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Retour sur une capitulation en rase campagne - le 27/05/2013 - 22:03 par MAR

Retour sur une capitulation en rase campagne
(le débat à l'Assemblée Nationale)

Pour revenir sur le débat à l'Assemblée Nationale portant sur l'article 2 du projet de loi Fioraso qui permet d'enseigner en langues étrangères (comprenez en anglais) dans les universités françaises.

Rappelons que ce débat s'est tenu devant un hémicycle plutôt désert ce qui montre la considération de la plupart de nos élus pour le ciment majeur de notre nation : sa langue.

NO-Fioraso2.jpg

dans le Nouvel-observateur du 30/05/2013 (n°2534)

Pour lire le texte de la discussion en séance publique à l'Assemblée Nationale :
1ère séance du mercredi 22 mai 2013 (discussion générale)
2e séance du mercredi 22 mai 2013 (discussion générale-suite)
1ère séance du jeudi 23 mai 2013 (débat sur l'article 2)

état de l'article L121-3 du Code de l'éducation à l'heure actuelle

Les intervenants se sont répartis en 3 groupes :

1) les anglo-béats (le côté "y'a bon l'anglais") pour qui il faut absolument que les étudiants rejoignent la "modernité" et soient enseignés dans la langue dominante. Parmi ces "lou ravis" de l'anglais outre la ministre Fioraso, on trouve également Patrick Bloche (Paris, PS) , président de la commission des affaires culturelle et de l'éducation, en roi de l'hypocrisie dit que cet article ne concernera pas que l'anglais et que lui pense beaucoup à la francophonie "[…] la faculté qu’il offre de dispenser, sous certaines conditions, dans nos établissements d’enseignement supérieur des cours en langue étrangère – et, j’insiste sur ce point, pas seulement en anglais." (!). Thierry Braillard (Rhône, PRG) grand apôtre de la désobéissance républicaine explique que puisque cela se fait ailleurs (dans les grandes écoles) il faut le faire à l'université. Cette volonté ne fait que rétablir et inscrire dans la loi des pratiques courantes et déjà bien installées. "J’entendais ce matin un membre du Collège de France reconnaître l’existence de telles pratiques, mais se demander comment les députés pourraient les régulariser. Mes chers collègues, n’est-ce pas notre rôle, face à une désobéissance civile, de régulariser la situation et de faire d’une réalité une évidence ?" Il pourrait aussi nous dire par exemple, que le vol étant très répandu il faut le légaliser.

Philip Cordery (Français de l'étranger, PS) qui confond allègrement stage linguistique et formation universitaire faite en anglais et dans la bouche duquel on trouve l'inoubliable : "Il constitue également une véritable avancée pour les étudiants français qui ne seront plus obligés de s’offrir, pour ceux qui le pouvaient, des séjours à l’étranger pour apprendre une autre langue." (!)

Jean-Yves Le Déaut (Meurthe-et-Moselle, PS) qui voit dans l'imitation de l'élite qui a déjà trahi son pays, le but ultime de la démocratie : "Quelle hypocrisie ! L’élite a droit à l’anglais, et l’université n’y aurait pas droit ? C’est une inégalité !" et fait mine de s'intéresser à la langue française pour aussitôt parler de sa vision étroite. Pour lui, la bonne langue française c'est l'anglais ! Il prend d'ailleurs comme exemple les brevets pour lesquels, depuis la récente validation du brevet européen, Il suffit de déposer un brevet en anglais pour qu'il soit valide directement en France c'est effectivement un solide argument !

Thierry Mandon (Essonne, PS) pour sa part essaie lamentablement de coller une étiquette d'anti-étudiants étrangers" à l'un des opposants au texte pour faire diversion et éviter ainsi de répondre au fond, sur sa propre démission linguistique.

Olivier Vérant (Isère, PS) joue les naïfs pour montrer qu'il ne met pas en danger la francophonie en enseignant en anglais

Isabelle Attard (Calvados, écologiste) comme beaucoup de ses collègues pense que puisque les grandes écoles le font déjà il faut le faire ce qui du point de vue d'un législateur est effectivement un argument solide ! "Comme nous le savons tous, les cours en anglais existent déjà, et les doctorants étrangers en France ont déjà la possibilité de rédiger leur thèse en anglais."

2) Face à eux, quelques valeureux bretteurs tentent de défendre la langue française et la francophonie comme :

Dino Cinieri (Loire, UMP) qui s'inquiète de la très mauvaise image donnée par la France aux autres pays francophones : "Alors mes chers collègues, ne cédons pas à la facilité. Si nous adoptons cet article, nous désespérerons tous ceux qui défendent la langue française et la francophonie dans les pays amis et dans les instances internationales. [...] L’enseignement en anglais dans les universités françaises serait perçu comme une forme d’abandon de l’exception culturelle et linguistique que notre pays revendique pourtant à raison avec force, notamment auprès des instances européennes."

Daniel Fasquelle (Pas-de-Calais, UMP) qui montre la vanité d'un tel enseignement en anglais : "D’ailleurs, de grands pays comme l’Allemagne et la Chine sont en train de revenir sur l’enseignement en anglais dans leurs universités. Je vous invite à lire une recommandation, qui date du mois de novembre 2011, de l’équivalent allemand de notre conférence des présidents d’université. Cette instance dit : "Stop ! Revenons à l’enseignement en allemand, et faisons en sorte de promouvoir non pas le tout-anglais mais le multilinguisme." et les fausses barrières mises par les amendements "[…]votre exception n’en est pas une ! En réalité, les conventions internationales et les conventions européennes sont telles que ce sont tous les cours que vous pouvez faire basculer dans l’anglais, et non pas des programmes très particuliers, très précis, …" [voir son intervention]

Jacques Myard (Yvelines, UMP) montre où nous conduit cette politique déjà en place : "L’on nous dit que les grandes écoles pratiquent ainsi, mais c’est proprement lamentable. Rendez-vous compte qu’aujourd’hui les chercheurs, pour obtenir des subventions de l’Agence nationale de la recherche, doivent s’y prendre en anglais ! Mais où allons-nous ? Quel est ce peuple qui a honte de sa propre langue, qui n’est pas capable de continuer à forger des concepts comme il l’a fait pendant des siècles, en particulier dans les matières scientifiques, et qui s’en remet totalement à une langue étrangère ? Un peuple qui parle petit à petit une autre langue étrangère est un peuple qui perd son identité et qui appauvrit le système. Il faudrait tout de même le savoir. Vous mettez en place un processus d’appauvrissement, rien d’autre."

Rudy Salles (Alpes-Maritimes, UDI) qui lui aussi montre l'effet désastreux produite par l'abandon progressif par la France de sa langue "Il faut donner un signal fort pour montrer à quel point nous sommes attachés à la langue française. Quand nous allons au Québec, nous sommes surpris de voir la mobilisation des Québécois pour défendre la langue française, eux qui se sentent cernés par l’anglais. Or lorsqu’ils viennent en France, ils ont, eux, l’impression que nous avons déjà tout bradé ! C’est la raison pour laquelle je demande que nous réfléchissions bien à l’occasion de ce débat sur l’article 2 du projet de loi dont nous pouvons comprendre un certain nombre de fondements."

Pouria Amirshahi (Français de l'étranger, PS) grand défenseur du plurilinguisme aussi bien au sein de la commission et que dans des tribunes brillantes, demandant même avec 39 de ses collègues socialistes le retrait pur et simple de l'article 2 thème qu'il a répété ici "D’abord, il faut déployer nos efforts en amont de l’université. Ensuite, il faut préférer le plurilinguisme au "tout anglais" car c’est cela la modernité : l’espagnol, l’arabe et le chinois sont des espaces linguistiques très importants. Enfin, il faut renforcer Erasmus. Au lieu d’investir dans la rémunération de certains professeurs anglo-saxons, ne pourrions-nous pas mettre cet argent dans des bourses Erasmus afin d’aider nos jeunes à voyager et à faire leurs études en immersion, pour être capables de bien maîtriser les langues ?" semble hélas, dans un 2ème temps, peut-être pour ne pas faire de peine à son groupe, se contenter d'amendements qui laissent un champ très libre au tout-anglais.
(lire également la lettre de Claude Weisz à Pouria Amirshahi)

3) Entre ces 2 groupes : les bonnes âmes, ceux qui veulent défendre la langue française et (selon eux) entrer dans la modernité, bref ménager la chèvre et le chou :

Parmi eux Marie-Georges Buffet (Seine-Saint-Denis, PC) qui mélange allègrement enseignement en anglais et apprentissage des langues étrangères…

Bernard Debré (Paris, UMP) qui bien que scientifique tout en regrettant certains abandons : "J’ai fait venir en France des Chinois qui ne parlaient pas notre langue et nous avons pu leur faire un enseignement en anglais dans le service. Que s’est-il passé au bout de quatre ans ? On parle français dans le service de Shanghai, et c’est cela qui est extraordinaire" pense néanmoins qu'il faut obligatoirement parler anglais pour entrer à l'université "

Frédéric Reiss (Bas-Rhin, UMP) pense au moins que le français doit rester la règle et que cette mesure devrait être limitée au master et minoritaire "[…] je pense que les cours en français doivent être la règle, et qu’à partir du master, notamment dans certaines disciplines scientifiques, technologiques ou économiques, certains cours peuvent être dispensés en anglais."

Sophie Dessus (Corrèze, PS) s'interroge aussi sur les conséquences "Je propose de compléter l’alinéa 2 par une phrase relative aux étudiants français, beaucoup plus précise et restrictive que l’amendement présenté par M. Hetzel. En effet, les exceptions prévues par le texte ne précisent pas leur situation. Or il peut être intéressant d’ouvrir dans certaines limites un enseignement en langue étrangère aux étudiants français afin d’ajouter à la qualité de leur formation et de faciliter leur insertion professionnelle." mais retire hélas son amendement visant à préciser le texte…

Nathalie Chabane (Pyrénées-Atlantiques, PS) souhaite renforcer le contrôle : "Il ne s’agit donc de généraliser l’enseignement en langue étrangère dans l’enseignement supérieur. Et je tiens à insister sur ce point précis car je m’associerai à tout amendement discuté ici, qui renforcera cet aspect."

Enfin Vincent Feltesse (Gironde, PS), rapporteur du projet de loi, malgré des qualités d'ouverture reconnue par tous et malgré des interrogations : "D’un autre côté, je suis parfois surpris que certaines grandes écoles – y compris celle dont je suis issu, HEC – dispensent l’intégralité de leurs cours en langues étrangères" - "J’ai en tête des exemples d’amis qui enseignent dans des grandes écoles et qui, d’une année à l’autre, ont dû dispenser leurs cours de droit dans un anglais qu’ils ne maîtrisaient pas !" refusera beaucoup d'amendements tenant à limier et encadrer au moins cet article.

MAR

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