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Le forum La voix francophone animé par 3 membres d'ALF existe depuis Janvier 2013. Une vingtaine de rédacteurs y participent.

Les animateurs de ce forum ont ouvert une rubrique "Avenir de la langue française" sur la page d'accueil. Les visiteurs du site pourront y publier des messages, il pourra s'agir de commentaires à propos des articles publiés sur le site d'ALF. Toutes les initiatives seront bienvenues de telle façon que les membres de l'association ainsi que les visiteurs du site d'ALF, puissent échanger entre eux sur le thème de la francophonie qui nous est cher. À bientôt sur le forum ! Michel Chevallier

 ↑  

Lettres de protestation

Der. nouv.

L'AFRAV en procès contre des marques à connotation anglaise de l'État français !

AFRAV French Tech Toubon colonisation langue française L’AFRAV (Association FRancophonie Avenir) a attaqué l'État contre les marques à connotation anglaise "Choose France", La "French Tech", "Next 40", "Health Data Hub" et "French Impact". Elle a attaqué l'État en vertu de l'article 2, 1er alinéa de la Constitution française qui dit que "La langue de la République est le français" et en vertu de l'article 14 de la loi Toubon du 4 août 1994 qui dit que l'emploi d'une marque de fabrique, de commerce ou de service constituée d'une expression ou d'un terme étrangers est interdit aux personnes morales de droit public […]. (lien)

Relation de l'évènement dans la presse

Marianne "Pour son recours illégal au globiche, nous attaquons l'État, lui qui est garant de l’intégrité du français" (23/9)
Les Échos French Tech, Next 40… Ces anglicismes qui agacent les défenseurs de la langue française (23/9)
TV5 Monde French Tech, Health Data Hub... des défenseurs de la francophonie attaquent (22/9)
BFM Défenseur de la langue française, il attaque l’État en justice pour rebaptiser la "French Tech" (22/9)
Le Point "French Tech" : les défenseurs du français attaquent l’État en justice (21/9)


Langue française : Nouvelles de septembre 2022 (2)

DGLFLF Dire l’entreprise en français (lien)
Office Québécois de la Langue Française Féminisation des métiers : Liste d’appellations de personnes (15/9) (lien)
Le Figaro 4 anglicismes que l’on fait (tous) semblant de comprendre (14/9) (lien)
 


Langue française : Nouvelles de septembre 2022

Le journal n°77 d'Avenir de la Langue Française (septembre 2022) est paru (lien)
Yves Montenay Emmanuel Macron peut-il nous réconcilier avec l’Algérie ? (lien)
L'Actualité Non, l’anglais ne représente pas 50 % du web (7/9) (lien)
L'Express Michel Feltin-Palas Ministre, chiffon, robot, biberon : les origines surprenantes des mots du quotidien (6/9) (lien)
Le Messager Cluses : "food-truck" ou "camion de restauration", la guerre des noms est déclarée (31/8) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'août 2022 - le 31/08/2022 - 11:57 par MAR

Langue française : Nouvelles d'août 2022

Le Figaro Utilisez-vous ces termes génériques qui appauvrissent le français ? (29/8) (lien)
AFRAV Quand l'État ne défend plus la langue de l'État ! (29/8) (lien)
Le Figaro Savez-vous que Paris n'est plus la ville la plus francophone du monde ? (15/8) (lien)
Le Figaro Pourquoi le français est la langue du rap (24/7) (lien)


Le Monde et l'anglais naturalisé français qui dénigre son nouveau pays

Le Monde a publié dans le cadre de ses séries d'été six articles nommés "Le Royaume-Uni, la France et moi" écrits par un certain Simon Kuper. On y apprend que ce journaliste au Financial Times est installé à Paris depuis 20 ans et qu'il a même obtenu la nationalité française. On se dit que son témoignage est intéressant et qu'il va à l'encontre du courant dominant qui est plutôt celui de la fascination pour ceux qui vont "réussir" dans un pays anglo-saxon. En fait, pas du tout, sa motivation première est d'abord monétaire : cela lui coûte beaucoup moins cher de vivr0e à Paris qu'à Londres. Sa nouvelle nationalité semble d'ailleurs plutôt ressembler à une carte de supermarché (elle lui accorde des avantages) qu'à une adhésion quelconque à ce pays ("qui a choisi la stagnation économique et sociale"). Il ne voit d'ailleurs Paris que comme la "périphérie" du centre ville qui serait Londres ! Il constate que "deux langues dominent dans les rencontres internationales : l'anglais et le globish" et que "lorsqu'un anglophone-né ouvre la bouche, on a soudainement l'impression que le niveau des débats monte" (sic !)

Lui qui répugne à parler français parce qu'il y perd toute nuance est content d'appartenir à la race supérieure (il n'emploie certes pas ce terme "interdit" de race mais cela y revient exactement) celle des anglophones de naissance. Il constate tout simplement que "dans la hiérarchie internationale qui se fait jour les anglophones sont rois" que "dans la plupart des situations professionnels transnationales les anglophones ont la haute main sur la conversation…". Que tous les autres participants soient obligés de s'exprimer dans l'anglais d'aéroports perdant ainsi toutes nuances, toutes images et tout humour ne préoccupe pas notre journaliste puis que lui est dans le bon camp. Il est content ainsi que son appartenance à la race supérieure lui ait facilité par exemple l'admission de sa fille en crèche (pensez une anglophone parmi nos enfants : quel honneur !).

Seule solution : que nous devenions des clones d'une Christine Lagarde biberonnée à l'anglais dès la naissance, "l'usage du français pourrait bientôt se cantonner à la cuisine ou au cadre administratif" (!). Bref nous sommes tous fiers de la naturalisation d'une telle recrue, avec son arrogance typiquement anglaise, qui ne lui a même pas permis après 20 ans de présence à Paris d'écrire ses articles en français (pas grave, "une langue de second ordre") !

Que Le Monde (présenté comme le journal de référence français) publie tels quels ces articles en dit long sur le degré de soumission auquel arrivé une grande partie de l'élite française vis-à-vis de des pays anglo-saxons.

Marc-Antoine Renard


Langue française : Nouvelles de juillet 2022 (2)

Le Petit journal Langues les plus puissantes du monde : laquelle apprendre en 2022 ? (31/7) (lien)
Le Monde "Flow", "tataki", "coolitude" : d’où viennent les nouveaux mots de la langue française (26/7) (lien)
Le Figaro Pourquoi le français est la langue du rap (26/7) (lien)
Le Figaro 14 juillet : La Révolution a été une première étape pour la naissance de la langue française (14/7) (lien)


Application de la langue française et théorie des baïonnettes intelligentes

par Guy Dalens

Le fonctionnaire contraint de travailler en anglais en France peut refuser en invoquant la "Théorie des baïonnettes intelligentes". Celle-ci justifiant un acte de désobéissance à un ordre manifestement illégal.

Problème Un fonctionnaire français refuse de travailler sur des documents rédigés en anglais transmis par la Commission européenne. Peut-il s’appuyer sur la "Théorie des Baïonnettes intelligentes" ou "Théorie de l’ordre manifestement illégal" pour sa défense, dans le cas de conflit avec sa hiérarchie nationale ? La "Théorie des Baïonnettes intelligentes" signifie qu’un fonctionnaire peut entrer en conflit avec sa hiérarchie lorsqu’il estime que l’ordre qu’il reçoit est manifestement illégal. Elle signifie aussi que le fonctionnaire doit faire preuve de sagacité (puisqu’il va être amené à apprécier un acte d’autorité) et de courage pour aller contre sa hiérarchie et surtout contre le conformisme ambiant.

Réponse Le fonctionnaire doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas ou l’ordre est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public (article 28 du statut de la fonction publique). Le devoir d’obéissance n’est donc pas absolu. On remarque que l’article 28 se présente comme un oxymore où le début de la phrase semble être en contradiction avec la seconde partie. En effet, le fonctionnaire dispose d’un devoir de désobéissance lorsque l’ordre qu’il reçoit est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement l’intérêt public (Conseil d’État, arrêt du 10 novembre 1944, Langneur). À la vue de ces règles, on peut répondre au problème soulevé ci-dessus. L’acte, implicite ou explicite, qui ordonne à un fonctionnaire français de travailler en anglais est manifestement illégal pour les motifs suivants :

  • L’article 3 de la Constitution de 1958 modifié précise que :

"La Langue de la République est le français". L’article 1 de loi n°94-665 du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française énonce : "Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics. Elle est le lien privilégié des États constituant la communauté de la francophonie." L’article 20 précise que la loi du 4 août 1994 est "d’ordre public".

  • Le Règlement n°1 de 1958 du traité de Rome relatif au régime linguistique décrit les langues officielles de la communauté dans son article 1er (dont le français) et précise dans son article 3 : "Les textes adressés par les institutions à un État membre ou à une personne relevant de la juridiction d’un État membre sont rédigés dans la langue de cet État".

Ce qui signifie que les documents envoyés par la Commission à la France doivent être rédigés dans la langue française. Aucune disposition de ces articles ne fait obligation d’utiliser la langue anglaise en France. L’utilisation forcée de la langue anglaise comme langue de travail en France est donc illégale.

Conclusion Le fonctionnaire qui se voit contraint de travailler en France en anglais peut refuser de s’y prêter en invoquant la "Théorie des baïonnettes intelligentes". Celle-ci justifiant un acte de désobéissance à un ordre manifestement illégal. Il y est même tenu car le fonctionnaire qui exécute un ordre manifestement illégal sans réagir, s’avère complice du donneur d’ordre. L’article 122-4 du Code Pénal trouve à s’appliquer : "N’est pas pénalement responsable la personne qui accomplit un acte commandé par l’autorité légitime, sauf si cet acte est illégal".

Guy Dalens, membre d’Avenir de la Langue Française et du Haut Conseil International de la Langue Français et de la Francophonie (HCILFF)

Références consultées

  • Michel Reydellet, De l’intelligence des baïonnettes, LDH Toulon (en ligne).
  • À propos du devoir de désobéissance des fonctionnaires !, blog du cabinet d’avocats André Icard (en ligne).
  • Commentaire de l'arrêt CE, 10 novembre 1944, Langneur, DDJ, Doc du juriste (en ligne).
  • Conseil d’État, 10 novembre 1944, Sieur Langneur, rec. p. 248, Revue générale du droit (en ligne).
  • Analyse chronique : La petite pui dans la prairie, site du SNPHPU (Syndicat national des pharmaciens praticiens hospitaliers et praticiens hospitaliers universitaires), (en ligne).
  • Loi n° 94-665 du 4 août 1994 relative à l'emploi de la langue française (dite loi Toubon), legifrance.gouv.fr, (en ligne).

Écriture dite "inclusive" : la Suisse revient à la raison

Après avoir été à la pointe de la mode sur la question du langage dit "non sexiste '", la Confédération helvétique adopte une position plus raisonnable, En novembre 2021, la Chancellerie fédérale a publié une directive s'opposant à l' utilisation des pratiques d'écriture alternatives au sein de l'administration fédérale, Les pratiques d'écriture alternatives sont prohibées depuis cette date, notamment les pratiques graphiques (astérisque, point médian, doublets abrégés) et les néologismes (iel, fraeur, etc.)

Les motifs de cette décision relèvent notamment de l'accessibilité de la langue et de sa lisibilité. La Chancellerie considère que les pratiques d'écritures alternatives s'apparentent à un manifeste politique et qu'Il n'appartient pas à l'administration fédérale de reprendre à son compte un tel programme avant que le débat sociétal, politique et juridique ait eu lieu.

Le 7 juin 2022, le Conseil national suisse - équivalent de l'Assemblée nationale française - a adopté la motion du conseiller Benjamin Roduit, stipulant que l'écriture inclusive ou le langage épicène ne doivent plus être utilisés au sein de l'administration, fédérale. Voté par 98 voix contre 77, cette motion demande de s'en tenir aux règles de l'Académie française. Selon Benjamin Roduit, la langue française doit être claire, simple et efficace, ce qui n'empêche en aucun cas la féminisation de certains mots. Le Conseil des États - équivalent du Sénat - doit encore se prononcer. Deux cantons francophones ont d'ores et déjà interdit l'écriture inclusive dans leurs administrations.

Ces décisions doivent beaucoup à l'action de DLF-Suisse et de son président Aurèle Challet qui s'est impliqué vigoureusement dans ces débats.


Le Haut conseil international de la langue française et de la francophonie saisit le Défenseur des droits

Le Haut conseil international et les associations qui le composent et soutiennent, saisissent le Défenseur des droits en dernière ressource au sujet de la maltraitance généralisée extrême que subit la langue française en France même. Cela au mépris de la Constitution de 1958 modifiée (articles 2 et 87), de l’Ordonnance de Villers-Cotterêts du 9 août 1539, de la loi Toubon n° 665 du 4 août 1994, et du respect dû aux francophones français ou étrangers vivant sur notre sol, dans les pays membres de l’Organisation internationale de la Francophonie, et dans le reste du monde.

Lire la lettre du Haut conseil au Défenseur des droits


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de juillet 2022 - le 07/07/2022 - 10:08 par MAR

Langue française : Nouvelles de juillet 2022

L'Actualité Le problème avec l’Académie (14/7) (lien)
Le Figaro Ces mots français qui nous viennent du chinois (11/7) (lien)
Le Figaro Vous parlez un français désuet sans le savoir (10/7) (lien)
Le Soleil L’anglais, langue des affaires? Pas si vite… (2/7) (lien)
Le Figaro Comment la Commission d’enrichissement de la langue française lutte contre les anglicismes (1//7) (lien)


La langue anglaise est une lèpre
qui détruit le tissu de notre corps social

par Guy Dalens

 Réflexions de Guy Dalens sur la correspondance du 18 juin 2022 adressée par Albert Salon à Madame Claire HÉDON, Défenseur des Droits, 3 place de Fontenoy - 75007 Paris.

Excellente synthèse, accompagnée d’un dossier de dérives inacceptables, de ce qui nous arrive. Mais synthèse épouvantable par son contenu lequel dessine un musée des horreurs et de nos faiblesses. Chaque paragraphe sonne le glas de notre langue. De l’agonie de notre langue. Les portes du droit sont verrouillées de partout. Les Instances communautaires, avec une allemande à sa tête qui se prend pour Isabeau de Bavière, s’arrogent le droit de nous dire quelle langue nous devons parler en France et en Europe. Notre Président et autres ministres se taisent. Ils sont d’accord avec cette politique par leur silence coupable. Les tribunaux nationaux se mettent au diapason en brisant toutes actions légitimes devant eux.
 

Osons le dire La langue anglaise est plus qu’une langue ; elle est une lèpre qui détruit le tissu de notre corps social, insidieusement, progressivement, rongeant les chairs jusqu’à l’os. À la fin, ne resteront que lambeaux et moignons de ce que nous avons aimé. C’est probablement ce que cherche le monde anglo-saxon après son coup de force imposant la langue anglaise au mépris du droit existant. À ce stade avancé de délitement, il est urgent de réagir.
 

Que faire ? Quelques pistes que nous pourrions suivre :
 

1) Notre contribution financière au budget communautaire n’est pas faite pour financer la langue anglaise. Notre contribution financière n’est pas destinée à la propagande de la langue anglaise et de l’Empire américain. Notre contribution financière n’est pas faite pour favoriser l’usurpation de l’espace linguistique européen par une politique du fait accompli, au seul profit des intérêts mercantiles américains et de leurs valets. Nous sommes un des plus gros contributeurs au budget communautaire : 21 milliards en 2020, 26 milliards en 2022. Il y a là un moyen de pression pour modifier le rapport de force. Encore faut-il l’utiliser ! Nous pourrions soutenir que nous ne paierons plus notre contribution si la langue française n’est pas remise au niveau qu’elle avait jusqu’ici. Et nous ne paierons plus si la langue anglaise reste utilisée à Bruxelles. Ce n’est pas parce que 5 millions d’Irlandais parlent anglais et gaélique sur une population de l’Union Européenne de 450 millions, soit environ 1%, que la langue anglaise doit être la référence ; elle n’en a ni la légitimité ni la légalité. Bruxelles est un tigre de papier qui n’a ni police ni armée pour nous contraindre. Le socle du système bruxellois repose sur la servitude volontaire pour reprendre l’expression d’Étienne de La Boétie. Il ne tient qu’à nous de nous en affranchir. Je sais on nous dira comme le faisait ce diplomate français encore en poste : "Si l’usage de l’anglais a progressé à Bruxelles au cours des vingt dernières années, jusqu’à éliminer les langues des pays fondateurs, c’est évidemment le reflet de la composition très différente de l’Union européenne aujourd’hui, suite aux vagues successives d’élargissement. Il est indéniable que pour beaucoup d’États membres, l’anglais est la langue d’échange commune, même si elle n’est pas leur langue officielle. Cette situation n’a pas été bouleversée par le départ des britanniques le 31 janvier dernier". Derrière cette déclaration, on perçoit le fonctionnaire neutre, au constat passif, aux bras déjà baissés, battu d’avance, refusant le combat. C’est précisément cette situation de fait qui doit être changée. Pour la simple raison que la langue de l’empire américain ne peut être notre langue, car elle est contraire à notre nature, à notre histoire, à notre droit à la diversité linguistique et culturelle et, en définitive, à l’indépendance de l’Europe. Il faut aller jusqu’à l’affrontement sur ce point, sans pouvoir compter sur notre élite dévoyée, mondialisée, colonisée par le monde américain, avec l’appui de son cheval de Troie, l’Angleterre. Première type d’action à mettre en œuvre : Les dossiers transmis par Bruxelles en anglais doivent être retournés à l’envoyeur. Nous devons refuser d’obtempérer à des comportements qui violent le droit.
 

2) La stratégie judiciaire a adopter devant nos tribunaux doit être une stratégie de rupture. La stratégie de rupture s’oppose à la stratégie de connivence Dans la stratégie de connivence nous restons de mèche avec le magistrat, notre action reste limitée au prétoire, nous sommes entre gens de bonne compagnie. Toutes les actions que nous avons menées sur les infractions à la loi sur la langue française se sont déroulées dans ce cadre. Nous restons très respectueux de la loi et de tout l’apparat du prétoire. Dans la stratégie de rupture le prévenu ne joue plus le jeu qui lui est imposé ; il va chercher à troquer sa tenue de probable condamné par un comportement offensif, d’acteur de théâtre. Son but n’est plus seulement de gagner un procès mais de mettre en lumière ses idées en quittant le droit strict et le prétoire où on veut l’enfermer. Le prévenu cherche avant tout à faire connaître sa position à la rue. L’autre élément de la stratégie de rupture est de faire connaître au monde extérieur au prétoire le nom du magistrat, responsable de la décision prise. Voilà qui déplaît aux magistrats qui préfèrent rester dans la pénombre. L’affaire Dreyfus montre que quand celle-ci emprunte même momentanément la stratégie de rupture grâce, aux interventions de Zola et de Clemenceau, l’affaire Dreyfus prend une autre dimension et ne peut plus être cantonnée au prétoire de l’institution militaire où on voulait la confiner. Dans nos affaires sur la "loi Fioraso" il aurait été préférable d’agir dans l’esprit d’un procès de rupture.
 

3) C’est en tant que groupe de pression que nous devons agir vis-à-vis de l’élite de notre pays. L’élite de ce pays doit être mise sous tension permanente afin qu’elle se souvienne des devoirs qu’elle a envers sa propre langue. Cette élite n’est pas nombreuse mais sa capacité de contamination forte. Pour la connaître il suffit de prendre la liste des lauréats de la carpette anglaise depuis 1999. Il y a là un échantillon parlant de notre élite anglo-américaine. Sur la période 1999-2018, sur 21 lauréats, il y a 10 énarques soit 50%. Si maintenant on ajoute les candidats sélectionnés mais non retenus comme lauréats, on peut estimer à une centaine de personnes la liste totale de cette élite sur la période 1999-2018.
À cette liste il paraît approprié d’y ajouter les responsables des publicités qui ne respectent pas les textes sur la langue française qui jouent un rôle important pour notre langue puisque ce sont eux qui élaborent les messages publicitaires commandés par les annonceurs.
 

4) L’institution d’une citoyenneté francophone peut-être un moyen de contrer l’influence néfaste de l’élite autochtone et de la concurrencer. Ma note du 17/10/2018 et 07/01/2019 qui figure sur le site d’ALF y expose les motifs, le dispositif, les conditions d’admission, les droits et les obligations des candidats, et les conséquences. Ce texte est un texte offensif, un texte de "realpolitk" pour reprendre l’expression germanique ; il ne s’agit pas d’un texte d’humaniste d’ordre compassionnel. Y adhère celui qui le souhaite. La France agit seule puisqu’elle encore souveraine dans ce domaine. Pourquoi proposer une citoyenneté francophone ? Quand il aura acquis la citoyenneté francophone, Il est plus que probable que l’étranger défendra avec plus vigueur, de fermeté et de pugnacité la langue française, que ne le fait actuellement l’élite défaillante de notre pays.
 

Guy Dalens membre d’Avenir de la langue Française (ALF) et du Haut Conseil de la Langue Française et de la Francophonie


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de juin 2022 (4) - le 30/06/2022 - 20:40 par MAR

Langue française : Nouvelles de juin 2022 (4)

L'Express La langue française à travers l'Histoire : ce que l'on ne vous a jamais appris (30/6) (lien)
La Presse France, please wake up ! (lien)
Le Figaro Si l’on puit dire" : ne faites plus la faute ! (20/6) (lien)
Le Figaro 5 expressions qu’on ne sait (jamais) comment écrire (17/6) (lien)


Simon Jolin-Barrette présente la loi 96 du Québec à l’Académie française

Simon Jolin-Barrette, ministre de la Justice et de la Langue française du Québec, a été reçu jeudi 23 juin, à l’Académie française pour une communication sur la langue française et son statut juridique au Québec.

Cette réception fait suite à l'importante loi 96 (Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français) adoptée le 1er juin 2022. Cette loi constitue une réforme majeure de la Charte de la langue française en vigueur depuis 1977.


Amis

Je vous invite à Lire le discours de M. Simon Jolin-Barrette.

Ce discours est très important.

Il peut être fondateur pour un redémarrage, un possible nouvel élan de l’action solidaire, trop assoupie ces dernières années, des pays de langue maternelle française, et au premier chef de la relation France-Québec.

Il rejoint ce que nous cherchons à relancer en tâtonnant et bricolant depuis des années !

L’heure est peut-être bien revenue...

Le ministre a d’ailleurs clos son discours en proposant à la France une "alliance renouvelée" pour "donner une nouvelle impulsion" à la langue française et faire en sorte de "transcender [les] fragilités respectives" des deux nations.

Il nous faut immédiatement diffuser le plus largement possible ce très beau discours.

Aussi mobiliser tout le Haut-conseil de la langue française et de la francophonie et tous les acteurs possibles pour lancer le mouvement du renouveau.

Nous parlerons ensemble de la part que devra prendre le Haut Conseil dans cette impulsion.

Albert Salon


Ce qu'apporte la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français

Le 1er juin 2022, la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français a été sanctionnée. C’est à cette date que la majorité des modifications apportées à la Charte de la langue française sont entrées en vigueur. Cette loi constitue une réforme majeure de la Charte, qui est en vigueur depuis 1977.

Principales modifications apportées à la Charte

  1. L’exigence pour toutes les entreprises de communiquer de manière généralisée avec leurs employés québécois en français, et en particulier une nouvelle règle exigeant que toutes les entreprises ayant des employés québécois fournissent des documents de formation écrits en français.
  2. Des exigences plus strictes en ce qui concerne la publication des offres d’emploi en français obligeant les entreprises à publier la version française des offres d’emploi pour les postes au Québec d’une manière comparable à la publication de la version anglaise.
  3. De nouvelles limites quant à la capacité des entreprises d’exiger la connaissance d’une autre langue que le français pour des postes au Québec : les entreprises seront désormais tenues de procéder à une évaluation des besoins linguistiques réels associés aux fonctions du poste, d’examiner si les employés existants qui ont déjà une connaissance de l’autre langue pourraient exercer les fonctions qui exigent la connaissance de l’autre langue et, de façon générale, de concentrer les fonctions exigeant la connaissance d’une autre langue dans le plus petit nombre possible de postes.
  4. Une nouvelle obligation pour toutes les entreprises d’informer et de servir leurs clients québécois (consommateurs et non-consommateurs) en français.
  5. L’exigence, comme condition de validité, que tous les contrats d’adhésion (contrats non négociables) et les contrats de consommation soient systématiquement fournis en français aux contreparties au Québec.
  6. Des limites quant à l’utilisation des marques de commerce qui contiennent du texte dans une autre langue que le français dans la publicité commerciale en exigeant que ces marques soient enregistrées en vertu de la Loi sur les marques de commerce pour pouvoir être utilisées au Québec. Dans les faits, les entreprises n’auront plus la possibilité d’utiliser des marques de commerce de common law (c’est-à-dire non enregistrées) contenant du texte dans une autre langue que le français dans leur publicité commerciale au Québec.
  7. Modifier les normes d’affichage dans les locaux en exigeant que le texte français qui accompagne une marque de commerce contenant un texte dans une autre langue que le français soit "nettement prédominant" par rapport au texte non français. Cela exige essentiellement que la taille de l’affichage en français qui doit déjà accompagner toute marque non française sur les lieux soit augmentée à deux fois la taille de la marque non française.
  8. Faire passer de 50 à 25 employés au Québec le seuil à partir duquel les entreprises deviennent assujetties à l’obligation de se soumettre à un "programme de francisation" visant à généraliser l’usage du français dans leurs activités au Québec.
  9. Augmenter les pouvoirs d’exécution de l’organisme de réglementation chargé de l’application de la Charte, l’Office québécois de la langue française (OQLF), en lui accordant notamment des pouvoirs d’inspection plus étendus, de nouveaux pouvoirs d’ordonnance et la possibilité de demander l’aide des tribunaux directement pour l’application de la Charte.
  10. Instaurer un nouveau droit d’action privé pour tous les résidents du Québec afin de demander des mesures injonctives, des dommages-intérêts et des dommages-intérêts punitifs en cas de violation des dispositions de la Charte.

Modifications notables apportées à la Loi depuis sa présentation

Règles de rédaction des contrats exclusivement en français

L’une des modifications les plus préoccupantes de la Loi pour les entreprises a été la formulation initiale des nouvelles règles de rédaction des contrats exclusivement en français, tant pour les contrats de travail que pour les contrats en général. Dans sa première version, la Loi proposait que tous les contrats d’adhésion (c’est-à-dire les contrats qui ne sont pas négociables) et tous les contrats contenant des clauses types soient fournis à la contrepartie au Québec en français avant même que cette personne puisse consentir à la signature du contrat dans une autre langue. En outre, la Loi a fait du respect de cette exigence une condition de validité du contrat, de sorte que si le processus contractuel en français exclusivement n’était pas suivi, le cocontractant pourrait demander l’annulation du contrat, ou une réduction de ses obligations aux termes du contrat, pour ce seul motif.

Heureusement, le champ d’application de cette exigence a été réduit et elle ne s’appliquera plus qu’aux contrats d’adhésion et aux contrats de consommation ; les contrats autres que de consommation qui sont négociables, mais contiennent des clauses types ne seront plus soumis à la nouvelle règle de rédaction des contrats exclusivement en français. De plus, les contrats utilisés "dans les relations avec l’extérieur du Québec" seront également exemptés, ce qui n’était pas le cas dans la version initiale de la Loi. Cela signifie que les entreprises qui n’ont pas d’établissement au Québec et qui sont donc des entités "extra-provinciales" pourront éviter l’application de la règle de la rédaction des contrats exclusivement en français, même pour les contrats d’adhésion (bien que cette règle s’applique toujours aux contrats de consommation).

Malgré ces changements apportés à la règle de rédaction exclusive en français, les entreprises qui concluent des contrats avec des contreparties québécoises demeurent obligées en principe de conclure des contrats en français dans tous les autres cas, à moins que les parties ne souhaitent expressément conclure un contrat dans une autre langue. La différence est que si les parties souhaitent conclure un contrat dans une autre langue, il n’y a pas d’obligation de rédiger et de fournir d’abord une version française de l’accord comme c’est le cas pour les contrats d’adhésion qui ne sont pas "extra-provinciaux" ou pour les contrats de consommation. De plus, les contrats qui ne sont pas soumis à la règle de rédaction exclusivement en français ne peuvent pas être contestés par la contrepartie au moyen du nouveau droit d’action privé au motif qu’elle aurait préféré conclure le contrat en français (bien qu’une amende puisse toujours être imposée par les tribunaux en vertu des dispositions pénales de la Charte si une plainte est déposée auprès de l’OQLF et que celui-ci décide d’engager des poursuites).

Enfin, l’application de la règle de rédaction exclusivement en français qui était initialement immédiate a été suspendue pendant un an pour permettre aux entreprises de s’adapter à cette nouvelle exigence.

Exigences supplémentaires pour les offres d’emploi

Outre les nouvelles exigences relatives à la façon dont la version française d’une offre d’emploi doit être annoncée et les nouvelles restrictions concernant l’exigence de la connaissance d’une autre langue que le français, la Loi a été modifiée pour préciser que lorsqu’une entreprise exige la connaissance d’autre langue que le français pour un poste, la justification de cette exigence doit être donnée dans l’offre d’emploi elle-même.

Nouvelles restrictions à l’utilisation des marques de commerce de common law contenant une autre langue que le français

En plus de limiter l’utilisation de marques de commerce non françaises dans la publicité commerciale aux marques déposées seulement (excluant ainsi les marques de commerce de common law), une modification a été introduite dans la Loi pour étendre cette limitation aux inscriptions sur les produits. Ainsi, les marques de commerce de common law qui contiennent du texte dans une autre langue que le français ne seront plus autorisées sur les produits. En outre, si une marque déposée figurant sur un produit contient un terme générique ou une description du produit dans une autre langue que le français, ce terme générique ou cette description doit également figurer en français sur le produit ou sur un support attaché de façon permanente au produit.

Conformément aux autres changements concernant l’utilisation de marques de commerce non françaises dans la publicité commerciale et dans l’affichage, ces modifications des normes d’inscription des produits n’entreront en vigueur que dans trois ans, afin de permettre aux entreprises de mettre en œuvre ces changements pour leurs produits, leur publicité et l’affichage dans leurs locaux.

"Bonne" connaissance de la langue française de la part des hauts dirigeants

Dans ce qui est manifestement une réponse aux récentes controverses concernant certaines entreprises montréalaises dirigées par des personnes ne parlant pas le français, la Loi a été modifiée pour que le critère voulant "que tous les hauts dirigeants aient une bonne connaissance de la langue française" soit pris en considération par l’OQLF pour déterminer s’il y a lieu de délivrer un certificat de francisation à une entreprise, qui sera requis pour toute entreprise ayant plus de 25 employés au Québec (contre 50 employés actuellement).


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de juin 2022 (3) - le 22/06/2022 - 20:18 par MAR

Langue française : Nouvelles de juin 2022 (3)

L'Express M. Feltin-Palas Karim Duval : "En utilisant le franglais, on cherche à montrer qu'on est au-dessus des autres" (21/6) (lien)
Le Figaro 10 anglicismes qu’on ne veut plus (jamais) entendre (18/6) (lien)
Yves Montenay Données géopolitiques du français en Afrique (lien)
Le Monde Au Québec, une loi pour renforcer le français embrase le Canada (18/6) (lien)
Livres-Hebdo Bescherelle a 180 ans et publie une chronologie de la langue française (18/6) (lien)


Contre le tout-anglais,
procès gagné au Conseil d'État !

L’obligation de présenter une certification en anglais
pour obtenir une licence, un DUT ou un BTS est annulée

Dans sa décision du 7 juin 2022, le Conseil d’État a fait droit au recours déposé par 15 associations (dont l'Afrav) en septembre 2020 et annule donc le décret et l’arrêté du 3 avril 2020 portant sur l’obligation de se présenter à une certification en anglais pour obtenir une licence, un DUT ou un BTS. (lire le communiqué sur le site de l'A.FR.AV.)
 

Rappel des faits

En dépit de protestations de tous horizons et d’un vote défavorable du conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER), le 3 avril 2020 paraissait un décret qui conditionnait l’obtention de diplômes de 1er cycle de l'enseignement supérieur à la simple passation d’une "évaluation externe" en langue anglaise – sans condition d’obtention, de résultat ou de niveau minimal.

Dès sa parution, l’ensemble de la communauté universitaire et scientifique s’est opposé à ce décret, dénonçant entre autres :

  • une atteinte au plurilinguisme au sein des universités par la seule obligation de l'anglais et, de ce fait, un appauvrissement des profils des étudiants et étudiantes s’agissant des langues vivantes.
  • le financement d'organismes privés par de l'argent public pour l’obtention d’un diplôme national public, puisque le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (MESRI) imposait des certifications venant d’organismes certificateurs privés (le coût total de cette mesure se serait élevé, à terme, à 32 millions d’euros).

Interpellé à plusieurs reprises par de nombreux courriers d’associations, de sociétés savantes et universitaires, d’hommes et de femmes politiques ou encore de pétitions, le MESRI n’a jamais répondu aux demandes de dialogue.

Aussi 15 associations civiles et universitaires, non syndicales, ont-elles décidé de déposer un recours devant le Conseil d’État.

Loin de retirer sa mesure décriée et contestée, le gouvernement a désigné comme prestataire une société privée grecque, LanguageCert, quasi inconnue, alors même que l’argument phare du Ministère pour justifier la mise en place de cette mesure résidait dans la "reconnaissance internationale et par le milieu socio-économique" de la certification choisie.

Mis devant sa propre contradiction, le Ministère a fini par dénoncer le marché qu’il avait lui-même initié tout en maintenant l'obligation de certification, renvoyant aux établissements d'enseignement supérieur la responsabilité de la mise en œuvre du décret.

Celle-ci s'est avérée particulièrement problématique, à tous les niveaux. En effet, le coût financier de cette opération a excédé l'enveloppe budgétaire allouée par le MESRI. Le coût organisationnel a également été très important, puisque ce sont les établissements qui ont dû fournir les personnels pour la surveillance et la correction, ainsi que les salles et le matériel.

Dans le cas où ils avaient opté pour des sessions en ligne, il est apparu que les étudiants devaient être surveillés par des sociétés de télésurveillance rémunérées par les organismes de certification.
 

Décision du Conseil d’État

Après presque deux ans d’instruction, deux mémoires déposés et une audience publique, les juges du Conseil d’État ont suivi les conclusions du rapporteur public et ont donc considéré que le décret attaqué méconnaissait le deuxième alinéa de l’article L. 613-1 du code de l’éducation.

En d’autres termes, le décret est frappé d’illégalité, car "seuls les établissements accrédités par l’État peuvent délivrer les diplômes nationaux conduisant à l’obtention de grades ou de titres universitaires, tels ceux énumérés à l’article D.613-6 du code de l’éducation", ce qui exclut de fait les certifications issues de structures privées.

Par conséquent, le décret du 3 avril 2020 relatif à la certification en langue anglaise pour les candidats à l’examen du BTS, ainsi que l’arrêté du 3 avril 2020 relatif à cette certification pour les candidats inscrits aux diplômes nationaux de licence et de DUT sont annulés, à l’exception de l'article 2 et du II de l'article 4 de l'arrêté, portant sur la licence professionnelle.

Concernant les licences professionnelles, il est offert la possibilité aux associations de demander à la Ministre l’abrogation du décret du 6 décembre 2019, en se basant sur la déclaration d’illégalité du décret du 3 avril 2020 par le Conseil d’État.

Suite à cette décision, deux organisations étudiantes demandent le remboursement par l’État des frais engagés pour la passation de cette certification, tant par les acteurs et actrices de l’enseignement supérieur que par les étudiantes et étudiants.


  1. L’Association des Chercheurs et Enseignants Didacticiens des Langues Étrangères (ACEDLE) https://acedle.org/
  2. L’Association pour le Développement de l’Enseignement de l’Allemand en France (ADEAF) https://adeaf.net/
  3. L’Association Française d’Études Américaines (AFEA) http://afea.fr/
  4. L’Association Française de Linguistique Appliquée (AFLA) http://www.afla-asso.org/
  5. L’Association Francophonie Avenir (AFRAV) https://www.francophonie-avenir.com/
  6. L’Association des Germanistes de l’Enseignement Supérieur (AGES) http://de.ages-info.org/fr/
  7. L’Association des Professeurs de Langues en Instituts Universitaires et Technologiques (APLIUT) https://apliut.fr/
  8. L’Association pour la Recherche en Didactique et Acquisition de l’Anglais (ARDAA) https://ardaa.hypotheses.org/
  9. La Fédération Nationale des Associations Étudiantes Linguistes (FNAEL) https://www.fnael.org/
  10. Le Groupe d’Étude et de Recherche en Anglais Spécialité (GERAS) https://www.geras.fr/
  11. Le Groupe d’Études et de Recherche en Espagnol de Spécialité (GERES) https://www.geres-sup.com/
  12. L’Observatoire Européen du Plurilinguisme (OEP) https://www.observatoireplurilinguisme.eu/
  13. Le Rassemblement National des Centres de Langues de l’Enseignement Supérieur (RANACLES) https://www.ranacles.org/
  14. La Société des Anglicistes de l’Enseignement Supérieur (SAES) https://saesfrance.org/
  15. La Société des Italianistes de l’Enseignement Supérieur (SIES) https://www.sies-asso.org/

Les porteurs de ce recours remercient chaleureusement toutes les personnes, associations ou structures (ADALSIC, Fédération Alsace Bilingue et Europe Démocratie Esperanto) pour leur contribution à cette action. Le communiqué au format Pdf pour le diffuser à votre guise et sans modération.


Restons vigilants ! (analyse de l'A.FR.AV)

Le Conseil d'État a donc annulé le décret du 3 avril 2020 instituant l'obligation de passer une certification en langue anglaise pour l'obtention de toute licence. Cela est une excellente chose.

Restons vigilants tout de même, car, si dans le volumineux mémoire que nous avons remis au Conseil d'État, il y avait plusieurs éléments pour attaquer ce décret, les juges n'étaient pas obligés de donner leur avis sur tous les éléments que nous avons développés.

En effet, Il suffisait qu'il y ait un élément parmi notre argumentaire qui prouve que le décret était contraire à la loi pour faire annuler le décret tout entier.

Le premier élément de notre argumentaire était la passation de marché pour les certifications en langue anglaise, à des entreprises privées extérieures à l'Éducation nationale. Nous avons alors prouvé qu'agir ainsi était contraire au Code de l'Éducation. Les juges ont suivi, le décret a été annulé.

Bien sûr, parmi les éléments de l’argumentaire que nous avons développé, il y avait celui concernant la discrimination linguistique, les atteintes au plurilinguisme et le droit aux autres langues étrangères d'exister face à l'anglais, mais, comme les juges s'étaient déjà prononcés, ils ne se sont donc pas prononcés sur ces points de notre argumentaire.

C'est pour cela que nous disons qu'il va falloir rester vigilants, car l'État est bien capable de ressortir un décret instituant l'obligation de passer une certification en langue anglaise pour l'obtention de toute licence, mais, cette fois-ci, pour ne pas aller contre la décision du Conseil d'État du 7 juin dernier, en laissant le marché des certifications à l'Éducation nationale et non à des entreprises privées.

Il est bien évident que si pareille chose se produisait, nous serions alors obligés de retourner au Conseil d'État pour attaquer le nouveau décret, mais cette fois-ci au motif principal de la lutte contre la discrimination linguistique, les atteintes au plurilinguisme et le droit aux autres langues étrangères d'exister face à l'anglais.

À suivre, donc.

A.FR.A.V.


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de juin 2022 (2) - le 13/06/2022 - 10:44 par MAR

Langue française : Nouvelles de juin 2022 (2)

AFRAV Contre le tout-anglais, procès gagné au Conseil d'État ! (11/6) (lien)
Le Figaro Ces 5 anglicismes qui obscurcissent le langage économique (11/6) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas Zeugme, chiasme, prétérition et pléonasme (7/6) (lien)
Le Figaro "Palsambleu", "saperlipopette"... Ces mots vieillots que vous aimez employer (9/6) (lien)
Le Figaro "Deux-Sèvres", "Yvelines"… L’histoire insolite des noms des départements (8/6) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de juin 2022 - le 07/06/2022 - 11:56 par MAR

Langue française : Nouvelles de juin 2022

Yves Montenay Le français : d’une langue de culture à une langue de masse ? (6/6) (lien)
Le Figaro Étudiant Le français menacé par le franglais dans les écoles de commerce (3/6) (lien)
Le Droit Première historique : Québec crée un ministère de la Langue française (1/6) (lien)
Le Figaro Au Québec, une loi imposant le français sème la discorde (2/6) (lien)
TF1 Langue française : ne dites plus "streamer", mais "joueur-animateur en direct (1/6) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mai 2022 (3) - le 26/05/2022 - 11:15 par MAR

Langue française : Nouvelles de mai 2022 (3)

Jeune Afrique Qui est Chrysoula Zacharopoulou, la Madame Francophonie du nouveau gouvernement ? (23/5) (lien)
Le Figaro 5 expressions qui ne veulent (strictement) rien dire (23/5) (lien)
France info La ministre de la Culture Rima Abdul-Malak entend défendre la "souveraineté culturelle" de la France (21/5) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas "On", le couteau suisse de la langue française (24/5) (lien)
MondAfrique Et si Emmanuel Macron avait tué la Francophonie ? (23/5) (lien)
France Terme De nouvelles données dans le vocabulaire de l’informatique (lien)
Le Devoir Le français, langue commune et méprisée (12/5) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mai 2022 (2) - le 17/05/2022 - 11:17 par MAR

Langue française : Nouvelles de mai 2022 (2)

TV5 Monde Francophonie : "la langue française progresse en Afrique" et pas seulement (8/5) (lien)
RTL Anglicismes : une histoire d'amour entre le français et l'anglais ? (15/5) (lien)
Le Figaro Majuscule ou minuscule : quelle règle pour ne plus (jamais) se tromper ? (13/5) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas Pass, e-mail, glamour... Ces anglicismes qui viennent du français (10/5) (lien)


Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie (HCILFF)

Communiqué de presse sur le coup d’État de l'Union Européenne contre la diversité linguistique

Le Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie (UCILFF), ses 34 associations et 186 personnalités membres, ont rappelé au Président de la République sa promesse du 7 mars 2021, réitérée notamment le 15 février 2022, transmise par lettres de son gouvernement (M. Clément Beaune, secrétaire d'État chargé des Affaires européennes), d’utiliser son tour de présidence du Conseil de l’Union européenne, au 1er semestre de 2022, pour mettre fin au coup d’État de la Commission européenne, du Parquet européen et de la Cour des comptes de l’UE.

Ces trois institutions de l’Union avaient en effet, dès 2020 avec l’officialisation du Brexit, décidé de leur propre chef de garder l’anglais et même de le promouvoir "langue commune", en en faisant leur unique langue de travail de fait. Coup d’État, puisqu’une telle décision relevait du seul Conseil des chefs d’État et de gouvernement de l’Union. Décision illégitime, puisque l’Europe est diversité politique, surtout linguistique et culturelle. Décision illégale, violant les textes de base de l’Union : le traité de Rome de 1957, la Charte des Droits fondamentaux, et le Règlement n°1 de 1958 sur les langues officielles et de travail. Saisi d’un recours par Avenir de la Langue française (ALF), le Tribunal européen s’est déclaré en août 2021 incompétent sur le fond.

Le Haut Conseil international attend donc toujours du Président de la République réélu exerçant encore, ce présent semestre, la présidence du Conseil de l’Union, qu’il honore sa promesse avant la fin de cette présidence, et annonce publiquement, avant les élections législatives de juin 2022, les résultats acquis ou espérés de ses démarches.

Contact : Albert Salon, secrétaire général du HCILFF, ancien ambassadeur - Avenir de la Langue française (ALF), 34 bis rue de Picpus - 75012 Paris - albert.salon0638 @ orange.fr


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mai 2022 - le 10/05/2022 - 13:03 par MAR

Langue française : Nouvelles de mai 2022

l-express.ca Les verbes passe-partout n’ouvrent pas toutes les portes (6/5) (lien)
Le Figaro "Wesh", "khalass", "moula"… Les mots arabes qui plaisent tant aux jeunes ? (6/5) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas "Amour", "bouquet", "régime"... Quand le français parle occitan, normand ou créole (3/5) (lien)
Ça m'intéresse Les mots que les jeunes utilisent et que vous ignorez (3/5) (lien)
Cosmosonic Le débat se poursuit sur la langue française au Canada (1/5) (lien)
Radins.com : Langue français : un nouveau vocabulaire informatique à adopter (3/5) (lien)


Mon séjour dans la fosse aux lions
de la politique belge

de Paul-Henry Gendebien, 2021, aux éditions Weyrich

Ce livre peut être commandé à la librairie du Centre Wallonie-Bruxelles, 127-129 rue Saint-Martin, Paris 4e ou par exemple ici.

Il est temps que les Français s’intéressent enfin de plus près à ce pays européen géographiquement et culturellement si proche d’eux, qui fut aussi français pendant deux décennies, il n’y a pas si longtemps, et qu’ils connaissent si mal. Complexe français de Waterloo et prudent enfouissement des rêves de grandeur ?

Or, voici que Paul-Henry Gendebien nous y invite. Héritier d’une grande lignée de Belges, Wallon ardennais, député cofondateur du Mouvement wallon régionaliste, élu aussi au Parlement européen, puis diplomate représentant la Communauté française de Belgique auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie à Paris, créateur du Rassemblement Wallonie-France, il fait de ses mémoires non seulement un miroir tendu à ses compatriotes et une dissection de leurs problèmes, mais encore – très important pour nous Français - une présentation vivante et passionnante de ce qui interpelle la France en Belgique. Il est membre du Haut Conseil international de la Langue française et de la Francophonie. Il nous fait pénétrer dans le dédale de la politique belge, à partir de sa Wallonie, qui fut longtemps la région la plus industrialisée, dominante politiquement et culturellement, assise sur la langue française adoptée, depuis le Moyen-âge et les Ducs de Bourgogne, aussi par la bourgeoisie flamande, au point de devenir la langue maternelle très largement dominante à Bruxelles, qui est en Flandre. Longue frustration des flamandophones du peuple, dont la langue fut méprisée. Puis déclin en Wallonie des vieilles industries et de l’esprit d’entreprise. Sursaut remarquable de la démographie et du dynamisme de la Flandre. Aidée dans son rééquilibrage, puis, semble-t-il, favorisée par l’État belge. Situation actuelle : une Wallonie relativement bien plus pauvre que le nord flamand, devenue partiellement dépendante de la richesse flamande, tout en restant attachée au mythe de l’unité de la Belgique. Les Flamands dominent dans l’État et, dans la foulée de leur brillante remontada et de la pleine valorisation de leur langue, voire des excès ethnicistes de leur "Walen buiten " (dehors, les Wallons !), s’orientent vers une indépendance les débarrassant du "fardeau wallon", méprisé à son tour.. Ils ont entraîné la Belgique et les Wallons dans un fédéralisme que Paul-Henry Gendebien qualifie ainsi : "Le grand malentendu : le fédéralisme est un aboutissement pour les partis wallons, une étape transitoire vers son émancipation pour la Flandre." Pour lui, il y a bien un peuple wallon, mais non une nation ; les Flamands forment un peuple et une nation. D’où l’impossibilité, à ses yeux, de "réussir une omelette belge avec un œuf dur flamand".

Face à cette évolution, et pour résumer très grossièrement l’analyse de Paul-Henry Gendebien, l’auteur évoque la phase de la tentation belge, surtout wallonne, de s’attacher à l’idée de la "région d’Europe" rejoignant ainsi la conception européiste de "l’Europe des régions", bâtie sur l’effacement des États européens. Pour constater son caractère illusoire, tant pour la Belgique que – surtout - pour la Wallonie, dont il pense qu’elle ne serait pas viable par ses propres moyens, et qu’elle a, elle aussi, un "besoin de grandeur", dans une nation véritable, plus grande. Il cite Jules Destrées, qui écrivait déjà en 1912 au roi qu’il ne régnait pas sur une nation belge, mais sur deux peuples bien distincts, et, en 1923, à propos des Wallons : "L’eussions-nous oublié, nous restons toujours un morceau de France". D’où l’initiative qu’il prit, il y a 14 ans, de fonder le Rassemblement Wallonie-France (RWF). Ce parti réunionniste, de rattachement de la Wallonie à la France, a trouvé de valeureux soutiens en Wallonie, et quelques-uns en France, notamment des Séguin, Chevènement, Dorin...Mais le soufflé est retombé. Notre amoureux invétéré de la France pense alors que cela adviendra un jour, mais dépendra bien moins des Wallons – et "naturellement" pas de la France à laquelle il s’interdit évidemment de faire appel !... – que de l’accession très vraisemblable de la Flandre à l’indépendance. Avec l’inconnue lancinante du sort de Bruxelles qui reste très largement francophone, malgré les grands efforts de défrancisation de la part des Flamands, et l’aide puissante de tous les euro-atlantistes qui imposent l’anglais partout, surtout dans la capitale. Reste donc un "réunionnisme de précaution"....

Une partie importante de ce livre sur la fosse aux lions porte sur la langue française et sur les quatre rôles qu’elle joue aujourd’hui "outre Quiévrain" : en Wallonie, à Bruxelles capitale, en Belgique, et dans les institutions de l’Union européenne. Ainsi, évidemment, qu’en France même, et dans le grand large de cette Francophonie que notre auteur connaît bien par sa mission au "Congo belge", par ses liens avec le Québec, la Suisse, les institutions de la Francophonie (OIF) au sein desquelles il a beaucoup œuvré à son siège parisien. Cet aspect particulièrement important méritera de faire l’objet de notre part d’un article spécial, car l’auteur y développe des analyses qui parlent au cœur des Français et de tous les Francophones. Albert Salon

à lire aussi de Paul-Henry Gendebien :

Note : Je recommande à nos lecteurs la lecture complémentaire du livre très intéressant de Roger Dehaybe, Wallon de Liège, haut diplomate et universitaire belge, autre membre du Haut Conseil international de la langue française et de la Francophonie, dont ALF a publié la recension dans son bulletin n°73 d’avril 2021. Son titre : "Le choix de la Francophonie – Un parcours belge et international", 2021, éditions du Cygne, Paris.


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2022 (4) - le 02/05/2022 - 10:32 par MAR

Langue française : Nouvelles d'avril 2022 (4)

L'Express M. Feltin-Palas Pourquoi ne dit-on pas : "quand les chevals mouriront" ? (26/4) (lien)
Le Figaro 5 anglicismes qu’on ne veut plus (jamais) entendre dans les entreprises (24/4) (lien)
RTL : Le gars et le garçon : les vestiges des déclinaisons du français (23/4) (lien)


Retour sur la décision du 2 juillet 2021
en matière de terminologie

Une aide bienvenue pour nos associations qui font des procès pour non traduction de termes étrangers courants en français, échappant aux travaux des commissions de terminologie précisément parce qu’ils sont très courants, comme "pain" et "maison". Nous ne perdrons plus de procès de ce genre. AS

Retour sur la décision du 2 juillet 2021 portant approbation des termes, expressions et définitions du Dictionnaire de l’Académie française et du Trésor de la langue française dans le cadre de l’application de la loi Toubon.

Le site France-Terme a fait paraître la décision du 2 juillet 2021 portant approbation des termes, expressions et définitions du Dictionnaire de l’Académie française et du Trésor de la langue française comme références terminologiques officielles dans le cadre de l’application de la loi du 4 août 1994 (dite loi Toubon).
Voir la décision sur le site France Terme ou sur ce site.

Un des écueils de l’application de l’article 14 de la loi du 4 août 1994 concerne l’exigence d’une terminologie officielle à opposer à l’emploi d’expressions ou de termes étrangers. Les commissions de terminologie ne peuvent anticiper la création débridée de noms de services ou de slogans en langue étrangère et éditer une terminologie officielle pour chaque cas.

La possibilité d’opposer "un terme ou une expression de même sens" contenus dans les dictionnaires de référence doit permettre de lutter plus efficacement contre l’emploi d’expressions ou de termes étrangers. Ainsi, par exemple, l’expression complète "The best in the world" aurait pu échapper à une traduction officielle et éviter ainsi la censure. Avec la décision officielle de nommer des dictionnaires faisant référence, nous pouvons maintenant faire valoir que les mots "meilleur" et "monde", trouvés dans les dictionnaires de référence, ont bien le même sens que les termes étrangers, et doivent donc légalement remplacer ces derniers. Une lacune bien gênante se trouve ainsi comblée.

Nous nous heurterons sans doute encore à des termes "angloïdes" (comment traduire deeplomatics du Ministère des Armées ?), mais cette décision du 2 juillet 2021 représente un progrès important pour l’application de la loi du 4 août 1994 dans les services publics.

Marceau Déchamps


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2022 (2) - le 20/04/2022 - 10:31 par MAR

Langue française : Nouvelles d'avril 2022 (2)

Le Devoir La lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick ne peut être unilingue, tranche la Cour (15/4) (lien)
Français à l'étranger Le français est la 5e langue la plus parlée au monde (9/4) (lien)
Impératif français décerne son Prix Citron au Parlement canadien et à Air Canada (8/4) (lien)
DGLFLF : Le nouveau Vocabulaire de l'éducation et de la recherche est paru (lien)
Nadia Antonin : Le projet pour l’égalité des langues en Europe (ELE) (lire ci-dessous)

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Le projet pour l’égalité des langues en Europe (ELE) par Nadia ANTONIN

du 7 au 9 février 2022, s’est tenu le forum "Innovation, technologies et plurilinguisme". Ce forum, organisé par le ministère de la culture via la délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), s’inscrivait dans la continuité de la réflexion sur la traduction et le multilinguisme menée dans le cadre du programme de travail des ministres de la culture de l’Union européenne (UE). Il avait pour fil conducteur "le plurilinguisme dans l’environnement numérique : un enjeu de cohésion sociale et de citoyenneté européenne". Au programme figuraient quatre thématiques :

  • Le plurilinguisme et la traduction dans une Europe de la culture et de la connaissance face au défi du numérique ;

L’apprentissage et l’enseignement des langues en Europe, leur promotion et leur attractivité par l’innovation numérique Le traitement automatique du langage, la disponibilité des contenus scientifiques, la collecte, l’évaluation et le partage des ressources linguistiques numériques, avec les acteurs des mondes scientifiques, de la recherche et de l’entreprise ;

  • Les technologies du langage, au service du citoyen européen, pour promouvoir les valeurs de l’UE et un sentiment d’appartenance commune.

Parmi les nombreuses interventions, nous avons choisi d’évoquer dans cet article le projet de l’Union européenne pour l’égalité des langues en Europe (ELE) qui nous a été présenté par Joseph Mariani (directeur de recherche au CNRS/IMMI et LIMSI) et François Yvon (chercheur au LISN/CNRS). Ces derniers définissent l’égalité des langues dans l’espace numérique comme "la situation dans laquelle toutes les langues disposent de technologies linguistiques et d’un contexte social, économique et institutionnel qui leur permet de continuer à exister et prospérer avec vitalité à l’ère numérique".

META-Net et les langues européennes "Le réseau d’excellence META-Net apporte une contribution inestimable à l’élaboration d’une véritable stratégie européenne en faveur du multilinguisme […] Xavier North, inspecteur général des affaires culturelles

META-Net, le réseau Alliance Technologique pour une Europe multilingue comprend actuellement plus de 50 laboratoires de recherches dans le domaine des sciences et technologies de la langue[1], dans une trentaine de pays. Ce réseau d’excellence a analysé l’état des ressources et des technologies de la langue dans une collection de Livres blancs "Les langues de l’Europe à l’ère du numérique" sur chaque langue de ces pays, chacun de ces Livres blancs étant rédigé dans la langue concernée et traduit en anglais. Dans le Livre blanc intitulé "La langue française à l’ère du numérique", les auteurs rappellent que le multilinguisme est "une donnée essentielle de la construction européenne. Il est primordial d’assurer à chaque citoyen européen la possibilité d’utiliser sa langue maternelle et à chaque État européen la capacité de préserver sa culture [ …] peut-on accepter de voir disparaître des langues européennes et les cultures dont elles font partie ?". Alors que l’anglais dispose de nombreuses ressources et technologies, la majorité des autres langues souffrent d’un manque de support technologique. Ainsi, les Livres blancs cités précédemment signalent que "21 langues européennes sont en danger d’extinction numérique".

Vers l’égalité des langues en Europe Le 11 septembre 2018, le Parlement européen a adopté une résolution sur l’égalité des langues à l’ère numérique, à partir d’une étude commandée par le Comité d’évaluation des choix scientifiques et technologiques du Parlement. Dans cette résolution, il est notamment question de déterminer les moyens les plus adaptés pour parvenir à l’égalité totale des langues à l’ère numérique à l’horizon 2030 et d’élaborer un programme stratégique de recherche, d’innovation et de déploiement en faveur du marché unique numérique multilingue. Le projet des langues européennes, coordonné par le Centre de recherche irlandais sur le contenu numérique (ADAPT Center), implique non seulement les partenaires du consortium ADAPT Centre, le Centre allemand de recherche en intelligence artificielle (DFKI), l’Institut du traitement des langues et des discours (ILSP) mais également 52 partenaires issus de l’industrie, de la recherche et de nombreux réseaux transnationaux. Le consortium part du principe que l’égalité linguistique numérique ne sera atteinte que lorsqu’une langue ne sera plus sous-financée. La majorité des langues ne disposent pas de ressources technologiques. Qu’en est-il pour la langue française ?

Les ressources technologiques pour la langue française Comme le souligne la DGLFLF, "les technologies de la langue constituent pour les pouvoirs publics une question d’intérêt général : elles contribuent à l’amélioration de la vie quotidienne des français, au développement de l’économie et au renforcement des échanges. Ces technologies permettent de multiples applications telles que la traduction automatique et l’aide à la traduction, la reconnaissance vocale et les commandes vocales ou la synthèse vocale. Il s’agit d’assurer au français une place significative dans ces technologies en tant que langue pivot, mais aussi de développer des nouveaux outils pour les langues de France dont l’équipement technologique demeure faible". Concernant les technologies de la langue pour le français, Joseph Mariani et François Yvon dressent un constat qui révèle notamment :

1) La forte dynamique dont bénéficient les technologies linguistiques ; 2) Les avancées de l’intelligence artificielle et du développement rapide de la technique d’apprentissage profond ; 3) L’existence de multiples sources de données, inégalement activées, archivées, référencées et documentées. Grâce aux nombreux projets relatifs à la production des données nécessaires au développement des technologies pour la langue française, cette dernière se situe à une excellente place au sein d’un peloton qui rassemble l’allemand, l’espagnol, l’italien et le néerlandais, mais se trouve loin derrière l’anglais. Cela étant, bien que les technologies de la langue aient fait des progrès considérables au cours de ces dernières années, les auteurs du Livre blanc sur la langue française soulignent que le "rythme actuel du progrès technologique est trop lent". La question de la Francophonie et l’importance du traitement automatique de la langue française pour assurer son usage et garantir son devenir doivent être une priorité face au défi du numérique.

A cet égard, Joseph Mariani et François Yvon font les recommandations suivantes : 1) Améliorer le recensement et la diffusion des ressources langagières ; 2) identifier et développer les outils de traitement de la langue comme les outils de traduction performants entre le français et toutes les langues européennes ; 3) systématiser l’évaluation des technologies dans des conditions réelles ; 4) renforcer la recherche pluridisciplinaire pour préparer les technologies et les usages de demain. En conclusion, pour contrecarrer l’usage généralisé de l’anglais dans les environnements numériques et préserver l’avenir de la langue française, la France doit accélérer et amplifier ses efforts et mettre en œuvre les moyens nécessaires pour développer les nouvelles technologies du langage et de la traduction, les outils du numérique et ’intelligence artificielle.


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles d'avril 2022 - le 08/04/2022 - 12:32 par MAR

Langue française : Nouvelles d'avril 2022

Le journal n°76 d'Avenir de la Langue Française (mars 2022) est paru (lien)
Ouest France Henriette Walter : le franglais nuit gravement à la communication, déplore la linguiste (3/4) (lien)
Le Figaro Ces mots français que les Anglais ont comiquement travestis (5/4) (lien)
Les affaires Surprise ! Le français est aussi une langue de pouvoir économique (2/4) (lien)
Le Figaro Ni traduction, ni adaptation: la littérature québécoise s’épanouit en France (30/3) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2022 (6) - le 03/04/2022 - 11:39 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2022 (6)

Géostratégiques n°56 de mars 2022 : entretien avec Albert Salon (lien)
Francophonie Force Oblige Appel à tous les francophones ! (lien)
L'Express M. Feltin-Palas "Commémorer", "alternative", "opportunité" : ces mots employés à mauvais escient (29/3) (lien)
DGLFLF Quand les télécommunications déjouent les pièges de l’anglais (lien)
Le Figaro 5 anglicismes qui malmènent la langue française (28/3) (lien)
Le Dauphiné Cluses : Ne m’appelez plus jamais food truck ! (27/3) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2022 (5) - le 28/03/2022 - 10:28 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2022 (5)

AFRAV Le rassemblement du 20 mars pour la langue française et la francophonie (21/3) (lien)
L'Express Villers-Cotterêts : ce que l'on découvrira dans la cité internationale de la langue française (19/3) (lien)
Actu Morbihan Quels mots bretons sont entrés dans la langue française ? (26/3) (lien)
Le Figaro "J’ai hâte au", "la France, elle est"... 6 fautes de français qu’on ne veut plus (jamais) entendre (24/3) (lien)
Arte Karambolage le français dans le monde (20/3) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2022 (4) - le 22/03/2022 - 14:13 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2022 (4)

L'Express M. Feltin-Palas Anglicismes : Emmanuel Macron a-t-il un problème avec la langue française ? (17/3) (lien)
Le Monde L’anglais en entreprise, entre nécessité et effet de mode (16/3) (lien)
Ouest France Too many anglicisms in the newspaper (21/3) (lien)
Le Figaro Le français donne accès à une liberté intellectuelle : ces étrangers qui viennent à Paris pour apprendre la langue (13/3) (lien)
Le Figaro Tics de langage, anglicismes, barbarismes... Ces expressions que vous détestez (16/3) (lien)


/nouvelles/presse.gifLangue française : Nouvelles de mars 2022 (3) - le 16/03/2022 - 10:35 par MAR

Langue française : Nouvelles de mars 2022 (3)

ActuaLitté Appel à manifester pour une langue française en danger (14/3) (lien)
L'Express M. Feltin-Palas The Voice, Cash investigation... Pourquoi la télé française aime-t-elle autant l'anglais ? (13/3) (lien)
TV5 Monde Semaine de la langue française : du Bellay à l'honneur, 500 ans après sa naissance (lien)
RTL Ce que Mylène Farmer a toujours refusé de faire tout au long de sa carrière (10/3) (lien)
C. International Le français peut-il rester une langue véhiculaire dans l’UE ? (13/3) (lien)
Académie française Semaine de la langue française et de la Francophonie (11/3) (lien)


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