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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles/anm.jpgNouvelle édition du dictionnaire de l'Académie nationale de médecine - le 18/12/2010 - 16:56 par Albert_Salon

Nouvelle édition du dictionnaire de
l'Académie nationale de médecine

Communiqué Le site de l'Académie nationale de médecine offre une nouvelle édition de son dictionnaire. Réalisé par le Conseil international de la langue française (11 rue de Navarin, 75009 Paris), élaboré par un groupe de travail d'académiciens, ce dictionnaire réunit selon l'ordre alphabétique, le contenu de l'ensemble des ouvrages antérieurement parus de 1997 à 2008 et alors présentés par spécialités.

Conscient de l'obligation pour tous les membres des professions de santé de maîtriser un langage clair et sans confusion, ce dictionnaire tente de réunir la plupart des termes utilisés en médecine et de les définir, en précisant leur traduction anglo-américaine. Ainsi, le nombre total des entrées est-il de l'ordre de 50 000 et celui des caractères et signes d'environ 30 millions.
Cet ouvrage manifeste la volonté de l'Académie d'œuvrer au rayonnement de la médecine et de la culture françaises.

ALF se réjouit de cette parution, véritable travail de bénédictin, et souligne la part qu’y a prise le Professeur Pierre Delaveau, membre éminent des Académies de Médecine et de Pharmacie, et fidèle membre d’Avenir de la langue française.
[AS]

nouvelles/presse.gifNouvelles diverses de décembre - le 15/12/2010 - 23:21 par MAR
Nouvelles diverses de décembre
Les tribulations de l’anglais en Chine, où le gouvernement interdit l’anglais dans divers textes [voir plus bas]
Dave : "On est en France et en France, on chante en français !" (15 décembre 2010) [voir plus bas]
La chanson en français vit ! Elle s’exporte beaucoup mieux qu’on ne le croit !
[voir plus bas]
L'Acadie intéressant article d'Yves Montenay, à paraître dans le n°700 de "Population et Avenir" [lien direct]
Un stimulant courriel de protestation à France Inter [lien direct]
Signature du cahier des charges des VIIèmes Jeux de la Francophonie - Nice 2013 [voir plus bas]
Langues otages un point de vue stimulant d'Yvonne Bollmann [lien direct]
La Fracture "linguale" (d'Igor Deperraz Bully, au courrier du journal Le Monde) (4 décembre 2010) [voir plus bas]

Les tribulations de l’anglais en Chine, où le gouvernement interdit l’anglais dans divers textes
 (AFP 22/12/2010 )
Pour préserver la "pureté" de la langue chinoise, les journaux, magazines, livres et sites internet en Chine ne devront plus utiliser de termes anglais au milieu de textes en chinois, a annoncé une agence gouvernementale. L'usage croissant de mots et d'abréviations de langue anglaise "nuit gravement à la standardisation et à la pureté de la langue écrite et orale chinoise", selon une directive émise lundi par l'Administration générale de la presse et de l'édition et publiée mercredi par la presse.

Cette pratique "détruit un environnement linguiste et culturel sain et harmonieux, et exerce une influence néfaste sur la société", estime encore cette institution. En conséquence, "il est interdit d'introduire des termes étrangers comme des mots ou abréviations anglais dans des publications en chinois et de créer des termes qui ne sont ni chinois, ni étrangers, à la signification peu claire". Les sociétés qui contreviendront à cette directive s'exposent à des "sanctions administratives", qui ne sont pas précisées.

Un certain nombre d'acronymes anglais sont régulièrement utilisés par la presse chinoise, comme NBA pour la ligue américaine de basket-ball, GDP pour le produit national brut ou CPI pour l'indice des prix à la consommation. L'Administration a néanmoins laissé la possibilité que des termes étrangers puissent être utilisés "si nécessaire", suivis de leur traduction ou d'une explication en chinois.

Dave : "On est en France et en France, on chante en français !" (15/12/2010) par Régis Ravat
Chanter en français : merci Dave !

Remercions vivement le chanteur Dave d'avoir protesté vigoureusement, lors de l'émission "La France a un incroyable talent" le 15 décembre 2010, sur M6, sur le fait qu'il n'est pas normal qu'en France l'on chante en anglais.

En effet, il est profondément triste de constater, que, dans cette émission, la plupart des artistes, ou futurs artistes, chantent, dansent ou font leur numéro en utilisant l'anglais systématiquement.

Un artiste ne doit-il pas être synonyme de liberté, d'indépendance et de création ? En utilisant l'anglais, ne nous fait-il pas plutôt penser à un colonisé pieds et mains liés avec la pensée et la culture dominante du moment ?

Et comme nous le disons souvent, si nous voulons entendre de la chanson en anglais, autant aller sur une chaîne américaine ou anglaise, l'original étant toujours préférable à la copie.

Alors, disons le encore, bravo, Dave, pour avoir "osé" parler de notre langue dans ce milieu qui l'ignore si souvent.

Quant à Monsieur Rozon, le Québécois, qui, au lieu d'aller dans le même sens que Dave pour l'aider à défendre notre langue, a, au contraire, ri à son encontre et trouvé des arguments de bazar pour tenter de le disqualifier. Comme Dave l'a dit, M. Rozon ne fait pas honneur aux Québécois en lutte depuis plus de 3 siècles pour la survie du français dans leur pays. Veut-il que nous finissions tous comme les francophones de l'Ouest-canadien ?

Régis Ravat

La chanson en français vit ! Elle s’exporte beaucoup mieux qu’on ne le croit !
Notre administrateur et avocat, Me Jean-Claude Amboise nous le révèle avec tout son sérieux dans un article très fouillé et fort intéressant intitulé "La chanson française à l’étranger…en français dans le texte", à lire dans le numéro de 2010 de l’Année francophone internationale (AFI), précieuse revue annuelle du monde francophone dans toute sa richesse, dirigée de Québec, de Montréal et de Paris. Bonne lecture, très encourageante ! [AS]

Signature du cahier des charges des VIIèmes Jeux de la Francophonie - Nice 2013
(OIF Organisation Internationale de la Francophonie - 21/12/2010)
Le coup d'envoi des préparatifs des VIIèmes Jeux de la Francophonie, qui auront lieu à Nice du 6 au 15 septembre 2013, a été officiellement donné le 14 décembre 2010 au siège de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à Paris.

À cette occasion, le cahier des charges des Jeux a été signé par l'Administrateur de l'OIF, Clément Duhaime, par le président du conseil d'orientation du Comité international des Jeux de la Francophonie (CIJF), René Hamaite et le Président du Comité national des Jeux de la Francophonie (CNJF), Christian Estrosi, maire de Nice, en présence du Secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf.
Organisés tous les quatre ans, les Jeux de la Francophonie représentent une occasion unique pour la jeunesse francophone de se rencontrer, rivaliser et échanger en participant à des concours culturels et des compétitions sportives, dans un esprit de fête, autour des valeurs de solidarité, de la diversité et de l'excellence.

Cette septième édition des Jeux de la Francophonie, placée sous le signe de la modernité et de l'écologie, a l'ambition de réunir environ 3 000 jeunes talents sportifs et culturels des 75 États et gouvernements de la Francophonie.

La fracture "linguale" (publié au courrier des lecteurs du Monde, le 4 décembre 2010)
Les universités françaises, depuis leur autonomie, doivent faire face au marché concurrentiel de la formation dans l'espace européen. L'offre de formation, mais aussi la recherche de professeurs amènent de plus en plus d'universités à dispenser leurs enseignements en anglais. La loi Toubon du 4 août 1994 avait introduit l'obligation de traduire les documents écrits dans la langue d'oïl, mais, devant la mondialisation des savoirs, cette loi apparaît aujourd'hui en porte-à-faux avec les exigences du marché, ou plus simplement les ambitions du ministère de l'éducation nationale.

Les motivations en sont bien connues : être présent sur la scène internationale, proposer une offre visible et accessible, attirer les meilleurs chercheurs. Pour autant, peut-on se laisser voler la vedette, pour reprendre une expression bien française ? En d'autres termes, doit-on, comme au Québec, lutter contre, ou doit-on comme dans les pays du Nord se "bilinguer" ?

En entrant par la petite porte, l'anglais s'est imposé dans l'enseignement primaire, écrasant l'allemand, l'italien, l'arabe, et pour finir, dans le secondaire, a relégué le russe aux mines de sel. Cette évolution amène donc les responsables de formation à proposer un enseignement dans une langue universelle pour un public universel.

Après la fracture sociale, voici la fracture "linguale". Après le latin et les mathématiques, le bilinguisme. L'enseignement de l'anglais nécessitera, pour assurer l'égalité relative des chances, une place prépondérante dans l'apprentissage des savoirs et, à terme, l'oralisation du français. Tout comme le breton, le basque, la langue de Molière rejoindra le corpus des langues folkloriques. Doit-on donner une réponse dans ce long processus qui va de l'ordonnance de Villers-Cotterêts du 15 août 1539 à la loi Toubon du 4 août 1994 ? Peut-on même donner une réponse lorsque tout nous échappe, même notre langue ?
Igor Deperraz Bully (Seine-Maritime)

nouvelles/sfd.jpgALFEDIAM devient Société Francophone du Diabète - le 11/12/2010 - 15:42 par Albert_Salon
Une société savante affirme sa francophonie
ALFEDIAM devient Société Francophone du Diabète

Comme en témoigne cet extrait de son site : La francophonie, une priorité pour la SFD
Notre société savante a, dès l’origine, adopté un intitulé sans équivoque "Association de Langue Française" (Alfediam) et aujourd’hui elle est devenue la SFD "Société Francophone du Diabète". Ses membres sont certes majoritairement français mais dès l’origine elle fut crée par nos aînés, diabétologues français et belges, ces derniers continuant à jouer un rôle déterminant dans notre société savante. lire l'article (véritable plaidoyer pour la Francophonie et la diversité culturelle)

Plus qu'un village d'Astérix : la Francophonie voie d'avenir des sociétés savantes ! [AS]

nouvelles/Drapeau-Quebecois.jpgPour comprendre la démolition du français en Amérique du Nord - le 09/12/2010 - 20:57 par Albert_Salon

Pour comprendre la démolition du français en Amérique du Nord

Une lettre de Jacques Bergeron, président de l’association Ludger Duvernay au Québec, qui dénonce l’œuvre linguicide des hommes d’argent au détriment des Québécois et des autres Francophones d’Amérique.

"Lettre à un ami, Roger…"(extraits)

Quelques mots au sujet de la loi 101, loi promulgué par le gouvernement de René Lévesque, dénoncée et combattue par les différents groupes ethniques accusant sans broncher et sans vergogne nos hommes politiques et notre peuple de tous les maux, d’être "nazis" n’étant pas le moindre.
À cet effet, on me permettra de rappeler, que des lois linguistiques il y en a eut en Canada, de nombreuses années bien avant la loi 101, loi décriée par ses ennemis et ceux du Québec de langue française.
On se souviendra, de même, que les Anglais avaient exigé des Acadiens qu’ils renonçassent à leur langue et à leur religion. Devant leur refus, ils les déportèrent tout simplement (épuration ethnique d’une peuple civilisé par un autre censé l’être aussi !...), en prenant soin de diviser les familles, femmes et enfants d’un côté, et les hommes de l’autre, souvent jusqu’en en Australie, quelques chanceux "sic" dans les prisons anglaises de Londres, et le plus grand nombre aux États-Unis ! Certains, sortis des geôles anglaises, s’installèrent à "Belle-Île-en-Mer" en Bretagne. Plusieurs revinrent en Acadie, pour aussitôt se faire imposer, une nouvelle fois une loi (1771) leur "interdisant de parler" leur langue dans l’espace public.

Autres lois linguistiques des Anglais !
Les Anglais et les Anglophones et leurs ami-e-s et collaborateurs fédéralistes Canadiens-français, toutes ethnies confondues, attaquent la loi #101. Ce faisant, ils veulent faire oublier toutes les lois linguistiques interdisant aux Canadiens (mot utilisé pour identifier, ceux qu’on nomme maintenant Canadiens-français en terre du Canada) de parler leur langue française (1755 et 1771 au Nouveau-Brunswick, 1885 et pendaison de Louis Riel - le métis Canadien-français - en Saskatchewan et Alberta, sans oublier le règlement XVII (1912) de l’Ontario qui interdisait l’enseignement du français dans ses écoles.

La loi 101 du Québec n’a, elle, jamais interdit aux anglophones, ni aux Anglais, de parler leur langue, contrairement aux lois racistes des Anglais et des anglophones. À cet effet, je vous invite à lire "l’Histoire criminelle" des Anglo-saxons", Éditions Louise Courteau, et vous verrez que ce qu’ils ont fait ici, ils l’avaient fait ailleurs, notamment aux Indes et en Afrique, continents qu’ils ont occupés comme seuls (avant les Nazis) eux ont pu le faire. Je m’en voudrais d’oublier les États-Unis et leurs règlements qui ont interdit d’enseigner le français dans les écoles de la Nouvelle-Angleterre, avec l’aide des prêtres Irlandais faut-il le souligner. C’est ainsi qu’on a enlevé presque toute trace de l’espace civil et civique occupé par des Canadiens-français, (Franco-Américains qu’on les appelait) dans les États de la Nouvelle-Angleterre.

Si vous relisez bien la loi 101, vous devrez admettre qu’elle ne voulait que protéger et promouvoir le français en terre inhospitalière anglo-saxonne nord-américaine, pour elle et le peuple qui la parle, peuple qui ne représente que, tout au plus, 2% de la population de l’Amérique du nord, tout en permettant à nos concitoyennes et à nos concitoyens utilisant la langue anglaise de continuer à la parler et à l’enseigner, dans tout le Québec, en conservant leurs différentes institutions scolaires, de la maternelle à l’université.

Parlons des fédéralistes, et aussi des convertis à une autre religion, à une autre cause ou à une autre philosophie, déclaration que nous trouvons chez les individus collaborant à leur perte et à la nôtre sous le prétexte du profit, leur seul et unique dieu.
Les financiers et les gens d’affaires étaient tous contre l’indépendance du pays à naître avant l’indépendance des États-Unis. Que serait devenu le monde si ce pays était toujours sous le joug de l’Angleterre ?

Le Canada, pour sa part, avait décidé plus tard de faire de Toronto sa capitale financière, avec comme objectif, de supplanter New-York, et d’en faire le haut-lieu de la finance nord-américaine ! Voilà pourquoi ils ne nous ont jamais demandé la permission de déménager la "Bourse de Montréal" à Toronto (début des années 1950) et les entreprises financières qui lui sont rattachées, alors même qu’il n’y avait encore aucune intention de loi linguistique pour protéger la langue française au pays du Québec. Comme ils ne nous ont jamais demandé la permission de prendre le contrôle de la 2ème bourse de Montréal avec la complicité de quelques financiers véreux.

Comme je vous l’indiquais plus tôt, avec la grâce d’un éléphant entrant dans une maison de verre, les Anglais et leurs collabos, ont décidé de creuser le Saint-Laurent pour en faire un canal afin d’ouvrir à l’Ontario et à quelques villes le long des grands lacs un accès à la mer, sans, encore une fois, nous demander la permission, bien sûr. Mais cela ne saurait déranger les bonnes âmes fédéralistes des collaborateurs Canadiens-français.

Est-ce que vous et votre client, ou patron, savez que cette démarche a chassé toutes les entreprises ayant pignon sur rue le long des berges québécoises du canal de Lachine vers des cieux ontariens, pour la plupart ?

Ce qui s’est passé en Allemagne nazie sous Hitler, et en Italie sous Mussolini, s’est avéré aussi pour certaines entreprises de France, et certainement d’autres pays, dont les dirigeants de la société Renault, en particulier, et plusieurs dirigeants de banques qui n’ont pas craint de collaborer avec les nazis et les troupes allemandes qui ont envahi et occupé la France pendant quelques années avant que le gouvernement français sous la direction du général de Gaulle ne nationalise, au lendemain de la guerre, ces industries et ces banques ayant tiré de grands profits de leur collaboration avec Hitler.

Soyez certain, mon cher Roger, que nous ne doutons aucunement que des financiers et des industriels Canadiens-français, toutes ethnies confondues, ne recherchant que les profits, pactisent et pactiseront avec les gouvernements, les politiques et les financiers anglophones du Canada, tant et aussi longtemps qu’ils retireront des profits de leur allégeance au pouvoir anglo-canadian.

Je pourrais continuer encore longtemps à vous énumérer des exemples de financiers et d’industriels collaborant avec les ennemis de l’émancipation politique du Québec, mais cela ne pourrait contribuer à convaincre celles et ceux qui ne veulent pas comprendre, gens qui affichent leur assujettissement sous le "drapeau" du Canada qui, tout comme son hymne national, a été créé par mes compatriotes québécois, à qui "on" a encore volé le referendum de 1995 sur l’indépendance.

Je termine ici ce petit propos en soulignant que la "plupart" des industriels et des financiers sont des collaborateurs en puissance avec l’ennemi en autant qu’ils font des profits. Voilà une affirmation que j’ose faire sans scrupules et sans autre arrière-pensée.
Bonne lecture.
Jacques Bergeron, PDG de l'Institut Québécois de la mode et de sa filiale Jacques Bergeron & associés. Montréal le 6 décembre 2010


nouvelles/anti-pubs2.jpgDes anti-pubs contre le matraquage anglomane - le 07/12/2010 - 22:03 par MAR
Des anti-pubs contre le matraquage anglomane
Le Collectif des déboulonneurs, mouvement de lutte contre l’envahissement publicitaire, dans une action spectaculaire, s'est livré à un recouvrement de panneaux publicitaires à St Quentin-en-Yvelines, samedi 4 novembre, en couvrant, par exemple, une affiche H&M avec une citation déjà ancienne de Michel Serres toujours d'actualité :
"Il y a plus de mots anglais à Paris qu'il y en avait en allemand sous l'occupation".

La publicité est l’un des canaux par lesquels l’anglo-américain se déverse dans notre quotidien, à ce titre elle a souvent été dans le collimateur d’ALF. Que d’autres mouvements tentent de bloquer ce déversement ne peut que nous réjouir !
 

Collectif des "déboulonneurs" 4/12/2010
1ère action de la section de Saint-Quentin-en-Yvelines du Collectif des "déboulonneurs",
mouvement national de lutte contre l’envahissement publicitaire (4 décembre 2010).

nouvelles/orange-origami2.jpgOrange ou le franglais jusqu'à la nausée - le 05/12/2010 - 23:19 par MAR
Orange ou le franglais jusqu'à la nausée

Orange marque commerciale de France Télécom, qui paraît-il fut, il n'y a pas encore si longtemps, un grand groupe français de télécommunication se livre à une course toujours renouvelée dans l'hystérie anglomane. Hystérie qui lui semble sans doute, être la seule façon d'appâter la clientèle jeune (les djeuns devrait-on écrire)
Ainsi son subtil slogan “Pokez, taggez, likez” pour la nouvelle gamme de forfaits Origami

Slogan relevé avec gourmandise par la presse anglaise comme par exemple, le magazine The Economist dans son article Likez-vous this ad ?

Il parait que l'État, chargé de faire respecter la loi et notamment  celle concernant le respect de la langue française en France détient 27% de France Télécom. Surtout ne le répétez pas ! MAR
orange-origami.jpg
 

nouvelles/cftc.gifUsage de l'anglais : la CFTC boycotte une réunion européenne - le 02/12/2010 - 22:19 par MAR

Usage de l'anglais : la CFTC boycotte une réunion européenne

Paris, 2 déc 2010 (AFP)  La CFTC a annoncé qu'elle boycotterait la réunion, jeudi à Paris (!), du Comité du dialogue social européen et international (CDSEI) en raison de "l'incapacité des services de la République (française) à obtenir le respect de l'emploi des langues officielles de l'Union" européenne.
La CFTC a annoncé qu'elle boycotterait la réunion, jeudi à Paris, du Comité du dialogue social européen et international (CDSEI) en raison de "l'incapacité des services de la République (française) à obtenir le respect de l'emploi des langues officielles de l'Union" européenne.

Preuve de cette "incapacité", selon un communiqué de la confédération chrétienne, "sur 21 documents envoyés par le ministère (du Travail) pour préparer cette réunion, 19 sont en anglais".

"Nos propres ministères se font les petits télégraphistes d'une langue qui nous est étrangère", proteste-t-elle.

Selon la CFTC, "la problématique d'une langue venue d'ailleurs, que l'on voudrait nous imposer comme unique (et pas seulement en France), entraîne des mécanismes convergents de discrimination, d'exclusion, d'élimination".

Elle demande que "le français soit traité à égalité avec l'anglais, comme le veulent les traités internationaux".

Le syndicat justifie aussi son boycottage par "le manque de sérieux qui préside à l'organisation de telles rencontres comme les réunions annulées ou déplacées au gré des cabinets ministériels" et "les documents de "travail" communiqués en dernière minute. © 2010 AFP

La CFTC reste, après les conférences de presse syndicats-associations-parlementaires des 8 février 2008 et 9 mars 2010, notre partenaire syndical le plus actif en France dans la lutte pour l’emploi des langues nationales au travail. Nous espérons que son initiative sera soutenue par les institutions publiques chargées de promouvoir le français en France.  [AS]


nouvelles/lcl-student.jpgCitoyens du monde ! - le 19/11/2010 - 23:23 par JeanPierre_Busnel

Citoyens du monde !

La banque LCL (autrement dit Le Crédit Lyonnais, désormais filiale du Crédit agricole) mène actuellement une campagne publicitaire pour une carte bancaire destinée aux étudiants. Elle est nommée "International student identity card", c'est-à-dire carte d'identité d'étudiant internationale (voir en pièces jointes une représentation générale de cette carte et de celle que lance actuellement LCL). Cette carte dite "ISIC" a été créée en 1968 (une date symbolique !) à la demande d'étudiants pour faciliter leurs déplacements, "pour lever les barrières à la mobilité en minorant les dépenses obligatoires dans plusieurs domaines (transports, assurances, achats divers, etc.".
S'agissant donc d'une carte internationale de paiement et de services réservée aux étudiants, évidemment à caractère commercial (réseau Mastercard dans le cas évoqué ici), il est curieux de trouver le mot "identity" dans sa dénomination. On ne voit pas bien, en effet, en quoi une banque commerciale serait habilitée à délivrer un titre d'identité.

Ladite carte étant internationale, qui plus est destinée aux étudiants, on ne saurait évidemment la dénommer en français (sinon en mode mineur, en petits caractères). Ce serait risquer de compromettre son succès commercial. Voilà qui ne peut manquer de plaire à Mme Valérie Pécresse, de nouveau ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, qui rêve d'angliciser l'enseignement supérieur en France. On sait que ce sont les écoles de commerce qui, naturellement, montrent la voie en la matière.
Mais on a appris récemment que des écoles maternelles commençaient, elles aussi, à se joindre au mouvement. Grâce à Mme Rachida Dati, en effet, maire du VIIème arrondissement de Paris (depuis mars 2008), les bambins de sept écoles maternelles de ces beaux quartiers vont recevoir des cours d'initiation à l'anglais (par des étudiants de l'Université américaine de Paris). L'ancienne ministre a déclaré à la presse qu'il y avait une très forte demande des parents à ce propos. Nous n'en doutons pas un seul instant. Dans les milieux aisés, privilégiés, les certitudes qu'un avenir existe encore pour la langue française ont quasiment disparu, comme, d'ailleurs, les remords et les regrets que le reniement de ce superbe héritage culturel pourrait leur inspirer. D'où le souci de beaucoup d'instruire leur progéniture, aussi tôt que possible, dans la langue dominante de demain, afin de lui donner les meilleures chances de se maintenir au sommet de l'échelle sociale. Dans son livre Halte à la mort des langues (Odile Jacob, 2000), le grand linguiste Claude Hagège fait observer que lorsqu'une langue est menacée dans une collectivité quelconque c'est toujours dans la classe sociale supérieure que se trouvent les individus les plus attachés à sa perte.

Les milieux d'affaires qui aspirent à la supranationalité néolibérale et qui œuvrent activement à l'avènement du (mythique) "village global" - c'est-à-dire d'un vaste marché unique qui ne reconnaît plus à l'échelle planétaire que le règne de l'argent, délégitimant les fonctions nationales de souveraineté, de régulation et de transfert - savent bien qu'il existe une culture mondiale de la jeunesse sous étroite hégémonie anglo-saxonne qui sert à merveille leur objectif. Ils ne manquent pas une occasion d'en tirer profit (une immense industrie est désormais vouée à la satisfaction des prédilections juvéniles, en particulier dans le domaine de la musique rock et de ses dérivés), d'exploiter le penchant des jeunes gens pour la langue anglaise, seule capable, à leurs yeux, de satisfaire leur goût pour le nomadisme, de favoriser leur promotion sociale, celle de Wall Street et de l'élite marchande qui les fascinent, celle de la grande réussite financière à laquelle ils sont invités à aspirer. Ils aiment beaucoup, même en France dans la conversation courante, faire usage (et étalage) de mots anglais.
C'est, à leurs yeux, le signe de l'excellence, de la nouveauté, de la modernité, de l'avenir, de l'ouverture aux autres et au monde, mais aussi celui de leur supériorité sur leurs aînés. Si ces derniers témoignent encore, bien que fort timidement en général, d'un certain attachement à leur langue maternelle, ce ne peut être que par une sorte de repliement sur soi passéiste, de "frilosité" rétrograde, de "crispation identitaire" d'un autre âge. Ces jeunes gens ne se disent-ils d'ailleurs pas, d'ores et déjà, "citoyens du monde" ?

Jean-Pierre Busnel


nouvelles/langue-fr.jpgLes fonctionnaires internationaux francophones se mobilisent pour le français - le 19/11/2010 - 23:18 par MAR

Les fonctionnaires internationaux francophones
se mobilisent pour le français  Par francais d'ailleurs
|relaté par le Post]

 Avenir de la Langue Française ne peut évidemment que se rejouir d'un tel appel, mais peut s'interroger sur ses effets quand parmi la liste des destinataires l'on trouve notamment Dominique Strauss Kahn, Pascal Lamy et  Benoît Battistelli qui sont plutôt du côté des fossoyeurs du français que de ses défenseurs. MAR

Les fonctionnaires internationaux se mobilisent mondialement pour soutenir l'emploi du français et la diversité culturelle au sein des Organisations internationales.

Ils ont publié un manifeste où ils s'engagent fermement pour un retour à la pluralité linguistique et à l'emploi de modèle de gestion multilatéraux et font également appel aux grands acteurs politiques de la Francophonie (OIF, États membres de la Francophonie) ainsi qu'aux francophones occupant les fonctions les plus élevées au sein des OI (dont des Français comme Dominique Strauss Kahn au FMI,Pascal Lamy à l'OMC ou Benoit Battistelli à l'Office Européen des Brevets) pour les soutenir et les rejoindre dans leurs actions.

La première présentation de ce Manifeste a été faite par Dominique Hoppe, Président de l'Association des Fonctionnaires Francophones des Organisations Internationales (AFFOI) le Jeudi 17 Novembre 2010 à l'Ambassade de France à La Haye devant 45 ambassadeurs de la Francophonie et le représentant permanent de l'OIF auprès de l'Union Européenne. Les réactions ont été très positives et devraient aboutir à un soutien public de la part des instances politiques de la Francophonie.

Un an après la nomination par Nicolas Sarkozy de Jean Pierre Raffarin comme représentant personnel du Président de la République pour la Francophonie les fonctionnaires internationaux francophones semblent vouloir initier une transformation de fond du fonctionnement des Organisations Internationales en termes de multilinguisme et de modèles professionnels.

Toute personne voulant soutenir leur démarche peut le faire en signant le formulaire électronique de soutien publié sur le site.
 

Par francais d'ailleurs


nouvelles/brevet.gifBrevet européen : Italie et Espagne pour l'anglais - le 12/11/2010 - 14:37 par D_Griesmar
Brevet européen : l'Italie et l'Espagne veulent imposer l'anglais
L'Italie et l'Espagne se sont d'abord opposées au projet de compromis proposé par la Commission européenne sur le brevet européen en considérant que pour que les brevets étrangers soient opposables aux petites et moyennes entreprises italiennes et espagnoles, ils devaient être préalablement traduits en italien et en espagnol, ce qui se comprend. Or, aujourd'hui, l'Italie et l'Espagne, qui ne s'embarrassent pas de leurs propres contradictions, préconisent que l'anglais soit la langue unique des brevets européens [Observatoire européen du plurilinguisme]
________________________________________________________________________________
Quo non descendam... (par Denis Griesmar)
In corruptionem putrefactionis (Psaume 29).

Il est inexact de dire qu'actuellement le brevet européen doit être rédigé dans les trois langues officielles (anglais, allemand, français) de l'Office Européen des Brevets, sis à Munich.

En réalité, le Protocole de Londres stipule que la langue de rédaction doit être l'anglais OU le français OU l'allemand.

Et par ailleurs, comme par hasard, tout est fait pour qu'à l'arrivée, on ait anglais OU anglais OU anglais ...

Sauf que les Allemands tirent leur épingle du jeu, parce que, par tradition, ils déposent beaucoup de brevets, et parce que, le siège de l'OEB étant à Munich, leurs cabinets de Conseils en Propriété industrielle sont favorisés.

Maintenant, la petite clique de hauts fonctionnaires forcenés du Ministère de l'Industrie (la "fine équipe"), agissant par technocratie méprisante et débridée, a négligé les facteurs géopolitiques.

D'abord, elle a décrété que la défense du français n'avait aucun intérêt.

Et c'est ainsi qu'on a entendu, par exemple, un Alain Pompidou se répandre en proférant "France favors ..." ... quoi ? La capitulation permanente ? ...

Ensuite, en favorisant un trilinguisme de façade (anglais, allemand, français), qui aboutit en fait à l'unilinguisme anglais, elle a profondément offensé nos partenaires italiens et espagnols, alliés objectifs indispensables au maintien d'un plurilinguisme sur le continent européen.

Pourtant, depuis longtemps, les Italiens et les Espagnols nous avaient prévenus : si la France (mais qui donc est "la France", dans ce contexte ? ... nous arrivons à des sommets de non-représentativité ...) les lâche dans le front commun latin, ils recommanderaient l'unilinguisme anglais officiel.

Nous en sommes là. Mais les responsabilités sont claires. Elles sont celles de la clique qui joue le jeu de l'Empire.

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs". Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793, article 35.
Denis Griesmar.

nouvelles/presse.gifNouvelles diverses de novembre - le 12/11/2010 - 13:29 par MAR
Nouvelles diverses de novembre
Impudence anglo-saxonne dans le FT : Avoir l’anglais pour langue maternelle, c’est dominer le monde ! - Chez Porsche, de l’allemand plutôt qu’un mauvais anglais - Le Chinglish supprimé de Shanghai - L’Académie des Belles-Lettres contre l'usage exclusif de l'anglais dans les congrès et colloques en sciences humaines en France - Intéressante émission de France Culture - Hystérie anglomane de Rachida Dati

L'impudence anglo-saxonne : Avoir l’anglais pour langue maternelle, c’est dominer le monde ! (FT)
Traduction en français d’un article très instructif paru le 9 octobre 2010 dans le Financial Times traitant de la place de l’anglais dans les relations d’affaires. (à faire lire d'urgence à tous les serveurs de soupe du tout-anglais, leur montrant qu'aux yeux des anglo-saxons ils auront beau se vautrer dans l'anglais, ils seront toujours pour eux, quelque chose comme des métèques. [MAR] (sur le site Traducteurs.com)

Chez Porsche, de l’allemand plutôt qu’un mauvais anglais : Le constructeur de voitures de sport Porsche parie sur la langue allemande pour ses relations internes. Son utilisation augmente l’inventivité des ingénieurs et la qualité des échanges en réunion, selon le Süddeutsche Zeitung. A l’inverse, une utilisation excessive de l’anglais perturbe le travail lorsque ceux qui s’expriment ne sont pas ceux qui sont le mieux à même d’y répondre, mais ceux qui maîtrisent le mieux l’anglais.[ sur le site www.ouijeparlefrancais.com]

Le Chinglish supprimé de Shanghai : Pour ceux qui vivent en Chine, le Chinglish sur les panneaux cela fait partie du Folklore chinois. Le Chinglish c’est l’anglais parlé par les chinois, mais des traductions mot à mot, qui n’ont aucun sens. Et le pire c’est que certaines villes (ou autres) font de mauvaises traduction ssur leurs panneaux d’indications. (suite sur le site www.marketing-chine.com)

L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres contre l'usage exclusif de l'anglais dans les congrès et colloques en sciences humaines organisés en France
L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres constate une tendance croissante à user exclusivement de la langue anglaise dans les congrès et colloques de certaines sciences humaines organisés en France.

Ce comportement est illégal, il est regrettable au regard de la position traditionnelle de la langue française, et il donne un fâcheux exemple aux francophones du monde entier. D'autre part, il est défavorable au progrès de la recherche. En effet, la langue n’est pas neutre : elle convoie inévitablement des formes de pensée, surtout dans le domaine des sciences humaines, où la diversité est une richesse. L’usage exclusif d’une seule langue a pour effet un appauvrissement.

Il importe naturellement que les chercheurs français et francophones participent pleinement à ce qui se fait à l’échelle mondiale. Mais cela n’implique pas qu’ils renoncent à leur langue, qui, au contraire, leur facilite la tâche et accroît leur productivité.

Il n’est pas difficile de concilier le respect de la langue française et la nécessité de l’inter-compréhension. L’Académie appelle à l'observance des règles suivantes, qui découlent de la législation en vigueur :

- Le français figure parmi les langues admises dans le programme de chaque rencontre organisée sur le territoire français, et il existe une version ou un résumé en français de tous les documents produits à cette occasion.

- Les participants français s’expriment oralement en français et, en cas de nécessité, distribuent ou affichent une traduction ou un résumé de leur communication en anglais ou autre langue.

- Les participants non francophones, en cas de nécessité, s’expriment en une autre langue et distribuent ou affichent une traduction ou un résumé en français.

Quant aux publications, l'Académie invite les chercheurs français à s'y exprimer en français, en accompagnant leurs textes, si nécessaire, d'une traduction ou d'un résumé en anglais ou autre langue.


Intéressante émission sur France Culture dans Questions d'époque (22/10/2010) avec pour thème "La langue française est-elle devenue obsolète dans le monde de l'entreprise ?" Avec Patrick Samuel, contrôleur général au ministère des finances, haut fonctionnaire de terminologie et Pascal Morand, directeur général de l’ESCP Europe. (à écouter sur le site de France Culture)

A relever les propos de Pascal Morand qui dénonce une "démarche performative" : "On commence par dire que le français n'est plus la grande langue de communication internationale [...] Et donc le français est ringard, donc il ne faut plus le parler et ceux qui souhaitent le parler sont ringards, nationalistes et ayatollesques !"

L'hystérie anglomane de Rachida Dati : Cela ne suffisait pas l'anglais partout : dans le supérieur y compris dans les disciplines qui n'en ont pas besoin,  au lycée, au collège, dans le primaire. Rachida Dati souhaite matraquer l'anglais dès la maternelle dans l'arrondissement de Paris dont on lui donné les clés, le 7ème.
Alors que tous les linguistes sérieux pensent qu'il vaut mieux déjà maîtriser sa langue avant d'en apprendre une autre (à 5 ans !), et qu'en tout état de cause il vaut mieux commencer par une autre langue que l'anglais qui sera de toute façon apprise. Mais ce n'est pas grave : de l'anglais ! de l'anglais ! de l'anglais ! Rachida Dati se croyant sans doute furieusement moderne envisage sans doute d'étendre cette mesure très "colonized" aux crèches de l'arrondissement. MAR

Horreurs de Novembre - le 11/11/2010 - 19:12 par MAR
Horreurs de Novembre
(ou le frédéric-martelisme1 au quotidien)
Quelques exemples de la Collaboracheune ordinaire telle s'affiche sur nos murs, sur nos transports et dans nos médias : Orange qui va toujours plus loin dans la servilité anglomane, Evian qui veut que l'on "live young" (sic !), Renova et son "PQ" colonizé, Cadum et Laure Manaudou qui ne connaissent plus le mot amour !, Sephora qui ne connait plus le mot maquillage et Princesse Tam-Tam qui pense qu'on ne peut se déshabiller qu'en globish ______________________________________________________________________________
 
orange2.jpg evian.jpg
 renova.jpg  cadum.jpg
 sephora.jpg  princesse-tam-tam.jpg


* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)

nouvelles/colonie-21S.jpgLe franglais, un (psycho)-virus imparable ? - le 06/11/2010 - 17:05 par Charles_Durand
Le franglais, un (psycho)-virus imparable ?
Tel un virus, le franglais se propage partout, imperceptiblement [par Charles Durand]
 
Charles Durand, universitaire, ancien directeur de l’Institut francophone d’informatique de Hanoï, auteur de La nouvelle guerre contre l’intelligence et d''Une colonie ordinaire au XXIème siècle, nous rappelle que les élites des grands États européens et les officines de l’empire anglo-saxon agissent ensemble consciemment pour détruire l’intelligence – en commençant par les langues de culture – pour mieux soumettre nos peuples à la "globalization", et les coloniser. Répandre des "psycho-virus", depuis des décennies, fait partie de leur entreprise. Cet article pourrait s’intituler : "La novlanguette, levier de crétinisation des peuples à dominer". [AS]

Hélas, il ne s'agit pas d'un virus mais, à l'origine, d'imposer un nouveau vocabulaire dont les vecteurs sont les médias d'une part et les capitaines d'industries d'autre part. Il ne faut pas non plus négliger le rôle de l'État qui, par le biais de certains ministères : "Éducation nationale" et "Enseignement supérieur et recherche" pour l'essentiel, amplifie ce phénomène, pensé et organisé en haut lieu. Il s'agit de l'introduction de mots anglais non traduits, de franglais ou d'anglais à la française (par exemple "relooker", "surbooké", etc.) mais aussi, à tous les nouveaux, de la tolérance d'une grammaire fautive, de constructions erronées et de fautes d'orthographe ou de diction grossières.

Un deuxième aspect du problème est l'acceptation assez générale de cette action. L'absence de réaction de la population est caractéristique d'une évolution mentale qui, malheureusement, ne semble pas souhaitable mais pour des raisons autrement plus sérieuses que des questions de purisme. En effet, cette anarchie linguistique est symptomatique d'un laxisme généralisé du côté de la compréhension. Les locuteurs ne se font plus un point d'honneur de comprendre puisque les constructions fautives à partir d'un vocabulaire erroné aboutissent à une compréhension qui n'est plus qu'approximative.

Pour s'en convaincre, souvenons-nous de l'exercice de dictée. Quels étaient les buts recherchés ? Un texte dicté qui ne contient pas de fautes a été compris à 100% par celui qui l'a rédigé et les fautes prouvent indubitablement que les relations existantes entre les diverses parties de la phrase n'ont pas été toutes saisies. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les programmes informatiques de saisie orale d'un texte n'aboutissent jamais à un texte exempt de fautes dès que l'on dicte des phrases un peu plus compliquées que "L'enfant mange la pomme". C'est également la raison pour laquelle les programmes de traduction automatisée n'aboutissent qu'à une version imparfaite qui doit être reprise par un traducteur connaissant parfaitement la langue cible et celle d'origine.

À l'inverse, nous voyons que l'introduction d'un vocabulaire non normalisé aboutit forcément à une compréhension approximative. Avec l'usage des mots anglais non traduits, avec le franglais, nous avons vu que, en parallèle, nous avons eu également une croissance fulgurante des constructions grammaticales fautives. Le premier phénomène et le second sont allés de pair, main dans la main en quelque sorte, et ce n'est pas un hasard. S'il y avait souci de précision, il n'y aurait ni franglais, ni mot anglais non traduit. En tant que professeur d'informatique, j'ai lu, lorsque j'étais à l'université, des rapports de stage truffés de tant de fautes qu'ils auraient déclenché les sarcasmes d'un simple détenteur d'un certificat d'études du début des années 60 ! Ce type de rapport n'est pas propre à l'informatique. A travers tout le spectre des sciences et des techniques, on assiste actuellement au même phénomène. Les gens parlent de choses dont ils n'ont plus une compréhension totale.

On se contente de l'à-peu-près, de l'approximatif. Nos soi-disant élites formées dans les grandes écoles ne sont pas immunisées. Cela veut dire que le crétinisme ambiant et l'incompétence se renforcent. Écoutez donc radio BFM (ou plutôt "BFM radio"), la radio qui se veut être de l'éco. La cuistrerie et l'imbécillité des gens sont proportionnelles à la densité de mots anglais non traduits qu'ils utilisent dans leur discours. Cette densité est également liée à la proportion de constructions fautives.

Tout est lié. Le fait même que nos dirigeants ne voient même plus les portes de sortie de la crise économique actuelle en termes de mesures à prendre prouve bien que le simple bon sens est déjà parti par la fenêtre. Nous sommes les témoins d'une fantastique régression mentale chez les prétendus intellectuels des pays occidentaux d'une manière générale. Il s'agit d'une décadence de nos sociétés qui augure mal l'avenir dans un monde dans lequel l'Occident va forcément se retrouver assez vite à la traîne derrière des pays que nous ne prenions nullement au sérieux il y a encore dix ans.
La langue est le révélateur immédiat de problèmes sous-jacents extrêmement sérieux et nous ferions bien d'en prendre conscience.

Charles Durand


Nouvelles diverses d'octobre 2010 - le 26/10/2010 - 13:52 par MAR
Nouvelles diverses d'octobre 2010
 - Abdou Diouf réélu à la tête de la Francophonie (23/10/2010)
- Le Rapport au Parlement sur l'emploi de la langue française 2010 de la DGLF est paru.
- Les Jeunes socialistes (MJS) s'intéressent enfin à la Francophonie (24/10/2010)
- Le canton du Jura (Suisse) se dote d’une loi sur l’usage de la langue française (20/10/2010)
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Abdou Diouf réélu à la tête de la Francophonie (23/10/2010) [source : AFP]
(lire également l'analyse d'Albert Salon, président d'ALF)

Le Sénégalais Abdou Diouf, 75 ans, a été réélu samedi secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie, par les chefs d'État et de gouvernement réunis en sommet à Montreux (Suisse), a-t-on appris auprès de l'OIF.

L'ancien président sénégalais, qui occupe ce poste depuis huit ans et seul candidat en lice, a été élu à l'unanimité pour un nouveau mandat de quatre ans, selon cette source.

En lui réaffirmant son soutien samedi, le président français Nicolas Sarkozy a salué "son autorité sur la scène mondiale". 38 chefs d'État et de gouvernement se sont réunis samedi et dimanche à Montreux pour le 13ème sommet de l'OIF.

L'Organisation de la Francophonie, qui fête cette année ses 40 ans, regroupe 56 États et gouvernements membres et 14 pays observateurs. Elle dispose d'un budget d'environ 80 millions d'euros, dont le premier contributeur est la France (à près de 40%).

Le français est parlé par 220 millions de personnes, selon le dernier rapport de l'OIF, ce qui en fait la 9ème langue mondiale.

Outre son action en faveur de la promotion de la langue française et de l'éducation, l'OIF mène aussi une action plus politique de défense des droits de l'homme et de l'état de droit.

Dans ce cadre, elle assure des médiations dans les conflits, aide à l'organisation d'élections et condamne les coups d'État. Elle peut prononcer la suspension de certains membres: c'est le cas de la Guinée et de Madagascar.

L'écrivaine française d'origine camerounaise Calixthe Beyala avait annoncé vouloir succéder à M. Diouf mais sa candidature n'avait pas été retenue, puisqu'elle n'était soutenue par aucun pays.
(AFP - 23 octobre 2010)

Discours d'Abdou Diouf pronconcés à Montreux Lire également le très intéressant article de Bernard Cerquiglini (recteur de l'AUF) : "Le français, l’anglais et les autres : il faut savoir ce que l’on veut" sur les dangers du tout-anglais.
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- Le Rapport au Parlement sur l'emploi de la langue française 2010 de la Délégation Générale à la Langue Française et aux langues de France (DGLFLF) est paru.
(168 pages, à télécharger depuis le site de la DGLFLF)
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Les Jeunes socialistes (MJS) s'intéressent enfin à la Francophonie (24/10/2010)

Le site des Jeunes socialistes de Seine-Maritime titre un de ses articles : "Francophonie : La France doit défendre les cultures francophones ...", Cet article souligne notamment que : "... la France tend à devenir le pays le moins volontariste de la francophonie, faute de moyens, de volonté et surtout de vision : politique restrictive de délivrance des visas qui pousse désormais des étudiants vers d'autres pays plus ouverts ; diminution des aides accordées aux échanges artistiques ; suppression des postes à RFI ; absence de véritable programme d’échanges scolaires ; diminution drastique des alliances françaises et des instituts culturels." Il souligne l'ambiguïté du gouvernement actuel à l'égard de l'anglais  : "Et même le ministre des Affaires étrangères laisse entendre qu’il encourage l’anglais, portant ainsi un coup aux efforts engagés par tous les militants et les institutions de la francophonie."
(lire l'article)

Après Jacques Julliard le 7 octobre, le monde "socialiste" semble enfin commencer à s'intéresser à la langue française et se rendre compte que l'alignement général sur l'anglo-américain n'est pas une preuve  d'ouverture ou d'internationalisme et que la défense de sa langue n'est pas le signe d'un repli chauvin, voire nationaliste. [MAR]
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Le canton du Jura (Suisse) se dote d’une loi sur l’usage de la langue française (20/10/2010)

Le Jura se dote d’une loi concernant l’usage de la langue française. Par 53 voix contre 0 et 3 abstentions, les députés ont accepté le texte mercredi en première lecture. L’occasion pour plusieurs députés d’afficher leur attachement à la langue de Molière.

Cette loi prévoit l’institution d’un Conseil de la langue française, qui engloberait en fait les tâches de l’actuelle Commission de rédaction du Parlement. Elle s’occuperait également de garantir la qualité et le rayonnement du français dans le canton, par exemple en évitant l’usage des anglicismes. La loi transforme une motion déposée en 1985 par Roland Béguelin. /rce

nouvelles/campogrande.jpgL'élargissement a été un instrument d'anglicisation - le 20/10/2010 - 22:15 par MAR
L'élargissement a été un instrument d'anglicisation
Nous reproduisons ici un entretien donné par Anna-Maria Campogrande, de l'association Athena* à Pascal Priestley pour TV5 Monde (18 octobre 2010)  

1) L'hégémonie de l'anglais (au détriment notamment du français) semble s'accentuer dans les instances européennes. Qu'en est-il réellement ?
Alors que depuis l’origine de la Communauté européenne jusque dans les années 80 le français était, de loin, la langue la plus utilisée pour la rédaction des textes originaux des services de la Commission, actuellement 75 % des documents sont rédigés en anglais (chiffres d’Europolitique), contre environ 8 % pour le français et 3 % pour l’allemand, le restant consiste en un mélange de toutes les autres langues. Ce fait porte atteinte non seulement à la France, à ses valeurs et à ses intérêts, mais aussi à tous les pays issus de la civilisation gréco-latine, y inclus l’Allemagne, l’Autriche et les pays de la mittel-europa qui ont été, de siècles durant, partie prenante de cette civilisation. Il comporte un détournement dangereux et inacceptable en ce qui concerne le modèle culturel européen, tout particulièrement en ce qui concerne le droit, dont la plupart des pays de l’Europe continentale plongent ses racines dans le droit romain et les codes de Napoléon.

2) Comment cela se traduit-il en pratique ? (anecdote ou fait marquant)
Ce virage vers le tout-anglais n’est pas du tout le fait d’un hasard ou d’une fatalité, comme certains voudraient le faire croire, il est le résultat d’une stratégie bien précise mise au point pendant le mandat du Commissaire britannique Neil Kinnock qui a été vice-président de la Commission et détenait un énorme pouvoir ayant été en charge de tous les services les plus sensibles au plan linguistique : Personnel et Administration, Service de Traduction, Informatique. Neil Kinnock, avec son pragmatisme anglo-saxon, a littéralement démantelé les services préexistants et leur mode de fonctionnement il les a, en partie, privatisés et a mis en place un nouveau système qui reste toujours en fonction.
L’appareil administratif des institutions européennes est une machine très sensible et complexe parce qu'elle doit tenir compte et respecter la nature "sui generis" de l’Union européenne qui n’est pas une quelconque organisation internationale. L’Union européenne légifère et rentre directement dans la vie du citoyen européen au quotidien, de ce fait, il est indispensable que le processus pour arriver à l’établissement d’une quelconque législation soit rigoureusement organisé pour permettre la participation effective de toutes les partie intéressées. Les pères fondateurs avaient compris cet enjeu et avaient organisé en conséquence les Services administratifs des institutions, notamment ceux de la Commission, complétés, parachevés et épaulés par des services linguistiques adéquats qui visaient l’excellence. Aujourd’hui il ne reste plus cette conception indéfectible d’une Europe "communautaire" démocratique et responsable envers tous les citoyens européens, l’Europe patauge et se fourvoie dans la globalisation.

3) Près de la moitié (selon mes statistiques) des fonctionnaires européens restent issus de pays francophones. Bruxelles est francophone. Comment expliquer que le l’anglais s'impose comme langue de travail ?

L’explication est très facile parce que nous ne sommes plus dans un système qui relève du rationnel, des règles applicables, du respect des engagements pris par l’adhésion au projet d’intégration, par la signature des Traités, nous ne sommes plus dans une démarche qui vise l’intérêt général. On a dérivé dans une stratégie néocapitaliste et néocolonialiste inspirée et dirigée par une culture différente qui veut imposer une seule langue, une seule culture et, surtout, une seule pensée. Même si, aujourd’hui, les Francophones ne constituent pas la moitié des fonctionnaires européens ils portent, néanmoins, une très grande responsabilité, non seulement, parce qu’ils ne réagissent pas contre l’anglicisation mais parce qu’ils se plient avec enthousiasme à cette mouvance "anglicisante".

4) Faut-il voir dans ce mouvement une conséquence mécanique des élargissements européens ou existe t-il des causes, disons, moins innocentes ?
C’est ce que l’on veut nous faire croire et c’est faux, en faits, l’élargissement a été utilisé comme arme d’appuis à l’anglicisation même si la grande majorité des pays de l’Est connaissaient davantage le français et l’allemand que l’anglais. Ce qui montre les difficultés profondes de la construction européenne lorsque les partenaires ne sont pas loyaux mais orientés uniquement vers la consolidation de leurs propres intérêts même au prix de la manipulation. A l’époque, il a été, en effet, décidé, tout à fait arbitrairement, que toutes les négociations d’adhésion devaient se faire en anglais. Certains pays de l’Est qui avaient préparé la négociation avec des experts nationaux pouvant négocié en français ont été renvoyés et il leur a été demandé de revenir avec de négociateurs pouvant s’exprimer en anglais. On se demande que faisaient-ils les Français à l’époque.
De ce fait, l’élargissement a été converti en un instrument, très efficace, d’anglicisation. Les nouveaux pays se sont sentis contraints d’afficher l’anglais comme langue de travail de crainte de ne pas pouvoir devenir membres de l’Union. Au delà de tout cela, il y a un filtrage très efficace au niveau de l’engagement des nouveaux fonctionnaires et agents.

5) Cet anglicisation de la machine européenne va-t-elle de pair avec une "anglo-saxonisation" de ses valeurs (politiques, économiques ou autres) ?
Bien évidemment l’anglicisation de la machine européenne va de pair avec son anglo-saxonisation, ce qui constitue le fait le plus grave, le plus préoccupant et le plus dangereux. Les institutions européenne sont véritablement prises d’assaut par une stratégie qui vise l’anglo-saxonisation de l’Europe par le biais d’une nouvelle forme de pensée qui veut tout uniformiser sur le modèle anglo-saxon mondialisé : droit et législation, statut des fonctionnaires, syndicats, etc.

6) Le mouvement est-il inéluctable ?
Le mouvement n’est pas inéluctable dans la mesure où nous sommes dans un cadre juridico-institutionnel, celui des traités, qui nous protège. Le traité de Lisbonne reconnaît aux États membres le droit à la protection et à l’épanouissement de leur langue, de leur culture et de leur identité mais il ne faudrait pas trop tarder à faire valoir ces droits et, même, à concevoir des stratégies pour les exercer dans toute leur étendue parce que, avec le temps, les droits non exercés finissent par devenir caduques.

* Athena est une association de fonctionnaires, qui vise la défense et la promotion des langues officielles des États Membres de l'Union européenne, créée en 2006 au sein de la Commission européenne dans l’enceinte et sous l’égide d’un groupe de syndicats.

Athena, c/o Action et Défense, Commission Européenne,  Joseph II 79  10/216 - 1049 Bruxelles - Belgique - Tél : [00-32] (0)2 29 92 224, courriel : Athena@swift.lu

lire également l'article de Pascal Priestley : "L'Europe en anglais" sur le site de TV5 Monde.


Horreurs diverses d'automne - le 20/10/2010 - 22:03 par MAR
Horreurs diverses d'automne
ou le frédéric-martelisme1 au quotidien

- Collaboracheune appliquée : L'Edhec in english (16/10/2010)
- Lyon toujours à la pointe de la colonization (14/10/2010)
- Le Printemps ne conjugue plus le verbe aimer qu'en anglais (26/09/2010)

L'Edhec, autrefois une des 4 grandes écoles de commerce française, rebaptisée depuis Edhec business school, a décidé que tous les cours de ses maîtrises, MBA et doctorats de son campus niçois, seraient désormais enseignés en anglais seulement. Apparemment sans que beaucoup d'élus locaux ou nationaux ne s'en émeuvent. Il est tellement plus utile de gloser sur l'identité nationale pendant que peu à peu les grandes écoles font peu à peu perdre à ce pays son identité et bientôt son existence-même. (voir l'article lesaffaires.com)

Voir également le site de l'école déjà à 50 % en charabia anglo-américain

Lyon toujours à la pointe de la colonization (14/10/2010)
après les tentatives de renommer ses aéroports Lyon airports, son site touristique Only Lyon (sic !)
Lyon fait toujours plus fort dans la bassesse colonisée avec la page de l'office du tourisme dédiée à l'évènementiel à vélo Bike & See qui revisite le "vélo"

Le Printemps quant à lui ne conjugue plus le verbe aimer qu'en anglais. Tellement plus chic !  (tellement plus collaboracheune) Voici des photos qui devraient plaire à Frédéric Martel :

printemps1.jpg  printemps1.jpg
printemps3.jpg  

* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)

nouvelles/christine-lagarde2.jpgInouï ! Christine Lagarde 4 mots français au Women Forum - le 17/10/2010 - 21:44 par MAR
Inouï !
Christine Lagarde a prononcé 4 mots français
au Women's Forum le 15 octobre à Deauville...
 
La parait-il ministre des finances de la République française a effectivement prononcé quatre mots français : "Chères ami-ES, chers ami-IS" à l'ouverture de son discours au Women's forum (sic ! ) qui s'est tenu à Deauville (France). Que l'on se rassure Christine TheGuard, Carpette anglaise 2007, s'est vite rattrapée, sous les vivats de l'assemblée, elle a continué dans la langue de ses maîtres : l'anglo-américain. Il est vrai qu'un ministre de la République n'a pas les moyens de s'offrir une traduction simultanée... Thank-you Christine, you did a good job !
 
 

nouvelles/jacques-julliard.jpgJacques Julliard touché par la grâce - le 10/10/2010 - 18:59 par MAR
Jacques Julliard touché par la grâce...
...francophone

Dans sa chronique "La princesse assassinée" (Nouvel Observateur, 7 octobre 2010), Jacques Julliard lance un cri d'alerte au sujet  de la langue française. Il émaille sa chronique de constatations osées, égratignant en passant nombre de ses contemporains : "les publicitaires - mais, du plus mirobolant au plus obscur tâcheron, ils ont des âmes de collabos ; les professionnels de la télé, qui cachent leur inculture derrière leur snobisme et leur ignorance du français derrière l'ostentation d'un anglais d'aéroport ".

Il s'indigne également des glissements de sens des mots sous l'influence de l'anglais : "Broutilles ? Non, plutôt symptômes d'une capitulation devant l'anglais", de la démission générale de la France dans le monde : "Bernard, Bernard Kouchner, qu'as-tu fait de la culture française dans le monde ?"

Il en tire la véritable conséquence : "En perdant sa langue, la France est en train de perdre son âme et son indépendance. l'affaissement du français mine les bases de la démocratie." et surtout ce que nous ne cessons de proclamer sans hélas beaucoup de relais : "L'anglicisation du langage n'est que le symptôme le plus spectaculaire d'une wall-streetisation de la pensée. Regardez bien ceux qui prêchent la conversion de l'Europe au globish english : ce sont pour la plupart des propagandistes de l'économie libérale débridée et cynique"
 
 Nous ne pouvons qu'applaudir des deux mains à cette analyse et nous réjouissons qu'un des esprits les plus brillants de la social-démocratie s'interroge enfin sur le lien entre langue et modèle politique induit. Au lieu de toujours considérer la défense de la langue comme un repli chauvin, voire nationaliste et la soumission à la langue dominante comme une preuve d'ouverture, voire d'internationalisme (En général pour la plus grande satisfaction des multi-nationales anglo-saxonnes et du modèle de société financiarisée qui leur est lié.) Que mille autres Jacques Julliard se lèvent et nous soutiennent !
Marc-Antoine Renard
 

nouvelles/pierretapie.jpgPierre Tapie pour la colonization universitaire - le 07/10/2010 - 19:10 par MAR
Pierre Tapie,  directeur général de l'Essec,
pour la colonization universitaire


Dans un entretien publié dans Le Figaro du 7 octobre, Pierre Tapie, directeur de l'Essec et président de la Conférence des grandes écoles estime qu'il faut "aménager" la loi Toubon qui défend la langue française !
Cet obsédé de reconnaissance internationale (c'est à dire anglo-saxonne), semble regretter que les cultures nationales existent encore : "Dès qu'un intitulé est en anglais, ça ne passe pas. Alors que sur la scène internationale, tout le monde comprend. Nous sommes en permanence obligés de bricoler pour satisfaire aux exigences de la loi".
 
Plutôt que d'ouvrir des étudiants étrangers à la culture française, il préfère, "pour rivaliser avec les universités anglo-saxonnes" que les universités française deviennent américaines : "si nous ne nous mettons pas plus à l'anglais, nous allons perdre 95% des meilleurs étrangers."
Pierre Tapie est appuyé dans sa démarche de colonization par Jean-Pierre Gesson, membre de la Conférence des présidents d'université, Yves Poilane, directeur de l'école d'ingénieurs Telecom-Paris-Tech et Bruno Sire, président de Toulouse-I

Notons en passant que la journaliste Marie-Estelle Pech semble accorder une oreille plus que complaisante aux revendications d'américanisation de Pierre Tapie. Elle semble reprendre à son compte nombre de contre-vérités, elle affirme par exemple que : "80 % des cursus dans les écoles de commerce sont aujourd'hui en anglais" ce qui est manifestement faux faisant l'amalgamme entre cursus dits "internationaux" et l'ensemble des cursus. Mais rien n'est trop bon pour appuyer ce qu'elle semble prendre pour un objectif indépassable.

nouvelles/air-france2.jpgAir France condamnée à traduire sa documentation - le 03/10/2010 - 19:15 par A_Salon
Air France condamnée à traduire
sa documentation technique en français
 
La Cour d'Appel de Paris en un arrêt du 1er octobre 2010 a condamné la société Air France. Le syndicat Alter estimant que la société Air France mettait à disposition du personnel des documents non conformes aux exigences légales [documents techniques en anglais uniquement], avait fait assigner la compagnie aérienne devant le Tribunal de grande instance de Bobigny. Celui-ci le 20 novembre 2008 avait débouté chacune des parties de ses demandes et condamné le syndicat Alter aux dépens. Le 19 décembre 2008, Alter avait interjeté appel de ce jugement.

La Cour d'Appel de Paris dans son arrêt, infirme en toutes ses dispositions le jugement déféré et statuant à nouveau, ordonne la mise à disposition de ses salariés par la société Air France S.A., en langue française : des fiches Atlas, des documents techniques d’utilisation (dits TU) des appareils de la famille Boeing, des enseignements assistés par ordinateur, des documentations relatives à la légende des cartes sous astreinte de 5 000 € par document et par jour de retard à compter du 6ème mois suivant la signification du présent arrêt […] et condamne en outre Air France à verser au syndicat Alter la somme de 10 000 € et au paiement des dépens.

consulter le texte de l'arrêt

voir également l'analyse juridique de ce jugement sur le site de la Semaine sociale Lamy
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Air France doit traduire sa documentation technique en français à l'intention de ses pilotes et de son personnel. Ainsi en a jugé la Cour d’Appel de Paris sur la base de la loi Toubon : "l’arrêt Alter" fera date et jurisprudence ! Un coup d’arrêt est donné à l’imposition systématique de l’anglo-américain à toute occasion, à tort et à travers.

Parallèlement à l’action du syndicat Alter, notre association avait saisi et mobilisé des parlementaires et diverses personnalités, afin d’éviter que les nombreux documents techniques d’Air France ne fussent contraints d’utiliser la version en anglo-américain.

Dans le même esprit, il resterait à nos administrations publiques à renvoyer systématiquement à Bruxelles tous les documents de travail qu’elles reçoivent de l’Union Européenne uniquement en anglais. Cela fait des années qu’ALF réclame cette mesure à cor et à cri, en vain.

Heureusement qu’en Europe, après la grande crise financière des Anglo-Saxons, dont nous souffrons encore, après le scandale de Mme Reding admonestant la France, après les multiples tracasseries de cette UE, les peuples se réveillent et, avec ou sans référendum, commencent à manifester leur ire !
Albert Salon

 

 

 


nouvelles/montreux2010.jpgÉvènements francophones en Suisse - le 29/09/2010 - 10:11 par MAR
Évènements francophones en Suisse
et en France

Le XIIIème Sommet de la Francophonie réunira les 70 chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation internationale de la Francophonie à Montreux (Suisse) du 22 au 24 octobre 2010. La décision en avait été prise par la Conférence ministérielle de la Francophonie à Paris le 16 décembre 2009. (voir le site du sommet)

Autour de ce sommet, la Suisse organise un certain nombre de manifestations autour de la Francophonie :

États généraux du français en Francophonie, suite de colloques organisés par les Universités de Genève et Lausanne (UNIGE et UNIL) (voir le programme)

dans ce cadre notons le Colloque langue, économie et mondialisation organisé Lundi 4 octobre 2010 à l'Université de Genève (UNIGE) (voir le programme)

Conférence-débat “La Francophonie face à la mondialisation” le 7 octobre 2010 à Paris organisée par l’Institut Choiseul . Cette conférence, à l’occasion de la parution de la sortie du numéro de la revue Géoéconomie qui traitera cette thématique, se déroulera de 16h à 18h, à l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), 4 place de la Sorbonne - Paris Vème (voir le programme)


Courriers divers et horreurs diverses - le 22/09/2010 - 10:15 par MAR
Courriers divers et horreurs diverses

Les "Français" qui s'exilent... (24 septembre 2010)

On peut être très agacé par le tout le tintouin que font nos "compatriotes" sur les qualités de la culture française et de ses artistes qui vont s'installer aux USA en général...Ou en Suisse ou en Espagne... pour vivre leur vie !

Je pense en premier lieu à la "fleur" d’entre eux: "notre chanteur national" qui, souhaitant obtenir la nationalité belge, n'avait d'autre intention que d'aller vivre à Monaco... où la pression fiscale est nulle. Ce que n'ayant pas obtenu, il se "réfugie" en Suisse tout en préparant un exil en Californie! On pourrait à la rigueur considérer que sa carrière "exemplaire" le lui permet mais la dite carrière n'est que française (en singeant, certes, les "crooners" américains) et ce n'est que grâce à un certain public hexagonal qu'il a édifié sa fortune... qu'il va dépenser là où l'argent abonde déjà, signe d'un bon goût supérieur...

Mais ils sont très nombreux, ceux qui, construisant leur succès en France exclusivement, vont en dépenser les "bienfaits" sur le Pacifique américain ou en Suisse. Déjà un certain San Antonio, fort de sa fortune établie sur la base du succès évident de ses drôles d'écrits s'était installé sur les bords du Lac Léman. Or, ce ne peut être qu'en manipulant avec plus ou moins de bonheur notre langue qu'il a pu se le permettre, ce qui ne doit pas grand chose à la Suisse. De très nombreux autres auteurs l'avaient précédé et l'ont suivi...

Il en est de même des grands sportifs qui ne doivent leurs performances qu'à leurs triomphes au nom de la France et qui vivent en Espagne, en Suisse ou aux USA...

Ne pas en déduire que je formule ici un "nationalisme" déçu mais plutôt la révolte d'un simple citoyen solidaire de ses pairs. François Mainguy (Briare)
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Courrier envoyé à Antoine Perraud (25 septembre 2010)
(producteur de l’émission "tire ta langue" sur France Culture, le dimanche à midi)

Étant un auditeur de France Culture assez attentif, mon étonnement a été grand lorsque j’ai entendu le président de la Délégation à la Langue Française, le 19 septembre, nous faire remarquer que, sur les ondes de France Culture nous n’entendions pas le vilain mot "en live".
Hélas, c’est pourtant bien ce que j’ai entendu durant tout l’été. J’ai hésité à rappeler aux rédacteurs de votre station que l’on disait "en direct et en public" expression comme l’a fait remarquer Xavier North beaucoup plus claire et précise.

J’avais écrit à Arnaud Laporte pour le féliciter de son souci d’épingler les anglicismes et emploi malvenus d’un vocabulaire anglais qu’un certain nombre de ses invités et surtout des critiques usaient sans retenue. J’avais été content de l’entendre dire à l’une de ses comparses, qui nous apprenait qu’un metteur en scène avait "dispatché" ses comédiens sur la scène : "vous voulez dire : "placé"…C’est pourquoi je fus stupéfait et navré lorsqu’il nous annonça le grotesque " Fight Club" !
Je ne pense pas que ce soit en utilisant un vocabulaire anglo-américain que France Culture va gagner un auditoire jeune ou même adolescent. Par contre ceux qui sont amoureux de la langue française s’affligent de cette dérive linguistique et langagière.

Il y aurait beaucoup à dire sur cette idée défendue, entre autres par notre ministre de la culture, que l’essentiel pour notre culture c’est qu’elle s’exporte et, que si cela doit nécessairement passer par la création française en anglais c’est bien.
Le même est convaincu qu’introduire des mots anglais dans le français c’est enrichir notre langue. Hélas je constate que c’est bien le contraire qui se passe ; un terme anglo-saxon remplace un mot français.

À ce propos j’ai trouvé curieux que votre interlocuteur nous explique que le mot "Close-up"utilisé dans le vocabulaire cinématographique cède le pas à "gros plan". J’ai toujours, depuis que je m’intéresse au cinéma entendu et employé "gros plan". Ce n’est que depuis une vingtaine d’années que l’on dit, surtout dans le cinéma publicitaire "close-up".
Sur ce sujet il y aurait beaucoup à écrire, car le vocabulaire traditionnel technique du cinéma et même de la télévision est presque totalement anglicisé, au point que lorsque je travaille avec un opérateur ou un monteur de la génération des vingt-cinq-trente ans, il arrive souvent que nous ne nous comprenions pas…

Je n’aborderai pas le travail d’autodestruction pratiqué par une grande majorité de nos élites contre la langue française mais, je voudrais juste, une fois de plus, signaler que la plupart du temps les mots d’origine anglo-américaine n’enrichissent pas notre langue, bien au contraire, l’appauvrissent. Un exemple qui illustre cette situation : le mot "badge" qui a remplacé au moins six ou sept mots français précis. Cela va de "clé électronique" à "insigne"… Je vous laisse trouver les autres !
Merci pour votre émission.

C’est toujours avec intérêt et grand plaisir que, moi-même ainsi que les deux autres signataires de ce petit mot, vous écoutons. Claude Weisz, Julie Moline, Philippe Smadja
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Moi dire à toi, ça pas français ! (Billet publié dans Ouest-France du 10 septembre 2010)
Attention, nouveau machin en vue : la marque censée définir un territoire.
Lyon a créé la sienne, Onlylyon. L'Ouest vient de s'en offrir une autour des organismes de recherche baptisée Growth valley, ou vallée de la croissance. Voilà que l'agglomération de Saint-Nazaire s'y met aussi : Audacity.

Mais où vont-ils chercher des noms pareils ? Des mots incomplets, un peu d'anglais mélangé à du français plus ou moins détourné et un sens difficile à cerner pour le commun des mortels.
Et pourtant, ils ont bossé le truc. La recette est infaillible : dans une salle, on enferme des élus, des chefs d'entreprise et des communicants. On rappelle les objectifs sur Powerpoint, on écrit un postulat, on rédige un brief, on se fixe une base line, on fait marcher la créa, on envisage un teasing et, dans la foulée, on accouche d'un logo. Le tout sans franchir la dead line.

Au secours, ils sont devenus fous ! Chaque métier a son jargon. Le problème, c'est que les élus comme les communicants sont censés être compris par tout le monde. Rendez-vous dans dix ans pour évaluer, comment ces puissants concepts sont passés dans l'imaginaire collectif ! Cyrille Pitois

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Le STIF fait dans la démagogie djeune et anglomane pour sa carte Imagine’R

Telle cette publicité qui nous matraque un "Back to School" pour la carte Imagine’R.

ImagineR.jpg

Cette carte de transport à tarif réduit est destinée aux jeunes (lycéens, étudiants…) et proposée par le Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), établissement public chargé de l’organisation des transports en Ile-de-France !

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La meilleure langue pour exporter ? Celle du client ! (la Tribune 30 août 2010)
La PME française qui a remporté un contrat en Ouzbékistan ne l’a pas négocié en anglais, mais en russe !

He.Co Stop fait une étonnante percée en Ouzbékistan. Spécialisée dans la conception et la production d'une large gamme de produits de première urgence, cette PME,  basée à Heyrieux près de Grenoble a pris pied en Ouzbékistan. Grace à la connaissance du russe, la langue du monde des affaires dans cette partie du monde, en plein boom économique ( ressources naturelles minières et hydrocarbure ). Un exemple de plus où la langue du vendeur est celle de l'acheteur et a fait la différence lors du Salon spécialisé de Tachkent."


nouvelles/rennes-airshow.jpgVous pouvez le dire en français ! - le 22/09/2010 - 09:54 par JeanPierre_Busnel
Vous pouvez le dire en français !
Le veulent-ils seulement ?
(Airshows, Pécresse et consorts)

La Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), rattachée au ministère de la Culture et de la Communication, mène actuellement une campagne de promotion dans certains médias sur le thème "Vous pouvez le dire en français".  Elle dispose d'un site franceterme.culture.fr/FranceTerme qui fut inauguré en mars 2008 par la ministre de la Culture de l'époque, Mme Christine Albanel.  Qu'on se le dise !

La DGLFLF a notamment pour mission de coordonner l'action des différents acteurs qui concourent à l'élaboration des néologisme (telles la Commission générale de terminologie et de néologie, l'Académie française et les commissions techniques spécialisées) et de les faire connaître du public. C'est ainsi qu'en matière informatique ont été forgés, parmi d'autres, les concepts de courrriel, de navigateur ou de pirate.

En ces temps d'anglomanie, elle se heurte évidemment à des difficultés considérables pour faire accepter et utiliser ces néologismes, d'autant plus qu'elle dispose à l'évidence de moyens budgétaires fort modestes, certainement dérisoires par rapport à ceux des adversaires de la langue française. Les milieux d'affaires en général, leurs services de communication et de publicité en particulier, se moquent éperdument de savoir qu'ils "peuvent le dire en français", comme le leur suggère la DGLFLF. Ils n'envisagent nullement de consulter le site "FranceTerme" dont, sauf exception, ils ignorent d'ailleurs l'existence plus de deux ans après sa création.

Ce qu'ils veulent, désormais, c'est le dire en anglais, le plus souvent possible, car ils pensent que cela ne peut que servir leur promotion et leurs intérêts. La prochaine manifestation aérienne, qui se tient traditionnellement à Rennes en septembre, en apporte une nouvelle démonstration parmi tant d'autres. Ce n'est d'ailleurs plus, depuis quelque temps, un "meeting aérien", comme autrefois (un mot français c'est encore trop), mais un "airshow" qui évoquera cette année l'épopée glorieuse non pas de la Bataille d'Angleterre, mais de la "Battle of Britain", comme on peut le voir actuellement dans les rues de Rennes (on ne saurait imaginer affiches plus anglicisées pour une manifestation se déroulant dans la capitale de la Bretagne que celle reproduite en pièce jointe). Notons, à ce propos, qu'il n'en est plus guère, grande ou petite, qui ne se dote plus ou moins généreusement d'une dimension internationale. Un bon prétexte pour angliciser le logos commercial.

Mais l'action en la matière du ministère de la Culture et de la Communication n'est pas seulement entravée par les milieux économiques. Ceux-ci inspirent désormais largement l'action politique et il est des ministres qui déclarent ouvertement vouloir toujours plus d'anglais en France, sinon même faire de la France un pays bilingue. Tel est le cas de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Ce qui lui a valu le prix de la Carpette anglaise 2008 "pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu'il fallait briser le tabou de l'anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les universités françaises, en rendant obligatoire l'enseignement intensif de cette langue au détriment de toutes les autres". La ministre a réaffirmé sa fascination pour le modèle néolibéral américain (et sans doute aussi pour Wall Street) en déclarant tout récemment  (Le Journal du Dimanche du 18 septembre ) que son ambition pour les universités françaises était de les voir "rivaliser avec Harvard" !

Ce qui sous-entend, notamment, que cette dame souhaite que l'enseignement s'y fasse désormais en anglais. Singulière déclaration, en tous les cas, venant d'un ministre des universités qui situe ipso facto tous leurs diplômés en situation d'infériorité par rapport à ceux de Harvard, et pourquoi pas, aussi, de ceux de Yale, de Princeton, de Cornell, de Columbia, etc ... (les universités qui viennent d'être citées appartiennent toutes à ce que les Américains appellent la Ivy League qui regroupe huit universités privées du nord-est des États-Unis parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses).

On remarquera que Mme Valérie Pécresse compare les universités françaises, qui sont publiques, à celle de Harvard qui est privée (elle a été créée en 1636 à Cambridge dans le Massachusetts, et est considérée comme la plus ancienne institution d'enseignement supérieur des États-Unis). Une façon typiquement néolibérale d'affirmer implicitement la supériorité, dans le domaine de l'enseignement aussi, de la gestion par des capitaux privés. Il ne faut pas s'en étonner. Car tel est bien le discours entendu d'abondance ces dernières années dans lequel bon nombre de ministres (et aussi de hauts fonctionnaires) ne sont pas les derniers à expliquer qu'il y a trop d'État et que les privatisations sont une bénédiction (le credo néolibéral s'est évidemment fait beaucoup plus discret depuis deux ou trois ans sur le thème des privatisations et se focalise plutôt, actuellement, sur "la guerre déclarée aux déficits publics").
Jean-Pierre Busnel

nouvelles/elle.jpgVoyage en anglomanie magazine - le 24/08/2010 - 16:26 par MAR
Voyage en anglomanie magazine
À la découverte d'Elle

Nous sommes tombés sur un numéro d'Elle cela nous a permis de voir le degré d'anglomanie dans lequel était tombé ce journal dit féminin. Passage en revue de ce numéro du 23 juillet 2010 :

page 8 : une rubrique intitulée elleinfostory

page 12 : dans la rubrique intitulée elleinfopeople avec l'été des VIP

page 20 : toujours dans la rubrique elleinfopeople
l'objet VIP : Ce maillot arc-en-ciel pour un summer "Over the Rainbow" ! avec un rose girly mentionné.
un encadré plus bas Le code a changé DEUX FIRST, DEUX CLASSES

page 22 : toujours dans la rubrique elleinfopeople
l'objet VIP : séduction en chaîne avec ces lunettes hots couture. [quel humour ! ]

page 36 : dans la rubrique intitulée leslivresdeelle
le livre de Milan Kundéra "l'insoutenable légèreté de l'être" est surtitré LOVE STORIES

page 38 : une présentatrice météo est qualifiée de "la Miss météo de Canal +"

page 43 : dans la rubrique intitulée styleelleété
on nous détaille les aventures de : ALEXANDRA GOLOVANOFF ON HOLIDAY
avec en encadré SON SUMMER BEST qui nous mentionne son drink et sa playlist

page 46 : toujours dans la rubrique styleelleété, la page DO IT YOURSELF qui nous expose comment mettre des pièces à un jean coupé en short cela s'appelle LE SHORT PATCH. Les opérations sont détaillées dans un encadré intitulé STEP BY STEP

page 48 : toujours dans la rubrique styleelleété, la page consacrée aux produits de beauté est intitulée BEAUTY BAR

pages 50 à 55 : dans un article consacré à "La vraie vie des stars en vacances", le chapô nous invite à partir "à la découverte des sept familles des Very Importants Touristes". Ce passionnant article est saupoudré d'expressions ou de petits mots intéressants comme guest star, the place to be, total-look…

pages 68 à 89 : dans l'article de 22 pages où Sophie Marceau fait la promotion de divers vêtements,
sa photo est légendée pretty amazone (page 68), le texte débute page 70 avec un grand titre dreams are sa réalité, on retrouve une autre légende intéressante page 72 : cool denim

pages 90 à 95 : une sorte d'article publicitaire destiné à faire vendre des produits de beauté orné d'un gros titre LA PLUS BELLE POUR ALLER CLUBBER. On y apprend de belles révélations : La natte très très serrée est "plus night-club friendly" que la natte lâche…
on y parle plus loin pour le make-up d'un eye-liner waterproof, une des filles affichée étant qualifiée de disco-girl

pages 108 : dans la rubrique vieprivéebien-être un encadré nous parle de "MES CANTINES HEALTHY À PARIS"

Voilà pour ce rapide tour d'horizon, nous en avons surement oublié un certain nombre, cachés dans le texte de ces captivants articles. Notons, puisque la publicité non rédactionnelle occupe près 40% de la surface de ce journal (51 pages sur 134), que celle-ci n'est pas en reste comme par exemple, en page 45 : une publicité pour le téléphone Blackberry dont le slogan est what you do BBM

Que dire après un tel constat ? Que les autres magazines dits féminins doivent faire de même pour "faire moderne". Que tout cela doit faire grand plaisir à Frédéric Martel grand apôtre de la colonization culturelle et linguistique (nommée également collaboracheune). Nous invitons nos lectrices (ou lecteurs) à ne plus acheter ces titres ou tout du moins à écrire à leurs rédactions pour protester contre ce massacre général de la langue française.

Marc-Antoine Renard


nouvelles/Drapeau-Quebecois.jpgNous sommes d’une race qui ne veut pas mourir - le 23/08/2010 - 11:34 par Jacques_Bergeron
Le français au Québec
"Nous sommes d’une race qui ne veut pas mourir*"
par Jacques Bergeron

Écoutons Jacques Bergeron, l’indépendantiste québécois, animateur de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, opiniâtre et valeureux résistant à toutes les tentatives constantes d’étranglement-étouffement lent, sournois, comme au sérail, de la langue française au Québec.
Cette fois, il cite des textes de divers pays étrangers qui protègent leurs langues de diverses manières, pour démonter les arguments hypocrites des collaborateurs québécois selon lesquels le Québec ferait en quelque sorte exception dans sa défense linguistique.
  A.S.

«Or, je les entends déjà ces journalistes pleutres et ces Marie-Madeleine de la cause des pauvres anglophones opprimés: "On ne peut pas renforcer la Loi 101! Ce n’est pas normal d’avoir à faire ça; que penseront les autres de nous? Ce n’est pas ce qu’un pays démocratique ferait!" Balivernes. Qu’on cesse un peu d’écouter ces acrochordons de la pensée qui passent le plus clair de leur temps à nous qualifier d’incapables et qui se réjouissent du moindre de nos échecs. Légiférer pour protéger la langue commune, c’est précisément ce que font la plupart des pays sur la planète.
En rafale:
  • Afrique du Sud : Selon la Politique linguistique cadre pour l’enseignement supérieur de juillet 2001, "tous les établissements d’enseignement supérieur doivent participer à la facilitation et la promotion des objectifs de la politique linguistique nationale".  Ces institutions ont la responsabilité de par la loi d’assurer une cohérence avec les langues nationales.
  • Albanie : Selon l’article 6 de la loi relative au système d’enseignement pré-universitaire de 1995, "l’enseignement dispensé dans les établissements publics d’enseignement de la république d’Albanie l’est en albanais, sauf dans les cas où la présente loi en dispose autrement".
  • Algérie : L’article 8 d’une ordonnance de 2005 fixant les règles régissant l’enseignement dans les établissements privés impose que l’intégralité de l’enseignement (hormis les cours de langues étrangères) se fasse en arabe dans toutes les disciplines et à tous les niveaux.
  • Andorre : Selon la loi du 20 juin 1996 sur les dénominations commerciales, les raisons sociales et les enseignes d’établissement,  une dénomination commerciale ne peut être enregistrée que si elle est écrite en catalan.
  • Angleterre : La loi sur la nationalité britannique de 1981 exige la connaissance de l’anglais, du gallois ou du gaélique écossais pour l’obtention de la citoyenneté.
  • Argentine : Dans un accord-cadre pour l’enseignement des langues, adopté en 1998, on réaffirme que l’espagnol est la langue de la majorité des habitants, que c’est celle d’usage courant, celle des documents officiels, de l’école et du travail.
  • Arménie : Dans l’article 2 de la loi sur la langue, adoptée en 1993, l’Arménie exige un examen d’entrée sur la langue arménienne et l’enseignement de la langue arménienne pour tous les établissements d’enseignement secondaires spécialisés, professionnels et supérieurs.
  • Azerbaïdjan : Selon la loi sur la langue officielle de 2002, tout citoyen de la République azerbaïdjanaise est dans l’obligation de connaître la langue officielle.  Toute admission dans un établissement d’enseignement secondaire ou supérieur est conditionnelle à la réussite d’un examen de connaissance de la langue azerbaïdjanaise.
  • Belgique : Au sein de la communauté française, le Décret Spaak-Lagasse de 1978 a interdit l’emploi exclusif d’une langue autre que le français dans toutes les relations avec l’État et au niveau de l’affichage sur les bâtiments.   La communauté flamande, elle, a adopté une loi, en 2006, qui fait du néerlandais la seule langue de tout le processus de votation.
  • Biélorussie : Selon la loi sur les langues de 1990, "le travail d’instruction et d’éducation à l’école générale se fait en biélorusse".
  • Brésil : L’État de São Paulo a adopté une loi, en 1999, statuant que l’utilisation du portugais est obligatoire dans l’enseignement et l’apprentissage, dans le travail, dans les relations juridiques, dans l’expression officielle, dans l’expression lors des événements publics, dans les moyens de communication de masse, dans la production et la consommation de biens, produits et services et en ce qui concerne la publicité de ceux-ci.
  • Bulgarie : La loi sur l’éducation nationale de 1991 demande à ce que l’éducation permette une maîtrise de la langue officielle et que les élèves dont la langue maternelle n’est pas le bulgare aient le droit d’étudier leur propre langue maternelle, mais à l’extérieur de l’école publique.
  • Colombie : La loi en faveur de la langue espagnole, qui  a été adoptée en 1960 (mais abrogée par la suite), décrétait  que tous les documents officiels, tout nom, enseigne, annonce de commerce ou quoi que ce soit à la portée de tous devait être écrit en espagnol.  Si la loi n’était pas respectée, l’autorité responsable avait le droit d’ordonner l’enlèvement de l’annonce.
  • Costa-Rica : La loi sur la défense de la langue espagnole et des langues aborigènes costaricaines de 1996 oblige les raisons sociales, les brevets et les marques les documents publics, la publicité et les brochures a être dans les langues nationales.
  • Espagne : Dans la région autonome de la Catalogne, la loi sur la politique linguistique de 1998 a statué que le catalan constitue la langue de l’enseignement en Catalogne et cela à tous les niveaux et dans toutes les branches de l’éducation.
  • États-Unis : De nombreux États ont voté des lois linguistiques, dont l’Arizona, avec sa proposition 103, en 2006, qui a interdit toute forme de mesure officielle ignorant, nuisant ou diminuant le rôle de l’anglais comme langue du gouvernement.
  • France : La loi Toubon de 1994 dispose, dans son article 3, que "toute inscription ou annonce apposée ou faite sur la voie publique, dans un lieu ouvert au public ou dans un moyen de transport en commun et destinée à l’information du public doit être formulée en langue française".  En outre, cette loi a des dents : on peut retirer une inscription délinquante.  Dans la même loi, à l’article 11, on statue également que la langue d’enseignement dans les enseignements publics est le français.
  • Irlande : L’article 28 de la loi sur la radiodiffusion de 2001 dispose que la programmation doit absolument offrir du contenu dans la langue irlandaise, et pas seulement en anglais.
  • Islande : L’article 15 de la loi sur les étrangers de mai 2002 impose qu’un cours d’islandais de 150 heures, avec une assiduité minimale de 85%, soit imposé à tout étranger espérant obtenir un permis de séjour.
  • Lettonie : L’article 12 de la loi sur la citoyenneté de 1998 dispose qu’une personne ne peut obtenir une naturalisation si elle ne parle pas couramment le letton.
  • Macédoine : L’article 7 de la loi sur l’emploi de la langue macédonienne (1998) demande à ce que les textes officiels, mais également les manuels scolaires et la presse soient obligatoirement édités en macédonien.
  • Maroc : L’article 111 de la Charte nationale d’éducation et de formation de 1999 rend obligatoire l’enseignement en arabe de tous les enfants marocains et ce, dans toutes les institutions éducatives du Maroc.
  • Russie : La loi sur la langue officielle de la fédération de Russie de 2004 affirme que le russe doit être la langue obligatoire pour l’activité des pouvoirs publics, pour les noms des pouvoirs publics, lors de la tenue d’élections, dans le domaine de la justice, dans la correspondance entre les pouvoirs publics, dans l’orthographe des lieux géographiques, dans les publicités, etc.
  • Suisse : La Suisse est un cas un peu spécial, car chaque canton peut adopter ses propres règlements.  Cela dit, des organes fédéraux, comme la Société suisse de radiodiffusion et télévision, doivent s’assurer que les langues officielles des cantons sont respectées et que la programmation y est égale entre chaque langue.
  • Turquie : L’article premier de la loi sur l’usage du turc dans les établissements dispose qu’aucune société ou établissement ne peut supprimer le turc de leur commerce, de leurs contrats ou de leurs communications.  Les délinquants s’exposent à des amendes.

Dans leur quasi-totalité, ces États ne sont pas des dictatures et ne violentent pas leurs minorités. Simplement, ils ont compris que c’est en légiférant qu’on peut assurer que la cohérence et la stabilité sociales issues du partage d’une seule langue commune bien établie peut prévaloir. Ils ont saisi que si des lois permettent de protéger les individus, en interdisant tout ce qui pourrait s’attaquer à leur intégrité, de telles lois sont tout autant nécessaires pour protéger la nation, cette collectivité d’individus partageant des valeurs communes, dont la langue est généralement la principale.

Il faut appliquer la Loi 101 au cégep
L’application de la Loi 101 au réseau collégial ne constitue donc rien de plus radical que ce qui se fait ailleurs, n’en déplaise à ceux qui aiment nous dépeindre comme des extrémistes alors qu’on réclame, précisément, la normalité des peuples libres. En fait, on pourrait même dire que c’est une mesure bien timide, un simple premier pas, quand on se compare avec des pays qui ont décidé de ne financer que l’éducation publique dans la langue nationale, alors que nous finançons davantage l’éducation des anglophones que la nôtre !

Si le Québec était indépendant, la question ne se poserait pas. Il suffirait d’instaurer un seul réseau public d’éducation en français avec quelques exceptions pour les minorités anglaise et autochtones.
Mais la réalité étant ce qu’elle est, la Loi 101 au cégep constituera un nouveau rempart contre l’assimilation qui nous guette et nous permettra, en attendant le Grand Soir, d’aspirer à une existence un peu plus normale, à l’image de celle des centaines d’autres nations de la Terre.
Il n’y a rien de mal à éduquer nos enfants dans notre langue et à demander que ceux qui vivent sur notre territoire le fassent également. C’est ainsi que cela fonctionne partout sur la planète. C’est commun, presque banal.

La réaction des anglophones et de leurs sbires anglomanes ne doit pas nous surprendre. Ce sont des gens qui se prétendent ouverts d’esprit parce qu’ils parlent la langue impériale mais qui ignorent tout des lois linguistiques de par le monde. Ils nous dépeignent comme des radicaux, ils parlent de "police de la langue", mais ce n’est pas parce qu’ils ont raison de le faire, mais plutôt parce qu’ils espèrent jouer sur notre séculaire sentiment d’infériorité de peuple ayant vécu trop longtemps l’échine courbée.

Si toutes ces nations, ci-haut, ont ressenti le besoin de protéger leur langue commune, pourquoi le Québec, qui n’est pas un État indépendant et qui vit entouré d’une mer d’anglophones, ne pourrait pas également le faire ?

Cessons d’avoir peur de ce qu’en diront les incultes et appliquons la Loi 101 au réseau collégial. Ouvrons-nous sur le monde en protégeant notre langue et en rejoignant les centaines de peuples qui ont décidé d’enrichir l’humanité de leur présence en se donnant les moyens de survivre. Leur combat pour la diversité linguistique est aussi le nôtre.

Oui, l’automne sera chaud. Mais pas autant que l’enfer du quotidien de l’ethnocide de nos descendants si nous n’agissons pas maintenant
http://louisprefontaine.com/2010/08/18/loi-101-cegep-normal#comment-41233

Jacques Bergeron

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* Maria Chapdelaine, de Louis Hémon


nouvelles/alain-juppe.jpgUn ancien Premier ministre dénonce l'anglomanie - le 16/08/2010 - 12:34 par JP_Busnel
Un ancien Premier ministre dénonce l'anglomanie
 
Pour une fois qu'un membre de la classe politique française dénonce l'anglomanie vivement, publiquement, on aurait bien mauvaise grâce à ne pas le citer volontiers. Il s'agit d'Alain Juppé, ancien Premier ministre (de 1995 à 1997), maire de Bordeaux de 1995 à 2004 et, de nouveau, depuis 2006. Ce n'est pas un ministre en exercice qui ferait cela ! Mais il est vrai que M. Juppé est plus ou moins en retrait de la sphère politique désormais, qu'il est agrégé de lettres classiques et qu'il appartient à une génération où l'attachement à la langue française est encore généralement vivace. Toujours est-il qu'il vient de publier sur son "blog-notes" un vigoureux "coup de gueule" à ce propos, intitulé "Confusion intellectuelle" (www.al1jup.com/ ) [en réponse notamment à l'infâme article que Frédéric Martel a publié dans Le Point du 8/7/2010 : “Français, pour exister, parlez English.” dont nous parlons dans un article précédent]

En voici un extrait :
"... La véritable explication de l’actuelle épidémie de “franglais”, c’est, selon moi, le snobisme : comme nous parlons mal l’anglais (cf. supra), il est plus facile, pour donner le change, d’émailler notre conversation de mots anglais qui font chic. Mainstream… Autre exemple : cette publicité d’une grande marque automobile qui vante les mérites de son véhicule… “energy saving”, comme si, pauvres couillons de consommateurs français, nous ne savions pas ce qu’économiser l’énergie veut dire.  Grotesque ! ... La mondialisation, ce n’est pas l’américanisation universelle. C’est la diversité. Y compris la diversité linguistique ...".

Le fait de "truffer notre français de mots empruntés à l'anglais" est bel et bien, comme le dit l'auteur, parfaitement "ridicule". Dans l'immense majorité des cas cela ne correspond, en effet, strictement à aucune utilité, à aucune nécessité, à aucune rationalité. Pour la bonne raison que les mots anglais mêlés en vrac aux mots français dans une sorte d'ébauche de bilinguisme de bazar, utilisés à profusion sur le territoire français par les milieux commerciaux essentiellement mais pas seulement par eux car le mimétisme anglomaniaque (notons que M. Juppé parle d'"épidémie") n'épargne plus grand monde désormais, ne sont nullement destinés à des anglophones qui ne comprendraient pas un mot de français, mais à des ... francophones (et peu importe que ces derniers ne les comprennent pas - ce qui est souvent le cas -, on ne se donnera surtout pas la peine de les traduire en français).

Le but visé est tout simplement d'essayer de développer les chiffres d'affaires et de valoriser les images. Et pour cela, disent, unanimes, les "créatifs" de la publicité et de la communication, il importe, autant que faire se peut, de cacher les mots français, qui on fait leur temps, qui sont suspects, à l'heure de la globalisation, d'exprimer un penchant rétrograde pour le "repli identitaire", tandis que, à l'inverse,  en faisant généreusement étalage d'un vocabulaire riche de quelques ... dizaines de mots anglais, on serait bien de son temps, invariablement à la mode, à l'avant-garde du mouvement de la société, "branché", ouvert aux autres et "moderne".

Les trois clichés ci-dessous, choisis parmi une foule d'autres, en témoignent sans ambiguïté aucune. Les deux premiers ont été pris à La Baule cet été (comme dans tous les territoires à vocation touristique, l'anglomanie y atteint depuis longtemps déjà des sommets). J'ai beaucoup circulé dans cette région au mois de juillet. J'ai constaté que les touristes anglophones y étaient, cette année encore, fort peu nombreux. Le troisième cliché ("American car wash") représente une publicité récente pour une entreprise de lavage de voitures installée en périphérie de la ville de Rennes. La raison sociale n'est pourtant pas vraiment celle d'une multinationale ayant vocation à s'implanter dans le monde entier ! Mais peut-être espère-t-on séduire les automobilistes rennais sensibles au "rêve américain" en leur donnant à bon compte l'illusion qu'ils vont faire laver leur voiture non loin de Wall Street (qui continue, on se demande bien pourquoi, d'en fasciner plus d'un), dans une station de Brooklyn par exemple (l'une des cinq circonscriptions de la ville de New-York, comme chacun sait, dont la devise est d'ailleurs écrite en ... néerlandais, ce qui est sans doute beaucoup moins connu, y compris des anglomaniaques les plus déterminés).

 

 

Jean-Pierre Busnel
 
derby la baule.jpg i love la baule.jpg american car wash.jpg
     

 

nouvelles/Be_Breizh.jpgNavrante bêtise anglomane bretonne - le 10/08/2010 - 11:53 par JeanPierre_Busnel
le frédéricmartelisme* a encore frappé
Navrante bêtise anglomane bretonne
Il paraît que la Bretagne et la Catalogne sont aujourd'hui, dans toute l'Union européenne, les régions les plus attachées à la promotion de leur langue régionale et les plus ouvertes à l'invasion anglomaniaque. Pour ce qui est de la Bretagne, on ne voit pas vraiment de raison d'en douter. Dopé tout à la fois par la décentralisation des pouvoirs publics et par la construction européenne, le régionalisme linguistique y est, en effet, en plein essor. Quant à l'anglomanie, elle y atteint les sommets que l'on sait, notamment dans le milieu du tourisme.

D'où la prolifération, en Bretagne, d'expressions nouvelles associant mots anglais et bretons, mêlant inspiration commerciale et culturelle (ou politique), comme si la langue française n'existait pas. Elle n'épargne évidemment pas les administrations publiques (communes, départements et conseil région), loin de là. C'est ainsi que le Président du Conseil régional de Bretagne a présenté tout récemment un nouveau film (en deux versions) de promotion du tourisme en Bretagne. Son nom : "Be Breizh !". Le recours au mot anglais "be" étant tout de même appelé à soulever certains interrogations, voire même certaines critiques, le CRT (Comité régional du tourisme) le justifie en présentant ce slogan commercial comme un "appel général et universel de ralliement qui ne nécessite pas de traduction et donc utilisé invariablement à l’international  ... En adoptant "Be Breizh !", le CRT veut créer une expression unique qui ne peut appartenir qu'à la Bretagne, ancrée dans son identité, pour se démarquer encore plus fortement et durablement des autres territoires. "Be Breizh !" répond au double objectif de rajeunir l'image et de mobiliser les Bretons."

C'est que le verdict des agences de "pub" et de communication est formel et sans appel : quand il s'agit de donner un nom à un produit, à un service, de définir une raison sociale ou une enseigne commerciale, une action de promotion quelconque, y compris donc celle d'une région de France, l'essentiel est d'utiliser le moins possible de mots français. Ceux-ci sont "vieux", ils ont fait leur temps, et, au contraire par exemple de "Be" et de "Breizh", seraient bien incapables de "rajeunir l'image" de la Bretagne. Sauf exception rarissime, les dirigeants économiques et politiques valident ce dénigrement systématique, ce bannissement de la langue française en se soumettant volontiers, sans doute même avec enthousiasme parfois, à ce diktat. Pour eux, ce sont lesdites agences qui, en la matière, font la loi, celle des marchés, bien entendu.
 
Jean-Pierre Busnel

* frédéricmartelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)

nouvelles/ens.jpgNormale Sup croit à l'excellence à la française - le 10/07/2010 - 18:18 par MAR
Normale Sup croit à l'excellence à la française

Loin de l’Institut d’études politiques de Paris (Science Po.) qui impose de plus en plus de cours en anglais et qui permet à des étudiants étrangers de suivre des cursus complets sans apprendre un mot de français, encore plus loin des écoles de commerce (renommées le plus souvent "business school") qui imposent des cursus entièrement en anglais à leurs étudiants, Normale Sup organise des sessions d'un mois autour de langue et de la culture française pour une cinquantaine de brillants étudiants, chinois, japonais, africains, européens.
Comme le dit Cécilia Gabizon dans son article du Figaro du 22 juillet 2010 : "Beaucoup entendent «améliorer leur niveau de langue» . Mais en fait de séjour linguistique, l'ENS a concocté un véritable programme de travail, avec des ateliers d'art, d'architecture, de littérature, des conférences magistrales et des cours délivrés soit par d'illustres professeurs, soit par des normaliens frais émoulus. «Nous avons choisi un cursus tout en français, ce qui est rare. Il ne faut pas laisser le monopole de la recherche à l'anglais», explique Céline Barral, normalienne qui coordonne cette formation."

A une époque de démission généralisée concernant la langue française, nous ne pouvons que nous réjouir de cette nouvelle et lui souhaiter longue vie. Persuadés que singer les anglo-saxons n'apporte rien à la France, n'importe qui d'un peu censé préférant toujours l'original à la copie.
 
M.-A. R.
 

nouvelles/Frederic_Martel.jpgLa collaboracheune a trouvé son chantre : Frédéric Martel - le 09/07/2010 - 16:06 par MAR
La collaboracheune a trouvé son chantre : Frédéric Martel

Dans un article de 3 pages (!) dont le magazine Le Point (8 juillet 2010) lui a généreusement accordé  la place, Frédéric Martel développe en long et en large la théorie de ce que nous appelons la collaboracheune (collaboration linguistique et culturelle).[lien vers l'article ]

Ce triste sire milite, pour résumer, pour la disparition complète du français, l'alignement général dans tous les domaines sur le modèle états-unien et l'uniformisation général de la planète.
Son article est un long cri de victoire à toutes les défaites et reculs français, un long rampement devant tout ce qui vient des pays anglo-saxons, forcément plus modernes.  Pour lui l'ouverture au monde ne peut se traduire que par un seul comportement : devenons anglo-saxons.

Dans ce pays, toutes les époques ont connu de tel chantres de la défaite nationale : Bourguignons s'alliant aux Anglais contre les Armagnacs, émigrés s'alliant à l'Europe absolutiste contre la Révolution et Vichy prônant la collaboration avec l'Allemagne nazie... Il n'en est hélas que le digne continuateur !

Voir les réponses de Claude Hagège (Une langue créative et universelle) et de François Taillandier (L'avenir s'écrit aussi en français) dans le Point du 5 août 2010 ainsi que celle d'Alain Juppé du 8 août dans son blog (Confusion intellectuelle) ainsi que l'article de Observatoire européen du plurilinguisme dans son numéro de septembre 2010 ("Mainstream", modèle économique ou hégémonie culturelle). A lire également sur le site du Point un pot-pourri de réactions d'internautes concernant cette "polémique" : Français, anglais, franglais, amour et tourments.

voir aussi l'article de Jack Dion dans Marianne

Marc-Antoine Renard
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Notons que ce manifeste est l'œuvre
d'un grand redevable de la République (même s'il  lui crache à la figure) : chef du bureau du livre dans une ambassade, chargé de mission au département des affaires internationales du ministère de la Culture, conseiller technique au cabinet de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité, chercheur à l'EHESS et conseiller du président de l’EHESS (!), attaché culturel à l'ambassade de France aux États-Unis, producteur/présentateur à France Culture, chercheur associé à l'Institut National de l'Audiovisuel (INA) !!! et j'en passe... M.-A. R.

nouvelles/dinard-hope.jpgDinard, François Pinault et l'anglomanie ordinaire - le 06/07/2010 - 09:25 par JeanPierre_Busnel
Dinard, François Pinault et l'anglomanie ordinaire

Il y a un an, le 16 juin 2009, j'évoquais l'inauguration, au Palais des Arts de Dinard (charmante station balnéaire très réputée de la Côte d'Émeraude, à quelque 65 kilomètres au nord de Rennes), de l'exposition d'une petite partie de l'immense collection privée d'œuvres d'art contemporain de M. François Pinault, homme d'affaires breton, l'une des plus grandes fortunes de France. Intitulée "Qui a peur des artistes ?", cette exposition se tenait, curieusement, sous l'égide de la "François Pinault Foundation" ! Le mot anglais foundation ne différant du français fondation que par une lettre, le parti pris anglomaniaque était manifeste. Du coup, mélangeant les genres, les journalistes et les commentateurs usèrent à cette occasion d'un anglicisme syntaxique pour désigner cette fondation. Ils ne parlaient pas de la Fondation François Pinault, mais de la François Pinault Fondation. C'était même le cas du site internet officiel de la ville de Dinard qui, sur sa page d'accueil, évoquait cette "sélection d'oeuvres de la François Pinault Fondation".
 
Cette année, dans les mêmes lieux, une seconde exposition d'art contemporain "témoigne de la volonté de la ville de Dinard de s'inscrire dans la création d'aujourd'hui". A travers une cinquantaine d'œuvres, il s'agit, sur le thème de l'espoir, d'un voyage initiatique au sein de la culture biblique allant de la Genèse à l'Apocalypse en passant par l'Exode. Cette fois encore, les organisateurs et leurs conseils en communication ont estimé que la langue française était indigne d'exprimer la modernité. C'est bien entendu l'anglais qui a eu leur préférence. D'où le titre de l'exposition : "Hope" (espoir en français, voir ci-dessus).
 
Je suis entré dans ce Palais des Arts de Dinard. C'était un dimanche, à l'heure du déjeuner, et les quatre ou cinq jeunes gens de l'accueil étaient désœuvrés. J'ai eu tout le temps de leur dire ce que je pensais de cette nouvelle manifestation d'anglomanie. Ils m'ont sagement écouté et ont paru passablement médusés. Sans doute ne sont-ils pas habitués à entendre des observations de ce genre de la part des visiteurs en général, eux-mêmes considérant évidemment cet anglicisme comme allant de soi. En outre, en discutant avec de très jeunes gens, qui vivent désormais entre eux et qui n'ont que peu de contacts avec les adultes, on a parfois le sentiment qu'ils ne sont guère accoutumés à être contredits par ces derniers et, a fortiori, à ce qu'on leur tienne tête (l'enfermement de la jeunesse dans un monde à part est l'une des grandes caractéristiques de la société contemporaine). Toujours est-il que comme justification à cette utilisation insolite d'un mot anglais pour désigner une exposition d'art en France, l'un d'entre eux, mon interlocuteur principal, m'a répété à deux reprises : "C'est une question de choix !"
 
Voilà bien une excellente explication. Le sujet postmoderne aspire, en effet, à la plus parfaite autonomie. Il veut être, en tous domaines, libre de ses choix, libéré du fardeau, du carcan des héritages. Le très subtil Allan Bloom (1930-1992), qui a enseigné la philosophie politique à Chicago, a, l'un des premiers, au lendemain de la grande révolution culturelle des années 60, parfaitement discerné chez ses étudiants ce vent culturel nouveau aux États-Unis. Voici des extraits significatifs de ce qu'il écrivit à ce sujet dans son très remarquable ouvrage L'âme désarmée. Essai sur le déclin de la culture générale (chez Julliard, 1987) :
 
"Du fait de cet avenir indéterminé et ouvert et de l'absence de tout passé aliénant, les âmes des jeunes Américains se trouvent à un stade comparable à celui des premiers hommes à l'état de nature : ils sont nus spirituellement, sans relations, isolés, sans aucune connexion héritée ou inconditionnelle avec quoi que ce soit ni qui que ce soit. Toutes leurs relations doivent résulter d'un consentement, d'un contrat, d'un choix. Aucune n'est donnée d'avance ... Ils (les fils des classes moyennes) peuvent être tout ce qu'ils souhaitent être, mais ils n'ont aucune raison particulière de souhaiter être quelque chose en particulier. Ils ne doivent pas seulement choisir le lieu où ils vivront; ils doivent aussi choisir s'ils croiront en Dieu ou s'ils seront athées, à moins qu'ils ne laissent la question en suspens en étant agnostiques; s'ils seront hétérosexuels ou homosexuels, à moins qu'à nouveau ils ne se laissent libres d'être l'un et l'autre; s'ils se marieront et s'ils resteront mariés; s'ils auront des enfants, et ainsi de suite, à l'infini. Il n'existe aucune nécessité, aucune morale, aucune pression sociale, aucun sacrifice à faire qui milite en faveur ou à l'encontre d'aucune de ces directions, et il existe des désirs qui s'orientent vers chacune d'entre elles, avec, contradictoires entre eux, des arguments pour étayer chacun des choix."

"Laissez-moi faire de moi ce que je veux" écrivait, à la même époque, André Bercoff dans son Manuel d'instruction civique pour temps ingouvernables (Grasset, 1985). A l'heure de la globalisation, de l'individualisme et de l'hédonisme triomphants, du "bougisme", de l'aspiration au métissage généralisé, du relativisme culturel (tout se vaut), aucune autorité transcendante (idéologie), historique (la tradition), parentale, majoritaire ou politique (la loi démocratique) ne peut prétendre infléchir les préférences du sujet postmoderne, régenter ses comportements, contrarier sa prédilection pour une forme de société qui met à sa disposition toutes les formes de vie, le libère de la morale ancienne du menu unique au profit d'un choix à la carte. Et surtout pas celle issue d'un passé nécessairement périmé, "car le pire est désormais d'apparaître en héritier" (Francis Brochet, La Grande Rupture, éditions du Toucan, 2010). Dans ces conditions, aux yeux des jeunes générations une langue ne saurait évidemment prétendre à l'hégémonie, ni même à quelque supériorité que ce soit, au motif qu'elle est "maternelle" (c'est pourquoi l'attachement à la langue est une fonction croissante de l'âge des individus). Et si l'anglais séduit autant les jeunes gens des deux sexes c'est, essentiellement, parce que c'est dans cette langue que s'exprime ce qui est, et de très loin, leur immense passion commune : la musique rock et ses dérivés, élément constitutif central de la culture mondiale de la jeunesse.
Jean-Pierre Busnel

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