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Lettres de protestation

Der. nouv.

La citoyenneté francophone une arme
contre la trahison de notre élite dévoyée

par Guy Dalens

I – Pourquoi une citoyenneté francophone

La langue française est en danger de mort.

L’élite française ne veut plus parler sa propre langue. Tout se passe comme si elle avait honte de la parler en public. Il suffit d’observer cette caste d’administrateurs, de gestionnaires, de dirigeants, de hauts fonctionnaires (1), dans les instances internationales ; d’une manière générale elle préférera utiliser la langue anglaise pour exprimer sa position, alors que rien ne l’y oblige, par esprit de soumission. Elle n’a tout simplement plus le courage et probablement la fermeté pour faire face à elle-même et à l’environnement anglo-américain.

Colonisée dans l’esprit, cette caste n’est plus en mesure de porter le flambeau de la langue française. Avec elle, nous regrettons de le dire, nous ne sommes plus dans le même cercle,

nous ne sommes plus représentés, nous ne partageons plus les mêmes valeurs.

Ce que ces esprits forts ignorent ou ne veulent pas voir, c’est que la langue n’est pas seulement un enjeu culturel, il est aussi un enjeu financier, économique et concurrentiel. La concurrence entre les langues est une réalité masquée, impitoyable, l’une disparaît, l’autre s’accroche, ne veut pas crever, ne veut pas se soumettre à l’envahisseur au visage avenant. L’abandon de sa propre langue au profit de l’anglais a aussi un coût. Et ce coût est élevé pour nous. Il est par contre tout bénéfique pour l’anglais. Le rapport Grin (2) nous le démontre puisqu’il le chiffre a plusieurs milliards à notre détriment. Puisse cet aspect financier faire infléchir les chantres de la langue anglo-américaine et les amener à changer leur comportement.

Michel Serres, de l’Académie française, avait déjà tout dit en 1993 :

Ce qui se passe est grave, "l’un des pires moments que notre culture ait traversés. Je veux parler de la perte de la langue française dans le milieu des décideurs". Ceux-ci "sont en train d’éradiquer la langue française. Que ce soit dans la finance, la science, le commerce, la publicité, plus personne parmi les riches ne parle le français. La langue française est devenue la langue des pauvres. Ce consentement des décideurs à l’anglais commence vraiment à ressembler à une collaboration, et la défense de la langue française à la résistance". (3)

II - Que faire ?

Pour garder sa vitalité, la langue française doit contourner son élite défaillante, la dépasser, la concurrencer. Il faut faire apparaître une force nouvelle, une élite francophone, seule à même de reprendre le flambeau de la langue française, de faire prendre conscience à l’autre qu’elle n’est plus unique. Il lui faut donc rassembler ses alliés, ses locuteurs de par le monde, quelle que soit leur origine, par la reconnaissance d’une citoyenneté francophone. La citoyenneté francophone permettra d’unifier des éléments isolés tout en donnant consistance à la francophonie. Lou qui-s mude, Diu l’ajude. (4)

La citoyenneté francophone est un moyen juridique destiné à réaliser l’unité de la diaspora francophone, avec pour objectif le maintien du statut de la langue française en France et dans le monde, aussi bien dans les organisations internationales que dans les relations culturelles, scientifiques, militaires et économiques.

III - Un précédent

Cette proposition de citoyenneté francophone a un précédent juridique et historique. Il s’agit de notre Constitution du 4 octobre 1958, voulue par le Général De Gaulle et Michel Debré. Le titre XII de la Constitution était intitulé "De la Communauté" (articles 77, alinéa 2 et 3). Cette Communauté était une association entre la République française et douze États africains et malgache. Elle prévoyait :

  • Une citoyenneté unique ;
  • Un Sénat de la Communauté, composé de délégués ;
  • Il était également prévu un Conseil exécutif présidé par le président de la Communauté, en fait le président de la République et composé des Premiers ministres des États membres de la Communauté et d’une cour arbitrale chargée de statuer sur les litiges entre les membres de la communauté.

Cette disposition a disparu de la Constitution en 1992.

IV – Rôle de l’État

L’État français, par un acte unilatéral et souverain instaure, organise et attribue la citoyenneté francophone. Il s’agit d’un acte de "realpolitik" (5). Il manifeste ainsi sa volonté d’accorder une citoyenneté francophone à certaines personnes installées à l’étranger ou sur le territoire national mais n’ayant pas nationalité française. Ces personnes peuvent être des citoyens de pays francophones ou de pays non francophones ou encore des apatrides. Le postulant doit réunir cinq conditions : demande officielle motivée ; maîtrise avérée de la langue française ; approbation de la candidature par une instance habilitée par l’État français ; casier judiciaire vierge ; participation à la cérémonie sur la citoyenneté francophone.

Dans le même temps, l’État français instaure une "Assemblée de la francophonie" composée de membres élus par les citoyens francophones, à côté de "l’Assemblée nationale" et du "Sénat".

Droits et devoirs attachés à la citoyenneté francophone :

Droits :

  • L’impétrant a droit à un passeport francophone ;
  • Il peut s’installer en France pour y séjourner, travailler, enseigner ou y faire des études ;
  • Il dispose du droit de vote pour désigner les membres de l’Assemblée de la francophonie ;
  • Il peut être candidat à cette assemblée ;
  • S’il est installé à l’étranger il peut demander l’assistance ses services consulaires et diplomatiques de la France.

Devoirs :

  • Si l’impétrant est installé hors de France, il s’engage à promouvoir la langue française et reste en contact avec l’instance habilitée avec laquelle il rend compte des actions qu’il a menées ;
  • Si l’intéressé est installé en France, il est soumis aux mêmes devoirs que le citoyen français.

La décision de l’État français a pour effet de créer une double nationalité pour le locuteur francophone qui l’a demandée et obtenue, quel que soit le pays du demandeur : nationalité de son pays et citoyenneté du demandeur. Bien évidemment, la décision octroyant la citoyenneté francophone n’a d’effet que sur la zone territoriale où l’État français est souverain. Cette situation amène à dissocier la langue française d’un territoire particulier. Ainsi se trouve concrétisé la réflexion de Camus "Oui, j’ai une patrie, la langue française" réflexion reprise, sous une autre forme, par MM. Maurice Druon et Erik Orsenna.

V - Sélection des candidats

L’accès à la citoyenneté francophone repose sur un critère unique : la maîtrise de la langue française. La proposition de l’État français s’adresse à des personnes physiques, individuelles et secondairement à des États. C’est la raison pour laquelle la proposition ne s’appuie pas sur l’article 87 du titre XIV de la Constitution de 1958 modifiée lequel ne vise que les États et les peuples qui ont le français en partage. Mais rien n’exclut d’y faire référence dans le cadre des pouvoirs régaliens de l’État français d’accorder la nationalité française ou francophone.

Par maîtrise de la langue française, il faut entendre la capacité du candidat à comprendre et parler la langue française. L’instance habilitée à examiner les candidatures devra faire preuve de discernement, en particulier, en appréciant le postulant dans un esprit dynamique.

VI – Conséquences

  1. La Convention de Schengen est remise en cause sur le fondement du texte sur la citoyenneté francophone et de la clause de droit international "Rebus sic stantibus" selon laquelle dans un traité les choses restent en l’état tant que les circonstances dans lesquelles ledit traité a été conclu n’ont pas changé. Si les circonstances viennent à changer ou à être profondément altérées, le traité perd sa force et sa raison d’être. Le rétablissement des frontières en découle.
  2. Le regroupement familial est supprimé.
  3. Le texte sur la citoyenneté, dans son application, permettra de filtrer l’immigration sauvage et incontrôlée.

Guy Dalens
membre d’Avenir de la Langue Française


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(1) La liste des lauréats de la "Carpette anglaise" est une bonne représentation de cette élite.
"Carpette anglaise" : prix d’indignité civique décerné annuellement, depuis 1999, à un membre de l’élite française qui s’est distingué par son zèle à promouvoir la domination de l’anglais en France et dans les instances européennes, au détriment de la langue française. Ce prix distingue plus spécialement les déserteurs de la langue française.

(2) Rapport Grin : https://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/054000678.pdf

(3) Michel Serres : entretien dans le "Nouvel Observateur", 4-10 novembre 1993.

(4) Proverbe gascon : "Celui qui bouge, qui se donne du mouvement, Dieu lui vient en aide."

(5) Realpolitik : dans notre cas, politique étrangère fondée sur l’analyse des rapports de force linguistiques et l’intérêt national et francophone.


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