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Francophonie.jpgPour une Francophonie-Puissance - le 06/04/2011 - 13:33 par Michel_Guillou

Pour une Francophonie-Puissance
Revenir aux fondamentaux par Michel Guillou

Cet article de Michel Guillou, exprime fort bien les conclusions auxquelles nos associations sont parvenues ensemble au fil des années : c’est la (troisième) Francophonie qui est l’avenir, et l’empire anglo-saxon et le mondialisme de langue anglaise qui sont devenus "ringards" !  - Michel Guillou est directeur de l'IFraMond (Institut pour l'étude de la francophonie et de la mondialisation) [AS]

Au niveau linguistique, dans tous les secteurs de la vie économique et sociale et chaque jour un peu plus, les élites françaises abandonnent leur langue au profit du seul anglais. Ainsi, de plus en plus d’entreprises françaises obligent leurs salariés à travailler en anglais, et dans l’enseignement supérieur une pression de plus en plus forte se fait sentir pour que l’anglais devienne la langue d’enseignement. Ce courant est maintenant visible, au quotidien, pour chacun des Français. Par un matraquage systématique, en particulier médiatique, on oriente les familles, non vers l’ouverture par le multilinguisme, mais vers le copié/collé anglo-saxon par l’anglais langue unique.

Au niveau géopolitique, la frilosité voire l’hostilité française, envers la Francophonie est une réalité maintenant connue de nos partenaires. Cette attitude désastreuse pour la place de la France dans le monde transcende les clivages politiques habituels gauche/droite. Elle est devenue la règle à tel point que toute personne ayant un avis contraire est considérée non seulement comme démodée et dépassée mais aussi soupçonnée d’être d’extrême droite car nationaliste.

A en croire les tenants de cette pensée unique actuellement majoritaires et activistes, la Francophonie tout comme la langue française, n’aurait aucun rôle à jouer dans l’actuelle mondialisation. Il faudrait en prendre acte et passer sans état d’âme à autre chose.
On peut comprendre, sans approuver, que la toute puissance des États-Unis, seule hyper puissance pendant ces trente dernières années, ait pu hier aveugler au point de faire croire que l’avenir verrait l’avènement d’une langue internationale unique, d’une monnaie unique et de valeur unique : celle de l’universalisme américain. Mais on ne peut accepter, par contre, que les élites françaises persistent dans l’erreur car le monde est en train de changer. Il leur faut prendre le bon train. Les "ringards" ne sont pas du côté que l’on croit.

La Francophonie dont il est question ici n’est ni la francophonie linguistique, la première, celle de la fin du 19ème siècle, ni la seconde, la francophonie senghorienne qui s’est construite difficilement et lentement après les indépendances, mais la francophonie mondialisée, la troisième francophonie qui est apparue comme pôle d’influence dans la mondialisation au début du 21ème siècle et plus précisément au Sommet de la Francophonie de Beyrouth en 2002.

Cette Francophonie dont la majorité des pays membres n’ont jamais été colonisés, est par excellence, de par la langue partagée, un des espaces du troisième dialogue, le dialogue des cultures, qu’appelle la mondialisation culturelle comme antidote aux chocs des civilisations et des religions. Ces ensembles, les unions géoculturelles, sont aux côtés des unions régionales telle l’Europe, de nouveaux pôles d’influence et d’équilibre dans la mondialisation. Ils participent pleinement au nouveau monde multipolaire en cours de constitution.

Le succès du combat mené par la Francophonie pour l’adoption en 2005 à l’UNESCO de la Convention internationale pour la diversité culturelle, témoigne de son poids spécifique et de sa puissance d’influence. Cette adoption a été obtenue avec panache, par 148 voix pour et seulement 2 contre, ceci malgré l’opposition farouche et déterminée des États-Unis.

Indiscutablement, depuis un demi-siècle, la Francophonie a fait le chemin des valeurs. Elle met aujourd’hui en avant la liberté, la solidarité, la diversité et le dialogue, valeurs issues du métissage de celles de la Révolution française et de la Civilisation de l’Universel chère à Senghor. C’est pourquoi elle est attractive comme le montre l’accroissement, de sommet en sommet francophone, l’accroissement continu du nombre de ses membres.

Outre la liberté individuelle et le dialogue, la Francophonie prône la solidarité et la diversité. Ce faisant, elle rencontre les besoins qu’engendrent les effets pervers de la mondialisation qui agrandit le fossé entre riches et pauvres et uniformise à tout va. Elle s’affirme au fil du temps un laboratoire de l’autre mondialisation : la mondialisation humaniste. Elle est devenue une puissance d’influence au service de la promotion des biens communs de l’humanité.
Quant à la langue, il faut dénoncer l’action aveugle de ceux qui veulent imposer à marche forcée partout et dans tous les domaines politique, économique, sociaux une langue unique : l’anglais. Cela pour plusieurs raisons.

Il faut d’abord prendre en compte le principe de précaution. Il semble donc raisonnable de demander aux élites françaises qui disposent d’une langue internationale parlée dans tous les continents, d’attendre, avant de la saborder en décrétant l’anglais langue unique, de voir quel sera l’avenir linguistique du monde et le choix qui sera fait dans ce siècle entre le multilinguisme et l’unilinguisme anglais.

De plus, d’évidence, le multilinguisme s’installe du local à l’international et de plus en plus comme une valeur universelle. Cette évolution découle du choix au niveau mondial de la diversité culturelle qui a pour corollaire incontournable la diversité linguistique, et du besoin, pour assurer la paix et éviter le repli identitaire, d’une ouverture culturelle évitant tout risque d’assimilation.

Pluriel au niveau national dans la plupart des pays francophones, le paysage linguistique l’est aussi au niveau international, du fait notamment du dynamisme de langues comme l’espagnol ou l’arabe mais aussi de l’émergence internationale des langues des nouveaux géants économiques comme par exemple la Chine ou le Brésil. Les États-Unis ne sont déjà plus l’unique hyper puissance et ce changement, lourd de conséquences, s’inscrit dans la durée.

Une multipolarité nouvelle, mais indiscutablement réelle, est en train de se construire. Elle concerne non seulement l’économie mais aussi le social, le culturel et le linguistique. Il n’est que de constater le développement très rapide des Instituts Confucius pour comprendre que la Chine ne renonce pas à sa langue.

Cette évolution vers la diversité linguistique généralisée porte un coup décisif au rêve de l’anglais langue unique. Rappelons que déjà dans le domaine économique et alors que les États-Unis étaient la seule hyper puissance, le dollar n’a pas réussi à être la seule monnaie du monde.

En définitive, la Francophonie et la langue française ont une place et un rôle à jouer dans la mondialisation. La première comme union géoculturelle et puissance d’influence du fait du dialogue interculturel qu’elle permet et des valeurs de son universalisme. La seconde comme langue centrale dans l’élaboration du multilinguisme mondial.

La mondialisation est donc une chance pour la Francophonie et la langue française. Reste à saisir cette chance et à élaborer pour ce faire une stratégie d’action.
Faut-il, enfin, rappeler aux élites françaises, que pour être puissante et respectée en Europe, la France doit retrouver et s’appuyer sur ses fondamentaux, c’est-à-dire, en particulier sur ses valeurs, sa langue, la Francophonie ? Ce retour aux fondamentaux, l’Allemagne le fait et avec le succès que l’on sait.

Michel Guillou

Lyon le 20 mars 2011
 


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