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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  

Lettres de protestation

Der. nouv.

Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (5)

Le Figaro  Le Grevisse prend des couleurs pour plaire aux collégiens (20/11) (lien)
LCI  Dites "aveugle", ne dites pas "malvoyant" ! (20/11) (lien)
Radio-Canada Les combats historiques des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro 5 mots que l'on prononce mal (lien)


Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (4)

Le Devoir La classe politique québécoise à la défense des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro Éliane Viennot La langue française n'est pas misogyne (16/11) (lien)
Le Point Comment le Petit Larousse choisit de supprimer des mots (15/11) (lien)
La Tribune La francophonie des affaires dynamisée au cœur de la capitale française (16/11) (lien)


nouvelles2018/france-inter-se-reve-ricaine.jpgFrance Inter se rêve ricaine - le 19/11/2018 - 14:47 par MAR

France Inter se rêve ricaine

Pour fêter quelque frémissement de son audience, France Inter, se croyant originale, s'offre des pages de publicité avec un slogan sous-Trump, sous-Macron : "MAKE RADIO GREAT AGAIN".

Il ne suffisait pas à cette radio d'avoir des chansons états-uniennes omniprésentes et d'avoir son journal de plus grande écoute (celui de 8h) très ricano-centré : ouverture sur des discours de Trump (même si c'est pour le critiquer), petites bisbilles de la société états-unienne et de ses vedettes étalées de long en large, promotions poussées de films et de disques de même provenance (appelés "films Inter" ou "disques Inter" !).

Maintenant France Inter communique en ricain dans le texte ! Ne lui rappelez pas qu'il s'agit une chaîne de service public française.
Sans doute espère-t-elle se faire bientôt rebaptiser US Inter

MAR


Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (3)

ActuaLitté Paul de Sinety nommé délégué général à la langue française (14/11) (lien)
France Culture La langue a-t-elle un sexe ? (14/11) (lien)
Sorb'on Le phénomène du "franglais" à la fac (10/11) (lien)
Collaboracheune : Après les timbres Mickey, la Poste lance sa French Bank (lien)
France Culture P. Guyotat prix littéraires : une forme de palmarès incontestable (7/11) (lien)


Saint-Laurent profane le Palais-Royal
en anglais !

Le Palais-Royal, au cœur de Paris, siège du Ministère de la Culture (!), du Conseil constitutionnel et du Conseil d'État est utilisé par une manifestation privée pour un couturier "français" qui communique entièrement en anglais.
Merci Saint-Laurent ! Merci à tous les bons petits soldats de la colonisation anglo-saxonne à l'origine de cet affichage ! 
Merci aux services publics qui ont permis cet affichage en toute illégalité :

MAR

saint_laurent_self_1.jpg saint_laurent_self_2.jpg
saint_laurent_self_3.jpg saint_laurent_self_4.jpg

Bravo !


Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (2)


Le Figaro 5 erreurs à éviter lors de votre entretien d'embauche ? (lien)
La Voix du Nord Une bonne nouvelle pour le français que cette "infox" ? (lien)
Le Figaro Prononcez-vous correctement ces mots de la langue française ? (lien)


Francophonie.gifEt si on lançait un visa biométrique francophone - le 05/11/2018 - 17:40 par Yves_Montenay

Et si on lançait un "visa biométrique francophone" ?

Dans la foulée du sommet de la Francophonie à Erevan et en visant celui de Tunis en 2020, Fahrat Othman, Tunisien, a publié une tribune dans Contrepoints d’octobre 2018 préconisant la création d’un "visa francophone". Il reprend ainsi une vieille idée de notre association, que nous sommes heureux de voir resurgir. Commençons par exposer brièvement son projet.

La thèse de Fahrat Othman

Le "visa biométrique francophone de circulation" serait valable entre pays francophones. Il devrait être parfaitement fiable en termes sécuritaires, et pourrait être réservé dans un premier temps, à un espace restreint rassemblant les pays francophones démocratiques 1. On peut supposer que l’auteur pense aux pays du Nord et, au Sud, au moins à la Tunisie.

Il relie ce projet à "L’Appel pour le vivre ensemble" qu’il qualifie d’acte majeur du sommet d’Erevan, et en justifie l’urgence par la détérioration de la situation du français. Au Québec, il ne pourrait plus compter sur la fibre nationaliste des générations précédentes, tandis qu’en Afrique il est menacé par le rouleau compresseur des identitaires nationalistes, dont, à mon avis, les islamistes. Et il espère que les jeunes seront séduits, puisque ce qui leur importe c’est de pouvoir circuler librement.

Et il ajoute un mot d’économie, souvent préoccupation prioritaire, car la construction d’une Francophonie économique avec une sorte de "préférence communautaire" est, de notre point de vue, un très important facteur de cohésion de la Francophonie organisée 2 : la libre circulation des élites économiques est une condition nécessaire du développement. Il pense même au problème démographique, que l’ouverture culturelle permettrait d’atténuer. Ce que j’ai démontré dans mes propres travaux universitaires, probablement inconnus de l’auteur. La libre circulation devait devrait également générer une pression démocratique..

La position de notre association

S’agissant d’une de nos vieilles idées, nous ne pouvons que nous réjouir de la voir relancée. Elle rejoint d’ailleurs une suggestion plus modeste, mais symbolique, émise par Xavier Deniau, Jean-Marc-Léger, Philippe Rossillon et nos associations, reprise notamment dans 2 le rapport Attali de 2014, d’un guichet réservé aux possesseurs d’un passeport de pays membres de l’OIF 2 dans les aéroports internationaux.

Il faudrait néanmoins rajouter quelques précisions, notamment du fait de l’allergie aiguë à l’immigration chez une grande partie de la population de France et de quelques autres pays membres de l’OIF 2, dont le Maroc et l’Algérie, qui sont également la destination de nombreux subsahariens. Les commentaires à l’article de Ferhat Othman ont d’ailleurs été virulents, le plus poli d’entre eux le qualifiant de "moyen détourné pour rendre légale l’immigration africaine en France".

Il faut donc être prudent, ne serait-ce que pour ne pas voir ce projet violemment rejeté.

D’abord l’auteur précise "visa biométrique", pour éviter l’inconvénient des "vrais faux" documents d’identité qui permettent à beaucoup d’Africains de bénéficier indûment du regroupement familial au Nord

Mais il faut probablement être encore plus restrictif, surtout pendant une période de rodage. Une idée à préciser serait de réserver le visa à certaines catégories de la population (et non à certains États, ce qui poserait des problèmes diplomatiques aigus), les enseignants de français ayant une priorité, ainsi que les dirigeants d’entreprise, les responsables d’institutions politiques, culturelles, caritatives, ayant pignon sur rue (2). Ce serait une formidable motivation pour eux. On pourrait notamment imaginer de prendre en compte le niveau d’études ou celui de connaissance du français

Le point délicat serait de déterminer l’autorité habilitée à délivrer ce visa. L’OIF pourrait certes être promotrice de l’idée, mais ne pourrait pas en être l’opératrice, ne serait-ce que pour ne pas déplaire à tel ou tel de ses États membres 2. Cette autorité à définir devrait panacher au moins des membres "culturels" et des spécialistes de l’antiterrorisme. Pour ne pas mettre en place une structure trop lourde, elle sous-traiterait à des administrations qualifiées

Bref, le principe de la citoyenneté francophone serait une fantastique motivation pour tous. Les moyens techniques existent pour qu’elle ne soit pas attribuée n’importe comment.

Yves Montenay, président de l’Institut Culture, économie et géostratégie (ICEG) et vice-président d’Avenir de la Langue française (ALF).

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Le terme devrait recevoir au moins une définition juridique admise par l’ONU
Les mots en italique ont été ajoutés par la rédaction.


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de novembre 2018 - le 02/11/2018 - 17:15 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2018

Contrepoints Farhat Othman Pour un visa francophone de circulation (1/11) (lien)
Le Figaro Prononcez-vous correctement ces mots de la langue française ? (lien)
Louis Maisonneuve Pétition Restaurer le rayonnement de la langue française (lien)
Je Retiens L’évolution du français et ses réformes orthographiques depuis le Moyen-âge (lien)
Le Figaro 5 tics de langage qu'on entend trop (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (9)

L'Express Michel Feltin-Palas La pub, le français et le "coït des neurones" (30/10) (lien)
Le Devoir Les nouveaux chiffres du français (29/10) (lien)
Faso Francophones d’Afrique "Speak english as well… and honi soit qui mal y pense !" (lien)
Le Figaro Dis-moi dix mots : un projet artistique met à l'honneur la langue française (lien)
Le Figaro 5 mots qu'on ne sait jamais vraiment orthographier (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (8)

OIF La langue française dans le monde 2018 : synthèse (28/10) (lien)
L'Obs Le Rwanda, motif de discorde entre Juppé et Macron (25/10) (lien)
France-China Le Rwanda s'engage à promouvoir l'utilisation du français (25/10) (lien)
Figaro Cl.Pillot-Loiseau Nous ne sommes pas égaux dans l'apprentissage d'une langue(lien)
Blog de Jean Lévy Macron "dénationalise" la langue française (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (7)

Riposte Laïque Albert Salon Défendre notre langue contre la violente offensive anglo-saxonne (25/10) (lien)
Le Figaro Ces mots qui n'existent pas et qu'on ne veut plus entendre (23/10) (lien)
L'ADN La Francophonie (OIF) présente sa campagne de notoriété (22/10) (lien)
ONFR Réactions aux propos de Denise Bombardier sur les francophones hors Québec (lien)
Le Figaro La novlangue de bureau est un patchwork indigeste et creux ! (19/10) (lien)


nouvelles2018/benoit_duteurtre.jpgNon, l’Europe ne doit pas parler anglais - le 25/10/2018 - 10:31 par Benoit_Duteurtre

Non, l’Europe ne doit pas parler anglais

par Benoît Duteurtre

article paru dans Marianne le 12 octobre 2018

Le 12 janvier 2017, le sémillant candidat Macron, de passage à Berlin, s'adressait à une assemblée d'étudiants allemands. Il choisit alors de s'exprimer en· anglais, ce qui témoignait d'une certaine idée de la modernité... mais aussi d'un certain dédain pour les deux grandes cultures française et allemande, officiellement si proches, au cœur de l'Europe. Il est vrai que notre voisin semble avoir accepté depuis longtemps le recours à l'anglais comme véhicule des échanges entre peuples du Vieux Continent.

Et il n'est pas certain que le futur président français ait vraiment réfléchi à la question, tant ce réflexe semble faire partie de son programme : celui d'un ovni politique, se voulant jeune, pragmatique, réformateur et pressé de faire entrer la France dans le train de la globalisation heureuse - ce qui suppose aussi bien de remplacer les trains régionaux par des autocars, de réduire la fonction publique ou de maîtriser le globish comme une seconde nature. Il allait en donner une nouvelle illustration quelques mois plus tard, en cultivant avec Donald Trump les apartés censés contribuer au rapprochement' des deux pays - à moins qu'ils ne créent une forme de vassalité pour celui qui emploie la langue de l'autre. Mais c'est plus fort que lui : dès qu'il sort de l'Hexagone, et comme pour marquer sa différence avec ces patauds de Sarkozy et de Hollande, le nouveau président recourt systématiquement à. l'anglais... au risque de commettre quelques impairs, comme d'avoir trouvé "trop bonne" l'épouse du Premier ministre australien.

Complaisance des élites

Charles de Gaulle ou François Mitterrand avaient une conscience aiguë du rôle politique de la langue, · de ce qu'elle symbolise, mais aussi des rapports de force qu'elle sous-tend. Emmanuel Macron habite une autre planète... Ce qui ne l'aura pas empêché, une fois président, d'endosser comme ses prédécesseurs les pompeux habits de la francophonie, doublés d'un vibrant discours sur la place du français dans le monde, notamment en Afrique. Mais cette francophonie-là obéit à des évolutions démographiques qui ne se décident pas à l'Élysée, et ses enjeux n'ont pas toujours de rapport immédiat avec la langue, comme en a témoigné l'invraisemblable projet de porter à la tête de l''Organisation internationale de la francophonie une ministre rwandaise qui a œuvré pour le remplacement du français par l'anglais dans son pays.

Et, quelle que soit la vitalité de notre langue sur le continent africain, on est surtout frappé par l'absence d'idées, de discours et d'ambitions, là où les pouvoirs publics auraient le devoir d'intervenir : en Europe et en France même, où le français ne cesse de reculer avec la complaisance d'élites qui jugent plus moderne de s'exprimer in english, tel un Pierre Moscovici adressant en anglais les directives économiques an gouvernement français. Au sein de l'organisation européenne, la domination de l'anglais s'est imposée sans aucune résistance dans les pratiques, sinon dans les règles. Après le Brexit, il semblerait pourtant naturel de se demander si cette langue doit continuer à régner sans partage dans l'administration bruxelloise. A un an des élections au Parlement de Strasbourg, nul candidat ne semble pressé de poser cette question, apparemment trop secondaire... ou trop périlleuse.

macron_erevan.jpg

Car, si la réponse est oui, nous nous trouverions dans ce cas unique et singulier d'une vaste union économique et politique, comparable aux États-Unis ou à la Chine, mais régie par une langue étrangère à sa population. On l'avait déjà vu lors des précédentes élections européennes, lors du grand débat télévisé entre candidats à la présidence du Parlement, tous francophones et germanophones... mais priés de discuter en anglais sous la houlette d'animateurs britanniques et américains.

À cette conception s'oppose celle d'Umberto Eco selon laquelle la langue de l'Europe est "la traduction" - comme le prévoyait l'organisation initiale du Marché commun, avec ses différentes langues de travail (le français et l'allemand avant même l'anglais). N'en déplaise à ceux qu'indigne le coût des interprètes - forcément pléthorique dans une union à 27 -, il en va de la conception même de l'Europe : mosaïque de cultures à la fois très imbriquées et très différenciées (ce qu'elle est historiquement), ou simple entité marchande important des codes et des pratiques culturelles d'outre-Atlantique - comme en témoigne, dans un autre genre, le pitoyable concours Eurovision, véritable festival de l'américanisation par le bas.

A la volonté de défendre une Europe à plusieurs langues, on oppose toujours l'argument du pragmatisme. Mais la première zone économique mondiale n'est-elle pas une entité assez puissante pour imposer ses propres usages ? Si, déjà, les représentants de l'Union appliquaient la règle de s'exprimer publiquement dans leur propre langue. cela changerait l'image et· la conception même de l'Europe. Il n'en va pas ainsi, malheureusement, dans le nord du continent où l'anglais est déjà une seconde nature, ni dans l'Europe ex-communiste qui a toujours vu dans l'UE une façon de devenir otanien et américain.

Si les représentants de l'Union appliquaient la règle de s'exprimer publiquement dans leur propre langue, cela changerait l'image et· la conception même de l'Europe.

En témoigne l'anglais systématique de Donald Tusk - au contraire des efforts qu'on doit accorder à Jean-Claude Juncker, quand il a tiré les conséquences du Brexit et décidé de ne plus s'exprimer qu'en français ou en allemand. Il semble en tout cas intéressant que cette élection qui tournera autour de l'économie, de la globalisation, des migrations, ne laisse pas de côté, une fois encore, la question de la langue et que notre pays ose ouvrir le débat.

Quant à la seconde échelle, c'est celle de la France elle-même où il suffit d'allumer un poste de radio ou de télévision pour prendre la mesure stupéfiante des évolutions en cours : quand toute phrase inclut désormais plusieurs mots anglais ou anglicismes ; quand certains termes sont carrément remplacés (coach pour "entraîneur", challenge pour "défi", life pour "vie"... ), parfois même à contresens ("supporter" signifiant désormais curieusement "soutenir") ; quand les titres des films et des livres ne sont plus traduits ; quand la publicité et les enseignes préfèrent l'anglais ; ou quand les reportages, y compris ceux du service public, n'emploient qu'une seule langue - si bien que les journalistes de guerre au Proche-Orient mènent leurs interviews en anglais plutôt qu'en arabe, ce qui oriente forcément le choix des interlocuteurs.

Car une langue ne véhicule pas simplement des mots, mais aussi une façon de penser. Là encore, on mesure l'inconséquence d'une République étrangère à ces questions. Elle ne semble guère pressée de faire respecter la loi Toubon qui oblige les entreprises installées en France à travailler en français, ni d'apporter quelques recommandations sur ce thème aux grands services de l'État. C'est ainsi pourtant, point par point, symbole par symbole - comme le firent en leur temps les Québécois - qu'on pourra maintenir l'existence du français, autrement que comme patois local d'une province-américaine excentrée.

Benoît Duteurtre


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (6)

Le Figaro Jean-Michel Delacomptée Francophonie partout, français nulle part (19/10) (lien)
Le Monde des lecteurs Francophonie : une nomination étrange (18/10) (lien)
Le Figaro Emmanuel Macron, une grande ambition pour la langue française (19/10) (lien)
Libération Rendons le féminin à la langue française (17/10) (lien)
Boulevard Voltaire Macron ou la francophobie (20/10) (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (5)

Sud Radio Natacha Polony Langue française, reprends de ta superbe ! (lien)
Le Point Internet au secours du français (14/10) (lien)
B. Cerquiglini Non, le français n'est pas en déclin, il se féminise et devient universel (lien)
Valeurs Actuelles Pour Macron, la langue française n’a plus de “lien” avec la France (lien)
Le Figaro 5 mots que vous utilisez... mais qui n'existent pas (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (4)

Nouvelle République La Francophonie couronne la Rwandaise Louise Mushikiwabo, en dépit des critiques (12/10) (lien)
Seneweb Paul Kagame, s’exprime en anglais lors du sommet de la Francophonie (12/10) (lien)
France Culture L'université en anglais : soft power ou menace pour le français ? (12/10) (lien)
Le Figaro 5 anglicismes qu'on ne veut plus jamais entendre (lien)
In Memoriam Dr Helmut Loofs, membre d’honneur et à vie d’ALF (lire ci-dessous)
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In Memoriam Dr Helmut Loofs, membre d’honneur et à vie d’ALF

ALF vient de perdre un éminent membre d’honneur et à vie, décédé à Canberra, en Australie.

Allemand de la Frise, Hitlerjunge embrigadé par les nazis, enrôlé en 1945 à 16 ans dans la "Flak" pour défendre Berlin contre l’hallali des bombardiers des Alliés ; puis engagé volontaire dans notre Légion étrangère, il a "fait l’Indo". Après des études spécialisées en France, il a émigré en Australie avec sa femme allemande, francophile comme lui et leurs deux enfants aux prénoms français. Naturalisé australien, il s’est lancé dans l’enseignement et la recherche en ethnologie et anthropologie du sud-est asiatique, jusqu’à être élu membre de l’Australian Academy of Humanities. De 1969 à 1975, président de l’Alliance Française de Canberra, il a puissamment aidé le Conseiller culturel et scientifique de l’ambassade de France dans la création de la Maison de France, véritable institut culturel franco-australien sous l’égide de l’Alliance française avec l’aide du gouvernement français et de la BNP-Australie. Dès la création de notre ALF en 1992, il en est devenu un membre fidèle. J’associe son épouse Sigrid dans l’hommage que notre association et la France lui doivent. Albert Salon


À quand une véritable
organisation internationale de la Francophonie ?

Ainsi, selon la volonté d'Emmanuel Macron, parait-il président de la République Française, l'Organisation internationale de la Francophonie va-t-elle désigner comme secrétaire générale Louise Mushikiwabo, ministre des affaire étrangères du Rwanda, pays qui a abandonné la langue française au profit de l'anglais et qui est un des plus répressifs du continent. Candidature d'ailleurs annoncée en anglais par le président du pays…

Une fois de plus les petites combinaisons diplomatiques vont l'emporter sur la mission principale de l'OIF qui devrait être le rayonnement de la langue française dans le monde. Non, on se sert de cette institution pour essayer de se rabibocher avec un petit pays qui nous méprise depuis des années en cherchant à nous rendre responsables du génocide qui a eu lieu il y a près de 25 ans sans rechercher les vrais responsables rwandais.

Il même question de faire entrer l'Arabie Saoudite, pays qui compte moins de 1% de francophones, comme membre observateur de l'OIF…

À quand une véritable organisation internationale de la Francophonie qui s'occuperait vraiment de la langue française, qui défendrait la place du français notamment dans les institutions internationales et qui ferait rayonner cette langue ? MAR


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (3)

RFI L'Arménie, un pays très francophile mais peu francophone (10/10) (lien)
Le Devoir Ottawa et Québec larguent Michaëlle Jean (10/10) (lien)
ADIAC Élection à la Francophonie : Louise Mushikiwabo défie Michaëlle Jean (9/10) (lien)
Le Devoir En Arménie, un vieil amour de la langue française (9/10) (lien)
Canada Liste d’appellations au féminin (lien)
Le Figaro 5 fautes de français à éradiquer de vos lettres de motivation (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (2)

Liberation Le maire est enceinte ? (8/10) (lien)
France 24 L’embarrassante candidature de l’Arabie saoudite à la Francophonie (6/10) (lien)
RFI lancement d'un magazine consacré à la langue française (5/10) (lien)
Agoravox Destruction de la langue française : Blanquer continue le travail (5/10) (lien)
DGLF Bilan de la Semaine de la langue française et de la Francophonie 2018 (4/10) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'octobre 2018 - le 03/10/2018 - 16:33 par MAR

Langue française : Nouvelles d'octobre 2018

Radio Canada Francophonie : l’insistance de Michaëlle Jean crée un malaise (4/10) (lien)
Le Monde "fake news" se dira "infox" en français (4/10) (lien)
Le Monde "Infox", "intox", "canular" ou "mensonge", pourquoi pas "fake news" (4/10) (lien)
Médiapart Besançon : ridicule franglais de façade (3/10) (lien)
Le Figaro Le pays de Charles Aznavour était la langue française (2/10) (lien)
Le Figaro R. Delord Apprendre le latin à tous les élèves, véritable enjeu culturel (2/10) (lien)


Langue française : Nouvelles de septembre 2018 (2)

Le Parisien La Ryder Cup se déroule en France, mais en anglais ! (28/9) (lien)
A.FR.AV Blanquer, pas si blanc que ça face à l’anglicisation En Marche ! (lien)
Le Figaro Cinq mots vieillots qui n'ont rien perdu de leur fraîcheur (27/9) (lien)
L'Express Le maire, l'anglais et la "modernité" (27/9) (lien)
ALF au forum associatif du 14e arrondissement de Paris (lire ci-dessous)

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ALF au forum associatif du 14e arrondissement de Paris

Un exemple d’action de nos bénévoles, que nous invitons tous nos adhérents et sympathisants
à suivre en prenant contact avec l'association ( avenirlf@laposte.net ) A. S.

Le forum associatif du 14e arrondissement a eu lieu le samedi 8 septembre 2018

J'ai pu greffer la présence d'ALF au pied levé, bien que l'association soit domiciliée
dans le 12e arrondissement.
De nombreux exemplaires du dernier bulletin ont été distribués ainsi que des constats d'infraction.
La marée anglo-saxonne semble rebuter beaucoup de Parisiens.
Nombreuses discussions avec des citoyens de France ou d'ailleurs.
Espérons de bonnes retombées !

Lionel Cudennec


Langue française : Nouvelles de septembre 2018

Daniel Miroux Le XIème forum francophone du Pacifique à Port-Vila (Vanuatu) du mercredi 5 au samedi 8 septembre 2018 (lien)
Le Figaro 10 mots de nos ancêtres les Gaulois que l'on utilise en français (24/9) (lien)
Guy Chausson Lettre à Citroën qui présente ses nouveaux véhicules avec un recours massif à des termes anglo-américains et un slogan servile "Inspired by you(lien)
LCI Rentrée scolaire pourquoi Jean-Michel Blanquer veut renforcer la dictée en primaire (lien)


nouvelles2018/brexit.jpgLégitimité et Légalité - le 19/09/2018 - 15:39 par Guy_Dalens

La langue anglaise et l’Europe

Légitimité et Légalité

par Guy Dalens

"Car pensent-ils avoir mieux vu les difficultés à cause qu’ils y succombent et que les autres,
qui les ont vues, les ont méprisées ?".
Bossuet
*

Trois articles ou communications concernant le maintien ou pas de la langue anglaise dans les institutions communautaires après le Brexit ont été publiés dans le n°65 de septembre 2018 de la revue Avenir de la langue française.

Le premier "Aspects juridiques du Brexit" par l’Observatoire européen du plurilinguisme, le second "Pour une gouvernance européenne multilingue" de Christian Tremblay, président de l’Observatoire européen du multilinguisme, le troisième de M. Roques, fonctionnaire à la Commission européenne.

Les deux premiers articles paraissent hésiter sur les conséquences du Brexit sur le maintien ou non de l’anglais dans les instances communautaires. Sur quel pied danser paraissent-ils nous demander !

Le troisième texte est affirmatif, le fonctionnaire communautaire qui se prend pour Créon affirme, en réponse à une question d’un Italien, M. De Poli, que l’anglais restera une langue de la communauté même si l’Angleterre n’y est plus. Pour parler plus clairement, il veut dire qu’il ne faut rien changer à la situation linguistique présente et qu’il nous faut donc continuer à être une colonie américaine via le cheval de Troie anglais. Évidemment, tout ceci est maquillé derrière une façade juridique — celle des articles 55, 342 et autres — où il est si facile de se perdre et qui peuvent être interprétés différemment selon les circonstances. Les instances communautaires utilisent, à ce jour, trois types d’interprétation : l’interprétation littérale, l’interprétation dans l’esprit du texte et l’interprétation téléologique, la plus redoutable car infinie ou sans limite. J’invite M. De Poli à ne pas gober la sentence illégitime de ce fonctionnaire hors-sol. Ce n’est pas à un fonctionnaire communautaire de nous dire quelle langue nous devons parler.

Tout le monde le sait. Derrière les querelles juridiques les plus subtiles se cachent toujours des intérêts politiques, économiques ou linguistiques comme ici.

Il faut bien reconnaître que la machine administrative anglaise avec sa tête bicéphale de taupe et de coucou a réussi, en une quinzaine d’années (1975-1990) à supplanter toutes les autres langues de la communauté, en particulier le français, l’allemand et l’italien, langues des pays fondateurs de la CEE et langues de travail utilisées. Le même phénomène s’observe à l’OCDE où pourtant, il n’y a que deux langues officielles en présence.

Malgré toutes les précautions qu’avaient pu prendre à l’époque le président Pompidou avec son homologue Edward Heath à travers un engagement d’honneur appelé par le droit international un "gentleman agreement", le rouleau compresseur anglais n’allait pas tarder à broyer tout ce qui s’opposait à sa manie colonisatrice avec en toile de fond la présence du grand frère américain dans le rôle du chaperon. Sans lui tout changerait bien évidemment.

Et pourtant, la langue anglaise n’a aucune légitimité ni historique ni économique, à bénéficier d’un tel traitement de faveur.

Historique

La construction européenne a toujours été combattue par les Anglais, de l’extérieur ou de l’intérieur. De l’extérieur, par la création de la "zone de libre-échange" avec laquelle ils tenteront de faire pièce au Marché commun constitué par les six États membres fondateurs : Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, pays dits du Benelux, Italie et la France.

Devant l’échec de cette action extérieure, ils chercheront à y pénétrer, pour la saper de l’intérieur.

Pendant quelques années, ils se heurteront à l’intransigeance de De Gaulle qui opposa son veto à leur demande d’adhésion : ce fut par deux fois avec M. Macmillan, puis une fois avec M. Wilson.

De Gaulle parti, la danse des cabris pouvait commencer, sous la présence patiente et obstinée des Britanniques.

L’engagement des Britanniques dans le Marché commun puis l’Union Européenne sera toujours partiel. Ils disposent de conditions particulières sur plusieurs actions communautaires :

  • Ils ne sont pas adhérents à la monnaie unique européenne (euros) ;
  • Ils ne font pas partie de l’espace Schengen ;
  • Leur participation au budget communautaire n’est pas équitable pour les autres États membres avec l’introduction du rabais britannique, après les interventions acharnées d’épicière de Margaret Thatcher pendant cinq années (Je veux qu’on me rende mon argent ou dans sa langue à elle "I want my money back"). Ce qui a permis à l’Angleterre de réduire sa contribution au budget européen au détriment de pays comme la France.
  • Le Royaume-Uni est le seul membre à ne pas contribuer au budget à hauteur de ses revenus : sa part était de 9,77% en 2014 contre 14,56% pour la France qui possède une population équivalente.

Elle a réussi à amoindrir, par ses coups de boutoir continuels, la Politique agricole commune (PAC) au point que cette dernière dans le budget européen a fondu de 66 % à son lancement en 1962 à 40% en 2014**.

Économique

Je donne ici des extraits de l’article de M. Montenay, vice-président d’ALF, paru dans le n°59 de la revue Avenir de la langue française qui pose le problème avec le plus d’acuité.

"L’hégémonie de l’anglais à Bruxelles a des conséquences économiques que connaît peu le grand public.

Le rapport Grin a chiffré à des dizaines de milliards de dollars par an l’avantage pour le Royaume-Uni et ses entreprises. Sa conclusion mérite d’être intégralement citée :

  • Le Royaume-Uni gagne, à titre net, au minimum 10 milliards d’euros par année du fait de la domination actuelle de l’anglais.
  • Si l’on tient compte de l’effet multiplicateur de certaines composantes de cette somme ainsi que du rendement des fonds que les pays anglophones peuvent, du fait de la position privilégiée de leur langue, investir ailleurs, ce total est de 17 à 18 milliards d’euros par année.
  • Ce chiffre serait certainement plus élevé si l’hégémonie de cette langue venait à être renforcée par une priorité que lui concéderaient d’autres États, notamment dans le cadre de leurs politiques éducatives respectives ;
  • Ce chiffre ne tient pas compte de différents effets symboliques (comme l’avantage dont jouissent les locuteurs natifs de la langue hégémonique dans toute situation de négociation ou de conflit se déroulant dans leur langue) ; cependant, ces effets symboliques ont sans doute aussi des répercussions matérielles et financières"***

Nous ne devons plus accepter que l’anglais soit la langue dominante de la communauté, au besoin par des actions légitimes au regard de notre seule conscience. Le corset illégal et illégitime dans lequel les puissants du jour veulent nous enfermer doit être combattu et brisé.

De Gaulle était-il dans la légalité de Vichy lorsqu’il décida de quitter son pays pour poursuivre le combat contre l’occupant allemand et nazi ? Non, il était dans la légitimité de la France.

Jeanne d’Arc, la relapse aux yeux d’une église dévoyée, était-elle dans la légalité monarchique lorsqu’elle décida de sauver la France de l’occupation anglaise ? Non, elle était dans la légitimité du royaume de France.

Antigone était-elle dans la légalité des lois de la cité lorsqu’elle décidait de donner une sépulture à son frère ? Non, elle était dans la légitimité de la loi divine.

Les résistants, de gauche, de droite, communistes ou monarchistes étaient-ils dans la légalité lorsqu’ils se battaient jusqu’à la mort contre l’occupant allemand ou nazi ? Non, ils étaient dans la légitimité de la République.

Notre président M. Salon nous le dit : "L’Europe des nations ne saurait prendre comme seule langue officielle celle des États-Unis (...). Question vitale et civilisationnelle. Il faut faire cesser l’actuelle humiliation culturelle et politique suprême : les administrations des pays membres obligées de travailler sur des textes de Bruxelles uniquement en anglais et – en pleine illégalité et illégitimité – de répondre dans la même langue. Cela va à l’encontre des traités, et surtout de l’adhésion profonde des peuples à cette union-là".

Notre action légale a atteint ses limites sur le plan communautaire et national. Nous sommes obligés d’admettre que nous sommes devenus une colonie américaine et Bruxelles une annexe de l’empire. Progressivement nous avons été colonisés par la langue anglo-américaine.

En partant, l’Angleterre n’aura rien cédé de sa force d’influence : sa langue. Elle continuera à nous contaminer et à finalement nous détruire.

Seul moyen de trouver une parade : mener des actions fondées sur la légitimité de la France en nous inspirant des exemples cités plus haut, ou encore, quitter cette Europe devenue mortifère pour notre langue, en adoptant une stratégie de rupture.

Guy Dalens

membre d’Avenir de la Langue française

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Oraison funèbre d’Anne de Gonzague, première partie.

** touteleurope.eu : "Budget européen : qu’est-ce que le rabais britannique ?"

*** documentation française : "Rapport Grin : L'enseignement des langues étrangères comme politique publique".


nouvelles2018/brexit2.jpgAspects juridiques du Brexit - le 19/09/2018 - 15:19 par OEP

Aspects juridiques du Brexit

par l'Observatoire européen du plurilinguisme

D'abord, les langues officielles pour l'Union européenne sont fixées par l'article premier du règlement 1/1958, dans sa version originale et dans sa version à jour de 2007. Elles sont donc différentes des langues officielles des États. Elles en sont plutôt un sous-ensemble, ce qui veut dire que des langues officielles d'un État membre peuvent ne pas être langues officielles pour l'Union européenne. C'est la raison pour laquelle l'irlandais, pourtant langue des traités, n'était pas langue officielle jusqu'au règlement 920/2005 modifiant le règlement 1/1958 et y ajoutant notamment l'irlandais. En clair, l'Irlande avait comme langue officielle l'anglais jusqu'à ce règlement. Mais le règlement 920/2005 ne dit pas si l'Irlande perdait du même coup l'anglais comme langue officielle. On devine tout de suite la difficulté qui se présente. Pour faire simple, il y a deux hypothèses :

1) Les pays qui ont plusieurs langues officielles (nationales), n'ont droit qu'à une seule officielle en propre. C'est ce qui semble découler de l'article 8 du règlement 1/1958 qui dit : "En ce qui concerne les États membres où existent plusieurs langues officielles, l'usage de la langue sera, à la demande de l'État intéressé, déterminé suivant les règles générales découlant de la législation de cet État."

L'article 3 semble pousser dans le même sens : "Les textes adressés par les institutions à un État membre ou à une personne relevant de la juridiction d'un État membre sont rédigés dans la langue de cet État."

Pour l'Irlande et Malte, l'anglais est une langue officielle partagée avec le Royaume-Uni. Dans ce cas, le départ du Royaume-Uni impliquerait que l'Irlande et Malte ne conservent comme langues officielles que l'irlandais et le maltais.

2) Les États membres qui ont plusieurs langues officielles nationales peuvent avoir plusieurs langues officielles pour l'Union européenne. Cette interprétation relativise beaucoup l'interprétation à donner aux articles 3 et 8 du règlement 1/1958. Dans ce cas, l'anglais est pour l'Irlande (ou Malte) une langue officielle en propre au même titre que pour le Royaume-Uni. Dans cette hypothèse, Brexit ou pas Brexit, l'anglais reste une langue officielle pour l'Union européenne.

Le moins que l'on puisse dire est que l'issue d'un recours devant la CJE serait très incertaine.

Notre hantise est que le maintien de l'anglais comme langue officielle pour l'Union européenne puisse apparaître comme le résultat d'un traitement spécial accordé à l'anglais. Car, dans ce cas, on pourrait en déduire une prééminence de jure de l'anglais sur les autres langues. C'est la raison pour laquelle l'OEP préconise qu'il y ait un vote en tout état de cause du Conseil européen qui valide l'une ou l'autre interprétation. Pas moins de 80 % de la population irlandaise ne connaissant pas l'irlandais, on n'imagine pas que l'on supprime l'anglais des langues de publication, entre autres, du journal officiel.

Le plus probable est qu'il n'y ait aucun vote du Conseil de l'Union européenne, et que la seconde interprétation s'impose d'elle-même.

Cela n'empêche pas de continuer à réclamer un rééquilibrage des langues dans le fonctionnement des institutions. Malgré les réactions récentes de Michel Barnier et de l'ambassadeur français Philippe Léglise-Costa (écho à la déclaration d'Emmanuel Macron disant que l'"on parle trop anglais à Bruxelles"), sans actions coordonnées avec l'Allemagne et l'Italie, rien ne bougera.

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Pour une gouvernance européenne multilingue

par Christian Tremblay, président de l’Observatoire européen du multilinguisme (OEP), mars 2018. Synthèse sur les conséquences du Brexit sur le régime linguistique de l’Union européenne.

La question des conséquences linguistiques du Brexit a été dans une première phase de savoir si l’anglais pourrait rester ou non langue officielle de l’Union européenne. Bien que le seul pays ayant déclaré l’anglais comme langue officielle soit le Royaume-Uni, l’Irlande ayant déclaré l’irlandais, et Malte le maltais, on peut à bon droit considérer qu’il reste souhaitable que l’anglais reste langue officielle. Toutefois, la manière dont la question du positionnement de l’anglais en tant que langue officielle de l’Union européenne peut être traitée est au moins aussi importante que la question de sa qualification comme langue officielle. De la manière dont cette question sera traitée peut sortir le meilleur comme le pire. De la part de certains, il serait possible que la langue d’un pays qui a cessé d’être membre reste néanmoins langue officielle de l’Union européenne tant que les États membres n’en ont pas décidé autrement, c’est-à-dire sans discussion et sans vote du Conseil.

Il faut être conscient que l’interprétation du règlement 1/1958 qui conduit à ce résultat équivaut à reconnaître à l’anglais un statut spécial en Europe par rapport aux autres langues nationales. Il s’agirait d’un renversement complet du régime linguistique institué depuis les traités de Rome, et cela sans débat et sans vote. Cette perspective nous semble absolument inconcevable et inacceptable. Nous savons, depuis que la question du retrait britannique est posée, que le règlement 1/1958 qui règle depuis le traité de Rome le régime linguistique de l’Union européenne est susceptible de deux interprétations. On peut d’abord faire une lecture fidèle à la lettre et à l’esprit du règlement 1/58 qui repose sur l'idée que les langues officielles de l’Union européenne sont des langues des traités et, pour les pays ayant plusieurs langues officielles nationales, la langue d’usage sera la langue officielle déclarée par l’État membre, sur la base d’un principe d’égalité, soit à raison d'une langue par État en vertu de l’article 8. Il n'y a pas place dans cette lecture pour une langue qui ne serait pas déclarée par un État membre.

Donc, le retrait britannique entraînerait automatiquement la suppression de l'anglais comme langue officielle, sauf si l'Irlande ou Malte décide de déclarer l'anglais à la place respectivement de l’irlandais ou du maltais. L'autre interprétation, celle que proposent conjointement les services juridiques du Parlement européen, de la Commission et du Conseil, est un pur artifice destiné à maintenir l'anglais coûte que coûte. Selon l’avis commun produit par ces trois instances, les langues notifiées en tant que langues officielles par les États membres cessent d’être rattachées à leur État membre d’origine dès lors qu’elles ont été notifiées. En conséquence, l’anglais continuerait d’être langue officielle de l’UE car incorporé dans le Règlement 1/1958 au niveau de son article premier. Seul un accord pris à l’unanimité des États membres pourrait modifier cette situation. Il est évident que l’on n’aurait pas imaginé un tel montage juridique s’il s’était agi d’un autre pays que le Royaume-Uni et d’une autre langue que l’anglais.

Cette interprétation conférerait à l'anglais une suprématie de jure et préfigurerait une reconnaissance de l'anglais comme seule langue officielle de l'Europe. Les autres langues se trouveraient reléguées comme langues officielles nationales, soit un statut qui pourrait se comparer au basque ou au catalan en Espagne ou aux langues nationales dans de nombreux États africains. C'est cela que comporte en puissance cette interprétation, si le Conseil devait être amené à l’approuver. Il s’agirait d’un bouleversement radical de l’équilibre linguistique établi depuis 60 ans par le règlement 1958/1. Il est légitime de s'inquiéter pour les Irlandais qui dans leur majorité ne parlent pas le gaélique et seraient privés d'une langue officielle qui est due à tout citoyen, si l’anglais cessait d’être langue officielle de l’Union européenne. Mais c'est d'abord un problème pour l'Irlande. Il en est de même pour Malte qui devrait sacrifier le maltais comme langue officielle pour l’Europe. Si c’était le cas, cette solution, qui confirmerait l'anglais comme langue officielle à égalité avec les autres langues, serait de loin préférable et maintiendrait l'édifice juridique du règlement 1/1958 qui, même respecté de manière inégale par les institutions, doit être absolument préservé.

La difficulté très réelle peut toutefois être surmontée par une interprétation "compréhensive" du règlement 1/1958 sans bouleversement de l’économie générale du régime linguistique de l’Union depuis 1958. Si le principe d’une langue officielle par État paraît s’imposer en première analyse, il apparaît que les États membres ayant plusieurs langues officielles nationales soit n’ont aucune langue officielle en propre (Belgique et Luxembourg), soit en ont une seule en propre et d’autres langues en partage. Ainsi, la Finlande a le finnois en propre et le suédois en partage, Malte a une langue en propre, le maltais, une langue en partage, l’anglais, et l’Irlande une langue en propre, l’irlandais, et une langue en partage. Actuellement l’anglais est langue officielle en partage pour le Royaume-Uni, l’Irlande et Malte.

Après le retrait britannique, si le processus allait à son terme, l’anglais resterait langue officielle en partage pour Malte et pour l’Irlande. Comme il ne peut y avoir de hiérarchie entre langue officielle en propre et langue en partage, la suppression de l’anglais de la liste nécessiterait un vote unanime et est en fait politiquement impossible. Le maintien de l’anglais comme langue officielle ne serait ainsi en aucune manière la reconnaissance d’un statut spécial, mais le seul résultat du fait que l’anglais est également langue officielle pour l’Irlande et Malte.

À noter que cette interprétation n’est pas parfaite. Faisant un exercice de politique-fiction, on peut imaginer que si l’Irlande ou Malte devaient adhérer à l’Union européenne après un Brexit effectif, ces pays se trouveraient devant le dilemme de candidater avec une ou deux langues officielles. On peut également imaginer que si la Suède décidait de se retirer de l’Union européenne, les chances que le suédois demeure langue officielle parce qu’il est également langue officielle nationale de la Finlande seraient faibles. Mais ces simulations ne s’imposent pas. Ce qui s’impose en fait est la recherche d’une solution pragmatique qui conserve dans son intégralité le principe fondamental de l’égalité des États membres et de leurs langues officielles pour l’Union européenne. Nos gouvernements respectifs devraient dans leur grande sagesse se rallier à cette position raisonnable et écarter toute interprétation tendancieuse qui conférerait à l’anglais un statut spécial. Encore faudrait-il qu’ils en décident à l’unanimité et non par un non-choix qui serait un choix par défaut et par abstention.

RÈGLEMENT (CE) No920/2005 DU CONSEIL du 13 juin 2005 modifiant le règlement no 1 du 15 avril 1958 portant fixation du régime linguistique de la Communauté économique européenne et le règlement no 1 du 15 avril 1958 portant fixation du régime linguistique de la Communauté européenne de l’énergie atomique et introduisant des mesures dérogatoires temporaires à ces règlements…


Francophonie.jpgRéforme du participe passé ? (2) - le 07/09/2018 - 10:29 par MAR

Réforme du participe passé ? (2)

Le Monde E. Viennot Une règle incompréhensible et dévastatrice (lien)
Libération Pour Bernard Pivot Tout le monde pourrait comprendre cette règle (lien)
Le Point Jean-Louis Chiss Le participe passé n'est pas un tabou (lien)
Libération L'orthographe, un siècle de crispations (lien)
Libération Orthographe : quatre termes du débat (lien)
Libération Contre Jean-Marie Rouart "Notre langue est en décadence" (lien)


Francophonie.jpgRéforme du participe passé ? - le 06/09/2018 - 16:47 par MAR

Réforme du participe passé ?

Libération Réformer le français : petit historique récent des batailles (lien)
Le Figaro Les Belges veulent s'affranchir de l'accord du participe passé (lien)
Courrier International Le Soir L’offensive des linguistes belges sur la grammaire française (lien)
Libération Les Belges sont décidés à simplifier l'orthographe du français (lien)
Orange Les Belges veulent bouleverser la langue française (lien)


La Voix acadienne Montrez votre fierté pour le français

L’Acadie, au Nord-Est du Québec, rassemble des descendants des Français de Nouvelle France qui avaient subi en 1755 le "Grand Dérangement", déportation massive - épuration ethnique - conduite par Londres, avec beaucoup de morts. Les rescapés cachés dans les forêts et ceux qui sont revenus de leur exil en France (notamment à Belle-Île-en-Mer), en Floride, en Louisiane…se sont rétablis dans les "provinces maritimes" du Nouveau-Brunswick, de Nouvelle-Écosse, de l’Île du Prince-Édouard.

Ils y sont aujourd’hui très minoritaires, sauf au Nouveau-Brunswick (un tiers de francophones maternels, avec l’université francophone de Moncton), et ont beaucoup de mal à garder leur langue maternelle. En témoigne cet article de la "Voix acadienne" de l’Île du Prince Édouard qui, à l’occasion du 15 août, Assomption et fête nationale de toute l’Acadie au drapeau bleu-blanc-rouge à étoile d’or, exhortait les quelques centaines de francophones maternels à être fiers de parler leur langue. Albert Salon

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voix_acadienne.jpg
Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard

15 août 2018 - Montrez votre fierté pour le français

Vous êtes plusieurs à nous dire qu’être Acadien, ça veut dire être fier de sa langue et de son histoire. Vous nous dites que le français fait partie de vos racines et que vous le portez dans votre cœur partout où vous allez. Vous vous dites fiers de pouvoir parler français encore aujourd’hui dans votre région. Puis, parfois, vous nous dites que votre français est "moins bon", que vous manquez de vocabulaire, que vous n’êtes pas certains que vous pouvez faire une entrevue en français avec une journaliste.

Cette crainte s’appelle l’insécurité linguistique. C’est un phénomène qui se manifeste chez plusieurs personnes qui vivent surtout en contexte minoritaire, où l’anglais a depuis longtemps pris le dessus sur le français, comme à l’Île-du-Prince-Édouard.

Ces personnes ne se sentent pas entièrement à l’aise de parler français, en compagnie d’autres locuteurs comme les Québécois ou les Français, même s’il s’agit de leur langue maternelle. Cette insécurité est historique : les Acadiens ont été contraints d’apprendre l’anglais et on leur a répété jour après jour que le français était honteux. Des écoles francophones ont fermé leur porte, et la population francophone a perdu son accès à sa langue.

Depuis lors, bien des choses ont changé. On célèbre de plus en plus le parler acadien, on encourage l’accent, on aime se souvenir des mots qui honorent la mémoire acadienne. Et c’est merveilleux !

Plusieurs écrits scientifiques sur la linguistique montrent bien qu’il n’existe pas de langue française parfaite. Les Français, comme les Québécois, ont leur langage bien à eux, tout comme les Acadiens. Même les Acadiens des différentes régions de l’Île et de l’Atlantique parlent différemment, et c’est tout à fait normal.

Il est temps de cesser de se comparer à une langue imaginaire, imposée par des organismes comme l’Office de la langue française. Bien entendu, il est utile d’apprendre les règles et les conventions pour communiquer à l’écrit, mais il est inutile d’espérer avoir un français "parfait" puisque cela n’existe pas.

Ce qui existe, ce sont différentes variétés de français, avec toutes les couleurs, accents, expressions que les peuples souhaitent leur donner. Ce sont ces langues multiples qui vivent avec leurs locuteurs, dans les villes et les villages partout au Canada. Vous devriez être fiers d’utiliser le français que vous avez appris.

Si vous sentez que vous employez trop de mots anglais, plusieurs outils s’offrent à vous : les émissions de télé en français, les films sur Netflix que vous pouvez regarder et écouter en français avec des sous-titres, les livres dans les bibliothèques...

C’est en utilisant la langue dans différents contextes que vous serez capables d’apprendre ou de réapprendre certains mots. Vous devriez être fiers de parler votre langue, et en prendre soin en l’enrichissant comme vous le pouvez.

En ces journées de fêtes acadiennes, La Voix acadienne vous invite à prendre les devants dans votre quotidien : n’ayez pas peur de parler le français que vous parlez ! Au travail, chez le médecin, chez le garagiste, parlez français aussitôt que vous en avez l’occasion !

Affichez votre fierté du français ! Catherine Paquette.


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'août 2018 (4) - le 25/08/2018 - 19:00 par MAR

Langue française : Nouvelles d'août 2018 (4)

Le Figaro Le Collège de France lance une chaire "Mondes francophones" (lien)
Le Devoir Parlez-vous polyglotte ? (24/8) (lien)
Le Figaro Cinq mots que les Anglais ont volés aux Français (22/8) (lien)
Bd Voltaire Livre de l’été : La Guerre au français, de Marie-Hélène Verdier (21/8) (lien)
L’action de la France en Arménie en faveur de la francophonie  (lire ci-dessous)

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L’action de la France en Arménie en faveur de la francophonie

Le prochain Sommet de la Francophonie se tient les 11 et 12 octobre à Erevan.
Voici un communiqué de l’ambassade de France en Arménie sur son soutien aux établissements arméniens qui enseignent le français ou dans notre langue.

L’Ambassade de France en Arménie soutient le développement de l’enseignement de la langue française en Arménie à travers un réseau dynamique :

  • des établissements dispensant des enseignements conformes aux programmes officiels en France et délivrant des diplômes français :
  • l’École française Anatole France, qui scolarise des élèves de la maternelle au lycée
  • l’Université française en Arménie, qui forme des étudiants de la licence au doctorat dans 5 filières (droit, gestion, finances, marketing, informatique et mathématiques appliquées)
  • l’Alliance française d’Arménie, centre agréé délivrant des diplômes de langue française (DELF, DALF) du ministère français de l’Éducation nationale
  • des établissements scolaires arméniens offrant un cursus d’apprentissage intensif du français et auxquels l’Ambassade de France apporte son soutien :
  • la section bilingue francophone du Lycée n°119 Benjamin Jamgotchian d’Erevan
  • les écoles à classes de français renforcé

L’Ambassade de France contribue également à la diffusion de la langue française et des cultures francophones en Arménie à travers une programmation culturelle variée (concours de langue, festival de cinéma francophone, expositions, conférences, etc.)

Albert Salon


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'août 2018 (3) - le 16/08/2018 - 14:23 par MAR

Langue française : Nouvelles d'août 2018 (3)

PurMédia "France" télévisions continue à ramper devant l'anglais
(
Un si grand soleil : Un générique en anglais !) 
(13/8) (lien)
Le Monde Féminisme et féminin (13/8) (lien)
Le Devoir Un grain de sel sur la langue (aux îles de la Madeleine) (10/8) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'août 2018 (2) - le 09/08/2018 - 14:46 par MAR

Langue française : Nouvelles d'août 2018 (2)

TV5 Monde Brexit : le français peut-il redevenir la langue de travail de l'UE ? (11/8) (lien)
L'Express Michel Serres en guerre contre le "franglish" (6/8) (lien)
Témoignage Chrétien Abécédaire de la novlangue (5/8) (lien)
Le Soir Mots français d'Algérie : quand dansent les aplaventristes… (3/8) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'août 2018 - le 07/08/2018 - 14:49 par MAR

Langue française : Nouvelles d'août 2018

La Croix La Nouvelle-Orléans, le français dans le sang (1/8) (lien)
Afrik Qui de Michaëlle Jean ou de Louise Mushikiwabo prendra les rênes de la Francophonie ? (lien)
Nouvelle République Par Belenos et Bélisama : la Touraine parle aussi gaulois (1/8) (lien)
OEP Enseignement des langues vivantes : l’Europe défigurée ! (lien)
Le Monde Langue sauce piquante De l’ambiguïté du franglais en matière de foot’ (lien)


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