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Renforcer la loi Toubon au lieu de l'étrangler ! - le 23/03/2013 - 18:29 par A_Salon

Renforcer la loi Toubon au lieu de l'étrangler !

Le 24 mars se termine la "Semaine de la langue française " qui a inclus la Journée de la Francophonie.

C'est dans ce cadre que l'Observatoire des Libertés (OdL) et trois associations qui l'appuient : ASSELAF, Avenir de la langue française, C.O.U.R.R.I.E.L, ont écrit le 21 mars à l'ensemble des députés membres de la Commission des Affaires culturelles de l'Assemblée Nationale. Ces associations leur demandent d'inscrire à l'ordre du jour une proposition de loi votée à l'unanimité par le Sénat en... 2005, et restée en attente d'inscription à l'Assemblée depuis lors. Cette proposition, portée par le sénateur Philippe Marini, contient d'intéressants compléments à la loi Toubon de 1994 sur l'emploi de la langue française (cf le site du Sénat). A.S.

Cette lettre figure ci-dessous :


Paris, 21 mars 2013

Monsieur le Président,

Madame,

Monsieur,

aux Députés membres de la Commission culturelle de l’Assemblée Nationale,

 

Mars 2013. Sur l'immense vitrine du “Pub Renault”, avenue des Champs Élysées, elle-même vitrine de la France, deux courtes lignes d’annonce :

- La seconde “NO LIMIT” EXHIBITION

- La première - censée en français - EXPOSITION NO LIMIT.

Voici brillamment ramassé le méprisant rejet où se voit portée la marque première de l'identité d'une nation : sa langue.

Autochtone ou visiteur, chacun peut à loisir mesurer la violence extrême du raz-de-marée angloricain noyant, non plus seulement la qualité, mais l’usage même de notre langue française. Il est donc inutile de multiplier les exemples. Vous les relevez dans tous les domaines de notre quotidien : titres des émissions de télévision, de radio, de films, à présent de livres écrits par des Français, communication sous toutes déclinaisons, mode évidemment, sports, culture, tous appliqués à poser leur pas dans ceux du chef de file, le monde de l’économie et du commerce. Il appartenait aux responsables de la “chose publique” au sens le plus large d’adopter une attitude résistante exemplaire. Pendant plusieurs décennies, ils glissèrent lentement vers la capitulation. Depuis quelques années, les voilà entrés dans la voie de la collaboration. On attendait qu’ils confortent les fondements de la Nation. Ils montent en première ligne pour les saper.

C’est donc à l’ombre du domaine public que, fort de son impunité, l’angloricain se substitue au français dans la pratique d’entreprises à capitaux d’État. Air France, la SNCF, Renault, France-Telecom, à présent l’EDF ou la Poste, elles et tant d’autres, ne connaissent plus pour leurs déclinaisons commerciales et leurs slogans, voire leur langue de travail (par exemple EADS ou Eurocopter) que le parler de nos "modèles", quand bien même les publics visés sont francophones et œuvrent en France *.

Suivant l’édifiant exemple du reniement donné par de grandes écoles, telles HEC ou l’IEP, c’est à présent l’enseignement supérieur qui prétend se ranger sous la tutelle angloricain. Mieux encore : déjà “en délicatesse” avec leur langue maternelle, nos enfants se voient menacés d’apprendre l’angloricain dès le CP ! Deux avant-projets de loi vont dans ce sens. Des idéaux d’apparence généreuse et réaliste prétendent dénoncer toute forme de colonialisme. Conviendrait-il alors... de ne pas appeler servilement à la colonisation de la France, ni bien sûr des pays qui gardent le français en partage. De ne pas, ainsi, appeler à une nouvelle colonisation de l’Afrique !

Plaidant pour une humanité dense et digne, ces mêmes idéaux soulignent les vertus du droit à la différence. Conviendrait-il alors... de ne pas contribuer à l’éradication des langues vernaculaires, immolées sur l’autel de la langue mondiale, au nom d'intérêts pour le moins discutables à défaut même d’être discutés !

Le 4 août 1994 était votée le “Loi Toubon”, sous les lazzis d’une intelligentsia suivie par des médias fort peu lucides. Pourtant modérées, les prétentions de cette loi à tempérer les ardeurs du colon se voient à présent partiellement invalidées par le refus d’agir de certains organes de contrôle.

A cet égard, vous trouverez en pièce jointe l’édifiante question posée à Madame le Ministre de la culture par le député Jean-Jacques Candelier, et concernant le refus de la Direction Générale de la Répression des Fraudes de... suivre les indications d’une ministre se contentant pourtant de demander l’application de la loi. Quant aux dispositions de son article 4 précisé par le JO du 20 mars 1998 (article 2.6.2 / 1), ont les lit perpétuellement et impunément violées par les collectivités territoriales.

En 2005, le sénateur Philippe Marini fit voter à l’unanimité une proposition de loi tendant à actualiser la loi de 1994. Ce texte fut aussitôt transmis à l’Assemblée Nationale. Il est depuis “en attente” à votre commission.

Au moment où, dans l’indifférence des principaux médias, se déroulent une aimable "semaine de la langue française ” et la “ journée de la Francophonie ”, nos associations attachées à la défense - la survie - du français - vous auraient une profonde gratitude à vous voir demander la mise à l'ordre du jour de votre commission de la proposition de loi sénatoriale. Cela, Madame, Monsieur, participerait significativement à défendre ces valeurs de la République, objet de tant de débats, et auxquelles nous imaginons la représentation nationale particulièrement sensible..

Cette mesure dirait notre attachement au respect de l’“être”, et notre salutaire distance - jusqu’à un passé récent - d’avec cet “avoir” puissance nouvelle chez nous ayant la langue angloricain pour cheval de Troie.

Nous ne mésestimons pas les nécessités commerciales. Mais, tout en les voyant prioritairement  orientées vers un nombre restreint d'intérêts particuliers et fortunés, nous les tenons pour relatives. Elles ne sauraient faire litière de nécessités ancrées sur des valeurs d’esprit. Cette mesure participerait au respect dû à des citoyens n’entendant pas, ou ne pouvant pas se soumettre à un diktat étranger au nom d’arguments purement matérialistes. Cette mesure saluerait ceux des peuples, francophones ou non, faisant à notre culture, notre civilisation, l’honneur de les apprécier. Et gardant l’espoir que le peuple de France comme ses gouvernants aient la volonté de sauvegarder un legs à valeur universelle.

Peut-être participerait elle à un sursaut de nature à préserver ce qui subsiste du statut privilégié de notre langue au sein d’organismes tels l’ONU, l’Union Européenne, le Comité Olympique.

Il n'est pas envisageable que la représentation nationale puisse accepter le reniement, voire la capitulation, dans cette guerre culturelle qui nous est faite sous couvert de “ mondialisation”. Il n'est pas acceptable que soit légitimée par l’inactivité du Parlement une situation de fait divisant la population entre les post-citoyens consentants ou acquis au remplacement de leurs repères sémantiques et idéologiques, et les citoyens ringardisés conservant un attachement, militant ou contrit, au vecteur principal et nécessaire de leur culture.

Il vous revient de mettre un terme à une discrimination sociale sans précédent dans l‘histoire de la République. Une discrimination tendant à l’institution d'une citoyenneté de second ordre en France, et imposant la maîtrise de l'angloricain, comme condition d’une pleine réussite scolaire, de la jouissance d'un emploi qualifié, et finalement de l’accès à l’ensemble des messages de l'espace public.

Souhaitant vous trouver sensibles à une démarche qui rendrait justice au cri d’Albert Camus Ma patrie, c’est la langue française, nous vous exprimons, Monsieur le Président, Madame, Monsieur, l’assurance de notre parfaite considération.

Georges Gastaud président de CO.U.R.R.I.E.L.

Matthieu Varnier, secrétaire général

Louis Maisonneuve président d’Observatoire des Libertés

Albert Salon président d'Avenir de la Langue Français. Docteur d’État-ès lettres, ancien ambassadeur, commandeur dans l’Ordre du Mérite

Philippe de Saint Robert président de l’ASSELAF (Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française)


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