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Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

Der. nouv.

Appel à la résistance linguistique - le 27/12/2009 - 17:44 par Raymond_Besson_et_Maurice_Le_Lous
Appel à la résistance linguistique !
par Raymond Besson et Maurice Le Lous

[Le Cercle littéraire des écrivains cheminots, affilié à l’Union artistique et intellectuelle des cheminots français, est la seule association de défense de la langue française dans une entreprise.
ALF travaille régulièrement avec cette association, comme avec DLF et l’ASSELAF, COURRIEL, et plusieurs autres. Raymond Besson, son président, et Maurice Le Lous, vice-président, lancent un cri d’alarme que nous avons tenu à relayer. Pour en savoir plus sur l’action du CLEC, consultez le site
http://clec.uaicf.asso.fr  ]

La langue est un levier économique inouï. Supposons que l’on impose l’anglais comme langue mondiale et les pays anglophones acquerront un avantage concurrentiel démesuré : les petits Anglais n’auront plus à apprendre de langues étrangères et gagneront deux cents heures par an pour d’autres disciplines. Les industriels anglais n’auront plus à traduire les modes d’emploi et notices d’utilisation des produits qu’ils fabriquent et feront des économies importantes par rapport à leurs concurrents non-anglophones. (Sait-on que la traduction en anglais des notices d’emploi d’un Airbus représente cinq pour cent du coût de la construction ?)…

Eh bien, ce scénario est en train de s’imposer. On en voit la preuve dans cette décision que le gouvernement de Tony Blair a prise en 2004, en supprimant l’obligation d’apprendre une langue étrangère à partir de quatorze ans ; du coup, l’enseignement du français ne cesse de décroître en Grande-Bretagne : 341 000 élèves en 2002 et seulement 188 000 en 2008, soit seulement un élève sur quatre.

La preuve aussi dans cette étude récente qui révèle que l’hégémonie linguistique de l’anglais conduit à un transfert direct de ressources de 18 milliards d’euros par an en faveur du Royaume-Uni, et à un transfert induit par le jeu de la libre concurrence de 350 milliards d’euros par an.

La preuve aussi dans cette statistique relative aux langues dans lesquelles sont écrits les textes émis par la Communauté européenne :

         Anglais    Français    Allemand
1997    45 %        40 %             5 %
2000    55 %        33 %             4 %
2006    72 %        14 %             3 %

Et quelques affaires récentes viennent renforcer ces preuves : le choix de l’anglais pour présenter les grandes opérations de la Bourse de Paris ; l’adoption du protocole de Londres qui se traduira par l’omniprésence de l’anglais dans les brevets d’invention ; le recours aux pictogrammes sur les étiquettes pour décrire les produits de consommation… À telle enseigne que, en 2002, Valéry Turcey, président de l’Union syndicale (française) des magistrats, lançait un cri d’alarme : « Je suis persuadé que, d’ici à dix ans, on entendra plaider en anglais dans certaines juridictions commerciales. (…) Or, une langue véhicule des concepts et l’américanisation de notre droit, avec tous les excès que cela suppose, est à redouter. »  

Il ne faut pas s’étonner, après cela, que les institutions européennes travaillent de plus en plus en anglais. Ni s’étonner que ces institutions choisissent fréquemment des collaborateurs de langue maternelle anglaise.

L’envahissement rapide de l’anglo-américain dans tous les secteurs de la vie des Français commence à préoccuper bon nombre d’acteurs sociaux. Et il y a de quoi !

Les constructeurs d’automobiles ne cessent de recourir aux vocables anglais pour la désignation de leurs produits. Citroën a créé des Distinctive Series, présentées dans un corner spécifique du showroom par des vendeurs vantant les avantages de la creative technologie : système de navigation My Way, pare-brise Visiodrive, Airdream Exclusive. Et lorsque les clients acheteurs de la DS3 sont en panne, ils ont droit à un freedrive, sans avoir à se rendre au business center pour rencontrer les national account managers.

La presse féminine est envahie de mots anglais : on a relevé, outre les pages de publicité, les marques et les citations, 455 occurrences pour un seul numéro des quatre magazines Elle, Marie Claire, Gael et Avantages ; est particulièrement concerné l’habillement qu’envahissent le look et ses qualificatifs pepsy, girly, arty, punchy, preppy, flashy, casual, brit-pop, street, army… Look qui fait des petits avec looké, relooker, relooking et relookage. Et puis, il y a les horreurs traditionnelles, comme shopping, fashion, glamour, pinup, book, coach, must, low, speed et leurs dérivés ; et les monstruosités comme city-trippeuses, punkisée, bankable, cost-killeuse, bodybuildé, fashion editor, beauty editor ou encore downshifter (partisan d’une  consommation moindre). Notons que la presse féminine touche 20 000 000 de lecteurs en France !  

La télévision est aussi contaminée : un relevé des titres d’émissions annoncées sur la page Téléloisir d’internet le 14 février 2008 a montré, en excluant les mots et expressions dont l’usage est maintenant courant (comme best of, reporter, week-end, chewing-gum, soul, cow-boy, clip, interview, people, girls, foot…), pas moins de 88 titres comptant 147 mots anglais différents : The Biggest Fan, Avent Children, Maximum Overdrive, Gimme Love, Going down the Valley, Wheel Squad, Naked Will on 2, Morning Tubes, Pokemon Battle Frontier, Galactik Football, Forbidden Warrior, How I met your Mother, Shuriken School...  

Dans la chanson, les stations de radio et de télévision ne respectent plus leur quota de 40% de chanson d’expression française, d’où ce propos de la revue Chorus (les cahiers de la chanson) : « Le disque et la scène vivent un tel chambardement qu’on peut craindre à terme d’arriver à un seul disque pour la planète… Déjà, les signes avant-coureurs de notre propre défaite sont légion. Sans parler de la probable hégémonie mondiale, dans un avenir relativement proche, d’une seule compagnie phonographique, nos artistes anticipant le mouvement en choisissant l’anglais pour chanter. »

Les Francofolies de La Rochelle, vieux bastion de la chanson francophone, ont pris le virage de l’anglais en août 2008. Passons sur la présence de groupes français affublés de noms surprenants (les Dodoz de Toulouse, les Shaolin Temple Defender de Bordeaux, The Sugar Plum Fairy de Tours, et encore Uncle Ben, Uncle Slam, Pony Pony Run Run), pour retenir que dix-sept artistes sur les cent trente du programme officiel ont chanté en anglais. Et Gérard Pont, patron des Francofolies, de déclarer : « C’est dommage pour la chanson francophone, mais des tas de jeunes groupes français qui choisissent l’anglais ont du talent, et ils ont un public. Ce festival doit être le reflet de ce qui se passe en France et rester ouvert aux nouvelles tendances, sans œillères. (…) Si on décidait de bannir l’anglais des Francofolies, ce serait un suicide. »

L’État lui-même ne respecte pas sa propre législation. Le 14 septembre 2008 s’est déroulée à Nice une réunion informelle des ministres des Finances de l’Union européenne, sous la présidence de Mme Christine Lagarde. Elle-même, Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, Xavier Musca, directeur du Trésor français, Jean-Claude Trichet, directeur français de la Banque centrale européenne, Michel Pébereau, président de B.N.P.-Paribas, ont passé l’après-midi – consacré à la crise financière – à parler anglais, alors qu’une interprétation était disponible.

Le 26 janvier 2009, le traité fondateur de l’Irena (International Renewable Energy Agency) a été signé à Bonn par soixante-seize pays. L’Irena n’est autre que l’Agence internationale des énergies renouvelables. Eh bien ! la France a signé ce traité, qui dispose que la langue officielle et seule langue de travail est l’anglais. Pis : des ministres approuvent ou annoncent diverses mesures de substitution de l’anglais au français, des petites classes à l’enseignement supérieur. Ainsi la nouvelle antenne de Reims de Sciences-Po dispensera-t-elle tous ses cours en anglais. Ainsi le chef de l’État annonce-t-il que des enseignements fondamentaux du second degré pourraient être dispensés « en langues étrangères » (traduisons : en anglais).

Et la SNCF n’échappe pas au mouvement général avec les produits commercialisés par iDTGV : iDNight, iDTGV and Co, iDZap… Puis avec TGV Family. De plus en plus souvent, sous couvert de l’alliance Railteam, on entend les contrôleurs des T.G.V. nationaux faire leurs annonces en français et en anglais, au mépris de la législation française.

Depuis longtemps, on n’en est plus aux seuls emprunts massifs à l’anglo-américain : nombre de grandes entreprises s’emploient à basculer au tout-anglais une bonne part de leurs pratiques langagières : « Time to move ! » est le titre du programme de mutations que France-Télécom impose à ses salariés, ajoutant l’humiliation linguistique à l’effrayante dégradation de leurs conditions de travail. Dans la distribution, Carrefour, Auchan… basculent leurs produits et enseignes à l’anglais de bazar, imités par des services publics comme la Poste ou Air France… La devise du MEDEF est « Ready for the future ». Sommet du "dialogue social", c’est en anglais que les ouvriers de Continental Clairoix ont appris leur licenciement collectif ! Les choses sont déjà si avancées que des syndicats de diverses obédiences, C.G.T., C.F.T.C., UNSA, C.G.C…, ont dû monter au créneau pour « défendre le droit de travailler en français en France ».

Oui, le français, « langue de la République » aux termes de l’article II de la Constitution, est aussi gravement menacé chez nous qu’au Québec, en Afrique francophone, en Wallonie ou en Suisse romande. Après Michel Serres, observant qu’ « il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands sous l’Occupation », le linguiste Claude Hagège classe le français parmi les langues menacées dans son Dictionnaire amoureux des langues.

L’heure est donc venue d’appeler tous les citoyens à la résistance linguistique. Se défendre contre l’hégémonie culturelle, c’est défendre toutes les cultures du monde, condition essentielle à la survie de la nôtre. En acceptant que l’on porte atteinte à notre langue, nous minons nos propres forces et ignorons la technique des puissances ou des économies dominantes : amener leurs adversaires et concurrents à jouer sur leur terrain. En utilisant systématiquement la langue de leur concurrent, nos entreprises perdent un avantage fantastique, celui de la maîtrise des concepts et de la pensée. Malheureusement, c’est un piège que nombre de nos concitoyens n’évitent pas, par naïveté ou par vanité.

Là est notre inquiétude : lorsque nous serons tous éduqués en anglais, que deviendra le génie français ? Que deviendront les Français ? Que leur restera-t-il d’authentique, de puissant, d’indestructible ?
Raymond Besson et Maurice Le Lous

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