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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

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Lettres de protestation

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Nouvelles

Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (4)

Le Monde A Tunis, l’obligation de l’arabe sur les enseignes fait débat (16/1) (lien)
Le Point Comment la France réinvestit dans sa diplomatie culturelle (16/1) (lien)
Le Devoir Le fédéral accorde 1,9 million à l’Université de l’Ontario français (14/1) (lien)
Prof. spectacle Ph. Kaminski  échec du français au détriment du globish franglais ? (lien)
Journal des femmes Écriture inclusive : un vrai outil pour l'égalité hommes-femmes ? (lien)
BFM TV "Fracture, "infox"... Voici les mots qui ont marqué les médias en 2018 (14/1) (lien)


Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (3)

Le Figaro L'orthographe, cette arme de séduction (15/1) (lien)
L'Union 2019, l’année des grands travaux à Villers-Cotterêts (11/1) (lien)
Lyon capitale Alain Rey "Il faut un ministère de la langue française" (9/1) (lien)
Sud info Les Francophones de Flandre rencontrent le Président du groupe d’experts "minorités nationales" (lien)
_______________________________________________________________________

Peut-être enfin du nouveau pour les francophones brimés dans la Flandre belge ?

Nos amis de l'APFF, qui soutiennent de leur côté nos combats en France, nous envoient ce communiqué, qui peut nourrir l'espoir de voir plus de 300 000 francophones de Flandre défendus par la Belgique, avec un consentement forcé des partis très nationalistes au pouvoir en Flandre. A.S.


Langue française : Nouvelles de janvier 2019 (2)

Le Figaro 5 mots français intraduisibles en anglais (9/1) (lien)
La libre Afrique Faire du français "la langue de l’internet", le défi de Louise Mushikiwabo (7/1) (lien)
Officiel de la médiation Quel féminin pour la profession de "médiateur" ? (7/1) (lien)
Aurore boréale 2019 : les nouveaux mots de la langue française (lien)
L'Express Michel Feltin Pourquoi il faut défendre le français contre le franglais (lien)


La citoyenneté francophone une arme
contre la trahison de notre élite dévoyée

par Guy Dalens

I – Pourquoi une citoyenneté francophone

La langue française est en danger de mort.

L’élite française ne veut plus parler sa propre langue. Tout se passe comme si elle avait honte de la parler en public. Il suffit d’observer cette caste d’administrateurs, de gestionnaires, de dirigeants, de hauts fonctionnaires (1), dans les instances internationales ; d’une manière générale elle préférera utiliser la langue anglaise pour exprimer sa position, alors que rien ne l’y oblige, par esprit de soumission. Elle n’a tout simplement plus le courage et probablement la fermeté pour faire face à elle-même et à l’environnement anglo-américain.

Colonisée dans l’esprit, cette caste n’est plus en mesure de porter le flambeau de la langue française. Avec elle, nous regrettons de le dire, nous ne sommes plus dans le même cercle,

nous ne sommes plus représentés, nous ne partageons plus les mêmes valeurs.

Ce que ces esprits forts ignorent ou ne veulent pas voir, c’est que la langue n’est pas seulement un enjeu culturel, il est aussi un enjeu financier, économique et concurrentiel. La concurrence entre les langues est une réalité masquée, impitoyable, l’une disparaît, l’autre s’accroche, ne veut pas crever, ne veut pas se soumettre à l’envahisseur au visage avenant. L’abandon de sa propre langue au profit de l’anglais a aussi un coût. Et ce coût est élevé pour nous. Il est par contre tout bénéfique pour l’anglais. Le rapport Grin (2) nous le démontre puisqu’il le chiffre a plusieurs milliards à notre détriment. Puisse cet aspect financier faire infléchir les chantres de la langue anglo-américaine et les amener à changer leur comportement.

Michel Serres, de l’Académie française, avait déjà tout dit en 1993 :

Ce qui se passe est grave, "l’un des pires moments que notre culture ait traversés. Je veux parler de la perte de la langue française dans le milieu des décideurs". Ceux-ci "sont en train d’éradiquer la langue française. Que ce soit dans la finance, la science, le commerce, la publicité, plus personne parmi les riches ne parle le français. La langue française est devenue la langue des pauvres. Ce consentement des décideurs à l’anglais commence vraiment à ressembler à une collaboration, et la défense de la langue française à la résistance". (3)

II - Que faire ?

Pour garder sa vitalité, la langue française doit contourner son élite défaillante, la dépasser, la concurrencer. Il faut faire apparaître une force nouvelle, une élite francophone, seule à même de reprendre le flambeau de la langue française, de faire prendre conscience à l’autre qu’elle n’est plus unique. Il lui faut donc rassembler ses alliés, ses locuteurs de par le monde, quelle que soit leur origine, par la reconnaissance d’une citoyenneté francophone. La citoyenneté francophone permettra d’unifier des éléments isolés tout en donnant consistance à la francophonie. Lou qui-s mude, Diu l’ajude. (4)

La citoyenneté francophone est un moyen juridique destiné à réaliser l’unité de la diaspora francophone, avec pour objectif le maintien du statut de la langue française en France et dans le monde, aussi bien dans les organisations internationales que dans les relations culturelles, scientifiques, militaires et économiques.

III - Un précédent

Cette proposition de citoyenneté francophone a un précédent juridique et historique. Il s’agit de notre Constitution du 4 octobre 1958, voulue par le Général De Gaulle et Michel Debré. Le titre XII de la Constitution était intitulé "De la Communauté" (articles 77, alinéa 2 et 3). Cette Communauté était une association entre la République française et douze États africains et malgache. Elle prévoyait :

  • Une citoyenneté unique ;
  • Un Sénat de la Communauté, composé de délégués ;
  • Il était également prévu un Conseil exécutif présidé par le président de la Communauté, en fait le président de la République et composé des Premiers ministres des États membres de la Communauté et d’une cour arbitrale chargée de statuer sur les litiges entre les membres de la communauté.

Cette disposition a disparu de la Constitution en 1992.

IV – Rôle de l’État

L’État français, par un acte unilatéral et souverain instaure, organise et attribue la citoyenneté francophone. Il s’agit d’un acte de "realpolitik" (5). Il manifeste ainsi sa volonté d’accorder une citoyenneté francophone à certaines personnes installées à l’étranger ou sur le territoire national mais n’ayant pas nationalité française. Ces personnes peuvent être des citoyens de pays francophones ou de pays non francophones ou encore des apatrides. Le postulant doit réunir cinq conditions : demande officielle motivée ; maîtrise avérée de la langue française ; approbation de la candidature par une instance habilitée par l’État français ; casier judiciaire vierge ; participation à la cérémonie sur la citoyenneté francophone.

Dans le même temps, l’État français instaure une "Assemblée de la francophonie" composée de membres élus par les citoyens francophones, à côté de "l’Assemblée nationale" et du "Sénat".

Droits et devoirs attachés à la citoyenneté francophone :

Droits :

  • L’impétrant a droit à un passeport francophone ;
  • Il peut s’installer en France pour y séjourner, travailler, enseigner ou y faire des études ;
  • Il dispose du droit de vote pour désigner les membres de l’Assemblée de la francophonie ;
  • Il peut être candidat à cette assemblée ;
  • S’il est installé à l’étranger il peut demander l’assistance ses services consulaires et diplomatiques de la France.

Devoirs :

  • Si l’impétrant est installé hors de France, il s’engage à promouvoir la langue française et reste en contact avec l’instance habilitée avec laquelle il rend compte des actions qu’il a menées ;
  • Si l’intéressé est installé en France, il est soumis aux mêmes devoirs que le citoyen français.

La décision de l’État français a pour effet de créer une double nationalité pour le locuteur francophone qui l’a demandée et obtenue, quel que soit le pays du demandeur : nationalité de son pays et citoyenneté du demandeur. Bien évidemment, la décision octroyant la citoyenneté francophone n’a d’effet que sur la zone territoriale où l’État français est souverain. Cette situation amène à dissocier la langue française d’un territoire particulier. Ainsi se trouve concrétisé la réflexion de Camus "Oui, j’ai une patrie, la langue française" réflexion reprise, sous une autre forme, par MM. Maurice Druon et Erik Orsenna.

V - Sélection des candidats

L’accès à la citoyenneté francophone repose sur un critère unique : la maîtrise de la langue française. La proposition de l’État français s’adresse à des personnes physiques, individuelles et secondairement à des États. C’est la raison pour laquelle la proposition ne s’appuie pas sur l’article 87 du titre XIV de la Constitution de 1958 modifiée lequel ne vise que les États et les peuples qui ont le français en partage. Mais rien n’exclut d’y faire référence dans le cadre des pouvoirs régaliens de l’État français d’accorder la nationalité française ou francophone.

Par maîtrise de la langue française, il faut entendre la capacité du candidat à comprendre et parler la langue française. L’instance habilitée à examiner les candidatures devra faire preuve de discernement, en particulier, en appréciant le postulant dans un esprit dynamique.

VI – Conséquences

  1. La Convention de Schengen est remise en cause sur le fondement du texte sur la citoyenneté francophone et de la clause de droit international "Rebus sic stantibus" selon laquelle dans un traité les choses restent en l’état tant que les circonstances dans lesquelles ledit traité a été conclu n’ont pas changé. Si les circonstances viennent à changer ou à être profondément altérées, le traité perd sa force et sa raison d’être. Le rétablissement des frontières en découle.
  2. Le regroupement familial est supprimé.
  3. Le texte sur la citoyenneté, dans son application, permettra de filtrer l’immigration sauvage et incontrôlée.

Guy Dalens
membre d’Avenir de la Langue Française


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(1) La liste des lauréats de la "Carpette anglaise" est une bonne représentation de cette élite.
"Carpette anglaise" : prix d’indignité civique décerné annuellement, depuis 1999, à un membre de l’élite française qui s’est distingué par son zèle à promouvoir la domination de l’anglais en France et dans les instances européennes, au détriment de la langue française. Ce prix distingue plus spécialement les déserteurs de la langue française.

(2) Rapport Grin : https://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/054000678.pdf

(3) Michel Serres : entretien dans le "Nouvel Observateur", 4-10 novembre 1993.

(4) Proverbe gascon : "Celui qui bouge, qui se donne du mouvement, Dieu lui vient en aide."

(5) Realpolitik : dans notre cas, politique étrangère fondée sur l’analyse des rapports de force linguistiques et l’intérêt national et francophone.


nouvelles2018/facsa.jpgYves Bouchereau Speak globish - Les FACSA - le 07/01/2019 - 15:37 par MAR

Speak globish – Les FACSA

Recension du livre d'Yves Bouchereau : Les FACSA  

Yves Bouchereau, essayiste franco-québécois, spécialiste de l’enseignement du français langue étrangère, nous donne, aux éditions Sydney Laurent, avec son livre : "Speak globish – Les FACSA", un pamphlet salutaire. Les FACSA sont les "Français Auto-Colonisés Sous-américains Anglomaniaques". En fait, il "tacle" aussi les autres communautés organisées de langue maternelle française dominante : les Québécois, Wallons, Suisses romands et jurassiens. Il accuse, avec d’excellentes citations et des arguments qui font joyeusement - et hélas tristement – mouche, les gouvernements, les médias, les entreprises, la publicité, les sports, une bonne partie des élites qui donnent le ton dans nos pays de langue maternelle française dominante et tendent, en fait, à remplacer le français par un "globish anglo-américain" destructeur des langues nationales, et, finalement, de la culture, de notre civilisation humaniste.

Il commence par mesurer très bien la profondeur du mal dans trop de domaines. Après Peyrefitte dans son "C’était De Gaulle", il cite le Général, si pertinent : "Le snobisme anglo-saxon de la bourgeoisie française est quelque chose de terrifiant. (…) Il y a chez nous toute une bande de lascars qui ont la vocation de la servilité".

Son livre contient des références utiles à l’action de nos associations en synergie, et, surtout, propose des pistes pour sortir du défaitisme, de l’abandon, du sabotage, et de la soumission au grand remplacement linguistique. Surtout pour la France, qui fait honte à la Francophonie, alors qu’elle devrait en redevenir un phare.

Je cite son éloquente conclusion : "Comme notre longue histoire le prouve, avec de la volonté tout est possible. La France a connu des heures de gloire, mais aussi des grands malheurs. Elle s’est toujours redressée. L’heure de la vérité a sonné, une fois de plus. La France ne doit pas perdre son identité. La résistance doit s’organiser pour la sauvegarde de nos biens les plus précieux, notre langue et notre culture." Albert Salon.


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de janvier 2019 - le 07/01/2019 - 15:23 par MAR

Langue française : Nouvelles de janvier 2019

France Inter La marche de l'histoire très intéressante émission La ré-invention du français avec Bernard Cerquiglini (3/1) (lien)
Le Figaro Irrépétible, ultra petita : jargonneuse, la justice simplifie son langage (lien)
ActuaLitte "Une vigilance constante" contre l'anglophonisation de la France (3/1) (lien)
Le Figaro 10 mots français qu'aiment les Allemands (3/1) (lien)
Le Figaro 10 résolutions linguistiques pour 2019 (2/1) (lien)


Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (6)

Monde Informatique Le vocabulaire de l'Intelligence artificielle adapté en français (lien)
Atlantico Grevisse, le Petit Bon Usage de la Langue française de C. Fairon et A.-C. Simon : cadeau, pas seulement pour les amoureux de la langue française (24/12) (lien)
Lire-Écrire L'écriture cursive bientôt abandonnée ? (27/12) (lien)
Le Figaro 10 mots français que les Anglais adorent (27/12) (lien)
L'Express Pourquoi il faut défendre le français contre le franglais (24/12) (lien)


Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (5)

Le Devoir Loi 101: la fermeté affichée de la ministre Roy (22/12) (lien)
Le Figaro 2 Québécois analysent la langue et les expressions des Français (20/12) (lien)
L'Express Comment parle-t-on français au Canada ? (17/12) (lien)
Fondation pour la langue française Et si des sportifs avaient envie de s’exprimer plus aisément en français ? (lien)
Le Figaro 10 mots de l'arabe que l'on dit tous les jours (17/12) (lien)


Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (4)

Libération Barbara Cassin La langue française n’est pas statique, elle est faite pour changer (14/12) (lien)
Néon Artisan, commandant, auteur… Comment écrire ces mots au féminin ? (17/12) (lien)
Le Figaro Et le mot de l'année 2018 est... (14/12) (lien)
Au féminin Vivre notre belle langue française. (13/12) (lien)
Le site info L’ambassade de France veut renforcer la langue française au Maroc (12/12) (lien)


Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (3)

Nice-Matin Cette enseignante utilise une méthode tellement ludique que ses élèves lui réclament plus de dictées" (11/12) (lien)
actu.fr "Infox", "populisme", "inclusion"… élisez le mot de l’année 2018 (11/12) (lien)
Numerama Exit la "toile d’araignée mondiale" : le "web" se traduit maintenant par "toile" (10/12) (lien)
Le Figaro "Forwarder" : ne faites plus la faute ! (11/12) (lien)


Langue française : Nouvelles de décembre 2018 (2)

Numerama Ne dites plus "revenge porn" et "mouse jacking", mais "pornodivulgation" et "vol à la souris"  (8/12) (lien)
Tv5Monde lance sa nouvelle offre numérique dédiée a la langue française (lien)
La Minute L’AUF et Radio France Internationale (RFI) lancent le "Prix des jeunes écritures" ? (8/12) (lien)
Impératif français Prix de la Carpette anglaise (lien)
Académie Française Dire ne pas dire (8/12) (lien)


nouvelles2018/olivier_schrameck.jpgOlivier Schrameck Carpette anglaise 2018 - le 07/12/2018 - 11:02 par MAR

La Carpette nouvelle est arrivée !
Olivier Schrameck, président du CSA
Carpette anglaise 2018

L’académie de la Carpette anglaise n’a pas souhaité désigner le président de la République, par souci de ne pas attenter à la fonction. Toutefois, elle s’inquiète de ses interventions réitérées en anglais, en France comme à l’étranger.

* * *

Au second tour de scrutin, l’académie de la Carpette anglaise a désigné Olivier Schrameck, président du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), pour avoir refusé d’exercer les pouvoirs qui lui incombent en matière de respect de la langue française dans les chaînes de radio et de télévision. Ce prix lui a été attribué par 7 voix contre 6 à la Fédération du commerce et de la distribution pour la propagation agressive du Black Friday américain.

À titre étranger 2, l’académie de la Carpette anglaise a décerné son prix à Doug Ford, Premier ministre de la province canadienne de l’Ontario, pour avoir annoncé l’abandon du projet de l’université francophone de l’Ontario français à Toronto, province bilingue. Ce prix lui a été attribué par sept voix contre cinq à Louise Mushikiwabo, nommée secrétaire générale de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), alors qu’elle n’a cessé de promouvoir l’anglais au détriment du français au Rouanda.

Que déshonneur leur soit rendu !


1 Dominique Noguez, Philippe de Saint Robert, Paul-Marie Coûteaux, Benoît Duteurtre, Eugénie Bastié, Natacha Polony, Ilyès Zouari sont membres de l’académie de la Carpette anglaise.

2 Le prix spécial à titre étranger est attribué à un membre de la nomenklatura européenne ou internationale, pour sa contribution servile à la propagation de la langue anglaise.

Contact : Marc Favre d’Échallens, secrétaire de l’académie de la Carpette anglaise.
Courriel : parlerfranc@aol.com
Académie de la Carpette anglaise, Le Droit de comprendre, 222 avenue de Versailles - 75016 Paris


Langue française : Nouvelles de décembre 2018

Bravo l'AFRAV gagne on procès contre la Maison de Céramique de Sèvres ! (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Pourquoi l'anglais a-t-il l'air si moderne ? (lien)
Le Soleil Francophones : Trudeau "déçu" de Doug Ford (lien)
Infopresse Francopub - savoir bien utiliser la langue française en publicité (lien)
Mode(s) d'emploi "C’est dans le pipe", "shooter des mails", les 100 expressions à bannir (à tout jamais) au bureau (lien)


nouvelles2018/villers-cotterets.jpgLe grand projet du château de Villers-Cotterêts avance - le 28/11/2018 - 16:43 par Albert_Salon

Le grand projet d'Institut de la Francophonie
au château de Villers-Cotterêts avance :

 Il vient d’entrer en réalisation, par l’affectation de crédits 2019 !

Les associations Avenir de la Langue française (ALF) et Forum francophone international (FFI-France), présidées par Albert Salon, portent depuis 2001 le grand projet d’Institut de documentation, de recherches, de concertation et débats, sur les pays francophones, leurs cultures et leurs liens, la formation de leurs cadres dans l’intérêt communautaire, depuis leur appel du 9 novembre 2001, au balcon du "Plaisir" où François 1er, en août 1539, promulgua son ordonnance sur l’état-civil et - surtout – sur la langue française.

Nos associations savaient, ce faisant, devoir se heurter à la vacuité des caisses de l’État et de l’OIF, et à beaucoup d’indifférence et d’aboulie.

Les 17 années entre 2001 et 2018 ont été employées par les organisateurs à créer et étendre un Comité de soutien composé de hautes et très diverses personnalités françaises et étrangères, à sensibiliser les gouvernements français successifs et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), à l’intérêt du projet pour la France et l’ensemble de la Francophonie, et à chercher des mécènes et des parraineurs, en France et ailleurs.

Elles sont même allées, par des canaux privilégiés, à solliciter le Qatar à la faveur de son entrée, presque par effraction dans l’OIF, directement en qualité de "membre associé", en sautant la case de "membre observateur".

Quête opiniâtre mais en apparence vaine, jusqu‘à l’élection présidentielle française de 2017.

Il se trouve – Stéphane Bern, Jacques Krabal et d’autres intervenants aidant – que le couple présidentiel, saisi en février puis juin 2017 par nos soins, y a porté d’emblée un vif intérêt.

Le Président a annoncé officiellement son adoption le 16 septembre 2017, journée du Patrimoine, à Port-Marly, au château Monte-Cristo d’Alexandre Dumas, natif de Villers-Cotterêts. Déclarant, entouré de Mme Nyssen et de Stéphane Bern : "Nous restaurerons Villers-Cotterêts et en ferons le château de la Francophonie".

Il a ensuite repris les éléments de notre dossier pertinent le 20 mars 2018, journée mondiale de la Francophonie, dans la présentation de sa politique du français et de la Francophonie, sous la Coupole de l’Institut de France, devant les Académiciens, et les médias.

Peu après, la réalisation a été confiée, au sein du ministère de la Culture, au Directeur du Centre des Monuments nationaux, M. Philippe Belaval ; et deux architectes, dont M. Wilmotte, ont été désignés. Instruction a été donné au ministère de l’Équipement de prévoir l’élargissement à 4 voies de la route qui relie Villers-Cotterêts à l’autoroute du Nord.

Le 19 octobre 2018, dans la présentation par M. Édouard Philippe de la réforme de l'État, plus précisément dans les feuilles de route données aux ministres, celui de la Culture est invité à "assurer la rénovation phasée du château de Villers-Cotterêts en vue de l'implantation d'un centre de la Francophonie", (et à) "développer les partenariats à l'international" (ndlr : notamment, peut-être, avec Abu Dhabi et l'Arabie saoudienne, selon nos propositions ?...). En novembre, le nouveau Délégué Général à la langue française (DGLF), M. Paul de Sinety, et le Conseiller au Cabinet du ministre de la Culture sont aussi missionnés pour s’en occuper, chacun selon ses domaines propres de compétences.

Avec l’inscription en novembre 2018 des crédits (112 M d’euros) de restauration au budget 2019 du ministère de la Culture, un pas très important vient d’être franchi vers la réalisation du grand projet d’Institut de la Francophonie et de la diversité culturelle au château de Villers-Cotterêts."

Toutes les Institutions, tous les mécènes et parraineurs, peuvent s’intéresser à ce magnifique projet oint par l’Élysée, et proposer leurs services et aides aux responsables de sa mise en œuvre…

Albert Salon


Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (6)


Afrik.com Comment l’OIF a été instrumentalisée par la France ? (26/11) (lien)
Monde lecteurs Ph Bures (Vancouver) vous serez complètement assimilés par les Anglais (lien)
HuffPost Ontario : vers une autre bataille du français contre l'anglais ? (21/11) (lien)
Le Figaro 5 mots que vous confondez sans le vouloir (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Bilinguisme, immigrés et préjugés (lien)


Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (5)

Le Figaro  Le Grevisse prend des couleurs pour plaire aux collégiens (20/11) (lien)
LCI  Dites "aveugle", ne dites pas "malvoyant" ! (20/11) (lien)
Radio-Canada Les combats historiques des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro 5 mots que l'on prononce mal (lien)


Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (4)

Le Devoir La classe politique québécoise à la défense des Franco-Ontariens (17/11) (lien)
Le Figaro Éliane Viennot La langue française n'est pas misogyne (16/11) (lien)
Le Point Comment le Petit Larousse choisit de supprimer des mots (15/11) (lien)
La Tribune La francophonie des affaires dynamisée au cœur de la capitale française (16/11) (lien)


nouvelles2018/france-inter-se-reve-ricaine.jpgFrance Inter se rêve ricaine - le 19/11/2018 - 14:47 par MAR

France Inter se rêve ricaine

Pour fêter quelque frémissement de son audience, France Inter, se croyant originale, s'offre des pages de publicité avec un slogan sous-Trump, sous-Macron : "MAKE RADIO GREAT AGAIN".

Il ne suffisait pas à cette radio d'avoir des chansons états-uniennes omniprésentes et d'avoir son journal de plus grande écoute (celui de 8h) très ricano-centré : ouverture sur des discours de Trump (même si c'est pour le critiquer), petites bisbilles de la société états-unienne et de ses vedettes étalées de long en large, promotions poussées de films et de disques de même provenance (appelés "films Inter" ou "disques Inter" !).

Maintenant France Inter communique en ricain dans le texte ! Ne lui rappelez pas qu'il s'agit une chaîne de service public française.
Sans doute espère-t-elle se faire bientôt rebaptiser US Inter

MAR


Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (3)

ActuaLitté Paul de Sinety nommé délégué général à la langue française (14/11) (lien)
France Culture La langue a-t-elle un sexe ? (14/11) (lien)
Sorb'on Le phénomène du "franglais" à la fac (10/11) (lien)
Collaboracheune : Après les timbres Mickey, la Poste lance sa French Bank (lien)
France Culture P. Guyotat prix littéraires : une forme de palmarès incontestable (7/11) (lien)


Saint-Laurent profane le Palais-Royal
en anglais !

Le Palais-Royal, au cœur de Paris, siège du Ministère de la Culture (!), du Conseil constitutionnel et du Conseil d'État est utilisé par une manifestation privée pour un couturier "français" qui communique entièrement en anglais.
Merci Saint-Laurent ! Merci à tous les bons petits soldats de la colonisation anglo-saxonne à l'origine de cet affichage ! 
Merci aux services publics qui ont permis cet affichage en toute illégalité :

MAR

saint_laurent_self_1.jpg saint_laurent_self_2.jpg
saint_laurent_self_3.jpg saint_laurent_self_4.jpg

Bravo !


Langue française : Nouvelles de novembre 2018 (2)


Le Figaro 5 erreurs à éviter lors de votre entretien d'embauche ? (lien)
La Voix du Nord Une bonne nouvelle pour le français que cette "infox" ? (lien)
Le Figaro Prononcez-vous correctement ces mots de la langue française ? (lien)


Francophonie.gifEt si on lançait un visa biométrique francophone - le 05/11/2018 - 17:40 par Yves_Montenay

Et si on lançait un "visa biométrique francophone" ?

Dans la foulée du sommet de la Francophonie à Erevan et en visant celui de Tunis en 2020, Fahrat Othman, Tunisien, a publié une tribune dans Contrepoints d’octobre 2018 préconisant la création d’un "visa francophone". Il reprend ainsi une vieille idée de notre association, que nous sommes heureux de voir resurgir. Commençons par exposer brièvement son projet.

La thèse de Fahrat Othman

Le "visa biométrique francophone de circulation" serait valable entre pays francophones. Il devrait être parfaitement fiable en termes sécuritaires, et pourrait être réservé dans un premier temps, à un espace restreint rassemblant les pays francophones démocratiques 1. On peut supposer que l’auteur pense aux pays du Nord et, au Sud, au moins à la Tunisie.

Il relie ce projet à "L’Appel pour le vivre ensemble" qu’il qualifie d’acte majeur du sommet d’Erevan, et en justifie l’urgence par la détérioration de la situation du français. Au Québec, il ne pourrait plus compter sur la fibre nationaliste des générations précédentes, tandis qu’en Afrique il est menacé par le rouleau compresseur des identitaires nationalistes, dont, à mon avis, les islamistes. Et il espère que les jeunes seront séduits, puisque ce qui leur importe c’est de pouvoir circuler librement.

Et il ajoute un mot d’économie, souvent préoccupation prioritaire, car la construction d’une Francophonie économique avec une sorte de "préférence communautaire" est, de notre point de vue, un très important facteur de cohésion de la Francophonie organisée 2 : la libre circulation des élites économiques est une condition nécessaire du développement. Il pense même au problème démographique, que l’ouverture culturelle permettrait d’atténuer. Ce que j’ai démontré dans mes propres travaux universitaires, probablement inconnus de l’auteur. La libre circulation devait devrait également générer une pression démocratique..

La position de notre association

S’agissant d’une de nos vieilles idées, nous ne pouvons que nous réjouir de la voir relancée. Elle rejoint d’ailleurs une suggestion plus modeste, mais symbolique, émise par Xavier Deniau, Jean-Marc-Léger, Philippe Rossillon et nos associations, reprise notamment dans 2 le rapport Attali de 2014, d’un guichet réservé aux possesseurs d’un passeport de pays membres de l’OIF 2 dans les aéroports internationaux.

Il faudrait néanmoins rajouter quelques précisions, notamment du fait de l’allergie aiguë à l’immigration chez une grande partie de la population de France et de quelques autres pays membres de l’OIF 2, dont le Maroc et l’Algérie, qui sont également la destination de nombreux subsahariens. Les commentaires à l’article de Ferhat Othman ont d’ailleurs été virulents, le plus poli d’entre eux le qualifiant de "moyen détourné pour rendre légale l’immigration africaine en France".

Il faut donc être prudent, ne serait-ce que pour ne pas voir ce projet violemment rejeté.

D’abord l’auteur précise "visa biométrique", pour éviter l’inconvénient des "vrais faux" documents d’identité qui permettent à beaucoup d’Africains de bénéficier indûment du regroupement familial au Nord

Mais il faut probablement être encore plus restrictif, surtout pendant une période de rodage. Une idée à préciser serait de réserver le visa à certaines catégories de la population (et non à certains États, ce qui poserait des problèmes diplomatiques aigus), les enseignants de français ayant une priorité, ainsi que les dirigeants d’entreprise, les responsables d’institutions politiques, culturelles, caritatives, ayant pignon sur rue (2). Ce serait une formidable motivation pour eux. On pourrait notamment imaginer de prendre en compte le niveau d’études ou celui de connaissance du français

Le point délicat serait de déterminer l’autorité habilitée à délivrer ce visa. L’OIF pourrait certes être promotrice de l’idée, mais ne pourrait pas en être l’opératrice, ne serait-ce que pour ne pas déplaire à tel ou tel de ses États membres 2. Cette autorité à définir devrait panacher au moins des membres "culturels" et des spécialistes de l’antiterrorisme. Pour ne pas mettre en place une structure trop lourde, elle sous-traiterait à des administrations qualifiées

Bref, le principe de la citoyenneté francophone serait une fantastique motivation pour tous. Les moyens techniques existent pour qu’elle ne soit pas attribuée n’importe comment.

Yves Montenay, président de l’Institut Culture, économie et géostratégie (ICEG) et vice-président d’Avenir de la Langue française (ALF).

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Le terme devrait recevoir au moins une définition juridique admise par l’ONU
Les mots en italique ont été ajoutés par la rédaction.


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de novembre 2018 - le 02/11/2018 - 17:15 par MAR

Langue française : Nouvelles de novembre 2018

Contrepoints Farhat Othman Pour un visa francophone de circulation (1/11) (lien)
Le Figaro Prononcez-vous correctement ces mots de la langue française ? (lien)
Louis Maisonneuve Pétition Restaurer le rayonnement de la langue française (lien)
Je Retiens L’évolution du français et ses réformes orthographiques depuis le Moyen-âge (lien)
Le Figaro 5 tics de langage qu'on entend trop (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (9)

L'Express Michel Feltin-Palas La pub, le français et le "coït des neurones" (30/10) (lien)
Le Devoir Les nouveaux chiffres du français (29/10) (lien)
Faso Francophones d’Afrique "Speak english as well… and honi soit qui mal y pense !" (lien)
Le Figaro Dis-moi dix mots : un projet artistique met à l'honneur la langue française (lien)
Le Figaro 5 mots qu'on ne sait jamais vraiment orthographier (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (8)

OIF La langue française dans le monde 2018 : synthèse (28/10) (lien)
L'Obs Le Rwanda, motif de discorde entre Juppé et Macron (25/10) (lien)
France-China Le Rwanda s'engage à promouvoir l'utilisation du français (25/10) (lien)
Figaro Cl.Pillot-Loiseau Nous ne sommes pas égaux dans l'apprentissage d'une langue(lien)
Blog de Jean Lévy Macron "dénationalise" la langue française (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (7)

Riposte Laïque Albert Salon Défendre notre langue contre la violente offensive anglo-saxonne (25/10) (lien)
Le Figaro Ces mots qui n'existent pas et qu'on ne veut plus entendre (23/10) (lien)
L'ADN La Francophonie (OIF) présente sa campagne de notoriété (22/10) (lien)
ONFR Réactions aux propos de Denise Bombardier sur les francophones hors Québec (lien)
Le Figaro La novlangue de bureau est un patchwork indigeste et creux ! (19/10) (lien)


nouvelles2018/benoit_duteurtre.jpgNon, l’Europe ne doit pas parler anglais - le 25/10/2018 - 10:31 par Benoit_Duteurtre

Non, l’Europe ne doit pas parler anglais

par Benoît Duteurtre

article paru dans Marianne le 12 octobre 2018

Le 12 janvier 2017, le sémillant candidat Macron, de passage à Berlin, s'adressait à une assemblée d'étudiants allemands. Il choisit alors de s'exprimer en· anglais, ce qui témoignait d'une certaine idée de la modernité... mais aussi d'un certain dédain pour les deux grandes cultures française et allemande, officiellement si proches, au cœur de l'Europe. Il est vrai que notre voisin semble avoir accepté depuis longtemps le recours à l'anglais comme véhicule des échanges entre peuples du Vieux Continent.

Et il n'est pas certain que le futur président français ait vraiment réfléchi à la question, tant ce réflexe semble faire partie de son programme : celui d'un ovni politique, se voulant jeune, pragmatique, réformateur et pressé de faire entrer la France dans le train de la globalisation heureuse - ce qui suppose aussi bien de remplacer les trains régionaux par des autocars, de réduire la fonction publique ou de maîtriser le globish comme une seconde nature. Il allait en donner une nouvelle illustration quelques mois plus tard, en cultivant avec Donald Trump les apartés censés contribuer au rapprochement' des deux pays - à moins qu'ils ne créent une forme de vassalité pour celui qui emploie la langue de l'autre. Mais c'est plus fort que lui : dès qu'il sort de l'Hexagone, et comme pour marquer sa différence avec ces patauds de Sarkozy et de Hollande, le nouveau président recourt systématiquement à. l'anglais... au risque de commettre quelques impairs, comme d'avoir trouvé "trop bonne" l'épouse du Premier ministre australien.

Complaisance des élites

Charles de Gaulle ou François Mitterrand avaient une conscience aiguë du rôle politique de la langue, · de ce qu'elle symbolise, mais aussi des rapports de force qu'elle sous-tend. Emmanuel Macron habite une autre planète... Ce qui ne l'aura pas empêché, une fois président, d'endosser comme ses prédécesseurs les pompeux habits de la francophonie, doublés d'un vibrant discours sur la place du français dans le monde, notamment en Afrique. Mais cette francophonie-là obéit à des évolutions démographiques qui ne se décident pas à l'Élysée, et ses enjeux n'ont pas toujours de rapport immédiat avec la langue, comme en a témoigné l'invraisemblable projet de porter à la tête de l''Organisation internationale de la francophonie une ministre rwandaise qui a œuvré pour le remplacement du français par l'anglais dans son pays.

Et, quelle que soit la vitalité de notre langue sur le continent africain, on est surtout frappé par l'absence d'idées, de discours et d'ambitions, là où les pouvoirs publics auraient le devoir d'intervenir : en Europe et en France même, où le français ne cesse de reculer avec la complaisance d'élites qui jugent plus moderne de s'exprimer in english, tel un Pierre Moscovici adressant en anglais les directives économiques an gouvernement français. Au sein de l'organisation européenne, la domination de l'anglais s'est imposée sans aucune résistance dans les pratiques, sinon dans les règles. Après le Brexit, il semblerait pourtant naturel de se demander si cette langue doit continuer à régner sans partage dans l'administration bruxelloise. A un an des élections au Parlement de Strasbourg, nul candidat ne semble pressé de poser cette question, apparemment trop secondaire... ou trop périlleuse.

macron_erevan.jpg

Car, si la réponse est oui, nous nous trouverions dans ce cas unique et singulier d'une vaste union économique et politique, comparable aux États-Unis ou à la Chine, mais régie par une langue étrangère à sa population. On l'avait déjà vu lors des précédentes élections européennes, lors du grand débat télévisé entre candidats à la présidence du Parlement, tous francophones et germanophones... mais priés de discuter en anglais sous la houlette d'animateurs britanniques et américains.

À cette conception s'oppose celle d'Umberto Eco selon laquelle la langue de l'Europe est "la traduction" - comme le prévoyait l'organisation initiale du Marché commun, avec ses différentes langues de travail (le français et l'allemand avant même l'anglais). N'en déplaise à ceux qu'indigne le coût des interprètes - forcément pléthorique dans une union à 27 -, il en va de la conception même de l'Europe : mosaïque de cultures à la fois très imbriquées et très différenciées (ce qu'elle est historiquement), ou simple entité marchande important des codes et des pratiques culturelles d'outre-Atlantique - comme en témoigne, dans un autre genre, le pitoyable concours Eurovision, véritable festival de l'américanisation par le bas.

A la volonté de défendre une Europe à plusieurs langues, on oppose toujours l'argument du pragmatisme. Mais la première zone économique mondiale n'est-elle pas une entité assez puissante pour imposer ses propres usages ? Si, déjà, les représentants de l'Union appliquaient la règle de s'exprimer publiquement dans leur propre langue. cela changerait l'image et· la conception même de l'Europe. Il n'en va pas ainsi, malheureusement, dans le nord du continent où l'anglais est déjà une seconde nature, ni dans l'Europe ex-communiste qui a toujours vu dans l'UE une façon de devenir otanien et américain.

Si les représentants de l'Union appliquaient la règle de s'exprimer publiquement dans leur propre langue, cela changerait l'image et· la conception même de l'Europe.

En témoigne l'anglais systématique de Donald Tusk - au contraire des efforts qu'on doit accorder à Jean-Claude Juncker, quand il a tiré les conséquences du Brexit et décidé de ne plus s'exprimer qu'en français ou en allemand. Il semble en tout cas intéressant que cette élection qui tournera autour de l'économie, de la globalisation, des migrations, ne laisse pas de côté, une fois encore, la question de la langue et que notre pays ose ouvrir le débat.

Quant à la seconde échelle, c'est celle de la France elle-même où il suffit d'allumer un poste de radio ou de télévision pour prendre la mesure stupéfiante des évolutions en cours : quand toute phrase inclut désormais plusieurs mots anglais ou anglicismes ; quand certains termes sont carrément remplacés (coach pour "entraîneur", challenge pour "défi", life pour "vie"... ), parfois même à contresens ("supporter" signifiant désormais curieusement "soutenir") ; quand les titres des films et des livres ne sont plus traduits ; quand la publicité et les enseignes préfèrent l'anglais ; ou quand les reportages, y compris ceux du service public, n'emploient qu'une seule langue - si bien que les journalistes de guerre au Proche-Orient mènent leurs interviews en anglais plutôt qu'en arabe, ce qui oriente forcément le choix des interlocuteurs.

Car une langue ne véhicule pas simplement des mots, mais aussi une façon de penser. Là encore, on mesure l'inconséquence d'une République étrangère à ces questions. Elle ne semble guère pressée de faire respecter la loi Toubon qui oblige les entreprises installées en France à travailler en français, ni d'apporter quelques recommandations sur ce thème aux grands services de l'État. C'est ainsi pourtant, point par point, symbole par symbole - comme le firent en leur temps les Québécois - qu'on pourra maintenir l'existence du français, autrement que comme patois local d'une province-américaine excentrée.

Benoît Duteurtre


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (6)

Le Figaro Jean-Michel Delacomptée Francophonie partout, français nulle part (19/10) (lien)
Le Monde des lecteurs Francophonie : une nomination étrange (18/10) (lien)
Le Figaro Emmanuel Macron, une grande ambition pour la langue française (19/10) (lien)
Libération Rendons le féminin à la langue française (17/10) (lien)
Boulevard Voltaire Macron ou la francophobie (20/10) (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (5)

Sud Radio Natacha Polony Langue française, reprends de ta superbe ! (lien)
Le Point Internet au secours du français (14/10) (lien)
B. Cerquiglini Non, le français n'est pas en déclin, il se féminise et devient universel (lien)
Valeurs Actuelles Pour Macron, la langue française n’a plus de “lien” avec la France (lien)
Le Figaro 5 mots que vous utilisez... mais qui n'existent pas (lien)


Langue française : Nouvelles d'octobre 2018 (4)

Nouvelle République La Francophonie couronne la Rwandaise Louise Mushikiwabo, en dépit des critiques (12/10) (lien)
Seneweb Paul Kagame, s’exprime en anglais lors du sommet de la Francophonie (12/10) (lien)
France Culture L'université en anglais : soft power ou menace pour le français ? (12/10) (lien)
Le Figaro 5 anglicismes qu'on ne veut plus jamais entendre (lien)
In Memoriam Dr Helmut Loofs, membre d’honneur et à vie d’ALF (lire ci-dessous)
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In Memoriam Dr Helmut Loofs, membre d’honneur et à vie d’ALF

ALF vient de perdre un éminent membre d’honneur et à vie, décédé à Canberra, en Australie.

Allemand de la Frise, Hitlerjunge embrigadé par les nazis, enrôlé en 1945 à 16 ans dans la "Flak" pour défendre Berlin contre l’hallali des bombardiers des Alliés ; puis engagé volontaire dans notre Légion étrangère, il a "fait l’Indo". Après des études spécialisées en France, il a émigré en Australie avec sa femme allemande, francophile comme lui et leurs deux enfants aux prénoms français. Naturalisé australien, il s’est lancé dans l’enseignement et la recherche en ethnologie et anthropologie du sud-est asiatique, jusqu’à être élu membre de l’Australian Academy of Humanities. De 1969 à 1975, président de l’Alliance Française de Canberra, il a puissamment aidé le Conseiller culturel et scientifique de l’ambassade de France dans la création de la Maison de France, véritable institut culturel franco-australien sous l’égide de l’Alliance française avec l’aide du gouvernement français et de la BNP-Australie. Dès la création de notre ALF en 1992, il en est devenu un membre fidèle. J’associe son épouse Sigrid dans l’hommage que notre association et la France lui doivent. Albert Salon


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