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nouvelles/colonie-21S.jpgLe franglais, un (psycho)-virus imparable ? - le 06/11/2010 - 17:05 par Charles_Durand
Le franglais, un (psycho)-virus imparable ?
Tel un virus, le franglais se propage partout, imperceptiblement [par Charles Durand]
 
Charles Durand, universitaire, ancien directeur de l’Institut francophone d’informatique de Hanoï, auteur de La nouvelle guerre contre l’intelligence et d''Une colonie ordinaire au XXIème siècle, nous rappelle que les élites des grands États européens et les officines de l’empire anglo-saxon agissent ensemble consciemment pour détruire l’intelligence – en commençant par les langues de culture – pour mieux soumettre nos peuples à la "globalization", et les coloniser. Répandre des "psycho-virus", depuis des décennies, fait partie de leur entreprise. Cet article pourrait s’intituler : "La novlanguette, levier de crétinisation des peuples à dominer". [AS]

Hélas, il ne s'agit pas d'un virus mais, à l'origine, d'imposer un nouveau vocabulaire dont les vecteurs sont les médias d'une part et les capitaines d'industries d'autre part. Il ne faut pas non plus négliger le rôle de l'État qui, par le biais de certains ministères : "Éducation nationale" et "Enseignement supérieur et recherche" pour l'essentiel, amplifie ce phénomène, pensé et organisé en haut lieu. Il s'agit de l'introduction de mots anglais non traduits, de franglais ou d'anglais à la française (par exemple "relooker", "surbooké", etc.) mais aussi, à tous les nouveaux, de la tolérance d'une grammaire fautive, de constructions erronées et de fautes d'orthographe ou de diction grossières.

Un deuxième aspect du problème est l'acceptation assez générale de cette action. L'absence de réaction de la population est caractéristique d'une évolution mentale qui, malheureusement, ne semble pas souhaitable mais pour des raisons autrement plus sérieuses que des questions de purisme. En effet, cette anarchie linguistique est symptomatique d'un laxisme généralisé du côté de la compréhension. Les locuteurs ne se font plus un point d'honneur de comprendre puisque les constructions fautives à partir d'un vocabulaire erroné aboutissent à une compréhension qui n'est plus qu'approximative.

Pour s'en convaincre, souvenons-nous de l'exercice de dictée. Quels étaient les buts recherchés ? Un texte dicté qui ne contient pas de fautes a été compris à 100% par celui qui l'a rédigé et les fautes prouvent indubitablement que les relations existantes entre les diverses parties de la phrase n'ont pas été toutes saisies. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les programmes informatiques de saisie orale d'un texte n'aboutissent jamais à un texte exempt de fautes dès que l'on dicte des phrases un peu plus compliquées que "L'enfant mange la pomme". C'est également la raison pour laquelle les programmes de traduction automatisée n'aboutissent qu'à une version imparfaite qui doit être reprise par un traducteur connaissant parfaitement la langue cible et celle d'origine.

À l'inverse, nous voyons que l'introduction d'un vocabulaire non normalisé aboutit forcément à une compréhension approximative. Avec l'usage des mots anglais non traduits, avec le franglais, nous avons vu que, en parallèle, nous avons eu également une croissance fulgurante des constructions grammaticales fautives. Le premier phénomène et le second sont allés de pair, main dans la main en quelque sorte, et ce n'est pas un hasard. S'il y avait souci de précision, il n'y aurait ni franglais, ni mot anglais non traduit. En tant que professeur d'informatique, j'ai lu, lorsque j'étais à l'université, des rapports de stage truffés de tant de fautes qu'ils auraient déclenché les sarcasmes d'un simple détenteur d'un certificat d'études du début des années 60 ! Ce type de rapport n'est pas propre à l'informatique. A travers tout le spectre des sciences et des techniques, on assiste actuellement au même phénomène. Les gens parlent de choses dont ils n'ont plus une compréhension totale.

On se contente de l'à-peu-près, de l'approximatif. Nos soi-disant élites formées dans les grandes écoles ne sont pas immunisées. Cela veut dire que le crétinisme ambiant et l'incompétence se renforcent. Écoutez donc radio BFM (ou plutôt "BFM radio"), la radio qui se veut être de l'éco. La cuistrerie et l'imbécillité des gens sont proportionnelles à la densité de mots anglais non traduits qu'ils utilisent dans leur discours. Cette densité est également liée à la proportion de constructions fautives.

Tout est lié. Le fait même que nos dirigeants ne voient même plus les portes de sortie de la crise économique actuelle en termes de mesures à prendre prouve bien que le simple bon sens est déjà parti par la fenêtre. Nous sommes les témoins d'une fantastique régression mentale chez les prétendus intellectuels des pays occidentaux d'une manière générale. Il s'agit d'une décadence de nos sociétés qui augure mal l'avenir dans un monde dans lequel l'Occident va forcément se retrouver assez vite à la traîne derrière des pays que nous ne prenions nullement au sérieux il y a encore dix ans.
La langue est le révélateur immédiat de problèmes sous-jacents extrêmement sérieux et nous ferions bien d'en prendre conscience.

Charles Durand


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