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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  

Lettres de protestation

Der. nouv.

nouvelles/pierretapie.jpgPierre Tapie pour la colonization universitaire - le 07/10/2010 - 19:10 par MAR
Pierre Tapie,  directeur général de l'Essec,
pour la colonization universitaire


Dans un entretien publié dans Le Figaro du 7 octobre, Pierre Tapie, directeur de l'Essec et président de la Conférence des grandes écoles estime qu'il faut "aménager" la loi Toubon qui défend la langue française !
Cet obsédé de reconnaissance internationale (c'est à dire anglo-saxonne), semble regretter que les cultures nationales existent encore : "Dès qu'un intitulé est en anglais, ça ne passe pas. Alors que sur la scène internationale, tout le monde comprend. Nous sommes en permanence obligés de bricoler pour satisfaire aux exigences de la loi".
 
Plutôt que d'ouvrir des étudiants étrangers à la culture française, il préfère, "pour rivaliser avec les universités anglo-saxonnes" que les universités française deviennent américaines : "si nous ne nous mettons pas plus à l'anglais, nous allons perdre 95% des meilleurs étrangers."
Pierre Tapie est appuyé dans sa démarche de colonization par Jean-Pierre Gesson, membre de la Conférence des présidents d'université, Yves Poilane, directeur de l'école d'ingénieurs Telecom-Paris-Tech et Bruno Sire, président de Toulouse-I

Notons en passant que la journaliste Marie-Estelle Pech semble accorder une oreille plus que complaisante aux revendications d'américanisation de Pierre Tapie. Elle semble reprendre à son compte nombre de contre-vérités, elle affirme par exemple que : "80 % des cursus dans les écoles de commerce sont aujourd'hui en anglais" ce qui est manifestement faux faisant l'amalgamme entre cursus dits "internationaux" et l'ensemble des cursus. Mais rien n'est trop bon pour appuyer ce qu'elle semble prendre pour un objectif indépassable.

nouvelles/air-france2.jpgAir France condamnée à traduire sa documentation - le 03/10/2010 - 19:15 par A_Salon
Air France condamnée à traduire
sa documentation technique en français
 
La Cour d'Appel de Paris en un arrêt du 1er octobre 2010 a condamné la société Air France. Le syndicat Alter estimant que la société Air France mettait à disposition du personnel des documents non conformes aux exigences légales [documents techniques en anglais uniquement], avait fait assigner la compagnie aérienne devant le Tribunal de grande instance de Bobigny. Celui-ci le 20 novembre 2008 avait débouté chacune des parties de ses demandes et condamné le syndicat Alter aux dépens. Le 19 décembre 2008, Alter avait interjeté appel de ce jugement.

La Cour d'Appel de Paris dans son arrêt, infirme en toutes ses dispositions le jugement déféré et statuant à nouveau, ordonne la mise à disposition de ses salariés par la société Air France S.A., en langue française : des fiches Atlas, des documents techniques d’utilisation (dits TU) des appareils de la famille Boeing, des enseignements assistés par ordinateur, des documentations relatives à la légende des cartes sous astreinte de 5 000 € par document et par jour de retard à compter du 6ème mois suivant la signification du présent arrêt […] et condamne en outre Air France à verser au syndicat Alter la somme de 10 000 € et au paiement des dépens.

consulter le texte de l'arrêt

voir également l'analyse juridique de ce jugement sur le site de la Semaine sociale Lamy
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Air France doit traduire sa documentation technique en français à l'intention de ses pilotes et de son personnel. Ainsi en a jugé la Cour d’Appel de Paris sur la base de la loi Toubon : "l’arrêt Alter" fera date et jurisprudence ! Un coup d’arrêt est donné à l’imposition systématique de l’anglo-américain à toute occasion, à tort et à travers.

Parallèlement à l’action du syndicat Alter, notre association avait saisi et mobilisé des parlementaires et diverses personnalités, afin d’éviter que les nombreux documents techniques d’Air France ne fussent contraints d’utiliser la version en anglo-américain.

Dans le même esprit, il resterait à nos administrations publiques à renvoyer systématiquement à Bruxelles tous les documents de travail qu’elles reçoivent de l’Union Européenne uniquement en anglais. Cela fait des années qu’ALF réclame cette mesure à cor et à cri, en vain.

Heureusement qu’en Europe, après la grande crise financière des Anglo-Saxons, dont nous souffrons encore, après le scandale de Mme Reding admonestant la France, après les multiples tracasseries de cette UE, les peuples se réveillent et, avec ou sans référendum, commencent à manifester leur ire !
Albert Salon

 

 

 


nouvelles/montreux2010.jpgÉvènements francophones en Suisse - le 29/09/2010 - 10:11 par MAR
Évènements francophones en Suisse
et en France

Le XIIIème Sommet de la Francophonie réunira les 70 chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation internationale de la Francophonie à Montreux (Suisse) du 22 au 24 octobre 2010. La décision en avait été prise par la Conférence ministérielle de la Francophonie à Paris le 16 décembre 2009. (voir le site du sommet)

Autour de ce sommet, la Suisse organise un certain nombre de manifestations autour de la Francophonie :

États généraux du français en Francophonie, suite de colloques organisés par les Universités de Genève et Lausanne (UNIGE et UNIL) (voir le programme)

dans ce cadre notons le Colloque langue, économie et mondialisation organisé Lundi 4 octobre 2010 à l'Université de Genève (UNIGE) (voir le programme)

Conférence-débat “La Francophonie face à la mondialisation” le 7 octobre 2010 à Paris organisée par l’Institut Choiseul . Cette conférence, à l’occasion de la parution de la sortie du numéro de la revue Géoéconomie qui traitera cette thématique, se déroulera de 16h à 18h, à l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), 4 place de la Sorbonne - Paris Vème (voir le programme)


Courriers divers et horreurs diverses - le 22/09/2010 - 10:15 par MAR
Courriers divers et horreurs diverses

Les "Français" qui s'exilent... (24 septembre 2010)

On peut être très agacé par le tout le tintouin que font nos "compatriotes" sur les qualités de la culture française et de ses artistes qui vont s'installer aux USA en général...Ou en Suisse ou en Espagne... pour vivre leur vie !

Je pense en premier lieu à la "fleur" d’entre eux: "notre chanteur national" qui, souhaitant obtenir la nationalité belge, n'avait d'autre intention que d'aller vivre à Monaco... où la pression fiscale est nulle. Ce que n'ayant pas obtenu, il se "réfugie" en Suisse tout en préparant un exil en Californie! On pourrait à la rigueur considérer que sa carrière "exemplaire" le lui permet mais la dite carrière n'est que française (en singeant, certes, les "crooners" américains) et ce n'est que grâce à un certain public hexagonal qu'il a édifié sa fortune... qu'il va dépenser là où l'argent abonde déjà, signe d'un bon goût supérieur...

Mais ils sont très nombreux, ceux qui, construisant leur succès en France exclusivement, vont en dépenser les "bienfaits" sur le Pacifique américain ou en Suisse. Déjà un certain San Antonio, fort de sa fortune établie sur la base du succès évident de ses drôles d'écrits s'était installé sur les bords du Lac Léman. Or, ce ne peut être qu'en manipulant avec plus ou moins de bonheur notre langue qu'il a pu se le permettre, ce qui ne doit pas grand chose à la Suisse. De très nombreux autres auteurs l'avaient précédé et l'ont suivi...

Il en est de même des grands sportifs qui ne doivent leurs performances qu'à leurs triomphes au nom de la France et qui vivent en Espagne, en Suisse ou aux USA...

Ne pas en déduire que je formule ici un "nationalisme" déçu mais plutôt la révolte d'un simple citoyen solidaire de ses pairs. François Mainguy (Briare)
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Courrier envoyé à Antoine Perraud (25 septembre 2010)
(producteur de l’émission "tire ta langue" sur France Culture, le dimanche à midi)

Étant un auditeur de France Culture assez attentif, mon étonnement a été grand lorsque j’ai entendu le président de la Délégation à la Langue Française, le 19 septembre, nous faire remarquer que, sur les ondes de France Culture nous n’entendions pas le vilain mot "en live".
Hélas, c’est pourtant bien ce que j’ai entendu durant tout l’été. J’ai hésité à rappeler aux rédacteurs de votre station que l’on disait "en direct et en public" expression comme l’a fait remarquer Xavier North beaucoup plus claire et précise.

J’avais écrit à Arnaud Laporte pour le féliciter de son souci d’épingler les anglicismes et emploi malvenus d’un vocabulaire anglais qu’un certain nombre de ses invités et surtout des critiques usaient sans retenue. J’avais été content de l’entendre dire à l’une de ses comparses, qui nous apprenait qu’un metteur en scène avait "dispatché" ses comédiens sur la scène : "vous voulez dire : "placé"…C’est pourquoi je fus stupéfait et navré lorsqu’il nous annonça le grotesque " Fight Club" !
Je ne pense pas que ce soit en utilisant un vocabulaire anglo-américain que France Culture va gagner un auditoire jeune ou même adolescent. Par contre ceux qui sont amoureux de la langue française s’affligent de cette dérive linguistique et langagière.

Il y aurait beaucoup à dire sur cette idée défendue, entre autres par notre ministre de la culture, que l’essentiel pour notre culture c’est qu’elle s’exporte et, que si cela doit nécessairement passer par la création française en anglais c’est bien.
Le même est convaincu qu’introduire des mots anglais dans le français c’est enrichir notre langue. Hélas je constate que c’est bien le contraire qui se passe ; un terme anglo-saxon remplace un mot français.

À ce propos j’ai trouvé curieux que votre interlocuteur nous explique que le mot "Close-up"utilisé dans le vocabulaire cinématographique cède le pas à "gros plan". J’ai toujours, depuis que je m’intéresse au cinéma entendu et employé "gros plan". Ce n’est que depuis une vingtaine d’années que l’on dit, surtout dans le cinéma publicitaire "close-up".
Sur ce sujet il y aurait beaucoup à écrire, car le vocabulaire traditionnel technique du cinéma et même de la télévision est presque totalement anglicisé, au point que lorsque je travaille avec un opérateur ou un monteur de la génération des vingt-cinq-trente ans, il arrive souvent que nous ne nous comprenions pas…

Je n’aborderai pas le travail d’autodestruction pratiqué par une grande majorité de nos élites contre la langue française mais, je voudrais juste, une fois de plus, signaler que la plupart du temps les mots d’origine anglo-américaine n’enrichissent pas notre langue, bien au contraire, l’appauvrissent. Un exemple qui illustre cette situation : le mot "badge" qui a remplacé au moins six ou sept mots français précis. Cela va de "clé électronique" à "insigne"… Je vous laisse trouver les autres !
Merci pour votre émission.

C’est toujours avec intérêt et grand plaisir que, moi-même ainsi que les deux autres signataires de ce petit mot, vous écoutons. Claude Weisz, Julie Moline, Philippe Smadja
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Moi dire à toi, ça pas français ! (Billet publié dans Ouest-France du 10 septembre 2010)
Attention, nouveau machin en vue : la marque censée définir un territoire.
Lyon a créé la sienne, Onlylyon. L'Ouest vient de s'en offrir une autour des organismes de recherche baptisée Growth valley, ou vallée de la croissance. Voilà que l'agglomération de Saint-Nazaire s'y met aussi : Audacity.

Mais où vont-ils chercher des noms pareils ? Des mots incomplets, un peu d'anglais mélangé à du français plus ou moins détourné et un sens difficile à cerner pour le commun des mortels.
Et pourtant, ils ont bossé le truc. La recette est infaillible : dans une salle, on enferme des élus, des chefs d'entreprise et des communicants. On rappelle les objectifs sur Powerpoint, on écrit un postulat, on rédige un brief, on se fixe une base line, on fait marcher la créa, on envisage un teasing et, dans la foulée, on accouche d'un logo. Le tout sans franchir la dead line.

Au secours, ils sont devenus fous ! Chaque métier a son jargon. Le problème, c'est que les élus comme les communicants sont censés être compris par tout le monde. Rendez-vous dans dix ans pour évaluer, comment ces puissants concepts sont passés dans l'imaginaire collectif ! Cyrille Pitois

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Le STIF fait dans la démagogie djeune et anglomane pour sa carte Imagine’R

Telle cette publicité qui nous matraque un "Back to School" pour la carte Imagine’R.

ImagineR.jpg

Cette carte de transport à tarif réduit est destinée aux jeunes (lycéens, étudiants…) et proposée par le Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), établissement public chargé de l’organisation des transports en Ile-de-France !

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La meilleure langue pour exporter ? Celle du client ! (la Tribune 30 août 2010)
La PME française qui a remporté un contrat en Ouzbékistan ne l’a pas négocié en anglais, mais en russe !

He.Co Stop fait une étonnante percée en Ouzbékistan. Spécialisée dans la conception et la production d'une large gamme de produits de première urgence, cette PME,  basée à Heyrieux près de Grenoble a pris pied en Ouzbékistan. Grace à la connaissance du russe, la langue du monde des affaires dans cette partie du monde, en plein boom économique ( ressources naturelles minières et hydrocarbure ). Un exemple de plus où la langue du vendeur est celle de l'acheteur et a fait la différence lors du Salon spécialisé de Tachkent."


nouvelles/rennes-airshow.jpgVous pouvez le dire en français ! - le 22/09/2010 - 09:54 par JeanPierre_Busnel
Vous pouvez le dire en français !
Le veulent-ils seulement ?
(Airshows, Pécresse et consorts)

La Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), rattachée au ministère de la Culture et de la Communication, mène actuellement une campagne de promotion dans certains médias sur le thème "Vous pouvez le dire en français".  Elle dispose d'un site franceterme.culture.fr/FranceTerme qui fut inauguré en mars 2008 par la ministre de la Culture de l'époque, Mme Christine Albanel.  Qu'on se le dise !

La DGLFLF a notamment pour mission de coordonner l'action des différents acteurs qui concourent à l'élaboration des néologisme (telles la Commission générale de terminologie et de néologie, l'Académie française et les commissions techniques spécialisées) et de les faire connaître du public. C'est ainsi qu'en matière informatique ont été forgés, parmi d'autres, les concepts de courrriel, de navigateur ou de pirate.

En ces temps d'anglomanie, elle se heurte évidemment à des difficultés considérables pour faire accepter et utiliser ces néologismes, d'autant plus qu'elle dispose à l'évidence de moyens budgétaires fort modestes, certainement dérisoires par rapport à ceux des adversaires de la langue française. Les milieux d'affaires en général, leurs services de communication et de publicité en particulier, se moquent éperdument de savoir qu'ils "peuvent le dire en français", comme le leur suggère la DGLFLF. Ils n'envisagent nullement de consulter le site "FranceTerme" dont, sauf exception, ils ignorent d'ailleurs l'existence plus de deux ans après sa création.

Ce qu'ils veulent, désormais, c'est le dire en anglais, le plus souvent possible, car ils pensent que cela ne peut que servir leur promotion et leurs intérêts. La prochaine manifestation aérienne, qui se tient traditionnellement à Rennes en septembre, en apporte une nouvelle démonstration parmi tant d'autres. Ce n'est d'ailleurs plus, depuis quelque temps, un "meeting aérien", comme autrefois (un mot français c'est encore trop), mais un "airshow" qui évoquera cette année l'épopée glorieuse non pas de la Bataille d'Angleterre, mais de la "Battle of Britain", comme on peut le voir actuellement dans les rues de Rennes (on ne saurait imaginer affiches plus anglicisées pour une manifestation se déroulant dans la capitale de la Bretagne que celle reproduite en pièce jointe). Notons, à ce propos, qu'il n'en est plus guère, grande ou petite, qui ne se dote plus ou moins généreusement d'une dimension internationale. Un bon prétexte pour angliciser le logos commercial.

Mais l'action en la matière du ministère de la Culture et de la Communication n'est pas seulement entravée par les milieux économiques. Ceux-ci inspirent désormais largement l'action politique et il est des ministres qui déclarent ouvertement vouloir toujours plus d'anglais en France, sinon même faire de la France un pays bilingue. Tel est le cas de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Ce qui lui a valu le prix de la Carpette anglaise 2008 "pour avoir déclaré que le français était une langue en déclin et qu'il fallait briser le tabou de l'anglais dans les institutions européennes, ainsi que dans les universités françaises, en rendant obligatoire l'enseignement intensif de cette langue au détriment de toutes les autres". La ministre a réaffirmé sa fascination pour le modèle néolibéral américain (et sans doute aussi pour Wall Street) en déclarant tout récemment  (Le Journal du Dimanche du 18 septembre ) que son ambition pour les universités françaises était de les voir "rivaliser avec Harvard" !

Ce qui sous-entend, notamment, que cette dame souhaite que l'enseignement s'y fasse désormais en anglais. Singulière déclaration, en tous les cas, venant d'un ministre des universités qui situe ipso facto tous leurs diplômés en situation d'infériorité par rapport à ceux de Harvard, et pourquoi pas, aussi, de ceux de Yale, de Princeton, de Cornell, de Columbia, etc ... (les universités qui viennent d'être citées appartiennent toutes à ce que les Américains appellent la Ivy League qui regroupe huit universités privées du nord-est des États-Unis parmi les plus anciennes et les plus prestigieuses).

On remarquera que Mme Valérie Pécresse compare les universités françaises, qui sont publiques, à celle de Harvard qui est privée (elle a été créée en 1636 à Cambridge dans le Massachusetts, et est considérée comme la plus ancienne institution d'enseignement supérieur des États-Unis). Une façon typiquement néolibérale d'affirmer implicitement la supériorité, dans le domaine de l'enseignement aussi, de la gestion par des capitaux privés. Il ne faut pas s'en étonner. Car tel est bien le discours entendu d'abondance ces dernières années dans lequel bon nombre de ministres (et aussi de hauts fonctionnaires) ne sont pas les derniers à expliquer qu'il y a trop d'État et que les privatisations sont une bénédiction (le credo néolibéral s'est évidemment fait beaucoup plus discret depuis deux ou trois ans sur le thème des privatisations et se focalise plutôt, actuellement, sur "la guerre déclarée aux déficits publics").
Jean-Pierre Busnel

nouvelles/elle.jpgVoyage en anglomanie magazine - le 24/08/2010 - 16:26 par MAR
Voyage en anglomanie magazine
À la découverte d'Elle

Nous sommes tombés sur un numéro d'Elle cela nous a permis de voir le degré d'anglomanie dans lequel était tombé ce journal dit féminin. Passage en revue de ce numéro du 23 juillet 2010 :

page 8 : une rubrique intitulée elleinfostory

page 12 : dans la rubrique intitulée elleinfopeople avec l'été des VIP

page 20 : toujours dans la rubrique elleinfopeople
l'objet VIP : Ce maillot arc-en-ciel pour un summer "Over the Rainbow" ! avec un rose girly mentionné.
un encadré plus bas Le code a changé DEUX FIRST, DEUX CLASSES

page 22 : toujours dans la rubrique elleinfopeople
l'objet VIP : séduction en chaîne avec ces lunettes hots couture. [quel humour ! ]

page 36 : dans la rubrique intitulée leslivresdeelle
le livre de Milan Kundéra "l'insoutenable légèreté de l'être" est surtitré LOVE STORIES

page 38 : une présentatrice météo est qualifiée de "la Miss météo de Canal +"

page 43 : dans la rubrique intitulée styleelleété
on nous détaille les aventures de : ALEXANDRA GOLOVANOFF ON HOLIDAY
avec en encadré SON SUMMER BEST qui nous mentionne son drink et sa playlist

page 46 : toujours dans la rubrique styleelleété, la page DO IT YOURSELF qui nous expose comment mettre des pièces à un jean coupé en short cela s'appelle LE SHORT PATCH. Les opérations sont détaillées dans un encadré intitulé STEP BY STEP

page 48 : toujours dans la rubrique styleelleété, la page consacrée aux produits de beauté est intitulée BEAUTY BAR

pages 50 à 55 : dans un article consacré à "La vraie vie des stars en vacances", le chapô nous invite à partir "à la découverte des sept familles des Very Importants Touristes". Ce passionnant article est saupoudré d'expressions ou de petits mots intéressants comme guest star, the place to be, total-look…

pages 68 à 89 : dans l'article de 22 pages où Sophie Marceau fait la promotion de divers vêtements,
sa photo est légendée pretty amazone (page 68), le texte débute page 70 avec un grand titre dreams are sa réalité, on retrouve une autre légende intéressante page 72 : cool denim

pages 90 à 95 : une sorte d'article publicitaire destiné à faire vendre des produits de beauté orné d'un gros titre LA PLUS BELLE POUR ALLER CLUBBER. On y apprend de belles révélations : La natte très très serrée est "plus night-club friendly" que la natte lâche…
on y parle plus loin pour le make-up d'un eye-liner waterproof, une des filles affichée étant qualifiée de disco-girl

pages 108 : dans la rubrique vieprivéebien-être un encadré nous parle de "MES CANTINES HEALTHY À PARIS"

Voilà pour ce rapide tour d'horizon, nous en avons surement oublié un certain nombre, cachés dans le texte de ces captivants articles. Notons, puisque la publicité non rédactionnelle occupe près 40% de la surface de ce journal (51 pages sur 134), que celle-ci n'est pas en reste comme par exemple, en page 45 : une publicité pour le téléphone Blackberry dont le slogan est what you do BBM

Que dire après un tel constat ? Que les autres magazines dits féminins doivent faire de même pour "faire moderne". Que tout cela doit faire grand plaisir à Frédéric Martel grand apôtre de la colonization culturelle et linguistique (nommée également collaboracheune). Nous invitons nos lectrices (ou lecteurs) à ne plus acheter ces titres ou tout du moins à écrire à leurs rédactions pour protester contre ce massacre général de la langue française.

Marc-Antoine Renard


nouvelles/Drapeau-Quebecois.jpgNous sommes d’une race qui ne veut pas mourir - le 23/08/2010 - 11:34 par Jacques_Bergeron
Le français au Québec
"Nous sommes d’une race qui ne veut pas mourir*"
par Jacques Bergeron

Écoutons Jacques Bergeron, l’indépendantiste québécois, animateur de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, opiniâtre et valeureux résistant à toutes les tentatives constantes d’étranglement-étouffement lent, sournois, comme au sérail, de la langue française au Québec.
Cette fois, il cite des textes de divers pays étrangers qui protègent leurs langues de diverses manières, pour démonter les arguments hypocrites des collaborateurs québécois selon lesquels le Québec ferait en quelque sorte exception dans sa défense linguistique.
  A.S.

«Or, je les entends déjà ces journalistes pleutres et ces Marie-Madeleine de la cause des pauvres anglophones opprimés: "On ne peut pas renforcer la Loi 101! Ce n’est pas normal d’avoir à faire ça; que penseront les autres de nous? Ce n’est pas ce qu’un pays démocratique ferait!" Balivernes. Qu’on cesse un peu d’écouter ces acrochordons de la pensée qui passent le plus clair de leur temps à nous qualifier d’incapables et qui se réjouissent du moindre de nos échecs. Légiférer pour protéger la langue commune, c’est précisément ce que font la plupart des pays sur la planète.
En rafale:
  • Afrique du Sud : Selon la Politique linguistique cadre pour l’enseignement supérieur de juillet 2001, "tous les établissements d’enseignement supérieur doivent participer à la facilitation et la promotion des objectifs de la politique linguistique nationale".  Ces institutions ont la responsabilité de par la loi d’assurer une cohérence avec les langues nationales.
  • Albanie : Selon l’article 6 de la loi relative au système d’enseignement pré-universitaire de 1995, "l’enseignement dispensé dans les établissements publics d’enseignement de la république d’Albanie l’est en albanais, sauf dans les cas où la présente loi en dispose autrement".
  • Algérie : L’article 8 d’une ordonnance de 2005 fixant les règles régissant l’enseignement dans les établissements privés impose que l’intégralité de l’enseignement (hormis les cours de langues étrangères) se fasse en arabe dans toutes les disciplines et à tous les niveaux.
  • Andorre : Selon la loi du 20 juin 1996 sur les dénominations commerciales, les raisons sociales et les enseignes d’établissement,  une dénomination commerciale ne peut être enregistrée que si elle est écrite en catalan.
  • Angleterre : La loi sur la nationalité britannique de 1981 exige la connaissance de l’anglais, du gallois ou du gaélique écossais pour l’obtention de la citoyenneté.
  • Argentine : Dans un accord-cadre pour l’enseignement des langues, adopté en 1998, on réaffirme que l’espagnol est la langue de la majorité des habitants, que c’est celle d’usage courant, celle des documents officiels, de l’école et du travail.
  • Arménie : Dans l’article 2 de la loi sur la langue, adoptée en 1993, l’Arménie exige un examen d’entrée sur la langue arménienne et l’enseignement de la langue arménienne pour tous les établissements d’enseignement secondaires spécialisés, professionnels et supérieurs.
  • Azerbaïdjan : Selon la loi sur la langue officielle de 2002, tout citoyen de la République azerbaïdjanaise est dans l’obligation de connaître la langue officielle.  Toute admission dans un établissement d’enseignement secondaire ou supérieur est conditionnelle à la réussite d’un examen de connaissance de la langue azerbaïdjanaise.
  • Belgique : Au sein de la communauté française, le Décret Spaak-Lagasse de 1978 a interdit l’emploi exclusif d’une langue autre que le français dans toutes les relations avec l’État et au niveau de l’affichage sur les bâtiments.   La communauté flamande, elle, a adopté une loi, en 2006, qui fait du néerlandais la seule langue de tout le processus de votation.
  • Biélorussie : Selon la loi sur les langues de 1990, "le travail d’instruction et d’éducation à l’école générale se fait en biélorusse".
  • Brésil : L’État de São Paulo a adopté une loi, en 1999, statuant que l’utilisation du portugais est obligatoire dans l’enseignement et l’apprentissage, dans le travail, dans les relations juridiques, dans l’expression officielle, dans l’expression lors des événements publics, dans les moyens de communication de masse, dans la production et la consommation de biens, produits et services et en ce qui concerne la publicité de ceux-ci.
  • Bulgarie : La loi sur l’éducation nationale de 1991 demande à ce que l’éducation permette une maîtrise de la langue officielle et que les élèves dont la langue maternelle n’est pas le bulgare aient le droit d’étudier leur propre langue maternelle, mais à l’extérieur de l’école publique.
  • Colombie : La loi en faveur de la langue espagnole, qui  a été adoptée en 1960 (mais abrogée par la suite), décrétait  que tous les documents officiels, tout nom, enseigne, annonce de commerce ou quoi que ce soit à la portée de tous devait être écrit en espagnol.  Si la loi n’était pas respectée, l’autorité responsable avait le droit d’ordonner l’enlèvement de l’annonce.
  • Costa-Rica : La loi sur la défense de la langue espagnole et des langues aborigènes costaricaines de 1996 oblige les raisons sociales, les brevets et les marques les documents publics, la publicité et les brochures a être dans les langues nationales.
  • Espagne : Dans la région autonome de la Catalogne, la loi sur la politique linguistique de 1998 a statué que le catalan constitue la langue de l’enseignement en Catalogne et cela à tous les niveaux et dans toutes les branches de l’éducation.
  • États-Unis : De nombreux États ont voté des lois linguistiques, dont l’Arizona, avec sa proposition 103, en 2006, qui a interdit toute forme de mesure officielle ignorant, nuisant ou diminuant le rôle de l’anglais comme langue du gouvernement.
  • France : La loi Toubon de 1994 dispose, dans son article 3, que "toute inscription ou annonce apposée ou faite sur la voie publique, dans un lieu ouvert au public ou dans un moyen de transport en commun et destinée à l’information du public doit être formulée en langue française".  En outre, cette loi a des dents : on peut retirer une inscription délinquante.  Dans la même loi, à l’article 11, on statue également que la langue d’enseignement dans les enseignements publics est le français.
  • Irlande : L’article 28 de la loi sur la radiodiffusion de 2001 dispose que la programmation doit absolument offrir du contenu dans la langue irlandaise, et pas seulement en anglais.
  • Islande : L’article 15 de la loi sur les étrangers de mai 2002 impose qu’un cours d’islandais de 150 heures, avec une assiduité minimale de 85%, soit imposé à tout étranger espérant obtenir un permis de séjour.
  • Lettonie : L’article 12 de la loi sur la citoyenneté de 1998 dispose qu’une personne ne peut obtenir une naturalisation si elle ne parle pas couramment le letton.
  • Macédoine : L’article 7 de la loi sur l’emploi de la langue macédonienne (1998) demande à ce que les textes officiels, mais également les manuels scolaires et la presse soient obligatoirement édités en macédonien.
  • Maroc : L’article 111 de la Charte nationale d’éducation et de formation de 1999 rend obligatoire l’enseignement en arabe de tous les enfants marocains et ce, dans toutes les institutions éducatives du Maroc.
  • Russie : La loi sur la langue officielle de la fédération de Russie de 2004 affirme que le russe doit être la langue obligatoire pour l’activité des pouvoirs publics, pour les noms des pouvoirs publics, lors de la tenue d’élections, dans le domaine de la justice, dans la correspondance entre les pouvoirs publics, dans l’orthographe des lieux géographiques, dans les publicités, etc.
  • Suisse : La Suisse est un cas un peu spécial, car chaque canton peut adopter ses propres règlements.  Cela dit, des organes fédéraux, comme la Société suisse de radiodiffusion et télévision, doivent s’assurer que les langues officielles des cantons sont respectées et que la programmation y est égale entre chaque langue.
  • Turquie : L’article premier de la loi sur l’usage du turc dans les établissements dispose qu’aucune société ou établissement ne peut supprimer le turc de leur commerce, de leurs contrats ou de leurs communications.  Les délinquants s’exposent à des amendes.

Dans leur quasi-totalité, ces États ne sont pas des dictatures et ne violentent pas leurs minorités. Simplement, ils ont compris que c’est en légiférant qu’on peut assurer que la cohérence et la stabilité sociales issues du partage d’une seule langue commune bien établie peut prévaloir. Ils ont saisi que si des lois permettent de protéger les individus, en interdisant tout ce qui pourrait s’attaquer à leur intégrité, de telles lois sont tout autant nécessaires pour protéger la nation, cette collectivité d’individus partageant des valeurs communes, dont la langue est généralement la principale.

Il faut appliquer la Loi 101 au cégep
L’application de la Loi 101 au réseau collégial ne constitue donc rien de plus radical que ce qui se fait ailleurs, n’en déplaise à ceux qui aiment nous dépeindre comme des extrémistes alors qu’on réclame, précisément, la normalité des peuples libres. En fait, on pourrait même dire que c’est une mesure bien timide, un simple premier pas, quand on se compare avec des pays qui ont décidé de ne financer que l’éducation publique dans la langue nationale, alors que nous finançons davantage l’éducation des anglophones que la nôtre !

Si le Québec était indépendant, la question ne se poserait pas. Il suffirait d’instaurer un seul réseau public d’éducation en français avec quelques exceptions pour les minorités anglaise et autochtones.
Mais la réalité étant ce qu’elle est, la Loi 101 au cégep constituera un nouveau rempart contre l’assimilation qui nous guette et nous permettra, en attendant le Grand Soir, d’aspirer à une existence un peu plus normale, à l’image de celle des centaines d’autres nations de la Terre.
Il n’y a rien de mal à éduquer nos enfants dans notre langue et à demander que ceux qui vivent sur notre territoire le fassent également. C’est ainsi que cela fonctionne partout sur la planète. C’est commun, presque banal.

La réaction des anglophones et de leurs sbires anglomanes ne doit pas nous surprendre. Ce sont des gens qui se prétendent ouverts d’esprit parce qu’ils parlent la langue impériale mais qui ignorent tout des lois linguistiques de par le monde. Ils nous dépeignent comme des radicaux, ils parlent de "police de la langue", mais ce n’est pas parce qu’ils ont raison de le faire, mais plutôt parce qu’ils espèrent jouer sur notre séculaire sentiment d’infériorité de peuple ayant vécu trop longtemps l’échine courbée.

Si toutes ces nations, ci-haut, ont ressenti le besoin de protéger leur langue commune, pourquoi le Québec, qui n’est pas un État indépendant et qui vit entouré d’une mer d’anglophones, ne pourrait pas également le faire ?

Cessons d’avoir peur de ce qu’en diront les incultes et appliquons la Loi 101 au réseau collégial. Ouvrons-nous sur le monde en protégeant notre langue et en rejoignant les centaines de peuples qui ont décidé d’enrichir l’humanité de leur présence en se donnant les moyens de survivre. Leur combat pour la diversité linguistique est aussi le nôtre.

Oui, l’automne sera chaud. Mais pas autant que l’enfer du quotidien de l’ethnocide de nos descendants si nous n’agissons pas maintenant
http://louisprefontaine.com/2010/08/18/loi-101-cegep-normal#comment-41233

Jacques Bergeron

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* Maria Chapdelaine, de Louis Hémon


nouvelles/alain-juppe.jpgUn ancien Premier ministre dénonce l'anglomanie - le 16/08/2010 - 12:34 par JP_Busnel
Un ancien Premier ministre dénonce l'anglomanie
 
Pour une fois qu'un membre de la classe politique française dénonce l'anglomanie vivement, publiquement, on aurait bien mauvaise grâce à ne pas le citer volontiers. Il s'agit d'Alain Juppé, ancien Premier ministre (de 1995 à 1997), maire de Bordeaux de 1995 à 2004 et, de nouveau, depuis 2006. Ce n'est pas un ministre en exercice qui ferait cela ! Mais il est vrai que M. Juppé est plus ou moins en retrait de la sphère politique désormais, qu'il est agrégé de lettres classiques et qu'il appartient à une génération où l'attachement à la langue française est encore généralement vivace. Toujours est-il qu'il vient de publier sur son "blog-notes" un vigoureux "coup de gueule" à ce propos, intitulé "Confusion intellectuelle" (www.al1jup.com/ ) [en réponse notamment à l'infâme article que Frédéric Martel a publié dans Le Point du 8/7/2010 : “Français, pour exister, parlez English.” dont nous parlons dans un article précédent]

En voici un extrait :
"... La véritable explication de l’actuelle épidémie de “franglais”, c’est, selon moi, le snobisme : comme nous parlons mal l’anglais (cf. supra), il est plus facile, pour donner le change, d’émailler notre conversation de mots anglais qui font chic. Mainstream… Autre exemple : cette publicité d’une grande marque automobile qui vante les mérites de son véhicule… “energy saving”, comme si, pauvres couillons de consommateurs français, nous ne savions pas ce qu’économiser l’énergie veut dire.  Grotesque ! ... La mondialisation, ce n’est pas l’américanisation universelle. C’est la diversité. Y compris la diversité linguistique ...".

Le fait de "truffer notre français de mots empruntés à l'anglais" est bel et bien, comme le dit l'auteur, parfaitement "ridicule". Dans l'immense majorité des cas cela ne correspond, en effet, strictement à aucune utilité, à aucune nécessité, à aucune rationalité. Pour la bonne raison que les mots anglais mêlés en vrac aux mots français dans une sorte d'ébauche de bilinguisme de bazar, utilisés à profusion sur le territoire français par les milieux commerciaux essentiellement mais pas seulement par eux car le mimétisme anglomaniaque (notons que M. Juppé parle d'"épidémie") n'épargne plus grand monde désormais, ne sont nullement destinés à des anglophones qui ne comprendraient pas un mot de français, mais à des ... francophones (et peu importe que ces derniers ne les comprennent pas - ce qui est souvent le cas -, on ne se donnera surtout pas la peine de les traduire en français).

Le but visé est tout simplement d'essayer de développer les chiffres d'affaires et de valoriser les images. Et pour cela, disent, unanimes, les "créatifs" de la publicité et de la communication, il importe, autant que faire se peut, de cacher les mots français, qui on fait leur temps, qui sont suspects, à l'heure de la globalisation, d'exprimer un penchant rétrograde pour le "repli identitaire", tandis que, à l'inverse,  en faisant généreusement étalage d'un vocabulaire riche de quelques ... dizaines de mots anglais, on serait bien de son temps, invariablement à la mode, à l'avant-garde du mouvement de la société, "branché", ouvert aux autres et "moderne".

Les trois clichés ci-dessous, choisis parmi une foule d'autres, en témoignent sans ambiguïté aucune. Les deux premiers ont été pris à La Baule cet été (comme dans tous les territoires à vocation touristique, l'anglomanie y atteint depuis longtemps déjà des sommets). J'ai beaucoup circulé dans cette région au mois de juillet. J'ai constaté que les touristes anglophones y étaient, cette année encore, fort peu nombreux. Le troisième cliché ("American car wash") représente une publicité récente pour une entreprise de lavage de voitures installée en périphérie de la ville de Rennes. La raison sociale n'est pourtant pas vraiment celle d'une multinationale ayant vocation à s'implanter dans le monde entier ! Mais peut-être espère-t-on séduire les automobilistes rennais sensibles au "rêve américain" en leur donnant à bon compte l'illusion qu'ils vont faire laver leur voiture non loin de Wall Street (qui continue, on se demande bien pourquoi, d'en fasciner plus d'un), dans une station de Brooklyn par exemple (l'une des cinq circonscriptions de la ville de New-York, comme chacun sait, dont la devise est d'ailleurs écrite en ... néerlandais, ce qui est sans doute beaucoup moins connu, y compris des anglomaniaques les plus déterminés).

 

 

Jean-Pierre Busnel
 
derby la baule.jpg i love la baule.jpg american car wash.jpg
     

 

nouvelles/Be_Breizh.jpgNavrante bêtise anglomane bretonne - le 10/08/2010 - 11:53 par JeanPierre_Busnel
le frédéricmartelisme* a encore frappé
Navrante bêtise anglomane bretonne
Il paraît que la Bretagne et la Catalogne sont aujourd'hui, dans toute l'Union européenne, les régions les plus attachées à la promotion de leur langue régionale et les plus ouvertes à l'invasion anglomaniaque. Pour ce qui est de la Bretagne, on ne voit pas vraiment de raison d'en douter. Dopé tout à la fois par la décentralisation des pouvoirs publics et par la construction européenne, le régionalisme linguistique y est, en effet, en plein essor. Quant à l'anglomanie, elle y atteint les sommets que l'on sait, notamment dans le milieu du tourisme.

D'où la prolifération, en Bretagne, d'expressions nouvelles associant mots anglais et bretons, mêlant inspiration commerciale et culturelle (ou politique), comme si la langue française n'existait pas. Elle n'épargne évidemment pas les administrations publiques (communes, départements et conseil région), loin de là. C'est ainsi que le Président du Conseil régional de Bretagne a présenté tout récemment un nouveau film (en deux versions) de promotion du tourisme en Bretagne. Son nom : "Be Breizh !". Le recours au mot anglais "be" étant tout de même appelé à soulever certains interrogations, voire même certaines critiques, le CRT (Comité régional du tourisme) le justifie en présentant ce slogan commercial comme un "appel général et universel de ralliement qui ne nécessite pas de traduction et donc utilisé invariablement à l’international  ... En adoptant "Be Breizh !", le CRT veut créer une expression unique qui ne peut appartenir qu'à la Bretagne, ancrée dans son identité, pour se démarquer encore plus fortement et durablement des autres territoires. "Be Breizh !" répond au double objectif de rajeunir l'image et de mobiliser les Bretons."

C'est que le verdict des agences de "pub" et de communication est formel et sans appel : quand il s'agit de donner un nom à un produit, à un service, de définir une raison sociale ou une enseigne commerciale, une action de promotion quelconque, y compris donc celle d'une région de France, l'essentiel est d'utiliser le moins possible de mots français. Ceux-ci sont "vieux", ils ont fait leur temps, et, au contraire par exemple de "Be" et de "Breizh", seraient bien incapables de "rajeunir l'image" de la Bretagne. Sauf exception rarissime, les dirigeants économiques et politiques valident ce dénigrement systématique, ce bannissement de la langue française en se soumettant volontiers, sans doute même avec enthousiasme parfois, à ce diktat. Pour eux, ce sont lesdites agences qui, en la matière, font la loi, celle des marchés, bien entendu.
 
Jean-Pierre Busnel

* frédéricmartelisme : du nom de Frédéric Martel qui prône l'alignement général sur la culture états-unienne et le remplacement du français par un sabir à base d'anglais. (voir l'article qui lui est consacré)

nouvelles/ens.jpgNormale Sup croit à l'excellence à la française - le 10/07/2010 - 18:18 par MAR
Normale Sup croit à l'excellence à la française

Loin de l’Institut d’études politiques de Paris (Science Po.) qui impose de plus en plus de cours en anglais et qui permet à des étudiants étrangers de suivre des cursus complets sans apprendre un mot de français, encore plus loin des écoles de commerce (renommées le plus souvent "business school") qui imposent des cursus entièrement en anglais à leurs étudiants, Normale Sup organise des sessions d'un mois autour de langue et de la culture française pour une cinquantaine de brillants étudiants, chinois, japonais, africains, européens.
Comme le dit Cécilia Gabizon dans son article du Figaro du 22 juillet 2010 : "Beaucoup entendent «améliorer leur niveau de langue» . Mais en fait de séjour linguistique, l'ENS a concocté un véritable programme de travail, avec des ateliers d'art, d'architecture, de littérature, des conférences magistrales et des cours délivrés soit par d'illustres professeurs, soit par des normaliens frais émoulus. «Nous avons choisi un cursus tout en français, ce qui est rare. Il ne faut pas laisser le monopole de la recherche à l'anglais», explique Céline Barral, normalienne qui coordonne cette formation."

A une époque de démission généralisée concernant la langue française, nous ne pouvons que nous réjouir de cette nouvelle et lui souhaiter longue vie. Persuadés que singer les anglo-saxons n'apporte rien à la France, n'importe qui d'un peu censé préférant toujours l'original à la copie.
 
M.-A. R.
 

nouvelles/Frederic_Martel.jpgLa collaboracheune a trouvé son chantre : Frédéric Martel - le 09/07/2010 - 16:06 par MAR
La collaboracheune a trouvé son chantre : Frédéric Martel

Dans un article de 3 pages (!) dont le magazine Le Point (8 juillet 2010) lui a généreusement accordé  la place, Frédéric Martel développe en long et en large la théorie de ce que nous appelons la collaboracheune (collaboration linguistique et culturelle).[lien vers l'article ]

Ce triste sire milite, pour résumer, pour la disparition complète du français, l'alignement général dans tous les domaines sur le modèle états-unien et l'uniformisation général de la planète.
Son article est un long cri de victoire à toutes les défaites et reculs français, un long rampement devant tout ce qui vient des pays anglo-saxons, forcément plus modernes.  Pour lui l'ouverture au monde ne peut se traduire que par un seul comportement : devenons anglo-saxons.

Dans ce pays, toutes les époques ont connu de tel chantres de la défaite nationale : Bourguignons s'alliant aux Anglais contre les Armagnacs, émigrés s'alliant à l'Europe absolutiste contre la Révolution et Vichy prônant la collaboration avec l'Allemagne nazie... Il n'en est hélas que le digne continuateur !

Voir les réponses de Claude Hagège (Une langue créative et universelle) et de François Taillandier (L'avenir s'écrit aussi en français) dans le Point du 5 août 2010 ainsi que celle d'Alain Juppé du 8 août dans son blog (Confusion intellectuelle) ainsi que l'article de Observatoire européen du plurilinguisme dans son numéro de septembre 2010 ("Mainstream", modèle économique ou hégémonie culturelle). A lire également sur le site du Point un pot-pourri de réactions d'internautes concernant cette "polémique" : Français, anglais, franglais, amour et tourments.

voir aussi l'article de Jack Dion dans Marianne

Marc-Antoine Renard
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Notons que ce manifeste est l'œuvre
d'un grand redevable de la République (même s'il  lui crache à la figure) : chef du bureau du livre dans une ambassade, chargé de mission au département des affaires internationales du ministère de la Culture, conseiller technique au cabinet de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité, chercheur à l'EHESS et conseiller du président de l’EHESS (!), attaché culturel à l'ambassade de France aux États-Unis, producteur/présentateur à France Culture, chercheur associé à l'Institut National de l'Audiovisuel (INA) !!! et j'en passe... M.-A. R.

nouvelles/dinard-hope.jpgDinard, François Pinault et l'anglomanie ordinaire - le 06/07/2010 - 09:25 par JeanPierre_Busnel
Dinard, François Pinault et l'anglomanie ordinaire

Il y a un an, le 16 juin 2009, j'évoquais l'inauguration, au Palais des Arts de Dinard (charmante station balnéaire très réputée de la Côte d'Émeraude, à quelque 65 kilomètres au nord de Rennes), de l'exposition d'une petite partie de l'immense collection privée d'œuvres d'art contemporain de M. François Pinault, homme d'affaires breton, l'une des plus grandes fortunes de France. Intitulée "Qui a peur des artistes ?", cette exposition se tenait, curieusement, sous l'égide de la "François Pinault Foundation" ! Le mot anglais foundation ne différant du français fondation que par une lettre, le parti pris anglomaniaque était manifeste. Du coup, mélangeant les genres, les journalistes et les commentateurs usèrent à cette occasion d'un anglicisme syntaxique pour désigner cette fondation. Ils ne parlaient pas de la Fondation François Pinault, mais de la François Pinault Fondation. C'était même le cas du site internet officiel de la ville de Dinard qui, sur sa page d'accueil, évoquait cette "sélection d'oeuvres de la François Pinault Fondation".
 
Cette année, dans les mêmes lieux, une seconde exposition d'art contemporain "témoigne de la volonté de la ville de Dinard de s'inscrire dans la création d'aujourd'hui". A travers une cinquantaine d'œuvres, il s'agit, sur le thème de l'espoir, d'un voyage initiatique au sein de la culture biblique allant de la Genèse à l'Apocalypse en passant par l'Exode. Cette fois encore, les organisateurs et leurs conseils en communication ont estimé que la langue française était indigne d'exprimer la modernité. C'est bien entendu l'anglais qui a eu leur préférence. D'où le titre de l'exposition : "Hope" (espoir en français, voir ci-dessus).
 
Je suis entré dans ce Palais des Arts de Dinard. C'était un dimanche, à l'heure du déjeuner, et les quatre ou cinq jeunes gens de l'accueil étaient désœuvrés. J'ai eu tout le temps de leur dire ce que je pensais de cette nouvelle manifestation d'anglomanie. Ils m'ont sagement écouté et ont paru passablement médusés. Sans doute ne sont-ils pas habitués à entendre des observations de ce genre de la part des visiteurs en général, eux-mêmes considérant évidemment cet anglicisme comme allant de soi. En outre, en discutant avec de très jeunes gens, qui vivent désormais entre eux et qui n'ont que peu de contacts avec les adultes, on a parfois le sentiment qu'ils ne sont guère accoutumés à être contredits par ces derniers et, a fortiori, à ce qu'on leur tienne tête (l'enfermement de la jeunesse dans un monde à part est l'une des grandes caractéristiques de la société contemporaine). Toujours est-il que comme justification à cette utilisation insolite d'un mot anglais pour désigner une exposition d'art en France, l'un d'entre eux, mon interlocuteur principal, m'a répété à deux reprises : "C'est une question de choix !"
 
Voilà bien une excellente explication. Le sujet postmoderne aspire, en effet, à la plus parfaite autonomie. Il veut être, en tous domaines, libre de ses choix, libéré du fardeau, du carcan des héritages. Le très subtil Allan Bloom (1930-1992), qui a enseigné la philosophie politique à Chicago, a, l'un des premiers, au lendemain de la grande révolution culturelle des années 60, parfaitement discerné chez ses étudiants ce vent culturel nouveau aux États-Unis. Voici des extraits significatifs de ce qu'il écrivit à ce sujet dans son très remarquable ouvrage L'âme désarmée. Essai sur le déclin de la culture générale (chez Julliard, 1987) :
 
"Du fait de cet avenir indéterminé et ouvert et de l'absence de tout passé aliénant, les âmes des jeunes Américains se trouvent à un stade comparable à celui des premiers hommes à l'état de nature : ils sont nus spirituellement, sans relations, isolés, sans aucune connexion héritée ou inconditionnelle avec quoi que ce soit ni qui que ce soit. Toutes leurs relations doivent résulter d'un consentement, d'un contrat, d'un choix. Aucune n'est donnée d'avance ... Ils (les fils des classes moyennes) peuvent être tout ce qu'ils souhaitent être, mais ils n'ont aucune raison particulière de souhaiter être quelque chose en particulier. Ils ne doivent pas seulement choisir le lieu où ils vivront; ils doivent aussi choisir s'ils croiront en Dieu ou s'ils seront athées, à moins qu'ils ne laissent la question en suspens en étant agnostiques; s'ils seront hétérosexuels ou homosexuels, à moins qu'à nouveau ils ne se laissent libres d'être l'un et l'autre; s'ils se marieront et s'ils resteront mariés; s'ils auront des enfants, et ainsi de suite, à l'infini. Il n'existe aucune nécessité, aucune morale, aucune pression sociale, aucun sacrifice à faire qui milite en faveur ou à l'encontre d'aucune de ces directions, et il existe des désirs qui s'orientent vers chacune d'entre elles, avec, contradictoires entre eux, des arguments pour étayer chacun des choix."

"Laissez-moi faire de moi ce que je veux" écrivait, à la même époque, André Bercoff dans son Manuel d'instruction civique pour temps ingouvernables (Grasset, 1985). A l'heure de la globalisation, de l'individualisme et de l'hédonisme triomphants, du "bougisme", de l'aspiration au métissage généralisé, du relativisme culturel (tout se vaut), aucune autorité transcendante (idéologie), historique (la tradition), parentale, majoritaire ou politique (la loi démocratique) ne peut prétendre infléchir les préférences du sujet postmoderne, régenter ses comportements, contrarier sa prédilection pour une forme de société qui met à sa disposition toutes les formes de vie, le libère de la morale ancienne du menu unique au profit d'un choix à la carte. Et surtout pas celle issue d'un passé nécessairement périmé, "car le pire est désormais d'apparaître en héritier" (Francis Brochet, La Grande Rupture, éditions du Toucan, 2010). Dans ces conditions, aux yeux des jeunes générations une langue ne saurait évidemment prétendre à l'hégémonie, ni même à quelque supériorité que ce soit, au motif qu'elle est "maternelle" (c'est pourquoi l'attachement à la langue est une fonction croissante de l'âge des individus). Et si l'anglais séduit autant les jeunes gens des deux sexes c'est, essentiellement, parce que c'est dans cette langue que s'exprime ce qui est, et de très loin, leur immense passion commune : la musique rock et ses dérivés, élément constitutif central de la culture mondiale de la jeunesse.
Jean-Pierre Busnel

nouvelles/jacques-cortes.jpgDe quelques inférences, ellipses et paraboles sur la nécessité impérieuse de défendre le plurilinguisme - le 01/07/2010 - 16:06 par Jacques_Corts
Une belle défense du plurilinguisme, de la diversité et de la langue française en particulier
De quelques inférences, ellipses et paraboles sur la nécessité
impérieuse de défendre le plurilinguisme
Extrait du discours prononcé par Jacques Cortès le 7 juin 2010 à l’Université Pédagogique de Cracovie pour sa réception comme Docteur Honoris causa


NDLR : Jacques Cortès, ancien directeur du CREDIF à l’ENS de Saint-Cloud (1977-1986) est depuis 1998, le Président-fondateur du GERFLINT (Groupe d’Etudes et de Recherches pour le Français Langue Internationale) placé sous l’égide de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme de Paris. Programme mondial de diffusion scientifique francophone en réseau, le GERFLINT et ses équipes de recherche internationales publient une trentaine de revues scientifiques francophones sur tous les continents
«Toute la langue s’avère être éparpillée, transpercée d’intentions, accentuée …chaque mot sent la profession, le genre, le courant, le parti, l’œuvre particulière, l’homme particulier, la génération, l’âge, le jour et l’heure. Chaque mot sent le contexte et les contextes dans lesquels il a vécu sa vie sociale intense ».1
La défense du français comme langue de communication internationale est-elle légitime ? Faut-il œuvrer pour instaurer un monolinguisme universel ou pour conforter le multilinguisme dont la défense du français serait un aspect symbolique décisif ?

Giourdina
Si ti sabir
Ti respondir
Si non sabir
Tazir, tazir
Molière ; Le bourgeois gentilhomme


L’anglais est l’avenir de la francophonie
Bernard Kouchner2

Lire la suite du discours

 


nouvelles/Dsk-Lamy-Trichet.jpgRaffarin interpelle Strauss-Kahn, Lamy et Trichet - le 09/06/2010 - 21:28 par Albert_Salon
Raffarin interpelle Strauss-Kahn, Lamy et Trichet
qui s'expriment le plus souvent en anglais

Représentant du président Nicolas Sarkozy pour la francophonie, et partisan de "l'intransigeance francophone", l'ancien premier ministre regrette que d'éminents Français occupant à l'international des postes de premier plan aient pris l'habitude de s'exprimer en anglais. « Ma tâche serait plus facile si, de temps à autre, au FMI, à l'OMC ou à la BCE, MM. Strauss-Kahn, Lamy et Trichet prononçaient un discours en français » , explique Jean-Pierre Raffarin.
 
L’ancien Premier Ministre, "sherpa" du Président de la République pour les Sommets francophones, s’est déclaré partisan de "l’intransigeance francophone". Il s’est déplacé récemment à Bruxelles et dans divers grands organismes internationaux où des Français tiennent des postes stratégiques mais n’y servent pas la France, surtout pas sa langue (rappelons-nous le "I am not a Frenchman" de M. Trichet à Strasbourg !).
Cette prise de position sympathique devrait être relayée, pour gagner en crédibilité et efficacité, par le Président de la République lui-même…  [AS]
 

MuseeHorreurs/rededen.jpgDernières nouvelles de la collaboracheune - le 09/06/2010 - 21:28 par MAR

Dernières nouvelles de la collaboracheune (collaboration)
Ed/Dia et le hard discount, Accor/Edenred (For an easier life), Les Sables d'Olonne et ses creamers, la CCI de Lyon et ses Citytechs, Edhec business school et ses cursus tout en anglais, Yoplait et son neverstop
et europe1.fr pour l'anglais langue unique de la chanson

Il s'agit de traiter ici, au moment où chacun dit célébrer les 70 ans de l'appel du 18 juin, du camp d'en face. De ceux qui sans exigence aucune, vont toujours au-delà de ce que l'on pourrait leur demander dans le sens de la démission nationale et, plus particulièrement ici, du piétinement de notre (leur) langue au profit de la langue de leurs "maîtres". C'est cela la collaboracheune* (collaboration). !

Quelques prouesses récentes dans ce domaine :

Les magasins Ed ont décidé de se rebaptiser Dia : on pouvait y voir une avancée ,pour une fois un magasin du groupe Carrefour ne s'affublait pas d'un "market" ou d'un "city" et des initiales anglo-américaines (dont le sens il est vrai, avait été un peu oublié : épicier discount) se voyaient remplacées par un nom plus latin. Trop beau. L'intérieur est tapissé depuis de slogans énormes et de grande beauté : "Vous allez aimer le hard discount"...

Le groupe Accor, qui parait-il est un groupe français, a décidé de renommer sa branche Accor Services (qui avait le tort de se comprendre en français et en anglais) Edenred avec le slogan accolé "For an easier life" épatant non ?
Le plus cocasse c'est que cette fameuse Edenred, puisqu'Edenred il y a, se prétend "Entreprise citoyenne et engagée" présenté comme le leader mondial des titres de services prépayes avec des appellations aussi inoubliables que : "Childcare Vouchers, Ticket Car, Ticket Clean Way..." N'en jetez plus !

L'office du tourisme des Sables d'Olonne (commune administrée par lcreamers.jpge maire UMP Louis Guédon) n'est pas en reste et fait passer cette inoubliable annonce : "Les Sables d'Olonne, conscients de l'incroyable ensoleillement qu'offre leur station l'été, recrutent deux creamers chargés de renseigner les vacanciers sur les bons comportements à adopter au soleil et de leur remettre des échantillons de crème solaire". Encore bravo pour l'imagination linguistique !

Il est certes dépassé à Lyon par Guy Mathiolon, président de la CCI, qui avait tenté de prendre de l'avance dans la collaboracheune l'année dernière en renommant les aéroports de Lyon, Lyon airports, il s'était hélas heurté à un préfet forcément réactionnaire qui pensait qu'une institution publique française devait parler français ! Il tente de prendre sa revanche ce mois-ci en nommant "Citytechs" un "nouveau réseau d'entreprises lyonnaises spécialisées dans le renouvellement urbain".

L'Edhec qui fut une des 4 ou 5 grandes écoles de commerce française, s'affiche désormais comme Edhec business school avec un site Internet qui déborde de sabir anglo-saxon (malgré l'existence d'une english version). Cette Edhec donc, après une année bachelor (sic !) ou la langue indigène semble admise et une année de stage, impose à tous ses étudiants (peut-être faut-il dire students ? ) un cycle Master fièrement affiché "entièrement en anglais : pour former d'excellents spécialistes et des managers d'équipe et de projets". Les formulaires d'inscriptions étant pour certaine filière uniquement disponibles en anglais. Pour le plus grand profit des professeurs et au-delà, des pays anglo-saxons dont on a bien retenu le brillant apport à l'économie mondiale ces dernières années.

Enfin rendons hommage à une sorte de journaliste dénommée Amélie Bertrand qui officie sur le site europe1.fr et qui commente l'Eurovision avec le glorieux titre : "L’Eurovision, la loose à la française". Elle fait tout simplement l'éloge du "chantons tous en anglais" se moquant en passant des langues des sauvages qui peuplent notre continent ("qui aurait envie d’entonner un refrain en tchèque ou de s’enthousiasmer pour une chanson en suédois ?") De sa part cela ne nous étonne évidemment pas. C'est limpide, pour elle, quand un français chante en français c'est du chauvinisme, si un anglais chante en anglais c'est de l'universalisme ! Pour elle, il n'y a qu'une seule voie : celle du moule unique, celle de ses maîtres. C'est ça la collaboracheune (collaboration) populaire !

Saluons pour finir, la marque Yoplait qui orne ses produits Yop (yahourts à boire) du slogan "Never stop" pour bien habituer nos bambins à être fascinés par  nos colonisateurs et au fait que leur langue n'est plus qu'une langue barbare, indigne de l'Empire.

Marc-Antoine Renard

* La graphie de ce terme est inspirée des annonces entendues sur les différentes chaînes de Radio France, où y compris sur France Musique et France Culture, où les auditeurs qui n'ont rien demandé, se voient infliger l'annonce récurrente d'une émission sur "Le Mouv" avec sa prononciation anglo-américaine, sans doute jugée obligatoire pour faire djeune : Mouv' généraicheune (Mouv' Génération).


nouvelles/quater-back.jpgPublicité ? dites plutôt advertising ! - le 09/06/2010 - 08:41 par JeanPaul_Perreault
Publicité ? dites plutôt advertising
Comment les agences publicitaires anglo-saxonnes
nous enfoncent leur "modèle" dans la tête

Ce ne sont plus seulement les enseignes commerciales (et les raisons sociales) qui sont aujourd'hui massivement anglicisées. La communication marchande emprunte de plus en plus aux mots anglais, en particulier sur les lieux de vente. Elle ne dit plus "ouverture prochaine" pour annoncer l'installation d'un nouvel établissement, mais "soon opening". Contrairement à ce que l'on pourrait penser au premier coup d'œil, la photographie ci-jointe n'a pas été prise dans une rue de Chicago, de Boston ou d'une quelconque ville des États-Unis d'Amérique, mais à Rennes, le 3 juin courant, à l'entrée du centre commercial Colombia. Elle montre la devanture d'une nouvelle boutique d'habillement (pour les "jeunes"). L'allusion explicite au football américain (quater back) comme argument de vente est d'autant plus inattendue, ici, que les Français ne connaissent rien de ce sport. Mais le fait qu'une douzaine des quinze plus grandes agences publicitaires de France (à l'exception de Havas Advertising [sic !] et de Publicis) soient des sociétés américaines est évidemment pour beaucoup dans cet ahurissant et envahissant raz-de-marée anglomaniaque. Autant dire, en effet, que ce sont des "stratèges" américains, ardents avocats de la globalisation postnationale et de la langue unique, qui, désormais, mènent le jeu et encadrent les concepteurs français pour la réalisation des publicités "nationales". Les milieux de la "pub" sont bel et bien, désormais, sous écrasante hégémonie anglo-saxonne.

Ceci étant, l'élimination méthodique et progressive des mots français de l'espace public urbain ne semble toujours pas émouvoir le moins du monde les Français. Beaucoup, surtout parmi la population âgée et celle d'âge intermédiaire, ne savent pourtant pas ce que "soon opening" veut dire et pourraient s'offusquer que l'on s'adresse à eux, brusquement, comme s'ils étaient nés dans le Bronx. Mais cela les laisse apparemment de marbre. Peut-être même certains sont-ils flattés d'être transportés à aussi bon compte au pays des prestigieux et lointains quaterbacks dont ils entendent parfois parler par la presse sportive ? Et d'ailleurs les consommateurs ne sont-ils pas habitués à se soumettre volontiers aux injonctions des publicitaires, surtout les adolescents et les très jeunes gens qui sont, et de très loin, leur cible favorite (voir à ce sujet "Comment le capitalisme nous infantilise" de Benjamin Barber, professeur de sciences politiques à l'université du Maryland, Fayard, 2007) ? Il y a un peu plus de 50 ans (c'était en 1958) paraissait le livre fameux de Vance Packard, "La persuasion clandestine". Depuis, les techniques de manipulation ont évidemment fait beaucoup de progrès, au point que l'acheteur lambda n'a nullement le sentiment d'être assujetti par la consommation, mais, bien au contraire, celui d'être libéré par elle. Au total, le pouvoir économique alloue au secteur de la promotion des ventes et de la communication des ressources gigantesques. Mais, il faut bien le reconnaître, le résultat est là, spectaculaire.

Le phénomène n'est évidemment pas propre à la France. Ainsi, l'Union européenne qui, nous avait-on promis, devait pérenniser sur le Vieux continent un modèle spécifique, distinct de celui des États-Unis, apparaît de plus en plus, en réalité, comme servant de couveuse à un ordre économique, social et culturel se rapprochant sans cesse davantage du type américain. De même, il n'a jamais été dit que la construction européenne pourrait mettre en péril la langue française, encore moins qu'aux abandons de souveraineté politique exigés par elle pourrait s'ajouter, à terme, celui de notre langue maternelle.
 
Jean-Pierre Busnel

Francophonie.gifAppel de Lyon et recommandations des 10èmes entretiens de la Francophonie - le 09/06/2010 - 08:41 par Albert_Salon
Appel de Lyon 
et recommandations des 10èmes entretiens de la Francophonie

À l'issue des 10èmes entretiens de la Francophonie qui se sont tenus à Lyon les 27 et 28 mai dernier à l’Université de Lyon III-Jean Moulin, un appel solennel et vigoureux a été lancé en présence de quelque 300 personnalités françaises, québécoises, belges, maghrébines, africaines, vietnamiennes.... présentes (dont MM. Abdou Diouf,  Jean-Pierre Raffarin, le sénateur Jacques Legendre, Philippe Péjo, Christian Philip, Claude Hagège, le Président de la Région Rhône-Alpes…), dans la conscience dramatique d’un tournant et de la nécessité d’un sursaut puissant, est adressé aux gouvernants, élites et médias de la France et des pays francophones, ainsi qu’aux responsables de l’OIF

Organisés par la Chaire Senghor de la Francophonie de Lyon les 27 et 28 mai 2010 à l’occasion de son dixième anniversaire et de celui de l’Institut pour l’Étude de la Francophonie et de la Mondialisation (IFRAMOND), en présence à l’ouverture des travaux du Président Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie, et en clôture de l’ancien Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin, Représentant personnel du Président de la République française auprès de la Francophonie, les Dixièmes Entretiens de la Francophonie ont débattu de la place de la Francophonie et de la langue française dans la mondialisation.
Les quelque 400 participants qu’ils ont réunis, issus du monde politique, de la francophonie institutionnelle, de la société civile et de l’université venant de toutes les régions francophones, lancent un appel solennel à la Francophonie et à la France pour une francophonie en mouvement et une langue française réhabilitée.
De nouvelles problématiques ont surgi : la mondialisation culturelle, les chocs identitaires et religieux, le défi écologique, l’uniformisation linguistique et culturelle, l’émergence de géants économiques incontournables, l’inégalité et la crise financière mondiale.
Un monde équilibré doit être multipolaire non seulement sur les plans politique et économique, mais également sur le plan culturel, et ainsi réussir le dialogue des cultures. Les Dixièmes Entretiens mettent en exergue que la Francophonie, comme les autres grandes aires linguistiques, peut fortement y contribuer du fait qu’elle partage une grande langue internationale, présente sur les cinq continents.
La Francophonie du 21ème siècle est donc bien plus qu’un laboratoire de la mondialisation humaniste, en raison des valeurs qu’elle promeut, des biens communs qu’elle défend. Elle se doit de promouvoir le dialogue interculturel mondialisé pour la paix et contre le repli identitaire. C’est une union géoculturelle, une puissance d’influence, forte de sa double dimension politique et de solidarité et des valeurs de son universalisme.

1 - Les Dixièmes Entretiens veulent attirer l’attention sur la langue française. C’est la grande oubliée de la francophonie institutionnelle
. Pour répondre à la forte demande de français dans le monde, la formation des enseignants de français et en français ne peut être différée : c’est une question de vie ou de mort pour la Francophonie. Il faut, par ailleurs, associer la langue française aux langues maternelles dans des pédagogies convergentes.
Voulons-nous faire du français une langue morte comme le latin ou le grec ancien ? Non, naturellement.
C’est pourquoi la Francophonie doit favoriser les classes bilingues et les universités francophones multilingues pour transmettre les valeurs que véhicule la langue française : une méthode, une rigueur, un raisonnement. Des garanties seraient ainsi données aux étudiants pour leur insertion professionnelle, compte tenu qu’ils seraient plurilingues.
Dans ce but, il faut s’affranchir du discours dominant de l’action impossible, des contraintes financières absolues.

2 - La Francophonie a besoin d’ambition : l’appel de Lyon est un appel aux États.

Après son combat victorieux pour la diversité culturelle, la Francophonie doit prendre l’initiative pour l’adoption d’une Convention sur la promotion et la protection des langues. Le pluralisme linguistique est le garant du respect des identités nationales.
Les Dixièmes Entretiens remarquent qu’un modèle unique, une langue unique sont aujourd’hui dépassés du fait de l’émergence de nouvelles puissances telles la Chine, le Brésil et le Mexique.
Ces nouveaux géants bâtissent un monde pluriel. La Chine en apporte la preuve avec l’implantation rapide de ses Instituts Confucius d’enseignement du chinois et de sa culture. Il est aujourd’hui inacceptable qu’un pays impose sa pensée et sa langue. Ceux qui veulent "le tout anglais" comme instrument obligatoire d’enseignement, sont en retard d’un combat.

3 - L’appel de Lyon, c’est un appel au second moteur de la francophonie : la coopération décentralisée.
Les États Généraux de la coopération décentralisée francophone qui se tiendront à Lyon en octobre prochain à l’invitation de l’Association internationale des Maires francophones et de l’Association internationale des Régions francophones dresseront un bilan, recenseront les besoins, mutualiseront les réponses et construiront les complémentarités avec les programmes de l’OIF et de ses Opérateurs directs.
Ensemble, États et collectivités décentralisées doivent relever les défis urgents comme l’enseignement du français, la constitution d’un corps de Volontaires de la Francophonie, la formation à distance des professeurs de et en français et la mise en place d’un outil francophone d’appui aux industries culturelles.

4 - L’appel de Lyon, c’est un appel à la France et à ses élites pour mettre un terme à la promotion du "tout anglais" en France et à l’abandon du français dans le monde.
En France, la Francophonie est une priorité oubliée. L’élite la voit non comme une opportunité mais comme un obstacle.
Les Dixièmes Entretiens constatent qu’en dépit de la volonté exprimée en 2008 par le Président de la République et à nouveau le 20 mars dernier, à l’Élysée, lors de la Journée internationale de la Francophonie, aucune des recommandations faites n’a été suivie d’effet.
Au contraire, faisant fi de l’article 2 de la Constitution française qui fait du français la langue de la République, la presse quotidienne et spécialisée se fait l’écho d'une volonté de modifier la loi Toubon pour permettre aux établissements d'enseignement supérieur (grandes écoles et universités) d'enseigner totalement en langue anglaise. La charge est actuellement menée par la Conférence des Grandes Écoles.
Il est illusoire de croire que pour conquérir une part importante dans le marché mondial de l'enseignement il suffirait de copier le modèle anglo-américain. Les bons étudiants préféreront toujours l’original à la copie.
L’anglais devenant langue seconde de notre élite, l’amènerait à penser et à agir comme les anglo-américains, une élite déconnectée encore plus du reste des Français. La France perdrait son identité et serait à la remorque du monde dominant.
L’une des conséquences serait que l’Université française se trouverait tributaire des normes scientifiques prévalant aux États-Unis.
Il est grand temps de se mobiliser. N’assistons-nous pas déjà à l’émergence d’un nouveau critère de jugement dans les commissions de recrutement universitaire : "la capacité à faire cours en anglais", qui a peu à voir avec les capacités intrinsèques disciplinaires d’un futur universitaire ? N’assistons-nous pas déjà à l’obligation faite par des responsables de cycles universitaires d’imposer dans les services statutaires des enseignants des cours en anglais ?
N’assistons-nous pas déjà à l’exclusion des revues scientifiques en français de la nomenclature des revues cotées dans les procédures d’évaluation menée par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ou le Conseil national des universités (CNU) ?
Dans ces conditions, les Dixièmes Entretiens de la Francophonie demandent solennellement au Président de la République française que la France renforce la loi Toubon, afin d’affirmer définitivement la primauté du français sur l’anglais sur le territoire national notamment dans le monde du travail, de l’enseignement et de la recherche, pour rendre obligatoire le recours au trilinguisme et non au bilinguisme anglais/français quand la seule langue française n’est pas jugée suffisante, pour imposer l’enseignement à égalité de deux langues étrangères à tous les niveaux de l’enseignement du primaire au supérieur, pour obliger nos diplomates à s’exprimer en français dans les enceintes internationales quand le français y est langue officielle ou langue de travail. Jamais les organisations internationales n’ont eu autant de dirigeants francophones ou français, jamais on y a aussi peu travaillé en français.

5 - Les Dixièmes Entretiens recommandent :

- à l’instar de l’IHEDN en France, la création d’un Institut des Hautes Études francophones qui permettrait de familiariser l’élite aux défis de la mondialisation et à l’intérêt de la Francophonie tout en renforçant le sentiment d’appartenance à la Communauté francophone ;
- le développement du Réseau des Chaires Senghor de la Francophonie, plateformes de formation et de recherche sur la Francophonie ;
- à l’instar de l’Union européenne la multiplication des Maisons de la Francophonie qui favorisent une meilleure connaissance du monde francophone ;
- à l’instar de l’Union européenne qui a construit l’espace Schengen, la mise en place d’un Espace francophone dont l’accès serait facilité par l’adoption d’un passeport francophone ou d’un "francopasse" qui s’impose de façon urgente ;
- à l’instar de ce qui existe en matière universitaire avec l’AUF, la fondation d’une Agence francophone de l’Éducation pour la coopération éducative ;
- la mise en place d’un Erasmus francophone et, dans les pays où le français n’est pas langue d’enseignement, de cursus intégrés allant de classes bilingues au primaire à des universités francophones régionales multilingues débouchant sur l’emploi ;
- le renforcement de l’espace médiatique francophone pour faire connaitre la Francophonie aux populations ;
- la généralisation du programme IFADEM pour la formation des maîtres et de celui des Volontaires de la Francophonie pour impliquer la jeunesse.

6 - Au niveau financier, les Dixièmes Entretiens lancent un appel aux États pour accroître les moyens en faisant remarquer que la Francophonie étant internationale, par essence même, ses financements doivent l’être également. Il n’est pas sain pour une organisation internationale de dépendre autant d’un seul État bailleur. Nous devons tous nous mobiliser dans ce combat pour la langue française et la Francophonie du XXIème siècle.
Osons, osons aller de l’avant, sinon demain il sera trop tard.

IFRAMOND (Université Jean Moulin Lyon 3)
Hôtel de Ville, Lyon, le 28 mai 2010

nouvelles/autonomesup.jpgMaison de la Francophonie ou Musée de la Francophonie ? - le 08/06/2010 - 23:43 par Jol_Jallais
Maison de la Francophonie
ou Musée de la Francophonie ?

Il nous paru intéressant de reproduire ici la prise de position d'Autonomesup, 3ème organisation syndicale du supérieur.

Le 20 mars dernier, lors de la Journée Internationale de la Francophonie, était louée la future inauguration de la Maison de la Francophonie avec les discours volontaristes habituels, alors qu’il aurait mieux valu saluer la naissance d’un nouveau musée à Paris : celui de la francophonie. On aurait pu mettre aisément en valeur toutes les actions visant à amoindrir, voire faire disparaître, la langue française depuis longtemps dans notre environnement. Faisant fi de l’article 2 de notre Constitution qui fait du français la langue de la République et la langue d’enseignement, certains esprits, sûrement progressistes, se font l'écho, dans la presse quotidienne et spécialisée, d'une volonté de modifier la loi Toubon pour permettre aux (grandes écoles et universités) d'enseigner totalement en langue anglaise.

La charge est actuellement menée par la Conférence des Grandes écoles et par quelques-uns de ses représentants. L'objectif déclaré est de pouvoir accueillir dans ces établissements des étudiants en provenance de pays non francophones et en particulier de la Chine. Nous dénonçons cette attitude qui modifie de façon définitive la place et la nature de l'enseignement supérieur français pour de simples raisons financières et de conquête illusoire et très partielle du marché mondial de l'enseignement. Cela est inacceptable : les grandes écoles forment, depuis longtemps en France, l'élite française pour des emplois privés et publics.

Elles façonneront, formateront alors une élite anglophone, s'exprimant de façon unique en anglais dans les relations internationales et au sein des états-majors des entreprises, avec comme conséquence directe de constituer une élite qui serait déconnectée encore plus de l'ensemble des autres Français ; on assisterait à la création d'un pays proche du modèle de Metropolis avec une élite, en fait une oligarchie, dominant l’ensemble des autres travailleurs. On retrouverait l’opposition soutenue dans les entreprises par Taylor entre "ceux qui pensent" (s’exprimant en anglais) et  "ceux qui font" (les mauvais locuteurs en anglais).

Enseigner totalement en anglais dans les établissements d'enseignement supérieur français ajouterait donc dans la société française une deuxième fracture à celle déjà trop apparente des revenus. Cette nouvelle déclinaison de l’identité française, en niant la langue française, est ahurissante d’absurdité dans un monde qui est de plus en plus multilingue et multipolaire. Il est grand temps de se mobiliser avant que l'université ne suive les initiatives prises par les grandes écoles qui participent à la destruction du corps social en parfaite bonne conscience. N’assistons nous pas déjà à l’émergence d’un nouveau critère de jugement dans les commissions de recrutement universitaire : « la capacité à faire cours en anglais », qui a peu à voir avec les capacités intrinsèques disciplinaires d’un futur universitaire ?

N’assistons-nous pas déjà à l’obligation faite par des responsables de cycles universitaires d’imposer dans les services statutaires des enseignants des cours en anglais ? N’assistons-nous pas déjà à l’exclusion des revues scientifiques en français de la nomenclature des revues cotées dans les procédures d’évaluation menée par l’AERES, le CNRS ou le CNU ? La défense de la langue française a fait long feu dans l’élite intellectuelle française par snobisme et dans la société française par indifférence parce qu’elle se centrait sur la finalité de la langue et son contenu culturel. Tout ce discours aurait dû pourtant convaincre tant les arguments en étaient judicieux mais le rêve économique américain était trop prégnant.

Cette fois, les conséquences mêmes qu'aurait une telle politique d’enseignement sur la cohésion de la société française ne peuvent laisser indifférent. Voulons-nous, comme universitaires, adhérer à cette fracture attendue de la société française qui repose encore une fois sur les privilèges de l’argent pour acquérir une totale maîtrise de la langue anglaise dès le plus jeune âge ou participer à un véritable sursaut? Prononcer des discours comme celui de Caen, lors de la campagne présidentielle, en faveur de la langue française et laisser ensuite tous les acteurs de l’enseignement supérieur en saper les fondements relèvent, disons-le, d’un cynisme inacceptable. Autonomesup se bat, et continuera à se battre, pour défendre la place du Français dans le monde comme langue de science, de culture et d’enseignement.

Joël Jallais
Professeur des Universités

Autonomesup : CSEN-FGAF - 4 rue de Trévise - 75009 Paris -  Tél. : 01.46.59.01.01
Courriel : autonomesup@free.fr  -  www.autonomesup.com  
Michel Gay, Secrétaire général - Jean-Louis Charlet, Président


Drapeau-Quebecois.jpgAu Québec, la lutte continue contre l’Empire ! - le 06/06/2010 - 22:39 par JeanPaul_Perreault
Au Québec, la lutte continue contre l’Empire et pour le français !
Impératif français : les prédateurs et le projet de loi 103

Il faut se souvenir de la loi québécoise 101, votée en 1977 sous le gouvernement de René Lévesque, dont une importante disposition imposait aux immigrants reçus au Québec de scolariser leurs enfants dans les écoles de langue française, tant privées que publiques. Depuis maintenant des décennies, le pouvoir fédéral et les «Anglos» n’ont eu de cesse de miser sur la démographie, sur l’immigration non francophone au Québec et sur les dérogations sans cesse plus larges qui permettent à ces immigrants non francophones de fréquenter les écoles de langue anglaise au Québec qui sont très développées et riches. La loi 103 est une nouvelle manifestation de ce grignotage continu et de cette submersion linguistique. [Albert Salon]

Manifestation de la Coalition "Québec français"

Plus de 150 personnes de la Coalition "Québec français" s'étaient donné rendez-vous à Gatineau samedi 5 juin pour manifester contre les pratiques prédatrices d'entreprises étrangères qui viennent solliciter le marché québécois et y faire des profits sans respecter l'environnement linguistique du Québec.

"Le Québec est français et les entreprises qui veulent y faire des affaires en français sont les bienvenues. Les autres n'ont pas leur place", ont martelé les manifestants. La manifestation ciblait cette fois-ci deux entreprises dont les noms n'ont rien à faire au Québec : Sleep Country et Bulk Barn. La Coalition "Québec français" en était à sa deuxième manifestation devant Sleep Country. Les manifestants ont résolument l'intention d'accroître leurs moyens de pression tant que ces entreprises n'auront pas compris que le Québec est français.

Ils ont aussi profité de l'occasion pour dénoncer les mesures anglicisantes du gouvernement du Québec dans le domaine de l'éducation : "Nous dénonçons le gouvernement du Québec qui s'apprête à écraser et à soumettre toute la nation québécoise au dictat de la Cour suprême de l'autre nation, le Canada, en adoptant une loi odieuse, la loi 103, qui consacrera l'existence des écoles passerelles en rendant légal aux enfants de parents riches, à leurs frères et sœurs et tous leurs descendants l'accès à l'école anglaise au Québec", de déclarer le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault, avant d'ajouter, "pire, à sa façon, le gouvernement du Québec, par cette odieuse loi de l'arbitraire, légalise hypocritement une pratique qui financera les écoles privées non subventionnées en obligeant les élèves à les fréquenter au moins trois ans pour pouvoir contourner la Charte de la langue française. Tout un cadeau que la manipulation politicienne du gouvernement s'apprête à offrir aux écoles passerelles! "
 
Jean-Paul Perreault
Membre de la Coalition " Québec français"
et président du Mouvement Impératif français

nouvelles/ifri-anglos.jpgUn 'Institut "Français" parle anglais à Bruxelles - le 15/05/2010 - 21:31 par AnnaMaria_Campogrande
Un 'Institut "Français" parle anglais à Bruxelles
L'IFRI (Institut "Français" des Relations Internationales)
ne fait plus de conférences en français à Bruxelles !


Témoignage d'une italienne francophone, ayant occupé de hautes fonctions à la Commission.
(voir en dessous l'invitation en anglais envoyée à Anna-Maria Campogrande)

J’ai fréquenté, depuis quelques années, les conférences-débat de l’IFRI à Bruxelles. Au début elles étaient toujours en français, ensuite il y eut de temps à autre des conférences en anglais, lorsque le conférencier ne dominait pas assez le français. Maintenant on en est arrivé à l’extravagance de faire donner les conférences en anglais aux Français et aux francophones dont l’anglais est souvent mauvais, parfois incompréhensible. En tout cas, même si les conférenciers francophones pouvaient s’exprimer dans un excellent anglais, cette forme de servitude d’un institut français à l’anglophonie est tout simplement suicidaire pour la culture européenne dans son ensemble. En fait, l’imposition de l’anglais nous transforme tous en des "demi-illetrés" qui ne peuvent pas s’exprimer convenablement en ayant à l’esprit leurs points de repère et tout le bagage que des siècles de civilisation nous ont laissé en héritage.

La réponse de l’IFRI est absurde parce que le français est la langue véhiculaire, de très loin, la plus importante de Bruxelles. Cette forme de dégradation du français constitue un grave manque de respect de l’identité linguistique et culturelle et elle est vexante non seulement pour les Français et les francophones mais pour toute la civilisation néo-latine, j’en suis personnellement outrée.
Anna-Maria Campogrande

P.S. les conférences de l’IFRI à Bruxelles ne disposent jamais d’une interprétation simultanée.
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To the attention of Mrs CAMPOGRANDE

ifri.jpg

            Programme Energie/Ifri Energy Program

Ifri Energy Breakfast Roundtable

Thursday, May 20th, 2010, 9:00 am to 11:30 am    

 

Conseil Central de l'Economie -  Avenue de la Joyeuse Entrée, 17-21 - 1040 BRUSSELS (Metro: Schuman)


   Rare Earths -
Strategic inputs to Sustainability

  with the participation of  : 
 

James B. HEDRICK
President, Hedrick Consultants Inc

Christian HOCQUARD
Expert Economist, BRGM

Chaired by William C. RAMSAY, Senior Fellow and Director of the Ifri Energy Program
and 
Jacques LESOURNE, Chairman of the Scientific Committee of the Ifri Energy Program  

Den Xiaoping may have been right back in 1992 when he declared that while “Middle East has oil, China has rare earth”. Since 2000 the price of Rare Earth Elements, a group of 17 minerals, increased five-fold. The world markets until then very much focused on energy or water security of supply began to acknowledge the implications of the concentration of 95% rare earth production in ChinaIn 2008, rare earths were labelled ‘highly critical’ raw materials by an US National Research Council Report. China is aware of its clear market dominance as seen in its recent claim to reduce export quotas reduction and create a 200 000t strategic reserve.

Rare Earth Elements are needed in particular for high technologies products such as wind turbines, electronic consumer goods, nanotechnologies, clean vehicles batteries, motors and various military applications. A potential supply disruption could hamper the development of a green market economy as well as the refashioned industrial strategies in Europe designed to drag Europe out of the economic doldrums and ensure its future competitiveness.  

Ahead of the European Commission review of its raw material initiative, this conference aims to assess the current situation regarding supplies, market developments, environment and challenges that lie ahead.

 
RegistrationForm to complete and return to  
baniamer@ifri.org or by fax :33 1 40 61 60 60   or registration on line

  Mrs CAMPOGRANDE         [  ] Will participate                                        [  ]    Will not participate

 

Position :

Company : 

Email :                                              

Phone :                                                             Fax  : 

  Will be represented by :

Informations : Breux Martine - tél :  00 33 (1) 40 61 60 38 et breux@ifri.org  

Institut français des relations internationales
27, rue de la Procession, 75740 Paris Cedex 15
Tél. 01 40 61 60 00; fax : 01 40 61 60 60 ; courriel : accueil@ifri.org

 

 


 

Nouvelles du mois (mai) - le 15/05/2010 - 21:31 par MAR
Nouvelles du mois (mai)

Le 11ème arrondissement de Paris bêle sa bêtise anglomane - Dunkerque Ville durable ! - Bertrand Tavernier retrouve "la beauté de la langue française" - "Le retour du Général" par Benoît Duteurtre _________________________________________________________________________________
Le 11ème arrondissement de Paris bêle sa bêtise anglomane.
Le nouveau maire du 11ème, Patrick Bloche, se dit : "nous sommes progressistes, Barack Obama paris11.jpgest progressiste donc importons directement son slogan en américain, cela fera djeun, cela fera moderne !" Il oublie que c'est surtout la langue du capitalisme multinational qui se moque des États et de leurs citoyens. On est loin de la politique responsable de l'ancien maire, Georges Sarre, qui toute sa vie lutta pour la diversité culturelle. Ici on est hélas, dans le bêlement grotesque et rampant !
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Dunkerque Ville durable ! : Pour Dunkerque une conférence internationale semble devoir s'afficher et sans doute se tenir dans la langue unique ne préservant la diversité des langues et des culturesdunkerqu.jpg. Une fois de plus la nature abstraite avant le respect des hommes !

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Bertrand Tavernier retrouve "la beauté de la langue française" (France Info - 17 mai 2010)

Le cinéaste français Bertrand Tavernier est en compétition au festival de Cannes avec son nouveau film, "La princesse de Montpensier", présenté hier soir et plutôt bien accueilli.

Il nous plonge dans la France du XVIème siècle et explique que ce qui l’a poussé à aller aussi loin dans le temps vient de "la beauté des personnages... et donc la possibilité de faire une histoire d’amour très française." Après avoir "pensé en anglais pendant deux ans", le cinéaste avait "envie de me frotter à la beauté de la langue française
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"Le retour du Général" par Benoît Duteurtre (Fayard, 219 pages, 17,90 €)duteurtre-general.jpg

Livre drôle et délicieux. Et que je crois utile y compris dans sa très grande sensibilité au problème de la langue française, alors que ce n’est qu’un aspect de cet ouvrage plein à la fois d’un pessimisme noir et d’un espoir flamboyant et fou.

Puissance terriblement écrasante de l’Empire. Mais Wallonie et Afrique francophone, voire immigrés algériens, qui peuvent être (re)gagnés.

Sursaut toujours possible entraîné par les "anciens" transmetteurs de flamme, qu’une étincelle peut provoquer, tel l’œuf mayonnaise, ou encore le vieil écrivain qui est en contact permanent avec le fantôme du Général et qui, sur le vieux banc, malgré une police soupçonneuse, conte aux enfants barbarisés, boborythmés et borborygmés, qui s’attroupent autour de lui, de vieilles histoires de France, de langue, et de civilisation…. Albert Salon.

Quelques extraits concernant la langue.
Nous survolons rapidement l'actualité internationale puis nous voici revenus dans le monde enchanté du basket, avant de passer au tournoi de tennis qui s'est clôturé sur une nouvelle victoire de Rodjeure Fédéraire.
Je me demande pourquoi le présentateur accomplit de tels efforts pour prononcer «Rodjeure» à l'anglaise alors que ce brave garçon (Roger Fédérer) est suisse et que je l'ai vu se désigner lui-même, dans un documentaire, en disant «Roger», à la française. Il a grandi dans un pays où Roger se prononce Roger mais certainement pas Rodjeure ; et je ne puis m'empêcher de voir dans cette énergie militante du journaliste à répéter «Rodjeure» une discrète manifestation de cette haine de soi selon laquelle tout ce qui sonne français est ringard et tout ce qui sonne anglo-américain est moderne. Roger a quelque chose de beauf, de tonton flingueur. «Rodjeure», c'est autre chose qui colle au temps du commerce mondialisé. «Rodjeure» ne tire pas le Suisse vers la France (ce vieux pays colonial et dominateur) ; il rend le champion au monde des champions où chacun parle la langue des champions. Mieux vaut donc angliciser ce prénom - quand bien même on prononce le nom de famille avec un accent français, ce qui est incohérent ; mais la langue des esclaves qui imitent leurs maîtres est souvent un peu bancale.
(pages 103-104)
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 La fillette rousse s'inquiéta d'un détail :
— Pourkoi seulman lai zom ?
Sa copine affirma avec assurance :
— Lai famé avé droa 2 rien. Se ma mère kim la di !
Le monsieur sourit avant de répondre :
— Mademoiselle, lorsqu'on disait «les hommes», en bon français (avant la loi de Révision du langage), cela incluait les hommes et les femmes. Je vous rappelle d'ailleurs que le masculin l'emporte sur le féminin !
À ces mots, un éclat de rire fusa du groupe d'écoliers qui, malgré leur inscription au first master de la Nike School, n'avaient jamais entendu cette règle étonnante - sauf peut-être en histoire, dans le chapitre consacré à l'abolition des discriminations sexistes. Le plus sérieux de la bande, qui suivait l'option School Text du programme officiel (quand la plupart de ses camarades préféraient l'option School Game), opposa une remarque au vieux philosophe [...]
(page 190)
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Une sirène hurla au bout de la rue. Un char approchait à petite vitesse. Attirés par le bruit, les enfants tournèrent la tête.
— Merci, lé flik ! s'exclama l'un des garçons.
— Et alors, vous ne faites rien de mal ? dit le vieux fou.
Quand le véhicule s'arrêta devant le groupe et qu'on vit en descendre quatre policiers en tenue de combat portant l'inscription : «Veolia Police Département (Page 190)», il apparut effectivement que le seul suspect était le monsieur lui-même. Tout en s'approchant, l'adjudant releva ses lunettes à infrarouges :
— Vou fet kôa ici, à parlé au jeun's ? Savé pa k'sé interdi ?
Le monsieur se tourna vers les adolescents pour expliquer :
— De mon temps, la police ne dépendait pas d'entreprises comme Veolia. C'était un service public censé faire respecter la même loi pour tout le monde, et dans tout le pays.
(page 200)


nouvelles/jesusismyboss.jpgl’Église de France remplace-t-elle le latin par l’anglais ? - le 09/05/2010 - 19:34 par Albert_Salon
l’Église de France remplace-t-elle le latin par l’anglais ?

Les catholiques qui ont tapé www.etpourquoipasmoi.org/, plus généralement les lecteurs du "Parisien" du mardi 20 avril 2010, ont découvert une publicité "soutenue par la Conférence des évêques de France", incitant au recrutement de prêtres. Sur la page d’accueil donnant accès à divers textes épiscopaux, un charmant jeune homme porte au revers de sa veste verte, au lieu d’une croix, un macaron proclamant Jesus is my boss, commenté par les mots Why not ? qui s'étalent sur sa poitrine. L’auteur de cette surprenante image réalisée pour la Journée mondiale de prière pour les vocations du 25 avril est l’agence de communication Bayard Service. Le “chevalier sans peur et sans reproche” serait-il de l’avis d’un ministre qui déclara en 1997 : "l’anglais n’est plus une langue étrangère en France" ? Aurait-il pris sur lui de substituer à la “langue universelle de l’Église” la langue prétendument universelle des affaires ?
Les associations soussignées osent espérer que les évêques de France, dont on connaît le souci de n’utiliser dans les offices de l’église qu’une langue “vernaculaire” intelligible par tous les fidèles, auront à cœur de prier leur "webmaster" (sitemestre) de réparer cette bévue.
D’autant plus que l’Église de France est concordataire, donc officielle, en Alsace et Moselle, et doit y respecter la Constitution : "La langue de la République est le français".
Le Dieu des chrétiens ou celui des musulmans – imaginez aussi "Allah is my boss"… - dégradé au statut de "boss", vous paraît-il vraiment, dans cette défroque, plus apte à attirer davantage de "vocations sacerdotales et religieuses" ? Avec des prophètes devenus DRH ?
Les jeunes que vous visez là, voyant l’Église considérer que chez nous le français n’est plus à la page et doit céder la place à l’anglais, ne risquent-ils pas d’appliquer la "modernité" - pourtant soumise à question par le Pape ! - aussi au corps et à l’esprit de la tradition et des dogmes catholiques ? Et, dans cette veine, de vous demander de vrais emplois, avec des rémunérations fixes confortables, des primes et boni, des "stock options", des avantages en nature, des voitures avec chauffeurs, l’abandon des vœux de chasteté, des crèches (au sens actuel) pour leurs enfants auxquels ils ne sauraient alors renoncer…
Nous sommes persuadés que ce qui nous paraît être une malheureuse erreur de "Qom" (communication) ne saurait être que condamnée et promptement réparée par la Conférence des Évêques de France, sans qu’icelle, et d’autres personnes concernées et consternées, aient besoin d’en appeler au Vatican.
Albert Salon.

A l’initiative d’ALF, 6 autres associations ont signé la lettre qui a fourni la matière de cet éditorial :
Alliance Champlain (Nouméa, NC) : président Daniel Miroux
Avenir de la langue française (ALF) : président Albert Salon
Ass. France-Univers pour la promotion de la culture française : présidente Jacqueline Mourlet
Cercle littéraire des Écrivains cheminots (CLEC) : président Raymond Besson
Éditions ANDAS (Bourg-la-Reine) : directeur Dominique Daguet
Forum francophone international (FFI-France) : président Albert Salon
Impératif français (Québec) : président Jean-Paul Perreault
Institut André Busnel (IAB) : président Jean-Pierre Busnel

On peut en outre regretter le côté très "Ponce Pilate" de la réponse du 3 mai 2010 de Mgr Antoine Hérouard à notre protestation. En gros il se "lave les mains" de toute responsabilité en la matière,  se justifiant comme un vulgaire vendeur de lessive : "[...] On peut certes regretter que le slogan et la question soient formulés en anglais, comme vous le faites remarquer (et non en latin classique !), mais c'est simplement le fait de la culture dans laquelle baignent les jeunes de cet âge auxquels la campagne entend s'adosser. Et de cela l'Église n'est pas responsable... "
En bref pour attirer les djeunes nous sommes prêts à toutes les bassesses, contribuant ainsi à leur faire croire que tout le monde doit s'adresser à eux en anglo-américain. [MAR]
 

nouvelles/bourse.jpgDes Bourses et des langues : la valse des valeurs - le 09/05/2010 - 18:38 par Yves_Montenay
Des Bourses et des langues : la valse des valeurs

 
La bourse de Casablanca a été lancée avec l'appui technique de celle de Paris. Elle s'est honorablement développée depuis.
Mais la bourse de Paris, devenue Euronext après s'être fédérée avec d'autres bourses européennes, s'est entre-temps vendue aux Américains du Nasdaq, malgré, ou peut-être à cause, d'un certain succès. Je ne connais pas les secrets de ces négociations et ai oublié la raison pour laquelle Euronext « devait » se vendre. Ses actionnaires (les banques françaises ?) n'auraient pas résisté à la tentation d'une bonne affaire. Ils ont refusé une offre de la bourse allemande qui laissait moins d'autonomie à la bourse de Paris que les Américains : cinq sièges sur 12 au conseil d'administration et la promesse de garder un centre de décision européen.

Vu de Casablanca, l'esprit de tout cela n'a pas été respecté car le centre de décision "européen" est maintenant à Londres et non plus à Paris, les cadres francophones ont disparu, et la bourse de Casablanca doit embaucher des Marocains ayant un bon niveau d'anglais pour la suite des contacts techniques avec Euronext, devenu le bureau londonien de décideurs américains.

Vu de Paris cette fois, on souvient du tollé qu'avait déclenché le déplacement du centre technique de Paris vers une implantation anglaise proche de Londres « pour gagner quelques millisecondes » dans l'envoi des ordres à cette place. On ajoutait que la souplesse du droit du travail anglais avait dû également jouer un rôle. Et il fallait être proche de Londres parce que c'est là qu'il y a les investisseurs, auxquels la Grande Bretagne a accordé un régime fiscal privilégié, notamment pour les étrangers.

Un libéral pur et dur nous dira que ce qui compte est que les différentes bourses citées fonctionnent bien. Il dira que la France ne fait que payer la rigidité excessive de son marché du travail et le poids de sa fiscalité, et il se félicitera de « cette concurrence des systèmes » qui devrait faire réfléchir les Français. Le libéral ajoutera que l'anglicisation d'un groupe d'employés d'un pays francophone et de spécialistes français (ou leur remplacement par des Anglais ou des Américains) n'est en soi ni un bien ni un mal et ne fait qu'illustrer la supériorité du système économique anglo-saxon. Enfin il nous expliquera que la plus-value faite par les actionnaires français d'Euronext justifie le tout, et sera à son tour utilisée rationnellement.

Peut-être. Mais ce n'est pas ainsi que le libéralisme gagnera les coeurs et l'opinion. D'autant que, même en restant sur un plan économique, cela érode le privilège linguistique dont bénéficient les entreprises françaises au Maghreb, et pas seulement les entreprises, puisque les universités, les écoles et les enseignants français en bénéficient également. Rappelons l'importance de l'industrie de la langue pour l'Angleterre qui voit arriver chez elle chaque année des centaines de milliers de jeunes Européens venus apprendre l'anglais. L’avantage se chiffre en milliards. De même que les économies pour les hommes d'affaires britanniques à Bruxelles. Bref, séparer langue et économie comme le font beaucoup de responsables français n'est pas toujours pertinent, et penser que "les autres" le font est parfois naïf.
Par ailleurs, cette analyse purement économique n'épuise pas la question. Par exemple passer du français à l'anglais comme seconde langue est une revendication de beaucoup d'islamistes... Mais c'est un autre débat.
Yves Montenay

nouvelles/marseille.jpgMarseille on the move - le 23/04/2010 - 18:35 par JeanPierre_Busnel
Marseille rampe devant les anglo-saxons
 
La municipalité de Marseille a décidé tout récemment de se doter d'une "marque" baptisée "Marseille on the move" (un slogan d'une affligeante banalité, car qu'est-ce qui n'est pas "on the move" par les temps qui courent ?). "Nous sommes des élus mais nous sommes avant tout des commerciaux, nous allons vendre un produit magnifique et aujourd'hui, pour nous identifier, pour identifier Marseille à l'étranger, nous avons le droit et le devoir de créer cette marque qui sera attribuée par un jury (...) à celles et ceux qui travaillent à l'étranger ou avec l'étranger dans le domaine du tourisme", a déclaré dans une conférence de presse Dominique Vlasto, adjointe au tourisme (voir sur le site laprovence.com).

Voilà qui est bien clair. Qu'on se le dise : les élus locaux se considèrent désormais comme étant "avant tout des commerciaux". Et on le sait bien, l'anglais (de bazar comme il se doit) est la langue des commerciaux. CQFD.

Comme je l'écrivais en septembre dernier à propos de la déferlante anglomaniaque : "Quant au pouvoir politique, convaincu depuis longtemps par l'idéologie néolibérale de la nécessité de son effacement et de sa soumission aux sacro-saintes lois des marchés, apparemment partagé entre la résignation, l'indifférence et le sentiment de sa propre impuissance, il n'est, en réalité, pas le dernier à prêter la main aux fossoyeurs de la "langue de la République" (article 2 de la Constitution française). Cela est vrai au niveau de l'État, certes, mais peut-être plus encore à celui des administrations publiques territoriales, elles aussi parties, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire à maintes reprises - du fait notamment de l'affaiblissement constant, spectaculaire, de l'État - à la conquête du monde".
Sur place, sur la Canebière, la nouvelle a tout de même suscité nombre de commentaires moqueurs.

On en trouvera quelques exemples sur le site : laprovence.com
Jean-Pierre Busnel
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Alors, j'entends ce matin aux aurores, sur France-Inter, que Marseille s'enorgueuillit d'avoir un nouveau "slogan" (attention à ce mot... devise, c'est mieux ) à la hauteur de son destin de Capitale Européenne de la Culture... devinez...: ... "Marseille is in the move !" Voilà qui nous émoustille ! ... qui nous ravigotte... qui nous fait sentir que nous avons enfin épousé le siècle... [...]
  François Mainguy


nouvelles/jesusismyboss.jpgNouvelles du mois - le 23/04/2010 - 18:35 par MAR
Nouvelles du mois
Impératif français lance la campagne "Moi, je parle français" - Jesus is my boss - Brice Hortefeux et sa "task force"
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Impératif français lance la campagne "
Moi, je parle français" au Québec
pour valoriser le français comme langue d'usage commune campagne pour valoriser le français comme langue commune
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Jesus is my boss (sic !) c'est le slogan de la campagne de communication du Service National des Vocations de l'Eglise Catholique. On savait que l'église catholique avait perdu son latin mais on ne savait pas que Jésus avait perdu son accent et qu'il était "anglais". Bel exemple de ce que la crétinerie publicitaire peut faire accepter à des institutions respectables pour leur faire croire à la modernité du concept...
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Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur a mis en place une "task force" pour expliquer la réforme sur le terrain [réforme des collectivités locales]. Il avait déjà une task force depuis novembre 2009, il lui en fallait une autre toujours in inglche pour faire branché. Sans doute une nouvelle avancée de l'identité nationale...
Signalons-lui les équivalents proposés par Délégation générale à la langue française (DGLF) qui dépend du ministère de la Culture : Force opérationnelle ou groupe d'intervention semblent les plus appropriés pour ce ministre qui semble préférer les anglo-saxons aux auvergnats.

 

nouvelles/oep.jpgLe plurilinguisme, un avantage concurrentiel - le 23/04/2010 - 12:28 par Christian_Tremblay
Le plurilinguisme, un avantage concurrentiel
Lettre ouverte aux parents et aux jeunes par Christian Tremblay

Si, à l'OEP [Observatoire européen du plurilinguisme], nous avions un peu l'esprit "marketing" ou "mercatique", et recourions aux messages agressifs que nous subissons à longueur de journée, nous dirions aux parents : "Donnez un avantage concurrentiel à vos enfants : choisissez le plurilinguisme !"

Il y a des moments où la provocation a du bon. Il faut tout simplement ouvrir les yeux. Pendant que Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier Ministre, mandaté par le Président de la République, caracole pour défendre le français dans les instances internationales, certains ministres ou anciens ministres, comme Valérie Pécresse ou Rachida Dati, recommandent le repli en bon ordre au nom de la modernité sous la forme d'un bilinguisme franco-anglais qui devrait être la nouvelle langue nationale de la France. C'est une manière de réinventer la Ligne Maginot et de rejouer la dernière guerre. Face à ces attitudes dénuées de toute perspective et d'ambition, nous préférons regarder les réalités.

Pendant qu'en Europe on préconise dans les instances européennes, auxquelles les gouvernements nationaux sont censés participer (nous nous demandons d'ailleurs la portée des engagements pris par les gouvernements quand ils signent une résolution du Conseil des ministres européens), non seulement la maîtrise de deux langues au moins, en plus de la langue maternelle, et la diversification de l'apprentissage des langues dès le plus jeune âge, dans les pays anglo-saxons, l'enseignement des langues étrangères est en régression. La langue anglaise perçue comme offrant la domination sur le reste du monde, la connaissance des autres langues et des autres cultures n'y est pas considérée comme quelque chose d'important, dans un monde pourtant de plus en plus multipolaire et multiculturel.

Sur un marché du travail largement mondialisé, si un jeune Européen n'est pas un "native", le fait de ne posséder que sa langue maternelle autochtone (le français, l'allemand, l'italien, le polonais, etc. sont des langues autochtones) et l'anglais le place immédiatement dans une situation d'infériorité face à un "native". En revanche, si le jeune Européen possède outre sa langue maternelle, une autre grande langue, et l'anglais certes, mais aussi, s'il est particulièrement courageux, une troisième langue, peut-être plus rare, alors là, il prend un avantage indiscutable sur le "native".

Donc, suivant en cela des rapports très officiels d'origine britanniques, mais qui font l'effet d'une goutte d'eau sur le plumage d'un volatile, nous disons à nos amis britanniques : désolidarisez-vous de cette dérive monolingue du monde anglo-saxon qui est une fermeture dramatique au monde, une forme d'obscurantisme dangereux.

Mais nous disons aux familles européennes : prenez la question des langues au sérieux ! N'écoutez pas ceux qui se croient modernes et qui militent dans les conseils d'écoles pour la généralisation de l'anglais dès l'école maternelle. Réfléchissez et démarquez-vous d'une opinion répandue qui mène des générations de jeunes dans une impasse.

Donnez un avantage concurrentiel à vos enfants : choisissez le plurilinguisme !
Christian Tremblay


Nike : toujours plus loin dans la colonisation ! - le 14/04/2010 - 20:36 par MAR
nike.jpgNike : toujours plus loin dans la colonisation !

Be the revolution of you _ Re-Invent Yourself with Nike Air Max 90
Une fois de plus Nike joue le rôle d'avant garde colonisatrice, en s'adressant à ses clients, actuels ou éventuels, entièrement dans la langue coloniale (l'anglo-américain) avec de minuscules et grotesques traductions pour faire semblant de respecter la loi.

Nike vous méprise, méprisez-le : n'achetez aucun produit de cette marque tant qu'elle ne respectera pas notre pays et ses citoyens.

nouvelles/jocelyne-chabert.jpgBilinguisme et travail : le cas GEMS fait école - le 14/04/2010 - 20:36 par MAR
Bilinguisme et travail : le cas GEMS fait école
Retour sur le cas de GEMS où les syndicats ont réussi à imposer le français au travail (notices techniques, communication, outils informatiques... ) Entretien vidéo avec Jocelyne Chabert du syndicat CGT de General Electric Medical Systems qui explique que le plus souvent "il suffit de menacer l'entreprise ne respectant pas la loi pour  les choses rentrent dans l'ordre". Elle souligne également le caractère idéologique de l'imposition de l'anglais dans une entreprise...

Editoriaux/conf-presse.jpgConférence de presse au Salon du Livre pour 16 associations en lutte pour le français et la Francophonie - le 05/04/2010 - 18:32 par MAR
Conférence de presse réussie au Salon du Livre pour
16 associations en lutte pour le français et la Francophonie
Claude Hagège l’a conclue par ces mots : "c’est la guerre ! "

16 associations de promotion du français, de la Francophonie, et de la diversité culturelle : 13 françaises, une belge de Flandre, une québécoise, et une internatioconf-presse.jpgnale (siège à Rome), ont tenu le 30 mars 2010 au Salon du Livre de Paris, une conférence de presse présidée par l’écrivain Philippe de Saint Robert et animée notamment par le Professeur au Collège de France Claude Hagège.

Elles ont, avec l’approbation massive du public de quelque 240 personnes, démasqué et dénoncé l’offensive de grande envergure menée depuis des années par les "élites" dominantes de droite, de gauche et du centre, contre nos langues, la Francophonie et la diversité culturelle dans toute l’Europe et dans le monde. Dans l’enseignement, les universités, la recherche, la chanson, les entreprises, le cinéma, les media audio-visuels, et dans l’utilisation de l’Union européenne comme fourrier de la langue et des intérêts anglo-saxons sur le continent et en Afrique.

Nos associations constatent que, dans le cas de la France, ces évolutions tendent - au nom du "mondialisme" ou "globalization" - à une nouvelle mutation linguistique vassalisante vers l’anglo-américain.

Elles estiment que cette mutation forcée, subreptice, mais d’une ampleur impressionnante, dessert les vrais intérêts de la France, de ses voisins, et de leurs peuples au premier chef, et qu’elle justifie que la Nation puisse en prendre une pleine conscience, et s’exprimer à ce sujet d’intérêt vital dans un grand débat national.

Les 16 associations demandent donc au Gouvernement français, avec l’accord du public présent, d’organiser des :
"États généraux de la langue française et de la Francophonie".
 
Elles veulent que soient, en France, clarifiées d’urgence les places du français, des langues étrangères et régionales, et de la construction de la Communauté francophone.
Paris, le 30 mars 2010 [voir la vidéo de la conférence de presse]

Voir également les entretiens lors du Salon du Livre avec Volker Schlöndorff (4'51) Françoise Xenakis (4'12) et Édouard Molinaro (3'36) au sujet de la langue française (propos recueillis par Laura Lebeau)

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Appel préliminaire

Les associations se réjouissent de voir, en mars, le français et la Francophonie à la une de quelques médias : 40ème anniversaire du traité de Niamey, Semaine de la Langue française et prochaine inauguration par Nicolas Sarkozy et Abdou Diouf de la Maison de la Francophonie dont la date reste à fixer.

Mais nos associations constatent que :

- l’enseignement "d’une langue étrangère" dès les petites classes - en pratique du seul anglais - est imposé aux enfants de France ;

- l’enseignement secondaire offre de moins en moins d’autres langues que celle du dollar ;

- l’enseignement supérieur français s’anglo-américanise, à un rythme accéléré depuis quelques années ;

- les pressions se multiplient depuis vingt ans sur nos chercheurs pour faire de l’américain la seule langue de leurs publications et colloques en France, les mettant ainsi à la remorque et sous la coupe de la recherche et de gros intérêts anglo-saxons ;

- la chanson en anglais noie de plus en plus les artistes qui chantent en français, jusque dans les concours et prix nationaux, seul le rap restant à peu près francophone ;

- les armées de terre, de mer, de l’air, des pays européens, au nom de l’inter-opérabilité des forces OTAN, emploient l’anglo-américain jusque chez elles entre nationaux ;

- les grandes entreprises "mondialisées" imposent, en France et ailleurs, l’anglais comme langue des logiciels et de la communication avec leurs cadres, malgré les réactions, enfin renforcées, des salariés et de leurs syndicats ;

- les chaînes de télévision privées et publiques privilégient, aux "JT" du soir, la présentation-promotion (payée ?) de films américains dans de longs entretiens avec des acteurs et réalisateurs anglo-saxons; les affiches de films en anglais n’étant plus guère traduites ;

- la protection juridique du français assurée depuis 1994 (loi Toubon) est sans cesse rognée par trop de ses gardiens, jusque dans ses aspects de protection du consommateur, au mépris du principe de précaution ;

- le réseau encore magnifique d’écoles françaises, d’instituts, centres culturels, alliances françaises, d’extension mondiale et de haute qualité, perd constamment de ses ressources d’État depuis plus de 20 ans, alors qu’il est un remarquable vecteur d’influence de la France ;

- la Francophonie organisée (OIF) stagne en fait depuis 10 ans, sans impulsion politique et sans croissance réelle des moyens de sa coopération multilatérale et de ses actions de solidarité. Symbole révélateur : son drapeau est inconnu parce qu’occulté…

- l’Union européenne est devenue en fait le fourrier zélé de la langue et des intérêts anglo-américains jusque dans ses relations avec les pays francophones africains, et plus encore avec ses membres européens et leurs ministères, obligés de traiter en anglais les documents de travail, alors qu’ils devraient avoir le courage de les renvoyer à Bruxelles, en application des textes fondateurs de l’UE.
conf-presse2.jpg
Nos associations constatent que, dans le cas de la France, ces évolutions équivalent - au nom du "mondialisme" ou "globalization" - à une nouvelle mutation linguistique vassalisante, beaucoup plus rapide que ne le fut en Gaule le passage pluriséculaire des langues celtiques au latin.
Elles estiment que cette mutation forcée, d’une ampleur impressionnante, dessert les vrais intérêts de la France, et de ses voisins, et qu’elle mérite que la Nation puisse en prendre une pleine conscience, et s’exprimer à ce sujet d’intérêt vital dans un grand débat national.

Nos associations demandent donc au Gouvernement d’organiser des "États généraux de la langue française et de la Francophonie". Elles souhaitent que soient clarifiées d’urgence chez nous les places du français et des autres langues.
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* Associations organisatrices :
Alliance Champlain, Nouméa, Nouvelle-Calédonie - www.alliance-champlain.asso.nc
Association Francophonie Avenir (AFRAV), 2811 chemin de Saint-Paul - 30129 Manduel – www.francophonie-avenir.com
Association internationale francophone des Aînés (AIFA-France) - AG2R, 35 bd Brune - 75014 Paris
Association pour la Promotion de la francophonie en Flandre (APFF), Spreeuwenlaan 12 - 8420 De Haan - Belgique - www.francophonie.be/ndf
Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française (ASSELAF) 22 rue François Miron - 75004 Paris – http://asselaf.fr/
Avenir de la langue française (ALF), 34 bis rue de Picpus - 75012 Paris - www.avenir-langue-francaise.fr
Cercle littéraire des écrivains cheminots (CLEC) - http://clec.uaicf.asso.fr
Comité du 9 mars 2009 (syndicats-associations, pour le droit des travailleurs de travailler dans leurs langues nationales (en France : ALF 34bis rue de Picpus)
Défense de la langue française (DLF) – 222 avenue de Versailles - 75016 Paris ; www.langue-francaise.org
Forum francophone international France (FFI-France) - 34 bis rue de Picpus - 75012 Paris
Institut Culture, Economie et Géopolitique (ICEG) 2 rue Paul Appell, 75012 Paris – www.asso-iceg.fr
Impératif français, Québec
Le Français en Partage (LFP), 25 bd Arago - 75013 Paris - http://lefrancaisenpartage.blogspot.com
Respublicanova, Paris www.respublicanova.fr et www.jeuneciceron.fr

nouvelles/alliance-francophone.jpgL'Alliance Francophone renouvelle son souhait d'un visa francophone - le 24/03/2010 - 08:31 par Albert_Salon
L'Alliance Francophone renouvelle son souhait d'un visa francophone
Assemblée générale du 20 mars 2010

L’Alliance francophone, présidée par Jean Guion, a tenu le 20 mars 2010 son Assemblée Générale à Paris et confirmé ses orientations principales dont la création d'un visa francophone. Son Président-fondateur a été Pierre Messmer ancien Premier Ministre, les actuels présidents d’honneur sont Stéphane Hessel et Cheick Modibo Diarra ceux-ci prenant la suite de Maurice Druon. Les résolutions adoptées rejoignent et précisent sur certains points : notamment sur le visa francophone – les propositions formulées depuis vingt ans par ALF et d’autres associations de promotion du français et de la Francophonie telles FFI-France, ASSELAF, AFRAV, groupe Phénix… [AS]

Les membres de l'Assemblée Générale de l'Alliance Francophone réunis le 20 mars à Paris ont adopté 7 résolutions :

• estimant que la liberté de circuler est un élément fondamental du développement de la Francophonie, renouvelle son souhait de voir cette liberté facilitée et réaffirme sa volonté de voir réaliser son projet de "visa francophone" qui permettra une circulation plus aisée et plus digne des créateurs francophones de richesses culturelles et économiques dans leur espace,

• estimant que l'apprentissage de la langue française n'est plus satisfaisant, souhaite que tout soit mis en œuvre pour que les professeurs de français puissent disposer, rapidement, de nouveaux moyens afin d'être en mesure de donner aux élèves le goût de cette langue de culture,

• estimant que la langue française est particulièrement maltraitée dans les médias et la publicité, demande à Alain Joyandet, secrétaire d'État chargé de la coopération et de la francophonie, d'accentuer fermement la lutte contre les anglicismes,

• estimant que les hommes politiques, artistes, journalistes, et plus largement ceux qui s'expriment à longueur de journée, en particulier à la télévision, adoptent un laisser aller coupable en ne parlant plus un français correct qui permet de les comprendre, leur demandent de prendre conscience de leur exemplarité et de se ressaisir,

• estimant que la défense des valeurs humanistes véhiculées par le français dans l'espace francophone, et en dehors de celui-ci, est de plus en plus nécessaire, demande à l'OIF d'être plus directive et plus audible dans ses prises de position quand ces valeurs sont remises en question,

• estimant que le français reste et demeure une langue de liberté, l'Alliance Francophone réaffirme son soutien à tous ceux qui luttent pour vivre libres et dignes en Palestine, en Birmanie, à Cuba, en Chine, et plus généralement partout où les peuples sont bâillonnés,

• estimant que le français ne doit pas être l'apanage d'une élite, l'Alliance Francophone souligne l'importance qu'il y a à promouvoir, par des mesures concrètes, les vecteurs populaires tels que la chanson, la poésie, le sport, la mode et tout ce qui fait "l'art de vivre francophone".

(voir le site de l'Alliance francophone)
 

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