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Lettres de protestation

Der. nouv.

Le ministre Repentin s'assoit sur la circulaire du 1er ministre - le 13/06/2013 - 10:11 par MAR

Thierry Repentin, ministre délégué aux Affaires européennes
s'assoit sur la circulaire du Premier ministre

En témoigne cet échange de courriers entre une branche locale de DLF : Défense de la langue française Pays de Savoie et le cabinet de Thierry Repentin par ailleurs Président du Groupe des Élus de Gauche "Savoie Pour Tous", concernant l'abus de dénominations anglo-saxonnes des manifestations soit subventionnées par le Conseil général de Savoie, soit organisées dans les lieux dont il est propriétaire, avec un rappel aux articles 14 et 15 de la loi du 4 août 1994.

Ce ministre s'abrite derrière une prétendue jurisprudence européenne supposée "claire sur ce point […] il est tout à fait possible que soient employés à la place des mentions en langue française, des termes ou expressions dans une autre langue, si celles-ci permettent à tout citoyen, indépendamment de sa nationalité, de les comprendre plus facilement". Ce qui est la porte ouverte à toutes les démissions présentes et futures, cette "jurisprudence" n'a pourtant aucune prééminence sur la loi française.et concerne essentiellement les emballages. Peut-être serait-il temps que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, prenne les mesures à même de faire respecter sa circulaire sur l'emploi de la langue française. MAR


1) La lettre de DLF-Pays de Savoie du 1er mai 2013 aux élus du conseil général de la Savoie

2) La réponse de Thierry Repentin, Pt du Groupe des Élus de Gauche "Savoie Pour Tous" (et ministre délégué aux Affaires européennes) du 24 mai 2013 à DLF-Pays de Savoie

3) La réponse de Marcel Girardin, président de DLF-Pays de Savoie à Thierry Repentin du 2 juin 2013


Défense de la langue française Pays de Savoie
85, chemin du viaduc 73420 Voglans
Courriel : dlfsavoie73-74@Iaposte.net

Aux élus du conseil général de la Savoie

Voglans, le 1er mai 2013

copie à Monsieur le Premier ministre et à Monsieur le Préfet de la Savoie

à la presse

Objet : Octroi de subventions par le Conseil Général favorisant l’emploi de la langue française dans le cadre de l’article 15 de la loi n° 94-665 du 4 août 1994 et de la récente circulaire du Premier ministre en date du 25 avril 2013.

Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux,

Nous avons déjà eu l’occasion, lors de notre lettre du 30 janvier 2012, d’établir un constat préoccupant de l’anglicisation rampante des espaces et activités publics de Savoie et de vous exposer notre position ainsi que la requête suivante que nous renouvelons aujourd’hui :

Nous demandons à tous les conseillers généraux de bien vouloir, à l’avenir, défendre et promouvoir la langue française par l’octroi de subventions favorisant uniquement des manifestations ou des organismes qui la mettent en avant et respectent les dispositions de la loi du 4 août 1994 relative à son emploi. Cette demande concerne autant les votes de la commission permanente que de l’assemblée, ainsi que les subventions attribuées par le biais de Savoie Mont Blanc, ou tout autre organisme (UDOSTI, contrats territoriaux…)

Nous souhaiterions, comme nous avons déjà eu l’occasion de l’indiquer de vive voix à certains d’entre vous, que le formulaire de demande de subvention comporte une clause indiquant que l’attribution de toute subvention du Conseil Général de la Savoie est subordonnée au respect prioritaire de l’emploi de la langue française conformément à l’article 15 de la loi du 4 août 1994. Naturellement, cela signifie que par extension, les organismes cités ci-dessus devront s’engager à demander ce même engagement vis-à-vis des tiers qu’ils aident financièrement ou matériellement.

D’autre part, il parait logique que le CG73 soit lui-même exemplaire sur ce sujet, ce qui malheureusement n’a pas toujours été le cas. À cet égard, on pourrait s’attendre à ce que vous exerciez toute votre autorité, en particulier sur les lieux dont vous êtes propriétaire ou autorité organisatrice : par exemple au sujet de l’appellation illégale SOLAR INNOVATION CAMPUS sur Savoie-Technolac, les championnats du monde d’aviron, ou la station de Courchevel qui organise de multiples évènements dont les noms sont en anglais ("les Teenag’ games", "Dynafit mountain races", "Courchevel moovie challenge", "Dynafit ski touring", "Sunday sounds sessions"…etc ! ! !

Si nous saluons ici l’attachement à la défense et à la promotion de la langue française dont votre président, Monsieur Hervé Gaymard, a su donner plusieurs preuves, nous attendons bien entendu de l’ensemble des conseillers généraux une attitude d’autant plus volontaire en la matière que le Premier ministre, Monsieur Jean-Marc Ayrault, a signé, le 25 avril 2013, une circulaire ordonnant à tous les ministres de son gouvernement, et par voie de conséquence à tous les élus et fonctionnaires de France, la défense et la promotion de la langue française ; ce qui est bien le moins que l’on puisse attendre des détenteurs d’une parcelle du pouvoir, délégué par le peuple français souverain.

Dans l’attente d’une réponse (au moins des présidents des groupes qui composent l’assemblée départementale), nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs les Conseillers généraux, en nos plus sincères salutations.

Marcel Girardin (Président), Michel Cliquennois (Vice-président), Philippe Reynaud (Secrétaire), Lucien Berthet (Secrétaire-adjoint), Jean-François Martignoles (Délégué Haute-Savoie)


SAVOIE CONSEIL GENERAL
Thierry Repentin
Président du Groupe des Élus de Gauche Savoie Pour Tous
47, place Caffe - 73000 Chambéry
Tél. 04.79.70.89.99 - Fax 04.79.70.89.98
Email : gspt@wanadoo.fr
TR/JR

Monsieur Marcel Girardin
Président de Défense de la langue française en Savoie"
85, chemin du Viaduc
73420 Voglans

Chambéry, le vendredi 24 mai 2013

Monsieur le Président,

Je tiens par la présente à faire suite à votre courrier en date du 1er mai 2013 adressé à l'ensemble des Conseillers généraux de Savoie, et vous écris ce jour afin de vous transmettre la réponse de notre groupe d'élus à vos différentes sollicitations.

Dans votre courrier, vous avez souhaité interpeller les Conseillers généraux de Savoie sur la nécessité de veiller à ce que la langue française soit le plus fréquemment employée, aussi bien dans nos propres services, que dans les différents organismes dont nous sommes responsables ou auxquels nous accordons des subventions.

Nous ne pouvons bien entendu qu'être en accord avec vous sur ce point et défendons dès que nous le pouvons la langue française au gré des différentes décisions que nous sommes amenés à prendre au cours de notre mandat. Si cette défense de notre langue est indispensable, elle ne doit pas non plus se muer en une prohibition de tout terme d'une autre langue dans les différents événements ou marques que nous promouvons.

Ainsi, vous faites appel dans votre lettre à la loi n°94-665 relative à l'emploi de la langue française et à son article 15 qui interdit aux personnes morales de droit public l'emploi d'une expression ou d'un terme étranger. Ce qui, selon vous, rend une appellation comme Solar Innovation Campus totalement illégale. Or, la jurisprudence européenne est claire sur ce point. Certes la législation nationale française doit être respectée dans les restrictions nationales qu'elle impose, en l'absence d'harmonisation juridique de l'Union européenne dans ce domaine, cependant, il est tout à fait possible que soient employés à la place des mentions en langue française, des termes ou expressions dans une autre langue, si celles-ci permettent à tout citoyen, indépendamment de sa nationalité, de les comprendre plus facilement. Vous n'êtes pas sans savoir que notre département dispose d'une économie touristique très développée. La Savoie accueille chaque année de très nombreux visiteurs étrangers venus de toute l'Europe. Il est donc recommandé que les événements et marques que nous mettons en avant et qui contribuent fortement à ce rayonnement, puissent être parfois issus d'autres langues. Ajoutons à cela que bien souvent, si la dénomination de l'événement en question peut comporter, entre autres, un anglicisme, la description de l'événement sur l'ensemble des supports promotionnels est la plupart du temps intégralement rédigée en français. Notre langue est donc loin d'être oubliée.

Défendre une malléabilité de l'emploi de notre langue ne signifie pas pour autant que nous souhaitions sa perte, bien au contraire. Nous sommes mêmes prêts à défendre d'autres appellations pour les événements que vous évoquez dans votre courrier. Nous pouvons comprendre que les "Teenag 'gantes", "Dynafit mountain races", "Courchevel movie challenge" et autres "Sunday sounds sessions" vous interpellent, mais à ce jour, leurs traductions respectives tels que les "Jeux d'Adolescents", les "Courses de Montagne de Dynafit", le "Défi cinématographique de Courchevel" ou encore les "Sessions sonores du Dimanche", ne sont pas des termes qui facilitent l'internationalisation de tels événements.

Dans une récente interview à un journal grand public, Erik ORSENNA, Académicien et membre du Haut Conseil de la Francophonie, déclarait ne pas s'inquiéter de l'augmentation des anglicismes dans notre usage quotidien de la parole ou de l'écrit. Cependant, il estime que pour être positif, cet emploi doit être couplé à "une capacité d'exporter des mots français". Il ajoute : "C'est un peu comme le commerce extérieur : si on achète plus à l'étranger qu'on vend, ça ne va pas...".

Ainsi, en tant que défenseur de la langue française, je vous invite à aider à promouvoir notre langue, pas simplement en combattant l'emploi des anglicismes dans les marques ou les partenariats promus par le Conseil général, mais aussi en apportant votre pierre à ce vaste travail de néologie qui permettra au français, non pas de se maintenir dans des positions conservatrices, ni de vivre avec son temps, mais bien de prendre de l'avance. Comme le souligne le même Erik ORSENNA, pendant longtemps les Arabes ont fourni de nombreux mots à travers le monde, puis les Français, désormais les Anglo-saxons. Et M. ORSENNA estime par ailleurs que demain nous utiliserons même au quotidien des termes de langue chinoise. L'analyse de cet écrivain nous invite à ce que nous orientions nos efforts, pas simplement en défendant pied-à-pied un usage obligatoire et figé du français, mais bien en permettant à notre langue d'évoluer comme elle le fait depuis de nombreux siècles. C'est par cette souplesse, cette perméabilité, cette adaptation, ce renouvellement, cette capacité d'invention, que notre langue a su se maintenir jusqu'à notre époque et constituer un patrimoine auquel nous tenons et que nous défendons.

Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'expression _de mes plus sincères salutations.

Thierry Repentin


Défense de la langue française Pays de Savoie
85, chemin du viaduc
73420 Voglans
Courriel : dlfsavoie73-74@Iaposte.net

Monsieur Thierry Repentin
Président du Groupe des Élus de Gauche "Savoie pour tous"
47 place Caffe
73000 Chambéry

                                                                        Voglans, le 2 juin 2013

Monsieur le Président,

Je vous remercie de votre lettre du 24 mai.

C’est avec un grand intérêt que nous prenons connaissance de la position officielle des élus de la Gauche au sein du conseil général de la Savoie. Nous la sollicitions depuis des années ; la voici donc.

Votre prise de position est d’autant plus intéressante qu’elle intervient après la publication, le 25 avril 2013, d’une circulaire relative à l’emploi de la langue française par Monsieur Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, dans laquelle il appelle tous les ministres de son gouvernement à défendre et à promouvoir, en tout lieu et en tout temps, la place de la langue française.

Cette circulaire du Premier ministre est également plaisante à nos yeux car, de par son contenu bienvenu elle efface, d’un trait, les qualificatifs de ringardise et d’arrière-garde, que certains de nos interlocuteurs, les années précédentes, s’empressaient d’utiliser pour dénigrer notre action, aujourd’hui revalorisée par sa décision.

Ainsi cette position moqueuse de certains élus, fonctionnaires et journalistes en devient forcément plus délicate au vu des axes principaux d’action énoncés dans cette circulaire, avec lesquels nous sommes, de notre côté, pleinement en accord.

Comment en effet, pour nos représentants, revenir à la défense et à la promotion de la place de la langue française, de par le monde et dans les organisations internationales si les textes qui encadrent l’usage de notre langue dans la société, dont la loi du 4 août 1994, ne sont pas respectés chez nous ?

Le Premier ministre indique de plus, justement sensible à cet enjeu essentiel, que le tissu social de notre société est menacé si ces textes ne sont pas strictement observés ; c’est ce que nous constatons et disons depuis des années.

Les élus du conseil général de la Savoie, toutes tendances partisanes confondues, ne sauraient dès lors permettre, en application notamment de l’article 15 régissant l’attribution de subventions, que se poursuive l’anglicisation rampante et généralisée de la moindre manifestation, du fin fond de nos vallées jusque dans nos plus hautes stations de ski, au prétexte qu’elle aurait un quelconque caractère international ou prétendrait à cela par je ne sais quel snobisme.

L’actuel président du Conseil Général de la Savoie l’avait bien compris, dès 2010, puisqu’il avait demandé au président du SYPARTEC que soit rebaptisée du nom de course solaire, la fête locale de Savoie Technolac, affublée de l’appellation ridicule de SOLAR EVENT FAMILY. Peu de personnes dans la population environnante en comprenaient d’ailleurs la signification et Madame le maire de Chambéry, lors de l’inauguration de 2010, avait eu le bon sens de s’élever publiquement contre la multiplication de ces appellations, exclusivement en langue anglaise, à l’occasion de cette fête de l’énergie solaire.

Après tout, les organisateurs du salon de l’automobile à Genève ont bien conservé l’appellation francophone de cette manifestation d’audience mondiale : salon international de l’auto et accessoires ; lequel ne s’en porte pas plus mal...

Ne croyez-vous pas, d’autre part, qu’un non-francophone ou un anglophone comprendrait tout aussi bien la signification de CAMPUS DE L’INNOVATION SOLAIRE que celle de SOLAR INNOVATION CAMPUS, par ailleurs illégale au regard de l’article 14 de la loi du 4 août 1994 et pourtant choisie par les élus ?

Après tout, Monsieur Michel Sleiman, Président du Liban a bien inauguré, le 13 mai 2011, à l’université Saint Joseph de Beyrouth LE CAMPUS DE l’INNOVATION ET DU SPORT ; et cela en présence de Monsieur Michel Barnier, Commissaire européen.

Ne croyez-vous pas que devant l‘importance de l’innovation et la force de l’exploit réalisés par SOLAR IMPULSE, tout habitant de notre planète se serait peut-être attaché à retenir le nom, même francophone, de cet avion porteur d’avenir si M. Piccard, suisse francophone l’avait baptisé ÉLAN SOLAIRE ou SIGNAL SOLAIRE, etc. ?

Tout est question, à un moment donné de volonté et non pas uniquement de prédictions, surtout lorsque celles-ci conduisent ou visent à faire accepter par nos concitoyens une certaine forme de déclin.

Il est ainsi regrettable de constater que ce sont les parlementaires, autres élus et parfois fonctionnaires qui se font, beaucoup trop à notre goût, les acteurs de la violation de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française ; et cela au nom de la mondialisation ou de la construction européenne.

Or, à part le domaine de l’information du consommateur où l’administration française se plie aux exigences du droit communautaire tel qu’interprété par la Cour de justice des communautés européennes (circulaire du 20 septembre 2001 et instruction du 21 février 2005), nous vous serions reconnaissants de nous indiquer les domaines où les autorités françaises ( élus, ministres et fonctionnaires ) pourraient trouver une telle justification à la relégation, en France, de la langue française, pourtant langue fondatrice, officielle et de travail des communautés européennes puis de l’Union.

Monsieur Jean Marc Ayrault, Premier ministre s’en garde bien dans sa récente circulaire.

Il ne s’agit pas, par ailleurs, pour nous, de refuser toute malléabilité et souplesse bienvenues mais de lutter pour qu’une certaine perméabilité ne nous conduise pas, par orientation idéologique, choix mercantile et renoncement fataliste et honteux, à une trop grande dilution voire à l’effacement de la langue française, âme même de notre identité !

J’ai, nous avons, la claire impression au sujet du débat ayant entouré le vote de l’article 2 de la loi Fioraso, qu’il s’agit d’un exemple de plus de la panique qui habite nos élites, moralement affaiblies par leur mercantilisme et, en la matière, la course corrélative au classement de Shanghai.

Si je comprends bien, l’article 2 de la loi Fioraso serait un texte de loi français qui vise à imposer la langue anglaise comme langue officielle d’enseignement, donc obligatoire pour les étudiants, dans de nombreux cours de l’université française…Quelle contradiction suspecte et malvenue pour les pourfendeurs de la loi du 4 août 1994, dite loi Toubon, nombreux parmi les élites françaises, et qui ne manquent pas une occasion pour clamer, haut et fort, que l’on ne peut imposer une langue par la loi ! ! !

Le triste constat de l’incapacité lexicale des universitaires norvégiens à rendre compte aujourd’hui du résultat de leurs recherches dans leur langue maternelle aurait dû faire réfléchir les responsables de cet article 2 et décider, finalement, de ne pas angliciser les filières supérieures de l'enseignement en France.

Après avoir tout misé sur la désindustrialisation, d'inspiration ultra-libérale, de notre pays au nom du développement du secteur tertiaire (la banque, le tourisme, etc.), présenté comme porteur d'avenir ; nos élites sont donc aujourd'hui prêtes à renier l'âme même de notre identité pour miser sur l'anglicisation de l'université, comme outil salvateur de cette compétitivité, qu'elles ont pourtant largement contribué à détruire. Bref, elles ne savent plus à quel saint se vouer !

Un exemple frappant : la France, puissance agricole européenne, ne fabrique plus aucune machine-outil agricole et achète tracteurs, moissonneuses, semoirs, etc. à l'Allemagne, aux États-Unis, à l'Italie, etc. L’entreprise Renault n’a-t-elle pas vendu sa dernière usine de fabrication de tracteurs à, me semble-t-il, une entreprise chinoise... ?

On se retrouve là, typiquement, dans un cas d'application de la fumeuse théorie des avantages comparatifs, émise par David Ricardo, et si chère aux libéraux français mondialisés mais si coûteuse pour la France, son économie et son moral.

Si on devait croire ceux-ci, le tourisme devrait nous sauver et pour cela il est indispensable de parler anglais et d'angliciser tous les aspects de la vie quotidienne, par exemple dans les stations de ski, comme chez nous en Savoie. Ne croyez-vous pas que les agents de voyage arbitrent plutôt en faveur de l’excellent rapport qualité-prix de nos magnifiques domaines skiables de Savoie plutôt qu’en faveur d’une station anglicisée ? Ce manque de tact et d’attention à l’égard de nos voisins et clients italiens ou allemands est par ailleurs illégal puisque l’article 4 de la loi du 4 août 1994 oblige à une traduction du français en deux autres langues.

Concernant l’appel que vous nous adressez visant à promouvoir l’innovation linguistique plutôt qu’à combattre l’anglicisation de notre pays, permettez-moi de marquer une certaine surprise. Si le dos au mur et bénévolement, nous sommes aujourd’hui contraints à adopter cette position défensive, c’est tout simplement parce que ceux dont c’est le mandat et la mission, rétribués largement par la République, ne le font tout simplement pas ou pas assez.

Pourquoi n’utilisent-ils pas toutes les traductions, les expressions françaises et francophones proposées par les lexicologues notamment au sein des commissions ministérielles et présentées par France Terme et préfèrent-ils, même en France, utiliser et donc favoriser, les anglicismes et par la même, l’anglicisation de notre pays ?

Permettez-moi à ce propos de vous citer un passage témoignant à la fois de notre esprit d’ouverture au monde et du ressenti des francophones devant l’attitude des élites françaises à l’égard de la langue française. Monsieur Khalil Karam, représentant du président de la République libanaise pour la francophonie a écrit, le 19 mai 2012, le passage suivant : "… Ce manque de civisme linguistique francophone est particulièrement fort dans plusieurs pays, particulièrement en France où la majorité des élites voit la francophonie et la langue française non comme des opportunités, mais comme des obstacles …"

A ce propos et à titre d’exemple malicieux, peut-être auriez-vous pu, avec vos collègues de la Gauche du conseil général de la Savoie, adopter au bas de vos lettres officielles, à titre d’innovation linguistique, le terme de courriel plutôt que celui de E-mail (toutes deux, l’une en français, l’autre en anglais, sont des contractions de courrier électronique). Il me semble que France Terme propose courriel…inventé par " nos cousins" québécois.

Pour conclure, je vous laisse réfléchir au sujet d'une intervention de Winston Churchill, le 6 septembre 1943, à l’université de Harvard, dont vous trouverez l’extrait d’un compte-rendu, ci-après :

"Ce jour-là, Winston Churchill reçoit un diplôme d'honneur et prononce un discours. L'anglais, cette langue commune qui a été donnée aux Britanniques et aux Américains, est "un héritage commun sans prix" et qu'il se pourrait bien que cette langue "devienne un jour la base d'une cité commune". Je ne vois pas, ajoute Churchill, pourquoi nous ne tenterions pas d'étendre notre langue plus loin encore à travers le monde, ni pourquoi, sans chercher des avantages égoïstes sur autrui, nous ne profiterions pas de cette précieuse amitié et de cet héritage". Américains et Britanniques devraient étendre l'usage de l'anglais afin qu'ils puissent, lors de leurs voyages dans le monde, "trouver partout un moyen, aussi primitif soit-il, d'expression et d'entente", ce qui, pour le Premier ministre britannique de l'époque, permettrait aussi de "profiter à bien d'autres races et favoriser le développement d'une structure nouvelle pour le maintien de la paix".

Et Churchill de conclure que "De tels projets assurent des conquêtes plus heureuses que celles que moissonnent les voleurs de territoires ou de pays étrangers, les oppresseurs et les exploiteurs", le tout étant ponctué par un vibrant : "Les empires de l'avenir sont des empires de l'esprit" !

Je suis sûr que vous serez d’accord avec moi, avec nous, pour que nous fassions tout pour défendre et promouvoir le nôtre et vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sincères et bien francophones salutations.

Marcel Girardin
Président

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