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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  

Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles/join-us.jpgPeut-on toujours parler de Défense NATIONALE ? - le 16/11/2011 - 22:42 par MAR
Peut-on toujours parler de Défense NATIONALE ?

Deux évènement permettent d'en douter. Le magazine de la Marine nationale "Cols bleus" sollicite des candidatures avec un grand encart : JOIN US sans état d'âme ! Le 11 novembre 2011, un général français Christian Baptiste préconise l'anglais comme langue de communication entre Français et Allemands ! Comme dit Marc Favre d'Échallens dans son article : "Une question à nos généraux ; pourquoi et pour qui combattons-nous aujourd’hui ?" MAR

Concernant cette dernière affaire, lire  dans Marianne2 "Quand un général français préconise l'anglais" par Marc Favre d'Échallens

Concernant la publicité anglomane publiée dans Le magazine de la Marine nationale "Cols bleus
[Le numéro est feuilletable sur le site armees.com (descendre ensuite dans la page) ]
nous reproduisons ci-dessous 2 lettres écrites par l'Amiral Michel Debray en réaction à ce que l'on pourrait qualifier de trahison.

Lettre à "Monsieur Gérard Longuet, ministre de la Défense" (1er novembre 2011)

Monsieur le Ministre,
Au cas où personne de votre cabinet ne vous aurait montré l’encart publicitaire paru dans "Cols Bleus" du 1er octobre 2011, pour susciter des candidatures au CSFM, j’ai l’honneur de vous le faire parvenir, ci-joint.

L’emploi en majuscules d’une formule en anglais m’emplit d’indignation et j’attends du Ministre de la Défense qu’il veille au respect par les publications financées par son administration des dispositions de la Constitution, selon laquelle "la langue de la République est le français".

Je vous prie d’agréer, monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération mêlée d’indignation.

Amiral Michel Debray

Lettre du 16 octobre 2011 aux associations

Je découvre dans "Cols bleus", le magazine de la Marine nationale, n°2978 du 1er octobre 2011, page 31, un encart publicitaire d’une demi-page destiné à signaler le prochain renouvellement d’une partie des membres du CSFM, conseil supérieur (je crois, car la traduction ne figure pas…) de la fonction militaire. Je vous invite à chercher à vous procurer vous-même rapidement ce journal, auprès du cabinet du Ministre par exemple, car je suis malheureusement incapable de reproduire et de vous envoyer via mon ordinateur ce document.

Ce "placard" attire en toute simplicité l’attention du lecteur par un large JOIN US en lettres majuscules rouges.
Dans quel pays vivons-nous ? Le gouvernement de la République fait de la publicité pour un organisme de la fonction publique, avec pour cible un public exclusivement français et militaire, dans une revue militaire officielle (et vraisemblablement dans toutes les autres, mais je ne le sais pas), EN ANGLAIS !

Il faut que les responsables soient identifiés, châtiés, et que quelque chose soit écrit ou prononcé le plus solennellement possible pour stigmatiser une telle faute contre notre PAYS.

Excusez ma vivacité, mais je me sens désarmé et impuissant alors qu’il faudrait secouer un peu ce milieu de la "communication", qu’elle soit militaire ou pas, et je ne vois que vous, et les destinataires que je mets en "copie", qui puissiez peut-être avoir une action rapide et percutante.

Merci d’avance, tenez-moi au courant…je suis fou de rage ! !

Amiral Michel Debray


nouvelles/presse.gifNouvelles de Novembre - le 05/11/2011 - 13:45 par MAR
Nouvelles de Novembre
Luc Chatel ministre de l'éducation coloniale (10/11) [lire ci-dessous]
Le Maire de Québec Régis Labeaume, s'insurge contre l'anglais à Paris (16/11) [lien]
M. Favre d'Échallens (Marianne2) : Quand un général français préconise l'anglais (14/11)
Une pétition de COURRIEL pour la défense de la langue française contre le tout-anglais des affaires (14/11) ALF s'y associe et vous invite à la signer [suivre le lien]
Lettre au Monde "Français, emprunts abusifs et soumission" (5 /11) [Y. Égal] [ci-dessous]
Deux outils linguistiques proposés par Gilles Batrel [suivre le lien]


Luc Chatel ministre de l'éducation coloniale après l'anglais obligatoire dès 3 ans à la maternelle (qu'on se rassure, Luc a déjà son projet pour les crèches), Luc Chatel se distingue encore dans un entretien au Figaro (10 novembre 2011) qu'on en juge :
Contrairement à vos amis "Mousquetaires" Jean-François Copé, François Baroin, Bruno Le Maire, vous êtes discret sur vos ambitions.
Le ministère de l'Éducation nationale est passionnant mais difficile. J'avais à conduire un certain nombre de chantiers. J'ai travaillé. Je n'aime pas le show off. J'avance step by step. On entre dans une séquence politique intéressante. Ma seule préoccupation est la réélection du président de la République.

Bravo Luc, bien frappé ! Ne le dites à personne : cet ancien commercial chez Loréal est parait-il Ministre de l'Éducation Nationale (plus pour longtemps nous l'espérons !) . MAR

La langue française lettre publiée dans Le Monde ( samedi 5 novembre 2011, p.16)

"Ma patrie, c'est la langue française", disait Albert Camus. Rire, comme dans l'article "Ne dites pas à David Guetta qu'il est devenu platiniste" (Le Monde du 20 octobre), des préconisations de la Commission générale de terminologie et de néologie, c'est se moquer du ciment de la nation française, ce qui est autorisé par la liberté d'expression, mais indigne d'un journal qui représente nolens volens la France.

Le Monde
devrait plutôt s'excuser de ne pas avoir publié intégralement les travaux de cette commission et francisé lui-même un certain nombre d'anglicismes depuis longtemps. [Le Monde a été salué par cette Commission pour son utilisation du mot courriel en lieu et place du mot mail (note du médiateur du Monde)] Tout se traduit, tout doit être traduit, comme le font les Islandais dans leur vieille langue peu parlée.
La langue appartient au peuple, qui a toute liberté pour la faire évoluer sans attendre la parution des dictionnaires, qui ne font qu'entériner un usage. Françaises, Français, le français est votre langue, soyez-en fiers, défendez-la contre les emprunts abusifs qui signent une soumission à la paresse.

Yves
Égal Puteaux-La Défense (Hauts-de-Seine)


nouvelles/h-is-for-hope.jpgFrançois Hollande : H is for Hope - le 25/10/2011 - 23:22 par MAR
François Hollande ("H is for hope") :
réenchanter le rêve français ou
ramper devant le "rêve américain" ?

Comme le relate le site "Le Post" (du groupe Le Monde) dans son article "Hollande et son discours d'investiture" (23/10/2011) :

H is for hope
Tel est le slogan affiché sur les T-shirts et badges proposés aux militants socialistes.
Pas très enthousiasmant ce slogan, plutôt ringard même cet acharnement à mettre de l’anglais partout. ça veut faire jeune et branché, alors que ça sonne faux et fait plutôt décalé... pas de quoi convaincre les électeurs ! 


On ne saurait mieux dire !

D'autre part cela semble très contradictoire (c'est une litote) avec le courrier envoyé début juillet 2011 à l'un nos adhérents (plutôt à gauche) qui avait interrogé différents dirigeants de gauche leur faisant part de son inquiétude sur la place du français en France.
 

Réponse de François Hollande :
 
Monsieur,

J'ai bien reçu votre courrier du 6 juin dernier relatif à l'usage de la langue française Je vous remercie de vos éclairages et prend note de votre inquiétude.

La langue compte dans notre République plus que dans tout autre pays Au-delà d'un vecteur identitaire, le français est associé aux Lumières, à l'émancipation des peuples et à l'aspiration à la démocratie. La France doit réaffirmer son exception culturelle dans un espace mondialisé plus ouvert.

Je vous prie de croire, Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs

Bien à vous.

François Hollande

 


Donc : soumission à des publicitaires "colonizés" ? - Double langage d'un dirigeant souhaitant ne mécontenter personne ?
Nous attendons donc avec impatience une clarification sur ce point.

Par ailleurs nous ne pouvons que lui rappeler ce que nous écrivions le 18/12/2010 suite à l'obtention 
par Martine Aubry et à ses conseillers en communication du prix de la Carpette anglaise 2010  pour leur recours systématique à des slogans anglo-saxons (du concept de "care" au grotesque slogan imprimé sur des  objets "marketing" "What would Jaurès do ?") :
jauresdo.jpg
 
On ne peut que s'étonner que certains dirigeants d'un parti, qui se prétend de gauche, se vautrent dans l'anglo-américain, langue de pays qui sont à l'origine de toutes les déréglementations, de l'alignement vers le bas des politiques sociales et "cerise sur le gâteau" (comme diraient les anglomanes) de la crise financière qui plonge notre pays, l'Europe et une grande partie du monde dans le marasme et la récession.
Il serait temps également que tous les démolisseurs de notre langue et donc de notre Nation méditent la phrase de Jean Jaurès (utilisé ici comme vulgaire objet "
marketing") : Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène.

Marc-Antoine Renard

P.S. il parait que ces slogans sont issus du MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes), ce mouvement ne serait-il pas bien avisé de se rebaptiser MJC (Mouvement des Jeunes Colonisés) ?

Avons-nous échappé au "Yes we Kahn" de DSK et du "Yes we care" de Martine Aubry pour retomber dans l'aussi crétin et colonisé "H is for hope" ?

Yes we Khan ou Les socialistes français derniers fourriers de l'impérialisme ? Yes we care ou Les socialistes français derniers fourriers de l'impérialisme ? H is for hope ou Les socialistes français derniers fourriers de l'impérialisme ?
Les socialistes français fourriers de l'impérialisme ?
 

Editoriaux/diversite.jpgPourquoi la défense et la promotion de la langue française - le 25/10/2011 - 23:00 par Claude_Weisz

Pourquoi la défense et
la promotion de la langue française
par Claude Weisz

Je souhaite préciser, pour lever toute ambiguïté, quant à la nature de mon engagement dans ce combat de défense et de promotion de la langue française, que dans aucun cas il ne saurait être confondu avec du nationalisme.

Bien au contraire, c'est un choix que je fais par fidélité à la mémoire de mes parents.
C'est la France et sa langue qu'ils choisirent, l'une venant de Tchécoslovaquie, l'autre de Hongrie, pour y vivre et mourir.

Pour eux la "Marseillaise" et "l'Internationale" furent toujours des chants révolutionnaires et "liberté, égalité, fraternité" l'expression d'un idéal à réaliser.

C'est au nom de ces valeurs que mon père, en 1942, dans les locaux de la préfecture de police de Paris est "mort pour la France".

Pourtant, ses tortionnaires étaient français.

Aujourd'hui, lorsque j'entends des amis étrangers déplorant le peu de cas que certains français font de notre langue, les désignent par le terrible mot de collaborateurs, cela me renvoie à ce passé.
Bien sûr, tout n'est pas équivalent.

Cependant, ma mère qui survécut à cette sombre période, éprouvait le même sentiment de dépossession de sa langue adoptive par la volonté d'une classe sociale "supérieure".
C'est aussi par respect, affection, admiration pour toutes ces femmes et ces hommes dont la langue maternelle n'est pas le français, mais qui choisirent et choisissent encore de s'exprimer dans notre langue. En particulier ces écrivains bâtisseurs majeurs de la culture d'expression francophone.

Si plus de 80 % des Français estiment que c'est la langue qui fonde notre identité nationale, ils sont au moins autant à être, au mieux indifférents à sa défense, au pire à estimer que l'anglais "ne doit pas être une langue étrangère en France" et par cela même à accepter son déclin.

C'est afin de rendre conscients nos concitoyens que notre langue est une richesse culturelle, politique et économique, que nous ne pouvons laisser à l'abandon sans dommage pour la nation, que je m'engage dans cette résistance.

La promotion du français ce n'est pas ringard, bien au contraire, c'est un élément fondamental du développement multipolaire du monde et un soutien à sa diversité.

Le goût du français et de son apprentissage à l’étranger est indéniablement lié à la nature progressiste, humaniste, ("la patrie des droits de l'Homme"), artistique, voire gastronomique… un certain "art de vivre" et, bien sûr d'inventivité créatrice en français, basé sur les choix politiques de ses citoyens et de leurs représentants, (choix que je considère plutôt, théoriquement, de gauche - ou vraiment gaulliste -), et de non alignement, d'indépendance nationale, son ouverture au monde.

Quel plus bel exemple de la force révolutionnaire du français que celui des révoltes dans les pays arabes mettant bas leur dictature aux cris de "dégage". Écoutons l'écrivain égyptien Alaa El Aswany, auteur de "l'immeuble Yacoubian" : "l'étude du français fut ma première et seule expérience démocratique. Le français est une vision du monde, pour la démocratie, pour la tolérance ; une langue c'est la communication mais le français c'est beaucoup plus." (France Inter, 9 octobre 2011)

Claude Weisz
10 octobre 2011


nouvelles/presse.gifDernières nouvelles d'octobre - le 25/10/2011 - 22:57 par MAR
Dernières nouvelles d'octobre

Chronique de Ph. Meyer (Fr. Culture) (27/10) où il est question de "patois du microscome" et de "panurgisme anglomaniaque de la nouvelle bourgeoisie" [écouter en cliquant]
Le réseau mondial des "Chaires Senghor de la Francophonie" à Hanoï (lire ci-dessous)
Un article passionnant : "Une Francophonie plurielle : Le cas d’Israël" [suivre le lien]
Nouvelle rubrique "Dire, Ne pas dire" sur le site de l’Académie française [suivre le lien]

Le réseau mondial des "Chaires Senghor de la Francophonie" se réunit à Hanoï

Cette année, la réunion des Chaires aura lieu du 2 au 4 novembre à Hanoi, alors que le Master 2 de Science politique- Relations internationales spécialité "Francophonie et Mondialisation" de l'Université Jean Moulin-Lyon 3 s’est délocalisé à l'Académie diplomatique du Vietnam.
Lors de cette réunion annuelle, un colloque international intitulé : "Formation des diplomates francophones en Asie du Sud-Est" sera organisé en collaboration avec le Réseau international des Chaires Senghor de la Francophonie (Inframond), de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et la Chaire Senghor de Hanoi.

A cette occasion, la cérémonie de remise des diplômes de la 2ème promotion du Master 2 de Science politique-Relations internationales, spécialité "Francophonie et Mondialisation" aura lieu avec l’accueil concomitant des étudiants de la 3ème promotion.

Un peu d’histoire
Avec la création de la première Chaire Senghor de la Francophonie de l'Université Jean Moulin Lyon 3 en 2002, l’OIF rêvait d'un réseau international de chaires afin de mettre en place progressivement au moins une Chaire Senghor par pays membre.

A l'instar de la Chaire Senghor de Lyon, l'Université Saint-Joseph de Beyrouth a créé sa propre Chaire de la Francophonie en septembre 2003. D’autres l’ont été en Afrique en 2004, suivies par celles d'Alexandrie, de Bucarest, de Hanoi, de Montréal et du Val d'Aoste. Celles de Cluj, d'Outaouais, de Perpignan sont en cours de création.

Depuis 2003, le Réseau International des Chaires Senghor se réuni chaque année. Lors de la première réunion des responsables des Chaires Senghor de la Francophonie qui a eu lieu à l'Inframond en mai, la Charte des Chaires Senghor de la Francophonie a été adoptée.

Pour soutenir la croissance des Chaires Senghor dans le monde, la Chaire Senghor de Lyon dote les nouvelles Chaires d'un fonds documentaire de base pour l'enseignement. Les Chaires Senghor de Beyrouth, Hanoi, Ouagadougou et Yaoundé l’ont déjà reçu.

Lan Huong (iframond.com)

Ajoutons à ce que l'auteur de l'article écrit des chaires Senghor que la première de ces chaires, à l'université Lyon 3-Jean Moulin, puis les autres chaires de ce réseau en extension, ont été créées avec l'aide du directeur-fondateur de l'Institut Francophonie et Mondialisation de l'Université Jean Moulin.

Ce créateur, Michel Guillou, ancien président d'université (Créteil), fut un grand directeur général-recteur de l'ancienne AUPELF-URELF, devenue grâce à lui l'AUF, Agence universitaire de la Francophonie, l'un des principaux opérateurs de la Francophonie multilatérale organisée dans l'OIF.

Michel Guillou nous aida en 1992 à fonder ALF, notre Avenir de la langue française, dont il fut longtemps administrateur et Vice-président, et reste membre. [AS]

nouvelles/st-germain-des-pres.jpgAnglomanie catholique & anglomanie bretonne - le 20/10/2011 - 19:02 par JeanPierre_Busnel
Anglomanie catholique & anglomanie bretonne
par Jean-Pierre Busnel

Anglomanie à l'église Saint-Germain-des-Prés

La photo ci-dessus a été prise à l'entrée de l'église (à l'intérieur de nombreux messages destinés aux visiteurs sont également bilingues français-anglais, comme si on se trouvait dans un banal site touristique). Pourtant, on ne voit vraiment pas la nécessité de traduire en anglais "Merci pour vos dons", sinon, là encore, une sorte d'irrationnel parti-pris anglomaniaque.

Il n'y a, en effet, probablement pas un anglophone sur cent, voyageant en France ou, a fortiori y séjournant, qui soit incapable de comprendre ce que cela veut dire. Et pourquoi une traduction en anglais et non pas en espagnol ?

L'Église catholique ne compte-t-elle pas infiniment plus de fidèles hispanisants qu'anglophones ? On ne parlera évidemment pas ici d'un usage du latin (langue de l'Église catholique romaine), disqualifié depuis longtemps (rappelons aussi que le français est la langue diplomatique du Vatican)... Le clergé concerné ne fait, en somme, que suivre la mode imposée par les milieux d'affaires. On lui a tellement reproché de n'être pas "moderne" ! A ce propos, on se souviendra de la campagne des évêques de France d'il y a quelques mois pour essayer de promouvoir les vocations.

Pour l'un des thèmes choisis, l'agence de publicité retenue n'avait rien trouvé de mieux que "Jesus is my boss" (Jésus est mon patron). Il s'agissait, bien entendu, de plaire aux jeunes gens, de se mettre à leur portée, de leur montrer que l'on est proche d'eux en employant un langage qui leur est plus moins familier. Apparemment soumise elle aussi aux diktats des publicitaires, comme si elle voyait en eux le seul moyen de se faire entendre désormais, l'Église avait laissé faire. Pour autant, l'expression n'en était pas moins parfaitement saugrenue et passablement ridicule.

A Paris aussi...
(anglomanie bretonne à Paris)

A partir d'observations nombreuses faites en Bretagne, j'ai souvent évoqué cette nouvelle manie, très répandue dans les milieux régionalistes, économiques et commerciaux bretons, qui consiste à associer des mots bretons et anglais, notamment pour la désignation de plans de communication, d'opérations de promotion, de produits divers, de commerces, etc.
little-breizh.jpg

La mode n'épargne évidemment pas ceux des anglomaniaques en question qui ont transporté leurs pénates à Paris. En témoigne cette enseigne insolite, "little BREIZH", d'une crêperie située à proximité immédiate des boulevards Saint-Germain et Saint-Michel.

Il est mentionné sur la vitrine que la maison a été fondée en 1942. On a tout lieu de penser qu'elle le fut sous un autre nom... Mettre à l'index les mots français en France, voilà qui, désormais, serait "moderne" et bon pour le commerce ! Tel est du moins le dogme que les "créatifs de la pub" s'efforcent, depuis longtemps mais avec un acharnement croissant, d'imposer à l'ensemble de la société.

nouvelles/presse.gifNouvelles diverses d'octobre (2) - le 20/10/2011 - 18:19 par MAR
Nouvelles diverses d'octobre (2)
Portrait de Luc de Larochellière Espace Francophone (Fr 3 - jeudi 20/10 à 1h35) [lien]
"Nous ne voulons que étudier en français" ( El Watan-20/10/2011) [suivre le lien]
Parution en ligne du bulletin "Le français à l'université" de l'AUF (n°3) [suivre le lien]
Juppé veut promouvoir le français
(Le Figaro-18/10/2011) [suivre le lien]
Do you speak français ?
article de M. Duretz (Le Monde-14/10/2011) [lire ci-dessous]

au sujet de l'outil collaboratif au service de la langue française (wikilf)
Le Monde du vendredi 14 octobre 2011 (p. 26) - ÉCRANS - C'est tout Net ! par Marlène Duretz
Do you speak français ?

"Vous dites brainstorming, vous pouvez dire remue-méninges."

Des alternatives existent aux anglicismes, rappelle le site Wikilf.culture.fr, nouvel outil collaboratif pour associer les internautes à l'évolution de la langue française. Parce que tout "néologisme ne saurait être adopté que s'il fait mouche auprès de ses potentiels usagers", ce site "propose à chacun de donner son avis sur les mots de demain". La guerre aux mots étrangers est-elle déclarée ? "Pas question de toucher au week-end et au sandwich" mais "d'anticiper l'utilité d'un terme étranger qui pourrait s'installer en français".

J'ai donc mon mot à dire ? Je m'inscris pour participer aux évaluations, sondages et discussions. Au rang des suggestions des internautes, je trébuche sur un "binge drinking". Un anglicisme qui, pour l'heure, n'a reçu qu'une proposition - une "biture fissa" - pour désigner ce phénomène qui consiste à ingérer de l'alcool en un temps record. Je songe à "hyperalcoolisation" mais la notion de rapidité n'est pas restituée. Je propose une "beuverie express" (tinyurl.com/5wgnhec).
"Coupe-fin" : amusante suggestion pour remplacer "spoiler", qui réside à raconter l'intrigue ou la fin d'un roman, par exemple, et à gâcher l'effet de surprise aux personnes qui ne l'ont pas lu (tinyurl.com/5vac39h). Et le blogueur, faut-il lui préférer le "e-rédacteur" ou "rédacteur virtuel" ? Parmi les commentaires, un "Même sur un blog, le rédacteur n'est pas virtuel... laissez leur sens aux mots !", ainsi qu'un "Ne cherchons pas midi à quatorze heures, de toute façon, c'est blogueur qui l'emportera". Défaitiste ou visionnaire ? (tinyurl.com/5vd63fe).

Pas folichon ce "fête de l'apéritif" préconisé pour "happy hour". En panne d'idées, je "plussoie" celle de "apéro-heure". (tinyurl.com/3tkku89)."Plussoyer" pour "ajouter ma voix, souscrire à des propos". Un néologisme qui ferait un bon candidat, n'est-ce pas ? Comment, vous "moinsoyez" ? Marlène Duretz


nouvelles/anr.jpgPour être en haut du facteur H - le 18/10/2011 - 20:08 par Aurlien_Djament_Courriel

Pour être en haut du facteur H

(d’après : Jean Ferrat, Pour être encore en haut de l’affiche)
distraction linguistico-universitaire au sujet des publications scientifiques [AS]

Le français, idiome vulgaire,
Ne sied pas à l’ANR1 ;
Bannis la langue de Molière
Dans l’enseignement de master.
Toi pauvre chercheur francophone
Pour enfin te mettre à la page
Il faut qu’en anglais tu raisonnes
Sinon jamais tu ne surnages.
Pour séduire le referee,
Abandonne tes rêveries,
Publie vite, sans vérifier,
Ni bien sûr tes doutes confier.
Pour être en haut du facteur H,
Évite les sujets qui fâchent ;
Il n’importe pas que tu triches,
Mais surtout publie en globish.
Tu ne peux risquer un litige.
Au moins un papier par année
Avec un bon facteur d’impact :
Tu sauveras ta destinée.
L’évaluation, science exacte
Permet de rentabiliser
La recherche uniformisée.
Traduire ? Préhistorique !
D’ailleurs il n’y a plus de crédits.
Plus moderne est la langue unique
Qu’adoptent tous les érudits.
Pour être en haut du facteur H,
Évite les sujets qui fâchent ;
Accepte le pouvoir des riches,
Give your talks in Wall Street English.
De ta conversion récente,
De ta langue anglaise indigente
Conçois-tu quelque inquiétude ?
Ta carrière n’est pas finie :
Un séjour aux États-Unis
Vaut mieux que dix années d’étude.
Ton nom ne sera plus omis
Des publications des amis.
Personne ne lit les articles,
Seul importera qu’on te cite :
Une note bien introduite,
Puis vieilles idées tu recycles.
Pour être en haut du facteur H,
Ne travaille pas sans relâche :
Suis la mode comme un caniche
Et surtout publie en globish.
Publish or perish
Publish in English
Publish for nothing
Publish for others
And with your brothers
But don’t be thinking.
Si l’AERES2 l’exige,
Publish or perish
Publish in English
Publish for nothing
Publish for others
And with your brothers
Don’t be protesting.
Publish or perish
Publish in English
Publish everything
Publish for others
And with your brothers
Improve your rating.

Aurélien Djament (de l'association COURRIEL)
 


1 ANR : Agence nationale de la recherche
2 AERES : Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur

nouvelles/presse.gifNouvelles diverses d'octobre - le 10/10/2011 - 19:52 par MAR
Nouvelles diverses d'octobre
Le français, quelle histoire ! un livre de JB Nadeau et J. Barlow [lire ci-dessous]
Juricaf : jurisprudence francophone en ligne des cours suprêmes [lire ci-dessous]
Martine Aubry, fossoyeuse de la République ? (Courriel) (6/10/2011) [lire ci-dessous]
L'Assemblée Nationale poignarde le français : (5/10/2011) [lire ci-dessous]
Ryanair impose l'anglais aux Espagnols [lire ci-dessous]
Abdou DIouf déplore l'abandon du français par les élites de notre pays [suivre le lien]

Le français, quelle histoire ! de Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow (Télémaque, 462 pages, 22 €).

Deux jeunes journaliste canadiens sérieux et de talent, elle anglophone, lui francophone, déjà auteurs de Pas si fous ces Français (Seuil), nous présente une histoire claire, bien documentée, de notre langue. Ils ajoutent à ce que nous savions déjà : d’une part la partie de cette histoire qui se déroule hors de France, avec de bons développements sur l’Amérique du Nord, et d’autre part des anecdotes très intéressantes peu connues avant eux. Leur passion pour le français, sa sauvegarde, son avenir les amène parfois à contourner leur réelle objectivité générale et à présenter les évolutions d’une manière plus favorable qu’elles ne le sont en réalité.

Mais leur appel à ne pas baisser les bras, leur optimisme raisonné et étayé de bons arguments entre purisme et force de vie de la langue, de beaucoup de chiffres, et d’une anthropologie du français, nous encourage fortement à repousser les idées déclinistes qui prolifèrent dans trop de milieux complaisants, surtout en France. Ils concluent sur cette note d’espoir : "Les chapitres les plus fascinants de la grande aventure de la langue française restent encore à écrire". Bon vent ! Et, au féminin : "bonne vente" ! [AS]

Juricaf : la jurisprudence francophone en ligne des cours suprêmes (17 octobre 2011)

L’association des cours judiciaires francophones (Ahjucaf) annonce le lancement officiel, le 17 octobre 2011, de la nouvelle version de Juricaf : une base de données de jurisprudence francophone des Cours suprêmes.
Créée à l’initiative de cinquante cours judiciaires francophones, "Juricaf" donne un accès en ligne gratuit à près de 780 000 décisions judiciaires en français.
Avec une mise à jour quotidienne, "Juricaf" publie, sous leur contrôle, l’intégralité de la jurisprudence de la Cour de cassation de Belgique, de la Cour suprême du Canada, de la Cour de cassation française et du Tribunal fédéral suisse. Cette base de données propose également de nombreuses décisions inédites issues du continent africain (Bénin, Guinée, Madagascar, Maroc, Niger, Sénégal, Tchad) ou traduites en français (Roumanie et République Tchèque).
"Juricaf" est administrée en partenariat avec le laboratoire "Normologie, linguistique et informatique du droit" de l’Université Paris I, avec le soutien de l’OIF.
En savoir plus : www.juricaf.org - www.ahjucaf.org


Martine Aubry, fossoyeuse de la République ?
(6/10/2011) (communiqué du Courriel)
A l’occasion d’un déplacement en Bretagne le 11 septembre dernier, a "préconisé même, là où une langue régionale est pratiquée, son enseignement presque obligatoire sous la forme d'un apprentissage français/langue régionale1." Elle a en outre fait savoir qu’elle comptait en faire une compétence des régions. Cette annonce s’inscrit dans un climat peu favorable à la langue française, la candidate d’Europe-Écologie Les Verts, Eva Joly, ayant fait savoir qu’elle souhaitait s’opposer à "l’hégémonie de la langue française2".

Ces diverses déclarations concernant les langues régionales, dans un contexte où l’anglo-américain s’impose de façon croissante dans tous les domaines de l’existence dans notre pays, laisse craindre une modification de la loi Toubon, et notamment de l’article 2 de la constitution, qui prévoit que "La langue de la République est le français". Cela se traduirait par une déferlante encore plus grande de l’anglo-américain et par une marginalisation du français.

De plus, il faut faire ici quelques rappels :
- lorsque l’on parle du "breton", il faudrait davantage parler de brittonique ; en effet, les bretons parlaient bien davantage le gallo, langue d’oïl ; de quelle langue Martine Aubry parle-t-elle ?

- le brittonique est une langue reconstituée qu’aucun vieux Breton ne comprend ; cela est également le cas de l’occitan, regroupant en son sein le niçois, le provençal que le gascon qui ont bien peu à voir ensemble

En outre, si certains mouvements de défense des langues de France sont de fervents républicains, il n’en va pas nécessairement ainsi : Françoise Morvan3 a démontré la main mise de l’extrême-droite sur les institutions culturelles de Bretagne via certaines de ces associations culturelles.
Enfin, le groupe socialiste du Sénat a déposé une proposition de loi4 tendant à introduire une préférence régionale, en faisant de celles-ci un critère pour les "nominations, mutations et détachements", ce qui fragiliserait encore davantage une république déjà fort affaiblie.

Dans ces conditions, le COURRIEL :
-rappelle son engagement en faveur des rétablissements des horaires de français, de la maternelle à l’Université

-se déclare favorable à l’enseignement des langues régionales, mais pas en langue régionale, et ce uniquement sur la base du volontariat.

-appelle à la défense intransigeante de la République une et indivisible organisée sur la base des départements […]

Le Bureau du COURRIEL
6 octobre 2011

1 http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Langue-bretonne-Martine-Aubry-au-creneau-_8619-1996256_actu.Htm
2 www.xn--lecanardrpublicain-jwb.net/spip.php?article520
3 Françoise Morvan, Le Monde comme si : nationalisme et dérive identitaire en Bretagne, Actes Sud
4 www.senat.fr/leg/ppl10-213.html


L'Assemblée Nationale poignarde le français : (5/10/2011)
Les députés veulent supprimer l'obligation de traduction de la documentation dans l'aviation.
Pourquoi ne pas l'étendre ensuite à tous les domaines? Il n'y a pas de petit profit pour les entreprises mais beaucoup de droits en moins pour les salariés. [Courriel]
http://www.assemblee-nationale.fr/13/rapports/r3787-tI.asp#P3353_999005 (Article 72 ter)

Ryanair impose l'anglais aux Espagnols Ryanair exige de ses passagers des documents médicaux en anglais. Ou comment les États se transforment petit à petit en colonies anglo-saxonnes.

Madrid, 13 sept 2011 (AFP)

Les femmes enceintes doivent présenter un certificat médical "rédigé en anglais" même pour les vols intérieurs en Espagne, a assuré mardi le président de la compagnie à bas coûts Ryanair, Michael O'Leary, malgré les protestations d'une association de consommateurs.

Ryanair exige des femmes enceintes de plus de 28 semaines un certificat médical rédigé en anglais, et qui pourra être "téléchargé sur internet", a déclaré M. O'Leary au cours d'une conférence de presse à Madrid.

Cette demande suscite des critiques en Espagne où l'association de consommateurs Facua a exigé vendredi que la compagnie irlandaise indemnise des femmes enceintes qui n'ont récemment pas pu embarquer sur leurs vols parce qu'elles ne disposaient pas de certificat en anglais.

"Nous avons pris connaissance de cet incident il y a une ou deux semaines. Nous allons mettre un formulaire en ligne, que les médecins pourront télécharger et signer pour les remettre aux passagères", a déclaré M. O'Leary, assurant que la "sécurité de la mère et de l'enfant" passaient avant tout.
Mais Facua menace de porter plainte contre cette exigence, estimant qu'il s'agit d'une "clause abusive" puisqu'elle "exige que l'on présente un document dans une langue qui n'est pas officielle dans l'État" espagnol, selon un communiqué.

Ryanair a transporté de janvier à juillet plus de passagers (19, 6 millions) en Espagne que la compagnie espagnole Iberia (14, 6 millions), selon les chiffres de l'organisme de gestion des aéroports espagnols Aena.

Avec une hausse de 5, 5 millions du nombre de passagers (+ 39%) pendant les sept premiers mois de l'année par rapport à la même période de 2010, Ryanair a contribué à hauteur de 65% à l'augmentation du trafic aérien en Espagne au cours de cette période, a souligné M. O'Leary.
Forte de ce statut de numéro un dans une Espagne en pleine crise économique, la compagnie estime pouvoir imposer ses règles, même sur les points les plus contestés en Espagne, selon son président.

Elle a ainsi menacé de ne plus desservir les aéroports n'accèdant pas aux demandes de la compagnie.

Ryanair proteste notamment contre l'utilisation de passerelles pour la descente des passagers, qui ralentissent, selon elle, l'évacuation des voyageurs.


nouvelles/aplv.jpgL’enseignement et la recherche doivent continuer de se faire en français dans les universités francophones - le 09/10/2011 - 22:50 par Pierre_Frath

L’enseignement et la recherche doivent continuer
de se faire en français dans les universités francophones

par Pierre Frath

"Le Monde Magazine" a publié le 13 novembre 2010 un article de Laurent Carpentier sous le titre "Dans les facs, va-t-on passer au tout-anglais ?". Il est tout à fait caractéristique de cette attitude panurgique en faveur du tout-anglais très répandue dans les universités françaises. Or ce parti-pris présente des inconvénients majeurs, peut-être même néfastes, pour la recherche et l’enseignement. J’ai envoyé le texte qui suit au rédacteur en chef du Monde sous la forme de deux petits articles, dans l’espoir d’alimenter la discussion. Las ! On ne m’en accusa même pas réception.

Lire l'article sur le site de l'APLV (Association des Professeurs de Langues Vivantes)

nouvelles/angers-loire-valets.jpgAngers Loire valets - le 01/10/2011 - 19:05 par MAR

Angers Loire valley ? Angers Loire valets !
Angers américonisé !

L'agglomération d'Angers s'est payé une grande campagne de publicité dans la presse [notamment un supplément de 4 pages (!) inséré dans Le Monde du 22/9] en étalant sa servitude. Pour acquérir une visibilité internationale, dixit Jean-Claude Antonini, président de l'agglomération et maire d'Angers (PS), l'agglomération s'est affublée d'une appellation anglo-américaine. Visiblement c'est le cas de le dire, visibilité internationale pour ce triste sire cela veut dire servilité anglomane.
Le pire étant sans doute que cet Antonini ose évoquer "la douceur angevine" et Joachim du Bellay !
Nous vous invitons à lire ci-dessous 4 réactions : 2 publiées dans Le Monde des 29 septembre et 1er octobre 2011, une brève et cueillie sur le vif, la dernière publiée dans le Courrier de l'Ouest le 27 avril 2011
[cette appellation servile date de février]  M.-A. R.


Courriel - Expression  - Une nouvelle époque Le Monde (29/09/2011) [page 30]

Dans un "communiqué" publicitaire consacré à l'agglomération d'Angers, on apprend que la métropole angevine s'est dotée d'une "marque de territoire" : "Angers Loire Valley". Le maire, Jean-Claude Antonini (PS), assume cette utilisation de l'anglais car, dit-il, "c'est la langue passe-partout". Passe-partout, quel aveu ! Verra-t-on un jour, au nom du passe-partout, vanter le cru de "Margaux Castle" ? Une visite aux "Elysées Fields" parisiens ou à la "Good Mother" de Marseille ?

Pourquoi pas une soirée à la "French Comedy" pour y voir Don't lest with Love, de Musset ? Le ridicule le dispute d'ailleurs à l'inefficace : à qui fera-t-on croire que cette dénomination arrivera à attirer ceux qui auraient été rebutés par le mot "vallée" ? Au contraire, je suis persuadé qu'il serait payant de jouer sur l'exotisme éventuel que pourrait représenter à l'étranger la dénomination "Vallée de la Loire" ou d'insister sur le fait que "douceur angevine" et modernité ne sont pas antinomiques...

Jean-Jacques Régnier (Aix-en-Provence, Bouches-du-Rhône)
 


Courrier - Expression - Défense et illustration Le Monde (1er octobre 2011) [page 18]
Bravo à M. Régnier qui, dans son courrier " Une nouvelle époque" (Le Monde du 29 septembre), dit son fait au maire d'Angers qui a cru bon de choisir comme "marque de territoire" l'appellation anglaise de "Loire Valley".

Quel autre grand pays de culture se renierait ainsi ? Notre Val de Loire, propriété sentimentale de tous les Français, n'est-il pas justement le berceau de notre langue commune, et tout particulièrement de ces "jeunes hommes en colère" qui, autour de Ronsard, Du Bellay et quelques autres, s'étaient, au XVIe siècle, levés pour la " défendre et illustrer " contre l'hégémonisme à la mode d'alors (celui de l'italien en l'occurrence).

Comment les édiles angevins, compatriotes aussi de Rabelais, peuvent-ils les renier ainsi et nous faire si mal ? C'est ridicule, blessant, contre-productif, propre à nous ridiculiser à l'étranger, nul.

Jean Hourcade (L'Étang-la-Ville, Yvelines)


Avez-vous vu la double page insérée dans "Le Monde" de ce jeudi [septembre 2011] (et sans doute en d'autres journaux) ?

Horrible ! Honteuse ! Notre Val de Loire national américonisé (pardonnez-moi cette grossièreté mais c'est ainsi que j'appelle la veulerie française devant la langue triomphante). Réagira-t-on autour de vous contre cette prostitution ?


Angers Loire valley

"L’agglomération vient d’offrir 150 000 euros prélevés dans nos bourses pour les offrir à une de ces sociétés de conseil en communication vers lesquelles se tournent les collectivités locales en pénurie d’idées : vous savez, ces gens qui vous rendent "résolument innovants" grâce à la "circulation apaisée" et à "l’impulsion d’une dynamique nouvelle", avec des "objectifs forts en termes d’économie" ; prenez le bulletin municipal de n’importe quelle ville moyenne qui a eu recours à ces sociétés, vous y trouverez le même charabia pompeux.

L’agglomération s’était déjà affublée il y a quelques années d’un titre ronflant, à la syntaxe de type anglo-américain mais vide de sens après analyse : "Angers Loire métropole". Qu’Angers soit la métropole, c’est-à-dire la ville la plus importante du département, personne ne le conteste ; métropole de la Loire n’a aucune signification, puisque Angers n’est ni la plus grande ville à proximité du fleuve royal, ni le chef-lieu du département qui porte son nom. Le but poursuivi par la société de conseil en communication était la meilleure perception (pardon, la "visibilité") de la ville, en lui associant le nom connu du fleuve et un mot fourre-tout donnant une impression de grandeur, le tout dans un ordre syntaxique d’aspect anglais.

On vient de trouver mieux dans l’absurdité, avec une touche plus anglomaniaque : "Angers Loire métropole" devient "Angers Loire valley" ; on nous explique que le choix du mot valley sert la "visibilité internationale" de l’agglomération angevine. J’y vois surtout un renoncement à notre identité ; je vais proposer à l’agglomération d’Angers de refaire les tours du château dans le style carton-pâte de Las Vegas et d’inciter les viticulteurs à renoncer à leurs appellations pour arborer sur leurs étiquettes les noms de cépages, seuls connus des Américains.

La honte d’être soi est une maladie qui va de pair avec la mondialisation : faisons en sorte que les touristes ne soient pas trop perdus et retrouvent les repères qu’ils connaissent déjà. Je propose aussi la graphie Angers Loire valet."

Jacques Mirou (Courrier de l'Ouest le 27 avril 2011)


Rappelons par ailleurs, qu’aux termes de l’article 14 – I de la loi "Toubon" : "L'emploi d'une marque de fabrique, de commerce ou de service constituée d'une expression ou d'un terme étrangers est interdit aux personnes morales de droit public dès lors qu'il existe une expression ou un terme français de même sens approuvés dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires relatives à l'enrichissement de la langue française. Cette interdiction s'applique aux personnes morales de droit privé chargées d'une mission de service public, dans l'exécution de celle-ci".

L’appellation "Angers Loire Valley" est donc illégale, comme l’était il y a quelque temps celle de "Lyon airport". (voir notre action qui fait supprimer cette appellation)
Les élus locaux ont violé cette disposition, et le préfet chargé de veiller à l’application des lois a fermé les yeux !  Nous vous invitons tous à écrire aux élus qui ont soit contribué soit laissé faire (à notre connaissance) cette forfaiture  :

au maire et président de l'agglomération : Jean-Claude Antonini
aux députés :  Paul Jeanneteau (UMP), Marc Goua (PS), Jean-Charles Taugourdeau (UMP),
Michel Piron (UMP), Gilles Bourdouleix (UMP), Hervé de Charette (NC) et Joseph Bosse (UMP)

aux sénateurs : Christophe Bechu (UMP), Corinne Bouchoux (Verte), Catherine Deroche (UMP), Daniel Raoul (PS)

au président du conseil général  : Christophe Béchu (UMP)

et enfin au préfet qui ne fait pas respecter la loi de la République : Richard Samuel


nouvelles/wikilf.jpgEnrichissez la langue française ! - le 01/10/2011 - 19:05 par MAR
Enrichissez la langue française !
Lancement d'un outil collaboratif au service de la langue française

En ligne depuis le 22 septembre, wikiLF propose aux internautes de voter pour traduire certains anglicismes, et apporter leur contribution pour choisir les définitions des termes n'ayant pas d'équivalent dans la langue française.
Lire ci-dessous le communiqué de la DGLF et un article du site lepetitjournal.com
Lire aussi l'article de Xavier North, Délégué général à la langue française qui promeut ce "wiki"

Communiqué du ministère de la Culture et de la Communication (22/09/2011)

Le ministère de la Culture et de la Communication (Délégation générale à la langue française et aux langues de France-DGLFLF) lance un nouvel outil collaboratif pour associer les internautes à l'évolution de la langue française : le wiki langue française (www.wikilf.culture.fr ).

Donner accès à un vocabulaire français clair et précis est un service rendu à chaque citoyen pour améliorer sa compréhension des réalités contemporaines. La diffusion de la langue française dans le monde dépend aussi largement de sa capacité à désigner ces réalités.

Dans de nombreux domaines spécialisés (audiovisuel, environnement, technologies numériques...), des experts sont chargés de proposer des termes répondant à des besoins d'expression très spécifiques (www.franceterme.fr ). Pour certains termes relevant de ces domaines mais d'un usage plus courant, il paraît nécessaire de recueillir les propositions du plus grand nombre : le wikiLF répond à cet objectif. Les internautes sont ainsi invités à proposer des termes nouveaux et à donner leur avis ou émettre des suggestions sur les termes examinés par les experts des commissions de terminologie.

Mettez vos connaissances et votre imagination au service de la langue française en vous connectant au site www.wikilf.culture.fr 

Langue Le Wiki Langue française est lancé (lepetitjournal.com - 26/09/2011)
Le Wikipedia de la langue française est en ligne depuis jeudi 22 septembre. Les internautes sont invités à voter pour traduire certains anglicismes, et apporter leur contribution pour choisir les définitions des termes qui n'ont pas d'équivalent dans la langue française

Dans un communiqué diffusé le 22 septembre, le ministère de la Culture se réjouissait du lancement du site dédié à la langue française, Wiki LF. Le but de ce dictionnaire participatif est de "donner accès à un vocabulaire français clair et précis". Selon le gouvernement, ce site doit devenir "un service rendu à chaque citoyen pour améliorer sa compréhension des réalités contemporaines".

Pour le ministère, il est nécessaire de s'adapter à l'évolution du langage de ces dernières années, liée à la montée en puissance d'internet." La diffusion de la langue française dans le monde dépend aussi largement de sa capacité à désigner ces réalités", explique le communiqué.

Tout le monde peut participer

Depuis 1996, la Commission générale de terminologie et de néologie débat des propositions faites par une vingtaine de commissions spécialisées, issues des différents ministères français. Après avis de l’Académie française, les nouveaux termes sont publiés au Journal officiel. Participatif, le site entend aujourd'hui faire collaborer experts du langage et internautes : "en s'inscrivant comme contributeur ponctuel ou régulier, de manière libre et anonyme, chacun peut soumettre ses contributions à la communauté des internautes ainsi qu'aux experts, débattre des propositions d'autres internautes et commenter les options proposées par les commissions pour tel ou tel terme".

Les commissions spécialisées s'appuieront donc sur cet outil pour faire des propositions à l'Académie française. Mais le site prévient, il n'est pas prévu de se livrer à une guerre contre les mots étrangers. "Pas question de toucher au week-end et au sandwich", rassure Wiki LF.

 
J.B (www.lepetitjournal.com) lundi 26 septembre 2011







Refonte de la médiathèque en ligne de la Francophonie - le 01/10/2011 - 19:01 par MAR

Refonte de la médiathèque en ligne de la Francophonie

L'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) vient de refondre sa médiathèque en ligne. Ce fonds regroupe plusieurs milliers de phots, vidéos et sons illustrant "toute la vitalité et la richesse de la Francophonie avec la diversité de ses cultures, le chatoiement de ses couleurs, la pluralité des accents de la langue française et de ses langues partenaires.

oif-mediatheque.jpg

La navigation dans le fonds est enrichie par la visualisation sous forme de carrousel de photos, de dossiers thématiques et d'un puissant moteur de recherche utilisant des critères nombreux et pertinents. L'OIF offre gratuitement le téléchargement ses ressources pour des usages comme l'organisation d'expositions ou la publication (en ligne ou sur papier).
[http://mediatheque.francophonie.org]


MuseeHorreurs/horreurs.jpgHorreurs de septembre - le 01/10/2011 - 19:01 par MAR
Horreurs de septembre
(ou le frédéric-martelisme1 au quotidien)
Quelques exemples de la Collaboracheune ordinaire telle qu'elle s'affiche sur nos murs, sur nos transports et dans nos médias : 
Simply Market - Aéroports de Paris live ! - Union Europénne : Potato Days et Smokers are free"

ATAC devenu Simply Market (groupe Auchan ) toujours à la pointe de la soumission anglomane
avec ses "happy" (!) à gagner et ses slogans grotesques que même un anglo-saxon ne comprend pas ! (Be happy, be simply ! ) = Enseigne à éviter en priorité !
simply-market2.jpg

Aéroports de Paris
n'a rien trouvé de mieux comme nom de son site d'infos en direct que Aéroports de Paris live ! (quelle imagination servile)
adp.jpg
 

L'Union Europénne symbole de toutes les diversités, de la richesse des cultures (je plaisante) nous impose 2 campagnes : les Potato Days et une campagne anti-tabac sur fond de "Smokers are free" !
potato.jpg
smokers-are-free.jpg

Rappelons que l'anglais n'est à aucun titre LA langue officielle de l'UE, bien que la Commission essaie de nous le faire croire. Et vive la diversité culturelle !


* frédéric-martelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)


nouvelles/FMLF.gifForum mondial de la langue française 2012 - le 27/09/2011 - 22:53 par MAR
Forum mondial de la langue française 2012
 
Le 5 octobre prochain, le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le premier ministre du Québec donneront le coup d’envoi aux travaux d’organisation du Forum mondial de la langue française. Cet événement – le premier du genre – aura lieu à Québec du 2 au 6 juillet 2012.

Pour la première fois, la société civile dans son ensemble, et plus particulièrement les jeunes de 18 à 30 ans, seront invités à réfléchir sur la place qu’occupe la langue française dans le monde, dans une atmosphère à la fois studieuse et festive. Les participants à cet événement d’envergure auront ainsi l’occasion de débattre et d’échanger sur l’avenir de cette langue actuellement parlée par près de 220 millions de personnes réparties sur les cinq continents.

Le site du Forum est : www.forumfrancophonie2012.org

Suite (6 octobre 2012) : Le premier ministre canadien Jean Charest et le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, en ont dévoilé les détails mercredi 5 octobre à Paris.

Le forum veut rassembler un millier de personnes, des jeunes surtout, issues de la société civile pour réfléchir à l'avenir de la langue française. En marge de cette réflexion, l'événement comportera également un volet festif, pour témoigner de la richesse des expressions culturelles francophones.

L'événement, ont promis MM. Charest et Diouf, sera "populaire, créatif, innovant et festif". Il se tiendra en effet au même moment que le Festival d'été de Québec, critiqué depuis plusieurs années pour sa programmation qui fait une large place à des artistes anglophones.

Jean Charest  espère, à demi-mot, qu'elle le sera moins l'été prochain.

L'anglais dès 3 ans vu par Wiaz - le 07/09/2011 - 08:38 par Wiaz
L'anglais dès 3 ans vu par Wiaz
Wiaz-3ans.jpg

LogoAlf.gifNouveautés de la rentrée - le 01/09/2011 - 16:37 par MAR
Nouveautés de la rentrée
Vous en avez assez du franglais qui envahit,
chaque jour un peu plus, votre vie quotidienne ?
Votre site préféré accueille depuis le 1er septembre, une traduction des mots franglais ou anglicismes les plus courants, en indiquant les termes recommandés par les commissions de terminologie quand ils existent, ainsi que d'autres traductions que nous vous proposons.

Ces traductions se retrouvent dans le menu de gauche dans :
Cadre institutionnel - Langue Française Terminologie
à la rubrique Traduisons le franglais en bon français
(vous pouvez y accéder directement par le lien qui suit :  Traduisons le franglais en bon français

Nous vous invitons également à visiter  la base "FranceTerme" qui recense plus de 5 000 vocables forgés ou adaptés par les commissions de terminologie et de néologie.
Ainsi que le Grand Dictionnaire terminologique (de l'Office Québecois de la Langue Française) qui permet de trouver très rapidement en ligne les équivalents de milliers de termes anglo-saxons.

Nous vous proposons également une brève histoire de la langue française en 8 périodes, elle se retrouve dans le menu de gauche dans :
Cadre institutionnel - Langue Française Histoire de la langue française
(vous pouvez y accéder directement par le lien qui suit :  Histoire de la langue française
MAR

nouvelles/presse.gifNouvelles diverses d'août - le 15/08/2011 - 12:27 par MAR
Nouvelles diverses d'août
Bourrage de crâne Le Monde du 25/8 (Marc Favre d'Échallens) [voir ci-dessous]
Gouvernement conservateur et francophonie Impératif français (20/8)
Francophonie : Quel avenir en Afrique ? Le Monde du 17/8 (Claude Weisz) [voir ci-dessous]
Tribune publiée dans Le Devoir (17/8) concernant la marche du 18 juin [suivre le lien]
Lettre au Monde sur le budget de la culture (8 /8) [Jean Hourcade] [voir ci-dessous]
La présence de la langue française au Vietnam, entre rêve et opportunités (4/8) sur le site cap-vietnam.com [suivre le lien]
 
Bourrage de crâne [Marc Favre d'Échallens] (publiée dans Le Monde du 25 août 2011)

Le courrier du jour - Langue : Bourrage de crâne

Je dois parler anglais, tu dois parler anglais, il faut parler anglais, dès la maternelle, en primaire, puis en secondaire, encore plus à l'université et, enfin, but final au travail.

C'est moderne, c'est utile, en un mot indispensable !

Ces injonctions, nous les entendons ou les lisons partout. On veut nous faire croire que l'anglais est devenu le sésame de tout progrès. Comme l'euro devait nous apporter la prospérité à nos vieux pays vermoulus, l' "anglo" nous apportera la prospérité et l'ouverture sur le monde merveilleux de la mondialisation financière. Il y a de quoi s'inquiéter. Ce diktat de parler une autre langue concerne tout le monde sauf les Anglo-Saxons, évidemment puisque aujourd'hui parler une langue étrangère signifie parler l'anglais.

Et pour les Anglo-Saxons, élémentaire mon cher Watson ! c'est le gros lot : pas d'effort pour apprendre une langue, scruter les autres se débattre avec l'anglais et ensuite empocher la mise des formations linguistiques tout en profitant de leur avantage de native english dans les négociations internationales. C'est l'ouverture au monde à sens unique, un billet en aller simple vers la déculturation.
Marc Favre d'Échallens, Le Vésinet (Yvelines)

Gouvernement conservateur et francophonie
Communiqué du mouvement québecois Impératif français (20/8)
La stratégie du gouvernement fédéral conservateur ne fait pas de doute. La liste suivante non exhaustive des situations et des mesures adoptées ou appuyées par ce gouvernement contre le français, la francophonie et le Québec est éloquente :
  • Jeux olympiques en anglais
  • Unilinguisme anglais des juges de la Cour suprême du Canada
  • Fonction publique fédérale dont près de 95 % des postes exigent la connaissance de l’anglais
  • Valorisation des symboles monarchistes anglo-saxons
  • Multiples récidives des sociétés fédérales aux pratiques d’humiliation des francophones (ex., Air Canada)
  • Recul du français au Canada et au Québec
  • Assimilation des francophones hors Québec
  • Jugement de la cour "politique" fédérale, la Cour suprême, contre la Charte de la langue française pour le retour au Québec des écoles passerelles anglicisantes
  • Et la plus récente : suppression de postes au Bureau de la traduction
Il est évident que par toutes ces situations et mesures, le gouvernement conservateur choisit de banaliser ou de saper certains grands fondements du Canada : reconnaissance des droits linguistiques des francophones, égalité des nations, bilinguisme des institutions fédérales, etc.

Impératif français dénonce la vision "suprémaciste" anglo-saxonne que le gouvernement conservateur cherche ainsi à imposer au Canada, au Québec et à la francophonie canadienne.
(voir le site d'Impératif français)

Canada comme chez nous on brime la langue française !
L’Association québécoise Impératif français, précieux partenaire d’ALF, qui fut porteuse aussi de notre marche du 18 juin 2011 au Panthéon, nous autorise à reproduire cette analyse sans complaisance, hélas juste…
Il y a eu peu de français aux Jeux Olympiques de Vancouver, alors que notre langue est l’une des deux langues officielles tant des J.O. que du gouvernement fédéral canadien. MM. Abdou Diouf et Raffarin, ainsi que le Suisse "grand témoin" des Jeux pour la Francophonie, avaient pu constater eux-mêmes sur place, ainsi que les Québécois, Acadiens et Franco-Ontariens furieux, et nous-mêmes dans nos commentaires, que le gouvernement fédéral avait fort hypocritement fait ce qu’il fallait pour ne pas tenir au dernier moment, sous divers prétextes, les promesses données solennellement, et pour humilier les francophones, surtout lors de la cérémonie d’ouverture. Belle claque pour les représentants officiels de la Francophonie, et signal fort pour les centaines de millions de téléspectateurs qui l’ont suivie !
Les Anglo-Saxons n’avaient sans doute pas voulu manquer cette occasion. Ils luttent partout, par tous les moyens, pour utiliser les pouvoirs encore très importants qui sont les leurs pour s’accrocher presque désespérément, notamment par la langue anglo-américaine, à l’hégémonie et à l’énorme bénéfice du mondialisme qui sont doucement en train de leur échapper…
C’est bien un combat mondial qu’ils espèrent toujours gagner, sûrs de leur supériorité quasi ontologique, ou…raciale, mais avec une crispation croissante.
Les autres aspects mentionnés par l’auteur sont à l’avenant. C’est le lent étranglement au sérail des ennemis et des gêneurs, qui ne protestent presque pas…
Il faudra vraiment, au printemps 2012, un sursaut concerté, de grandes manifestations coordonnées des sociétés civiles dans plusieurs pays francophones ! Albert Salon.

 

Lettre sur le budget de la culture [Claude Weisz] (publiée dans Le Monde du 17 août 2011)

Le courrier du jour  - Francophonie : Quel avenir en Afrique ?
Je salue la belle plaidoirie d'Olivier Poivre d'Arvor pour la culture ("Augmentons le budget de la culture !", Le Monde du 8 août) et je me réjouis qu'il y inclue l'aide à la connaissance et la diffusion de la langue française, qui en est un de ses biens fondamentaux.

Mais lorsqu'il évoque "400 millions de francophones à prévoir en plus en 2050, principalement en Afrique", je crains qu'avec la politique actuelle de ce gouvernement, cela soit plutôt 100 millions de francophones à prévoir en moins à cette date.

Quid de l'Afrique francophone qui l'est de moins en moins ? Je ne parle pas seulement des pays qui passent officiellement du français à l'anglais, mais d'une population qui est à 50 % analphabète, dont les écoles n'ont ni maîtres ni matériel scolaire, des universités aux années blanches et dont les étudiants n'obtiennent pas de visa pour étudier en France, pas de bourse pour se payer des études coûteuses et qui, "last but not least", découvrent que de plus en plus de cours prodigués en France le sont uniquement en anglais !

Pourquoi ne veut-on pas ouvrir les yeux et voir que, pour un Africain francophone, il est plus facile d'aller étudier aux États-Unis ou dans un pays anglophone qu'en France. C'est à regret que la plupart d'entre eux constatent que le français est une langue inutile - voire un handicap - à leur développement professionnel.

Claude Weisz - Bobigny

Lettre au Monde
sur le budget de la culture  [Jean Hourcade] (8 août 2011)

J'approuve entièrement les propos d'Olivier Poivre d'Arvor (Le Monde des 7-8 août) demandant que soit fortement augmenté le budget de la culture. L'actuel gouvernement ne le considère que comme une variable d'ajustement (le "budget danseuse"?) alors qu'il s'agit non seulement de ce qui fait de nous un pays très particulier mais aussi, de par cette particularité même, la première destination touristique dans le monde. Une "danseuse " qui rapporte !

Cela vaut aussi bien sûr pour notre réseau de centres culturels à l'étranger, que la désastreuse gestion récente du Quai d'Orsay (Alain Juppé va-t-il redresser la barre?) a asphyxié, fermant les établissements ou réduisant les moyens alors qu'il était le premier du monde. La culture française en interne et en externe, mais aussi la langue française et la francophonie, doivent s'inviter dans le débat de la présidentielle de 2012.

La France se renie en ce moment. D'un trait de plume, certaines réalisations que mes collègues et moi avions mis des années à bâtir ont été défaites, à la surprise de beaucoup d'amis étrangers et alors même qu'elles fonctionnaient à la satisfaction générale.
Jean Hourcade, ancien conseiller culturel - rue du Lavoir, 84240 Peypin d'Aigues.

 

 
 


nouvelles/unsa.jpgL'UNSA exige le respect de la diversité linguistique à l’OIT - le 21/07/2011 - 10:34 par MAR

L'UNSA exige le respect de la diversité linguistique à l’OIT

La confédération syndicale s'émeut de la progression du tout-anglais au sein de l'Organisation Internationale du Travail.

Dans les institutions internationales et européennes, l’anglais tend à s’imposer comme langue unique de communication notamment au détriment du français.
A l’occasion de la Conférence Internationale du travail (1er au 17 juin 2011), le représentant de l’UNSA est intervenu pour dénoncer cette pratique qui n’est pas sans conséquences sur le contenu des normes internationales et leurs niveaux d’exigences. Ci-après le résumé de son intervention tel qu’il figure dans les comptes rendus de la 100ème session de la Conférence.

"Un membre travailleur de la France (Jean Claude Tricoche) fait référence à l’article 24-1 du Règlement de la Conférence internationale du Travail, selon lequel la langue française et la langue anglaise sont les langues officielles de la Conférence.

Cela n’a pas été respecté lors de la constitution du groupe de rédaction pour lequel la participation de personnes à même de travailler en anglais a été sollicitée. Cette pratique, qui devient coutumière, nuit aux délégués de langue française ou espagnole.

Elle est contraire à l’article 59 du Règlement de la Conférence qui spécifie que, dans la mesure du possible, le comité de rédaction de commission devra comprendre des membres connaissant les deux langues officielles. Le groupe des travailleurs condamne cette pratique qui fait fi du Règlement et va à l’encontre de la nature universelle du travail de l’Organisation".

lien vers le site de l'UNSA


nouvelles/air-canada.jpgAir Canada condamnée pour avoir refusé de servir un client en français - le 20/07/2011 - 09:06 par Albert_Salon

Air Canada condamnée en justice
pour avoir refusé de servir un client en français !

L’exemple ci-dessous rapporté par l’AFP illustre bien le caractère illusoire du bilinguisme officiel "à la Trudeau" de la Fédération canadienne. Les services officiels ou assimilés cherchent toujours tous les prétextes pour ne pas appliquer la loi, et pour contraindre les francophones à parler anglais.
Lorsque quelqu’un regimbe, et gagne un procès, la presse anglophone déverse sa haine du particularisme francophone. Pour les Anglos, un ennemi une fois vaincu l’est définitivement. Cela nous rappelle l’incompréhension des Anglos de l’Ulster (Irlande du Nord) face au comportement des Irlandais catholiques qui ne supportent pas que les Orangistes défilent encore agressivement chaque année dans les quartiers catholiques de Belfast et de Derry pour célébrer leur victoire de la Boyne…en 1690, et osent se révolter contre ce mépris de fer et cette arrogance odieuse et imbécile !...

Ajoutons que la menace finale d’exiger en "représailles" le service en anglais dans les restaurants québécois est sans fondement : le Québec est une province non pas officiellement bilingue comme le Nouveau-Brunswick, mais unilingue en français, depuis les lois québécoises 22 puis 101 !
Français, exigez le service en français par Air France, et déposez des plaintes en cas de refus !
Il faut de plus en plus rejeter vigoureusement cette imposition de l’anglais partout ! Résistez !

Albert Salon


 Service en anglais : Air Canada condamné  [AFP - 18/07/2011]

La décision d'un tribunal canadien d'accorder 12 000 dollars à un couple pour ne pas avoir été servi en langue française sur des vols du transporteur privé Air Canada à destination des États-Unis, suscite la colère au Canada anglophone.

Michel Thibodeau et sa conjointe Lynda réclamaient un demi-million de dollars en dommage punitif au premier transporteur aérien canadien Air Canada pour ne pas avoir obtenu de services en français lors de deux voyages aux États-Unis en 2009.

Une cour fédérale canadienne leur a donné raison cette semaine et condamné le transporteur à lui verser 12 000 dollars et à transmettre des excuses.

Ancienne société d'État, Air Canada a été privatisée en 1988 mais la société reste assujettie à la loi sur les langues officielles - anglais, français - qui l'oblige à fournir des services en français sur des liaisons aériennes où au moins 5% des passagers sont habituellement francophones.

La décision de la cour en faveur de M. Thibodeau, qui est par ailleurs bilingue, est passée presque inaperçue au Québec, mais a suscité de nombreuses réactions dans les journaux du Canada anglais."Si vous voulez savoir ce qui ne va pas avec la loi canadienne sur les langues officielles, regardez simplement Michel Thibodeau. Il s'agit d'un employé du gouvernement parfaitement bilingue qui a traduit en justice Air Canada parce que lui et sa femme n'ont pas reçu de services en français - ils n'ont pas eu de 7-up lorsqu'ils en ont fait la demande en français sur un vol", souligne Peter Worthington, éminent commentateur du Toronto Sun.

Le site internet du Globe and Mail, le quotidien le plus influent au pays, a lui été pris d'assaut par les internautes qui ne décoléraient pas. "Cette anecdote est symptomatique de la façon dont le Canada français a opéré (en abusant de ses droits, ndlr). Et la réaction est symptomatique d'une nouvelle attitude", résume un internaute sur le site du Globe."Tout le monde écoutez ! Allons tous au Québec et traînons-les devant les tribunaux lorsqu'ils refuseront de nous servir en anglais au restaurant".


nouvelles/francopholies.jpgFrancofolies ou… Françaphonie ? - le 18/07/2011 - 13:08 par Georges_Gastaud
The anglofollies of La Rochelle (14/7)

Le festival des Francofolies qui se déroule habituellement à La Rochelle, est censé faire la promotion de la chanson française et francophone. Le 12 juillet, un prénommé Kevin, responsable de l’organisation, nous apprenait sur France-Info que les Francofolies accepteront désormais des chansons en anglais, interprétées par des chanteurs étrangers, mais aussi par des chanteurs français. Et c’est justement le 14 juillet, jour de notre fête nationale, qui a été choisi pour mettre à l’honneur les chanteurs anglophones !
Rappelons que ce festival bénéficie du parrainage et de l’aide financière du ministère de la Culture (Frédéric Mitterrand), de la Région Poitou-Charentes (présidente : Ségolène Royal), du département de la Charente-Maritime (président : Dominique Bussereau) et de la ville de La Rochelle (maire : Maxime Bono)… Lire ci-dessous le point de vue de Georges Gastaud président de Courriel

"Francofolies" ou… Françaphonie ?

Appel à la résistance linguistique et culturelle par Georges Gastaud[1]

Il se prénomme Kévin et à défaut de ménager la langue française, il "manage" les Francofolies de La Rochelle avec l’assurance d’un petit commercial bardé de ses certitudes vendeuses. Et il nous apprend, sans que France-Info qui l’interroge ce 12 juillet ne l’interpelle sur sa politique linguistique suicidaire, que le festival de La Rochelle, qui fut longtemps un bastion de la création francophone et de la vraie diversité, a de nouveau programmé cet été une série de chanteurs "français" qui, reniant la langue de Brassens, de Ferrat, de Léo, de Vigneault, de Brel et de Barbara, mais aussi de Pottier et de Clément (L’Internationale et le Temps des cerises n’ont pas été écrits en anglais que l’on sache !), s’expriment dans l’unique idiome estampillé par la mondialisation capitaliste, par les "majors" de l’industrie culturelle, par le snobisme des milieux bobo, avec à l’arrière-plan, les giga-prédateurs de l’impérialisme états-unien.

Cerise sur le gâteau (pardon : last but not least), France-Info nous apprend, sans faire le moindre commentaire, que les Francos 2011 ont choisi… le 14 juillet pour mettre principalement en vedette des chanteurs anglophones ! Le 14 juillet, c’est-à-dire un jour où l’on célèbre encore, dans certains coins reculés de l’hexagone, ces bricoles ringardissimes que sont la prise de la Bastille, la fête nationale et la devise liberté, égalité, fraternité... Sir Kevin ne nous dit pas si, à l’occasion de cette minable provocation, tout-à-fait digne de notre étrange pays partagé entre la xénophobie d’État et l’autophobie nationale, la Marseillaise sera enfin traduite dans l’unique idiome qui vaille désormais aux yeux de l’"élite mondialisée" : si tel était le cas, on propose de traduire le very shocking appel révolutionnaire "Aux armes citoyens !" par "God save the Queen !", ou mieux encore, par "In God we trust !", comme il est cyniquement écrit sur chaque billet d’1 dollar...

Certes, pour ménager les vieux routiers des Francos, on a demandé à Bernard Lavilliers et à quelques autres VRAIS créateurs francophones de cautionner ce festival à la dérive. Dame ! Il faut bien justifier à la marge l’intitulé des Francos et sans doute, les subventions publiques ( ?) toujours bonnes à prendre que facilite ce type de dénomination menteuse… Marianne est bonne fille et les institutions de la Francophonie sont décidément bien apathiques, pour ne pas dire plus !

Bien entendu, on nous rétorquera qu’il faut être "ouvert", "moderne" et "pluriel" : ce sont ces trois adjectifs-choc qu’avancent systématiquement les dominants quand ils entreprennent de casser un acquis social, un patrimoine culturel ou une conquête démocratique. Car le "pluralisme" commande évidemment qu’en France on chante (de moins en moins…) en français ET DE PLUS EN PLUS en anglais, qu’en Italie on chante (encore un peu) en italien ET TOUJOURS PLUS en anglais, qu’en Allemagne on (ne) chante (presque plus !) en allemand ET ENORMEMENT en anglais, pour ne rien dire des chansons suédoise, flamande, norvégienne, etc. déjà réduites à l’état de folklore ! CA, c’est du pluralisme et de l’ "ouverture" ! D’autant plus que, pour parfaire ce "pluralisme" linguistique à sens unique, les bacheliers d’Outre-manche et d’outre-Atlantique ne sont désormais plus tenus d’apprendre une langue étrangère et que les créations culturelles non-anglophones sont méthodiquement barrées par les médias anglo-saxons !

On nous dira naturellement que "c’est la liberté !", que "les gens font comme ils le sentent", et autres pseudo-évidences que matraque à longueur d’année la pensée unique néolibérale : mais sous le masque de la "concurrence libre et non faussée" grignotant l’ "exception culturelle", se dissimule en fait le diktat de monopoles capitalistes mondiaux qui installent patiemment, -qui plus est sous le nom de "liberté"-, la première méga-dictature de l’histoire qui sera bientôt parvenue à éliminer tout "ailleurs" géographique ou mental. Libre aux médias de cacher aux bonnes gens que les maîtres du CAC 40 (du "caca-rente" ?), que les eurocrates bruxellois, que le gouvernement Sarkozy, les Chatel, Pécresse, Kouchner, Lagarde et Cie, font tout pour nous imposer la langue unique de la maternelle à l’université en passant par l’entreprise, où des salariés en sont réduits à engager l’action syndicale pour obtenir le droit élémentaire de travailler en français en France ! C’est le Baron Seillères, ex-patron du MEDEF et ex-président du "syndicat" patronal Business-Europe qui l’a proclamé en 2003 au nez et à la barbe de Chirac : l’anglais doit rapidement devenir LA "langue des affaires et de l’entreprise" de toute l’Europe[2] ! Ce qui signifie en clair que toute autre langue est condamnée à mort dans l’espace public. Dans ces conditions, il est triste que tant de pseudo-"créateurs", dont beaucoup se croient sincèrement contestataires (la bonne conscience ne coûte pas cher !) obtempèrent en toute inconscience aux ordres du Big Brother "managérial" : la servitude n’est jamais si totale que lorsqu’elle reste invisible aux esclaves, qu’elle s’installe aux cris de "vive la liberté !" et qu’elle dispose des moyens de censurer et de stigmatiser les rares voix dissidentes qui osent encore dire "non" et non pas, à longueur de journée, "yèèèèèès !" et "OK"…

C’est pourquoi l’ami de la chanson francophone, des luttes anticapitalistes, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et de la diversité culturelle que je suis, suggère aux hommes et aux femmes qui veulent résister à la langue unique, à la culture unique, à la pensée unique, à l’économie unique, en un mot, à l’abrutissement généralisé, de…

a) réclamer que les Francofolies aient la pudeur de changer de nom ; leur intitulé actuel frise la pub mensongère et n’utilise le clin d’œil à la francophonie que pour mieux installer le monopole musical de l’anglais dans la jeunesse tout en "folklorisant" en douceur l’extraordinaire héritage poétique et chansonnier de notre pays ;

b) exiger qu’aucune subvention publique ne soit désormais accordée à des spectacles dans lesquels des chanteurs français chantant en globish collaborent à l’entreprise totalitaire de banalisation du tout-anglais ;

c) réfléchir aux moyens nécessaires pour mettre en place un vrai festival francophone indépendant du "chobiz" et d’un gouvernement UMP traîtreusement acquis au tout-anglais. Un festival ouvert à tous les pays francophones dans la diversité de leur parler-français, à tous les usages du français, des plus savants aux plus populaires, mais aussi aux chansons en occitan, en basque, en breton, en corse, en catalan, etc., sans oublier les langues de l’immigration : arabe, berbère, wolof, chinois, etc. Un festival qui n’aurait pas pour but principal le fric, la com ‘ et l’auto-reproduction d’un appareil commercial s’abritant derrière les mots "jeunesse" et "ouverture culturelle"... Un festival qui ferait le lien entre la défense de toutes les langues de France et du monde, et la résistance antifasciste, antiraciste, anti-impérialiste, au monstre impérialiste et totalitaire qui, sous le nom faisandé de mondialisation, impose partout le despotisme sans rivage de l’oligarchie financière, fût-elle fardée de couleurs "flashy" et "internationalistes" par tous les colla-bobos de France et d’ailleurs.

d) mettre sur la sellette, à l’occasion des prochaines échéances électorales, tous les politiciens qui, par incurie ou par calcul, collaborent en tous domaines, -enseignes commerciales, entreprise, recherche, médecine, université, lycées et bientôt… école maternelle-, au viol en réunion de l’article II de la Constitution : "la langue de la République est le français", sans parler de la loi Toubon de 1994, votée à l’unanimité par le parlement, et quotidiennement violée dans la plus parfaite indifférence des autorités constituées.

Cet appel s’adresse d’abord aux amis de la langue et de la chanson françaises, notamment aux écrivains, aux poètes, aux musiciens… Mais il interpelle cherche aussi le travailleur, le jeune de milieu populaire, l’enseignant, le démocrate, le républicain, l’internationaliste véritable. Car la langue française demeure encore à ce jour le premier service public (gratuit !) de la République française et des autres pays francophones ; et bien qu’attaquée de toutes parts, elle constitue encore une digue solide contre le totalitarisme linguistique, contre la marchandisation de la culture et contre l’idéo-formatage mondial : si le français finit par s’écrouler, quelle langue, quelle culture, quelle chanson ne seront-t-elles pas englouties par le raz-de-marée impérial du tout-à l’américain ? La marginalisation planifiée de notre langue est porteuse d’énormes discriminations contre les couches populaires de tous les pays, et d’abord contre la jeunesse que l’on gave de sous-produits culturels en globish ; plus généralement, la "langue" unique porte en elle le risque d’une disparition rapide de toutes les langues (y compris de l’anglais en tant que langue porteuse d’histoire et de civilité) et de la culture elle-même ; car langues et cultures n’ont jamais prospéré que dans et pour l’échange : mais quels échanges subsisteront-ils vraiment quand l’altérité linguistique aura définitivement sombré, quand, politique de substitution linguistique des Franco-Déni, du grand patronat et du gouvernement "français" aidant, la chanson française sera à jamais devenue un "fait exotique" dans notre propre pays ?

(1)     Je ne vois aucun inconvénient à ce que les Franco invitent à l’occasion des anglophones issus de pays anglophones ; sans toutefois les survaloriser : car sauf exception, on ne peut attendre aucune réciprocité Outre-Manche ou outre-Atlantique- pour des chanteurs francophones, germanophones, etc., à l’occasion de très grands évènements culturels et médiatiques…


[1] Professeur de philosophie, président de l’association COURRIEL, auteur de la Lettre ouverte aux bons Français qui assassinent la France et de Patriotisme et internationalisme. Courriel : gastaudcrovisier2@wanadoo.fr.

[2] En vertu de quel débat citoyen, de quelle délibération démocratique, de quel vote parlementaire ou référendaire à l’échelle nationale ou continentale ?

 


nouvelles/UE-GB.jpgLa novlangue européenne - le 16/07/2011 - 18:59 par Denis_Griesmar
La novlangue européenne
par Denis Griesmar

Denis Griesmar, traducteur, administrateur d’ALF, a commencé à travailler sur la "novlangue européenne" - Un avant-goût de ses travaux ci-dessous.

L'européen existe, je l'ai rencontré ! Philologue dans l'âme, j'en ai cueilli quelques mots et expressions, avec leur traduction.

Gouvernance : abolition de la démocratie.

Sauvetage de la Grèce : financement des banquiers spéculateurs par les contribuables français (les Allemands se sont défaussés sur la BCE de Francfort).

Défense de l'euro : pression à la baisse sur les salaires.

Construction européenne : vassalisation de la France.

Langues étrangères : anglais (langue unique enseignée).

Pacte de stabilité : transfert du pouvoir de voter le budget à des technocrates non élus et irresponsables.

Couple franco-allemand : alignement de la position française sur les exigences allemandes.

Référendum : mot grossier (à éviter dans la bonne société).

Belgique : modèle de l'Europe (passer rapidement sur ses ratés).

Concurrence libre et non faussée : règle qui abolit toutes les autres, et qui vise à aligner les salaires, sur le continent européen, au niveau de ceux du Bangladesh

Hauts fonctionnaires français dans les organisations internationales : cela n'existe pas : ce ne sont pas des "Frenchmen".

Pensée unique : seule admise. Pensons-y toujours, n'en parlons jamais (détourner l'attention en parlant de sport).

Réciprocité dans les relations internationales : attitude provocatrice, à éviter pour ne pas déplaire à nos zamis britanniques et à nos zamis zaméricains.

Exception culturelle : regrettable obstacle à éliminer.

Français : langue en déclin, dont la défense relève de la pathologie mentale, et du syndrome de ringardise aiguë.

Rigueur : politique de déflation, analogue à celle qui fut adoptée par Pierre Laval en 1935, et censée rétablir l'économie ; le pays peut en mourir guéri, mais l'essentiel est de tenir jusqu'aux prochaines élections (malheureusement non encore totalement supprimées).

Non : oui, cause toujours, tu m'intéresses : attitude à adopter face à un incompréhensible rejet par les électeurs de la seule politique possible.

Normes européennes : dispositif technique adopté pour que l'Allemagne mange la laine sur le dos de ses voisins.

Protocole de Londres : accord sur l'élimination de la langue française dans les brevets et dans le domaine scientifique, énoncé avec l'air de dire le contraire.

Échanges Erasmus : dispositif destiné à convaincre les étudiants que les études supérieures, sur tout le continent, ne peuvent se faire qu'en anglais.

Europe sociale : irréel du présent ; l'harmonisation consiste, par exemple, à régulariser le travail de nuit pour les femmes.

Protectionnisme : mot grossier, dont l'emploi révèle un irréductible, qui doit être éliminé de façon prophylactique.

Valeur pour l'actionnaire : dépeçage d'une entreprise par appartements, exécuté de préférence de nuit, laissant les salariés sur le carreau.

Plan social : licenciement franc et massif, sous prétexte de crise ...

Je me propose de compléter, après lecture de la Sainte Presse, sous le titre Dictionnaire de la langue européenne unique...Trouverions-nous un éditeur ?...
Denis Griesmar

Justice.jpgLa Cour de cassation réaffirme l'obligation du français dans les contrats de travail - le 12/07/2011 - 20:02 par MAR
La Cour de cassation réaffirme l'obligation du français
dans les contrats de travail (29 juin 2011)
Les objectifs non traduits sont inopposables aux salariés

Dans un arrêt du 29 juin 2011, la Cour de cassation indique qu'en cas de contrat de travail avec une part de rémunération variable, les objectifs doivent être fixés en français. Cet arrêt qui fera jurisprudence, réaffirme l'obligation du français dans les contrats de travail (y compris pour les groupes étrangers) et est donc une avancée importante dans l'affirmation du droit du français au travail.

Pour mieux comprendre, lire ci-dessous l'article de Liaisons sociales quotidien du 7 juillet 2011 qui commente cette décision. (voir aussi le compte-rendu qu'en fait le site de Lamy, actualités du droit)

Lire également l'analyse de l'avocat Tiennot Grumbach "Quand la langue anglaise entre dans les relations du travail" dans l'Humanité du 10 octobre 2011
 

Jurisprudence  (Liaisons sociales quotidien du 7 juillet 2011)


Rémunération variable : les objectifs doivent être fixés en français
L'entreprise peut-elle, pour la fixation des objectifs conditionnant le versement d'une prime variable, se référer à des documents rédigés en langue anglaise ? Amenée à se prononcer pour la première fois sur cette question dont les enjeux financiers ne sont pas négligeables, la chambre sociale de la Cour de cassation s'est réunie en formation plénière pour décider que de tels documents sont inopposables au salarié, même s'il s'agit d'un cadre de haut niveau maîtrisant parfaitement la langue en question. Il existe en effet, dans le Code du travail, des dispositions imposant l'usage du français dans les documents comportant soit des obligations pour le salarié, soit des dispositions dont la connaissance est nécessaire pour l'exécution du travail.


Plan annuel de rémunération variable défini au niveau du groupe
Le contrat de travail d'un directeur exécutif-chargé de clientèle prévoyait à son profit le versement d'une rémunération fixe annuelle de 137 205 € brut, assortie d'une partie variable pouvant atteindre 40 % de cette rémunération de base. Le montant du bonus dépendait d'objectifs individuels convenus annuellement. Concrètement, les objectifs à atteindre résultaient de plans annuels définissant au niveau du groupe, et donc en anglais. Les politiques de rémunération variable des cadres. Après la rupture de son contrat de travail, le salarié a fait valoir que ces documents ne lui ayant pas été soumis en français, l'employeur ne pouvait s'en prévaloir pour calculer le montant exact de la part variable. Il aurait donc dû percevoir, chaque année, le maximum prévu par le contrat de travail à savoir une prime égale à 40 % de la rémunération annuelle brute, peu important que les objectifs définis par le plan aient été ou non remplis. La Cour de cassation lui a donné gain de cause.


Document en anglais inopposable
La Haute juridiction rappelle tout d'abord qu'en vertu de l'article L. 1321-6 du Code du travail, tout document comportant des obligations pour le salarié ou des dispositions dont la connaissance est nécessaire pour l'exécution de son travail doit être rédigé en français. Cette disposition est issue de la loi Toubon du 4 août 1994 (v. Légis. soc. -Droit trav.- n° 57/2011 du 17 mars 2011). Le peu de contentieux auquel elle a donné lieu jusqu'à maintenant n'avait jamais dépassé le stade de l'appel. Ainsi, peuvent seulement être signalées une décision de la cour d'appel de Versailles enjoignant à une entreprise de mettre à disposition sans délai, une version française des logiciels informatiques, des documents relatifs à la formation du personnel et à l'hygiène et à la sécurité (CA Versailles, 2 mars 2006, n° 05-1344) et un arrêt de la cour d'appel de Paris concernant des documents techniques destinés à des pilotes d'avion (CA Paris, pôle 2, ch. 2, 1er octobre 2010, n° 08/23998). L'arrêt du 29 juin dernier prend alors toute son importance. Pour les Hauts magistrats, cet article L. 1321-6 qui impose l'usage de la langue française, s'applique bien "aux documents fixant les objectifs nécessaires à la détermination de la rémunération variable contractuelle". En l'occurrence, ceux-ci ayant été rédigés en anglais, le salarié pouvait se prévaloir de leur inopposabilité précise l'arrêt.


Conséquences financières
Les conséquences de l'inopposabilité des objectifs non traduits en français sont redoutables sur le plan financier. En effet, les salariés pourront saisir la justice afin que soit fixé le montant de la rémunération variable garantie par le contrat de travail. Logiquement, ils devraient pouvoir obtenir la part variable contractuellement prévue à son taux maximal, comme s'ils avaient rempli les objectifs assignés.
La Cour de cassation a en effet censuré l'arrêt de la cour d'appel de Versailles qui, bien qu'ayant déclaré les objectifs inopposables, avait limité le montant de la part variable due à l'intéressé par référence à certaines données contenues dans le plan litigieux. Les juges du fond avaient même estimé que certains objectifs financiers exprimés en dollars devaient être considérés comme exprimés en euros ! L'arrêt ne pouvait qu'être censuré. Les objectifs non traduits sont inopposables aux salariés et inexploitables par le juge chargé de fixer le montant de la part variable. Sur le plan financier, on est donc loin de la simple amende prévue par le Code du travail (C. trav. art. R. 1323-1) en cas d'inobservation des dispositions de l'article L. 1321-6, à savoir l'amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe.
Cass. soc, 29 juin 2011, n° 09-67.492 FP-PB


nouvelles/presse.gifNouvelles diverses de juin et juillet - le 08/07/2011 - 22:52 par MAR
Nouvelles diverses de juin et juillet
France Inter : émission un peu complaisante sur le franglais (19 /7) [suivre le lien]
Summer Tours Festival (!) (du 15 au 17 juillet 2011) [voir ci-dessous]
L'AFRAV sur Air-France-KLM : "Un patriotisme linguistique, plutôt qu'industriel" [lien]
Paris continue dans la servilité anglomane : Research in Paris [voir ci-dessous]
Amin Maalouf élu à l'Académie française (23/6) [suivre le lien]
Appel à participation au 2e prix littéraire de l’AIFA-France (4/7) [voir ci-dessous]
Alter-Dico 1er dictionnaire tourné vers l'Afrique sur iPhone [suivre le lien]
L'Académie Charles Cros récompense le Québecois Martin Léon (7/6) [suivre le lien]
Une vidéo de Louis Nisse auteur de "L'homme qui arrêtait les trains" [suivre le lien]

Summer Tours Festival (!) (du 15 au 17 juillet 2011)

Une fois de plus pour avoir l'air dans le coup, pour faire djeune, une collectivité locale participe servilement à une manifestation dont le nom est en tout-à-l'anglais.
Organisé par Tours Evénements et soutenu par la ville de Tours (Jean Germain, maire), le quotidien "La Nouvelle République", France Bleu (sic !) Touraine et le Crédit Agricole !  La servilité de type colonisé a encore frappé. Merci à Jean Germain pour ce piétinage en règle de la langue française !
 

Appel à participation  au 2e Prix littéraire de l’AIFA-France - édition 2012


aifa.gifL’AIFA-France (Association Internationale Francophone des Aînés), soutenue par le Groupe AG2R La Mondiale, a créé en 2009, avec le concours de l’association Avenir de la langue française, un Prix pour valoriser la création littéraire des retraités.

Le prix récompense un ouvrage littéraire (fiction, roman, nouvelle, essai, mémoires) écrit en français et n’ayant jamais été publié.
La date limite de participation est fixée au 31 octobre 2011.

Les textes doivent être envoyés à : aifa.france@yahoo.fr
ou AIFA-France - chez AG2R La Mondiale
104-110 boulevard Haussmann - 75379 Paris cedex 08.

La remise du prix aura lieu entre le 19 et le 21 mars 2012.

À propos de l’AIFA…
Créée en juillet 1981, à Québec, l’AIFA, association internationale dévouée aux aînés francophones, a pris son envol lors de la IVe rencontre des pays francophones. Ce sont des aînés du Québec, du Canada, de la France, de la Belgique, du Luxembourg et des États-Unis qui appuyèrent le projet de mettre en place cette structure internationale non-gouvernementale (OING).

L’AIFA fait partie des soixante-trois OING reconnues comme membres consultatifs de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).
L'AIFA  participe avec d'autres organismes à des forums, études et recherches sur la situation des aînés.

Elle organise périodiquement des rassemblements internationaux où les aînés peuvent échanger sur des questions qui les concernent.
Elle intervient dans des pays en développement en soutenant différents projets d'aide via un programme intitulé "Aînés francophones sans frontières".
Elle publie des documents sur les aînés dont la revue trimestrielle" Maturité".
On compte à ce jour sept sections nationales de l'AIFA en Afrique, en France et à Québec.

La Mairie de Paris continue dans la servilité anglomane : Research in Paris

Nous apprenons que la Mairie de Paris finance l’accueil de 77 chercheurs étrangers dans les laboratoires parisiens en 2011. (très bien)

Comment croyez-vous que la Mairie de Paris appelle son "dispositif" ? :
Research in Paris (!)


Surtout ne dites-pas à Bertrand Delanoë qu'il est le maire d'une grande capitale francophone qui longtemps a rayonné sur le monde, il se croit maire d'une sous-préfecture d'un county états-unien... MAR

nouvelles/michelin.gifChez Michelin, on parle français - le 26/06/2011 - 19:20 par MAR
Chez Michelin, on parle français !

Intéressant "papier" lu sur le site Capital.fr (15/06/2011) qui tend à montrer qu'une entreprise française de taille internationale qui se respecte, peut parler français.

Extrait : "Chez le numéro 2 mondial du pneu, la règle est inflexible : la langue de travail est –et restera– le français. Peu importe que ses usines soient implantées dans dix-huit pays et ses produits commercialisés sur toute la planète. Du coup, les cadres étrangers doivent parfaitement maîtriser la langue de Molière, qu’ils travaillent à Clermont-Ferrand ou échangent avec le siège depuis les États-Unis, le Japon ou le Brésil. En tout, cela représente un bon millier de dirigeants, commerciaux, techniciens et ingénieurs.

Pour les mettre à niveau, le géant du pneu leur dispense, via des prestataires extérieurs, jusqu’à 400 heures de cours en laboratoires de langues, par "e-learning" ou sous forme de leçons individuelles. Soit 118 000 heures au total l’an dernier, la moitié du temps de formation en langues du groupe. Des piqûres de rappel sont possibles par la suite, les responsables internes évaluant régulièrement le niveau (de 1 à 4) de leurs collaborateurs. La démarche, unique au sein des grands groupes français, a valu l’an dernier à Michelin le premier Trophée du langage, récompense du ministère de l’Économie aux entreprises œuvrant pour la diffusion du français dans le monde des affaires."

lire l'intégralité du texte sur le site Capital.fr
 

Les Francophones sont descendus dans la rue ! (18/06/2011) - le 14/06/2011 - 12:52 par MAR
18 juin 2011 : Les Francophones
étaient dans la rue !
pour obtenir l’organisation d’États généraux de la langue française
et de la Francophonie
Au Panthéon et dans le Quartier Latin, à Paris, plus de 1 200 manifestants sont descendus dans la rue à l'appel à 42 associations, cercles de réflexion et partis politiques qui refusent l’étouffement de la langue française et de la Francophonie. En présence notamment de Claude Hagège, Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Aignan, Paul-Marie Coûteaux...

18-juin-2011G.jpg
La manifestation boulevard Saint-Michel avec notamment
Jean-Pierre Chevènement en tête de cortège
 


Communiqué d’Avenir de la langue française, associée à 42 associations, cercles de réflexion, et partis politiques - 18 juin 2011 : les Francophones sont descendus dans la rue.  [ voir un extrait vidéo 0'29)


Marche pour le français - 18 juin 2011 lors de son passage boulevard Saint-Michel (Paris)
 

Dans une marche très colorée au Quartier latin, à Paris, ont défilé, avec leurs drapeaux acadiens, français, haïtiens, italiens, ivoiriens, mauriciens, québécois et wallons, plus de 1 200 personnes de 32 associations dont 27 françaises, et 12 partis et cercles de divers bords.

Devant le Panthéon, les voix du sursaut furent celles des représentants de 20 associations et partis : celles de Claude Hagège, des élus Jean-Pierre Chevènement, Nicolas Dupont-Dupont-Aignan, Paul-Marie Coûteaux, Jacques Myard et Patrick Louis, celles des Mariannes de la République, du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France ), du Carrefour des Acteurs sociaux, des Ivoiriens de France, d’un syndicaliste italien venu de Rome, de COURRIEL et de nombreuses associations… 

- Pour dire "non à l’anglais partout".

- Pour dénoncer la super-classe mondiale qui, pour l’argent roi et l’empire actuellement anglo-saxon, détruit les nations, leurs langues et leurs cultures.

- Pour condamner telles élites de leurs pays qualifiées par Michel Serres de "collabos de la pub et du fric".

- Pour dire avec Umberto Eco que "la langue de l’Europe, c’est la traduction".

- Pour affirmer la solidarité des peuples francophones dans la défense et l’illustration de leur patrimoine commun et de la diversité linguistique et cultuelle de l’Europe et du monde.

- Pour exiger l’organisation officielle en France d’États généraux de la langue française et de la Francophonie avec toutes les forces vives de la Nation.

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Quelques photos des interventions faites avant la manifestation proprement-dite, sur les marches du Panthéon. Ces interventions avaient été précédées de la lecture de messages de soutien de l’académicien Alain Decaux, de François Bayrou, président du Modem, Jean Lassalle, député et de l'acteur Fabrice Lucchini.

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 Albert Salon, ancien ambassadeur, président d'Avenir de la Langue Française  Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC)
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 Claude Hagège, professeur au Collège de France (lire le texte de son intervention)  Paul-Marie Coûteaux, écrivain, président du Rassemblement pour l'indépendance et la souveraineté de la France (RIF)
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 Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République (DLR)  Altermath-Nyogol-Massing, présidente du Conseil des Mariannes de la République (CMR)
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 Philippe de Saint-Robert, écrivain, fondateur et président de l'Association pour la sauvegarde et l'expansion de la langue française (ASSELAF)  Lapo Orlandi, vice-secrétaire de l'Era Onlus, association pour la démocratie linguistique (Italie)


 


Extrait vidéo de la manifestation (0'29)

Le compte-rendu de l'AFP (sur le site Figaro.fr) (18/06/2011)

L'appel à la manifestation


Le texte de l'intervention de Claude Hagège

Claude Hagège, chercheur en langues, et amoureux de leur diversité. Oui, leur diversité, leur multiplicité. Car, sachant que lorsque l’on s’organise en marche, on le fait pour quelque chose en cela même qu’on le fait contre quelque chose, le projet pour lequel nous allons marcher, ce sont les pensées multiples, qui forgent l’universel. Et la cible contre quoi nous allons marcher, c’est la pensée unique ! Laquelle ? Eh bien, au-delà de toute politisation, la pensée néolibérale, articulée sur le seul profit, et s’exprimant en anglais. Qui nous le dit ? Ce sont, notamment, les représentants de l’opinion éclairée des pays anglophones eux-mêmes, oui, nos amis américains, britanniques et autres, parfaitement solidaires de notre action et conscients de sa nécessité !

Pourquoi la langue française, qui conduit le même combat que l’allemand, l’espagnol, l’italien, le russe et d’innombrables autres langues, est-elle plus particulièrement investie de cet honneur de porter haut l’oriflamme de l’universalité ? Chacun en connaît la raison : c’est parce que c’est la langue française qui a donné voix pour le monde, en 1789, à la Déclaration des Droits de l’Homme, inspirée des idéaux élevés de ces grands hommes auxquels fut dédié le Panthéon, et pour lesquels, plus tard, David d’Angers sculpta le fronton qui nous surplombe en cet instant.

Arcboutés sur ce lieu de mémoire, nous allons marcher, il faudrait dire bondir, vers un autre lieu, où siègent des autorités étrangement sourdes au cri des 70 États et régions qui, sur les 5 continents, grondent, ou plutôt glapissent, contre la pensée unique en anglais ! Le vrombissement des masses, excédées de ce gavage, ne cesse de s’amplifier, repris en écho ici-même, en France, par des voix du Palais-Bourbon, des 5 Académies, de toutes les villes et villages. Nous demandons des États généraux de la langue française, c’est-à-dire de ce dont elle porte au loin le discours : la diversité, qui est liberté. Oui, aujourd’hui, et désormais, la langue française apporte sa participation au combat du monde pour la liberté.
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MuseeHorreurs/sailing-week.jpgNormandy Sailing Week - le 11/06/2011 - 10:24 par MAR
Normandie colonisée (bis) :
"Normandy Sailing Week"

Après le Comité régional de tourisme de Normandie qui nous assène un "Happy Birthday Normandie" (voir nouvelle du 30/5), la ville du Havre organise du 11 au 13 juin 2011 une "Normandy Sailing Week" !

Sans plus de commentaires, laissons parler un citoyen qui a envoyé une lettre de protestation au maire du Havre, Édouard Philippe et aux organisateurs de la manifestation. Lettre qui analyse bien l'affaire. Voir également plus bas, la réponse convenue et servile de l'organisateur (Manfred Ramspacher) dont le contenu peut se résumer à : "la culture française n'est bonne que quand elle devient anglo-saxonne" MAR

Envoyé : dimanche 5 juin 2011 19:34
Objet : Semaine de la voile en Normandie
 
Monsieur le Maire,
Mesdames, Messieurs,

Les rues du Havre se sont pavoisées depuis quelques jours de drapeaux "Normandy Sailing Week*". S'agit-il d'un événement organisé par une société des régates britannique, américaine ou australienne, cherchant à profiter des qualités nautiques exceptionnelles du Havre ? Non, les organisateurs sont bien français, les partenaires de l'événement sont essentiellement locaux (la ville du Havre, la presse havraise...) et cette épreuve est "la 1ère du Championnat de France de Course au Large en Équipage".

Les organisateurs me répondront qu'il s'agit de toucher des participants qui ne sont pas français et ne parlent pas forcément français. J'entends déjà l'affirmation que "l'anglais est langue universelle". A ce truisme, je rétorquerai que les participants étrangers se doutent bien qu'en France, on parle français, et, qu'avec le logo, le sens de l'expression "la semaine de la voile en Normandie" est évident, qu'un certain nombre d'entre eux participent à cette épreuve autant pour des raisons nautiques que par intérêt pour notre pays et notre culture. J'ajouterai que, par ailleurs, la langue la plus pertinente pour toucher une cible est encore la langue de cette cible (B.A. ba du commerce) et donc que si les navigateurs anglo-saxons méritent de recevoir une communication dans leur langue, d'autres nations non anglophones émergent dans ce sport et méritent aussi toute notre attention.

Il faut donc bien se rendre à cette conclusion : les organisateurs de cette épreuve ont été contaminés par cette pseudo-élite qui ne croit plus à l'avenir de notre langue et de notre culture. C'est d'autant plus surprenant que la Municipalité a soutenu l'implantation d'une Alliance française au Havre et s'est remarquablement impliquée pour la réussite de la semaine de la langue française et de la francophonie en mars dernier.
 
J'espère que mes remarques nourriront votre réflexion et j'adresse malgré tout, mes voeux de succès à cette nouvelle édition de la semaine de la voile en Normandie.

(*Certes, on peut lire en dessous en tout petit, "semaine de la voile en Normandie". Les organisateurs se sont-ils souvenus que les manants français ne sont pas obligés de savoir l'anglais ou l'ont-ils fait simplement pour respecter la législation qui protège notre langue et ses usagers ?)
Éric Charnay

De : Sirius Evenements (contact@sirius-events.com)
Envoyé : lundi 6 juin 2011 09:05

Objet : RE: Semaine de la voile en Normandie

Cher Monsieur,

Le repli sur soi n’a jamais été un facteur de développement de la culture française ;
celle-ci n’a jamais été aussi forte et universelle que lorsqu’elle allait à la rencontre de l’autre.

A bon entendeur.

Manfred Ramspacher
Gérant de la société Sirius Evenementsorganisatrice et créatrice de la manifestation

nouvelles/pecresse.jpgValérie Précesse : oui à la démission nationale ! - le 10/06/2011 - 08:55 par MAR
Valérie Précesse : oui à la démission nationale !

Dans un réponse à une question écrite, le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche dont la titulaire n'est autre que Valérie Précesse (carpette anglaise 2008) persiste et signe et se vante du fait que "De très nombreux cours ainsi que certaines épreuves d'examen sont en langue étrangère."
Cette soumission générale de l'enseignement supérieur à ses maîtres anglo-saxons est en violation flagrante de la Constitution qui dans son article 2 stipule que "La langue de la République est le français." et de la loi du 4 août 1994 qui dans son article 11 affirme que "La langue de l'enseignement, des examens et concours, ainsi que des thèses et mémoires dans les établissements publics et privés d'enseignement est le français".
Les auteurs de cette déclaration et de ces violations manifestes de la légalité, en d'autres lieux, en d'autres époques, en un mot dans un pays qui respecterait ses lois et surtout sa dignité, devraient être traduits devant la Haute-Cour de justice. MAR

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Question n° : 100027     de M. Christian Estrosi ( UMP  - Alpes-Maritimes )     Question écrite
Ministère interrogé > Apprentissage et formation professionnelle     Ministère attributaire > Enseignement supérieur et recherche
Rubrique > enseignement supérieur     Tête d'analyse > programmes     Analyse > écoles d'ingénieurs
Question publiée au JO le : 15/02/2011 page : 1386 - Réponse publiée au JO le : 07/06/2011 page : 6070
Date de changement d'attribution : 08/03/2011

Texte de la question

M. Christian Estrosi interroge Mme la ministre auprès du ministre du travail, de l'emploi et de la santé, chargée de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur la proposition formulée dans le rapport de l'institut Montaigne intitulé « Adapter la formation de nos ingénieurs à la mondialisation » et consistant à généraliser les cours en anglais et communiquer sur l'internationalisation des écoles. Il lui demande donc son avis sur la proposition.

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Texte de la réponse

La formation dispensée en écoles d'ingénieurs comporte l'utilisation de nombreuses sources et supports rédigés en langue anglaise. De très nombreux cours ainsi que certaines épreuves d'examen sont en langue étrangère. Par ailleurs, l'acquisition d'un diplôme d'ingénieur exige l'obtention par chaque élève d'un niveau au moins équivalant à 750 points à l'examen du TOEIC en anglais.

Enfin, les écoles d'ingénieurs développent de très nombreuses actions de dimension internationale qui se matérialisent par des échanges d'enseignants et d'élèves, l'organisation de stages à l'étranger et la possibilité offerte aux étudiants de suivre une partie de leurs cours dans un autre pays, voire une ou deux années complètes dans le cadre d'un double diplôme comme c'est le cas, par exemple, à l'EPF en liaison avec la Fachochschule de Munich.

Le ministère de la culture s'intéresse enfin au français... - le 08/06/2011 - 12:05 par MAR
Le ministère de la culture s'intéresse enfin au français
dans les jurys internationaux exerçant en France
Suite à une question écrite de Jacques Legendre du 31 mars concernant le "non-usage du français au jury des projets d'initiatives d'excellence éligibles au grand emprunt" en violation de la Constitution, le ministère de la culture reconnait le caractère anormal de l'obligation de postuler en anglais sous prétexte que le jury serait international. Enfin un début de réaction digne d'un pays indépendant ! En espérant que ces bonnes intentions seront suivies d'effets.
Cette prise de position est
hélas assortie du bla-bla habituel sur la nécessaire maîtrise de l'anglais par les chercheurs. Affirmation dont on ne voit d'ailleurs pas le rapport direct avec cette question de principe qui est qu'un jury statuant en France pour l'attribution de fonds venant d'un emprunt français doit entendre les candidats en français. MAR

Question écrite n°17886 de M. Jacques Legendre (Nord - UMP) publiée dans le JO Sénat du 31/03/2011 - M. Jacques Legendre attire l'attention de M. le Premier ministre sur le non-usage du français au jury des projets d'initiatives d'excellence éligibles au grand emprunt.

Un jury international examine actuellement les projets d'initiatives d'excellence qui pourront être éligibles au grand emprunt.
Il est surprenant d'apprendre que le support de l'intervention des représentants des universités françaises devant ce jury doit être préparé en anglais parce que " le jury est international".

À juste titre, la Conférence des présidents d'université s'en est émue. Elle demande que "les porteurs d'initiatives d'excellence puissent exprimer dans leur langue toutes les nuances, les complexités, les ambitions des projets qui vont dessiner la carte de la France scientifique de demain… sans que soit mise en doute la vocation de la langue française à exprimer une modernité scientifique intelligible au-delà de nos frontières".

À la suite de cette prise de position, la possibilité de recourir à un service de traduction a été accordée mais le recours à l'anglais reste recommandé.
Chacun admettra que le jury international doit pouvoir comprendre ce qu'il a à examiner. Mais la seule disposition, conforme à la loi française et au bon sens, est évidemment que les Français puissent s'exprimer en français et que la traduction de leurs propos soit assurée.

Il lui demande quelles initiatives il compte prendre, en cette semaine où dans le monde entier, on célèbre la francophonie pour faire respecter chez nous la loi sur la langue française, tout en assurant aux scientifiques étrangers la possibilité de nous comprendre.
Transmise au Ministère de la culture et de la communication

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Réponse du Ministère de la culture et de la communication publiée dans le JO Sénat du 2/06/2011

Les candidats aux projets d'initiatives d'excellence éligibles au grand emprunt ont été informés que, compte tenu du caractère international du jury, ils devaient préparer leur support d'intervention en anglais, l'utilisation de cette langue étant par ailleurs fortement recommandée pour la présentation proprement dite du projet ainsi que pendant toute la durée des échanges.

Cette décision n'était pas conforme à notre cadre constitutionnel et légal, à l'application duquel il revient au ministère chargé de la culture de veiller. Plusieurs décisions du Conseil constitutionnel, en particulier la décision n° 99-412 sur la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, précisent en effet que l'« usage du français s'impose aux personnes morales de droit public et aux personnes de droit privé dans l'exercice d'une mission de service public ; que les particuliers ne peuvent se prévaloir, dans leurs relations avec les administrations et les services publics, d'un droit à l'usage d'une langue autre que le français, ni être contraints à un tel usage ; que l'article 2 de la Constitution n'interdit pas l'usage de traductions ».

Le fait de contraindre à l'usage d'une langue autre que le français, dans le cadre d'un programme " investissements d'avenir", dont le Commissariat général à l'investissement est le principal opérateur, contrevenait manifestement à la volonté du législateur. Consciente des risques inhérents à cette pratique, la Conférence des présidents d'université a dès lors effectué une mise au point en demandant que les porteurs d'initiatives d'excellence puissent "exprimer dans leur langue toutes les nuances, les complexités, les ambitions des projets qui vont dessiner la carte de la France de demain". Elle a, ce faisant, exprimé sa confiance dans la capacité de la langue française à exprimer "une modernité scientifique intelligible au-delà de nos frontières".

Cette position sans ambiguïté conforte les efforts conduits par le dispositif interministériel d'enrichissement de la langue française pour doter notre langue des ressources nécessaires à l'expression des réalités du monde contemporain, dans toutes les disciplines des sciences et des techniques. Devant l'émoi suscité par cette décision dans la communauté scientifique, des dispositions ont été prises par l'Agence nationale de la recherche pour permettre aux porteurs de projets de s'exprimer en français, via un dispositif de traduction. Cette mesure permet de rendre effective la garantie apportée par notre droit de permettre à tout chercheur de s'exprimer en français ; le Gouvernement rendra compte des conditions de son application dans le rapport sur l'emploi de la langue française qu'il remettra aux assemblées le 15 septembre prochain.

Plus généralement, il convient d'observer qu'inciter des candidats, dans un processus de sélection, à recourir à une langue autre que celle de la République (leur droit à l'expression en français fût-il reconnu) pourrait créer entre eux une inégalité de traitement. Dans un dispositif administré par la puissance publique - différent par nature d'un colloque ou d'un séminaire dans lequel un chercheur vient exposer les résultats de ses travaux devant ses pairs - ouvrir à ceux qui le souhaitent la possibilité d'une expression dans une langue autre que le français pourrait introduire, devant un jury sensible à l'emploi de la langue dite "globale", une inégalité entre des candidats qui, à qualité de dossier équivalente, présenteraient leur dossier en français et d'autres qui le feraient en anglais, voire entre ceux qui le feraient avec une expression parfaite en français et ceux qui le feraient dans un anglais médiocre, mais compréhensible par le jury.

Seul un recours au français de plein droit et généralisé à tous les candidats, accompagné, si nécessaire, d'un dispositif de traduction, serait susceptible de lever cette ambiguïté, en créant une égalité de fait - et non plus seulement de droit - entre les candidats. Sans doute une telle mesure, pour souhaitable qu'elle soit, se heurterait-elle au poids prépondérant pris par la langue anglaise dans la recherche - plus manifeste d'ailleurs dans les sciences exactes que dans les sciences humaines et sociales : force est de constater qu'il est nécessaire aux chercheurs de maîtriser cette langue, ne serait-ce que pour qu'ils puissent communiquer entre eux par-delà les frontières. Il n'en reste pas moins que des garde-fous sont indispensables pour permettre l'expression en français de tous ceux qui souhaitent recourir à notre langue et il revient à l'État, garant de la cohésion de notre pays et de l'égalité entre les citoyens, d'y veiller.


MuseeHorreurs/hbn.jpgLa Normandie se rêve en colonie anglo-saxonne - le 30/05/2011 - 08:36 par MAR
La Normandie se rêve en colonie anglo-saxonne

Pour célébrer le 1 100ème anniversaire de la Normandie, le Comité régional de tourisme de Normandie a choisi un slogan aussi imaginatif que : "Happy Birthday Normandie". Avec donc l'approbation, au moins tacite, des conseils régionaux de Haute et Basse-Normandie (présidés par Alain Le Vern et Laurent Beauvais). La tentation du colonisé fait encore rage. Pour avoir l'air moderne, le colonisé se croit obligé d'adopter les mœurs et la langue du colonisateur... (voir aussi la lettre de JP Busnel au Comité régional de Tourisme en Normandie, ci-dessous)

Happy Birthday Normandie
Le plus frappant est la lettre qui suit, envoyée par le CRTN signée par Jean-Louis Laville directeur, suite à la protestation d'un citoyen. C'est une réponse typique de l'esprit colonisé qui se répand un peu partout.

Quelques points :

- utiliser l'anglais est une "signature dynamique" traduisons : ce qui est en anglais est beaucoup mieux que ce qui est écrit en français. [nous pauvres français, sommes capables de parler la langue de nos maîtres]

- ce slogan n'est pas vraiment en anglais mais elle est surtout en anglais langue universelle. le colonisé s'approprie la langue du colon. [comme on aime la langue de nos bons maîtres]

- ensuite ce bon Monsieur (Jean-Louis Laville) nous assure que "Normandie dans notre signature s’écrit évidement en français". Trop bon Jean-Louis ! Normandie écrit en français ! Un peu dur pour ces pauvres anglo-saxons qui vont être perdus (un mot à apprendre...) [un mot, c'est pas grave ? dis mister ?]

- enfin : "anniversaire de la Normandie est aussi l’occasion d’un signe d’amitié aux touristes"  c'est bien connu les touristes viennent en Normandie pour qu'on leur parle anglais, c'est ça la Normandie, c'est ça la France ! [tu seras comme chez toi, mister !]

La servilité dans toute sa splendeur !

Rappelons d'ailleurs que ce logo ne concerne pas qu'une campagne destinée aux pays anglo-saxons, mais à la France également. Ceci ne donne vraiment pas envie de visiter cette Normandie vassalisée...
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Objet : Votre remarque sur Happy Birthday Normandie
Date: Mardi 17 mai 2011 14:12:07 +0200
de : h.melingui@normandie-tourisme.fr

Monsieur,

J’ai bien reçu votre e-mail vous indignant de la signature que nous avons retenue pour commémorer le 1 100ème anniversaire de la Normandie "Happy Birthday Normandie".

Nous avons choisi cette expression pour deux raisons. En premier lieu, nous cherchions une signature dynamique car, dans un monde de communication, se faire entendre suppose d’étonner, de surprendre, et nous avons la conviction qu’ "Happy Birthday Normandie" apportait à "Bon anniversaire Normandie" ce petit plus.

En second lieu, cette expression est certes en anglais mais elle est surtout en anglais langue universelle, parce que la Normandie, depuis le 6 juin 1944, est une des très rares régions connues dans le monde entier. Au-delà de nos amis britanniques, l’anniversaire de la Normandie est aussi l’occasion d’un signe d’amitié aux touristes qui, venant du monde entier, visitent la Normandie.

J’ajoute que Normandie dans notre signature s’écrit évidement en français.

J’espère que vous considérerez ces arguments et je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sincères salutations.

Jean-Louis LAVILLE
Directeur du C.R.T de Normandie
jl.laville@normandie-tourisme.fr

Assistante : Sylvie BOULANGER (
s.boulanger@normandie-tourisme.fr)

Comité Régional de Tourisme de Normandie
14 rue Charles Corbeau
27 000 EVREUX
Tél : 0 (33) 2 32 33 67 67 - Fax : 0 (33) 2 32 31 19 04

________________________________________________________
Lettre de Jean-PIerre Busnel au Comité régional de Tourisme en Normandie

Bonjour Monsieur,

Sur le site de l'association Avenir de la langue française, je viens de lire le texte d'un courrier en date du 17 courant que vous avez rédigé, au nom du Comité régional de Tourisme en Normandie, en réponse à une protestation, parfaitement légitime, que vous avez reçue à propos de la dénomination qui a été choisie, "Happy Birthday Normandie", pour le 1 100ème anniversaire de cette région.

Je ferai tout d'abord remarquer qu'en bon français on ne commémore pas un anniversaire, comme il est dit dans cette lettre, ce qui est un pléonasme, mais qu'on le célèbre.

Pour essayer de justifier cette concession à la mode de l'anglomanie ambiante, vous écrivez notamment ceci : "nous cherchions une signature dynamique car, dans un monde de communication, se faire entendre suppose d’étonner, de surprendre, et nous avons la conviction qu’ "Happy Birthday Normandie" apportait à "Bon anniversaire Normandie" ce petit plus". Ainsi, on ne pourrait plus se "faire entendre", désormais, qu'en utilisant des mots anglais ! Ce n'est donc pas le bilinguisme qui est préconisé, comme le font, plus ou moins explicitement, tant de dirigeants économiques et politiques, mais, apparemment sans le moindre état d'âme, la mise à l'index de la langue française.

Ce discours est celui que tiennent régulièrement les publicitaires et autres commerciaux qui veulent imposer l'anglais à la société française parce qu'ils pensent, à l'heure de la mondialisation, que cela facilitera leurs ventes. Cela me fait penser à ce qu'écrivait l'écrivain, linguiste et professeur René Étiemble (1909-2002), ancien élève de l'école normale supérieure, agrégé de grammaire, ardent défenseur de la langue française, dans son célèbre "Parlez-vous franglais ?" publié en 1964 (à noter que René Étiemble avait enseigné à Chicago et qu'il avait une connaissance approfondie de la langue anglaise, bien supérieure à la très grande majorité des anglomaniaques contemporains). En voici un extrait : 

"Depuis qu'elle (la publicité) a remarqué qu'on vend mieux un objet en lui donnant un  nom qui sonne, ou qui paraît yanqui, elle pourrit et s'efforce de détruire la langue française. Au lieu d'occuper le rang que lui assigne toute civilisation qui se respecte, le dernier, pourquoi le marchand, quand il règne, ne tournerait-il pas ses regards, son espérance, vers le seul pays où l'empire de l'argent se manifeste dans toute son insolence, le seul où nul souvenir de monarchie, nul recrutement des élites au concours, nulle considération pour les arts et le savoir ne tempèrent la tyrannie de l'argent ? ... Un homme dont le métier consiste à n'employer que superlatifs imposteurs et à remplacer progressivement tous les mots français par le mot yanqui correspondant, voilà qui, en France, réclame le pouvoir suprême !"

De la Normandie, je connais surtout le département de la Manche pour y avoir fait une partie de mon service militaire à Saint-Lô, comme aspirant au 512ème GET (unité dissoute depuis). L'actuelle publicité du Comité régional de Tourisme en Normandie n'est pas de nature à m'inciter à y retourner en touriste.

Veuillez croire, Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.
Jean-Pierre Busnel

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