 06/07) (lien)
- Forum mondial - Vers une charte du multilinguisme ? (Le Devoir 04/07) (lien)

nouvelles2/forum_langue_francaise.jpgLe Forum mondial de la langue française de Québec (2) - le 05/07/2012 - 20:48 par MAR
Autour du Forum mondial de la langue française de Québec (2)

- Le Forum mondial de la langue française (site officiel) (lien)
Claude Hagège s’oppose à l’enseignement intensif de l’anglais (Le Devoir, 5/07) (lien)
- Métro : Et si on parlait français ? (6/07) (lien)
- Jean-Claude Amboise : Le français est une mélodie en soi ! (6/07)


nouvelles2/forum_langue_francaise.jpgLe Forum mondial de la langue française de Québec. - le 04/07/2012 - 22:41 par MAR
Autour du Forum mondial de la langue française de Québec
- Abou Diouf : "Nous devons être des indignés linguistiques" (Libération, 3/07) (lien)
- Le Monde : L'Afrique, phare de l'avenir du français (lien)
- Claude Hagège : "Imposer sa langue, c'est imposer sa pensée" (Le Vif, 2/07) (lien)
- Benjamin Damade : Francophonie : la France peu encline à défendre sa langue (lien)
- Le Maire de Paris, Bertrand Delanoë à Québec (lien)

nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2012 (2) - le 03/07/2012 - 22:30 par MAR
Nouvelles de juillet 2012 (2)
- DGLF : Jeux Olympiques, pour parler sport : dites-le en français (4/07) (lien)
- Humeurs : le franglais de tous les jours, "by passer" la Love Intelligence… (3/07) (lien)
- Le Conseil municipal de Grigny (69) adopte le Manifeste progressiste pour la défense de la langue française (3/7) (lien)
- Les 7èmes Jeux de la Francophonie présentés au Forum de la langue française  (lire ci-dessous)
- Le Décès d'Élisabeth Boullé (Ïle Maurice) (lien)

Les VIIèmes Jeux de la Francophonie présentés
lors du Forum mondial de la langue française à Québec

La Francophonie a saisi l’opportunité du Forum mondial de la langue Française à Québec, grand rassemblement organisé autour de la jeunesse francophone, pour présenter la prochaine édition des Jeux de la Francophonie qui auront lieu en France, à Nice, du 6 au 15 septembre 2013.

Les Jeux de la Francophonie représentent le plus grand événement sportif et culturel de la Francophonie dédié à la jeunesse. Ils sont organisés tous les 4 ans durant l’année post-olympique, sous l’égide de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) par le Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF) et le Comité national des Jeux de la Francophonie (CNJF).

Les 75 États et gouvernements de la Francophonie sont invités à participer à la manifestation. Les organisateurs ont d’ores et déjà enregistré 51 États engagés pour cette prochaine édition. Plus de 3 000 jeunes talents, sportifs ou artistes, des milliers de spectateurs et de jeunes bénévoles ainsi que des millions d’auditeurs et téléspectateurs sont attendus pour ce rendez-vous qui témoigne d’un engagement renforcé de l’OIF en faveur de la jeunesse.

L’édition 2013 sera moderne, éco-responsable et placée sous le signe des valeurs de solidarité, de diversité et d’excellence. Au programme : 7 compétitions sportives, 7 concours culturels et 2 nouveaux concours de création écologique et numérique. De nouvelles disciplines insuffleront à l’événement une dynamique renforcée : la lutte libre et la lutte africaine pour la partie sportive, les arts de la rue pour la partie culturelle avec trois épreuves : jonglage en style libre, marionnettes géantes et hip-hop.
Les présélections culturelles ont démarré et se déroulent actuellement dans les pays membres de la Francophonie. Une tournée des jurys culturels régionaux, mandatés par le CIJF, est prévue en octobre 2012, afin de procéder au classement des artistes puis à leur sélection définitive prévue d’ici le 30 novembre 2012.

Les qualifications sportives auront lieu avant le 15 décembre 2012, et seront organisées par le CIJF en liaison étroite avec les fédérations sportives internationales partenaires.

Pour plus d’information : www.jeux.francophonie.org

Pour rappel, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) compte 56 États et gouvernements et 19 observateurs. www.francophonie.org


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