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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  

Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles2/diversite.gifAttaque de l'Empire contre la diversité culturelle - le 05/05/2013 - 21:27 par A_Salon

Nouvelle attaque de l'Empire contre la diversité culturelle

Il s'agit de la négociation demandée à l'Union européenne (UE) par les États-Unis d'Amérique d'un accord bilatéral de libre échange.

Derrière cet intitulé apparemment anodin, se cache la volonté de l'empire, d'assurer la domination sans partage de ses industries culturelles, notamment cinématographiques de ses Majors, par la soumission de l'UE aux règles de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) qui n'admettent pas l'exception culturelle.

Si les États-Unis obtenaient entière satisfaction, ils auraient enfin leur revanche triomphale sur la France, le Québec, l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), principaux promoteurs de la convention UNESCO du 20 octobre 2005.

Convention bête noire des États-Unis, contre laquelle ils avaient été les seuls, avec leur indéfectible allié Israël, à voter.

Convention contre laquelle ils ont continué à lutter avec acharnement - par accords bilatéraux de libre échange imposés à des États faibles signataires de ladite convention UNESCO (Maroc, Cambodge, et plusieurs autres...) pour effacer leur grave défaite diplomatique et promouvoir leurs énormes intérêts financiers en ce domaine.

Si l'UE acceptait les conditions états-uniennes, c'est la France qui souffrirait le plus gravement de cette soumission, car elle a toujours su jusqu'à ce jour exempter de ces règles impériales ses propres industries culturelles, notamment la belle vitalité de sa création et de sa distribution cinématographiques, d'autant plus gênante pour les Majors que les protections et subventions françaises contribuent, par les coproductions, à tenir la tête hors de l'eau des cinémas européens, africains, et autres, qui n'ont pas su protéger leur cinéma de la domination des États-Unis.

Malheureusement, les États européens membres de l'UE ont délégué à celle-ci, à la Commission de Bruxelles, leurs pouvoirs de négociation avec l'OMC et avec les États-Unis en matière d'accords touchant au dogme intangible de la concurrence libre et non faussée.

La négociation au nom des États européens est donc menée par le "Commissaire européen" compétent, actuellement M. Karel de Gucht. Or, dans leur grande majorité, les États européens ont déjà renoncé à vraiment protéger leurs industries culturelles, ou sont prêts à le faire pour obtenir un accès plus large de leurs produits au marché états-unien dans les autres domaines.

La France en est donc hélas réduite à faire le siège de partenaires européens a priori mal disposés, et de ce Commissaire qui adhère pleinement à l'idéologie dominante, et dont le pouvoir de négociation et de conviction sera faible en ce qui concerne la défense de l'ex-"exception culturelle française".

La France elle-même est divisée sur ce sujet, et nos gouvernements, depuis quelques années, ne sont pas a priori hostiles à l'empire anglo-saxon ni à son relais bruxellois.

Heureusement, le monde culturel français semble se mobiliser et exercer les pressions nécessaires. La résolution jointe du Sénat en est la première manifestation officielle.

Cette démarche ne peut que recueillir le soutien très actif de nos associations de promotion du français et de la Francophonie.

Albert Salon.


nouvelles2/hagege.jpgClaude Hagège : Refusons le sabordage du français - le 25/04/2013 - 22:02 par MAR

Claude Hagège : Refusons le sabordage du français

publié dans Le Monde daté du 26 avril 2013

La France n'est certes que la source historique, et non la propriétaire exclusive de la langue française, que partagent avec elle, à travers le monde, les soixante-dix-sept États et gouvernements constituant ensemble l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Du moins jusqu'ici. Car le projet de loi Fioraso, qui veut imposer, en faveur de l'anglais, une très large extension des exceptions au principe du français langue de l'enseignement, des examens et des concours, pourrait avoir pour conséquence, du fait de la valeur symbolique d'un acte de sabordage du français par la France officielle elle-même, un doute croissant quant à la légitimité de la promotion de cette langue par les autres pays francophones. Heureusement, quelques espoirs subsistent : le directeur du Salon du livre du Beyrouth me disait, à la fin d'octobre 2009, en un français aussi classique que sa voix était sereine et teintée d'ironique mépris : "Laissez là vos alarmes : si la France torpille le français, d'autres pays seront toujours là pour le revigorer et galvaniser sa diffusion !"

On se demande, pourtant, d'où peut bien venir, en France, cet acharnement contre la langue française. De la monarchie à la République, surtout aux heures les plus tragiques de cette dernière, tout illustre ce dicton : "C'est par sa langue que vit une nation." Les dirigeants de la nation française sont-ils donc saisis d'une pulsion d'autodestruction ? A supposer que tel ne soit pas le cas, tout francophone lucide ne peut qu'adresser aux gens de pouvoir à Paris et aux intellectuels malvoyants qui les inspirent, le message suivant : "N'entendez-vous pas s'esclaffer les étudiants étrangers que votre exorbitante et naïve assurance prétend attirer dans vos universités et vos écoles par un enseignement en anglais, alors qu'il n'y est pas langue maternelle ? Ne voyez-vous pas que les mieux informés d'entre eux commencent à avoir pitié de votre dérisoire servilité face aux mécanismes du profit, et à se demander quelle déplorable aliénation vous torture, alors qu'ils respectaient jusqu'ici la culture et la langue françaises ? Allez-vous protéger enfin vos tympans contre les sirènes des universitaires liés par des conventions avec des établissements anglophones, et qui n'ont pas encore compris que c'est en utilisant le français qu'ils accroîtront le prestige de leurs travaux, et non en mordant le sol devant l'anglais ?"

Le français est depuis le XIIIe siècle une langue à vocation internationale, d'abord européenne, puis levantine, puis mondiale. Il est aujourd'hui la seule langue, avec l'anglais, qui soit présente sur les cinq continents. Chaque réunion de l'OIF montre que la promotion du français encourage celles de toutes les autres langues des pays membres. Madrid, Lisbonne-Brasilia, et maintenant Pékin dressent, face à la résistible domination de l'anglais, l'arme irrésistible de la diversité. Et c'est à ce moment même que la France, qui possède une longue antériorité historique dans l'illustration de sa langue, devrait sacrifier cette dernière aux pauvres pièges de l'argent ? !

Il est encore temps de réagir devant le burlesque en passe de devenir le consternant. Il est encore temps de se mobiliser avant qu'un projet de loi porteur du cancer ne soit proposé à la représentation nationale. Une partie grandissante du public bien informé est en train de se déprendre du vertige de l'américanisation déguisée en mondialisation. L'Académie française, elle aussi, dénonce un projet suicidaire.

Quant aux masses françaises, abreuvées de sous-culture américaine, elles ne manifestent aucun désir de substituer l'anglais au français dans l'enseignement en France. Ce sont donc les forces vivantes et majoritaires du pays que l'on insulte en plaçant l'anglais sur un piédestal dont il n'a que faire, surtout venant du gouvernement français. Battons-nous pour notre langue ! Car même si l'enjeu est aussi d'éviter, par solidarité civique, aux autorités de sombrer dans le grotesque en même temps que dans l'indignité, c'est de notre identité qu'il s'agit. Il n'est plus temps de clore nos paupières : nous sommes en guerre !

Claude Hagège


nouvelles2/attali.jpgJacques Attali contre le projet de loi Fioraso ! - le 24/04/2013 - 21:15 par A_Salon

Jacques Attali contre le projet de loi Fioraso !

L'article 2 du projet Fioraso : une idée stupide et dangereuse, selon Jacques Attali

Dans son blog du 22 avril reproduit par l'Express, ("Enseigner en français !") Jacques Attali (à lire également ci-dessous) attaque vigoureusement l'article 2 du projet de loi de Mme Geneviève Fioraso. Il assène notamment : "on ne peut pas imaginer une idée plus stupide, plus contreproductive,  plus dangereuse et plus contraire à l’intérêt de la France." Ce projet de loi qui édente la loi Toubon et ouvre toutes les vannes à l'enseignement EN "anglo-américain-pour-tous", y compris pour les francophones étrangers et français, dans nos universités et grandes écoles.  Depuis trois mois, les réactions se multiplient contre ce que d'aucuns qualifient de criminelle forfaiture. Le mouvement lancé dès la fin de janvier par nos associations a donc pris de l'ampleur.

Diverses pétitions circulent sur la toile, et aux positions subséquentes prises par de nombreuses personnalités et institutions ont pris des positions claires en faveur du retrait de cet article. Ainsi de l'Académie française le 21 mars, suivie par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en attendant les autres. Ainsi le courageux communiqué de presse du député socialiste Pouria Amirshahi ; les articles de Pierre Frath, professeur angliciste des universités à Reims ; d'Akira Mizubayashi, professeur à l'université Sophia à Tokyo ; des académiciens renommés Jean-Luc Marion et Michel Serres qui enseignent la philosophie à Paris et dans des universités américaines, respectivement à Chicago et Stanford ; la forte réaction de bon sens d'Antoine Compagnon, professeur au Collège de France et à l'université Columbia ; la page entière d'Astrid de Larminat dans le Figaro du 18 avril, qui rend compte de toutes ces oppositions, ainsi les articles pertinents parus dans l'Action française 2000 d'avril ; dans un n° de Libération de mars... Des universitaires préparent un recours en Conseil constitutionnel pour le cas où cet article figurerait dans la loi votée.

Après le vigoureux article ci-dessous de Jacques Attali, il est prévisible que bien d'autres institutions et personnalités de tous bords feront chorus jusqu'à l'éventuel retrait, ou jusque dans le débat qui doit s'ouvrir le 22 mai au Parlement, ou jusqu'à une possible saisine du Conseil constitutionnel par au moins 60 parlementaires, sur la base d'un autre article 2, celui de la Constitution : "La langue de la République est le français". Albert Salon


Enseigner en français ! par Jacques Attali (22 avril 2013)

Alors que tant  de réformes majeures attendent de sortir des tiroirs, certains projets de loi récemment passés en Conseil des Ministres ont de quoi surprendre, ou choquer. Ainsi de celui qui prévoit d’autoriser les professeurs à enseigner dans une langue étrangère dans nos universités et grandes écoles.   L’argument avancé est que, pour attirer les étudiants de Chine, de l’Inde et de Corée, il faut enseigner en anglais, qui serait la seule langue que ces étudiants connaissent et ont envie de connaitre ; et que,  si nous ne le  faisons pas cela, nous serons marginalisés dans l’immense marché du savoir à venir.

Non seulement une telle réforme serait contraire  à la Constitution (qui prévoit en son article 2 que  « la langue de la République est le français »), mais on ne peut pas imaginer une idée plus stupide, plus contreproductive,  plus dangereuse et plus contraire à l’intérêt de la France.

Plus stupide parce que  la France n’a aucun mal  aujourd’hui  à recruter des étudiants étrangers, même venant d’Asie, et de très haut niveau ; ils  constituent 13 % des effectifs totaux, soit bien plus que dans les pays, comme la Suède ou le Danemark  ou l’Allemagne, qui enseignent en anglais.  Et    si danger il y a, il  est plutôt de perdre des étudiants francophones, en raison de la mauvaise qualité de l’accueil que nous leur réservons et non de la langue de nos universités.

Plus contreproductive, parce que les  pays qui enseignent en anglais, quand ce n’est pas la langue  maternelle des enseignants, voient inévitablement  le niveau de leur enseignement baisser, comme le montra par exemple l’échec  cuisant   de l’université française de Saigon, qui enseigna  un moment en anglais, provoquant le départ en masse de ses étudiants vers  l’université américaine de la ville. Alors que, quand notre enseignement est excellent, comme  c’est le cas par exemple  en mathématiques  et en médecine, les étudiants se précipitent pour venir étudier en français  et en France ;  et les chercheurs de ces disciplines peuvent même publier des articles en français dans des revues anglophones.

Plus dangereuse parce que  cela entrainera un recul du nombre d’étrangers apprenant le Français, ce qui  n’est pas dans notre intérêt et parce que  d’autres demanderont ensuite qu’on fasse cours en allemand,   en turc, en arabe, jusque dans le secondaire et le primaire, et même qu’on soit autorisé à le parler  dans les administrations.

Plus  contraire à l’intérêt de la France  enfin,  parce que la francophonie est un formidable atout pour l’avenir. Le  français, parlé par 220 millions de personnes, est la cinquième langue au monde, derrière le chinois, l’anglais, l’espagnol, le hindi. Elle sera dans 40 ans la quatrième,  parlée par près d’un milliard de personnes, si nous  réussissons à maintenir notre enseignement du français en Afrique et  en Asie, ce qui dépend évidemment de la langue de notre propre enseignement supérieur, en France et sur internet. Alors que passer à l’anglais  serait renoncé à faire connaitre notre culture, notre civilisation, notre art de vivre qui constitue aussi un des atouts principaux de la marque France.

S’il est des réformes urgentes à entreprendre en ce domaine, elles sont donc radicalement inverses.  Il faut améliorer :

1. la réception des étudiants étrangers en France, en leur simplifiant les procédures de visas, les formalités d’inscription, la recherche d’un logement, la délivrance d’une carte de bibliothèque et de restaurant.

2. l’apprentissage de l’anglais pour les doctorants français.

3. la qualité de nos enseignements en français, pour qu’ils restent,  ou redeviennent, d’un niveau mondial.

Si le Parlement était assez aveugle pour voter cette réforme, ce serait un signe de plus donné par la France de l’abandon d’elle-même.

 


nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2013 (5) - le 23/04/2013 - 12:01 par MAR

Nouvelles d'avril 2013 (5)

Le Canard enchaîné tacle Fioraso (24/4) (ci-dessous)
D. Gallet et JL Roy : Nouvelle lettre aux Parlementaires contre le projet Fioraso (ci-dessous)
Mouvement des étudiants : Cours en anglais : Geneviève Fioraso sacrifie la langue française sur un mauvais diagnostic ! (18/4) (lien)
Claude Weisz : En métro à Villers-Cotterêts (Lettre à la RATP et à Paris) (22/4) (ci-dessous)
NObs : Dominique Bona, une sixième dame à l’Académie française (lien)


Le Canard enchaîné tacle Fioraso (24/4)

Take your pipette

AH ! le bel argument brandi par Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pour justifier le projet de loi qu’elle vient de pondre, lequel prévoit d’autoriser l’usage des langues étrangères (comprenez : l’anglais) dans l’enseignement supérieur en France : "Si nous n’autorisons pas les cours en anglais, nous n’attirerons pas les pays émergents comme la Corée du Sud et l’inde (...). Nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d’une table." Presque aussi fort que Sarkozy piétinant "La princesse de Clèves"...

Ce projet de loi a fait bondir, du professeur au Collège de France et à Columbia University Antoine Compagnon à Jacques Attali, en passant par l’Académie française, laquelle a dénoncé publiquement cette marginalisation du français. Tous font remarquer que l’idée de Fioraso est stupide, puisque les étudiants étrangers sont suffisamment nombreux à vouloir suivre des études en France : ils constituent 13 % des effectifs totaux, soit bien plus

 


que l’Allemagne ou la Suède, qui, elles, enseignent déjà en anglais.

Stupide mais aussi contre-productive : ainsi, l’université française à Saigon (Hô Chi Minh Ville), qui s’était mise à l’anglais pour attirer les étudiants non francophones, a dû faire machine arrière, les étudiants ayant préféré l’original à la copie et fui en masse vers les facultés américaines de la ville...

Contre-productive mais aussi ridicule : le professeur Pierre Fath raconte, dans "Le Figaro" (18/4), avoir assisté, dans une faculté française, à un cours de médecine en anglais qui se résumait à "put it on the microscope" et "take your pipette" !

Et Antoine Compagnon de rappeler que, contrairement à ce que croit Fioraso, qui ne jure que par le numérique, les nanotechnologies et la biologie de synthèse, Proust est un excellent produit d’exportation ! Enseigner en anglais dans une université française, ça, c’est vraiment du temps perdu...

J.-L P.
( Jean-Luc Porquet)


Dominique Gallet et Jean-Louis Roy  Nouvelle lettre aux Parlementaires contre le projet de loi Fioraso

Nous vous avons récemment adressé un courrier pour vous présenter l’appel "Langue française et monde multipolaire, l’urgence d’une stratégie". Cet appel rassemble déjà plus de 1 300 signataires de toutes les régions du monde, de l’espace francophone international mais aussi d’autres espaces linguistiques et culturels.

Nous nous adressons aujourd’hui à vous à propos du projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche, projet examiné en Conseil des ministres du gouvernement français le 20 mars dernier.

L’article 2 de ce projet de loi met à mal l’obligation légale faite à l’Université et aux grandes Écoles françaises d’assurer leur enseignement en français. En effet, il introduit un nombre si considérable d’exceptions que les établissements d’enseignement supérieur pourraient, en France, dispenser désormais leurs cours en n’importe quelle langue – c’est-à-dire, tout le monde a compris la manœuvre, en anglais.

Si telle devient la politique officielle de la France, il faudra comprendre que Paris choisit d’investir dans le tout-anglais ; comprendre aussi qu’au plus haut niveau de la République française, on a conclu à la non attractivité de la langue française, notamment pour la jeunesse étudiante du monde.

Nous vous demandons de ne pas concourir à un tel renoncement, mais au contraire d’y résister.

Le monde qui émerge est multipolaire, y compris linguistiquement. La France a mené la bataille mondiale pour la diversité culturelle. Elle y a rallié la communauté internationale, à de rares exceptions près. La France ne peut, ne doit pas prendre ses distances avec la multipolarité du monde, cette évolution si longuement attendue, et qui devient réalité. Au contraire, elle doit y concourir par une forte affirmation de sa langue et être à l'avant-garde de l'enseignement de l'allemand et du russe et des grandes langues émergentes, l’arabe, le chinois, l’espagnol et le portugais, qui représentent trois milliard de locuteurs à travers le monde.

Nous croyons totalement fallacieux le raisonnement voulant que l’offre de l’Université française soit plus attractive pour la jeunesse étudiante du monde, si elle est proposée dans la langue anglaise. Qui peut sérieusement prétendre qu’un jeune Asiatique, Latino-américain, Africain non francophone ou Européen également non francophone viendrait étudier en France parce que l’enseignement universitaire y serait dispensé dans une langue autre que le français ?

Nous attendons de la France qu’elle soit fidèle à elle-même et à sa langue, notamment dans ce lieu essentiel pour son identité et son rayonnement dans le monde, l’Université. Nous attendons d’elle qu’elle contribue à l’affirmation et à la construction de la diversité du monde, où l’espace francophone joue un rôle pionnier. Nous croyons aussi qu’elle a une obligation d’exemplarité comme membre éminent de la communauté francophone internationale et un devoir de fidélité pour tous ceux qui, sous toutes les latitudes, ont choisi la langue française et les cultures qu’elle porte.

Nous vous demandons de ne pas nuire à l’avenir de la langue française que de nombreux peuples ont en partage. Nous attendons de la représentation nationale de la France qu’elle mette en œuvre une vigoureuse politique d’affirmation linguistique dans le nouveau monde qui émerge, en suivi des orientations adoptées lors du Sommet de la francophonie à Kinshasa.

                           Dominique Gallet et Jean-Louis Roy


Claude Weisz (Cinéaste) : En métro à Villers-Cotterêts
Lettre à la RATP et à la ville de Paris (22 avril 2013)

Bobigny, le 22 avril 2013

À l'attention de MM. Pierre Mongin, président la RATP,
Frédéric Lambert, directeur de la ligne 5,
Bertrand Delanoë maire de Paris et les conseillers de Paris,
Jean-Marie Le Guen maire du XIIIe arrondissement de Paris et les conseillers d'arrondissement

Messieurs,
Mesdames et  Messieurs les conseillers,

Je suis heureux de pouvoir féliciter la RATP (une fois n'est pas coutume ?) pour la modernisation de la ligne 5. Nouvelles rames, parfaites. J'apprécie également la fréquence rapide de passage des rames.

[…]

Les informations diffusées en français, anglais et allemand sont appréciables. À ce propos je me permets de vous suggérer d'y ajouter une version chinoise. (Plus spécifiquement sur cette ligne) Cela serait innovant et une preuve d'ouverture au monde.

Enfin je souhaite aborder un sujet d'ordre mémoriel, celui de la dénomination des stations de métro.

Cette remarque concerne bien sûr prioritairement la mairie de Paris et celle du XIIIe arrondissement.

Je pose la question suivante : "quels sont les citoyens qui connaissent la signification de Campo Formio ?"

"Campoformio (traité de), conclu le 17 octobre 1797 entre Bonaparte et l'Autriche, daté du bourg de Campoformio (auj. Campoformido) en Vénétie.

Ce traité donnait à la France la Belgique et les îles ioniennes, assurait sa mainmise sur l'Italie et sur la rive gauche du Rhin." (Petit Larousse)

En toute objectivité, il apparaît que ce traité depuis bien longtemps caduc ne mérite pas l'honneur d'une station de métro.

Il existe de nombreux savants, littérateurs, peintres, artistes et même hommes politiques français ou étrangers qui mériteraient de nous faire oublier ce Campo Formio. (orthographe inexacte).

Cependant si nous devons honorer un traité il y en a un qui s'impose naturellement et devrait faire l'unanimité des conseillers municipaux de Paris ; c’est l'ordonnance édictée en 1539 par François Ier, dite de Villers-Cotterêts, imposant le français dans les actes officiels et de justice en France. Ceci est l'acte de naissance du français comme langue nationale.

Je fais donc cette proposition : remplacer "Campo Formio" par "Villers-Cotterêts", bien sûr en mon nom propre mais je sais qu'elle sera soutenue par de nombreuses associations de promotion de la langue française et par tous les citoyens sensibles à notre histoire, l'histoire de notre pays. Et comme il faut toujours une date anniversaire pour ce genre de commémoration l'année 2014 célébrera le 575e anniversaire ( !) de l'ordonnance de Villers-Cotterêts et ce changement de nom pourrait se faire, par exemple lors de la journée de la Francophonie !

Cette nouvelle appellation devrait s'accompagner de la mise en place d'une décoration, information historique de la station, comme c'est le cas à la Bastille et dans d’autres stations dotées d'une partie muséographique.

Je vous prie d'accepter ces quelques remarques de la part d'un voyageur qui ne jouant ni avec son Smartphone ou autre iPhone, garde les yeux ouverts lors de son transport !

Un parisien qui dès l'âge de neuf ans prenait le métro non accompagné (contrairement à Zazie) à la station "Corentin Cariou", anciennement "Pont de Flandre" !

Je vous prie d'agréer Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

Claude Weisz
93000 Bobigny
claudeweisz[@]hotmail.fr

Une proposition originale de notre adhérent Claude Weisz. ALF la soutient d'autant plus vigoureusement qu'elle est porteuse depuis 2001 du grand projet d'Institut de la Francophonie et de la diversité linguistique et culturelle de l'Europe et du monde, à installer au château à restaurer, dans l'immense domaine d'État de Villers-Cotterêts, où François 1er promulgua sa célèbre ordonnance d'août 1539 sur l'état civil et surtout sur la langue française, toujours en vigueur.
Albert Salon


nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2013 (4) - le 22/04/2013 - 13:47 par MAR

Nouvelles d'avril 2013 (4)

Le Figaro (A. Larminat) L'université menacée par le "tout à l'anglais" (17/4) (lire ci-dessous)
Libération (Marie Piquemal) L'université française va-t-elle parler anglais ? (12/4) (lien)
Espace Francophone : FESPACO 2013 Les femmes du festival (Mer 17/4) (voir l'émission)
Claude Bourrinet : Langue française diagnostic vital engagé(12/4) (lien)
La Roumanie inaugure une Place de la Francophonie pour ses 20 ans dans l'OIF (lien)


L'université française menacée par le "tout à l'anglais"
publié dans Le Figaro du 18 avril 2013

par Astrid de Larminat

Un projet de loi du gouvernement prévoit d'autoriser l'usage de l'anglais dans l'enseignement supérieur. Des personnalités éminentes, françaises et étrangères, dénoncent cette mesure qui met en péril l'indépendance intellectuelle de notre pays.

Jusqu'à présent, en France, les cours et travaux universitaires devaient être dispensés ou rédigés en français. Le Code de l'éducation dispose que la langue de l'enseignement supérieur est le français, sauf exceptions précises. Cela pourrait changer."Un projet de loi de la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, présenté le 20 mars en Conseil des ministres, prévoit d'autoriser largement l'emploi des langues étrangères - entendez l'anglais -dans les facultés et grandes écoles. Deux raisons à cela : la volonté d'attirer des étudiants étrangers et le souci de se mettre aux normes internationales. Il est vrai que dans les filières scientifiques, l'anglais est devenu la lingua franca à laquelle les scientifiques, bon gré mal gré, ont dû se convertir pour diffuser leurs travaux dans les revues internationales.

Antoine Compagnon, docteur es lettres, professeur au Collège de France et à Columbia University aux États-Unis, connaissant la situation de ses amis scientifiques, ne comptait pas intervenir dans ce débat. Jusqu'à ce qu'il lise le 18 mars les propos de Geneviève Fioraso : "Si nous n'autorisons pas les cours en anglais, nous n'attirerons pas les pays émergents comme la Corée du Sud et l'Inde (...). Nous nous retrouverons à cinq à discuter de Proust autour d'une table." Là, Antoine Compagnon a vu rouge et publié une tribune dans Libération. Il s'insurge contre ce défaitisme contredit par les faits. Spécialiste de Proust, il sait que l'auteur de La Recherche est un excellent produit d'exportation. Il accuse la ministre de "nous tirer dans le dos". Convaincu que "l'usage de la langue nationale doit être maintenu dans les cours, examens et thèses", il suggère qu'on propose plutôt aux étudiants étrangers des cours de français, le temps qu'ils s'adaptent. Même si, remarque-t-il, les élèves chinois des classes prépas du lycée Louis-Le-Grand se débrouillent parfaitement en français quand ils entrent à Polytechnique."Les étudiants étrangers qui viennent en France doivent apprendre le français, dit-il. On ne vient pas en France pour étudier en anglais."

 

Le français, langue de travail de l'ONU

Dans les filières scientifiques, il est favorable à la mise en place d'aides à la traduction et de cours d'anglais pour les doctorants. À son étonnement, sa tribune lui a valu de nombreux courriers de soutien parmi ses collègues, littéraires, philosophes, mais aussi chimistes et mathématiciens. Il rappelle au passage que l'excellence de l'école mathématique française lui a permis de conserver des publications en français et même d'écrire en français dans des revues anglaises.

Les partisans de ce projet de loi veulent faciliter la venue d'étudiants étrangers ? Rappelons que la France n'est pas à la traîne dans ce domaine. Les étudiants étrangers constituent 13% des effectifs totaux, un taux bien supérieur à celui des pays Scandinaves qui ont déjà converti leurs universités à l'anglais. Comme le remarque Claire Goyer(1), présidente de la Défense de la langue française Bruxelles-Europe, c'est une manie des autorités françaises que de prendre en tout exemple sur la Suède et le Danemark. Or, la France n'est pas un pays Scandinave. Ancien professeur d'anglais, grand-mère de petits Américains, peu suspecte donc d'anglophobie, Claire Goyer rappelle que le français, parlé par 220 millions de personnes, est la cinquième langue au monde, derrière le chinois, l'anglais, l'espagnol, le hindi et qu'elle est la seule de ces langues avec l'anglais qui soit présente sur les cinq continents. Deuxième langue la plus étudiée au monde, le français est encore considérée comme la langue la plus influente après l'anglais : rappelons qu'elle est la langue de travail de l'ONU et de l'Otan avec l'anglais et là langue de la Cour européenne de justice. ' Si l'on veut attirer de brillants étudiants étrangers, la moindre des choses serait de leur offrir des filières d'excellence ; sinon, ils s'en iront dans les universités anglo-saxonnes. Une étude suédoise, citée par Pierre Frath, professeur des universités à Reims, spécialisé en linguistique anglaise et bilingue en allemand, montre que le passage à l'anglais fait baisser le niveau des universités, parce que ni les professeurs ni les étudiants ne sont vraiment à l'aise dans cette langue. Dans un article(2), qui fustige au passage " !e conformisme moderniste des décideurs", il explique que la Suède ainsi que l'Allemagne, dont l'université s'est aussi largement convertie à l'anglais, s'inquiètent de ce que certains étudiants ne savent plus correctement écrire dans leur langue maternelle ; du moins ne savent plus tout exprimer dans leur langue : "Si l'enseignement était fait en anglais, il est à craindre que les terminologies françaises ne soient plus transmises aux jeunes générations, qui se retrouveraient rapidement dans l'incapacité de parler de leurs connaissances dans leur langue maternelle."

 

"Marginalisation de la langue"

Autre cas, cité par Claire Goyer, celui de l'université française de Saigon qui s'était mise à l'anglais pour attirer les étudiants non francophones. L'expérience fut un fiasco. La direction fit machine arrière. Beaucoup d'étudiants s'étaient tournés vers la faculté américaine de Saigon : on préfère toujours l'original à sa copie. Claire Goyer rapporte une autre anecdote, savoureuse. L'une de ses amies belges, professeur de grammaire, conviée à la Foire du livre de Taïwan, fut invitée par des directeurs d'université à donner des cours de grammaire à leurs étudiants. Alors qu'elle suggérait que ses cours risquaient d'être trop pointus, il lui fut répondu : "On ne veut pas parler français comme les Français moyens. On veut de l'excellence." Les Asiatiques, semble-t-il, ne sont pas mûrs pour des cours en anglais "globish"... Or c'est bien le risque, si l'on en croit Pierre Frath qui se souvient avoir un jour assisté dans une faculté française à un cours de médecine en anglais qui se résumait à "put it on the microscope" et "take your pipette", avec l'accent français s'il vous plaît !

Il n'est donc pas du tout certain que ce projet de loi favorise l'attractivité de l'université française. En revanche, il aura à coup sûr des conséquences néfastes. Le 21 mars, l'Académie française a publié une déclaration, adoptée à l'unanimité sauf une voix, dans laquelle elle attire l'attention sur "les dangers d'une mesure qui se présente comme d'application technique alors qu'en réalité elle favorise une marginalisation de notre langue". Cette prise de position n'a pas semblé émouvoir les partisans de cette loi. On a vite fait de considérer les défenseurs de la langue française comme de gentils utopistes, des chauvins ou des anglophobes. Ce n'est certainement pas le cas de Jean-Luc Marions de l'Académie française, qui enseigne la philosophie (en anglais) depuis vingt ans, Un trimestre par an, à l'Université de Chicago, en sus de son enseignement à la Sorbonne. Le philosophe, l'un des plus grands de sa génération, est catégorique : "Loin d'ouvrir notre enseignement sur le monde international, cette décision favoriserait la disparition d'une des rares voix et cultures qui résistent encore au monolinguisme." Il remarque que les meilleurs de ses étudiants américains comprennent, après un ou deux trimestres, que leurs progrès en philosophie exigent absolument d'apprendre le français et l'allemand, donc de venir passer un an en France. Selon lui, enseigner en anglais dans les universités françaises aboutirait à mettre la pensée française sous tutelle : "Passer à l'anglais signifie, en clair, renoncer à l'indépendance intellectuelle. Cela revient à se mettre sur le pied d'une petite université, de second rang, située dans un pays fraîchement décolonisé ou récemment libéré du totalitarisme, qui, ayant perdu toute crédibilité et créativité propre, ne peut espérer que le rôle de supplétif facultatif d'un discours maîtrisé par d'autres, en l'occurrence les États-Unis." Les universités qui ont fait ce choix, même les meilleures, dit-il, ont perdu de leur prestige.

Il explique aussi, et c'est là le fond du problème, qu' "il y a une naïveté' extraordinaire à imaginer que la langue laisse indifférent le contenu de l'enseignement. Nous ne disons pas la même chose dans les différentes langues, parce que nous ne pensons pas la même chose, ni avec les mêmes concepts." Selon lui, si les économistes veulent absolument enseigner en anglais, c'est parce qu'ils pensent en américain, et ils pensent en américain parce que Wall Street reste leur premier, sinon unique horizon."Ainsi se propage la pensée unique", affirme Jean-Luc Marion. Il s'étonne "qu'un gouvernement supposé de gauche favorise si ouvertement les exigences de la "globalisation", c'est-à-dire de la financiarisation de l'économie, ce rêve des gouvernements libéraux, et donc de la destruction de la vie démocratique".

Une autre voix, venue du Japon, dénonce de façon aussi vigoureuse ce projet de loi. Akira Mizubayashi, professeur à l'Université Sophia à Tokyo, qui a raconté dans un livre magnifique, Une langue venue d'ailleurs (Gallimard), comment il avait appris et épousé notre langue jusqu'à devenir un écrivain de langue française, est consterné : "Lamentable ! On en est arrivé là ! La France fait un pas de plus pour s'enfoncer toujours davantage dans la révolution néolibérale." Il déplore qu'on jette aux oubliettes le vrai but de l'enseignement qui faisait la gloire de la France : "Il me semble que c'est précisément cet enseignement-là, porteur de toute une vision de la culture - au sens non pas de repli sur soi mais de dépassement de soi - que la France se prépare à abandonner par le haut, en se conformant à l'usage de l'enseignement uniforme et uniformisant en langue anglaise." Akira Mizubayashi rappelle que "parler le français, c'est s'approprier une vision du monde portée par cette langue, acquérir une manière de réfléchir selon les possibilités offertes par elle, forcément très différentes de celles de l'anglais". Il. affirme que si ce projet se réalisait, "l'image de la France s'étiolerait aux yeux même des étrangers qui aiment notre pays. Le rayonnement culturel de la France en souffrirait de façon irrévocable."

Mais les jeux ne sont pas faits. Selon l'écrivain Frédéric Werst - qui fut l'un des premiers à se mobiliser en publiant une tribune sur lefigaro.fr -, ce projet de loi porte atteinte à la Constitution selon laquelle "la langue de la République est le français" (article 2). À l'Assemblée, Pouria Arnirshahi, secrétaire national du PS, député des Français de l'étranger, a déjà fait savoir qu'il ne votera pas cette mesure.

(1) Le blog de Claire Boyer clairegoyer.blogactiv.eu

(2) L'article de Pierre Frath : Liste de ses publications, l'article y est classé sous le titre ("L'enseignement et la recherche doivent continuer de se faire en français dans les universités francophones") ou le télécharger directement


 

 

nouvelles2/classe-europeenne.jpgChronique de la collaboracheune ordinaire - le 17/04/2013 - 12:16 par MAR

Chronique de la collaboracheune ordinaire
(ou les ravages du frédéric-martelisme*)

Je suis tombé sur un article local de l'édition nantaise d'Ouest-France datée du 19 avril 2013 qui figure ci-dessous.

On y apprend des choses monstrueuses qui semblent avoir été mises en place sans aucun débat parlementaire, sans aucun débat devant les citoyens. A savoir que des disciplines sans rapport avec la langue sont enseignées en partie en anglais. Que le Rectorat, le proviseur et les parents d'élèves se mobilisent pour ! Que la colonisation n'est pas subie mais assumée, voire même exigée. Ainsi nos enfants dans les classes dites "euro" (pour européennes, sans doute) [quand elles devraient s'appeler dollar (ou américaines)] auront la chance qu'on leur parle de Joan of Arc ou de Napoleon the first  ce qui est effectivement un grand progrès dans l'appropriation de l'histoire nationale et de l'adhésion à la Nation. Le stade suivant étant sans doute, de faire enseigner ces matières directement par des anglais ou des états-uniens. Et hop, le tour est joué ! MAR

* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)


Anglais renforcé au lycée : une volonté du Rectorat
(publié dans Ouest-France du vendredi 19 avril 2013 (édition de Nantes)

Le Rectorat souhaite qu'une heure d'histoire-géographie soit enseignée en anglais, au lycée de Clisson. Encore faut-il qu'un enseignant, titulaire de cette certification, se porte candidat.

Le principal du collège public Cacault de Clisson en a été informé jeudi. Le proviseur du lycée de Clisson le confirme : le Rectorat a bien la volonté qu'une heure d'histoire-géographie soit enseignée en anglais au lycée de Clisson. Le Rectorat le fait savoir largement, afin d'inciter les enseignants ayant les certifications nécessaires à se porter candidats (lire ci-dessous).

En seconde, les élèves doivent bénéficier, en additionnant les langues vivantes 1 et 2, de 5 h 30 de langues. L'Éducation nationale propose dans certains établissements d'y ajouter une heure d'une discipline non linguistique (DNL), enseignée en langue étrangère. Exemple : sur trois heures d'histoire-géo, une heure serait professée en anglais ou dans une autre langue.

Depuis plusieurs mois, plusieurs organisations se battent pour obtenir une DNL en anglais au lycée de Clisson : FCPE, association Pour un lycée public dans le sud-est de la Loire-Atlantique, Comité pour la continuité de l'apprentissage des langues (CCAL).

"Vigilants"

Ces parents d'élèves sont dans l'expectative : "Notre aîné est en classe euro au collège public Cacault à Clisson, explique Philippe Letourneau. Il a cinq heures d'anglais en troisième. Faute de section euro au futur lycée public de Clisson, nous avons envisagé de l'inscrire au lycée privé Charles-Péguy de Gorges qui a une section euro anglais (1)." Finalement, la famille choisira quand même le lycée de Clisson : "Pour deux raisons : nous voulons donner sa chance à ce nouvel établissement public. Et notre fils veut continuer sa scolarité auprès de ses camarades." Philippe Letourneau espère cependant, "fortement", qu'une DNL anglais sera enseignée au lycée de Clisson.

Un autre parent d'élève, membre du CCAL, s'agace : "On nous dit en gros qu'on aura une DNL anglais si on a de la chance ! Cela dépendra des nominations de professeurs. Si le Rectorat avait vraiment voulu nous l'accorder, il aurait déjà trouvé une solution." Une troisième, qui a elle aussi participé à la visite du lycée de Clisson, se réjouit "des conditions de travail qui seront offertes aux élèves : petits effectifs, moyens techniques de pointe, locaux neufs... Nous sommes attachés au service public. Nous y inscrirons notre fils, en dépit de l'incertitude persistante sur la DNL." • Loïc Planet, le président de l'association Pour un lycée public, juge "positif le fait que rien ne soit exclu : y compris la possibilité d'avoir plusieurs DNL. Néanmoins, une DNL anglais est incontournable. Nous sommes vigilants."

Jacques SAYAGH

(1) Le lycée Charles-Péguy a ouvert cette section européenne à la rentrée 2012. Y a-t-il, pour la rentrée 2013, croissance des candidatures en provenance du public ? "Non, répond son directeur, Sylvain Olivier. Le nombre de dossiers est inchangé, de même que la proportion de demandes émanant d'enfants scolarisés dans le public."


"Nous le saurons lors des nominations en juin"

Entretien avec Bruno Stéphan, proviseur du lycée de Clisson jusqu’à fin août 2013 (1).

Quelles seront les langues vivantes enseignées au lycée de Clisson ?

En langue vivante 1 : anglais et allemand. En langue vivante 2 : anglais, allemand, espagnol, italien.

Dans laquelle de ces langues, la discipline non linguistique (DNL) sera-t-elle enseignée ?

Le Rectorat a bien la volonté que ce soit prioritairement un cours d'histoire-géographie en anglais. Nous saurons ce qu’il en est en juin, lors des nominations des professeurs.

Car pour enseigner dans une langue étrangère, un professeur d’histoire-géographie doit être titulaire d’une certification spécifique accordée par l’Éducation nationale. Nous verrons si, parmi les enseignants nommés au lycée, certains ont ces certifications en langues.

Connaît-on au moins aujourd’hui les candidatures ?

Non, Les nominations ont lieu dans le cadre du mouvement national. Il faut attendre qu’elles soient effectives en juin.

Pourra-t-il y avoir des DNL dans plusieurs langues ?

Absolument. Et les choses peuvent aussi évoluer dans e temps. S’il n’y s pas de professeur nommé cette année avec la certification adéquate, cela pourra être le cas les années suivantes,

Recueilli par J. S.

(1) Gérard Boccanfuso, actuellement. proviseur au lycée Couzinet à Challans, lui succédera alors
 

 

nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2013 (3) - le 14/04/2013 - 22:08 par MAR

Nouvelles d'avril 2013 (3)

Pouria Amirshahi, député PS : NON, la langue française n’est pas un frein à l’attractivité des universités (12/4) (lien)
Le Devoir : Un Anglais chez les Immortels ! (13/4) (lire ci-dessous)
La nouvelle constitution de Genève défend le français (lien)


Le Devoir : Un Anglais chez les Immortels !

Pour Michael Edwards, le français est aujourd’hui "bombardé" par l’anglais. Une bataille dans laquelle il pourrait perdre son âme. (13 avril 2013)

Michael Edwards sera le premier anglophone dont le français n’est pas la langue maternelle à entrer à l’Académie française.

michael-edwards.jpg

Michael Edwards se souvient comme si c’était hier de son premier cours de français. C’était à Kingston sur les bords de la Tamise. Il avait 11 ans. En rentrant à la maison, il s’était mis à sa table de travail et avait rempli une page entière de "oui" et de "non".

"C’étaient les seuls mots que je connaissais, dit-il. Tout d’un coup, dans mon esprit de gamin, sans que je puisse m’expliquer pourquoi, j’ai senti que cette langue avait une étrange beauté et qu’elle m’ouvrait un autre monde. J’étais charmé par ces mots. Pour un Anglais, du moins pour cet Anglais que je suis, le français représente vraiment l’Autre."

Soixante-quatre ans plus tard, le poète qui écrit aussi bien en anglais qu’en français est sur le point d’entrer à l’Académie française. Après deux tentatives infructueuses, il y occupera le fauteuil de Jean Dutourd. Edwards est loin d’être le premier étranger à devenir immortel. Mais, contrairement à l’Américain Julien Green, il y sera le premier anglophone dont le français n’est pas la langue maternelle, même si elle est, dit-il, sa langue "familiale", puisqu’il a épousé une Française.

"On dit qu’on ne peut pas écrire de poèmes dans une langue étrangère, car il faut utiliser la langue que l’on babillait au moment où l’on a commencé à nommer le monde. Le français n’est pas pour moi cette langue. Mais il est devenu celle qui, sur le plan de l’affection et de l’amour, me permet de découvrir ce que je sens et de le nommer."

Deux univers

Aujourd’hui, dans son appartement de la rue de Rivoli, à Paris, Michael Edwards écrit surtout des poèmes en français. Pour caractériser les deux univers linguistiques qu’il habite, il cite cet exemple éloquent. À Londres, en descendant du métro, on entend "Mind the gap [attention à la marche] !" La formule est un modèle de concision qui frise même la rudesse, dit-il."À Paris, on dit plutôt : “Attention à la marche en descendant du train.” C’est trois fois plus long, très élégant, et vous aurez remarqué que c’est… un alexandrin ! Le français aime que ce soit beau."

Cette différence est pour ce spécialiste de Racine et de Shakespeare une richesse inestimable qu’il ne faut surtout pas abîmer."Sur le plan de la langue, la syntaxe française gère la phrase comme, en politique, l’État français gère le pays, dit-il. Devant une pièce de Racine, l’Anglais moyen a l’impression que les personnages analysent d’abord ce qu’ils sentent et le disent ensuite. Alors que, dans Shakespeare, on a l’impression qu’ils expriment spontanément leurs sentiments. La syntaxe française est une sorte de montgolfière qui plane au-dessus du réel. L’anglais est une sorte de chemin creux (lane), comme il y en a en Angleterre, qui vous invite à suivre les configurations du terrain. Cette différence explique beaucoup de choses, je crois."

Ces deux univers, aujourd’hui, le poète ne pourrait plus s’en passer."J’aime énormément qu’en anglais, la langue soit disponible et accueillante. Mais j’aime énormément le fait qu’en français, la musique est une. […] Une langue est une façon de nommer le monde. Il est essentiel de conserver ces différentes façons de le nommer."

D’ailleurs, il ne viendrait jamais à l’idée de l’écrivain d’écrire des poèmes anglais en français ou vice versa."J’essaie bien sûr de voir dans quelle mesure les ressources de la poésie, de la sensibilité, de l’humour anglais peuvent modifier un tant soit peu la poésie française. Mais sans évidemment la gauchir. On ne peut pas écrire des poèmes anglais en français. Il faut qu’un poème en français marche en français."

Le blitz de l’anglais

On aurait pu s’attendre à ce que la "défense" du français suscite chez ce Britannique le même petit sourire de mépris qu’elle provoque souvent dans le monde anglophone. Pas le moins du monde ! Michael Edwards est d’ailleurs le premier à s’inquiéter.

"Comme tous les Français, je suis scandalisé de voir des publicités à la télévision où la moitié des mots est en anglais parce que ça fait chic. Il ne s’agit pas d’un championnat du monde. Mais, parler cette espèce de “lingua anglica” signifie que les gens acceptent une langue d’échange qui n’est pas une vraie langue."

Edwards compare cet envahissement à l’arrivée du français (ou franco-normand) en Angleterre après la conquête normande de 1066. Sauf que les Anglais ont eu quelques siècles pour s’habituer."On ne peut pas supposer que l’anglais envahissant le français maintenant produira le même effet que le français qui a envahi l’Angleterre au XIe siècle. Les deux langues ne vont pas s’amalgamer. Le vieil anglais parlé par les Normands pouvait assimiler le français. Chaucer parlait l’anglais le plus évolué, encore un peu francisé avec des prononciations à la québécoise. Mais, c’est parce que la langue a pu évoluer à sa propre vitesse. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, où l’anglais arrive en intrus. Il faut qu’une langue soit libre de choisir."

Devant ce "blitz" de l’anglais, les francophones courent non seulement le risque de parler le "traduitdu", dont parlait Gaston Miron, mais ce serait surtout une véritable défaite de la pensée."Cet envahissement cache quelque chose de beaucoup plus dangereux, dit Edwards. Que la publicité utilise des mots anglais cache le fait que les Français courent le danger - et je suppose que c’est encore plus vrai au Québec - de ne plus réfléchir en français. Je le constate avec les philosophes qui écrivent souvent en anglais pour être publiés. Même en sciences, celui qui réfléchit en français voit les choses différemment d’un Anglais ou d’un Américain. Si les Français sont obligés de réfléchir en anglais, les différences entre les mondes français et anglais pourraient s’estomper. C’est un danger dont il faut être conscient."

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faut être frileux. S’il supporte mal l’envahissement des "clairement" (clearly) et "définitivement" (definitly) dans la langue courante, Michael Edwards pense que certains mots manquent en français et que nous pourrions les emprunter à l’anglais. Comme "unimportant" qui pourrait donner "inimportant" au lieu de "peu important". Ou "shallow" (peu profond) qui pourrait donner "improfond". Il faudrait faire comme Rabelais, dit-il, et ne pas hésiter à inventer des mots.

Bientôt, Michael Edwards revêtira l’habit vert et prendra place sous la coupole pour participer aux séances du célèbre Dictionnaire. Pourtant, dit-il, "en Angleterre, jamais je ne réclamerai une académie anglaise pour régenter la langue anglaise. Mais les deux peuples ont une attitude différente envers leur langue et je respecte les deux. C’est très bien qu’on ne réglemente pas la langue en Angleterre. Les Français et les intellectuels français veulent, eux, qu’il y ait une certaine cohérence. Or, j’arrive à un moment où, à cause de l’invasion de l’anglais, il faut adopter l’attitude française."

On s’étonne que Michael Edwards ne soit jamais venu au Québec tant ses propos semblent décrire une partie de notre réalité."En passant, dit-il, merci beaucoup pour le “courriel” !"


nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2013 (2) - le 09/04/2013 - 21:50 par MAR

Nouvelles d'avril 2013 (2)

APEL : apprentissage des langues étrangères = ENGLISH  ! (lire ci-dessous)
Globe and Mail : Le français, la langue des ambitieux (au Canada) (8/4) (lien)
Antoine Compagnon dans Libération : Un amour de Mme Fioraso (5/4) (lien)
L'Observatoire européen du plurilinguisme propose un amendement au projet Fioraso (lien)


APEL  "famille & éducation" : apprentissage des langues étrangères = ENGLISH  !

La très démocratique "Association des parents d'élèves de l'enseignement libre" (APEL), qui vit de l'adhésion obligatoire des parents élèves du dit "enseignement libre" et qui ne connait dans ses instances que la démocratie à la soviétique, vient de sortir son numéro de mars-avril 2013 de son journal "famille & éducation" avec comme thème principal l"Apprentissage des langues étrangères".

Par quoi croyez-vous que soit illustrée la couverture du journal ? Une photo où 3 pauvres enfants portent une pancarte où est est écrit en gros "ENGLISH". Une certaine conception des "langues étrangères" en accord avec l'esprit colonisé dominant. Agrémenté en page 21 d'une photo de la reine d'Angleterre (!) avec sur tableau noir "Thursday" et "English" en gros. Et vive la diversité culturelle !

apel.jpg

L'APEL a clairement choisi son camp, le camp de la société inégalitaire et uniformisée. Celui de l'anglo-saxonisation généralisée MAR


nouvelles/presse.gifNouvelles d'avril 2013 - le 03/04/2013 - 15:35 par MAR

Nouvelles d'avril 2013

Frédéric Werst L’université française doit faire cours en français (lien)
Cours en anglais, les écrivains disent non ! (lien)
Terminologie : il ne faut plus dire "BYOD" mais "AVEC" (lire ci-dessous)
Renault ou RIno ? : MY RENAULT ou MY ASS ? (Mon C...) (lire ci-dessous)


Terminologie : il ne faut plus dire "BYOD" mais "AVEC"

BYOD (Bring Your Own Device) a désormais officiellement un équivalent dans la langue française, à savoir AVEC (Apportez Votre Equipement personnel de Communication).

La Commission générale de terminologie et de néologie a émis un avis relayé au Journal Officiel et ciblant le vocabulaire de l'informatique et des télécommunications. Un avis qui apporte un équivalent dans la langue française à l'expression Bring Your Own Device (BYOD) désignant l'accès aux systèmes informatiques de l'entreprise via un terminal personnel.

Cet équivalent officiel, en français, de BYOD est donc désormais AVEC, acronyme d'Apportez Votre Equipement personnel de Communication. La Commission générale de terminologie et de néologie avait récemment fait parler d'elle en proposant de remplacer le célèbre Hashtag de Twitter par Mot-dièse. (au Journal officiel)


Renault ou RIno ? MY RENAULT ou MY ASS ? (Mon C...)

J'ai reçu ces jours-ci une enveloppe frappée du slogan "MY RENAULT FAISONS LA ROUTE ENSEMBLE" avec des tas de propositions renvoyant au site www.myrenault.fr (sic !)

Je croyais jusqu'ici que Renault était un grand groupe automobile français, mais apparemment Non ! - D'ailleurs le service expéditeur s'appelle Renault retail group

Question à Carlos Gohsn : pourquoi acheter des voitures fabriquées à l'étranger à une marque qui outre les emplois massacre la langue française et son pays d'origine ? MAR

 


nouvelles2/chou-fleur.jpgChou-fleur breton et Langue Française - le 01/04/2013 - 06:00 par Guy_Dalens

Chou-fleur breton
et Langue Française

Cher ami (e),

Je viens d’apprendre une bonne nouvelle pour le chou-fleur breton.

Des sénateurs ont déposé une proposition de loi relative à "l’attractivité du chou-fleur breton en France" afin de mettre un terme à la crise profonde qui frappe le marché du chou-fleur breton en France.

Ils proposent d’importer des choux-fleurs anglais et américains pour améliorer la situation des choux-fleurs bretons en France. Selon eux, - c’est dans l’exposé des motifs, en page 5 et 6 -, cette mesure permettra de régulariser les comportements de certains producteurs autochtones (ils importent des choux-fleurs anglo-saxons en douce) ce qui les place dans une situation de "forte insécurité juridique" pour reprendre l’expression des parlementaires.

Ainsi donc les sénateurs reconnaissent que des autochtones violent la loi française, mais au lieu de les condamner, ils proposent de couvrir leur turpitude en leur offrant une solution légale adaptée à leur convenance.

Il fallait y penser !

Mais que devient le chou-fleur breton ? Monsieur le Plouc, vous n’avez rien compris répondirent les parlementaires. Le chou-fleur breton doit disparaître, car il est d’une espèce inférieure au chou-fleur anglo-saxon. Mais on ne peut pas le dire aux autres Ploucs.

Amen clamèrent en cœur les sénateurs, satisfaits de leur tour de passe-passe. Par leur action à courte vue, ces dignes représentants de la Nation venaient d’inverser la règle "Nemo auditur propriam turpitudem allegans*".

Au revoir et vive le chou-fleur breton.

Guy Dalens

Le lecteur n’ignore pas que 36 sénateurs socialistes viennent de déposer une proposition de loi relative à "l’attractivité universitaire de la France". Ce texte, derrière son masque de Tartuffe, est un coup de poignard dans le dos de la Langue Française. La proposition des sénateurs est ici abordée sous une forme allégorique. Pour en apprécier le fumet, s’il en a, il vaut mieux avoir à l’esprit le texte d’origine. G.D.

* Nul ne peut être entendu lorsqu’il invoque sa propre turpitude...


Liste des 36 sénateurs "socialistes" qui veulent promouvoir la langue du capitalisme international : Dominique Gillot, Bariza Khiari, Jean-Pierre Sueur, Daniel Raoul, Yves Daudigny, Claudine Lepage, Françoise Laurent-Perrigot, René Teulade, Richard Yung, Michelle Meunier, Jean-Yves Leconte, Robert Navarro, Bernadette Bourzai, Yves Chastan, Jean-Jacques Lozach, Ronan Kerdraon, Alain Néri, Josette Durrieu, Roger Madec, Marcel Rainaud, Jean Besson, Edmond Hervé, René Vandierendonck, Odette Duriez, Jacques-Bernard Magner, Jacqueline Alquier, Pierre Camani, Delphine Bataille, Danielle Michel, Françoise Cartron, Georges Labazée, Philippe Madrelle, Maryvonne Blondin, Roland Ries, Michel Boutant et Yannick Vaugrenard.

Ils proposent notamment ce texte de pure collaboracheune : "Par dérogation à l'article L. 121-3, la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires, dans les établissements d'enseignement supérieur, peut être une autre langue que le français." (en quelle langue cela pourrait-il bien être ???)

On relève d'ailleurs parmi eux l'ineffable Yves Daudigny, angliciseur en série, qui vend son département avec le grotesque slogan "L'Aisne, it's Open !"


nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2013 (3) - le 30/03/2013 - 19:28 par MAR

Nouvelles de mars 2013 (3)

Pierre Frath Anglicisation de la recherche et de l'enseignement supérieur : un très grave déficit démocratique (17/03) (lien)
victorayoli  : Ne soyons pas complice de l’assassinat de la langue française ! (18/03) (lien)
Marion Sigaut : Résistance du peuple : en français ! (18/03) (lien)


Francophonie.jpgLettre aux parlementaires - le 28/03/2013 - 19:32 par MAR

contre le tout-anglais
Lettre aux Parlementaires
de Dominique Gallet et Jean-Louis Roy

Dans le cadre du débat parlementaire autour de la loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République et du projet de loi Fioraso, Dominique Gallet et Jean-Louis Roy viennent de faire parvenir un courrier personnel à chacun des parlementaires français pour leur présenter l’Appel "Langue française et monde multipolaire, l’urgence d’une stratégie" accompagné de la liste des 1 300 premiers signataires, originaires de plus de 40 pays. Cette lettre souligne la nécessité pour la France de sortir du dogme du tout-anglais et de développer une véritable diversification de l’enseignement des langues étrangères, afin de "former de nouvelles élites, au diapason du monde réel".

La conviction de la nécessité d’actions décisives en vue d’assurer l’avenir de la langue française dans le monde multipolaire qui émerge a incité une trentaine de personnalités francophones à lancer l’appel "Langue française et monde multipolaire, l’urgence d’une stratégie". L’appel a été publié dans un collectif de quotidiens de quelques métropoles francophones : Le Devoir de Montréal, Le Soleil de Dakar, Le Messager de Yaoundé, Le Potentiel de Kinshasa, L'Orient-Le Jour de Beyrouth, et Le Soir de Bruxelles.

1 300 signataires originaires de plus de quarante pays de la francophonie et bien au-delà, aux activités très diverses (écrivains, artistes, cinéastes, comédiens, journalistes, étudiants, universitaires, chercheurs, enseignants de français langue étrangère, traducteurs, médecins, magistrats, diplomates, syndicalistes, chefs d’entreprise, économistes, etc.) ont déjà rejoint l’appel, que vous trouverez ci-dessous. La liste des signataires peut être consultée sur le site www.francophonesdumonde.org.

L’appel souligne l’urgence d’une vigoureuse politique d’affirmation linguistique, en rupture avec le dogme du tout-anglais. Il précise qu’il ne s’agit pas pour les francophones et leurs représentants de se dresser contre la langue anglaise ou toute autre langue. Il enjoint nos gouvernements de reconnaitre la nouvelle dimension multipolaire du monde, de mettre en œuvre une stratégie offensive pour la langue française et ainsi d’assurer son avenir en tirant profit de ses nombreux atouts et en les valorisant.

Le récent Sommet de Kinshasa a constitué une incontestable avancée dans la prise de conscience par les dirigeants francophones de ces nouveaux enjeux linguistiques. Cette prise de conscience doit déboucher sur des actions collectives de la Francophonie et s’inscrire dans les politiques nationales de chacun des pays membres de l’OIF.

Il nous semble donc urgent que la France définisse et mette en œuvre une véritable stratégie linguistique dans le monde multipolaire qui émerge.

Dans cette perspective, nous avons constaté avec beaucoup d’intérêt l’effort budgétaire important que la France a décidé de consentir afin de recruter sur le quinquennat 60.000 nouveaux enseignants. Nous pensons que cette décision devrait permettre de concrétiser l’un des objectifs définis par notre appel : l’indispensable diversification de l’enseignement des langues étrangères. Vers deux grandes langues spécifiquement européennes, l’allemand et le russe, mais également, comme nous le soulignons dans l’appel, vers les grandes langues des pays émergents : arabe, chinois, espagnol et portugais.

La France pourrait ainsi former de nouvelles élites, au diapason du monde réel, capables de dialoguer directement avec ces grands espaces linguistiques de la planète qui aujourd’hui rassemblent environ trois milliards d’habitants. Cette stratégie permettrait également de développer des accords de réciprocité avec les États de ces espaces linguistiques, qui, soucieux de dialogue et d'efficacité dans la mondialisation multipolaire, souhaiteront renforcer l’enseignement de la langue française et son usage pour échanger avec la France et l'ensemble des pays de l’espace francophone.

À l’image de la diversité internationale des signataires de l’appel que nous vous adressons, nombreux sont les peuples qui espèrent que la France saura relever le défi de l’affirmation déterminée de la langue française dans la polyphonie du nouveau monde.

Dominique Gallet et Jean-Louis Roy

Dominique Gallet est responsable du  magazine télévisé Espace francophone. diffusé par France 3, CFI, TV5, RFO et la plupart des télévisions francophones dans le monde.
Jean-Louis Roy est historien, écrivain, diplomate québecois et responsable de l'Observatoire mondial des droits de l'Homme.


Appel
langue française et monde multipolaire

l’urgence d’une stratégie

Nous envisageons l’avenir de la langue française avec confiance. En dépit des fausses évidences.

Un monde multipolaire émerge sous nos yeux. Il contribue manifestement à rééquilibrer les activités de la famille humaine non seulement dans les domaines économique, financier et politique, mais également dans les domaines culturel et linguistique. Sous toutes les latitudes, de la Chine à la Russie, du Brésil à l’Inde, des politiques linguistiques se décident, de nouveaux espaces linguistiques s’organisent et s’affirment.

Cette nouvelle donne remet en cause l’idée même du monopole d’une langue unique dans la communication mondiale. Les grandes langues internationales qui se maintiendront ou qui surgiront ne le devront pas au simple fait du hasard. Elles le devront en grande partie à la manière dont seront exploités les atouts dont chacune dispose.

Émergente, cette configuration culturelle et linguistique globale est une chance pour l’avenir mondial du français, langue qui dispose de larges atouts.

- Par l’Histoire : au fil des siècles, la langue française s’est illustrée en portant très loin les outils critiques d’une pensée libre et singulière et les progrès des sciences. Elle a exprimé les grands principes des Lumières et les a offerts au monde. Successivement, elle a été l’instrument de l’émancipation sociale, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de l’émergence d’institutions pour la communauté des nations.

- Par son universalité : la langue française est utilisée sur toute la planète par de très nombreuses nations à l’intérieur d‘elles-mêmes comme dans leurs rapports avec le monde, ainsi que dans les activités scientifiques et technologiques les plus avancées, de la génétique moléculaire à la conquête spatiale.

- Par son statut de langue de travail et de langue officielle du système des Nations Unies et de nombreuses organisations internationales, continentales et régionales, et par le statut de la France de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.

- Par la démographie : avec la perspective de plus d’un demi-milliard de locuteurs francophones pour le milieu du siècle, principalement grâce à l’Afrique, mais également à la France qui devrait devenir le pays le plus peuplé du continent européen après la Russie.

Ces atouts sont considérables. Ils constituent des leviers puissants pour que la langue française, dans le respect de la diversité des langues et des cultures des peuples qui composent l’espace francophone, continue à jouer le rôle qui est le sien depuis des siècles. Ces leviers, que d’autres nous envient, doivent être saisis avec détermination et constance.

En priorité, les décideurs des secteurs public et privé du monde francophone doivent quitter le modèle dominant qui a façonné leur existence au siècle dernier et ajuster leurs choix au monde multipolaire tel qu’il advient. La soumission, la démission et la résignation linguistiques constituent les véritables menaces pour l’avenir de notre langue.

Le “tout anglais“ constitue une obsession d’un autre temps et d’un autre monde. Il est une impasse d’où il faut au plus vite sortir dans l’intérêt des peuples ayant le français en partage.

Notre confiance en l’avenir de la langue française n’est pas naïve. Elle appelle une vigoureuse politique d’affirmation linguistique. Cette politique doit comprendre notamment :

1) l’application stricte des législations linguistiques nationales quotidiennement bafouées par les intérêts particuliers et le conformisme ambiant, aussi bien dans les secteurs public que privé, notamment pour le français langue du travail ;

2) la diversification de l’enseignement des langues étrangères et des filières bilingues vers plusieurs grandes langues dont celles des pays émergents (arabe, chinois, espagnol, portugais) ;

3) l’exigence de la publication en français, et dans d’autres langues si nécessaire, de tous les travaux issus de la recherche médicale et scientifique publique dans l’ensemble des pays francophones ;

4) la circulation facilitée pour les étudiants, les écrivains et les artistes, ainsi que les chercheurs de l’espace francophone tant il est évident qu’il n’y a pas de francophonie si les francophones sont interdits de circulation dans cet espace ;

5) un appui massif à la numérisation des patrimoines anciens et vivants de l’ensemble des pays francophones afin d’assurer la présence du français et des langues partenaires dans l’espace virtuel devenu un lieu essentiel de communication, de mobilisation et de rassemblement ;

6) le renforcement de la recherche sur les systèmes de traduction automatique et leurs implications industrielles, afin d’assurer la présence du français parmi les grandes langues pivots qui s’imposeront dans l’intercommunication planétaire ;

7) la priorité d’une politique bilatérale et multilatérale, forte et pérenne, en direction de l’Afrique francophone pour le développement optimal de son système éducatif ;

8) l’utilisation de la langue française par les représentants des pays francophones dans les organisations continentales et internationales.

Il ne s’agit pas pour le monde francophone de se dresser contre la langue anglaise ou contre toute autre langue. Il s’agit d’ouvrir nos yeux sur la réalité nouvelle, et de mettre en œuvre, dans le contexte de la mondialisation multipolaire, une stratégie offensive pour la langue française, qui assurera son avenir en valorisant ses nombreux atouts.

Nous appelons les citoyens des pays francophones à exercer leur vigilance individuelle et à développer leur mobilisation collective pour que soit respecté l’usage de notre langue mondiale en partage. Nous appelons fermement nos gouvernements à réviser leur politique et leur pratique linguistiques, à abandonner les discours de circonstance sur la francophonie et à relever le défi de l’affirmation déterminée de la langue française dans la polyphonie du nouveau monde.

Pour signer l'appel


Renforcer la loi Toubon au lieu de l'étrangler ! - le 23/03/2013 - 18:29 par A_Salon

Renforcer la loi Toubon au lieu de l'étrangler !

Le 24 mars se termine la "Semaine de la langue française " qui a inclus la Journée de la Francophonie.

C'est dans ce cadre que l'Observatoire des Libertés (OdL) et trois associations qui l'appuient : ASSELAF, Avenir de la langue française, C.O.U.R.R.I.E.L, ont écrit le 21 mars à l'ensemble des députés membres de la Commission des Affaires culturelles de l'Assemblée Nationale. Ces associations leur demandent d'inscrire à l'ordre du jour une proposition de loi votée à l'unanimité par le Sénat en... 2005, et restée en attente d'inscription à l'Assemblée depuis lors. Cette proposition, portée par le sénateur Philippe Marini, contient d'intéressants compléments à la loi Toubon de 1994 sur l'emploi de la langue française (cf le site du Sénat). A.S.

Cette lettre figure ci-dessous :


Paris, 21 mars 2013

Monsieur le Président,

Madame,

Monsieur,

aux Députés membres de la Commission culturelle de l’Assemblée Nationale,

 

Mars 2013. Sur l'immense vitrine du “Pub Renault”, avenue des Champs Élysées, elle-même vitrine de la France, deux courtes lignes d’annonce :

- La seconde “NO LIMIT” EXHIBITION

- La première - censée en français - EXPOSITION NO LIMIT.

Voici brillamment ramassé le méprisant rejet où se voit portée la marque première de l'identité d'une nation : sa langue.

Autochtone ou visiteur, chacun peut à loisir mesurer la violence extrême du raz-de-marée angloricain noyant, non plus seulement la qualité, mais l’usage même de notre langue française. Il est donc inutile de multiplier les exemples. Vous les relevez dans tous les domaines de notre quotidien : titres des émissions de télévision, de radio, de films, à présent de livres écrits par des Français, communication sous toutes déclinaisons, mode évidemment, sports, culture, tous appliqués à poser leur pas dans ceux du chef de file, le monde de l’économie et du commerce. Il appartenait aux responsables de la “chose publique” au sens le plus large d’adopter une attitude résistante exemplaire. Pendant plusieurs décennies, ils glissèrent lentement vers la capitulation. Depuis quelques années, les voilà entrés dans la voie de la collaboration. On attendait qu’ils confortent les fondements de la Nation. Ils montent en première ligne pour les saper.

C’est donc à l’ombre du domaine public que, fort de son impunité, l’angloricain se substitue au français dans la pratique d’entreprises à capitaux d’État. Air France, la SNCF, Renault, France-Telecom, à présent l’EDF ou la Poste, elles et tant d’autres, ne connaissent plus pour leurs déclinaisons commerciales et leurs slogans, voire leur langue de travail (par exemple EADS ou Eurocopter) que le parler de nos "modèles", quand bien même les publics visés sont francophones et œuvrent en France *.

Suivant l’édifiant exemple du reniement donné par de grandes écoles, telles HEC ou l’IEP, c’est à présent l’enseignement supérieur qui prétend se ranger sous la tutelle angloricain. Mieux encore : déjà “en délicatesse” avec leur langue maternelle, nos enfants se voient menacés d’apprendre l’angloricain dès le CP ! Deux avant-projets de loi vont dans ce sens. Des idéaux d’apparence généreuse et réaliste prétendent dénoncer toute forme de colonialisme. Conviendrait-il alors... de ne pas appeler servilement à la colonisation de la France, ni bien sûr des pays qui gardent le français en partage. De ne pas, ainsi, appeler à une nouvelle colonisation de l’Afrique !

Plaidant pour une humanité dense et digne, ces mêmes idéaux soulignent les vertus du droit à la différence. Conviendrait-il alors... de ne pas contribuer à l’éradication des langues vernaculaires, immolées sur l’autel de la langue mondiale, au nom d'intérêts pour le moins discutables à défaut même d’être discutés !

Le 4 août 1994 était votée le “Loi Toubon”, sous les lazzis d’une intelligentsia suivie par des médias fort peu lucides. Pourtant modérées, les prétentions de cette loi à tempérer les ardeurs du colon se voient à présent partiellement invalidées par le refus d’agir de certains organes de contrôle.

A cet égard, vous trouverez en pièce jointe l’édifiante question posée à Madame le Ministre de la culture par le député Jean-Jacques Candelier, et concernant le refus de la Direction Générale de la Répression des Fraudes de... suivre les indications d’une ministre se contentant pourtant de demander l’application de la loi. Quant aux dispositions de son article 4 précisé par le JO du 20 mars 1998 (article 2.6.2 / 1), ont les lit perpétuellement et impunément violées par les collectivités territoriales.

En 2005, le sénateur Philippe Marini fit voter à l’unanimité une proposition de loi tendant à actualiser la loi de 1994. Ce texte fut aussitôt transmis à l’Assemblée Nationale. Il est depuis “en attente” à votre commission.

Au moment où, dans l’indifférence des principaux médias, se déroulent une aimable "semaine de la langue française ” et la “ journée de la Francophonie ”, nos associations attachées à la défense - la survie - du français - vous auraient une profonde gratitude à vous voir demander la mise à l'ordre du jour de votre commission de la proposition de loi sénatoriale. Cela, Madame, Monsieur, participerait significativement à défendre ces valeurs de la République, objet de tant de débats, et auxquelles nous imaginons la représentation nationale particulièrement sensible..

Cette mesure dirait notre attachement au respect de l’“être”, et notre salutaire distance - jusqu’à un passé récent - d’avec cet “avoir” puissance nouvelle chez nous ayant la langue angloricain pour cheval de Troie.

Nous ne mésestimons pas les nécessités commerciales. Mais, tout en les voyant prioritairement  orientées vers un nombre restreint d'intérêts particuliers et fortunés, nous les tenons pour relatives. Elles ne sauraient faire litière de nécessités ancrées sur des valeurs d’esprit. Cette mesure participerait au respect dû à des citoyens n’entendant pas, ou ne pouvant pas se soumettre à un diktat étranger au nom d’arguments purement matérialistes. Cette mesure saluerait ceux des peuples, francophones ou non, faisant à notre culture, notre civilisation, l’honneur de les apprécier. Et gardant l’espoir que le peuple de France comme ses gouvernants aient la volonté de sauvegarder un legs à valeur universelle.

Peut-être participerait elle à un sursaut de nature à préserver ce qui subsiste du statut privilégié de notre langue au sein d’organismes tels l’ONU, l’Union Européenne, le Comité Olympique.

Il n'est pas envisageable que la représentation nationale puisse accepter le reniement, voire la capitulation, dans cette guerre culturelle qui nous est faite sous couvert de “ mondialisation”. Il n'est pas acceptable que soit légitimée par l’inactivité du Parlement une situation de fait divisant la population entre les post-citoyens consentants ou acquis au remplacement de leurs repères sémantiques et idéologiques, et les citoyens ringardisés conservant un attachement, militant ou contrit, au vecteur principal et nécessaire de leur culture.

Il vous revient de mettre un terme à une discrimination sociale sans précédent dans l‘histoire de la République. Une discrimination tendant à l’institution d'une citoyenneté de second ordre en France, et imposant la maîtrise de l'angloricain, comme condition d’une pleine réussite scolaire, de la jouissance d'un emploi qualifié, et finalement de l’accès à l’ensemble des messages de l'espace public.

Souhaitant vous trouver sensibles à une démarche qui rendrait justice au cri d’Albert Camus Ma patrie, c’est la langue française, nous vous exprimons, Monsieur le Président, Madame, Monsieur, l’assurance de notre parfaite considération.

Georges Gastaud président de CO.U.R.R.I.E.L.

Matthieu Varnier, secrétaire général

Louis Maisonneuve président d’Observatoire des Libertés

Albert Salon président d'Avenir de la Langue Français. Docteur d’État-ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur dans l’Ordre du Mérite

Philippe de Saint Robert président de l’ASSELAF (Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française)


nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2013 (2) - le 23/03/2013 - 18:22 par MAR

Nouvelles de mars 2013 (2)

L'Académie française contre le projet de loi Fiaraso (22/03) (lien)
AFRAV  On n'est pas couché... devant l'anglais ! (22/03)(lire ci-dessous)
COURRIEL : Non au projet de loi Fioraso sur l’enseignement supérieur (21/03) (lien)
Égalité et Réconciliation : Marginalisation de la langue française dans l’enseignement supérieur et la recherche (13/03) (lien)


Anglo-américanisation de la France : nos "élites" forcent la vapeur sans plus mettre de voiles
La protestation de l'une de nos associations amies...
[AS]
AFRAV  On n'est pas couché... devant l'anglais ! (22/03)
La dictature de la langue et de la pensée uniques se met en place partout chez nous.

Nos députés viennent de voter presque unanimement, l'anglais obligatoire dès le CP.
Rendre obligatoire une langue étrangère vivante, et cela à grande échelle et presque dès le berceau, c'est du jamais vu dans l'histoire de France, et ce viol est passé comme une lettre à la Poste.
Ci-joint, le communiqué que nous venons d'envoyer aux députés.

Communiqué de l'A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)

Objet : « On n'est pas couché »... devant l'anglais !

Madame, Monsieur le député,

À l'heure où la langue anglaise est en train de coloniser notre pays, au point, comme le dit le philosophe, professeur d'université et académicien Michel Serres, qu'il y a aujourd'hui plus de mots anglais sur les murs de Paris, qu'il n'y avait de mots allemands sous l'Occupation nazie...

À l'heure où le ministre Peillon vient de mettre l’enseignement de l’anglais obligatoire dès le CP...

À l'heure où la ministre Fioraso projette d'occire la loi Toubon-Tasca pour que l’on puisse enseigner EN anglais dans nos universités...

À l'heure où le ministre Montebourg nous parle de « Made in France » pour nous dire en anglais (!) d’acheter français...

... il serait temps que nous réagissions avant que nous perdions notre souveraineté linguistique, seule garantie dans le monde actuel, de sauver notre âme et notre identité francophones.

Notre association traite actuellement plusieurs dizaines de dossiers dénonçant l'anglomanie qui sévit partout dans notre pays.

Pour vous donner un exemple très concret de l'anglicisation qui nous mine, permettez-nous de vous parler d'un dossier qui nous a particulièrement heurtés, c'est celui concernant Laurent Ruquier, présentateur et animateur sur France 2, une chaîne de la télévision du service public. En effet, Laurent Ruquier, dans son émission du samedi soir, "On n'est pas couché", à la rubrique "le flop ten", emploie, sans se gêner le moins du monde, le mot anglais "TEN" en lieu et place du mot français "DIX".

Pourtant, en France et en Francophonie, après "NEUF", il y a "DIX" et non "TEN", cela paraît une évidence, alors pourquoi Laurent Ruquier emploie-t-il le mot anglais "TEN" ? De plus, comment se fait-il qu'il puisse utiliser ce terme en toute impunité, alors que selon l'article 39 de la Charte de France télévisions, les termes étrangers sont proscrits sur le service public de l'audiovisuel, lorsqu'ils possèdent un équivalent français ?

Pourquoi MM. Boyon, Schrameck, Pflimlin, Réveillon, Gélinet, tous chargés à leur niveau de faire appliquer la Charte de France télévisions et à qui nous avons écrit pour leur demander d'intervenir dans cette affaire, ne semblent pas capables d'aller voir M. Ruquier pour lui dire de changer son "TEN" en "DIX" ?

Dans quel pays vivons-nous où l'action médiatique l'emporte sur le droit, où, pour être écoutés, il faut faire voir ses seins (les Femen), s'immoler ou aller manifester en haut d'une grue ? Pourquoi M. Ruquier serait-il exempté de respecter la réglementation qui régit l'emploi de la langue française sur le service public de la télévision ? Qui le protège ? Y aurait-il des consignes sur France 2 pour promouvoir l'anglais ?

On a tout pris à la France, mais il lui reste encore sa langue, alors, Madame, Monsieur le député, pour éviter que celle-ci nous soit arrachée et qu'il ne nous reste plus rien, nous vous demandons instamment de bien vouloir intervenir dans cette affaire pour faire gagner la langue française, pour lui donner une victoire sur l'anglicisation en cours, pour donner un espoir à tous ceux qui, comme nous, combattent la dictature de la langue unique que les penseurs du nouvel ordre veulent établir partout.

Cette affaire est caractéristique de la maltraitance que subit notre langue au quotidien, et, il est bien évident, qu’au-delà du "TEN" de Laurent Ruquier, c’est le problème tout entier de l’anglicisation que nous soulevons, une anglicisation qui se fait de façon à passer la plus inaperçue possible, par une multitude d’actions anecdotiques, homéopathiques, voire subliminales. Ne soyons pas dupes, il y a bien une guerre de velours en cours contre la langue française que consiste à vouloir la faire disparaître de nos grandes écoles comme de la scène internationale.

Résistons, n'acceptons pas la défaite et soyons des indignés linguistiques, comme l'a dit le président Abdou Diouf, lors du premier Forum mondial de la langue française qui s'est tenu à Québec en juillet 2012.

OUI, battons-nous pour la langue française, car, comme le proclamait l'universitaire et patriote québécois, Pierre Bourgault : "Quand nous défendons le français chez nous, ce sont toutes les langues du monde que nous défendons contre l’hégémonie d’une seule".

Dans l'espoir que vous voudrez bien agir contre l'anglomanie de M. Ruquier, et, par-delà, contre l'anglomanie qui est en train de tuer notre langue, notre culture et notre âme, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur le député, l'expression de ma haute considération.

Régis Ravat
président de l'A.FR.AV (www.francophonie-avenir.com)

Pour plus d'information, vous pouvez consulter le dossier sur M. Ruquier au :www.francophonie-avenir.com/Infolettre_RR_A_Laurent_Ruquier_pour_le_respect_de_la_langue_francaise_a_la_television.htm

 


nouvelles2/sylviane-bulteau.jpgRéponse dilatoire du Gouvernement à Sylviane Bulteau - le 14/03/2013 - 17:27 par MAR

Réponse dilatoire du Gouvernement
à la question de Sylviane Bulteau, députée de la Vendée

Le gouvernement livre ici une réponse très lénifiante, très "langue de bois", composée peut-être par une machine, à la question très forte de la députée de la Vendée Sylviane Bulteau (PS), qui portait sur la dégradation de la place de la langue française en Europe, dans le monde et au sein de notre propre pays et sur le manque de volonté passé et présent de faire changer cet état de fait. (lire ci-dessous)

A la lecture de cette réponse qui aligne des petites mesurettes sans aucune cohérence, laisse  le sujet international au bon vouloir du corps diplomatique, ne traite pas de la langue française en France même (!) et surtout ne répond aucunement au fond de la question.

Cette réponse est une sorte de gifle à la représentation parlementaire et l'on peut se demander s'il y a un Gouvernement en France, avec une volonté politique, qui souhaite faire appliquer la Loi, se faire respecter par ses fonctionnaires et faire respecter les beaux principes annoncés par François Hollande.
(lire par exemple) MAR


Question écrite n° 12575 - 14ème législature posée par Mme Bulteau Sylviane (Vendée - Socialiste, républicain et citoyen) -publiée au JO le 04/12/2012

Mme Sylviane Bulteau appelle l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la place de la langue française en Europe, dans le monde et au sein de notre propre pays.

Au sein de l'Union européenne, d'abord, la langue allemande est celle qui compte le plus de locuteurs, suivie en cela par le français puis l'anglais. Il est donc inconcevable que le français ne soit aujourd'hui la langue "source" que pour seulement 8 % des documents qui émanent de la Commission européenne alors que sur le site internet de l'exécutif européen, seules 12 % des pages sont traduites en français. Systématiquement, les documents de travail sont transmis en anglais au Gouvernement français. Depuis de nombreuses années, les parlementaires de l'Assemblée nationale comme du Sénat alertent les gouvernements successifs sur le dramatique affaiblissement de notre langue et concomitamment de notre influence.

À l'échelle de la planète, ensuite, la régression dans l'ensemble des organisations internationales s'accélère, que ce soit à l'ONU ou dans les instances associées principalement où 90 % des textes sont d'abord rédigés en anglais.

Il apparaît que de nombreux pays membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ne respectent pas les engagements qu’implique leur participation à ce groupement : leurs diplomates parlent exclusivement l'anglais et leurs moyens de communication ne présentent souvent aucune version française (sites internet).

Dans le domaine de la coopération de sécurité et de défense, la situation n'est pas meilleure. Depuis que la France a rejoint l'OTAN, l'armée française s'est complètement convertie à l'anglais dans ses relations avec nos partenaires. Un exemple parmi d'autres : la force de gendarmerie européenne, pourtant créée à l'initiative de la France, et qui ne compte aucun pays anglophone en son sein, n'a qu'une langue de travail officielle : l'anglais. Son site internet est là aussi unilingue, en anglais.

Demain, grâce à l'Afrique, le français, actuellement 9e langue mondiale avec 200 millions de locuteurs, sera une des principales langues mondiales. À l'horizon 2050, avec 715 millions de locuteurs, elle sera toujours parlée sur chaque continent, privilège qu'elle partage avec l'anglais seulement.

En France même, enfin, on ne peut que constater une évolution néfaste. Les titres de films ne sont plus traduits, les émissions télévisées s'affublent de titres anglais, les radios rechignent à appliquer les quotas obligatoires de diffusion de chansons françaises pourtant nécessaires à l'émergence de nouveaux talents et réclament même pour certaines la prise en compte, dans ces quotas, des artistes francophones qui s'expriment en langue anglaise ! Nos grands groupes industriels nationaux eux-mêmes choisissent des slogans en anglais et travaillent dans cette langue.

De nombreuses grandes écoles, de Sciences Po à HEC, dispensent leurs cours en anglais, souvent, d'ailleurs, au mépris de la législation en vigueur.

La recherche scientifique et les brevets sont eux aussi concernés par cette évolution qui pénalise nos chercheurs et la visibilité de nos travaux académiques.

Le chantier est énorme. Les rapports parlementaires s'empilent, les associations de défense de la langue multiplient les alertes mais la situation s'aggrave. Cet état de fait doit cesser. Aujourd'hui, il faut agir vite, efficacement, de façon résolument offensive et cela en lien étroit avec les ministères concernés : Affaires étrangères, Éducation nationale, Défense, Culture, Redressement productif.

Elle lui demande ainsi les actions qu'entend mener concrètement le Gouvernement tant auprès de la Commission européenne qu'auprès des membres de l'Organisation internationale de la Francophonie ou encore de nos relais politiques, économiques et culturels à l'étranger pour que le français retrouve toute sa place au service de notre rayonnement.


Réponse du ministère : Francophonie parue au JO le 12/03/2013

La France met en œuvre une politique active de soutien au français en Europe et dans le monde. Cet effort, relayé par nos postes diplomatiques, les Alliances françaises, les établissements scolaires etc. est renforcé par l'action de la Francophonie institutionnelle qui dispose d'outils propres de soutien à notre langue.

La France est le premier contributeur de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et soutient toutes les actions de la Francophonie en faveur du français : les chefs d'États et de gouvernement de la Francophonie se sont engagés concrètement en adoptant, en 2006 à Bucarest, un "Vade-mecum relatif à l'usage de la langue française dans les organisations internationales".

Depuis 2002, et en partenariat avec la France, le Luxembourg et la Fédération Wallonie-Bruxelles, l'OIF met tout d'abord en œuvre un plan annuel d'action pour le "français dans la diplomatie et la fonction publique". Il touche entre 8000 et 11000 diplomates et fonctionnaires non francophones chaque année, choisis rigoureusement en fonction de leur niveau d'influence, en privilégiant les forts potentiels.

Ensuite, le programme "le français dans les organisations internationales" a pour objet la promotion du français au sein des organisations internationales africaines (l'Union africaine, la Communauté des États d'Afrique de l'Ouest.) avec une extension récente aux grands centres européens de formation de l'élite communautaire (Collège d'Europe de Bruges).

Des "plans capitales de l'UE" permettent enfin la formation linguistique de diplomates européens de haut rang. Conjuguant stages d'immersion linguistique et cours sur place avec des contenus adaptés à ces publics à haut potentiel, ces programmes comportent aussi des volets de renforcement des compétences des traducteurs et interprètes. Au-delà, c'est une mobilisation de l'ensemble de notre corps diplomatique qui permettra, tant au sein des institutions européennes que dans les autres organisations internationales, de rappeler que le multilinguisme est un gage d'efficacité du système multilatéral.

Une feuille de route pour la promotion du multilinguisme dans les organisations internationales sera prochainement adressée aux postes diplomatiques.


nouvelles2/semaine-langue.jpgSemaine de langue française et de la Francophonie - le 12/03/2013 - 22:25 par A_Salon
Nos "Ides de mars" : les fêtes de la Langue française
et de la Francophonie.
Nuit de la Francophonie sur France 3 le 20 mars de Minuit à 4 h du matin
Le 20 mars, anniversaire du traité créant, en 1970 à Niamey (Niger), l'ACCT ancêtre de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), est devenu la Journée internationale de la Francophonie.
Elle est fêtée non seulement chez les 77 membres de l'OIF, mais encore dans bien d'autres pays où des communautés et groupes de francophones, de francisants, de francophiles, sont actifs.
Dans certains pays, notamment d'Afrique francisante, les festivités, sous forme de manifestations culturelles très diverses, peuvent durer une semaine, voire plusieurs. Voyez le site : www.francophonie.org
 
En France, ces festivités propres à la Francophonie, se doublent depuis une vingtaine d'années d'une Semaine de la Langue française, organisée par le ministère de la Culture et par sa Délégation générale à la Langue française et aux langues de France (DGLFLF). Concours internationaux ("Dis-moi dix mots"...) dictées post-Pivot, expositions, publications, fêtes diverses, marquent la Semaine dans toute la France. Voyez le programme sur le site de la DGLFLF : www.dglf.culture.gouv.fr
 
Avenir de la langue française (ALF) vous invite  à fêter, et à amener vos amis à fêter, notre langue et tous ceux qui l'ont en partage, l'aiment et sont heureux de la servir, en une période sombre où des "élites françaises" voudraient plus que l'abandonner : la détruire. Albert Salon
 
Lire ci-dessous le communiqué de presse du Ministère de la Culture et de la Communication

Lancement de l’édition 2013 de la Semaine
de langue française et de la Francophonie

mettant à l’honneur les auteurs ayant choisi le français
pour langue d’écriture

L’édition 2013 de la Semaine de la langue française et de la Francophonie a été lancée ce matin au ministère de la Culture et de la Communication, en présence de Yamina Benguigui, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères, chargée de la Francophonie, ainsi que de nombreux auteurs ayant choisi le français pour langue d’écriture.

Du 16 au 24 mars 2013, la Semaine de la langue française et de la Francophonie sera le rendez-vous des amoureux des mots avec plus de 2 000 manifestations organisées en France comme à l’étranger. Elle offrira au grand public l’occasion de fêter la langue française en lui manifestant son attachement et en célébrant sa richesse et sa diversité. Ce temps fort est également l’occasion de valoriser la myriade de projets réalisés autour de l’opération, menée en partenariat avec le Ministère de l’Éducation Nationale, "Dis-moi dix mots semés au loin" tout au long de l’année scolaire.

Cette nouvelle édition mettra en lumière l'attrait exercé par la langue française, car si les langues du monde n’ont cessé de "se céder des mots", c’est au français qu’elles ont historiquement le plus emprunté. Cet attrait s’illustre par le nombre de mots, de tournures ou d’expressions qu’elle a "semés" dans d’autres langues. De l’espagnol au polonais, du russe au portugais, en passant par l’anglais, nombreuses sont les langues qui ont reçu cette part de français en héritage.

Après avoir évoqué à cette occasion les raisons pour lesquelles nos concitoyens pouvaient garder confiance dans la capacité de la langue française à exprimer des valeurs de modernité et de progrès, un hommage particulier a été rendu aux nombreux créateurs qui, n’ayant pas le français pour langue d’origine, ont choisi le français pour s’exprimer.

Afin de témoigner symboliquement de ce "désir de français", la ministre a pris l'initiative de créer un prix littéraire qui sera décerné, à partir de l’an prochain, à "l’auteur d’un ouvrage écrit en français par un écrivain dont ce n’est pas la langue maternelle". Retrouvez le programme de la Semaine de la langue française et de la Francophonie sur le site www.dismoidixmots.culture.fr


Editoriaux/fioraso.jpgContre le projet de loi Fioraso ! - le 09/03/2013 - 18:42 par ASalon

Contre le projet de loi Fioraso !

Contre la tentative gouvernementale de généraliser de fait l'enseignement en anglo-américain dans nos universités et grandes écoles, y compris pour les étudiants français, sous le fallacieux prétexte de "renforcer l'attrait du territoire" et d'attirer davantage d'étudiants étrangers pour "mieux armer nos universités dans la concurrence internationale". [AS]
Loi Fioraso et usage du français : de pire en pire (lien)
Debout la République : Lettre ouverte à Madame le Ministre Geneviève Fioraso (lien)
UPR : Pétition CONTRE la loi ESR "Fioraso", car POUR la langue française ! (lien)
FPR : autre pétition  contre le Projet de Loi ESR-Fioraso (lien)
Liste de documents sur la loi "Fiaraso" (lire ci-dessous)
Billet de Bruno Dewaele dans La Voix du Nord "Méfions-nous du cheval de Troie"
UPR : Lettre adressée à Mme Pauline Marois, 1ère Ministre du Québec, au sujet de la loi Fioraso
(13/03) (lien)


Le projet de loi Fioraso

Pétition
www.petitions24.net/contre_la_loi_esr_fioraso_parce_que_pour_la_langue_francaise

Documents
Le projet de loi : websyndicats.vjf.cnrs.fr/sntrscgt/IMG/pdf/20130208_-_projet_de_loi.pdf

Amendements retenus : www.letudiant.fr/static/uploads/mediatheque/EDU_EDU/1/6/76016-cneser-les-amendements-au-projet-de-loi-retenus-par-le-ministere-original.pdf

Amendements des sénateurs socialistes aggravant les atteintes ua Français et qui proposent notamment ce texte de pure collaboracheune : "Par dérogation à l'article L. 121-3, la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires, dans les établissements d'enseignement supérieur, peut être une autre langue que le français." (en quelle cela pourrait-il bien être ???) www.senat.fr/leg/ppl12-348.pdf


nouvelles2/esperanto.jpgPour un statut européen et mondial de l'espéranto - le 09/03/2013 - 10:53 par A_Salon

Pour un statut européen et mondial de l'espéranto 

Communiqué bilingue des associations espérantistes qui pourrait être une base de discussion pour la remise en question du tout-anglais à l'échelle mondiale. Lire le communiqué
L'un au moins, des objectifs des espérantistes est partagé par ALF : empêcher l'anglo-américain d'être la seule langue internationale.

 


nouvelles/presse.gifNouvelles de mars 2013 - le 04/03/2013 - 09:46 par MAR

Nouvelles de mars 2013

Le Monde (Jean Hourcade) La langue française, un trésor en péril (02/03) (lien)
La CFE-CGC approuve l'initiative des parlementaires qui demandent une commission d'enquête sur les dérives linguistiques en France (01/03) (lien)
350ème anniversaire  du Conseil souverain de la Nouvelle-France (lire ci-dessous)


Avril 2013 : 350ème anniversaire de la création du
Conseil souverain de la Nouvelle-France
L'acte fondateur de notre existence collective

Un article paru récemment dans le premier numéro de la revue internationale Veritas Acadie(1), de la plume de Maître Christian Néron(2) connu pour sa recherche sur nos institutions civiles, nous apprend que le roi Louis XIV a fait adopter en avril 1663 une ordonnance appelée « Édit de création du Conseil souverain de la Nouvelle- France(3)». Selon l'auteur, cet édit marque le moment de notre venue au monde en tant que société organisée, en tant que peuple et en tant que nation.

Le Conseil souverain avait été créé pour toute la Nouvelle-France qui comprenait l'ensemble des territoires français en Amérique du Nord. Ces territoires regroupaient, juste avant le traité d'Utrecht de 1713, trois régions distinctes soit l'Acadie, le Canada de l'époque longeant la vallée du Saint-Laurent et la Louisiane qui incluait le Pays des Illinois descendant le long du Mississippi et de l'Ohio jusqu'au golfe du Mexique(4). Cette « venue au monde » historique dont parle Me Néron est significative à la fois pour les Acadiens, les Québécois et les Cajuns, entre autres.

Comme suite à l'article publié dans sa revue, la Société internationale Veritas Acadie a pris l'initiative de souligner le 350ème anniversaire de la création du Conseil souverain. Une cérémonie commémorative aura lieu à la Maison Fornel (9, place Royale, Québec) le mardi 9 avril à 14 h et se poursuivra à l'extérieur au pied du buste de Louis XIV. La Place-Royale dans le Vieux-Québec est considérée comme le plus ancien établissement français en Amérique.

La Société internationale Veritas Acadie profitera aussi de cette occasion pour effectuer le premier lancement au Québec de la revue Veritas Acadie no 1, revue de 136 pages comprenant, outre l'article sur la création du Conseil souverain de la Nouvelle-France, des contributions sur l'histoire acadienne et la francophonie provenant de la France (Scavennec), des États-Unis (Faragher, Anderson, Paradis), du Québec et de l'Acadie. Une allocution de Maître Néron donnera le ton et expliquera la pertinence de cet anniversaire important pour nous, peuples francophones d'Amérique.

L'événement est organisé par la Société internationale Veritas Acadie dont l'un des objectifs est de valoriser l'histoire acadienne par des commémorations particulières, avec la collaboration de l'Association Québec-France, les Fêtes de la Nouvelle-France SAQ, l'Association acadienne de la région de Québec et la Coalition des organisations acadiennes du Québec.

D'autres détails suivront dans les médias. Entre-temps, pour toute demande d'information, prière de s'adresser à monsieur David Le Gallant, président de la SIVA, au veritasacadie@gmail.com.

_________________________
1) Revue d'histoire internationale Veritas Acadie, Acadie Presse. automne 2012, p.104-106
2) Me Christian Néron est diplômé en droit, en histoire et en sciences de l'éducation. Membre du Barreau du Québec depuis 1993, il a publié des monographies sur l'histoire des institutions et sa connaissance du droit colonial anglais l'a amené à s'intéresser aux aspects légaux de la déportation des Acadiens.
3) Voir sur Internet le texte de l'édit royal qui fait partie du domaine public.
4) Portail internet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle-France


MuseeHorreurs/horreurs.jpgHorreurs de mars 2013 - le 03/03/2013 - 23:31 par MAR
Horreurs de mars 2013
(ou le frédéric-martelisme* au quotidien)

Quelques exemples de la Collaboracheune ordinaire telle qu'elle s'affiche sur nos murs, sur nos transports et dans nos médias :
La SNCF et son OuiGO
Monoprix et son "We loves babies"


La SNCF et son Ouigo

La SNCF qui avec l'hypocrisie qui la caractérise la société publique (!) lance son nouveau service de trains à bas prix (qu'elle appelle TGV low cost !) avec un faux nom français en fait un vrai nom anglais "Ouigo". Lire également à ce sujet le billet paru dans la Nouvelle République : Franglais

ouigo.jpg

Monoprix et son "We loves babies"

Monoprix couvre les vitrines de ses magasins d'une grotesque campagne :"We loves babies" se croyant ainsi résolument moderne et pensant complaire à sa nouvelle clientèle "bobo".

babies.jpg


* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)


nouvelles2/france2-eu.jpgAmi, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ? - le 28/02/2013 - 17:41 par Albert_Salon

Ami, entends-tu les cris sourds
du pays qu’on enchaîne ?

Le service public français de l'audio-visuel sert-il la France
ou d'autres puissants intérêts ?

par Albert Salon

On lui met des chaînes, pour servir l’empire anglo-saxon et sa langue.

Surtout des chaînes de télévision. Chaînes publiques chaînes privées.

Je vais prendre ici, parmi toutes les chaînes que la propagande impériale nous fait porter avec de lourds boulets, un seul exemple : France 2, censée être publique, avec une mission de service public, c’est-à-dire d’éducation de son public et d’élévation de son niveau général d’information et de culture.

 

Prenons le "vingt-heures" :

Sur cette demi-heure de grande écoute, entre deux et cinq minutes – qui doivent coûter fort cher (à qui ?) – sont très souvent consacrées à la présentation de produits du cinéma états-unien, à leur promotion par projection d’extraits et par dialogues avec les réalisateurs ou les acteurs très pipol qui y ont trempé.

Avez-vous remarqué, au demeurant, que ce ne sont pas toujours, loin de là, les meilleurs films américains qui bénéficient ainsi de ces coups de pouce sur notre marché, au détriment de notre propre cinéma, qui ne jouit pas tout-à-fait des mêmes faveurs ?

Les vedettes invitées, appelées "stars", s’offrent complaisamment à nos regards pour, généralement, nous débiter des platitudes atterrantes.

Il y a vingt ans – car le pli est pris depuis longtemps – les invités nord-américains s’efforçaient encore d’esquisser en français un "bonsoir" ou un "merci", voire parfois la très brève excuse : "désolé, je ne parle pas bien le français". De nos jours, ils ne s’embarrassent plus de ces politesses superfétatoires et, du reste, hypocrites.

Ils sont reçus chez les vassaux qui les ont sollicités, et ils reçoivent avec quelque condescendance les hommages et l’admiration qui leur sont dus en leur qualité de représentants du peuple élu.

L’aimable petit seigneur local du vingt-heures ou la charmante présentatrice qui a réussi à les faire venir, s’en glorifie et leur sert la soupe, essaie parfois de les amener à parler de leurs liens avec la France ou la culture française. Après tout, n’est-ce pas normal ? Surtout lorsque, tel Dustin Hoffman, ils font partie de la longue cohorte d’histrions et terminators hollywoodiens qui ont reçu une haute décoration française, censée récompenser des services rendus à notre culture, à notre langue, voire à notre cinéma : Arts et Lettres, Mérite, Légion d’Honneur, dans les ors de la République, des mains du ministre de la Culture, quand ce n’est pas du Président. Souvent au grade de Commandeur, pour hisser l'Ordre et la France au niveau de la notoriété internationale des personnages-idoles ainsi perchés, aussi en vue.

Après tout, pensent peut-être les récipiendaires parfois étonnés, à peine flattés, si la vieille cocotte France veut se faire encore aimer en distribuant ses médailles, pourquoi pas ? Si cela peut lui faire plaisir…

Mais qu’elle ne s’avise pas trop de leur demander devant ses caméras s’ils connaissent et aiment ses camélias : la réponse de Dustin Hoffmann en février 2009 a été une pièce d’anthologie. Je la résume : "Oh ! Moi, vous savez, je suis d’un milieu très pauvre, mes parents ne lisaient pas, je n’ai guère eu dans l’enfance ni plus tard l’occasion de m’intéresser à la France et à sa culture !"...

 

L’autisme de ces milieux états-uniens, dans sa splendeur, et l'à-plat-ventrisme intéressé des "nôtres"...

L’Allemagne, la Hollande, l’Espagne, la Pologne, la Hongrie, sont-elles aussi indignes, aussi prodigues que la République de ces bouquets dont elle fait ainsi des fleurs fanées, dévalorisées aux yeux de ses citoyens ?

D’ailleurs, que la télévision vous montre-t-elle de ces pays ? Surtout de leurs cultures ? Voyez-vous souvent, au "vingt-heures" des présentations de leurs films ? Ne sont-ce pas des pays européens ? Ne cherchons nous pas, selon la vulgate officielle, à faire l’Europe ?

La télévision nous révèle là la vérité, le cœur du système : "Qui vous parle d’Europe ? Il faut que tous les yeux et les oreilles, tous les esprits conquis du continent européen, soient et restent fixés sur les États-Unis, sur sa langue, servent l’empire américain, perinde ac cadaver, et regardent le moins possible ailleurs".

Libre à nous – direz-vous - de ne pas regarder, d’éteindre ou de "pitonner"* ? Certes. Mais combien de téléspectateurs usent de cette liberté ? Tous les autres subissent ce détournement, ce vol éhonté d’un temps d’antenne qui leur est dû, qu’ils ont payé en principe pour avoir une information plus élevée que la bouillie de propagande vassalisante qui leur est ainsi versée.

 

C’est la France et sa langue que l’on agenouille, bat et rebat et abâtardit !

Cela va dans le même sens que la réintégration dans la structure militaire de l’OTAN, la fédéralisation de l'UE sous l'égide de l'empire, et que le passage de l'enseignement supérieur à l'anglo-américain, au "globish" pour colonisés.

 

Il faut s'indigner, hurler la révolte du citoyen sain ; il faut résister, secouer ce joug, retrouver la souveraineté de la France !"

Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien Ambassadeur.


nouvelles2/RF.jpgRéponses du Gouvernement sur le français - le 27/02/2013 - 19:24 par MAR
Nouvelles réponses du Gouvernement
sur la langue française
(février 2013)
Réponses à des questions de parlementaires sur un "mastère" intégralement en anglais et sur la place allouée à la langue française dans les institutions de l'Union européenne
Toujours quelques éléments intéressants noyés dans l'eau-de-rose administrative (le surlignage de certains passages est de notre initiative). Nous attendons toujours au delà de ces belles paroles, comme celles de François Hollande, le début d'une amorce d'action concrétisant celles-ci. MAR
 

Question écrite n° 03375 de Jacques Legendre (Nord - UMP) [JO Sénat du 06/12/2012]

M. Jacques Legendre attire l'attention de Mme la ministre de la culture et de la communication sur une violation caractérisée de la loi sur la langue française. Il a en effet pris connaissance avec surprise, dans les pages économiques d'un grand quotidien du matin, de l'ouverture à Rouen d'un mastère en management des arts (MSc in Arts management) dispensé par la "Rouen Business School", avec un programme de 15 mois à plein temps, intégralement dispensé en anglais.

Un tel enseignement, s'il est dispensé sur notre territoire par un établissement d'enseignement supérieur français viole manifestement les dispositions de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française, dite "loi Toubon".

La volonté de dispenser un enseignement destiné à former des gestionnaires culturels nécessite évidemment d'avoir une bonne connaissance de plusieurs langues et en particulier de l'anglais.

Mais vouloir systématiquement ne former qu'en anglais des acteurs de la vie culturelle est parfaitement contradictoire avec le combat pour la diversité culturelle, et donc linguistique, dont la France et le monde culturel français sont d'ardents protagonistes.

Il lui demande donc quelles actions elle compte mener pour faire respecter la loi sur la langue française, en liaison avec Mme la ministre de l'enseignement supérieur.

Réponse du Ministère de la culture et de la communication [JO Sénat du 21/02/2013]

La ministre de la culture et de la communication est consciente de la pression indiscutable exercée par l'anglais dans l'enseignement supérieur. Elle comprend parfaitement la nécessité de proposer aux étudiants, notamment étrangers, un enseignement en anglais et soutient l'ambition internationale d'un cursus tel que celui proposé par l'école de Rouen.

Mais elle juge inopportun le choix d'un enseignement exclusivement dispensé en anglais, sous couvert de modernité.

Il convient de rappeler que tout programme d'enseignement proposé en langue étrangère entre dans le champ d'application de l'article 11 de la loi du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française. En effet, cet article précise que "la langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français, sauf exceptions justifiées par les nécessités de l'enseignement des langues et cultures régionales ou étrangères ou lorsque les enseignants sont des professeurs associés ou invités étrangers".

La ministre considère qu'il n'y a pas lieu de laisser penser aux étudiants que l'anglais est la seule langue comprise à l'international. Un tel parti pris contribue à affaiblir la position du français sur le plan international et décourage tous ceux qui parient sur son avenir ou font l'effort de l'apprendre. Le recours à une langue qui n'est pas celle de nos concitoyens laisse entendre implicitement que le français aurait perdu toute fonctionnalité à l'international.

Un enseignement respectueux de notre langue, tout en étant compréhensible par les non francophones, reste préférable et ne compromettrait en rien l'image d'excellence et de dynamisme des écoles de commerce française. De concert avec sa collègue de l'enseignement supérieur, la ministre compte rappeler à l'établissement visé (Rouen Business School) les termes de la loi et lui demander de reconsidérer l'organisation linguistique de son mastère incriminé.


Question n° 12576 de Guillaume Chevrollier (UMP - Mayenne) [publiée au JO le : 04/12/2012]

M. Guillaume Chevrollier attire l'attention de Mme la ministre déléguée auprès du ministre des affaires étrangères, chargée de la francophonie, sur la place allouée à la langue française dans les institutions de l'Union européenne. En effet la place de celle-ci s'est sensiblement dégradée ces dernières années que ce soit au niveau de la communication que des documents de travail ou des publications où l'anglais prédomine. Or l'Union européenne s'était engagée à respecter l'égalité linguistique. Il lui demande ce que le Gouvernement entend faire pour que ces engagements soient respectés et pour que le français retrouve la place qui devrait être la sienne.

Réponse publiée au JO le 19/02/2013

Le traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, réaffirme plusieurs principes relatifs à la protection du multilinguisme au sein de l'Union européenne. La diversité linguistique revêt en effet pour l'Union européenne un caractère fondamental. L'Union doit en particulier permettre aux citoyens européens d'accéder à la législation et aux informations européennes dans leur propre langue.

C'est ainsi que la législation et les documents d'importance politique doivent être présentés dans toutes langues officielles. Il est vrai qu'en dépit de ces règles nécessaires au bon fonctionnement de la coopération européenne, une dégradation en termes d'accès aux documents législatifs et d'importance politiques dans les différentes langues de travail de l'Union (et notamment le français) a été observée dans certaines institutions de l'Union européenne, y compris au Parlement européen.

Bien que l'augmentation de l'activité normative européenne consécutive à l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne puisse partiellement expliquer certains retards en termes de traduction, la France déplore vivement les difficultés que peuvent notamment rencontrer les co-législateurs pour accéder aux documents de travail dans leur langue maternelle. Aussi, les autorités françaises ne manqueront pas, comme elles le font régulièrement, de rappeler l'exigence de respect du multilinguisme lors de leurs futurs échanges avec les institutions européennes. Il en va non seulement du bon fonctionnement de l'activité législative mais aussi de la crédibilité du processus de construction européenne.


nouvelles/presse.gifNouvelles de février 2013 (3) - le 26/02/2013 - 18:40 par MAR

Nouvelles de février 2013 (3)

Communauté de la Caraïbe (Caricom) : le français 2ème langue de travail (20/2) (lien)
Projet de loi Fioaraso : une capitulation pour la langue française ? (lien)



nouvelles/AN.jpgCommission d’enquête sur les dérives linguistiques ? - le 13/02/2013 - 22:03 par MAR

Le sursaut des associations pour le français relayé par des parlementaires

Six députés demandent la création d’une commission
d’enquête sur les dérives linguistiques en France

Jean-Jacques Candelier, Patrice Carvalho, Gaby Charroux, André Chassaigne, Marc Dolez et Jacqueline Fraysse, député(e)s, ont déposé le 4 février 2013 à l'Assemblée Nationale, une proposition de résolution tendant à la création d’une Commission d’enquête sur les dérives linguistiques actuelles en France, chargée de proposer des mesures de défense et de promotion de la langue française,

Lire la proposition de résolution sur le site de l'Assemblée Nationale

lire la motion de soutien de la CFE-CGC à cette demande de commission d'enquête (01/03/2013)

Emission de France Bleue Nord avec Georges Gastaud, professeur de philosophie et président de Courriel qui traite de cette commission d'enquête (21/02/2013)


nouvelles/presse.gifNouvelles de février 2013 (2) - le 07/02/2013 - 23:11 par MAR

Nouvelles de février 2013 (2)

- In memoriam Jacques Hoyaux  (11/02/2013) (lire ci-dessous)
- Semaine de la langue française : Faites vos jeux ! (lien)
- Renault racole "in english" (lire ci-dessous)
- 39e Assemblée parlementaire Francophone : avec G. Soro du 6 au 9 février 2013 (lien)


In memoriam Jacques Hoyaux  (11/02/2013)

Jacques Hoyaux, membre fidèle d'ALF depuis des années, universitaire, Sénateur honoraire et ancien ministre du Royaume de Belgique, militant wallon et français, nous a quittés ce lundi 11 février 2013.
Il se définissait comme "Libre-exaministe", et avait embrassé notre combat pour le français en France et chez lui. Un autre membre d'ALF, universitaire romaniste australien d'origine hongroise, membre de l'Académie australienne des Humanités, militant lui aussi pour le français et la diversité linguistique du monde, fait revivre en quelques lignes ce qu'était, au cœur, Jacques Hoyaux :
"Je le remercie de son amitié, une amitié qui aura duré toute notre vie d'adulte, mais plus spécialement je voudrais le remercier de l'amitié qu'il m'a témoignée quand j'ai débarqué tout seul, sans famille, à Bruxelles, à l'âge de moins de dix-sept ans, et que nous nous sommes rencontrés à l'Athénée Royal d'Uccle. Là, dans cette classe de rhétorique, à l'automne de 1947, il a pris sous sa protection le jeune étranger que j'étais, me faisant ainsi le plus beau don possible. Je lui dois non seulement ce lien humain si précieux mais aussi mon initiation à une langue et à une culture qui devaient jouer un rôle si important dans ma vie. Tout cela par un mouvement spontané de solidarité désintéressée." Pr Ivan Barko

Renault racole "in english"

Avec My Renault (sic !), Renault cherche sans doute, pour faire moderne, pour faire branché, pour faire djeune, à perdre ses derniers clients et à mourir en se faisant passer pour une société anglo-saxonne. Une société dont plus personne n'a plus rien à faire...

Les prospectus utilisés dans cette campagne sont envoyés par une division qui s'appelle Renault retail group (sic!) Tout est dit !

myrenault.jpg

 

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Il parait, mais surtout ne le dites à personne et surtout pas à Carlos Ghosn, que Renault est un groupe français, qui il y a longtemps fut un des fleurons de l'industrie française... MAR


nouvelles2/UE.jpgLa Cour de justice : le multilinguisme doit rester au cœur des procédures de recrutement des institutions ! - le 03/02/2013 - 23:05 par AnnaMaria_Campogrande

Union Européenne
La Cour de justice donne raison aux personnels et confirme
que le multi-linguisme doit rester au cœur des recrutements  !

Un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne a été publié le 27 novembre 2012 relatif à un pourvoi introduit par la république italienne a confirmé l'annulation des avis de concours EPSO/AD/94/07 et EPSO/AST/37/07 au motif que ces avis n'étaient pas publiés dans toutes les langues officielles de l'UNION, et que le choix de la deuxième langue se limitait aux langues allemande, anglaise et française.

Le tribunal a décidé l'annulation des concours susvisés, sans toutefois remettre en cause le résultat de ces concours.

Il s'ensuit selon l'appréciation de la Cour

- que conformément à l'annexe III du statut des fonctionnaires des communautés européennes, les avis de concours doivent être publiés intégralement dans toutes les langues officielles

- que l'article 1er du règlement n°1 désigne 23 langues non seulement comme langues officielles, mais également comme langues de travail des institutions de l'Union, que toute discrimination fondée sur la langue est interdite dans l'application du statut. Qu'il convient toutefois de noter que selon la Commission les trois langues les plus utilisées dans les institutions et ce depuis longtemps sont l'allemand, l'anglais et le français.

La Cour confirme donc à nouveau le bien fondé des positions défendues depuis toujours par la représentation du personnel !

Solidarité européenne soutenues par les autres OSP de l'Alliance a présenté le 5 mai 2006 au Médiateur européen une plainte dirigée contre EPSO pour non-respect selon elle des articles 27 et 28 point f) du statut, au motif que la possibilité de présenter les épreuves de recrutement des fonctionnaires et agents se limitait aux seules langues de travail que sont l'allemand, l'anglais et le français, privant ainsi les jurys de la possibilité de tester les compétences requises à l'exercice des profils recherchés, au profit de connaissances linguistiques, anticipant dès lors le jugement précité.

La Commission paritaire Commission (COPAR) a émis un avis unanime lors de sa séance du 8 novembre 2005 demandant que les QCM des concours et des sélections AC soient testées dans les langues maternelle ou principale du candidat.

Cette orientation a également reçu l'avis unanime des représentants du personnel lors des séances de la COPARCO (commission paritaire interinstitutionnelle) des 12 juin 2005 et 9 mars 2006.

Le comité central du personnel a à son tour pris position en faveur de cette nouvelle procédure.

Les institutions ont dès lors changé d'orientation et demandé à EPSO de tester les candidats pour les tests de présélection dans leur langue maternelle ou principale. C'est maintenant chose faite et la Cour confirme le bien fondé de la démarche !

Il est à signaler que la nouvelle Direction d'EPSO avait à l'époque à son tour démontré d'être sensible à ces exigences alors qu'auparavant nos prises de position avaient été qualifiées comme étant dignes des dinosaures et des études avaient été passées par EPSO afin de démontrer qu'il était désormais impossible de respecter le multilinguisme compte tenu du nombre de langues et des complexités techniques y afférentes !

Pour l'Alliance il ne s'est jamais agi de nier la complexité du contexte dans lequel les concours doivent être organisés avec des dizaines de milliers de candidats et 23 langues officielles.

Comme la Cour le confirme, conformément à l'article 27, premier alinéa du statut, le recrutement des fonctionnaires doit viser à assurer à l'institution le concours de fonctionnaires possédant les plus hautes qualités de compétence, de rendement et d'intégrité. Cet objectif pouvant être mieux préservé lorsque les candidats sont autorisés à présenter les épreuves de sélection dans leur langue maternelle ou dans la deuxième langue qu'ils considèrent maîtriser le mieux, il appartient à cet égard aux institutions de mettre en balance l'objectif légitime justifiant la limitation du nombre de langue des concours et l'objectif d'identifier les candidats ayant les plus hautes qualités de compétence.

Il convient dès lors de mettre en place des règles internes définissant le régime linguistique de manière à concilier l'exigence du statut en matière de connaissances linguistiques des candidats, vérifiées par des tests appropriés, les besoins des institutions et la mise en place de formations ultérieures à leur recrutement, favorisant une communication de qualité par ailleurs indispensable à leur bon fonctionnement.

Il est aussi essentiel d'éviter qu'à la suite de chaque arrêt mettant en cause un aspect des concours organisés, EPSO invoque la nécessité de modifier l'annexe III de notre statut ! Tout comme en ce qui concerne l'arrêt Patchitis concernant le rôle du jury, l'annexe III dans sa version actuelle n'empêche nullement aussi concernant le régime linguistique d'atteindre les objectifs qui ont été depuis toujours à la base des concours et que la Cour se limite simplement à confirmer

Les procédures de recrutement actuelles moyennant les corrections nécessaires peuvent parfaitement satisfaire à l'équilibre susmentionné dans une gouvernance claire du processus, confirmant la mission confiée à EPSO, qui est celle de simple mise en œuvre des politiques décidées par les institutions et non pas de décideur politique, encore moins en ce qui concerne l'initiative pour les modifications statutaires !

La Cour de justice donne raison à la représentation du personnel et confirme que le multilinguisme doit rester au cœur des procédures de recrutements des institutions !

Un arrêt de la Cour de justice a été publié le 27 novembre 2012 relatif à un pourvoi introduit par la république italienne a confirmé l'annulation des avis de concours EPSO/AD/94/07 et EPSO/AST/37/07 au motif que ces avis n'étaient pas publiés dans toutes les langues officielles de l'UNION, et que le choix de la deuxième langue se limitait aux langues allemande, anglaise et française.

Le tribunal a décidé l'annulation des concours susvisés, sans toutefois remettre en cause le résultat de ces concours.

Il s'ensuit selon l'appréciation de la Cour

- que conformément à l'annexe III du statut des fonctionnaires des communautés européennes, les avis de concours doivent être publiés intégralement dans toutes les langues officielles

- que l'article 1er du règlement n°1 désigne 23 langues non seulement comme langues officielles, mais également comme langues de travail des institutions de l'Union, que toute discrimination fondée sur la langue est interdite dans l'application du statut. Qu'il convient toutefois de noter que selon la Commission les trois langues les plus utilisées dans les institutions et ce depuis longtemps sont l'allemand, l'anglais et le français.

La Cour confirme donc à nouveau le bien fondé des positions défendues depuis toujours par la représentation du personnel !

Solidarité européenne soutenues par les autres OSP de l'Alliance a présenté le 5 mai 2006 au Médiateur européen une plainte dirigée contre EPSO pour non-respect selon elle des articles 27 et 28 point f) du statut, au motif que la possibilité de présenter les épreuves de recrutement des fonctionnaires et agents se limitait aux seules langues de travail que sont l'allemand, l'anglais et le français, privant ainsi les jurys de la possibilité de tester les compétences requises à l'exercice des profils recherchés, au profit de connaissances linguistiques, anticipant dès lors le jugement précité.

La Commission paritaire Commission (COPAR) a émis un avis unanime lors de sa séance du 8 novembre 2005 demandant que les QCM des concours et des sélections AC soient testées dans les langues maternelle ou principale du candidat.

Cette orientation a également reçu l'avis unanime des représentants du personnel lors des séances de la COPARCO (commission paritaire interinstitutionnelle) des 12 juin 2005 et 9 mars 2006.

Le comité central du personnel a à son tour pris position en faveur de cette nouvelle procédure.

Les institutions ont dès lors changé d'orientation et demandé à EPSO de tester les candidats pour les tests de présélection dans leur langue maternelle ou principale. C'est maintenant chose faite et la Cour confirme le bien fondé de la démarche !

Il est à signaler que la nouvelle Direction d'EPSO avait à l'époque à son tour démontré d'être sensible à ces exigences alors qu'auparavant nos prises de position avaient été qualifiées comme étant dignes des dinosaures et des études avaient été passées par EPSO afin de démontrer qu'il était désormais impossible de respecter le multilinguisme compte tenu du nombre de langues et des complexités techniques y afférentes !

Pour l'Alliance il ne s'est jamais agi de nier la complexité du contexte dans lequel les concours doivent être organisés avec des dizaines de milliers de candidats et 23 langues officielles.

Comme la Cour le confirme, conformément à l'article 27, premier alinéa du statut, le recrutement des fonctionnaires doit viser à assurer à l'institution le concours de fonctionnaires possédant les plus hautes qualités de compétence, de rendement et d'intégrité. Cet objectif pouvant être mieux préservé lorsque les candidats sont autorisés à présenter les épreuves de sélection dans leur langue maternelle ou dans la deuxième langue qu'ils considèrent maîtriser le mieux, il appartient à cet égard aux institutions de mettre en balance l'objectif légitime justifiant la limitation du nombre de langue des concours et l'objectif d'identifier les candidats ayant les plus hautes qualités de compétence.

Il convient dès lors de mettre en place des règles internes définissant le régime linguistique de manière à concilier l'exigence du statut en matière de connaissances linguistiques des candidats, vérifiées par des tests appropriés, les besoins des institutions et la mise en place de formations ultérieures à leur recrutement, favorisant une communication de qualité par ailleurs indispensable à leur bon fonctionnement.

Il est aussi essentiel d'éviter qu'à la suite de chaque arrêt mettant en cause un aspect des concours organisés, EPSO invoque la nécessité de modifier l'annexe III de notre statut ! Tout comme en ce qui concerne l'arrêt Patchitis concernant le rôle du jury, l'annexe III dans sa version actuelle n'empêche nullement aussi concernant le régime linguistique d'atteindre les objectifs qui ont été depuis toujours à la base des concours et que la Cour se limite simplement à confirmer

Les procédures de recrutement actuelles moyennant les corrections nécessaires peuvent parfaitement satisfaire à l'équilibre susmentionné dans une gouvernance claire du processus, confirmant la mission confiée à EPSO, qui est celle de simple mise en œuvre des politiques décidées par les institutions et non pas de décideur politique, encore moins en ce qui concerne l'initiative pour les modifications statutaires !

Anna-Maria Campogrande


nouvelles2/vietnam.jpgLa France se tire une balle dans le pied au Vietnam - le 03/02/2013 - 22:48 par Michel_Guillou

La France se tire une balle dans le pied au Vietnam

Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République socialiste du Vietnam, pour la création et le développement de l'Université des Sciences et des Technologies de Hanoï.

Une fois de plus, des élites françaises veulent que la France se tire une balle dans le pied. Les arguments sont connus : il n'y a pas suffisamment de francophones au Vietnam pour qu'une université puisse avoir le français comme langue d'enseignement et de plus, étant donné que, pour ces élites, l'avenir est au seul anglais, c'est d'évidence "le bon choix". Eh bien non, c'est un mauvais choix, pire, un choix dépassé. En voici quelques raisons simples et de bon sens.

Tout d'abord, il y a en Asie et en Asie du Sud-Est, non seulement dans la péninsule indochinoise mais aussi dans la plupart des pays et tout particulièrement en Chine, de nombreux francophones qui demandent à cor et à cri, sans être entendus, la création d'une université francophone enseignant en français. Rappelons, par ailleurs, que depuis les années 70, il y a eu, grâce en particulier à l'action volontariste de l'Agence universitaire de la Francophonie, la formation en Asie du Sud-Est d'une nouvelle génération de francophones par la création de classes bilingues dans l'enseignement primaire et secondaire, de filières francophones dans les universités et d'Instituts internationaux de troisième cycle (science de l'ingénieur à Phnom Penh, informatique à Hanoï, médecine tropicale à Ventiane). En Chine, la demande importante de français est un fait, comme l'atteste la mise en place de nombreux et nouveaux départements de langue française.

Il manque pour couronner le tout une université régionale d'excellence au niveau du troisième cycle, dont les diplômés seraient trilingues. Formés à l'excellence au niveau professionnel, disposant du français comme langue seconde et non comme langue étrangère, ces diplômés seront au sens plein du terme des francophones. Ils partageront des valeurs qui sont aussi celles de la République française et un sentiment d'appartenance à la Communauté francophone dont ils connaîtront l'histoire et les institutions.

La formation francophone proposée n'exclut pas l'anglais mais elle apportera l'anglais à des francophones et non le français à des anglophones, ce qui est un désastre en terme d'influence et aussi, faute de motivation des apprenants, le plus souvent un échec éducatif maintes fois constaté. Cette approche a été tentée avec succès dans plusieurs pays où le français n'est pas langue d'enseignement commune à tous. Il s'agit de former des francophones trilingues avec un signal clair aux familles : la formation d'excellence proposée est un plus pour l'emploi. Le succès de l'Université française d'Arménie à Erevan, par exemple, en apporte la preuve.

La France a tout à gagner dans cette approche qui est cohérente avec l'effort qu'elle fait en faveur du développement de la Francophonie multilatérale, conformément à l'article 87 de sa Constitution : "La République participe au développement de la solidarité et de la coopération entre les Etats et les peuples ayant le français en partage.". Dans le cas contraire, l'action bilatérale française de coopération sera en opposition avec l'action multilatérale francophone de coopération, avec pour conséquence un gâchis de l'argent public français.

Cette schizophrénie française entre les actions conduites au bilatéral et au multilatéral est particulièrement visible au Vietnam. Le multilatéral francophone, financé fortement par la France, soutient l'enseignement en français alors que la France, en bilatéral, donne priorité au tout anglais. Le projet de loi concernant le développement de l'Université des Sciences et des Technologies de Hanoï souligne cette contradiction désastreuse en terme tant d'influence de la France que de bonne gestion des fonds publics.

D'autre part, l'avenir linguistique du monde n'est pas l'anglais, langue unique, mais le multilinguisme. Certes il faut disposer d'un véhicule linguistique commun pour circuler facilement dans le "village global", mais les élites qui militent pour l'anglais langue unique font fausse route. Elles donnent une mauvaise réponse à un vrai besoin.

Tout d'abord, elles font abstraction de l'évolution vers un monde multipolaire, y compris linguistique, du fait de la montée en puissance des langues des hyper-puissances émergentes telles que la Chine, et de l'essor de langues internationales comme l'espagnol ou l'arabe.

Par ailleurs, la langue unique uniformise les modes de vie au profit de la langue choisie. Quand il s'agit de l'anglais, c'est d'autant plus grave que cette langue est non seulement la plus importante des langues véhiculaires qu'ait connu l'humanité, mais qu'elle porte la pensée unique d'essence nord-américaine. Enfin, le principe de précaution doit être rappelé. Qui peut dire quels seront les choix linguistiques du XXIe siècle alors que les États-Unis ne sont plus la seule hyper puissance ?

Il existe une alternative : le multilinguisme, qui donne accès aux mêmes possibilités. Il permet, en effet, d'acquérir la langue dominante qui, d'ailleurs, peut changer. Mais le multilinguisme n'enferme pas. Il offre une respiration vers d'autres cultures. C'est un facteur d'ouverture, un antidote au repli identitaire et au choc des civilisations et donc une composante fondamentale de la culture de la paix. Il est accessible au plus grand nombre comme le montrent les situations sociolinguistiques de nombreux pays.

Les partisans de la langue unique ont choisi le grignotage. Ils avancent leurs pions au nom du bon sens sans se préoccuper des conséquences et des autres défis posés par la mondialisation. C'est aujourd'hui ce Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République socialiste du Vietnam, pour la création et le développement de l'Université des Sciences et des Technologies de Hanoï.

On continue donc une politique qui est un échec depuis des années. Pour la France, c'est un contre-sens stratégique.

Lyon, le 24 janvier 2013
Michel Guillou
Membre de l'Académie des sciences d'Outre-mer, président du Réseau international des chaires Senghor de la Francophonie


nouvelles/presse.gifNouvelles de février 2013 - le 01/02/2013 - 09:42 par MAR

Nouvelles de février 2013

- Yves Montenay : La sclérose de l’idée européenne (01/02) (lien et ci-dessous)
- H. Carrère d'Encausse grand témoin de la Francophonie des JO d'hiver 2014 (lien)
- Expo-langues : Les langues au défi du numérique du 6 au 9 février 2013 (lien)
- Le Devoir : Pour ou contre l’impérialisme culturel anglo-américain ? (lien)


Yves Montenay : La sclérose de l’idée européenne publié sur le site des Échos (1er février 2013)

notamment pour ce passage concernant l'anglais :

(...)

Qu'est-ce qu'un nationaliste, qu'un chauvin ?

Pour le savoir ce n'est pas en France qu’il faut aller mais en Chine, en Algérie et, un cran en dessous, aux États-Unis. Mais restons en France. Ce serait quelqu’un qui tiendrait notamment à sa langue et sa culture, actuellement menacées par la bureaucratie bruxelloise, intelligemment "lobbyisée" par une Angleterre qui sait en tirer des avantages (voir les 18 milliards d'euros qu'elle en tire annuellement, du seul fait de l'usage de l'anglais d'après le rapport Grin) tout en en évitant les solidarités.

Je sais que certains estiment que l'anglicisation est inévitable, voire souhaitable, mais ils ne mesurent pas la déqualification massive, et donc les frustrations, les injustices et finalement le sous-développement que cela entraînerait, car on est plus efficace dans sa langue maternelle que dans une langue imposée. Mais la partie de notre élite qui a eu le loisir d'apprendre et de pratiquer l'anglais et qui constate qu'il est nécessaire dans son travail, ne se rend pas compte que la majorité des Français est dans une situation tout à fait opposée.

(...)

(pour lire cette tribune en entier)


nouvelles2/mesr.jpgCommunication & enseignement scientifiques en français - le 28/01/2013 - 23:04 par A_Salon

Communication et enseignement scientifiques
en langue française

Nécessité d'une politique linguistique de la recherche
Mémoire au Ministère de la Recherche
et de l’Enseignement Supérieur,
présenté par les associations

 

Télécharger le mémoire


Message accompagnant le mémoire à destination de la Présidence de la République

Monsieur le Secrétaire Général, Madame la Directrice du Cabinet du Président de la République, Messieurs

L'avant-projet de loi portant réforme de l'enseignement supérieur, élaboré sous la responsabilité de Mme Geneviève Fioraso, contient une disposition qui réduit gravement le rôle du français comme langue d'enseignement dans nos universités et grandes écoles.

Aux termes de la loi n°665 du 4 août 1994, dite "loi Toubon", votée en application de l'article 2 de la Constitution modifiée, le français est la langue de l'enseignement, des examens et des concours.

Quelques exceptions de faible portée prévues par cette loi permettent toutefois, dans des cas précis, d'offrir des cours et conférences dans des langues étrangères.

Les partisans d'un véritable passage du français à l'anglais comme langue d'enseignement dans nos universités et grandes écoles ne se satisfont pas de ces quelques exceptions.

Ils essaient depuis des années de contourner la loi Toubon, faute de pouvoir obtenir son abrogation.

L'avant-projet de loi portant la réforme souhaitée par le gouvernement leur donnerait satisfaction puisqu'il insère un article - un de ses tout premiers - qui étendrait considérablement les exceptions, au point d'équivaloir en pratique à une abrogation discrète de la loi Toubon en matière d'enseignement supérieur.

Nos associations de défense et de promotion du français et de la Francophonie considèrent que cette démarche du MESR est contraire aux discours du Président et de plusieurs ministres de son gouvernement, et surtout à nos intérêts fondamentaux rappelés dans l'important Mémoire joint de 7 de nos associations, adressé à tous les responsables et milieux concernés.

Laisser filer notre enseignement supérieur à l'anglais, après avoir laissé filer les brevets européens sous le gouvernement précédent, c'est opérer le principal basculement de la France dans la sphère impériale mondialiste, et abandonner ce qui fait sa personnalité, sa force républicaine, l'unité de sa Nation, son rayonnement extérieur et la construction mondiale de la Francophonie.

Laisser - a fortiori faire - voter ce texte, qui donnerait au monde pour notre langue, la France et la Francophonie, un signal très clair de basculement de l'être vers le non-être, serait sans conteste une redoutable forfaiture.

La démarche en cause ne peut donc pas, à nos yeux, être celle de l'ensemble du gouvernement, encore moins du Président.

Nous pensons qu'il s'agit là d'une tentative de certains milieux mondialistes d'amener - en ricanant sous cape - ce gouvernement et cette majorité à couronner par une loi les efforts du précédent gouvernement, les rêves américains et anti-loi-Toubon des Valérie Pécresse, Richard Descoings, Pierre Tapie (tous "lauréats" successifs du prix annuel de l'académie de la "Carpette anglaise"), pour mieux inféoder la France à la finance impériale mondialiste.

Toutes nos associations françaises et québécoises de défense et de promotion du français et de la Francophonie, et non pas seulement les sept porteuses du Mémoire joint, demandent - à travers vous - au Président de la République de trancher, à son niveau qui est le seul approprié, cette question éminemment politique, avant que le projet de loi ne soit présenté au Parlement et - a fortiori si la loi venait à être votée avec cet article incriminé - avant un éventuel recours au Conseil Constitutionnel, sur

le fondement de l'article 2 de la Constitution de 1958, tel qu'il fut modifié en 1992 par l'ajout : "La langue de la République est le français".

Nos associations savent bien que, dans ce domaine comme dans d'autres où le recours souhaité à un referendum paraît exclu tant la réponse du peuple est redoutée, il faut trouver d'autres voies pour faire remonter politiquement la vox populi.

C'est le sens de la campagne lancée il y a quelques mois en faveur du français par 40 associations - les quarante qui avaient au printemps 2012 demandé aux candidats à la Présidence de la République, puis aux candidats à la députation, de souscrire "10 engagements" pour notre langue.

Cette campagne "Communes de France pour la langue française" vise à rassembler assez de votes de notre manifeste franco-québécois par des conseils municipaux dans toute la France pour équivaloir, en fin de compte, à un referendum d'initiative populaire. Nous escomptons son succès avant les élections municipales de 2014.

Mme Geneviève Fioraso a été la première saisie de notre démarche. Notre lettre de saisine est reproduite ci-dessous.

Elle a été adressée en copie à Mmes Aurélie Filippetti et Yamina Benguigui.

Les parlementaires vont être saisis à leur tour.

Divers mouvements français et québécois, et des médias, suivront.

Au nom des sept associations signataires de l'important Mémoire joint, dans l'espoir que vous voudrez et pourrez empêcher le vote de cette très large ouverture de nos universités et grandes écoles à l'enseignement en anglais, en substitution progressive et rapide au français, nous tous vous prions d'agréer l'expression de notre considération inquiète.

Albert Salon, docteur d'État ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur dans l'Ordre national du Mérite, président d'Avenir de la langue française.


nouvelles/presse.gifNouvelles de janvier 2013 (2) - le 21/01/2013 - 09:28 par MAR

Nouvelles de janvier 2013 (2)

- Semaine de la langue française et de la Francophonie du 16 au 24 mars 2013 (lien)
DGLF : publication de nouveaux termes officiellement recommandés  (lire ci-dessous)
- Une Communication d'Yves Montenay  : "La pyramide des langues" (lien)
- La Liberté (Fribourg) : Franglais, quand tu nous tiens ! (25/01) (lien)
- Le "Club Med" traite ses clients fidèles de "Great members ! " (lien)
- Nouvelle émission sur TV5 monde : Destination francophonie (11/1) (lien)


DGLF : publication de nouveaux termes officiellement recommandés 

La Commission générale de terminologie et de néologie a publié de nouvelles listes de termes au Journal officiel en janvier 2013.

Parmi ceux-ci, mot-dièse très remarqué par la presse, mais aussi d'autres termes généraux très liés à l'actualité. On retiendra par exemple, achat à effet de levier (LBO) et établissement à fort effet de levier (HLI) ou en informatique, logiciel à la demande (SaaS) et matériel à la demande (HaaS) ou encore usurpation d’adresse électronique ( e-mail spoofing). [Lire les exemples plus bas]

Vous pouvez découvrir ces termes et leur définition en vous connectant à la base de données http://franceterme.culture.fr/FranceTerme dans la rubrique "Les termes publiés", à droite sur la page d’accueil.

France Terme, a par ailleurs fait l'objet d'une refonte graphique et sera prochainement intégré au portail Culture.fr, revêtira en février 2013 une toute nouvelle forme.


Quelques exemples

mot-dièse, n.m.
Domaine : Télécommunications-Informatique/Internet.
Définition : Suite signifiante de caractères sans espace commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d’intérêt et est insérée dans un message par son rédacteur afin d’en faciliter le repérage.
Note :
1. En cliquant sur un mot-dièse, le lecteur a accès à l’ensemble des messages qui le contiennent.
2. L’usage du mot-dièse est particulièrement répandu dans les réseaux sociaux fonctionnant par mini-messages.
3. Pluriel : mots-dièse.
Équivalent étranger : hashtag.

achat à effet de levier
Abréviation : AEL.
Domaine : Finances.
Définition : Acquisition d’une entreprise au moyen d’un faible apport de capitaux propres et d’un recours important à l’emprunt.
Voir aussi : établissement à fort effet de levier.
Équivalent étranger : leveraged buy-out (LBO).

établissement à fort effet de levier
Abréviation : EFEL.
Domaine : Finances.
Définition : Établissement spécialisé dans l’achat et la vente d’actifs, dont le financement repose sur une proportion importante d’endettement par rapport aux fonds propres engagés.
Voir aussi : achat à effet de levier, fonds spéculatif.
Équivalent étranger : highly leveraged institution (HLI).

flux de dépêches
Domaine : Informatique/Internet.
Définition : Suite de données générées automatiquement par un site de la toile pour permettre l’accès aux nouveautés de ce site.
Note : Certains sites proposent, sur leur page d’accueil, un bouton qui donne la possibilité de s’abonner au flux de dépêches.
Voir aussi : syndication.
Équivalent étranger : really simple syndication (RSS), RSS feed.

impression en ligne
Domaine : Informatique/Internet.
Définition : Service en ligne qui permet de faire réaliser tout type d’impression et de façonnage.
Équivalent étranger : e-printing, web2print, web-to-print.
Attention : Cette publication annule et remplace celle du Journal officiel du 26 octobre 2006.

infrastructure à la demande
Domaine : Informatique.
Définition : Prestation de service qui propose à un client l’utilisation à distance d’une infrastructure comprenant du matériel et des logiciels, et dont le coût correspond à leur usage effectif.
Note : On trouve aussi, dans le langage professionnel, le terme "infrastructure sous forme de service".
Voir aussi : informatique en nuage, logiciel à la demande, matériel à la demande.
Équivalent étranger : infrastructure as a service (IaaS).

logiciel à la demande
Domaine : Informatique.
Définition : Prestation de service proposant à un client l’utilisation à distance d’un logiciel et dont le coût correspond à son usage effectif.
Note : On trouve aussi, dans le langage professionnel, le terme "logiciel sous forme de service".
Voir aussi : informatique en nuage, infrastructure à la demande, matériel à la demande.
Équivalent étranger : software as a service (SaaS).

usurpation d’adresse électronique
Domaine : Informatique/Internet.
Définition : Pratique consistant à utiliser frauduleusement une adresse de courrier électronique appartenant à une autre personne.
. .Note : L’usurpation d’adresse électronique est le plus souvent utilisée pour envoyer en grand nombre des courriels indésirables.
Équivalent étranger : e-mail spoofing.


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