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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  

Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles/michelin.gifChez Michelin, on parle français - le 26/06/2011 - 19:20 par MAR
Chez Michelin, on parle français !

Intéressant "papier" lu sur le site Capital.fr (15/06/2011) qui tend à montrer qu'une entreprise française de taille internationale qui se respecte, peut parler français.

Extrait : "Chez le numéro 2 mondial du pneu, la règle est inflexible : la langue de travail est –et restera– le français. Peu importe que ses usines soient implantées dans dix-huit pays et ses produits commercialisés sur toute la planète. Du coup, les cadres étrangers doivent parfaitement maîtriser la langue de Molière, qu’ils travaillent à Clermont-Ferrand ou échangent avec le siège depuis les États-Unis, le Japon ou le Brésil. En tout, cela représente un bon millier de dirigeants, commerciaux, techniciens et ingénieurs.

Pour les mettre à niveau, le géant du pneu leur dispense, via des prestataires extérieurs, jusqu’à 400 heures de cours en laboratoires de langues, par "e-learning" ou sous forme de leçons individuelles. Soit 118 000 heures au total l’an dernier, la moitié du temps de formation en langues du groupe. Des piqûres de rappel sont possibles par la suite, les responsables internes évaluant régulièrement le niveau (de 1 à 4) de leurs collaborateurs. La démarche, unique au sein des grands groupes français, a valu l’an dernier à Michelin le premier Trophée du langage, récompense du ministère de l’Économie aux entreprises œuvrant pour la diffusion du français dans le monde des affaires."

lire l'intégralité du texte sur le site Capital.fr
 

Les Francophones sont descendus dans la rue ! (18/06/2011) - le 14/06/2011 - 12:52 par MAR
18 juin 2011 : Les Francophones
étaient dans la rue !
pour obtenir l’organisation d’États généraux de la langue française
et de la Francophonie
Au Panthéon et dans le Quartier Latin, à Paris, plus de 1 200 manifestants sont descendus dans la rue à l'appel à 42 associations, cercles de réflexion et partis politiques qui refusent l’étouffement de la langue française et de la Francophonie. En présence notamment de Claude Hagège, Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Aignan, Paul-Marie Coûteaux...

18-juin-2011G.jpg
La manifestation boulevard Saint-Michel avec notamment
Jean-Pierre Chevènement en tête de cortège
 


Communiqué d’Avenir de la langue française, associée à 42 associations, cercles de réflexion, et partis politiques - 18 juin 2011 : les Francophones sont descendus dans la rue.  [ voir un extrait vidéo 0'29)


Marche pour le français - 18 juin 2011 lors de son passage boulevard Saint-Michel (Paris)
 

Dans une marche très colorée au Quartier latin, à Paris, ont défilé, avec leurs drapeaux acadiens, français, haïtiens, italiens, ivoiriens, mauriciens, québécois et wallons, plus de 1 200 personnes de 32 associations dont 27 françaises, et 12 partis et cercles de divers bords.

Devant le Panthéon, les voix du sursaut furent celles des représentants de 20 associations et partis : celles de Claude Hagège, des élus Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Dupont-Aignan, Paul-Marie Coûteaux, Jacques Myard et Patrick Louis, celles des Mariannes de la République, du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France ), du Carrefour des Acteurs sociaux, des Ivoiriens de France, d’un syndicaliste italien venu de Rome, de COURRIEL et de nombreuses associations… 

- Pour dire "non à l’anglais partout".

- Pour dénoncer la super-classe mondiale qui, pour l’argent roi et l’empire actuellement anglo-saxon, détruit les nations, leurs langues et leurs cultures.

- Pour condamner telles élites de leurs pays qualifiées par Michel Serres de "collabos de la pub et du fric".

- Pour dire avec Umberto Eco que "la langue de l’Europe, c’est la traduction".

- Pour affirmer la solidarité des peuples francophones dans la défense et l’illustration de leur patrimoine commun et de la diversité linguistique et cultuelle de l’Europe et du monde.

- Pour exiger l’organisation officielle en France d’États généraux de la langue française et de la Francophonie avec toutes les forces vives de la Nation.

18-juin-2011b.jpg


Quelques photos des interventions faites avant la manifestation proprement-dite, sur les marches du Panthéon. Ces interventions avaient été précédées de la lecture de messages de soutien de l’académicien Alain Decaux, de François Bayrou, président du Modem, Jean Lassalle, député et de l'acteur Fabrice Lucchini.

Salon.jpg   Chevenement.jpg
 Albert Salon, ancien ambassadeur, président d'Avenir de la Langue Française  Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC)
 Hagege.jpg  Couteaux.jpg
 Claude Hagège, professeur au Collège de France (lire le texte de son intervention)  Paul-Marie Coûteaux, écrivain, président du Rassemblement pour l'indépendance et la souveraineté de la France (RIF)
 Dupontaignan.jpg  Altermath.jpg
 Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République (DLR)  Altermath-Nyogol-Massing, présidente du Conseil des Mariannes de la République (CMR)
 Saint-robert.jpg  Orlandi.jpg
 Philippe de Saint-Robert, écrivain, fondateur et président de l'Association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française (ASSELAF)  Lapo Orlandi, vice-secrétaire de l'Era Onlus, association pour la démocratie linguistique (Italie)


 


Extrait vidéo de la manifestation (0'29)

Le compte-rendu de l'AFP (sur le site Figaro.fr) (18/06/2011)

L'appel à la manifestation


Le texte de l'intervention de Claude Hagège

Claude Hagège, chercheur en langues, et amoureux de leur diversité. Oui, leur diversité, leur multiplicité. Car, sachant que lorsque l’on s’organise en marche, on le fait pour quelque chose en cela même qu’on le fait contre quelque chose, le projet pour lequel nous allons marcher, ce sont les pensées multiples, qui forgent l’universel. Et la cible contre quoi nous allons marcher, c’est la pensée unique ! Laquelle ? Eh bien, au-delà de toute politisation, la pensée néolibérale, articulée sur le seul profit, et s’exprimant en anglais. Qui nous le dit ? Ce sont, notamment, les représentants de l’opinion éclairée des pays anglophones eux-mêmes, oui, nos amis américains, britanniques et autres, parfaitement solidaires de notre action et conscients de sa nécessité !

Pourquoi la langue française, qui conduit le même combat que l’allemand, l’espagnol, l’italien, le russe et d’innombrables autres langues, est-elle plus particulièrement investie de cet honneur de porter haut l’oriflamme de l’universalité ? Chacun en connaît la raison : c’est parce que c’est la langue française qui a donné voix pour le monde, en 1789, à la Déclaration des Droits de l’Homme, inspirée des idéaux élevés de ces grands hommes auxquels fut dédié le Panthéon, et pour lesquels, plus tard, David d’Angers sculpta le fronton qui nous surplombe en cet instant.

Arcboutés sur ce lieu de mémoire, nous allons marcher, il faudrait dire bondir, vers un autre lieu, où siègent des autorités étrangement sourdes au cri des 70 États et régions qui, sur les 5 continents, grondent, ou plutôt glapissent, contre la pensée unique en anglais ! Le vrombissement des masses, excédées de ce gavage, ne cesse de s’amplifier, repris en écho ici-même, en France, par des voix du Palais-Bourbon, des 5 Académies, de toutes les villes et villages. Nous demandons des États généraux de la langue française, c’est-à-dire de ce dont elle porte au loin le discours : la diversité, qui est liberté. Oui, aujourd’hui, et désormais, la langue française apporte sa participation au combat du monde pour la liberté.
haut


MuseeHorreurs/sailing-week.jpgNormandy Sailing Week - le 11/06/2011 - 10:24 par MAR
Normandie colonisée (bis) :
"Normandy Sailing Week"

Après le Comité régional de tourisme de Normandie qui nous assène un "Happy Birthday Normandie" (voir nouvelle du 30/5), la ville du Havre organise du 11 au 13 juin 2011 une "Normandy Sailing Week" !

Sans plus de commentaires, laissons parler un citoyen qui a envoyé une lettre de protestation au maire du Havre, Édouard Philippe et aux organisateurs de la manifestation. Lettre qui analyse bien l'affaire. Voir également plus bas, la réponse convenue et servile de l'organisateur (Manfred Ramspacher) dont le contenu peut se résumer à : "la culture française n'est bonne que quand elle devient anglo-saxonne" MAR

Envoyé : dimanche 5 juin 2011 19:34
Objet : Semaine de la voile en Normandie
 
Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,

Les rues du Havre se sont pavoisées depuis quelques jours de drapeaux "Normandy Sailing Week*". S'agit-il d'un événement organisé par une société des régates britannique, américaine ou australienne, cherchant à profiter des qualités nautiques exceptionnelles du Havre ? Non, les organisateurs sont bien français, les partenaires de l'événement sont essentiellement locaux (la ville du Havre, la presse havraise...) et cette épreuve est "la 1ère du Championnat de France de Course au Large en Équipage".

Les organisateurs me répondront qu'il s'agit de toucher des participants qui ne sont pas français et ne parlent pas forcément français. J'entends déjà l'affirmation que "l'anglais est langue universelle". A ce truisme, je rétorquerai que les participants étrangers se doutent bien qu'en France, on parle français, et, qu'avec le logo, le sens de l'expression "la semaine de la voile en Normandie" est évident, qu'un certain nombre d'entre eux participent à cette épreuve autant pour des raisons nautiques que par intérêt pour notre pays et notre culture. J'ajouterai que, par ailleurs, la langue la plus pertinente pour toucher une cible est encore la langue de cette cible (B.A. ba du commerce) et donc que si les navigateurs anglo-saxons méritent de recevoir une communication dans leur langue, d'autres nations non anglophones émergent dans ce sport et méritent aussi toute notre attention.

Il faut donc bien se rendre à cette conclusion : les organisateurs de cette épreuve ont été contaminés par cette pseudo-élite qui ne croit plus à l'avenir de notre langue et de notre culture. C'est d'autant plus surprenant que la Municipalité a soutenu l'implantation d'une Alliance française au Havre et s'est remarquablement impliquée pour la réussite de la semaine de la langue française et de la francophonie en mars dernier.
 
J'espère que mes remarques nourriront votre réflexion et j'adresse malgré tout, mes voeux de succès à cette nouvelle édition de la semaine de la voile en Normandie.

(*Certes, on peut lire en dessous en tout petit, "semaine de la voile en Normandie". Les organisateurs se sont-ils souvenus que les manants français ne sont pas obligés de savoir l'anglais ou l'ont-ils fait simplement pour respecter la législation qui protège notre langue et ses usagers ?)
Éric Charnay

De : Sirius Evenements (contact@sirius-events.com)
Envoyé : lundi 6 juin 2011 09:05

Objet : RE: Semaine de la voile en Normandie

Cher Monsieur,

Le repli sur soi n’a jamais été un facteur de développement de la culture française ;
celle-ci n’a jamais été aussi forte et universelle que lorsqu’elle allait à la rencontre de l’autre.

A bon entendeur.

Manfred Ramspacher
Gérant de la société Sirius Evenementsorganisatrice et créatrice de la manifestation

nouvelles/pecresse.jpgValérie Précesse : oui à la démission nationale ! - le 10/06/2011 - 08:55 par MAR
Valérie Précesse : oui à la démission nationale !

Dans un réponse à une question écrite, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche dont la titulaire n'est autre que Valérie Précesse (carpette anglaise 2008) persiste et signe et se vante du fait que "De très nombreux cours ainsi que certaines épreuves d'examen sont en langue étrangère."
Cette soumission générale de l'enseignement supérieur à ses maîtres anglo-saxons est en violation flagrante de la Constitution qui dans son article 2 stipule que "La langue de la République est le français." et de la loi du 4 août 1994 qui dans son article 11 affirme que "La langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français".
Les auteurs de cette déclaration et de ces violations manifestes de la légalité, en d'autres lieux, en d'autres époques, en un mot dans un pays qui respecterait ses lois et surtout sa dignité, devraient être traduits devant la Haute-Cour de justice. MAR

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Question n° : 100027     de M. Christian Estrosi ( UMP  - Alpes-Maritimes )     Question écrite
Ministère interrogé > Apprentissage et formation professionnelle     Ministère attributaire > Enseignement supérieur et recherche
Rubrique > enseignement supérieur     Tête d'analyse > programmes     Analyse > écoles d'ingénieurs
Question publiée au JO le : 15/02/2011 page : 1386 - Réponse publiée au JO le : 07/06/2011 page : 6070
Date de changement d'attribution : 08/03/2011

Texte de la question

M. Christian Estrosi interroge Mme la ministre auprès du ministre du travail, de l'emploi et de la santé, chargée de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur la proposition formulée dans le rapport de l'institut Montaigne intitulé « Adapter la formation de nos ingénieurs à la mondialisation » et consistant à généraliser les cours en anglais et communiquer sur l'internationalisation des écoles. Il lui demande donc son avis sur la proposition.

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Texte de la réponse

La formation dispensée en écoles d'ingénieurs comporte l'utilisation de nombreuses sources et supports rédigés en langue anglaise. De très nombreux cours ainsi que certaines épreuves d'examen sont en langue étrangère. Par ailleurs, l'acquisition d'un diplôme d'ingénieur exige l'obtention par chaque élève d'un niveau au moins équivalant à 750 points à l'examen du TOEIC en anglais.

Enfin, les écoles d'ingénieurs développent de très nombreuses actions de dimension internationale qui se matérialisent par des échanges d'enseignants et d'élèves, l'organisation de stages à l'étranger et la possibilité offerte aux étudiants de suivre une partie de leurs cours dans un autre pays, voire une ou deux années complètes dans le cadre d'un double diplôme comme c'est le cas, par exemple, à l'EPF en liaison avec la Fachochschule de Munich.

Le ministère de la culture s'intéresse enfin au français... - le 08/06/2011 - 12:05 par MAR
Le ministère de la culture s'intéresse enfin au français
dans les jurys internationaux exerçant en France
Suite à une question écrite de Jacques Legendre du 31 mars concernant le "non-usage du français au jury des projets d'initiatives d'excellence éligibles au grand emprunt" en violation de la Constitution, le ministère de la culture reconnait le caractère anormal de l'obligation de postuler en anglais sous prétexte que le jury serait international. Enfin un début de réaction digne d'un pays indépendant ! En espérant que ces bonnes intentions seront suivies d'effets.
Cette prise de position est
hélas assortie du bla-bla habituel sur la nécessaire maîtrise de l'anglais par les chercheurs. Affirmation dont on ne voit d'ailleurs pas le rapport direct avec cette question de principe qui est qu'un jury statuant en France pour l'attribution de fonds venant d'un emprunt français doit entendre les candidats en français. MAR

Question écrite n°17886 de M. Jacques Legendre (Nord - UMP) publiée dans le JO Sénat du 31/03/2011 - M. Jacques Legendre attire l'attention de M. le Premier ministre sur le non-usage du français au jury des projets d'initiatives d'excellence éligibles au grand emprunt.

Un jury international examine actuellement les projets d'initiatives d'excellence qui pourront être éligibles au grand emprunt.
Il est surprenant d'apprendre que le support de l'intervention des représentants des universités françaises devant ce jury doit être préparé en anglais parce que " le jury est international".

À juste titre, la Conférence des présidents d'université s'en est émue. Elle demande que "les porteurs d'initiatives d'excellence puissent exprimer dans leur langue toutes les nuances, les complexités, les ambitions des projets qui vont dessiner la carte de la France scientifique de demain… sans que soit mise en doute la vocation de la langue française à exprimer une modernité scientifique intelligible au-delà de nos frontières".

À la suite de cette prise de position, la possibilité de recourir à un service de traduction a été accordée mais le recours à l'anglais reste recommandé.
Chacun admettra que le jury international doit pouvoir comprendre ce qu'il a à examiner. Mais la seule disposition, conforme à la loi française et au bon sens, est évidemment que les Français puissent s'exprimer en français et que la traduction de leurs propos soit assurée.

Il lui demande quelles initiatives il compte prendre, en cette semaine où dans le monde entier, on célèbre la francophonie pour faire respecter chez nous la loi sur la langue française, tout en assurant aux scientifiques étrangers la possibilité de nous comprendre.
Transmise au Ministère de la culture et de la communication

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Réponse du Ministère de la culture et de la communication publiée dans le JO Sénat du 2/06/2011

Les candidats aux projets d'initiatives d'excellence éligibles au grand emprunt ont été informés que, compte tenu du caractère international du jury, ils devaient préparer leur support d'intervention en anglais, l'utilisation de cette langue étant par ailleurs fortement recommandée pour la présentation proprement dite du projet ainsi que pendant toute la durée des échanges.

Cette décision n'était pas conforme à notre cadre constitutionnel et légal, à l'application duquel il revient au ministère chargé de la culture de veiller. Plusieurs décisions du Conseil constitutionnel, en particulier la décision n° 99-412 sur la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, précisent en effet que l'« usage du français s'impose aux personnes morales de droit public et aux personnes de droit privé dans l'exercice d'une mission de service public ; que les particuliers ne peuvent se prévaloir, dans leurs relations avec les administrations et les services publics, d'un droit à l'usage d'une langue autre que le français, ni être contraints à un tel usage ; que l'article 2 de la Constitution n'interdit pas l'usage de traductions ».

Le fait de contraindre à l'usage d'une langue autre que le français, dans le cadre d'un programme " investissements d'avenir", dont le Commissariat général à l'investissement est le principal opérateur, contrevenait manifestement à la volonté du législateur. Consciente des risques inhérents à cette pratique, la Conférence des présidents d'université a dès lors effectué une mise au point en demandant que les porteurs d'initiatives d'excellence puissent "exprimer dans leur langue toutes les nuances, les complexités, les ambitions des projets qui vont dessiner la carte de la France de demain". Elle a, ce faisant, exprimé sa confiance dans la capacité de la langue française à exprimer "une modernité scientifique intelligible au-delà de nos frontières".

Cette position sans ambiguïté conforte les efforts conduits par le dispositif interministériel d'enrichissement de la langue française pour doter notre langue des ressources nécessaires à l'expression des réalités du monde contemporain, dans toutes les disciplines des sciences et des techniques. Devant l'émoi suscité par cette décision dans la communauté scientifique, des dispositions ont été prises par l'Agence nationale de la recherche pour permettre aux porteurs de projets de s'exprimer en français, via un dispositif de traduction. Cette mesure permet de rendre effective la garantie apportée par notre droit de permettre à tout chercheur de s'exprimer en français ; le Gouvernement rendra compte des conditions de son application dans le rapport sur l'emploi de la langue française qu'il remettra aux assemblées le 15 septembre prochain.

Plus généralement, il convient d'observer qu'inciter des candidats, dans un processus de sélection, à recourir à une langue autre que celle de la République (leur droit à l'expression en français fût-il reconnu) pourrait créer entre eux une inégalité de traitement. Dans un dispositif administré par la puissance publique - différent par nature d'un colloque ou d'un séminaire dans lequel un chercheur vient exposer les résultats de ses travaux devant ses pairs - ouvrir à ceux qui le souhaitent la possibilité d'une expression dans une langue autre que le français pourrait introduire, devant un jury sensible à l'emploi de la langue dite "globale", une inégalité entre des candidats qui, à qualité de dossier équivalente, présenteraient leur dossier en français et d'autres qui le feraient en anglais, voire entre ceux qui le feraient avec une expression parfaite en français et ceux qui le feraient dans un anglais médiocre, mais compréhensible par le jury.

Seul un recours au français de plein droit et généralisé à tous les candidats, accompagné, si nécessaire, d'un dispositif de traduction, serait susceptible de lever cette ambiguïté, en créant une égalité de fait - et non plus seulement de droit - entre les candidats. Sans doute une telle mesure, pour souhaitable qu'elle soit, se heurterait-elle au poids prépondérant pris par la langue anglaise dans la recherche - plus manifeste d'ailleurs dans les sciences exactes que dans les sciences humaines et sociales : force est de constater qu'il est nécessaire aux chercheurs de maîtriser cette langue, ne serait-ce que pour qu'ils puissent communiquer entre eux par-delà les frontières. Il n'en reste pas moins que des garde-fous sont indispensables pour permettre l'expression en français de tous ceux qui souhaitent recourir à notre langue et il revient à l'État, garant de la cohésion de notre pays et de l'égalité entre les citoyens, d'y veiller.


MuseeHorreurs/hbn.jpgLa Normandie se rêve en colonie anglo-saxonne - le 30/05/2011 - 08:36 par MAR
La Normandie se rêve en colonie anglo-saxonne

Pour célébrer le 1 100ème anniversaire de la Normandie, le Comité régional de tourisme de Normandie a choisi un slogan aussi imaginatif que : "Happy Birthday Normandie". Avec donc l'approbation, au moins tacite, des conseils régionaux de Haute et Basse-Normandie (présidés par Alain Le Vern et Laurent Beauvais). La tentation du colonisé fait encore rage. Pour avoir l'air moderne, le colonisé se croit obligé d'adopter les mœurs et la langue du colonisateur... (voir aussi la lettre de JP Busnel au Comité régional de Tourisme en Normandie, ci-dessous)

Happy Birthday Normandie
Le plus frappant est la lettre qui suit, envoyée par le CRTN signée par Jean-Louis Laville directeur, suite à la protestation d'un citoyen. C'est une réponse typique de l'esprit colonisé qui se répand un peu partout.

Quelques points :

- utiliser l'anglais est une "signature dynamique" traduisons : ce qui est en anglais est beaucoup mieux que ce qui est écrit en français. [nous pauvres français, sommes capables de parler la langue de nos maîtres]

- ce slogan n'est pas vraiment en anglais mais elle est surtout en anglais langue universelle. le colonisé s'approprie la langue du colon. [comme on aime la langue de nos bons maîtres]

- ensuite ce bon Monsieur (Jean-Louis Laville) nous assure que "Normandie dans notre signature s’écrit évidement en français". Trop bon Jean-Louis ! Normandie écrit en français ! Un peu dur pour ces pauvres anglo-saxons qui vont être perdus (un mot à apprendre...) [un mot, c'est pas grave ? dis mister ?]

- enfin : "anniversaire de la Normandie est aussi l’occasion d’un signe d’amitié aux touristes"  c'est bien connu les touristes viennent en Normandie pour qu'on leur parle anglais, c'est ça la Normandie, c'est ça la France ! [tu seras comme chez toi, mister !]

La servilité dans toute sa splendeur !

Rappelons d'ailleurs que ce logo ne concerne pas qu'une campagne destinée aux pays anglo-saxons, mais à la France également. Ceci ne donne vraiment pas envie de visiter cette Normandie vassalisée...
________________________________________________________
Objet : Votre remarque sur Happy Birthday Normandie
Date: Mardi 17 mai 2011 14:12:07 +0200
de : h.melingui@normandie-tourisme.fr

Monsieur,

J’ai bien reçu votre e-mail vous indignant de la signature que nous avons retenue pour commémorer le 1 100ème anniversaire de la Normandie "Happy Birthday Normandie".

Nous avons choisi cette expression pour deux raisons. En premier lieu, nous cherchions une signature dynamique car, dans un monde de communication, se faire entendre suppose d’étonner, de surprendre, et nous avons la conviction qu’ "Happy Birthday Normandie" apportait à "Bon anniversaire Normandie" ce petit plus.

En second lieu, cette expression est certes en anglais mais elle est surtout en anglais langue universelle, parce que la Normandie, depuis le 6 juin 1944, est une des très rares régions connues dans le monde entier. Au-delà de nos amis britanniques, l’anniversaire de la Normandie est aussi l’occasion d’un signe d’amitié aux touristes qui, venant du monde entier, visitent la Normandie.

J’ajoute que Normandie dans notre signature s’écrit évidement en français.

J’espère que vous considérerez ces arguments et je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sincères salutations.

Jean-Louis LAVILLE
Directeur du C.R.T de Normandie
jl.laville@normandie-tourisme.fr

Assistante : Sylvie BOULANGER (
s.boulanger@normandie-tourisme.fr)

Comité Régional de Tourisme de Normandie
14 rue Charles Corbeau
27 000 EVREUX
Tél : 0 (33) 2 32 33 67 67 - Fax : 0 (33) 2 32 31 19 04

________________________________________________________
Lettre de Jean-PIerre Busnel au Comité régional de Tourisme en Normandie

Bonjour Monsieur,

Sur le site de l'association Avenir de la langue française, je viens de lire le texte d'un courrier en date du 17 courant que vous avez rédigé, au nom du Comité régional de Tourisme en Normandie, en réponse à une protestation, parfaitement légitime, que vous avez reçue à propos de la dénomination qui a été choisie, "Happy Birthday Normandie", pour le 1 100ème anniversaire de cette région.

Je ferai tout d'abord remarquer qu'en bon français on ne commémore pas un anniversaire, comme il est dit dans cette lettre, ce qui est un pléonasme, mais qu'on le célèbre.

Pour essayer de justifier cette concession à la mode de l'anglomanie ambiante, vous écrivez notamment ceci : "nous cherchions une signature dynamique car, dans un monde de communication, se faire entendre suppose d’étonner, de surprendre, et nous avons la conviction qu’ "Happy Birthday Normandie" apportait à "Bon anniversaire Normandie" ce petit plus". Ainsi, on ne pourrait plus se "faire entendre", désormais, qu'en utilisant des mots anglais ! Ce n'est donc pas le bilinguisme qui est préconisé, comme le font, plus ou moins explicitement, tant de dirigeants économiques et politiques, mais, apparemment sans le moindre état d'âme, la mise à l'index de la langue française.

Ce discours est celui que tiennent régulièrement les publicitaires et autres commerciaux qui veulent imposer l'anglais à la société française parce qu'ils pensent, à l'heure de la mondialisation, que cela facilitera leurs ventes. Cela me fait penser à ce qu'écrivait l'écrivain, linguiste et professeur René Étiemble (1909-2002), ancien élève de l'école normale supérieure, agrégé de grammaire, ardent défenseur de la langue française, dans son célèbre "Parlez-vous franglais ?" publié en 1964 (à noter que René Étiemble avait enseigné à Chicago et qu'il avait une connaissance approfondie de la langue anglaise, bien supérieure à la très grande majorité des anglomaniaques contemporains). En voici un extrait : 

"Depuis qu'elle (la publicité) a remarqué qu'on vend mieux un objet en lui donnant un  nom qui sonne, ou qui paraît yanqui, elle pourrit et s'efforce de détruire la langue française. Au lieu d'occuper le rang que lui assigne toute civilisation qui se respecte, le dernier, pourquoi le marchand, quand il règne, ne tournerait-il pas ses regards, son espérance, vers le seul pays où l'empire de l'argent se manifeste dans toute son insolence, le seul où nul souvenir de monarchie, nul recrutement des élites au concours, nulle considération pour les arts et le savoir ne tempèrent la tyrannie de l'argent ? ... Un homme dont le métier consiste à n'employer que superlatifs imposteurs et à remplacer progressivement tous les mots français par le mot yanqui correspondant, voilà qui, en France, réclame le pouvoir suprême !"

De la Normandie, je connais surtout le département de la Manche pour y avoir fait une partie de mon service militaire à Saint-Lô, comme aspirant au 512ème GET (unité dissoute depuis). L'actuelle publicité du Comité régional de Tourisme en Normandie n'est pas de nature à m'inciter à y retourner en touriste.

Veuillez croire, Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.
Jean-Pierre Busnel

nouvelles/presse.gifNouvelles diverses de mai - le 25/05/2011 - 23:21 par MAR
Nouvelles diverses de mai
L’Association internationale francophone des aînés (AIFA-France), liée au Groupe AG2R La Mondiale, lance son prix littéraire biennal. (20/5) (lire ci-dessous)
Luc Chatel qui veut imposer l'anglais dès la maternelle ne sait même pas faire une règle de trois destinée au CM2 [suivre le lien]
Langue française : l'Égypte et l'OIF signent un accord de coopération (29/4) [suivre le lien]
2 courriers intéressants lus dans Le Monde (8 mai et 15 mai) (lire ci-dessous)

L’Association internationale francophone des aînés (AIFA-France), liée au Groupe AG2R La Mondiale, lance son prix littéraire biennal.

Appel à participation 
2ème Prix littéraire de l’AIFA-France - édition 2012

L’AIFA-France (Association Internationale Francophone des Aînés), soutenue par le Groupe AG2R La Mondiale, a créé en 2010, avec le concours de l’association Avenir de la langue française, un Prix pour valoriser la création littéraire des retraités.

Le prix récompense un ouvrage littéraire (fiction, roman, nouvelle, essai, mémoires) écrit en français et n’ayant jamais été publié.

La date limite de participation est fixée au 31 octobre 2011.

Les textes doivent être envoyés à : aifa.france@yahoo.fr
ou : AIFA-France  - chez AG2R La Mondiale - 104-110 boulevard Haussmann - 75379 Paris Cedex 08.

La remise du prix aura lieu entre le 19 et le 21 mars 2012.

L’AIFA-France est membre d’Avenir de la Langue Française depuis plusieurs années, et ALF fournit son nom et une partie du jury de ce prix littéraire.  [A. S.]

plus de détails sur le site de l'Aifa-France

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À propos de l’AIFA…

Créée en juillet 1981, à Québec, l’AIFA, association internationale dévouée aux aînés francophones, a pris son envol lors de la IVe Rencontre des pays francophones. Ce sont des aînés du Québec, du Canada, de la France, de la Belgique, du Luxembourg et des États-Unis qui appuyèrent le projet de mettre en place cette structure internationale non-gouvernementale (OING).

L’AIFA fait partie des soixante-trois OING reconnues comme membres consultatifs de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
L'AIFA  participe avec d'autres organismes à des forums, études et recherches sur la situation des aînés.

Elle organise périodiquement des rassemblements internationaux où les aînés peuvent échanger sur des questions qui les concernent.
Elle intervient dans des pays en développement en soutenant différents projets d'aide via un programme intitulé "Aînés francophones sans frontières".

Elle publie des documents sur les aînés dont la revue trimestrielle « Maturité ».

On compte à ce jour sept sections nationales de l'AIFA en Afrique, en France et à Québec.


2 courriers intéressants lus dans Le Monde

Colonisation des esprits (lettre publiée dans le supplément Télévision du Monde (Le Monde Télévision) daté des 15 et 16 mai 2011]

Il est consternant de lire (Le Monde du 21 avril, page 2) qu'une majorité des fictions présentées sur les chaînes françaises en 2010 étaient encore largement étrangères, surtout américaines. Il s'agit là d'une colonisation des esprits consécutive peut-être aux accords Blum-Byrnes imposés à la France en 1947 par les États-Unis.

Cette mainmise sur l'imaginaire de notre population, en particulier des jeunes, me paraît dangereuse, même pour notre créativité - qualité dont notre pays, inventeur du cinéma, ne manque pas - et même si l'Audimat suit (le public prend ce qu'on lui donne). Les chaînes françaises devraient aider davantage nos créateurs.

En attendant, les petits délinquants s'adressent au président du tribunal qui les juge en lui disant (croyant bien faire) " oui, votre Honneur", comme ils ont entendu " au Far West ".Et les mauvais doublages de films " médiévaux " multiplient les " Oui, votre Majesté " (au lieu de " Oui, Sire "). S'ouvrir l'esprit en regardant des films étrangers, c'est bien, mais ce quasi-monopole revient à le fermer. Jean Hourcade

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La France républicaine agenouillée... lettre publiée dans le supplément Télévision du Monde (Le Monde Télévision) daté des 8 et 9 mai 2011]

On peut trouver que l'importance donnée par les médias, y compris le service public, au mariage du prince William est parfaitement hallucinante.
Que la France républicaine s'agenouille ainsi devant le trône britannique est proprement ahurissant.

La mise en valeur d'un système où les citoyens, dès le plus jeune âge, sont habitués à ce que certains de leurs semblables soient considérés, de par leur naissance, comme supérieurs ne lasse pas d'étonner.

Peut-être fait-il ainsi mesurer le degré de colonisation dans lequel nous sommes tombés par rapport à tout ce qui est anglo-saxon.

Marc-Antoine Renard


nouvelles/Michel-Serres2.jpgContre les collabos de la pub et du fric - le 16/05/2011 - 22:01 par Michel_Serres
Contre les collabos de la pub et du fric
Révoltez-vous, résistez faites la grève du zèle en faveur notre langue
Michel Serres dans le journal "Sud Ouest" du 9 mai 2011

L’auteur de cet article habite aux États-Unis depuis quarante ans, a enseigné sur tous les continents, a roulé sa bosse par toutes cultures, bénéficia toute sa vie des leçons d’ailleurs et d’Autrui, en mâchant le pain noir de l’exil. Amoureux des langues, il en apprécie les musiques subtiles, s’enthousiasme devant le point de vue irremplaçable que chacun porte sur les choses du monde. Ne le soupçonnez pas d’enfermement ni de nationalisme. Pourtant, au retour de dix voyages, voici ce qu’il voit :

Plus de mots anglais sur les murs de nos villes ou à la une de nos journaux que de mots allemands pendant l’occupation. Si vous voyagez en train, la SNCF vous fourre dans la poche une carte S’miles, dont la plaisanterie ne fait rire aucun anglo saxophone et par laquelle la compagnie, dite française, torpille le système métrique, adopté dans les sciences, universellement, au Point que la Nasa, récemment, faillit perdre un satellite pour s’être embrouillée dans ses propres unités archaïques.

Enseignant, vous ne pouvez prétendre, en classe, que le mot relais ne s’écrit point par un y puisque, dans toutes les gares de France, s’affiche, en gros et en rouge, cette lettre. Plus de boutiques, des shops ; un déluge de best of, de cover, de make-up…pis : des crèmes anti-âge qui révèlent la stupidité du traducteur, puisque to age signifie vieillir. En fait, ce sont des plâtras pour réparer l’irréparable vieillerie des rides.

Feuilletez maintenant l’histoire des guerres. Les vainqueurs imposent toujours leur langue aux vaincus, ce pourquoi il nous reste à peine trente mots gaulois. En Europe de l’Est, l’enseignement du russe était obligatoire. Quelle guerre nouvelle venons- nous de perdre ? Qui sont donc les collabos ?
Victorieux de la lutte pour le fric, les riches cherchent à ne pas jaser de la même manière que le peuple. Avant la guerre de 14-18, 51% des Français parlaient alsacien, breton, picard ou langue d’oc : ruraux pour la plupart.

Les langues des régions de France moururent de la mort des paysans. Au Moyen Âge, les savants, les médecins, les juristes, bref, la classe dominante parlait latin. Il fallut un édit royal pour que notre langue maternelle fût usitée en public et dans les actes officiels. Nous revenons aujourd’hui à cet état de fait.

Les riches, la classe dominante, les publicitaires, ceux qui tiennent l’espace des affiches et le temps de parole éliminent le français.
Comme d’habitude, les vainqueurs cherchent à imposer leur langage. Vous souvenez-vous de la vieille pub où un chien écoutait, obéissant, assis devant une enceinte acoustique d’où sortait la Voix de son Maître ?

La voix de nos maîtres, nous ne l’entendons plus que dans une autre langue. Et quel sabir ! Si vous saviez à quel point ces dominants ignorent le vrai, le bel anglais ! J’en ai honte devant mes amis d’outre- Manche ou d’outre-Atlantique. Du coup, la langue française, la mienne, que j’aime, devient celle des pauvres, des assujettis, nous, petits chiens obéissant à la pub et au fric.
Je vous invite à l’écrire et à la parler, fièrement, comme langue de la Résistance. Chaque fois que je reçois un message où l’on me demande un pitch de ma conférence à venir, je réponds aussitôt : qu’ès aco, lou pitch ?

Là, le Parisien, in, est interloqué. Les savants qui inventent, qui ont parfois reçu prix Nobel ou médaille Fields, disent, unanimement : on n’invente que dans sa langue, qui délivre un point de vue inédit, je l’ai dit, sur le monde. Après, on publie les résultats de la découverte dans les revues rédigées dans le sabir commun ; depuis trois mille ans, il existe, en effet, une langue de communication : normale, nécessaire, salutaire. Le patron des traducteurs qui travaillent au Conseil de l’Europe ne cesse d’affirmer que les interventions réellement originales s’y font dans les idiomes propres ; l’usage ou l’obligation de ne parler que dans la langue de communication condamne chacun à ne plus penser que dans le format, dans la correction politique, dans les répétitions indéfinies de la société du spectacle. Autrement dit, devenir bourrique.

Pour défendre le Français, espèce inventive en péril, je vous propose une stratégie d’une puissance rare. Utilisez votre carte de crédit comme bulletin de vote.
N’achetez aucun produit dont la publicité ne soit pas dite en français ou dont vous ne comprenez pas le nom ; n’allez pas voir de film dont le titre, sur l’affiche, ne soit pas traduit ; révoltez-vous contre les nouveaux collabos, entrez dans la Résistance, faites la grève du zèle, en faveur de notre langue.
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Depuis 20 ans, nous citons en toutes occasions favorables sa phrase : "Aujourd’hui, on voit plus de mots anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands sous l’Occupation !". Le 16 mars dernier, il donnait à Bercy (Finances), lors des Trophées et Mots d’Or de Patrick Samuel et Jean-Marcel Lauginie, en présence de Mme Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française, et de l’ancien ministre Jacques Toubon, une excellente conférence, très applaudie, sur ce même sujet. (voir des extraits)

Nous l’invitons à prendre la tête de notre marche, le samedi 18 juin pour la langue française et la Francophonie.


Chers lecteurs, venez tous et amenez vos proches, amis, collègues, correspondants francophones qui pourraient être à Paris ce jour-là !

Rassemblement samedi 18 juin à 14h30 place du Panthéon, pour une marche dans le Quartier latin. Relisez pour tous détails l'article "Marche du 18 juin 2011 pour la langue française et la Francophonie". Venez !

Albert Salon.

 


Horreurs de mai - le 15/05/2011 - 21:55 par MAR
Horreurs de mai
(ou le frédéric-martelisme1 au quotidien)
Quelques exemples de la Collaboracheune ordinaire telle qu'elle s'affiche sur nos murs, sur nos transports et dans nos médias : 

Photo prise à l'entrée d'un centre commercial dénommé "Grand Quartier", en périphérie de la ville de Rennes. Cette inscription publicitaire en anglais, mise en place très récemment, n'a à l'évidence, comme tant d'autres, strictement aucune raison d'être. Elle est parfaitement ridicule et ne fait que témoigner de la volonté décidément acharnée des milieux commerciaux, en l'occurrence celui des grandes surfaces, d'imposer petit à petit l'anglais en France. Jean-PIerre Busnel

food-center.jpg

La marque d'origine anglaise Mini, se croit sans doute en France en pays conquis, il faut dire qu'une grande partie de ce pays semble très contente de cette "colonization" et se vautre dedans...
 
mini.jpg

La marque d'origine autrichienne Carrera pense également qu'il faut parler anglais à tout le monde; Tous uniformes, in ingliche !
 
carrera.jpg

* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)


nouvelles/slow-time.jpgParis capitale de la servilité anglomane ? - le 03/05/2011 - 09:43 par MAR
Paris capitale de la servilité anglomane ?
 

La Foire de Paris dépend de la Chambre de commerce et d'industrie et donc indirectement de la Ville de Paris qui a son mot à dire sur sa communication. Elle a lancé son édition 2011 avec le slogan "Slow time !" agrémenté sur son site Internet du subtil "the place to be". Peu importe qu'il n'y ait aucun rapport entre le slogan et l'évènement en question, que le visiteur moyen n'y comprenne rien, il s'agit d'être anglomane et d'être colonized pour faire à la page, pour faire moderne.

Ainsi la CCI de Paris, avec la complicité de sa municipalité et de son maire Bertrand Delanoë, au lieu d'en faire un phare de la vie mondiale transforme-t-elle cette ville en sous-préfecture états-unienne avec grande fierté apparemment...

Ceci fait suite à de nombreux faits d'armes très colonisés de cette ville, par exemple : le lancement en 2009 d'un site consacrée à la vie nocturne à Paris dénommé parisnightlife.fr, l'édition Hiver 2009-2010 du journal trimestriel, "à Paris" qui parlait de l'opération lancée "à l'initiative de la Mairie de Paris" Soldes by Paris et de ses sept parcours "shopping" dont trendy et fashionworld. Sans oublier l'Office de tourisme qui remet le guide "Paris Shopping Book" et le guide des festivals de l'été édité par le Comité Régional du Tourisme Paris Ile-de-France et qui s'intitule : "Enjoy".

nouvelles/presse.gifNouvelles diverses d'avril - le 17/04/2011 - 18:48 par MAR
Nouvelles diverses d'avril
La chanson française retrouve l'inspiration (Le Figaro - 11 avril) [suivre le lien]
Nimrod, écrivain, poète et essayiste tchadien : La langue française est la seule langue par laquelle je peux lire le monde et me lire moi même. C'est mon passeport (10/4) [suivre le lien]
L'APFF alerte l'ONU pour défendre les droits des Francophones de Flandre (6/4) (lire ci-dessous)
Le français retrouve ses lettres de noblesse devant la Cour d'Alberta (31/3) [lien]

Le combat des francophones de Flandre
L'APFF veut alerter l'ONU pour défendre les droits culturels des Francophones de Flandre (Belga - 6 avril 2011)
L'Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) annonce le dépôt imminent d'un dossier auprès de l'ONU afin que celle-ci oblige la Flandre à signer au plus vite un véritable accord de coopération culturelle avec les francophones et à ratifier la convention-cadre du Conseil de l'Europe sur la protection des minorités nationales. L'APFF relève notamment que le ministre des Affaire étrangères Steven Vanackere "a tout bonnement éludé les questions communautaires" dans le rapport qui doit servir de base à l'examen périodique universel de la Belgique devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.
Pas la moindre allusion à la convention-cadre sur la protection des minorités que la Flandre refuse toujours de ratifier, à la non- nomination des bourgmestres de la périphérie et au code du logement flamand, dénonce l'association. Elle relève encore qu'après l'espoir suscité par l'annonce d'un projet de version "allégée" d'un accord de coopération entre la Flandre et la Communauté française, comme le souhaite le Conseil de l'Europe, il a fallu déchanter. La ministre flamande Joke Schauvliege a en effet précisé que l'intention n'est pas de renoncer au principe de territorialité, excluant ainsi que la Communauté française puisse intervenir en Flandre, regrette encore l'APFF. Devant cet état de choses, elle dit n'avoir d'autre solution que de s'adresser à l'ONU. Le dépôt du dossier est imminent, le temps de vérifier que les modalités imposées par la procédure soient respectées, précise l'association. (LEE)
 
Les médias s’intéressent enfin à un combat longtemps occulté : celui du français dans la partie nord de la Belgique, si proche…et si éloignée de nous. Nos amis de l’Association pour la Promotion de la Francophonie en Flandre (APFF) luttent depuis des années pour leurs droits linguistiques en Belgique flamande. Comme les Québécois, les Acadiens, Manitobains, Ontariens… au Canada, comme les Romands et les Jurassiens en Suisse, comme les Wallons mêmes chez eux, et les Français en France, ils subissent la domination mondiale de l’anglais, avec, en prime chez eux, la pression très lourde de la langue flamande. Ils vont venir le 18 juin à Paris marcher avec nos associations et divers mouvements politiques (voir notre éditorial)." [AS]

Francophonie.jpgPour une Francophonie-Puissance - le 06/04/2011 - 13:33 par Michel_Guillou

Pour une Francophonie-Puissance
Revenir aux fondamentaux par Michel Guillou

Cet article de Michel Guillou, exprime fort bien les conclusions auxquelles nos associations sont parvenues ensemble au fil des années : c’est la (troisième) Francophonie qui est l’avenir, et l’empire anglo-saxon et le mondialisme de langue anglaise qui sont devenus "ringards" !  - Michel Guillou est directeur de l'IFraMond (Institut pour l'étude de la francophonie et de la mondialisation) [AS]

Au niveau linguistique, dans tous les secteurs de la vie économique et sociale et chaque jour un peu plus, les élites françaises abandonnent leur langue au profit du seul anglais. Ainsi, de plus en plus d’entreprises françaises obligent leurs salariés à travailler en anglais, et dans l’enseignement supérieur une pression de plus en plus forte se fait sentir pour que l’anglais devienne la langue d’enseignement. Ce courant est maintenant visible, au quotidien, pour chacun des Français. Par un matraquage systématique, en particulier médiatique, on oriente les familles, non vers l’ouverture par le multilinguisme, mais vers le copié/collé anglo-saxon par l’anglais langue unique.

Au niveau géopolitique, la frilosité voire l’hostilité française, envers la Francophonie est une réalité maintenant connue de nos partenaires. Cette attitude désastreuse pour la place de la France dans le monde transcende les clivages politiques habituels gauche/droite. Elle est devenue la règle à tel point que toute personne ayant un avis contraire est considérée non seulement comme démodée et dépassée mais aussi soupçonnée d’être d’extrême droite car nationaliste.

A en croire les tenants de cette pensée unique actuellement majoritaires et activistes, la Francophonie tout comme la langue française, n’aurait aucun rôle à jouer dans l’actuelle mondialisation. Il faudrait en prendre acte et passer sans état d’âme à autre chose.
On peut comprendre, sans approuver, que la toute puissance des États-Unis, seule hyper puissance pendant ces trente dernières années, ait pu hier aveugler au point de faire croire que l’avenir verrait l’avènement d’une langue internationale unique, d’une monnaie unique et de valeur unique : celle de l’universalisme américain. Mais on ne peut accepter, par contre, que les élites françaises persistent dans l’erreur car le monde est en train de changer. Il leur faut prendre le bon train. Les "ringards" ne sont pas du côté que l’on croit.

La Francophonie dont il est question ici n’est ni la francophonie linguistique, la première, celle de la fin du 19ème siècle, ni la seconde, la francophonie senghorienne qui s’est construite difficilement et lentement après les indépendances, mais la francophonie mondialisée, la troisième francophonie qui est apparue comme pôle d’influence dans la mondialisation au début du 21ème siècle et plus précisément au Sommet de la Francophonie de Beyrouth en 2002.

Cette Francophonie dont la majorité des pays membres n’ont jamais été colonisés, est par excellence, de par la langue partagée, un des espaces du troisième dialogue, le dialogue des cultures, qu’appelle la mondialisation culturelle comme antidote aux chocs des civilisations et des religions. Ces ensembles, les unions géoculturelles, sont aux côtés des unions régionales telle l’Europe, de nouveaux pôles d’influence et d’équilibre dans la mondialisation. Ils participent pleinement au nouveau monde multipolaire en cours de constitution.

Le succès du combat mené par la Francophonie pour l’adoption en 2005 à l’UNESCO de la Convention internationale pour la diversité culturelle, témoigne de son poids spécifique et de sa puissance d’influence. Cette adoption a été obtenue avec panache, par 148 voix pour et seulement 2 contre, ceci malgré l’opposition farouche et déterminée des États-Unis.

Indiscutablement, depuis un demi-siècle, la Francophonie a fait le chemin des valeurs. Elle met aujourd’hui en avant la liberté, la solidarité, la diversité et le dialogue, valeurs issues du métissage de celles de la Révolution française et de la Civilisation de l’Universel chère à Senghor. C’est pourquoi elle est attractive comme le montre l’accroissement, de sommet en sommet francophone, l’accroissement continu du nombre de ses membres.

Outre la liberté individuelle et le dialogue, la Francophonie prône la solidarité et la diversité. Ce faisant, elle rencontre les besoins qu’engendrent les effets pervers de la mondialisation qui agrandit le fossé entre riches et pauvres et uniformise à tout va. Elle s’affirme au fil du temps un laboratoire de l’autre mondialisation : la mondialisation humaniste. Elle est devenue une puissance d’influence au service de la promotion des biens communs de l’humanité.
Quant à la langue, il faut dénoncer l’action aveugle de ceux qui veulent imposer à marche forcée partout et dans tous les domaines politique, économique, sociaux une langue unique : l’anglais. Cela pour plusieurs raisons.

Il faut d’abord prendre en compte le principe de précaution. Il semble donc raisonnable de demander aux élites françaises qui disposent d’une langue internationale parlée dans tous les continents, d’attendre, avant de la saborder en décrétant l’anglais langue unique, de voir quel sera l’avenir linguistique du monde et le choix qui sera fait dans ce siècle entre le multilinguisme et l’unilinguisme anglais.

De plus, d’évidence, le multilinguisme s’installe du local à l’international et de plus en plus comme une valeur universelle. Cette évolution découle du choix au niveau mondial de la diversité culturelle qui a pour corollaire incontournable la diversité linguistique, et du besoin, pour assurer la paix et éviter le repli identitaire, d’une ouverture culturelle évitant tout risque d’assimilation.

Pluriel au niveau national dans la plupart des pays francophones, le paysage linguistique l’est aussi au niveau international, du fait notamment du dynamisme de langues comme l’espagnol ou l’arabe mais aussi de l’émergence internationale des langues des nouveaux géants économiques comme par exemple la Chine ou le Brésil. Les États-Unis ne sont déjà plus l’unique hyper puissance et ce changement, lourd de conséquences, s’inscrit dans la durée.

Une multipolarité nouvelle, mais indiscutablement réelle, est en train de se construire. Elle concerne non seulement l’économie mais aussi le social, le culturel et le linguistique. Il n’est que de constater le développement très rapide des Instituts Confucius pour comprendre que la Chine ne renonce pas à sa langue.

Cette évolution vers la diversité linguistique généralisée porte un coup décisif au rêve de l’anglais langue unique. Rappelons que déjà dans le domaine économique et alors que les États-Unis étaient la seule hyper puissance, le dollar n’a pas réussi à être la seule monnaie du monde.

En définitive, la Francophonie et la langue française ont une place et un rôle à jouer dans la mondialisation. La première comme union géoculturelle et puissance d’influence du fait du dialogue interculturel qu’elle permet et des valeurs de son universalisme. La seconde comme langue centrale dans l’élaboration du multilinguisme mondial.

La mondialisation est donc une chance pour la Francophonie et la langue française. Reste à saisir cette chance et à élaborer pour ce faire une stratégie d’action.
Faut-il, enfin, rappeler aux élites françaises, que pour être puissante et respectée en Europe, la France doit retrouver et s’appuyer sur ses fondamentaux, c’est-à-dire, en particulier sur ses valeurs, sa langue, la Francophonie ? Ce retour aux fondamentaux, l’Allemagne le fait et avec le succès que l’on sait.

Michel Guillou

Lyon le 20 mars 2011
 


nouvelles/courrier.gifCourriers intéressants lus dans la presse - le 03/04/2011 - 19:24 par MAR
Courriers intéressants lus dans la presse
Chantez en français ! par E. Le Roux [ Le Monde -17-18 avril 2011 ] (lire ci-dessous)
L'anglais en maternelle par Jacques Costagliola [Le Monde - 3-4 avril 2011 ] (lire ci-dessous)
Renault, "Drive the change" ! par Thierry Burkard [ Le Monde - 15 avril 2011 ] (lire ci-dessous)
La vassalité de la France par Claude Weisz [ L'Humanité - 5 mars 2011 ] (lire ci-dessous)
L'anglais en maternelle, pourquoi pas le français ?  par Pierre Revret  [ fév.-mars 2011 ] (lire ci-dessous)
Langue : La diversité linguistique  par Jean-Pierre Asselin de Beauville [ Le Monde - 13-14 février 2011 ] (lire ci-dessous)

Chantez en français !  [ Le Monde supplément Télévisions - 17-18 avril 2011 ]

Il y a longtemps que les Québécois se désolent de "l'à plat-ventrisme" culturel et linguistique de nos médias devant le bien nommé rouleau compresseur anglo-saxon. Il semble que cela tourne maintenant au dénigrement et à la haine de soi, en particulier sur Radio France, à propos de la chanson française. On avait déjà compris les choix musicaux majoritairement en anglais depuis que le responsable de la programmation de France Inter a soutenu dans un "Téléphone sonne" récent, qu'en Europe, en dehors de l'Angleterre, il n'y avait que de la musique folklorique. Une nouvelle étape vient d'être franchie dans un journal du matin par la promotion pour la énième fois d'un artiste français chantant en anglais. Ce dernier en date expliquait carrément combien il était ridicule de chanter dans notre langue. Cependant, le mur du son anglo-saxon avait déjà été bien bétonné par le chroniqueur de disques du "7-9", qui déclarait à l'automne dernier : "Lui, au moins, ne tombe pas dans le conformisme de chanter en français." Décidément, notre pays est vraiment en crise.
E. Le Roux
 
Le très anglomane Directeur de la programmation musicale de France Inter s'appelle Bernard Chérèze (son intervention au Téléphone sonne date du 24 janvier 2011) et le chroniqueur colonizé s'appelle Didier Varrod. Question à ce triste sire : a-t-il déjà entendu un chroniqueur anglais ou états-unien déclarer au sujet d'un chanteur anglo-saxon : "Lui, au moins, ne tombe pas dans le conformisme de chanter en anglais."  ? On est colonizé ou on ne l'est pas... MAR

L'anglais en maternelle [ Le Monde - 3-4 avril 2011 ]

On veut sensibiliser les enfants à l'anglais alors qu'ils le sont déjà par l'anglicisation du cadre de vie et des ondes "radiotévées" dans lesquelles ils baignent depuis leur naissance. Le but n'est pas seulement d'apprendre l'anglais aux Français qui résistent mais de leur désapprendre le français. Le Français n'est plus sensible à l'esthétique de la phrase écrite ni à l'euphonie de la langue parlée.

Ils en sont à désapprendre la prononciation française des lettres dans des mots français ou francisés : le " i " prononcé "aille" dans iPhone, le "e" prononcé "i" dans e-commerce, le "u" prononcé "eu" dans buz, club et " ou " dans bull, jouin, Rouanda, Bouddha, Istamboul. On ne sait plus prononcer dam, gageure, juin, dangereux, déjeuner, coup de fusil, Ghislain, dégingandé, Bruxelles, Xaintrailles, Xynthia. On mélange l'apostrophe et le trait d'union...

L'esthétique d'une langue est dans son homogénéité. L'hétérogénéité en fait un sabir. Une langue est une manière d'être au monde, c'est votre moi profond qu'on veut changer pour réussir la mondialisation des esprits. La première arme de la mondialisation commerciale et culturelle est la mondialisation linguistique par l'anglais. La Francophonie est à abattre : l'anglais et le français sont les seules langues dont on trouve toujours un locuteur où qu'on aille dans le monde. Le français langue morte, les autres suivront.
Jacques Costagliola - Versailles

Renault, "Drive the change" ! par Thierry Burkard [ Le Monde - 15 avril 2011 ]

Dans le Monde du 15 avril, sous le titre "Chez Renault, colère de base", on apprend que le nouveau plan stratégique de l'entreprise s'intitule "Drive the change" et le vademecum destiné à l'encadrement "Renault management way".
Je croyais que Renault était encore, majoritairement, une entreprise française...
Décidément, la mondialisation, la démission devant l'anglais, le snobisme, le mépris des salariés font bien des ravages. A quand, sur ce sujet aussi, la colère de la base ?
Thierry Burkard

La vassalité de la France par Claude Weisz [ L'Humanité - 5 mars 2011 ]

Ainsi, si l’économie française n’est pas compétitive et si nous perdons des parts de marché, cela serait dû à notre ignorance de la langue anglaise  ! Pourtant, il est démontré qu’un bon produit est acheté pour ses qualités et non pour la faculté qu’ont, par exemple, les Allemands ou les Suédois à s’exprimer en anglo-américain. On peut même affirmer que c’est grâce à l’expansion industrielle de l’Allemagne, par exemple, que se développent l’apprentissage de l’allemand – souvent aux dépens du français –, ainsi que les instituts Goethe.

Tout aussi importante est la multiplication des instituts Cervantès et Confucius, ces derniers fleurissant en Afrique. Et, phénomène peu connu, les Chinois apprennent le français pour s’implanter en Afrique francophone  ! Tandis que les fondations anglo-saxonnes dans le monde entier dispensent des cours d’anglais gratuitement, notre gouvernement sabre dans les crédits aux instituts français à l’étranger, voire les ferme, tout simplement  ! De plus, nous semblons ignorer la richesse potentielle qui nous est donnée grâce à l’immigration. Nous avons de jeunes et futurs locuteurs bilingues en chinois, hindi, arabe, russe, turc, portugais, brésilien, etc.

C’est l’apprentissage de ces langues qui devrait être développé dès le primaire. Sans oublier celles de nos voisins – l’allemand, l’espagnol, l’italien. Il faut accroître le nombre et l’excellence des traducteurs et interprètes. (...) La campagne gouvernementale imposant l’anglais comme langue unique, presque maternelle, est un des aspects les plus pernicieux d’une volonté visant à la vassalité de la France à l’empire économique, financier et culturel anglo-américain. Faire croire que c’est par méconnaissance de l’anglais que notre économie est malade, que nous reculons dans les classements internationaux et que notre culture s’exporte mal est un leurre, un mensonge, une absurdité criminelle.
Claude Weisz

L'anglais en maternelle, pourquoi pas le français ? (février-mars 2011)

Le ministre de l'Éducation nationale croit être moderne en imposant l'apprentissage de l'anglais dès l'âge de trois ans en petite section de maternelle. Ne serait-il pas plutôt en retard d'une guerre en voulant imposer à nos enfants la langue d'une puissance déclinante - les États-Unis - alors que le chinois, entre autres langues, est sans doute promis à un bel avenir au XXIème siècle ? Plutôt que d'imposer l'anglais, le ministre aurait été mieux inspiré en réhabilitant l'enseignement du français (lecture, orthographe, grammaire) à l'école primaire.

Pourquoi avoir diminué les heures de français à l'école primaire au profit d'autres apprentissages, notamment d'une langue étrangère, qui auraient pu attendre ? Des élèves bien formés à l'école primaire, maîtrisant bien la grammaire française, n'ont aucune difficulté particulière à apprendre plusieurs langues étrangères dans le secondaire. Sans doute le ministre espère-t-il que les jeunes Français deviennent bilingues sans envisager que d'autres langues que l'anglais puissent être tout aussi dignes d'intérêt.
On se souvient des propos de l'ancien ministre Claude Allègre qui avait déclaré, il y a plus d'une dizaine d'années, qu'il fallait cesser de considérer l'anglais comme une langue étrangère en France. Plus récemment, en 2009, le président de la République, dans sa réforme des lycées, prévoyait un "plan d'urgence" pour les langues étrangères et envisageait "que l'on développe systématiquement l'enseignement en langues étrangères de certaines disciplines fondamentales : l'histoire mais aussi les sciences ou encore, pourquoi pas, l'éducation physique et sportive".

L'offensive actuelle pour imposer l'anglais comme langue d'enseignement et d'examens dans certaines filières de l'enseignement supérieur en France condamne à terme notre langue s'il devient obligatoire de connaître l'anglais pour faire des études supérieures dans notre pays. On peut s'inquiéter du fait que nos dirigeants politiques aient renoncé à assurer l'avenir du français et agissent souvent de façon à accentuer le déclin de notre langue. Cette dynamique au profit du tout anglais n'a-t-elle pas pour conséquence à terme la disparition progressive du français en France, avec toutes les conséquences que l'on imagine ? Pierre Revret

Cette lettre a été publiée dans le courrier des lecteurs de différents quotidiens régionaux et nationaux L'Écho de la Haute-Vienne [Limoges] (26 février), Sud-Ouest [Bordeaux] (5 mars), L'Yonne Républicaine [Auxerre] (11 mars), Le Monde [Paris] (15 mars), Le Progrès [Lyon] (17 mars), L'Indépendant [Perpignan] (22 mars).


Langue : La diversité linguistique [ Le Monde - 13-14 février 2011 ]

On ne peut qu'être inquiet et attristé de voir les Français, les Européens et le monde en général considérer que les langues étrangères se résument à la seule langue anglaise. Le journal Le Monde du 26 janvier rapporte que, pour les séjours linguistiques de leurs enfants, les Français plébiscitent les pays anglophones à hauteur de 71 %. Cela n'est pas propre à la France, et la plupart des pays suivent la même voie. Si on veut bien se donner la peine d'imaginer le paysage linguistique mondial dans un avenir proche, on peut se demander ce que sera alors devenue la diversité linguistique lorsque toute la planète s'exprimera en anglais ? Peut-on croire qu'il sera encore possible de pratiquer le français ou d'autres langues, lorsque l'anglais sera généralisé ? Il existe pourtant d'autres voies susceptibles de sauvegarder les langues, mais peu de gens semblent s'y intéresser.
Jean-Pierre Asselin de Beauville - Montréal (Québec)

nouvelles/presse.gifNouvelles diverses de mars (3) - le 31/03/2011 - 23:33 par MAR
Nouvelles diverses de mars (3)
La question d'A. Wojciechowski "progression inquiétante de l'usage de l'anglais dans la vie courante" a enfin reçu une réponse (lénifiante) (22 mars) [suivre le lien]
Lancement du sous-titrage en polonais de TV5 Monde [suivre le lien]
Manifestation à Paris contre l'invasion de l'anglais (19 mars) [suivre le lien]
Ouverture de la Maison de la Francophonie de Marseille [suivre le lien]

nouvelles/Michel-Serres.jpgViolente charge de Michel Serres - le 26/03/2011 - 19:38 par MAR
Violente charge de Michel Serres
contre ceux qui "précipitent l'occupation de la France,
  pays désormais au rang de colonie"

Il nous parait bon de revenir sur l'intervention de Michel Serres à la cérémonie des "Mots d'or et Trophées du langage" qui s'est tenue à Bercy le 17 mars 2011. Ce philosophe, historien des sciences et homme de lettres n'a pas mâché ses mots au sujet de la langue et contre sur ce qu'il considère comme une occupation.
[ voir la vidéo intégrale ] (Michel Serres y intervient à environ 1h28 du début)
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Quelques phrases extraites du début :
Une langue est un point de vue sur le monde.
C'est aussi une capacité de tout dire et de dire tout ce qu'elle ne dit pas encore. (thème de l'innovation)
Mutiler notre langue reviendrait à mutiler notre possible.
Nul n'invente que dans sa langue.
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Une grande partie de sa conclusion transcrite qui porte sur la situation de la langue en France :
Le passant de la rue est aujourd'hui assujetti, (par qui ?) à lire plus de mots anglais sur les murs de Paris qu'il n'y en avait en mon adolescence de mots allemands pendant l'occupation. Même les nazis n'osèrent imposer à la France l'allemand.
Je demande donc qui est l'occupant ? Je cherche aussi autour de moi des résistants peut-être aussi rares aussi héroïque que ceux dont on fait l'éloge mais qu'on imite plus jamais.
Entrez dans les pas perdus de Montparnasse, cette gare qui est loin d'être internationale, vous n'y trouverez aucune boutique dont le titre soit en français. Même celles qui vendent des journaux et des livres, parfois en notre langue, se désignent par un mot anglais. Essayez maintenant, en tant que professeur, d'apprendre à un élève que le mot relais jouit d'une désinence que celle qu'il voit tous les jours en prenant le train de banlieue : il se moquera de vous entouré de ses camarades tous témoins de votre erreur. Les entreprises nationales portant pourtant le mot France dans leur titre : Air France ou SNCF distribuent des cartes de fidélité de sorte que mon portefeuille ressemble à celui d'un ressortissant du New-Jersey.

La SNCF pousse même la sottise jusqu'à l'ignominie, puisqu'elle propose à ses fidèles des "Smiles" jeu de mot niais qui ne ferait même pas rire un anglosaxophone. De plus elle torpille par là, la plus grande des inventions françaises, le système métrique, l'invention française la plus mondialisée puisqu'elle repoussa en son temps les unités anglo-saxonnes en un tel rang d'archaïsme que la NASA faillit récemment perdre une navette parce que ses ingénieurs avaient confondu dans un calcul les unités savantes et les vernaculaires. [...]

Et donc mes amis américains, nombreux, se plaignent de ne plus trouver le Paris qu'ils aimaient, celui qui naguère chantait sa culture en sa langue gaiement. Qui persuade mes concitoyens aujourd'hui qu'une autre langue que la notre est porteuse d'avenir ? Qui divise les heures d'enseignement dans notre langue et les augmente dans la langue des publicitaires ? Qu'une nation veuille en assujettir une autre : elle éradique sa langue. Qu'un pays perde confiance en lui-même cela dépend toujours de sa manière de parler [...]

Vous me demandiez en commençant si la langue suivait l'économie mais vous n'aviez pas précisé quelle langue, en tout cas pas la nôtre, les titres des films ne se traduisent plus, la publicité affichée en anglais s'accompagne le plus souvent une chanson dans la même langue et quelle langue ! Une sorte de sabir qui fait frémir mes collègues et amis, locuteurs naïfs de l'anglophonie. Les dirigeants de la pub et les entreprises précipitent l'occupation de la France, pays désormais au rang de colonie. Une colonie étant un pays où il faut passer par l'apprentissage d'une autre langue pour accéder aux biens ordinaires et au savoir courant [...]

Comprenez-moi bien ! Que soit nécessaire une langue de communication mondiale, qui ne le sait ? [...] Qui ne sait aujourd'hui que les efforts pour mettre au point les machines à traduire, efforts qui sont sur le point d'aboutir, feront que nous pourront demain communiquer chacun dans sa langue comme au jour de Pentecôte.[...] [ écouter ou télécharger les 8 minutes de sa conclusion (le son) ]


nouvelles/presse.gifNouvelles diverses de mars (2) - le 19/03/2011 - 19:10 par MAR
Nouvelles diverses de mars (2)
L’ambassadeur des États-Unis invite les députés en anglais ! (voir plus bas)
Mots d'Or et Trophées du langage à Bercy (17 mars) (suivre le lien)
On gagne aussi en Suisse francophone ! (voir plus bas)
Émission sur les chanteurs français qui chantent en anglais (voir plus bas)
Plate-forme sur la Francophonie et la Mondialisation à Lyon (voir plus bas)


L’ambassadeur des États-Unis en France invite les députés français en anglais ! 
Axel Poniatowski a été choqué de recevoir de l'ambassadeur des États-Unis à Paris une invitation en anglais. Le président de la Commission des Affaires étrangères à l'Assemblée a écrit à cet ambassadeur pour lui rappeler que "l'usage, communément admis, pour toute invitation diplomatique officielle adressée à des invités français sur le territoire français" était et reste qu'elle soit rédigée en français. (Source: Paris-Match du 3 au 9 mars 2011)

L’activisme de Charles Rivkin pour son pays et sa langue, déjà avéré dans nos banlieues, où il applique avec un zèle peu commun d’encouragement au communautarisme le programme états-unien de "young leaders", ne s’arrête pas à la porte du Palais Bourbon. Il faudra peut-être un jour lancer une pétition pour demander son départ…C’est l’Empire dans toute sa morgue ! [AS]

On gagne aussi en Suisse francophone ! L'association Défense du français dont le siège est à Lausanne et qui a été fondée par J.M. Vodoz et est présidée actuellement par D. Berberat a obtenu que la Poste suisse n'inscrive pas "Postmail" sur les boîtes aux lettres officielles mais "La Poste". De même, cette dernière a-t-elle dû  rétablir l'appellation "Annuaire" en lieu et place de "Directories" qu'elle voulait imposer.
Défense du français : case postale 68, Lausanne 1001), contact@defensedufrancais.ch,

Émission intéressante sur les chanteurs français qui chantent en anglais  [suivre le lien]
Même si nous n'approuvons pas certains dérapages d'Éric Zemmour qui peuvent inciter à une forme de xénophobie voire de racisme, force est de constater qu'il était vraiment dans le vrai lors de cette émission "On n'est pas couché" du 5 mars 2011 qui l'opposait courageusement à un chanteur dénommé Medi qui s'est fait, de manière fort convenue, le chantre de l'anglais comme langue internationale. Éric Zemmour parlant de soumission à l'Empire et du fait qu'une langue modèle la pensée. Il aurait d'ailleurs pu ajouter le côté uniformisation générale de la planète engendrée par cette anglo-saxonisation de la chanson quand ses opposants n'ont que le mot planète à la bouche.

A noter également la soumission générale à ce modèle colonial des invités du plateau. Mention spéciale pour Patrick de Carolis qui s'indignait que "l'on souhaite apprendre les langues étrangères à nos enfants et l'on interdirait de chanter en anglais !" Comme ces colonisés aiment jouer les martyrs virtuels ! Il parait que ce triste sire a été Président du groupe public de télévision française  dénommé France Télévision.

Le pôle "Francophonie et Mondialisation" de l'Université Jean Moulin Lyon 3 devient une plate-forme internationale d'enseignement et de recherche sur la Francophonie et la Mondialisation.

nouvelles/presse.gifNouvelles diverses de mars (1) - le 09/03/2011 - 21:37 par MAR
Nouvelles diverses de mars (1)
La Maison de la Francophonie enfin inaugurée à Paris !  (18 mars) (voir plus bas)
Europe : Wauquiez défend le multilinguisme [suivre le lien]
Pierre Lellouche = Si c.. ! (1er mars 2011) (voir plus bas)
Richard Descoings (Sciences Po.), carpette anglaise 2009, continue à distiller son anglomanie servile ! (voir plus bas)
Grand Corps Malade en direct sur le site de TV5 (14 mars à 20h) [suivre le lien]

La Maison de la Francophonie enfin inaugurée à Paris !  (18 mars 2011)
Nos associations, ALF en tête, se sont battues pendant 12 ans pour obtenir ce regroupent, encore bien imparfait, à Paris (au 19-21 avenue Bosquet, dans le 7ème) , des principales institutions de la Francophonie multilatérale. [suivre le lien]

Pierre Lellouche = So c.. ! (1er mars 2011)
Gastronomie - Défiée à l'étranger, la cuisine française se mobilise...
Il y a urgence, selon Pierre Lellouche, secrétaire d'État au Commerce extérieur : "On peut être le pays de la gastronomie, avoir les meilleurs chefs du monde et vendre moins bien ses produits que les Allemands."
Face à "des Italiens ou des Espagnols plus agressifs et mieux organisés", le ministère a réagi en lançant la campagne "So french, so good" [sic !] à destination de douze pays cibles, avec, "en navire amiral", la haute cuisine.
Ce brillant projet concerne également des pays réputés très anglophones comme la Belgique, l'Espagne, l'Italie, le Brésil et la Russie.
 Quand le gouvernement scie méthodiquement les dernières branches sur lesquelles la France est assise...

Richard Descoings (Sciences Po.), carpette anglaise 2009, continue à distiller son anglomanie servile !
Sciences Po propose un double cursus avec l'Escola de Administração de Empresas de São Paulo. En quelle langue croyez-vous que Sciences Po affiche le programme de ce double cursus ? En anglais uniquement ! (langue bien connue de ce grand pays relégué au rang de petit vassal état-unien)

nouvelles/pierretapie.jpgUtilisons notre capacité cérébrale ! - le 09/03/2011 - 21:28 par Christian_Darlot

Contre Pierre Tapie, le boutiquier colonizateur
Utilisons notre capacité cérébrale !

Dans un article "Triplons notre capacité d’accueil !" (Le Monde 1er mars 2011), M. Pierre Tapie, au nom de la Conférence des Grandes Écoles, ambitionne de tripler le nombre d’étudiants étrangers en France et disserte sur le bénéfice escompté. Tous comptes faits, une condition serait indispensable "il faut accepter qu’une partie significative des enseignements puisse être donnée en langue anglaise et abolir la loi Toubon [sur l’usage de la langue française] dans l’enseignement supérieur".

M. Tapie est un humaniste et même un gastronome : familier des fromages, il commence par le rituel couplet sur l’art de vivre en France. L’Europe multilingue reçoit aussi son coup de chapeau, et c’est pourquoi il veut imposer une langue unique. Certes, dit-il, la France est le 3e pays du monde pour l’accueil d’étudiants étrangers, mais beaucoup sont francophones. Défaut à corriger car la compétition est rude. Selon M. Tapie, tripler le nombre d’étudiants étrangers, pour atteindre le tiers du total, aurait pour vertu d’intensifier la concurrence entre les étudiants. A cette fin, il veut que les études deviennent pour les étrangers aussi coûteuses en France que dans les pays anglo-saxons. Mais, bienveillant, il propose que les plus fortunés paient plus dans ces supermarchés universitaires, afin que des bourses soient données à des pauvres choisis "sur des critères sociaux et/ou de mérite"

L’incohérence n’arrête pas l’auteur : pour renforcer l’influence française dans le monde, il veut aligner la France sur les pays anglo-saxons. Ce discours reflète l'idéologie de marchandisation générale. Pas besoin d'être grand clerc pour comprendre les périls.
1/ Ce projet achèverait de désorganiser l'université en créant un secteur marchand et un secteur public, un secteur étranger et un secteur national.

2/ Une fois la loi Toubon abrogée, l’enseignement payant en anglais proliférerait, et des professeurs de langue maternelle anglaise seraient embauchés plutôt que des professeurs de langue française. Les familles seraient incitées à demander que l’enseignement secondaire fût donné en anglais, afin de préparer leurs enfants à l’enseignement supérieur.

3/ La destruction des restes de l'égalité républicaine aggraverait le malaise social, que M. Tapie, muré dans son milieu social, ne perçoit pas.

4/ L’enseignement en anglais sonnerait le glas de la francophonie, en indiquant clairement aux pays dont le français est la langue de communication que la France elle-même renonce à sa langue. Leurs citoyens, instruits en français, perdraient le bénéfice de leur formation, et une formidable pagaille serait mise dans l’enseignement de ces pays. Bien sûr leurs liens avec notre pays se rompraient, et le nombre d’étudiants étrangers diminuerait vertigineusement.

5/ Si un gouvernement acquis aux intérêts financiers mettait en œuvre ce projet calamiteux, l’influence de la France dans le monde disparaîtrait en même temps que sa civilisation. Or c'est le modèle de société anglo-saxon qui est en défaut, puisque la crise résulte de la domination financière, imposée au moyen du libre-échange total et même de la guerre.

Sous un discours mercantile, M. Tapie prône un bouleversement politique, se montrant ainsi bien de son temps puisque c’est sous prétexte de nécessité financière que des régressions de civilisation sont imposées depuis des années aux peuples d’Europe. Face à cette attaque, on s’interroge sur l’intention de l’agresseur. Certes, M. Pierre Tapie a besoin de se faire un prénom, mais ne s’agirait-il pas plutôt d’offrir un nouveau marché aux banquiers, celui des étudiants endettés ? D’étendre le bassin commercial de l’enseignement à la place du service public ? Au moins M. Tapie illustre-t-il la sagesse de la culture classique ; son rêve de grappiller des droits d’écolage porte aussi loin que celui de Perrette et mène au même résultat : adieu vache, cochon, couvée. Reste le veau.

Il y a un siècle, la règle du couvent des oiseaux était que la famille de chaque jeune fille aisée entretenait une pauvresse. M. Tapie (Pierre) a étudié à l’Institut catholique, mais s’est bien reconverti puisqu’on ne sache pas que concurrence et âpreté au gain fussent des vertus évangéliques. M. Tapie dit que la France est une "terre de ruptures", et c’est pourquoi sans doute il veut la rupture de la société et la ruine de l’esprit républicain.
La tradition à rompre d’urgence est celle de l’arrogance des arrivistes.

Ce qu’il faut faire est rendre toute sa place à l’enseignement des connaissances à l’école, revigorer la diffusion scientifique en français, et restaurer l’enseignement du français à l’étranger, que le pouvoir en place ruine. L’enseignement est au service du peuple, de sa clarté d’esprit, de sa cohésion, de sa volonté d’égalité et de justice. Il sert aussi la coopération entre pays francophones, comme le dit la Constitution de la République.
L’enseignement est trop important pour être confié à des directeurs de "grande école".

Christian Darlot
Citoyen français

Il est prêt à aggraver la séparation des classes sociales et à effacer la France pour encaisser ses trente deniers. M. Tapie dirige le groupe ESSEC. Que vaut un enseignement commercial auquel préside un tel boutiquier ?


nouvelles/nord.gifLa Région Nord-Pas de Calais et ses learning centers - le 27/02/2011 - 19:01 par MAR
La servilité anglomane touche tous les bords politiques
La région Nord-Pas de Calais et ses learning centers !

Pour faire moderne la région Nord-Pas de Calais, présidée par Daniel Percheron (PS), tartarine son anglomanie et nous assène : "En ces temps de révolution de l'information, les Learning Centers sont les bibliothèques du XXIème siècle. Véritable outils de demain, ces espaces permettent l'accès et la maitrise de savoirs thématiques avec une volonté forte : démocratiser le savoir pour tous." (sic !)
lien sur le site de la région

Les élus locaux semblent vouloir rattraper les Pécresse et Lagarde, carpettes anglaises 2007 et 2008, dans la course à la servilité. Et une région dite de gauche adopte la langue du capitalisme pour simuler la modernité.
Cette fois c'est un membre du Gouvernement (en général peu concerné par la langue de son pays), en l'occurence Frédéric Mitterrand ministre de la Culure, qui a émis des réserves, alors qu'il visitait l'abbaye de Vaucelles.

voir le blog de Bruno Dewaele (sur le site de la Voix du Nord) qui commente l'évènement

nouvelles/rouge-diamant.jpgL'avenir des séries françaises : devenir américaines ? - le 21/02/2011 - 23:01 par MAR
L'avenir des séries françaises :
devenir américaines ?

Deux exemples d'évolutions des séries télévisuelles : une série internationale copie conforme de série états-unienne dont le pilote à été diffusé sur  France 2 le 11 février. Et une série diffusée à partir d'octobre sur Canal +. Le tout in english. Exemples mis en exergue par un courrier des lecteurs publié dans Le Monde TéléVisions du 21 février et par un article de François Darras dans Marianne du 12 février 2011.
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Vive la diversité culturelle ! (Le Monde TéléVisions du 21 février 2011)
Phénomène intéressant que "Rouge Diamant", pilote d'une série à gros budget diffusé sur
France 2 le 11 février.

Dégoulinant de scènes mélos, complaisant étalage de la richesse états-unienne (supposée rêvée) ,
affligeantes voix de doublage...

Il aura fallu se mettre à trois pays (France, Allemagne, Canada) pour faire une copie de série américaine (tournée en anglais, aux États-Unis avec les clichés habituels...)

Notre avenir sera-t-il le choix entre les séries américaines faites par des Américains et les séries américaines faites par des Européens ? Et vive la diversité culturelle !
Marc-Antoine Renard
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La délocalisation de l'esprit  (Marianne 12 au 18 février 2011)

Prenant exemple sur le succès des séries télé américaines, Canal + a lancé "Borgia", programmé pour l'automne prochain. Cette série dite "française" sur la famille à scandale de la Renaissance est tournée en anglais (pour viser le marché américain) et en République tchèque (pour bénéficier de moindres coûts).

Fabrice de la Patellière, directeur de la fiction de Canal +, confie aux Échos : "Face à la suprématie américaine, les Européens ont une carte à jouer." Résister aux Américains en jouant la carte américaine, c'est une grande première. En fait, la chaîne cryptée invente la série à double délocalisation : délocalisation de la production (vive le dumping salarial !), délocalisation de l'esprit (vive l'Europe anglo-saxonne !)

François Darras



nouvelles/presse.gifNouvelles diverses de février - le 19/02/2011 - 19:02 par MAR
Nouvelles diverses de février
Même à Paris DSK s'exprime en anglais (19 février 2011) (voir plus bas)
Christine The Guard sévit encore : G20 à Paris en anglais (18-19 février 2011) (voir plus bas)
Mort de Jean-Marc Léger (14 février 2011) (voir plus bas)
Langue unique (4 février 2011) : Fox news censure le français (voir plus bas)
L'INED racheté par un fond de pension anglo-saxon ? (voir plus bas)
L’Organisation internationale de la Francophonie s’installe 19-21 avenue Bosquet (Paris VII)
Crétinerie angevine ? [Angers Loire Valley !]  [suivre le lien]

Même à Paris DSK s'exprime en anglais (19 février 2011)
Jean-Pierre Raffarin a trouvé "profondément choquant" que Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI, s'exprime en anglais lors de la conférence de presse organisée samedi à la fin du G20-Finances à Paris: "Quand on est élu, responsable francophile dans une organisation multinationale dont le français est la langue de travail, on se doit de parler français c'est vrai pour Monsieur Lamy (à l'OMC), c'est vrai pour Monsieur Trichet (BCE), c'est vrai pour Monsieur Strauss-Kahn".

Christine The Guard sévit encore : un G20 à Paris en anglais (18-19 février 2011)
La signalétique de la salle de conférences où a eu lieu la rencontre des ministres des finances du G20 présidée par Mme Lagarde était uniquement en anglais on y voyait en gros g20.jpg:
G20 FINANCE MINISTERS
AND CENTRAL BANK
GOVERNORS' MEETING

ainsi que le nom des pays délicatement mis dans la langue de nos maîtres : Spain, Italy, Germany...

Mort de Jean-Marc Léger (14 février 2011)
Né à Montréal le 8 janvier 1927, écrivain et journaliste québécois, souverainiste, ardent défenseur de la langue française et activiste de la Francophonie, Jean-Marc Léger fut l’un des fondateurs de la francophonie multilatérale. (Lire ci-dessous la lettre d'Albert Salon)
Chers amis au Québec, en Francophonie,jean-marc-leger.jpg

Les Français qui ont partagé l'idéal et les combats de Jean-Marc chez lui, chez nous, et en Francophonie, sont comme vous en vrai deuil. Comme ils l'ont été à la mort de Philippe Rossillon le 6 septembre 1997. Ces deuils-là sont de ceux qui se rapprochent le plus de celui qu'ils ont ressenti le 9 novembre 1970 à la mort du Général de Gaulle.

Départs de grands chefs de la famille de la Francité et de la Francophonie…

Il faut trouver et porter sur le pavois leurs successeurs, et poursuivre le rude combat ensemble, de part et d’autre de l’Atlantique, chez les Groulx, Lévesque et Léger, chez les Outers, Rogissart et Gendebien, chez les Viatte, Bèguelin et Vaquin, chez les Rossillon, Dorin et Saint Robert.

Vivent la France, le Québec libre, la Francité et la Francophonie !
Albert Salon

Langue unique (4 février 2011)
L’empire ne mélange pas les torchons avec les serviettes

Lors d'une conférence de presse commune avec Barack Obama le 4 février à Washington, le Premier ministre canadien, Stephen Harper, a fait sa déclaration officielle d'abord en français, comme il en a l'habitude. En guise de représailles, la chaîne de télévision américaine Fox news a coupé la retransmission pour ne la reprendre qu'au moment où le président américain s'est exprimé. De même qu'il existe une pensée unique, il est des lieux où il y a une langue unique.

L'INED (Institut national d’études démographiques) racheté par un fond de pension anglo-saxon ?
On pourrait le croire à la lecture du document s'intitulant "Call For Papers Becker Conference 2011"
qui est un appel à contribution pour la "Conference on the Economics of the Family in honor of Gary Becker (1992 Nobel Laureate in Economics) Paris, 7-8 October 2011" (sic !)

télécharger l'appel à contribution (Call for papers !)

Précisons que, dans le décret d’organisation de l’INED (Institut national d’études démographiques), il est prévu que parmi les missions de cet établissement public figure l’illustration de la langue française dans le domaine des études et de la recherche démographiques. L’école démographique française est au demeurant l’une des toutes premières, sinon la première au monde… Démission nationale quand tu les tiens !

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’installe dans ses nouveaux locaux au 19-21 avenue Bosquet à Paris 7ème à compter du 21 février 2011.
Le nouveau siège de l’OIF, mis à disposition par la France, regroupe l’ensemble de ses entités : Cabinet du Secrétaire général, administration, directions et services.
Les numéros de téléphone et leurs extensions individuelles sont inchangés.
L’OIF compte 56 États et gouvernements membres, et 19 pays observateurs.
Plus d’informations sur le site www.francophonie.org

nouvelles/kill-bee.jpgAbeilles, insecticides et crétinerie anglomane - le 16/02/2011 - 15:45 par MAR
Abeilles, insecticides et crétinerie anglomane

La fédération France Nature Environnement a lancé ce mardi une campagne choc contre les méfaits de l’agriculture industrielle. Et notamment contre les effets des pesticides sur les abeilles. On ne sait pas qui est le c... de publicitaire qui leur a prescrit cette campagne, mais concernant les abeilles, celle-ci s'est traduite par de grands panneaux sur les murs de nos villes, avec en énorme un slogan en anglais : "KILL BEES".

Si la campagne de préservation des abeilles contre les insecticides est une campagne juste, il est un massacre au moins aussi important que celui des abeilles auquel France Nature Environnement aura largement contribué avec sa campagne : celui de la langue française.

Question subsidiaire : '
tueur d'abeilles' ça fait moins bien ? au moins l'association aurait-elle été comprise...
[Épilogue : selon les intéressés, il s'agissait d'un "effet recherché de proximité sonore avec le titre du film Kill Bill qui sinon n'aurait pas été atteint." Plus des 3/4 des personnes lisant l'affiche n'auront ni vu ni entendu parler de ce film, mais on est à genoux devant la sous-culture états-unienne ou on  ne l'est pas...]

MAR

nouvelles/10mots.jpgSemaine de la langue française du 13 au 20 mars 2011 - le 15/02/2011 - 22:14 par MAR
Semaine de la langue française
du 13 au 20 mars 2011
riche programme du Ministère de la culture et de sa Délégation générale à la langue française (DGLF)
Une sélection des manifestations à Paris et en Île-de-France
Agenda des manifestations à Paris et en Île-de-France

site de la DGLF consacré au à la semaine de la langue française

ALF communiquera bientôt le calendrier des manifestations organisées par nos associations et la date de l’inauguration de la Maison de la Francophonie, au 19 avenue Bosquet - Paris VIIème

nouvelles/luc-chatel.jpgChatel’s Nursery School incorporated - le 07/02/2011 - 22:22 par Claude_Weisz
Chatel’s Nursery School incorporated

lire également plus bas, le courrier d'une lectrice suisse du Figaro au sujet de ce projet

Ainsi, si l'économie française n'est pas compétitive et si nous perdons des parts de marché cela serait dû à notre ignorance de la langue anglaise.

Pourtant il est démontré qu'un bon produit est acheté pour ses qualités et non pour la faculté qu'ont, par exemple, les Allemands ou les Suédois à s'exprimer en anglo-américain. On peut même affirmer que c'est l'inverse. C'est grâce à son expansion industrielle que se développe l'apprentissage de l'allemand – souvent aux dépens du français – ainsi que les instituts Goethe.

Tout aussi important la multiplication des instituts Cervantès et Confucius, ces derniers fleurissent en Afrique. Et, phénomène peu connu, les Chinois apprennent le français pour s'implanter en Afrique francophone !

Tandis que les fondations anglo-saxonnes dans le monde entier dispensent des cours d'anglais gratuitement, notre gouvernement sabre dans les crédits aux instituts français à l'étranger, voire tout simplement les ferme !

De plus nous semblons ignorer la richesse potentielle qui nous est donnée grâce à l'immigration.
Nous avons de jeunes et futurs locuteurs bilingues en chinois, hindi, arabe, russe, turc, portugais- brésilien etc. C’est l'apprentissage de ces langues qui devrait être développé dès le Primaire. Sans oublier celles de nos voisins, l'allemand, l'espagnol, l'italien. Il faut accroître le nombre et l'excellence des traducteurs et interprètes. (Emplois nombreux et de haute qualité)

Le comble du ridicule est atteint par nos "managers", fonctionnaires européens, hommes politiques, persistant à baragouiner l'anglais face à des interlocuteurs qui, gentiment, les invitent à s’exprimer en français, déclinent cette proposition et, persévérant dans leur anglais approximatif croient ainsi se montrer digne d'une reconnaissance internationale !

La campagne gouvernementale imposant l'anglais comme langue unique, presque maternelle est un des aspects les plus pernicieux d'une volonté visant à la vassalisation de la France à l'empire économique, financier et culturel anglo-américain.

Faire croire que c'est par méconnaissance de l'anglais que notre économie est malade, que nous reculons dans les classements internationaux et que notre culture s'exporte mal est un leurre, un mensonge, une absurdité criminelle.

Claude Weisz
Bobigny

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L'anglais à l'école
(publié dans Le Figaro Magazine du 19 février 2011)

En tant que Suissesse, je me réjouis, contrairement à votre lecteur (Le Figaro Magazine du 5 février) de ce que la décision d'introduire l'anglais en maternelle dans les écoles françaises ris que d'échouer. Comment, alors que notre langue est attaquée d'une manière aussi agressive par l'anglais, peut-on préconiser une immersion si précoce de nos enfants dans une langue étrangère, au moment où leur langue maternelle est loin d'être acquise ? Ne doit-on pas, au contraire, privilégier l'enseignement du français, afin que les élèves possèdent une vraie base de leur propre langue ? Le vrai danger, pour notre langue, provient des Français eux-mêmes qui ne comprennent pas l'urgence qu'il y a à défendre ce patrimoine par tous les moyens, et qui s'empressent d'adopter tout ce qui vient d'outre-Atlantique. Apprendre l'anglais est certes une nécessité, mais il y a aussi lieu de résister à l'impérialisme que véhicule cette langue.
Kurielle Sonderegger
- Cheseaux (Suisse)


nouvelles/presse.gifNouvelles diverses de janvier-février 2011 - le 06/02/2011 - 18:22 par MAR
- L'Ensae (École Nationale de la Statistique et de l’Administration Économique) recrute directement en anglais ! [lien direct]
- Lettre au directeur du restaurant de l'aéroport Saint-Exupéry de Lyon (24/1/2011)
- Soldes sales chez Ulla popken quand le ridicule anglomane ne tue pas [plus bas]
- Décès de Jean Dutourd, (17 janvier 2011) [voir plus bas]
- Nouvelle convention de développement des classes bilingues (Khmer/Français) au Cambodge (21/1/2011) [voir plus bas]

ulla-popken.jpg
Couverture d‘ un catalogue de vêtements de quelques pages , en français , distribué en France.
Sans commentaires !

Après le décès, le 17 janvier 2011, de Jean Dutourd qui fut le président de Défense de la Langue Française, DLF a mis en ligne sur son site trois textes qui lui rendent hommage:
  • Hommage à Jean Dutourd, par François Taillandier.
  • Hommage à Jean Dutourd, par Frédéric Mitterrand.
  • Hommage à Jean Dutourd. Éloge de la potiche.
accessibles directement sur la page d'accueil su site (sous le grand titre DLF).
www.langue-francaise.org

Signature d’une nouvelle convention portant sur le développement des classes bilingues (Khmer/Français) au Cambodge (21 janvier 2011)

M. Christian Connan, ambassadeur de France au Cambodge, et M. IM Sethy, ministre de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports, ont signé, le 18 janvier dernier, la nouvelle convention bilatérale encadrant le dispositif des classes bilingues au Cambodge pour les trois années à venir (2011 à 2014).

Le programme mis en application depuis 1994 et soutenu par l’ambassade de France et l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) vise à introduire la langue française dans le programme scolaire de la 5ème classe de l’enseignement primaire à la 12ème  classe  de l’enseignement secondaire. Les élèves de ces classes apprennent ainsi le français mais aussi les mathématiques, la physique et la biologie en français. 

Pierre angulaire du dispositif d’enseignement du français au Cambodge, les classes bilingues du Royaume bénéficient d’une reconnaissance solide de la part des institutions et des familles. Elles sont soutenues par le projet Valorisation du français en Asie du Sud-Est (Valofrase) financé par le ministère français des Affaires étrangères et européennes.

4 700 élèves du primaire et du secondaire sont inscrits dans ces classes en 2010-2011. Le taux de réussite au baccalauréat est de 100% (avec un pourcentage important de mentions) pour les quatre cent élèves de terminale bilingue. Les meilleurs d’entre eux s’inscrivent dans les filières universitaires francophones des établissements d’enseignement supérieur du Cambodge : Institut National de l’éducation, Institut de technologie du Cambodge, Université royale de droit et de sciences économiques, Université royale de Phnom-Penh, Université des sciences de la santé du Cambodge.


nouvelles/globish.gifLe français, le jargon, le globish et la dégénérescence de l'anglais - le 04/02/2011 - 19:40 par JeanLouis_Guibert

Une réflexion d’action, sur le sens de notre combat
Le français, le jargon, le globish
et la dégénérescence de l'anglais

deux points de vue de Jean-Louis Guibert, ancien haut fonctionnaire, membre d’ALF

Pour quoi nous battons-nous ?

Il est toujours utile d'aller voir ce qui se passe chez l'adversaire, ne serait-ce que pour voir s'il n'a pas quelque faiblesse qui pourrait être exploitée.

C'est bien le cas avec la langue anglaise, qui n'est pas si sûre d'elle-même actuellement.

Les Anglais s'alarment en effet... du trop grand succès de leur langue par le vaste monde, car ils ne la reconnaissent plus !

La langue anglaise, en devenant d'emploi courant, a en effet dégénéré en une sorte de sabir baptisé "Globish" par les héritiers de Shakespeare.

Ceux-ci veulent, par cette appellation, dénoncer ce que cet idiome bâtard, d'une part, diffère fondamentalement, de la langue illustrée, notamment, au XIXème siècle, par les grands romanciers anglais, langue fort pure et fort soignée, d'autre part, constitue, une honte (a disgrace) pour tous ceux qui ont étudié en anglais avec un souci de correction et un attachement très fort aux antiquités gréco-latines -toujours assidûment pratiquées dans les établissements d'enseignement supérieur.

Tant et si bien que les Anglais cultivés regrettent, pour la sauvegarde de leur langue, de ne pas disposer de l'équivalent de notre Académie française et songent même à en créer un.

Tout ne va donc pas si bien chez l'adversaire : en l'occurrence, on ne peut que lui apporter un témoignage de sympathie et des vœux pour conserver une langue châtiée et élégante.

A cet égard, nous devons balayer devant notre porte : si, en effet, dans la Francophonie, la langue
française garde en général ses caractéristiques de concision et de clarté, il n'en est pas de même à domicile où nous assistons à une lente dégénérescence et à l'instauration dans les relations courantes d'un jargon tout à fait comparable au Globish dénoncé par les Anglais.

Il y a à cela plusieurs causes, sur lesquelles les défenseurs de la langue française dissertent à l'envie ; deux seront particulièrement signalées car elles sont trop souvent négligées, notamment parce que ces mêmes défenseurs de la langue manifestent en ce domaine une complicité dont ils ne se rendent même pas compte : il s'agit de l'abus du téléphone et de la quasi-éradication, par l'abus du courriel, d'un art pourtant pratiqué depuis des millénaires, celui de la correspondance.

Il n'est en effet que d'entendre les conversations téléphoniques infligées par les voisins de rue ou de métro pour se rendre compte de l'indigence des propos tenus, sans parler du style utilisé : on dit n'importe quoi, n'importe comment, sans se soucier de précision, de correction et a fortiori, de rigueur dans l'expression.

Il en est de même pour le courriel que tout le monde pratique sans état d'âme, sans se préoccuper, non seulement de ce qui en restera pour les générations futures (ainsi privées de sources historiques précieuses) mais encore de la manière d'exposer l'objet de la transmission, sans parler du style (et des formules de politesse). Plus personne-ne se soucie de composer une lettre - ni même de répondre à celles qui lui sont adressées, d'ailleurs. On va au plus rapide, au plus facile, au plus relâché.

Une langue - on a déjà eu l'occasion de le rappeler - a une triple fonction (comme la monnaie, autre moyen de communication) : celle d'étalon pour qualifier - avec précision - les êtres vivants, les objets et les concepts, celle d'instrument d'échange, celle de réservoir de valeur (qui concerne non seulement les œuvres littéraires et les traditions orales ou écrites mais aussi le style et la manière de s'exprimer ou de correspondre).

La pratique actuelle aboutit à supprimer' les fonctions d'étalon et de réservoir de valeur pour ne conserver qu'un moyen de communication imprécis, incorrect, bref bâclé, aux antipodes des exigences des grammairiens et des écrivains qui, au cours des siècles, se sont donné le mal de faire du Français ce qu'il était il y a encore peu de temps.

Se battre pour le français tels que nous l'ont légué nos pères, oui ! Se battre pour le jargon, non !

Jean-Louis Guibert
___________________________________________________________________________

L'avenir de l'anglais

Cet avenir n'est pas aussi évident, tout au moins en tant que langue quasi-universelle s'imposant à tous les peuples de la Terre principalement par la pression des affaires et de la culture populaire.
Un livre récent fait part des doutes que l'on peut formuler sur cet avenir : il s'agit de celui de Nicolas Osier, dont un compte-rendu.est paru dans The Economist du 18/12/2010.

M. Oster estime que l'évolution de la technologie rendra l'usage de la langue inutile.

Cette prévision n'est pas dénuée de tout fondement, même si l'on ne se réfère pas aux techniques de traduction électronique d'ailleurs loin d'être au point et qui seront toujours, quoi qu'on fasse, imparfaites - mais leurs utilisateurs ne recherchent de toute manière ni l'élégance, ni la concision.

Elle néglige pourtant deux faits beaucoup plus décisifs : d'une part, la progression de l'espagnol, aux États-Unis même ; d'autre part, les efforts considérables (avec des moyens gigantesques) consentis par la Chine pour faire connaître sa langue et sa culture dans le cadre des Instituts Confucius dont le réseau s'étend chaque jour (320 actuellement, dont plus d'un cinquième aux États-Unis).

En termes économiques, comme en termes démographiques, l'anglais est donc menacé.
Il faut le savoir pour ajuster la défense de la langue française en conséquence.

Jean-Louis Guibert


Editoriaux/henri4.jpgGrand débat autour de la langue française et de la Francophonie - le 30/01/2011 - 19:33 par MAR
29 janvier 2011 : Grand débat autour
de la langue française et de la Francophonie
autour de Claude Hagège
Un grand débat sur la langue française et la Francophonie,  sous forme de questions-réponses, a été organisé par Avenir de la Langue Française au lycée Henri IV samedi 29 janvier 2011 à 10h30. Il a été suivi  de l'assemblée générale d'ALF vers 14h30.

Le public aura eu l’initiative des questions. À la tribune pour lui répondre  :
  • Claude Hagège, professeur au Collège de France
  • Christian Darlot, chercheur au CNRS
  • Pierre Delaveau, membre des Académies de Médecine et de Pharmacie
  • Gilbert Lazard, membre de l'Institut (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres) et
  • David Mascre, professeur de géopolitique.
Modérateur : Albert Salon, docteur d’État ès lettres, ancien ambassadeur, président d’ALF.

D’autres personnalités compétentes, universitaires, écrivains, diplomates, officiers généraux des trois armes, avocats spécialisés, ont dans la salle apporté des réponses complémentaires.

De 13h à 14h, un buffet a été a été l'occasion d'un moment de convivialité et d'échange.
Pendant cette collation ont été  présentés des ouvrages récents que leurs auteurs ont pu dédicacer. Aux intervenants du matin s'étaient joints :
  • Alfred Gilder, avec son Dico des mots rigolos ;
  • Catherine Girard-Augry, avec La langue française en péril : SOS ;
  • Yvan Gradis, avec Avancez vers le fond ;
  • Yves Montenay, coordonnateur d’un ouvrage collectif
  • François Montgisard, avec Ces Français qui gouvernèrent le monde.

Albert Salon.


nouvelles/luc-chatel.jpgLuc Chatel pour le matraquage de l'anglais dès l'âge de 3 ans - le 23/01/2011 - 21:35 par MAR
Luc Chatel pour le matraquage de l'anglais dès l'âge de 3 ans

Le ministre de l'Éducation "nationale" ne prend même plus la précaution oratoire de dire "les langues" Luc Chatel veut instaurer l'apprentissage de l'anglais "dès 3 ans" en attendant sans doute de l'imposer dès la crèche ! 

Le ministre de l'Éducation entend "réinventer l'apprentissage de l'anglais" en France, en utilisant notamment Internet. "Aujourd'hui, en France, ne pas maîtriser l'anglais est un handicap. Je veux donc réinventer l'apprentissage de l'anglais dans notre pays", a indiqué Luc Chatel, invité d'Europe 1  dimanche 23 janvier. Le ministre de l'Éducation souhaite que cet apprentissage soit développé, "dès 3 ans", chez les enfants. Luc Chatel veut inclure à cet apprentissage précoce "l'usage des nouvelles technologies et d'Internet dans les écoles pour faire appel à des professeurs à distance".

Les enfants de 3 ans ne maitrisent ni comprennent encore leur langue : aucune importance il nous faut de l'anglais. Les linguistes ont beau dire qu'il vaut mieux d'abord maitriser sa langue avant d'en apprendre une autre : aucun importance notre Luc Chatel, dont on a toujours pas compris ce qu'il faisait à l'Éducation dite nationale plutôt qu'au petit commerce qui serait plus à sa mesure (que les petits commerçants nous excusent pour cette suggestion), a décidé : dès 3 ans l'anglais, l'anglais, l'anglais !
Les linguistes enfin, ont beau dire qu'il vaut mieux commencer par faire apprendre aux enfants une autre langue que l'anglais que de toute façon ils seront contraints d'apprendre, pour Luc Chatel c'est : l'anglais, l'anglais, l'anglais ! (on est servile ou on ne l'est pas...)

Exemple typique de nos dirigeants qui au lieu de se préoccuper du rayonnement de la France et de sa langue, rampent devant l'anglais et se vautrent dans la
colonization. On supprime toujours plus de postes d'enseignants, on réduit les options, on surcharge les classes mais tout cela n'est pas grave : la seule voie c'est l'anglais ! MAR

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L'anglais à l'école (publié dans Le Figaro Magazine du 19 février 2011)

En tant que Suissesse, je me réjouis, contrairement à votre lecteur (Le Figaro Magazine du 5 février) de ce que la décision d'introduire l'anglais en maternelle dans les écoles françaises ris que d'échouer. Comment, alors que notre langue est attaquée d'une manière aussi agressive par l'anglais, peut-on préconiser une immersion si précoce de nos enfants dans une langue étrangère, au moment où leur langue maternelle est loin d'être acquise ? Ne doit-on pas, au contraire, privilégier l'enseignement du français, afin que les élèves possèdent une vraie base de leur propre langue ? Le vrai danger, pour notre langue, provient des Français eux-mêmes qui ne comprennent pas l'urgence qu'il y a à défendre ce patrimoine par tous les moyens, et qui s'empressent d'adopter tout ce qui vient d'outre-Atlantique. Apprendre l'anglais est certes une nécessité, mais il y a aussi lieu de résister à l'impérialisme que véhicule cette langue.
Kurielle Sonderegger - Cheseaux (Suisse)



nouvelles/presse.gifNouvelles diverses de janvier - le 21/01/2011 - 15:20 par MAR
Nouvelles diverses de janvier
L'indignation de Julie Moline Lettre au Monde (20/01/2011) [voir plus bas]
Paris toujours dans la soumission anglomane avec son programme d’accueil de chercheurs étrangers "Research in Paris" (sic ! ) (18/01/2011) [lien direct]
Signature de la convention de mise à disposition du siège de l'OIF (28/12/2010) [voir plus bas]

Indignée. (Lettre envoyée au Monde et non publiée)
Le sujet de la langue française semble rester un tabou au Monde qui aveuglé sa bien-pensance européiste prend ce thème pour du chauvinisme, voire du nationalisme quand il ne s'agit que de droit à la différence, de droit au respect de son identité. [MAR]

C'est avec retard que je prends connaissance des pages "indignez-vous" du 1er janvier.

Je suis étonnée qu'aucune contribution ne s'indigne de la disparition programmée de la langue française où, au mieux, sa relégation au niveau d’une langue vernaculaire.

Nos "élites" politiques et économiques ont renoncé à user du français au plan international.

Nos représentants dans les instances européennes acceptent, voire contribuent au non-respect de l'usage du français à l'égal de l'anglais comme langue de travail.

L'ensemble des textes et communications publiées par les instances européennes le sont à 80 % en anglais uniquement. Les discussions en commission et autre réunions de travail, lors même que la majorité des participants sont francophones, se déroulent exclusivement en anglais avec l'approbation empressée des Français (qui devraient relire Molière : ces Trissotin qui souvent se mettent en situation d'infériorité face aux "English natives") Ce renoncement afflige les francophones d'autres nations.

Il ne faut pas se tromper, ce choix du tout anglais fait par nos politiques, nos ministres, les hommes d'affaires… est celui d'une Europe pudding, uniquement vouée à n’être que la vaste zone de libre-échange voulu par la City. Tout à l'opposé de l'Europe des cultures et des diversités.

"La langue de l'Europe c'est la traduction" (Umberto Eco) Nous devrions avoir l'ambition de développer les professions de l'interprétariat et de la traduction. Et voici que les Anglais suppriment l'enseignement obligatoire d'une langue étrangère dans l'enseignement secondaire !

Il en va ainsi de la Suisse ou Suisses romands et Suisses alémaniques apprennent de moins en moins leur langue réciproque. Et commencent à ne communiquer qu'en anglais.

[L’unité de la Belgique ne sera-t-elle sauvée que par l'adoption de l'anglais comme langue nationale?]  Au Québec, la loi 101, qui a établi le français comme langue nationale et langue de travail est jour après jour démantelée. Les anglophones n'ont plus besoin de dire aux francophones "Speak White", il leur suffit de laisser les "biznessman" faire croire que pour gagner sa vie il faut parler une "langue utile."

La responsabilité de nos "décideurs" est tragiquement responsable de la disgrâce que subit le français auprès d'une grande partie de la jeunesse des pays "ayant l'usage du français en partage".

Alors que les anglo-saxons ouvrent des écoles, envoient des professeurs, forment des enseignants en anglais nous abandonnons l'aide à la scolarisation dans ces pays. Nous refusons les visas aux étudiants voulant poursuivre leurs études dans nos universités. Encore mieux lorsqu’un universitaire, ou un expert en économie est invité pour une conférence dans une grande école de commerce française il lui est demandé de s'exprimer en anglais devant des étudiants francophones… Alors, vraiment pourquoi voulez-vous que nos amis sénégalais ou marocains continuent à apprendre le français ? !

Reflet de ce renoncement, l'Organisation Internationale de la Francophonie, qui n'est, pour le président de la république française, qu'un instrument politique-(prétendant qu'il parle au nom de 57 États) - alors même que plus d'un tiers de ces pays ont relégué l'étude du français à l'université pour à peine quelques milliers d'étudiants tandis que l'anglais est enseigné dès le primaire.

Les hypocrites qui nous dirigent lançant une campagne sur l'identité nationale n'ont de cesse de trahir notre langue, de vassaliser ce pays, alors que 85 % des Français estiment que la première valeur de l'identité nationale c'est sa langue.

Oui, je suis révoltée, moi qui ai choisi de vivre en français, car je pense comme Albert Camus "que ma patrie c'est la langue française".

Cette trahison ne rapportera rien, pas même sur le plan du développement économique.

Observons les Chinois : eux ont compris que pour bien commercer il faut connaître la langue du pays dans lequel on veut vendre (et acheter). C'est pourquoi ils apprennent le français, l'allemand et l'espagnol.

Nous ne sauverons pas la France en faisant que l'anglais n’y "soit pas une langue étrangère."

Malheureusement ce sont des marchands incultes, prétentieux et serviles qui ont pris le pouvoir en France ainsi que dans de nombreux pays européens et, comme le reconnaissent quelques chanteurs français qui ont choisi d'écrire et de chanter en anglais "je n'oserais pas écrire des textes aussi médiocres en français".

Julie Moline (Paris 12e)


 

Signature de la convention de mise à disposition du siège de l'OIF
La Convention tripartite relative à la mise à disposition par l'État français du nouveau siège de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) sis 19-21 avenue Bosquet à Paris 7ème a été signée le 28 décembre 2010, par Clément Duhaime, administrateur de l'OIF, Bernard Anache, représentant du ministère français des Affaires étrangères et européennes et Christine Paillon, représentante de France Domaine.

Ce nouveau siège permettra de réunir au début de l'année 2011, l'ensemble des agents et unités de l'OIF sur un seul site. La signature s'est déroulée en présence d'Ousmane Paye, Conseiller spécial du Secrétaire général de la Francophonie et Marcel Escure, Chef du Service des affaires francophones, au ministère des Affaires étrangères et européennes.



nouvelles/aubry.jpgMartine Aubry Carpette anglaise 2010 - le 18/12/2010 - 16:57 par MAR

Elle remporte les primaires
Martine Aubry Carpette anglaise 2010

Au premier tour de scrutin, par 9 voix contre 1, le prix de la Carpette anglaise a été décerné à  Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, et à ses conseillers en communication, pour leur recours systématique à des slogans anglo-saxons : du concept de "care" au grotesque slogan imprimé sur des  objets "marketing" "What would Jaurès do ?". L’académie de la Carpette anglaise1, présidée par Philippe de Saint Robert et composée de représentants du monde associatif2 et littéraire dont Anne Cublier, Paul-Marie Coûteaux, Yves Frémion, Alain Gourdon et Dominique Noguez s’est réunie mercredi 15 décembre 2010. Le général Charpentier, commandant des forces terrestres françaises a mérité une voix, pour avoir déclaré : "Il n’y a aucune ambiguïté : la seule langue de travail possible [dans l’armée] est l’anglais." 

Le prix spécial à titre étranger3 a été décerné au premier tour de scrutin également, avec 7 voix, à Paul Kagamé, président de la République du Rwanda, pour avoir imposé dans son pays le passage du français à l’anglais comme langue officielle et comme langue de l’enseignement, et pour avoir quitté l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie) pour adhérer au Commonwealth.
Trois voix ont été attribuées à Marc Perrin de Brichambaut, ambassadeur de France auprès de l’OSCE (Organisation pour la sécurité en Europe, qui siège en Italie), pour intervenir le plus souvent en anglais dans les réunions officielles.

On ne peut que s'étonner que certains dirigeants d'un parti, qui se prétend de gauche, se vautrent dans l'anglo-américain, langue de pays qui sont à l'origine de toutes les déréglementations, de l'alignement vers le bas des politiques sociales et "cerise sur le gâteau" (comme diraient les anglomanes) de la crise financière qui plonge notre pays, l'Europe et une grande partie du monde dans le marasme et la récession. Il serait temps également que tous les démolisseurs de notre langue et donc de notre Nation méditent la phrase de Jean Jaurès (utilisé ici comme vulgaire objet "marketing") : Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène. [MAR]
_______________________________________________________________________________
1 La Carpette anglaise, prix d’indignité civique, est attribué à un membre des "élites françaises" qui s’est particulièrement distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglo-américain en France au détriment de la langue française. (voir la liste des prix depuis 1999)

2 Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (Asselaf), Avenir de la langue française (ALF), Cercle des écrivains cheminots (CLEC), Défense de la langue française (DLF) et le Droit de comprendre (DdC).

3
Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
Courriel : parlerfranc@aol.com
Académie de la Carpette anglaise, chez le Droit de Comprendre, 34 bis, rue de Picpus, 75012 Paris.


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