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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  

Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles/presse.gifNouvelles de juillet 2012 - le 02/07/2012 - 23:13 par MAR
Nouvelles de juillet 2012
- Québec accueille le premier Forum mondial sur la langue française (2/7)  (lien)
- Causeur : Globish spoken ou Moscovici petit cadre commercial de l'anglomanie  (2/7) (lien)
- Marianne2 : Langue française et monde multipolaire : l'urgence d'une stratégie (1/7)  (lien)
- Référence.be :
15 insupportables expressions professionnelles
(lien)
- Référence.be : 5 insupportables expressions en "franglais" (lien)



nouvelles2/francophonie2.jpgAux dirigeants francophones : sortir du "tout anglais" - le 29/06/2012 - 20:02 par MAR
autour du Forum mondial de la langue française de Québec
Appel aux dirigeants francophones à sortir du "tout anglais"

Comme le rapporte le quotidien Libération (Casablanca) : "
Une quarantaine de personnalités invitent depuis mardi la population des pays francophones à signer un appel pour sortir de "l'obsession" du "tout anglais" et presser leurs dirigeants de mettre en œuvre une "vigoureuse politique d'affirmation linguistique".  Une initiative qui prend toute sa place avant le
Forum mondial de la langue française du 2 au 6 juillet 2012 à Québec

APPEL

Langue française et monde multipolaire
l’urgence d’une stratégie

  
Nous envisageons l’avenir de la langue française avec confiance. En dépit des fausses évidences.

    Un monde multipolaire émerge sous nos yeux. Il contribue manifestement à rééquilibrer les activités de la famille humaine non seulement dans les domaines économique, financier et politique, mais également dans les domaines culturel et linguistique. Sous toutes les latitudes, de la Chine à la Russie, du Brésil à l'Inde, des politiques linguistiques se décident, de nouveaux espaces linguistiques s’organisent et s’affirment.

    Cette nouvelle donne remet en cause l'idée même du monopole d’une langue unique dans la communication mondiale. Les grandes langues internationales qui se maintiendront ou qui surgiront ne le devront pas au simple fait du hasard. Elles le devront en grande partie à la manière dont seront exploités les atouts dont chacune dispose.

    Émergente, cette configuration culturelle et linguistique globale est une chance pour l’avenir mondial du français, langue qui dispose de larges atouts.

- Par l’Histoire : au fil des siècles, la langue française s’est illustrée en portant très loin les outils critiques d’une pensée libre et singulière et les progrès des sciences. Elle a exprimé les grands principes des Lumières et les a offerts au monde. Successivement, elle a été l’instrument de l’émancipation sociale, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.

- Par son universalité : la langue française est utilisée sur toute la planète par de très nombreuses nations à l’intérieur d‘elles-mêmes comme dans leurs rapports avec le monde, ainsi que dans les activités scientifiques et technologiques les plus avancées, de la génétique moléculaire à la conquête spatiale.

- Par son statut de langue de travail et de langue officielle du système des Nations Unies et de nombreuses organisations internationales, continentales et régionales, et par le statut de la France de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

- Par la démographie : avec la perspective de plus d’un demi-milliard de locuteurs francophones pour le milieu du siècle, principalement grâce à l'Afrique, mais également à la France qui devrait devenir le pays le plus peuplé du continent européen après la Russie.

    Ces atouts sont considérables. Ils constituent des leviers puissants pour que la langue française, dans le respect de la diversité des langues et des cultures des peuples qui composent l’espace francophone, continue à jouer le rôle qui est le sien depuis des siècles.     Ces leviers, que d’autres nous envient, doivent être saisis avec détermination et constance.

    En priorité, les décideurs des secteurs public et privé du monde francophone doivent quitter le modèle dominant qui a façonné leur existence au siècle dernier et ajuster leurs choix au monde multipolaire tel qu'il advient. La soumission, la démission et la résignation linguistiques constituent les véritables menaces pour l’avenir de notre langue.

    Le “tout anglais“ constitue une obsession d’un autre temps et d’un autre monde. Il est une impasse d'où il faut au plus vite sortir dans l’intérêt des peuples ayant le français en partage.

    Notre confiance en l’avenir de la langue française n’est pas naïve. Elle appelle une vigoureuse politique d’affirmation linguistique. Cette politique doit comprendre notamment :

- l’application stricte des législations linguistiques nationales quotidiennement bafouées par les intérêts particuliers et le conformisme ambiant, aussi bien dans les secteurs public que privé, notamment pour le français langue du travail ;

- la diversification de l’enseignement des langues étrangères et des filières bilingues vers plusieurs grandes langues dont celles des pays émergents (arabe, chinois, espagnol, portugais) ;

- l’exigence de la publication en français, et dans d’autres langues si nécessaire, de tous les travaux issus de la recherche médicale et scientifique publique dans l’ensemble des pays francophones ;

- la circulation facilitée pour les étudiants, les écrivains et les artistes, ainsi que les chercheurs de l’espace francophone tant il est évident qu'il n’y a pas de francophonie si les francophones sont interdits de circulation dans cet espace ;

- un appui massif à la numérisation des patrimoines anciens et vivants de l’ensemble des pays francophones afin d’assurer la présence du français et des langues partenaires dans l’espace virtuel devenu un lieu essentiel de communication, de mobilisation et de rassemblement ;

- le renforcement de la recherche sur les systèmes de traduction automatique et leurs implications industrielles, afin d’assurer la présence du français parmi les grandes langues pivots qui s’imposeront dans l’intercommunication planétaire ;

- la priorité d’une politique bilatérale et multilatérale, forte et pérenne, en direction de l'Afrique francophone pour le développement optimal de son système éducatif ;

- l’utilisation de la langue française par les représentants des pays francophones dans les organisations continentales et internationales.

    Il ne s’agit pas pour le monde francophone de se dresser contre la langue anglaise ou contre toute autre langue. Il s’agit d’ouvrir nos yeux sur la réalité nouvelle, et de mettre en œuvre, dans le contexte de la mondialisation multipolaire, une stratégie offensive pour la langue française, qui assurera son avenir en valorisant ses nombreux atouts.

    Nous appelons les citoyens des pays francophones à exercer leur vigilance individuelle et à développer leur mobilisation collective pour que soit respecté l’usage de notre langue mondiale en partage. Nous appelons fermement nos gouvernements à réviser radicalement leur politique et leur pratique linguistiques, à abandonner les discours de circonstance sur la francophonie et à relever le défi de l’affirmation déterminée de la langue française dans la polyphonie du nouveau monde.

parmi les premiers signataires :
Louise Beaudoin députée de Rosemont, Québec
Karim Beyekhlef directeur, Centre de recherche en droit public, Université de Montréal
Marie-Roger Biloa directrice du mensuel Africa international
Daniel Boyer secrétaire général de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ)
Pape Diouf ancien président de l'Olympique de Marseille
Dominique Gallet producteur du magazine télévisé Espace francophone
Paula Jacques écrivain
Antonine Maillet écrivain
Jean-Tabi Manga recteur, Université de Yaoundé
Luc Martin-Chauffier syndicaliste
Dominique Noguez écrivain
Zachary Richard auteur, compositeur, interprète
Jean-Louis Roy historien, écrivain, diplomate, responsable de l'Observatoire mondial des droits de l'Homme
Awa N'Diaye présidente d'Espace Afrique International & Francophonie
Sumihiko Seto professeur de l'université à Tokyo
Marc Fiévet Directeur École Supérieure des Affaires, Namur, Belgique

lire l'appel
et la liste complète des signataires sur le site francophonesdumonde.org


nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2012 (3) - le 19/06/2012 - 15:37 par MAR
Nouvelles de juin 2012 (3)
- Forum de la langue française de Québec du 2 au 6 juillet 2012 (lien)
- Manifestation citoyenne lors du Forum de la langue française de Québec (lire ci-dessous)
- Hector Bianciotti, le français pas à pas sur France 3 [Espace francophone] (20/06) (lire ci-dessous)
- "Le Québec et le français en 2012 : une résurgence ?" entretien d'Albert Salon avec François Gauthier et Gilles Rhéaume (
cliquez pour écouter l'émission)

- Manifestation citoyenne lors du Forum de la langue française de Québec 

Forum de la langue française 2012 qui aura lieu à Québec, du 2 au 6 juillet prochain
Le gouvernement de l'anglophone Stephen Harper premier ministre du Canada et le gouvernement de l'anglophile John James Charest (dit Jean Charest), premier ministre du Québec vont tenir une opération d'occultation de la réalité au Canada, en particulier de la réalité des menaces à la langue française au Québec.
Comme les publicités pour certaines marques de savon il y aura blanchissage de la situation avec un savon qui lave plus blanc que blanc.
Dans pareille opération de blanchissage, il vaut mieux ne pas avoir dans les salles des intervenants compétents pour critiquer le discours officiel...
De nombreux représentants des organisations civiles militantes pour la défense du français au Québec ont donc été exclus du Forum de la langue française 2012.

Les organisations suivantes tiennent à manifester une opinion différente des choses :
> Mouvement Québec français (MQF)
> Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB de Montréal)
> Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
> Fondation Lionel Groulx
> Ligue internationale des scientifiques pour l'usage de la langue française (LISULF)
> Syndicat de la fonction publique (SFPQ)
> Impératif français (IF)
> Forum francophone international - Québec (FFI- Québec)
Il y aura manif, conférences et kiosques d'information à l'École nationale d'administration publique (ÉNAP) le 2 juillet à partir de midi. Voir l'appel à manifester


Hector Bianciotti, le français pas à pas sur France 3
[Espace francophone] (20/06)

Mercredi 20 juin 2012 sur France 3 : Hector Bianciotti, le français pas à pas

L’écrivain et académicien Hector Bianciotti s’est éteint à Paris, la ville qu’il chérissait.

En 1955, il quitta l’Argentine, son pays natal, passa par l’Italie et l’Espagne avant de s’installer en France en 1961. Il “quittera“ aussi sa langue espagnole pour écrire en français, une langue qui, comme il aimait le dire, lui ressemble davantage.

À l’occasion de la sortie de son livre “Le pas si lent de l’amour“ (Gallimard), Mona Makki avait eu le privilège de l’accompagner dans un périple qui les avait menés, de Rome à Paris, sur des lieux qui ont fortement marqué la jeunesse difficile et l’œuvre de cette grande figure “élégante“ et talentueuse de la littérature d’expression française.

L’émission Hector Bianciotti, le français pas à pas sera diffusée par France 3 le mercredi 20 juin (vers 1h du matin) puis par les chaînes de l’outre-mer français, Canal France international, Télé-Bruxelles ainsi qu’une trentaine de télévisions nationales francophones.
Par ailleurs, cette émission sera bientôt en ligne sur le site du magazine Espace francophone :
www.tv-francophonie.com

nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2012 (2) - le 13/06/2012 - 23:40 par MAR
Nouvelles de juin 2012 (2)
Organisation Internationale de la Francophonie : Guide pratique de la langue française dans les organisations internationales (13/06) (lien)
- Jean-Marie Klinkenberg, pt du Conseil de la langue française : Lutter contre le tout-à-l'anglais en Europe : Passéisme ou exigence de justice ? (13/06) (lien)
- Le nouveau Grand dictionnaire terminologique est en ligne (lien)

Hector Bianciotti, le français pas à pas sur France 3 [Espace francophone] (20/06)

Mercredi 20 juin 2012 sur France 3 : Hector Bianciotti, le français pas à pas

L’écrivain et académicien Hector Bianciotti s’est éteint à Paris, la ville qu’il chérissait.

En 1955, il quitta l’Argentine, son pays natal, passa par l’Italie et l’Espagne avant de s’installer en France en 1961. Il “quittera“ aussi sa langue espagnole pour écrire en français, une langue qui, comme il aimait le dire, lui ressemble davantage.

À l’occasion de la sortie de son livre “Le pas si lent de l’amour“ (Gallimard), Mona Makki avait eu le privilège de l’accompagner dans un périple qui les avait menés, de Rome à Paris, sur des lieux qui ont fortement marqué la jeunesse difficile et l’œuvre de cette grande figure “élégante“ et talentueuse de la littérature d’expression française.

L’émission Hector Bianciotti, le français pas à pas sera diffusée par France 3 le mercredi 20 juin (vers 1h du matin) puis par les chaînes de l’outre-mer français, Canal France international, Télé-Bruxelles ainsi qu’une trentaine de télévisions nationales francophones.
Par ailleurs, cette émission sera bientôt en ligne sur le site du magazine Espace francophone :
www.tv-francophonie.com

Drapeau-Quebecois.jpgQuébec et le français 2012 : une résurgence ? - le 10/06/2012 - 21:58 par Albert_Salon

Le Québec et le français en 2012 : une résurgence ?

Nous observons tous, ici en France, qu’au Québec, en quatre mois de plus en plus agités, les protestations des étudiants puis des adultes contre l'augmentation forte des droits d'accès à l'enseignement supérieur, et contre la loi 78 par laquelle le gouvernement de M. J. Charest a voulu restreindre le droit à manifester, sont en train de prendre une tournure plus politique.
Nos associations pour le français avaient, depuis quelque temps, déjà fait état de l’ampleur croissante de la mobilisation. Non sans prudence, car les manifestations ne nous paraissaient pas encore présenter un caractère de résurgence sensible du souverainisme.

Nos grands médias français ont commencé, eux, à s'y intéresser.
Ils ne sont, hélas, nullement saisis par un engouement pour la souveraineté du Québec, pour la Francité ou pour la Francophonie.

Ils sont plutôt mus par le désir de voler au secours du cher modèle social qui leur rappelle tellement celui de la France, notamment par le faible coût - pour les bénéficiaires - des services publics dans leur ensemble et, en l’occurrence, des études supérieures.

Peut-être (un peu) aussi parce que le "printemps érable" leur a paru, comme feu le "printemps arabe" auquel l’Empire et ses vassaux d’ "Occident" ne furent pas tout-à-fait étrangers, annoncer une remise en cause tant du système d’exploitation économique, dans le sens de ce que veut une partie de la gauche qui vient d’arriver au pouvoir en France avec le soutien massif de ces mêmes médias, que du modèle social libéral anglo-saxon, opposé à celui qu’ils continuent à vanter....

Les pouvoirs libéraux et fédéralistes en place à Ottawa comme dans la "vieille capitale" de l’ancienne Nouvelle France semblent d’ailleurs s’inquiéter sourdement. Le peuple québécois réputé "anesthésié" pourrait en effet comprendre que la soumission au fédéral lui est nuisible non seulement dans les domaines du modèle social étatiste, mais encore dans tous les domaines qui relèvent normalement de l'autorité propre d'un État.

Les indépendantistes minoritaires, quant à eux, se reprennent à rêver de "Québec un pays"..
Quoi qu’il en soit, pour les relations franco-québécoises, ces attitudes présentent un double avantage:
- celui de créer un pont médiatique entre les deux Nations ;
- celui de créer la "possibilité d'une solidarité" plus affirmée que ces dernières années, sinon entre les deux États, tous deux liés à l’Empire, du moins entre les "sociétés civiles" - et d’abord nous autres - au cas où les manifestations québécoises tourneraient à une affirmation plus "francophone et nationale".

En France comme ailleurs, des débats et émissions dans les médias commencent à être consacrés à la question du Québec.
En ce début d’été, des évènements s’y prêtent :

- le 18 juin, anniversaire de l’Appel du Général de Gaulle en 1940, et premier anniversaire de la grande manifestation - très internationale - pour le français, la Francophonie et la diversité linguistique et culturelle de l'Europe et du monde, qu' Avenir de la langue française avait organisée le 18 juin 2011 au Panthéon et dans le Quartier latin, en y entraînant 43 autres associations et mouvements, avec une participation remarquée de souverainistes québécois avec leurs drapeaux et leurs pancartes ; des émissions de radio marqueront ces deux anniversaires
- le 24 juin, Saint-Jean et fête nationale du Québec ;
- le 22 juillet, le 45ème anniversaire du "Vive le Québec libre !" lancé par le Général de Gaulle du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal ;

- du 2 au 6 juillet, le Forum international sur la langue française organisé à Québec par l'OIF et les deux gouvernements libéraux d’Ottawa et de Québec pour préparer le Sommet francophone d'octobre 2012 à Kinshasa ;

Dans ce Forum, les militants de nos associations françaises, parmi beaucoup de colloques et débats intéressants (voir le site www.programmation.forumfrancophonie2012.org ) noteront :
- le "Marché aux idées" ;
- le débat sur le français au travail, avec la participation de notre compatriote et ami Jean-Loup Cuisiniez (du syndicat CFDT) ;
- la présence active du Pr François Grin, de l’Université de Genève, qui a réalisé, entre autres, de remarquables études sur les dizaines de milliards de dollars que vaut au monde anglo-saxon la prépondérance de plus en plus écrasante - sans cesse renforcée par les intéressés - de la langue anglaise dans le monde ;
- la présence de deux présidents d’associations françaises amies, M. Jean Guion, de l’Alliance francophone, et M. Daniel Miroux, membre d’ALF et de DLF, président de l’Alliance Champlain, sise à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) ;
- la présence de cet autre ami très proche : M. Joël Broquet, Directeur du Carrefour des Acteurs sociaux (Paris) ;
- le 3 juillet, la table ronde "La diversité linguistique dans les organisations internationales multilatérales", animée par Dominique Hoppe et l’ancienne ministre, l’universitaire Louise Beaudoin ;
- le 4 juillet, la conférence-débat de Maître Jean-Claude Amboise, avocat de nos trois associations agréées AFAL, ALF, et DLF, sur la chanson en français dans le monde ;

En coïncidence heureuse et liaison avec le Forum :
- le 5 juillet, la Fête de la Langue de Molière, animée par M. Stéphane Rousseau, en ouverture du Festival d’été de Québec, évènement annuel récurrent, avec des comiques, slameurs, chanteurs venus de divers endroits de la Francophonie.

Hors de ce Forum, les participants au Forum eux-mêmes (qui ne le savent pas encore pour la plupart) et nous tous pouvons noter avec le plus vif intérêt que des associations et mouvements militants québécois organisent des manifestations médiatisées en "contre-point" destinées à poser plus largement le lien entre la langue française menacée là-bas comme ailleurs et le statut du Québec. Ainsi :
- le 2 juillet, Le Mouvement Québec français (MQF) de la Capitale-Nationale invite les organismes de la société civile québécoise qui ont pour mission la promotion et la défense du français à se rassembler pour souhaiter la bienvenue aux délégués du Forum mondial de la langue française et lancer un appel à la solidarité de la francophonie internationale.
12h00 : Rassemblement à la Place du Québec, suivi d’une marche jusqu’en face du Centre des Congrès où aura lieu le Forum mondial ; retour à la place Québec.
14h30 à 17h30 : Activités festives et interactives au Jardin Saint-Roch. Une grande tablée et un spectacle ; discours au retour de la marche ; kiosques avec les partenaires du MQF ; Conférences et lectures dans les salles de l’ÉNAP (École nationale d’Administration publique) ; Ateliers ludiques et culturels pour enfants et adultes.
- le 2 juillet, parmi les tables rondes et débats à l’ENAP, deux grands militants : M. Gilles Rhéaume et Mme Marie-Mance Vallée, du Collectif Nationalité française, joints en l’occurrence à la SSJB (Société Saint-Jean-Baptiste, indépendantiste) et à l'Association des Patriotes de l'Amérique française, organisent une conférence sur la nationalité française, pour promouvoir la revendication de ceux des Québécois qui veulent se voir reconnaître la nationalité française. Pour plus d’information, s’adresser à : info@quebecfrancais.org et se reporter aux textes de Maître Néron, avocat de cette cause, publiés sur le site (section Histoire et Droit) : http ://notrehistoire.net/histoire_droit.htm
L’ensemble des manifestations et festivités devrait constituer un moment fort de prise de conscience et de solidarité en Francophonie.

Nos associations françaises invitent tous les Français présents en juillet au Québec, particulièrement du 2 au 6 juillet dans la Capitale nationale, à saisir ensemble toutes les occasions de contacts, de solidarité et d’actions communes avec leurs homologues du Québec et des autres pays francophones qui auront fait le déplacement, et à prévoir le prolongement de leurs contacts et actions communes lors du Sommet francophone d’octobre 2012 à Kinshasa.

Albert Salon, président d'Avenir de la langue française (ALF) et du FFI-France, administrateur de Droit de Comprendre, du Cercle Nation et République et du Forum pour la France.


nouvelles2/iwantyou.jpgLe monolinguisme anglophone m’a mis en rage - le 05/06/2012 - 09:34 par Jean_Quatremer
Jean Quatremer (Libération) : "le monolinguisme anglophone [de la commission européenne] m’a mis en rage"

à lire également sur le site de TF1 (si TF1 s'intéresse enfin à la langue française !) UE : le français, langue de seconde zone face à la dictature de l'anglais ?

à lire également le Courriel à l'IFRI (Institut "français" des relations internationales) qui organise ses colloques entièrement en anglais"

nouvelles/presse.gifNouvelles de juin 2012 - le 03/06/2012 - 21:29 par MAR
Nouvelles de juin 2012
- Lettre des associations au Président de la République (5/06) (lien)
- Appel aux candidats aux Élections législatives
(lien)
- Comment un auditeur tacle Patricia Clark (France Inter) pour anglomanie (lien)
- Proposez des équivalents français à "fact checking" et "fact checker" (lien)
- L'association québécoise Impératif français dénonce l'anglicisation forcée par l'OTAN  (lien)
 - Prince Henrik de Danemark : Je fais tous mes discours en français
(lien)


nouvelles2/ue-anglos.jpgL'Europe donne ses ordres à la France en anglais - le 31/05/2012 - 22:10 par MAR
La commission européenne édicte ses commandements à la France .... en anglais !
à lire sur le site de TV5 Monde
En espérant que les bonnes paroles de François Hollande sur le français et la Francophonie ne restent pas comme toutes celles de ses prédécesseurs : des incantations... Et que cet exemple précis d'insultes européennes à une nation (encore) indépendante soit condamné de la manière la plus ferme
Faut-il rappeler d'ailleurs, que l’anglais n’est à aucun titre LA langue officielle de l’Union, mais une parmi d’autres.
MAR
[lien]

à lire également le bloc de Jean Quatremer (Libération) : I want you to speak english or get out


nouvelles2/francois-hollande-francophonie.jpgHollande : je suis attaché au français et à la Francophonie - le 28/05/2012 - 22:57 par MAR
François Hollande : "Je défendrai partout l’usage du français"
François Hollande semble s'intéresser à la langue française et à sa place dans le monde. En témoignent un entretien avec le site Slate.fr et une allocution prononcée le 18 mai à Washington, devant la communauté française. Nous ne pouvons que nous en réjouir, espérant que ces belles paroles seront suivies d'effets... MAR


Entretien avec le site Slate.fr
[...]
Justement, vous allez rencontrer Barack Obama pour la première fois au G8 de Camp David les 18 mai et 19 mai. Une première question, qui pourra vous sembler anecdotique : Mister Hollande, do you speak English ?
F. H. Yes I speak English, more fluently than the former President. But a French president has to speak French !

Au-delà de la plaisanterie, est-ce que vous pensez que c’est important que le chef d’État français parle la langue commune de la diplomatie internationale ?
F. H. Il a besoin de la comprendre et de pouvoir avoir des échanges directs avec ses interlocuteurs. Mais je suis attaché à la langue française et à la francophonie.
Lorsque je participais à des sommets de chefs de partis en Europe, il a pu m’être désagréable d’entendre des amis roumains, polonais, portugais, italiens parfois, parler anglais, mais j’admets que sur le plan informel, les contacts puissent s’établir dans cette langue.
Je défendrai néanmoins partout l’usage du français."
[...]  (l'entretien complet)

Allocution de François Hollande devant la communauté française
Ambassade de France à Washington - Vendredi 18 mai 2012

[...]
Je veux vous dire aussi que dans la composition du gouvernent -- ce n'est pas d'ailleurs une innovation -- il y a une ministre déléguée, Madame Yamina Benguigui, auprès du ministre des Affaires étrangères, qui suivra la question des Français de l'étranger et de la Francophonie.

Parce que la francophonie, c'est aussi un grand enjeu. S'exprimer en français, cela ne veut pas dire qu'on ne connaisse pas l'anglais, s'exprimer en français, défendre la langue.

La langue, ce n'est pas la langue de la France, c'est la langue française. C'est très différent. Cette langue, nous l'offrons à tout le monde. C'est souvent pour beaucoup, de ceux qui ne sont pas français, en accédant à notre langue aussi une part de liberté qu'ils retrouvent.

Parler français, c'est accéder à notre culture, à nos valeurs ais aussi prendre leur part pour ses locuteurs à la pluralité du monde. Nous aurons à cœur de promouvoir la langue française.
[...] (le texte du discours)

nouvelles/presse.gifNouvelles de mai 2012 (3) - le 22/05/2012 - 11:44 par MAR
Nouvelles de mai 2012 (3)
- Lettre AFRAV à François Hollande : Code de déontologie : un volet linguistique, svp ! (23/05) (lien)
- De hautes personnalités françaises et étrangères lancent un appel au Président et au gouvernement pour le français et la Francophonie (lien)
- Union de la Presse francophone : Le nouveau visage de la francophonie en France
(lien)
- L'Institut Français passe à l'ère numérique (28/5) (lien)
- Serge Borg, vice-pt du GERFLINT : Pour de meilleures synergies
(lien)


nouvelles2/francois-hollande-francophonie.jpgFrançois Hollande et la Francophonie - le 15/05/2012 - 11:26 par MAR
François Hollande et la Francophonie

Alors que le nouveau président, François Hollande, entre en fonction, il nous a semblé intéressant de reproduire les réponses faites par le candidat au réseau des Maisons de la Francophonie. Réponses faites via Jean-Paul Bachy, président de la région Champagne-Ardenne, en charge du projet francophone dans l’équipe de campagne. Puissent ces engagements être suivis de faits. Nous nous attacherons à les lui rappeler. MAR. (lire également ci-dessous, la lettre de François Hollande au groupe Phénix)

1 – Des actes forts qui rassemblent sur des fondamentaux

1.1) L’action politique a besoin de symboles forts. L’inscription de la Francophonie dans la Constitution française, à l’article 87, suite à la réforme adoptée lundi 21 juillet 2008 par le Congrès en fait partie.


Accepteriez-vous de marquer votre mandat par un autre geste symbolique : l’inscription au Panthéon des noms des trois pères fondateurs de la Francophonie décédés, Léopold Sedar Senghor, Amani Diori et Habib Bourguiba ?

F. H. : Votre suggestion est intéressante. Mais je ne suis pas sûr que l’on puisse limiter aux trois noms cités la paternité ou l’héritage de la francophonie. Que faites-vous d’Aimé Césaire, et de quelques autres ? Je me propose donc pour répondre à votre idée d’engager une large consultation, en vue d’aboutir à des propositions consensuelles.

1.2) La création d’une Fondation de la Francophonie pour l’économie, chargée de collecter et de redistribuer des fonds (partenariats public/privé), via les mécanismes vertueux de la micro-finance (micro-crédit, micro-épargne et micro-assurance) nous semble nécessaire. Aujourd’hui, près de 80% de la population mondiale est exclue du système financier et 90% n’a pas accès au crédit (Source : PlaNet Finance).
L’une des missions fixée à la Fondation serait de favoriser les partenariats et les investissements directs dans les pays francophones, et notamment ceux d’Afrique, par des entreprises œuvrant dans la valorisation des ressources naturelles et du secteur agricole et agroalimentaire, afin d’instaurer un développement durable.
L’objectif serait non seulement de créer, à partir des entreprises dans lesquelles la Fondation investira, de véritables pôles de développement structurants, mais aussi de favoriser, dans le cadre de programmes internationaux de développement de ces ressources, la mise en place de filières entre les entreprises francophones.


Partagez-vous cette ambition ? Seriez-vous prêt, à l’occasion du sommet de Kinshasa organisé sur le thème “Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale”, à lancer une initiative allant dans ce sens ?

F. H. : Les pays attachés à notre culture attendent aussi de la France qu’elle soit acteur de leur développement. Le marché que représentent les populations francophones s’élève à plusieurs centaines de millions d’habitants. Les besoins sont énormes. Pour répondre aux besoins élémentaires de l’Afrique, en termes d’infrastructures, les besoins d’investissement sont évalués à 95 milliards d’euros par an, pendant 10 ans.

A supposer même qu’on la double, l’aide publique que la France finance restera une goutte d’eau face à de tels défis. L’intervention publique en faveur des pays francophones est donc moins une question de budget que de capacité à fédérer les acteurs. La meilleure manière de défendre la culture francophone est d’organiser un "espace économique francophone", s’appuyant sur des partenariats public/privé structurés. Les anglophones ont bien bâti un "Commonwealth". Parce que l’obstacle de la langue n’y existe pas, les espaces francophones ouvrent aux entrepreneurs français d’immenses opportunités de marchés. Encore faut-il les soutenir et les organiser.


Le responsable du groupe du travail francophonie - développement, Jean-Paul Bachy, est allé me représenter, ainsi que l’Association Internationale des Régions Francophones, au sommet économique panafricain de Ouagadougou en Février. A l’occasion du forum mondial de la langue française, à Québec du 2 au 6 juillet prochain, se tiendra aussi une rencontre des entreprises francophones. Je partage votre idée de créer une Fondation de la Francophonie pour l’économie. Ses modes d’organisation restent à définir. Le sommet de Kinshasa peut être une opportunité pour en débattre.


1.3) Le réseau des Chaires Senghor de la Francophonie, plateformes de formation et de recherche sur la Francophonie, a été créé en 2002. Les Chaires sont implantées dans 16 universités (dont deux avec statut d’observateur). L’objectif est de mettre en place progressivement au moins une Chaire Senghor par pays membre de la Francophonie.

Pouvez-vous vous engager sur un soutien effectif du gouvernement français au déploiement des Chaires Senghor de la Francophonie, notamment en France ?


F. H. : Je proposerai à la conférence des présidents d’université (CPU) de travailler sur ces programmes avec les chaires Senghor et nous déciderons, ensemble, de la position à adopter.


1.4) Il n’y aura pas de Francophonie "populaire" et légitime sans appropriation par l’opinion publique. L’implication des élus, locaux et nationaux, est ainsi indispensable.

Seriez-vous favorable à ce que le Gouvernement présente à l’automne 2012, avant le sommet de Kinshasa, une déclaration au Parlement suivie d’un débat sur la francophonie qui permettra de placer l’ambition francophone au cœur de la France ?

Seriez-vous favorable à la création, au moment du vote du budget par le Parlement, d’un examen spécifique par les élus de la Nation des crédits dévolus à la francophonie et à l’influence de la France, aujourd’hui répartis entre plusieurs ministères ?


F. H. : Actuellement, l’équipe du pôle francophonie réfléchit aux formes les plus efficientes permettant de défendre nos valeurs. Si la francophonie reste, de toute évidence, un projet transversal, il ne suffira pas de décréter ou de revenir à la loi Toubon pour que, immédiatement, nos concitoyens, nos ministères, nos élus aient un réflexe de défense de ces valeurs. Nous réfléchissons actuellement à la mise en place, au sein de l’Élysée, d’une cellule francophonie aux moyens élargis. Un grand débat, suivi d’actions ciblées et continues en direction des élus pourraient contribuer à ancrer ce sentiment d’appartenance à la communauté francophone.

2 – Dynamiser la politique d’influence de la France et de l’espace francophone

2.1) Culturelle dès sa fondation, la Francophonie doit désormais, si elle veut conserver durablement son aire d’influence, s’ouvrir plus au monde économique. La constitution d’un corps de Volontaires de la Francophonie pourrait en être, avec la Fondation de la Francophonie pour l’économie, l’un des outils.
Nous proposons de créer, dans un premier temps à l’échelle de la France en nous appuyant sur les mécanismes développés par l’Agence du Service Civique, ces Volontaires de la Francophonie. Sur le modèle des volontaires internationaux, chaque jeune Français pourrait choisir, à la fin de ses études, de partir en francophonie donner un à deux ans de sa vie sur un projet économique. Cet investissement ne pourrait se faire que dans des entreprises purement locales (il ne s’agit pas de fournir une main d’œuvre bon marché aux groupes internationaux) ou dans des projets à vocation économique soutenus par des ONG. Ce système pourrait également être ouvert aux adultes actifs, chômeurs ou retraités.


Êtes-vous favorable à la création des Volontaires de la Francophonie ?
Pouvez-vous prendre l’engagement de lancer les études de faisabilité d’une telle initiative ?

F. H. : Il me semble pertinent de former TOUS les volontaires, quel que soit leur âge, qui, actuellement, partent à travers le monde, à nos valeurs francophones et ne pas isoler spécifiquement un corps de volontaires. Une telle initiative pourrait être rapidement mise en place et les résultats mesurés dans les trois ans à venir.

2.2) La création d’un Erasmus francophone constitue une priorité pour éviter la fuite des cerveaux francophones du Sud vers les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni. En effet, c’est aujourd’hui la situation à laquelle on assiste, et il est vital de redonner aux étudiants francophones du monde entier le sentiment d’un lien privilégié. Il faut ouvrir les filières d’excellence, les Écoles normales supérieures, les grandes écoles de commerce, Polytechnique, aux étudiants francophones non français.
Il faut également investir dans des structures d’accueil rénovées pour pouvoir faciliter les échanges entre les Universités francophones. Tel serait l’objet des accords qui constitueraient l’armature du Programmes Erasmus francophone. L’agence universitaire de la Francophonie paraît le cadre naturel pour gérer efficacement un tel programme.


Êtes-vous favorable à la création d’un Erasmus Francophone ?
Pouvez-vous prendre l’engagement de lancer les études de faisabilité d’une telle initiative, en lien avec l’OIF ?


F. H. : Comme je l’ai déjà annoncé, j’abrogerai, dès mon élection, la circulaire Guéant qui a accéléré un processus de désintérêt des élites francophones du Sud à l’égard de la France. Une de mes premières mesures sera d’accorder à tout lycéen qui obtiendra le baccalauréat français partout dans le monde, et sous condition de ressources, un visa automatique afin qu’il puisse venir étudier dans l’enseignement supérieur français. J’étudierai, avec l’AUF et l’OIF, les modalités de la création d’un Erasmus francophone.

2.3) A l’instar de l’IHEDN en France, la création d’un Institut des Hautes Études francophones permettrait de familiariser l’élite aux défis de la mondialisation et à l’intérêt de la Francophonie tout en renforçant le sentiment d’appartenance à la Communauté francophone. L’Institut pour l’Étude de la Francophonie et de la Mondialisation, créé au sein de l’Université Lyon III en 2001, est l’embryon d’une Science Po Francophone.
Nous proposons de lui confier la création de l’Institut des Hautes Études Francophones dont le rôle sera d’accueillir les élites des pays francophones.


Êtes-vous favorable à la création d’un Institut des Hautes Études Francophones, basé à Lyon ?

F. H. : En lien avec la Conférence des présidents d’université (CPU) et l’AUF, j’étudierai la faisabilité d’un IHEF sur lequel IFRAMOND pourrait apporter son expertise. Il nous faudra néanmoins réfléchir aux modalités de fonctionnement d’une telle structure afin de ne pas l’isoler mais au contraire montrer à ses participants la richesse du multilinguisme et donc de la francophonie. Sa localisation pourrait aussi être pensée hors de nos frontières. Enfin, en période de restrictions budgétaires, la mutualisation des moyens déjà existant devra aussi être étudiée.

2.4) La Francophonie est un espace politique, culturel, c’est donc avant tout un espace humain. La création d’un "visa francophone", étudié en son temps par le ministère des Affaires Étrangères, permettrait de mieux concilier politique migratoire et francophonie, dans le respect, naturellement, des traités signés et des accords internationaux qui lient la France au sein de l’Europe. La création d’un "visa francophone", sur le modèle du visa Commonwealth, donnerait aux francophones la possibilité de se déplacer plus facilement dans la francophonie. Il constituerait une réponse adéquate à nos partenaires anglophones, montrant que la France a aussi su aménager un espace géoculturel souple et ouvert. Les procédures administratives pourraient ainsi être moins arbitraires, plus claires et simplifiées, de manière à optimiser le service rendu au public et à faciliter la vie de l’usager.

Ce "visa francophone" serait un signe tangible et concret de l’adhésion de la France à une Francophonie crédible et ambitieuse.
Ce pourrait être l’occasion de réaffirmer les liens entre la Francophonie et l’immigration et reconnaître ainsi l’apport pour la France de cette diversité culturelle et sa légitimité en terre de France.


Êtes-vous favorable à la création d’un "visa francophone" ?
Pouvez-vous prendre l’engagement de reprendre les études de faisabilité d’une telle initiative ?


F. H. : Nous reprendrons les études menées sur cette question. Je m’engage à ce que les services des visas, au sein de nos ambassades, soient à nouveau rattachés au Ministère des Affaires Étrangères et non plus au Ministère de l’Intérieur ce qui évitera l’arbitraire que vous dénoncez avec raison.

2.5) Le lancement d’une plateforme "e.francophonie" pourrait être au cœur du renouveau de la francophonie classique par la mise en œuvre d’un plan majeur de développement de la "francophonie numérique".
Les sphères d’influence passent aujourd’hui par des solutions mobiles. Le numérique francophone doit devenir un processus essentiel et puissant au service du développement de l’influence francophone (une francophonie revivifiée car utile).
Cette "force de frappe" numérique, dont les prémices ont été lancés sous ce quinquennat, serait mise au service de nos productions culturelles, intellectuelles, industrielles, commerciales d’origine française et/ou francophone.
La "e.francophonie" serait, par exemple, utilisée pour la mise en place d’actions de co-développement, via notamment des systèmes numériques d’enseignement sur le modèle de l’université médicale virtuelle francophone (co-développement avec 20 pays dans le domaine mère-enfant pour lutter contre la mortalité maternelle et infantile). Ces actions concernent les pays de l’OIF, mais aussi, dans une optique d’extension de notre zone d’influence, les pays méditerranéens et les pays fortement émergents (Brésil, Inde, Russie et Chine).
Par ailleurs, le portail "e-francophonie" pourrait permettre de participer à la lutte contre l’illettrisme et d’aider les migrants futurs peu scolarisés à l’apprentissage de notre langue et de nos modes de fonctionnement nationaux.


Êtes-vous favorable à la création d’un portail "e-francophonie" ?
Pouvez-vous prendre l’engagement de lancer les études de faisabilité d’une telle initiative, en lien avec l’OIF ?


F. H. : Cette proposition de création d’une plateforme est pertinente et devra s’appuyer sur les expériences déjà menées, notamment avec les campus numériques. Ce dossier est à travailler avec l’OIF et l’AUF, sans oublier de consulter nos partenaires québécois, très en avance sur ce type d’enseignement. Je demanderai que cette question soit portée à l’ordre du jour du sommet des chefs d’État à Kinshasa.

2.6) Pour répondre à la forte demande de français dans le monde, la formation des enseignants de français et en français ne peut être différée.
La mondialisation du XXIe siècle récompensera les pays qui auront été les plus habiles dans l’épanouissement et l’expansion de leur propre aire d’influence régionale, condition sine qua non de débouchés économiques pour les entreprises et d’enrichissement culturel pour tous. L’ouverture à marche forcée d’Institut Confucius, le développement des Instituts Cervantes dans le monde témoigne de cette compétition très ouverte. C’est à la France de jouer un rôle moteur.


Pouvez-vous prendre l’engagement, via notamment l’Institut Français, le réseau des Alliances Françaises et les médias (TV5 Monde notamment), de densifier notre réseau linguistique et culturel ?


F. H. : La formation des enseignants en français est une problématique bien réelle et influe sur la perte d’influence de la France, en nette accélération depuis 5 ans. La formation et l’éducation sont, comme vous le savez, une de mes premières priorités. Les créations de postes doivent aussi concerner les enseignants de français à l’étranger. Nous devons aussi repenser nos modes de fonctionnement tout en renforçant l’aide apportée à l’action des Alliances Françaises.

La demande d’apprentissage du français reste considérable dans le monde et a même tendance à s’accroître. La pérennité de la langue n’est en effet pas seulement un enjeu dans les pays où elle est parlée par la majorité de la population (Afrique et Maghreb par exemple). Elle l’est aussi dans les pays où l’influence française reste vive pour des raisons historiques (Vietnam, Cambodge, Louisiane). Il ne faut surtout pas les oublier. Elle l’est enfin sur tous les continents, notamment dans les pays émergents (Chine, Russie, Europe centrale, Amérique du Sud) où son prestige reste intact aux yeux des élites et des jeunes générations.

L’enseignement du français est trop souvent de type académique alors que le besoin des populations locales réside d’abord dans l’accès à l’enseignement technique et professionnel.


3 – Défendre la Francophonie… en France !

3.1) Nous avons tous en tête le festival "Francofffonies" lancé en 2006 par le gouvernement de l’époque.
Durant 7 mois, plus d’un millier de manifestations francophones ont ainsi vu le jour sur le territoire national, mêlant initiatives publiques et privées.
Dans cet esprit, et dans la droite ligne du Mois de la Francophonie lancé en mars en Rhône-Alpes (62 communes participantes, plus de 300 manifestations en 2012) et de la semaine de la langue française et de la francophonie, il nous semble pertinent de sanctuariser une grande fête de la Francophonie tout au long du mois de mars (le 20 mars est la journée mondiale de la Francophonie).
Cette manifestation nationale, relayée par les collectivités territoriales, permettrait de mobiliser les structures culturelles et associatives autour de la thématique francophone.


Êtes-vous favorable à la création d’un Mois de la Francophonie à l’échelle nationale ?
Pouvez-vous prendre l’engagement de lancer cette initiative ?


F. H. : Ma réponse sera brève : OUI au mois de la francophonie et à une grande fête les 20 mars. Les évènements dramatiques qui se sont déroulés à Toulouse ne m’ont pas permis de m’exprimer ce 20 mars, mais il serait pertinent de faire un temps fort de la francophonie dans tous les pays.

3.2) Le réseau des Maisons de la Francophonie, fonctionnant sur le modèle réussi des Maisons de l’Europe, est en cours de création. Lieux d’échanges de partage et de culture, de rencontre, de travail, de réflexion et d’action, ces Maisons abritent le siège de nombreuses associations et ONG locales ayant un lien avec la Francophonie. Ces Maisons, implantées en Rhône-Alpes, PACA, Bourgogne pour l’instant, sont aussi à l’initiative de conférences, expositions, événements autour de la Francophonie.

Pouvez-vous prendre l’engagement d’apporter votre concours et votre soutien à la poursuite de la constitution de ce réseau des Maisons de la Francophonie ?

F. H. : Oui, j’apporterai mon soutien à l’extension de ce réseau, avec l’aide de l’OIF, des réseaux d’élus (AIMF et AIRF) en accord avec les collectivités territoriales sur le terrain.

3.3) Nous proposons que les programmes scolaires, du primaire au supérieur, fassent une place à la Francophonie au travers de son histoire, de sa géographie, mais aussi de son ambition et de ses auteurs.
On sait à quel point certains enfants ou adolescents, issus de l’immigration, peinent à s’identifier à la culture française tout en étant dans l’impossibilité de retrouver leurs origines, ce qui crée chez eux un fort malaise identitaire. Sachant que la France et sa langue ont été, en grande partie, célébrées par des écrivains originaires du Maghreb, d’Afrique subsaharienne, d’Asie ou encore de Québec, la Francophonie pourrait servir de passerelle entre leurs racines parentales et leur citoyenneté présente.
Par exemple, la connaissance d’un Kateb Yacine ou d’un Sembène Ousmane, qui ont su si bien chanter les cultures africaines et françaises, permettrait aux jeunes Français issus de l’immigration de mieux appréhender leur double culture.


Pouvez-vous prendre l’engagement d’étudier l’introduction, dans les programmes scolaires, d’un volet francophone ?

F. H. : Je demanderai au nouveau ministre de l’Éducation Nationale d’intégrer cette question au sein de la problématique beaucoup plus large des programmes scolaires afin d’aider nos jeunes français, quelle que soient leurs racines, à percevoir le lien qui, à travers cette langue, nous unit à d’autres pays. Le support du livre comme vecteur de la connaissance de la langue est essentiel. Un effort est à faire pour contribuer à la diffusion des éditions françaises et des ouvrages scolaires en français dans le monde. L’action de la CONFEMEN est à renforcer sur ce point.

3.4) Un certain nombre de disciplines universitaires ont aujourd’hui tendance à adopter l’anglais (y compris des sciences "molles" comme la gestion, le management dont les concepts sont facilement adaptables en Français…).

Faisant fi de l’article 2 de la Constitution française qui fait du français la langue de la République, nous notons régulièrement une volonté de modifier la loi Toubon pour permettre aux établissements d’enseignement supérieur (grandes écoles et universités) d’enseigner totalement en langue anglaise. La charge est actuellement menée par la Conférence des Grandes Écoles.
Il est illusoire de croire que pour conquérir une part importante dans le marché mondial de l’enseignement, il suffirait de copier le modèle anglo-américain. Les bons étudiants préféreront toujours l’original à la copie.

Nous assistons déjà à l’émergence d’un nouveau critère de jugement dans les commissions de recrutement universitaire : "la capacité à faire cours en anglais", qui a peu à voir avec les capacités intrinsèques disciplinaires d’un futur universitaire. Nous assistons également à l’obligation faite par des responsables de cycles universitaires d’imposer dans les services statutaires des enseignants des cours en anglais.
Par ailleurs, des revues scientifiques en français ont été exclues de la nomenclature des revues cotées dans les procédures d’évaluation menée par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ou le Conseil national des universités (CNU) !


Pouvez-vous prendre l’engagement de renforcer la loi Toubon afin d’affirmer définitivement la primauté du français sur l’anglais sur le territoire national notamment dans le monde du travail, de l’enseignement et de la recherche ?

Pouvez-vous prendre l’engagement de favoriser le multilinguisme dans l’enseignement et de rendre obligatoire le recours au trilinguisme et non au bilinguisme anglais/français quand la seule langue française n’est pas jugée suffisante, pour imposer l’enseignement à égalité de deux langues étrangères à tous les niveaux de l’enseignement du primaire au supérieur ?


F. H. : La question est multidirectionnelle et la défense du français passe aussi par l’acception d’autres langues étrangères dans l’enseignement. Une de mes premières mesures sera de rappeler à Bruxelles que le Français est la deuxième langue officielle des institutions européennes et demander à ce que ce règlement soit respecté.

En imposant un retour aux fondamentaux au sein de l’Europe, nous entamerons cette démarche qui n’a pas été défendue depuis plus de 15 ans. Je demanderai aussi l’institution d’un classement européen de nos établissements d’enseignement supérieur, projet en cours auprès de la CPU ; le classement de Shanghai laisse une part significative aux établissements anglo-saxons puisqu’il ne répertorie que les publications en anglais des chercheurs. Le même type d’actions est à mener au niveau des Nations Unies (où le français est aussi, au même titre que l’anglais, la langue officielle) et dans l’ensemble des organisations internationales.


ALF a toujours, dans les vingt ans de son existence, donné le plus large écho aux principales déclarations et aux actes - souvent divergents - des présidents de la République et chefs de gouvernement qui se sont succédé à la tête de l'État, en matière de langue française et de Francophonie. C'est donc avec le même empressement, et le même espoir inlassablement renouvelé, que nous diffusons cet entretien fort prometteur. Nos principales associations porteuses de la marche du 18 juin 2011 vont d'ailleurs demander à être reçues ensemble aussi tôt que possible par le Président de la République, puis par les principaux responsables de la nouvelle politique.
Albert Salon

Une superbe lettre de M. François Hollande sur sa politique du français et de la Francophonie

Plusieurs de nos associations avaient fait passer depuis des mois à des amis de M. Hollande proches de nous (d'ALF, de DLF, mais aussi d'autres associations, notamment de ce groupe Phénix, plusieurs fois signataire de nos appels et documents) nos propositions communes de politique du français et de la Francophonie.
M. Hollande, alors candidat, a répondu le 10 avril à Phénix cette lettre substantielle, fort intéressante, qui reprend une partie de nos analyses et propositions.
Certes, loin de rejoindre la position collective - reconnue largement comme très équilibrée et raisonnable - de toutes nos associations sur les langues régionales et minoritaires, le nouveau Président a, lors de sa campagne, annoncé aux mouvements régionalistes (soutenus par Bruxelles et l'Allemagne) qu'il demanderait au Parlement de ratifier la Charte européenne de ces langues. Sur ce point très important à la fois pour le français et pour l'unité de la République, nous ne pourrons pas l'approuver.

Mais, comme nous l'avons fait pour ses prédécesseurs, nous pouvons diffuser, citer, invoquer, en toutes circonstances qui s'y prêteront, le contenu très encourageant de cette réponse à Phénix.
Des occasions d'invocations pertinentes - et de rappels fermes - de la position présidentielle nous seront peut-être fournies par de nouvelles dérives de l'administration, des services publics, ainsi que par l'éventuelle forfaiture de tels ministres ou représentants de la France qui s'exprimeraient en anglais là où des traductions du français vers d'autres langues s'imposeraient, traductions qu'il suffirait d'exiger en invoquant les textes nationaux et internationaux en vigueur.
Albert Salon


FRANÇOIS HOLLANDE
  

  Madame Joëlle LE MORZELLEC
  Monsieur Michel GUILLOU,
  Monsieur Guy LAVOREL,
  Monsieur Joël JALLAIS,
  Monsieur Jacques DUFLAUD,
  Monsieur Serge ARNAUD,
  Monsieur Jean BENETEAU,
  Monsieur Philippe EVANNO,
  GROUPE PHENIX
  Francophonie Nouvelle
  6 rue Camille Roy
  69007 Lyon
   
  Paris, le 1 0 AVR. 2012

 

 

Madame, Messieurs,

Vous avez bien voulu m'interroger sur l'action que je mènerai, si je suis élu, en faveur de la langue française et de la francophonie.

Je considère que l'atout formidable que représentent plus de 220 millions de locuteurs francophones dans le monde a été négligé, voire méprisé, par l'actuel gouvernement. Dans mon discours public du 18 mars au Cirque d'Hiver, j'ai déclaré ma ferme intention de défendre notre langue, la langue française. Je veux qu'elle soit davantage promue. La Francophonie est une grande cause, non pas seulement pour la France mais pour ces 220 millions d'humains qui nous font le bonheur, qui nous donnent la fierté de parler notre langue et qui nous reprochent souvent de la défendre si mal, alors que, eux, dans des pays très lointains, parlent le français parce qu'ils veulent parler une langue de liberté et de culture.

Le prochain Sommet de la Francophonie à Kinshasa sera, si je suis élu, l'occasion d'annoncer une politique globale et ambitieuse en faveur de la langue française, conçue non comme un frileux repli identitaire, mais comme un formidable atout en matière d'influence et de rayonnement économique et culturel de notre pays.

Un des axes de cette politique sera le combat pour le multilinguisme, car parler plusieurs langues est une condition de réussite indispensable dans le contexte de la mondialisation. Je m'attacherai à ce que le service public de l'éducation favorise enfin réellement l'apprentissage de deux langues étrangères. La promotion du français et de son enseignement à l'extérieur de nos frontières sera d'autant plus crédible que nous développerons chez nous une offre diversifiée.

La France s'honorera aussi de défendre le droit pour tous de parler sa propre langue sur son territoire. Il y a dans certaines entreprises des dérives regrettables ; je veillerai, si nécessaire par des mesures législatives, à y mettre fin.

Il me sera également nécessaire de renforcer la place de notre langue dans la recherche et l'enseignement supérieur, de façon à constituer un véritable espace scientifique francophone de la connaissance, à travers des mesures très concrètes telles que l'aide à l'indexation des publications. A fortiori, en France, je veillerai à ce que les règles soient respectées dans les colloques, les publications et les cours eux-mêmes.

Très soucieux de la diversité culturelle sous tous ses aspects, je soutiendrai à ['UNESCO une initiative en faveur d'une convention internationale pour la protection et la promotion de la diversité linguistique.

Enfin, je donnerai des instructions fermes à nos représentants dans les différentes instances, à tous les niveaux, pour que l'expression dans notre langue soit respectée dans les instances européennes et internationales.
Je vous prie de croire, Madame, Messieurs, à l'assurance de toute ma considération.

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francoishollande.fr

59, avenue de Ségur - 75007 Paris
T
él. : +33 (0)1 56 58 90 40 - cab@francoishollande.fr


nouvelles/presse.gifNouvelles de mai 2012 (2) - le 15/05/2012 - 11:26 par MAR
Nouvelles de mai 2012 (2)
- Lettre au Monde sur les abus de titres anglomanes (28/05) (lire ci-dessous)
- François Hollande met la langue française dans les atouts de la France (15/05) (lire ci-dessous)
- Unifrance ou la défense molle du cinéma français (19/05) (lire ci-dessous)
- Euro-obligation ou Eurobonds ? La DGLF communique (21/5) (lire ci-dessous)
- Trésor multinational en péril - Lettre publiée dans Le Monde du 16/05 (lire ci-dessous)

Lettre au Monde sur les abus de titres anglomanes (28/05)
Le Monde du 27-28 mai 2012 (p. 22)
Journalisme "Le Monde" trop anglais !

J'ai été pour le moins surpris par l'encadré titré "Le "media bashing", gimmick de meeting" dans la page Décryptages - Enquêtes (Le Monde du 18 mai). Si mes calculs sont bons, cela nous donne en un seul titre quatre mots sur six en anglais.

N'a-t-on pas, dans la langue de Molière, d'équivalents pour exprimer la même idée ? Est-on forcé de passer par l'anglais ? Quelle est la volonté ? Sonner "jeun's" ? Sonner tendance ? Je trouve cet usage critiquable à plusieurs niveaux. D'abord, cela rend de fait, en particulier pour un lectorat âgé, l'article incompréhensible au premier abord. J'ai pour ma part 21 ans et je reviens d'un semestre académique à l'université de Cardiff. Étant de surcroît étudiant à l'Institut d'études politiques de Lyon, je pense avoir un niveau d'anglais légèrement supérieur à la moyenne nationale.

Pourtant, il m'a fallu relire plusieurs fois le titre pour le comprendre. Ensuite, je ne vois aucunement l'utilité de l'utilisation de l'anglais dans le cas présent. Si le sujet avait un rapport avec des élections anglophones, pourquoi pas. Là, je cherche toujours la pertinence d'une telle utilisation. Enfin, je ne crois pas que Le Monde grandisse à utiliser ce vocabulaire.

On prendrait à l'inverse plaisir à lire ou relire des mots de moins en moins utilisés de notre langue pour profiter de toutes ses subtilités. Ne voyez pas en mon message un quelconque nationalisme ou nostalgie pour l'époque où le français était l'une sinon la plus importante langue au monde. Mon expérience à Cardiff constitue la preuve de mon intérêt pour la langue de Shakespeare, et je n'ai nulle volonté de "lutter" de quelque façon que ce soit contre l'hégémonie de l'anglais. Alors vive l'anglais, mais quand c'est justifié !

Vincent Grimault, Allex (Brome)


François Hollande met la langue française dans les atouts de la France (15/05)

François Hollande lors de son discours d'investiture prononcé à l'Élysée le 15 mai 2012 parlant des "atouts de la France" : "Ils sont considérables, la productivité de nos travailleurs, l'excellence de nos chercheurs, le dynamisme de nos entrepreneurs, le travail de nos agriculteurs, la qualité de nos services publics, le rayonnement de notre culture et notre langue, sans oublier la vitalité de notre démographie et l'impatience de notre jeunesse..."

le texte intégral du discours


Unifrance ou la défense molle du cinéma français (19/05)

Ayant écouté Régine Hatchondo, directrice générale d'Unifrance, sur France Culture samedi 19 mai, j'ai ressenti un certain malaise en pensant que cette personne est chargée de défendre et de promouvoir le cinéma français :
Une introduction laborieuse où elle passe son temps à rabaisser le cinéma français par rapport au cinéma "américain", elle finit enfin, par dire que la France est le 2ème pays exportateur de films.

A une juste question du journaliste s'interrogeant sur l'intérêt des "remakes" "américains" de films français, elle semble trouver cela tout à fait normal (ceci est dû à la place de la langue anglais et  c'est quand même mieux de vrais acteurs "américains" ! ). Oubliant de dire que 'était d'abord dû au fait que le spectateur états-unien moyen ne voit jamais de films étrangers et que ce refus du doublage ou du sous-titrage est bien évidemment une barrière commerciale d'ordre colonial.

Bref avec Régine Hatchondo qui adopte le point de vue du concurrent dominant, le cinéma français semble vraiment bien défendu... MAR


- Euro-obligation ou Eurobonds ? La DGLF communique (21/5) (lire ci-dessous)

Dans les négociations liées à la mise en place du pacte budgétaire européen, revient de façon insistante le projet d'émettre des obligations communes aux États membres de la zone euro, appelées en anglais eurobonds. Pour désigner en français ces obligations dont la création a pour objectif d'éviter la spéculation sur les dettes des États les plus en difficulté par une mutualisation des dettes des pays de la zone euro, le terme euro-obligation vient d'être officiellement recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie.

Euro-obligation : "Obligation publique émise dans la zone euro et garantie par l’ensemble des États membres de cette zone ou par certains d'entre eux. Note : L'émission commune d'euro-obligations, si elle était décidée, serait un moyen de mutualiser les dettes souveraines d'États membres de la zone euro." Journal officiel du 13 mai 2012

La Délégation générale à la langue française et aux langues de France (ministère de la Culture et de la Communication) compte parmi ses missions l'enrichissement et la modernisation de la langue française. A ce titre, elle concourt, en lien avec la Commission générale de terminologie et l'Académie française, à l'élaboration de nouveaux termes permettant à chacun de disposer d'équivalents français aux termes étrangers. A l'heure actuelle, plus de 6 000 termes ont été publiés au Journal officiel et sont accessibles sur la base de données www.franceterme.culture.fr.


Lettre de Jean Hourcade publiée dans Le Monde du 16/05)
Culture : Trésor multinational en péril

La lettre de Pierre Le Peltier "La défense des humanités" (Le Monde du 12 mai) me peine. Il semble se résoudre sereinement à la mort de la langue française : "Si le français n’est pas éternel, où est le malheur?"

Le professeur Debré parlait de "l’honneur de vivre", et Camus, dans la même veine, considérait qu’il fallait vivre pour vivre, malgré "l’absurdité" de la condition humaine. La langue française est le support d’une civilisation mondiale et séculaire.

Pierre Le Peltier évoque les langues régionales, qui ont aussi droit à la vie (j’en parle une), mais elles n’ont pas le rayonnement ni le champ lexical du français et des autres langues universelles. Ce sont des langues de proximité.

Pour citer un autre grand locuteur de la langue française, Brassens disait: "Mourir, d’accord… mais de mort lente, et à la grande rigueur, ne pas mourir du tout." Le français est un trésor multinational que nous, héritiers, avons le devoir de défendre car il est réellement en danger. Se résigner, c’est déjà mourir.

Jean Hourcade, Peypin-d’Aigues (Vaucluse)

nouvelles2/xuan-thuan_bertrand.jpgPublications scientifiques de haute valeur en français - le 14/05/2012 - 21:41 par MAR
Publications scientifiques de haute valeur en français
- Le Prix mondial de la Fondation Cino del Duca a été attribué au Pr. Trinh Xuan Thuan astrophysicien et écrivain, pour ses efforts dans la vulgarisation scientifique en langue française. Celui-ci a publié en français une œuvre importante traduite dans d'autres langues. [lien]
- Olivier Bertrand, docteur en sciences du langage, primé par le CNRS pour ses travaux sur la naissance du vocabulaire politique [lien]

2 parutions intéressantes - le 12/05/2012 - 18:25 par Albert_Salon
2 parutions intéressantes
Géopolitique de la France de Pascal Gauchon
France, ce serait aussi un beau nom… de Marie-Pierre Pruvot

Géopolitique de la France du professeur Pascal Gauchon, apôtre de la géopolitique, fondateur du festival de géopolitique de Grenoble

Aux extraits qui suivent de la recension écrite par Philippe Cohen dans Marianne, il convient d’ajouter que l’auteur, dans son ouvrage, a, comme le relève notre ami Denis Griesmar, engagé une réflexion sur le rôle de la langue dans la position géopolitique de la France.

"L'auteur se moque gentiment des armées de déclinistes qui peuplent le paysage intellectuel français depuis quelques années. Ceux qui sont réfractaires à cette dialectique trouveront dans l'ouvrage quelques munitions bien affutées pour leur livrer bataille. Ainsi Pascal Gauchon nous apprend-t-il que le patrimoine de la France - addition des possessions des administrations, des entreprises et des particuliers - représente quelque 12 513 milliards d'euros, soit cinq fois le PIB. Ce patrimoine a doublé depuis 1978. Et la France occupe le même rang mondial - cinquième pour le PIB - qu'en... 1900. Le déclin est en route, mais il ne se presse pas...

Pascal Gauchon égrène tous les chiffres et les données - avec quelques cartes et tableaux – qui montrent que le déclin de la France n'est ni patent ni inéluctable.

L'agriculture, qui occupe encore 53% du territoire, a donné à la France un socle de puissance que la conjoncture historique qui valorise le pouvoir vert et maritime (11 millions de km² dont seulement 300 000 en Europe, soit la deuxième zone économique exclusive du monde). Son industrie, affirme l'auteur, est moins malade qu'on ne le croit. D'abord parce qu'elle a de beaux restes, dans le nucléaire, le BTP, la pharmacie, l'automobile, et bien sûr le luxe. En témoigne le rang enviable des multinationales françaises. En fait, notre faiblesse, selon l'auteur, réside davantage dans nos emplois industriels que dans notre industrie en tant que tel. Et l'anxiété des Français face à la mondialisation ne témoigne pas d'une France fermée mais d'un pays, au contraire très ouvert sur le monde, tant sur le plan de l'économie que celui de l'immigration, mais dont les habitants souhaitent malgré tout rester eux-mêmes. Quoi de plus légitime pour un vieux pays qui ne compte pas moins de 15 milliards de cadavres dans ses cimetières ?"
Géopolitique de la France, plaidoyer pour la puissance/ Pascal Gauchon, PUF, Paris 2011, 25 €


France, ce serait aussi un beau nom… essai, de Mme Marie-Pierre Pruvot, Préface de Nicolas Dupont-Aignan,

Ce livre d’une adhérente d’Avenir de la langue française est une déclaration d’amour à la France, à sa liberté, à son rôle dans le monde. Il nous touche encore plus parce qu’il est une déclaration d’amour à la langue française. Mais il n’est ni une aimable romance, ni un roman. Il est un essai politique d’une observatrice assidue et très réactive de la vie politique française depuis la fin de la guerre. Son intérêt principal tient à ce que l’auteur a compilé, sélectionné et analysé avec un esprit critique sain et vif, les titres et articles du Monde depuis sa création en décembre 1944 jusqu’à 2011. Avec un fil d’Ariane non unique, mais tout à fait privilégié, la langue française, Mme Marie-Pierre Pruvot nous décrit par petites touches, année après année, avec des exemples et citations dûment datés, l’inexorable basculement de trop de nos élites – à contre-peuple - vers le consentement, puis l’aspiration à la disparition de la langue française et de la France dans la vassalisation à l’Empire et à la Super-classe mondiale. A l’exception du Général de Gaulle et des vrais gaullistes.

A l’exception aussi des souverainistes, et naturellement des valeureux militants de la langue française et de la Francophonie.

Parmi ces derniers, elle cite les Rossillon, Saint Robert, Noguez, Lecherbonnier, bien d’autres, et notre Avenir de la langue française, ses actes et ses livres, en donnant les références de notre site qu’elle connaît bien.

Mais parmi les élites qui enterrent notre langue et notre souveraineté, elle montre de manière précise quand, dans quelles circonstances, pourquoi et comment, ce qu’ont dit, fait, laissé faire, encouragé, les Giscard, Rocard, Fabius, Chirac, Bérégovoy, Delors, voire François Mitterrand pourtant si français et si cultivé, voire Catherine Tasca (elle très à contre-cœur, nous le savons), et les Jospin, Colombani, Fillon, Pécresse, Kouchner, Allègre, Juppé, Barnier, Seillière, Sarkozy, Descoings, Raffarin, et tant d’autres de moindre renom.

Nous savons mieux qui a fait beaucoup de mal au français, à la Francophonie, à la France.
Nous partageons, et souhaitons faire partager, son cri du cœur :
"Parle français. Si tu le tais, tu le tues. Une langue tue est une langue morte." Albert Salon.

France, ce serait aussi un beau nom…, Éditions Ex-Æquo, Plombières, 2011, 20 €


nouvelles/presse.gifNouvelles de mai 2012 - le 08/05/2012 - 21:39 par MAR
Nouvelles de mai 2012
- La loi sur l'affichage enfin respectée dans le RER C (10/05) (lien)
- Réponse dilatoire du gouvernement sortant à la question d'une sénatrice sur les abus de l'anglais notamment dans l'enseignement (10/05) (lire ci-dessous)
- Vienne (Isère) : Travail en anglais, Danone au tribunal
(France 3 Alpes (03/05)
[lien]
- L'AFNIC ouvre les adresses Internet aux accents (developpez.com) (03/05) [lien]


Le Gouvernement sortant répond de manière très alambiquée et diluée à la question d'une sénatrice communiste portant notamment sur l'exigence croissante de l'anglais pour valider les diplômes en France même. Aucune réponse sérieuse sur ce point précis et en revanche de larges digressions sur la maitrise du français en primaire, ce qui ici est complètement hors-sujet...

Question écrite n° 23201 de Mme Cécile Cukierman (Loire - CRC)

publiée dans le JO Sénat du 29/03/2012 - page 768
Mme Cécile Cukierman attire l'attention de M. le ministre de la culture et de la communication sur la marginalisation croissante de la langue française au profit de l'anglais et ce, à tous les niveaux : médias, y compris médias publics, entreprises privées et services publics, slogans publicitaires...
En effet, le vocabulaire entrepreneurial anglo-saxon prend aujourd'hui le pas sur la langue officielle de notre République, phénomène que l'on peut observer dans notre environnement professionnel comme dans la sphère privée. La profession enseignante dans son ensemble et de nombreuses associations de défense de la langue française dénoncent aujourd'hui une régression de la maîtrise écrite de la langue française ainsi qu'un manque d'autonomie à l'oral.

On exige aujourd'hui par exemple des étudiants qu'ils obtiennent une certification de leur niveau en anglais ("TOEIC") sous peine de ne pas obtenir leurs diplômes. En revanche, on remarque une absence de mesures visant à favoriser l'usage et à promouvoir la maîtrise de la langue française et ceci, au sein même de nos institutions. Cette évolution porte en elle de véritables discriminations, les classes populaires étant plus lourdement pénalisées par l'omniprésence de l'anglais dans notre quotidien.
Dans ces conditions, elle lui demande quelles mesures il envisage de prendre pour faire enfin respecter l'article 2 de notre constitution.


Réponse du Ministère de la culture et de la communication
publiée dans le JO Sénat du 10/05/2012 - page 1162
Le ministère de la culture et de la communication (délégation générale à la langue française et aux langues de France), en tant que gardien du cadre légal, tout particulièrement de la loi Toubon, intervient souvent auprès des dirigeants d'entreprises pour peu qu'un manquement caractérisé à la loi lui soit signalé. Plus spécifiquement, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), tout comme l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) veillent à la défense et à l'illustration de la langue et de la culture françaises dans la sphère audiovisuelle, sans pour autant bannir l'utilisation de langues étrangères, sous réserve qu'il soit recouru à une traduction en français.


De leur côté, les agents publics ont, plus encore que les autres, des responsabilités dans le domaine de l'usage et de la promotion de la langue française : ce devoir d'exemplarité de la fonction publique française, en France comme à l'étranger, a été rappelé par les circulaires du Premier ministre du 12 avril 1994 et du 14 février 2003. Le premier texte précise que "tout agent public doit se conformer au principe général que la langue de la République est la langue française". La seconde circulaire rappelle énergiquement la nécessité "d'assurer, au service de nos concitoyens, la primauté de notre langue sur le territoire national".

La maîtrise du français est un enjeu d'éducation. Ainsi, le socle commun, défini par décret n° 2006-830 du 11 juillet 2006, précise les connaissances et les compétences attendues de tout élève à l'issue de la scolarité obligatoire ; la maîtrise du français en constitue la composante majeure. Pour l'école, les nouveaux protocoles d'évaluation nationale en français et en mathématiques mis en œuvre à compter de l'année scolaire 2008-2009 permettent de suivre les acquisitions des élèves. Appliqués aux paliers 1 (CE1) et 2 (CM2) du socle commun, ils fournissent des indicateurs pour le pilotage, à tous les niveaux du système éducatif. Les résultats 2009, 2010, 2011 des évaluations de français, public/privé en CE1 et CM2 font apparaître une augmentation de la proportion d'élèves ayant des acquis très solides (43 % en 2009 pour 51 % en 2011), un tassement pour les élèves ayant de bons acquis (29 % pour 27 %), une diminution des élèves ayant des acquis fragiles (18 % pour 14 %), de même que pour les acquis insuffisants (9 % pour 7 %). Au CM2 les résultats par année sont plus stables. En 2011, près de 75 % des élèves ont des acquis très solides ou de bons acquis, et près de 25 % ont des acquis insuffisants ou encore fragiles. Pour le collège, une évaluation nationale portant sur deux compétences du socle commun, dont la maîtrise de la langue française, sera expérimentée en classe de cinquième dans les établissements volontaires au cours de l'année 2011-2012.


Le Test of english for international communication (TOEIC) est utilisé par bon nombre d'écoles d'ingénieurs ou écoles de commerce, cette utilisation se justifiant dans le cadre de la politique d'établissement. La maîtrise des langues étrangères est prise en compte dans l'habilitation par l'État des titres d'ingénieur délivrés par les écoles ; ceci vaut également pour certaines écoles de commerce pour les titres qu'elles délivrent. Il est vrai que la mode est aux mots venus du monde anglophone, parfois difficiles à comprendre, à prononcer ou à écrire, pour la plupart des gens.


Pourtant, le plus souvent, les mots équivalents existent en français. En effet, pour désigner les réalités nouvelles qui se créent constamment, des termes français sont recommandés par la Commission générale de terminologie et de néologie et publiés avec leur définition au Journal officiel de la République française. Ces nouveaux termes français sont encore insuffisamment répandus. Plus nombreux seront les Français à les employer, plus facilement ils entreront dans l'usage, plus vite ils deviendront familiers et sembleront avoir toujours existé. Parallèlement à ce dispositif institutionnel d'enrichissement de la langue, il est apparu intéressant de prendre en compte les avis et propositions des internautes à travers un outil collaboratif créé par le ministère de la culture et de la communication : le wikiLF. Cette présence dans les nouvelles technologies a également conduit à décrire à l'attention des administrateurs de site et des rédacteurs web les bonnes pratiques de la communication écrite dans les démarches en ligne.

Le ministre de la culture et de la communication tient à préciser que cette dernière initiative a été menée conjointement avec ses partenaires québécois. Sur un plan général, le numérique, enjeu majeur de politique et de société, modifie en profondeur la vie quotidienne des citoyens. Même si la loi Toubon, antérieure à l'Internet, ne s'y applique que très restrictivement, le ministère de la culture et de la communication veille à ce que ces technologies prennent en compte les priorités politiques que constituent la présence du français et la promotion de la diversité linguistique dans la société. Enfin, une attention particulière est portée aux institutions de l'Union européenne. Un vade mecum, mis au point conjointement par le ministère de la culture et de la communication, le ministère des affaires étrangères et européennes et le secrétariat général des affaires européennes, dont la dernière édition date de 2006, fera très prochainement l'objet d'une actualisation. Il permettra de rappeler les droits linguistiques des fonctionnaires français et francophones de ces institutions et des agents publics travaillant avec elles.


15 ans d’espérance, Philippe Rossillon - le 03/05/2012 - 21:53 par MAR

15 ans d’espérancephilippe-rossillon.jpg
 (in memoriam Philippe Rossillon,
pour les 20 a
ns d'ALF)

Nous nous associons pleinement au bel hommage rendu par Hubert Joly, Secrétaire général du Conseil international de la Langue française (CILF) à Philippe Rossillon.
Car Philippe fut notre "Paladin" modèle, le créateur ou inspirateur de diverses institutions françaises et internationales de promotion du français et de la Francophonie, de l’ancêtre de la DGLF à l’ancêtre de l’OIF, en passant par tant d’autres. (lire également, plus bas, l'Hommage à Philippe Rossillon d'Yves Montenay)

Sans oublier notre ALF, dont il fut en 1992 le co-fondateur avec Dominique Noguez, Dominique Gallet, et l’actuel président.
Nous pensons beaucoup à lui en ce 20ème anniversaire de la fondation d’ALF. Avec nos amis acadiens et québécois, wallons et bruxellois, romands et jurassiens, haïtiens et louisianais, valdotains et seychellois, nous nous souvenons de toutes les lances rompues par Philippe en faveur des communautés francophones du monde entier.
Après lui, nous nous battons et espérons !
Feu son - et notre - grand ami Jean-Marc Léger continue, associé à Philippe, à nous inspirer lui aussi.
Ils sont avec nous, en corsaires unis d'une époque à épopée.
Il faut recréer une époque comme celle-là ! Albert Salon.


Non vraiment ! Il n’est pas d’usage de prononcer deux fois, fût-ce à quinze ans de distance, l’éloge d’un ami, surtout si, comme c’est malheureusement le cas aujourd’hui, il s’agit d’un éloge funèbre, avec l’autorisation de Véronique.

Pourtant, c’est bien ce que je vais faire puisque Philippe Rossillon est mort le 6 septembre 1997…
Quand je pense à lui, je ne parviens pas à imaginer qu’il serait à cette heure un vieux monsieur de 81 ans. Cela dépasse mon entendement.

Je le vois encore avec sa vaste intelligence, sa connaissance approfondie de l’Histoire, son esprit fertile jamais à court d’une initiative, d’un échafaudage de combinaisons, son humour de merveilleux conteur, et cette chose devenue si rare, son patriotisme sans faille.

Je repense aussi aux membres de sa bande, que je cite pêle-mêle, notre fidèle ambassadeur de France, Bernard Dorin, le wallon Lucien Outers, le sénateur Jean Humblet, le jurassien Roland Béguelin. C’était un régal, un festival, d’assister à leurs discussions. Si les premiers avaient une intelligence lumineuse et savaient jouer plusieurs coups à l’avance, il n’y a qu’un seul mot pour qualifier Philippe : il pétillait.

Ah ! Qu’il en a donné du fil à retordre à quelques-uns ! Que de fécondes initiatives n’a-t-il pas su prendre au Haut comité de la langue française ou, plus tard, à l’Union latine ! Que de coups tordus n’a-t-il pas fomentés dans sa cervelle à l’imagination sans limite !
L’avant-veille de sa mort, j’étais dans son bureau avec Bernard Dorin. Ce jour-là encore, nous nous sommes payé quelques tranches de fou rire que je ne suis pas près d’oublier….
Quinze ans plus tard, que reste-t-il de tout cela ? Bien sûr, un souvenir très brûlant de ces années de travail en commun, même si les figures d’autrefois, Martial de la Fournière, Xavier Deniau, Michel Têtu, Marc Blancpain, Jean-Marc Léger, nous ont, tour à tour, quittés. C’était une francophonie "indomptable et fière, sans frein, ni rênes d’or". Une impulsion toujours vivante à Haïti avec Véronique, à Québec, en Acadie, et même en Louisiane.
Beaucoup de jeunes d’aujourd’hui n’ont pas connu cette époque héroïque et nous, qui restons, sommes devenus très légèrement chenus.
L’enthousiasme que Philippe nous a communiqué reste intact. Nous croyons toujours en les capacités de la France ainsi qu’aux nécessaires solidarités d’une francophonie qui s’affirme, ne serait-ce que numériquement, malgré toutes les vicissitudes de la politique internationale.
Mais au fond des fonds, il me semble qu’avec lui, et bien entendu avec le Général, tous, quoique "recrus d’épreuves" comme le dit la chanson, nous n’avons jamais eu qu’un seul et unique programme : "guetter dans l’ombre la lueur de l’espérance !"

Hubert Joly


Hommage à Philippe Rossillon par Yves Montenay
(paru dans Échos du monde musulman n°152 (4 mai 2012)

Puisque nous parlons de situation du français, signalons que l'association Avenir de la Langue Française fête ses 20 ans et rend hommage à son fondateur Philippe Rossillon, disparu le 6 septembre 1997 et avec lequel j'ai travaillé dans les années 1960 à 1980. Philippe Rossillon a passé sa vie à tisser des liens entre les pays "francophones" et tous leurs acteurs, notamment leurs responsables et leurs médias. Il a lancé ou encouragé de nombreuses organisations multilatérales officielles, associatives ou privées, a poussé le gouvernement français à les appuyer et, en cas de refus, a rajouté l'argent de sa famille. Il rencontra moins d'enthousiasme en France que dans les pays du Sud et au Québec (contrairement à un fantasme tenace, encore rappelé ci-dessus à propos du Maroc, le mouvement francophone n’a rien de colonial et est d’ailleurs largement négligé par les gouvernements français).

Dans le monde musulman, Philippe Rossillon fut aux côtés du Maroc avec Allal el Fassi, de la Tunisie avec Bourguiba, de la Mauritanie, du Tchad, du Burkina Faso, du Sénégal et du Niger. On se souvient que les dirigeants de ces deux deniers pays, Léopold Cedar Senghor (avec le plein accord des Mourides et de la Tidjanya) et Hamani Diori furent, avec Habib Bourguiba, les "inventeurs" de la Francophonie (traité de Niamey du 20 mars 1970).
Philippe Rossillon avait également de nombreux amis en Égypte, au Liban et en Syrie.

Yves Montenay


nouvelles2/peugeot-renault.jpgAddiction à l'anglais - le 03/05/2012 - 19:40 par JeanPierre_Busnel
Addiction à l'anglais
La servilité anglomane des constructeurs automobiles (suite)

Le 22 avril dernier, sous l'intitulé "encore plus loin dans la servilité anglomane", j'évoquais la saine réprobation du rédacteur en chef adjoint de l'Auto-journal (n° 853 du 19 avril au 2 mai) [ lire notre nouvelle] à propos de la publicité faite par le constructeur automobile Peugeot pour le lancement de sa 208 (ce texte est accessible, par exemple, à l'adresse suivante :
www.francophonie-avenir.com/Index_SV_Lettre_ouverte_aux_constructeurs_automobiles_francais.htm#RMC )

Dans une diatribe plus explicite et percutante encore, comme si la presse automobile s'était (enfin) soudain donnée le mot, c'est, cette fois, M. Stéphane Meunier, directeur de la rédaction et rédacteur en chef de L'Automobile Magazine, qui, dans son éditorial du n° 792 de mai 2012, reproche vivement aux deux constructeurs français, Renault et Peugeot, de "se réfugier à leur tour derrière le plastron éculé de la réclame en anglais" (ci-dessous en pièce jointe), même si, dit-il, "l'abdication la plus flagrante vient de Peugeot" (il fait, lui aussi, allusion à la publicité pour la 208).

"Qu'on nous garde de la galopante logorrhée anglophone des gabelous du marketing, pardon, du marchéage !", écrit le rédacteur en chef, "... à examiner leur addiction à l'anglais... on se dit qu'une maligne épizootie mine nos fils de pub hexagonaux".

Des déclarations salutaires - et encourageantes - de ce genre sont rarissimes, en particulier de la part des milieux de la presse, évidemment très liés, sinon subordonnés, à ceux de la "pub". Il convient de féliciter leur auteur (ce que je n'ai pas manqué de faire) et de leur donner le maximum d'écho..

Jean-Pierre Busnel

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nouvelles2/marianne.jpgappel de personnalités pour le français et la Francophonie - le 28/04/2012 - 17:49 par MAR

Appel de hautes personnalités françaises et étrangères
pour le français et la Francophonie

A l'occasion des élections nationales du printemps 2012, une pétition-appel (lire ci-dessous) est lancée par l'association agréée Avenir de la langue française, en faveur d'une politique vigoureuse de la langue française et de la Francophonie.

Son lancement a été approuvé à ce jour par les 41 associations (lire ci-dessous) qui ont envoyé à tous les candidats à la Présidence de la République, ainsi qu'aux candidats à la députation, une lettre collective pour les prier de signer 10 engagements pour une telle politique.
Cet appel est adressé aux dirigeants de la France, quels que soient leurs partis et orientations politiques.
Il s'adresse plus encore au peuple français dans son ensemble.
Avenir de la langue française a, dans l'urgence, volontairement limité à quelques dizaines de hautes personnalités de France et de pays francophones le nombre des signataires de cet appel.

Elle a écarté les personnalités exerçant des mandats ou des fonctions à caractère politique, pour présenter un échantillon représentatif de la diversité sociale et professionnelle de la société française, et des origines géographiques des étrangers francophones et francophiles sollicités : d'Afrique, d'Australie, de Belgique, du Liban, de Maurice, du Québec, de Suisse...

Cet appel, diffusé sur divers sites, sera proposé le 20 mai - pour publication et éventuels débats - aux principaux médias. La liste jointe des signataires sera complétée à mesure des arrivées de signatures nouvelles.
Ainsi constamment mis à jour, il restera sur la Toile jusqu'au mois de juillet, après l'entrée en fonction d'un nouveau gouvernement.

Albert Salon, président d'ALF


Abandonner nos langues nationales
est un crime culturel, politique et économique.

L’anglo-américain connaît un degré d’extension mondiale jamais atteint par aucune langue avant lui. Son éventuel reflux prendra des décennies. Il doit son triomphe actuel à la surpuissance d’abord de l’Empire britannique, puis des États-Unis après 1945, et à leurs politiques très volontaristes d’expansion linguistique et de "conquête des esprits".

Cette domination entraîne une dévalorisation des autres langues, y compris des plus grandes tels, en Europe, l’allemand, l’italien. Le français lui aussi la subit de plus en plus à l’étranger et en France. L’anglicisation forcenée pénètre commerce, communication interne de grandes entreprises, publicité, médias, audio-visuel, jusqu’aux secteurs vitaux : recherche et publications scientifiques, brevets non traduits.

En France, comme en Italie et en Allemagne, l’enseignement est affecté. Dès l’école maternelle et élémentaire, le temps imparti au français diminue au profit du seul anglais. Dans les écoles de commerce, dans tout l’enseignement supérieur, les cours en anglais prolifèrent. Peut-on accepter qu’un " classement de Shanghai", basé sur des critères exclusivement anglo-américains, prétende faire loi en matière d’évaluation scientifique, et formate les esprits au détriment de leur créativité ? Nouvelle guerre contre l’intelligence ! (Charles Durand).

Ce que l’hégémonie de l’anglais fait perdre en influence, en cultures populaires, en attraction d’étudiants étrangers, à l’allemand, au russe, au français, etc., les Anglo-américains le gagnent. Sur le simple plan matériel, le Pr. François Grin, de l’Université de Genève, chiffre leur gain annuel en dizaines de milliards d’euros.

L’avenir du monde ne repose pas sur la langue anglaise ! L’imposer comme langue commune puis unique est une aberration tant culturelle et spirituelle qu’économique et politique.
Plus grave : cette hégémonie est relayée, voire portée, par les élites d’Europe, bien que toutes ne soient pas les "collabos de la pub et du fric" stigmatisés à juste titre par Michel Serres.
C’est surtout cette attitude vassale qu’il convient de dénoncer et faire cesser dans les parties de nos peuples intoxiquées par une propagande incessante depuis plus d’un demi-siècle.

Nous appelons les Français, tous les francophones, non seulement à s’indigner, mais surtout, contre la politique de la langue unique, contre la pensée unique (Claude Hagège), à résister.
La résistance au mondialisme niveleur, pour le français et la biodiversité linguistique, doit être au cœur des élections prochaines, puisque la langue est un bien commun que chacun peut contribuer à préserver tous les jours, et lors des élections.
Nous invitons donc les citoyens qui refusent la soumission à cet ordre destructeur de la personnalité de la France, de sa langue et de la diversité linguistique et culturelle, à demander un engagement clair à tous les candidats à la Présidence et à la députation.

Signataires
- Claude Hagège, professeur au Collège de France
- Laurent Lafforgue, médaillé Fields
- Hervé Bourges, ancien président du CSA et de chaînes de télévision
- Alain Cotta, économiste
- Régine Deforges, écrivaine
- Benoîte Groult, écrivaine
- Gabriel Matzneff, écrivain
- Dominique Noguez, écrivain
- Philippe de Saint Robert, ancien Haut-commissaire à la langue française
- Patrick Lozès, fondateur du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN)
- Jean Raspail, écrivain
- Andreï Makine, écrivain
- Pierre Lévy, rédacteur en chef de Bastille, Nation, République
- Yves Guéna, ancien président du Conseil constitutionnel
- Salah Stétié (Liban), Grand Prix de la Francophonie de l’Académie française
- Alimata Salambéré, ancien ministre de la Culture du Burkina Faso
- Jean-Marie Ndagijimana, ancien ministre des affaires étrangères du Rouanda
- Joseph Tsang Mang Kin, ancien ministre de la Culture de Maurice
- Marie-Claire Blais, écrivaine québécoise
- Jean-Marie Vodoz, journaliste suisse
- Colonel Alain Corvez
- Pierre Delaveau, membre des Académies de Médecine et de Pharmacie
- Bernard Dorin, Ambassadeur de France
- Michel Guillou, directeur de l’Institut pour l’Étude de la Francophonie et de la Mondialisation
- Hubert Joly, secrétaire général du Conseil International de la Langue française (CILF)
- Michel Pinton
- Charles-Xavier Durand, essayiste
- Gilbert Lazard, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
- André Libert, écrivain (Belgique–Wallonie)
- Jean-Paul Perreault (Québec)
- Ivan Barko, de l’Académie australienne des Humanités
- Claude Thayse (Belgique – Wallonie)
- Pierre Demers (Québec )


Liste des associations signataires

- Alliance Champlain, (Nouméa, Nouvelle Calédonie) - www.alliance-champlain.asso.nc
- Associations des Professeurs de Lettres (APL) - www.aplettres.org
- Association France-Maurice (AFM)- www.association-france-maurice.net
- Association Francophonie Avenir (A.Fr.Av) - www.francophonie-avenir.com
- Association internationale francophone des Aînés (AIFA-France) - www.aifa.ca/sections/default.php?Id=25
- Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (ASSELAF) -www.asselaf.fr
- Avenir de la Langue française (ALF) - www.avenir-langue-francaise.fr
- Carrefour des Acteurs sociaux (CAS)
- C.O.U.R.R.I.E.L. (COllectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l'Initiative et l'Emancipation Linguistique) - www.courriel-languefrancaise.org/
- Croiser les Savoirs pour faire savoir
- Défense de la langue française (DLF) - www.langue-francaise.org
- Forum francophone international France (FFI-France)
- Groupe Phénix (Lyon)
- Le Droit de comprendre (DdC) - droit-de-comprendre.perso.neuf.fr/
- Le Français en Partage - lefrancaisenpartage.blogspot.com/

- Académie de la Carpette anglaise (ACA)
- Cercle Condorcet de Sens et Villeneuve-sur-Yonne cercle-condorcet-sens.asso-web.com/
- Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC)- clec.uaicf.asso.fr
- Courtoisie française www.courtoisie-francaise.com/
- Culture Mag www.culturemag.fr/
- Forum pour la France (français, Francophonie) - www.forumpourlaFrance.org
- Francophonie Anciens Combattants et Descendants (FACED)
- Groupe d’études et de recherches sur le français langue internationale (GERFLINT) - www.gerflint.forumpro.fr
- Institut Culture, Economie et Géopolitique (ICEG)– www.asso-iceg.fr
- Institut Francophonie et Mondialisation (IFRAMOND, à l’Université Jean Moulin, Lyon3
- Les Amitiés acadiennes – www.lesamitiesacadiennes.org
- Les Mariannes de la République www.mariannesdelarepublique.org/
- Lire, Écrire www.lire-ecrire.org/
- Union des Poètes francophones (UPF) - upfr.pagesperso-orange.fr/
- Association Paris-Québec (www.paris-quebec.fr/)
- Association de Solidarité pour l’intégration par les langues, l’éducation et la culture (ASILEC)


Associations non-françaises en soutien à la démarche collective des associations françaises

- Association pour la Promotion de la francophonie en Flandre (APFF), (Belgique) - www.francophonie.be/ndf
- Comité du 9 mars 2009 (association internationale de syndicats et associations de pays européens, pour le droit des travailleurs de travailler dans leurs langues ; siège à ROME)
- Conseil international de la Langue française (CILF) www.cilf.org/
- Forum francophone international –Belgique
- Impératif français (Québec)- www.imperatif-francais.org - Ligue internationale des Scientifiques pour l’utilisation de la langue française (LISULF) (Québec)
- Rassemblement culturel Wallonie-Bruxelles-France 
www.wallonie-france-bruxelles.com/
- Fédération internationale des associations rouandaises (FEIDAR)


 


nouvelles2/volonte-francaise.jpgUne volonté française, nouveau livre d'Albert Salon - le 24/04/2012 - 22:28 par MAR
Une volonté française, nouveau livre d'Albert Salon
 

Le fait français paraît aujourd’hui submergé par le mondialisme et l’expansion de l’anglo-saxon. Mais les Français, les Québécois, les Wallons… – tous les et les francophiles – continuent à œuvrer pour le réveil et l’épanouissement de la Francophonie dans le monde. Albert Salon analyse les multiples défis – politique, culturel, économique, social, éducatif - auxquels elle doit faire face.

À partir de cent mots-clefs – “Afrique, Allemagne, Belgique, Chrétiens, Empires, République, Universalisme, en passant par Europe, France, Histoire, Immigration, Laïcité, Mondialisation, Nation…” –, l’auteur présente un projet, fort et cohérent, de réforme intellectuelle et morale.

Avec pour fil d’Ariane la langue française, ce livre veut montrer la voie du renouveau.

L'auteur : Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur dans l’Ordre national du Mérite, président d’Avenir de la langue française, est un militant de longue date de la langue française et de la Francophonie.

aux Éditions Glyphe - 284 pages - prix public : 20 € (19 € en téléchargeant le bon de commande et en le retournant à l'éditeur)


nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2012 (2) - le 21/04/2012 - 18:55 par MAR
Nouvelles d'avril 2012 (2)
Versailles sous la botte de Catherine Pégard (Comité Défense Versailles (25/04) [lien]
Do you speak français ? lettre de J.-P. Lautman (La Nouvelle République) (21/04) [lien]
Langue de la République ? un article de Bruno Dewaele (La Voix du Nord) (18/04)
[lien]
Numérique et textualité : pratiques contemporaines (Appel à propositions de la Délégation générale à la langue française [DGLF] [lien]
 


nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2012 - le 20/04/2012 - 22:49 par MAR
Nouvelles d'avril 2012
8 propositions pour la langue française par l'association COURRIEL [lien]
Claude Hagège : Nous devons résister face à la domination de l'anglais [lien]
Pour la culture générale - (dans le blog du Monde - 13 avril 2012 (lire ci-dessous)
 

Pour la culture générale
Anne Chemin dans un long article « La « culture gé» à l’épreuve » (supplément Culture & idées du Monde du 14 avril) détaille la position des adversaires et des défenseurs de l’épreuve de culture générale dans les grandes écoles dont Sciences Po.
Dans la lettre ci-dessous Jean Hourcade se place dans le camp des défenseurs de cette épreuve.

Je suis attristé de la mort de Richard Descoings, mais j’ai des réserves sur son idée de supprimer l’épreuve de culture générale au concours d’entrée de Sciences-Po. Édouard Herriot disait que « la culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié », et Foch attribuait, à l’époque, le succès des armes de la France à cette « culture générale » dont il pensait que ses officiers étaient dotés. La culture générale, dans un pays donné, ne doit pas être l’apanage d’une seule fraction de la société. Faire l’impasse sur cet aspect des connaissances – transversales – d’un candidat revient de fait à perpétuer la fracture sociale (les familles aisées la transmettront toujours), fracture que justement Descoings voulait gommer parmi les futures élites qu’il formait.

De même, l’idée de quota me paraît discutable pour les mêmes raisons. Cela contrevient au principe d’égalité. L’équité, en revanche, peut être rétablie, ou au moins approchée, par un système de bourses généreux et des structures telles que les internats d’excellence. Je suis moi-même ancien boursier car mes parents ne roulaient pas sur l’or, et j’ai la reconnaissance du ventre envers la nation et l’école républicaine qui m’ont permis de faire les études de mon choix et, même à un modeste niveau, de servir l’État au même titre que si j’étais issu des beaux quartiers. Mais j’ai passé les mêmes examens et concours. La culture générale est ce qui différencie l’éducation « humaniste » à la française de la formation strictement utilitaire à l’américaine, que nous n’avons aucune raison d’imiter. Nous pouvons nous adapter sans nous renier. La culture, ça ne sert à rien donc ça sert à tout !
Jean Hourcade L’Etang-la-Ville (Yvelines)

nouvelles2/descoings.jpgLa mort de Richard Descoings, grand angliciseur - le 05/04/2012 - 11:05 par MAR
La mort de Richard Descoings, grand angliciseur

Face au concert de louanges entendu à l'annonce du décès de Richard Descoings le 3 avril 2012 à New-York et sans nous réjouir, bien entendu de sa disparition, nous ne pouvons que rappeler notre hostilité à la politique qu'il aura menée depuis 1996 à la tête de l'Institut d'Études Politiques de Paris (Sciences Po.). Il aura réussi à faire d'un des fleurons de l'excellence française une école à la remorque servile du monde anglo-saxon, tant par la langue anglaise de plus en plus présente, que par les "valeurs" défendues par cette école.

A cet égard, nous partageons parfaitement le point de vue d'un des étudiants de Sciences Po. relevé sur le site du Monde  ainsi que celui de Philippe Meyer dans son émission l'Esprit Public sur France Culture (avant l'annonce la mort de Richard Descoing)

[Le Monde] Certains internautes qui ont étudié à Sciences Po ne partagent pas le concert d'éloges sur l'ancien directeur :

Mentalité opportuniste, Jérémie H.

"J'ai toujours désapprouvé l'orientation donnée par Richard Descoings à cette école, ainsi que la mentalité superficielle et opportuniste qu'il y a imposée. La massification des promotions n'assure plus de trouver un travail une fois le diplôme obtenu. L'anglicisation considérable de l'école, aussi bien dans la langue que dans les esprits, a fait d'une génération d'élèves français une nouvelle conquête du monde anglo-saxon. Les conventions ZEP, permettant à quelques élèves de milieux sinistrés d'entrer par une voie d'admission tierce, n'auront rien changé fondamentalement : ni l'inégalité des chances due à une scolarité indigente en amont, ni la dégradation du niveau provenant avant tout d'autres causes."

Philippe Meyer - L'Esprit Public, France Culture, 01/04/2012)]
[...] je suis assez content de voir qu'un certain nombre de gens commencent à se rendre compte que le combat en faveur de la diversité, de la langue française et de son utilisation est un combat de progrès et non pas un combat de nostalgie comme on essaye dans certain cas de nous le faire croire notamment comme des établissements comme Sciences Po. qui comme le disait Gilles Kepel la semaine dernière est en train de devenir une sorte d'hyper-marché dans lequel on parle globish et où les globalisants vont pouvoir chercher des formations standardisées qui manqueront singulièrement de contenu.


Rappelons que Richard Descoings avait reçu le prix de la Carpette anglaise en 2009 : pour avoir imposé des enseignements uniquement en langue anglaise dans certaines filières proposées et pour avoir correspondu en anglais avec le lycée français de Madrid.
(Ce prix d'indignité civique est décerné chaque année à un membre des "élites" françaises qui s'est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l'anglo-américain en France et dans les institutions européennes au détriment de la langue française.)

nouvelles2/peugeot208.jpgPeugeot encore plus loin dans la servilité anglomane - le 30/03/2012 - 16:28 par MAR
Peugeot : encore plus loin
dans la servilité anglomane
(lire également un courrier de lecteur au Monde (8-9/4/2012) dont le texte figure plus bas)
(ainsi qu'un commentaire de Thierry Emptas, rédacteur en chef adjoint de l'Auto-journal (19/4/2012).

Quand d'aucuns se préoccupent de produire français, certaines sociétés n'ont plus qu'un but : se vautrer dans l'anglomanie et tenter de se faire passer pour anglo-saxonnes. A force de faire penser anglo-saxon le consommateur français, celui-ci achètera tout naturellement anglo-saxon.

L'exemple ici de Peugeot qui lance sa nouvelle 208 avec un film publicitaire au slogan inoubliable "Let your body drive" (quelle imagination !). La variante se nomme "I am your body" et la plupart des versions de cette 308 est d'ailleurs affublée de noms anglo-saxons (Blossom Grey, Ice Velvet...)
Le site de la marque nous parle d'ailleurs d'évènements tout aussi inoubliables :
  • Le Peugeot, Motion & Emotion Show, un événement de teasing [sic ! ] sur 208 organisé  à Rio de Janeiro mêlant technologie projection 3D, mapping et Kinect© ... 
  • la carte de voeux interactive de la marque où les internautes pouvaient sur 208-lesite.peugeot.fr/greetings2012/  dresser leurs messages personnalisés en light painting à leurs contacts
  • le "Re-generation show" au Salon de Bruxelles, une animation unique en mapping 3D alliant musique et jeux de lumières..."
(nous en manquons sans doute beaucoup d'aussi intéressants)

De nombreuses bonnes raisons de ne pas acheter cette marque
qui piétine allègrement notre (sa) langue !

Courrier des lecteur publié dans Le Monde daté des 8 et 9 avril 2012
Expression "Lâche pas la patate"
Au moment où un constructeur automobile utilise la langue allemande comme vecteur symbolique de la qualité de ses produits, des groupes français se vendent... en anglais de pacotille. Ainsi, Peugeot affuble sa nouvelle 208 d'un "Let your body drive".

A l'heure où un label "Origine France garantie" est mis en avant, tout semble fait pour cacher cette réalité. Vendre en anglais, en France, aux Français, un produit fabriqué en France, c'est vraiment cracher sur notre langue et sur ceux qui la parlent.

C'est le mépris élevé en mode de communication ! Quant aux arguments de nature économique, ils ne peuvent jouer ici alors que, sauf clins d'œil folkloriques, les concurrents étrangers vendent en français ! Il s'agit ici d'une volonté de renier ses origines et de refuser ainsi de façon ostensible de participer au destin collectif du peuple français qui, d'évidence, n'est pas la préoccupation des militants de la mondialisation qui veulent le tout-en-anglais. "Lâche pas la patate", disent les francophones de Louisiane. Nous, Français, ne lâchons pas la parole.
 
Marc Favre d'Échallens, le Vésinet (Yvelines)
 

 
Lettre à PSA (Peugeot-Citroën) d'Hubert Joly (CILF) suite à la campagne de lancement de la 308, en anglais (4 avril 2012)

Commentaire de Thierry Emptas, rédacteur en chef adjoint de l'Auto-journal (19/4/2012).
 
peugeot-auto-journal.jpeg 

nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2012 (2) - le 26/03/2012 - 09:19 par MAR
Nouvelles de mars 2012 (2)
La mort de Claude Duneton, grand amoureux de la langue le 21 mars 2012 [lien]
Colloque "Le tout Anglais dans l’entreprise" organisé par la CFE-CGC (07/03) [lien]
Concours 2012 de La Maison de la Francité jusqu'au 18 avril 2012 [lien]
Deux ouvrages sur l’histoire, l’organisation et les orientations de la Francophonie
[lien]
 
 

 


L'A.Fr. Av. présente ses demandes aux candidats ! - le 10/03/2012 - 19:08 par MAR

L'A.Fr. Av. (Association Francophonie-Avenir)
présente ses demandes aux candidats !

l'AFRAV, à Manduel (Gard), signataire de la lettre collective de nos associations aux candidats tant à la Présidence de la République qu'à la députation, leur envoie aussi sa propre lettre d'exigences. Elle appelle dans son communiqué, à l'instar d'ALF et du groupe Phénix, tous nos lecteurs à écrire de leur côté aux candidats et aux médias, en appuyant, s'ils le souhaitent, toutes les démarches convergentes contenues dans la présente rubrique électorale d'ALF. A.S.


Merci de demander aux candidats à l'élection présidentielle, de tenir compte, dans l'élaboration de leur programme politique, des points ici soulevés :

drapeaux.jpg Francophonie.jpg- Faire marcher la France sur ses deux jambes : l’Europe, d’une part, dans la coopération entre nations européennes, et la Francophonie, d’autre part, dans la coopération fraternelle et solidaire que nous devons avoir avec l’ensemble des pays francophones. De plus, lorsqu'un drapeau européen flottera à côté d’un drapeau français, obligatoirement devra flotter à ses côtés, le drapeau de la Francophonie.

- Condamner, et rendre illégal, le bilinguisme français-anglais partout sur le territoire français et exiger que sur l’espace public lorsqu’une traduction d’un texte français est nécessaire, celle-ci devra s’opérer en au moins deux langues étrangères (pareille obligation sera faite dans nos aéroports).

- Remettre l’enseignement du français prioritaire en primaire, y enlever l’enseignement de l’anglais pour le remplacer par un enseignement général sur les langues du monde sans oublier l’espéranto), favoriser, dès l’entrée en 6e l’apprentissage d’une langue internationale qui ne soit pas forcément l’anglais, ne pas donner le baccalauréat aux élèves qui n’auraient pas obtenu la moyenne en dictée lors de l’épreuve, réaffirmer, haut et fort, que la seule langue de l’enseignement en France, c’est le français.

victoires-musique.jpg- Cesser de donner de l’argent public aux entreprises et aux artistes qui préfèrent utiliser l’anglais plutôt que le français dans leurs créations, dans la dénomination de leurs produits, de leur enseigne, de leur raison sociale, etc. Pas d’argent public, par exemple, pour un chanteur français qui chanterait en anglais. Ni de récompenses publiques a des chanteurs français qui chantent en anglais. En effet, pourquoi a-t-on remis une Victoire de la Musique, c'est-à-dire un encouragement à continuer, à Izia, au groupe Justice et au Marseillais Jehro, alors que ceux-ci chantent en anglais et ne contribuent donc aucunement au rayonnement et à la sauvegarde de notre langue sur le plan national et international).

- Exiger de nos hommes politiques, de nos diplomates, de nos militaires, de nos coopérants, de ne pas s’exprimer en anglais lorsqu’ils ne sont pas en pays anglophones. Exiger d’eux également qu’ils s’expriment en français dans les grandes instances internationales où notre langue à un statut de langue officielle.

Vive la langue française,
Vive la Francophonie,
Vive le monde dans sa diversité linguistique et culturelle.

Régis Ravat
président de l'A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)
(reproduction et diffusion, hautement recommandées)


nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2012 - le 08/03/2012 - 21:20 par MAR
Nouvelles de mars 2012
Nuit de la Francophonie sur France 3 avec Espace Francophone le 20 mars [lien]
Debout (Observatoire européen du plurilinguisme) [lien]
Message d'Abdou Diouf aux femmes (6 mars 2012) [Lire ci-dessous]
"La chanson française à l’étranger : succès et enjeux" 28/3 à Paris [Lire ci-dessous]
Histoire abrégée de la langue française en Angleterre Chr. Néron (6 mars)  [lien]

Message d'Abdou Diouf aux femmes - Secrétaire général de la Francophonie (8 mars 2012)

Mesdames,

"Les femmes portent la moitié du ciel", dit fort à propos le proverbe chinois.
Aussi, en cette Journée internationale de la Femme, est-ce à vous, qui portez la moitié du ciel de la Francophonie, que je veux adresser mes voeux les plus chaleureux.

Porter la moitié du ciel de la Francophonie, c’est prendre, comme vous le faites, avec ô combien de compétence, d’énergie, de générosité, une part décisive dans le fonctionnement de nos institutions, dans la réalisation de nos programmes, dans la diffusion de nos idéaux.

Porter la moitié du ciel de la Francophonie, c’est prendre, comme le font des millions de femmes dans nos pays, une part décisive dans la vie économique, politique, sociale, culturelle, mais j’ajouterais aussitôt, à condition qu’on leur en laisse la possibilité ou la liberté.

Et c’est donc aussi vers toutes ces femmes que je veux, aujourd’hui, avec vous, me tourner.
Vers toutes ces femmes, ces jeunes filles, ces petites filles à qui l’on refuse le droit à l’éducation et à la formation,

Vers toutes ces femmes qui sont encore obligées de se battre pour faire reculer les jugements préconçus, les apriori, les discriminations de tous ordres, parce que les mentalités évoluent moins vite que le droit,
Vers toutes ces femmes qui, dans les régions les plus pauvres, bravent les obstacles avec courage et ténacité pour assurer le développement agricole et rural, améliorer la sécurité alimentaire, permettre la survie de leurs enfants, de leur famille,

Vers toutes ces femmes, victimes désignées des instincts les plus bas et les plus vils d’hommes qui ont perdu jusqu’au respect d’un corps qui porte et qui donne la vie, qui font du viol et des mutilations l’arme de guerre la plus lâche et la plus déshonorante qui soit.
Et pourtant, je veux partager, avec vous, mon optimisme et la conviction que, malgré les luttes difficiles qu’il reste à mener, malgré les régressions toujours possibles, nous sommes entrés dans une dynamique que rien ne pourra plus entraver.

Il sera bientôt révolu le temps où des centaines de millions de femmes étaient condamnées à observer, à se taire, à subir, parce que les femmes deviennent chaque jour un peu plus actrices de leur destin, activistes des droits humains, instigatrices du changement, pour elles-mêmes, pour leur pays, à l’instar du rôle de premier plan qu’elles ont joué dans le déclenchement des révolutions arabes et qu’elles entendent jouer sur la voie de la démocratisation, mais aussi pour la planète toute entière.

Les femmes sont décidées, non seulement à porter la moitié du ciel, mais aussi à le vider de ses nuages et de ses orages. Elles sont de plus en plus nombreuses à le faire savoir, et à vouloir partager, entre elles, ce projet d’avenir, sans considération de culture, de langue, ou de religion, mais aussi avec tous ceux qui ont choisi d’éclairer notre horizon.

Dans la diversité de vos fonctions et de vos missions au sein de l’OIF, de l’APF, de l’AUF, de TV5Monde, de l’AIMF, de l’Université Senghor, de la CONFEMEN, de la CONFEJES ou de la société civile, vous contribuez toutes à ce grand dessein. Et c’est aussi cet engagement que je souhaite, en cette Journée, célébrer avec vous.


“La chanson française à l’étranger (en français) : succès et enjeux” Conférence de Jean-Claude Amboise - mercredi 28 mars 2012 à 18 heures au Lavoir Moderne Parisien - 35 rue Léon - 75018 Paris – (M° Château Rouge)
Docteur en droit, avocat au barreau de Paris intervenant dans le domaine du droit de la langue française ; auteur d’études sur la chanson française dans le monde dans la revue L’Année francophone internationale (éd.de La Documentation française) ; membre du Comité de pilotage du Pôle Francophonie du Carrefour des Acteurs Sociaux

Phénomène largement méconnu, d’Édith Piaf à Zaz en passant par Stromae, la chanson française, entendue comme chanson exécutée en français, connaît périodiquement le succès à l’étranger et dans des genres musicaux variés. Les enjeux associés (linguistiques, culturels, économiques) apparaissent loin d’être négligeables et participent à l’attractivité de la France et des pays francophones dans le monde.
Entrée libre - RSVP : Catherine Distinguin
Adresse courriel : cathydistinguin@wanadoo.fr

Direction du projet : Catherine Distinguin, avec le concours de Pierre François, journaliste.
Carrefour des Acteurs Sociaux - 103 avenue Parmentier – 75011 – Paris –
Tél : 01 43 14 08 13 -  : dircas@cas-France.org

nouvelles2/10mots.jpgLes 10 mots de la francophonie - le 01/03/2012 - 23:03 par MAR
10 mots de la francophonie :
jusqu'au 20 mars pour participer au concours
Si vous avez entre 18 et 25 ans ou si vous êtes bibliothécaire, participez au Concours international des 10 mots de la francophonie.

Ce concours s'inscrit dans le cadre de "Dis-moi dix mots" et de la "Semaine de la langue française" et de la francophonie. Il s'adresse donc aux jeunes de 18 à 25 ans et aux bibliothécaires.

Les organismes culturels (associations, universités, etc.) peuvent assurer le relais du concours en collectant le plus grand nombre possible de textes. Les plus actifs seront récompensés.

La consigne : raconter un souvenir de vacances en 25 lignes maximum (2 000 caractères) et en utilisant les 10 mots choisis par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France :
âme
autrement
caractère
chez
confier
histoire
naturel
penchant
songe
transports

aller sur le site du concours
(www.concoursdes10mots.fr/)

nouvelles2/oscar.gifCocoricouac ! A propos d’un oscar empoisonné… - le 28/02/2012 - 19:27 par Georges_Gastaud

Cocoricouac !
A propos d’un oscar empoisonné…

Nous relayons ici un texte du CO.U.R.R.I.E.L. au sujet de l'attribution de 5 oscars au film "The Artist", attribution qui assortie d'un certain délire médiatique semble vouloir nous asséner que notre horizon indépassable c'est de devenir États-uniens. MAR

Mon propos n’est pas de mettre en doute la valeur esthétique de The Artist. De même qu’on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, il peut arriver qu’un bon film, esthétiquement parlant, soit aussi une mauvaise action sur les plans éthique et politique…
Et c’est peut-être bien le cas de The Artist.

Ce film a été ouvertement conçu pour être plus américain que tous les films américains : son titre est en anglais, son sujet est Hollywood et il est formaté de A à Z pour plaire aux "pros" du cinéma états-unien ; quant au "petit Frenchie" Dujardin, il a participé durant plusieurs mois à une intense campagne d’influençage qui tient plus du marketing que du Paradoxe du comédien...

Et surtout, "The Artist" est muet, ce qui lui permet de flanquer d’emblée aux orties ce "boulet des boulets" : la langue française… Ce choix génial a-t-il été fait pour contourner les lois républicaines qui protègent notre langue et pour briguer les subventions publiques qui, au pays de l’ "exception culturelle" honnie par l’Oncle Sam, permettent encore à des films indigènes en idiome local de braver l’hégémonie mondiale du film "made in USA" ?

A l’arrivée, on est ravi d’apprendre que Jean Dujardin, qui jurait encore il y a peu de rester à jamais fidèle à l’hexagone, se débrouille enfin, sinon dans la langue de Shakespeare, du moins dans celle de Donald Duck… Bonne carrière aux States, Mister Gardiner !

Instruit par ce triomphe sous influence, nous ferons donc une suggestion à la patronne de France-Télévision qui, depuis tant d’années, s’efforce de contourner l’ "obstacle" du français en présentant à l’Eurovision des chansons en anglais (ou même en corse, triste dévoiement de la belle langue de Pascal Paoli !) : que cette dame élise donc cette année une chanson "française" dont le titre sera libellé en américain, dont le sujet sera Lady Di ou Back from Bagdad et dont l’interprète se contentera de simuler le non-texte et de mimer les non-paroles ! Voilà qui serait original, inédit, rigolo et qui plus est, si reposant pour nos tympans martyrisés !

La "Success Story" de The Artist et de John Gardiner aura tout de même eu un grand mérite : celui de révéler combien, dans l’Euro-Frenchland actuel, l’autophobie nationale, - et plus spécialement l’autophobie linguistique de nos "élites" patronales, politiques et "culturelles", fait bon ménage avec le chauvinisme le plus niaiseux. Au point qu’on prend un risque quand on n’applaudit pas à un succès planifié qui (encore une fois, quels que soient les mérites esthétiques du film !) doit plus au formatage commercial qu’à cette vertu foncière de l’Artiste véritable : l’authenticité, la capacité de nager contre le courant, de "tirer la langue", aux puissants.

Quant à l’auteur de ces lignes, il continuera à railler imperturbablement les victoires de "nos" équipes de mercenaires sportifs et culturels, si teintées de "bleu horizon" qu’elles soient, leurs World Cups, leurs Davis Cups pour millionnaires de la raquette, leurs Oscars, Césars, Nestors, Babars, Zozor et autres grands messes débilitantes et chamarrées que nos petits maîtres en médiacrité destinent à leur autocélébration incestueuse.

Quitte à cultiver la langue de Gavroche et d’Arthur Rimbaud, à défendre les acquis sociaux du CNR et l’héritage de la Commune et du Front popu, et à préférer à jamais ceux qui résistent à ceux qui collaborent à la banalisation et à l’autodestruction du "créer en France et en français".
C’est l’heure de gloire pour "The Artist" muet et américano-formaté.

Mais quand donc sonnera de nouveau l’heure des Artistes prenant fièrement la parole, LEUR parole, pour "tirer la langue" aux forces de banalisation, d’uniformisation et d’autodestruction ?

Georges Gastaud, président du CO.U.R.R.I.E.L. (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Émancipation Linguistique)


nouvelles2/marianne.jpg10 engagements pour le français et la Francophonie - le 09/02/2012 - 13:44 par A_Salon

Placer le français et la Francophonie au cœur des campagnes
présidentielle et législatives de ce printemps

Aux adhérents d'ALF et visiteurs du site, qui souhaitent peser sur les thèmes et choix des campagnes électorales nationales du printemps 2012, en faveur du français et de la Francophonie, et cherchent les moyens de peser.

Avenir de la langue française (ALF), met à leur disposition les argumentaires élaborés en commun et les démarches entreprises en liaison très étroite avec plus des dizaines d'associations et mouvements français et étrangers qui luttent pour la langue française, la Francophonie, et le maintien de la diversité linguistique et culturelle de l'Europe et du monde.*
Elle leur indique aussi comment utiliser ces argumentaires et s'associer aux démarches collectives - déjà entreprises - et individuelles restant à entreprendre.

1) Les deux documents de base :
  Les "dix engagements" que les candidats à la Présidence comme à la députation sont invités à signer, leurs réponses devant être publiées dans les médias ;
  La "pétition-appel" que quelques dizaines (seulement) d'éminentes personnalités, très connues en France et ailleurs, sont appelées à signer, destinée à la fois à nos dirigeants, et aux grands médias nationaux (publication à la fin de mars ou au début d'avril).
Chacun de nos lecteurs peut se saisir de ces deux documents et s'en servir auprès de dirigeants, de candidats, de médias nationaux et locaux, à sa portée.
Auprès de personnalité de son entourage, aussi, si elles ont un rayonnement national et, si possible, international.

2) Les lettres d'accompagnement-présentation des documents ci-dessus :
  aux candidats ; la lettre (commune aux candidats sera signée par 3 groupes - distincts et séparés - de signataires, déjà sollicités par des lettres appropriées ; nous avons déjà tous groupes confondus, recueilli 25 signatures d'organismes, représentants des milliers de membres et de sympathisants :
- 40 à 50 associations françaises directement concernées par le français, la Francophonie et la diversité linguistique ;
- 20 à 25 associations non-françaises ;
- 30 à 40 mouvements et cercles de réflexion politiques français et étrangers ;

  aux personnalités
appelées à signer personnellement la pétition-appel.

Chacun de nos lecteurs peut s'inspirer, s'il le souhaite, du contenu de ces lettres pour ses démarches individuelles. Il peut aussi se référer expressément à ALF qui assure leur expédition.
Les listes des associations et des personnalités saisies peuvent être mises à leur disposition sur demande adressée au secrétariat d'ALF, 34 bis rue de Picpus – 75012 Paris - 01 43 40 16 51.
Chacun, conscient de ce que l'effet cumulatif visé, de multiplication des sources et des pressions, peut avoir un effet bien supérieur à des démarches plus ou moins isolées lors d'élections nationales antérieures, est invité à utiliser au maximum les outils ainsi mis à sa disposition par nos associations.
Albert Salon, ancien ambassadeur, président d'ALF.


articles/quebec.jpgQuébec : question nationale au cœur du débat politique - le 06/02/2012 - 21:27 par L_Bernard
Québec : La question nationale reste au cœur du débat politique
par Louis Bernard (publié sur le site Huffingtonpost Québec - 20-02-2012)

Depuis plus de quarante ans, la question nationale est la pierre de touche de la politique québécoise. Ponctuée de deux référendums, cette question a dominé tout le débat et elle reste encore, malgré les apparences, celle qui domine la scène politique. Qu'on la défende, la combatte ou la remette à plus tard, elle reste la question fondamentale.
Présentement, le Québec traverse une période de transition et de flottement, à la recherche de nouvelles balises. Les années de réveil et de rattrapage qui ont suivi la Révolution tranquille des années 60 ont épuisé leur cours et le Québec est maintenant devenu une société moderne qui aspire à tenir sa place dans le peloton de tête des pays développés. Comment, alors, poursuivre la marche en avant ? Comment redéfinir la question nationale à la lumière des réalités d'aujourd'hui, qui sont bien différentes ce celles d'il y a quatre décennies.

Première différence : la réforme du fédéralisme canadien n'est plus une option. Ce fut, pendant longtemps, la solution mise de l'avant par les tenants du fédéralisme. Elle exige toutefois que le reste du Canada accepte de modifier la constitution canadienne pour répondre aux aspirations du Québec et, même si un bon nombre de Québécois le souhaite encore, les évènements ont montré que cette hypothèse est devenue absolument inacceptable aux autres provinces, qui ne veulent définitivement plus en entendre parler. Qu'on le regrette ou non, c'est un fait indéniable qu'on ne peut ignorer sans tomber dans le déni.

Deuxième différence : il est maintenant accepté que les Québécois forment une nation. C'était loin d'être le cas il y a quarante ans, aussi bien pour les Canadiens que pour les Québécois eux-mêmes. Rappelons-nous le "one nation" du Premier ministre Diefenbaker et souvenons-nous également notre appartenance à la nation canadienne-française, dont le Québec n'était que le point d'appui. Aujourd'hui, la grande majorité des citoyens vivant au Québec, surtout s'ils sont de langue française, se reconnaissent comme Québécois et s'identifient collectivement à la nation québécoise.

Troisième différence : au point de vue sociologique, la nation canadienne et la nation québécoise sont de plus en plus distinctes et différentes. Cette différence, déjà évidente sur la scène politique, sociale et culturelle, est appelée à s'accentuer fortement au cours des prochaines années sous un gouvernement conservateur dominé par l'Ouest et où le Québec est pratiquement absent. Avec la perte de poids politique du Québec à la Chambre des communes, cette tendance est permanente et ne pourra aller qu'en augmentant.

Quatrième différence : les Québécois ont réussi à faire reconnaitre par le Canada, et par le monde, qu'il leur appartenait de décider eux-mêmes de leur avenir national. C'est là le fruit de deux référendums tenus démocratiquement et d'une décision de la Cour suprême du Canada. Même la Loi sur la clarté adoptée par le Parlement canadien, si on la lit correctement, reconnait ce droit. Ce qui n'empêche pas que la transition vers la souveraineté et les rapports subséquents avec la fédération canadienne soient éventuellement sujets à négociation, comme cela se fait partout.

Cinquième différence : il est maintenant admis de tous que la société québécoise actuelle possède effectivement tous les moyens et toutes les ressources nécessaires pour devenir un pays. Ces ressources et ces moyens sont même supérieurs à ceux de la majorité des pays déjà indépendants. Même le premier ministre Charest a été obligé de l'admettre publiquement à plus d'une reprise.

Mais voilà précisément d'où viennent le flottement et l'hésitation qui caractérisent le climat actuel. Les Québécois se retrouvent soudainement devant une conjoncture qui les effraie. Ils forment une nation de plus en plus différente de la nation canadienne ; ils ont le pouvoir et les moyens de devenir une nation souveraine ; la réforme du fédéralisme n'est plus une option possible ; ils doivent donc choisir entre l'indépendance et le statu quo. C'est un choix qu'ils aimeraient mieux ne pas avoir à faire. Mais c'est un choix qu'ils savent, au fond d'eux-mêmes, qu'ils ne pourront pas toujours éviter et qu'ils devront faire un jour. Par contre, ils ne veulent surtout pas manquer leur coup, et par conséquent ils hésitent. Avant de lancer la prochaine étape, ils veulent s'assurer que, comme on dit, la prochaine fois soit la bonne.

"To be or not to be, that's the question", car on est ou on n'est pas. La seule et vraie raison d'être indépendant, c'est de ne pas être dépendant des autres, mais de n'être dépendant que de soi-même. Depuis les origines, il y a quatre cents ans, les Québécois ont continuellement lutté pour devenir, progressivement, de plus en plus maitres chez eux. Cette marche a été brutalement interrompue par une conquête militaire. Mais tout le monde sait bien qu'elle ne s'arrêtera pas avant d'avoir atteint son objectif final. Un jour....

Louis Bernard
Membre du Barreau du Québec et docteur en droit
 

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