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nouvelles/Drapeau-Quebecois.jpgNous sommes d’une race qui ne veut pas mourir - par Jacques_Bergeron le 23/08/2010 - 11:34
Le français au Québec
"Nous sommes d’une race qui ne veut pas mourir*"
par Jacques Bergeron

Écoutons Jacques Bergeron, l’indépendantiste québécois, animateur de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, opiniâtre et valeureux résistant à toutes les tentatives constantes d’étranglement-étouffement lent, sournois, comme au sérail, de la langue française au Québec.
Cette fois, il cite des textes de divers pays étrangers qui protègent leurs langues de diverses manières, pour démonter les arguments hypocrites des collaborateurs québécois selon lesquels le Québec ferait en quelque sorte exception dans sa défense linguistique.
  A.S.

«Or, je les entends déjà ces journalistes pleutres et ces Marie-Madeleine de la cause des pauvres anglophones opprimés: "On ne peut pas renforcer la Loi 101! Ce n’est pas normal d’avoir à faire ça; que penseront les autres de nous? Ce n’est pas ce qu’un pays démocratique ferait!" Balivernes. Qu’on cesse un peu d’écouter ces acrochordons de la pensée qui passent le plus clair de leur temps à nous qualifier d’incapables et qui se réjouissent du moindre de nos échecs. Légiférer pour protéger la langue commune, c’est précisément ce que font la plupart des pays sur la planète.
En rafale:
  • Afrique du Sud : Selon la Politique linguistique cadre pour l’enseignement supérieur de juillet 2001, "tous les établissements d’enseignement supérieur doivent participer à la facilitation et la promotion des objectifs de la politique linguistique nationale".  Ces institutions ont la responsabilité de par la loi d’assurer une cohérence avec les langues nationales.
  • Albanie : Selon l’article 6 de la loi relative au système d’enseignement pré-universitaire de 1995, "l’enseignement dispensé dans les établissements publics d’enseignement de la république d’Albanie l’est en albanais, sauf dans les cas où la présente loi en dispose autrement".
  • Algérie : L’article 8 d’une ordonnance de 2005 fixant les règles régissant l’enseignement dans les établissements privés impose que l’intégralité de l’enseignement (hormis les cours de langues étrangères) se fasse en arabe dans toutes les disciplines et à tous les niveaux.
  • Andorre : Selon la loi du 20 juin 1996 sur les dénominations commerciales, les raisons sociales et les enseignes d’établissement,  une dénomination commerciale ne peut être enregistrée que si elle est écrite en catalan.
  • Angleterre : La loi sur la nationalité britannique de 1981 exige la connaissance de l’anglais, du gallois ou du gaélique écossais pour l’obtention de la citoyenneté.
  • Argentine : Dans un accord-cadre pour l’enseignement des langues, adopté en 1998, on réaffirme que l’espagnol est la langue de la majorité des habitants, que c’est celle d’usage courant, celle des documents officiels, de l’école et du travail.
  • Arménie : Dans l’article 2 de la loi sur la langue, adoptée en 1993, l’Arménie exige un examen d’entrée sur la langue arménienne et l’enseignement de la langue arménienne pour tous les établissements d’enseignement secondaires spécialisés, professionnels et supérieurs.
  • Azerbaïdjan : Selon la loi sur la langue officielle de 2002, tout citoyen de la République azerbaïdjanaise est dans l’obligation de connaître la langue officielle.  Toute admission dans un établissement d’enseignement secondaire ou supérieur est conditionnelle à la réussite d’un examen de connaissance de la langue azerbaïdjanaise.
  • Belgique : Au sein de la communauté française, le Décret Spaak-Lagasse de 1978 a interdit l’emploi exclusif d’une langue autre que le français dans toutes les relations avec l’État et au niveau de l’affichage sur les bâtiments.   La communauté flamande, elle, a adopté une loi, en 2006, qui fait du néerlandais la seule langue de tout le processus de votation.
  • Biélorussie : Selon la loi sur les langues de 1990, "le travail d’instruction et d’éducation à l’école générale se fait en biélorusse".
  • Brésil : L’État de São Paulo a adopté une loi, en 1999, statuant que l’utilisation du portugais est obligatoire dans l’enseignement et l’apprentissage, dans le travail, dans les relations juridiques, dans l’expression officielle, dans l’expression lors des événements publics, dans les moyens de communication de masse, dans la production et la consommation de biens, produits et services et en ce qui concerne la publicité de ceux-ci.
  • Bulgarie : La loi sur l’éducation nationale de 1991 demande à ce que l’éducation permette une maîtrise de la langue officielle et que les élèves dont la langue maternelle n’est pas le bulgare aient le droit d’étudier leur propre langue maternelle, mais à l’extérieur de l’école publique.
  • Colombie : La loi en faveur de la langue espagnole, qui  a été adoptée en 1960 (mais abrogée par la suite), décrétait  que tous les documents officiels, tout nom, enseigne, annonce de commerce ou quoi que ce soit à la portée de tous devait être écrit en espagnol.  Si la loi n’était pas respectée, l’autorité responsable avait le droit d’ordonner l’enlèvement de l’annonce.
  • Costa-Rica : La loi sur la défense de la langue espagnole et des langues aborigènes costaricaines de 1996 oblige les raisons sociales, les brevets et les marques les documents publics, la publicité et les brochures a être dans les langues nationales.
  • Espagne : Dans la région autonome de la Catalogne, la loi sur la politique linguistique de 1998 a statué que le catalan constitue la langue de l’enseignement en Catalogne et cela à tous les niveaux et dans toutes les branches de l’éducation.
  • États-Unis : De nombreux États ont voté des lois linguistiques, dont l’Arizona, avec sa proposition 103, en 2006, qui a interdit toute forme de mesure officielle ignorant, nuisant ou diminuant le rôle de l’anglais comme langue du gouvernement.
  • France : La loi Toubon de 1994 dispose, dans son article 3, que "toute inscription ou annonce apposée ou faite sur la voie publique, dans un lieu ouvert au public ou dans un moyen de transport en commun et destinée à l’information du public doit être formulée en langue française".  En outre, cette loi a des dents : on peut retirer une inscription délinquante.  Dans la même loi, à l’article 11, on statue également que la langue d’enseignement dans les enseignements publics est le français.
  • Irlande : L’article 28 de la loi sur la radiodiffusion de 2001 dispose que la programmation doit absolument offrir du contenu dans la langue irlandaise, et pas seulement en anglais.
  • Islande : L’article 15 de la loi sur les étrangers de mai 2002 impose qu’un cours d’islandais de 150 heures, avec une assiduité minimale de 85%, soit imposé à tout étranger espérant obtenir un permis de séjour.
  • Lettonie : L’article 12 de la loi sur la citoyenneté de 1998 dispose qu’une personne ne peut obtenir une naturalisation si elle ne parle pas couramment le letton.
  • Macédoine : L’article 7 de la loi sur l’emploi de la langue macédonienne (1998) demande à ce que les textes officiels, mais également les manuels scolaires et la presse soient obligatoirement édités en macédonien.
  • Maroc : L’article 111 de la Charte nationale d’éducation et de formation de 1999 rend obligatoire l’enseignement en arabe de tous les enfants marocains et ce, dans toutes les institutions éducatives du Maroc.
  • Russie : La loi sur la langue officielle de la fédération de Russie de 2004 affirme que le russe doit être la langue obligatoire pour l’activité des pouvoirs publics, pour les noms des pouvoirs publics, lors de la tenue d’élections, dans le domaine de la justice, dans la correspondance entre les pouvoirs publics, dans l’orthographe des lieux géographiques, dans les publicités, etc.
  • Suisse : La Suisse est un cas un peu spécial, car chaque canton peut adopter ses propres règlements.  Cela dit, des organes fédéraux, comme la Société suisse de radiodiffusion et télévision, doivent s’assurer que les langues officielles des cantons sont respectées et que la programmation y est égale entre chaque langue.
  • Turquie : L’article premier de la loi sur l’usage du turc dans les établissements dispose qu’aucune société ou établissement ne peut supprimer le turc de leur commerce, de leurs contrats ou de leurs communications.  Les délinquants s’exposent à des amendes.

Dans leur quasi-totalité, ces États ne sont pas des dictatures et ne violentent pas leurs minorités. Simplement, ils ont compris que c’est en légiférant qu’on peut assurer que la cohérence et la stabilité sociales issues du partage d’une seule langue commune bien établie peut prévaloir. Ils ont saisi que si des lois permettent de protéger les individus, en interdisant tout ce qui pourrait s’attaquer à leur intégrité, de telles lois sont tout autant nécessaires pour protéger la nation, cette collectivité d’individus partageant des valeurs communes, dont la langue est généralement la principale.

Il faut appliquer la Loi 101 au cégep
L’application de la Loi 101 au réseau collégial ne constitue donc rien de plus radical que ce qui se fait ailleurs, n’en déplaise à ceux qui aiment nous dépeindre comme des extrémistes alors qu’on réclame, précisément, la normalité des peuples libres. En fait, on pourrait même dire que c’est une mesure bien timide, un simple premier pas, quand on se compare avec des pays qui ont décidé de ne financer que l’éducation publique dans la langue nationale, alors que nous finançons davantage l’éducation des anglophones que la nôtre !

Si le Québec était indépendant, la question ne se poserait pas. Il suffirait d’instaurer un seul réseau public d’éducation en français avec quelques exceptions pour les minorités anglaise et autochtones.
Mais la réalité étant ce qu’elle est, la Loi 101 au cégep constituera un nouveau rempart contre l’assimilation qui nous guette et nous permettra, en attendant le Grand Soir, d’aspirer à une existence un peu plus normale, à l’image de celle des centaines d’autres nations de la Terre.
Il n’y a rien de mal à éduquer nos enfants dans notre langue et à demander que ceux qui vivent sur notre territoire le fassent également. C’est ainsi que cela fonctionne partout sur la planète. C’est commun, presque banal.

La réaction des anglophones et de leurs sbires anglomanes ne doit pas nous surprendre. Ce sont des gens qui se prétendent ouverts d’esprit parce qu’ils parlent la langue impériale mais qui ignorent tout des lois linguistiques de par le monde. Ils nous dépeignent comme des radicaux, ils parlent de "police de la langue", mais ce n’est pas parce qu’ils ont raison de le faire, mais plutôt parce qu’ils espèrent jouer sur notre séculaire sentiment d’infériorité de peuple ayant vécu trop longtemps l’échine courbée.

Si toutes ces nations, ci-haut, ont ressenti le besoin de protéger leur langue commune, pourquoi le Québec, qui n’est pas un État indépendant et qui vit entouré d’une mer d’anglophones, ne pourrait pas également le faire ?

Cessons d’avoir peur de ce qu’en diront les incultes et appliquons la Loi 101 au réseau collégial. Ouvrons-nous sur le monde en protégeant notre langue et en rejoignant les centaines de peuples qui ont décidé d’enrichir l’humanité de leur présence en se donnant les moyens de survivre. Leur combat pour la diversité linguistique est aussi le nôtre.

Oui, l’automne sera chaud. Mais pas autant que l’enfer du quotidien de l’ethnocide de nos descendants si nous n’agissons pas maintenant
http://louisprefontaine.com/2010/08/18/loi-101-cegep-normal#comment-41233

Jacques Bergeron

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* Maria Chapdelaine, de Louis Hémon


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