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nouvelles2022/iel-robert.jpgPetit Robert ne sera jamais grand - le 25/01/2022 - 12:10 par MAR

Petit Robert ne sera jamais grand

sur le pronom iel

par Gérard Blua, écrivain et éditeur

"Qui ne gueule pas la vérité quand il sait la vérité se fait le complice des menteurs et des faussaires." Charles Péguy

Gérard Blua, membre du Haut conseil international de la langue française et d’Avenir de la langue française, membre de l’Académie de Marseille, valeureux militant du français, a publié un très intéressant essai aux éditions Maïa : "La Culture française à la dérive" AS

Grands dieux !... Peut-on vraiment imaginer un excellent élève qui rende systématiquement copie blanche ? Non, de toute évidence. Depuis toujours, ce type de suicide intellectuel n’a jamais concerné qui que ce soit sur les bancs de notre éducation nationale. Et pourtant, dans la même concordance d’idée, voici que mi-octobre nous avons vu éclore un nouveau pronom personnel, iel (pluriel : iels), porté sur les fonds baptismaux de l’écriture inclusive par les militants de la destruction méthodique de la société, trop heureux de rajouter dans leur carnier une proie de marque.

Et c’est à la mi-novembre suivante qu’Alice Develey, Maguelonne de Gestas et Marie-Liévine Michalik titraient leur intervention pour Newsletter : "L’idéologie Woke à l’assaut du dictionnaire Le Robert". Nous fûmes alors très nombreux, à leur suite, à nous frotter violemment les yeux !

Qui dites-vous ? Le Petit Robert ? Incroyable ? Comment l’œuvre maîtresse d’Alain Rey a-t-elle pu accepter d’introduire subrepticement une telle anomalie grammaticale dans ses pages numériques ? Même si, devant le tollé provoqué jusqu’aux plus hautes marches de l’Élysée – Brigitte Macron elle-même s’élève contre l’entrée de iel et iels dans le Petit Robert –, il est dit que cela s’ouvre sur une période probatoire. En réalité, ne nous leurrons pas, il est quasiment acté que les deux "pronoms" se doivent de rejoindre le dictionnaire web et l’édition papier dès 2022. Le mentir-vrai d’Aragon n’est pas bien loin, n’est-il pas ?

Nous voilà donc ainsi confrontés au passage à l’ennemi d’un support jusqu’alors considéré comme un solide rempart derrière le Larousse, le niveau éminemment supérieur se situant dans les lumineux reflets décisionnels du dictionnaire de l’Académie française qui, depuis les lettres patentes de Louis XIII en 1635 et la protection permanente de son ministre Richelieu, ne cesse de s’opposer à la trituration de notre langue. Soit dit en passant : l’une des plus belles et des plus fines au monde, bien campée sur ses doubles racines plongeant radieusement dans le grec ancien et le latin.

Mais alors pourquoi le Robert, cette honorable publication qui eût dû demeurer un élément important de notre voûte linguistique, a-t-il changé son cap ? Tout simplement parce que, du jour au lendemain, dans la foulée entre autre de nos universités de plus en plus déclassées sur le plan international, il s’est auto-attribué la capacité à décider de la philosophie générale qui doit guider notre sillon de vie. Écoutons d’ailleurs l’explication qu’il nous en donne : "On a constaté que ce mot prenait de l’ampleur et nous l’avons intégré." Non, nous ne rêvons pas. Voici qu’en prime au désastre linguistique causé nous est servie une nouvelle approche méthodologique : la quantité ! En un mot si contemporain : le poids des réseaux sociaux ! C’est-à-dire l’avis généralement infondé des strates les plus médiocres de notre société. Sans oublier ce détail qui fait fureur à Boboland et nous est servi en mode approfondissement par le Petit Robert : "La langue française ne doit stigmatiser personne." La supposée masse des supposés opprimés et des supposés dominés qui fleurit désormais un peu partout dans le monde (voire dans l’univers, mais hélas notre technologie est bien incapable de voler à son secours au-delà de notre orange bleue) peut de la sorte inclure dans son combat quotidien un outil nouveau concernant toutes les personnes ne se reconnaissant ni homme ni femme. Woke, LGBT and so on, que serions-nous sans vous ?

Les philosophes, les entrepreneurs, les enseignants, les savants, les écrivains, portent sur leurs épaules la responsabilité de la survie de notre langue, de notre culture, de notre société. Ils ont pour responsabilité de conserver les Lumières et les déposer dans les bras de nos enfants et petits-enfants. Alors, voir une partie de nos supposés intellectuels se ranger dans le camp de l’arasement de nos savoirs et plier le bagage de la transmission, est une peur indescriptible pour l’avenir humain. Il est vrai qu’une société qui nous dit sans rire pouvoir désormais définir avec précision tous les indéfinis de la planète pour en faire les héros de l’instant présent, n’a plus besoin des cerveaux habituels. Le moine Savonarole lui-même, au XVe siècle, fut finalement emporté avec toutes les horreurs qu’il avait voulu instaurer en adéquation avec sa folie exponentielle. Et Florence a refleuri. Les temps de nos jours, à nouveau, sont certes à l’orage. Mais que ceci ne nous empêche pas de continuer à croire en la force de l’esprit et de l’intelligence. C’est pourquoi, après cette faute loin d’être vénielle, le Petit Robert de la langue française – à l’instar de la célèbre envolée de Victor Hugo (un autre fieffé blanc raciste et colonialiste celui-là) – deviendra à jamais Robert le petit de la langue française.

Gérard Blua


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