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nouvelles2014/jean_clair.jpgJean Clair et "Bienvenue au Métèque" - le 11/05/2014 - 21:55 par Guy_Dalens

À propos de l'article de Jean Clair
"
Bienvenue au Métèque"

Dans un article de la revue Causeur (n°13-mai 2014), intitulé "Bienvenue au Métèque", M. Jean Clair, membre de l’Académie française, aborde un problème déjà soulevé par l’association "Avenir de la langue française" : L’élite de notre pays est-elle encore capable de porter le flambeau de la langue française ?

M. Jean Clair paraît en douter.

Je cite :

"La télévision, telle que Finkielkraut la ressuscita ce soir -là, où est-elle passée ? Disparue, disparue avec la France, avec sa langue, sa culture, avec son identité de petits Français de souche.

"Comment associer cette image d’un soir à celle qui nous est imposée quotidiennement, avec la multiplication à l’écran, sur les ondes, voire dans la presse écrite, des "merde", des "à chier", des "foutre", des "connards", des "salauds" et même d’un " ma "couille" qui se voulait familier, adressé à un homme politique, lequel, au lieu de se lever et de quitter le plateau, sourit sous les ricanements du public, à peine un peu gêné.

"Écrivains, philosophes, penseurs se cachent dans leur trou. Les voyous occupent le terrain. Ceux que le maître autrefois envoyait au fond de la classe, les forts en gueule, les fainéants, les éternels ricaneurs, occupent aujourd’hui les plateaux. Maîtres à penser dérisoires d’un monde à l’envers, ils apostrophent, goguenards, ceux qui ont eu le malheur d’avoir été de bons élèves, hommes d’État, écrivains, artistes. On les appelle "animateurs"."Réanimateurs" plutôt : ils ont une mission de faire réagir des masses apathiques, comme les malheureux fous qu’on électrisait dans les anciens asiles. Ils ont le bas du visage fendu d’une balafre, pareils à "L’homme qui rit" de Victor Hugo. Chargés de commenter les aspects les plus sordides de l’actualité, ils affichent le masque du contentement. Ce sont les pitres de la modernité médiatique, agitant sarcasme et dérision, les humoristes ricanant des derniers jours, chargés de faire accepter aux "jeunes" qui les acclament bras levés, la morgue des puissants du jour...

"À l’autre bord, du côté des "think tanks", on s’ingénie à inventer de nouveaux mots d’ordre : "Faire France", "faire famille", -comme on dit "faire caca"-, ces expressions, que nos élites utilisent sans broncher, trahissent une infantilisation sans précédent de la pensée, et lui imposent la domination de la matière, l’écrasante matière, à quoi les fragiles "immortels" que nous sommes ne peuvent guère opposer qu’une liberté de penser, fondée sur un usage réglé de la grammaire et l’emploi le plus juste possible et le plus varié des mots".

Puis, M. Clair cite Cioran.

"Le français est devenu une langue provinciale. Les indigènes s’en accommodent. Le métèque, seul, en est inconsolable. Lui seul prend le deuil de la nuance".

"Cioran savait de quoi il parlait. Depuis sa disparition, le français n’est plus guère parlé en Europe. Il n’est plus non plus enseigné dans les écoles de la République, où l’on a décidé non plus de sanctionner les fautes, mais de récompenser le mot qui, par hasard, dans une dictée aura été correctement écrit. Les alliances françaises ont fermé et les centres culturels disparaissent l’un après l’autre. Le dernier mauvais coup est la vente du Palais Clam-Gallas, à Vienne, qui abritait un lycée de 2 000 élèves, et des activités liées à la littérature et au cinéma français. C’est là que j’avais préparé l’exposition "Vienne, l’apocalypse joyeuse".

"Il n’y aura que les métèques [souligné par nous] pour se désoler de cet effacement du français et de sa culture. Et il y aura toujours quelqu’un, un Sollers par exemple, pour ricaner en rappelant que Cioran avait été, dans sa jeunesse, militant dans la Garde de fer. Oui, mais le métèque parlait un français que peu de Français savent parler. Ce fut vrai aussi de Ionesco, son compatriote ; ou du Chinois François Cheng ; ou de Michaël Edwards, anglais qui vient lui aussi d’entrer sous la Coupole. Ou d’Amin Maalouf, libanais. Ou de Dany Laferrière, haïtien. L’identité française se définit dans sa langue [souligné par nous]."

Et le titre de l’article, pour enfoncer le clou :

"De François Cheng à Amin Maalouf en passant bien sûr par Alain Finkielkraut, c’est souvent parmi les français de souche récente que se recrutent les meilleurs combattants de la langue, donc de la culture".

Merci à M. Clair pour son article. Voici que l’Académie française, la plus vieille institution française (1635) se réveille, montre ses dents, comme elle l’avait fait avec le funeste projet Fioraso, et recommence à mordre. Signe de vitalité.

Pour notre part, nous estimons qu’il faut aller plus loin ; il faut élargir le champ des combattants de la langue française ; étendre nos bras vers les autres métèques, ceux de la diaspora de la langue française, dispersés par le monde, en leur offrant le cadre d’une citoyenneté francophone. Il nous faut du sang neuf, faire surgir une nouvelle élite francophone seule à même de concurrencer notre élite défaillante, de la bousculer.

Tout ceci ne pourra se faire sans un changement radical de mentalité. S’adapter ou crever ; c’était déjà le dilemme du prince Salinas.

Guy Dalens


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